WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Presse congolaise et son financement

( Télécharger le fichier original )
par PASSI BIBENE
Senghor dà¢â‚¬â„¢Alexandrie - Master 2013
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Neutralité, impartialité ou objectivité ?

Dans un contexte comme celui de la presse congolaise, il n'y a pas d'indépendance sans autonomie financière et le prix à payer pour rester neutre est coûteux. D'autres auteurs, comme Marie-Soleil Frère, en soulignent la portée : « le coût est double : au sens propre, l'équilibre et la neutralité nécessitent que l'on dispose des moyens qui garantissent l'indépendance. Au sens figuré, les médias peuvent se heurter à la désapprobation des pouvoirs en place »109(*). Si l'on considère ces contraintes politiques auxquelles il convient d'ajouter des contraintes sociales (préservation de l'emploi pour un journaliste), économiques (maintien d'un partenaire publicitaire) et religieuses, il est clair que la neutralité ou l'impartialité restent un idéal, voire n'existent pas en journalisme. Car, vivant dans la société, le journaliste a des convictions, appartient à un sexe autant que les opérateurs économiques ont un penchant pour la recherche du profit et la sauvegarde d'un certain nombre d'intérêts. C'est sans doute ce que voulaient dire Bill Kovach et Tom Rosenstiel lorsqu'ils soulignent que « l'impartialité et la neutralité ne sont pas des principes essentiels au journalisme »110(*). Cela va de soi, avec la publicité ou les milieux publics comme principale source de financement, la presse congolaise peut difficilement prétendre à l'impartialité. Et puis, le principe professionnel qui oblige à trouver un angle d'attaque à chaque sujet, restreint considérablement l'objectivité dans le travail du journaliste. Choisir un seul aspect pour traiter un événement permet certes de ne pas faire d'un reportage un fourre-tout, mais il n'en demeure pas moins que cette exigence professionnelle offre des possibilités de traiter un sujet sous un angle favorable aux sensibilités politiques ou religieuses d'un journaliste. Qui plus est, la définition des angles dépend souvent de la ligne éditoriale d'un média. L'exemple de la devise de Paris Match nous paraît édifiant : « le poids des mots, le choc des photos ». Cet exemple illustre comment un journal peut volontairement opter pour le sensationnalisme, la spectacularisation de l'information, voire la propagande ou l'invective, au détriment de la recherche de l'objectivité à travers une relation factuelle de l'actualité. Dans cette optique, on note l'apparition des nouvelles formes de subordinations dans la pratique du journalisme au Congo où l'on assiste à la "faillite d'un contre-pouvoir". Désormais, les pouvoirs politiques considérés de tout temps comme principaux oppresseurs de la liberté de presse font recours à des méthodes bien plus subtiles que la censure, l'assassinat ou l'emprisonnement des journalistes. Certes, les intimidations n'ont pas disparu et la dépénalisation des délits de presse est un acquis. Cependant, le contrôle exercé sur l'information a pris des formes bien plus insoupçonnables.

* 109 Marie -Soleil Frère, Elections et médias en Afrique centrale; Paris, 2009, P.236

* 110 Bill Kovach & Tom Rosenstiel ; Principes du journalisme ; Paris, 2004, P.100,

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Et il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède le voyage, l'instant ou l'horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses"   Milan Kundera