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L'instrumentalisation de la dollarisation dans la lutte contre l'inflation


par Jephté TSHIBAMBA WA TSHIBAMBA
Université Protestante au Congo - Licence 2019
  

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3.2. Implications théoriques et empiriques

Il s'agit pour nous ici de proposer des pistes de solution face à ce phénomène que nous avons identifié de « forte dollarisation » qui sévit au sein de l'économie congolaise depuis 2003.

La dollarisation en RDC devrait être qu'une solution d'urgence, une solution pouvant permettre seulement à l'économie de sortir de l'hyperinflation.

Nous avons estimé dans le cadre de notre travail qu'une forte dollarisation à un taux de dollarisation strictement supérieur à 40,77% ; or l'économie congolaise aujourd'hui est à plus de 70%.

Une forte dollarisation constitue un frein à l'efficacité de la politique monétaire. Avec le régime actuel de taux de change flottants, la BCC a une certaine marge d'autonomie pour fixer sa politique monétaire, malgré un grand nombre de facteurs limitatifs, comme le peu de profondeur du marché de capitaux, la forte répercussion du taux d'intérêt, la faiblesse des institutions monétaires et la dollarisation du marché du crédit.

En remédiant à ces faiblesses structurelles, on pourrait inverser la tendance à la dollarisation, mais cela devrait prendre un certain temps.

Lorsqu'un pays sous-développé comme la RDC, avec une faible productivité, adopte la monnaie d'une puissance étrangère qui lui est largement supérieure en termes de productivité, la production agricole ou industrielle du pays dollarisée pourra difficilement lui faire concurrence.

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A l'instar de l'Équateur, le Venezuela est un pays pétrolier. En adoptant le dollar comme monnaie, il perdrait son pouvoir d'ajuster le taux de change pour soutenir la compétitivité des exportations non pétrolières. Rafael CORREA n'a pas pu le faire. A long terme, le Venezuela en fera aussi les frais en renonçant à la gestion de la politique monétaire et de change.

Une fois l'inflation résolue, le salaire réel récupéré et le niveau de pauvreté réduit, CORREA a voulu éliminer la dollarisation parce qu'il ne pouvait pas soutenir le développement économique à travers la croissance des dépenses publiques et de la liquidité monétaire.

L'expérience d'autres pays montre également que des mesures incitatives bien conçues qui encouragent l'utilisation de la monnaie nationale sont plus efficaces que les mesures de dédollarisation à marche forcée.

Les mesures d'incitation - qui bénéficieraient aussi du développement du secteur financier - doivent privilégier les mesures d'entrainement (« pull factors ») (mesures de dédollarisation s'appuyant sur le marchéì, comme le renforcement de la gestion de la liquiditéì et des instruments, le développement de marchés monétaires et financiers nationaux ; une plus grande commoditéì d'usage de la monnaie nationale) plutôt que les mesures de contrainte (« push factors ») (mesures de dédollarisation forcée, comme l'obligation de l'utilisation de la monnaie locale ou législation interdisant l'utilisation de devises étrangères), qui reviennent à obliger les agents à détenir des actifs en monnaie locale.

Le séquençage des mesures est important, et il convient de prendre en compte des risques comme la perte d'efficience, la fuite des capitaux et l'instabilitéì du système bancaire.8

La plupart des mesures visant à encourager l'utilisation de la monnaie nationale, outre qu'elles contribueraient à la dédollarisation, permettraient aussi de renforcer l'économie et d'améliorer son fonctionnement.

8 Par exemple, au Chili, en Israël et en Pologne la dédollarisation a commencé par une stabilisation macroéconomique qui a conduit àÌ un différentiel de taux en faveur de la monnaie nationale, suivie d'un changement de la composition de la dette publique en faveur de la monnaie locale. En Égypte, la dédollarisation a étéì réalisée par la stabilisation macroéconomique et la libéralisation du système financier (KOKENYNE, LEY et VEYRUNE, 2010). Dans les pays d'Amérique latine (Bolivie, Paraguay, Pérou, Uruguay), l'appréciation du taux de change a étéì un élément cléì d'un recul continu de la dollarisation ; il s'est accompagnéì de mesures prudentielles pour internaliser les risques de change, de différentiels dans les réserves obligatoires, du développement de marchés financiers en monnaie nationale et de la dédollarisation des monnaies nationales (GARCÍA-ESCRIBANO et SOSA, 2011).

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Le renforcement de la gestion de la liquidité et des actifs, notamment la gestion de la dette, l'émission de nouveaux billets et de nouvelles pièces ayant des valeurs mieux adaptées aux besoins et l'approfondissement financier grâce àÌ une meilleure supervision bancaire, permettraient de réduire les coûts de transactions et contribueraient à la croissance.

S'il est vrai la solution la plus faisable et la plus pratique n'est rien d'autre que qu'une dédollarisation totale de l'économie congolaise, nous voulons signaler que cette dernière a déjà été utilisée plus d'une fois sans pour autant rencontrer un succès probant.

Nous parlerons dans cette section des mesures visant à la dédollarisation de l'économie de 2012 ainsi que ses limites. Et après nous monterons comment la RDC peut s'inspirer des expériences des autres pays afin de dédollariser petit à petit son économie.

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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius