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Stratégie de dissémination de l'information juridique sur le foncier rural. Cas de la phase du projet sécurisation foncière du MCA-BF.

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par Gaoussou NABALOUM
Université de Ouagadougou - Département communication et journalisme  - Maà®trise en sciences et techniques de l'information et de la communication, Option Communication pour le développement 2014
  

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IV. CADRE CONCEPTUEL

Cette partie aborde les concepts clefs nécessaires à la compréhension des résultats du présent travail de recherche. Les concepts abordés sont en lien avec deux aspects : la communication et le foncier.

1. LES CONCEPTS EN LIEN AVEC LA COMMUNICATION PARTICIPATIVE POUR LE DÉVELOPPEMENT

q La communication participative pour le développement

Le terme «communication» réfère généralement aux médias et aux activités de diffusion de l'information où le message est lancé au moyen de publications imprimées, d'émissions de radio ou de télévision, de bandes vidéo éducatives, etc. La communication est perçue comme un outil pour faciliter la participation et la prise en charge par les communautés de leur propre développement. Une approche qui nécessite une implication effective de tous les intervenants.

Par « intervenants », il faut entendre les membres des communautés, les groupes communautaires, les autorités locales ou régionales, les organisations non gouvernementales (ONG), les services gouvernementaux ou toute autre organisation oeuvrant au niveau communautaire, ainsi que les responsables qui sont engagés, ou devraient l'être, dans l'initiative de développement retenue.

Pour Guy BESSETTE, ce type de communication implique une révision des pratiques, en mettant l'accent non pas sur la diffusion d'informations à sens unique ou sur la persuasion, mais sur la facilitation des échanges entre les divers intervenants afin de cerner  les problématiques identifiées. Il permettra aussi de mettre en place un dispositif cohérent d'intervention des différents partenaires. Les échanges entre intervenants servent donc à définir et à articuler les rouages de l'objectif fixé, à choisir une série d'activités pour atteindre cet objectif et à cerner les besoins en termes de partenariats, de connaissances et de conditions matérielles.

Pour Guy BESSETTE29(*) toujours, la collaboration des participants au processus de recherche ou de développement leur confère une certaine autonomie qui transforme leur manière de voir et leur permet de poser des gestes concrets.

En matière de communication, très souvent la segmentation des publics se décline comme suit :

o Les cibles primaires : celles qui doivent adopter une opinion, une attitude ou un comportement (populations bénéficiaires, organisations de producteurs, Organisations Communautaires de Base, conseillers ruraux, etc.)  

o Les cibles secondaires : celles qui peuvent amener les cibles primaires à adopter le comportement désiré ou à changer : partenaires, leaders d'opinion, décideurs politiques et religieux, autorités administratives.  

o Les publics cibles tertiaires : ceux qui peuvent influencer l'environnement juridique, règlementaire, institutionnel et créer les conditions d'une bonne mise en oeuvre des activités. Il peut s'agir de décideurs (au niveau national ou local), de partenaires techniques et financiers, de leaders religieux, etc.

o Les partenaires (sur l'évolution du projet), citoyens (sensibilisation et approche participative), les acteurs au sein du projet, les personnes ressources, les personnes relais, les journalistes et autres communicateurs.

Pour Jan SERVAES& Patchanee MALIKHAO30(*), « l'approche de la communication au service du développement est l'utilisation systématique des canaux et techniques de communications appropriés pour renforcer la participation de la population au développement et pour informer, motiver, former les populations rurales, notamment au niveau de la base ».

q La dissémination

Selon le dictionnaire Larousse, « disséminer » veut dire : disperser, éparpiller. La dissémination, elle,renvoie à l'action de diffuser, de transmettre une information à grande échelle pour en assurer son appropriation par une majorité de gens en vue de susciter des changements de comportement positifs. Pour l'Institut de recherche en santé du Canada31(*), « la dissémination comprend l'identification de l'auditoire approprié et l'adaptation du message et du moyen de communication à l'auditoire. Les activités de dissémination peuvent comprendre la présentation de résumés et de séances d'information aux intervenants; des séances d'éducation avec les patients, les praticiens ou les responsables des politiques; l'engagement des utilisateurs des connaissances dans l'élaboration et l'exécution des plans de dissémination et de mise en oeuvre ; la création d'outils et l'engagement des médias.

Dans le cadre de la mise en oeuvre du Projet Sécurisation Foncière du MCA-BF, il s'agit d'une stratégie mise en place pour informer, éduquer, convaincre et faire agir les populations rurales pour une meilleure prise en compte du processus de sécurisation foncière en cours. Il s'agit d'un dispositif de renforcement de capacités, de transfert des connaissances et de mise en débat de l'information juridique sur le foncier en vue d'impulser des changements positifs.

q L'information juridique

Pour l'Académie de Droit international de la Haye (Pays-bas)32(*), l'information juridique renvoie à une information « aisément accessible ». C'est une information que l'on peut aisément se procurer ; mais c'est aussi une information aisément intelligible et, par conséquent, qui soit formulée en termes clairs et dans une langue largement utilisée - sinon en plusieurs langues largement utilisées. Tel est le prix de la transparence.

q La mobilisation sociale

Approche associée à l'UNICEF, la mobilisation sociale, est un processus qui consiste à rassembler tous les partenaires sociaux intersectoriels, ainsi que leurs alliés, pour déterminer les besoins ressentis, renforcer la sensibilisation et renforcer la demande pour un objectif de développement spécifique. Ce processus suppose de s'assurer de la participation de tous les acteurs en présence, y compris les institutions, les groupes, les réseaux et les communautés dans l'identification, l'amélioration et la gestion des ressources humaines et matérielles, donc dans l'augmentation et le renforcement de l'indépendance et de la durabilité des réalisations. C'est un processus planifié qui s'appuie largement sur la communication.

q La participation communautaire

La communication pour le développement repose sur l'hypothèse qu'un développement rural réussi se fonde sur la participation active et consciente des bénéficiaires, à toutes les étapes du processus de développement ; car, en définitive, le développement rural ne peut intervenir sans changements d'attitudes et de comportements au sein de la population concernée.

Les médias utilisés dans des approches de communication participative sont, entre autres : le film et la vidéo interactifs, les radios communautaires et les journaux. Le principal thème est l'émancipation de la population pour qu'elle soit en mesure de prendre ses propres décisions. L'approche par la conscientisation de Paolo FREIRE a montré comment la population peut s'auto motiver dans l'action pour affronter ses problèmes prioritaires33(*).

q Les connaissances, attitudes et pratiques

En communication pour le développement, l'intervenant cherche à susciter des changements dans le comportement de la population couverte par le projet dont il a la charge. Pour MCKEE N.34(*), « les connaissances et les attitudes sont des facteurs internes qui influencent la façon dont les êtres humains agissent. Il y a également d'autres facteurs internes comme la pression et les normes sociales, le genre etc. Un environnement favorable au niveau du système d'éducation, du système politique et juridique, de facteurs culturels, de la fourniture de services, de la religion, des facteurs socio politiques ou encore de l'environnement physique et organisationnel peuvent également avoir une influence sur les connaissances et les attitudes du groupe cible ».

Les connaissances sont constituées d'apprentissages internalisés basés sur des faits scientifiques, des expériences et/ou des croyances. L'expérience montre que les connaissances ne sont pas suffisantes pour produire un changement de comportement, qui ne peut se produire que lorsque les perceptions, la motivation, les compétences et l'environnement social réagissent également. Les attitudes sont des sentiments, des opinions ou des valeurs que les personnes éprouvent sur une question, un problème ou une préoccupation particulière.

* 29 BESSETTE G. (dir), Eau, Terre et vie : communication participative pour le développement et gestion des ressources naturelles, Presse universitaire de Laval - L'Harmattan, 2007, 396 p.

* 30 UNESCO Profiles: United Nations Agencies: FAO in Approaches to Development Communication: An

Orientation and Resource Kit, eds. Mayo, J. & Servaes, J. Paris 1994, pp. 2-11

* 31À propos de l'application des connaissances aux IRSC, http://www.cihr-irsc.gc.ca/f/39033.html#dissemination, consulté le 16/10/2014

* 32Academie de droit international de la Haye (dir), Juillard P. ; l'évolution des sources du droit des investissements, Martins Nijhoff Publishers, P. 54, 1997, 400 pages.

* 33Cf. FREIRE, P. Pedagogy of the Oppressed, New York: Continuum

* 34 MCKEE, N., Manoncourt, E., Saik Yoon, C. & Carnegie, R. 2003, Involving People Evolving Behaviour, in SERVAES, J. 2003. Approaches to Development. Studies on Communication for Development, Paris: UNESCO.

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"Des chercheurs qui cherchent on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche !"   Charles de Gaulle