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Eau et santé dans les campagnes des hautes terres de l'ouest du Cameroun. Cas de Babadjou dans le département des Bamboutos.

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par Ernestine LONPI TIPI
Université de Dschang - Master 2011
  

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UNIVERSITE DE DSCHANG
THE UNIVERSITY OF DSCHANG

FACULTE DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES

**************

FACULTY OF LETTERS AND SOCIAL SCIENCES

**************

DEPARTEMENT DE GEOGRAGHIE

DEPARTEMENT OF GEOGRAPHY

EAU ET SANTE DANS LES CAMPAGNES DES HAUTES TERRES DE
L'OUEST DU CAMEROUN : le cas de Babadjou dans le département
des Bamboutos.

Thèse présentée en vue de l'obtention du diplôme de Master Territoire-Développement-Environnement (TDE)

Par

LONPI TIPI Ernestine

Licenciée en Géographie

Sous la direction de :

Pr Martin KUETE

Université de Dschang

Soutenu en juin 2011

Jury :

Président du jury : Pr. TSALEFAC Maurice, Université de Yaoundé1

Rapporteur : Pr. KUETE Martin, Université de Dschang

Superviseur : Dr ATCHANKENG Eric, Faculté des Sciences de

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RESUME

La présente étude porte sur l'eau et la santé à Babadjou dans le département des Bamboutos à l'Ouest du Cameroun. Elle a pour but d'établir le lien entre l'eau et la santé des populations de Babadjou. Les résultats produits dans ce travail sont ceux obtenus par des enquêtes auprès des ménages, des registres des différents établissements de santé de Babadjou des années 2007 et 2008, des analyses d'eau de boisson et des observations directes sur le terrain.

Babadjou dispose d'importantes potentialités naturelles d'approvisionnement en eau. Mais, pour une population estimée à 44296 habitants en 2008, 8% ont accès à l'eau fournit par des adductions d'eau potable. De ce fait, le ravitaillement en eau se fait en grande partie par l'usage de l'eau de pluies, de rivière, des puits et des sources non aménagées. Les analyses faites sur quelques points d'eau de boisson des populations de certains quartiers, ont révélés que l'eau consommée par l'immense majorité de la population n'est pas potable. En conséquence, les maladies à contamination féco-orale font l'objet du quotidien de cette population et sont prévalentes à 18,67% en 2007 et 2008. Elles sont récurrentes en saison sèche et affectent plus les habitants des quartiers non couvert en adduction d'eau potable. En plus de ces affections liées à l'ingestion de l'eau, on a le paludisme qui est une maladie hydrique à transmission vectorielle. De nombreux facteurs physiques et humains contribuent à la prolifération des moustiques à Babadjou. En 2007 et 2008, le paludisme représentait 38,50% des motifs de consultation et d'hospitalisation dans les centres de santé de Babadjou et était récurrent aux intersaisons.

Des actions visant l'équipement en eau potable et la lutte contre le paludisme sont entreprises par les acteurs institutionnels et la communauté, mais les résultats sont mitigés. Seul 35% de la population procèdent par des méthodes qu'elle maîtrise peu au traitement de l'eau avant la consommation, quelques uns réalisent des puits qui pour la plupart tarissent en saison sèche. Pour lutter contre le paludisme, 62% n'utilisent aucun mode de prévention. A cause de la modicité de leur moyen financier couplée à la peur des ordonnances coûteuses, de la récurrence de la maladie et du problème de distance, les populations ne font pas recours en premier lieu dans les formations sanitaires. Par conséquent, de nombreux décès des suites de maladies liées à l'eau sont enregistrés à Babadjou. En vue de résoudre le problème de santé lié à l'eau à Babadjou, des solutions sont proposées dans ce travail.

Mots clés : eau, santé, approvisionnement en eau, adduction d'eau potable, maladie hydrique à contamination féco-orale, maladie hydrique à transmission vectorielle.

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ABSTRACT

The present work on water and health was carried out in the locality of Babadjou, West region, Cameroon and had an objective to establish the water/health relationship within the population. The results presented here were obtained through inquiries using questionnaires, through the consultation of health centres registers of the locality (2007/2008 registers), through the analysis of drinkable waters and equally through direct field studies.

It was observed that, Babadjou has a high natural water potential but only about 8% of the population estimated to about 44296 in 2008 has access to potable water sources. Most of the inhabitants therefore depend on rain water, rivers, wells and undrinkable water sources for their needs. The analysis carried out on water sources in some quarters revealed that, the water consumed by majority of the population was not fit for consumption. Diseases of anal-oral contamination are therefore a daily threat to the population with a prevalence of about 18,67% in the years 2007 and 2008. These diseases are frequent in dry season and at the beginning of raining season. They affect mostly inhabitants of zone which do not have potable water sources. In addition to water- borne diseases we have malaria which is a vector-borne disease. Many physical and human factors are responsible for the proliferation of mosquitoes in the locality of Babadjou. In 2007 and 2008, 38,5% of hospital consultations were due to malaria and this was mainly at the interseasonal periods.

Actions aimed at supplying potable water sources and to fight against malaria are carried out by institutions (privates and publics) and the local population, but the results are mitigated. About 35% of the population treat their waters before consumption using less mastered methods, while a few dig wells which eventually get dry during the dry season. 62% of populations do not fight against malaria through preventive measures. Because of their low incomes and the fear of heavy hospital bill, most citizens do not visit health centres for consultation, early detection and treatment of diseases. The result is that in 2007 and 2008, water-borne and water related infections killed 31 persons in Babadjou. In order to curb this problem, a number of solutions are proposed in this work.

Keywords: water, health, water supply, portable water sources, water-borne diseases, vector-borne diseases.

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INTRODUCTION GENERALE

L'eau, source de vie et facteur d'organisation des sociétés dès le premier millénaire est à l'origine de nombreux problèmes de santé. En effet, l'eau potable n'est pas disponible pour la majorité de la population mondiale et ce, surtout dans les pays en voie de développement, dans les villes secondaires et en milieu rural.

Environ 2,3 milliards de personnes dans le monde entier souffrent de maladies qui sont liées à l'eau. Les maladies à support hydrique tuent chaque année des millions de personnes, empêchent des millions d'autres d'être en bonne santé et sapent les efforts en matière de développement (POPULATION REPPORTS, 2002, n°16). Parmi ces maladies figurent les diarrhées, la typhoïde, le choléra, la poliomyélite, les hépatites A et B, l'amibiase et l'ascaridiase qui causent divers troubles de santé.

Au Cameroun, l'accès à l'eau en milieu urbain se fait via les réseaux de distribution et les bornes fontaines. Par contre la majorité des campagnes en est dépourvue. Face à cela, les populations utilisent les eaux des rivières, des puits, des pluies, des sources naturelles ou des mares pour leurs besoins hydriques. Ce qui occasionne la recrudescence des maladies à transmission hydrique liées à la consommation des eaux sales.

Les maladies liées à l'eau ne sont pas uniquement causées par leur consommation. Elles sont également transmises par des vecteurs tels que les moustiques et les mouches qui se reproduisent ou vivent dans et/ou près des eaux polluées ou non polluées et par des organismes aquatiques qui passent une partie de leur vie dans l'eau et une autre en tant que parasites. Ce sont : le paludisme, la fièvre jaune, la dengue, la maladie du sommeil, la filariose, la dracunculose et la schistosomiase. Le paludisme est le plus répandu de ces maladies vectoriellement transmissibles.

Les statistiques récentes font état du fait que le paludisme est endémique dans une centaine de pays en zone tropicale, qu'il représente un risque pour deux milliards de personnes, qu'il est la cause d'environ 300 millions des cas de maladies aiguës et que plus d'un million de personnes en meurent chaque année (POPULATION REPORTS, 2002, n°16). En Afrique, les coûts de traitement de cette maladie ajoutés à la perte de la productivité économique s'élèvent à environ 1,7 milliards de dollars américains chaque année.

Le Cameroun n'est pas en retrait de ces affections liées à l'eau. Notre zone d'étude, Babadjou est une localité située dans la région de l'Ouest Cameroun et précisément dans le département des Bamboutos. La recherche que nous y avons mené sur le thème de « Eau et santé» part du constat selon lequel à Babadjou l'on note un déficit de structures

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d'approvisionnement en eau potable pourtant les besoins sont grandissants. Pour une superficie de 170Km2 et avec une population estimée à 44296 habitants en 2008 on a 26 points d'eau potable. De plus, comme dans la majorité des campagnes camerounaises, les actions de l'Etat en matière d'eau sont absentes et les populations pauvres ne parviennent pas à réaliser les équipements en eau potable. A ce problème d'eau potable s'ajoute celui de la présence des maladies hydriques à transmission vectorielle notamment le paludisme.

Face à l'ensemble de ce constat, nous nous proposons dans ce travail par la méthode hypothético-déductive de rechercher le lien existant entre l'eau et la santé des populations de Babadjou. Pour se faire, nous avons traité la question en six chapitres :

- Dans le premier chapitre, nous avons répertorié les facilités naturelles d'accès à l'eau ainsi que les lieux d'approvisionnement en eau;

- Dans le second, nous avons identifié les principales sources d'approvisionnement en eau de boisson des populations de Babadjou, ensuite nous avons analysé leurs qualités et étudier les maladies qui en résultent ;

- Le troisième chapitre porte sur les facteurs responsables du développement des agents vecteurs des maladies tropicales telles que le paludisme à Babadjou ;

- Dans le quatrième chapitre, nous avons étudié les maladies hydriques à transmission vectorielle principalement le paludisme tout en présentant la prévalence dans l'ensemble des maladies répertoriées à Babadjou ;

- Au cinquième, nous avons étudié les actions opérées par les acteurs institutionnels et la communauté dans l'optique de répondre à ce problème de santé lié à l'eau ;

- Le sixième chapitre traite des moyens mis en oeuvre par la population en vue de résoudre la question de la santé liée à l'eau à Babadjou.

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CADRE THEORIQUE DE L'ETUDE

I- CONTEXTE D'ETUDE

Notre étude s'intègre dans la lutte contre la pauvreté en milieu rural à travers l'adoption des stratégies pouvant permettre l'amélioration de l'état sanitaire des populations. Cette amélioration passe par la lutte contre les maladies à transmission hydrique, notamment celles liées à la consommation des eaux souillées et à transmission vectorielle telle que le paludisme.

1-L'eau et la santé dans le monde

L'eau symbole de la vie peut être un agent pathogène de premier plan. Ainsi, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS, 2006) a constaté que 80% des maladies et un décès sur trois dans le monde sont imputables à l'eau.

Selon le journal Jeune Afrique Economie d'avril 1998, à l'échelle mondiale on comptait 14 millions de morts d'enfants de moins de 5 ans des suites de maladies liées à l'eau sale, 80 millions et 16 millions de personnes étaient exposées respectivement au choléra et à la typhoïde en 1998. Traitant des normes de qualité de l'eau en 2006, l'OMS souligne que dans les pays en développement, les micro-organismes se multiplient dans les eaux impropres à la consommation et que la seule présence des bactéries telles les colibacilles, le vibrion cholérique responsable du choléra, entraîne la mort. Dans ce registre, la fièvre typhoïde provoque des troubles digestifs et de fortes fièvres ; la bilharziose, endémique en Afrique et en Asie, engendre des disfonctionnements du foie, de la vessie et des intestins. Face à l'ensemble de ces maladies hydriques, environ 6 millions d'enfants meurent chaque année sur notre planète des suites de maladies gastro-entériques.

Cependant, l'eau n'engendre pas uniquement les affections par sa consommation. Elle est aussi au départ des maladies hydriques à transmission vectorielle en s'offrant comme un milieu de culture pour le développement des insectes, vecteurs des pathologies telles que le paludisme, l'onchocercose, la bilharziose, la dracunculose, la fièvre jaune et dengue. De ces maladies, le paludisme est le plus redoutable. Le paludisme est une maladie causée par un parasite du genre plasmodium qui comporte quatre espèces qui sont plasmodium faciparum, plasmodium vivax, plasmodium ovale et plasmodium malariae. Il est transmis à l'homme par la piqûre d'un moustique. Selon BAUDON et SPIEGEL (2001), le paludisme en 2001 était la première endémie mondiale. En 2005, NADJITOLNAN OTHINGUE souligne que 40% de la

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population mondiale vit dans les zones où le paludisme est endémique, et est la plus importante selon le nombre de personnes atteintes ; et que chaque année il provoque de 300 à 600 millions de cas cliniques et environ trois millions de décès.

2- La situation africaine du problème de santé lié à l'eau

L'Afrique est le continent le plus touché par les maladies hydriques, car l'eau potable y manque cruellement et le paludisme y est endémique. En 2003, on estimait qu'environ 400 millions d'africains n'avaient pas accès à l'eau potable (SALIF DIOUF et PHILIPPE REKACEWICZ, 2003). Ce manque d'eau potable est à l'origine de nombreuses affections. Pourtant, l'Afrique est l'un des continents les plus arrosés du monde avec 17 grands fleuves et plus de 160 lacs majeurs (PLOYE, 2005). L'onchocercose et la bilharziose font des ravages dans plusieurs pays. Pour ce qui est du paludisme, il est la première cause de consultation du premier échelon dans les pays d'Afrique, il se trouve au premier rang des maladies graves de fréquentation des centres de santé et des dépenses de santé familiale. D'après l'OMS, depuis 1990, le produit intérieur brut par habitant dans les pays d'Afrique subsaharienne a diminué et le paludisme est un important facteur de ce bilan économique médiocre.

3-Le contexte camerounais du problème de santé lié à l'eau

Le Cameroun n'est pas exempt de cette crise généralisée de l'eau responsable des maladies hydriques. Pendant la décennie internationale de l'eau et de l'assainissement (19801990), la question de l'eau constituait une priorité pour le gouvernement camerounais. C'est ainsi que, de vastes programmes d'alimentation en eau potable ont été entrepris, ce qui avait permis l'équipement de la quasi-totalité des zones urbaines et la construction en zone rurale de 5 950 forages équipés de pompes à motricité humaine, de 2 500 puits modernes, de 2 000 sources aménagées. Cependant, la crise économique des années 80 accentuée au courant des années 90 a anéanti les efforts que fournissait l'Etat dans ce domaine et a érodé le pouvoir d'achat des populations. Afin de résoudre ces problèmes économiques, l'Etat camerounais a adopté les programmes de lutte contre la pauvreté proposés par la Banque Mondiale (BM) et le Fond Monétaire International (FMI). Il s'agit notamment du programme d'ajustement structurel, dont certains points stipulent la réduction des dépenses publiques c'est-à-dire l'arrêt de l'équipement des zones en infrastructures divers et la suppression des subventions accordées à l'agriculture soumettant ainsi les populations à des conditions de vie austères.

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Tout ceci a eu pour effet la diminution des capacités d'intervention de l'Etat dans le développement économique et social des zones rurales.

La mise sur pied par la suite du processus de décentralisation des pouvoirs a « offert un cadre approprié à l'Etat pour libérer et impulser les initiatives communautaires ayant pour base la mise en oeuvre d'actions très spécifiques sur les groupes de populations les plus vulnérables et les plus touchées »1. Ces populations vulnérables et touchées sont celles des campagnes. Dans ces conditions, le monde rural selon ELA (1994) récapitule « l'Afrique étranglée » car c'est le siège de nombreux maux : absence d'adduction en eau potable, d'électricité, médiocrité de l'état de santé, insuffisance d'infrastructures scolaires, sanitaires et bien d'autres. Malgré les efforts actuels fournis notamment dans l'accroissement du Produit Intérieur Brut (PIB) au Cameroun, les signes de cette pauvreté ne sont pas encore effacés. C'est ainsi que, selon le Programme des Nations Unies pour le Développement PNUD (2005) la proportion de ménage ayant accès à l'eau potable reste encore très faible avec des taux de couverture de 30% et 40% en zone rurale et urbaine respectivement et une moyenne nationale se situant autour de 39%. Pourtant ce pays dispose de ressources hydriques importantes, avec de nombreux fleuves qui constituent la source principale d'alimentation en eau de la quasi-totalité des zones urbaines, mais aussi d'une réserve en eaux souterraines évaluées à 120 milliards de mètres cubes exploitables.

La faible couverture en eau potable du milieu rural camerounais en général et de Babadjou en particulier, conduit les populations à la consommation des eaux de rivières, de puits, de pluies et des sources non aménagées ne faisant pas l'objet d'un contrôle de qualité. Ainsi, l'eau qui symbolise la vie, devient plutôt un danger pour les populations qui n'accèdent qu'à une eau souillée par des bactéries et des virus responsables des maladies à transmission orale. Ceci se traduit par la récurrence de la typhoïde, de l'amibiase, de l'ascaridiase, des gastro-entérites et du choléra au sein des populations.

Au Cameroun, la distribution du paludisme est fonction de la superposition bioclimatique et la zone à transmission pérenne étant la zone de climat équatorial qui comprend le grand sud et l'Ouest. Le paludisme au Cameroun est responsable de : « 30% des cas d'hospitalisation, 50% du taux de mortalité, 46% des dépenses annuelles des ménages et 40% des décès. »2.

En vue de gérer le problème de l'eau et de la santé, le gouvernement camerounais a mis sur pieds un corpus de lois et d'institutions. Ainsi, le secteur de l'eau au Cameroun est

1 Rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD, 1998)

2Propos du Dr FONDJO : responsable du PNLP au Cameroun à l'émission média d'Afrique à la Radio France Internationale le 12 juin 2009.

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régit par la LOI N°98/005 DU 14 AVRIL 1998 qui fixe le respect des principes de gestion de l'environnement et de la protection de la santé publique, le cadre juridique général de l'eau. Comme institutions intervenant dans la gestion de l'eau, nous pouvons citer : le Ministère de l'Energie et de l'Eau qui met en oeuvre et évalue la politique de l'Etat en matière d'eau ; la Camerounaise des Eaux qui s'occupe de la distribution ; le service d'hygiène et de la salubrité du Ministère de la Santé Publique (MINSANTE) ; les universités et les grandes écoles avec leurs laboratoires. Dans le domaine de la santé, une politique nationale de la santé gérée par le (MINSANTE) existe au Cameroun. Cette institution définie toute mesure de lutte contre les maladies. Par exemple, il veille au suivi du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) et de l'onchocercose.

II-ETAT DE LA QUESTION

Les auteurs qui ont fait des recherches sur l'eau conçoivent le problème de l'eau comme étant une situation qui touche à sa qualité, sa quantité et sa distribution. Ainsi les problèmes d'eau dans le monde sont liés à la croissance rapide de la population doublée au développement économique notamment industriel et agricole. Par exemple, la déforestation, l'érosion, la mise en culture de nouvelles et vastes étendues de terres, les irrigations, le développement anarchique des agglomérations, l'accumulation des déchets sont autant de facteurs qui modifient le milieu naturel et dégradent la quantité et la qualité des eaux, ce qui entraîne de nombreuses répercussions sur la santé des populations.

Au sujet de l'eau, les informations que nous avons recueillis des différentes lectures nous ont permis de situer les différents auteurs dans les deux grandes problématiques suivantes : la problématique de l'insuffisance dans la distribution, de la dégradation quantitative et qualitative de l'eau responsable des maladies hydriques à transmission orale et la problématique de l'eau comme étant un lieu de développement des agents vecteurs causant les maladies hydriques à transmission vectorielle tel que le paludisme.

1- L'approche de l'insuffisance, de la dégradation quantitative et qualitative de l'eau

Il s'agit pour la plupart des auteurs qui ont traité des insuffisances dans la distribution de l'eau, des activités qui dégradent la quantité de l'eau et de la contamination des eaux par des pollutions de diverses sources.

Nous pouvons citer dans ce registre, Jeune Afrique Economie (1998) pour qui l'accès à l'eau à l'échelle du globe est inégal car 1,2 milliard de la population de la planète souffrent

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du manque d'eau potable. Ces personnes se trouvent surtout dans les pays en développement rappelle l'OMS (2006), parce que le problème d'accès à l'eau potable ne se pose plus dans les pays développés. Auparavant, SALIF DIOUF et PHILIPPE REKACEWICZ (2003), traitant de la pénurie d'eau, font constater qu'en Afrique, au cours des années 90, la quantité d'eau disponible par habitant a chuté de 64%. Abordant la question dans le même sens, lors de la Journée Mondiale de l'Eau de l'année 2007, il a été révélé que 14 pays d'Afrique sont confrontés à des situations de pénurie ou de rareté d'eau, les pays d'Afrique du nord et de l'Ouest étant les plus touchés car on y observe le problème en termes de pénurie et de propagation des maladies. Par exemple au Togo, toute la population n'a pas accès à l'eau potable, les zones ne sont approvisionnées qu'à 40% et on a 15 litres d'eau par jour et par habitant. Au Maroc, le potentiel hydrique est limité or la consommation augmente de jour en jour et les sécheresses sont régulières. Au Burkina Faso, l'eau est une denrée rare et toutes les populations n'ont pas accès à l'eau potable.

Traitant toujours des insuffisances dans la distribution de l'eau, MBIANG MBELLA (2005), souligne qu'à Yabassi, il y a une insuffisance des adductions d'eau potable ce qui occasionne la consommation par les populations d'une eau de qualité douteuse. Pour NGEFOR GILLIAN (2008), la quantité d'eau demandée par les populations de Nkwen dans la région du Nord Ouest du Cameroun est largement supérieure à la production tandis que les infrastructures nécessitent une extension car seulement 2/3 de la population en sont ravitaillées. A Bafoussam, MPAKAM et al (2007) ainsi que SUFO KANKEU (2008) ont montré que les besoins en eau des populations sont grandissants et la SNEC est incapable d'y répondre. De plus, la passivité de l'Etat couplée à l'extrême pauvreté a conduit les populations à la mise en place des unités décentralisées telles que les puits, les sources et les cours d'eau pour leurs besoins élémentaires.

S'agissant de la dégradation quantitative de l'eau, à Mbouda, KEINO TIOMELA (2004), explique le paradoxe qui existe entre la situation de la ville de piedmont d'une part, les problèmes d'eau et la situation climatique d'autre part. Pour lui, la carence d'eau y est liée à la pratique de l'agriculture sur le bassin versant du point de captage associé à l'insuffisance et la vieillesse des adductions en eau potable. JULIUS TATA (2008), explique que, le déficit hydrique que connaît la région de Nkambé en saison sèche, est dû à la culture de l'Eucalyptus.

Pour ceux qui ont abordé la question de l'eau consommée par les populations sur le plan qualitatif, nous retrouvons des auteurs tels que PRISO (1995), qui, traitant de l'approvisionnement en eau des populations de la ville de Dschang dans l'Ouest du Cameroun a perçu le problème sous deux axes. Le premier axe étant quantitatif où il fait le constat selon

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lequel l'eau potable fournie par la SNEC3 est insuffisante, ce qui favorise le recours à d'autres sources d'approvisionnement en eau que sont les sources, les puits et les rivières. Le second axe est qualitatif dans lequel il juge que la qualité de l'eau de la SNEC est peu rassurante sur la seule base de l'observation. DACOSTA (2004) étudiant la question dans le même sens que PRISO (1995) ajoute que les puits, les sources et les rivières qui font partie des lieux d'approvisionnement en eau de certaines populations de la ville de Dschang sont victimes de nombreuses pollutions qui les contaminent. D'après les analyses effectuées sur ces eaux par NDOUNLA (2008), il ressortait que la qualité des eaux consommées par les populations, de cette ville ne répond pas aux prescriptions des normes de l'OMS. En conséquence la typhoïde, la gastro-entérite et les dysenteries font l'objet du quotidien de ces populations. Des études similaires ont été faites antérieurement par TEMGOUA TIAYO (2006) dans la même ville.

2- L'approche de l'eau comme lieu de développement des insectes vecteurs de maladies

Au-delà de la dimension qualitative et quantitative, l'eau est le lieu de développement des moustiques et des mouches responsables des pathologies telles le paludisme, l'onchocercose, la bilharziose, la fièvre jaune, le ver de guinée et la dengue. Cependant, c'est le paludisme qui fait le plus grand nombre de victime d'où l'insistance de son étude dans ce travail. BART (2003) dit que : « Le paludisme est la plus universelle des maladies tropicales, il est étroitement lié à l'eau. Il sévit en Afrique où il est la première cause de mortalité loin devant le SIDA ». A ce titre, ceux qui se sont intéressés à la situation épidémiologique du paludisme en Afrique perçoivent le problème différemment. Pour les uns, c'est une maladie essentiellement urbaine, pour les autres la transmission palustre est plus forte en zone rurale qu'en zone urbaine à cause de la pratique de l'irrigation et pour certains les variations climatiques, la topographie, la végétation et l'hydrographie ont une influence sur la transmission du paludisme. Ces auteurs mettent en relation les éléments du milieu et l'eau dans la propagation des moustiques vecteurs des maladies.

Parmi les auteurs qui traitent du paludisme comme une affection essentiellement urbaine, il y a LOUIS et al (1999). Pour eux, la prévalence du paludisme en milieu urbain africain est importante. Ceci est dû à la croissance souvent explosive des densités extrêmes des populations, d'un sous-emploi et d'une pauvreté généralisés, une insalubrité et un bas niveau d'hygiène individuelle et collective. Dans ces conditions, on peut parler du

3Société Nationale des Eaux du Cameroun privatisée en 2007 et devenue la Camerounaise des Eaux et CAMWATER sont les structures qui distribuent l'eau potable au Cameroun.

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« paludisme en milieu urbain ». Les caractéristiques de ce paludisme sont : le développement d'espèces anophéliennes domestiques, une très grande variation dans les densités anophéliennes et les taux de piqûres infestantes, la perte de la pré-munition chez les habitants avec pour corollaire l'apparition d'accès palustres sévères chez l'adulte.

Par contre, BAUDON et SPIEGEL (2001)4 disent plutôt que la transmission anophélienne en milieu urbain est globalement plus faible qu'en milieu rural. Ceci est lié au fait que les zones rurales sont des zones où on a une faiblesse des structures sanitaires, une prévalence élevée, la faiblesse des revenus et l'ignorance des méthodes de prévention ou bien le faible usage de ces méthodes (NGANTCHOU, 2005)5. Or, les systèmes agricoles, notamment la pratique de l'irrigation leur sont plutôt préjudiciable car responsable de la propagation des vecteurs des endémies tropicales. Abordant la question dans le même sens, BALDET et al (2007) faisant une étude comparative sur deux sites VK5 village situé au centre de la rizière de Bobo Dioulasso et VK7 en périphérie ont montré que les rizières font partie des zones agricoles dont l'aménagement hydraulique peut avoir des répercussions profondes sur les maladies à transmission vectorielle, en particulier le paludisme.

TCHUINKAM et al (2003), travaillant sur le paludisme à Santchou, Dschang et leur périphérie deux zones voisines, ont prouvé l'importance de ces éléments physiques dans la transmission du paludisme. En effet, la topographie de Santchou favorise la stagnation des eaux causant le développement des moustiques. Par contre, la ville de Dschang se trouve en altitude par conséquent, la transmission palustre y est plus faible. Pour MEVA'A ABOMO (2003), la combinaison des composantes du milieu physique à savoir le climat, l'altitude, la pédologie, la végétation ainsi que les pratiques et comportements humains à l'exemple du faible entretien de l'environnement immédiat, favorise le développement des moustiques dans la plantation d'HEVECAM au Sud du Cameroun. NGUIDJOE MPECK (2005), travaillant sur le paludisme dans l'arrondissement de Douala IIème et MADA NJOUA (2008), à Dschang soulignent que dans ces deux villes, bien qu'étant endémique, le paludisme y connaît une recrudescence saisonnière. Pour NGONO MESSI MBOUDOU (2008), les facteurs favorables au développement du paludisme sont l'hydrographie aggravée par le climat à certaines périodes de l'année.

3- Le cas de Babadjou

4BAUDON et SPIEGEL (2001) : Paludisme urbain, paludisme de demain pour l'Afrique Sub-saharienne. Bull soc pathol Exot, 96, 3, 155

5NGANTCHOU ; 2005 : La place du médicament préventif dans l'épidémiologie du paludisme : cas de la ville de Mfou et du village Nkilzok II. Université de Yaoundé I, 15p.

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Au sujet de l'eau à Babadjou, nous avons été confrontés au problème de la rareté de littérature. Néanmoins, nous avons pu retenir deux auteurs qui ont fait état de la situation des eaux consommées à Babadjou. FOBASSO (1998) traitant de l'approvisionnement en eau potable à Babadjou a relevé une absence d'eau potable dans cette localité. Mais cette étude manque de données chiffrées sur la qualité des eaux consommées par les populations et sur les statistiques provenant des registres des établissements de santé pouvant permettre de mesurer l'ampleur du problème. Il n'a non plus insisté sur la dimension spatiale du problème posé. Cependant, il a énuméré quelques stratégies par lesquelles on peut équiper Babadjou en adduction d'eau potable en vue d'un développement durable. Mais jusqu'aujourd'hui rien n'a encore été fait dans ce sens. YEMELONG TEMGOUA (2007) a relevé qu'à Babadjou, la rareté de l'eau potable dénote du fait que ce secteur est négligé par les élites de cette localité qui sont de nouveaux acteurs de développement en milieu rural.

III- PROBLEMATIQUE

Contrairement aux travaux effectués par ces différents auteurs, dans cette étude, nous soutenons la problématique suivante : l'eau comme facteur de la détérioration de l'état de santé des populations de Babadjou. Pour cela nous allons situer ce travail dans l'approche de l'insuffisance d'eau potable qui entraîne la consommation des eaux souillées et l'eau comme lieu de développement des insectes vecteurs de maladies principalement du paludisme. D'où la question centrale: Y a-t-il une relation de cause à effet entre l'eau et la santé des populations de Babadjou ? Plus spécifiquement, il sera question pour nous de répondre aux questions suivantes :

? Quelles sont les potentialités naturelles d'accès à l'eau de Babadjou et quels sont les différents lieux d'approvisionnement en eau des populations?

? Au regard de l'insuffisance voir de l'absence d'eau potable d'où proviennent les eaux consommées par l'immense majorité de la population de Babadjou, quelle est leur qualité et quelles sont les maladies qui en résultent ?

? Quels sont les facteurs responsables du développement des agents vecteurs des maladies hydriques à transmission vectorielle ?

? Quelle est la prévalence de ces maladies notamment celle du paludisme et en quelle période observe-t-on une recrudescence?

? Comment les acteurs institutionnels (privés et publics), et la communauté elle-même perçoivent et gèrent ces questions environnementales ?

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? Quels sont les moyens déployés par les populations pour gérer leur problème de santé et pour quel résultat ?

IV-OBJECTIFS DE LA RECHERCHE

1. Objectif principal

Il s'agit pour nous dans ce travail d'établir le lien qui existe entre l'eau et la santé des populations de Babadjou.

2. Objectifs spécifiques

· Etudier le potentiel hydrique naturel d'accès à l'eau de Babadjou et répertorier les différents lieux d'approvisionnement en eau des populations;

· Répertorier les principales sources d'eau de boisson des populations eu égard à l'insuffisance d'eau potable, analyser leur qualité et identifier les maladies qui y sont liées tout en montrant leur prévalence ;

· Etudier les facteurs favorables au développement des vecteurs des maladies hydriques à transmission vectorielle à Babadjou ;

· Montrer la prévalence du paludisme dans l'ensemble des maladies répertoriées à Bababjou, ainsi que sa période de recrudescence;

· Montrer la contribution des acteurs institutionnels et de la communauté dans la gestion de ces problèmes environnementaux;

· Recenser les moyens mis en oeuvre par les populations de Babadjou pour résoudre leur problème de santé.

V- HYPOTHESES

Pour mener à bien ce travail, nous avons retenu quelques hypothèses qui ont orienter nos investigations.

1-Hypothèse principale

Il existe des relations de cause à effet entre l'eau et la santé des populations de Babadjou. Ceci se traduit par la présence des maladies causées par l'ingestion des eaux

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souillées et par l'existence des maladies hydriques vectoriellement transmissible notamment le paludisme.

2- Hypothèses spécifiques

· Il existe à Babadjou plusieurs facilités naturelles d'accès à l'eau qui contrastent avec le manque des structures d'approvisionnement en eau potable;

· Les eaux consommées par l'immense majorité de la population proviennent des rivières, des pluies, des puits et des sources non aménagées. Ces eaux sont impropres à la consommation et la conséquence est l'existence de plusieurs maladies hydriques à contamination féco orale. Ces maladies sont récurrentes en saison sèche et les populations des quartiers sans eaux potables sont les plus affectées.

· Le couple éléments physiques (climat, relief, sol, hydrographie) et mauvaise gestion de l'environnement autour de l'habitat compromettent la santé des populations en créant des conditions favorables pour la culture des insectes vecteurs des maladies hydriques à transmission vectorielle notamment le paludisme;

· Le paludisme à Babadjou est la première cause de consultation et d'hospitalisation. Les enfants de moins de 5 ans et les adultes de la tranche 15 à 45 ans sont les plus touchés. Le paludisme à Babadjou est récurrent aux intersaisons. Les autres maladies sont : l'onchocercose, la fièvre jaune et la dengue ;

· Les actions visant l'équipement en infrastructures diverses d'approvisionnement en eau potable et en la lutte contre le paludisme sont entreprises par les acteurs institutionnels et la communauté. Cependant la plupart de ces réalisations ont été vouées à l'échec.

· Pour résoudre leur problème de santé, les populations procèdent au traitement de leurs eaux de boisson, elles font recours à divers itinéraires thérapeutiques. Mais, le résultat est mitigé car la morbidité des maladies liées à l'eau reste soutenue à Babadjou.

VI- INTERET DU SUJET

Dans les pays en développement, les campagnes sont des sièges de nombreux maux. En effet leurs populations sont confrontées aux difficultés d'accès aux ressources de bases à l'instar de l'électricité, des infrastructures sanitaires, de l'eau potable et bien d'autres. Nous portons notre attention sur l'eau et la santé, parce que, que se soit en zone urbaine ou rurale le

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problème a le même schéma et se manifeste en termes d'absence d'eau potable et de multiplication des maladies à transmission hydrique.

Pour ce qui est du cas typique de Babadjou, sur le plan social, il est question d'interpeller les acteurs de développement que sont les élites, la municipalité, l'Etat, les organismes internationaux et les populations, que les intervenants puissent analyser l'ampleur des carences en eau potable et des maladies hydriques à transmission vectorielle notamment, le paludisme et prennent des mesures nécessaires pour y apporter des solutions.

Sur le plan scientifique, notre objectif est d'apporter une contribution à la recherche dans le domaine de la géographie de la santé. On pourra de ce fait envisager des stratégies et des techniques, ce qui contribuera à l'amélioration du cadre de vie des habitants de Babadjou et par ricochet celui des habitants des campagnes des hautes terres de l'ouest du Cameroun.

VII- CADRE CONCEPTUEL DE L'ETUDE

Pour mener à bien ce travail, il est judicieux de définir les concepts d'eau et de santé

1- Le concept de l'eau

D'après le Dictionnaire Hachette (1992), l'eau, nom féminin désigne une substance liquide transparente, inodore et sans saveur à l'état pur. On distingue de ce fait l'eau de source, de pluie. Il s'agit aussi de toute masse plus ou moins considérable de ce liquide (mer, rivière, lac, océan).

Selon BRUNET et al (1997) dans le dictionnaire Les Mots de la Géographie, l'eau est un liquide composé d'hydrogène et d'oxygène formant l'hydrosphère à l'échelle du globe, à la suite du rassemblement des molécules gazeuses expulsées dès les premiers millions d'années sur la terre.

La LOI N°98/005 DU 14 AVRIL 1998 portant régime de l'eau au Cameroun, définie l'eau en lui donnant quatre dimensions qui sont :

- eaux de surface qui sont les eaux de ruissellement, les cours d'eau et les eaux stagnantes;

- eaux souterraines qui sont des eaux d'infiltration et des nappes ;

- les eaux de sources. Ce sont des eaux proposées dans le commerce pour l'alimentation humaine, minéralisée ou non, gazeuse ou non, sans qu'il soit fait état de leur qualité thérapeutique.

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- Les eaux minérales. Ce sont des eaux souterraines contenant des substances minérales dissoutes ayant une action thérapeutique.

L'eau est un composé chimique ubiquitaire car se trouvant presque partout à la surface de la terre. C'est aussi un composé essentiel pour tous les organismes vivant connus. Le corps humain est ainsi composé de 70% d'eau. Près de 70% de la surface de la terre est recouverte d'eau (97% d'eau salée et 3% d'eau douce) essentiellement sous forme d'océans. En tant que composé essentiel à la vie, l'eau a une grande importance pour l'homme. Source de vie et objet de culte depuis les origines de l'homme, l'eau est conjointement dans les sociétés d'abondance un produit de l'économie et un élément majeur de l'environnement. Dans le monde, 23 pays se partagent les 2/3 des ressources mondiales d'eau douce alors que 250 millions d'habitants souffrent de pénuries graves dans 26 autres pays.

L'eau à la surface de la terre est sujette à de nombreuses pollutions qui altèrent sa qualité. La pollution est ce qui rend un milieu malsain. C'est aussi la dégradation de l'environnement résultant de la dissémination de produits toxiques ou de l'abandon de matériaux non biodégradables. En raison de la dégradation de la qualité de l'eau, on va distinguer deux concepts liés à l'eau : celui de l'eau potable et de l'eau polluée.

Une eau potable est selon BRUNET et al (1997), une eau qui peut être bue sans danger excessif pour la santé. Selon l'OMS (2006), c'est une eau dont la consommation ne présente aucun risque pour la santé. L'eau est potable naturellement ou après traitement.

Une eau polluée est une eau souillée, salie, impure, usée, non traitée. C'est une eau dont la consommation expose l'être vivant aux maladies. A la conférence de Genève en 1961, la définition suivante a été donnée de l'eau polluée : « Un cours d'eau est considéré comme pollué lorsque la composition ou l'état de ses eaux sont directement ou indirectement modifiés du fait de l'activité de l'homme dans une mesure telle que celles-ci se prêtent moins facilement à toutes les utilisations auxquelles elles pourraient servir en leur état naturel ou à certaines d'entre-elles ». La pollution peut-être causée par le rejet :

- des matières organiques dégradables, qui voudraient pour leur transformation, la présence d'une quantité suffisante d'oxygène. Ce sont essentiellement des eaux d'égouts urbains, des effluents d'industries agricoles et alimentaires ;

- des matières organiques non biodégradables (plastiques) par des fermentations, c'est-à-dire par l'action des micro-organismes ;

- des matières minérales en suspension qui se déposeront par décantation et occuperont le lit de la rivière. Elles proviennent de l'extraction des combustibles minéraux, des minerais, des matériaux de construction et des ateliers de lavage.

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Dans cette étude, nous allons entendre par « eau » l'ensemble constitué des eaux exposées aux pollutions de sources diverses dont la consommation est source de maladie d'origine féco-orale en même temps que leur présence crée des conditions nécessaires pour le développement des larves d'insectes. L'« eau » va également désigner l'ensemble formé par les eaux potables c'est-à-dire celles fournies par les Adductions d'Eau Potable (AEP). Ainsi, dans ce travail le concept de l'eau possède deux dimensions. La première est celle de l'eau polluée qui est une eau souillée, salie, impure et non traitée. Elle a pour composantes les eaux de pluies, des rivières, des sources non aménagées, et des puits. Comme indicateurs de ces eaux on a : la concentration des colibacilles, la coloration, les matières en suspension, la température élevée, une mauvaise odeur, un PH acide et la présence des larves d'insectes. La deuxième dimension est celle de l'eau potable composée des eaux de borne fontaine, de forage et des sources aménagées (voir tableau 1).

Après avoir définit, le concept de l'eau, il est important de définir également les concepts qui lui sont associés et que nous allons utiliser tout au long de ce travail. Il s'agit des termes suivants : approvisionnement en eau, lieu d'approvisionnement en eau et Adduction en Eau Potable (AEP).

- L'approvisionnement en eau est l'apport de l'eau dans une zone en vue de son ravitaillement.

- Le lieu d'approvisionnement en eau est l'endroit où les populations se ravitaillent en eau. Dans ce travail il s'agira des rivières, des pluies, des sources non aménagées, les sources aménagées, des puits aménagés, semis aménagés et non aménagés, des trous d'eau (puits creusés saison en sèche par les agriculteurs pour des fins d'irrigation qui, face à la rareté de l'eau pendant ladite en saison deviennent des lieux de ravitaillement en eau des populations et quand ils ne sont pas comblés en période de pluies, ils constituent des lieux de développement des larves de moustiques), des bornes fontaines et des forages.

- L'adduction en eau potable est une infrastructure permettant l'apport d'eau par canalisation à la population d'une commune. Ce qui implique une épuration à partir du captage, un réservoir (châteaux d'eau), des réseaux entretenus, une station de traitement. Comme adduction en eau potable dans ce travail nous aurons : des bornes fontaines, des forages et des sources aménagées.

De la définition de l'eau, nous pouvons construire le cadre conceptuel suivant:

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Tableau 1 : Le concept de l'eau

CONCEPT

DIMENSIONS

COMPOSANTES

INDICATEURS

 
 

-Eau de pluie

-Présence de colibacilles /ml d'eau

 
 

-Eau des puits

aménagés, semis et non

-Matières en suspension -Coloration

 

Eau non potable

aménagés

-PH acide inférieur à 6,5

 
 
 

-PH basique supérieur à 9,5

 
 

-Eau des sources non aménagées

-Odoriférantes

-Température élevée

 
 
 

-présence des larves

EAU

 

-Eau des rivières

d'insectes

 
 

-eau des trous d'eau

-Concentration exagérée de

substances chimiques /ml
d'eau

 
 

-Eau des bornes

fontaines

-Absence de colibacilles/ml d'eau

 

Eau potable

-Eau des sources

aménagées

-Eau non turbide, sans

saveur, claire, fraîche,
inodore absence de larves

 
 
 

-PH neutre compris entre

 
 

- Eau des forages

6,5 et 9,5

 
 
 

-Unité de substances

chimiques / ml d'eau
normale

 

Source : E. LONPI, 2008

2- Le concept de santé

D'après le Dictionnaire Hachette (1992), la santé est un nom féminin désignant l'état de l'être vivant et en partie de l'être humain chez lequel le fonctionnement de tous les organes est harmonieux et régulier. Selon (HARVEY)6 la santé est un concept dynamique. Dans

6 Gilles Harvey: Concepts et définitions : vers une définition de la santé. www. reseau-respect.ch/esv. Consulté le 11-02-2009.

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l'histoire, ce terme apparaît vers l'an 1000 avant Jésus-Christ. Avec la période scientifique, moderne, la santé fut associée à l'absence de maladie et la société développa de stratégies d'assistance aux personnes malades. Le curatif prend le pas sur le préventif. Par la suite, la santé est perçue comme un continuum s'échelonnant de la maladie vers la santé.

En 1974, l'OMS proposa une définition de la santé qui met l'accent sur la globalité (wholeness) et les qualités positives de la santé. Elle définit la santé donc comme un « état complet de bien- être physique, psychologique et social et non pas uniquement l'absence de maladie ou d'infirmité ».

D'après HARVEY, cette définition de l'OMS introduit une vision multidimensionnelle de la santé que sont : les dimensions physique, psychologique, émotionnelle, et spirituelle qui sont intrinsèques à la personne et d'autres dimensions externes étant l'environnement et l'économie. Chacune de ces dimensions affectent de près ou de loin, la santé de la personne. Ainsi on peut parler de :

? La santé sociale : qui est l'habileté à bien interagir avec les autres et avec son environnement et à avoir des relations interpersonnelles satisfaisantes ;

? La santé mentale : qui est l'habileté à apprendre à se servir de ses capacités intellectuelles ;

? La santé émotionnelle : qui est l'habileté à contrôler ses émotions et à exprimer sans gêne et convenablement ;

? La santé spirituelle : étant la croyance en une certaine force unificatrice. Pour certains se sera la nature, pour d'autres, la loi de la science, pour d'autres encore une force divine. C'est la notion de valeur ;

? La santé physique comme étant l'habileté à réaliser les tâches quotidiennes avec suffisamment d'énergie en réserve pour affronter les situations imprévues ; il s'agit de l'intégrité biologique de la personne, c'est- à-dire son équilibre physiologique (équilibre biologique qui comprend : la température corporelle, la composition sanguine et l'immunité).

Dans cette étude qui porte sur la relation « eau-santé », nous allons entendre par santé l'ensemble des maladies causées par l'eau. Elles se subdivisent en deux groupes qui sont : les maladies causées par la consommation des eaux non traitées d'une part, celles engendrées par des agents vecteurs qui effectuent une partie de leur cycle de vie en milieu aquatique d'autre part. Ainsi, la santé a pour dimension les maladies hydriques composées des affections dues à l'ingestion des eaux souillées avec comme indicateurs la fièvre typhoïde, l'amibiase, les verminoses, la gastro-entérite, le choléra, l'hépatite A et B, la poliomyélite ; et les pathologies causées par des vecteurs qui se développent en milieu aquatique dont les indicateurs sont : le

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paludisme, l'onchocercose, la fièvre jaune, les vers de guinée, la dengue et la bilharziose. Ce qui nous amène à faire le tableau suivant qui définit le cadre dans lequel nous allons travailler.

Tableau 2 : Le concept de la santé

CONCEPT

DIMENSIONS

COMPOSANTES

INDICATEURS

 
 

Pathologies dues à

l'ingestion des eaux non potables ou d'origine féco- orale

-Fièvre typhoïde - Amibiase

- Diarrhée

- Gastro-entérite

 
 
 

- l'ascaridiase

 
 
 

- Choléra

SANTE

Maladies hydriques

 

- Poliomyélite

 
 
 

- Hépatite A et B

 
 

Maladies causées par des

agents vecteurs qui
effectuent une partie de

leur cycle en milieu
aquatique

- Paludisme - Bilharziose - Onchocercose - Fièvre jaune - Dengue

 
 
 

- Les vers de guinée

 

Source : E. LONPI, 2008

VIII- METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE

Pour expliquer la méthode utilisée pour ce travail, il est important de localiser d'abord la zone d'étude.

1-Localisation de la zone d'étude

Situé dans la région de l'Ouest du Cameroun et plus précisément dans le département des Bamboutos, le groupement villageois Babadjou s'étale entre 5°38' et 5°46' de latitude Nord et entre 10°05' et 10°15' de longitude Est. C'est l'un des quatre arrondissements du département des Bamboutos, né de la réforme administrative de septembre 1992. Il est traversé par la nationale N°6 Bafoussam- Bamenda du Sud au Nord. Babadjou est limité :

- A l'Ouest par la région du Sud-Ouest avec le groupement villageois Bamock ;

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- au Nord et au Nord-Ouest par la région du Nord-Ouest avec les groupements Menka et Santa ;

- à l'Est par le groupement Bamessingué ;

- et au Sud par les groupements Balatchi et Bagang

Figure 1 : Localisation de Babadjou

Source : Carte administrative du Cameroun, 2008

Dessin E. Lonpi, sept 09

Pour ce travail, nous avons collecté des données primaires et secondaires que nous avons traité par la suite. Nous avons aussi fait des analyses de l'eau de boisson à Babadjou.

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Nous avons effectué plusieurs descentes sur le terrain. La première consistait en une enquête exploratoire. Par la suite nous nous sommes rendus dans les bibliothèques où nous avons fait des lectures sur les thèmes de l'eau et de la santé. Ces lectures nous ont aidé élaboré le cadre théorique de notre étude.

2-La collecte des données primaires

Les données primaires sont celles obtenues aux moyens des questionnaires, des observations directes et des entretiens avec les personnes ressources. Ainsi, nous nous sommes entretenues avec des personnes ressources de la Délégation Départementale du Ministère de l'Eau et d'Energie des Bamboutos, de la Délégation Départementale de la Protection de l'Environnement et de la Nature des Bamboutos, de la Commune de Babadjou, du Centre Médical d'Arrondissement de Babadjou (CMA), des Centre de Santé Intégrés de Balepo et de Nguekong, de la Délégation d' Arrondissement de l'Agriculture et du Développement Rural (DAADR) pour Babadjou et de la Délégation d' Arrondissement de l'Elevage pour Babadjou.

Nous avons consulté les registres de soin des établissements de santé suivants : Centre Médical d'Arrondissement de Babadjou (CMA), du Centre de Santé Intégré (CSI) de Balépo et du Centre de Santé Intégré de Bamelo- Ntong. Ces trois hôpitaux représentent les trois grandes aires de santé de Babadjou. Les données statistiques concernant les maladies dans ce travail sont celles provenant de ces registres et des questionnaires auprès des populations.

L'arrondissement de Babadjou compte 20 quartiers, mais, nous avons placé les questionnaires dans 15 quartiers. Nous avons choisi ces 15 quartiers parce que nous avons procédé au regroupement d'autres quartiers en raison de leur proximité. Nous avons par la suite divisé le groupement en 4 zones : nord-ouest, sud-ouest, nord-est et sud-est. Ceci dans le but de faciliter nos déplacements et notre exploration. Nous avons interrogé au total 180 ménages. La moyenne de question placée par zone est de 46. Nous avons fait un sondage au hasard. Les différents quartiers enquêtés et le nombre de questionnaires placés dans ces quartiers sont contenus dans le tableau 3 ci-après.

Pour réaliser la carte des adductions en eau potable et celle des puits de Babadjou, nous avons levé à l'aide d'un GPS (Global Positioning System) les puits équipés ou non, les forages fonctionnels ou non, les bornes fontaines fonctionnelles ou non, les sources aménagées fonctionnelles et non. La carte des adductions d'eau potable nous a permis de faire le rapprochement avec la provenance des patients dans les établissements de santé de

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Babadjou en vue d'une évaluation de l'ampleur du problème d'eau potable dans les différents quartiers.

Tableau 3 : Nombre de ménages enquêtés par quartier et questionnaires soumis

Quartiers enquêtés

Nombre de questionnaires placés

King-place

12

Nguékong

14

Bamendjingha

14

Bamendousso

8

Bamepa'ah

12

Bamelo

16

Topelou

10

Balepo

14

kombou

16

zavion

8

Bawa2

10

Bamegnia

8

Bamendji

10

Bamentongoung

12

Bamenkwé

16

Total : 15

180

 

Source : enquête de terrain, décembre 2008

Tableau4 : Niveaux d'étude des personnes enquêtées

Niveaux d'étude

Effectifs

Pourcentage %

CEPE

6

3

BEPC/CAP

34

19

PROBATOIRE

56

32

BACC

38

21

BACC+

26

14

AUCUN NIVEAU

20

11

TOTAL

180

100

 

Source : enquête de terrain, décembre 2008

En ce qui concerne le niveau d'étude, le tableau 4 ci-dessus laisse entrevoir que nous avons interrogé moins de personnes ayant un niveau élémentaire (CEPE) soit 3% et plus de personnes ayant au moins un niveau probatoire. Ceux qui ont un niveau BACC+ sont soit des personnes retraitées, ou bien des jeunes licenciés qui n'ont pas pu trouvé un emplois dans la fonction publique, ou encore se sont des personnes exerçant un emplois public et qui vivent à Babadjou.

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Ces questions nous ont permis d'avoir des informations détaillées sur notre sujet.

3-La collecte des données secondaires

Nous avons fait des lectures sur les thèmes de l'eau et de santé. Ces lectures ont été effectuées dans les bibliothèques du Centre de Recherche sur les Hautes Terres, celle du centre universitaire de Dschang, du Centre Culturel Français de Yaoundé, de l'Alliance Franco-Camerounaise de Dschang, l'Université de Yaoundé I et des Sites Internet.

4. Le traitement des données

Les informations obtenues au moyen des questionnaires adressés aux populations ont été dépouillées, traitées et interprétées. Pour effectuer ce travail, nous avons utilisé le logiciel Word pour la saisie et le traitement de texte, Excel pour la confection des tableaux et figures, le GPS pour le lever des adductions en eau potable et les logiciels Corel Draw 12, Map Info 7.5 et ArcGIS 9.0 pour la confection des cartes. Nous avons réalisé les cartes au Laboratoire de Géomatique du Département de géographie de l'Université de Dschang.

5. L'analyse de l'eau

Nos échantillons d'eau ont été analysés dans le Laboratoire de Recherche de Physiologie Animale/Microbiologie de la Faculté d'Agronomie et des Sciences Agricoles (LRPA/M/FASA) de l'Université de Dschang. Nos analyses ont porté sur l'analyse physique notamment la mesure de la température, du potentiel d'hydrogène et sur l'apparence physique de l'eau consommée par la majorité de la population de Babadjou. Nous avons aussi effectué l'analyse bactériologique et la technique utilisée est celle du tube multiple/plus probable nombre.

Pour le choix des échantillons d'eau, nous nous sommes basés sur les pourcentages obtenus dans le dépouillement des questionnaires, c'est-à-dire sur le nombre de personnes qui s'approvisionnent dans les différents points d'eau.

6. Les difficultés rencontrées

Pendant la réalisation de ce travail, nous avons rencontré plusieurs difficultés parmi

lesquelles :

- L'étendue de la zone d'étude, ce qui imposait d'importantes distances à parcourir ;

- La réticence de certaines personnes à nous fournir des informations demandées ;

- La faiblesse de nos moyens financiers. Par exemple, nous aurions bien aimé analyser

toutes les sources d'eau de boisson des populations à Babadjou, mais face à la modicité de

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nos moyens financiers nous nous sommes limités aux principaux lieux d'approvisionnement en eau en saison sèche et surtout dans les quartiers où il n'existe pas d'eau potable.

Cependant, nous avons tout de même retenu quatre lieux d'approvisionnement en eau en saison sèche à savoir : la rivière tchi-Meloung qui traverse le quartier Bametongoung, la source naturelle Do'Douong du quartier King-place, le forage qui se trouve devant l'école publique de Mogni à Bamendjingha et le trou d'eau de Nso'h à Bamendjingha. Mais nous avons été confrontés à un problème lié au climat. En effet, la source Do'Douong avait entièrement tari, ce qui n'a jamais été le cas par le passé. De même, le forage était défectueux pourtant il était fonctionnel au mois de décembre 2008 lorsque nous placions nos questionnaires. Face à cela, nous avons mené une autre enquête où il ressortait que les populations de King-place et de Mogni s'approvisionnaient en eau de boisson dans la rivière Tchi-Malou qui sépare les deux quartiers. Nous avons donc prélevé un échantillon d'eau de cette rivière que nous avons également analysé. Au lieu d'analyser quatre échantillons d'eau comme initialement prévu, nous n'avons analysé que trois.

- L'absence de certaines données dans les registres de soins des établissements de santé. Par exemple, les quartiers de provenance de certains patients ainsi que des personnes décédées des suites de maladies hydriques n'y ont pas été mentionnés.

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RESULTATS

CHAPITRE I : LES POTENTIALITES NATURELLES D'ACCES A L'EAU ET LES LIEUX D'APPROVISIONNEMENT EN EAU A BABADJOU

La nécessité de ce chapitre tient du postulat selon lequel en géographie toute action se réalise dans l'espace. Il est donc important de connaître le milieu pour mieux le comprendre dans le but d'améliorer les stratégies en matière de développement. Réfléchir sur les potentialités hydriques de Babadjou revient à poser la problématique de l'existence des possibilités naturelles d'approvisionnement en eau. De ce fait, nous allons identifier dans ce chapitre le potentiel hydrique, les différents lieux d'approvisionnement en eau des populations de Babadjou ainsi que les facteurs responsables de la dégradation des eaux.

I- LES FACILITES NATURELLES D'ACCES A L'EAU A

BABADJOU

Du point de vue naturel, Babadjou se trouve au piedmont des monts Bambouto, il a plusieurs types de sol, jouit d'un climat de type tropical humide, regorge de nombreux cours d'eau.

1- La situation au pied d'une montagne tropicale et l'existence de nombreux types de sols

Sur le plan topographique et pédologique, Babadjou possède de bonnes conditions pouvant faciliter l'accès à l'eau.

a- Un relief favorable au drainage des eaux

Globalement, Babadjou se présente sous forme de hautes terres situées sur le versant Est de la chaîne des Monts Bambouto. Il dispose de bas-fonds (1274-1400 m) vers la limite Est, et des sommets (2500-2600 m) qui culminent à 2740 m à la dent de Babadjou encore

25

appelé « Mangwa »7. La topographie est faite d'une succession de collines plus ou moins vastes telles que Kombou et Zavion (1788m), Balépo et Bamelo (1681-1700m). Cette disposition du relief de Babadjou est une condition favorable pour la réalisation des adductions d'eau potable (AEP) par système gravitaire à partir des Monts Bambouto.

Figure 2 : L'étagement du relief de Babadjou

b- Des sols diversifiés

Au relief, il faut ajouter les éléments pédologiques. Ces éléments influencent l'infiltration et la constitution des nappes phréatiques. On y rencontre plusieurs types de sols :

- Les sols volcaniques retrouvés dans les Monts Bambouto et ses environs. Ce sont des sols jeunes, noirs et fertiles qui font l'objet d'intenses pratiques agricoles. Les agriculteurs poussés par les montées démographiques, n'hésitent pas à repousser les Bororos sur ce domaine jadis décrété zone de pâturage, d'où les conflits agro-pastoraux observés dans la zone autour du mont. Selon le Délégué d'Arrondissement de l'Agriculture et du Développement Rural de Babadjou, environ 1/3de la superficie des monts Bambouto est déjà mise en culture. Ces sols sont très poreux, profonds et à perméabilité élevée.

7 Désignation de la dent de Babadjou en langue « Ngombale » parlée dans les groupements Babadjou et Bamenssingué

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- Les sols sableux-argileux qu'on retrouve dans les bas-fonds (Bamedji, Bamedousso, Topelou, Bametogoung, Bamegnia, Bamenkwé). Ce type de sol favorise l'infiltration, d'où l'existence de nombreuses sources qui s'y trouvent.

- Les sols hydromorphes sont retrouvés dans les bas-fonds et constituent les domaines des alluvions, mais aussi des raphias dont l'exploitation constitue l'une des principales richesses agricoles des paysans d'une grande importance économique. Dans ces endroits, les puits sont faciles à réaliser.

- Les sols ferralitiques rouges sont abondants. Ce sont des sols peu profonds rendant difficiles l'infiltration des eaux.

Les roches dominantes sont constituées de basaltes, de granites et de trachytes qui affleurent par endroits. Ainsi, au-dessus de 1900 mètres d'altitude on observe une coulée trachytique. Le plateau granitique réapparaît au nord-est. L'eau y est rare et la réalisation des puits très difficile. D'après les enquêtes menées auprès des populations, pour réaliser un puits dans ce secteur il faut creuser en moyenne entre 15 et 18 mètres pour avoir de l'eau à King-place et entre 20 et 25 mètres à Bamenkwé et Bamegnia. Ce sont des puits qui tarissent presque toujours en saison sèche. Sur les étages inférieurs on retrouve des basaltes à 2740 mètres.

En somme, la nature des sols influence leur perméabilité. Les insuffisances sont-elles complétées par le climat ?

2- Le climat : facteurs favorables pour la disponibilité de l'eau ?

« Le versant Est des Monts Bambouto a un climat subtropical transformé par l'altitude et la mousson en un climat pseudo-tropical frais et humide » (DONGMO, 1982)8. On note l'existence d'une saison sèche de quatre mois et qui s'étend de la mi-novembre à la mi-mars et les pluies constantes le reste de l'année. Le climat est tempéré par l'altitude. La petite saison sèche qui devrait exister en juillet et août à cette latitude est supprimée par l'altitude. Selon la DAADR, la moyenne annuelle des précipitations en 18 ans est 1780 millimètres de pluies en 131 jours/an, avec un pic de 323,6 millimètres au mois de septembre. La moyenne de température est de 22°C et l'amplitude thermique 4°C. La température minimale est de 6,30°C observable aux Monts Bamboutos c'est-à-dire à 2740 mètres d'altitude. Pendant la saison sèche, on enregistre quelques précipitations (voir tableau 4).

8« Le Devenir des deux exploitations européennes de Babadjou ». Revue de géographie du Cameroun, vol 3/1, pp 27-32.

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Tableau 5 : Hauteur et nombre de jour de pluies en 2003 à Babadjou

Mois

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

TOTAL

Hauteur des pluies en mm

0

56,5

32

134,2

155,9

208,5

137,9

185,2

259,8

211

65,9

0

1446,9 mm

Nombre

de jours
de pluies

0

2

4

12

11

20

14

12

21

16

6

0

118 jours

 

Source : DAADR de Babadjou, 2003

Source : DAADR de Babadjou, 2003

Figure 3 : Evolution du nombre de jour de pluies à Babadjou en 2003

On peut lire de la courbe ci-dessus que le nombre de jours de pluies à Babadjou va croissant au cours de l'année. Les jours de pluies commencent effectivement au mois d'avril. Ils augmentent sans cesse pour atteindre le pic de 20 jours en juin. Ce nombre de jours de pluie diminue par la suite de juillet à août pour ensuite augmenter et atteindre un second pic en septembre avec 21 jours pluvieux. A partir du mois de novembre, le nombre de jours pluvieux baisse. Les mois de décembre, de janvier et février n' étant pas humides.

Le tableau6 présente l'évolution des pluies à Babadjou de 1999 à 2006.

28

Tableau 6 : Relevés pluviométriques de Babadjou de 1999 à 2006

Mois

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

TOTAL

Années

 

82

33,5

113

215,9

214,5

133,95

223,1

323,5

319,7

261,6

66,8

0

1987,55

2000

0

0

123,7

245,6

180,9

229,6

294,3

173,7

203,7

202,8

25,4

0

1679,7

2001

0

0

73,7

126,5

138,6

222,5

187,1

268,2

292,5

119,75

14

13

1455,83

2002

9,7

22

138

159,5

139,3

243,3

209,3

231,9

214,5

216,3

35,8

0

1619,6

2003

0

56,5

32

134,2

155,9

208,5

137,9

185,2

259,8

211

65,9

0

1446,9

2004

16

8

17,7

188,3

144,5

114,5

228,5

302,5

280,2

200,5

113,5

0

1614,2

2005

8

15

103,1

103

207

177,8

153,5

256

227

251,5

19

0

1520,2

2006

34

17

153

77,4

267,5

199,5

194,2

249,5

234

17,4

0

0

1443,9

 

Source : DAADR de Babadjou

On peut retenir en observant ce tableau que des pluies passagères viennent perturber la saison sèche. En effet, dans la région, on observe que les pluies sont fluctuantes chaque année, la moyenne pluviométrique en huit années est de 1595,98mm. La saison sèche se prolonge (4,5 mois à 5 mois) alors que la saison des pluies se raccourcit. Ce qui pourrait être les résultats de l'effet de serre qui modifie les climats à l'échelle de la planète et des effets anthropiques au niveau local. La saison sèche s'allonge de 15 à 20 jours voire 30 jours selon le rapport annuel de la DAADR (2006). On a aussi la présence des vents violents et desséchants (harmattan) dans les monts en saison sèche, qui assèchent l'air humide.

3- L'existence de nombreux cours d'eau

Les cours d'eau constituent le plus important réseau d'alimentation en eau de consommation domestique d'où leurs importances dans cette étude.

a- Un réseau hydrographique dense

Le réseau hydrographique de Babadjou (figure 4) est constitué en totalité de rivières s'écoulant plus ou moins parallèlement de l'Ouest à l'Est, c'est-à-dire prenant leurs sources vers les Monts Bambouto, traversant le groupement en s'enrichissant des eaux des eaux nombreuses, pour se jeter plus loin dans le Noun

29

Figure 4 : Le réseau hydrographique de Babadjou

Le potentiel hydrique de Babadjou est important et peut être classé en plusieurs catégories qui sont :

- Les rivières qui portent généralement l'initiale «Tchi » qui signifie «Eau» en langue « Ngombale » parlée dans ce groupement, suivie du nom de la zone traversée (FOBASSO YEMELONG, 1998). Ainsi, on a :

· Tchi-Malou

· Tchi- Meloung

· Tchi- Toussong

· Tchi- Dodji

· Tchi- Facfo

· Tchi-Meza

Ces cours d'eau sont souvent distants entre eux de plusieurs kilomètres (par exemple 4 km entre Malou et Meloung) définissant de larges bandes de terre mal alimentées en eau.

Ces zones correspondent à des terres à nappes phréatiques très profondes car il faut parfois creuser jusqu'à 25 m à Toumaka (centre commercial) pour avoir de l'eau. Ce sont aussi des zones de socle impossible à creuser par des moyens usuels.

- Les points d'eau de source sont aussi nombreux. On les rencontre souvent dans les bas fonds ;

30

- Les eaux pluviales : l'influence de l'altitude à cette latitude offre une grande opportunité à Babadjou, celle d'avoir une pluviométrie ressemblant à celle des régions équatoriales.

D'après la DAADR de Babadjou, le débit des cours d'eau va de 0,1 au mètre cube d'eau par seconde ;

b- Des cours d'eau aux régimes irréguliers

Les cours d'eau ont un régime irrégulier à cause de l'influence du climat. Ainsi un fort débit en saison des pluies contraste avec un faible débit en saison sèche. NGOUFO, (1988)9 donne les caractéristiques suivantes des cours d'eau de Babadjou :

- Un fort déficit d'écoulement entre février et mai à cause de l'évapotranspiration; potentielle qui est très élevée et la reconstitution des réserves du sous-sol ;

- un déficit moins prononcé entre octobre et novembre parce que les ressources se sont déjà constituées ;

- un déficit nul en décembre et janvier.

Cependant le coefficient de tarissement varie en fonction de la nature de la roche mère sur laquelle l'eau s'écoule. Ainsi il est faible sur les bassins à matériaux basaltiques à la fin de la saison sèche ; moyens sur les bassins à matériaux trachytique ; et élevé sur les bassins à matériaux de socle.

Le coefficient de tarissement traduit des pertes d'eau sur un tronçon du cours d'eau au bout d'un certain temps. Il s'avère encore plus élevé sous des conditions de couvert végétal détruit car ceci entraîne des répercussions graves sur le cycle hydrologique avec :

- La diminution de l'infiltration et l'augmentation du ruissellement qui entraîne un approvisionnement insuffisant de la nappe phréatique ainsi que l'érosion du sol ;

- l'exposition des cours d'eau à l'évaporation directe sous l'effet des rayons solaires, ce qui contribue à la baisse des réserves hydriques de la région.

II- La pluralité des lieux d'approvisionnement en eau à Babadjou

Les lieux d'approvisionnement en eau de Babadjou sont diversifiés allant des AEP aux sources non aménagées en passant par les rivières, les eaux pluviales et les puits.

9 NGOUFO (1988) ; cité par FOBASSO YEMELONG (1998).

Puits

Rivières

Bornes fontaines

8%

Forages

4%

13% 25%

Sources non aménagées 11%

Pluies

34%

Sources aménagées

5%

31

Source : enquête de terrain, décembre 2008

Figure5 : La répartition des ménages en fonction des lieux d'approvisionnement

en eau

1- L'insuffisance des AEP

Les AEP comprennent : les bornes fontaines, les sources aménagées et les forages. A l'instar de la majorité des campagnes des hautes terres de l'Ouest du Cameroun, à Babadjou les adductions en eau potable sont rares. On observe à Babadjou que seulement deux quartiers (Bamelo et son extension, Nguekong) sont équipés en bornes fontaines fonctionnelles, seulement quatre concessions appartenant aux personnes nanties et vivant en ville disposent de forage et le groupement ne possède qu'une seule source aménagée, fonctionnelle celle de Bamedousso près la nationale n°6.

A partir des données statistiques obtenues à la Délégation d'Arrondissement de l'Agriculture et du Développement Rural, relatives aux populations des différents quartiers disposant d'un approvisionnement régulier en eau potable, nous avons fait une estimation du taux de couverture actuelle de Babadjou en eau potable en faisant le rapport suivant : populations ayant un accès régulier à l'eau potable sur population totale.

En 2008 la population de Babadjou est estimée à 44 296 habitants (nombre obtenu en faisant la projection de la population de 1987 qui était de 20847). D'après la DAADR, les populations dans les quartiers disposant de l'eau en provenance des bornes fontaines sont : Bamelo et son extension 2 280 personnes, Nguékong 800 personnes et à la source aménagée de Bamedousso 500 personnes, soit un total de 3 580 personnes.

Calcul du taux de couverture actuel en eau potable

Taux de couverture actuelle de Babadjou= 3580 / 44296 x 100 =8%

32

Taux de couverture actuelle de Babadjou = 8%

Ce taux de couverture est largement inférieur à la moyenne nationale qui se situe autour de 39% (AFC-ME ; 2005).

Il faut noter que ce taux n'est qu'à titre indicatif, car on ne doit pas perdre de vue le fait que l'eau recueillie par la population auprès de certaines sources même non aménagées peut être d'une potabilité acceptable.

La figure 6 montre que seulement 5% de la population de Babadjou s'approvisionnent auprès des sources aménagées et 4% auprès des forages.

2- Des puits faiblement représentés

De notre échantillon, 13% disposent des puits et ceux qui n'en possèdent pas vont chercher de l'eau dans les puits de leurs voisins. Il s'agit pour la plupart des puits non aménagés qui tarissent généralement pendant la saison sèche. Ceci découle du fait qu'aucune étude de faisabilité et d'impact n'est faite au préalable pour leur réalisation.

Ainsi, face à la rareté des infrastructures d'approvisionnement en eau potable, les populations se ruent vers les rivières, les eaux pluviales et les sources non aménagées. Pourtant ces derniers sont l'objet de nombreuses pollutions.

3- Les rivières : principaux lieux d'approvisionnement en eau en saison sèche

Face à l'absence d'adduction en eau potable, les populations de Babadjou s'alimentent en eau de rivière en saison sèche et pendant les jours non pluvieux de la saison des pluies lorsque les réserves d'eau s'épuisent. Ainsi, de la population que nous avons enquêtée, 25% s'approvisionnent en saison sèche uniquement en eau de rivière.

Cliché : E. LONPI, mars 2009

Photo 1 : Un enfant qui puise l'eau de boisson dans la rivière Tchi-Malou en saison sèche

33

Cette photo est celle de la rivière Tchi- Malou qui sépare le quartier King-place et le secteur Mogni de Bamendjingha très sollicitée en saison sèche. Elle nous montre un enfant qui puise de l'eau dans des gourdes. On peut aussi voir que le débit de l'eau a diminué au point où on descend dans le lit avant de puiser.

4- L'eau de pluie : très sollicitée en saison des pluies

En saison des pluies, l'eau de pluies constitue la principale source d'approvisionnement en eau des populations. Il s'agit d'une eau destinée à tous les usages. L'eau de la première pluie n'est pas recueillie car elle est destinée à nettoyer les toits des maisons. Derrière ou devant chaque case, on retrouve une gouttière qui généralement est une feuille de tôle repliée sous forme d'entonnoir qui sert à canaliser l'eau qui tombe sur le toit et la déverse dans un fût ou dans tout autre ustensile qui très souvent est dans un état délabré et très sale ce qui pose le problème du conditionnement de l'eau (voir photo7).

Cliché : E. LONPI, août 2009

Photo 2 : Technique de recueil de l'eau de pluie

5-Les sources non aménagées

La situation de Babadjou dans le piedmont lui donne d'avoir plusieurs sources d'eau naturelle. Cependant, ces sources ne sont pas aménagées. Comme nous l'avons dit lorsque nous traitions des AEP, une seule de ces sources est aménagée. De ce fait les populations s'approvisionnent dans les sources non aménagées qui tarissent elles aussi en saison sèche. De la population que nous avons enquêtée, seulement 11% puisent l'eau à la source. Cette faible proportion est certainement due au fait que les sources d'eau naturelle sont nombreuses mais éloignées les unes des autres et les populations préfèrent directement s'approvisionner dans les rivières ou bien utiliser immédiatement l'eau de pluies selon les saisons.

34

6- L'usage des trous d'eau comme mesure palliative

Lors de nos enquêtes, nous avons observé un autre fait dans le secteur Nsoh de Bamendjingha. Il s'agit en effet d'un trou d'eau (puits de près de 2 mètres de profondeur) qui a été creusé en 2005 par un maraîcher pour l'irrigation en saison sèche. Cependant depuis lors ce puits non aménagé sert de lieu principal d'approvisionnement en eau des populations de ce quartier en saison sèche car il ne tarit pas.

Cliché :E. LONPI, mars 2009

Photo3 : Un trou d'eau à Nso'h creusé par un agriculteur qui est devenu le lieu de ravitaillement en eau de boisson des populations

La photo 4 est celle du trou d'eau ou puits non aménagé à Nso'h, prise au mois de mars 2009. On peut y observer les faits suivants : l'eau à une couleur blanchâtre, au dessus flotte une boîte qui a certainement servi à puiser de l'eau et a été abandonné. On peut aussi y remarquer un morceau de bambou et des débris de végétaux. Tout ceci témoigne de la pollution de cette eau. Au bord on voit aussi des racines d'arbres. Il s'agit en effet des racines des palmiers raphias car il se trouve dans un bas-fond et à Babadjou les secteurs marécageux sont des domaines de prédilection de ces plantes. Nous avons fait analyser un échantillon d'eau de ce trou d'eau à usage collectif.

Toujours dans cette optique, un filet d'eau qui a jaillit auprès d'une ancienne source aménagée déjà détériorée près de la nationale n°6 au quartier Bamegnia sert aussi de lieu d'approvisionnement en eau en saison sèche. Pour faciliter le puisage de l'eau une élite qui dispose d'un centre de santé privé dans ce quartier y a installé un tuyau pour canaliser l'eau.

35

Cliché : E. LONPI, avril 2009

Photo 4 : Les enfants qui s'approvisionnent en saison sèche au filet d'eau près de la nationale N°6 d'eau au quartier Bamengnia

Cette grande variété des lieux de puisage de l'eau traduit les difficultés d'accès à cette ressource et la diversité des origines des maladies.

III- Les facteurs responsables de la dégradation quantitative et qualitative de l'eau à Babadjou

Plusieurs facteurs influencent sur la disponibilité et la qualité de l'eau à Babadjou. Ce sont : le climat, la végétation l'agriculture et l'élevage.

1- Les causes de la dégradation quantitative de l'eau

a- L'eau : une denrée rare en saison sèche

Pendant la saison sèche, l'eau est une denrée rare. De l'avis du public, la période critique du problème d'eau est la saison sèche. Les proportions des ménages qui connaissent des problèmes d'eau liés au climat sont représentées dans la figure 5.

Source : Enquêtes de terrain décembre, 2008

Figure 6: Périodicité des problèmes d'eau à Babadjou

36

De la population que nous avons enquêté, 83% disent connaître le problème d'eau en saison sèche. C'est la période pendant laquelle la population déploie plusieurs stratégies pour avoir de l'eau potable; 4% de la population interrogée ne connaissent pas de problème. Ce sont celles là qui ont de l'eau à proximité des maisons. Plusieurs facteurs sont responsables de la pénurie d'eau pendant la saison sèche. On peut citer la sècheresse et l'activité agricole.

S'agissant de la sécheresse, au cours de cette période, il n'y a presque pas de jour pluvieux. Le problème d'eau s'observe véritablement à la fin de la saison sèche. Mais aux mois de décembre, janvier, février et début mars, la situation est alarmante. Les cours d'eau tarissent au cours de cette période.

Cliché : E. LONPI, mars 2009

Photo 5 : L'impact de la sècheresse sur la source Do'Douong au quartier King-Place La photo ci-dessus nous présente la source d'eau naturelle Do'Douong du quartier King-place qui a complètement tari au cours de la saison sèche 2008-2009 (décembre 2008, janvier, février, mars 2009). On peut y voir que le lit du cours d'eau s'est fortement rétréci. Les pierres qu'on y observe sont en effet des digues qui ont été installées pour retenir l'eau. Le débit est nul. Cette source avant de tarir était l'unique lieu de prélèvement de l'eau des populations de ce quartier.

Photo 6 : La source d'eau aménagée au
quartier Bamedousso très sollicitée en
saison sèche

Photo 7 : La faiblesse du débit de la source en saison sèche

37

Cliché : E. LONPI, mars 2009

Ces deux autres photos (2, 3) sont celles de la source aménagée du quartier Bamedousso à quelque mètre de la nationale n°6. On peut y observer l'affluence des populations et la faiblesse du débit induisant de longues attentes.

Au cours de la saison sèche, le problème d'eau est multiforme. De nombreuses stratégies sont déployées par les populations pour avoir de l'eau comme par exemple le fait de se lever tôt tous les matins (4h30 min-5 heures) pour aller chercher de l'eau. Elles supposent qu'à ces heures l'eau est claire et dénuée de toute pollution.

b- Une végétation humanisée

La végétation favorise l'évapotranspiration et influence l'humidité de l'air et par conséquent le degré de saturation de l'air. De plus, les racines facilitent l'infiltration des eaux qui vont alimenter les nappes phréatiques.

A première vue, la végétation de Babadjou fait penser à une « forêt » dans les caféières des zones d'occupation ancienne, et à une savane arborée dans celle récemment peuplée. En effet, la végétation de Babadjou est au 4/5 le résultat de l'activité humaine. Le reste de la végétation sauvage se retrouve dans les forêts sacrées et les galeries forestières loin des zones à forte densité des populations, mais aussi dans les zones à fortes altitudes comportant surtout la flore naturelle. On observe que la forêt montagnarde a été presque entièrement déboisée pour des fins agricoles, médicinales et économiques laissant place à une forêt anthropisée constituée pour l'essentiel d'eucalyptus qui est très hygrophile. L'eucalyptus est l'arbre le plus dominant dans la région. Il est cultivé en haie vive et son but est surtout économique.

38

La forêt montagnarde recouvrait le sol et créait des effets d'ombre, or sa destruction expose le sol à une intense évapotranspiration et les nappes phréatiques sont de ce fait de moins en moins fournies en eau. Les distances entre la surface du sol et l'eau des profondeurs sont devenues très grandes. Selon SAKOU ingénieur des travaux en service à la DAADR « sur les versants des monts Bambouto, points de naissance des eaux, il faut creuser en moyenne jusqu'à 10mètres de profondeur pour avoir de l'eau par contre dans les bas fonds il faut moins de 10 mètres, ce qui n'était pas le cas il y a 20 ans ». Cette situation est imputable à la destruction du couvert végétal pour l'installation des cultures et à la plantation d'eucalyptus, une hyperhygrophyte.

Outre l'eucalyptus, on note également l'existence dans les vallées d'une forêt galerie constituée pour l'essentiel des palmiers raphias qui sont aussi en destruction dans certains secteurs pour la plantation des cultures maraîchères. D'autres espèces végétales sont : des avocatiers, des kolatiers qui ont une grande importance économique dans la région.

Au total, la destruction de forêt primaire au profit d'une formation végétale secondaire est préjudiciable pour les ressources hydriques.

2- Les causes de la dégradation qualitative de l'eau à Babadjou

a- L'agriculture comme un important facteur de la dégradation de l'eau à Babadjou

L'autre facteur qui occasionne les difficultés d'accès à l'eau à Babadjou est l'agriculture. Elle est une grande consommatrice d'eau et la principale source de pollution des terres et des eaux de surface par les nitrates. Elle est aussi l'activité qui pollue le plus par l'ammoniaque.

L'agriculture est la principale activité économique pratiquée par les populations de Babadjou. D'après nos enquêtes, 34% de la population oeuvrent essentiellement dans l'activité agricole. La gamme de cultures pratiquées est variée. On a les cultures maraîchères, les cultures vivrières telles le maïs, le haricot, le taro, le macabo, les bananes douces et les cultures de rente comme le café arabica et le vin raphia.

Les cultures maraîchères concernent une classe d'agriculteurs beaucoup plus jeunes et souvent instruits d'autant plus que leur pratique impose plus de contraintes en temps, en travail intensif, la rigueur et la maîtrise de la technologie y afférente. Les produits cultivés sont très variés. Il s'agit : de la tomate, du choux, de la pomme de terre en monoculture, de la betterave, des radis, des carottes, du piment, du haricot vert, des courges et des navets.

39

L'intensité de la pratique de cette activité est due au phénomène de l'ouverture des montagnes lié à l'existence de par et d'autre de deux villes (Bamenda et Bafoussam), grandes consommatrices de denrées alimentaires.

La pratique de cette activité nécessite beaucoup d'espace et l'usage des quantités importantes d'intrants chimiques. Le besoin d'espace est à l'origine de la déforestation qui s'opère en bordure des cours d'eau et sur les flancs des collines, exposant ainsi les eaux aux rayonnements solaires qui accélèrent l'évapotranspiration et l'érosion. Pendant la saison sèche, les eaux des rivières sont déviées vers les parcelles cultivées pour l'irrigation. Cette déviation des eaux occasionne la faiblesse du débit des eaux de rivières dans leur cour normal, ce qui occasionne le manque d'eau. Des observations similaires ont été faites par KEINO TIOMELA (2004) dans la ville de Mbouda, localité voisine de Babadjou, qui présente les conditions physiques semblables à celles de Babadjou. Il ressortait de cette étude que les problèmes d'eau dans la ville de Mbouda en saison sèche sont liés non seulement au climat, mais aussi à la pratique de l'agriculture sur le bassin versant du point de captage. Aussi, les agriculteurs creusent des trous plus ou moins profonds ce qui fait que les eaux qui devaient alimenter les nappes et par ricochet les ruisseaux sont piégés. Comme conséquence, en saison sèche les lits des cours d'eau sont à sec.

S'agissant de la pollution de l'eau par l'agriculture, elle intervient à la fois en saison sèche et en saison des pluies. La destruction du couvert végétal pour l'installation des cultures accélère l'érosion. Les alluvions provenant de l'activité érosive des eaux de pluies envasent les cours d'eau en aval en même temps qu'ils transfèrent à l'eau des cours d'eau une quantité importante de nitrates. Une autre forme de pollution est celle dite diffuse à travers les eaux d'infiltration, les pesticides et les engrais minéraux vont alimenter les nappes souterraines. En saison sèche, les agriculteurs jettent dans les eaux les sachets des produits chimiques après usage et y nettoient les pulvérisateurs et les arrosoirs.

b- L'élevage : un facteur tout aussi important

Selon la Délégation d'Arrondissement de l'Elevage pour Babadjou, cette localité compte 25 000 têtes de porcs, 35 000 têtes de volailles et 2 000 têtes de boeufs. L'immense majorité de la population pratique l'élevage de porcs tandis que l'élevage des bovins est l'affaire des bororos installés dans la zone montagnarde. On note également dans cette zone d'altitude la présence des ranches crées par certaines élites extérieures pour la pratique de l'élevage moderne de bovin.

40

L'élevage à Babadjou est une source importante de pollution des eaux. Cette pollution se fait à deux niveaux :

- Pendant la saison sèche, face à la rareté de l'eau, les sources non aménagées et les rivières qui sont les lieux d'approvisionnement en eau des populations sont aussi utilisées par les animaux qui s'y baignent, y boivent et y défèquent ;

- lors des pluies, les eaux de ruissellement entraînent les déjections en direction des points d'eau.

D'une manière générale, situé sur le versant oriental des Monts Bambouto, la nature a doté Babadjou des facilités naturelles d'approvisionnement non négligeables. Mais les points d'approvisionnement en eau potable sont insuffisants. La conséquence qui en découle est le ravitaillement en eau auprès des eaux de rivières, des pluies, des sources non aménagées puits, et des trous d'eau réalisés pour des besoins d'irrigation. Le climat à certain moment donné de l'année, la végétation constituée pour l'essentiel d'eucalyptus, l'agriculture et l'élevage s'offrent comme des entraves à la disponibilité de l'eau de manière qualitative et quantitative. Face à cela, où est ce que les populations s'approvisionnent en eau de boisson ? Ces eaux consommées sont-elles potables ? Sinon, quelle est l'impact de leur ingestion sur la santé des populations.

CHAPITRE II : EAU DE BOISSON DE BABADJOU :
UNE RESSOURCE AUX SOURCES DIVERSES ET A
LA QUALITE INDESIRABLE POUR LA SANTE DES
POPULATIONS

41

Selon l'OMS (2006), une eau de boisson désigne celle utilisée à des fins domestiques : la boisson, la cuisine et l'hygiène personnelle. Cependant nous allons entendre par eau de boisson celle consommée par la population. Dans ce chapitre, nous allons présenter les normes recommandées par l'OMS pour une eau potable, énumérer d'abord les sources d'eau de boisson des populations de Babadjou, analyser leurs qualités et voir la conséquence de la consommation des eaux de ce type sur la santé des populations.

I- LES NORMES POUR UNE EAU POTABLE SELON L'OMS

Les normes pour l'eau potable sont celles fixées par l'OMS et adoptées par le Cameroun. Une eau potable est avant tout déterminée par l'absence de risque sanitaire. A cette fin, des normes ont été établies pour fixer les teneurs limites et s'articulent autour des sous- groupes majeurs que sont:

- Les paramètres micro biologiques qui mettent en évidence la présence de bactéries et de virus pathogènes. La seule présence des deux bactéries : Escherichia coli et entérocoques signale un risque de contamination biologique ;

- Les paramètres chimiques : Ils indiquent la présence de substances chimiques telles l'arsenic, le cadmium, le cyanure, le mercure, le plomb, le chrome, le nickel, l'antimoine et le sélénium, certains hydrocarbures, mais aussi les pesticides et les nitrates. Notons que les normes retenues pour ce groupe de substances sont calculées en tenant compte de la marge d'incertitude qu'on rencontre en toxicologie, c'est à dire qu'elles fixent les limites sensiblement inférieures aux seuils considérés comme acceptables.

- Les paramètres physiques qui concernent le goût, l'apparence physique, l'odeur, la température et le potentiel d'hydrogène ou l'acidité.

42

1-Les normes bactériologiques

Ces normes veulent que l'eau circulant dans le réseau de distribution ne doit en aucun cas contenir des germes d'origines fécales. La seule présence d'un groupe de colibacille est un indicateur de pollution d'origine fécale et doit immédiatement déclencher des mesures de stérilisation nécessaires. Elles exigent l'absence de colibacilles dans chaque échantillon de 100ml d'eau (que celle-ci soit désinfectée ou naturellement pure). Dans les pays en développement, il est encore difficile, voire impossible d'atteindre ces niveaux pour des raisons économiques et pratiques. C'est la raison pour laquelle les normes bactériologiques locales ont été établies.

Les normes suivantes sont celles recommandées pour l'eau potable, traitée ou non dans le monde entier. La densité de colibacilles (coliformes) est estimée en terme de « MPN » (Most Probable Number). C'est-à-dire la plus grande probabilité dans 100ml d'eau. Ce « MPN INDEX » s'utilise avec le laboratoire portatif millipore.

Ainsi :

- Pour l'eau traitée chimiquement, dans 90% des échantillons examinés chaque année aucun colibacille ne devra s'y trouver. Aucun des échantillons ne peut avoir un « MPN INDEX » de colibacilles supérieur à 10. On ne pourra accepter un « MPN INDEX » supérieur à 8-10 dans plusieurs échantillons consécutifs ;

- pour l'eau non traitée. Il faut d'abord relever que la plupart du temps, l'eau de consommation des communautés rurales n'est pas traitée. Dans ce cas les normes retenues sont les suivantes :

? Dans 90% des échantillons examinés chaque année, le « MPN INDEX » des colibacilles doit être inférieur à 10 pour 100 ml d'eau. Aucun échantillon ne doit présenter un « MPN INDEX » supérieur à 20.

? Si le « MPN INDEX » présente des résultats supérieurs à 20 de façon constante, il y aura lieu de traiter l'eau chimiquement.

Tableau 7 : Normes bactériologiques suggérées pour une eau potable

Calcul moyen à 44°C
Total des Eschérichia coli dans

100ml

Catégories

Commentaire

0

A

Excellent

1- 10

B

Acceptable : mais faire des contrôles sanitaires réguliers sur l'équipement

10-50

C

Impropre à la consommation : faire attention, corriger les fautes structurales et de mauvaise maintenance

Plus de 50

D

Pollution énorme.

Source : SHEESBROUGH (1985)

2- Les normes chimiques

Elles concernent la présence dans l'eau de boisson des substances chimiques toxiques qui pourraient affecter la santé de l'être humain. Une eau d'alimentation ne doit pas présenter des concentrations de substances toxiques supérieures à celles indiquées dans le tableau 8.

Tableau 8: Substances affectant la pureté de l'eau et leurs concentrations limites maximales

Substances

Concentrations limites maximales (mg/l)

Plomb (Pb)

0,05

Arsenic (As)

0,01

Selenium (Se)

0,01

Chrome (hexavalent)

0,05

Cyanure

0,2

Cadmium (Cd)

0,003

Baryum (Ba)

0,7

Source : OMS, 2006

Ces substances ne peuvent être détectées que par un laboratoire d'analyse pour déterminer avec précision la teneur en substances diverses. Les critères suivants représentés dans le tableau en l'annexe1 sont importants pour déterminer jusqu'à quel degré une eau est potable. Il est difficile d'établir des normes trop rigides face à l'extrême diversité dans les analyses chimiques de l'eau dans le monde.

43

3- Les normes physiques

44

Ces normes concernent la température de l'eau, son apparence physique, le degré son acidité, son odeur et son goût.

La norme concernant l'acidité est fixée entre 6,5 et 9,5. En effet, un PH de 1-6 indique que la substance est acide, un PH de 7 indique que la substance est neutre et un PH de 8-14 indique que la substance est basique. Des PH inférieurs à 7 peuvent causer la dégradation des tuyauteries métalliques. Des concentrations élevées en plomb, par exemple, peuvent résulter de la corrosion des canalisations par une eau exagérément acide.

L'apparence physique de l'eau renseigne aussi sur la turbidité c'est-à-dire la concentration des débris, la température, la couleur, la saveur et l'odeur. Une eau de boisson doit être inodore, incolore, sans saveur et fraîche. Selon l'OMS (2006), une eau fraîche a en général un goût agréable par rapport à l'eau chaude et une eau dont la température est supérieure à 25°C favorise non seulement la croissance des microorganismes mais modifie aussi le goût, l'odeur, la couleur et accentue les problèmes de corrosion des conduits de distribution (OMS, 2006).

Afin de voir si les eaux consommées à Babadjou sont de bonne qualité nous avons procédé à l'analyse de l'eau prélevée dans quelques points d'eau des populations et nous avons fait une comparaison avec les normes fixées par l'OMS (2006) et adoptées par le Cameroun.

II- LES DIFFERENTS USAGES DE L'EAU A BABADJOU ET L'ANALYSE DE QUELQUES ECHANTILLONS D'EAU DE BOISSON DES POPULATIONS

On note à Babadjou une diversité des sources d'eau de boisson. Ici, nous allons procéder aux analyses de quelques échantillons.

1- L'ubiquité des sources d'eau de boisson des populations de Babadjou Tableau 9 : Usage de l'eau dans les ménages

Besoins

Lieux

d'approvisionnement

Boisson

Cuisine

Toilette

Ménage

Lessive

Totaux

Rivières

54

54

51

57

59

275

Puits et trous d'eau

14

20

26

26

23

109

Sources aménagées

4

2

2

2

2

12

45

Sources non aménagées

 

24

18

20

14

17

93

Bornes fontaines

10

5

6

5

3

29

Forages

6

5

5

5

3

22

Pluies

70

76

70

71

73

360

Source : enquête de terrain, décembre 2008

Il ressort du tableau 9 que quelque soit son origine, l'eau sert à tous les usages. Toutefois, l'eau de pluie, de rivière, de puits et de sources non aménagées sont les plus utilisées et servent à la boisson.

2- L'analyse des eaux de boisson des populations de Babadjou Plusieurs motifs ont justifié les choix de nos échantillons.

a. Le choix des échantillons

Les raisons suivantes nous ont permis de porter notre choix sur les points d'eau ci-dessous:

- La rivière Tchi-Meloung qui traverse Bametogoung est la seule source d'approvisionnement en eau des populations de ce quartier en saison sèche. Ce quartier n'a aucune adduction en eau potable, même pas de puits ;

- La rivière Tchi-Malou qui est à la limite entre le quartier King-place et le secteur Mogni de Bamendjingha. En effet au cours de la saison sèche, la source non aménagée Tchi Do'Douong ayant tari complètement, les populations de King-place vont chercher leur eau de boisson à la dite rivière. Il en est de même pour les populations du secteur Mogni de Bamendjingha ;

- Le trou d'eau ou puits non aménagé du secteur Nso'h de Bamendjingha. Ce mode d'approvisionnement en eau concerne environ 500 personnes.

b. La collecte de l'échantillon

Nous avons collecté nos échantillons dans des conditions aseptiques. La méthode de collecte a été la suivante :

- Dans un premier temps pour éviter toute forme de contamination, nous nous sommes servis des gourdes d'eau minérales non encore utilisées que nous avons numérotés en fonction des lieux de collecte ;

- par la suite, pour maintenir les échantillons en bon état, nous nous sommes servis d'une glaciaire contenant des glaçons ;

46

- enfin, dans les points de collecte des échantillons, nous vidions à chaque fois l'eau minérale contenue dans les gourdes et aussitôt que nous collections nos échantillons, nous fermions immédiatement les gourdes que nous placions dans la glacière.

Pour la collecte des échantillons à chaque fois, nous prenions les heures de prélèvement, les températures des eaux collectées, le nombre de personnes qui venaient chercher l'eau pendant le temps que nous séjournions dans ces lieux. Nous décrivions aussi l'environnement du lieu de puisage (végétation, pratique de l'agriculture, et toute autre source de pollution observée), ce qui nous a permis de comprendre l'origine des différentes pollutions observées après analyse.

Pour ce travail nous n'avons procédé qu'aux analyses physique et bactériologique. Nous ne voulons pas prétendre que chimiquement, les eaux consommées à Babadjou sont de bonne qualité. L'état de leur bonne qualité chimique ne doit être mis en évidence que par un laboratoire d'analyse.

c- L'analyse physique et interprétation

Le tableau 10 présente les résultats de l'analyse physique des eaux consommées par les habitants de Babadjou.

Tableau 10: Résultats de l'analyse physique des eaux consommées à Babadjou

Echantillons

Apparence

Température

PH

Odeur

goût

Larve de
parasite

Heure de collecte

1- Rivière Tchi
Meloung

Claire avec la

présence de
débris

14°C

6,0

nulle

insipide

Aucun

9H

2- Rivière Tchi
Malou

-Coloration jaunâtre,

-Débris sombres au fond et des

débris grisâtres

flottants au-

dessus

16°C

5,6

nulle

insipide

Aucun

10H30

 

47

3- Trou d'eau de

 

-Légèrement

15°C

5,4

nulle

insipide

Aucun

11H15

Nso'h ou

non aménagé

puits

coloré,

-aspect blanchâtre, -débris grossiers au fond et débris

légers flottants
au-dessus.

 
 
 
 
 
 

Source : Laboratoire de Recherche de Physiologie Animale/Microbiologie/FASA., 25 Mars 2009

Ces eaux ont été collectées le 25 mars 2009 aux heures indiquées dans le tableau 10. De l'analyse physique, il ressort que :

- En ce qui concerne l'apparence, les eaux consommées par les populations de Babadjou ont toutes une coloration sauf le cas de la rivière Tchi -Meloung de Bametogoung. Ces eaux se caractérisent par la présence de débris grossiers et des débris fins flottants. Ces débris sont certainement des morceaux de végétaux car ces points d'eaux se trouvent dans des milieux relativement ombragés. Il peut aussi s'agir de toute autre forme de pollution déversée par les populations qui utilisent ces points d'eaux pour la toilette, la lessive et le ménage. Il faut relever que ces eaux ne font l'objet d'aucun contrôle dans la région.

- En ce qui concerne le potentiel d'hydrogène, le résultat des analyses indique que ces eaux ont un PH inférieur à 6,5. Soit 6,0 pour Tchi- Meloung, 5,6 pour Tchi- Malou et 5,4 pour le trou d'eau. Ces eaux sont de ce fait acides et peuvent causer des problèmes sanitaires car la norme prescrite par l'OMS est que le PH d'une eau de consommation doit être comprise entre 6,5 et 9,5.

- Pour ce qui est de l'odeur, du goût et de la température, ces eaux ont toutes la particularité d'être inodores, insipides, fraîches et exemptes de larves de parasites. L'absence de larves dans les échantillons prélevées est liée au fait que nous agitions d'abord la surface de l'eau avant de prélever comme le font les populations et ces larves descendaient dans le fond de l'eau. A l'observation, ces eaux contiennent des larves d'insectes et de batraciens tels des larves de grenouilles et de crapauds.

48

Cliché : E. LONPI, mars 2009

Photo 8 : Des larves de grenouilles dans une eau de boisson

Lors de la collecte de ces échantillons pendant le laps de temps que nous y avons mis, 11, 16 et 6 personnes sont venues chercher leurs eaux respectivement à Tchi-Meloug, Tchi-Malou et au puits non aménagé. Ce qui témoigne de l'importance de l'usage de ces points d'eau. Pourtant ces eaux ne sont pas potables.

En somme, pour ce qui est de l'analyse physique, il ressort que physiquement, l'eau consommée par la plupart des populations de Babadjou n'est pas de bonne qualité.

d- L'analyse bactériologique et interprétation

Il s'agit ici de la recherche des coliformes-fécaux dans une eau de boisson. Nous avons vu plus loin que ces paramètres varient selon qu'une eau est traitée ou non.

Tableau 11: Résultats de l'analyse des échantillons par la méthode du Tube Multiple/Plus probable nombre (MPN- INDEX)

Volume de
l'échantillon

50ml

10ml

1ml

MPN/100ml
Calcul moyen à
44°C Total des
E-coli

Catégorie

commentaire

Nombre de

bouteilles utilisées

1

5

5

 
 
 

1- Rivière
Tchi- Meloung

1

4

3

30

C

Impropre à la

consommation

2- Rivière
Tchi- Malou

1

2

2

10

B

Acceptable

 

Trou d'eau ou

1

1

0

3

B

Acceptable

49

puits

 

non

 
 
 
 
 
 

aménagé

 
 
 
 
 
 
 

Source : Laboratoire de Recherche de Physiologie Animale/Microbiologie/FASA., 25 Mars 2009

Des résultats de l'analyse bactériologique de quelques points d'eau prélevés à Babadjou, il ressort que ces eaux ne sont pas de bonne qualité. En effet, pour une eau de boisson il est recommandé que le MPN-INDEX soit inférieur à 10 dans 100ml d'eau pour 90% des échantillons examinés chaque année et q'aucun échantillon ne doit présenter des concentrations supérieures à 20. Or, on observe dans les échantillons de 100ml des concentrations de 3 pour le trou d'eau ou puits non aménagé et une concentration de 10 pour la rivière Tchi-Malou. Le faible nombre d'E-coli observé dans ces eaux serait certainement dû au fait que leurs points d'eau sont situés en retrait des zones d'habitation. Cependant l'eau de la rivière Tchi-Meloung est la plus polluée car la quantité d'Eschérichi coli est de 30 pour 100ml d'eau très loin des normes exigées pour une eau de consommation non traitée chimiquement. De telles proportions sont observées dans les eaux des rivières pourtant, les rivières font partie des principaux lieux d'approvisionnement en eau de boisson des populations de Babadjou, à côté des eaux pluviales (voir tableau 9). Sur un total de 180 ménages enquêtés, 54 boivent les eaux provenant des rivières, 70 l'eau de pluies et 24 l'eau des sources non aménagées en saison sèche. Par contre, seuls 10, 4 et 4 boivent l'eau de borne fontaine, 4 et 4 les eaux des sources aménagées et des forages.

Globalement, les eaux consommées par les populations de Babadjou ne sont pas de bonne qualité. Dans ce contexte, quelles sont les maladies engendrées par leur ingestion ?

III- LES AFFECTIONS LIEES AUX EAUX CONSOMMEES A BABADJOU

De nombreuses affections à Babadjou sont dues à la consommation des eaux sales. Pourtant, l'eau est indispensable à la vie. Il faut retenir que ces maladies hydriques sont des affections causées par des germes qui vivent et se développent dans l'eau. On les contracte soit en consommant les eaux souillées par les microbes, soit en consommant les aliments lavés avec les eaux de même type.

50

A- LES AFFECTIONS CAUSEES PAR LA CONSOMMATION DES EAUX SALES DANS LES MENAGES ET DANS LES ETABLISSEMENTS DE SANTE

Les résultats contenus dans cette partie, sont ceux obtenus aux moyens des questionnaires au près des ménages et de la consultation des registres de soins des différents établissements de santé de Babadjou.

1- Les maladies vécues par les populations

Comme dans la majorité des campagnes camerounaises en générale et celles des hautes terres de l'Ouest du Cameroun, à Babadjou la qualité des eaux consommées n'est pas bonne, surtout en saison sèche. C'est ainsi que de nombreuses maladies à contamination féco-orale font l'objet du quotidien de ces populations. Pour évaluer l'ampleur de ce problème, nous avons proposé dans notre questionnaire une liste de maladies. Les informations recueillies sont présentées dans la figure 7.

Source : Enquête de terrain, decembre2008

Figure 6 : Maladies dues à la consommation de l'eau vécues par les populations

Il s'agit des personnes qui ont déjà souffert au moins une fois de la typhoïde, de la diarrhée, des verminoses et de l'amibiase.

? Les diarrhées sont décelées chez 30% de personnes enquêtés ;

? l'amibiase ou dysenterie amibienne affecte 24% des ménages enquêtés. Le

germe de cette maladie est un protozoaire, l'amibe dysentérique. La maladie se manifeste par une diarrhée tenace suivie de colique, de selles glaireuses et sanguinolentes avec des douleurs abdominales ;

? les verminoses ou ascaridiases touchent également 24% de ménages interrogés
dans notre site d'étude. Pour certains ménages cette maladie est due à la consommation des aliments souillés et non lavés. Ce sont les enfants qui en souffrent le plus souvent car ils appliquent rarement les règles d'hygiène et sont aussi abandonnés à eux-mêmes;

51

? la typhoïde ou salmonellose. Elle a déjà été vécue au moins une fois dans 22%

de ménages dans notre population. Son germe est une bactérie, le bacille Eberth. La typhoïde se manifeste par une forte fièvre, des céphalées, des diarrhées, des bourdonnements d'oreille et des douleurs musculaires ;

? le choléra. On n'a pas encore connu de cas de choléra à Babadjou. Cependant il
y a un risque d'apparition futur de cette maladie dans la mesure où la plupart des ménages ne disposent pas de latrines. Il y a donc une absence de système d'assainissement. C'est ainsi qu'on défèque dans les porcheries ou bien dans les îlots de végétation. Pendant la saison de pluies ces selles sont entraînées par les eaux de ruissellement et déposées dans les rivières et les sources non aménagées. Ce qui est un problème grave de santé communautaire.

? La poliomyélite est transmise par un virus, le poliovirus. La contamination se
fait par voie digestive lors de l'absorption de l'eau souillée par les selles de porteurs sains ou de sujet malade. Dans la plupart de cas, l'affection se traduit par un symptôme grippal, une diarrhée fébrile. Dans certains, cas apparaît une forme paralytique ayant pour origine l'atteinte de la corne de la moelle épinière. Nous n'avons pas décelé de cas poliomyélite à Babadjou. Sans doute à cause des campagnes permanentes de vaccinations entreprises depuis plusieurs années par l'Etat camerounais sur toute l'étendue du pays. Cependant, comme pour le choléra, Babadjou est une zone à risque car il y a absence du système d'assainissement et des latrines.

? Les hépatites A et B : bien que sévissant dans le monde entier, les hépatites
virales sont plus fréquentes mais aussi plus graves en zone tropicale. Très souvent négligées, elles expliquent en grande partie la fréquence des cirrhoses et les cancers primitifs du foie. Ces maladies sont provoquées par deux virus : hépatite A et B. Ils sont présents dans le sang et les selles des malades et des convalescents. Leur transmission est souvent indirecte par ingestion d'eau ou d'aliments souillés par les fécès d'un malade ou d'un convalescent. Tout comme le choléra et la poliomyélite, au cours de ces deux dernières années nous n'avons pas dénombré un cas d'hépatite A et B dans notre site d'étude. Mais le risque est présent surtout que la prophylaxie contre ces maladies est difficile. Des maladies liées à la consommation de l'eau ont été décelées dans les ménages par KEINO (2004) à Mbouda, et par BIANG MBELLA (2005) à Yabassi. A la différence de Babadjou, les ménages enquêtés par ces auteurs avaient déjà connu au moins une fois le choléra. Dans leurs enquêtes et par ordre d'importance, la fièvre typhoïde, l'amibiase, la diarrhée et les verminoses font l'objet du quotidien des ménages à Mbouda et à Yabassi.

52

2- Les maladies répertoriées dans les différents établissements de santé de Babadjou

Le groupement Babadjou est constitué, dans le domaine de la santé, des structures publiques et privées. Dans le secteur de la santé publique on a trois aires de santé qui comprennent :

? le Centre Médical d'Arrondissement de Babadjou à Toumaka et le Centre de Santé Intégré de Bamendjingha;

? le Centre de Santé Intégré de Balépo ;

? le Centre de Santé Intégré de Bamelo à Ntong .

Ces trois établissements de santé représentent les trois grandes aires de santé de Babadjou et les données contenues dans ce travail sont celles issues de ces derniers. A côté de ceux-ci Babadjou dispose également de quatre établissements de santé Privés à Bamedji, Bamedousso, Toumaka et Bamegnia.

53

Figure7 Les structures sanitaires de Babadjou

a- Le cas du CSI de Balépo : un quartier sans AEP

Tableau 12 : les maladies dues à la consommation des eaux au CSI de Balépo

Pathologies

diarrhée

ascaridiase

Gastro- entérite

amibiase

Fièvre
typhoïde

NTP

TMD

P (%)

Années

2007

16

5

46

8

9

878

84

9,56

2008

17

15

56

11

12

817

111

13,58

Total

33

20

102

19

21

1695

195

11,53

Source : Registre du CSI de Balépo 2007 et 2008

-TMD : Total des Maladies Diarrhéiques

- NTP : Nombre Total de Patients reçus

-P : Pourcentages

Au nombre des maladies dues aux eaux consommées dans le CSI de Balépo, nous avons : la diarrhée, l'ascaridiase, la gastro-entérite, l'amibiase et la fièvre typhoïde. La gastro-entérite se trouve au premier rang des maladies diarrhéiques dans ce centre. Elle est suivie de

54

la diarrhée, de la fièvre typhoïde, puis des verminoses et enfin de l'amibiase. Entre 2007 et 2008, sur 1 695 patients reçus dans ce centre, 195 souffraient des affections dues à la consommation des eaux sales et non traitées, pour un pourcentage de 11,53%.

b- Le cas du CSI de Ntong (Bamelo) : un quartier avec AEP Tableau 13 : les maladies diarrhéiques au CSI de Ntong

Pathologies

diarrhée

ascaridiase

Gastro- entérite

amibiase

Fièvre
typhoïde

NTP

TMD

P(%)

Années

 

9

26

10

5

4

443

54

12,18

2008

2

15

17

17

0

416

51

12,2

Total

11

41

27

22

4

859

105

12,22

 

Source : Registre CSI de Ntong (Bamelo) 2007 et 2008

Au regard du nombre total de patients souffrant de maladies diarrhéiques reçues en 2 ans dans ce centre et en comparaison avec le total des maladies diarrhéiques au CSI de Balépo, on observe que celui de Bamelo est largement inférieur à celui de Balépo (105 contre 195). C'est aussi vrai que ce centre reçoit moins de malades à cause de sa capacité d'accueil qui est inférieure à celle de Balépo. En 2008 au CSI de Ntong il n'y a pas eu de cas de typhoïde. L'ascaridiase est au premier rang de ces maladies. De l'avis de l'infirmier chef du CSI de Ntong, ces maladies sont pour la plupart dues au problème d'hygiène car les aliments consommés sont souillés et dans la majorité de cas, les patients proviennent des quartiers voisins.

c- Les maladies répertoriées au CMA de Babadjou (Toumaka) Le résultat de la consultation des registres de soins du CMA des années 2007 et 2008 est contenu dans le tableau 14.

Tableau 14 : Maladies diarrhéiques au Centre Médical d'Arrondissement (CMA) de Babadjou

Pathologies

diarrhée

ascaridiase

Gastro- entérite

amibiase

Fièvre
typhoïde

NTP

TMD

P(%)

Années

2007

13

43

55

95

69

1240

275

22,17

2008

33

59

70

105

84

1158

351

30,22

Total

46

102

125

200

153

2398

626

26,06

Source : Registre CMA de Babadjou (Toumaka) 2007 et 2008

Le CMA de Babadjou est la plus grande structure sanitaire du groupement Babadjou. Ce centre en 2007 et 2008 a reçu au total 2 398 patients dont 626 souffraient des affections causées par la consommation des eaux sales, soit un pourcentage de 26,06%. Au nombre de

55

ces maladies, l'amibiase représente 200 cas, la fièvre typhoïde 153 cas, la gastro-entérite 125 cas, 102 et 46 cas pour l'ascaridiase et les diarrhées respectivement.

En deux années consécutives, dans les différents hôpitaux de Babadjou, on a reçu un total général de 4 952 patients dont 926 souffraient des maladies diarrhéiques soit un pourcentage de 18,67%

On peut à partir des données présentes dans les tableaux 12, 13 et 14 établir la récurrence de ces différentes maladies diarrhéiques à Babadjou. Ainsi, il ressort de la figure 8 que :

Source : Registres des différents hôpitaux, 2007 et 2008

Figure 8: Récurrence des maladies diarrhéiques en 2007 et 2008 dans les différents établissements de santé de Babadjou

Parmi les maladies dues à la consommation des eaux sales à Babadjou, celles qui sont les plus récurrentes sont : la gastro-entérite (27%), l'amibiase (26%), la fièvre typhoïde (19%) et la verminose (18%). La diarrhée ne figure qu'à 10%.

B- PREVALENCE ET PERIODICITE

Face aux maladies diarrhéiques, les enfants et les personnes âgées constituent les groupes les plus vulnérables. De plus, la rareté de l'eau en saison sèche occasionne une forte récurrence de ces maladies.

1- Une forte prévalence chez les enfants et les personnes âgées

Après cumul des données sur les différentes affections dues à l'ingestion des eaux non traitées obtenues dans les différents établissements de santé de Babadjou nous avons les résultats suivants classés par groupes d'âges.

Tableau 15: Maladies diarrhéiques par groupes d'âges dans les hôpitaux de Babadjou

Groupes
d'âges

CSI Balépo

CSI Ntong

CMA
Babadjou

Total

Pourcentages en (%)

56

0- 5ans

 

123

60

153

336

36,3

5 ans-15 ans

19

10

137

166

18

15ans-45 ans

32

18

122

172

18,6

45 ans et plus

21

17

213

251

27,1

Total

195

105

626

926

100

Source : Registres des différents établissements de santé de Babadjou 2007 et 2008

De ce tableau, on peut lire que sur 926 patients souffrant des maladies diarrhéiques reçus dans les différents hôpitaux de Babadjou, 36,3% sont des enfants de moins de 5 ans, 27,1% sont des personnes âgées de plus de 45 ans, 18% sont des adolescents et 18,6% des adultes. Le nombre élevé de patients âgés de moins de 5 ans et de plus de 45 ans traduit la vulnérabilité des personnes qui constituent ces groupes. Une vulnérabilité liée à la faiblesse de leur système immunitaire et de leur défense naturelle contre les maladies. Pour les enfants de moins de 5 ans nous pouvons également parler d'une insuffisance dans le suivi de la part des parents.

2- Des maladies récurrentes en saison sèche

L'indisponibilité de l'eau en saison sèche et la consommation des eaux sales entraînent une recrudescence des maladies diarrhéiques pendant cette période.

Tableau16: Nombre de patients par mois dans les différents hôpitaux de Babadjou années 2007/2008

Mois

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

Total

CSI Balépo

43

28

23

12

11

2

4

9

8

12

23

20

195

CSI Ntong

18

6

9

3

10

5

7

11

7

8

5

16

105

CMA Babadjou

56

67

67

90

57

54

43

39

32

31

40

49

626

Total

117

101

99

105

78

61

54

59

47

51

68

85

926

Source : Registres établissements de santé de Babadjou 2007/ 2008

57

Source : Registres des établissements de santé de Babadjou 2007/ 2008

Figure 9 : Variation mensuelle des maladies diarrhéiques à Babadjou, années 2007/2008

La courbe de variation mensuelle des maladies liées à la consommation des eaux sales à Babadjou peut être interprétée à deux niveaux :

- D'abord, on observe que le nombre de patients va croissant du mois de novembre au mois de mars. Il s'agit de la pleine saison sèche caractérisée par la rareté de l'eau. Le mois d'avril qui est le début de la saison des pluies se démarque par un nombre de cas élevé. Ceci peut être lié à la combinaison de la chaleur et de l'humidité qui favorisent la multiplication des bactéries, aussi les eaux ne sont pas toujours de bonne qualité ;

- par la suite, la courbe décroît brutalement à partir du mois de mai jusqu'au mois d'octobre : c'est la pleine saison des pluies ; période au cours de laquelle il y a une disponibilité en eau. Nous ne voulons pas prétendre que l'eau des pluies est de bonne qualité car des facteurs tels les toits des maisons et les gouttières peuvent contenir des poussières pouvant altérer sa qualité. Cependant, l'expérience a montré que dans les régions où il y a de l'eau, on observe une faiblesse des maladies dites du péril fécal. C'est dans ce sens que l'OMS (1990)10 dit que la disponibilité en eau réduirait de 25% les diarrhées infantiles.

Toujours dans le sens de la disponibilité de l'eau, nous avons observé dans notre site d'étude en consultant les registres de soins que, nombreux sont des patients qui viennent des quartiers non couvertes en AEP fonctionnelles.

10 OMS, 1990 cité par GRONDIN ; 1994 : L'eau et la santé dans les quartiers urbains défavorisés. Edition du GRET, Paris, 200p.

58

C- UN NOMBRE ELEVE DE PATIENTS PROVENANT DES QUARTIERS SANS EAUX POTABLES

Les données contenues dans le tableau 17 sont celles recueillies dans les différents registres de soins aux CSI de Balépo, de Ntong et au CMA. Elles renseignent sur les quartiers de provenance des patients reçus dans ces établissements de santé en 2007 et 2008.

Tableau 17: Provenance des malades reçus dans les établissements de santé de Babadjou en 2007 et 2008

Etablissements
de santé

CSI

de Balépo

CSI de Ntong
Bamelo

CMA

de Babadjou

Total

Quartiers

Balépo

101

-

01

102

Bamelo

02

35

07

44

Bamegnia

02

-

43

45

Kombou

22

-

37

59

Zavion

19

-

40

59

Topelou

28

-

32

60

Bamedji

14

-

44

58

Bawa II

06

36

17

59

Bamepa'ah

-

24

40

64

Bamendousso

-

01

39

40

King-place

-

-

70

70

Bawa I

-

-

46

46

Bamendjingha

-

-

48

48

Bamentogoung

-

-

45

45

Bamenkwé

-

-

47

47

Nguékong

 
 

20

20

Autres

 
 

12

12

Total

194

96

588

878

Source : Registres des différents établissements de santé de Babadjou en 2007 et 2008

Sur un total de 194 patients reçus au CSI de Balépo, 101 viennent de Balépo, 28 de Topélou, 22 de Kombou, 14 de Zavion qui sont des quartiers voisins de Balépo. Au CSI de

59

Ntong (Bamelo), sur un total de 96 patients pour lesquels les quartiers de provenance ont été mentionnés dans le registre, nous avons 35 cas provenant de Bamelo, 36 cas de Bawa2, 24 cas de Bamepa'ah. Selon l'infirmier chef, le nombre élevé des cas observés au niveau de Bamelo concerne surtout les enfants et n'est pas toujour lié à la consommation des eaux, mais plutôt à la consommation des aliments souillés car ce quartier dispose de l'eau potable. Les autres quartiers étant sans eaux potables. Au Centre Médical d'Arrondissement de Babadjou on observe qu'un grand nombre de patients provient des quartiers King-place, Bametongoung, Bamepa'ah, Bawa I, Bamendjingha, Bamenkwe qui sont des quartiers proches de cette formation sanitaire. Douze patients viennent d'autres localités notamment Douala, Dschang, Mbouda, Yaoundé et Bafemgha (dans le groupement Bamessingué). Il s'agit certainement des personnes qui étaient de passage à Babadjou et qui ont contracté une maladie due à la consommation de l'eau ou bien, ils ont contracté la maladie ailleurs et les manifestations ont commencé lorsqu'ils séjournaient à Babadjou. En dehors de Bamelo qui est un quartier disposant d'un approvisionnement relativement régulier en eau potable avec 15 bornes fontaines fonctionnelles, de Nguékong avec 09 bornes fontaines fonctionnelles, de Bamedousso (une borne fontaine fonctionnelle et une source aménagée) les autres quartiers présents dans ce tableau en sont dépourvus.

Le faible nombre de personnes malades provenant de certains quartiers sans eaux potables dans le tableau 17 pourrait être lié au fait que les lieux de provenance de certains patients n'étaient pas mentionnés dans les registres. Par exemple en 2007 et 2008, le CMA a reçu 626 personnes souffrantes des maladies diarrhéiques or nous n'avons dénombré que les lieux de provenance de 588 personnes; au Centre de Santé Intégré de Ntong, sur les 105 patients reçus, seuls 96 avaient leurs quartiers d'origine mentionnés.

60

Figure 10: Relation entre disponibilité en eau potable et nombre de patients souffrants de maladies diarrhéiques

Il ressort de ce chapitre que les eaux consommées à Babadjou par la majeure partie de la population ne sont pas potables. Ceci se justifie par la présence des maladies telles la gastro-entérite, l'amibiase, l'ascaridiase, la diarrhée et la fièvre typhoïde. Nous n'avons pas vu de cas de choléra, de poliomyélite et d'hépatite A et B. Toutefois il y a un risque d'apparition future. Pour les autres maladies diarrhéiques, elles sont récurrentes en saison sèche et au début de saison des pluies. Le nombre de personnes venant des quartiers non équipés en adductions d'eau potable fonctionnelles est élevé.

Après cette étude sur les maladies hydriques à contamination orale, qu'en est-il des maladies hydriques à transmission vectorielle ? Ceci nous amène à étudier dans le chapitre suivant, les facteurs qui contribuent à la prolifération des insectes vecteurs de maladie, notamment du paludisme.

CHAPITRE IV : FACTEURS POUVANT
CONTRIBUER A L'AUGMENTATION DES
DENSITES DES AGENTS VECTEURS DES
MALADIES HYDRIQUES A TRANSMISSION
VECTORIELLE A BABADJOU

61

Les maladies hydriques vectoriellement transmissibles comme nous l'avons souligné plus loin sont celles transmises à l'homme par des insectes (mouches et moustiques) qui se développent en milieu aquatique. Nous entendrons par facteurs, l'ensemble des conditions nécessaires pour leur développement. Dans ce chapitre, nous citerons entre autres les rôles joués par l'environnement physique, le non respect des règles élémentaires d'hygiène et la pratique de l'agriculture irriguée dans la prolifération des moustiques à Babadjou, ce qui occasionne la pérennité de ces affections dues à l'eau et à transmission vectorielle. Les résultats contenus dans ce chapitre sont pour la plupart ceux obtenus des observations directes faites sur le terrain.

I- L'ENVIRONNEMENT PHYSIQUE

Il englobe : le climat, la topographie, l'hydrographie.

1- Le climat : un facteur globalement favorable

L'influence du climat sur l'état de santé des populations est directe. En effet les divers éléments du complexe climatique entretiennent des liens multiples avec l'épidémiologie des maladies transmissibles. C'est ainsi que l'alliance entre la chaleur et le froid propre aux régions tropicales favorise le foisonnement de la vie aussi bien celle des micro-organismes pathogènes que celle des insectes vecteurs (REMY, 1998)11. Ceci se réalise différemment selon les types de climat et selon les saisons. Les températures, les écarts thermiques sont fortement impliqués dans le déroulement des cycles biologiques des germes ou de leurs hôtes intermédiaires. Cependant, l'humidité atmosphérique modifie les températures et intervient souvent conjointement avec elle. Elle agit sur l'activité des vecteurs, la durée de survie des germes. Selon les masses d'air, le vent dessèche l'atmosphère ou la rend plus humide. Par ailleurs, il contribue à la dispersion des vecteurs ailés. Babadjou a un climat pluvieux avec

11 REMY ; 1998 : Paysages et milieux épidémiologiques dans l'espace ivoiro-burkinabè. CNRS, 267p.

62

environ huit mois de précipitations par an. Ce type de climat est une condition favorable à la multiplication des moustiques. De même, la température moyenne à Babadjou est comprise entre 22 et 23°C. De telles températures selon MEVA'A ABOMO (2003) sont des conditions favorables à la reproduction optimale des moustiques. Tandis que les températures comprises entre 18 et 22°C permettent plutôt une reproduction moyenne.

MAZIER (1991)12, relève qu'il existe un lien entre les débuts et les fins de saison, propice à la prolifération des moustiques et des épidémies de paludisme. Abordant la question dans le même sens, en consultant les registres des hôpitaux de Babadjou, nous avons noté qu'au début et à la fin de la saison des pluies, on enregistre un nombre élevé de malades souffrant du paludisme (confère tableau 22).

2- L'influence de la topographie

La transmission du paludisme dépend non seulement des variations climatiques, mais aussi de la topographie du milieu. En dehors des grandes zones de montagnes qui constituent des faciès individualisés, les reliefs modifient l'épidémiologie du paludisme. Par exemple, les pentes sont peu favorables à l'établissement des gîtes larvaires. Dans le faciès tropical des Monts Mandara au Cameroun, autour de nombreux villages de crête, il n'y a pas de gîtes à anophèles ; ceux-ci viennent du piedmont et pour une courte saison (MOUCHET, et al, 1993). Dans les montagnes Bamiléké et le Manengoumba, les fortes pentes confinent le paludisme aux bas fonds des vallées où le vecteur est Anophèle Funestus, les sommets étant indemnes (MOUCHET, et al, 1993).

Babadjou bien qu'étant une zone d'altitude, le relief y joue aussi un rôle non négligeable dans la transmission du paludisme et dans la présence des vecteurs. Notre site d'étude est une zone d'altitude situé sur le plateau Bamiléké et constitué de collines et de vallées. L'altitude moyenne est de 1886m. Très souvent, il est admis qu'à cette altitude, la transmission palustre est faible. Cependant, on y observe une omniprésence des moustiques. MADA NJOUA (2008) reprenant WANDJI et al, APPAWU et al (2004), souligne que, d'une manière générale, la transmission palustre est plus forte dans les bas fonds (plaines, vallées) que sur les sommets. Cependant, cette répartition peut être modifiée.

Nous pensons que le paludisme à Babadjou serait lié non pas à la forte altitude, mais plutôt à l'intense occupation des vallées qui sont marquées par la présence des sols hydro morphes et d'un couvert végétal important. En effet, les sols hydromorphes des bas-fonds à cause de leur degré élevé d'humidité sont des lieux par excellence de développement des

12 MAZIER (1991) cité par MADA NJOUA (2008).

63

moustiques vecteurs du paludisme. La transmission du paludisme peut y être très élevée à cause de leur forte sollicitation par les populations (concentration d'habitats et d'activités agricoles), les hautes altitudes étant presque vides d'homme. C'est le domaine de l'élevage des bovins, les glossines préférant le sang des bovins que celui des hommes.

3- L'action des cours d'eau dans la prolifération des moustiques à Babadjou

Pour l'OMS (2006), l'eau figure à un haut rang parmi les risques pour la santé qui menacent l'environnement. Elle peut intervenir de deux manières : directement, elle reçoit les produits contenant des germes pathogènes puis les propose à l'homme sous ses multiples formes d'usage ; indirectement, elle héberge un être vivant hôte intermédiaire, vecteur et généralement à l'état larvaire qui joue un rôle important dans la chaîne de transmission.

La température et l'eau de surface ont une influence importante sur les insectes responsables de maladies infectieuses comme le paludisme ou les maladies virales comme la dengue et la fièvre jaune (MADA NJOUA; 2008). Les moustiques ont besoin d'eau stagnante non pollué pour se reproduire et les insectes adultes, d'humidité pour leur survie qui se passe en phase aérienne.

Dans notre zone d'étude, les rivières ne contribuent pas à la prolifération des agents vecteurs. En effet, les rivières ne peuvent être à l'origine de la prolifération des mouches responsable de l'onchocercose que dans les zones à très fort débit d'eau et ceci dans les conditions de faible densité d'occupation de l'espace par la population. Les rivières n'hébergent pas des moustiques responsables du paludisme car elles sont tout le temps en mouvement. Or ces insectes n'ont besoin pour leur croissance que des eaux calmes. Les piqûres de moustiques ressenties près des rivières sont plutôt dues au fait que les eaux contenues dans les fentes des arbres sont des lieux de développement des moustiques. De même, le sou bois de cette végétation à proximité des rivières est très humide. Et, comme les rivières font partie des principales sources d'approvisionnement en eau des populations de Babadjou, lors de leur séjour en ces lieux, elles se font piquer par des moustiques.

II- LE NON RESPECT DES REGLES ELEMENTAIRES D'HYGIENE ET LA PROLIFERATION DES MOUSTIQUES A BABADJOU

Quatre faits majeurs sont à retenir ici : les fûts d'eau et les puits non protégés,

l'omniprésence de la végétation et des porcheries à proximité des maisons.

64

1. Les fûts d'eau et les puits non protégés

Ces deux facteurs sont d'une grande importance. Les fûts d'eau sont des réservoirs qui servent à stocker l'eau en saison des pluies. Ils ne sont pas protégés par des couvercles. Après les pluies, les larves de moustiques s'y développent. Une fois à l'état adulte, ces moustiques s'envolent vers l'intérieur des maisons. Pour ce qui est des puits, ils sont nombreux. Ce sont pour la plupart des puits non aménagés et semis aménagés (bord surélevé et sans couvercle). Ils constituent d'importants gîtes à moustiques. Nous avons interrogé les ménages à ce sujet et 96% avouent s'être faits piqués auprès des fûts d'eau et des puits non protégés.

Pluies

Rétention de l'eau de façon continue dans les fûts non protégés

Dépôt des oeufs de moustiques

Eclosion des oeufs et développement des moustiques

Migration des moustiques vers l'habitat

Source : E. LONPI, 2008

Figure 11: Illustration de l'impact de la rétention de l'eau de manière continue dans des fûts d'eau non protégés sur le développement des moustiques

2. L'omniprésence de la végétation à proximité des maisons

L'impact de la végétation dans la propagation des vecteurs est important. Car les paysages végétaux sont directement impliqués dans la répartition de la plupart des maladies à transmission vectorielle (REMY, 1998). A Babadjou, on observe d'abord que la végétation est présente un peu partout. Lors des pluies, les eaux entrent dans les fentes des arbres et permettent le développement des larves, surtout dans les vallées à raphiales.

La végétation à proximité des maisons relève d'un problème de manque d'hygiène élémentaire. En effet, autour des concessions, les végétaux sont très présents. Ces végétaux sont constitués de bananiers, d'avocatiers, de kolatiers, de caféiers et de maïs en saison de pluies. Cette végétation est un facteur de promiscuité par la création des espaces d'ombre

65

Cliché : E. LONPI, août 2009

Photo 9 : Une végétation à proximité d'une maison d'habitation

favorables au logis des vecteurs mais aussi des espaces touffus, véritables rétenteurs d'humidité. Or les vecteurs à l'état larvaire ou adulte apprécient ces conditions. La figure12 fait montre de l'influence de cette végétation sur le développement des moustiques.

Forte végétation

Forte pluviosité

Forte humidité

Stagnation de l'eau dans les fentes d'arbres et sous la litière

Dépôt, éclosion et développement des moustiques

Migration des moustiques vers l'habitat

Source : E. LONPI, 2008

Figure 12:Illustration de l'impact de la végétation dans le processus de développement des moustiques

Parallèlement, les feuilles mortes sous les arbres à proximité des maisons sont de véritables niches à moustiques. En effet, les rayons solaires atteignent difficilement la strate herbacée parce qu'ils sont interceptés par la canopée. Par contre, les pluies arrivent presque intégralement au sol. Ainsi, la conjugaison de la faible insolation, de la forte pluviosité et l'eau transpirée par les herbes produit une forte teneur constante en vapeur d'eau sous la canopée. Ce micro climat fait de cet espace un lieu potentiellement favorable pour le développement des moustiques. Ces observations ont été également faite, par MEVA'A ABOMO (2003) dans ses travaux sur le paludisme dans la plantation HEVECAM au Sud-Cameroun.

66

La majeure partie de la population de Babadjou pratique l'élevage porcin à proximité des maisons. Il s'agit d'un élevage traditionnel dans lequel la matière première utilisée pour nourrir les porcs est constituée essentiellement des déchets provenant des cuisines. Ce sont des porcheries plus ou moins vastes dans lesquelles l'animal peut faire deux à trois jours sans la parcourir entièrement, car ne se limite qu'à l'endroit où son repas est déposé. De plus les porcheries ne sont pas protégées et de ce fait, lors des pluies, les flaques d'eau stagnent dans les creux façonnés par les pattes du porc, permettant ainsi la mise en place des foyers de moustiques à proximité des lieux d'habitation.

Précipitations abondantes

Porcheries non Protégées

Creux créés par les pattes de l'animal

Stagnation des eaux dans les porcheries

Humidité optimale

Dépôt des oeufs, éclosion et développement des moustiques

Migration vers l'habitat

Source : E. LONPI, 2008

Figure 13: Illustration de l'influence des porcheries dans le développement des moustiques

67

Cliché : E. LONPI, août 2009

Photo 10 : L'état d'une porcherie pouvant favoriser le développement des moustiques 4-La gestion des eaux usées

Il n'existe pas un réseau d'égout à Babadjou. Par conséquent, les eaux usées sont déversées en plein air. Cependant, vu la topographie du milieu, ces eaux ne stagnent presque pas. De même après la lessive, les eaux sales contenues dans les récipients sont abandonnées dans les cours des maisons. Les moustiques ne peuvent pas s'y développer car ils ne trouvent des conditions de développement optimal que dans les eaux stagnantes non polluées.

III-LES TROUS D'EAU ET LA PETITE IRRIGATION

Les trous d'eau sont des puits peu profonds creusés en saison sèche par les agriculteurs pour besoin d'irrigation de cultures maraîchères. La petite irrigation concerne les pépinières à proximité de l'habitat. Ces deux facteurs sont tous nouveaux à Babadjou.

1- Des trous d'eau réalisés pour l'irrigation en saison sèche

Les flaques d'eau stagnantes et les trous d'eau présents durant toute la saison des pluies ou les étendues d'eau permanentes sont favorables aux anophèles qui abondent dans les secteurs de déboisement (BART, 2003). Creusés en saison sèche les trous d'eau ne sont pas comblés une fois les pluies arrivées. Ce qui fait que les eaux y stagnent permettant ainsi le développement des larves des moustiques. Des observations similaires ont été faites à Pikine, un espace satellite de Dakar au Sénégal (Afrique de l'Ouest) où la forte transmission du paludisme par Anophèle Arabiensis dans certains quartiers est liée aux puits où l'eau arrive à fleur de surface creusés par les habitants lors de la pratique du maraîchage.

68

Cliché : E. LONPI, août 2009

Photo 11 : Un trou d'eau creusé pour la pratique du maraîchage en saison sèche et abandonné en saison des pluies

2- La petite irrigation à proximité des maisons

Pour ce qui est la petite irrigation, très souvent les chercheurs concentrent leurs études sur les effets de la grande irrigation sur la santé des populations, alors que toute modification des modes d'utilisation de l'eau peut avoir les effets sur la santé. A Babadjou, la population est constituée à majorité d'agriculteurs. Ces agriculteurs créent des pépinières à l'arrière des maisons qu'ils irriguent avant de transporter les plants plus tard dans les champs. Cette petite irrigation contribue à coup sûr à la prolifération des moustiques et à l'augmentation des cas de paludisme dans la région.

En somme, il était question dans ce chapitre d'identifier les facteurs de l'endémicité des maladies hydriques à transmission vectorielle. Il en ressort que, l'association entre les éléments suivants : climat pluvieux, sols humides des vallées, le non respect des règles élémentaires d'hygiène à travers la conservation près de l'habitat des fûts d'eau et des puits non protégés, de la végétation, des porcheries, des pépinières, ainsi que la permanence des trou d'eau crées pour l'irrigation en saison sèche et abandonnés en saison des pluies, assurent la pérennisation des maladies hydriques à transmission vectorielle à Babadjou tel le paludisme. Dans cette localité, le paludisme est la première cause de consultation et d'hospitalisation dans les établissements de santé.

CHAPITRE V : LES MALADIES HYDRIQUES A
TRANSMISSION VECTORIELLE : LE CAS DU
PALUDISME A BABADJOU

69

Le monde tropical est une zone sujette à de nombreuses affections dites maladies tropicales. Au nombre de ces maladies, on a : la dengue dont le mode d'infection est viral, la fièvre jaune est bactérienne, l'onchocercose et le paludisme sont parasitaires. A Babadjou, nous n'avons pas décelé un cas de fièvre jaune, ni de la dengue. L'onchocercose est presque absente, certainement du fait des campagnes de distribution à domicile des Mectizan13. Le paludisme y constitue la plus importante de ces maladies. Maladie infectieuse causée par un parasite du genre Plasmodium, le paludisme évolue en quatre étapes qui sont : l'accès de primo invasion marqué par une fièvre et des troubles digestifs, l'accès intermittent caractérisé par l'accès fébrile, l'accès clinique marqué par des frissons et l'élévation de la température du corps et l'accès pernicieux qui se manifeste par des troubles nerveux ou coma, des convulsions pouvant conduire à la mort. Il touche essentiellement les pays en développement. A Babadjou, le paludisme est endémique. L'objectif de ce chapitre est de montrer la prévalence de cette maladie par rapport à l'ensemble des maladies répertoriées dans les établissements de santé de Babadjou, sa période de recrudescence et de faire une spatialisation.

I- LE PALUDISME A BABADJOU : PREMIERE CAUSE DE CONSULTATION ET D'HOSPITALISATION

Nous avons répertorié des cas de paludisme vécus par les populations et dans les registres des formations sanitaires de Babadjou.

1- Le paludisme vécu par la population

Le paludisme se vit au quotidien dans les ménages de Babadjou. Des ménages que nous avons enquêtés, 80% admettent connaître régulièrement des cas de paludisme dans leurs familles. Pour ces ménages, lorsque les signes suivants sont observés par les populations : fièvre, élévation de la température du corps, frissons, vomissement, diarrhée c'est le paludisme. Pourtant tout cas fébrile ne doit pas toujours être assimilé au paludisme. Nous

13 Médicament utilisé pour traiter certaines affections parasitaires notamment l'onchocercose et la filariose.

70

avons été tout de même obligés de considérer ces observations faites par les ménages pour élaborer nos statistiques. Nous nous sommes alors intéressés à la fréquence et la périodicité de cette maladie dans les ménages.

a. La fréquence du paludisme dans les ménages

Il s'agit des fréquences hebdomadaire, mensuelle et annuelle. La figure14 les regroupe.

Source : enquête de terrain, décembre 2008

Figure 14: La fréquence du paludisme vécu dans les ménages

On peut lire de la figure14 que 60% des ménages interrogés connaissent des cas paludisme trois à six fois par an ; 10% seulement une fois l'an et 0% toutes les semaines. Ces statistiques permettent de dire que Babadjou est une zone d'endémicité de la maladie, car de manière régulière les populations sont sous le coup du paludisme.

b. La périodicité du paludisme vécu par les ménages

Interrogeant les ménages sur les périodes d'agressivité, nous avons obtenu les résultats suivants contenus dans le tableau 18.

Tableau 18: Agressivité des moustiques à Babadjou

Périodes d'agressivité

Pourcentages

Jour

56%

nuit

44%

Source : enquête de terrain, décembre 2008

De jour comme de nuit les populations se font piquer par des moustiques. Mais l'agressivité est plus importante en journée, Probablement lors du séjour des populations dans les champs et auprès des rivières. Les piqûres de nuit sont certainement dues à la présence des fûts d'eau et des puits non protégés, de la végétation, des porcheries et des pépinières à proximité des maisons. Il est à souligner que l'anophèle, responsable du paludisme n'est actif que pendant la nuit. Ainsi, les moustiques qui piquent de jour risquent de ne pas être des

anophèles. D'où l'importance qu'une étude que l'on peut mener sur les types de moustique à Babadjou.

En se renseignant sur lequel des moments de l'année les ménages sont le plus touchés par le paludisme, nous avons eu les résultats suivants.

Toutes les saisons

Saison sèche

Fin de la saison

des pluies

Pleine saison des

pluies

Début de la saison

des pluies

 
 

0 10 20 30 40

Source : enquête de terrain décembre 2008 de Babadjou

Figure 15: Périodicité annuelle du paludisme vécu par les ménages

Au début de la saison des pluies, le paludisme est récurrent, de même qu'à la fin de ladite saison. Ce qui permet de comprendre que le paludisme est récurrent pendant les intersaisons. Les résultats des enquêtes dans les hôpitaux vont nous permettre de confirmer cette hypothèse. En effet, 30% connaissent cette maladie à toutes les saisons et 10% en pleine saison de pluies. En saison sèche, seulement 10% des ménages en souffre. Ceci peut être lié à la faiblesse de l'humidité en cette période de l'année. Qu'en est-il des hôpitaux ?

2- Les cas répertoriés dans les établissements de santé: CSI de Balépo, de Ntong et au CMA de Babadjou

Nous nous sommes intéressés aux cas de Paludisme enregistrés en 2007 et 2008. Nous n'avons pas pu avoir accès aux registres de laboratoire, ce qui fait que les données reçues peuvent être entachées de nombreuses erreurs parce que basées sur un diagnostic présomptif.

71

a- Le paludisme au CSI de Balépo

Tableau 19: Paludisme au CSI de Balépo

Années

Nombre total de
patients reçus

Nombre de patients
Souffrant du paludisme

Pourcentages en (%)

2007

878

324

37

2008

817

311

38

Total

1695

633

37

Source : Registre du CSI de Balépo 2007 et 2008

En 2007, le CSI de Balépo a reçu 878 patients parmi lesquels 324 souffraient de paludisme soit 37%. En 2008, il a reçu 817 patients dont 311 souffraient du paludisme soit 38%. Au total en 2 ans, ils avaient reçu 1695 patients, 633 étaient victimes de paludisme pour un pourcentage de 37%.

b- Le paludisme au CSI de Ntong

Tableau 20 : Paludisme au CSI de Ntong

Années

Nombre total de
patients reçus

Nombre de patients
Souffrant du paludisme

Pourcentages en (%)

2007

443

194

44

2008

416

129

31

Total

859

323

38

Source : Registre CSI de Ntong, 2007 et 2008

Ce centre à reçu en 2007, 443 patients avec 194 souffrant de paludisme soit 44% du nombre total de malade. En 2008, il a reçu 416 patients avec 129 souffrant du paludisme soit 31%. En deux années le nombre total de malade ayant visité le centre était de 859. Parmi ces derniers, 323 étaient des personnes souffrant du paludisme soit 38% du total des patients.

72

c- Le paludisme au CMA de Babadjou

73

Tableau 21: Paludisme au CMA de Babadjou

Années

Nombre total de
patients reçu

Nombre de patients
Souffrant du paludisme

Pourcentages en (%)

2007

1240

467

38

2008

1158

482

42

Total

2398

949

40

Source : Registre CMA de Babadjou, 2007 et 2008

Ce tableau nous révèle qu'en 2007, le CMA de Babadjou avait reçu 1240 patients dont 467 souffraient du paludisme soit 38%. En 2008, il avait reçu 1158 patients et 482 souffraient du paludisme soit un pourcentage de 42%. Au total en 2007 et 2008, il reçoit 2398 patients avec 949 malades de paludisme soit 40%.

A partir de ces données nous pouvons avoir le nombre total de cas de paludisme sur deux années dans les différents établissements de santé de Babadjou.

Tableau 22 : Effectifs total de paludéens par rapport au nombre total de patients

Années

Effectif cumulé du

Effectif cumulé des patients

Pourcentages en

 

nombre total des patients reçus dans les hôpitaux

Souffrant du paludisme dans les hôpitaux

(%)

2007

2561

985

38,4

2008

2391

922

38,50

Total

4952

1907

38,50

Source : Registres des établissements de santé de Babadjou, 2007 et 2008

Au total, en 2007 et 2008, 38,50% de patients reçus dans les différents hôpitaux de Babadjou souffrent du paludisme. Ce qui nous permet de dire que le paludisme est le premier motif de consultation et d'hospitalisation dans les hôpitaux de Babadjou (confère annexe 5). Dans cette région, il est au premier rang des maladies hydriques. De ce fait, quels sont les groupes d'âges les plus vulnérables au paludisme à Babadjou ?

II- LA PREVALENCE ET PERIODICITE DANS LES

DIFFERENTS ETABLISSEMENTS DE SANTE DE BABADJOU

74

La prévalence désigne le nombre de malades diagnostiqués en un lieu et à un moment donné, rapporté à la population totale. La périodicité est la variation annuelle de la transmission palustre.

1- Une prévalence élevée chez les enfants et les adultes

Pour faire ressortir la prévalence par groupe d'âges, nous nous sommes intéressés aux données contenues dans le registre du CMA de Babadjou, car c'est le centre hospitalier le plus important dans la région. Ainsi, la figure 16 nous renseigne sur le taux de prévalence de la maladie par groupe âge et en deux années consécutives (2007 et 2008).

Source : Registre du CMA de Babadjou, 2007 et 2008

Figure 16 : La prévalence du paludisme

Au niveau de la tranche d'âge 0- 5ans, la courbe est élevée et se situe à 28,24%. Par la suite, elle descend jusqu'à 18,54% au niveau de la tranche d'âge 5 - 15ans pour remonter brutalement et atteindre un pic à 34,66% au niveau du groupe d'âge 15- 45ans. Elle redescend encore brutalement jusqu'à 18,54% pour le groupe d'âge 45 ans et plus. Les deux pics observés pour les tranches d'âges 0 -5ans et 15- 45ans témoignent de la vulnérabilité des personnes représentées par ces groupes. Pour les enfants de moins de 5ans, cette vulnérabilité est liée au fait qu'à cet âge, les enfants n'ont pas encore acquis une prémunition naturelle, car les anticorps ne sont pas encore formés. La forte proportion des paludéens au niveau de la tranche d'âge 15-45ans, pourrait être liée au fait que dans ce groupe on retrouve souvent les femmes et par conséquence, les femmes enceintes. Pour les femmes dans ces conditions il est souvent assez difficile de trouver un médicament pour lutter contre le paludisme. C'est pour cette raison que la prévention est très souvent conseillée. Un fait curieux est la faible prévalence du paludisme chez les personnes âgées. En effet, il est généralement admis que ces personnes sont aussi très vulnérables aux maladies à cause de la faiblesse de leur défense naturelle. Nous pouvons expliquer ce fait en disant que Babadjou est une campagne jeune. La population y est jeune en réponse à la forte natalité. En conséquence, on y observe un nombre élevé de jeunes et peu de vieillards.

75

2- Une recrudescence du paludisme pendant les intersaisons ?

Pour avoir la périodicité du paludisme à Babadjou, nous avons recensé les nombres de cas de paludisme par mois et par établissement de santé.

Tableau 23 : Distribution mensuelle des données de paludisme dans les différents établissements de santé de Babadjou en 2007 et 2008

Mois

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

Total

Total sur 2

ans CSI
Balépo

50

45

56

77

67

46

33

30

57

77

57

40

633

Total sur 2

ans CSI
Ntong

19

18

20

32

28

32

24

42

11

37

22

28

323

Total sur 2

ans CMA
Babadjou

62

73

69

103

77

61

79

77

83

87

81

84

949

Effectifs
cumulés

131

136

145

212

172

139

126

149

151

201

160

112

1907

Source : Registres des différents établissements de santé de Babadjou

La courbe qui découle de ce tableau marquant la périodicité est la suivante :

Source : Registres des différents établissements de santé de Babadjou

Figure 17: Variation mensuelle des données du paludisme à Babadjou en 2007 et 2008

La courbe de variation mensuelle des données de paludisme à Babadjou présente deux pics : le premier au mois d'Avril et le second au mois d'octobre. Ces deux pics marquent le

76

début de la saison des pluies pour le premier et la fin de la saison des pluies pour le deuxième. Ce qui voudrait dire que pendant la transition climatique, le taux d'humidité est optimal et il en résulte une multitude de gîtes de moustiques. A partir du mois de mai, la courbe décroît jusqu'à atteindre le minimum au mois de juillet pendant la pleine saison des pluies. Elle croît encore jusqu'au mois de septembre mais sans toutefois atteindre le niveau du mois d'octobre. Le répit de la courbe de mai à août est lié au fait que pendant cette période les eaux lessivent le sol par le phénomène splash et les larves de moustiques sont détruites. Pour la période allant de novembre à mars, la courbe décroît avec un minimum au mois de décembre : c'est la pleine saison sèche. On observe en ce moment une augmentation de la température et celle-ci provoque la diminution de la vapeur d'eau contenu dans la masse d'air bien qu'on enregistre parfois des précipitations à cette période dans la région. Des résultats pareils ont été trouvés à Dschang, une ville des hautes terres de l'Ouest du Cameroun par MADA NJOUA (2008) et par MEVA'A ABOMO (2003) dans la plantation HEVECAM située dans la région du sud Cameroun. Ces auteurs ont démontré que la transmission du paludisme est très élevée lors de la transition climatique, moyenne pendant la saison de pluies et faible en saison sèche.

3-La vulnérabilité au paludisme à Babadjou

Les informations contenues dans le tableau ci-dessous renseignent sur la provenance des patients souffrant du paludisme dans les différents établissements de santé de Babadjou. A partir de ces données, nous pouvons faire une spatialisation du paludisme dans cette localité ce qui nous donnera une idée de la vulnérabilité du paludisme à Babadjou.

Tableau24 : Provenance des patients souffrant du paludisme reçus dans les établissements de santé de Babadjou en 2007 et 2008

Etablissements de santé

CSI de Balepo

CSI de Ntong

CMA de

Babadjou

Total

Quartiers

 
 
 
 

Balepo

250

-

10

260

Bamelo

03

200

20

223

Bamegnia

01

-

75

76

Kombou

53

-

55

108

Zavion

112

-

01

113

Bamendji

101

-

20

121

BawaII

17

63

13

93

Bamepa'ah

10

09

63

82

Bamendousso

-

03

108

111

King-place

-

-

203

203

BawaI

-

41

45

86

Bamendjingha

-

-

115

115

Bamentongoung

-

-

97

97

Tounga

-

-

03

03

Autres

30

02

65

97

Total

577

323

893

1793

Source : enquête de terrain, juillet 2011

Sur un total de 1907 patients souffrants de paludisme et ayant fréquentés les établissements de santé de Babadjou en 2007 et 2008, nous n'avons trouvé que les lieux de provenance de 1793 personnes. Comme on peut le lire dans le tableau ci-dessus 577 à Balépo sur 633 paludéens en 2007 et 2008 et 893 au CMA de Babadjou sur 949 paludéens qui ont fréquenté cet établissement de santé, 97 patients venant des localités autres que Babadjou (Bafia, Dschang, Foumban, Douala, Bamenda, Bafemgha, Mbouda, Bafoussam).

77

Figure 18 : Vulnérabilité au paludisme à Babadjou en 2007 et 2008

78

Maladie tropicale transmise par le moustique, le paludisme est étroitement lié à l'eau. Il sévit en Afrique où il est la première cause de morbidité et de mortalité. Le paludisme affecte en 2007 et 2008, 38,50% du total général des patients reçus dans les formations sanitaires de Babadjou. Les groupes de populations les plus vulnérables sont les enfants de moins de 5 ans avec 28,24% et les adultes représentés par la tranche d'âge 15 - 45 ans avec 34,66% des patients souffrant du paludisme. Cette maladie à Babadjou est récurrente aux intersaisons.

CHAPITRE VI : LES EFFORTS DES ACTEURS
INSTITUTIONNELS ET DE LA COMMUNAUTE DANS
LA RESOLUTION DE L'EPINEUX PROBLEME DE LA
SANTE LIEE A L'EAU A BABADJOU

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L'accès à l'eau potable dans les campagnes des hautes terres de l'Ouest du Cameroun en général et à Babadjou en particulier est un véritable problème, d'où l'existence de nombreuses maladies à contamination orale. De plus, le paludisme y est la première cause de consultation et d'hospitalisation dans les formations sanitaires. Ainsi en vue d'y trouver des solutions et permettre le développement de cette localité, de nombreuses actions ont été entreprises. L'objectif de ce chapitre est de montrer la part des acteurs institutionnels et des populations dans la gestion de ces problèmes environnementaux. Nous allons ainsi distinguer les rôles joués par la communauté, les organisations non gouvernementales et par l'Etat dans la recherche de l'eau potable, de même que leurs actions dans la lutte contre le paludisme.

I- ROLES JOUES PAR LA COMMUNAUTE DANS LA

RECHERCHE DE L'EAU POTABLE

Nous parlerons ici des initiatives privées et associatives, du rôle de la municipalité et de la chefferie.

A- Des initiatives privées et associatives

Il s'agit des actions entreprises par des particuliers et par des groupes de populations au sein des comités de développement.

1-Les réalisations privées

Les actions des particuliers concernent la construction des forages, l'aménagement des sources et la réalisation des puits à usage collectif.

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a- Des forages très coûteux mais à faible durabilité

Le groupement Babadjou dispose comme nous l'avons vu dans le chapitre 2 de quatre forages privés. Il s'agit en fait des ouvrages réalisés par les élites lors de la construction de leurs villas (YEMELONG TEMGOUA, 2007). Ce sont des structures privées enfermées dans des barrières infranchissables. Certaines élites lors de cette construction font des extensions externes pour les populations environnantes du quartier où elles sont issues. C'est le cas par exemple au quartier Bamedousso où Monsieur D. J. (actuel maire de la commune de Babadjou) lors de la construction de sa maison y a fait un forage et a mis une extension externe qui alimente le reste du quartier et même les quartiers voisins en eau potable à travers une borne fontaine, ouverte au public à certaines heures de la journée.

Cliché : E. LONPI, mars 2009

Photo 12 : Borne fontaine à Bamendousso sur la nationale N°6

Cette borne fontaine est enfermée dans une barrière, ceci par souci de protection de l'ouvrage. Une initiative similaire a été faite au quartier Bamendjingha en 2002 par une élite extérieure de ce quartier qui en construisant sa maison avait mis en place un forage et plus loin hors de sa barrière et à quelques mètres de l'église et l'école primaire, en avait implanté un autre à usage collectif. Cependant il n'a été fonctionnel qu'une seule année et est défectueux aujourd'hui. Depuis ni l'initiateur, ni la population n'y ont trouvé de solution pour la réfection.

Des initiatives de ce genre sont nombreuses dans notre zone d'étude, cependant toutes ces réalisations ne sont pas opérationnelles. Nous pouvons mettre ce phénomène dans le compte de la politique et de l'orgueil. En effet, les élites de ces quartiers pour être élues, lors des campagnes électorales, font très souvent des promesses ou alors réalisent des ouvrages pareils à la veille des élections pour chercher à se positionner. Aussi, parce qu'elles sont de

richissimes hommes d'affaires ou des hauts cadres de la fonction publique et voudraient gagner la confiance des populations de leurs quartiers et se faire aimer, elles viennent généralement implanter de tels ouvrages sans aucune étude de faisabilité et d'impact au préalable, sans préparer les populations à les accueillir, ni même les impliquer dans la réalisation.

De l'avis du public, l'équipement de Babadjou en AEP ne devrait pas passer par la réalisation des forages parce que très coûteux (de 500.000fcfa pour un forage avec système de pompage manuel à 1.500.000fcfa pour un forage avec un système de pompage électrique) et la population n'est pas toujours préparée pour la maintenance.

b- La construction des puits communautaires : une alternative négligée

Des initiatives privées concernent aussi la réalisation des puits à usage collectif. Dans nos enquêtes, nous n'avons dénombré que 13% de la population disposent de puits (voir chapitre 1). Il s'agit de puits privés dans les concessions qui sont pour la plupart non protégés. Il faut souligner pour le regretter que Babadjou ne dispose pas de puits à usage collectif. Ce n'est qu'en 1998 qu'une élite alors député à l'Assemblée Nationale a entrepris la réalisation de deux puits à usage collectif : l'un au CMA de Babadjou et un autre à la chefferie. De nos jours seul celui situé au CMA est fonctionnel. Depuis aucune initiative de ce genre n'a été entreprise ni par la population, ni par l'initiateur lui même, ni dans un autre quartier du groupement.

Qu'en est-il des sources ?

c- Un potentiel mal utilisé : les sources naturelles

Il faut noter que très peu de personnes ont eu pour projet d'aménager les sources d'eau naturelles à Babadjou. Pourtant leur réalisation est très peu coûteuse (exige uniquement du ciment et du sable). La nature a doté Babadjou de nombreux points où l'eau en provenance des nappes phréatiques jaillit du sol. Cependant, une seule source à l'heure actuelle est aménagée (celle du quartier Bamedousso à quelque mètre de la nationale n°6).

Face à la faible représentativité des initiatives privées comment réagissent les comités de développement ?

81

2- Les initiatives associatives

82

Les comités de développement sont des structures d'encadrement des acteurs de développement à l'échelle d'un quartier, d'un village ou d'un arrondissement. Ils ont été créés en 1977 par le décret présidentiel n°77/89. Ils avaient pour but de recueillir les doléances des populations à travers des tournées politiques et administratives et de les traduire en plans d'action de développement. Aujourd'hui, ces comités de développement regroupent les fils et filles qui prennent en main le développement social de leurs terroirs. A Babadjou, chaque quartier dispose d'un comité de développement constitué des élites extérieures et locales chargées d'entreprendre et de réaliser des aménagements devant permettre le développement social des quartiers concernés.

En ce qui concerne les actions de ces structures dans la recherche de l'eau potable, trois projets d'adduction d'eau potable ont été entrepris : projet Bamelo avec ses extensions que sont Pouot et Femdji, celui de Nguékong et celui de Balépo. Seuls les projets de Bamelo et de Nguékong ont été des réussites.

Tableau 25 : Les investissements par la communauté pour la réalisation des AEP en milliers de FCFA

AEP

Contribution de
la communauté

Assistance
extérieure
SATA- helvetas

Gouvernement camerounais

Total

Années

Bamelo

1 550

1 780

5 780

9 110

1981 - 1983

Extension de

Bamelo

5890

14085

0

19 975

1994 -

1997

Nguekong

2 200

2 000

0

4 200

1992 - 1995

Balépo phases

1 et 2

9 900

10 000

0

19 900

1994

Balépo phase3

4 265

6 183

0

10 448

1998

Total

23805

34048

5 780

63 633

 

Pourcentage en (%)

37

54

9

100

 

Source : calculé à partir des données obtenues dans les archives des comités de développement de Bamelo et Balépo

On peut noter dans ce tableau, trois grands projets communautaires d'adduction en eau potable et les investissements consentis. SATA helvétas est le plus grand bailleur de fonds avec 54% de participations. Son financement est conditionné par la capacité de la

83

communauté à mobiliser environ 13%du total des investissements en espèces et les autres en nature, soit 17%.

a- Les projets Bamelo et Nguekong : des réussites

Ce sont les seuls projets d'adduction en eau potable qui ont réussi et sont encore fonctionnels aujourd'hui. Il s'agit des oeuvres des élites et des comités de développement des dits quartiers :

- Le projet d'adduction d'eau de Bamelo est le tout premier projet d'adduction d'eau potable de Babadjou. Il vit le jour en 1981 sous l'initiative d'une élite, M. LONTOUO TATSA M. dans le cadre du sous comité de développement et prend fin en 1983. Entre 1994 et1997, ce projet a connu des extensions sur les secteurs voisins notamment Femdji, Pouot et Mantsit.

C'est en 1992 c'est- à- dire en pleine crise qu'a vu le jour le projet d'adduction d'eau potable de Nguekong. Initialement prévu pour 6 ans il s'est achevé trois ans plus tôt. Si ce projet a réussi au moment où les campagnes étaient en pleine crise, c'est peut être parce qu'il reposait essentiellement sur les élites exerçant dans le secteur agricole (YEMELONG TEMGOUA, 2007).

Ces projets sont des adductions d'eau gravitaire dont les points de captage se trouvent sur les monts Bambouto. Si dans l'ensemble du groupement Babadjou, il n'y a qu'à Bamelo et à Nguekong qu'il existe une adduction d'eau potable fonctionnelle, c'est pour plusieurs raisons parmi lesquelles :

- La forte cohésion au sein des comités de développement desdits quartiers;

- l'ouverture d'un compte bancaire pour les actions de développement comme l'équipement en eau potable ;

- la forte implication de la population cible dans la réalisation et dans le suivi du projet. Par exemple, lors de la mise en place des adductions en eau, la participation de la population a été multiforme. Elle a contribué par des investissements humains : creusement des tranchées pour la pose des tuyaux, dons de pierres. En ce qui concerne le suivi de ces ouvrages, il a été formé un comité de gestion et des fontainiers qui sont rémunérés par les comités de développement. Or dans d'autres quartiers tel n'est le cas. Nous avons interrogé les populations sur les actions futures visant le développement des quartiers entreprises dans les réunions. Nous nous sommes rendus très vite compte que l'essentiel des opérations concerne l'électrification, l'entretien des routes et la construction des écoles. Le secteur de l'eau et par ricochet celui de la santé étant délaissé. (Voir figure 18)

84

85

Source : Enquête de terrain décembre 2008

Figure 18 : Répartition des actions de développement dans les réunions de quartier à Babadjou

b- Un projet de grande envergure : l'adduction d'eau potable de Balépo

Ce projet a été entamé en 1994 par les populations de Balépo à travers le comité de développement sous la supervision technique de SATA helvétas une organisation non gouvernementale suisse installée à Bamenda. Une fois le projet lancé, les actions suivantes ont été entreprises :

- la construction de trois captages ;

- la construction de trois chambres de collecte ;

- la construction de deux brises charges

- la mise en place d'un château d'eau d'une capacité de 40mètres cubes;

- la réalisation de 16 bornes fontaines ;

- la formation d'un fontainier

- la protection de la zone de captage par la mise en place de 5000 arbres

Le coût total des réalisations se chiffrait à 30 348 000 FCFA sur 63 145 000 FCFA pour le seul projet. Les dépenses se répartissaient ainsi : 16.183 000 FCFA pour SATA helvétas et 14 165 000 FCFA pour la communauté.

Cependant, cette tentative fut un échec à cause d'un problème au niveau du montage, de la faisabilité du projet car de grande envergure avec un coût de réalisation très élevé. Ce qui fait que la population s'est très vite essoufflée du fait de la pauvreté accrue en milieu rural. Aujourd'hui, les réalisations entreprises par le passé sont abandonnées dans les îlots de végétation. C'est par exemple le cas de cette borne fontaine situé à l'entrée du CSI de Balépo.

Cliché : E. LONPI, mars 2009

Photo 13 : Borne fontaine non fonctionnelle à l'esplanade du CSI de Balépo réalisée dans le cadre du projet d'adduction en eau potable de Balépo

B- L'action des collectivités locales dans la recherche de l'eau potable

D'après la Loi du 14 avril 1998 portant régime de l'eau au Cameroun, l'Etat peut transférer une partie de ses prérogatives aux collectivités locales décentralisées. A Babadjou, on a deux collectivités locales : la commune et la chefferie du premier degré qui comprend elle même des chefferies de quartiers.

A Babadjou, la commune oeuvre dans la protection des ressources hydriques en interdisant aux populations de faire des cultures à proximité des sources d'eau naturelles. Cependant, suite à l'incivisme des populations, on observe dans ces zones des coupes d'arbres en vue obtenir des terres pour la pratique du maraîchage et en saison sèche ces eaux se dessèchent. Aussi, la mairie voudrait procéder à l'aménagement des sources et à la réhabilitation des points d'eau à Tounga et Kombou, mais elle se trouve confrontée à la modicité de ces moyens financiers.

En ce qui concerne la chefferie du groupement Babadjou, on note son absence dans la question de l'eau potable. Elle n'en fait pas une priorité du moment où il n'existe pas d'équipe formée par elle pour la sensibilisation ou bien pour la protection des eaux de surface

II-LES ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES ET L'ETAT CAMEROUNAIS

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Comme nous l'avons dit lorsque nous étudions les stratégies communautaires, SATA helvétas est le plus grand bailleur de fonds en matière d'adduction d'eau potable à Babadjou. D'autres sont : la scanwater et l'Etat.

1-La Scanwater : fruit de la coopération camerouno-Danoise

La Scanwater est arrivée à Babadjou en 1986. Ce projet était porteur de beaucoup d'espoir pour la population. Il s'agissait en effet d'un système d'eau gravitaire avec pompage motorisé pour la distribution. Cependant, ce projet a été interrompu trois ans seulement après son lancement. On comprend dès lors que c'était un aménagement éphémère où la population n'était pas impliquée dans la réalisation et n'était pas sensibilisée pour connaître ses responsabilités : responsabilités se situant au niveau de la maintenance du réseau à travers l'achat du carburant pour la motopompe. Ce que la population n'avait pas compris par la suite car selon elle, « l'eau est un don du ciel » et ne s'achète pas.

Selon MOGOU (2002), d'autres causes signalées pour la défection du projet scanwater étaient les suivantes :

- Le technicien de l'ouvrage n'était pas de la localité ;

- le comité de gestion et de maintenance était insuffisamment préparé ;

- le fontainier n'était pas rémunéré;

Ce projet étendait ses ramifications sur plus de 6 kilomètres et couvrait une zone où le

problème reste encore important car très peuplée.

2-L'action du Ministère de l'Energie et de l'Eau (MINEE)

Ce département ministériel à travers la direction chargée de l'eau veille à la qualité de l'eau, contribue ou participe à l'élaboration des projets d'adduction d'eau et à l'aménagement des points d'eau.

A Babadjou, ce ministère aide les populations qui le sollicitent dans le traitement de l'eau et aussi dans la construction des ouvrages tels les puits et les forages. Pour ce qui est de la réalisation des forages, les trois qui sont non fonctionnels implantés à l'esplanade du CMA sont les oeuvres du MINEE. Un autre forage est également en cours de réalisation au Lycée Bilingue de Babadjou.

87

Cliché : E. LONPI, mars 2009

Photo 14 : Les forages non fonctionnels devant le Centre Médical d'Arrondissement de Babadjou

Selon M. KAZE ABEL, ingénieur en service à la délégation département du MINEE pour le Bamboutos, ce département ministériel connaît de nombreux problèmes liés à l'absence d'une gestion communautaire pour le suivi, à la réticence des populations en ce qui concerne les services publics, à la non coopération des populations et à la mauvaise gestion des financements alloués à la réalisation des AEP.

En plus de l'absence de la coopération des populations, on note que le matériel généralement utilisé pour de tels ouvrages n'est pas très souvent adapté aux réalités du milieu : ce sont le plus souvent des forages avec système de pompage, mais on n'apprend pas à la communauté comment ils devraient être utilisés. Aussi, il s'agit des ouvrages qui, une fois élaborés, sont abandonnés aux populations, alors qu'il faut des commissions de suivi formées par le MINEE. Or, ce service est absent au niveau de l'arrondissement de Babadjou.

88

Figure 20 : L'état des adductions d'eau potable à Babadjou

III- LES ACTIONS DE LUTTE CONTRE LE PALUDISME

Les études de BAUDON et SPIEGEL (2001), NGANTCHOU (2005) ont démontré que la transmission du paludisme est plus élevée en zone rurale qu'en zone urbaine. L'étude faite dans notre site nous a permis de comprendre que le paludisme y est la première cause de consultation et le premier motif d'hospitalisation dans les structures sanitaires en place et se trouve au premier rang des maladies hydriques. Ainsi nous nous sommes intéressés aux actions des acteurs en place dans la lutte contre cette maladie endémique. Nous allons d'abord relever l'action globale de l'Etat camerounais dans cette lutte, ensuite la prise en charge de la maladie par le personnel sanitaire de Babadjou et la communauté.

1- Une situation épidémiologique difficilement maîtrisable : le cas de la lutte contre le paludisme au Cameroun

Le paludisme fait de nombreux décès en Afrique. Aussi, il engendre des impacts sociaux et économiques sur le développement en accentuant la pauvreté et en réduisant significativement la productivité et la stabilité sociale. Face à cela, les pays d'Afrique et les institutions internationales ont entrepris des programmes de lutte contre le paludisme. Les outils de prévention et de traitement étant les moustiquaires imprégnées d'insecticides de longue durées et les combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine (ACT), renforcées par

89

des pulvérisations à l'intérieur des habitations, par un traitement préventif intermittent en cas de grossesse et la prise en charge des cas fébriles. Cependant, la connaissance du problème est loin d'être complète et les programmes de lutte loin d'être adaptés et efficaces (NADJITOLNAN, 2005) à cause de la résistance des moustiques aux insecticides et aux coûts élevés des traitements.

Le Cameroun n'est pas resté indifférent face à ce problème qui touche toute l'Afrique. De nombreuses campagnes d'éradication ont été entreprises par l'Etat. En effet, avant les campagnes d'éradication des années 1950, les activités de lutte contre le paludisme au Cameroun étaient centrées sur des enquêtes entomologiques et paludométriques. Ces enquêtes visaient à recenser les différentes espèces anophéliennes présentes au Cameroun, à déterminer l'importance vectrice de chacune d'elles et à mesurer le niveau d'endémicité de la maladie. Parmi les vingt deux espèces anophéliennes recensées, quatre étaient les principaux vecteurs de la maladie. Il s'agissait de An. Gambiae et An funestus, An moucheti et An nili. Le paludisme était alors hyperendémique14 dans la plupart des zones du Cameroun à l'exception de certaines régions de la zone forestière et des hauts plateaux de l'Ouest. A l'issue de la conférence sur le paludisme tenue à Kampala en 1950, le Cameroun avait été choisi de 1953 à1964 comme une zone d'expérimentation de la campagne d'éradication du paludisme en Afrique à cause de sa diversité bioclimatique. Ainsi, il y eut deux campagnes d'éradication organisées par le Service d'Hygiène Mobile et de Prophylaxie, l'une dans la région du Nord et l'autre dans le Sud.

La campagne du Nord réalisée de 1953 à1957, reposait sur des aspersions intra domiciliaires d'insecticides. Ce qui avait fait baisser les densités anophéliennes et les indices parasitaires pendant trois mois. Malheureusement, suite à une dégradation des insecticides, une recrudescence des vecteurs et des indices parasitaires fut observée. Basée également sur les pulvérisations intradomiciliaires, la campagne du Sud s'était faite à la même période que celle du Nord. Cette dernière avait conduit à l'arrêt de la transmission du paludisme dans la zone forestière. Cependant, les infrastructures sanitaires et économiques n'étaient pas suffisantes pour assurer une surveillance adéquate. C'est ainsi que de nombreux cas de paludisme avaient été à nouveau observés.

Devant cette impossibilité d'éradiquer le paludisme, les autorités sanitaires avaient pensé que l'administration d'antipaludiques à toutes les couches de la population pouvait conduire à long terme à l'éradication de la maladie. Pour cela, des campagnes de chimioprophylaxie avaient été entreprises dans les écoles. Ces dernières étaient basées sur la

14 Sévissait de manière sévère.

90

distribution hebdomadaire de la chloroquine dans les écoles. Elles avaient contribué à baisser de manière significative les indices parasitaires chez les jeunes et à la réduction de la morbidité et de la mortalité palustre. Mais elles ont été abandonnées à la suite de la modification des groupes cibles pour la chimioprophylaxie antipaludique d'une part, le coût élevé de l'intervention et l'apparition des résistances à la chloroquine d'autre part.

Face à l'échec de toutes ces stratégies d'éradication et de contrôle du paludisme, de la persistance et même de l'aggravation de la situation économique du pays, le gouvernement a donc déclaré la lutte contre le paludisme comme une priorité nationale et a adopté en 1997 la « Déclaration de la Politique Nationale de Lutte contre le Paludisme ». Ainsi, des politiques relatives à la lutte contre le paludisme ont été élaborées.

2- Le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) au Cameroun

Ce programme a été élaboré en 1995. Il a pour but de réduire la mortalité et la morbidité imputable au paludisme au niveau le plus bas possible dans le cadre des soins de santé primaires surtout chez les groupes vulnérables que sont les enfants et les femmes enceintes. L'élaboration de ce programme a été suivie en 1997 par la Déclaration de la politique nationale de lutte contre le paludisme dont le but est de :

· Réduire l'incidence des formes sévères de paludisme ;

· améliorer les compétences des personnels impliqués dans la lutte antipaludique afin d'optimiser les performances ;

· sensibiliser et éduquer les communautés au problème du paludisme, afin d'obtenir leur adhésion et participation ;

· promouvoir et renforcer les mesures d'assainissement et d'hygiène dans le cadre de la lutte anti-vectorielle ;

· utiliser de façon optimale les ressources et informations disponibles dans différents secteurs d'activité économiques ;

· harmoniser les interventions des différents intervenants dans la lutte antipaludique. Pour atteindre ces objectifs, les stratégies adoptées sont les suivantes :

· La prise en charge correcte des cas ;

· l'approvisionnement et la distribution des médicaments antipaludiques essentiels ;

· la prévention et la surveillance épidémiologique ;

· l'éducation communautaire et l'information ;

· la formation et le recyclage des personnels de santé ;

91

? la recherche et la collaboration intersectorielle.

Selon le document du PNLP, les résultats attendus pour l'an 2000 étaient les suivants :

- 75% des personnels de santé formés devraient faire une prise en charge correcte des cas

de paludisme ;

- 50% de la population sensibilisée devraient savoir traiter correctement un accès palustre

présomptif ;

- 70% des femmes enceintes reçues en consultation prénatale devraient être couvertes par

une chimioprophylaxie antipaludique appropriée ;

- 60% des formations sanitaires couvertes par le programme allaient disposer

régulièrement des médicaments antipaludiques ;

- 30% des familles sensibilisées devraient utiliser des moustiquaires imprégnées ;

- 50% des groupes cibles devaient dormir sous moustiquaires imprégnées dans une

communauté où elles seraient utilisées.

3- La prise en charge du paludisme par le personnel sanitaire et la communauté

Nous allons distinguer ici trois actions qui sont : l'application des mesures préconisées par l'OMS, la distribution des moustiquaires imprégnées et l'action des relais communautaires.

a- L'application des mesures de l'OMS adoptées par le Ministère de la Santé Publique

La chloroquine et ses dérivés occupent encore une large place dans le traitement de l'accès palustre au niveau des services de santé d'Afrique (NADJITOLNAN, 2005). Mais le traitement ne respecte pas le plus souvent le schéma thérapeutique officiellement recommandé dans les zones endémiques. Les experts de l'OMS conseillent souvent de changer le traitement de première intention des accès à Plasmodium falciparum qui demeure la chloroquine dans la majorité des pays africains, lorsque les échecs thérapeutiques, mesurés selon un protocole précis, atteignent ou dépassent 25%. Les alternatives de traitement étant les dérivés d'artémisinine associés à d'autres molécules (artésunates + amodiaquine, arteméther+ lumefantrine). Certains gouvernements conscients ont changé leur protocole de traitement national par un médicament utilisé soit en monothérapie, soit en association avec d'autres dérivés que l'artémisinine.

92

Dans certains pays d'Afrique subsaharienne, les programmes nationaux de lutte contre le paludisme continuent d'appliquer l'ancienne stratégie de l'OMS de 1985 qui consistait à administrer aux patients :

- à la première intention la chloroquine ;

- à la deuxième intention, le fansidar ;

- et à la troisième intention la quinine pour les échecs du fansidar.

Tel n'est pas le protocole utilisé au Cameroun. En effet, le Cameroun est une zone de chloroquino- résistance (capacité de résister à la chloroquine qu'a développé le Plasmodium falciparum). En 2002 l'usage de la chloroquine a été interdit au Cameroun à cause de son inefficacité à lutter contre le Plasmodium falciparum. De ce fait il est conseillé aux personnels sanitaires d'administrer un traitement en bithérapie aux patients de paludisme à la première intention pour les cas de paludisme simple qui est un traitement à base des combinaisons thérapeutiques d'artémisinine (ACT). Il s'agit de la combinaison artésunate + amodiaquine administré par voie orale. Lorsque la maladie persiste, on passe à l'injection de la quinine. Le fansidar par contre est donné comme médicament d'appoint lors de la convalescence pour éradiquer complètement la maladie. Le Coartem est aussi utilisé pour soigner les accès palustre. Cependant, il coûte chèr pour les populations (4000fcfa) et n'est pas souvent disponible en milieu rural.

b. La distribution des moustiquaires imprégnées d'insecticide

Cette opération est réalisée au Cameroun depuis 2003. A Babadjou, la distribution des moustiquaires a été faite chez les femmes enceintes en visite prénatale et pour les enfants de moins de 5 ans lors des campagnes de distribution. Cependant la quantité a été insuffisante pour couvrir l'ensemble des besoins exprimés, en plus les femmes n'ont pas été assez sensibilisées pour leur usage par conséquent, elles les conservent dans les maisons sans les étendre pour la protection. La prévalence reste donc élevée pour les groupes de personnes concernées. On devrait penser non seulement à accentuer la distribution des moustiquaires mais également l'étendre aux groupes vulnérables que sont les adultes et les adolescents.

c. L'action des relais communautaires

Les relais communautaires sont des groupes de 10 personnes provenant de 10 quartiers différents. Ils sont impliqués dans tous les programmes de la communauté (lutte contre l'onchocercose, le paludisme, implication dans les campagnes de vaccination). Ces relais communautaires bénéficient d'un recyclage au moins une fois l'an. En ce qui concerne la lutte

93

contre le paludisme, ils sont formés pour le traitement à domicile des cas de paludisme simple. Leurs rôles sont les suivants :

? recenser les enfants et les habitats ;

? sensibiliser la population ;

? détecter et soigner des cas de paludisme simple à base des combinaisons courantes d'ACT par voie orale. Lorsque la maladie persiste au bout de trois jours, le malade est conduit à l'hôpital où il est considéré comme étant en état de paludisme grave. A ce moment le traitement qui lui est administré est la quinine.

On ne note cependant pas un rôle effectif de ces relais communautaires à Babadjou, car ce sont des bénévoles et pour cela il a été demandé aux comités de développement de chaque quartier une motivation annuelle, ce qui n'a jamais été fait. Aujourd'hui, on observe une démotivation et un désengagement de la part de ceux-ci. Néanmoins, lors des campagnes de santé, ils bénéficient des rémunérations ponctuelles.

En somme, de nombreuses actions ont été entreprises par les institutions publiques et privées ainsi que par la population dans l'optique d'avoir de l'eau potable et de lutter contre le paludisme, mais elles ont été pour la plupart des échecs. Face à ces insuffisances, comment les populations prennent-elles en charge leurs problèmes de santé ?

CHAPITRE VII: UNE GESTION AUX RESULTATS
MEDIOCRES DES PROBLEMES DE SANTE PAR LES
POPULATIONS

94

Les maladies hydriques touchent beaucoup plus souvent les zones rurales car les systèmes de santé n'y sont pas développés, pourtant, la santé reste le moteur de développement. Une population en proie aux maladies ne peut facilement assurer son développement économique. De même, la présence des maladies occasionne l'absentéisme au travail, diminue le taux de fréquentation scolaire, soutenant ainsi la pauvreté dans le milieu concerné. En milieu rural, les populations ont du mal à résoudre leur problème de santé. Ceci est lié à plusieurs raisons parmi lesquels : la pauvreté, l'ignorance, le mauvais usage des mesures préventives, l'insuffisance des infrastructures sanitaires, l'importance des distances à parcourir pour avoir accès aux soins de santé, les mauvaises pratiques sociales et l'impact des traditions dans la perception des maladies. Alors comment les populations de Babadjou tentent-elles de résoudre leur problème de santé et pour quel résultat ?

I- LA LUTTE CONTRE LES MALADIES A TRANSMISSION FECO-ORALE

La lutte contre ces maladies dans notre zone d'étude passe par le traitement de l'eau de boisson et par la réalisation des puits privés.

1-Le traitement d'eau de boisson

Comme dans la plupart des communautés rurales, l'immense majorité de la population ne traite pas son eau avant la boisson. A Babadjou seulement 35% boivent de l'eau traitée. Nous avons relevé que les principaux modes de traitement de l'eau sont : la décantation, l'ébullition, la javellisation, la chloration, la filtration et autres (voir figure 20).

95

Source : enquête de terrain, décembre 2008

Figure 21: Méthodes de traitement de l'eau à Babadjou

a. Le traitement physique de l'eau : méthode la plus utilisée Il peut se faire de différentes façons :

? La décantation est la méthode la plus utilisée comme on peut l'observer sur la
figure 20. Elle concerne 40% de la population. En effet, les populations puisent leurs eaux, les laissent reposer dans les récipients à l'intérieur des cases sans toutefois savoir s'il s'agit d'un mode de traitement ou non.

? L'ébullition concerne 20%. Pour ceux qui procèdent à ce type de traitement,
l'eau est bouillie à 100°C. Ensuite, elle laisse à l'air libre pendant toute la nuit pour les uns et une journée entière pour les autres avant de la boire.

? La filtration est pratiquée par 3% de la population que nous avons enquêtée. Il
s'agit en fait des élites extérieures ou des personnes retraitées qui disposent de filtre dans leurs domiciles pour le traitement de l'eau. Ce sont des personnes qui ne sont pas assez nanties de moyens financiers pour s'offrir tous les week-ends qu'elles passent à Babadjou des bouteilles d'eau minérale.

b. Le traitement chimique pratiqué par quelques uns avec l'aide du personnel du MINEE

Il s'agit de l'usage de l'eau de javel et du Chlore.

? La javellisation est faite par 20%. Elle traite principalement l'eau de puits.
Cette tâche est faite avec l'aide du personnel du MINEE et ce à la demande du propriétaire du puits. La fréquence de traitement est en moyenne de 3 à 4 fois l'an.

Pour ce traitement, lorsque le volume de l'eau n'est pas connu, on se sert d'un caillou d'une masse importante que l'on attache au bout d'une corde et que l'on plonge dans le puits. On mesure par la suite la longueur sur la corde correspondante à la hauteur de l'eau dans le puits et on calcule dès lors le volume de l'eau du puits connaissant le diamètre, à partir duquel

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on pourra connaître la quantité de javel à mettre dans le puits. Cette technique est utilisée dans les ménages qui ont sollicité l'aide du personnel MINEE. Par contre, dans les ménages où cette aide n'a pas été sollicitée, pour les uns, le litre d'eau de javel est utilisé pour trois traitements l'an. Ainsi, à chaque traitement, il est introduit dans le puits le tiers du litre. Pour les autres, deux litres de javel sont utilisés pour la moyenne de quatre traitements l'an. Une fois l'eau de javel introduite dans le puits, ces ménages attendent environ quatre jours avant de consommer les eaux issues de ces puits. Il faut souligner que ces techniques sont utilisées sans que le volume d'eau n'ait été déterminé.

? Ceux qui utilisent la chloration comme mode de traitement représentent 3%. Le
procédé est le même que celui utilisé pour la javellisation de l'eau du puits.

c-Autres modes de traitement

Nous avons relevé qu'à Babadjou, en dehors des méthodes de traitements de l'eau suscitées, certaines personnes utilisent du sel de cuisine, du permanganate de potassium, ou sulfate de carbonate. Cependant ces produits sont utilisés à tout hasard sans aucun dosage réellement défini. Pour l'usage du sel, ces personnes utilisent très souvent un kilogramme de sel pour un puits et attendent trois jours avant de boire l'eau provenant du puits concerné. Ce traitement se fait en moyenne quatre à cinq fois l'an. Ces méthodes dans notre échantillon sont utilisées par 14% des personnes enquêtées.

Dans tous les cas, à Babadjou, le traitement de l'eau se fait sans aucune technicité et l'essentiel de la population ne la traite même pas avant boisson, ceci est lié à l'ignorance et à la négligence. Comme conséquences les ménages connaissent toujours des cas de maladies diarrhéiques et adoptent la voie de l'automédication à base de médicaments traditionnels ou modernes.

2- Le traitement à domicile des maladies diarrhéiques par les ménages et ses conséquences

Les méthodes de traitement que nous avons recueillies auprès des populations concernent surtout la lutte contre les verminoses, l'amibiase et la fièvre typhoïde.

En ce qui concerne la lutte contre les verminoses et l'amibiase, le traitement est fait à base de médicaments modernes. Les différents médicaments utilisés par les ménages sont : le vermos, le mébendazole, le quintax pour l'ascaridiose et le métronidazole pour l'amibe dysentérique que ces populations trouvent auprès des pharmaciens des rues. Ils sont prisés à cause de leurs faibles coûts. En effet, les prix varient de 10fcfa à 150fcfa pour les médicaments utilisés dans la lutte contre l'ascaridiose et de 30fcfa à 200fcfa pour les produits

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de lutte contre l'amibiase. La fréquence moyenne de l'usage de ces médicaments est estimée à trois fois au cours de l'année.

Contrairement au traitement des verminoses et de l'amibiase où les médicaments utilisés dans la lutte sont plutôt modernes, le traitement de la fièvre typhoïde se fait à base de plantes. Pour les populations de Babadjou, une décoction à base d'un mélange de citronnelle, de feuilles de bananier plantain jaunies, de racines et de feuilles de papayers, d'écorce de manguier et du sel gemme suffit pour lutter contre cette maladie. Cependant, aucun diagnostic en vue de déterminer la maladie n'est fait au départ, de même que le dosage de ces médicaments est méconnu.

La conséquence de l'automédication est généralement fatale, car très souvent la maladie devient résistante et le patient est conduit au centre de santé lorsqu'il se trouve dans un état critique. Ainsi, en consultant les registres de soins du CMA, nous avons retenu les statistiques suivantes concernant le nombre de décès en 2007 et 2008 des suites de maladies diarrhéiques.

Tableau 26 : Décès causés par les maladies diarrhéiques en 2007 et 2008 au CMA

de Babadjou

Groupes d'âges

Années

0-11mois

1 - 4 ans

5 ans et plus

Total

2007

6

4

4

14

2008

4

4

2

10

Total

10

8

6

24

Pourcentage en (%)

41,60

33,40

25

100

 

Source : Registres CMA 2007 et 2008

En 2007 et 2008 le nombre de décès causés par les maladies à contamination féco-orale au CMA est de 24. Les enfants âgés de moins de 5ans sont les plus affectés avec 75% soit 41,60% pour ceux âgés de 0 à 11mois et 33,40% pour les enfants âgés de 1 à 4ans. Ces décès sont dans la plupart des cas causés par la déshydratation du corps, par l'occlusion intestinale due à un paquet de vers qui s'est amassé dans l'intestin ou bien par la perforation de ceux-ci dans le cas de la fièvre typhoïde ou de l'amibiase. On comprend dès lors que ce sont les complications de ces maladies qui conduisent à la mort. Au cours de ces deux années, les CSI de Balépo et de Ntong n'ont pas connus des cas de décès dus de maladies liées à la consommation des eaux sales. Les cas critiques ayant été transférés au CMA.

98

Le faible nombre de personnes décédées des suites de maladies diarrhéiques serait lié au fait que bon nombre de malades décèdent plutôt dans les maisons. Nous avons eu des difficultés à obtenir des informations concernant le nombre de décès dans les ménages. Car dans la plupart des cas, les décès des membres de familles sont perçus comme étant liés aux pratiques de sorcelleries (un membre de la famille étant toujours accusé d'avoir été à l'origine du décès de la personne concernée).

3-Des difficultés dans la réalisation des puits

Pour l'accès à l'eau, les ménages de Babadjou réalisent des puits privés. Cependant, très peu en dispose. Il s'agit pour la plupart des puits semis aménagés et non aménagés qui subissent très souvent l'impact de la sécheresse. Comme nous l'avons souligné au chapitre 2, il existe à Babadjou des quartiers qui n'ont pas de puits, parmi lesquels Bametogoung. En effet, cette absence ou bien la faible représentativité des puits dans ces quartiers traduisent l'ampleur des difficultés qui existent quant à leur réalisation, difficultés liées surtout à la nature de la roche existante constituée essentiellement de granite dans ses secteurs. Dans ces quartiers, il est difficile de creuser un puits jusqu'à une profondeur de cinq mètres sans toutefois se heurter à cet obstacle. Par conséquent, les rivières et les sources non aménagées et pour lesquelles aucun contrôle de qualité n'est fait, constituent les principaux lieux d'approvisionnement en eau de boisson des populations en saison sèche.

Cliché : E. LONPI, mars 2009

Photo 15: Un puits non aménagé au quartier Bamenkwé

Lors de la réalisation de ce puits sommairement protégé à l'aide de feuilles de palmier à raphia, un bloc rocheux a été trouvé à moins de deux mètres de profondeur. Ce qui a rendu difficile la continuité par le propriétaire. Néanmoins, la nappe d'eau superficielle a été atteinte et aujourd'hui, il est le lieu d'approvisionnement en eau de boisson de son propriétaire.

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Figure 22: La répartition des puits à Babadjou

II- LE TRAITEMENT A DOMICILE DU PALUDISME PAR LES

MENAGES

Les résultats contenus dans cette partie sont ceux obtenus au moyen d'un questionnaire placé au près des ménages à Babadjou et des consultations des registres de soins des différents établissements de santé. Les questions portent sur l'usage des mesures préventives, les recours thérapeutiques et les motifs pour le non recours aux centres de santé.

1- Le faible usage des mesures préventives

Source : enquête de terrain, décembre 2008

Figure 23: Usage des modes de prévention contre le paludisme par les ménages à Babadjou

100

On peut lire de cette figure 23 que la prévention du paludisme est très faible à Babadjou car 62% des ménages enquêtés n'utilisent aucun mode de prévention, 20% font recours aux médicaments traditionnels. Il s'agit en fait des décoctions à base de plantes qui sont utilisées lorsque l'on ressent une élévation de la température du corps et une fatigue générale. Il faut noter ici que les personnes qui utilisent ce mode ne sont en fait pas conscientes que ce soit une prévention. Pour le reste 10% utilisent les moustiquaires, 5% et 3% procèdent à l'usage des médicaments pharmaceutiques et aux insecticides respectivement. Dans cette catégorie, on retrouve des retraités et des jeunes gens qui ont vécu en ville, pour qui l'usage de l'insecticide relève d'un effet de mode.

Cependant, ces moyens de prévention ne sont pas efficaces. Par exemple les moustiquaires ne sont pas ré imprégnés tous les 6 mois, les insecticides utilisés ne sont pas efficaces surtout qu'ils ne sont pas pulvérisés tous les jours.

2-Des recours thérapeutiques variés

Face au faible pouvoir d'achat des ménages, à Babadjou on observe qu'en cas de paludisme ou de toute autre forme de maladie, les ménages suivent plusieurs itinéraires thérapeutiques résumés dans le tableau 25.

Tableau 27 : Itinéraires thérapeutiques des malades de paludisme à Babadjou

Lieux de soins

Effectifs

Pourcentages (%)

Maison

34

19

Guérisseurs

38

21

Hôpitaux

40

22

Pharmacie de rue

68

38

Total

180

100

 

Source : Enquête de terrain décembre, 2008

On peut lire sur ce tableau 25 que les itinéraires thérapeutiques des malades de paludisme à Babadjou sont nombreux et varié :

- L'automédication est l'option thérapeutique la plus pratiquée par les populations. Dès l'apparition des premiers signes de la maladie, on se renseigne d'abord chez le voisin sur le dernier médicament qu'il avait pris lorsqu'il souffrait. Il s'agit des médicaments traditionnels (décoction à base de feuille de papayer ou écorces, de goyavier, d'eucalyptus, de

101

citronnelle) ou modernes (constitué du paracétamol, de la quinine 300 et vermos s'il s'agit d'un enfant) qui permettent d'acquérir les premiers soins à la maison. L'usage de cette stratégie concerne 19% des ménages que nous avons enquêtés ;

- Lorsqu'ils ne sont pas satisfaits, 21% vont chez le guérisseur pour qui la maladie a toujours une cause surnaturelle. Une fois chez le guérisseur pour diagnostiquer le mal, il faut donner du sel et 200 fcfa s'il s'agit d'une femme ou bien 500 fcfa si c'est un homme. Pour le traitement du patient, ce dernier demande généralement une somme comprise entre 2000 fcfa et 5000 fcfa, une assiette, deux poules, des pagnes, des bougies, du parfum, environ deux litres d'huile de palme comme prix à payer ;

- Si la maladie persiste, 38% se rendent à la «pharmacie de rue» où le vendeur examine et diagnostique le mal à sa manière et surtout prescrit le médicament en fonction de ce dont il dispose. Lorsque la solution n'est pas toujours trouvée, c'est en ce moment qu'on se rend dans un centre de santé. Ici encore, le malade a le choix entre un centre public ou privé « 16,45% des malades vont dans les centres publics et 8,8% dans les centres privés »15 Ce qui est généralement à l'origine de nombreux décès. Ainsi, le CMA a enregistré 14 et 17 cas de décès des suites de paludisme respectivement en 2007 et 2008. Ce faible nombre de décès enregistré dans cette formation sanitaire est certainement dû au fait que la plupart des personnes décèdent même sans être arrivées à l'hôpital. Comme nous l'avons dit plus haut, il s'est avéré très difficile de connaître le nombre de décès enregistrés dans les ménages, ceci à cause de la perception que cette population a de la maladie. En général lorsque le patient arrive à l'hôpital après avoir tenté sans succès l'usage de plusieurs formes de traitement, sa situation devient critique. Dès lors pour diagnostiquer le mal, on est obligé de lui faire subir plusieurs examens. Ainsi, très souvent, les différents tests concernent le test de la typhoïde, les selles, les urines et la goutte épaisse. C'est ainsi, qu'après avoir interrogé les populations sur le coût des soins contre le paludisme dans un centre de santé, il ressort que les dépenses moyennes se situent entre 30 000 FCFA et 40 000 FCFA.

Malgré cette diversification des itinéraires thérapeutiques, les populations ne trouvent pas toujours de solution, attestent, 68% des personnes enquêtées. La diversité des itinéraires thérapeutiques pourrait entraîner une résistance de la maladie à cause de l'usage des méthodes inappropriées. Plusieurs motifs expliquent le non recours en premier lieu aux hôpitaux en cas de maladie.

15 YEMELONG TEMGOUA (2007)

102

3-Motifs pour le non recours en premier lieu aux centres de santé

A l'instar de toutes les campagnes des hautes terres de l'Ouest du Cameroun, les structures sanitaires de Babadjou connaissent une faible affluence des patients. Les raisons évoquées et que nous retrouvons sur la figure 24 sont de trois ordres

Source : Enquête de terrain, décembre 2008

Figure 24 : Motifs évoqués pour le non recours en premier lieu aux centres de santé en cas de paludisme Babadjou

? pour 50%, de personnes c'est un manque d'argent couplé à la peur des ordonnances coûteuses, car le médicament à l'hôpital coûte cher et parfois on procède à l'hospitalisation alors que la maladie n'est pas grave. C'est un point commun à toutes les campagnes car regroupant l'essentiel des pauvres ;

? pour 30%, c'est une maladie de tous les jours et il y a un médicament à la maison qui peut être des plantes traditionnelles ou des restes de médicament moderne ;

? Et, pour 20% c'est un problème de distance, qui souligne celui de l'accessibilité aux centres de santé. C'est le cas de la population bororo dans les monts Bambouto.

Il ressort de ce chapitre que, pour résoudre leurs problèmes de santé, notamment ceux liés à l'eau, les populations de Babadjou procèdent difficilement au traitement de leurs eaux de boisson, à la réalisation des puits à usage individuel, à la construction des structures sanitaires. Elles fournissent des efforts pour tenter de lutter contre le paludisme. Cependant, on y observe un faible usage des méthodes de prévention contre cette maladie ; elles font recours à des lieux de soin variés, ceci du fait de la faiblesse de leur moyen financiers, de la

103

possession à domicile d'un médicament ou bien parce que c'est une maladie de tous les jours et du fait de l'importance des distances.

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CONCLUSION, SUGGESTIONS ET PERSPECTIVES

CONCLUSION

Rendu au terme de cette étude sur l'eau et la santé dans les campagnes des hautes terres de l'Ouest du Cameroun : le cas de Babadjou, nous pouvons retenir suite à la vérification des hypothèses que :

Le relief favorable au drainage des eaux, l'existence des sols facilitant l'infiltration des eaux, le climat tropical humide ainsi que la densité du réseau hydrographique sont autant de facilités naturelles d'accès à l'eau à Babadjou. Cependant cette localité souffre d'une insuffisance voir d'une absence des infrastructures d'approvisionnement en eau potable fonctionnelles. De plus, les contraintes telles la dégradation du couvert végétal, la rigueur du climat en saison sèche, l'importance des distances à parcourir pour avoir de l'eau de même que les activités agro-pastorales entravent l'accès à l'eau.

Sur 44296 habitants en 2008, seuls 3580 disposent de l'eau provenant des adductions d'eau potable. Face à l'absence de l'eau potable, les populations consomment les eaux de rivière, des pluies, des puits et des sources non aménagées. Après les analyses physique et bactériologique de quelques points d'eau de boisson des quartiers Bametogoung, King-place et Nso'h, il ressort que les eaux consommées par les populations de ces quartiers ne sont pas potables. Physiquement, elles comportent des particules en suspension, elles sont acides (PH de 5,4 à 6,0), colorées, inodores, fraîches (14- 15°C), insipides et ne contiennent pas de larves d'insectes. Pour ce qui est de l'analyse bactériologique, dans des échantillons de 100ml, ces eaux présentent pour la rivière Tchi-Meloung de Bametogoung, une concentration de 30 E-coli, une concentration de 10 E-coli pour Tchi-Malou de King-place et de 3 E- coli pour le puits non aménagé de Nso'h.

La conséquence de la consommation de ces eaux est l'existence des maladies hydriques à transmission orale que sont la gastro-entérite 27%, l'amibiase 26%, la typhoïde 19%, l'ascaridiase 18%, et la diarrhée 10%. Les enfants de moins de 5 ans et les personnes âgées sont les couches les plus vulnérables. Ces maladies sont récurrentes en saison sèche et au début de la saison des pluies et le nombre de victimes est plus élevé dans les quartiers sans eaux potables que dans ceux qui en disposent. Il n'y a pas encore eu de cas de choléra, il n'y a pas de poliomyélite, mais le risque est permanent.

A côté de ces maladies causées par l'ingestion des eaux sales, on a le paludisme qui est une maladie hydrique à transmission vectorielle. Cette affection est entretenue et soutenue par des facteurs tels que le climat pluvieux, les sols hydromorphes des bas-fonds, des fûts d'eau et les puits non protéges, l'omniprésence de la végétation, des porcheries et pépinières à

105

proximité des maisons ainsi que par des trous d'eau réalisés pour l'irrigation en saison sèche et abandonnés durant toute la saison des pluies. Par contre, les cours d'eau, les hautes altitudes et les eaux usées n'y favorisent pas le développement des moustiques. Avec la présence de ces facteurs d'endémicité, le paludisme en 2007 et 2008 représente 38,50% du nombre total de patients reçus dans les établissements de santé de Babadjou. Dans ces conditions, à Babadjou, le paludisme est la première cause de consultation et d'hospitalisation. Les personnes les plus vulnérables étant les enfants de moins de 5 ans soit 28,24% et les adultes représentés par la tranche d'âge 15-45ans avec 34,66% du nombre de paludéens. Le paludisme à Babadjou est récurrent aux intersaisons.

En vue de résoudre ces problèmes de santé causés par l'eau à Babadjou, les actions visant l'équipement en adduction d'eau potable et la lutte contre le paludisme sont entreprises par des acteurs institutionnels et la communauté. Ainsi, pour avoir de l'eau potable, des forages on été réalisés, mais ils n'ont qu'une faible durabilité. Trois grands projets d'adduction d'eau ont été entrepris dans trois quartiers notamment Bamelo, Nguékong et Balépo. Seuls les deux premiers ont réussi le troisième étant très coûteux. Les adductions d'eau de la Scanwater, fruit de la coopération camerouno-danoise sont aujourd'hui non fonctionnelles. En ce qui concerne la lutte contre le paludisme, l'on retient ici que l'Etat a mis sur pied des stratégies de lutte à travers le PNLP, il y a une prise en charge de la maladie par le personnel sanitaire de Babadjou à travers la distribution des moustiquaires imprégnées et la formation des relais communautaires, mais ces mesures demeurent insuffisantes.

Pour répondre à leurs besoins de santé, les populations de Babadjou essayent tant bien que mal de traiter leurs eaux de boisson. Elles utilisent les méthodes suivantes : la décantation, l'ébullition, la javellisation, le sel de cuisine et la chloration. Elles construisent des puits. Cependant, elles sont confrontées à de nombreuses difficultés liées au fait qu'elles ne maîtrisent pas assez les techniques de traitement de l'eau et la nature du sol qui rend difficile l'élaboration des puits. En conséquence, les maladies hydriques à contamination féco-orale persistent dans les ménages. En 2007 et 2008 elles ont été à l'origine du décès de 24 personnes dont 75% étaient des enfants de moins de 5 ans. Pour lutter contre le paludisme, les populations utilisent peu les méthodes préventives car 62% de cette population n'utilisent aucun mode de prévention. Les principales méthodes utilisées pour prévenir cette affection sont : l'usage des moustiquaires 10%, les médicaments (pharmaceutiques et traditionnels) et les insecticides 5% et 3% respectivement. Pour se soigner, ces populations font recours à l'automédication, à la pharmacie de rue, aux guérisseurs et terminent leurs courses dans les établissements de santé lorsque la maladie a atteint des proportions critiques pouvant

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conduire à la mort. Ainsi, au CMA de Babadjou, le paludisme a occasionné la mort de 14 et 17 personnes respectivement en 2007 et 2008. La faiblesse des moyens financiers des populations couplées à la peur des ordonnances coûteuses, la permanence du paludisme et la possession d'un médicament à la maison et l'importance des distances à parcourir expliquent le fait que les ménages ne font pas recours en premier lieu dans les établissements de santé en cas de maladie.

SUGGESTIONS ET PERSPECTIVES

Pour résoudre le problème de santé lié à l'eau à Babadjou, nous proposons : En ce qui concerne l'approvisionnement en eau potable :

· la création d'une petite association qui se chargera de sensibiliser des populations sur les méthodes de traitement de l'eau (voir annexe 7 pour le traitement à l'eau de javel);

· la réhabilitation des anciennes adductions d'eau notamment, celle de la Scanwater, de

Balépo et le point d'eau de Bamedji, ce qui permettra d'avoir un taux de couverture en eau potable de 56,36% dans la mesure où ces adductions se trouvent dans les quartiers où la population est de 24966 habitants selon les informations sur le nombre d'habitant par quartier obtenu à la DAADR en annexe 2 ;

· la réalisation des puits à usage collectifs et l'aménagement des sources ;

· le reboisement des monts Bambouto déjà entrepris par le gouvernement est une voie pouvant permettre de réduire les déficits hydriques observés dans la région en saison sèche. Pour ce qui est de la lutte contre le paludisme, il faut :

· une éducation communautaire sur la véritable cause de la maladie et sur l'usage des méthodes de prévention ;

· une lutte antivectorielle, ce qui nécessite la maîtrise des variations des densités de moustiques au courant de l'année

· l'extension de la distribution des moustiquaires imprégnées et la réduction de leurs coûts ainsi que les prix des médicaments antipaludiques ;

· Pour une étude beaucoup plus fine et évolutive, que les populations et les établissements de santé puissent mieux tenir leurs carnets et registres de soins.

Conscient du fait que ce travail a été plus un déblaiement de terrain qu'une véritable étude sur l'eau et la santé des populations de Babadjou en raison des nombreuses difficultés rencontrées, nous envisageons dans un proche avenir:

? Des analyses physico-chimiques et bactériologiques de tous les points d'eau de boisson des populations de Babadjou ;

? Une étude sur la perception des maladies par la population ;

? Une étude sur comment la population peut s'impliquer efficacement dans la lutte contre les maladies hydriques à Babadjou.

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BIBLIOGRAPHIE

108

OUVRAGES GENERAUX

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111

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ARTICLES

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AUTRES

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Rapport annuel de la DAA 2003

Sites Web :

- http://www.ac-poitier.fr/svt/res_loc/hydro/qualite/normes.htm.

- http://www.afro.who.inter/whd 2003/whd.html.

- http://www. normes-OMS-eau-potable.htm

- http://www.afsset.fr/upload/bibliothèque/095316560203903045877844682745

/02_eau_sante.pdf

- www.esrifrance.fr

- www.mémoireonline.

I

ANNEXES

Annexe 1 : QUESTIONNAIRE D'ENQUETE

Université de Dschang République du Cameroun

Faculté des lettres et Sciences Humaines Paix- Travail- Patrie

Département de Géographie Aménagement- Environnement.

QUESTIONNAIRE D'ENQUETE

Messieurs, mesdames, ce questionnaire est élaboré strictement pour une cause académique. Votre collaboration et vos réponses honnêtes nous serons d'un grand apport pour la fiabilité de cette enquête.

N.B : Bien vouloir entourez la lettre correspondant à la réponse juste.

Thème : EAUX ET SANTE DANS LES CAMPAGNES DES HAUTES TERRES DE L'OUEST CAMEROUN : CAS DE BABADJOU DANS LE DEPARTEMENT DES BAMBOUTOS.

I- IDENTIFICATION DE L'ENQUETE

1- Quartier

2- Sexe : a) masculin b) féminin

3- Situation matrimoniale : a) marié b) divorcé c) célibataire
d ) veuf

4- Taille du ménage : femme(s) enfant(s)

5- Niveau d'étude : a) CEPE b) BEPC/CAP c) probatoire

d) BACC e) BACC plus

6- Profession .

II- LES MODES D'APPROVISIONNEMENT EN EAU ET LES CONTRAINTES D'ACCES A L'EAU POTABLE.

A-) Les modes d'approvisionnement en eau.

7- Où puisez-vous de l'eau ? a) rivière b) puit c) source non aménagée

d) source sommairement aménagée e) pluie f) forage g)
robinet.....

8- Quelle est la tranche d'âge de ceux qui puisent de l'eau dans votre famille ? a) 3 à

5ans b) 5 à 15ans c) 15 à 25ans d) 25 ans et plus
B-) Les contraintes d'accès à l'eau potable

9- Quelle distance parcourez-vous pour avoir de l'eau potable ? a) 0 à 100m b) 100 à 500m

c) 500 à 1km d) 1km et plus

10- A quelle période de l'année connaissez-vous les problèmes d'eau ? a) saison des pluies

b) saison sèche c) toutes les saisons

11- D'après vous qu'est ce qui serait à l'origine de ce problème ? a) la sècheresse

b) l'irrigation pratiquée en amont par les agriculteurs c) l'absence d'AEP

12- Quelle est la nature de ces problèmes ? a) absence totale d'eau b) quantité insuffisante

c) qualité douteuse

13- Où puisez-vous alors de l'eau pendant cette période ? On se ravitaille dans : a) les sources

b) les rivières c) les puits d) les quartiers voisins

- Autres informations à préciser

III- USAGES DE L'EAU DANS LES MENAGES

II

14- Quels usages faites-vous de l'eau recueillie dans les différents lieux d'approvisionnement ?

Besoins

BOISSON

CUISINE

TOILETTE

MENAGE

LESSIVE

Lieux

d'approvisionnement

Rivières

 
 
 
 
 

Puits

 
 
 
 
 

Sources aménagées

 
 
 
 
 

Sources non aménagées

 
 
 
 
 

Bornes fontaines

 
 
 
 
 

Forages

 
 
 
 
 

Pluies

 
 
 
 
 

IV- ANALYSE QUALITATIVE DES EAUX DE BOISSON, MICROBES OBSERVES ET MALADIES HYDRIQUES

A-) Les sources d'eau de boisson

15- D'où provient l'eau que vous buvez ? a) rivières b) sources aménagées c) sources
non aménagées

d) forages e) puits f) pluies g) bornes -fontaines

- Autres à préciser

B-) Les affections dues aux eaux consommées

16- Quelles sont parmi les maladies suivantes, celles dont souffrent le plus les membres de

votre famille ? a) choléra b) bilharziose c) amibes dysentérique d)

typhoïde e) verminose

- Autres à préciser

17- Sont-elles fréquentes ? a) oui b) non

18- Selon vous à quoi sont-elles dues ? a) consommation de l'eau b) aliments souillés

- Autres à préciser

C-) Les sources possibles de pollution

19- Si ces maladies sont dues à la consommation des eaux voudriez-vous dire que ces eaux

sont souillées ? a) oui b) non

- Si oui, quelles seraient à votre avis les principales sources de pollution ? a) agriculture

b) élevage c) la population Et si c'est la population comment procède-

t-elle ?

20- En dehors de ces trois sources de pollution y en a-t-il d'autres ? Si oui lesquelles ?

V- LE PALUDISME A- fréquence du paludisme

21- Les membres de votre famille souffrent-elles souvent du paludisme? a) oui b) non

III

- si oui quelle est sa fréquence ? a) toutes les semaines b) au moins 2 fois par

mois c) au mois 1fois par mois d) 3 à 6 fois par mois e) 1fois par an

f) rarement

22- Lesquels des signes suivants vous font savoir qu'il s'agit du paludisme ? a) le mal de tête

b) l'élévation de la température du corps c) les vomissements, d) des douleurs
abdominales

- Autres à préciser

-

23- D'après vous quelle serait la cause ?

24- vos enfants de O à 5 ans font un accès palustre ? a) oui b) non

- si oui quelle est la fréquence ? a) toutes les semaines b) 2 fois par mois

c) au mois 1 fois par mois d) 3 à 6 fois par an e) 1 fois par an f) rarement

25- vous faites piquer par les moustiques à quel moment ? a) la nuit b) au crépuscule

c) en journée d) tout le temps

26- ces piqûres sont-elles fréquentes ? a) oui b) non

27- Pensez-vous que la création des trous d'eau pour l'irrigation en saison sèche peut

favoriser l'augmentation du taux de moustiques ? a) oui b) non

Si oui comment ?

28- Lorsque vous vous rendez auprès des puits, des rivières et dans vos champs ressentez-

vous des piqûres de moustiques ? a) oui b) non

- Autres à préciser

B- Périodicité

29- En quelle période vos enfants ou vous êtes souvent atteint par le paludisme ?

a) en saison sèche b) en saison des pluies c) en toutes les saisons

VI- ACTIONS MENEES BABADJOU DANS LA RECHERCHE DE L'EAU POTABLE

A-) Rôles joués par la population

A1- Les initiatives privées

30- Traitez-vous cette eau avant de boire ? a) oui b) non

- Si oui quel(s) mode(s) de traitement appliquez-vous ? a) ébullition b) filtration

c) eau de javel d) chlore

- Si non, pourquoi ?

- Autres informations à préciser

31- Avez- vous un puit chez vous ? a) oui b) non

32- Quelle est sa profondeur ?

33- Tarit-il en saison sèche ? a) oui b) non

34- Combien y a-t-il de bornes fontaines dans votre quartier ?

35- Sont-elles fonctionnelles ? a) oui b) non

36- Combien y a-t-il de puits à usage collectif dans votre quartier ?

37- Combien de sources naturelles existe-il dans votre quartier ?

38- Sont-elles aménagées ? a) oui b) non

- Si non pourquoi ? a) manque de volonté b) manque de moyen

IV

- Autres informations à préciser

39- Y- a- t- il un forage dans votre quartier ? a) oui b) non

- Si non pourquoi ? a) manque de moyens b) manque de volonté

- Autres informations à préciser

40- Avez-vous participé à la réalisation de l'adduction d'eau potable qui est dans votre

quartier ? a) oui b) non Si non, pourquoi ?

Si oui quelle a été votre contribution ?

A2- Les initiatives associatives

41- Dans vos réunions et associations pensez-vous à réaliser les initiatives pouvant

permettre le développement de votre quartier ? a) oui b) non

- Si oui, lesquelles ? a) aménagement des sources b) construction des puits

c) forage d) école e) santé f) traitement de l'eau

- Autres à préciser

B-) Les collectivités locales

42- Que fait la mairie face au problème de manque d'eau potable ?

43- Que pense le chef du village ?

44- Et les chefferies de quartier ?

VII- LA LUTTE CONTRE LE PALUDISME A BABADJOU

45- quels modes de prévention utilisez-vous ? a) médicaments à titre préventif b)

utilisation des insecticides c) utilisation des moustiquaires d) aucun mode
e) médicament traditionnel

46- Le mode de prévention est-il efficace ? a) oui b) non

47- Vos problèmes de santé sont-ils résolus ? a) oui b) non

- sinon pourquoi ?

-

48- En cas de maladies, où vous soignez- vous ? a) maison b) guérisseur

c) hôpital d) à la pharmacie de rue ?

- Autres informations à préciser

49- Lorsque vous faites des soins à la maison que prenez-vous pour votre traitement ?

a) médicament traditionnel b) médicament moderne

50- Pourquoi ne vous rendez-vous immédiatement dans un centre de soin quand vous êtes

malade ? a) problème de distance b) moyens financiers/peur des ordonnances c)
maladie de tous les jours/ disponibilité d'un médicament à la maison

- Autres informations à préciser

51- Combien vous coûte en moyenne un traitement pour le paludisme ? a) entre 5 et

10000fcfa, b) 10000 et 20000fcfa c) 20000fcfa et plus

VIII- TENTATIVES DE SOLUTION POUR LES PROBLEMES DE SANTE LIES A L'EAU A BABADJOU

52- D'après vous, quelle serait la solution au problème d'eau potable ?

a) la réalisation des forage ; b) l'aménagement des sources et la création des puits

communautaires ; c) la réhabilitation des adduction d'eau passé e) l'implantation
d'un réseau de la CAMWATER ?

53 Quelles autres solutions proposez-vous ?

54- Que peut-on faire pour vous aidez à lutter contre le paludisme ?

a) la réduction du coût des médicaments ; b) la diminution du prix des

moustiquaires imprégnées; c) l'extension de l'usage des moustiquaires imprégnées.

55- Quelles autres solutions proposées vous ?

V

Merci pour votre contribution !

VI

Annexe2 : Quelques données de population par quartier à Babadjou et effectif de la population ayant de l'eau potable

A- Quelques données sur la population par quartier

Quartier

King-place

Kombou

Topelou

Balépo

Bamelo

Bamedjigha

Population

12210

6088

4887

8476

12000

5384

 

Source : DAADR, 2008

B- Effectif de la population ayant de l'eau par les adduction d'eau

Quartier

Bamelo et son extension

Nguékong

Bamedousso

Total

Population

2280

800

500

3580

Source : DAADR, 2008

VII

Annexe 3 : Concentrations maximales acceptables et tolérables des substances chimiques

en alimentation en eau des populations

Substances

Concentrations maximales

acceptables (mg/l)

Concentrations maximales

tolérables (mg/l)

Solides (total)

500

1500

Fer (Fe)

0,3

1,0

Magnésium (Mg)

50

150

Manganèse (Mn)

0,1

0,4

Cuivre (Cu)

1

1,5

Zinc (Zn)

5

15

Calcium (Ca)

75

200

Sulfate (So)

200

400

Chlore (Cl)

200

600

Sodium sulfates

 

500

Composes phénoliques

 

0,001

Chloroforme de carbone

 

02

Sulfonate Alkyl Benzyl

 

0,3

Potentiel d'hydrogène

 

6,5 et 9,5

Nitrate (NO3) et Nitrite

(NO2)

 

50 et 3mg/l (exposition à

court terme) 0,2 (à long
terme)

Source : OMS, 2006

Les limites supérieures à celles présentées dans ce tableau sont considérées comme dangereuses pour la santé. Cependant, le Calcium et le Magnésium sont deux éléments indispensables pour l'organisme.

Annexe 4 : Classification des maladies liées à l'eau

Maladies

Modes de

contamination

Type d'infection

Agents pathogènes

-diarrhée -gastro-entérite -poliomyélite -hépatite A et B

Féco-orale

virale

-rotavirus -poliovirus -hépatite A et B

-choléra -typhoide

-dysenterie bacillaire

Féco-orale

bactérienne

-vibrio cholérique - bacille d'éberth

-amibiase -ascaridiase -oxyurose

Féco-orale

parasitaire

-entamoéba histolytica - ascaris

- oxyures

-schistozomiase ou

bilharziose

- dracunculose ou ver de guinée

Transmission

vectorielle avec passage

dans l'hôte
intermédiaire

parasitaire

-bilharzies ou -

schistozomes -dracunculus medinensis

VIII

-paludisme

 

Par des vecteurs

-parasitaire

-plasmodium

-onchocercose

moustiques et mouches

- parasitaire

onchocerca volvulus

-dengue

 

-virale

 

-fièvre jaune

 

-bactérienne

-virus amaril

Source : Inspirée des données obtenues de différentes lectures sur les maladies hydriques

Annexe5 : Morbidité en 2007 et 2008 au CMA de Babadjou

Groupe d'âge

0 - 5ans

5ans -15ans

15ans-45ans

45ans et

plus

Total

Pathologies

Paludisme

268

176

329

176

949

IRA

104

45

33

24

206

Diarrhée

20

11

5

10

46

IST/VIH/SIDA

20

00

69

25

114

Verminose

68

20

10

14

102

Rhumatisme

00

00

20

51

71

Dermatose

26

14

20

5

55

Gastro- entérite

80

15

10

20

125

Traumatisme

19

49

127

61

256

Cardiopathie

5

10

38

15

68

Amibiase

95

25

20

60

200

Fièvre typhoïde

84

12

20

37

153

Anémie

17

7

10

19

49

Total

806

374

711

517

2398

Source : Registre CMA de Babadjou, 2007 et 2008

IX

Annexe6 : PROJET D'ADDUCTION D'EAU POTABLE DE BALEPO

X

XI

XII

Annexe7 : Traitement de l'eau à l'eau de javel en fonction du volume

V= II D2H/4 où V= volume D= diamètre et H= la hauteur de l'eau dans le puit

Vol (m 3)

Ej à 1%

H.C. Sod

H.C. Col

0,20

5,5

0,50

 

0,30

8,5

0,50

0,50

0,40

10

 
 

0,50

14

0,80

0,75

0,60

15

1,00

 

0,70

16,5

1,00

 

0,80

20

1,25

1,00

0,90

22

1,15

1,25

1,00

25

1,50

1,50

1,20

30

1,15

 

1,30

34

1,75

1,75

1,50

136

2,00

2,00

1,75

42

2,25

2,00

1,85

46

2,50

2,75

2,00

48

2,75

3,00

2,20

55

3,00

 

2,35

58

3,25

 

2,45

61

3,50

3,50

2,65

66

3,75

3,75

2,75

69

4,00

4,00

3,00

73

4,50

4,25

3,30

80

4,75

 

3,50

88

5,00

4,50

3,65

92

5,50

4,75

4,00

98

5,75

5,00

Source : ECOVOX N°2416

Ej à 1% : Eau de javel solution ; H.C. Sod : Hypochlorite de Sodium, H.C. Col : Hypochlorite de Calcium

16 ECOVOX, N° 24 cité par KEINO TIOMELA (V) ; 2004

XIII

DEDICACE

Je dédie cette thèse

A feue ma mère MAKEM Marie-Claire.

A feu mon père TIPI Jean-Claude, disparu pendant la réalisation de ce travail.

XIV

REMERCIEMENTS

Nos remerciements vont à l'endroit des personnes suivantes :

- le Professeur KUETE Martin, chef de département de géographie à l'Université de Dschang.

- Les Professeurs Dongmo J-L., Kengne F., Tsalefac M. et Pamo E.

- les Docteurs Tazo E., Kelodjoué S., Noula A., Yemmafouo A., Nkankeu F.

- MM. Boukong, Ngouanet C., Kaffo C.

- Le Docteur Nono A., chef de département des sciences de la terre de l'Université de Dschang.

- M. Mogou B., délégué d'arrondissent d'agriculture et du développement rural pour Babadjou.

- Le Dr Haoudou, médécin chef du centre médical d'arrondissement de Babadjou,

-MM. Kazé A. et Kouokam J-C. en service à la délégation départementale du ministère de l'énergie et de l'eau pour le Bamboutos,

- le personnel des centres de santé intégré de Balépo et Ntong pour leurs disponibilités et leurs conseils qui nous ont été d'un grand apport.

-MM. Samba G., Mofor G, Saha F., Sufo R., Tchinda B., Tepoule O., Epallé G., Ndoki D. pour leurs remarques et encouragements.

- Les camarades de promotion et amis : Yemata L., Bouyo I., Sonzia T., Diebo L-M., Tchoffo F., Djiotsa G., Tsou T., Tsou M., Mepah N., Ngefor G., Mewoulou Y., Julius Tata F., Mamno H., pour leurs encouragements.

-Mes parents, MAMBAP Ernest et SELATSA Rosalie, pour les efforts indéfectibles qu'ils ont déployés pour mon éducation.

-Mmes Yemelong N., Lemouogue J., Kemajou S. qui ont accepté de lire attentivement cette thèse.

- MM. Ngoumé P., Nlubuli P., Tchangou F., Pouleu G. et Simo P. pour leurs soutiens moral et matériel.

- Les familles Touyem, Dondjan, Tchouapi, Mbakop, Yemelong, Ketchemen, Yawa, Ntamak, Pénadjo, Fotsa, Tatang et Tiwa, pour l'encadrement, le soutien moral et l'encouragement.

- Les abbés Ndouyim M. et Konhawo S. qui n'ont cessé de prier pour moi pendant la confection de cette thèse.

- Je remercie enfin tous ceux qui, de près ou de loin ont apporté leur soutien à la rédaction de cette thèse.

XV

TABLE DE MATIERES

DEDICACE

i

REMERCIEMENT ii

LISTE DES TABLEAU vii

LISTE DES FIGURE viii

LISTE DES PHOTOS ix

LISTE DES ANNEXES x

LISTE DES ABBREVIATIONS xii

RESUME xii

ABSTRACT xiii

INTRODUCTION 1

CADRE THEORIQUE 4

I- CONTEXTE D'ETUDE 5

1- Le contexte mondial du problème de santé lié à l'eau 5

2- Le contexte africain du problème de santé lié à l'eau 6

3- Le contexte camerounais du problème de santé lié à l'eau 6

II- ETAT DE LA QUESTION 8

1-Approche insuffisance, dégradation quantitative et qualitative de l'eau 8

2- L'approche de l'eau comme lieu de développement des insectes vecteurs

de maladies 10

3- Le cas de Babadjou 12

III- PROBLEMATIQUE 12

IV- OBJECTIF DE LA RECHERCHE 13

1-Objectif principal 13

2-Objectifs spécifiques 13

V- HYPOTHESES 13

1- Hypothèse principale 13

2- Hypothèses spécifiques 14

VI-INTERET DU SUJET 14

VII- CADRE CONCEPTUEL 15

1- Concept de l'eau 15

2- Concept de la santé 19

VIII- METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE 21

1- Localisation de la zone d'étude 21

2- La collecte des données primaires 24

3- La collecte des données secondaires 26

4- Le traitement des données 26

5- L'analyse de l'eau 26

6- Les difficultés rencontrées 26

RESULTATS 28

CHAPITRE I : LES POTENTIALITES NATURELLES D'ACCES A L'EAU ET LES LIEUX D'APPROVISIONNEMENT EN EAU A

BABADJOU 29

I- LES FACILITES NATURELLES D'ACCES A L'EAU A BABADJO 29

1- La situation au pied d'une montagne tropicale et l'existence

de nombreux types de sol 29

2- Le climat et la végétation : facteurs favorables pour la disponibilité de l'eau ? 31

XVI

3- L'existence de nombreux cours d'eau 33

II- LA PLURALITE DES LIEUX D'APPROVISIONNEMENT EN EAU A

BABADJOU 36

1- L'insuffisance des AEP 34

2- Des puits faiblement représentés 37

3-Les rivières : principaux lieux d'approvisionnement en eau 38

4- L'eau de pluies très sollicitées en saison sèche 38

5- Les sources non aménagées 39

6-L'usage des trous d'eau comme mesure palliative 40

III- LES FACTEURS RESPONSABLES DE LA DEGRADATION QUANTITATIVE

ET QUALITIVE DE L'EAU A BABADJOU 41

1- Les causes de la dégradation quantitative de l'eau à Babadjou 41

2- Les causes de la dégradation qualitative de l'eau à Babadjou 41

CHAPITRE II : EAU DE BOISSON DE BABADJOU : UNE RESSOURCE AUX SOURCES DIVERSES ET A LA QUALITE INDESIRABLE POUR

LA SANTE DES POPULATIONS 47

I-LES NORMES POUR L'EAU POTABLE SELON L'OMS 47

1- Les normes bactériologiques 48

2- Les normes chimiques 49

3- Les normes physiques 49
II- LES DIFFERENTS USAGES DE L'EAU A BABADJOU ET L'ANALYSE DE

QUELQUES ECHANTILLONS D'EAU DE BOISSON DES POPULATIONS 50

1- L'ubiquité des sources d'eau de boisson des populations de Babadjou 50

2- L'analyse des eaux de boisson des populations de Babadjou 51

III - LES AFFECTIONS LIEES AUX EAUX CONSOMMEES A

BABADJOU 55

A- LES AFFECTIONS CAUSEES PAR LA CONSOMMATION DES EAUX SALES

DANS LES MENAGES ET DANS LES ETABLISSEMENTS DE SANTE 55

1- Les maladies vécues par les populations 55

2- Les maladies répertoriées dans les différents établissements de santé

de Babadjou 57

B- PREVALENCE ET PERIODICITE 62

1- Une forte prévalence chez les enfants et les personnes âgée 62

2- Des maladies très récurrentes en saison sèche 63

C- UN NOMBRE ELEVE DE PATIENTS PROVENANT DES QUARTIERS SANS

EAUX POTABLES 64

CHAPITRE III : FACTEURS POUVANT CONTRIBUER A L'AUGMENTATION DES DENSITES DES AGENTS VECTEURS DES MALADIES HYDRIQUES A TRANSMISSION

VECTORIELLE A BABADJOU 69

I- L'ENVIRONNEMENT PHYSIQUE 69

XVII

1-Le climat : un facteur globalement favorable 69

2- L'influence de la topographie 70

3- L'action des cours d'eau dans la prolifération des moustiques à Babadjou 71

II- LE NON RESPECT DES REGLES ELEMENTAIRES D'HYGIENE ET LA

PROLIFERATION DES MOUSTIQUES A BABADJOU 71

1- Les fûts d'eau et les puits non protégés 72

2- L'omniprésence de la végétation à proximité des maisons 72

3- Les porcheries : de véritables poubelles 74

4- La gestion des eaux usées 76

III-LES TROUS D'EAU ET LA PETITE IRRIGATION 76

1- Des trous d'eau réalisés pour l'irrigation en saison sèche 76

2- La petite irrigation à proximité des maisons 77

CHAPITRE IV : LES MALADIES HYDRIQUES A TRANSMISSION

VECTORIELLE : LE CAS DU PALUDISME A BABADJOU 78

I- LE PALUDISME A BABADJOU : PREMIERE CAUSE DE CONSULTATION ET

D'HOSPITALISATION 78

1- Le paludisme vécu par la population à Babadjou 78

2- Les cas répertoriés dans les établissements de santé: CSI de Balépo, de Ntong et au

CMA de Babadjou 81

II- LA PREVALENCE ET PERIODICITE DANS LES DIFFERENTS

ETABLISSEMENTS DE SANTE DE BABADJOU 83

1- Une prévalence élevée chez les enfants et les adultes 83

2-Une recrudescence du paludisme pendant les intersaisons ? 84

3- La vulnérabilité au paludisme à Babadjou 85

CHAPITRE V : LES EFFORTS DES ACTEURS INSTITUTIONNELS ET DE LA COMMUNAUTE DANS LA RESOLUTION DE L'EPINEUX

PROBLEME DE SANTE LIE A L'EAU A BABADJOU 89

I- ROLES JOUES PAR LA COMMUNAUTE DANS LA RECHERCHE DE L'EAU

POTABLE 89

A- Des initiatives privées et associatives 89

1- Les réalisations privées 89

2- Les initiatives associatives 92

B- L'action des collectivités locales dans la recherche de l'eau potable 95

II- LES ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES ET L'ETAT

CAMEROUNAIS 96

1- La scanwater : le fruit de la coopération camerouno-Danoise 96

2- L'action du Ministère de l'Energie et de l'Eau (MINEE) 96

III- LES ACTIONS DE LUTTE CONTRE LE PALUDISME 99

1- Une situation épidémiologique difficilement maîtrisable : le cas de la lutte contre le

paludisme au Cameroun 99

2- Le programme national de lutte contre le paludisme au Cameroun (PNLP) 101

3- La prise en charge du paludisme par le personnel sanitaire et la communauté----102

CHAPITRE VI: UNE GESTION AU RESULTAT MEDIOCRE DES

PROBLEMES DE SANTE PAR LES POPULATIONS 105

XVIII

I- LA LUTTE CONTRE LES MALADIES A TRANSMISSION FECO-ORALE----105

1-Le traitement d'eau de boisson 105

2- Le traitement à domicile des maladies diarrhéiques par les ménages et ces

conséquences 108

3- Des difficultés dans l'élaboration des puits 109

II- LE TRAITEMENT A DOMICILE DU PALUDISME PAR LES MENAGES 112

1- Le faible usage des méthodes préventives 112

2- Des recours thérapeutiques variés 113

3- Motifs pour le non recours en premier lieu aux centres de santé 114

CONCLUSION, SUGGESTIONS ET PERSPECTIVES 116

BIBLIOGRAPHIE 121

ANNEXES I

XIX

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Le concept de l'eau 19

Tableau 2 : Le concept de la santé 21

Tableau 3 Nombre de ménages enquêté par quartiers et questionnaires soumis 25

Tableau4 : Niveau d'étude des personnes enquêtées 25

Tableau 5: Hauteur et nombre de jours de pluies en 2003 à Babadjou 32

Tableau 6: Relevé pluviométrique de Babadjou de 1999 à 2006 33

Tableau 7: Normes bactériologiques suggérées pour une eau potable 48

Tableau 8: Substances affectant la pureté de l'eau et leurs concentrations limites maximales---

49

Tableau 9: Usage de l'eau dans les ménages 50

Tableau 10 Résultats de l'analyse de l'analyse physique des eaux consommées

à Babadjou 52
Tableau 11 : Résultats de l'analyse des échantillons d'eau par la méthode du tube

multiple/plus probable nombre (MPN-INDEX) 54

Tableau 12: Les maladies dues à la consommation de l'eau au CSI de Balépo 60

Tableau 13: Les maladies diarrhéiques au CSI de Ntong 60

Tableau 14: Les maladies diarrhéiques au Centre Médical d'Arrondissement (CMA) de

Babadjou 61

Tableau 15: Maladies diarrhéiques par groupe d'âges dans les hôpitaux de Babajou 62

Tableau 16: Nombre de patients par mois dans les différents hôpitaux de Babadjou années

2007/2008 63
Tableau 17: Provenance des malades reçus dans les établissements de santé en 2007 et 2008 --

65

Tableau 18: Agressivité des moustiques à Babadjou 79

Tableau 19: Paludisme au CSI de Balépo 81

Tableau 20 Paludisme au CSI de Ntong 81

Tableau 21 Paludisme au CMA de Babadjou 82

Tableau 22: Effectif total de paludéens par rapport au nombre total de patients 82

Tableau 23: Distribution mensuelle des données de paludisme dans les différents

établissements de santé de Babadjou en 2007 et 2008 84
Tableau 24 : Provenance des patients souffrants du paludisme dans les établissements de

Babadjou 86
Tableau 25: Les investissements par la communauté pour la réalisation des AEP en milliers de

FCFA 92
Tableau 26 Décès causés par les maladies diarrhéiques en 2007 et 2008 au CMA de

Babadjou 108

Tableau 27: Itinéraires thérapeutiques des malades de paludisme à Babadjou 113

XX

LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Localisation de la zone d'étude 23

Figure 2 : L'étagement du relief de Babadjou 30

Figure 3 : Evolution du nombre de jour de pluies à Babadjou en 2003 32

Figure 4 : Le réseau hydrographique de Babadjou 34

Figure 5 : Répartition des ménages en fonction des lieux d'approvisionnement en eau

36

Figure 6 : Périodicité des problèmes d'eau à Babadjou 42

Figure 7 : Les structures sanitaires de Babadjou 59

Figure 8 : Récurrence des maladies diarrhéiques en 2007 et 2008 dans les différents

établissements de santé de Babadjou 62

Figure 9 : Variation mensuelle des maladies diarrhéiques à Babadjou, années 2007/2008 64

Figure 10 : Relations entre disponibilité en eau potable et nombre de malades 67

Figure 11 : Illustration de l'impact de la rétention de l'eau de manière continue dans des fûts

d'eau non protégés sur le développement des moustiques 72
Figure 12 : Illustration de l'impact de la végétation dans le processus de développement des

moustiques 73
Figure 13 : Illustration de l'influence des porcheries dans le développement des moustiques---

 
 

75

Figure 14 : La fréquence du paludisme vécu dans les ménages

 

79

Figure 15 : Périodicité annuelle du paludisme vécu par les ménages

 

80

Figure 16 : La prévalence du paludisme

 

83

Figure 17 : Variation mensuelle des données du paludisme à Babadjou en

2007 et 2008

85

Figure 18 : Vulnérabilité au paludisme à Babadjou

 

87

Figure 19 : Répartition des actions de développement dans les réunions de quartier à

Babadjou 94

Figure 20 : L'état des adductions d'eau potable à Babadjou 98

Figure 21 : Méthodes de traitement de l'eau à Babadjou 106

Figure 22 : La répartition des puits à Babadjou 111

Figure 23 : Usage des modes de prévention contre le paludisme par les ménages à Babadjou--

112

Figure 24 : Motifs évoqués pour le non recours en premier lieu aux centres de santé en cas de

paludisme Babadjou 115

XXI

LISTE DES PHOTOS

Photo 1: Un enfant qui puise l'eau de Boisson dans la rivière Tchi-Malou en saison

sèche 38

Photo 2 : Technique de recueil de l'eau de pluie 39

Photo3 : Un trou d'eau à Nso'h creusé par un agriculteur qui est devenu le lieu de

ravitaillement en eau de boisson des populations 40
Photo 4 : Les enfants qui s'approvisionnent en saison sèche au filet d'eau sur la nationale N°6

au quartier Bamengnia 41

Photo5 : L'impact de la sécheresse sur la source Do'Douong au quartier King-place 42

Photo 6 : La source aménagée au quartier Bamendousso très sollicitée en saison sèche 43

Photo 7 : La faiblesse du débit de la source en saison sèche 43

Photo 8 : Des larves de grenouilles dans une eau de boisson 53

Photo 9 : Une végétation à proximité d'une maison d'habitation 74

Photo 10 : L'état d'une porcherie pouvant favoriser le développement des moustiques 75

Photo 11 : Un trou d'eau creusé pour la pratique du maraîchage en saison sèche et abandonné

en saison des pluies 77

Photo 12 : Borne fontaine à Bamendousso sur la nationale N°6 90

Photo 13 : Borne fontaine non fonctionnelle à l'esplanade du CSI de Balépo réalisée dans le

cadre du projet d'adduction d'eau potable de Balépo 95
Photo 14 : Les forages non fonctionnels devant le Centre Médical d'Arrondissement de

Babadjou 97

Photo 15 : Un puits non aménagé au quartier Bamenkwé 110

XXII

LISTE DES ANNEXES

Annexe 1 : Questionnaire d'enquête I

Annexe 2 : Quelques données des populations par quartier à Babadjou et effectif de

personnes ayant de l'eau potable VI
Annexe 3 : Concentrations maximales acceptables et tolérables des substances chimiques

en alimentation en eau VII

Annexe 4 : Classification des maladies liées à l'eau VIII

Annexe 5 : Morbidité en 2007 et 2008 au CMA de Babadjou IX

Annexe 6 : Projet d'adduction d'eau potable de Balépo X

Annexe 7 : Traitement de l'eau à l'eau de javel en fonction du volume XIII

XXIII

LISTE DES SIGLES ET ABBREVIATIONS

ACT : Combinaison Thérapeutique à base d'Artémisinine

AEP : Adduction en Eau Potable

AFC-ME : Ambassade Française au Cameroun-Mission Economique

BAD : Banque Africaine de Développement

BM : Banque Mondiale

CAMWATER : Cameroon Water Utilities

CMA : Centre Médical d'Arrondissement

CAPLABAM : Coopérative Agricole des Planteurs des Bamboutos

CSI : Centre de Santé Intégré

DAADR : Délégation d'Arrondissement d'Agriculture et du Développement Rural

DAEB : Délégation d'Arrondissement de l'Elévage de Babadjou

E-coui : Escherichia-coli

FMI : Fonds Monétaire International

GPS : Global Positionning System

HEVECAM : Hévéa du Cameroun

IPPTE : Initiative en la faveur des Pays Pauvres très Endettés

IRD : Institut de Recherche Démographique

JAE : Jeune Afrique Economique

LRPA/M/FASA : Laboratoire de Recherche de Physiologie Animale/ Microbiologie/ Faculté

d'Agronomie et des Sciences Agricoles

MINEE : Ministère de l'Energie et de l'Eau

MINSANTE : Ministère de la Santé Publique

MPN/INDEX: Most Probable Number INDEX

OMS: Organisation Mondiale de Santé

PIB: Produit Intérieur Brut

PH: Potentiel d'Hydrogène

PNLP : Programme National de Lutte contre le Paludisme

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

SATA ELVETAS : Association Suisse pour l'Assistance Technique

SNEC : Société Nationale des Eaux du Cameroun






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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus