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Eau et santé dans les campagnes des hautes terres de l'ouest du Cameroun. Cas de Babadjou dans le département des Bamboutos.

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par Ernestine LONPI TIPI
Université de Dschang - Master 2011
  

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II- LE TRAITEMENT A DOMICILE DU PALUDISME PAR LES

MENAGES

Les résultats contenus dans cette partie sont ceux obtenus au moyen d'un questionnaire placé au près des ménages à Babadjou et des consultations des registres de soins des différents établissements de santé. Les questions portent sur l'usage des mesures préventives, les recours thérapeutiques et les motifs pour le non recours aux centres de santé.

1- Le faible usage des mesures préventives

Source : enquête de terrain, décembre 2008

Figure 23: Usage des modes de prévention contre le paludisme par les ménages à Babadjou

100

On peut lire de cette figure 23 que la prévention du paludisme est très faible à Babadjou car 62% des ménages enquêtés n'utilisent aucun mode de prévention, 20% font recours aux médicaments traditionnels. Il s'agit en fait des décoctions à base de plantes qui sont utilisées lorsque l'on ressent une élévation de la température du corps et une fatigue générale. Il faut noter ici que les personnes qui utilisent ce mode ne sont en fait pas conscientes que ce soit une prévention. Pour le reste 10% utilisent les moustiquaires, 5% et 3% procèdent à l'usage des médicaments pharmaceutiques et aux insecticides respectivement. Dans cette catégorie, on retrouve des retraités et des jeunes gens qui ont vécu en ville, pour qui l'usage de l'insecticide relève d'un effet de mode.

Cependant, ces moyens de prévention ne sont pas efficaces. Par exemple les moustiquaires ne sont pas ré imprégnés tous les 6 mois, les insecticides utilisés ne sont pas efficaces surtout qu'ils ne sont pas pulvérisés tous les jours.

2-Des recours thérapeutiques variés

Face au faible pouvoir d'achat des ménages, à Babadjou on observe qu'en cas de paludisme ou de toute autre forme de maladie, les ménages suivent plusieurs itinéraires thérapeutiques résumés dans le tableau 25.

Tableau 27 : Itinéraires thérapeutiques des malades de paludisme à Babadjou

Lieux de soins

Effectifs

Pourcentages (%)

Maison

34

19

Guérisseurs

38

21

Hôpitaux

40

22

Pharmacie de rue

68

38

Total

180

100

 

Source : Enquête de terrain décembre, 2008

On peut lire sur ce tableau 25 que les itinéraires thérapeutiques des malades de paludisme à Babadjou sont nombreux et varié :

- L'automédication est l'option thérapeutique la plus pratiquée par les populations. Dès l'apparition des premiers signes de la maladie, on se renseigne d'abord chez le voisin sur le dernier médicament qu'il avait pris lorsqu'il souffrait. Il s'agit des médicaments traditionnels (décoction à base de feuille de papayer ou écorces, de goyavier, d'eucalyptus, de

101

citronnelle) ou modernes (constitué du paracétamol, de la quinine 300 et vermos s'il s'agit d'un enfant) qui permettent d'acquérir les premiers soins à la maison. L'usage de cette stratégie concerne 19% des ménages que nous avons enquêtés ;

- Lorsqu'ils ne sont pas satisfaits, 21% vont chez le guérisseur pour qui la maladie a toujours une cause surnaturelle. Une fois chez le guérisseur pour diagnostiquer le mal, il faut donner du sel et 200 fcfa s'il s'agit d'une femme ou bien 500 fcfa si c'est un homme. Pour le traitement du patient, ce dernier demande généralement une somme comprise entre 2000 fcfa et 5000 fcfa, une assiette, deux poules, des pagnes, des bougies, du parfum, environ deux litres d'huile de palme comme prix à payer ;

- Si la maladie persiste, 38% se rendent à la «pharmacie de rue» où le vendeur examine et diagnostique le mal à sa manière et surtout prescrit le médicament en fonction de ce dont il dispose. Lorsque la solution n'est pas toujours trouvée, c'est en ce moment qu'on se rend dans un centre de santé. Ici encore, le malade a le choix entre un centre public ou privé « 16,45% des malades vont dans les centres publics et 8,8% dans les centres privés »15 Ce qui est généralement à l'origine de nombreux décès. Ainsi, le CMA a enregistré 14 et 17 cas de décès des suites de paludisme respectivement en 2007 et 2008. Ce faible nombre de décès enregistré dans cette formation sanitaire est certainement dû au fait que la plupart des personnes décèdent même sans être arrivées à l'hôpital. Comme nous l'avons dit plus haut, il s'est avéré très difficile de connaître le nombre de décès enregistrés dans les ménages, ceci à cause de la perception que cette population a de la maladie. En général lorsque le patient arrive à l'hôpital après avoir tenté sans succès l'usage de plusieurs formes de traitement, sa situation devient critique. Dès lors pour diagnostiquer le mal, on est obligé de lui faire subir plusieurs examens. Ainsi, très souvent, les différents tests concernent le test de la typhoïde, les selles, les urines et la goutte épaisse. C'est ainsi, qu'après avoir interrogé les populations sur le coût des soins contre le paludisme dans un centre de santé, il ressort que les dépenses moyennes se situent entre 30 000 FCFA et 40 000 FCFA.

Malgré cette diversification des itinéraires thérapeutiques, les populations ne trouvent pas toujours de solution, attestent, 68% des personnes enquêtées. La diversité des itinéraires thérapeutiques pourrait entraîner une résistance de la maladie à cause de l'usage des méthodes inappropriées. Plusieurs motifs expliquent le non recours en premier lieu aux hôpitaux en cas de maladie.

15 YEMELONG TEMGOUA (2007)

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