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Impacts du changement oraganisationnel. cas du projet "industrialisation" au sein de Sopra banking software (amplitude)

( Télécharger le fichier original )
par Eric Coustard
IAE Tours - Master 2016
  

Disponible en mode multipage

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    U N I V E R S I T E F R A N Ç O I S R A B E L A I S Faculté de Droit, d'Economie et des Sciences Sociales

    Institut d'Administration des Entreprises - IAE de Tours

    Mémoire de 3ème cycle en vue de l'obtention
    du MASTER 2 Sciences du Management
    Mention Management et Organisation
    Spécialité «Management de la Qualité et des Projets»

    Promotion 2015/2016. Formation continue

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet «Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

     

    Rédigé et soutenu par Responsable entreprise Responsable pédagogique

    Éric COUSTARD, Sopra Banking Software Frédéric SCOTTON, Sopra Banking Software Angélique QUERVEL, IAE Tours

     

    L'Université n'entend donner aucune approbation ni improbation aux opinions émises dans le mémoire : ces opinions doivent être considérées comme propres à leurs auteurs.

    La rédaction, ainsi que la soutenance de ce mémoire
    a permis à Eric Coustard

    d'être lauréat de l'Université de Tours en 2016.

    Le secret du changement consiste à concentrer son énergie pour créer du nouveau, et non pas pour se battre contre l'ancien.

    Dan Millman

    On ne se débarrasse pas d'une habitude en la flanquant par la fenêtre, il faut lui faire descendre l'escalier marche par marche.

    Mark Twain

    Remerciements

    En premier lieu, je remercie Madame Magali Bernard, Directrice adjointe du service "Recherches et Développements", et à travers elle, la société Sopra Banking Software, pour avoir rendu possible la réalisation de mon enquête exploratoire. Je tiens à remercier également l'ensemble des collaborateurs, tous services confondus, qui, par nos échanges, nos discussions et leurs mots d'encouragement, m'ont apporté un soutien essentiel.

    Ce Master n'aurait pas été possible sans ma supérieure hiérarchique Madame Stéphanie Pillet, responsable du service "Packaging & Delivery" de Sopra Banking Software, qui m'a accompagné dans mon projet de Master, répondant toujours favorablement à mes nombreux aménagements d'emploi du temps partagé entre l'entreprise et l'université. Merci Steph ;-) !

    Je voudrais exprimer toute ma gratitude à Madame Angélique Quervel, Maitre de Conférence associée de l'Université de Tours, pour avoir été à mes côtés durant ce mémoire, pour sa disponibilité, ses éclairages méthodologiques et son soutien dans les moments de doute.

    J'ai une pensée particulière pour ma relectrice préférée, Madame Sonia Métayer-Coustard, chargée de recherches à l'Institut National de Recherches Agronomiques de Nouzilly et intervenante à la Faculté des Sciences de Tours. Elle a toujours répondu à mes nombreuses questions spontanées de formulation et de méthodologie, à toute heure du jour et de la nuit.

    Que serait mon année de Master sans mes compères et consoeurs de la promotion des "Bien OQP (Orientés Qualité Projet)", ainsi que tous nos professeurs et intervenants de Master ? Je tiens à les remercier tous de tout coeur. Cette année restera pour moi un exemple de discussions, de partages et de relations humaines.

    Je terminerai en embrassant très fort mes deux loulous Natacha et Eliott qui étaient très fiers durant toute cette année de Master de raconter à leurs copains que "Papa, il va à l'école tous les vendredis, et même le samedi !".

    Rassurez-vous : l'école le samedi, c'est fini ? !

    Sommaire

    Liste des figures 3

    INTRODUCTION 5

    1. ETAT DE L'ART 8

    1.1. LE CHANGEMENT ET LA CONDUITE DU CHANGEMENT 8

    1.1.1. Qu'est-ce que le changement ? 8

    1.1.2. Les différentes typologies du changement 9

    1.1.3. Définition de la conduite du changement 13

    1.1.4. Typologie de la conduite du changement 14

    1.1.5. Quelles sont les origines du changement organisationnel ? 16

    1.1.6. De quoi dépendent les aptitudes au changement organisationnel ? 17

    1.1.7. Le processus du changement organisationnel 18

    1.1.8. Méthodologie de la conduite du changement 20

    1.1.9. De l'importance des managers dans la conduite du changement 21

    1.1.10. Comment est perçu le changement organisationnel ? 22

    1.1.11. Pourquoi résister lors d'un changement ? 23

    1.1.12. Quelles sont les clés de réussite d'un changement organisationnel ? 26

    1.2. DE LA PERFORMANCE GENERALE... 29

    1.2.1. Qu'appelle-t-on "performance" ? 29

    1.2.2. Origine du concept de performance 30

    1.2.3. Quel est le périmètre d'évaluation de la performance ? 35

    1.2.4. Comment pouvons-nous évaluer cette performance ? 35

    1.2.5. Quelles sont les différences entre les tableaux de bord et les benchmarks ? 37

    1.2.6. Quels sont les apports de la performance pour l'organisation ? 38

    1.2.7. Quel est le lien entre la performance et le partage de connaissances ? 39

    1.3. ... A LA PERFORMANCE INDIVIDUELLE 41

    1.3.1. Les dimensions comportementales de la performance individuelle 41

    1.3.2. De l'importance de l'innovation dans la performance individuelle 42

    1.3.3. L'importance de l'apprentissage dans la performance individuelle 43

    1.3.4. Existe-t-il un lien entre le stress et la performance individuelle ? 44

    1.3.5. Quels sont les liens entre la motivation et la performance individuelle ? 46

    1.4. SYNTHESE SUR LE CHANGEMENT ORGANISATIONNEL ET LA PERFORMANCE INDIVIDUELLE 48

    2. ENQUETE EXPLORATOIRE 54

    2.1. Méthodologie d'enquête 54

    2.1.1. Objectifs et choix du terrain d'enquête 54

    2.1.2. Choix de l'outil d'enquête 54

    2.1.3. Types de questions 55

    2.1.4. Méthodes de rédaction (Word / Sphinx) 55

    2.1.5. Confidentialité des réponses 57

    2.1.6. Date d'envoi et date limite de retour 58

    2.1.7. Réponses au questionnaire 58

    2.1.8. Représentativité de l'échantillon 59

    2.2. Présentation du cadre de l'étude 61

    2.2.1. Sopra - Steria 61

    2.2.2. Sopra Banking Software 61

    2.2.3. Progiciel Amplitude 61

    2.3. Projet "Industrialisation" 62

    2.3.1. Contexte, enjeux et difficultés de l'environnement 62

    2.3.2. Objectifs du projet "Industrialisation" 62

    2.4. Chronologie du projet Industrialisation 63

    2.5. Résultats de l'enquête 63

    2.5.1. Partie de l'enquête concernant le changement organisationnel 63

    2.5.2. Partie de l'enquête concernant la performance individuelle 74

    2.5.3. Limites de l'étude réalisée 86

    3. CONCLUSION 87

    Références bibliographiques 89

    Annexes 91

    Table des matières 103

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    Liste des figures

    Figure 1 Figure 2 Figure 3 Figure 4 Figure 5 Figure 6 Figure 7 Figure 8 Figure 9 Figure 10 Figure 11 Figure 12 Figure 13 Figure 14 Figure 15 Figure 16 Figure 17 Figure 18 Figure 19 Figure 20 Figure 21 Figure 22 Figure 23 Figure 24 Figure 25 Figure 26 Figure 27 Figure 28 Figure 29 Figure 30 Figure 31 Figure 32 Figure 33

    p. 8

    p. 9

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    p. 48 p. 57 p. 59

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    p. 68

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    Les lieux de changement selon Autissier et Moutot

    Typologie du changement selon Johnson et Scholes

    Typologie du changement selon Autissier et Moutot

    Typologie du changement selon Giroux

    Processus du changement organisationnel selon Lewin

    Comparaison des phases de changement selon Lewin et selon Autissier et Moutot

    Phases de la conduite de changement selon Kotter

    Processus de deuil face au changement selon Kets de Vries et Miller

    "Vallée du désespoir" selon Autissier et Moutot

    Typologie des comportements selon D'Herbemont et César

    Représentation symbolique de l'efficacité et de l'efficience selon Mougin

    Balanced ScoredCard de Kaplan et Norton

    Démarche de Balanced Scorecard

    Démarche de pilotage de la performance selon Maadani et Saïd

    Processus de management des connaissances selon Maadani et Saïd

    Différents modes de conversion des connaissances selon Nonaka et Takeuchi

    Les huit dimensions comportementales selon Campbell

    Relation entre stress et performance selon Légeron

    Les différents facteurs de stress d'après Légeron

    Modèle de la motivation et du leadership selon Neider et Schriesheim

    Relation entre performance et changements successifs selon Grouard et Meston

    Comparaison Excel / Sphinx dans le traitement d'enquêtes

    Répartition des répondants à l'enquête selon leurs postes

    Chronologie du projet "Industrialisation"

    Caractérisation du projet "Industrialisation" en nombre de citations exprimées

    Origine du changement organisationnel

    Identification des pilotes du projet

    Connaissance des pilotes du projet selon le niveau hiérarchique des répondants

    Test Khi2 entre la connaissance des pilotes et le niveau hiérarchique des répondants

    Perception de l'intensité du changement organisationnel

    Classification du projet "Industrialisation" selon la typologie de Giroux

    Test Khi2 entre la perception de l'intensité du changement et le niveau hiérarchique

    Principaux axes du changement organisationnel

    3

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    Figure 34 Figure 35 Figure 36 Figure 37 Figure 38 Figure 39 Figure 40 Figure 41 Figure 42 Figure 43 Figure 44 Figure 45 Figure 46 Figure 47 Figure 48

    p. 70 p. 73 p. 73 p. 75

    p. 77

    p. 78

    p. 79 p. 79

    p. 80 p. 82 p. 82

    p. 82

    p. 83

    p. 84 p. 84

    Perception du changement organisationnel au début du projet et actuellement

    Ressentiment de regret par rapport à l'ancienne organisation

    Test Khi2 entre le ressentiment de regret et le niveau hiérarchique

    Ressentiment de l'évolution de la productivité personnelle

    Caractéristiques de la performance individuelle

    Influence du changement sur la performance individuelle

    Influence du changement sur le dépassement des objectifs

    Influence du changement sur l'implication au travail

    Estimation de l'effort d'adaptation

    Recherche d'amélioration incitée par le management

    Recherche personnelle de nouvelles méthodes de travail

    Communication éventuelle des idées d'amélioration

    Mode de communication des idées

    Niveau de favorisation du partage des connaissances

    Critères favorisés par le projet "Industrialisation"

    4

    5

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    INTRODUCTION

    Le monde qui nous entoure est en perpétuel mouvement. Au sein de cette dynamique globale, chacun de nous doit s'adapter. Cette adaptation concerne non seulement l'individu dans sa sphère privée, mais également dans son environnement professionnel. En effet, chaque salarié est confronté plus ou moins régulièrement à des changements. Ceux-ci peuvent être imperceptibles (une simple modification d'une activité sans bouleversement complet du processus concerné) ou ayant beaucoup plus d'impacts (réorganisation de services ou mise en place de nouvelles procédures par exemple).

    Mais posons-nous la question de ce qu'est le changement. Son étymologie nous apporte quelques informations. Vernier et al.1 nous apprennent que le mot "changement" vient du latin "cambiare" qui veut dire échanger, troquer . Cependant, les auteurs précisent qu'à l'origine, dans les langues romaines, "cambiare" avait une connotation péjorative, synonyme de "sofisticare", c'est-à-dire falsifier. Siculus Flaccus2, géomètre romain de l'antiquité, déclarait : "en achetant ou en vendant, ou en changeant ou en échangeant, on peut acquérir des genres semblables de propriétés bornées" . Il indiquait ainsi que le changement était lié à une certaine homogénéité entre "l'avant" et "l'après". D'un autre côté, s'il y avait changement, c'est que "l'après" présentait une différence avec "l'avant".

    Ce qui caractérise le changement est non seulement une différence (faible ou grande) entre la situation présente et la situation future (ce qui introduit la notion de rupture ou non), mais également la notion de temps pour effectuer ce changement. Est-il rapide ou lent ? Rapide ou lent par rapport à qui, par rapport à quoi ? Si le temps était figé, y aurait-il du changement, à l'image d'un film pour lequel le spectateur aurait arrêté son défilement ? Seulement, le temps ne s'arrête pas. Notre monde ne s'arrête pas : il évolue en permanence. Ainsi, les organisations doivent s'adapter en continue face à ces évolutions externes qui ont une influence non seulement sur son présent (émergence d'un nouveau concurrent par exemple), mais également sur son devenir (ne pas changer peut compromettre sa survie dans un monde de plus en plus concurrentiel). Cette image de naissance, développement et mort d'une organisation peut se rapprocher de l'évolution d'un être vivant, comme l'indiquent Hannan et Freeman3. Pour ces auteurs, le changement fait ainsi partie

    1 Vernier E. et al. (2003), Le changement et la gestion, SEFI Editions, Québec, Canada, p. 269

    2 Ibid.

    3 Hannan M.T. et Freeman J. (1989), Organizational ecology, Havard University Press, London, cités par Autissier D. et al. (2014), Conduite du changement : concepts clés, Dunod, Paris, p. 161

    6

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    intégrante d'une sélection naturelle des organisations : pas de changement, pas d'adaptation. Pas d'adaptation, pas de survie.

    Pour Michel Crozier4, le succès des organisations actuelles est le résultat de leur capacité à innover non seulement dans leurs produits et leurs techniques, mais également dans leurs rapports avec le client. Le changement entraîne une translation d'une situation actuelle (qui va devenir obsolète) vers une situation future (qui deviendra quotidienne). La mise en place d'un changement s'effectue alors en appliquant une stratégie de "conquête" dans l'organisation, car tout changement doit faire face à des résistances, voire des oppositions. Le changement se doit alors d'être conduit. S'il y a changement, nous devons nous interroger sur ce qui provoque ce changement. A ce propos, Meier5 a établi cinq grandes catégories de causes du changement : la technologie, l'environnement de l'entreprise, sa taille, sa culture et sa stratégie. Kurt Lewin6 a été l'un des précurseurs dans l'étude du processus du changement organisationnel, notamment avec l'image du dégel, de la transition et du regel, abordant le problème de la résistance au changement, caractérisée par une typologie des acteurs explicités par d'Hermemont et César7. Toutes ces résistances au changement peuvent avoir comme origine une peur de ce même changement, ce que Kets de Vries et Miller8 qualifient même de "deuil" : "comme pour la perte d'un être cher pour un individu, les salariés de l'entreprise doivent apprendre à oublier les anciennes manières d'être et de procéder, et s'engager dans une sorte de processus de deuil pour pleurer le passé". Mais si un organisation décide de réaliser un changement, c'est dans l'optique d'améliorer certains points qui lui paraissent essentiels, voire vitaux. Le changement ne peut être envisagé que pour améliorer sa situation vis-à-vis de facteurs internes ou externes qui ont évolué, et pour atteindre un niveau de performance. Mais qu'est-ce que la performance au final ? Est-ce une efficacité démontrée d'atteindre les objectifs fixés ? Est-ce la démonstration d'une efficience dans l'utilisation des ressources mises à disposition ? Nous pouvons également nous interroger sur les apports de la performance pour l'organisation. Nous supposons, à juste titre, que ce gain de performance va apporter un "plus", mais quel est ce "plus" ? Est-il stratégique, financier, ou mercatique ? Tout cela à la fois ? Le partage des connaissances est également un des aspects cruciaux de la performance, de par l'enrichissement de ces connaissances pour chaque salarié, chaque acteur de l'organisation. Nous voyons ici poindre l'importance de la

    4 Crozier M. (1989), L'entreprise à l'écoute : apprendre le management post-industriel, Seuil, Paris, p. 29

    5 Meier et al. (2012), Management du changement ; Changement culturel et organisationnel, Dunod, Paris, p.10

    6 Lewin K., Décisions de groupe et changement social, cité par Levy S. (1951), Psychologie sociale. Textes fondamentaux, Dunod, Paris, p. 498

    7 D'Herbemont O. et César B. (1998), La stratégie du projet latéral, Dunod, Paris, p.39

    8 Kets De Vries M. et Miller D. (2006), La face cachée du leadership, Village Mondial, Paris, p. 166

    7

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    communication entre les différents acteurs d'un organisation réalisant un changement pour un gain de performance.

    Ce qui nous amène à nous poser cette problématique :

    "En quoi le changement organisationnel améliore-t-il les performances individuelles ?"

    En effet, interrogeons-nous sur ce qu'apporte le changement organisationnel en terme de performance : sur quoi agit-il, apporte-t-il quelque chose de significatif et pourquoi le réaliser ?

    Pour répondre à cette problématique et à toutes ces questions, nous allons réaliser dans la première partie de cette étude une revue de littérature afin de décrire les concepts clés du changement et de sa conduite, du concept de performance, ses enjeux et les facteurs qui la composent.

    En seconde partie, nous réaliserons l'analyse des résultats obtenus à partir d'une étude concernant le projet "Industrialisation" de la société Sopra Banking Software afin de confirmer ou d'infirmer cette approche théorique.

    8

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    1. ETAT DE L'ART

    1.1. LE CHANGEMENT ET LA CONDUITE DU CHANGEMENT 1.1.1. Qu'est-ce que le changement ?

    La vie quotidienne est faite de changements divers et variés. Cela peut aller de simples changements anodins (changer de vêtements) à des changements plus conséquents (brusque évolution professionnelle, par exemple). Comme nous l'indiquent Brénot et Tuvée9, la notion de changement est elle-même très ancienne, puisqu'elle apparaît dans les oeuvres de Thalès de Milet (600 ans avant Jésus-Christ) et Héraclite (environ 550-480 avant Jésus-Christ). Le dictionnaire Larousse10 nous apporte deux définitions du changement : "Passage d'un état à un autre" et "Modification profonde, rupture de rythme ; tout ce qui rompt les habitudes, bouleverse l'ordre établi".

    Autissier et Moutot11 définissent le changement comme étant avant tout une rupture, et plus exactement, une rupture significative des modes de fonctionnement de telle manière qu'il y ait un effort d'adaptation. Ainsi, un changement conduit à une obsolescence de ce qui a été au profit d'un futur synonyme d'amélioration significative. Il y a rupture lorsque les éléments suivants sont transformés : les pratiques (manières de faire), les conditions de travail, les outils, l'organisation (les zones de pouvoir et les délimitations fonctionnelles), le métier (le savoir-faire de l'entreprise), la stratégie et la culture. Tous ces éléments peuvent être disposés en fonction de leurs caractéristiques individuelles ou collectives et du temps requis pour leur transformation.

    Figure 1 : les lieux de changement selon Autissier et Moutot12

    9 Brénot J. et Tuvée L. (1996), Le changement dans les organisations, Que sais-je ? Paris, p. 7

    10 Dictionnaire Larousse, 2016, p.229

    11 Autissier D. & Moutot J.-M. (2013), Méthode de conduite du changement, Dunod, Paris, p.6

    12 Autissier D. & Moutot J.-M. (2013), Méthode de conduite du changement, Dunod, Paris, p.7

    9

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    Pour Côté et al13 , le changement est "le passage d'un état actuel à un état désiré, d'une situation originale actuelle, jugée inadéquate, à une autre considérée comme étant plus adaptée, qui répond mieux aux exigences du milieu ou aux nouvelles aspirations des personnes concernées».

    Nous venons de définir ce qu'est le changement. Mais existe-t-il différents changements ? 1.1.2. Les différentes typologies du changement

    Si le changement peut être synonyme de "transformation", il est important de nuancer sa définition par l'existence de différentes typologies.

    Johnson et Scholes considèrent que le changement varie selon son rythme (incrémental ou radical) et selon le moteur du changement (réactif ou proactif) :

     

    Changement incrémental

    Changement radical

    Proactif

    Ajustement

    Anticipation des besoins de

    changement par un processus proactif d'ajustement des pratiques en cours

    Transformation planifiée

    Changement drastique planifié par

    anticipation grâce aux techniques d'analyse stratégique et d'aide à la décision

    Réactif

    Adaptation

    Réaction aux pressions

    environnementales et concurrentielles

    Transformation forcée

    Remise en cause des schémas de pensée suite à un processus de dérive stratégique

    Figure 2 : typologie du changement selon Johnson et Scholes14

    Nous pouvons rapprocher la typologie précédente de celle d'Autissier et Moutot qui considèrent que le changement varie selon son rythme (progressif ou brutal) et selon le moteur du changement (imposé ou volontaire) :

    13 Côté N. et al. (1994), La dimension humaine des organisations, Gaëtan Morin éditeur, Montréal, p.361

    14 Johnson G. et Scholes H. (2000), Stratégique, Publi-Union, Paris, p. 533

    10

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

     

    Imposé

    Volontaire

    Progressif

    Changement prescrit

    Réponse à des contraintes de

    l'environnement

    De 12 à 36 mois

    Ex : projet An2000, €uro, 35h

    Changement construit

    Evolution de l'organisation amenant à

    changer les manières dont les acteurs se représentent leur entreprise

    De 1 à 10 ans

    Ex : culture client, qualité, processus

    Brutal

    Changement de crise Solution à un dysfonctionnement De 1 jour à 3 mois

    Ex : Accident, grève, plaintes de clients

    Changement adaptatif

    Transformation des pratiques et de

    l'organisation

    De 6 à 18 mois

    Ex : nouvel outil informatique, compétences commerciales

    Figure 3 : typologie du changement selon Autissier et Moutot15

    Giroux caractérise quant à elle le changement selon son étendue et les différentes formes prises :

    Caractéristiques

    Formes du
    changement

    Descriptions

    Etendue

    Global

    Le changement touche l'ensemble des activités et unités de l'organisation

    Partiel

    Il touche une portion de l'organisation et une partie de ses unités. Il s'avère insuffisant pour modifier la performance de l'organisation.

    Profondeur

    Majeur

    Il marque une grande différence avec le passé et une rupture et discontinuité apparentes.

    Marginal

    Raffinement de la situation actuelle, du contenu, du

    processus et de la mission de l'organisation.

    Rythme

    Lent

    Il consiste à une démarche graduelle pour assurer par la suite un nouvel équilibre.

    Rapide

    Il s'agit d'un redressement et d'une révolution contre une situation passée.

    Figure 4 : typologie du changement selon Giroux16

    15 Autissier D. et Moutot J.-M. (2003), Pratique de la conduite du changement, Dunod, Paris, p. 93

    16 Giroux N. (1991), "La gestion du changement stratégique", Revue Internationale de Gestion, Vol.16, n°2, p. 10

    11

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    Pour résumer ces différentes typologies, et comme le disent Grouard et Meston17, les trois dimensions caractérisant le changement sont :

    - La profondeur du changement : il caractérise la manière dont le changement affecte la réalité de l'entreprise, soit de façon "superficielle", soit en "profondeur". Les changements dits "superficiels" peuvent porter sur l'ensemble de certaines composantes de l'entreprise et correspondent à la nécessité de répondre à un environnement en mouvement. Les japonais utilisent le terme de "kaisen" pour parler de ces petits changements continuels. Au contraire, les changements en "profondeur" transforment fortement la réalité de l'entreprise. S'ils sont nécessaires, ils doivent cependant rester rares, car ils sont coûteux pour l'entreprise. Ils doivent être utilisés lorsque les changements "superficiels" ne suffisent plus.

    - La rapidité du changement : la durée doit être la plus courte possible, du fait de la mobilisation de ressources pour des tâches qui ne sont pas leur finalité première. De plus, la durée du changement peut influer sur la motivation des acteurs de ce changement. Si celui-ci dure trop longtemps, il peut être observé des pertes de motivation, et un accroissement du scepticisme.

    - Son mode d'imposition : l'initialisation du changement peut varier d'une imposition forte à un consensus total. Du fait que le changement n'est pas "naturel", mais est nécessaire à l'adaptation de l'entreprise, il est dans une majorité des cas imposé aux différents acteurs et sujets du changement. Ainsi, l'imposition du changement peut avoir pour origine soit l'autorité de la hiérarchie (par exemple : l'arrivée d'un nouveau dirigeant qui veut rompre avec le passé), soit l'urgence contextuelle de l'entreprise entraînant le fait d'agir rapidement.

    Autissier et Moutot18 scindent les variables du changement en deux catégories :

    - Variable de décision

    ? Le rythme : il peut être brutal ou progressif.

    ? La cible : tous les acteurs sont concernés par le changement ou seulement quelques-uns.

    - Variables d'actions

    ? Le management : le changement peut être imposé ou fait participer les parties intéressées.

    ? Le dispositif : le changement est porté par des projets ou des micro-actions.

    ? Méthode de gestion : le changement est déployé comme un processus balisé ou pensé comme une action de développement humain.

    17 Grouard B. et Meston F. (1998), L'entreprise en mouvement : conduire et réussir le changement, Dunod, Paris, p. 18

    18 Autissier D. et Moutot J.-M. (2013), La boite à outils du changement, Dunod, Paris, p. 25

    12

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

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    Nous avons vu précédemment différentes définitions et typologies du changement. Mais d'une façon globale, le changement impacte soit une partie d'une entité, soit cette entité dans sa globalité. Watzlawick et al.19 ont défini deux grands types de changement :

    - Le changement de type 1 : le changement ne remet pas en cause les schémas fondamentaux de l'organisation. "Les diverses modifications qui ont lieu à l'intérieur d'un système ne bousculent en rien ce système". L'équilibre n'est pas interrompu et l'action n'interfère pas dans son fonctionnement. Le système reste stable.

    - Le changement de type 2 : le changement impacte directement les structures et l'ordre interne de l'organisation. Le système est transformé. Il y a une remise en cause des cadres et des schémas fondamentaux.

    Pichault20 décrit différents changements selon les objets de l'organisation impactés :

    - Changement culturel : la modification intervient dans le domaine de la culture d'entreprise, et est destinée à stimuler le comportement des salariées dans une direction déterminée (impératif de flexibilité, priorités au client, références éthiques ou toutes autres valeurs fondamentales, etc.). La culture devient alors un véritable projet managérial.

    - Changement stratégique : porté par deux grands axes : la différenciation (visant à doter un produit d'une attractivité particulière) et le leadership des coûts, recherchant les économies

    d'échelle et la minimisation des dépenses afin de pouvoir faire face à la concurrence.

    - Changement de politique de gestion de ressources humaines : soit centré sur une vision collective de la relation de travail, soit centré sur une vision plus individualiste de la relation de travail, basée sur la valorisation pour chaque collaborateur de ses compétences.

    - Changement technologique : le changement est centré avant tout sur le matériel et les outils de production, incluant également les changements des techniques de production. L'impact concernant la répartition des salariés, l'évolution de la structure hiérarchique, et la façon dont les salariés travaillent s'avère plus faible que dans le cadre d'un changement organisationnel.

    - Changement organisationnel : elle consiste essentiellement en une modification du fonctionnement organisationnel (c'est-à-dire la façon dont les salariés travaillent, le

    19 Watzlawick P. et al. (1975), Changements, Seuil, Paris, p. 28.

    20 Pichault F. (2013), Gestion du changement. Vers un management polyphonique, De Boech, Bruxelles, p 16-32

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    découpage en unités, les différents niveaux de prise de décision, la structure hiérarchique, etc.)

    Pour la suite de notre étude, nous allons nous attacher au changement organisationnel.

    Alexandre-Bailly et al.21 définissent le changement organisationnel comme une transformation impactant l'une des dimensions de l'organisation (culture, structure, personnes, système d'information, système technique, système de gestion). Une organisation est ainsi considérée comme un système dont l'impact en un point de ce système va retentir sur l'une des autres dimensions de l'organisation. Pour Collerette et al.22, le changement organisationnel est "toute modification relativement durable dans un sous-système de l'organisation, pourvu que cette modification soit observable par ses membres ou les gens qui sont en relation avec ce système".

    Tout changement, afin d'être efficace, doit être piloté, ce qui nous amène à la notion de conduite de changement. Nous allons voir de suite quelle en est la définition.

    1.1.3. Définition de la conduite du changement

    Autissier et Moutot23, définissant la conduite du changement comme "un ensemble de méthodes et d'outils pour faire adhérer des bénéficiaires aux objectifs d'un projet", associent le changement avec la conduite du changement, ceci afin de favoriser l'adhésion des parties prenantes au projet de changement. Toujours selon Autissier et Moutot, la conduite du changement accroît les chances de réussite de changement de 50% environ en terme de respect de délai alors qu'elle ne représente que 5 à 7% du montant des projets. Elle est centrée autour de quatre axes : les diagnostics socio-organisationnels, la communication, la formation et l'accompagnement des

    managers. La conduite du changement a également quatre objectifs : l'information, la
    compréhension, l'adhésion et la participation des bénéficiaires. Il existe différentes typologies de conduite de changement. C'est ce que nous allons voir ensemble maintenant.

    21 Alexandre-Bailly F. et al. (2013), Comportements humains et management, Pearson France, Montreuil, p. 287

    22 Collerette P. et al. (1997), Le changement organisationnel : théorie et pratique, Presse de l'Université du Québec, Québec, p. 20

    23 Autissier D. et Moutot J.-M. (2013), La boite à outils du changement, Dunod, Paris, p. 17

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    1.1.4. Typologie de la conduite du changement

    Autissier et Moutot 24 proposent la typologie de conduite du changement suivante :

    - Les démarches de type "éducation - communication" : elles consistent à rencontrer l'ensemble des parties intéressées afin de leur fournir des informations sur le changement attendu et collaborer sur les méthodes de travail concernées par le changement. Le changement envisagé est alors de type "adaptatif".

    - Les démarches de type "collaboration - participation" : elles ont pour objectif d'expliquer le changement et de faire participer les parties intéressées à son déploiement. La collaboration s'obtient par une intégration du changement dans les pratiques quotidiennes. Le changement envisagé est de type "changement construit".

    - Les démarches de type "intervention" : elles sont liées à une contrainte de changement explicite. Il y a mise en place d'une équipe projet qui définit une démarche, ainsi qu'un groupe de travail proposant et mettant en oeuvre les solutions. Le changement envisagé est de type "prescrit". Cette démarche est surtout utilisée en cas de situation de crise.

    Mais pour chaque démarche, un style de conduite de changement peut y être associé afin que la perception du projet de changement soit correctement perçue et entraîne l'adhésion des différentes parties prenantes.

    Pasquier25 a défini différents styles de conduite du changement :

    - Modèle basé sur l'autorité : ce modèle se base sur l'autorité des équipes de direction afin de faire appliquer par les salariés des projets de changements conçus unilatéralement par ces équipes. Ce système qualifié de "top down" (donc avec un fonctionnement vertical et descendant) est surtout observé dans des situations de crise.

    - Modèle basé sur l'intervention : il consiste en l'intervention d'une équipe prenant en charge le projet de changement et l'élaboration d'une démarche qu'elle fait appliquer. En même temps, elle attache de l'importance à son acceptation.

    - Modèle basé sur l'information et la communication : le projet de changement conçu et finalisé par l'équipe de direction est présenté aux salariés dans le but de les faire adhérer. Les pilotes du changement utilisent des techniques de communication et de négociation afin de convaincre et de faire adhérer les salariés concernés par le changement.

    24 Autissier D. et Moutot J.-M. (2013), Méthodes de conduite du changement, Paris, p. 37

    25 Pasquier J. (2005), "Conduire le changement, les règles à suivre", la Gazette des communes, des départements et des régions, N°1804, p. 20

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    - Modèle basé sur la participation : les salariés participent à l'élaboration même du projet de changement. Cependant, la participation des salariés n'empêche pas que l'équipe de direction définisse, au préalable, les objectifs visés et les grandes lignes tout en précisant le rôle de chacun. L'équipe de direction affiche donc les grandes lignes stratégiques, laissant aux salariés la possibilité de définir les processus et les méthodes de travail.

    Charpentier26 précise que la participation des acteurs dépend d'un certain nombre d'éléments dont :

    - Le type de problème : selon lui, la participation de la base convient pour les questions d'importance intermédiaire (modification structurelle, changement d'organisation, choix d'investissement). Par contre, elle semble ne pas pouvoir s'appliquer pour des décisions stratégiques qui sont des choix de direction et qui cadrent peu avec le "management participatif".

    - Le contexte économique : généralement, les situations économiques difficiles ou la gestion des situations d'urgence sont du ressort de la direction et ne correspondent pas au modèle participatif du changement.

    - La culture locale de l'entreprise.

    - Les dirigeants : leur représentation de l'organisation, leur mode de management, leurs convictions personnelles, les contraintes spécifiques qu'ils subissent eux-mêmes sont autant d'éléments pouvant limiter l'aspect participatif du changement.

    Colson27 appelle les différents éléments précédents comme constituant "la connaissance du terrain", c'est-à-dire la prise en compte de la spécificité de l'organisation, de sa structure, de son histoire et de sa culture. Cette prise en considération permet alors de mieux adapter la conduite du changement selon les caractéristiques propres de l'organisation faisant l'objet du projet de changement.

    Nous allons maintenant aborder les origines qui peuvent être à l'origine du changement dans un organisation.

    26 Charpentier P. (2004), Les formes du management : la gestion du changement dans les organisations. Cahiers français, N°21, p.29

    27 Colson A. (2005). La conduite du changement au sein du secteur public : une contribution pour l'action. Commissariat Général du Plan, N° 13, p. 30

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    1.1.5. Quelles sont les origines du changement organisationnel ?

    Si un changement organisationnel est amorcé, il est nécessaire de s'interroger sur les raisons ayant conduit à ce changement. Meier28 décrit 5 grandes catégories de facteurs à l'origine d'un changement :

    - La technologie : abordé par Woodward29 dans les années 60, cette notion est remise en cause par le fait que les nouvelles technologies n'imposent pas forcément de nouveaux modes d'organisation.

    - Les caractéristiques de l'environnement : l'entreprise doit s'adapter aux variations de l'environnement. Ainsi, sa performance dépend du degré de symbiose entre sa structure et son environnement. Nous pouvons inclure dans l'environnement aussi bien l'évolution de la concurrence que l'évolution de l'environnement légal et réglementaire.

    - La taille de l'entreprise : l'augmentation de la taille de l'entreprise peut aboutir à une plus forte décentralisation des décisions, une division plus importante du travail ou un organigramme plus complexe, tout ceci aboutissant à une nécessité de modification organisationnelle.

    - La culture : Hofstede30 a défini quatre traits de culture : le degré d'individualisme, la distance hiérarchique, le contrôle de l'incertitude et le dualisme de la masculinité et de la féminité. Ainsi, la structure des organisations dépend de chaque pays et donc de son contexte culturel propre.

    - La stratégie de l'entreprise : pour Chandler31, ce sont les choix stratégiques qui influent et déterminent la structure de l'organisation. Cependant , Mintzberg32 considère que la stratégie et la structure sont liées par une relation réciproque et univoque.

    Cependant, bien que différentes origines du changement aient été identifiées, nous pouvons nous questionner sur l'aptitude de l'organisation (ou du groupe de personnes concernées de l'organisation) à posséder l'aptitude au changement.

    28 Meier et al. (2012), Management du changement ; Changement culturel et organisationnel, Dunod, Paris, p. 10

    29 Woodward J. (1965), Industrial Organization: theory and practice, Oxford University Press, London, cité par Meier et al. (2012), Management du changement: Changement culturel et organisationnel, Dunod, Paris, p. 10

    30 Hofstede G. (1987), Culture's consequences : International differences in work related values, Sage Publications, London, cité par Meier et al. (2012), Management du changement : Changement culturel et organisationnel, Dunod, Paris, p.11

    31 Chandler A.D. (1972), Stratégies et structures de l'entreprise, Editions d'Organisation, Paris, cité par Meier et al. (2012), Management du changement : Changement culturel et organisationnel, Dunod, Paris, p.11

    32 Mintzberg H. (1982), Structure et dynamique des organisations, Editions d'Organisation, Paris, cité par Autissier D. et al (2014), Conduite du changement : concepts clés, Dunod, Paris, p. 121

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    1.1.6. De quoi dépendent les aptitudes au changement organisationnel ?

    Autissier et Moutot33 considèrent que, dès la phase d'émergence du projet du changement, il faut nous intéresser à l'aptitude au changement des personnes concernées. En effet, l'aptitude au changement correspond au potentiel des personnes concernées à changer en fonction du contexte, de leurs compétences et des processus d'actions.

    Au niveau de l'organisation, il faut ainsi se poser les questions suivantes :

    - Le contexte

    · La direction et la hiérarchie : sont-ils exemplaires ou non en matière de changement ?

    · Le contexte économique est-il favorable ?

    · Les salariés croient-ils dans leur entreprise et son devenir ?

    · L`existant doit-il être conservé ou doit-il évoluer ? - Les compétences

    · Les managers sont-ils aptes à prendre part au changement ?

    · Existe-t-il des dispositifs pour échanger sur le changement ?

    · La réussite du changement est-elle motivante pour les personnes concernées ?

    · Un référentiel en conduite du changement existe-t-il dans l'entreprise ? - Processus d'action

    · L'organisation a-t-elle été le sujet de plusieurs changements significatifs récemment ?

    · Ces changements récents se sont-ils bien passés ?

    · Le changement est-il piloté dans chaque projet ?

    · Les managers sont-ils des ambassadeurs efficaces du changement ?

    D'un point de vue individuel, Balogun et al.34 ont défini une équation du changement organisationnel composée de trois paramètres. Ceux-ci doivent être présents afin que chaque personne concernée par le changement soit prête à l'entreprendre :

    C = (A x B x D) > X

    C = changement

    A = niveau d'insatisfaction avec le statu quo

    B = avantages des changements proposés

    D = viabilité (risque d'interruption du changement)

    X = coût sur le plan personnel

    33 Autissier D. et Moutot J.-M. (2013), La boite à outils du changement, Dunod, Paris, p. 22

    34 Balogun J. et al. (2005), Stratégies du changement, Pearson Education France, Paris, p. 142

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    Ainsi, chaque personne concernée par le changement y sera favorable si elle est mécontente de la situation actuelle de l'organisation, si elle est convaincue que le changement permettra de résoudre les problèmes existants, ou encore si elle est convaincue que le changement proposé est réalisable et que les avantages apportés par le changement sont supérieurs aux problèmes et difficultés qu'il va occasionner.

    Nous constatons que bien des questions se posent dès l'émergence de l'idée du changement. D'ailleurs, ces questions prennent tout leur sens dans les premières phases du processus du changement. C'est ce que nous allons voir de suite.

    1.1.7. Le processus du changement organisationnel

    Lorsque le processus de changement organisationnel est abordé, il est pratiquement toujours associé au modèle que Kurt Lewin a développé35 selon le principe du dégel, de la transition et du regel.

    Figure 5 : processus du changement organisationnel selon Lewin36

    Dans ses différents travaux, Lewin considère l'organisation comme un système en état stable en apparence, maintenu en équilibre dans un champ de forces opposées : d'une part celles favorables au changement et d'autre part celles favorables à la stabilité. Les forces favorables au changement sont des forces motrices alors que celles favorables à la stabilité sont assimilées à des freins au changement.

    Le changement de l'état d'équilibre peut se produire de deux façons :

    - Soit en augmentant les forces motrices favorables au changement

    - Soit en réduisant les forces résistantes au changement (également appelées "forces de la stabilité").

    35 Lewin K., Décisions de groupe et changement social, cité par Levy S. (1951), Psychologie sociale. Textes fondamentaux, Dunod, Paris, p. 498

    36 https://www.mindtools.com/pages/article/newPPM_94.htm

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    Lewin considère selon ce schéma qu'il vaut mieux se focaliser sur la réduction des forces résistantes plutôt que de chercher à augmenter les forces propulsives.

    Quel est l'explication de la symbolique de ce triptyque dégel / transition / regel ? Reprenons un peu plus en détail le concept de Lewin :

    - Le dégel : correspond à la première phase du processus du changement. Il s'agit de la phase incluant les interrogations, les remises en question des équilibres en place dans l'organisation (équilibre méthodologique, comportemental, etc...). Nous avons vu précédemment que le besoin de changement naît d'un écart constaté entre une situation actuelle et une situation future désirée. Cette phase est délicate car elle peut générer une remise en question des méthodes actuellement en place, mais également générer des craintes vis-à-vis de la nouvelle situation envisagée. Comme dit le vieil adage : "nous savons ce que l'on a, mais nous ne savons pas finalement ce que nous allons avoir".

    - La transition : cette phase correspond à la phase d'apprentissage de nouveaux fonctionnements, de nouvelles expérimentations, de nouvelles attitudes et de comportements. Les personnes concernées prennent part au processus de changement, tant d'un point de vue personnel ("comment vais-je m'adapter par rapport à toutes les modifications de mon environnement ?") que d'un point de vue collectif ("vais-je gagner ou perdre quelque chose par rapport aux autres suite à ce changement ?"). Nous voyons alors l'importance de la préparation au changement, afin d'analyser les freins et d'utiliser différents leviers. Nous verrons ces différents points un peu plus loin dans notre étude.

    - Le regel : cette phase correspond au changement proprement dit ; il s'impose à l'organisation. Les méthodes et les comportements se stabilisent. Nous pouvons dire que la "zone de turbulence" est alors passée.

    Un modèle similaire à celui de Lewin est celui de Collerette et al., décrit par quatre phases37 : l'éveil, la désintégration, la reconstruction et l'intégration.

    - L'éveil : correspond à la phase où l'intérêt du changement est analysé par rapport aux différents facteurs internes et externes pouvant influer sur l'évolution de l'organisation. C'est également durant cette phase que le choix de lancer un projet de changement se concrétise.

    37 Collerette P. et al. (1997), Le changement organisationnel. Théorie et pratique. Presse de l'Université du Québec, Québec, p. 173

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    - La désintégration : durant cette phase, les individus confrontés au changement tendent soit à être réceptifs, soit à être réfractaires. Les facteurs de réussite (par les leviers) ou d'échec (par les freins) se jouent notamment durant cette phase.

    - La reconstruction : les personnes concernées par le changement vont chercher à s'adapter aux nouvelles situations organisationnelles.

    - L'intégration : correspond au regel de Lewin. Les nouvelles méthodes s'harmonisent avec celles qui n'ont pas été sujet au changement.

    Nous avons vu précédemment que la conduite du changement consiste en la maîtrise du processus de transformation de l'entreprise dans un contexte de changement, qu'il soit désiré ou non. Nous allons voir un exemple de méthodologie appliquée à la conduite du changement.

    1.1.8. Méthodologie de la conduite du changement

    Autissier et Moutot38 proposent une méthodologie de conduite du changement calquée sur le concept du changement de Lewin.

     

    Phases du changement

    K. Lewin

    Dégel

    Transition

    Regel

    Autissier & Moutot

    Diagnostic

    Déploiement

    Pilotage

    Figure 6 : comparaison des phases de changement selon Lewin et selon Autissier et Moutot Penchons-nous sur la méthodologie que ces auteurs proposent39 :

    - Le diagnostic : il permet d'identifier le périmètre du changement (structures, processus et acteurs). Le diagnostic consiste donc en un cadrage permettant de définir les leviers nécessaires au changement.

    - Le déploiement : il correspond à l'application de la planification établie, en prenant en compte les divers engagements pris. Durant cette phase, la motivation de toutes les personnes concernées par le changement doit être entretenue, notamment par l'utilisation d'une communication efficace et adaptée à chacune des typologies de ces acteurs. De plus, des ateliers de formations doivent être mis en place afin de minimiser la perte de

    38 Autissier D. et Moutot J.-M. (2013), La boite à outils du changement, Dunod, Paris, p. 44

    39 Autissier D. et Moutot J.-M. (2013), Méthode de conduite du changement, Dunod, Paris, p. 17

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    productivité lors de la réalisation du changement (comme l'illustre le concept de "vallée du désespoir" que nous verrons un peu plus loin dans cette étude).

    - Le pilotage : il consiste en la mise en place d'outils permettant de contrôler l'efficacité du changement mis en place et utilisant des indicateurs pertinents par rapport à la mise en place du changement dans l'organisation, permettant aux responsables du pilotage du changement d'agir en conséquence en cas de besoin (réunions d'information, formations, coaching, etc.). De plus, la phase de pilotage a pour but de pérenniser le changement en s'assurant de l'autonomie des personnes vis-à-vis des nouvelles méthodes de travail, et en capitalisant l'expérience acquise dans le processus de transformation.

    1.1.9. De l'importance des managers dans la conduite du changement

    Kotter centre la méthodologie du changement sur les managers. En effet, il considère que les managers servent de relais du changement sur le terrain et propose un modèle de conduite du changement constitué de quatre phases et de huit étapes clés.

     

    Préparer le changement

    1.

    2.

    Développer l'argumentaire (pourquoi changer maintenant ?) Identifier les groupes relais du changement

     

    Engager le changement

    3.

    4.

    Avoir une vision du changement en termes de production et de planning Communiquer la vision du changement

     

    Réaliser le changement

    5.

    6.

    Traiter les obstacles au changement Avoir des résultats rapides à montrer

     

    Ancrer le changement

    7.

    8.

    S'assurer des compétences et postures pour amplifier le changement Faire le lien entre le changement, le business et la vie quotidienne

     

    Figure 7 : phases de la conduite de changement selon Kotter40

    40 Kotter J. (1996), Leading Change, Havard Business School Press cité par Autissier D. et al. (2014), Conduite du changement: concepts clés, Dunod, Paris, p. 192

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    - Etape 1 : Développer l'argumentaire (pourquoi changer maintenant ?) : Les managers doivent travailler la faisabilité du changement et l'argumentaire technique.

    - Etape 2 : Identifier les groupes relais du changement. Les managers doivent avoir une connaissance sociologique de leurs collaborateurs afin de savoir quels leviers utiliser par rapport à leurs réactions potentielles

    - Etape 3 : Avoir une vision du changement en termes de production et de planning. Le "changement concrétisé" par des plannings et des livrables le rend plus tangible et plus concret pour les collaborateurs.

    - Etape 4 : Communiquer la vision du changement. Un objectif et des jalons clairs constituent le rythme du changement.

    - Etape 5 : Traiter les obstacles au changement. Etape se focalisant sur tous les freins au changement et les leviers pour les traiter.

    - Etape 6 : Avoir des résultats rapides et les montrer. Les personnes concernées par le changement ont besoin de preuves que celui-ci réussira, afin d'être rassurées, et de pouvoir se projeter dans le futur en abandonnant avec plus de sérénité le contexte passé.

    - Etape 7 : S'assurer des compétences et postures pour amplifier le changement. Chaque manager doit connaître ses collaborateurs par rapport à leurs postures et leurs attentes, afin que ceux-ci servent à leur tour de relais auprès des personnes avec lesquelles ils sont en relation.

    - Etape 8 : Faire le lien entre le changement, le business et la vie quotidienne. Les managers doivent montrer que le changement est une action de transformation professionnelle par des

    dispositifs gestionnaires mais également par des évolutions de postures personnelles.

    Nous avons vu jusqu'à maintenant la vision du changement et de la conduite du changement du point de vue des pilotes et des managers du changement.

    Intéressons-nous maintenant plus précisément à la vision du changement en nous plaçant du côté des personnes qui sont les sujets de ce changement.

    1.1.10. Comment est perçu le changement organisationnel ?

    Kets de Vries et Miller abordent la problématique de la relation entre le changement et l'individu à travers l'anxiété suscitée par la "menace" que représente le changement pour un individu (en termes de changement de méthodes de travail, pertes de certains repères, changement éventuel de

    23

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    collaborateurs, etc.). Ces auteurs considèrent que le travail d'une personne par rapport au changement est complet lorsque le processus de compréhension s'associe à un processus de deuil, c'est-à-dire que, "comme pour la perte d'un être cher pour un individu, les salariés de l'entreprise doivent apprendre à oublier les anciennes manières d'être et de procéder, et s'engager dans une sorte de processus de deuil pour pleurer le passé".41

    Le tableau suivant permet de mieux comprendre les différentes étapes de ce "deuil" en leur associant des comportements observés chez les individus et dans les organisations.

    Etapes du
    processus de
    deuil

    Manifestation chez l'individu

    Manifestation dans l'organisation

    Peur

    Paralysie entrecoupée de moments

    d'affolement et de colère.

    Stupeur et désorientation.

    Incrédulité

    Recherche de ce que l'on a perdu, refus de la réalité.

    Survalorisation du passé et de ses

    logiques connues.

    Renoncement

    Rejet des anciennes façons de penser et d'agir, redéfinition de soi.

    Redéfinition de la situation

    s'accompagnant d'une exploration encore hésitante de la nouvelle réalité.

    Acceptation

    Acceptation de la nouvelles réalité

    avec reconstruction des
    représentations.

    Acceptation de la nouvelle réalité et

    projection dans le futur, ouverture vers l'avenir.

    Figure 8 : processus de deuil face au changement selon Kets de Vries et Miller42 1.1.11. Pourquoi résister lors d'un changement ?

    Dupuy43, dans la continuité de Kets de Vries, explique que l'immobilisme face au changement a pour origine une peur diffuse dans l'organisation. Cette crainte du changement entraîne l'élaboration de plans réécrits plusieurs fois, ceci afin de prévoir chaque détail du projet du changement. Comme le dit Dupuy : "Le mieux est l'ennemi du bien et le perfectionnisme tatillon est un puissant facteur d'immobilisme". Ainsi, le moindre doute, la moindre imprécision concernant le projet de changement dans son processus peut arrêter sa réalisation.

    Dupuy précise que l'une des origines principales de l'immobilisme dans les organisations est la rotation des dirigeants qui fait qu'aucun d'entre eux ne veut prendre le moindre risque. En effet, le (court ?) passage d'un dirigeant à la tête d'une organisation s'inscrit dans un parcours de carrière

    41 Kets De Vries M. et Miller D. (2006), La face cachée du leadership, Village Mondial, Paris, p. 166

    42 Kets De Vries M. et Miller D. (1985), l'entreprise névrosée, Mc Graw-Hill, cité par Autissier D. et Al (2014), Conduite du changement : concepts clés, Dunod, Paris, p. 192

    43 Dupuy F. (2004), Sociologie du changement, Dunod, Paris, p. 205

    24

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    qui ne doit être marqué par aucun incident. Dupuy dit d'ailleurs : "Changer devient d'autant plus une rhétorique dominante qu'elle est une non-pratique".

    Aussi, les décisions du changement sont prises la plupart du temps selon une logique de "bonne raison", ne faisant appel qu'au bon sens et à la logique des différents acteurs. Cette bonne raison s'assimile au "one best way" taylorien : comme le changement est la seule solution s'imposant d'elle-même de par le contexte de l'entreprise, la décision s'impose elle aussi, sans discussion possible. Ce qui entraîne une crainte dans le changement, c'est le passage d'une situation de confort, où l'ensemble des méthode et processus est maîtrisé, à une situation nouvelle : nouvelles méthodes, nouveaux processus, nouvelle organisation.

    Autissier et Moutot concrétisent cette peur par le concept de la "vallée du désespoir". Lorsque l'ancien système est remplacé par le nouveau, il y a une perte systématique de productivité du fait de la mise en place de nouveaux outils, de nouvelles méthodes et processus, de nouvelles relations entre les différents acteurs. Il y a à ce moment-là du changement une perte de productivité durant le temps d'adaptation nécessaire à l'appropriation de la réorganisation. Un effort d'apprentissage (et donc d'accompagnement) doit alors être réalisé afin de retrouver (voire de dépasser) le niveau de productivité qui existait avant la bascule vers la nouvelle organisation.

    Figure 9 : "vallée du désespoir" selon Autissier et Moutot44

    Ainsi, la conduite du changement va avoir notamment pour rôle de préparer l'ensemble des acteurs du changement afin de minimiser cette perte de productivité. Le fait de retrouver très vite le niveau de productivité initial (voire le dépasser) est le meilleur justificatif de la nécessité du changement et permettra de convaincre les derniers acteurs réticents.

    44 Autissier D. et Moutot J.-M. (2013), Méthode de conduite du changement, Dunod, Paris, p. 15

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    Comme nous l'avons vu précédemment, tout changement suscite des réticences (voire des oppositions) concernant certains acteurs de ce changement. Comment alors faire de ce changement un succès et rallier les opposants (au sens global du terme) à la cause du changement ?

    D'Herbemont et César ont développé ce qu'ils appellent la "stratégie du projet latéral" consistant en une "autre formulation du projet d'origine, qui tient compte des remarques ou des besoins exprimés par les acteurs alliés"45.

    Chaque acteur est caractérisé soit par sa synergie, soit par son antagonisme vis-à-vis du projet.

    - Synergie : c'est l'énergie que développe un acteur en faveur du projet

    - Antagonisme : c'est l'énergie que développe un acteur contre le projet46

    Par rapport aux précédentes définitions caractérisant chaque acteur selon son intensité, D'Herbemont et César ont établi huit grands types d'attitudes socio-dynamiques face à un projet :

    - Le triangle d'or : doté d'une forte synergie permettant de faire avancer le projet, et d'un certain antagonisme pour garder du recul par rapport au projet et proposer des améliorations.

    - L'engagé : forte synergie et aucun antagonisme. Il adhère sans retenue au projet.

    - L'hésitant : assez impliqué. Synergie et antagonisme équivalents. Selon les circonstances, il soutiendra le projet ou ne le soutiendra pas.

    - Le passif : synergie et antagonisme faible, voire nuls. L'ensemble des passifs constitue la "majorité silencieuse", voire les "poids morts". Ce sont pourtant des personnes extrêmement importantes, car il s'agit de la typologie la plus répandue.

    - Le râleur : synergie très faible, petit antagonisme.

    - L'opposant : image renversée de l'engagé. Beaucoup plus antagoniste que synergique. Sensible aux rapports de force.

    - Le déchiré : à la fois totalement pour le projet, mais pense que ce n'est pas comme cela qu'il faut s'y prendre. Il vit mal ce paradoxe.

    - Le révolté : très fort antagonisme. Préfère tout perdre plutôt que de laisser une quelconque chance au projet de réussir.

    45 D'Herbemont O. et César B. (1998), La stratégie du projet latéral, Dunod, Paris, p.53

    46 D'Herbemont O. et César B. (1998), La stratégie du projet latéral, Dunod, Paris, p.34

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    Figure 10 : typologie des comportements selon D'Herbemont et César47

    Suite aux différentes résistances au changement organisationnel que nous venons d'exposer, il nous paraît important d'aborder les clés de réussite pour que ce changement en soit une.

    1.1.12. Quelles sont les clés de réussite d'un changement organisationnel ?

    Face à ces différentes typologies, différents comportements peuvent être mis en place de la part des responsables du projet de changement. Cependant, Kotter a conditionné la réussite d'un projet de changement selon huit grandes étapes chronologiques48:

    - Instaurer un sentiment d'urgence : la principale difficulté est de faire sortir les personnes concernées par le projet de changement de leur zone de confort, générant de l'autosatisfaction. Il faut ainsi que les initiateurs du projet de changement arrivent à convaincre l'ensemble des acteurs qu'il n'est plus possible de faire reculer sans cesse le futur changement, et que la situation actuelle n'est plus acceptable. Cette conviction passe par l'exposé des risques concrets si le changement n'a pas lieu (par exemple : changement de règlementation ou de normes, concurrence sévère, insatisfaction des clients).

    47 D'Herbemont O. et César B. (1998), La stratégie du projet latéral, Dunod, Paris, p.39

    48 Kotter J. (2015), Conduire le changement, feuille de route en 8 étapes, Dunod, Paris, p. 41

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    - Former une coalition directrice: cette idée rejoint celle d'Herbemont et César sur le fait qu'il faille s'entourer d'alliés dans un projet de changement49.

    - Développer une vision et une stratégie : la vision se rapporte à une image du futur justifiant les raisons pour lesquelles des efforts sont consacrés pour créer ce futur. Ainsi, la vision clarifie l'orientation générale du changement. Elle pousse également les acteurs à agir dans la bonne direction, même si les premières étapes du changement vont se révéler difficiles. Enfin, elle aide à coordonner les actions de personnes différentes pour un projet commun.

    - Diffuser la vision : cette vision précédemment décrite doit être partagée par l'ensemble de l'organisation. Il s'agit alors de renforcer le sentiment d'urgence afin de convaincre de la nécessité de changer. Il faut ensuite montrer aux différents acteurs quel est le but du changement, son image dans l'avenir et de renforcer ce besoin de changement par le rappel des risques encourus en cas de refus de changer. La manière dont le changement aura lieu doit également prendre part dans cette communication.

    - Responsabiliser les acteurs pour élargir l'action : responsabiliser les acteurs signifie qu'il faut les faire participer activement au projet de changement afin de lever les résistances qui affaiblissent la vision du changement.

    - Obtenir des victoires rapides : les victoires sont les meilleurs publicités "positives" concernant le changement, d'autant plus si elles sont rapides, c'est-à-dire arrivant peu après le "go live". Le fait de récompenser ceux qui ont participé à ces victoires vont amener les résistants et autres opposants à revoir peu à peu leurs positions vis-à-vis du changement.

    - Consolider les gains et accentuer le changement : la crédibilité des acteurs du changement passe par l'obtention de résultats rapides. Cependant, les résultats rapides sont généralement les plus "simples" à obtenir. Leur multiplicité va appeler d'autres réussites par le développement de la motivation et du sentiment de victoire se dégageant de l'ensemble des acteurs participant au changement. De plus, cette succession de réussites dont il sera fait évidemment de la publicité au sein de l'organisation accentuera la réduction des forces d'opposition au changement. Ainsi, les premiers succès démontreront la capacité de l'organisation à changer et à s'adapter dans le nouveau système.

    - Ancrer les nouvelles pratiques dans la culture d'entreprise : il est important de consolider et de capitaliser le changement car les résistances ne disparaissent jamais complètement. Ainsi,

    49 D'Herbemont O. et César B. (1998), La stratégie du projet latéral, Dunod, Paris, p.149

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    les personnes chargées du changement doivent utiliser leurs victoires afin de s'attaquer à d'autres projets du changement, et de renforcer également leur leadership, mettant ainsi en confiance les acteurs potentiels d'un changement à venir.

    Mais si Kotter nous liste les étapes nécessaires à la réussite d'une conduite du changement, il est intéressant d'indiquer les dix clés de la réussite du changement selon Grouard et Meston50 :

    - Définir la vision du changement : fixer son objectif ainsi que les grandes lignes des moyens mis en oeuvre.

    - Mobiliser : une dynamique du changement doit être créée auprès des salariés. Il faut également valider les enjeux définis dans la vision.

    - Catalyser : définir les modes de réalisation du changement ainsi que la structure du projet.

    - Piloter : définir et conduire l'ensemble des actions permettant le déroulement optimum du changement.

    - Concrétiser : matérialiser le changement dans le quotidien.

    - Faire participer : assurer la participation des salariés concernés, afin d'enrichir la vision et

    faciliter la mise en oeuvre par la diminution des résistances éventuelles au changement.

    - Gérer l'émotion : le changement entraîne l'abandon de certaines manières de faire, générant

    de l'émotion qui doit donc être gérée afin de réduire les résistances qu'elle engendre.

    - Gérer les enjeux de pouvoir : les relations de pouvoir doivent être en cohérence avec l'objectif du changement.

    - Former et coacher : les formations apportées tout au long du changement doivent porter tout aussi bien sur l'aspect technique que relationnel, afin que les différents acteurs soient dans les meilleures conditions pour vivre le changement au quotidien.

    - Communiquer intensément : la communication doit être organisée et structurée, afin de favoriser l'implication et la participation de tous.

    Nous venons de voir que le changement peut être caractérisé par son étendue, sa profondeur et son rythme et pouvait avoir plusieurs origines : technologique, environnementale (la concurrence), évolution de la taille de l'entreprise, de sa culture, ou de sa stratégie. Ce changement doit être piloté pour être efficace et atteindre les objectifs définis par ses initiateurs selon des styles plus ou moins

    50 Grouard B. et Meston F. (1998), L'entreprise en mouvement : conduire et réussir le changement, Dunod, Paris, p. 4

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    participatifs, influencé par le type de problème, le contexte économique, la culture de l'entreprise et les dirigeants.

    Le processus de changement est donc mis en place afin que l'organisation dans lequel il est effectué évolue de façon positive et puisse maintenir, voire accroitre son niveau de performance.

    Nous avons vu précédemment que l'origine principale du changement était un constat de perte de performance par rapport à un certain nombre de critères. Le changement va donc induire une redéfinition des objectifs de performance en vue d'accroître l'adéquation de l'organisation à ces critères d'existence.

    Mais qu'est-ce que la performance dans une organisation ? Comment peut-elle s'évaluer ? Que va-t-elle apporter au final à l'organisation ?

    1.2. DE LA PERFORMANCE GENERALE...

    1.2.1. Qu'appelle-t-on "performance" ?

    Parmi les définitions proposées par Larousse51, nous retenons la suivante car étant plus adaptée au contexte de l'entreprise : "exploit ou réussite remarquable en un domaine quelconque".

    Cadiou52 propose une définition de la performance comme étant "un jugement porté par une partie prenante légitime sur une entité, une unité active ou le résultat de son action, un individu ou une organisation". Cependant, cette définition présuppose la légitimité du jugement et ne fait aucune référence à des méthodes d'évaluation. Néanmoins, Cadiou précise que l'évaluation de la performance implique nécessairement un lien de droit entre l'évaluateur et l'évalué. Ce lien de droit peut alors être contractuel (relation employeur-employé ou auditeur-audité), conventionnel (un guide envers un restaurant ou un hôtel par exemple), lié à un droit privé (l'actionnaire évaluant la performance des managers d'une entreprise) ou encore communautaire dans le cas d'une évaluation de ressources collectives par une agence ou un comité.

    Maadani et Saïd53, ainsi que Mougin54, apportent la notion d'évaluation dans leur définition de la performance, par l'atteinte des objectifs organisationnels, ce qui souligne trois caractéristiques de la performance :

    51 http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/performance/59512

    52 Cadiou C. (2008), La performance en management, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p.41

    53 Maadani M. et Saïd K. (2009), Management et pilotage de la performance, Hachette, Paris, p.28

    54 Mougin Y. (2007), La performance ? Soyez tranquille, je la surveille de près ! Afnor, La Plaine Saint-Denis, p. 69

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    - Une réalisation (ou un résultat).

    - Une comparaison par rapport aux objectifs attendus, ce qui aboutit à une évaluation. - Cette évaluation traduisant le succès de la réalisation.

    Pour Maadani et Saïd, la performance d'une organisation a été définie d'abord comme étant son efficacité (atteinte des objectifs), à laquelle s'est ajoutée son efficience (minimisation des moyens ou des ressources nécessaires), pour enfin être définie par la maximisation du couple valeur/coût.

    Figure 11 : représentation symbolique de l'efficacité et de l'efficience selon Mougin55 1.2.2. Origine du concept de performance

    Maadani et Saïd56 nous rappellent que le concept de performance a pour origine le domaine sportif, puis celui de la mécanique, avant de s'appliquer aux organisations. En effet, le terme de "performance" désignait au début du XXe siècle les résultats obtenus par un cheval lors d'une course, puis ceux d'un athlète ou une équipe. Ce parallèle entre le sport et les entreprises a permis de réaliser les rapprochements suivants:

    - La performance organisationnelle dépend des objectifs de l'entreprise, tout comme la performance sportive s'apprécie par rapport aux objectifs du sportif. Ainsi, la performance

    est associée à des mesures et permet de se repérer par rapport à des objectifs donnés.

    - Elle témoigne dans les deux domaines de la capacité de l'individu à progresser grâce à des efforts rationnels, constants et patients.

    55 Mougin Y. (2007), La performance ? Soyez tranquille, je la surveille de près ! Afnor, La Plaine Saint-Denis, p. 135

    56 Maadani M. et Saïd K. (2009), Management et pilotage de la performance, Hachette, Paris, p.28

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    - La performance dépend de la capacité à travailler ensemble dans une équipe sportive, ce qui correspond dans l'entreprise à un décloisonnement de son organisation et à développer la coordination et l'apprentissage collectif.

    A la vue de ce que nous venons d'énumérer, la performance peut ainsi être considérée comme la capacité d'une entité à atteindre des objectifs prédéterminés, tout en associant efficacité et efficience.

    De leur côté, Atamer et Calori57 ont établi une formule de la performance d'une entreprise qui est la combinaison de la position stratégique (constituée de la valeur des activités et de la position concurrentielle de l'organisation), des ressources (financières, technologiques et humaines) et de la mise en oeuvre de ces ressources (par les systèmes d'information, de pouvoir, de management et de valeurs). Ainsi, la performance de l'entreprise se basera sur le renforcement de chacun de ces trois facteurs, sachant qu'un facteur déficient temporairement pourra être compensé par l'un ou l'autre (voire les deux autres) facteurs.

    Selon Cadiou58, la quête de performance d'une entreprise peut se décomposer en quatre grands axes de rationalités : concurrentielle, organisationnelle, financière et citoyenne:

    - La rationalité concurrentielle : la performance est associée à la construction d'un avantage concurrentiel au niveau d'un secteur d'activité. Cela se traduit par la construction d'un avantage compétitif en positionnant de façon favorable l'organisation dans un environnement donné afin d'y exercer une influence. Comme cela est décrit dans le modèle de la chaine de valeurs de Porter, la réaction de valeurs au sein de l'organisation permet de créer un avantage concurrentiel, la performance étant alors de procéder à la production d'un produit ou d'un service à un coût relatif inférieur à celui des concurrents (sans pour autant compromettre son activité), et d'établir une reconnaissance par la demande d'une spécificité reconnue par le marché. Une autre approche de la performance dans le domaine concurrentiel est d'établir un avantage compétitif en s'adaptant rapidement aux différents changements de l'environnement.

    - La rationalité organisationnelle : la performance est alors examinée selon l'angle de l'adhésion et de la motivation des acteurs, de la hiérarchie, de la coordination de l'organisation, de sa culture et de sa réputation. Il y a donc performance lorsque les processus de prise de décision, d'acquisition de connaissances, et d'apprentissage

    57 Atamer T. et Cabori R. (2003), Diagnostic et décisions stratégiques, Dunod, Paris, p.43

    58 Cadiou C. (2008), La performance en management, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p.19

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    organisationnel sont maîtrisés. Ainsi, les capacités des organisations à promouvoir une vision partagée, ainsi qu'à mobiliser sur la création et le partage des ressources est cruciale. Le maintien de l'avantage concurrentiel nécessite donc que l'entreprise possède la capacité à renouveler ses ressources, connaissances et compétences par des processus d'apprentissage collectif et de changement organisationnel. Au niveau organisationnel, la performance est centrée sur la mise en place de système d'incitation, de processus de décision, d'outils de contrôle (par exemple, les tableaux de bord).

    - La rationalité financière : la performance selon l'aspect financier porte sur la capacité d'une entreprise à créer de la valeur en orientant ses actions stratégiques dans un sens qui soit conformes aux actionnaires. Ainsi, l'investissement ne vaut que si sa rentabilité est supérieure au coût du capital. L'accès aux ressources est alors conditionné par l'image du projet stratégique en termes de rentabilité et de risque. Pour la dimension financière, la performance consiste en la possibilité d'obtenir des ressources financières à un prix intéressant et en quantité suffisante et de la capacité de rémunérer les apporteurs conformément aux risques supportés.

    - La rationalité citoyenne : les entreprises, de par leurs activités diverses, ont une influence sur la société et ses évolutions. Les pratiques de gestion au niveau de son fonctionnement et de ses mentalités doivent ainsi être adaptées pour répondre aux attentes de la société, tout en restant en accord avec la stratégie globale et la rentabilité de l'entreprise. L'organisation utilise l'environnement social et naturel pour son évolution. Mais cette utilisation ne doit pas aller à l'encontre du raisonnement et de l'image du citoyen actuel en terme de responsabilité sociale et sociétale de l'entreprise. La performance citoyenne passe donc par le développement et la communication sur le rôle moral de l'organisation (code de déontologie, investissement socialement responsable, transparence). Le projet global de l'entreprise doit inclure des critères sociaux et environnementaux dans ses décision d'investissements.

    Ce découpage de la performance en différents périmètres distincts mais liés entre eux pour le devenir de l'organisation est à mettre en parallèle avec le "Balanced ScoredCard" de Kaplan et Norton59.

    59 Kaplan R.S. et Norton D.P. (1996) The balanced scorecard, Havard Business School Press, cités par Cadiou C. (2008), La performance en management, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 69

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    Figure 12 : Balanced ScoredCard de Kaplan et Norton60

    La méthode du Balanced Scorecard permet le contrôle de la performance actuelle d'une organisation selon 4 axes :

    - Axe financier : cela concerne notamment les actionnaires et leur satisfaction.

    - Axe client : cet axe est centré sur l'image de l'entreprise envers ses clients, et ce qu'elle doit développer afin d'accroître leur satisfaction.

    - Axe processus : ou comment améliorer, l'efficacité et l'efficience, c'est-à-dire la performance interne.

    - Axe apprentissage et croissance : la performance d'une entreprise est directement liée à sa capacité d'innovation et de changement.

    Pour chaque axe du Balanced Scorecard, un pilotage est effectué selon quatre critères : - Objectifs : quels sont les objectifs principaux définis ?

    60 D'après : http://www.nrc-cnrc.gc.ca/fra/pari/ppatn/ressources/livreblanc_01.html

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    - Indicateurs : quels sont les paramètres tangibles à utiliser afin de mesurer la progression vers l'objectif ?

    - Buts : quelles sont les valeurs cibles de ces indicateurs à atteindre ?

    - Initiatives : quels sont les plans d'actions à mener afin d'atteindre les objectifs définis avec les valeurs cibles décidées ?

    La démarche du Balanced ScoredCard peut se résumer avec le schéma suivant :

    Figure 13 : démarche du Balanced Scorecard61

    Cet outil centre l'entreprise sur quelques éléments clés nécessaires afin d'améliorer sa performance. Il a également l'avantage de pouvoir être utilisé non seulement au niveau de l'entreprise, mais également au niveau de chaque service la composant.

    Le Balanced Scorecard permet également, par un suivi régulier, de réaliser des rétroactions afin soit de réduire les écarts constatés par rapport aux objectifs définis, soit de réévaluer les objectifs s'ils ont été atteints, ou s'ils sont considérés comme inaccessibles.

    Un autre aspect de la performance d'une organisation se base sur le modèle 7S62 qui illustre l'interdépendance de 6 sous-systèmes : le style, le personnel ("staff"), les systèmes, les stratégies, la structure, le savoir-faire ("skills»), ces six sous-systèmes étant fédérés par un septième : les objectifs supérieurs ("superordinate goals"). Ainsi, la performance se base sur l'harmonie et la cohérence de chacun de ces sous-systèmes avec les autres.

    61 Maadani M. et Saïd K. (2009), Management et pilotage de la performance, Hachette, Paris, p. 69

    62 Pascale R. et Athos A. (1984), Le management est-il un art japonais ? Editions d'Organisations, Paris, cités par Bourguignon A. (1993), Le modèle japonais de gestion, Editions La Découverte, Paris, p. 90

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    1.2.3. Quel est le périmètre d'évaluation de la performance ?

    L'évaluation de la performance s'appuie tout d'abord sur la définition d'une entité (lieu physique ou conventionnel de délégation de responsabilité) et de prise de décision63. Cette unité de prise de décision est alors définie comme un espace ou des transformations productives s'opèrent sous la responsabilité d'un ou de plusieurs acteurs. La définition de cette entité dépend de la granularité adoptée dans la démarche d'évaluation de la performance : elle peut ainsi aller de l'individu au groupe entier, en passant par l'équipe ou le projet.

    1.2.4. Comment pouvons-nous évaluer cette performance ?

    Nous avons vu que l'évaluation de la performance passe par le suivi réguliers d'indicateurs par rapport à des valeurs cibles d'objectifs définies au préalable.

    Maadani et Saïd proposent un schéma global de la démarche de pilotage de la performance :

    Figure 14 : démarche de pilotage de la performance selon Maadani et Saïd64

    Le suivi de ces indicateurs passe par l'établissement de tableaux de bord de pilotage. Maadani et Saïd65 , ainsi que Lorino66, distinguent les tableaux de bord de pilotage des tableaux de bord de reporting :

    - Les tableaux de bord de pilotage : permettent une analyse en temps réel des performances des entités suivies, qu'elles soient individuelles (le salarié ou l'acteur) ou collectives (une

    63 Cadiou C. (2008), La performance en management, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p.43

    64 Maadani M. et Saïd K. (2009), Management et pilotage de la performance, Hachette, Paris, p. 57

    65 Maadani M. et Saïd K. (2009), Management et pilotage de la performance, Hachette, Paris, p. 66

    66 Lorino P. (1997), Méthodes et pratiques de la performance : le pilotage par les processus et les compétences, Editions d'organisation, Paris, p.132

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    équipe, un groupe ou un service). Ils ont ainsi un délai d'établissement relativement court, sont simples à consulter et sont synthétiques.

    - Les tableaux de bord de reporting : sont destinés à informer la hiérarchie des performances obtenues par unité. Ils se distinguent des tableaux de bord de pilotage par le fait qu'ils se focalisent sur les résultats obtenus sans englober les informations nécessaires au pilotage.

    Ces tableaux de bord doivent être perçus comme des outils d'aide à la décision, permettant au responsable en charge des unités qu'il pilote de constater les écarts par rapport aux objectifs fixés et donc, si le cas se présente, de corriger les écarts. C'est à ce niveau que l'évaluation de la performance rejoint la stratégie du changement (notamment de type 1 ou 2). Car les managers, en charge de pilotage, devront mettre en place des stratégies de changement afin de réduire les écarts constatés dans leurs tableaux de bord. Comme l'indique Collins67, la clé de la performance "tient dans la façon de considérer l'information comme des faits que l'on ne peut ignorer".

    Ces changements peuvent être sans conséquence sur l'infrastructure de l'organisation (donc seront considérés de type 1), soit les écarts remettent en cause le fonctionnement même d'une entité (voire de plusieurs), entraînant une politique de changement de type 2, ayant pour conséquence un changement organisationnel afin de réduire significativement les écarts constatés.

    Pour revenir à la notion de tableaux de bord, le manager devra donc disposer d'informations ciblées et pertinentes quant à l'évolution des résultats obtenus par rapport aux objectifs fixés. Ces écarts doivent en premier lieu générer des alertes, puis dans un second temps entraîner l'activation de leviers d'actions correspondant aux indicateurs suivis, ces leviers d'actions ayant pour but de réduire au plus tôt les écarts constatés. Comme le dit Veran68 : "La pertinence pour un décideur est faite de puissance cognitive, un écart doit signifier quelque chose pour lui, et d'effectivité, un écart doit produire des effets."

    Cependant, Crozier69 émet un avertissement concernant la définition des objectifs et la mesure de la performance. En effet, il y a performance si les objectifs sont atteints sans tenir compte de l'effort fourni, les efforts dépendant notamment des moyens mis à disposition. Cependant, sans les moyens, il sera très difficile d'atteindre ses objectifs, et donc de réaliser la performance attendue.

    67 Collins J. (2011), De la performance à l'excellence : devenir une entreprise leader, Pearson Education France, Paris, p.79

    68 Veran L. cité par Cadiou C. (2008), La performance en management, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 54

    69 Crozier M. (1989), L'entreprise à l'écoute, : apprendre le management post-industriel, Seuil, Paris, p. 104

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    Concernant les indicateurs de performance, Bourguignon70 indique que leur calcul régulier et leur affichage public "participent à la réactivité de l'organisation et de la mobilisation de ses membres dans le sens de la stratégie".

    Les objectifs de la performance se résument traditionnellement selon l'acronyme SMART. Chacun de ces indicateurs se doit d'être71:

    - Spécifique : la spécification de l'action doit être établie sans équivoque.

    - Mesurable : l'indicateur doit être chiffré et reconnu incontestable.

    - Acceptable : il doit être réalisable, ou réajusté en cas de modification du contexte.

    - Réaliste : il doit être lié à l'activité considérée.

    - Temporellement défini : il doit avoir une date de fin, et éventuellement des jalons.

    Cette stratégie d'affichage des indicateurs de performances démystifie les indicateurs pris en considération, et permettent à chacun (individu ou groupe de travail) non seulement de constater sa propre performance, mais également de s'évaluer par rapport aux autres individus ou groupe de travail évalués avec les mêmes indicateurs. Ce benchmarking ("analyse comparative" en français) va ainsi générer une émulsion collective vis-à-vis de la performance, ceux ayant les performances les plus faibles cherchant à les combler et ceux ayant les performances les plus élevés cherchant à les maintenir. Ce partage des objectifs de performance met en avant, comme le précise Lemonnier72, "la contribution individuelle au développement de l'entreprise et à son évolution". Ces objectifs de performances permettent ainsi de développer un "esprit de connivence" et une "aventure commune" au sein de l'organisation, c'est-à-dire un partage au sens premier du mot. C'est dans le partage que née l'adhésion au projet de performance de l'organisation.

    1.2.5. Quelles sont les différences entre les tableaux de bord et les benchmarks ?

    Maadani et Saïd73 mettent en avant l'utilité du benchmarking dans l'évaluation des performances. Alors que le tableau de bord permet le suivi des performances d'un individu ou d'un groupe, le benchmarking consiste en la comparaison de différentes entités selon des critères identiques, en vue d'améliorer les performances de chacune. Ce benchmarking a ainsi pour objectif d'accélérer le rythme du changement par l'identification des facteurs déficients par rapport aux indicateurs qui

    70 Bourguignon A. (1993), le modèle japonais de gestion, Editions La Découverte, Paris, p. 54

    71 Lemonnier J. (2010), Les objectifs individuels de performance, Vuibert, Paris, p. 31

    72 Lemonnier J. (2010), Les objectifs individuels de performance, Vuibert, Paris, p. 13

    73 Maadani M. et Saïd K. (2009), Management et pilotage de la performance, Hachette, Paris, p. 95

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    leur sont appariés. Le benchmarking, générant une compétition entre les entités, est donc créateur de valeurs. Pour un accroissement significatif, les auteurs recommandent que les données des benchmarking soient accessibles aux différentes entités concernées, entraînant de fait un partage non seulement des informations, mais également de la culture d'excellence, ceci ayant pour conséquence une accélération des changements internes (c'est-à-dire des adaptations) pour réduire les écarts constatés par rapport aux autres entités.

    1.2.6. Quels sont les apports de la performance pour l'organisation ? Lallouna Hafsia74 définit plusieurs apports de la performance pour une organisation :

    - Apports stratégiques : la performance permet notamment d'apporter un avantage concurrentiel, de se différencier, et d'assurer une remontée des informations sur l'évolution des besoins des clients et sur la fiabilité des produits. Cette performance au niveau stratégique peut être illustrée par la qualité des services clients offerts (maintenance) tout en offrant en parallèle un accroissement de la qualité des produits et services proposés. La performance au niveau stratégique peut également être source de différenciation par rapport à la concurrence, constitué soit par la différenciation du coeur du produit, afin de se démarquer suffisamment de la concurrence), soit par l'offre de services autour de ces produits, générant une valeur ajoutée à ces produits pour les clients de l'organisation. La remontée d'informations des clients vers l'organisation peut de son côté permettre de connaitre la fiabilité des produits et services, ou d'identifier l'évolution de leurs besoins.

    - Apports financiers : la performance notamment des services influent sur la performance générale de l'organisation dans le sens où ils assurent des revenus réguliers pour l'organisation. Ils permettent également de conquérir de nouveaux clients afin d'augmenter la vente de produits associés ou pour leur introduction sur de nouveaux marchés par un service de conseil, de financement ou de critères de réalisations.

    - Apports mercatiques : la performance joue un rôle essentiel dans la satisfaction et la fidélisation des clients de l'organisation, et permet de réduire la perception du risque perçu des clients envers les produits et services proposés par l'organisation. La fidélisation par la performation quant à elle peut prendre forme par la mise en place de relation étroite et personnalisés entre les clients et l'organisation, ceci favorisant sa confiance envers elle.

    74 Lallouna Hafsia H.B. cité par Cadiou C. (2008), La performance en management, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 265

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    1.2.7. Quel est le lien entre la performance et le partage de connaissances ?

    Les facteurs clés de performance dans les entreprises apparaissent de plus en plus déterminés par la diffusion et le partage de la connaissance. Le management des connaissances ("knowledge management") préconise une approche globale de la connaissance, permettant ainsi à tous les acteurs de l'entreprise de partager et d'accéder à des informations pertinentes et ainsi à contribuer à la performance générale de l'entreprise.

    Le management des connaissances gère l'ensemble des informations (idées, pratiques, expériences) ainsi que leur création, leur capitalisation et leur diffusion.

    Figure 15 : processus de management des connaissances selon Maadani et Saïd75

    Ainsi, le management de la connaissance établit une dynamique d'apprentissage commune de par la mise en place de mécanismes de gestion de mémorisation collective. Cette mémorisation collective génère une capitalisation des connaissances participant activement à la performance des différents acteurs de l'entreprise.

    Nonaka et Takeuchi parlent de "conversion de connaissance", c'est-à-dire d'un processus social entre individus de partage de la connaissance. Ils ont ainsi défini quatre modes de conversion de la connaissance :

    75 Maadani M. et Saïd K. (2009), Management et pilotage de la performance, Hachette, Paris, p.109

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    Destination

    Origine

    Connaissance tacite

    Connaissance explicite

    Connaissance tacite

    Socialisation

    Extériorisation

    Connaissance explicite

    Intériorisation

    Combinaison

    Figure 16 : différents modes de conversion des connaissances selon Nonaka et Takeuchi76

    - Du tacite au tacite ("socialisation") : le savoir est transmis par l'observation, la pratique et l'imitation (principe de mimétisme).

    - De l'explicite à l'explicite ("combinaison") : un individu associe plusieurs savoirs explicites afin d'en créer de nouveaux (exemple : centralisation dans un recueil de différentes méthodologies permettant d'effectuer des tâches liées à son poste).

    - Du tacite à l'explicite ("extériorisation") : les connaissances acquises par l'observation, la pratique et l'imitation sont retranscrites de façon formelle afin d'aboutir à une accessibilité et un partage de ces connaissances par le reste de l'organisation

    - De l'explicite au tacite ("intériorisation") : les connaissances formalisées deviennent tacites une fois acquises par ceux qui se les sont appropriées : elles font alors parties intégrantes de leurs connaissances. Il y a alors internalisation de la connaissance.

    Nous constatons que la capitalisation et le partage des connaissances jouent un rôle fondamental dans la performance d'une organisation, puisque ce partage va permettre de combler les lacunes de connaissances de chaque acteur, ces lacunes pouvant être différentes d'un acteur à un autre.

    Ce partage de connaissances entre tous les acteurs de l'organisation est transcrit par une volonté globale de progression. Comme le rappelle Raiman77, les acteurs, notamment ceux au niveau opérationnel, souhaitent partager leurs idées et connaissances. Ce partage de connaissance doit alors être favorisé par le management intermédiaire ("middle management") par l'apport de méthodes et d'outils afin de faciliter cette communication.

    Nous avons vu dans cette première partie consacrée à la performance tout ce qui a trait à la performance en elle-même, mais d'un point de vue global.

    Intéressons-nous maintenant au concept de la performance individuelle.

    76 Nonaka I. et Takeushi H. (1997), La connaissance créatrice : la dynamique de l'entreprise apprenante, De Boeck Université, Bruxelles, p.81

    77 Raiman J. (1993), Ethique et performance de l`entreprise, le Cherche Midi Editeurs, Paris, p. 225

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    1.3. ... A LA PERFORMANCE INDIVIDUELLE

    Motowidlo78 définit la performance individuelle comme ceci : "La performance au travail est définie comme la valeur totale attendue par l'organisation des épisodes de comportements discrets qu'exerce un individu pendant une période de temps donnée".

    1.3.1. Les dimensions comportementales de la performance individuelle Campbell a défini huit dimensions comportementales de la performance individuelle au travail.

    Dimensions

    Définition

    Les compétences dans les tâches spécifiques à l'emploi

    Niveau de compétence avec lequel un individu exécute les tâches techniques spécifiques à son emploi

    Les compétences dans les tâches non spécifiques à l'emploi

    Capacité à maîtriser les tâches communes à plusieurs

    emplois de l'organisation. Cette aptitude relève des
    compétences à la polyvalence et à l'adaptabilité

    La communication écrite et orale

    Capacité à communiquer clairement et efficacement

    oralement, ou par écrit dans le travail

    Les efforts dans l'activité

    Capacité à démontrer des efforts supplémentaires et à

    travailler efficacement dans des conditions difficiles
    (motivation à réaliser les tâches assignées avec énergie, intensité et persistance)

    Le maintien d'une discipline personnelle

    Aptitude à éviter les comportements négatifs ou

    contreproductifs (ex : infraction aux règles internes,
    absentéisme, manque de ponctualité)

    La contribution à la performance de l'équipe et des collègues

    Aptitude à soutenir, aider, et participer au développement des collègues ; à faciliter le fonctionnement effectif du groupe en étant un modèle, en maintenant le groupe dirigé vers les objectifs, ou en renforçant la participation des autres membres

    La supervision

    Aptitude à influencer positivement la performance des subordonnés au travers des qualités de leader exprimées par l'individu (fixer des objectifs, influencer l'adoption des comportements attendus, récompenser ou sanctionner de façon appropriée)

    Le management et l'administration

    Capacité à manager les équipes (maîtrise des tâches

    d'allocation de ressources, d'organisation, de contrôle de l'efficacité de l'équipe) et à développer le service (accroître les ressources humaines, financières, matérielles)

    Figure 17 : les huit dimensions comportementales selon Campbell79

    78 Motowidlo S.J., «Job performance", cité dans Borman W.C. et al. (2003), Handbook of psychology, industrial et organizational psychology, Editions John Wiley & Sons, Hoboken, New Jersey, vol. 12, p.39

    79 Cambell J.P. (1990), «Modeling the performance prediction problem in industrial and organizational psychology», in DUNNETTE M.D. & HOUGH L.M. (Dir), Handbook of Industrial and Organizational Psychology, Palo Alto, Consulting Psychologists Press, 2nd ed., vol. 1, p. 687-732, cité par Charbonnier A. et al. (2007), «Vers une mesure de la performance contextuelle au travail de l'individu: étude exploratoire", congrès AGRH, Friboug, Suisse, 2007

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    Cambell considère ainsi que ces huit dimensions sont :

    - Universelles : car pouvant être observées dans toute organisation.

    - Génériques : car pouvant s'adapter aux caractéristiques de chaque organisation.

    - Indépendantes : car toutes ne s'appliquant pas forcément en simultanée pour chaque

    collaborateur considéré.

    Au-delà des aspects comportementaux de la performance, certains auteurs ont mis l'accent sur l'importance de l'innovation dans le concept de performance individuelle.

    1.3.2. De l'importance de l'innovation dans la performance individuelle

    Pour Caron80 : "Un certain nombre d'innovations ont eu pour origine une idée proposée par le travailleur manuel, au contact des difficultés quotidiennes de la production".

    Lemonnier81 apporte des éléments supplémentaires sur ce qui constitue la performance individuelle. Celle-ci ne correspond pas au travail bien fait ou à la simple contribution au fonctionnement de l'organisation. En effet, le "travail bien fait" qui est le devoir de tout salarié, est déjà contractuellement fixé entre le collaborateur et l'organisation. La performance individuelle peut être définie par un objectif allant au-delà du travail bien fait. En effet, la performance individuelle renvoie à un effort qui dépasse les fonctions et objectifs habituels demandés au collaborateur. Elle requiert donc un effort de recherche et de créativité. Ce terme d'effort nous apporte d'ailleurs une information essentielle par sa définition : "Mobilisation volontaire de forces physiques, intellectuelles, morales en vue de résister, pour vaincre une résistance, ou pour atteindre un objectif"82. Les objectifs de performance amènent donc non seulement à faire davantage et à faire mieux, mais également à faire autrement que ce qui est fait dans le cadre habituel de fonctionnement, ceci par une démarche volontaire de l'individu.

    Nous retrouvons ici les notions d'adaptation et de changement dans cette définition de la performance individuelle, dans le sens où la performance individuelle implique donc une nécessité d'innovation plus qu'un simple accroissement des résultats.

    Comme le précise Lemonnier83 : "l'entreprise pourrait trouver dans la sollicitation d'une performance individuelle novatrice le moyen d'évoluer et de s'adapter aux évolutions de son environnement".

    80 Caron F. (1997), Les deux révolutions industrielles du XXIe siècle, Albin Michel, Paris, p.40

    81 Lemonnier J. (2010), les objectifs individuels de performance, Vuibert, Paris, p. 10

    82 Dictionnaire Larousse (2016), Paris, p.417

    83 Lemonnier J. (2010), les objectifs individuels de performance, Vuibert, Paris, p. 10

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    La définition d'objectifs de performance individuelle peut permettre aux collaborateurs d'investir une partie de leur surcroît de compétences dans une recherche stimulante84. Cette sollicitation de compétences non utilisées jouerait donc un rôle crucial non seulement dans l'adaptation en continue de l'organisation, mais également contre ce qui est appelé le "bore out", défini par "une souffrance psychique durable imputable au manque de sollicitations durant l'activité du travail"85. Cet ennui au travail découle d'une surformation des collaborateurs par rapport aux fonctions qui leur sont attribuées ou du fait que leurs talents ne trouvent pas à s'exprimer.

    Cependant, cette recherche innovante passe par l'étape d'apprentissage et d'auto-apprentissage. 1.3.3. L'importance de l'apprentissage dans la performance individuelle

    Nous avons vu précédemment que la performance individuelle est à la fois basée sur la définition d'objectifs allant au-delà des fonctions habituelles attribuées à chaque collaborateur, mais également basée sur le principe d'innovation de la part de chaque collaborateur. Cependant, comme l'indiquent Grouard et Meston86 : "un des enjeux majeur des processus de changements consiste à s'assurer que chacun des salariés tire au mieux parti des opportunités d'apprentissage pour progresser". Il s'agit donc en l'occurrence d'accélérer la courbe d'apprentissage de chaque collaborateur de l'organisation.

    Cependant, nous avons chacun conscience qu'il n'est pas possible d'attribuer (pour des questions de ressources, de finances, et de temps) un formateur dédié à chaque collaborateur qui l'aiderait à profiter des opportunités de développement et d'apprentissage et de ses propres compétences que le processus de changement peut générer.

    Argyris et Schön87 définissent l'apprentissage comme "un processus permettant de détecter et de corriger les erreurs, lesquelles représentent l'écart entre les conséquences attendues des actions engagées et leurs résultats réels". Toujours selon ces auteurs, l'apprentissage s'opère lorsque le collaborateur constate un écart entre les effets escomptés de ce qu'il entreprend et les résultats réels de ses propres actions. Cet apprentissage peut s'opérer de deux façons :

    84 Lemonnier J. (2010), les objectifs individuels de performance, Vuibert, Paris, p. 14

    85 Bataille S. (2016), "Le bore-out, nouveau risque psycho-social ? Quand s'ennuyer au travail devient douloureux", INRS, Références en santé au travail, mars 2016, N° 145, p. 19

    86 Grouard B. et Meston F (1993), L'entreprise en mouvement, Dunod, Paris, p. 249

    87 Argyris C. et Schön D. (2002), Apprentissage organisationnel. Théorie, méthode, pratique, De Boeck Université, Bruxelles, cité par Autissier D. et Al (2014), Conduite du changement : concepts clés, Dunod, Paris, p. 27

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    - Apprentissage "simple boucle" : le collaborateur modifie sa façon d'agir sans modifier pour autant les théories d'actions (c'est-à-dire les méthodes de travail établies). Cet apprentissage est centré sur l'obtention de résultats.

    - Apprentissage "double boucle" : le collaborateur remet en cause les théories d'actions, car la modification de sa façon d'agir en apprentissage simple boucle ne suffit plus.

    L'apprentissage "double boucle" est donc essentiel dans l'organisation car il va amener chaque collaborateur non seulement à se poser des questions sur les théories d'actions actuellement mises en place, mais également à inciter le changement organisationnel afin d'atteindre les niveaux de performances prédéfinies, mais qui ne peuvent être atteints sans une remise en cause du fonctionnement actuel.

    Face aux objectifs de performances, le collaborateur va avoir certains comportements, et ceux-ci vont générer potentiellement des mécanismes d'innovation et d'apprentissage de sa part. Cependant, ces mécanismes peuvent générer un stress, sujet que nous allons aborder de suite.

    1.3.4. Existe-t-il un lien entre le stress et la performance individuelle ?

    Concernant le stress au travail, Legeron88 nous rappelle qu' "outre ses graves conséquences sur la santé mentale et physique des travailleurs, l'effet négatif du stress est évident dans les symptômes organisationnels tels que l'absentéisme et la rotation du personnel, les faibles performances en matière de sécurité, le manque d'enthousiasme des salariés, la perte d'innovation et la faible productivité."

    Les mécanismes biologiques et psychologiques du stress ont comme objectif premier de mettre la personne concernée dans le meilleur état mental et physique afin de pouvoir faire face à une situation difficile et ainsi l'aider à s'y adapter au mieux.

    Cependant, le rapport entre le stress généré et le niveau de performance du collaborateur n'est pas linéaire, et comporte trois phases :

    88 Légeron P. (2004), Le stress au travail : de la performance à la souffrance, revue Droit Social, Editions techniques et économiques, décembre 2004, N° 12, p. 1086-1090

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    Figure 18 : relation entre stress et performance selon Légeron89

    - Dans une première phase : le stress et la performance croissent ensemble. Ainsi, il est considéré qu'il n'est pas possible de travailler sans stress, car sans stress, pas de performance. De plus, il est impossible de d'éliminer les sources de stress (que nous verrons un peu plus loin) de l'environnement de chaque collaborateur.

    - Arrive une courte phase où le stress continue d'augmenter tandis que la performance individuelle stagne permettant à l'individu d'être mobilisé au maximum pour faire face à la situation génératrice de stress.

    - Durant la dernière phase, le stress continue de croître, mais la performance individuelle chute. Cet excès de stress est néfaste de par les conséquences qu'il entraîne et qui ont été précédemment citées (absentéisme, perte de performance, manque d'enthousiasme et d'innovation), pouvant aboutir à l'extrême à un burn-out du collaborateur.

    Les facteurs de stress sont variables selon le secteur d'activité, mais également selon le contexte des tâches sollicitant le collaborateur.

    Ces facteurs peuvent être classées selon quatre grandes catégories selon leurs origines : le contenu du travail, le contexte du travail, l'individu et les difficultés relationnelles :

    89 Ibid.

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    Facteurs de stress

    Exemples

    Contenu du travail

    Pénibilité physique Pénibilité mentale Charge de travail Responsabilités

    Contexte du travail

    Changements

    Incertitudes

    Organisation de l'entreprise Conflits de valeurs

    Individu

    Inadéquation avec le poste Frustrations matérielles Frustrations psychologiques Absences d'intérêts

    Difficultés relationnelles

    Avec la hiérarchie

    Avec les pairs

    Avec les collaborateurs sous sa responsabilité Avec le public et/ou les clients

    Figure 19 : les différents facteurs de stress d'après Légeron90

    Nous venons de voir que la recherche de performance individuelle était liée à une génération potentielle de stress. Mais interrogeons-nous maintenant sur les motivations que peut avoir un collaborateur à s'investir dans son travail afin de maintenir une performance individuelle dans son travail.

    1.3.5. Quels sont les liens entre la motivation et la performance individuelle ?

    Lévy-Leboyer91 définit la motivation comme le fait "d'avoir un objectif, décider de faire un effort pour l'atteindre et persévérer dans cet effort jusqu'à ce que le but soit atteint". La motivation est donc selon cet auteur dépendant de trois notions : notion de direction (l'objectif à atteindre), notion d'intensité (le degré de l'effort à fournir) et notion de durée (temps de la poursuite de cet effort).

    Pour Vroom92, la motivation se base sur les composantes suivantes :

    - Résultats de premier niveau : ce sont les résultats par rapport aux objectifs fixés en lien avec la fonction).

    - Résultats de deuxième niveau : satisfaction personnelle, reconnaissance sociale, ...

    90 Ibid.

    91 Lévy-Leboyer C. (2006), La motivation au travail : modèles et stratégies, Editions d'Organisation, Paris, p. 32

    92 Vroom V.H. (1964), Work and motivation, Wiley, New York, cité par François P.-H. (2009), «Motivation et management», dans Traité de psychologie de la motivation, Coord. Par Carré P. et Fenouillet F., Dunod, Paris, p. 214

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    - Expectation : lien perçu entre l'effort et la performance individuelle. Elle représente la probabilité que la personne porte sur ses chances de réussite par rapport à ses capacités : "Suis-je capable de réaliser la performance que l'on me demande d'accomplir ?".

    - Instrumentalité : elle représente l'intensité du lien perçu entre résultat de premier niveau et résultat de deuxième niveau, c'est-à-dire la probabilité pour une personne qu'un effort permette d'accéder ou non à une récompense : "Que vais-je obtenir si je réussis à réaliser cette performance ?".

    - Valence : elle représente l'intensité du caractère attractif ou aversif du résultat de second niveau : "la récompense que l'on me propose pour réaliser cette performance est-elle celle que je souhaite réellement obtenir ?".

    Pour Vroom, si l'une des trois composantes que sont l'expectation, l'instrumentalité et la valence est faible ou nulle, alors la motivation de l'individu le sera également en conséquence.

    Neider et Schriesheim93 précisent que la récompense attribuée par le manager à chacun de ses subordonnés est liée aux performances, et qu'il accroît ainsi pour chacun d'eux les liens entre l'effort et les performances individuelles de travail.

    Figure 20 : modèle de la motivation et du leadership selon Neider et Schriesheim94

    93 Neider L.L. et Schriesheim C.A. (1988), «Making leadership effective : a three stage model« dans Journal of Management Development,7,5, p. 10-20, cité par François P.-H. (2009), «Motivation et management», dans Traité de psychologie de la motivation, Coord. Par Carré P. et Fenouillet F., Dunod, Paris, p. 215

    94 Ibid.

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    Il est important de faire le distinguo entre motivation et implication.

    Nous avons vu précédemment que la motivation selon Levy-Leboyer consistait en la définition d'un objectif, l'effort à fournir pour atteindre cet objectif ainsi que le temps de poursuite de cet effort. Blouin et al.95 nous indiquent que l'implication englobe ces trois notions de motivation , mais en y rajoutant deux critères : l'intérêt porté au travail et les comportement et les attitudes à l'égard de ce travail

    1.4. SYNTHESE SUR LE CHANGEMENT ORGANISATIONNEL ET LA PERFORMANCE INDIVIDUELLE

    Nous venons de voir précédemment une revue de littérature de ce que sont le changement organisationnel et la performance et notamment la performance individuelle dans les organisations.

    L'adéquation entre les performances et les changements successifs doivent être perçus comme un processus d'amélioration continue, ceci afin d'assurer la viabilité de l'organisation sur le long terme.

    Cette symbiose entre changement et performance peut être illustré par la figure suivante :

    Figure 21 : relation entre performance et changements successifs selon Grouard et Meston96

    En effet, chaque changement organisationnel induit comme nous l'avons vu précédemment des modifications de fonctionnement internes, entraînant la redéfinition non seulement de méthodes de travail, mais également d'objectifs, tant dans leur définition que dans leur niveau à atteindre.

    95 Blouin R. et al. (1995), la réorganisation du travail. Efficacité et implication, Les Presses de l'Université Laval, Sainte-Foy, Canada, p. 6

    96 Grouard B. et Meston F. (1998), L'entreprise en mouvement : conduire et réussir le changement, Dunod, Paris, p.248

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    Nous avons vu également que le changement pouvait avoir différentes origines : la technologie, l'environnement (notamment concurrentiel), la taille de l'organisation, sa culture et sa stratégie, et qu'il peut être défini selon trois axes : la profondeur du changement, sa durée d'imposition et son mode d'imposition.

    Pour les collaborateurs concernés par le changement organisationnel, leurs aptitudes au changement dépend essentiellement du contexte du changement, des compétences en place (que ce soit de la part de leur management, ou de leur propre motivation), ainsi que du processus d'actions, c'est-à-dire de la façon dont est conduit le changement.

    Mais le changement d'une organisation peut se heurter à la résistance de certains collaborateurs, que ce soit par une sensation de perte de pouvoir, de productivité ou d'une situation de confort.

    Pour contrebalancer ces résistances et favoriser la mise en place de la nouvelle organisation, il est nécessaire de se focaliser sur des clés de réussite : définition claire de la vision du changement par une communication efficace et continue, mobilisation des collaborateurs, pilotage efficace par le suivi des différentes étapes et jalons définis en amont, concrétisation du changement dans la vie quotidienne de chaque salarié concerné, participation de ces mêmes salariés, gestion de l'émotion et des enjeux de pouvoir que la réorganisation va générer, et enfin formation aux nouvelles méthodes.

    Ainsi, les différents changements successifs ne sont ni plus ni moins que l'expression de la capacité d'adaptation de l'organisation face aux contraintes internes et externes exercées. Du fait de l'évolution perpétuelle de l'environnement global de l'organisation, chaque changement sera tôt ou tard remis en question, car les méthodes et l'organisation mises en place à son issu deviendront obsolètes, entraînant ipso facto une stagnation, voire une baisse de ses performances. L'adaptation de l'organisation face à son environnement est à l'image, comme l'expliquent Nelson et Winter97 d'un individu face à son environnement naturel : une organisation survit ainsi au sein de son environnement par les mécanismes propres à son secteur. Elles sont sanctionnées par leurs routines, consituant l'objet même de la sélection. Pour ces mêmes auteurs, " ce ne sont pas les organisations qui s'adaptent à leur environnement, mais l'environnement lui-même qui sélectionne certaines organisations, garantissant ainsi leur survie". Ces organisations doivent alors pour survivre, avoir un niveau de performance stable, voire accroître leur niveau de performance en continue, et éviter une inertie organisationnelle qui leur seraient fatales.

    97 Nelson R.R. et Winter S.G. (1982), An evolutionary theory of economic change, Belknap, cités par Autissier D. et al. (2014), Conduite du changement : concepts clés, Dunod, Paris, p. 161

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    Ainsi, le changement est un élément clé d'adaptation et d'amélioration des performances d'une organisation par l'adoption de nouveaux objectifs ou la redéfinition d'objectifs existants.

    A la suite de la revue de littérature concernant le changement organisationnel, nous nous sommes attachés à la performance générale des organisations, puis à la performance individuelle, la performance pouvant se définir dans ces deux grandes catégories comme une réalisation, une comparaison de cette réalisation par rapport à des objectifs prédéfinis (concept d'efficacité), et selon les ressources utilisées (concept d'efficience).

    Notre revue de literrature nous a montré que la performance individuelle est conditionnée d'une part par le partage de connaissances au sein de l'organisation, et d'autre part au niveau de chaque personne par l'adaptation personnelle, l'innovation individuelle et la motivation en elle-même de la personne considérée, tous les éléments précédents pouvant être influencés d'un coté par la perception de la récompence, et d'autre part par le stress potentiel généré par cette volonté de performance.

    Penchons-nous maintenant sur les interactions entre le changement organisationnel et la performance individuelle. Nous avons vu que le changement organisationnel entraînait une modification des méthodes de travail, de l'organisation de celui-ci et donc de ces participants que sont les salariés concernés. Rappelons-nous notre problématique : "en quoi le changement organisationnel améliore-t-il les performances individuelles ?".

    Nous avons vu précédemment que la communication de la vision du changement organisationnel et du partage de ce qu'il représente sont cruciaux pour sa réussite et la transmission de l'envie de cette réussite par l'ensemble des collaborateurs concernés. Le partage de cette vision peut concrétiser dans l'esprit de chacun le "pourquoi" du changement, et donc favoriser l'implication des personnes concernées. Cependant, nous pouvons nous demander si cette vision du changement d'une part incite effectivement à l'accroissement des performances individuelles, et si les collaborateurs perçoivent la communication de cette vision de façon attendue par le management.

    Nous avons vu que le changement organisationnel va modifier l'organisation interne de l'organisation par la mise en place de nouvelles méthodes de travail, d'outils, et de réorganisation des ressources humaines (tant au point de vue d'agencement des personnes les unes par rapport aux autres que d'un point de vue hiérarchique). Si la culture de la performance était déjà en place dans l'organisation, alors nous pouvons nous interroger si le changement va favoriser le développement de cette culture de performance à l'ensemble des collaborateurs, puisque la recherche de performance individuelle était avant tout un acte volontaire, un effort personnel devant être fourni pour l'obtention de résultats supérieurs à ce qui est quotidiennement attendu.

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    Comment concrétiser alors la reflexion personnelle sur son lieu de travail ? Soit le collaborateur y est incité par la culture d'innovation et d'amélioration continue présente dans l'organime, et donc il sera d'autant plus encouragé et motivé pour participer à l'évolution de l'organisation. Soit cette culture du changement et de l'innovation n'a pas de place (ou une place marginale) dans la culture d'entreprise et le collaborateur risque de ne pas trouver la motivation pour aller au bout de sa démarche (réflexion-communication), et donc d'avoir une attitude fataliste concernant les changements potentiels de l'organisation.

    Le changement organisationnel peut ainsi être vu comme une opportunité pour chaque salarié à la fois d'améliorer ses propres performances et celle de l'organisation. Mais le management, et plus particulièrement la culture de l'organisation s'y prête-t-il ? Est-il accepté "officiellement" que chaque salarié prenne du temps pour réfléchir sur une amélioration des outils et des processus dont il se sert quotidiennement ? Un exemple de cette politique d' "innovation déclarée" est illustré par la politique des "80/20" chez Google98. Ainsi, chez Google, l'innovation et le partage sont favorisés en laissant à chacun de ses salariés 20% de son temps de travail à réfléchir sur ce qui pourrait améliorer l'organisation, soit par des innovations sur les outils internes ou proposés aux utilisateurs externes, soit par un partage de connaissance. Ainsi, pour Google, ce temps professionnel consacré à une réflexion personnelle n'est pas une perte à la fois financière et productive, mais au contraire un investissement, car cette culture de l'innovation rend le changement (et donc la capacité d'adaptation) très réactive. De plus, elle favorise une plus grande motivation et un accroissement de la productivité. Mais si ce temps de réflexion est "libre" (dans le sens où le sujet de cette réflexion est librement choisie par le collaborateur), le collaborateur devra présenter les résultats de ses reflexions à ses managers et en démontrer les intérêts.

    Ainsi, l'arrivée d'un changement organisationnel au sein de l'organisation peut donc être une opportunité pour chaque salarié de se démarquer de ses collègues, de sortir de la "masse" aux yeux de son employeur par des actions innovatrices et une volonté d'être acteur du changement initié. Mais cette volonté d'initiative, donc de recherches de nouvelles solutions en adéquation avec la modification de l'environnement de travail a-t-il besoin d'être impulsé par le management en place, ou le salarié, de sa propre initiative, va-t-il consacrer un peu de son temps à cette amélioration ? Ceci nous amène à nous interroger sur le management intrinsèque du salarié qui va entraîner ses actions d'innovation et de communication. Va-t-il le faire de façon cachée, dissimulée pour ensuite apporter le fruit de ses réflexions sur d'éventuelles améliorations au management ? Si oui, fera-t-il

    98 Girard B. (2006), Une révolution du management : le modèle Google, MM2 Editions, Paris, p. 70

    52

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    cela dans l'objectif premier d'améliorer l'organisation de son environnement et donc de favoriser la changement en cours, ou le fera-t-il avec comme devise : "tout travail mérite salaire ; tout effort mérite récompense" ? Cette réflexion nous incite alors à nous pencher sur la pérénité de la volonté d'innovation et de partage de connaissances, et donc de performance personnelle. Nous avons vu que la performance individuelle était favorisée par la motivation, mais pouvait se réduire par l'émergence d'un stress excessif : il y a donc une balance "gain versus perte" (à rapprocher de la théorie "expectation - instrumentalisation - valence" de Vroom) à prendre en considération dans la performance individuelle.

    La performance individuelle se base également sur le partage de connaissances. En effet, ce partage de connaissances va permettre à celui qui le transmet de participer activement au processus de changement organisationnel en apportant des éléments favorables à la progression de ce processus dans le temps (nouvelles idées, méthodes ou outils), et permettant aux personnes n'ayant pas encore ces connaissances d'améliorer leurs compétences professionnelles et donc d'accroitre potentiellement leur performance individuelle. Le changement organisationnel présente l'opportunité de favoriser ce partage, par la mise en place soit d'outils de "knolwedge management", soit la mise en place de cercles de reflexion visant à mettre en commun les idées permettant de favoriser non seulement l'amélioration continue, mais surtout la performance générale de l'organisation. Ce partage de chacun se base lui-même sur la volonté de chacun de faire profiter l'ensemble des collaborateurs des connaissances et de l'expérience accumulées au fil du temps. Cette démarche volontaire est à l'opposé de la rétention d'information. En effet, une personne pourrait considérer qu'un changement organisationnel va entraîner pour lui-même une perte de pouvoir par ce partage : il n'aura alors plus le monopole de connaissances clés (voire cruciales) permettant le bon fonctionnement d'un service ou d'un groupe de travail.

    La performance traduit également la capacité d'adaptation de chaque individu lors de la modification de son environnement (donc consécutif à celui-ci), ainsi que sa capacité d'anticipation à la modification de cet organisation. Le collaborateur, constatant alors une baisse de ses propres performances par le déclin de ses outils ou des méthodes actuellement en place, établira une stratégie (s'il en a la volonté) qui va lui permettre d'adapter alors son environnement de travail, et donc déclencher le changement organisationnel d'abord à son échelle, puis de proche en proche, à tout ceux concerné par l'organisation à laquelle ils sont confrontés.

    Cependant, cette adaptation ne sera possible que si le changement organisationnel est culturellement ancré dans l'organisation. En effet, si la performance est d'améliorer le contexte de travail et d'engendrer un changement, alors le collaborateur devra passer par deux étapes : une reflexion

    53

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    personnelle, éventuellement une phase de test en conditons réelles de ses hypothèses d'amélioration, puis une communication à ses autres collaborateurs.

    Tout changement va générer de la résistance à plus ou moins grande échelle au niveau des collaborateurs concernés. Nous avons vu qu'une des solutions pour lever ses résistances est non seulement de communiquer et de faire participer, mais également de récompenser tous les efforts d'innovations personnelles jouant un rôle reconnu dans le changement organisationnel. Ainsi, des colllaborateurs qui feront preuve de performance, notamment dans le projet de changement, et qui seront récompensés pour leurs efforts, deviendront les meilleurs avocats de ce changement. Ces victoires individuelles (car il y a eu alors reconnaissance de l'effort généré) va favoriser à la fois l'adhésion au projet de changement organisationnel, mais également inciter davantage à l'innovation individuelle par le développement de la motivation des autres collaborateurs jusqu'alors hésitants quant au changement organisationnel se mettant en place.

    N'oublions pas que tout changement organisationnel va générer un certain stress, car les personnes concernées devront au cours du processus de changement "faire le deuil" de la situation de confort qui appartiendra alors au passé. Ce stress peut être accru si le changement se déroule en situation de crise, c'est-à-dire en réaction à de brusques variations du contexte de l'organisation (évolution conccurentielle, technologique, etc.). Ce stress peut être un bon stimulant comme nous l'avons vu précédemment dans notre revue de littérature, mais jusqu'à un certain point. Si ce changement organisationnel génère du stress au niveau du top management, ou des pilotes de la conduite du changement, celui-ci est-il transmis aux subordonnés par une pression descendente incitant à l'innovation individuelle et à l'action, ou ce stress se traduira-t-il par la définition d'objectifs nettement supérieurs aux précédents qui étaient alors en place avant la phase de "dégel" ?

    Nous voyons au cours de cette synthèse des interactions entre le changement organisationnel et la performance individuelle que bien des interrogations ont été soulevées. Il serait ainsi intéressant de savoir comment ces deux concepts interagissent entre eux, et plus précisément sur quels points il y a symbiose ou antagonisme.

    Notre deuxième partie sera consacrée à une enquête exploratoire afin de nous apporter des éléments concernant les intérrogations précédemment soulevées.

    Nous allons pour cela nous appuyer sur une enquête exploratoire concernant le projet de changement intitulé "Industrialisation" au sein de la société Sopra Banking Software située à Tours (Indre-et-Loire, France).

    54

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    2. ENQUETE EXPLORATOIRE

    2.1. Méthodologie d'enquête

    Afin de confirmer ou d'infirmer les différentes théories que nous venons de présenter concernant le changement organisationnel, la performance individuelle, et les interactions entre ces deux concepts, une enquête exploratoire est nécessaire. Nous allons voir maintenant les principes de la démarche de l'enquête et sa mise en place dans la société Sopra Banking Software (située à Tours, en Indre-et-Loire).

    2.1.1. Objectifs et choix du terrain d'enquête

    L'enquête réalisée constitue la partie opérationnelle de ce travail de recherche, et se situe dans une logique apprenante, dans le sens où cette enquête va permettre de confronter les théories précédemment exposées à la situation analysée sur le terrain. L'objectif est donc de montrer si le changement organisationnel améliore les performances individuelles des personnes impactées par ce changement.

    La posture épistémologique est donc interprétativiste, c'est-à-dire que nous allons essayer de comprendre sans juger les différents avis des personnes interrogées à la fois sur le changement qu'elles vivent encore actuellement (car non terminé), mais également sur ce qu'est pour elles la performance individuelle dans le cadre de l'entreprise et comment cette performance a été influencée par le changement organisationnel. De par cette posture, nous allons essayer de comprendre le schéma conceptuel et expliquer, ou plus exactement de trouver des corrélations entre les théories précédemment exposées et la réalité du terrain.

    L'interprétativiste implique l'immersion du chercheur dans le phénomène étudié. Impliqué dans le projet de changement organisationnel appelé "projet Industrialisation" au sein de Sopra Banking Software, cela m'a permis de réaliser cette étude au plus près des personnes concernées.

    2.1.2. Choix de l'outil d'enquête

    L'enquête exploratoire a été réalisée auprès du service "Recherches et Développements" (abrégé par la suite par "R&D") de Sopra Banking Software. L'ensemble de ce service comptait 217 personnes au jour de la diffusion de l'enquête (26 juin 2016). Souhaitant connaître l'avis d'un grand nombre de personnes, il m'a semblé pertinent de proposer à l'ensemble du personnel du service R&D,

    55

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    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    impacté par le projet "Industrialisation", mon enquête sous la forme d'un questionnaire auto administré envoyé par courriel interne.

    Il avait été envisagé au début de la conception de l'enquête de répondre au questionnaire par entretien individuel. Cependant, la perspective d'interroger un maximum de personnes est apparue comme chronophage : interroger 217 personnes pendant 10 minutes représente environ une semaine à temps plein d'entretien. De plus, réaliser ces entrevues durant le temps de travail pouvait amener à déranger les personnes dans leurs différentes tâches. Le fait de l'envoyer par courriel permet donc à chaque personne souhaitant répondre de gérer elle-même le moment de traiter le questionnaire et de le renvoyer.

    L'avantage de proposer cette enquête à l'ensemble d'un service est de recueillir les opinions de personnes présentant des profils différents (managers ou opérationnels, récemment recrutés ou non, de différents sous-services). Cette approche nous a permis par la suite d'affiner notre analyse de réponses recueillies en fonction de ces différents sous-groupes.

    2.1.3. Types de questions

    Différents types de questions ont été élaborés pour la réalisation du questionnaire :

    - Question à choix unique

    - Question à choix multiples

    - Question avec échelle

    - Question ouverte

    Le but de ces différents types de questions était d'éviter la monotonie lors du questionnaire et de permettre de recueillir de la façon la plus pertinente possible des réponses aux questions abordant pour chacune différents aspects théoriques du changement organisationnel et de la performance individuelle. Le nombre de questions retenues, et donc proposées, est de 15, certaines étant complétées par une question de justification ("Pourquoi ?", "Comment expliquez-vous... ?», "Quel est selon vous la cause ... ?).

    2.1.4. Méthodes de rédaction (Word / Sphinx)

    Afin d'avoir une cohérence dans le déroulé du questionnaire, la rédaction des questions a été réalisée en parallèle de la relecture de la revue de littérature. Ainsi, nous avons pour la plupart des points théoriques une question permettant ainsi de confirmer ou d'infirmer ces théories dans le contexte de l'entreprise Sopra Banking Software.

    56

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    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    Lorsque l'ensemble des questions a été réalisé, une sélection a été faite pour ne garder que les plus pertinentes et informatives.

    Le questionnaire a été réalisé tout d'abord avec le traitement de texte Microsoft Word, puis a été transcrit sous le logiciel Sphinx v5.0.

    Sphinx est un logiciel permettant de :

    - Concevoir des enquêtes et des questionnaires

    - Générer les documents sous format PDF de ces questionnaires afin de les transmettre aux

    personnes auxquels ils seront proposés

    - Saisir les réponses des questionnaires grâce à un formulaire généré automatiquement à

    partir du questionnaire

    - Réaliser des analyses statistiques à partir des réponses retournées.

    Outre le guide utilisateur disponible sur Internet 99, il existe de nombreux tutoriels100 permettant de se familiariser relativement rapidement avec ce logiciel.

    Les raisons de cette double transcription sont les suivantes :

    - Conception et mise en page : il était possible de réaliser le questionnaire uniquement sous Sphinx. Cependant, pour des raisons de mise en page (disposition du texte, insertion de logos, redimensionnent des zones de réponses libres), Sphinx propose dans sa version utilisée une mise en page trop "condensée", pouvant impacter la lisibilité du questionnaire par la personne le traitant.

    Concernant l'identité même du questionnaire, il m'a semblé dès le début très important de lui donner une image permettant de l'identifier comme étant originaire du monde universitaire et non de l'entreprise, ceci afin de renforcer le caractère indépendant de l'étude par rapport à Sopra Banking Software. En effet, insérer le logo de Sopra Banking Software aurait pu donner au questionnaire une connotation de "document issu de l'entreprise", et aurait pu générer des biais dans les réponses, dans le sens où les personnes auraient alors pu douter du caractère indépendant de cette étude vis-à-vis de l'entreprise.

    - Diffusion : il est possible avec Sphinx de générer un fichier PDF du questionnaire. Si celui-ci est destiné à être imprimé puis à être complété au stylo par les répondants, cette

    99 Disponible sur le site de l'Université de Paris Sud : http://hebergement.u-psud.fr/wikitic/images/e/e2/Manuel Utilisateur Sphinx iQ Mai 2014.pdf

    100 Tutorial en français disponible sur le site de l'Université de Montpellier : http://www.univ-montp3.fr/miap/ens/site/uploads/Main.LeSphynx/SupportFormationInitiation.pdf

    57

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    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    solution peut être envisagée. Dans le cas de cette étude, il était prévu de faire parvenir le questionnaire par courriel afin que les répondants puissent le remplir directement, et me le renvoyer. Vient alors le problème d'éditer un fichier PDF. En effet, renseigner un fichier PDF (en lui apportant en l'occurrence des réponses) n'est pas facile si le répondant n'a pas d'outils d'éditions de fichiers PDF à sa disposition.

    Par contre, au sein de Sopra Banking Software, tous les utilisateurs disposant d'un PC ont à leur disposition Microsoft Word, et peut donc aisément apporter des modifications sur les fichiers de ce traitement de texte. Du fait de la généralisation de l'utilisation de Word et de la facilité de modification de ses fichiers, ce format a donc été choisi pour diffusion.

    - Traitement des résultats : la réalisation de statistiques directement à partir des questionnaires sous Word n'est pas possible : un questionnaire par personne rend les réponses physiquement indépendantes les unes des autres. Il convient alors de les rassembler dans un seul fichier pour leur traitement statistique. Deux choix étaient possibles : Excel et Sphinx

     

    Excel

    Sphinx

     

    - Facilité d'utilisation

    - Formulaire de saisie des réponses

     

    - Grande variété de graphes

    basé sur le questionnaire

     
     

    - Gestion de sauts conditionnels

    entre les questions, accélérant la

    Avantages

     

    saisie des réponses

     
     

    - Analyse statistique spécialisée

    dans le dépouillement de questionnaires

     

    - Création de tableau pour

    - Outil à maîtriser

     

    chaque question

    - Type de représentations

     

    - Saisie des réponses à adapter

    graphiques limité

     

    par rapport à celle du

    - Tableaux d'analyses figés

    Inconvénients

    questionnaire (transcrire un surlignement de réponse par exemple)

     
     

    - Analyse statistique moins

    intuitive

     

    Figure 22 : comparaison Excel / Sphinx dans le traitement d'enquêtes 2.1.5. Confidentialité des réponses

    Dès la conception du questionnaire, j'ai souhaité mettre en confiance les personnes à qui je l'avais soumis afin de ne pas générer de biais dans leurs réponses, et d'avoir un maximum de retours. En

    58

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    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    effet, soit en mettant le logo de l'entreprise, ou sans indiquer la garantie de confidentialité, j'ai considéré que :

    - Le nombre de retours aurait été plus faible.

    - Certains avis qui ont été émis ne l'auraient pas été.

    Ainsi, afin de mettre les répondants en confiance, plusieurs critères ont été retenus lors de la réalisation du questionnaire :

    - Sur la page de présentation : une phrase indique : "Confidentialité : les réponses de ce

    questionnaire ne seront aucunement transmises de façon nominative à la Direction

    - Les noms et prénoms des répondants étaient facultatifs

    - Les personnes avaient trois solutions pour me remettre leur questionnaire

    ? Via ma boite mail de l'IAE

    ? En main propre

    ? Dans une bannette à mon nom mise à disposition dans le bureau des assistantes du

    service R&D.

    2.1.6. Date d'envoi et date limite de retour

    Après que la Directrice adjointe au service R&D ait informé l'ensemble des managers de la réalisation de l'étude le vendredi 27 mai 2016, j'ai diffusé mon enquête auprès de l'ensemble des personnes du service R&D, soit 217 personnes. La date limite de réponse était le vendredi 10 juin 2016, soit 2 semaines après sa diffusion.

    2.1.7. Réponses au questionnaire

    Entre le 27 mai et le 10 juin 2016, sur 217 personnes (dont 42 managers, adjoint, chefs de projets, ou managers de proximité) auxquelles le questionnaire a été envoyé, 90 ont répondu, soit un pourcentage de retour de 41%, alors qu'en général, le pourcentage de retour est de l'ordre de 25%101. Ce taux de retour peut s'expliquer non seulement par la communication de la Direction à tous les managers le 26 mai, mais également par un rappel formulé une semaine après la diffusion du questionnaire (donc en milieu de période de recueil de réponses).

    101 http://www.esen.education.fr/conseils/recueil-de-donnees/operations/construction-des-outils-de-recueil/questionnaire/

    59

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    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    Le nombre de répondants entre les managers et adjoints et les opérationnels se répartit comme ceci :

    Poste

    Nb. Cités

    Fréquence

    Manager ou adjoint

    21

    23,3%

    Opérationnel

    69

    76,6%

    Total observé

    90

    100,0%

    Figure 23 : répartition des répondants à l'enquête selon leur poste 2.1.8. Représentativité de l'échantillon

    Nous venons de voir précédemment que notre échantillon est composé de 90 personnes dont 23,3 % de managers, adjoints, managers de proximités ou chefs de projets. Au niveau de la population de la R&D, le nombre de ces supérieurs hiérarchiques est de 42 pour un total de 217 personnes, soit 19,3%. Nous constatons ainsi que la proportion de managers ayant répondus dans notre échantillon est un peu supérieure à la proportion de la population. Cependant, nous devons nous interroger sur la représentativité de notre échantillon par rapport à la population. En effet, un échantillon est dit "représentatif" lorsqu'il possède les mêmes caractéristiques que la population étudiée.

    Plus le nombre de personnes ayant répondu à un questionnaire est élevé, plus la marge d'erreur sera faible. Cette marge d'erreur (exprimée en pourcentage) correspond à l'écart entre le résultat d'un sondage sur un échantillon et le résultat réel sur la population toute entière dont est issu cet échantillon.

    Il existe une formule permettant de calculer le nombre minimum de répondants à une enquête :

    N = z2 x p (1 - p) / m2

    N = taille de l'échantillon

    z = niveau de confiance selon la loi normale centrée réduite : correspond à la probabilité que

    l'échantillon influence les résultats obtenus.

    p = proportion estimée de la population qui présente la caractéristique

    m = marge d'erreur tolérée

    Il est à remarquer que cette formule ne prend pas en compte la taille de la population : cette formule ne peut s'appliquer que pour une population infinie (population de grande taille dont le dénombrement exact n'est pas connu). Dans le cas d'une population de faible taille, la taille de l'échantillon doit alors être corrigée.

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    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    Marien et Beaud102 nous indiquent que pour une petite population, la taille de l'échantillon requis pour une marge d'erreur E de 5% est :

    N = 1 / E2 ; soit N = 1/0,0025 ; soit N = 400

    Afin de savoir si une population P est de faible taille, il faut multiplier la taille N de l'échantillon requis par 7 : si le résultat obtenu est supérieur à la taille de la population, alors la population est considérée comme "petite", et un facteur de correction sera appliqué à la taille de l'échantillon requis.

    La taille de l'échantillon corrigée est alors obtenue par :

    N' = (P x N) / (P + N)

    Notre population (le service R&D) est constituée de 217 personnes.

    La taille corrigée de l'échantillon requis pour une marge d'erreur E de 5% est donc :

    N' = (217 x 400) / (217 + 400) ; soit N' = 141

    Nous avons eu 90 réponses à notre enquête au lieu des 141 requis : quel est notre marge d'erreur ?

    N' = (P x N) / (P + N) ; soit 90 = (217 x N) / (217 + N)

    La résolution de cette équation nous donne : N = 154

    Or la marge d'erreur E est calculée par :

    N = 1/ E2

    Donc, avec n = 154, notre marge d'erreur est

    E = I (1/ N), soit 0,08 c'est-à-dire de 8%.

    Ainsi, nous pouvons considérer que l'écart entre les résultats de notre enquête et le résultat réel sur la population toute entière dont est issu cet échantillon est au maximum de 8%. Les réponses de notre échantillon reflètent donc à 8% près l'opinion de la population considérée.

    Avant de passer à l'analyse des résultats obtenus et à leur confrontation aux théories précédemment exposées à propos des concepts de changement organisationnel et de performance, il me semble essentiel de présenter le projet "Industrialisation" qui est à l'origine du changement organisationnel au sein du service R&D de Sopra Banking Software. Cette présentation permettra ainsi de mieux comprendre les réponses obtenues par rapport au contexte dans lequel s'est réalisé l'étude.

    102 Marien B. et Beaud J.-P. (2003), Guide pratique pour l'utilisation de la statistique en recherche : le cas des petits échantillons, Agence universitaire de la francophonie, Québec, p. 10

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    2.2. Présentation du cadre de l'étude

    2.2.1. Sopra - Steria

    La société SOPRA (SOciété de PRogrammation et d'Analyse) a été créée en janvier 1968 par Pierre Pasquier, François Odin et Léo Gantelet. Le groupe figure parmi les plus anciennes entreprises de services numériques (ESN) en Europe, et se positionne sur l'ensemble des métiers de services informatiques, y compris en ce qui concerne l'édition de logiciels grâce à ses filiales Axway Software et Sopra Banking Software.

    Fort de plus de 38 000 collaborateurs dans 20 pays, Sopra Steria affiche un chiffre d'affaires de 3,6 milliards d'euros en 2015.

    2.2.2. Sopra Banking Software

    Depuis sa création en 1982 à Tours, la société Delta Informatique produit et commercialise le progiciel bancaire, modulaire et intégré nommé "Delta-Bank". Ce dernier est vu comme une référence dans beaucoup de pays francophones. En 2011, Sopra Group a décidé de racheter la société afin de la fusionner avec Callatay and Wouters dans le but de donner naissance à Sopra Banking Software. Le progiciel "Delta-Bank" est alors renommé "Amplitude".

    2.2.3. Progiciel Amplitude

    Adopté avec succès par plus d'une centaine de banques, Amplitude est une solution complète "core banking" intégrée qui offre de riches fonctionnalités et permet une implémentation dans des délais maîtrisés. Son architecture modulaire permet une implémentation relativement rapide et progressive.

    La solution "Amplitude" (anciennement "Delta-Bank") équipe plus de 600 établissements financiers dans 70 pays. Grâce à sa flexibilité, le progiciel s'est adapté à des établissements différents, et à vocations variées : banques commerciales, établissements de crédit, banques de développement, d'affaires, établissements spécialisés, etc. La taille des banques varie d'une organisation mono agence à une banque à grand réseau d'agences.

    62

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    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    2.3. Projet "Industrialisation"

    2.3.1. Contexte, enjeux et difficultés de l'environnement

    - Contexte : le marché du progiciel bancaire sur lequel Amplitude est reconnu est en forte croissance. Ainsi, la diffusion d'Amplitude en 2016 s'est faite dans 600 banques à travers 70 pays.

    - Enjeux : les enjeux majeurs de ce projet sont à la fois de déployer Amplitude à travers tout le continent africain, de renforcer ses positions en Afrique francophone, d'accroître son développement sur les zones Afrique anglophone et lusophone, d'accompagner les clients d'Amplitude dans leur croissance, avec pour objectif final d'être leader sur la zone considérée.

    - Challenges et difficultés : les principaux challenges et difficultés étant le versionning actuel (problématique du report des évolutions qui diminue la capacité à investir), l'alerte sur la qualité des livrables (robustesse, performance, incidents de production) et le "Time to market" insuffisant et la R&D surchargée (difficulté à tenir les engagements avec qualité).

    2.3.2. Objectifs du projet "Industrialisation"

    L'objectif premier est d'améliorer la qualité selon trois axes :

    - Refondre la politique éditeur : en limitant le nombre de versions et le nombre de livraisons, en diminuant les coûts de maintenance et en servant les besoins de Road Map.

    - Assurer la pérennité et l'évolutivité dans le temps d'Amplitude : en définissant des règles d'architecture et de développement, et en urbanisant et standardisant les règles d'architectures techniques, les normes et les bonnes pratiques de développement

    - Améliorer la satisfaction client : en mesurant la qualité par la mise en oeuvre d'indicateurs qualité KPI (Key Performance Indicator) et par le suivi de leur évolution dans le temps et définir des objectifs à atteindre, en améliorant la qualité des livrables (maitrise de développement, testing, fiabilisation des environnements clients, performance, packaging & delivery, documentation), et en entrant dans une démarche d'amélioration continue et en élaborant le Plan Qualité Progiciel d'Amplitude.

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    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    2.4. Chronologie du projet Industrialisation

    Le projet Industrialisation a démarré en mai 2014 et représente 4000 jours-hommes.

    Figure 24 : chronologie du projet "Industrialisation"

    Suite à cette présentation du projet "Industrialisation", nous allons maintenant analyser les résultats obtenus suite à notre enquête auprès de l'ensemble des personnes du service R&D de la société Sopra Banking Software située à Tours.

    2.5. Résultats de l'enquête

    2.5.1. Partie de l'enquête concernant le changement organisationnel a) Vision du projet

    En premier lieu, il nous a paru essentiel de savoir ce que représente le projet "Industrialisation" pour les personnes concernées par ce projet de changement organisationnel. Nous leur avons donc demandé quel mot caractérisait le mieux pour eux le projet "Industrialisation".

    Les réponses ont été les suivantes :

    64

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    Figure 25 : caractérisation du projet "Industrialisation" en nombre de citations exprimées

    Dans un premier temps, nous constatons que les objectifs premiers du projet "Industrialisation" qui étaient la qualité et l'amélioration du produit Amplitude, ainsi que la mise en place de procédures et de processus ont été perçus par une grande part des répondants (figure 25, partie gauche). Il est à noter la citation à plusieurs reprises des mots "vital", "nécessaire" et "adaptation" indiquant également qu'une partie des répondants sont conscients de la nécessité pour l'organisation d'évoluer afin s'adapter à la modification de son environnement, à savoir une exigence accrue des clients, nécessitant des capacités aussi bien en terme de réactivité que de standardisation, la multiplicité des cas particuliers étant particulièrement chronophage tant en terme de développement qu'en terme de suivi client.

    Concernant les termes cités une seule fois (figure 25, partie droite), nous ne pouvons ignorer certains termes tels que "difficile", "flou", "précipitation", "tardif", "usine", pouvant être lié soit à une perception de manque d'accompagnement dans le sens "top down", soit un déficit de demandes, voire de sollicitations d'explications dans le sens "bottom up". Il est à noter également le terme "utopique" pouvant induire la difficulté d'implémentation du projet de par l'indifférence d'une partie des acteurs.

    La communication et le partage de la vision du projet sont à rapprocher d'un des critères essentiels de Kotter ainsi que Grouard et Meston (voir §1.1.12) pour la réussite d'un projet de changement organisationnel, à savoir la diffusion de la vision du projet. Cette vision doit être partagée par l'ensemble de l'organisation, et notamment par l'ensemble des personnes impactées par ce

    65

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    changement. Le but du projet de changement doit être clairement exprimé et compris, ainsi que la façon dont il sera réalisé.

    b) Principale origine du changement organisationnel

    Par rapport à la mise en place du projet "Industrialisation", nous nous sommes intéressés sur ce qui était pour les répondants la principale origine de ce changement organisationnel.

    Figure 26 : origine du changement organisationnel

    Deux origines principales ont été identifiées par les répondants. La première exprimée à près de 58% est une origine stratégique tandis que la seconde est une origine technologique pour 40% des répondants.

    Nous pouvons considérer que les deux sont liées : du fait que les méthodes organisationnelles ne sont plus adaptées à l'environnement de l'organisation, ceci entraîne ipso facto une nécessité stratégique de s'adapter à l'environnement externe à l'organisation, ceci afin d'avoir toujours un avantage compétitif par rapport à la concurrence, que ce soit non seulement en terme de qualité, mais également en terme d'innovation et de réactivité "time to market".

    Ces deux réponses (origine stratégique et origine technologique) sont à rapprocher du classement de Meier (voir §1.1.5). Cependant, Meier indique que l'origine technologique n'impose pas forcément de nouveaux modes d'organisation. Sur ce point, il faut considérer si la modification technologique concerne le coeur du métier (obligation de passer par un outil précis dans la réalisation des tâches. Par exemple : refonte d'un intranet), ou n'est qu'une modification d'un outil se substituant à un autre sans pour autant bouleverser la tâche en elle-même (par exemple : changement de logiciel de traitement de texte).

    c) Identification des pilotes du projet

    Nous nous sommes ensuite demandés si les personnes concernées par le changement organisationnel connaissaient les personnes pilotes du projet. Presque la moitié des répondants ont répondu "pas toutes" et un quart "une minorité". A l'opposé, seules 6,7% des personnes ayant répondues connaissent tous les pilotes du projet "Industrialisation".

    66

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    Figure 27 : identification des pilotes du projet

    Si nous regardons la répartition de cette connaissance selon le niveau hiérarchique, nous remarquons une différence entre les managers et les opérationnels : les managers et leurs adjoints ont davantage connaissance des pilotes du projet que les opérationnels.

    Poste

    Identification pilotes

    Manager ou
    adjoint

    Opérationnel

    Total

    Oui, tous

    23,80%

    1,40%

    6,70%

    oui, presque tous

    38,10%

    20,30%

    24,40%

    Pas tous

    28,60%

    47,80%

    43,30%

    Une minorité

    9,50%

    27,50%

    23,30%

    Non, pas du tout

    0,00%

    2,90%

    2,20%

    Total

    100%

    100%

    100%

    Figure 28 : connaissance des pilotes du projet selon le niveau hiérarchique des répondants

    Afin de vérifier si l'écart constaté entre les réponses des managers et les opérationnels était bien lié au niveau hiérarchique, nous avons réalisé un test du khi2 :

    Tableau par nombre de réponses

    Apres regroupement (valeurs < 5)

     
     

    Figure 29 : test Khi2 entre la connaissance des pilotes et le niveau hiérarchique

    Ce test démontre un lien de dépendance très élevé entre la connaissance des pilotes et le niveau hiérarchique des personnes concernées par le projet : plus le niveau hiérarchique est élevé et meilleure est la connaissance de l'ensemble des pilotes.

    67

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

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    Ceci peut s'expliquer par le fait que les managers et leurs adjoints participent à davantage de réunions de travail concernant le projet, les amenant, selon l'objet de ces réunions ou la progression du projet en lui-même, à rencontrer pratiquement l'ensemble des pilotes. Les opérationnels ayant moins de réunions ont ainsi moins d'opportunités de connaître ces différents pilotes. Ceci est à rapprocher de l'importance de la phase de déploiement en méthodologie de conduite de changement, comme l'ont expliqué Autissier et Moutot (voir §1.1.8) : durant la phase de déploiement, la motivation des personnes concernées par le changement doit être entretenue, notamment par l'utilisation d'une communication efficace et adaptée à la typologie des acteurs. Ainsi, le déploiement est expliqué notamment aux managers, qui à leur tour, transmettent la méthodologie de déploiement à leurs équipes. Cette communication de type "top down" entraîne donc une différence de connaissance des pilotes de la conduite du changement, les managers servant de relai au reste du personnel. Ainsi, les personnes encadrées n'étant pas en relation directe avec les pilotes du projet du changement (ou beaucoup moins que leurs managers) ont par conséquence une connaissance plus réduite de ces pilotes. Ceci peut avoir pour défaut d'entretenir un flou sur "qui dirige le changement" et donc générer un sentiment de d'inquiétude ou de crainte vis-à-vis du projet de changement organisationnel.

    d) De l'intensité du changement organisationnel

    La perception du changement organisationnel d'un point de vue transitionnel a ensuite été évaluée, à savoir si ce changement était pour les personnes impactées plutôt brutal ou progressif.

    Figure 30 : perception de l'intensité du changement organisationnel

    Les résultats nous montrent que les trois quarts des répondants perçoivent le changement organisationnel qu'induit le projet "industrialisation" comme important (57,8%) ou très important (23.3%). Nous avons vu lors de la présentation du projet que celui-ci avait démarré il y a environ deux ans. Ceci montre que, parmi les critères permettant de distinguer si un changement organisationnel est de type "rupture" ou "continu" (ces critères étant : "étendue", "profondeur" et

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    "rythme" selon Giroux ; voir §1.1.2), c'est le critère "profondeur" qui impose ici la perception de rupture de ce changement.

    Caractéristiques

    Formes du
    changement

    Descriptions

    Critère correspondant au
    projet "Industrialisation"

    Etendue

    Global

    Le changement touche l'ensemble

    des activités et unités de
    l'organisation

    PARTIEL

    Le changement organisationnel ne concerne que la R&D.

    Partiel

    Il touche une portion de

    l'organisation et une partie de ses unités. Il s'avère insuffisant pour

    modifier la performance de
    l'organisation.

    Profondeur

    Majeur

    Il marque une grande différence avec le passé et une rupture et discontinuité apparentes.

    MAJEUR Mise en place de : - nouvelles méthodes - nouveaux outils - nouveaux postes

    Marginal

    Raffinement de la situation

    actuelle, du contenu, du processus et de la mission de l'organisation.

    Rythme

    Lent

    Il consiste à une démarche

    graduelle pour assurer par la suite un nouvel équilibre.

    LENT

    Le projet a démarré depuis environ deux ans

    Rapide

    Il s'agit d'un redressement et d'une

    révolution contre une situation
    passée.

    Figure 31 : classification du projet "Industrialisation" selon la typologie de Giroux

    Ce ressentiment de rupture est à rapprocher également de la typologie de Watzlawick et al. (Voir §1.1.2), qui nous permet de classer le projet "Industrialisation" comme étant un projet de changement organisationnel de type 2, c'est-à-dire impactant directement les structures et l'ordre interne de l'organisation, avec remise en cause des fonctionnements précédents.

    Un test khi2 entre les managers et les opérationnels ne montre pas de dépendance significative entre la perception de l'intensité de modification du changement et le niveau hiérarchique des personnes concernées par le projet.

    68

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    Tableau par nombre de réponses

    Apres regroupement (valeurs < 5)

    69

    Figure 32 : test Khi2 entre la perception de l'intensité du changement et le niveau hiérarchique e) Les principaux axes du changement organisationnel

    Les personnes concernées par le projet "Industrialisation" ont ensuite été interrogées afin de savoir sur quoi, selon elles, avait porté le changement organisationnel. Les personnes ayant répondu pouvaient donner jusqu'à trois réponses. En effet, il nous a semblé qu'il était difficile de cantonner un changement organisationnel sur un seul aspect parmi ceux qui étaient cités.

    Figure 33 : principaux axes du changement organisationnel

    Cette question met en avant le fait que le changement organisationnel est symbolisé avant tout par l'implantation de nouvelles méthodes de travail. Ces nouvelles méthodes de travail sont induites par la mise en place d'un nouvel intranet (appelé "Coccinelle") permettant de suivre l'ensemble du traitement des demandes clients jusqu'à leurs livraisons, en passant par différentes étapes (d'un point de vue général : l'analyse, le développement, les tests, la qualification et la livraison). La mise en place de cet intranet permet donc non seulement un meilleur suivi du travail réalisé en R&D, mais permet également à tous les acteurs de l'organisation d'utiliser les mêmes méthodes de travail, par le respect de processus déterminés. D'ailleurs, la mise en place de ces processus a modifié la perception de la productivité par les répondants, comme nous le montre la proposition la plus citée après "nouvelles méthodes de travail", c'est-à-dire "changement de productivité". Cette

    70

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    influence d'un critère sur l'autre est à rapprocher de ce qu'expliquent Alexandre-Bailly et al. (Voir §1.1.2), dans le sens une organisation est un système dont l'impact en un point va retentir sur d'autres dimensions de l'organisation.

    Cependant, ce "changement de productivité" ne précise pas si cela concerne une augmentation ou une réduction de productivité. Cependant, tout changement organisationnel entraîne ipso facto un changement de productivité, comme l'ont expliqué Autissier et Moutot avec le graphe de la vallée du désespoir" (Voir §1.1.11) : tout changement entraîne une transition d'une situation de confort (où tout est maîtrisé et connu) vers une situation d'inconfort (car il y a alors nécessité d'apprentissage des nouvelles méthodes de travail et de nouveaux outils). Nous verrons ce point un peu plus loin dans notre étude.

    Le troisième axe de changement le plus cité est la communication, ce qui paraît logique puisque, en adéquation avec les théories de changement, notamment celle de Kotter, de Autissier et Moutot ou encore de Grouard et Meston (Voir §1.1.12), la communication est un élément crucial pour la réussite d'un projet de changement organisationnel, car c'est par la communication que non seulement le partage de la vision et des objectifs du projet va se faire, mais c'est également par la communication que l'adhésion au projet a le plus de chances de réussir.

    f) La perception du projet de changement organisationnel

    Nous avons voulu savoir quelle était la perception des répondants vis-à-vis du projet "Industrialisation", et plus particulièrement comment celle-ci avait évolué entre le début du projet et actuellement.

    Figure 34 : perception du changement organisationnel au début du projet et actuellement

    (1 . pas du tout favorable ; 6 . très favorable)

    L'analyse de ce graphique nous montre qu'au début du projet :

    - Une grande majorité avait un avis mitigé sur le projet "Industrialisation" (niveau de perception de 4). Selon la typologie de D'Hermemont et César (voir §1.1.11, figure 10), cette catégorie correspond aux "hésitants", voire aux "déchirés".

    - Un tiers environ y était favorable ou très favorable (niveaux de perception 5 et 6), ceux-ci correspondant aux catégories "triangle d'or" et "engagé".

    71

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    - Un quart environ y était peu ou pas favorable (niveaux de perception 1, 2 et 3), ceux-ci pouvant être associés aux catégories "râleurs", "opposants" et "révoltés".

    Deux ans après le projet, l'opinion des répondants a évolué :

    - Augmentation des catégories des "favorables" et "très favorables" compensée par une diminution de la catégorie des "mitigés".

    - Stagnation de la catégorie des "peu favorable" ou "pas favorable" au projet.

    L'analyse de l'évolution de ces tendances nous montre que, globalement, l'adhésion au projet a augmenté avec le temps. Mais au-delà de cette vision globale d'évolution, nous avons voulu savoir à l'échelle individuelle comment se répartissait cette évolution, selon qu'elle se soit accrue, qu'elle soit restée stable, ou qu'elle ait diminué.

    Les réponses ("perception au début" et "perception maintenant") de chacun des répondants ont donc été classées dans 3 catégories : perception ayant augmentée positivement, perception restée stable, et perception ayant augmenté négativement. Cette analyse au niveau individuel nous a donné les résultats suivants :

    - Perception ayant augmenté positivement : 39% des répondants.

    Moyenne de progression : de 3,5 (au début du projet) à 5,2 (actuellement)

    Quelques citations des personnes de cette catégorie concernant les raisons de l'augmentation positive de leur perception vis-à-vis du projet "Industrialisation" :

    · Objectifs mal définis au début ; manque de vision concrète au départ

    · Au début, je n'avais aucune idée de ce que représentait le projet (pas ou peu d'explications). Aujourd'hui, c'est plus clair et je pense que ça va dans le bon sens.

    · Les nombreux échanges via les ateliers proposés pour échanger sur l'avancement du projet

    · Meilleure compréhension des besoins et des enjeux.

    · Concrétisation des différents objectifs

    · Cela devenait nécessaire

    · Flou au début ; plus clair maintenant

    Nous voyons dans cette partie de l'échantillon que la vision et les objectifs du projet étaient flou lors de son lancement. Mais plus le projet a progressé dans le temps, plus les personnes ont pu vérifier "sur pièce" la concrétisation du projet par l'application des nouvelles méthodes et des nouveaux outils, mais également par les réunions et les formations qui ont accompagnées le changement.

    72

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    - Perception stable : 39% des répondants.

    Moyenne de perception : 4,6

    Quelques citations des personnes de cette catégorie concernant la stabilité de leur

    perception :

    ? Après quelques mois du démarrage du projet Industrialisation, on a l'impression qu'il y

    a encore des tâtonnements, mais qu'on ne nous dit pas tout.

    ? Le projet avance, mais on conserve encore une partie de l'ancienne méthodologie.

    Cette partie des répondants voit sa perception stable depuis le début du projet. Bien que le projet ait démarré et se soit concrétisé par de multiples faits, ces personnes n'ont soit pas encore une vision nette des objectifs futurs, soit une perception d'une transition pas suffisamment nette, entraînant la cohabitation de deux systèmes organisationnels : l'ancien et le nouveau.

    - Perception ayant augmentée négativement : 22% des répondants.

    Moyenne de progression : de 4,7 (au début du projet) à 3,2 (maintenant)

    Quelques citations des personnes de cette catégorie concernant la diminution de leur perception :

    ? Beaucoup de nouveaux processus (peut-être trop) mais la mise en pratique n'est pas toujours facile. Pas assez d'accompagnement pour la mise en place de ces processus.

    ? Je pense que l'idée est excellente, mais la mise en application est compliquée et intervient dans une période de charge de travail déjà importante et ajouter à cela des tâches / procédures supplémentaires est assez lourd.

    ? Depuis des années, j'attendais une organisation plus précise. Les nombreux documents, parfois compliqués et pas intuitifs et les outils pas encore prêts me laisse en attente du résultat final.

    Nous constatons de par les justifications de l'évolution de leur perception que ces répondants ressentent un alourdissement des procédures. Ceci peut correspondre à la mise en place de procédures plus strictes, laissant moins de liberté aux personnes dans le flux de travail auquel elles prennent part. De plus, certaines indiquent un manque d'accompagnement. Nous retrouvons ici l'importance de la phase d'apprentissage et d'accompagnement. Cependant, cette part d'échantillon représente 22% des répondants, ce qui sous-entend que les besoins en accompagnement et en formation diffèrent entre les différentes personnes.

    73

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    g) De la sensation de regret ou non de l'organisation précédente

    Un changement organisationnel génère toujours une part de crainte, car les personnes concernées quittent une situation de confort dans laquelle elles avaient la sensation de maitriser leur environnement de par l'expérience et la connaissance qu'elles en avaient pour une situation nouvelle avec d'autres méthodes de travail, ses nouveaux outils, et éventuellement les nouveaux rôles impliqués. Nous avons voulu savoir si les personnes concernées par le projet "Industrialisation" avaient des regrets par rapport à l'organisation précédente.

    Figure 35 : ressentiment de regret par rapport à l'ancienne organisation

    Un test Khi2 a été réalisé afin de vérifier si le ressentiment de regret était différent entre les managers et les opérationnels.

    Tableau par nombre de réponses

    Apres regroupement (valeurs < 5)

    Figure 36 : test Khi2 entre le ressentiment de regret et le niveau hiérarchique

    Ce test Khi2 entre les managers et les opérationnels ne montre pas de dépendance significative entre le ressentiment de regret de l'organisation précédente et le niveau hiérarchique des personnes concernées par le projet.

    Les deux tiers environ des répondants n'éprouvent aucun regret pour l'ancienne organisation. Cela démontre que le "deuil" tel que le décrivent Kets de Vries et Miller n'a pas eu lieu, ou alors qu'il est terminé. Le fait que ces répondants n'éprouvent pas de regret peut démontrer que ce qu'apporte la nouvelle organisation ne génère aucun manque fonctionnel ou organisationnel par rapport à l'ancienne situation.

    74

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    Quelques citations de répondant n'ayant aucun regret de l'organisation précédente :

    · L'ancienne organisation n'était plus adaptée à la complexité de l'entreprise.

    · Il était grand temps d'évoluer vers des méthodes de travail plus organisées, plus encadrées, et surtout normalisées et homogénéisées entre toutes les équipes, tout cela sous l'autorité d'une entité dédiée et compétente.

    · Le travail auparavant était trop personnel... chacun travaillait un peu dans son coin. Les nouvelles méthodes et procédures, la centralisation des documents des informations permettent désormais de travailler plus efficacement, de trouver l'information plus facilement.

    · L'ancienne organisation devenait inadaptée face à la complexité croissante de notre fonctionnement.

    Il est intéressant de noter qu'un tiers environs des répondants ressentent un peu de regrets vis-à-vis de l'organisation précédente, comme le montrent certaines citations :

    · On s'habitue vite à une méthode de travail, et le changement entraîne souvent une réadaptation qui peut être parfois rebutante.

    · Le fonctionnement organisationnel est encore en plein modelage. Ce n'est toujours pas clair.

    · Perte de fluidité dans les échanges.

    · Rigidité des nouvelles procédures.

    · Il y avait moins de procédures, et plus de souplesses dans le travail.

    Ces réponses sont en adéquation avec la volonté du projet "Industrialisation" d'amener l'ensemble des acteurs de la R&D à travailler en cohérence : cohérence dans leurs méthodes de travail et dans les outils à utiliser. Ce qui revient le plus fréquemment dans cette partie des répondants est la perte d'une souplesse de travail, que des procédures aient été mises en place, donnant une sensation de rigidifier les différentes tâches inhérentes à la R&D. Cela ne peut être nié, mais d'un autre côté, il n'est pas possible de travailler de concert et en harmonie si chacun n'utilise pas justement des méthodes de travail harmonisées pour tous, ceci passant par l'application de procédures standardisées.

    2.5.2. Partie de l'enquête concernant la performance individuelle a) Ressentiment de la perte de productivité personnel lors du changement

    Après avoir consacré la première partie de notre enquête au changement organisationnel, nous nous sommes intéressés au concept de la performance individuelle. Nous avons demandé aux personnes

    75

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

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    interrogées comment elles avaient ressenti l'évolution de leur productivité au début du projet (il y a 2 ans) et maintenant.

    Figure 37 : ressentiment de l'évolution de la productivité personnelle
    (1 : pas de perte de productivité ; 6 : grande perte de productivité)

    Nous pouvons constater sur ce graphe que lors du début du changement organisationnel (barre "reduction_prod_au_debut"), la moitié des répondants ressentait une grande perte de productivité (niveaux 4, 5 et 6 sur le graphe), l'autre moitié (niveaux 1, 2 et 3) ayant un ressenti de baisse de performance plus faible.

    La deuxième mesure de ce graphe (barre "reduction_prod_maintenant") montre une évolution dans le ressentiment global de l'évolution de la productivité individuelle. Les niveaux 4, 5 et 6 qui représentaient la moitié des réponses au début du changement ne représente plus qu'un tiers environ, alors que la proportion du ressenti en une baisse plus faible de la productivité (niveaux 1, 2 et 3) est passée d'un quart à pratiquement la moitié des répondants.

    Ceci est à rapprocher de la "vallée du désespoir" d'Autissier et Moutot qui, pour rappel, montrait que tout changement organisationnel entrainait ipso facto une baisse de productivité qui s'atténuait au fur et à mesure de la mise en place des différents outils, méthodes accompagnées des formations adéquates et des processus d'apprentissages nécessaires. Cependant, alors que la "vallée du désespoir" illustrait la variation de productivité suite à un changement organisationnel, nous avons ici recueilli la perception de cette variation de productivité. Une mesure de la productivité en elle-même par l'utilisation d'indicateurs aurait pu confirmer (voire infirmer) cette perception.

    Nous avons voulu approfondir ce ressentiment de perception d'évolution de la productivité en comptant les répondants selon trois catégories : ceux ayant eu le ressenti d'une baisse de productivité puis d'un regain, ceux n'ayant pas perçu d'évolution de productivité tout au long du changement organisationnel et ceux ayant eu le ressenti d'une baisse croissante de productivité depuis le lancement du changement.

    - Ressentiment de perte de productivité d'abord forte au début du changement organisationnel puis ayant diminuée progressivement jusqu'à maintenant : 50% des répondants.

    76

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    Progression de la moyenne de ressentiment de baisse de productivité : de 4,2 (au début) à 2,3 (maintenant)

    Quelques citations des personnes de cette catégorie concernant la baisse puis le regain de leur productivité :

    · L'apprentissage de la maîtrise de nouveaux outils impute nécessairement une baisse de la productivité. Une fois acquis, la productivité augmente par rapport à la situation initiale si les outils sont bien conçus.

    · Besoin de temps pour apprendre les nouvelles méthodes

    · Il faut bien apprendre.

    · A force de pratiquer, on apprend.

    · Le temps de s'approprier les nouvelles méthodes et les outils qui vont avec.

    · Les personnes s'occupant de l'industrialisation répondent toujours à vos questions.

    - Ressentiment de perte de productivité stable entre le début du changement organisationnel et maintenant : 31% des répondants.

    Moyenne de ressentiment de perte de productivité : 2,8

    Quelques citations des répondants de cette catégorie concernant la stabilité de leur productivité :

    · Beaucoup de réunions.

    · Multiplications des procédures avant mise en oeuvre des solutions.

    · L'augmentation du nombre de documents à fournir.

    · Plus de documents à préparer pour tout ce que l'on fait.

    · Pour les petites évolutions, processus trop lourd.

    - Ressentiment de baisse croissante de productivité depuis le début du changement organisationnel : 19% des répondants.

    Progression de la moyenne de ressentiment de baisse de productivité : de 2,7 (au début) à 4,6 (maintenant)

    Quelques citations des personnes de cette catégorie concernant la baisse croissante de leur productivité :

    · Beaucoup de choses à faire en plus sans avoir le temps de le faire.

    · Plus de charge de travail à laquelle on n'est pas habitué/formé.

    · La perte de productivité est liée aux nombreux documents à produire dorénavant à chaque étape de l'étude jusqu'au développement.

    · Plus de tâches à accomplir pour le même résultat.

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    ? Beaucoup de saisies et d'administratif.

    ? De plus en plus de procédures à respecter.

    b) Définition de la performance individuelle

    Il nous a semblé essentiel dans notre questionnaire de demander ce que représentait la performance individuelle pour les personnes interrogées.

    Notre revue de littérature sur le sujet nous a permis de définir plusieurs composantes à la performance individuelle. Aussi, les répondants pouvaient donner toutes les composantes qui, selon eux, participaient à la performance individuelle.

    Figure 38 : caractéristiques de la performance individuelle

    Pour les répondants, l'atteinte d'objectifs supérieurs à ce que l'on attend d'eux est cité le plus fréquemment. Ceci est à rapprocher des analyses de Lemonnier (Voir §1.2.4) qui considère que l'atteinte d'objectifs supérieurs à ce qui est attendu participe activement au développement de l'organisation et de son évolution.

    La seconde caractéristique de la performance individuelle selon les répondants est le partage de connaissance. Nous pouvons donc émettre l'hypothèse que le fait qu'une personne partage son savoir fait partie intégrante de sa performance individuelle, aussi bien que son atteinte d'objectifs supérieurs à la normale. Ce qui sous-entend qu'une personne atteignant des objectifs bien supérieurs à la normale mais faisant de la rétention de connaissances ne serait pas perçue comme une personne performante. Le concept de connaissance se retrouve d'ailleurs dans la troisième proposition la plus citée, à savoir l'innovation personnelle. Ainsi, une personne qui fait preuve d'innovation, que ce soit en terme de produits, de méthodes ou d'outils sera également perçue comme performante. Comme nous l'avons vu précédemment (voir §1.3.2), Caron estime qu'"un certain nombre d'innovations ont eu pour origine une idée proposée par un travailleur manuel, au contact des difficultés quotidiennes de la production".

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    L'apprentissage et l'auto-apprentissage n'apparaissent qu'en quatrième position. Ils peuvent favoriser bien entendu les trois critères précédemment cités mais les réponses à cette question montrent que le fait d'apprendre ne rend pas forcément une personne performante : c'est ce qu'elle fait ou pas de ces connaissances récemment acquises qui va influer sur sa performance, ce que nous rappelle exactement Argyris et Schön (voir §1.3.3).

    Enfin, le critère d'atteinte d'objectifs standards est cité en dernier, ce qui correspond bien à la définition de performance, l'atteinte d'objectifs standards étant la base même du travail quotidien défini par le contrat de travail.

    c) Influence du changement organisationnel sur la performance individuelle

    Nous avons voulu savoir si le changement organisationnel impactait sur la performance individuelle.

    Figure 39 : influence du changement sur la performance individuelle

    Une grande majorité considère que le changement organisationnel influe sur leur performance individuelle, mais de façon ponctuelle. En effet, le changement organisationnel ne va pas modifier complètement le métier de chaque personne mais va apporter, de par de nouvelles méthodes et de nouveaux outils dans certaines parties de leur flux de travail ("workflows"), les moyens d'améliorer leurs performances. Cette notion d'amélioration ponctuelle de performance peut donc être liée au concept d'évolution organisationnelle, et non de révolution organisationnelle.

    Cette ponctualité de l'amélioration de la performance individuelle est également renforcée par le fait qu'un tiers des répondants considèrent que le changement organisationnel n'a aucune influence sur l'amélioration de leur performance individuelle. Si nous rattachons cette réponse aux propositions de la question précédente sur ce qu'est pour les répondants la performance individuelle (principalement : atteinte d'objectifs supérieurs, partage de connaissance et innovation), les répondants considèrent que le changement organisationnel n'a eu que peu ou pas d'influence sur l'ensemble de ces critères.

    Ceci est renforcé par les réponses correspondant à la question de savoir si le changement organisationnel qui était réalisé incitait à dépasser ses objectifs.

    79

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    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    Figure 40 : influence du changement sur le dépassement des objectifs

    Ainsi, le changement organisationnel n'incite pas, selon les répondants à dépasser leurs objectifs. Nous pouvons considérer que cela est dû au fait que les personnes ont besoin de s'approprier les nouveaux outils et les nouvelles méthodes afin de rattraper leur perte de productivité et de retrouver les objectifs existant avant le changement organisationnel. Puis, une fois cette perte de productivité récupérée par la maîtrise de la nouvelle méthodologie, alors viendra le temps de dépasser les objectifs standards.

    Le fait que le changement organisationnel n'incite pas en majorité les répondants à dépasser leurs objectifs est à rapprocher de la théorie de la motivation de Vroom (voir §1.3.5), notamment du concept d'instrumentalité de cette théorie, c'est-à-dire la probabilité pour une personne qu'un effort permette d'accéder ou non à une récompense.

    Nous nous sommes interrogés également sur la façon dont le changement organisationnel avait influé sur l'implication au travail des répondants.

    Figure 41 : influence du changement sur l'implication au travail

    Pour rappel, selon Blouin et al. (Voir §1.3.5), l'implication inclut non seulement les critères de la motivation (définition d'objectif, effort consenti pour atteindre cet objectif, et temps de poursuite de cet effort) mais également l'intérêt porté au travail ainsi que les comportements et les attitudes à l'égard de ce même travail. Nous constatons ici que le changement organisationnel n'a eu aucune influence sur l'implication des deux tiers des répondants, le tiers restant estimant que le changement n'avait eu qu'une influence ponctuelle sur leur implication. Ainsi, nous pouvons supposer que le changement organisationnel n'a pas développé l'intérêt que les répondants ont dans leur travail par rapport à l'organisation précédente.

    80

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

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    d) Effort d'adaptation lors du changement organisationnel

    Tout changement organisationnel nécessite de la part des personnes concernées un minimum d'effort, que ce soit pour s'adapter et s'approprier les nouvelles méthodes et les nouveaux outils mis en place, ou pour travailler avec les nouvelles personnes impliquées dans les différents processus.

    Cet effort par rapport au changement organisationnel nous a donné les résultats suivants :

    Figure 42 : estimation de l'effort d'adaptation

    (1 : adaptation facile ; 6 : adaptation difficile)

    L'adaptation est fortement influencée à la fois par l'accompagnement (information et communication) mais aussi par les formations concernant les nouvelles méthodes de travail et les nouveaux outils. Les résultats nous montrent que les deux tiers des répondants estiment que l'effort d'adaptation au changement organisationnel est moyen, ce qui sous-entend que les répondants ont des besoins d'accompagnement et d'informations qui n'ont peut-être pas été suffisants sur certains points (explications des nouvelles procédures, des documents mis en place, de la chronologie des différentes tâches entre elles, etc.). Ceci est à mettre en relation avec les travaux de Grouard et Meston concernant les clés de la réussite de conduite de changement, notamment l'importance de la formation et de l'accompagnement tout au long du projet de changement organisationnel.

    e) Changement organisationnel et niveau de stress

    Nous avons vu dans l'état de l'art, et notamment de part les travaux de Légeron, que le stress peut être influencé entre autres par le contexte du travail, c'est-à-dire :

    - Les changements impactant le travail du salarié

    - Les incertitudes issues soit de l'organisation dans laquelle évolue le salarié, soit des

    changements auxquels il est confronté

    - L'organisation même de l'entreprise

    - Des éventuels conflits de valeurs

    81

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    Ainsi, il apparaissait évident qu'étudier l'influence du changement organisationnel généré par le projet "Industrialisation" sur le niveau de stress des salariés aurait apporté des éléments objectifs sur les axes d'influences, et aurait permis a posteriori d'influer sur la communication du projet tout au long de son déroulé, ceci afin de réduire le stress engendré par ces changements organisationnels.

    Deux questions étaient ainsi initialement incluses dans le questionnaire d'étude :

    Comment estimez-vous votre niveau de stress au travail ?

    ( Entourez ou surlignez 1 seule valeur. 1 : aucun stress ; 6 : beaucoup de stress)

    1

    2

    3

    4

    5

    6

    Si vous avez un certain niveau de stress, quelles en sont les principales causes ?

    (Mettez une croix en face des propositions correspondant à vos choix. 3 choix maximum)

    Contenu du travail (charge de travail, responsabilité)

     

    Contexte du travail (changement, incertitude, organisation, conflits)

     

    Individus (inadéquation avec le poste, frustration matérielle, psychologique , absence d'intérêt)

     

    Difficultés relationnelles (hiérarchie, collaborateurs, clients)

     

    Changements liés au projet « Industrialisation »

     

    Les réponses apportées à ces deux questions auraient ainsi pu démontrer si le changement organisationnel engendré par le projet "Industrialisation" augmentait ou non le niveau de stress des collaborateurs impactés par ce projet.

    La Direction de Sopra Banking Software a décidé, après lecture du questionnaire d'étude (et donc avant qu'il soit soumis aux collaborateurs), de faire retirer ces deux questions.

    f) Innovation et changement organisationnel

    Nous avons vu que l'innovation personnelle est un des critères de la performance individuelle. Aussi, nous nous sommes demandés si au cours du projet "Industrialisation", les managers avaient incité leurs équipes à réfléchir sur l'amélioration organisationnelle.

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    Figure 43 : recherche d'amélioration incitée par le management

    Nous constatons que les réponses sont partagées. Nous pouvons alors émettre les hypothèses suivantes :

    - Soit certains managers incitent plus que d'autres leurs équipes à chercher à améliorer l'organisation des différentes tâches.

    - Soit, pour un même manager, son message est compris différemment entre les membres de son équipe : certains ont compris clairement une incitation à la réflexion, et d'autres non.

    Au-delà de cette incitation, nous avons voulu savoir si les personnes interrogées avaient elles-mêmes recherché de nouvelles méthodes de travail.

    Figure 44 : recherche personnelle de nouvelles méthodes de travail

    Seul un quart des répondants a imaginé de nouvelles méthodes de travail (ou réfléchi à de nouveaux outils). Pour la majorité n'ayant eu aucune recherche personnelle, nous pouvons supposer que :

    - Soit les personnes sont trop consacrées à leur travail et n'arrivent pas à se dégager de temps nécessaire et suffisant pour réfléchir à des améliorations potentielles, bien qu'au fond d'elles-mêmes, elles le souhaiteraient

    - Soit les personnes n'ont pas une implication suffisante pour réaliser de telles recherches.

    Nous avons voulu savoir par la suite si les personnes ayant réfléchi à des nouvelles méthodes de travail avaient communiqué sur celles-ci, soit à leurs collègues de travail, soit à leurs managers.

    82

    Figure 45 : communication éventuelle des idées d'amélioration

    83

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

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    Ces deux résultats montrent une disparité selon les destinataires de la communication d'amélioration : si une très grande majorité (88%) est enclin à communiquer aux collègues de travail, un tiers des répondants ne communiquent pas leurs idées d'amélioration à leurs managers.

    Nous pouvons émettre différentes hypothèses concernant cette retenue :

    - Soit les personnes considèrent que leurs idées ne sont pas intéressantes, et donc ne valent pas la peine d'être communiquées.

    - Soit ces personnes se rapprochent des définitions de Vroom concernant l'instrumentalité (que l'on pourrait reformuler par : "Que vais-je obtenir si je communique mon idée ?") et la valence (que nous pourrions également reformuler par : "Serais-je récompensé pour la communication de cette idée" ?).

    - Une dernière hypothèse est le soupçon de dépossession de l'idée : si celle-ci apporte un réel avantage à l'organisation, une partie des répondants peuvent penser que s'ils communiquent leur idée à leurs managers, alors ces managers, en communiquant dessus sans citer l'origine de l'idée, tireront profit de cette idée (par une reconnaissance hiérarchique, par exemple).

    Concernant la communication des idées, nous avons voulu savoir quel était le mode privilégié. Une synthèse des modes de communications des idées nous donne le tableau suivant :

    Mode de communication

    Fréquence

    Oral

    55%

    Ecrit

    37%

    Oral et écrit

    8%

    Figure 46 : mode de communication des idées

    Ce résultat illustre le poids de la transmission orale des connaissances, et donc la perte de capitalisation que cela induit. En effet, nous pouvons considérer que parmi les idées transmises oralement, certaines ne sont pas retenues non pas par manque d'intérêt, mais parce que le temps de les prendre en considération manque. Une transmission écrite favoriserait une capitalisation sous forme de "boite à idées" qui serait alors utilisée au moment opportun, par exemple lors de l'émergence d'un projet organisationnel concernant une thématique particulière (par exemple : changement organisationnel de la gestion des documents, des différentes étapes de traitements d'une donnée particulière, etc.).

    g) Changement organisationnel et partage de connaissance

    Tout changement organisationnel fait passer les personnes concernées d'une situation dont elles maîtrisent les outils et les méthodes ("situation de confort") à une situation constitué d'une part

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    d'inconnu, de par la mise en application de nouvelles méthodes ou de nouveaux outils. Cette méconnaissance du nouvel environnement de travail engendrée par le changement organisationnel incite le partage de connaissances : les personnes vont échanger entre elles des informations qu'elles vont capitaliser afin de retrouver au plus tôt une nouvelle situation de confort.

    Nous avons ainsi voulu savoir si le projet "Industrialisation" favorisait le partage de connaissances entre les personnes concernées.

    Figure 47 : niveau de favorisation du partage des connaissances
    (1 : pas du tout ; 6 : tout à fait)

    Les résultats nous montrent (si nous considérons les segments médians 3 et 4) qu'une majorité des personnes ayant répondu considère que le projet "Industrialisation" a favorisé en parti le partage des connaissances entre les personnes concernées. Cette favorisation induite en partie par le projet "Industrialisation" sous-entend que sans le projet, les personnes considèrent qu'il y a d'une façon générale un partage minimum de connaissances entre les personnes. Le projet "Industrialisation" a donc donné une impulsion au partage des connaissances entre les individus, augmentant ainsi ce niveau de partage.

    h) Critères favorisés par le changement organisationnel

    Pour finir notre étude, nous avons voulu savoir quels critères étaient le plus favorisés par le changement organisationnel généré par le projet "Industrialisation".

    Figure 48 : critères favorisés par le projet "Industrialisation"

    84

    85

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    Précédemment, la majorité des répondants avait considéré (voir § 2.5.2b) que la performance individuelle était en majorité l'atteinte d'objectifs supérieurs à ceux attendus. Cependant, lorsque nous leur avons demandé quel critère est favorisé par le projet "Industrialisation", ce n'est pas l'atteinte d'objectifs supérieurs qui est le plus cité, mais la cohésion d'équipe. Nous pouvons considérer que la cohésion d'équipe en situation de changement organisationnel favorise la communication (et donc la circulation des connaissances), et permet, de par ces échanges, de favoriser l'innovation, cette innovation favorisant à son tour non seulement le développement de nouvelles méthodes et de nouveaux outils, mais permettant également une plus grande implication des personnes de ces équipes.

    86

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    2.5.3. Limites de l'étude réalisée

    Notre étude a permis de mettre en relation l'influence du changement organisationnel sur la performance individuelle des personnes concernées. Cependant, certaines limites à cette étude sont à exprimer.

    a) Limitée à une entreprise

    L'étude a été réalisée dans une seul entreprise : Sopra Banking Software. Il aurait été intéressant de réaliser la même étude dans d'autres entreprises dans lesquelles un projet de changement organisationnel a été réalisé, ceci afin de vérifier si les interactions entre le changement organisationnel et les performances individuelles étaient influencées par l'entreprise elle-même, que ce soit par exemple par son secteur d'activité, sa taille ou son ancienneté.

    b) Limitée à un périmètre restreint : ne concerne que la R&D

    Nous avons réalisé notre étude sur le périmètre directement concerné par le projet "Industrialisation", à savoir le service de Recherches et Développement de Sopra Banking Software. Cependant, nous n'avons pas élargi notre étude à l'ensemble des parties prenantes du service R&D (comme par exemple : les services commerciaux, administratifs, etc.).

    Elargir l'étude nous aurait permis de constater si le changement organisationnel d'un service précis avait une influence sur la performance des autres services en relation avec celui-ci.

    c) Profondeur de recherche sur certaines questions

    Au cours de l'étude, et pour certaines questions, nous avons demandé aux répondants la raison de leur réponse, afin d'avoir une précision sur leur choix. Cela a été réalisé par exemple pour les questions sur la perception du projet "Industrialisation", sur la notion de regret concernant l'ancienne organisation, ou encore sur la perte de productivité. Nous aurions pu demander cette précision ("Pourquoi ?") sur l'influence du changement organisationnel sur la performance individuelle, comme par exemple les questions concernant la recherche de nouvelles méthodes ou leur communication auprès des collègues ou de la hiérarchie.

    87

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    3. CONCLUSION

    Au cours de notre étude, nous avons voulu montrer quels étaient les impacts du changement organisationnel constitué par le projet "Industrialisation" de la société Sopra Banking Software, et en quoi le changement organisationnel améliore-t-il les performances individuelles.

    Le changement organisationnel entraîne des modifications de fonctionnement des différents acteurs concernés de par la mise en place de nouvelles méthodes de travail, de nouveaux outils, voire de nouveaux acteurs ou de nouveaux postes. Mais le changement organisationnel peut se heurter à la réticence, voire la résistance de certains. La meilleure façon de lutter contre les résistances est tout d'abord d'avoir une communication claire sur la vision et les objectifs du projet de changement organisationnel. Un autre aspect que nous a montré notre étude est que la connaissance des pilotes du projet de changement doit être connue dès le début du projet (par exemple par une réunion de lancement officiel avec présentation des pilotes du projet ou la mise en place d'un organigramme avec photos), au risque dans le cas contraire d'entretenir un flou sur l'organisation même du projet.

    Le changement organisationnel est une opportunité pour chaque salarié d'améliorer ses propres performances. En effet, le collaborateur va passer d'une situation de confort, dans laquelle il maîtrise l'ensemble de son environnement (méthodes, outils, acteurs) à une situation nouvelle faite de nouvelles méthodes, nouveaux outils et éventuellement de nouveaux acteurs. Ce changement organisationnel va alors l'inciter, voire le contraindre, à améliorer ses connaissances afin de pouvoir s'adapter à son nouvel environnement.

    Le changement organisationnel peut, par une redistribution d'une partie des acteurs, améliorer la performance individuelle en réduisant certains goulots d'étranglement dans les différents processus, par une meilleure répartition de la charge de travail. Les personnes concernées pourront alors se consacrer, au cours de leurs différentes activités, à l'analyse de ces activités afin de détecter des opportunités d'amélioration. Cette participation individuelle à la réflexion collective sur l'amélioration organisationnelle peut influencer favorablement l'implication de chacun.

    Nous avons vu que le changement pouvait être l'origine de résistance, mais peut également servir de levier motivationnel, du fait que le changement va ipso facto changer ce que nous pourrions appeler la "routine quotidienne" du collaborateur. Le changement organisationnel peut donc être vécu comme un catalyseur d'innovations et de réflexions, ce catalyseur ne pouvant fonctionner que si les managers incitent leurs collaborateurs à cette innovation, non pas par contrainte, mais en communiquant l'envie d'améliorer leur environnement de travail. En effet, contraindre les personnes à la réflexion par des réunions à présence obligatoire ne favorisera pas la réflexion des

    88

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    personnes qui n'en auront pas envie. Au contraire, toute la réflexion concernant l'innovation et l'apprentissage doit se faire volontairement, sous peine de générer de la résistance de la part des personnes sollicitées. L'envie d'innovation et d'apprentissage va, de ce fait, induire une culture de l'innovation qui va d'abord amener à la réflexion seulement quelques individus, mais ces réflexions associées au partage entre individus et à la communication vont engendrer une émulsion de groupe qui n'en sera que favorable à l'organisation. Cette émulsion amènera alors ceux qui étaient réticents à réfléchir peu à peu à l'amélioration de leur environnement. Cette émulsion de groupe sera d'autant plus favorisée que tout changement organisationnel entraîne dès son démarrage une baisse plus ou moins prononcée de la productivité de chacune des personnes concernées. Les personnes concernées par cette baisse de productivité vont alors chercher à la combler en se tournant vers les autres personnes situées dans leur périmètre proche, ceci afin d'échanger des informations sur les nouvelles méthodes mises en place. Notre étude a d'ailleurs montré que, d'après les personnes interrogées, ce n'est pas l'atteinte d'objectifs qui était favorisée par le changement organisationnel, mais la cohésion d'équipe : les personnes échangeant des informations vont être amenées à plus de solidarité afin de faire face aux nouvelles situations auxquelles elles sont confrontées.

    Ainsi, nous avons pu montrer grâce à notre étude que le changement organisationnel améliore les performances individuelles. En effet, par le fait qu'elle favorise la cohésion de groupe, les individus de chaque groupe vont chercher à s'adapter à leur nouvelle situation organisationnelle par des échanges d'informations et de connaissances. Ces échanges leur permettront non seulement de s'adapter encore plus rapidement à la nouvelle organisation, mais créera également des opportunités d'amélioration pour l'entreprise, favorisant à son tour son adaptation dans l'environnement en perpétuel mouvement.

    89

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    91

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    Annexes

    a) Annexe 1 : planning de réalisation du mémoire

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    b) Annexe 2 : questionnaire de l'enquête

    92

    93

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    MASTER 2

    Management de la Qualité et des Projets
    Formation Continue 2015121111E

     

    UNIVERSITÉ

    FRANÇOIS - R14REt AIS 40 !OURS 40

    1) Si irons deviez en 1 mot caractériser le projet Industrialisation », quel serait-il ?

    2.) Selon vous, quelle est la raison de la mise en place du projet « Industrialisation u ? (Entourez ou sur!ignez 1 seul choir)

    Cause

    technologique

    (périclité de

    produit ou de
    méthodes)

    Cause environnementale (par rapport â la concurrence)

    Cause organique (l'entreprise

    augmente de
    taille)

    Cause culturelle (le

    changement fait
    partie de la culture d'entreprise)

    Cause stratégique (adaptation â long terme)

    3) Avez-vous identifié les personnes pilotes du projet « Industrialisation » 'Entoure{ ou surlignez 2 seul choix)

    Oui, toutes

     

    oui, presque toutes

     

    Pas toutes

     

    Une minorité

    Non, pas du tout

    4) Selon vous, de quelle façon le projet <4 Industrialisation » a-t-il modifié le fanctionneruent de l'organisation lors de sa mise en place ?

    (Eii ourez 1 seul chair)

    De façon té-5 importante

     
     

    De façon importante

     

    De façon modéré

     

    De façon superficielle

     

    n_cclifié

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    5) Selon vous, quels ont été les principaux.
    projet «Industrialisation:» ? (Mette: rine croix en face des propositions 3 choir maximum)

    axes du changeinevt ol2auisarionnel du correspondant â vos choix.

     

    Nouvelles méthodes de trac ail

     

    Formation

     

    Modification de pouvoir

     

    Chan2enlent de collaborateurs

     

    Communication

     

    Cliangenient de productivité

     

    2015. -2016 COUSTARDFric

    coustard _ ericbae _univ-to urs _ fr

    94

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    Mae

    1UU

    MASTER 2

    Management de la Qualité et des Projets
    Formation Continue 2015/2016

    UN1VER51T `

    FBANÇOIS- R AFtAIS 'OUI %

     
     

    6) Quelle est vitre perception du projet « Industrialisation » (Entourez eu s'alignez .1 seine valeur pour chaque affirmation) 1 :pas du tout favorable ; 6 : It's favorable)

    A son début

    1

    2.

    3

    4

    5

     

    Maintenaut

    1

    2.

    3

    4

    5

     

    S'il y a un écart, comment eipliquez-vous l'évolution de votre perception ?

    6) Ressentez-vous des regrets quant au fonctionnement -organisationnel qui €rait en place avant le lancement du projet «Industrialisation » ?

    (Entourez on s'alignez .1 sein choix)

    Oui, beaucoup de regret

    Oui, un peu de regret

    non, pas de re gee:

     
     
     

    Pourquoi ?

    S} Suite a l'application des nouvelles normes de travail (organisations, procédures,

     

    refonte de l°Intranet «Coccinelle 0, avez--vous constaté une réduction de votre propre productivité ?

    (Entourez ou s'alignez 1 seule valeur.

    1 : pas de perle de productivité 6 : grande _perte de productivité)

    A son début

    1

    2

    3

    4

     
     

    Maintenaut

    1

    2.

    3

    4

    5

     

    Quel est selon vous la cause de l'évolution de votre productivité ?

    9) Selon vous, qu'est-ce qui caractérise la performance individuelle ?

    (Entourez ou s'alignez vos choir. Plusieurs choix possibles)

    Atteinte
    d'objectifs
    standards

    Atteinte
    d'objectifs
    supérieurs à ceux
    que l'on attend
    de vous

    Apprentissage
    et auto-
    apprentissage

    Innovation
    personnelles afin
    de faire
    progresser
    l'entreprise

    Partage de
    connaissances
    avec vos
    collègues pour
    les faire
    progresser

    2015 - 2016 ODÜSTARD Eric

    ccustard_erict ae_univ-tcurs_fr

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    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet "Industrialisation" au sein de Sopra Banking Software

     

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    10) Selon vous, !e cllangeluent organisationnel engendré par k projet
    «Industrialisation >..

    (Entourez ou sur1igneü 1 seule réponse pour chaque affirmation)

    Améliore les performances individuelles

    Oui, de façon

    significative

    Oui, mais de

    façon ponctuelle

    1an

    Vous incite à dépasser vos objectifs

    Oui, de façon

    significative

    Oui, mais de

    façon ponctuelle

    Non

    A fait évoluer votre implication personnelle

    Oui, de façon

    significative

    Oui, mais de

    façon ponctuelle

    Non

    10) Comment estimez-vous votre effort d'adaptation lors de la mise en place du projet « Industrialisation » ?

    (Entourez ou s'alignez f seule valeur. I : adapt lion facile ; 6 : adaptation difficile)

    1 2 3 4

    13) Concernant l'amélioration de vos méthodes de travail : (Entourez ou s'alignez I seule reponse pour chaque affirmation)

     

    Y avez-vous été incité par votre management ?

    Oui

    Non

    Avez-vous personnellement imaginé de nouvelles méthodes de travail ?

    Oui

    Non

    13) Si vous avez réfléchi $ de nouvelles méthodes de travail, l'avez-vous communiqué : (Entourez or s'alignez J seule reponse pour chaque affirmation)

    A vos collègues de travail

    Oui

    Non

    A votre management

    Oui

    Non

    Si oui i< l'une des affirmations précédentes : sous quelle(s) forme(s) ?

    13) Selon vous, k projet «Industrialisation:> favorise-t-il le partage de connaissances (Encourez ou sur1ignez 1 seine valeur.

    1: _pas du tout; 6 : tort a fait)

    1

    3

    4

    S

    2015 - 2016 USTARD Eric

    coustard_erici?J iae _univ-tours_fr

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    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

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    c) Annexe 3 : brochure de présentation de Sopra Banking Software

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    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet "Industrialisation" au sein de Sopra Banking Software

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    99

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    Cas du projet "Industrialisation" au sein de Sopra Banking Software

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    101

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    Table des matières

    Liste des figures 3

    INTRODUCTION 5

    1. ETAT DE L'ART 8

    1.1. LE CHANGEMENT ET LA CONDUITE DU CHANGEMENT 8

    1.1.1. Qu'est-ce que le changement ? 8

    1.1.2. Les différentes typologies du changement 9

    1.1.3. Définition de la conduite du changement 13

    1.1.4. Typologie de la conduite du changement 14

    1.1.5. Quelles sont les origines du changement organisationnel ? 16

    1.1.6. De quoi dépendent les aptitudes au changement organisationnel ? 17

    1.1.7. Le processus du changement organisationnel 18

    1.1.8. Méthodologie de la conduite du changement 20

    1.1.9. De l'importance des managers dans la conduite du changement 21

    1.1.10. Comment est perçu le changement organisationnel ? 22

    1.1.11. Pourquoi résister lors d'un changement ? 23

    1.1.12. Quelles sont les clés de réussite d'un changement organisationnel ? 26

    1.2. DE LA PERFORMANCE GENERALE... 29

    1.2.1. Qu'appelle-t-on "performance" ? 29

    1.2.2. Origine du concept de performance 30

    1.2.3. Quel est le périmètre d'évaluation de la performance ? 35

    1.2.4. Comment pouvons-nous évaluer cette performance ? 35

    1.2.5. Quelles sont les différences entre les tableaux de bord et les benchmarks ? 37

    1.2.6. Quels sont les apports de la performance pour l'organisation ? 38

    1.2.7. Quel est le lien entre la performance et le partage de connaissances ? 39

    1.3. ... A LA PERFORMANCE INDIVIDUELLE 41

    1.3.1. Les dimensions comportementales de la performance individuelle 41

    1.3.2. De l'importance de l'innovation dans la performance individuelle 42

    1.3.3. L'importance de l'apprentissage dans la performance individuelle 43

    1.3.4. Existe-t-il un lien entre le stress et la performance individuelle ? 44

    1.3.5. Quels sont les liens entre la motivation et la performance individuelle ? 46

    1.4. SYNTHESE SUR LE CHANGEMENT ORGANISATIONNEL ET LA PERFORMANCE INDIVIDUELLE 48

    2. ENQUETE EXPLORATOIRE 54

    2.1. Méthodologie d'enquête 54

    2.1.1. Objectifs et choix du terrain d'enquête 54

    2.1.2. Choix de l'outil d'enquête 54

    2.1.3. Types de questions 55

    2.1.4. Méthodes de rédaction (Word / Sphinx) 55

    2.1.5. Confidentialité des réponses 57

    2.1.6. Date d'envoi et date limite de retour 58

    2.1.7. Réponses au questionnaire 58

    2.1.8. Représentativité de l'échantillon 59

    104

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    2.2. Présentation du cadre de l'étude 61

    2.2.1. Sopra - Steria 61

    2.2.2. Sopra Banking Software 61

    2.2.3. Progiciel Amplitude 61

    2.3. Projet "Industrialisation" 62

    2.3.1. Contexte, enjeux et difficultés de l'environnement 62

    2.3.2. Objectifs du projet "Industrialisation" 62

    2.4. Chronologie du projet Industrialisation 63

    2.5. Résultats de l'enquête 63

    2.5.1. Partie de l'enquête concernant le changement organisationnel 63

    a) Vision du projet 63

    b) Principale origine du changement organisationnel 65

    c) Identification des pilotes du projet 65

    d) De l'intensité du changement organisationnel 67

    e) Les principaux axes du changement organisationnel 69

    f) La perception du projet de changement organisationnel 70

    g) De la sensation de regret ou non de l'organisation précédente 73

    2.5.2. Partie de l'enquête concernant la performance individuelle 74

    a) Ressentiment de la perte de productivité personnel lors du changement 74

    b) Définition de la performance individuelle 77

    c) Influence du changement organisationnel sur la performance individuelle 78

    d) Effort d'adaptation lors du changement organisationnel 80

    e) Changement organisationnel et niveau de stress 80

    f) Innovation et changement organisationnel 81

    g) Changement organisationnel et partage de connaissance 83

    h) Critères favorisés par le changement organisationnel 84

    2.5.3. Limites de l'étude réalisée 86

    a) Limitée à une entreprise 86

    b) Limitée à un périmètre restreint : ne concerne que la R&D 86

    c) Profondeur de recherche sur certaines questions 86

    3. CONCLUSION 87

    Références bibliographiques 89

    Annexes 91

    a) Annexe 1 : planning de réalisation du mémoire 91

    b) Annexe 2 : questionnaire de l'enquête 92

    c)

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    Annexe 3 : brochure de présentation de Sopra Banking Software 97

    Table des matières

    IMPACTS DU CHANGEMENT ORGANISATIONNEL

    Cas du projet ``Industrialisation» au sein de Sopra Banking Software

    Résumé

    L'environnement des entreprises est en perpétuelle évolution, contraignant celles-ci à s'adapter afin de pouvoir continuer à être compétitives et assurer de ce fait leur pérennité. Cependant, ces adaptations entrainent en conséquence des changements dans leur fonctionnement quotidien. Ces changements d'organisation ont alors un impact direct sur les personnes actrices de ces changements. D'où l'intérêt de se poser la question : en quoi le changement organisationnel améliore-t-il les performances individuelles ? Posons-nous également la question de savoir sur quels facteurs de la performance individuelle le changement organisationnel agit. A travers l'analyse du projet "Industrialisation" qui a eu lieu au sein de l'entreprise Sopra Banking Software située à Tours en Indre-et-Loire, nous allons voir comment le changement organisationnel et la performance individuelle sont liés, et comment la modification d'un système dans sa globalité a une influence sur l'élément humain. Nous analyserons ainsi au travers de notre étude s'il existe des écarts ou non avec les différentes théories du changement et de la performance évoquées durant ce travail.

    Mots-clés : conduite du changement, performance, innovation, apprentissage, communication, leadership, organisation, processus, activités, procédures, standardisation

    Summary

    The environment of companies is in a state of perpetual evolution, forcing them to adapt in order to remain competitive and, in doing so, ensure their longevity. However, these organisational changes in companies lead to modifications in daily functioning, so have a direct impact on the people who live them. Which begs the question: in what way does an organisational change improve individual performance? Additionally, precisely what factors of individual performance are affected by organisational changes? Throughout the analysis of the «Industrialisation» project at the heart of the company Sopra Banking Software, situated at Tours in Indre-et-Loire, we will see how organisational change and individual performance are linked, and how the modification of a system in its entirety has an influence on the human element. We will thus analyse throughout our study whether there exist disparities between the different theories of change and performance evoked during this work.

    Key words: change management, performance, innovation, apprenticeship, communication, leadership, organisation, processes, activities, procedures, standardisation






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