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Influence du mode d'incubation sur le fitness et la qualité biochimique des larves de saumon atlantique (salmo salar) destinées au repeuplement dans le bassin mosan.

( Télécharger le fichier original )
par Bradford Emmanuel BAYARD
Université de Liège/Unamur - Master de spécialisation en Gestion des Ressources Aquatiques et Aquaculture 2016
  

Disponible en mode multipage

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Université de Liège

Université de Namur

 

Influence du mode d'incubation sur le fitness et la qualité biochimique des larves de saumon
Atlantique (Salmo salar) destinées au repeuplement dans le bassin mosan.

Travail de fin d'étude en vue de l'obtention du diplôme de Master de spécialisation en Gestion des Ressources Aquatiques et Aquaculture

Présenté par:

Bradford Emmanuel BAYARD

Promoteurs : Encadrants :

Professeur Patrick KESTEMONT Dr. Florian GEAY

Dr. Robert MANDIKI Mme Enora FLAMION

Septembre 2017

i

Influence du mode d'incubation sur le fitness et la qualité
biochimique des larves de saumon Atlantique (Salmo
salar
) destinées au repeuplement dans le bassin mosan

II

Remerciements

Je remercie le professeur Patrick Kestemont et le Dr Robert Mandiki d'avoir accepté d'être mes promoteurs dans le cadre de ce travail de recherche. Vos conseils avisés, vos corrections et votre disponibilité pour moi tout au long de ce mémoire ont été hors prix. Je vous en suis très reconnaissant.

Toutes mes gratitudes à mes encadrants, le Dr Florian Geay et madame Enora Flamion. Vous avez été toujours disponible pour moi. Vous m'avez donné de très bons conseils, des corrections et pardessus tout vous avez été très patient avec moi.

Je remercie madame Mélusine Van Larebeke de l'Université Catholique de Louvain (UCL) de m'avoir aidé avec les tests de lipides et d'acides gras. Gentille comme vous seule, méticuleuse et patiente; votre aide a été totale. Merci infiniment.

Merci également au Dr Carole Rougeot d'avoir corrigé ma première synthèse bibliographique.

Je veux remercier très sincèrement toute l'équipe de l'URBE de l'Université de Namur en général et particulièrement M. Sascha Antipine et M. Yves Mine. Merci de votre franche et entière collaboration.

Merci à M. Benoît Thomassen que j'ai eu la chance de rencontrer à Erezée.

Merci aux membres du Jury qui me font l'honneur de lire et d'évaluer ce travail de fin d'étude.

Enfin, je désire remercier tous mes proches, mes amis et toute personne qui de près ou de loin ont contribué à la réalisation de ce mémoire. Je m'en passerai de citer des noms afin d'éviter toutes omissions. Toutes mes profondes gratitudes.

.

III

Résumé

Influence du mode d'incubation sur le fitness et la qualité biochimique des larves de saumon
Atlantique (Salmo salar) destinées au repeuplement dans le bassin mosan.

Le déclin du saumon Atlantique dans les eaux naturelles rend nécessaire des programmes de repeuplement. Cependant, ces programmes ne donnent pas encore les résultats escomptés dans certaines rivières. Face à ce constat, il est important de faire des recherches afin de trouver des solutions. La présente étude a pour but de déterminer l'influence du mode d'incubation sur le fitness et la qualité biochimique des larves de saumon Atlantique à l'émergence, dans la perspective d'améliorer le succès des programmes de repeuplement. Ainsi nous avons utilisé des oeufs génétiquement identiques et produits dans les mêmes conditions, venant du conservatoire de saumon de Chanteuges (France) pour réaliser nos expériences. Ces expériences consistaient à tester un mode d'incubation semi-naturelle en 2 rivières (Aisne et Samson) et 4 autres modes d'incubation en écloserie dont deux en tiroirs et deux sur claies. Pour les tiroirs, nous avons testé l'eau de rivière face à l'eau de forage tandis que pour les claies, nous avons testé la claie avec galets face à la claie sans substrat. L'objectif étant de confirmer l'importance du substrat ainsi que celle de la qualité de l'eau dans l'incubation. À l'émergence des larves, nous avons réalisé des mesures biométriques sur 54 alevins que nous avons ensuite euthanasiés afin de procéder à des analyses de lipides et d'acides gras. Au début de la phase de post-émergence, nous avons testé dans des bassins en triplicat, l'impact des modes d'incubation en écloserie sur la croissance et la survie des alevins durant 19 jours.

La dynamique d'émergence entre les rivières a été similaire. Beaucoup de larves sont quand même restées dans certains incubateurs à la fin de l'expérience, ce qui parait être en relation avec une différence entre individus plutôt qu'aux conditions du milieu. Le taux de survie à l'émergence dans les rivières est faible (34% et 25%) comparé aux systèmes tiroirs et claies en écloserie (entre 98% et 99%). Aucune différence significative n'a été observée pour la survie à l'émergence en écloserie. Cependant, ce paramètre varie chez les alevins élevés en bassins en début de post-émergence et est significativement meilleur pour les individus issus du système tiroir alimenté avec l'eau de forage. Le poids corporel et la longueur des larves à l'émergence en milieu naturel et ceux des individus issus des systèmes tiroir alimenté avec l'eau de forage et des claies avec galets, sont significativement plus élevés que les individus des systèmes tiroir alimenté avec l'eau de la rivière Aisne et des claies sans substrat. Pour la phase post-émergence, le taux de croissance (SGR) était compris entre 4,1%/jour et 5%/jour, et aucune différence significative n'a été détectée entre les modes d'incubation. Les modes d'incubation semblent ne pas trop influencer le statut lipidique global des larves à l'émergence. Cependant, l'incubation en tiroir alimenté avec l'eau de forage, paraît donner des larves avec une meilleure teneur en lipides (totaux et neutres) et un meilleur profil d'acides gras notamment. D'autres études seraient intéressantes pour tester l'impact des modes d'incubation sur la capacité de nage et sur le comportement anti-prédateur des alevins.

iv

TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS II

RESUME III

TABLES ET FIGURES VI

GLOSSAIRE VII

I.

INTRODUCTION

1

1.1.

Problématique

1

1.2.

Synthèse bibliographique

2

1.2.1.

Rappel du cycle biologique du saumon

2

1.2.2.

Incubation en milieu naturel et en écloserie

4

1.2.3.

Rôle de la qualité de l'eau d'incubation

7

1.2.4.

Influence des modes d'incubation sur la qualité des larves

8

1.2.5.

Objectifs

12

II.

MATERIELS ET METHODES

12

2.1.

Matériels biologiques

12

2.2.

Sites d'étude

12

2.3.

Description des rivières

12

2.4.

Protocole expérimental pour la phase entre oeuf oeillé et émergence

13

2.5.

Protocole expérimental du suivi post-émergence

14

2.6.

Paramètres étudiés pour la phase entre oeuf oeillé et émergence

15

2.6.1.

Emergence

15

2.6.2.

Analyse biochimique (lipides et acides gras)

15

2.6.3.

Mesures biométriques

17

2.6.4.

Paramètres étudiés au cours du stade suivi post-émergence

17

2.6.5.

Traitements statistiques

17

3.1. Dynamique d'émergence et survie 17

III. RESULTATS 17

V

3.2. Poids et longueur des alevins à l'émergence 18

3.3. Capacité de croissance en bassins au début de la phase post-émergence 18

3.4. Coefficient de variation du poids 19

3.5. Lipides et acides gras 19

IV. DISCUSSION 25

4.1. Influence du mode d'incubation sur le fitness des larves 25

4.1.1. Dynamique d'émergence et survie 25

4.1.2. Poids et longueur des larves 26

4.2. Influence du mode d'incubation sur la qualité des larves 28

V. CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES 30

VI. REFERENCES 31

ANNEXE 1 XXXII

PARAMETRES PHYSICO-CHIMIQUES XXXII

ANNEXE 2 XXXII

TESTS STATISTIQUES ( ANOVA) XXXII

vi

Tables et figures

Tables

Tableau 1: Lipides, tocophérol et acides gras libres au cours du développement de l'oeuf du saumon

Atlantique 11

Tableau 2: Paramètres physico-chimiques moyens de l'eau enregistrés dans les rivières. 13

Tableau 3: Composition en lipides corporels (mg/g de poids sec) des larves à l'émergence en fonction du

mode d'incubation 22
Tableau 5: Composition en acides gras corporels (mg/g de poids secs) des larves à l'émergence en fonction

du mode d'incubation, fraction LN 23
Tableau 6: Composition en acides gras corporels (mg/g de poids secs) des larves à l'émergence en fonction

du mode d'incubation, fraction PL 24

Figures

Figure 1: Cycle biologique du saumon Atlantique (Salmo salar) (webographie 1) 3

Figure 2: Cycle de production du saumon atlantique en aquaculture (FAO, 2004) 3

Figure 3: Tapis astroturf utilisé comme substrat d'incubation (webographie 2) 6

Figure 4: Effet de la température d'incubation sur le poids corporel (A) et la longueur de l'alevin (B) du

saumon Atlantique 6 et 21 semaines après première alimentation 7
Figure 5: Comparaison de la longueur moyenne des alevins à l'émergence incubés dans le Bamberger-box

(colonne bleue) et incubés en écloserie. 9
Figure 6: Comparaison du poids moyen des alevins à l'émergence incubés dans le Bamberger-box (colonne

bleue) et incubés en écloserie 10

Figure 7: Evolution du taux de lipide corporel du saumon Atlantique durant son cycle de vie. 11

Figure 8: Modèle d'un incubateur en tiroir (A) et de bacs d'alevinage (B) au conservatoire de saumon à

Erézée 14

Figure 9: Modèle d'incubateur semi-naturel placé en rivière 14

Figure 10:Evolution de l'émergence dans les rivières Aisne (A) et Samson (B) 20

Figure 11: Variation du taux de survie à l'émergence (A) et après 19 jours post émergence (B) en fonction

des conditions d'incubation 21
Figure 12: Variation du poids moyen (A) (N= 54, P= 3,6E-39) et de la longueur (B) (N= 54, P= 8,98E-30)

des larves à l'emergence en fonction des conditions d'incubation 21
Figure 13: Variation du gain de poids relatif (A) (N= 3, P= 0,06) et du SGR ( B) (N= 3, P= 0.69) des alevins

post-émergents 22

Figure 14 : Evolution du coefficient de variation du poids en fonction des conditions d'incubation 22

VII

Glossaire

AGS: Acides gras saturé

AGMI: Acide gras monoinsaturé

AGPI: Acide gras polyinsaturé

C14: 0: Acide myristique

C16: 0: Acide palmitique

C18: 0: Acide stéarique

0: 0: Acide arachidique

C16:1 (n-7): Acide Palmitoleïque

C18: 1 (n-7): Acide Vaccenique

C18: 1 (n-9): Acide oléïque

0: 1 (n-9): Acide gondoïque

C18:3 (n-3): Acide alpha linolenique (ALA)

C18:4 (n-3): Acide stéaridonique (SDA)

0:5 (n-3): Acide eicosapentaenoïque (EPA)

2:5 (n-3): Acide docosapentaenoïque (DPA)

2:6 (n-3): Acide docosahexaenoïque (DHA)

C18:2 (n-6): Acide linolenique ( LA)

C18:3 (n-6): Acide gama linolenique ( GLA)

0:2 (n-6): Acide eicosadienoïque 0:3 (n-6): Acide eicosatrienoïque 0:4 (n-6): Acide arachidonique (AA) 2:4 (n-6): Acide docosatetraenoïque (DTA)

1

I. INTRODUCTION

1.1. Problématique

Le saumon Atlantique (Salmo salar) est devenu de plus en plus rare en milieu naturel (Beau, 2002; Prevost et Rivot, 2004; Cazeneuve et Lascaux, 2008; Clave et al, 2013). En Europe, le saumon Atlantique est considéré comme une espèce menacée depuis la fin des années 80 (Porcher et Baglinière, 2001); il a disparu de certains bassins hydrographiques comme celui de la Meuse Belge depuis les années 1930. Les causes de ce déclin sont diverses mais sont surtout liées à l'action des hommes (Beau, 2002 ; Prevost et Rivot, 2004). Les actions humaines directement identifiées pour responsable de la disparition progressive de l'espèce sont surtout la surpêche, la construction des barrages hydroélectriques pour la navigation et la pollution (Beau, 2002 ; Lenders et al, 2016). En effet, le saumon aime les eaux pures. C'est pourquoi il délaisse les rivières polluées notamment à cause du développement industriel, urbain et agricole (Gueguen et Prouzet, 1994). Pourtant, l'importance du saumon en rivière est triplement capital puisqu'elle est à la fois d'ordre socio-économique (Beau, 2002 ; Selly et al, 2014), gastronomique et surtout, cette espèce renseigne sur la qualité de l'eau des rivières (Beau, 2002).

Il a été constaté dans les programmes de réhabilitation, que le taux de mortalité chez les saumoneaux d'écloserie était plus important que celui de leur congénères sauvages, directement après déversement dans les rivières et au cours de la période de migration (Serrano et al, 2009 ; Bamberger, 2009; Larsson et al, 2011; Kallio-Nyberg et al, 2015). Il se pourrait que cela soit dû au stress subi par les saumoneaux lors de leur adaptation à leur nouvel environnement sauvage (Serrano et al, 2009). Il a été montré également que la vitesse de croissance des juvéniles issus d'écloserie était également plus faible en milieu naturel. On pense que cela pourrait être dû notamment à une faible activité dans la prise des proies (Serrano et al, 2009 ; Descroix et al, 2010; Larsson et al, 2011). D'après Jonsson et Jonsson (2006), ce comportement défavorable des saumoneaux d'écloserie par rapport aux saumoneaux sauvages pourrait être le résultat d'un changement génétique dû à une sélection naturelle dans les écloseries, ce qui toutefois selon Solberg et al (2015) n'a pas encore été prouvé.

Les conditions d'élevage du saumon Atlantique jouent un rôle crucial dans sa croissance, sa survie, sa capacité de nage et finalement dans son comportement anti-prédateur (Chittenden et al, 2010;). Les techniques d'élevage utilisées dans les écloseries pour produire les tacons et smolts destinés au repeuplement sont les mêmes que celles utilisées pour produire des saumons à finalité commerciale. Ces techniques de productions commerciales sont surtout destinées à favoriser la croissance des individus. Elles peuvent donc se révéler défavorables vis-à-vis de la résistance et de la survie du saumoneau en milieu naturel, qui est forcément un milieu plus sélectif que celui d'élevage. Plusieurs facteurs au cours de l'élevage dont le mode d'incubation, pourraient rendre les alevins et juvéniles d'écloserie plus vulnérables aux conditions environnementales, et ainsi moins compétitifs que leurs congénères sauvages en milieu naturel.

2

En effet, les méthodes d'incubation utilisées en écloserie (tiroir ou claie) pour les saumons à finalité commerciale ont pour objectif la protection maximale des oeufs afin d'avoir le meilleur taux d'éclosion possible. Cependant malgré l'importance du mode d'incubation sur la qualité du saumon, très peu de données existent sur l'impact des méthodes d'incubation sur la croissance et la survie des saumons destinées au repeuplement.

Dès lors, il s'avère intéressant de tester plusieurs modes d'incubation et de comparer leur influence sur le fitness et la qualité biochimique des larves.

1.2. Synthèse bibliographique

1.2.1. Rappel du cycle biologique du saumon

Le saumon a un cycle de vie assez particulier. C'est un poisson migrateur appartenant à la famille des salmonidés. Lors de la première partie de sa vie en eau douce, il y a certains paramètres importants dont il faut absolument tenir compte en aquaculture (Audic, 2006).

? La sélection des oeufs notamment la taille de ceux-ci;

? L'environnement de l'élevage particulièrement la température et l'éclairement; ? Le régime alimentaire;

? L'hygiène

Poisson anadrome, le saumon passe sa vie à la fois en rivière et en mer (Prevost et Rivot, 2004). En rivière, il attend les proies qui passent dans la colonne d'eau (stratégie individuelle) tandis qu'en mer il recherche activement les proies (stratégie de groupe) (Audic, 2006). La durée totale du cycle de vie en milieu naturel est de 3 à 7 ans.

Le saumon se reproduit en rivière sur les têtes de radiers en général de novembre à janvier. La femelle creuse un ou plusieurs nids dans des galets et y déposent les ovules. Les nids peuvent atteindre 20 à 30 cm de profondeur pour 50 à 80 cm de diamètre. La surface du nid va de 1 à 3 m2 et l'enfouissement des oeufs entre 5 et 25 cm (Crisp, 1996; Bardonnet et Baglinière, 2000). Une fois les ovules déposés, les mâles viennent immédiatement les féconder. L'incubation des oeufs dans ce cas dure en général 3 mois. Après l'éclosion, les larves restent dans les frayères jusqu'au mois de mars-avril.

La vie du saumon est divisée en 3 grandes phases : la phase embryo-larvaire, la phase juvénile et la phase adulte (figure 1). La phase embryo-larvaire débute avec la fécondation des oeufs et prend fin à l'émergence des larves. La phase juvénile va de l'émergence de la larve jusqu'au stade smolt. La smoltification est un ensemble de modifications anatomiques, physiologiques et comportementales sous la dépendance de facteurs externes (Gueguen et Prouzet, 1994) et se déclenche notamment par la photopériode (FAO, 2004). Ces modifications permettent la transition du saumon de l'eau douce à l'eau de mer grâce à une transformation interne et complexe, plus particulièrement au niveau des branchies (Gueguen et Prouzet, 1994). Les smolts devenus adultes vont retourner vers

Figure 2: Cycle de production du saumon atlantique en aquaculture (FAO, 2004)

3

la rivière. Leur entrée en estuaire peut s'étaler sur l'année ou de l'automne au printemps. À ce stade, ils vont cesser de manger et vont vivre exclusivement de leurs réserves (Thorstad, 2011).

Figure 1: Cycle biologique du saumon Atlantique (Salmo salar) (webographie 1)

En aquaculture, le cycle de production débute avec la sélection des géniteurs et des oeufs à féconder (figure 2). Tout de suite après, on passe à l'incubation des oeufs.

Il faut noter qu'en écloserie la période d'incubation pose peu de problèmes contrairement à la phase de résorption du vitellus, durant laquelle la larve ne vit que de ses réserves et prélève de

4

1.2.2. Incubation en milieu naturel et en écloserie

a) Incubation en milieu naturel

Généralement la femelle du saumon pond en automne dans le gravier et les oeufs éclosent au printemps. Il y a d'abord le stade entre la fécondation des oeufs et l'éclosion qui dure environ 430 à 500 degrés-jours. Ensuite il y a le stade allant de l'éclosion à l'émergence (Crisp, 1996; FAO, 2006) qui dure en général 400 à 430 degrés-jour au cours de laquelle la larve épuise complètement les réserves contenues dans sa vésicule vitelline (Porcher et Baglinière, 2001; FAO, 2006; Sutterby et Greenhalgh, 2015). Durant cette dernière, la larve reste sous le gravier et continue son développement. Pour le saumon Atlantique, le temps d'incubation est tributaire des conditions de température (Heggberget et Wallace, 1984; Salveit et Brabrand, 2013). Il est rapporté qu'en automne, la température de l'eau de la Meuse varie de 5 à 10°C (Philippart, 1989). Ainsi dans les eaux relativement chaudes où la température peut atteindre les 10°C en moyenne, la durée d'incubation est de 2 mois environ. Par contre dans les eaux plus froides où la température moyenne ne dépasse pas 5°C, elle est de trois 3 mois environ.

b) Incubation en écloserie

En écloserie, les incubations sont réalisées par des incubateurs artificiels. Les incubateurs artificiels sont des structures aménagées pour protéger et entretenir de façon artificielle des oeufs dans un environnement favorable jusqu'à leur éclosion ou jusqu'au stade de la première alimentation de la larve. Le succès de l'incubation va dépendre d'un ensemble de paramètres dont la qualité de l'eau et celle du substrat. La maitrise de ces paramètres est essentielle pour obtenir un bon taux d'éclosion et avoir des larves de bonne qualité. Tout cela est tributaire non seulement de la conception de l'incubateur mais également du protocole de manipulation (Kirkland, 2012).

Normalement les larves sont élevées avec un substrat qui a pour rôle de remplacer le gravier naturel et sont maintenus dans des conditions d'obscurité. L'incubation des oeufs et l'élevage des alevins se fait dans l'eau dont la température ne dépasse pas 10°C. À la suite de la résorption du sac vitellin, les larves nagent vers le haut dans la colonne d'eau, ce qui indique qu'elles sont prêtes à recevoir la nourriture exogène.

En écloserie plusieurs modèles d'incubateurs sont utilisés dont celui en tiroir et les auges d'alevinage (Gueguen et Prouzet, 1994). L'incubateur en tiroir est un système dans lequel plusieurs plateaux sont disposés les uns au-dessus des autres. L'eau rentre par le dessus, circule à travers les oeufs, se dirige vers la sortie et recommence ensuite avec le plateau inférieur. Les composantes inferieures sont normalement en plastique pour éviter la contamination chimique (Vibert, 1959). La claie avec un substrat comme support peut être utilisé pour incuber les oeufs également. La claie étant une sorte de grillage qui est généralement en inox.

5

l'eau dans le milieu. L'énergie disponible dépendra alors de la taille de l'oeuf et elle doit permettre à la larve de subvenir à la totalité de ses besoins de développement et de nage, jusqu'à ce qu'elle puisse ingérer l'aliment exogène. Si la nage est constante et forcée, elle se fera au dépend de la croissance (Gueguen et Prouzet, 1994).

Les conditions d'incubations sont extrêmement importantes pour le fitness des larves. Elles ont une influence sur la longueur et sur le poids à l'émergence de ces dernières. Des substrats d'incubation adéquats permettent d'avoir une meilleure utilisation des réserves du sac vitellin pour la croissance en lieu et place de leur utilisation pour d'autres fonctions (Hansen et al, 1984).

Quel que soit le type d'incubateur utilisé, la qualité des oeufs ainsi que celle du substrat sont extrêmement importantes pour la réussite de l'élevage. Parmi les autres paramètres importants à prendre en compte, nous insisterons sur la température et les conditions hydrauliques.

? Substrat d'incubation et particules fines

En écloserie, plusieurs types de matériaux peuvent être employés comme substrat d'incubation. Les plus fréquemment utilisés sont l'astroturf (figure 3) et la moquette industrielle. Cependant n'importe quel type de substrat pouvant permettre à la larve de se maintenir sans nager peut convenir (Gueguen et Prouzet, 1994).

En milieu naturel, les particules fines jouent un rôle important dans le substrat. Ceci a été mis en évidence par Lapointe et al (2004). En effet, ces auteurs ont testé la sensibilité des oeufs incubés aux variations de limon (diamètre inférieure à 0,63mm) en interaction avec le sable (0,63<diamètre< 2mm) dans les graviers d'incubation et avec différentes forces de gradient hydraulique. Ils ont constaté qu'à partir de 0,5% de limon, le taux de survie des larves à l'émergence diminuait fortement. De plus, si la charge des limons dans le substrat atteint le seuil de 1,5%, il n'est plus possible d'atténuer leur effet en augmentant la force du gradient hydraulique.

En conclusion, si le pourcentage d'éléments fins dans les substrats notamment dans les graviers n'est pas très faible, il y a une forte chance de compromission du développement des oeufs et des larves, particulièrement dans les zones de frai (Gueguen et Prouzet, 1994; Lapointe et al, 2004; Julien et Bergeron, 2006; Dumas et al, 2007). En effet, les sédiments fins qui pénètrent dans le substrat réduisent la circulation de l'eau interstitielle et les apports en oxygène en provenance de l'eau de surface (Dumas et al, 2007). Le diamètre du substrat est donc probablement le paramètre le plus important de l'éclosion à l'émergence (Bardonnet et Baglinière, 2000).

En plus de la taille, l'origine de l'élément fin du substrat joue également un rôle important dans l'incubation. En simulant l'environnement d'incubation pour le saumon Atlantique en mettant plusieurs quantités de sédiments fins provenant de 4 sources différentes : couche de terre arable, berges des cours d'eau érodés et des sédiments issus des traitements des eaux usées, Sear et al (2016) ont pu montrer que la masse et la source de sédiment sont indépendantes pour déterminer la mortalité et l'aptitude des larves. L'origine du sédiment a un impact supplémentaire qui est surtout

6

contrôlé par la teneur de matière organique en suspension. La composition et la structure du gravier influence donc la survie de 2 façons différentes : elle agit sur la perméabilité par conséquent sur le taux d'apport en oxygène mais elle agit également sur le déplacement des métabolites toxiques dont l'ion ammonium (NH4 +) et l'ammoniaque (NH3 +) et dans un degré moindre les nitrites; ensuite elle influence la capacité de l'alevin à émerger (Crisp, 1996).

Figure 3: Tapis astroturf utilisé comme substrat d'incubation (webographie 2)

? Qualité des oeufs

La qualité des oeufs dépend de leur origine et est définie par leur taux de fécondation, leur taux d'éclosion et leur composition (Czesny et al, 2005). Les larves issues des oeufs de grandes tailles ont un meilleur taux de survie et un meilleur fitness comparées aux individus issus des oeufs de petites tailles (Einum et Fleming, 1999-2000). Ces oeufs contiennent plus d'énergie et ont une meilleure réserve de nutriments durant la première phase de développement. Le sac vitellin étant la seule source de nutriments et d'énergie pour l'embryon (Lubzens et al, 2010).

? Température

La température d'incubation de l'oeuf est importante pour la survie et pour la croissance musculaire du poisson à long terme (Crisp, 1996). Une température faible diminue les proportions de vitellus utilisés pour l'élaboration des tissus et pour le métabolisme (Gibson, 1993; Crisp, 1996). Des oeufs incubés à 10°C donnent des larves avec une meilleure vitesse de croissance musculaire que des oeufs incubés à 5°C jusqu'à 21 semaines (figure 4) (Albokhadaim et al, 2007; Macqueen et al, 2008). Des oeufs de saumon Atlantique soumis immédiatement après fécondation à des températures constantes inférieures à 4°C ont eu un taux de mortalité de plus de 20% tandis qu'à des températures constantes de plus de 4°C, on a enregistré un taux de mortalité de 5% ou moins (Peterson et Sprinney, 1977; Gibson, 1993). Un abaissement soudain de température au stade oeuf embryonné et à l'éclosion provoque un grave oedème du sac vitellin de la larve, entrainant un ralentissement de la croissance et une augmentation de la mortalité (Peterson et Sprinney, 1977).

? Effet des conditions hydrauliques

De fortes crues entrainent un déplacement des oeufs et des larves. Chez certaines populations de saumon, les crues constituent une cause majeure de mortalité (Crisp, 1996; Dumas et al, 2007). L'effet du déterrement des oeufs est mortel si ces derniers heurtent un objet avant le stade oeillé (Bardonnet et Bagliniere, 2000). Si le niveau de l'eau tombe sous le niveau d'enfouissement des

7

oeufs, la mortalité par le gel ou par l'exondation devient possible (Crisp, 1996). La qualité de l'eau joue également un rôle important dans la qualité des larves qu'il convient de bien contrôler. La maitrise de ces différents facteurs est donc très importante dans l'objectif d'avoir des alevins de très bonne qualité.

Figure 4: Effet de la température d'incubation sur le poids corporel (A) et la longueur de l'alevin (B) du saumon Atlantique 6 et 21 semaines après première alimentation. ***: différence significative avec p<0,001 et N=20 (Albokhadaim et al, 2007).

1.2.3. Rôle de la qualité de l'eau d'incubation

Les critères de bonne qualité de l'eau d'incubation dépendent des exigences de l'espèce en question. Cette qualité de l'eau peut donc tout aussi dépendre de son origine. Dans le cas de notre étude, nous présentons brièvement les différences qualitatives éventuelles entre l'eau de rivière et l'eau de forage

Eau de rivière et eau de forage

Les eaux des rivières étant des eaux de surface, sont plus exposées aux pollutions d'origine anthropiques comparées aux eaux de forage qui sont des eaux profondes (Guergazi et al, 2005). Leur température varie fortement en fonction de la période de l'année et du régime pluvial. Leur pH est également très variable et tombe parfois jusqu' à 4. La concentration en oxygène dissous est tributaire des actions anthropiques notamment l'eutrophisation et les pollutions organiques. Elle dépend également du régime thermique (Phillipart, 1989).

L'eau de forage est en général composée strictement d'eau de nappe et d'eau de rivière (Doussan et al, 1995). Si les forages sont à faible distance des rivières, l'eau de la nappe au sens strict peut représenter seulement entre 0 à 30% (Bize et al, 1981). Cependant, même quand l'eau de forage est composée majoritairement d'eau de rivière, elle présente des caractéristiques physico-chimiques totalement différentes de l'eau de la rivière dont elle est dérivée grâce au phénomène appelé effet

8

filtre des berges. Dès lors, on constate qu'elle a beaucoup moins de polluants que l'eau de rivière (Sontheimer, 1980; Bourg, 1992).

L'eau de forage est réputée pour contenir très peu de chlore et d'autres produits chimiques. La concentration en ions nitrates/nitrites ainsi que la conductivité est normalement plus élevées dans les eaux de rivière que dans les eaux de forage. Les eaux de forage peuvent toutefois avoir une concentration en fer et en ammonium plus élevée (Doussan et al, 1995).

1.2.4. Influence des modes d'incubation sur la qualité des larves

La qualité des larves peut se définir comme étant leur aptitude à poursuivre un développement normal jusqu'au stade juvénile et adulte. Elle dépend de plusieurs aspects :

? Malformations

En écloserie, on observe souvent de nombreuses malformations chez les larves tandis qu'en milieu naturel, la pression de sélection est très importante et ne permet pas aux individus anormaux de survivre. Plusieurs facteurs environnementaux peuvent induire des malformations chez les larves (l'hydrodynamique, la température, l'intensité lumineuse, la salinité et certaines bactéries) (Cahu et al, 2004). Des cas de malformations chez les larves peuvent être aussi liés à des carences et déséquilibres nutritionnelles (Audic, 2006).

Les anomalies physiques sont liées à un dysfonctionnement au cours du développement du squelette. Cela entraine une diminution de la croissance et une augmentation de la mortalité. Parmi ces anomalies, on observe les déformations de la colonne vertébrale telle que la lordose, la scoliose et le fusionnement des vertèbres. On peut observer également les anomalies des arcs branchiaux et les anomalies de la région céphalique notamment la malformation des mâchoires et du crâne (Cahu et al, 2004). Cependant, la déformation de la colonne vertébrale peut toutefois être de nature génétique. D'où la nécessité de choisir des géniteurs qui ne présentent pas de malformation eux-mêmes ou qui ne sont pas issus de famille dont l'incidence de malformation est élevée (Gjerde, 2005; Fjelldal et al, 2009).

Les conditions d'incubation jouent un rôle majeur dans l'apparition des malformations en écloserie (Boglione et al, 2001). En effet si le courant est trop élevé au cours de l'incubation, on peut enregistrer des cas de lordose dus à des exercices de nage compliqués (Chatain, 1994). Si l'incubation est faite sur des claies sans substrat, on retrouve facilement des malformations relatives au sac vitellin (Poon, 1977).

? La taille et la masse

La taille de la larve va dépendre majoritairement de la température d'incubation. Elle dépend également de la taille des oeufs (Heinimaa et Heinimaa, 2004). L'utilisation du vitellus par l'embryon dépend surtout de la température ambiante.

9

Le mode d'incubation influence la taille et la masse de la larve à l'émergence. Chez certaines espèces de salmonidés, la croissance est meilleure quand l'incubation est faite avec substrat que quand elle est faite sans substrat (Poon, 1977; Gainon et Prouzet, 1982; Krieg et al., 1988). Incubée sur substrat, la larve dépense moins d'énergie pour la nage et fait donc une meilleure utilisation de ses réserves vitellines pour la croissance somatique. Plus le substrat est rugueux, plus la croissance est meilleure (Poon, 1977 ; Gainon et Prouzet, 1982; Peterson et Martin-Robichaud, 1995). Incubées sur claie avec astroturf comme substrat, les larves de saumon Atlantique résorbent plus rapidement et plus efficacement leur vésicule vitelline en comparaison aux individus incubés sur claie sans astroturf. Cependant, il a été constaté qu'à partir du début de la période post émergence, les alevins dérivés de l'éclosion des oeufs sans astroturf ont eu une meilleure vitesse de croissance (Hansen et Moller, 2011).

L'incubation en écloserie est une méthode largement utilisée dans les programmes de repeuplement. Cependant une fois déversé dans les rivières, le taux de mortalité des alevins d'élevage est très élevé. Un moyen éventuel d'augmenter la survie et la qualité des alevins d'écloserie, serait de s'approprier des techniques qui se rapprochent de l'incubation en milieu naturel. A cet effet, Bamberger (2009) a comparé le poids et la longueur des alevins à l'émergence venant de 5 origines différentes et durant 5 saisons. Pour cela, il a utilisé un incubateur semi-naturel (Bamberger-box) et les écloseries traditionnelles. Les alevins incubés dans les Bamberger-box étaient plus grands en taille et en masse (figure 5 et 6).

Toutefois, malgré l'importance économique du saumon Atlantique et de son rôle comme indicateur de bonne qualité des eaux, il n'existe pas encore assez d'informations sur l'influence du mode d'incubation sur la taille et la masse des larves à l'émergence et sur leur croissance post-émergence.

Figure 5: Comparaison de la longueur moyenne des larves à l'émergence incubées dans le Bamberger-box (colonne bleue) et incubées en écloserie. N: nombre de mesures. Barres d'erreur: erreur standard (Bamberger, 2009).

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Figure 6: Comparaison du poids moyen des larves à l'émergence incubées dans le Bamberger-box (colonne bleue) et incubées en écloserie. N: nombre de mesures. Barres d'erreur : erreur standard (Bamberger, 2009).

? Contenu lipidique

Chez tous les téléostéens, les lipides sont des constituants importants de l'oeuf et constituent une source majeure de nutriments pour l'embryon et la larve (Wiegand, 1996). Ils constituent pour la larve fraichement éclose, une réserve énergétique importante. Cette énergie est nécessaire notamment pour les exercices de nage et pour limiter le catabolisme oxydatif des protéines (Gatesoupe et al, 1999).

Les exercices influencent le dépôt lipidique, la croissance et la maturation avec des effets possibles sur les performances de reproduction et de fitness dans la nature (Berg et al, 2006). Les saumoneaux d'écloserie peuvent dès lors, suite à un manque d'exercice avoir un fitness plus faible dans la nature comparés aux saumoneaux sauvages (Okland et al, 1993). Ils sont normalement plus riches en lipides que les saumoneaux sauvages car en écloserie, en plus d'avoir une alimentation plus riche en lipides, l'environnement est moins agressif et donc ils dépensent moins d'énergie (Peng et al, 2003; Medale et al, 2003; Bourre et al, 2006). Le contenu lipidique d'un poisson sauvage et sain est seulement égal à 25% des contenus trouvés chez les poissons d'écloserie. Les poissons sauvages ont cependant une plus forte proportion d'acide arachidonique (Ackman et Takeuchi, 1986).

Le contenu lipidique du saumon évolue tout au long de son cycle de vie. Ce profil connait une première chute au moment de la première alimentation et une deuxième plus marquée au cours de la smoltification (figure 7).

Chez la larve fraichement éclose, l'utilisation du vitellus se fait par hydrolyse et transport des nutriments vers l'embryon (Fishelson, 1995). Certains facteurs augmentent la consommation des réserves vitellines et peuvent influencer la rétention des lipides corporels chez la larve. Dès lors, les conditions d'incubation peuvent jouer un rôle sur le métabolisme lipidique des larves. (Wiegand et al. 1991). En effet, toute activité qui augmente l'agitation et donc l'activité de nage, augmente la consommation des réserves vitellines. C'est pourquoi chez les salmonidés, l'incubation sans substrat qui oblige les larves à nager pour maintenir un équilibre hydrostatique, a

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pour conséquence une plus faible proportion d'énergie disponible pour la croissance par rapport à celle réalisée sur substrat. Sans substrat, la larve utilise beaucoup de vitellus comme carburant pour se stabiliser et non à des fins de croissance (Audic, 2005).

Les contenus énergétiques peuvent varier d'une méthode d'incubation à une autre. Ces contenus sont peut-être plus élevés si les oeufs sont incubés sur claie avec substrat que sur claie vide (Srivastrava, 1990). Il se pourrait que les contenus lipidiques à l'émergence des larves issues d'oeufs incubés en milieu semi-naturel soient plus élevés que ceux des individus incubés en écloserie. En effet, pour 2 années combinées, des larves issues d'oeufs incubés en milieu semi-naturel avec substrat ont eu une teneur en énergie de 10,6 kj.g-1 de matière sèche de plus que celles qui dérivent d'oeufs incubés en écloserie traditionnelle (Bamberger, 2009).

Tableau 1: Lipides, tocophérol et acides gras libres au cours du développement de l'oeuf du saumon Atlantique (valeur moyenne par unité ontogénétique #177; erreur standard, n=3). Température moyenne journalière de 9°C (Cowey et al, 1985).

 

OEufs fécondés

OEufs oeillés

Sacs vitellins

Alevins émergents

Jours après fécondation

0,5

20

98

138

Lipides en mg

7,02#177;0,07a

5,90#177;0,02b

5,23#177;0,08c

3,50#177;0,03c

?-tocopherol en mg

3,10#177;0,13a

3,15#177;0,06a

2,93#177;0,05b

2,29#177;0,11c

Acides gras libres en mg

ND

0,65#177;0,024

ND

0,191#177;0,081

Les valeurs dans la même rangée avec différentes lettres superposées sont significativement différentes (p <0,05). Lorsqu'aucune lettre n'apparaît, il n'y a pas de différence significative.

ND: n'a pas été détectée

Lipid (% wet weight basis)

Figure 7: Evolution du taux de lipide corporel du saumon Atlantique durant son cycle de vie.

Data point: 1-8 représente le double du nombre de degrés-jours de la fertilisation jusqu'à l'éclosion tandis que 12-26 représente approximativement le double de la masse corporelle à chaque point (Elskus et al, 2005).

12

1.2.5. Objectifs

Cette étude a comme objectifs :

? d'évaluer l'influence du milieu d'incubation (rivière vs écloserie) sur le développement des larves de saumon Atlantique entre le stade oeillé et l'émergence.

? de déterminer l'influence de l'interaction entre le mode d'incubation et la qualité de l'eau d'incubation en écloserie sur le développement des larves. Plus spécifiquement, on a comparé dans un premier temps ;

? Le taux de survie des larves à l'émergence

? La longueur et le poids des larves à l'émergence.

? La qualité des larves à l'émergence en termes de taux de lipides et d'acides gras corporels. Dans un second temps, on a déterminé l'impact des modes d'incubation sur la croissance et la survie des alevins post-émergents.

Pour la première phase, 6 conditions d'incubation ont été testées: deux conditions d'incubation en milieu naturel (rivière Aisne et rivière Samson), 2 modalités en claies (claie sans substrat et claie avec galets) et 2 modalités en tiroirs (tiroir avec eau de rivière et tiroir avec eau de forage). Dans la seconde phase, on a réalisé un suivi de croissance des alevins issus des conditions d'incubation en écloserie dans des bassins en triplicat durant 19 jours.

II. MATERIELS ET METHODES

2.1. Matériels biologiques

Dans le cadre de cette étude, des oeufs oeillés provenant du conservatoire de saumon sauvage de Chanteuges (France) ont été transférés au conservatoire du saumon de Meuse à Erezée (Belgique). Ces oeufs sont arrivés à 44% de développement en se basant sur la formule logeY= 6,003e (-0,0307X) (Kane, 1988) avec Y: le nombre de jours depuis la fécondation jusqu'à la première alimentation et X: la température moyenne en degré Celsius.

2.2. Sites d'étude

L'expérience d'incubation a été réalisée à la fois en milieu naturel et en milieu contrôlé. Pour le milieu naturel, 2 rivières ont été sélectionnées à savoir le Samson et l'Aisne. Pour le milieu contrôlé, on a mené l'expérience au conservatoire de Saumon de Meuse à Erezée.

2.3. Description des rivières

Nous ne présentons qu'un résumé concernant la localisation et les caractéristiques des rivières.

? L'Aisne

L'Aisne est une rivière de l'Ardenne Belge. Elle mesure 40 km de longueur. Sa largeur varie de 1 m en amont à 15 m au plus en aval. Son bassin hydrographique mesure 184 km2. L'Aisne est réputée pour avoir un régime torrentiel souvent caractérisé par des crues (Laffineur, 1982).

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? Le Samson

Le Samson est une rivière de la province de Namur. C'est un affluent de la rive droite de la Meuse, qui se jette dans celle-ci au niveau de Namêche dans l'entité d'Andenne. Son bassin versant a une superficie de 116 km2 et mesure 22 km de longueur (Chérot et al, 2008).

Durant la période de l'étude, les valeurs moyennes de température, de pH, d'oxygène dissous, de turbidité, de conductivité et de vitesse du courant enregistrées pour les deux rivières sont résumées dans le tableau 2.

Tableau 2 : Paramètres physico-chimiques moyens de l'eau enregistrés dans les rivières.

Paramètres Rivières

Samson Aisne

Moyenne Max Min Moyenne Max Min

Température (°C)

 

8#177;2

12

6

8#177;2

12

5

pH

8#177;0,2

9

8

8#177;0,3

8

7

Oxygène dissous (mg/l)

12#177;0,5

12

11

12#177;0,5

13

11

Turbidité (FAU)

8#177;5

18

2

6#177;3

16

4

Conductivité (?S/cm)

501#177;51

573

398

107#177;8

120

98

Vitesse courant (m/s)

0,65#177;0,04

1,1

0,3

0,58#177;0,05

1,2

0,3

2.4. Protocole expérimental pour la phase entre oeuf oeillé et émergence

Au total six (6) conditions d'incubations ont été testées :

1) Incubateurs semi-naturels avec galets disposés dans la rivière Aisne

2) Incubateurs semi-naturels avec galets disposés dans la rivière Samson

3) Tiroirs avec substrat artificiel et alimentés avec l'eau de la rivière Aisne (figure 8A)

4) Tiroirs avec substrat artificiel et alimentés avec l'eau de forage

5) Claies sans substrat et alimentées avec l'eau de la rivière Aisne (figure 8 B)

6) Claies avec substrat et alimentées avec l'eau de la rivière Aisne

L'incubateur semi-naturel est un tube de forme cylindrique (figure 9 (1)). Il mesure 20 cm de long et 8cm de diamètre. Les tubes ont été fermés et enterrés dans le substrat tout au long de l'expérience. Un collecteur a été ajouté au dispositif peu avant l'émergence pour récupérer les larves (figure 9 (2)). On a enterré un tube en PVC à proximité des incubateurs afin de procéder à des mesures de paramètres de l'eau (température, concentration en oxygène dissous etc) dans le substrat à hauteur des larves en plus des mesures de surface.

10 000 et 8 000 oeufs oeillés ont été incubés respectivement dans les conditions tiroirs et les conditions claies au conservatoire de saumon de Meuse à Erézée.

En milieu naturel, 3 radiers ont été sélectionnés par rivière et 4 incubateurs ont été déposés par radier. Chaque incubateur a été rempli avec des galets et 3 couches successives de 50 oeufs, ce qui a fait au total 150 oeufs incubés par incubateur et 600 par radier. Les galets utilisés ont été de 34,5#177;16,1mm de diamètre. Les proportions d'interstices dans le substrat ont été de 31,5#177;0,1%.

A

B

14

Figure 8: Modèle d'un incubateur en tiroir (A) et de bacs d'alevinage (B) au conservatoire de saumon à Erézée

1

2

Figure 9: Modèle d'incubateur semi-naturel placé en rivière

Les paramètres physico-chimiques de l'eau de rivière à savoir le pH, la concentration en oxygène dissous, la conductivité et la turbidité ont été mesurés 2 fois par semaine. Les valeurs moyennes et extrêmes pour ces paramètres sont présentées plus haut. La température dans les incubateurs a été enregistrée continuellement grâce à des enregistreurs de température placés dans les différents systèmes étudiés. La valeur moyenne quotidienne de la température de l'eau a été utilisée pour calculer le pourcentage de développement en appliquant la formule de Kane (1988). Ainsi dans chaque système d'incubation, les prélèvements pour les paramètres étudiés ont été faits entre 95% et 97% de développement. Les paramètres physico-chimiques complets pour l'expérience en écloserie et ceux enregistrés dans les rivières sont présentés en annexe 1.

2.5. Protocole expérimental du suivi post-émergence

Le suivi post-émergence a été réalisé dans les installations de l'URBE de l'Université de Namur. La température moyenne quotidienne dans les bassins était de 13,4#177; 1,1°C [max 16,6; min 12,5] et la concentration en oxygène dissous de 10,3 #177; 0,8 mg.l-1 [max 12 ; min 6,6]. Pour cette phase, 4 conditions d'incubation ont été testées :

1) Tiroir alimenté avec eau de forage

2) Tiroir alimenté avec eau de rivière

3)

15

Claie avec galets

4) Claie sans substrat

Pour l'évaluation de la vitesse de croissance au cours de cette phase post-émergence, 100 alevins ont été pesés pour chaque condition afin d'en déduire le poids moyen d'un alevin et ainsi ajuster la biomasse à 35 g par bassin. Au début de cette phase, notre densité d'élevage était de 400 mg.l-1. Chaque condition d'incubation a été testée en triplicat. Après la mise en charge, on a également pesé de façon individuelle 10 alevins par bassin soit 30 par condition. Cependant, pour la condition claie sans substrat, seulement 20 alevins ont été pesés au total (7 dans 2 bassins et 6 dans l'autre). Ces données nous ont permis d'estimer le poids moyen d'un alevin pour chaque bassin. Chaque jour, les bassins ont été nettoyés. Nous avons effectué un test de nitrite dans chaque bassin 2 fois par semaine. Les paramètres physico-chimiques comme la température et la concentration en oxygène dissous ont été mesurés dans tous les bassins. Les morts ont été enlevés et comptés quotidiennement et continuellement. Les alevins ont été nourris avec un aliment commercial spécifique pour larves de saumon à 3% du poids corporel. La ration journalière à distribuer dans les bassins a été calculée comme suit :

Ration= pma*1,02*nombre de survivants*0,03 avec pma: poids moyen d'un alevin et 0.03 : taux de rationnement.

Après 19 jours de nourrissage, on a pesé tous les alevins dans les bassins pour avoir la biomasse finale par bassin. Ensuite comme en début d'expérience, on a pesé individuellement 10 alevins par bassin soit 30 par condition. Encore une fois, pour la condition claie vide, on a pesé 20 alevins par bassin. Ainsi nous avons estimé le poids moyen final d'un alevin pour chaque bassin.

2.6. Paramètres étudiés pour la phase entre oeuf oeillé et émergence

2.6.1. Emergence

Un suivi d'émergence a été réalisé dans les rivières. En effet, du 6 au 15 Avril 2017 pour le Samson et du 7 au 20 Avril 2017 pour l'Aisne, nous avons été quotidiennement récupérés et dénombrés les larves qui ont émergé dans les incubateurs. À la fin, on a retiré les larves qui sont restées dans les incubateurs puis en les additionnant avec ceux qui avaient déjà émergés, nous avons calculé le taux de survie à l'émergence dans les rivières. L'émergence en écloserie n'a pas été étudiée car il n'y a pas de système pour discriminer les larves qui sont restées en permanence dans les tiroirs.

2.6.2. Analyse biochimique (lipides et acides gras)

A l'émergence en rivière, 20 larves ont été prélevées par radier. Elles ont été euthanasiées et pesées pour analyse de la teneur en lipides totaux et d'acides gras sur la larve entière. Ces analyses ont été faites également sur les larves issues des autres conditions d'incubation en milieu contrôlé au conservatoire de saumon de Meuse (Erezée). Les échantillons à analyser ont été homogénéisés, puis on a extrait les lipides et les acides gras par la méthode de Bligh et Dyer (1959).

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Extraction des lipides et des acides gras

Un échantillon de 10 mg de tissus a été prélevé et ajouté dans 800 tl d'eau milli-Q. Cette solution a été ensuite homogénéisée dans le MagNA lyser durant 2 cycles de 30 sec à vitesse 6000. Tout l'homogénat a été transféré dans un tube GC (tube pour chromatographie sous phase gazeuse).On a mis les tubes au vortex individuel pendant 10 sec. Ensuite on a ajouté 1ml de standard interne (acides gras libres (C13)-phospholipides (C15)- triglycérides (C17)) préalablement préparé et 2 fois 1 ml de chloroforme dans les tubes avant de les mettre au vortex pendant 30sec. Un ml d'eau mili-Q a été ensuite ajouté aux tubes puis, ils ont été mis à nouveau au vortex pendant 30 secondes. Ensuite on a ajouté 3 gouttes d'éthanol absolu avant de centrifuger 10 minutes à 3000 rpm. Enfin on a éliminé la phase supérieure de l'échantillon et récupéré 1,7 ml du contenu de la phase inférieure dans un autre tube GC qu'on a placé au congélateur à -20°C.

? Extraction de la phase solide

On a sorti les échantillons du congélateur puis on les a fait évaporer sous flux d'azote. Ensuite on a ajouté 200 ml de chloroforme plus 3 ml d'hexane, qu'on a récupéré par la suite dans un tube GC. L'échantillon a été ensuite placé en tête d'une colonne. Dès lors, de façon chronologique on a :

· ajouté sur la colonne 1,8 tl de chloroforme /2-propanol et on a fait couler à sec ensuite pour récupérer dans des tubes GC la fraction des lipides neutres.

· ajouté sur la colonne 2,4 ml de diéthyléther /acide acétique et de la même façon que précédemment on a récupéré la fraction des acides gras.

· ajouté sur la colonne 1,8 ml de méthanol et toujours comme avant, récupéré la fraction des phospholipides.

? Méthylation

Les acides gras pour être analysés par chromatographie en phase gazeuse, doivent subir une methylation. Cette opération consiste à transformer chimiquement les acides gras en des esters methyliques d'acides gras qui sont des composées volatiles. Pour cela, on a sorti le standard interne du congélateur et on l'a laissé refroidir à la température ambiante. Ensuite on l'a méthylé au bain-marie à 70°C avant de l'évaporer sou flux d'azote. A la fin de cette étape, on a ajouté 20 tl de standard méthylé sur 780 tl d'échantillon à analyser. Ensuite de ce mélange, on a prélevé 250 tl de contenu qu'on a ajouté à 250 tl d'hexane. Les acides gras ont été ensuite identifiés par chromatographie sous phase gazeuse. Les lipides totaux par contrainte temporelle n'ont pas été analysés. Ils ont été estimés comme suit: Total acides gras / 0,7 en considérant que le total des acides gras est égal à 70% des lipides totaux chez les poissons.

17

2.6.3. Mesures biométriques

A l'émergence, on a pris les poids et les longueurs des larves pour les 6 modes d'incubation. Les longueurs ont été mesurées au moyen d'une règle graduée et les poids au moyen d'une balance de 1/1000 de gramme de précision. Ces mesures ont été réalisées sur les 60 alevins de chaque condition expérimentale destinés aux analyses de lipides.

2.6.4. Paramètres étudiés au cours du stade suivi post-émergence

Pour le suivi des alevins post-émergents, les paramètres étudiés ont été le taux de survie qui est le rapport en pourcentage du nombre d'alevins à la fin de l'expérience avec le nombre d'alevins en début d'expérience (survie= 100*nombre de survivants / nombre d'alevins mise en charge), le gain de poids relatif [(poids final-poids initial)/poids initial]*100 et le SGR qui lui, a permis d'évaluer le gain de poids quotidien des alevins en pourcentage par rapport à leur poids initiaux (SGR (%.j-1) =100*( ln poids final-ln poids initial/ durée de l'expérience en jour). Enfin on a déterminé le coefficient de variation (CV) en début et en fin d'expérience. Les CV calculés ont permis de comparer l'hétérogénéité des lots en début d'expérience à celle trouvée en fin d'expérience. CV (%) =100* écart-type/moyenne. Pour cette phase, les longueurs des alevins n'ont pas été prises en compte.

2.6.5. Traitements statistiques

Pour chaque paramètre étudié, on a comparé globalement les moyennes obtenues pour chaque condition d'incubation testée. Les résultats obtenus sont reportés sous forme de moyenne #177; écart-type. Ces résultats ont été comparés statistiquement par analyse de variance (ANOVA) à 1 facteur (annexe 2). Ensuite afin de relever les moyennes qui sont deux à deux différentes, on a utilisé un test de Scheffe. Notre risque d'erreur ? était de 0,05.

III. RESULTATS

3.1. Dynamique d'émergence et survie

Dans le milieu naturel, la dynamique d'émergence ne diffère pas beaucoup entre rivières et d'un radier à l'autre. Pour les deux rivières, l'émergence a commencé entre le 6-7 avril, soit 264 degrés-jours environ après éclosion. Elle a duré 9 et 12 jours respectivement pour le Samson et l'Aisne. Le profil d'émergence et le nombre de larves émergées est proche entre les radiers pour l'Aisne tandis que pour le Samson, le profil est proche entre les radiers mais le nombre de larves émergées est plus élevées pour le radier 3, sans que nous ayons pu détecter une différence significative. À la fin de l'expérience, bon nombres de larves ont été récupérées dans les incubateurs (figure 10). Dans le Samson, le taux de survie à l'émergence était de 34% tandis que dans l'Aisne il était de 25% (figure 11 A). Ces moyennes ne diffèrent pas statistiquement à cause d'une grande variabilité entre radiers (annexe 2, page VII). Le taux de survie à l'émergence dans les écloseries est très

18

élevé comparativement aux valeurs obtenues en rivières. Il est compris entre 98% et 99% (figure 11A). Aucune différence n'a été calculée entre les valeurs moyennes de survie des larves à l'émergence des diverses modalités d'incubation.

Après 19 jours de nourrissage en bassins au début de la phase post-émergence, le meilleur taux de survie a été observé chez les alevins venant de la condition tiroir alimenté avec de l'eau de forage (72#177;12%) tandis que les valeurs les plus faibles ont été enregistrées pour les alevins issus de la condition claie sans substrat (13 #177; 10%) (Figure 11B). L'analyse statistique a montré des différences très hautement significatives entre les modes d'incubation (figure 11B, p = 0,000615)

3.2. Poids et longueur des alevins à l'émergence

? Poids

Les meilleurs poids vifs à l'émergence ont été observés chez les larves issues des oeufs incubés dans la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage et des individus incubés sur claie avec galets (138#177; 12 mg pour les 2 conditions). Les oeufs incubés en tiroir alimenté avec l'eau de la rivière Aisne donnent des larves avec un poids moyen de 128#177;13 mg. Le poids le plus faible (107#177; 13mg) a été enregistré chez les larves venant de l'incubation sur claie sans substrat. L'analyse statistique a montré des différences très hautement significatives entre les modes d'incubation (figure 12 A, P= 3,6E-39)

? Longueur

À l'émergence, les larves significativement les plus longues sont issues des oeufs incubés dans la rivière Samson (26,7#177;1 mm), en tiroir avec de l'eau de forage (27,2#177;0,8 mm) et sur claie avec galets (27,3#177;0,7 mm). Les larves les moins longues sont dérivées des oeufs incubés sur claie sans substrat (25,8#177; 0,8 mm). Les différences statistiques entre les conditions sont hautement significatives (figure 12 B, p = 8,98E-30)

3.3. Capacité de croissance en bassins au début de la phase post-émergence

Après 19 jours d'alimentation, le gain de poids relatif le plus élevé a été observé chez les alevins de la condition claie sans substrat (169#177; 36%) tandis que le plus faible a été observé chez les individus de la condition tiroir alimenté avec l'eau de rivière (111#177;15%). La condition tiroir alimenté avec l'eau de forage et la condition claie avec galets ont donné respectivement 129#177; 1% et 132#177;19% (figure 13 A). Aucune différence entre les moyennes n'a été calculée pour ce paramètre. Le taux de croissance spécifique (SGR) des alevins venant de la condition d'incubation tiroir avec l'eau de rivière semble être plus faible (4#177; 0,3 %.j-1) par rapport aux autres conditions testées tandis qu'il semble plus élevé pour les alevins de la condition claie sans substrat (5,2#177; 0,8 %.j-1). Cependant l'analyse statistique n'a pas permis de détecter des différences significatives pour ce paramètre (figure 13 B).

19

3.4. Coefficient de variation

L'évolution du coefficient de variation (CV final/CV initial) parait moins importante chez les alevins venant de la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage (1,1#177;0,1). En revanche, elle semble avoir été plus élevée chez les individus venant des conditions claies sans substrat (1,2#177; 0,8) et chez ceux venant de la condition tiroir alimenté avec l'eau de rivière (1,3#177;0,8).

Cependant l'analyse statistique n'a permis de détecter aucune différence significative entre les moyennes.

3.5. Lipides et acides gras

? Lipides totaux

Pour les lipides totaux, une différence significative a été détectée entre les larves de la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage (210#177;13 mg/g de poids sec) et celles de la claie avec galets (193 #177;12 mg/g de poids sec) (p = 0,001333). Aucune autre différence significative n'a été mis en évidence entre les larves des autres conditions.

Aucune différence significative n'a pas non plus été détectée entre les larves de toutes les conditions en ce qui concerne les phospholipides (PL). En revanche, pour les lipides neutres (LN), une différence significative a été trouvée entre les individus de la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage (92 #177;8 mg/g de poids sec) et ceux de la condition claie avec substrat (77#177; 7mg/g de poids sec) ou celle de la rivière Aisne (p = 0,000324) (tableau 3).

? Acides gras saturés et monoinsaturés

Les conditions d'incubation semblent influencer la qualité énergétique des larves à l'émergence au niveau de la fraction des LN. En effet, au niveau des acides gras saturés, une différence significative a été trouvée pour le C14: 0 entre les larves de la condition claie sans substrat (2,3 mg/g poids sec) et celles de la condition claie avec galets (1,7 mg/g poids sec). Pour le C16:0, une différence significative a été trouvée entre les larves de la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage (10,4 mg/g poids sec) et celle de la condition claie avec galets (7 mg/g poids sec). Une différence significative a été également détectée entre les larves de la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage (3,9 mg/g poids sec) et celles de la condition claie avec galets (3,2 mg/g poids sec pour le C18: 0. Cette influence des conditions d'incubation sur la qualité énergétique des larves à l'émergence a été également observée pour les acides gras monoinsaturés (AGMI) de cette fraction lipidique. Une différence significative a été trouvée entre les larves de la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage (6,3#177;0,7 mg/g poids sec) et les larves de la condition claie avec galets (4,1#177;0,7 mg/g poids sec) pour le C16: 1 (n-7). Pour le C18: 1 (n-7), une différence significative a été trouvée entre les individus de la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage (3,4#177;0,3 mg/g poids sec) et ceux de la condition claie avec galets (2,6#177;0,5 mg/g poids sec). Aucune différence significative n'a été détectée pour le 0 : 1 (n-9) (tableau 4).

Dans la fraction des PL, aucune différence significative n'a été trouvée pour les acides gras saturés C14:0 et C16: 0. En revanche, une différence significative a été mise en évidence entre les larves de la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage (3,5#177;0,4 mg/g poids sec) et celles de la

Nombre de larves émergées

A

140

120

100

40

80

60

20

0

Radier 1 Radier 2 Radier 3

Nombre de larves émergées

B

40

90

80

70

60

50

30

20

10

0

Radier 1 Radier 2 Radier 3

Figure 10:Evolution de l'émergence dans les rivières Aisne (A) et Samson (B)

20

condition claie avec galets (2,8#177;0,5 mg/g poids sec). Pour les AGMI, C16: 1 (n-7), C18 : 1 (n-7) et C18: 1 (n-9), aucune différence significative n'a été détectée entre les larves des différentes conditions d'incubation. Par contre, une différence significative a été trouvée entre les larves de la condition claie sans substrat (0,19#177;0,03 mg/g poids sec) et les larves de la condition claie avec galets (0,13#177;0,02 mg/g poids sec) pour le 0: 1(n-9) (tableau 5).

? Acides gras (n-3 et n-6)

Le DHA (2:6(n-3)) est l'acide gras de la série n-3 présent en plus forte proportion dans les PL et les LN. La qualité biochimique relative aux acides gras de la série n-3 et n-6 des larves à l'émergence était peu différente entre les différentes conditions d'incubation.

Toutefois pour la fraction LN, des différences significatives ont été détectées pour des acides gras importants. A ce titre, les larves de la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage sont significativement plus riches en acide arachidonique (0: 4 (n-6)) (1,2#177;0,10 mg/g poids sec) que les individus de la condition claie sans substrat (0,94#177;0,07 mg/g poids sec). La teneur en EPA (0: 5 (n-3)) est significativement plus élevée chez les larves issues des conditions tiroir alimenté avec l'eau de forage (7,2#177;0,7 mg/g poids sec). Les larves issues de cette variante d'incubation sont aussi significativement plus riches en DHA (13,4#177;1,4 mg/g poids sec) que les larves de toutes les autres conditions.

Pour la fraction PL, les larves de la condition claie sans substrat sont significativement plus riches en acide arachidonique (1,2 mg/g poids sec) que les larves de la condition rivière Samson (1mg/g poids sec). L'EPA est significativement plus élevé chez les larves de la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage (4,7#177;0,3 mg/g poids sec) que chez celles de la condition claie avec galets (4#177;0,2 mg/g poids sec). Les larves de la condition claie sans substrat sont significativement plus riches en DHA (16#177;0,7 mg/g poids sec) que celles de la condition rivière Samson (14#177;0,4 mg/g poids sec) (tableau 6).

Taux de survie à l'émergence (%)

120

100

40

80

60

20

0

b b

a

a

a a

Taux de survie post-émergence (%)

40

90

80

70

60

50

30

20

10

0

Claie
avec
galets

b

Claie
sans
substrat

c

Tiroir
avec eau
de
rivière

bc

Tiroir
avec eau
de
forage

a

21

Figure 11: Variation du taux de survie à l'émergence (A) et après 19 jours post émergence (B) en fonction des conditions d'incubation (moyenne + écart-type). (A): N= 3, P= 0,37 pour les rivières ; (B): N= 3, P= 0,000615).

Poids des larves (mg)

160

140

120

100

40

80

60

20

0

a a a a

b

c

Longueu r des larves (mm)

30 b a c a a bc

25

20

15

10

0

5

Figure 12 : Variation du poids moyen (A) (N= 54, P= 3,6E-39) et de la longueur (B) (N= 54, P= 8,98E-30) des larves à l'émergence en fonction des conditions d'incubation ( moyenne + écart-type).

22

Gain de poids (%)

250

200

150

100

50

0

Claie
sans
substrat

Claie
avec
galets

Tiroir
avec eau
de rivière

Tiroir
avec eau
de forage

SGR ( %/ jou r)

4

0

7

6

5

3

2

1

claie sans substrat

Claie avec galets

Tiroir avec
eau de
rivière

Tiroir avec
eau de
forage

Figure 13 : Variation du gain de poids relatif (A) (N= 3, P= 0,06) et du SGR (B) (N= 3, P= 0.69) des alevins post-émergents ( moyenne + écart-type).

CV final / CV initial

0,5

2,5

1,5

0

2

1

Claie sans substrat

Claie avec galets

Tiroir
avec eau
de rivière

Tiroir
avec eau
de forage

Figure 14 : Evolution du coefficient de variation du poids en fonction des conditions d'incubation ( moyenne + écart-type). (N= 3, P= 0,89)

Tableau 3 : Composition en lipides corporels (mg/g de poids sec) des larves à l'émergence en fonction du mode d'incubation. Les moyennes sur une même ligne accompagnées de lettres différentes sont significativement différentes (P<0,05). Lorsqu'aucune lettre n'apparaît, il n'y a pas de différence significative. N=6.

Fractions
lipidiques

Rivière Aisne

Rivière Samson

Claie avec
galets

Claie sans
substrat

Tiroir alimenté
avec eau de
forage

Tiroir alimenté
avec eau de
rivière

Lipides totaux

184,1#177;18,1ab

185,3#177;8,1ab

171,7#177;13,4b

192,7#177;12,2ab

210,2#177;12,7a

193,5#177;15,3ab

Phospholipides

43,0#177;1,3

39,9#177;1,1

42,7#177;6,5

45,2#177;3,0

43,7#177;1,9

43,4#177;0,9

Lipides neutres

73,5#177;11,5b

77,9#177;5,1ab

65,3#177;8,5b

77,4#177;6,5ab

91,9#177;8,4a

78,0#177;8,4ab

23

Tableau 5 : Composition en acides gras corporels (mg/g de poids secs) des larves à l'émergence en fonction du mode d'incubation, fraction LN. Les moyennes sur une même ligne accompagnées de lettres différentes sont significativement différentes (P<0,05). Lorsqu'aucune lettre n'apparaît, il n'y a pas de différence significative. N=6. NQ : valeur présente mais non quantifiable

Acides gras

Rivière Aisne

Rivière
Samson

Claie avec
galets

Claie sans
substrat

Tiroir alimenté avec eau de forage

Tiroir alimenté
avec eau de
rivière

Saturés

 
 
 
 
 
 

C14 :0

1,8#177;0,3ab

2,1#177;0,3ab

1,7#177;0,3b

2,3#177;0,2a

2,2#177;0,2ab

1,9#177;0,3ab

C16 :0

8,0#177;1,2ab

8,8#177;0,8a

7#177;0,8b

8,4#177;0,8ab

10,4#177;0,8a

8,4#177;0,9ab

C18:0

3,6#177;0,6ab

3,8#177;0,2ab

3,2#177;0,3b

3,2#177;0,5b

3,9#177;0,4a

3,6#177;0,5ab

0 :0

NQ

NQ

NQ

NQ

NQ

NQ

Monoinsaturés

 
 
 
 
 
 

C16 : 1(n-7)

4,7#177;0,8b

4,8#177;0,6b

4,1#177;0,7b

5,3#177;0,5ab

6,3#177;0,7a

5,0#177;0,6ab

C18: 1(n-7)

2,8#177;0,4ab

3,1#177;0,3ab

2,6#177;0,5b

3,1#177;0,4ab

3,4#177;0,3a

3,1#177;0,5ab

C18: 1(n-9)

19,3#177;3,2b

20,8#177;1,4ab

18,8#177;2,6b

21,7#177;1,7ab

24,9#177;2,4a

21,4#177;2,5a

0: 1(n-9)

0,47#177;0,01

0,53#177;0,01

0,41#177;0,07

0,52#177;0,06

0,46#177;0,04

0,49#177;0,09

n-3

 
 
 
 
 
 

C18 :3(n-3)

1,40#177;0,2b

1,50#177;0,2ab

1,20#177;0,2b

1,60#177;0,1ab

1,80#177;0,2a

1,50#177;0,2ab

C18 :4(n-3)

0,40#177;0,1ab

0,46#177;0,1ab

0,38#177;0,1b

0,50#177;0,1ab

0,51#177;0,1a

0,44#177;0,1ab

0 :5(n-3)

5,59#177;0,85b

5,62#177;0,63b

4,80#177;0,68b

5,17#177;0,52b

7,17#177;0,70a

5,86#177;0,47b

2 :5(n-3)

3,30#177;0,58ab

3,51#177;0,51ab

2,75#177;0,33b

3,13#177;0,22ab

3,68#177;0,38a

3,26#177;0,39ab

2 :6(n-3)

11,08#177;1,6b

10,5#177;1,2b

9,23#177;1,07b

10,03#177;0,94b

13,39#177;1,37a

11,36#177;1,08ab

n-6

 
 
 
 
 
 

C18 :2(n-6)

6,28#177;1,1b

7,2#177;0,9ab

5,80#177;0,86b

7,24#177;0,47ab

8,23#177;0,82a

6,81#177;0,83ab

C18 :3(n-6)

0,14#177;0,0b

0,16#177;0,02ab

0,15#177;0,04ab

0,19#177;0,04ab

0,21#177;0,04a

0,18#177;0,02ab

0 :2(n-6)

0,43#177;0,08

0,48#177;0,08

0,38#177;0,05

0,47#177;0,03

0,47#177;0,04

0,45#177;0,07

0 :3(n-6)

0,68#177;0,11

0,72#177;0,08

0,65#177;0,12

0,77#177;0,08

0,79#177;0,09

0,73#177;0,10

0 :4(n-6)

0,99#177;0,11b

1,00#177;0,08ab

0,91#177;0,11b

0,94#177;0,07b

1,16#177;0,10a

1,05#177;0,08ab

2 :4(n-6)

NQ

NQ

NQ

NQ

NQ

NQ

24

Tableau 6 : Composition en acides gras corporels (mg/g de poids secs) des larves à l'émergence en fonction du mode d'incubation, fraction PL. Les moyennes sur une même ligne accompagnées de lettres différentes sont significativement différentes (P<0,05). Lorsqu'aucune lettre n'apparaît, il n'y a pas de différence significative N=6. NQ : valeur présente mais non quantifiable

Acides gras

Rivière Aisne

Rivière
Samson

Claie avec galets

Claie sans substrat

Tiroir alimenté
avec eau de
forage

Tiroir alimenté
avec eau de
rivière

Saturés

 
 
 
 
 
 

C14 :0

0,4#177;0,0

0,3#177;0,0

0,4#177;0,3

0,4#177;0,0

0,4#177;0,0

0,4#177;0,0

C16 :0

9,4#177;0,3

9#177;0,1

9,6#177;1,4

9,4#177;0,7

9,9#177;0,4

9,7#177;0,2

C18:0

3#177;0,1ab

2,7#177;0,2b

2,8#177;0,5b

3,6#177;0,5a

3,5#177;0,4a

3,1#177;0,3ab

0 :0

NQ

NQ

NQ

NQ

NQ

NQ

Mono insaturés

 
 
 
 
 
 

C16 : 1(n-7)

0,7#177;0,1

0,6#177;0,1

0,6#177;0,1

0,7#177;0,1

0,6#177;0,1

0,7#177;0,1

C18: 1(n-7)

0,9#177;0,1

1#177;0,1

0,9#177;0,1

1#177;0,1

1#177;0,1

0,9#177;0,1

C18: 1(n-9)

4,7#177;0,1

4,4#177;0,2

5,3#177;2

4,8#177;0,2

4,8#177;0,2

4,7#177;0,1

0: 1(n-9)

0,16#177;0,03ab

0,13#177;0,03b

0,13#177;0,02b

0,19#177;0,03a

0,14#177;0,02ab

0,14#177;0,01ab

n-3

 
 
 
 
 
 

C18 :3(n-3)

0,18#177;0,08

0,13#177;0,01

0,14#177;0,05

0,12#177;0,01

0,13#177;0,01

0,15#177;0,02

C18 :4(n-3)

0,03#177;0,0

0,03#177;0,0

0,05#177;0,05

0,03#177;0,0

0,03#177;0,0

0,03#177;0,0

0 :5(n-3)

4,53#177;0,20ab

4,05#177;0,25b

3,98#177;0,22b

4,51#177;0,46ab

4,74#177;0,26a

4,45#177;0,13ab

2 :5(n-3)

1,52#177;0,11a

1,32#177;0,13ab

1,19#177;0,08b

1,57#177;0,16a

1,49#177;0,14a

1,38#177;0,10ab

2 :6(n-3)

14,50#177;0,42b`

13,63#177;0,41`

14,21#177;0,49

b`

15,76#177;0,72a

14,19#177;0,49b

15,06#177;0,34ab

n-6

 
 
 
 
 
 

C18 :2(n-6)

0,90#177;0,03

0,77#177;0,02

1,32#177;1,36

0,88#177;0,08

0,83#177;0,06

0,83#177;0,04

C18 :3(n-6)

NQ

NQ

NQ

NQ

NQ

NQ

0 :2(n-6)

0,13#177;0,01ab

0,11#177;0,02ab

0,10#177;0,02b

0,14#177;0,02a

0,12#177;0,01ab

0,12#177;0,01ab

0 :3(n-6)

0,025#177;0,02

0,21#177;0,01

0,23#177;0,05

0,25#177;0,02

0,24#177;0,02

0,24#177;0,02

0 :4(n-6)

1,02#177;0,02ab

0,94#177;0,04b 1,00#177;0,07ab

1,20#177;0,09a

1,05#177;0,06ab

1,07#177;0,03ab

2 :4(n-6)

NQ

NQ NQ

NQ

NQ

NQ

25

IV. DISCUSSION

4.1. Influence du mode d'incubation sur le fitness des alevins

4.1.1. Dynamique d'émergence et survie

Entre les rivières, il y a eu une dynamique d'émergence assez similaire. Toutefois, dans certains incubateurs, la plupart des larves ont émergé dès le 7 avril tandis que pour d'autres beaucoup y étaient encore 13 jours après. Ce décalage semble surtout lié à la différence entre individus et non aux conditions du milieu car les profils d'émergence étaient similaires entre rivières et radiers.

Le taux de survie à l'émergence dans les rivières pourrait être considéré comme satisfaisant si l'on se réfère à certaines études antérieures rapportant des taux de survie de 2 à 35 % généralement observés dans certaines rivières européennes de la Suisse, de la Suède et particulièrement la rivière Bush en Irlande du nord (Bley et Moring, 1988; Pauwels et Haines, 1994; Rubin, 1995; O'Connor et Andrew, 1998). Les résultats de la littérature varient fortement d'une rivière à une autre car, des taux de 80% ou plus ont été observés pour des fraies naturelles dans les frayères de bonne qualité par Cuinat (1971).

Notre densité d'incubation dans les rivières était d'un oeuf/cm2 dans les incubateurs. Cette densité est plus élevée comparée au 0,70/cm2 proposé par Pepper (1984) dans les substrats artificiels et un peu plus faible que 1,5/cm2 utilisé par Bamberger (2009) dans des incubateurs semi-naturels. En effet, si la densité d'incubation est trop élevée, il peut y avoir une agglomération de larves vésiculées qui par la suite peut engendrer une forte mortalité (Muray et Beacham, 1986).

La taille moyenne des graviers utilisés dans notre substrat (35#177;16 mm) correspond parfaitement à la taille optimale comprise entre 16 et 64 mm (Crips, 1996). Si la taille du gravier est faible voire inférieure à 6 mm de diamètre, le taux de survie peut être faible (entre 0 et 20%) (Crisp 1996; Bardonnet et Baglinière, 2000; Amstrong et al, 2003; Louhi et al, 2008).

Les profondeurs à utiliser pour l'incubation des oeufs en milieu naturel doivent être comprises entre 20 et 50 cm (Bardonnet et Baglinière, 2000; Amstrong et al, 2003). Dans le cas de notre étude, on était parfois en dessous de 20cm quand il n'y a pas eu de pluies et que le niveau de l'eau continuait de baisser au cours de l'expérience. Parfois on était au-delà de 50cm durant les périodes de crues. Ceci pourrait expliquer même partiellement notre taux de survie relativement faible.

La vitesse du courant mesurée dans les rivières était globalement toujours très proches des vitesses optimales de 35 à 65 cm.s-1 rapportées par certains auteurs (Bardonnet et Baglinière, 2000; Amstrong et al, 2003 ; Louhi et al, 2008). Les températures et les concentrations en oxygène dissous enregistrées sont respectivement conformes aux 5 à 8°C (Jobling et al, 1992;Jungwirth; Winkler, 1984) et au plus de 5 mg.l-1 (Mac Crimon et Gots, 1986) recommandées.

Autres paramètres importants qui pourraient expliquer notre taux de survie est la turbidité via l'effet des particules fines. En effet, au cours de l'expérience il y a eu des crues dont une plus importante le jour de la mise en place des incubateurs. Or on sait que les particules fines infiltrent le substrat lors des crues (Dumas et Darolles, 1999). Les particules fines ont comme conséquence la réduction de l'apport d'oxygène et du même coup, peuvent provoquer une forte mortalité (Greig et al, 2005). Des oeufs morts ont été trouvés dans les incubateurs, ce qui peut bien prouver que la

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mortalité a lieu avant éclosion. La conductivité élevée observée dans la rivière Samson comparativement à l'Aine est probablement due à la différence de longueur entre les 2 rivières (40 km pour l'Aisne et 22 km pour le Samson). Cependant, cette différance de conductivité ne semble influencée ni la taille, ni le poids ni même la survie des larves à l'émergence. Vallée (2004) a déjà souligné que ce paramètre en deçà de 750?S/cm, n'était pas contraignant pour la vie piscicole. De plus, cette conductivité élevée du Samson semble être compensée par une meilleure vitesse du courant (0,58 m/s pour l'Aisne et 0,68 m/s pour le Samson).

Le taux de survie à l'émergence de plus de 97% dans l'écloserie pour les conditions claies et tiroirs est très satisfaisant. Ce paramètre est généralement toujours très élevé en écloserie pour des oeufs oeillés, comme le rapporte la FAO (2005) pour la truite (95%). Etant donné que les valeurs de survie ont été très proches entre toutes les modalités d'incubation comparées dans cette étude, le substrat d'incubation et la qualité de l'eau de la rivière Aisne n'ont pas eu une grande influence sur la capacité de survie. Dumas et al (2007) a trouvé des résultats similaires dans le bassin de la Nivelle. Ces auteurs ont trouvé une survie à l'émergence de 30% et 89% respectivement en milieu naturel et sur un lot témoin en écloserie.

Le faible taux de survie généralement observé en rivière est dû principalement au colmatage des interstices via les particules fines, qui réduisent les apports d'oxygène et l'évacuation des déchets métaboliques (Burkhalter et Kaya, 1977;Chapman 1988; Crips, 1993 ; Guerin et Dumas 2001). Massa (2000) a déjà souligné la forte probabilité des eaux de rivières d'être soumises à l'effet des nitrites. En écloserie, l'absence de ce phénomène de colmatage rend très perméable le substrat d'incubation. Baril (1999) a déjà mentionné l'importance de la perméabilité du substrat d'incubation pour la bonne circulation de l'eau et donc l'apport de l'oxygène vers les oeufs. Toujours selon cet auteur, cette perméabilité favorise l'élimination des déchets toxiques. De plus, l'incubateur utilisé en rivière n'était peut-être pas le plus approprié pour éviter le colmatage du substrat et donc favoriser une survie plus importante. Une expérience similaire menée dans les rivières Carmel et Fowey avec un autre modèle d'incubateur en forme de boîte (de 31,2 litres, profondeur de 23 cm) a donné 93% de survie à l'émergence (Bamberger, 2009). Les boites d'incubation contrairement aux tubes, augmenteraient la perméabilité du substrat. Contrairement au taux de survie à l'émergence en écloserie où aucune différence significative n'a pu être mise en évidence, la survie des alevins post-émergents élevés en bassins était meilleure chez alevins issus des conditions tiroir alimenté avec eau de forage et la plus faible chez ceux issus des conditions claie sans substrat. Ces résultats corroborent certaines études (Einum et al., 2002) qui ont déjà montré l'impact de l'incubation sur la survie post-émergence des alevins de saumon Atlantique Ceci est une confirmation de l'importance de la qualité de l'eau et du substrat pour l'incubation des oeufs de saumon Atlantique.

4.1.2. Poids et longueur des larves

A l'émergence, nos résultats confirment clairement l'importance de la qualité de l'eau d'incubation sur la taille des larves. En effet, incubées dans les mêmes conditions, les larves venant des tiroirs alimentés avec l'eau de forage sont significativement de poids plus important que ceux venant des

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tiroirs alimentés avec l'eau de rivière. L'eau de forage étant une eau relativement pure est par conséquent de meilleur qualité que l'eau de rivière (Sontheiner, 1980; Bourg, 1992 ; Guergazi et al, 2005). Ensuite on voit l'importance du substrat dans l'incubation. En effet, les larves venant des claies sans substrat ont montré des poids plus faibles comparées à toutes les autres conditions. Par contre, celles qui sont dérivées des oeufs incubés sur claie avec galets, ont eu le même poids moyens statistiquement à l'émergence que ceux incubés en milieu naturel.

Pour la longueur à l'émergence, le constat reste le même. Nos résultats sont en accord avec d'autres études qui ont mis en évidence l'importance du substrat sur le poids et la longueur des larves des salmonidés à l'émergence (Poon, 1977;Gainon et pouzet, 1982; Krieg et al.1988; Bamberger, 2009). Le substrat permet à la larve de faire une meilleure utilisation de ses réserves vitellines pour la croissance somatique (Hansen et al., 1990; Peterson et Martin-Robichaud, 1995; Weil et al, 2001). Il a été démontré que le substrat réduisait le stress entre l'éclosion et l'émergence. Le stress a pour conséquence une réallocation de l'énergie qui n'est donc plus disponible pour la croissance (Mc Cornick et al, 1998).

Après l'émergence, certaines études antérieures ont montré que les alevins de poids élevé auraient une meilleure vitesse de croissance (Einum et al, 2002) due principalement à une meilleure efficacité dans la prise alimentaire (Nislow et al, 2000). Ils auraient également une meilleure capacité de nage (Ottaway et Forrest, 1983; Armstrong, 1997; Heggenes et Traaen, 1998) en rapport avec une meilleure réserve énergétique (Berg et al, 2001). Les résultats trouvés dans notre étude concernant la vitesse de croissance spécifique ou le gain de poids relatif après 19 jours de nourrissage post-émergence ne confirment pas cet avantage car, aucune différence significative n'a pu être mise en évidence entre les groupes d'alevins issus des différents modes d'incubation. Nos résultats corroborent ceux de Czerniawski et al (2010) pour des alevins de saumons nourris avec un aliment mixte (artémia et un aliment commercial) durant 2 semaines. Ils sont également très proches des résultats trouvés chez la truite arc-en-ciel (Oncorhynchusmykiss) par Bargherie et al (2008). La vitesse de croissance quasi identique pourrait s'expliquer par l'hypothèse que les alevins les plus vulnérables dans chaque lot ont été éliminés par une mortalité élevée suite au transfert de la station d'Erezée aux installations RAS de l'URBE à Namur. Il pourrait s'en suivre qu'il n'ait eu aucune différence dans la prise alimentaire et dans sa transformation en biomasse. Malgré cette réserve méthodologique, nos résultats peuvent vouloir dire qu'il n'y a eu aucune croissance compensatoire chez les alevins qui ont été moins grands à l'émergence. Ce qui laisse croire, qu'à toutes autres conditions égales, les alevins les moins grands à l'émergence le resteront toujours dans le temps. Or, les poissons les plus grands sont ceux qui ont plus de chance de survivre dans la nature face à la compétition et à la prédation (Cuinat, 1971).Toutefois, nous n'avons aucune garantie qu'au-delà de nos 19 jours d'expérimentation, que la tendance serait restée la même. Car jusqu'à 6 semaines d'alimentation, Hansend et Torrissen (1984) n'ont détecté aucune différence significative pour le SGR entre les alevins de saumons incubés avec substrat et des individus incubés sans substrat. Tandis qu'après cette période, ils ont pu mettre en évidence le niveau significativement plus élevé de ce paramètre, chez les alevins incubés sur substrat comparés

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aux individus incubés sans substrat. Cette différence augmentait de jours en jours jusqu'au 198èmejour.

Concernant les coefficients de variation du poids en début d'expérience, les valeurs observées dans cette étude sont quasi similaires à celles trouvées en fin d'expérience sauf pour la condition claie avec galets, dans laquelle ce paramètre paraît légèrement augmenter, mais pas assez pour que cette différence soit significative. Ce paramètre permet d'apprécier la rusticité des poissons (Durvile et al, 2003). La rusticité étant ici la capacité des alevins à supporter les conditions d'élevage, à survivre et à croitre (Barnabé, 1991). A la fin de notre expérience, le rapport CVf/CVi pour les conditions d'incubation était compris entre 1 et 1,3. Cela laisse croire que nos alevins on eu du mal à s'adapter aux conditions de notre élevage. Toutefois, même si la différence pour ce paramètre entre les conditions d'incubation n'est pas significative, on peut tenter de voir le rôle de la qualité de l'eau d'incubation sur le fitness des alevins. En effet, les alevins de la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage paraissent quand même les mieux adaptés aux conditions de notre expérimentation (CVf/CVi = 1) comparativement à la condition tiroir alimenté avec l'eau de rivière où ce paramètre parait le plus élevé (CVf/CVi = 1,3)

4.2. Influence du mode d'incubation sur la qualité des larves

Le statut lipidique est un indicateur qui permet d'apprécier le succès de l'ontogenèse précoce chez les poissons. Les lipides neutres sont en général des lipides de réserves fournissant notamment l'énergie tandis que les phospholipides jouent un rôle plus structurel et physiologique au niveau de la membrane cellulaire (Henderson et Torcher, 1987;Socknes et al, 2004). Des différences significatives ont été détectées pour les niveaux des lipides totaux et des lipides neutres entre la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage (respectivement 212 #177;13 mg/g de poids sec et 92 #177; 8 mg/g de poids sec) et la condition claie avec galets (respectivement 172 #177;13 mg/g de poids sec et 65#177; 9 mg/g de poids sec). Les larves à l'émergence dans la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage ont également les poids et longueurs les plus importants. Bamberger (2009) a déjà montré que les larves de saumon les plus grosses à l'émergence avaient également une meilleure réserve énergétique. Au même âge, les larves de saumon avec les meilleurs caractéristiques poids-longueurs ont également les meilleurs niveaux de lipides totaux et de lipides neutres (Murzina et al, 2016). Pour les autres modalités d'incubation, il est difficile de faire le lien entre la taille de l'alevin à l'émergence et la composition lipidique dans le cas de notre étude. Les larves des conditions claie avec galets ont eu à l'émergence, des tailles statistiquement similaires avec celles des conditions tiroirs à eau de forage. Pourtant, ces larves semblent présenter les plus faibles taux de lipides totaux et de lipides neutres. De plus, les plus petites larves à l'émergence venaient des conditions claies sans substrat. Cependant, les larves de cette condition n'ont pas montré une mauvaise composition lipidique. Ces résultats ne sont pas en accord (en sachant que les lipides sont hautement énergétiques) aux conclusions d'autres recherches qui stipulent que les contenus énergétiques des larves sont beaucoup plus élevées chez les individus incubés sur substrat que chez ceux incubés sans substrats (Audic, 2006;). Toutefois, nos résultats pourraient bien rejoindre les conclusions de Berg et al (2001), à savoir que le statut énergétique des larves à l'émergence est

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surtout influencé par l'efficacité de l'utilisation des protéines après éclosion et non par la synthèse lipidique. En effet après éclosion, l'augmentation de la synthèse et du stockage des lipides chez les larves, révèle que ces composés sont critiques pour la survie post-émergente. Les stocks de lipides après émergence peuvent favoriser la survie, la capacité concurrentielle et la croissance parce que ces composées sont efficaces et rapidement métabolisables. Après éclosion, le métabolisme augmente de façon logarithmique tandis que le stockage des protéines décroît très considérablement. Ceci peut vouloir dire que la grande majorité de l'énergie métabolique à ce moment-là, provient des protéines stockées. De plus, les larves semblent transformer les protéines en graisses dans le but de maximiser leur fitness (Berg et al, 2001). Ceci pourrait expliquer le fait que même dans la condition claie sans substrat qui est considérée comme un témoin négatif, le statut lipidique n'est pas trop affecté. La larve semble, au lieu de perturber sa synthèse et stockage lipidique pour s'adapter à une condition défavorable, préférer diminuer sur l'allocation de l'énergie métabolisable des protéines destinées à la formation de ses tissus.

Les acides gras saturés particulièrement le C14 et le C16, sont des importants précurseurs des acides gras nécessaires à la vie des cellules et à la formation des tissus. Ils proviennent de la synthèse de novo à partir de précurseurs non lipidiques, particulièrement les acides aminés (Mellinger, 95). Les acides gras monoinsaturés sont essentiellement utilisés comme source d'énergie pour le catabolisme. Dans les lipides neutres, les larves de la condition tiroir alimenté avec l'eau de forage présentent des niveaux plus élevés en acide palmitique (C16:0) et stéarique (C18:0) (respectivement 3 #177; 0,8 mg/g de poids sec et 4 #177; 0,4 mg/g de poids sec) comparées aux larves des modalités claie avec galets (respectivement 8,4 #177; 0,8 mg/g de poids sec et 4 #177; 0,4 mg/g de poids sec). La même tendance persiste avec le C18:0 dans les phospholipides.

Les juvéniles de saumon ont besoin des AGPI n-3 particulièrement l'ALA ((C18:3 (n-3)), l'EPA (0:5 (n-3)), le DHA (2:6 (n-3)) et des AGPI n-6 dont l'acide linolenique (C18:2(n-6) et surtout l'acide arachidonique (0: 4 (n-6)) comme facteurs nutritionnels importants liés aux mécanismes biochimiques et physiologique de leur développement (Bell et al, 1997; Arts et al, 2001; Huang et al, 2008). Le 2:6 (n-3) est un composé essentiel des cellules rétiniennes oculaires et nerveuses des jeunes vertébrés (Arts et al, 2001) tandis que le 0: 4 (n-6) est à l'origine de la synthèse des eicosanoïdes, composés impliqués dans plusieurs fonctions biologiques (osmo-régulation, défense humanitaire...) (Bell et al, 1997). Dans la fraction des lipides neutres et des phospholipides, ces acides gras n-3 et n-6 sont significativement plus élevés chez les larves de la condition tiroir à eau de forage comparées aux larves du système claie avec galets. Peng et al (2003) a trouvé des résultats similaires chez de gros alevins de saumon Atlantique comparés aux individus plus petits.

Nos résultats en général semblent montrer que les conditions claies sont moins performantes comparées aux modalités tiroir, plus particulièrement alimenté avec l'eau de forage qui semble donner de meilleurs résultats pour ces AGPI. De plus, ces résultats révèlent le rôle de la qualité de l'eau d'incubation. Car incubé dans les mêmes conditions, les larves issues des tiroirs alimentés avec l'eau de rivière ne sont pas toujours significativement plus riches en ces AGPI que les larves

.

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venant des conditions claies contrairement aux individus des modalités tiroir alimenté avec l'eau de forage.

Qu'ils s'agissent des contenus lipidiques en général ou d'acides gras en particulier, les résultats trouvés dans les rivières sont très similaires à ceux trouver en écloserie. Or l'on sait que généralement, les saumoneaux d'écloserie sont plus riches en lipides que leur congénères sauvages au même âge et après une même période d'alimentation (Peng et al, 2003;Medale et al, 2003; Bourre et al, 2006). Cela pourrait bien montrer, que cette différence de contenu lipidique généralement observée, est d'avantage liée à l'alimentation exogène des larves et non celle de la mère.

V. CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES

Cette étude a montré que les conditions du milieu d'incubation du saumon Atlantique (rivières vs écloserie) affectent significativement le taux de survie et non la qualité des larves à l'émergence en termes de poids vif et qualité des lipides corporels. Elle a aussi montré que les modes d'incubation en écloserie pourraient jouer un rôle dans le développement des alevins destinés au repeuplement. Une incubation en écloserie sur substrat et avec une eau de bonne qualité, peut permettre d'avoir des larves à l'émergence de bonne qualité, quasi similaire à une incubation semi-naturelle en rivière. L'incubation dans le système tiroir alimenté avec l'eau de forage et dans les claies avec galets, ont permis d'avoir les plus grandes larves à l'émergence. Les longueurs et poids de ces larves sont très similaires à ceux trouvés en rivières après incubation semi-naturelle. L'adaptation aux conditions d'élevage au début de la phase post-émergence a confirmé la bonne qualité des larves issues des modalités du système tiroir alimenté en eau de forage en termes de survie. Mais cette supériorité n'a pas été confirmée en termes de capacité de croissance car aucune différence n'a été détectée entre les diverses conditions d'incubation testées en écloserie. De plus, la composition en acides gras chez les larves issues d'incubation tiroir en eau de forage n'est pas significativement meilleure comparativement à celle des larves issues d'incubation du même système mais alimenté en eau de rivière.

Les résultats de notre étude ne permettent donc pas d'affirmer de manière précise le mode d'incubation le plus adapté pour les programmes de repeuplement. Pour des juvéniles destinés au repeuplement, il serait préférable de faire plus d'analyses biochimiques sur les muscles, afin de mieux associer les résultats à certaines fonctions biologiques comme la capacité de nage et la réponse inflammatoire. Il serait intéressant également de tester le comportement anti-prédateur des alevins afin de mieux évaluer leur chance de survie en milieu naturel.

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Annexe 1

Paramètres physico-chimiques

II

Concentration en oxygène dissous, turbidité, température et pH dans la

rivière Aisne

20

15

10

5

0

Oxygene dissous (mg/l) Turbidité (FAU) Température (°C) pH

conductivité -Rivière Aisne

150

125

100

75

50

25

0

conductivité (uS/cm)

23 Fev

27 Fev

3 Mars

7 Mars

10 Mars

14 Mars

17 Mars

23 Mars

27 Mars

31 Mars

4 Avril

10

Avril

19

Avril

14

Avril

Concentration en oxygène dissous, turbidité, température et pH dans la
rivière Samson

20

15

10

5

0

Oxygene dissous (mg/l) Turbidité (FAU) Température (°C) pH

Figure 1: Paramètres physico-chimiques enregistrés dans les rivières

conductivité -Rivière Samson

600 500 400 300 200 100

0

 

conductivité (uS/cm

Figure 2: paramètres physico-chimiques enregistrés dans les rivières (suite)

Suivi de température, oxygène dissous, pH et de turbidité: conditions Claies et tiroir à eau de rivière

18 16 14 12 10 8 6 4 2 0

 

Température (°C) oxygène (mg/l) pH

Turbidité (FAU)

23 fev

27 fev

3
mars

7 mars

10 mars

14 mars

17 mars

23 mars

27 mars

31 mars

4 avril

10

avril

14

avril

Suivi de température, oxygène dissous, pH et de turbidité: conditions tiroir à eau de forage

14 12 10 8 6 4 2 0

 

Température (°C) oxygène (mg/l) pH

23 fev

27 fev

3
mars

7 mars

10 mars

14 mars

17 mars

23 mars

27 mars

31 mars

4 avril

10

avril

14

avril

Figure 3 : Paramètres physico-chimiques enregistrés en écloserie

IV

vitesse du courant (m/s)-Rivière Aisne

m/s

1,20 1,00 0,80 0,60 0,40 0,20 0,00

 
 
 
 
 

Radier 1
Radier 2
Radier 3

22 Fev24 Fev27 Fev2 Mars6 Mars8 Mars11 Mars14 Mars17 Mars20 Mars23 Mars28 Mars31 Mars3 Avril7 Avril

Hauteur d'eau (cm)-Rivière Aisne

cm

50 40 30 20 10

0

 
 
 
 

Radier 1
Radier 2
Radier 3

17
Mars

3 Avril

28
Mars

23
Mars

20
Mars

31
Mars

2 Mars 6 Mars 8 Mars 11 14

Mars Mars

Figure 4 : Vitesse courant et hauteur d'eau enregistrées dans la rivière Aisne

V

m/s

1,20

1,00

0,80

0,60

0,40

0,20

0,00

Radier 1
Radier 2
Radier 3

50

40

30

20

10

0

Radier 1
Radier 2
Radier 3

vitesse du courant (m/s)-Rivière Aisne

22 Fev24 Fev27 Fev2 Mars6 Mars8 Mars11 Mars14 Mars17 Mars20 Mars23 Mars28 Mars31 Mars3 Avril7 Avril

Hauteur d'eau (cm)-Rivière Aisne

cm

2 Mars 6 Mars 8 Mars 11 14

Mars Mars

Figure 5 : Vitesse courant et hauteur d'eau enregistrées dans la rivière Aisne

17
Mars

3 Avril

23
Mars

31
Mars

28
Mars

20
Mars

vitesse du courant (m/s)-Rivière Samson

Radier 1
Radier 2
Radier 3

31
Mars

23
Mars

27
Mars

14

19

Avril

Avril

4 Avril 10

Avril

23 Fev 27 Fev 3 Mars 7 Mars 14 17

Mars Mars

70

cm

60

Hauteur d'eau (cm)-Rivière Samson

50

Radier 1
Radier 2
Radier 3

4 avril 10

avril

0

19

14

avril

avril

40

30

20

10

23 fev 27 fev 3 mars 7 mars 14 17

31 mars

27 mars

23

mars mars mars

Figure 6 : Vitesse courant et hauteur d'eau enregistrées dans la rivière Samson

1,5

(m/s)

1,0

0,5

0,0

Annexe 2

Tests statistiques ( ANOVA)

VII

A) SURVIE A L'EMERGENCE

Test de Hartley : homogénéité des variances (P=0,95)
S : Samson ; A : Aisne

 

Radier 1-S

Radier 2-S

Radier 3-S

Radier 1-

A

Radier 2-A

Radier 3-A

 

32.7

43.3

56.0

8.7

44.7

44.7

 

6.0

0.0

57.3

0.0

40.0

42.7

 

28.7

50.7

36.7

6.0

20.0

31.3

 

19.3

47.3

28.0

50.7

4.0

2.7

moy

21.7

35.3

44.5

16.4

27.2

30.4

var

140.2963

563.8519

210.1852

537.63

353.3892

374.6233

ni

4

 
 
 
 
 

dl

3

 
 
 
 
 

na

6

 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 

H calculé

4.019007

 
 
 
 
 

H tabulé

62

 
 
 
 
 

Concl

Homogénéité var ok

 
 
 

Test d'ANOVA

 
 
 
 
 
 
 
 

SCE

dl

CM

Fobs

P-value

 

Total

8535.925

23

 
 
 
 

Fact

1995.998

5

399.1995

1.098726

0.395116

ns

Res

6539.928

18

363.3293

 
 
 

B) SURVIE POST-EMERGENCE

Test de Hartley : homogénéité des variances (P=0,95)

 

Tiroir eau rivière

Tiroir eau forage

Claie substrat

Claie vide

 

32.5925

59.4936

45.2915

16.6667

 

26.6666

73.4177

50.4273

1.3333

 

41.8518

83.1223

31.1965

20

MOYENNE

33.70363

72.0112

42.3051

12.66666667

VAR

58.57354

141.0625

99.14485588

99.11162222

ni

3

 
 
 

dl

2

 
 
 

na

4

 
 
 

dl

3

 
 
 

H calculé

2.408298

 
 
 

H tabulé

142

 
 
 

conclusion: Htab>Hcal, homogéneité des variances ok

VIII

Test d'ANOVA

 
 
 
 
 
 
 
 

SCE

dl

CM

Fobs

P-value

 

Total

6245,789

11

 
 
 
 

Fact

5450,004

3

1816,6679

18,2629

0,000615

sss

Res

795,7851

8

99,4731

 
 
 

C) POIDS A L'EMERGENCE

Test de Hartley : homogénéité des variances (P=0,95)

 

Samson

Aisne

Tiroir+eau de rivière

Tiroir+eau de forage

Claie+
substrat

Claie sans substrat

MOYENNE

142.3519

139.8704

128.1296

137.9259

138.1296296

107.3704

VAR

254.6852

195.8131

175.7753

134.6359

146.3413697

173.181

ni

54

 
 
 
 
 

dl

53

 
 
 
 
 

na

6

 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 

Hcal

1.891659

 
 
 
 
 

Htab

2.11

 
 
 
 
 

conclusion: Htab>Hcal, homogeneite des variances ok

Test d'ANOVA

 
 
 
 
 
 
 
 

SCE

dl

CM

Fobs

P-value

 

Total

103857,6

323

 
 
 
 

Fact

46594,67

5

9318,933

57,7516

3,6E-39

sss

Res

57262,89

318

180,072

 
 
 

D) LONGUEUR A L'EMERGENCE

Test de Hartley : homogénéité des variances (P=0,95)

 

Samson

Aisne

Tiroir+eau de rivière

Tiroir+eau de forage

Claie+
substrat

Claie sans
substrat

MOYENNE

26.66667

27.57407

25.81481

27.22222

27.31481

26.24074074

VAR

 

0.867925

0.664221

0.719776

0.591195

0.521663

0.752271139

ni

54

 
 
 
 
 
 

dl

53

 
 
 
 
 
 

na

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

Hcal

1.663764

 
 
 
 
 
 

Htab

2.11

 
 
 
 
 

conclusion: Htab>Hcal, homogéneité des variances ok

IX

Test d'ANOVA

 
 
 
 
 
 
 
 

SCE

dl

CM

Fobs

P-value

 

Total

344,75

323

 
 
 
 

Fact

126,54

5

25,3092

36,8845

8,98E-30

sss

Res

218,20

318

0,6861

 
 
 

E) TAUX DE CROISSANCE SPECIFIQUE (SGR)

Test de Hartley : homogénéité des variances (P=0,95)

 

Tiroir eau
rivière

Tiroir eau
forage

Claie substrat

Claie vide

 

4.33

4.37

4.90

4.24

 

3.69

4.15

4.19

5.60

 

4.14

4.37

4.15

5.75

MOYENNE

4.1

4.3

4.4

5.2

VAR

0.11

0.02

0.18

0.69

ni

3.00

 
 
 

dl

2.00

 
 
 

na

4.00

 
 
 

dl

3.00

 
 
 

H calculé

42.10

 
 
 

H tabulé

142.00

 
 
 

conclusion: Htab>Hcal, homogéneité des variances ok

Test d'ANOVA

 
 
 
 
 
 
 
 

SCE

dl

CM

Fobs

P-value

 

Total

4.18

11.00

 
 
 
 

Fact

2.10

3.00

0.70

 
 
 

Res

11.02

8.00

1.38

0.51

0.69

ns

X

F) Lipides totaux

Test de Hartley : homogénéité des variances (P=0,95)

 

Claie+
substrat

Claie sans
substrat

Samson

Aisne

Tiroir+eau de rivière

Tiroir+eau de forage

MOYENNE

171.7

192.7

184.1

185.3

210.2

193.5

VAR

179.93719

148.67173

327.850052

64.895099

160.87075

233.18772

Max var

327.850052

 
 
 
 
 

Min Var

64.895099

 
 
 
 
 

ni

6

 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 

na

6

 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 

Hcal

5,05

 
 
 
 
 

Htab

18,7

 
 
 
 
 

conclusion: Htab>Hcal, homogeneite des variances ok

Test d'ANOVA

 
 
 
 
 
 
 
 

SCE

dl

CM

Fobs

P-value

 

Total

10496

35

 
 
 
 

Fact

4918.94

5

983.7881

5.291969

0.001333

sss

Res

5577.063

30

185.9021

 
 
 

G) LIPIDES NEUTRES

Test de Hartley : homogénéité des variances (P=0,95)

 

Claie+
substrat

 

Claie sans
substrat

Samson

Aisne

Tiroir+eau de rivière

Tiroir+eau de forage

MOYENNE

65.3

 

77.4

73.5

77.9

91.9

78.0

VAR

73.0

 

37.3

133.2

25.7

70.3

71.0

ni

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

na

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

Hcal

5,12

 
 
 
 
 
 

Htab

18,7

 
 
 
 
 
 
 

conclusion: Htab>Hcal, homogeneite des variances ok

Test d'ANOVA

 

SCE

dl

CM

Fobs

P-value

 

Total

4284.344

35

 
 
 
 

Fact

2231.955

5

446.391

6.524948

0.000324

sss

Res

2052.389

30

68.41297

 
 
 

XI

H) LIPIDES NEUTRES

1) 0 :4 (n-6)

Test de Hartley : homogénéité des variances (P=0,95)

 

Claie+
substrat

Claie sans
substrat

Samson

Aisne

Tiroir+eau de rivière

Tiroir+eau de forage

MOYENNE

0.91

0.94

0.99

1.00

1.16

1.05

VAR

0.012016147

0.0045755

0.012825

0.007217

0.0100001

0.0060396

ni

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

na

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

Hcal

2,8

 
 
 
 
 
 

Htab

18,7

 
 
 
 
 
 
 

conclusion: Htab>Hcal, homogeneite des variances ok

Test d'ANOVA

 
 
 
 
 
 
 
 

SCE

dl

CM

Fobs

P-value

 

Total

0.502637

35

 
 
 
 

Fact

2.39E-01

5

4.79E-02

5.5

0.001102776

sss

Res

0.263367

30

0.008778884

 
 
 

2) 0 : 5(n-3)

Test de Hartley : homogénéité des variances (P=0,95)

 

Claie+ substrat

Claie sans
substrat

Samson

Aisne

Tiroir+eau de rivière

Tiroir+eau de forage

MOYENNE

4.80

5.17

5.59

5.62

7.17

5.86

VAR

0.388915415

0.3360789

0.7198171

0.4018814

0.4923698

0.2245573

ni

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

na

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

Hcal

3,21

 
 
 
 
 
 

Htab

18,7

 
 
 
 
 
 
 

conclusion: Htab>Hcal, homogeneite des variances ok

Test d'ANOVA

 
 
 
 
 
 
 
 

SCE

dl

CM

Fobs

P-value

 

Total

32.53443

35

 
 
 
 

Fact

1.97E+01

5

3.94E+00

9.23E+00

2.11159E-05

sss

Res

12.8181

30

0.427270003

 
 
 

XII

3) 2 : 6(n-3)

Test de Hartley : homogénéité des variances (P=0,95)

 

Claie+ substrat

Claie sans
substrat

Samson

Aisne

Tiroir+eau de rivière

Tiroir+eau de forage

MOYENNE

9.23

10.03

11.08

10.51

13.39

11.36

VAR

1.149657682

0.89099

2.7933286

1.4603948

1.8791131

1.1745631

ni

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

na

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

Hcal

3,14

 
 
 
 
 
 

Htab

18,7

 
 
 
 
 
 
 

conclusion: Htab>Hcal, homogénéité des variances ok

Test d'ANOVA

 
 
 
 
 
 
 
 

SCE

dl

CM

Fobs

P-value

 

Total

107.5414

35

 
 
 
 

Fact

6.08E+01

5

1.22E+01

7.80E+00

8.38721E-05

sss

Res

46.74024

30

1.558007866

 
 
 

I) PHOSPHOLIPIDES

1) 0 : 4(n-6)

Test de Hartley : homogénéité des variances (P=0,95)

 

Claie+ substrat

Claie sans
substrat

Samson

Aisne

Tiroir+eau de
rivière

Tiroir+eau de forage

MOYENNE

1.00

1.20

1.02

0.94

1.05

1.07

VAR

0.005449255

0.0077767

0.0006017

0.0015465

0.004042

0.0010481

ni

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

na

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

Hcal

13

 
 
 
 
 
 

Htab

18,7

 
 
 
 
 
 
 

conclusion: Htab>Hcal, homogénéité des variances ok

Test d'ANOVA

 
 
 
 
 
 
 
 

SCE

dl

CM

Fobs

P-value

 

Total

0.329698

35

 
 
 
 

Fact

2.27E-01

5

4.55E-02

13.3

7.02E-07

sss

Res

0.102322

30

0.003410737

 
 
 

XIII

2) 0 : 5(n-3)

Test de Hartley : homogénéité des variances (P=0,95)

 

Claie+
substrat

Claie sans
substrat

Samson

Aisne

Tiroir+eau de rivière

Tiroir+eau de forage

MOYENNE

3.98

4.51

4.53

4.05

4.74

4.45

VAR

0.047071294

0.2071286

0.0395173

0.0615099

0.0687501

0.0174825

ni

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

na

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

Hcal

12,17

 
 
 
 
 
 

Htab

18,7

 
 
 
 
 
 
 

conclusion: Htab>Hcal, homogénéité des variances ok

Test d'ANOVA

 
 
 
 
 
 
 
 

SCE

dl

CM

Fobs

P-value

 

Total

4.814098

35

 
 
 
 

Fact

2.61E+00

5

5.21E-01

7.09E+00

0.000177

sss

Res

2.207298

30

0.073576604

 
 
 

3) 2 : 6(n-3)

Test de Hartley : homogénéité des variances (P=0,95)

 

Claie+
substrat

Claie sans
substrat

Samson

Aisne

Tiroir+eau de rivière

Tiroir+eau de forage

MOYENNE

14.21

15.67

14.50

13.63

14.19

15.06

VAR

0.244565589

0.5213105

0.1788946

0.1720832

0.242714

0.113977

ni

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

na

6

 
 
 
 
 
 

dl

5

 
 
 
 
 
 

Hcal

4,57

 
 
 
 
 
 

Htab

18,7

 
 
 
 
 
 
 

conclusion: Htab>Hcal, homogénéité des variances ok

Test d'ANOVA

 
 
 
 
 
 
 
 

SCE

dl

CM

Fobs

P-value

 

Total

22.9711

35

 
 
 
 

Fact

1.56E+01

5

3.12E+00

1.27E+01

1.13E-06

sss

Res

7.367725

30

0.245590824

 
 
 

XIV

J) EVOLUTION DU COEFFICIENT DE VARIATION DU POIDS Test de Hartley : homogénéité des variances (P=0,95)

 

Claie vide

Tiroir eau
forage

Tiroir eau rivière

Claie substrat

 

0.400678

1.100328

1.018229

0.769079

 

2.016791

1.047625

0.614308

2.075816

 

1.034614

0.858701

2.127489

1.221863

MOYENNE

1.150694

1.002218

1.253342

1.355586

VAR

0.663062

0.016142

0.613888

0.440302

ni

3

 
 
 

dl

2

 
 
 

na

4

 
 
 

dl

3

 
 
 

H calculé

4,11

 
 
 

H tabulé

142

 
 
 

conclusion: Htab>Hcal, homogéneité des variances ok

Test d'ANOVA

 
 
 
 
 
 
 
 

SCE

dl

CM

Fobs

P-value

 

Total

3.67

11.00

 
 
 
 

Fact

0.20

3.00

0.07

0.10

0.95

ns

Res

5.20

8.00

0.65

 
 
 





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