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Incidence de la politique monétaire sur la croissance en république démocratique du Congo de 2003 à  2018.


par Shadrack Mashala
Université de Lubumbashi - Licence en économiie monétaire 2019
  

Disponible en mode multipage

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UNIVERSITE DE LUBUMBASHI

FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

Département des Sciences Economiques

0Incidence de la politique monétaire sur la croissance économique en République Démocratique du Congo

De 2003 à 2018

Septembre 2019

ParMASHALA WA MASHALA Shadrack

Mémoire présenté et défendu en vue del'obtention du titre de licencié ensciences économiques.


Option : Economie Monétaire

UNIVERSITE DE LUBUMBASHI

FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

Département des Sciences Economiques

0Incidence de la politique monétaire sur la croissance économique en République Démocratique du Congo

De 2003 à 2018

ParMASHALA WA MASHALA Shadrack

Mémoire présenté et défendu en vue del'obtention du titre de licencié ensciences économiques.


Option : Economie Monétaire

Directeur : Pr KWESELE CHOMACHOMA Bruno

Septembre 2019

TABLE DES MATIERES

LISTE DES TABLEAUX I

LISTE DES FIGURES IV

LISTE DES ACRONYMES V

EPIGRAPHE VI

DEDICACE VII

REMERCIEMENTS VIII

INTRODUCTION GENERALE 1

I. PRESENTATION DU SUJET 1

II. REVUE DE LITERATURE 1

III. PROBLEMATIQUE 4

IV. HYPOTHESES 4

V. CHOIX ET INTERET DU SUJET 5

VI. OBJECTIFS POURSUIVIS 6

VII. METHODES ET TECHNIQUES 6

VIII. DELIMITATION DU SUJET 7

IX. PLAN SOMMAIRE 8

CHAPITRE 1 : APERÇUS SUR LA POLITIQUE MONETAIRE ET LA CROISSANCE ECONOMIQUE 9

1.1. LA POLITIQUE MONETAIRE 9

1.1.1. LES APPROCHES THEORIQUES DE LA POLITIQUE MONETAIRE 9

1.1.2. OBJECTIFS ET ROLES DE LA POLITIQUE MONETAIRE 13

1.1.3. LES INSTRUMENTS DE LA POLITIQUE MONETAIRE 15

1.1.4. LES CANAUX DE TRANSMISSION DE LA POLITIQUE MONETAIRE 16

1.2. LA CROISSANCE ECONOMIQUE 19

1.2.1. APPROCHES THEORIQUES DE LA CROISSANCE 20

1.2.2. INDICATEUR DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE 26

1.2.3. LES FACTEURS DE CROISSANCE ECONOMIQUE 28

1.3. IMPACTS THEORIQUES DE LA POLITIQUE MONETAIRE SUR LA CROISSANCE 33

1.3.1. DU POINT DE VUE CONSOMMATION ET PRODUCTION 33

1.3.2. DU POINT DE VUE EPARGNE 34

1.3.3. DU POINT DE VUE REVENU 34

1.3.4. DU POINT DE VUE DU CREDIT 35

CONCLUSION PARTIELLE 36

CHAPITRE 2 : SITUATION MONETAIRE ET PERFORMANCE ECONOMIQUE DE LA RDC 37

2.1. POLITIQUE MONETAIRE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO 37

2.1.1. CONDUITE DE LA POLITIQUE MONETAIRE EN RDC 37

2.1.2. ÉVOLUTION DES AUTRES VARIABLES DE LA POLITIQUE MONETAIRE 50

2.2. ÉVALUATION DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE EN RDC DE 2003 A 2018 57

2.2.1. ANALYSE SECTORIELLE DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE 58

2.2.2. ANALYSE DE LA DEMANDE GLOBALE 65

CONCLUSION PARTIELLE 71

CHAPITRE 3 : ANALYSE DE L'INCIDENCE DE LA POLITIQUE MONETAIRE SUR LA CROISSANCE ECONOMIQUE EN RDC 72

3.1. SPECIFICATION DU MODELE 73

3.1.1. FORME FONCTIONNELLE 73

3.1.2. MODELE D'ANALYSE 75

75

3.2. ANALYSES PRELIMINAIRES 76

3.2.1. SOURCES DES DONNEES 76

3.2.2. ANALYSE DE LA STATIONNARITE 78

3.3. CORRELATION ET CAUSALITE 79

3.3.1. CORRELATION 79

3.3.2. CAUSALITE 81

3.3. DETERMINATION DE DECALAGE TEMPOREL PAR LE CORRELOGRAMME 83

3.4. MODELISATION ARIMA 85

3.4.1. ESTIMATION DES MODELES 87

3.4.2. DIAGNOSTIC DES MODELES 88

3.4.3. INTERPRETATIONS DES MODELES 90

3.5. RESUME 92

3.6. DISCUTIONS DES RESULTATS 93

3.7. RECOMMANDATIONS 94

CONCLUSION PARTIELLE 94

CONCLUSION GENERALE 95

BIBLIOGRAPHIE 98

ANNEXES 100

Liste des tableaux

Tableau 1-1 Formule de calcul du P.I.B 1

Tableau 2-1 Objectifs final, intermédiaires et opérationnels de la politique monétaire 44

Tableau 2-2 Evolution des facteurs des liquidités (flux en milliards de CDF) 46

Tableau 2-3 Evolution des facteurs autonomes de la liquidité (flux en milliards de CDF) 47

Tableau 2-4 Evolution des facteurs institutionnels de la liquidité (flux en milliards de CDF) 48

Tableau 2-5 Evolution des Agrégats Monétaire de la BCC de 2010 à 2017 (en millions de CDF) 50

Tableau 2-6 Evolution du crédit aux entreprises et aux particuliers (en millions de CDF) 56

Tableau 2-7 Evolution du PIB en RDC de 2000 à 2018 57

Tableau 2-8 Contribution des différents secteurs à la croissance économique (en point de croissance) de 2007 à 2012 59

Tableau 2-9 Contribution des différents secteurs à la croissance économique (en point de croissance) de 2013 à 2017 59

Tableau 2-10 Contribution des différents secteurs à la croissance économique (en point de croissance et en pourcentage) 60

Tableau 2-11 Contribution des différentes composantes de la demande globale à la croissance du Produit Intérieur Brut de 2000 à 2007 (en pourcentage du PIB à prix courants) 65

Tableau 2-12 Contribution des différentes composantes de la demande globale à la croissance du Produit Intérieur Brut de 2008 à 2017 (en pourcentage, aux prix de 2005) 66

Tableau 2-13 Contribution des composantes de la demande globale à la croissance(en points de croissance) 67

Tableau 2-14 Evolution des composantes de la demande intérieure 68

Tableau 2-15 Evolution des composantes de la demande extérieure 69

Tableau 3-1 Opérationnalisation des variables 75

Tableau 3-2 Statistique descriptive 76

Tableau 3-3 Test de Dickey Fuller augmentés 78

Tableau 3-4 Matrice des corrélations entre variables 80

Tableau 3-5 causalité au sens de Granger 81

Liste des figures

Figure 2-1 Evolution de l'objectif final de la politique monétaire de la BCC 1

Figure 2-2 Evolution de l'objectif intermédiaire (la masse monétaire) de la politique monétaire de la BCC 42

Figure 2-3 Evolution de l'objectif opératoire (la base monétaire) de la politique monétaire de la BCC 43

Figure 2-4 Evolution des mécanismes de transmission de la politique monétaire à la BCC de 2008 à 2018 (en %) 48

Figure 2-5 Evolution du volume annuel du refinancement (en milliards de CDF) 51

Figure 2-6 Volume annuel des transactions interbancaires (en milliards de CDF) 51

Figure 2-7 Volume annuel des ventes du Bon BCC (en milliards de CDF) 52

Figure 2-8 Evolution de l'encours du Bons BCC 52

Figure 2-9 Taux moyen pondéré du Bon BCC à 7 jours et du marché Interbancaire (en pourcentage) 53

Figure 2-10 Taux d'intérêt de la BCC et des banques commerciales (en pourcentage) 53

Figure 2-11 Taux d'intérêt réels (en pourcentage) 54

Figure 2-12 Evolution de l'encours des crédits (en pourcentage du PIB) 55

Figure 2-13 Structure générale des crédits octroyés par le système bancaire (en pourcentage) 55

Figure 2-14 Structure du crédit suivant la monnaie (en pourcentage) 55

Figure 2-15 Structure des dépôts suivant la monnaie (en pourcentage du total) 56

Figure 2-16 Evolution du taux de croissance du PIB 58

Figure 2-17 Contribution des différents secteurs à la croissance économique (en pourcentage) 2014 et 2016 60

Figure 2-18 Contribution des composantes de la demande globale à la croissance (en points de croissance) 67

Figure 3-1 Modèle théorique d'analyse 75

Figure 3-2 Evolution graphique des variables 77

Figure 3-3 Courbes d'évolution des séries stationnaires 79

Figure 3-4 Causalité entre variables 82

Figure 3-5 Correlogramme du taux de croissance 83

Figure 3-6 Correlogramme du taux Bon BCC 83

Figure 3-7 Correlogramme du niveau des crédits 84

Figure 3-8 Correlogramme du coefficient de réserve obligatoire 84

Figure 3-9 Correlogramme du taux directeur 85

Liste des acronymes

ADF

AEN
AIC

AIN

APN
ARIMA
BCC

BCM

BM

BNC

CDF

CNE
Css

EIC

FBCF

gn

gw

hab

IDH
IMF
INSEE

IPC

Lbnbcc

Lcred

Lro

Ltdir

ME

MN
PIB
PNB
PP
RDC

RNB

RO
SIC
Txdir

USD

Dukey Fuller Augmenté

Avoirs extérieurs net
Critères d'information d'Akaike

Avoirs intérieurs net

Autres postes net
AutoRegressive - Integrated - Moving Average
Banque Centrale du Congo

Banques créatrices de monnaie

Base monétaire

Banque nationale duCongo

Congo Démocratique franc (franc congolais)

Crédit net à l'Etat
Croissance économique

Etat indépendant du Congo

Formation brute de capital fixe

Taux de croissance naturel

Taux de croissance garanti

Habitants

Indice de développement humain
Institutions de micros finances
Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (France)

Indice des prix à la consommation

Logarithme du taux des Bons BCC

Logarithme des crédits accordé à l'économie

Logarithme du coefficient de réserve obligatoire

Logarithme du taux directeur

Monnaies étrangères

Monnaie nationale
Produit intérieur brut
Produit national brut
Phillips - Perron
République Démocratique du Congo

Revenu national brut

Réserve obligatoire
Critère d'information de Schwarz

Taux directeur

United States Dollar (dollar des Etats Unis)

EPIGRAPHE

«  La difficulté n'est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d'échapper aux idées anciennes »

John Maynard Keynes

DEDICACE

A Mes chers parents, Pierre Mashala et Régine Mputu,

Je dédie ce travail.

REMERCIEMENTS

Au bout de cinq années de travail, joie, peine, mais surtout de formation et d'orientation, nous voilà au terme de notre parcours académique, fruit d'efforts multiples et d'un dur labeur consentis. Cela aura été difficile certes, mais nous ne pouvons que reconnaitre son apport positif dans plusieurs aspects de notre vie. C'est ainsi que dans le but de l'obtention de notre diplôme de License en économie monétaire au sein de la faculté des sciences économiques et de gestion, il nous est demandé de rédiger ce présent en guise de mémoire.

Ce ne pas exclusivement par nos propres efforts qu'a pu naitre ce travail, mais plutôt par la contribution de plus d'une personne que nous ne pouvons énumérer explicitement. Ainsi qu'il nous soit permis d'exprimer à l'endroit des personnes qui, activement ou passivement, ont contribué à la rédaction du présent ouvrage nos sincères remerciements.

Au Dieu tout puissant, créateur du ciel et de la terre, pour le souffle de vie quotidien, pour son orientation dans toutes nos activités, pour l'amour inconditionnel du seigneur Jésus-Christ et son soutien depuis notre naissance.

A monsieur le Professeur KWESELE CHOMACHOMA Bruno, pour avoir accepté la direction du présent travail malgré ses multiples occupations, nous exprimons nos vifs sentiments de remerciements, également à Monsieur CHALWE Davidpour son suivi et son encadrement.

Au corps académique et scientifique de la faculté des sciences économiques et de gestion, plus particulièrement à ceux du département d'Economie, pour toutes les dispositions mises en place pour notre formation et notre suivi, nos remerciements vous sont adressés.

A tous les miens que j'aime tant, ma famille, mon père Pierre MASHALA, ma mère Régine Mputu, mes frères et soeurs, Patience, Patrick, Godefroy, Clémence, Elda, Jénovic et Benjamin (MASHALA). A tous mes amis du plus proche au simple collègue d'auditoire, (Abigail Tshikaji, Mike Amani, Depy Mbala, Heiz Mwehu, Amisi Kawaya, Zoe Mulumba, Garix Madimba, Victor Fungamali, Cedrick Imbi, Youri Mwenda, Mathieu Kabangu, Remy Cimungu, Gilbert Tumbula, Guenole Mban, Carlos Kabulo, Rodrigue Itono, Elie Mayo, Dan Murisho, Ozé, Daniel, Huguette Meta, Diems Mbembe, Jordi, Patient Gindu) le nombre est si grand que je ne saurais tous les citer, je vous aime et vous remercie pour votre concours à cette oeuvre.

MASHALA WA MASHALA Shadrack

INTRODUCTION GENERALE

I. PRESENTATION DU SUJET

Ayant connu de nombreuses mutations, l'économie congolaise a souvent été buttée à des problèmes liés à sa conduite ; de ce fait, elle se doit d'optimiser tous ses instruments de façon à atteindre les quatre objectifs macroéconomiques qui sont le plein emploi, l'équilibre extérieur, la stabilité des prix et plus particulièrement la croissance, car cette dernière est sans doute la plus importante pour accéder au développement.

La République Démocratique du Congo est contrainte à faire face aux multiples fluctuations, sa croissance évolue en dents de scie. Cela est sans doute dû au fait que l'économie est totalement extravertie, la balance commerciale est déficitaire car le pays importe plus qu'il n'exporte. Un changement par exemple du prix des produits miniers fixé par le marché international affecte de façon profonde l'équilibre général de l'économie nationale.

Dans le but d'atténuer les fluctuations en ce qui concerne la croissance à court terme, les dirigeants en charge des politiques économiques utilisent les divers instruments sous forme des politiques conjoncturelles qui sont la politique budgétaire et la politique monétaire.

La politique monétaire poursuit les objectifs de toute politique conjoncturelle, mais l'un de plus important pour elle est sans doute la stabilité des prix. De ce fait le plus difficile pour la R.D.Congo est l'arbitrage entre croissance et inflation car pour obtenir un équilibre au niveau des prix il faut renoncer à un certain niveau de croissance du fait que cette dernière évolue dans le même sens que l'inflation.

Il est ainsi question dans ce travail d'identifier, d'analyser et d'expliquer l'apport de la politique monétaire dans sa conduite par la Banque Centrale du Congo (B.C.C) sur la croissance économique en République Démocratique du Congo.

II. REVUE DE LITERATURE

1. Revue théorique

La théorie classique : La théorie quantitative de la monnaie tire son fondement des travaux de l'économiste J.B.SAY(1767-1832) qualifiés de loi de débouchés qui se résume par les formules suivantes : « l'offre crée sa propre demande » et « les produits s'échangent contre des produits » et qui est basée sur l'équation quantitative formulée sous sa forme la plus connue par FISCHER (1911). Selon la théorie quantitative la monnaie est neutre et n'agit pas sur le niveau de la production et des échanges. De ce fait, la politique monétaire ne peut influencer que le niveau des prix et cela uniquement à court terme.

La théorie Keynésienne(les principes de l'action par la monnaie, la politique monétaire dans le cadre du modèle IS-LM) : J.M Keynes (1923) a montré les limites de la loi des débouchés, la monnaie peut être recherchée pour elle-même. Pour lui la politique monétaire doit consister en une interventioncontracyclique. Il met en concurrence la politique monétaire avec l'autre grande politique budgétaire. Si l'action par le budget estpréférable, la politique monétaire doit être accommodante. De ce fait la politique économique doit rechercher un dosage adéquatde ces deux politiques (le «POLICY MIX).D'autre part, le taux d'intérêt joue un rôle central dans la conduite de la politique économique, et ce, en faisant varier la quantité de monnaie disponible. Mais surtout, le taux d'intérêt influence le coût du capital et agit sur la décision d'investir : un bas taux d'intérêt est favorable pour les investissements, dès lors que ceux-ci sont décidés en comparant le taux de rendement interne et le taux d'intérêt ambiant. Et par le jeu du multiplicateur de dépenses, ces investissements supplémentaires accroissent le revenu global. C'est l'ensemble de ces relations que le modèle IS-LM formalise.Le modèle IS-LM est celui de la « synthèse classico-keynésienne », la demande de monnaie keynésienne est située dans un cadre d'équilibre général des marchés de type walrassien. Le modèle repose sur la distinction dans l'économie entre deux secteurs, celui réel et celui monétaire.

L'approche monétariste : neutraliser l'influence déstabilisante de la monnaie

Les monétaristes (économistes libéraux) sont contre l'intervention de l'Etat dans l'économie. Seule la politique monétaire est tolérée si elle met fin aux variations désordonnées de l'offre de monnaie qui provoquent les fluctuations de la production et des prix. La politique monétaire monétariste critique et part en l'encontre de celle keynésienne. M.FRIEDMAN et F.HAYEK, sont d'avis que les politiques keynésiennes sont, dans les meilleurs des cas, inefficaces. Au pire, elles viennent aggraver les difficultés qu'elles prétendent résoudre tel dans les années soixante-dix (dérapages inflationnistes) durant la crise du choc pétrolier. Les raisons théoriques de la critique reposent principalement sur la contestation du rôle des taux d'intérêt. La demande de monnaie est, selon M.FRIEDMAN, faiblement élastique au taux d'intérêt dont les variations n'ont que peu d'impact sur la demande globale.

Une autre critique tient au fait que la création monétaire est aux mains des autorités, ce qui leur confie un pouvoir trop grand. Ils sont en effet tentés d'assujettir l'émission monétaire à leurs objectifs de survie politique.

2. Etat de la question

KIBABELA P. R. (2009), dans son travail intitulé « Incidence de la politique monétaire sur le niveau général de prix en R.D.Congo de l998 à 2009 », affirme que la politique monétaire de la BCC agit inefficacement sur le niveau général des prix. Le caractère inopérant de la politique monétaire sur le niveau général des prix en République Démocratique du Congo découle du mauvais agencement des instruments directs et indirects (mauvaise politique d'encadrement des crédits, absence de la politique d'open Market).

BAHATI R. (2010), dans son mémoire « Politique monétaire et croissance économique en RDC », est parti d'un constat selon lequel la politique monétaire à travers ses objectifs a eu une incidence sur la croissance économique dans l'ensemble du pays au moment où le pays venait de traverser une grande période de conflit armé dans certaines provinces. En outre, la dollarisation de l'espace monétaire engendre une dépréciation de la monnaie nationale, tous ces facteurs rendent la politique de réforme monétaire en R.D.Congo moins influente sur les agrégats économiques du pays.

UWIRA W. J.C. (2016) dans son mémoire « Efficacité de la politique monétaire sur la stabilité de taux de change en République démocratique du Congo de 1998 à  2014 » affirme que de 1998 à 2014, la masse monétaire a influencé positivement (apport négatif) le taux de change de la RDC, ses analyses ont démontré que si la masse monétaire augmente de 10%, il y aura aussi une augmentation du taux de change de 482 %. Pour lui, ce phénomène prouve que la politique monétaire de la Banque Centrale du Congo en matière de la stabilité de taux de change n'est pas efficace car une petite augmentation de la masse monétaire entraine une augmentation très sensible du taux de change.

En outre, il affirme également que le taux d'intérêt a influencé négativement (apport positif) le taux de change de la RDC durant sa période d'étude, ses analyses ont démontré qu'une augmentation du taux d'intérêt de 10% entraine une diminution du taux de change de 21,8%. Cette diminution du taux de change de 21,8% par le taux d'intérêt n'est pas efficace par rapport à son augmentation de 482% par la masse monétaire. C'est ce qui entraine une instabilité du taux de change car son influence positive par la masse monétaire n'est pas équilibrée avec son influence négative par le taux d'intérêt.

III. PROBLEMATIQUE

La problématique est définie comme étant la présentation d'un problème sous différents aspects ; pour un travail scientifique, elle est l'ensemble des questions auxquelles le chercheur va tâcher de répondre le long de son travail.

Les politiques économiques ont pour but d'atteindre les quatre objectifs macroéconomiques. De ce fait, elles usent des divers instruments tels que le taux d'intérêt directeur pour la politique monétaire. En République Démocratique du Congo l'institution en charge de la politique monétaire est la Banque Centrale du Congo (BCC).

La BCC, depuis quelques années, s'est vue prendre une place très importante dans la conduite de l'économie nationale. De lors, nous avons remarqué que le pays connaît une croissance effective. Bien qu'accompagné des fluctuations, le PIB réel sur base de l'année 2005 est passé de 4 602 626,4 millions de CDF en 2000 à 10 092 840,2 millions de CDF en 2014 (rapport annuel BCC 2017). Cela prouve à suffisance les efforts fournis par le pouvoir public pour réaliser les objectifs économiques malgré l'inflation qui, évoluant dans le même sens que la croissance économique, rend un tout petit peu mitigé le bilan de la BCC.

Ainsi après avoir observé tout cela, nous nous devons de répondre aux questions suivantes:

- Quel est apport total de la politique monétaire menée par la BCC dans l'évolution du PIB en R.D.Congo ?

- Quels pourraient être les éléments qui limitent les effets de cette dernière ?

IV. HYPOTHESES

Dans le cadre de la présente étude, nous signalons dès le départ que la politique monétairemenée par la BCC, malgré le fait qu'elle tend à atteindre ses objectifs n'a pas d'impacts considérables sur le développement économique de la République Démocratique du Congo. Eu égard aux problèmes ainsi évoqués, quelques hypothèses peuvent être formulées :

? Il est évident que la politique monétaire en R.D.Congo peut avoir un impact positif sur le niveau de production en usant des bons instruments, et en optant pour des meilleures voies de transmission. Ainsi les entreprises pourront avoir facilement accès aux crédits, cela grâce à un encadrement et une sélectivité des crédits optimal;

? Une bonne politique de gestion de crédit permettrait aux banques commerciales d'avoir plus de garantie pour poursuivre leurs activités et diminuer considérablement un certain nombre des risques bancaires. Le crédit permet d'accroitre le niveau de la demande (consommation et investissement) qui, comme le montre la théorie keynésienne, stimule la production ;

? Une gestion parfaite du taux directeur a un impact non négligeable sur la production, car ce dernier détermine le niveau des investissements. Il en est de même pour la quantité de la masse monétaire, plus de monnaie en circulation incite à la consommation et à la production ;

? Parmi les limites de la politique monétaire en R.D.Congo, il y a sa non-indépendance, la prédominance de la politique budgétaire, le faible taux de bancarisation, le niveau élevé du secteur informel et surtout le taux élevé du niveau de dollarisation de l'économie ;

? Le secteur minier est le principal acteur de la croissance en R.D.Congo. Le boom minier de la fin de la première décennie du 21e siècle a fortement influé sur le PIB. En outre, l'apport du système financier n'est pas à négliger, la naissance de plusieurs banques commerciales a conduit à la bancarisation des divers agents et a permis à ce que la banque puisse retrouver sa place d'intermédiaire dans le circuit économique. Ainsi la BCC a pu bénéficier de cette situation pour mener à bien sa politique monétaire ;

? Le rôle de la politique monétaire est en continuel accroissement, le système financier commence à être de plus en plus indispensable dans la conduite de l'économie et permet ainsi de donner à la BCC une plus grande marge de manoeuvre dans sa politique monétaire.

V. CHOIX ET INTERET DU SUJET

La croissance économique conduisant à un progrès durable est le fruit d'une bonne gouvernance, mais également d'un bon usage des politiques économiques. Ces dernières doivent être conduites de façon efficace.

a. Personnel

Dans un cadre privé, nous avons opté pour ce sujet parce qu'il nous est demandé à la fin de notre parcours académique de rédiger un travail scientifique se basant sur une situation réelle observée. La situation monétaire en République Démocratique du Congo nous a toujours tenus à coeur, l'étudier et l'analyser est une tâche enthousiasmante pour nous. Cette étude nous permettra en même temps d'évaluer et d'améliorer les acquis obtenus durant notre cursus académique.

b. Scientifique

Cette étude nous motive car elle nous permet ainsi de contribuer tant soi peu à cette oeuvre générale et collective qui est la continuité et l'évolution de la science. Nous espérons de ce fait que nos analyses et résultats aiderons et permettrons à d'autres scientifiques d'approfondir le sujet.

c. Pratique

Il y a quelques années, la Banque Centrale du Congo fut reformée et a retrouvé sa place qu'elle avait dû perdre dans le passé suite aux instabilités politiques. Vu les enjeux induits par ce changement dans l'économie nationale et la croissance que connait le pays depuis le début du XXIe siècle, il est judicieux d'analyser le lien existant entre ce deux phénomènes.

VI. OBJECTIFS POURSUIVIS

a. Objectif général

L'objectif général de notre travail est d'évaluer l'apport que pourrait avoir la politique monétaire sur croissance économique en RDC.

b. Objectif spécifique

Comme objectif spécifique, notre étude cherche à analyser les impacts de la politique monétaire menée par la BCC, par le canal du crédit, sur la croissance via l'optique de la demande. Plus précisément, ce travail vise à évaluer les effets des instruments de la politique monétaire sur le niveau des crédits accordés à l'économie.

VII. METHODES ET TECHNIQUES

La méthode scientifique désigne l'ensemble des canons guidant ou devant guider le processus de production des connaissances scientifique et la technique est la somme des procédés mis en oeuvre dans un métier, un art, une science, etc.

a. La méthode

Pour ce travail nous avons opté pour les méthodes systémique, inductive et démonstrative.

L'analyse systémique est toute recherche théorique ou empirique qui, partant du postulat de la réalité, présente le caractère d'un système, interprète et explique les phénomènes par des liens d'interdépendance qui les relient entre eux et qui forment une totalité. L'application de cette méthode en sciences économiques est décisive pour les performances des notions et des recherches économiques.

En effet, cette méthode nous permettra de considérer la notion de systèmes qui est constituée des éléments liés les uns aux autres et entretenant des rapports tels que si une perturbation affectait l'un d'eux, c'est tout le système qui est perturbé.

La méthode démonstrative consiste à démontrer un fait, donc à le vérifier, puis à le prouver. Cette opération peut être mathématique lorsqu'elle est basée sur des données chiffrées, et non mathématique dans le cas contraire.

Dans notre analyse, cette méthode nous permettra de faire une analyse des données chiffrées pour en déduire des significations précises.

La méthode inductive, quant à elle, consiste à partir d'une observation, d'une expérience pour élaborer ensuite des concepts, des théories. Elle est une méthode scientifique qui obtient des conclusions générales à partir des prémisses individuelles. Nous procèderons par inférence.

L'inférence est l'opération mentale qui consiste à tirer une conclusion ou une conséquence à partir d'un fait, d'un événement ou d'un énoncé.

b. La technique

En ce qui concerne la technique de recherche nous utiliserons principalement la technique documentaire qui est un ensemble des techniques permettant le traitement permanent et systématique des documents ou des données incluant la collecte, le signalement, l'analyse, le stockage, la recherche, la diffusion de ceux-ci pour l'information des usagers, et la technique de l'observation directe par des enquêtes sur terrain.

Ces deux techniques nous permettrons de mener à bien notre étude du fait qu'elles facilitent l'accès aux données. Elles présentent divers avantages tels que la simplicité et permettent un gain de temps considérable.

VIII. DELIMITATION DU SUJET

Délimiter un sujet c'est le situer de façon temporelle et spatiale.En ce qui concerne notre étude, les analyses sont faites par série des périodes. En terme générale ce travail portera sur une période de 16 ans allant de 2003 jusqu'en 2018.

Néanmoins, par manque des certaines données antérieurs nécessaires, certaines variables serons analysées sur des durées plus courtes.

Notre étude porte principalement sur la politique monétaire menée par la Banque Centrale en République Démocratique du Congo, cela dans un cadre macroéconomique.

IX. PLAN SOMMAIRE

Outre l'introduction et la conclusion, le travail se subdivise en trois chapitres qui se présentent de de la manière suivante :

- Le premier chapitre porte sur les notions des bases et les théories en rapport avec la politique monétaire et la croissance économique.Il est subdivisé en trois parties ;la première partie est consacrée à la politique monétaire, la deuxième à la croissance économique et la troisième partie démontre de façon théorique l'apport que peut avoir la politique monétaire sur la croissance;

- Le deuxième chapitre, quant à lui, porte sur l'évaluation de la politique monétaire et l'évolution de la croissance économique pour la période sous étude.

Dans sa première partie de ce chapitre, nous présenterons la Banque Centrale du Congo et nous analyserons sa conduite. Quant à sa dernière partie, elle sera consacrée à l'analyse de la croissance économique dans son optique de production et de demande.

- Le troisième et dernier chapitre de ce travail analysera, à l'aide de l'économétrie, l'incidence de la politique monétaire sur la croissance économique via le canal de transmission du crédit. Ensuite nous présenterons les résultats sur lesquels nous discuterons.

CHAPITRE 1 :APERÇUS SUR LA POLITIQUE MONETAIRE ET LA CROISSANCE ECONOMIQUE

Dans ce chapitre il sera question de présenter la politique monétaire, ses approches théoriques, ses objectifs ses instruments ainsi que ses différents moyens de transmission. Ensuite nous nous attèlerons sur la croissance économique (approche théorique, facteur et mesure) et nous finirons par démontrer l'incidence que peut avoir la politique monétaire dans la croissance sur le plan théorique.

1.1. LA POLITIQUE MONETAIRE

La politique monétairese définit comme étant l'ensemble des moyens dont disposent les Etats ou lesautorités monétaires (la banque centrale), pour agir sur l'activité économique par l'intermédiairede l'offre de monnaie.Son objectif est en règle générale, d'assurer la stabilité des prix qui estconsidérée comme un préalable au développement de l'activité économique. Elle tâche également d'atteindre les autres objectifs de la politique économique, qualifiés de triangle keynésien : la croissance, le plein emploi, l'équilibre extérieur.

La politique monétaire est l'une des composantes de la politique économique. Elle et la politique budgétaire constituent la politique conjoncturelle à laquelle s'ajoute la politique structurelle pour constituer la politique économique dans son ensemble.

La politique monétaire est de la responsabilité des banques centrales, qui doivent à la fois favoriser la prospérité économique grâce à leur action sur la monnaie, et veiller sur la stabilité monétaire et financière, mais sans agir sur les lois, les investissements publics, la fiscalité, l'organisation du travail qui sont du domaine de l'État.

1.1.1. LES APPROCHES THEORIQUES DE LA POLITIQUE MONETAIRE

A. LA THEORIE CLASSIQUE : Théorie quantitative de la monnaie

La théorie quantitative de la monnaie s'appuie sur les thèses de l'économiste J.B.SAY(1767-1832) qualifiées de loi de débouchés qui se résume par les formules suivantes « l'offre crée sa propre demande » et « les produits s'échangent contre des produits ». Dans cet univers où l'équilibre est toujours réalisé, la monnaie ne peut être que neutre sur le plan de la production et des revenus. On en déduit une approche des phénomènes monétaires dont la forme la plus élaborée est fournie par FISCHER(1911) : Il a traduit la théorie quantitative de la monnaie intuitivement perçue par J.BODINet formulée littérairement par J B.Saysous une forme mathématique : MV=PT, équation dans laquelle M représente la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie, P le niveau général des prix et T le volume des transactions. M est en général assimilé à l'agrégat monétaire M1 (billets, pièces et dépôts à vue).

Pour FISHER, V est stable (au moins à court terme car elle dépend des habitudes de paiement et de données psychologiques invariables à court terme). T est également stables car les capacités de production sont utilisées à plein et ne peuvent varier à court terme. La démarche quantitativiste a fait apparaître la notion très importante de la vitesse de circulation de la monnaie (V) mais l'a également occulté en la supposant constante. Vu que les débouchés de la production sont automatiquement assurés, celle-ci ne peut varier que si les capacités de production, salaire et capital, s'accroissent ; on en déduira qu'une variation de M n'agit que sur le niveau des prix.

En ce qui concerne le de taux d'intérêt pour les classiques, si il s'élève, on épargne davantage.

En résumé, les classiques ont été convaincus de la dichotomie entre les sphères réelles et monétaires de l'économie. En conséquence, le niveau général des prix dépend directement et uniquement de la masse monétaire. Pour contrôler l'inflation il suffit que la banque centrale contrôle l'évolution de la masse monétaire. Selon la théorie quantitative la monnaie est neutre et n'agit pas sur le niveau de la production et des échanges. De ce fait la politique monétaire ne peut influencer que le niveau des prix et cela uniquement qu'à court terme. La neutralité de la monnaie chez les classiques a été remise en cause par la théorie keynésienne.

B. LA THEORIE KEYNESIENNE

1°) Les principes de l'action par la monnaie :

J.M Keynes (1923) a montré les limites de la loi des débouchés. Il aexpliqué que si les individus thésaurisent l'argent gagné afin d'attendre de meilleures occasions(dans ce cas, la monnaie est recherchée pour elle-même), toutel'offre ne pourra pas être écoulée. Ce qui mènera à unesurproduction donc la monnaie est d'après lui active.Selon la conception keynésienne le mouvement spontané desmarchés, le jeu libre des comportements privés conduisent à unesituation d'équilibre macroéconomique qui, sauf exception, n'aaucune raison d'assurer le plein emploi de la main d'oeuvre. Il y'aéquilibre de sous-emploi lorsque l'équilibre de l'offre et de lademande globales sur le marché des biens est associé à un excèdentd'offre sur le marché du travail : le niveau de production estinsuffisant pour assurer le plein emploi. En sens inverse, il y'aéquilibre de suremploi lorsque la totalité de la main d'oeuvre estemployée mais la production réalisée est insuffisante pour satisfairetoute la demande. Le rôle dévolu à la politique économique est alorsfacile à définir : il doit consister en une interventioncontracyclique : relance en situation de sous-emploi et stabilisationen situation de plein emploi inflationniste. Dans cette actionrégulatrice du niveau d'activité, la monnaie est appelée à jouer unrôle.

La régulation conjoncturelle par la monnaie présente plusieurscaractéristiques: Elle est en premier lieu faite d'interventionsdiscrétionnaires, et écarte toute idée de permanence, oud'automaticité. Elle est, en second lieu pragmatique et flexible. Elleest enfin mise en concurrence, pour atteindre l'objectif fixé, avec l'autre grande politique budgétaire. Selon les circonstances, l'actionpar la monnaie peut être jugée la meilleure pour stimuler (oufreiner) le mouvement de l'économie. Si l'action par le budget estpréférable, la politique monétaire doit être accommodante. Plusfréquemment la politique économique recherche un dosage adéquatde ces deux politiques : le «POLICY MIX ».

Les mécanismes qui sous-tendent le jeu de la politique monétairesont les suivants :

o D'une part, il est pleinement reconnu que la monnaie peut exercer des effets réels, ce qui constitue une remise en cause de la théorie quantitative.

o D'autre part, le taux d'intérêt joue un rôle central dans la conduite de la politique économique, et ce, en faisant varier la quantité de monnaie disponible, les autorités peuvent corriger les variations du taux d'intérêt qu'elles jugent indésirables. Un accroissement de la quantité de monnaie est de nature à satisfaire la préférence pour la liquidité des agents, et est donc, toute chose égale par ailleurs, un facteur de baisse du taux d'intérêt. Cette baisse peut, d'autre part, favoriser l'activité réelle. Les canaux de transmission de la politique monétaire « c'est à dire les voies par lesquelles la politique monétaire influe sur le niveau et/ou la structure de la demande et de l'offre et par là sur les objectifs finaux de la politique économique », reposent principalement sur le taux d'intérêt.Celui-ci exprime le choix entre détention de monnaie et placement financier, et conditionne ainsi la substitution entre la monnaie et les titres.Mais surtout, le taux d'intérêt influence le coût du capital et agit sur la décision d'investir :un bas taux d'intérêt a pour effet de rendre viable un plus grand nombre de projets d'investissement, dès lors que ceux-ci sont décidés en comparant le taux de rendement interne et le taux d'intérêt ambiant. Et par le jeu du multiplicateur de dépenses, ces investissements supplémentaires accroissent le revenu global. C'est l'ensemble de ses relations que le modèle IS-LM formalise.

2°)La politique monétaire dans le cadre du modèle IS-LM :

Le modèle IS-LM est celui de la « synthèse classicokeynésienne » : la demande de monnaie keynésienne est située dans un cadre d'équilibre général des marchés de type walrassien. Le modèle repose sur la distinction dans l'économie ente deux secteurs, un secteur réel (le marché des biens et services) et un secteur monétaire (le marché de la monnaie). L'équilibre de l'offre et de la demande globale sur le marché des biens et des services est donné, sous forme réduite, par l'égalité de l'investissement I et de l'épargne S. L'investissement I est une fonction décroissante du taux d'intérêt i. L'épargne S est une fonction croissante du revenu Y. En portant les valeurs du revenu en abscisse, et celle du taux d'intérêt en ordonné, on représente la courbe IS ; qui décrit l'ensemble des couples de valeurs de Y et de i pour lesquelles on a égalité entre I et S. La courbe IS est décroissante : un taux d'intérêt élevé conduit à un investissement faible, et donc (par le jeu de multiplicateur) à un revenu faible. Inversement, de faibles valeurs du taux d'intérêt sont associées à des valeurs élevées du revenu global d'équilibre.

Sur le marché de la monnaie s'opère l'équilibre entre l'offre de la monnaie M (déterminée par les pouvoirs publics, c'est-à-dire exogène) et la demande de monnaie L. Celle-ci dépend des différents motifs de la préférence pour la liquidité : une partie de la monnaie demandée obéit aux motifs de transactions et de précaution, et est proportionnelle au niveau du revenu global.L'autre partie de la monnaie obéit au motif de spéculation, et est donc une fonction décroissante du taux d'intérêt. La courbe LM est le lieu des couples de valeurs Y et de i correspondant à l'équilibre du marché de la monnaie.

Lorsque le niveau de revenu est bas, le montant des encaisses de transaction est faible et corrélativement la demande de monnaie de spéculation est forte, ce qui doit être associé à un niveau faible du taux d'intérêt. Lorsque le revenu s'élève, les encaisses de transaction s'accroissent au détriment des encaisses de spéculation, ce à quoi doit correspondre un taux d'intérêt élevé.

La courbe LM exprime donc une liaison croissante entre le revenu et le taux d'intérêt. Mais elle dispose dans la construction de J.HICKSd'une portion presque horizontale vers la gauche, et presque verticale vers la droite. La partie horizontale de la courbe traduit le fait qu'il existe un niveau minimum au-dessous duquel le taux d'intérêt ne descendra jamais.

En reportant, avec Hansen, sur le même graphique les courbes des différents équilibres réels et monétaires, on obtient le diagramme IS-LM. L'intersection des deux courbes définit le niveau de revenu et la valeur du taux d'intérêt correspondant à l'équilibre macroéconomique.

C. LA POLITIQUE MONETAIRE D'INSPIRATION MONETARISTE : neutraliser l'influence déstabilisante de la monnaie

Economistes Libéraux, les monétaristes sont contre l'intervention de l'Etat dans l'économie. Pour peu que les prix soient flexibles et que les marchés fonctionnement librement. Seule la politique monétaire est tolérée, si elle met fin aux variations désordonnées de l'offre de monnaie qui provoquent les fluctuations de la production et des prix. La politique monétaire d'inspiration monétariste développe une critique sévère de son homologue keynésienne. Elle tend à lui substituer la définition de règles peu nombreuses et à caractère automatique.

M.FRIEDMAN, comme d'ailleurs F.HAYEK, sont d'avis que les politiques keynésiennes sont, dans les meilleurs des cas, inefficaces. Au pire, elles viennent aggraver les difficultés qu'elles prétendent résoudre. Elles sont notamment tenues pour responsables des dérapages inflationnistes intervenus dans les années soixante-dix. Les raisons théoriques de la critique reposent principalement sur la contestation du rôle des taux d'intérêt. La demande de monnaie est, selon M.FRIEDMAN, faiblement élastique au taux d'intérêt dont les variations n'ont que peu d'impact sur la demande globale. Le taux d'intérêt est de plus contraint par les variations de la masse monétaire : une augmentation de celle-ci provoque, dans un premier temps, et de façon temporaire, une baisse du taux nominal. Puis le taux d'intérêt remonte, sous l'influence de l' « effet Fisher » : le taux nominal incorpore les anticipations d'inflation que la croissance de la masse monétaire fait naître. Pour ces raisons il ne peut jouer le rôle de levier dans l'action par la monnaie.

Une autre critique tient au fait que la création monétaire est aux mains des autorités, ce qui leur confie un pouvoir trop grand. Ils sont en effet tentés d'assujettir l'émission monétaire à leurs objectifs de survie politique. S'ajoute à cela une difficulté technique : les effets de la politique monétaire se manifestent avec les délais variables, allant d'un à plusieurs trimestres, et les interventions à caractère contracyclique sont difficiles à organiser correctement dans les temps. Dans ce contexte, faute de pouvoir prévoir avec exactitude le moment où les effets attendus se manifesteront, toute action discrétionnaire risque d'aggraver les perturbations de l'économie.

La cause des déséquilibres étant d'ordre monétaire, les remèdes doivent être trouvés du côté de la monnaie. Et, puisque le déséquilibre le plus grave qu'il faille combattre étant l'inflation, la politique monétaire doit se voir confier un unique objectif, celui d'empêcher la dérive des prix.

1.1.2. OBJECTIFS ET ROLES DE LA POLITIQUE MONETAIRE

1.1.1.1. LES OBJECTIFS FINAUX

Maintenir lesconditions de croissance optimum (faible in?ation, plein emploi) était l'objectif final de la politique monétaire.Toutefois, trop de crédit et de monnaie contribuent à l'accroissement excessif de la demande, provoquantune pression sur l'appareil productif, avec des risques d'inflation et de déficit extérieur. Inversement, peu de crédit et demonnaie peuvent limiter le développement de la demande à unpoint où les capacités de production ne seraient pas pleinementutilisées et donc provoquer le sous-emploi et le chômage.

Actuellement, l'objectif final de toute politique monétaire donne unepriorité non équivoque à la maîtrise de l'in?ation. La recherche de cet objectif répond au souci de créer les conditionsd'une croissance économique durable, permettant de concilier lesautres préoccupations de la politique monétaire, à savoir le pleinemploi et l'équilibre extérieur.

1.1.1.2. LES OBJECTIFS INTERMEDIAIRES

Les objectifs intermédiaires de la politique monétaire sontde trois sortes et sont ciblés sur des variables mesurant desquantités ou des prix:les agrégats monétaires (définition de la masse monétaire ou ducrédit), les taux d'intérêt, et les taux de change.

Maîtriser l'accroissement de la masse monétaire est l'undes objectifs privilégiés des monétaristes. Il faut que la croissancede la masse monétaire soit égale au taux de croissance del'économie réelle pour éviter toute tension inflationniste.

Le niveau des taux d'intérêt nominaux est l'instrument privilégiédes keynésiens : l'idée est qu'une baisse des taux d'intérêt doit conduire à une reprise de l'activité économique.

Il existe plusieurs types de taux d'intérêt : les taux débiteurs et créditeurs appliqués par les banques à leurs clients à l'occasion d'un crédit ou d'un dépôt, le taux de refinancement appliqué aux prêts de la banque centrale aux banques. Ce taux joue le rôle de taux directeur car c'est lui qui influe sur les taux débiteurs et créditeurs.

Dans des économies ouvertes et de taille relativement petite, la stabilité des taux de change est devenue un objectif intermédiaire fondamental. Il s'agit de trouver le taux de change d'équilibre. Un taux de change faible favorise les exportations mais est source de tensions inflationnistes et n'incite pas à l'amélioration des gains de productivité des entreprises nationales, protégées de la concurrence internationale. Un taux de change trop élevé, renchérit les exportations et risque de conduire les entreprises les moins concurrentielles à la faillite. Mais une relative surévaluation de la monnaie ralentit les risques inflationnistes.

Pour ce qui est du choix des objectifs intermédiaires,lorsque l'intermédiation bancaire est le principal circuit de financement de l'économie, un agrégat mesurant le crédit bancaire peut apparaître comme le meilleur objectif intermédiaire. Ce rôle sera plutôt dévolu au taux d'intérêt si la finance directe de marché joue un rôle prépondérant. Lorsqu'un pays opte pour un régime de changes fixes (comme le système européen), le taux de change peut être retenu comme un objectif intermédiaire.

L'intérêt majeur des objectifs intermédiaires est d'être des variables monétaires sur lesquelles les banques centrales peuvent agir. La politique monétaire peut en effet influencer les fluctuations de la masse monétaire, des taux d'intérêt et du taux de change, alors qu'elle ne peut agir directement sur le niveau des prix, de la production ou des salaires. La seconde utilité est d'être un « affichage » de la stratégie de la politique monétaire.

1.1.1.3. LES OBJECTIFS OPERATIONNELS

Ce sont des variables « indicatrices » de l'état de la politiquemonétaire. Deux séries de raisons amènent les autorités monétairesà utiliser ces objectifs :Les variables retenues comme objectifs intermédiaires ne donnentpas une mesure assez précise et rapide du caractère plus au moinsrestrictif de la politique monétaire ; les autorités monétaires peuvent avoir besoin d'envoyer dessignaux rapides clairs et précis et surtout munis d'un caractèreprédictif.

1.1.3. LES INSTRUMENTS DE LA POLITIQUE MONETAIRE

C'est sontdes variables directement sous contrôle de la banque centrale.Il existe deux principauxmoyens d'action pour la banque centrale : L'action par la liquidité bancaire, par laquelle la banque centraleagit sur les banques de second rang en les rendant plus ou moins liquides ; et l'action par les taux, où la banque centrale joue sur les trois tauxdirecteurs qu'elle contrôle (taux de facilité de prêt marginal, taux defacilité de dépôt, taux des opérations d'Open Market). Les variations deces taux modifient le comportement des banques de second rang.

A. APPROCHE DIRECTIVE : elle repose sur des instruments administratifs, desmesures règlementaires.

o Le contrôle du crédit : le premier instrument est l'encadrement du crédit dont l'objectif est de limiter les crédits distribués par les banques, principale source de création monétaire. Il affecte à chaque banque une enveloppe de crédit à octroyer. En cas de dépassement de cette dernière des sanctions s'imposent. Avec l'encadrement du crédit, l'Etat contrôle non seulement l'évolution globale du créditmais influence également la répartition de celui-ci entre les agentséconomique.

o Le contrôle des changes : c'est un dispositif ayant pour but de limiter ou d'interdire certaines opérations nuisibles à la stabilité des changes. Un groupe de mesure limite les possibilités de termaillage, c'est-à-dire les achats anticipés de devises par les importateurs ou les ventes retardées de celles-ci par les exportateurs, opérations qui pèsent sur le taux de change. La réglementation des changes a été levée dans tous les pays industrialisés à économie de marché au cours des années quatre-vingts.

B. L'APPROCHE SUGGESTIVE : repose sur des instruments de marché, enl'occurrence le pilotage des taux courts sur le marché interbancaire.

La banque centrale est en mesure d'orienter la liquidité desbanques des seconds rangs parce qu'elle émet le « high money power»,

· Réserves obligatoires : Permet aux autorités monétaires d'agir sur lacréation monétaire et sur les taux d'intérêt. Cet instrument faitobligation des banques de maintenir à leur compte à la banquecentrale un solde proportionnel à l'encours des dépôts liquides effectués dans les banques par les agents non bancaires.

Les réserves obligatoires ont un double rôle, d'une part, destabilisateur automatique, et d'autre part, de frein à la création monétaire en ponctionnant la liquiditébancaire.

· Refinancement des banques (taux d'escompte) : le taux d'intérêtqu'elle applique aux banques commerciales. Le réescompte est une opération qui consiste, pour une banque centrale, à acheter un effet avant son échéance à une banque ou à un organisme financier qui l'a déjà escompté, en remettant le montant de la créance, déduction faite du taux d'escompte officiel, appelé taux de réescompte et fixé par la banque centrale. Le réescompte est utilisé par les banques pour se refournir en liquidité auprès de la banque centrale.

· Opérations d'Open Market : la banque centrale propose des liquidités aux établissements de crédit en échange d'actifs donnés temporairement en garantie par ceux-ci.

1.1.4. LES CANAUX DE TRANSMISSION DE LA POLITIQUE MONETAIRE

1.1.1.4. LE CANAL DES TAUX D'INTERET ET DES PRIX D'ACTIF

Le canal du taux d'intérêt est dans le modèle néo-keynésien IS-LM, le mécanisme principale de transmission de la politique monétaire. La banque centrale use du taux directeur pour influencer le taux d'intérêt des banques commerciaux, et ainsi diriger l'économie selon son optique. En ce sens, elle peut soit diminuer le taux d'intérêt pour impulser l'investissement et la demande, soit augmenter ce dernier en période de forte inflation pour rééquilibrer l'offre et la demande.Utiliser le taux d'intérêt pour influencer l'économie à un effet sur le coût du capital. Le modèle IS-LM standard regorge en son sein plusieurs limites. Il n'y a qu'un seul taux d'intérêt qui est le taux nominal déterminé sur le marché monétaire. Or, si les autorités monétaires contrôlent ce dernier à court terme sur le marché monétaire, ce sont surtout les taux d'intérêt à long terme sur les marchés financiers qui affectent les décisions d'investissement des entreprises.

L'usage du taux d'intérêt comme outil de transmission de la politique monétaire à un effet de revenu sur le patrimoine des agents économiques. Par exemple une hausse des taux d'intérêt augment le revenu des créanciers et par conséquent diminue celui des débiteurs. Et une baisse de ce dernier diminue le revenu des créanciers et est favorable aux débiteurs.

La transmission de la politique monétaire par le taux d'intérêt conduit à l'analyse des deux autres canaux qui lui sont intimement liés à savoir :

a) Le canal du cours des actions et le « q » de Tobin : La théorie de l'investissement de Tobin décrit un canal par lequel la politique monétaire affecte les entreprises par le biais de ses effets sur la valorisation des actions. Tobin définit le coefficient « q » comme étant le rapport entre la valeur boursière et le coût de renouvellement du capital. Une hausse de « q » signifie que les nouveaux investissements productifs deviennent moins onéreux par rapport à la valeur boursière des entreprises. Ces dernières peuvent alors émettre des actions et en obtenir un prix élevé. Les dépenses d'investissement augmentent par suite de la diminution du coût relatif du capital productif. La politique monétaire peut affecter le cours des actions et donc les dépenses d'investissement des entreprises. Selon la conception keynésienne dans laquelle s'inscrit Tobin, une baisse des taux d'intérêt induite par une politique monétaire expansionniste réduit l'attrait des obligations dont le rendement diminue par rapport à celui des actions, ce qui suscite une hausse des cours de ces dernières.

b) Le canal du taux de change : Ce dernier devient de plus de plus important suit à l'ouverture des économies. Il est fortement influencer par les effets du taux d'intérêt. Une basse du taux directeur par la banque centrale suscite des arbitrages défavorables sur la monnaie nationale. L'attrait des dépôts dans cette monnaie diminue par rapport aux dépôts en devises étrangères, ce qui entraîne une offre excédentaire sur le marché des changes dans cette monnaie dont le taux de change se déprécie. La dépréciation de la monnaie abaisse les prix des biens nationaux par rapport aux biens étrangers, les exportations nettes augmentent et par conséquent la production nationale. Ce canal joue un rôle important dans la façon dont la politique monétaire affecte les économies nationales. Ce rôle est également majeur sur les prix : une appréciation du taux de change entraîne une désinflation importée dans la mesure où elle ramène une baisse des importations exprimée en monnaie nationale.

1.1.1.5. LES CANAUX DE CREDIT

En Usant du taux d'intérêt et du coefficient des réserves obligatoires, La banque centrale impacte les bilans des banques commerciales. Ces dernières quant à elle jouent un rôle de premierplan dans le processus de financement par l'intermédiaire de l'octroi de crédits. A cet effet, lesystème bancaire n'est plus neutre dans la transmission de la politique monétaire. En cas dedurcissement de la politique monétaire, les banques vont ajuster leurs conditions débitrices :augmentation du taux d'intérêt sur les nouveaux crédits et/ou une diminution des crédits offerts.Les agents économiques les plus fréquemment touchés sont les ménages et les petites et moyennes entreprises. Ainsi, la transmission de l'action monétaireà la sphère réelle s'opère par les variations de l'offre de crédit.

a) Le canal étroit du crédit bancaire :

En se basant sur cette approche, la politique monétaire influence l'économie en agissant directement sur le volume des crédits offerts par les banques aux agents non financiers. Le crédit bancaire et les titres sont deux modalités de financement imparfaitement substituables. Cette substituabilité est, en e?et, inexistante pour les particuliers et souvent faible pour les entreprises, dans la mesure où la capacité à émettre des titres pour se financer est généralement nulle pour les particuliers et faible pour la plus part des entreprises. Il en résulte que la politique monétaire affecte le comportement des agents non financiers beaucoup plus par son effet sur la quantité de crédit disponible que par son influence sur les taux d'intérêt.

Une politique monétaire expansionniste, qui contribue à accroître la liquidité bancaire, augmente la quantité des prêts bancaires disponibles. Cette augmentation contribuera à une hausse des dépenses d'investissement et de consommation du fait que les banques jouent un rôle important en tant que prêteur à une certaine catégorie d'emprunteurs.

b) Le canal large du crédit (canal du bilan) :

Le déclin de l'importance du crédit bancaire a amené à introduire une seconde approche du canal du crédit, mieux adaptée à la réalité actuelle des marchés de capitaux. C'est le canal large du crédit ou canal du bilan. Il prend en compte l'ensemble des financements des entreprises. Les entreprises ont le choix entre le financementinterne (autofinancement) et un financement externe qui est pluscoûteux. La différence de coût est appelée la prime de financementexterne. Celle-ci trouve son origine dans l'existence d'asymétriesd'information dans la relation entre prêteurs et entreprises. D'unepart les prêteurs sont moins bien informés que l'entreprise quiemprunte sur sa situation réelle et sur le caractère plus ou moinsrisqué de ses projets (sélection adverse). D'autre part, les prêteursne peuvent pas contrôler parfaitement l'action de l'entreprise unefois les prêts accordés. Le danger est qu'elle adopte uncomportement imprudent qui pourrait affecter sa capacité deremboursement (aléas de moralité).Les prêteurs sont amenés alors à intégrer dans le coût du créditune prime de financement externe qui correspond aux risques denon-recouvrement. Cette prime reflète la solidité financière et lacapacité à apporter des garanties. Dans ce cadre, en affectant lesbilans des entreprises, la politique monétaire est susceptible d'agirsur leurs financements et leurs dépenses d'investissement.

Une politique monétaire expansionniste qui entraîne unebaisse des taux d'intérêt et une hausse des cours des actions ce quiaméliore la situation nette des entreprises et conduit à uneaugmentation des dépenses d'investissement. Les effets de lapolitique monétaire sont alors amplifiés par le canal large ducrédit : à la baisse des taux d'intérêt s'ajoute la diminution de laprime de financement.

1.1.1.6. LE CANAL DES ANTICIPATIONS ET LES EFFETS D'ANNONCE

A la différence des deux canaux précédents, les effets d'annonce fonctionnent même lorsque les anticipations des agents ne changent pas, ils ont pour objectif d'agir sur les anticipations. En modifiant certains variables sous leur contrôle, chargées d'un fort degré de signification, les autorités monétaires indiquent aux agents privés leurs intentions futures. L'importance de ce canal est double : d'une part, toutes les prévisions sur le futur ont un impact immédiat sur la situation présente et d'autre part, leur dimension « autoréalisatrice ». La puissance des marchés est devenue telle que le moindre doute des opérateurs sur les intentions des autorités monétaires peut avoir des effets dévastateurs, d'où l'intérêt de communiquer avec les marchés en leur envoyant des signaux clairs et crédibles. En effet, si les agents économiques ont confiance dans l'efficacité de la politique monétaire, ils adopteront d'eux même des comportements moins inflationnistes (s'endetter moins ; reconstituer leur épargne; ...).

1.2. LA CROISSANCE ECONOMIQUE

La croissance économique désigne la variation positive de la production de biens et de services dans une économie sur une période donnée, généralement une période longue.Pour rendre compte du changement de dimension d'une économie, on a trèssouvent recours à des agrégats mesurant l'évolution de l'ensemble desproductions tels que le PIB (Produit Intérieur Brut). Le taux de croissance se définit alors comme la variationrelative du PIB en volume d'une année sur l'autre. Pour apprécier le niveau de vie d'un pays, on rapporte le PIB à la population totale, on obtientainsi le produit par tête (ou encore revenu moyen par habitant).

1.2.1. APPROCHES THEORIQUES DE LA CROISSANCE

1.1.1.7. PREMIERES THEORIES (SMITH, MALTHUS, RICARDO ET MARX)

a. La division internationale d'Adam Smith (1776)

Dans son ouvrage sur la nature et les causes de la Richesse des Nations (1776), Adam Smith démontre le rôle de la division du travail (surplus, marché, gains de productivité) comme facteur de croissance. Cette division du travail se trouve renforcée par la participation du pays au commerce international (théorie des avantages absolus). Pour Smith la croissance peut être illimitée (elle dure tant que l'on peut étendre la division du travail et le marché).

b. Le principe de population de Thomas Malthus (1796)

Dans son Essai sur le principe de population(1796), T. Malthus considère que la croissance est limitée en raison de la démographie galopante. Il attribue la misère en Angleterre au décalage entre deux lois : la loi de progression arithmétique des subsistances et la loi de progression géométrique. La sortie de cet état passe par la mortalité, la baisse de la natalité et le célibat.

c. Les rendements décroissants de David Ricardo (1817)

David Ricardo souligne que la croissance est limitée par la loi des rendements décroissants. La valeur ajoutée se répartit entre trois agents : les propriétaires fonciers (rente foncière), salariés (salaire de subsistance) et le capitaliste (profit). Le profit des capitalistes est résiduel, c'est-à-dire qu'il intervient une fois le salaire et la rente foncière payés. Lorsque la population s'accroît, il convient d'augmenter la production agricole, or les nouvelles terres mises en culture sont de moins en moins productives. Le coût de production va donc s'élever, entraînant inévitablement la hausse des salaires et de la rente foncière. Les profits vont se réduire jusqu'au moment où les capitalistes ne seront plus incités à investir. L'économie atteint la situation d'état stationnaire. Afin de retarder cette situation, Ricardo préconise d'augmenter les gains de productivité dans l'agriculture grâce au progrès technique et de s'ouvrir au commerce international.

d. La destruction du capitalisme selon Marx (1844)

Karl Marx a été le premier économiste à proposer un modèle formel de croissance, à l'aide de ses schémas de reproduction élargie. Il considère que la croissance est limitée dans le mode de production capitaliste en raison de la baisse tendancielle des taux de profit. En effet, la recherche d'une plus-value toujours plus importante (notamment grâce à des salaires bas, Minimum de Subsistance) et la concurrence entre capitalistes devraient provoquer une paupérisation des ouvriers et un blocage dans le développement du système capitaliste (crise).

1.1.1.8. LE ROLE DE L'ENTREPRENEUR, SCHUMPETER (1911)

Dans son ouvrage, Capitalisme, Socialisme et démocratie,Joseph Schumpeter (1942) fait duprogrès industriel la clé du changement. Le progrès industriel est porté par des innovateurs qui cherchent à emporter legros lot (Schumpeter compare le jeu des affaires au poker).L'analyse schumpetérienne est intéressante car elle ne repose pas seulement sur le progrèstechnique, sur l'évolution des connaissances ou les grandes inventions (avec le cycle desrévolutions industrielles successives). Schumpeter y ajoute un héros -le chef d'entreprise quiprend le risque de lancer un nouveau produit ou une nouvelle façon de produire , et unestructure (la concurrence monopolistique) qui assure à celui qui a réussi son pari d'enpercevoir une rétribution financière. Mais attention, il y aura peu d'élus pour beaucoupd'appelés. La « Destruction - créatrice » laissera certains derrière elle, cependant elle finirapar être bénéfique pour tous. Le système tout entier produira plus de richesse.

1.2.1.1. MODELES DE CROISSANCE POST-KEYNESIENS (DOMAR ET HARROD)

De nombreux économistes inspirés par les travaux de J.M Keynes à la suite de la crise de 1929, vont s'interroger sur les possibilités d'une croissance équilibrée. Les modèles de Domar et Harrod vont chercher à rendre compte des conditions et caractéristiques essentielles de l'équilibre d'une économie capitaliste en croissance.

Le point de départ de Domar (1946) est de considérer que l'investissement exerce une double influence sur l'économie (Muet, 1993). Du côté de la demande (et à court terme), la variation de l'investissement détermine, via le principe du multiplicateur, le niveau de revenu et de la demande globale. Du côté de l'offre (et à long terme), l'investissement accroît la capacité de production. L'effet capacité stipule que l'investissement doit engendrer une stimulation de la capacité de production, via le mécanisme de l'accélérateur. Le problème de Domar prend ainsi la forme suivante : « A quelle condition la hausse de la demande issue de la variation de l'investissement est-elle compatible avec l'accroissement de la capacité de production résultant de l'investissement ? ». Pour qu'il y ait croissance équilibrée, il faut que les revenus supplémentaires engendrés par l'effet multiplicateur permettent d'absorber la production supplémentaire obtenue. En d'autres termes, l'effet de revenu doit être égal à l'effet de capacité. Cette condition est vérifiée si l'investissement augmente à un taux constat égal au rapport entre la propension marginale à épargner et le coefficient de capital.

Alors que Domar met en évidence la nécessité pour le capital et la production de croître à untaux constant, Harrod va montrer que la croissance est par nature instable. Selon Pierre Alain (Muet, 1993), Harrod aurait été conduit à poser deux problèmes «dont l'un est la stabilité de
la croissance, l'autre est la possibilité de maintenir le plein emploi».

En introduisant les anticipations de croissance dans la détermination de l'investissement,Domar arrive à la conclusion que la relation déterminant le taux de croissance par le rapportdu taux d'épargne au coefficient de capital (taux de croissance garanti) est fondamentalementinstable. La raison sera que l'effet multiplicateur serait sans commune avecl'effet accélérateur, sauf pour une valeur bien particulière correspondant au régime decroissance équilibrée.

En confrontant letaux de croissance garanti, gw(qui équilibre l'offre et la demande sur lemarché des biens) etle taux de croissance naturel, gn(qui équilibre l'offre et la demande surle marché du travail), Harrod met en évidence un paradoxe de la théorie keynésienne. Si gwest supérieur à gn, le rythme élevé de croissance pourra permettre de réduire le chômage.Mais lorsque l'économie tend vers le plein emploi, letaux de croissance effectif gsera limitépar le taux naturel. La croissance réelle devient inférieure au taux garanti. Harrod en conclutque l'économie tendra progressivement vers la dépression du fait de l'insuffisance de lademande. Ainsi, un taux d'épargne élevé (ou insuffisant) serait néfaste au plein emploi.L'épargne est une vertu si gw est inférieur à gn.

1.1.1.9. LE MODELE NEOCLASSIQUE : L'APPROCHE DE SOLOW

Le modèle néoclassique, tel que l'on conçoit aujourd'hui, a été développé successivement parRamsey (1928), Solow (1956), Swan (1956), Cass (1965) et Koopmans (1965).

Robert Solow1(*) en est la figure pensante. Son article intitulé« A Contribution to theTheory of Economic Growth »et paru en 1956 dans theQuarterly Journal of Economics, attribue l'origine de la croissance par tête au montant de capital technique investi(machines, équipements, logiciels, infrastructures...). Lorsque l'investissement par tête dépasse le montant de la dépréciation du capital par tête existant, chaque travailleur dispose d'un équipement plus performant et peut produire davantage. Toutefois, lorsqu'on augmente le capital par tête, la production augmente, mais pas de façon proportionnelle (c'est le principe des rendements décroissants). Ainsi à force d'augmenter le capital par tête, va venir un moment où la production par tête augmentera moins vite que cela ne coûte. La croissance par tête va cesser, c'est que Solow appelle l'état régulier. L'état régulier dépend du coût relatif du capital. Si ce dernier diminue (un renchérissement du coût du travail incitera les entreprises à substituer du capital au travail), alors l'investissement par tête va augmenter de nouveau jusqu'à ce qu'un nouvel état régulier soit atteint. Le modèle de Solow repose sur des hypothèses de type néoclassique : toute l'épargne est investie, les rendements sont décroissants, la substitution du capital au travail, la concurrence empêche l'existence de rentes de monopole et de comportements price-maker. Il rend également compte de plusieurs faits importants :

Ø Le niveau de production d'un pays est déterminé par l'investissement par tête qui y est effectué. Tant que le niveau d'état régulier n'est pas atteint, un investissement supplémentaire est toujours générateur de croissance économique.

Ø Il explique les phénomènes de rattrapage des pays qui ont commencé leur croissance économique plus tardivement. L'hypothèse retenue par ce modèle, c'est la propriété de convergence(plus le niveau de départ du PIB/hab est faible, plus le taux de croissance attendu est élevé). Le modèle de Solow délivre un message optimiste : tous les pays
qui font un effort d'investissement, sont susceptibles de connaître une croissance économique. A terme, on se dirige vers une convergence, puisque tous les pays proches de leur état régulier connaissent, pour un taux d'investissement donné, une croissance plus faible que celles des pays qui en sont moins proches. Si tous les pays étaient identiques (à l'exception de leur intensité de départ en capital) : la croissance des pays les plus pauvres serait plus rapide que celle des pays les plus riches.

Ø Le modèle de Solow met en lumière la règle d'or. Cette dernière consiste à déterminer le taux d'épargne s associé au capital par tête k qui permet la plus grande consommation par tête à chaque instant. Ce taux d'épargne est tel qu'il conduit à une formation de capital dont la productivité marginale est égale au taux de croissance de l'économie. La règle d'or s'écrit alors :Productivité marginale du capital = Taux de croissance de l'économie. Si on suppose que le taux d'intérêt réel est donné par la productivité marginale du capital2(*), la règle d'or devient : Taux d'intérêt réel = Taux de croissance de l'économie.

Ø Enfin, le modèle néoclassique dépasse le simple cadre des biens physiques pour inclure le capital humain sous toutes ses formes: niveau d'éducation, d'expérience, santé (Lucas, 1988). Si l'économie tend vers un ratio d'équilibre stable entre capital humain et capital physique, ce ratio peut au départ s'écarter de sa valeur de long terme. L'ampleur de cet écart affectera la vitesse à laquelle le produit/habitant se rapproche de son niveau d'équilibre. (ex: ratio capital humain/capital physique élevé). Ainsi le taux de croissance d'une économie sera d'autant plus sensible à son niveau de départ de production/habitant que son stock de capital humain le sera.

Le modèle de Solow s'est cependant écarté de la réalité en considérant que la croissance économique par tête devait peu à peu diminuer et finir par cesser de progresser : ainsi en l'absence d'innovations technologiques continues, la croissance du produit/hab cesse(application de l'hypothèse des rendements décroissants et d'une croissance limitée : Ricardo et Malthus). Les observations ont montré que la croissance économique progressait même à un rythme ralenti et demeurait un fait majeur de toutes les économies développées.

Arrow (1962) et Sheshinski (1967) ont alors proposé des modèles dans lesquels les découvertes étaient des retombées de la production ou de l'investissement (mécanisme décrit comme l'apprentissage). Chaque découverte a des retombées immédiates sur l'économie (diffusion rapide). Le modèle de Solow fût enrichi en y intégrant la notion d'investissement en capital humain. Sous l'impulsion de Gregory Mankiw, David Romer et David Weil (1992), la notion d'investissement en capital humain fût assimilée à un investissement de court terme. Si une formation permet de transformer du travail non qualifié en travail plus qualifié, donc d'utiliser des équipements plus complexes et d'en tirer meilleur parti, le niveau technologique du pays augmente du même coup son état régulier et son rythme de croissance.

1.1.1.10. L'ECOLE DE LA REGULATION ET LE REGIME D'ACCUMULATION

La théorie de régulation est le fruit d'un programme de recherches lancé à la fin des années 60. Robert Boyer (1993) rappelle que la question était de savoir « si la croissance que les pays industrialisés avaient connue depuis le lendemain de la Second guerre mondiale allait durer ». Michel Aglietta, puis Robert Boyer furent ainsi conduits à introduire la notion de régime d'accumulationafin de souligner que la généralisation de l'échange marchand pouvait rendre les crises possibles.

Durant les Trente Glorieuses, le régime d'accumulation qui s'est imposé, fût le régime fordiste. Le monde fordiste était caractérisé par une autorégulation des rapports sociaux, entre, d'une part, le mouvement ouvrier et sa représentation syndicale, et, d'autre part, un capitalisme managérial qui pouvait servir d'interlocuteur au mouvement ouvrier, parce qu'il en partageait fondamentalement les principes aspirations : protéger la firme des aléas économiques dus à la concurrence et au cycle des affaires. D'un point de vue social, le travail à la chaine pouvait se comprendre comme une manière de rendre productif les travailleurs a priori les plus démunis. La parcellisation des tâches permettait de rendre utilisable une main d'oeuvre non qualifiée. Cette intégration s'effectuait également par les plans de carrière qui protégeaient les salariés des aléas de l'existence. Le fordisme reposait ainsi sur un contrat implicite : l'obéissance (voire l'aliénation) en échange d'une protection contre les aléas de l'existence. Or c'est précisément ce contrat tacite qui a été remis en cause avec la crise du fordisme. Il n'y a plus de carrière assurée et on fait reposer sur l'individu l'effort de l'intégration dans l'entreprise. La théorie de la régulation s'est ainsi proposé de concevoir les outils qui permettraient d'analyser la crise du régime de croissance fordiste et d'imaginer le régime qui lui succéderait. La notion de régime d'accumulation a notamment permis d'introduire le concept de formes institutionnelles, définies comme la codification d'un ou plusieurs rapports sociaux fondamentaux. Robert Boyer (1986) introduit cinq formes institutionnelles (la monnaie, le rapport salarial, la concurrence, les modalités d'adhésion au régime international, l'Etat) intervenant dans la détermination du régime d'accumulation.

1.1.1.11. LA CROISSANCE ENDOGENE

Pour les tenants de la théorie de la croissanceendogène, le progrès technique ne tombe pas du ciel. La croissance est ainsi assimilée à unphénomène autoentretenu par accumulation de quatre facteurs principaux : la technologie, lecapital physique, le capital humain et le capital public. Le rythme d'accumulation de cesvariables dépend de choix économiques, c'est pourquoi on parle de théories de la croissanceendogène.

1. Le capital physique

C'est l'équipement dans lequel investit une entreprise pour la production de biens et de
services. Romer (1986) a cependant renouvelé l'analyse en proposant un modèle qui repose
sur les phénomènes d'externalitésentre les firmes : en investissant dans de nouveauxéquipements, une firme se donne les moyens d'accroître sa propre production mais égalementcelles des autres firmes concurrentes ou non. L'investissement a un double effet : il agit directement sur la croissance et indirectement sur le progrès technique.

2. La technologie

Chaque changement technique provient d'une idée mise en forme et testée. Le progrès existe,et est d'autant plus intense que le nombre de chercheurs est élevé et le stock de connaissances important. Le nombre de chercheurs dépend de la capacité du système économique à leur offrir des rentes de monopole en cas de réussite. Ainsi pour Romer, le rythme de croissance ne va pas en déclinant au fur et à mesure que l'on s'approche de l'état régulier, comme le prétendait Solow. Il dépend de la capacité des rendements croissants de la recherche à compenser les rendements décroissants de l'investissement matériel. Contrairement aux approches néoclassiques, Romer reconnaît que le marché ne suffit pas à assurer une croissance maximale à long terme. L'Etat a un rôle important à jouer, non par le biais de la dépense publique envers la recherche, mais en venant au secours des innovateurs par le biais d'une fiscalité compensatrice, de mesures juridiques incitant la recherche développement et les externalités de connaissances, de mesures anti-concurrentielles non dissuasives.

3. Le capital humain

Il a été mis en évidence par deux économistes de l'Ecole de Chicago, Theodor Schultz et Gary
Becker, et est au centre des études menées par R.E Lucas (Prix Nobel en 1995). Le capital
humain désigne l'ensemble des capacités apprises par les individus et qui accroissent leur
efficacité productive. Chaque individu est propriétaire d'un certain nombre de compétences, qu'il valorise en les vendant sur le marché du travail. Dans ce cas, l'éducation est un investissement dont l'individu attend un certain retour. Il est alors évident que la tendance à un allongement de la durée de la scolarité est une cause non négligeable de la croissance.

4. Le capital public

Il correspond aux infrastructures de communication et de transport. Elles sont au coeur du
modèle élaboré par R.J Barro. En théorie, le capital public n'est qu'une forme de capital
physique. Il résulte des investissements opérés par l'Etat et les collectivités locales. Le capital
public comprend également les investissements dans les secteurs de l'éducation et la
recherche. Tous ces travaux ont été poursuivis par Grossman et Helpman (1991), Aghion et Howitt (1992), Barro et Sala-i-Martin (1995)...Le progrès technique résulte ainsi d'un objectif fixé en recherche-développement, activité récompensée selon Schumpeter (1934) par la détention d'une forme de pouvoir monopolistique ex-post. S'il n'y a pas de tendance à l'épuisement de ces découvertes, les taux de croissance peuvent rester positifs à long terme. Dans ce cas, le taux de croissance à long terme dépend des actions des gouvernements. Les théories de la croissance endogène reposeraient donc sur l'idée que la concurrence parfaite est mortifère, et que l'activité économique a besoin de concurrence imparfaite et d'intervention publique.

1.2.2. INDICATEUR DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE

1.1.1.12. LE PRODUIT INTERIEUR BRUT (P.I.B)

Le Produit Intérieur Brut mesure la valeur de tous les biens et services d'un pays, produits en un an. Il est un résultat en dollars, et la variation de ces dollars d'une année à l'autre nous donne les pourcentages de croissance. Par exemple, un pays présentant une croissance du PIB de 2,3% en 2017 par rapport au PIB de 2016. Cela veut dire que ce pays va produire 2,3% de biens/services de plus qu'en 2016. Puisque le dit pays va produire plus de services, il y a donc une croissance économique et le bien-être de la population est supposé être plus grand.

a. Mesures du Produit Intérieur Brut

Tableau 1-1 Formule de calcul du P.I.B

PAR LES DEPENSES

PIB = C + G + I  + (X - M)

Où C : Dépenses de consommation;

G : Dépenses gouvernementales;

I : Investissements privés et publics;

X : Exportations ; M : Importations

PAR LES REVENUS

PIB = Sal + RM + EBE + Tin

Où Sal : Total de la rémunération des travailleurs; RM : Revenu mixte net des entreprises non incorporées; EBE : Excédents bruts d'exploitation ; Tin : Taxes indirectes nettes sur la production et les importations

PAR LA VALEUR AJOUTEE

PIB  = Coût final - Prix des matières premières et des étapes intermédiaires + Taxes

 

CALCUL DU TAUX DE CROISSANCE : (PIBt - PIBt-1 / PIBt-1) X 100

b. Les limites du Produit Intérieur Brut

Le calcul du PIB s'appuie sur la comptabilité nationale, donc sur ce qui est déclaré à l'Etat. Il ne prend pas en compte le travail non rémunéré, celui que l'on fait pour soi-même, le bénévolat, la production encaissée en liquide et non déclarée, le travail "au noir", les activités illégales...

Le PIB n'intègre pas, du fait qu'il ne mesure que des flux annuels de production et non un patrimoine, les dégâts causés à l' environnement, les richesses naturelles ou leur épuisement, l' impact d'une catastrophe naturelle, d'une guerre, les créances douteuses. Il ignore aussi ce qui est qualitatif, comme le bien-être, les loisirs, la sécurité, le niveau d' éducation, la liberté...

Les économistes sont conscients des limites du PIB et s'intéressent davantage à son évolution qu'à son niveau absolu, l'important étant qu'il soit calculé de la même manière d'une année sur l'autre. Par ailleurs, ils considèrent en général que la croissance du PIB et la diminution du chômage sont corrélées (loi d'Okun).

Etant avant tout une mesure comptable, le Produit intérieur brut ne peut prétendre mesurer le bien-être et encore moins le bonheur. C'est la raison pour laquelle commencent à apparaître de nouveaux indicateurs comme l' IDH (indice de développement humain) qui tentent de mieux appréhender le bien-être social.

1.1.1.13. PRODUIT NATIONAL BRUT (PNB)

Le produit national brut (PNB) est un indicateur économique qui correspond à la richesse produite au cours d'une année par l'ensemble des résidents et des ressortissants d'un pays. Il permet donc de mesurer la richesse produite par un pays. 

Le PNB est calculé en fonction des ressortissants d'un pays, indépendamment de leur lieu de résidence. 

PNB = PIB + les revenus en provenance des opérateurs nationaux basés à l'étranger - les revenus issus des opérateurs étrangers sur le territoire national.

Le PNB ne fournit qu'une mesure très approximative du bien-être des habitants. Il ne fournit en effet qu'une agrégation comptable des valeurs des différents biens et services marchands produits, quelles que soient les utilités de ces productions.

1.1.1.14. LE REVENU NATIONAL BRUT (RNB)

Le RNB est une valeur assez proche du PNB. Il correspond à la somme des revenus (salaires et revenus financiers) perçus, pendant une période donnée, par les agents économiques nationaux. Le RNB est la somme du PIB et du solde des flux de revenus primaires avec le reste du monde.

RNN = RNB - Consommation de capital fixe.

1.2.3. LES FACTEURS DE CROISSANCE ECONOMIQUE

La dynamique de  croissance repose sur plusieurs déterminants économiques. L'analyse des facteurs de croissance permet de distinguer et de mesurer les contributions du facteur travail et du facteur capital. Le progrès technique joue un rôle essentiel dans la croissance car il pérennise.

La croissance résulte tout d'abord de l'augmentation des deux facteurs de production que sont le travail et le capital. La théorie économique modélise ce lien par une fonction de production notée Q?=?f?(K,?L) où K et L représentent respectivement le capital et le travail. Mais leur contribution n'explique pas toute l'augmentation des richesses créées.

1.1.1.15. LES FACTEURS TRAVAIL (ressources humaines)

Au sens économique, le travail est l'activité rémunérée qui permet la production de biens et services. Il s'agit de l'intervention de l'homme dans le processus de production, il est le seul facteur actif qui permet de produire la richesse, soit une application directe soit indirecte d'instruments façonnés par l'homme. C'est le marché du travail qui est le lieu de rencontre entre l'offre et la demande, les offreurs et demandeurs d'emploi vont se trouver et que va se fixer le montant de salaire. Dans la population totale, on appelle population active, l'ensemble des personnes exerçant un emploi ou en recherchant un emploi de façon active. Donc, sont exclus les incapables juridiques (mineurs, retraités ...).

Le travail se réalise au sein d'une organisation et ouvre droit au versement d'une rémunération. La taille de la population active et son taux d'activité déterminent la quantité de travail disponible pour alimenter la croissance. Sur le plan qualitatif, plus la qualification professionnelle des individus est élevée plus la croissance sera favorisée.

Les économistes classiques (Adam Smith, David Ricardo, Stuart Mill), à la fin du XVIIIe et au début du XIXesiècle, et Karl Marx (1818-1883) considèrent que seul le travail est productif de richesses, en particulier letravail dans l'industrie. Marx va distinguer :

Ø Le travail qui correspond auxquantités d'heures passées dans l'entreprise pour produireen sachant quela durée du travail est déterminée par les propriétaires des moyens de production et que, depuis le débutdu XXe siècle, elle est encadrée par la loi (durée légale du travail) ;

Ø La force de travail (capacités physiques et intellectuelles) que le travailleur mobilise aumoment de son travail.Le salarié loue sa force de travail contre un salaire qui tend à être égal à la valeurdes biens de consommation nécessaires à la reproduction du travailleur et de sa famille. Autrement dit, lesalaire est proche du minimum vital dans une société donnée.

Le capitaliste loue la force de travail pour en extraire une valeur supérieure à son coût. Il va donc fairetravailler le salarié le temps nécessaire pour que ce dernier crée une valeur supérieure à la valeur de saforce de travail (le salaire). La plus-value est donc égale à la différence entre la valeur créée par le travailleuret sa propre valeur (son salaire). Lorsque le capitaliste vend les biens ou services qu'il a fait produire, il transforme laplus-value en un profit qui va servir à accumuler du capital et des richesses. Le travail est donc au coeur dela dynamique du capitalisme.

Au niveau macroéconomique, le facteur travail correspond principalement à la quantité de travail qui prenden compte le nombre de travailleurs mobilisés dans une activité rémunérée (la population active occupée) et ladurée annuelle effective du travail.

Quantité de travail = Nombre d'actifs occupés X Durée annuelle moyenne effective du travail

Quantité de travail = Nombre d'emplois X Durée annuelle moyenne effective du travail

La population active occupée correspond à l'emploi global. Les économistes ne retiennent que le travail rémunéré.

L'importance et de la croissance de la population en âge de travailler (15-64 ans) dépendent de la croissance naturelle (naissances - décès) de la population et au solde migratoire (immigration - émigration). Une population jeune, dynamique en matière de naissance et au solde migratoire positif aura une croissance potentielle supérieure à une population vieillissante. On comprend ainsi pourquoi la croissance des pays émergents est supérieure à celle de la vieille Europe.

Le taux d'emploi de la population en âge de travailler dépend de l'âge d'entrée (emploi des juniors) et de l'âge de sortie de la vie active (emploi des séniors) et du taux d'emploi féminin. Plus le taux d'emploi est élevé, plus la production sera importante. Dans tous les pays, le taux d'emploi des juniors diminue car la durée des études augmente. En revanche, le taux d'emploi des seniors augmente à la suite des réformes de la retraite qui repoussent à plus tard l'âge de sortie. De même, la mobilisation de la main d'oeuvre s'est accrue au cours du temps avec l'entrée massive des femmes sur le marché de l'emploi. Les taux d'emploi sont plus élevés aux Etats-Unis, au Japon et dans les pays scandinaves que dans la Zone euro. Ainsi, la croissance potentielle de la Zone euro souffre d'un sous-emploi des jeunes et des personnes de plus de 55 ans.

Taux d'emploi = Population active occupée / Population en âge de travailler x 100

L'augmentation de la quantité de travail (population active occupée et durée annuelle du travail) explique, toutes choses égales par ailleurs, la croissance économique, c'est-à-dire l'augmentation durable de la production au cours du temps, car la force de travail est plus nombreuse et plus qualifiée pour participer à la production qu'auparavant. La contribution de la quantité de travail à la croissance économique a été significative au XIXe siècle (croissance extensive)3(*). Elle est beaucoup moins importante au XXe siècle, particulièrement en Europe (croissance intensive)4(*). Cependant, avec l'essor du secteur des services, la croissance de la fin du XXe siècle est redevenue plus intensive en emploi.

1.1.1.16. LE FACTEUR CAPITAL (ressources en capital)

Le facteur capital correspond à l'augmentation des biens nécessaires à la production. Il comprend le capital technique (machines, outillages, bâtiments...) et le capital circulant (matière première, énergie..). Le capital financier représente les ressources financières de l'entreprise. C'est la valeur des capitaux propres de l'entreprise. On distingue également la quantité de capital (fixe + circulant) et la qualité du capital (savoir-faire, connaissances technologiques, brevet...).

Le capital physique ou technique prend la forme d'un stock de biens et de services servant à la production. Il comprend:

ü Le capital circulant : stock de biens et de services détruits ou transformés au cours de la production, ce qui correspond aux consommations intermédiaires.

ü Le capital fixe : stock de biens d'équipement durables, de bâtiment et de logiciels utilisé plus d'un an dans le processus de production.

Pour analyser la croissance d'un pays, les économistes néo-classiques s'intéressent essentiellement au rôle du capital fixe dans la production. La quantité de capital au sens strict correspond au stock de capital fixe que possèdent les agents économiques d'un pays. Ce stock comprend les biens d'équipement durable (durée de vie est supérieure à 1 an) ; les bâtiments (bureaux, usines, établissements scolaires...) ; les logiciels.

L'investissement au sens strict est un flux de nouveaux biens d'équipement, de bâtiments et de logiciels qui viennent renouveler le stock de capital fixe déjà existant ou s'y ajouter.

Pour mesurer l'investissement, la comptabilité nationale utilise la notion de formation brute de capital fixe (FBCF) qui correspond à l'achat, par les agents économiques résidents, de capital fixe dont la durée de vie est supérieure à 1 an et dont la valeur est supérieure à 500 €. Le capital fixe comprend:

· Des actifs corporels = machines, bâtiments, routes, ponts etc...

· Des actifs incorporels = depuis 1995, les logiciels, les permis de prospection pétrolières, les oeuvres récréatives, littéraires ou artistiques qui produisent des services pendant plusieurs années sont inclus dans la FBCF.

La FBCF est un agrégat. On calcule donc la FBCF de chaque agent économique ; puis on fait la somme de toutes les FBCF de l'ensemble des agents résidents sur le territoire économique national.

L'accumulation du capital fixe correspond donc à l'investissement net ou à la formation nette de capital fixe, c'est-à-dire la différence entre le flux positif qui augmente le stock de capital fixe (FBCF) et le flux négatif qui le diminue (Amortissement ou consommation de capital fixe). Elle permet de mesurer la hausse du stock de capital fixe.

L'augmentation de la production ne repose pas seulement sur la croissance de la quantité de travail car les travailleurs ont besoin de biens d'équipement, d'outils, de bâtiments, de moyens de transport pour produire. La croissance de la population active occupée doit donc s'accompagner d'une croissance du stock de capital fixe qui dépend du rythme des investissements au sens large.

1.1.1.17. LE FACTEUR NATUREL (ressources naturelles)

La terre (nature) se présente comme un facteur originaire c'est-à-dire qu'il n'a pas été produit et plus particulièrement il n'a pas été produit à des fins économiques. Il est de plus en plus aménagé par la main de l'homme et est aujourd'hui plutôt considéré comme une composante foncière du capital, soit une composante d'un facteur nature plus large (ressources naturelles ou capital naturel). Il faut alors que la terre soit propice à la production. Signalons que les ressources naturelles de la RDC sont parmi les plus riches et les plus variées au monde ; regorgeant plus de 70% des terres arables constituant ainsi un potentiel incommensurable pour l'industrie agricole, comportant une biodiversité non négligeable ; la forêt équatoriale est le deuxième poumon au monde après celle de l'Amazonie. Son sous-sol regorge plusieurs minerais.

1.1.1.18. LE PROGRE TECHNIQUE

Encore appelé « capital immatériel » terme développé par l'économie du savoir qui correspond à la valeur accumulée par une entreprise sous forme d'organisation, de savoir-faire, accumulés ou d'image de marque. L'économie des pays développés dépend de plus en plus du capital immatériel (progrès technique ou scientifique). On parle aussi du capital social et du capital culturel, comme variables explicatives de l'amélioration de la productivité ne résultant pas d'autres facteurs.

Les experts estiment que le capital immatériel représente entre 60% et 70% de la valeur des entreprises. Certains mettent la connotation de ce facteur dans le concept « management ». Notons que c'est la formation et l'investissement dans la recherche scientifique qui permettent l'acquisition du savoir-faire. La formation est incontournable, car l'information est considérée comme un flux et la connaissance est considérée comme un stock.

1.3. IMPACTS THEORIQUES DE LA POLITIQUE MONETAIRE SUR LA CROISSANCE

1.3.1. DU POINT DE VUE CONSOMMATION ET PRODUCTION

La théorie keynésienne démontre qu'en usant d'une politique monétaire expansionniste, la banque centrale peut impulser la demande globale. En effet, une politique monétaire expansionniste provoque une baisse des taux d'intérêtet donc du coût du capital. Ce qui entraîne une hausse de dépenses de consommations et d'investissement et par conséquent de la production (augmentation du revenu). Elleconduit également les entreprises à anticiper une augmentation des prix et cela influence leur quantité de production à la hausse.

L'analyse keynésienne a montré qu'une distribution de revenus supplémentaires dans l'économie entraîne une augmentation de consommation des ménages et induit, grâce au jeu du multiplicateur, un effet bénéfique sur l'activité économique (politique de relance par la consommation). Une politique de relance par la consommation consiste à augmenter les revenus des ménages afin qu'ils dépensent davantage et on peut accroître la demande à travers la politique monétaire en augmentant la quantité de monnaie en circulation.

L'accroissement de l'offre de monnaie a pour objectif de faire baisser les taux d'intérêts. Disposant de liquidités plus abondantes, les ménages vont placer davantage d'épargne qu'avant sur le marché financier en recherchant à acheter des actions et des obligations, ce qui va peser sur le taux d'intérêt. A son tour la baisse du taux d'intérêt doit inciter les entreprises à investir (réduction de leurs coûts d'endettement).

La consommation est l'une des composantes de la demande globale (avec l'investissement et l'exportation). Elle présente donc un facteur important de la croissance économique. Les ménages peuvent aussi acquérir des équipements en biens durables (équipements ménagers et automobiles) à travers un crédit bancaire.

La demande est l'un des déterminants de l'investissement car les entreprises investissent si elles prévoient des débouchés nouveaux pour leur production (effet accélérateur où la demande anticipée détermine l'investissement).

1.3.2. DU POINT DE VUE EPARGNE

L'épargne étant un préalable à l'investissement et que son accumulation (donc du capital) est à l'origine de la croissance, il est donc clair qu'une politique monétaire la favorisant peut avoir, surtout à long terme un impact considérable dans l'accroissement du revenu. La banque centrale en fixant un taux d'intérêt directeur élevé (taux de refinancement des banques de second rang) va inciter les banques commerciales à revoir à la hausse leurs taux d'intérêt (créditeur et débiteur) et par conséquent inciter les agents économiques (en particulier les ménages) à épargner d'avantage.

La politique monétaire menée par la banque centrale permet au système bancaire d'assurer le financement monétaire et non monétaire de l'économie. Ce dernier joue le rôle d'intermédiaire entre les préteurs et les entrepreneurs puisqu'il fournit des crédits à plus ou moins long terme grâce aux dépôts des agents économiques. Le rôle d'intermédiation des banques de second rang se double d'une activité que l'on nomme « transformation ». En effet les épargnants et agents confient généralement leurs ressources pour des courtes échéances, en revanche, les emprunteurs s'endettent plutôt à moyens et long termes. La transformation bancaire consiste ainsi à utiliser des ressources de court terme pour financer les crédits à moyen et long terme.

Lorsque l'on calcule après une période comme une année, les grandeurs économiques comme la production, l'épargne, consommation et l'investissement, on constate que l'épargne est toujours égale à l'investissement.

1.3.3. DU POINT DE VUE REVENU

La transmission de la politique monétaire par le canal large du crédit et celui du prix d'autres actifs financiers (prix des actions, de change, les effets de richesses) peut grandement influencer le PIB vu dans son optique du revenu. Car elle affecte positivement le bilan des entreprises et celui des ménages comme nous l'avons démontré dans la partie consacrée aux canaux des transmissions.

La production des biens et des services par les entreprises permet la distribution des revenus à tous ceux qui ont participé à la production. Plus précisément, toute la production peut être décomposée en revenus perçus par différents acteurs de l'économie.

Considérons une économie fermée, l'offre globale est la production nationale(Y) celle-ci a deux utilisations à savoir la consommation(C) et l'investissement(I). Comme ces revenus sont soit consommés(C), soit épargnés(S) on a finalement : Y =C+S

La consommation est fonction de revenu, alors le revenu devient un déterminant dans le processus de croissance dans la mesure où les gens consomment plus quand leurs revenus augmentent, c'est qui constitue des débouchés pour les entreprises.

Dans une optique de politique monétaire expansive, une offre excédentaire de monnaie entraîne une demande excédentaire de tous les biens et services. Suite à un accroissement de la liquidité bancaire, les banques peuvent accorder ou accroitre les crédits qu'elles accordent et favoriser ainsi la consommation et l'investissement ; c'est qui est une condition sine qua none de la croissance économique.

La création monétaire par le système bancaire constitue le mécanisme propre aux banques qui leur permet d'activer la croissance économique à travers les revenus qu'elles redistribuent ou injectent dans l'économie.

1.3.4. DU POINT DE VUE DU CREDIT

Le modèle de stock flux basé sur le circuit de la finance, de l'investissement et de l'épargne introduit la finance dans le processus de multiplication pour expliquer comment l'épargne est générée à travers la création des revenus. Ce modèle nous permet de développer une approche systématique du rôle de la politique monétaire via les institutions de financement dans le processus de croissance économique.

Les crédits accordés au secteur privé induisent positivement la croissance économique grâce à l'accumulation de l'épargne, en outre d'une certaine manière la monnaie répond plus vite que les crédits à des chocs exogènes sur le PIB ; les deux agrégats sont reliés par la contrainte de bilan des banques et sont fortement colinéaires.

Empiriquement on trouve que la monnaie (M1ou M2) répond immédiatement à une restriction de la politique monétaire en se contractant, les crédits bancaires réagissent plus tard en diminuant en même temps que la production d'où la masse monétaire M2 induit positivement la croissance économique car cet agrégat permet de mieux réaliser les investissements à long terme.

Il sied de souligner que toute création de monnaie par la banque centrale d'un pays aboutit par un processus itératif à une émission supplémentaire de crédits dans l'économie par les établissements de crédits qui peut être bien plus importante que la monnaie émise initialement. Le supplément de crédit dans l'économie peut être amplifié par l'effet multiplicateur résultant d'une augmentation de la monnaie banque centrale ; les autorités peuvent utiliser le niveau de réserves obligatoires pour promouvoir les investissements.

La contribution du système financier à la croissance repose sur le fait que ce dernier permet d'assurer un système de paiement efficace et évolutif qui mobilise l'épargne et améliore son affectation à l'investissement. Pour renchérir, R. MCKINON et E.SHAW(1973) estiment : « qu'on peut accroitre le niveau d'investissement interne en stimulant l'accumulation de l'épargne qui aboutit à un meilleur octroi des crédits et une incitation à la concurrence des institutions financières ».

CONCLUSION PARTIELLE

Dans ce chapitre nous avons exposé les notions concernant la politique monétaire et la croissance économique. Nous avons également démontré sur le plan théorique l'apport que peut avoir la politique monétaire sur la croissance économique.

Selon l'approche classique, fondée sur la théorie quantitative de la monnaie, l'équilibre macroéconomique est toujours réalisé et cela sans aucune action sur la monnaie car cette dernière est neutre. Les Keynésiens, quant à eux, s'opposent à cela ; pour eux la monnaie joue un rôle primordiale, elle peut être utilisée pour relancer l'activité économique. De ce fait, la politique monétaire trouve sa place en agissant via le taux d'intérêt nominal. Les deux approches (keynésienne et classique) sont formalisées dans le modèle IS-LM. L'approche monétariste quant à elle limite le rôle de la monnaie qu'à la stabilisation des prix, elle prétend que l'action par la monnaie n'a pas d'impact considérable sur le niveau de l'activité, elle créerait plutôt de l'inflation.

Pour ce qui est de la croissance, nous avons présenté ses différentes approches, ses composantes et ses méthodes de calcul.

Finalement nous avons démontré l'incidence qu'a la politique monétaire sur la croissance. En nous basant sur la théorie keynésienne, nous avons démontré comment une politique monétaire expansionniste pourrait affecter positivement la croissance dans ses différentes optiques, principalement celle des dépenses (investissement et consommation) et celle du revenu.

En outre une politique monétaire favorisant l'épargne peut avoir également un effet positif sur la croissance à long ou à moyen terme, cela par le fait que l'épargne d'aujourd'hui constitue l'investissement de demain.

CHAPITRE 2 : SITUATION MONETAIRE ET PERFORMANCE ECONOMIQUE DE LA RDC

Dans cette partie nous présenterons l'institution en charge de la politique monétaire en RDC ainsi que la conduite de cette dernière. Nous nous attellerons également sur les origines et l'évolution de la croissance économique dans le pays.

2.1. POLITIQUE MONETAIRE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

En République Démocratique du Congo la politique monétaire est de la responsabilité de la Banque Centrale du Congo et a pour objectif finale la stabilité des prix.

2.1.1. CONDUITE DE LA POLITIQUE MONETAIRE EN RDC

2.1.1.1. PRESENTATION LA BANQUE CENTRALE DU CONGO (B.C.C)

Son siège social est établi à Kinshasa, sur le boulevard Colonel TSHATSHI, n°563, dans la commune de la Gombe.

La BCC fut créée par le décret-loi du 23 Février 1961 mais n'entra en activité que le 22 Juin 1964. Le décret-loi N° 005/2002 du 7 Mai 2002 relative à la constitution, à l'organisation et au fonctionnement de la BCC reconnaît l'indépendance de celle-ci dans l'élaboration et la mise en oeuvre de la politique monétaire visant à stabiliser le niveau général des prix. La banque centrale est indépendante et dispose d'une autonomie de gestion dans l'accomplissement de ses objectifs et devoirs. Elle permet des interventions sur le marché de change en opérant l'achat de devises étrangères et leurs ventes lorsque le franc congolais s'apprécie ou se déprécie. Elle est également chargée de maintenir la valeur externe du franc congolais, c'est dans cette optique qu'elle règlemente l'activité des établissements de crédit. Elle assure le bon fonctionnement du système bancaire et financier, établit et impose à toute banque de respecter un ensemble des règles d'activités.

Le gouverneur de la banque dans une autorisation appelée «  acte d'agrément », promulgue la liste des banques et fixe les modalités requises pour l'exercice de l'activité bancaire. La banque dispose D'une direction HOTEL DE MONNAIE pour l'impression de documents de sécurité et la fabrication outre des billets de banque, des passeports, des vignettes, des diplômes, des chèques, des documents infalsifiables.

a. Objet Principal

La Banque Centrale du Congo a pour objectif la définition et la mise en oeuvre de la politique monétaire du pays dont la finalité est d'assurer la stabilité du niveau général des prix. Elle est indépendante dans la réalisation de cette charge. (Disposition de la loi, article 3). De ceci, elle doit veiller à la variation des prix des biens et services sur le marché.

b. Historique

A la conférence de Berlin de 1885 qui occasionna ledépeçage de l'Afrique par les grandes puissances, le Congofut érigé en Etat indépendant puis et cédé comme propriétéprivée au roi LEOPOLD II de Belgique.Le 27 juillet 1885, le monarque décrète alors la créationdu franc congolais qui avait la même valeur que le francbelge et qui devait circuler et faciliter les échanges dans lenouvel Etat. Le franc était défini comme la 3100ème parie d'unkilogramme d'or titre de 9 /10.

En 1886, la monnaie futintroduite dans l'Etat indépendant du Congo par soninitiateur le roi Léopold II. Les MITOKOS qui étaient alors enusage furent dotés d'une valeur de 15centimes. En 1908, l'E.I.C est cédé à la Belgique et devient unecolonie belge sur la dénomination, Congo belge. Cetteannexion ouvrit la nouvelle colonie à toute sorte descourants commerciaux et lui fera jouir grâce à la chartecoloniale, d'une autonomie financière.

Le développement des échanges commerciauxpousse le colonisateur à créer la banque du Congo belge le11 janvier 1909 ; elle sera chargée, entre autres, d'organiserla circulation fiduciaire dans la colonie.La BCCBRU, entant que Banque Centrale publique,devait travailler dans le sens de la politique économique de la colonie (développement économique, pleinement, stabilitémonétaire de l'étalon...).

Le 15 novembre 1960, une convention de liquidationde la BCCBRU est signée à New York, en marge ducontentieux belgo congolais consécutif à l'accession à lasouveraineté internationale le 30 juin 1960, du reste précédépar la création, le 03 octobre 1960, du conseil monétairechargé de préparer la structure de la future banque nationaledu Congo.Le 23 février 1961, la banque nationale duCongo(BNC) est créée mais elle n'ouvrira ses guichets quele 22 juin 1964 compte tenu de nombreux problèmessociopolitiques. Le 22 juin 1967 : modification des statuts debanquier de l'Etat : Banque des banques ; protecteur del'épargne publique ; gestionnaire des réserves de change etréserves en or de la République. En raison du changementintervenu le 27 octobre 1971 dans la dénomination du pays,la BNC fut rebaptisé Banque Nationale du Zaïre.Le changement de régime politique survenu le 17mai 1997 entraîna en même temps le changement du nomdu pays de la République du Zaïre en RépubliqueDémocratique du Congo ainsi que la transformation de labanque centrale du Congo (BCC).

c. Rôles et importance de la BCC

La banque centrale du Congo, « BCC », est une institution de droit public dotée d'une autonomie de gestion, et elle a pour objet essentiel la mise au point et l'application de la politique monétaire de la république démocratique du Congo. De la se dégage d'autres aspects non moins importants qui sont : maintenir la stabilité monétaire, mettre au point une politique de crédit et du change favorable au développement équilibré de l'économie, etc...

d. Missions de la Banque Centrale du Congo

Aux termes de la Loi n°005/2002 du 07 mai 2002 portant constitution, organisation et fonctionnement de la Banque Centrale du Congo, il est dévolu à cette dernière les missions suivantes :

· mettre en oeuvre la politique monétaire du pays dont l'objectif principal est d'assurer la stabilité du niveau général des prix donc, assurer la stabilité interne et externe de la monnaie nationale ;

· détenir et gérer les réserves officielles de la République ;

· édicter les normes et règlements concernant les opérations sur les devises étrangères ;

· participer à la négociation de tout accord international comportant des modalités de paiement et en assurer l'exécution ;

· élaborer la réglementation et contrôler les établissements de crédit, les institutions de micro-finance et les autres intermédiaires financiers ;

· promouvoir le bon fonctionnement des systèmes de compensation et de paiement ;

· promouvoir le développement des marchés monétaires et des capitaux.

e. Fonctions de la banque centrale

Sans préjudice de l'objectif principal de stabilité du niveau général de prix, la BCC, accomplie toutes les missions d'une Banque Centrale, notamment :

§ Institut d'Emission : La Banque Centrale est seule habilitée, sur le territoire national, à émettre des billets et pièces de monnaie ayant cours légal, libellés dans l'unité monétaire de la RDC, le Franc Congolais ou dans ses sous-unités. Elle assure la stabilité interne et externe de monnaie nationale ;

§ Banque des Banques : La B.C.C contrôle le système bancaire et la distribution du crédit par les institutions financières bancaires et non bancaires ;

§ Caissier de l'Etat : La BCC accepte et effectue les paiements pour le compte de l'Etat. Elle peut, à cette fin, désigner les Etablissements de crédit habilités à agir en son nom et pour compte dans les localités où elle n'est pas représentée. Assure le service de la dette publique, administre tout compte spécial de l'Etat, en accord avec le ministère intéressé ;

§ Conseiller de l'Etat : En sa qualité de conseiller du gouvernement en matière économique, monétaire et financière ; la BCC peut d'office ou à la demande du gouvernement émettre des avis ou des conseils sur toute politique ou mesure que le gouvernement envisage de prendre ;

§ Gestionnaire des Réserves Officielles en Or et en Devises de la République : La Banque Centrale détient et gère les réserves en or et devises de la République Démocratique du Congo (article 6 alinéa 2).

2.1.1.2.DISPOSITIF INSTITUTIONNEL

L'indépendance de la Banque Centrale du Congo lui a été conférée par le décret n° 005/002 du 07 mai 2002. Cette indépendance concerne tant le choix des instruments que la définition des objectifs de la politique monétaire jusqu'à l'objectif intermédiaire.

En effet, en ce qui concerne l'objectif final, il est défini en concertation avec le Gouvernement. Cette indépendance permet à la BCC d'observer la règle qu'elle définit et qu'elle entend respecter.

2.1.1.3. LA STRATÉGIE

Depuis 2001, la Banque Centrale du Congo a amorcé un processus d'amélioration de la transparence de sa politique monétaire. Dans ce cadre, elle applique la stratégie de la règle, consistant à l'annonce préalable des objectifs qu'elle entend atteindre et de toutes les mesures qu'elle mettra en oeuvre pour les réaliser, avec un engagement ferme de s'en tenir au dispositif annoncé.

Cette stratégie est attestée par les interventions régulières de Monsieur le Gouverneur sur les médias publics et privés, à travers notamment des discours, des interviews ainsi des communiqués et points de presse.

2.1.1.4. OBJECTIFS DE LA POLITIQUE MONETAIRE DE LA BCC

a. Objectif final 

Comme pour toute politique monétaire au monde, la banque centrale du Congo a pour objectif final la maitrise du taux d'inflation.

Figure 2-1 Evolution de l'objectif final de la politique monétaire de la BCC

Source : Elaboré sur base des données de la BCC (tableau 2-1)

Selon les prévisions de la Banque Centrale, sous-tendant la loi des finances 2019,il est prévu une décélération du rythme des formations des prix sur le marché desbiens et services en 2018 et 2019 comparativement à 2016 et 2017. En effet, venantde 54,7% en 2017, le taux d'inflation à la fin décembre 2018 s'établirait à 13,6% etpourrait se situer à 11,2% à la fin décembre 2019, face à un objectif de moyen termede 7,0%.Cette évolution favorable des prix à la consommation, dans un contexte dedollarisation de l'économie congolaise, serait consécutive au maintien de la stabilité de la monnaie nationale qui résulterait de l'amélioration des conditions intérieureset de la poursuite de la coordination efficiente des politiques macroéconomiques.

b. Objectifs intermédiaires : la masse monétaire moins les dépôts en devises et les provisions pour importations.

Pour ce qui est des objectifs intermédiaires, en analysant les différents rapports annuels de la banque centrale congolaise (pour la période allant de 2003 à 2018), il est clair que cette dernière a clairement optée pour le niveau de la masse monétaire.

Cet objectif à court terme permet de déterminer la politique monétaire en vigueur selon la conjoncture économique. En période de forte inflation, la politique monétaire ne doit pas être accommodante (expansive), mais plutôt restrictive et donc les niveaux de la masse monétaire via le taux directeur se verra revu à la baisse (par la hausse du taux d'intérêt). En outre, pour une politique monétaire ayant pour but de soutenir la croissance économique, le niveau de la masse monétaire (taux intérêt rabaissé) sera revu à la hausse.

Figure 2-2 Evolution de l'objectif intermédiaire (la masse monétaire) de la politique monétaire de la BCC

Source : Elaboré sur base du tableau 2-1

En 2017 la politique monétaire serait conduite dans un environnement caractérisé par leralentissement du rythme de dépréciation de la monnaie nationale sur le marchédes changes, couplé à une relative stabilité des prix sur le marché des biens etservices.Dans ce contexte, la Banque Centrale du Congo poursuivrait une politique monétaireprudente de manière à préserver la stabilité du cadre macroéconomique et à créerles conditions favorable pour soutenir la croissance économique à moyen terme. Dans ce cadre, l'Autorité monétaire, dans un contexte d'anticipation sur la poursuitede la baisse des poussées inflationnistes, postule pour 2018 et 2019, un niveauprévisionnel de croissance de la masse monétaire (M2) compatible avec l'atteintede l'objectif de moyen terme de 7% en 2020.

c. Objectif opératoire

La base monétaire. Il s'agit plus exactement de la base monétaire au sens strict.

Figure 2-3 Evolution de l'objectif opératoire (la base monétaire) de la politique monétaire de la BCC

Source : Elaboré sur base du tableau 2-1

d. Processus de détermination des objectifs de la politique monétaire

Les cibles quantitatives annuelles des objectifs de la politique monétaire (intermédiaire et opératoire) sont déterminées à partir d'un exercice de cadrage global lequel couvre les 4 principaux secteurs macroéconomiques, à savoir le secteur réel, les finances publiques, la balance des paiements et le secteur monétaire.

Les cibles de la politique monétaire ne peuvent être déterminées qu'après la projection des éléments ci-après :

§ la croissance attendue du PIB réel (sur la base des perspectives sectorielles, de l'évolution future de la conjoncture intérieure et extérieure) ;

§ les recettes, dépenses et soldes globaux attendus de l'Etat et de la Banque centrale ;

§ les flux extérieurs (flux entrants et sortants attendus.

Les projections de soldes de trois secteurs précités permettent de réaliser une programmation monétaire à travers le jeu des relations entre les soldes des finances publiques et de la balance des paiements avec les contreparties de la masse monétaire. A ce niveau, le flux annuel de l'objectif intermédiaire (la masse monétaire M2) est déterminé.

L'objectif opératoire (base monétaire) est déterminé à partir des projections des facteurs autonomes et institutionnels de la liquidité. Ces projections sont dérivées des prévisions annuelles du budget en devises, du plafond du financement attendu du Trésor public via la Banque centrale et du plan de trésorerie annuel de l'Institut d'émission.

Le tableau ci bas nous expose l'évolution des différentes variables permettant de déterminer les objectifs intermédiaires de la politique monétaire de la banque centrale du Congo.

Tableau 2-1 Objectifs final, intermédiaires et opérationnels de la politique monétaire

 

IPC (inflation)

Masse Monétaire

Base Monétaire

Taux directeur

Cible

Réalisé

Cible

Réalisé

Cible

Réalisé

2018

7,0

7,2

 

 

 

 

 14,00

2017

7,0

54,7

10,7

17,2

14,6

21,2

20,00

2016

4,2

23,6

8,7

27,6

7,7

27,6

7,00

2015

3,5

0,8

24,2

14,7

14,2

13,3

2,00

2014

3,7

1,0

11,1

9,8

13,9

11,3

2,00

2013

4,0

1,1

21,3

18,3

15,3

17,0

2,00

2012

9,9

2,7

18,8

12,3

14,6

6,3

4,00

2011

17,0

15,4

17,1

11,8

23,2

30,2

20,00

2010

9,9

9,8

40,3

30,1

31,0

29,6

22,00

2009

48,7

53,4

33,8

48,2

19,6

24,9

70,00

2008

23,5

27,6

26,0

58,5

22,3

33,1

40,00

2007

 

 

 

 

 

 

 25,50

2006

 

 

 

 

 

 

 40,00

2005

 

 

 

 

 

 

 28,80

Sources : Indicateurs du développement dans le monde (banque mondiale) et BCC

Commentaire : Après la crise de 2008-2009, la politique monétaire menée par la banque centrale du Congo s'est remobilisée, ses résultats en ce qui concerne ses objectifs (intermédiaire, final et opérationnel) ont été en majorité atteint, cela jusqu'en 2015. En 2016, aucun des trois cibles (objectifs) n'a été réalisé. L'accélération de l'inflation au cours de l'année 2016 est expliquéenotamment par le financement monétaire du déficit du Trésor ayant entrainé la pertede la valeur de la monnaie nationale. Puis en 2018 la BCC a presque, si pas totalement, réalisé son objectif en ce qui concerne le taux d'inflation. Cela grâce à la bonne dynamique économique, le bon comportement des produits miniers, et le niveau maintenu du taux de change.

2.1.1.5. LE CADRE OPERATIONNEL DE LA POLITIQUE MONETAIRE

C`est l`ensemble des instrumentsde la politique monétaire et leurs capacités à juguler l`inflation.

La banque centrale du Congo utilise comme instruments ; le taux directeur, le coefficient de réserves obligatoire (coefficient ou assiette) appliquée sur les dépôts de la clientèle des banques, tant en monnaie nationale qu'en devises et le bon BCC.

Encadré 1 : L'instrument Bon de la Banque Centrale du Congo (bon BCC) avait été introduit en décembre 2002.

A cette occasion, les liquidités excédentaires des banques pouvaient être placées à la banque centrale. A partir de2008, les opérations sur ce titre sont soumises au processus d'adjudication et dont le volume à ponctionner estdéterminé par la Banque Centrale après une analyse des prévisions de la liquidité. En 2013, les tiers (ménages etentreprises commerciales) sont exclus de la souscription. Le titre étant entièrement réservé aux banquescommerciales en tant que canal de transmission des impulsions de la politique monétaire.

Avec la promulgation de la loi n°005/2002 du 07 mai 2002 sur la Banque Centrale, un contenu clair a été donnéà la mission principale de la BCC, en son article 3, qui stipulait que la mission première de l'Institut d'Emissionest de définir et de mettre en oeuvre la politique monétaire du pays dont l'objectif principal est la stabilité duniveau général des prix.

Source : COMESA, étude sur l'efficacité de la politique monétaire de la banque centrale du Congo. Juillet 2014

a. Taux directeur

C'est le taux d'intérêt appliqué sur lerefinancement des banques commerciales. La fixation de ce taux est en relation avec letaux d'inflation et actuellement le tauxdirecteur est à 14%.

b. Bon BCC

Sous la forme d'appels d'offre (vente aux enchères), C'est un actif que vend la BCC pour réguler la liquidité. Lorsque la liquidité est trop abondante, la BCC émet les bons pour ponctionner et lorsque la liquidité est moindre, la BCCinjecte (en remboursant) la liquidité.La BCC fourni la liquidité aux banques commerciales en échange de titre pour une durée de 7, 28 et 84 jours. Donc trois maturités.L`économie congolaise est actuellement sous liquide (M2/PIB), La BCCprocède à des injections pour couvrir cette sous liquidité. Mais le remarque estque les banques au lieu d`octroyer des crédits, elles achètent des Bons BCC.La BCC décide de baisser négativement les taux de Bons BCC de 7 et 28 jours pour décourager les banques à acheter ces Bons et pour les inciter à octroyer des crédits afin d`augmenter la liquidité dans l`économie.

c. Coefficient de réserve obligatoire

C'est une fraction des dépôts bancaires que cesderniers doivent déposer à la BCC obligatoirement.Les augmentations des réserves obligatoires peuventservir à favoriser une baisse de l'inflation. Elles exercentdes effets tels que : elles réduisent la masse monétairegarantie par un montant donné de réserve ; ellesdiminuent le coefficient multiplicateur de monnaie(Masse monétaire/Base monétaire).Actuellement le coefficient de réserve obligatoire estdiscriminatoire en raison du processus de lade dollarisation.

2.1.1.6. EVALUATION DES FACTEURS DE LA LIQUIDITE BANCAIRE

La liquidité bancaire est mesurée par la somme des avoirs des établissements de crédit auprès de la banque centrale. Les facteurs qui affectent la liquidité bancaire sont les suivants.

o Facteurs autonomes de la liquidité : ils sont liés aux opérations avec la clientèle et indépendants des interventions de la Banque centrale sur le marché interbancaire, et ils peuvent être induits par les décisions de la Banque centrale agissant sur les réserves.Les principaux facteurs de liquidité bancaire sont : les mouvements de billets, le solde des opérations avec l'extérieur et le solde des opérations du trésor public.

o Les facteurs institutionnels sont appelés aussi facteurs non autonomes car leur évolution dépend des décisions de la banque centrale et de la politique monétaire. Les facteurs institutionnels de liquidité essentiels utilisés par la BCC sont le taux de réserve obligatoire et les Bons BCC. La réglementation bancaire impose aux banques la constitution des réserves obligatoires qui agissent sur la liquidité bancaire. En effet, les R.O sont des avoirs en monnaie centrale que les banques doivent conserver en compte bloqué à la banque centrale, c'est donc une réserve de liquidité destinée à garantir les déposants.

Tableau 2-2 Evolution des facteurs des liquidités (flux en milliards de CDF)

 

1. Facteurs autonomes

2. Facteurs institutionnels

Impact (1-2)

2014

Programmation

144,6

46,1

98,5

Réalisation

14,6

-110,3

124,9

Ecart

-130,1

-156,5

26,4

2015

Programmation

190

80,2

109,8

Réalisation

82,6

-39,4

122

Ecart

-107,1

-119,6

12,5

2016

Programmation

55,5

102,9

-47,4

Réalisation

366,6

215,1

151,5

Ecart

311,1

112,2

198,9

2017

Programmation

174,61

34,41

140,2

Réalisation

367,55

30,69

336,87

Ecart

192,95

-3,72

196,67

Source: Banque Centrale du Congo.

A fin 2017, l'interaction entre les facteurs autonomes et institutionnels de la liquiditébancaire s'est traduite par une injection de 336,9 milliards de CDF alors qu'il étaitattendu un flux de 140,2 milliards. L'essentiel de cette injection a été réalisé par lesfacteurs autonomes avec un import net de 367,6 milliards.

Tableau 2-3 Evolution des facteurs autonomes de la liquidité (flux en milliards de CDF)

Flux

Facteurs autonomes1

a) Avoirs extérieurs nets

b) Avoirs intérieurs nets

b.1. Crédits intérieurs

* Crédit net à l'Etat

* Créances/BCM (RME)

* Créances/sect. privé

b.2. Autres postes nets hors Bons BCC

2010

Programmation

137,7

595,7

-458

-183,2

-183,2

0

0

-274,8

Réalisation

-29,8

479,6

-509,4

-516,5

-541,7

24,1

1,1

7,1

2014

Programmation

144,6

207,4

-62,8

-36,1

-0,2

-43

7,1

-26,6

Réalisation

14,6

-28,4

43

90,5

40,2

44,9

5,5

-47,5

Ecart

-130,1

-235,9

105,8

126,7

40,3

87,9

-1,5

-20,9

2015

Programmation

190

77,1

112,9

112,9

155,3

-44

1,6

0

Réalisation

82,6

-238,4

321

291,3

216,1

75,2

0

29,7

Ecart

-107,1

-315,5

208,1

178,4

60,8

119,2

-1,6

29,7

2016

Programmation

55,5

-306,1

361,6

300,6

191,1

111,3

111,3

61

Réalisation

366,7

-556,7

923,4

686,4

511,2

175,8

175,8

237

Ecart

311,2

-250,6

561,8

385,8

320,1

64,5

64,5

176

2017

Programmation

174,6

-120,3

294,9

478,6

443,5

35

0

-183,7

Réalisation

367,6

-120,8

488,4

252,5

-46,8

293,1

6,2

235,9

Ecart

192,9

-0,5

193,5

-226

-490,3

258,1

6,2

419,5

Source: Banque Centrale du Congo.

Commentaire :L'année 2017 a été marquée par une double injection de liquidité. La première, au premier semestre de 113,7 milliards de CDF par les facteurs autonomes alors qu'il était attendu unretrait de 61,3 milliards. Cela suit à une expansion des avoirs intérieurs net (AIN)de 379,4 milliards de CDF, soit 307,7 milliards de plus que prévu. La seconde injection fut de 253,9 milliards de CDF supérieur au niveau programmé à la suite d'une expansiondes AEN (avoirs extérieurs net) de 144,9 milliards. Les ponctions quant à elles ont été premièrement de 265,7 milliards de CDF induites par les AEN contre celle programméede 133,1 milliards. Il sied de rappeler que le CNE (crédit net à l'Etat) a reculé de 118,6milliards de CDF, suite principalement aux mesures d'ajustement budgétaireprises conjointement par le Gouvernement et la Banque Centrale, à partir dumois de juillet.

Pour ce qui est de l'année 2016, au second semestre, la réalisation des facteurs autonomes a largement été au-delàdu niveau projeté. En effet, l'explosion du crédit net à l'Etat pour 364,3 milliardsde CDF et des APN (autres postes net) hors bon BCC, largement au-delà des niveaux attendus,ont expliqué le dépassement enregistré de 312,0 milliards dans un contexted'importante contraction des AEN.

Tableau 2-4 Evolution des facteurs institutionnels de la liquidité (flux en milliards de CDF)

 

Facteurs institutionnels

Bon BCC

Réserve obligatoire

Refinancement

2014

Programmation

46,1

47,4

26,7

28

Réalisation

-110,3

-56,9

16,1

69,5

Ecart

-156,5

-104,3

-10,6

41,5

2015

Programmation

80,2

78,4

48,4

46,6

Réalisation

-39,4

-60,4

7,7

-13,3

Ecart

-119,6

-138,3

-40,8

-59,9

2016

Programmation

102,8

23,5

144,5

65,2

Réalisation

215,1

-38,5

197,4

-56,2

Ecart

112,3

-62

52,9

-121,4

2017

Programmation

34,4

71,5

96

133,1

Réalisation

30,7

26,5

27

22,8

Ecart

-3,7

-45

-69,1

-110,3

Source: Banque Centrale du Congo.

Commentaire : En 2018, en réaction à l'injection de la liquidité opérée par les facteurs autonomes, les facteursinstitutionnels ont réalisé une ponction bien qu'inférieure à celle programmée. En effet, ces facteurs de politique monétaire ont retiré 30,7 milliards de CDF contre unobjectif de 34,4 milliards. Cette situation tient de retraits de la liquidité via la réserveobligatoire et le bon BCC avec des ponctions respectives de 27,0 milliards de CDF et26,5 milliards alors que le refinancement a injecté 22,8 milliards.

2.1.1.7. LES CANAUX DE TRANSMISSION

Les canaux de transmission sont le lien par lequel une impulsion infligée à l'instrument (sur lemarché monétaire) affecte la variable-objectif (fondamental de l'économie réelle). La banquecentrale du Congo utilise comme instruments ; le taux directeur, le coefficient de réservesobligatoire et le bon BCC. Ces instruments passent par le canal du taux d'intérêt, le canal descrédits et le canal des prix d'autres actifs à travers notamment : la variation de l'offre demonnaie, le taux directeur réel, le taux moyen pondéré du bon BCC et le taux de change pourenfin agir sur le secteur réel.

Figure 2-4 Evolution des mécanismes de transmission de la politique monétaire à la BCC de 2008 à 2018 (en %)

Source : élaboré sur base des données du rapport de la BCC 2017

1. Canaux du taux d'intérêt : La politique monétaire de la BCC repose presqueexclusivement sur une action sur les taux d'intérêt directeur, le taux moyen du bon BCC etle contrôle de la base monétaire (BM). Son efficacité dépend donc étroitement de l'impactde ces taux sur les agents économiques.Selon la théorie économique, la variation des crédits évolue inversement au taux d'intérêt.Cette hypothèse est valable pour la BCC sur les périodes 2007-2013 et 2015-2017. A partirde 2015, les données de la BCC, font abstraction à la théorie Keynésienne de la trappe àliquidité. La modification des taux nominaux n'a pas été à mesure d'influencer la courbede taux réel5(*)dans le sens voulu par la banque centrale, celle-ci a vu son taux réel traverserlafrontière zéro suite à la volatilité du taux d'inflation. Ainsi la banque centrale du Congoa perdu la capacité d'utiliser le canal du taux d'intérêt.

2. Canal du crédit : Injecter ou ponctionner la liquidité sur les marchés interbancaire accroît(diminue) les réserves des banques qui devraient augmenter (réduire) leur offre de crédit.En nous basant sur le graphique 1, l'injection massive de liquidité (l'accroissement de labase monétaire), induit l'accroissement des crédits, dans ce cas la politique monétaire obéità la théorie du multiplicateur de crédit selon laquelle « une hausse du volume de la monnaiebanque centrale, détermine une augmentation d'un montant plus élevé des crédits ausecteur non financier. »La tendance baissière du volume des crédits amorcés depuis 2010 jusqu'à 2015, est dû à lacrise de confiance en la monnaie nationale. Celle-ci constitue un grand danger pour lescanaux de transmission traditionnels. L'injection massive de liquidités par la banquecentrale du Congo, matérialisée par la croissance de la base monétaire, n'a pas généré lacroissance économique, par contre, l'inflation. Face à cette crise, et étant donné que la BCCne dispose pas des instruments efficaces pour agir sur la liquidité bancaire, celle-ci à duerevoir son taux d'intérêt réel à la baisse jusqu'à être négatif. Les politiques des tauxnégatifs6(*)étant assimilés à l'achat des titres pour diminuer la liquidité en circulation etenfin remonter le taux d'intérêt suite à la carence de liquidité sur le marché.

3. Canal des prix des actifs (versus du canal de taux de change) : En réduisant le tauxd'intérêt, la politique monétaire expansionniste incite les opérateurs économiques à setourner vers les placements à l'étranger générant des rendements supérieurs. Ces opérationsnécessitent l'acquisition des monnaies étrangères contre le franc congolais, ce qui entraineune dépréciation du franc congolais. Il en résulte une nette amélioration de la compétitivitédes échanges internationaux favorisant les exportations et une hausse des prix des biensimportés entrainant une hausse de prix sur le territoire national. Notons que ceci neconstitue à lui seul la cause de l'inflation en RDC, et de loin le moteur de la croissanceéconomique. Car ces derniers sont dus en grande partie à des causes exogènes, comme lafluctuation des prix des matières premières, la faible participation de l'investissement privénational, l'environnement politique...

2.1.2. ÉVOLUTION DES AUTRES VARIABLES DE LA POLITIQUE MONETAIRE

a. Les agrégats monétaires

En 2017, il s'est observé globalement une évolution haussière des agrégats monétaires.La hausse de la base monétaire a été expliquée par l'augmentation des avoirsintérieurs nets, tandis que celle de la masse monétaire était portée principalementpar la forte croissance des avoirs extérieurs nets. Ainsi, le multiplicateur monétaires'est légèrement accru, s'écartant de sa trajectoire baissière observée à partir de2015.

Tableau 2-5 Evolution des Agrégats Monétaire de la BCC de 2010 à 2017 (en millions de CDF)

 

2010

2011

2012

2013

2014

2015

2016

2017

Base monétaire

621

809

857,1

994,4

1 134,00

1 267,70

1 619,90

1 983,70

Base monétaire sens strict

612,2

798,8

849,2

988,3

1 110,30

1 262,30

1 610,70

1 952,00

Circulation fiduciaire

510,1

647,5

642,6

760,5

817,4

868,1

1 153,30

1 454,80

Dépôt des banques

116,3

151,2

206,6

210,5

272,3

374,4

438,8

477,6

Dépôts en devises

5

6,5

4

2

20,1

2,2

5,1

25,6

Provision pour importation

3,9

3,8

3,9

4,1

3,6

3,3

4,1

6,1

Variation base monétaire en %

 

30,27

5,95

16,02

14,04

11,79

27,78

22,46

Masse monétaire M2

2 008,60

2 443,60

2 956,70

3 470,70

3 948,00

4 355,80

5 337,80

7 609,90

Masse monétaire (sens strict)

705,10

790,00

887,30

1 072,60

1 181,60

1 324,90

1 674,90

1 985,30

Circulation fiduciaire

489,40

615,30

595,20

692,90

742,50

781,90

1 073,40

1 355,20

Dépôts à vue

215,70

174,70

292,10

379,70

67,00

543,10

601,40

630,10

Quasi-monnaie

1 258,60

1 628,40

2 046,70

2 398,10

2 766,40

3 015,00

3 636,30

5 594,50

Dépôts à terme en MN

8,50

17,50

25,70

30,40

35,60

72,80

58,20

45,80

Dépôts en devises

1 250,10

1 610,80

2 020,90

2 367,70

2 730,80

2 942,20

3 578,10

5 548,70

Dépôts en devises (en %)

99,32

98,92

98,74

98,73

98,71

97,59

98,40

99,18

Provision pour importation

45,00

25,20

22,80

21,70

17,60

15,90

26,60

30,10

Variation M2 en %

 

21,66

21,00

17,38

13,75

10,33

22,54

42,57

Multiplicateur Monétaire

3,23

3,02

3,45

3,49

3,48

3,44

3,30

3,84

Source : Elaboré sur base des données de la BCC.

Commentaire : En observant les données du tableau ci-haut nous pouvons clairement remarquer le taux de croissance excessive des agrégats monétaires. Pour la période allant de 2010 à 2017, la masse monétaire M2 a une croissance moyenne d'environ 21% tandis la croissance moyenne du PIB pour la même période a été d'environ 7%. Cela est une situation néfaste pour la maitrise de l'inflation car c'est un facteur d'accentuation du taux de ce dernier du fait que la sphère monétaire évolue plus vite que celle réelle.

b. Marché en Banque

En 2017, le refinancement des banques a atteint un volume de transaction de2.365,1 milliards, affichant une légère baisse de 1,6% par rapport à l'année 2016.Ces opérations ont été réalisées à concurrence de 69,1% dans le guichet des prêtsà court terme et de 30,9% dans celui des facilités permanentes.

Figure 2-5 Evolution du volume annuel du refinancement (en milliards de CDF)

Source: Banque Centrale du Congo.

Figure 2-6 Volume annuel des transactions interbancaires (en milliards de CDF)

Source: Banque Centrale du Congo.

Commentaire : Le guichet interbancaire a été très dynamique au cours de l'année 2017,
enregistrant un volume global des transactions de 6.575,0 milliards de CDF contre
1.338,4 milliards à fin décembre 2016. Cela est certainement due à la hausse des taux t'intérêt de la BCC (le taux directeur a atteint 20%) dans le cadre de la politique monétaire restrictive pour maitriser la flambée des prix qu'a connu le pays durant l'année 2016.

Figure 2-7 Volume annuel des ventes du Bon BCC (en milliards de CDF)

Source: Banque Centrale du Congo.

Figure 2-8 Evolution de l'encours du Bons BCC

Source: Banque Centrale du Congo.

Commentaire Graphiques 2-7 et 2-8 : En 2017, le volume des transactions sur le Bon BCC s'est chiffré à 517,3 milliardsvenant de 741,3 milliards de CDF en 2016. Le resserrement des fourchettes d'appelsd'offres malgré la hausse du taux directeur explique cette évolution.A fin décembre 2017, l'encours s'est établi à 35,0 milliards de CDF, enregistrant uneponction de 26,5 milliards par rapport à fin 2016

Figure 2-9 Taux moyen pondéré du Bon BCC à 7 jours et du marché Interbancaire (en pourcentage)

Source: Banque Centrale du Congo.

Après son relèvement à 7,0% en septembre 2016, le taux directeur a été ajusté àdeux reprises en 2017, passant de 7% à 14,0% en janvier, puis à 20,0% en juin,dans un contexte de surchauffe sur les principaux marchés.Le taux moyen pondéré du Bon BCC est passé de 4,2% à fin décembre 2016 à15,1% à fin décembre 2017, dans un environnement marqué par la hausse du tauxdirecteur.De même, le taux sur le marché interbancaire a suivi la tendance du taux directeur,s'établissant en moyenne autour de 14,4% contre 3,5% une année auparavant.

Figure 2-10 Taux d'intérêt de la BCC et des banques commerciales (en pourcentage)

Source: Banque Centrale du Congo.

Figure 2-11 Taux d'intérêt réels (en pourcentage)

Source: Banque Centrale du Congo.

Excepté au mois de janvier, le taux directeur réel est demeuré négatif sur le restede l'année 2017. Il en a été de même pour les taux moyens pondérés réels du BonBCC ainsi que pour les taux débiteurs et créditeurs réels des banques. La forteaccélération de l'inflation a été le principal facteur explicatif de ce comportement, tel été également le cas en 2009.

c. Activité bancaire en 2017

En 2017, l'activité bancaire a été plus dynamique qu'en 2016 attestée par l'expansiondes crédits et dépôts, en dépit de l'environnement économique morose marqué parune forte dépréciation du franc congolais.Ainsi, l'encours global des crédits à l'économie s'est accru de 11,8% par rapportà l'année précédente, représentant 7,1% du PIB contre 9,4% en 2016.

En outre,l'encours global des dépôts bancaires a augmenté de 46,6% contre un accroissementde 19,2% en 2016. Comme l'année précédente, les dépôts à vue et en monnaiesétrangères sont demeurés prépondérants.Par ailleurs, quoique demeurant positif, la variation de l'encours global descrédits à l'économie a été faible par rapport à celle des dépôts. Dans ce contexte,l'institut d'émission a procédé notamment à la création de la centrale des risques,l'introduction du crédit-bail et des facilités des prêts spéciaux.

Figure 2-12 Evolution de l'encours des crédits (en pourcentage du PIB)

Source: Banque Centrale du Congo.

Au terme de l'année 2017, l'encours global des crédits à l'économie s'est établi à3.925,2 milliards de CDF, soit une augmentation de 11,8% par rapport à l'annéeprécédente. Rapporté au PIB, le crédit à l'économie n'a représenté que 7,1% contre9,4% en 2016.

Figure 2-13 Structure générale des crédits octroyés par le système bancaire (en pourcentage)

Source: Banque Centrale du Congo.

Le crédit à décaissement s'est établi à 3.175,3 milliards de CDF, soit 80,9% du totalcontre 85,0%, une année plus tôt.

Figure 2-14 Structure du crédit suivant la monnaie (en pourcentage)

Source: Banque Centrale du Congo.

En raison de la forte dollarisation de l'économie congolaise, le crédit à décaissementalloué aux entreprises privées et ménages est resté essentiellement dominé par lecrédit en monnaies étrangères dont la part a été de 92,6% de l'encours total, soitune hausse de 2,4 points de pourcentage par rapport à 2016.

Tableau 2-6 Evolution du crédit aux entreprises et aux particuliers (en millions de CDF)

Source: Banque Centrale du Congo.

Figure 2-15 Structure des dépôts suivant la monnaie (en pourcentage du total)

Source: Banque Centrale du Congo.

Selon la monnaie de constitution, les dépôts restent dominés par ceux en devises. Eneffet, les dépôts en devises ont représenté 89,4% du total en 2017 contre 84,8% en2016. Il se dégage ainsi une hausse du taux de dollarisation de l'économie nationalede 5,4 points.

2.2. ÉVALUATION DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE EN RDC DE 2003 A 2018

La République Démocratique du Congo après son indépendance (1960) a connu une infime période de dynamisme économique puis a subi une sévère dépression entre le milieu des années 1980 et le milieu des années 2000, liée aux instabilités politiques et sécuritaires. Avec une croissance économique de 8,2 % en 2008, la RDC a ensuite été l'un des pays d'Afrique les plus touchés par la crise de 2008-2009 et a vu sa croissance baissée à 2,7 % en 2009.

Entre 2010 et 2015, le pays a connu une croissance moyenne de 7,9% avec un pic de 9,5% en 2014 et une inflation largement maîtrisée. Avec la chute du prix des matières premières et la crise politique en 2016, le taux de croissance n'était plus que de 2,4% avant de remonter à 3,4% en 2017. Malgré cela, la RDC s'est tant soit peu modernisée et affiche une évolution positive dans le développement de l' IDH en 2016. De nombreux projets ont renforcé le système de santé notamment maternelle et infantile, et ont amélioré l'accès à l'électricité et l'approvisionnement en eau dans le cadre de programmes de réhabilitation urbaine et sociale.

Tableau 2-7 Evolution du PIB en RDC de 2000 à 2018

Années

PIB ($ US courants)

PIB ($ US constants de 2010)

PIB par habitant ($ US constants de 2010)

Croissance du PIB (% annuel)

2000

19 088 046 306

13 660 045 127

289,9863199

-6,91

2001

7 438 189 100

13 373 160 544

276,1421088

-2,10

2002

8 728 038 525

13 767 369 914

276,0559456

2,95

2003

8 937 567 060

14 535 289 345

282,6470668

5,58

2004

10 297 483 481

15 514 731 493

292,3508371

6,74

2005

11 964 484 668

16 466 583 722

300,5624225

6,14

2006

14 451 902 468

17 342 767 277

306,5282607

5,32

2007

16 737 071 816

18 428 333 938

315,2638635

6,26

2008

19 788 515 874

19 575 662 525

324,0403128

6,23

2009

18 648 373 312

20 134 560 220

322,4182544

2,86

2010

21 565 720 044

21 565 720 044

334,0215726

7,11

2011

25 839 749 199

23 048 292 323

345,2661148

6,87

2012

29 306 235 826

24 681 701 508

357,5982959

7,09

2013

32 679 745 298

26 775 192 727

375,2191755

8,48

2014

35 909 040 266

29 310 880 617

397,3416705

9,47

2015

37 917 704 900

31 338 076 170

411,0205731

6,92

2016

37 134 799 974

32 089 995 419

407,2896431

2,40

2017

38 019 265 626

33 285 972 750

408,9247934

3,73

2018

47 227 535 291

35 202 556 672

418,7386231

5,76

Sources : Elaboré sur base des données de : Indicateurs du développement dans le monde (banque mondiale)

Figure 2-16 Evolution du taux de croissance du PIB

Sources : Elaboré sur base des données de : Indicateurs du développement dans le monde (banque mondiale)

Commentaire Tableau 2-7 et Graphique 2-16 :les données du tableau ci-dessus indiquent que l'activité économique a repris un trend haussier à partir de 2017, après le ralentissement notéune année auparavant dû à la baisse du prix des matières premières. La baisse de 2009 quant à elle était due à la crise économique mondiale de 2008. Dès 2017, l'économie congolaise a enregistré une croissancedu PIB réel, le taux de croissance est passé à 3,7% contre 2,4% en 2016.Cette évolution tient d'un environnement extérieur plus favorable, caractérisé par laconsolidation de l'activité économique dans les pays avancés. Il s'en est suivi unehausse de la demande des principaux produits miniers exportés par la R.D.C (notamment le Cobalt) etl'amélioration de l'investissement privé.

2.2.1. ANALYSE SECTORIELLE DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE

En 2017, suivant l'approche par la production, la croissance a été soutenueprincipalement par le secteur primaire dont la contribution s'est élevée à 2,3 pointsde croissance contre 0,3 point en 2016. Cet affermissement du secteur primaireest expliqué par le regain de dynamisme dans la branche «Extraction », dont lacontribution a été de 2,0 points de croissance contre une contribution négative de0,2 point une année auparavant, suite à l'entrée en phase de production et la reprise des activités de certaines entreprises, dans un contexte d'embellie des cours desprincipaux métaux d'exportations dont le cuivre et le cobalt.

Les secteurs secondaire et tertiaire ont contribué, chacun, à hauteur de 1,1 et 1,0point de croissance contre respectivement 0,4 point et 1,3 point en 2016. Le boncomportement observé dans le secteur secondaire est consécutif au dynamisme dela branche «Bâtiments et Travaux publics ». Par contre, la baisse de la contributionà la croissance observée dans le secteur tertiaire est expliquée notammentpar le ralentissement des activités de «Commerce» ainsi que «Transports etTélécommunications».

Tableau 2-8 Contribution des différents secteurs à la croissance économique (en point de croissance) de 2007 à 2012

Branches d'activité

2007

2008

2009

2010

2011

2012

Secteur primaire

0,7

1,5

2,4

9,6

5,5

2,9

Agriculture, foret, élevage,

chasse et pêche

Agriculture vivrière

rente

sylviculture

élevage, pèche et chasse

Extraction

0,6
0,6
0,6
0,0
0,0
0,0
0,1

0,6
0,6
0,6
0,0
0,0
0,0
1,0

0,6
0,5
0,5
0,0
0,0
0,0
1,8

0,7
0,7
0,7
0,0
0,0
0,0
8,8

0,7
0,7
0,7
0,0
0,0
0,0
4,8

0,7
0,6
0,6
0,0
0,0
0,0
2,3

Secteur secondaire

1,3

0,4

-1,4

-0,4

0,8

1,2

Industries manufacturières

Industries alimentaires, boissons et tabac

Autres industries manufacturières

Bâtiments et travaux publics

Electricité, gaz, vapeur et eau

1,1
0,8
0,2
0,2
0,0

0,2
0,1
0,1
0,1
0,0

-1,4
-1,1
-0,3
0,2
-0,2

-0,4
0,1
-0,5
0,0
0,0

0,2
-0,2
0,4
0,6
-0,0

0,6
0,8
-0,3
0,6
0,0

Secteur tertiaire

4,9

4,2

1,8

-2,2

0,4

2,7

Commerce

Transports et télécommunications

Autres services hors adm. publique

Services d'administration publique

SIFIM

1,7
2,3
0,8
0,4
-0,2

1,6
1,4
0,8
0,7
-0,2

1,5
-0,4
0,4
0,4
-0,1

-0,4
-0,8
-0,6
-0,3
0,0

0,1
0,1
0,2
0,1
-0,0

1,6
0,7
0,4
-0,1
-0,0

PIB au coût des facteurs

6,9

6,1

2,8

7,1

6,7

6,8

Taxes sur les produits

-0,6

0,1

0,1

0,1

0,2

0,3

PIB aux prix constants du marché

6,3

6,2

2,9

7,1

6,9

7,1

Source: Commission d'Etudes Statistiques et des Comptes Nationaux (C.E.S.C.N)

Tableau 2-9 Contribution des différents secteurs à la croissance économique (en point de croissance) de 2013 à 2017

Branches d'activité

2 013

2 014

2 015

2 016

2 017

Secteur primaire

3,2

5,5

2

0,4

2,2

Agriculture, Chasse, Sylviculture et Pêche

Industrie extractive

0,8
2,4

0,8
4,7

0,7
1,3

0,6
-0,2

0,2
2,0

Secteur secondaire

1,7

1,2

1,2

0,4

1,2

Industries manufacturières

Electricité, gaz et eau

Bâtiments et Travaux publics

1,1
0,0
0,6

1,1
0,0
0,1

1,5
-0,0
-0,3

1,0
0,1
-0,7

0,3
0,1
0,8

Secteur tertiaire

3,2

2,6

3,5

1,7

1,2

Transports et communications

Commerce de gros et de détail

Autres

1,2
1,2
0,8

0,8
0,7
1,1

1,2
1,5
0,8

0,4
0,9
0,4

0,3
0,7
0,2

PIB au prix de base

8,1

9,3

6,7

2,5

4,6

Taxes sur les produits

0,4

0,2

0,2

-0,1

-0,9

PIB aux prix constants du marché

8,5

9,5

6,9

2,4

3,7

Source: Commission d'Etudes Statistiques et des Comptes Nationaux (C.E.S.C.N)

Commentaires des tableaux 2-8 et 2-9 : En observant l'évolution des contributions par secteurs d'activité à la croissance nous pouvons remarquer que la croissance en RDC est en grande partie alimentée soit par le secteur primaire soit par celui secondaire. Cela peut s'expliquer par le faible niveau de l'industrialisation du pays. Cette situation n'est pas bénéfique pour le PIB car le pays est contraint à ne vendre en majorité que des matières premières qui ont des prix bien plus bas que les produits finis qui en découlent.

Tableau 2-10 Contribution des différents secteurs à la croissance économique (en point de croissance et en pourcentage)

Croissance par secteur d'activité

2014

2017

en point

en %

en point

en %

Secteur primaire

5,5

58

0,4

17

Secteur secondaire

1,2

13

0,4

17

Secteur tertiaire

2,6

27

1,7

71

Taxes sur les produits

0,2

2

-0,1

-4

Croissance totale

9,5

100

2,4

100

Sources : Elaboré sur base du Tableau 2-8 et 2-9

Figure 2-17 Contribution des différents secteurs à la croissance économique (en pourcentage) 2014 et 2016

Sources : Elaboré sur base du Tableau 2-10

Commentaires du Tableau 2-10 et Graphique 2-17 : Les deux graphiques et le tableau ci-haut nous exposent la contribution des différents secteurs d'activités dans la croissance économique pour deux années des références entre 2002 et 2018. Nous avons opté pour 2014 parce que c'est l'année ayant connu la plus forte croissance durant la période sous études et 2016 car c'est l'année de la dernière grande inflation qu'a connu le pays. En analysant ces données, elles nous montrent clairement que les deux secteurs qui alimentent le plus la croissance sont les secteurs primaire et tertiaire comme nous l'avons dit plus haut. Mais le constat est que le secteur primaire dans le pays est plus productif que celui tertiaire car l'année durant laquelle il a connu un sérieux recule (suit à la baisse des prix des produits miniers induit par la conjoncture internationale) la croissance a été gravement affectée (négativement). Cette dernière est passée de 6,9% en 2015 à 2,4% en 2016 et l'inflation a atteint 43% l'année suivante (2017). En outre, nous pouvons clairement remarquer que dans le secteur primaire c'est plus l'industrie extractive qui domine et impulse le plus la croissance durant les années ou les pays à connu des pics des croissances tel qu'en 2010 (7,1%) ou encore en 2014 (9,5%). Et pour ce qui est du secteur tertiaire c'est un peu plus équilibré entre le commerce et transports, et les communications malgré une légère domination des commerces et transports.

2.2.1.1. SECTEUR PRIMAIREen 2017

a. Agriculture, Forêt, Elevage, Pêche et Chasse

Le ralentissement de la branche «Agriculture, Forêt, Elevage, Pêche et Chasse »,entamé depuis 2016 s'est poursuivi en 2017. En effet, la valeur ajoutée de cettebranche a progressé de 1,6% en 2017 contre 3,3% en 2016, portant sa contributionà la croissance du PIB à 0,3 point contre 0,5 point en 2016.Par ailleurs, la contribution de cette branche à la croissance a été soutenue par lasous-branche agriculture, notamment à travers les filières de culture vivrière. Cetteévolution est consécutive aux effets des mesures de riposte prises au niveau local,en vue de lutter contre les aléas négatifs plombant ce secteur et à l'accompagnementde certains partenaires techniques et financiers, dont principalement l'Organisationdes Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO).

b. Extraction

En 2017, la croissance de la valeur ajoutée de la branche «Extraction » s'est situéeà 7,8% après une contraction de 0,7% en 2016. Cet accroissement a induit unecontribution de 2,0 points à la croissance, représentant 52,8% du taux de croissanceéconomique global du pays.L'évolution ci-dessus est liée à l'entrée en phase de production de certaines entrepriseset la reprise des cours mondiaux de certains produits phares, spécialement le cuivreet le cobalt, à la suite de la forte demande des industries de l'automobile électrique.

Les activités d'extraction des métaux non ferreux se sont bien comportées au cours de l'année 2017 par rapport à l'année précédente. En effet, l'indice d'activité de la sous-branche s'est élevé à 138,4 points en 2017 contre 124,9 points, l'annéeprécédente.

Après un repli en 2016, la production totale du cuivre s'est améliorée au cours del'année 2017. En effet, la production s'est chiffrée à 1.094,6 milliers de tonnes en 2017, soit une augmentation de 6,9%.Il sied, par ailleurs, de relever une forte progression de la production de la Gécaminesen 2017, soit 51,9% contre une baisse de 37,9% en 2016, situant la production à 15,9 milliers de tonnes. En dépit de cette évolution, sa part dans la production totale reste marginale, soit 1,4%. La production des partenaires de la Gécaminesa enregistré une faible augmentation de son volume, soit 6,5%, mais a représenté98,6% de la production totale.

En 2017, la production du cobalt s'est élevée à 82,5 milliers de tonnes venant de 68,8 milliers une année auparavant. A l'instar des années précédentes, la production des partenaires de la Gécamines constitue la quasi-totalité de la production nationale,avec une part de 99,8% du marché, soit 82,3 milliers de tonnes.

En 2017, la production totale du zinc a poursuivi sa tendance baissière amorcée depuis 2015. En effet, avec un niveau de production de 12.337,0 tonnes en 2017, il s'est dégagé une contraction de 2,0% par rapport au volume de production de2016. Cette baisse est expliquée par la contreperformance des partenaires de laGécamines dont la production a reculé de 10,8% au cours de l'année sous examen.Les activités de production des minerais regroupés dans la sous branche «Autresproduits d'extraction» ont enregistré une reprise significative. Leur indice deproduction s'est situé à 86,8 points en 2017 contre 84,0 points en 2016.L'évolution de la production de diamant corrobore celle de l'indice d'activité de la sous branche. En effet, la production du diamant s'est accrue de 21,7%, se chiffrantà 18.891 milliers de carats en 2017.La production industrielle est passée d'un niveau de 3.146 milliers de carats à 3.488 milliers de 2016 à 2017, tandis que la production artisanale s'est chiffrée à 15.404 milliers de carats en 2017 contre 12.377 milliers en 2016.

En 2017, la production de l'or s'est établie à 295 kilos contre 442 kilos réalisée en 2016. La multiplication des cas d'insécurité affecte sensiblement les activités dansce secteur.

La production de pétrole brut a poursuivi sa tendance baissière observée depuis quelques années. Ainsi, il a été noté un repli de 3,9% en 2017, attesté par unvolume de production chiffrée à 7.536 milliers de baril.

2.2.1.2. SECTEUR SECONDAIREen 2017

a. Industries manufacturières

En 2017, la valeur ajoutée de la branche «Industries manufacturières » a connu une progression de 2,4% contre 8,6% en 2016, correspondant à un niveau decontribution à la croissance de 0,3 point.

Pour sa part, l'indice global d'activité de cette branche a renseigné une légère amélioration de 0,5%, s'établissant à 88,9 points.

L'activité des «Industries Alimentaires, Boissons et Tabacs» a sensiblement ralenti en 2017, avec une hausse de 1,3% de sa valeur ajoutée contre 9,3% en 2016. Il sied de noter que la production de l'Industrie Alimentaire a enregistré une hausse de 1,4%, alors que celle des boissons a connu une baisse de 0,4% et, celle de Tabacs,un niveau de production quasi-nulle. Toutefois, d'une année à l'autre, l'indiced'activité de la sous-branche s'est raffermi de 0,6%.L'indice d'activité des «industries Alimentaires » a connu une amélioration de 1,4% en 2017, se fixant à 128,5 points. Seuls le pain, la margarine, les aliments pour animaux et la pêche lacustre ont enregistré une évolution positive de leursproductions, soit en moyenne 3,0%. Les autres produits ont indiqué une baisse de11,2% pour la «chocolaterie et biscuiterie » et 6,4% pour les «Graisses et huilesde table ». Par contre, l'huile de palme et la farine de froment ont gardé presque lemême niveau de production renseigné en 2016.Pour sa part, l'indice de production des «industries des Boissons» s'est contracté de0,4% en 2017, se situant à 100,2 points. Comme en 2016, la production des boissonsalcoolisées et celle des boissons gazeusesont enregistré des évolutions négativesrespectivement de 0,3% et 0,7%. Cette situation reste consécutive notamment à la concurrence de certains produits importés, au déficit de l'énergie électrique etaux difficultés d'approvisionnement des produits dans certaines parties du territoirenational, essentiellement à l'Est.

L'activité dans les «Autres industries manufacturières » s'est nettement améliorée en 2017. En effet, la valeur ajoutée de cette sous-branche a progressé de 8,4% après 5,0% une année auparavant, résultant de la bonne performance de ses principales composantes. Son indice de production s'est légèrement affermi de 0,4% en 2017,s'établissant à 101,6 points. En effet, à l'exception de l'industrie de «Chaussures et cuirs », de «Confection et bonneterie, tissage et impression de tissu », de «Minéraux non métalliques », de«Fabrications métalliques légères » et de «Chimie de consommation », lesquellesont accusé des évolutions négatives respectives de 40,0%, 16,1%, 9,3%, 3,8%et 3,7%. Les autres industries, par contre, ont indiqué des améliorations. Il s'agitde celles des «Autres non classées ailleurs » (8,1%), de «Fabrication métalliqueslourdes » (5,2%), de «Fabrication des produits pétroliers raffinées » (3,0%), de«Fabrication des papiers, cartons et d'articles en papier et carton » (3,0%), de «Matériel de transport» (2,6%), de «Transformation de bois » (1,8%) et «Edition, imprimerie et reproduction» (1,7%). Par ailleurs, l'industrie de «Plastique » aenregistré un niveau de progression quasiment nul.

b. Electricité, gaz, vapeur et eau

L'activité de production et de distribution d'eau et d'électricité a connu une décélération au cours de l'année 2017. En effet, la valeur ajoutée de cette branche a dégagé une croissance de 5,3% au cours de l'année sous analyse contre 9,3% en2016. Sa contribution à la croissance a été quasi nulle comme en 2016.

2.2.1.3. SECTEUR TERTIAIREen 2017

a. Bâtiments et travaux publics

Après la baisse observée de 19,6% en 2016, la valeur ajoutée des activités de construction s'est accrue substantiellement de 31,4% en 2017 tel que l'atteste la consommation du ciment gris dans le secteur privé, laquelle s'est améliorée de283,4%.

b. Commerce

Les activités de commerce, quoi qu'en ralentissement, sont restées dynamiquesen 2017. En effet, la valeur ajoutée de cette branche s'est accrue de 4,7% en 2017 après 6,4% une année plus tôt, ramenant sa contribution à la croissance à 0,7point de pourcentage après 0,9 point en 2016. La poursuite de son dynamismerésulte notamment du raffermissement des activités minières, lesquelles recourentactivement aux biens d'équipement importés, ainsi qu'au développement desactivités de commerce sur toute l'étendue du pays.

c. Transports et Télécommunications

La valeur ajoutée de la branche «Transport et Télécommunications » s'est accrue de 2,6% en 2017 contre 3,5% en 2016. Sa contribution à la croissance a été de 0,3point contre 0,4 en 2016.

L'activité de transport a globalement renseigné une évolution mitigée en 2017,
concernant le comportement de ses principaux postes à savoir «le trafic desmarchandises et des personnes » ainsi que «la manutention dans les principauxports ». En effet, les mouvements des marchandises et des personnes ont été lesplus dynamiques durant l'année sous analyse, dégageant ainsi des contributionssupérieures aux manutentions.

En 2017, le service de trafic des marchandises et des personnes a vu son activité s'accroitre, attesté par la hausse de 29,7% de son indice d'activité. En effet, le volume des marchandises s'est considérablement accéléré durant l'année sousrevue, s'établissant à 30,7% venant de 5,8% en 2016. Cette évolution a résultédu bon comportement observé dans les transports ferroviaire, routier et aérienenregistrant des accroissements respectifs de 57,9%, 30,9 et 24,4% contre 0,1%,5,9% et 7,8%.Le trafic des voyageurs a quant à lui enregistré une hausse de 19,6% contre 9,1% uneannée auparavant. Les activités des voyageurs ont été vigoureuses dans leur globalité,enregistrant des variations de 21,0%, 19,0%, 15,0% et 6,0% respectivement pour les transports aérien, ferroviaire, routier et fluvial, par rapport à l'année précédente. Cette situation est attribuable notamment à la politique d'acquisition des nouveaux aéronefs mise en oeuvre par la compagnie nationale d'aviation en vue d'élargir sonréseau régional et international.Les activités de manutention ont renseigné une baisse de 36,7% de leur indiced'activité en 2017 contre celle de 20,7% en 2016. En effet, les quantités des marchandises manutentionnées auxports de Matadi, Boma et Kinshasa ont régressérespectivement de 38,4%, 11,4 et 13,1%. Il convient de noter que ce ralentissementdes activités de la manutention est attribuable notamment à la vétusté des grues parmanque d'entretien.

Télécommunications

En dépit de la légère baisse du nombre d'abonnés en 2017, l'activité de télécommunication a révélé une consommation de 19,2 milliards de minutes, enhausse de 12,1% par rapport à 2016. Ce niveau est attribuable à l'augmentation dunombre d'appels durant l'année sous analyse.

d. Autres services hors Administration publique

La valeur ajoutée de la branche «Autres Services hors Administration publique » s'est accrue de 2,0% en 2017 contre une hausse de 3,1% observée une année plus tôt, induisant une légère baisse de sa contribution à la croissance à 0,2 point contre0,3 point une année plutôt.

e. Services d'Administration publique

La branche «Services d'Administration publique» a été marquée en 2017 par des facteurs de perturbation, comparativement à l'année 2016. En effet, la valeur ajoutée de cette branche a reculé de 1,0% contre un accroissement de 3,9% une année plus tôt. Ce recul des services d'administration publique tient en partie des multiplesgrèves des personnels soignants et éducatifs.

2.2.2. ANALYSE DE LA DEMANDE GLOBALE

La croissance économique à partir de 2017 a été tirée essentiellement par la demandeextérieure nette, laquelle a connu une amélioration de 17,4% contre 8,6% en 2016.Cette évolution est consécutive particulièrement à la consolidation des exportationsdes biens et services, dans un contexte de montée des cours des matières premièressur le marché mondial. Pour sa part, la demande intérieure s'est légèrementaméliorée de 1,0% après 0,9% une année auparavant, en raison notamment du boncomportement des investissements et consommation privés, avec une contributionpositive à la croissance globale de 1,2 point.

Tableau 2-11 Contribution des différentes composantes de la demande globale à la croissance du Produit Intérieur Brut de 2000 à 2007 (en pourcentage du PIB à prix courants)

 

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

1. CONSOMMATION FINALE DES MÉNAGES
2. CONSOMMATION FINALE DES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES
3. FORMATION BRUTE DE CAPITAL FIXE
4. VARIATION DE STOCKS
5. EXPORTATIONS DES BIENS ET SERVICES
6. IMPORTATIONS DES BIENS ET SERVICES
7. EXPORTATIONS NETTES DES BIENS SERVICES

81,7
7,5
10,5
0,6
6,5
6,7
-0,2

88,2
4,9
7,6
0,5
14,2
15,4
-1,2

82,6
5,2
8,6
0,7
24,4
21,5
2,9

81,4
12,0
12,5
1,2
26,8
33,9
-7,1

67,0
16,1
18,5
1,2
35,1
38,0
-2,8

57,0
21,3
19,9
1,2
34,5
33,8
0,6

64,2
21,7
20,7
1,1
36,1
43,7
-7,7

72,1
18,5
19,5
1,0
65,6
76,7
-11,1

PRODUIT INTERIEUR BRUT

100

100

100

100

100

100

100

100

Source : Banque Centrale du Congo, Rapport annuel 2007

Tableau 2-12 Contribution des différentes composantes de la demande globale à la croissance du Produit Intérieur Brut de 2008 à 2017 (en pourcentage, aux prix de 2005)

Composantes

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

2016

2017

Demande intérieure

48,8

329,9

189

177

225,9

117

88,1

35,4

41,5

31,1

Consommation

34,5

5,5

145

-61,1

209,2

120

69,8

77,7

-69

-28

Consommation publique

26,8

-56,9

67,9

9,7

50,9

7,6

7

4,9

-154

-76

Consommation privée

7,7

62,4

76,9

-70,9

158,3

113

62,9

72,8

84,9

48,4

Investissements bruts

14,4

324,4

44,2

239

16,7

-3,1

18,3

-42

110,5

58,9

FBCF

14,3

324,3

43,9

238

15,6

-3,3

18,8

-44

118,1

58,9

Secteur public

3,6

101,9

-13,7

57,7

3,4

3,7

11,6

-50

-42,1

-63

Secteur privé

10,8

222,4

57,6

180

12,2

-7

7,2

6,5

160,2

122

Variation des stocks

0

0,1

0,3

0,6

1,1

0,1

-0,5

1,3

-7,6

0

Demande extérieur nette

51,2

-229,9

-89

-77,3

-125,9

-16,9

11,9

64,6

58,5

68,9

Exportations de biens et services

17,7

-229,9

88,2

76,3

39,5

31,7

58,7

17,1

-10,2

68

Exportations des biens

15,2

-199,3

106

68,2

39,1

35,2

60,6

19,5

-6,1

59,9

Produits miniers

18,5

-140,4

105

65,9

37,2

34

53

18,8

-6,6

52,8

Autres produits

-3,3

-58,9

1,7

2,3

1,9

1,2

7,6

0,7

0,5

7,1

Exportations des services

2,5

-30,6

-18,1

8,1

0,4

-3,5

-1,9

-2,4

-4,1

8,1

Importations de biens et services

33,4

0

-177

-154

-165,4

-48,6

-47

47,5

68,7

0,8

Importations des biens

29,9

0

-159

-149

-105,2

-21,1

-25

12,1

113

-18

Consommations

7,6

0

3,3

-0,9

-11,9

-7,6

-3,9

-8,8

-73,9

-1,6

Equipements

26,5

0

-134

-41,8

-2,8

1,3

-6,1

24,9

-11,4

-9,4

Intermédiaires

-4,1

0

-28,1

-106

-90,5

-14,9

-15

-4

198,4

-7,3

Importations des services

3,5

0

-18,4

-4,6

-60,2

-27,5

-22

35,4

-44,3

19,1

Produit Intérieur Brut

100

100

100

100

100

100

100

100

100

100

Source : Banque Centrale du Congo, Rapport annuel 2007

Commentaires tableaux 2-11 et 2-12 : En analysant ces deux tableaux ci-haut, il est clair que la demande extérieure en RDC est souvent négative, cela suit au grand nombre des exportations. Cet état des choses influence négativement le PIB et l'une de ses causes est le faible niveau de développement du secteur secondaire (plus particulièrement les industries manufacturées) car la faible quantité de fabrication des produits finis (de consommation intermédiaire ou final) pousse les agents économiques à tourner leurs regards vers l'extérieur pour satisfaire à leurs besoins. Ce manque d'industrialisation réduit également la quantité des exportations et leur valeur car le pays ne vend en grande partie que des produits miniers non transformés coûtant de loin moins chers que les produits finis provenant de ces mêmes matières.

La demande intérieure est, quant à elle, plus alimentée par les dépenses des consommations privées, et cette dernière comme on peut le voir en observant le tableau N°7 (2000 à 2007), a le plus contribué au PIB durant cette période.

La formation brute du Capital a en général une pente positive malgré une diminution de sa contribution au PIB en 2017 par rapport à 2016, année durant laquelle elle a connu son taux le plus élevé (de contribution au PIB).

Tableau 2-13 Contribution des composantes de la demande globale à la croissance(en points de croissance)

 

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

2016

2017

Consommation publique

1,7

-1,6

4,8

0,7

3,6

0,6

0,7

0,3

-3,7

-2,8

Consommation privée

0,5

1,8

5,5

-4,9

11,2

9,5

6,0

5,0

2,0

1,8

FBCF

0,9

9,3

3,1

16,3

1,1

-0,3

1,8

-3,0

2,8

2,2

Exportations de biens et services

1,1

-6,6

6,3

5,2

2,8

2,7

5,6

1,2

-0,2

2,5

Importations de biens et services

2,1

0,0

-12,6

-10,6

-11,7

-4,1

-4,4

3,3

1,6

0,0

 Taux de croissance PIB

6,2

2,9

7,1

6,8

7,0

8,5

9,5

6,8

2,6

3,7

Source : Elaboré sur base du tableau 2-12

Figure 2-18 Contribution des composantes de la demande globale à la croissance (en points de croissance)

Source : Elaboré sur base du tableau 2-13

Commentaires Tableau 2-13 et Graphique 2-18 : les données ci-dessus nous montrent l'apport négatif (plus particulièrement sur le graphique 2-18) qu'ont les importations sur la croissance du fait qu'elles sont souvent supérieures aux exportations. En 2014, année durant laquelle le pays a connu le plus grand taux de croissance, la contribution des exportations (5,6) en points de croissance a été supérieure en valeur absolue que celle négative des importations (-4,4) contrairement à 2008-2009, années durant lesquelles le pays à subit un fort taux d'inflation. Une demande extérieure positive a un impact positif sur la croissance contrairement à celle négative.

En outre, les dépenses des consommations totales et les investissements ont un apport considérable sur la croissance malgré une légère prédominance de la consommation privée surtout durant les années de forte croissance comme en 2010, 2012, 2013 ou encore 2014.

2.2.2.1. DEMANDE INTERIEURE

Tableau 2-14 Evolution des composantes de la demande intérieure

 

Dépenses de consommation finale des ménages ($ US constants de 2010)

Variation (en %)

Dépenses de consommation finale des administrations publiques ($ US constants de 2010)

Variation (en %)

Formation brute de capital fixe ($ US constants de 2010)

Variation (en %)

2000

10 701 147 943

 

402 680 146

 

1 286 455 788

 

2001

10 616 850 313

-0,79

263 824 924

-34

1 379 934 072

7

2002

9 562 347 031

-9,93

430 816 600

63

2 038 452 095

48

2003

11 819 557 684

23,61

380 024 821

-12

2 105 172 654

3

2004

12 363 515 492

4,60

582 826 528

53

1 970 689 027

-6

2005

13 229 589 780

7,01

719 615 366

23

2 300 618 718

17

2006

13 244 033 505

0,11

898 749 566

25

2 740 366 281

19

2007

14 215 611 290

7,34

968 435 820

8

3 077 431 334

12

2008

14 296 134 810

0,57

1 161 974 566

20

3 274 386 939

6

2009

14 615 857 447

2,24

961 746 580

-17

5 443 098 514

66

2010

15 624 114 747

6,90

1 573 242 920

64

6 194 086 993

14

2011

14 661 497 113

-6,16

1 664 155 919

6

10 413 293 604

68

2012

17 030 395 581

16,16

2 186 979 024

31

10 717 960 025

3

2013

19 187 430 253

12,67

2 286 543 697

5

10 636 105 117

-1

2014

20 679 169 142

7,77

2 397 469 168

5

11 205 908 145

5

2015

22 054 596 965

6,65

2 459 564 488

3

10 150 212 622

-9

2016

22 587 422 036

2,42

1 731 536 285

-30

11 212 600 482

10

2017

23 121 264 040

2,36

1 162 901 548

-33

13 824 836 621

23

2018

23 545 076 498

1,83

1 260 076 651

8

14 632 386 013

6

Source : Elaboré sur base des données de : Indicateurs du développement dans le monde

Commentaire Tableau 2-14 :En général les éléments de la demande intérieure ont une progression positive malgré les quelques années où leurs variations ont été négative telle qu'en 2009 pour les dépenses de consommation finale des administrations publiques qui ont subi une réduction de 17% par rapport à 2016. Cela était dû aux politiques économiques restrictives pour lutter contre l'élévation du taux d'inflation induite par la crise économique internationale de 2008. Le point le plus positif dans l'évolution de ses trois composantes est la très grande progression des investissements, la formation brute de capital fixe est passée de 1 286 455 788 US contant de 2010en 2000 à 14 632 386 013 US constant de 2010 en 2018.

Situation de la demande intérieure en 2017

En 2017, la demande intérieure a été soutenue par l'investissement et la consommationprivés, dans un contexte de ralentissement de la consommation publique.Globalement, la consommation finale s'est repliée de 1,2% en 2017 contre un replide 2,5% en 2016, avec une contribution négative de 1,0 point de pourcentage à lacroissance.En poursuivant sa tendance baissière, la consommation publique a été la faiblecomposante de la demande intérieure, avec une décroissance de 32,8% et unecontribution négative à la croissance de 2,8 points, en raison essentiellement desmesures prises par le Gouvernement pour contenir certaines dépenses courantes,dans un contexte de faible mobilisation des recettes publiques.En ce qui concerne la consommation privée, elle a enregistré une hausse de sonrythme de croissance, soit 2,3% contre 2,4% l'année précédente, consécutive àl'évolution modérée des revenus des ménages, de la persistance du niveau élevé duchômage et de poussées inflationnistes enregistrées au cours de la période.Concernant les investissements, la formation brute de capital fixe (FBCF) aenregistré une progression de 7,5%, en volume, après 9,7% en 2016, en liaisonavec le raffermissement des investissements privés, lesquels ont progressé de 17,3%après 16,8% en 2016. Cette évolution est corollaire à la reprise du dynamisme del'activité extractive favorisé par le relèvement des cours de produits de base. Enrevanche, les investissements publics ont baissé de 73,6% en 2017 sous l'effet dela non-exécution de certains projets publics. A la faveur de cette évolution, le taux d'investissement s'est ressorti à 30,3% du PIB après 29,2% en 2016.

2.2.2.2. DEMANDE EXTERIEURE

Tableau 2-15 Evolution des composantes de la demande extérieure

 

Exportations de biens et de services ($ US constants de 2010)

Variation (en %)

Importations de biens et de services ($ US constants de 2010)

Variation (en %)

Demande extérieure

Variation (en %)

2000

3 786 405 822

-3,63

2 432 037 317

13,29

1 354 368 505

-24,00

2001

3 048 261 727

-19,49

1 873 156 998

-22,98

1 175 104 729

-13,24

2002

5 562 280 274

82,47

2 641 466 115

41,02

2 920 814 158

148,56

2003

6 382 440 380

14,75

5 555 714 250

110,33

826 726 130

-71,70

2004

6 557 293 958

2,74

5 439 902 949

-2,08

1 117 391 009

35,16

2005

7 409 634 526

13,00

6 719 969 292

23,53

689 665 234

-38,28

2006

6 715 584 858

-9,37

5 930 563 552

-11,75

785 021 306

13,83

2007

8 510 660 691

26,73

7 713 529 191

30,06

797 131 500

1,54

2008

8 909 385 144

4,69

7 180 469 323

-6,91

1 728 915 822

116,89

2009

6 389 761 812

-28,28

7 180 469 323

0,00

-790 707 511

-145,73

2010

8 865 916 412

38,75

10 704 459 171

49,08

-1 838 542 759

132,52

2011

11 083 967 084

25,02

13 869 099 191

29,56

-2 785 132 107

51,49

2012

12 349 643 744

11,42

17 622 802 354

27,07

-5 273 158 610

89,33

2013

13 649 643 546

10,53

19 035 638 524

8,02

-5 385 994 978

2,14

2014

16 568 876 722

21,39

20 684 175 569

8,66

-4 115 298 847

-23,59

2015

17 247 853 116

4,10

19 345 887 174

-6,47

-2 098 034 059

-49,02

2016

17 096 830 235

-0,88

18 627 983 169

-3,71

-1 531 152 934

-27,02

2017

18 352 462 301

7,34

20 442 951 882

9,74

-2 090 489 582

36,53

2018

20 945 499 531

14,13

21 412 189 109

4,74

-466 689 578

-77,68

Source : Elaboré sur base des données de : Indicateurs du développement dans le monde

Commentaire : Le tableau ci-haut nous expose l'évolution de la demande extérieure pour la période sous étude, et cette dernière est en grande partie négative surtout à partir de 2009. Cette situation est conséquente, entre autres, de l'augmentation des importations et de la dévaluation de la monnaie locale (Congo Démocratique Franc) par rapport aux dollars américain ou encore d'autres devises ; ce qui augmente de ce fait la valeur des importations vu qu'elles coûtent plus chers lorsque la monnaie locale perd en valeur tel qu'en 2009 ou encore en 2016.

Cette demande extérieure négative est également due à la non-diversification des produits et services exportés. Les produits miniers représentent presque la quasi-totalité des exportations de la République Démocratique du Congo, et par conséquent, de qu'à l'internationale leurs cours subissent des fluctuations, c'est l'économie générale du pays qui est affectée (dévaluation monétaire, inflation) comme en 2016.

Situation de la demande extérieure en 2017

Les exportations totales de biens et services ont connu une reprise de 9,3% contreune régression de 0,9% en 2016, induisant une contribution positive à la croissancede 2,5 points de pourcentage, faisant de cette composante le principal moteur dela croissance en 2017. Cette évolution est consécutive notamment à la vigueur del'activité extractive, laquelle a induit une hausse des exportations du cuivre et du cobalt.

Par ailleurs, les importations des biens et services, quant à elles, ont légèrement chuté de 0,1%, après le recul de 3,7% en 2016, renseignant une contribution quasi nulle à la croissance, suite essentiellement à la baisse drastique des importations des services (-8,9%).

CONCLUSION PARTIELLE

Dans ce chapitre nous avons présenté la politique monétaire de la Banque Centrale du Congo et procédé à l'évaluation de la croissance économique en République Démocratique du Congo.

La politique monétaire menée par la BCC a pour objectif final la maitrise de l'inflation. Pour ce qui est des objectifs intermédiaire et opératoire, elle a opté pour la masse monétaire et la base monétaire, ce qui prouve qu'elle tend plus à une politique monétaire d'obédience monétariste. Elle use des taux de réserve obligatoire, du Bon BCC et du taux directeur comme instruments. Pour sa transmission, elle passe par le canal du taux d'intérêt, le canal du crédit et celui de change. Depuis 2010 elle tend à réaliser la majorité de ses objectifs, hormis en 2016-2017, période à laquelle le pays à subit un fort taux d'inflation. Mais à partir de 2018 la situation semble revenir à la normale.

En outre, elle est confrontée à des nombreuses limites et contraintes telles que le niveau dedollarisation élevé (plus de 80 %), la dominance budgétaire, le manque d'indépendance, leniveau élevé de l`économie informelle, le faible taux de bancarisation (moins de 10%), le financement monétaire du déficit budgétaire etl'absence d`un bon état du système financier.

Pour ce qui est de la croissance économique en R.D.Congo, elle présente une progression positive et est en grande partie soutenue par le secteur primaire (extraction minière).

Néanmoins, elle est freinée par le manque d'industrialisation dans le pays, la non diversification des productions et également par le faible niveau de la demande extérieure, cette dernière est restée négative jusqu'en 2017, conséquence du niveau exagéré des importations.

CHAPITRE 3 : ANALYSE DE L'INCIDENCE DE LA POLITIQUE MONETAIRE SUR LA CROISSANCE ECONOMIQUE EN RDC

Dans ce chapitre nous chercherons à évaluer l'apport qu'a la politique monétaire menée par la Banque Centrale du Congo sur l'évolution du PIB. Pour ce faire, nous utiliserons l'économétrie pour le traitement de nos variables via le modèle ARIMA sur logiciels Eviews. L'évaluation de la politique monétaire se fera par l'analyse de l'un de canaux de transmissions utilisés par la BCC à savoir, le canal du crédit. Nous avons opté pour ce dernier car c'est par lui que sont transmis les effets de la politique monétaire à l'économie réelle (via l'optique de la demande) en jouant sur le niveau des crédits.

Le crédit bancaire à un impact considérable sur la croissance économique, il permet de stimuler la demande (investissement et consommation), qui à son tour stimule la production. La politique monétaire via ses différents taux (directeur, de réserve obligatoire) impacte les taux d'intérêts des banques commerciales qui, à leur tour influent sur le niveau des emprunts.

Pour notre étude, nous avons allons analyser le lien entre le taux directeur, le coefficient de réserve obligatoire, les taux des Bon BCC, le niveau des crédits à l'économie et la variation du PIB.

Le taux directeur est le taux de refinancement des banques de second rang. Ce dernier est plus ou moins étroitement corrélé aux taux de crédit et d'épargne. En effet, les banques commerciales empruntent aux banques centrales au taux directeur si elles en ont besoin. Le taux directeur fixé par la banque centrale influence indirectement les taux d'intérêts qui seront proposés aux ménages et aux entreprises par les banques commerciales. Le taux d'intérêt étant un des déterminants des décisions d'investissement (lorsqu'elles sont financées par un crédit), la banque centrale régule l'investissement lorsqu'il y a lieu, ou encourage l'investissement dans les périodes de creux économiques. Les autorités monétaires peuvent faire varier le montant des réserves obligatoires en fonction de leur volonté de limiter l'expansion du crédit.

La politique monétaire peut influencer la quantité des crédits accordés à l'économie en jouant sur ses différents taux, principalement le coefficient de réserve obligatoire et le taux directeur. Les crédits bancaires quant à eux, ont un effet direct sur la demande qui, peut influencer positivement ou négativement le niveau de production.

3.1. SPECIFICATION DU MODELE

L'une des hypothèses du modèle classique de régression linéaire, l'hypothèse 9, est que le modèle utilisé dans l'analyse est « correctement » spécifié. Si ce n'est pas le cas, on rencontre le problème de l'erreur de spécification du modèle ou biais de spécification du modèle (Damodar, 2003).

3.1.1. FORME FONCTIONNELLE

Comme vu précédemment,selon la théorie de la synthèse classico-keynésienne représentée par le modèle IS -LM, les chocs monétaires sont transmis à la sphère réelle à travers le taux d'intérêt. Il existe une relation décroissante entre masse monétaire et taux d'intérêt : plus les taux sont hauts, plus la masse monétaire est basse et réciproquement. Il y a diverses origines à cela, la première étant ce que font les agents de leur épargne, la seconde étant que la création monétaire par l'emprunt dépend des taux d'intérêts.

En premier lieu, les taux influencent la manière dont les agents répartissent leur patrimoine entre monnaie et actifs. Pour simplifier les explications, on suppose que l'argent des agents économiques se répartit entre obligations et monnaie, la répartition dépendant des taux en vigueur. Si les taux varient, les agents vont alors remplacer de la monnaie par des obligations (rémunérées par un intérêt), ou inversement.

Dans les faits, il existe une relation entre les taux directeurs et ceux pratiqués par les banques commerciales. Rappelons quelques faits : les banques commerciales font face à une demande de crédits de la part des agents économiques souhaitant emprunter. Elles répondent à cette demande en fournissant une partie des emprunts demandés. Autrement, une demande de crédits fait face à une offre bancaire de crédits. L'intersection entre cette offre et cette demande donne le volume total de crédit circulant dans l'économie, c'est -à -dire la masse monétaire.

Le taux directeur va moduler l'offre de crédit et les taux d'intérêts bancaires, par deux mécanismes : le premier mécanisme impose un taux plancher, tandis que l'autre impose un taux plafond.

Commençons par expliquer pourquoi les taux de la banque centrale servent de plancher. Cela provient du fait suivant : les banques commerciales prêtent l'argent qu'elles empruntent à la banque centrale. Prenons l'exemple d'une entreprise qui souhaite emprunter 100.000 CDF à sa banque. Si la banque n'a pas les fonds nécessaires pour ce prêt, elle les emprunte sur le marché monétaire. Et seule la banque centrale peut créer la monnaie demandée si celle-ci vient à manquer dans le système économique. La banque commerciale va donc emprunter de l'argent à la banque centrale et le prêter à des entreprises ou des ménages. Évidemment, la banque centrale ne prête pas ses réserves à taux zéro, mais charge ses prêts au taux directeur. Ce système n'est rentable que si le taux du prêt est plus important que le taux directeur. Emprunter à 1% pour prêter à 2 ou 3% est rentable, mais emprunter à 2% pour le prêter à 1% signifie une perte pour la banque.

L'existence d'un taux plafond est lié au fait que les banques commerciales sont toutes en concurrence, ce qui les pousse à baisser leurs taux ou tout au moins à les garder proches des taux des autres banques. Une banque ne peut pas augmenter ses taux trop haut, sous peine de perdre ses clients, partis voir la concurrence. Cela impose en quelque sorte des taux les plus bas possibles, le plus bas possible étant très proche des taux directeurs.

Etant donné que le niveau de crédits à l'économie a un impact considérable sur la consommation et l'investissement (PIB par la demande), notre analyse se chargera d'analyser cette relation à deux niveaux.

Premièrement (notre première équation), nous allons évaluer l'effet des instruments directs (le taux directeur, le coefficient de réserve obligatoire et le Bon BCC) de la politique monétaire de la Banque Centrale du Congo sur le niveau des crédits à l'économie. Signalons que nous avons opté pour le canal étroit du crédit et non celui large (du bilan) du fait que les marchés des capitaux ne sont pas développés en République Démocratique du Congo.

Equations mathématiques

Equation 1: Lcred = f (lro, ltdir, lbnbcc)

Equation 2: Css=f (lcred)

Equation économétrique

Lcred t = C(1) + C(2)*lrot + C(3)*ltdirt - C(4)*lbnbcct + ?t

Signalons que :

o Lcred t= logarithme des crédits accordé à l'économie au temps t

o lrot= logarithme du coefficient de réserve obligatoire au temps t

o ltdirt= logarithme du taux directeur au temps t

o Css= la croissance économique

o ?t = erreurs du modèle

o C(1) = Constante

o C(2), C(3) et c(4) = respectivement les élasticités des crédits accordé à l'économie, du coefficient de réserve obligatoire et du taux directeur en l'absence des retards qui sont analysés dans la quatrième partie de ce chapitre.

Figure 3-1 Modèle théorique d'analyse

3.1.2. MODELE D'ANALYSE

Variable dépendante ou expliquée

Variable indépendante ou explicative

Croissance économique

Canal du crédit

Politique monétaire

0

Comme toute politique économique, la politique monétaire de la BCC a aussi pour but de soutenir la croissance économique dans le pays. Pour transmettre ses impulsions, la politique monétaire passe par divers canaux, tel que le canal étroit du crédit. Ainsi elle affecte la demande des agents économiques et influe indirectement sur le PIB.

A cet effet, nous allons voir le sens de causalité des variables avec le test de causalité de GRANGER puis estimer ARIMA.

Nous signalons que pour traiter les données utilisées dans ce travail, nous avons utilisé le logiciel EVIEWS 9. Cet outil d'économétrie qui constitue sans doute un véritable support à l'analyse économique de ce genre, nous a permis de répondre efficacement à la question de recherche de notre étude.

Tableau 3-1 Opérationnalisation des variables

Variables

indicateurs

Politique monétaire

· Taux directeur

· Taux de réserve obligatoire

· Taux bon BCC

Canal de crédits

· Volume des crédits accordé à l'économie

Croissance économique

· Taux de croissance économique

Source : Auteur (sur base de la théorie)

3.2. ANALYSES PRELIMINAIRES

3.2.1. SOURCES DES DONNEES

Les données des séries sous-examen sont des données secondaires que nous n'avons pas directement récoltées sur base d'une quelconque enquête ou recensement, mais plutôt elles proviennent principalement des rapports de la Banque Mondiale et de la Banque Centrale du Congo. Ces données sont par différentes simulations trimestrialisées en commençant par l'année 2003 jusqu'en 2018, soit l'équivalent de 64 observations.

Tableau 3-2 Statistique descriptive

 

CSS

LBNBCC

LCRED

LRO

LTXDIR

Mean

5.866875

1.988702

13.48945

1.751137

2.496991

Median

6.290625

2.553631

13.81896

1.945910

2.853050

Maximum

9.712500

4.325052

15.20750

2.612475

4.339518

Minimum

1.614687

-1.948448

10.28861

0.584843

0.497403

Std. Dev.

2.041820

1.613655

1.453109

0.611865

1.125470

Skewness

-0.320953

-0.777257

-0.591013

-0.619612

-0.425183

Kurtosis

2.454187

2.777847

2.135091

2.276539

2.021730

 
 
 
 
 
 

Jarque-Bera

1.893216

6.575637

5.720672

5.490854

4.480358

Probability

0.388055

0.037335

0.057250

0.064221

0.106439

 
 
 
 
 
 

Sum

375.4800

127.2769

863.3245

112.0728

159.8074

Sum Sq. Dev.

262.6487

164.0445

133.0261

23.58587

79.80098

 
 
 
 
 
 

Observations

64

64

64

64

64

Source : auteur (à l'aide d'Eviews 9)
Il ressort du tableau ci-dessus que le taux de croissance économique est plus volatile que d'autres variables ; aussi, l'on note que toutes les variables sous-étude sont normalement distribuées (Prob. Jarque-Bera <5%).

Figure 3-2 Evolution graphique des variables

Source : auteur (à l'aide d'Eviews 9)

Sur la période allant de 2003 à 2018, le taux de croissance économique ressort une moyenne de 5.866875 dans chaque trimestre, avec une forte volatilité traduit par un écart type de 2.041820%.

Comme il se laisse voir dans les graphiques ci-haut, la courbedes crédits présente une évolution linéaire et celle du taux de réserve obligatoire une évolution quasi-linéaire. Par contre les autres variables sous-examen présentent des courbes avec tendance ou saisonnalité. De ce fait, nous pouvons alors faire présomption de non-stationnarité pour les séries CSS (croissance économique), LBNBCC (Bon BCC) et LTXDIR (Taux directeur) et présomption de stationnarité pour les séries lcred (crédits à l'économie) et lro (coefficient de réserve obligatoire).

3.2.2. ANALYSE DE LA STATIONNARITE

La plupart des données temporelles macroéconomiques sont des réalisations des processus non stationnaires (NELSON et PLOSSER, 1982). Lorsqu'on travaille avec des séries temporelles, il faut vérifier au préalable que celles-ci sont stationnaires. S'il s'avère que ce n'est pas le cas, il faut trouver une bonne façon de les rendre stationnaires. C'est pour cette raison qu'avant tout traitement économétrique, il convient de s'assurer de la stationnarité des variables. Une série chronologique est donc stationnaire si son espérance et sa variance restent inchangées dans le temps(Bourbonnais, 1998).

En d'autres termes, une série stationnaire ne comporte ni saisonnalité, ni tendance. Dickey Fuller ainsi que Phillips et Perron ont mis au point un test permettant non seulement de détecter l'existence d'une tendance mais aussi de déterminer la bonne manière de stationnariser une série. Cette condition de stationnarité doit être vérifiée pour chacune des séries afin d'éviter des régressions fallacieuses pour lesquelles les résultats pourraient être « significatifs », alors qu'ils ne le sont pas. La stationnarité renvoie au caractère infiniment persistant des séries à la suite d'aléa. Cette propriété estsouhaitée dans le cadre des estimations sur les données temporelles car elle évite les risques de régressions fallacieuses. Il existe une grande variété de tests de stationnarité des variables. Ainsi, les tests usuels sont ceux d'ADF et PP suite à leur simplicité. Dans le cadre de ce travail, nous procèderons par le test de Dickey Fuller augmenté.

Tableau 3-3 Test de Dickey Fuller augmentés

Variables

A niveau

En différence 1ere

En différence 2nd

Constat

CSS

-0.959149

(0.2973)

-1.963887

(0.0482)**

 

I(1)

LBNBCC

-1.168533

(0.2185)

2.348632

(0.0195)**

 

I(1)

LCRED

-4.357775

(0.0009)

 
 

I(0)

LRO

-3.493347

(0.0502)

-1.017734

(0.2740)

-6.768039

(0.0000)*

I(2)

LTXDIR

-1.012808

(0.2762)

-2.259952

(0.0242)**

 

I(1)

Source : auteur (nos estimations sur Eviews 9)

(.) : Probabilités ; * : stationnaire à 1% ; ** : stationnaire à 5%

De ce tableau, en employant le test de racine unitaire de Dickey-Fuller augmenté (DFA), La croissance économique, le bon BCC et le taux directeur sont stationnaire après une différenciation première tandis que la série taux directeur est intégrée d'ordre I(2). Ces résultats peuvent être vus en comparant les valeurs observées (en termes absolus) des statistiques de DFA aux valeurs critiques au seuil de 5 %. Et que donc, l'hypothèse de non stationnarité est rejetée puisque toutes les variables ont été rendue stationnaires après leurs intégrations appart CRED qui l'était déjà à niveau.

Figure 3-3 Courbes d'évolution des séries stationnaires

Source : Auteur (A l'aide d'Eviews 9)

Les graphiques ci-dessus nous montre l'évolution de courbes des séries stationnaire(CRED) et rendues stationnaire après une différenciation première appliquées sur (CSS, LBNBCC et TXDIR) et une intégration d'ordre deuxième sur la première série (LRO).

3.3. CORRELATION ET CAUSALITE

3.3.1. CORRELATION

En probabilités et en statistique, la corrélation entre plusieurs variables aléatoires ou statistiques est une notion de liaison qui contredit leur indépendance. Cette corrélation est très souvent réduite à la corrélation linéaire entre variables quantitatives, c'est-à-dire l'ajustement d'une variable par rapport à l'autre par une relation affine obtenue par régression linéaire. Pour cela, on calcule un coefficient de corrélation linéaire quotient de leur covariance par le produit de leurs écarts types. Son signe indique si des valeurs plus hautes de l'unecorrespondent en moyenne à des valeurs plus hautes ou plus basses pour l'autre.

La valeur absolue du coefficient, toujours comprise entre 0 et 1, ne mesure pas l'intensité de la liaison mais la prépondérance de la relation affine sur les variations internes des variables. Un coefficient nul n'implique pas indépendance, car d'autres types de corrélation sont possibles.

Le fait que deux variables soient « fortement corrélées » ne démontre pas qu'il y ait une relation de causalité entre l'une et l'autre. Le contre-exemple le plus typique est celui où elles sont en fait liées par une causalité commune. Cette confusion est connue sous l'expression Cum hoc ergo propter hoc.

Tableau 3-4 : Matrice des corrélations entre variables

 

CSS

LBNBCC

LCRED

LRO

LTXDIR

CSS

1

-0,19543

-0,13868

-0,30003

-0,45328

LBNBCC

-0,19543

1

-0,08053

0,206941

0,749533

LCRED

-0,13868

-0,08053

1

-0,01511

-0,1361

LRO

-0,30003

0,206941

-0,01511

1

0,193135

LTXDIR

-0,45328

0,749533

-0,1361

0,193135

1

Source : Auteur (à l'aide d'eviews9)

Le tableau ci-dessus dénote une corrélation négative entre le taux du Bon BCC, le coefficient de réserve obligatoire, le taux directeur et le niveau de crédit à l'économie. Cette situation est normale et confirme la théorie, car l'évolution des taux d'intérêt est en sens inverse du niveau des crédits à l'économie. La Banque Centrale du Congo pour réduire ou augmenter le niveau de masse monétaire joue sur le niveau de ses différents taux d'intérêts, principalement le taux directeur. C'est ainsi qu'en 2017, pour lutter contre la forte poussée inflationniste de l'époque, la BCC à majoré le taux directeur de 7% à 20% et le Bon BCC (à 7 jours) de 4% à 15% dans le but de ponctionner la liquidité et réduire ainsi la masse monétaire.

Les instruments de la politique monétaire (de la BCC) quant à eux, ont une corrélation positive, surtout le taux directeur et le taux du Bon BCC (cela peut s'expliquer par le fait que les deux sont des taux à court terme et sont utilisés presque simultanément à chaque choc économique). Par contre leurs corrélations avec le taux de croissance économique est négative, ce qui confirme encore une fois la théorie, du fait que la demande conditionne la production, si cette dernière diminue, par exemple suite à une politique monétaire restrictive (hausse du taux directeur, Bon BCC...), il y a une forte probabilité que le revenu national soit négativement affecté.

3.3.2. CAUSALITE

La causalité a été introduite dans l' analyse économétrique par Wiener (1956) et Granger (1969). À l'origine, on retrouve la formalisation de la notion de causalité en physique, notamment dans les travaux d' Isaac Newton sur la force motrice (cause) et le changement de mouvement (effet). Dans ce cas, la notion de causalité traduit un principe d'après lequel si un phénomène est la cause d'un autre phénomène, nommé "effet", alors ce dernier ne peut pas précéder la cause. Cependant, sa définition conceptuelle remonte aux discours d' Aristote ou de David Hume.

Transposée en économie, la notion de causalité revêt une connotation technique spécifique. En effet, si une variable causait une autre variable, alors nécessairement les deux variables doivent être corrélées. À l'inverse, il ne suffit pas que deux variables soient corrélées, pour qu'il y ait causalité (corrélation n'est pas causalité).Toutefois, l'idée de base de la causalité au sens de Granger est qu'une série temporelle x1, t causerait une autre série x2, t lorsque la connaissance du passé de x1, t entraîne une prévision distincte de celle fondée uniquement sur le passé de x2, t. Autrement dit, une série chronologique x1, t cause au sens de Granger une autre série x2, t, si conditionnée aux valeurs passées de x1, t l'erreur quadratique moyenne de prédiction de x2, t+1 est inférieure par rapport à celle où les informations relatives aux valeurs passées de x1, t étaient omises.

Tableau 3-5 causalité au sens de Granger

Pairwise Granger Causality Tests

Date: 09/17/19 Time: 02:55

Sample: 2003Q1 2018Q4

 

Lags: 20

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 Null Hypothesis:

Obs

F-Statistic

Prob. 

 
 
 
 
 
 
 
 

 LBNBCC does not Granger Cause CSS

 43

 1170.47

0.0009

 CSS does not Granger Cause LBNBCC

 8358.23

0.0001

 
 
 
 
 
 
 
 

 LCRED does not Granger Cause CSS

 43

 2.23867

0.3540

 CSS does not Granger Cause LCRED

 2.80212

0.2958

 
 
 
 
 
 
 
 

 LRO does not Granger Cause CSS

 42

 653.070

0.0308

 CSS does not Granger Cause LRO

 3.62878

0.3946

 
 
 
 
 
 
 
 

 LTXDIR does not Granger Cause CSS

 43

 56.3575

0.0176

 CSS does not Granger Cause LTXDIR

 107.276

0.0093

 
 
 
 
 
 
 
 

 LCRED does not Granger Cause LBNBCC

 43

 22.9

514

0.0425

 LBNBCC does not Granger Cause LCRED

 14.6519

0.0658

 
 
 
 
 
 
 
 

 LRO does not Granger Cause LBNBCC

 42

 28.0758

0.1478

 LBNBCC does not Granger Cause LRO

 31.1289

0.1404

 
 
 
 
 
 
 
 

 LTXDIR does not Granger Cause LBNBCC

 43

 35.0589

0.0281

 LBNBCC does not Granger Cause LTXDIR

 29.3581

0.0334

 
 
 
 
 
 
 
 

 LRO does not Granger Cause LCRED

 42

 259.790

0.0489

 LCRED does not Granger Cause LRO

 1169.70

0.0230

 
 
 
 
 
 
 
 

 LTXDIR does not Granger Cause LCRED

 43

 57.2028

0.0173

 LCRED does not Granger Cause LTXDIR

 15.4130

0.0626

 
 
 
 
 
 
 
 

 LTXDIR does not Granger Cause LRO

 42

 0.70217

0.7533

 LRO does not Granger Cause LTXDIR

 1170.07

0.0230

 
 
 
 
 
 
 
 

Source : Auteur (à l'aide d'eviews9)

Il ressort du test de causalité au sens de Granger ce qui suit :

- Le taux de croissance explique, et est expliqué par la totalité des instruments de la politique monétaire (taux directeur, taux Bon BCC et coefficient de réserve obligatoire) mais il n'est pas expliqué, ni n'explique, le niveau de crédit à l'économie.

- Le niveau de crédit accordé à l'économie présente la même situation que le taux de croissance.

- Le taux directeur est expliqué par le taux de croissance économique et ce dernier est expliqué à son tour par le taux directeur (présence d' « effet feedback »). Il est également expliqué (le taux directeur) par le taux du Bon BCC et vice-versa.

- Le taux du Bon BCC est expliqué par le crédit à l'économie mais ce dernier (le crédit) ne l'explique pas. Par contre il est (taux du Bon BCC) est expliqué par le taux de croissance et vice versa.

- Le coefficient de réserve obligatoire explique, et est expliqué par le niveau de crédit accordé à l'économie, il explique également la croissance et le taux directeur.

Schématiquement, ces liens se traduisent comme suit :

Figure 3-4 : Causalité entre variables

Le fait que les instruments de la politique monétaire menée par la Banque Centrale du Congo expliquent le taux de croissance du PIB, alors que le niveau ne crédit accordé à l'économie ne l'explique pas, peut sembler anormal. Mais cela pourrait être expliqué par le fait que le niveau de crédit n'explique pas la croissance économique dans le pays, d'autres éléments entrent en compte. Mais le lien de causalité entre le taux directeur, le taux du Bon BCC et le coefficient de réserve obligatoire peut s'expliquer par le fait que la BCC adapte sa politique monétaire en fonction du taux de croissance. Dans ce cas, il sera primordial de tenir compte du temps de réaction de différentes variables en ce qui concerne leurs causalités pour mieux cerner leurs relations.

3.3. DETERMINATION DE DECALAGE TEMPOREL PAR LE CORRELOGRAMME

Figure 3-5 Correlogramme du taux de croissance

Source : Auteur (à l'aide d'eviews9)

Ce tableau montre que l'autocorrélation partielle pour la variable CSS (taux de croissance du PIB) présente 4 pics qui sortent de l'intervalle. De ce fait, la variable sera retardée de 4 périodes (trimestres).

Figure 3-6 Correlogramme du taux Bon BCC

Source : Auteur (à l'aide d'eviews9)

Ce tableau montre que l'autocorrélation partielle pour la variable LBNBCC (taux du Bon BCC) présente 5 pics qui sortent de l'intervalle. De ce fait, la variable sera retardée de 5 périodes (trimestres).

Figure 3-7 Correlogramme du niveau des crédits

Source : Auteur (à l'aide d'eviews9)

Ce tableau montre que l'autocorrélation partielle pour la variable LCRED (niveau de crédit accordé à l'économie) présente 1 pic qui sort de l'intervalle. De ce fait, la variable sera retardée d'une période (trimestres).

Figure 3-8 Correlogramme du coefficient de réserve obligatoire

Source : Auteur (à l'aide d'eviews9)

Ce tableau montre que l'autocorrélation partielle pour la variable LRO (coefficient de réserve obligatoire) présente 4 pics qui sortent de l'intervalle. De ce fait, la variable sera retardée de 4 périodes (trimestres).

Figure 3-9 Correlogramme du taux directeur

Source : Auteur (à l'aide d'eviews9)

Ce tableau montre que l'autocorrélation partielle pour la variable LTXDIR (taux directeur) présente 4 pics qui sortent de l'intervalle. De ce fait, la variable sera retardée de 4 périodes (trimestres, donc une année).

3.4. MODELISATION ARIMA

Il existe une catégorie de modèles qui cherche à déterminer chaque valeur de la série en fonction des valeurs qui la précède (yt = f(yt-1, yt-2, ...)). C'est le cas des modèles ARIMA ("AutoRegressive - Integrated - Moving Average"). Cette catégorie de modèles a été popularisée et formalisée par Box et Jenkins (1976).

Le choix d'un modèle est surtout théorique: est-il raisonnable de penser que dans un phénomène donné, les points sont fondamentalement fonction des points précédents et de leurs erreurs, plutôt qu'un signal, périodique ou non, entaché de bruit.

On peut noter cependant que souvent, on a recours à l'analyse de variance pour traiter les
séries temporelles. Or une des assomptions majeures de l'ANOVA est que les résidus desdifférentes mesures ne sont pas auto-corrélés. Ce n'est évidemment pas le cas si laperformance à l'essai t est liée à la performance réalisée à l'essai t-1.

Les processus autorégressifs supposent que chaque point peut être prédit par la sommepondérée d'un ensemble de points précédents, plus un terme aléatoire d'erreur.

Le processus d'intégration suppose que chaque point présente une différence constante avec lepoint précédent.

Les processus de moyenne mobile supposent que chaque point est fonction des erreursentachant les points précédents, plus sa propre erreur.

Un modèle ARIMA est étiqueté comme modèle ARIMA (p,d,q), dans lequel:p est le nombre de termes autorégressifs, d est le nombre de différences et q est le nombre de moyennes mobiles.

L'estimation des modèles ARIMA suppose que l'on travaille sur une série stationnaire. Cecisignifie que la moyenne de la série est constante dans le temps, ainsi que la variance. Lameilleure méthode pour éliminer toute tendance est de différencier, c'est-à-dire de remplacerla série originale par la série des différences adjacentes. Une série temporelle qui a besoind'être différenciée pour atteindre la stationnarité est considérée comme une version intégréed'une série stationnaire (d'où le terme Integrated).

La correction d'une non-stationnarité en termes de variance peut être réalisée par destransformations de type logarithmique (si la variance croît avec le temps) ou à l'inverseexponentielle. Ces transformations doivent être réalisées avant la différenciation.

Une différenciation d'ordre 1 suppose que la différence entre deux valeurs successives de y estconstante.

yt - yt-1 = + t

est la constante du modèle, et représente la différence moyenne en y. Un tel modèle est unARIMA(0,1,0). Il peut être représenté comme un accroissement linéaire en fonction du temps.Si est égal à 0, la série est stationnaire.

Les modèles autorégressifs supposent que yt est une fonction linéaire des valeursprécédentes.

Littérairement, chaque observation est constituée d'une composante aléatoire (choc aléatoire,) et d'une combinaison linéaire des observations précédentes.

Les modèles à moyenne mobile suggèrent que la série présente des fluctuations autour d'unevaleur moyenne. On considère alors que la meilleure estimation est représentée par lamoyenne pondérée d'un certain nombre de valeurs antérieures (ce qui est le principe desprocédures de moyennes mobiles utilisées pour le lissage des données). Ceci revient en fait àconsidérer que l'estimation est égal à la moyenne vraie, auquel on ajoute une sommepondérée des erreurs ayant entaché les valeurs précédentes.

3.4.1. ESTIMATION DES MODELES

a. Estimation du premier modèle ARIMA (1,3,4,5)

Dependent Variable: LCRED

 
 

Method: Least Squares

 
 

Date: 09/18/19 Time: 19:10

 
 

Sample (adjusted): 2004Q3 2018Q4

 

Included observations: 58 after adjustments

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

LCRED(-1)

0.969759

0.007915

122.5248

0.0000

LRO

0.064200

0.151457

0.423886

0.6739

LRO(-1)

0.038525

0.155122

0.248349

0.8051

LRO(-2)

0.049927

0.155491

0.321091

0.7498

LRO(-3)

0.111981

0.153060

0.731613

0.4686

LRO(-4)

-0.473798

0.217329

-2.180092

0.0355

LTXDIR

0.007348

0.098880

0.074315

0.9411

LTXDIR(-1)

0.041441

0.103804

0.399224

0.6918

LTXDIR(-2)

0.011781

0.092516

0.127345

0.8993

LTXDIR(-3)

0.017942

0.091422

0.196256

0.8454

LTXDIR(-4)

-0.094294

0.084295

-1.118626

0.2698

LBNBCC

-0.022189

0.042752

-0.519007

0.6065

LBNBCC(-1)

-0.008759

0.044598

-0.196409

0.8453

LBNBCC(-2)

-0.002416

0.032204

-0.075018

0.9406

LBNBCC(-3)

-0.007857

0.031974

-0.245727

0.8071

LBNBCC(-4)

-0.022817

0.039158

-0.582687

0.5633

LBNBCC(-5)

-0.004697

0.028526

-0.164642

0.8700

C

0.485753

0.108984

4.457116

0.0001

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

R-squared

0.997350

    Mean dependent var

13.77390

Adjusted R-squared

0.996315

    S.D. dependent var

1.202687

S.E. of regression

0.073004

    Akaike info criterion

-2.157277

Sum squared resid

0.218511

    Schwarz criterion

-1.553354

Log likelihood

79.56102

    Hannan-Quinn criter.

-1.922036

F-statistic

964.3118

    Durbin-Watson stat

1.046272

Prob(F-statistic)

0.000000

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La lecture des résultats de cette régression mettant en relation le niveau de crédit à l'économie (LCRED) parrapport à l'ensemble des variables exogènes (les instruments de la politique monétaire de la BCC, à savoir le taux directeur, le coefficient de réserve obligatoire et le taux du Bon BCC), il ressort que la variable endogène (le niveau de crédit) est expliquée à 99,63% par les variables explicatives ou indépendantes (de la politique monétaire) du modèle. Egalement, on remarque que globalement le modèle est significatif car la valeur
associée à la probabilité de Fisher (F-stat = 0,000000) est inférieure à 0,05.

b. Estimation du deuxième modèle ARIMA (4,1)

Dependent Variable: CSS

 
 

Method: Least Squares

 
 

Date: 09/18/19 Time: 19:25

 
 

Sample (adjusted): 2004Q2 2018Q4

 

Included observations: 59 after adjustments

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

CSS(-1)

0.395416

0.117629

3.361553

0.0014

CSS(-2)

0.162563

0.129116

1.259047

0.2135

CSS(-3)

0.081030

0.129056

0.627865

0.5328

CSS(-4)

-0.471223

0.117138

-4.022818

0.0002

LCRED

1.773005

0.929686

1.907100

0.0619

LCRED(-1)

-1.786379

0.934335

-1.911926

0.0613

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

R-squared

0.472306

    Mean dependent var

-0.082855

Adjusted R-squared

0.422524

    S.D. dependent var

0.751961

S.E. of regression

0.571429

    Akaike info criterion

1.814793

Sum squared resid

17.30618

    Schwarz criterion

2.026068

Log likelihood

-47.53639

    Hannan-Quinn criter.

1.897266

Durbin-Watson stat

1.675371

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La lecture des résultats de cette régression mettant en relation le taux de croissance économique (LCSS) par rapport à lavariable exogène (le niveau de crédit accordé à l'économie), il ressort que la variable endogène (la variation du PIB) est expliquée à 42,25% par la variable explicative ou indépendante (le niveau de crédit à l'économie) du modèle. Egalement, on remarque que globalement le modèle est significatif car la valeurassociée à la probabilité de Fisher (F-stat = 0,000000) est inférieure à 0,05.

3.4.2. DIAGNOSTIC DES MODELES

Le diagnostic permet de déterminer le niveau de validité économétrique du modèle au moyen des différents tests.

a. SPECIFICATION

Dans les études de données de panel, il apparait nécessaire de s'assurer de la spécification homogène ou hétérogène du processus générateur des données, (Doucouré, 2008). Cela revient à tester l'égalité des coefficients du modèle étudié dans la dimension individuelle.

1er modèle

Ramsey RESET Test

 
 

Equation: UNTITLED

 
 

Specification: LCRED LCRED(-1) LRO LRO(-1) LRO(-2) LRO(-3) LRO(-4) LTXDIR

        LTXDIR(-1) LTXDIR(-2) LTXDIR(-3) LTXDIR(-4) LBNBCC LBNBCC(-1)

        LBNBCC(-2) LBNBCC(-3) LBNBCC(-4) LBNBCC(-5) C

Omitted Variables: Squares of fitted values

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Value

df

Probability

 

t-statistic

 0.140776

 40

 0.8888

 

F-statistic

 0.019818

(1, 40)

 0.8888

 

Likelihood ratio

 0.028729

 1

 0.8654

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

2e modèle

Ramsey RESET Test

 
 

Equation: UNTITLED

 
 

Specification: CSS CSS(-1) CSS(-2) CSS(-3) CSS(-4) LCRED LCRED(-1)

Omitted Variables: Squares of fitted values

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Value

df

Probability

 

t-statistic

 1.231934

 52

 0.2235

 

F-statistic

 1.517662

(1, 52)

 0.2235

 

Likelihood ratio

 1.697312

 1

 0.1926

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

b. HETEROSCEDASTICITÉ DES MODÈLES

L'identification de l'hétéroscédasticité peut être faite à l'aide de plusieurs tests, par exemple les tests de Breusch-Pagan, test de Goldfeld, test de Gleisjer et test de White. Dans notre étude, nous prenons le test de Breusch-Pagan pour tester l'hétéroscédasticité, le problème du test est le suivant :

· H0 : homoscédasticité

· H1 : hétéroscédasticité

Si la probabilité associée au test est inférieure à á, on rejette l'hypothèse d'homoscédasticité (H0). En revanche, si la probabilité est supérieure à á, l'hypothèse nulle est vérifiée et nous pouvons supposer l'homoscédasticité des résidus. Avec á = 5% = seuil de significativité.

1er modèle

Heteroskedasticity Test: Breusch-Pagan-Godfrey

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

F-statistic

0.281599

    Prob. F(16,41)

0.9959

Obs*R-squared

5.742686

    Prob. Chi-Square(16)

0.9906

Scaled explained SS

13.23849

    Prob. Chi-Square(16)

0.6552

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

2e modèle

Heteroskedasticity Test: Breusch-Pagan-Godfrey

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

F-statistic

1.149335

    Prob. F(6,52)

0.3476

Obs*R-squared

6.908184

    Prob. Chi-Square(6)

0.3294

Scaled explained SS

19.63751

    Prob. Chi-Square(6)

0.0032

 
 
 
 
 

Les tableaux ci-dessus nous renseignent l'absence d'autocorrélation des erreurs dans les deux modèles, l'absenced'hétéroscédasticité des modèles estimés. Ce qui confirme que nos deux modèles sont bien spécifiés.

c. STABILITE DES MODELES

Le test CUSUM permet d'étudier la stabilité structurelle du modèle estimé au cours du temps.
Ce test nous a permis de voir si les modèles estimés sont stables pendant les années d'étude.
L'hypothèse nulle est un modèle structurellement stable contre l'hypothèse alternative qui
stipule un modèle structurellement instable.

1er modèle et 2e modèle

Test de Cusum

Si la courbe sort du corridor, il y a instabilité du modèle. Ici, nous constatons que les courbes de nos deux modèles nesortent pas des bandes des corridors. Ainsi, nous concluons que les modèles sont stables au seuil de5% sur toute la période.

3.4.3. INTERPRETATIONS DES MODELES

1er Modèle (relations entre le niveau de crédit et les instruments de la politique monétaire)

Substituted Coefficients:

=========================

LCRED = 0.969759093722*LCRED(-1) + 0.0642003039652*LRO + 0.0385245145212*LRO(-1) + 0.0499266415973*LRO(-2) + 0.111980908804*LRO(-3) -0.4737983248511*LRO(-4) + 0.00734819513439*LTXDIR + 0.041440804949*LTXDIR(-1) + 0.0117813890311*LTXDIR(-2) + 0.017942185718*LTXDIR(-3) - 0.0942942243976*LTXDIR(-4) - 0.0221887452012*LBNBCC - 0.0087594384803*LBNBCC(-1) - 0.00241590063548*LBNBCC(-2) - 0.00785693309401*LBNBCC(-3) - 0.0228167877102*LBNBCC(-4) - 0.00469659419271*LBNBCC(-5) + 0.485753224554

Il ressort du premier modèle que :

- Le niveau de crédit accordé à l'économie par le système financier en RDC est expliqué par son niveau antérieur avec un retard d'un trimestre. Donc une variation antérieure d'un trimestre de 1 point explique la variation actuelle pour l'ordre de 0,9 (~1) point.

- Une augmentation d'un point du niveau du coefficient de réserve obligatoire antérieur de quatre trimestres (une année) explique une variation négative actuelle du niveau des crédits de -0.5 point.

- Pour le taux directeur, son augmentation d'un point, quatre trimestres dans le passé (une année) explique une variation négative de -0.1 point du niveau des crédits actuels.

- Une augmentation de l'ordre d'un point du taux du Bon BCC quatre trimestres auparavant explique une variation négative de -0.2 point du niveau des crédits actuels.

Le crédit dans le système financier congolais est mieux expliqué par luis même à très court terme. Pour ce qui est des instruments de la politique monétaire, le coefficient de réserve obligatoire est la variable qui explique le mieux le niveau de crédit. Cela avec retard de quatre trimestres.

En outre, le fait que les variations pour des périodes moins courtes (un trimestre ou deux) des instruments de la politique monétaire soient positives et varient dans le même sens que le niveau des crédits peut paraitre anormal. Cela du fait que la théorie préconise que ces dernières (taux directeur, coefficient de réserve obligatoire) évoluent en sens inverse avec le niveau de la masse monétaire. Cette situation peut s'expliquer par le temps d'adaptation du système financier. En effet, la Banque Centrale du Congo, en fixant un taux de coefficient de réserve obligatoire élevé, n'affectera pas le niveau des crédits accordé à l'économie par le système financier directement, les effets ne pourront qu'être retardés suite au temps d'adaptation. Donc à très court terme (moins d'un an), la politique monétaire n'a pas d'effets sur le niveau des crédits, c'est le crédit lui-même qui s'explique. Elle (la politique monétaire) affecte ce dernier en moyenne après une durée d'une année environ.

2e Modèle (relations entre le niveau de crédit et croissance économique)

Substituted Coefficients:

=========================

CSS = 0.395415545489*CSS(-1) + 0.16256347649*CSS(-2) + 0.0810299297468*CSS(-3) - 0.471223407058*CSS(-4) + 1.77300515761*LCRED - 1.78637928426*LCRED(-1)

Il ressort du second modèle que :

- Le niveau de croissance à l'instant présent est expliqué par des taux de croissance antérieurs. Une variation de l'ordre d'un point dans le passé (un trimestre) explique une variation positive de 0.4 point dans le présent.

- Pour le niveau des crédits accordés à l'économie, une augmentation d'un point de ce dernier dans l'instant présent explique l'augmentation de 1.8 points du taux de croissance. Mais une majoration d'un point de ce dernier un trimestre auparavant explique une réduction de -1.8 du PIB dans le présent. De ce fait dans l'espace d'un trimestre, les deux effets s'annulent et en définitive, le niveau de crédit n'a pas d'impact considérable sur le taux de croissance.

RESUME

Notre étude consistait à évaluer l'incidence de la politique monétaire dans la variation du PIB. Pour ce faire, nous avons analysé cette relation en passant par le canal étroit du crédit. Nous avons opté pour ce dernier, premièrement (de façon spécifique) car la Banque Centrale du Congo n'use pas du canal large du crédit (du bilan) du fait que les marchés des capitaux ne sont pas développés dans le pays. Deuxièmement nous avons opté pour le canal du crédit (de façon générale, comparativement aux autres canaux) car il exprime directement le niveau de la demande (de consommation et d'investissement) même si elle n'est pas totale. Mais également dans le but de limiter notre travail (se limiter en un seul point pour ne pas le rendre exhaustif).

Pour déterminer l'apport de la politique monétaire dans la croissance économique, notre analyse empirique a été faite en deux étapes.

En premier lieu, nous avons évalué si la politique monétaire de la Banque Centrale du Congo avait de l'impact sur le niveau de crédit accordé à l'économie congolaise. Après analyse économétrique, il s'est avéré que le résultat était positif. Les instruments de la politique monétaire (taux de réserve obligatoire, taux directeur et coefficient de réserve obligatoire) menée par la BCC influence le niveau de crédit à l'économie (plus de 90%) cela avec effets retardés d'environ quatre trimestres en moyenne. A très court terme le crédit est expliqué par lui-même.

Deuxièmement, nous avons cherché à voir si la politique monétaire de la Banque Centrale du Congo en passant par les crédits (que cette dernière influence) avait de l'impact sur la variation de la production. Après analyse économétrique, il s'est avéré que l'apport des crédits à la croissance économique n'était pas significatif. La politique monétaire menée par la BCC n'influence pas le niveau de la production. Cela du fait que la croissance économique en R.D.Congo est plus portée par d'autres facteurs tels que le secteur minier (les exportations) ou encorela politique budgétaire.

Comme résultat général de notre étude, la politique monétaire de la BCC n'a pas d'incidence considérable par son canal du crédit sur les variations du produit intérieur brut en République Démocratique du Congo. Elle impacte les crédits mais ces dernier quant à eux n'ont qu'une incidence minime sur la croissance économique. Cela peut être expliqué par la faible dynamique du système bancaire (faible taux de bancarisation) et le niveau élevé de l'économie informelle.

3.5. DISCUTIONS DES RESULTATS

Nos résultats vont dans le même sens que la théorie keynésienne (1923) et celle de la synthèse classico-keynésienne du fait que ces dernières préconisent que le taux d'intérêt à un effet sur le niveau de la masse monétaire. Car la Banque Centrale du Congo, comme le montrent nos résultats, influence le niveau des crédits accordés à l'économie et donc la masse monétaire.

En outre, nos résultats confirment l'hypothèse de Friedman, car selon lui la demande de monnaie est faiblement élastique au taux d'intérêt dont les variations n'ont que peu d'impact sur la demande globale. La demande globale étant un déterminant de la croissance, la BCC ne l'influence pas de façon considérable comme l'ont attesté nos résultats, la politique monétaire via ses instruments n'a pas d'incidence sur la croissance en R.D.Congo.

Pour ce qui est des autres travaux empiriques, KIBABELA P. R. (2009) affirme que la politique monétaire de la BCC est inefficace. Le caractère inopérant de la politique monétaire sur le secteur réel en République Démocratique du Congo découle du mauvais agencement des instruments directs et indirects (mauvaise politique d'encadrement des crédits, absence de la politique d'Open Market). Ses résultats ne vont pas totalement dans le même sens que les nôtres, car la politique monétaire de la BCC n'est pas totalement inefficace du fait qu'elle agit sur le niveau des crédits. Ses difficultés à affecter de façon considérable la demande globale réside dans le fait que le niveau de bancarisation est trop faible et la part du secteur informelle dans l'économie nationale est élevée.

BAHATI, R. (2010) est parti quant à lui d'un constat selon lequel la politique monétaire à travers ses objectifs a eu une incidence sur la croissance économique dans l'ensemble du pays au moment où celui-ci venait de traverser une grande période de conflit armé dans certaines provinces. En outre, la dollarisation de l'espace monétaire engendre une dépréciation de la monnaie nationale. Tous ces facteurs rendent la politique de réforme monétaire en R.D.Congo moins influente sur les agrégats économiques du pays. Ses résultats vont presque dans le même sens que les nôtres du fait que dans les deux cas, ce sont des facteurs exogènes ou quasi-exogènes qui rendent la politique monétaire inefficace.

3.6. RECOMMANDATIONS

L'importance de notre recherche n'est pas seulement de rendre compte de l'incidence de la politique monétaire sur la croissance économique en RDC, mais aussi de formuler des recommandations à la lumière desrésultats obtenus.

Parmi les éléments qui rendent inefficace l'apport de la politique monétaire sur la croissance, de façon spécifique et la politique monétaire en général, nous pouvons citer : le niveau de dollarisation élevé (85,7%), la dominance budgétaire, l'illusion de l`indépendance de la politique monétaire, le niveau élevé de l`économie informelle, la faible dynamique du système bancaire et l'absence d`un bon état du système financier.

Les autorités de la politique monétaire doivent, quant à elles, prendre des mesures pour la réduction de la dollarisation (dedollarisation) par exemple en exigent aux commerçants de ne ventre qu'en monnaie nationale (le CDF) ; familiariser les agents économiques aux banques commerciales (stimuler les agents économiques à la culture bancaire), augmenter la taille du marché monétaire et encourager laconcurrence, dynamiser la production domestique, développer un marché des titres, développer l`architecture du système financier, etc.

En outre, la politique monétaire est très fragile, on ne peut laisser à elle seule de
booster l`économie congolaise, l`économie doit se développer pour permettre à la politique monétaire debien exercer son travail et assurer une croissance durable à long terme.

CONCLUSION PARTIELLE

Dans ce chapitre nous avons établi la causalité au sens de Granger et modéliser premièrement la relation entre instruments de la politique monétaire et le niveau des crédits à l'économie, puis celle entre le niveau des crédits et la croissance économique en R.D.Congo par le modèle ARIMA.

Ensuite nous avons présenté nos différents résultats, avant de les discuter par rapport, premièrement aux théories économiques (de Keynes et Friedman) et deuxièmement aux autres travaux empiriques cités dans l'introduction.

En définitive, nous avons trouvé que la politique monétaire avait un impact sur le niveau des crédits accordés à l'économie mais pas sur la croissance économique. En outre, les instruments de la politique monétaire s'adaptent en fonction du niveau de croissance.

CONCLUSION GENERALE

Nous voici donc au terme de notre étude qui s'était assignée comme objectif de percevoir l'incidence de la politique monétaire sur la croissance économique en République Démocratique du Congo en utilisant des données trimestrielles pour la périodeallant de 2003 à 2018, via le canal de transmission du crédit (étroit).

Ce travail est compartimenté en trois chapitres hormis l'introduction et la conclusion :

Dans le premier chapitre, nous avons eu à présenter les différentes théories et notions économiques en rapport avec la politique monétaire et la croissance économique. Nous avons également expliqué de façon théorique les liens pouvant exister entre la politique monétaire et la croissance économique.

Au second chapitre nous avons présenté la situation monétaire en République Démocratique du Congo pour la période sous-étude et les performances économiques.

Et pour finir, au troisième chapitre, nous avons procédé à l'évaluation de l'incidence qu'a la politique monétaire de la BCC sur la croissance. Pour ce faire, nous avons usé de l'économétrie.

Nous sommes partis de l'observation selon laquelle la politique monétaire en R.D.Congo pourrait avoir un impact positif sur le niveau de production. En usant de façon optimale du canal de crédit, elle se donnera les moyens d'influencer considérablement la demande globale et donc le niveau de production pour l'ensemble du pays. C'est ainsi que sont nées en nous ces quelques interrogations : Quel est apport total de la politique monétaire menée par la BCC dans l'évolution du PIB en R.D.Congo ? Quels pourraient être les éléments qui limitent les effets de cette dernière? A ces interrogations nous avons estimé que la politique monétaire n'a pas d'impact considérable sur la production. En outre, ses actions seraient limitées par une forte dollarisation de l'économie, un faible taux de bancarisation et une forte prédominance du secteur informelle. De fait, en résolvant ces problèmes, elle peut grandement impacter l'économie réelle de façon positive.

Pour vérifier ces hypothèses, nous avons fait usage des méthodes systémique, inductive et démonstrative soutenues par les techniques d'observation directe et documentaire.

Nous avons développé dans le cadre de cette étude deux modèles économétriques basés sur le modèle ARIMA afin de nous rendre compte de la causalité au sens de Granger de cesdeux variables principales que sont la politique monétaire et la croissance économique.

Lalittérature économique, via le modèle IS-LM, confirme le fait que la politique monétaire par l'intermédiaire du taux d'intérêt peut avoir de l'effet sur la sphère réelle.

Pour ce qui a été de notreétude, nous l'avons faite en utilisant deux modèles. Le premier a évalué les effets des instruments de la politique monétaire de la BCC, à savoir : le taux directeur, le coefficient de réserve obligatoire et le Bon BCC sur le niveau des crédits accordés à l'économie. Le second, quant à lui, s'est chargé d'évaluer l'incidence des crédits accordés à l'économie sur la variation de la production.

Les résultats de notre première analyse ont été positifs, il en est sorti que la politique monétaire de la Banque Centrale du Congo avait un impact via ses instruments sur le niveau des crédits accordés à l'économie. Notre modèle après avoir subi différents tests économétriques s'est avéré optimal et explicatif. Les variations du taux directeur, du coefficient de réserve obligatoire ou encore du Bon BCC influencent en sens inverse le niveau de crédits accordés à l'économie dans un délai de quatre trimestres. Cela s'explique par le fait qu'à très court terme (moins d'une année) le niveau des crédits est expliqué par lui-même et qu'il faut toujours un temps d'adaptation pour les banques commerciales afin d'appliquer les nouvelles normes.

Les résultats de notre deuxième et principale analyse ont étés quant à eux négatifs, il en est sorti que la politique monétaire de la Banque Centrale du Congo n'avait pas d'impact majeur sur le taux de croissance économique. Malgré le fait que notre second modèle après avoir subi différents tests économétriques s'est avéré optimal. Le lien de causalité entre les deux variables n'a pas été significatif. La croissance économique serait donc mieux expliquée par d'autres facteurs tels que l'extraction minière. En outre, cette faible incidence de la politique monétaire peut-être expliquée par le faible taux de bancarisation, le pays n'a pas une grande culture bancaire, également le niveau élevé du secteur informel. Ce qui réduit le champ d'action via le canal étroit du crédit de la politique monétaire menée par la Banque Centrale du Congo.

Ces résultats confirment nos hypothèses.

La politique monétaire menée par la BCC pourrait avoir un apport considérable sur la croissance économique, le fait qu'elle influence le niveau des crédits accordés à l'économie est d'ores et déjà un point positif. En développant le système financier dans le pays et en l'élargissant, la politique monétaire pourrait agrandir son champ d'action et influencer mieux l'activité réelle.

Il faut signaler que la politique monétaire en République Démocratique du Congo est sur une dynamique positive. De jour en jour, elle devient de plus en plus indépendante et tend à réaliser les objectifs qu'elle se fixe à différents niveaux.

Pour clore ce travail, disons que c'est ici son aboutissement heureux d'un long et difficile parcours jonché d'embuches et d'obstacles de toutes sortes ; de ce fait, nous ne prétendons pas avoir épuisé notre étude, c'est pourquoi nous prions le lecteur attentif d'être indulgent pour les erreurs et omissions éventuelles, notre responsabilité de chercheur restant pleine, toutes les remarques et suggestions seront les bienvenues pour pallier aux dites lacunes.

Bibliographie

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Mankiw, G. N., (2016). Macroéconomie. Paris: Nouveaux Horizons.

Mishkin, F., (1996). Les mécanismes de transmission de la politique monétaire.Nouveaux Horizons.

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2. ARTICLES

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5. RAPPORTS

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6. SITES WEB

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www.memoireonline.com

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www.researchgate.net

www.wikipedia.org

7. DICTIONNAIRES

Dictionnaire 36. 2018. dictionnaire et recueils de correspondances.

Dictionnaire Le Petit Larousse 2010.

Annexes

A. ANALYSE DE LA STATIONARITE

A.1 CSS (Croissance économique)

CSS à niveau sans tendance ni constance

Null Hypothesis: CSS has a unit root

 

Exogenous: None

 
 

Lag Length: 9 (Automatic - based on SIC, maxlag=10)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

t-Statistic

  Prob.*

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Augmented Dickey-Fuller test statistic

-0.959149

 0.2973

Test critical values:

1% level

 

-2.608490

 
 

5% level

 

-1.946996

 
 

10% level

 

-1.612934

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

 

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

 

Dependent Variable: D(CSS)

 
 

Method: Least Squares

 
 

Date: 09/17/19 Time: 02:05

 
 

Sample (adjusted): 2005Q3 2018Q4

 

Included observations: 54 after adjustments

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

CSS(-1)

-0.010602

0.011054

-0.959149

0.3427

D(CSS(-1))

0.703874

0.132994

5.292526

0.0000

D(CSS(-2))

0.146384

0.139140

1.052061

0.2985

D(CSS(-3))

0.042183

0.141077

0.299009

0.7663

D(CSS(-4))

-0.973929

0.146505

-6.647737

0.0000

D(CSS(-5))

0.705037

0.178102

3.958602

0.0003

D(CSS(-6))

0.073763

0.140533

0.524880

0.6023

D(CSS(-7))

0.012824

0.141675

0.090517

0.9283

D(CSS(-8))

-0.711354

0.157091

-4.528291

0.0000

D(CSS(-9))

0.537907

0.147490

3.647070

0.0007

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

R-squared

0.658426

    Mean dependent var

-0.084740

Adjusted R-squared

0.588559

    S.D. dependent var

0.785433

S.E. of regression

0.503805

    Akaike info criterion

1.632322

Sum squared resid

11.16807

    Schwarz criterion

2.000653

Log likelihood

-34.07270

    Hannan-Quinn criter.

1.774373

Durbin-Watson stat

2.079698

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

CSS en différence première sans tendance ni constance

Null Hypothesis: D(CSS) has a unit root

 

Exogenous: None

 
 

Lag Length: 8 (Automatic - based on SIC, maxlag=10)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

t-Statistic

  Prob.*

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Augmented Dickey-Fuller test statistic

-1.963887

 0.0482

Test critical values:

1% level

 

-2.608490

 
 

5% level

 

-1.946996

 
 

10% level

 

-1.612934

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

 

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

 

Dependent Variable: D(CSS,2)

 
 

Method: Least Squares

 
 

Date: 09/17/19 Time: 02:08

 
 

Sample (adjusted): 2005Q3 2018Q4

 

Included observations: 54 after adjustments

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

D(CSS(-1))

-0.476197

0.242477

-1.963887

0.0557

D(CSS(-1),2)

0.185175

0.208146

0.889638

0.3784

D(CSS(-2),2)

0.327944

0.203201

1.613890

0.1135

D(CSS(-3),2)

0.363175

0.202131

1.796732

0.0791

D(CSS(-4),2)

-0.618014

0.203596

-3.035495

0.0040

D(CSS(-5),2)

0.092137

0.142927

0.644643

0.5224

D(CSS(-6),2)

0.164409

0.142061

1.157314

0.2533

D(CSS(-7),2)

0.173627

0.143861

1.206910

0.2338

D(CSS(-8),2)

-0.540790

0.147328

-3.670646

0.0006

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

R-squared

0.648513

    Mean dependent var

-0.011007

Adjusted R-squared

0.586027

    S.D. dependent var

0.782330

S.E. of regression

0.503357

    Akaike info criterion

1.615978

Sum squared resid

11.40158

    Schwarz criterion

1.947475

Log likelihood

-34.63141

    Hannan-Quinn criter.

1.743824

Durbin-Watson stat

2.068400

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

A.2 LBNBCC (taux du Bon BCC)

LBNBCC à niveau sans tendance ni constance

Null Hypothesis: LBNBCC has a unit root

 

Exogenous: None

 
 

Lag Length: 9 (Automatic - based on SIC, maxlag=10)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

t-Statistic

  Prob.*

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Augmented Dickey-Fuller test statistic

-1.168533

 0.2185

Test critical values:

1% level

 

-2.608490

 
 

5% level

 

-1.946996

 
 

10% level

 

-1.612934

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

 

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

 

Dependent Variable: D(LBNBCC)

 
 

Method: Least Squares

 
 

Date: 09/17/19 Time: 02:13

 
 

Sample (adjusted): 2005Q3 2018Q4

 

Included observations: 54 after adjustments

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

LBNBCC(-1)

-0.025168

0.021538

-1.168533

0.2489

D(LBNBCC(-1))

0.696219

0.135485

5.138701

0.0000

D(LBNBCC(-2))

0.167748

0.142478

1.177360

0.2454

D(LBNBCC(-3))

0.058949

0.144696

0.407396

0.6857

D(LBNBCC(-4))

-1.081963

0.144538

-7.485668

0.0000

D(LBNBCC(-5))

0.756907

0.187162

4.044130

0.0002

D(LBNBCC(-6))

0.103419

0.143303

0.721683

0.4743

D(LBNBCC(-7))

0.029240

0.144028

0.203016

0.8401

D(LBNBCC(-8))

-0.615956

0.142829

-4.312548

0.0001

D(LBNBCC(-9))

0.430058

0.136170

3.158253

0.0029

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

R-squared

0.693985

    Mean dependent var

-0.031418

Adjusted R-squared

0.631391

    S.D. dependent var

0.615837

S.E. of regression

0.373894

    Akaike info criterion

1.035886

Sum squared resid

6.151052

    Schwarz criterion

1.404217

Log likelihood

-17.96893

    Hannan-Quinn criter.

1.177937

Durbin-Watson stat

2.053745

 
 
 

LBNBCC en différence première avec tendance et constance

Null Hypothesis: D(LBNBCC) has a unit root

 

Exogenous: None

 
 

Lag Length: 8 (Automatic - based on SIC, maxlag=10)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

t-Statistic

  Prob.*

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Augmented Dickey-Fuller test statistic

-2.348632

 0.0195

Test critical values:

1% level

 

-2.608490

 
 

5% level

 

-1.946996

 
 

10% level

 

-1.612934

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

 

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

 

Dependent Variable: D(LBNBCC,2)

 

Method: Least Squares

 
 

Date: 09/17/19 Time: 02:21

 
 

Sample (adjusted): 2005Q3 2018Q4

 

Included observations: 54 after adjustments

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

D(LBNBCC(-1))

-0.573021

0.243981

-2.348632

0.0233

D(LBNBCC(-1),2)

0.260374

0.208728

1.247431

0.2187

D(LBNBCC(-2),2)

0.414989

0.205627

2.018160

0.0496

D(LBNBCC(-3),2)

0.455124

0.206955

2.199141

0.0330

D(LBNBCC(-4),2)

-0.648925

0.205470

-3.158245

0.0028

D(LBNBCC(-5),2)

0.095886

0.139867

0.685551

0.4965

D(LBNBCC(-6),2)

0.194367

0.139627

1.392043

0.1708

D(LBNBCC(-7),2)

0.214097

0.140790

1.520686

0.1353

D(LBNBCC(-8),2)

-0.415180

0.136122

-3.050046

0.0038

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

R-squared

0.702631

    Mean dependent var

-0.012906

Adjusted R-squared

0.649765

    S.D. dependent var

0.634345

S.E. of regression

0.375409

    Akaike info criterion

1.029411

Sum squared resid

6.341940

    Schwarz criterion

1.360908

Log likelihood

-18.79410

    Hannan-Quinn criter.

1.157257

Durbin-Watson stat

2.022600

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

A.3 LCRED (niveau des crédits accordés à l'économie)

LCRED à niveau avec constance sans tendance

Null Hypothesis: LCRED has a unit root

 

Exogenous: Constant

 
 

Lag Length: 8 (Automatic - based on SIC, maxlag=10)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

t-Statistic

  Prob.*

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Augmented Dickey-Fuller test statistic

-4.357775

 0.0009

Test critical values:

1% level

 

-3.555023

 
 

5% level

 

-2.915522

 
 

10% level

 

-2.595565

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

 

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

 

Dependent Variable: D(LCRED)

 
 

Method: Least Squares

 
 

Date: 09/17/19 Time: 02:26

 
 

Sample (adjusted): 2005Q2 2018Q4

 

Included observations: 55 after adjustments

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

LCRED(-1)

-0.036544

0.008386

-4.357775

0.0001

D(LCRED(-1))

0.446521

0.128657

3.470638

0.0012

D(LCRED(-2))

0.199485

0.144189

1.383496

0.1733

D(LCRED(-3))

0.102486

0.145439

0.704666

0.4846

D(LCRED(-4))

-1.004966

0.137742

-7.295978

0.0000

D(LCRED(-5))

0.314475

0.138369

2.272720

0.0279

D(LCRED(-6))

0.139659

0.145536

0.959621

0.3424

D(LCRED(-7))

0.076717

0.144429

0.531178

0.5979

D(LCRED(-8))

-0.447108

0.129838

-3.443576

0.0013

C

0.594038

0.130801

4.541552

0.0000

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

R-squared

0.732942

    Mean dependent var

0.067449

Adjusted R-squared

0.679530

    S.D. dependent var

0.079739

S.E. of regression

0.045140

    Akaike info criterion

-3.195125

Sum squared resid

0.091693

    Schwarz criterion

-2.830155

Log likelihood

97.86593

    Hannan-Quinn criter.

-3.053988

F-statistic

13.72252

    Durbin-Watson stat

1.841220

Prob(F-statistic)

0.000000

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

A.4 LRO (taux du coefficient de réserve obligatoire)

LRO à niveau avec tendance et constance

Null Hypothesis: LRO has a unit root

 

Exogenous: Constant, Linear Trend

 

Lag Length: 9 (Automatic - based on SIC, maxlag=10)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

t-Statistic

  Prob.*

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Augmented Dickey-Fuller test statistic

-3.493347

 0.0502

Test critical values:

1% level

 

-4.137279

 
 

5% level

 

-3.495295

 
 

10% level

 

-3.176618

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

 

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

 

Dependent Variable: D(LRO)

 
 

Method: Least Squares

 
 

Date: 09/17/19 Time: 02:27

 
 

Sample (adjusted): 2005Q3 2018Q4

 

Included observations: 54 after adjustments

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

LRO(-1)

-0.111596

0.031945

-3.493347

0.0011

D(LRO(-1))

0.662966

0.115537

5.738135

0.0000

D(LRO(-2))

0.169449

0.099603

1.701245

0.0963

D(LRO(-3))

0.116711

0.100497

1.161341

0.2521

D(LRO(-4))

-1.059319

0.102859

-10.29874

0.0000

D(LRO(-5))

0.758620

0.148938

5.093517

0.0000

D(LRO(-6))

0.094570

0.097681

0.968153

0.3385

D(LRO(-7))

0.061263

0.098127

0.624321

0.5358

D(LRO(-8))

-0.673348

0.102087

-6.595801

0.0000

D(LRO(-9))

0.495259

0.104962

4.718456

0.0000

C

0.135205

0.031029

4.357351

0.0001

@TREND("2003Q1")

0.002530

0.000961

2.631447

0.0118

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

R-squared

0.850510

    Mean dependent var

0.036746

Adjusted R-squared

0.811358

    S.D. dependent var

0.074937

S.E. of regression

0.032547

    Akaike info criterion

-3.819108

Sum squared resid

0.044492

    Schwarz criterion

-3.377112

Log likelihood

115.1159

    Hannan-Quinn criter.

-3.648648

F-statistic

21.72321

    Durbin-Watson stat

2.251481

Prob(F-statistic)

0.000000

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


LRO en différence première sans tendance ni constance

Null Hypothesis: D(LRO) has a unit root

 

Exogenous: None

 
 

Lag Length: 8 (Automatic - based on SIC, maxlag=10)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

t-Statistic

  Prob.*

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Augmented Dickey-Fuller test statistic

-1.017734

 0.2740

Test critical values:

1% level

 

-2.608490

 
 

5% level

 

-1.946996

 
 

10% level

 

-1.612934

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

 

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

 

Dependent Variable: D(LRO,2)

 
 

Method: Least Squares

 
 

Date: 09/17/19 Time: 02:29

 
 

Sample (adjusted): 2005Q3 2018Q4

 

Included observations: 54 after adjustments

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

D(LRO(-1))

-0.126813

0.124603

-1.017734

0.3142

D(LRO(-1),2)

0.051206

0.128605

0.398163

0.6924

D(LRO(-2),2)

0.129846

0.127159

1.021135

0.3126

D(LRO(-3),2)

0.146242

0.127933

1.143115

0.2590

D(LRO(-4),2)

-1.026712

0.129354

-7.937200

0.0000

D(LRO(-5),2)

0.030763

0.101845

0.302051

0.7640

D(LRO(-6),2)

0.079529

0.101208

0.785804

0.4361

D(LRO(-7),2)

0.087908

0.102246

0.859767

0.3945

D(LRO(-8),2)

-0.659730

0.103499

-6.374284

0.0000

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

R-squared

0.790180

    Mean dependent var

-0.000154

Adjusted R-squared

0.752879

    S.D. dependent var

0.076791

S.E. of regression

0.038174

    Akaike info criterion

-3.542319

Sum squared resid

0.065576

    Schwarz criterion

-3.210822

Log likelihood

104.6426

    Hannan-Quinn criter.

-3.414474

Durbin-Watson stat

2.219603

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


LRO en différence seconde sans tendance ni constance

Null Hypothesis: D(LRO,2) has a unit root

 

Exogenous: None

 
 

Lag Length: 7 (Automatic - based on SIC, maxlag=10)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

t-Statistic

  Prob.*

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Augmented Dickey-Fuller test statistic

-6.768039

 0.0000

Test critical values:

1% level

 

-2.608490

 
 

5% level

 

-1.946996

 
 

10% level

 

-1.612934

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

 

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

 

Dependent Variable: D(LRO,3)

 
 

Method: Least Squares

 
 

Date: 09/17/19 Time: 02:31

 
 

Sample (adjusted): 2005Q3 2018Q4

 

Included observations: 54 after adjustments

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

D(LRO(-1),2)

-2.665969

0.393906

-6.768039

0.0000

D(LRO(-1),3)

1.629761

0.364543

4.470693

0.0001

D(LRO(-2),3)

1.672494

0.319914

5.227955

0.0000

D(LRO(-3),3)

1.730753

0.266811

6.486807

0.0000

D(LRO(-4),3)

0.614808

0.216756

2.836413

0.0068

D(LRO(-5),3)

0.607945

0.190346

3.193890

0.0025

D(LRO(-6),3)

0.649365

0.150760

4.307267

0.0001

D(LRO(-7),3)

0.698734

0.096179

7.264933

0.0000

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

R-squared

0.917909

    Mean dependent var

-0.002715

Adjusted R-squared

0.905417

    S.D. dependent var

0.124173

S.E. of regression

0.038189

    Akaike info criterion

-3.556600

Sum squared resid

0.067085

    Schwarz criterion

-3.261936

Log likelihood

104.0282

    Hannan-Quinn criter.

-3.442959

Durbin-Watson stat

2.259729

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


A.5 LTXDIR (taux directeur)

LTXDIR à niveau sans tendance ni constance

Null Hypothesis: LTXDIR has a unit root

 

Exogenous: None

 
 

Lag Length: 5 (Automatic - based on SIC, maxlag=10)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

t-Statistic

  Prob.*

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Augmented Dickey-Fuller test statistic

-1.012808

 0.2762

Test critical values:

1% level

 

-2.605442

 
 

5% level

 

-1.946549

 
 

10% level

 

-1.613181

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

 

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

 

Dependent Variable: D(LTXDIR)

 
 

Method: Least Squares

 
 

Date: 09/17/19 Time: 02:33

 
 

Sample (adjusted): 2004Q3 2018Q4

 

Included observations: 58 after adjustments

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

LTXDIR(-1)

-0.008530

0.008422

-1.012808

0.3158

D(LTXDIR(-1))

0.705277

0.128163

5.502965

0.0000

D(LTXDIR(-2))

0.176527

0.138348

1.275965

0.2076

D(LTXDIR(-3))

0.052633

0.140325

0.375079

0.7091

D(LTXDIR(-4))

-0.587642

0.138541

-4.241661

0.0001

D(LTXDIR(-5))

0.389492

0.129765

3.001521

0.0041

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

R-squared

0.591583

    Mean dependent var

-0.006143

Adjusted R-squared

0.552313

    S.D. dependent var

0.257431

S.E. of regression

0.172245

    Akaike info criterion

-0.582097

Sum squared resid

1.542759

    Schwarz criterion

-0.368948

Log likelihood

22.88081

    Hannan-Quinn criter.

-0.499071

Durbin-Watson stat

2.010728

 
 
 
 
 
 
 
 

LTXDIR en différence sans tendance ni constance

Null Hypothesis: D(LTXDIR) has a unit root

 

Exogenous: None

 
 

Lag Length: 4 (Automatic - based on SIC, maxlag=10)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

t-Statistic

  Prob.*

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Augmented Dickey-Fuller test statistic

-2.259952

 0.0242

Test critical values:

1% level

 

-2.605442

 
 

5% level

 

-1.946549

 
 

10% level

 

-1.613181

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

 

Augmented Dickey-Fuller Test Equation

 

Dependent Variable: D(LTXDIR,2)

 

Method: Least Squares

 
 

Date: 09/17/19 Time: 02:35

 
 

Sample (adjusted): 2004Q3 2018Q4

 

Included observations: 58 after adjustments

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

D(LTXDIR(-1))

-0.293286

0.129775

-2.259952

0.0280

D(LTXDIR(-1),2)

-0.000615

0.132686

-0.004634

0.9963

D(LTXDIR(-2),2)

0.174680

0.132134

1.321988

0.1918

D(LTXDIR(-3),2)

0.221553

0.132890

1.667198

0.1014

D(LTXDIR(-4),2)

-0.376137

0.129124

-2.912978

0.0052

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

R-squared

0.400110

    Mean dependent var

-0.008671

Adjusted R-squared

0.354835

    S.D. dependent var

0.214495

S.E. of regression

0.172287

    Akaike info criterion

-0.597045

Sum squared resid

1.573193

    Schwarz criterion

-0.419421

Log likelihood

22.31431

    Hannan-Quinn criter.

-0.527857

Durbin-Watson stat

1.989906

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


B. Autres Variables

Années

PIB en millions de CDF (taux de constants 2010)

taux de change

Balance Commerciale (en Millions d'USD)

Masse monétaire (en Millions de CDF

Crédits accordés aux entreprises et ménages (en millions de CDF)

Taux directeur

taux Bons BCC (annuel) à 7 jours

Coefficient de réserve obligatoire Dépôt en ME

Coefficient de réserve obligatoire Dépôt en MN

2000

12 374 634,88

21,82

571

23558

2 656

-

-

-

-

2001

12 114 746,14

206,62

613

77144

14 744

-

-

-

-

2002

12 471 860,41

346,48

721,9

98833

17 369

-

-

-

-

2003

13 167 518,62

405

917,8

130 119

39 026

8

4

2

2

2004

14 054 795,26

398,3

-92,6

222 227

73 794

14

11

2

2

2005

14 917 078,19

473,8

-201,2

277 111

113 863

 28,80

24,75

2

2

2006

15 710 812,88

468

-675,6

436 922

183 469

 40,00

41

4

4

2007

16 694 227,71

516,7

-350

658 834

278 438

 25,50

15,5

4

4

2008

17 733 592,68

561,1

144

1 041 377

598 484

40

33,16

5

5

2009

18 239 898,10

806,5

-578

1 543 536

546 700

70

68,27

7

7

2010

19 536 385,79

905,9

435,4

2 009 609

815 367

22

18,16

7

7

2011

20 879 448,01

919,4

556,3

2 443 614

1 217 875

20

15,24

7

7

2012

22 359 153,40

919,4

66,1

2 952 900

1 661 610

4

0,2

7

7

2013

24 255 647,09

919,7

804,5

3 493 216

2 093 524

2

1,72

8

7

2014

26 552 726,75

925,2

-385,1

3 965 647

2 240 450

2

1,82

8

0

2015

28 389 163,20

926

-289,8

4 355 824

2 326 986

2

0,47

8

0

2016

29 070 326,85

1 010,30

-263,3

5 337 764

3 511 916

7

4,22

12

2

2017

30 153 762,71

1 465,90

208,2

7 609 896

3 925 185

20

15,13

12

2

2018

31 889 996,09

1622,52

208,3

9 489 071

-

 14,00

8,09

13

2

MN = Monnaie Nationale, ME = Monnaie étrangère

Source: BCC et Banque mondiale

C. Evolution des taux d'intérêt

Rubriques

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

2016

2017

TAUX DÉBITEUR BCC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Banque centrale - Taux directeur

8,00

14,00

28,80

40,00

22,50

40,00

70,00

22,00

20,00

4,00

2,00

2,00

2,00

7,00

20,00

Banque centrale - Facilités permanentes

13,00

19,00

31,25

42,50

25,00

42,50

72,50

24,50

22,50

5,25

3,00

3,00

3,00

10,50

21,00

TAUX CRÉDITEUR BCC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Taux annuel des Bons BCC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

à 7 jours

4,00

11,00

24,75

41,00

15,50

33,16

68,27

18,16

15,24

0,20

1,72

1,82

0,47

4,22

15,13

à 14 jours

6,00

13,00

26,75

43,00

17,50

0,00

0,00

0,00

0,00

0,00

0,00

0,00

0,00

0,00

0,00

à 28 jours

8,00

14,00

28,75

45,00

19,50

25,50

65,00

19,10

17,32

2,13

1,63

1,58

0,51

0,00

20,00

à 84 jours

 

 

 

 

 

0,00

0,00

0,00

0,00

0,00

0,00

1,72

0,38

0,00

0,00

TAUX SUR LE MARCHÉ INTERBANCAIRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Taux moyen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5,22

1,88

1,61

1,69

2,59

15,17

Taux moyen pondéré

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4,91

1,94

1,59

1,73

2,64

14,34

TAUX D'INTÉRÊT DÉBITEUR BANQUES
COMMERCIALES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Banques commerciales - Taux crédits - MN

38,00

28,00

32,00

44,40

41,30

44,38

69,77

44,69

40,61

22,51

19,18

20,13

19,04

15,73

21,47

Banques commerciales - Taux crédits - ME

-

-

-

-

-

0,00

16,98

18,90

19,22

15,93

14,84

14,77

14,23

14,53

15,57

AUX D'INTÉRÊT CRÉDITEUR BANQUES
COMMERCIALES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Banques commerciales - Taux dépôts - MN

18,00

13,00

22,00

22,40

15,00

15,00

19,03

11,57

14,58

6,10

3,87

4,93

3,29

1,39

4,13

Banques commerciales - Taux dépôts - ME

 

 

 

 

 

 

3,55

2,87

3,30

3,35

3,19

3,47

3,18

3,15

3,64

DIFFÉRENCE ENTRE TAUX DÉBITEUR ET
CRÉDITEUR EN MN

 

 

 

 

 

29,38

50,74

33,12

26,03

16,41

15,31

15,20

15,75

14,80

17,34

COEFFICIENT DE RÉSERVES OBLIGATOIRES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dépôts à vue MN

2,00

2,00

2,00

4,00

4,00

5,00

7,00

7,00

7,00

7,00

7,00

5,00

2,00

0,00

0,00

Dépôts à terme en MN

2,00

2,00

2,00

4,00

4,00

5,00

7,00

7,00

7,00

7,00

7,00

0,00

0,00

2,00

2,00

Dépôts à vue en ME

2,00

2,00

2,00

4,00

4,00

5,00

7,00

7,00

7,00

7,00

8,00

8,00

8,00

12,00

12,00

Dépôts à terme ME

2,00

2,00

2,00

4,00

4,00

5,00

7,00

7,00

7,00

7,00

7,00

7,00

7,00

13,00

13,00

Source: Banque centrale du Congo

* 1Prix Nobel d'économie en 1987

* 2Ceci est la traduction de la règle : tous les facteurs de production sont rémunérés à la productivité marginale,l'intérêt réel étant la rémunération du capital.

* 3 La croissance extensive est la part de la croissance économique qui découle d'une augmentation des facteurs de production au sein de l'économie. Il s'agit d'augmenter la masse de production par un investissement dans le capital productif et dans l'augmentation du facteur travail.

* 4 La croissance intensive correspond à l'augmentation de la productivité du travail et du capital et à l'amélioration de la combinaison entre ces deux facteurs. Elle est plus pérenne que la croissance extensive. Ce mode de croissance est à privilégier car en augmentant la productivité par travailleur, elle contribue à l'augmentation du niveau de vie.

* 5Le taux d'intérêt réel (??), est la différence entre le taux nominal (le taux directeur ??) et le taux
d'inflation (??), pour la BCC ce taux ??est devenu négatif. ?? = ?? - ??

* 6Un taux d'intérêt négatif signifie que l'agent qui prête son argent, autrement dit la banque qui dépose unesomme sur les comptes de la banque centrale en supplément de ses réserves obligatoires, récupère in fine moinsqu'il n'a prêté, c'est-à-dire qu'il perd de l'argent.






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