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Incidence de la politique monétaire sur la croissance en république démocratique du Congo de 2003 à  2018.


par Shadrack Mashala
Université de Lubumbashi - Licence en économiie monétaire 2019
  

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1.1.1.10. L'ECOLE DE LA REGULATION ET LE REGIME D'ACCUMULATION

La théorie de régulation est le fruit d'un programme de recherches lancé à la fin des années 60. Robert Boyer (1993) rappelle que la question était de savoir « si la croissance que les pays industrialisés avaient connue depuis le lendemain de la Second guerre mondiale allait durer ». Michel Aglietta, puis Robert Boyer furent ainsi conduits à introduire la notion de régime d'accumulationafin de souligner que la généralisation de l'échange marchand pouvait rendre les crises possibles.

Durant les Trente Glorieuses, le régime d'accumulation qui s'est imposé, fût le régime fordiste. Le monde fordiste était caractérisé par une autorégulation des rapports sociaux, entre, d'une part, le mouvement ouvrier et sa représentation syndicale, et, d'autre part, un capitalisme managérial qui pouvait servir d'interlocuteur au mouvement ouvrier, parce qu'il en partageait fondamentalement les principes aspirations : protéger la firme des aléas économiques dus à la concurrence et au cycle des affaires. D'un point de vue social, le travail à la chaine pouvait se comprendre comme une manière de rendre productif les travailleurs a priori les plus démunis. La parcellisation des tâches permettait de rendre utilisable une main d'oeuvre non qualifiée. Cette intégration s'effectuait également par les plans de carrière qui protégeaient les salariés des aléas de l'existence. Le fordisme reposait ainsi sur un contrat implicite : l'obéissance (voire l'aliénation) en échange d'une protection contre les aléas de l'existence. Or c'est précisément ce contrat tacite qui a été remis en cause avec la crise du fordisme. Il n'y a plus de carrière assurée et on fait reposer sur l'individu l'effort de l'intégration dans l'entreprise. La théorie de la régulation s'est ainsi proposé de concevoir les outils qui permettraient d'analyser la crise du régime de croissance fordiste et d'imaginer le régime qui lui succéderait. La notion de régime d'accumulation a notamment permis d'introduire le concept de formes institutionnelles, définies comme la codification d'un ou plusieurs rapports sociaux fondamentaux. Robert Boyer (1986) introduit cinq formes institutionnelles (la monnaie, le rapport salarial, la concurrence, les modalités d'adhésion au régime international, l'Etat) intervenant dans la détermination du régime d'accumulation.

1.1.1.11. LA CROISSANCE ENDOGENE

Pour les tenants de la théorie de la croissanceendogène, le progrès technique ne tombe pas du ciel. La croissance est ainsi assimilée à unphénomène autoentretenu par accumulation de quatre facteurs principaux : la technologie, lecapital physique, le capital humain et le capital public. Le rythme d'accumulation de cesvariables dépend de choix économiques, c'est pourquoi on parle de théories de la croissanceendogène.

1. Le capital physique

C'est l'équipement dans lequel investit une entreprise pour la production de biens et de
services. Romer (1986) a cependant renouvelé l'analyse en proposant un modèle qui repose
sur les phénomènes d'externalitésentre les firmes : en investissant dans de nouveauxéquipements, une firme se donne les moyens d'accroître sa propre production mais égalementcelles des autres firmes concurrentes ou non. L'investissement a un double effet : il agit directement sur la croissance et indirectement sur le progrès technique.

2. La technologie

Chaque changement technique provient d'une idée mise en forme et testée. Le progrès existe,et est d'autant plus intense que le nombre de chercheurs est élevé et le stock de connaissances important. Le nombre de chercheurs dépend de la capacité du système économique à leur offrir des rentes de monopole en cas de réussite. Ainsi pour Romer, le rythme de croissance ne va pas en déclinant au fur et à mesure que l'on s'approche de l'état régulier, comme le prétendait Solow. Il dépend de la capacité des rendements croissants de la recherche à compenser les rendements décroissants de l'investissement matériel. Contrairement aux approches néoclassiques, Romer reconnaît que le marché ne suffit pas à assurer une croissance maximale à long terme. L'Etat a un rôle important à jouer, non par le biais de la dépense publique envers la recherche, mais en venant au secours des innovateurs par le biais d'une fiscalité compensatrice, de mesures juridiques incitant la recherche développement et les externalités de connaissances, de mesures anti-concurrentielles non dissuasives.

3. Le capital humain

Il a été mis en évidence par deux économistes de l'Ecole de Chicago, Theodor Schultz et Gary
Becker, et est au centre des études menées par R.E Lucas (Prix Nobel en 1995). Le capital
humain désigne l'ensemble des capacités apprises par les individus et qui accroissent leur
efficacité productive. Chaque individu est propriétaire d'un certain nombre de compétences, qu'il valorise en les vendant sur le marché du travail. Dans ce cas, l'éducation est un investissement dont l'individu attend un certain retour. Il est alors évident que la tendance à un allongement de la durée de la scolarité est une cause non négligeable de la croissance.

4. Le capital public

Il correspond aux infrastructures de communication et de transport. Elles sont au coeur du
modèle élaboré par R.J Barro. En théorie, le capital public n'est qu'une forme de capital
physique. Il résulte des investissements opérés par l'Etat et les collectivités locales. Le capital
public comprend également les investissements dans les secteurs de l'éducation et la
recherche. Tous ces travaux ont été poursuivis par Grossman et Helpman (1991), Aghion et Howitt (1992), Barro et Sala-i-Martin (1995)...Le progrès technique résulte ainsi d'un objectif fixé en recherche-développement, activité récompensée selon Schumpeter (1934) par la détention d'une forme de pouvoir monopolistique ex-post. S'il n'y a pas de tendance à l'épuisement de ces découvertes, les taux de croissance peuvent rester positifs à long terme. Dans ce cas, le taux de croissance à long terme dépend des actions des gouvernements. Les théories de la croissance endogène reposeraient donc sur l'idée que la concurrence parfaite est mortifère, et que l'activité économique a besoin de concurrence imparfaite et d'intervention publique.

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"Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d'autre"   Paul Eluard