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Communication communale et développement participatif : étude appliquée à  la commune de Soa


par Félix GENDRON MBIDA
Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS) Yaoundé - Diplôme de Conseiller Principal de Jeunesse et d'Animation en Sociologie de la Jeunesse et des Organisation 2021
  

Disponible en mode multipage

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La présente étude intitulée « Communication communale et développement participatif : étude appliquée à la Commune de Soa », a pour objet l'analyse des dimensions participatives du dispositif communicationnel mis en place dans la Commune de Soa. L'objectif poursuivi étant d'analyser lesdéterminants de la participation des populations au développement local, au regard du dispositif communicationnel mis en placeparcette commune. Cette recherche s'articule autour de la question centrale suivante : Quels sont les éléments communicationnels de la Commune de Soa qui affectent la participation optimale des populations aux initiatives de développement local ? Les données recueillies sur le terrain grâce aux entretiens, à l'enquête par questionnaires et la recherche documentaire, nous ont permis d'atteindre les résultats selon lesquels, la participation optimale des populations aux initiatives de développement local est tributaire des moyens, de l'objet et des enjeux communicationnels entrepris par la Commune de Soa à l'endroit de ses populations. En effet, nous avons tout d'abord pu établirqueles moyens de communication de cette commune ne sont pas fonctionnels et adaptés à la population, d'où son délaissement en termes de sensibilisation et de mobilisation participative. En outre, nous avons constaté que l'objet communicationnel n'est pas suffisamment orienté vers la création d'un cadre local de concertation, à cause du manque d'information publique sur la gestion locale d'une part, et d'un contraste entre les mécanismes prévus et les possibilités réelles d'intervention des populations d'autre part.Enfin, nous avons pu relever que le défaut de vulgarisation des potentialités locales et des mesures d'accompagnement des populations limite considérablement la création d'initiatives locales de développement.Fort de ces résultats significatifs, nous avons émis des suggestions assorties d'un projet professionnel visant à renforcer les capacités des acteurs de l'appareil communicationnel communal sur les dimensions participatives à adopter dans leurs stratégies de communication.

Mots clés : Communication - Participation - Développement - Commune - Soa

ABSTRACT

The present study entitled «Communal communication and participatory development: study applied to the Municipality of Soa», aims to analyse the participatory dimensions of the communication system set up in that municipality. The objective being to analyse the determinants of the participation of the populations, looking at the communication system of the municipality. This research revolves around the following central question: what are the communicational elements of the Municipality of Soa that affect the optimal participation of populations in local development initiatives? The data found on the field by the interviews, the survey by questionnaires and the documentary research, allowed us to carry out the results according to which the optimal participation of the population in the local development initiatives depends of the means, the object and the communication issues elaborated by the Municipality of Soa for its populations. Indeed, we were first able to establish that the means of communication of this municipality are not functional and adapted to the population, hence its neglect in terms of awareness and participatory mobilization. In addition, we noted that the communication object is not enough oriented towards the creation of a local consultation framework, because of the lack of transparent information in local public management on the one hand, and contrast between the mechanisms planned and the real possibilities of intervention offered to the populations on the other hand. Finally, we were able to note that the lack of popularization of local potentialities and of support measures for the population limit the gestation of local initiatives. Looking to these significant results, we have issued suggestions accompanied by a professional project aimed atstrengthening the capacities of the actors of the communal communication system on the participatory dimensions to be adopted in their communication strategies.

Keywords: Communication - Participation - Development - Municipality - Soa.

INTRODUCTION GENERALE

I. MOTIVATIONS DE L'ETUDE

Plusieurs raisons nous ont poussés à entreprendre une étude sur la communication communaleet le développement participatif dans la Commune de Soa.

Dans un premier temps, notre motivation part d'un sentiment d'appartenance à cette commune. En effet, en qualité de résident de la ville de Soa, il nous a été donné de remarquer la quasi-inexistence d'un lien de proximité entre la municipalité et les populations. En réalité, même si cette dernière est très souvent proche des populations dans le cadre de l'élaboration du Plan Communal de Développement et des campagnes électorales, elle reste toutefois distante sous l'angle de l'information publique. Par conséquent, l'on pourrait être amené à penser que les stratégies de communication de la Commune de Soa seraient plus d'orientation politique qu'institutionnelle. Dès lors, un tel état des choses laisse entrevoir une certaine marginalisation de la population locale, qui apparait désormais tel un simple instrument politique, une spectatrice de son propre développement. En tout état de cause, il est clair qu'une telle mitigation de l'information publique contribue à la détérioration du mécanisme de participation populaire pourtant prévu par le Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées (CGCTD). En effet, le législateur, à travers ce code, donne la possibilité à tout citoyen de formuler à l'intention de l'Exécutif communal toutes propositions tendant à impulser le développement de la Collectivité Territoriale Décentralisée (CTD), ou à améliorer son fonctionnement. Bien plus, celui-ci peut demander communication ou prendre copie des procès-verbaux des organes délibérants, des budgets, projets et rapports annuels de performance, et des plans de développement.

Dans un second temps, notre motivation à mener cette étude trouve justification dans notre qualité de professionnel des Sciences de l'Animation pour le Développement. En conséquence, il est pour nous un devoir, comme pour tout professionnel de l'Animation d'ailleurs de nous intéresser à la question du développement dans notre milieu de vie. La politique de développement des CTD au Cameroun étant cependant orientée vers un développement qui se veut participatif, il devient plus qu'opportun de nous interroger sur le modèle des interactions entre la municipalité, et ces autres acteurs du développement local que sont les populations. Une telle motivation semble d'autant plus significative lorsque l'on sait que pour être effective, cette participation nécessite a priori que ces populations, base opérationnelle du développement, soient régulièrement informées et intégrées dans la gestion des affaires de leur cité.

Toutefois, il est à noter que même si chaque citoyen n'est pas forcément prêt à s'engager en permanence dans le processus d'élaboration et de prise de décisions, il aspire à être pleinement informé, et souhaite disposer de moyens lui permettant d'être entendu par ses représentants élus.Ceci étant, il appartient à la communication de répondre à cette difficulté, non seulement en rendant accessible toute l'information nécessaire, mais aussi, en mettant en oeuvre des dispositifs qui vont permettre à la municipalité d'être à l'écoute de ses administrés (le Courrier des Maires et des Elus locauxn°?284 novembre?2014, X).

En somme, c'est sur la base de cet ensemble de motivations que nous avonsentrepris cette étude, dans l'optique de cerner le niveau de participation des populations au développement de la Commune de Soa, à l'aune des éléments communicationnels y entrepris.

II. PROBLEME GENERAL DE RECHERCHE

Dans le processus évolutif des sociétés humaines, la communication s'est toujours située au centre des préoccupations et des échanges entre les personnes. Prenant essence dans un cadre préhistorique dominé par l'art rupestre, on a pu assister au fil du temps à une transformation considérable de la communication vers un stade institutionnel. En effet, une telle transmutation témoigne à suffisance de la place de choix consacrée à la communication au sein de toute organisation humaine. Pour ce faire, considérer la communication comme fondement et appui de toute organisation, ne relèverait tout simplement que d'un truisme.

Cependant, l'heure étant à la mise en oeuvre effective de la décentralisation au Cameroun, il apparaît plus qu'indispensable de se pencher sur le modèle de communication employée dans la gouvernance locale. Si le débat autour de la décentralisation anime autant les actualités et suscite un intérêt certain, c'est à juste titre, en raison des pratiques démocratiques, que celle-ci impose. Il en est ainsi notamment de la participation des populations locales au développement de leur collectivité, un développement qui se veut concerté.

Depuis la loi constitutionnelle du 18 janvier 1996, le Cameroun s'est érigé en Etat unitaire décentralisé, s'engageant activement dans un processus de développement local à long terme. Entamé en 1996 avec la création des CTD que sont la Commune et la Région, ce processus s'est vu entériné par l'adoption de la loi n° 2019/024 du 24 décembre 2019 portant Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées. Définissant entre autres le cadre juridique général, le régime financier et les règles de fonctionnement et d'organisation des collectivités. La loi de 2019 a ainsi permis de révéler à suffisance le rôle important que doivent jouer les populations dans leur propre développement. Toutefois, pour que ce mécanisme de participation soit effectif, il nécessite à la base une stratégie de communication apte à inciter lesdites populations à s'investir aux affaires de la Commune. C'est d'ailleurs la vision que partage M. ESSAMA EMBOLO, Maire de la Commune de Soadont les propos qui suivent sont repris par le journal SOA METONDO News (n°001 novembre 2020, page 2) :

Les populations sont l'élément majeur dans le processus de développement d'une collectivité territoriale décentralisée, les principales actrices d'une émergence sociale de leur communauté. De ce fait, elles doivent constamment être informées des différentes activités qui animent leur territoire, pour ainsi réagir promptement et participer aux prises de décision de l'exécutif municipal.

Seulement, malgré un tel encadrement, l'on observe dans la pratique que les populations font montre d'une faible implication, ou encore d'une certaine réticence aux affaires municipales. C'est d'ailleurs ce que mentionne le rapport à mi-parcours des étudiants de l'Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS) en stage professionnel à la Mairie de Soa (inédit, novembre 2020, page 3), en ces termes:

A ce niveau, nous avons pu constater lors des différentes descentes auxquelles nous avons participé, que la majorité des populations locales n'en était ni informée, ni même préparée. Par conséquent, elles étaient pour la plus part, soit absentes, soit réticentes et peu intéressées aux affaires des comités de concertation et comités de développement. Pour cause, l'hypothèse d'une faible organisation de la communication autour des différentes descentes est retenue.

En réalité, il paraît évident que rares sont les populations qui ont connaissance, non seulement, des activités menées par la municipalité, mais encore moins de leur propre droit de participation pourtant garanti par le CGCTD. Constituées pour la majorité en de simples figurantes embarquées, elles mettent en exergue leur faible intérêt pour les affaires communales.

C'est dans cette perspective que jaillit en apothéose l'épineux problème de participation défaillante aux initiatives de développement local dans la Commune de Soa, inhérente au dispositif communicationnel.

III. OBJET 

Notre étude repose sur l'analyse du dispositif de communication mis en place par la Commune de Soa, visant la participation des populations au développement local. Concrètement, il s'agit d'une étude analytiquedes stratégies de communication et d'information, de leurs aspects structurel, organisationnel et fonctionnel, afin de voir s'ils sont de nature à mobiliser les populations de Soa à contribuer au processus de développement de leur localité.

IV. PROBLEMATIQUE

Depuis son indépendance, le Cameroun a connu une forte prédisposition à la centralisation des pouvoirs entre les mains de l'Etat. Ce n'est que depuis son accession à la souveraineté nationale dans les années 1960, qu'on a vu naître progressivement un système décentralisé. En réalité, l'évincement du système de centralisation est parti du fait qu'il se présentait d'une part tel un frein au développement de la démocratie durable et de proximité, et d'autre part, tel un handicap majeur à la responsabilisation des populations locales, et à l'intégration des énergies internes dans la mise en oeuvre d'un développement concerté. De ce fait, il y a eu l'urgence d'un rapprochement entre l'Administration et les administrés. C'est ce qui fait naître dans le dispositif de la loi constitutionnelle du 18 janvier 1996, la nécessité de création des collectivités territoriales réellement décentralisées au Cameroun. On assiste ainsi dès lors à la réforme de l'administration territoriale qu'il faut voir sous deux principaux angles à savoir la déconcentration et la décentralisation.

La déconcentration consiste en une représentation du pouvoir central auprès des populations par le biais de circonscriptions administratives. Celles-ci sont chargées au niveau local de mettre en oeuvre et de suivre les politiques nationales conçues par l'administration centrale en termes de fonctions régaliennes de l'Etat d'une part, et d'assurer la tutelle des CTD d'autre part. Elles sont donc l'émanation du pouvoir central sur un plan rapproché, comme le relève la célèbre citation d'Odilon BARROT, « c'est le même marteau qui frappe ; seulement on en a raccourci le manche ».

Pour ce qui est de la décentralisation, elle est fondée sur deux éléments qui sont le transfert des compétences et des moyens appropriés par l'Etat central aux collectivités locales, et l'abandon au profit de ces dernières d'une autonomie financière certaine. Au Cameroun, les CTD sont constituées par 10 régions, 360communes et 14 villes. Elles sont dotées d'une personnalité juridique, d'une autonomie financière, et sont gérées par des organes élus que sont les conseils régionaux et municipaux. C'est le mode de gouvernance sur lequel reposent les enjeux de démocratie participative, de bonne gouvernance et de développement local au Cameroun.

Cependant, en dépit de la volonté de consolider ce système de gestion sur le plan normatif, notamment de par la création d'un code général propre aux CTD, on s'avise à observer que la décentralisation n'aurait pas totalement comblé les espoirs placés en elle quant à ses enjeux. Il en est ainsi du cas particulier du développement local qui, rappelons-le, se veut participatif et concerté.

Selon le Ministère de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire (MINEPAT), «Le développement local peut être défini comme une action de développement concertée, réalisée par des personnes physiques ou morales vivant dans unmême espace géographique». De cette définition, il se dégage que le processus de développement des CTD au Cameroun fait appel à un certain nombre d'acteurs, qui se concertent nécessairement pour ressortir les problèmes de leur milieu de vie, rechercher et prioriser des solutions acceptées par tous, et engager des moyens pour résoudre lesdits problèmes. Parmi ces acteurs, l'on retrouve essentiellement les populations, qui, tout étant le premier bénéficiaire dudit processus de développement, en sont également le protagoniste principal. En effet, il leur est garanti par le législateur de 2019, la possibilité d'influencer et de contrôler les initiatives, les décisions et les ressources affectées à leur propre développement. De même, elles peuvent à leur guise, initier, concevoir, mettre en oeuvre et suivre les actions de développement y afférent.

Seulement, pour que de telles actions se concrétisent, elles nécessitent à la base, un mécanisme de participation essentiellement basé sur une information de qualité, d'où l'urgence d'une communication locale efficace. Ceci étant, du moment où se révèle défaillant le binôme « communication et participation », l'on aboutit à la survenance d'un certain nombre d'obstacles au développement des CTD. Dans la Commune de Soa particulièrement, une telle situation problématique se manifeste de façon générale par :

- l'ignorance par la population de sa responsabilité d'acteur principal du développement local ;

- l'absence d'un cadre de concertation entre les différents acteurs au développement local ;

- le vide decollaboration ;

- la faible gestation des initiatives locales de développement ;

- l'éloignement des administrés de l'institution communale;

- la réticence populaire ;

- la considération péjorative de l'institution communale ;

- les dissensions occasionnelles entre élus locaux et populations.

Abordée sous l'angle des Sciences Humaines et Sociales appliquées à l'Education Permanente, et particulièrement sous celui de laSociologie des organisations, une telle préoccupation s'avère problématique dès lors qu'elle permet de remettre en question l'atteinte efficace des objectifs de performance visés par le développement des communes en tant qu'organisations. Elle est davantage pertinente en ceci qu'elle permet d'évaluer l'expression et l'épanouissement optimal des populations dans leur milieu de vie. En tout état de cause, il s'agit là d'un questionnement qui pourrait laisser entrevoir dans la participation défaillante des populations aux initiatives de développement local, un frein au décollage socio-économique des CTD camerounaises. Ce qui donne l'impression que la décentralisation au Cameroun se trouve « entre risques et espoirs » quant aux enjeux placés en elle.

Pour ce faire, notre étude entend aborder la question de participation en rapport avec la communication. Pour autant, il ne s'agit pas de considérer cette dernière sous l'angle professionnel institutionnel, mais plutôt sous le prisme d'un outil de management au service du développement des CTD. En d'autres termes, il s'agit d'en dépasser le sens classique, et de laisser entrevoir ses dimensions participatives notamment en termes de sensibilisation, de mobilisation participative, de création d'un cadre local de concertation et de développement des initiatives locales.

En effet, l'on est admis à croire que telle qu'elle est pratiquée en l'état actuel dans la Commune de Soa, la communication communale fait défaut à l'exploitation optimale des opportunités offertes par la décentralisation d'une part,et des potentialités humaines de cette localité en vue d'un développement certaind'autre part. Il apparait dès lors évidente la nécessité de s'interroger sur ses moyens, son objet et l'enjeu de ses mécanismes institutionnels.

V. OBJECTIFS DE LA RECHERCHE

Nous allons successivement présenter l'objectif général et les objectifs spécifiques.

V.1 OBJECTIF GENERAL

Notre étude se propose d'analyserles déterminants de la participation des populations au développement local, à l'aune du dispositif communicationnel mis place par la Commune de Soa.

V.2 OBJECTIFS SPECIFIQUES

De manière spécifique, il sera question :

- d'évaluer la performance des moyens de communication communale pour la sensibilisation et la mobilisation participative;

- d'étudier le rapport entre l'objet de la communication communale et la création d'un cadre local de concertationpour le développement ;

- d'examinerl'enjeudes mécanismes communicationnels de la municipalité sur la création d'initiatives locales de développement.

VI. QUESTIONS DE RECHERCHE

Il s'agit au regard des objectifs ci-dessus fixés, de formuler un certain nombre d'interrogations parmi lesquelles une question générale de recherche, et des questions secondaires.

VI.1 QUESTION GENERALE

Quels sont les éléments communicationnels de la Commune de Soa qui affectent la participation des populations aux initiatives de développement local ?

VI.2 QUESTIONS SECONDAIRES

- Quelle est la performance des moyens de communication de la Commune de Soa en termes de sensibilisation et de mobilisation participative ?

- Quel est le rapport entre l'objet de communication de la Commune de Soaet la créationd'un cadre local de concertationpour le développement ?

- Quel est l'enjeu des mécanismes communicationnels de cette municipalitésur la création d'initiatives locales de développement ?

Répondre à ces interrogations nécessite dès à présent d'envisager un certain nombre d'hypothèses.

VII. HYPOTHESES DE RECHERCHE

Dans cette rubrique, nous allons énoncer l'hypothèse générale et les hypothèses spécifiques.

VII.1 HYPOTHESE GENERALE

La participation des populations aux initiatives de développement local dans la Commune de Soa est tributaire des moyens, de l'objet et des enjeux communicationnels entrepris par la celle-ci à l'endroit de ses populations.

VII.2 HYPOTHESES SPECIFIQUES

- Les moyens de communication de la Commune de Soa sontd'une performance insatisfaisante en termesde sensibilisation et de mobilisation participative;

- L'objet de communication de cette municipalité n'est pas suffisamment favorable à la création d'un cadre local de concertation pour le développement; 

- Les mécanismes communicationnels de cette municipalité ne sont pas d'un enjeu véritable sur la création d'initiatives locales de développement.

VIII. INTERETS DE L'ETUDE

Ce travail de recherche revêt à la fois un intérêt scientifique, académique et professionnel.

VIII.1 INTERET SCIENTIFIQUE

Envisagée sous le prisme des Sciences de l'Animation pour le Développement, la présente recherche contribue à l'appréciation des mécanismes et stratégies d'intégration des populations au développement local dans la commune de Soa. De manière pratique, elle peut servir de cadre théorique et opérationnel aux travaux scientifiques portant sur la question de la mise en oeuvre effective du développement localparticipatif au Cameroun. Elle constitue par conséquent un moyen par lequel le domaine des Sciences de l'Animation va apporter, une fois de plus, sa contribution à l'édification du développement des CTD dans notre pays. En effet, ce travail s'emploie particulièrement à reconnaitre une part de responsabilité à la communication dans le niveau de participation des populations aux initiatives de développement local. Une responsabilité que nous envisageons en termes de sensibilisation et de mobilisation participative, de création d'un cadre local de concertation, et de développement des initiatives locales.

VIII.2 INTERET ACADEMIQUE

Sur le plan académique, cette recherche nous permettra non seulement de satisfaire aux exigences académiques pour l'obtention du Diplôme de Conseiller Principal de Jeunesse et d'Animation (DCPJA), mais aussi et surtout d'acquérir des aptitudes nécessaires pour mener avec méthode des travaux de recherche qui obéissent aux exigences des normes d'investigation scientifique.

VIII.3 INTERET PROFESSIONNEL

Sur le plan professionnel, nous abordons un thème qui s'intéresse aux questions d'amélioration du processus de participation des populations au développement local, et partant de leur propre épanouissement. Cette étude permettra aux Sciences et Techniques de l'Animation, des Loisirs et de l'Education Civique (STALEC) d'apporter une considération nouvelle sur le développement participatif local au Cameroun, et dans la commune de Soa en particulier.

IX. DELIMITATION DU SUJET

IX.1 DELIMITATION SPATIALE

Eu égard au temps et à la disponibilité financière, nous avons limité nos travaux à la Commune de Soa. Ce choix s'explique par le fait que Soa est une ville cosmopolite, un lieu de rencontre de personnes de diverses origines sociales et culturelles. On y retrouve toutes les catégories sociales, et les ressortissants de presque toutes les régions du pays. De ce fait, elle constitue un lieu propice à notre étude en raison des enjeux et défis organisationnels que peut présenter une telle composition cosmopolite. En effet, sous l'angle du Management des organisations,plus un groupe est constitué de personnes d'origines diverses, plus son organisation réussie permet une exploitation optimale de ses ressources toutes aussi diverses et facteurs importants de développement.

IX.2 DELIMITATION TEMPORELLE

Pour ce qui est de l'aspect temporel, notre recherche s'effectue sur une période d'un an, à savoir l'année 2020. En effet, cette étude se focalise dans le temps, sur l'évaluation du Plan Communal de Communication de la Commune de Soa pour l'exercice 2020, première année de mandature des élus locaux actuels. Mais davantage, elle s'inscrit dans l'actualité de la mise en oeuvre effective d'un développement local concerté au Cameroun.

X. METHODOLOGIE

X.1. DEMARCHE

La méthode peut être perçue comme le cheminement scientifique qui mène vers la découverte de la réalité objective. Pour nous, il s'agit justement ici de préciser la démarche dont nous allons nous servir afin de parvenir aux résultats de notre recherche. En effet, trois (03) phases fondamentales déterminent notre démarche, à savoir : la pré-enquête, l'enquête proprement dite, ainsi que l'analyse et le traitement des données collectées.

Dans la phase de pré-enquête, nous avons opté pour la recherche documentaire, et l'observation directe et participante. Ces approches nous ont permis, d'une part, d'avoir connaissance de la production livresque et webographique relative à la communication en communale et la participation des populations au développement local. Et d'autres part, elles nous ont permis de vivre in situ, les réalités tant de la communication communale, que de la participation des populations au développement local dans la Commune de Soa.

Dans la deuxième phase de notre travail, nous aurons recours aux entretiens et aux enquêtes par questionnaire. Ces approches nous permettrons de collecter des données qualitatives et quantitatives. En ceci, nos sources sont constituées tant des responsables municipaux, que des populations locales et de certaines personnes ressources (autorité traditionnelles et responsables de la société civile...).

Quant à l'analyse et le traitement des données, les méthodes d'analyse de contenu et statistique nous serons d'un intérêt capital pour l'atteinte de nos objectifs. Elles vont nous permettre d'étudier de manière approfondie les résultats, afin d'en déterminer de façon objective les principaux éléments significatifs.

X.2. SOURCES

Les sources utilisées dans le cadre de notre étude sont notamment les sources orales à travers les entretiens et enquêtes, les sources écrites à savoir les archives et ouvrages, les sources iconographiques telles que les graphiques et cartes, et les sources wébographiques.

X.3. VALIDATION DES INSTRUMENTS DE COLLECTE DES DONNÉES

Elle consiste en la vérification de la compréhension des libellés des items et des différentes questions. Il a donc été question ici de soumettre nos instruments à l'appréciation de nos encadreurs, des personnes compétentes et des personnes ayant des caractéristiques semblables à celle de notre population d'étude. Cette validation s'est faite aussi bien en interne qu'en externe.

En ce qui concerne la validationinterne,il a été question ici de soumettre notre questionnaire et guides d'entretien à l'appréciation de nos encadreurs de recherche. Cette appréciation a porté sur la structuration, la pertinence, la cohérence et la densité des questions par rapport à nos hypothèses de recherche.

La validation externe quant à elle s'est faite à base d'un échantillon représentant les caractéristiques de notre population cible. Dans cette phase, il était question de tester nos outils de collectes de données dans l'optique d'évaluer l'efficacité des moyens d'investigation, la fluidité des questions et de prendre en compte les observations et les remarques susceptibles de combler les lacunes relevées.Cette validation a ainsi permis après amendements non seulement de se rassurer sur les formulaires administrés lors de l'enquête proprement dite, mais aussi sur les résultats obtenus de l'enquête sur le terrain.

X.4. ECHANTILLONNAGE ET MÉTHODE DE COLLECTE DE DONNÉES

Il sera question dans cette partie de décrire la population cible, les techniques d'échantillonnage et présenter l'échantillon de l'étude.

X.4.1. POPULATION D'ÉTUDE

Définir la population d'étude revient à circonscrire avec exactitude les personnes cibles que l'on veut interroger pour notre étude. De ce fait, la population d'étude doit répondre à un ensemble de caractéristiques spécifiques. Ainsi, les personnes interrogées sont celles qui ont un rapport avec aussi bien la communication communale que la participation au développement local. De manière précise, il s'agit desmembres de l'exécutif communal, du personnel de la communication communale, des autorités traditionnelles, et des populations de la Commune de Soa.

Une telle circonscription s'est opérée à partir d'un ensemble de critères de sélection à savoir :

- pour l'exécutif communal : être un élu local, maîtriser la vision globale de développement de la commune, et maîtriser la vision globale et le dispositif de communication de la Commune ;

- pour le personnel de la communication : maîtriser la vision globale du développement de la commune, maitriser la vision globale et le dispositif de communication de la commune, maitriser les aspects techniques de la communication municipale, et avoir conçu le plan de communication de la commune ;

- pour les autorités traditionnelles : être à la tête d'une chefferie traditionnelle de la commune, jouir de la légitimité des populations, et être en collaboration avec la Mairie ;

- pour les populations enfin : Avoir résidé dans la ville depuis sept (07) ans au moins, être membre d'un groupe organisé, et avoir entre 19 et 35 ans.

X.4.2. TECHNIQUE D'ÉCHANTILLONNAGE

L'échantillonnage est la sélection d'un nombre d'unité faisant partie de la population d'étude. Etant donné que notre population d'étude est vaste, il est donc propice de recourir à un échantillon. Pour ce faire, le prélèvement de cet échantillon s'est fait par un choix raisonné, dans le souci d'obtenir un maximum de garantie ou d'objectivité.

Ainsi, pour mener à bien notre travail, un entretien préalable s'est fait avec les autorités municipales. Celui-ci concernait notamment la prise de contact à la Mairie de Soa auprès de la Secrétaire Générale. Après autorisation d'enquête, nous avons pu obtenir des données monographiques sur la Commune qui nous ont révélé que la population de la Commune de Soa est évaluée à 69 084 âmes selon un recensement de 2015. C'est par rapport à ce nombre que l'échantillon a été prélevé pour notre étude.

X.4.3. L'ÉCHANTILLON DE L'ÉTUDE

L'échantillon est la partie représentative d'une population dans une étude. Dans le cadre de notre travail, considérant l'aspect développement, nous avons décidé de concentrer notre échantillon sur la population active et la société civile.Ainsi, notre échantillon est de 100 responsables des associations civiles actives sur le territoire de la commune.

X.5. DEROULEMENT DE LA COLLECTE DE DONNEES ET DIFFICULTES RENCONTREES

Cette partie a pour but de faire part du déroulement de nos investigations et de ressortir les difficultés auxquelles nous avons fait face.

X.5.1. DÉROULEMENT DE LA COLLECTE DES DONNÉES

Le déroulement de collecte de données s'est effectué durant la période du 03 au 29 juin 2021. En effet, en date du 24 mai 2021, nous avons sollicité par correspondance, une autorisation d'enquête de la part du Maire de la Commune de Soa. Après accord favorable en date du 1er juin 2021, nous avons commencé nos entretiens avec les autorités traditionnelles le 03 juin 2021. Par la suite, notre enquête s'est poursuivie avec les leaders d'association et la responsable de la communication de la Mairie de Soa. C'est au terme de ces rencontres que nous avons pu obtenir les informations nécessaires à la construction de notre base de données.

X.5.2. TECHNIQUE DE TRAITEMENT DES DONNÉES

Cette phase de l'étude a nécessité une attention particulière du fait du dépouillement de nos données à partir du logiciel Excel. C'est ainsi qu'avec les exemplaires récupérés, nous avons procédé au décompte et à l'analyse des données récoltées, puis à l'interprétation des résultats obtenus. Une analyse descriptive a été faite et les résultats ont été exprimés sous forme d'histogrammes et de diagrammes en secteur. Le seuil de 5% a été considéré comme significatif.

X.5.3. DIFFICULTÉS RENCONTRÉES

Durant notre investigation sur le terrain, nous nous sommes heurtés à difficultés peu considérables. Il s'agit entre autre de la difficulté d'accès aux zones reculées de la commune. Mais la difficulté la plus significative à relever ici est celle de la disponibilité des autorités à entretenir. Au niveau de la Mairie particulièrement, nous avons été obligés de nous contenter du seul entretien avec la Chargée de la communication, le Maire étant constamment en déplacement. Toutefois notons-le, l'entretien avec ladite responsable a suffi à combler dans l'ensemble, nos attentes envers la municipalité.

XI. ANNONCE DU PLAN D'ETUDE

Notre étude portant sur la communication communale et le développement local participatif dans la Commune de Soa, s'articule autour de cinq chapitres en plus de l'introduction et de la conclusion.

Le chapitre I présente la définition des concepts, la revue de la littérature, les théories explicatives et le cadre de l'étude.

Le chapitre II quant à lui s'intitule : «impact des moyens de communication sur la sensibilisation et la mobilisation participative ».Il traite des avantages d'un moyen de communication fonctionnel et adapté à la cible pour la sensibilisation et la mobilisation des populations.

Le chapitre III est intitulé « Objet communicationnel et création d'un cadre de concertation local». Il traite de la nécessité d'un objet de communication axé sur la concertation entre les acteurs locaux du développement local dans la Commune de Soa. Il contribue à la plénitude du développement concerté.

Le chapitre IV énoncé « Enjeux communicationnels et gestation d'initiatives locales de développement ». Il établit le lien indéfectible et l'importance de focaliser les enjeux de la communication communale sur la gestation des initiatives locales de développement dans la Commune de Soa.

Le chapitre V enfin, intitulé « Redynamisation de la communication communale en vue de l'effectivité d'un développement participatif dans la Commune de Soa », émet des propositions pour solutionner les problèmes identifiés.

CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL

Il est une évidence que tout sujet de réflexion ne nait de manière spontanée. Il peut découler d'un constat fait dans la vie ou d'une représentation qu'on se fait, ce qui peut très souvent conduire à une mauvaise appréhensiondes termes clés qui le structurent. C'est pourquoi il est judicieux pour nous de définir les concepts qui se rapportent à notre étude. De façon pratique, il s'agit de recenser non seulement les écrits qui ont traité de la communication communale et du développement participatif, mais aussi de situer notre recherche par rapport à l'ensemble des écrits sur le thème afin d'en ressortir l'originalité. Ainsi, ce chapitre est essentiellement basé sur quatre points à savoir :la définition des différents concepts évoqués dans notre étude ; la convocation, à travers la revue de la littérature, des points de vues d'auteurs qui ont un lien avec l'objet de notre étude; la convocationdes théories qui nous permettent de vérifier nos hypothèses de recherche et enfin, la présentation du cadre de notre étude.

I. DEFINITION DES CONCEPTS

Afin de lever toute équivoque qui pourrait naître du caractère polysémique des mots ou d'une représentation mentale abstraite et générale, nous veillerons à rendre plus explicites les termes importants qui gravitent autour de notre thème. Il s'agira ici de définir les concepts de communication communale, développement participatif, etdéveloppement local.

I.1 COMMUNICATION COMMUNALE

Définir le concept de communication communale nécessite d'évoquer dans un premier temps les notions de communication et de commune, avant d'en envisager le collectif selon l'entendement de notre étude.

I.1.1. NOTIONS DE COMMUNICATION ET DE COMMUNE

v Communication

De son étymologie latine « communicare » qui signifie « mettre en commun », la communication estdéfinie comme un processus d'interaction et de transmission d'informations. Elle provient du terme « communicare » qui signifie « mettre en commun ». Elle peut de ce fait être considérée comme un processus d'échange via lequel les individus établissent des liens dans la société.

Pour Le petit Robert, communication vient du verbe « communiquer » qui consiste à transmettre, recevoir et échanger des informations. C'est l'action d'établir une relation avec autrui, de transmettre quelque chose à quelqu'un.

Selon les pensées sociales, particulièrement pour Emile Durkheim, l'Homme étant fondamentalement égoïste, l'harmonie dans la société ne peut être donc maintenue que par la « conscience collective ». Pourtant, la société fonde les relations humaines qui, ne sont possibles que par l'établissement d'un contact à travers la communication. En clair, la communication consiste à transmettre un message afin d'établir un contact entre deux ou plusieurs individualités dans la société.

De façon générale, la communication exige des participants (émetteur/récepteur) ; un message ; des canaux ; un effet ; un feed-back ; et un contexte. Il existe plusieurs types de communication parmi lesquels nous pouvons exclusivement citer :

- la communication interpersonnelle

Elle met en exergue une interaction entre deux ou plusieurs personnes dans un groupe. C'est la communication personne à personne. Elle peut s'apparenter à la communication de groupe.

- la communication de groupe

Ici, le message cible une catégorie d'individus bien définie. Il est modelé en fonction de sa compréhension et de sa culture propre. Elle peut se révéler complexe car prenant en considération la taille du groupe, sa fonction et la personnalité des membres le composant. Au sein d'une entité, ce type de communication peut être interne, les groupes étant constitués de catégories de personnels ou de membres d'un service. De même, elle peut être externe car ciblée vers certaines parties prenantes extérieures à l'organisation.

- la communication institutionnelle

Elle s'opère dans le cadre d'une organisation, que peut représenter l'émetteur en raison de sa fonction.

- la communication de masse

Elle consiste pour un ou plusieurs émetteurs liés entre eux, à s'adresser à tous les récepteurs disponibles. C'est l'apparition des notions d'organisation de masse qui est à son origine. Elle comporte quatre éléments à savoir la standardisation, le Fordisme, le taylorisme et la publicité. On parle alors de media de masse, dont en font partie la télévision, la radio, la presse écrite, etc.

Ayant dès à présent abordée la notion de communication, nous pouvons nous intéresser à celle de commune.

v Commune

C'est la collectivité territoriale de base de l'organisation administrative de l'Etat décentralisé. D'après Encarta (2009), il s'agit d'une entité formée par l'ensemble des habitants ayant en partage un territoire, une vision plus ou moins collective du développement, ainsi qu'un exécutif par eux élu et chargé de promouvoir le développement local. Cette définition donne un aperçu global à la composition de la commune et de sa fonction politique en tant que collectivité territoriale. Elle évoque alors l'exigence d'une population, d'un territoire, des organes d'administration localement élus, et d'une vision ou culture commune du développement.

Au terme de l'article 147 de la loi du 24 décembre 2019 portant CGCTD au Cameroun, « la Commune est la Collectivité Territoriale de base. Elle a une mission générale de développement local et d'amélioration du cadre et des conditions de vie de ses habitants ». Elle couvre le territoire d'un arrondissement, jouit d'une personnalité juridique et d'une autonomie administrative et financière. Elle s'administre librement par des organes élus en son sein, et bénéficie de compétences non exclusives et de ressources appropriées de la part de l'Etat qui en assure la tutelle.

Principale détentrice de la responsabilité de développement local et d'amélioration des conditions de vie des populations, la commune est appelée dans une approche participative, à mettre en oeuvre un ensemble de mécanismes destinés au rapprochement, et à l'implication desdites populations dans la gestion des affaires les concernant. Comment appréhender à présent le collectif « communication communale » dans le cadre de notre étude ?

I.1.2. LA NOTION DE COMMUNICATION COMMUNALE PROPREMENT DITE

La communication sur le plan communal renvoie à l'ensemble des actes institutionnels qui organisent les échanges et le partage de l'information sur le territoire d'une commune. Elle s'opère à la fois sur le plan vertical qu'horizontal.

Verticalement, elle consiste de manière générale en une information publique sur la vie de la commune, ses activités, ses orientations stratégiques, et dans une certaine mesure, en la publicité de son territoire afin d'attirer des investissements. Au-delà de cette mission d'information publique, la communication communale vise également à influencer les représentations et les comportements des habitants de la commune. De même, elle rend possible l'instauration d'un lien de proximité propice à la sensibilisation, à la mobilisation, au dialogue, et à la concertation autour des objectifs de développement. En ce sens, elle est très souvent désignée de « communication de proximité », car permettant une interaction consensuelle basée sur la prise en compte des aspirations de tous, et orientée vers la satisfaction de l'intérêt général. Elle devient alors selon Claude NEUSCHWANDER « l'art de diffuser une information dans des conditions telles que ceux auxquels elle s'adresse puissent y réagir. »

Dans le sens horizontal, elle se rapporte plus à l'échange d'informations entre les populations elles-mêmes, ou encore au sein de l'appareil municipal. Pour ce qui est particulièrement des populations, il s'agit non seulement de la redistribution de l'information reçue par l'institution municipale, mais aussi d'un partage d'idées et de réflexions à travers des réseaux sociaux communautaires. Elle a donc pour principal avantage la mise sur pied de cadres informels de concertation, propice l'émergence d'une vision commune de développement.

En définitive, la communication communale s'entend dans le cadre particulier de cette étude, comme un mécanisme interactif et transmissif qui crée ou entretient des rapports de collaboration entre l'appareil municipal et les populations au sein de la Commune de Soa. De manière opérationnelle,il s'agit de l'ensemble des élémentsemployés par cette commune, dans le but de rendre accessible l'information sur sa vie publique, et de garantir en retour l'intervention effective de la population dans le processus de développement local. Inversement, il s'agit également des mécanismes employés par les populations pour échanger avec la municipalité. Elle intervient dès lors dans un sens strictement vertical, et se décline en termes de moyens, d'objet et des enjeux informationnels mis en place par la Commune de Soa.Qu'en est-il alors du concept de développement participatif ?

I.2 DEVELOPPEMENT PARTICIPATIF

Le concept de développement participatif fait appel à deux vocables dont il est nécessaire de préciser le contenu de prime abord.

I.2.1. LES NOTIONS DE DÉVELOPPEMENT LOCAL ET DE PARTICIPATION

v Développement local

Le développement est un concept polysémique dont l'emploi est tributaire du champ dans lequel on souhaite l'appréhender. Dans son sens premier, c'est l'ensemble des stades par lesquels passe un organisme pour atteindre sa maturité. Il fait référence à la croissance, l'évolution, le progrès, et dans une certaine mesure, à l'amélioration qualitative et quantitative des conditions d'existence des individus. Selon SIMO D. (1998, page 35), « le développement peut se concevoir comme un processusdynamique de changement de l'environnement, naturel ou sociétal, en vue de latransformation de la condition de l'homme ».A la suite de cette conception, il se dégage deux dimensions du développement à savoir une dimension quantitative et une autre qualitative.

Le développement quantitatif se traduit parl'accumulation (individuelle ou collective) d'une certaine quantité de biens oupar la réalisation d'un certain nombre de performances économiques ou socialesstatistiquement mesurables. C'est certainement l'aspect le plus visible du développement, et se mesure par des indicateurs tel que le niveau du ProduitIntérieur Brut(PIB), la valeur du Produit National Brut (PNB),l'industrialisation, l'urbanisation, la maîtrise de la haute technologie, les infrastructureséconomiques et sociales. Une telle vision quantitative qui ramène le développement à la croissance, soit un processus linéaire et matérialiste, peut s'avérer limitative et dépendante de l'évolutionnisme. Toutefois, elle n'en demeure pas moins un préalable, une étape incontournable sans laquelle on ne pourrait parler de développement certain. Cependant, pour affirmer un état de plein épanouissement de l'Homme, cette vision doit être complétée d'une dimension qualitative.

Le développement qualitatif consacre l'Homme au centre de toute action. Principal bénéficiaire du développement, il en est également le premier acteur. Il s'y positionne autant à la source qu'à la finalité. C'est sur lui que les actions concrètes de développement sont visibles, car c'est à lui qu'elles profitent.Pourtant, cet aspect qualitatif n'est possible que si les hommes sont animés d'un esprit, d'une idéologie ou encore d'une culture de développement.

Traitant cependant du concept particulier de développement local, il est né il y a une vingtaine d'année d'une prise de conscience selon laquelle l'efficacité des politiques d'aménagement d'un territoire n'est possible qu'en s'appuyant sur une organisation des volontés locales. Il s'agit alors d'un processus dynamique et évolutif qui fait appel à une intervention concertée, et mise en évidence par un ensemble d'initiatives locales.

Evoquant en ce sens sa dimension endogène, Xavier GREFFE (1984, page 14) considère le développement local tel « un processus de diversification et d'enrichissement des activités économiques et sociales sur un territoire, à partir de la mobilisation et de la coordination des ressources et de ses énergies ». Partant de cette définition, il ressort que le développement local fait intervenir à la base, une expression de solidarité qui crée des liens sociaux et une volonté commune axée sur la mobilisation de ressources endogènes pour l'atteinte d'une vision commune. De même, il est doté d'une double dimension économique et sociale à travers laquelle l'épanouissement des habitants est rendu possible.

Selon le Guide Méthodologique de Planification Régionale et Locale du Ministère de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire (MINEPAT) (2010,page 16) le développement local peut être défini comme une action de développement concertée, réalisée par des personnes physiques ou morales vivant dans unmême espace géographique.De cette définition, il se dégage une fois de plus l'exigence d'une concertation préalable, une vision commune aux différents acteurs au développement, à l'issu de laquelle résulte une action directement bénéfique à l'ensemble de la collectivité.

Au demeurant, l'on pourrait comprendre dans le contexte de cette étude que le développement local renvoie à toute action qui induit l'épanouissement d'une communauté, et qui résulte d'une volonté acceptée de tous les acteurs y engagés. Il fait alors intervenir un ensemble d'acteurs pris à la fois sur le plan national et local. Que dire dès lors de la participation ?

v Participation

D'après le dictionnaire des synonymes (1999), la participation se définit comme un acte, un objet. Vu comme un acte, elle fait référence à l'adhésion, l'appui, la collaboration, l'engagement, la coopération,le partage, et le soutien. En tant qu'objet en revanche, elle se réfère à la contribution, à l'apport, et à la souscription.Ainsi dans son sens littéral, participer veut dire prendre part à quelque chose, adhérer,assister, se mettre de la partie, se joindre à, se mêler, s'impliquer dans une action ou un projet.

De cette définition, il ressort particulièrement deux approches de la participation dont l'une passive, et l'autre au sens actif. Compris dans le sens passif, participer renvoie à assister, à être présent sans impacter le cours des décisions ou des événements. Pourtant, dans son sens actif, participer évoque une implication, une responsabilisation, une contribution directe dans l'action.Pour SOME J. B. Z. (1984, 92),

Le terme participer veut dire prendre part et suppose que l'on est élément dans un processus où les éléments sont complémentaires. Pour prendre part, pour participer, il est essentiel d'avoir conscience de l'objet visé, de l'importance de cet objet et du rôle exact qui lui est assigné.

En effet, participer suppose donc d'être partie intégrante dès la définition des objectifs, la recherche desmoyens, ainsi qu'àla réalisation de l'action.Ainsi dit, la participation se révèle être un processus volontaire quivise l'intégration et l'implication de tous les acteurs de l'organisation.En outre, il faut préciser que dans l'approche participative, cette implication des acteurs locaux suppose la satisfaction finale de leurs besoins de départ. C'est dire qu'au-delà des étapes de prise de décision et de réalisation, la participation s'étend à la jouissance effective des résultats obtenus de l'action.

Sur le plan historique cependant, l'observation des nombreux échecs des stratégies de développement entreprises par le sommet stratégique a fait naître l'urgence de la prise en compte des besoins de la base opérationnelle. En effet, à la suite des indépendances, la centralisation des pouvoirs étant au coeur des systèmes politiques à conduit à la négligence des populations dans le processus de prise de décision. Pourtant, selon MULLERcité par ABAKOU (2019, page 11), « Le seul moyen de réussir une politique c'est d'en confier la réalisation à ceux qui ont intérêt qu'elle réussisse ».Par conséquent, l'urgence d'une réforme se fit ressentir, d'où la naissance d'un mécanisme de participation indéfectiblement commun à tous projets de développement social.

Selon MEISTER (1970, page 14), la participation acquiert différentes formes en fonction de la motivation qui anime l'individu. On distingue donc :

- la participation de fait qui naît instinctivement du fait d'un sentiment d'appartenance à une communauté. Elle est involontaire et caractérise les sociétés traditionnelles ;

- la participation provoquée qui est incitée de l'extérieur dans le but de susciter l'implication de l'individu ;

- la participation volontaire qui est une initiative propre et désirée de l'individu sans intervention extérieure ;

- la participation spontanée qui est intermédiaire aux participations de fait et volontaire ;

- la participation imposée qui émane d'un désir d'organisation inhérent au groupe, ou encore à une influence extérieure ;

Toutefois, cette classification intervient en marge de plusieurs autres telles que celles de GOUSSAUT et de SCHAWRZ. Pour le premier en effet, la participation s'opère soit de manière formelle, soit par effet d'imitation, ou encore par responsabilité. Pour le second par contre, il existe cinq catégories de participation à savoir la participation par contribution, la participation par intégration, la participation par insertion, la participation par engagement, et celle par la prise en charge.

En résumé, ces différentes considérations se complètent dans la mesure où le mécanisme de participation reste le même peu importe la motivation qui anime la population engagée. Pour ce qui est du développement local cependant, l'engament et la responsabilité sont des sources de motivation appropriées parce-quemettant en exergue une nette prise de conscience du rôle à jouer par les populations dans leur propre développement. En effet, elles en sont concomitamment principale actrice et bénéficiaire.

Dans le cadre de cette étude, la participation évoqueune prise de conscience de sa responsabilité, etuneimplication effective dans le processus d'initiation, de prise de décision et de réalisation, suivie d'unejouissance définitivedes actions de développementpar les populations de la Commune de Soa. Comment comprendre à présent le collectif développement et participation ?

I.2.2. LA NOTION DE DÉVELOPPEMENT PARTICIPATIF PROPREMENT DITE

D'emblée, le développement participatif désigne, dans le champ de l'aide au développement, une approche opérationnelle qui cherche à susciter l'implication des bénéficiaires dans la conception et la mise en oeuvre des interventions.

Selon la Banque Mondiale (1992), le développement participatif est à la fois une fin et un moyen de développement. En tant que fin, il constitue un idéal selon lequel le développement durable résulterait de l'action responsable de citoyens politiquement murs, et qui agiraient via des institutions électives, associations, et des organismes dans le cadre d'une société démocratique et libre. Et en tant que moyen, il contribuerait à l'atteinte effective du développement socio-économique.

Abordé sous l'angle de la participation, le développementdésigne une approche qui traduit l'implication effective des populations dans le processus de conception et de mise en oeuvre des actions de développement de leur communauté. Il évoque par ailleurs une participation active, ettraduitune volontéde développement endogène. En effet, ce caractère endogèneprévoit que les acteurs locaux se positionnent en véritable décideurs, en fixant librement à partir de leur aspirations propres, un cadre stratégique de développement dont l'appui extérieur intervient sans condition, ni objectif préalablement défini par l'accompagnateur.

De même,le développement participatif repose sur des valeurs de démocratie participative, de redevabilité et de responsabilité sociales des populations. La démocratie participative donne la possibilité à toute personne, entité individuelle de la collectivité, le pouvoir de participer aux initiatives de développement local peu importe l'âge et le sexe. Pour ce qui est de la responsabilisation sociale, elle insiste sur la conscientisation du citoyen sur le rôle qu'il est appelé à jouer dans le développement de la collectivité, et du pouvoir d'action dont il dispose.

Dans le cadre particulier de cette étude, le développement participatif va au-delà du sens strict des approches participatives se confondant aux simples dialogues participatifs et échanges ritualisés où les populations ne font qu'adhérer aux analyses et choix des dirigeants élus. Il s'agit d'une logique d'amélioration des conditions de vie des populations de la Commune de Soa, à travers la satisfaction des besoinsrelevés par eux-mêmes. Elle s'articule alors à différents égardsà savoir la sensibilisation et la mobilisation participative, l'existence d'un cadre de concertation et la création d'initiatives locales. Quid alors des écrits sur la communication communale et le développement participatif ?

II. REVUE DE LALITTERATURE

Aux fins d'éviter les redites et de justifier pleinement les contresens, ou encore les « révolutions » dans notre domaine d'étude, il est nécessaire de rappeler dans une approche thématique, l'état d'avancement des connaissances sur la communication communale et le développement participatif. Il s'agit donc en occurrence, de faire le tour de la question sur le développement participatif d'une part, et d'autre part, sur la communication communale.

II.1 LITTERATURE SUR LE DEVELOPPEMENT PARTICIPATIF

La participation des populations est reconnue de nos jours telle une condition inébranlable du processus de développement. Elle est la clé du développement durable sans laquelle toute intervention visant l'amélioration réelle et durable des conditions de vie des populations est vouée à l'échec.

La notion de développement participatif prend son ampleur à la suite de la critique de l'Etat autoritaire et développementaliste. Avec les ajustements structurels des années 1980, on assiste à la chute du « plein d'Etat » qui conduit à la démocratisation du développement et à la libération des initiatives locales. Le Développement Participatif devient une notion hégémonique et intéresse autant les Etats et les institutions internationales, que les organisations de la société civile. Les projets de développement sont focalisés sur le local et viennent renforcer la décentralisation dans l'optique de lutter contre la pauvreté, promouvoir la bonne gouvernance, la démocratisation, l'égalité de genre, etc.

A partir des années 2000, la participation apparait au centre des préoccupations des institutions de Bretton-Woods. Elles demandent aux Etats, pour pouvoir recevoir de l'aide, d'établir leur propre politique de développement avec la participation de la société civile. Le développement participatif se consolide alors avec des approches telles quethe Participate Action Research (PAR), the Participate Rural Appraisal (PRA), et les méthodes actives de recherche et de planification participative (MARPP). Pourtant, à certains égards, ces démarches se révèlent complexes pour les locaux,présentant la participation tel un mécanisme passif visant à recueillir l'avis et l'adhésion des populations à des initiatives préalablement conçues par des partenaires.

Allant dans le sens de la participation citoyenne, Marie HURAR (2011) dans un article publié dans le Groupe Européen pour la Solidarité, reconnait une importance indéniable de la participation au renouveau démocratique. Cependant, elle relève que cette participation se résume plus à de la représentativité à travers l'institution des instances peu fiables et efficaces, et dont l'action se ramène à un droit de parler plutôt qu'à un droit d'agir.

Pour Mohammed Sidi SECK et Patrick D'AQUINO cités par KOUAKOU (2014), l'approche participative du développement fonde une intervention active de la population locale. Elle va au-delà des simples consultations et institue un cadre de concertation et des outils de planification. Ils préconisent dans l'applicationde l'approche participative, l'implication significative du principe d'endogénéité.

Pour SECK et D'ACQUINO, l'acteur local doit être transformé en décideur local qui ne demande qu'à recevoir un appui extérieur sans contrainte préalable. Il doit fixer ses priorités en fonction des ressources disponibles, et il lui revient la responsabilité de choix en cas d'incertitude. Il s'agit de lui reconnaitre une légitimité politique indéniable au détriment d'un droit de consultation.

Parlant de l'approche participative dans la mise en oeuvre des projets dans la Vina, GBWAH Emilie (2012) établit le dynamisme et la complexité du concept de participation. Selon elle, le développement n'est possible que s'il implique la participation, et il engendre des problèmes liées à celle-ci. Ces problèmes vont de l'ordre de la simple « participation-intégration » à la « participation-démocratisation » ou dynamique de changement.Cette participation établit l'implication effective des populations locales dans les projets les concernant, une implication perceptible par un changement de leurs conditions de vie.

Au demeurant, abordant le fondement du développement participatif, ces différents auteurs s'accordent sur le fait que la population locale occupe une place centrale dans le processus de développement. Son action la fonde en tant que principal décideur actif et bénéficiaire de l'action de développement. Il lui est reconnu une responsabilité à la fois politique, sociale et communautaire, lui permettant de prendre conscience des enjeux décisionnels qui lui incombent, et d'une gestion durable des potentialités locales disponibles.

Au-delà de ces considérations,notre étude s'attèle à considérer le développement participatif sous le double angle de l'action et de la finalité. Conçu comme une action, le développement participatif exige de susciter etde prendre en compte les initiatives émanant de la collectivité locale et de ses aspirations. Il vise tout d'abord l'exploitation des ressources locales disponibles, avant de s'accorder un potentiel appui exogène.Une telle démarche présente un enjeu majeur dès lorsqu'elle permet, en plus de la valorisation des potentialités locales, de garantir l'aboutissement à des solutions adaptées dans lesquelles s'identifieraient les populations. L'élément clé de cette action étant l'endogénéité.

Conçu telle une finalité, le développement participatif induit la satisfaction perceptible des besoins de toutes les composantes sociales de la collectivité, à l'immédiat et sur le long terme. Elle est fruit d'une action concertée, et panacée immédiate et durable au profit de l'intérêt commun local.

II.2 LITTERATURE SUR LA COMMUNICATION COMMUNALE

La communication occupe une place primordiale au sein de toute organisation. Sur le plan communal en particulier, elleest d'une importance capitale en raison des relations stratégiques que doit entretenir une commune autant sur le plan interne qu'externe.

Abordant l'importance d'une bonne pratique de la communication au niveau communal, le Guide de communication communale de la République de Mauritanie (2015,page 7-8) insiste quant à son impact sur la participation, le sens des responsabilités et le consensus en ces termes :

En effet la bonne pratique de la communication améliore la qualité des échanges qui a leur tour améliorent très souvent les résultats du processus engagé, car favorisant la participation de tous, le sens des responsabilités et le consensus.

Il est donc pour nous nécessaire de souligner que la communication présente un enjeu majeur dans l'accomplissement de missions de la commune. Pour ce faire, il est important pour ses acteurs d'en prendre conscience, et de s'atteler non seulement à une bonne pratique de la communication interne et externe, mais aussi à la maîtrise des outils et des différentes techniques de communication.

De surcroit, selon ce guide, la communication demeure sur le plan communal, un puissant vecteur de mobilisation des citoyens autour des affaires publiques locales, et partant, d'instauration de la transparence dans la gestion de la chose publique locale. En effet, il rappelle qu'au-delà d'être la chose des élus, la commune est aussi un patrimoine commun. Pour cela, sa gestion est impérative aux conditions de redevabilité et d'implication des populations via la concertation et la participation, afin de favoriser le maintien de la confiance et le développement de l'esprit de citoyenneté locale.

Abordant les portées interne et externe de cette communication, MENGOUNG André cité par ABAKOU (2019, page 30) relève que sur le plan interne, la communication se présente comme un outil de gestion indispensable à un climat relationnel harmonieux, et par conséquent, au bon fonctionnement de l'administration municipale.

En ce qui concerne de la communication externe, il indique que les élus municipaux doivent répondre à un ensemble d'obligations à l'endroit de leurs électeurs. Il s'agit notamment dans le sillage de la représentativité, de prendre des décisions pour le bien-être de la collectivité, et de mener une communication suivie avec leurs concitoyens sur la vie publique et administrative de la municipalité.

En sus, l'auteur insiste sur l'importance du caractère multidirectionnel de cette communication. Pour lui, elle doit inclure une consultation permettant à la municipalité d'être informée sur les attentes de la population, afin de l'impliquer dans la prise de décision. Ainsi, un des objectifs de la communication communale serait de se tenir simplement à l'écoute de la population quant à ses besoins en termes d'orientations de base, d'objectifs de développement, de choix des priorités, d'affectation et d'aménagement des ressources et des services offerts.

Cependant, au-delà des aspects liés au relationnel et à l'engagement envers les populations, la portée de la communication en milieu communal s'étend sur un ensemble de missions. En effet, le Courrier des Maires et des Elus locaux (n°?284 novembre?2014, IV) présente 06 missions principales habituellement reconnues à la communication des collectivités territoriales à savoir :

- une mission citoyenne : reconnue par la loi, elle consiste à rendre compte de l'action des institutions élues, à rendre lisible la décision publique, à animer la vie démocratique locale pour favoriser la participation des habitants ;

- une mission sociétale : elle vise à éclairer les enjeux collectifs (civisme, prévention, santé...) et chercherà faire évoluer les comportements individuels;

- une mission d'information publique : elle est destinée à contribuerau bon fonctionnement des services publics enassurant l'accès aux droits;

- une mission de promotion du territoire : elle porte l'identité, valorise les atouts, attire les activitéséconomiques ou touristiques;

- une mission d'animation du territoire : elle vise à soutenir les activités culturelles, sportives, associatives,économiques et sociales;

- une mission interne : elle informe les agents, et contribue au management des équipes.

En somme, au-delà d'être un ensemble de mécanismes qui organisent l'information et les interactions au sein d'une commune, la communication communale constitueun outil stratégique de gouvernance locale. A travers les multiples rôles sus évoqués, elle est appelée à concourir sur le plan interne, au bon fonctionnement de l'administration municipale et à l'accomplissement harmonieux de ses missions. Et sur le plan externe en revanche, elle se présente comme un outil de fidélisation, de mobilisation et de concertation autour des intérêts collectifs.

Ceci étant, nous tenons à reconnaitre l'énorme travail abattu par les auteurs qui nous ont précédés sur les thématiques de communication communale et de développement participatif. Cependant, nous pensons que de telles thématiques méritent d'être davantage abordées dans le sens spécifique que nous tenons à les accorder dans le cadre de la présente recherche. En effet, la logique de cette étude nous interpelle à considérer la communication communale sous l'angle d'un ensemble de moyens performants pour la sensibilisation et la mobilisation participative, d'un objet favorable à la création d'un cadre local de concertation, et d'un ensemble de mécanismes ayant un enjeu certain sur la création d'initiatives locales.

En d'autres termes, il revient à percevoir la communication communale sous les trois éléments sus évoqués (les moyens, l'objet et l'enjeu des mécanismes institutionnel), telun pilierfondamental du développement participatif. En effet,de par les moyens appropriés,la communication communale conduittout d'abord, àune sensibilisation accrue et à un engagement certain de tous les acteurs concernés par le développement local au sein de la commune.Elle permet aussi de garantiraux populations un lien de proximité et d'appartenance,et une implication dans la gestion des affaires publiques.

Pour ce qui de l'objet, il permet ensuite de focaliser la communicationsur la transparence dans la gestion publique,l'expression claire et escomptée des besoins des populations, et l'établissement d'une vision commune de développement. Elle interpelle tout aussi sur les objectifs communément fixés et sur leur atteinte harmonieuse.

Traitant enfin des mécanismes institutionnels, ils comportent entre autres enjeux, la vulgarisation des potentialités locales en vue d'une gestation des initiatives locales de développement.

Tels sont dès lors les trois angles spécifiques sous lesquels nous nous employons à découvrir la communication communale, la traduction d'un échange informationnel au service du développement local participatif. Quid alors des théories à corroborer à notre étude ?

III. THEORIES EXPLICATIVES

Une théorie est un ensemble de propositions ou d'énoncés généraux sur lesquels se base la compréhension des phénomènes observés dans la société. Notre travaille convoque un ensemble de théories nous permettant d'établir un rapport étroit entre notre problématique, nos objectifs et hypothèses de recherche. Elles relèvent pour la plus part du domaine de la communication organisationnelle et se déclinent ainsi qu'il suit.

III.1 THEORIE DU PROCESSUS TRANSACTIONNEL DE LA COMMUNICATION ORGANISATIONNELLE

Développée par GOODALL Jr. et EINSBERG E. M. en 1997, cette théorie fait partie des nombreuses approches qui visent à reconnaitre l'importance stratégique de la communication au sein de toute organisation. Au-delà du simple transfert de l'information (communication asymétrique), l'approche transactionnellemet l'accent sur le signifié du message et le feedback à l'issue de la communication. En effet, elle s'intéresse à la fois au message transmis, sa portée, et à la manière dont il est reçu et compris. De même, elle se baseen particulier sur le comportement manifeste du récepteur au détriment du feedback verbal. Elle reconnait à la communication au sein de toute organisation, la responsabilité de concevoir le message, transmettre l'information et se rassurer d'un retour d'information à son issue.

Prise dans le cadre de notre étude, cette théorie s'opérationnalise dans la responsabilité qui incombe à la commune en tant qu'entité politique, de concevoir et de transmettre le message approprié afin de sensibiliser et de mobiliser tous les acteurs concernés par le développement de la localité Soa. De même, elle fait entrevoir la nécessité de mettre sur pied des mécanismes devant permettre à ses destinataires, que sont principalement les populations, de se faire entendre d'elle et d'entrer en action à l'issue de ses communications. Ainsi, elle corrobore notre première hypothèse qui, traitant des moyens de communication et de la sensibilisation etmobilisation participative, se décline d'une part en terme de fonctionnalité et d'adaptabilité à la cible, et d'autre part en terme de retour d'information desdits moyens.

III.2 THEORIE DU DIALOGUE DE LA COMMUNICATION ORGANISATIONNELLE

L'approche de la communication organisationnelle comme un espace de dialogue est une autre des théories développées parGOODALL Jr. et EINSBERG E. M. en 1997, dans le but de reconnaitre le rôle stratégique de la communication au sein d'une organisation. Selon ce modèle, les organisations sont vues comme un environnement où la communication doit être « équilibrée ». C'est dire que la communication offre à tout individu au sein de l'organisation, l'opportunité de parler et d'être entendu. Or, l'organisationse structure tel un ensemble systémique dontles propositions et aspirations des sous-systèmes sont prises en compte par le biais de la communication, ce quipermet un fonctionnement harmonieux de l'ensemble du système. Cette théorie est complétée dans cette lancée par celles fonctionnalistes, qui ont trait à l'étude des fonctions sociales et des phénomènes sociaux, des structures et des institutions sociales tels que la famille, la communauté, le système politique, etc.

Bien plus, elle est renforcée par la dimension de participation de la communication organisationnelleapportée parRESTREPPO J. M. en 1995. D'après cet auteur, le processus de communication organisationnelle implique au sein de toute organisation, l'action de communication de l'« autre ». Il s'agit d'un cycle qui se complète, la parole étant explicitement donnée à l'autre qui est entendu et reconnu. Il s'agit d'une pratique organisationnelle qui permet une participation effective, en établissant des liens de pertinence et un engagement avec l'organisation.

En rapport avec notre étude, il s'agit d'un modèle idéal de communication communale. En réalité, la communication en milieu municipal est appelée à garantir un cadre de concertation entre les différents acteurs au développement local. Il est donc nécessaire d'aboutir à une communication qui offre un espace de dialogue entre ces acteurs, ce qui concourt à l'expression et la prise en compte des aspirations de tous dans le processus de développement de la Commune de Soa. Ainsi, elle se décline particulièrement à l'endroit de notre hypothèse sur l'objet communicationnel et la création d'un cadre de concertation, en termes de mise à disposition d'une information publique sur la gestion locale d'une part, et d'un appel au dialogue clairement émis à l'endroit des populations d'autre part.

III.3 THEORIE DE LA MOTIVATION

Initiée par les travaux du psychologue américain Abraham MASLOW en 1954, la théorie de la motivation est une consécration de la hiérarchisation pyramidale des besoins. En elle-même, la motivation se définit comme l'ensemble des causes conscientes ou inconscientes qui déterminent un comportement spécifique chez l'individu. Elle conditionne ou non l'engagement de l'individuà la fois sur le plan personnel que dans une dynamique de groupe.

A la base, la motivation part d'une définition des besoins personnels qui en constituent le facteur d'impulsion.En effet, plus le besoin est considérable, plus la motivation est grande.Toute motivation est orientée vers un but, un résultat dont l'atteinte réduit de manière significative la tension causée par le besoin. De ce fait, on peut comprendre que la motivation est un facteur de mobilisation des énergies dans la réalisation d'un objectif guidé par le besoin ressenti. Ainsi, le besoin fait naître un but et engendre la motivation nécessaire pour l'atteindre afin d'assouvir la tension née dudit besoin.

Par application à notre étude, cette théorie nous permet d'établir le lien entre la communication et le niveau de motivation des populations à s'engager dans le processus de développement local.En fait, parce que n'étant pas sollicitée en tant qu'acteur à part entière, ces dernières font montre de réticence et se résilient à la satisfaction des besoins individuels au détriment des initiatives de développement collectif. C'est dire que, la communication communaledoit s'employer à travers une forte galvanisation, à créer une place pour la population au sein de l'appareil décisionnel et dans le processus de développement local. Ainsi, cette théorie s'opérationnalise au moyen de notre troisième hypothèse relative aux enjeux communicationnels et à la gestation d'initiatives locales, et se décline en termes d'inspiration et d'accompagnement des populations.

IV. PRESENTATION DU CADRE DE L'ETUDE

Pour mener à terme notre recherche, nous avons opté pour une étude appliquée à la Commune de Soa dont nous allons présenter la localisation géographique, l'historique, les données démographiques, les principales activités économiques etles principaux services.

IV.1 LOCALISATION GEOGRAPHIQUE

La Commune de Soa est située dans la Région du Centre, Département de la Mefou et Afamba à 14 Km au Nord-Est de Yaoundé à 3°59 latitude Nord et 11°36 longitude Est. D'une superficie de 325 km2, elle est limitée au Sud par la Commune de Nkolafamba et la Commune d'Arrondissement de Yaoundé V, à l'Ouest par la Commune d'Obala, à l'Est par les Communes d'Esse et d'Awae et au Nord par les Communes d'Obala et d'Edzendouan. Le chef-lieu de la commune est la ville universitaire de SOA.

La Commune de Soa compte quarante (40) villages dont trente-sept (37) en zone rurale et trois (03) en zone urbaine, répartis dans quatre (04) groupements (Mbende, Ntouessong, Ebang et Ngali).

Carte 1 : Localisation de la Commune de SOA

Source : Plan Communal de Développement de Soa 2015, 26.

Source : Plan Communal de Développement de Soa 2015, page 26.

IV.2 HISTORIQUE DE LA COMMUNE

L'histoire de la localité de Soa remonte à Charles ATANGANA NTSAMA lorsque les Lieutenants KUNDT et TAPPENBECK foulent le sol de Yaoundé pour la première fois en 1888. Ils y trouvent une population assez dispersée en pleine migration vers le Sud. Leur présence stabilise le peuplement de cette région où d'ailleurs ils auront moins de difficultés.

C'est le Major HANS Dominik qui en 1895, demande au Chef ESSOMBA NGONTI de lui confier de jeunes gens afin de les former à l'école de Kribi. Parmi eux, les jeunes Ewondo tels que : Charles ATANGANA NTSAMA et ses deux frères ESSOMBA et TSOUNGUI. On y trouve aussi un jeune Etenga de Soa, le nommé MESSI MANGA dont la mère est la soeur ainée de Charles ATANGANA NTSAMA, alors que d'un autre côté la mère de ce dernier était originaire de Soa. En 1899, leur formation est interrompue par la guerre entre les Allemands et les Bulu d'OBA MBENTI. Le Major HANS Dominik les emploie à toutes les tâches, mais le plus en vue de tous de par sa serviabilité et son intelligence est incontestablement Charles ATANGANA NTSAMA ; il deviendra en 1911 le Chef supérieur des Ewondo, des Bene et des Etenga.

Après la débâcle allemande au Cameroun, il offrira dès 1920 ses services aux français. C'est sensiblement vers cette période qu'il décide de créer des plantations au village de sa mère. Le site est parsemé de layons délimitant les différentes concessions dans lesquelles il installe ses cousins pour superviser les travaux. La localité prend alors le nom de « MINLAN MI ATANGANA NTSAMA ». Ce fut le noyau originel de la ville de Soa. Il en fera par la suite un lieu de repos et de concertation avec les chefs et les grands notables de la région qui se réunissaient à huis clos dans les assemblées appelées « ESOA » en langue Béti, d'où la dénomination de SOA attribuée à la localité. Soa est donc un lieu historique de rassemblement.

Dans le souci d'une administration décentralisée de sa chefferie, mais aussi dans celui de confier des responsabilités à son cousin MESSI MANGA Paul fraichement rentré d'Allemagne en 1924, Charles ATANGANA NTSAMA le fait nommer Chef de groupement de la région Nord de Yaoundé et officier d'état-civil.

Ce territoire qui s'étendait jusqu'à Nkolmesseng, Elig-Edzoa au Sud, Nkoumetou et Afamba au Nord, representait de fait la toute première configuration de ce que deviendra la Commune de Soa.

Au terme de la Loi N° 59/44 du 17 juillet 1959, le territoire de Soa acquiert le statut de Commune sous la dénomination de « Commune Mixte Rurale de Djoungolo Nord » par la suite de l'éclatement de la Commune de Djoungolo. A cette époque, la localité s'appelle couramment « METONDO », du nom d'une essence arbustive de savane très répandue dans la zone.

En 1964, le décret présidentiel N° 64/DF/221 du 20 juin 1964 crée dans la localité un district sous l'appellation de « District d'Okoa ». La modification du nom en District de Soa interviendra quelques temps après. La Commune prend alors la dénomination de « Commune Rurale de Soa ».

En 1979, la localité devient chef-lieu d'Arrondissement par décret présidentiel N° 79-469 du 14 novembre 1979.

Depuis 2004, la mise en application progressive des lois sur la décentralisation, plus précisément la Loi N° 2004/018 du 22 juillet 2004 qui institue la nomenclature unique pour toutes les Communes du Cameroun, a transformé la dénomination de la Commune devenue « Commune de Soa ».

La Commune de Soa depuis sa création a été dirigée par les personnalités ci-après :

· Période de 1959-1975 :

ELOUMNDENE Prosper : Tout premier Maire nommé, il régna pendant 16 ans. En reconnaissance des services rendus par ce pionnier, fondateur de la ville de Soa, une Place lui a été dédiée, baptisée « Place ELOUMNDENE Prosper » et inaugurée le 06 juin 1998 par le Gouverneur de la Province du Centre, Monsieur OUMAROU KOUE.

· Période de 1975-1985 :

Cette période a connu la direction des Chefs de District et Sous-préfet Maire. Ils eurent pour principaux adjoints, les fils de Soa ci-après :

- ONDIGUI Christophe ;

- EMINI NDZINGA Jean ;

- ETOGA Longin

· Période de 1985-1996 :

C'est la période des Administrateurs Municipaux nommés à savoir :

- MESSI Jean : 1985-1987 ;

- NKODO ABOMO Pascal : 1987-1996

· Période de 1996 à nos jours :

C'est la période des Maires élus parmi lesquels nous pouvons citer :

- ESSAMA EMBOLO : 1996-2002 ;

- MBEDE Laurentine : 2002-2007 ;

- ESSAMA EMBOLO : 2007-2013

2013-2020

2020-......

IV.3 DONNEES DEMOGRAPHIQUES

D'après le Plan Communal de Développement de Soa, (2015, 33), la population de la Commune de Soa, qui jadis se chiffrait à 35 000 selon le dernier recensement général de la population et le taux d'accroissement de la population, se chiffre aujourd'hui à 69 084.A cet effet, selon les données des diagnostics participatifs (DIC, DEUC et DPNV), la Commune de Soa compte environ 49 199 âmes en zone rurale et 19 885 en zone urbaine.

Le tableau ci-après présente de manière plus détaillée la répartition démographique de la Commune de Soa.

Tableau 1 : Regroupement des populations de la Commune de Soa par tranches d'âges

 

Ensemble de la population

Groupe spécifique

Groupements

Hommes

Femmes

Total

Nourrissons (0-35 mois) (10,7%)

Population cible du PEV (0-59 mois) (16,9%)

Population d'âge préscolaire (4-5 ans) (6,3%)

Population d'âge scolaire dans le primaire (6-14 ans) (23,4%)

Adolescents (12-19 ans) (18,5%)

Population des jeunes (15-34 ans) (34,7%)

Population de plus de 34 ans

1

SOA VILLE

10 510

9 375

19 885

2 127

3 360

1 253

4 653

3 678

6 900

2 086

2

GROUPEMENT EBANG

9 600

13 400

23 000

2 461

3 888

1 449

5 447

4 075

7 982

2 302

3

GROUPEMENT NTOUESSONG

4165

5976

10141

1080

1707

635

2370

1793

3516

1015

4

GROUPEMENT NGALI

2025

3023

5048

528

835

310

1157

915

1715

520

5

GROUPEMENT MBENDE

5 642

5 368

11 010

1 176

1 866

693

2 573

2 035

3 820

1 153

Total

31 942

37 142

69 084

7 372

11 656

4 340

16 200

12 496

23 933

7 076

Source : Plan Communal de Développement de Soa, 2015, pages 34-37.

IV.4 PRINCIPALES ACTIVITES ECONOMIQUES

La Commune de Soa est le siège de plusieurs activités économiques. Par ordre d'importance, l'on peut citer :

- l'agriculture, principale activité des populations locales ;

- le petit élevage, pratiqué par une minorité ;

- le commerce des produits agricoles ;

- la bureautique, les services électro-informatiques aux environs du campus universitaire ;

- l'industrie : métallurgie, agro-industries parmi lesquelles SOFAMAC, FAFINSA, HYSACAM, SOCIA etc.

- les activités ludiques : salles de jeux, bars et buvettes.

IV.5 LES PRINCIPAUX SERVICES DE L'ESPACE COMMUNAL

Tableau2 : Principaux services présents dans la Commune de Soa

No

Secteurs

Services

Statut (public/privé)

 

1. Agriculture et développement rural

DAADER

Public

1. Postes agricoles

Public

1. 154 GICs

Privé

1. 06 coopératives

Privé

1. SODECAO

Privé

 

2. Elevage, pêches et industries animales

DAEPIA

Public

 

3. Santé publique

01 Hôpital de district

Public

1. 07 Centres de Santé Intégrés

Public

1. 08 cliniques

Privé

 

4. Education de base

IAEB

Public

1. 15 Ecoles primaires

Public

1. 07 Ecoles maternelles

Public

1. 41 Ecoles primaires

Privé

1. 13 Ecoles maternelles

Privé

 

5. Affaires sociales

01 Centre social

Public

 

6. Eau et énergie, pétrole

01 Agence ENEO

Public

1. 02 stations service

Privé

 

7. Enseignement secondaire

05 Lycées

Public

1. 04 CES

Public

1. 02 CETIC

Public

1. 05 Collèges

Privé

1. ENIET

Public

 

8. Emploi et formation professionnelle

SAR/SM

Public

 

9. Tourisme

Auberges

Privé

 

10. Commerce

02 Marchés / complexes commerciaux (devenus étroits à cause de l'augmentation de la population rurale, urbaine et estudiantine).

Public

1. Petit commerce

Privé

Magazin

Public

 

11. PME, économie sociale et artisanat

Micro-finances

Privé

 

12. Industrie, mines et développement technologique

SOFAMAC

Privé

1. FAFINSA

Privé

1. HYSACAM

Privé

1. SOCIA

Privé

1. PRO- BOIS

Privé

1. JUSTAWE- BOIS

Privé

1. DJINO et FILS

Privé

1. ENF

Privé

1. SADEC

Privé

1. Farra construction

Privé

1. vinatabac oriental cameroon company

Privé

1. société 3N pharma

Privé

1. société SOTRADEM

Privé

1. société PANEKAGIMG

Privé

 

13. Transports

03 Auto-écoles

Privée

 

14. Postes et télécommunications

CAMTEL

Public

1. bureau de poste

Public

cyber café

Privé

 

15. Communication

cablo distributeur

Privé

 

16. Habitat et développement urbain

Cités universitaires

Privé

 

17. Administration territoriale, décentralisation, sécurité, maintien de l'ordre

Sous-Préfecture

Public

1. Mairie

Public

1. Commissariat

Public

1. Poste de gendarmerie

Public

 

18. Enseignement supérieur

Université de Yaoundé II

Public

1. Institut Supérieur AZIMUT

Privé

Source : Plan Communal de Développement de Soa, 2015, pages 39-41.

IV.6 PRESENTATION DU DISPOSITIF COMMUNICATIONNEL PREVU PAR LA COMMUNE DE SOA (PLAN DE COMMUNICATION COMMUNAL)

Pour des soucis de synthèse, nous allons présenter uniquement lesarticulations phares du plan de communication communal de 2020 de la Commune de Soa.

IV.6.1. PRÉAMBULE

Le plan de communication est un outil de référence qui nous permettra d'articuler l'ensemble des priorités de communication de la Commune de Soa, et ce, pour 2020. Le plan de communication se divise en deux grands volets. Le premier volet constitue un portrait de la situation de l'organisation en matière de communication (présentation de l'organisation et inventaire des outils). Alors que le second propose une politique de communication, une image désirée et un plan d'actions qui regroupe l'ensemble des objectifs, des stratégies, des activités ainsi que des outils de communication que l'on se propose de réaliser.

IV.6.2. MISE EN CONTEXTE (BREF RÉCAPITULATIF DE LA COMMUNICATION DE LA COMMUNE DE SOA)

En effet, la DELIBERATION N°004/D/C/ SOA/SG, portant adoption de l'organigramme de la Commune de SOA du 02/10/2010 a vu naître la Cellule de communication, de la coopération et du partenariat local qui est chargée entre autres de :

- collecter, traiter, conserver et mettre à disposition l'information (Communication) ;

- veiller à l'établissement du calendrier du Maire relatif à la coopération et la gestion du partenariat (coopération et partenariat local) ;

- assister les services concernés par les accords et les partenariats extérieurs (coopération et partenariat local) ;

- veiller à l'exécution correcte des accords (coopération et partenariat local) ;

- rédiger les projets de coopération avec les partenaires extérieurs (coopération et partenariat local) ;

- effectuer le suivi et l'évaluation de la mise en oeuvre des accords de jumelage et de coopération (coopération et partenariat local) ;

- élaborer et proposer une stratégie de communication communale (Communication) ;

- diffuser les informations sur les activités de la municipalité (Communication) ;

- rédiger les revues de presse à l'intention des élus et responsables communaux (Communication) ;

IV.6.3. INVENTAIRE DES ACTIVITÉS ET DES SUPPORTS ACTUELS DE COMMUNICATION

v Inventaire des Activités

- Participations aux foires, salons et expositions

o SAGO (NON)

o PROMOTE (NON)

o JOURNEES DE L'ENTREPRISE DU GICAM (NON)

o JOURNEES DE LA DECENTRALISATION (NON)

o Foires (OUI - Foire artisanale départementale, régionale et nationale)

- Publication d'un magazine/journal institutionnel (NON)

- Elaboration des présentations PowerPoint pour les visiteurs externes (NON)

- Elaboration de la revue de presse quotidienne (OUI)

- Publication des appels d'offres (OUI - journal de l'ARMP uniquement)

- Elaboration des publi-reportages (NON)

- Gestion du contenu informationnel du site web COMMUNE DE SOA, page Facebook (OUI)

- Conception des supports Gadgets institutionnel (NON)

- Elaboration du rapport annuel (NON)

- Gestion des relations presse (OUI mais c'est à revoir)

- Gestion des insertions publicitaires (NON)

- Existence de la charte graphique (NON)

- Gestion des abonnements aux revues et journaux (Oui mais Cameroon Tribune uniquement)

- Existence d'un plan de communication (NON)

- Veille média (NON)

v Inventaire des supports

- Brochure de présentation (NON)

- Dépliants (NON)

- Chemise institutionnelle (NON)

- Newsletter (NON)

- Papiers entête

- Gadgets institutionnels(NON)

- Tableaux d'affichage (Oui - 03 mais pas organisés)

- Roll-up (02)

- Rapport annuel (NON)

- Plaquette institutionnel (NON)

- Présentations PowerPoint (NON)

- Affiche (NON) Site internet Commune de Soa (OUI)

- Page Facebook (OUI)

- Chaine Youtube (OUI)

- Messagerie interne (NON)

IV.6.4. POLITIQUE DE COMMUNICATION

Une politique de communication constitue un outil de gestion qui contribue à la réalisation des grandes orientations d'une organisation. Le but de la présente politique est de déterminer des lignes directrices pour les actions en matière de communication au sein de la Commune de Soa. La politique se concrétise dans un plan de communication qui énonce les priorités de communication pour la prochaine année (2020). Le plan de communication, lui, s'appuie sur des objectifs de communication.

v Quelques balises devant encadrer l'ensemble des communications à la Commune de Soa

- couverture des évènements de la Commune de Soa pour une meilleure connaissance des activités de la Commune et du territoire ;

- envoyer au besoin des communiqués de presse aux médias avant et après un événement ;

- uniformité dans le message et la forme des documents produits ;

- utilisation systématique du logo de la Commune de Soa dans tout document à usage interne et externe.

v Rôle primordial / Objectifs de la communication dans la Commune

- soutenir l'institution dans l'accomplissement efficace de sa mission, et ce, dans les règles de la conduite professionnelle en communication ;

- faire connaitre la Commune, ses activités et projets ;

- gérer notre image afin que les publics visés aient une vision cohérente de nos activités et projets;

- faire asseoir en interne une véritable culture d'entreprise basée principalement sur le sentiment d'appartenance ;

- amener le public à adopter les projets de la Commune.

- coordonner l'ensemble de nos activités de communication interne et externe.

IV.6.5. IMAGE QUE LA COMMUNE DE SOA SOUHAITE DONNER À SES PUBLICS

- le bien-être des populations de Soa est notre priorité majeure, leur qualité de vie a changé grâce à la gestion de l'exécutif municipal, le conseil municipal et le personnel communal ;

- le développement de notre territoire est notre devoir ;

- notre personnel est une grande famille avec des valeurs ;

- elle est une organisation jeune et travailleuse (à travers son personnel, actions, activités et projets innovateurs) ;

- la Commune est une organisation qui respecte le caractère bilingue de notre pays.

IV.6.6. PLAN D'ACTIONS EN COMMUNICATION 2020

v But du plan d'actions et axes de communication

Le but général du plan est la connaissance. Il s'articule autour de deux axes de communication:

Axe 1 : La connaissance de l'organisation (Commune / Mairie de Soa)

Le premier axe est de type «institutionnel» et « identitaire ». Cet axe a pour but de mieux faire connaître la Commune / Mairie de Soa auprès de son personnel, des usagers, des pouvoirs publics, des leaders d'opinion et des partenaires (actuels et potentiels), ainsi que de permettre un meilleur positionnement stratégique auprès des décideurs au niveau national.

Axe 2 : La connaissance de l'ensemble des actions/projets/activités menés par et/ou dans la Commune de Soa

Le deuxième axe, qualifié «d'externe», a pour objectif de faire connaître et reconnaître auprès des populations, des pouvoirs publics, des leaders d'opinion, les actuels et potentiels partenaires les actions, projets et activités menés par la Commune. Il s'agit de provoquer en eux un sentiment d'adhésion et d'appropriation des projets et activités socio-économiques.

v Objectifs de communication

Axe 1 : La connaissance de l'organisation (Commune / Mairie de Soa)

Objectif général : mieux faire connaitre la Commune/Mairie de Soa et sa mission auprès de ses différents publics.

Objectifs spécifiques :

- mieux se faire connaître par le personnel interne ;

- mieux se faire connaître auprès de nos usagers ;

- mettre en place une véritable culture d'entreprise au sein de la Mairie de Soa ;

- mieux se faire connaître auprès des médias.

Publics cibles : personnel, media, usagers, partenaires, pouvoirs publics, et leaders d'opinion.

Axe 2 : La connaissance de l'ensemble des actions/projets/activités menés par et/ou dans la Commune de Soa

Objectif général:faire connaitre les actions, projets/activités menés par et/ou dans la Commune de Soa.

Objectifs spécifiques :

- démontrer que nos actions sociales et économiques contribuent largement au développement du territoire communal ;

- démontrer que nos actions sociales et économiques contribuent s'inscrivent dans la vision d'un Cameroun émergent à l'horizon 2035 ;

- amener les populations à adhérer et à s'approprier les projets ;

- améliorer le positionnement stratégique de l'organisation auprès des leaders d'opinion ;

- susciter des investissements de la part des actuels et potentiels partenaires

Publics cibles : les usagers, les indigènes / citoyens, les pouvoirs publics, les médias, les partenaires et leaders d'opinion.

v Messages

Axe 1 (pour l'organisation) :

- «La Commune / Mairie comme vous ne l'avez encore jamais connue»

- « Professionnaliser, un atout mutuel »

Axe 2(pour l'action socio-économique) : « Développer, c'est notre devoir »

v Publics cibles

Cinq publics cibles distincts sont clairement identifiés dans notre plan. Certaines activités ou actions viseront un groupe en particulier et d'autres toucheront l'ensemble.

- les usagers et populations ;

- le personnel de la Mairie de Soa ;

- les pouvoirs publics et autres investisseurs potentiels (bailleurs de fonds, banques commerciales, l'Etat, entreprises, etc.) ;

- les leaders d'opinion (Chefs traditionnels, élites, institutions, les associations, ONG, etc.) ;

- les medias.

Parvenu au terme de ce chapitre, il s'agissait pour nous d'apporter des éclaircis sur les termes et expressions en rapport avec notre étude. Il était également question de parcourir les écrits ayant trait à notre objet d'étude. Aussi, nous étions appelés à convier les principales théories nécessaires à la vérification de nos hypothèses, et à présenter de manière sommaire la Commune de Soa qui est notre cadre d'étude.

Il en ressort que, les clarifications faites sur les concepts phares de notre étude vont permettre de faciliter la compréhension de ce travail. De même, la revue de la littérature opéréeva contribuer à la compréhension du sujet, tout en permettant de développer un éventail plus large des idées gravitant autour de notre thématique. Pour ce qui est des théories, celles-ci viendront vérifier et étayer les hypothèses formulées pour notre étude.

De plus, nous notons que la Commune de Soa présente un ensemble de potentialités favorables à son développement. Celles-ci s'observent notamment au niveau des activités économiques, du caractère cosmopolite de la population, et de la générosité de ses ressources naturelles que nous n'avons malheureusement pas pu présenter ici pour des soucis de synthèse.

Toutefois,il reste que l'exploitation optimale des ce potentiel, et l'implication effective des populations dans le processus de développement de la localité, dépendent étroitement d'un ensemble de prérequis communicationnels. Pourtant, à l'observation du dispositif prévu par le plan de communication communal ci-dessus présenté, l'on constate une faible tendance participative et de proximité à l'égard des populations. En effet, la principale remarque à ce niveau est que l'appareil municipal s'emploie plus à une communication institutionnelle et à volet économique, plutôt qu'à une communication axée sur la sensibilisation et la mobilisation de ses populations via des mécanismes de participation concrets. Par conséquent, il apparait qu'en l'état actuel de sa pratique dans la Commune de Soa, la communication communale ne favorise pas la participation des populations aux initiatives de développement local. Dès lors, l'on est fondé à se pencher sur la question des déterminants de cette communication qui affecte l'implication active des populations au processus de développement de cette localité. Il s'agit particulièrement des moyens, de l'objet et des enjeux des mécanismes institutionnels de la communication communale.

CHAPITRE II : IMPACT DES MOYENS DE COMMUNICATION SUR LA SENSIBILISATION ET LA MOBILISATION PARTICIPATIVE

Dans ce chapitre, il est pour nous question de présenter l'importance des moyens de communication pour la sensibilisation et la mobilisation participative, tout en mettant une emphase sur les moyens de communication de la Commune de Soa et leur incidence sur ces vecteurs de développement participatif. En effet, en termes de sensibilisation et de mobilisation participative, la performance d'un moyen de communication se décline par sa fonctionnalité et son adaptabilité à la cible d'une part, et par le retour d'information et l'implication active qu'il permet d'autre part.

I. FONCTIONNALITE ET ADAPTABILITE A LA CIBLE

I.1. IMPORTANCE D'UN MOYEN DE COMMUNICATION FONCTIONNEL ET ADAPTE

Les moyens de communication sont les principaux outils de diffusion de l'information. Ils déterminent la manière dont une information est canalisée, véhiculée et réceptionnée auprès de son destinataire. En effet, l'emploi d'un moyen de communication est tributaire d'un ensemble de facteurs, ainsi que des effets sollicités. Il peut arriver que dans un processus communicationnel, le moyen employé joue un impact considérable non seulement sur la qualité du message, mais aussi sur la mentalité du récepteur et sur les effets à produire. C'est l'émanation de la théorie transactionnelle abordée par GOOGALL Jr et EINSBERG M., qui consiste à mettre l'accent autant sur le signifié d'un message, que sur les effets à produire au terme d'un processus de communication.Ainsi,une communication employant un mauvais moyen sera jugée peu importante, entrainant par ricochet une mauvaise appréciation de son message.De même, l'emploi d'un moyen de communication inapproprié expose le message au risque d'être détourné dela cible visée.

Par conséquent, en matière de sensibilisation et de mobilisationparticipative, l'exigence d'un moyen de communication approprié s'avère dès lors primordiale, et son choixdoit s'opéreren tenant compte des caractéristiques de la population cible.Les moyens employés dans une communication de sensibilisation doivent correspondre aux habitudes informationnelles de la cible afin de garantir une bonne réception du message véhiculé. Une telle adéquationva permettre d'assurer non seulement une facilité d'acceptation du message, mais aussi et surtout un meilleuraccès à l'information désirée de la part de la population cible.De cette manière, au-delà de passer simplement un message, ces moyens contribuent à rendre la cible sensible, et à créer une relation de confiance propice à la mobilisation. On dira alors de ces moyens qu'ils sont fonctionnels et adaptés.

I.2. FONCTIONNALITE ET ADAPTABILITE DES MOYENS DE COMMUNICATION DANS LA COMMUNE DE SOA

Notre enquête à ce niveau nous a permis de relever les moyens de communication de la municipalité, que nous avons par la suite confrontés aux habitudes communicationnelles des populations locales.

Tout d'abord, notre entretien avecla chargée de la communication de la Mairie nous a révélé que,le dispositif communicationnel de la Commune prévoit en termes d'information des populations les moyens de communicationsuivants :

- la redistribution de l'information auprès des populations par les chefs traditionnels ;

- la parution écrite à travers un périodique bimestriel tiré en deux mille (2000) exemplaires, et les périodiques sectoriels des CTD ;

- la publication en ligne à travers un site internet (actuellement non opérationnel) et une page officielle Facebook ;

- l'affichage public via un tableau d'affichage communal (babillard) ;

- la radiodiffusion à travers les radios locales, et ;

- des réunions occasionnelles de restitution des travaux du conseil municipal auprès des communautés par les conseillers municipaux.

En outre, d'après les informations recueillies auprès des chefs traditionnels, la communication avec l'appareil municipal s'opère à travers des outils classiques et conventionnels tels que le téléphone, les messages portés et les réunions. Par contre, la communication avec les communautés s'opère par d'autres moyens tels que :

- l'affichage public sur le babillard de la chefferie ;

- la communication dans les assemblées et églises, et ;

- la ventilation dans les communautés par des porte-paroles.

Au regard de cet arsenal communicationnel, l'on peut constater que la communication communale met un point d'honneur sur l'information de la population. Cependant, les enquêtes menées auprès desdites populations à travers les leaders d'associations nous permettent de démontrer que :

Dans un premier temps, les populations ne sont pas toujours au courant des moyens de communication de la municipalité. L'on peut ainsi voir, selon le graphique ci-dessous,que seulement 21% contre 79% des personnes interrogées connaissent les moyens de communication de la Mairie de Soa.

Figure 1 : Connaissance des moyens de communication de la Mairie par les populations

Source : Notre enquête de juin 2021

Dans un deuxième temps, ces enquêtes nous ont révélé que même lorsque ces populations connaissent les moyens de communication de la municipalité, l'information qu'ils véhiculent n'est pas toujours celle désirée par celles-ci. De cette façon, tel que le présente la figure ci-dessous, seulement 35% des populations connaissant lesdits moyens de communication obtiennent l'information nécessaire à la mise en oeuvre de leurs activités.

Figure 2 : Obtention d'une information nécessaire

Source : Notre enquête de juin 2021

Dans un troisième temps enfin, les données recueillies nous ont permis de relever, les moyens d'information favoris des populations de la Commune de Soacomme présenté par le graphique ci-dessous.

Figure 3 : Moyens d'information favoris des populations de la Commune de Soa

Source : Notre enquête de juin 2021

Tout compte fait, l'analyse de ces différentes données nous permet de constater que la majorité des moyens de communication employés par la municipalité est soit en déphasage avec les moyens d'information de la population,soit ne fonctionne pas à la perfection. En effet, l'on remarque tout d'abord que la diffusion de l'information sur les tableaux d'affichage, ainsi que la parution écrite se heurtent à un faible taux de fréquentation de la part de la population. En sus, la faible quantité des exemplaires du journal municipal réduit considérablement le champ des bénéficiaires et limite de ce fait l'accès à l'information y contenue.

Ensuite, la publication en ligne n'étant pas suffisamment opérationnelle,elle ne trouve pas satisfaction auprès des populations pourtant essentiellement adeptes des réseaux sociaux. Concernant la radiodiffusion, bien qu'une grande partie de la population s'en serve comme moyen d'information, la variation périodique des diffusions et la diversité desstations d'émissionexternes à la municipalité rendent anodin l'accès à l'information. Et pour ce qui est de la redistribution communautaire dans les assemblées et églisesenfin, l'on constate qu'il s'agit d'un moyen qui concorde effectivement avec les habitudes informationnelles de la population.

Ceci étant, l'on peut déduire de ce qui précède que les moyens de communication employés par la municipalité ne sont pas en grande majorité fonctionnels et adaptés aux habitudes informationnelles de sa population. Par contre, il en existe bien d'autres qui ne sont pas suffisamment exploités, mais pourtant bien ancrés dans les habitudes de la population notamment les réseaux sociaux. Quid alors du retour d'information et de l'implication active ?

II. RETOUR D'INFORMATION ET IMPLICATION ACTIVE DE LA POPULATION

II.1. IMPORTANCE DU RETOUR D'INFORMATION

Le retour d'information est une réponse émise par le destinataire d'un message à son expéditeur au terme d'une action de communication. Il ne consiste pas pour le destinataire à évaluer le procédé de communication, mais plutôt à faire connaitre ce qu'il a compris, vu ou entendu. Dans un processus communicationnel, le retour d'information est bénéfique autant à l'expéditeur qu'au récepteur. En effet, il permet à l'émetteur d'évaluer sa communication afin de savoir si le message est arrivé à destination, s'il a été compris, et s'il produit les effets souhaités. Pour cela, il peut relever ses défaillances et corriger les écarts lors des prochaines communications. Quant au récepteur, le feedback lui donne la possibilité de réagir et d'exprimer son opinion à propos de l'information reçue. Il peut alors entrer en action et se constituer non plus en simple récepteur passif, mais bien plus en acteur mobilisé. Au demeurant, le retour d'information permet de créer une communication bidimensionnelle favorable un échange d'informations à double sens, d'où l'application une fois de plus de la théorie du processus transactionnel de la communication organisationnelle de GOODALL Jr. et EINSBERG.

En matière de sensibilisation et de mobilisation participative, le retour d'information s'avère davantage important dans la mesure où le message communiqué est destiné à produire des effets concrets. En réalité, loin d'être une simple diffusion de masse, une communication de sensibilisation vise à rendre la cible attentive et sensible au message véhiculé afin que celle-ci puisse se mobiliser et entrer en action. Elle a donc pour finalité de faire réagir ses destinataires sur des questions bien précises, notamment celle de la participation au développement. Il se produit alors en termes de feedback, une réactionde retour soit par simple émission d'informations nouvelles, soit encore par des actions concrètes de mobilisation parachevant ainsi le processus communicationnel.

II.2. RETOUR D'INFORMATION DES MOYENS DE COMMUNICATION DANS LA COMMUNE DE SOA

Nos investigations à ce niveau nous ont permis de relever un certain nombre de manquements en termes de feedbackdans le dispositif communicationnel communal.

Tout d'abord, selon les déclarations de la chargée de la communication, les moyens de communication engagés dans le processus communicationnel de la Commune sont d'unfeedback insatisfaisant. C'est en effet le cas des publications en ligne qui se heurtent à un manque de visibilité et à la réticence des abonnés pour des raisons politiques. Il en est de même pour la redistribution de l'information par les chefs traditionnels et les élus locaux, à laquelle les populations réagissent par des plaintes et sollicitations lors des descentes de terrain.

Pour ce qui des autres moyens de communication tels que la radio, l'affichage public, et les annonces communautaires, on relèvequ'ils ne permettent pas un retour d'information direct de la part des populations. Pour yrépondre, celles-ci sont dans l'obligationde se rapprocher soit des chefferies qui sont des relais communicationnels de la municipalité, soit de la Mairie elle-même. Mais malheureusement, une telle mobilisation reste vaine.

Concernant les possibilités de retour d'information dont bénéficient les populations, notre enquête a exclusivement considéréceux des enquêtésayant admis avoir connaissance des moyens de communication de la commune. Ce qui nous a permis de relever les données suivantes :

Figure 4 : Communication régulière avec la municipalité

Source : Notre enquête de juin 2021

En interprétant la figure ci-dessus relative à l'entretien d'une communication permanente avec la municipalité,l'on constate que seul 21% des personnes enquêtées ont reconnu être en communication régulière avec la municipalité dans le cadre de leurs activités.Questionnées ensuite sur la possibilité qu'elles auraient d'échanger avec un élu local, 91% ont répondu par la négative tel que présenté dans la figure ci-dessous.

Figure 5 : Possibilité pour les populations d'échanger avec un élu local

Source : Notre enquête de juin 2021

A la lumière de ces données, l'on peut constater qu'il existe une infime possibilité pour les populations d'entretenir une communication directe avec la municipalité, et ce malgré leur connaissance de ses moyens de communication. Alors que, l'entretien d'une communication régulière avec la municipalité permettraità toute personne, de pouvoir exprimer ses opinions et attentes en temps réel et opportun. De même, la possibilité de pouvoir échanger directement avec un élu local offrirait l'avantage de se sentir proche et écouté de l'institution municipale. Seulement, l'analyse des données recueillies nous amène à considérer qu'une grande majorité de la population de la Commune de Soaen est bien loin.

En tout état de cause, il est clair qu'une telle situation affecte considérablement la possibilité pour les populations de réagir de manière concrète aux communications à elles adressées. Pour cette raison, le retour d'information se révélant clairement insatisfaisant, les moyens engagés dans le dispositif communicationnel de la Commune se voient considérablement diminués s'agissant de la sensibilisation et de la mobilisation participative.

En définitive, la performance d'une communication de sensibilisation et de mobilisation à des fins participatives dépend d'un ensemble de facteurs, notamment des moyens qu'elle emploie. En effet, pour effectivement atteindre une population cible et produire des effets de mobilisation, tout processus communicationnel doit répondre à un certain nombre de critères que sont la fonctionnalité, l'adaptabilité, le retour d'information et l'implication active. Dans cette logique, la théorie de l'approche transactionnelle de la communication organisationnelle nous permet de bien cerner l'importance des moyens de communication appropriés pour la sensibilisation et la mobilisation. De manière opérationnelle, l'accent est mis ici autant sur la perception du message de communication (sensibilisation), que sur les effets de feedback à produire à sa délivrance (mobilisation). Cependant, au regard des données collectées, force est de constater que les moyens de communication de la Commune de Soa en direction de ses populations restentdiminués en termes de fonctionnalité, d'adaptabilité, de retour d'information et d'implication active des populations. Par conséquent, l'on est à mesure de confirmer notre hypothèse selon laquelle ces moyens de communication sont d'une performance insatisfaisante pour ce qui de la sensibilisation et de la mobilisation participative.

CHAPITRE III : OBJET COMMUNICATIONNEL ET CREATION D'UN CADRE DE CONCERTATION LOCAL

Dans ce chapitre, il est question de mettre en rapport l'objet de la communication communale et l'exigence d'un cadre de concertation local. De manière concrète,il revient à envisager le dispositif communicationnel de la commune au-delà de ses obligations organisationnelles internes, tel un outil d'interventionmis au service de l'ensemble des acteurs locaux et des populations en particulier, afin d'aboutir à une action commune de développement.

En ingénierie du développement local, l'un des fondements de la participation consiste en l'exigence d'un cadre d'échange et de réflexion entre tous les acteurs locaux, y compris les populations. Il s'agit d'une plateforme visant à recueillir et à mettre en commun les volontés politiques, les besoins et les attentes de la collectivité en termes d'orientations stratégiques du développement. D'après le Guide Méthodologique de Planification Régionale et Locale au Cameroun(2010 ; 39), la concertation dans le cadre du développement local s'opère viades ateliers de planification organisés par secteur d'activités avec les représentants des populations, afin de déterminer les axes stratégiques de développement. Il s'agit d'un ensemble de consultations relatives àla définition d'une vision de développement, àla détermination des objectifs de développement prioritaires,et à la formulation des programmes entres autres. De manière opérationnelle, ces consultations consistent à mettre en examen la nécessité, la faisabilité et l'impact social des différents axes stratégiques. Une telle initiative ayant pour principal atout l'aboutissement à une vision consensuelle de développement, et l'obtention d'un ensemble de résultats voulus et acceptés de tous. D'où l'importance de l'application de la théorie du dialogue évoquée pour cette hypothèse.Cependant, la mise en oeuvre d'un tel mécanisme nécessite une prédisposition formelle de la part du dispositif de communication de la commune.

Ceci dit, la nécessité de prendre en compte la concertation locale dans les mécanismes communicationnels de la commune peut être envisagéed'une part sous l'aspectde la disponibilité d'une information publiqueau service d'une gestion transparente, et d'autre partsous celuides mécanismesd'intervention directe offerts aux populations.

I. UNE COMMUNICATION AXEE SUR LA TRANSPARENCE DANS LA GESTION PUBLIQUE LOCALE

Dans cette partie, nous abordons dans un premier temps le rôle de l'information publique comme gage de transparence dans la gestion publique locale, et dans un second temps, la disponibilité d'un tel mécanisme au sein du dispositif communicationnel de la Commune de Soa.

I.1. INFORMATION PUBLIQUE ET TRANSPARENCE DANS LA GESTION LOCALE

Dans un contexte de décentralisation et de démocratie participative, la gestion des affaires publiques localesconcerne autant les autorités élues que les populations mandataires. En effet, désignés en qualitéd'administrateurs de la chose publique, les élus locauxont la responsabilité de rendre compte non seulement de la gestion qu'ils font du patrimoine commun à eux confié, mais aussi de la vision de développement vers laquelleils entendent conduire la collectivité.Ainsi, les populationsattendent d'être constamment informées sur tout ce qui concerne la vie publique de la collectivité, ce qui est prévu, ce qui est fait ou n'est pas fait. Une information par ailleurs entérinée par l'article 40(2) du CGCTD dont la disposition suit :

Tout habitant ou contribuable d'une Collectivité Territorial peut à ses frais demander communication ou prendre copie totale ou partielle des procès-verbaux des organes délibérants, des budgets, projets et rapports annuels de performance ; plans de développement ; comptes ou arrêtés, suivant des modalités fixées par voie réglementaire.

En effet,pour reprendre les termes du Courrier des Maires et des Elus locaux (n°?284 novembre?2014, X), même si chaque citoyen n'est pas forcément prêt à s'engager en permanence dans le processus d'élaboration et de prise de décisions, il aspire à être pleinement informé, et souhaite disposer de moyens lui permettant d'être entendu par ses représentants élus. Ceci étant, il appartient à la communication de répondre à cette difficulté, non seulement en rendant accessible toute l'information nécessaire, mais aussi, en mettant en oeuvre des dispositifs qui vont permettre à la municipalité d'être à l'écoute de ses administrés. En d'autres termes, il s'agit dans la limite de la confidentialité de l'administration, de mettre à la disposition de la population toute l'information relative à l'organisation et au fonctionnement de la Commune ;à la vision etaux projets de développement ; aux services de l'usager ; et à tout ce qui concerne l'intérêt général local. Dans cette logique, la principale responsabilité qui revient à la communication communalenotamment pour ce qui est de l'information publique, se décline à garantir de manière permanente cette exigence de transparence à travers la diffusion de l'information nécessaire.

L'information publique constitue le premier vecteur de concertation, et par ricochet de participation populaire. C'est à partir d'elle que le citoyen obtient l'écho devant lui servir à fonder son action. Ainsi, une mauvaise distribution de l'information publique affecte tout autant la capacité et la qualité de la participation des populations au processus de développement local.Pour ce faire, le mécanisme de communication communale se doit de porter expressément sur une diffusion permanente de la vie publique locale auprès des populations au sens de sa mission d'information publique.Par ailleurs, il ne s'agit pas de compromettre d'une quelconque façonla confidentialité de l'administration, ou encore l'autorité deses plénipotentiaires élus, mais plutôt de permettre une gestion saine et orientée vers l'intérêt collectif et les justes besoins des populations. Qu'en est-il alors de l'information publique dans la Commune de Soa ?

I.2. DISPONIBILITE DE L'INFORMATION SUR LA GESTION DES AFFAIRES PUBLIQUES LOCALES DANS LA COMMUNE DE SOA

Nos investigations sur cette questionnous ont permis de relever que le dispositif communicationnel de la Commune de Soa accorde une place prioritaire à l'information publique. En effet, interrogée sur la question du rôle de la communication pour le développement participatif, la responsable de la communication de la Mairie a clairement admis que celle-ci « sert tout d'abord à informer et mettre en valeur les populations au sein des projets et à travers les activités qu'elles mènent ». Dans cette optique, le dispositif communicationnel prévoit un ensemble de moyens d'information dont nous avons abordé le contenudans le chapitre précédent. Seulement, il n'est pas anodin de rappeler qu'en l'espèce, ces moyens de communication s'avèrent moins efficaces en raison de leur défaut de fonctionnalité et d'adaptabilité à la cible, d'où l'orientation du débat sur la disponibilité de l'information.

Cependant, approchées sur la disponibilité de l'information relative à la gestion des affaires publiques, 81% des populations connaissant les moyens de communication de la commune ont répondu par la négative tel que présenté par les graphiques ci-dessous. Relativement à l'échantillon total, le pourcentage des populations n'ayant jamais reçu d'informationsconcernantcette question s'élève à 88%.

Figures6& 7 : Information publique sur la gestion des affaires publiques locales

Figure 6 Figure 7

Source : Notre enquête de juin 2021

A l'observation de ces données, on arrive à constaterque même si l'information publique est clairement inscrite en priorité dans la stratégie de communication de la Commune, elle rencontre néanmoins des problèmes d'accessibilité auprès des populations. En fait, la principale remarque à ce niveau démontre que la population ne reçoit pas toujours l'information appropriée en termes de gestion publique, et cecimême lorsqu'elle maitrise à suffisance les moyens de communication de la Commune. Dès lors, ceci nous a amené à la conclusion selon laquelle il y aurait déphasage entre ce sur quoi porte les communications communales, et l'information réellement attendue des populations. Par conséquent, il en découle une diminution considérable de l'efficacité du dispositif d'information publique, et de surcroit, une faible prédisposition à la concrétisation d'un cadre de concertation local.

II. UNE COMMUNICATION FAVORABLE A L'INTERVENTION DIRECTE DES POPULATIONS

Au cours de cette partie, nous abordons dans un premier temps la nécessité d'une invitation de participation à partir des mécanismes d'intervention prévus à l'endroit des populations, et dans un second temps, l'application d'un tel processus dans le dispositif communicationnel de la Commune de Soa.

II.1. MECANISMES D'INTERVENTION FAVORABLES A LA PARTICIPATION DES POPULATIONS

Le processus de participation n'est pas une action spontanée. Toute intervention de la population suppose au départ une invitation préalable clairement émise de la part de la municipalité. Il s'agit pour l'appareil communal de reconnaitre et de mettre en valeur le rôle réservé aux populations dans leur propre développement, même sipar ailleurs l'on observe du citoyen communalqu'il n'est pas toujoursconscient du rôle qu'il devrait jouer dans le processus de développement de la collectivité. Dans ces conditions, il est évident que la responsabilité qui incombe à la communication communale devient davantage importante. En effet, il ne s'agit pas de profiter d'une telle ignorance des populations pour s'imposer en décideur, mais plutôt de se comporter en éducateur de masse et lessensibiliser sur les responsabilités à saisir. Il apparait dès lors évidente la nécessité d'un travail d'Animation professionnelle, destiné à conscientiser et à mobiliser les populations à travers un cadre d'échange propre à la collectivité.

De façon générale, la responsabilité qui échoità la communication ici revient à mettre sur pied des mécanismes permettant d'informer et collecter les opinions des populations sur des questions précises. Il est question d'instaurer au centre de cette communication, la permanente préoccupationd'intégration du citoyen au coeur des décisions engageant la vie de la Commune. Dans une certaine mesure, il revient de mettre la communicationau service d'un développement impulsé par la base et accompagné par le sommet. De manière concrète, une telle mission peut être appréhendée à deux niveaux :

Dans un premier temps, il s'agit de recueillir au préalable les besoins et les attentes des populations sur le plan développementaliste.Une intervention qui s'effectue au moyen d'un diagnostic préalable qui intervenant dès la conception de la politique de développement. Les besoins recueillis sont par la suite exploités par l'appareil municipal à l'effetd'assoir des stratégies. Il en ressort pour principal avantage l'aboutissement à une action de développement concertée et adaptée à la cible. Par ailleurs, il faut rappeler ici que la possibilité d'une telle intervention reste tributaire d'un ensemble de moyens de communication propices à la sensibilisation et à la mobilisation participative.

Dans un second temps, la communication communale est appelée à permettre une intervention directe des populations dans les phases de mise en oeuvre des projets de développement. A ce niveau, il est question d'une continuité dans le processus initial d'implication optimale des populations. Ainsi, le dispositif communicationnel mis en place doit clairement informer les populations de l'exécution desdits projets, tout en leur garantissant un mécanisme d'intervention favorable à leur écoute et à l'expression de leurs préoccupations.

Partant, il revient pour ce qui est du plan de communication communal (PCC), de mettre sur pied des outils destinés à couvrir les besoins en intervention des populations, tant au niveau de l'élaboration du Plan Communal de Développement (PCD) que pour la mise en oeuvre des projets. Qu'advient-il dès lors des mécanismes d'intervention des populations dans la Commune de Soa ?

II.2. MECANISMES D'INTERVENTION DIRECTE DES POPULATIONS DANS LA GESTION LOCALE DE LA COMMUNE DE SOA

Sur la base de notre investigation, il nous a été donné de relever un ensemble de mécanismes prévus par la Municipalité et destinés à l'implication des populations dans le processus de gestion locale. De façon générale, ceux-ci visent à recueillir l'opinion des populations sur les axes stratégiques de développement. Il s'agit entre autredes ateliers de planification par secteurprévus lors de l'élaboration du PCD, du mécanisme de transmission des besoins des populations auprès des autorités traditionnelles, et des interventions directes lors des différentes réunions et descentes de terrain.

Cependant,les éléments recueillis auprès des populations indiquent que :

- Dans un premier temps, tel que l'illustre le graphique ci-dessous, 78% des personnes interrogées n'ont jamais entendu parler d'un mécanisme de concertationdans la Commune ;

Figure 8 : Connaissance des mécanismes de concertation locale par les populations de la Commune de Soa

Source : Notre enquête de Juin 2021

- Dans un second temps, seul 1% des personnes connaissant ces mécanismes de concertation y a déjà pu prendre part;

Figure 9 : Participation à un processus de concertaion locale

Source : Notre enquête de Juin 2021

A la lumière de ces résultats, on constate un contraste certain entre les mécanismes prévus et les possibilités réelles d'interventionà disposition des populations. En effet s'il est vrai qu'il existe un ensemble de mécanismes prévus par le dispositif communicationnel communal, il reste que l'information sur cette existence ne parvient pas toujours aux populations. Par conséquent, elles sont nombreuses dans l'ignorance, ce qui affecte leur capacité d'intervention. Dès lors, l'on arrive à en déduire pour principale cause, une défaillance dans l'application du Plan de Communication Communal (PCC). En réalité, celui-ci faisant l'objet d'une mauvaise exécution, notamment en termes d'information des populations, il entraine une fragilisation du tissu de concertation locale.

Au terme de ce chapitre, où il était question d'aborder le lien entre l'objet communicationnel et l'exigence d'un cadre de concertation locale dans la Commune de Soa, l'on arrive à la conclusion d'une défaillance certaine du dispositif communicationnel. Tout d'abord, traitant de la nécessité d'une information publique au service de la transparence dans la gestion locale, les résultats de notre recherche nous ont conduits à la conclusionselon laquelle il existe un défaut d'accessibilité à l'information attendue. De même, pour ce qui est des mécanismes d'intervention prévus à l'endroit de ces populations, l'on a pu déterminer que celles-ci en sont pour la plupart ignorantes alors que lesdits mécanismes sont bel et bien existants.Une situation que l'on est à mesure de confronter à la théorie du dialogue de la communication organisationnelle. Par ailleurs, il est important de souligner que l'accent ici est mis sur la nécessité d'offrir l'opportunité à tout acteur local de parler et d'être entendu. Une opportunité qui toutefois, n'est rendue possible que par la mise à disposition de l'information nécessaire d'une part, et une invitation clairement émise à l'endroit des acteurs locaux d'autre part.

Cependant, au regard du constat sus fait,l'on aboutit à une inadéquation entre ce sur quoi porte la communication communale (son objet) et les besoins informationnels nécessaires à l'intervention des populations dans la gestion locale. Ce qui conduit alors à une faible prédisposition à la concertation avec les populations dans la Commune, d'où l'affirmation de notre hypothèse de départ selon laquelle l'objet de communication de cette municipalité n'est pas suffisamment favorable à la création d'un cadre local de concertation.Dès lors, il apparaît nécessaire de se pencher sur la question des initiatives locales de développement.

CHAPITRE IV : ENJEUX COMMUNICATIONNELS ET GESTATION D'INITIATIVES LOCALES DE DÉVELOPPEMENT

La particularité de l'approche participative du développement réside dans sa tendanced'impulsion dela base opérationnelle vers le sommet stratégique. Il s'agit d'un système d'ingénierie qui consiste à impliquer les populations dans l'amélioration de leur milieu de vie, de par la suscitation et l'accompagnement d'un ensemble de changementsinspirés deleurs propres besoins.Le modèle participatifobéit à différentes spécificités propres à chaque collectivité. Néanmoins, il doit reposer d'une manière générale sur l'identification d'un ensemble d'initiatives localesà accompagner. C'est en effet l'un des piliers de cette approche qui veut que les populations soient à la fois auteures et bénéficiaires des actions de développement.

Pour implémenter un tel système, une panopliede mesures est très souvent mises en oeuvre au niveau des municipalités. Seulement, il arrive que ces mesures ne parviennent pas toujours auprès des populations en raison d'une communication défaillante. Il parait dès lors impératifde réorienter le dispositif communicationnel communalvers une approche de proximité, afin qu'il ait pour principal enjeu la gestation d'initiatives locales de développement. Une telle démarche peut être appréhendée tant sur le plan de la suscitation que sur celui de l''accompagnement.

I. COMMUNICATION ET SUSCITATION DES INITIATIVES LOCALES

Dans cette partie, nous allons aborder la nécessité d'inspiration des populations par les municipalités en vue de la création d'idées de développement, tout en présentant particulièrement l'état de lieu d'un tel mécanisme dans la Commune de Soa.

I.1. INSPIRATION DES POPULATIONS PAR LES MUNICIPALITES

En matière participative, les populations disposent dedifférentes possibilités d'intervention dansle développement de leurs collectivités. Des plus usuelles, on distingue en plus de l'élection et de la concertation, les propositions d'initiatives d'envergure tendant à développer le territoire local. Cette dernière mesure a particulièrement été prévue par la loi de 2019 portant CGCTD dont les dispositions de l'article 40 (1) suivent :

Toute personne physique ou morale peut formuler, à l'intention de l'exécutif communal ou régional, toutes propositions tendant à impulser le développement de la Collectivité Territoriale concernée ou à améliorer son fonctionnement.

En effet, il s'agit ici d'une possibilité expressément octroyée à toute personne soucieuse du développement de sa CTD, de proposer toute idée qu'elle juge pertinente et bénéfique pour l'intérêt collectif. Il peut s'agir autant d'une idée de projet que d'une suggestion de réforme administrative.

Cependant, dans un contexte dominé par la faible vulgarisation des textes législatifs d'une part, et l'ignorance relative des populations d'autre part, il devient impératif pour les municipalités de mettre en oeuvre des mécanismes communicationnels en vue de la vulgarisation des mesuressus abordées.A partir de cette vulgarisation, les populations sont plus aptes à proposer des initiatives pouvant impulser le développement de la localité parce qu'étant suffisamment informées et sensibles du rôle à jouer. Il s'agit d'une démarcheparticulière qui se base sur l'argument selon lequel les populations ne peuvent être motivées à penser développement que si elles sont suffisamment inspirées par la municipalité. Quid alors de mécanismes d'inspiration des populations dans la Commune de Soa.

I.2. INSPIRATION DES INITIATIVES LOCALES DANS LA COMMUNE DE SOA

La Commune de Soa regorge d'énormes potentialités et ressources qui entrainent la multitude de secteurs d'activités présents sur son territoire.Il en est ainsi par exemple de sa population cosmopolite et essentiellement jeune, évaluée à 69 084 âmes par le PCD de 2015 (2015 ; 37). Suffisamment exploité à des fins participatives, ce potentiel humain constituerait un des principaux leviers de développement de la localité.

Seulement, l'on constated'après nos résultats d'enquête que les populations de Soa ne sont pas toujoursinspirées par la municipalité quant à la création des initiatives locales. Pourtant,comme le relève le graphique ci-dessous, il s'agit d'une population suffisamment dynamique qui,à hauteur de 93% des enquêtés, s'intéresse au développement de la localité à travers la mise sur pied d'un ensemble de projets.Aussi, nos enquêtespermettent de démontrer qu'à 96% ces idées de projets n'auraient pas été inspirées par la Municipalité.

Figure 10 : Développement des idées de projet

Source : Notre enquête de juin 2021

Figure 11 : Origine des idées de projet de développement des populations

Source : Notre enquête de juin 2021

A l'observation, l'on constate que nonobstant l'intérêt des populations pour le développement de la localité, elles ne sont pas toujours motivées par la municipalité dans la création des idées de projet tendant son développement. Par conséquent, celles-ci émanent pour la majorité de source personnelle. A l'analyse, l'on parvient à la déduction d'un défaut de vulgarisation des potentialités locales d'une part, et des mesures d'incitation des populations d'autre part.Le territoire communal regorgeant de potentialités et ressources considérables, leur promotion par la municipalité constituerait davantage un catalyseur important de la culture développementaliste chez les populations. Il revient donc au dispositif communicationnel communal de remplir une telle exigence. Que dire quant à l'accompagnement des initiatives locales ?

II. COMMUNICATION ET ACCOMPAGNEMENT DES INITIATIVES LOCALES

Suivant l'approche participative, les CTD sont appelées à impulser leur développement à partir des besoins identifiés par les populations. Un tel mécanisme s'opère soit par l'identification des besoins encore non dévoilés, soit par l'accompagnement des initiatives en réponse à ceux déjà identifiés. Pris sur le volet communicationnel,nous abordons icila question de la vulgarisation et des mesures d'accompagnement, et sa mise en application dans la municipalité de Soa.

II.1. VULGARISATION DES MESURES D'ACCOMPAGNEMENT DES INITIATIVES LOCALES

L'implication des populations dans le processus de développement local suppose dans un sens, de mettre à leur disposition l'information sur la disponibilité des mesures d'accompagnement de leurs projetsen rapport avec l'intérêt général et l'améliorationdu cadre de vie collectif. Il s'agit d'un processus d'encadrement qui a le bénéfice de profiter non seulement aux intérêts particuliers des populations, mais aussi et surtout au développement de la collectivité toute entière. Pour ce faire, il existe au sein des municipalités un ensemble de mesures y relative. Il en est ainsi du cas particulier des programmes communaux d'accompagnement des jeunes et autres cas sociaux.

Toutefois, il arrive que ces mesures ne soient pas toujours suffisamment connues des populations, d'où la nécessité d'une stratégie de communication appropriée. Il revient à particulièrement informer les populations, et de manière permanente, sur l'existence et la disponibilité de telles mesures. En d'autres termes, il est question pour le dispositif communicationnel communal de saisir la responsabilité d'impulser la participation des populations à travers la promotion des initiatives locales de développement. Quid alors de l'application d'une telle responsabilité dans la Commune de Soa ?

II.2. ACCOMPAGNEMENT DES INITIATIVES LOCALES DANS LA COMMUNE DE SOA

A ce niveau, nous avons pu relever qu'il existe un ensemble de mesures d'accompagnement des populations encadrées par le service social et culturel de la Commune de Soa. Seulement, ces mesures répondent pour la majorité à des catégorisations sociales, et ne sont pas toujours connues des populations.En effet, notre enquête nous a permis de relever les observations suivantes :

- Tout d'abord, l'on relève que seul 9% des personnes enquêtées ont déjà entendu parler d'un programme communal d'accompagnement tel que présenté par le graphique ci-dessous.

Figure 12 : Connaissance des mesures d'accompagnement de la municipalité

Source 1 Notre enquête de juin 2021

- De même, on constate que parmi ceux ayant admis avoir déjà entendu parler de ces mesures d'accompagnement, seulement 17% en ont déjà bénéficié.

Figure 13 : Bénéfice d'un programme d'accompagnement municipal

Source : Notre enquête de juin 2021

A l'analyse, il en ressort que, bien que l'accompagnement des initiatives locales soit bel et bien pris en compte dans les stratégies de développement de la Commune de Soa, une telle entreprise reste partielle et mal connue des populations en raison des défaillances informationnelles.

En définitive, il apparait évident le lien entre le dispositif communicationnel et la gestation d'initiatives locales de développement en milieu communal. En effet, considérée sur le plan le fonctionnel, la communication communale se présente tel un facteur d'impulsion du développement participatif à travers la promotion des initiatives locales. Elle permet à la municipalité de non seulement inspirer les populations en ce sens, mais aussi de les accompagner dans la mise en oeuvre de leurs idées personnelles tendant à impulser ou à améliorer le développement de la commune. A ce titre, la théorie de la motivation mise en exergue nous permet de considérer cet aspect de la communication, autant commeun instrument de promotion du développement mis au service de la municipalité, qu'une source de motivation appropriée à l'engagement des populations dans le développement de leur CTD. Ceci étant,l'on aboutit en fin de compteau constatd'un déphasage certain entre les mécanismes communicationnels de notre municipalité détude, et les enjeux attendus d'eux en termes de gestation d'initiatives locales, ce qui nous permet d'affirmer notre hypothèse de départ.

CHAPITRE V :REDYNAMISATION DE LA COMMUNICATION COMMUNALE EN VUE DE L'EFFECTIVITÉ D'UN DÉVELOPPEMENT PARTICIPATIF DANS LA COMMUNE DE SOA

Après avoir fait le tour sur la question des éléments communicationnels qui inhibent la participation optimale des populations aux initiatives de développement local dans la Commune de Soa,il est opportun dans ce chapitre final de proposer des stratégies sous forme de suggestions, afin d'améliorerl'effectivité du développement participatif dans ladite commune à partir du dispositif communicationnel. Il s'agit tout d'abord de rappeler les problèmes identifiés, ensuite nous allons présenter un ensemble de suggestions en vue de la résolution desdits problèmes, et enfin, nous présenterons notre projet professionnel.

I. RAPPEL DES PROBLEMES IDENTIFIES

Au terme de notre enquête, nous avons pu recenser trois principaux problèmesen rapport avec la communication, et qui impactent la participation des populations au processus de développement local dans la Commune de Soa. Il s'agit de :

- la performance insatisfaisante des moyens de communication en termesde sensibilisation et de mobilisation participative ;

- le déphasage entre l'objet de communication et la création d'un cadre local de concertation, et; 

- l'éloignement entre les mécanismes communicationnels et les enjeux attendus d'eux en termes de création d'initiatives locales.

II. SUGGESTIONS

Dans l'optique de pallier les manquements communicationnels et améliorer l'effectivité de la participation des populations au développement local dans la Commune de Soa, nous avons formulé un ensemble de suggestions à la fois sur le plan global que spécifique.

De manière générale, il s'agit de :

- instaurer par initiative gouvernementale, la créationsystématique d'une cellule de communication etl'emploi d'un plan de communication locale inclusif au sein de toutes les CTD ;

- concevoir par initiative du ministère en charge des CTD, un guide méthodologique de planification de la communication inclusive dans les CTD, à l'image du Guide Méthodologique de planification locale et régionale au Cameroun ;

- intégrer des enseignements sur les questions de participation et de gestion inclusive dans la formation des élus locaux ;

- organiser régulièrement des sessions de formation et de renforcement des capacités du personnel municipal sur le développement participatif.

Pris sur le plan général, cet ensemble de propositions est à considérer en vue de l'amélioration de la participation au processus de développement local à partir du dispositif communicationnel communal mis en place dans les CTD. Au côté de celles-ci, nous pouvons proposer un autre ensemble de suggestions, pris cette fois en rapport aux problèmes identifiés dans la Commune de Soa. Il s'agit des suggestions en vue de l'amélioration de la performance des moyens de communication sur la sensibilisation et la mobilisation participative dans un premier pan ; de l'instauration d'un cadre local de concertation à partir de l'objet communicationnel dans un deuxième pan, et de la création d'initiative locales à partir des mécanismes communicationnels dans un troisième pan.

II.1. POUR L'AMELIORATION DE LA PERFORMANCE DES MOYENS DE COMMUNICATION SUR LA SENSIBILISATION ET LA MOBILISATION PARTICIPATIVE

A ce niveau, nous pensons qu'il serait opportun de :

- étudier et fragmenter au préalable les habitudes communicationnelles des populations avant adoption de tout moyen ou outil de communication ;

- régulariser les moyens d'information communautaires dans les assemblées religieuses, et règlementer l'activité des agents communautaires ambulants dans les villages et quartiers ;

- exploiter les supports physiques publicitaires et commerciaux de l'espace communal (panneaux publicitaires et autres) afin d'atteindre le maximum de cibles lors des communications d'envergure ;

- créer une pluralité de plateformes numériques destinées à l'information instantanée des populations internautes sur l'activité municipale, et une interaction directe avec la municipalité en zone urbaine (fora Whatsapp officiels, pages Facebook...) ;

- créer et animer régulièrement une radio communautaire et d'autres media locaux adaptés aux réalités environnementales des populations ;

II.2. POUR L'INSTAURATION D'UN CADRE LOCAL DE CONCERTATION A PARTIR DE L'OBJET COMMUNICATIONNEL

Il s'agit principalement de :

- créer et animer régulièrement des cadres d'échanges entre les populations et les élus locaux dans chaque secteur, quartier ou village ;

- élaborer, réaliser et suivre en permanence un PCC inclusif et axé sur des mécanismes d'interaction directe des populations avec l'appareil municipal ;

- adopter et vulgariser un numéro vert municipal destiné à entretenir et informer de manière opérationnelle les populations ;

- instruire les populations sur la décentralisation, les droits du citoyen municipal et le rôle à jouer en termes de participation et de contrôle de l'action publique municipale ;

- organiser une réunion de coordination du personnel municipal au minimum chaque mois.

II.3. POUR LA CREATION D'INITIATIVE LOCALES A PARTIR DES MECANISMES COMMUNICATIONNELS

Il s'agit pour les populations locales de :

- créer et vulgariser davantage de programmes d'incitation et d'accompagnement des initiatives locales à travers les annonces publiques ;

- mettre sur pied des outils de marketing territorial visant à promouvoir les potentialités locales et les opportunités offertes en temps réel ;

- organiser des journées portes ouvertes (JPO) communales chaque année afin rapprocher davantage les populations et autres acteurs externes de l'institution communale et de ses opportunités.

Ce dernier chapitre nous a permis de proposer des solutions aux problèmes dégagés. Il a été donc nécessaire de survoler à nouveau lesdits problèmes, de formuler des suggestions à l'endroit des acteurs engagés. Enfin un projet de séminaire de renforcement des capacités des acteurs de l'appareil communicationnel de la Mairie de Soa intitulé : « Projet d'orientation participative de la communication en milieu municipal dans la Commune de Soa », a permis de clôturer ce chapitre. Comme de rigueur, une conclusion générale nous permettra de clôturer définitivement cette étude.

CONCLUSION GENERALE

Au terme du présent travail de recherche dont le thème est : « Communication communale et développement participatif : étude appliquée à la Commune de Soa », il nous incombe de reconnaitre l'existence de mesures entreprises dans le sens de la participation des populations aux initiatives de développement local dans la Commune de Soa, bien que ces dernières du fait de leur faible portée communicationnelle, gagneraient à être améliorées.

En initiant ce travail, nous sommes partis du constat selon lequel il existe unedistance relationnelle entre les populations et l'institution communale. Emettant initialement l'idée d'une communication de proximitémitigée, nous en sommes finalement aboutis à uneaffectation considérabledu pouvoir de participation des populations.

Pour en avoir le coeur net, nous nous sommes fixés pour objectif d'analyser les déterminants de la participation des populationsau développement local, à l'aune du dispositif communicationnel mis place par la Commune de Soa. Pour des besoins de flexibilité, cet objectif général a été décomposé en trois objectifs spécifiques à savoir :

- évaluer la performance des moyens de communication communale pour la sensibilisation et la mobilisation participative ;

- étudier le rapport entre l'objet de la communication communale et la création d'un cadre local de concertation;

- examinerl'enjeudes mécanismes communicationnels de la municipalité sur la création d'initiatives locales de développement.

Pour atteindre ces objectifs, une question principale a été posée. Il s'agissait de savoir quels sont les éléments communicationnels de la Commune de Soa qui affectent la participation des populations aux initiatives de développement local. De cette question ont découlé trois interrogations spécifiques à savoir :

- quelle est la performance des moyens de communication de la Commune de Soa en termes de sensibilisation et de mobilisation participative ?

- quel est le rapport entre l'objet de communication de la Commune de Soaet la création d'un cadre local de concertation pour le développement ?

- quel est l'enjeu des mécanismes communicationnels de la municipalité sur la gestation d'initiatives locales de développement ?

Suite à cet ensemble de questions, des propositions de réponses anticipées en termes d'hypothèses ont conçu notre socle de compréhension de la situation de la participation des populations au développement local à l'aune du dispositif communicationnel mis en place par la Commune de Soa. De manière générale, nous avons pensé que la participation des populations aux initiatives de développement local dans la Commune de Soa est tributaire des moyens, de l'objet et des enjeux communicationnels entrepris par celle-ci à l'endroit de ses populations. De manière spécifique, il nous a semblé que :

- les moyens de communication de la Commune de Soa sont d'une performance insatisfaisante en termes de sensibilisation et de mobilisation participative ;

- l'objet de communication de cette municipalité n'est pas suffisamment favorable à la création d'un cadre local de concertation pour le développement ;

- les mécanismes communicationnels de cette municipalité ne sont pas d'un enjeu véritable sur la création d'initiatives locales de développement.

Pour conduire efficacement ce travail de réflexion scientifique, une approche méthodologique a été adoptée. Nous avons opté pour l'approche hypothético-déductive. Elle nous a permis à partir des faits observés sur le terrain de former des questions et des hypothèses. En termes de méthode, nous avons utilisé les enquêtes et l'analyse des traces. Pour ce qui est des techniques, nous avons eu recours à l'observation directe et participante, à la recherche documentaire, à l'administration des questionnaires et à l'entretien.Et comme outils de collecte de données, nous avons utiliséla grille d'observation, le guide d'entretien et le questionnaire.

Pour mieux comprendre l'objet de notre étude, nous avons tout d'abord défini les termes et expressions y afférent, avant de recenser les écritsy ayant trait, etde convoquer des théories qui nous ont permis de vérifier nos hypothèses. En outre, nous avons présenté le cadre d'étude qui est la Commune de Soa. Ceci dit, nous relevons que les termes et expressions se rapportant à notre étude ont été clarifiés de manière à faciliter la compréhension de ce travail. De même, les écrits recensés quant à eux ont contribué à la compréhension du sujet et des idées développées autour de la thématique abordée dans ce travail. Enfin, pour ce qui est des théories, celles-ci ont permis de vérifier et étayé les hypothèses formulées pour notre étude.

Ceci dit, à l'issu de notre analyse,nous sommes à même d'établir une dépendance certaine du pouvoir de participation des populations à l'égard des dispositifs de communication de la commune envers les populations. Une relation solidement identifiée à trois niveaux d'intervention à savoir : la sensibilisation et la mobilisation participative, la création d'un cadre local de concertation, et la gestation d'initiatives locales de développement.

Tout d'abord, pour ce qui est de la sensibilisation et de la mobilisation participative, l'on constate que la majorité des moyens de communication employés par la municipalité est soit en déphasage avec les moyens d'information de la population, soit ils ne permettent qu'une infime possibilité d'interaction directe entre celle-ci et la municipalité. Ainsi les populations ignorent en grande partie comment communique la municipalité, et par ricochet, leur rôle et l'actualité sur le développement de la Commune. De même, l'on a pu reconnaitre en ces moyens de communication un retour d'information insatisfaisant. Ce qui nous a permis d'aboutir à la conclusion selon laquelleles moyens de communication de cette municipalité en direction de ses populations restent d'une manière générale, diminués en termes de fonctionnalité, d'adaptabilité, de retour d'information et d'implication active.

Concernant la création d'un cadre local de concertation, nous avons relevé qu'il repose sur la disponibilité d'une information publique sur la gestion locale et la claire invitation à intervenir à l'endroit des acteurs. Pourtant, à l'analyse de nos données, on arrive à constater que même si l'information publique est clairement inscrite en priorité dans la stratégie de communication de la Commune, elle rencontre néanmoins des problèmes d'accessibilité auprès des populations. L'évidence étant qu'à ce niveau, la population ne reçoit pas toujours l'information appropriée en termes de gestion publique. Dès lors, l'on a pu en déduire un déphasage entre ce sur quoi porte les communications communales, et l'information réellement attendue des populations. D'où la diminution considérable de l'efficacité du dispositif d'information publique, et de surcroit, une faible prédisposition à la concrétisation d'un cadre de concertation local. De plus, s'agissant de l'invitation à intervenir, on constate un contraste certain entre les mécanismes prévus et les possibilités réelles d'intervention à disposition des populations. En effet s'il est vrai qu'il existe un ensemble de mécanismes prévus par le dispositif communicationnel communal, il reste que l'information sur cette existence ne parvient pas toujours aux populations. Partant, elles sont nombreuses dans l'ignorance, ce qui affecte leur capacité d'intervention.

Traitant enfin de la gestation des initiatives locales de développement, le constat est que nonobstant l'intérêt des populations pour le développement de la localité, elles ne sont pas toujours motivées par la municipalité dans la création des idées de projet de développement. Ce qui explique à suffisance que leurs initiatives émanent pour la majorité de sources personnelles et tendent à la satisfaction des besoins propres. A l'analyse, l'on a puidentifier comme cause, un défaut de vulgarisation des potentialités locales d'une part, et des mesures d'incitation des populations d'autre part. Parallèlement, l'on réalise que l'accompagnement des populations à travers les initiatives locales est bel et bien pris en considération dans les stratégies de développement de la Commune de Soa. Seulement, une telle entreprise reste partielle et mal connue des populations en raison des défaillances informationnelles. Ainsi, l'on aboutit à la conclusion générale d'un déphasage entre les mécanismes communicationnels de cette municipalité, et les enjeux attendus d'eux en termes de gestation d'initiatives locales.

Au demeurant, il s'agit ici d'un travail de recherche qui ne prétend pas à l'exhaustivité sur la question de la participation des populations aux initiatives de développement local, car les possibilités d'aller au-delà des pointset de la problématique présentés existent. Aussi, certaines thématiques telles que l'affectation de ressources appropriées en matière de transfert de compétences aux CTD méritent de faire l'objet d'une recherche ultérieure.Toutefois, nous pensons que ceux abordés dans le cadre de cette étude permettent d'appréhender à suffisance l'une des sérieuses entraves liées à la participation des populations au développement local, à savoir une communication communale défaillante.

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"La première panacée d'une nation mal gouvernée est l'inflation monétaire, la seconde, c'est la guerre. Tous deux apportent une prospérité temporaire, tous deux apportent une ruine permanente. Mais tous deux sont le refuge des opportunistes politiques et économiques"   Hemingway