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Implication des services écosystémiques dans la sécurité alimentaire des ménages riverains de la réserve naturelle de Nyamusisi


par Ghislain BALUGE BAHASA
Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu - Licence LMD en planification régionale 2023
  

Disponible en mode multipage

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République Démocratique du Congo

Ministère de l'Enseignement Supérieur et Universitaire

Instituts Supérieurs Techniques, Artistiques et Technologiques

Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu

ISDR-Bukavu

BP. 2849Bukavu

Implicationdes services écosystémiques dans la sécurité alimentaire des ménages riverains de la réserve de Nyamusisi

Mémoire présenté et défendu en vue de l'obtention du diplôme de Licence en Développement Rural

Option : Planification Régionale

Equipe d'encadrement :

Directeur : ProfesseurGustave Mushagalusa Nachigera

Co-directeur : Assistant Benjamin AganzeMarhegane

ParBalugeBahasa Ghislain

Niveau de technicité: A0

Année académique 2023-2024

Epigraphe

« Rivière et forêt, alliées des foyers, leur richesse cachée, à jamais à choyer. Si l'homme écoute, la terre répond ».

André Ombredane

Dédicace

À tous les agriculteurs riverains de la réserve de Nyamusisi, qui, par leur travail acharné et leur respect de l'environnement, nourrissent leurs familles tout en préservant les écosystèmes qui les soutiennent ;

À la nature elle-même, qui nous offre généreusement ses services écosystémiques, rappelant chacun la sécurité alimentaire est indissociable de la santé de notre planète ;

Aux chercheurs et aux défenseurs de l'environnement, dont l'engagement à sensibiliser les communautés sur l'importance des services écosystémiques contribue à un avenir durable et sécurisé pour tous.

Remerciements

Que l'honneur et la gloire reviennent à Dieu, le Tout Puissant, qui nous a permis de réaliser cette oeuvre qui couronne notre cursus du premier cycle de Baccalauréat en Développement Rural. Il nous a guidés vers le droit chemin en éclairant notre intelligence durant notre séjour à l'InstitutSupérieur de Développement Rural de Bukavu.

Nos remerciements s'adressent au comité de gestion de l'Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu et à tout le corps enseignant pour la formation dispensée durant tout notre cycle d'études supérieures. Que chacun(e) à son titre respectif trouve ici l'expression de notre reconnaissance.

A l'équipe d'encadrement de cemémoire composée du Professeur Gustave Mushaglusa Nachigera et de l'Assistant Benjamin AganzeMarhegane, nous exprimons notre gratitude pour leur disponibilité inlassable, leur discipline de travail et leurs orientations combien louables qui nous ont permis d'arriver au bout de notre recherche.

A nos chers parents, Papa BahasaMwitabaJean-Pierre et Maman NakasiNyamusangwaJustine, pour des multiples sacrifices consentis durant le parcours de nos études. Nous sommes le fruit de leurs efforts quotidiens. Qu'ils trouvent ici l'expression de notre reconnaissance.

Nous ne pouvons pas ne pas reconnaitre le soutien de notre grand-frèreKitumainiBahasa Jules et sa femme Claudine Kilongo. Qu'ils trouvent notre gratitude pour leur encadrement inlassable tout au long de notre parcours éducatif.

A tous nos confrères et soeurs SadikiMadihano, BashigeBahasaJustin, Janvier Kamanzi, Patient Bahasa, AkonkwaBahasa, ConfienceBahasa, Eveline Bahasa, Kito et tous les autres pour tous les conseils partagés ensemble.

A tous nos bienfaiteurs, amis, enquêtés et condisciples, nous exprimons notre sincère reconnaissance.

Sigles et abréviations

ACCB : Association pour la Conservation Communautaire de la Biodiversité

CDB : Convention sur la Diversité Biologique

CDG : Comite de Gestion de Groupement

FAO : Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture

FIDA : Fond International pour le Développement Agricole

GIZ : Deutsche GessellschaftFür Internationale Zusammenarbeit

GPS : Global Positioning System

IRCFI : Initiatives de Reboisement et de Conservation des Forêts d'Idjwi

ISDR-Bukavu : Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu

MEA : Millenium EcosystemAccessment

MECNT : Ministère de l'Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme

ODD : Objectif de Développement Durable

OMD : Objectif du Millénaire pour le Développement

ONG : Organisations Non Gouvernementale

ONU : Organisations des Nations Unies

P.EXT : Primate Expertise

PNUE : Programme des Nations Unies pour le Développement

RDC : République Démocratique du Congo

S.A  : Sécurité Alimentaire

S.E  : Services Ecosystémiques

TLM : Mission pour la lèpre

ZOA : ZuidOostAzië

Liste des tableaux

Tableau 1: Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés 2

Tableau 2: Ancienneté dans le milieu de vie - 16 -

Tableau 3: Exemples des services d'approvisionnement - 17 -

Tableau 4: Exemples des services de régulation - 17 -

Tableau 5: Exemples des services de soutien - 18 -

Tableau 6: Exemples des services culturels - 19 -

Tableau 7: Disponibilité des services d'approvisionnement - 19 -

Tableau 8: Disponibilité des services de régulation - 20 -

Tableau 9: Disponibilité des services de soutien - 21 -

Tableau 10: Disponibilité des services culturels - 21 -

Tableau 11: Appréciations de la qualité des services écosystémiques - 22 -

Tableau 12: Autres ressources disponibles dans le milieu - 22 -

Tableau 13: Menaces pesant actuellement sur la réserve de Nyamusisi - 23 -

Tableau 14: Principaux responsables à la base de ces menaces et leur fréquence actuelle - 24 -

Tableau 15: Evaluation de l'accessibilité à la réserve forestière en fonction de la résidence - 26 -

Tableau 16: Les bienfaits offerts par la réserve de Nyamusisi - 26 -

Tableau 17: Catégories de ménages qui bénéficient le plus des bienfaits - 27 -

Tableau 18: Défis des ménages riverains pour bénéficier de ces services - 28 -

Tableau 19: Bénéfices dans le secteur de l'agriculture - 29 -

Tableau 20: Dans l'alimentation - 30 -

Tableau 21: D Bénéfices dans le revenu des ménages - 30 -

Tableau 22: Bénéfices dans la santé - 31 -

Tableau 23: Bénéfices dans le maintien de la qualité de la vie - 32 -

Tableau 24: Part des aliments issus de l'agriculture, de la pêche ou la chasse - 32 -

Tableau 25: La part des bois de chauffe ou de la braise utilisés par les ménages mais tiré de la réserve de Nyamusisi - 33 -

Tableau 26 : Part des médicaments, des feuilles et des racines à vertus thérapeutiques - 34 -

Tableau 27: Part de contribution globale en pourcentage des services écologiques - 35 -

Tableau 28: Stratégies utilisées pour améliorer la sécurité alimentaire dans les ménages - 35 -

Tableau 29: Evaluation des acteurs et des services dans la protection et la restauration de la réserve de Nyamusisi Erreur ! Signet non défini.

Tableau 30: Analyse des actions et de l'efficacité des initiatives pour la réserve - 38 -

Tableau 31: Perception sur le reboisement de la réserve de Nyamusisi - 38 -

Tableau 32: Stratégies pour améliorer la contribution de la réserve de Nyamusisi dans la sécurité alimentaire tout en luttant contre sa dégradation - 39 -

Tableau 33: Les rôles de l'Etat - 39 -

Tableau 34: les rôles des ménages riverains - 40 -

Tableau 35: Les rôles des acteurs locaux - 41 -

Résumé

La réserve de Nyamusisi dans le territoire d'Idjwi fait face à plusieurs défis qui renforceraient sa dégradation.Cette étude a évalué les implications des services écosystémiques dans la sécurité des ménages riverains de la réserve afin de promouvoir une gestion plus efficace de cette ressource naturelle. Pour atteindre cet objectif, des enquêtes ont été réalisées auprès de 150 ménages riverains de cette réserve. Les principaux résultats de cette étude ont montré que la réserve de Nyamusisi offre plusieurs services écosystémiques aux ménages riverains notamment l'approvisionnement en nourriture et en eau, la régulation du climat et des maladies, et les services récréatifs et spirituels. En outre, au travers de ses services, cette réserve contribue à l'amélioration des moyens de subsistance des ménages qui en dépendent pour leur survie quotidienne, leur productivité agricole et leur bien-être général. Cependant, cette réserve fait face à une gestion peu responsable et la surexploitation de ses ressources pouvant conduire à sa dégradation. De ce fait, l'étude a proposé l'organisation des formations des riverains sur l'agro écologie et la gestion durable des ressources, et la sensibilisationsur l'importance des services écosystémiques. En outre, l'étude a aussi montré l'importance du renforcement des capacités locales afin de gérer et protéger les ressources naturelles pour qu'elles contribuent de façon durable à la sécurité alimentaire des ménages riverains.

Mots clés : Service écosystèmique, sécurité alimentaire, ménages riverains, réserve naturelle, Nyamusisi

Abstract

The Nyamusisi Reserve in Idjwi territory faces several challenges that threaten to exacerbate its degradation. This study assessed the impact of ecosystem services on the security of households living near the reserve, with a view to promoting more effective management of this natural resource. Surveys of 150 households living near the reserve were conducted for this purpose. The main findings of this study show that the Nyamusisi Reserve provides several ecosystem services to the households living along its banks, including food and water supply, climate and disease regulation, and recreational and spiritual services. Through these services, the reserve also helps to improve the livelihoods of the households that depend on it for their daily survival, agricultural productivity and general well-being. However, the reserve faces a lack of responsible management and overexploitation of its resources. This could lead to its degradation. The study therefore suggested that training courses on agroecology and sustainable resource management should be organized for local people, and that they should be made aware of the importance of ecosystem services. The study also highlighted the importance of building local capacity to manage and protect natural resources so that they can be used for sustainable development.

Key words: Ecosystem service, food security, riparian households, nature reserve, Nyamusisi.

INTRODUCTION GÉNÉRALE

1. Etat de la question

Depuis plusieurs décennies, la conservation et la promotion de la biodiversité sont des enjeux majeurs de la politique environnementale dans plusieurs pays du monde. Généralement, elles se concrétisent par la création des surfaces dédiées durablement à la fonction prioritaire de diversité écologique et de biologique en forêt. Pour ce qui concerne les réserves forestières dont les règles de protection prennent entre 25 et 50 ans, les communautés environnantes, en plus de bénéficier de leurs services écosystémiques, en assurent aussi les mesures d'entretien adéquates.

Dans le contexte de la République Démocratique du Congo, cette étude porte une attention particulière à la réserve de Nyamusisi afin de comprendre les implications de ses services écosystémiques dans la sécurité alimentaire des communautés environnantes. Pour ce faire, dans cette partie, elle documente la littérature existante sur la contribution des services écologiques des réserves forestières dans la sécurité alimentaire des communautés riveraines.

En 2014, une étude portant sur « Les limites des services écosystémiques » réalisée par Virginie Maris (2014) a soutenu l'idée selon laquelle, depuis toujours le bien-être humain dépend en partie de la nature et cette dépendance est mise en exergue à travers la notion des services écosystémiques. En effet, selon cette étude, les services écosystémiques sont des bénéfices que les êtres humains tirent du fonctionnement des écosystèmes. Par exemple, une forêt qui offre des plantes à vertu thérapeutiques aux communautés riveraines. Dans ce cas, l'étude défend une conception de valeurs de la nature plus dense et plus complexe que la vision strictement instrumentale inhérente à l'approche par services écosystémiques et montre dans quelle mesure une telle conception est plus satisfaisante à la fois d'une manière philosophique et du point de vue opérationnel(Maris, 2014).

En 2012, l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) a réalisé une étude portant sur « Le rôle des ressources biologiques dans la sécurité alimentaire ». Dans cette étude, l'IUCN met en lumière la contribution des écosystèmes forestiers à la sécurité alimentaire, notamment en soutenant les moyens de subsistance locaux. Elle précise que les forêts fournissent des ressources essentielles telles que les aliments, le bois, et des services écologiques vitaux comme la régulation climatique. Toutefois, leur dégradation menace directement la capacité des communautés rurales à maintenir leur sécurité alimentaire. Le rapport souligne également l'importance de politiques intégrées pour préserver ces écosystèmes et optimiser leurs bienfaits pour les populations locales (IUCN, 2012). L'étude réalisée en 2009 par Rural 21 sur « Services écosystémiques et gouvernance alimentaire » a montré que les services écosystémiques jouent un rôle crucial dans la production alimentaire et la résilience des ménages ruraux. En outre, cette étude montre que les lacunes dans la gouvernance des écosystèmes affectent négativement leur capacité à soutenir les systèmes alimentaires. Par exemple, une mauvaise gestion des ressources naturelles peut limiter l'accès à des aliments nutritifs pour les populations vulnérables. De ce fait, l'étude suggère des approches intégrées pour améliorer la synergie entre la conservation écologique et la sécurité alimentaire(Rural 21, 2009).Les résultats de l'étude de Locatelli et Imbach sur « Écosystèmes forestiers et résilience alimentaire » ont montré la relation entre les services fournis par les écosystèmes forestiers et la sécurité alimentaire des communautés riveraines. Ces résultats ont précisé que les forêts contribuent directement en fournissant des produits alimentaires et indirectement en régulant les ressources en eau et le climat. Cependant, l'exploitation non durable des terres et les changements climatiques compromettent ces services, affectant particulièrement les ménages pauvres. Les auteurs appellent à une gestion adaptative des forêts pour préserver leur rôle dans la sécurité alimentaire (Locatelli & Imbach, 2008). L'IUCN soutient que des politiques mal conçues peuvent aggraver la dégradation des écosystèmes, compromettant leur capacité à répondre aux besoins alimentaires. L'accent est mis sur des politiques qui intègrent la conservation des écosystèmes et les objectifs de sécurité alimentaire (IUCN, 2013).

En résumé, bien que ces études aient contribué à une meilleure compréhension des ressources naturelles et de leur importance pour les communautés locales, aucune d'entre elles n'a exploré comment les services écosystémiques fournis par la réserve prenant particulièrement le cas de la réserve de Nyamusisi. De ce fait, cette étude va plus se concentrer sur le lien entre les services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi et la sécurité alimentaire des ménages environnants dans le territoire d'Idjwi.

2. Problématique

À l'échelle mondiale, la déforestation et la dégradation des écosystèmes sont des enjeux cruciaux qui menacent la biodiversité et les services écosystémiques essentiels pour la survie humaine. Les pressions anthropiques, telles que l'urbanisation et l'agriculture intensive, compromettent les services écosystémiques vitaux, rendant les communautés vulnérables face aux crises alimentaires. (Sonwa, 2015).

En Afrique, la situation est exacerbée par une croissance démographique rapide, entraînant une augmentation des besoins alimentaires et une surexploitation des ressources naturelles(Bashizi, 2020). Les pays africains font face à des défis uniques, notamment l'insécurité alimentaire due à la dégradation des terres et aux changements climatiques, qui aggravent les conditions de vie des populations rurales(Imata, 2022).

En République Démocratique du Congo (RDC), un pays à forte dépendance agricole, n'est pas épargnée du fait que la terre est une ressource vitale. Pourtant, au sein de Schwartz, les sols jouent un rôle fondamental dans le maintien des écosystèmes et fournissent divers services écosystémiques qui profitent directement à la population humaine (Schwartz, 2017). En effet, la réserve forestière de Nyamusisi illustre bien cette réalité : malgré son statut protégé(Codelt, 2010), elle subit des pressions considérables dues à la spoliation des terres, à l'exploitation non durable des ressources naturelles et à la pollution. Ces facteurs aggravent la dégradation des écosystèmes et mettent en péril les espèces endémiques, comme le singe bleu de Schouteden, dont la survie est menacée(Buchekabiri, 2010).

Au niveau local, les ménages riverains de la réserve sont particulièrement vulnérables aux changements environnementaux malgré leur forte dépendance vis-à-vis de cette réserve. En effet, leur accès aux ressources naturelles est très important pour leur sécurité alimentaire. Les défis liés à la gestion des ressources naturelles dans la réserve de Nyamusisi soulignent l'urgence d'explorer comment les services écosystémiques peuvent être préservés et renforcés pour soutenir les communautés locales(Kanyunyi, 2015).De plusieurs manières, les services écosystémiques offerts par cette réserve aux ménages riverains, leur permettent de non seulement répondre à leurs besoins socio-économiques de base, en particulier dans le maintien de leur sécurité alimentaire, ils leur permettent également de bénéficier de plusieurs autres avantages culturels. Néanmoins, plusieurs études ont précisé que cette réserve fait actuellement face à plusieurs défis conduisant à sa dégradation. Selon Kanyunyi, il est donc très important que la biodiversité de cette réserve soit conservée afin de garder un équilibre écologique et permettre aux communautés riveraines de bénéficier de certains services socio-économiques de base(Kanyunyi, 2015).

Dans ce contexte, il devient impératif d'analyser les relations entre les services écosystémiques offerts par la réserve de Nyamusisi et la sécurité alimentaire des ménages riverains afin de proposer des stratégies durables pour la gestion durable de réserve.

3. Question de recherche

De ce qui précède, l'étude soulève les questions qui suivent :

1. Comment les services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi contribuent-ils à la sécurité alimentaire au sein des ménages riverains à Idjwi ?

2. Quel est l'état des lieux des services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi aux ménages riverains ?

3. Quels mécanismes mettre en place pour améliorer la contribution des services écosystémiques de la réserve de Nyamusisi dans la sécurité alimentaire des ménages riverains à Idjwi.

4. Hypothèses

Les réponses qui suivent ont été formulées pour répondre provisoirement aux questions de recherche de cette étude :

1. La réserve de Nyamusisi contribuerait à la sécurité alimentaire de la population riveraine à Idjwi notamment dans la régulation en eau, offre des produits forestiers non ligneux, permettant d'irriguer les cultures, fourni des ressources en faune et en poisson, régulent l'érosion et maintiennent la fertilité du sol dans les champs de riverains et générer des revenus pour la communauté locale à travers le tourisme écologique.

2. La réserve de Nyamusisi fournirait plusieurs services écosystémiques à la population riverainenotamment les services d'approvisionnement; les services de régulation; les services de support ou de soutien ainsi que les services culturels, une disponibilité accrue en eau et une diversité de pollinisateurs favorisent des rendements agricoles plus élevés, ce qui contribue à la sécurité alimentaire des communautés locales.

3. Une gestion participative améliorerait la contribution des services écologiques de la réserve de Nyamusisi à la sécurité alimentaire des ménages riverains.

5. Objectifs de recherche

Globalement, cette étude vise à mieux comprendre la relation entre les services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi et la sécurité alimentaire dans le territoire d'Idjwi afin d'identifier les solutions durables pour améliorer la situation alimentaire de la population locale et promouvoir une gestion plus efficace des ressources naturelles.

De façon spécifique, l'étude va :

1. Faire un état des lieux des services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi aux ménages riverains en précisant leurs types, leur qualité, leur disponibilité et leurs facteurs menaçants ;

2. Analyser les services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi sur la sécurité alimentaire au sein des ménages riverains à Idjwi

3. Proposer des mécanismes à envisager pour améliorer la contribution des services écosystémiques de la réserve de Nyamusisi dans la sécurité alimentaire des ménages riverains à Idjwi.

6. Choix et intérêts du sujet

Le choix de ce sujet a été dicté par plusieurs facteurs partant de notre curiosité sur la gestion des réserves forestières. En effet, depuis quelques années, la réserve de Nyamusisi fait face à une gestion et une exploitation peu responsable pendant que ses services écosystémiques permettent à plusieurs ménages riverains d'améliorer leur sécurité alimentaire. De ce constat, nous avons pensé que la réalisation de cette étude nous permettra de comprendre d'avantage le lien entre ces deux facteurs entre autres les services écosystémiques offerts par la réserve, malgré sa gestion peu responsable et la contribution de ces services dans la sécurité alimentaire des ménages riverains afin de proposer des stratégies pour une gestion durable de cette réserve.

Nous avons aussi choisi ce sujet afin que nos recommandations puissent permettre aux décideurs politiques et acteurs sociaux de prendre des mesures qui iront dans le sens d'améliorer la gestion de cette réserve et de permettre que ses services écosystémiques permettent plus de ménages à améliorer leur sécurité alimentaire.C'est ainsi que notre étude est située :

Au niveau individuel, le choix de ce sujet découle d'une curiosité personnelle concernant la gestion des réserves forestières. En étudiant les services écosystémiques de la réserve de Nyamusisi, je cherche à approfondir ma compréhension des liens entre la gestion des ressources naturelles et la sécurité alimentaire. Cette recherche me permettra de développer des compétences analytiques et de formulation de recommandations, contribuant ainsi à ma formation académique et professionnelle.

Au niveau scientifique, cette étude vise à explorer la relation entre la gestion des écosystèmes et la sécurité alimentaire, en analysant les services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi, cette recherche contribuera à la littérature existante sur la durabilité des ressources naturelles. Elle fournira des données précieuses pour les chercheurs et les praticiens, facilitant une meilleure compréhension des dynamiques entre l'environnement et la sécurité alimentaire.

L'intérêt communautaire, enfin, cette étude est cruciale pour les ménages riverains de la réserve. En identifiant les services écosystémiques qui améliorent leur sécurité alimentaire, les recommandations issues de cette recherche pourront orienter les décideurs politiques et les acteurs sociaux vers des pratiques de gestion durable. L'objectif est d'assurer que ces services bénéficient à un plus grand nombre de ménages, renforçant ainsi la résilience de la communauté face aux défis alimentaires.

7. Définition des concepts clés et termes apparentés

Dans cette partie, nous clarifions les concepts clés utilisés dans le travail. Il s'agit des concepts de service écosystèmique, sécurité alimentaire, ménage riverain, réserve naturelle.

Service écosystémique 

Un service est défini comme un flux des matières, d'énergie ou d'information issue d'un système producteur et puis utilisé par un groupe humain à son profit (Bernard, 2012). Néanmoins, les écosystèmes sont les communautés des plantes et autres organismes qui vivent, se nourrissent, se reproduisent et interagissent dans une zone ou un environnement (Ndiaye, 2014). Les services écosystémiques désignent les avantages que les êtres humains tirent des écosystèmes naturels incluent des fonctions telles que la pollinisation, la régulation du climat, et la purification de l'eau(MEA, 2005). Les services écosystémiques se divisent généralement en quatre catégories : les services d'approvisionnement, les services de régulation, les services culturels et les services d'auto-entretien. Les services d'approvisionnement sont les avantages matériels que les écosystèmes fournissent directement aux populations. L'eau potables, les aliments, le bois et divers autres biens. Les services de régulation dérivent à la fois des caractéristiques propres des sols et de leur position particulière à l'interface des autres grands compartiments de la planète terre (Blum, 2018). Les services culturels sont des valeurs non matérielles que les écosystèmes fournissent aux êtres humains. Ceux liés aux sols recouvrent, en premier lieu, un aspect lié à l'esthétique des paysages. Par ailleurs (Lefebvre, 2023), les écosystèmes fournissent des couleurs et de pigments pour la peinture et la décoration corporelle, bien que leurs utilisations soient limitées à des aspects superficiels. Les services de soutien,encore appelé services de support(MEA, 2005) ou encore d'auto entretien, désignent l'ensemble des fonctions nécessaires pour la production des autres services écosystémiques, comme la formation des sols, le cycle des nutriments, le cycle de l'eau et la production primaire.

Sécurité alimentaire 

Le concept sécurité alimentaire (SA) a grandement évolué depuis les années 1970 (Stanziani, 2004). Cependant, lors du sommet Mondial de l'Alimentation en 1996 que la plupart des pays du monde(FAO, 2020) ont reconnu que la SA existe lorsque « Tous les individus, à tout moment, ont un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive qui leur permet de satisfaire leurs besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active ». Cette définition suggère que la SA est un phénomène complexe et multidimensionnel(Ndiaye, 2014). En compréhension, la SA se réfère à l'accès physique, social et économique à une nourriture suffisante, sûre et nutritive pour répondre aux besoins alimentaires d'une population. Celle-ci comprend cinq dimensions : la disponibilité, l'accès, l'utilisation et l'acceptabilité des aliments, et la stabilité de l'approvisionnement. La disponibilité d'aliments implique à la fois une quantité et une qualité adéquates des aliments qui composent l'offre alimentaire (Ndiaye, 2014). L'accès aux aliments fait référence au pouvoir d'achat et la capacité de se déplacer pour se procurer des aliments sains(Mohamed, 2013). C'est-à-dire la capacité des individus à obtenir cette nourriture. L'utilisation réfère à la salubrité, la préparation et la qualité nutritionnelles des aliments, ainsi qu'aux facteurs qui peuvent affecter l'état nutritionnel, tels que l'état de santé(Ndiaye, 2014). C'est-à-dire qu'elle désigne la qualité nutritionnelle et sécurité de la nourriture. L'acceptabilité fait référence à la liberté de choix alimentaire, cette notion inclut l'acceptabilité des aliments et l'acceptabilité des moyens utilisés pour les acquérir(Ndiaye, 2014). La stabilité de l'approvisionnement alimentaire prend en compte l'exposition des ménages aux chocs négatifs qui pourraient réduire leur accès aux aliments. Ce qu'elle désigne la capacité à maintenir ces quatre dimensions dans le temps.

Ménages riverains 

Si l'on peut définir le ménage comme un ensemble de personnes partageant une même habitation et mettent en commun une partie de leurs revenus(Alternatives, 2024); le ménage peut être composé d'une seule personne, si cette dernière vit seule. Les ménages se distinguent de deux types, dont les ménages ordinaires et les ménages collectifs (McClanahan, 2008). Le premier type des ménages, composés d'une ou plusieurs personnes liées par un lien de parenté ou un lien affectif, et le second type, composés d'un ensemble des personnes vivant en collectivité(McClanahan, 2008) Cependant, les ménages riverains désignent les familles ou groupes des personnes vivant à proximité d'un écosystème aquatique ou d'une réserve naturelle, comme celle d'Idjwi-Nyamusisi. Leur mode de vie est souvent étroitement lié aux ressources naturelles locales (Berrahmouni, 2024) à l'écotourisme, à la conservation et sensibilisation et les emplois locaux tels que le guidage touristique, la surveillance de la faune et la gestion des ressources naturelles.

Réserve naturelle 

Il s'agit d'une zone protégée, généralement désignée par le gouvernement ou une organisation de conservation, dans le but de préserver la biodiversité, les écosystèmes et les habitats naturels(MCENT, 2014). Ces réserves visent à protéger des espèces menacées, des milieux naturels spécifiques ou des paysages d'une valeur écologique, scientifique, culturelle ou récréative(Baraka, 2022). Elles sont caractérisées par la protection de la Biodiversité, les réglementations des activités humaines, la préservation des processus écologiques naturels, mais aussi elles servent souvent de sites pour les recherches scientifiques et l'éducation environnementale, permettant aux chercheurs d'étudier les écosystèmes dans un état relativement intact(Codelt, 2010).

8. Subdivision du travail

En plus de l'introduction et la conclusion générale, ce travail est subdivisé en trois principaux chapitres suivants :

· Le chapitre 1 porte la présentation du milieu d'étude et de la méthodologie utilisée ;

· Le chapitre 2 porte la présentation des résultats du terrain. Ces derniers sont présentés en fonction de chaque objectif de recherche et,

· Le chapitre 3 porte sur la discussion des résultats du terrain en les confrontant à la littérature existante.

Chapitre I. METHODOLOGIE

I.1. MILIEU D'ETUDE

I.1.1. Présentation de la réserve Forestière de Nyamusisi

La réserve forestière d'Idjwi Nyamusisi est située dans le territoire d'Idjwientre la chefferie Rubenga et la chefferie Ntambuka, dans la province du Sud-Kivu à l'Est de la République Démocratique du Congo.

Figure 1: Carte localisant la réserve forestière de Nyamusisi sur l'île d'Idjwi (Satellite Maps2024)

Rappelons que la réserve forestière de Nyamusisi étant une forêt domaniale d'Idjwi, elle a été créée par l'ordonnance N°52/137 du 02 mai 1952. Cependant, la contribution de JoëlAkilimali en 2017, rétablissant facilement que les écosystèmes de Nyamusisi flottent au plein centre de l'île d'Idjwi au plus haut sommet près de 2000 mètres d'altitudes tandis queest en adéquation pour la délimitation ci-après :

- Au Nord par les villages Kisheke et Lukonde dans le groupement Bugarula en chefferie Rubenga ;

- Au sud par les villages Bwando et Lubuye en chefferie Ntamuka ;

- A l'Est par les villages Buhoro II et Musama en chefferie Ntambuka ;

- A l'Ouest par les villages Chasi, Muhyahya en groupement Mpene dans la chefferie Ntambuka et le village Kibanda, Mafula en chefferie Rubenga, (joël, 2O17)

I.1.2. Dénombrement et évaluation des usages locaux des écosystèmes des réserves forestières de l'île d'Idjwi

Afin de bien maintenir les services écologiques fournis par les forêts domaniales d'Idjwi dans la sécurité alimentaire des ménages riverains, il est incontournable de faire des analyses de terrain pour identifier et prendre connaissance de l'état actuel de la biodiversité locale pour mieux comprendre le niveau de nécessité d'implication et de restauration des écosystèmes, ainsi que les enjeux opérationnels à mobiliser. Pour comprendre la situation global de la biodiversité dans les forêts domaniales d'Idjwi, nous réaliseront à dénombrer tous les services écosystémiques fournis par le massif forestier de l'île d'Idjwi(Bisimwa, 2023).

I.1.3. Analyse du climat et d'organisation sociale de la faune et flore dans la réserve naturelle d'Idjwi-Bulolero

Dans la réserve naturelle de l'île d'Idjwi, la plupart des espèces disponibles nous avons en premier lieu les batraciens ou amphibiens, étant une réalité des zones humides et marécageuses,une espèce sous-évaluéeen termes de biomasse dans nos écosystèmes, jouent un rôle particulièrement important dans l'équilibre des réseaux écologiques dans le territoire d'Idjwi. Ces espèces sont des prédateurs, notamment de limaces et d'insectes ravageurs de cultures. Il est très simple pour protéger cette faune, en dépit, ne plus utiliser de pesticide et d'engrais chimique, éviter de couper l'herbe, ne pas bétonner les murets, mais disposer des amas de pierres et de tuiles ou même de pots de fleurs en terre cuite retournés avec entrée. Autrement, les amphibiens participent à la régulation des populations d'insectes et contribuent à la santé des cultures et à la réduction des maladies. Leur présence est souvent un indicateur de la qualité de l'eau et de la santé globale de leur habitat(Bisimwa, 2023).

Soulignons aussi l'importance d'observer les causes pressantes auxquelles les espèces, notamment les singes bleus en deuxième lieu, sont confrontées à la fois localement et mondialement. Ces singes, réfugiés dans des petites grottes sur l'île d'Idjwi depuis plus de 20 000 ans, font face à diverses menaces. Leur survie dépend de leur capacité à marauder les produits agricoles dans les camps riverains. Encore plus la FAO et ses partenaires reconnaissent en 2011 que les singes bleus de schouteden développent des stratégies d'adaptation face à des contraintes environnementales, notamment la rareté de l'eau et des conditions climatiques extrêmes. Cela souligne l'importance de l'évolution spécifique de cette espèce pour sa survie dans un contexte écologique en mutation(Kanyunyi, 2015).

Les singes bleus d'Idjwi sont en danger d'extinction, malgré leur valeur écologique et culturelle pour les générations futures. Leur population réduite à quelques centaines d'individus, souffre de pénuries alimentaires et de la pression exercée par les populations riveraines, ce qui les pousse à migrer vers d'autres habitats, mais avec un accès limité aux ressources alimentaires à leur survie(Baraka, 2022).

I.1.4. Traits distinctifs des singes bleus de Schouteden d'Idjwi

Le cercopithèque à diadème est un primate omnivore de taille moyenne ou grande, caractérisée par son pelage gris-bleu et un diadème de poils jaune pâle sur le visage. Il vit en groupes de 10 à 20 individus près des arbres; se nourrissant de leur environnement, et se distingue par son comportement diurne et arboricole. Le singe bleu est omnivore et occupe un vaste territoire. Sa façon d'agir et de se mouvoir est étonnante par rapport à celle des autres espèces des cercopithèques.Les femelles donnent naissance tous les deux ans après une gestation de cinq mois, et leur apparence varie avec l'âge, des adultes ayant des parties non poilues noires et les jeunes un teint rose(Heri, 2022).

I.1.5. Modes d'alimentation des singes et impact des activités humaines

Le régime et nutrition entant qu'animaux frugivore et phyllophages, ces primates se nourrissent généralement de fruits et des feuilles. De plus les Cercopithecusmitis ont tendance à concentrer leur alimentation invertébrée sur des limasse et des vers lents. Les singes de Bulolero, consomment des fruits soumis à la saisonnalité et quelques herbes de la forêt dont la densité est aussi très faible ; mais pour compléter leur régime alimentaire, ils maraudent les produits alimentaires dans les champs riverains(Trésor, 2021). On peut se demander comment ces singes arrivent à s'adapter à la saisonnalité des produits dont ils se nourrissent. Quand il n'y a plus de fruits, les singes consomment des tiges et des feuilles avant qu'ils ne deviennent très agressifs et affichent des tendances de sortir pour partir ailleurs où ils peuvent trouver les vivres, malheureusement ils subissent les menaces terribles et massacres.

L'alimentation largement frugivore confère aux singes un rôle crucial dans la dynamique forestière en tant que pollinisateur de graines. Il sied donc de signaler que la réserve forestière d'Idjwi-Nyamusisi n'a pas été épargnée des menaces qui se sont abattues sur l'ensemble de la réserve forestière dont elle fait partie. Ces menaces ont produit des modifications énormes sur le paysage forestier entrainant ainsi des effets néfastes sur les habitudes alimentaires des singes et des autres espèces.C'est ainsi que les tensions croissantes entre les singes et les agriculteurs, sont causées par la compatissions pour les ressources alimentaires et les terres fertiles. Mais entre-autre, les observations des paysans nous montrent que les singes adoptent des comportements opportunistes, ce qui exacerbe les conflits et pourrait mener à des changements dans leur régime alimentaire. Les singes, vivant en petites familles, ont adaptés leur comportement pour coexister avec les activités humaines, modifiant leurs horaires de nourrissage pour éviter les rencontres avec les agriculteurs. Ils ont ensuite leur patriarche appelé N'Shanvu qui joue un rôle crucial dans la sécurité du groupe, surveillant les menaces et coordonnant les efforts du maraudage(Kayembe, 2019). Il est demandé donc ici la nécessité de trouver des solutions durables, comme des moyens de subsistance alternatifs pour les singes, tout en plaidant pour un partage équitable du territoire(Buchekabiri, 2010).

I.2. METHODOLOGIE UTITLISEE

I.2.1. Démarche de collecte des données

Cette partie a consisté en la conception du thème après avoir ciblé un problème réel dans la communauté et le documenter sur base de la littérature existante. Après sa conception, il a été déposé au département pour validation lors du conseil du Département de la Planification Régionale. Cette étape nous a aidés à éclairer et à bien structurer nos premières réflexions.

Avant de faire le terrain, nous avons cherché la documentation existante sur notre thème de recherche. Pour ce faire, nous avons lu des travaux scientifiques traitant l'implication des services écosystémiques et la sécurité alimentaire. Ensuite, nous avons renforcé cette documentation par des observations afin de bien comprendre l'aspect à étudier. Pour ce faire, nous avons élaboré un questionnaire d'enquête qui nous a permis de collecter les données de terrain. Une fois sur le terrain, nous avons récolté les données empiriques auprès des ménages. En effet, nous avons utilisé le logiciel de collecte mobile des données appelé « KoboToolBox ».

Bien avant cela, nous avons d'abord créé un formulaire dans le serveur en ligne de l'encadreur, à partir d'un projet partagé. Ce qui nous a permis de renseigner le questionnaire et le télécharger dans l'application mobile pour faire le terrain sous la surveillance de l'encadreur. Pendant le terrain, les données ont été collectées auprès de 150 enquêtés dans les 3 trois groupements du territoire d'Idjwi qui sont autour de la réserve de Nyamusisi.

I.2.2. Sélection de l'échantillon

Pour déterminer notre échantillon nous avons fait recours à la formule d'échantillonnage aléatoire selonSchwartz (1995) pour déterminer la taille de l'échantillon de notre étude, dontn = taille de l'échantillon ; z = degré de confiance à 95 % (valeur type de 1, 96) ; p = estimation de la proportion de la population spécifique concernée par l'étude.

D'où la formule : =

Ce qui veut dire que nous avons enquêté dans les trois groupements du territoire d'Idjwi situés autour de la réserve forestière de Nyamusisi, dont le groupement Mugote, le groupement Mpene et le groupement Bugarula en raison de 50 enquêtés dans chaque groupement.

I.2.3. Analyse des données

Pour traiter les données, les fichiers des données collectées depuis KoboCollect, ont été importées dans Excel pour prétraitement, incluant le nettoyage des données (suppression des doublons, gestions des valeurs manquantes). Après le nettoyage, il y a eu importation des données dans IBM SPSS pour effectuer des analyses statistiques. L'interprétation des résultats en fonction des objectifs a suivi et en fin la rédaction de ce présent rapport final intégrant les méthodologies, les résultats, et les recommandations basées. En plus de la production des tableaux de fréquence, des simples analyses statistiques ont été faites notamment pour des données quantitatives, à l'instar du calcul de la moyenne, du maximum, minimum et de l'écart type.

I.2.4. Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés

Le tableau ci-dessous reprend les caractéristiques sociodémographiques que nous avons identifiées auprès des enquêtes :

Tableau 1: Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés

Variables

Réponses

Effectifs

Pourcentages

Sexe

Féminin

53

35,33

Masculin

97

64,67

Total

 

150

100,0

Etat civil

Célibataire

28

18,67

Marié

111

74

Veuf (ve)

11

7,33

Total

 

150

100,0

Niveau d'étude

 Aucun /Analphabète

21

14

Primaire

6

4

Autres formations

6

4

Secondaire

87

58

Supérieur

30

20

Total

 

150

100,0

Taille des ménages

Statistiques descriptives

Moyenne : 6,136

Minimum : 2

Maximum : 13

Ecart type : 4,78 5

Ages

Moyenne : 42,1742

Minimum : 19

Maximum : 82

Ecart type : 15,62 16

Il ressort de l'analyse de ce tableau que la majorité de nos enquêtés sont des hommes (64,67%) dont l'âge moyen est de 42 ans. L'âge d'autres enquêtés était compris dans l'intervalle de 19 comme minimum (soit les plus jeunes enquêtés) et 82 comme maximum (soit l'âge des enquêtés les plus âgés). Ces enquêtés sont majoritairement instruits avec un niveau d'étude secondaire avec 58% et 20% ayant le niveau de diplôme supérieur.

Ce qui veut dire que ces derniers avaient suffisamment d'informations sur le thème analysé et pouvaient répondre sans beaucoup de problèmes de compréhension de question ou de demande d'explications supplémentaires. Avec une forte proportion des célibataires (18,67%), la majorité des participants sont des mariés (74%) dont la taille de leurs ménages est de 6 personnes. D'une part, il faut préciser que la taille ménage minimum des enquêtés est de 2 personnes et la taille maximum est de 13 personnes avec la moyenne de 6 personnes laisse donc un écart type de 5.

Chapitre II. PRESENTATION DES RESULTATS DE L'ETUDE

II.1. Introduction

Dans ce chapitre, trois points sont présentés, dont en premier lieu les résultats en rapport avec l'état des lieux des services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi aux ménages riverain, en deuxième lieu la contribution des services écologiques dans la sécurité alimentaire des ménages riverains de la réserve de Nyamusisi, et en fin les résultats en lien avec les mécanismes pour améliorer la protection et la contribution des services écologiques de la réserve de Nyamusisi dans la sécurité alimentaire des ménages riverains à Idjwi.

II.2. Résultats en rapport avec l'état des lieux des services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi aux ménages riverains

Pour analyser ces résultats, ces tableaux présentent des données quantitatives et qualitatives qui mettent en lumière la diversité des services écosystémiques. En analysant ces résultats, nous évaluons non seulement l'état de la biodiversité au sein de la réserve, mais aussi la manière dont ces services influencent le bien-être des communautés locales.

Tableau 2: Ancienneté dans le milieu de vie

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

1 à 5 ans

18

12

 

11 ans et plus

96

64

 

6 à 10 ans

33

22

 

Moins d'1 année

3

2

 

Total

150

100

Ce tableau montre que la majorité des enquêtés résident dans le milieu de vie depuis longtemps (11 ans ou plus, avec une représentation de 64%) ce qui peut refléter une forte stabilité résidentielle. Pour la catégorie de moins d'un an, représente 2% de l'échantillon, cela veut dire que très peu des personnes résident dans le milieu depuis moins d'un an ; ensuite la catégorie d'une année à 5 ans constitue 12% de l'échantillon, ce qui montre une proposition modérée des résidents récents ; et aussi avec la catégorie de 6 à 10 ans, 22% de l'échantillon est représenté, indiquant une présence significative de personnes ayant une résidence intermédiaire.

Tableau 3: Exemples des services d'approvisionnement

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Fourniture de matières premières

4

2,67

la pêche des produits halieutiques, la chasse

11

7,33

Matières premières, produits alimentaires, l'eau

67

44, 67

Pâturages, matières premières

9

5,9

produits alimentaires, l'eau, ressources médicinales

33

22

Récolte des produits forestiers non ligneux

23

15,33

Récolte des produits forestiers non ligneux, accès à des plantes médicinales

3

2,0

Total

150

100%

Partant de ces résultats, les services d'approvisionnement liés aux matières premières, aux produits alimentaires et à l'eau sont les plus importants pour la population avec la majorité des réponses de 44,67%. Ensuite, les ressources forestières et les produits médicinaux jouent également un rôle significatif. En revanche, les services liés à la pêche et à la fourniture de matières premières sont moins fréquents. Une telle répartition nous fournis des perceptions sur les priorités et les besoins de la communauté en matière de ressources naturelles et des services d'approvisionnement.

Tableau 4: Exemples des services de régulation

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Fournir l'ombre et modération des phénomènes climatiques

11

7,33

 

Lutte biologique, pollinisation

21

14

Pollinisation des cultures

1

0,67

Prévention de l'érosion et Fertilité des sols

43

28,67

Régulation de l'environnement

1

0,67

Régulation des nuisibles agricoles

1

0,67

Régulation du climat et Maintien de la qualité de l'air et du sol

33

22

Stockage de carbone et régulation de l'eau

21

14

Traitement des eaux usées

12

8

Total

150

100

Ce tableau ci-dessus met en évidences que les services de régulation liés à la prévention de l'érosion et à la fertilité des sols sont perçus comme essentiels par la majorité des répondants (28,67%) ; Cela souligne son importance pour la gestion des terres et la durabilité des écosystèmes. Cependant, d'autres bien qu'importants pour l'écosystème, ne reçoivent pas la même attention, comme par exemple pour les services de la régulation du climat et maintien de la qualité de l'air et du sol, avec 22% montre que les répondants reconnaissent l'importance de la régulation environnementale pour la santé des écosystèmes ; et aussi avec la lutte biologique et la pollinisation (14%) et le stockage de carbone (14%), ces services sont également significatifs, indiquant une sensibilisation aux rôles écologiques que jouent les espèces et les écosystèmes. Entre autre, les services moins représentés, sont ceux liés au maintien de la qualité de l'air et de l'eau, ainsi que la régulation des nuisibles, ce qui indique un manque de reconnaissance de leur importance ou une nécessité de sensibilisation sur l'importance de ces services pour la durabilité environnementale.

Tableau 5: Exemples des services de soutien

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Formation des sols

30

20

Habitat de l'espèce animale et végétale

69

46

Maintien de la diversité génétique

21

14

Photosynthèse

30

20

Total

150

100

Ce tableau décrit que les services de soutien, en particulier l'habitat des espèces, sont perçus comme essentiels pour la biodiversité, y soulignant son importance dans l'équilibre des écosystèmes (46%) ; cela indique une reconnaissance de l'importance des habitats naturels pour la faune et la flore. La formation des sols et la photosynthèse (20% chacun), sont des services également considérés comme significatifs, indiquant que les répondants comprennent l'importance de la qualité des sols et des processus photosynthétiques pour la santé des écosystèmes. En effet, ka diversité génétique, bien qu'importante, est aussi moins reconnus avec 14% des répondants.

Tableau 6: Exemples des services culturels

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Inspiration esthétique

29

19,33

Inspiration esthétique, loisirs, accès aux activités communautaires

2

1,33

l'art et le design

20

13,33

Loisir et l'éducation

2

1,33

Loisirs et santé mentale et physique

73

48,67

Sentiment d'appartenance et l'expérience culturelle

12

8

Tourisme et visite guidée

12

8

Total

150

100

Le tableau met en évidence l'importance des loisirs et de la santé mentale comme services culturels essentiels pour la communauté avec 48,67%, il indique une forte appréciation des activités récréatives et de leur impact positif sur le bien-être mental et physique des individus. Bien que pour d'autres services tels que l'inspiration esthétique et le sentiment d'appartenance soient également pertinents, leur reconnaissance est moins forte. Cela suggère qu'il pourrait y avoir des opportunités pour promouvoir davantage la culture locale, l'art et le tourisme dans le but d'enrichir l'expérience communautaire.

Tableau 7: Disponibilité des services d'approvisionnement

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

De plus en plus rare

57

38

Disponible

77

51,33

En abondance

2

1,33

Très rare

14

9,33

Total

150

100

Dans ce tableau on nous montre une dualité dans la perception des services d'approvisionnement. Bien qu'une majorité des répondants les considère comme disponibles, une significative exprime des préoccupations sur leur rareté croissante. Ceux-ci soulignent la nécessité d'une gestion durable des ressources pour garantir leurs disponibilités à long terme et d'une sensibilisation sur l'importance de la conservation. Pour les services disponibles, une majorité des répondants (51,33%) considère que les services d'approvisionnement sont disponibles. Ce qui indique une perception positive de l'accessibilité aux ressources nécessaires pour la communauté.

Pour la perception de rareté, 38% des répondants estiment que ces services sont de plus en plus rares. Cela suggère des inquiétudes concernant la durabilité des ressources, ce qui pourrait être liés à des problèmes environnementaux ou à une pression accrue sur les ressources. Les services en abondance et très rares, seules 1,33% des personnes estiment que les services sont en abondance, tandis que 9,33% les trouvent très rares. Ces chiffres indiquent qu'il y a une faible perception de surabondance dans les ressources disponibles.

Tableau 8: Disponibilité des services de régulation

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

En abondance

1

0,7

De plus en plus rare

65

42,5

Disponible

67

43,8

Très rare

17

11,1

Total

150

100

Le tableau ci-haut souligne une perception mitigée des services de régulation. Bien qu'une majorité les considère comme disponibles aussi, une proposition élevée exprime des préoccupations sur leur rareté croissante. Cela met en lumière la nécessité d'efforts de conservation et de gestion durable pour assurer la pérennité de ces services, qui sont essentiels pour l'équilibre écologique. Pour les services disponibles, la majorité des répondants, soit 43,8%, considère que mes services de régulation sont disponibles, ce qui indique une perception positive quant à l'accessibilité de ces services. Pour la perception de rareté, une part importante (42,5%) estime que ces services sont de plus en plus rares. Cela pourrait refléter des préoccupations sur la dégradation des services de régulation en raison de facteurs environnementaux, tels que la pollution ou la déforestation. Ensuite, pour les services en abondance et très rares, seule 1 personne, soit 0,7% pense que les services sont en abondance, tandis que 11,1% les trouvent très rares. Ces résultats montrent qu'il existe peu de confiance dans la surabondance de ces services.

Tableau 9: Disponibilité des services de soutien

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

De plus en plus rare

75

50

Disponible

51

34

Très rare

24

16

Total

150

100

Dans la perception de rareté de ce tableau, une majorité significative de 50% des répondants considère que les services de soutien sont de plus en plus rares. Cela indique une préoccupation importante concernant la disponibilité et la durabilité de ces services. Pour les services disponibles, 34% des répondants estiment que ces services sont disponibles, ce qui montre qu'une proportion notable de la population perçoit encore une certaine accessibilité. Pour les services très rares, 16% des répondants jugent ces services très rares, renforçant l'idée que la plus part des personnes interrogées ressentent une pression sur les ressources de soutien.

Tableau 10: Disponibilité des services culturels

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

De plus en plus rare

67

43,8

Disponible

63

41,2

Très rare

20

13,1

Total

150

100

Ce tableau met en évidence une perception constatée des services culturels. Dans la perception de rareté, une proportion significative (43,8%) des répondants considère que les services culturels sont de plus en plus rares. Cela indique une inquiétude quant à la disponibilité et à l'accessibilité des ressources culturelles, ce qui peut avoir des implications sur l'identité et le bien-être communautaire. Pour les services disponibles, 41,2% des répondants estiment que ces services sont disponibles, montrant qu'il existe une reconnaissance de l'accessibilité des offres culturelles, bien que cela ne soit pas universel. Pour les services très rares, 13,1% perçoivent ces services comme très rares, ce qui renforce l'idée que, malgré une certaine disponibilité, des segments de la population ressentent une pression sur ces services culturels.

Tableau 11: Appréciations de la qualité des services écosystémiques

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Bonne

102

66,7

Faible

1

0,7

Moyenne

46

30,1

Très bonne

1

0,7

Total

150

100

Dans ce tableau, une analyse de la majorité écrasante, soit 66,7%, des répondants considèrent la qualité comme bonne. Cela indique une satisfaction générale vis-à-vis des services offerts par la réserve et souligne leur valeur pour la communauté. Pour l'analyse de la qualité moyenne, 30% des répondants jugent la qualité des services comme moyenne, ce qui indique qu'il existe des domaines d'amélioration. Bien que la majorité soit satisfaite, une part significative ressent qu'il y a encore des progrès à faire. Pour la qualité faible et très bonne, seules 0,7% estiment la qualité comme faible ou très bonne. Cela montre que très peu des gens ont une opinion négative sur la qualité des services, mais aussi que la perception d'une qualité exceptionnelle est rare.

Tableau 12:Autres ressources disponibles dans le milieu

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Les grottes, les plantations de cultures durables, les rivières

18

12

Les zones marécageuses

18

12

Sites d'exploitation artisanale

30

20

Les espèces animales

35

23,33

Les fermes royales, les plages, les hôtels

8

5,33

Les fermes royales, les plantations, les sites piscicoles

11

7,33

Les îlots, le lac Kivu

30

20

Total

150

100

Le tableau ci-haut présente une diversité des ressources disponibles dans les trois groupements auxquels l'étude a été réalisée, avec une forte reconnaissance des espèces animales et des sites d'exploitation artisanale. Pour les espèces animales, représenté avec 23,33%, cette ressource est la plus mentionnée, indiquant une reconnaissance de l'importance de la biodiversité dans la réserve et son rôle dans l'écosystème local. Pour les sites d'exploitation artisanale, et les îlots et le lac Kivu, représenté avec 20% chacun. Ce qui montre l'importance de l'artisanat local et des milieux aquatiques pour les communautés. Partant de l'analyse des zones marécageuses et des grottes, 12% chacune. Ces ressources sont perçues comme importantes, mais moins que les précédentes. Cela peut indiquer un besoin de protection et de sensibilisation sur leur valeur. Ensuite, les fermes royales, plages, hôtels (5,33%) et les plantations, les sites piscicoles (7,33%). Ces ressources sont les moins citées, suggérant qu'elles sont moins perçues comme cruciales pour la communauté ou qu'elles pourraient être moins accessibles.

Tableau 13: Menaces pesant actuellement sur la réserve de Nyamusisi

Réponses

Effectifs

%

 

La déforestation et la dégradation des habitats naturels des animaux

100

66,67

La mauvaise gestion de cette réserve par les autorités locales

33

22

La pollution de l'air et de l'eau ainsi que des déchets plastiques

4

2,67

La pratique de l'agriculture intensive dans certaines parties de la réserve

6

4

Les changements climatiques

3

2

Surexploitation des ressources naturelles

4

2,67

Total

150

100

Dans ce tableau, la déforestation et la dégradation des habitats est la menace la plus significative, représentant plus des deux tiers des réponses, soit 66,67% des répondants. Elle indique elle indique une majeur de biodiversité et des habitats essentiels pour la faune locale. La mauvaise gestion par les autorités locales représente quant à elle, 22% des réponses ; cette gestion inadéquate peut contribuer à la déforestation et à la détérioration des ressources naturelles, soulignant un besoin urgent d'amélioration dans la gouvernance de la réserve. La pollution quant à elle aussi, représente 2,67%, bien que moins répandue, la pollution de l'air et de l'eau, ainsi que la gestion des déchets plastiques, doit être surveillée pour éviter des dommages environnementaux supplémentaires.

L'agriculture intensive représente aussi 4%, mais alors, même si son impact semble moins préoccupant que d'autres menaces, l'agriculture pratiquée de manière intensive peut nuire à la biodiversité et à la qualité des sols. L'analyse des changements climatiques nous présente 2%, bien que perçus comme une menace aussi, leur impact est moins immédiat comparé à d'autres facteurs. Et enfin, la surexploitation des ressources, représentées avec 2,67%, cela souligne la nécessité de pratiques de gestion durable pour éviter l'épuisement des ressources naturelles.

Tableau 14: Principaux responsables à la base de ces menaces et leur fréquence actuelle

Principaux responsables

Fréquence actuelle

Elevée

Faible

 

Les acteurs locaux

41

3

Les acteurs politiques et coutumiers

19

7

Les ménages riverains

67

2

Le peuple autochtone

11

0

Total

138

12

Ce tableau met en lumière la complexité des responsables concernant les menaces sur la réserve de Nyamusisi. Les ménages riverains sont considérés comme les principaux responsables des menaces, avec 67 réponses d'une fréquence élevée et 2 réponses d'une fréquence faible ; cela suggère que leurs activités, telles que la déforestation pour l'agriculture ou l'exploitation des ressources, sont considérées comme ayant un impact significatif et direct sur la réserve.

Les acteurs locaux, dont inclus des agriculteurs, des entrepreneurs et des membres de la communauté, sont également vus comme ayant une responsabilité élevée, avec 41 répondants d'une fréquence élevée et 3 répondants d'une fréquence faible. Leur contribution à la dégradation de l'environnement est liée à des pratiques non durables et à une gestion inadéquate des ressources.

Les responsables politiques et coutumiers ont un impact modéré, avec 19 répondants d'une fréquence élevée, et 7 répondants d'une fréquence faible. Cela indique qu'ils pourraient influencer les décisions et les politiques concernant la gestion de la réserve, mais leur responsabilité directe est perçue comme moins importante que celle des ménages et des acteurs locaux. Le peuple autochtone en dernier lieu, bien qu'il soit mentionné aussi, leur impact est témoigné par une minorité des répondants d'une fréquence élevée, soit 11 réponses. Ceux-indiquent une part de menace par les autochtones faisant partie des ménages riverains encore.

En conclusion, le total des réponses souligne que la majorité des personnes interrogées estiment que les menaces sont principalement attribuables à des actions considérées comme ayant un impact élevé, soit 138 réponses associées à la fréquence élevée ; et le faible nombre des réponses associées à une fréquence faible, soit 12, indique qu'il y a peu des points de vue suggérant que ces menaces ne sont pas significatives. Enfin, l'état des lieux des services écosystémiques de la réserve de Nyamusisi montre que la majorité des enquêtés résident dans le milieu de vie depuis longtemps. Cette section nous met en lumière une diversité des services essentiels. Cependant, la disponibilité et la qualité de ces services sont préoccupantes, avec des signes de rareté croissante. Les menaces de identifiées, notamment la déforestation et la mauvaise gestion, nécessitent une attention immédiate pour garantir la durabilité des écosystèmes et le bien être des communautés locales.

II.3. Résultats en rapport avec la contribution des services écologiques dans la sécurité alimentaire des ménages riverains de la réserve de Nyamusisi

L'analyse de cette partie met en lumière l'importance des services écosystémiques pour la sécurité alimentaire des ménages riverains de la réserve de Nyamusisi. Dans le cadre de la contribution des services écologiques dans la sécurité alimentaire, nous allons présenter un certain nombre des variables qui ont retenu une importance cruciale pour notre étude. Ces variables sont présentés dans des tableaux illustrés ci-après.

Tableau 15: Evaluation de l'accessibilité à la réserve forestière en fonction de la résidence

Réponses

Effectifs

Pourcentage

36 à 1 Heure

5

3,33

1 à 15 Min

56

37,33

1 H et plus

17

11,33

16 à 25 Min

53

35,33

26 à 35 Min

19

12,67

Total

150

100

Le tableau présente une évaluation de l'accessibilitéà la réserve forestière de Nyamusisi en fonction de temps nécessaire pour y accéder. Dans ce tableau la majorité des ménages (37,33% dans un délai de 1 à 15 minutes) ont un accès relativement facile à la réserve, ce qui est positif pour l'utilisation des ressources. Cependant, 11,33% mettent plus d'une heure pour y accéder, ce qui peut limiter leur capacité à bénéficier à ces services écologiques.

Mais encore plus, l'accessibilité à la réserve forestière de Nyamusisi est globalement favorable pour une majorité des ménages, avec près de 73% d'entre eux pouvant y accéder en moins de 25 minutes. Cela favorise l'utilisation des ressources naturelles et les services écologiques offerts par la réserve. Cependant, il est crucial de prendre en compte les ménages qui ont un accès plus limité, car cela peut influencer leur sécurité alimentaire et leur bien-être.

Tableau 16: Les bienfaits offerts par la réserve de Nyamusisi

Réponses

Effectifs

%

 

Fertilisation naturelle des sols, fourniture d'ombre pour les cultures

61

40,67

Pollinisation des cultures

34

22,67

Protection contre les érosions

28

18,67

Régulation de l'eau et des maladies fongiques

27

18

 
 
 
 
 
 

Total

150

100

Ce tableau présent les principaux bienfaits que la réserve de Nyamusisi offre aux ménages riverains. Une analyse détaillée de ce tableau nous montre que la fertilisation naturelle des sols et la fourniture de l'ombre pour les cultures sont les plus reconnus, représentant environ 40,67% des réponses. Cela souligne l'importance de la réserve dans l'amélioration de la qualité des sols, ce qui est essentiel pour l'agriculture durable. L'ombre fournie par les arbres contribue également à protéger les cultures des conditions climatiques extrêmes, favorisant ainsi une meilleure productivité. La pollinisation des cultures est le service clé pour l'agriculture, et 22,67% des répondants reconnaissent son importance. Cela indique que la biodiversité présente dans la réserve joue un rôle crucial dans la production alimentaire, en augmentant les rendements des cultures dépendantes des pollinisateurs.

Pour le résultat protection contre les érosions, est un bienfait également significatif, représentant 18,67% des réponses. La protection contre les érosions est essentielle pour maintenir la qualité des sols et à prévenir la dégradation environnementale. Quant à la régulation de l'eau et des maladies fongiques, a reçu un peu moins d'attention (18%), il reste crucial pour la gestion des ressources en eau et la santé des cultures. La régulation de l'eau aide à prévenir les inondations et à maintenir l'humidité du sol, tandis que la gestion des maladies fongiques contribue à la santé des cultures.

Tableau 17: Catégories de ménages qui bénéficient le plus des bienfaits

Réponses

Effectifs

%

 

Les autochtones

9

5,9

Des ménages dont les chefs sont des responsables de cette réserve

6

3,9

Les ménages ayant des champs dans certaines parties de cette réserve

98

64,1

Les ménages très proches

34

22,2

Tous les ménages

3

2,0

Total

153

100

Ce tableau présente les différentes catégories des ménages qui tirent profit des services offerts par la réserve de Nyamusisi. La majorité des bénéfices vont aux ménages ayant des champs dans la réserve (64,1%), indiquent que ces ménages dépendent fortement des services écologiques pour leur subsistance.

Les Ménages très proches de la réserve (22,2%), Près d'un quart des ménages (22,2%) qui vivent à proximité de la réserve bénéficient également de ses services. Cela souligne l'importance de la proximité géographique pour accéder aux ressources naturelles, même si ces ménages n'ont pas nécessairement des champs dans la réserve.Seulement 2% des répondants estiment que tous les ménages bénéficient des services de la réserve. Cela suggère une perception que les avantages ne sont pas uniformément répartis parmi l'ensemble de la communauté.

Tableau 18: Défis des ménages riverains pour bénéficier de ces services

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Dégradation de l'environnement

55

36,67

Manque de sensibilisation

23

15,33

Pression démographique

23

15,33

Surexploitation des ressources naturelles

49

32,67

Total

150

100

Ce tableau présente les différents défis auxquels les ménages riverains sont confrontés pour tirer profit des services écologiques offerts par la réserve de Nyamusisi. La dégradation de l'environnement, est le défi est le plus fréquemment cité, représentant 36,67% des réponses. Cela indique que la dégradation de l'environnement, probablement causée par des activités humaines telles que la déforestation et l'agriculture non durable, constitue un obstacle majeur à l'accès aux services écologiques. Cette situation peut compromettre la santé des écosystèmes et réduire la disponibilité des ressources.

La surexploitation des ressources naturelles est également un défi significatif, avec 32,67% des répondants l'identifiant comme un problème. Cela suggère que les activités telles que la coupe de bois, la chasse ou la pêche non régulée mettent une pression excessive sur les ressources naturelles, limitant ainsi leur durabilité et la capacité des ménages à en bénéficier à long terme. Tandis qu'un manque de sensibilisation parmi les ménages sur les pratiques durables et les bénéfices des services écologiques représente un défi pour 15,33% des répondants. Cette situation peut entraver l'adoption de méthodes de gestion durable et réduire l'efficacité des efforts de conservation. La pression démographique est également citée comme un défi, avec le même pourcentage que le manque de sensibilisation. L'augmentation de la population peut exacerber la demande sur les ressources de la réserve, entraînant une surexploitation et une dégradation accrue de l'environnement.

Tableau 19: Bénéfices dans le secteur de l'agriculture

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Fertilité des sols

83

55,33

offre des pollinisateurs

42

28

Régulation des nuisibles

25

16,67

Total

150

100

Ce tableau ci-après présente les principaux services écosystémiques que les ménages bénéficient de la réserve de Nyamusisi, spécifiquement dans le domaine de l'agriculture. La fertilité des sols est le service le plus largement reconnu, représentant 55,33% des réponses. La fertilité des sols est cruciale pour la productivité agricole, et cela indique que la réserve contribue significativement à la qualité des sols.

La présence de pollinisateurs est également un service important, identifié par 28% des répondants. Les pollinisateurs, tels que les abeilles et d'autres insectes, jouent un rôle vital dans la fertilisation des cultures, ce qui peut augmenter les rendements des cultures dépendantes de la pollinisation. Cela souligne l'importance de la biodiversité dans la réserve pour soutenir l'agriculture.

Bien que la régulation des nuisibles ait reçu le pourcentage le plus bas (16,67%), il reste essentiel pour la gestion des cultures. La régulation naturelle des nuisibles contribue à réduire la nécessité d'utiliser des pesticides chimiques, favorisant ainsi des pratiques agricoles plus durables et respectueuses de l'environnement.

Tableau 20: Dans l'alimentation

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Accès aux produits forestiers non ligneux

82

54,67

Chasse

16

10,67

Consommation des ressources halieutiques

52

34,67

Total

150

100

L'accès aux produits forestiers non ligneux est le bienfait le plus cité, avec 54,67% des répondants, ce qui souligne l'importance de ces ressources pour l'alimentation locale. La consommation des ressources halieutiques est également significative, représentant 34,67% des réponses, indiquant une dépendance notable aux produits de la pêche. En revanche, la chasse est moins mentionnée, avec seulement 10,67% des répondants, ce qui pourrait refléter des contraintes réglementaires ou de disponibilité. Ce tableau met en lumière la diversité des sources alimentaires disponibles pour les ménages, tout en soulignant l'importance des produits forestiers et halieutiques dans leur régime alimentaire.

Tableau 21: DBénéfices dans le revenu des ménages

Résultats

Effectifs

Pourcentage

 

Exploitation des ressources forestières

15

10

Collecte et vente artisanale

31

20,67

Compensation pour la conservation de la réserve

11

7,33

Hébergement et restauration

12

8

Vente des produits dérivés de la réserve

81

54

Total

150

100

Ce tableau présente les différents bienfaits que la réserve de Nyamusisi apporte aux ménages en termes de revenus. La vente des produits dérivés de la réserve est le plus significatif, représentant 54% des réponses. Cela montre que la vente de produits dérivés, tels que le bois, les plantes médicinales ou d'autres ressources naturelles, constitue une source de revenus essentielle pour les ménages.

La dépendance à ces produits souligne l'importance économique de la réserve pour la communauté. Avec 20,67% des réponses, la collecte et la vente artisanale représente également une part importante des revenus. Cela peut inclure la fabrication et la vente d'objets artisanaux à partir de matériaux locaux, ce qui contribue à la fois à l'économie locale et à la préservation des savoirs traditionnels. L'exploitation des ressources forestières reste une source de revenus pour certains ménages, avec 10% des répondants. Cela pourrait inclure la coupe de bois ou la récolte de produits forestiers non ligneux, mais il est essentiel de gérer cette exploitation de manière durable pour éviter la dégradation de l'écosystème.

L'Hébergement et la restauration représentent 8% des réponses. Elles peuvent inclure des services liés au tourisme, comme l'accueil de visiteurs dans la réserve. Bien que cela soit moins courant, cela souligne le potentiel du tourisme durable comme source de revenus. Et ensuite, une plus petite proportion (7,33%), indiquant que peu de ménages bénéficient de compensations directes pour la conservation. Cela reflète un manque de programmes de compensation ou une faible sensibilisation à ces initiatives.

Tableau 22: Bénéfices dans la santé

Résultats

Effectifs

Pourcentage

 

Biodiversité et résilience aux maladies

13

8,67

Protection contre les catastrophes naturelles

9

6

Accès à des ressources d'usages médicinales

91

60,67

Activités physiques et santé mentale

15

10

Qualité de l'air et de l'eau

22

14,67

Total

150

100

Ce tableau présente les différents bienfaits que la réserve de Nyamusisi apporte aux ménages en termes de santé. L'Accès à des ressources d'usages médicinales, représentant 60,67% des réponses est le service le plus reconnu. Cela indique que la réserve est une source précieuse de plantes médicinales et de remèdes traditionnels. L'accès à ces ressources contribue non seulement à la santé des ménages, mais renforce également l'importance de la biodiversité pour les soins de santé locaux.

La qualité de l'air et de l'eau est un bienfait essentiel, identifié par 14,67% des répondants. Cela souligne le rôle de la réserve dans la régulation des ressources naturelles, contribuant à un environnement sain qui est crucial pour le bien-être des communautés. Alors qu'une minorité (8,67%) cite la biodiversité comme un facteur de résilience aux maladies. La diversité biologique peut jouer un rôle dans la régulation des maladies et la promotion de la santé, mais son impact est moins perçu par les répondants.Cependant, la protection offerte par les écosystèmes naturels contre les catastrophes comme les inondations ou l'érosion est importante et mérite d'être soulignée. Ce bienfait reçoit le pourcentage le plus bas (6%), indiquant qu'il est moins reconnu comme un service de la réserve.

Tableau 23: Bénéfices dans le maintien de la qualité de la vie

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Cohésion sociale

54

36

Loisirs et bien-être

75

50

Transmission des savoirs locaux

21

14

Total

150

100

Ce tableau présente les différents bienfaits que la réserve de Nyamusisi apporte aux ménages en termes de qualité de vie. Le Loisirs et bien-être, représentant 50% des réponses, ce service est le plus largement reconnu. Cela indique que la réserve offre des opportunités de loisirs, comme la randonnée, l'observation de la nature et d'autres activités récréatives, qui contribuent au bien-être physique et mental des ménages. L'accès à la nature est essentiel pour la qualité de vie et peut avoir des effets positifs sur la santé mentale.

La cohésion sociale est également importante, avec 36% des répondants la mentionnant. Cela suggère que la réserve sert de point de rencontre pour la communauté, renforçant les relations sociales et le soutien mutuel. Les activités communautaires liées à la réserve peuvent favoriser l'unité et la solidarité au sein des ménages. La transmission des savoirs locaux, bien qu'il ait le pourcentage le plus bas (14%), il reste significatif. La réserve est un lieu où les savoirs locaux, notamment les pratiques traditionnelles liées à l'utilisation des ressources naturelles, sont transmis aux nouvelles générations. Cela contribue à la préservation de la culture et des connaissances ancestrales.

Tableau 24: Part des aliments issus de l'agriculture, de la pêche ou la chasse

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Entre 26 - 50%

32

21,33

Entre 51 - 75%

110

73,33

Moins de 25%

6

4

Plus de 75%

2

1,33

Total

150

100

La majorité des ménages (73,33%) consomment entre 51% et 75% de leurs aliments provenant de la réserve. Cela indique une dépendance significative à l'égard des ressources disponibles dans la réserve, mettant en évidence son rôle crucial pour la sécurité alimentaire des communautés. Un nombre important de ménages (21,33%) consomme entre 26% et 50% de leurs aliments issus de la réserve. Cela montre que, bien que moins dépendants que le groupe précédent, ces ménages bénéficient également des ressources de la réserve pour une part significative de leur alimentation. Tandis qu'une minorité (4%) des ménages indique consommer moins de 25% de leurs aliments provenant de la réserve.

Cela pourrait refléter une diversité de sources alimentaires, ou peut-être une moindre proximité avec la réserve. Très peu de ménages (1,33%) consomment plus de 75% de leurs aliments issus de la réserve. Cela indique une dépendance extrême, mais ce faible pourcentage suggère que la plupart des ménages intègrent également d'autres sources alimentaires.

Tableau 25: La part des bois de chauffe ou de la braise utilisés par les ménages mais tiré de la réserve de Nyamusisi

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Entre 26 - 50%

53

35,33

Entre 51 - 75%

81

54

Moins de 25%

7

4,67

Plus de 75%

9

6

Total

150

100

Dans ce tableau, plus de la moitié des ménages (54%) utilisent entre 51% et 75% de bois provenant de la réserve. Cela indique une forte dépendance à l'égard des ressources forestières de la réserve pour leurs besoins en énergie, ce qui souligne l'importance de la réserve dans leur quotidien. Un nombre substantiel de ménages (35,33%) consomme entre 26% et 50% de bois provenant de la réserve. Cela montre que, bien qu'ils soient moins dépendants que le groupe précédent, ces ménages tirent également une part significative de leur bois de chauffe de la réserve.

Un petit nombre de ménages (6%) indique qu'ils utilisent plus de 75% de bois provenant de la réserve. Cela peut refléter une dépendance extrême, mais ce faible pourcentage indique que la plupart des ménages diversifient également leurs sources.

Très peu de ménages (4,67%) consomment moins de 25% de bois provenant de la réserve, ce qui suggère qu'ils dépendent davantage d'autres sources pour leur bois de chauffe.

Tableau 26 : Part des médicaments, des feuilles et des racines à vertus thérapeutiques utilisés

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Entre 26 - 50%

69

46

Entre 51 - 75%

76

50,67

Moins de 25%

2

1,33

Plus de 75%

3

2

Total

150

100

Ce tableau présente la répartition de l'utilisation des médicaments traditionnels, des feuilles et des racines à vertus thérapeutiques par les ménages riverains de la réserve de Nyamusisi.Près de la moitié des ménages (50,67%) utilisent entre 51% et 75% de médicaments provenant de la réserve. Cela indique une dépendance significative aux ressources médicinales disponibles dans la réserve, soulignant son importance pour la santé des communautés locales.

Une proportion presque équivalente (46%) des ménages consomme entre 26% et 50% de médicaments tirés de la réserve. Cela montre que ces ménages bénéficient également d'une part substantielle de leurs traitements médicaux à partir des ressources de la réserve. Très peu de ménages (1,33%) déclarent utiliser moins de 25% de médicaments provenant de la réserve. Cela pourrait indiquer une préférence pour d'autres sources de soins, ou une accessibilité limitée à ces ressources. Un très petit nombre de ménages (2%) indique qu'ils utilisent plus de 75% de médicaments tirés de la réserve. Cela suggère que, bien que certains ménages puissent être très dépendants, la majorité diversifie ses sources de traitement.

Tableau 27: Part de contribution globale en pourcentage des services écologiques

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Entre 26 - 50%

32

21,33

Entre 51 - 75%

92

61,33

Moins de 25%

4

2,67

Plus de 75%

22

14,67

Total

150

100

Dans ce tableau, la majorité des ménages (61,33%) estiment que la réserve contribue à hauteur de 51% à 75% à leur sécurité alimentaire. Cela souligne l'importance cruciale des services écologiques de la réserve pour la subsistance des communautés, indiquant une forte dépendance à ces ressources pour leur approvisionnement alimentaire.

Un nombre significatif de ménages (21,33%) considère que la contribution de la réserve se situe entre 26% et 50%. Cela montre que même s'ils sont moins dépendants que le groupe précédent, ces ménages bénéficient également d'une part substantielle de leur alimentation grâce aux services de la réserve. Un petit nombre de ménages (14,67%) déclare que plus de 75% de leur sécurité alimentaire provient des services de la réserve. Cela indique une dépendance très élevée pour certains ménages, soulignant l'importance de la réserve pour leur alimentation. Très peu de ménages (2,67%) estiment que la contribution de la réserve est inférieure à 25%. Cela peut refléter une diversité de sources alimentaires ou une moindre connexion avec les ressources de la réserve.

Tableau 28: Stratégies utilisées pour améliorer la sécurité alimentaire dans les ménages

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Achat des nourritures sur le marché

4

2,67

Commercialisation

3

2

Diversification des cultures

94

62,67

Pêche et Chasse

6

4

Production animale

11

7,33

Tous les trois

32

21,33

Total

150

100

Ce tableau présente les différentes stratégies adoptées par les ménages pour améliorer leur sécurité alimentaire. La stratégie la plus courante, adoptée par 62,67% des ménages, consiste à diversifier les cultures. Cela indique une approche proactive pour renforcer la sécurité alimentaire, permettant aux ménages de réduire les risques liés à la dépendance à une seule culture et d'augmenter la résilience face aux aléas climatiques ou aux fluctuations du marché.

Une proportion significative (21,33%) des ménages utilise toutes les stratégies mentionnées. Cela montre une approche intégrée, combinant l'achat sur le marché, la commercialisation, la pêche, la chasse et la production animale pour assurer une alimentation stable et variée. La production animale est une stratégie adoptée par 7,33% des ménages. Bien que moins courante, elle constitue une source importante de protéines et peut jouer un rôle clé dans l'amélioration de la sécurité alimentaire.

Cette stratégie est utilisée par 4% des ménages. Cela peut refléter une dépendance plus faible à ces pratiques, possiblement en raison de la disponibilité limitée des ressources ou de la réglementation. Le plus faible pourcentage (2%) des ménages indique que la commercialisation est une stratégie utilisée. Cela pourrait suggérer que peu de ménages ont accès à des marchés pour vendre leurs produits, ou qu'ils privilégient d'autres méthodes pour assurer leur sécurité alimentaire. Seuls 2,67% des ménages achètent leur nourriture sur le marché. Cela pourrait indiquer une faible dépendance à l'approvisionnement externe, peut-être en raison de la disponibilité de ressources locales.

En conclusion, les services écologiques fournis par la réserve de Nyamusisi jouent un rôle important dans la sécurité alimentaire des ménages, notamment par la fourniture de ressources alimentaires, de fertilité des sols et de services de régulation. Toutefois, des défis tels que la dégradation de l'environnement et la surexploitation des ressources menacent sérieusement cette contribution.

II.4. Résultats en lien avec les mécanismes pour améliorer la protection et la contribution des services écologiques de la réserve de Nyamusisi dans la sécurité alimentaire des ménages riverains à Idjwi

Cette partie est dédiée aux mécanismes par lesquels la réserve de Nyamusisi contribue à la protection des écosystèmes et à la sécurité alimentaire des ménages riverains. A travers cette analyse, nous allons examiner comment les actions de conservation et de gestion durable mises en place dans la réserve influencent directement la sécurité alimentaire des ménages, tout en identifiant les différentes synergies entre la protection de la biodiversité et la résilience alimentaire. Dans cette même partie, nous visons à comprendre dans quelle manière ces mécanismes peuvent être renforcés pour promouvoir le développement durable dans la région.

Tableau 29: Evaluation des acteurs et des services dans la protection et la restauration de la réserve de Nyamusisi

Services

Efficacité

 

Elevée

Faible

Moyenne

 

CDG

 

0

2

3

l'Etat congolais

 

0

2

8

ACCB

 

1

7

10

GIZ

 

0

18

21

IRCFI

 

0

18

14

les deux Chefs coutumiers du térritoire d'Idjwi

 

0

5

6

Les deux chefs coutumiers, GIZ, P.EXT et IRCFI

 

0

0

1

P.Ext

 

0

13

14

TLM

 

0

2

2

ZOA

 

0

1

2

Total

 

1

68

81

Concernant ce tableau, l'efficacité élevée a été positivement par très peu d'acteurs avec seulement 1 évaluation élevée ; tandis que la majorité (68), des évaluations sont considérées comme faibles, ce qui signale des lacunes significatives dans les interventions des services ;et 81 évaluations sont considérées comme moyennes, montrant que certains services sont perçus comme agissant, mais sans impact fort.

Tableau 30: Analyse des actions et de l'efficacité des initiatives pour la réserve de Nyamusisi

Actions

Efficacité

Elevé

Faible

Moyenne

 

Conservation de la réserve et adduction d'eau potable

0

18

21

Partenariat avec les ONG

0

6

15

Reboisement de la réserve de Nyamusisi et accompagner les dynamiques locales dans leurs activités

0

0

2

Reboisement de la réserve, Conservation des singes bleus et Accompagner les groupes solidaires dans les AGR

0

26

22

sensibilisation et éducation de la population dans la conservation de l'environnement

0

12

16

Surveillance et reboisement de la réserve de Nyamusisi

0

6

6

Total

 

68

82

Dans ce tableau, aucun des projets ou actions n'a été évalué comme ayant une efficacité élevée ; tandis que 68 évaluations indiquent une efficacité faible, suggérant que les actions les actions entreprises n'ont pas eu l'impact escompté ; alors que 82 évaluations sont considérées comme moyennes, ce qui indique que bien qu'il existe des efforts, ceux-ci ne sont pas jugés suffisamment efficaces.

Tableau 31: Perception sur le reboisement de la réserve de Nyamusisi

Réponses

Effectifs

%

 

C'est la restauration de la biodiversité et amélioration de la qualité de l'air

60

40

Constitution d'un impact économique et social dans la communauté

31

20,67

Protection des sols et d'approvisionnement des ressources en eau

35

23,33

il s'agit des considérations et de l'Engagement communautaire

24

16

Total

150

100

La restauration de la biodiversité et l'amélioration de la qualité de l'air sont les perceptions les plus courantes, avec 40% des répondants les identifiant comme des avantages du reboisement. La protection des sols et des ressources en eau est également perçue positivement, représentant 23,33% des réponses.Moins de répondants soulignent l'impact économique et social (20,67%) et l'engagement communautaire (16%) comme des éléments pertinents du reboisement. Ce tableau met en évidence l'importance accordée à la biodiversité et à la qualité de l'air dans le contexte du reboisement, tout en signalant des domaines additionnels où des bénéfices sont perçus.

Tableau 32: Stratégies pour améliorer la contribution de la réserve de Nyamusisi dans la sécurité alimentaire tout en luttant contre sa dégradation

Réponses

Effectifs

Percentage

 

Pratiquer la permaculture

23

15,33

Création des jardins communautaire

9

6

Élaborer des projets alternatifs

16

10,67

Partenariats des ONG et le gouvernement

24

16

Promotion de l'agroforesterie

19

12,67

Sensibiliser et former la population dans la pratique Agro écologique

59

39,33

Total

150

100

La sensibilisation et la formation de la population dans les pratiques agro écologiques sont les propositions les plus soutenues, avec 39,33% des répondants les identifiant comme essentielles. Les partenariats entre ONG et le gouvernement et la pratique de la permaculture sont également notés, représentant respectivement 16% et 15,33% des réponses. Les propositions telles que la création de jardins communautaires (6%) et l'élaboration de projets alternatifs (10,67%) sont moins populaires.Ce tableau met en avant l'importance de l'éducation et de la formation dans la lutte contre la dégradation de la réserve tout en renforçant la sécurité alimentaire.

Tableau 33: Les rôles de l'Etat

Réponses

Effectifs

%

 

Coordination et leadership

1

0,67

Education et sensibilisation de la communauté

42

28

Elaboration des politiques de la protection de l'environnement

104

69,33

Fournir des ressources financières pour la mise en oeuvre des programmes environnementaux

2

1,33

Soutenir les recherches faites sur la même réserve

1

0,67

Total

150

100%

Dans ce tableau, l'élaboration des politiques de protection de l'environnement est le rôle le plus identifié, avec une majorité écrasante de 69,33%, soulignant l'importance des cadres réglementaires dans la gestion des services écologiques. L'éducation et la sensibilisation de la communauté sont également perçues comme un rôle clé, représentant 28% des réponses.

Les rôles tels que la fourniture de ressources financières (1,33%) et le soutien à la recherche (0,67%) sont considérés comme moins significatifs par les répondants.Ce tableau met en évidence le rôle central de l'État dans la formulation de politiques et l'éducation, tout en soulignant des domaines où des efforts supplémentaires pourraient être nécessaires.

Tableau 34: les rôles des ménages riverains

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Engagement communautaire

48

32

Mettre en valeur les connaissances traditionnelles

1

0,67

Participation active

63

42

Plaidoyer local

36

24

Planter des arbres Agroforestières

1

0,67

Respecter les règles de respect de l'environnement

1

0,67

Total

150

100

La participation active des ménages riverains est le rôle le plus représenté, avec 42% des répondants, ce qui souligne l'importance de l'implication directe des communautés dans les initiatives écologiques. L'engagement communautaire est également significatif, représentant 32% des réponses, ce qui montre la valeur des efforts collectifs. Les rôles tels que la valorisation des connaissances traditionnelles, la plantation d'arbres agroforestiers, et le respect des règles environnementales sont perçus comme moins importants, chacun n'étant mentionné que par 0,67% des répondants.

Ce tableau met en évidence l'importance de l'engagement et de la participation des ménages dans la gestion des services écologiques, tout en suggérant des opportunités pour renforcer l'impact des actions individuelles et collectives.

Tableau 35: Les rôles des acteurs locaux

Réponses

Effectifs

Pourcentage

 

Accompagner et exécuter les projets de reboisement

25

16,67

Expertise technique

36

24

Plaidoyer et sensibilisation

89

59,33

Total

150

100

Le rôle de plaider et sensibiliser est le plus prédominant, avec 59,33% des répondants, soulignant l'importance de la sensibilisation des communautés sur les enjeux environnementaux. L'expertise technique est également un rôle significatif, représentant 24% des réponses, ce qui indique la nécessité de compétences spécialisées pour la mise en oeuvre des projets. L'accompagnement et l'exécution des projets de reboisement sont moins représentés, avec seulement 16,67% des réponses, suggérant un potentiel d'amélioration dans cette domaine.

Ce tableau démontre que les acteurs locaux jouent un rôle crucial dans la sensibilisation et le plaidoyer, tout en soulignant l'importance d'apporter un soutien technique pour renforcer l'efficacité des initiatives écologiques.

Chapitre III. DISCUSSION DES RÉSULTATS

III.1. Introduction

Dans cette partie, nous allons discuter nos résultats avec les théories scientifiques développées dans la littérature sur l'implication des services écosystémiques dans la sécurité alimentaire et sur le développement durable. Notre travail a débouché à plusieurs résultats sectoriels tous concourant à l'atteinte des objectifs de la présente étude qui sont ceux de mieux comprendre la relation entre les services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi et la sécurité alimentaire des ménages dans le territoire d'Idjwi.

III.2. Discussion des résultats sur l'état des lieux des services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi aux ménages riverains

Dans cette partie, les résultats de notre étude montrent que les services d'approvisionnement, tels que les produits alimentaires et médicinaux, sont perçus comme essentiels par les communautés. Cela s'aligne avec l'idée que les ressources naturelles soutiennent directement la subsistance des ménages, soulignant ainsi une conception plus complexe de la valeur de la nature. La reconnaissance par les répondants de l'importance des ressources alimentaires et médicinales reflète cette dépendance essentielle à l'écosystème. Selon Maris (2014), le bien-être humain dépend intrinsèquement des services écosystémiques, qui sont des bénéfices tirés du fonctionnement des écosystèmes.

D'un autre côté, Habakaramo (2007) met en avant l'importance des plantes pour la production de miel, une ressource qui contribue à la sécurité alimentaire et économique des ménages. Bien que cette étude se concentre sur un aspect spécifique des services écosystémiques, les résultats de notre enquête montrent une diversité de services d'approvisionnement reconnus par les participants. Toutefois, la perception de rareté croissante de ces services, signalée par 38 % des répondants, indique la nécessité d'une gestion durable des ressources, ce qui rejoint l'idée de Habakaramo que les ressources doivent être exploitées de manière réfléchie pour éviter leur déclin.

En effet, Les résultats sur les services de régulation, tels que la prévention de l'érosion et la fertilité des sols, sont également significatifs. Comme l'indique Schwartz (2017), les sols jouent un rôle fondamental dans le maintien des écosystèmes et le soutien à la population humaine. Notre étude révèle que les services de régulation sont perçus comme essentiels, bien que certains, comme ceux liés à la qualité de l'air et de l'eau, soient moins reconnus. Cela souligne un besoin urgent de sensibilisation sur l'importance de ces services pour la durabilité environnementale et la santé des écosystèmes.

Néanmoins, l'analyse des résultats des tableaux concernant la qualité des services écosystémiques, les ressources disponibles et les menaces pesant sur la réserve de Nyamusisi révèle des dynamiques complexes en lien avec la dépendance des communautés à la nature, comme l'évoque Virginie Maris (2014). La satisfaction générale de 66,7 % des répondants concernant la qualité des services écosystémiques reflète une appréciation positive de la réserve, soulignant son rôle crucial dans le bien-être des ménages. Cela rejoint les idées de Maris sur l'importance des services écosystémiques pour le bien-être humain, en montrant que ces services ne sont pas seulement perçus comme utilitaires, mais comme essentiels à la qualité de vie.

En revanche, les résultats concernant les responsables des menaces révèlent une dynamique intéressante. La perception selon laquelle les ménages riverains sont les principaux responsables (67 réponses) souligne la complexité des interactions entre les communautés et leur environnement. Cela fait écho à l'idée que les actions individuelles et collectives ont un impact significatif sur la conservation des écosystèmes, un point qui pourrait bénéficier d'une sensibilisation accrue et de programmes d'éducation environnementale. Les acteurs locaux et les responsables politiques, bien qu'identifiés comme ayant une responsabilité moindre, jouent néanmoins un rôle crucial dans la mise en oeuvre de pratiques durables.

En somme, ces résultats mettent en lumière l'importance des services écosystémiques pour le bien-être des communautés, tout en soulignant les défis liés à leur gestion et à la protection de la biodiversité dans la réserve de Nyamusisi. Ils invitent à une réflexion sur la nécessité d'intégrer les connaissances scientifiques et les pratiques locales dans une approche collaborative pour garantir la durabilité de ces précieux écosystèmes.

III3. Discussion des résultats sur la contribution des services écologiques fournis par la réserve de Nyamusisi dans la sécurité alimentaire au sein des ménages riverains à Idjwi

L'analyse des résultats met en lumière les complexités et les interactions entre les services écosystémiques et le bien-être humain. Ces résultats s'inscrivent dans l'idée proposée par Virginie Maris (2014), qui souligne que le bien-être humain dépend fondamentalement de la nature et des services qu'elle offre. La majorité (73 %) des ménages pouvant accéder à la réserve en moins de 25 minutes indique une opportunité favorable pour l'utilisation des ressources naturelles. Cela reflète l'idée de Maris sur l'importance des services écosystémiques, car un accès facile à ces ressources peut renforcer la sécurité alimentaire. Toutefois, les 11,33 % des ménages qui mettent plus d'une heure pour y accéder soulignent des inégalités potentielles dans l'accès aux ressources, ce qui pourrait affecter leur sécurité alimentaire. Cela résonne avec les préoccupations soulevées par Schwartz (2017) concernant la nécessité d'une gestion durable, qui doit prendre en compte l'accessibilité des ressources pour tous.

En effet, partant des bienfaits offerts par la réserve de Nyamusisi, les résultats montrent que la fertilisation naturelle des sols et l'ombre fournie par les arbres sont les bienfaits les plus reconnus, représentant 40,67 % des réponses. Cela souligne le rôle crucial des services écosystémiques dans l'amélioration de l'agriculture durable. La pollinisation, mentionnée par 22,67 % des répondants, est également essentielle pour la sécurité alimentaire, car la biodiversité favorise les rendements des cultures.Cependant, l'identification des ménages ayant des champs dans la réserve (64,1 %) comme les plus bénéficiaires souligne la forte dépendance de certains groupes aux services écologiques. En revanche, seulement 2 % des répondants estiment que tous les ménages bénéficient des services de la réserve, ce qui indique des disparités dans l'accès et l'utilisation des ressources. Cette perception est cruciale pour les efforts de conservation, car elle met en évidence la nécessité d'une approche plus inclusive pour garantir que les bénéfices des services écosystémiques soient partagés équitablement.

Entre-autres, Les défis rencontrés par les ménages identifiés, tels que la dégradation de l'environnement (36,67 %) et la surexploitation des ressources (32,67 %), soulignent les pressions exercées sur les services écosystémiques. Ces résultats sont en phase avec les préoccupations soulevées par Habakaramo (2007), qui met en avant l'impact des pratiques humaines sur les ressources naturelles. La dégradation environnementale, souvent causée par des activités non durables, compromet l'accès aux services écologiques et, par conséquent, la sécurité alimentaire des ménages. Le fait que 15,33 % des répondants mentionnent un manque de sensibilisation sur les pratiques durables indique qu'il y a un besoin pressant d'éducation et de sensibilisation pour améliorer la gestion des ressources. De ce fait, le tableau 27 indique que 61,33 % des ménages estiment que la réserve contribue à leur sécurité alimentaire entre 51 % et 75 %. Cela rejoint les travaux de Schwartz (2017) sur l'interdépendance entre les écosystèmes et la subsistance humaine. La forte dépendance à ces ressources souligne le besoin d'une gestion durable pour éviter la surexploitation, un thème également abordé par Maris, qui appelle à une prise de conscience des limites des ressources naturelles.

D'une part, La diversification des cultures, adoptée par 62,67 % des ménages, est une stratégie proactive qui renforce la résilience alimentaire. Cela reflète les recommandations de Schwartz sur l'importance de la diversification pour minimiser les risques. L'intégration de plusieurs stratégies, comme l'achat sur le marché et la production animale, montre une approche holistique qui est essentielle pour la sécurité alimentaire, un concept que Maris défend dans ses recherches sur les pratiques durables.

III.4. Discussion des résultats en lien avec les mécanismes pour améliorer la contribution des services écologiques de la réserve de Nyamusisi dans la sécurité alimentaire des ménages riverains à Idjwi

En termes de mécanismes, les tableaux 29 et 30 révèlent que les évaluations des interventions pour la protection de la réserve sont majoritairement faibles, ce qui indique des lacunes significatives dans l'efficacité des initiatives. Habakaramo (2007) souligne l'importance d'une gouvernance efficace et d'une participation communautaire active dans la gestion des ressources. Le fait que seulement 1 évaluation soit jugée élevée dans le tableau 29 appelle à une réflexion sur la nécessité de renforcer les mécanismes de conservation, un point également soulevé par Schwartz concernant le besoin d'approches intégrées et collaboratives.

La perception positive du reboisement, notamment pour la restauration de la biodiversité et l'amélioration de la qualité de l'air, révèle une prise de conscience croissante des bénéfices environnementaux. Cela fait écho aux travaux de Maris sur l'importance de la biodiversité pour la résilience des écosystèmes. Cependant, le faible pourcentage de répondants soulignant les impacts économiques et sociaux montre qu'il y a encore un travail à faire pour relier les bénéfices écologiques aux avantages directs pour les communautés. Les propositions en faveur de la sensibilisation et de la formation sur les pratiques agroécologiques, soutenues par 39,33 % des répondants, sont essentielles pour renforcer la durabilité des ressources.

Les résultats de l'analyse de la réserve de Nyamusisi illustrent une dépendance significative à l'égard des services écologiques pour la santé et la sécurité alimentaire des ménages riverains. Ces résultats corroborent les travaux des artistes scientifiques, qui soulignent l'importance de la biodiversité et des connaissances traditionnelles dans la gestion durable des ressources. Cependant, les lacunes dans l'efficacité des initiatives de protection et la nécessité de renforcer la sensibilisation et l'éducation sont des domaines critiques qui nécessitent une attention immédiate pour garantir la durabilité à long terme des services écosystémiques.

CONCLUSION GENERALE

Cette recherche a porté sur les implications des services écosystémiques dans la sécurité alimentaire des ménages riverains de la réserve de Nyamusisi. Son objectif global a été éclaté en trois objectifs spécifiques dont( i) faire un état des lieux des services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi aux ménages riverains en précisant leurs types, leur qualité, leur disponibilité et leurs facteurs menaçants ; (ii) analyser comment les services écologiques fournis par la réserve de Nyamusisi contribue dans la sécurité alimentaire au sein des ménages riverains à Idjwi, et (iii) proposer des mécanismes à envisager pour améliorer la contribution des services écologiques de la réserve de Nyamusisi dans la sécurité alimentaire des ménages riverains à Idjwi.

Pour ce faire, en plus de la littérature existante sur l'implication des services écosystémiques dans la sécurité alimentaire des ménages riverains et des observations, nous avons réalisé des enquêtes de terrain auprès des ménages de trois groupements du territoire d'Idjwi qui sont autour de la réserve de Nyamusisi. Il s'agit du groupement Bugarula dans la Chefferie Rubenga, et les groupements Mpene et Mugote dans la chefferie Ntambuka, en raison de 50 ménages enquêtés par groupement.

Après l'analyse des données collectées, les résultats vérifiant les hypothèses ont montré que la disponibilité et la qualité de ces services au sein des ménages sont préoccupantes, avec des signes de rareté croissante. Les menaces de identifiées, notamment la déforestation et la mauvaise gestion, nécessitent une attention immédiate pour garantir la durabilité des écosystèmes et le bien être des communautés locales. Cependant, les services écologiques fournis par la réserve de Nyamusisi jouent un rôle important dans la sécurité alimentaire des ménages, notamment par la fourniture de ressources alimentaires, de fertilité des sols et de services de régulation du climat local. Toutefois, des défis tels que la dégradation de l'environnement et la surexploitation des ressources menacent sérieusement cette contribution.

Les limites de cette étude incluent le cadre géographique restreint à la réserve de Nyamusisi, ce qui limite la généralisation des résultats à d'autres contextes. De plus, l'étude n'a pas pu explorer en profondeur les dynamiques socio-économiques sous-jacentes qui influencent l'accès aux services écosystémiques et leur utilisation. Il est essentiel de promouvoir des pratiques agricoles durables qui intègrent les services écosystémiques. Cela inclus des programmes de sensibilisation sur l'importance de la biodiversité et des techniques de conservation des sols. Par ailleurs, le renforcement des capacités locales à gérer et à protéger les ressources naturelles est crucial pour garantir une utilisation durable.

Les résultats de cette étude peuvent être appliqués dans le monde réel en informant les politiques agricoles et environnementales. Les décideurs peuvent utiliser ces informations pour élaborer des stratégies visant à renforcer les liens entre la conservation des écosystèmes et la sécurité alimentaire, notamment par le biais d'incitations financières pour les pratiques durables.

Pour les décideurs, il est recommandé d'intégrer les services écosystémiques dans les plans de développement rural et de sécurité alimentaire, en favorisant une approche multidisciplinaire. Les professionnels du développement devraient collaborer avec les communautés locales pour concevoir des interventions adaptées à leurs besoins spécifiques. Enfin, les chercheurs sont encouragés à poursuivre les études sur les interactions entre services écosystémiques et sécurité alimentaire dans divers contextes afin d'enrichir les connaissances et d'informer davantage les politiques publiques.

De ce fait, pour améliorer la sécurité alimentaire des ménages riverains, il est essentiel de mettre en place des formations sur l'agro écologie et la gestion durable des ressources, sensibiliser la communauté sur l'importance des services écosystémiques et leur gestion pour la sécurité alimentaire, mais aussi renforcer des partenariats en termes de collaboration pour des projets de développement durable. Par ailleurs, le renforcement des capacités locales à gérer et à protéger les ressources naturelles est très important pour garantir une utilisation durable.Il est donc recommandé aux parties prenantes dont les acteurs publics, sociaux et ménages riverains de la réserve de Nyamusisi d'intégrer la gestion des services écosystémiques dans les politiques ou plans de développement localpour promouvoir des approches multidisciplinaires, mais aussi d'encourager des études supplémentaires sur les interactions entre les services écosystémiques et d'autres facteurs influençant la sécurité alimentaire tout en facilitant la participation communautaire afin d'assurer leur adhésion et leur engagement.

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TABLE DES MATIERES

Epigraphe i

Dédicace ii

Remerciements iii

Sigles et abréviations iv

Liste des tableaux v

Résumé vii

Abstract viii

I. INTRODUCTION GÉNÉRALE - 1 -

1. Etat de la question - 1 -

2. Problématique - 2 -

3. Question de recherche - 4 -

4. Hypothèses - 4 -

5. Objectifs de recherche - 5 -

6. Choix et intérêts du sujet - 5 -

7. Définition des concepts clés et termes apparentés - 6 -

8. Subdivision du travail - 8 -

Chapitre I. METHODOLOGIE - 10 -

I.1. MILIEU D'ETUDE - 10 -

I.1.1. Présentation de la réserve Forestière de Nyamusisi - 10 -

I.1.2. Dénombrement et évaluation des usages locaux des écosystèmes des réserves forestières de l'île d'Idjwi - 11 -

I.1.3. Analyse du climat et d'organisation sociale de la faune et flore dans la réserve naturelle d'Idjwi-Bulolero - 11 -

I.1.4. Traits distinctifs des singes bleus de Schouteden d'Idjwi - 12 -

I.1.5. Modes d'alimentation des singes et impact des activités humaines - 12 -

I.2. METHODOLOGIE UTITLISEE - 13 -

I.2.1. Démarche de collecte des données - 13 -

I.2.2. Sélection de l'échantillon - 14 -

I.2.3. Analyse des données - 14 -

I.2.4. Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés - 14 -

Chapitre II. PRESENTATION DES RESULTATS DE L'ETUDE - 16 -

II.1. Introduction - 16 -

II.2. Résultats en rapport avec l'état des lieux des services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi aux ménages riverains - 16 -

II.3. Résultats en rapport avec la contribution des services écologiques dans la sécurité alimentaire des ménages riverains de la réserve de Nyamusisi - 26 -

II.4. Résultats en lien avec les mécanismes pour améliorer la protection et la contribution des services écologiques de la réserve de Nyamusisi dans la sécurité alimentaire des ménages riverains à Idjwi - 37 -

Chapitre III. DISCUSSION DES RÉSULTATS - 42 -

III.1. Introduction - 42 -

III.2. Discussion des résultats sur l'état des lieux des services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi aux ménages riverains - 42 -

III.4. Discussion des résultats en lien avec les mécanismes pour améliorer la contribution des services écologiques de la réserve de Nyamusisi dans la sécurité alimentaire des ménages riverains à Idjwi - 45 -

CONCLUSION GENERALE - 47 -

BIBLIOGRAPHIE - 48 -

TABLE DES MATIERES - 51 -

ANNEXES - 53 -

ANNEXES

Questionnaire d'enquête

Madame / Monsieur, nous sommesBalugeBahasa Ghislain, étudiant à l'Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu. Dans le cadre de notre mémoire de fin de cycle,nous menons une étude portant sur « Implication des services écosystémiques dans l'insécurité alimentaire des ménages riverains de la réserve de Nyamusisi ».

Tout en vous remerciant à l'avance, nous vous demandons de répondre aux questions ci-dessous afin de nous permettre d'atteindre les objectifs de notre étude. Nous vous assurons que vos réponses resteront anonymes et seront utilisées uniquement à des fins de recherche.

I. Informations sociodémographiques

1. Localisation :

2. Age :

3. Genre : a) Masculin b) Féminin

4. Niveau d'éducation : a) Aucun /Analphabète b) Primaire c) Secondaire d) Supérieur e) Autres formations

5. Etat civil : a) Célibataire b) Marié c) Veuf (ve) d) Divorcé / Séparé

6. Taille de ménage :

7. Groupement / village :

II. Questions proprement dites

Section 1. Etat des lieux des services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi aux ménages riverains

1. Depuis combien de temps résidez-vous dans votre milieu de vie :

2. Quels sont les principaux services écosystémiques dont dispose la réserve de Nyamusisi ?

a. Les services d'approvisionnement : ..............................................................

b. Les services de régulation : ........................................................................

c. Les services de support : ...........................................................................

d. Les services culturels : .............................................................................

3. Appréciez-vous la disponibilité actuelle des services écosystémiques offerts par cette réserve par rapport à il y a 10 ans ?

a. Les services d'approvisionnement : a) Très rare b) De plus en plus rare c) Disponible d) En abondance

b. Les services de régulation : a) Très rare b) De plus en plus rare c) Disponible d) En abondance

c. Les services de support : a) Très rare b) De plus en plus rare c) Disponible d) En abondance

d. Les services culturels : a) Très rare b) De plus en plus rare c) Disponible d) En abondance

4. Comment appréciez-vous la qualité des services écologiques offerts par cette réserve aux ménages riverains ? a) Très bonne b) Bonne c) Moyenne d) Faible e) Très faible

5. Quelles autres ressources disponibles dans le milieu offrant les mêmes services écologiques que la réserve de Nyamusisi ? .............................................................................

6. Quelles menaces pèsent actuellement sur cette réserve dans le processus d'offre des services écologiques aux ménages riverains ? a) Les changements climatiques b) La pollution de l'air et de l'eau ainsi que des déchets plastiques  c) La déforestation et la dégradation des habitats naturels des animaux d) La pratique de l'agriculture intensive dans certaines parties de la réserve e) La mauvaise gestion de cette réserve par les autorités locales f) Autres à préciser

7. Qui sont les principaux responsables / acteurs à la base de ces menaces et risques sur la réserve de Nyamusisi ? a) Les ménages riverains b) Les acteurs politiques et coutumiers c) Les acteurs locaux d) Autres à préciser

8. Quelle est la fréquence actuelle de ces menaces et contraintes ? a) Elevée b) Faible c) Moyenne

Section 2. Contribution des services écologiques de la réserve de Nyamusisi dans la sécurité alimentaire au sein des ménages riverains

9. A combien d'heures de marche est-il situé votre ménage vis-à-vis de la réserve de Nyamusisi ?

10. Quels sont les bienfaits offerts par la réserve de Nyamusisi aux ménages riverains dans leurs activités agricoles ? ......................................................................................................................

11. Tous ces ménages en bénéficient-ils au même pied d'égalité ? a) Oui b) Non

12. Quelles catégories de ménages bénéficient le plus des bienfaits et services écosystémiques offerts par cette réserve ? a) Les ménages très proches b) Les ménages ayant des champs dans certaines parties de cette réserve c) Des ménages dont les chefs sont des responsables de cette réserve d) Tous les ménages e) Autres à préciser

13. Quels sont les défis auxquels les ménages riverains font face pour bénéficier de ces services écosystémiques offerts par la réserve de Nyamusisi ? ................................................

14. Quels sont les principaux bienfaits / services écosystémiques que votre ménage bénéficie-t-il de façon directe ou indirecte de la réserve de Nyamusisi ?

a. Dans l'agriculture : ..................................................................................

b. Dans l'alimentation : ..................................................................................

c. Dans le revenu du ménage : ........................................................................

d. Dans la santé : ........................................................................................

e. Dans le maintien de la qualité de la vie : .........................................................

15. Quels est la part des aliments (issus de l'agriculture, la pèche ou la chasse) consommés dans votre ménage mais tirés de la réserve de Nyamusisi ? a) Moins de 25% b) Entre 26 - 50% c) Entre 51 - 75% d) Plus de 75%

16. Quelle est la part des bois de chauffe ou de la braise utilisés par votre ménage mais tirés de la réserve de Nyamusisi ? a) Moins de 25% b) Entre 26 - 50% c) Entre 51 - 75% d) Plus de 75%

17. Quelle est la part des médicaments, des feuilles et des racines à vertus thérapeutiques utilisés dans votre ménage mais tirés de la réserve de Nyamusisi ? a) Moins de 25% b) Entre 26 - 50% c) Entre 51 - 75% d) Plus de 75%

18. Quelle est la part de contribution globale en pourcentage des services écologiques tirés de la réserve de Nyamusisi dans la sécurité de votre ménage ? a) Moins de 25% b) Entre 26 - 50% c) Entre 51 - 75% d) Plus de 75%

19. Quelles stratégies utilisez-vous pour améliorer la sécurité alimentaire de votre ménage ? a) Diversification des cultures b) Production animale c) Achat des nourritures sur le marché d) Autres à préciser.......................................................................................................................

Section 3. Mécanismes pour améliorer la protection et la contribution des services écologiques de la réserve de Nyamusisi dans la sécurité alimentaire des ménages riverains

20. Quels sont les services, les organisations et les acteurs qui interviennent dans la protection et la restauration de la réserve de Nyamusisi et/ou dans l'encadrement des ménages riverains ? ..

21. Quelles sont les actions qu'ils entreprennent en faveur de la réserve et des ménages riverains ?

22. Comment jugez-vous l'efficacité de leurs actions ? a) Faible b) Moyenne c) Elevée

23. Que pensez-vous du reboisement de la réserve de Nyamusisi ? ....................................

24. Que proposez-vous pour améliorer la contribution de la réserve de Nyamusisi dans la sécurité alimentaire des ménages tout en luttant contre sa dégradation ? .....................................

25. Quels seraient les rôles des acteurs dans ce processus ?

a) L'Etat : ...................................................................................................

b) Les ménages riverains : ...............................................................................

c) Les acteurs locaux : ...................................................................................






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