Chapitre III. DISCUSSION
DES RÉSULTATS
III.1. Introduction
Dans cette partie, nous allons discuter nos résultats
avec les théories scientifiques développées dans la
littérature sur l'implication des services écosystémiques
dans la sécurité alimentaire et sur le développement
durable. Notre travail a débouché à plusieurs
résultats sectoriels tous concourant à l'atteinte des objectifs
de la présente étude qui sont ceux de mieux comprendre la
relation entre les services écosystémiques fournis par la
réserve de Nyamusisi et la sécurité alimentaire des
ménages dans le territoire d'Idjwi.
III.2. Discussion des
résultats sur l'état des lieux des services
écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi aux
ménages riverains
Dans cette partie, les résultats de notre étude
montrent que les services d'approvisionnement, tels que les produits
alimentaires et médicinaux, sont perçus comme essentiels par les
communautés. Cela s'aligne avec l'idée que les ressources
naturelles soutiennent directement la subsistance des ménages,
soulignant ainsi une conception plus complexe de la valeur de la nature. La
reconnaissance par les répondants de l'importance des ressources
alimentaires et médicinales reflète cette dépendance
essentielle à l'écosystème. Selon Maris (2014), le
bien-être humain dépend intrinsèquement des services
écosystémiques, qui sont des bénéfices tirés
du fonctionnement des écosystèmes.
D'un autre côté, Habakaramo (2007) met en avant
l'importance des plantes pour la production de miel, une ressource qui
contribue à la sécurité alimentaire et économique
des ménages. Bien que cette étude se concentre sur un aspect
spécifique des services écosystémiques, les
résultats de notre enquête montrent une diversité de
services d'approvisionnement reconnus par les participants. Toutefois, la
perception de rareté croissante de ces services, signalée par 38
% des répondants, indique la nécessité d'une gestion
durable des ressources, ce qui rejoint l'idée de Habakaramo que les
ressources doivent être exploitées de manière
réfléchie pour éviter leur déclin.
En effet, Les résultats sur les services de
régulation, tels que la prévention de l'érosion et la
fertilité des sols, sont également significatifs. Comme l'indique
Schwartz (2017), les sols jouent un rôle fondamental dans le maintien des
écosystèmes et le soutien à la population humaine. Notre
étude révèle que les services de régulation sont
perçus comme essentiels, bien que certains, comme ceux liés
à la qualité de l'air et de l'eau, soient moins reconnus. Cela
souligne un besoin urgent de sensibilisation sur l'importance de ces services
pour la durabilité environnementale et la santé des
écosystèmes.
Néanmoins, l'analyse des résultats des tableaux
concernant la qualité des services écosystémiques, les
ressources disponibles et les menaces pesant sur la réserve de Nyamusisi
révèle des dynamiques complexes en lien avec la dépendance
des communautés à la nature, comme l'évoque Virginie Maris
(2014). La satisfaction générale de 66,7 % des répondants
concernant la qualité des services écosystémiques
reflète une appréciation positive de la réserve,
soulignant son rôle crucial dans le bien-être des ménages.
Cela rejoint les idées de Maris sur l'importance des services
écosystémiques pour le bien-être humain, en montrant que
ces services ne sont pas seulement perçus comme utilitaires, mais comme
essentiels à la qualité de vie.
En revanche, les résultats concernant les responsables
des menaces révèlent une dynamique intéressante. La
perception selon laquelle les ménages riverains sont les principaux
responsables (67 réponses) souligne la complexité des
interactions entre les communautés et leur environnement. Cela fait
écho à l'idée que les actions individuelles et collectives
ont un impact significatif sur la conservation des écosystèmes,
un point qui pourrait bénéficier d'une sensibilisation accrue et
de programmes d'éducation environnementale. Les acteurs locaux et les
responsables politiques, bien qu'identifiés comme ayant une
responsabilité moindre, jouent néanmoins un rôle crucial
dans la mise en oeuvre de pratiques durables.
En somme, ces résultats mettent en lumière
l'importance des services écosystémiques pour le bien-être
des communautés, tout en soulignant les défis liés
à leur gestion et à la protection de la biodiversité dans
la réserve de Nyamusisi. Ils invitent à une réflexion sur
la nécessité d'intégrer les connaissances scientifiques et
les pratiques locales dans une approche collaborative pour garantir la
durabilité de ces précieux écosystèmes.
III3. Discussion des résultats sur la
contribution des services écologiques fournis par la réserve de
Nyamusisi dans la sécurité alimentaire au sein des ménages
riverains à Idjwi
L'analyse des résultats met en lumière les
complexités et les interactions entre les services
écosystémiques et le bien-être humain. Ces résultats
s'inscrivent dans l'idée proposée par Virginie Maris (2014), qui
souligne que le bien-être humain dépend fondamentalement de la
nature et des services qu'elle offre. La majorité (73 %) des
ménages pouvant accéder à la réserve en moins de 25
minutes indique une opportunité favorable pour l'utilisation des
ressources naturelles. Cela reflète l'idée de Maris sur
l'importance des services écosystémiques, car un accès
facile à ces ressources peut renforcer la sécurité
alimentaire. Toutefois, les 11,33 % des ménages qui mettent plus d'une
heure pour y accéder soulignent des inégalités
potentielles dans l'accès aux ressources, ce qui pourrait affecter leur
sécurité alimentaire. Cela résonne avec les
préoccupations soulevées par Schwartz (2017) concernant la
nécessité d'une gestion durable, qui doit prendre en compte
l'accessibilité des ressources pour tous.
En effet, partant des bienfaits offerts par la réserve
de Nyamusisi, les résultats montrent que la fertilisation naturelle des
sols et l'ombre fournie par les arbres sont les bienfaits les plus reconnus,
représentant 40,67 % des réponses. Cela souligne le rôle
crucial des services écosystémiques dans l'amélioration de
l'agriculture durable. La pollinisation, mentionnée par 22,67 % des
répondants, est également essentielle pour la
sécurité alimentaire, car la biodiversité favorise les
rendements des cultures.Cependant, l'identification des ménages ayant
des champs dans la réserve (64,1 %) comme les plus
bénéficiaires souligne la forte dépendance de certains
groupes aux services écologiques. En revanche, seulement 2 % des
répondants estiment que tous les ménages
bénéficient des services de la réserve, ce qui indique des
disparités dans l'accès et l'utilisation des ressources. Cette
perception est cruciale pour les efforts de conservation, car elle met en
évidence la nécessité d'une approche plus inclusive pour
garantir que les bénéfices des services
écosystémiques soient partagés équitablement.
Entre-autres, Les défis rencontrés par les
ménages identifiés, tels que la dégradation de
l'environnement (36,67 %) et la surexploitation des ressources (32,67 %),
soulignent les pressions exercées sur les services
écosystémiques. Ces résultats sont en phase avec les
préoccupations soulevées par Habakaramo (2007), qui met en avant
l'impact des pratiques humaines sur les ressources naturelles. La
dégradation environnementale, souvent causée par des
activités non durables, compromet l'accès aux services
écologiques et, par conséquent, la sécurité
alimentaire des ménages. Le fait que 15,33 % des répondants
mentionnent un manque de sensibilisation sur les pratiques durables indique
qu'il y a un besoin pressant d'éducation et de sensibilisation pour
améliorer la gestion des ressources. De ce fait, le tableau 27 indique
que 61,33 % des ménages estiment que la réserve contribue
à leur sécurité alimentaire entre 51 % et 75 %. Cela
rejoint les travaux de Schwartz (2017) sur l'interdépendance entre les
écosystèmes et la subsistance humaine. La forte dépendance
à ces ressources souligne le besoin d'une gestion durable pour
éviter la surexploitation, un thème également
abordé par Maris, qui appelle à une prise de conscience des
limites des ressources naturelles.
D'une part, La diversification des cultures, adoptée
par 62,67 % des ménages, est une stratégie proactive qui renforce
la résilience alimentaire. Cela reflète les recommandations de
Schwartz sur l'importance de la diversification pour minimiser les risques.
L'intégration de plusieurs stratégies, comme l'achat sur le
marché et la production animale, montre une approche holistique qui est
essentielle pour la sécurité alimentaire, un concept que Maris
défend dans ses recherches sur les pratiques durables.
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