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Implication des services écosystémiques dans la sécurité alimentaire des ménages riverains de la réserve naturelle de Nyamusisi


par Ghislain BALUGE BAHASA
Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu - Licence LMD en planification régionale 2023
  

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INTRODUCTION GÉNÉRALE

1. Etat de la question

Depuis plusieurs décennies, la conservation et la promotion de la biodiversité sont des enjeux majeurs de la politique environnementale dans plusieurs pays du monde. Généralement, elles se concrétisent par la création des surfaces dédiées durablement à la fonction prioritaire de diversité écologique et de biologique en forêt. Pour ce qui concerne les réserves forestières dont les règles de protection prennent entre 25 et 50 ans, les communautés environnantes, en plus de bénéficier de leurs services écosystémiques, en assurent aussi les mesures d'entretien adéquates.

Dans le contexte de la République Démocratique du Congo, cette étude porte une attention particulière à la réserve de Nyamusisi afin de comprendre les implications de ses services écosystémiques dans la sécurité alimentaire des communautés environnantes. Pour ce faire, dans cette partie, elle documente la littérature existante sur la contribution des services écologiques des réserves forestières dans la sécurité alimentaire des communautés riveraines.

En 2014, une étude portant sur « Les limites des services écosystémiques » réalisée par Virginie Maris (2014) a soutenu l'idée selon laquelle, depuis toujours le bien-être humain dépend en partie de la nature et cette dépendance est mise en exergue à travers la notion des services écosystémiques. En effet, selon cette étude, les services écosystémiques sont des bénéfices que les êtres humains tirent du fonctionnement des écosystèmes. Par exemple, une forêt qui offre des plantes à vertu thérapeutiques aux communautés riveraines. Dans ce cas, l'étude défend une conception de valeurs de la nature plus dense et plus complexe que la vision strictement instrumentale inhérente à l'approche par services écosystémiques et montre dans quelle mesure une telle conception est plus satisfaisante à la fois d'une manière philosophique et du point de vue opérationnel(Maris, 2014).

En 2012, l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) a réalisé une étude portant sur « Le rôle des ressources biologiques dans la sécurité alimentaire ». Dans cette étude, l'IUCN met en lumière la contribution des écosystèmes forestiers à la sécurité alimentaire, notamment en soutenant les moyens de subsistance locaux. Elle précise que les forêts fournissent des ressources essentielles telles que les aliments, le bois, et des services écologiques vitaux comme la régulation climatique. Toutefois, leur dégradation menace directement la capacité des communautés rurales à maintenir leur sécurité alimentaire. Le rapport souligne également l'importance de politiques intégrées pour préserver ces écosystèmes et optimiser leurs bienfaits pour les populations locales (IUCN, 2012). L'étude réalisée en 2009 par Rural 21 sur « Services écosystémiques et gouvernance alimentaire » a montré que les services écosystémiques jouent un rôle crucial dans la production alimentaire et la résilience des ménages ruraux. En outre, cette étude montre que les lacunes dans la gouvernance des écosystèmes affectent négativement leur capacité à soutenir les systèmes alimentaires. Par exemple, une mauvaise gestion des ressources naturelles peut limiter l'accès à des aliments nutritifs pour les populations vulnérables. De ce fait, l'étude suggère des approches intégrées pour améliorer la synergie entre la conservation écologique et la sécurité alimentaire(Rural 21, 2009).Les résultats de l'étude de Locatelli et Imbach sur « Écosystèmes forestiers et résilience alimentaire » ont montré la relation entre les services fournis par les écosystèmes forestiers et la sécurité alimentaire des communautés riveraines. Ces résultats ont précisé que les forêts contribuent directement en fournissant des produits alimentaires et indirectement en régulant les ressources en eau et le climat. Cependant, l'exploitation non durable des terres et les changements climatiques compromettent ces services, affectant particulièrement les ménages pauvres. Les auteurs appellent à une gestion adaptative des forêts pour préserver leur rôle dans la sécurité alimentaire (Locatelli & Imbach, 2008). L'IUCN soutient que des politiques mal conçues peuvent aggraver la dégradation des écosystèmes, compromettant leur capacité à répondre aux besoins alimentaires. L'accent est mis sur des politiques qui intègrent la conservation des écosystèmes et les objectifs de sécurité alimentaire (IUCN, 2013).

En résumé, bien que ces études aient contribué à une meilleure compréhension des ressources naturelles et de leur importance pour les communautés locales, aucune d'entre elles n'a exploré comment les services écosystémiques fournis par la réserve prenant particulièrement le cas de la réserve de Nyamusisi. De ce fait, cette étude va plus se concentrer sur le lien entre les services écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi et la sécurité alimentaire des ménages environnants dans le territoire d'Idjwi.

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