INTRODUCTION
GÉNÉRALE
1. Etat de la question
Depuis plusieurs décennies, la conservation et la
promotion de la biodiversité sont des enjeux majeurs de la politique
environnementale dans plusieurs pays du monde. Généralement,
elles se concrétisent par la création des surfaces
dédiées durablement à la fonction prioritaire de
diversité écologique et de biologique en forêt. Pour ce qui
concerne les réserves forestières dont les règles de
protection prennent entre 25 et 50 ans, les communautés environnantes,
en plus de bénéficier de leurs services
écosystémiques, en assurent aussi les mesures d'entretien
adéquates.
Dans le contexte de la République Démocratique
du Congo, cette étude porte une attention particulière à
la réserve de Nyamusisi afin de comprendre les implications de ses
services écosystémiques dans la sécurité
alimentaire des communautés environnantes. Pour ce faire, dans cette
partie, elle documente la littérature existante sur la contribution des
services écologiques des réserves forestières dans la
sécurité alimentaire des communautés riveraines.
En 2014, une étude portant sur « Les limites
des services écosystémiques » réalisée
par Virginie Maris (2014) a soutenu l'idée selon laquelle, depuis
toujours le bien-être humain dépend en partie de la nature et
cette dépendance est mise en exergue à travers la notion des
services écosystémiques. En effet, selon cette étude, les
services écosystémiques sont des bénéfices que les
êtres humains tirent du fonctionnement des écosystèmes. Par
exemple, une forêt qui offre des plantes à vertu
thérapeutiques aux communautés riveraines. Dans ce cas,
l'étude défend une conception de valeurs de la nature plus dense
et plus complexe que la vision strictement instrumentale inhérente
à l'approche par services écosystémiques et montre dans
quelle mesure une telle conception est plus satisfaisante à la fois
d'une manière philosophique et du point de vue
opérationnel(Maris, 2014).
En 2012, l'Union Internationale pour la Conservation de la
Nature (IUCN) a réalisé une étude portant sur
« Le rôle des ressources biologiques dans la
sécurité alimentaire ». Dans cette étude, l'IUCN
met en lumière la contribution des écosystèmes forestiers
à la sécurité alimentaire, notamment en soutenant les
moyens de subsistance locaux. Elle précise que les forêts
fournissent des ressources essentielles telles que les aliments, le bois, et
des services écologiques vitaux comme la régulation climatique.
Toutefois, leur dégradation menace directement la capacité des
communautés rurales à maintenir leur sécurité
alimentaire. Le rapport souligne également l'importance de politiques
intégrées pour préserver ces écosystèmes et
optimiser leurs bienfaits pour les populations locales (IUCN, 2012).
L'étude réalisée en 2009 par Rural 21 sur
« Services écosystémiques et gouvernance
alimentaire » a montré que les services
écosystémiques jouent un rôle crucial dans la production
alimentaire et la résilience des ménages ruraux. En outre, cette
étude montre que les lacunes dans la gouvernance des
écosystèmes affectent négativement leur capacité
à soutenir les systèmes alimentaires. Par exemple, une mauvaise
gestion des ressources naturelles peut limiter l'accès à des
aliments nutritifs pour les populations vulnérables. De ce fait,
l'étude suggère des approches intégrées pour
améliorer la synergie entre la conservation écologique et la
sécurité alimentaire(Rural 21, 2009).Les résultats de
l'étude de Locatelli et Imbach sur « Écosystèmes
forestiers et résilience alimentaire » ont montré la
relation entre les services fournis par les écosystèmes
forestiers et la sécurité alimentaire des communautés
riveraines. Ces résultats ont précisé que les forêts
contribuent directement en fournissant des produits alimentaires et
indirectement en régulant les ressources en eau et le climat. Cependant,
l'exploitation non durable des terres et les changements climatiques
compromettent ces services, affectant particulièrement les
ménages pauvres. Les auteurs appellent à une gestion adaptative
des forêts pour préserver leur rôle dans la
sécurité alimentaire (Locatelli & Imbach, 2008). L'IUCN
soutient que des politiques mal conçues peuvent aggraver la
dégradation des écosystèmes, compromettant leur
capacité à répondre aux besoins alimentaires. L'accent est
mis sur des politiques qui intègrent la conservation des
écosystèmes et les objectifs de sécurité
alimentaire (IUCN, 2013).
En résumé, bien que ces études aient
contribué à une meilleure compréhension des ressources
naturelles et de leur importance pour les communautés locales, aucune
d'entre elles n'a exploré comment les services
écosystémiques fournis par la réserve prenant
particulièrement le cas de la réserve de Nyamusisi. De ce fait,
cette étude va plus se concentrer sur le lien entre les services
écosystémiques fournis par la réserve de Nyamusisi et la
sécurité alimentaire des ménages environnants dans le
territoire d'Idjwi.
|