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UFR SCIENCES DE L'HOMME ET DE LA SOCIETE
Département de Sociologie
MEMOIRE DE MASTER
Option : Sociologie du développement
rural
SUJET DE RECHERCHE
ETUDES DES CONTRAINTES SOCIO-ECONOMIQUES LIEES A
LA CERTIFICATION FONCIERE RURALE EN COTE D'IVOIRE DANS LA SOUS-PREFECTURE
D'AKOUPE :
cas du village de Bacon
Présenté par
M. AHOUTY Séka Cyrille Licencié en
Sociologie
Sous la direction scientifique de :
M. TOH Alain
Maître de Conférences au département de
Sociologie
Année universitaire :
2018-2019
ETUDES DES CONTRAINTES SOCIO-ECONOMIQUES LIEES A
LA CERTIFICATION FONCIERE RURALE EN COTE D'IVOIRE DANS LA SOUS-PREFECTURE
D'AKOUPE : cas du village de Bacon
M. AHOUTY SEKA CYRILLE Membre du
Laboratoire d'Etudes et de
Recherches Interdisciplinaires en
Sciences
Sociales (LERISS) Email :
ahoutysekacyrille@yahoo.fr
Année académique 2018-2019
I
SOMMAIRE
LISTE DES TABLEAUX, IMAGES ET GRAPHIQUES II
SIGLES ET ABREVIATIONS III
DEDICACE V
REMERCIEMENTS VI
INTRODUCTION 8
PREMIERE PARTIE:CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE DE
L'ETUDE 9
CHAPITRE I: CADRE THEORIQUE DE L'ETUDE 10
CHAPITRE II : CADRE METHODOLOGIQUE DE L'ETUDE
44
DEUXIEME PARTIE:LA DESCRIPTION PHYSIQUE, HUMAINE DE LA
SOUS-PREFECTURE D'AKOUPE ET PROCESSUS DE LA CERTIFICATION FONCIERE
EN COTE D'IVOIRE 61
CHAPITRE 1: LA PRESENTATION DE LA SOUS-PREFECTURE D'AKOUPE
62
CHAPITRE II : LA PRESENTATION DU VILLAGE DE BACON
69
CHAPITRE III : LA DESCRIPTION DU PROCESSUS DE LA CERTIFICATION
FONCIERE
ET LES DECRETS LIES A LA CERTIFICATION FONCIERE EN CÔTE
D'IVOIRE 73 TROISIEME PARTIE : LES CONTRAINTES SOCIO-ECONOMIQUES
LIEES A LA
CERTIFICATION FONCIERE RURALE A BACON.
88 CHAPITRE I : LES CARACTERISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES DES PAYSANS
DE
BACON 89 CHAPITRE II : PROCEDURE DE
CERTIFICATION FONCIERE ET CONTRAINTES
SOCIO-ÉCONOMIQUES 102
CHAPITRE III : LE FONCTIONNEMENT DU CVGFR DE BACON
107
CHAPITRE IV : LES ENJEUX LIÉS CERTIFICAT FONCIER
112
CONCLUSION GENERALE 115
BIBLIOGRAPHIE 117
ANNEXES 118
II
LISTE DES TABLEAUX, IMAGES ET GRAPHIQUES
Tableau 1: vérification de l'hypothèse 1 17
Tableau 2: vérification de l'hypothèse 2 18
Tableau 3 : Grille d'observation 49
Tableau 4 : taille de l'échantillon 53
Tableau 5: Nombre d'entretiens réalisés 55
Tableau 6: répartition des enquêtés selon
le sexe 89
Tableau 7 : répartition des paysans selon l'aire
culturelle 91
Tableau 8: répartition des enquêtés selon
le revenu mensuel 93
Tableau 9: répartition des enquêtés selon
les dépenses mensuelles 95
Tableau 10: répartitions des paysans selon les
superficies exploitées 96
Tableau 11: d'enfant à charge 100
Tableau 12: contraintes économiques dans le processus
de certification foncière 104
Tableau 13: acteurs qui freinent la demande du CF 105
Tableau 14: participation aux sensibilisations 107
Tableau 15: disponibilité des membres 108
Image 1: Sous-préfecture d'Akoupé 62
Image 2: Direction Départementale de l'Agriculture
d'Akoupé 63
Graphique 1 : répartition des paysans selon le niveau
98
Graphique 2: les différentes étapes de la CF
102
Graphique 3: problèmes rencontrés par le CVGFR
de Bacon 109
Graphique 4: les avantages liés au CF 112
Graphique 5: les inconvénients du CF 113
III
SIGLES ET ABREVIATIONS
|
AFOR
|
Agence Foncière Rurale
|
|
AGF
|
Agent Guichet Foncier
|
|
ANADER
|
Agence Nationale d'Appui au Développement Rural
|
|
BM
|
Banque Mondiale
|
|
C E
|
Commissaire enquêteur
|
|
CF
|
Certificat Foncier
|
|
CF
|
Certification Foncière
|
|
CGFR
|
Comité de Gestion Foncière Rurale
|
|
COMIFACI
|
Commission des Forêts de l'Afrique Centrale
|
|
CVGFR
|
Comité Villageois de Gestion Foncière Rurale
|
|
DDADR
|
Direction Départementale de l'Agriculture et du
Développement Rural
|
|
DFR
|
Domaine Foncier Rural
|
|
FAO
|
Food and Agriculture Organization (Organization pour
|
|
l'Alimentation et l'Agriculture)
|
|
HA
|
Hectare
|
|
IES
|
Institut d'Ethno-Sociologie
|
|
IITA
|
Institut International pour l'Agriculture Tropicale
|
|
INS
|
Institut National de la Statistique
|
|
LERISSH
|
Laboratoire d'Etudes et de Recherches Interdisciplinaires en
Sciences Sociales et Humaines
|
|
ONG
|
Organisation Non Gouvernementale
|
|
OTA
|
Opérateur Technique Agrée
|
|
PFR
|
Plan Foncier Rural
|
|
RGPH
|
Recensement Général de la Population et
d'Habitat
|
IV
UE
|
Union Européenne
|
|
UFHB
|
Université Félix Houphouët-Boigny
|
|
SIF
|
Système d'Informations Foncières
|
V
DEDICACE
A
Mon oncle AHOUTY Simplice et son épouse ANE Jeannette!
VI
REMERCIEMENTS
Le présent travail de recherche est le fruit des
efforts, de soutiens et d'encadrements combinés de plusieurs personnes
que nous tenons à remercier.
De façon très spéciale, nous voudrons
remercier notre Directeur de mémoire M. TOH Alain, Maître de
Conférences à l'Université Félix
Houphouët-Boigny de Cocody-Abidjan, Chef du département de
Sociologie, qui malgré ses nombreuses occupations, a accepté la
direction scientifique de ce travail. Sa grande disponibilité, ses
conseils, ses observations et ses contributions constructives nous ont permis
d'aboutir à la rédaction de ce travail.
Cher maître, nous vous sommes reconnaissant et voudrions
ici vous faire part de nos remerciements les plus distingués.
Nous adressons nos remerciements au Professeur BAHA Bi Youzan,
Doyen de l'UFR des Sciences de l'Homme et de la Société (SHS)
à l'Université Félix Houphouët-Boigny, pour nous
avoir motiver à la recherche scientifique.
A Docteur KOUAKOU Aya Larissa, Docteur LAVRY Suzanne, Docteur
TARROUTH Honnéo Gabin nous adressons notre profonde gratitude pour votre
disponibilité et votre compréhension à notre égard
tout au long de ce travail. Merci de nous avoir soutenu et conseillé
pour l'aboutissement de ce travail.
Au Doctorants NIKEBIE Kouassi Clair Stéphane et TANO
Adou Joseph, nous voudrons témoigner de toute notre gratitude. Jour et
nuit, vous avez supporté nos appels et avez répondu toujours
présent pour nous orienter, nous conseiller. Merci pour votre
contribution qui a énormément contribué à
l'aboutissement de ce travail. Merci pour votre soutien à
l'élaboration de ce mémoire.
Aux autres membres de l'équipe du LERISSH,
particulièrement au Doctorant du département de sociologie
à l'Université de Cocody-Abidjan, nous voudrions dire
VII
notre profonde reconnaissance pour les différentes
formations et orientations qui ont rendu possible la réalisation de ce
travail.
Ensuite, nous remercions les autorités administratives
et les autorités coutumières de Bacon pour leur accueil durant
nos séjours de recherche passés dans la Sous-préfecture
d'Akoupé et dans le village de Bacon.
Enfin, nos remerciements vont également à
l'endroit de toute notre famille et connaissances, en particulier notre oncle
AHOUTY Simplice et son épouse ANE Jeanette, notre mère ABEKAN
Apie Justine, notre père AHOUTY François, nos tantes AHOUTY
Eulalie, AHOUTY Valérie, à notre soeur AKOUPO Cesarine, nos
connaissances AGUIA Emmanuelle, SEY Ballet, à Monsieur SEY Bi et SAHOUIN
Edmond et sa fiancée, aussi à YABLE Stéphanie et OKON
Adeline pour leurs prières et leur indéfectible soutien moral,
matériel et financier.
Nous voudrions exprimer notre profonde reconnaissance à
toute personne ayant contribué de près ou de loin à
l'aboutissement du présent travail
8
INTRODUCTION
Le secteur primaire contribue à près d'un quart
du PIB et emploie plus des 2/3 de la population active du pays. La terre
constitue donc un capital important pour assurer l'investissement et le
développement des activités socio-économiques
(Kouamé, 2006).
Pour le développement économique et la
préservation de la paix sociale, le pays s'est doté d'une loi
n°98- 750 du 23 décembre 1998 dans le domaine foncier rural telle
que modifiée par la loi n° 2004 -412 du 14 aout 2004. Par ailleurs,
pour appuyer cette législation, divers autres textes et des dispositions
ont été prises. Au titre de la loi n° 98- 750 du 23
décembre 1998 dans le domaine foncier rural, on peut citer l'article 12
de la Constitution de 2016 qui pose les conditions d'accès à la
terre. La loi d'orientation agricole (LOACI) et la déclaration de
politique foncière. Si la loi sur le foncier rural apparait comme un
tournant pour le droit foncier rural, force est cependant de constater que plus
de 15 ans après l'adoption et l'entrée en vigueur de ce texte,
plus 98% des terres n'ont pas encore été certifiées; ce
qui témoigne des difficultés d'application de la loi
(Kouamé, idem).
Aussi pour relever le défi de la faible application de
la loi relative au domaine foncier, l'Etat ivoirien a signé un
partenariat avec l'UE et la Banque Mondiale en vue d'amener les paysans
à la certification foncière.
Pour comprendre la certification foncière à
Bacon nous avons structuré ce travail en trois grandes parties
organisées en chapitre:
· La premiere partie porte sur le cadre théorique et
méthodologique de l'étude
· La deuxième partie se rapporte à la
présentation de la zone d'étude
· Enfin, la derniere partie concerne la présentation
des résultat

METHODOLOGIQUE DE L'UD
CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE DE L'ETUDE
PREMIERE PARTIE:
9
10
CHAPITRE I: CADRE THEORIQUE DE L'ETUDE
Le cadre théorique est un stade où l'on
apprécie généralement la culture du chercheur,
l'étendue et l'actualité de ses connaissances dans sa
spécialité, ainsi que sa capacité à les appliquer
pour l'explicitation, l'élaboration, en un mot, pour la
théorisation de son sujet. Cette partie du mémoire
généralement par la présentation des motivations qui ont
milité en faveur du choix du sujet d'étude, une étape
importante dans la construction de l'objet de la recherche (N'da,
2002).
Rappelons que le cadre théorique passe par la
justification du choix de sujet de recherche, sur la problématique, les
hypothèses, et les objectifs de l'étude, sans oublier la revue de
la littérature, la phase de la conceptualisation et le champ de
référence théorique.
I- JUSTIFICATION DU CHOIX DU SUJET DE RECHERCHE
I-1- motivations d'ordre personnel
Notre motivation pour le choix de ce sujet trouve son origine
dans notre visite à Bacon lors d'un séjour amical dans ce village
en 2017. En effet, durant notre séjour, nous avons été
dans l'obligation de nous interposer dans un conflit opposant notre tuteur
à un membre du village. Il était question d'un conflit foncier
dans lequel, les deux antagonistes se réclamaient propriétaire
d'une parcelle dont avait
exploité notre tuteur. Dans les faits, cette parcelle
avait déjà fait l'objet de plusieurs conflits à l'issue
desquels notre tuteur avait été déclaré
propriétaire par les anciens du village. Cependant, celui-ci ne dispose
d'aucun document légal pouvant le mettre à l'abri d'une
éventuelle contestation de droit de propriété. Cette
situation beaucoup récurrente dans le village ou il y a eu des
sensibilisations au sujet de la CF et l'instauration d'un comité CVGFR
en vue de rapprocher les paysans des législateurs dans le cadre de la
sécurisation foncière moderne. Mais jusqu'à
présent,
11
les populations tardent à adhérer à la
CF. seulement 9,5% de demande ont été effectué.
C'est donc cette situation qui nous a amené au choix
de notre présent sujet de recherche.
I-2- motivations d'ordre social
En Afrique la question de sécurisation foncière
est un phénomène qui traverse toutes les couches sociales. En
Côte d'Ivoire, la nécessité de sécuriser les terres
est née des conflits fonciers récurrents qui ont
été à l'origine de plusieurs décès et
litiges entre les peuples (DFR,2014).
Aujourd'hui encore, les conflits fonciers sévissent
encore et certaines populations sont contraintes au déplacement
involontaire. Ainsi, il est demandé aux ivoiriens et non-ivoiriens de
formuler des demandes de CF, qui marque un premier pas de la transformation des
droits coutumiers vers le droit moderne (Dagrou, 2007). La formalisation des
droits fonciers traditionnels sur les terres agricoles est censée
favoriser la paix sociale en réduisant les inégalités
sociales et permettre une hausse de l'investissement et de la
productivité agricole (Koné, 2006).
Cependant, face à ces exigences politiques, persistent
la sécurisation coutumière des droits traditionnels (Kalieu,
2010). Un nombre dominant d'agriculteurs s'oppose à la formalisation des
droits fonciers traditionnels. Autrement, la quasi-totalité des terres
ivoiriennes n'est pas immatriculée. Selon le rapport de MINADER/ DFR
(2018), seulement 4130 ha de terres ont été immatriculées
sur plus de 30.000.000 ha.
En réalité, les terres rurales continuent
d'être régulée et gérée selon les
systèmes coutumiers (colin et al, 2011). Pourtant, la coutume
s'est révélée inapte à
12
régulariser les tensions foncières nouvelles.
Ceci constitue les raisons d'ordre social qui ont militées au choix de
ce sujet.
I-3- Motivations d'ordre scientifique
Au plan scientifique, il faut souligner qu'en Afrique,
particulièrement en Côte d'Ivoire, plusieurs études sur la
certification foncière ont montré les contraintes
socio-économiques des populations. On peut dès lors se
référer à Chauveau (2003), Burnod al (2010) ,
Boué (2013) et Tano (2016) qui ébauchent certains aspects de la
faible demande des certificats fonciers.
Toh et al (2008) ont mis particulièrement
l'accent sur l'identification des risques sociaux liés aux
modalités de mise en oeuvre de la loi n° 98-750 du
23décembre 1998 sur le domaine foncier rural.
Dans le cadre des travaux de Tano (2016) on enregistre un
certain nombre de contraintes socio-économiques lié à la
certification foncière dans l'Est de la Côte d'Ivoire; l'existence
d'une longue procédure et les coûts élevés des
certifications et surtout le poids de la culture sur le processus de mise en
place de la loi foncière de 1998.
Par ailleurs, Boué (2013) s'intéresse ainsi
à la certification foncière rurale dans la localité de
Madagascar. En effet, en mobilisant une approche économique et en
intégrant les sensibilités anthropologues à travers
l'abduction, elle fait ressortir les motivations chez les ménages
à faire des demandes de certificats fonciers dans les guichets. Ces
résultats mitigés constituent l'intérêt scientifique
de cette étude.
13
II-PROBLEMATIQUE
La question de sécurisation foncière rurale est
au centre des politiques de développement en Afrique. Elle est
dominée ces dernières années par la formalisation des
droits fonciers coutumiers observées partout dans tous les pays africain
(BM, 2006).
Cette politique de sécurisation des droits fonciers
coutumiers passe par l'identification des procédures de la demande des
certificats fonciers individuels et collectifs. Ainsi cette politique apparait
comme un élément central pour les Etats Africains dans la mesure
où elle permet de rendre formel ces droits ( koné et
Chauveau,2009 ; Kouamé, 2010).
Dans certains pays africains notamment en Côte
d'Ivoire, la sécurisation foncière prend en compte
différentes formes d'acquisition de terre (le droit foncier coutumier et
le droit moderne) (FAO, 2011 ;BM,2014).
Les contraintes d'ordre social marquées par les
conflits fonciers, par le fonctionnement des structures de gestion
foncière décentralisée et les contraintes
économiques autour des procédures / des étapes et au sein
des comités ont abouti à l'adoption d'un budget pour amener la
population à demander des certificats fonciers. (Boué, 2005 ;
Kouamé et al, 2017 ; Cotula,2012).
Ces contraintes d'ordre social telles que les conflits
fonciers, la lourdeur et la complexité du CF ainsi que les contraintes
économiques (le faible niveau de revenu des populations, la
cherté du CF) ont freiné la demande dans toute les
régions. Sur le territoire ivoirien nous enregistrons seulement environs
6% de CF demandés ( DFR, 2017).
En 2012, un séminaire gouvernemental a en outre
relevé le fait que la question du foncier est mal connue du public
ivoirien et du public paysan en particulier. Le
14
domaine du foncier rural est également
désorganisé et mal administré. Les points majeurs suivants
ont été évoqués : méconnaissance de la loi
sur le foncier rural ; occupations massives et parfois violentes des
plantations et des terres rurales par des populations étrangères
et /ou nationales ; mise en place incomplète des organes de gestion
foncière rurale ; insuffisance de moyens ( Dagrou et al, 2015).
Pour améliorer cette situation
d'insécurité foncière l'Etat ivoirien a pris un
décret : n° 2016-590 du 03 Août 2016 portant la
création, attributions, organisations et fonctionnement de l'Agence
Foncière Rurale (AFOR) pour veiller sur le fonctionnement des structures
de la gestion foncière afin d'avoir un grand nombre de demande du CF
(DFR, op.cit.).
Dès sa création, l'AFOR mene des études
dans plusieurs régions (Daloa, Abengrou, Duékoué, Bonoua,
Agboville...). Elle a mené des actions de sensibilisations à
travers des conférences et les formations des membres des comités
de gestion foncière. Le but de ces actions était de mener la
population à la formalisation des droits fonciers coutumiers en adoptant
la certification foncière (AFOR, 2017) .
En avril 2017, dans le Département d'Akoupé,
des sensibilisations et conferences ont été effectuée dans
les différentes Sous- préfecture, Plus de 1000 acteurs
sensibilisés sur les droits fonciers coutumiers. L'objectif de cette
sensibilisation était organisé autour d'échanges sur des
questions foncières. Cette campagne a été marquée
par des présentations, des séances de questions-réponses
et parla distribution d'affiches et de dépliants sur le code foncier
pour que les populations d'Akoupé prennent connaissance de la
sécurisation foncière. Aussi, plusieurs séances de
formations et conférences ont été faites par les acteurs
du comité de gestion foncière et les autorités
coutumières. Le but de cette formation est d'amener les
différents acteurs du comité à aider les populations dans
la demande du certificat foncier (REDD+, 2017).
15
Le village de Bacon lui, présente des
particularités intéressantes pour la compréhension du fait
auquel nous nous intéressons : à la question de la demande du
certificat foncier rurale par les paysans. Bacon est une zone forestiere
précocement a été intégrée dans
l'économie de plantation villageoise et qui fait face à un cycle
de renouvellement de ses structures de production dans la
sous-préfecture d'Akoupé. Le village est doté d'un outil
de gestion foncière (CVGFR) qui permet aux paysans d'aller à la
certification foncière. Aussi, en 2018, une sensibilisation menée
par le comité de gestion foncière dans le village de Bacon a vu
la participation de nombreux acteurs impliqués dans le processus du CF
tels que le sous-préfet, le Directeur de l'agriculture, les
autorités coutumières et la population. Le but de cette
sensibilisation était d'expliquer et faire comprendre aux populations de
Bacon les avantages du certificat foncier dans sa dimension sociale et
économique.
Cependant, après plusieurs séances de
sensibilisations, de conférence et de formations des agents des
comités de gestion foncière rurale à Bacon, on constate
une faible demande des CF par les paysans. Dans le Département
d'Akoupé, l' on enregistre 45 CF dont 6 CF dans le village de Bacon (
enquête exploratoire,2019). Quels sont les contraintes
socio-économiques liées à la faible demande de certificats
fonciers chez les paysans de Bacon ?
La faible demande des CF s'explique- t- elle par la
complexité de la procédure de la certification foncière
?
Les contraintes liées au fonctionnement du CVGFR de
Bacon justifie-t-elle la faible demande des certificats fonciers ?
16
III- HYPOTHESES DE RECHERCHE ET CADRE DE VERIFICATION
III-1 -HYPOTHESE DE L'ETUDE
H-1 : la faible demande du certificat foncier chez les
paysans de Bacon s'explique par la complexité de la procédure de
la certification foncière.
H-2 : Les contraintes liées au fonctionnement du CVGFR
de Bacon justifie la faible demande du CF.
III-2- VERIFICATION DES HYPOTHESES
III-2.1 hypothèse 1
La faible demande des certificats fonciers dépend de la
procédure de la certification foncière.
· Variable dépendante La faible demande des CF
· Variable indépendante La complexité
procédure de la CF
17
Tableau 1: vérification de l'hypothèse
1
VARIABLES
|
DIMENSION
|
INDICATEUR
|
La faible demande
des certificats fonciers
|
Socio-culturelle
|
-Recours aux normes traditionnelles de sécurisation
foncière
-constance de l'héritage come mode de sécurisation
de la terre entre autochtones ;
- la perception sociale du CF
|
|
Economique
|
-Le coût élevé des acteurs
intervenants dans la demande du CF
-Le coût élevé des
structures intervenantes dans la demande
|
La complexité
procédure de la certification foncière
|
Structurelle
|
-Les longues étapes de la
certification foncière
-Pluralité des instances intervenantes dans la
demande
- le guichet unique
|
|
- le coût des géomètres
- le coût des agents de l'agriculture - le coût du
Sous-Préfet
|
|
-Indisponibilité des acteurs
intervenant dans la procédure
-Pluralités des acteurs dans la validation du CF
|
|
18
III-2-2 hypothèse 2
La faible demande du CF des paysans de Bacon s'explique par
les contraintes liées au fonctionnement du CVGFR
· Variable dépendante
La faible demande du CF des paysans de Bacon
· Variable indépendante
Les contraintes liées au fonctionnement du CVGFR
Tableau 2: vérification de l'hypothèse 2
|
Variables
|
Dimensions
|
Indicateurs
|
|
Les contraintes liées
fonctionnement du CVGFR
|
Statistique
|
Nombre de sensibilisation faite par le comité
Nombre de formation des membres du comité
|
|
Socio-structurelle
|
-Indisponibilité des membres du
comité CVGFR
-insuffisance d'équipements du comité CVGFR
-les différents membres du comité CVGFR
|
|
Economique
|
-Les ressources économiques du
comité CVGFR
-Le coût du CVGFR dans la demande du CF
|
19
IV- OBJECTIFS D'ETUDE
IV-1. Objectif général
L'étude vise à analyser les contraintes
socio-économiques liées à la certification foncière
rurale dans le village de Bacon.
IV-2. Objectifs spécifiques
· Identifier les caractéristiques
sociodémographiques des paysans ;
· Décrire la procédure de la certification
foncière et les contraintes observées à chaque
étape ;
· Identifier les contraintes liées au
fonctionnement du CVGFR de Bacon ;
· Énumérer les avantages et les
inconvénients du certificat foncier ;
V-REVUE DE LA LITTERATURE
« La construction d'une revue de
littérature part de la question de recherche qu'on s'est donnée.
C'est pour cette raison d'ailleurs que cette question de recherche doit
être clairement formulée - cette question de recherche doit faire
l'objet d'un examen précis de ses différentes composantes.
Supposons que l'étude suivante doit être réalisée
» (Assie, 2011, p.23). La revue de la
littérature porte sur les thèmes suivants : le processus de la
certification foncière ; les couts du certificat foncier ; la perception
de la propriété foncière des paysans .
20
V-1- Le processus de la certification foncière
V-1-1- Au niveau institutionnel national
L'étude sur le processus d'acquisition des terres
à Madagascar par Teyssier (2007) sur la décentralisation des
guichets communaux de gestion foncière sur tout le territoire malgache.
Dans cette étude, il montre les différentes instances
intervenantes dans la procédure de la CF à Madagascar. Il affirme
que la procédure d'immatriculation étant complexe vingt-quatre
étapes et une durée moyenne de six ans, l'administration n'a
délivré, en 110 ans, que 400 000 titres, dans un pays qui compte
environ 5 millions de terrains agricoles et urbains. Le délabrement des
services en charge de la conservation foncière se conjugue à la
détérioration des archives. La procédure d'immatriculation
est inaccessible pour la plupart des demandeurs ; l'usager est rarement
assuré de son plein droit, d'autant que les régulations
coutumières sont en recul et que les menaces de spoliation s'accroissent
; l'investissement devient risqué ; les tribunaux sont engorgés
par le contentieux foncier ; la méconnaissance de l'occupation des
terrains freine l'établissement d'une fiscalité foncière
nécessaire au développement des collectivités locales.
La ruine des bureaux de la conservation foncière et
des services de la topographie a accéléré la
détérioration des plans et des dossiers fonciers et
empêché leur mise à jour. Elle ne permet pas de positionner
les anciens titres fonciers pour informer les communes de leur terrain de
compétence.
Kouamé (2008) met en oeuvre les différentes
contraintes sociales, économiques et politiques de la procédure
de sécurisation foncière rurale et de délimitation des
territoires villageois. Pour lui : Certaines des dispositions de la loi qui
régit la gestion du domaine foncier en Côte d'Ivoire depuis 1998,
n'épousent pas son
21
esprit. D'autres dispositions légales se contredisent
et entrent en conflit dans l'application effective de la loi relative au
domaine foncier rural. Les ressources du Ministère en charge de
l'Agriculture, cheville ouvrière du dispositif institutionnel, en moyens
humains, matériels et financiers, sont en inadéquation avec les
activités qu'implique la mise en oeuvre de la loi relative au foncier
rural. Et L'outil informatique de la gestion des données
foncières qui est le SIF n'est pas déployé dans toutes les
directions déconcentrées du Ministère de l'Agriculture.
Rocheguide (2010) fait apparaitre dans son oeuvre la
procédure locale permettant aux différents outils de gestion
foncière de malgache, les conditions réunies (ce qui
relève de l'avis de la commission en fonction des conditions du moment
et du lieu). Cet auteur affirme que plusieurs difficultés freinent
l'accès aux services fonciers : la corruption de certains membres de la
gestion foncière à Madagascar ; et aussi plusieurs acteurs
rendent compte de l'immatriculation des terres dont freine la demande du
certificat foncier à Malgache.
Nous pouvons dire que les auteurs tels que Teyssier,
Kouamé et Rocheguide ont montré la procédure de la
certification foncière et les contraintes institutionnelles.
Dans le cadre de notre étude, nous optons
l'étude de Kouamé, qui s'inscrit dans les différentes
structures nationales intervenantes dans la procédure de l'obtention du
CF. En effet, les contraintes mentionnées par l'auteur, nous pouvons se
référer aux différentes contraintes de notre zone
d'étude.
V-1-2- Au niveau institutionnel local
A ce niveau, Chauveau (2000) met en oeuvre la question de
sécurisation foncière en Côte d'Ivoire et la
procédure d'acquisition du certificat foncier. Au cours de
l'étude de Chauveau, il affirme que : « La procédure
régissant la reconnaissance
22
des droits coutumiers et leur transformation en droits de
propriété transférables est très contraignante
». Ainsi, il montre que certains villages ne disposent pas de
comité villageois de gestion foncière rurale ; et pour ceux qui
disposent de CVGFR rencontrent de nombreuses difficultés dans leur
fonctionnement. Aussi Chauveau (idem) affirme que « l'exclusion
des non-Ivoiriens de la propriété risque alors de dériver
vers la non-reconnaissance de leurs droits d'exploitation par les
héritiers de leurs tuteurs. De plus, la reconnaissance des « droits
coutumiers conformes aux traditions » affichée dans la loi est
largement interprétée comme la consécration des droits
issus de l'autochtonie ». Les procédures de formalisation de
transaction étant également lourdes et chères, les titres
ne sont plus mis à jour et au fur et à mesure des ventes et des
héritages, ils ne correspondent plus aux occupations réelles des
terrains et les usagers reviennent aux « petits papiers » pour
formaliser les mutations entre eux.
L'étude d'André Teyssier (2010), permet de voir
comment la pénétration de l'économie marchande,
l'extension des villes affaiblisse des instances et des formes de
régulation coutumière et la marchandisation progressive de la
terre qui provoquent un besoin croissant de sécurisation des droits
fonciers par l'écrit. Dans cette étude André (idem)
affirme que « la procédure d'immatriculation étant complexe
de vingt-quatre étapes et une durée de six ans. Aussi, le
délabrement local des services en charge de la conservation
foncière se conjugue à la détérioration des
archives ».
Ensuite, il montre la faillite du système des agents
fonciers communaux: la procédure d'immatriculation est inaccessible pour
la plus part des demandeurs, les usagers sont rarement assurés de son
plein droit, les régulations coutumières sont en recules, les
menaces de spoliation s'accroissent, la méconnaissance de l'occupation
des terrains freinent l'établissement d'une fiscalité
foncière au
23
développement des collectivités locales. En
plus, il affirme que plusieurs contraintes sont de différentes natures,
elles sont d'abord techniques et opérationnelle: la ruine des bureaux de
conservation foncière et des services de la topographie à
accélérer la détérioration des plans et des
dossiers fonciers empêchent leurs mise à jour du fonctionnement
des guichets.
Boué (2015), fait une étude à
Madagascar, visant à faire du foncier un levier de développement
grâce à la sécurisation de la diversité des droits,
une gestion foncière concertée et à la conciliation des
besoins actuels et futur en terre.
Comme résultat de l'étude, les
propriétaires privés sur les terrains titrés ne sont plus
sécurisés lorsque les archives sont
détériorées ou manquantes. Cela découle notamment
de rareté de l'enregistrement des mutations (procédure complexe
d'enregistrement, difficulté à prouver les liens de
parenté).
Ensuite, elle affirme aussi que l'accès aux
informations demeure difficile tant pour les acteurs privés que publics.
L'opacité des procédures et la persistance des corruptions
découragent les usagers, freinent la sécurisation. Aussi, les
dispositifs de contrôle et de sanction des agents en charges du foncier
sont insuffisants.
Ces différentes études de ces auteurs nous ont
permis de cerner les différents problèmes liés aux
différentes étapes de l'acquisition du certificat fonciers
surtout les problèmes qui freinent la demande du CF au niveau
administratif et local.
Bien que ses études nous ont permis de connaitre
quelques contraintes qui freinent le certificat foncier dans les
différentes institutions, mais quelques limites sont
présentées dans ces études. Telles que ces auteurs ont
abordé les étapes et montré les contraintes qui freinent
la demande du CF. ils n'ont pas abordé les contraintes politiques.
24
Dans le cadre de notre étude, nous optons la conception
de Boué sur la démarche ou les stratégies que les
structures de gestions foncières de Madagascar ont mis en place dans les
communaux . Cette stratégie de Boué nous permet de montrer les
différentes structures qui interagissent l'obtention du CF dans la
Sous-préfecture d'Akoupé et précisément dans notre
zone d'étude.
V-1-3 Les coûts de l'obtention du certificat
foncier
En août 2014, une étude menée par TOH
avec l'appui du PARFACI. Dans le but d'offrir notamment aux détenteurs
de droits fonciers ruraux coutumiers la possibilité de devenir
propriétaire des terres rurales. Comme résultat, un autre aspect
de l'efficience de la procédure concerne les coûts qu'elle
génère : le dossier d'instruction (liasse foncière) donne
lieu à un paiement de 10 000 FCFA, mais le demandeur doit aussi
supporter le coût du déplacement à Abidjan pour aller le
retirer. Dans quelques cas, il arrive que certaines DDA aillent chercher la
liasse à Abidjan pour le compte du demandeur, au coût additionnel
de 5 000 FCFA. Les agents des DDA demandent généralement 200 000
FCFA (minimum : 150 000 F ; maximum : 400 000 F) pour instruire le dossier,
procéder aux enquêtes de terrain et participer aux diverses
réunions. Les réunions du Comité villageois de gestion du
foncier rural puis du Comité sous-préfectoral de gestion du
foncier rural suppose d'organiser l'accueil ainsi que la restauration des
participants et de les indemniser pour leur transport. Pour les réunions
des CVGFR, le coût est assez modéré : 5 000 à 15 000
FCFA par réunion. Mais selon les départements, le
déroulement complet d'une procédure de certification
nécessite entre 3 et 6 réunions du comité villageois.
Pour la réunion du Comité
sous-préfectoral, le coût est souvent beaucoup plus
élevé. En effet, Parmi les 10 départements pour lesquels
ont obtenu une réponse à
25
la question concernant ce coût, 3 départements
sont entre 25 000 et 50 000 FCFA ; 3 autres sont entre 105 000 et 150 000 FCFA
; un département est à 200 000 FCFA (15 000 FCFA pour chacun des
12 membres et 20 000 FCFA pour le repas) et les 3 derniers sont à 205
000 FCFA (50 000 FCFA pour le préfet). Frais de publication officielle :
Bien que le décret n°99-594 précise que la publication doit
être faite par le préfet du département. On a recueilli
plusieurs témoignages indiquant que le bénéficiaire a
dû payer 40 000 FCFA pour une publication au Journal Officielle de la
République de Côte d'Ivoire ou 15 000 FCFA pour une publication
dans le Journal Fraternité Matin.
En 2017 le DFR, une politique foncière rurale est
d'assurer la sécurisation foncière rurale, en vue de la
réduction de la pauvreté en milieu rural, du renforcement de la
cohésion sociale et de la gestion durable des ressources naturelles. Ce
qui ressort du terrain : elle affirme que La multiplicité des
intervenants dans la sécurisation du domaine foncier rural, la lourdeur
et la complexité des procédures rendent prohibitifs les
coûts d'établissement des certificats fonciers. A cela s'ajoutent
des frais liés à la prise en charge du déplacement des
équipes chargées de réaliser les opérations de
sécurisation foncière. Il faut noter également l'absence
d'un barème officiel rendant imprévisible le coût des
opérations de sécurisation.
Aussi, elle affirme que le coût de la certification
foncière dépend des localités ou zone pour certaines
localité le coût peut valoir environ 1million de FCFA, d'autres
zones peuvent coûter à 800000 FCFA.
Une étude est menée par Volken stamm et Robert
schneider (2006), dans le cadre du plan foncier rural (PFR), ces auteurs ont
abordé les différents modes d'accès à la terre des
populations ivoiriennes et la sécurisation foncière.
26
Les résultats de cette étude sont : les
coûts de l'opération se sont élevés à 4.100
FCFA/ha environ (période du 01. 01. Au 31. 12. 1995). Ce montant inclut
toutes les catégories de coûts à l'exception de
l'assistance technique. Le coût total s'élève ainsi
à moins de 5% des coûts d'enregistrement au cadastre selon la
méthode classique, qui s'élèvent à environ 100.000
FCFA/ha en Côte d'Ivoire.
Nous pouvons montrer que les étude menées par
ces auteurs sur les coûts de l'obtention du CF sont très
restreintes dans la mesure où ils n'ont pas spécifié les
différents coûts que le demandeur paie pour avoir le certificat
foncier dans une région. Pour cela dans mon étude nous attardons
sur les différents coûts que le demandeur dépense pour
l'obtention du CF dans la zone d'étude.
Boué (2013) fait une analyse les déterminants
de la certification foncière par les ménages malgaches.
L'objectif de cette étude est d'analyser des stratégies de
sécurisation foncière des acteurs ruraux ; elle affirme que :
« les entretiens ont montré que les individus en âge de
transmettre la terre peuvent ne pas vouloir certifier, pensant que cela va
compliquer la procédure de transmission si ce sont ceux qui certifient
».
Ainsi, elle montre que la contrainte potentielle à la
procédure de certification est le coût. Les risques de
contestations des droits fonciers sont au coeur des motivations de la demande
du certificat. La non-participation au programme de certification peut
s'expliquer par l'absence de demande du fait d'une méconnaissance de la
procédure mais aussi par une situation d'indivision qui rend difficile
une décision collective, ou encore par des contraintes
financières pesant sur le ménage.
Goauli (2010) met en oeuvre une étude concernant, une
meilleure compréhension des manifestations locales et extérieure
des conflits fonciers. Partant de cette étude, il affirme que : «
les conflits fonciers qui minent les zones Ouest sont liés aux
27
différentes raisons : les paysans n'arrivent pas
à faire la demande du certificat foncier pour sécuriser leurs
terres dans la mesure ou ses paysans non pas les moyens financiers pour suivre
les différentes étapes de la procédure de la CF. Et cela
les amène à céder leur terre aux migrants via la
monétarisation ». Il montre que plusieurs acteurs et structures
inclus dans le processus de la certification foncier tels que nombre de
géomètres et nombre d'enquêtés dans l'acquisition du
CF est très coûteux pour les demandeurs.
Aussi, il affirme que l'autochtone Guéré,
tuteur, propriétaire terrien en visant ces relations de tutorat avaient
des objectifs très précis permettre à leurs frères
de bénéficier du droit à la subsistance et
s'intégrer ou de se socialiser pour une reproduction et un
développement socio-économique durable de sa communauté en
leur cédant des terres accompagnées.
DFR (2017) met en oeuvre les politiques foncières
rurales qui assurent la sécurisation foncière rurale, afin de
réduire la pauvreté en milieu rural, du renforcement de la
cohésion sociale et de la gestion durable des ressources naturelles.
Dans sa déclaration le DFR (idem) affirme que le nombre de
demandes exprimées à ce jour témoigne du faible niveau
d'adhésion des acteurs du monde rural à la mise en oeuvre de la
loi relative au domaine foncier rural. En effet à la date du 30
septembre 2016, on note seulement 13663 demandes pour tout le territoire
national.
Cette situation s'explique par la méconnaissance du
contenu de la loi et de ses textes d'application. De même les actions de
sensibilisation de proximité sont quasi inexistantes. Il en
résulte aussi la non perception de l'intérêt du certificat
foncier.
Enfin, l'interprétation tendancieuse, voire
l'instrumentalisation de coutume et de la propriété
coutumière. Les entraves socio-anthropologiques font
référence aux
28
éléments culturels, notamment les conceptions
sociales relatives à la loi 98 et de ses textes d'application, ne
favorisent pas l'adhésion des populations au processus de
sécurisation. Aussi la DFR montre que la multiplicité des
intervenants dans la sécurisation du domaine foncier rural, la lourdeur
et la complexité des procédures rendent prohibitifs les
coûts d'établissement des certificats fonciers. En outre, elle
affirme que la population à la crainte d'avoir payé l'impôt
foncier entraine des réticences au niveau des populations à
formuler des demandes de certificats fonciers et aussi les procédures en
matière foncière constituent l'essentiel du contentieux de la
plupart des juridictions alors que celles-ci ne disposent pas toujours d'un
effectif suffisant pour examiner toutes les demandes dans des délais
raisonnables.
La Commission des Forets de l'Afrique Centrale (COMIFAC,
2017) clarifie les informations sur les coûts de la certification et
souligner les bénéfices apportés. Comme résultat
cette institution affirme qu'une représentation non négligeable
dans les forêts naturelles tropicales (plus de 16,5 millions ha en 2014),
le coût d'obtention du certificat en zone tropicale est peu
documenté comparativement aux zones tempérées.
L'investissement total doit être appréhendé sur le long
terme, et peut ainsi être divisé en coûts directs et
coûts indirects. Ensuite, la commission des forets affirme que
l'investissement consenti varie beaucoup en fonction de la superficie
concernée, avec une augmentation significative des coûts unitaires
(à l'hectare ou par mètre cube) pour les plus petites surfaces.
Un autre facteur de variation des estimations est la durée
d'amortissement ou d'étalement des coûts. Les périodes
considérées varient significativement d'une étude à
l'autre, ainsi que le coût de la certification en année
représente au moins 50% des coûts totaux observés sur une
période de 5 ans.
29
En plus, la commission des forets affirme que des coûts
directs représenteraient environ 20% des coûts totaux annuels de
la certification. A titre d'exemple, une étude menée dans quatre
concessions de forêts naturelles de Malaisie, Indonésie et
Brésil montrent que les coûts directs comptent pour 8 à 25%
des coûts totaux (évalués sur une période de 5 ans)
pour trois de ces concessions de taille moyenne, tandis que la plus petite
concession certifiée (9.000 ha) présente une proportion de
coûts directs de 41% avancent des coûts directs de l'ordre de 0,1
à 1,1 $ US/m, mais ne précisent pas la période pour
l'investissement consenti.
Ces auteurs et ses institutions nous ont permis de cerner les
différents coûts socio-économiques du certificat foncier
qui freinent la demande des certificats fonciers.
Bien que ses auteurs ont montré la perception du
coût que se font les populations sur le foncier dans le cadre des
inégalités de genres au fonciers mais ses auteurs ont
limité leurs études sur l'accès des femmes ; non
abordés la spécificité des relations qui existent autour
de la terre avec l'homme.
A travers ces résultats, l'auteur montre dans son
étude, la perception du coût que les populations se font sur le
droit coutumier et les étapes. Il ne rentre pas en profondeur les
coûts de la propriété foncière. Mais dans le cadre
de notre étude nous montrons les différentes étapes de la
procédure et les différents coûts à chaque
étape. Bien que tous ses auteurs nous ont éclairé sur les
contraintes sociales et économiques qui freinent l'acquisition des
certificats fonciers chez les paysans et aussi montré la perception de
la propriété foncière des populations mais ces
résultats de ses auteurs ne suffisent pas. Dans le cadre de notre
étude nous attarderons sur la perception des étapes et
coûts que les paysans de Bacon sur la certification foncière.
30
V-2 Le fonctionnement des institutions de la
sécurisation foncière
Dagrou et al (2009), dans leurs ouvrages intitulés les
entraves mises en oeuvre de la loi de 1998. dans cette oeuvre les auteurs ont
mis en oeuvre le fonctionnement des comités installé dans les
village. comme resultat, les CVGFR installés fonctionnent difficilement
parce que, d'une part, leurs membres n'ont pas toujours la formation
nécessaire pour jouer pleinement leur rôle. D'autre part, ces
structures manquent de ressources humaines (agents techniques, commissaires
enquêteurs), d'équipements et de moyens de déplacement.
Elles sont également confrontées à la méfiance des
populations et des autorités coutumières ; toutes les
communautés composant les villages n'y étant pas
représentées, les populations allogènes et allochtones
sont souvent persuadées que ces Comités défendent plus les
intérêts des autochtones. Certains chefs de village et de canton
s'opposent à la mise en place de ces CVGFR parce qu'ils ne comprennent
pas pourquoi « il faut faire des papiers pour la terre ». Les
autorités coutumières, la chefferie, les chefs de terre...
suspectent certains CVGFR de vouloir usurper leurs prérogatives. En
effet, certains de ces Comités se sont carrément
transformés en tribunaux coutumiers ou en véritables
gestionnaires des litiges fonciers, sortant ainsi de leur rôle qui est de
constater l'existence des droits coutumiers sur les parcelles à
sécuriser.
Dans le cadre de ce travail scientifique , nous pouvons
aborder dans le même sens que les auteurs ont montré les
difficultés du fonctionnement que rencontrent les différents
comités dans les villages. Si dans la localité où se
mène l'étude, la demande du CF est faible ; cela ne
dépend- t-il pas du fonctionnement du comité CVGFR de Bacon ?
Cette question reste posée.
La thèse de Tarrouth en 2016, de l'acquisition de
terres rurales par les "cadres " en côte d'ivoire : enchâssement
social, conflits, sécurisation il met en oeuvre les
31
fonctionnements des comités des villages. Il
relève La mise en place de cette loi passe par la création et la
mise en oeuvre de deux comités chargés de la gestion du domaine
foncier rural coutumier. Le Comité Villageois de Gestion Foncière
Rurale (CVGR) et le Comité de Gestion Foncière Rurale (CGFR). Le
premier est le comité intervenant au niveau du village. Il est
créé par décision du sous-préfet. Sa composition
doit comprendre obligatoirement le chef du village, le chef de terre, s'il
existe, et doit être le reflet du paysage sociologique du village. Il est
conseillé que l'effectif du CVGFR varie de 10 à 20 personnes. Les
personnes d'origines autres que celles du terroir peuvent être
associées en vue de solutionner d'éventuels litiges. Il est
souhaitable que les femmes et les jeunes soient représentés au
sein du comité. Le rôle du CVGFR est très
prépondérant au cours de l'enquête officielle de constat
des droits coutumiers. Dans le cas de nos différentes zones
enquêtées, nous essayerons à partir des informations et des
observations faites, de faire un état des lieux relativement à la
mise en place de cette nouvelle réglementation. En le faisant, nous
voulons mettre en évidence la faiblesse des institutions dans la
régulation des transactions. Une telle faiblesse affichée par ces
instances censées réguler ces transactions est une porte ouverte
aux acquisitions de terres rurales chez les cadres observées dans les
différentes localités. Il montre le fonctionnement du
comité Kpouébo : Les terroirs ne sont pas délimités
et aucun projet de délimitation, n'a été initié
à cet effet. Cependant, les différents comités (CVGFR et
le CGFR) ont été installés au niveau de cette
sous-préfecture. Ainsi tous les villages ont aujourd'hui leur
comité. L'arrêté de création de ces comités a
été concrètement signé au niveau du
sous-préfet. Par ailleurs, le fonctionnement de ces comités est
une autre histoire. Ces derniers n'existent que de nom dans la mesure où
nous n'avons pas pu avoir la composition exacte du bureau et aucune action
concrète n'a été posée par ces comités. Les
conflits continuent d'être réglés selon le bon vouloir des
autorités locales. Les transactions se font en marge de ces
comités, dans
32
l'informel total. Pour les comités installés, on
note en général selon les informations recueillies auprès
des autorités enquêtées, l'insuffisance de moyens
logistiques et financiers pour le fonctionnement des différents
comités (le cas de Kpouèbo et de Grand-Lahou). Partant de ces
résultats de l'auteur nous pouvons dire qu'il a montré les
dysfonctionnements et le fonctionnement des comités CVGFR dans ces
villages où il mené son étude, pour mieux comprendre les
motivations de ses acteurs. Alors cette étude peut nous aider de
comprendre les instances de gestion foncière dans la demande du
certificat foncier à Bacon.
V- 3 les enjeux du certificat foncier
Les auteurs tels que le roy et F. Leimdorfer en 2014 leur
ouvrage intitulé enjeux fonciers en Afrique Noire. Dans cet ouvrage les
auteurs font la comparaison des enjeux liés au fonciers dans les
différents pays de l'Afrique ; les résultats : L'enjeu
politico-économique internationale, voire néocoloniale. Il
affecte directement l'appareil de l'Etat, la politique sociale qu'il
mène et le maintien au pouvoir des élites en déterminant
au moins partiellement les rapports entre les classes sociales et l'appareil
d'Etat. L'Etat doit trouver au niveau local des organes de gestion des
problèmes fonciers. Ces organes n'ont pas forcément la
personnalité juridique et l'autonomie financière et peuvent
être étroitement spécialisés (communautés
rurales sénégalaises) ou polyfonctionnels ; la redistribution de
l'espace entre producteurs, compte tenu de la force de travail et des moyens de
production ; la gestion des activités de production, pouvant supposer
des capacités complémentaires dans les décisions de
développement, l'administration locale et les interventions
socioculturelles. La terre comme capital foncier et la force de travail
(faiblement rémunérée) sont les apports essentiels de
l'Etat national au capitalisme transnational. La terre pourrait avoir un
rôle beaucoup plus grand. Mais, ce ne serait plus alors la terre en
général mais la terre comme moyen de production et
33
comme marchandise, selon des critères tenant à
la localisation de l'espace (pour assurer l'exportation facile de produits), ou
aux activités susceptibles de « mettre en valeur ».
Partant de ces résultats sur les enjeux fonciers en
Afrique, nous pouvons dire que les auteurs dans leurs travaux ont mené
leurs études sur les enjeux politiques et économiques du foncier
dans les pays d'Afrique. Ces auteurs n'ont pas sans montré les enjeux
sociaux du foncier en Afrique, qui pouvait nous aider dans notre enquête
dans la sous-préfecture d'Akoupé et dans le village de Bacon ;
nous avons évoqué les enjeux du foncier dans tous les aspects
sociaux culturels, économique et politique des de la localité de
Bacon dans ses aspects d'avantages et inconvénients.
Chauveau (2000), dans son oeuvre sur la question
foncière et la construction nationale en côte d'ivoire. Il met en
oeuvre, les conflits récents entre communautés d'origines
différentes ne sont que les manifestations d'enjeux fonciers aussi
anciens que les mouvements de colonisation agricole en Côte d'Ivoire.
Dès les années 20, la généralisation des cultures
de cacao et de café dans le Sud-Est et la basse côte attira une
main d'oeuvre originaire des savanes, en particulier de Haute-Volta, mais aussi
des régions du centre de la Côte d'Ivoire (Baoulé) et de
l'Ouest forestier (Bété), dont les conditions agro-climatiques
étaient moins favorables et où les formes de despotisme colonial
étaient plus rudes.
La récurrence des conflits fonciers est tout aussi
sensible dans la région de savane, sous l'effet de la pression
foncière et de la commercialisation des cultures (coton, cultures
vivrières, anacarde) et de l'élevage bovin.
La faiblesse de l'État postcolonial, en particulier
les difficultés de son ancrage local, suppose des organisations relais,
des catégories d'acteurs qui servent d'intermédiaires entre le
pouvoir central et les collectivités paysannes locales. Ainsi
34
que les chefs de village continuent d'être reconnus
comme les représentants de l'administration territoriale à
l'échelle du village, que les conseils de sous-préfecture sont
les héritiers directs des conseils de notables, et que les
procédures de règlement des conflits par le sous-préfet
(toujours appelé le « commandant») et par les juges des
tribunaux de première instance, dans le domaine foncier.
Partant de ces résultats du Chauveau sur la question
foncière et construction nationale de la côte d'ivoire. Nous
pouvons faire ressortir quelques limites d'étude de l'auteur. Chauveau
montre les enjeux du foncier en côte d'ivoire et aussi il montre les
raisons du coup d'Etat en côte d'ivoire. Cet auteur n'a pas puis
abordé les enjeux réels du certificat foncier en côte
d'ivoire. Alors dans le cadre de notre étude nous attardons sur les
avantages et inconvénients dans toutes les dimensions telles que
sociale, culturelles, économiques du CF.
Collin ( 2017), dans son oeuvre émergence et dynamique
des marches fonciers ruraux en Afrique sub-saharienne un état des lieux
sélectif. Il montre l'enjeu social et économique du foncier tel
que la marchandisation du foncier comme conflit et l'intérêt
économique du foncier par certains acteurs. Pour lui, La question de la
sécurisation des transactions est déterminante dans l'analyse du
fonctionnement et des effets des marchés fonciers. Si les conditions de
la sécurisation ne sont pas réunies, le marché foncier
peut être fortement contraint, dans son niveau d'activité ou dans
l'identité de ses participants, même en présence d'une
offre et d'une demande potentielles. Pour les achats de terre, cette
sécurisation concerne les droits de propriété de
l'acheteur. Pour les contrats de FVI, il peut s'agir de sécuriser les
droits de propriété du cédant (assurer la restitution de
la parcelle au terme du contrat) et les engagements contractuels des acteurs).
Ensuite il montre La question des tensions et conflits autour des transactions
marchandes est également essentielle à prendre en compte dans une
perspective de paix sociale - une
35
dimension malheureusement insuffisamment
intégrée par les politiques publiques qui voient dans le
développement des marchés fonciers la solution aux
problème de développement en milieu rural.
Aussi Collin montre que Certains conflits ne viennent pas des
transactions marchandes elles-mêmes (sections qui suivent), mais marquent
le processus même de marchandisation.
Nous pouvons dire que Collin a montré l'enjeu
d'intérêt personnel et la marchandisation des terres. Aussi, il
met en oeuvre les enjeux socio-économiques dans son oeuvre. Dans ce
travail scientifique nous optons l'étude de Collin pour expliquer le
phénomène de la marchandisation foncières dans notre zone
d'étude. Comme soulignait l'auteur, à Bacon ce
phénomène de marchandisation est fréquente ; donc à
travers les stratégies que collin souligne dans son oeuvre permettent de
montrer ce phénomène dans notre localité.
VI- CHAMP DE REFERENCE CONCEPTUELLE ET THEORIQUE
VI-1- Champ de référence conceptuelle
Pour Brunet et al. (1993, p.120), un concept est «
une représentation générale, de nature abstraite,
clairement définie, et même consensuelle, susceptible de guider la
recherche et de fonder ses hypothèses ».
Dans tout travail réputé scientifique, il
importe que les concepts utilisés soient clairement définis et
placés avec précision dans le cadre d'une théorie
précise. Cette exigence d'ordre méthodologique nous conduit
à la clarification des concepts suivants : les contraintes
socio-économiques, le foncier, la certification foncière.
36
VI- 1-1 Contraintes socio-économiques
Selon le dictionnaire d'encyclopédie la «
contrainte » est l'ensemble des difficultés, les problèmes,
les entraves qui a un impact sur la vie de quelqu'un. Plusieurs contraintes ont
été énumérées lors de notre recherche. Mais
dans le cadre de notre étude nous avons une contrainte économique
et une contrainte sociale :
Une contrainte financière représente un
ensemble de pressions socioéconomiques exercées sur un agent
économique limitant ainsi ses possibilités d'investissement
ou dépenses, selon l'économiste Fassi (2017).
La socio-économique est un mélange entre les
sciences économiques et la sociologie, elle vise à
intégrer les outils des sciences économiques avec ceux de la
sociologie afin d'examiner l'évolution économique des
sociétés. En effet elle analyse l'influence des relations
sociales concrètes sur la formation des groupes, réseaux et
institution économique (Amitai, 1986).
Pour l'économiste Denis (1990) il n'est pas inutile de
rappeler comment s'articule le plus souvent le débat autour de la notion
de contrainte économique, on trouve d'un côté, ceux qui
pensent que la contrainte économique explique l'échec des
politiques volontaires, de l'autre ceux qui le contestent farouchement. Les
conditions socio-économiques des populations peuvent être
perçues à travers d'un certain nombre de facteurs de bien
être qui sont entre autre une alimentation suffisante, de l'eau portable,
un abri sûr de bonnes conditions sociales et un milieu environnemental et
social apte à maîtriser les maladies infectieuses (Mampouya,
2001).
Une contrainte sociale, dans les règles de la
méthodologie des sciences sociale d'Emil Durkheim, dans le chapitre les
attributs du fait social. Pour ce penseur
37
sociologue une contrainte sociale est comme un fait social. Le
fait social possède comme attributs fondamentaux la contrainte,
l'extériorité et inévitabilité. Contrainte
sociales, les individus sont amenés à se soumettre à son
existence, comme ils doivent se soumettre à celle de la pesanteur ou de
la décomposition de l'air. Extériorité : les individus ne
produisent pas le fait social en lui-même, mais le rencontrent à
l'extérieur de leurs propres productions psychologique.
Au regard de toutes ces définitions des auteurs sur
les contraintes socioéconomiques (déplacements, la cherté
de la vie, restauration) qui freinent la demande du CF. nous optons la
définition de Fassi. Donc nous pouvons mettre en rapport la
définition de l'auteur avec notre zone d'étude.
VI- 1-2 Foncier
D'après (LE Roy, 2002) le terme « foncier »
y trouve son origine avec le «fundum», les fonds de terres, qui sera
considéré ensuite, dans le cadre d'une opposition entre le mobil
(pecunia) et l'immobile (praedia) comme immeuble par nature. Foncier est
originellement un adjectif utilisé à l'époque
féodale pour désigner une « seigneurie » ou une «
tenure », puis la rente extraite de la valeur différentielle ou
absolue de la terre.
Selon Le Roy : « Le substantif est d'emploi
récent et n'est pas toujours accepté. Par contre, c'est dans le
droit romain qu'on trouve l'origine de la propriété du fonds
emporte la propriété du sous-sol (tréfonds) et des
constructions qui ont élevées sur le fonds ».
Pour Chauveau le foncier est l'ensemble de règlement
définissant les droits d'accès, l'exploitation et le
contrôle de la terre et des ressources renouvelables.
38
Gianola (2003, p.125) « le foncier comme tout
phénomène social, ne se réduit pas seulement à ses
dimensions matérielles. Le foncier est un phénomène
à double dimension. Il y a une dimension matérielle ou
techno-économique, ainsi qu'une dimension immatérielle. Dans le
contexte Africain, si nous considérons son acceptation purement
matérielle, le « foncier » n'est qu'un système qui se
réfère aux techniques agricoles et à la production
matérielle pour assurer la survie et, dans le cas des produits
d'exportations, pour générer des revenus ».
En effet, pour cet auteur le foncier est vu comme l'ensemble
des rapports humains ou sociaux autour de la terre. Ces rapports sociaux sont
principalement déterminés par les facteurs économiques
(accumulation primitive du capital et extraction de rente), les facteurs
juridiques (normes d'appropriation et modalités de règlement des
conflits).
Selon le dictionnaire Larousse « Le foncier » est
un bien stratégique pour les populations vivant de l'agriculture,
qu'elles soient rurales ou urbaines. Elle constitue une des bases de
l'activité économique et du fonctionnement des institutions
marchandes et non marchandes.
Dans la zone d'étude, la terre n'a pas qu'une valeur
économique et symbolique pour la population, mais se positionne comme
une entité inaliénable, un bien collectif. «
Propriété ancestrale », elle assure de ce fait la double
fonction de reproduction sociale et de pérennité des groupes
sociaux et était repartie selon les normes locales des populations. Mais
à l'indépendance, on assiste à l'émergence et
à la vulgarisation de la terre « propriété
privée ».
Cette coexistence controversée des
représentations liées à la terre va dénaturer les
modes de gestion préexistant, avec l'apparition de nouveaux modes
d'accès et faisceaux de droits.
39
Dans le cadre de notre étude, nous retenons la
définition donnée par le Roy. En effet, dans ce travail, le
concept foncier fait référence à la terre.
Certification vient du verbe « certifier ». Du
latin certifico, qui veut dire « déclarer ». La certification
est une criée.
La direction des fonciers ruraux définit le certificat
foncier comme étant un acte de l'administration qui atteste qu'une
personne est détentrice de droit coutumiers sur une parcelle rurale,
individuelle ou collective (DFR, 2017).
L'encyclopédie définit la certification
foncière comme étant des processus de sécurisation
foncière que chaque acteur doit mener pour pouvoir limiter les conflits
de succession au sein de la génération future.
Le certificat est un document qui garantit pleinement et
à titre permanent les droits de propriété. À
l'usager de choisir le mode de formalisation de ses droits sur la terre et
aussi Le certificat foncier permet de formaliser à moindre coût et
dans des délais relativement courts les droits de
propriété individuels, mais il peut être aussi inscrit au
nom d'un groupe de façon à consacrer des droits sur des
ressources forestières ou pastorales utilisées collectivement
(André, 2010).
De toutes ces définitions, nous portons une attention
singulière sur la définition que propose de la DFR pour montrer
que la certification foncière est comme un moyen qui permet aux
populations de limiter les conflits, alors que les paysans de Bacon ne
formalisent pas la demande.
Dans le cadre de notre étude, la certification est
considérée comme un processus d'acquisition du certificat
foncier, document administratif délivré par le
législateur, l'Etat. Aussi le processus de formalisation des droits
fonciers traditionnels.
40
VI-1-3- Fonctionnement des comités
Le fonctionnement à plusieurs synonymes qui est
fonctionnel, fonctionnalisme. Dans le cadre de notre étude nous
attardons sur le fonctionnalisme pour mieux expliquer ce concept. Une
théorie anthropologique formulée par Bronislaw MALINOWSKI. Le
fonctionnalisme a constitué l'une des plus importantes théories
sociologiques du XXe siècle. Le fonctionnalisme de MALINOWSKI suppose
que toute pratique ait une fonction de répondre aux besoins des
individus. Mais en même temps, c'est toujours la totalité de la
société, et non ses éléments séparés,
qui répondent aux besoins individuels : « La culture est un tout
indivis dont les divers éléments sont interdépendants.
Selon Larousse, le fonctionnement, un nom masculin ; est la
manière de fonctionne, manière dont un système dynamique
compose des différents éléments répond à une
fonction. Aussi une manière donc un système dynamique (notamment
dans les domaines économiques, organiques, politiques, et social)
compose d'élément solidaire. Dans le cadre de notre étude
nous attardons sur la définition de Malinowski, pour lui le
fonctionnalisme suppose toute pratique ait une fonction de répondre aux
besoins. Alors cette définition nous semble très importante ; en
effet nous pouvons définir le fonctionnement du CVGFR étant de
montrer les besoins que les membres de CVGFR de Bacon recherche pour mieux
sensibiliser la population afin que les paysans de Bacon puisent avoir une
forte demande dans le village.
VI-1-4 Enjeux du CF
Selon l'encyclopédie universalise, définit
l'enjeu comme une chose que l'on risque dans une compétition, une
activité économique ou une situation vis-à-vis d'un
aléa. C'est donc ce que l'on peut gagner ou perdre en faisant quelque
chose.
41
Selon Stéphane oliversi en 2008, définit l'enjeu
de société comme les jeux qui se font oublier en tant que jeux,
c'est le rapport enchanté à un jeu qui est le produit de
complicité ontologique entre les structures mentales et les structures
objectives de l'espace social. Dans le cadre de notre étude, nous avons
retenir la définition de l'auteur Stéphane pour montrer les
structures qui interagissent le CF le jeu qui existe entre les demandeurs du
CF.
VI-2- champ de référence
théorique
Pour pouvoir analyser sociologiquement notre étude, il
est important de traduire la réalité sociale en
réalité sociologique. Ce processus de conversion n'est possible
qu'à travers des théories. Pour ce faire, nous avons fait appel
aux deux théories notamment : la théorie du jeu et la
théorie du fonctionnalisme qui nous a permis d'interpréter notre
objet d'étude.
· La théorie du jeu
Selon Stéphane, l'enjeu comme les jeux qui se font
oublier en tant que jeux , c'est le rapport enchanté à un jeu qui
est le produit de complicité ontologique entre les structures mentales
et les structures objectives de l'espace social. C'est dans cette perspective
que nous attardons sur la notion pour guider notre fil d'idées dans
l'étude.
L'enjeu est une notion fondamentale du domaine du jeu.
Concrètement, il se définit comme la somme que l'on mise en
début de partie et qui revient au gagnant à la fin. Cette somme
peut être allongée, relancée ou augmentée suivant le
déroulement de la partie, mais surtout, c'est une somme que le joueur
peut soit gagner soit perdre. Par extension, l'enjeu est donc défini
comme ce que l'on peut perdre ou gagner dans une entreprise. La notion d'enjeu
est ainsi
42
inséparable de la notion de profit et de risque. Dans
le jeu comme dans toute entreprise, il s'agit de maximiser les profits en
minimisant les risques. La Théorie du Jeu s'applique d'ailleurs à
la vie sociale. Outre les coups à jouer et l'objectif de victoire, le
jeu suppose aussi un système de règles, un style, des avantages
et un déploiement adroit d'une stratégie savante. Pour cela nous
retenons la théorie
du champ social de Bourdieu. Pour lui le champ en tant que
jeu , pour expliquer le fonctionnement du champs. Il utilise la notion de jeu
pour exprimer le fait que les acteurs sont liés les uns aux autres par
le sens du jeu, par les règles ; aussi que par la concurrence pour
obtention des biens rares c'est-à-dire des postes de pouvoir.
Dans le cadre de notre étude, le choix de cette
théorie nous a permis de comprendre et d'analyser le contenu des
opinions sur le terrain en vue de découvrir le sens que les paysans de
Bacon se font du certificat foncier dans leur village.
· La théorie fonctionnaliste
La théorie fonctionnaliste vient de la théorie
anthropologique formulée par Bronislaw MALINOWSKI. Le fonctionnalisme a
constitué l'une des plus importantes théories sociologiques du
XXe siècle. Le fonctionnalisme de MALINOWSKI suppose que toute pratique
ait une fonction de répondre aux besoins des individus. Mais en
même temps, c'est toujours la totalité de la
société, et non ses éléments séparés,
qui répond aux besoins individuels : « La culture est un tout
indivis dont les divers éléments sont interdépendants.
Pour T. PARSON, les actions remplissent des fonctions. Cela
signifie qu'elles servent à quelque chose, qu'elles ont une
utilité au niveau de la société. Leur fonction essentielle
est d'intégrer l'individu dans la société et contribue au
maintien
43
de cette société. La société est
considérée comme un système (objet complexe composé
d'éléments interdépendants) dont la fonction est
d'intégrée les individus.
Ce système peut s'évoluer sans cesser de remplir
ses fonctions. De la même manière, les éléments (les
sous-systèmes) peuvent se transformer tout en perpétuant les
fonctions qui sont les leurs.
Dans le cadre de notre étude, le choix de cette
théorie nous a appliqué à la fonction et rôle des
membres du CVGFR de Bacon, elle nous a permis de saisir toute complexité
du fonctionnement du comité de la zone d'étude.
44
CHAPITRE II : CADRE METHODOLOGIQUE DE L'ETUDE
Présentant les conditions de l'enquête, les
méthodes d'investigation et les grilles d'analyse adoptées au
cours du travail de recherche, la partie méthodologique constitue un
élément indispensable du mémoire. Cette partie fournit au
lectorat les éléments à même de rendre intelligibles
les résultats produits et de montrer leur pertinence. Ce cheminement
scientifique, représentant un véritable défi, est d'autant
plus ardu que le propre du travail scientifique est d'être fait de
tâtonnements, d'incertitudes, de doutes et d'erreurs (Aktouf, 1978).
I-DELIMITATION DU CHAMP DE L'ETUDE
La recherche des contraintes socio-économiques
liées à la certification foncière dans la
Sous-préfecture d'Akoupé est liée sur les connaissances du
milieu et des populations concernées par l'étude. Cette
connaissance du milieu et des populations n'est possible qu'à travers la
délimitation du champ de l'étude. Dans le cadre de cette
recherche, la délimitation du champ de l'étude s'est faite
à deux (2) niveaux : un niveau géographique relatif à
l'espace géophysique et un niveau social relatif aux
caractéristiques sociologiques de la population à prendre en
compte dans l'étude.
I-1- Champ géographique
Notre investigation a pour champ empirique le village Bacon
dans la région de la Mê précisément situé
dans la Sous- Préfecture d'Akoupé.
Notre attention s'est particulièrement portée
sur Bacon pour trois raisons. La première raison de ce choix est que le
village de Bacon dispose un comité villageois de gestion foncière
qui permet aux populations d'aller à la CF. La
45
seconde raison est que la population de Bacon est
attachée à leur coutume traditionnelle, une population
cosmopolite (allogène, autochtones et allochtones) ; en plus de sa
composition sociale, elle a une population la plus élevée parmi
les villages de la Sous- préfecture d'Akoupé. En fin, le village
de Bacon est sous l'emprise du projet de délimitation du terroir.
I-2- champ social
L'étude des contraintes socio-économiques de la
CF dans la Sous-préfecture d'Akoupé ou dans le village de Bacon
fait intervenir de multiples acteurs sociaux. Dans un souci de diversification
des sources de données, nous avons interrogé des personnes
relevant des différentes catégories sociales, et des
témoins privilégiés pouvant fournir des données
d'opinions.
Pour ce fait, les populations qui ont été
enquêtées dans le cadre de cette étude sont les personnes
ressources telles que les autorités administratives composées de
: Sous-préfet d'Akoupé, Directeur départemental de
l'agriculture, les opérateurs techniques agrées, les commissaires
enquêteurs et le cadastre et on a aussi les autorités
coutumières que sont : le chef du village et ses notables ; le
président des jeunes ; la présidente des femmes, les chefs
communautés et les paysans.
Les raisons qui nous ont motivé pour le choix des
différentes personnes ressources sont diverses. Pour le directeur DDA
est un membre du comité CGFR. Il est le secrétaire
général du comité , ainsi , il assure la direction de
l'agriculture ; or nous savons qu'il est le moteur de toute démarche de
la procédure de l'obtention du CF.
Les operateurs techniques agrées sont des acteurs
inclus dans l'ouverture de l'enquête. Ils sont dans le domaine
privé ; ainsi, ils occupent une place tres importante dans l'ouverture ;
sans eux, il n'aura pas d'enquête ; en effet, les
géomètres ouvrent les layons de la parcelle.
Donc, ils sont capable de nous fournir les raisons de la faible demande dans
notre zone d'étude.
Nous avons choisi ces différents acteurs dans la
mesure où ils sont capables de fournir des informations sur les
problèmes socio-économiques des populations de la Sous-
préfecture et donner les difficultés que rencontrent les
structures de gestion foncière dans la sous- préfecture et dans
le village de Bacon et ils sont susceptibles de nous donner les informations
fiables sur l'évolution du CF.
II-TECHNIQUES ET OUTILS DE COLLECTE DE DONNEES
Dans une recherche scientifique, la technique et l'outil de
collecte des données sont très importants dans la
méthodologie, cette partie nous expose la manière dont nous avons
collecté nos données.
II- 1-Techniques de collecte des données
Pour N'da (2002, p.98), « les techniques ou les
instruments sont des procédés opératoires définis,
transmissibles, susceptibles d'être appliqués à nouveau
dans les mêmes conditions, adaptés au genre de problème et
de phénomène mis en cause. Elles sont tributaires non seulement
des hypothèses et des objectifs de recherche, mais aussi de la
configuration des groupes sociaux étudiés ».
Conformément à nos hypothèses et
objectifs de recherche, les techniques mobilisées sont : la recherche
documentaire, l'observation, et l'entretiens.
46
Quelle est la spécificité de chaque technique dans
le cadre de cette étude ?
47
II-1-1-La recherche documentaire
La recherche documentaire est considérée comme
un travail préalable, essentiel, permettant d'aborder le terrain avec un
ensemble de connaissances pertinentes sur son sujet et d'avoir en même
temps une vue panoramique de la problématique dans laquelle s'inscrit le
sujet (Quivy et Campenhoudt, 1995 ; Fortin, 2010).
Cette étape a constitué une composante
essentielle et importante des procédés d'investigation
utilisés dans le cadre de cette étude.
En tant que principal outil d'investigation, la recherche
documentaire s'est effectuée tout le long de l'étude et a
porté sur une littérature aussi diverse que variée.
Pendant les phases de conception et de rédaction de notre étude,
nous avons effectué des recherches en « ligne » en
interrogeant des moteurs de recherches (Google et firox) et à la
bibliothèque du Département de Sociologie. Aussi nous avons
consulté des documents dans certaines ONG ( RED+) et des agences qui
travaillent dans le domaine foncier.
Cette recherche a permis de recueillir une quantité
importante de rapports, d'études et de revues ou articles permettant de
construire la base théorique et méthodologique de notre objet de
recherche. Ces documents consultés en ligne portent sur les contraintes
socio-économiques des certificats fonciers nous ont permis de construire
notre objet d'étude.
II-1-2- l'entretien
Blanchet, Ghiglione, Massonnat et Trognon (1987),
cités par Albarello (1999, p.62) définissent l'entretien de
recherche « comme un entretien entre deux personnes,
un interviewer et un interviewé, conduit et enregistré par
l'interviewer ;
48
ce dernier ayant pour objectif de favoriser la production
d'un discours linéaire de l'interviewé sur un thème
défini dans le cadre d'une recherche ».
La richesse de l'entretien est qu'il constitue un fait de
parole et se situe dans le sens produit par l'interaction davantage que dans le
contenu rapportant des réalités qu'on pourrait qualifier d'«
objectives » (Fontana et Frey ,2005).
Il existe donc plusieurs types d'entretiens en sciences
sociales, mais dans le cadre de notre étude à Bacon nous avons eu
recours à l'entretien semi-directif.
- entretien semi-directif
Cette technique de collecte des données nous a permis
de laisser les acteurs se prononcer librement sur les questions posées.
Toutefois, nous les ramenions à nos questions lorsqu'ils s'en
éloignaient.
L'intérêt que nous portons à ce type de
technique nous permet de cerner individuellement ce que chaque acteur vie comme
entraves dans le processus de sécurisation via la demande du certificat
foncier rural dans la localité de Bacon.
En fonction des catégories sociales de ses acteurs,
nous avons pu réaliser 15 entretiens semi-directifs. Nous avons
constaté qu'à l'entretien une saturation, c'est à dire au
douzième entretien les enquêtés répètent les
mêmes réponses.
II-1-3- l'observation
Selon N'DA, (2006, p.98) « une observation consiste
à regarder se dérouler sur une période de temps
donné des comportements ou des événements et à
l'enregistrer ».
49
Pour produire donc des informations objectives à
travers l'usage de cette technique, notre observation a porté sur les
paysans de Bacon. Dans le cadre de notre étude, nous avons opté
pour une observation directe pour mieux appréhender les altitudes des
paysans de Bacon face aux différentes questions liées aux acteurs
de gestions des conflits et les différents acteurs du conflit. Il s'agit
donc, d'appréhender l'écart entre leur discours, comportements et
pratiques en relation avec les faits relatés.
Cette observation a permis d'observer les plaintes des
paysans et d'assister aux différentes gestions de conflits, aussi de
n'observer que les différentes plaintes des paysans. Elle nous a permis
d'observer les altitudes de la population face à la transition des
conflits fonciers et autre phénomène.
Tableau 3 : Grille d'observation
Les types de conflits
|
·
·
·
|
Conflits fonciers intrafamiliale Conflit liés aux
adultères conflits liés aux layons
|
Les acteurs du conflit
|
·
|
Entre voisin du layon
|
|
·
|
Entre frère
|
|
·
|
Entre soeurs et frère
|
|
·
|
Entre oncle et neveux
|
|
·
|
Entre communauté
|
|
50
Les acteurs intervenant dans la gestion des conflits
· Chef de terre
· Chef du village
· Les notables du quartier
· Les chefs des communautés
étrangères
|
|
Source : enquête de terrain, décembre 2019
II-2- les outils de collecte de données
Les outils de collecte de données nous ont permis de
collecter certaines informations sur les différentes thématiques
et sous- thématiques abordées lors de notre enquête
proprement dit. Comme nous sommes dans une étude mixte (qualitative et
quantitative) nous avons utilisé le guide d'entretien destinés
aux autorités administratives et coutumières pour comprendre le
sens de la faible demande du CF à Bacon et pour connaitre les
réalités socioéconomiques des paysans de Bacon dans la
faible demande du
CF.et le questionnaire a été
administré aux paysans de Bacon pour nous montrer les difficultés
qu'ils rencontrent dans la procédure du CF (voir annexe).
II-2-1 Guide d'entretien
Au total nous avons constitué 4 guides d'entretiens.
Les thématiques abordées qui structurent ces différents
guides sont en fonction des informations recherchées auprès de
ces acteurs liées à la procédure de la CF et leur
contrainte observée à
51
chaque étape, au fonctionnement du CVGFR et aux
différents enjeux du CF (voir annexe).
II-2-2-le questionnaire
Pour Paul N'DA, (2011), l'enquête par le questionnaire
ou par questions fermées, consiste à poser par écrit,
à des sujets une série de question relative à une
situation, à leurs attentes, à leur niveau de connaissance ou de
conscience d'un problème, ou de tout autre point qui intéresse le
chercheur.
Pour notre étude, le questionnaire a été
administré aux paysans de Bacon. Ce questionnaire constitue de questions
fermées s'articule autour des thématiques suivantes :
· Les caractéristiques socioéconomiques des
paysans ;
· La procédure de la certification
foncière et les contraintes observées à chaque
étape ;
· Les contraintes liées au fonctionnement du
CVGFR de Bacon ;
· Les avantages et les inconvénients du
certificat foncier ;
II-3- ECHANTILLONNAGE
L'échantillonnage est la phase qui consiste à
sélectionner les individus que l'on souhaite interroger au sein de la
population de base. Ne disposant pas d'une base de données sur les
paysans, nous optons dans le cadre de notre étude, pour un
échantillon non probabiliste et probabiliste. L'échantillonnage
non probabiliste repose sur un choix arbitraire des unités, c'est
l'enquêteur qui choisit les unités et
52
non le hasard. Les résultats obtenus pour
l'échantillon ne sont pas généralisables à toute la
population. Il est utilisé pour les paysans comme population de base.
II-3-1- L'échantillonnage probabiliste
En absence d'une base de données sur la population
d'étude. Nous avons procédé par un recensement
systématique des individus concernés par le
phénomène : il s'agit des paysans de Bacon.
En donnant la définition du paysan, nous avons pu
définir les critères inclusions et les critères
exclusions.
Le paysan est celui qui exerce une activité agricole
sur une parcelle. Ce procédé, nous a permis de recenser 385
hommes et 215 femmes ayant des droits fonciers coutumiers.
Nous avons appliqué la technique
échantillonnage par quota de 10% pour déterminer la marge des
paysans à interroger.
Pourquoi cette technique d'échantillon par quota ?
Pour Loubet (2000), la détermination des quotas
consiste dans le cadre défini par le plan d'enquête à
attribuer à chaque enquêteur un contingent de personnes à
interroger dont les caractéristiques lui sont désignées
par une feuille de quota.
Le 10% représente une valeur estimée pour
l'échantillon qui est appelé X. cette valeur prise par la
population sera comprise en deçà et au-delà de la valeur
estimée pour l'échantillon, selon le niveau de précision
de valeur exprimée en pourcentage.
53
Tableau 4 : taille de l'échantillon
Catégorie sociale
|
Nombre de personne
|
Echantillon
|
Femmes
|
215
|
21
|
Hommes
|
385
|
39
|
Total
|
600
|
60
|
|
(Source : enquête de terrain, décembre
2019)
· Mode de calcul de
l'échantillon
Ce mode de calcul est issu de l'enquêteur, pour une
méthode de mathématique développée dans le cadre de
l'étude pour avoir son échantillon.
Homme= 385×10/100= 39 hommes à interroger Femme=
215×10/100= 21femmes à interroger
Nous avons fait un arrondissement de deux chiffres après
la virgule.
Donc l'échantillon constitué est d'une taille de
60 individus.
Pour la sélection des personnes à enquêter,
nous avons procédé par la numérotation des paysans
recensés. Ensuite, à partir de tirage successif sans remise, nous
avons tiré au hasard 60 numéro des enquêtés
placés dans une urne
II-3-2 Echantillonnage non probabiliste : la technique de
choix raisonné
Il existe plusieurs techniques non probabilistes en sciences
sociales, mais dans le cadre de notre étude nous avons choisir la
technique d'échantillonnage par choix raisonné. Pourquoi
l'échantillonnage par choix raisonné ?
54
L'objectif est d'acquérir une connaissance approfondie
du contexte sur un sujet donné et détecter des indicateurs
pertinents pour définir les populations vulnérables, par le biais
d'entretiens semi-directifs qui permet aux personnes de l'échantillon
d'exprimer leur point de vue en guidant la logique et l'objet de la discussion
(Desabie, 1963).
Cette méthode centre le choix des individus à
interroger sur leur rôle et statut qu'ils occupent dans la
société à l'étude (la Perriere, 1997). Ils sont
désignés par comme les personnes ressources dans la collecte des
données lors des entretiens.
Ici, le nombre des interviewés n'est pas au
préalable connue. Il est soumis au principe de saturation des
données. Seul ce principe peut limiter l'échantillonnage aux
questions théoriques posées. Par conséquent, nous avons
interrogé le chef du village, les chefs de communautés, le DD
agriculture, le Sous-préfet, quelques membre du CVGFR, le chef de terre,
la présidente des femmes, le président des jeunes. Au total nous
avons 09 personnes interrogées.
55
Tableau 5: Nombre d'entretiens
réalisés
Acteurs à l'étude
|
Nombre d'entretien
|
Thématiques abordées
|
|
Chefferie du
village
|
02
|
> le rôle du chef du village
> les différents conflits des villages
> les étapes du certificat foncier et contraintes
observés à chaque étape
|
|
03
|
> les difficultés rencontrées dans le
village
> l'accès à la terre
|
|
01
|
> le rôle du président dans le village
> les étapes du certificat foncier et les
contraintes observés
> le fonctionnement du CVGFR
les enjeux du CF dans le village de Bacon
|
|
01
|
> le rôle de la présidente des femmes dans le
village
> le fonctionnement du CVGFR > les enjeux du CF dans le
village
|
|
02
|
> le rôle de CVGFR
> les difficultés du comité CVGFR
> les actions menées dans le cadre du CF au
village
> les enjeux du CF dans le village
|
|
56
Directeur de L'agriculture
|
01
|
> Les étapes de la CF et contraintes
observées
> Les actions menées dans le cadre du CF
> Les enjeux du CF
> Le nombre du CF délivré dans S/P et dans le
village de Bacon
|
|
03
|
> Le coût des C E dans la demande du CF
> Les contraintes observées dans chaque
étape du CF
> Les enjeux du CF
> Les difficultés que rencontrent
les comités
|
|
01
|
> Le rôle de l'agent foncier
> Les problèmes que rencontrent dans le foncier
> Les problèmes que rencontre la population dans
la CF
> les différentes demandes de CF
|
|
01
|
> Le rôle du chef de terre
> Les différents modes d'accès à la
terre
> Les différents litiges et mode de gestions des
litiges
> les enjeux du CF dans le village
|
TOTAL
|
9
|
15
|
|
|
(Source: notre
enquête décembre, décembre 2019)
57
II-4- METHODE D'ANALYSE
II-4-1-l'analyse de contenu
« L'analyse de contenu est le nom donné
à l'ensemble des analyses de texte ou d'énonciation
élaborées pour traiter des réponses non
immédiatement quantifiables » (Durand et Weil, 2006 ; p :126).
« C'est un ensemble d'instruments méthodologiques de plus en plus
raffinés et en constante améliorations appliquant à des
« discours » extrêmement diversifiés et fondés
sur la déduction ainsi que l'inférence. Il s'agit d'un effort
d'interprétation qui se balance entre deux pôles, d'une part, la
rigueur de l'objectivité, et d'autre part, la fécondité de
la subjectivité » (Bardin, 1977 ;p : 89).
Cette méthode est utilisée en sciences sociales
et notamment en sociologie et consiste en un examen méthodique et
systématique de documents textuels (transcriptions d'entretiens par
exemple).
Elle est un mode de traitement de l'information. Elle
s'applique à toute forme de communication, de discours et d'image. Elle
sert à décrire et à déchiffrer tout passage de
signification d'un émetteur à un récepteur (Bardin,
1989).
Il existe plusieurs types d'analyse de contenu en science
sociale. Mais dans le cadre de notre étude nous avons utilisé
l'analyse thématique.
Pourquoi l'analyse thématique ?
L'analyse thématique, nous nous sommes
référés à la fréquence des thèmes que
nous avons pu identifier dans le discours formel produit par les acteurs. Afin
de procéder à leur analyse c'est-à-dire exploiter leur
degré d'émergence et mieux que
58
cela pourrait nous être utile dans leur
interprétation à partir du choix théorique en rapport avec
ces thématiques.
II-4-2- la méthode d'analyse
compréhensive
Cette approche a permis d'appréhender les actions des
individus dans leur propre perspective, en explicitant leurs objectifs, leurs
logiques, leurs motivations, les valeurs, les motifs « ensemble
significatif qui semble constituer aux yeux de l'agent ou de l'observateur la
"raison" significative d'un comportement » (Weber, 1995 : 38) -
auxquels ils se réfèrent pour légitimer leurs actions.
Nous avons ainsi identifié et analysé les motivations des paysans
de Bacon qui ne s'intéressent pas à la sécurisation
foncière et ceux des autorités coutumières qui octroient
le certificat foncier, ainsi que les justifications avancées par ceux
qui, le cas échéant, qui n'ont pas fait la demande.
II-4-3-l'analyse statistique descriptive
Puisque nous traitons aussi des données quantitatives
à cause du choix du questionnaire, cette méthode d'analyse
statistique descriptive est un moyen qui nous a permis de décrire les
variables consignées dans le questionnaire.
II-5- DEPOUILLEMENT
Pour le traitement des données quantitatives
recueillies sur le terrain, nous avons utilisés les logiciels ((le
sphinx) afin de faciliter le dépouillement de l'information grâce
aux calculs et aux différents tableaux.
Pour les données qualitatives nous avons
procédé par transcription des informations en affectant des
titres aux catégories sociales constituées.
59
II-6- DIFFICULTES ET LIMITES DE L'ETUDE
Notre enquête s'est déroulée dans la
Sous-Préfecture d'Akoupé. Cette étude a duré
pendant 3 semaines ; elle a commencé fin novembre et terminé le
1O Décembre 2O191.
Notre séjour de recherche dans la
sous-préfecture d'Akoupé, précisément où se
mène notre étude à Bacon a suscité une
méfiance entre la population d'étude et nous. Certaines personnes
ont refusé de s'interroger dans la mesure où, pour eux cette
recherche est faite pour leur dénoncer en fonction de leur
réticence au niveau de la demande du CF à Bacon. Les paysans de
Bacon ont un attachement particulier à leur terre. Par
conséquent, ils sont très sensibles à ce sujet. La
population de cette localité n'est pas en reste où le conflit
foncier est très peu. En ce sens, les villageois manifestent leurs
intérêts et aussi leurs méfiances vis-à-vis des
personnes étrangères à leur communauté. Dès
que quelqu'un aborde un sujet relatif à ce domaine, cela ne fait que
susciter leurs curiosités et leurs intérêts sur ce que la
personne va annoncer ou demander. De plus, étant un étranger qui
pose des questions sur leurs biens, ils commencent à montrer leur
méfiance. Mais grâce au secrétaire de la notabilité
qui a pu convaincre la population de Bacon pour que cette recherche se passe
dans les bonnes conditions. Aussi, nous avons procédé autre
stratégie pour que cette population pu se remettre a nous. La
méthode est de faire une description de ma grande famille telle que la
description morale de mon grand Père. Mon grand-père ,
père à son âme, était un grand chef du village
reconnu dans la Sous-préfecture ; vu qu'il a intervenu dans ce village
pour des problèmes de Bacon. Ils ont commencé à
répondre les questions. La seconde difficulté rencontrée
est l'expulsion du Sous-préfet d'Akoupé pour une raison qu'elle
ne vient pas au travail. Elle est tout temps en voyage. Donc un seul
sous-préfet qui gère les 3 sous-
60
préfectures. Vu que le Sous-préfet n'a pas le
temps, ce qui a fait que nous n'avons pas pu le croiser pour
l'échange.
La limite de cette étude est liée au nombre du
village qui compose la Sous-préfecture. La Sous-préfecture
d'Akoupé compte 8 villages. Or notre étude s'est menée
dans le village de Bacon. Donc, pour mieux connaitre les facteurs de la faible
demande du CF dans la sous-préfecture d'Akoupé, nous devons mener
notre étude dans tous les villages qui composent la
sous-préfecture.
Comme nous continuerons notre parcours universitaire jusqu'en
thèse, nous menons notre étude dans les 7 autres villages qui
restent.

LA DESCRIPTION PHYSIQUE, HUMAINE DE LA
SOUS- PREFECTURE D'AKOUPE ET PROCESSUS DE
LA CERTIFICATION FONCIERE EN COTE D'IVOIRE
DEUXIEME PARTIE:
61
62
CHAPITRE 1: LA PRESENTATION DE LA SOUS-PREFECTURE
D'AKOUPE
Face à l'omniprésence des conflits fonciers
dans la région de la Mê en général et dans la
Sous-préfecture d'Akoupé en particulier, la
décentralisation du Ministère de l'agriculture et du
développement rural dans le but de la sécurisation des ayants
droits et pour rétablir l'ordre social dans son ensemble. Nombreuses
personnes qui ont pu bénéficier de ces services. Ainsi, dans
cette partie de notre travail, nous allons présenter dans un premier
temps la zone de la sous-préfecture d'Akoupé et dans un second
temps de présenter la zone d'études (le village Bacon).
I- LA SOUS-PREFECTURE D'AKOUPE
I-1-L'organisation administrative de la
sous-préfecture d'Akoupé Image 1: Sous-préfecture
d'Akoupé

Source : Source : enquête de
terrain, décembre 2019)
63
Image 2: Direction Départementale de l'Agriculture
d'Akoupé

Source : Source : enquête de
terrain, décembre 2019) I-1-1 L'organisation
sociale
La Sous-préfecture d'Akoupé, situé dans
la région de la Mé, est une importante zone d'immigration au
regard de son emplacement au carrefour des grands axes routiers.
Le village d'Akoupé a été
érigé en chef-lieu de sous-préfecture par décret
n°69-538 du 22 décembre 1969 par scission de la
sous-préfecture d'Adzopé. Cette Sous-préfecture
d'Akoupé bénéficie du statut de département
à la faveur du décret n° 2005-251 du 7 juin 2005 (REED+,
2017)
64
Les données historiques permettent d'affirmer que cette
circonscription est habitée depuis la fin du 17ème et
début 18ème siècle par les Akyé ou Attié,
venus du Ghana tout comme les Agni, Baoulé et Abron. Après la
difficile traversée du fleuve Comoé, parce que poursuivis par
leurs frères ennemis, les Ashanti, les Akyé vont se regrouper
à Bouapé, village de la Sous-préfecture d'Adzopé
d'où ils se divisèrent en plusieurs tribus à travers les
localités d'Agou, Adzopé, Akoupé.
En quête de gibiers, les chasseurs Attié
installés à Asseudji dans la circonscription d'Afféry
fondèrent les villages de : Agbaou, Ahéoua, Akoupé Bacon
et Yadio. Akoupé constitue avec Afféry le canton Ketté ou
kettun dont le chef-lieu était autrefois Asseudji, village de la
circonscription d'Afféry, qui fut transféré à Bacon
à la suite de la révocation du chef de canton d'alors, l'actuel
chef-lieu de canton a yadio village de la sous-préfecture
d'Akoupé (enquête exploratoire, 2018)
.
La sous-préfecture d'Akoupé a une superficie de
1580 km2, sa population est de 35356 habitants selon les
résultats du recensement général de la population et de
l'habitat (RGPH) de 2010, avec une densité de 44 habitants au
km2. Il est limité au Nord par le département
d'Abengourou, au Sud par le département d'Adzopé, à
l'Ouest par le département de Bongouanou et à l'Est par le
département de Yakassé-Attobrou. Son chef-lieu est à 140
km de la capitale économique Abidjan
Le département est traversé dans toute sa
longueur par la route nationale Abidjan-Bouna. Avec 35653 habitants,
répartis entre 18 villages, la circonscription administrative
d'Akoupé est une région cosmopolite ou l'Attié constitue
l'ethnie dominante. Les allogènes se composent des ressortissants des
pays voisins (Burkina-Faso, Mali, Togo, Bénin, Mauritanien,
Guinée) et représentent les tiers de la population du
département. Très attaché à son terroir,
l'Attié du kettun ne connaît pas de mouvement migratoire. Aussi,
les jeunes déscolarisés quoique peu enclins au travail de la
terre restent-ils au village, vivant aux dépens de leurs parents.
65
Toutes les religions sont pratiquées dans la
circonscription. Les religions dominantes sont : le catholicisme, le
protestantisme et l'islam. Ces religions sont représentées au
chef-lieu et dans la quasi-totalité des villages (RGPH, 2010)
I-1-2- Organisation politique
Les habitants de du département d'Akoupé sont les
Attiés or ils sont dans les groupes Akans. Les akans leur système
d'organisation est matrilinéaire c'est -à - dire le neveu
hérite l'oncle.
D'où le système d'organisation de la tribu kettun
est le système matrilinéaire.
· Organigramme politique du peuple
kettun
LE CHEF CANTON DU DEPARTEMENT
LES CHEFS DU VILLAGE
LES CHEFS DE TERRE
LES CHEFS DE FAMILLE
L'organisation politique de la tribu du kettun est
hiérarchisé et le respect des différentes croyances et
normes dans leur culture.
66
La terre est sacrée et elle est gérée par
un chef de terre qui détient le pouvoir de toute sorte comme : les
cérémonies, les sacrifices, les libations etc...
I-2-Environnement économique et culturel de la
sous-préfecture d'Akoupé I-2-1- Organisation
foncière
En pays kettun, chaque village possède un terroir dont
l'importance varie avec la distance qui sépare les différents
villages. Autrement dit, plus grande est la distance séparant un village
considéré des villages environnants, plus étendu est le
terroir dudit village. Chaque village garde jalousement son territoire ; ses
activités. Quelques soient ses économiques, religions et
culturelles, sont pratiquées l'intérieur du territoire qui est le
sien.
Le terroir villageois est géré par le chef du
village au profit de tous les villageois. Le chef du village n'est pas
propriétaire foncier mais simplement garant du patrimoine foncier. Il
remplit cette fonction parce qu'étant descendant de la souche la plus
ancienne du village, il est mieux placé pour la défense la terre
ancestrale en pays Akyé, c'est le travail qui confère le droit de
propriété. Les étrangers ne sont pas accordé le
droit d'usage de la terre qu'à certaines conditions ; entre autres avoir
vécu pendant très longtemps dans le village, avoir
été docile vis-à-vis de son hôte. Avoir
épousé une fille du village. Cette terre cédée ne
peut être aliénée totalement ; un décès ou un
divorce entraîne l'annulation de ces avantages, et, la terre revient au
cédant Un individu est propriétaire de son oeuvre mais jamais
propriétaire des biens naturels. Aujourd'hui, l'arrivé du
capitalisme en milieu rural avec l'achat des terres ; la gestion
foncière est basée sur la monétarisation.
67
I-2-2 Environnement économique
L'économie des populations Kettun est basée sur
l'agriculture et le commerce. Cette population tire son économie sur les
matières premières telle que le café et le cacao.
L'activité commerciale est réservée presque la
majorité des jeunes hommes et les femmes du kettun.
Pratiquement tous les chefs-lieux de Communes de la
Sous-préfecture d'Akoupé disposent chacun d'un marché
permanent de vivres à grande ou moyenne capacité (Afféry :
642 places ; Akoupé : 3500 places, Bacon : 300 places, Assangbadji : 200
places etc). Les marchés hebdomadaires du dimanche d'Afféry, et
Bonahouin sont de notoriété avec d'importants volumes de produits
vivriers de saison (manioc, banane, légumes etc.) à prix bord
champ (enquête exploratoire, 2018).
La Sous-préfecture a une transformation du bois par des
entreprises qui sont situées à Cardena (SNTRA et NSKF) qui
emploient environ 3500 personnes et transforment en moyenne 277 000
m3 de grume par an.
I-2-3- Environnement culturel
La population dominante de la sous-préfecture
d'Akoupé est constituée par les autochtones Akyé. La
diversité culturelle des peuples Akyé, Agni, et Gwa qui composent
la sous-préfecture lui confère une richesse indéniable.
Les formes d'expression culturelles sont nombreuses, notamment les danses
traditionnelles, la gastronomie, l'art (RGPH, 2014)
Venu du Ghana actuel pour s'installer en Côte-d'Ivoire,
ce peuple est reconnu comme un peuple très joviale et festif qui a l'art
des concerts avec les groupes musicaux reconnu au national (TP Audiorama, Ahiwo
Orchestra, N'guié Orchestra, Alobié Akounda)
68
Le peuple Akyé de la Sous-préfecture
d'Akoupé dans ses différentes composantes offre au voyageur
plusieurs festivals, à savoir la fête de génération
avec ses tam-tams parleurs et ses chefs guerriers de la danse forkwê.
L'organisation sociale se fait par la sortie des
générations. Ce sont les « mbeché » qui
succèdent au pouvoir.
Au niveau gastronomique, le Biekosseu devenu un art culinaire,
une recette composée de sauce piment et poissons frais ou de l'escargot.
Ce plat traditionnel dont la réputation dépasse les
frontières, la sous-préfecture et de la Cote d'Ivoire permet
d'identifier aisément ce peuple.
69
CHAPITRE II : LA PRESENTATION DU VILLAGE DE BACON
II- LE VILLAGE DE BACON
II-1- Organisation du village de Bacon
Bacon est une localité du sud de la Côte
d'Ivoire située dans la région de la Mê et dans le
département d'Akoupé. La localité de Bacon est chef-lieu
de commune. Le village est situé à 3 km de la
sous-préfecture d'Akoupé.
Le village de Bacon, cohabite en parfaite harmonie le peuple
Akyé, peuple autochtone du village fortement influencé par les
allochtones (Baoulé, Abron etc...) et allogènes
(Burkinabés, Mauritaniens, Maliens etc...). Ce village a comme
infrastructures : les collèges secondaires et primaires, les centres de
santé etc (enquête de terrain, 2019).
II-2- Organisation politique
Le village bacon est composé en 4 grandes familles ;
chaque famille, on a 2 notables qui représentent la grande famille dans
le village.
Les 4 grandes familles du village notamment : la famille
« Anon bosson », « Nanan ayin bosson », « Obin bosson
» et « Beda koi ». Dans ces 4 grandes familles ; le chef du
village est issu de la famille « Beda koi ». Le concept du mot «
bosson ou koi » signifie en pays Akyé famille.
Le village de Bacon avec une nombreuse population est
dirigé par un chef du village et ses notables. Nous avons la
différente communauté des allogènes et
70
allochtones qui sont représentés par un chef de
communauté (enquête exploratoire, 2018).
II-3-Environnement économique et culturel de la
zone d'étude II-3-1- Environnement économique
L'activité principale de la population de Bacon est
l'agriculture qui est basé sur le café, le cacao, les
bananes-plantains et du manioc et aussi l'activité de commerce.
Donc nous pouvons dire que la population de Bacon tire son
économie sur l'activité agricole et l'activité de
commerce.
II-3-2- Environnement culturel
Le respect des valeurs et normes au coeur du
développement du village de bacon ; la population de Bacon a un regard
très important dans le respect des us et coutumes du village.
Elle dispose une eau sacrée qui permet aux autochtones
de veiller sur les biens matériels et moraux du village. Cette eau est
appelée « DJABO ». La population de Bacon ne mange pas les
poissons de cette eau sauf les étrangers qui peuvent manger les
poissons.
L'adoration de cette eau se fait à la première
semaine de la nouvelle année et aussi seulement les villageois qui
peuvent participer aux sacrifices de « DJABO ». Les étrangers
ne participent pas le jour du rituel. La personne qui fait le sacrifice rituel
s'appelle KACOU Séka Michel. Le sacrifice rituel de « DJABO »
est héréditaire.
Aussi, nous avons une danse traditionnelle appelée
« FORKWE » qui se fait de générations en
génération. Cette danse se fait chaque début de
l'année et c'est le
71
jour de l'adoration du « DJABO » les personnes
présentent le jour du sacrifice, ce sont les enfants et les parents qui
sont d'office du village ; en effet les personnes que leurs deux parents ne
viennent pas du village font pas le sacrifice (enquête exploratoire,
2019).
II-4- organisation foncière
Dans les années 1920, le village Bacon il n'existe pas
une catégorie d'individus ayant un droit de propriété sur
la terre. La terre est propriété commune des villageois.
L'appartenance à la communauté villageoise est la seule condition
d'accès à la terre. Tous les villageois ont un droit d'usage sur
la terre sans distinction du statut social. La terre villageoise n'étant
pas partagée entre les différents lignages composant le village
tout individu en âge de cultiver et désirant cultiver, Pratique sa
culture partout par l'autorisation du chef de la famille. Une fois le champ
créé, le propriétaire du champ a en priorité le
droit d'usage sur les portions de forêt s'étendant aux environs
immédiats de son champ. Ainsi tout individu désirant
défricher ces portions a le devoir d'en demander l'autorisation celui
qui a la priorité (notre enquête, 2019).
L'accès à la terre dans le village est chose
facile pour les membres de la communauté villageoise, il n'en est pas de
même pour les étrangers. Alors que des individus d'un autre
village ayant des liens de parenté reconnus dans un village
considéré ont facilement accès à la terre dudit
village, les autres étrangers eux, ont le statut de clients. En tant
qu'individu ayant à couvrir une dette et pris en gage par un hôte.
Ils travaillent uniquement au compte de celui-ci (enquête exploratoire,
idem). Le terroir villageois et les domaines individuels ne sont pas nettement
délimités. Cependant. Ils ne font l'objet d'aucun litige puisque
nous sommes en situation d'abondance. La terre en friche n'a aucune valeur
économique.
72
Aujourd'hui, à Bacon avec l'introduction des cultures
commerciales (café et cacao) a modifié la situation
foncière traditionnelle du village. A partir de là le droit
d'usage qu'à chaque villageois sur le territoire du village se
transforme en droit de propriété. La terre n'est plus seulement
un moyen pour tirer sa subsistance mais aussi un intérêt
particulier. La description de la Sous-préfecture et la zone
d'étude, nous a permis de connaitre l'environnement
socio-économique, socio-politique et socio-culturelle des populations
vivant dans le Kettun.
73
CHAPITRE III : LA DESCRIPTION DU PROCESSUS DE LA
CERTIFICATION FONCIERE ET LES DECRETS LIES A LA CERTIFICATION FONCIERE EN
CÔTE D'IVOIRE
· LA DESCRIPTION DU PROCESSUS DE LA CERTIFICATION
FONCIERE
La procédure comprend :
· Le demandeur.
Toute personne désirante sécurisée son
foncier doit pouvoir rédiger une demande au prêt de la direction
d'agriculture de sa zone.
· Achat de la liasse
La liasse est un document qui compose plusieurs fiches qui
permettent au demandeur de se renseigner. La liasse se paie à Abidjan
(Plateau) à l'immeuble de la CAISTABLE. Elle est à dix mille
franc (10000f).
· Dépôt de la liasse
Après avoir payé la laisse, le demandeur doit
pouvoir se renseigner les différentes fiches qui se trouvent au sein de
la liasse et aller déposer à la direction de l'agriculture. Si le
demandeur a du mal à renseigner les fiches il peut aller à la
direction pour s'aider au remplissage. Après, le directeur de
l'agriculture transmet la liasse remplit chez le sous-préfet.
· Désignations du commissaire enquêteur
Après le dépôt de la liasse chez le sous-préfet.
74
Il demande au directeur de l'agriculture de nommer les
différents commissaires enquêteurs et il propose au
sous-préfet. Après la nomination des commissaires
enquêteurs, ils prennent serment devant le public.
· L'ouverture de l'enquête
Cette étape permet de faire un communique dans toutes
les institutions et les affiches au sein de ces institutions (les
sous-préfectures, les mairies, la direction de l'agriculture, la
préfecture et même dans le village du demandeur)
· Formation de l'équipe d'enquête
Elle se fait par la direction départementale de
l'agriculture.
L'équipe d'enquête comprend :
- les membre CVGFR
- le demandeur
- les sachant du village
- autres personnes
7- Déroulement de l'enquête
Le demandeur fait les layons de sa parcelle avec l'accord ses
voisins limitrophes. Le commissaire-enquêteur et son équipe sur
les droite fonciers coutumiers détenus par le demandeur sur sa
parcelle.
Le géomètre agrée choisi par le demandeur
borne de la parcelle. Il établit le constat des limites et dresse le
dossier technique de la parcelle enquête dure au moins (trois) 3 mois.
8- 75
Séance publique
Cette étape constitue les résultats de
l'enquête.
Elle permet à toute personne désirante s'opposer
aux enquêtes réalisées, prend part à cette
séance pour exposer ses contraintes. Aussi le CVGFR en question donne
son avis au droit coutumier du demandeur.
9- Clôture de l'enquête
Après avoir finir la séance publique, si l'on
constat qu'il n'y a pas d'opposition ; le commissaire enquêteur ferme
l'enquête et transmet le cahier d'oppositions à la direction
départementale de l'agriculture.
10- Validation de l'enquête
Une publicité de l'enquête d'une dure trois (3)
mois est réalisée dans le village du demandeur et la
sous-préfecture
· S'il n'y a pas d'oppositions avérées, le
CVGFR approuve l'enquête et établie le constat d'existence
paisible et continue les droits coutumiers.
· Le CGFR présider par le sous-préfet
valide l'enquête ainsi, à la validation de l'enquête des
structures du département intervenantes dans la procédure de la
certification foncière prennent part de la validation. Ses structures
sont le ministre de l'urbanisme et de la construction, ministère de
l'économie et de l'infrastructures, la direction de l'impôt,
ministère des eaux et forêts, la direction de l'agriculture.
Toutes ses structures sont à la charge du demandeur.
11- L'établissement du certificat foncier
Le DDA prépare le CF et le préfet signe le CF. Il
publie au journal officiel après le timbrage des pages.
· LES DECRETS LIES A LA CERTIFICATION FONCIERE EN
CÔTE D'IVOIRE
DECRET N° 99-593 du 13 octobre 1999 Portant sur
l'organisation et les attributions des Comités de Gestion
Foncière Rurale
Article 1 : Il est créé dans chaque
sous-préfecture, par arrêté du Préfet de
Département, un Comité de Gestion Foncière Rurale
ci-après dénommé « le Comité ».
Article 2 : Le Comité, présidé par le
sous-préfet, comprend :
· Avec voix délibérative
- un représentant du Ministère d'État,
Ministère de l'Agriculture et des Ressources Animales
- un représentant du Ministère de l'Environnement
et de la Forêt - un représentant du Ministère du Logement
et de l'Urbanisme
- un représentant du Ministère des Infrastructures
Économiques - un représentant du service du Cadastre
- six représentants des communautés rurales, des
villages et des autorités coutumières désignés sur
proposition des populations pour une durée de trois ans
renouvelables.
· 76
avec voix consultative
77
- un gestionnaire du Plan Foncier Rural partout où ce
projet a été réalisé ou est en cours de
réalisation
- les personnes concernées par les questions devant
faire l'objet des délibérations du Comité et notamment des
représentants des comités villageois tels que prévus
à l'article 5 ci-après
- toute personne utile à la bonne fin des travaux du
Comité.
Article 3 : Le Comité est l'organe de gestion
foncière rurale. Il délibère obligatoirement:
· sous forme d'avis conformes sur :
- la validation des enquêtes officielles de constat de
droits fonciers coutumiers
- les oppositions ou réclamations survenant au cours
des procédures d'immatriculation des terres du Domaine Foncier Rural
concédé
- les conflits non résolus au cours des enquêtes
foncières - les demandes de cession de droits fonciers coutumiers -
l'implantation des opérations de reboisement
- l'implantation des projets d'urbanisation
· Sous forme d'avis simples sur les implications
foncières des différents projets de développement
rural.
· Il peut être saisi pour avis simple, par les
autorités compétentes, de toute question relative au Domaine
Foncier Rural.
· Il prend l'initiative d'étudier toute question
relevant de sa compétence aux fins de propositions aux autorités
compétentes.
·
78
Il est obligatoirement informé de
l'établissement des Certificats Fonciers et des actes de gestion les
concernant.
Article 4 : Sur première convocation, le Comité
ne peut délibérer valablement qu'en présence d'au moins
trois quarts de ses membres. Sur convocation ultérieure pour un
même ordre du jour, il délibère valablement sans condition
de quorum. Ses avis sont rendus à la majorité simple des membres
présents. En cas de partage égal des voix, celle du
Président est prépondérante. Le Comité
établit son règlement intérieur.
Article 5: Le sous-préfet crée des
Comités villageois de Gestion Foncière Rurale pour l'étude
de tous les dossiers concernant leurs terroirs. Les chefs de terres sont
obligatoirement membres des Comités villageois.
Article 6 : Le secrétariat du Comité est
assuré par la Direction Départementale de l'Agriculture et des
Ressources Animales du ressort de la sous-préfecture du siège du
Comité.
Article 7 : Les dossiers de délibération, y
compris les avis et propositions du Comité, sont communiqués par
le Sous-préfet au Préfet du Département. Le Préfet
dispose d'un délai de deux semaines à compter de la
réception des documents pour donner suite aux avis et propositions
formulés.
Article 8 : La décision finale prise par le
Préfet de Département est communiquée aux structures
concernées par les soins du Sous-préfet dans un délai
d'une semaine à compter de sa réception et publiée si
besoin est.
Article 9 : Les Comités de Gestion Foncière
Rurale créés antérieurement à la date de
publication du présent décret sont confirmés sous
réserve d'une mise en conformité avec les dispositions du
présent décret.
79
Article 10 : Des arrêtés du Ministre d'État,
Ministre de l'Intérieur et de la
Décentralisation, Ministre de l'Agriculture et des
Ressources Animales fixeront, si besoin est, les modalités d'application
du présent décret.
Article 11 : Le présent décret abroge toutes
dispositions antérieures contraires. Article 12 : Le Ministre
d'État, Ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation,
Ministre de l'Agriculture et des Ressources Animales et le Ministre de
l'Économie et des Finances sont chargés, chacun en ce qui le
concerne, de l'exécution du présent décret qui sera
publié au Journal Officiel de la République de Côte
d'Ivoire.
80
DECRET N° 99-594 du 13 octobre 1999 fixant les
modalités d'application au Domaine Foncier Rural coutumier de la loi
N° 98-750 du 23 décembre 1998.
DECRETE
TITRE 1. DEFINITION DES PROCEDURES DE REALISATION DES
ENQUÊTES OFFICIELLES DE CONSTAT DE DROITS SUR LE DOMAINE FONCIER RURAL
COUTUMIER
Article 1 : Toute personne, tout groupement informel d'ayants
droit, se disant détenteur de droits sur le Domaine Foncier Rural
coutumier, doit faire constater ces droits dans les délais prescrits par
la loi N° 98-750 susvisée. Le constat est effectué au terme
d'une enquête officielle réalisée aux frais du demandeur
selon les modalités déterminées par les articles
ci-après.
Section I La demande d'enquête
Article 2 : La demande d'enquête en vue de
l'établissement d'un Certificat Foncier est adressée au
Sous-préfet compétent en sa qualité de Président du
Comité de Gestion Foncière Rurale. Elle est rédigée
selon le formulaire défini par arrêté du Ministre
d'État Ministre de l'Agriculture et des Ressources Animales. Elle
comporte:
- des informations sur l'identité du demandeur,
- la désignation sommaire du bien foncier coutumier,
- le choix par le demandeur d'un opérateur technique
sur une liste d'agrément arrêtée par le Ministre
d'État, Ministre de l'Agriculture et des Ressources Animales et le
Ministre de l'Économie et des Finances. Les modalités
d'inscription et de radiation sur la liste d'agrément, sont
fixées par arrêté conjoint du Ministre d'État,
81
Ministre de l'Agriculture et des Ressources Animales et du
Ministre de l'Économie et des Finances.
Section II. Le déroulement de
l'enquête
Article 3 : Dès réception de la demande, le
Sous-préfet désigne un commissaire enquêteur sur
proposition du Directeur Départemental de l'Agriculture et des
Ressources Animales. Si l'enquête est diligentée dans le cadre
d'un programme public d'intervention. La désignation du commissaire
enquêteur est effectuée par le Ministre d'État, Ministre de
l'Agriculture et des Ressources Animales. Le Sous-préfet déclare
l'ouverture de l'enquête par affichage à la
Sous-préfecture, dans les services extérieurs du Ministère
d'État, Ministère de l'Agriculture et des Ressources Animales, au
village concerné, en tout lieu utile aux besoins de l'enquête, et
par communiqué radiodiffusé.
Article 4 : Le commissaire enquêteur constitue une
équipe d'enquête qui comprend un présentant du Conseil de
village, un représentant du Comité Villageois de Gestion
Foncière, le gestionnaire du bien foncier concerné. Aux personnes
précitées se joignent les voisins limitrophes, le demandeur, et
toute autre personne requise pour les nécessités de
l'enquête.
Article 5 : L'enquête aboutit à :
- la constitution d'un dossier de délimitation,
- l'établissement d'un procès-verbal de
recensement des droits coutumiers.
Article 6 : Le dossier de délimitation comprend les
documents énoncés ci- dessous.
6.1.) Un plan du bien foncier faisant apparaître les
parcelles limitrophes. Ce plan est établi par l'opérateur
technique agréé conformément aux normes topo
cartographiques suivantes:
82
- échelle du 1/10.000ème ou échelle plus
grande si nécessaire, - rattachement au Réseau
Géodésique Ivoirien,
- indication du nord vrai, - précision de l'ordre du
mètre,
- indication d'au moins deux points d'appui géo
référencés. Le plan ainsi établi est signé
par l'opérateur technique agréé. Il peut être
réalisé par la méthode topographique classique dite
goniométrique, ou par l'utilisation de supports photo cartographiques
géo référencés, ou par toute autre méthode
à la condition de respecter les normes ci-dessus. En cas de levé
non conforme, la reprise du plan est effectuée aux frais de
l'opérateur technique agréé. Un arrêté
conjoint du Ministre d'État, Ministre de l'Agriculture et des Ressources
Animales et du Ministre de l'Économie et des Finances fixe les
modalités de réalisation et de présentation de ce plan.
6.2.) Un constat des limites est établi par
l'opérateur technique agréé suivant un formulaire
défini par arrêté du Ministre d'État, Ministre de
l'Agriculture et des Ressources Animales. Ce constat est signé par les
parties présentes et par l'opérateur technique
agréé. L'établissement de ce constat nécessite une
matérialisation suffisante, éventuellement provisoire, notamment
par clayonnage ou piquetage, des limites sur le terrain, aux fins de
reconnaissance visuelle par les parties présentes.
Article 7 : Au procès-verbal de recensement des droits
coutumiers sont annexés les documents suivants :
7.1.) Une fiche démographique, visant à
recenser les personnes concernées par l'enquête ;
83
7.2.) Un dossier foncier comprenant un questionnaire et la
déclaration du demandeur signée par celui-ci et approuvée
par les parties concernées ;
7.3.) En cas de droits coutumiers collectifs, la liste
exhaustive des détenteurs de ces droits ;
7.4.) Eventuellement, un dossier des litiges fonciers
identités comprenant les déclarations des parties en conflit
signées par celles-ci ;
7.5.) Le cas échéant, un état des droits de
propriété ou des droits de concession ou d'occupation
accordés par l'Administration. Les documents ci-dessus, sont
définis par arrêté du Ministre d'État, Ministre de
l'Agriculture et des Ressources Animales.
Section III. La validation de ` l'enquête
Article 8 : La validation de l'enquête est
préparée par la publicité de celle-ci dans les villages
concernés. Cette publicité est effectuée par le
commissaire enquêteur sous l'autorité du Comité Villageois
de Gestion Foncière Rurale et comprend les étapes suivantes :
8.1.) L'annonce par affichage au village concerné,
à la Sous-préfecture et dans les services extérieurs du
Ministère d'Etat, Ministère de l'Agriculture et des Ressources
Animales, du lieu et de la date de la séance publique de
présentation des résultats de l'enquête,
8.2.) La séance publique de présentation des
résultats de l'enquête et l'ouverture d'un registre des accords et
oppositions, tenu par le Comité Villageois de Gestion Foncière
Rurale,
8.3.) La clôture de la publicité après une
période de trois mois à compter de la séance publique
prévue en 8.2.) Ci-dessus, par la tenue d'une séance publique au
cours de laquelle sont lues, discutées et consignées dans un
procès-verbal signé par
84
les parties présentes, les remarques formulées
sur le registre des accords et oppositions.
Article 9 : Après clôture de la
publicité, le procès-verbal de publicité est remis au
Comité Villageois de Gestion Foncière Rurale pour approbation et
signature éventuelle d'un constat d'existence continue et paisible de
droits coutumiers. Le dossier complet est adressé au Comité de
Gestion Foncière Rurale de la Sous-préfecture pour validation,
notification au demandeur et transmission à la Direction
Départementale de l'Agriculture et des Ressources Animales pour
exploitation. Le demandeur insatisfait peut introduire une ultime demande
d'enquête dans un délai maximal de 6 mois à compter de la
validation de l'enquête. Passé ce délai les
résultats de l'enquête peuvent être utilisés par tout
ayant droit déterminé par l'enquête, auquel cas cet ayant
droit remboursera au demandeur les frais de l'enquête au prorata des
superficies concernées.
Article 10 : Le Ministre d'Etat, Ministre de l'Agriculture et
des Ressources Animales prend toutes dispositions pour assurer la supervision
et le contrôle de la régularité des enquêtes
officielles effectuées.
TITRE II : ETABLISSEMENT, PUBLICATION ET GESTION DU
CERTIFICAT FONCIER
Section I. Etablissement du Certificat Foncier
Rural
Article 11: Dès réception du dossier de
l'enquête officielle, le Directeur Départemental de l'Agriculture
et des Ressources Animales contrôle ce dossier et prépare le
Certificat Foncier qu'il soumet à la signature du Préfet de
Département.
85
Article 12 : Le Certificat est enregistré par le
Directeur de l'Agriculture et des Ressources Animales et timbré aux
frais du titulaire selon un barème établi par arrêté
conjoint du Ministre de l'Economie et des Finances et du Ministre d'Etat,
Ministre de l'Agriculture et des Ressources Animales. Une copie conforme est
remise:
- soit au titulaire lui-même ou à son
représentant porteur d'un mandat spécial légalisé
par le sous-préfet, dans le cas d'un certificat individuel - soit au
représentant légal de la personne morale titulaire
- soit au gestionnaire du groupement informel
désigné par les membres dudit groupement dont la liste est jointe
au Certificat.
Article 13 : Le plan du bien foncier est joint au Certificat.
Article 14 : Au Certificat est annexé un cahier des
charges signé par le Préfet de Département et le
titulaire, précisant :
- dans tous les cas, l'obligation de mise en valeur des
terres, celle-ci étant appréciée en tenant compte des
pratiques suivies dans la région en matière de jachère
- le cas échéant, la liste des occupants de
bonne foi, mais non admis au bénéfice du certificat foncier, dont
les droits seront confirmés par le titulaire du certificat de
façon juste et équitable pour les deux parties, aux clauses et
conditions du bail emphytéotique et conformément aux loyers en
vigueur fixés par textes réglementaires
- le cas échéant, l'existence de servitudes
particulières ou d'infrastructures réalisées par l'Etat ou
par des tiers et dont l'usage est réglementé
86
- les conditions d'immatriculation au Livre Foncier telles que
précisées par le Titre III ci-après
Section II. Publication du Certificat
Article 15 : Le Certificat est publié au Journal
Officiel par le Préfet de Département.
Section III. Gestion du Certificat
Article 16 : Dès sa parution au Journal Officiel, le
Certificat Foncier confère au groupement informel qui en est titulaire
la capacité d'ester en Justice et d'entreprendre tous les actes de
gestion relatifs au bien foncier concerné
Article 17 : En cas de décès ou
d'empêchement du gestionnaire d'un groupement informel, les membres de
celui-ci désignent un nouveau gestionnaire et en informent le
Comité villageois de Gestion Foncière Rurale qui notifie la
désignation au Comité sous-préfectoral dont il
dépend. Le Comité sous-préfectoral informe le Directeur
Départemental de l'Agriculture et des Ressources Animales. Celui-ci
prend acte de la modification ainsi survenue et l'enregistre.
Article 18 : En cas de décès de son titulaire,
le Certificat individuel tombe dans la succession du cujus et est traité
comme tel. Un nouveau Certificat est établi en faveur des
héritiers reconnus et publié comme il est dit à l'article
15 ci-dessus.
Article 19 : En cas de liquidation de la personne morale
titulaire du Certificat ce dernier fait partie dès actif.
Article 20 : Les Certificats sont cessibles. La cession est
déclarée par les deux parties concernées au Directeur
Départemental de l'Agriculture et des Ressources Animales. Celui-ci
prépare un nouveau Certificat qu'il soumet à la signature du
Préfet de Département. Le nouveau Certificat est soumis aux
formalités prévues à
87
l'article 12 ci-dessus. Il n'est remis au nouveau titulaire
qu'après annulation du premier Certificat.
Article 21 : Le bien foncier objet du Certificat peut
être morcelé. Le bien foncier objet d'un Certificat collectif peut
être morcelé au profit des membres du groupement ou de tiers. Dans
tous les cas de morcellement, déclaration en est faite au Directeur
Départemental de l'Agriculture et des Ressources Animales qui
prépare de nouveaux Certificats. Ceux-ci sont soumis aux
formalités prévues à l'article 12 ci-dessus. Ils ne sont
remis à leurs titulaires qu'après annulation du premier
Certificat.
Article 22 : Dans les cas prévus par les articles 20
et 21 ci-dessus l'intervention de l'Administration porte exclusivement sur
l'aspect foncier de la cession.
Article 23 : Le bien foncier objet d'un Certificat peut
être loué.

LES CONTRAINTES SOCIO-ECONOMIQUES LIEES A LA
ONOMIQUES LIEES A LA CERTIFICATION FONCIE
CERTIFICATION FONCIERE RURALE A BACON.
TROISIEME PARTIE:
88
89
CHAPITRE I : LES CARACTERISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES
DES PAYSANS DE BACON
Ce chapitre consiste à présenter les
caractéristiques socio-économiques des paysans de bacon ayant
constitués notre échantillon dans cette recherche. Cette phase
participe à la connaissance de l'identité des acteurs
interrogés lors de notre enquête. Cette connaissance est
liée au faite que la qualité de l'information traitée
dépend relativement de la qualité des acteurs
enquêtés.
En fonction de l'objectif de cette étude, quatre (4)
variables ont retenues notre attention. Il s'agit de présenter notre
échantillon c'est-à-dire les chefs ménages selon le sexe,
l'âge, l'aire culturelle et niveau d'instruction.
I-1- Le sexe
Le sexe représente une variable importante qui nous
permet de déterminer et de connaitre le genre de la population à
étudier. Il nous permet de distinguer les différents
enquêtés et de montrer la variabilité des informations
collectées au sein de celle-ci.
Le graphique ci-dessous déterminé la proportion
du genre féminin et masculin au sein notre échantillon.
Tableau 6: répartition des enquêtés
selon le sexe
Sexe
|
Nb. cit.
|
Fréq.
|
Masculin
|
39
|
65,0%
|
Féminin
|
21
|
35,0%
|
TOTAL OBS.
|
60
|
100%
|
|
Source: enquête de terrain, décembre
2019
90
Le tableau ci-dessus relative à la répartition
des paysans interrogés selon le sexe laisse entrevoir que la
majorité des paysans interrogés dans la localité
d'étude soit 65% est de sexe masculin. On dénote un écart
de 30% de différence entre le sexe masculin et féminin. Ce qui
nous emmène à dire que les hommes sont beaucoup plus nombreux que
les femmes. Cette forte prédominance du genre masculin au sein des
personnes enquêtées est liée au régime coutumier qui
accorde une priorité à l'homme, à l'accès à
la terre et à la gestion des biens familiaux. Par ailleurs, la
proportion des femmes paysanne (35,00%) parmi nos enquêtés n'est
pas à négliger surtout que nous sommes dans une
société matrilinéaire. A ce sujet, madame AK,
présidente des femmes nous donne son point de vue à travers le
propos suivant :
« Avant chez nous à Bacon les femmes
n'avaient pas le droit de faire champs de café et cacao. Cette
tâche était réservée uniquement qu'aux hommes car
les femmes n'avaient pas droit à la terre. Mais, maintenant comme le
monde à changer, ont vois de plus en plus des femmes qui ont des champs
de cacao et café qui leurs appartient. »
A travers ce discours de madame AK, nous comprenons que dans
la société de Bacon, l'accès à la terre du genre
féminine est un fait récent. Dans la tradition ancienne, celle-ci
étaient marginalisée. Cependant, de nos jours, l'introduction de
valeurs exogène ainsi que la législation nationale ont
contribué au positionnement de la femme dans le jeu foncier.
I-2 L'aire culturelle
L'aire culturelle est perçue comme l'ensemble des
communautés réunies autour d'un langage qui les
différencie des autres groupes. Par conséquent, l'ethnie est
reconnue comme un lieu de production et de reproduction des modèles
culturels qui
91
déterminent les comportements des individus (Evina, 2007).
Dans cette étude, nous avons classifié les différentes
aires culturelles rencontrées à Taabo-village comme suite:
· Les autochtones (ceux originaire de Bacon
c'est-à-dire les (attié)
· Les allochtones (composé des ivoiriens migrants :
baoulé, malinké, Abron...,
· Les étrangers (composé de personnes venant
de la sous-région : malin, burkinabé, ...)
Ces différentes aires culturelles constituant notre
échantillon ont été représenté dans le
tableau suivant :
Tableau 7 : répartition des paysans selon l'aire
culturelle
Nationalité
|
Nb. cit.
|
Fréq.
|
Autochtones
|
49
|
81,67%
|
allochtones
|
4
|
6,67%
|
Allogène
|
7
|
11,67%
|
TOTAL CIT.
|
60
|
100%
|
|
Source :(enquête de terrain, décembre
2019)
Le tableau ci-dessus indique une diversité culturelle
au sein de notre population étudiée. On retrouve au sein de cette
population presque toutes les aires culturelles présentes en Côte
d'Ivoire mais aussi des non nationaux venant de la sous-région.
92
Tel que présenté dans le tableau ci-dessus, les
autochtones représentent la population la plus représentative et
la plus élevée au sein des enquêtés soit environ
81,67%. Contrairement aux autochtones, les allochtones représentent
6,67% et les Allogène 11,67%. La forte proportion des autochtones se
justifie par le fait que ces derniers sont sur leurs terres, il est donc
évident qu'ils aient un accès privilégié à
la terre contrairement aux non autochtones.
Les allochtones et les étrangers que nous pouvons
caractériser de populations « migrantes » ou «
étrangère », représentent 18,34% des populations
interrogées. Cette proportion est le reflet d'une société
cosmopolite et composite que présente la population de Bacon dont les
membres viennent d'horizons divers. La proportion des non autochtones dans
notre échantillon traduit aussi l'accès à la terre des
étrangers. La faible proportion des non autochtones est dû
à l'accès dépendent de ceux-ci des autochtones. Le chef de
la communauté allochtone nous fait savoir que :
« A Bacon ici, tant que les autochtones n'ont pas
encore exploité des terres, on ne donne pas la terre à un
étranger comme ça. La plupart d'entre nous sommes venu pour se
chercher ici. Ceux qui avaient de l'argent on acheter la terre. Par contre, la
plupart d'entre nous sommes dans les champs par l'intermédiation d'un
autochtone qui est notre tuteur. »
Il ressort qu'à Bacon, aussi bien les autochtones que
les non autochtones ont accès à la terre. Toutefois, les
autochtones sont priorisés tant disque les non autochtones passent par
le biais d'un autochtone pour accéder à la terre. Par ailleurs,
certains
93
migrants passent par le moyen d'achat pour accéder
à la terre. Ce qui lui donne de disposer de droit de
propriété au même titre que les autochtones.
I-3 revenus mensuels et dépenses mensuelles des
paysans de Bacon I-3-1- revenu mensuel des paysans
Le revenu mensuel est une variable importante dans la
détermination du gain des paysans. Cette variable nous permet de mesurer
leur capacité à faire face aux dépenses quotidiennes. Le
tableau ci-dessous présente les différentes tranches de revenus
des paysans de Bacon.
Tableau 8: répartition des enquêtés
selon le revenu mensuel

Source : enquête de terrain, décembre
2019
Tel que présenté par le tableau, le revenu
mensuel des paysans de Bacon varie de 20000f à plus de 150000f. 63,3%
des paysans de Bacon ont un revenu mensuel compris entre 20000 et 59995f. Cette
proportion représente la proportion la plus élevés avec un
revenu mensuel inférieur au SMIG national fixé à 60.000f.
Par
94
contre, l'exploitant agricole représente 46,7%. Ces
derniers ont un revenu mensuel supérieur au SMIG.
La forte proportion des exploitants agricoles dont le revenu
mensuel est inférieur au SMIG est du fait que la plupart des
enquêtés ne sont pas propriétaire foncier. Du coup, ces
paysans ont des petites portions de terres qui les amènent à
pratiquer des cultures de subsistances qui ne leur apportent pas de grand
revenu. par exemple nous explique le chef des communautés non ivoirien
:
« Ici pour avoir la terre c'est compliqué.
Souvent, quand on nous donne la terre c'est jachére. On utilise pour les
simples cultures et seulement à se nourrir. On ne peut rien faire avec
ça. Donc ça fait qu'on ne gagne pas de l'argent. Moi-même
dans l'année je peux pas avoir 60000f»
A travers ce propos, nous comprenons qu'en
réalité les exploitations agricoles ne permettent pas aux
exploitants agricoles de faire de plus grands profits. Par conséquent le
revenu annuel pour ses paysans est moins significatif. Cette situation peut
constituer une contrainte à la demande du CF.
I-3-2- Dépenses mensuelles des paysans
Cette variable est très importante et nous permet de
savoir les dépenses effectuées par les paysans de Bacon
mensuellement. Ce tableau ci-dessous nous présente les dépenses
mensuelles des exploitants agricoles à Bacon.
95
Tableau 9: répartition des enquêtés
selon les dépenses mensuelles
dépense mensuelle
|
Nb. cit.
|
Fréq.
|
25000-59000
|
38
|
63,3%
|
60000-85000
|
17
|
28,3%
|
90000-120000
|
3
|
5,0%
|
125000 et plus
|
2
|
3,3%
|
TOTAL OBS.
|
60
|
100%
|
|
Source : (enquête de terrain, 2019)
Ce tableau nous présente les différentes
dépenses des paysans de Bacon. Ces dépenses varient de 25000f
à plus de 125000f. La proportion des paysans qui dépensent plus
de 125000f le mois soit 3,3% de notre échantillon représente la
catégorie la plus faible.
Les Parmi ces paysans certains effectuent des
dépensent comprises entre 90000120000 dans le mois soit un taux de 5,0%.
On constate un écart de 60% entre les paysans qui dépensent moins
de 60000f et ceux qui dépenses plus de 125000f.
Ce fort taux des exploitants agricoles qui dépensent
moins de 60000f traduit un état de pauvreté compte tenu de leur
revenu mensuel. Ces dépenses sont dues aux responsabilités
sociales : scolarisation des enfants, problèmes familiaux,
l'alimentation familiale, les décès familiaux etc. selon les
propos de la présidente des femmes de Bacon :
« Nos parents ont beaucoup de charges durant toute
l'année. Ces dépenses avoisinent dans l'année
souvent
96
300000f. D'autres atteignent 500000f. Ces dépenses
concernent pour la plupart les soins de santé, les problèmes de
famille et autres. Ils sont obligés d'y faire face chaque année
pour survivre avec leur famille»
Nous comprenons ainsi que les paysans de Bacon sont
confrontés à de multiples dépenses vis-à-vis des
charges dont ils ont la responsabilité d'apporter une réponse
pour le bien être de sa famille. Ainsi, face à cette situation de
recherche permanente de satisfaction aux charges de sa famille, l'idée
de certification foncière semble ne pas faire partir de ses
préoccupations primaires compte tenu du coût du CF.
I-4- Taille des superficies exploitées
Tableau 10: répartitions des paysans selon les
superficies exploitées
superficies exploitées
|
Nb. cit.
|
Fréq.
|
0,5-1 ha
|
7
|
11,67%
|
2-3 ha
|
23
|
38,33%
|
4-5 ha
|
30
|
50,00%
|
TOTAL CIT.
|
60
|
100%
|
|
(Source : enquête de terrain, decembre
2019)
Ce tableau nous présente les différentes
superficies exploitées par les paysans de Bacon. Ces superficies varient
de 0,5 à 5 ha par paysan. La moitié des exploitants agricoles
soit 50% exploitent une superficie de 4 à 5 ha. Les exploitants
disposent en moyenne 3 ha. En outre, on note un nombre moins
élevés d'exploitant disposant d'1 ha de terre exploité.
La faible proportion des exploitant ayant entre 0,5-1 ha de
parcelle cultivé se justifie par le fait que à Bacon, les
surfaces exploitables sont de plus en plus rare.
97
La rareté des terres ainsi que le morcellement des
surfaces exploitées ont réduit la taille des exploitations.
La forte proportion de ceux qui possèdent 4-5 ha de
terre trouve son explication dans les propos du Directeur Départemental
de l'Agriculture qui affirme ceci :
« La plupart des terres exploitées par les
habitant de Bacon sont des terres litigieuses. En réalité, leurs
grandes exploitations se trouvent dans la forêt classée de Bacon
car c'est laba ils peuvent trouver encore la terre disponible. Depuis longtemps
on les chasses, on a eu même à détruire certaines
plantations mais, ils y vont quand même espérant que la partie
exploitée soit déclassée »
Face à cette situation, nous comprenons que certains
exploitants agricoles de Bacon se trouvent dans une situation de
précarité foncière. Du coup, la question de certification
foncière semble être une utopie à Bacon.
I-5- niveau d'étude des paysans de Bacon
Le niveau d'instruction est une variable qui nous permet de
connaître le niveau scolaire des enquêtes. Dans le graphique
ci-dessous, nous avons repartis les populations enquêtées selon
quatre niveaux que sont : le supérieur, le secondaire, le primaire et
n'a jamais été à l'école pour les non
scolarisés.
98
Graphique 1 : répartition des paysans selon le
niveau

23,33%
21,67%
1,67%
53,33%
Jamais été à l'école Primaire
Secondaire Supérieur
Source :(enquête de terrain, décembre
2019)
Le graphique ci-dessus montre les variables du niveau
d'étude. 4 couleurs sont représentées sur ce graphique.
Telles que le blue, jaune, vert clair et le violet. Le bleu représente
les paysans ayant un niveau d'etude primaire, le violet est la couleur qui
represente les acteurs qui ont un niveau secondaire, la couleur verte claire
represente les paysans qui n'ont pas ete jamais à l'ecole et enfin, la
couleur jaune claire presente les acteurs qui ont un niveau superieur. ce
graphique des paysans n'ayant jamais été à l'école
représente la plus forte proportion des quatre niveaux
déterminés soit environ 53,33% de notre échantillon. Aussi
sur ce bat de graphique, nous avons parmi ses acteurs jamais été
à l'école, une minorité qui connaissent aussi les
étapes de la certification foncière à Bacon, cela est du
que ses personnes sont dans le CVGFR, et d'autres sont auprès de ses
personnes qui siège dans le comité.
99
A Bacon, la population d'étude qui connaisse les
étapes de la CF ayant un niveau secondaire et cela se justifie sur ce
graphique.
La proportion des populations ayant atteint le niveau
supérieur est de 1,67% et représente la proportion la plus
faible. Ceux du niveau secondaire atteignent 21,57% contre 23,33% pour le
niveau primaire.
Le taux élevé de paysans qui n'a jamais
été à l'école s'explique par les contraintes au
niveau financier et aussi des perceptions qui remontent de l'époque
coloniales. Le faible pourcentage au niveau des études
supérieures des paysans de Bacon s'explique également par le fait
que ces paysans n'ont pas les moyens financiers et pour les parents, cela se
traduit par les traits culturels ; en effet, dans la période de la
colonisation, les parents à Bacon étaient attachés
à leur us et valeurs coutumières. Aussi, ce faible taux de
l'instruction au niveau supérieur se justifie-t-il par les charges
sociales des parents telles que : les dépenses des familles pendant les
décès de parents de la famille ; à Bacon le
décès d'un membre de la famille suscite de grandes
dépenses de la part des membres de sa famille quel que soit le statut de
l'individu décédé. Par exemple selon le chef de la famille
de Bedakoi (Beda est un nom du chef issu de la grande famille de Bacon ; koi
signifie famille) :
« Ici parmi nous les paysans beaucoup n'ont pas
fréquenté, donc quand y a des projets et on leur explique, ils
disent qu'ils ne sont pas allés à l'école donc ils ne
peuvent pas rester pour écouter. Donc ils sont toujours dans leurs
campements. Nous qui savons lire et écrire un peu, on ne peut pas les
forcer ».
Ce propos du chef de famille de Bedakoi justifie le fort taux
des paysans qui n'ont jamais été à l'école. De
cela, nous pouvons dire que la faible demande du CF
100
s'explique par le niveau d'instruction des paysans de Bacon. La
théorie du jeu mobilisée nous permet de confirmer cette
idéologie du chef de la famille. En effet pour Bourdieu, le jeu social
est un enjeu que chaque acteur pose dans son champ
I-6- Les charges des paysans
Selon les enquêtés lors de l'entretien, la charges
des enfants est définie ensemble des problèmes sociaux
(nourriture, scolarisations, soins, se vêtir..) qu'un parent fait
sur des périodes précises. Ce tableau
présente le nombre d'enfant en charge par les exploitants
agricoles.
Tableau 11: d'enfant à charge
nombre d'enfant à charge
|
Nb. cit.
|
Fréq.
|
1
|
1
|
1,67%
|
2
|
5
|
8,33%
|
3
|
16
|
26,67%
|
4 et plus
|
38
|
63,33%
|
TOTAL CI
|
60
|
100%
|
|
(Source : enquête sur terrain,2019)
Ce tableau présente le nombre d'enfants en charge pour
chaque exploitant agricole. Ce nombre varie entre 1 à 4 et plus
d'enfants que les paysans prennent en charge. Le plus fort taux d'enfants pris
en charge est de 63,33% par les exploitants agricoles dans le diagramme y
compris de 4 et plus du nombre d'enfant.
L'écart entre les enfants pris en charge de 1 à
3 enfants est inférieur au nombre d'enfants pris en charge de 4 et plus.
Alors l'écart des enfants pris en charge entre de 1 à 3 enfants
est de 36,33%. Les raisons du fort taux de la prise en charge du
101
nombre d'enfants entre 4 et plus sont diverses : à
Bacon les parents ont des perceptions sociales concernant les enfants. Pour
eux, les enfants sont comme de l'or c'est-à-dire les enfants leur
coûtent très chers. Ces enfants sont pour eux les miracles de
Dieu, donc tout le monde n'est pas appelé à enfanter. Une
personne qui n'enfante pas à Bacon n'est pas respectée et ne peut
pas prendre des décisions en public. En conclusion le nombre d'enfant
dans la société Baconnaise occupe une grande place dans les
perceptions. C'est pour cela que les exploitants agricoles font un nombre
important d'enfant pour être bien vu dans la société et
aussi pour leur propre bien être sociale dans le sens de l'aide
apportée par le travail des enfants dans les champs des cultures
agricoles pour les parents. A Bacon la famille qui détient un grand
nombre d'enfant est respectée dans la société car ses
enfants constituent une source de revenus économiques et sociales (le
respecte des parents dans le village) au niveau politique (on peut nommer ce
père comme un chef guerrier, les enfants comme soldats pour le
père.). Selon le propos du chef de la famille Bosonkoi :
« Ici à Bacon avoir beaucoup d'enfant c'est un
honneur pour la famille. Les enfants sont pour nous de l'or ».
Ce propos du chef de la famille de Bosonkoi affirme les
idées précédentes. En conclusion, nous pouvons dire que
pour les paysans de Bacon, un grand nombre d'enfants constitue un
bien-être social. Or pour certains un grand nombre d'enfants freine les
réalisations des projets. Nous pouvons conclure que la faible demande du
CF se justifie par l'idée précédente.

oui 43,33%
non 56,67%
102
CHAPITRE II : PROCEDURE DE CERTIFICATION FONCIERE ET
CONTRAINTES SOCIO-ÉCONOMIQUES
II-1- connaissance des étapes de la CF
Graphique 2: les différentes étapes de la
CF
connaissance des étapes de la CF
|
|
(Source: enquête de terrain,
décembre 2019)
Ce graphique nous montre deux (2) grandes parties des
paysans, ceux qui ont une connaissance des étapes de la certification
foncière et ceux qui n'en ont aucune. La couleur Blue représente
les exploitants qui connaissent les différentes étapes de la
certification foncière. La couleur violée représente les
paysans qui n'ont aucune connaissance sur les différentes étapes
de la certification foncière. Les paysans qui ne connaissent pas les
différentes étapes de la CF ont le plus fort taux soit 56,67%.
L'écart entre les paysans qui connaissent les différentes
étapes de la CF et ceux qui ne la connaissent pas est de 43.33%. Les
raisons qui suscitent le fort taux des paysans qui ne connaissent pas la
certification foncière sont de diverses : insuffisance de
sensibilisations des structures en charge de la certification foncière
dans le village, insuffisances de formations des acteurs CVGFR et CGFR dans le
cadre de la CF. cela se justifie par le propos le président des jeunes
de Bacon :
« Moi je connais les différentes étapes
de la certification foncière qui se fait à Akoupé ; mais
le problème est que
103
mes amis et parents du village ce n'est pas eux tous qui
connaissent. Moi à mon niveau le jour j'étais à
l'agriculture, la manière on nous a expliqué je vois que la
démarche est très longue et on dépense beaucoup ; les
parents n'ont pas le temps de tout ça, eux, ils sont dans leurs
campements et beaucoup n'ont pas un niveau pour bien connaitre ça, les
sensibilisations ne se font pas d'une manière générale
».
Ce propos du président des jeunes de Bacon
démontre le taux élevé des paysans qui ne connaissent pas
les différentes étapes de la certification foncière. Nous
pouvons donc dire que la faible demande du CF des paysans de Bacon se justifie
par la méconnaissance des différentes étapes du CF.
II-2- les contraintes économiques liées
aux étapes de la certification à chaque étape
Selon le secrétaire de la notabilité de Bacon,
ce sont les contraintes, les problèmes ou les préoccupations qui
empêchent une personne d'atteindre ses objectifs. Ce tableau ci-dessous
présente les différents obstacles qui freinent les paysans de
Bacon dans leur processus.
104
Tableau 12: contraintes économiques dans le
processus de certification foncière
obstacles à la demande du CF
|
Nb. cit.
|
Fréq.
|
Le cout des géomètres
|
26
|
100%
|
Le coût du sous- préfet
|
17
|
65,38%
|
Le coût directeur de l'agriculture
|
26
|
100%
|
Le coût de la liasse
|
5
|
19,23%
|
Le coût du CVGFR
|
26
|
100%
|
TOTAL OBS.
|
26
|
|
|
(Source : enquête de terrain
,2019)
Nous avons interrogé les paysans qui connaissent
seulement les différentes étapes de la CF, dans le tableau
ci-dessus. Ce tableau présente seulement les contraintes
économiques. Plus de 26 paysans montrent les contraintes
économiques telles que le coût des géomètres, le
coût des agents de la direction départementale de l'agriculture et
le coût du CVGFR de Bacon. Tous les 26 paysans soit un taux de 100%. Les
raisons de ces contraintes économiques sont diverses : pour certains,
les géomètres sont dans le domaine privé, pour le CVGFR,
la raison est que ce comité travail à son propre compte et aussi
ils ne sont pas équipé donc les membres doivent se cotiser pour
mener les actions. Pour les agents du DDADR, pour certains acteurs, comme
l'Etat ne subventionne pas les actions donc ils sont obligés de fixer un
coût à leur niveau. Cette idée se justifie par le Directeur
de l'agriculture :
« Avant tout pour qu'on parle du certificat foncier,
dans un village, il faut avoir un comité villageois de gestion
foncière rurale. Le prix du géomètre est trop. Mon petit
les géomètres sont dans le domaine privé donc je ne sais
pas. Moi ce que je sais à notre niveau avant de
105
commencer l'enquête, le demandeur doit payer au
minimum 300.000f et cela dépend de la distance où se trouve la
parcelle et aussi le nombre d'hectare à certifier. Aussi au niveau de la
validation : le demandeur doit assurer la restauration des autorités
présentes, payer le carburant des voitures des autorités. Les
membres du CVGFR de Bacon fixe un coût à chaque demande
».
Ce propos sorti de l'enquête justifie les contraintes
économiques qui freinent la demande du CF dans le village de Bacon. En
conclusion, nous pouvons dire que les contraintes économiques freinent
la demande du CF dans le village de Bacon.
II-3- les différents acteurs freinant la demande
du CF à Bacon Tableau 13: acteurs qui freinent la demande du
CF
ACTEURS QUI FREINENT LA DEMANDE DU CF
|
Nb. cit.
|
Fréq.
|
Les commissaires enquêteurs
|
24
|
25,53%
|
Les géomètres
|
28
|
29,79%
|
Les membres du CVGFR
|
31
|
32,98%
|
Les membres du CGFR
|
10
|
10,64%
|
Les bailleurs de fonds (opérateurs
économiques)
|
1
|
1,06%
|
TOTAL CIT.
|
94
|
100%
|
|
Source: enquête de terrain, décembre
2019
Ce tableau montre les différents acteurs majeurs
freinant la procédure de la CF dans le village de Bacon. Les
commissaires enquêteurs, les géomètres, les membres du
comité CVGFR se Bacon, constituent un obstacle dans la demande du CF
des
106
paysans de Bacon. C'est à dire nous remarquons dans ce
tableau les acteurs qui freine la demande à Bacon sont les membres du
CVGFR de Bacon qui ont un taux de 32,98%. Après vient les
géomètres qui ont un taux de 29,79%. Enfin nous avons les
commissaires enquêteurs avec un taux de 25,53%. Alors nous pouvons dire
que ces différents acteurs constituent le véritable
problème dans la demande dans la sous-préfecture d'Akoupé
et dans le village de Bacon où se mène notre étude.
107
CHAPITRE III : LE FONCTIONNEMENT DU CVGFR DE BACON
III-1- les actions menées par le CVGFR de Bacon
Tableau 14: participation aux sensibilisations
nombre de participation sensibilisation
|
Nb. cit.
|
Fréq.
|
1-2
|
13
|
39,39%
|
2-4
|
9
|
27,27%
|
4-6
|
7
|
21,21%
|
6 et plus
|
4
|
12,12%
|
TOTAL CIT.
|
33
|
100%
|
|
(Source: enquête de terrain, décembre
2019)
Ce tableau montre les différents acteurs majeurs
freinant la procédure de la CF dans le village de Bacon. Les
commissaires enquêteurs, les géomètres, les membres du
comité CVGFR se Bacon, constituent un obstacle dans la demande du CF des
paysans de Bacon. Ici, nous remarquons que les acteurs qui freinent la demande
à Bacon sont les membres du CVGFR qui ont un taux de 32,98%.
Après viennent les géomètres qui ont un taux de 29,79%.
Enfin nous avons les commissaires enquêteurs avec un taux de 25,53%. Nous
pouvons dire que ces différents acteurs constituent le véritable
problème dans la demande dans la sous-préfecture d'Akoupé
et dans le village de Bacon où se mène notre étude.
108
III-2- les contraintes liées à la
disponibilité des membres du CVGFR de Bacon Tableau 15:
disponibilité des membres
disponibilité des membres
|
Nb. cit.
|
Fréq.
|
Oui
|
6
|
23,08%
|
Non
|
20
|
76,92%
|
TOTAL OBS.
|
26
|
100%
|
|
(source : enquête de terrain, 2019)
Ce tableau nous présente les actions menées par
le CVGFR de Bacon depuis sa création et le nombre de fois que les
paysans ont participé à ses actions.
Les membres du comité CVGFR de Bacon mènent des
actions de sensibilisation sur le thème de la certification
foncière. Comme résultat plus de 33 paysans ont montré que
le comité de Bacon sensibilise la population pour la sécurisation
foncière. Cela se justifie à travers 55,00% des paysans qui ont
répondu «Oui» sur le nombre de 33/60. Par contre ceux qui
n'ont pas participé à la sensibilisation du comité et en
même temps qui ne savent pas si ce comité existe sont au nombre de
27 pour une fréquence de 45,00%. Mais nous constatons que la
sensibilisation ne constitue pas de problème au niveau de Bacon. Bien
que ce tableau nous présente le nombre de fois et de participants aux
actions du CVGFR de Bacon. Nous pouvons dire que les paysans qui ont pris part
1-2 fois aux sensibilisations sur les droits coutumiers et les
différentes étapes de la CF ont un taux de participation plus
élevé que les autres, soit de 39,39%. Enfin, on peut conclure que
le CVGFR sensibilise la population de Bacon ; mais nous constatons toujours la
faible demande.
109
III-3- Les contraintes socio-économiques du CVGFR
Graphique 3: problèmes rencontrés par le CVGFR de
Bacon

Source : enquête de terrain 2019
Ce graphique nous présente les contraintes qui font
que les membres ne sont pas disponibles pour les actions menées dans le
village. Dans le tableau nous constatons qu'il y a un nombre total de 26
paysans qui ont répondu à une précédente question,
ce sont donc les paysans qui répondent au niveau de la question
liée à la disponibilité des membres. Parmi les 26 paysans
qui ont répondu à cette question, 20 paysans soit un taux de
76,95% disent que les membres du comité sont pas disponible pour les
actions du terrain, par contre 6 paysans soit un taux de 23,08 % disent que les
paysans sont disponible. Donc nous pouvons dire que la faible demande du
certificat foncier des paysans de Bacon est liée à
l'indisponibilité des membres du comité de Bacon.
Le graphique présente les différentes
contraintes que le CVGFR de Bacon rencontre dans son fonctionnement. Sur les 60
paysans enquêtés, 38 paysans soit un taux de 63,3% n'ont aucune
connaissance des difficultés du comité. En deuxième
110
position nous avons 22 paysans parmi les 60 soit un taux de
36,7% montrent que le comité à un problème financier pour
mener ses actions dans le village. Ensuite 21 paysans parmi les 60 trouvent que
le comité a des problèmes de déplacement quand il y a des
formations des membres du comité, les réunions du comité,
même dans l'ouverture des layons...Dans certains entretiens, d'autres ont
cité comme obstacles pour le comité : insuffisance
d'équipement et de moyens financiers. Des entretiens ont montré
les difficultés que le comité de gestion foncière de Bacon
traverse. Donc nous pouvons dire que la faible demande du CF des paysans de
Bacon émane du fonctionnement du CVGFR de Bacon. Cela s'explique par les
insuffisances d'équipement du comité et par les moyens financiers
du comité. L'un de nos entretiens a montré que les membres du
comité ne sont pas subventionnés, ces membres vivent de leur
propre moyen financier. Donc les membres du CVGFR fixe un prix d'au moins
50.000 par demandeur. Pour ces raisons, le tableau montre les acteurs qui
freinent la demande du CF à Bacon et comme preuve selon l'agent foncier
de la sous-préfecture d'Akoupé :
« Comme moi je ne fais pas partir de ce
comité, mais je peux faire une description de ce comité. Je sais
que ce comité est représenté par le chef du village, et le
secrétaire de la notabilité, les présidents de la jeunesse
et si y a des étrangers dans le village, ils y font partir. Chaque 3 ans
on doit renouveler le CVGFR. Les membres du comité CVGFR de Bacon,
même pas seulement eux mais partout ; les membres ne sont pas
motivés en raison de ce qu'ils ne gagnent rien dans le comité. Le
comité n'est pas équipé et ils ne sont pas
subventionné par l'Etat, donc c'est un travail de
111
bénévolat qu'ils font après. Vu
toutes ces conditions. Ils décident dans la sous-préfecture
d'akoupé d'exiger une somme de 50.000f par demandeur ».
Pour cette intervention de l'agent foncier, nous pouvons dire
que le comité CVGFR de Bacon mène des actions de sensibilisation
dans le cadre de la sécurisation foncière. Mais si nous
constatons que la population reste toujours en marge entrainant de faibles
demandes du CF , cela est dû aux besoins pour le travail tels que le
manque d'équipement, de subventions ; donc les membres du CVGFR de Bacon
se voient faire un travail en vain, car ils ne gagnent rien dans les
démarches de sécurisation foncière . Pour ce propos de
l'enquêté, nous pouvons mobiliser la théorie du
fonctionnalisme à travers le propos de l'enquêté. En effet,
il montre que la faible demande du certificat foncier des paysans de Bacon est
due au fonctionnement des structures qui interviennent dans la certification
foncière dans la Sous-préfecture d'Akoupé.
112
CHAPITRE IV : LES ENJEUX LIÉS CERTIFICAT FONCIER
IV-I- les avantages liés au certificat foncier
Lors de notre enquête de terrain, les paysans
interrogés définissaient les avantages comme ce qui peut apporter
la joie de vivre, le bon sens des choses. Le graphique ci-dessous
présente plusieurs avantages du CF dans le village de Bacon.
Graphique 4: les avantages liés au CF

(Source : enquête de terrain, décembre
2019)
Dans cet histogramme, lors de notre enquête, nous avons
fait ressortir 3 avantages du CF dans le village de Bacon. L'avantage le plus
connu est l'amélioration du niveau de vie. La raison pour laquelle les
paysans optent pour l'amélioration du niveau de vie comme avantage
élevé du CF est du fait qu'avec le CF, l'on peut avoir du
crédit dans les banques et cela peut contribuer au développement
des activités agricoles, par exemple l'installation d'une association
des femmes, entre
les différentes communautés du village. Par
exemple le chef de terre de Bacon dit ceci
« pour moi après la mort d'un parent
qui a le certificat foncier ; si ses enfants n'ont pas de l'argent, ils peuvent
aller prendre du crédit avec ça. Aussi le CF sécurise les
parcelles donc personne ne peut prendre. Le certificat foncier permet
d'être un citoyen comme la carte 'identité. Aussi il réduit
les conflits foncier ».
Ce propos du chef de terre de Bacon justifie les avantages
liés au CF. donc nous pouvons dire que les avantages du CF sont
très important pour les paysans de Bacon.
IV-2- les inconvénients liés au CF dans le
village de Bacon Graphique 5: les inconvénients du CF

Source : enquête de terrain, 2019
114
Cet histogramme montre les inconvénients du certificat
foncier au niveau de Bacon. La taille de notre échantillon est de 60
paysans enquêtés. Sur ce graphique nous avons 43/60 paysans qui
montrent que le CF inclus d'énormes dépenses (payement de
l'impôt). Pour eux, après avoir eu le CF, l'on doit aller payer
les impôts et cela est un problème.
« Comment notre propre terre sur laquelle on travail
; si on fait le certificat foncier pour nous sécuriser et puis chaque
année on doit aller payer l'impôt pour ça. Si c'est comme
ça nous on ne peut pas le faire dêh. Mon frère regarde un
peu nos enfants pour faire les dépenses scolaires, on soufre ; et on va
ajouter impôt sur ça »
(Extrait de l'entretien avec le chef de
terre).
Le propos de cet enquêté nous montre que pour
les paysans, le certificat foncier est une dépense supplémentaire
que l'on veut leur attribuer. Surtout que cela devient comme « une taxe
» périodique, qui demandera de se rendre à la direction des
impôts pour verser une somme. Alors ces paysans refusent de faire la
demande du CF. A travers ce propos nous pouvons mobiliser la théorie du
jeu social du Bourdieu, ou chaque champ à un jeu dans le cadre de notre
étude nous pouvons dire que le CF est un jeu pour les paysans de Bacon ;
les paysans de Bacon sont confrontés à une faible demande du CF,
cela montre que les paysans de Bacon ont perdu le jeu dans la mesure ou leur
demande du CF est faible
115
CONCLUSION GENERALE
Au terme de notre analyse, il convient de retenir que
plusieurs contraintes sont à l'origine de la faible demande du
certificat foncier à Bacon. Cette faible demande s'observe dans un
premier temps au processus de la certification foncière ; elle
considérée par les paysans comme une étape longue ,
coûteuse, et qui demande beaucoup de patience de la part des paysans
d'entamer le processus de la certification foncière .un autre aspect
soulevé par ce sujet tel que au-delà du processus , il y a aussi
le coût de la certification foncière , qui représente un
obstacle pour les paysans pour entamer la demande car en réalité
,depuis l'ouverture de l'enquête jusqu'au signature du certificat par le
préfet , le demandeur doit débourser de l'argent. Alors que les
paysans de Bacon ont du mal d'avoir de l'argent à survivre leurs
besoins.
En plus de cet aspect, il y a aussi la question de la
motivation des membres du CVGFR de Bacon dans la procédure. En
réalité, les différents membres du comité de Bacon
sont démotivés parce qu'ils ne sont pas équipés et
procède leur propre fonds pour mener les actions de sensibilisation et
d'autres dans le village de Bacon. Ce comité n'a pas de soutiens
financiers pour entamer les démarches.
Dans cette étude, il est été question
d'analyser les contraintes socioéconomiques liées à la
faible demande du certificat foncier chez les paysans de Bacon.
Dans le processus d'atteindre notre objectif, nous avons
procédé par une méthodologie : les techniques qui ont
consisté à une recherche documentaire, aux entretiens semis
directifs, aux observations qui nous ont permis de voir les différentes
contraintes qui limites les demandes à Bacon. Aussi les outils de
collectes de données tels que la grille d'observation, le questionnaire
et les guides d'entretiens nous ont permis de recueillir les données
quantitatives et qualitatives.
116
A partir d'une méthode d'analyse de contenu, nous avons
un dépouillement afin de pourvoir analyser les données
collectées.
Cette étude est un élément constructif
dans le recensement des contraintes liées à la certification
foncière. Donc, elle permet de déceler les éléments
qui vont constituer des éléments des contraintes dans le
processus de la certification foncière précisément
à Bacon mais aussi sur toute l'étendue du territoire. Cette
étude peut apporter une solution au besoin des paysans dans la
Sous-préfecture d' Akoupé. Aussi la population de la zone
d'Akoupé va adhérer au projet de la sécurisation
foncière, si nous prenons en compte toutes les obstacles. Ainsi que cela
va conduire au maintien du lien social entre les communautés. Au regard
de nos analyses, nous pouvons dire que nos hypothèses sont
confirmées et que l'objectif de l'étude est atteint.
117
BIBLIOGRAPHIE
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doctorat unique). Abidjan : Université de Cocody.

ANNEXES
S
121
122
ANNEXE 1
OUTILS DE RECHERCHE
GUIDE DESTINE AU SOUS- PREFET D'AKOUPE, DIRECTEUR DDA, CVGFR,
COMMISSAIRE ENQUETEUR, L'AGENT FONCIER
Connaissance du milieu social, économique et
politique
· Description de la population d'Akoupé et Bacon
· Administration de la S/P d'akoupé
· Les conditions de financement des activités de la
S/P d'Akoupé et Bacon
· Les activités économiques qui se
mènent dans la S/P d'Akoupé et celles du village de Bacon
Le processus de la certification foncière et les
contraintes observées à chaque étape
· Les contraintes sociales à chaque étape
· Les contraintes économiques à chaque
étape
· Les contraintes politiques à chaque
étape
· Les difficultés rencontrées par le Sous-
Préfet dans l'établissement des certifications foncières
avec le comité, avec les populations et avec les autres structures qui
interviennent
· Effectifs des CF délivrés dans la S/p
d'Akoupé et dans le village de Bacon
· Avant la crise ( 2008- 2010)
· Après la crise (2011-2019)
·
123
Les suggestions pour améliorer les étapes de la CF
Les contraintes liées au fonctionnement du comité CVGFR
de Bacon
· La création et composition du CVGFR
· Les raisons de la création du CVGFR
· Le rôle du chef de terre dans le comité
· Le rôle du chef du village dans le comité
· Les équipements du comité CVGFR
· Processus de gestion des litiges / conflits foncier
(acteurs et instances qui
gèrent les conflits / les litiges)
· Action du S/p pour le financement du comité
· Les difficultés rencontrées avec le
comité Les enjeux de la certification foncière à
Bacon
· Au niveau de l'aspect positif
· Sécurisation des droits fonciers coutumiers
· Renforcement du lien social
· Amélioration le niveau de vie des populations
· Au niveau de l'aspect négatif
· Individualisme foncier
· Délitement du lien social
· Remise en cause du système coutumier
· 124
Investissement à grand échelle et accaparement des
terres par les acteurs ( cadre, investisseurs .....)
GUIDE ENTRETIEN DESTINE A LA CHEFFERIE TRADITIONNELLE DE
BACON ( CHEF DU VILLAGE ET CHEF DE TERRE) Connaissance du milieu sociale,
économique et politique
· Les communautés du village
· Organisation socio- culturelle
· Organisation socio-politique,
· Organisation socio- économique
· L'accès à la terre
· L'activité principale des populations du
village
· Les différents conflits au sein du village
· Le processus de gestion des conflits du village (
acteurs, source de conflits) La procédure de la certification
foncière et les contraintes observées
· Les contraintes sociales à chaque étape
· Les contraintes économiques à chaque
étape
· Les difficultés rencontrées dans la
procédure de la CF par la population
· Les suggestions pour l'amélioration des
étapes de la CF Les contraintes liées au fonctionnement
du comité CVGFR de Bacon
·
125
La composition du comité
· Les actions du comité CVGFR au sein du village
· Les problèmes au sein du comité CVGFR
· La suggestion pour l'amélioration du comité
de Bacon Les enjeux de la certification foncière à
Bacon
· Au niveau de l'aspect positif
· Sécurisation des droits fonciers coutumiers
· Renforcement du lien social
· Amélioration le niveau de vie des populations
· Au niveau de l'aspect négatif
· Individualisme foncier
· Délitement du lien social
· Remise en cause du système coutumier
· Investissement à grand échelle et
accaparement des terres par les acteurs (
cadre, investisseurs .....)
GUIDE ENTRETIEN DESTINE AUX CHEFS DE COMMUNAUTE DE BACON
Connaissance du milieu social
· Accès à la terre
· Organisation sociale du village de Bacon
· Participer aux activités du village
·
126
Participer aux décisions du village (politique,
culturelle...)
· Les activités agricoles exercées dans le
village La procédure de la certification foncière et les
contraintes observées
· Les contraintes sociales à chaque étape
· Les contraintes économiques à chaque
étape
· Les difficultés rencontrées par les
communautés dans l'établissement des CF
avec le comité et avec la chefferie, les autres acteurs
qui interviennent
· Les suggestions pour améliorer les étapes
de la CF Les contraintes liées au fonctionnement du CVGFR de
Bacon
· La création et la composition du CVGFR
· Le rôle du chef de communauté dans le
comité
· Processus de gestion des litiges foncier ( acteurs et les
instances qui gèrent
les litiges)
· Sources de revenu pour le financement du comité
· Les actions au sein du comité dans le village
· Participer aux prises de la décision au sein du
comité
· Les problèmes rencontrés avec le
comité
· La suggestion pour améliorer le fonctionnement du
comité Enjeux de la certification foncière à
Bacon
· Au niveau de l'aspect positif
· Sécurisation des droits fonciers coutumiers
·
127
Renforcement du lien social
· Amélioration le niveau de vie des populations
· Au niveau de l'aspect négatif
· Individualisme foncier
· Délitement du lien social
· Remise en cause du système coutumier
· Investissement à grand échelle et
accaparement des terres par les acteurs ( cadre, investisseurs .....)
·
GUIDE ENTRETIEN DESTINE AU PRESIDENT DES JEUNES ET
FEMMES DU VILLAGE DE BACON
Connaissance du milieu social, politique et
économique
· Au plan social
· Les activités menées au sein du village
· Les organisations sociales du village
· Les problèmes que les jeunes rencontres dans le
village
· L'accès à la terre
· Au plan politique
· Organisation politique du village (les familles du
village)
· Participé à la prise des décisions
du village
· Au niveau culturel
· 128
Les valeurs et us coutumier du village
Le Processus de la certification foncière et les
contraintes observées
· Les contraintes sociales à chaque étape
· Les contraintes économiques à chaque
étape
· Les difficultés rencontrées dans
l'établissement du certificat foncier
· Effectifs des certificats délivrés dans le
village
· Les structures intervenantes dans la procédure de
la CF
· La suggestion pour améliorer les étapes de
la CF Les-contraintes liées au fonctionnement du CVGF de
Bacon
· La création et la composition du comité
CVGFR
· Le rôle du président des jeunes et
présidente des femmes dans le comité
· Processus de gestion de litiges foncier (acteurs et
instances qui gèrent les
conflits fonciers)
· Les sources de revenus pour le financement du
comité
· Formation des acteurs
· Action du président des jeunes et
présidente des femmes pour le
fonctionnement du comité
· Les difficultés rencontrées avec le
comité
· La suggestion pour améliorer le fonctionnement du
comité Les enjeux de la certification foncière à
Bacon
1-Au niveau de l'aspect positif
·
129
Sécurisation des droits fonciers coutumiers
· Renforcement du lien social
· Amélioration le niveau de vie des populations 2-Au
niveau de l'aspect négatif
· Individualisme foncier
· Délitement du lien social
· Remise en cause du système coutumier
· Investissement à grand échelle et
accaparement des terres par les acteurs
· Induire d'énormes dépenses
ANNEXE 2
LE QUESTIONNAIRE
questionnaire adressé aux paysans
NOVEMBRE- DECEMBRE - UFHB-SHS-SOCIOLOGIE
Bonjour/bonsoir monsieur/madame/mademoiselle, je suis
étudiantAHOUTYSeka Cyrille je souhaiterais avoir un entretien avec vous
sur le thème certificat foncier. Il s'agit d'une étude dans le
cadre d'un travail de recherche qui s'inscrit dans lecadre d'un mémoire
de Master de sociologie du développement rural à
l'université FHB d'Abidjan -Cocody.
Nous vous rassurons que les informations contenues resteront
confidentielles et seront uniquement destinées aux besoins de ce travail
de recherche. L'
LES CARACTERISTIQUES SOCIO- ECONOMIQUES ET DEMOGRAPHIQUES
DES PAYSANS
1. Sexe
Q 1. Masculin 0 2. Féminin
2. est Nous de quelle nationalité?
m 1. autochtones Q 2. allochtones Q 3.
allogènes
3. nombre d'enfant à charge
m 1.1 Q 2.2 Q 3.3
0 4.4 et plus
4. Gagnez-Nous combien dans le mois ?
Q I. 150005 et plus Q 2.
125005-150000
m 3. 100005- 125000 0 4. 75005-100000
m 5.60000-75000 Q 6.20000- 59995
7. Quel est Notre niveau d'étude ?
m 1. Primaire 0 2.
Secondaire
m 3. Supérieur 0 4. Jamais
été à l'école
0 3.4-5 ha
8. Combien de superficies exploitées?
m 1.0,5-1 ha 0 2.2-3 ha
m 4. 6-7 ha 0 5. 8 ha et plus
9. combien estimez-vous votre production annuelle
?
Q m 2.2-3 tonnes
m 4. 6-7 tonnes
1.1tonne
m 3. 4-5 tonnes
Q 5. 8 tonnes et plus
5. Quel est Notre situation matrimoniale ?
Q 1. Célibataire 0 2. Mariage coutumier
Q 3. Mariage civil 0 4. Veuve/ veuf
10. combien estimez-Nous votre dépense du mois
?
m 1.25000-59000 Q 2.60000-85000
Q 3.90000-120000 0 4. 125000
et plus
6. Quelle est votre source de revenu ?
q 1. Fonctionnaire 2. Agriculteur 3. Commerce
q 4. Artisanat
Vous pouvez cocher plusieurs cases (2 au maximum).
LA PROCEDURE DE LA CERTIFICATION FONCIERE ET
CONTRAINTES OBSERVEES A CHAQUE ETAPE
11. Connaissez-vous les différentes étapes
de la CF?
m 1. oui Q 2. non
12. Si oui lesquelles
q 1. Achat de la liasse
q 2. Remplissage des fiches
q 3. Nomination des commissaires enquêteurs
q 4. Déroulement de l'enquête
q 5. Etablissement du procès-verbal de recensement des
droits coutumiers
q 6. Approbation des résultats par le CVGFR
q 7. Validation des résultats de l'enquête par
CGFR
q 8. Signature du certificat parle préfet
Vous pouvez cocher plusieurs cases.
La question n'est pertinente que si connaissance des
étapes de la CF = "oui"
13. parmi ces étapes quelles sont celles qui
freinent Notre demande ?
q 1. Le tout des géomètres
q 2. Le coût du sous- préfet
q 3. Le coût directeur de l'agriculture
q 4. Le coût de la liasse
q 5. Le coût du CVGFR
Vous pouvez cocher plusieurs cases.
La question n'est pertinente que si connaissance des
étapes de la CF = "oui"
14. connaissez-vous les différents comités
de gestion foncière de la sous- préfecture ?
Q 1. oui Q 2. non
15. Si oui quels sont ces comités de gestion
foncière ?
q 1. CVGFR 2. CGFR
Vous pouvez cocher plusieurs cases.
La question n'est pertinente que si connaissance des CGF
local = "oui"
16. Quels sont les problèmes que ces
comités rencontrent dans la procédure de la certification
foncière ?
q 1. Insuffisance d'équipement Li 2.
Moyens financier
q 3. Litige entre membres
q 4. Illégitime des membres
Vous pouvez cocher plusieurs cases.
La question n'est pertinente que si connaissance des CGF
local = "oui"
17. Qui sont les acteurs qui freinent la demande du CF
q 1. Les commissaires enquêteurs
q 2. Les géomètres
q 3. Les membres du CVGFR
q 4. Les membres du CGFR
q 5. Les bailleurs de fonds (opérateurs
économiques)
Vous pouvez cocher plusieurs cases.
La question n'est pertinente que si connaissance des CGF
local = "oui"
ES CONTRAINTES LIEES AU FONCTIONNEMENT DU COMITE CVGFR DE
BACON
18. avez-sous participé à une sensibilisation du
CVGFR ?
m 1. oui 0 2. non
19. combien de fois avez-vous participé à la
sensibilisation du CVGFR ?
m 1. 1-2 Q 2. 2-4 0 3.4-6 0 4.6 et plus
La question n'est pertinente que si participation aux
sensibilisations = "oui"
20. comment trouvez-sous le fonctionnement du comité ?
m 1. Très bien 0 2. Bien 0 3. Assez bien
m 4. Passable 0 5. Mal
La question n'est pertinente que si participation aux
sensibilisations = "oui"
21. connaissez-sous les différents membres du CVGFR ?
m 1. oui 0 2. non
Aller à '25-avantages du CF' si connaissance des
membres du CVGFR = "non"
22. Si Oui quels sont les différents membres qui font
partir du CGVFR ?
q 1. Le chef du village
D 2. Les notables
q 3. Le président des jeunes
q 4. La présidente des femmes
q 5. Les chefs des communautés
q 6. Les guides religieux
q 7. Les associations
Vous pouvez cocher plusieurs cases (6 au maximum).
La question n'est pertinente que si connaissance des
membres du CVGFR = "oui"
L'ENJEUX DU CERTIFICAT FONCIER A BACON
25. Quels sont les avantages du CF que sous connaissez ?
q 1. Sécurisation des droits fonciers coutumiers des
paysans
q 2. Renforcement du lien social
q 3. Amélioration le niveau de vie des paysans Vous
pouvez cocher plusieurs cases.
23. les membres du comité sont-ils disponibles dans la
procédure de la CF ?
0 1. oui 0 2. non
Aller à '25-avantages du CF' si
disponibilité des membres "oui"
La question n'est pertinente que si connaissance des membres
du CVGFR = "oui"
24. Si non quels sont les problèmes que Vous
rencontré avec ce comité ?
q 1. Problème de logistique
q 2. Problème de financement
q 3. Problème déplacement
q 4. Problème de communication
Vous pouvez cocher plusieurs cases.
La question n'est pertinente que si disponibilité des
membres = "non"

26. quels sont les inconvénients du CF que vous
connaissez ?
q 1. Individualisme foncier
q 2. Délitement du lien social
q 3. Reprise en cause du système coutumier
q 4. Induire d'énormes dépenses (payé les
impôts...)
q 5. Investissement à grand échelle et
accaparement des terres par des acteurs potentiel ( cadres, investisseurs
etc.....)
q 6. aucun inconvénient Vous pouvez cocher plusieurs
cases.
132
TABLE DES MATIERES
SOMMAIRE I
LISTE DES TABLEAUX, IMAGES ET GRAPHIQUES II
SIGLES ET ABREVIATIONS III
DEDICACE V
REMERCIEMENTS VI
INTRODUCTION 8
PREMIERE PARTIE:CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE DE
L'ETUDE 9
CHAPITRE I: CADRE THEORIQUE DE L'ETUDE 10
I- JUSTIFICATION DU CHOIX DU SUJET DE RECHERCHE 10
I-1- motivations d'ordre personnel 10
I-2- motivations d'ordre social 11
I-3- Motivations d'ordre scientifique 12
II-PROBLEMATIQUE 13
III- HYPOTHESES DE RECHERCHE ET CADRE DE VERIFICATION 16
III-1 -HYPOTHESE DE L'ETUDE 16
III-2- VERIFICATION DES HYPOTHESES 16
III-2.1 hypothèse 1 16
III-2-2 hypothèse 2 18
IV- OBJECTIFS D'ETUDE 19
IV-1. Objectif général 19
IV-2. Objectifs spécifiques 19
V-REVUE DE LA LITTERATURE 19
133
V-1- Le processus de la certification foncière 20
V-1-1- Au niveau institutionnel national 20
V-1-2- Au niveau institutionnel local 21
V-1-3 Les coûts de l'obtention du certificat foncier 24
V-2 Le fonctionnement des institutions de la sécurisation
foncière 30
V- 3 les enjeux du certificat foncier 32
VI- CHAMP DE REFERENCE CONCEPTUELLE ET THEORIQUE 35
VI-1- Champ de référence conceptuelle 35
VI- 1-1 Contraintes socio-économiques 36
VI- 1-2 Foncier 37
VI-1-3- Fonctionnement des comités 40
VI-1-4 Enjeux du CF 40
VI-2- champ de référence théorique 41
CHAPITRE II : CADRE METHODOLOGIQUE DE L'ETUDE 44
I-DELIMITATION DU CHAMP DE L'ETUDE 44
I-1- Champ géographique 44
I-2- champ social 45
II-TECHNIQUES ET OUTILS DE COLLECTE DE DONNEES 46
II- 1-Techniques de collecte des données 46
II-1-1-La recherche documentaire 47
II-1-2- l'entretien 47
II-1-3- l'observation 48
II-2- les outils de collecte de données 50
II-2-1 Guide d'entretien 50
134
II-2-2-le questionnaire 51
II-3- ECHANTILLONNAGE 51
II-3-1- L'échantillonnage probabiliste 52
II-3-2 Echantillonnage non probabiliste : la technique de
choix raisonné 53
II-4- METHODE D'ANALYSE 57
II-4-1-l'analyse de contenu 57
II-4-2- la méthode d'analyse compréhensive
58
II-4-3-l'analyse statistique descriptive 58
II-5- DEPOUILLEMENT 58
II-6- DIFFICULTES ET LIMITES DE L'ETUDE 59
DEUXIEME PARTIE:LA DESCRIPTION PHYSIQUE, HUMAINE DE LA
SOUS-PREFECTURE D'AKOUPE ET PROCESSUS DE LA CERTIFICATION
FONCIERE EN COTE D'IVOIRE 61 CHAPITRE 1: LA PRESENTATION DE LA
SOUS-PREFECTURE D'AKOUPE
62
I- LA SOUS-PREFECTURE D'AKOUPE 62
I-1-L'organisation administrative de la sous-préfecture
d'Akoupé 62
I-1-1 L'organisation sociale 63
I-1-2- Organisation politique 65
I-2-Environnement économique et culturel de la
sous-préfecture d'Akoupé 66
I-2-1- Organisation foncière 66
I-2-2 Environnement économique 67
I-2-3- Environnement culturel 67
CHAPITRE II : LA PRESENTATION DU VILLAGE DE BACON 69
II- LE VILLAGE DE BACON 69
II-1- Organisation du village de Bacon 69
135
II-2- Organisation politique 69
II-3-Environnement économique et culturel de la zone
d'étude 70
II-3-1- Environnement économique 70
II-3-2- Environnement culturel 70
II-4- organisation foncière 71
CHAPITRE III : LA DESCRIPTION DU PROCESSUS DE LA CERTIFICATION
FONCIERE ET LES DECRETS LIES A LA CERTIFICATION FONCIERE EN
CÔTE D'IVOIRE 73 TROISIEME PARTIE : LES CONTRAINTES
SOCIO-ECONOMIQUES LIEES
A LA CERTIFICATION FONCIERE RURALE A BACON. 88 CHAPITRE I
: LES CARACTERISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES DES
PAYSANS DE BACON 89
I-1- Le sexe 89
I-2 L'aire culturelle 90
I-3 revenus mensuels et dépenses mensuelles des paysans de
Bacon 93
I-3-1- revenu mensuel des paysans 93
I-3-2- Dépenses mensuelles des paysans 94
I-4- Taille des superficies exploitées 96
I-5- niveau d'étude des paysans de Bacon 97
I-6- Les charges des paysans 100
CHAPITRE II : PROCEDURE DE CERTIFICATION FONCIERE
ET
CONTRAINTES SOCIO-ÉCONOMIQUES 102
II-1- connaissance des étapes de la CF 102
II-2- les contraintes économiques liées aux
étapes de la certification à chaque
étape 103
136
II-3- les différents acteurs freinant la demande du CF
à Bacon 105
CHAPITRE III : LE FONCTIONNEMENT DU CVGFR DE BACON 107
III-1- les actions menées par le CVGFR de Bacon 107
III-2- les contraintes liées à la
disponibilité des membres du CVGFR de Bacon
108
III-3- Les contraintes socio-économiques du CVGFR
109
CHAPITRE IV : LES ENJEUX LIÉS CERTIFICAT FONCIER 112
IV-I- les avantages liés au certificat foncier 112
IV-2- les inconvénients liés au CF dans le
village de Bacon 113
CONCLUSION GENERALE 115
BIBLIOGRAPHIE 117
ANNEXES 118
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