WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Etude des déterminants de l'utilisation des services de santé dans la zone de santé de Kadutu, province du Sud Kivu - RD Congo

( Télécharger le fichier original )
par Pacifique Mushagalusa Salongo
Université de Kinshasa - Maitrise en Santé Publique / Economie de la Santé 2005
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

CONCLUSION

Les réformes introduites dans le système public de santé en Afrique, notamment l'Initiative de Bamako, ont contribué à transférer la part la plus importante du coût de la santé sur les ménages qui deviennent ainsi le premier acteur du financement du secteur de la santé. Si globalement ces réformes ont permis de restaurer une certaine confiance des usagers dans les services publics de santé par la production relative de soins de qualité surtout à la base, l'instauration du système de recouvrement des coûts qui en constitue un élément central, a entraîné une désaffection des structures sanitaires par les populations particulièrement celles à faibles revenus.

Cette situation est encore très aggravée en RDC suite à la crise multiforme traversée par le pays qui a contribué à la dégradation de la situation socio - économique des populations tel que présenté au premier chapitre de ce travail.

Dans le cadre de réformes en cours dans le secteur de la santé en RDC, il s'avère important d'envisager des mesures qui tiennent compte des besoins réels de la population pour espérer améliorer l'utilisation des services de santé par ces derniers. Pour comprendre l'importance et la nature des reformes évoquées, nous avons, dans le deuxième chapitre de ce travail présenté les généralités sur l'organisation du secteur sanitaire de la RDC. Ce secteur est caractérisé par une diminution prononcée de tous les indicateurs de la santé et plus particulièrement par une faible utilisation des services de santé.

D'où l'objectif de cette recherche qui était d'identifier « les déterminants socio- économiques de l'utilisation des services de santé par les ménages de la zone de santé de Kadutu ».

La présente étude est basée sur les données de l'Enquête ménage réalisée sur un échantillon probabiliste représentatif de 400 ménages de cette zone de santé.

Avant d'estimer les déterminants de l'utilisation des services de santé, il était impérieux de comprendre les conditions dans lesquelles vivent les ménages de la zone de santé de Kadutu. Raison pour laquelle dans le troisième chapitre nous avons décrit les caractéristiques socio - économiques de ces ménages ainsi que leur comportement face à la maladie. Il ressort de ceci que les ménages de la zone de santé de Kadutu vivent dans une situation de pauvreté extrême. Les caractéristiques socio économiques relevées ne leur prédisposent pas à une bonne utilisation des services de santé et dans les conditions actuelles il serait difficile, si pas impossible d'accroître le taux d'utilisation des services de santé dans cette zone de santé. Les dépenses de santé engagées par les ménages prennent une part importante dans le revenu des ménages. Ceci ne fait que contribuer à maintenir le cercle vicieux de la pauvreté dans la mesure où les conditions précaires dans lesquelles les gens vivent leur prédisposent déjà à la maladie, malheureusement sans détenir de moyens nécessaires pour y faire face.

Les dépenses à engager pour la santé constituent donc pour l'essentiel de cette population la principale barrière à l'utilisation des services de santé avec comme conséquence, la dégradation de l'état de santé qui constitue un facteur de sous développement.

Cette situation de pauvreté laisse peu de choix aux populations de la zone quant à l'utilisation des services de santé. Il sied donc d'identifier les facteurs socio - économiques liés à cette population sur lesquelles on peut agir pour amener les populations à faible revenu d'utiliser les services de santé. Notre étude relève les facteurs suivants comme étant plus significatifs pour expliquer l'utilisation des services de santé dans la zone de santé de Kadutu : l'état de la maladie (selon que le malade considère son état comme grave ou pas),  l'appartenance de la structure (selon qu'elle est étatique ou privée), l'âge du malade ainsi que le revenu du ménage.

Il s'agit donc là des facteurs sur lesquels une intervention s'avère plus impérieuse si on veut améliorer l'utilisation des services de santé.

Le coût des soins, la taille du ménage ainsi que toutes les autres variables liées au chef de ménage ne sont pas suffisamment significatifs pour expliquer l'utilisation des services de santé dans la zone de santé de Kadutu.

La probabilité d'accès aux soins de santé obtenue est assez significative (97,48%) et est fortement influencée par le niveau de revenu des ménage et l'âge de malade dans l'hypothèse d'une maladie grave et d'un recours à une structure sanitaire étatique.

Le coût des soins ne s'est pas avéré significatif dans le cadre de cette étude. Il n'est donc pas déterminant pour expliquer l'utilisation des services de santé.

SUGGESTIONS

Les résultats de cette étude, nous amènent à suggérer aux différents décideurs et acteurs sanitaires à différents niveaux ce qui suit:

Au niveau central

- Augmenter la part du budget accordée au secteur santé et le repartir équitablement dans les provinces du pays jusqu'à atteindre toutes les zones de santé. Une subvention plus accrue des établissements des soins par l'Etat et ses partenaires peut permettre de réduire les coûts des soins et ainsi minimiser les risques d'exclusion financières aux dépend des plus pauvres. Ceci devra être accompagné d'une bonne gouvernance et d'un contrôle permettant de s'assurer d'une utilisation rationnelle des fonds alloués à la santé.

- Accroître le potentiel financier des ménages en payant régulièrement aux fonctionnaires un salaire plus ou moins décent et en encourageant la mise en place des activités génératrices de revenu : micro - crédits, petit commerce, agriculture, coopératives.

Au niveau intermédiaire et périphérique

- Accorder plus d'importance aux facteurs qui améliorent la qualité des services dans les structures de santé. Etant donné que cette qualité constitue le principal motif évoqué pour le choix d'une structure de santé par les ménages, une attention particulière devra être porté sur les meilleurs soins, la compétence du personnel, la notoriété, les équipements et l'accueil des malades. Le personnel de santé doit en plus être motivé.

- Réduire les dépenses de santé à charge des patients et faciliter l'instauration d'une tarification transparente pouvant stimuler le recours aux soins par les ménages les plus défavorisés. La participation financière des patients devra être conçue en tenant compte de conditions socio - économiques de ménages de manière à ne pas créer une barrière à l'utilisation des services de santé.

- Porter Une attention particulière aux plus vulnérables en renforçant pour eux des mesures de solidarité et d'exonération. Notons que plus de 40% de la population se déclarent ici comme étant pauvre. Toutefois il faudra beaucoup sensibiliser les chefs de ménage sans occupation pour les amener à réaliser certaines activités qui peuvent rapporter au lieu de passer leurs journées à ne rien faire.

- Stimuler la demande des services de santé en informant et sensibilisant la population sur les services offerts par les structures de santé. Faire participer les CODESA pour faire comprendre aux ménages la nécessité de recourir à un service de santé dès que la maladie se présente et ne pas seulement attendre que l'état de santé s'aggrave. De même pour comprendre l'importance de recourir aux soins quel que soit l'âge du malade.

- Intégrer au système des SSP les structures de santé privées viables pour améliorer l'accès physique aux soins.

- Dans la mesure du possible, compléter cette étude en intégrant d'autres éléments qui n'ont pas été pris en compte ici.

La mise en place de ces recommandations exige une collaboration intersectorielle entre les différents acteurs de la vie nationale. Etant dans un objectif de réduction de la pauvreté et de l'atteinte des objectifs du millénaire, une vision commune sur l'application de celles - ci permettra d'améliorer tant soit peu l'état de santé de nos populations et ainsi aller vers le développement économique auquel on aspire en RDC.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Des chercheurs qui cherchent on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche !"   Charles de Gaulle