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Le processus de formation de la culture strategique camerounaise: Analyse du role des écoles militaires

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par Aicha PEMBOURA
Université Yaounde 2(Soa) - Cameroun -  Diplome d`etudes approfondies - Master2 en science politique 2005
  

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CHAPITRE 2 : LA SOCIALISATION PLURALISTE DES OFFICIERS PAR LES ECOLES DE FORMATION

La stratégie au Cameroun est définie, dictée par le politique, tandis que le militaire lui se charge de mener à bien les missions définies par le politique. En effet, la hiérarchie stratégique compte trois grands axes principaux que sont : le Premier Niveau qui est le niveau stratégique dans lequel le politique élabore un programme ou une politique de défense. Le deuxième Niveau qu'est le niveau opérationnel consiste pour les Etats-majors, avec à leur tête le chef d'Etat-major des armées de réfléchir au meilleur moyen d'opérationnaliser le programme politique en action militaire. En troisième lieu, cette orientation pratique arrêtée, le niveau tactique entre en scène avec la mise en action des forces armées de défense. Au niveau de l'Etat-major, le militaire joue le rôle de conseil ou consultant et donne si le politique le sollicite, un avis pour la prise de décisions stratégiques. La formation diversifiée des officiers camerounais entraîne dans l'armée nationale une multitude de perceptions du métier des armes. Les fondamentaux de l'art militaire se transmettent au cours de la formation initiale (section 1). 85 % des officiers reçoivent leur formation initiale au Cameroun. Cette réalité laisse penser que l'essentiel des officiers camerounais ont un fond culturel militaire en commun. Cependant, s'il est vrai que la formation initiale structure la pratique professionnelle du militaire, il faut aussi reconnaître que dans le cadre de la formation continue, l'enseignement supérieur militaire en tant que cadre de transmission de savoir, de valeurs, contribue à fixer chez les officiers un savoir-faire et un certain nombre de comportements et de pratiques (section 2).

SECTION 1 : LA FORMATION INITIALE, UNE ETAPE DETERMINANTE DE LA FORMATION DU MILITAIRE

Depuis 1959, année de la création des Forces Armées Camerounaises (FAC), les officiers camerounais proviennent de l'EMIAC (paragraphe 1) et de structures de formation étrangère (paragraphe 2). Dans les lignes suivantes, il s'agira de mettre en exergue la diversité culturelle, fruit des formations plurielles des officiers camerounais.

PARAGRAPHE 1 : L'EMIAC, LA PRINCIPALE ECOLE DE FORMATION INITIALE DES OFFICIERS CAMEROUNAIS

Créée à l'aube de l'indépendance L'EMIA du Cameroun, existe depuis plus d'une quarantaine d'années. C'est une école Militaire de formation des officiers. En effet, le décret N° 2001/87 du 25 Juillet 2001 fixe les conditions de recrutement et d'admission dans les écoles militaires de formation des officiers. Selon l'Article 2, l'on peut citer le tronc « A » du recrutement direct ; le tronc « B » du recrutement Interarmées et de la promotion issue du Rang ; le tronc « C » du recrutement des officiers de réserve et des diplômés de l'enseignement supérieur ; le tronc « D » du recrutement des officiers des services de santé. En ce qui concerne la formation de jeunes citoyens camerounais issus du civil, au métier des armes, les filières de recrutement sont celles du tronc « A » et « C ». En effet, selon l'article 2 le tronc « A » est ouvert aux camerounais des deux sexes âgés de 23 ans, au plus au 31 Décembre et de 18 ans au moins, au 1er janvier de l'année du concours. Outre le critère d'âge, les candidats doivent être titulaires du Baccalauréat de l'enseignement secondaire, du GCEAL ou d'un diplôme équivalent et avoir accompli avec succès une année d'études supérieures. Le tronc « C » est la filière qui recrute non seulement les officiers de réserves mais elle est également réservée aux jeunes gens diplômés de l'enseignement supérieur dans une spécialité utile aux forces armées. Ils doivent être âgés de 26 ans au plus au 31 décembre de l'année du concours.

L'article 3 du décret N° 2001/87 du 25 juillet 2001 souligne à son alinéa 1er que : l'admission dans les écoles militaires de formation d'officiers se fait sur concours commun. L'alinéa 3 de ce même article, précise que le nombre de places offertes pour chaque Ecole Militaire de formation est fixé par arrêté du Ministre chargé de la Défense. La durée des études militaires à l'Ecole Militaire Interarmées des élèves officiers est fonction de la filière suivie : ainsi, la formation dans les tronc A et C durent 36 mois contre 6 mois et 24 mois pour les autres filières.

La formation initiale a pour but de rendre les élèves officiers aptes à commander une section d'infanterie ou à tenir un emploi subalterne au sein d'une unité ou d'une structure technique de l'Armée de terre ou de la gendarmerie nationale ; faire acquérir aux élèves officiers les éléments de base nécessaires à l'exercice du métier et les connaissances indispensables de culture générale (article 3 décret N°2004/180 du 01 juillet 2004, portant réorganisation de l'école militaire interarmées). Précisons que les officiers après leur formation initiale, doivent ensuite compléter leur formation d'officier par un stage d'application dans une école ou une formation spécialisée dans l'arme ou le service de leur choix. Ces spécialités portent de façon générale sur : la gendarmerie ; l'infanterie ; l'arme blindée et cavalerie ; le génie ; l'artillerie sol-sol et sol-air ; le train ; les transmissions ; le corps national des sapeurs pompiers ; la santé ; le commissariat ; la justice ; le matériel ; les essences. Les officiers issus des tronc « B1 » et « B2 »13(*) restent dans la spécialité qui était la leur avant la nomination à un grade d'officiers.

L'analyse du contenu des programmes de formation des jeunes officiers sortis de l'EMIAC (A) démontre l'existence d'éléments structurants pour l'émergence d'une culture militaire commune de base. Cette culture militaire, à côté d'autres facteurs concourt à l'édification d'une culture stratégique. La culture militaire qu'acquiert le jeune officier sorti de l'EMIAC accroît son sentiment patriotique et nationaliste, elle lui enseigne une politique de défense essentiellement pacifique et par conséquent adossé sur une stratégie défensive (B).

* 13 Le tronc « B » se subdivise en deux branches :

-Le tronc « B 1 » du recrutement interarmées est la filière des sous-officiers titulaires du baccalauréat , GCEAL ou d'un diplôme équivalent âgé de 30 ans au maximum au 31 décembre de l'année du concours et totalisant au minimum 5 ans de service effectif sous les drapeaux.

-Le tronc « B2 » de la promotion issue du rang. Elle concerne les militaires issus du rang qui accèdent au corps des officiers par le jeu normal de l'avancement (article 2 , décret N°2001/87 du 25 juillet 2001).

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"Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée"   François de la Rochefoucauld