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Le processus de formation de la culture strategique camerounaise: Analyse du role des écoles militaires


par Aicha PEMBOURA
Université Yaounde 2(Soa) - Cameroun -  Diplome d`etudes approfondies - Master2 en science politique 2005
  

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CONCLUSION GENERALE

La culture stratégique modèle l'approche des questions de défense au sein d'une nation et elle engendre « un style national » dans la politique de sécurité et dans la conduite de la guerre. Elle résulte d'une histoire nationale spécifique vécue dans un contexte géographique plus ou moins unique, bien que parfois mouvant (Gray, 1980). Pour que l'on puisse parler de culture stratégique dans un pays donné, il faut que les objectifs politiques soient effectivement traduits dans la pratique en buts militaires. Aujourd'hui au Cameroun se pose une problématique nouvelle : celle de l'existence d'une culture stratégique camerounaise. Ainsi donc, dans le cadre de notre travail sur la culture stratégique camerounaise, nous avons choisi de privilégier la variable militaire, en l'occurrence : la culture militaire. Cette dernière se présente comme un ensemble d'idées, de croyances, de préjugés et de perceptions qui déterminent la réponse d'une armée aux tâches que lui assigne l'autorité politique (De Montbrial et Klein, 2000 :152). Elle est une variable pertinente de notre étude. Ceci dans la mesure où, la culture militaire est l'un des six facteurs structurant d'une culture stratégique selon Lord Carnes (Colson, 2006).

La culture militaire se transmet par l'enseignement, voire par l'habitus professionnel. Elle s'acquiert dans les écoles de formation militaire lors des stages. En se formant dans les écoles étrangères dans le cadre des différents accords de coopération, les officiers camerounais sont dépositaires de cultures militaires diverses. Le Cameroun étant dans ce contexte le terrain de multiples cultures militaires, la culture militaire proprement camerounaise se présente comme étant poreuse, prédisposant de ce fait à la formation d'une culture stratégique hybride au Cameroun.

La méthode constructiviste nous a permis tout au long de notre étude de comprendre que les réalités sociales ne sont pas données, elles sont plutôt construites (Bourdieu, 1987). Sur le plan international, le constructivisme insiste également sur le caractère socialement construit des relations internationales. Dans cette perspective, selon Peter J.Katzenstein (Katzenstein, 1996 :23) l'identité des Etats sur la scène internationale émerge des interactions avec différents environnements sociaux. Ainsi, la culture militaire camerounaise se construit au contact des cultures militaires diverses ; d'où son caractère poreux. Dans cette mesure, cette dernière s'adapte sans difficulté aux réalités nouvelles. Le gouvernement, dans son désir d'adapter l'armée camerounaise au contexte culturel et institutionnel international, tient à améliorer les performances professionnelles des militaires camerounais en acquérant des matériels et des équipements modernes dans la mesure de ses possibilités.

En définitive les difficultés que rencontre le chercheur camerounais désireux de présenter comme ailleurs (France, Etats-Unis...) une culture stratégique proprement camerounaise tiennent de certaines raisons liées, d'abord à la présentation globale de la politique de défense du Cameroun, ensuite au manque relatif de visibilité de l'opérationnalisation dans une démarche purement camerounaise de cette politique de défense en objectifs militaires. En effet, les documents qui présentent une certaine clarté et font preuve de précisons, de concisions en ce qui concerne la doctrine et le système de défense camerounais sont rares au point où, l'on en vient à se demander s'il existe, en dehors de la doctrine d'emploi des forces camerounaises éditée en 1980 et classée «  secret défense »,20(*) des documents qui définissent clairement le système de défense camerounais et la doctrine mise en place par le pays pour une opérationnalisation efficace et efficiente de ce système. Néanmoins, l'on doit avoir à l'esprit que, cette doctrine ne peut être efficace que dans la mesure où la politique de défense vise au final la concrétisation en forces et moyens des options de la stratégie nationale (David, 1984 :170).

* 20 Cette doctrine d'emploi des forces, énonce des idées directrices qui doivent permettre la conduite de l'action militaire en cas de conflit opposant le Cameroun à un autre pays (source anonyme). Précisons qu'en matière de défense les informations sont classifiées selon leur nature et leur accès est limité aux personnes ayant fait l'objet d'une habilitation particulière. On distingue quatre niveaux de protection des informations en matière de défense classée par ordre croissant : diffusion restreinte(il s'agit des informations qui peuvent être connue de tous les militaires mais en respect des règles de discrétion professionnelle) ; confidentiel défense ( il s'agit des informations qui, réunies ou exploitées peuvent conduire à divulguer un secret défense) ; secret défense ( ce sont les informations dont la divulgation peut nuire à la défense) ; très secret ( ce sont les informations qui concernent les priorités gouvernementales de défense).

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