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Analyse de la filière coton dans le contexte de la libéralisation : cas de la zone de Korhogo (Côte d'ivoire)

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par adassé Christophe CHIAPO
Ecole Supérieure d'Agronomie (ESA) - INPHB - Diplôme d'Agronomie Approfondie 2001
  

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INTRODUCTION GENERALE

L'agriculture a toujours constitué la base de l'économie ivoirienne. Le secteur agricole (production animale et végétale, industries agroalimentaires) a représenté en moyenne 38 % du PIB sur la période 1990-1997, 66 % des emplois et 70 % des recettes d'exportations(1).

Pendant les deux décennies après l'indépendance, la Côte-d'Ivoire a connu une excellente performance économique grâce à son secteur agricole dont le PIB en termes réels a atteint une croissance annuelle de 4,8 % pendant les années 60 et 3,3 % au cours des années 70(2).

La remarquable expansion de cette agriculture émane principalement des exportations de produits agricoles et forestiers. Ces exportations ont connu une progression de 7 % annuellement ; soit près de deux fois le taux de croissance des cultures vivrières et de l'élevage. C'est donc sur l'agriculture que s'est fondé le développement économique et social du pays au cours de la décennie 1965-1975.

Aussi, dans un objectif de diversification et de rééquilibrage de l'économie et dans un souci de mettre ses recettes à l'abri des fluctuations des cours de quelques produits, l'Etat ivoirien a-t-il engagé de vastes programmes de diversification des cultures ; tant en zone forestière qu'en zone de savane. Ainsi, un accent particulier fut sur le développement de nouvelles cultures d'exportation que sont le coton et la canne à sucre en zone de savane ; le palmier à huile et l'hévéa en zone de forêt.

Parallèlement, l'Etat va encourager la mise en place d'organisations paysannes débutée sous l'ère coloniale. L'organisation des paysans n'est, en effet, pas un phénomène récent en Afrique. Sous sa forme traditionnelle (les groupes d'entraide pour les travaux agricoles, tontines, ...) elle reste encore en vigueur dans la plupart des sociétés rurales. Quant à l'organisation des paysans sous une forme moderne, empreinte de juridisme, elle a été introduite pendant la période coloniale(3). Ces organisations sont améliorées à chaque fois que les insuffisances liées à de nouveaux contextes apparaissent.

Concernant la filière coton, sa gestion fut confiée à la CIDT dès 1974. Cette structure gérait la filière pour le compte de l'Etat. Elle avait en charge la promotion de la culture du coton et des cultures en assolement. L'objectif de l'Etat était de faire du coton la principale ressource économique de la région Nord de la Côted'Ivoire.

1- Patrick Bourgeois et Sébastien de Dianous, " Trois filières, trois expériences de libéralisation " in Marchés Tropicaux, novembre 1999, p3

2- Banque Mondiale, 1994, Revue du secteur Agricole, Abidjan, Mission régionale

3- Réseau GAO, 1995, " Les Organisations paysannes et rurales : des acteurs de développement en Afrique subsaharienne", p10

Le coton ivoirien a bénéficié d'une bonne réputation en matière de pureté et de blancheur de la fibre. Ceci a permis, en Côte-d'Ivoire, de bénéficier durant des années de cours mondiaux élevés. Cette spéculation qui a connu un engouement auprès des producteurs grâce à sa relative rentabilité va connaître une crise.

Les producteurs, suite à la crise de la société cotonnière causée par l'effondrement des cours du coton, vont s'organiser pour prendre en main la commercialisation primaire du coton, l'approvisionnement en intrants et la gestion des crédits de campagne. Ainsi, les premiers groupements vont se mettre en place à la fin des années 70 début 80(4). De même que le contexte politique, économique et social des Etats africains, notamment de la Côte-d'Ivoire, les formes d'organisation du monde rural vont aussi évoluer.

Depuis quelques années, nous assistons à un retournement des cours mondiaux du coton. Ce retournement a durement affecté la santé de la filière. De plus, le marché du coton offre de mauvaises perspectives en raison de sa perte continue de part de marché au profit des fibres synthétiques. Il faut également tenir compte du fait que ce retournement des cours a coïncidé avec la libéralisation de la filière.

La libéralisation est imputable dans une large mesure aux carences des institutions responsable de l'achat, de la transformation et de l'exportation des cultures de rente(5) sous l'ère de la gestion étatique. Certains pays se sont efforcés de procéder à une restructuration des filières en transférant certaines fonctions de commercialisation aux coopératives.

Les principes directeurs qui ont guidé le programme de privatisation en Côte-d'Ivoire sont notamment le rétablissement de la compétitivité des sociétés d'Etat, la soumission des filières aux conditions du marché mondial grâce à la mobilisation d'importants investissements privés et l'intégration les différents acteurs à l'ensemble des décisions de la filière.

Dans la filière coton, l'un des principaux enjeux de la libéralisation est la fixation du prix d'achat du coton graine. Il s'agit autant de mettre en place des structures coopératives puissantes pour organiser la collecte et regrouper l'offre que de présenter un front uni dans la négociation avec les autres partenaires. Avec la libéralisation, un nouveau rapport de force est en cours d'instauration entre producteurs et usiniers.

4 - Dénis Herbel, "La compétitivité du coton ivoirien", GAMMP, p1 12

5 - ANDREW W. Shepherd et Stefano FAROLFI, 1999, « libéralisation du secteur des cultures d'exportation en Afrique », bulletin FAO n° 135

Dans ce nouveau contexte, les revenus des producteurs sont sujets aux variations des cours mondiaux. Ce constat nous pousse à nous interroger sur l'évolution qu'ont connu les revenus des producteurs de coton suite à la libéralisation. Aussi les OPA sont-elles plus aptes à se défendre ; par conséquent à défendre les intérêts de leurs coopérateurs ? Il est donc nécessaire de connaître la part de la libéralisation dans la performance économique et financière des activités des producteurs et dans la dynamique des Organisations Professionnelles Agricoles.

La rédaction de la présente étude se fait en six chapitres en vue de mieux cerner la filière coton et l'impact de la libéralisation sur celle-ci. Par conséquent, le premier chapitre pose la problématique de l'étude et indique ses objectifs, le chapitre 2 expose la revue de littérature ; le chapitre 3 présente les hypothèses et la méthodologie de l'étude. Les résultats des enquêtes réalisées auprès des producteurs et des OPA sont présentés dans le chapitre 4. Le chapitre 5 indique les effets de la libéralisation. Et, les recommandations en vue d'améliorer la rentabilité des producteurs, de renforcer la dynamique des OPA font l'objet du chapitre 6.

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