WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Approche exploratoire de la relation de conséquence : description et implémentation

( Télécharger le fichier original )
par Sébastien Druon
Université Toulouse 2 - DEA de Sciences du Langage 2001
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

2.3 Conséquence et inférence

Nous allons dans cette section traiter du rapport étroit qu'entretiennent conséquence, inférence et modalité. Nous commencerons par donner la définition de l'inférence, pour discuter ensuite quelques modes de réalisation de l'inférence en français.

Définition 2.7 -- Inférence : L'inférence consiste à poser à partir

d'éventualités données dans l'expérience du sujet une éventualité non donnée, résultat d'un raisonnement.

Le français a à sa disposition plusieurs possibilités d'exprimer une inférence, parmi lesquelles les verbes modaux épistémiques devoir et pou-

2. Préalables théoriques

 

voir10. C'est ce que nous allons maintenant examiner.

2.3.1 Pouvoir

Selon TAMOWSKI et DENDALE (1994), il existe en français deux sortes de verbe pouvoir. Le premier est le pouvoir dit «radical», qui exprime la permission (exemple 2.23), la capacité ou la possibilité (exemple 2.24):

(2.23) Maintenant que tu as fait tes devoirs, tu peux aller jouer. (2.24) Jean s'est musclé. Il peut maintenant soulever 100kg.

Le deuxième pouvoir est celui qui nous intéressera, le pouvoir épistémique:

(2.25) Pierre n'est pas chez lui. Il peut être à la bibliothèque.

Pouvoir épistémique exprime une conclusion tirée à partir d'hypothèses, il a donc une valeur inférentielle. De plus, il insiste sur la « disposition du locuteur à admettre d'autres hypothèses que la sienne ». C'est-à-dire que la conclusion retenue par le locuteur n'exclut pas d'autres conclusions possibles.

2.3.2 Devoir

Le verbe devoir en français a deux significations principales: une signification déontique et une signification épistémique.

La signification déontique se rapporte à une obligation:

(2.26) Rémi doit faire ses devoirs

'°Cette section se base en grande partie sur les travaux de Patrick Dendale (DENDALE (1994), DENDALE (2000), TAMOWSKI et DENDALE (1994) et DENDALE et ROSSARI (2000)) pour le français et STONE (1994) pour l'anglais. Se reporter à ces articles pour plus de détails sur la question.

2. Préalables théoriques

 

Mais cette signification ne nous concerne pas ici. Nous nous intéresserons en revanche à la signification épistémique du verbe devoir qui est en rapport étroit avec l'inférence:

(2.27) Claude a beaucoup travaillé. Il doit être fatigué.

Selon DENDALE (1994), le verbe devoir dans sa signification épistémique donne une valeur de probabilité, de plus ou moins grande vraisemblance à une proposition. Le locuteur utilise donc devoir quand il « fait une inférence à partir de prémisses sur l'applicabilité desquelles il sait qu'il a pu se tromper ».

Contrairement à pouvoir, avec qui le locuteur laisse la porte ouverte à d'autres conclusions que la sienne, l'emploi du verbe devoir épistémique implique que le locuteur ne sélectionne qu'une seule conclusion à l'exclusion de toute autre, mais sur laquelle il émet pourtant quelques réserves.

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net