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Projet de taxinomie des connecteurs du français pour le traitement automatique : l'exemple des consécutifs

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par Sébastien Druon
Université Bordeaux 3 - Maîtrise de Sciences du Langage 2000
  

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3.2.2 Les moyens d'exprimer la conséquence en français

Il existe en français de nombreux moyens pour exprimer la conséquence -- moyens qui ne sont pas spécifiques à la conséquence, mais peuvent de temps en temps servir à l'exprimer. Nous allons les présenter brièvement dans cette section, ceux-ci n'étant pas l'objet de notre travail, au travers de quelques exemples:

Parataxe

(3.4) Le chat miaule: il a faim3.

Conjonction (« et »)

(3.5) Eudes chuta, et sa jambe se brisa.

Préposition

(3.6) Les supporters ont crié à s'en déchirer les cordes vocales.

Participe présent

(3.7) La pluie tomba toute la nuit, rendant le terrain impraticable.

Relative

(3.8) Le cheval heurta la barre, qui tomba au sol.

3Notons que cet exemple a deux interprétations: on a soit un relation conséquentielle (le chat miaule donc il a faim : il s'agit d'une inférence), soit une relation causale (le chat miaule parce qu'il a faim : il s'agit d'un constat).

Il existe cependant un autre moyen de marquer la conséquence, lui par contre plus spécifique à la conséquence : les connecteurs, que nous allons présenter dans la section suivante.

3.2.3 Les connecteurs de conséquence

Les connecteurs de conséquence sont des éléments lexicaux spécialisés dans l'expression de la conséquence4, parmi lesquels on compte « donc », « alors » ou « par conséquent » par exemple. La relation de conséquence peut être divisée en deux sous-ensembles : elle peut établir une relation entre deux faits, ou bien marquer la conclusion d'un raisonnement. Il semble donc dès à présent adéquat de distinguer entre connecteurs marquant un rapport factuel de cause à conséquence et connecteurs marquant une inférence, cette distinction ayant des conséquences dans l'ordre de la relation (cause -* conséquence ou conséquence -* cause).

Si nous avons réunis sous l'étiquette « connecteurs consécutifs »5 un certain nombre de connecteurs, c'est qu'ils ont une valeur commune, celle de marquer une relation de cause à conséquence, que ce soit entre faits ou entre actes de langage. Nous ferons par conséquent la distinction entre sens et emplois d'un connecteur, le sens donnant les instructions de base indiquées par le connecteur, ce connecteur pouvant ensuite avoir plusieurs emplois. Les connecteurs consécutifs ont donc un sens primaire, et peuvent connaître plusieurs emplois, parmi lesquels ils peuvent

4Comme nous le verrons par la suite, les connecteurs de conséquence n'ont pas forcément uniquement une valeur consécutive.

5Nous employons indifféremment « connecteur consécutif » et « connecteur de conséquence ».

marquer la consécution factuelle ou l'inférence.

Consécution factuelle

Les connecteurs consécutifs du français peuvent tous marquer une conséquence factuelle (c'est-à-dire une relation de cause à conséquence entre deux faits ou entre le contenu propositionnel de deux propositions).

Dans un cas de consécution factuelle, l'ordre des propositions est fixe et va toujours de la cause factuelle à la conséquence factuelle.

(3.9) Le disque dur a lâché, si bien que l'ordinateur ne fonctionne plus

Ici la conséquence, marquée par « si bien que », est factuelle, et l'ordre des propositions est contraint, sous peine de ne plus comprendre l'énoncé.

Inférence

Certains connecteurs de conséquence peuvent aussi marquer l'inférence. L'inférence, comme nous l'avons expliqué à la section 3.2.1, consiste en un raisonnement permettant de parvenir à une conclusion. L'inférence relie deux moments d'un raisonnement et non uniquement des faits, et l'ordre des propositions n'est pas fixé en ce qui la concerne : la relation peut aller de la cause factuelle (exemple 3.10) à la conséquence factuelle -- il s'agit d'une opération de déduction --, ou l'inverse (exemple 3.11) -- alors on a une opération d'induction. Mais l'ordre de la relation inférentielle va toujours de la cause à la conséquence:

(3.10) Il fait beau, donc Pierre se promène
(3.11) Pierre se promène, donc il fait beau

L'exemple 3.10 peut être paraphrasé comme « Quand il fait beau, Pierre a l'habitude de se promener. Il fait beau, donc Pierre se promène » : on a bien affaire à une déduction.

L'exemple 3.11 présente, lui, une induction : sachant que Pierre a l'habitude de se promener quand il fait beau et que Pierre se promène actuellement, on en infère qu'il fait sûrement beau.

En définitive, un connecteur marquant l'inférence n'imposant pas d'ordre précis à ses arguments, la seule contrainte reste qu'un fait ou un événement doit obligatoirement être présent comme premier argument du connecteur, et son deuxième argument doit être l'événement ou le fait dont on infère l'existence.

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"En amour, en art, en politique, il faut nous arranger pour que notre légèreté pèse lourd dans la balance."   Sacha Guitry