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Etude comparée des stratégies de lutte anti-braconnage

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par Dalgue DAMUZA
Université de Kinshasa - Licence 2003
  

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I.3.2.2. Mécanisme de création des aires protégées en Afrique

Des nombreuses aires protégées ont été désignées comme telles sur la base des critères non liés à leur importance pour la diversité biologique, mais plutôt en vertu de leur intérêt touristique, récréatif, historique ou culturel ou simplement pour que les terres qui les composent ne présentent guère d'intérêt pour d'autres utilisations. En outre, la taille, la forme et l'emplacement des nombreuses aires protégées n'offrent pas les conditions les plus adaptées à la conservation. Celles qui existent ne sont souvent pas assez vastes pour fournir un habitat adéquat à certaines espèces des plantes ou d'animaux. Du fait de leur forme ou de leur emplacement, des nombreuses aires sont également vulnérables à des influences négatives telles que la population, les bruits, la chasse illicite et les empiétements de l'agriculture.

Les premières aires protégées créées en Afrique présentaient des multiples carences. En effet, la création de ces zones a souvent conduit à l'expropriation des populations vivants sur ces territoires. Cette situation a provoquée beaucoup d'incompréhension de récolte et de comportements prédateurs liés à un très fort sentiment de confiscation de la ressource. Les espaces protégés ont ainsi faits l'objet de multiples convoitises de la part des braconniers, des défricheurs, voire des mouvements rebelles et des forces armées. (SOURNIA, 1990). En Afrique francophone, durant la sécheresse du début des années soixante-dix, les aires classées étaient aux yeux des villageois les seules bonnes terres, telles qu'ils avaient connus autre fois, et sur les quelles ils se souvenaient avoir des droits. Ils réclamaient ouvertement qu'on leur donne ces terres, la seule solution à leurs besoins fonciers. Cette demande leur paraissait raisonnable face à un Etat passif, les abandonnant presque sans surveillance et pour des motivations qui leur étaient totalement étrangères. Les habitants des espaces naturels à protéger ont ainsi fait les frais da pratiques de conservation de l'environnement car ils ont souvent été considérés comme des prédateurs assoiffés de gibier et des terres vierges à défricher alors que ces peuples ne cherchent qu'à survivre par la satisfaction de leurs besoins quotidiens. (NTIAMO-BAIDU et al.2000).

En général, les classements ne tiennent pas du tout compte du partage rationnel entre espace à protéger et l'espace cultivable nécessaire pour une population en expansion. Pourtant les politiques de conservation sont censées être non seulement des actions de protection physique du territoire mais devraient aussi tendre à améliorer les conditions naturelles favorables à la survie des populations locales. Malheureusement, la mise en place des aires protégées n'est pas précédée ou suivie d'actions d'accompagnement telles que l'amélioration des terres culturales, l'évaluation des besoins des populations, l'évaluation de leurs modes alimentaires....qui devraient permettre aux aires protégées de jouer pleinement leur rôle, qui est à la fois écologique, économique et social. On constate plutôt que les arrêtés de classement mettent l'accent sur la protection des régions qui sont rurales) plus de 90%, les aires protégées sont devenues, comme le dit SOURNIA, (1990) «des garde-manger entourés par la faim».

Quand elles ne sont pas exclus des zones classées, les populations sont confrontées à des multiples autres problèmes liés à l'augmentation des troupeaux d'animaux dans ces réserves, troupeaux qui ne sont pas contrôlés par les administrations locales. Ce genre de situations montrent à suffisance les défaillances et le manque de planification pour un suivi à long terme des espaces protéges. (EMERTOR, 1999). En principe, lorsque l'administration en charge de ces zones protégées constate qu'il y a une surpopulation des animaux,elle devrait organiser des battues administratives afin de réguler les populations animales. Lorsqu'elles se sentent vraiment menacées, les populations organisent de façon clandestine des battues dans le but de s'approvisionner en protéine animale et réduire l'impact des animaux sur leurs plantations. Ce genre de destruction délibérée par les villageois des ressources naturelles au sein des aires protégées illustre qu'il existe dans le pays africains un conflit entre les programmes de conservation initiés par les Etats et les besoins de la population locale. (MENGUE-MEDOU, C ; 2002).

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