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Stratégies d'insertion des jeunes de la ville de Yaoundé

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par Patrick Félicien MAMBOU
Institut Sous-régional de Statistique et d'Economie Appliquée - Ingénieur d'Application de la Statistique 2006
  

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COMMUNAUTE ECONOMIQUE ET MONETAIRE DE L'AFRIQUE CENTRALE
(CEMAC)

INSTITUT SOUS-REGIONAL DE STATISTIQUE ET D'ECONOMIE APPLIQUEE

(ISSEA)
Organisation Internationale

BP. 294 Yaoundé Tél. : (237) 222 01 34 Fax : (237) 222 95 21 E-mail :issea@ cenadi.cm (République du Cameroun)

STRATEGIES D'INSERTION
PROFESSIONNELLE DES JEUNES :
LE CAS DE LA VILLE DE YAOUNDE

Mémoire présenté en vue de l'obtention du diplôme de
Ingénieur d'Application de la Statistique

Par Patrick Félicien MAMBOU

Soutenu publiquement le 12 juin 2006 devant le jury composé de :

M. Robert NGONTHE

ISE, Directeur des études 3e cycle à l'ISSEA Président

M. Symplice NGAH NGAH

Statisticien Economiste, Enseignant à l'ISSEA Rapporteur

M. Samuel YEMENE

ISE, en charge du Centre d'Information et de la

Documentation Economique à la Chambre de

Commerce, de l'Industrie, des mines et de l'artisanat

du Cameroun Examinateur

Juin 2006

DEDICACE

Ames parents Hélène et Jean NINGOUO

Ama tante et à mon oncle Elise et Gaston KAMDOUM

Amon oncle Emmanuel POUEME

REMERCIEMENTS

Qu'il nous soit permis d'exprimer notre profonde gratitude à :

.. M. Augusto ROKU MESANI, Directeur Général de l'Institut Sous-régional de Statistique et d'Economie Appliquée (ISSEA) ;

+ Dr Dieudonné KINKIELELE, Directeur des études du premier et du second cycle à l'ISSEA pour la rigueur et le culte de l'excellence qu'il a toujours prônés ;

+ tout le corps administratif et professoral de l'ISSEA pour l'encadrement et les enseignements reçus ;

+ M. Samuel YEMENE qui a accepté de diriger ce travail, guidant par le fait nos pas dans l'univers de la recherche ;

+ M. Robert NGONTHE, M. Thomas DEFO, M. OBAMA EMBOLO, Dr Brunot BOGLA pour leur apport logistique et leur conseil multiforme ;

+ M. Violet Fotzeu MWAFFO pour les critiques et suggestions qu'il a présentées ;

+ M. Edouard MBOUEMBOUE AYIWOUE et Mlle Damaris HAGBE qui ont bien voulu relire ce travail.

+ tous nos camarades de promotion aux côtés desquels les autres étudiants de l'ISSEA ;

+ nos amis en particulier Mlle Carine TCHIFFO, Mlle Fernande TCHIFFO, M. Crépin

YOBA, M. Georges NOUPOUA et M. Modeste NANA pour le réconfort dans les

moments difficiles ;

+ l'endroit de notre famille pour le soutien dont elle a fait preuve ;

+ tous ceux qui, de près ou de loin, directement ou indirectement ont contribué à la réalisation de ce travail.

ii

TABLE DES MATIERES

TABLE DES MATIERES iii

AVANT-PROPOS vi

LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES vii

ACRONYMES ix

RESUME x

ABSTRACT xi

INTRODUCTION GENERALE 1

Partie 1 : LE CADRE THEORIQUE ET INSTITUTIONNEL 4

CHAPITRE 1 : ASPECTS CONCEPTUELS 5

SECTION 1 : L'insertion professionnelle 5

1.1 Définition 5

1.2 La notion de trajectoire professionnelle 6

1.3 Le concept de capital humain 6

SECTION 2 : La notion de population active 7

2.1 Définition 7

2.2 La notion d'emploi 7

2.3 Le sous emploi 9

SECTION 3 : Le chômage 10

3.1 Définition 10

3.2 Les principales formes de chômage 11

CHAPITRE 2 : QUELQUES NOTIONS SUR LES THEORIES RELATIVES A

L'INSERTION PROFESSIONNELLE 13

SECTION 1 : Les cadres théoriques pour analyser l'entrée sur le marché du travail 13

1.1 La théorie du capital humain 13

1.2 La théorie du filtre 14

1.3 La théorie de la recherche d'emploi (Job Search) 14

SECTION 2 : Modèles de formation et insertion professionnelle 15

2.1 Le modèle japonais 15

2.2 Le modèle allemand 16

2.3 Le modèle français 16

2.4 Le modèle américain 17

SECTION 3 : La structure du système éducatif camerounais 17

iii

3.1 Organisation et fonctionnement 17

3.2 L'enseignement technique et professionnel 18

3.3 La formation professionnelle extra-scolaire 19

CHAPITRE 3 : LE CADRE INSTITUTIONNEL DU MARCHE DE L'EMPLOI AU

CAMEROUN 20

SECTION 1 : Les institutions de promotion du marché de l'emploi au Cameroun 20

1.1 Les institutions publiques 20

1.2 Les institutions privées locales 21

1.3 Les institutions internationales de coopération 23

SECTION 2 : Les programmes d'action en faveur de l'emploi 23

2.1 La politique nationale de l'emploi 23

2.2 Les mesures du FNE en faveur de l'insertion des jeunes 24

PARTIE 2 : LES STRATEGIES D'INSERTION DES JEUNES 25
CHAPITRE 4 : CARACTERISATION DES JEUNES ACTIFS DE LA VILLE DE

YAOUNDE ET MARCHE DU TRAVAIL DES JEUNES 26

SECTION 1 : L'Enquête sur la Dynamique d'Insertion socioprofessionnelle des jeunes de

la ville de Yaoundé (EDIJ 2005) 26

1.1 Présentation générale de l'enquête 26

1.2 Description de la population cible étudiée 27

SECTION 2 : Caractéristiques socio-démographiques des jeunes actifs 28

2.1 Environnement familial 28

2.2 Niveau d'instruction et profil de formation professionnelle des jeunes 30

SECTION 3 : Le marché du travail des jeunes 32

3.1 La situation d'activité des jeunes 32

3.2 Conditions d'activités des jeunes 35

CHAPITRE 5 : ANALYSE DES STRATEGIES D'INSERTION DES JEUNES ET LES

RECOMMANDATIONS 42

SECTION 1 : Stratégies d'insertion adoptées par les jeunes 42

1.1 Les canaux d'insertion des jeunes 42

1.2 Les facteurs explicatifs de l'insertion professionnelle des jeunes 44

SECTION 2 : Les recommandations 51

2.1 Les actions de l'Etat en faveur de l'insertion des jeunes 51

2.2 Les actions des jeunes en faveur de leur insertion 53

CONCLUSION GENERALE 54

BIBLIOGRAPHIE 56

iv

ANNEXES 59

ANNEXE 1 : Tableaux complémentaires 60

ANNEXE 2 : QUESTIONNAIRES EDIJ 2005 66

v

AVANT-PROPOS

L'ISSEA est une école d'enseignement supérieur qui a pour vocation la formation des cadres statisticiens de la CEMAC et même des autres sous-régions d'Afrique. Elle est constituée de trois cycles : le cycle des techniciens supérieurs de la statistique, le cycle des Ingénieurs d'Application de la Statistique et celui des Ingénieurs Statisticiens Economistes. La durée de la formation du cycle des Ingénieurs d'Application de la Statistique est de quatre années et le programme des enseignements prévoit au terme de ces quatre ans, de présenter et soutenir publiquement un mémoire de fin de scolarité. Ce mémoire est certes une exigence académique mais aussi, il marque le début d'une initiation à la recherche.

La fin de la scolarité à l'ISSEA ainsi que dans les autres écoles professionnelles se trouve à la jonction entre la fin d'une formation professionnelle et la recherche d'un emploi, c'est dire qu'il nous faudra adopter une stratégie pour s'insérer dans le monde professionnel. Qu'en est -il pour l'ensemble des jeunes sortis du système éducatif ? C'est ainsi que nous avons opté pour un sujet relevant des statistiques du travail et nous avons adopté pour thème : « Stratégies d'insertion professionnelle des jeunes : le cas de la ville de Yaoundé ». Il s'agit pour nous de mettre à profit les divers enseignements reçus à l'ISSEA afin d'apporter notre modeste contribution à cet épineux problème qu'est l'insertion professionnelle des jeunes.

vi

LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES

Liste des tableaux

Tableau 1 : Distribution des jeunes suivant la situation d'activité, le sexe et lien de parenté avec le chef de ménage 29
Tableau 2 : Répartition des jeunes suivant les domaines de formations professionnelles reçues

32

Tableau 3 : Taux de non insertion selon le sexe et les classes d'âges des jeunes (en %) 33

Tableau 4 : Répartition des jeunes non insérés selon la durée d'attente et l'accès à la formation

professionnelle 35

Tableau 5 : Répartition des jeunes insérés selon le nombre d'heures de travail par semaine 40

Tableau 6 : Equation du revenu issu de l'emploi des jeunes avec correction du biais de

sélection 46

Tableau 7 : Résultat du modèle économétrique de l'accès à l'emploi des jeunes 48

Tableau 8 : Nombre moyen de personnes par ménage et rapport de dépendance 60

Tableau 9 : Distribution des jeunes suivant le sexe et lien de parenté avec le chef de ménage 60
Tableau 10 : Distribution des jeunes suivant leur situation d'activité et le statut marital 60
Tableau 11 : Distribution des jeunes vivant dans des familles où le chef de ménage travaille 61

Tableau 12 : Moyennes d'âges des jeunes mariés ou vivant en union libre 61

suivant leur sexe et leur situation d'activité 61

Tableau 13 : Répartition des jeunes suivant leur statut matrimonial et leur situation d'activité

61
Tableau : 14 : Répartition des jeunes suivant leur niveau d'instruction et leur situation

d'activité (%) 61
Tableau 15 : Distribution des jeunes non insérés suivant les raisons de recherche d'un emploi

et leur niveau d'instruction (%) 62

Tableau 16 : Distribution des jeunes insérés suivant le sexe et le secteur d'activité (en %) 62

Tableau 17 : Distribution des jeunes insérés exerçant dans l'informel suivant le diplôme le plus élevé obtenu 62 Tableau 18 : Salaire moyen à l'embauche des jeunes insérés par secteur d'activité (en milliers)

62

Tableau 19 : Salaire moyen à l'embauche des jeunes insérés selon le sexe (en milliers) 63

vii

Tableau 20 : Revenu moyen des jeunes insérés selon le sexe (en milliers) 63

Tableau 21 : Distribution des jeunes non insérés selon les raisons de l'arrêt des études 63

Tableau 22 : Délai d'insertion moyen des jeunes selon le secteur d'activité (en mois) 63

Tableau 23 : Répartition des jeunes non insérés selon les raisons de venu à Yaoundé (en %) 64
Tableau 24 : Taux de pluri-activité selon le statut dans l'emploi principal (en %) 64
Tableau 25 : Taux de pluri-activité selon le secteur d'activité dans l'emploi principal (en %)64

Tableau 26 : Profil ligne des jeunes occupés selon leur secteur d'activité et celui de 65

leur parent ou tuteur (en %) 65

Tableau 27 : Bilan des appuis du FNE en faveur des jeunes au 31 mars 2005 65

Liste des graphiques

Graphique 1 : Répartition des jeunes actifs de la ville de Yaoundé suivant leur situation

d'activité 28

Graphique 2 : Structure des chefs de ménage selon leur niveau d'instruction 29

Graphique 3 : Répartition des jeunes suivant le secteur d'activité du chef de ménage dans lequel ils vivent 30
Graphique 4 : Distribution des jeunes suivant leur niveau d'instruction et leur situation

d'activité 31

Graphique 5 : taux de non-insertion selon le diplôme le plus élevé 31

Graphique 6 : Vulnérabilité des jeunes face à l'emploi selon les classes d'âge 33

Graphique 7 : Répartition des primo demandeurs d'emploi selon le niveau d'instruction 34

Graphique 8 : Répartition des jeunes par secteur d'activité 36

Graphique 9 : Répartition des jeunes par branches d'activité 37

Graphique 10 : Répartition des jeunes insérés selon le statut dans l'emploi et le secteur

d'activité (%) 38

Graphique 11 : Répartition des jeunes insérés selon la tranche de revenu 39

Graphique 12 : Répartition des primo-demandeurs et des jeunes ayant perdu leur emploi

précédent suivant le canal de recherche du travail 43

Graphique 13 : Canaux d'insertion des jeunes insérés 44

viii

ACRONYMES

BAC : Baccalauréat

BEPC : Brevet d'Etudes du Premier Cycle BIT : Bureau International du Travail

BP : Brevet Professionnel

BT : Baccalauréat de Technicien BTP : Bâtiments et Travaux Publics

CAP : Certificat d'Aptitude Professionnel CEP : Certificat d'Etudes Primaires

CEREQ : Centre d'Etudes et de Recherches sur les Qualifications

CIST : Conférence Internationale des Statisticiens du Travail

DSRP : Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté

EDIJ : Enquête sur la Dynamique d'Insertion socioprofessionnelle des Jeunes de la ville de Yaoundé

ECAM I : Première Enquête Camerounaise Auprès des Ménages

ECAM II : Deuxième Enquête Camerounaise Auprès des Ménages

FNE: Fonds National de l'Emploi

GCE-AL: General Certificate of Education Advanced Level

GCE-OL: General Certificate of Education Ordinary Level

INS : Institut National de la Statistique

ISSEA : Institut Sous-régional de Statistique et d'Economie Appliquée

NEF : National Employment Fond

OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economiques

OIT : Organisation Internationale du Travail

ONEFOP : Observatoire National de l'Emploi et de la Formation Professionnelle

ONG : Organisation Non Gouvernementale PVD : Pays en Voie de Développement

SMIC : Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance

ZD : Zone de Dénombrement

ix

RESUME

Avant la crise économique des années 80, les secteurs public et parapublic étaient le principal pourvoyeur d'emplois. Les concours et les recrutements de l'Etat étaient les principaux canaux d'insertion utilisés et en plus, la poursuite des études augmentait la probabilité de s'insérer dans un emploi stable.

Aujourd'hui, les limitations des recrutements dans le secteur formel du fait de la crise économique ne favorisent plus l'insertion des jeunes sur le marché de l'emploi. En effet, bien qu'il existe très peu d'études sur l'emploi des jeunes au Cameroun en général et dans la ville de Yaoundé en particulier, il n'en demeure pas moins que les rares études qui comportent une rubrique consacrée à l'emploi font état des difficultés que rencontreraient les jeunes pour s'insérer dans la vie active. Il serait donc fondamental pour les chercheurs d'accorder une importance à l'insertion professionnelle des jeunes. D'où le choix d'une étude basée sur les stratégies d'insertion des jeunes. Cette étude se propose d'identifier les nouveaux moyens et voies que les jeunes usent pour se réaliser professionnellement. Des analyses effectuées, il ressort que le secteur informel est devenu l'expression de nouvelles stratégies d'insertion professionnelle des jeunes, il emploie 72% des jeunes occupés ; les relations amicales ou familiales seraient les canaux d'insertion les plus utilisés (près de la moitié des jeunes insérés affirment avoir utilisé ce canal pour s'insérer) au détriment des agences de promotion de l'emploi telles que le FNE (moins de 4% des jeunes déclarent avoir fait leur quête par le canal du FNE). Les études économétriques entreprises montrent que les variables relatives à l'environnement familial sont très significatives dans la décision de participation des jeunes dans le marché du travail. Par contre, les prétentions salariales semblent ne pas être un élément déterminant dans l'insertion des jeunes : ce qui signifierait qu'à défaut de trouver un emploi correspondant à leur profil, ces derniers n'ont plus d'autre alternative que de choisir le premier emploi qui se présente à eux quelles que soient la qualité et la nature de cet emploi. Cette adaptation passe par l'occupation d'emplois précaires qui sont devenus pour la majorité des jeunes de la ville de Yaoundé un véritable passage pour s'insérer dans la vie professionnelle et apparaît de ce fait comme une issue contre le chômage.

Mots clés : Jeunes, stratégies d'insertion professionnelle, délai d'insertion, emploi, précarité.

x

ABSTRACT

Before the economic crisis of the 80's, the public sector was the main provider of employment. State entrance examinations and recruitments were the principal canals used for integration and addition pursuit of studies increased the probability of being integrated into a permanent job.

Nowadays, it is no more the case. The limitations of recruitment in the formal sector as a result of the economic crisis no longer favour the integration of youth on the job market. Indeed, although there exists very little studies on the employment of youth in Cameroon in general and in the town of Yaoundé in particular, some few studies with a four on employment state difficulties encountered by the youth in integrating into active life. Whence the choice of a study based on the strategies of youth integration. This study proposes the identification of new ways and means used for their professional fulfilments. From our analyses, it comes out again that the informal sector will become an expression of new strategies of professional integration of youths; it contains 72 % of youth's works; friendly or family relations will be mostly used as canal of integration at the detriment of employment promotion agencies such as the NEF. Elsewhere, econometric studies carried out show that the variations relative to family environments are very significant in the decision of participation of youths in the job market. On the other hand, salary expectations seems not to be a determining element in youth integration ; which signifies that in the defect of finding a job corresponding to their profile , they have no other alternative than choosing the first employment which comes their way no matter the quality and nature of this job. This adaptation leads to the occupation of uncertainty jobs which has become for semi-obligatory passage for the integration into professional life and appears to be away out against unemployment.

Keywords: Youths, strategies for professional integration, deadline for integration, employment, uncertainty

xi

.

INTRODUCTION GENERALE

Avant la crise économique des années 80, la stratégie adoptée par les camerounais dans la recherche d'un emploi était classique (auto-emploi, concours, recrutements et prospection directe auprès des employeurs). Les voies d'insertion utilisées étaient objectives. Mais, la situation de crise économique que traverse le Cameroun depuis plus de deux décennies a conduit le pays à recourir à des réformes économiques qui se sont traduites par des compressions et des licenciements de personnel. En outre, les fermetures d'entreprises, les privatisations et les programmes d'ajustement structurel mis en oeuvre par le gouvernement avec l'appui de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International ont aussi entraîné la réduction quantitative du volume d'emplois et des recrutements.

Par ailleurs, la forte croissance démographique d'une part et le retard d'adaptation du système de formation au marché du travail d'autre part mettent chaque année plusieurs jeunes sortis du système éducatif sur le marché du travail. Du fait du contexte particulièrement morose que traverse l'économie camerounaise, ces derniers rencontreraient de plus en plus des difficultés pour s'insérer.

Réagissant à cette situation, le gouvernement a pris et exécuté différentes mesures visant à assurer la promotion et/ou la sauvegarde de l'emploi. Il s'agit de la création du Fonds National de l'Emploi par le décret n°90/805 du 27/04/90, de la mise en place de l'Observatoire National de l'Emploi et de la Formation Professionnelle par l'arrêté n°007/PM du 13 février 2002 et de toutes les instances consultatives ou de coordination en matière d'emploi et de formation professionnelle et l'organisation annuelle des états généraux de l'emploi. Mais, selon les statistiques de la Deuxième Enquête Camerounaise Auprès des Ménages (ECAM II), 17 % de la population active est touchée par le chômage.

Ce sont les jeunes qui constituent la frange de la population active la plus affectée et la moins outillée pour lutter contre le chômage car, 70 % de jeunes1 qui arrivent sur le marché du travail camerounais n'ont aucune qualification en terme de métier2. Ainsi, malgré les dispositifs d'aide à l'insertion mis en place par l'Etat, le chômage des jeunes reste une préoccupation. Il est soutenu par un certain nombre de facteurs dont les principaux sont :

· l'exiguïté du tissu économique face à une demande d'emploi sans cesse croissante ;

· l'exploitation insuffisante des opportunités potentielles d'emploi au Cameroun ;

1 Il s'agit des jeunes de 15 à 24 ans

2 Source : Stratégies et mesures d'appui du FNE en faveur des jeunes, FNE, Mars 2005.

1

· l'accentuation de l'intérêt des entreprises pour une main-d'oeuvre directement opérationnelle, donc présentant déjà une expérience professionnelle, face à un système de formation non adapté aux exigences du marché de l'emploi.

Les jeunes, pour leur part ne sont pas restés sans stratégies dans leur insertion dans la vie professionnelle. Il serait important de porter un intérêt quant au mode de recherche de l'emploi par les jeunes une fois sortis du système éducatif. Le présent mémoire s'inscrit dans cette perspective. Il a pour thème : « Stratégies d'insertion professionnelle des jeunes : le cas de la ville de Yaoundé »

L'objectif de la présente étude est l'identification des stratégies d'insertion des jeunes dans la ville de Yaoundé, qui peuvent être individuelles (mode de recherche du jeune) ou institutionnelles (ensemble des dispositifs d'aide à l'insertion professionnelle des jeunes). L'atteinte de cet objectif principal passe par la réalisation des objectifs spécifiques ci-après :

· caractériser la situation d'activité des jeunes de la ville de Yaoundé,

· déterminer les délais d'insertion et les principaux canaux de recherche d'emploi ;

· déterminer les domaines de formation les plus ciblés et les moins précaires, afin de permettre aux jeunes de voir comment s'insérer dans la société par un travail rémunérateur dans le but de subvenir à leurs besoins et de cerner les types d'expérience et de compétence que ces derniers pourraient faire valoir pour favoriser leur insertion.

· analyser l'insertion professionnelle des jeunes en fonction des variables

susceptibles d'expliquer la décision de participation au marché du travail et par là

évaluer l'efficacité des stratégies adoptées par l'Etat dans l'insertion des jeunes.

Cette étude sera repartie suivant deux cadres dont chacun fera l'objet d'une partie : le cadre théorique et institutionnel, le cadre empirique. Dans le cadre théorique et institutionnel, il s'agira de procéder à la définition des principaux concepts relatifs à l'emploi en général et l'emploi des jeunes en particulier ; ce qui fera l'objet du chapitre 1. Par la suite, il sera question de passer en revue les principales théories qui aident à analyser l'insertion professionnelle. Ensuite, il s'agira de présenter en plus du système de formation camerounais, quatre modèles de transition de l'école à l'emploi généralement mis en oeuvre dans le monde.

Le chapitre 3 présentera le cadre institutionnel du marché du travail au Cameroun.

La partie empirique sera consacrée à l'analyse de la situation d'activité des jeunes et de leurs stratégies d'insertion sur le marché du travail. Le chapitre 4 présentera la source de données utilisée pour les différentes analyses menées dans l'étude et procèdera à une analyse descriptive de la situation d'activité des jeunes en soulevant le problème de non insertion et de précarité dans

2

l'emploi. Le chapitre 5 déterminera les stratégies d'insertion adoptées par les jeunes et procèdera à une évaluation de l'efficacité de ces stratégies. En outre, il sera aussi question dans ce chapitre, de mettre en évidence les facteurs explicatifs de l'insertion professionnelle des jeunes et ceci au moyen d'une régression logistique. L'interprétation des résultats sera logiquement suivie par des recommandations en termes de stratégies à adopter par les pouvoirs publics et les jeunes dans le but de favoriser l'entrée de ces derniers dans la vie professionnelle.

3

Partie 1 :

LE CADRE THEORIQUE ET
INSTITUTIONNEL

4

Mémoire de fin de scolarité rédigé et soutenu par MAMBOU Patrick Félicien

CHAPITRE 1 : ASPECTS CONCEPTUELS

Les statistiques du travail sont nombreuses et complexes ; les définitions qui seront présentées dans ce chapitre s'apparentent à celles adoptées sur le plan international. Certaines notions ont été adaptées pour mieux appréhender les particularités de la situation d'activité des jeunes dans la ville de Yaoundé telle que la non insertion qui sera préférée au chômage au sens du BIT. La première section présentera les notions relatives à l'insertion professionnelle, puis la seconde section sera consacrée à la définition de la population cible et enfin, la troisième section précisera le concept de chômage et de sous-emploi.

SECTION 1 : L'insertion professionnelle 1.1 Définition

L'insertion professionnelle est une notion relativement récente apparue dans les années 70 (RABAH, 2002). La genèse de l'insertion professionnelle impute à cette dernière une situation de rétrécissement du marché du travail, situation dans laquelle les jeunes sortant du système éducatif rencontreraient de plus en plus des difficultés pour décrocher un emploi.

J. Vincens3 souligne pour définir l'insertion professionnelle qu'il existe deux approches à savoir l'approche individuelle et le niveau macroéconomique. Selon la première approche, l'insertion professionnelle d'un individu est définie comme l'état dans lequel il occupe un emploi stable. La seconde approche quant à elle étudie des cohortes définies par rapport à leur date d'entrée dans la vie active. La différence entre les deux approches réside dans le fait que pour la première, l'individu est considéré comme inséré quand il occupe un emploi stable ; la seconde approche considère l'insertion comme un état dans lequel l'ensemble des personnes qui la composent ont un emploi stable.

L'insertion est un processus complexe étant donné ses aspects multiformes touchant aussi bien aux domaines de l'éducation que des marchés du travail et des systèmes de formation (Vernières, 1997). En plus, il ajoute que la population qui se trouve en situation d'insertion à une période donnée est le plus souvent jeune et vient de sortir du système scolaire.

Pour l'étude entreprise, un individu est considéré comme inséré lorsqu'il occupe un emploi stable ou non. A l'opposé, un individu est non inséré lorsque, ne faisant plus partie du système

3 Jean Vincens, L'insertion professionnelle des jeunes, quelques réflexions théoriques, formation-emploi, n°61, CEREQ, France, 1998.

5

éducatif il ne possède pas un emploi. Ces définitions découlent du contexte économique de la ville de Yaoundé.

Le processus d'insertion de par son aspect multidimensionnel implique plusieurs acteurs dont les stratégies et les trajectoires individuelles pour l'insertion sont diverses.

1.2 La notion de trajectoire professionnelle

D'après Rabah Arrache, la trajectoire professionnelle est un processus complexe qui retrace les différentes étapes du début à la fin de l'insertion. Cette diversité est la résultante de plusieurs facteurs dont la multiplicité des états possibles (non insertion, indisponibilité, insertion dans le secteur informel, insertion dans le secteur public ou privé formel), la diversité des combinaisons de ces états et la durée de chaque état.

Pour analyser la trajectoire professionnelle, J. Vincens introduit la notion de régime d'insertion qui consiste à observer l'évolution des variables durant le cheminement de la phase d'insertion. Les différentes statistiques sur les variables ne seront obtenues que si la population cible est bien définie.

La notion de trajectoire professionnelle est fortement liée à celle du capital humain dans la mesure où la longueur de cette trajectoire dépend des capacités productives et intellectuelles de tout individu.

1.3 Le concept de capital humain

Le concept de capital humain a été développé par les économistes David SCHULTZ et BECKER. Il est défini comme l'ensemble des capacités productives d'un individu ou d'un groupe d'individus incluant les aptitudes opératoires (connaissances générales ou spécifiques ; savoir faire ; expérience etc.).

Pour l'OCDE (1998), le capital humain est défini comme les connaissances, les qualifications, les compétences et autres qualités possédées par un individu et intéressant l'activité économique. Cette définition semble plus restrictive car elle se limite aux qualités qui procurent uniquement des avantages par le biais de l'activité économique.

Le capital humain a deux caractéristiques essentielles. D'une part, il est immatériel composé d'acquis mentaux et d'autre part il est lié à la personne qui le possède. Il est composé de trois éléments principaux à savoir :

- l'éducation et la formation qui comprennent l'éducation formelle et la formation professionnelle, l'éducation informelle acquise au sein de la famille et la formation sur le « tas » ;

6

- la santé qui est un des éléments clés du développement et du bien-être physique et mental

des individus. Elle joue un rôle capital dans le maintien du capital humain ;

- tous les facteurs qui permettent de mettre concrètement les individus en position de

produire tels que les externalités positives en termes de connaissances, les migrations.

SECTION 2 : La notion de population active 2.1 Définition

La population active comprend toutes les personnes qui fournissent durant une période de référence spécifiée la main-d'oeuvre. Cette conception générale de la population suscite bon nombre de commentaires, il n'y a pas de limitation quant à ce qui concerne l'âge de l'activité ; les analystes des statistiques du travail ont envisagé certaines restrictions pour être réalistes. L'adoption d'un âge minimum en dessous duquel une personne ne peut être considérée comme active et un âge maximum au-dessus duquel une personne ne peut plus être considérée comme active. Les débats en rapport avec les limitations d'âges sont en cours et se heurtent aux considérations de chaque pays en fonction de la durée de scolarité au primaire et l'âge d'entrée à la retraite.

Pour le BIT, l'âge d'entrée en activité est fixé à 15 ans révolus et coïncide en général avec la fin des études au cycle primaire. En plus, le jeune est toute personne âgée d'au plus 24 ans.

Au Cameroun, la particularité du système éducatif veut que ce soit après avoir dépassé l'âge de la jeunesse (au-delà de 25 ans) telle que définit par le BIT que les nouveaux demandeurs d'emploi diplômés font leur première entrée sur le marché du travail. C'est fort de cette remarque que la population cible de l'étude entreprise est constituée de toute personne âgée de 15 à 34 ans révolus. Le choix de cette tranche d'âge correspond aussi à l'objectif de l'enquête sur la Dynamique d'Insertion socioprofessionnelle des jeunes de la ville de Yaoundé (EDIJ) qui sera présentée au troisième chapitre. Cette population cible comprend les personnes qui sont soit occupées, soit à la recherche d'un emploi.

2.2 La notion d'emploi

Dans la résolution adoptée par la treizième Conférence Internationale des Statisticiens du Travail à Genève en 1982, les personnes pourvues d'un emploi sont celles qui, ayant dépassé un âge spécifié, se trouvaient durant une brève période de référence dans les catégories suivantes :

> Emploi salarié

On distingue les personnes au travail et les personnes qui ont un emploi mais ne sont pas au travail.

7

Les personnes au travail sont des personnes qui durant la période de référence de l'enquête, ont effectué un travail moyennant un salaire ou un traitement en espèce ou en nature. Les personnes qui ont un emploi mais ne sont pas au travail sont celles qui, ayant déjà travaillé dans leur emploi actuel ont un lien formel (contrat écrit ou oral) avec l'emploi. Le lien formel avec l'emploi doit être déterminé à la lumière des circonstances nationales par référence à l'un ou plusieurs des critères tels que le service ininterrompu du salaire et du traitement, une assurance de retour au travail à la fin de la situation d'exception (situation du moment) ou un accord sur la date du retour.

Font partie de la catégorie des travailleurs salariés les personnes suivantes :

- les apprentis (des personnes qui apprennent un métier) qui sont rétribués en espèces ou en nature ;

- les employeurs qui exploitent leurs propres entreprises et qui emploient au moins un salarié rémunéré en espèces ou en nature.

> Emploi non salarié

On distingue les personnes au travail qui, durant la période de référence, ont effectué un travail en vue d'un bénéfice en espèces ou en nature et les personnes ayant une entreprise mais n'étant pas au travail pour des raisons spécifiques.

Appartiennent à la catégorie des travailleurs non salariés :

- les personnes travaillant pour leur propre compte qui, souvent qualifiées de travailleurs

indépendants, sont des personnes qui exploitent leurs propres entreprises et qui n'emploient aucun salarié ; tout au plus ils peuvent utiliser des apprentis et aide-familiaux ;

- les travailleurs familiaux non rémunérés qui sont des personnes occupant un emploi dans

une entreprise exploitée par un parent vivant généralement dans le même ménage, mais qui ne peuvent pas être considérés comme associés, car ayant un degré d'engagement qui n'est pas comparable à celui du dirigeant de l'unité ;

- les membres des coopératives de producteurs ;

- les personnes engagées dans la production des biens et services pour leur consommation

propre si leur contribution à la consommation totale des ménages est importante.

La notion de travail effectué au cours de la période de référence peut être interprétée comme étant un travail d'une durée d'une heure au moins. En plus des notions liées à l'emploi, il est aussi relevé des situations d'emploi inadéquat. Il s'agit des situations du travail qui diminuent le bienêtre et les attitudes du travailleur par rapport à un emploi. La seizième Conférence internationale des statisticiens du travail (CIST) qui s'est tenue à Genève du 6 au 15 octobre 1998 décrit trois types de situations particulières :

8

- l'emploi inadéquat lié aux qualifications qui est caractérisé par une utilisation insuffisante

ou inadéquate des qualifications professionnelles ;

- l'emploi inadéquat lié au revenu qui comprend des personnes gagnant un revenu inférieur à

un seuil fixé par les circonstances nationales ;

- l'emploi inadéquat lié au volume de travail très élevé qui se réfère à une situation où une

personne désirerait ou chercherait à faire moins d'heures de travail (sans aller en dessous d'un plancher fixé selon les circonstances nationales) qu'elle n'en a faite pendant la période de référence soit dans le même emploi, soit dans un autre emploi avec une rémunération identique au revenu.

Par ailleurs, on distingue la notion d'emploi principal et d'emploi secondaire ; ces notions n'ont pas une définition internationale stricte. Le critère de décision est choisi en fonction des préférences nationales parmi les suivantes :

- le temps de travail,

- le niveau de rémunération perçue,

- l'autodétermination par l'individu enquêté pendant la période de référence et c'est le critère

qui a été retenu dans le cadre de l'EDIJ.

> L'emploi dans le secteur informel

D'après la comptabilité nationale, les unités de production du secteur informel font partie du secteur institutionnel des ménages en tant que entreprises individuelles. Ces unités de production opèrent à petite échelle avec un faible niveau d'organisation.

L'emploi est basé sur les liens de parenté ou des relations personnelles sans accord contractuel ou garantie formelle. Les activités du secteur informel se distinguent de celles du secteur formel. Elles ne sont pas enregistrées et/ou sont dépourvues de comptabilité formelle écrite et ne donnent pas lieu aux avantages tels que les allocations familiales, une pension retraite, et des congés payés.

2.3 Le sous emploi

a) La durée du travail

Le nombre d'heures de travail est une composante essentielle de l'offre de travail. En matière de statistiques du travail il comprend :

- les heures effectivement travaillées et consacrées à son activité ;

- les heures supplémentaires ;

- les heures passées au lieu de service et consacrées à des activités diverses (maintenance, préparation des outils de travail, préparation des rapports etc.) ;

9

- les heures passées au lieu de service mais non travaillées pour cause de pannes, de machines, accident, etc. ;

- les heures consacrées aux courtes pauses (pauses cafés, recréations, etc.).

Les congés payés, les jours fériés, les congés maladie payés ne sont généralement pas compris dans l'horaire de travail.

On distingue trois types d'horaires de travail :

- les horaires normaux qui sont le nombre d'heures de travail fixé par la législation (elles sont de 35 heures par semaine au Cameroun à l'exception de certains métiers tels que le transport outillé) ;

- les horaires de travail habituel qui sont le nombre d'heures de travail que l'individu consacre à son activité ;

- les horaires de travail du moment qui sont le nombre d'heures de travail travaillées pendant la période de référence de l'enquête.

b) le sous- emploi lié à la durée du travail

On distingue le sous-emploi invisible et le sous-emploi visible. Le sous-emploi invisible reflète une mauvaise répartition des ressources en main d'oeuvre ou un déséquilibre entre la main d'oeuvre et les autres facteurs de production. Le sous-emploi visible correspond à un volume horaire de travail inférieur à la durée de travail maximale fixée par les circonstances nationales. Il est accompagné par une insatisfaction des individus qui souhaiteraient effectuer plus d'heures de travail.

SECTION 3 : Le chômage

3.1 Définition

Selon la définition du BIT dont la dernière modification remonte à la treizième Conférence internationale des statisticiens4 du travail en 1982, les chômeurs comprennent toutes les personnes ayant l'âge de travailler qui, durant la période de référence (sept derniers jours précédent l'enquête) sont :

- sans travail, c'est-à-dire dépourvu d'un emploi salarié ou non salarié ;

- disponibles pour travailler dans un emploi salarié ou non salarié ;

- à la recherche d'un emploi, c'est -à -dire qu'ils ont pris des dispositions spécifiques au

cours d'une période de référence donnée. La recherche d'un travail est caractérisée par les actions
suivantes : l'inscription à un bureau de placement public, le dépôt d'une candidature auprès des
employeurs, les réponses à des annonces spécialisées, les contacts auprès des relations

4 LONGATTE Jean, VANHOVE Pascal, « Economie générale », DUNOD, Paris p.245

10

personnelles et les démarches en vue de la création d'une entreprise (recherche de terrain, d'immeubles, d'équipements, de ressources financières, de licences, etc.).

L'analyse économique pure emmène à définir le chômage comme une situation du marché du travail où un déséquilibre apparaît entre l'offre et la demande de travail. Ce déséquilibre se traduit par une offre de travail supérieure à la demande de travail .En d'autres termes le chômage se manifeste par un excédent de la main-d'oeuvre disponible par rapport aux disponibilités d'emplois qu'offre le système productif.

3.2 Les principales formes de chômage

a) Le chômage de première insertion

Ce sont des personnes qui respectent tous les critères de la définition du chômage et qui n'ont jamais travaillé dans un emploi considéré comme stable , d'une durée supérieure à un seuil (généralement 3 mois) ou ayant fait l'objet d'un contrat de travail écrit ou oral.

b) Le chômage volontaire

Cette forme de chômage est plus fréquente dans les pays où les indemnités allouées aux chômeurs sont suffisamment importantes pour compenser la perte de salaire et leur permettre de choisir l'inactivité. Il provient aussi des individus dont le rejet de l'emploi constitue un acte volontaire c'est-à-dire de libre choix. Les chômeurs volontaires se trouvent en face d'un complexe de possibilités d'emplois des différentes occupations, diverses localités et à des taux de salaires variées, mais ils ne préfèrent accepter aucune occupation.

Le chômage volontaire est expliqué par les économistes classiques et néo-classiques. Pour ces derniers, le travail est un bien qui s'échange sur un marché. La demande de travail et le prix du travail c'est-à-dire le salaire réel, sont corrélés négativement. Quant à l'offre de travail, elle augmente en même temps que le prix du travail. Les individus arbitrent entre leurs loisirs et le travail, vu comme une renonciation aux loisirs.

Pour les classiques, le chômage sur le marché n'existe pas puisque l'offre et la demande s'ajustent et déterminent un prix, le salaire réel pour lequel les individus arbitrent leur temps en faveur des loisirs. Le chômage est volontaire parce qu'il résulte de travailleurs qui n'acceptent pas des salaires réels plus faibles (LONGATTE et VANHOVE, 2001).

Mais s'il existe des individus prêts à travailler pour un salaire inférieur à celui du marché du travail, pour une qualification équivalente, et qui ne trouvent pas d'emploi, on peut dire que le chômage involontaire existe.

11

c) Le chômage involontaire

Il se manifeste lorsque les individus acceptent de travailler dans n'importe quelle occupation, n'importe quelle localité, à n'importe quel taux de salaire différent de zéro.

Pour Keynes, les salaires nominaux sont rigides à la baisse ; ils ne peuvent descendre en dessous d'un minimum du fait de la présence des syndicats. La demande de travail des entreprises baisse (en raison d'anticipations pessimistes sur l'évolution de la consommation, de l'investissement et des exportations) du fait de la rigidité des salaires, l'offre du travail se maintient et il résulte un chômage. Le chômage dans la conception keynésienne n'est pas volontaire mais peut être le signe d'un équilibre de sous-emploi5 .

d) Le flou du chômage

Il s'agit de l'ensemble des personnes qui sont éloignées ou s'éloignent du marché du travail. Aussi appelé le `halo du chômage', le flou du chômage est un ensemble qui est constitué de trois groupes majeurs suivants :

- les ultérieurs BIT qui comprennent les individus sans travail, disponibles pour travailler mais qui ont trouvé un emploi qui commence à une date ultérieure à la période de référence (généralement les deux semaines ou le mois suivant l'enquête).

- les personnes sans emploi, indisponibles pendant la période de référence et qui cherchent un emploi qu'elles vont commencer à une date ultérieure ;

- Les chômeurs découragés qui sont des personnes sans emploi, disponibles pour travailler mais qui ne recherchent plus de travail.

La notion de chômage ne permet pas d'appréhender de façon significative la situation de l'emploi dans les pays sous-développés en particulier au Cameroun du fait des spécificités du marché de l'emploi au Cameroun. Pour l'étude entreprise, la notion de non-insertion a été préférée à celui de chômage car elle intègre en plus des chômeurs au sens du BIT, les chômeurs découragés.

5 LONGATTE Jean, VANHOVE Pascal, « Economie générale », DUNOD, Paris p.257.

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CHAPITRE 2 : QUELQUES NOTIONS SUR LES THEORIES RELATIVES A L'INSERTION PROFESSIONNELLE

Pour analyser l'insertion des jeunes sur le marché du travail, plusieurs théories relatives à la formation des salaires, aux déterminants du chômage et au rôle économique du diplôme sont utilisées. Parler de l'insertion professionnelle des jeunes revient aussi à décrire les moyens d'accès à l'emploi au sortir de la formation initiale. Le présent chapitre présentera en plus du système de formation camerounais, quatre modèles de transition de l'école à l'emploi généralement mis en oeuvre dans le monde.

SECTION 1 : Les cadres théoriques pour analyser l'entrée sur le marché du travail 1.1 La théorie du capital humain

Cette théorie présente les revenus comme étant une fonction de la qualification des individus déterminée par le capital humain qu'ils accumulent.

Pour les partisans de cette théorie, les salaires ne sont pas les résultats de la loi de l'offre et de la demande, mais du rendement en aptitudes professionnelles6. Ces aptitudes peuvent être innées ou acquises par la formation ou même par d'autres comportements concourant à augmenter la productivité.

Pour Gary Becker (1993), la formation apparaît comme un investissement qui améliore la productivité individuelle ; chaque individu arbitre entre le coût et le rendement de l'investissement que génère la formation ou l'éducation.

Selon Diane G. Tremblay (1997), les individus peuvent faire d'autres types d'investissements en l'occurrence l'investissement de la connaissance du marché du travail telles l'acquisition de l'information sur l'emploi, l'acceptation d'un emploi moins rémunéré mais pouvant offrir des possibilités de carrière et même la mobilité géographique pour profiter des opportunités d'emplois.

Certains auteurs tels J.C Eicher, J.Vincens ont cependant émis des remarques concernant le capital humain. Pour J.C Eicher7, la théorie du capital humain ne prouve pas que la productivité est totalement liée au niveau de formation car d'autres variables sont susceptibles d'expliquer le niveau de revenu (l'âge, le sexe, la race, la région, la profession et la durée du travail) ; pour

6 Diane Gabrielle Tremblay, << Travail Economie et Gestion », Université du Québec-Télé-Québec, 1997

7 J.C.Eicher, << Education et réussite professionnelle-Economie de l'éducation », Economica, 1979

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J.Vincens8, la théorie du capital humain a un pouvoir explicatif dans un régime où les salaires sont flexibles et /ou le chômage global est faible.

1.2 La théorie du filtre

Spence (1974) est le principal initiateur de cette théorie qui postule que le niveau de formation joue un rôle de filtre (le niveau de formation permet d'identifier les individus les plus productifs). Les employeurs, ne connaissant pas les capacités des candidats à l'embauche recherchent toutes les aptitudes qu'ils possèdent. Spence affirme que ces aptitudes sont révélées par un signal donné par le niveau de formation.

Pour les tenants 9de l'école du filtre, la population est hétérogène avant même d'entrer en formation du fait des coûts de formation différents suivant les individus. Les coûts de formation seraient plus bas chez les plus doués, contrairement à ce que postule la théorie du capital humain pour laquelle l'hétérogénéité résulte du cumul du capital des individus qui avaient à l'origine des aptitudes semblables.

Le niveau d'éducation apparaît alors comme un outil utilisé par les demandeurs d'emploi et par les employeurs. Pour les premiers, le niveau d'éducation joue un rôle de signal pouvant révéler les aptitudes et pour les seconds, il agit comme un filtre permettant d'identifier les individus les plus aptes à recruter pour les emplois disponibles10.

1.3 La théorie de la recherche d'emploi (Job Search)

La théorie du << job search >> est un assouplissement de l'hypothèse de l'information parfaite sur les emplois potentiels dans un marché du travail en concurrence pure et parfaite.

Pour les partisans de cette théorie, à l'instar de G. Stigler, l'offreur de travail est un demandeur d'informations relatives aux salaires, aux emplois, aux qualifications, aux conditions de travail, etc. mais avec un coût d'obtention plus ou moins important. L'offreur de travail arrêtera sa prospection lorsque le gain marginal attendu égalisera le coût marginal de visite d'entreprise ou de recherche d'emploi.

S. Lippman et J. Mac Call (1976) appellent salaire de réserve ou d'acceptation le coût de recherche de l'emploi qui égalise les gains marginaux attendus. Pour ces mêmes auteurs, le salaire de réserve dépend de la distribution des salaires dans l'économie, du degré de stabilité des emplois proposés et de l'impatience de chaque demandeur d'emploi. Lorsque les salaires proposés sont inférieurs au salaire d'acceptation, les emplois offerts sont refusés, d'où un chômage

8 Jean Vincens, << L'insertion professionnelle des jeunes, quelques réflexions théoriques, formation-emploi >>, n°61, CEREQ, France, 1998.

9 Notamment Arrow (1973) et Spence (1974)

10 Philippe Lemistre, << Evolution de la valeur des diplômes et endogénéité >>, LIHRE, Toulouse, France, note n° 325, Septembre 2000

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volontaire du chercheur d'emploi vu par ce dernier comme un investissement pour accéder à un emploi décent. Mais ce chômage perd son caractère d'investissement en période de fort chômage pour devenir un facteur de déclassement.

La théorie de la recherche de l'emploi précise que l'offreur de travail est un demandeur d'informations dont les informations relatives aux qualifications, à la formation. Il serait important de passer en revue les systèmes de formation mis en oeuvre dans le monde ; ceci dans le but d'extraire les éléments utiles qui pourront aider les jeunes à s'insérer.

SECTION 2 : Modèles de formation et insertion professionnelle

L'insertion des jeunes est étroitement liée aux différents moyens d'accès à l'emploi au sortir de la formation initiale. On distingue parmi la panoplie des systèmes de formation existants quatre principaux modèles de formation qui mettent en exergue l'opposition classique entre la formation en milieu scolaire et la formation en entreprise d'une part, puis la formation préalable à l'emploi et la formation continue d'autre part. Selon l'importance que chaque système de formation donne à l'acquisition de qualifications professionnelles à l'école et/ou sur le lieu de travail, Jacques Gaude dans une étude portant sur les modèles de formation distingue par ordre de proximité dégressive des marchés du travail, le modèle japonais, le modèle allemand, le modèle français et le modèle américain.

2.1 Le modèle japonais

La flexibilité du marché du travail au Japon et même plus généralement dans les grands dragons est assurée par les grandes entreprises privées et publiques, les petites et moyennes entreprises et les entreprises de sous-traitance.

Fonctionnant en marché interne, ces entreprises recrutent des jeunes diplômés sans formation professionnelle spécifique. Les jeunes ainsi recrutés passent par différents postes de travail y recevant une formation sur le « tas » et acquérant une vaste gamme de compétences, générales et pratiques de même qu'une bonne connaissance de l'entreprise. La relation formationemploi apparaît plus comme le fait des méthodes de travail et des attitudes que des connaissances proprement dites.

La formation débute au Japon une fois que l'employé est recruté et fait partie d'un processus inhérent au système de production. Les emplois d'ouvriers et de techniciens sont fournis par les écoles secondaires et les collèges universitaires qui peuvent, recevoir de façon quasi-automatique en fonction de leur réputation les offres d'emploi des entreprises. Ces entreprises ne disposent pas toujours des moyens, ni de compétences pour former leur personnel.

15

Les besoins de formation sont ainsi satisfaits en partie par les écoles professionnelles qui recrutent environ le quart des élèves scolarisés dans le deuxième cycle du secondaire ou par des écoles de niveau de formation post-secondaire qui offrent une formation assez générale.

2.2 Le modèle allemand

Ce système comporte une formation générale à l'école couplée sur un mode interactif à une formation pratique en entreprise.

Selon Heinz et Nagel (1995), la transition professionnelle est un système dit dual11 ou par alternance, basé sur des formations professionnelles post-secondaires. Ce système est fondé sur d'anciennes traditions d'apprentissage mises en pratique par les entreprises. Il repose sur un processus en deux étapes. La première étape est caractérisée par l'entrée des jeunes dans les formations par alternance. La seconde quant à elle est l'entrée des jeunes dans les emplois. L'organisation du système allemand est la résultante d'une coopération entre les entreprises, les partenaires sociaux et l'Etat. La force du système résulte du fait qu'il concerne une proportion très élevée (plus de 70% en 1994)12 des sortants du système scolaire [Rauner, 1995] et que les abandons en cours de formation sont rares. En dépit des défauts que le système dual présente, il favorise l'insertion professionnelle des jeunes car l'élève se mue progressivement et naturellement en employé qualifié et permet aux jeunes de développer les relations professionnelles avec les futurs employeurs.

2.3 Le modèle français

Dans ce système, l'école et le travail demeurent institutionnellement séparés. Il privilégie les études générales. Les élèves orientés vers les études professionnelles sont le plus souvent les laissés-pour -compte du système général qui conditionne la réussite dans les filières professionnelles et ceci d'autant plus que les jeunes sortent sans qualification du système éducatif pour avoir échoué dans les matières générales du Certificat d'Aptitude Professionnel (CAP) ou du Brevet d'Etude Professionnel.

Pour Verdier (1993), le système de formation professionnelle français est construit sur le principe formel d'une correspondance entre niveaux hiérarchiques de l'emploi et niveaux de formation censés répondre à ces besoins.

11 Le système dual est ainsi désigné par le fait qu'il est co-financé par le gouvernement et les employeurs d'une part et d'autre part par le fait que les programmes de formation sont co-déterminés par les syndicats qui optent pour une formation générale et les employeurs pour une formation spécifique.

12 D'après une étude menée par Rauner en 1995 sur la transition école - emploi.

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2.4 Le modèle américain

Le système américain offre le même parcours scolaire à l'ensemble des jeunes jusqu'à la fin du secondaire. La formation professionnelle secondaire est considérée comme un moyen pour maintenir les élèves les plus défavorisés dans le système scolaire afin de mieux les préparer à l'emploi.

Dans ce système, la transition vers la formation professionnelle effectuée pour l'essentiel dans le cadre de l'enseignement supérieur, est relativement longue et peu régulée avec des files d'attente relativement longues pour les jeunes avant d'accéder à un emploi stable.

Pour les groupes défavorisés, la participation dans des programmes de formation liés à l'accès à un emploi et permet de se former tout en recherchant un emploi. Le système américain permet ainsi à ces groupes d'acquérir une gamme plus large de qualifications utiles sur le marché de l'emploi qui réclame sans cesse plus de faculté d'adaptation.

Afin d'éviter des déficits de qualification, différents programmes se focalisent sur les emplois à faibles exigence de qualification au niveau des tâches opérationnelles ainsi qu'à la formation sur le « tas ».

L'analyse de quelques systèmes de formation apporte ainsi une explication quant à l'efficacité13 supérieure des modèles allemand ou japonais. Qu'en est-il du modèle camerounais ?

SECTION 3 : La structure du système éducatif camerounais

Hérité de la colonisation, le système éducatif du Cameroun a subi l'influence de la Grande - Bretagne et de la France.

3.1 Organisation et fonctionnement

De manière générale, l'éducation au Cameroun est constituée de six niveaux d'enseignement : le préscolaire, le primaire, le post primaire, le secondaire, le normal et le supérieur et de deux sous-systèmes à savoir : le sous-système anglophone et le sous-système francophone. Bien que le sous-système anglophone soit principalement localisé dans les provinces du Nord-Ouest et du Sud-ouest, il convient de noter la présence des établissements qui suivent la formule anglophone dans certaines localités du pays (notamment dans plusieurs arrondissements). Le premier niveau d'enseignement est l'enseignement maternel qui dure généralement 2 à 3 ans. Il prépare les jeunes (de moins de 5 ans) à s'intégrer dans une vie scolaire active au primaire.

13 L'efficacité selon Jacques Gaude est mesurée suivant la proportion des jeunes sans emploi sortis du système éducatif.

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L'enseignement primaire a une durée de six ans, sanctionné par le Certificat d'Etudes Primaires (CEP) et le concours d'entrée en sixième ou en première année du premier cycle de l'enseignement technique dans les sous système francophone. Dans le sous-système anglophone, l'enseignement primaire a une durée de 7 ans et est sanctionné par le First School Living Certificate.

La durée de l'enseignement secondaire en général est la même dans les deux sous-systèmes. Elle s'étale sur sept ans et se décompose dans le sous-système anglophone en deux cycles :

- le << First cycle >> qui comprend cinq classes conduit à l'obtention du General Certificate of

Education Ordinary Level (GCE-OL) ;

- le << High school >> constitué de deux classes qui mettent un terme à la formation secondaire. En fin de cycle, les élèves présentent le General Certificate of Education Advanced Level (GCE-AL), premier diplôme universitaire anglophone qui leur donne accès à une formation supérieure.

Dans le sous-système francophone, l'enseignement secondaire se compose de deux cycles : - le premier cycle qui comprend quatre classes, est sanctionné par l'obtention du Brevet d'Etudes du Premier Cycle (BEPC) ;

- le second cycle dure trois années à l'issue desquelles les élèves méritants obtiennent le Baccalauréat. Pour se présenter à cet examen, les candidats doivent au préalable obtenir au terme des deux premières années leur certificat de probation encore appelé probatoire. L'enseignement supérieur est dispensé dans six universités d'Etat ainsi que dans plusieurs institutions privées.

3.2 L'enseignement technique et professionnel

Dans le paragraphe précédent, il n'a pas été tenu compte de l'enseignement technique. Il s'effectue dans les deux sous-systèmes en deux niveaux. Le premier prépare les élèves au Certificat d'Aptitude Professionnel (CAP) qui donne au titulaire le titre et les compétences d'ouvrier qualifié. Le second niveau où l'accès est réservé aux élèves titulaires d'un GCE-OL, BEPC ou CAP dure trois ans et prépare soit au Baccalauréat de technicien (BT) , soit au Brevet professionnel (BP) suivant l'option choisie. Les titulaires de ces diplômes ont la qualité de technicien apte à exercer immédiatement un métier ou à poursuivre des études supérieures.

En 1993, l'enseignement supérieur a connu une transformation profonde qui a donné lieu à la création de nouvelles universités et à de nouveaux établissements spécialisés. Concernant l'enseignement technique, il existe déjà une pléthore d'établissements ; on peut citer entre autres les établissements suivants :

- Ecole Nationale Supérieure des Travaux Publics ;

- Ecole Nationale Supérieure Polytechnique ;

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- Ecole Nationale Supérieure des Industries Agro-alimentaires ;

- Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales ;

- Les Instituts Universitaires de Technologie de Ngaoundéré, Bandjoun, Douala ;

- Etc.

L'enseignement technique est soumis à de nombreux problèmes relatifs aux enseignants, à la gestion matérielle et à la conjoncture des relations avec les entreprises qui entravent l'expansion et la qualité de cet enseignement.

3.3 La formation professionnelle extra-scolaire

La formation extra-scolaire a pour principal objectif la réduction sensible de l'inadéquation formation-emploi. De nombreuses écoles de formation professionnelle sont placées sous la tutelle de plusieurs départements ministériels14. La formation peut être initiale et /ou continue et fait acquérir le savoir-faire nécessaire pour les postes d'ouvriers qualifiés et d'agents de maîtrise. Les différentes filières de formation offertes sont la mécanique, l'informatique, l'enseignement, l'industrie d'habillement, les techniques médicales et para-médicales, la gestion, la carrosserie, la chaudronnerie, l'agriculture, etc.

19

14 Il s'agit des départements ministériels qui seront présentés au chapitre 4.

CHAPITRE 3 : LE CADRE INSTITUTIONNEL DU MARCHE DE
L'EMPLOI AU CAMEROUN

Il existe au Cameroun des structures qui s'occupent des questions de main-d'oeuvre et d'emploi. L'Etat, à travers ses différentes institutions spécialisées, contrôle et essaie de restaurer les règles de jeu sur le marché du travail. En plus, des institutions publiques et des ONG, il existe des acteurs privés du marché du travail qui disposent d'une marge de manoeuvre. Dans ce chapitre, il sera fait état des lieux des dispositifs d'aide à l'insertion des jeunes, ceci dans le but d'appréhender les stratégies nationales d'insertion.

SECTION 1 : Les institutions de promotion du marché de l'emploi au Cameroun 1.1 Les institutions publiques

Les institutions publiques sont constituées des structures nationales exerçant dans le cadre de la politique générale de l'Etat en matière de travail.

Au Cameroun, la promotion de l'emploi relève de la compétence du Ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle15. Il a la charge d'élaborer et de mettre en oeuvre la politique nationale en matière d'emploi, de formation et d'insertion professionnelle. Il assure la tutelle des institutions comme :

> le Fonds National de l'Emploi dont les principales missions sont entre autres l'accroissement des possibilités d'emploi ; l'appui à la création de microentreprises ; la conception, le financement et le suivi des programmes de formations formelles et sur le tas ;la diffusion des informations sur le marché de l'emploi ;

> l'Observatoire National de l'Emploi et de la Formation Professionnelle ;

> les instances consultatives ou de coordination en matière d'emploi et de formation professionnelle.

On note aussi l'intervention de plusieurs ministères issus du gouvernement du 8 décembre 2004 et dont les fonctions et les missions sont en partie inhérentes à l'éducation, la formation et l'emploi.

15 Extrait de l'article 4 du décret N°2004/320 du 8 décembre 2004 portant sur l'organisation du gouvernement camerounais

20

Ces ministères sont :

- Le Ministère de l'éducation de base qui est chargé de la préparation, de la mise en oeuvre et de l'évaluation de la politique de l'Etat en matière d'éducation de base.

- Le Ministère des Enseignements Secondaires qui est chargé de la préparation, de la mise en oeuvre et de l'évaluation de la politique de l'Etat en matière d'enseignements secondaire, général, technique et normal.

- Le Ministère de l'Enseignement Supérieur qui est chargé de l'élaboration, de la mise en oeuvre de la politique du gouvernement en matière d'enseignements supérieure et de l'organisation du fonctionnement et du contrôle pédagogique de l'enseignement supérieur. Il a pour vocation l'étude des voies et moyens visant l'adéquation de l'enseignement supérieur aux réalités économiques et sociales nationales.

- Le Ministère de la Jeunesse a en sa charge l'élaboration et la mise en oeuvre des stratégies pour faciliter la contribution de la jeunesse au développement du pays.

- Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille qui est chargé d'élaborer et de mettre en oeuvre des mesures visant au respect des droits de la femme camerounaise dans la société et de la politique nationale en matière de famille.

1.2 Les institutions privées locales

Ce sont essentiellement les syndicats qui oeuvrent en faveur de la défense des intérêts des travailleurs et des employeurs et les bureaux privés de placement.

a) Les syndicats professionnels

Ils sont crées en vue de l'étude, la défense, le développement et la protection des intérêts de leurs membres notamment en matière économique, industrielle, commerciale et agricole, ainsi que le progrès social, économique, culturel et moral de leurs membres16 ». On distingue le syndicat des travailleurs et le syndicat des employeurs. Ainsi, le syndicat des travailleurs les protège contre l'abus de certains employeurs. Le contraire est peu habituel surtout dans les PVD en général et au Cameroun en particulier où les patrons ont l'habitude d'abuser de la pauvreté de leurs employés assez dociles et craintifs pour leur emploi.

b) Les unions de syndicats

L'union des syndicats est créée pour les mêmes raisons que le syndicat, par les syndicats « régulièrement constitués ». A part, la diversité des syndicats qu'elle peut comprendre

16 Extrait de l'article 3 du Code du Travail Camerounais de 1992

21

et le volume de ressources humaines qui lui cf. davantage de pouvoirs, l'union des syndicats ne diffère pas sensiblement du syndicat17.

c) Les cabinets de recrutements

Les cabinets de recrutement jouent un rôle essentiellement informationnel. Ils informent grâce à leur base de données, les offreurs et les demandeurs d'emploi qu'une offre ou une demande correspond au profil recherché. Ils contribuent ainsi à pallier le manque d'information qui sévit sur le marché du travail camerounais.

Encadré 1 : Les institutions du marché du travail au Cameroun Les services provinciaux de l'emploi

Placées sous l'autorité du ministère de l'Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale, ces structures sont chargées au niveau local, de la mise en oeuvre de la politique gouvernementale en matière d'emploi. Elles assurent dans leur province respective, la promotion de l'emploi dans les secteurs formel et informel. L'impact des activités de ces services n'est pas mesuré du fait de la non publication des rapports d'activité. Cependant, l'une des principales difficultés évoquées lors des rencontres, séminaires et colloques, est le manque de moyens d'action pour la réalisation de certaines activités.

Le Fonds National de l'Emploi (FNE)

Créé par décret n° 90/805 du 27/04/90, le FNE est l'instrument gouvernemental chargé de la mise en oeuvre de la politique nationale de l'emploi. Il a pour mission la promotion de l'emploi sur l'ensemble du territoire camerounais. Le FNE permet aujourd'hui d'assurer la transparence et l'intermédiation sur le marché de l'emploi, de donner aux chômeurs des formations qualifiantes d'adaptation ou « sur le tas » pouvant leur permettre de s'insérer sur le marché de l'emploi et d'appuyer toutes les initiatives de création de microprojets individuels.

Au dernier bilan du FNE couvrant la période 1991 au 31 Mars 2004, 173 438 candidats ont été accueillis et orientés vers des emplois salariés ou indépendants et 100 331 personnes ont été effectivement insérées par le biais du FNE. 41 881 personnes ont bénéficié de formations, dont 8342 en formation formelle et 33539 en formation sur le tas. 22036 projets ont été financés, ce qui a généré 34063 emplois aussi bien en milieu rural qu'en milieu urbain.

L'observatoire national de l'emploi et de la formation professionnelle

Afin d'améliorer la connaissance du marché de l'emploi au Cameroun, le Gouvernement a mis en place tout récemment un Observatoire National de l'Emploi et de la Formation Professionnelle (ONEFOP) par arrêté n°007/PM du 13 février 2002. l'ONEFOP est un organe d'expertise et d'aide à la décision dans le cadre de la stratégie de lutte contre le chômage. A ce titre, il assiste le Ministre chargé des questions de l'emploi et de la formation professionnelle dans la mise en oeuvre des politiques relevant de ces domaines :

- le suivi périodique de la conjoncture du marché de l'emploi ainsi que la connaissance de l'offre et de la demande de formation par l'élaboration des états des lieux relatifs ;

- l'identification des blocages et des potentialités en matière d'emploi et de formation professionnelle en vue de l'orientation des programmes d'appui concernant ces domaines, de manière à permettre une meilleure correspondance entre les besoins des utilisateurs actuels ou potentiels et les typologies des formations initiales ou permanentes à impulser.

Les bureaux ou offices privés de placement agréés

Autorisés par le nouveau code du travail, leur mission est de rapprocher les offres et les demandes de travail, d'aider les chômeurs à trouver un emploi susceptible de leur convenir, de faciliter aux employeurs leur recrutement par rapport

17 Extrait de l'article 22 alinéa 4 du Code du Travail Camerounais 1992

22

à des profils adaptés aux besoins de l'entreprise. Le Ministère de l'Emploi, du Travail et

de la Prévoyance sociale a agréé à ce jour, un peu plus de 56 offices ou bureaux de placements des travailleurs et 160 entreprises exerçant des activités de travail temporaire. Plusieurs bureaux privés de placement fonctionnent

encore en marge de la légalité, malgré la simplification des procédures administratives y afférentes. Les statistiques sur les activités de ces bureaux de placement ne sont pas disponibles.

Source : Njiké Njikam Gilles Bertrand, Lontchi Tchoffo Marc Roland et Mwaffo Fotzeu Violet « Caractéristiques et déterminants de l'emploi des jeunes au Cameroun x. ; Bureau international du Travail- Genève, Edition 2005

1.3 Les institutions internationales de coopération

Dans le cadre de coopérations bilatérales ou de traités internationaux, les institutions étrangères appuient et/ou contrôlent les interventions des politiques sur le marché du travail. Au Cameroun, il existe :

- le Bureau International du Travail

- la Coopération Française dans le cadre du projet COMETES.

SECTION 2 : Les programmes d'action en faveur de l'emploi2.1 La politique nationale de l'emploiLa mise en oeuvre d'actions visant à favoriser la promotion de l'emploi et de la formation

se heurte à un obstacle majeur à savoir l'absence d'une politique globale dans ce domaine18.

La politique de promotion de l'emploi ne saurait se limiter uniquement à un ensemble de recommandations pouvant permettre de lutter contre le chômage. Elle devrait avoir une approche à la fois sociale et économique à savoir :

· avoir des objectifs de solidarité qui stimulent l'insertion des moins favorisés via les activités créatrices de revenus pour sortir de la pauvreté ;

· avoir des objectifs qui prônent la compétitivité et l'efficacité afin de faire de l'emploi une variable active de la croissance et du bien-être de la population ;

D'après le BIT, trois axes apparaissent prioritaires dans le contexte du Cameroun à savoir :

· rendre l'environnement favorable à la création et à la promotion des emplois ;

· améliorer le système d'information sur l'emploi et la formation pour en faire des outils efficaces d'aide à la décision ;

· définir les éléments d'une politique active de l'emploi.

En particulier pour la promotion de l'emploi des jeunes, le DSRP (Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté) cherche à accroître la participation du secteur privé à l'élaboration et la mise en oeuvre d'un programme de formation pour les jeunes visant à remédier aux insuffisances des ressources humaines, notamment dans le secteur productif.

18 Njiké Njikam Gilles Bertrand, Lontchi Tchoffo Marc Roland et Mwaffo Fotzeu Violet « Caractéristiques et déterminants de l'emploi des jeunes au Cameroun x. ; Bureau international du Travail- Genève, Edition 2005.

23

Le programme 19prévoit :

· la création d'établissements de formation personnelle accélérée ;

· la mise en oeuvre de programmes de recherche appliquée dans les secteurs ciblés de l'économie ;

· le financement de grands programmes visant à développer l'esprit de l'entreprise dans l'enseignement supérieur et tertiaire.

2.2 Les mesures du FNE en faveur de l'insertion des jeunes

Ces mesures se proposent de donner aux futurs candidats à la recherche d'un emploi des informations nécessaires pour une bonne lisibilité du marché de l'emploi. Ceci dans le but d'aider les jeunes chercheurs d'emploi à opérer le meilleur choix d'un métier en fonction de l'évolution des besoins du marché et des technologies. Les mesures que se donne le FNE visent à créer une passerelle entre le système éducatif et de formation, et le milieu professionnel.

Les différentes mesures que préconisent le FNE sont les suivantes :

- Les Orientations Professionnelles en milieu Scolaire (OPS) ou Universitaire (OPU) avec le Stage d'Imprégnation à la vie d'Entreprise (SIVE) spécifiquement pour les élèves du secondaire. Ces programmes visent entre autres : la création d'un espace métier au sein des établissements, des conférences-débats sur le marché du travail et des stages d'imprégnation au sein des entreprises ;

- L'Orientation Professionnelle en Milieu Public (OPP) qui est axée sur la recherche d'emploi mis à la disposition du public à travers des espaces d'affichage ;

- Le Programme d'Appui à l'Insertion des Diplômés de l'Enseignement Supérieur qui vise à appuyer l'insertion professionnelle des diplômés de l'enseignement supérieur à travers plusieurs actions d'information et de formation ;

- La Semaine pour l'Emploi des Jeunes qui est organisée par le FNE chaque année à l'occasion de la fête de la jeunesse et qui dure quatre jours. Cette semaine est destinée à améliorer l'information des jeunes sur les filières de formation, l'évolution des métiers et des qualifications ainsi que sur la démarche et les possibilités d'insertion.

Ainsi, plusieurs mesures sont mises en oeuvre par l'Etat camerounais à travers les institutions en charge de l'emploi pour favoriser l'insertion des jeunes. Il s'agit maintenant d'examiner la portée de ces mesures et d'identifier les canaux de prédilection des jeunes pour accéder à un emploi.

19 André Rosanvallon ; Cadrage stratégique de la politique de l'emploi au Cameroun ; Organisation Internationale du Travail-Bureau Sous-Régional pour l'Afrique Centrale ; Yaoundé, Décembre 2002

24

PARTIE 2 :
LES STRATEGIES D'INSERTION DES JEUNES

25

Mémoire de fin de scolarité rédigé et soutenu par MAMBOU Patrick Félicien

CHAPITRE 4 : CARACTERISATION DES JEUNES ACTIFS DE LA VILLE DE YAOUNDE ET MARCHE DU TRAVAIL DES JEUNES

Ce chapitre a pour but d'étudier la participation des jeunes au marché du travail. Il s'agit de présenter les caractéristiques de la population active jeune, d'identifier des problèmes et des contraintes que rencontrent les jeunes en matière d'emploi, et de présenter quelques variables pertinentes relatives à leur environnement familial, leur niveau d'instruction et à leur profil de formation. Avant de procéder aux différentes analyses, il est important de présenter la source de données utilisée.

SECTION 1 : L'Enquête sur la Dynamique d'Insertion socioprofessionnelle des jeunes de la ville de Yaoundé (EDIJ 2005)

La principale source de données utilisée dans cette étude est celle qui provient de l'Enquête sur la Dynamique d'Insertion socio-professionnelle des Jeunes de la ville de Yaoundé (EDIJ 2005).

1.1 Présentation générale de l'enquête

L'objectif principal de l'EDIJ est la mise en oeuvre d'un système à périodicité annuelle de suivi et d'analyse de la situation d'insertion socioprofessionnelle des jeunes de la ville de Yaoundé.

L'EDIJ est une étude dynamique qui pourra aussi permettre la mise en place d'un cadre national, voire international d'échange des données d'expérience en matière de mesure de la dynamique d'insertion des jeunes ; notamment au niveau de la pratique de la collecte des données, des définitions de concepts et méthodes d'enquêtes utilisées ainsi que des dispositions visant à améliorer la qualité et à assurer la comparabilité des indicateurs relatifs à cette problématique.

Plus précisément, l'étude poursuit les objectifs suivants :

> la caractérisation de la situation d'activité et d'insertion des jeunes ainsi que la recherche de facteurs explicatifs d'ordre social, éducatif ou autre ;

> la détermination des délais d'insertion ou de la durée du chômage des jeunes suivant leurs caractéristiques démographiques et le profil socio-éducatif ;

> l'identification des stratégies d'insertion professionnelle des jeunes qui peuvent être individuelles ou familiales ;

> l'analyse de l'efficacité des stratégies observées ;

> la mesure et l'examen de la mobilité professionnelle et spatiale des jeunes c'est-àdire de la dynamique d'insertion.

26

1.2 Description de la population cible étudiée

1.2.1 Nature et composition de l'échantillon de l'EDIJ

Le champ géographique de l'enquête est la ville de Yaoundé. La population cible de l'enquête est constituée des individus de 15 à 34 ans des deux sexes. L'unité d'observation est toute personne d'un ménage20 échantillonné âgée de 15 à 34 ans révolus.

Le choix de la tranche d'âge 15 à 34 ans se justifie par le fait qu'au Cameroun, la particularité du système éducatif veut que ce soit après avoir dépassé l'âge de la jeunesse au sens du BIT21 que les nouveaux demandeurs d'emploi diplômés du supérieur font leur première entrée sur le marché du travail. Ainsi, il est de plus en plus recommandé par les acteurs du marché du travail d'étendre la définition de jeunes aux personnes âgées de 15 à 34 ans22.

L'échantillon de l'enquête EDIJ est stratifié suivant l'arrondissement, et le tirage s'est fait à deux degrés. Au premier degré, on procède au tirage des ZD qui sont des portions du territoire limitées par des détails visibles (cours d'eaux, routes, chemin de fer, etc.) et renfermant en pratique 140 à 220 ménages en moyenne, soit 700 à 1100 habitants. Au second degré, on tire le ménage et tous les jeunes éligibles de ce ménage sont systématiquement enquêtés.

Compte tenu des facteurs d'ordre financier et logistique d'une part, de la précision attendue et des spécificités de la population de la ville de Yaoundé qui est un milieu urbain d'autre part, l'échantillon enquêté renferme 1160 ménages comportant au total 2803 individus.

La répartition de l'échantillon par strate adoptée est l'allocation proportionnelle qui consiste à attribuer le même taux de sondage à chaque strate : le résultat23 est que l'échantillon stratifié peut se dépouiller comme un recensement, sans qu'il soit nécessaire de donner des pondérations différentes aux diverses observations individuelles. Une moyenne relative à la population totale sera estimée par la moyenne correspondante calculée sur l'échantillon, une proportion par la fréquence correspondante observée sur l'échantillon.

1.2.2 Taille et composition de l'échantillon étudié

Dans le cadre de notre travail, la population cible est constituée de toute personne âgée de 15 à 34 ans révolus, sortie du système éducatif ayant ou non un emploi.

20 Le mot ménage est compris au sens de la définition de l'Observatoire Economique et Statistique d'Afrique Subsaharienne (AFRISTAT) selon laquelle un ménage est un ensemble composé d'une ou de plusieurs personnes ayant un lien de sang, de mariage ou non, vivant dans un ou plusieurs logements de la même concession (cet ensemble de logement constituant une unité d'habitation).

21 D'après le BIT, le jeune est toute personne âgée de 15 à 24 ans.

- 22Njiké Njikam Gilles Bertrand, Lontchi Tchoffo Marc Roland et Mwaffo Fotzeu Violet « Caractéristiques et
déterminants de l'emploi des jeunes au Cameroun » ; Bureau international du Travail- Genève, Edition 2005 ; p.34.

23 Pour les démonstrations, voir GRAIS Bernard ; Méthodes Statistiques, P.322.

27

Ainsi, le graphique 1 présente la composition de l'échantillon étudié dans le cadre du mémoire. Cet échantillon révèle un taux de non-insertion relativement élevé (56,3%) soit 656 jeunes non insérés. Ce qui pourrait laisser présager des problèmes d'insertion auxquels font face les jeunes.

Graphique 1 : Répartition des jeunes actifs de la ville de Yaoundé suivant leur situation d'activité

insérés
43,7%

non insérés
56,3%

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Afin de mieux comprendre le problème de l'emploi des jeunes et d'analyser par là les différentes stratégies adoptées pour les résoudre, il conviendrait d'accorder une attention particulière à quelques variables susceptibles d'expliquer leur situation d'activité.

SECTION 2 : Caractéristiques socio-démographiques des jeunes actifs 2.1 Environnement familial

L'environnement familial et les caractéristiques du chef de ménage peuvent stimuler de façon positive ou négative la participation d'un individu au marché du travail. En plus, le comportement du chef de ménage, son niveau d'instruction, et son activité peuvent influencer la participation du jeune de son ménage au marché du travail. Les jeunes de la ville de Yaoundé vivent dans des familles nombreuses ; on compte en moyenne 6 personnes par ménage. Le rapport de dépendance moyen défini comme le rapport de la taille des ménages sur le nombre total d'actifs occupés des ménages vaut 4,1. (cf. tableau 8 en annexe 1). Cet indicateur, bien qu'il soit calculé sous l'hypothèse selon laquelle toute personne sans emploi dans le ménage est forcément à la charge du ménage d'une part et d'autre part en considérant qu'une personne sans revenu n'est prise en charge que par le membre du ménage qui a un revenu, permet d'appréhender les conditions de vie des ménages. Sous réserve des limites que présente le rapport de dépendance moyen, les jeunes vivent dans des ménages où près de 4 personnes en moyenne seraient à la charge d'un actif occupé. Ce qui laisse présager des conditions de vie difficiles.

28

Près de 77 % des chefs de ménage ont un niveau d'instruction au moins égal à celui du secondaire.

Graphique 2 : Structure des chefs de ménage selon leur niveau d'instruction

Supérieur
29%

Sans
instruction
4%

Primaire
19%

Secondaire
48%

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Globalement, 23,2 % des jeunes sont chefs de ménage. Ils sont en majorité (29,4%) fils ou filles de ces derniers (cf. tableau 9 en annexe 1). Les jeunes chefs de ménage sont en majorité les célibataires (53,1%) et des mariés monogames (26%) (cf. tableau 10 en annexe 1).

Tableau 1 : Distribution des jeunes suivant la situation d'activité, le sexe et lien de parenté avec le chef de
ménage

Lien de parenté avec
le chef de ménage

Insérés

Non insérés

Sexe de lindividu

 

Sexe de lindividu

 

Masculin

Féminin

Ensemble
(%)

Masculin

Féminin

Ensemble
(%)

Chef de ménage

136

25

35,4

56

41

14,8

conjoint

4

60

14

4

100

15,9

Fils/Fille

55

52

23,5

101

119

33,5

Neveux/Nièce

20

5

5,5

39

25

9,8

Frère/Soeur/cousin(e)

41

23

14,1

55

36

13,9

Petit fils/fille

2

3

1,1

-

8

2,7

Domestique

2

2

0,9

-

1

0,1

Autre

11

14

5,5

26

35

9,3

Total

271

184

100

291

365

100

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Cette vue globale masque les situations diverses qui peuvent surgir. Plus précisément, alors que les jeunes non insérés sont fortement dépendants (plus de 85%) des chefs des ménages dans lesquels ils vivent, les jeunes insérés quant à eux sont pour la plupart des chefs de ménages (35,4%) qui subviennent aux multiples besoins de leurs ménages (tableau 1) .

Plus de la moitié (57,5%) des jeunes dépendent des chefs de ménages qui ont un emploi. Ces chefs de ménages travaillent beaucoup plus dans le secteur public (40%).

29

Graphique 3 : Répartition des jeunes suivant le secteur d'activité du chef de ménage dans lequel ils vivent

Privé formel Parapublic

26% 5%

Informel
29%

Public
40%

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Les difficultés auxquelles pourraient faire face les jeunes les contraignent à rester plus longtemps dans le domicile familial (surtout chez les jeunes non insérés) ou à se marier de plus en plus tardivement. Ainsi, ils sont majoritairement célibataires (plus de 76% pour les jeunes non insérés et 60,8 % pour les jeunes insérés) et se marient en moyenne à partir de 30 ans chez les hommes et 28 ans chez les femmes (cf. tableaux 12 et 13 en annexe 1).

Après avoir présenté l'environnement familial dans lequel les jeunes vivent, il est aussiimportant d'examiner leur profil de formation. Le paragraphe suivant analyse leur niveau d'instruction et leur profil de formation.

2.2 Niveau d'instruction et profil de formation professionnelle des jeunes

La formation des jeunes est vue sous deux angles ; une formation purement académique et une formation professionnelle.

L'examen du Graphique 4 permet d'affirmer que d'une manière générale, les jeunes insérés et non insérés ont presque le même bagage scolaire (les tests de proportions présentés au tableau 14 en annexe 1 permettent de le confirmer). Plus de 80 % des jeunes ont un niveau d'instruction au moins égal au secondaire (cf. tableau 15 en annexe 1).

30

Graphique 4 : Distribution des jeunes suivant leur niveau d'instruction et leur situation d'activité

40,0

60,0

50,0

30,0

20,0

10,0

0,0

Primaire Secondaire Secondaire

général technique

Supérieur

Insérés

Non insérés

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Plus de 93 % des jeunes auraient au moins un diplôme équivalent au CEP et près de 24 %, un diplôme supérieur ou égal au baccalauréat. Ainsi, les jeunes possèdent des signaux qui devraient d'après la théorie du filtre24 faciliter leur insertion professionnelle. Cependant, le Graphique 5 montre que pour des niveaux d'instruction supérieurs au secondaire second cycle, le taux de non-insertion25 croît avec le diplôme. Ainsi, la non insertion toucherait beaucoup plus ceux qui ont un niveau d'instruction élevé.

Graphique 5 : taux de non-insertion selon le diplôme le plus élevé

Taux de non insertion (en °A, )

70,00

60,00

50,00

40,00

30,00

20,00

10,00

0,00

Source : EDIJ 2005, ISSEA

En plus de la formation de base ou académique, seulement 48,4% des jeunes interrogés déclarent avoir suivi une formation professionnelle. Parmi les jeunes non encore insérés, seulement 45,3 % d'entre eux déclarent avoir suivi au moins une formation professionnelle. Par

24 La théorie du filtre a été présentée dans la première partie au chapitre 2

25 Le taux de non insertion est l'effectif des jeunes non insérés rapporté à l'effectif des jeunes faisant partie de la population active (ensemble insérés et non insérés)

31

ailleurs, les jeunes non insérés qui ont suivi exactement une formation professionnelle sont majoritaires (86,6%). Ce qui montre que les jeunes, malgré leur potentiel intellectuel élevé, semblent être moins polyvalents car ils suivent peu de formations professionnelles.

Au regard des résultats du tableau 2, les domaines de formation les plus ciblés par les jeunes de façon globale sont l'informatique (25,8%), la coiffure (14,7%) et l'habillement (11 ,9%). Les domaines de formation de prédilection des filles sont l'informatique (29,3%), la coiffure (24,4%) et l'habillement (17,8%) tandis que les hommes préfèrent se former en mécanique (23,5%), informatique (21,2%) et électricité (11,2%).

Tableau 2 : Répartition des jeunes suivant les domaines de formations professionnelles reçues

Domaine de formation

Sexe de l'individu

Ensemble
(%)

Masculin

Féminin

Informatique (bureautique)

36

66

25,8

Habillement

7

40

11,9

Coiffure/esthétique

3

55

14,7

Enseignement

10

10

5,1

Electricité

19

5

6,1

Mécanique

40

1

10,4

Maçonnerie

15

0

3,8

Menuiserie

13

1

3,5

Restauration/hôtellerie

10

20

7,6

Technique quantitative de gestion

12

9

5,3

Médecine/santé

5

18

5,8

Total

170

225

100

Source : EDIJ 2005, ISSEA

SECTION 3 : Le marché du travail des jeunes

Les enquêtes ECAMI et ECAMII ont révélé qu'au fil des années, la population active des jeunes ne cesse d'être en perpétuelle croissance26 malgré la stagnation de la demande de travail27. D'après le BIT, cette croissance serait le fait de la pression démographique et de l'arrivée sur le marché du travail des personnes précédemment découragées par la crise économique. Ces dernières seraient encouragées par les signes de la reprise de la croissance économique.

3.1 La situation d'activité des jeunes
3.1.1 La non-insertion des jeunes

Les jeunes non insérés constituent plus de la moitié (56,3%) de la population active jeune. La non insertion toucherait davantage les jeunes femmes (64,7%) que les jeunes hommes (48,5%).

26 Entre 1996 et 2001, près de 1 409 000 camerounais se sont ajoutés à la population active âgée de 15 ans et plus, faisait passer le taux d'activité de 68,3% à 71,3% (Source : OIT « Les statistiques sur l'emploi et le marché du travail au Cameroun » ; Edition décembre 2004 p.11).

27 BIT « Caractéristiques et déterminants de l'emploi des jeunes au Cameroun » ; Edition 2005 P. 28.

32

Tableau 3 : Taux de non insertion selon le sexe et les classes d'âges des jeunes (en %)

Classes
d'âge

Sexe de lindividu

Ensemble

Masculin

Féminin

15-19 ans

68,8

57,3

72,2

20-24 ans

26,8

28,5

61,3

24 - 29 ans

30,6

35,5

52,8

30 - 35 ans

41,4

47,0

42,0

Total

48,5

64,7

56,3

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Par rapport à l'âge, l'examen du tableau 3 permet d'affirmer que le taux de non insertion serait une fonction décroissante de l'âge. Ainsi, plus l'on est jeune moins on a les chances de s'insérer. Ce qui est révélateur de la vulnérabilité sur le marché du travail qui affecte de plus en plus les jeunes. (cf. Graphique 6).

Graphique 6 : Vulnérabilité des jeunes face à l'emploi selon les classes d'âge

Pourcentage(en %)

81,5

80,5

79,5

78,5

77,5

82

81

80

79

78

77

15- 19 ans 20-24 ans 25-29 ans 30-35 ans

Classes d'âge

Source : EDIJ 2005, ISSEA

La vulnérabilité est un indicateur qui permet de mesurer le risque pour un jeune d'être non inséré. C'est le rapport du nombre de personnes non insérées depuis moins d'un an à la population active occupée28 , en d'autres termes, c'est le pourcentage des jeunes devenus non insérés parmi les actifs qui travaillaient un an plus tôt . Par ailleurs, cette vulnérabilité pourrait être le fait du manque d'expérience professionnelle dont seraient victimes les jeunes une fois insérés.

Ces jeunes seraient sortis du système scolaire, principalement par manque de moyens (Près de 60 %) (cf. tableau 20 en annexe 1).

28 Cette définition est celle des auteurs LONGATTE J., VANHOVE P. in Economie générale page 251.

33

Dans la ville de Yaoundé, la non insertion toucherait davantage les primo demandeurs29 d'emploi qui représenteraient 79,7% des jeunes non insérés contre 20,3% des personnes ayant perdu précédemment leur emploi (cf. tableau 15 en annexe 1). L'âge moyen des jeunes en première insertion (26 ans) est supérieur à 24 ans. Leur formation s'est faite en majorité dans les cycles d'enseignement général. La moitié de ces jeunes auraient le niveau du secondaire général, et 17 % le niveau de l'enseignement supérieur général (contre seulement 4 % des jeunes ayant reçu une formation supérieure technique) (cf. Graphique 7).

Graphique 7 : Répartition des primo demandeurs d'emploi selon le niveau d'instruction

4%

17%

14%

15%

50%

Primaire

Secondaire général Secondaire technique Supérieur général Supérieur technique

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Ces individus qui sont sortis du système scolaire sont en majorité des jeunes de niveau secondaire et supérieur de l'enseignement général et par conséquent, ils ne seraient pas compétitifs sur le marché du travail du fait de leur manque de formation professionnelle. Ce qui semble être similaire à la situation des jeunes au Burkina Faso. L'étude menée par Lachaud30 révèle qu'une partie importante des jeunes demandeurs d'emplois du Burkina Faso en particulier et de l'Afrique sub-saharienne seraient de plus en plus des diplômés du secondaire et du supérieur général. Par contre, les diplômés ayant reçu des formations techniques et professionnelles du supérieur et du secondaire ont de plus en plus de chances de s'insérer sur le marché du travail et à une meilleure situation d'emploi [ECAM II- Rapport sur l'emploi].

Une fois sortis du système éducatif, les jeunes s'inscrivent dans une longue file d'attente. La durée moyenne d'attente31 pendant la période de référence serait de 32 mois, soit environ 3 ans (2 ans et 8 mois plus exactement)32. Elle est même supérieure à 5 ans pour plus de 23 % des

29 Les primo demandeurs d'emploi sont les jeunes non insérés qui ont effectué pour la première fois une recherche active de l'emploi.

30 Il s'agit de l'étude sur la pauvreté, la vulnérabilité et le marché du travail au Burkina Faso menées en 1996.

31 La durée d'attente est la durée entre la date de début de recherche d'un emploi et la date de l'enquête.

32 Calculée sur la base des données d'EDIJ présentées dans la première section

34

jeunes non insérés (cf. tableau 4). La durée d'attente relativement longue pousserait d'autres jeunes encore dans le système éducatif à prolonger la durée de leurs études, ceci dans le but d'obtenir des diplômes plus élevés, susceptibles de faciliter leur insertion socioprofessionnelle.

Tableau 4 : Répartition des jeunes non insérés selon la durée d'attente et l'accès à la formation professionnelle

Durée

d'attente

Avoir reçu une ou
plusieurs formations
professionnelles

Ensemble
(en %)

oui

non

Momns d'un an

20

29

11,9

1 à 2 ans

22

89

26,9

2 à 3 ans

20

65

20,6

3 à 4 ans

12

27

9,5

4 à 5 ans

10

21

7,5

5 à 6 ans

9

27

8,7

6 à 7 ans

3

10

3,2

7 à 8 ans

5

10

3,6

8 à 9 ans

6

8

3,4

9 à 10 ans

1

3

1,0

10 à 11 ans

3

4

1,7

11 ans et plus

4

4

1,9

Total

115

297

100

Lecture : la différence entre les durées moyennes des jeunes ayant suivi au moins une formation et ceux n'ayant suivi
aucune formation est significative (la significativité au seuil de 5% est de 0.000)

Source : EDIJ 2005, ISSEA

L'attente relativement longue des jeunes sans emploi pourrait être imputée au faible développement de l'investissement productif qui permettrait la création d'emplois décents [Njiké Njikam Gilles Bertrand, Lontchi Tchoffo Marc Roland et Mwaffo Fotzeu Violet, 2005 ; p.35].

Les jeunes occupant un emploi s'inscriraient dans de longues files d'attente avant de s'insérer. En général, ils resteraient entre 18 et 26 mois en attente avant de s'insérer. Les délais d'insertion semblent relativement plus courts pour les jeunes qui exercent dans le secteur public et parapublic (en moyenne 13 mois) (cf. tableau 22 en annexe 1). Ceci pourrait être dû aux conditions de recrutement très sélectives imposées par la fonction publique camerounaise. Ainsi, seuls les jeunes méritants auraient accès à ce segment d'emploi.

Une fois insérés, ces jeunes occupent divers statuts dans leurs emplois et sont sujets à diverses conditions d'activités.

3.2 Conditions d'activités des jeunes

Plusieurs variables permettent d'appréhender les conditions de travail des jeunes insérés : leurs revenus mensuels issus de leurs activités, la satisfaction ou l'inadéquation de leur emploi, le temps de travail, le statut dans les emplois qu'ils occupent, et le secteur d'activité dans lequel ils exercent.

35

3.2.1 Secteur et branches d'activité des jeunes A) Le secteur d'activité

Le secteur d'activité des jeunes est caractérisé par deux secteurs inégalement repartis : le secteur formel et le secteur informel.

a) Le secteur formel

Dans le secteur formel, on distingue le secteur public et parapublic (administrations, entreprises publiques et parapubliques) et le privé formel (entreprises privées). L'administration et les entreprises publiques et parapubliques offrent des avantages relatifs aux allocations familiales, aux congés payés et aux pensions retraites. Mais du fait de la crise économique et les programmes d'ajustement structurel, l'on a assisté à une réduction des recrutements du personnel.

Comme le montre le graphique 8, seulement 19 % de jeunes travaillent dans le secteur privé formel et 9 % dans le secteur public et parapublic dont 8 % dans le public et 1 % dans le parapublic.

Graphique 8 : Répartition des jeunes par secteur d'activité

Public
8%

Parapublic

1%

Privé formel
19%

Privé informel
72%

Source : EDIJ 2005, ISSEA

b) Le secteur privé informel

C'est le secteur informel qui est le principal secteur d'emploi des jeunes. L'enquête EDIJ 2005 estime à 72,6 % le pourcentage des jeunes travaillant dans des structures informelles. Les structures du secteur informel sont caractérisées par la non tenue d'une comptabilité détaillée.

36

B) Les branches d'activité

Les branches d'activité dans lesquelles les jeunes insérés de la ville de Yaoundé sont le plus représentés sont respectivement le commerce (45,6 %), l'hôtellerie et la restauration (10,3 %), le transport (9,7 %) et l'élevage, la pêche et la chasse (9,3 %), comme le montre le graphique 9.

Le commerce, notamment le petit commerce se fait surtout dans le secteur informel.

Graphique 9 : Répartition des jeunes par branches d'activité

Proportion des jeunes inseres (en %)

45

40

25

20

50

35

30

15

10

5

0

45,6

10,3 7,4 9,7 9,3

8,5 5,8 2,1

1,2

Source : EDIJ 2005, ISSEA

3.2.2 Statut dans l'activité des jeunes

Les emplois à haute qualification de main-d'oeuvre sont très peu confiés aux jeunes dans le secteur formel, seulement 6,8 % des jeunes qui exercent dans le secteur formel sont cadres supérieurs. D'après le BIT, la principale raison avancée par les employeurs est le manque d'expérience et le faible niveau de formation des jeunes. Par ailleurs, les jeunes s'installent à leur propre compte, se livrant ainsi aux activités précaires du secteur informel ; tandis que d'autres deviennent des aides familiaux (cf. graphique 10).

37

Graphique 10 : Répartition des jeunes insérés selon le statut dans l'emploi et le secteur d'activité (%)

Manoeuvre

Apprenti

Aide familial

Compte propre

Employeur/Patnon

Cadre
moyen/agent de
mild se

Employe/ouvrier

Cadre

superieur/Ingenieur

60,0

50,0

40,0

30,0

20,0

10,0

0,0

Public et parapublic Privé formel Privé informel

Source : EDIJ 2005, ISSEA

En outre, il se pose chez les jeunes un problème de sécurité sociale. Cette dernière se pose en terme d'emplois protégés et non protégés33. Mis à part le secteur public et parapublic, les droits aux allocations familiales des jeunes sont partout ailleurs bafoués. Dans le secteur privé formel, seulement 20 % des jeunes qui y exercent ont déclaré percevoir des allocations familiales. Dans le secteur informel, la presque totalité (plus de 93 %) de jeunes ont déclaré ne pas avoir droit aux allocations familiales.

Concernant le salaire à l'embauche, il varie entre 41 290 francs CFA et 50 810 francs CFA. Il n'y a pas de discrimination de salaire à l'embauche liée au sexe (cf. tableau 19 en annexe 1). A diplôme ou qualification équivalent, le salaire moyen des hommes à l'embauche (48.240 francs CFA) n'est pas significativement différent de celui des femmes (42.450 francs CFA) (au seuil de 5%). A l'embauche, 50 % des jeunes insérés ont un salaire inférieur ou égal à 30 000 francs CFA. Ces salaires sont très inégalement distribués. Plus de 68 % des jeunes insérés ont un salaire à l'embauche inférieur ou égal à la moyenne (46.050 francs CFA environ), ce qui témoigne d'une forte concentration des salaires à l'embauche. Ces salaires sont fortement liés au secteur d'activité. Ils sont fortement élevés dans le secteur public et plus encore dans le parapublic (cf. tableau 18 en annexe 1).

3.2.3 Revenu et sous-emploi des jeunes

D'après les estimations de l'Enquête sur la Dynamique d'Insertion socioprofessionnelle des jeunes de la ville de Yaoundé (EDIJ 2005), 23,6 % des jeunes en activité et salariés auraient un

33 D'après la deuxième Enquête Camerounaise Auprès des Ménages (ECAMII), Les employés protégés sont des employés salariés qui ont droit aux allocations familiales ; les employés non protégés sont des employés salariés qui ne disposent pas d'allocations familiales.

38

revenu mensuel inférieur à 23 514 francs CFA34. Plus de la moitié des jeunes auraient un revenu mensuel inférieur à 50 000 francs CFA (cf. graphique 11). Les jeunes femmes bien qu'ayant au départ quasiment le même salaire que les jeunes hommes (salaire à l'embauche), seraient sujettes à une discrimination dans les revenus, toutes choses égales. Le revenu moyen chez les jeunes hommes est de 98 570 francs CFA contre 50 060 francs CFA (cf. tableau 20 en annexe 1).

Graphique 11 : Répartition des jeunes insérés selon la tranche de revenu

40,0

35,0

30,0

25,0

20,0

15,0

10,0

5,0

0,0

Proportion des jeunes inseres
(%)

Momns de De 23500

De 50000

De

De

400000

23500 a 49999

a 99999

100000 a

200000 a

et plus

 
 

199999

399999

 

Tranche de revenu (en Fcfa)

23,6

33,7

22,9

15,7

2,4 1,7

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Les jeunes actifs occupés du secteur public et parapublic sont les mieux rémunérés, car près de 33 % de ses emplois jeunes seraient rémunérés à plus de 150 000 francs CFA , contre 11,3 % dans le secteur privé formel et 6,6 % dans le secteur informel. Ainsi, il apparaît que les secteurs public et parapublic seraient ceux qui offriraient des salaires à l'embauche les plus élevés et qui rémunéreraient le mieux les jeunes. D'autre part, ils constituent une meilleure garantie en termes de sécurité sociale35. Le secteur informel confirme sa place de secteur le moins rémunérateur, plus de 75 % des jeunes du secteur informel auraient un revenu inférieur à 60 000 francs CFA.

Par rapport à l'évolution des revenus, près de 45 % de jeunes déclarent inchangés leurs revenus au cours de l'année précédant l'enquête (2004-2005), 33,8 % affirment qu'ils ont augmenté, et pour 21,7 %, ils sont en baisse.

En plus, 52,7 % de jeunes se déclarent insatisfaits de leur emploi (principal) ; et avancent comme principale raison la faiblesse des revenus (près de 60 % des cas) et les conditions de travail (10,4 % des cas). En plus, 56,5 % de jeunes jugent leur qualification en déphasage avec leur emploi. Cette situation peut paraître moins surprenante dans la mesure où il apparaît que plus de 54 % des structures seraient informelles puisque ne tenant pas de comptabilité détaillée (55,5%) et n'ayant pas de numéro de contribuable (52 %).

34 Cette valeur représente le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance) au Cameroun

35 D'après le BIT, la notion de « sécurité sociale » est définie comme la protection que la société accorde à ses membres, grâce à une série de mesures publiques en raison de la survenance d'un risque dit social.

Exemple : les allocations familiales.

39

D'après l'Enquête ECAMII, le taux36 de sous-emploi des jeunes au Cameroun est estimé à 52,8%.Cependant, elle précise que le sous-emploi en milieu urbain est plus faible qu'en milieu rural. Cet état de fait pourrait s'expliquer par le fait que la plupart des jeunes exercent dans le secteur informel où les horaires de travail ne sont pas réglementés37. Des estimations de l'enquête EDIJ 2005, il ressort que le nombre moyen de jours consacrés par semaine par les jeunes actifs occupés à l'emploi principal serait de 5,36 jours ; ces jeunes y consacrent aussi plus d'heures en moyenne par semaine (42,26 heures) qu'ils ne devraient (35 heures)38, 61,4% des jeunes occupés déclarent avoir plus de 35 heures de travail par semaine comme le montre le tableau 5.

Tableau 5 : Répartition des jeunes insérés selon le nombre d'heures de travail par semaine

Nombre d'heures de travail hebdomadaire

Pourcentage
(%)

Momns de 20 heures

25,8

De 20 heures à 24 heures

5,4

De 25 heures à 29 heures

2,5

De 30 heures à 34 heures

5,0

De 35 heures à 39 heures

29,3

Plus de 40 heures

32

Total

100

N= 483

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Bien qu'insérés, 21,5 % de ces jeunes cherchent encore un emploi, principalement (dans 78 % cas) pour améliorer leurs conditions de vie, ou pour une nouvelle insertion.

Par ailleurs, le taux de pluri-activité s'élève à 15 %. La pluri-activité est souvent considérée comme une stratégie des individus pour accroître leur revenu et compenser leur chute en période de récession [STATECO N°99 2005 P. 52]. Selon le statut dans l'emploi, 9,1 % de jeunes pluriactifs sont des cadres moyens ou supérieurs, 13 % des patrons ou employeurs, et 18,2 % des personnes travaillant à leur propre compte (cf. tableau 24 en annexe 1). En plus, près de 3 sur 4 jeunes pluri-actifs travaillent dans le secteur informel (72,6 %).

L'étude descriptive de la situation d'activité a permis de relever que les jeunes sortis du système éducatif éprouvent d'énormes difficultés pour s'insérer. Ceux qui réussissent à décrocher un emploi, sont vulnérables et s'insèrent en majorité (72%) dans le secteur informel où leurs volumes horaires de travail dépassent les volumes normaux de travail (35 heures). Malgré la file d'attente relativement longue (environ 3 ans) que font les jeunes pour s'insérer, quelles sont les

36 D'après le manuel de conception et de définition de l'enquête ECAMII, le taux de sous emploi est définie comme le rapport du nombre de personnes travaillant involontairement moins de 35 heures de travail par semaine sur le nombre de personnes actives occupées.

37 La législation n'a pas encore prévu une réglementation pour la plupart des activités du secteur informel.

38 La législation a fixé le nombre d'heures hebdomadaires de travail à 35 heures

40

stratégies adoptées par ces derniers pour faciliter leur insertion ? Usent-ils encore des voies objectives pour s'insérer ? Telles sont les préoccupations qui feront l'objet du chapitre suivant.

41

CHAPITRE 5 : ANALYSE DES STRATEGIES D'INSERTION DES
JEUNES ET LES RECOMMANDATIONS

Le chapitre 4 a permis de faire remarquer que la situation d'activité des jeunes est fortement caractérisée par l'inégale répartition de ces derniers dans les secteurs public, parapublic, privé formel et informel. Le secteur informel serait devenu actuellement l'expression de nouvelles stratégies d'insertion professionnelle des jeunes dans la ville de Yaoundé. Il importe à présent d'appréhender les différents canaux les plus usités par les jeunes pour s'insérer et de mesurer l'effet de l'emploi des différentes voies utilisées dans la quête de l'emploi dans le secteur formel.

SECTION 1 : Stratégies d'insertion adoptées par les jeunes 1.1 Les canaux d'insertion des jeunes

Autrefois, la stratégie d'insertion adoptée par les jeunes était classique. Ces derniers faisaient initialement leur quête par voie de concours officiel ou directement auprès des employeurs39 . Sur le plan national, ce mode d'insertion semble encore d'actualité d'après les résultats de la deuxième Enquête Camerounaise Auprès des Ménages effectuée en 2001. D'après cette source de données, plus de la moitié (53,5 %) des jeunes chômeurs cherchent du travail directement auprès des employeurs.

a) Les jeunes non insérés

Pour le cas spécifique de la ville de Yaoundé, les procédures officielles seraient contournées par les jeunes non insérés. La mobilisation des réseaux de solidarité familiale semble être l'option privilégiée des jeunes non insérés dans leur recherche d'emploi (cf. Graphique 12), la prospection directe auprès des employeurs concerne seulement moins d'un tiers de la population des jeunes non insérés.

42

39 Source : INS, « ECAM II : Emploi et lutte contre la pauvreté au Cameroun », Yaoundé, 2003

Graphique 12 : Répartition des primo-demandeurs et des jeunes ayant perdu leur emploi précédent suivant le canal de recherche du travail

Directement
aupres des
employeurs

Parents/relations

FNE

Bureau de la main
d'oeuvre

Agence de
placement prive

Concours/selection

Auto-emploi

Recrutement de
l'Etat

A u tre

Perte du précédent Première insertion Ensemble

Proportion(en %)

40,0

60,0

50,0

30,0

20,0

10,0

0,0

Source : EDIJ 2005, ISSEA

L'utilisation massive des relations amicales ou familiales serait la principale conséquence de l'asymétrie de l'information présente sur le marché du travail camerounais car les jeunes jugent que c'est en passant par les parents et les connaissances que l'on est plus sûr d'avoir la bonne information. Cet aléa moral s'expliquerait par la méconnaissance des agences de placement d'une part et d'un manque de confiance envers les agences de promotion de l'emploi d'autre part. On remarque la faible fréquentation des agences de promotion de l'emploi. Seulement 3,4 % des jeunes non insérés interrogés déclarent avoir fait leur quête par le canal du FNE qui est la principale agence publique de promotion de l'emploi. Enfin, on note que la proportion des jeunes non insérés qui fréquentent les agences de promotion de l'emploi est presque la même (3,6 % pour le Bureau de la main d'oeuvre et 3,3 % pour l'agence de placement privée).

b) Les jeunes insérés

Le Graphique 13 illustre en proportion, l'importance des différents canaux d'insertion des jeunes. Pour obtenir leurs emplois, le canal le plus utilisé reste celui des parents et relations : 47,6 % des jeunes insérés l'ont utilisé ; suit ensuite l'auto-emploi (à hauteur de 20,3 %) et le recrutement direct auprès des employeurs (15,7 %). On remarque que les possibilités offertes par

43

les structures formelles sont insuffisantes ; elles sont reparties ainsi qu'il suit : concours (10 %), recrutements d'Etat (2,8 %), bureaux de main d'oeuvre (0,5 %). Cependant, près de 30 % des jeunes seulement connaissent les stratégies nationales d'insertion, parmi lesquels 61 % les trouvent inefficaces.

Graphique 13 : Canaux d'insertion des jeunes insérés

47,6

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

20,3

15,7

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

10,0

 
 
 

0,5

3,1

 
 

2,8

 
 
 
 
 
 

50,0

45,0

40,0

35,0

30,0

25,0

20,0

15,0

10,0

Proportion (en %)

5,0

0,0

Concours/selection

Directement
aupres des
employeurs

Auto-emploi

Parents/relations

Agence de
placement prive

Recrutement de
l'Etat

Bureau de la main
d'oeuvre

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Ainsi, avec le gel des recrutements et les conditions sélectives des divers concours, la planche de salut résiderait dans l'auto-emploi. Par ce canal, le secteur informel est alors devenu le secteur d'activité qui emploierait le plus de jeunes (72%). En outre, les voies subjectives d'insertion sont de plus en plus utilisées ; ce qui pourrait favoriser la corruption, le tribalisme et le favoritisme dont la lutte est d'actualité.

Après avoir exploré les voies usitées par les jeunes dans leur quête de l'emploi, il serait intéressant d'examiner les éléments qui pourraient influencer leur décision de participation au marché du travail.

1.2 Les facteurs explicatifs de l'insertion professionnelle des jeunes

Il s'agit dans ce paragraphe de mettre en évidence les facteurs explicatifs de l'insertion des jeunes. Ces facteurs seront appréhendés par le modèle Logit dont la formulation est présentée dans l'encadré 2. Pour ce faire, l'estimation du modèle nécessite le choix des variables d'analyse.

44

a) Les variables utilisées

Les analyses précédentes faites à partir des méthodes simples de tabulation peuvent contribuer à mieux identifier les variables qui pourraient avoir une influence sur l'accès à l'emploi des jeunes. La décision de participation au marché du travail tient aux considérations tant individuelles qu'environnementales. Les variables retenues pour expliquer l'insertion des jeunes dans le marché du travail découlent des théories présentées au chapitre 2. Elles sont de plusieurs catégories et tiennent à la fois aux considérations tant individuelles qu'environnementales à savoir :

9 le genre qui s'est révélé être un élément discriminant dans l'insertion des jeunes ;

9 l'âge et l'âge au carré qui sont des variables généralement utilisées pour appréhender le potentiel lié à l'expérience de l'individu40;

9 le niveau d'instruction et les qualifications professionnelles de l'individu ;

9 la taille du ménage car l'environnement de l'individu est un facteur qui peut stimuler la participation de l'individu au marché du travail ;

9 les variables relatives aux caractéristiques du chef de ménage car le comportement du chef de ménage et son secteur d'activité (secteur public, secteur privé formel et le secteur informel) sont susceptibles d'influer l'insertion socioprofessionnelle des jeunes ;

9 le coût d'opportunité qui, d'après la théorie de la recherche de l'emploi41 est considéré comme le salaire de réserve ou le coût du chômage.

b) Détermination du coût d'opportunité

Le salaire de réserve ou le coût du chômage dépend de la distribution des salaires dans l'économie, du degré de stabilité des emplois proposés et de l'impatience de chaque demandeur d'emploi et de plusieurs facteurs inhérents au chercheur d'emploi. Les données qui ont été exploitées n'ont pas permis de capter de façon directe le montant auquel les chercheurs d'emploi seraient prêts à accepter un emploi qu'il soit du secteur formel ou informel. Ainsi, pour contourner ce fait, il a été fait l'hypothèse selon laquelle les revenus issus de l'activité principale des jeunes occupés sont les revenus que les demandeurs d'emploi escomptent afin de décider de leur participation au marché de l'emploi. Pour ce faire, il serait nécessaire de procéder à l'identification des éléments qui ont un impact significatif sur le revenu des jeunes. Ainsi, les études similaires faites par le BIT dans le cadre de l'analyse des caractéristiques et des déterminants de l'emploi des jeunes au Cameroun et les analyses descriptives précédemment

40 Source : LACHAUD, J-P, « Salaire d'efficience, vulnérabilité du travail et chômage urbain au Burkina-Faso », Centre d'Economie du Développement (Université Montesquieu Bordeaux IV), 1997.

41 La théorie de la recherche de l'emploi est présentée au chapitre 2

45

effectuées ont permis de relever les éléments qui pourraient avoir un impact sur le revenu des jeunes. Ces variables sont relatives au capital humain (formation professionnelle, âge au carré) à la démographie (sexe et âge de l'individu) et à l'environnement familial de l'individu.

Tableau 6 : Equation du revenu issu de l'emploi des jeunes avec correction du biais de sélection

Variable dépendante

Logrevenu

Variables explicatives

 

Coefficient

t

Significativité

Constante

2,35046588

6,89647277

0,00***

Capital humain

 

A reçu une formation professionnelle ou non

0,15910609

2,57970653

0,01***

Age au carré

0,0049823

1,81855986

0,07*

Environnement familial

 

Vie en union42

-0,16445193

-2,4749479

0,01**

Taille du ménage

0,02584952

2,23101367

0,03**

Démographie

 

Age de l'individu

-0,0548112

-3,29528952

0,001***

Sexe de l'individu43

0,20752836

2,43069695

0,02**

Inverse du ratio de Mill

-0,7435785

-3,05236437

0,01***

R2

0,240

R2- ajusté

0,195

F

12,445***

N

400

Durbin-Watson

2,045

t représente la statistique de student

* indique la significativité au seuil de 10% ** indique la significativité au seuil de 5% *** indique la significativité au seuil de 1%

Source : Nos calculs à partir des données de l'EDIJ 2005, ISSEA.

Malgré le faible pouvoir explicatif du modèle de l'équation des revenus (24%), il est cependant globalement très significatif (au seuil de 1%). Cette faiblesse du pouvoir explicatif des modèles de détermination des revenus contrairement à celle des pays développés est caractéristique des pays de l'Afrique sub-saharienne [Lachaud ,1996].

Le fait d'avoir reçu une formation professionnelle augmenterait le logarithme du revenu des jeunes de 15,91% toutes choses égales par ailleurs. En plus, l'expérience sur le marché du travail appréhendée par l'âge au carré bien qu'étant significative à 10 % contribuerait à augmenter le revenu des jeunes.

Bien plus, les variables liées à l'environnement familial ont une influence significative sur la détermination des revenus. La vie en union des jeunes aurait un impact négatif sur l'évolution de leur revenu. Ceci peut être dû au fait que nombre de femmes sont parfois amenées à

42 La variable << Vie en union » est une variable muette qui prend la valeur 1 lorsque l'individu est marié et 0 sinon

43 La variable << sexe de l'individu » (resp. << A reçu une formation professionnelle ou non ») est une variable muette qui prend la valeur 1 si l'individu est un homme et 0 sinon (resp. 1 si l'individu possède une formation professionnelle et 0 sinon)

46

abandonner leurs activités une fois mariées pour des raisons de maternité. Bien qu'il soit aussi plausible de penser que l'augmentation de la taille du ménage serait une conséquence de l'accroissement des revenus, la taille du ménage a une influence positive sur le revenu. En effet, dans le contexte particulier des pays en voie de développement, les ménages de taille élevée sont généralement des ménages pauvres. Ainsi, les jeunes de ces ménages seraient amenés à exercer des activités rémunératrices afin d'augmenter leurs revenus. Le sexe est un élément discriminant du revenu des jeunes. La différence de revenus des jeunes hommes et des jeunes femmes est significative ce qui confirme ce qu'ont révélé les analyses descriptives précédemment effectuées.

c) Les résultats du modèle

Après avoir déterminé l'équation de détermination du revenu des jeunes dans l'objectif d'estimer le coût d'opportunité de l'emploi ou le coût du chômage, il s'agit actuellement de mettre en évidence les éléments qui influent sur l'accès à l'emploi des jeunes.

Le modèle obtenu est globalement significatif (le Khi-deux de valeur 120,1185 est significatif au seuil de 1%) et le pourcentage correct (71,6%) signifie que le modèle est vrai dans 71,6 % des cas. En d'autres termes, si un jeune présente les caractéristiques énumérées dans le modèle, il fera partie du groupe des insérés dans 71,6% des cas.

47

Tableau 7 : Résultat du modèle économétrique44 de l'accès à l'emploi des jeunes

Variables

Coefficient

E.S

ddl

Significativité

Effet
marginal

Constante

-7,3991432

2,70952485

1

0,006***

 

Environnement familial

Existence d'enfants de moins de 14 ans

Oui

0,55119767

0,24087134

1

0,022**

1,73533012

Non

m.r

m.r

m.r

m.r

m.r

Etre chef de ménage

Oui

-0,60477275

0,27355603

1

0,027**

1,54619854

Non

m.r

m.r

m.r

m.r

m.r

Etre fils ou fille du chef de ménage

Oui

-0,41375368

0,24528662

1

0,09*

0,66116379

Non

m.r

m.r

m.r

m.r

m.r

Nombre d'actifs occupés dans le ménage

0,48304697

0,09025223

1

0.000***

1,62100605

Capital humain

Niveaux d'instruction 5

Supérieur

m.r

m.r

m.r

m.r

m.r

Primaire

0,15131492

0,38373737

1

0,693

1,16336297

Secondaire général 1er cycle

0,49246865

0,35848803

1

0,169

1,63635082

Secondaire général 2e cycle

-0,28541113

0,36963997

1

0,44

0,75170514

Secondaire technique 1er cycle

0,52025049

0,40966261

1

0,204

1,68244903

Secondaire technique 2e cycle

0,59126181

0,45765238

1

0,196

1,80626614

Age au carré

-0,00720458

0,00413823

1

0,082*

0,99282132

Qualification technique ou professionnelle

 
 
 
 
 

Oui

0,47154879

0,22547223

1

0,003***

1,69873221

Non

m.r

m.r

m.r

m.r

m.r

Démographie

Sexe de l'individu

Femme

m.r

m.r

m.r

m.r

m.r

Homme

1,02779534

0,20011848

1

0,000***

2,79489723

Age de l'individu

0,41594565 0,2093744 1 0,047** 1,51580348

liées au chef de ménage ou du parent

3

Caractéristiques

Secteur d'activité

Informel

m.r

m.r

m.r

m.r

m.r

Public

0,59711625

0,23881976

1

0,012**

0,55039655

Parapublic

0,95487652

0,44131791

1

0,030**

0,38485967

Privé formel

0,87725161

0,25806889

1

0,000***

0,41592446

 

Coût d'opportunité de l'emploi

0,22275325

0,17064766

1

0,192

1,24951222

Khi-deux = 120,1185***

Cas bien classés= 71,6 %

N=1085

m.r : modalité de référence, E.S : Erreur Standard, ddl : nombre de degré de liberté.

*indique la significativité au seuil de 10 % ** indique la significativité au seuil de 5% *** indique la significativité au seuil de 1% Source : Nos calculs à partir des données de l'EDIJ 2005, ISSEA.

44 Il s'agit d'un modèle dichotomique (Inséré ou non inséré)

48

Il ressort de l'estimation du modèle que les variables relatives au niveau d'instruction ne sont pas significatives. Ainsi, ces variables ne seraient pas les principaux déterminants de l'insertion chez les jeunes. Ce constat pourrait s'expliquer par le fait que les jeunes ayant eu une instruction sont en général sans expérience sur le marché du travail ce qui rendrait difficile leur accès à un emploi décent. Par contre, les variables liées à l'environnement familial, à la démographie et aux secteurs d'activité du chef de ménage sont fortement significatives dans l'explication de l'accès à l'emploi des jeunes.

Les jeunes qui vivent dans des ménages qui contiennent des enfants de moins de 14 ans (78,4 %) ont une probabilité de participer au marché du travail 1,73 fois plus importante que ceux qui vivent dans des ménages qui n'en contiennent pas.

Environ 23,2 % des jeunes sont des chefs de ménage. Ils ont, toutes choses égales par ailleurs 1,55 fois plus de chances de participer au marché du travail que ceux qui n'ont pas de charges familiales.

Par ailleurs, la variable « être fils ou fille du chef de ménage » a un coefficient négatif. Ceux-ci vivent de plus en plus longtemps dans la sphère familiale, et bénéficient de ce fait du soutien financier des parents pour subvenir à leurs besoins.

Le nombre d'actifs occupés présents dans le ménage est significatif au seuil de 1% avec un coefficient positif. Ainsi, les actifs occupés exercent une influence psychologique sur les actifs non occupés notamment à travers une certaine capacité à acquérir des biens. Le jeune qui cohabite avec au moins un actif occupé a 1,62 fois plus de chances d'être inséré que celui qui vit dans des ménages qui ne disposent pas d'actifs occupés toutes choses égales par ailleurs. Ces personnes occupées exercent dans la plupart des cas dans le secteur informel et ils développent des activités qui sont tenues par leurs proches.

Comme il a été signalé dans l'analyse descriptive, le sexe est un élément discriminateur dans l'explication de l'insertion des jeunes. Les jeunes hommes ont 2,79 fois plus de chances de s'insérer que les jeunes femmes.

La variable âge est significative au seuil de 5 % avec un coefficient positif. Ainsi, plus l'on est jeune moins l'on a les chances de s'insérer. Ce qui poserait la problématique de l'insertion des jeunes. En outre, le signe négatif de l'âge au carré indique que l'impact négatif de l'ancienneté diminue graduellement avec l'âge des jeunes. Ainsi, les jeunes devraient en principe avoir une longue expérience sur le marché du travail avant d'accéder à un emploi.

L'accès des jeunes à l'emploi est fortement influencé par le secteur d'activité du chef de ménage. De manière générale, les jeunes qui vivent dans les ménages où le chef travaille ont beaucoup plus de chances de participer au marché du travail. L'examen du tableau 7 montre que les variables relatives au secteur d'activité du chef de ménage sont toutes significatives et

49

positives. Les jeunes dont le chef de ménage travaille dans le secteur formel (public et privé) ont moins de chances de s'insérer que ceux dont le chef de ménage travaille dans l'informel. En effet, cette affirmation peut être relativisée. Contrairement aux jeunes issus des familles dont le chef est un travailleur du secteur formel qui ont une forte propension à exercer dans les segments protégés de l'emploi, les jeunes qui vivent dans des ménages dont le chef est un travailleur du secteur informel se dirigent dans l'informel. En plus, près de 91% des jeunes qui exercent dans le secteur public sont issus des ménages dont le chef travaille dans le secteur public ou privé formels (cf. tableau 26 en annexe 1). Les stratégies d'insertion ont montré que les jeunes s'appuieraient prioritairement sur les relations familiales pour s'insérer. Ce qui aurait pour conséquence de conférer un avantage aux jeunes issus des ménages dans lesquels le chef travaille dans le secteur formel.

Une des raisons que l'on peut avancer pour expliquer l'insertion des jeunes sur le marché du travail concerne les prétentions salariales. Le choix de cette variable est guidé par la théorie de la recherche de l'emploi selon laquelle les chercheurs d'emploi décident de leur participation au marché du travail suivant leurs prétentions salariales. Le modèle estimé montre que la variable relative au coût d'opportunité n'est pas significative. Tout se passe comme si à défaut de trouver un emploi correspondant à leur profil, et à leur niveau de formation, les jeunes de la ville de Yaoundé n'ont plus d'autre alternative que de choisir le premier emploi qui se présente à eux quelle que soit la qualité et la nature de cet emploi. Les jeunes sont de moins en moins regardants quant à la qualité des emplois qu'ils exercent. D'où l'entrée massive des jeunes dans les segments d'emplois précaires.

Somme toute, les chances pour les jeunes d'entrer dans la vie professionnelle dans la ville de Yaoundé sont liées aux caractéristiques démographiques et socio-économiques du jeune et à la conjoncture économique traversée. Résoudre le problème de l'emploi des jeunes passerait par l'amélioration des actions ciblées sur ces variables.

Encadré 2 : Le modèle dichotomique de participation au marché du travail.

La formulation du modèle de participation au marché du travail se fait selon la structure à choix discret où l'individu i choisit de participer au marché du travail (Yi = 1) ou non (Yi = 0). Le modèle se présente sous la forme générale d'un modèle Logit : Yi = â0 + â1 *Xi + â2 * Fi + åi ou encore P (Yi=1) = F (âiWi) Où :

- Xi est un vecteur de caractéristiques individuelles comprenant les variables visant à capturer le potentiel de productivité ;

50

- Fi est un vecteur de caractéristiques familiales influençant les décisions de participation,

- â k, k= 0, 1,2 est un vecteur de paramètres à estimer,

- å i est le terme d'erreur qui suit la loi normale,

- P (Yi=1) est la probabilité d'un jeune actif à s'insérer dans le monde du travail,

- F est la fonction de répartition de la loi logistique ( F x

( ) =

1
1 exp( )

+ - x

),

- Wi est le vecteur de caractéristiques liées à l'environnement familial, au capital humain et à la conjoncture

économique influençant la décision de participation au marché du travail.

Les valeurs numériques des estimations n'ont pas d'interprétation économique directe, en raison du problème de la normalisation de la variance résiduelle. Ainsi, la seule information directe réellement utilisable est le signe des paramètres indiquant si la variable associée influence à la hausse ou à la baisse la probabilité de l'évènement considéré. Toutefois, on peut en effet calculer les effets marginaux : les effets marginaux mesurent la sensibilité de la probabilité de l'évènement Yi = 1 par rapport à des variations dans les variables explicatives.

Le salaire de réserve qui, selon la théorie du Job search est une variable qui influe sur la décision de participation du marché du travail n'a pas été appréhendé pour les individus non insérés. Afin de l'inclure dans le modèle de participation au marché du travail, l'estimation de l'équation de revenu s'est avérée nécessaire. Les coefficients de cette équation peuvent être biaisés car les individus insérés sur lesquels la régression s'est effectuée ne constituent pas un échantillon aléatoire. La correction du biais de sélection s'est réalisée en introduisant dans l'équation du revenu une variable explicative supplémentaire appelée l'inverse du ratio de Mill. Si l'on désigne par ë

l'inverse du ratio de Mill, alors, il s'exprime par la relation : ( )

ö â X

ë = . Où Ö(.) est la fonction de répartition de

Ö ( X)

â

la loi normale centrée et réduite et ö(.) sa fonction de densité de probabilité. On obtient alors l'équation du revenu
qui peut s'écrire : Ln ( Ri) = â ' Xi +øiëi + åi E (åi Vi = 0 ) = 0 et Ln ( Ri) correspond au logarithme des

revenus provenant de l'emploi principal, Xi est un vecteur de variables susceptibles d'influencer les revenus issus de l'emploi principal et åi qui suit une loi normale N(0,ó ).

Source : C. Hurlain ; Polycopié de cours d'Econométrie des variables Qualitatives ; Janvier 2003.

SECTION 2 : Les recommandations

2.1 Les actions de l'Etat en faveur de l'insertion des jeunes

Afin de trouver une solution aux problèmes d'insertion socio-professionnelle en général et ceux des jeunes en particulier, nombre d'actions sont menées par le gouvernement camerounais. Ces actions concernent la création d'un département ministériel et de quelques institutions de promotion de l'emploi (FNE, l'Observatoire National de l'Emploi et de la Formation Professionnelle), la mise en place des premières organisations des états généraux de l'emploi et de la formation professionnelle par le ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle.

51

> L'Etat a procédé ces dernières années à des recrutements dans les armées, l'éducation de base, les enseignements secondaires, sans oublier la ressource nécessaire donnée aux structures de promotion de l'emploi comme le FNE.

> Le FNE45 a pour sa part mis un dispositif qui consiste à accueillir les jeunes, à les orienter suivant leur bilan professionnel, à leur apporter des mesures dans le but de mieux les aider à s'insérer dans la vie professionnelle. Ces mesures visent à créer une passerelle entre le système de formation et le milieu professionnel.

Malgré les initiatives du gouvernement camerounais en faveur de l'insertion des jeunes, il ressort des résultats des analyses précédemment effectuées que le canal du FNE est encore très peu usité par les jeunes. Il en est de même pour les autres agences de promotion de l'emploi. Ainsi, un effort de sensibilisation devrait être fait. Les relations amicales ou familiales sont devenues le canal le plus utilisé par les jeunes chercheurs d'emploi. Cette voie subjective de recherche d'emploi peut être source de nombreux maux tels que l'asymétrie des chances des jeunes dans leur prospection, le découragement de ceux qui n'ont pas de relations pouvant les aider à s'insérer, le tribalisme, et dans une certaine mesure la corruption.

L'estimation économétrique sur la décision de participation des jeunes sur le marché de l'emploi a montré que l'environnement familial a une influence significative sur l'insertion des jeunes. Améliorer les conditions de vie des ménages par le fruit de la reprise économique que connaît le Cameroun depuis 1997 serait un atout.

Il se pose aussi chez le jeune un problème de précarité dans l'emploi. Le secteur informel est devenu l'expression de nouvelles stratégies d'insertion des jeunes dans la ville de Yaoundé. Cet état de fait serait dû pour partie à l'inadéquation entre les structures de formation et les structures de production. Sur ce, le secteur informel devrait être formalisé par la mise en place d'un contrat avec l'Etat camerounais dans l'objectif de prôner la concertation, la transparence et l'efficacité [STATECO, N°99, 2005].

En outre, il existe très peu d'opérations d'enquête portant sur l'emploi en général et des jeunes en particulier. Des études en matière d'emploi devraient se multiplier afin de permettre aux jeunes de dénicher les secteurs à exploiter.

Les programmes scolaires et professionnels accordent plus de place à la formation théorique au détriment de la formation pratique. Ces programmes devraient préparer les jeunes à envisager l'éventualité de se mettre à leur propre compte, en orientant un peu plus le cursus vers la formation professionnelle. En plus, le système dual favorise par nature l'insertion professionnelle des jeunes car il permet à l'élève de se muer progressivement et naturellement en employé

45 Le bilan des appuis en faveur des jeunes par le FNE est présenté en annexe

52

qualifié. Le jeune aura aussi l'avantage de développer les relations avec ses futurs employeurs. Par ailleurs, c'est le système dual qui explique en partie le faible taux de chômage des jeunes [Jacques Gaude, 1997]. Ainsi, la promotion de la formation par alternance (école-entreprise) permettra d'accroître l'expérience des jeunes exigée des employeurs, ce qui permettra aux jeunes de s'insérer dans de meilleures conditions. D'où la nécessité d'encourager les investissements. Enfin, aider les jeunes à s'insérer passerait aussi par une coopération entre les entreprises, les partenaires sociaux et l'Etat. L'Etat camerounais doit inciter les entreprises à employer plus de jeunes par des dispositions fiscales. Il devra faire de la création des emplois une condition de sélection des projets.

2.2 Les actions des jeunes en faveur de leur insertion

L'équation de l'accès à l'emploi des jeunes a montré que ces derniers ont un manque d'expérience professionnelle. Ce qui handicape leur insertion professionnelle surtout dans les emplois protégés des secteurs public et privé. Les analyses descriptives ont montré que plus de la moitié des jeunes non insérés ont déclaré qu'ils n'avaient pas de formation professionnelle. Par ailleurs, une forte proportion (82 %) des primo-demandeurs d'emploi a une formation initiale de l'enseignement secondaire et supérieur général d'où leur manque de compétences professionnelles. Ce qui contribue à les rendre moins compétitifs sur le marché de l'emploi et les conduit vers les emplois précaires du secteur informel.

De ce fait, les jeunes favoriseraient leur insertion dans la vie professionnelle en ayant une formation initiale de l'enseignement technique et /ou une formation professionnelle.

En plus, après les relations familiales, l'auto-emploi est le canal d'insertion le plus utilisé. Ce qui devrait être encouragé par l'octroi des crédits plus souples aux jeunes et par la baisse de la pression fiscale. En matière d'auto-emploi dans la ville de Yaoundé, les filières techniques sont les plus indiquées et concernent les technologies de l'information et de la communication, l'habillement, la coiffure, la mécanique. Ainsi, les jeunes gagneraient à oeuvrer dans ces secteurs. Ces derniers devraient cultiver la polyvalence, l'esprit d'entreprise et d'entreprenariat ; il s'agit pour eux de voir comment s'insérer dans la société par un travail rémunérateur qui ne les fasse pas dépendre absolument d'un patron.

Enfin, ils doivent faire un effort dans leur prospection en se rapprochant des agences de promotion de l'emploi qui ont pour vocation de favoriser l'insertion des jeunes, afin de mieux exposer leur profil, leurs difficultés et leurs besoins.

53

CONCLUSION GENERALE

Au terme de cette étude, il ressort que le secteur informel apparaît pour les jeunes de la ville de Yaoundé comme l'expression de nouvelles stratégies d'insertion professionnelle des jeunes d'une part, et la mobilisation des réseaux de solidarité familiale et des relations est l'option privilégiée dans leur recherche d'emploi d'autre part. Cette étude s'est attelée à décrire les stratégies d'insertion des jeunes de la ville de Yaoundé. Elle porte dans une telle perspective sur l'analyse des modifications de la chance d'entrée dans la vie professionnelle dans la ville de Yaoundé, liées aux variables démographiques et socio-économiques du parcours de la vie et de la conjoncture économique traversée.

Le cadre théorique a permis d'avoir des définitions rigoureuses des concepts liés à la notion d'insertion et de dégager les variables pouvant influer sur la décision de participation des jeunes sur le marché du travail. Ces variables sont relatives à l'environnement familial, au capital humain, à la démographie et aux caractéristiques des chefs de ménages. Les principales théories sur lesquelles l'étude s'est appuyée sont relatives au capital humain, à la recherche de l'emploi et du travail.

Des analyses descriptives effectuées, il est apparu que malgré l'embellie économique
caractérisée par la croissance économique qu'observe le Cameroun depuis 1997, les jeunes ont de
plus en plus de difficultés pour se réaliser professionnellement. Une fois sortis du système
éducatif, ils s'inscrivent dans une longue file d'attente les rendant fortement dépendants de leur
famille pendant toute cette période. Les résultats du modèle économétrique ont montré que les
jeunes sont vulnérables sur le marché du travail car ils ne disposent pas en général de l'expérience
professionnelle requise pour accéder à un emploi. Dans l'ensemble, les variables relatives au
capital humain expliquent très faiblement l'accès des jeunes dans le marché du travail et le revenu
tiré de l'emploi principal. On note que l'environnement familial influe beaucoup sur l'insertion
professionnelle des jeunes et même sur les segments du marché dans lesquels s'orientent les
jeunes. Les chefs de ménage ont une influence considérable sur l'insertion des jeunes qu'ils ont à
leur charge de par leur secteur d'activité. De manière générale, les jeunes qui vivent dans les
ménages où le chef travaille ont beaucoup plus de chances de participer au marché du travail. Le
chef de ménage qui exerce dans le secteur informel verra plus les enfants qu'il encadre s'orienter
vers le secteur informel à cause de l'initiation du jeune à ce secteur. Bien plus, l'une des raisons
que l'on peut avancer pour expliquer l'insertion des jeunes sur le marché du travail concerne les
prétentions salariales. Cette assertion émane de la théorie de la recherche de l'emploi selon
laquelle les chercheurs d'emploi décident de leur participation au marché du travail suivant leurs
prétentions salariales qui sont considérées comme le salaire de réserve de ces derniers. Le modèle
54

estimé a montré que la variable relative au salaire de réserve n'est pas significative. Ainsi, les jeunes semblent ne pas tenir compte de cette variable pour décider de leur entrée sur le marché du travail. Ces derniers choisissent alors le premier emploi qui se présente à eux quelle que soit la nature et la qualité de cet emploi. Les jeunes sont de moins en moins regardants quant à la qualité des emplois qu'ils exercent. D'où l'entrée massive des jeunes dans les segments d'emplois précaires (72% des jeunes insérés exercent dans le secteur informel). En plus, Le canal d'insertion qui s'est avéré être le plus efficace est celui des parents ou des relations. L'usage massif de cette voie subjective de recherche d'emploi peut être source de nombreux maux tels que l'asymétrie des chances des jeunes dans leur prospection, le découragement de ceux des jeunes qui n'ont pas de relations pouvant les aider à s'insérer, le tribalisme, et dans une certaine mesure elle peut favoriser la corruption. L'étude a aussi révélé la faible fréquentation des institutions de promotion de l'emploi qui serait due à une sensibilisation insuffisante des jeunes d'une part et d'autre part au manque de confiance des jeunes dominés par l'opinion selon laquelle les meilleurs postes sont réservés aux connaissances.

Au vu de toutes les contraintes auxquelles les jeunes font face quant à leur insertion, la présente étude suggère qu'un grand intérêt soit accordé à :

· l'emploi en général et à l'emploi des jeunes en particulier. La problématique de l'emploi doit être placée au coeur de la question du développement ;

· adapter les programmes de formation aux besoins de l'entreprise ;

· les institutions de promotion de l'emploi devraient faire un effort de sensibilisation et mener régulièrement des études de prospection afin d'aider les jeunes à dénicher les secteurs à exploiter et le type de compétence qu'ils doivent faire valoir pour un type d'emploi donné.

La présente étude a eu pour unités d'observation les jeunes de la ville de Yaoundé ce qui paraît réducteur si l'on veut préparer des éléments d'aide à la décision pour l'ensemble des jeunes du Cameroun. Ainsi, une étude similaire menée dans les autres localités du Cameroun serait pleine d'intérêt. Elle permettra d'effectuer des comparaisons et contribuera à améliorer les dispositifs d'aide à l'insertion professionnelle des jeunes au Cameroun.

55

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- Vincens Jean, L'insertion professionnelle des jeunes, quelques réflexions théoriques, formation-emploi, n°61, CEREQ, France, 1998.

58

ANNEXES

59

Mémoire de fin de scolarité rédigé et soutenu par MAMBOU Patrick Félicien

ANNEXE 1 : Tableaux complémentaires

Tableau 8 : Nombre moyen de personnes par ménage et rapport de dépendance

 

Insérés

Non insérés

Ensemble

Nombre moyen de personnes par ménage

6,0

6,7

6,4

Rapport de dépendance

3,2

4,9

4,1

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Tableau 9 : Distribution des jeunes suivant le sexe et lien de parenté avec le chef de ménage

 

Sexe de lindividu

Ensemble
(%)

Lien de parenté avec le chef de ménage

Masculin

Féminin

Chef de ménage

192

66

23,2

conjoint

8

160

15,1

Fils/Fille

156

171

29,4

Neveux/Nièce

59

30

8,0

Frère/Soeur/cousin(e)

96

59

14,0

Petit fils/fille

2

11

1,2

Domestique

2

3

0,5

Autre

37

49

7,7

Total

562

549

100,0

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Tableau 10 : Distribution des jeunes suivant leur situation d'activité et le statut marital

Statut marital

Insérés

Non insérés

Ensemble

Célibataire

42,6

72,2

53,1

Marié(e) monogame

30,1

18,6

26,0

Marié(e) polygame

0,6

0,0

0,4

Union libre

24,4

6,2

17,9

Divorcé(e)

0,6

0,0

0,4

Veuf (ve)

1,7

3,1

2,2

Total

100,0

100,0

100,0

Source : EDIJ 2005, ISSEA

60

61

Tableau 11 : Distribution des jeunes vivant dans des familles où le chef de ménage travaille

Secteur
d'activité

 

Fréquence (%)

 

Non insérés

insérés

Ensemble

Public

 

43

36

 

40

Parapublic

 

5

5

 

5

Privé formel

 

29

23

 

26

Informel

 

23

36

 

29

Total

 

100

100

 

100

 

N=392

 

N=280

N=672

 

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Tableau 12 : Moyennes d'âges des jeunes mariés ou vivant en union libre

suivant leur sexe et leur situation d'activité

 

insérés

Non insérés

 

Ensemble

Hommes

29,7

 

30,8

30

Femmes

28,6

 

27

28

Ensemble

29,0

 

27,7

29,0

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Tableau 13 : Répartition des jeunes suivant leur statut matrimonial et leur situation d'activité

Veuf (ve)

Total

Statut marital

Célibataire

Marié(e) monogame

Marié(e) polygame

Union libre

Divorcé(e)

Insérés

Fréquence

(%)

Non insérés

60,8

76,6

20,8

12,7

1,4

0,9

16,1

9,0

0,6

0,2

0,4

0,6

100,0

100,0

N=510

N=653

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Tableau : 14 : Répartition des jeunes suivant leur niveau d'instruction et leur situation d'activité (%)

 

Insérés

Non insérés

t de student

Primaire

17,8

18,2

0,18

Secondaire général

48,2

44,0

1,43

Secondaire technique

14,6

17,6

1,38

Supérieur

19,4

20,2

0,34

Total

100

100

 
 

N=511

N=656

Lecture : Au seuil de significativité de 5%, toutes les statistiques

de student ne sont pas significatives (elles sont toutes inférieures à 1,96). Source : EDIJ 2005, ISSEA

Tableau 15 : Distribution des jeunes non insérés suivant les raisons de recherche d'un emploi et leur niveau
d'instruction (%)

 

Niveau dinstruction

Ensemble

Primaire

Secondaire général

Secondaire technique

Supérieur général

Supérieur
technique

Perte du précédent

2,8

9,8

3,8

2,8

1,1

20,3

Première insertion

11,9

40,2

11,5

13,3

2,8

79,7

Total

14,7

50,0

15,3

16,1

3,9

100

N=656

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Tableau 16 : Distribution des jeunes insérés suivant le sexe et le secteur d'activité (en %)

Secteur d'activité

Sexe de lindividu

Ensemble

Masculin

Féminin

Public

5,1

2,7

7,8

Parapublic

0,6

0,6

1,2

Privée formel

12,5

6,8

19,4

Privée informel

43,1

28,6

71,6

Total

61,3

38,7

100,0

N= 511 Source : EDIJ 2005, ISSEA

Tableau 17 : Distribution des jeunes insérés exerçant dans l'informel suivant le diplôme le plus élevé obtenu

Diplôme le plus élevé

Pourcentage

obtenu

(%)

Primaire

21,4

Secondaire général

46,6

Secondaire technique

15,9

Supérieur général

14

Supérieur technique

2,2

Total

100

N=365
Source :
EDIJ 2005, ISSEA

Tableau 18 : Salaire moyen à l'embauche des jeunes insérés par secteur d'activité (en milliers)

Secteur d'activité

Salaire
moyen

Intervalle de confiance à
95%

Public

75,97

60,45

91,48

Parapublic

106,20

4,97

207,43

Privée formel

52,38

43,47

61,28

Privée informel

40,01

34,35

45,68

Total

46,05

41,29

50,81

Lecture : Globalement, les différences des salaires moyens à l'embauche sont significatives au seuil de signification de
5%.
Source : EDIJ 2005, ISSEA

62

Tableau 19 : Salaire moyen à l'embauche des jeunes insérés selon le sexe (en milliers)

Sexe de lindividu

Salaire
moyen

Intervalle de confiance à
95%

Masculin

48,24

42,86

53,62

Féminin

42,45

33,43

51,46

Total

46,05

41,29

50,81

Lecture : Globalement, la différences des salaires moyens à l'embauche n'est pas significative au seuil de signification
de 5%(la significativité au test ANOVA à un facteur est de 0.246).
Source : EDIJ 2005, ISSEA

Tableau 20 : Revenu moyen des jeunes insérés selon le sexe (en milliers)

Sexe de lindividu

Revenu moyen

Intervalle de confiance à
95%

Masculin

98,57

54,97

142,16

Féminin

50,06

40,95

59,17

Total

80,33

52,89

107,78

Lecture : Globalement, la différence des salaires moyens à l'embauche est significative au seuil de signification de 10%(la significativité au test ANOVA à un facteur est de 0.092).

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Tableau 21 : Distribution des jeunes non insérés selon les raisons de l'arrêt des études

Raison d'arrêt des études

Pourcentage
(%)

Manque de moyens financiers

56,9

pour travailler

4,7

Manque de motivation

12,4

Maternité

6,9

Mariage

3,3

Difficulté à trouver un établissement scolaire

0,7

Inconscience due à la jeunesse

2,2

Formation ou apprentissage

4,7

niveau satisfaisant

8,2

Total

100

N= 456

Source : EDIJ 2005, ISSEA

Tableau 22 : Délai d'insertion moyen des jeunes selon le secteur d'activité (en mois)

Secteur
d'activité

Délai
moyen
dinsertion

Intervalle de confiance à 95% pour
la moyenne

Borne inférieure

Borne supérieure

Public

13,17

7,50

18,84

Parapublic

15,20

0,45

29,95

Privé formel

19,62

10,33

28,91

Privé informel

25,09

19,18

31,00

Total

22,46

18,04

26,88

Lecture : Globalement la différence entre les délais moyens par secteur d'activité n'est pas significative au seuil de signification de 5% (la significativité au test ANOVA à un facteur est de 0,359).

Source : EDIJ 2005, ISSEA.

63

Tableau 23 : Répartition des jeunes non insérés selon les raisons de venu à Yaoundé (en %)

Raison de venu à Yaoundé

Pourcentage
(en %)

Pour rejoindre/suivre la famille

16,8

Pour des études, formations ou apprentissage

22,3

Pour chercher du travail

10,4

pour continuer mon activité

0,8

Affectation

3,4

Problème de santé

0,8

Problème de logement

0,2

Autre

8,8

Natifs

36,7

Total

100,0

N=656

Source : EDIJ 2005, ISSEA.

Tableau 24 : Taux de pluri-activité selon le statut dans l'emploi principal (en %)

Statut dans l'emploi principal

Pourcentage
(en%)

Cadre supérieur/Ingénieur

5,2

Cadre moyen/agent de maîtrise

3,9

Employé/ouvrier

37,7

Manoeuvre

2,6

Apprenti

5,2

Employeur/Patron

13,0

Compte propre

18,2

Aide familial

1,3

Retraité/invalide

10,4

Autre

2,6

Total

100,0

N=77

Source : EDIJ 2005, ISSEA.

Tableau 25 : Taux de pluri-activité selon le secteur d'activité dans l'emploi principal (en %)

Secteur d'activité

Pourcentage
(en %)

Public

11,9

Privé formel

15,5

Privé informel

72,6

Total

100,0

N= 84

64

Source : EDIJ 2005, ISSEA.

65

Tableau 26 : Profil ligne des jeunes occupés selon leur secteur d'activité et celui de
leur parent ou tuteur (en %)

Secteur
d'activité du
jeune

Secteur d'emploi du parent ou tuteur

Total

Public

Parapublic

Privé formel

Informel

Public

66,67

9,52

14,29

9,52

100,00

Privé formel

38,46

3,85

28,85

28,85

100,00

Privé informel

22,71

4,35

22,22

50,72

100,00

Source : EDIJ 2005, ISSEA.

Tableau 27 : Bilan des appuis du FNE en faveur des jeunes au 31 mars 2005

Domaines d'appui

Nombres de bénéficiaires

 

Accueil et Orientation

92

887

Techniques de recherche d'Emploi (TRE)

4

171

Orientation en Milieu Scolaire ou Universitaire (OPS/OPU)

91

500

Stage d'Initiative à la Vie d'Entreprise (SIVE)

1

880

Formations professionnelles

27

991

Semaine pour l'emploi des jeunes

Environ 20

000

Programme Emploi Diplômé (PED)

2

080

Appui à la création d'auto-emplois ou

de micro-entreprises au profit des jeunes

15

005

Emplois générés par la création des entreprises au profit des jeunes

22

753

Programme d'Appui au Développement des Emplois Ruraux (PADER)

12

712

Emplois générés par le PADER au profit des jeunes

19

856

Source : FNE

ANNEXE 2 : QUESTIONNAIRES EDIJ 2005

66

67

Mémoire de fin de scolarité rédigé et soutenu par MAMBOU Patrick Félicien






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"Il faudrait pour le bonheur des états que les philosophes fussent roi ou que les rois fussent philosophes"   Platon