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Stratégies d'insertion des jeunes de la ville de Yaoundé

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par Patrick Félicien MAMBOU
Institut Sous-régional de Statistique et d'Economie Appliquée - Ingénieur d'Application de la Statistique 2006
  

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SECTION 3 : Le chômage

3.1 Définition

Selon la définition du BIT dont la dernière modification remonte à la treizième Conférence internationale des statisticiens4 du travail en 1982, les chômeurs comprennent toutes les personnes ayant l'âge de travailler qui, durant la période de référence (sept derniers jours précédent l'enquête) sont :

- sans travail, c'est-à-dire dépourvu d'un emploi salarié ou non salarié ;

- disponibles pour travailler dans un emploi salarié ou non salarié ;

- à la recherche d'un emploi, c'est -à -dire qu'ils ont pris des dispositions spécifiques au

cours d'une période de référence donnée. La recherche d'un travail est caractérisée par les actions
suivantes : l'inscription à un bureau de placement public, le dépôt d'une candidature auprès des
employeurs, les réponses à des annonces spécialisées, les contacts auprès des relations

4 LONGATTE Jean, VANHOVE Pascal, « Economie générale », DUNOD, Paris p.245

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personnelles et les démarches en vue de la création d'une entreprise (recherche de terrain, d'immeubles, d'équipements, de ressources financières, de licences, etc.).

L'analyse économique pure emmène à définir le chômage comme une situation du marché du travail où un déséquilibre apparaît entre l'offre et la demande de travail. Ce déséquilibre se traduit par une offre de travail supérieure à la demande de travail .En d'autres termes le chômage se manifeste par un excédent de la main-d'oeuvre disponible par rapport aux disponibilités d'emplois qu'offre le système productif.

3.2 Les principales formes de chômage

a) Le chômage de première insertion

Ce sont des personnes qui respectent tous les critères de la définition du chômage et qui n'ont jamais travaillé dans un emploi considéré comme stable , d'une durée supérieure à un seuil (généralement 3 mois) ou ayant fait l'objet d'un contrat de travail écrit ou oral.

b) Le chômage volontaire

Cette forme de chômage est plus fréquente dans les pays où les indemnités allouées aux chômeurs sont suffisamment importantes pour compenser la perte de salaire et leur permettre de choisir l'inactivité. Il provient aussi des individus dont le rejet de l'emploi constitue un acte volontaire c'est-à-dire de libre choix. Les chômeurs volontaires se trouvent en face d'un complexe de possibilités d'emplois des différentes occupations, diverses localités et à des taux de salaires variées, mais ils ne préfèrent accepter aucune occupation.

Le chômage volontaire est expliqué par les économistes classiques et néo-classiques. Pour ces derniers, le travail est un bien qui s'échange sur un marché. La demande de travail et le prix du travail c'est-à-dire le salaire réel, sont corrélés négativement. Quant à l'offre de travail, elle augmente en même temps que le prix du travail. Les individus arbitrent entre leurs loisirs et le travail, vu comme une renonciation aux loisirs.

Pour les classiques, le chômage sur le marché n'existe pas puisque l'offre et la demande s'ajustent et déterminent un prix, le salaire réel pour lequel les individus arbitrent leur temps en faveur des loisirs. Le chômage est volontaire parce qu'il résulte de travailleurs qui n'acceptent pas des salaires réels plus faibles (LONGATTE et VANHOVE, 2001).

Mais s'il existe des individus prêts à travailler pour un salaire inférieur à celui du marché du travail, pour une qualification équivalente, et qui ne trouvent pas d'emploi, on peut dire que le chômage involontaire existe.

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c) Le chômage involontaire

Il se manifeste lorsque les individus acceptent de travailler dans n'importe quelle occupation, n'importe quelle localité, à n'importe quel taux de salaire différent de zéro.

Pour Keynes, les salaires nominaux sont rigides à la baisse ; ils ne peuvent descendre en dessous d'un minimum du fait de la présence des syndicats. La demande de travail des entreprises baisse (en raison d'anticipations pessimistes sur l'évolution de la consommation, de l'investissement et des exportations) du fait de la rigidité des salaires, l'offre du travail se maintient et il résulte un chômage. Le chômage dans la conception keynésienne n'est pas volontaire mais peut être le signe d'un équilibre de sous-emploi5 .

d) Le flou du chômage

Il s'agit de l'ensemble des personnes qui sont éloignées ou s'éloignent du marché du travail. Aussi appelé le `halo du chômage', le flou du chômage est un ensemble qui est constitué de trois groupes majeurs suivants :

- les ultérieurs BIT qui comprennent les individus sans travail, disponibles pour travailler mais qui ont trouvé un emploi qui commence à une date ultérieure à la période de référence (généralement les deux semaines ou le mois suivant l'enquête).

- les personnes sans emploi, indisponibles pendant la période de référence et qui cherchent un emploi qu'elles vont commencer à une date ultérieure ;

- Les chômeurs découragés qui sont des personnes sans emploi, disponibles pour travailler mais qui ne recherchent plus de travail.

La notion de chômage ne permet pas d'appréhender de façon significative la situation de l'emploi dans les pays sous-développés en particulier au Cameroun du fait des spécificités du marché de l'emploi au Cameroun. Pour l'étude entreprise, la notion de non-insertion a été préférée à celui de chômage car elle intègre en plus des chômeurs au sens du BIT, les chômeurs découragés.

5 LONGATTE Jean, VANHOVE Pascal, « Economie générale », DUNOD, Paris p.257.

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CHAPITRE 2 : QUELQUES NOTIONS SUR LES THEORIES RELATIVES A L'INSERTION PROFESSIONNELLE

Pour analyser l'insertion des jeunes sur le marché du travail, plusieurs théories relatives à la formation des salaires, aux déterminants du chômage et au rôle économique du diplôme sont utilisées. Parler de l'insertion professionnelle des jeunes revient aussi à décrire les moyens d'accès à l'emploi au sortir de la formation initiale. Le présent chapitre présentera en plus du système de formation camerounais, quatre modèles de transition de l'école à l'emploi généralement mis en oeuvre dans le monde.

SECTION 1 : Les cadres théoriques pour analyser l'entrée sur le marché du travail 1.1 La théorie du capital humain

Cette théorie présente les revenus comme étant une fonction de la qualification des individus déterminée par le capital humain qu'ils accumulent.

Pour les partisans de cette théorie, les salaires ne sont pas les résultats de la loi de l'offre et de la demande, mais du rendement en aptitudes professionnelles6. Ces aptitudes peuvent être innées ou acquises par la formation ou même par d'autres comportements concourant à augmenter la productivité.

Pour Gary Becker (1993), la formation apparaît comme un investissement qui améliore la productivité individuelle ; chaque individu arbitre entre le coût et le rendement de l'investissement que génère la formation ou l'éducation.

Selon Diane G. Tremblay (1997), les individus peuvent faire d'autres types d'investissements en l'occurrence l'investissement de la connaissance du marché du travail telles l'acquisition de l'information sur l'emploi, l'acceptation d'un emploi moins rémunéré mais pouvant offrir des possibilités de carrière et même la mobilité géographique pour profiter des opportunités d'emplois.

Certains auteurs tels J.C Eicher, J.Vincens ont cependant émis des remarques concernant le capital humain. Pour J.C Eicher7, la théorie du capital humain ne prouve pas que la productivité est totalement liée au niveau de formation car d'autres variables sont susceptibles d'expliquer le niveau de revenu (l'âge, le sexe, la race, la région, la profession et la durée du travail) ; pour

6 Diane Gabrielle Tremblay, << Travail Economie et Gestion », Université du Québec-Télé-Québec, 1997

7 J.C.Eicher, << Education et réussite professionnelle-Economie de l'éducation », Economica, 1979

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J.Vincens8, la théorie du capital humain a un pouvoir explicatif dans un régime où les salaires sont flexibles et /ou le chômage global est faible.

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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius