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La relation maà®tre disciple dans le monachisme primitif, d'après les écrits de Jean Cassien

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par Isabelle PEREE
Strasbourg (Théologie Catholique) - Master de théologie 2009
  

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Université de Strasbourg (UdS)
Faculté de Théologie Catholique

« La relation maître disciple dans le

monachisme primitif, d'après les

écrits de Jean Cassien. »

 

Mémoire de Master d'Isabelle PEREE,
réalisé sous la direction de Madame Françoise VINEL.

Remerciements.

Avant de commencer, je tiens à remercier Madame Françoise Vinel, qui a accepté de diriger ce mémoire, Monsieur le Doyen M.Deneken et les professeurs de la Faculté de Théologie Catholique de l'Université de Strasbourg pour la formation de qualité qu'ils m'ont donnée durant toutes ces années, ainsi que les membres du jury pour leur lecture et les commentaires qu'ils apporteront à ce travail.

Je remercie également Mademoiselle S.Opsomer et Monsieur C.Solheid pour les corrections orthographiques et stylistiques, ainsi que Monsieur L-M. Hallereau pour la mise en page et les conseils informatiques.

Plan du mémoire.

Introduction. 5

Chapitre 1 : Rappel historique. 11

I. Objectif du chapitre 11

II. Quelques points de repère 11

III. Jean Cassien (365-458). 18

IV. Les quinze Pères des Conférences. 20

Chapitre 2 : Portrait du moine et vie au désert. 26

I. Objectif du chapitre 26

II. L'ascèse : la prière, le jeûne, le travail manuel et l'aumône. 26

III. L'hesychia. 34

IV. L'apatheia. 36

V. L'acédie. 38

VI. Description de l'ancien et situation dans l'Eglise. 40

VII. Le disciple en recherche : qui est-il ? 43

VIII. Approche de l'ancien. 45

IX. Les attentes du disciple. 47

Chapitre 3 : La relation maître disciple. 50

I. Objectif du chapitre 50

II. Proximité du maître et du disciple 51

III. Ce que demande le maître 53

A. Exigences propres au désert. 53

B. Pédagogie particulière. 56

C. Obéissance. 60

IV. Originalité de la transmission au désert. 62

A. L'enseignement. 62

B. L'Ecriture revisitée par les sentences du maître. 65

V. Obéissance mutuelle et expérience du maître. 69

A. Obéissance mutuelle. 69

B. Expérience du maître. 71

VI. Théologie du désert ? 72

VII. Renoncements et luttes. 77

A. Ce que sont les renoncements. 77

B. Ce que sont les luttes. 78

VIII. L'Ecriture Sainte justifie-t-elle la relation maître disciple ? 81

Conclusion. 85

Bibliographie. 89

I. Sources. 89

II. Etudes. 90

III. Articles et revues. 90

IV. Dictionnaires. 91

V. Lettres, cours et conférences. 91

VI. Multimedia. 91

VII. Bible. 92

Introduction.

C'est parce que Cassien fut un homme de relations et qu'il lui a plu de nous faire parvenir ce qu'il avait perçu des rapports existants entre maîtres et disciples dans l'Egypte monastique, que notre choix s'est porté sur ce thème. Qu'est-ce qu'un maître et qu'est-ce qu'un disciple pour Cassien ?

De quelle manière a-t-il appréhendé la formation au désert et quel bénéfice en a-t-il retiré pour la formation monastique des novices ?

Cassien écrit pour un public de moines, en mettant en avant la vie érémitique, à ses yeux la plus pure et la plus authentique et qui, seule selon lui, mène à la perfection.

Si l'on sait peu de choses concernant notre auteur, nous pouvons affirmer que ses pas ont croisé ceux d'Evagre. « Les deux conférences 9 et 10 de l'Abbé Isaac sur la prière sont datées exactement par le récit de Cassien lui-même : l'une précède et l'autre suit la lettre pascale du patriarche d'Alexandrie Théophile, contre l'anthropomorphisme, qui est presque certainement de l'Epiphanie 399 1. »

Nous pouvons donc situer le voyage de Cassien à la fin du IVème siècle et la publication de son oeuvre au premier quart du Vème siècle 2.

Ses deux principaux ouvrages, à savoir « les Institutions » et les « Collationes » (ou Conférences) constituent deux parties d'une même oeuvre que l'auteur ne semble pas vouloir dissocier. Si les deux livres sont centrés sur la vie monastique et ses usages, le premier est davantage axé sur l'homo exterior et le second sur l'homo interior, comme le décrit Cassien dans sa préface. En effet, les « Institutions » traitent davantage des aspects visibles de la vie des moines, alors que les « Conférences » abordent la spiritualité à travers les enseignements des anciens, donc « ce qui est invisible au regard 3. »

Si notre choix s'est porté sur l'étude des « Conférences » c'est parce qu'il y était davantage question des relations entre le maître et son disciple que Cassien nous dépeint avec une précision scrupuleuse.

1 Dom E.PICHERY : « Conférences. » T.1. Introduction. SC 42. Paris 1955.

2 Ibid.

3 Ibid.

L'oeuvre des Conférences comporte trois sections :

1. Dix conférences dédiées à Léonce, évêque de Fréjus et frère de Castor et à l'ermite Halladius.

2. Sept conférences dédiées à Honorat et à Eucher de Lérins.

3. Sept autres conférences dédiées à quatre moines des îles de Hyères, Jovinien, Minervus, Léonce et Théodore.

Ce nombre des vingt-quatre conférences au total, rappelle symboliquement les vingtquatre vieillards de l'Apocalypse et même si les thèmes ne sont pas abordés dans un ordre logique, cela n'empêche nullement le lecteur de saisir le sens profond des débuts du monachisme égyptien.

Les sources principales sur lesquelles nous avons travaillé, (les trois tomes des Conférences (en abrégé « Coll » pour « Collationes » dans la Collection « Sources chrétiennes »), sont bien évidemment de style hagiographique, mais il nous a toutefois semblé pouvoir en retirer des éléments éclairants sur les conditions de la vie anachorétique du IVème siècle.

Nous sommes obligés de tenir ces textes à distance concernant leur valeur historique, mais ils nous ont apporté divers éléments et références quant au sujet de notre travail. Nous avons donc pu, malgré le caractère non historique manifeste des textes étudiés, en extraire ce qui semblait pertinent et nécessaire à notre étude.

A travers les différents textes des Conférences, nous nous sommes attelés à repérer les principaux thèmes abordés par Cassien, en somme ceux qu'il voulait transmettre. Il apparaît que notre auteur, ayant en tête un but qu'il lui fallait exposer, nous apporte, par son oeuvre, quelque chose de tout à fait spécifique et original sur la transmission des lois érémitiques du maître vers le disciple. Nous avons donc tenté de garder les extraits les plus pertinents, ceux que nous pensions les plus transparents quant au sujet à exposer, en nous remettant sans cesse en tête que la ligne directrice devait bien rester les écrits de Cassien, même s'il était tentant de déborder des sources de notre auteur pour en puiser ailleurs, en vue de compléter, comparer et donc enrichir cette étude.

Sources.

Les références des Conférences (Coll.) sont mentionnées dans notre texte, contrairement à celles des études, inscrites en notes infrapaginales. Ce sont donc les extraits des Conférences qui sont le plus souvent cités, ce qui nous a paru logique..

Si Cassien nous dit transmettre ce qu'il a entendu, il puise également aux sources écrites de ses prédécesseurs, c'est à dire :

- l'Historia monachorum de Rufin ;

- une recension ancienne des Apophtegmes ;

- l'Histoire lausiaque de Pallade.

D'après Dom E.Pichery, traducteur des Conférences, il est plus que probable que Cassien ait rendu visite à Evagre (à Nitrie) et qu'il se soit inspiré de ses ouvrages, en particulier pour ce qui a trait à la prière et à la théorie des principes et des principaux vices que l'on trouvera développés en tableau comparatif dans ce mémoire.

Il semblerait également que Cassien ait lu le Periarchôn d'Origène, tout en prenant toutefois quelques distances avec les erreurs dont on accuse ce dernier.

On peut encore citer Jean Chrysostome dont il aurait lu les écrits, Augustin dont il a lu le De mendacio, Basile et Jérôme desquels il parle avec déférence dans la préface des Institutions et qui pourraient donc avoir influencé également les Conférences.

On relève encore deux allusions au Pasteur d'Hermas, des souvenirs d'Irénée et quelques autres souvenirs du De amicitia de Ciceron pour ce qui est de la littérature profane.

Mais la plus grande référence de Cassien reste avant tout l'Ecriture Sainte dont les citations de textes traduisent une connaissance parfaite et une habitude certaine de la lecture.

But de Cassien :

Le but poursuivi par Cassien est, sans conteste, celui de transposer pour des cénobites, la doctrine des anachorètes et d'établir un pont entre le monachisme oriental et le monachisme occidental. Dom E. Pichery expose que, même en dehors des cloîtres, Cassien fut de plus en plus considéré comme le maître par excellence des voies ascétiques et mystiques. Ses oeuvres

ont étendu leur action à l'Eglise entière et exercé une influence capitale sur le développement de la spiritualité catholique 4.

Cassien transmet en somme, ce qu'il a reçu lui-même durant son cheminement au désert. Il nous apparaît comme un homme de jugement, même si son extrême passion des anachorètes de Scété peut déborder quelque peu sur la réalité.

Cassien veut transmettre une doctrine en même temps qu'un style de vie. Il nous éclaire sur le sens du rôle d'abba que nous nommerons le « maître, » cet homme modéré et libre de passions qui transmet au disciple cette connaissance de Dieu qu'il porte en lui, cet « ancien » qui se fait chaînon dans une tradition qu'il a très personnellement assimilée 5.

Cassien a donc, sans conteste, fait traverser le monachisme de l'Orient à l'Occident où il fonda deux monastères et fut prié par Castor, évêque d'Apt, de retracer les coutumes qu'il avait apprises lors de ses voyages en Egypte.

Questions abordées dans ce travail :

Dans cette étude, nous tenterons, après avoir rappelé quelques points essentiels, d'aborder le fonctionnement des communautés et d'étudier les objectifs du moine en nous posant entre autre la question de savoir vers quoi il va lorsqu'il quitte le monde. S'agit-il d'une fuite ou d'une quête ? Quelles sont ses motivations, ses objectifs ?

Nous présenterons Cassien et les quinze Pères qu'il dit avoir rencontrés en essayant de dégager ce que chacun de ces personnages a de typique et de personnel, tout en prenant une distance critique quant à l'historicité de ces Pères.

Nous aborderons ensuite les différents items propres au monachisme en les développant quelque peu et en nous efforçant d'établir des comparaisons entre eux, comme par exemple entre l'apatheia et l'ataraxie stoïcienne afin de voir si elles peuvent être assimilées ou si elles sont des notions totalement différentes et pourquoi elles le sont.

Nous décrirons l'ancien et le disciple en recherche en tentant de dégager les principales motivations du second lorsqu'il part à la recherche du premier. Pourquoi le disciple cherchet-il un maître et qu'attend-t-il de lui ?

Nous entrerons ensuite dans le chapitre principal de ce travail qui a trait à la relation du maître et du disciple, en étudiant leur proximité et en nous demandant quelles sont les

4 J. CASSIEN in « Conférences » T.1 SC 42. 1955. (Préface de Dom E. PICHERY, moine bénédictin de l'abbaye Saint Paul de Wisques. Paris 1995.)

5 P.DESEILLE, archimandrite in « L'Egypte monastique. » Paris 2005. www.eglise-arménienne.com

exigences propres au maître envers son disciple et si sa pédagogie est identique pour tous les disciples ou au contraire, adaptée au tempérament de chacun d'eux.

L'originalité de la transmission au désert fera également l'objet de notre étude avant d'aborder le point central de notre démonstration : le thème de l'Ecriture revisitée par le maître dans la formation du disciple, l'expérience du maître et la notion importante et typiquement monastique d'obéissance mutuelle.

Nous examinerons ensuite s'il existe une théologie propre au désert et si celle-ci peut se nommer doctrine et nous aborderons, pour terminer, la question du renoncement, et celle de la lutte contre les tentations.

Etat de la question.

Il nous a fallu également établir un bref état de la question, donc relever parmi les études déjà présentées sur le monachisme primitif ce qui avait déjà été dit sur les rapports du maître et du disciple. Parmi ces ouvrages peu nombreux traitant ce sujet, nous pouvons malgré tout mentionner :

1. L'étude de D.Louis Leloir qui présente et commente les Paterica arméniens* 6 » Dans son chapitre sur « la Discrétion », D.Leloir évoque le but de l'obéissance reigieuse en évoquant l'humilité indispensable dont doit faire preuve non seulement le disciple mais aussi le maître dans l'acte de « faire obéir ». Il aborde également dans le chapitre sur « l'Authenticité monastique » la question du devoir de pratiquer soi-même ce que l'on demande aux autres.

2. L'étude d'A.Guillaumont : « Aux origines du monachisme chrétien*. » L'auteur aborde le discours des anciens à leurs disciples concernant les objets du monde que le moine a quittés et qui exercent encore sur lui une certaine fascination à travers les pensées. Il traite également de la question des assauts du démon qui guettent le disciple.

3. L'étude de P.Miquel : « Le vocabulaire latin de l'expérience spirituelle*. » P.Miquel aborde la question de la formation basée sur l'expérience de l'ancien.

4. L'étude de V.Desprez : « Le monachisme primitif.* » L'auteur aborde succintement la question de la paternité spirituelle dans son chapitre sur « les anachorètes de Basse Egypte ». Il explique également la manière d'aborder l'ancien.

5. L'étude de A.J Festugière : « Les moines d'Orient.* » Festugière indique que le maître n'est pas sans faille et qu'il lui arrive de laisser un disciple le dépasser en vertus.

6 * Voir bibliographie.

6. L'étude de D.Burton-Christie : « Word in the desert.*» D.Burton-Christie nous éclaire sur le fait que le maître renvoie davantage aux paroles des anciens qu'à l'Ecriture afin que le disciple ne fasse pas de mauvaises interprétations de la Bible.

7. La conférence d'A.Veilleux : « Sur la paternité spirituelle. 7* » Le Père Veilleux aborde la question de la dénomination de l'ancien. Doit-il se faire appeler « père » ? Est-il un père pour son disciple ?

Il apparaît cependant que même si chacun des auteurs aborde en partie la relation maître disciple, il n'en fait pas l'objet principal de son ouvrage.

Cassien se fait maître en même temps que disciple à travers son oeuvre, c'est ce qui, en grande partie, nous a séduit dans le choix de notre étude.

A la fois, il accueille et diffuse l'essentiel de ce qu'il pense être reçu, tout en restant fidèle à la tradition ecclésiale la plus pure. Par cette analyse de la relation du maître et du disciple, nous relevons des éléments importants quant à l'état d'esprit des Pères du désert et à leur avant-gardisme manifeste concernant la façon d'éduquer les plus jeunes.

La question se pose de savoir si cette relation ne pourrait être à la base de la continuité de la vie monastique, et si, sans cette qualité de relation, le disciple pourrait devenir moine. Cassien l'a compris et a décidé de tenter l'expérience du désert pour nous la partager.

Nous espérons donc que ce modeste travail, bien loin d'avoir fait le tour de la question, pourra mettre en évidence cette partie du tout transmise par Cassien de l'Orient vers l'Occident.

7 Voir bibliographie.

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