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L'église et le pouvoir politique en république démocratique du Congo (collaboration ou antagonisme).

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par Anna NTAMBUA KAYEMBE
Université de Kinshasa - licence en sciences sociales administrative et politique 2007
  

Disponible en mode multipage

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EPIGRAPHE

La réalité n'est qu'un passé dans le future, prenons le temps de prendre bien soin de ce qui nous entour ; car demain cela va peut-être disparaître.

Est-ce que la disparition s'attache au temps ?

Le temps avance et la disparition s'accomplit. Comme cela s'accomplit, il est important à l'homme de veiller sur l'évolution du temps pour éviter l'accomplissement rapide de la disparition.

Marcel PROUST

DEDICACE

A mon époux Jean-Pierre MUANDA -NDANDU et mes enfants Kestia et Fortune MUANDA,

A mon père Emery KAYEMBE NGALAN,

A ma mère Isabelle BILONDA MBOMBO,

A tous mes beaux pères et toutes mes belles mères,

A mes frères et soeurs ainsi qu'à mes beaux frères et belles soeurs,

A mes tantes et oncles (paternels et maternels).

Je vous dédie ce travail

AVANT-PROPOS

Au terme de notre deuxième cycle d'études supérieures et universitaires, nous nous faisons un agréable devoir d'exprimer notre gratitude à tous ceux qui ont contribué à notre formation ainsi, qu'à tous ceux qui nous ont d'une façon ou une autre aidé à la réalisation du présent travail.

Ce dernier porte la marque de soutiens organisationnels ainsi qu'institutionnels universitaires stimulants. Une reconnaissance est due au Directeur du travail, le professeur ABEMBA BULAIMU ainsi qu'à l'encadreur, le docteur MUSAO KALOMBO qu'ils trouvent ici l'expression de mes sincères remerciements.

De même, un sentiment de gratitude est ici exprimé à tous les professeurs, les chefs de travaux et les assistants du département des Sciences Politiques et Administratives ainsi qu'à toutes les autorités tant académiques qu'administratives de l'Université de Kinshasa pour notre encadrement.

INTRODUCTION GENERALE

0.1. Choix et intérêt du sujet

Le sujet que nous proposons dans le cadre de ce travail porte sur l'église et le pouvoir politique en république démocratique du Congo (collaboration ou antagonisme).

L'église est une institution sociale caractérisée par l'existence d'une communauté d'individus unis. Elle règle les rapports de l'homme avec Dieu et l'homme est en même temps citoyen de sa religion, et doit inspirer son civisme.

Le pouvoir politique met en relation, en interaction d'un côté les gouvernants et de l'autre les gouvernés qui doivent légitimer les premiers afin d'atteindre les fins collectives au-dessus des conflits résultant de la divergence des intérêts des individus et des groupes d'individus. Il agit et ne peut résider que dans des moyens efficaces, éducatifs et persuasifs.

Le pouvoir politique et l'église sont deux forces, deux idéologies qui ont marché de pair ; l'histoire nous apprend qu'a un certain moment dans les mains d'un même individu, à d'autres moments ils ont été exercés par des individus distincts.

En effet le rapport de collaboration et d'antagonisme entre le pouvoir politique et l'église serait déterminé par la nature, la place occupée et le rôle joué par l'église et le pouvoir politique dans la compréhension et l'explication de la société globale.

0.2. Etat de la question

Ce travail n'est pas un, d'autres études parlant du sujet analogue ² ont été réalisées antérieurement. Parmi elles citons : ILUNGA KABULO, dans son étude sur le rôle de l'église qui est d'enseigner au monde la vérité et de chercher le moyen de rendre plus humaines les structures vers plus de justice et de charité.

L'église elle-même nous enseigne aussi que l'idéal vers les quels tendent leurs efforts et se sont sacrifiés eux-mêmes pour l'humanité.1(*)

ILOSO SANGWA, la prolifération des sectes en République Démocratique du Congo, l'homme congolais pendant longtemps considéré comme sans culture, sans histoire, a pris conscience de son être en tant que sujet historique pour créer son propre modèle de conscience. Et la période qui s'en suivit peut être qualifiée d'efflorescence sinon d'inflation des sectes religieuses2(*).

Dans l'analyse sur les aspects du catholicisme au Congo `ex Zaïre un collectif publié à la faculté de théologie de l'université catholique de Kinshasa ; KILESHYE tout en relevant la collaboration qui existait entre l'église catholique et le pouvoir politique, indique que celle-ci était plus visible dans le domaine social plutôt que dans le domaine politique. L'église catholique a collaboré avec l'Etat principalement pour ce qui concerne l'enseignement, l'éducation, la promotion de la jeunesse et le domaine social pour le développement du Congo d'alors3(*)

Nous devons faire remarquer ici que la secte renferme ou comporte une résonance péjorative, un sens de mépris. C'est pourquoi tous les groupes religieux s'appellent et aiment être appelés et veulent être traités ainsi.

Le pluralisme religieux est donc de nos jours, un fait réel. Il apparaît être à la fois un signe de temps et une interprétation de la foi.

Ainsi, l'originalité qui incombe à notre objet d'étude se situe essentiellement dans l'approche antagonisme ou collaboration entre l'église et le pouvoir politique en République du Congo. Cette nouvelle dimension nous démarque de tous les travaux que nous avons essayé de décrire succinctement.

0.3. PROBLEMATIQUE

Peu de mots exercent actuellement de fascination que celui de la libération. On entend partout, nations, peu plus, églises, partis politiques, adultes et enfants ne cessent de créer leur haine contre l'oppression économique sociale, politique, spirituelle ; des situations maintenues dans des structures injustes par des forces oppressives.

Depuis la nuit des temps, l'homme a toujours cherché à se libérer de ces forces oppressives. Dans cette démarche, l'action humaine a été tantôt solitaire. Cependant, l'histoire a montré que l'action solitaire s'est plus concrétisées et a pris le dessus. En effet, l'homme est un être social et ne peut en conséquence se passer du groupe au sien duquel il vit.

Aussi, avons-nous vu plusieurs idéologies naître et se rallier au rang de révolutionnaire en apportant chacun leur idée. Chaque idéologie s'instaure avec un projet plus ou moins précis : réformer ou révolutionner l'ordre social existant. C'est ainsi qu'il existe dans toute société des zones clairement distinctes les unes des autres, chacune ayant son caractère spécifique qui l'empêche de se désintégrer ou de s'anéantir dans une autre.

Ainsi l'Etat ne sera pas l'église. Il reste Etat même s'il revêt une variété des formes. Il peut s'agir d'un Etat laïc, démocratique, monarchique, mais il ne cesse pas d'être Etat qui a comme fonction unique : le maintien de la justice et de l'ordre au sein de la société globale.

Ce sujet vaut son pesant d'or lorsque l'on sait qu'il est écrit : « Le royaume de Dieu n'est pas de ce monde » ou encore : « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Les deux ordres, l'église et le pouvoir politique entretiennent des rapports et ceux-ci à certaines périodes ont été de face à face.

Pour mieux appréhender notre sujet, nous nous sommes posé la question de savoir : Quel est le rôle du pouvoir politique et de l'église ? Quelle est la nature de leur relation ? Quelle est la force de chacune en tant que force ou incompatibilité ? Ces questions nous conduisent à ses sous questions à savoir : Y-a-t-il collaboration ou antagonisme entre l'église et le pouvoir politique en République Démocratique du Congo ?

Pour répondre à ce questionnement, nous interrogeons l'histoire. En effet, en dehors d'une perspective historique et d'une certaine appréciation des dynamiques s'opérant sur le système global, il n'est pas possible de traiter de telles questions de façon satisfaisante.

0.4. Hypothèse du travail

Le pouvoir politique et l'église sont deux forces, deux idéologies qui ont toujours marché de paire. L'histoire nous apprend qu'à un certain moment dans les mains d'un même individu, à d'autres moments, ils ont été exercés par des individus distincts.

Pour notre étude, nous partons de l'idée que les rapports de collaboration et d'antagonisme entre le pouvoir politique et l'église en république démocratique du Congo seraient déterminées par :

Ø La nature de l'église et du pouvoir politique, leur tradition ainsi que leur fondement philosophique, politique, spirituel et même matériel ;

Ø La place occupée et le rôle joué par l'église et le pouvoir politique dans la compréhension et l'explication da la société globale ;

Ø Le contexte de la naissance et de l'évolution dans l'espace et dans le temps de l'église et du pouvoir politique.

Ainsi :

· Plus l'homme politique veut de la gloire, plus il va renforcer son pouvoir et plus aussi enfreindre les droits des individus et des autres groupements ;

· Plus l'église veut raffermir sa place et sa tradition dans la société, plus elle aura la partie liée au pouvoir politique ;

· Plus l'idéologie soutenue est extérieure aux consciences des individus, plus elle aliène, plus elle aboutit à des contradictions, à des déviations, aux critiques de tout genre et finalement à l'éveil de nouvelles consciences.

0.5. Méthodes et techniques

0.5.1. Méthode

Selon PINTO et GRAWITZ, « la méthode est un ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités qu'elle poursuit, les démontre et les vérifie4(*)

La méthode dans la recherche de ce travail, nous utiliserons la méthode historique, la méthode dialectique et l'histoire immédiate.

0.5.1.1. Méthode historique

Elle consiste à consulter le fait dans un contexte historique. Elle nous a permis de saisir, d'appréhender l'évolution du phénomène étudié à savoir les relations entre l'église et le pouvoir politique en République Démocratique du Congo et cela à travers les séquences de son histoire.

0.5.1.2. Méthode dialectique

Les rapports entre le pouvoir politique et l'église sont dialectiques. A certains moments, les deux pouvoirs s'opposent et cette opposition va déboucher sur un nouveau conflit ou sur l'entente. Ce qui crée de nouvelles structures qui sont en quelque sorte la synthèse de la situation précédente.

La méthode dialectique va nous permettre ici de chercher la source de tout problème et d'en décrire l'évolution. Elles nous permettent d'analyser et de faire de bonnes observations pour bien étudier et comprendre le problème envisagé à savoir ici les rapports entre l'église et le pouvoir politique en République Démocratique du Congo.

0.5.2. Techniques

C'est l'ensemble des moyens et des procédés qui permettent à un chercheur de rassembler les informations originales. Ainsi, pour la collecte de nos données, dans ce travail, nous utilisons essentiellement la technique documentaire, la technique d'interview et l'observation directe.

La technique documentaire nous a permis de récolter les informations contenues dans les ouvrages, les documents officiels, les revues et les cours ; l'interview a facilité l'entretien avec certains responsables politiques et les acteurs non étatiques dans le secteur de la religion. Etant pratiquant catholique nous avons directement observé les faits sur lesquels se fondent la collaboration et l'antagonisme entre le pouvoir politique au Congo et l'église.

0.6. DELIMITATION DU SUJET

Sans intention de mener une étude générale sur l'ensemble des églises en République Démocratique du Congo, nos avons limité notre champ d'investigation sur l'église catholique.

Notre recherche du sujet s'étend sur les périodes allant de 1960 à nos jours.

0.7. DIFFICULTES RENCONTREES

Certes, la récolte des données n'était pas facile. Nous avons eu plus de difficultés à trouver les documents qui ont trait à notre sujet.

0.8. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Ce travail est subdivisé en trois chapitres, le premier présente l'origine et les fonctions de l'Etat et de l'église, le deuxième chapitre comporte deux sections et traite les rapports entre l'église et le pouvoir politique en République Démocratique du Congo. Le troisième chapitre est réservé à une analyse critique du rôle actuel de l'église et de l'Etat et comprend deux sections

Une conclusion générale sanctionne la fin de notre travail.

CHAPITRE I : ORIGINE ET FONCTIONS DE L'EGLISE ET DE L'ETAT

SECTION 1 : DEFINITION DES CONCEPTS CLES

I.1. L'église

Du latin « ecclésia » signifie « l'appelé » de monde des hommes. L'église est donc cette communauté de ceux qui croient et qui aiment en mettant toute confiance dans le seigneur et en marchant à travers le temps vers le royaume de Dieu.

D'après TROYAT l'église est une communauté structurée de personnes oeuvrant pour l'évangélisation de la parole divine et le salut sur la terre, cela dans la paix, l'entente et la concorde entre les peuples5(*).

Selon DURHEIM, l'église est un système solidaire de croyance et de pratique relative à des choses sacrées6(*).

Selon LALANDE, l'église est définie comme une institution sociale caractérisée par l'existence d'une communauté d'individus unis7(*)

Selon nous, l'église est une communauté organisée de personnes professant la même doctrine.

I.2. Politique

C'est l'ensemble des pratiques, faits, institutions et déterminations du gouvernement d'un Etat ou d'une société8(*) ; manière d'exercer l'autorité dans un Etat ou dans une société.

Selon le professeur NTUMBA LUABA, la politique est définie comme une organisation et ou gouvernement d'un Etat qui lutte pour le pouvoir. Selon nous, le politique est un homme qui fait la politique.

SECTION 2 : ORIGINE ET FONCTIONS DE L'ETAT

§1. QUELQUES THEORIES SUR L'ORIGINE DE L'EGLISE

Partant de l'origine de l'Etat signifie que cette réalité n'est pas un état de nature, c'est-à-dire cet état où l'homme état encore guidé par ses instincts naturels, par ses passions et sa raison. En outre, pour Aristote, la société politique était un fait naturel. Spiritualité, répondra HOBBES : « la nature n'a jamais mis en l'homme l'instinct de sociabilité, l'homme ne recherche des compagnons que par intérêt, par besoins, la société politique est le fruit d'un pacte volontaire, d'un calcul intéressé »9(*).

Il s'agira, au contraire, de cette institution créée et organisée en vue de libérer l'homme de son état passionnaire ou encore de rendre cet état meilleur.

C'est l'Etat au sens de HOBBES, LOCKE, MONTESQUIEUX, ROUSSEAUX, ..... En effet, l'homme dans l'état de nature, se trouvait dans une situation de guerre perpétuelle, dans une situation de destruction, de concurrence, de déficience réciproque.

Sous peine de la destruction de l'espèce humaine, il a fallu que l'homme sorte de cet état : en cela résidait sa délivrance, sa libération, donc son salut.

La société nouvelle recherchée, pour HOBBES, sera constituée par les hommes naturels. L'accord qui en résulte ne peut être durable qu'appuyé par une puissance irrésistible, armée du châtiment car, dit-il, les pactes « sans gloire ne sont que des mots »10(*).

Pour LOCKE, les hommes naturellement sont bien, mais s'ils ont préféré l'état de société, c'est pour être mieux. C'est qui manque dans l'état de nature, ajoute-t-il, ce sont : « des lois établies, connues, reçues et approuvées d'un commun consentement ; des Juges reconnus impartiaux fondés à terminer tous ces différends conformément à ces lois établies »11(*)

La spécialité dans les idées de LOCKE reste la reconnaissance aux sujets du droit d'insurrection lorsque le fardeau de l'absolutisme devient insupportable.

Quant à MOTESQUIEU, il prône la liberté politique qui est cette tranquillité d'esprit provenant de l'opinion que chacun a de sa sûreté. Et pour bénéficier de cette liberté, il faut un gouvernement tel qu'un citoyen ne puisse pas craindre un autre. Cependant, tout homme qui a du pouvoir est enclin à en abuser. C'est pourquoi MOTESQUIEU dit qu'il faut que le pouvoir arrête le pouvoir. C'est la théorie de contre poids ou de séparation des pouvoirs, théorie chère à MOTESQUIEU.

Dans cette séparation des pouvoirs, c'est le peuple souverain qui détient le pouvoir législatif et qui l'exerce par la voie de ses représentants.

Pour ROUSSEAU, l'homme naît libre et partout il est dans les fers. Cela signifie que l'homme est soumis à une discipline sociale imposée. Le seul fondement légitime de l'obligation sociale, réside dans la convention passée entre tous les membres de la société. Et la souveraineté qui est inaliénable, indivisible et infaillible doit appartenir au peuple.

Dans ces différentes considérations, nous pouvons entendre avec KELSEN que : « l'état, comme toute formation sociale est essentiellement un cadre normatif, soit un système des règles étayées à partir d'une norme fondamentale constitution première qu'il faut supposer juridiquement valable à titre d'hypothèse de base du système »12(*)

§2. ETAT, CADRE PAR EXCELLENCE D'EXERCICE DU POUVOIR POLITIQUE

Le pouvoir politique ne s'explique pas seulement à cette entité qui est l'Etat, mais il s'affirme comme une vocation à une explication de portée universelle. Il est donc dynamique et peut s'appliquer à des entités autres que l'Etat. Néanmoins, nous choisissons l'Etat parce qu'il passe pour le cadre moderne d'exercice du pouvoir politique. Celui-ci peut être entendu par le type de collectivité. On dira ainsi que le pouvoir politique est celui qui s'exerce dans la société globale13(*).

A ce titre, il diffère du pouvoir religieux, de celui du moniteur en classe, du syndicaliste... le pouvoir politique est défini de différentes manières, tantôt en termes conflictuels, tantôt en termes interactionnels, relationnels et consensuels.

Pour nous, sans vouloir entrer dans les détails, disons que le pouvoir politique est tout cela. Il met en relation, en interaction d'un côté les gouvernements et de l'autre les gouvernés qui doivent légitimer de la divergence des intérêts des individus et des groupes d'individus.

Ainsi défini, le pouvoir politique a un cadre à l'intérieur duquel il agit, il opère. Il est donc limité par des frontières qui forment l'Etat, « Et chaque Etat n'a la charge que du bien public de ses nationaux »14(*). Le pouvoir politique pour atteindre les fins collectives qu'il se fixe, doit disposer d'un certain nombre de moyens. Ce sont les moyens d'action du pouvoir politique.

§3. MOYENS D'ACTION DU POUVOIR POLITIQUE

Le pouvoir politique agit, se meut dans un milieu contraignant et hétérogène. L'efficacité de son action ne peut résider que dans des moyens efficaces, éducatifs et persuasifs...

Ces moyens se présentent d'abord sous la forme de la force c'est-à-dire de la puissance publique qui comprend les institutions, les lois, la police, l'armée. J.DABIN confirme la puissance publique en ces termes : « l'Etat est puissance, puissance au sens matériel (staat is motch) »15(*).

Ainsi considérer, la puissance de l'Etat ne peut être un fin ensoi, mais un moyen, un instrument au service de l'Etat et du bien public. Par conséquent, personne ne peut se l'approprier pour en faire un bouclier individuel, un instrument de terreur incessante.

Parmi les moyens utilisés par le pouvoir politique, citons aussi l'argent. Il est une arme importante utilisée dans la lutte et la recherche du pouvoir et surtout encore, il se présente comme moyen indispensable pour répondre aux inputs en provenance de l'environnement national et du système politique lui-même. Sans ces moyens financiers, de nos jours surtout, toute action politique est inefficace sinon nulle.

DUVERGER ne manque pas de vanter le rôle de cette arme. Il dit : « L'argent permet d'acheter les armes, les consciences, des journaux, des émissions de T.V., des campagnes de propagande des hommes politiques »16(*).

En plus de ces moyens, le pouvoir utilise : la ruse, le camouflage et les médias. La ruse et le camouflage, bien que différents à certains points de vue utilisent tous, la tactique de dissimulation et celle de faire croire17(*).

Quant aux mass médias, ils permettent au pouvoir politique de transmettre des messages aux foules par des techniques massives et industrialisées (radio, T.V., cinéma, presse écrite,...). Toutefois, la communication peut se faire par d'autres moyens directement au cours d'une conférence, d'une conversation à l'intérieur des groupes sociaux plus ou moins restreintes.

Grâce à tous ces moyens, le pouvoir politique arrive à inculquer aux membres certaines manières de penser, de juger, d'agir et certains modèles stéréotypes de comportements et d'attitudes. C'est aussi par ces moyens que le pouvoir politique parvient à infuser son idéologie.

§4. POUVOIR POLTIQUE ET IDEOLOGIE

Des liens assez étendus sont à établir entre idéologie et pouvoir politique. L'idéologie ici est entendue comme : « un système de représentation propre à un groupe social, un ensemble d'idée élaborée, systématisées, organisées reflétant la situation ou les projets de la société qui donne naissance18(*).

L'idéologie n'est donc pas une création individuelle mais une oeuvre collective d'un groupe social donné à un stade élevé de sa conscience. Elle est l'extériorisation d'un sentiment du for intérieur, elle est prisée de conscience de chaque individu que comprend le groupe.

Ainsi le besoin de conservation d'intégrité est un fait qui se manifeste dans chaque être humain.

L'idéologie ne doit pas être un plan, un projet extérieur à la conscience et qui cherchait à se frayer un chemin dans les consciences.

L'idéologie comme moyen du pouvoir politique est représentation, mais aussi expression. Entant que telle, ce sont les conséquences (accroissement des pouvoirs ou leur mise en position de faiblesse) qui, selon ANSART, P. permettent de reposer les affinités réelles entre les situations et les expressions19(*).

Entant qu'expression, l'idéologie ne doit pas être comprise de façon isolée mais elle doit être replacée dans les relations de pouvoir, de décision, de conflit et de pratique. Car souvent, l'idéologie transcende la réalité, fixe des objectifs idéaux qui ne peuvent trouver dans l'expérience pleine satisfaction. Les termes, dit ANSART, se posent comme des évidences pleines de vérités pour soi, comme si par le mot, toute la réalité était non seulement désignée mais atteinte. C'est donc à travers le groupe social auquel est infusé l'idéologie que nous pouvons comprendre les fonctions remplies et les conséquences tant soi peu réelles des significations diffuses.

Nous devons remarquer que les idéologies politiques, pour la plupart de temps, se présentent comme un ensemble d'idées formulées pour la consommation publique. Dans ce sens, elles apparaissent comme des modèles de penser, d'agir... répandus dans la presse, les idéologues pour manipuler la masse dans un sens bien souvent contraire aux principes de base de l'idéologie20(*) .

L'idéologie apparait ainsi comme une médication qui excite ou endroit l'homme. HITLER qui l'avait bien réalisé souligne avec clairvoyance dans MEIN KAMPF que le meilleur moment pour un grand rassemblement politique est le soir quand les hommes sont fatigués d'être influences21(*)

Dans le même ordre d'idées, certaines idéologies peuvent, pour prendre une guerre populaire, le décrire comme une guerre délibération. Et une fois la guerre remportée, l'idéologie perd toute sa valeur et ne devient pas plus ou moins qu'une idéologie de légitimation.

Il ne s'agira plus dans ce cas que de dire les raisons d'être d'une organisation ; démontre la valeur éminente, la conformité à la justice.

Elle se limite à répéter les vieilles formules de la responsabilité individuelle, de la loi, de la paix retrouvée, de l'ordre, de l'honneur de la patrie, de la nation... comme si la personne humaine n'avait que ces besoins.

Fort curieusement, encore, on trouve que souvent il ya un groupe dominant (class, parti...) qui disposant des moyens de production idéologique. Ainsi la domination idéologique redouble et devient corrélative dans la domination sociale.

SECTION 3 : ORIGINE ET FONCTION DE L'EGLISE

§1. ORIGINE DE L'EGLISE

Il est difficile de dater l'origine de l'Eglise et de la religion. Toutefois, en partant de certaines conceptions de ces deux réalités, nous pouvons avoir une idée, soit-elle vague, sur ce que pourrait bien être leur origine.

Nous commencerons avec DURKHEIN pour qui la religion : « est un système solidaire de croyance et pratique relative à des choses sacrées, c'est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelé église, tous ceux qui y adhérent ».

LALANDE de sa part, définit la religion comme : « institution sociale caractérisée par l'existence d'une communauté d'individus unis :

Ø Par l'accomplissement de certains rites religieux et par l'adoption de certaines formules ;

Ø Par la croyance en une communauté a pour objet de maintenir ;

Ø Par la mise en rapport de l'individu avec une puissance supérieure à l'homme, puissance conçue soit comme diffuse, soit comme multiple, soit enfin comme unique.

Il découle ces deux conceptions que la religion est un phénomène social, une création de l'homme. Elle suppose ainsi d'un côte un groupe ou une communauté d'individus et de l'autre la fin ultime et supérieure. Dans le cheminement vers cette fin ultime, les individus membres du groupe établissent un certain nombre des liens (rites, formules, croyances, pratiques) pour modèle leur comportement.

La relation apparait donc ici comme quelque chose propre à un groupe social donné et au sein duquel elle a force de loi.

Cependant, de grands bouleversements dans l'histoire de certaines religions ont eu lieu à la naissance du christianisme. Et c'est à partir de ces bouleversements que nous allons essayer de comprendre le sens actuel de la religion et de l'église.

A cet effet, nous devons faire remarquer que c'est à partir du moment qu'une religion devient hostile à l'égard de tout ce qui diverge d'avec son orthodoxie que les contraste abondent. C'est donc pour dire que c'est par le biais de la polémique que s'accroît la connaissance des religions. Et toute nouvelle religion est volontiers révolutionnaire et croit dépasser, supplanter la religion mère. Ainsi, est né le christianisme.

Dans les civilisations antiques du bassin de la méditerranée où est né le christianisme, la religion était normalement un service public fondamental étroitement uni à l'Etat d'une part et strictement réservé aux membres de la communauté ethnique d'autre part.

Cependant, dès son origine, le christianisme brise ce mythe et se pose comme la seule religion véritable susceptible de requérir l'adhésion de l'universalité des êtres humains.

Ce qui s'oppose aux moeurs des Etats à l'intérieur desquels il a pris naissance. C'est ainsi que lors du prosélytisme par-dessus les natrons et les clans, il s'en suit un bouleversement très profond qui s'est accompagné des persécutions parfois sanglantes ou tout au moins des suspicions dédaigneuses.

D'après M.GOGUEL, « les termes de christianisme et d'Eglise sont souvent employés comme synonymes : le premier correspondant à une extension plus grande que le second22(*).

Le christianisme, c'est l'ensemble du mouvement religieux qui se réclame de Jésus et est issu de son action tant dans ses formes individuelles que dans sa forme collective. Des catholiques comme des protestants sont unanimes pour admettre que Jésus qui a fondé l'Eglise. Cependant, rapporte LOISY, « Jésus n'avait pas prévu l'institution de l'Eglise mais l'établissement du royaume de Dieu ».

Des différentes considérations sur la religion et l'église nous ont fait voir que leur but ultime est la libération de l'individu, c'est-à-dire son salut.

Ce salut ne peut ne peut se réaliser que dans la communion de l'individu avec ses semblables d'abord et ensuite dans celle de la communauté des individus avec un être supérieur et ultime.

MARX donne cependant une vision opposée à ces conceptions quant au rôle joué par la religion dans la société. Pour lui, la religion c'est opium du peuple. Dans ce sens, la religion est non une force de libération mais une force d'aliénation.

§2. ROLE ET CHAMP D'ACTION DE L'EGLISE

L'idée de territoire national est liée à la souveraineté moderne. Un Etat universel, dit CHATELET, ne peut avoir de territoire national puisque le territoire le détermine dans sa particularité23(*).

Le christianisme, avons-nous vu, avait bris le cadre traditionnel de religion d'un groupe donné. Il s'était proclamé comme seule religion véritable et capable de requérir l'adhésion de l'universalité des êtres humains.

La religion a ainsi pour rôle de régler les rapports de l'homme avec Dieu. Mais, l'homme religieux est en même temps citoyen et sa religion doit inspirer son civisme. Pour le christianisme, l'homme a un achèvement. Ce que le christianisme est venu recherche de l'absolu de l'être en soi. Il s'agit, dit NIETZCHE, selon le christianisme de créer une surhumanité24(*).

La mission de l'église est double : enseigner au monde entier la vérité, sanctifier et guider vers Dieu par les sacrements et les commandements des fidèles qui nt accepter et reçu la vie divine pour le baptême25(*).

L'église comme témoin de la vérité et de la morale naturelle est aussi témoin de la vérité et de la morale surnaturelle.

Quant au rôle de l'église dans le temporel, l'église n'est liée à aucune civilisation ; elle n'est ni africaine, ni européenne, ni asiatique... seul l'intéresse les moyens de rendre plus humaines les structures, leur progrès vers plus de justice et de charité. Comment le christianisme a-t-il pu avoir un champ d'avoir un champ d'action à travers le monde entier ?

Au nom de la loi divine et de la civilisation, le christianisme s'est plongé dans des persécutions souvent sanglantes pour convertir ceux qu'ils appelaient les païens.

Les chrétiens ont utilisés certains moyens qui, quelques temps avant, étaient utilisés contre eux par le Judaïsme : peine de mort, bastonnade, excommunication.

En outre, dans les colonies, le christianisme a usé de certains moyens indirects : persuader l'autorité politique que l'existence d'autres communautés non chrétiennes était une cause perpétuelle d'agitation, de désordre et de troubles

Dans le même ordre d'idée, une guerre sans merci fut menée contre les hérétiques, c'est-à-dire tous ceux qui étaient en marge de l'orthodoxie chrétienne. Pour le christianisme, l'homme n'a aucune liberté d'engagement. « Le travail est servile l'homme comme on sait est attaché à la glèbe, c'est lui qui appartient à la terre »26(*).

L'église romaine croit nécessairement de sauver les hommes malgré eux. A ce sujet, le R.P CAVALLI écrit : « L'Eglise catholique, convaincue par ses prérogatives divines doit être la seule vraie Eglise, ne doit réclamer que pour elle le droit à la liberté, car ce `est qu'à la vérité et jamais à l'erreur que ce droit peut être réservé »27(*).

Dans les mêmes conditions, le christianisme a envahi l'Afrique. La mission dans cette partie du monde, comme l'écrit CERTEAU, M., est celle-ci : « Partir, quitter les étroites frontières du pays qui habite déjà visiblement le Seigneur, faire un pas hors des groupes des clos et des sociétés bien assises, tout laisser pour aller annoncer à ceux qui l'ignorent la parole que Dieu leur adresse et qui ouvrir leur existence »28(*).

§3. MOYENS D'ACTION DE L'EGLISE

La mission essentielle de l'Eglise, avons- nous vu, est d'enseigner au monde entier la vérité et de guider les fidèles sur la voie qui conduit vers Dieu. Les moyens d'action appropriés à une pareille mission ne seraient autres que les mass médias, par les quels, l'on cherche à inculquer aux fidèles certaines manières de se comporter, d'agir... conformes à leur réalisation, à leur achèvement.

Le rôle de la presse de l'Eglise consiste à exprimer le point de vue chrétien, à apporter un jugement de foi sur les événements. A côte des mass médias, nous trouvons la case-chapelle, destinée à réunir les fidèles29(*).

C'est donc grâce à ces moyens que le missionnaire pourra arriver à toucher la personnalité intime du croyant à transformer sa mentalité, à la disposer à mettre en accord sa conscience et le nouvel ordre. Une si gigantesque entreprise suppose beaucoup de moyens et une bonne infrastructure tels que le garage, le dispensaire, les écoles ; ses ateliers, les habitations, les magasins,...

Le christianisme avait ces moyens et cette infrastructure et il pu étendre son action jusqu' aux confins de la terre. Cette organisation politico-religieuse, dit LANERES, repose sur des basses matérielles solides : la richesse des trésors du Vatican et des musées n'est que peu de choses à côté de sa puissance économique30(*).

§4. EGLISE ET IDEOLOGIE

La religion, avons-nous vu, est un système solidaire de croyance et de pratique, lesquelles mettent en rapport les communautés des individus et une force sacrée, ultime « Dieu ». Dans ce sens, la religion est une idéologie, car projection idéale de l'être humain. Dans un monde déchu, la religion doit avoir pour rôle la libération de l'individu de l'oppression spirituelle.

Cependant l'homme religieux au centre des préoccupations, vit sur la terre ; il faut donc aussi une libération terrestre.

Dans les situations où le riche opprime le pauvre et s'enrichit par des formes multiples de corruption qui sont la gangrène des classes, le rôle de l'Eglise ne peut pas être minime.

Des groupes majoritaires vivent au monde des situations dont l'injustice crie vers le ciel.

Le problème est de savoir comment vaincre la faim et surtout les inégalités sans cesse croissantes entre les êtres humaines, comment construire un monde nouveau, un monde humain. Dés lors « libérer le spolié du pouvoir par le spoliateur ne constitue- il pas la véritable religion de notre temps »31(*).

Dans la mesure où le salut de tout homme appelé à un achèvement ici bas et dans l'au-delà est une nécessité, le rôle de l'Eglise doit être de travailler à libère les hommes de toutes les formes d'injustice et d'oppression. Cette libération devra atteindre toutes les couches de la population.

La conscience religieuse ne doit pas être considérée comme autonome, il faut la replacer dans un ensemble où les phénomènes sont liés entres eux et se conditionnent mutuellement. L'homme religieux, ajoutent-ils, il est le fou et de ses erreurs et des événements de l'histoire »32(*).

L'homme fuit ainsi le monde réel et dans l'univers imaginaires, dans les hallucinations, il projette l'image renversée des conditions économiques, sociales et politiques qui l'accablent.

MARX, à ce sujet précis, dit : «  ce n'est pas en fuyant la misère et en se réfugiant dans les illusions qu'on supprime la misère, c'est en la combattant et en la faisant disparaître »33(*) .

SECTION 4. RAPPORT ENTRE LE POUVOIR POLITIQUE ET L'EGLISE

Les rapports entre le pouvoir politique et l'Eglise présentent quelque complexité. A certains moments dans certains pays, les deux pouvoirs sont souvent emmêlés dans la même personne et doivent être vus en fonction de des rois et de seigneurs. A d'autres, il y eut tendance à la séparation laquelle ne passionnait as l'opinons nationale de deux pouvoirs.

A d'autres encore, il y eu un climat d'hostilité et de l'offensive de l'un contre l'autre. Et souvent à l'issue de ce conflit, la situation devient telle que tantôt c'est l'Eglise qui est dans l'Etat tantôt ce sont les Etats qui sont dans l'église.

§1. L'EGLISE DOIT-ETRE APOLITIQUE ? 

Il n'est pas possible aujourd'hui de lire un journal où il ne soit fait mention du rôle de l'église dans la politique aussi bien nationale qu'internationale. Surtout en ce début vingtième siècle, nous assistons à un renversement complet de la situation de l'église.

HANNISH FRASER, un catholique exprime cela en ces termes et de façon explicite : «  le Saint-Siège que les matérialistes méprisaient hier comme un simple fossile du monde social est aujourd'hui plus haut dans l'estime du monde qu'il ne l'a jamais été depuis les croisades »34(*) .

Ces différentes considérations nous poussent à nous poser un certain nombre de questions. L'Eglise a-t-elle le droit de faire de la politique ? Doit-elle se tenir, bras croisés, hors de la scène politique ?

« Le royaume de Dieu n'est pas de ce monde ». «  Rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Il résulte de ces deux principes que l'Eglise n'a pas le droit de faire la politique. En fait le rôle de l'église est de préparer l'individu au repos éternel de l'âme et ce salut n'est possible que dans l'au-delà. L'alternative est ici respectée.

Aujourd'hui, on note la prépondérance du politique sur le religieux, l'église ne manque pas d'ambition, elle a encore la nostalgie du beau vieux temps, de l'époque où l'église était l'autorité suprême du monde. Et dans la politique actuelle, elle veut toujours que lui soit reconnue une place digne et respectable pour faire écho, pour exprimer son point de vue. Et quand sa voix doit crier dans le désert, elle ne manque pas de s'opposer.

§2. ETAT CHRETIEN OU ETAT LAIC

Dans toutes constitutions, il est toujours réservé un article qui établit de façon nette et claire les relations entre le pouvoir civil et le spirituel. Dans les unes et à certaines périodes, il est reconnu à l'église une place prépondérante dans l'appareil de l'Etat. Dans tel Etat, on parlera de religion d'Etat pour l'autorité qu'il aura institué, la religion paraît être un facteur d'intégration nationale. Dans ce cas, elle est considérée comme catalyseur constituant une ambiance favorable à l'unité nationale. Ici l'Etat et l'église travaillent dans une parfaite entente.

Dans d'autres constitutions, on proclame la liberté du culte. Il s'agit ici de l'Etat Laïc. En République Démocratique du Congo, toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de droit de manifester sa religion ou ses convictions seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par le culte, les pratiques, l'accomplissement des rites, et de l'état de vie religieuse, sous réserves de l'ordre public et des bonnes moeurs.

§3. L'EGLISE ET LES IDEOLOGIES POLITIQUES

D'aucuns ne peuvent nier aujourd'hui le rôle si prépondérant que jouent l'église et le pouvoir politique dans le domaine de l'éducation en vue d'inculquer aux individus des modèles des croyances, des valeurs, des normes et des règles communes.

Quoique distinct par leur objet formel, le temporel et le spirituel sont liés de multiples manières. L'église, pour remplir sa mission, cherche une position de dialogue avec les représentants du gouvernement. L'église cherche par tous les moyens à avoir le pouvoir pour réaliser sa mission spirituelle sans crainte d'user de la violence directement ou par une personne interposée.

De leur côté, les hommes politiques s'efforcent de se concilier avec les autorités religieuses afin que celles-ci contribuent à asseoir et à accroître leur pouvoir.

CHAPITRE II. L'EGLISE CATHOLIQUE ET LE POUVOIR PUBLIC EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

SECTION 1. CONTEXTE DE L'IMPLATATION DE L'EGLISE ET CONSTRUCTION DE L'ETAT.

§1. RECHERCHE DU MARCHE ET EXPANSION DU SYSTEME CAPTALISTE

L'expansion du système capitaliste a été dictée par des nécessités impérieuses de ce système à un stade donné de son développement.

La colonisation s'est présentée comme l'expression du capitalisme industriel dans les nouvelles contrées ; elle est intervenue au 19ème siècle époque de la révolution industrielle comme une solution au blocage du système.

Le capitalisme est arrivé à la recherche de des débouchés. S AMIN qui a bien vu, dit : «  dans l'économie capitaliste, le monde s'élargit sans cesse parce que la recherche du profit engendre la concurrence et que celle-ci pousse chaque frime à accumuler, à s'agrandir et pour cela, à aller chercher loin des matières premières meilleur marché et vendre plus cher ses produits35(*).

Cependant, l'européen aura le droit de se présenter non pas comme colonisateur ce qui sous-entend la domination mais sous le couvert d'une mission avilissatrice, humanitaire et libératrice ; cela pour assécher de sa bouche le fromage de l'homme noir. Ecoutons ce que Léopold II il dit à ce sujet : «  faire oeuvre humanitaire, réprimer la traite des esclaves ; ouvrir le continent africain au commerce international »36(*). Telle est la mission de l'européen en terre Africaine.

Cette expansion, au contraire, entraîne des bouleversements dans toutes les structures sociales. En effet, pour établir un régime stable, qui réponde avec intérêts du colonisateur, il fallut créer de nouvelles structurelles et institutions, forgé dans un moule les mentalités de l'indigène de façon à l'aider à protéger les intérêts de l'homme blanc.

§2. LA COLINISATION AU CONGO

Le Congo, comme tant d'autres pays, n'a pas pu échapper aux visées expansionnistes et gourmandes du capitalisme vorace. Le but salutaire présenté n'est que pure illusion. Le rôle important joué par les économistes libéraux dans le marche expansionniste de la Belgique est éloquent, patent ; Léopold II ne cache pas pour autant ses ambitions : « Il faut à la Belgique des colonies »37(*)

En effet, ce ne sont pas les humanistes qui ont émis des points de vue quant au problème de la colonisation, mais les économistes. Selon la plupart d'entre eux, les colonies sont source d'instabilité et de nouvelles questions dans la métropole. A ce propos, LAVALEYE dit : « les colonies coûtent cher, elles provoquent des conflits entre les peuples : elles souffrent d'un mauvais système de gouvernement »38(*).

En outrée, les économistes soutenait qu'on ne pouvait pas se lancer dans ne si gigantesque aventure sans flotte. Car, coloniser, disent-ils, sans flotte est une audace que personne n'a jamais eu, mais en dépit de toutes les résistances, la bourgeoisie belge est venue au Congo ; y a pris des intérêts, y a incorporé des capitaux et y a crée des entreprises. Des lors, pensons- nous, la question de savoir ce qu'a été « civilisatrice ».

§3. L'ACTION DE LA COLONISATION

La tendance à l'expansion géographique du système capitaliste implique, destruction et l'amélioration de certains secteurs utiles à la réalisation de ses objectifs.

Dans cette oeuvre « grandiose », il faut noter l'action combinée de trois actionnaires de l'entreprise coloniale. Il s'agit des missions chrétiennes, de l'administration et des sociétés industrielles.

L'apport de l'administration coloniale comprend la chicotte, la peur, la crainte, celui des missions chrétiennes comprend l'évangile et l'éducation « morale » ; celui des sociétés industrielle comprend le capital, donc la spoliation matérielle.

Les trois actionnaires sous le couvert de l'unité de la race blanche ont formé la trilogie coloniale.

L'administration coloniale ainsi que les missions chrétiennes ont combattu les anciens rites et autres pratiques qu'elles ont qualifiées de contraire aux normes humanitaires élémentaires, et donc contraire à la civilisation. Leur action a porté un coup dur aux bases sociales de la société.

La population fut ainsi jetée dans une situation de changement brusque et fut désorientée par l'éclatement de sa structure sociale traditionnelle et par la disparition de son ancien modèle culturel.

Des sciences furent créées pour étudier les mentalités de l'homme noir dans le but d'appréhender ses désirs, ses besoins, sont point fort afin de le ménager à gober la colonisation, c'est-à-dire à aimer la misère. C'est ainsi le cas de l'ethnologie et de l'anthropologie, les deux filles aînées de la colonisation, les deux disciples avaient pour objet l'étude des sociétés primitives des peuples sauvages, sans Etats, sans histoire. Elles se sont attelées non à civiliser le noir mais à « aider les européens à comprendre comment ils sont arrivés au point où ils se trouvent39(*).

MALINWSKI d'ajouter : « jamais le civilisé ne permettra au primitif de toucher à la clé qui ouvre la porte du développement et que, si même un jour, pour simple raison d'opportunité, on pouvait arriver à faire semblant de lui tolérer l'accès au pouvoir dans les colonies, on agirait en sorte que le gros de l'affaire reste entièrement entre les mains du civilisé »40(*) .

C'était lui qui renseignait l'administration coloniale sur l'état d'éprit des indigènes ainsi que, qui signalait les meneurs, les influences étrangères ainsi que les mouvements subversifs.

Nous devons remarquer que cette tâche ne fut pas facile car les populations y résistaient, parfois au prix des vies humaines.

§4. POPULATION AUTOCHTONE ET IMPLANTATION DE L'HOMME BLANC

L'implantation de la colonisation dans les nouvelles contrées ne s'est pas faite sans heurts. Le colon a dû rencontrer une résistance farouche de la population locale. Nous devons ici résumer la théorie du complexe de dépendance soutenue par certains auteurs blanc dont MANNONI ; d'après laquelle, certaines races sont prédisposées à vivre dans la dépendance et donc prédisposées à embrasser, à gober la colonisation.

Pour preuve, le colon eut recours à la violence, car les populations locales ne pouvaient pas l'accepter de plein gré. C'est ainsi que la conquête militaire précéda la domination politique, asservissement culturel et l'exploitation pure et simple de la colonie. Et parmi les moyens utilisés pour la mise en valeur efficace de la colonie, il faut noter l'impôt en argent surtout la contrainte et le travail forcé.

A ce sujet Mgr AUGNARD dit : « Abandonné à lui-même, le Noir croupira dans la paresse et l'ignorance, comme il a vécu pendant tant de siècles... N'ayant aucun besoin et vivant au jour le jour ; sans s'inquiéter du lendemain, il ne travaillera que s'il force. Le Noir ne sera civilisé que malgré lui. »

Les événements ci-haut présentés ont été l'oeuvre combinée, concertée des membres de la trilogie coloniale. Cette union a persisté le long de toute la période coloniale malgré quelques accidents de parcours comme la crise survenue à la création des écoles officielles et cela contre le monopole sur l'enseignement par l'église catholique depuis la convention de 26 mai 1906 avec le Saint-Siège. Le fameux plan de trente ans pour l'émancipation de la colonie, présenté par VAN BILSEN fut traité par beaucoup de colons de non sens. Et la position de l'église fut nette.

L'église catholique a combattu avec fougue toutes les tentatives des chrétiens autochtones pour adopter I christianisme aux réalités africaines. Elle estimait que ces mouvements compromettaient l'essor du système européen implanté au pays et pourraient, le moment venu, lui disputer le monopole de l'enseignement.

Sans drame, dit BUANA KABWE, au moment de la décolonisation, « c'est qu'elle est incapable d'envisager sérieusement émancipation politique de l'Afrique en généra et du Congo en particulier »41(*)

Ce qui conduit à la vengeance de la population lors des revendications nationaliste contre les églises et les lieux de culte qui sont considérés comme les symboles de la colonisation. C'est ainsi que jusqu' au jour de l'indépendance, l'église catholique a toujours les trente années de retard de VAN BILSEN.

Ainsi que nous venons de le voir, les relations entre l'église et le pouvoir politique pendant la colonisation furent confondues. Leurs actions ont souvent été soutenues de commun accord dans la mesure où le but de leur présence au Congo était le même, à savoir la spoliation de l'indigène. Cependant contre le souhait du colonisateur, le fruit est trouvé le 30 juin 1960 par suite de l'ouragan de l'histoire.

SECTION 2 : REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO INDEPENDANT

L'année 1960 a marqué la naissance dans la communauté internationale d'un nouvel Etat : le Congo, désormais la destinée de la nation se trouvait dans les mains des nationaux. Ce fut, certes, une nouvelle ère.

§1. UNE NOUVELLE ERE

Il serait naïf de notre part d'aller jusqu'à croire que la colonisation, ses pompes et ses oeuvres, cessent radicalement le jour de la proclamation de l'indépendance.

L'occident, en effet, a si parfaitement réussi sans son oeuvre que ses vestiges sont et restent une réalité vivante de nos sociétés. L'Etat, son organisation et son fonctionnement restent tributaires de la colonisation. Les églises européennes malgré de nombreuses accusations gagnent du terrain.

Le problème reste de savoir les rôles différents joués par l'église et le pouvoir politique, social et économique, nous assistons à l'époque de la révolution des attentes. Le verbe devait se faire chair.

Les promesses de lendemain meilleur faites lors de la lutte pour l'indépendance devaient se traduire en réalité. Curieusement, ces attentes croissantes en frustrations croissantes. D'où les sécessions, les conflits politiques, les rébellions ainsi que les conséquences qui en sont découlés.

En outre, les études des Etats issus de la décolonisation, ont révélé le transfert des modèles traditionnels en milieu urbain afin d'instaurer un ordre minimal dans ne société en formation. L'indépendance a ainsi provoqué une nouvelle dynamique de la tradition. Elle a libéré les forces traditionnelles ; d'où plusieurs crises survenues après l'indépendance, crises parfois injectées et soutenues à certains moments, entre autres les antagonismes ethniques, religieux ou régionaux. Et souvent pour s'adresser aux couches de la population, les politiciens ont souvent recours aux modèles et symboles traditionnels actualisés devenus les modes de communication.

§2. L'EGLISE CATHOLIQUE APRES L'INDEPENDANCE

L'Eglise, maintenue, qui contrainte. En effet, beaucoup d'accusations ont été faites contre les églises européennes pendant et après les colonisations. Ainsi contrairement à l'amour chrétien mis en exergue dans les principes, ces églises cultivaient la haine et la discrimination raciale ; ensuite, contrairement à la pauvreté exaltée dans ces églises, leurs membres blancs vivant dans l'opulence et le luxe ; en outre, le grief principal était le fait que ces églises avaient milité dans les rangs de la colonisation.

Cependant, en dépit de toutes les accusations, les églises restent une réalité vivante et connue de notre société. Et leur avenir n'est pas sombre. Le Pasteur H. ANNET, le confirme en ces termes : « nous avons la conviction que maintenant le christianisme évangélique est implanté au Congo avec des racines si solides et si profondes que rien ne pourrait l'en déraciner, ni des bouleversements politique, ni l'absence plus ou moins prolongées des missionnaires ni des persécutions volontés » 42(*)

Une chose reste à signaler c'est que le christianisme a modifié a nos valeurs. La plus touchée reste l'église catholique en tant qu'elle sous-entend une certaine tradition qu'elle doit préserver.

Le système d'enseignement précoce institué et soutenu par les églises pourrait être la cause de la révolte des jeunes à certain âge de leur développement. Les conséquences n'en sont pas moins imprévisibles, telles l'expérience de J.P. SARTRE : « J'avais besoin de Dieu, on me le donna, je le reçus sans comprendre quelques temps, il est mort »

C'est ainsi que nous voyons des jeunes gens faire des acrobaties, changer à gré des sectes, en quête d'un Dieu véritable, qui les écoute et qui exauce leur prière. En fait, les adeptes préfèrent des actions concrétés entre autres l'exorcisme.

§3. LA PROLIFERATION DES SECTES RELIGIEUSES

La secte vient du mot sectaire est tiré son origine aux noms suivants, sectare, sectactatus qui veut dire détacher ou séparer ; secta de sectare qui signifie suivre. La secte est une ensemble de personnes ou individus qui vivent dans une communauté fraternelle ou qui ce sont retiré d'un groupe qui confessent une même doctrine ; qui n'a plus la même idéologie à celle de l'église mère ou catholique.

D'après certains auteurs, les sectes peuvent se définir comme un groupe des personnes attachées à une idéologie religieuse et très souvent au maître de l'assemblée qui proclame d'une secte. Ils définissent encore la secte comme étant un groupe des personnes ou d'individus qui se sont volontairement détachées de leur communauté religieuse mère dont elle garde suivant les rudiments doctrinaux.43(*)

L'indépendance a permis à l'homme congolais de remettre en cause le système des valeurs hérité de la colonisation, à recouvrer ses propres sources. En cette période où la conscience nationale s'éveille, où l'on tendance à identifier la colonisation et le christianisme, où les problèmes temporels sont légions et sous jacents, tout passe au tribunal de la critique. Et parmi ces multiples problèmes, retenons-en le problème religieux.

L'homme congolais, pendant longtemps considère comme sans culture, sans histoire, a pris conscience de son être en tant que sujet historique pour créer son modèle de conscience.

Et la période qui s'en suivit peut être qualifiée d'efflorescence sinon d'inflation de sectes religieuses, mais que c'est une secte.

Certains entendent par sa dimension minoritaire qui serait la conséquence de son message. Cela signifie que la secte, par son message ne peut attirer vers elle qu'un petit nombre de gens. Mais N. MUGEDE rétorque en disant : « en matière théologique, les foules ne font pas le poids »44(*).

L'expérience nous montre le contraire. Il est des communautés qui, à leur début, qualifiées de sectes, ont conquis un monde assez large.

Pour P. POULQUE, «  la secte désigne les mouvements, qui en marge de l'orthodoxie et contre elles, prétendent revenir à une inspiration plus authentique de la doctrine du fondateur »45(*).

Nous devons faire remarquer le terme « secte » renferme ou comporte une résonance péjorative, un sens de mépris. C'est pourquoi tous les groupes religieux s'appellent et aiment s'appeler églises et veulent être traités ainsi.

Le pluralisme religieux a donc de nos jours, un fait réel. Il apparaît être à la fois un signe de temps et une interpellation de la foi. La tendance sectaire est un fait permanent qui explique par la même ambition de l'esprit humain et de son sentiment religieux. Cette tendance trouve son origine dans certaines circonstances particulières.

Il en est pour qui, la secte naît dans des situations historiques de frustration, d'impuissance, de désespoir, dans des situations de dépendance, d'exploitation et d'aliénation. Et cette situation naît et se développe dans une société où les religions existantes semblent fermer les yeux, il apparaît ainsi des contre religions comme des accusations aux valeurs en vigueur dans la société. Nous pouvons ici invoquer le Kimbanguisme comme un mouvement de prise de conscience, d'affirmation de soi aboutissant à des attitudes révolutionnaires.

La secte peut naître à la rencontre de notre société avec la civilisation occidentale dont l'enseignement est trop contraignant dans des principes et trop abstrait ans des dogmes théoriques.

La secte peut paraître comme une protestation entre l'inaptitude des églises mères à répondre, à trouver des solutions aux nombreux problèmes qui se posent aux adeptes dans leur vie : maladies, misère, stérilité, pénurie, emploi, chômage... les individus membres se refugie ainsi dans de nouvelles associations religieuses, où ils espèrent trouver le salut. Ils peuvent même trouver refuge dans la société secrète. A la base de la secte, nous trouvons l'idée d'une certaine vérité méconnue, implicite et la secte naissante prétend transcender cette vérité. Ainsi les baptêmes rappellent la nécessitée du baptême par immersion totale, les pentecôtistes, la doctrine des dons spirituels, les adventistes, la proximité du retour de Jésus-Christ.

La secte peut trouver naissance dans la désintégration des groupes classiques et ethniques ou dans l'incapacité du système politique à satisfaire les attentes de la population. Les sectes apparaissent ainsi comme un moyen de rassembler les gens en leur redonnant le sentiment de l'unité perdue.

Notons qu'à ses débuts, les sectes sont toujours une affaire d'une élite spirituelle qui, après avoir acculé une certaine expérience religieuses, le prêche le message de l'évangile. Le leader de la secte est toujours un chef populaire qui réussit à s'imposer aux adeptes par ses dons, ses langages..., ayant une expérience religieuses interprétée à partie des rêves et visions au cours desquels il reçoit les messages.

Une autre raison qui fait qu'un groupe religieux soit considéré comme une secte, c'est le fait les adeptes de ces groupes, dans leur zèle, abordent les gens dans les rues, dans les parcelles pour chercher à leur convertir. Ceci nous amène à partir de la manifestation de l'esprit qui souvent caractérise les sectes religieuses.

Il s'agit du sentiment de fanatisme, lequel se manifeste au niveau de l'organisation interne avec le désir constant et permanent à vouloir se distinguer du reste de la population, d'avoir un langage connu de seuls initiés. Il s'agit de ce besoin de critiquer tout ce qui est gai et beau, ce désir de se promenée en noir sans austérité. Seul l'adepte de notre groupe a raison, lui seul est dans le droit chemin, lui seul est sauvé.

Pourtant, c'est ce fanatisme qui a été à l'origine de toutes les persécutions connues dans les églises. Chez les méthodistes, les baptistes, dans l'armée du salut par exemple, les réunions publiques destinées à frapper les foules, ont contrepartie, des réunions privées réservées aux seules affiliées.

La secte peut jouer un rôle intégrateur en tant qu'elle facilite le brassage des peuples qui ne parleraient plus que le même langage : « frères et soeurs en Jésus Christ... ».

La secte peut aussi jouer le rôle de moyen d'action politique. Ici, le pouvoir politique peut se servir de la secte pour rendre son action populaire, efficace et communicationnelle. Enfin, la secte peut jouer le rôle de soupape de sécurité dans la mesure où les règles et les valeurs en place sont rigoureusement appliquées que les individus et groupes d'individus se verraient refuser toute possibilité légitime de réaliser leurs aspirations.

§4. L'EGLISE CATHOLIQUE ET LA PROLIFERATION DES SECTES RELIGIEUSES

L'église catholique mères se trouvent en perte de vitesse quant à leur dimension et à leur message surtout. Le pouvoir politique qui a servi de base à leur action pendant la colonisation a changé d'acteurs et a tourné le dos à leurs visées.

La prolifération des sectes religieuses a ébranlé, la tradition de l'église catholique qui soutenait détenir le monopole de la vérité. Le démembrement se poursuit non seulement à partir des églises mères mais aussi dans les sectes nouvellement créées. Les sectes naissantes soutiennent toujours détenir une vérité jusque là méconnues ou cachées par l'église traditionnelle (l'église catholique).

Le protestantisme qui prêche le principe de l'unité dans la diversité semble moins préoccupé par cette inflation des sectes plutôt que le catholicisme. Le protestantisme est souvent guidé par l'esprit oecuménique dont il est lui-même initiateur.

Si les catholiques se sentent les plus intéressés, cela est dû au fait qu'ils considèrent la tradition, la hiérarchie, la succession apostolique par lignée chronologique et surtout l'infaillibilité papale. Et reste très attentive et prêt à relever le défi contre les pasteurs qui eux sont de fondateur des sectes à cause de leur infidélité à l'enseignement du prophète fondateur.

Mais pour cette église mère, elle est structurellement incapable d'assurer le salut intégral de tout l'homme, et de tous les hommes. Et dans ce sens elles trompent toujours quelque part l'homme.

Toutefois, cette église ne manque pas de reconnaitre la faiblesse, l'impuissance de leur message, de leur action à se conformer à l'évolution des problèmes temporels.

§5. L'EGLISE, LES SECTES RELIGIEUSES ET LE POUVOIR POLITIQUE

Les rapports durant les premières années de l'indépendance furent calmes nonobstant les attitudes et les actions des églises pendant la colonisation. Cependant, les églises étaient plus forcément au pouvoir politique comme pendant la colonisation où leur action fut soutenue. Tous les gouvernements de l'époque, à part celui de LUMUMBA, n'ont pu faire le poids en face de cette institution solidement implantée.

Les églises sont présentes partout et dans l'enseignement tant primaire, secondaire qu'universitaire selon qu'elles étaient de confection catholique ou protestante.

Les mouvements de sécession au lendemain de l'indépendance n'épargnèrent pas les missions, leur patrimoine fuir ébranlé, les immeubles détruits et certains perdirent la vie.

Pour l'église, l'Etat a outrepassé ses limites surtout en ce qui concerne la nationalisation des écoles.

L'église justifie sa position par les théories de deux pouvoirs : le spirituel et le temporel ; à défaut de la domination du premier sur le second comme au Moyen-âge, la reconnaissance réciproque de la pleine autonomie de deux secteurs doit être respectée.

La laïcité au Congo, pour l'église, paraît dans un sens antireligieux ou du moins d'opposition à la religion chrétienne. Tel paraît être le sens de différentes mesures prises par les pouvoirs publics tendant à évincer l'action de l'église chrétienne : « suppression des noms chrétienne d'origine non africaine, suppression des crucifix et des croix dans les lieux et établissements publics.. »

L'église affirme avoir réalisé des oeuvres grandioses au développement de la Nation Congolaise et digère mal l'ingratitude et l'agressivité des pouvoirs publics pour avoir réduit les possibilités de dialogue et surtout avoir rompu de façon unilatérale et impérative des accords passé avec elle sans la moindre information préalable.

Comme nous pouvons le constater, le contact entre le pouvoir politique et l'église catholique est directe ; ce qui explique qu'on y ait consacré le plus de temps. Cette situation peut facilement se comprendre quand on voit la nature de chaque église ou chaque secte religieuse.

L'église catholique présente aujourd'hui des matérielle et spirituelles très solides qu'elle veut sauvegarde.

Nous sommes, par ailleurs, tenté de croire que la prolifération des sectes religieuses dans notre pays est favorisée et même soutenue par les pouvoirs publics et cela pour deux raisons essentielles :

Ø D'abord, c'est le fait que la prolifération de sectes religieuses ne menacerait en rien l'ordre établi, c'est-à-dire les institutions en place, mais détourne au contraire les membres des problèmes politiques, économiques... qui sont les leurs.

Ø Ensuite, c'est le fait que le pouvoir politique éviterait la constitution d'un groupe fort, puissant, uni, qui chercherait à avoir la main mise sur la politique, qui lui causerait beaucoup de problème comme l'église catholique.

CHAPITRE III : LES CONTRADICTIONS DANS LE ROLE ACTUEL DE L'EGLISE ET DE L'ETAT

D'aucuns n'ignorent que l'objectif poursuivi par les deux (l'église et l'Etat) est le bien être social pour un essor

Considérable. Mais souvent, ceux qui ont la chose publique en mains, la gère mal.

Cependant, l'église catholique dans ses discours sociopolitiques a épinglé des ratés inquiétants sous le nouvel ordre politique.

A cet effet, elle constate que les préoccupations du peuple sont tellement aux antipodes des intérêts de ses dirigeants qui lui imposent des sacrifices qu'il ne mérite pas.

A cause de lutte de positionnement de la classe politique, le peuple paie le prix de la compétition des politiques, qui se partagent le gâteau du pouvoir, c'est ainsi que l'épiscopat congolais fait observer que dans cette logique, la préoccupation sociale de la population est bafouée par les dirigeants politiques qui à la recherche des avantages sociaux, manifestent ouvertement leur désintéressement pour le bien être de la majorité. La corruption infecte tous les secteurs de la société tandis que les réformes annoncées avec pompe demeurent non réalisées.

SECTION 1 : L'EGLISE ET SON ROLE

La civilisation, la libération, la justice, l'ordre, l'amour, la fraternité... furent les mots les plus brandis en l'air pour justifier la présence du chrétien en terre de mission. Si ils choses en étaient ainsi, le milieu ecclésiastique évoluerait dans une parfaite harmonie, dans une sérénité d'esprit, mais fort curieusement l'église telle qu'elle s'est implantée chez nous, ne présentait plus l'unité de la chrétienté.

En ce qui concerne l'église catholique, c'est maintenant une église divisée, des lutes internes au sein de l' église mère n'ont pas manqué d'attiser les esprits les plus éveillés.

D'où la chrétienté actuelle est composée d'une mosaïque de sectes qu'il s'agisse de différents mouvements du protestantisme ou des ordres religieux au sein du catholicisme.

Dans le pays où le christianisme s'est instauré ; apparaît toujours un mouvement dissident qui aboutit à la création de nouveaux groupes religieux. Ainsi la libération devient dans les nouveaux groupes religieux l'idéologie mobilisatrice et un moyen de constitution, de création d'une société historique.

§1. LE REFUS DE LA RENCONTRE DES DIFFERNCES

Le christianisme, dans nos sociétés, avait nié toutes nos religions en le considerant comme étant un monde de paganisme où régnaient les ténèbres de l'âme et du démon. Il s'imposa ainsi comme l'unique religion susceptible d'apporter le salut éternel et de conduire le païen à la seule vérité.

Les chrétiens en établissant et justifiant l'équation : « christianisme = civilisation et paganisme = sauvagerie » prétendaient civiliser le sauvage.

Cependant, cette civilisation dit A. CESAIRE, n'a été qu'une « chosification » pure et simple. La civilisation chrétienne est inséparable de la civilisation européenne qui apporte, certes, ses bienfaits mais opère aussi et surtout une aliénation profonde. La mission est réduction du « païen » sinon des formulations des apports de comparaison entre le dogme élaboré et cohérent du christianisme et les croyances désordonnées du païen.

Ces rapports établis, fixent les bornes des différences et justifient la violence qui est le passage de l'univers païen à l'univers chrétien.

C'est pourquoi le christianisme ou encore les chrétiens ont combattu avec fougue les initiatives tendant à modeler les peuples chrétiens à l'ordre actuel. Les églises chrétiennes ne pouvaient entreprendre sans détruire.

De là l'importance remarquable qu'elles attachent aux oeuvre : écoles, hôpitaux, orphelinats, université... qui deviennent des moyens de diffusion d'un savoir être, d'une manière de vivre, de raisonner.

« L'école coloniale recueillait, recrutait, et internait de préférence et parce que plus crédules, des enfants indigènes à bas âge. Elle leur apprenait à apprécier l'ordre bourgeois présenté comme universel et éternel ainsi comme mi en place pour servir leurs intérêts et ceux de leurs parents46(*)

Cependant, il n'appartient à aucune institution, à aucun homme de modeler, de manipuler et de domestique, possible pendant un temps- les consciences lorsqu'il existe une antinomie flagrante entre le maître et l'élève. Ces rapports frappèrent certaines personnes jusqu' le considérer comme faibles d'esprit par le colon.

Pour autant que ces différences résultent d'une action humaine « voulue par Dieu », certains de nos compatriotes décidèrent d'aller eux aussi interroger le « bon Dieu ». Au nom et de la part du même Dieu. Ils affirmèrent qu'ils apportaient à leurs frères un message d'émancipation, d'espoir et de liberté. Ce fut lors l'apparition du messianisme congolais.47(*)

Face à cette éclosion des esprits et surtout après l'indépendance, le christianisme ne sur que faire. Aujourd'hui, l'on parle des églises chrétiennes d'Afrique, de l'église de l'universel. C'est qu'on reconnaît les valeurs et les croyances africaines, la force des sectes religieuses et partant la faiblesse et l'inadéquation du message chrétien en Afrique LUNTADILA écrit : « au sein des églises indépendantes, les Africains ont retrouvé le Christ ressuscité, devenu leur frère, devenu un des leurs, le contact est direct48(*)

Comme nous pouvons le remarquer, les églises africaines sont nées avec le souci de libérer leur population de la colonisation mentale, culturelle et politique. Le rôle que certaines ont joué dans l'émancipation politique de nos sociétés congolaises n'est pas le moindre. Mais une chose nous laisse perplexe : ces églises trouvent leurs fondements dans la Bible et donc le christianisme.

§2. L'EGLISE CATHOLIQUE ET LA LIBERATION

La vraie église serait celle qui entraîne le libre épanouissement de la personnalité. Homme de société en crise de dépendance, engagé dans un processus de libération, le croyant n'a pas à bouder son temps, ni s'enfermer dans son message. Il doit avoir une vision globalisante qui intègre, certes, sa vision religieuse, mais l'insère dans un projet historique de société.

« Le développement, nous dit C. FANJAVA, est le nouveau nom de la paix »49(*)

La libération économique, politique n'est possible qu'avec celle d'esprit, car la dynamique d'un peuple, sa force de créativité peuvent avoir été tuée pour faciliter la dépendance. Ce fut le cas pour nos sociétés.

Nu été la colonisation, nous serions en brousse en train de nous manger50(*), cette attitude montre le cachet imprimé sur nous par les colonisations et la difficulté que nous éprouvons encore aujourd'hui quant à la prise de conscience pour une décolonisation mentale. Cette prise de position est d'autant plus grave et plus pesante que ce soient les intellectuels qui l'adoptent.

« Ces religions civilisatrices n'ont mis le continent ni à l'abri de l'agression coloniale, ni à l'abri du danger d'absorption par l'occidentaliste et l'arabité »51(*). Mais l'église catholique ne reste pas les bras croisés ; dès 1990, les églises autant que toute la communauté congolaise, fatiguée par le régime Mobutu pousse un ouf de soulagement.

L'église catholique est la première à se manifester. Elle est aussi la plus active. Son mémorandum adressé au chef de l'Etat à l'occasion des consultations populaires reçoit large écho.

Cependant, la première moitié de la décennie 90 reste une période de turbulence, de tâtonnement mieux d'apprentissage de la démocratie. La liberté qu'on semble recouvrer frise plutôt le libertinage. Les églises poussent au même rythme que les associations politiques et syndicales. Aucune législation ne se fait observer avec rigueur, la constitution elle-même, ainsi modifiée est soutenue par le pouvoir est constatée par l'opposition qui ne jure que par l'avènement de la conférence Nationale souveraine.

Tout en restant dans cette logique, l'église catholique tente de se concerter, par moment pour faire entendre et même à exercer le pouvoir (Monseigneur Monsengwo président de la CNS, et du HCR-PT).

A l'arrivée de l'Alliance des Forces Démocratique pour la libération du Congo (AFDL) au pouvoir, l'église catholique très active depuis 1990 se montre désormais un peu plus réservée, plus relative et plus discrète. Peut-être craint-elle de perdre son leadership préalablement acquis. Peut-être aussi redoute-elle de rééditer la triste expérience de la colonisation qui s'était servi de la religion pour assurer ses intérêts et cela au nom de Dieu et la deuxième République favorisant certaines églises au détriment des autres ; peut-être, enfin croit-elle de s'isoler dans un monde entrain de devenir un village planétaire ; ce qui expliquerait probablement l'option oecuménique qui s'observe effectivement dans l'église.52(*)

Les mimétismes est aussi le comportement, qui s'observe du côté du nouveau pouvoir qui bénéficie de l'accueil tacite que lui réserve l'église avant qu'il se décide de réglementer les libertés religieuses et associatives.

Et vient le décret loi n°195-99 du 29 janvier 1999 qui vient donc rompre le mutisme observé de par et d'autre. Il prévoit les limitations prudentes visant le freinage du boum religieux donc les menaces sont déjà manifestes en République Démocratique du Congo ; les uns que pour les autres, constituerait, à longue échéance, une bombe à retardement pour la nation.

Ces derniers temps, nous assistons à la démission de beaucoup de nos compatriotes face à l'intransigeance de la vie matérielle. Les uns ont abandonné les études, les autres encore, abandonnent leurs boulots et à longueur des journées, se balancent avec la Bible à l'aisselle. Quelle charge pour la société ! Faudra-t-il appliquer le principe : qui ne travaille pas ne mange pas ?

Une chose reste vraie : la libération spirituelle n'est pas ennemie de la jouissance matérielle, mais encore du progrès. Beaucoup de croyants semblent l'ignorer et assument ainsi la dépendance et l'exploitation.

Si à l'époque, le colonisateur s'était servi de la religion pour assurer ses intérêts, et cela au nom de Dieu, aujourd'hui, c'est l'Africain qui, au nom de ce même Dieu se suicide.

SECTION 2 : L'ETAT ET SON ROLE ACTUEL

Nous avons vu que le pouvoir politique doit mesurer la sécurité extérieure du groupe contre formes de menace politique, économique, militaire ... mais aussi mesurer ses membres, mettre sur pied des institutions qui favorisent l'épanouissement intégral de l'individu. En plus, le pouvoir politique doit cultiver une certaine identité des sentiments au sein du groupe en vu de la formation de l'entité nationale, tel est le but premier du pouvoir politique.

Nous avons aussi vu que les institutions politiques telles qu'elles fonctionnent actuellement chez nous sont le résultat non d'une volonté, d'un acte prémédité et délibéré de notre propre conscience mais de l'histoire de la colonisation.

Déjà, à ce niveau, l'objet primordial du pouvoir politique était viré, car il était question pour le colonisateur de se servir du pouvoir politique pour assurer ses intérêts et non pour promouvoir le bien-être de la population autochtone, ce fut un pouvoir fort.

Aujourd'hui, le pouvoir politique congolais reposait ici non plus sur la volonté de la population à la quelle il s'appliquait mais tenait sa légitimité d'ordre extérieur. Dès lors, nous estimons que ce rôle est allé décroissant. En effet, la coalition qui devait se faire à l'intérieur du groupe pour combattre tout ennemi extérieur, se ménage aujourd'hui d'extérieur pour combattre ceux qui sont à l'intérieur du groupe. Les mécanismes de fonctionnement se sont compliqués davantage à l'accession à l'indépendance.

De cette façon, le pouvoir politique congolais devenait non un moyen mais une fin pour réaliser ses visées personnelles. Chaque politicien congolais voulait satisfaire ses aspirations latentes. Il fallait avoir un salaire pareil à tel fonctionnaire blanc à l'époque coloniale.

« Les politiciens congolais se sont déclaré à vendre le pays et le peuple congolais à la condition expresse qu'ils soient aidés à se maintenir ou à reprendre le pouvoir. Pour satisfaire leurs ambitions, ils étaient sur le point de sacrifier notre indépendance, notre souveraineté et notre bonheur de peuple libre »53(*).

Le principe était : « l'homme qui réussit c'est celui qui gagne beaucoup d'argent ». C'est peut être vrai, mais n'oublions pas que l'amour de l'argent qui nous a colonisé, c'est lui qui a engendré le néo-colonialisme.

L'argent est devenu de nos jours un tabou, on préfère parler des affaires. Certains vont jusqu'à soutenir que tout s'achète : « et les hommes, et les vertus, et hélas ! Les consciences ».

Le pire esclavagisme c'est celui de l'âme. « Dés qu'on a vendu son âme, on est bien capable des pires blasphèmes ».

A la base de l'amour de l'argent l'on rencontre cette volonté de puissance, ce désir de domination, de domination, de sécurité, d'orgueil, de luxure. « Ce sont les puissances d'argent qui font et défont les régimes et décident du sort des gouvernements suivant que ces derniers défendent les intérêts de l'étranger au détriment de ceux de leurs peuples.

Beaucoup de protestations, de revendications, de rêves que l'on connaît de nos jours tournent autour de ce tabou.

§1. L'ENSEIGNEMENT ET LE MASS MEDIA

L'enseignement tel qu'il est organisé est une grande source de servitude. Il manivelle les esprits, les uniformise et répond des idées préconçues, conventionnelles. Le principe serait le suivant : non pas forger des individus qui pensent par eux-mêmes mais produire une nation endoctrinée de manière uniforme.

L'enseignement est donc une forme de propagande prenons le cas de l'article 43 de la constitution qui stipule que l'enseignement primaire est gratuit alors qu'à la rentrée scolaire de l'année 2008-2009 rien n'est respecté à ce sujet et pour pallier et camoufler cette situation l'Etat Congolais distribue les sacs et les fournitures scolaires dans toutes les écoles de la ville province de Kinshasa. C'est pourquoi toutes les réformes de l'enseignement élaborées sont suivies avec intérêt pour l'autorité politique aidées par ses coopérants techniques étrangers. D'où l'ambiguïté de la finalité même de l'enseignement.

C'est ainsi que lors du stage de professionnalisation en 3ème graduat, un sociologue, un politicologue, un relationniste et même un étudiant de la Faculté des lettres présentent les mêmes aptitudes à effectuer leur stage dans un même service public ou privé bien qu'il ait des difficultés des premiers jours.

Ce système d'enseignement ne permet pas l'épanouissement intégral de l'individu car celui-ci est formé pour le système qui l'a produit pour gagner un salaire. Ainsi, un licencié en sciences politiques et administrative à qui on demanderait d'étudier et de proposer une certaine réforme administrative, se cantonnera-t-il à raisonner en terme de centralisation et décentralisation. L'on se borne donc aux notions des cours.

Certains continueraient même à se servir de leurs cours pour un problème quelconque qui se poserait au service. D'autres encore, parce qu'ils doivent défendre leur discipline universitaire, oublient qu'ils sont en train de justifier la dépendance. Nous songeons à nos collègues des Relations Internationales.

Quand aux mass médias, ils sont devenus de nos jours un échange à sens unique. La masse boit littéralement le flot d'informations que leur déversent les médias. Chaque tendance politique trouve en lui un moyen de gagner et d'attirer ses partisans. Le pouvoir politique en cherchant à modeler les consciences pense jouer le rôle d'un agent de stabilité social. C'est vrai pour lui, car son but est de se maintenir.

Quant à nous, nous pensons que les média dans ce cas apparaissent comme ennemis de la pensée, de la libre pensée. Dans ce même sens l'église catholique dans son sens large, trouve en lui un moyen de dénoncer l'injustice social en diffusant des émissions radiotélévisées et les discours politique. Rarement sinon jamais l'on a fait la publicité, sur un article produit par un paysan. Pourtant, des séquences sont prévues chaque moment à la télévision, à la radio pour la publicité des articles importés.

La publicité cherche dans ce cas, à faire pénétrer un style nouveau qui ne soit pas trop élevé et qui s'adapter aux possibilités d'un chacun.

§2. LES STRUCTURES DU POUVOIR POLITIQUE

Comme à l'époque coloniale où le pouvoir des chefs devenait légitime par référence à l'autorité coloniale, qui pouvait le contrôler et contester, le pouvoir actuel tire sa légitimité non de la population mais de l'étranger.

Ainsi, tout nouvel Etat et tout nouveau gouvernement cherchent en premier lieu à avoir la reconnaissance par la communauté internationale. Cette reconnaissance se présente à nous comme un acte d'engagement, d'attachement inconditionnel pour sauvegarder les intérêts de grandes puissances. C'est pourquoi nous avons vu lors de l'admission d'un nouvel Etat dans la communauté internationale, certains pays membres s'y opposer. Cette opposition n'est pas une neutralité.

Au niveau du pays nous trouvons la même scène. Tous les élus par acclamation, cooptation ou au scrutin universel censé de représenter les intérêts du peuple congolais ne tiennent leur pouvoir que de l'autorité politique. La prestation de serment a lieu non devant les électeurs mais au contraire devant l'autorité politique qui peut le contester. Ils jurent de respecter inconditionnellement les idéaux du parti ou de la composante même contre les aspirations légitimes de la population ; car les idéaux ne sont forcément pas ceux de la population.

L'on brandit la paix et l'ordre instaurés mais l'on assure la dépendance et l'exploitation. Cependant ne sera ordre et paix que tout ce qui travaille à sauvegarder le pouvoir en place. Toute initiative à l'encontre de cet ordre doit être combattue.

Pourtant, nous dit MAO : « ce qui est juste se développe toujours dans un processus de lutte contre ce qui est erroné. Le vrai et le beau n'existe jamais qu'au regard du faux, du mauvais et du laid et se développent dans la lutte contre eux.

L'unité s'exprimerait par la présence au sein de différents organes de l'Etat, des membres de divers groupes ethniques et régionaux qui y représenteraient leurs groupes représentatifs. Ce qui manque aussi la réalité ; en effet, les différents membres du gouvernement ce sont les mêmes qui reviennent se constituer en un ceste, en une bourgeoisie nationale bien que dépendance de l'étranger et n'ayant aucun pouvoir d'investissement à l'intérieur du pays.

§3. LA JEUNESSE ET L'INTELLECTUEL

Dans son message à l'occasion du 44ème anniversaire de l'indépendance, le Président JOSEH KABILA condensant la situation qui avait prévalu pendant la période de la guerre d'agression disait : « Alors que notre belle jeunesse, notre espoir et notre avenir devait s'épanouir dans la sérénité la plus grande et bénéficier d'une instruction et d'une éducation saine, les politiciens n'ont pas hésité à la politiser et à la corrompre à l'extrémité ».

Mais si nous devons voir autour de nous, l'avenir est sombre et nuageux. L'organisation de l'enseignement, l'encadrement des élèves, des étudiants et des enseignants sont déficientes ; chaque année nous assistons aux grèves à tous les niveaux éducatifs, les enseignants et professeurs réclamant l'amélioration de leur salaire et les élèves et les étudiants sont abandonnés à leur triste sort. D'où l'on parle actuellement de la délinquance juvénile et de l'inflation des universitaires.

Quant à l'intellectuel, il paraît être un acteur qui favorise l'intégration du peuple et de son économie dans une plus grande dépendance nationale et internationale. En effet, que revendique souvent l'intellectuel ? C'est non le changement total mais l'amélioration de ses conditions de vie.

Pour jouer pleinement leur rôle, les intellectuels doivent être cette catégorie d'élite qui se refuse de se séparer de la masse et qui engage sa pensée et son action au service d'une libération totale. L'élite intellectuel ne doit pas couper de se racines culturelles et ancestrales car la majorité de la population le partage encore.

Fort malheureusement, le langage de l'intellectuel manque cette coupure : l'élite intellectuelle qui devait être le fer de lance de son peuple est, elle-même divisée aussi bien au niveau du discours qu'au niveau de la pratique.

Au niveau du discours d'abord, nous rencontrons les positions du pouvoir et de l'opposition, chacun gardant nette sa position et présente son idéologie comme inéluctablement celle capable de conduire au progrès.

Au niveau de la pratique ensuite l'université est devenue le miroir de la société globale. Toutes les pratiques de la société globale y trouvent demeure. L'université se présente ainsi comme un laboratoire, comme un tamis des pratiques de la société globale. On parlera par exemple du tribalisme fignolé, tamisé.

 

CONCLUSION

Nous voici au terme de notre étude, qui a porté sur l'église et le pouvoir politique en République Démocratique du Congo : « collaboration ou antagonisme) cas de l'Eglise catholique.

L'objet de cette étude a été d'analyser les relations entre l'église catholique en tant que force libératrices ainsi que les facteurs qui détermineraient leurs jeux communs.

Au regard de ce qui précède, notre suggestion s'appuie sur l'analyse des critères référant aux pratiques, méthodes, et indicateurs ayants attesté de la pertinence de notre préoccupation qui est le rapport entre l'église et le pouvoir politique en République Démocratique du Congo.

Par ailleurs l'analyse des rapports de l'église catholique et le pouvoir politique en république démocratique du Congo consiste pour chaque critère à observer, à constater et relever les facteurs explicatifs.

Il nous semble important de relever la relation existant entre les églises et le pouvoir politique car tributaire de la place qu'ils occupent, du rôle joué, de leur poids de l'ensemble de la société. Ses relations sont permanentes et directes entre les églises chrétiennes et particulièrement l'église catholique et le pouvoir : en tant que l'église catholique veut sauvegarder une certaine tradition, un certain ordre, et en tant que le pouvoir politique dans son souci de renforcer son autorité rencontre la résistance de cette vieille institution.

En effet, la plupart des différends si non tous ce que la société politique du pays ait connu, l'on été avec cette église. En outre, livre et écrit, prenant position de différentes sphères de la vie sont les oeuvres des prêtres et évêques catholiques. Les relations entre l'église et le pouvoir politique furent à un certain moment calmes et d'autres moments chauds. Si les relations entre l'église mère et le pouvoir politique sont permanentes et directes elles ne le sont pas pour les sectes religieuses.

L'action de ces dernières dans les affaires politiques est minime compte tenu du contexte de leur naissance et de la faiblesse de leur structure matérielle et spirituelle.

Pour rendre viable la compréhension de notre sujet, nous avons posé les bornes limitatives enfin d'éviter la superfluité. Ainsi du point de vu spatial, notre travail prend en compte l'église catholique oeuvrant en république démocratique du Congo. Et notre étude couvre la période allant de 1960 jusqu'à nos jours.

Hormis l'introduction et la conclusion, notre travail s'est articulé sur trois chapitres :

Ø Le premier a porté sur l'origine et fonction de l'église et de l'Etat, nous y avions définis les concepts clés,

Ø Le second chapitre a été consacré à l'église catholique et le pouvoir politique en république démocratique du Congo

Ø Enfin, le troisième chapitre s'est appesanti sur les contradictions dans le rôle de l'église et de l'Etat.

A travers ce chapitre, nous avons démontré le glissement de leur rôle dans le temps et dans l'espace. Nous avons aussi déploré la démission de l'Etat face aux problèmes chauds et concrets de la vie sociopolitique.

Il faut retenir que la présente étude confirme que la position de l'église catholique a été mitigée, il nous est difficile de dire que sa position a été favorable ou défavorable, mais il est certain qu'en certain temps l'église et l'Etat avaient un rôle certainement libérateur et leurs principes n'étaient pas incompatibles, mais se rejoignent à plusieurs points de vu et par conséquent ils sont condamnés à coexister.

Toutefois l'église en général parait jouer son rôle de neutralité pendant qu'en son sein, les avis sont partagés. Nous suggérons à l'église catholique de jouer réellement son rôle de neutralité active en vue d'établir un équilibre social qui permettra à la population congolaise d'adhérer à un développement durable. Nous avons certains dérapages dans le rôle de l'église et de l'Etat ; pour l'église elle oublie sa tache d'évangéliser la parole de christ et préfère se figer aux biens matériels.

L'Etat à travers ses prérogatives institutionnelles doit respecter le rôle qui est le sien et s'atteler à apporter son soutient dans la mesure où il respecte la séparation de pouvoir politique et religieux. Si l'Etat congolais a dans le passé outre passé ses prérogatives, il lui est nécessaire de travailler en synergie avec l'église enfin de relever les défis énormes qui s'imposent dans le pays entier et contribueront efficacement au bien être social.

BIBLIOGRAPHIE

I. OUVRAGE :

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4. DURHEIM, cité par M. PETIT, Le Phénomène religieux, Paris, Bloud et Gay, 1966

5. E.M. BRACKMAN, Histoire du protestantisme au Congo, BRUXELLES, Ed. De librairie des éclaireuses unionistes, 1961

6. F. ENGELS, L'origine de la Famille, de la propriété privée et de l'Etat, Paris, Ed. Sociale, 1971.

7. F.CHATELET, Histoire désidéologise, Paris, Hachette, 1978.

8. H. KELSEN, cité par J. DABIN, L'Etat ou le politique, Paris, Ed. Sociale, 1971.

9. HITLER, cité par E.FROM, Espoir et Révolution, Paris, Ed. Stock, 1970.

10. HOBBES, cité par J.J.CHEVALIER, Les grandes oeuvres politiques de Machiavel à nos jours, Paris, A. Colin. 1970.

11. ILOSO SANGWA, La prolifération des sectes en R.D.C., Paris, Ed. Sociales.199O

12. J. POTELET, Les mass médias, Ed Fleurs, Paris, 1970.

13. K. MARX et ENGELS, sur la religion, Ed. Sociales, 1968.

14. KALELE-KA-BILA, Sociologie du développement ou plaidoirie en faveur du sous-développement, L'shi, UNAZA, 1982.

15. LAVELEYE, Cité par J. STENGERS, L'Anticolonialisme libéral au 19ème siècle et son influence en Belgique, ARSOPM, BRUXELLES, 1965.

16. LEOPOLD II, cité par E. VANDER CVELDE, La Belgique et le Congo, paris, Félix ALCAN, 1911.

17. LUNTADILA, Un rayon d'espoir : le Kimbanguisme, Evangélisation dans les Eglises Africaines indépendantes, KINSHASA, 1975.

18. M.DUVERGER, Introduction à la Politique, Paris, Gallimard, 1964.

19. M.GOGUEL, La naissance du christianisme, Paris, PAYOT, 1955.

20. MABIKA KALANDA, La remise en question, base de la décolonisation mentale, Ed. Remarques Africaines, Bruxelles, 1965.

21. N. MUGEDE, Quand se brisaient les chaînes, Samarie-LES-LYS, Ed. S.D.J, Paris, 1967.

22. P. MEESTER. L'église de Jésus-Christ au Congo Kinshasa, SE.LUBUMBASHI.1997.

23. P.ANSART, Les idéologies politiques, Paris, P.U.F, 1974.

24. P.POULQUE, Vocabulaire des Sciences sociales, Paris, PUF, 1975.

25. PINTO et GRAWITZ 1986 : Méthode en Sciences sociales, DALLOZ, Paris

26. R. M. BATSIKAMUBA, Voici le Jagas ou l'histoire d'un peuple panicide bien malgré lui, Kinshasa, ONRO, 1971.

27. S. AMIN, cité par MWENE BATENDE, Mouvement messianique et protestations sociales, (Cas du Kitawala chez les Kumu du Zaïre), KINSHASA, B.C.E.R.A. Faculté de Théologie, 1982.

28. TROYAT, Larousse lexique, librairie Larousse, paris, 1970.

29. V.Y.MUDIMBE, Auteur de la nation, KIN, L'SHI, Ed. Du mont noir.1972.

II. ARTICLES

1. B. SINCAY, « Les religions Africaines comme source de valeur civilisation » (colloque de Cotonou 22 Août 2000, in Revue Cultures et Développement, Volume V n°2, Université catholique de Louvain, 2000.

2. D. FANJAVA, «  Les intellectuels chrétiens d'Afrique et de Madagascar » (Colloque de Cotonou 22 Août 2000, in SORITRA PERSPECTIVES, CEDID N°1, ANTANARIVO, 1978.

3. J. M. ELA, «  De l'Assistance à la libération » ; in Supplément à Feuilles Pastorales n° 27, KINSHASA, 1982.

4. NIETZCHE, cité par L.LEAHJ, L'homme et l'absolu, KINSHASA, publication S.P. CANANIUS, 1978.

III. COURS INEDITS, REVUES, TFC, MEMOIRES ET THESES

1. DJELO OPENGE, Cours de Droit constitutionnel et institutions Publiques, inédit, G1 Droit, UNIKIN, 1999.

2. L'Eglise et L'Etat, «  Déclaration du Comité permanent des ordinaires du Congo », Congo-Léopoldville, Ed. Secrétariat Général de l'Episcopat, 1962.

3. NTUMBA LUKUNGA, sociologie de religion, cours inédit, 1ère License SPA. UNIKIN.

4. SAMBA KAPUTO, Introduction à la Science Politique, Cours Inédit, G II. S.P.A, FSSPA, UNIKIN, 2000.

TABLE DES MATIERES

EPIGRAPHE 1

DEDICACE 2

AVANT-PROPOS 3

INTRODUCTION GENERALE 4

0.1. Choix et intérêt du sujet 4

0.2. Etat de la question 4

0.3. PROBLEMATIQUE 6

0.4. Hypothèse du travail 7

0.5. Méthodes et techniques 8

0.5.1. Méthode 8

0.5.1.1. Méthode historique 9

0.5.1.2. Méthode dialectique 9

0.5.2. Techniques 9

0.6. DELIMITATION DU SUJET 10

0.7. DIFFICULTES RENCONTREES 10

0.8. SUBDIVISION DU TRAVAIL 10

CHAPITRE I : ORIGINE ET FONCTIONS DE L'EGLISE ET DE L'ETAT 11

SECTION 1 : DEFINITION DES CONCEPTS CLES 11

I.1. L'église 11

I.2. Politique 11

SECTION 2 : ORIGINE ET FONCTIONS DE L'ETAT 12

§1. QUELQUES THEORIES SUR L'ORIGINE DE 12

§2. ETAT, CADRE PAR EXCELLENCE D'EXERCICE DU POUVOIR POLITIQUE 14

§3. MOYENS D'ACTION DU POUVOIR POLITIQUE 15

§4. POUVOIR POLTIQUE ET IDEOLOGIE 17

SECTION 3 : ORIGINE ET FONCTION DE L'EGLISE 19

§1. ORIGINE DE L'EGLISE 19

§2. ROLE ET CHAMP D'ACTION DE L'EGLISE 22

§3. MOYENS D'ACTION DE L'EGLISE 24

§4. EGLISE ET IDEOLOGIE 25

SECTION 4. RAPPORT ENTRE LE POUVOIR POLITIQUE ET L'EGLISE 26

§1. L'EGLISE DOIT-ETRE APOLITIQUE ? 27

§2. ETAT CHRETIEN OU ETAT LAIC 28

§3. L'EGLISE ET LES IDEOLOGIES POLITIQUES 28

CHAPITRE II. L'EGLISE CATHOLIQUE ET LE POUVOIR PUBLIC EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO 30

SECTION 1. CONTEXTE DE L'IMPLATATION DE L'EGLISE ET CONSTRUCTION DE L'ETAT. 30

§1. RECHERCHE DU MARCHE ET EXPANSION DU SYSTEME CAPTALISTE 30

§2. LA COLINISATION AU CONGO 31

§3. L'ACTION DE LA COLONISATION 32

§4. POPULATION AUTOCHTONE ET IMPLANTATION DE L'HOMME BLANC 33

SECTION 2 : REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO INDEPENDANT 35

§1. UNE NOUVELLE ERE 35

§2. L'EGLISE CATHOLIQUE APRES L'INDEPENDANCE 36

§3. LA PROLIFERATION DES SECTES RELIGIEUSES 38

§4. L'EGLISE CATHOLIQUE ET LA PROLIFERATION DES SECTES RELIGIEUSES 42

§5. L'EGLISE, LES SECTES RELIGIEUSES ET LE POUVOIR POLITIQUE 43

CHAPITRE III : LES CONTRADICTIONS DANS LE ROLE ACTUEL DE L'EGLISE ET DE L'ETAT 45

SECTION 1 : L'EGLISE ET SON ROLE 45

§1. LE REFUS DE LA RENCONTRE DES DIFFERNCES 46

§2. L'EGLISE CATHOLIQUE ET LA LIBERATION 48

SECTION 2 : L'ETAT ET SON ROLE ACTUEL 51

§1. L'ENSEIGNEMENT ET LE MASS MEDIA 53

§2. LES STRUCTURES DU POUVOIR POLITIQUE 55

§3. LA JEUNESSE ET L'INTELLECTUEL 56

CONCLUSION 58

BIBLIOGRAPHIE 61

I. OUVRAGE 61

II. ARTICLES 63

III. COURS INEDITS, REVUES, TFC, MEMOIRES ET THESES 63

TABLE DES MATIERES 64

* 1 ILUNGA KABULO, L'église et son rôle, SE. LUBUMBASHI. 1995. P.76

* 2 ILOSO SANGWA, la prolifération des sectes en R.D.C., Paris, Ed. Sociales, 199O, P.7

* 3 P. MEESTER. L'église de Jésus-Christ au Congo Kinshasa, SE.LUBUMBASHI.1997.p.67

* 4 PINTO et GRAWITZ 1986 : Méthode en Science sociales, DALLOZ, Paris P. 360-361

* 5 TROYAT, Larousse lexique, librairie Larousse, paris, 1970, p.608.

* 6 DURHEIM, cité par M. PETIT, le Phénomène religieux, Paris, Bloud et Gay, 1966, P.16

* 7 LALANDE, cité par M. PETIT, Idem, P.17

* 8 DJELO OPENGE, Cours de Droit constitutionnel et institutions Publiques, inédit, G1 Droit, UNIKIN, 1999, P.36

* 9 HOBBES, cité par J.J.CHEVALIER, Les grandes oeuvres politiques de Machiavel à nos jours, Paris, A. Colin. P.48

* 10 Idem, P.76

* 11 LOCKE, cité par J.J. CHEVALLIER, idem, P.86

* 12 H. KELSEN, cité par J. DABIN, l'Etat ou le politique, Paris, Ed. Sociale, 1971, P.170

* 13 F. ENGELS, l'origine de la Famille, de la propriété privée et de l'Etat, Paris, Ed. Sociale, 1971, P.170

* 14 J.DABIN

* 15 J.DABIN, Op. Cite, P.167

* 16 M.DUVERGER, Introduction à la Politique, Paris, Gallimard, 1964, P.56

* 17 SAMBA KAPUTO, Introduction à la Science Politique, Cours Inédit, G II. S.P.A, FSSPA, UNIKIN, 2000, P.23

* 18 V.Y.MUDIMBE, Auteur de la nation, KIN, L'SHI, Ed. Du mont noir.1972, P.28

* 19 P.ANSART, les idéologies politiques, Paris, P.U.F, 1974, P.14

* 20 HITLER, cité par E.FROM, Espoir et Révolution, Paris, Ed. Stock, 1970.P.70

* 21 HITLER, cité par E. FROMM, Op. Cité. P.76

* 22 M.GOGUEL, La naissance du christianisme, Paris, PAYOT, 1955, P.15

* 23 F.CHATELET, Histoire désidéologise, Paris, Hachette, 1978, P.70

* 24 NIETZCHE, cité par L.LEAHJ, L'homme et l'absolu, KINSHASA, publication S.P. CANANIUS, 1978, P.40

* 25 L'Eglise et L'Etat, «  Déclaration du Comité permanent des ordinaires du Congo »,Congo-Léopoldville, Ed. Secrétariat Général de l'Episcopat, 1962, P.8

* 26 F.CHATELET, Op. Cit, P.81

* 27 CAVALLI, cité par P. LANARES, qui dominera le monde, Dammarre LES-LYS, Ed. S.D.T., Paris, P.176

* 28 P. LANARES, op. Cit. 250

* 29 J. POTELET, Les mass médias, Ed Fleurs, Paris, 1970, P.30

* 30 P. LANARES,

* 31 J. M. ELA, «  De l'Assistance à la libération » ; in Supplément à Feuilles Pastorales n° 27, KINSHASA, 1982. P.25

* 32 K. MARX et ENGELS, sur la religion, Ed. Sociales, 1968, P.7

* 33 K. MARX et F. ENGELES, Op. Cit., P.16

* 34 HANNISH FRASER, cité par P. LANARES, Op.cit., P.160

* 35 S. AMIN, cité par MWENE BATENDE, Mouvement messianique et protestations sociales, (Cas du Kitawala chez les Kumu du Zaïre), KINSHASA, B.C.E.R.A. Faculté de Théologie, 1982, P.101

* 36 LEOPOLD II, cité par E. VANDER CVELDE, la Belgique et le Congo, paris, Félix ALCAN, 1911, P.15

* 37 Idem, P.14

* 38 LAVELEYE, Cité par J. STENGERS, L'Anticolonialisme libéral au 19ème siècle et son influence en Belgique, ARSOPM, BRUXELLES, 1965, P. 493

* 39 R. M. BATSIKAMUBA, Voici le Jagas ou l'histoire d'un peuple panicide bien malgré lui, Kinshasa, ONRO, 1971, P.11

* 40 Idem, P.41

* 41 BUANA KABWE, l'expérience Zaïroise, paris, ABC, 1975 ; P. 177

* 42 E.M. BRACKMAN, histoire du protestantisme au Congo, BRUXELLES, Ed. De librairie des éclaireuses unioniste, 1961, p. 338

* 43 NTUMBA LUKUNGA, sociologie de religion, cours inédit, 1ère License SPA. UNIKIN, 1995-1996.

* 44 N. MUGEDE, Quand se brisaient les chaînes, Samarie-LES-LYS, Ed. S.D.J, Paris, 1967, P.400

* 45 P.POULQUE, Vocabulaire des Sciences sociales, Paris, PUF, 1975, P.215

* 46 KALELE-KA-BILA, Sociologie du développement ou plaidoirie en faveur du sous-développement, L'shi, UNAZA, 1982, P.23

* 47 MABIKA KALANDA, La remise en question, base de la décolonisation mentale, Ed. Remarques Africaines, Bruxelles, 1965, P. 180

* 48 LUNTADILA, Un rayon d'espoir : le Kimbanguisme, Evangélisation dans les Eglises Africaines indépendantes, KINSHASA, 1975, P.6

* 49 D. FANJAVA, «  Les intellectuels chrétiens d'Afrique et de Madagascar » (Colloque de Cotonou 22 Août 2000, in SORITRA PERSPECTIVES, CEDID N°1, ANTANARIVO, 1978, P.250

* 50 KALELE-KA-BILA, Op.cit., P.20

* 51 B. SINCAY, « Les religions Africaines comme source de valeur civilisation » (colloque de Cotonou 22 Août 2000, in Revue Cultures et Développement, Volume V n°2, Université catholique de Louvain, 2000, P.420

* 52 G. De Villers, chroniques politique, d'entre-deux guerres, octobre 1996, juillet 1997. Ed. L'harmattan, Paris, 1998, PP 140.

* 53 B. SINCAY, « Les religions africaines comme source des valeurs de civilisations » colloque de Cotonou 22 Août 2000, in Revu cultures et développement, volume v n°2, Université catholique de Louvain, 200, P.420






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