WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Confluence pédagogique des médiathèques: apport dans la didactique de la langue française au second cycle.

( Télécharger le fichier original )
par Georges William DJAMEN NOUKOUE
Ecole normale supérieure, Yaoundé, Cameroun - DIPES II 2008
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

I. 3. Pédagogie/ Didactique

La dichotomie entre pédagogie/didactique est aussi profonde que celle de langue/parole de Saussure. On est en lieu de se demander si les deux vont de pair ou si l'une est incluse dans l'autre. Les dictionnaires généraux en tout cas n'en font que des synonymes, surtout au niveau adjectival. Toutefois, pris comme substantif, le contenu du mot didactique varie en quelques points de celui de pédagogie, pour l'éducateur réfléchi.

L'étymologie du mot pédagogie est un peu ambiguë : certains supposent qu'il vient du grec «pedein'' (enfant) et «agô» (élever, conduire), référant à la science qui s'occupe de l'éducation des enfants. Pour d'autres, il dérive de l'expression antique «paidéia'' et désigne la formation générale de l'homme. Quoiqu'il en soit, la pédagogie renvoie à la manière de transmettre des connaissances à des élèves, la pratique de l'enseignement. Dès ses origines et plus particulièrement au moyen âge, la pédagogie s'assimilait à une sorte de catéchisme. Les méthodes d'éducation, qui mettaient l'accent sur la communication entre maître et élève, se fondaient, au travers d'un enseignement essentiellement axé autour de la linguistique, sur la transmission de la foi. Caricaturée, notamment par RABELAIS dans Gargantua (1534), cette méthode, qui privilégiait la mémorisation et l'imitation, resta en vigueur dans les écoles jusqu'au XVIIe siècle.

L'apprenant est alors conçu comme un réceptacle. Il y'a très peu d'interaction entre lui et l'enseignant. C'est tout simplement un bourrage, sous l'influence du faux mythe du savant5, « une tête bien pleine à la place d'une tête bien faite ». C'est ce que traduit cette affirmation de HOUSSAYE J.(1988) :

La situation pédagogique peut être définie comme un triangle composé de trois éléments - le savoir, le professeur et les élèves - dont deux se constituent comme sujets tandis que le troisième doit accepter la place du mort ou, à défaut, se mettre à faire le fou .

Le concept de pédagogie a fini par emporter des connotations d'empirisme et de désuétude. Peu à peu, il a cédé le pas à celui de didactique.

Le terme didactique vient du grec «didaskein» qui veut dire enseigner, mettre les connaissances à la disposition des apprenants. La didactique désigne donc le jeu qui se mène entre les enseignants, les apprenants et les savoirs dans un environnement précis. Ce jeu suppose une parfaite maitrise de l'apprenant et des méthodes précises et variées en fonction du type d'enseignement à transmettre. Ainsi, la didactique fait recours à de nombreuses disciplines connexes tels la psychologie, la sociologie, la docimologie... afin de mettre sur pied des techniques

5 Encore appelé « pédagogie du magister dixit »

qui rendront plus efficace la transmission des connaissances et des savoir- faire aux apprenants. Il y'a donc ici une centration sur l'élève dont il faut comprendre, prévoir, contrôler, guider et valoriser le comportement. Dans son essai sur les nouvelles technologies au service de la motivation Valérie LEMEUNIER (2001 :72) définit ainsi le but de l'intégration des TIC à l'école :

Donner à l'apprenant la possibilité d'être aussi le médiateur de savoir afin qu'il réinvestisse dans la classe les savoirs, les savoir-faire et les stratégies acquises en dehors de la classe et que l'enseignant ne soit définitivement plus le seul médiateur du savoir. Il se sentira ainsi valorisé et sera plus motivé.

Bien entendu, l'acte didactique va bien au-delà de l'apprenant et de l'enseignant. Il plonge dans l'interface de ces deux actants l'environnement, l'administration et les autres acteurs externes (Parents, ONG...)6, de sorte que, dans les faits, il s'agit d'un «pentamètre actantiel», l'influence réciproque de cinq forces vives au sein du système éducatif.

On a de ce fait une progression de la triangulation pédagogique vers un modèle qui prend en compte les échanges et l'environnement au sein du processus éducatif :

Figure 2 Triangle Pédagogique de HOUSSAYE J. (1989)

6 Les états généraux de l'éducation(1995) les mentionne comme personnes ressources de l'éducation.

Figure 3 Constellation Didactique d' après CHEVALLARD Y.7

Avec ce nouveau schéma qui rend bien compte de la pluralité directionnelle de la didactique, nous vibrons en phase avec Daniel COSTE(1994) qui affirme :

La didactique des langues (discipline théorico-pratique) est un

ensemble de discours portant sur l'enseignement des langues : quoi, pourquoi, à qui, par qui, comment.

On peut donc dire de manière générale que La pédagogie s'intéresse à l'objet de l'enseignement à savoir l'apprenant - mieux, le jeune apprenant, compte tenu de l'étymologie du mot - de son adaptation et son intégration dans la société, tandis que La didactique, science beaucoup plus neuve, étudie les voies et moyens de la réalisation des enseignements, les théories, les techniques et les méthodes à mettre en oeuvre dans l'enseignement. Comme elles semblent s'intéresser toutes à l'art d'enseigner et se complètent pour ce qui est de bien mener la transmission des savoirs, nous jugerons de temps à autres, au cours de nos investigations, de la pertinence et de l'opportunité d'emploi de l'un ou de l'autre en fonction des cas.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"L'imagination est plus importante que le savoir"   Albert Einstein