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Reformes macro-économiques et réduction de la pauvreté en république démocratique du Congo: une analyse en équilibre général calculable

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par Michel DISONAMA SINDO
Institut facultaire des sciences agronomiques de Yangambi - Doctorat d' économie agricole 2008
  

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1. Problématique

La réduction de la pauvreté et des inégalités entre les différents groupes socio-économiques demeure au coeur des préoccupations des responsables de maints pays en développement, institutions internationales et organisations non gouvernementales, afin d'atteindre les objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), fixés pour 2015 par la communauté internationale.

Comme dans plusieurs pays d'Afrique sub-saharienne, l'extension rapide de la pauvreté est le phénomène qui a sans aucun doute, le plus marqué la société et l'économie Congolaise au cours des décennies. La situation actuelle est toujours caractérisée par une pauvreté accrue. La RDC est l'un des pays les plus frappés par l'insécurité alimentaire. Elle a touché environ 64 % de sa population en 2001. En 2002, le nombre de personnes en insécurité alimentaire avait augmenté, passant de 64 % à 73 % de la population (FAO, 2006). Le Rapport National de suivi de progrès des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) pour la RDC, publié en 2004, qualifie d'invraisemblable la réduction, de moitié, de la pauvreté extrême et de la faim d'ici 2015 tel que visé par les OMD. Le Document de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP), publié en juillet 2006 en finalisation du Document Intérimaire de Réduction de la pauvreté publié en mars 2002, souligne que la proportion de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté était de 80 % en 2001 et 70,68 % en 2005 et que l'incidence de la pauvreté est plus élevée en milieu rural (77%) qu'en milieu urbain (59%). Le DSCRP souligne aussi l'existence, en RDC, des fortes injustices distributives entre les groupes socio-économiques, des discriminations et exclusions quasi endémiques ; comme pour les indices de pauvreté, l'inégalité est marquée par des disparités considérables.

Pour remédier au problème de pauvreté et des inégalités socio-économiques, la majorité des pays d'Afrique Sub- Saharienne se sont engagés dans la mise en oeuvre des Stratégies de Lutte contre la Pauvreté, le plus souvent à travers des Documents de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) appuyés par la communauté internationale. Ces pays ont par ailleurs souscrit des engagements au titre des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Afin de répondre à cet état de fait, le Document de Stratégie de la Croissance et de Réduction de Pauvreté de la RDC,  préconise des reformes Socio économiques et fiscales susceptible de diminuer l'incidence de la pauvreté et des inégalités socio-économiques. Cette nouvelle orientation de la politique Socio-économique vise à attaquer la pauvreté là où elle est principalement localisée (milieu rural), en augmentant les revenus des pauvres principalement dans les milieux ruraux. La stratégie se fonde sur une croissance économique moyenne d'au moins 7% sur la période de 2005-2008, sinon d'au moins de 8% sur la période 2008-2010(avec un accent sur le secteur rural) et réduire ainsi l'incidence de la pauvreté à 50% d'ici à 2015 et à 25% d'ici à 2025(Ministère du plan, 2006). Elle se repose sur cinq piliers1(*) qui impliquent de stabiliser le cadre macro-économique, de libéraliser l'économie, de réhabiliter les infrastructures, de relancer les secteurs productifs et de permettre l'allocation de la plus grande partie des ressources publiques mobilisées au secteur rural où plus de 75% des populations sont pauvres.

Le pilotage des DSCRP et le suivi des OMD rencontrent cependant, dans de nombreux domaines, des difficultés liées à des insuffisances méthodologiques, d'organisation et du manque de capacités des systèmes d'information et d'analyse.

Selon AFRISAT, la République Démocratique du Congo, comme ses consoeurs de la sous région des Grands Lacs (Rwanda et la Burundi), est classée parmi les pays ne possédant pas un système fiable d'information, d'analyse et d'évaluation des programmes de réduction de la pauvreté. Dans ce pays de 2 345 000 km², tout semble à reconstruire, y compris les statistiques et les indicateurs fiables permettant de mettre à jour l'ampleur de la pauvreté et les résultats des stratégies mises en oeuvre.

Cette faiblesse du manque de capacités des systèmes d'information et d'analyse ne permet pas une vue claire de l'aboutissement ou des résultats des reformes amorcées dans le cadre de cette nouvelle politique de développement. Il est claire que le choix ex-ante de telles ou telles mesures ou de leur combinaison n'est pas trivial et la mise au point d'un système d'analyse et évaluation à l'aide des modèles, pour l'étude de différents scénarios, peut représenter une aide à leur définition. Ex post, l'évaluation d'une politique existante peut également s'appuyer sur l'utilisation de modèles afin d'estimer des impacts indirects difficilement mesurables dans la réalité.

Le processus de mondialisation et l'intégration croissante des économies ont des effets variables selon les pays et les Régions en termes de pauvreté et d'inégalité, qui sont encore assez mal appréhendés en RDC. Il devient alors important de questionner, à laide des modèles économiques, la souténabilité de ce nouveau processus de développement, à la fois mondialisé et régionalisé ainsi que les modalités d'insertion de l'économie congolaise dans l'économie mondiale, en se basant sur la mise en oeuvre des nouvelles réformes économiques préconisées par le DSCRP :

§ L''amélioration de la productivité agricole dans les milieux ruraux, grâce à un afflux de financement extérieur comme le préconise le DSCRP, améliorerait t-elle la sécurité alimentaires et le bien être des ménages ruraux de la RDC ? Quel pourrait être son impact sur les variables macroéconomiques du pays et son incidence sur les indices de pauvreté et des inégalités entre les groupes socio-économiques ?

§ Quel pourrait être l'impact de la politique de libéralisation commerciale, préconisée par le DSCRP, sur les différents secteurs socio-économiques du pays et plus particulièrement sur le secteur agricole, et sur le bien être des ménages notamment sur la sécurité alimentaire, l'incidence de la pauvreté et des inégalités entre les groupes sociodémographiques ? Quel est sont impact sur les variables macroéconomiques du pays ?

Telles sont des questions auxquelles ce travail se propose de répondre, en utilisant les modèles d'équilibre général calculable(MEGC) qui, grâce à la complexité des effets pris en compte et de leurs influences sur le comportement des agents économiques, constituent des outils puissants d'analyse des politiques économiques et sociales et apparaissent comme étant plus efficaces pour faire le lien entre les réformes socioéconomiques, l'équilibre macroéconomique, la sécurité alimentaire, la pauvreté et la distribution de revenu, et peut servir ainsi d'outil de l'aide à la décision publique.

* 1 Les cinq piliers du DSCRP sont : Pilier 1 : refonder l'Etat ; Pilier 2 : promouvoir une croissance de qualité favorable à la réduction de la pauvreté ; Pilier 3 : assainir le cadre macroéconomique ; Pilier 4 : accentuer la lutte contre le HIV/SIDA ; Pilier 5 : promouvoir la Dynamique Communautaire.

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"L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit"   Aristote