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Analyse des déterminants de l'octroi du crédit bancaire aux entreprises: le cas de Afriland First Bank

( Télécharger le fichier original )
par Césaire AIME TCHUMKAM
Université de yaoundé II soa - Diplôme d'études supérieures spécialisés en gestion bancaire et établissements financiers 2003
  

Disponible en mode multipage

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REPUBLIQUE DU CAMEROUN

PAIX-TRAVAIL-PATRIE

REPUBLIC OF CAMEROON

PEACE- WORK-FATHERLAND

UNIVERSITE DE YAOUNDE II-SOA

THE UNIVERSITY OF YAOUNDE II-SOA

FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

 

FACULTY OF ECONOMICS

AND MANAGEMENT

 
 
 

PROGRAMME DE FORMATION DOCTORALE

 

DOCTORAL PROGRAM

 
 
 

D.E.S.S. DE GESTION BANCAIRE

ET DES ETABLISSEMENTS FINANCIERS

 

MASTER IN BANKING

AND MANAGEMENT OF FINANCIAL INSTITUTIONS

ANALYSE DES DETERMINANTS DE L'OCTROI DU CREDIT BANCAIRE AUX ENTREPRISES :

LE CAS DE AFRILAND FIRST BANK

MEMOIRE PRESENTE ET SOUTENU

EN VUE DE L'OBTENTION DU DIPLOME D'ETUDES SUPERIEURES SPECIALISEES EN GESTION BANCAIRE ET ETABLISSEMENTS FINANCIERS

(DESS-GBEF)

Option : Banque

Par :

Aimé TCHUMKAM Césaire

Maîtrise ès-Sciences de Gestion

Sous la direction de

 

Pr. CHAMENI Célestin

Maître de Conférences U.Y. II-SOA

Année académique 2007-2008

DÉDICACES

A Ma Famille,

A Toutes Les Personnes Qui Ont Contribué Profusément à Ce Travail.

REMERCIEMENTS

Une pensée des sages africains dit souvent que le trajet est aussi important que la destination. Les vingt-cinq (25) mois de formation passés en D.E.S.S (diplôme d'études supérieures spécialisées) option banque m'ont permis de bien comprendre la signification de cette phrase toute simple. Ce parcours, en effet, ne s'est pas réalisé sans défis et sans soulever de nombreuses questions pour lesquelles les réponses nécessitaient de longues heures de travail.

Je tiens tout d'abord à exprimer toute ma gratitude à mon Directeur de recherche, le Professeur CHAMENI Célestin, pour son encadrement, pour ses conseils utiles et pour sa disponibilité.

Je remercie MM. ZOA À NOMO Jean Pascal, MOUKOURY Jean Pierre, YAMDJEU Magloire, KAMDEM Hervé, BELL NYEMECK J. B., CHOUB Christophe pour leurs enseignements, leurs précieuses remarques et suggestions qui m'ont édifié.

Je dirais autant du Professeur KENMOGNE Alain et des Docteurs ESSAMA Joséphine, PIGLA Catherine, BEGNE Jean Marie, FOMBA Benjamin pour leur soutien illimité.

Une grande reconnaissance à tous les auditeurs, et à tout le corps enseignant de la formation DESS/GBEF coordonné par le Professeur OKAH-ATENGA Xavérie Euphémie dont l'expertise marque nos premiers pas dans la recherche.

Merci à M. NYANGANG Robert, Directeur général de « SUP de CO » Yaoundé, l'équipe dirigeante qui l'accompagne, le corps enseignant, les superviseurs, les secrétaires, tous les autres membres qui y travaillent, les étudiants et surtout leurs délégués.

Mes remerciements vont également à AFRILAND FIRST BANK qui m'a retenu pour mon stage académique et permis d'acquérir une formation indispensable à l'aboutissement de ma recherche. Je voudrais ici tirer ma révérence à mon parrain EBEKE à RIWOU Simon pour sa disponibilité et tous les responsables qui m'ont encadré.

J'adresse enfin ma gratitude à toute ma famille SUNKAM TCHUMKAM, tous mes amis, toutes mes relations pour leur soutien indéfectible à la réalisation de cette oeuvre. Que personne ne sente oublier

LISTE DES FIGURES ET TABLEAUX

Figure 1 : Financement direct par le marché 14

Figure 2 : Financement intermédié 14

Figure 3 : Bilan fonctionnel : la détermination du fonds de roulement 30

Figure 4 : Bilan fonctionnel : l'utilisation par l'entreprise du fonds de roulement 31

Figure 5 : Bilan fonctionnel : la reconstitution du fonds de roulement 31

Figure 6 : Besoin en fonds de roulement 32

Tableau 1 : Situation économique du Cameroun en 2003 41

Tableau 2 : Quelques indicateurs démontrant la crise camerounaise 45

Tableau 3 : Répartition des crédits par type durée (en %) au Cameroun. 46

Tableau 4 :. Évolution de l'activité des M entre 2000 et 2006 53

Tableau 5 : Définition des variables 58

Tableau 6 : Répartition des promoteurs d'entreprises par sexe 60

Tableau 7 : Répartition des promoteurs par région d'origine 60

Tableau 8  : Répartition des promoteurs selon la ville de localisation de leur activité 61

Tableau 9: Répartition des promoteurs selon la forme juridique de leur activité 62

Tableau 10 : Répartition des promoteurs selon leur activité principale 62

Tableau 11 : Répartition des entreprises selon le type de prêt sollicité 63

Tableau 12 : Répartition des entreprises selon l'objet du prêt sollicité 63

Tableau 13 : Répartition des entreprises selon le type de garanties offertes pour le prêt sollicité 64

Tableau 14: Rationnement du crédit 65

Tableau 15 : Garanties 65

Tableau 16 : Ville de localisation et qualité de l'emprunteur 66

Tableau 17 : Classe d'âge du promoteur et décision d'octroi de crédit 66

Tableau 18 : Sexe du promoteur et décision d'octroi de crédit 67

Tableau 19 : Région d'origine du promoteur et décision d'octroi de crédit 67

Tableau 20 : Forme juridique de l'entreprise et décision d'octroi de crédit 68

Tableau 21 : Activité principale du promoteur et décision d'octroi de crédit 68

Tableau 22 : Type de prêts sollicités par le promoteur et décision d'octroi de crédit 69

Tableau 23 : Objet de demande du prêt et décision d'octroi de crédit 69

Tableau 24 : Type de garanties offertes et décision d'octroi de crédit 70

Tableau 25 : Rationnement du crédit et décision d'octroi de crédit 70

Tableau 26 : Niveau de garanties offertes et décision d'octroi de crédit 71

Graphique 1 : Évolution de quelques agrégats bancaires en milliers de F CFA. 50

Graphique 2 : Un résultat en nette progression 50

Graphique 3 : Répartition des entreprises selon leur qualité (bon ou mauvais emprunteur)

59

Graphique 4: Qualité de l'emprunteur et Rationnement du crédit 76

Graphique 5 : Qualité de l'emprunteur et Rationnement du crédit 76

Graphique 6 : Qualité de l'emprunteur et le niveau de garanties offert  77

Graphique 7 : Qualité de l'emprunteur et ses caractéristiques socioprofessionnelles 77

LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES

ABF : Agents à besoin de financement

AEF : Agents à excédent de financement

ACM : Analyse des Composantes Multiples

AI : Actif immobilisé

AC : Actif circulant

ANIF : Agence nationale d'investigation financière

BEAC : Banque des Etats de l'Afrique Centrale

BICEC : Banque internationale pour le commerce et l'épargne du Cameroun

BFR : Besoin en fonds de roulement

CA/SCB : Crédit agricole/Société camerounaise de banque

CAMCCULL: Cameroon credit cooperative union league limited

COBAC : Commission bancaire d'Afrique Centrale

CVECA : Caisses villageoises d'épargne et de crédit autogérées

DSX : Douala stock exchange

F CFA : Franc de la coopération française d'Afrique

GABAC : Groupe d'action contre le blanchiment de l'argent en Afrique centrale

E.T : Endettement total

IF : Intermédiaires financiers

IFNM : Intermédiaires financiers non financiers

M : Mutuelles communautaires de croissance

NFC : National financial credit bank

ONG : Organismes non gouvernementaux

UBA: United bank for Africa

UBC: United bank of Cameroon

PIB : Produit intérieur brut

SEMC : Société des eaux minerales du Cameroun

SAFACAM : Société africaine forestière et agricole du Cameroun

SPSS: Statitical package for social science

SOMMAIRE

Dédicaces i

Remerciements ii

Liste des figures et tableaux iii

Liste des sigles et acronymes iv

Résumé v

Abstract vii

Introduction Générale 1

1ère PARTIE : ANALYSE CONCEPTUELLE DE L'OPERATION DE CREDIT DANS L'INTERMEDIATION FINANCIERE DES BANQUES 7

CHAPITRE I : La place des marchés et institutions financières dans la conclusion des contrats financiers : le cas du crédit bancaire 9

SECTION 1 : Le Phénomène d'asymetrie d'information 10

I- Les principes d'analyse 10

II- Intérêts et limites du marché dans l'élaboration des marchés financiers 13

SECTION 2 - La Théorie de l'intermédiation financière 18

I-Les banques comme producteurs d'informations 19

II-La banque comme producteur de liquidité 22

CHAPITRE II : Les informations financières nécessaires à l'octroi du crédit 23

SECTION 1 : Comment négocier un crédit bancaire ? 25

I-Renseignements sur le passé, le présent et le futur 25

II-Les élements essentiels de la situation financière pour la banque 27

SECTION 2 : L'analyse financière du point de vue du prêteur (banquier) 29

I-L'appréciation de la solvabilite de l'entreprise 29

II-L'analyse des ratios 32

2ème PARTIE : EXAMEN DES DETERMINANTS DE L'ACCES AU CREDIT BANCAIRE A AFRILAND FIRST BANK 36

CHAPITRE III : Le Procesus d'octroi du crédit bancaire au Cameroun : Le cas de la FIRST BANK 38

SECTION 1 : Le marché du crédit bancaire du Cameroun 39

I-La demande de crédit camerounaise 40

II-L'offre de crédit au Cameroun 44

SECTION 2 : Le marché du crédit à AFRILAND FIRST BANK 48

I-Le marché de crédits et de dépôts 48

II-La jointure des tontines aux banques : les M 51

CHAPITRE IV : Etude statistique des déterminants de l'octroi du crédit à la FIRST BANK 54

SECTION 1 : Justification théorique des outils statistiques utilisés 55

I-Analyse factorielle discriminante 55

II- Analyse des correspondances multiples (ACM) et Régression logistique 56

SECTION 2 - Appréhension des déterminants de l'octroi du crédit bancaire (le test de khi-2, l'analyse des composantes multiples et la régression logistique) 58

I-Les caractéristiques de la population de l'étude 58

II- La détermination des variables discriminantes dans l'analyse factorielle de l'octroi du crédit bancaire 72

Conclusion Générale 82

Annexes viii

Bibliographie xv

Table des matières xvii

RÉSUMÉ

L'octroi de crédit par la banque AFRILAND FIRST BANK correspond à une prise de risque : celui du défaut de l'emprunteur. L'analyse des mécanismes d'attribution des crédits bancaires passe par l'estimation de plusieurs variables qui permettent à la banque de se prémunir du risque. L'objectif du présent travail s'intéresse à la pertinence de traitement des dossiers (un échantillon de 109 emprunteurs) à travers des outils statistiques et économétriques (test de khi deux, analyse factorielle, analyse discriminante, régression logistique) tiré de la direction du crédit et du contrôle des engagements (DCCE) de la banque permettant l'octroi des crédits aux différents clients. Cela passe nécessairement par une étude du marché du crédit bancaire, l'examen complet des informations financières du dossier de l'emprunteur, et des tests à apprécier.

Mots clés : banque, crédit, estimation, information financière, contrat financier, marché.

ABSTRACT

The granting of loans by AFRILAND FIRST BANK corresponds to a risk: which is the debtor's inability to pay back. The analysis of mechanisms for the granting of bank loans is through an estimate of various variables, which permit the bank to foresee risks. This endeavour is interested in the importance attached to the treatment of files (a sample of 109 loan applications) trough the use of statistical tools and econometrics (the Chi tests, factorial analysis, discriminatory analysis, logistic regressions) got from the Loans and Control of Engagement Service (LCES) of the bank; that allows loans to be granted to various costumers. This necessarily goes through a study of the bank loan environment, the complete examination of the file's financial information on the loan applicant and tests of appreciation.

Key words: Bank, loan, estimates, financial information, financial contract, loan environment

Introduction générale

Contexte de l'étude

Le mot «banque» trouve son origine au Moyen Age. Il dérive de l'italien «banca» qui désigne un banc en bois sur lequel les changeurs de l'époque exerçaient leur activité. Pourtant, dans les temps anciens, existaient déjà certaines activités auxquelles on peut donner le nom de banque. Les activités «bancaires» de l'époque présentaient un caractère religieux. Ainsi, les prêtres recevaient des offrandes de personnes désireuses de bénéficier de la protection divine, rassemblaient des ressources énormes par l'accumulation de petits dons (grains, bétail,...), prêtaient aux commerçants et aux agriculteurs (champs, bétail, esclaves,...) et consignaient ces opérations sur des tables d'argile.

Pendant très longtemps, la banque est demeurée la source exclusive de financement1(*). De nos jours, elle est un élément très important du système financier malgré l'avènement et l'émergence des marchés financiers et des établissements de microfinance2(*). Au milieu des années 1980, le Cameroun faisant partie de la zone BEAC et dont le produit intérieur brut représentait la moitié de celui de cette zone, a connu une grave crise financière. Les dépôts à terme ont diminué de 33% entre 1985 et 1987, et les dépôts à vue de 22% 3(*). Cette chute de dépôts était le résultat d'un état de méfiance des épargnants vis-à-vis du système bancaire. Les banques deviennent insolvables du fait de nombreuses créances douteuses chiffrées à 253 milliards de FCFA en 1988 (A. Joseph, 2001). L'Etat, omniprésent dans l'actif des banques, porte une grande part de responsabilité. Il est considéré comme le meilleur emprunteur dans la mesure où il incarne les institutions. Cependant, l'Etat n'effectue pas toujours ses remboursements ou le fait avec retard (A. Joseph, 2001). Ce qui contribue davantage à accentuer la crise bancaire. Il convient également de noter comme autres facteurs de la crise les faits ci-après :

· l'insuffisance de l'épargne longue collectée par les banques camerounaises ;

· la concurrence des banques avec le secteur informel ;

· l'inadaptation du secteur bancaire au contexte socioculturel ;

· la pression fiscale et la détermination du taux d'intérêt.

Pour éviter un effondrement du secteur bancaire, des restructurations ont été entreprises en 1989 (A. Joseph, 2001). Malheureusement plusieurs banques ont fait faillite. Il s'agit notamment de la BCCC (Bank of Credit and Commerce Cameroon) en 1992 dont une partie des actifs est transférée à la Standard Chartered Bank : c'est la scission-liquididation. D'autres banques sont concernées par le même phénomène comme la BIAO (Banque Internationale pour l'Afrique Occidentale) en 1991; la FIB (First Investment Bank) en 1993. Certaines ont été restructurées4(*) : la BICIC (Banque Internationale pour le Commerce et l'Industrie du Cameroun) en 1997 devenue BICEC ; la CCEI-Bank (Caisse commune d'épargne et d'investissement) devenue Afriland First Bank ; la BCD (Banque Camerounaise de Développement) en 1989 ; la Cameroon Bank en 1989 ; la BPC (Bank Paribas Cameroon) en 1989. Ces trois dernières banques ont disparu. D'autres enfin, ont été restructurées et fusionnées : la SCB devient SCB-CL (née de la fusion entre la Société Camerounaise de Banque et le Crédit Lyonnais) puis CL (Crédit Lyonnais).

C'est ainsi qu'en 1992, la Commission Bancaire d'Afrique Centrale (COBAC) restaure la confiance auprès du public en assurant un contrôle prudentiel des structures financières à travers plusieurs ratios parmi lesquels les ratios Cooke et Mac Donough5(*). Or, le 12 janvier 1994 à minuit, les économies africaines de la Zone Franc, dont fait partie le Cameroun, subissent la dévaluation du Franc CFA6(*). Plusieurs épargnants sont incités à placer leurs avoirs à l'extérieur et notamment en France (Anne Joseph, 2001). Ce n'est qu'en 1997 après l'impact de la dévaluation, que la liquidité bancaire s'est améliorée dans son ensemble.

Depuis les réformes bancaires et monétaires, les banques sont surliquides (R. WANDA, 2007). Cependant, elles continuent d'accumuler des créances fictives. Ce qui pourrait entraîner une nouvelle crise bancaire. Par ailleurs, il importe de reconnaître que la relance de l'économie et même la croissance économique sont fortement tributaires de la mise à la disposition des emprunteurs des liquidités dont ils ont besoin pour créer et/ou développer des entreprises. Pourtant selon les sources de la BEAC (1991), les crédits ont chuté pratiquement de 50%, avec une prédominance de crédits à court terme qui représentent au moins 80% des crédits accordés. De nombreuses raisons sont invoquées par les banques pour justifier cet état de fait (crise financière, imposture de la part des emprunteurs, faillite de certains projets financés, etc.). Toutes ces raisons concourent d'une étude des facteurs contribuant à un accès plus favorable au crédit bancaire. C'est donc à juste titre que cette étude est intitulée « Analyse des déterminants de l'octroi du crédit bancaire aux entreprises : le cas de la Afriland First Bank ».

PROBLEMATIQUE DE RECHERCHE

La banque doit limiter les risques pris auprès des emprunteurs (ratios de contrepartie, de solvabilité) et garantir aux différents épargnants la possibilité de rentrer en possession de leurs fonds dès qu'ils en font la demande (ratio de liquidité). Il convient au préalable de clarifier certains termes clés qui nous permettront de mieux cerner la problématique.

Le Système financier7(*) est un ensemble cohérent de structures permettant de transférer des fonds depuis les agents économiques (ménages, entreprises, collectivités publiques) qui épargnent (car leurs dépenses sont inférieures à leurs revenus) vers les agents économiques qui souhaitent emprunter, c'est-à-dire dépenser plus que leurs revenus. On dit qu'il sert d'intermédiaire financier entre les agents à capacité de financement et les agents à besoin de financement.8(*) Les intermédiaires financiers jouent ainsi un rôle important dans l'économie : fournir des services de liquidité, faciliter le partage des risques, réduire les coûts de transaction et les problèmes d'asymétrie d'information. On en distingue trois types : les institutions de dépôt (principalement les banques), les établissements d'épargne contractuelle (compagnies d'assurance vie et fonds de pension) et les entreprises d'investissement (intermédiaires de placement).

Selon la loi bancaire française de 1984, les institutions de dépôt ou Banques sont définies comme suit : « Sont considérées comme banques, les entreprises ou établissements qui font profession habituelle de recevoir du public, sous forme de dépôt ou autrement, des fonds qu'ils emploient pour leur propre compte, en opérations d'escompte, en opérations de crédit ou en opérations financières». L'article 2 de la même loi stipule que : « Sont considérés comme fonds reçus du public, les fonds qu'une entreprise ou qu'une personne reçoit sous une forme quelconque, de tiers ou pour le compte de tiers à charge de les restituer ».

De façon générale, le métier de la banque est le commerce de l'argent : les clients viennent épargner à travers leurs dépôts, la banque met à la disposition des emprunteurs ces épargnes par l'octroi des crédits, les crédits de la banque font de nouveaux dépôts lorsqu'ils sont remboursés. L'obligation de restituer les prêts impose à la banque de se prémunir contre d'éventuels risques financiers. Il convient de rappeler que le risque peut être perçu comme un phénomène aléatoire correspondant à une situation où le futur n'est prévisible qu'avec des probabilités par rapport à l'incertitude (futur totalement imprévisible, échappant au calcul), d'une part ; et la certitude (prévision affectée d'une probabilité égale à l'unité)9(*), d'autre part.

Ainsi, la présente recherche vise à examiner les différents facteurs explicatifs de l'octroi du crédit bancaire. De cette problématique découle notre question fondamentale de recherche à savoir : Quelles sont les variables les plus pertinentes permettant à la banque d'accorder le crédit aux entreprises ?

Cette question de recherche peut se décliner en deux sous questions explicatives à savoir :

1) Quelle est l'influence des caractéristiques de l'entreprise sur l'octroi du crédit bancaire ?

2) La pertinence des informations financières produites par l'entreprise explique-t-elle son obtention du crédit bancaire ?

OBJECTIF DE RECHERCHE

Notre étude s'articule autour de l'objectif principal suivant :

Identifier les variables qui influent sur la décision d'octroi du crédit.

HYPOTHESE DE RECHERCHE

La présente étude est réalisée sous l'hypothèse principale selon laquelle l'accès au crédit est conditionné par les caractéristiques de l'entreprise qui exprime la demande. Cette hypothèse principale peut se décliner en deux hypothèses secondaires qui sont :

H1 : La présentation d'une garantie augmente les chances d'accéder au crédit.

H2 : La fiabilité des informations financières augmente la probabilité d'octroi de crédit.

METHODOLOGIE DE RECHERCHE

Cette étude a été réalisée alors que nous étions en stage académique à Afriland First Bank. Pendant notre séjour dans cette institution, nous avons parcouru plusieurs directions et services. Dans la Direction du crédit et du contrôle des engagements, nous avons collecté des données, afin de tester l'hypothèse principale de notre étude. Ces données ont été collectées auprès :

· des responsables de la Direction du crédit

· des responsables de la Division du contrôle des engagements

· des responsables de la Division crédit et marketing.

L'étude de ces données fait appel à la méthodologie d'analyse statistique (test de khi deux, analyse de composantes multiples, analyse discriminante et régression logistique).

PLAN DE L'ETUDE

Cette recherche comporte deux parties de deux chapitres chacune.

1ERE PARTIE : ANALYSE CONCEPTUELLE DE L'OPERATION DE CREDIT DANS L'INTERMEDIATION FINANCIERE DES BANQUES

Chapitre 1 : La place des marchés et institutions financières dans la conclusion des contrats financiers : le cas du crédit bancaire

Section 1 : Le phénomène d'asymétrie d'information

Section 2 : La théorie de l'intermédiation financière

Chapitre 2 : Les informations financières nécessaires à l'octroi du crédit bancaire

Section 1 : Comment négocier un crédit bancaire ? 

Section 2 : L'analyse financière du point de vue du banquier

2EME PARTIE : EXAMEN DES DETERMINANTS DE L'ACCES AU CREDIT BANCAIRE

Chapitre 3 : Le processus d'octroi de crédit bancaire au Cameroun : le cas de la First Bank

Section 1 : Le marché du crédit au Cameroun

Section 2 : Le marché du crédit à Afriland First Bank

Chapitre 4 : ETUDE STATISTIQUE DES DETERMINANTS DE L'OCTROI DU CREDIT A LA FIRST BANK

Section 1 : Justification théorique des outils statistiques utilisés

Section 2 : Appréhension des déterminants de l'octroi du crédit bancaire par l'analyse de tests de khi-deux, l'analyse des composantes multiples, l'analyse discriminante et la régression logistique.

.

1ère PARTIE : ANALYSE CONCEPTUELLE DE L'OPERATION DE CREDIT DANS L'INTERMEDIATION FINANCIERE DES BANQUES

L'octroi du crédit par une banque correspond à une prise de risque : celui de l'insolvabilité de l'emprunteur. De façon traditionnelle, les banques assurent la fonction d'intermédiaire entre les agents à excédent de financement et ceux à déficit de financement. La fourniture de ce service s'inscrit généralement dans le cadre d'une prestation de longue durée et dans une logique de renouvellement. Elle conduit à une relation de crédit/relation contractuelle entre la banque et son client qui a pour vecteur la confiance sans laquelle, comme le relève H. de la BRUSLERIE (1998), le risque de contrepartie devient une crainte de défaillance.

Le risque de contrepartie ou de défaut de l'emprunteur découle des facteurs issus de la situation politique, économique, sociale, professionnelle et morale de la personne morale de l'emprunteur (J.M. BEGNE, 2004)10(*). Le banquier se doit de réunir plusieurs sources d'informations suffisamment fiables pour motiver et justifier sa prise de décision.

C'est dans cette optique que nous analyserons successivement dans un premier chapitre la place des marchés et institutions financières dans la conclusion des contrats financiers : le cas du crédit bancaire ; puis dans un second chapitre, les informations financières nécessaires à l'octroi du crédit bancaire.

CHAPITRE I : LA PLACE DES MARCHES ET INSTITUTIONS FINANCIERES DANS LA CONCLUSION DES CONTRATS FINANCIERS : LE CAS DU CREDIT BANCAIRE

On peut définir le contrat financier comme étant une convention, un accord passé entre deux parties en vue de réaliser des opérations financières et bancaires sur un marché. Le marché financier est considéré comme le marché de l'argent ou des capitaux à long terme. Il peut s'assimiler au marché boursier11(*).

Il existe deux procédures de financement externe des agents non financiers (ménages, administration, entreprises) :

L'une directe (financement par le marché), l'autre indirecte (financement intermédié ou intermédiation financière). Ce chapitre sera donc consacré à la raison d'être des deux procédures en s'interrogeant en particulier sur la spécificité de l'intermédiation exercée par les banques.

Nous présenterons dans un premier temps le modèle théorique qui fonde toute la réflexion contemporaine sur cette intermédiation : les asymétries d'information ; puis dans un second, nous analyserons l'intérêt et les limites des marchés dans l'élaboration des contrats financiers

SECTION 1 : LE PHENOMENE D'ASYMETRIE D'INFORMATION

Les marchés sont souvent étudiés en microéconomie en passant sous silence les problèmes relatifs aux différences informationnelles. On considère souvent qu'acheteurs et vendeurs sont au même degré ou niveau d'information en ce sens qu'ils sont parfaitement informés sur la qualité des biens sur le marché. Cette hypothèse est défendable seulement si la qualité des biens est vérifiable de manière à permettre au prix de s'ajuster pour refléter les différences de qualité. L'obtention d'informations sur la qualité d'un bien a un coût et le rejet de l'hypothèse d'information disponible pour tous a permis d'étudier les marchés où règnent des asymétries d'information.

I- LES PRINCIPES D'ANALYSE

Il y a asymétrie d'information sur un marché quand certains opérateurs détiennent des informations particulières qui ne sont pas transmises au prix des actifs sur le marché. L'asymétrie d'information sur un marché peut conduire :

· Soit à la sélection adverse ou anti-sélection

· Soit à l'aléa de moralité ou hasard moral.

La sélection adverse ou l'anti-sélection se rapporte à des situations où un côté du marché, notamment le côté acheteur, est dans l'impossibilité de connaître la qualité des biens devant faire l'objet d'une transaction : on parle dans ces conditions de « type caché ». Ces situations peuvent même conduire à un conflit.

Le hasard moral se réfère à des situations où un côté du marché ne peut observer le comportement de l'autre. Exemple : Le marché d'assurance où l'assureur ne connaît toujours pas le comportement de l'assuré, d'où l'introduction des clauses pour contrôler et limiter ou introduire des éléments de redressement des comportements.

Les asymétries d'information incitent et conduisent les opérateurs à des réactions visant soit à les exploiter (on parle de comportements opportunistes) soit pour limiter les inconvénients (recherche de l'information, surveillance, incitations diverses à l'exécution des contrats).

La théorie de l'agence et celle des signaux ont contribué à l'identification des conflits d'intérêt et à la modélisation des comportements pour en délimiter les inconvénients.

Ainsi, la théorie de l'agence vise à expliciter les formes de contrat dans un contexte d'asymétrie d'information. En déléguant une partie des décisions à un mandataire que l'on appelle agent, le mandant (le principal) réduit ce qu'il devait engager en l'absence de cette délégation. Cependant, la relation d'agence n'est pas sans coûts ; ces coûts sont relatifs à la surveillance du mandataire, aux incitations à lui fournir pour qu'il fasse urgence ou à un coût résiduel.

La théorie des signaux quant à elle recherche les moyens utilisés par certains agents pour se signaler au marché et leur permettre de se différencier des autres (différencier les mauvais des bons).

I-1. Présentation succincte du modèle de G. AKERLOF

Le marché des voitures d'occasion est représentatif d'un marché où acheteurs et vendeurs ont des informations différentes sur la qualité des biens vendus ; l'analyse d'un tel marché a été présentée en 1970 par George AKERLOF.

AKERLOF déduit de son analyse que dans de telles conditions, la présence d'une institution bénéficiant d'informations privilégiées, centralisant les échanges en discriminant économiquement les mauvais peuvent s'avérer bénéfique. Les étapes de sa démonstration ont été fondées sur les hypothèses suivantes :

Hypothèse 1 Supposons un marché sur lequel opèrent cent (100) vendeurs et cent (100) acheteurs de voitures d'occasion.

Hypothèse 2 Supposons que cinquante (50) voitures mises en vente soient de bonnes occasions et cinquante (50) autres de mauvaises.

Hypothèse 3 On suppose que les vendeurs connaissent parfaitement la qualité de leurs voitures tandis que les acheteurs sont dans l'ignorance de cette qualité.

Hypothèse 4 Soit un million (1 000 000) de F CFA et deux millions (2 000 000) de F CFA, les prix souhaités respectivement par un vendeur de mauvaises occasions et un vendeur de bonnes occasions.

Hypothèse 5 Soit un million deux cent mille (1 200 000) de F CFA et deux millions quatre cent mille (2 400 000) de F CFA, les prix que sont disposés à payer respectivement un acheteur de mauvaise occasion et un acheteur de bonne occasion.

Hypothèse 6 Les acheteurs ne pouvant observer la qualité des voitures, doivent alors l'estimer. On suppose qu'une voiture a une probabilité égale d'être une bonne occasion qu'une mauvaise occasion (c'est-à-dire Pbo = Pma).

A partir de ces hypothèses, la valeur attendue pour un acheteur normal d'une voiture d'occasion est égal à [(½) x 1 200 000] + [(½) x 2 400 000] =1 800 000 F CFA.

Pour ce prix (1 800 000 FCFA), seuls les vendeurs de mauvaises occasions sont intéressés à vendre. Etant donné que par hypothèse, les vendeurs de bonnes occasions en réclament deux millions (2 000 000) pour s'en séparer. Une conséquence immédiate de cette situation est leur retrait du marché.

La leçon de ce cas de figure de marché est que sur le marché, bien que les acheteurs de bonnes occasions soient disposés à payer à un prix supérieur aux prix auxquels les vendeurs souhaitent leur vendre (2 400 000 > 2 000 000), les transactions de ce type d'occasion n'auront pas lieu. En d'autres termes, il y a échec du marché, ce qui implique l'intervention de l'Etat. La cause de l'échec du marché réside dans le fait qu'il y a une externalité négative entre vendeurs de véhicules de bonne qualité et vendeurs de véhicules de mauvaise qualité de telle sorte que lorsqu'un individu décide de mettre en vente une voiture de mauvaise qualité, il influe du même coup l'estimation que les acheteurs font de la qualité du véhicule moyen sur le marché. Ceci nuit à ceux qui essayent de vendre des véhicules de bonne qualité.

Les enseignements tirés du modèle d'AKERLOF sont très pertinents. L'exemple des voitures d'occasion montre qu'en présence d'asymétrie d'information sur la qualité du produit, le marché obéit à la loi de GRESHAM généralisée à savoir, « les mauvais produits chassent les bons à tel point que le marché peut finir pas disparaître ».

En effet, les mauvais produits étant vendus au même prix que les bons, acheteurs et offreurs de bonne qualité désertent le marché quand bien même ils étaient désireux d'échanger. Dans ces conditions, la présence d'institutions bénéficiant d'information privilégiées, centralisant les échanges et discriminant les mauvais produits peut s'avérer bénéfique.

I-2. Quelques remarques

L'article d'AKERLOF appelle plusieurs remarques. D'une part, il tend à montrer qu'il peut exister dans l'économie des produits pour lesquels il n'existe aucun marché du fait du manque d'informations. D'autre part, il fournit un bon exemple des possibilités de sélection adverse, c'est-à-dire la situation dans laquelle lors d'un échange, l'offreur est bien au courant des caractéristiques de son produit, lesquelles ne sont pas connues de son acheteur.

Ensuite, le modèle d'AKERLOF permet d'expliquer l'importance du phénomène de marque et de la confiance qui s'y attache. De plus, cet article permet de comprendre un aspect de l'activité des intermédiaires financiers. Si ce n'est pas la production, c'est tout au moins la recherche et la gestion de l'information disponible sur les actifs par les institutions.

Enfin, il jette les bases explicatives de la spécificité des banques à savoir l'illiquidité de leurs actifs. Les banques seraient des intermédiaires financiers nés de la nécessité de financer et de gérer certains actifs illiquides du fait d'un manque d'informations disponibles autour du marché.

Cette analyse trouve un fondement sur le marché du crédit et peut justifier l'accès au crédit par les entreprises. Celles-ci peuvent bénéficier donc d'une offre de crédit du fait leurs caractéristiques, qui ici peuvent se confondre à leur marque. En plus, les entreprises peuvent se signaler sur le marché du crédit en présentant des garanties, au moment de la demande de crédit.

II-INTERETS ET LIMITES DU MARCHE DANS L'ELABORATION DES CONTRATS FINANCIERS

II-1. Financement direct vers un financement indirect

Dans une économie, les agents financiers sont représentés par ceux qui participent au cycle de production et se livrent aux transactions sur biens et services. Certains de ces agents n'utilisent pas la totalité de leur revenu. Ces revenus excèdent leurs dépenses courantes. D'autres par contre veulent dépenser plus que leur revenu.

La première catégorie est appelée unité à surplus financier ou à capacité de financement ; la deuxième catégorie est constituée d'unités à déficit de financement. Le financement des agents en déficit peut s'opérer de deux manières ou selon deux modalités, soit directement, soit indirectement par le biais d'un intermédiaire financier.

a) Le financement direct

Il apparaît lorsque les unités déficitaires entrent elles-mêmes en contact avec les unités à capacité de financement, pour se financer directement. Cette situation se produit lorsqu'une entreprise émet des actions ou des obligations souscrites par des particuliers ou lorsque l'Etat émet un emprunt souscrit directement sans intermédiaires. Le recours à la finance directe n'est pas la principale source de financement pour des raisons que nous développerons ultérieurement. Le processus de transmission de la capacité de financement des agents à excédent de financement aux agents déficitaires revient également à la finance indirecte exercée par les intermédiaires financiers.

Figure 1 : Financement direct par le marché

R= salaire

Entreprises Consommation Ménages

L'épargne est placée directement S = Epargne

b) Le financement indirect

Le financement indirect se fait par le biais d'un intermédiaire financier. Un intermédiaire financier peut être défini comme un agent qui emprunte de la monnaie aux agents excédentaires et la canalise vers les agents déficitaires. En d'autres termes, l'activité d'intermédiaire financier à recevoir en dépôt de la monnaie qu'il prête ensuite selon les besoins de financement. L'intermédiaire financier émet un actif secondaire (une créance sur lui-même) au profit d'un prêteur, en contrepartie de son dépôt de monnaie.

Figure 2 : Financement intermédié

IF

AEF ABF

Prêteurs Emet des actifs secondaires Emprunteurs

Achète des actifs primaires

Prêteur

ABF = Agents à Besoins de Financement.

AEF = Agents à Excédents de Financement.

IF = Intermédiaires financières.

Ensuite, dans le processus de prêt, l'intermédiaire financier achète des outils primaires auprès des emprunteurs en contrepartie de prêts d'argents.

Les intermédiaires financiers se différencient selon leurs caractéristiques monétaires et non monétaires, c'est-à-dire qu'ils aient ou non la faculté de créer de la monnaie. Leur caractéristique commune est cependant de remplir la fonction d'intermédiation entre les ABF et les AEF.

Les intermédiaires financiers non monétaires (IFNM) (Caisse d'assurance, caisse nationale d'épargne,...) accordent des crédits aux agents après avoir collecté au préalable auprès des agents à surplus de financement non monétaires.

Les intermédiaires financiers monétaires (IFM) quant à eux ont une double fonction.

o Ils sont de simples intermédiaires financiers, ils offrent des moyens de paiement additionnels aux agents qui ont un besoin de financement. (L'exemple représentatif de ce type d'IF est la banque).

o Somme toute, les IFM appelées banques ont la caractéristique de créer de la monnaie mais également l'aptitude à remettre en circulation la monnaie existante.

II-2. Intérêts des marchés dans l'élaboration des contrats financiers : la réduction des coûts

Dans la mesure où il existe un marché bien organisé, les coûts de transaction peuvent être réduits. Il est plus facile de vendre et de revendre des actifs par rapport à une situation de « face à face » ou de gré à gré. Dans une telle situation, l'amélioration de la négociabilité pourrait être obtenue grâce à la multitude d'intermédiaires facilitant la rencontre de l'offre et de la demande, lesquelles reçoivent une rémunération en contrepartie d'une économie du temps.

Le fractionnement des placements, appliqué aux gros prêts, peut faciliter la découverte des prêteurs et contribuer à une dispersion de la propriété commerciale, ainsi qu'une réaffectation des ressources financières aux différentes sociétés.

Le fractionnement accroît également la négociabilité, laquelle serait impossible voire difficile dans le cadre d'une opération de gré à gré notamment lors du dénouement des opérations avant échéance.

a) Les limites du marché : les contrats incomplets12(*)

Le marché facilite le financement de l'économie avec divers coûts d'information.

Ø Le premier coût est relatif au coût de la recherche. Les transactionnaires potentiels doivent chercher, obtenir des informations, sélectionner, se rencontrer et négocier avec d'autres parties potentielles pour un contrat. A ce titre, il pourrait être difficile de vendre une part dans une entreprise et donc de satisfaire directement la liquidité.

Ø Le second coût est celui de la vérification ou d'examen qui est supporté par chaque prêteur. Ces coûts proviennent de l'évaluation des propositions d'endettement quand les prêteurs sont dans l'impossibilité d'accéder aux perspectives futures de l'emprunteur. Particulièrement lorsque certains emprunteurs sont portés à donner une image plus qu'optimiste du futur.

La sélection adverse peut se présenter quand il existe une asymétrie d'information dans les coûts dus à l'incapacité des prêteurs d'observer les attributs de l'emprunteur et les contingences sous lesquelles il opère.

Ø Le troisième coût est constitué des coûts de surveillance : c'est ce qu'on appelle « monitoring cost ». Ils peuvent se présenter lorsqu'on analyse les actions des emprunteurs en termes de consistance avec les termes du contrat pour s'assurer qu'aucune faute ne viendra remettre en cause les promesses pour quelque raison que ce soit.

L'aléa de moralité se réfère ici au problème qui peut provenir de l'impossibilité ou de l'incapacité des prêteurs d'exercer un contrôle sur le comportement des emprunteurs, soit en vue d'examiner le respect du choix du projet d'investissement, soit le respect de l'effort avec lequel les affaires sont gérées.

Ø Un quatrième coût que l'on peut rencontrer est celui de la mise en application. La question sous-jacente ici est de savoir si oui ou non les emprunteurs sont capables de mettre en oeuvre leur projet. Il est à noter ici que les acquéreurs potentiels d'actions ont accès à des agents de rating (fournisseurs d'informations) ou à des journaux d'informations financières. Toutefois, les informations quant aux perspectives de primes sont difficiles à acquérir et très controversées pour les individus qui souhaitent être informés des activités de la firme pour l'influencer.

b) Le manque d'efficience

Le marché peut donc manquer d'efficience en ce sens qu'il n'évalue pas correctement les actifs. Ensuite, il y a une illusion de liquidité quelle que soit l'amélioration de la négociabilité des titres. Il est impossible de garantir la liquidité d'un marché ; nul ne peut assurer que tout vendeur trouvera un acheteur pour la quantité qu'il propose au prix qu'il demande. De même, il est difficile pour les prêteurs de trouver des intéressés pour les conditions de prêt à savoir le taux d'intérêt, la durée du remboursement, les modalités de remboursement.

C'est pour répondre à ces questions ou ces limites qu'il est important de faire intervenir un autre agent qui est l'intermédiaire financier (de plus, le marché financier ne peut pas satisfaire tout le monde). Cela fera l'étude de notre deuxième section.

SECTION 2 - LA THEORIE DE L'INTERMEDIATION FINANCIERE

Pendant longtemps, l'existence des intermédiaires financiers a été justifiée par les transformations d'échéance et de risque qu'ils opèrent (GUERLEY, SHAW ; 1960).

Comme l'ont observé GUERLEY et SHAW, les banques transforment la gamme de crédits désirés par les emprunteurs en une gamme de dépôts à vue et produits d'épargne désirés par les prêteurs. L'activité comporte deux aspects :

Tout d'abord, les banques fournissent une activité de transformation ; les entreprises aiment emprunter de part la nature de leurs projets. Les ménages par contre préfèrent en général emprunter à court terme afin de faire face à des besoins de liquidité. Les banques sont donc, selon GUERLEY et SHAW, un moyen d'effectuer cette transformation. Force est cependant de constater que d'autres institutions, notamment les marchés, remplissent également ces fonctions. Par conséquent, la spécificité de l'intermédiation financière réside ailleurs. La justification théorique de l'intermédiation financière trouve aujourd'hui ses racines dans deux voies qui conduisent à faire de la banque un producteur de services. Il peut s'agir soit des services d'information (le banquier rassemblant et surveillant des titres issus des débiteurs divers), soit des services de liquidité. Dans ce cas, le banquier mutualise les risques que courent les individus en situation incertaine en mettant à leur disposition des dépôts immédiatement utilisables.

Le principe de la banque se trouve donc dans la résolution de deux types d'asymétrie d'information.

· L'une concerne la relation Prêteur-Emprunteur (cette relation est entachée d'asymétrie d'information : sélection adverse, hasard moral, ce qui implique des coûts à relever... donc chacun ne supporte plus les différents coûts seuls) et justifie l'existence d'une institution déléguée, chargée de contrôler le bien fondé et les résultats des capitaux prêtés. On explique ainsi que les actifs bancaires soient illiquides car leurs valeurs reposent sur des informations privées.

· L'autre asymétrie concerne la banque et les déposants. L'impossible connaissance des besoins en liquidité de chaque individu permet de rendre compte de l'utilité des contrats de dépôts, mais elle explique également l'instabilité des ressources bancaires.

Le mécanisme de panique bancaire naît de la conjonction entre l'illiquidité des actifs de la banque et la nécessaire liquidité des ressources des intermédiaires financiers.

I-LES BANQUES COMME PRODUCTEURS D'INFORMATIONS

Dans un marché concurrentiel sans coût de faillite où les agents sont neutres vis à vis du risque, la présence d'un intermédiaire ne se comprend qu'à partir de l'économie d'information dans un contexte d'asymétrie d'information.

Pour la littérature à savoir AKERLOF (1970), DIAMOND et DYBVIG (1983), DIAMOND (1984), LELAND et PYLE (1977), c'est l'existence d'imperfections sur les marchés qui conduit à l'apparition des intermédiaires financiers.

Les banques naissent de l'impossibilité d'échanger sur un marché organisé des actifs faisant l'objet d'une information nulle ou partielle.

La théorie de l'agence explique le comportement des prêteurs et des emprunteurs et la plupart des modèles développés prennent comme facteur initial engendrant les asymétries d'information sur les projets à financer et la malhonnêteté de certains investisseurs. Les modèles diffèrent par les hypothèses qu'ils font sur les asymétries, sur la nature des contrats d'agence comme sur les instruments de signalisation.

I-1. Selon LELAND et PYLE (1977)

Pour LELAND et PYLE (1977), c'est l'asymétrie d'information ex-ante qui justifie l'existence des banques (ceci a trait à la sélection, à la recherche, c'est-à-dire à la sélection adverse).

Dans le modèle présenté, les emprunteurs sont supposés bénéficier d'informations privilégiées sur la qualité des projets qu'ils désirent mettre en place. Ces emprunteurs disposent d'informations de part leur position de producteurs d'informations sur la qualité et la rentabilité de leurs projets ; lesquelles informations sont ignorées des prêteurs. Ces emprunteurs disposent également d'informations sur les risques encourus et peuvent ne pas les révéler aux prêteurs. L'emprunteur peut aussi dissimuler certains aspects du risque qui lui sont connus. Pour s'attirer les capitaux, les propriétaires de projets de mauvaise qualité ont intérêt à fausser l'information et à enjoliver les résultats escomptés des projets.

Ne pouvant se distinguer des projets plus risqués (mauvais investissements), les bons projets sont soumis à une surprime de risque. Leurs promoteurs qui connaissent la vraie valeur de leurs projets sont donc conduits à disparaître du marché ou à tenter de se signaler au marché pour prouver la confiance qu'ils portent dans leurs projets (théorie des signaux : Exemple, en investissant une part personnelle aussi importante dans le projet).

Les signaux peuvent être variés, mais les plus convaincants consistent à investir dans le projet une part de leur dotation supérieure à ce qu'ils auraient investi dans une optique de diversification normale. Le hasard moral est ainsi réduit et l'incitation à mener à bien le projet se trouve renforcée.

Cette activité de signalisation est coûteuse et ce coût pourrait être pris en charge par des entreprises spécialisées. S'il existe une internalité à l'acquisition de l'information, c'est-à-dire la possibilité d'économies d'échelles, alors les agences d'information spécialisées pourraient baser leurs activités sur l'achat et la vente d'informations sur leur projet. Toutefois, comme toute information, le seul fait de la vendre ferait perdre à l'entreprise l'avantage qu'elle détient sur le reste du marché. Une manière de vendre l'information sans la divulguer passe par l'investissement direct dans les projets et donc par la création d'intermédiaires financiers.

I-2. Selon DIAMOND (1984)

Pour DIAMOND (1984), l'avantage comparatif des banques dans le traitement de l'information est déterminant et justifie leur existence. Dans le modèle avancé pour soutenir cette idée, on trouve l'asymétrie ex-post entre prêteurs potentiels et l'entrepreneur à la recherche des capitaux pour investir dans un projet risqué. Les prêteurs ne peuvent connaître ex-post le rendement du projet qu'au prix de l'information coûteuse alors que cette information est gratuite pour l'emprunteur. Or c'est sur la base de cette information que cet entrepreneur reversera une partie des profits aux investisseurs. Dans une telle situation, DIAMOND montre que le financement optimal prend la forme d'un projet à échéance fixe accompagné d'une pénalité de défaut au moins égale à l'échéance.

Afin d'éviter d'être trompé par l'entrepreneur, notamment par le biais du mauvais rendement, fictif, les prêteurs se doivent de surveiller la gestion et les résultats de l'investissement. Ce sont ces coûts de surveillance (monitoring cost) qui peuvent faire naître les intermédiaires financiers.

Les intermédiaires vont, comme chez LELAND et PYLE, procurer le financement des projets sous forme de pénalité et en assurer le monitoring. Mais les institutions ne possèderont un avantage par rapport à un investisseur particulier sur le marché que si le portefeuille est diversifié.

Somme toute, les intermédiaires financiers sont nés de la nécessité d'obtenir et de gérer un certain nombre d'informations qui, soit ne sont pas connues du marché, soit font l'objet de possibilité de sélection adverse. L'avantage informationnel de l'intermédiaire financier réside dans sa capacité à avoir l'information. L'information dont il dispose de part ses activités et son expertise à réduire le risque pour le client. Plus particulièrement, les banques peuvent réduire le risque de leur emploi en actif du bilan au bénéfice de leurs déposants.

En effet, de par leur fonction de distribution de crédit, les banques sont mieux armées que le marché pour établir le risque encouru par une entreprise. Les banques ont, de part leurs pratiques, une estimation des fonds propres requis pour qu'une entreprise puisse mener à bien une opération d'investissement. Le suivi des relations entre une banque et son client est une garantie de l'information de même que la tenue des comptes.

Eugène FAMA13(*) a particulièrement souligné l'arbitrage que constituait pour les banques leur fonction de teneurs de livre. Le contrat passé entre une banque et un client pour un crédit est d'une nature différente du contrat passé sur le marché financier. On retiendra que l'illiquidité de certains actifs s'explique par le fait que leur transmission fait supporter à l'acheteur tous les coûts de surveillance déjà mis en place par le vendeur. Les banques en tant qu'intermédiaires financiers présentent également leur avantage dans le cadre de la délégation du contrôle. Ils les prêteurs sont nombreux, ils réduisent les coûts d'information en déléguant cette tâche à un intermédiaire financier ; agent le mieux placé et mieux qualifié pour l'assurer.

En conséquence, si le contrôleur est un intermédiaire financier (IF), il a un avantage initial en matière d'information. Il se servira de cet avantage pour proposer des placements correspondants à ces clients mais il ne publiera pas l'information de sorte que celle-ci n'étant pas publique, demeurera un bien coûteux. Si l'IF a une activité diversifiée, la qualité de son information en bénéficiera et profitera à ces clients prêteurs. La diversification apparaît comme un facteur de réduction de coût de transaction en ce qui concerne les opérations des IF sur le marché mais aussi comme facteur de réduction de coût d'information. La qualité supplémentaire de l'article de DIAMOND est de montrer clairement que l'avantage comparatif des banques vis-à-vis des marchés ne peut exister que grâce à la politique jointe d'évaluation (création d'information) et de diversification. De l'ensemble des analyses, on peut croire qu'une entreprise dans le contexte d'asymétrie d'information peut avoir besoin d'un prêteur mais une fois l'information obtenue, il n'a plus besoin aussi longtemps de l'emprunteur. Les banques ont été développées de différentes manières pour résoudre le conflit potentiel d'intérêt. Une voie pour les banques de résoudre ce conflit est de prendre des actions dans la firme ou d'avoir des liens d'affaires avec la firme à travers une implication dans le conseil d'administration ou la promesse d'action (c'est le cas par exemple en Allemagne et au Japon où les banques acquièrent des actions des compagnies) et/ou la place (la banque) à la direction ou façonne le groupe ; c'est le cas par exemple des banques japonaises. Une voie alternative de refuser le conflit d'intérêt dans la pure tradition anglo-saxonne implique la création d'un réseau au sein duquel il y a transfert confidentiel d'informations.

Somme toute, en se forgeant une véritable compétence dans le traitement de l'information sur la solvabilité des emprunteurs, l'IF assume le risque de crédit et le gère grâce à la direction des risques. Les contrats qu'ils proposent sont meilleurs que ceux offerts par le marché.

Mentionnons enfin le rôle important joué par les banques dans le financement de projets qui ne peuvent être éligibles au marché financier. Il convient d'indiquer ici qu'accéder au marché financier revient à remplir un certain nombre d'obligations touchant à la fois des informations financières et de crédibilité. Toute chose qui n'est possible qu'aux grandes entreprises de bonne réputation et disposant de fonds propres élevés qui rendent la faillite improbable. Par contre, une entreprise aux fonds propres limités n'ayant pas remboursé un prêt dans le passé ou n'ayant pas encore pu bâtir une réputation de solvabilité devra être évaluée et surveillée. De ce fait, la banque joue un rôle déterminant à l'endroit des entreprises qui peuvent être évincées du marché financier.

II-LA BANQUE COMME PRODUCTEUR DE LIQUIDITE

Dans les différents modèles avancés, ce qui va conduire à la formation des banques est, d'une part, l'incertitude des agents sur le moment qu'ils auront besoin de liquidités pour consommer et, d'autre part, l'impossibilité qu'ils ont de transmettre aux autres agents l'information quant à ce besoin inattendu de liquidité.

Les étapes de la démonstration sont les suivantes :

· Chaque agent est doté, à un moment de son existence, d'un capital qu'il est libre

d'allouer entre différentes périodes afin de satisfaire sa structure temporelle de consommation.

· L'allocation des ressources se fait grâce à des informations individuelles et privées ;

lesquelles ne peuvent être transmises aux autres agents de façon standardisée (c'est-à-dire publique).

· Pour s'assurer un revenu, les agents peuvent investir dans les actifs illiquides qui

leur apportent un intérêt. Si les agents tentent de liquider leur investissement avant l'échéance, cela leur coûte le taux d'intérêt c'est à dire que le retrait prématuré de leurs capitaux ne leur rapportera rien ou leur occasionnerait des pertes. Tout agent possédant un portefeuille individuel coure donc un risque de taux qui pourrait être décomposé en risque du coût d'opportunité s'il garde son capital sous forme liquide alors qu'il ne pourrait le consommer que dans le long terme. Un risque de perte s'il investit dans les actifs illiquides et qui doit s'en dessaisir précipitamment pour consommer plus tôt qu'il ne le prévoyait. Le fait que les placements et les consommations se passent en fonction d'informations privées qui ne peuvent être transmises aux autres agents empêche les agents de s'assurer entre eux.

En effet, une assurance de liquidité préconisée pourrait s'instituer sans un flux implicite d'informations communes et publiques. Les justifications à fournir pour se procurer de la liquidité à n'importe quel moment doivent être en grande partie standardisées et dépersonnalisées. Or chaque déboursement, remboursement se fait à partir d'informations individuelles toutes différentes, non communicables mais compréhensibles car relevant de la vie privée de chaque agent. Les intermédiaires financiers seront nés dans le but de procurer des assurances contre les besoins de liquidités imprévus. Cette assurance passe par la création des contrats entre la banque et les agents, contrat qui se matérialise sous forme de dépôt.

En définitive, il est à noter que le contrat financier fait intervenir sur un marché financier des intermédiaires financiers mettant en relation des agents à besoin de financement avec ceux à excédent de financement. Force est de constater que l'asymétrie d'information, le passage de la finance directe vers la finance indirecte, la réduction des coûts dans l'élaboration des contrats financiers, la banque comme producteur d'information et de liquidité permettent de mettre en relief la connexion Prêteur-Emprunteur. Dans le chapitre suivant, il sera question de déterminer les données pertinentes pour l'octroi du crédit.

CHAPITRE II : LES INFORMATIONS FINANCIERES NECESSAIRES A L'OCTROI DU CREDIT

Le crédit peut être défini comme étant le fait qu'une personne physique ou morale (prêteur/banque) mette ou promette de mettre des fonds à la disposition d'une autre personne physique ou morale bénéficiaire (emprunteur/client) à un taux d'intérêt précisé et remboursable à une certaine échéance.  

Il est important pour le banquier de maîtriser certaines informations financières de l'emprunteur qui lui adresse une demande de crédit. Une présentation synthétique de l'analyse de crédit doit suivre un canevas précis pour faciliter la prise de décision. La forme la plus synthétique de l'analyse est la fiche d'analyse de crédit qui reprend les grands points sur l'identification du client et l'avis des décideurs. Toutefois le dossier complet de crédit comprend en général les parties suivantes :

o Présentation du client (dénomination, forme juridique, géographie du capital, métier)

o Situation des engagements dans les autres banques et dans l'informel

o Aptitudes techniques, surface patrimoniale et moralité du ou des promoteurs

o Etude du marché (rentabilité, analyse financière, risques, besoins en crédit).

SECTION 1 : COMMENT NEGOCIER LES CREDITS ?

En prêtant à l'entreprise, la banque prend le risque de ne pas être payé ou remboursé à l'échéance. Elle sait qu'en cas de liquidation de l'entreprise, les créances antérieures à la date ou à la cessation de paiement constatées, ont peu de chances d'être recouvrées. En cas de « redressement judiciaire », elle devra supporter de longs délais, sinon l'abandon d'une partie de la créance. Le risque n'est pas théorique, et plus les marges sur les crédits diminuent, plus il devient important pour la banque de l'apprécier d'aussi près que possible ; 2% de mauvaises créances chaque année absorberaient une marge nette de 2%. Il est donc normal que l'entreprise donne suffisamment de renseignements et de prévisions à la banque pour obtenir les crédits demandés, sinon fournisse des garanties sur l'actif de l'entreprise ou des garanties extérieures.

Au-delà des chiffres et des garanties formelles, il faut développer avec le banquier un climat de confiance envers l'entreprise et son représentant financier.

I- RENSEIGNEMENTS SUR LE PASSE, LE PRESENT ET LE FUTUR

I-1. Les renseignements sur le passé

En plus des comptes et rapports annuels, qui permettent à la banque de calculer les ratios financiers et de suivre leur évolution, il est bon de fournir des explications sur l'historique de la société et son développement. Le banquier appréciera aussi des éclaircissements sur la signification économique de certains postes du bilan et du compte de résultat, ainsi que sur les méthodes de comptabilisation utilisées.

Il conviendra de lui faire ressortir la valeur réelle des immobilisations, en francs courants, ainsi que des éléments de sous-évaluation des résultats comptables par rapport à la réalité économique. Si l'entreprise a eu des impayés (chez la banque ou une autre banque), il paraît préférable que cette question soit abordée surtout s'il s'agit d'un accident tout à fait exceptionnel. Ces informations peuvent être obtenues à travers les syndicats des banques, surtout si ceux-ci sont chargés de partager des informations sur les clients douteux.

I-2. Les renseignements sur le présent

Le banquier sera intéressé d'être tenu informer au fur et à mesure des évènements importants dans la vie de l'entreprise (dans le cas où l'emprunteur n'est pas un particulier), surtout si des difficultés surviennent, risquant de se traduire par une poussée de l'endettement. Il acceptera ainsi plus facilement de payer les chèques et effets présentés au paiement, même si le plafond du découvert autorisé est dépassé.

Suivant la taille de l'entreprise, le dirigeant, responsable administratif et financier ou le trésorier organiseront des contacts réguliers pour faire le point, notamment à l'occasion du renouvellement annuel des lignes de crédit mais aussi à d'autres occasions. Une visite des installations, à l'occasion d'un changement, permet au banquier d'avoir une vue plus concrète de l'entreprise.

Tous renseignements doivent être donnés sur la répartition du capital, la situation des apports en compte courant, les relations avec la société mère ou les filiales ; cette opération « portes ouvertes » est de nature à inspirer confiance. A. juste titre, le banquier craint en effet tous« les pièges» susceptible de l'empêcher de repérer la situation réelle de l'entreprise.

I-3. Les renseignements sur le futur

Dans le plan à long terme, nous pouvons dire que :

Toute banque même n'octroyant que des crédits à court terme, a besoin de connaître le plan d'investissement et de financement de l'entreprise car la trésorerie est la résultante de tous les flux financiers. De plus, lorsqu'elle s'engage sur une ligne de crédit court terme, il est difficile à la banque, sauf incidents graves, de ne pas renouveler l'année suivante. Dans le plan à long terme, ce qui compte surtout, ce sont les échéances d'emprunts des années à venir par rapport à la capacité d'autofinancement.

Le budget de trésorerie est le document de base pour la banque puisqu'il indique l'évolution prévue des en-cours de crédit court terme. Le banquier admettra qu'il ait une assez grande marge d'incertitude en la matière. Il appréciera particulièrement que l'entreprise établisse deux ou trois scénarii dont l'un correspond à l'évaluation maximale des besoins.

L'entreprise justifiera ainsi à l'avance que l'utilisation des crédits soit très inférieure à la ligne demandée. Prévisions à quelques mois. Le fait que l'entreprise soit à mesure d'indiquer, même schématiquement, les variations envisagées dans ses encours de crédits, constitue un point très positif du point de vue du banquier :

o Cela prouve que l'entreprise maîtrise sa trésorerie ;

o C'est une information qui peut lui être utile dans sa gestion.

II- LES ELEMENTS ESSENTIELS DE LA SITUATION FINANCIERE POUR LA BANQUE

II-1. Les données fondamentales

Les données primordiales que le banquier s'efforcera d'obtenir ou de reconstituer, pour le passé et pour l'avenir, sont principalement :

· Le fonds de roulement net qui doit être positif pour une entreprise industrielle et couvrir tout ou partie des stocks ;

· Le chiffre d'affaires, et si possible son profil saisonnier ;

· Le besoin en fonds de roulement et ses éléments constituants exprimés en délai de rotation et, globalement, en nombre de jours de vente ;

· L'endettement court terme et total, y compris le long terme et les dettes non financières, par rapport aux fonds propres et à la capacité d'autofinancement ;

· Les frais financiers en pourcentage du chiffre d'affaires et par rapport au résultat d'exploitation.

L'entreprise demandera à la banque

o soit une ligne de crédit utilisable à dure concurrence à tout moment au cours d'une certaine période, en principe pour une année ;

o Soit un crédit mobilisé immédiatement.

Elle lui précisera :

o le montant de la ligne ou du crédit ponctuel demandé ;

o la forme du crédit (cession de créances, émission de billet à l'ordre de la banque, ou du crédit en compte) et de la nature du bien financé (stocks ou créances), éventuellement le type d'activité (exportation, marchés publics...) ;

o la durée du crédit ;

o éventuellement les garanties offertes.

Le banquier souhaiterait connaître comment le crédit demandé s'inscrit dans le total des plafonds ou en-cours de crédits de l'entreprise.

II-2. Négocier les conditions avec la banque

Dans un contexte favorable, on éprouve toujours une certaine tentation à traiter les banquiers comme des fournisseurs pour obtenir sur chaque point le « prix» le plus bas du marché.

Mais le banquier n'est pas un fournisseur comme les autres. L'argent est le nerf de la guerre pour l'entreprise. Il convient d'autant plus de ménager l'avenir que la situation du marché de l'argent ou celle de l'entreprise peut changer radicalement. Il est important de maintenir un climat de confiance, sinon d'amitié. N'oublions pas non plus le rôle de conseil du banquier dans des domaines devenus particulièrement complexes.

Encore plus qu'avec d'autres fournisseurs il convient par conséquent d'agir avec discernement, diplomatie, et en recherchant, si possible, l'intérêt à long terme des deux parties en présence.

Il est inutile de tout négocier avec tous les banquiers. Il faut choisir ce qui est important pour l'entreprise, ce qu'on peut demander raisonnablement et à quelle banque, replacer la demande dans le cadre des relations globales entre les deux parties , offrir une contrepartie au sacrifice demandé, enfin suivre l'application des accords passés.

En fin d'analyse, le banquier devrait posséder toutes les données relatives à la vie de l'entreprise qui fonde la demande de crédit.

SECTION 2 : L'ANALYSE FINANCIERE DU POINT DE VUE DU PRETEUR

Le prêteur qu'il s'agisse du banquier ou de tout autre organisme de crédit est avant tout intéressé par la solvabilité14(*) de l'entreprise. Le prêteur à long terme devra donc s'assurer que la solvabilité à long terme est satisfaisante, le prêteur à court terme s'inquiètera de sa solvabilité à court terme, sans pour autant négliger la solvabilité à long terme de la firme car l'équilibre financier de l'entreprise est un.

I-L'APPRECIATION DE LA SOLVABILITE DE L'ENTREPRISE 15(*)

I-1. Solvabilité à long terme

Le prêteur (banquier) fait d'abord porter son attention sur la capacité d'endettement de l'entreprise, sur la structure des ressources qu'elle dispose. Il calculera la part que représentent les capitaux propres de l'entreprise par rapport au total de ses ressources, celles qu'ils représentent par rapport au seul total des capitaux permanents. Il effectuera ce calcul avant et après enregistrement du prêt demandé par l'entreprise pour analyser les conséquences de son éventuel octroi.

A partir des études statistiques, les spécialistes estiment que lorsque les capitaux propres représentent les deux tiers (2/3) du total des ressources, la capacité d'endettement et la solvabilité de l'entreprise sont très grandes, lorsqu'ils en représentent plus de la moitié, elles sont satisfaisantes ; par contre, en deçà, la situation de l'entreprise mérite une étude approfondie et il est conseillé aux prêteurs de demander des garanties16(*).

Lorsque les capitaux propres ne dépassent pas le tiers des ressources totales, la situation financière de l'entreprise peut devenir délicate et certaines banques pensent qu'il est imprudent de lui prêter des capitaux à long terme sans exiger d'elle d'augmenter ses fonds propres.

De façon traditionnelle, l'entreprise dont les capitaux propres sont inférieurs à l'endettement à moyen et long terme apparaît déjà très endettée. Un certain rapport entre les fonds propres (F.P) et l'endettement (E.T) doit être observé :

F.P = 40

E.T 60

Le prêteur à long terme devra s'enquérir de l'utilisation des fonds qui lui sont qui lui sont réclamés, l'entreprise devra lui fournir un plan de l'investissement et de financement sur trois à cinq ans en termes de besoins et de ressources. Il pourra tester la cohérence de ces prévisions en établissant le tableau des emplois et des ressources (TAFIRE) des deux et trois dernières années.

I-2. Solvabilité à court terme

Ici, la tâche du banquier se ramène à analyser avec soin les besoins de financement de l'exploitation de l'entreprise et à apprécier le niveau de fonds de roulement. Plusieurs entreprises consomment leur fonds de roulement pour l'acquisition de nouvelles immobilisations, le remboursement de dettes, la couverture des pertes d'exploitation.

Phase1 : L'entreprise dispose d'un fond de roulement positif, le bilan arrêté à la première phase de vente, ceci après affectation du résultat.

Figure 3 : Bilan fonctionnel : la détermination du fonds de roulement

Actif Immobilisé (A I)

Capitaux Permanents

(C P)

Fonds de roulement (FR)

Dettes à Court Terme

(DCT)

Actif Circulant (A C)

Ø F R = C P - A I (par le haut du bilan)

Ø F R = A C - D C T (par le bas du bilan).

Phase 2 : L'entreprise consomme son fonds de roulement pour faire face :

o A l'augmentation de son actif immobilisé (1) ;

o Au remboursement de ses dettes à long et moyen terme (2) ;

o A la perte d'exploitation qu'elle enregistre pendant la morte saison (3).

o Elle a donc des besoins de fonds à court terme (4), (cf. figure 2).

Figure 4 : Bilan fonctionnel : l'utilisation par l'entreprise du fonds de roulement

Actif Immobilisé (A I)

(1)

Capitaux Permanents

(C P)

(2)

Dettes à Court Terme

(DCT)

(4)

Actif Circulant (A C)

(3)

Phase 3: Lors de l'arrêté du bilan, après la fin de saison, le fonds de roulement se trouve reconstitué : les amortissements sont venus en diminution de l'actif immobilisé (1), et le bénéfice non distribué (BND) vient en augmentation des capitaux permanents de l'entreprise (2) (cf. figure 3).

Figure 5 : Bilan fonctionnel : la reconstitution du fonds de roulement

Actif Immobilisé (A I)

Capitaux Permanents

(C P)

Fonds de roulement (FR)

Dettes à Court Terme

(DCT)

Bénéfice

(2)

(1)

Actif Circulant (A C)

Notons également que dans l'appréciation de la solvabilité de l'entreprise, la détermination du besoin en fonds de roulement (BFR) joue un rôle important. Le BFR est l'excédent des besoins d'exploitation et hors exploitation sur les ressources d'exploitation et hors exploitation de l'entreprise. A cela, l'on peut ajouter la trésorerie nette (TN) qui est la différence entre le fonds de roulement et le besoin en fonds de roulement.

Figure 6 : Besoin en fonds de roulement

BESOINS RESSOURCES

Stocks

Besoins en fonds de roulement (BFR)

 

Clients

 

Dettes fournisseurs

Créances diverses

 

Dettes fiscales et sociales

 
 

Dettes diverses

BFR = Besoins - Ressources

TN = FR - BFR.

II-L'ANALYSE DES RATIOS

II-1. Le ratio de couverture des risques

C'est le ratio de couverture des risques qui fait obligation aux établissements de crédit de justifier en permanence que leurs fonds propres nets couvrent au minimum 8 % de l'ensemble de leurs concours.

Composants

Calculs

Fonds propres (FP)

>= 8% de l'ensemble des concours


Il convient de préciser que ces engagements bénéficiant aux Etats sont pris en compte sans pondération dans le calcul des risques.

II-2. Le ratio de divisions des risques

Ce ratio limite les encours de crédit à un seul client et les encours de crédit en faveur de leurs gros clients.

Composants

Calculs

Sur 1 bénéficiaire

Ensemble des risques sur 1 bénéficiaire

< 45% des FP

Sur les bénéficiaires > 15% des fonds propres nets

Ensemble des risques sur tous < 800% des FP

Avec :

Ensemble des risques = (Encours -- Provisions)

pondérés par type d'emprunteur et durée résiduelle

II-3. Le ratio de couverture des immobilisations

Il oblige les établissements de crédit à financer leurs immobilisations au minimum à 100 % par leurs ressources permanentes.

Composants

Calculs

Ressources permanentes

>=100% des immobilisations

II-4. Les limites des activités non bancaires

Une prise de participation au capital d'une entreprise par un établissement de crédit est limitée à 15 % des fonds propres nets, l'ensemble des participations ne pouvant dépasser 75 %; cette limite devra être ramenée à 45 % ultérieurement.

Composants

Calculs

Participation dans une entreprise

< 15% des FP

Participation globale

< 45% des FP

Opérations non bancaires

< 100% du PNB

II-5. Les concours aux actionnaires

Ce concours est inférieur à 15% des fonds propres.

Composants

Calculs

Concours aux actionnaires, administrateurs, dirigeants et personnel

< 15% des FP

II-6. Les ratios de rentabilité nette, de rentabilité financière et rentabilité globale

Le premier ratio mesure le taux de revenus secrétés pour un chiffre d'affaires, le second mesure la rentabilité des capitaux propres engagés et le dernier mesure le taux de ressources générées pour un franc de chiffres d'affaires.

Composants

Calculs

Rentabilité nette

Résultat net / Chiffres d'affaires H.T

Rentabilité financière

Résultat net / Capitaux propres après répartition au titre de l'exercice précédent

Rentabilité globale

Capacité d'autofinancement / Chiffres d'affaires H.T

Pour s'arrimer et vibrer en phase avec le reste du monde dans sa lutte contre le blanchiment d'argent, le Cameroun a promulgué un décret portant création un organisme spécialisé dans ce domaine. Le GABAC17(*) créé en 2000 et l'ANIF18(*), créée par décret du chef de l'Etat Camerounais le 31 mai 2005, viennent compléter le paysage des organes de contrôle des transactions financières au sein de la COBAC.

En définitive, une bonne maîtrise des crédits octroyés par la banque passe essentiellement par l'étude du dossier de cette demande de crédit. La banque pour se prémunir de tout risque doit analyser les informations sur le passé, le présent, et le futur de l'entreprise ; cette analyse nécessite de regarder au mieux les informations financières lui autorisant l'accord au crédit.

CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE

Le crédit bancaire est un contrat financier qui met en relation un prêteur (banque) qui est à excédent de liquidité et un emprunteur (client) qui est à déficit de liquidité sur un marché financier. Ce financement peut s'effectuer de façon directe ou de façon indirecte. La notion d'information dans ce processus est d'importance capitale. Le principe d'asymétrie d'information a conduit les clients à bénéficier de certains atouts mais surtout à la banque de limiter des désagréments en recherchant de manière accrue l'information, en vérifiant les documents fournis, en contrôlant l'exécution des contrats.

Le prêteur en mettant à la disposition du demandeur de liquidité des fonds doit éloigner au maximum des éventuels risques. Il peut procéder par l'intermédiaire financière. Les intermédiaires financiers assument le risque de crédit et le gèrent grâce à la direction des risques. Les contrats qu'ils proposent sont meilleurs que ceux offerts par le marché.

Les données financières relatives à l'octroi du crédit bancaire sont correspondantes à une étude sur le passé, le présent et le futur de l'entreprise. C'est ainsi que toute étude de crédit effectué suivant le plan d'analyse ainsi défini doit aboutir à une conclusion motivée et objective quant à :

· l'opportunité pour la banque d'investir dans le secteur d'activité ;

· l'intérêt que présente la relation par sa solvabilité, sa moralité et ses potentialités

· les besoins réels en crédits ;

· les garanties à confier en contrepartie des concours sollicités avec nécessité de garanties réelles pour les crédits de fonctionnement et crédits à moyen terme ;

· que les garanties proposées soient solides et couvrent largement le montant du concours.

2ème PARTIE : EXAMEN DES DETERMINANTS DE L'OCTROI DU CREDIT BANCAIRE A AFRILAND

FIRST BANK AUX ENTREPRISES

Cette partie s'intéresse au traitement bancaire (par des outils statistiques) des différentes demandes de crédits par l'offre dont dispose Afriland en fonction du marché de crédit camerounais et des informations financières reçues des emprunteurs. Il est d'abord question de présenter de façon générale le marché de crédit bancaire au Cameroun (demande, offre de crédit des ménages et des entreprises), puis le marché de crédit à la First Bank (marché des dépôts et des crédits). Ensuite, nous utiliserons des tests statistiques pour démontrer l'opportunité du choix de la banque à octroyer les crédits aux entreprises.

CHAPITRE III : LE PORCESSUS D'OCTROI DU CREDIT BANCAIRE AU CAMEROUN : Le cas AFRILAND FIRST BANK

Il est question ici de présenter les différentes articulations de demande et d'offre du marché de crédit bancaire camerounais en faisant ressortir par après le cas de la banque AFRILAND FIRST BANK. En ce qui concerne la demande de crédit bancaire, elle touche l'Etat, les particuliers et surtout les entreprises. S'agissant de l'offre de crédit, elle est proposée par les secteurs suivants : la bourse, les banques, les établissements de microfinance, les tontines et l'informel. Dans une première section, nous étudierons le marché du crédit bancaire au Cameroun ; et dans une seconde section, la spécificité de la banque First Bank.

SECTION 1 : LE MARCHE DU CREDIT BANCAIRE DU CAMEROUN

Le marché de crédit est considéré selon l'hypothèse néoclassique19(*) comme tout marché où l'on retrouve des offreurs et des demandeurs de crédit. Les conditions d'accessibilité à la demande de ce marché obéissent aux conditions du marché de concurrence pure et parfaite. Les caractéristiques fondamentales de ce marché sont les suivantes :

· La pureté qui se traduit par deux éléments suivants :

o L'atomicité : on suppose qu'il existe un très grand nombre de vendeurs et d'acheteurs sur le marché, aucun d'eux n'ayant une taille susceptible d'influencer les conditions ou les résultats du marché.

o La libre entrée et sortie : on suppose qu'à tout moment, n'importe quel agent économique acheteur ou vendeur est libre de participer ou non à l'activité du marché. Il n'existe aucune entrave à la participation au marché.

· La concurrence. Elle se traduit par :

o L'homogénéité des produits : tous les vendeurs mettent sur le marché un produit homogène c'est-à-dire considéré identique par les acheteurs qui sont indifférents à l'identité du vendeur. La concurrence ici entre les vendeurs ne peut se porter sur des caractéristiques du produit vendu mais plutôt sur le prix.

o La mobilité des facteurs : les facteurs de produit peuvent se déplacer sans délai librement, d'une entreprise à une autre, d'un marché à un autre, à la recherche de gain.

o La transparence : on suppose ici que les formations des différents agents qui interviennent sur les marchés est parfaite c'est-à-dire disponible immédiatement et sans coût. Cela signifie que tout le monde connaît en même temps et gratuitement les quantités offertes et les prix pratiqués sur tous les marchés.

L'équilibre sur le marché de crédit se traduit par l'équilibre entre l'offre et la demande de crédit. Le prix est la variable d'ajustement :

§ Si la demande augmente, alors le taux d'intérêt augmente jusqu'à ce que l'offre égalise la demande de crédit ;

§ Si la demande baisse, c'est la situation inverse.

Analyser le marché de crédit sous cet angle revient à considérer que ce marché est un marché aux enchères, en d'autres termes un marché où les transactions entre les différents agents sont instantanés. Cela suppose ainsi que les offreurs et les demandeurs ne se connaissent pas, pourtant dans ce marché les transactions commencent et s'achèvent dans le futur. Avec cette vision du marché, le contenu en information du prix peut donc apparaître insuffisant pour réguler le fonctionnement du marché du crédit. L'information devient une variable essentielle sur le marché de crédit.

Sur les marchés néoclassiques, la livraison du bien par le vendeur et le paiement par l'acheteur sont simultanés, alors que sur le marché du crédit, le prêteur et l'emprunteur échangent une promesse de remboursement. Le risque de défaut s'explique par la différence entre cette promesse et les remboursements effectués. Les prêteurs se préoccupent donc d'évaluer la qualité de la promesse de l'emprunteur, c'est-à-dire sa probabilité de défaillance. Une des activités principales des banques est de collecter et de traiter des informations sur les emprunteurs potentiels. Les informations ainsi accumulées par chaque banque sont non transmissibles (elles reposent en partie sur des critères subjectifs) et, de ce fait, l'engagement est irréversible : le contrat de prêt n'est pas négociable20(*).

De plus, la banque spécifie elle-même les termes du contrat : elle définit le taux d'intérêt et n'est pas un agent "price taker" comme sur les marchés néoclassiques habituels. Le taux d'intérêt défini par la banque comprend une prime de risque censée compenser la perte encourue en cas de défaillance de l'emprunteur. Cependant, la prime de risque ne peut pas être trop élevée car le taux d'intérêt influence la qualité du crédit, c'est-à-dire la capacité de l'emprunteur à respecter ses engagements.

I-LA DEMANDE DE CREDIT CAMEROUNAISE

De façon générale, il s'agit de la manifestation d'un besoin d'encaisse c'est-à-dire de liquidité effectué par les agents non financiers en direction des créateurs de monnaie. La demande de monnaie est abordée ici en mettant en exergue les raisons qui amènent les agents économiques à souhaiter conserver leurs avoirs. Autrement dit-il s'agit d'étudier la demande de monnaie selon ses motifs (transaction, précaution et spéculation).

Voici un bref aperçu de la situation économique du Cameroun en 2003 sous forme de tableau.

Tableau 1 : Situation économique du Cameroun en 2003

1

Afrique en miniature

2

10 provinces administratives

3

16,7 millions d'habitants

4

475.000 km2

5

Capitale Politique : Yaoundé

6

Capitale Economique : Douala

7

Monnaie : F CFA ; (1 EURO= 655.957F CFA)

8

Langues : Français & anglais

9

PIB : 8 963,6 US Dollars

10

PIB par habitants 984 US Dollars

Source: GUELA S., AFRILAND FIRST BANK AND FMO

La demande de crédit au Cameroun peut être définie comme la quantité de monnaie que les ménages, les entreprises et l'Etat souhaitent ou désirent obtenir auprès des institutions bancaires et financières sur la base des certaines garanties. Pour cela, ces emprunteurs doivent se rapprocher de ces établissements de crédit, qu'ils ouvrent des comptes et se connectent à l'activité bancaire et financière. Ils peuvent octroyer différents crédits (court terme, moyen et long terme).

Or, le pays est frappé par une crise qui a conduit à une restructuration (1990-1995) du secteur bancaire dont les principales caractéristiques sont les suivantes :

ü Six (6) banques liquidées

ü Trois (3) banques recapitalisées

ü Une (1) nouvelle banque créée

ü Quatre mille (4000) emplois supprimés

ü Cent quatre (104) guichets de banque fermés

ü Coût global cinq cent trente huit (538) milliards.

Le Cameroun retrouve ainsi un réseau bancaire moins dense21(*) avec une prolifération des établissements de microfinance (très sollicités et appréciés par les populations), mais très étroitement contrôlées par la COBAC.

I-1. Prenons l'exemple des ménages de la zone du grand Nord camerounais 22(*)

Seuls 5,8% des ménages dont 3,5% en milieu urbain et 2,3% en milieu rural, ont déclaré avoir sollicité un crédit d'investissement au cours des douze derniers mois précédant l'enquête ; niveau relativement bas par rapport à la moyenne nationale qui est de 8,7%. Comme dans les autres provinces (appelées aujourd'hui régions), les populations semblent ne pas être habituées à la demande de crédit d'investissement. Elles sollicitent davantage les crédits de consommation pour financer la célébration du mariage, la préparation de la rentrée scolaire ou l'acquisition d'un bien durable de consommation. Les taux nets d'accès au crédit calculés par rapport aux ménages qui en ont fait la demande sont évalués à 15,7% pour la province contre une moyenne nationale de 12,1%. Cette situation s'explique principalement par la multiplicité des groupements communautaires ayant des volets épargne crédits dans leurs activités (Caisses populaires, GIC, associations diverses, etc.) ainsi qu'à l'existence dans la région de plusieurs ONG et projets accordant des microcrédits. Suivant le niveau de vie, les pauvres ont relativement moins accès au crédit d'investissement que les non pauvres lorsqu'ils en demandent. Il en est de même des citadins par rapport aux ruraux.

Cette situation se justifie par le fait que les pauvres possèdent moins souvent la garantie exigée pour ces types de crédits ou manquent d'appui dans les démarches. Les profils d'accès au crédit par les ménages de l'Extrême Nord et ceux de l'ensemble des ménages du Cameroun sont comparables. La province se démarque néanmoins du reste du pays par la proportion particulièrement élevée de crédits destinés à la création d'unités de production par rapport à l'ensemble des crédits obtenus.

Pour ce qui concerne le Cameroun, l'année 2004 n'aura donc pas été celle du boom du crédit23(*). La surliquidité, étant générale dans la sous-région, presque aucune banque ne présente de besoins importants et urgents de trésorerie. Cette surliquidité est d'ailleurs telle que le gouverneur de la BEAC, Jean-Félix MAMALEPOT, a pris de nombreuses mesures de ponction de liquidité, notamment à travers les mécanismes de réserves obligatoires, pour effectuer, de mois en mois, la captation des ressources. Ainsi, au titre des réserves obligatoires constituées, les banques camerounaises ont déposé plus de 80 milliards de francs CFA auprès de la Banque centrale, sur un total de 129 milliards de francs déposés par l'ensemble des banques de la sous-région, sans compter un peu moins de 30 milliards déposés régulièrement par les banques camerounaises. C'est dire l'ampleur de la surliquidité du système bancaire sous-régional, qui tranche par contre avec le volume du crédit.

I-2. La demande des petites et moyennes entreprises (PME)

Aujourd'hui, près de 40% des PME24(*) sollicitent un concours bancaire pour financer leurs besoins. La réponse est en général négative à cause de la multiplicité et du coût exorbitant des garanties demandées au promoteur. Malgré cette situation défavorable, certaines banques ont la volonté d'intervenir dans le financement des PME. Il s'agit par exemple des banques de petites et moyennes dimensions telles Amity Bank, Ecobank et Afriland First Bank. En outre, il existe des établissements financiers et des sociétés de leasing pour financer l'acquisition des biens d'équipement professionnels. De manière générale, les prêts à long et moyen terme sont financés par les banques suivantes :

· La Société générale de banque au Cameroun (SGBC) qui intervient dans toutes les opérations de banque ;

· La Standard chartered bank of Cameroon qui finance le secteur du commerce et assure toutes les opérations de banque ;

· La Banque Internationale pour le Crédit et l'Epargne du Cameroun (BICEC) qui finance toutes les opérations de banque ;

· Citibank qui finance le secteur du commerce, de l'industrie et assure toutes les opérations de banque ;

· Le Crédit foncier du Cameroun qui finance beaucoup plus le secteur de l'immobilier ;

· Le Crédit agricole/Société camerounaise de banque (CA/SCB) qui finance les crédits des entreprises.

II-L'OFFRE DE CREDIT AU CAMEROUN

II-1. Rappels théoriques de certains auteurs

Selon J.M. KEYNES 25(*): « L'expansion se caractérise par un excès de l'investissement sur l'épargne et la récession se caractérise par un excès de l'épargne sur l'investissement ». Dans une série de conférences données en 1931 à l'Université de Chicago, donne son analyse de la crise économique et les remèdes possibles pour en sortir. Une abondance d'épargne peut avoir des effets néfastes sur l'économie et sur l'emploi en particulier. Avant de s'intéresser aux différences et aux fluctuations entre l'épargne et l'investissement, Keynes analyse les deux notions et trouve une identité entre les deux. L'épargne est la part du revenu non consommé immédiatement. L'investissement permet de créer ou d'acheter des biens de production. L` investissement peut être matériel, c'est par exemple, l'achat de nouvelles machines de production, mais aussi immatériel, comme dans les services.

KEYNES réfute ces analyses où l'épargne égale l'investissement à priori et surtout où c'est l'épargne qui détermine l'investissement. Il a la vision suivante : pour lui trop d'épargne peut être nuisible à l'économie et c'est l'investissement qui détermine l'épargne notamment avec le processus du multiplicateur. KEYNES s'oppose à la logique de l'équilibre de marché, il préfère une approche par le circuit (demande --> revenu --> dépenses). Pour lui, l'épargne est la différence entre le revenu et la consommation, et l'investissement est la différence entre le produit global et la consommation. Si, comme le note M. HERLAND dans son livre : Keynes et la macroéconomie, on « identifie le revenu et le produit, ce qui n'est certes pas incontestable » on trouve l'identité entre l'épargne et l'investissement.

Selon J.B. SAY, du courant néoclassique opposé à la pensée keynésienne, affirme que « l'offre crée sa propre demande ». Pour SAY, une augmentation de la production permet de distribuer un supplément de revenu. L'individu, plus riche, achètera plus de biens ou services, et facilite ainsi l'écoulement des nouveaux « débouchés ». C'est une économie basée sur l'offre qui servira de base aux néo-classiques. Pour eux, il y a égalité a priori entre l'épargne et l'investissement. L'épargne est faite pour être investie. Le revenu est égal à la somme de la consommation et de l'épargne et la demande est égale à la somme de la consommation et de l'investissement. Les néo-classiques en déduisent que le revenu est égal à la demande. C'est le taux d'intérêt qui permet de réaliser l'équilibre. L'augmentation du revenu permet de transmettre l'accroissement de l'offre à la demande.

II-2. L'offre de crédit au Cameroun

De façon générale, l'offre de monnaie est considérée comme étant le résultat des actions menées par trois principales catégories d'agents économiques : Les banques commerciales, l'institut d'émission (banque centrale) et dans une moindre mesure le trésor. Ce sont des acteurs qui sont considérés comme les créateurs de la monnaie. C'est dans cette logique que les opérations de crédit et l'entrée des devises sont considérées comme les contreparties de la masse monétaire. Le système financier camerounais est constitué :

· Une bourse de valeurs mobilières

· Un secteur bancaire (13 banques)

· Des Etablissements de microfinance (environ 450 EMF)

· Dans une certaine mesure, les autres institutions financières non bancaires.

a) Le système bancaire

Le système bancaire est le secteur le plus actif. Il a traversé une crise d'une portée exceptionnelle par son intensité, sa durée et son impact socio-économique. Quelques chiffres pour illustrer :

Tableau 2 : Quelques indicateurs démontrant la crise camerounaise

Principaux indicateurs

1985

1986-1986

Taux de croissance

+7,1% du PIB

-1,3% du PIB

Solde budgétaire

+1% du PIB

-11,4% du PIB

Balance de paiement

-3,7% du PIB

-14,1% du PIB

Endettement

+65% du PIB

+75% du PIB

Avoirs extérieurs nets

220 milliards de F CFA

-95 milliards de F CFA

Taux de couverture de la monnaie

56,5%

22,3%

Compte d'opérations

+208,7 milliards de F CFA

-72,8 milliards de F CFA

Source: GUELA SIMO (2005/2006), AFRILAND FIRST BANK AND FMO.

Depuis lors, il y a eu beaucoup d'évolution. Le secteur bancaire s'est vu enrichi de plusieurs autres banques couvrant et contrôlant ainsi 86% du marché, suivi des établissements financiers autres que les assurances avec 5,6%, les compagnies d'assurances elles détiennent 4,5% du marché et le secteur de la microfinance 3,6%. L'activité bancaire demeure caractérisée par une liquidité abondante, une augmentation des crédits, une position extérieure débitrice et une amélioration des ratios prudentiels.

Le bilan consolidé des banques créatrices de la monnaie en 2008 s'équilibre à deux mille trois cent vingt neuf (2329) milliards contre deux mille deux cent cinquante trois (2253) milliards en 2007. Les fonds propres nets corrigés des banques se sont stabilisés à cent seize (116) milliards26(*).

Tableau 3 : Répartition des crédits par type durée (en %) au Cameroun.

Libellés

30/06/2005

30/06/2006

30/06/2007

30/06/2008

Crédits à court terme

0,3

1,2

2,3

2,34

Crédits à moyen terme

31,9

34,3

34,2

7,1

Crédits à long terme

28,1

28

27,6

26,6

Créances brutes en souffrance

13,2

12,5

13,2

12,95

Comptes débiteurs de la clientèle

26,0

22,4

21,2

20,03

Autres sources dues par la clientèle

0,4

0,8

1

1,98

Source : BEAC

b) Le secteur de la microfinance et la bourse

Ce secteur occupe une place prépondérante en zone CEMAC car concentre environ 67% des EMF, 72 % des guichets, 70% des membres/clients, 69% de l'encours des dépôts, et 82 % de l'encours brut des crédits27(*). Les activités des EMF se sont rapidement développées en respectant les normes de la COBAC. Cet assainissement de la profession a incité un renforcement des fonds propres des EMF qui sont passés de trois (3) milliards en 2000 à plus de dix-neuf (19) milliards en 2006. En décembre 2007, les encours bruts ont atteint 150 milliards correspondant à 10,4% des crédits octroyés par le secteur bancaire tandis que le total des dépôts collectés est de 200 milliards. Notons que certains réseaux de microfinances sont parrainés par certaines banques à savoir :

v Le réseau CAMCCULL (Cameroon corporative credit union ligue limited) avec la banque Union Bank ;

v Les M (Mutuelles communautaires de croissance) avec la banque Afriland First Bank ;

v ADVANS avec la banque SGBC ;

v Le réseau CVECA (caisses villageoises d'épargne et de crédit autogérées) avec la BICEC.

En ce concerne le secteur de la bourse ou le marché financier, la Douala Stock Exchange28(*) (DSX) a deux entreprises cotées (SEMC et SAFACAM) et atteint une capitalisation boursière de l'ordre de sept virgule quatre (7,4) milliards en juillet 2008. Le nombre de prestataires de services d'investissement est en pleine croissante. Les statistiques de 2008 certifient que le nombre est passé de six à huit.

Au bout de cette section, force est de constater que le marché de crédit camerounais est l'expression d'un besoin de liquidité effectué par les agents non financiers en direction des créateurs de monnaie ou offreurs de liquidité dans une institution appropriée. Ce marché est assez enrichi car on y retrouve les établissements financiers, les EMF, les banques commerciales, la bourse de valeurs, les autorités monétaires telles le Ministère de tutelle et la COBAC, la BEAC. Le public vivant en zone rurale étant éloigné de l'activité bancaire, les réseaux des EMF ont trouvé le moyen de résorber ce problème en se rapprochant de cette couche de la population.

SECTION 2 : LE MARCHE DU CREDIT A AFRILAND FIRST BANK

Afriland First Bank, actuellement classée troisième banque camerounaise avec un capital de neuf (9) milliards de F CFA, voit le jour en 1987. Ses principaux groupes actionnaires sont un groupe de privés camerounais, un groupe de privé hollandais et un groupe de privé luxembourgeois. Cette banque s'est donnée pour mission d'apporter des solutions appropriées aux problèmes quotidiens des africains en tenant compte de leurs spécificités. Le réseau national et international de la First Bank est composé de :

Ø Coté national :

o La région Centre-Ouest avec les agences de Messa, Hippodrome, Retraite, Bafoussam et Bamenda.

o La région Littoral-Nord avec les agences de Bonanjo, Mboppi, New-Bell, Akwa, Limbé, Nkogsamba, Kousséri, Garoua, Maroua et Ngaoundéré.

Chaque région est administrée par un Directeur Général Adjoint.

Ø Coté international : la banque a des filiales (Guinée Equatoriale, République démocratique du Congo, Sao Tomé et Principe), des bureaux de représentation (Congo Brazzaville, France, Chine), des représentations (la BCD du Tchad, la SMDC au Maroc, la National Bank of South Africa).

I- LE MARCHE DE CREDITS ET DE DEPOTS

I-1. Le marché des crédits

L'analyse du marché bancaire en général au 30 juin 2007 montre un recul dans l'octroi des crédits par rapport à décembre 2006 (baisse de 2,55%). Par rapport à la même période de l'année 2006, il s'agit plutôt d'une hausse de l'ordre de 2,55%. Par rapport au début de 2008, le montant de crédits alloué par la First Bank a connu une baisse de 5,94%, passant de F CFA 127 921 millions à F CFA 120 327. La conséquence directe est que la part de marché de la banque s'établit alors à 12,53% au lieu de 12,98% en janvier 2008. A cette date, Afriland First Bank conserve la troisième place derrière la BICEC (21, 05% de part de marché en 2008), la CA/SCB (14,11% de part de marché en 2008).

I-2. Le marché des dépôts

Au 30 juin 2007, le total général des dépôts s'élève à F CFA 1 625 299 millions. En hausse de 5,34% par rapport à décembre 2006. Par rapport à la même période l'année 2006, la hausse est de 13,07%. Le montant des ressources collectées par la First Bank a connu une hausse de 17,07% par rapport au 30 juin 2006 et de 5,54% par rapport à décembre 2006. La conséquence directe de ce bon comportement est que la part de marché de la banque s'établit alors à 14,55% contre 14,52% en début 2008. La SGBC garde le leadership au Cameroun en matière de dépôts (F CFA 321 403 millions). La First Bank occupe la troisième place à la suite de la BICEC (F CFA 311 754 millions), et du CA/SCB (F CFA 279 523).

Nota Bene : La First Bank consolide sa position dans le peloton de tête du marché bancaire au Cameroun.

Au 31 décembre 2007, Afriland First Bank affiche un total de bilan de 324 milliards de F CFA contre près de 234 milliards de F CFA au 31 décembre 2005, soir une marge de progression de 38%. Les dépôts de la clientèle connaissent la même courbe ascendante, passant 185 milliards de francs CFA à 261 milliards de F CFA. Le résultat avant impôt est supérieur à 5 milliards de F CFA contre 3,9 milliards en F CFA sur l'exercice précédent, soit un accroissement de + 28%. Afriland First Bank confirme ainsi son fort potentiel de croissance et consolide sa position dans le peloton de tête du marché bancaire camerounais. Les principaux indicateurs bancaires s'inscrivent tous en hausse sur l'exercice, confirmant ainsi le dynamisme affiché en 2005 et 2006 (Cf. Tableau 4).

Pour soutenir cette croissance et appuyer la dynamique ainsi engagée, les actionnaires ont procédé à une nouvelle augmentation de capital qui passe de 7,5 milliards de francs CFA à 9 milliards de francs CFA. Le renforcement des fonds propres qui en résulte permettra à la banque de progresser dans tous ses métiers, qu'il s'agisse des services financiers aux entreprises et aux particuliers (Cf. Tableau 5).

Tableau 4 : Évolution de quelques agrégats bancaires en milliers de F CFA.

Tableau 5 : Un résultat en nette progression

II-LA JOINTURE DES TONTINES29(*) AUX BANQUES : LES M30(*)

II-1. L'articulation des tontines M à la First Bank

Les Mutuelles Communautaires de Croissances (M) sont des micro-banques de développement rural ou tonti-banques (Nzemen, 1993) qui bénéficient de l'appui technique et financier de l'ONG Appropriate Developement for African Foundation (ADAF), de Afriland First Bank. La particularité des M est d'associer aux techniques modernes de gestion des institutions financières les valeurs socioculturelles. Elles apparaissent ainsi comme des structures tontinières aux pratiques hybrides. Les M sont créées et gérées par les membres d'une communauté. Les M proposent aux populations rurales des solutions adaptées pour surmonter leurs problèmes d'accès aux services financiers essentiels. L'abréviation M rappelle la célèbre formule d'Einstein, mais ici elle signifie que la Victoire sur la Pauvreté (VP) est possible à condition que les Moyens (M) et les Compétences(C) de la Communauté (C) soient mis ensemble. D'où la formule : VP = M x C x C = M.

Les buts fondamentaux des M peuvent être regroupés autour de quatre axes principaux.

· Faire prendre conscience à la population rurale qu'elle est seule responsable de son destin et qu'elle seule peut apporter des solutions durables à ses problèmes.

· Révéler aux populations rurales l'immense potentiel dont regorge leur patrimoine culturel

· Les amener à se prendre en charge de façon durable.

· Garantir la liberté individuelle et collective

Les missions assignées par ses initiateurs à cette micro-banque est d'une part de démontrer les limites de la théorie économique classique qui affirme que « le pauvre est trop pauvre pour épargner et pour recevoir un crédit »31(*), d'autre part d'associer aux techniques modernes de gestion des institutions de micro-financement les valeurs socioculturelles, pour faire bénéficier le maximum de mutualistes des services financiers de la M.

II-2. L'Évolution de l'activité des M

La crise économique des années 1980-1990 a permis un développement des coopératives appelées plus tard des établissements de microfinance. C'est ainsi qu'en 1991, l'ancienne CCEI-Bank décide de lancer son projet de création des Mutuelles Communautaires de Croissance (M). L'objectif des promoteurs est de créer en milieu rural des institutions communautaires basées sur des relations de proximité. Faisant son chemin, les M occupent aujourd'hui la seconde place dans les réseaux de microfinances du Cameroun après CAMCCULL (1963).

Au 31 décembre 2007, soixante-dix (70) M étaient opérationnelles dans l'ensemble des dix régions du Cameroun et près d'une trentaine en voie de création pour plus de quatre vingt dix mille (90 000) comptes ; elles comptent un peu plus de cinq cent (500) caisses dans le pays avec plus de douze mille huit cent dix (12 810) sociétaires ou associés. Elles obéissent à la réglementation sur la microfinance dans la zone BEAC (loi 92/006 du 14 aout 1992, décret n° 98/300/PM du 9 septembre 1998, règlement n°1/03/CEMAC/UMAC/COBAC du 13 avril 2002). L'épargne mobilisée se situe à plus de quatorze (14) milliards de F CFA. Les projets financés l'ont été pour une enveloppe globale de trente (30) milliards de F CFA avec des investissements orientés vers les secteurs de l'agriculture et de l'élevage, la transformation, le commerce, les services et le social.

Tableau 4 : Évolution de l'activité des M entre 2000 et 2006

 

En milliers de F CFA

Années

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

Capital libéré

630 048

742 721

870 523

962 137

1 287 715

1 844 319

2 022 979

Montant des dépôts

2 741 169

3 404 133

5 022 972

5593228

7 408 523

8 841 152

9 944 211

Montant des crédits bruts

1 298 374

1 607 977

2 128 461

2 859 080

3 459 064

3 939 978

5 626 405

Nombre de clients ou membres

27, 740

27, 812

7, 192

48, 321

57, 607

68, 687

83, 668

 

Nombre de guichets ou agences

33

7

41

50

54

61

64

Taux d'intérêt sur les crédits/an

10-12%

10-12%

10-12%

12-15%

12-15%

12-15%

12-15%

Taux d'intérêt sur les dépôts/an

2,5-3%

2,5-3%

2,5-3%

2,5-3%

2,5-3%

2,5-3%

2,5-3%

Source : Direction Générale Afriland First Bank à Yaoundé

En somme, la First Bank occupe une place de choix dans le secteur bancaire camerounais. Elle a réussi à se rapprocher des populations en marge du système financier grâce à l'impulsion des M.

CHAPITRE IV : ETUDE STATISTIQUE DES DETERMINANTS DE L'OCTROI DU CREDIT A LA FIRST BANK

Notre étude sera basée sur l'échantillon de cent neuf (109) emprunteurs que nous avons comme base de données. Nous présenterons tout d'abord la théorie des différentes méthodes descriptives et explicatives que nous utiliserons, puis l'application pratique à travers nos variables qualitatives et quantitatives, afin de déterminer la probabilité d'octroi de crédit bancaire aux entreprises.

SECTION 1 : JUSTIFICATION THEORIQUE DES OUTILS STATISTIQUES UTILISES

Des techniques statistiques ont été utilisées pour développer le modèle, il s'agit de : le khi deux, l'analyse des composantes multiples, l'analyse factorielle discriminante et de la régression logistique. Soulignons que nous avons mis un temps d'arrêt sur le khi deux (÷, on prononce « qui »32(*)).

LE KHI DEUX est utilisé à la fois comme test d'ajustement ou comme test d'indépendance. Dans les deux cas, la formule est la même ()33(*) . Cependant, il existe des différences au niveau de l'application et de certains calculs notamment dans le calcul des fréquences théoriques. Nous avons eu recours au logiciel SPSS 10.0 (Statistical Package for Social Science) et STATA 9 pour mettre en oeuvre les techniques statistiques ci-dessus mentionnées.

I- L'ANALYSE FACTORIELLE DISCRIMINANTE

L'analyse factorielle discriminante ou analyse discriminante est une technique statistique qui vise à décrire, expliquer et prédire l'appartenance à des groupes prédéfinis (classes, modalités de la variable à prédire, ...) d'un ensemble d'observations (individus, exemples, ...) à partir d'une série de variables prédictives (descripteurs, variables exogènes, ...).

On distingue généralement deux grandes approches :

I-1. L'analyse factorielle discriminante peut être une technique descriptive

On parle dans ce cas d'analyse factorielle discriminante (ou analyse discriminante descriptive). L'objectif est de proposer un nouveau système de représentation, des variables latentes formées à partir de combinaisons linéaires des variables prédictives, qui permettent de discerner le plus possible les groupes d'individus. En ce sens, elle se rapproche de l'analyse factorielle car elle permet de proposer une représentation graphique dans un espace réduit, plus particulièrement de l'analyse en composantes principales calculée sur les centres de gravité conditionnels des nuages de points avec une métrique particulière. On parle également d'analyse canonique discriminante, notamment dans les logiciels anglo-saxons.

I-2. L'analyse discriminante peut être prédictive

Il s'agit dans ce cas de construire une fonction de classement (règle d'affectation, ...) qui permet de prédire le groupe d'appartenance d'un individu à partir des valeurs prises par les variables prédictives. En ce sens, cette technique se rapproche des techniques supervisées en apprentissage automatique telles que les arbres de décision, les réseaux de neurones,... Elle repose sur un cadre probabiliste. Le plus connu est certainement l'hypothèse de distribution multinormale (loi normale). Additionnée à l'hypothèse d'homoscédasticité, les nuages de points conditionnels ont la même forme, nous aboutissons à l' analyse discriminante linéaire. Elle est très séduisante dans la pratique car la fonction de classement s'exprime comme une combinaison linéaire des variables prédictives, facile à analyser et à interpréter. Cette technique est, avec la régression logistique, très utilisée dans le scoring, lorsque nous voulons par exemple caractériser l'appétence - la propension à acheter - d'un client face à un nouveau produit.

La distinction entre ces deux approches n'est pas aussi tranchée. Il est par exemple possible de dériver des règles géométriques d'affectation à partir de l'analyse factorielle discriminante

II- L'ANALYSE DES CORRESPONDANCES MULTIPLES (ACM) ET REGRESSION LOGISTIQUE

II-1. L'Analyse des correspondances multiples (ACM)

 L'ACM permet d'étudier les liaisons (ou correspondances entre plusieurs variables qualitatives sur une même population. Lorsque les variables étudiées ne sont pas qualitatives, il est toujours possible d'utiliser l'ACM en transformant les variables quantitatives en variables qualitatives (en regroupant les valeurs des variables initiales en classes). C'est donc une technique statistique utilisée pour mettre en évidence les associations entre les différentes modalités des variables qualitatives décrivant la population. Ces correspondances permettent de faire ressortir des facteurs indépendants dont l'interprétation permet d'expliquer certains phénomènes. En utilisant exclusivement des représentations graphiques, il sera possible d'étudier et de mettre en évidence les associations entre les modalités des variables étudiées.

Il est important de noter ici que l'interprétation se fait suivant les axes factoriels (combinaisons linéaires des variables initiales) et sous certaines conditions :

- Un des critères de sélection des axes factoriels est de ne retenir que les axes correspondants aux valeurs propres supérieurs à 1/p où p est le nombre de variables de l'étude.

- Les modalités doivent avoir une qualité de représentation assez grande au sens où les distances sont les moins altérées par la projection.

En ce qui concerne l'interprétation proprement dite :

* Proximité entre individus : deux individus sont proches si leur distance est faible, c'est-à-dire s'ils prennent à peu près les mêmes modalités des différentes variables.

* Proximités entre modalités de variables différentes : deux points modalité de variables différentes sont proches si leur distance est faible : ce sont les mêmes individus qui prennent simultanément ces modalités.

* Proximité entre individus et modalité : un individu et un point modalité sont proches si l'individu prend cette modalité. Cette interprétation n'a de sens que si l'individu et la modalité sont bien représentés sur l'axe factoriel.

* Proximité entre modalités différentes de la même variable : théoriquement, les modalités d'une variables sont éloignées l'une de l'autre : elles s'excluent mutuellement.

II-2. Régression Logistique

La régression logistique est une technique statistique qui a pour objectif, à partir d'un fichier d'observations, de produire un modèle permettant de prédire les valeurs prises par une variable catégorielle, le plus souvent binaire, à partir d'une série de variables explicatives continues et/ou binaires. Contrairement à l'analyse discriminante, la régression logistique recourt à l'approche du Maximum de Vraisemblance pour estimer les paramètres du modèle. Le terme d'erreur est supposé suivre une distribution logistique.

SECTION 2 - L'APPREHENSION DES DETERMINANTS DE L'OCTROI DU CREDIT (le test de khi-2, l'analyse des composantes multiples et la régression logistique)

I- LES CARACTERISTIQUES DE LA POPULATION DE L'ETUDE

Nous commençons par faire une description générale de la base de données à notre disposition (échantillon de 109 emprunteurs) et sur laquelle nous ferons les différents traitements qui nous conduirons à la solution de notre question de recherche. Notons que le logiciel STATA 9 utilisé pour le khi deux pourra avoir des effectifs totaux différents de cent neuf (109) du fait du manque de certaines informations chez les emprunteurs (par exemple 85, 87, 94, 96).

Tableau 5 : Définition des variables

Dénomination sociale

NOM de la variable

Nature de la variable

1

Ville d'implantation

VILLE

qual

2

Age du promoteur

AGEPROMO

quant

3

Genre de l'emprunteur

GENRE

qual

4

Région Origine ethnique

REGION

qual

5

Expérience professionnelle en nombre d'années

EXPPROF

quant

6

Forme juridique

FORJUR

qual

7

Activité

ACT

qual

8

Date de création

DATECRE

date

9

Date d'entrée en relation

DATEREL

date

10

Type de prêt

TYPEPRET

qual

11

Montant de prêt demandé

MTPRET

quant

12

Montant de prêt réellement reçu

MTRECU

quant

13

Objet déclaré du prêt

OBPRET

qual

14

Date de demande du prêt

DATEDDE

date

15

Date de mise en place du prêt

DAMISPL

date

16

Taux d'intérêt annualisés

TXINT

quant

17

Durée du prêt en nombre de mois

DUREEPRET

quant

18

Nombre de prêts reçus par le client

NPRETPASS

quant

19

Valeur estimée des garanties

VALGAR

quant

20

Types de garantie

TYPEGAR

qual

21

Total bilan

BILAN

quant

22

Capitaux propres

CAPPROP

quant

23

Fonds de roulement

FONDROUL

quant

24

total dettes

DETTE

quant

Dénomination sociale

NOM de la variable

Nature de la variable

25

Actif circulant

ACTCIRC

quant

26

passif circulant

PASSCIR

quant

27

Trésorerie active

TRESACT

quant

28

Chiffres d'affaires

CA

quant

29

valeur ajoutée

VA

quant

30

Frais financiers

FRAISFIN

quant

31

Résultat net

RESNET

quant

32

Décision d'octroi du crédit

DECISION

qual

Source : Notre enquête

Le tableau ci-dessus présente toutes les variables de notre échantillon.

Pour ce qui est de la description proprement dite de notre échantillon, nous débuterons par les variables caractéristiques des chefs d'entreprises sollicitant la banque pour un crédit.

Il est tout d'abord important de préciser que nous attestons et admettons ici que lorsque la décision de la banque est favorable à l'octroi du crédit (Oui, Accepté), l'entreprise est considérée comme un « bon emprunteur » pour la banque et dans le cas contraire (Non, Refusé), comme un « mauvais emprunteur ».

Il est alors évident que dans notre échantillon de cent neuf (109) entreprises, conformément au graphique suivant, près de 71 % des entreprises (soit 77entreprises) sont de « bons emprunteurs ».

I-1. L'Analyse univariée

a) Qualité de l'emprunteur

Graphique 3 : Répartition des entreprises selon leur qualité (bon ou mauvais emprunteur)

70, 6

29, 4

Bon

Emprunteur

Mauvais

Emprunteur

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

b) Sexe du promoteur (chef d'entreprise)

Tableau 6 : Répartition des promoteurs d'entreprises par sexe

Sexe du promoteur

Fréquence absolue

Pourcentage

Masculin

87

79,8

Féminin

22

20,2

Total

109

100,0

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Dans notre échantillon, 79,8 % des promoteurs sont des hommes contre 20,2 % qui sont des femmes.

c) Région du promoteur

Tableau 7 : Répartition des promoteurs par région d'origine

N.B : Notre étude n'a pas pu identifier que tous les emprunteurs (seulement 97/109)

Région d'origine

Accepté

Refusé

Total

Ouest (Bamiléké)

57

15

72

Centre-Sud-Est (Béti)

9

2

11

Grand Nord (Peul)

7

1

8

Littoral (Sawa)

2

0

2

Expatriés

3

1

4

Ensemble

78

19

97

Résultat du test de khi 2

Pearson chi 2(4) = 0.9015 Pr = 0.924

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Notre échantillon est constitué en majorité de promoteurs d'origine de l'Ouest, car cette seule région représente 75,2 % des chefs d'entreprises. Les 25% restant sont repartis entre les régions du Centre, du Sud et de l'Est (11 %), la région Grand Nord (8,3%), celle du Littoral (1,8%) et les Expatriés (3,7%). Cette répartition conforte les prévisions de l'imagerie populaire et les dispositions entrepreneuriales d'une certaine région sur l'activité commerciale du pays. Cette domination qui se reflète sur notre terrain d'étude est adossée sur une organisation traditionnelle dont les vertus sont l'entraide et la solidarité. Ces deux facteurs concourent énormément à la mobilisation de l'épargne lors de la promotion d'une activité, l'emprunt bancaire venant ainsi consolider les acquis.

d) Age du promoteur 

L'âge moyen des promoteurs se situe autour de quarante huit (48) ans avec un écart type de 5,959 qui montre que la répartition par âge des promoteurs n'est pas très dispersée. L'âge modal ici est de quarante quatre (44) ans, c'est-à-dire que la majorité des chefs d'entreprises de notre échantillon ont 44 ans. L'âge médian est de quarante six (46) ans. L'âge minimum est de 32 ans et l'âge maximum est de 60 ans. Cet âge retrouve la durée de vie moyenne de la population camerounaise qui est les cinquante (50) ans.

e) Expérience professionnelle 

Les promoteurs de notre échantillon ont en moyenne dix sept (17) ans et demi de pratique de leur activité. Le nombre d'année de pratique majoritaire est de 15ans. L'expérience minimum ici est de cinq (5) ans et le nombre maximum d'année de pratique est de trente cinq (35) ans d'activité. Cette expérience évoquée confère à certains une véritable expertise et une notoriété dans l'activité. Fort de cela, voulant étendre leur activité dans d'autres zones, ils sollicitent des concours bancaires à défaut d'autofinancement.

f) Répartition des promoteurs selon la ville de localisation de leur activité

Tableau 8 : Répartition des promoteurs selon la ville de localisation de leur activité

Localisation

Accepté

Refusé

Total

Douala

46

15

61

Yaoundé

30

5

35

Ensemble

76

20

96

Résultat du test de khi 2

Pearson chi 2(1) = 1,4318 Pr = 0,231

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

L'analyse du tableau 4 montre que les demandes de crédit viennent pour la plus part des entreprises localisées à Douala, soit 63,54%. Ce résultat est conforme à la distribution des entreprises camerounaises. Près de 75% des entreprises camerounaises sont localisées à Douala. Les entreprises de Douala enregistrent aussi le plus fort taux de rejet de demande de crédit, soit 75%. Ce taux est supérieur à la proportion d'entreprises de Douala de l'échantillon (63,54%). Par ailleurs, il n'existe pas une relation d'interdépendance entre la localité de l'entreprise et la demande de crédit. Cette affirmation est le résultat du test de khi 2, qui affiche une probabilité très élevée, soit 23,1%.

g) Répartition des promoteurs selon la forme juridique de leur activité :

Tableau 9 : Répartition des promoteurs selon la forme juridique de leur activité

Forme juridique

Accepté

Refusé

Total

ETS

18

4

22

SA

6

5

11

SARL

49

12

61

Total

73

21

94

Résultat du test de khi 2

Pearson chi 2(2) = 3,8570 Pr = 0,145

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Près de 64,89% des entreprises de notre échantillon sont des Sociétés Anonymes à Responsabilités Limitées (SARL). Sur les 35,11% restantes, 23,40% sont des Sociétés Anonymes (SA) et 11,71% sont des Etablissements (ETS). Ce résultat montre que les SARL ont plus recours au crédit bancaire. C'est aussi elles (SARL) qui enregistre des taux de rejet plus élevé ; lequel est de 19,67% (12/61). Ce taux de rejet est de 45,45% (5/11) chez les sociétés anonymes et de 18,18% (4/22) chez les établissements. Par ailleurs, il n'existe pas de relation d'interdépendance entre la forme juridique de l'entreprise et la décision d'octroi de crédit, car le test de khi 2 affiche une probabilité élevée, soit 14,5%.

h) Répartition des promoteurs selon leur activité principale 

Tableau 10 : Répartition des promoteurs selon leur activité principale et la décision d'octroi

Secteurs d'activités

Accepté

Refusé

Total

Industrie

12

3

15

Service et transport

28

8

7

Commerce général

34

11

45

Total

74

22

96

Résultat du test de khi 2

Pearson chi 2(2) = 0.1415 Pr = 0.932

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Les entreprises qui font dans le commerce général sont celles qui demandent plus de crédit. Elles représentent 46,875% d'entreprises de l'échantillon ayant effectué une demande de crédit. Mais, elles enregistrent les taux de rejet les plus élevés, soit 24,44% (11/45). Ce taux est de 20% (3/15) dans l'industrie et de 22,22% (8/7) dans les services et le transport. Toute fois, le secteur d'activité n'a pas de lien d'interdépendance avec la décision d'acceptation d'octroi du crédit, comme le montre les résultats du test de khi 2 (Probabilité de 93,2%).

i) Répartition des entreprises selon le type de prêt sollicité :

Tableau 11 : Répartition des entreprises selon le type de prêt sollicité 

Type de prêt sollicité

Fréquence absolue

Pourcentage

Crédit CT

94

86,0

Crédit MT

14

12,8

Crédit LT

1

1,2

Total

109

100,0

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Les crédits sollicités sont à 86% des Crédits à court terme, 12,8% sont des crédits à moyen terme et seulement 1,2% sont des crédits à long terme. Ce résultat est conforté par la durée en mois des différents prêts sollicités puisqu'en moyenne, les prêts sollicités ont une durée de dix neuf mois et demie. La durée modale étant de douze mois (soit un an), la durée minimum est de un mois. Dans l'ensemble, les différents concours sollicités servent à renforcer le fonds de roulement et font face au décalage entre les délais de règlement des factures et du règlement des fournisseurs.

j) Répartition des entreprises selon l'objet du prêt sollicité

Tableau 12 : Répartition des entreprises selon l'objet du prêt sollicité et la décision d'octroi

Objet du prêt sollicité

Accepté

Refusé

Total

Exploitation

64

16

80

Investissement

3

1

4

Expansion

1

0

1

Total

68

17

85

Résultat du test de khi 2

Pearson chi2(2) = 0.3125 Pr = 0.855

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

L'analyse révèle que 94,1% des prêts sont demandés pour des motifs d'exploitation ; 4,7% sont demandés pour des besoins d'investissement et seule 1,2% sont demandés pour des besoins d'expansion. Pour ce qui est du taux d'intérêt des prêts sollicités, ils varient entre 0,1% et 15,8%. Le taux moyen étant de 13,278%. Le taux d'intérêt modal est de 13,8%.

Dans 63,3% des cas, le montant des prêts demandés est inférieur au montant de prêts reçus par le promoteur. Cette différence représente en moyenne 15,5% du montant des prêts sollicités. Cela est dû au fait qu'à l'analyse des éléments financiers de l'entreprise ou du projet, la banque constate quelquefois des déséquilibres qu'il faut gérer. Après réajustement, le promoteur pourrait se voir attribuer un montant supérieur ou égal au montant de sa requête.

k) Répartition des entreprises selon le type de garanties offertes pour le prêt sollicité :

Tableau 13 : Répartition des entreprises selon le type de garanties offertes pour le prêt sollicité et la décision d'octroi

Type de garantie

Accepté

Refusé

Total

Personnelle

3

2

5

Réelle

41

13

54

Réelle et personnelle

25

3

28

Ensemble

69

18

87

Résultat du test de khi 2

Pearson chi2(2) = 3.2112 Pr = 0.201

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

L'analyse révèle que 62,06 % de garanties offertes sont des garanties réelles, 32,18 % sont des garanties réelles et personnelles et 5,74 % sont des garanties exclusivement personnelles. En moyenne, ces garanties ont une valeur de F CFA 280 142 831, 29 ; quoique le montant le plus sollicité soit de F CFA 41 000 000. Le montant de ces garanties représente en moyenne 3,64 fois le montant du prêt sollicité. Dans certains cas extrême, il va jusqu'à trente (30) fois le montant du prêt demandé par le promoteur. Cela peut s'expliquer par l'analyse et l'évaluation des risques encourus par la banque.

l) Répartition des offres de crédit par la banque selon que le montant est égal ou différent au montant demandé par le promoteur.

Le rationnement du crédit consiste pour la banque à octroyer à un promoteur qui sollicite un prêt, un montant inférieur à celui qu'il souhaitait ou refuser totalement d'effectuer l'opération.

Tableau 14 : Rationnement du crédit

Rationnement

Fréquence absolue

Pourcentage %

Crédits rationnés

71

65,1

Crédits non rationnés

38

34,9

Total

109

100,0

 

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Le tableau ci-dessus nous indique que dans notre échantillon, la banque a eu à appliquer la politique de rationnement du crédit dans 65,1% des cas. La politique de rationnement du crédit rentre dans les mesures d'encadrement des crédits. En réalité, cette mesure appliquée par la banque a pour but de limiter son risque de sur l'emprunteur, puis d'être empêcher plus loin d'être accusé de participer surendettement de sa clientèle (voire de financement illicite).

m) Répartition des entreprises selon le niveau de garanties offertes.

Il s'agit ici de savoir si la valeur des garanties proposées peut permettre de couvrir le crédit octroyé par l'emprunteur.

Tableau 15 : Garanties

Garanties

Fréquence absolue

Pourcentage %

Garanties supérieures au prêt

68

62,4

Garanties inférieures au prêt

41

37,6

Total

109

100,0

 

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Dans 62,4% des cas, la valeur des garanties est supérieure au montant de prêt demandé. Face aux concours bancaires, l'orthodoxie exige la prise des risques des garanties saines et réalisables. Cependant, en fonction de l'activité, de l'ancienneté, de la relation bancaire du demandeur, l'exigence en matière de garanties peuvent être modulées (ajustées, adaptées).

II-2. L'Analyse des relations d'indépendance entre les variables pertinentes de l'octroi du crédit bancaire (Analyse bivariée)

a) Ville de localisation et qualité de l'emprunteur 

Tableau 16 : Ville de localisation et qualité de l'emprunteur 

Qualité de l'emprunteur

Ville de localisation

Douala

Yaoundé

Bon emprunteurs

79,4%

65,0%

Mauvais emprunteurs

20,6%

35,0%

Total

100,0%

100,0%

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Dans notre échantillon, 61,2% des promoteurs résident à Douala. Parmi ceux-ci, 79,4 sont considérés comme de bons emprunteurs contre 65% à Yaoundé. Le test du Khi deux appliqué à ces deux variables ne donne pas assez d'évidence pour que l'on prétende à l'existence d'un quelconque lien entre elles.

b) Classe d'âge du promoteur et décision d'octroi de crédit 

Tableau 17 : Classe d'âge du promoteur et décision d'octroi de crédit 

Qualité du promoteur

Classe d'âge

Moins de 35 ans

35 à 45 ans

45 à 55 ans

55 ans et plus

Bon emprunteurs

100,0%

76,0%

82,6%

83,3%

Mauvais emprunteurs

 

24,0%

17,4%

16,7%

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

 Après avoir opéré un regroupement par classe d'âge des promoteurs, nous croisons cette caractéristique avec la répartition selon la décision d'octroi de crédit. Nous obtenons le tableau ci-dessus qui nous enseigne que : tous les entrepreneurs de moins de 35 ans sont de bon emprunteurs. 76% des emprunteurs de 35 à 45 ans sont de bons emprunteurs contre 82,6% chez les 45 à 55 ans et 83,3% chez les 55 ans et plus. Les promoteurs de 35 ans sont au début de leur vie professionnelle en quête de leurs premiers concours bancaires. Au sein de leur structure familiale, ils ont moins de charges et d'engagements que les autres classes d'âge.

c) Sexe du promoteur et décision d'octroi de crédit

 Tableau 18 : Sexe du promoteur et décision d'octroi de crédit

Qualité de l'emprunteur

Sexe du promoteur

Total

Masculin

Féminin

 

Bon emprunteurs

87,0%

13,0%

100,0%

Mauvais emprunteurs

62,5%

37,5%

100,0%

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Parmi les 77 entrepreneurs jugés « bon emprunteur », on note une forte présence des hommes 87% (soit 67 demandeurs) contre 13% qui sont des femmes (10 promotrices). Nous notons toutefois que cette répartition reste identique dans le cas des mauvais emprunteurs puisqu'on y retrouve 62,5% qui sont des hommes (soit 20 demandeurs et 37,5% (soit 12 promotrices) qui sont des femmes. Le test du khi deux appliqué dans ce cas montre clairement qu'il existe un lien entre la décision d'octroi et le fait que le promoteur soit un homme ou une femme, puisque le coefficient associé à ce test est significatif au seuil de 5%.

d) Région d'origine du promoteur et décision d'octroi de crédit 

Tableau 19 : Région d'origine du promoteur et décision d'octroi de crédit 

Qualité de l'emprunteur

Région d'origine du promoteur

Ouest

(Bamil.)

Centre-Sud-Est

(Béti)

Grand Nord

(Peul)

Littoral

(Douala)

Expatriés

(étrangers)

Bon emprunteurs

72,0%

66,7%

55,6%

50,0%

100,0%

Mauvais emprunteurs

28,0%

33,3%

44,4%

50,0%

 

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Nous remarquons que tous les entrepreneurs expatriés sont de bons emprunteurs (car ils ont bénéficié du crédit demandé). Les originaires des régions du littoral et du grand nord ont une répartition presque uniforme entre bons et mauvais emprunteurs. Ceux de la région Ouest, déjà majoritaires parmi les demandeurs (82 sur 109) sont à 72% de bons emprunteurs contre 66,7% chez les autres promoteurs.

Le fait que le test du khi deux soit non significatif dans ce cas permet de conclure que la décision d'octroi de crédit et l'ethnie du promoteur sont deux variables indépendantes.

e) Forme juridique de l'entreprise et décision d'octroi de crédit 

Tableau 20 : Forme juridique de l'entreprise et décision d'octroi de crédit 

Qualité de l'emprunteur

Forme juridique

ETS

SA

SARL

Bon emprunteurs

45,0%

91,3%

71,2%

Mauvais emprunteurs

55,0%

8,7%

28,8%

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Les SA (91,3%) et SARL (71,2%) sont en majorité de bons emprunteurs. Pour les ETS, l'on a plus de mauvais emprunteurs (55%). Comme nous l'avions déjà relevé, les ETS ont davantage une activité de services notamment la livraison de fournitures à l'Etat. Le délai de règlement des factures est tributaire de la situation du trésor et de l'emploi du temps des responsables ministériels. Ces aléas ne sont pas toujours imputables aux emprunteurs (ETS), et malheureusement sont sources d'impayés.

Le test du khi deux est significatif dans ce cas. L'on peut donc penser qu'il existe un lien entre la forme juridique de l'entreprise et la décision d'octroi du crédit.

f) Activité principale du promoteur et décision d'octroi de crédit

Tableau 21 : Activité principale du promoteur et décision d'octroi de crédit

Qualité de l'emprunteur

Activité principale

Agro-industrie

BTP

Commerce général

Service

Bon emprunteurs

87,5%

60,0%

64,5%

82,8%

Mauvais emprunteurs

12,5%

40,0%

35,5%

17,2%

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Les promoteurs d'Agro-industries représentent 87,5% de bons emprunteurs (7sur 8) contre 60% chez les promoteurs de BTP (6 sur 10), 64,5% chez les commerçants (40 sur 62) et 82,8% chez les fournisseurs de service (24 sur 29). Il est important de noter ici que les 64,5% des commerçants représentent près de 52% des bons emprunteurs de l'échantillon.

Le test du khi deux ici est non significatif. Ces deux variables sont donc indépendantes.

g) Type de prêts sollicités par le promoteur et décision d'octroi de crédit

Tableau 22 : Type de prêts sollicités par le promoteur et décision d'octroi de crédit

Qualité de l'emprunteur

Type de prêt

Crédit CT

Crédit MT

Crédit LT

Bon emprunteurs

79,7%

72,7%

100,0%

Mauvais emprunteurs

20,3%

27,3%

 

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Dans notre échantillon, on dénombre un seul demandeur de crédit à long terme qui représente 100% de crédit à long terme qui et satisfait au bout du processus. 79,7% des demandeurs de crédits à court terme sont de bons emprunteurs contre 72,7% chez les demandeurs de crédit à moyen terme. Bien que l'activité d'une banque commerciale soit davantage portée sur les crédits à court et moyen terme, nous observons cependant que les crédits à long terme se soldent sans incident.

Le test du khi deux ici est non significatif. Ces deux variables sont donc indépendantes.

h) Objet de demande du prêt et décision d'octroi de crédit

Tableau 23 : Objet de demande du prêt et décision d'octroi de crédit

Qualité de l'emprunteur

Objet de demande

Exploitation

Investissement

Expansion

Bon emprunteurs

81,3%

75,0%

100,0%

Mauvais emprunteurs

18,8%

25,0%

 

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Les motifs déclarés lors de la demande des prêts sont relatifs à l'exploitation (94,7%), à l'investissement (4,7%) et à l'expansion (1,2%). Parmi ceux-ci, 81,3% des demandeurs de crédit pour l'exploitation sont de bons emprunteurs contre 75% chez les demandeurs pour investissement et 100% chez les demandeurs pour expansion. Ceci peut s'expliquer davantage par le fait que nous sommes en présence d'une banque commerciale qui finance en majorité les crédits d'exploitation.

Le test du khi deux ici est non significatif. Ces deux variables sont donc indépendantes. Bien que l'objet de prêt ne soit plus strictement une condition liée à l'octroi du prêt, il reste important à titre informatif. Les causes évoquées résultent souvent d'une étude de marché insuffisante (voire surdimensionnement projet).

i) Type de garanties offertes et décision d'octroi de crédit

Tableau 24 : Type de garanties offertes et décision d'octroi de crédit

Qualité de l'emprunteur

Type de garanties

Réelle

Réelle et perso

Personnelle

Bon emprunteurs

80,4%

71,4%

100,0%

Mauvais emprunteurs

19,6%

28,6%

 

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Les formes de garanties le plus présentées sont les garanties matérielles (réelles) (62,9%). Parmi ceux des clients offrant ces garanties, 80,4% sont bons emprunteurs.

j) Rationnement du crédit et décision d'octroi de crédit

Tableau 25 : Rationnement du crédit et décision d'octroi de crédit

 

Qualité de l'emprunteur

Total

Bons emprunteurs

Mauvais emprunteurs

Rationnement du crédit

Crédit rationné

54,5%

100,0%

60,2%

Crédit non rationné

45,5%

,0%

29,8%

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Ce tableau présente la répartition des emprunteurs en fonction de leur qualité et selon que dans le traitement de leur demande de prêt, le crédit qui leur est finalement offert ait été rationné ou pas.

Il en ressort que 60,2% des crédits demandés par les promoteurs de l'échantillon ont été soumis au rationnement. De plus, pour les bons emprunteurs, 54,5% des demandes ont été rationnées tandis que 45,5% ne l'ont pas été. Pour les mauvais emprunteurs de l'échantillon, toutes les demandes de crédits ont été rationnées. Le rationnement est la cause de l'échec de certains projets ou des difficultés de certains projets en ce sens que la banque a estimé que le projet était surévalué par exemple et qu'elle procède alors à un encadrement qui ne répond pas aux aspirations du promoteur, encore moins à ses besoins. De ce fait, les crédits insuffisants ne permettent pas au projet de voir pleinement le jour dans toutes ses dimensions. Par conséquent, les difficultés de fonctionnement et d'exploitation naissent et compromettent la bonne santé financière de l'entreprise qui, en difficulté, rembourse difficilement ses crédits. De plus le test du Khi-deux dont les éléments sont présentés ci-dessous et dont le résultat est largement significatif au seuil de 10%, nous enseigne qu'il existe bel et bien un lien entre le rationnement du crédit et la décision d'octroi de crédit.

Tests du Khi-deux du lien entre le rationnement du crédit et décision d'octroi de crédit

 

Valeur

ddl

Signification asymptotique (bilatérale)

Signification exacte (bilatérale)

Signification exacte (unilatérale)

Khi-deux de Pearson

8,302

1

,004

 
 

Correction pour la continuité

6,513

1

,011

 
 

Rapport de vraisemblance

12,179

1

,000

 
 

Test exact de Fisher

 
 
 

,003

,002

k) Niveau de garanties offertes et décision d'octroi de crédit

Représentation 26 : Niveau de garanties offertes et décision d'octroi de crédit

 

Qualité de l'emprunteur

Total

Bon emprunteurs

Mauvais emprunteurs

Garantie par rapport au prêt

garanties supérieures au prêt

71,4%

18,2%

72,7%

garanties inférieures au prêt

28,6%

81,8%

27,3%

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

Ce tableau présente la distribution des emprunteurs par rapport au niveau de garanties qu'ils offrent à la demande de leur prêt.

L'on note que 72,7 % des emprunteurs de l'échantillon offrent des garanties supérieures au montant du prêt qu'ils sollicitent. Parmi ceux-ci, il a été relevé 71,4% dont la décision d'octroi est inexistante et 18,2% dont la décision d'octroi semble avérée. Pour ceux dont le montant des garanties est inférieur au montant du prêt demandé, l'on recense 81,8% dont la décision d'octroi est considérable et 28,6% dont la décision d'octroi est inexistante.

Il ressort de cette lecture que la décision d'octroi de crédit semble liée au niveau de garanties que ce dernier offre à la banque lorsqu'il demande le prêt. Le test du Khi-deux mis en oeuvre entre ces deux variables et dont le résultat est présenté ci-dessous, conforte nos présomptions quant à l'existence de ce lien. Puisque le résultat est tout de même significatif au seuil de 10%.

Tests du Khi-deux du lien entre le niveau de garanties offert et la décision d'octroi de crédit

 

Valeur

ddl

Signification asymptotique (bilatérale)

Signification exacte (bilatérale)

Signification exacte (unilatérale)

Khi-deux de Pearson

,524

1

,0469

 
 

Correction pour la continuité

,131

1

,0717

 
 

Rapport de vraisemblance

,563

1

,0453

 
 

Test exact de Fisher

 
 
 

,0720

,0374

Source : Nos enquêtes à Afriland First Bank

II- LA DETERMINATION DES VARIABLES DISCRIMINANTES DANS L'ANALYSE FACTORIELLE DE L'OCTROI DU CREDIT BANCAIRE

II-1. L'Analyse des Correspondances Multiples ACM (Analyse Multivariée)

L'ACM permet d'étudier les liaisons (ou correspondances entre plusieurs variables35(*) qualitatives sur une même population. Lorsque les variables étudiées ne sont pas qualitatives, il est toujours possible d'utiliser l'ACM en transformant les variables quantitatives en variables qualitatives (en regroupant les valeurs des variables initiales en classes). C'est donc une technique statistique utilisée pour mettre en évidence les associations entre les différentes modalités des variables qualitatives décrivant la population. Ces correspondances permettent de faire ressortir des facteurs indépendants dont l'interprétation permet d'expliquer certains phénomènes. En utilisant exclusivement des représentations graphiques, il sera possible d'étudier et de mettre en évidence les associations entre les modalités des variables étudiées.

ACM toutes variables incluses :

Histogramme des valeurs propres :

HISTOGRAMME DES 8 PREMIERES VALEURS PROPRES

+--------+------------+----------+----------+----------------------------------------------------------------------------------+

| NUMERO | VALEUR | POURCENT.| POURCENT.| |

| | PROPRE | | CUMULE | |

+--------+------------+----------+----------+----------------------------------------------------------------------------------+

| 1 | 0.2889 | 21.67 | 21.67 | ******************************************************************************** |

| 2 | 0.2627 | 19.71 | 41.37 | ************************************************************************* |

| 3 | 0.2007 | 15.06 | 56.43 | ******************************************************** |

| 4 | 0.1784 | 13.38 | 69.81 | ************************************************** |

| 5 | 0.1298 | 9.74 | 79.54 | ************************************ |

| 6 | 0.1021 | 7.66 | 87.20 | ***************************** |

| 7 | 0.0928 | 6.96 | 94.17 | ************************** |

| 8 | 0.0778 | 5.83 | 100.00 | ********************** |

+--------+------------+----------+----------+----------------------------------------------------------------------------------+

a) choix du nombre d'axes factoriels :

De façon rigoureuse, selon la méthode du coude, l'histogramme des valeurs propres présente une cassure juste après la quatrième barre. Ce qui limite le nombre d'axes factoriels à 4, avec 69,81% d'information (inertie totale) conservé par la projection. Toutefois, pour simplifier et en ne visant que nos objectifs, nous limiterons nos analyses aux deux premiers axes factoriels avec à peu près 41,37% d'inertie conservé.

- axe1 : La dimension 1 explique à elle seule 21,67% de l'inertie totale. (cf. graphique ci-dessus). Sur cet axe, les variables « Niveau de garanties», «Rationnement du crédit » et « Décision d'octroi ou Qualité du client» ont une bonne qualité de représentation et par conséquent, l'interprétation peut porter sur ces variables.

Interprétation sur l'axe :

On remarque une opposition entre les deux modalités de la variable « Décision d'octroi ou Qualité du client» ; ce qui était prévisible et témoigne là du fait qu'il existe une parfaite disjonction entre ces modalités.

Nous pouvons observer sur le graphique une proximité entre la modalité « Bon emprunteur » et « Crédit non rationné » dans un premier temps et « Bon emprunteur » et « Niveau de garantie élevé ». De même, les modalités opposées de ces dernières forment aussi un groupe de proximité. On peut donc dire sans risque de se tromper que l'existence des liens entre le rationnement du crédit et la décision d'octroi de crédit, et entre la décision d'octroi de crédit et le niveau de garanties offert est formelle (absolue).

Coordonnées et contributions

AXES 1 A 5

+------------------------------------------+-------------------------------+--------------------------+--------------------------+

| MODALITES | COORDONNEES | CONTRIBUTIONS | COSINUS CARRES |

|------------------------------------------+-------------------------------+--------------------------+--------------------------|

| IDEN - LIBELLE P.REL DISTO | 1 2 3 4 5 | 1 2 3 4 5 | 1 2 3 4 5 |

+------------------------------------------+-------------------------------+--------------------------+--------------------------+

| 1 . Ville |

| AA_1 - =1 9.63 0.73 | 0.31 0.64 -0.15 -0.10 -0.12 | 3.3 15.0 1.1 0.6 1.0 | 0.14 0.56 0.03 0.01 0.02 |

| AA_2 - =2 7.03 1.37 | -0.43 -0.88 0.21 0.14 0.16 | 4.5 20.5 1.5 0.8 1.4 | 0.14 0.56 0.03 0.01 0.02 |

+------------------------------------------+--------- CONTRIBUTION CUMULEE = 7.8 35.5 2.6 1.3 2.3 +--------------------------+

| 2 . Genre |

| AB_1 - C3=1 14.83 0.12 | 0.07 0.08 0.26 0.01 0.20 | 0.2 0.4 5.0 0.0 4.4 | 0.04 0.05 0.55 0.00 0.31 |

| AB_2 - C3=2 1.83 8.08 | -0.55 -0.66 -2.11 -0.10 -1.58 | 1.9 3.0 40.7 0.1 35.5 | 0.04 0.05 0.55 0.00 0.31 |

+------------------------------------------+--------- CONTRIBUTION CUMULEE = 2.2 3.4 45.8 0.1 39.9 +--------------------------+

| 3 . Région |

|

| AD_1 - C5=1 11.77 0.42 | 0.48 0.04 -0.06 0.18 -0.18 | 9.5 0.1 0.2 2.1 2.8 | 0.56 0.00 0.01 0.08 0.07 |

| AD_2 - C5=2 4.89 2.41 | -1.16 -0.09 0.15 -0.43 0.42 | 22.7 0.2 0.6 5.0 6.7 | 0.56 0.00 0.01 0.08 0.07 |

+------------------------------------------+--------- CONTRIBUTION CUMULEE = 32.2 0.2 0.8 7.1 9.5 +--------------------------+

| 5 . Ratcrdit |

| AE_1 - C6=1 10.86 0.54 | -0.52 0.25 -0.04 -0.03 -0.04 | 10.1 2.6 0.1 0.0 0.2 | 0.50 0.12 0.00 0.00 0.00 |

| AE_2 - C6=2 5.81 1.87 | 0.97 -0.47 0.07 0.05 0.08 | 18.8 4.8 0.1 0.1 0.3 | 0.50 0.12 0.00 0.00 0.00 |

+------------------------------------------+--------- CONTRIBUTION CUMULEE = 28.9 7.4 0.2 0.1 0.5 +--------------------------+

| 6 . Garant1 |

| AF_1 - C7=1 10.40 0.60 | 0.53 -0.25 0.10 -0.19 0.00 | 10.0 2.5 0.5 2.2 0.0 | 0.46 0.11 0.02 0.06 0.00 |

| AF_2 - C7=2 6.27 1.66 | -0.87 0.42 -0.16 0.32 0.00 | 16.5 4.2 0.8 3.6 0.0 | 0.46 0.11 0.02 0.06 0.00 |

+------------------------------------------+--------- CONTRIBUTION CUMULEE = 26.5 6.7 1.3 5.8 0.0 +--------------------------+

a. Graphique synthétique (Graphique 4)

b. Graphiques simplifiés (Graphique 5)

ü Qualité de l'emprunteur et le Rationnement du crédit

Les bons emprunteurs se rapprochent de la modalité « crédit non rationné » et les mauvais emprunteurs sont plus proches de « crédits rationnés ». Il existe donc un lien formel entre la décision d'octroi de crédit et le rationnement du crédit.

ü Qualité de l'emprunteur et le niveau de garanties offert (Graphique 6)

Les bons emprunteurs se rapprochent de la modalité niveau de garanties élevées et les mauvais emprunteurs sont plus proches de niveau de garanties faible. L'existence du lien entre la décision de crédit et le niveau de garanties offert ne fait plus l'ombre d'un doute.

ü Qualité de l'emprunteur et ses caractéristiques socioculturelles (Graphique 7)

Les bons emprunteurs se rapprochent des modalités Masculin, Douala (localisation) et Bamiléké (région ouest). On peut donc penser que les bons emprunteurs ont plus tendance à être des hommes dont l'activité est localisée à Douala et originaire de la région de l'ouest. Les mauvais emprunteurs sont plus proches des caractéristiques : Féminin, Yaoundé et Peul et/ou Béti. Il existe donc un lien formel entre la décision d'octroi de crédit et certains caractéristiques du promoteur du projet tels son sexe, sa région d'origine, la localisation de son entreprise.

II-2. L'Analyse de la régression logistique

a) Le modèle Logit

Notons p la probabilité de l'octroi du crédit. L'estimation du modèle nous conduit à l'équation suivante :

(Equation 1)

Le risque d'octroi représenté par la probabilité d'octroi de crédit est déterminé par l'équation ci-dessous :

(Equation 2)

Nous avons pu observer que pour un emprunteur ayant les caractéristiques suivantes :

1. Niveau de garanties : élevé ;

2. État du crédit : non rationné ;

3. Nombre de prêt : 2 ;

4. Taux d'intérêt annualisé : 18%

5. Région : Ouest, Douala ou Expatrié ;

6. Sexe : Masculin ;

7. Ville : Yaoundé

8. Forme juridique : SARL ;

9. Activité : Services ;

10. Durée du prêt : 20 mois ;

11. Dette totale : 2 500 000.

La probabilité d'octroi de crédit est estimée à : p = 0,043837427 ou encore 4,384 % < 5% (maximum de vraisemblance) est très significative et démontre la pertinence des variables utilisés (niveau d'erreur qui nous permet de toucher le seuil d'acceptabilité de l'échantillon).

L'idéal pour la banque serait que les clients remboursent entièrement leurs emprunts, quelques soient leurs garanties.

b) Adéquation du modèle

L'analyse des tableaux ci-dessous montre que le modèle est globalement adéquat. Les variables explicatives retenues sont celles qui semblent les plus importantes dans l'explication et la détermination de la décision de l'octroi de crédit. On procèdera par des tests :

Tests de spécification du modèle

 

Khi-deux

ddl

Signification

Étape

41,321

11

,000

Bloc

41,321

11

,000

Modèle

41,321

11

,000

Test omnibus de Hosmer-Lemeshow

Etape

Khi-deux

ddl

Signification

1

11,648

8

,000

Récapitulatif du modèle

Etape

-2log-vraisemblance

R-deux de Cox & Snell

R-deux de Nagelkerke

1

90,64036(*)

0,316

0,449

Variables dans l'équation

Variables

B

E.S.

Wald

ddl

Signification

Exp(B)

1

genre

-,469

,796

,347

1

,056

,626

2

région

-,020

,347

,003

1

,095

,980

3

forjur

-,075

,370

,041

1

,084

,928

4

act

-,566

,373

2,296

1

,013

,568

5

txint

-,058

,150

,150

1

,070

,944

6

dureepre

,023

,019

1,551

1

,021

1,024

7

npretpas

-,154

,186

,692

1

,041

,857

8

dette

,000

,000

2,713

1

,010

1,000

9

ratcrdit

-1,459

,769

3,603

1

,058

,233

10

garant1

1,417

,607

5,442

1

,020

4,123

11

Constante

1,724

3,819

,204

1

,065

5,608

Pouvoir de prédiction du modèle

Le pouvoir de prédiction du modèle est très satisfaisant. Il prédit correctement 78,9% des cas si le point de coupure est fixe à 0,5.

Tableau de classification

Observé

Prévu

qualemp

Pourcentage correct

Bon emprunteur

Mauvais emprunteur

 

Étape 1

qualemp

Bon

68

9

88,3

Mauvais

14

18

56,3

Pourcentage global

 
 

78,9

c) Les déterminants de la probabilité de l'octroi de crédit

Les paramètres avec des coefficients positifs influencent positivement la probabilité de l'octroi de crédit et ceux munis de coefficients négatifs l'affectent négativement. Dans la première équation ci-dessus, le degré de rationnement (ratcrdit), le sexe du promoteur (genre), sa région d'origine (région), la forme juridique de son entreprise (forjur), son activité principale (act), le taux d'intérêt annualisé (txint) et le nombre de prêt reçus par l'emprunteur (npretpas) réduisent la probabilité d'octroi quand ils passent d'un niveau plus bas vers un niveau élevé. Au contraire, le niveau de garanties (garant), la durée du prêt en mois (dureepre), le total de la dette de l'entreprise (dette) et le type de garanties offerts (typegar) ont une relation positive avec la probabilité d'octroi de crédit de l'emprunteur.

Résultats du modèle

· Un emprunteur qui paie un taux d'intérêt plus élevé est moins susceptible de faire défaut. Lorsque le taux d'intérêt augmente par exemple de 18% à 25%, la probabilité d'octroi de crédit diminue de 0,170%.

· Plus le degré de rationnement est important, plus importante est la probabilité d'octroi, c'est-à-dire que pour un emprunteur qui voit le crédit qui lui est offert passer du statut de non rationné à celui de rationné, la probabilité d'octroi de crédit croit de 12,089%.

· Un emprunteur qui offre d'importantes garanties est moins successible de faire défaut. Lorsque le niveau de garanties passe d'un niveau bas à un niveau plus élevé, la probabilité d'octroi de crédit baisse de 11,520%.

· De même, un emprunteur qui a déjà reçu plusieurs prêts est moins successible de défaut. Si le nombre de prêts reçu passe de deux à quatre, alors la probabilité d'octroi de crédit baisse de 1,124%.

· Plus la durée du prêt est important, moins importante est la probabilité d'octroi de crédit, c'est-à-dire que pour un emprunteur qui voit la durée du crédit qui lui est offert passer par exemple de dix mois à vingt mois, la probabilité d'octroi de crédit décroît de 0,869%.

· Plus les conditions financières sont élevées, plus grande est la probabilité d'octroi. L'exigence de conditions financières vise au moins deux objectifs. Premièrement, les conditions financières visent à tester la disposition de l'emprunteur à contribuer financièrement au projet à financer et son engagement envers ce projet. Deuxièmement, elles visent à sécuriser l'institution contre le risque de crédit et le risque d'illiquidité.

· Des techniques utilisées, il semble que la régression logistique est plus facile à utiliser et les valeurs prédites de la variable dépendante se situent toujours entre 0 et 1 et peuvent être interprétées comme des probabilités. Tel n'est pas le cas pour l'analyse discriminante qui requiert un certain nombre de conditions dont la normalité des variables explicatives. En outre, les coefficients issus de la régression logistique peuvent être interprétés en termes d'effets marginaux sur la probabilité de défaut, ce que ne permet pas l'analyse discriminante.

CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE

En définitive, l'étude expérimentale que nous avons essayé de peaufiner met bien en exergue certains éléments du marché bancaire camerounais :

ü Le Cameroun a enduré une crise économico-financière (1985-1995) ayant supprimé plusieurs emplois ;

ü Une restructuration du secteur bancaire (1990-1995) ;

ü La naissance de nouvelles banques ;

ü Une prolifération des établissements de microfinance (très sollicités et appréciés par les populations), mais très étroitement contrôlées par la COBAC ;

ü La place d'Afriland First Bank dans l'environnement bancaire du Cameroun.

Ayant réalisé notre étude sur un échantillon de cent neuf emprunteurs à la First Bank où nous avons utilisé des outils statistiques (khi-deux, analyse des composantes multiples, régression logistique), nous avons travaillé sur trente deux (32) variables dont onze (11) ont été sélectionnées pour la vérification de notre hypothèse d'octroi du crédit par la banque. Les résultats ont montré l'importance de la relation de long terme, du taux d'intérêt, le type des garanties offertes et du rationnement de crédit dans la détermination de probabilité d'octroi du crédit. Le modèle qui a été développé à partir de la régression logistique et de l'analyse des composantes multiples prédit correctement dans plus 60% des cas.

Conclusion Générale

Au terme de notre analyse, force est de constater que nous avons mis tout en oeuvre pour répondre à la question fondamentale de recherche à savoir « quelles sont les variables les plus pertinentes permettant à la banque d'accorder le crédit aux entreprises ? ». L'objectif principal de la présente recherche (d'où découle notre problématique) intitulée « Identifier les variables qui influent sur la décision d'octroi du crédit » nous a permis d'admettre onze (11) variables sur trente deux comme pertinentes à l'étude. Cela s'est réalisé à travers nos deux hypothèses secondaires37(*) qui ont su apportées des solutions au problème posé.

Il a été question dans un premier temps de présenter la littérature concernant l'analyse conceptuelle de l'opération de crédit dans l'intermédiation financière des banques (Guerley et Shaw (1960), Akerlof (1970), Leland et Pyle (1977), Diamond et Dybvig (1983)) ; puis dans un second temps, opérationnaliser ces concepts au travers notre base d'échantillonnage, ceci en faisant des tests statistiques de khi deux, d'analyse des composantes multiples et de régression logistique.

Les résultats obtenus permettent de valider à plus de 60% notre objectif principal ainsi que nos hypothèses secondaires. Il ressort que l'outil statistique khi-deux ne permet pas entièrement de déterminer la relation d'indépendance entre les variables, toutefois l'analyse des composantes multiples et la régression logistique confirment la théorie et les travaux empiriques existant dans le domaine.

En remerciant la First Bank et ses responsables de nous avoir accueilli comme stagiaire, nous affirmons que notre étude ne saurait être une panacée pour les utilisateurs de ce document, car comporte quelques limites. Nous aurions souhaité disposer de plus de temps (seulement deux semaines passées à la DCCE sur douze) pour collecter des informations supplémentaires sur ces variables dans la banque. Le travail abattu nécessitait aussi des moyens financiers (transport, matériel de travail, apprentissage de logiciels, etc.) que nous ne disposions pas.

Comme recommandations :

a) Les conditions financières rendent le coût global du prêt plus élevé pour l'emprunteur. Elles doivent être fixées à un niveau raisonnable, de manière à réduire les coûts pour l'emprunteur sans pour autant négativement affecter son engagement à fournir un niveau souhaitable ou élevé d'effort.

b) Plus spécifiquement, les taux d'intérêt doivent être fixés à des niveaux qui tiennent compte de la pérennité de l'institution. Par ailleurs, il serait utile de bien gérer la communication pour éviter toute confusion pour les employés et pour les emprunteurs.

c) Dans certains cas, il serait mieux de rejeter un prêt plutôt que d'octroyer la moitie du montant demandé (rationnement). La réduction du montant demandé peut amener l'emprunteur à changer son plan initial d'utilisation du prêt et cela peut entrainer des problèmes d'alea de moralité et par conséquent des difficultés de remboursement.

d) Même s'il est important de se donner assez de temps (temps d'attente) pour analyser les demandes, il semble également très utile d'éviter de rendre le processus trop long. Un processus trop long augmenterait les coûts de transactions pour l'emprunteur.

Nul n'ayant le monopole du savoir, nous posons les premiers pas de travaux dans la recherche, aussi des pistes de clairvoyance et d'approfondissement seraient la bienvenue pour améliorer ces travaux sont ouvertes.

Annexes

1- La Collecte des Données

La collecte des données s'est faite par nous-mêmes à au siège à Yaoundé Hippodrome à la Direction du crédit et du contrôle des engagements (DCCE). Nous avons pu recueilli les informations mises à votre disposition avec la collaboration des responsables en poste. Cela n'a pas été facile car la DCCE gère tout le fichier de crédit du réseau de la banque. Il fallait porter les chemises de dossiers empilés dans les étagères et les éplucher un par un.

Les interviews avaient lieu sur rendez-vous et prenaient en compte l'accord mais aussi la disponibilité des responsables car ceux-ci étaient très occupés.

2- Le traitement des données

SPSS 10.0 et 12.5 : ont permis d'apurer les données et de produire les résultats statistiques. Malgré les précautions prises pendant la saisie, des erreurs ont persisté dans la base de données. Pour corriger ces erreurs, nous avons utilisé ces logiciels en procédant lorsque cela a été nécessaire à un contrôle systématique de chaque question qui posait des problèmes ou présentait des valeurs aberrantes.

EXCEL : a permis de transcrire les données dans SPSS et de faire les traitements des données issues de la banque avant de les transférer dans le logiciel STATA 9.

STATA 9.0 : quant à lui nous a permis d'effectuer des régressions, de produire des tableaux statistiques et de présenter les tests de khi deux. En voici quelques uns :

a) tab typegar Decision, chi2

| Decision

typegar | 0 1 | Total

----------------+----------------------+----------

Personnelle | 2 3 | 5

Réelle | 13 41 | 54

Réelle et perso | 3 25 | 28

----------------+----------------------+----------

Total | 18 69 | 87

Pearson chi2(2) = 3.2112 Pr = 0.201

b) tab objprett Decision, chi2

| Decision

objprett | 0 1 | Total

---------------+----------------------+----------

Exploitation | 16 64 | 80

Investissement | 1 3 | 4

Expansion | 0 1 | 1

---------------+----------------------+----------

Total | 17 68 | 85

Pearson chi2(2) = 0.3125 Pr = 0.855

c) tab ethnie Decision, chi2

| Decision

ethnie | 0 1 | Total

-----------+----------------------+----------

Bamileké | 15 57 | 72

Beti | 2 9 | 11

Expatrié | 1 3 | 4

Peul | 1 7 | 8

Sawa | 0 2 | 2

-----------+----------------------+----------

Total | 19 78 | 97

Pearson chi2 (4) = 0.9015 Pr = 0.924

d) tab txint Decision, chi2

| Decision

txint | 0 1 | Total

-----------+----------------------+----------

.03 | 0 1 | 1

.05 | 0 1 | 1

.0675 | 1 0 | 1

.069 | 0 1 | 1

.08 | 0 1 | 1

.09 | 1 1 | 2

.1 | 0 4 | 4

.11 | 0 4 | 4

.12 | 2 3 | 5

.1275 | 0 1 | 1

.13 | 1 1 | 2

.135 | 0 1 | 1

.1375 | 5 26 | 31

.145 | 0 1 | 1

.1475 | 0 2 | 2

.15 | 1 1 | 2

.155 | 4 15 | 19

.1575 | 2 6 | 8

-----------+----------------------+----------

Total | 17 70 | 87

Pearson chi2 (17) = 13.5270 Pr = 0.700

e) tab typeprett Type_gar, chi2

| Type_gar

typeprett | Personnel Réelle Réelle et | Total

-----------+---------------------------------+----------

Crédit LT | 0 1 0 | 1

Crédit MT | 1 5 4 | 10

crédit CT | 4 42 22 | 68

-----------+---------------------------------+----------

Total | 5 48 26 | 79

Pearson chi2(4) = 1.2412 Pr = 0.871

f) tab localite type_garantie,chi2

| type_garantie

localite | 1 2 3 | Total

-----------+---------------------------------+----------

1 | 21 8 1 | 30

2 | 35 19 4 | 58

-----------+---------------------------------+----------

Total | 56 27 5 | 88

Pearson chi2(2) = 0.9707 Pr = 0.615

g) tab secteur_activite objprett,chi2

secteur d'activité |

du demandeur de | objprett

crédit | Exploitat Investiss expansion | Total

---------------------+---------------------------------+----------

industrie | 13 1 0 | 14

service et transport | 25 2 1 | 28

commerce général | 40 1 0 | 41

---------------------+---------------------------------+----------

Total | 78 4 1 | 83

Pearson chi2(4) = 3.0403 Pr = 0.551

h) tab secteur_activite type_garantie,chi2

secteur d'activité |

du demandeur de | type_garantie

crédit | 1 2 3 | Total

---------------------+---------------------------------+----------

industrie | 9 5 1 | 15

service et transport | 20 5 3 | 28

commerce général | 26 16 1 | 43

---------------------+---------------------------------+----------

Total | 55 26 5 | 86

Pearson chi2(4) = 4.5968 Pr = 0.331

i) tab statut_juridique type_garantie,chi2

statut_jur | type_garantie

idique | 1 2 3 | Total

-----------+---------------------------------+----------

1 | 37 17 2 | 56

2 | 7 2 1 | 10

3 | 12 7 1 | 20

-----------+---------------------------------+----------

Total | 56 26 4 | 86

Pearson chi2(4) = 1.3826 Pr = 0.847

j) tab fondroul Decision,chi2

| Decision

fondroul | 0 1 | Total

-----------+----------------------+----------

-3.96e+08 | 1 0 | 1

-2.42e+08 | 0 1 | 1

-8.44e+07 | 1 0 | 1

-7.93e+07 | 1 1 | 2

-7.58e+07 | 0 1 | 1

-5.19e+07 | 0 1 | 1

-1.85e+07 | 0 1 | 1

-1.61e+07 | 0 1 | 1

-1.17e+07 | 0 1 | 1

-4421371 | 0 1 | 1

-1297465 | 0 1 | 1

0 | 0 2 | 2

37.5 | 0 1 | 1

2117082 | 1 0 | 1

2238905 | 0 1 | 1

3206960 | 0 1 | 1

3560000 | 0 1 | 1

3580000 | 0 1 | 1

6136312 | 1 0 | 1

6400000 | 1 0 | 1

8480000 | 0 1 | 1

8862568 | 0 2 | 2

1.25e+07 | 0 1 | 1

1.50e+07 | 0 1 | 1

1.64e+07 | 0 1 | 1

1.67e+07 | 0 1 | 1

1.89e+07 | 1 0 | 1

2.02e+07 | 1 0 | 1

2.04e+07 | 0 1 | 1

3.02e+07 | 1 0 | 1

3.09e+07 | 0 1 | 1

3.34e+07 | 0 1 | 1

5.25e+07 | 0 1 | 1

5.35e+07 | 0 1 | 1

5.38e+07 | 0 1 | 1

5.70e+07 | 0 1 | 1

6.31e+07 | 0 1 | 1

6.66e+07 | 0 1 | 1

8.08e+07 | 0 1 | 1

9.01e+07 | 0 1 | 1

9.41e+07 | 0 1 | 1

1.03e+08 | 0 1 | 1

1.03e+08 | 1 0 | 1

1.55e+08 | 0 1 | 1

1.59e+08 | 0 1 | 1

1.92e+08 | 0 1 | 1

2.09e+08 | 1 0 | 1

2.12e+08 | 0 1 | 1

2.28e+08 | 0 1 | 1

2.55e+08 | 0 1 | 1

3.00e+08 | 0 1 | 1

3.71e+08 | 0 1 | 1

3.92e+08 | 1 0 | 1

4.60e+08 | 0 1 | 1

5.03e+08 | 0 1 | 1

5.06e+08 | 0 1 | 1

6.44e+08 | 1 0 | 1

9.10e+08 | 0 1 | 1

9.66e+08 | 0 1 | 1

1.12e+09 | 0 1 | 1

1.12e+09 | 0 1 | 1

1.73e+09 | 0 1 | 1

1.87e+09 | 0 1 | 1

5.02e+09 | 0 1 | 1

6.14e+09 | 0 1 | 1

1.04e+10 | 0 1 | 1

1.05e+10 | 1 0 | 1

1.11e+10 | 1 0 | 1

-----------+----------------------+----------

Total | 15 56 | 71

Pearson chi2(67) = 67.9994 Pr = 0.443

3- L'organigramme de la First Bank (avec La Direction du crédit et du contrôle des engagements (DCCE)

CA

Services du Président

Direction générale

Assistante DG

Inspection générale

DGA2 Centre-Ouest

DGA1 Littoral-Nord

Accueil et services administratifs

Succursale Douala

Succursale Bafoussam

Accueil et services administratifs

Succursale Yaoundé

DCCEG

DSI

DRHAG

DECB

DAJC

DFC

Dpt Crédit

Dpt Ctrl des engagements

Dpt Engagemts internat.

Dpt Exploitation

Dpt Recherche et exploitation

Dpt Gestion technique

D° Internationale

D° des Affaires générales

D° des Ress. humaines

D° Doc & Formation

Dpt Rech et Dvpt

Dpt Etudes et Projets

Dpt Micro Banques

Dpt Corporate Banking et Marché Bancaire

DCE

D° Accueil et Administration

Dpt Commercial

Dpt Opérations internationales

Dpt Exploitation

Agences de Rcvmt Dla

Dpt des affaires juridiques

Dpt Comptable

DptCtrl comptable

DFC Adjoint

D° Analyse du crédit

D° du Ctrl des engagements

D° Inspection

D° Exploitat° générale

D° Suivi des Unités

D° Suivi des Unités

D° Suivi des Unités

D° Communication

D° Commerciale

D° de la Trésorerie

D° des Opérations

D° des Opérations

D° Qualité

D° analyses économiques

D° Recherche

D° Projets

D° Investissements

D° Région Littoral

D° Région Ouest

D° Région Grand Nord

D° région Centre/Sud/Est

D° Audit Micro structures

D° Corporate Banking

D° Clientèle Hors contrat

D° Assets Management

D° Comptable et Fiscalité

D° Ctrl budgétaire

D° Ctrl Littoral-Nord

D° Ctrl Centre-Ouest

D° Ctrl des Op. internationales

D° Gestion technique

D°Electricité et Maintenance

D° A J Baf

D° A J Dla

D° A J Ydé

Agences de Rcvmt Baf

Agences de Rcvmt Ydé

Conseil d'audit

Agence Bamenda

Agence Garoua

Agence Kousséri

Agence Limbé

Agence Nkongsamba

Légende

CA : Conseil d'Administration

DG : Directeur Général

DCCEG : Direction du Crédit et du Contrôle des Engagements Groupe

DTIG : Direction des Techniques de l'Information Groupe

DRHAG : Direction des Affaires Générales et de l'Administration Générale

DRCB : Direction de la Recherche et du Corporate Banking

DCE : Direction Commerciale et de l'Exploitation

DFC : Direction Financière et Comptable

DAJC : Direction des Affaires Juridiques et du Contentieux

Dpt : Département

 : Division

Rcvmt : Recouvrement

Dla : Douala

Ydé : Yaoundé

Rech : Recherche

Dvpt : Développement

Ctrl : Contrôle

Division du Contrôle

Des engagements

Département Engagements internationaux

Département Crédit

Département Contrôle

Des engagements

DCCEG

Division Analyse

Du crédit

NOS ENQUETES A AFRILAND FIRST BANK

NOM

VILLE

AGE

PROMO

GENRE

ETHNIE

EXP

PROF

FORJUR

ACT

DATE

CRE

DATEREL

TYPE

PRET

MTPRET

MT

RECU

OBPRET

DATEDDE

DAMISPL

1

1

Yaoundé

37

M

Expatrié

13

SARL

Service

1990

2002

crédit MT

12 000 000

 

Exploitation

07/01/2004

 

2

2

Yaoundé

45

F

Beti

8

ETS

Service

1998

1998

crédit CT

20 000 000

20 000 000

Exploitation

29/04/2005

 

3

3

Yaoundé

38

M

Beti

 

SARL

commerce gene

1998

1999

crédit CT

50 000 000

 

Investissement

31/01/2005

 

4

4

Yaoundé

49

F

Bamileké

12

SARL

Service

1992

1999

Crédit LT

80 000 000

 

Exploitation

12/10/2004

 

5

5

Yaoundé

50

F

 

 

SARL

Service

1995

1997

 

 

 

 

 

 

6

6

Yaoundé

38

M

Beti

 

SARL

commerce gene

2006

2006

crédit CT

50 000 000

50 000 000

Exploitation

31/07/2006

 

7

7

Yaoundé

 
 

 

 

ETS

BTP

1991

2003

 

 

 

 

 

 

8

8

Yaoundé

51

M

Peul

24

ETS

commerce gene

1999

1999

crédit CT

8 000 000

8 000 000

Exploitation

 

 

9

9

Yaoundé

 

M

Bamileké

 

SARL

BTP

2000

2000

 

454 600 000

454 600 000

Exploitation

01/07/2006

 

10

10

Yaoundé

52

M

Bamileké

 

SARL

 

1991

2001

 

 

 

 

22/06/2006

 

11

11

Yaoundé

 

M

Bamileké

 
 

 

 

 

 

700 000 000

 

 

 

 

12

12

Yaoundé

 

M

Peul

 

SARL

BTP

 

 

 

 

 

 

 

 

13

13

Yaoundé

 
 

 

 

SA

 

1999

2001

 

 

 

 

 

 

14

14

Yaoundé

 

M

Bamileké

 

SARL

commerce gene

1999

2000

 

80 000 000

 

Exploitation

05/07/2007

 

15

15

Yaoundé

 

M

Bamileké

 

SARL

commerce gene

1989

1993

crédit MT

400 000 000

400 000 000

 

13/06/2006

 

16

16

Yaoundé

46

 

Sawa

12

 

BTP

1996

1997

crédit CT

89 600 000

89 600 000

Exploitation

30/01/2007

 

17

17

Douala

44

M

Peul

 

SARL

Agro Insdustrie

 

2005

crédit CT

947 000 000

 

Exploitation

29/01/2007

 

18

18

Douala

52

M

Bamileké

17

SA

commerce gene

1985

 

crédit CT

325 000 000

325 000 000

Exploitation

 

09/01/2004

19

19

Douala

46

M

Bamileké

14

SARL

commerce gene

1990

1992

crédit CT

140 000 000

140 000 000

Exploitation

20/10/2004

21/06/2005

NOS ENQUETES A AFRILAND FIRST BANK

TXINT

DUREEPRET

NPRETPASS

VALGAR

TYPEGAR

BILAN

CAPPROP

FONDROUL

DETTE

ACTCIRC

PASSCIR

TRESACT

CA

VA

FRAISFIN

RESNET

DECISION

10%

 

0

17 865 000

Réelle

44 750 000

1 000 000

16 400 000

 

43 000 000

26 600 000

4 930 000

40 570 000

14 810 000

 

1 380 000

OUI

15,75%

 

2

139 000 000

Réelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

OUI

 

12

0

81 000 000

Réelle et perso

1 000 000

1 000 000

2 117 082

0

162 900 238

106 365 233

25 746 952

1 673 285 618

51 020 179

0

11 224 716

NON

15,50%

60

0

94 000 000

Réelle

40 680 000

15 930 000

8 480 000

2 850 000

14 740 000

1 980 000

14 270 000

65 650 000

32 580 000

2150000

15 640 000

OUI

 

 

 

91 400 000

Réelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13,75%

12

0

115 000 000

Réelle

161 000 000

1 000 000

12 451 140

 

 

 

 

1 529 306 745

 

 

18 538 671

OUI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12

0

18 800 000

Réelle

97 600 000

75 000 000

0

 

58 400 000

12 000 000

200 000

85 300 000

 

1000000

4 700 000

OUI

13,75%

 

7

270 000 000

Réelle

648 085 339

15 000 000

 

49 845 416

432 353 751

698 261 724

48 946 966

901 871 704

5 590 666

10272908

85 634 466

OUI

13,75%

 

2

46 800 000

Réelle

116 691 750

1 500 000

-79 264 367

0

51 358 397

91 282 858

242 928

217 612 077

29 221 190

10342528

-6 431 270

OUI

12%

60

 

 

 

16 966 000 000

2 118 000 000

 

 

 

 

 

8 851 000 000

 

 

64 000 000

 

13,75%

 

2

530 000 000

Réelle

 

 

-401 000 000

 

 

 

 

 

 

 

-98 000 000

 

 

 

1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13,75%

4

2

370 000 000

Réelle

252 466 165

5 000 000

 

113 231 231

241 397 046

20 226 601

3 190 218

467 439 444

48 230 372

16003527

1 984 953

OUI

13,75%

5

3

3 495 000 000

Réelle et perso

7 858 000 000

205 000 000

255 000 000

399 000 000

6 224 000 000

 

69 000 000

31 427 263 769

 

293357702

568 522 414

OUI

13,75%

12

5

71 500 000

 

117 500 000

74 200 000

66 600 000

 

72 900 000

22 400 000

600 000

214 500 000

48 700 000

5000000

4 800 000

OUI

11%

12

1

 

Personnelle

8 590 483 840

410 038 418

965 963 390

5 209 710 921

6 603 900 145

2 712 400 472

45 198 223

13 582 515

2 709 584 804

403085009

-421 620 272

OUI

12%

24

1

761 000 000

Réelle

677 687 000

10 000 000

3 580 000

492 577 000

677 687 000

401 828 000

8 778 000

1 985 754 200

274 033 625

30875600

65 323 615

OUI

15,50%

25

6

179 000 000

Réelle et perso

904 050 723

167 260 831

2 238 905

678 356 200

423 685 545

736 725 648

73 757 396

1 614 680 541

340 248 448

43001210

58 369 448

 

NOS ENQUETES A AFRILAND FIRST BANK

FRAISFIN

RESNET

DECISION

 

1 380 000

OUI

 
 

OUI

0

11 224 716

NON

2150000

15 640 000

OUI

 
 
 
 

18 538 671

OUI

 
 
 

1000000

4 700 000

OUI

10272908

85 634 466

OUI

10342528

-6 431 270

OUI

 

64 000 000

 
 

-98 000 000

 
 
 
 

16003527

1 984 953

OUI

293357702

568 522 414

OUI

5000000

4 800 000

OUI

403085009

-421 620 272

OUI

30875600

65 323 615

OUI

43001210

58 369 448

NON

4- La Collecte des Données

La collecte des données s'est faite par nous-mêmes à au siège à Yaoundé Hippodrome à la Direction du crédit et du contrôle des engagements (DCCE). Nous avons pu recueilli les informations mises à votre disposition avec la collaboration des responsables en poste. Cela n'a pas été facile car la DCCE gère tout le fichier de crédit du réseau de la banque. Il fallait porter les chemises de dossiers empilés dans les étagères et les éplucher un par un.

Les interviews avaient lieu sur rendez-vous et prenaient en compte l'accord mais aussi la disponibilité des responsables car ceux-ci étaient très occupés.

Bibliographie

1) A. JOSEPH (2001), Quels moyens mettre en oeuvre pour faciliter l'accès des entreprises au crédit bancaire ?

2) A. SILEM et J.M. ALBERTINI (2006), Lexique d'économie, 9e édition, Dalloz, Paris, p. 666.

3) DGTPE, TRÉSOR-ÉCO - n° 7 - Janvier 2007 - L'accès des entreprises au crédit bancaire-p.2.

4) Direction de la Statistique et Comptabilité Nationale (DSCN), Conditions de vie et profil de pauvreté à l'Extrême-Nord Cameroun en 2001/ 2002, Page 11.

5) F. BAMBOU (2004), CAMEROUN LINK, Le portail du Cameroun / Cameroon Portal, Microsoft Internet Explorer.

6) F. DESMICHT (2004), Pratique de l'activité bancaire, DUNOD, Paris

7) F. MISHKIN (2007), Monnaie, banque et marchés financiers, 8e édition, Nouveaux Horizons, Paris, p. 203.

8) FOKAM K. P. (2000), Et si l'Afrique se réveillait ? Les éditions Jaguar, Paris, 210p.

9) G. SARPOTA, La notation statistique des emprunteurs ou « scoring », Conservatoire des arts et métiers, Paris.

10) G. AKERLOF (1970), The market for lemons: quality, uncertainty and the market mechanism, Quarterly Journal of Economics 84, p. 488-500.

11) H. CARMOY (1990), Stratégie bancaire, le refus de la dérive, Paris, Presses Universitaires de France.

12) H. de la BRUSLERIE (1998), Analyse financière du risque de crédit : du fonds de roulement à la trésorerie, Economies et sociétés, Sciences de gestion, Série S.G. n° 8.

13) J. M. BEGNE (2004), Confiance et relation de crédit bancaire en Afrique Noire Francophone : l'influence du contexte socioculturel, Communication Colloque du Liban par l'AUF.

14) J. M. KEYNES (1936), La théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie.

15) J.P. CRAUSER and al, Guide pratique d'Analyse des données, Les Editions d'organisation

16) L. BRYAN (1988), La banque éclatée, Paris, InterEditions.

17) LEKANE T. D. (2001), Evaluation de l'impact de la M dans les secteurs de l'agriculture et de l'élevage à Baham (Cameroun), U.Y.I, Département de Géographie, mémoire de maitrise, 109p.

18) Le Financier d'Afrique n° 21, décembre 2008/janvier 2009, p.17.

19) Loi des Finances (2009), Rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières de la nation, Exercice 2008, p. 46-48.

20) L. BERNET-ROLLANDE (2004), Principes de technique bancaire, 23e édition, DUNOD, Paris, pp. 128-131.

21) M.-C. DELAVEAUD (2003), Le « Risk Managemen t » en 5 étapes, AMRAE, Paris.

22) M. BARDOS (2001), « Analyse discriminante, application au risque et scoring financier », Dunod.

23) R. LAVAUD (1985), « Comment mener une analyse financière », 3e édition, DUNOD Entreprise, p. 176-189.

24) R. WANDA (2007), Risques, comportements bancaires et déterminants de la surliquidité, Cahiers électroniques du CRECCI, IAE.

25) T. HASTIE, R. TIBSHIRANI et J. FRIEDMAN, «The Elements of Statistical Learning Theory », Springer-Verlag, 2001.

26) http:// www.la microfinance.org

27) http:// www.la banque.org

TABLE DES MATIÈRES

Dédicaces i

Remerciements ii

Liste des figures et tableaux iii

Liste des sigles et acronymes iv

Résumé v

Abstract vii

Introduction Générale 1

1ère PARTIE : ANALYSE CONCEPTUELLE DE L'OPERATION DE CREDIT DANS L'INTERMEDIATION FINANCIERE DES BANQUES 7

CHAPITRE I : La place des marchés et institutions financières dans la conclusion des contrats financiers : le cas du crédit bancaire 9

Section 1 : Le Phénomène d'asymétrie d'information 10

I- Les principes d'analyse 10

I-1. Présentation succincte du modèle de G. AKERLOF 11

I-2. Quelques remarques 12

II- Intérêts et limites du marché dans l'élaboration des marchés financiers 13

II-1. Financement direct vers un financement indirect 13

II-2. Intérêt des marchés dans l'élaboration des contrats financiers : la réduction des coûts 15

Section 2 : La Théorie de l'intermédiation financière 18

I- Les banques comme producteurs d'informations 19

I-1. Selon LELAND et PYLE (1977) 19

I-2. Selon DIAMOND (1984) 20

II-La banque comme producteur de liquidité 22

CHAPITRE II : Les informations financières nécessaires à l'octroi du crédit 24

Section 1 : Comment négocier les crédits? 25

I- Renseignements sur le passé, le présent et le futur 25

I-1. Renseignements sur le passé 25

I-2. Renseignements sur le présent 26

I-3. Renseignements sur le futur 26

II- Les éléments essentiels de la situation financière pour la banque 27

I I-1. Les données fondamentales 27

II-2. Négocier les conditions avec la banque 28

Section 2 : L'analyse financière du point de vue du prêteur (banquier) 29

I-L'appréciation de la solvabilité de l'entreprise 29

I-1. Solvabilité à long terme 29

I-2. Solvabilité à court terme 30

II- L'analyse des ratios 32

I I-1. Le ratio de couverture des risques 32

II-2. Le ratio de divisions des risques 33

I I-3. Le ratio de couverture des immobilisations 33

II-4. Les limites des activités non bancaires 33

I I-5. Les concours aux actionnaires 33

II-6. Les ratios de rentabilité nette, financière et globale 34

Conclusion de la première partie 35

2ème PARTIE : EXAMEN DES DETERMINANTS DE L'ACCES AU CREDIT BANCAIRE A AFRILAND FIRST BANK 36

CHAPITRE III : Le Processus d'octroi du crédit bancaire au Cameroun : Le cas de la FIRST BANK 38

Section 1 : Le marché du crédit bancaire du Cameroun 39

I- La demande de crédit camerounaise 40

I-1. Prenons l'exemple des ménages de la zone du grand Nord camerounais 42

I-2. La demande des petites et moyennes entreprises (PME) 43

II- L'offre de crédit au Cameroun 44

I I-1. Rappels théoriques de certains auteurs 44

II-2. L'offre de crédit au Cameroun 45

Section 2 : Le marché du crédit à AFRILAND FIRST BANK 48

I- Le marché de crédits et de dépôts 48

I-1. Le marché de crédits 48

I-2. Le marché des dépôts 49

II- La jointure des tontines aux banques : les M 51

I I-1. L'articulation des tontines M à la First Bank 51

II-2. L'évolution de l'activité des M 52

CHAPITRE IV : Etude statistique des déterminants de l'octroi du crédit à la FIRST BANK 54

Section 1 : Justification théorique des outils statistiques utilisés 55

I- L'Analyse factorielle discriminante 55

I-1. L'analyse discriminante peut être une technique descriptive 55

I-2. L'analyse discriminante peut être prédictive 56

II- L'Analyse des correspondances multiples (ACM) et Régression logistique 56

I I-1. L'Analyse des correspondances multiples (ACM) 56

II-2. Régression logistique 57

Section 2 : Appréhension des déterminants de l'octroi du crédit bancaire (le test de khi-2, l'analyse des composantes multiples et la régression logistique) 58

I- Les caractéristiques de la population de l'étude 58

I-1. L'Analyse univariée 59

I-2. L'Analyse des relations d'indépendance entre les variables pertinentes de l'octroi du crédit bancaire 66

II- La détermination des variables discriminantes dans l'analyse factorielle de l'octroi du crédit bancaire 72

I I-1. L'Analyse des Correspondances Multiples ACM (Analyse Multivariée) 72

II-2. L'Analyse de la régression logistique 78

Conclusion de la deuxième partie 81

Conclusion Générale 82

Annexes viii

Bibliographie xv

Table des matières xvii

* 1 F. MISHKIN, (2007), Monnaie, banque et marchés financiers, 8e édition, Nouveaux horizons, Paris, p.203.

* 2 A. C. CREUSOT (2006), L'état des lieux de la microfinance au Cameroun, www.la microfinance.org

* 3 A. Joseph (2001), Quels moyens mettre en oeuvre pour faciliter l'accès des entreprises au crédit bancaire ?

* 4 R. WANDA (2007), Risques, comportements bancaires et déterminants de la surliquidité, Cahiers électroniques du CRECCI, IAE

* 5 Le ratio Cooke est le rapport entre les engagements et les fonds propres que les banques internationales doivent respecter. Leur endettement doit être inférieur ou égal à 8 fois le montant de leurs fonds propres.

Le ratio Mc Donough est un ratio prudentiel successeur officiel du ratio Cooke ; celui-ci tend à corriger les faiblesses du ratio Cooke. (A. SILEM & J.M ALBERTINI, 2006)

* 6 Décision d'un gouvernement en accord avec ses partenaires de baisser la valeur de sa monnaie par rapport aux autres monnaies

* 7 F. MISHKIN, op. Cit., p.27.

* 8 F. MISHKIN, op. Cit.

* 9 A. SILEM et J.M. ALBERTINI (2006), Lexique d'économie, 9e édition Dalloz, Paris, p. 666.

* 10 J. M. BEGNE (2004), Confiance et relation de crédit bancaire en Afrique Noire Francophone : l'influence du contexte socioculturel, Communication Colloque du Liban par l'AUF.

* 11 A. SILEM et J.M. ALBERTINI (2006), op. Cit. pp. 484-486.

* 12 Jean TIROLE : c'est le fait qu'un contrat n'ait pas toutes les contingences prévues, c'est l'existence des coûts de transactions élevés qui conduit à des contrats incomplets car on ne peut prévoir toutes les actions ex-post des contractants.

* 13 Né à Boston le 14/02/1939, Eugène FAMA est un économiste américain, auteur de la théorie d'efficience des marchés financiers.il est le père de l'hypothèse du marché efficace.

* 14 Capacité de pouvoir régler ses dettes , aptitude à assurer une dépense.

* 15 R. LAVAUD (1985), « Comment mener une analyse financière », 3e édition, DUNOD Entreprise, p. 176-189. Savoir apprécier la situation financière d'une entreprise, quelle que soit sa taille ; établir le bulletin de santé d'une société en fondant le diagnostic sur une étude documentée et non sur de simples intuitions ; faire un pronostic sur l'évolution future de la situation financière d'une entreprise dont on est actionnaire, prêteur ou salarié, tels sont les objectifs de toute analyse financière permettant de répondre aux questions suivantes : où trouver les informations indispensables ? Comment les traiter ? Quelle méthode adopter pour travailler dans une optique prospective et non dans une optique purement historique.

* 16 L. BERNET-ROLLANDE (2004), Principes de technique bancaire, 23e édition, DUNOD, Paris, pp. 128-131.

Lorsque le banquier accorde des crédits, il le fait en grande partie avec des fonds qui ne lui appartiennent pas. Il doit être prudent dans la gestion des fonds qui lui sont confiés et souvent conforter sa situation de créancier en prenant des garanties appelées encore sûretés. On peut distinguer les garanties personnelles (cautionnement et aval) et les garanties réelles (droit de rétention, nantissement, hypothèque, privilèges.

* 17 Le Financier d'Afrique n° 21 décembre 2008/janvier 2009 p. 17 : Le Groupe d'action contre le blanchiment de l'argent en Afrique Centrale (GABAC) est un acte additionnel signé le 14 décembre 2000 au lendemain de la Conférence des Chefs d'Etat, a comme missions la lutte contre le contre le blanchiment d'argent et des produits de crime, l'évaluation des résultats et l'efficacité des mesures adoptées.

* 18 L'Agence Nationale d'Investigations Financières est un service public de renseignement financier, doté de l'autonomie financière ainsi que d'un pouvoir de décision sur les matières relevant de sa compétence. L'ANIF, rattaché au ministère de l'Economie et des Finances, a pour mission, entre autres, de recevoir, de traiter et, le cas échéant, de transmettre aux autorités judiciaires compétentes tous renseignements propres à établir l'origine des sommes ou la nature des opérations faisant l'objet de la déclaration de soupçon au titre de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

* 19 Ecoles de pensées économiques apparues entre 1871 et 1874 à la suite des publications de Menger, Jevons et Walras (marginalisme, néoclassicisme et libéralisme).

* 20 Les créances hypothécaires font exception, elles peuvent être négociées sur un marché secondaire étant donné qu'elles sont assorties d'une garantie (hypothèque) proche de la valeur du montant à rembourser. La titrisation permet également de négocier des titres de créance. Ce phénomène n'est pas encore très répandu dans les pays en développement, et il concerne certains types de contrats bien spécifiques.

* 21 Nous remarquerons qu'en cette date de 2009, le réseau bancaire s'est amélioré en passant à treize banques à savoir Amity bank, Ecobank, CBC, SCBC, SGBC, Citibank, Afriland F.B., BICEC, NFC, CFC, UBC, UBA, CA/SCB.

* 22 Direction de la Statistique et Comptabilité Nationale (DSCN), Conditions de vie et profil de pauvreté à l'Extrême-Nord Cameroun en 2001, 2002, Page 11.

* 23 F. BAMBOU (2004), CAMEROUN LINK, Le portail du Cameroun / Cameroon Portal, Microsoft Intrenet Explorer.

* 24 Source : COBAC.

* 25 J. M. KEYNES (1936), Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie.

* 26 Cf. Loi des finances 2009, Rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières de la nation, Exercice 2008, p. 46-48.

* 27 Cf. Loi des finances 2009, op. Cit.

* 28 Cf. Loi des finances 2009, op. Cit.

* 29 Ce mot provient de Lorenzo TONTI au XXVIIe siècle.

* 30 LEKANE T. D. (2001), Evaluation de l'impact de la MC 2 dans les secteurs de l'agriculture et de l'élevage à Baham (Cameroun), Département de Géographie, Université Yaoundé I, Yaoundé, 109 p., (Mémoire de maîtrise)

* 31 FOKAM K. P. (2000), Et si l'Afrique se réveillait ? Les éditions du Jaguar, Paris, 210 p.

* 32 En anglais on écrit Chi et on prononce kaï. Il arrive parfois que les traducteurs utilisent l'écriture anglaise.

* 33 Fo représente les fréquences observées, Fe Les fréquences théoriques (On utilise également Ft)34

* 35 Lorsque le nombre de variables est égal à deux, on parle d'analyse des correspondances simples.

* 36 L'estimation a été interrompue au numéro d'itération 20 parce que le nombre maximal d'itérations a été atteint. Solution finale introuvable.

* 37 Voir page 4 : Hypothèse de recherche.











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