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Extraction pétrolière et protection de l'environnement dans le golfe de Guinée

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par Stan Atangana
Université de Limoges - Master II droit international de l'environnement 2008
  

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CHAPITRE II : LES EFFETS SOCIAUX ET SANITAIRES.

La santé des populations d'une région est étroitement liée à la qualité de son environnement. Des millions de personnes dépendent entièrement pour leur survie des produits de la nature. La préservation de l'environnement est le gage du maintien d'une vie paisible et agréable sur terre. L'élévation au rang de patrimoine mondial de la forêt amazonienne et du bassin du Congo, démontre si cela était encore nécessaire, l'importance que revêt la préservation l'environnement pour l'humanité. La dégradation de l'environnement se fait ressentir tant sur le plan sanitaire que sur le plan social. L'activité pétrolière qui se développe exponentiellement dans le Golfe de Guinée a, un impact sérieux sur l'environnement. De plus, dans cette zone du monde la majorité de la population vit avec moins d'un dollar par jour, et trouve par conséquent la quasi-totalité des produits de son alimentation dans le milieu naturel qui l'entoure. L'impact sur le milieu naturel débouche inéluctablement sur des impacts sociaux (SECTION I), et sanitaire (SECTION II).

SECTION I : IMPACTS SOCIAUX.

La dégradation de l'environnement dans le Golfe de Guinée provoque sans grande surprise un ralentissement de l'écotourisme (Paragraphe I), et un changement du mode de vie des populations (Paragraphe II).

Paragraphe I : Frein à l'écotourisme.

C'est dans les années 80 que le terme écotourisme a vu le jour en Amérique du Nord, suite au développement du tourisme naturaliste dans les endroits les plus reculés et les plus fragiles de la planète. On définissait au départ l'écotourisme comme un tourisme naturaliste d'observation et d'étude de la faune et de la flore dans les zones protégées, vierges et non perturbées par l'homme et offrant une grande diversité biologique. La notion s'est récemment étendue. Elle est aujourd'hui un concept qui n'échappe ni à l'ambiguïté ni à la controverse. Sa dimension fondamentalement dialectique dans les relations qu'il postule, entre tourisme et environnement en est surement la raison. Le concept d'écotourisme s'est véritablement construit en 1992 sous l'action du WWF (Wildlife Fund : Fonds Mondiale pour la Nature), à l'occasion de la conférence de Rio23(*). L'écotourisme est basé sur l'observation de la nature, c'est un tourisme de nature voire tourisme scientifique. Le mot « écotourisme inclue aussi une dimension humaine qui sous-entend son insertion dans les contextes locaux avec le minimum de perturbations, tant écologiques que sociales et le maximum de bénéfices locaux »24(*). L'écotourisme est une facette du tourisme durable. La composante environnementale y est très forte.

Le Golfe de Guinée, qui est une grande réserve de biodiversité dans ses forêts denses et humides, est sans aucun doute un patrimoine de nature. C'est selon une expression à la mode le deuxième poumon de l'humanité25(*). La diversité faunique et floristique de cette partie du globe se doit d'être le levain d'une industrie touristique à la traine. Seulement, la protection de la nature et de toutes ses composantes est fondamentale pour la réussite du secteur du tourisme, ainsi que pour la connaissance scientifique de certains écosystèmes. Seulement, l'extraction pétrolière qui a cours dans le Golfe de Guinée, cause un frein à l'écotourisme à cause notamment de la pollution des plages (A), et à cause de la disparition de la diversité biologique (B).

A- A cause de la pollution des plages.

Pour certains, le mot plage fait penser aux vacances, aux sables fins. Nous ne reviendrons pas ici sur la définition du mot plage qui a été donnée plus haut, encore moins à la typologie des plages et à la qualité des sables (CHAPITRE I, SECTION I, Paragraphe I, A- Pollution des plages.). Sans toujours connaitre ce que c'est qu'une plage dans le sens de la géomorphologie, les touristes du monde habités de diverses raisons se précipitent au bord des océans pour profiter des plaisirs de la nature. La plage attire pour diverses raisons. Certains y vont pour profiter du soleil. Bon nombre d'hommes et de femmes à la peau claire se ruent sur les plages pour affiner leurs bronzages. Leurs peaux prennent alors un aspect noirâtre, qui est très apprécié dans les milieux de la beauté. Le bronzage naturel, est le plus prisé et ne peut être effectué que grâce au soleil. D'autres amoureux des plages y vont pour les plaisir de la baignade rythmé par la cadence des vagues. Les vagues quant à elles attirent certaines personnes qui y viennent pratiquer le surf. La plage est un haut lieu d'évasion pour un bon nombre de ses adeptes. De plus la plage attire des personnes de tous âges qui y jouent à des jeux de tout genre. On découvre ainsi le beach-volley, le beach-soccer, le rugby de plage..., les jeunes enfants y construisent des châteaux sous les pieds des adeptes du jogging. La plage attire aussi des « voyeurs », qui viennent profiter des formes gracieuses couvertes par les maillots de bain. Bref, la plage est un haut lieu de divertissement et d'évasion. Le problème des plages pour qu'elles soient attirantes est qu'il faut qu'elles soient propres. Elles doivent donc êtres protéger de toute forme de pollution.

Le Golfe de Guinée, avec ses 4998 kilomètres de côte dispose de très belles plages. Toutes sont prisées par les touristes qui y viennent en masse. Les plus prisées sont Kribi au Cameroun, Libreville au Gabon, Lagos au Nigéria et Luanda en Angola. Le véritable problème est que toutes ses plages sont, du fait de l'extraction pétrolière constamment polluées. Ces plages sont exposées aux marées noires et aux pollutions par hydrocarbures de toutes sortes. La majorité des pays de la sous région ne disposant pas des moyens importants pour faire face au problème de pollution des plages par hydrocarbures, elles voient par conséquent leurs plages souillées pendant longtemps au grand dam des « plagistes » touristes. Ceux-ci tournent alors le dos à ces endroits paradisiaques en état de nature, pour retrouver des plages plus attrayantes et à l'abri des pollutions. Il faut signaler ici que ces pays sont ceux où, les législations sont strictes en matière de pollution. La conséquence première est la baisse du nombre de touristes dans cette zone du monde. La baisse des touristes entraine la baisse des revenus pour les Etats, et la baisse des moyens d'action de ces derniers pour mener des interventions en faveur des populations et pour lutter contre les pollutions.

B- A cause de la disparition de la diversité biologique.

La Convention sur la diversité biologique, signée à Rio, le 5 juin 1992, et entrée en vigueur le 24 Décembre 1993, définit la diversité biologique comme la « variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autre, les écosystèmes terrestres, marin et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes »26(*). Les objectifs de cette convention sont « la conservation de la diversité biologique, l'utilisation durable de ses éléments et le partage juste et équitable des avantages découlant de l'exploitation des ressources génétiques, notamment grâce à un accès satisfaisant aux ressources génétiques et à un transfert approprié des techniques pertinentes [...] et grâce à un financement adéquat »27(*). La conservation de la diversité biologique revêt de ce fait un caractère international.

Le Golfe de Guinée après les forêts amazoniennes abrite la plus importante réserve de biodiversité du monde. On y retrouve une grande richesse floristique et faunique. Le Golfe de Guinée est riche en espèces emblématiques, rares et/ou menacées. On a plus de 300 mammifères, 200 espèces de reptiles, 1000 espèces d'oiseaux dont 800 nicheurs, 1500 espèces de papillons, 542 espèces de poissons dont 96 endémiques et 7000 espèces de plantes dont 300 espèces ligneuses. La diversité primate arboricole est très importante. Ce patrimoine biologique riche et varié, revêt une importance sur les plans scientifique et économique. Au plan économique, la diversité biologique est le levain d'une industrie touristique en pleine expansion. Au Cameroun par exemple, ce secteur contribue annuellement en recettes directes pour plus d'un milliard de FCFA aux caisses du trésor public et génère de nombreux emplois.

Conscient de l'importance de ce patrimoine pour les générations présentes et futures, les gouvernants de la sous région ont créée des aires protégées. Ces zones mises en défens sont les Parcs Nationaux, les Réserves de Faune, les Sanctuaires, les Jardins Zoologiques, les Zones cynégétiques et les Réserves forestières.

Toute cette richesse attire un bon nombre de touristes, qui viennent pour observer les variétés de plantes et d'animaux qui se trouvent à l'état naturel dans cette zone. Ils viennent et dépensent de l'argent dans les hôtels, les restaurants, les transports, l'achat des souvenirs... Cet argent rentre dans le circuit économique de la sous région, et participe aux efforts de développement de la sous région, dont la majorité des habitants vivent sous le seuil de la pauvreté.

Le problème de la diversité biologique dans le Golfe de Guinée est celui de sa préservation, comme l'exige la Convention de Rio de 1992, sur la biodiversité. Elle est soumise aux attaques de diverses origines. La diversité biologique du Golfe de Guinée est victime de la déforestation, du braconnage, de l'effet de serre et des pollutions. La pollution par hydrocarbure consécutive à l'extraction pétrolière qui se développe d'une manière exponentielle dans la sous région, porte un sérieux coup à l'épanouissement et au développement normal de la variété biologique. La faune est empoisonnée, les marées noires asphyxient la flore marine et polluent les eaux, les habitats naturels sont détruits. La flore n'est non plus épargnée par l'extraction pétrolière. Cette diversité biologique, objet de toutes les admirations, disparait au jour le jour, et entraine dans avec elle l'attrait touristique de la région. Les touristes ne viennent plus en grand nombre à la recherche de ce petit coin naturel. Ce qui faisait la particularité de la région ayant disparu, la région devient banale et perd de son authenticité.

Paragraphe II : Changement du mode de vie des populations.

Les conséquences de l'extraction pétrolière sur les écosystèmes que sont la pollution des côtes, la destruction des forêts, la destruction de la faune et de la flore déjà, amènent fatalement l'homme à revoir ses habitudes. Celui-ci doit s'adapter à un milieu dont il n'était pas prédestiné. Le calme qui caractérisait son milieu, fait place au vacarme des importantes installations pétrolières. La forêt qui représentait sa pharmacie n'existe plus. Les perdrix qui lui servaient de réveil, laissent place aux sirènes des usines extractives. Le gibier et le poisson deviennent rares. Fini la belle époque où, il suffisait de regarder sur les arbres, pour voir défiler des familles de singes sautant de branches en branches. Les instituteurs des écoles primaires ont du mal à parler aux jeunes enfants des pygmées en disant que ce sont des habitants de petite taille, qui vivent dans les forêts, et se nourrissent de la chasse et de la cueillette. Le pétrole dans le Golfe de Guinée pousse les habitants à un changement des habitudes alimentaires (A), et provoque paradoxalement une paupérisation des populations (B).

A- Changement des habitudes alimentaires.

Certains groupes ethniques ont longtemps considéré l'environnement naturel comme une réserve de protéines carnées (faune)28(*), et de terre (pour les cultures et l'élevage). Selon la Commission Mondiale sur les Forêts et le Développement Durable, « quelques 350 millions de personnes les plus pauvres de la planète sont entièrement dépendantes des forêts pour leur survie ».

Près de 70% des habitants du Golfe de Guinée pratiquent l'agriculture. C'est une agriculture artisanale en grande majorité. L'agriculture mécanique est réservée à une certaine élite, disposant des moyens financiers pour pratiquer une agriculture destinée à l'exportation. L'autre agriculture est destinée à l'auto alimentation et au petit commerce. Le petit élevage est le plus pratiqué. Les populations ont donc besoin des espaces et d'un environnement sain, pour pratiquer l'élevage et l'agriculture qui est source de revenus et qui assure leur alimentation.

Les cultures vivrières sont les plus cultivées dans la sous région. Ces cultures constituent l'élément nutritionnel de base des populations. On cultive des produits tels que la banane-plantain, le manioc, le macabo, la patate, l'igname, la pomme de terre... Les légumineuses, constituent aussi un élément essentiel dans la ration alimentaire des populations de la sous région. Celles-ci sont beaucoup plus cultivées dans les zones marécageuses.

La cueillette est un autre volet important dans l'apport alimentaire de la sous région. Les populations attendent beaucoup de la production des arbres fruitiers. Les produits non ligneux sont considérés comme une bénédiction divine. Ces produits sont destinés soit à l'auto alimentation, soit à la commercialisation sur les marchés locaux. Les fruits les plus prisés ici sont les mangues, les avocats, les papayes, les oranges, les pamplemousses et bien d'autres.

La pêche est un secteur en plein essor dans la sous région. La pêche artisanale y est la plus pratiquée. On retrouve sur les 4498 kilomètres de côtes du Golfe de Guinée, des milliers de pêcheurs de différentes nationalités. On y retrouve des ressortissants de toute l'Afrique qui alimentent le marché sous régional des produits de leur activité. Le poisson est vendu sur le marché sous différentes formes. On peut ainsi avoir du poisson frais, du poisson fumé, du « poisson braisé », du poisson frit... Toutes ces activités génèrent autours du poisson, de nombreux emplois. On commence par les pêcheurs, qui vont chercher du poisson dans les eaux, «les emfumeurs »  pour le poisson fumé, les écailleurs, les vendeurs grossistes, les vendeurs détaillants qui se font appeler au Cameroun « bayam-sellam », et la multitude de personne exerçant dans l'industrie alimentaire tels que les restaurateurs, les responsables des « tournes-dos »29(*).

La chasse dans la sous région est une activité pratiquée par bon nombre de populations. Si le braconnage est une activité à déplorer ici, il existe cependant une chasse réglementée, et pratiquée par des populations à majorité villageoises. Pour cette majorité d'habitant de la sous-région, le gibier obtenu à travers les procédés divers tels que l'usage des armes (à feu, lances, flèches, ...), des pièges et autres, est le seul moyen d'avoir dans leur alimentation des protéines.

On constate fort dangereusement que, la nature est le réservoir principal voire exclusif des habitants de la sous région. Cette nature elle-même qui est menacée par des attaques multiples. Une attaque permanente et à prendre au sérieux dans la sous-région est, la pollution occasionnée par les activités liées aux hydrocarbures. Les hydrocarbures comme nous l'avons vu plus haut, et dont il n'est plus nécessaire de revenir ici, polluent l'environnement et provoquent une véritable entorse à la préservation et à la pérennité de la de la biodiversité. On assiste donc à la disparition des espèces animales et végétales qui constituent l'assiette alimentaire des populations pauvres qui, vivent sous le ciel pollué du Golfe de Guinée.

Dans certains villages situés près des sites d'exploitation comme celui de Djeno ou de Louango, l'air chaud des torchères qui brûlent le gaz naturel dessèche les plantes et les cultures. Dans les villages situés vers la frontière du Congo et l'enclave du Cabinda (Angola), la situation se détériore. Les récoltes sont détruites par les effets de la pollution. Les populations pour survivre sont contraintes à trouver ailleurs que dans leur environnement, des alternatives à leurs habitudes alimentaires. Elles se trouvent par exemple devant un paradoxe de taille pour une zone d'une telle richesse halieutique : Consommer du poisson exporté. Ce changement des habitudes alimentaires imposé par la force des choses aux populations en grande majorité indigente de la deuxième province pétrolière du monde, participe sans coup férir à la paupérisation des populations des rivages des eaux du Golfe de Guinée où, baigne un nombre impressionnant de puits off shore.

B- Paupérisation des populations.  

« La pauvreté est l'insuffisance des ressources matérielles et des conditions de vie, ne permettant pas à des êtres humains de vivre dignement selon les droits légitimes et vitaux (droit à l'eau, droit à l'alimentation etc.) de la personne humaine, et les condamnant aux dures difficultés de la survie au jour le jour ». Cette définition donnée par le dictionnaire Larousse, apparait comme une pâle copie du quotidien des peuples marchant sur les terres du Golfe de Guinée.

Le Golfe de Guinée malgré ses multiples richesses, est l'une des zones dans le monde où, les populations vivent avec moins d'un dollar par jour. Cet état de fait est, la combinaison de plusieurs facteurs. Nous avons entre autre la mauvaise répartition des richesses, la mauvaise qualité des systèmes de la santé et de l'éducation, la corruption, les détournements massifs de deniers publics, la mal gouvernance... Pour certains le coupable est vite démasqué : « la dégradation de l'environnement est la principale cause de pauvreté »30(*). Une autre école pense que pour mieux préserver l'environnement, il faut en amont lutter contre la pauvreté. Des diverses pollutions, recensées nous avons en bonne place les pollutions par hydrocarbure. On est cependant amené à nous poser une question. Comment est-ce que la dégradation de l'environnement par hydrocarbure peut entrainer la pauvreté ?

En Afrique, on parle de « malédiction du pétrole », pour relever le paradoxe qui existe dans les pays producteurs de l'or noir, entre la croissance de la production pétrolière et l'indigence des populations. Les pays du Golfe de Guinée sont classés parmi les plus pauvres de la planète. L'Indice du Développement Humain (IDH) de 1998 de la Commission Economique pour l'Afrique, le démontre amplement.

L'extraction pétrolière en cours dans cette zone du monde, produit l'effet contraire escompté. Elle ne profite pas aux populations et en plus, pollue l'environnement. Or si l'environnement est pollué, il devient difficile de trouver des terres saines pour cultiver, de l'eau potable pour se désaltérer, de l'eau pour irriguer les cultures, de l'air pure pour la respiration et la photosynthèse, des produits alimentaires et médicaux naturels pour se maintenir en bonne santé. Il est donc évident que « préserver l'environnement équivaux à préserver la production alimentaire, préserver les moyens d'existence, et préserver la santé »31(*).

Les produits de la manne pétrolière servent des intérêts autres que ceux des populations. « Les populations ne savent rien sur le montant de la rente pétrolière, qui est déposé sur un compte du Président de la République en Suisse. Ces sommes servent à renforcer la dictature qui dispose ainsi de moyens importants pour se fournir en arme et corrompre les hommes politiques locaux ou étrangers, voire intellectuel »32(*).

Le Golfe de Guinée ne se démarque pas seulement des autres régions du globe du fait du taux élevé de ses pauvres, mais aussi à cause des maladies qui y sévissent, tels que le paludisme et la pandémie du SIDA.

Aujourd'hui, le Golfe de Guinée est le théâtre d'affrontements frontaliers entre Etats. La cause principale est la présence du pétrole et le désir de chaque Etat de disposer d'encore plus de puits. C'est ce qu'on a observé lors du différend frontalier mettant aux prises, le Cameroun et son voisin le Nigéria au sujet de la presqu'île de Bakassi, qui serait riche en énergie fossile. Les frères contigus que sont le Gabon et la Guinée Equatoriale, se disputent actuellement les iles de Mbanié et de cocotiers qui seraient elles aussi riche en pétrole. Les véritables et seuls perdants dans ce schéma sont les populations. « On est donc dans le cycle infernal où le pétrole est la cause et la conséquence du sous développement : la population s'appauvrit, victime de la guerre alimentée par les achats d'armes grâce à la manne pétrolière ; tous les secteurs économiques se désagrègent, sauf le secteur pétrolier contrôlé par une minorité de dirigeants étatiques, et les firmes nationales qui se renforcent. La boucle est bouclée : la population est non seulement spoliée des richesses que les dirigeants se sont appropriés, mais elle en est victime à travers la guerre »33(*) et les mauvaises conditions de vie.

La production de pétrole dans les pays du Golfe de Guinée entraine la négligence des autres secteurs de l'économie. L'économie de la majorité des pays du Golfe de Guinée est dépendante des prix du baril de pétrole, dont ils ne disposent pas de la fixation des prix. La santé de leur économie est par conséquent tributaire de la fluctuation du prix du baril de pétrole sur le marché mondial. Les maladies provoquées par le pétrole, affaiblissent les populations qui deviennent incapables de participer à la relance économique. Et, sans grandes surprises, on retrouve la majorité des pays du Golfe, enrôlées sous des mécanismes de relance économique montés et prêt à être mis en place, concocté par les institutions de Brettons Wood et donc le succès est jusqu'ici loin d'être une réalité. La dernière trouvaille dans laquelle est plongée la presque totalité des Etats du globe, porte le nom d'Initiative Pays Pauvre très endetté (PPTE).

On peut pour conclure ce volet dire avec le Professeur Kamto, que « l'idée de conservation de la nature est vaine dans les régions où sévit la misère, où les populations empruntent tout à la nature pour survivre, où l'économie en est elle-même largement tributaire »34(*). Cette dégradation de la nature a fatalement un impact sanitaire.

* 23 _ Boo. E., 1993.

* 24 _ DOUMENGE Ch. , lors d'une entrevue accordée à Emmanuel-Nances BINGONO-MEBA.

* 25 _ Après la forêt amazonienne.

* 26 _ Article 2, point 5 de la convention de Rio de 1992 sur la biodiversité.

* 27 _ Article 1er, convention de Rio

* 28 _ Op.cit.

* 29 _ Appellation réservée aux emplacements situés en bordure de route, dans les villes Camerounaises et faisant office de restaurant de rue. Lieux très prisé par les Camerounais fonctionnaires ou non du fait des coûts de consommation très accessibles, et adapté à la bourse du Camerounais moyen. Seul bémol : les conditions d'hygiène laissent à désirer. D'où la lutte mener contre ces structures par le ministère de la santé du Cameroun au grand dam des nombreux consommateurs.

* 30 _ Indrid HOVEN, Avant propos sur le rapport de l'OCDE « lien entre pauvreté, environnement et égalité entre l'homme et la femme ». Pré-impression des dossiers du CAD 2001, Volume 2, n°4, P3.

* 31 _ Levy Cardel PAYIMA, Les multinationales pétrolières et la protection de l'environnement en Afrique Centrale.

* 32 _ Audition de Mongo BETI, dans le rapport d'information sur le role des compagnies pétrolières dans la politique internationale et son impact social et environnemental, déposé par la Commission des Affaires Etrangères de l'Assemblée Nationale Française, présenté par Mme Hélène-Marie AUBERT, MM. Pierre BRANA et Roland BLUM, Tome 1, P3. 

* 33 _ Voir la sentence du Tribunal Permanent des Peuples prononcée sur plainte du Collectif « ELF ne doit pas faire la loi en Afrique » Paris le 21 Mai 1999.

* 34 _ Maurice Kamto, Les conventions régionales sur la conservation de la nature et les ressources naturelles en Afrique et leur mise en oeuvre.

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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius