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L'impact de l'intermediation financière dans le systeme de gestion du microcrédit à  Anse Rouge

( Télécharger le fichier original )
par Marie Elcy FLORESTAL
Centre Universitaire de Management et de Productivité / CMP - GESTION 2011
  

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    1

    Mémoire de Sortie

    L'IMPACT DE L'INTERMEDIATION FINANCIERE DANS
    LE SYSTEME DE GESTION DU MICROCREDIT A ANSE
    ROUGE
    (2004 a 2008)

    Présenté par Marie Elcy Florestal pour
    L'obtention du grade de Licence
    en Gestion des Affaires
    Sous la Direction du Professeur Maxime H. Nixon

    Novembre 2010

    I

    REMERCIEMENTS

    Avant tout je veux remercier Dieu pour l'opportunité, la force, le courage et l'intelligence qu'il m'a donnés et pour le Docteur Jacques JOVIN qui m'a encouragé et poussé à faire cette étude et finaliser ce mémoire.

    J'aimerais aussi remercier le staff de Plaine de l'Arbre, principalement la collaboration sans pareil des enquêtés de l'ASFAKOP. Cependant, je dois souligner que le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a mis sous les décombres certains documents originaux qui pouvaient mieux argumenter ce mémoire.

    Toute ma gratitude envers M. Nixon Maxime mon Directeur de Mémoire, à M. Pierre André Guillaume Mon Doyen, Me Cadet Vogly mon professeur d'orientation et de motivation à mes anciens collaborateurs (Monglise, Weler, Tony et Jackson).

    Je suis enfin très reconnaissante envers ma famille qui m'a compris et supporté au cours de cette étude et envers tous ceux et celles qui ont bien voulu relire patiemment l'ensemble des chapitres de ce mémoire et me faire des suggestions.

    Marie Elcy Florestal

    II

    TABLE DES MATIERES

    Remerciements I

    Table des Matières II

    INTRODUCTION 5

    PREMIERE PARTIE

    CHAPITRE I.- CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE

    1.1 Problématique 10

    1.2 Objectifs 12

    1.2.1 Objectif Général 12

    1.2.2 Objectifs spécifiques 12

    1.3 Justification du sujet 13

    1.4 L'hypothèse de travail 14

    1.5 Variables 14

    1.6 Définition des concepts 14

    1.7 Période de l'étude 15

    1.8 Limite du travail 15

    1.9 Situation Géographique 15

    1.10 Zone de l'étude 16

    1.11 Historique d'Anse Rouge 17

    1.12 Les courants de pensée portant sur

    le système de gestion du microcrédit 21

    1.13 Méthode d'Echantillonnage 24

    CHAPITRE II - LE CADRE CONCEPTUEL

    2.1 Présentation et historique de l'Asfakop 28

    2.1.1 Objectif global 28

    2.1.2 Objectif spécifique 29

    2.1.3 Structure organisationnelle de l'Asfakop 29

    2.1.4 Reconnaissance légale de l'Asfakop 31

    2.1.5 Statuts de l'Asfakop 31

    2.1.6 Prêt octroyé aux membres de l'Asfakop 32

    2.1.7 Structure organisationnelle de Planet 36

    2.1.8 Présentation du Bilan et de l'Etat des Résultats de Planet 36

    2.2 Définition du microcrédit et de quelques concepts voisins 39

    2.1.1 Définition du microcrédit 39

    2.2.2 Définition des concepts voisins du microcrédit 40

    2.3 Origine et évolution du microcrédit dans le monde et en Haiti 41

    2.4 Caractéristiques du microcrédit 42

    2.5 Les différents types d'organisations qui gèrent le microcrédit 43

    2.5.1 Les fondations et ONG gestionnaires de microcrédits 43

    2.2.2 Les Banques de Microcrédit 43

    2.5.3 Les systèmes nationaux et internationaux d'épargne et de crédit 43

    2.5.4 Les caisses locales d'épargne et de crédit et les tontines 44

    2.6 Commentaires et analyses critiques des réflexions des auteurs 44

    CHAPITRE III - LE CADRE METHODOLOGIQUE

    3.1 Enquête sur le fonctionnement du système de microcrédit de l'Asfakop 47

    3.1.1 Groupe cible 47

    3.1.2 Description de l'échantillon 47

    3.2 Matériel utilisé 49

    3.3 Répartition des bénéficiaires 52

    3.4 Analyse comparative entre les résultats de

    l'enquête menée à Première l'Arbre et les principes de Kim 57

    3.5 Analyse comparative entre les résultats de

    l'enquête de terrain et les hypothèses 60

    CHAPITRE IV

    5

    RECOMMANDATIONS

    63

    6

    CONCLUSION

    67

    7

    BIBLIOGRAPHIE

    68

    8

    ANNEXES

    71

    INTRODUCTION

    Haïti, considérée comme le pays le plus pauvre de la Caraïbe confronte beaucoup de difficultés économiques, sociales etc... Ceci a encouragé la FAO1 (Food and Agriculture Organization of the United Nations) à publier en 1988, un article dans lequel elle mentionne que les quartiers haïtiens qui vivent dans la pauvreté absolue représentaient 80% de la population totale du pays et 95% de la population rurale n'ont pas accès au service bancaire classique. Par ailleurs, elle a révélé que l'indice de production agricole haïtienne est passé de 104.4% en 1988 à 90.5% en 1997. En ce qui concerne la production intérieure brute per capita l'activité est passée de 108.6% en 1988 à 80.4% en 1997; ces indicateurs montrent que l'activité principale du pays suit une tendance à la baisse.

    Par ailleurs, à 46% d'analphabète selon le dernier recensement général 2 , la population haïtienne oeuvre d'une part dans le secteur formel où les moyens matériels sont désuets; et d'autre part dans le secteur informel où les moyens financiers sont insuffisants et même quasi inexistants. Tous ces faits relatent les nombreuses difficultés que confronte cette population telles: la pauvreté, l'émigration, l'insécurité alimentaire, les épidémies etc.

    Conscients de ces problèmes, l'Etat et plusieurs institutions financières mènent des luttes stratégiques contre ces signes tangibles de la pauvreté. C'est, en partie, ce qui est à l'origine de la création des institutions de microcrédit à travers le monde, notamment dans les pays en voie de développement afin de répondre aux besoins financiers des populations défavorisées en matières de prêt, d'épargne, d'assurance et de transfert de fonds. C'est sur cette même lancée qu'en Haïti dans les années 80 que sont apparues les premières institutions de microcrédit, tels que: BNDAI, FINCA et plus tard dans les années 70 on avait SOGESOL, Microcrédit National, FONKOZE etc...

    1 Fonds des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation décrit dans le Nouvelliste no. 35475, 35476 et 35477

    2 -Recensement General de la Population et de l'Habitat / RGPH 2003

    On ne saurait aborder ce thème sans parler de la Grameen Bank du Bangladesh, qui remonte à 1976, et à son fondateur le professeur Muhamad Yunus qui a fait apparaître et diffuser le microcrédit de par le monde par ses expériences.

    Le microcrédit offre des petites sommes qui permettent, entre autres, de créer ou de développer des petites activités génératrices de revenu, et d'accéder à des besoins de base comme le paiement scolaire des enfants, la nourriture, la santé etc... Ce secteur en Haïti n'a débuté qu'en 1984 avec la Banque Nationale de Développement Agricole et Industriel (BNDAI) et durant cette même période a pris naissance la "Foundation for International Community Assistance" (FINCA)3.

    Toutefois, selon une étude faite en 1990 sur le microcrédit par l'Etat Haïtien4, la situation socio-économique des gens les plus défavorisées de ces zones n'ont pas été améliorées et il n'y a eu aucun développement physique (aucune infrastructure), malgré les diverses ressources allouées à son fonctionnement. Ce même problème est confronté à Première l'Arbre, une commune du Département de l'Artibonite dont le projet; l"Assosyasyon Fanm Ki Nan Komès Plèn de Lab" (ASFAKOP) a vu le jour en 2004. Ce projet de crédit a pour but d'améliorer la situation socio-économique des femmes de cette zone en leur octroyant des prêts pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles tel que formulé dans le rapport de gestion de l'ASFAKOP. Le microcrédit a fonctionné pendant deux ans au cours desquels les bénéficiaires ont intensifié leurs activités et générer des revenus supplémentaires. Après cette période, les transactions de prêts ont cessé même après remboursement. Quel système de microcrédit serait mieux adapté à la réalité de cette zone?

    Ce mémoire de sortie qui a pour thème " Microcrédit et Développement en milieu rural"
    fera une analyse sur les principaux courants de pensée traitant du microcrédit et
    présentera les éléments qui ont rapport aux problèmes de non renouvellement des prêts

    3Fondation pour l'Assistance Communautaire Internationale est une association de microcrédit, à but non-lucratif, fondée par John Hatch en 1984. Parfois désignée comme la "Banque mondiale des pauvres"et un "vaccin de la pauvreté pour la planète".

    4Bernadin et Hilaire (1993 et 1995)

    aux membres de l'Asfakop. Cette étude s'échelonne sur une période allant de 2004 à 2008.

    L'objet de cette étude est de proposer une structure financière adéquate permettant aux femmes commerçantes et membres de l'Asfakop de reprendre leurs activités de crédit à Première l'Arbre.

    Plus spécifiquement ce travail vise à trouver et analyser les raisons de la cessation des prêts et trouver une structure de microcrédit adaptée à ces réalités socio-économiques". Pour cela, on donnera, d'une part, une description détaillée sur le fonctionnement de l'Association nommée "ASFAKOP" et de son intermédiaire financier "PLANET" et on analysera son impact sur la région. D'autre part, on fera des recommandations pouvant déboucher sur une nouvelle structure de gestion administrative et financière.

    Nos hypothèses sont les suivantes: 1) la Présence d'une structure appropriée est déterminante dans le système de gestion du microcrédit de l'Asfakop; 2) une gestion adéquate qui permettra la viabilité de ce système à Première l'Arbre.

    Notre travail comporte quatre chapitres, le premier chapitre est réservé au cadre théorique dans lequel nous allons énoncer notre problématique, faire ressortir les objectifs, les variables, les hypothèses etc. Nous avons donné une orientation scientifique à notre travail, dans un cadre théorique en faisant une analyse sur les principaux courants de pensée traitant le microcrédit. Nous avons également indiqué la méthode utilisée pour la planification des activités de collecte des données.

    Dans le deuxième chapitre, nous avons présenté de façon générale la question de microcrédit en tenant compte des divers points sur le plan national et international.

    nous a permis de vérifier nos hypothèses tout en identifiant les éléments de solution liés au problème tel que nous l'avons posé dans cette étude.

    Enfin au dernier chapitre, nous avons analysé la situation générale du microcrédit à Première l'Arbre et avons fait quelques recommandations sur le système de gestion du microcrédit de l'ASFAKOP et sur une gestion adéquate permettant la viabilité du système.

    CHAPITRE I: CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE

    Chaque étape de développement de l'économie d'un pays est réalisée par des Institutions et des mécanismes mettant en oeuvre des techniques financières de plus en plus élaborées comme le financement de la production, le gage de création de richesses et d'emplois, la décentralisation etc. La plupart de ces Institutions qui constituent la base des investissements ont pour rôle principal l'intermédiation financière. Ainsi, le passage de l'économie de subsistance à l'économie de marché des capitaux a été concrétisé dans la plupart des pays industrialisés par le développement et le perfectionnement du système de financement de l'économie qui n'est pas sans risque, en témoigne la crise financière qui secoue depuis 2008 le monde entier et qui est devenue pour toutes les grandes puissances mondiales et même pour les pays en voie de développement un sujet majeur de préoccupations.

    Les crises économiques, le poids de l'endettement et les problèmes de gouvernance ont rendu très précaires les conditions de vie de la majeure partie des populations des pays en voie de développement. Dans ces pays où cohabitent les secteurs d'activité formel et informel, les microcrédits n'ont pas toujours accès au financement bancaire classique pour suppléer à l'Etat dans la création de la richesse et d'emplois. Or, la création et la mise en oeuvre de projets susceptibles d'induire la création de richesse et d'emplois sont l'émanation du secteur privé, l'Etat créant le cadre et l'environnement adéquats à travers la mise en oeuvre de ses fonctions.

    Un système financier adéquat s'avère donc impérieux pour la relance des activités de toute la nation. C'est dans ces conditions qu'est né au début des années 80 le concept de microcrédit au Bengladesh et en Asie5 . Ce système avait pour objectif d'offrir aux personnes ne pouvant pas accéder au crédit bancaire (faute de garanties nécessaires ou parfois à cause de leur idéologie culturelle et sociologique, de l'éloignement, de l'analphabétisme et d'autres barrières) aux services d'épargne et de crédit, la possibilité de le faire et ceci aidait à combattre, à l'époque, la crise financière.

    En Haïti, le dynamisme du secteur de microcrédit s'explique par le souci de permettre
    aux plus défavorisés d'avoir accès au système de crédit et améliorer la situation

    5 The poor always pay back, the Graamen II Story, November 2006, Asif Dowla, and Dipal Barua

    socio-économique de leurs vies. C'est en 1984 que la "Foundation for International Community Assistance" (FINCA)6 , a vu le jour. Elle est la première Institution de microcrédit en Haïti. Ensuite, viennent d'autres microcrédits évoluant dans les milieux ruraux tels que: Fonkoze qui a commencé ses activités en 1994 et "l'Association des Femmes Commerçantes à Première l'Arbre" (ASFAKOP) qui a commencé en 2004.

    Le Microcrédit considéré généralement comme un instrument de développement s'est révélé très efficace au service des populations exclues des systèmes classiques de financement, faute de pouvoir remplir les conditions exigées par ces derniers. Il offre ainsi de très petits crédits à des individus pauvres en les aidant à mener des activités génératrices de revenus et en leur permettant de développer leur micro entreprise. Il participe pour beaucoup dans la lutte contre la pauvreté et en constitue, de plus en plus, un des outils privilégiés.

    Cependant, une étude réalisée par l'Etat Haïtien7 sur le mirocrédit en 2006, démontre qu'il n'y a pas eu de très grande amélioration dans les conditions de vie des gens vivant dans les zones où interviennent les microcrédits par exemple: FINCA8 qui se trouve à Aquin, Petite Goâve, Ounaminthe et Chardonnière; Parole & Action9 qui est à Saint-Marc, Gros-Morne, Première l'Arbre et Cul-de-Sac etc. De plus, les systèmes de microfinance qui existent dans le milieu urbain se trouvent dans les banques comme par exemple, Sogesol pour Sogebank, Microcrédit National pour Unibank etc. En outre, ces programmes n'ont pas une perspective globale destinée à résoudre la situation économique d'une population pauvre mais leurs crédits sont surtout destinés à ceux et celles qui peuvent les leur rembourser.

    Parallèlement, Première l'Arbre une commune du Département de l'Artibonite située
    à quelques kilomètres des Gonaïves a bénéficié d'un système de microcrédit à travers
    une Association dénommée: "Association des Femmes Commerçantes de Plaine de

    6 idem page 6.

    7 Bernadin et Hilaire (2005 et 2006)

    8 www.villagebanking.org

    9 www.paroleetaction.org

    l'Arbre". (ASFAKOP). Autrefois, ce système fonctionnait normalement, les femmes remboursaient leurs prêts à temps et pouvaient répondre à leurs besoins et ceux de leurs familles. Après deux ans de fonctionnement, l'unique intermédiaire financier de la zone PLANET ne pouvait plus satisfaire les autres membres en attente et les bailleurs de fonds constatant cela ne financent plus cette zone jusqu'à restitution des fonds.

    Notre étude a pour but de proposer une structure de microcrédit adéquate à la réalité de l'Asfakop à Première l'Arbre en se basant sur les facteurs qui contribuent au succès d'un programme de microcrédit: l'engagement de l'organisation, la conception du produit et l'identification de la clientèle10.

    Une zone comme Première l'Arbre qui offre beaucoup de possibilité dans l'agriculture ne pourrait-elle pas avoir un système de microcrédit adapté à ses réalités socio-économiques?

    1.2 OBJECTIFS

    1.2.1 Objectif Général

    Trouver et analyser les raisons de la cessation des prêts et trouver une structure de microcrédit adaptée à la réalité socio-économique de Première l'Arbre.

    1.2.2 Objectifs spécifiques

    Cette recherche vise à:

    · diagnostiquer le système de fonctionnement du microcrédit dans la zone de Première l'Arbre.

    · analyser les forces et les faiblesses du microcrédit dans la zone.

    · proposer une structure de microcrédit adéquate à la réalité de Première l'Arbre.

    10 Kim Wilson, les Pratiques de microfinance basées sur des principes, page 37 (année 1995).

    1.3 JUSTIFICATION DU SUJET

    · Le choix de notre sujet se justifie au niveau individuel par notre constatation de voir combien les femmes jouent un rôle de premier plan dans la communauté d'anse-Rouge; au niveau scientifique par la volonté de connaître la raison qui fait que malgré les efforts des femmes pour garder le microcrédit celui-ci a été suspendu. Et au niveau social par l'impact positif qu'une réelle amélioration de la situation socio-économique des femmes défavorisées d'Anse Rouge à travers l'Asfakop pourrait avoir sur les familles.

    · De plus, nous aimerions inscrire davantage la question relative au microcrédit dans la préoccupation des responsables de ce pays compte tenu du rôle important qu'il peut jouer dans les objectifs du millénaire pour le développement. En effet, le monde s'est assigné pour objectif de réduire la pauvreté de moitié d'ici 2015 conformément aux engagements de Copenhague11.

    · Nous espérons enfin, par ce travail, apporter notre contribution dans l'élargissement du champ de la connaissance en abordant une question aussi préoccupante qu'est le microcrédit dans une zone comme Anse Rouge qui a besoin d'une prise en charge réelle, ce qui pourrait même aboutir au développement de cette commune.

    1.4 HYPOTHESES DE TRAVAIL

    11 Conférence de Copenhague - décembre 2009 / www.diplomatie.gouv.fr


    · la présence d'une structure appropriée est déterminante dans le système de gestion du microcrédit de l'Asfakop.


    · La proposition d'une gestion adéquate permettra la viabilité de ce système.

    1.5 VARIABLES

    Outre les variables classiques telles que: âge, sexe, statut etc. nous avons considéré pour les besoins de l'étude, les concepts suivants:

    a) Variable indépendante le concept "présence d'une structure".

    b) Variable dépendante "gestion du microcrédit".

    c) Variable indépendante le concept "gestion adéquate".

    d) Variable dépendante "viabilité du système".

    1.6 DEFINITION DES CONCEPTS

    Présence d'une Structure

    C'est le fait de se trouver sur place de manière à bien organiser les choses pour

    former un ensemble. (Dictionnaire de gestion, Elie Cohen, Sept. 2001)

    Gestion du microcrédit

    C'est le fait d'accorder aux personnes n'ayant pas accès aux prêts classiques la possibilité de gérer, d'organiser et de diriger leurs propres entreprises en leur octroyant des crédits de faible montant.

    Gestion adéquate

    C'est le fait de surveiller, de contrôler un processus pour s'assurer que tout se déroule tel que prévu et qu'on atteint les objectifs.

    Viabilité du système

    C'est le fait de s'assurer que le système est durable et permettra d'atteindre les objectifs fixés.

    1.7 PERIODE DE L'ETUDE

    Notre étude s'étend sur une période de quatre (4) ans soit 2004 à 2008. Les deux premières années sont consacrées à l'analyse de la situation de l'Asfakop en tant qu'organisation bénéficiaire et les deux autres années à déterminer l'impact de Planet sur la zone.

    1.8 LIMITE DU TRAVAIL

    Dans ce travail nous nous sommes limités à faire une étude générale sur le microcrédit et son impact dans la zone de Première l'Arbre. Nous n'avons pas tenu compte des autres possibilités pouvant aider la zone à se développer. Nous aimerions souligner également qu'au cours de notre parcours, on n'a pas eu l'opportunité de rencontrer les responsables de Planet. A date, le nom de "Planet, S.A." à Première l'Arbre n'est qu'un souvenir, qu'une vieille histoire, même la maison est rénovée voire l'enseigne.

    1.9 SITUATION GEOGRAPHIQUE

    Première l'Arbre est l'une des deux sections communales d'Anse-Rouge; les AnseRougeois ou Anse-Rougiens connaissent cette ville sous le nom de "Plaine de l'Arbre" qui se trouve dans le Département de l'Artibonite dont le Chef lieu est Gonaïves. Première L'Arbre a une superficie de 277.65Km212 et une population de 22.539 habitants environ répartie en 11.709 femmes soit (52%) et 10.830 hommes (48%) et une densité de 79 habitants par Km2 dont 8564 sont des jeunes âgés de moins de 15 ans. Plusieurs quartiers composent Première l'Arbre: Magasin, Cabane Boeuf, Morne Blanc, Ti Carrenage, Parc-Melon, Petite Saline Parousaille Gros Trou, Magonmier, Platon Grigri, Marianne etc.

    Première l'Arbre reconnue sous le nom (d'Anse-Rouge par l'Etat Haïtien) est bornée
    au Nord, par les communes de Jean-Rabel, de Port-de-Paix et de Bassin Bleu; au Sud,

    12 Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique /IHSI, projection 2005

    par le Golfe de la Gonâve et la commune de Baie-de-Henne; à l'est par les communes de Terre-Neuve et des Gonaïves et à l'Ouest par la commune de Jean-Rabel.

    Si l'on s'oriente à partir de la ville des Gonaïves pour se rendre à Première l'Arbre, il faudrait passer par la Saline où la route en terre battue qui ne bénéficie d'entretiens superficiels qu'occasionnellement. Anse-Rouge est traversée par plusieurs rivières dont les trois principaux sont: la Rivière d'Anse-Rouge, la Rivière Colombier et la Rivière Bras droit. A noter que toutes ces rivières se dirigent vers Gonaïves.

    Plaine de l'Arbre n'a ni d'eau potable ni d'électricité mais à Anse-Rouge, considérée comme la capitale de Première l'Arbre, il y a une génératrice installée par l'Etat qui alimente seulement cette petite région. De plus, toutes les routes sont en terre battue. Le taux de migration pour les jeunes de cette commune dont la classe d'âge varie entre 17 à 25 ans est élevé soit 80 pour 100.

    Certaines localités d'Anse Rouge présentent quelques intérêts quant aux possibilités qu'ils offrent dans le cadre du développement par exemple la Saliculture est l'une des principales activités économiques auxquelles s'adonnent les résidents de cette commune. Toutefois, un bon encadrement économique de cette zone pourrait contribuer au développement de cette commune.

    1.10. ZONE DE L'ETUDE

    L`étude a été réalisée à Première l'Arbre13, une commune du département de l'Artibonite dont le chef lieu est Gonaïves.

    1.11. HISTORIQUE D'ANSE ROUGE

    13 Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique est une institution spécialisée, chargée de produire des informations chiffrées, fiables et opportunes portant sur tous les aspects des phénomènes économiques, sociaux, démographiques, etc.. et de les mettre à la disposition des instances gouvernementales, des organismes nationaux, internationaux et des utilisateurs de tous ordres

    L'IHSI14 relate qu'Anse Rouge fût crée comme un quartier le 3 août 1889 par décret du gouvernement provisoire du Nord présidé par le Général Hyppolite. A cette époque, elle n'était qu'un petit village de pêcheur au bord de la mer. Plus loin, la loi du 19 avril 1976 l'a élevée au rang de commune faisant partie de l'arrondissement des Gonaïves et depuis le 19 septembre 1982, elle fait partie de l'arrondissement de GrosMorne. Elle comprend deux sections communales: Première l'Arbre et 2ème Source Chaude. Elle est traversée par trois rivières et compte un étang. Son relief est dominé du côté Est par le Morne et côté Ouest par la commune et la Plaine.

    Cependant, les anciens de la zone ont témoigné qu'autrefois Première l'Arbre était recouvert d'arbres c'est ce qui lui a valu ce nom.

    Vue côtière de la zone de Première l'Arbre
    Localité Anse-Rouge

    A INSERER LES TROIS CARTES DE PDF DANS CET ENDROIT

    1.12 LES COURANTS DE PENSÉE PORTANT SUR LE SYSTÈME DE GESTION DU MICROCRÉDIT

    Les auteurs qui se sont intéressés à la gestion du microcrédit dans les pays en voie de développement notamment (Hulme et Mosley 1996, Jean-Claude POINTILLEUX, 1999 Michel Lelart15 2000) en viennent à la conclusion que les microcrédits ont pour but principal de servir les pauvres, en apportant principalement les ressources financières à ceux qui en ont le plus besoin. Ainsi, les bailleurs de fonds concentrent leurs efforts sur les individus travaillant pour leur propre compte qui ont besoin de crédit pour faire fructifier leurs activités économiques. A cet effet, Kristine De Boodt et Lisette Camberge16 soutiennent que le microcrédit est un instrument à travers lequel les femmes peuvent s'auto promouvoir, avoir une vision d'elles-mêmes, de leur environnement, échanger entre elles, partager leur préoccupation, discuter leur vie de tous les jours bref prendre la parole au sein de la société tout en réalisant une certaine rentabilité. Une étude d'impact du microcrédit menée par les Etudiants de l'Université Moulay au Maroc17 démontre qu'une bonne gestion du microcrédit donne une plus grande diversification des activités dans la zone, une augmentation des revenus, un changement dans la vie sociale, économique et même éducative des bénéficiaires et aide au développement du pays en question.

    Des auteurs ont démontré que les femmes considèrent le microcrédit comme une activité pouvant les aider à sortir de la pauvreté et ceci avec un montant minimum (Wagué Hawa Cissé 18) et Muhamad Yunus19. Ils ont même établi la différence entre les marchands du Sud et ceux du Nord, qui accordaient de petits crédits à ceux qui n'avaient pas d'argent pour répondre au besoin de leur famille. Malgré les taux d'intérêts très élevés, souvent camouflés en remboursements en nature au moment de

    15 Michel Lelart, De la finance informelle à la microfinance, Ed. Archives contemporaines, AUF, 2005, p. 49

    16 Bood De Kristien et Comberge Lisette: Femmes pionnières de Guinée, dix ans d'appui au groupement d'auto promotion de Bangouya, Paris, PUF, 1970.

    17 Rapport d'Etude d'Impact du micro crédit dans les pays en voies de développement, 2002

    18 octobre 2001, "Microfinance et lutte contre la pauvreté"

    19 19 Muhammad Yunus (né le 28 juin 1940 à Chittagong) est un économiste et entrepreneur bangladais connu pour avoir fondé la première institution de microcrédit, la Grameen Bank; ce qui lui valu le Prix Nobel de la paix en 2006. Il est surnommé le «banquier des pauvres»

    la récolte, les usuriers avaient du succès et se sont enrichis car ils étaient au courant des besoins des populations où ils vivaient. Cette proximité et intégration du prêteur dans le milieu culturel des emprunteurs est important car cette connaissance réciproque était le moyen de la couverture du risque.

    Les premières caisses Raiffeisen en Allemagne, Desjardins au Canada, et FECECIM20 au Maroc reposent sur les mêmes principes de microcrédit que les prêts et épargnes par petits groupes de personnes, surtout des femmes, qui se connaissent, se rencontrent régulièrement et qui acceptent de jouer le jeu de la caution mutuelle pour couvrir le risque éventuel.

    Du point de vue empirique, des résultats de recherches européennes confirment les principes du développement élaborés par Schulze (1850) et Friedrich (1864) cité par (Djoum 1999) et ont prouvé que la priorité pour ses pauvres était de disposer de petits financements pour leurs activités socio-économiques. Ils ont démontré qu'en fournissant des services financiers aux pauvres exclus du système bancaire traditionnel, on augmente leur niveau de vie, on améliore leur accès à l'éducation, à la santé etc.

    Il faut, toutefois, mentionner qu'aucune étude empirique n'a été menée auprès des femmes commerçantes non membres de l'Asfakop qui vivent à Première l'Arbre. Mais selon des sources anonymes savaient prêter également à ces femmes et ceci sans aucune condition avec des montants exorbitants.

    De plus, il faut admettre que les femmes qui vivent surtout dans les milieux ruraux sont très intéressées au microcrédit, puisque ce dernier opère des changements réels dans leur vie et dans la société. Jusqu'à cette date, seules des études théoriques ont fait des suggestions sur le développement des pays pauvres à travers le microcrédit.

    20 Fédération des Caisses d'Epargne et de Crédit Agricole Mutuel

    Aussi cette recherche propose t-elle de répondre à la question de savoir quel système de microcrédit serait mieux adapté à la réalité de la zone de Première l'Arbre? Elle a pour objectif global de proposer une structure de microcrédit adéquate à la réalité de l'Asfakop dans cette zone.

    Pour atteindre cet objectif, la recherche s'inspire du modèle proposé par Kim Wilson (1995) Elisabeth Hollman (1987) et autres, car cette étude fait une analyse sur le microcrédit dans les pays en voie de développement principalement Première l'Arbre. Ainsi, les éléments importants qui sont étudiés sont les cinq principes reconnus par Wilson, Hollman et autres. Ces principes sont l'objet de plusieurs enquêtes menées dans plusieurs pays pauvres comme le Bengladesh, Le Maroc etc.

    L'approche théorique retenue élabore les principes de Kim Wilson qui sont les suivants:

    · Assurer des services à la population pauvre. Selon l'auteur, la création des institutions de microcrédit a pour but essentiel de servir les pauvres, en apportant des ressources financières à ceux qui en ont le plus besoin. Ainsi, les bénéficiaires conjuguent leurs efforts sur les individus travaillant pour leur propre compte et qui ont besoin de crédit pour faire fructifier leurs activités économiques.

    · Lier les prêts à l'épargne. Toute personne épargne pour plusieurs raisons, soit en prévision de situations urgentes à résoudre aux foyers tel que: achat de médicaments, paiements des frais scolaire, faire des investissements saisonniers pour améliorer son affaire etc. soit pour assurer de quoi à manger entre la période de récolte et la saison de culture. En d'autres termes, l'épargne est fait pour la sécurité, la spéculation et la prévoyance. Quant aux prêts, ils facilitent les individus à compléter leurs économies. Cependant, ils sont mieux utilisés lorsqu'ils sont destinés uniquement à des objectifs productifs.

    · Utiliser la garantie solidaire. Elle est entendue comme le moyen de faire opérer une sélection des emprunteurs, ce qui réduit les coûts d'intermédiation et diminue la charge de travail de l'agent qui aurait bien du mal à opérer par lui-même cette sélection.

    La garantie est efficace lorsque de petits incidents de parcours se produisent, problèmes de paiement de l'intérêt, difficultés au moment de l'échéance, à la condition que les montants en jeu restent modestes, ce qui est souvent le cas quand il s'agit de crédit rural solidaire.

    · Assurer la viabilité financière des opérations. accroître l'envergure et l'impact des opérations de manière à porter leur volume à un niveau supérieur à ce que peuvent offrir les bailleurs de fonds.

    · Mise en place d'institutions financières locales permanentes. Ces institutions doivent pouvoir réinjecter l'épargne intérieure dans l'économie, accorder des crédits et fournir toute une gamme de services dans la mesure où elles dépendent des financements des bailleurs de fonds et des pouvoirs publics.

    1.13 METHODE D'ECHANTILLONNAGE

    Vu que l'étude concerne une population spécifique dans un système spécifique qui est le microcrédit, nous nous proposons d'utiliser la méthode des quotas qui consiste à reproduire un échantillon formant une maquette d'enquêtés en supposant que cet échantillon possède la même répartition statistique de certains critères tels: âge, car ce facteur est d'une grande importance pour ce genre de responsabilité; niveau d'étude, car ce facteur est susceptible d'influer sur le genre d'activité que l'intéressée peut entreprendre avec l'argent; section communale, ce facteur influe sur les priorités des versements en ce qui a trait à la localité.

    Les femmes membres de l'ASFAKOP ont été interrogées dans leur zone grâce à une convocation spéciale faite par chaque président de ces localités (voir tableau cidessous). Les enquêtées n'ont pas été réticentes aux questions posées et sont reçues l'une après l'autre afin d'éviter toute discrimination surtout pour les analphabètes (51%). La collecte des données est faite au cours du mois de juin 2008 et a duré un mois soit une semaine par zone. La localité de Marianne a été renvoyée pour le mois de mai de cette même année puisqu'il pleuvinait beaucoup donc les routes étaient inaccessibles. Le formulaire soumis est reproduit à l'Annexe A.

    Tableau I
    Répartition des présidents selon leurs localités

    Noms des localités

    Nom des Présidents

    Effectif des
    enquêtés

    Période de la collecte des
    données

    Anse-Rouge

    Mme. E. Zéphyr

    18

    31 mars au 05 avril 2008

    Marianne

    Mme. E. Salomon

    29

    07 avril au 12 avril 2008

    Parc-Melon

    Mme. C. Joseph

    27

    14 avril au 19 avril 2008

    Magasin les Rois

    Mme. L. Eugène

    23

    21 avril au 26 avril 2008

    Cabane Boeuf

    Mme. M. Jean

    20

    09 juin au 14 juin 2008

    Total

    117

     
     

    Tableau II

    PLAN D'ECHANTILLONNAGE

    ANALPHABÈTES PRIMAIRES SECONDAIRES SOUS-TOTAL

    LOCALITE

    Moins de
    36 ans

    36 à 54
    ans

    54 ans et
    plus

    Moins de
    36 ans

    36 à 54
    ans

    54 ans et
    plus

    Moins de
    36 ans

    36 à 54
    ans

    54 ans et
    plus

    Moins de
    36 ans

    36 à 54
    ans

    54 ans
    et plus

    GRAND
    TOTAL

    Marianne

    8

    3

    2

    5

    2

    3

    2

    2

    2

    15

    7

    7

    29

    Mag. Les Rois

    5

    4

    3

    2

    1

    1

    2

    1

    4

    9

    6

    8

    23

    Anse-Rouge

    1

    1

    4

    1

    2

    2

    1

    2

    4

    3

    5

    10

    18

    Cabane Boeuf

    4

    3

    1

    2

    -

    3

    2

    2

    3

    8

    5

    7

    20

    Parc-Melon

    1

    5

    6

    2

    -

    1

    2

    4

    6

    5

    9

    13

    27

    Sous total

    19

    16

    16

    12

    5

    10

    9

    11

    19

    40

    32

    45

    117

    Grand-Total

    51

    27

    39

    117

     
     

    Source: enquête menée auprès des femmes à Anse Rouge

    CHAPITRE II: CADRE CONCEPTUEL

    CHAPITRE II

    LE CADRE CONCEPTUEL

    2.1 PRESENTATION ET HISTORIQUE DE L'ASFAKOP

    L'ASFAKOP (Assosyasyon Fanm ki nan komès Plèn de Lab) en créole mais qui se traduit par Association des Femmes Commerçantes de Plaine de l'Arbre a pris naissance en janvier 2004 en Première l'Arbre, mais en raison des troubles sociopolitiques a débuté plutôt en mars 2004. Son siège social se trouve à Anse-Rouge sur la route nationale menant à Port de Paix.

    L'idée de ce projet est venue des ateliers de réflexions organisées avec les Femmesmères commerçantes de cette zone; il est à noter que c'est la seule association qui existe dans cette zone. Leur devise est: "Tèt ansam, ASFAKOP ap kwape lamizè".

    L'Asfakop compte un effectif de 315 membres lesquels appartiennent aux cinq regroupements régionaux ayant chacun leur propre structure de gestion composée de neuf responsables: une présidente, une vice-présidente, une trésorière, une trésorière adjointe, une secrétaire, une secrétaire adjointe et trois conseillères. Le comité central de gestion de l'Association est formé de sept membres issus des cinq regroupements régionaux, Parc-Melon, Anse-Rouge, Marianne, Cabane Boeuf, Magasin les Rois, représente la Direction de l'Association.

    La structure organisationnelle de l'ASFAKOP présentée plus bas peut aider à mieux comprendre.

    2.1.1 Objectif Global

    Son objectif est d'augmenter la capacité économique des femmes-mères commerçantes de Première L'Arbre en les supportant financièrement.

    ComitéAnse-Rouge

    Membres
    Anse-Rouge

    ComitéParc-Melon

    Membres
    Parc-Melon

    2.1.2 Objectifs spécifiques

    · Réunir en groupe de solidarité de 50 femmes-commerçantes mères de chaque zone.

    · Augmenter l'éventail des produits destinés à la vente en ajoutant un surplus de montant sur le capital d'investissement de chaque requérant.

    · Transférer 50 pour cent du montant d'appui à de nouvelles femmes commerçantes.

    2.1.3 Structure Organisationnelle de l'ASFAKOP

    ASSEMBLÉE
    GÉNÉRALE

    COMITE
    CENTRAL

    ComitéCabane Boeuf

    Membres
    Cabane Boeuf

    ComitéMarianne

    Membres
    Marianne

    ComitéMagasin les Rois

    Membres
    Magasin les Rois

    Le Comité Central est, composé de 7 membres, formé à partir des personnes de chaque localité. La Présidente est d'Anse-Rouge, la Vice-Présidente de Marianne, la Trésorière de Parc-Melon, la Trésorière Adjointe de Magasin, la Secrétaire de Cabane Boeuf, la Secrétaire Adjointe de Magasin et la Conseillère de Marianne. Ce Comité se réunit une fois par mois dans le Siège Social à Anse-Rouge pour partager les informations, discuter et / ou prendre des décisions. Ce

    comité est coiffé par l'Assemblée Générale, celle-ci est l'autorité souveraine de l'ASFAKOP.

    Il faut également souligner que ce comité représente l'ASFAKOP dans les réunions externes surtout avec l'intermédiaire financier.

    Le comité régional est composé de 9 membres: dont une Présidente, une Viceprésidente, une Trésorière, une Trésorière-adjointe, une Secrétaire, une Secrétaireadjointe, une Première Conseillère, une Deuxième Conseillère et une Troisième Conseillère. Le rôle de ce Comité est de s'assurer que le montant prêté par les membres est investit, les intérêts payés et les bénéfices épargnés. En définitive, ce comité a un rôle de contrôle.

    Organigramme du Comité Régional

    Trésorière

    Comité
    Central

    Secrétaire

    Présidente

    Vice
    Présidente

    1ère

    conseillère

     

    2ème

    conseillère

     

    3ème

    conseillère

     

    Trésorière
    Adjointe

     
     
     

    Secrétaire
    Adjointe

     
     
     

    Les membres de l'Asfakop sont ceux qui remplissent les conditions énumérées dans le statut et qui sont acceptées par le comité régional. Ils doivent aussi faire preuve de dynamisme c'est-à-dire montrer qu'ils ont la capacité de gérer la somme prêtée et d'en faire profit. L'Asfakop compte au total 315 membres soit:

    Tableau III
    Répartition des membres selon leurs localités

    Localité

    Nombre de Membres

    Pourcentage

    Marianne

    80

    25

    Magasin les Rois

    79

    25

    Anse-Rouge

    56

    16

    Cabane Boeuf

    45

    14

    Parc-Melon

    64

    20

    Total

    315

    100

     

    2.1.4 Reconnaissance Légale D'Asfakop

    La Reconnaissance légale d'Asfakop a été délivrée par le Ministère des Affaires Sociales et du Travail en février 200521.

    2.1.5 Statuts de L'Asfakop

    Article 1.- Il a été crée une Association dénommée l'Association des Femmes Commerçantes Première l'Arbre Association ayant pour sigle: ASFAKOP.

    Article 2.- L'Association a son siège social à Première l'Arbre. Elle est apolitique et est dérivée de la personnalité juridique, réglée par son Acte Constitutif, ses présents statuts et les dispositions de loi sur la matière.

    Article 3.- L'Asfakop a pour objectif de travailler au développement communautaire de promouvoir l'éducation non formelle, d'intégrer et

    21 Source:évaluation mi-parcours, microcrédit des femmes-mères d'Anse Rouge

    de faire participer ses femmes membres à la vie économique de Première l'Arbre.

    Article 4.- La durée de l'Asfakop est illimitée. Cependant, le mandat des différentes structures administratives est fixé par la loi interne.

    Article 5.- L'Association des Femmes Commerçantes de Première l'Arbre compte un effectif de 315 membres.

    Article 6.- L'Association comprend:

    · L'Assemblée Générale,

    · Le comité central de neuf membres issu des cinq comités locaux,

    · Les cinq comités de Gestion composés de sept membres disponibles dans chaque localité.

    2.1.6 Prêt octroyé aux membres de l'ASFAKOP

    En général, ce prêt n'a pas un montant fixe, il est donné à partir d'une étude faite après avoir rempli le formulaire de demande de prêt. Dans cette étude on considère le niveau d'étude de la personne, la zone, l'activité déjà entreprise ou à entreprendre. En général, le taux d'intérêt est compris entre 1 à 3% du montant donné et tient compte également des critères pré-cités. Par exemple dans le tableau d'activités réalisées entre juillet 2005 et juin 200622 , on a constaté que Planet avait prêté au Groupe I d'Anse-Rouge 60,000 gourdes pour 33 personnes; ce groupe a épargné 6,000 gourdes et a versé 1,098 gourdes d'intérêt avec un taux d'intérêt compris entre 2.5 à 3%. Tandis que pour cette même période, elle a prêté au Groupe IV de Marianne 24,000 gourdes pour 14 personnes; ce groupe a épargné 1,200 gourdes et a versé 420 gourdes d'intérêt avec un taux compris entre 1.5% à 2%.

    22 Source: évaluation annuelle, décembre 2006, annexe

    Tableau IV
    Présentation du taux d'intérêt des membres par zone

    Localité

    Nombre
    d'emprunteurs

    %
    d'emprunteurs

    Taux
    d'intérêt en
    pourcentage

    Montant reçu
    par zone

    Intérêts
    versés par
    zone

    Marianne

    80

    27%

    1.5% à 2%

    100,000

    1,750

    Magasin les Rois

    70

    24%

    1.5% à 2%

    118,000

    2,065

    Anse-Rouge

    56

    19%

    2.5% à 3%

    100,000

    1,830

    Cabane Boeuf

    23

    9%

    2.5% à 3%

    10,000

    183

    Parc-Melon

    64

    21%

    1.5% à 2%

    124,000

    2,170

    Total

    293

    100%

     

    452,000

    7,998

     

    Toutefois, dans ce même tableau nous remarquons que le délai des versements est respecté soit 6 versements à raison d'un versement par mois, il n'y a pas un montant fixe à verser par mois, l'essentiel c'est de verser le tout dans le délai imparti. De plus, chaque Groupe a pu faire un bénéfice et l'épargner, le montant est compris entre 1,200.00 et 6,000.00 gourdes et le pourcentage d'emprunteurs est compris entre 9% à 27% dépendamment de la localité. Plus le nombre d'emprunteurs est élevé plus le pourcentage est élevé, c'est ce qui explique un faible taux pour Cabane Boeuf.

    Nous aimerions souligner que nous avons beaucoup essayé de rencontrer les Responsables de Planet pour obtenir certaines clarifications ou explications sur leur mode de fonctionnement mais ceci n'a pas été possible. Les membres de l'Asfakop nous ont confirmé qu'ils sont à l'extérieur du pays. Nous avons également essayé de contacter les représentants des bailleurs, ce qui nous a permis de présenter dans les pages suivantes, le bilan et l'Etat des trop-perçus de Planet.

    Après remboursement de ces montants, Planet S.A., l'Intermédiaire financier devrait
    prêter aux autres membres en attente afin de continuer le travail. Un dicton haïtien dit
    ceci "se grès kochon, ki kwit kochon / le cochon est là ! l'a-t-on palpé pour voir s'il est

    gras ? ", tel n'a pas été le cas. Les autres requérants n'ont rien reçu jusqu'à date. Pourquoi ce non respect du contrat? Cette insatisfaction de Planet.

    Nous les avons interviewés à ce sujet, leurs déclarations laissent comprendre que tout fonctionne tel que stipulé dans le contrat. Cependant, les membres ne sont pas satisfaits. Cette façon de tout camoufler et de ne rien dévoiler fait partie des moeurs haïtiennes. La vraie raison c'est que les fonds recueillis par Planet ont été investis dans d'autres choses que de les prêter à nouveau aux membres de l'Asfakop en attente. Selon une source anonyme, leurs nouveaux investissements ont fait faillite et même le capital investi (Manman lajan) n'est pas épargné. Serait-il possible de suggérer à l'Asfakop de changer d'intermédiaire financier?

    Tableau V

    TABLEAU RESUMANT LES ACTIVITES DE CREDIT DE L'ASFAKOP

    Pour la période allant de juillet 2005 à juin 2006

    LOCALITE

    GROUPE

    CREDIT

    EPARGNE

    REMBOURSEMENT

    INTERETS*

     

    Responsable

    Nombre de membres

    Montant reçu
    en Gourdes

    Date du
    prêt

    En Gourdes

    Date

    Versements

    Balance

    En Gourdes

    Anse-Rouge

    E. Zephir

    56

    100,000

     

    9,850

     
     
     

    1,830

    Groupe I

     

    33

    60,000

    05/07/05

    6,000

    5/01/06

    6

    0

     

    Groupe II

     

    23

    40,000

    05/07/05

    3,850

    5/01/06

    6

    0

     
     

    Marianne

    E. Salomon

    80

    100,000

     

    8,050

     
     
     

    1,750

    Groupe I

     

    20

    22,000

    14/07/05

    2,250

    14/01/06

    6

    0

     

    Groupe II

     

    22

    34,000

    14/07/05

    2,200

    14/01/06

    6

    0

     

    Groupe III

     

    24

    20,000

    14/07/05

    2,400

    14/01/06

    6

    0

     

    Groupe IV

     

    14

    24,000

    09/10/05

    1,200

    09/04/06

    3

    0

     
     

    Magasin

    L. Eugène

    70

    118,000

     

    6,825

     
     
     

    2,065

    Groupe I

     

    14

    26,000

    18/11/05

    1,200

    18/05/06

    2

    0

     

    Groupe II

     

    23

    45,000

    18/11/05

    2,400

    18/05/06

    2

    0

     

    Groupe III

     

    19

    25,000

    18/11/05

    1,850

    18/05/06

    2

    0

     

    Groupe IV

     

    14

    22,000

    18/11/05

    1,375

    18/05/06

    2

    0

     
     

    Parc Melon

    C. Joseph

    64

    124,000

     

    7,100

     
     
     

    2,170

    Groupe I

     

    18

    30,000

    20/12/05

    1,800

    20/06/06

    1

     
     

    Groupe II

     

    18

    24,000

    20/12/05

    1,000

    20/06/06

    1

     
     

    Groupe III

     

    18

    35,000

    20/12/05

    1,800

    20/06/06

    1

     
     

    Groupe IV

     

    10

    35,000

    20/12/05

    2,500

    20/06/06

    1

     
     
     

    Cabane Boeuf

    M. Jean

    45

    10,000

     

    1,200

     
     
     

    183

    Groupe I

     

    23

    10,000

    18/12/05

    1,200

    18/06/06

    2

    0

     

    Groupe II

     

    22

    -

    -

    -

    -

    -

    -

     

    Total

     

    452,000

     

    33,025

     
     
     

    7,998

     

    * L'intérêt varie avec le niveau d'étude de la personne ce qui influe le plus souvent sur la gestion de l'activité qu'elle entreprend.

    2.1.7 Structure Organisationnelle de PLANET

    Président Directeur
    Général

    Directeur
    Exécutif

    Secrétaire
    Exécutif

    Directeur
    Administratif

    Directeur Fin/
    recouvrement

    Comptable

    Réceptionniste

    Le Bureau Central de Planet est composé de 7 membres: le Président Directeur Général, le Directeur Exécutif, le Directeur Administratif, le Directeur Financier, un Secrétaire Exécutif, un comptable et une Réceptionniste. Ce bureau se trouve à Port-au-Prince. Planet a quatre succursales: une à Plaine de l'Arbre, une à Saint-Marc, une à Gros-Morne et une à Ganthier. Selon les membres, les succursales sont composées d'une Secrétaire, d'un comptable et d'un officier de recouvrement.

    2.1.8 Présentation du Bilan et de l'Etat des Résultats et des Trop-perçus de Planet

    Nous avons présenté dans les pages suivantes le bilan et l'état des résultats et des trop-perçus de Planet. Cependant, nous remarquons déjà que les états financiers de l'année 2007 avaient un solde déficitaire.

    PLANET S.A.
    BILAN
    31 DÉCEMBRE 2006 et 2007

     

    2007

    2006

    Actif

     
     

    Liquidités et Placements

    200,000.00

    150,000.00

    Prêts aux particuliers

    288,369.00

    678,680.00

    Autres éléments d'Actif

     
     

    Immobilisation

    300,000.00

    250,000.00

    Intérêts courus et autres

    26,930.00

    25,000.00

    Impôts futurs

    -

    -

     

    326,930.00

    275,000.00

    Total de l'actif

    815,299.00

    1,103,680.00

    PASSIF

     
     

    Depots

     
     

    Epargne à terme

    350,000.00

    759,000.00

    Autres

    36,025.00

    58,402.00

     

    386,025.00

    817,402.00

    Autres elements de passif

     
     

    Intérêts courus et autres

    3,000.00

    17,000.00

    Part des membres

    5,780.00

    3,202.00

    Total

    8,780.00

    20,202.00

    AVOIR

     
     

    Parts de surplus speciales

    454,000.00

    278,000.00

    Deficit

    (33,506.00)

    (11,924.00)

     

    420,494.00

    266,076.00

    Total du passif et de l'avoir

    815,299.00

    1,103,680.00

     

    PLANET S.A.
    Etat des Résultats et des Trop-perçus
    Pour la période terminée le 31 décembre 2007

    RESULTATS

    2007

    2006

    Revenus d'intérêts

    70,000

    120,000

    Frais d'intérêts

    25,020

    36,050

    Revenus nets d'intérêts

    44,980

    83,950

    Provisions et pertes sur prêts

    (26,292)

    (17,841)

    Revenus d'intérêts après provision et pertes sur prêts

    18,688

    66,109

    Autres Revenus

    654,602

    995,980

    Autres frais:

     
     

    Personnel

    430,000

    990,564

    Local

    50,000

    50,000

    Cotisations territoriales

    36,000

    62,354

    Frais généraux

    288,165

    339,065

     

    804,165

    1,441,983

    Trop-perçus de l'exercice avant autres éléments

    (954,768)

    (1,511,913)

    Autres éléments perçus

    732,856

    995,728

    Affectation au déficit

    (1,687,624)

    (2,507,641)

     

    2.2 DEFINITION DU MICROCREDIT ET DE QUELQUES CONCEPTS VOISINS

    2.2.1 Définition du microcrédit

    Plusieurs auteurs ont opiné sur le microcrédit, sa gestion surtout dans les pays en voie de développement, énumérons quelques-uns:

    M. Lellart23 définit le microcrédit comme un petit crédit, d'un montant peu élevé, sensiblement inférieur au crédit qu'une entreprise ou un ménage peut solliciter d'une banque. Ce crédit est demandé par des personnes qui disposent d'un revenu relativement bas.

    La BAD24 définit le microcrédit comme "l'octroi de petits prêts aux opérateurs qui sont trop pauvres pour obtenir des prêts auprès des banques classiques"

    M. Detilleux25 définit le microcrédit comme le crédit qui permet à des personnes porteuses de projets de bénéficier de prêts d'un montant très modeste, souvent renforcer non par des garanties mais par des cercles de solidarité.

    L'auteur Kim Wilson26 relate que le microcrédit a pour objectif de servir les
    pauvres, en apportant principalement des ressources financières à ceux qui en ont
    le plus besoin. Aussi, les bailleurs de fonds doivent concentrer leurs efforts sur les

    23.

    24 Banque Africaine de Développement, Annexe 12, juillet 2000

    25 Jean-Claude Detilleux, Microcrédit et banque solidaire, in Exclusion et liens financiers/Rapport du Centre Walras 1999-2000, éd. Economica, 1999, p. 161-162.

    26 Idem, page 22

    individus travaillant pour leur propre compte qui ont besoin de crédit pour faire fructifier leurs activités économiques.

    2.2.2 Définition des concepts voisins du microcrédit

    · La microfinance

    La microfinance peut se définir comme étant la mise en pratique de services financiers ou non financiers27, tels que l'épargne, le crédit et autres services financiers de base, à petite échelle, destinés aux petits travailleurs indépendants ou organisés en groupements et aux plus pauvres. A noter que la microfinance est plus vaste que le microcrédit.

    · La Tontine

    BOUMAN28 définit la Tontine comme une association regroupant des membres d'un clan, d'une famille, des voisins ou des particuliers, qui décident de mettre en commun des biens ou des services au bénéfice de tout un chacun, et cela a tour de rôle.

    · La Micro et Petite Entreprise

    La micro et petite entreprise englobent un large éventail d'entreprises
    appartenant aux secteurs de l'industrie, des transports, du commerce, des
    services, de l'agriculture, etc., de taille variable, ayant des activités à temps

    27 cf. B. Venet, 1994

    28 GASSE-HELLIO M. M., 1999 : Le système des tontines en Afrique.

    partiel et saisonnières d'une seule personne aux petites entreprises formelles dont plusieurs employés sont recrutés à l'extérieur de la famille. Les micro-entrepreneurs peuvent être des individus ou des groupes d'individus opérant en milieu rural ou urbain. Le manque d'accès au financement institutionnel affaiblit nécessairement


    · Microbanque

    Ce sont des banques locales qui ont des formes juridiques très différentes selon leur pays d'implantation : coopératives, ONG, sociétés à vocation lucrative ou pas. On compte désormais quelque 20 millions d'emprunteurs et entre 30 et 40 millions d'épargnants. Elles se fondent sur un principe de solidarité : le groupe se prête caution pour l'emprunteur. Tout est établi sur le lien social, la réputation dans le quartier, la vie communautaire.

    Le microcrédit est maintenant bien connu, et même si chaque auteur est tenté de la définir à sa façon, on peut admettre un certain nombre de caractéristiques, dont la première est une question de taille, comme le nom luimême l'indique.

    2.3 ORIGINE ET EVOLUTION DU MICROCREDIT DANS LE MONDE ET EN HAITI

    Le microcrédit est né sous sa forme moderne dans les années 1970 simultanément en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Cependant, selon des recherches effectuées par un mouvement solidaire, le microcrédit existait déjà en Europe et surtout à la fin du XIXe siècle, il a prouvé son utilité à travers le monde. Selon des chiffres admis par la Banque mondiale, il aurait permis de sortir 60 millions d'individus dans la

    misère ou de l'exclusion, mouvement remanié par le professeur d'économie Muhammad Yunus29 au cours des 30 dernières années. Depuis 1999 , la méthodologie de crédit adoptée par les institutions de micro-finance prend de manière croissante la forme d'un produit individuel flexible, ressemblant plus aux produits bancaires classiques. La forme choisie à l'origine était basée sur la méthodologie de crédit collectif, utilisant les mécanismes d'épargne locale et de caution solidaire et la supervision des pairs pour couvrir le risque de crédit. Se sont rapidement ajoutés des financements extérieurs reposant sur un système de titrisation30 des portefeuilles de crédit.

    Le crédit formel existe en Haïti depuis 1951, le Gouvernement Haïtien a implanté plusieurs organismes de crédit tels que: IHCAI en 1951, BCRS en 1956, BCA en 1959 IDAI 1961 et BNDAI en 1984. Ces Institutions avaient pour but d'améliorer la situation de vie des plus pauvres et de renforcer la production agricole. Cependant, l'offre des services financiers en milieu rural qui a toujours été l'oeuvre du secteur informel est assez récente. Ces services ont été créés officiellement pour desservir les gens les plus défavorisés, ce qui devrait renforcer la production agricole. L'objectif n'a pas été atteint puisque les résultats n'ont été que des défaites pour le secteur concerné puisqu'aujourd'hui ces institutions n'existent plus.

    2.4 CARACTERISTIQUES DU MICROCREDIT

    Il existe deux modèles de microcrédit: l'un pour les pays industrialisés et est centré sur la création d'entreprise, avec des prêts individuels à taux d'intérêt bas; l'autre est en vigueur surtout dans les pays du Sud, mettant en place des crédits de moindre montant, plus courts et plus chers, souvent collectifs et servant la plupart du temps à financer des activités existantes. Même si les méthodes doivent être adaptées chaque fois au contexte local, les principes restent toujours les mêmes. Les caractéristiques

    principales du microcrédit sont donc communes. Monsieur Jean-Michel Servet31 a retenu trois critères: Le microcrédit est caractérisé aussi bien par une relation de proximité, sa population cible que par le montant du crédit. L'Emprunteur est souvent: pauvre, principalement des femmes, peu instruit, géographiquement isolé, possède peu d'actifs et fait des activités liées à l'agriculture. L'Organisme prêteur donne de faible montant, sans caution ou avec une caution modique, offre des services autre que le crédit, avec remboursement régulier et responsabilité collective et est financé par des donateurs.

    2.5 LES DIFFERENTS TYPES D'ORGANISATIONS QUI GERENT LE MICROCREDIT

    2.5.1 Les Fondations et ONG, gestionnaires de microcrédits

    Depuis une vingtaine d'années, de très nombreuses fondations ou ONG se sont créées pour distribuer et gérer le microcrédit en Amérique Latine, en Afrique et en Asie. Ces organisations agissent comme des intermédiaires entre les "financeurs" (agences de coopérations, ONG du Nord, banques, etc.) et les demandeurs de crédit, isolés ou organisés en petits groupes professionnels.

    2.5.2 Les Banques de Microcrédit

    Depuis quelques années, entraînées par l'expérience de la Grameen Bank du Bangladesh, les grandes Fondations et ONG du microcrédit de plusieurs pays du Sud ont leur propre banque. Limitées dans leur financement et souvent par les règles administratives nationales, ces organisations, face à la demande considérable de crédit émanant des petits producteurs et commerçants du milieu informel, mais aussi des petites et moyennes entreprises naissantes ou en développement, ont promu des instruments financiers qui ont évolué, avec l'accord des états et la reconnaissance des Banques Centrales, vers la création

    d'institutions financières formelles et de banques, spécialisées dans le financement du microcrédit.

    2.5.3 Les systèmes nationaux et internationaux d'épargne et de crédit

    De nombreuses caisses locales d'épargne et de crédit se sont organisées pour obtenir davantage de crédit que les possibilités créées par leur épargne et répondre ainsi à la demande locale ou pour placer l'épargne non prêtée. Elles ont constitué des unions et fédérations, quelquefois puissantes à l'exemple de l'APRACA (Association de crédit agricole d'Asie et du Pacifique), l'AFRACA (Association Africaine de crédit agricole) etc...

    2.5.4 Les caisses locales d'épargne et de crédit et les tontines

    Tout comme les caisses locales et mutuelles, elles ne sont pas reliées à de grandes organisations, ni aux banques. Elles agissent de façon autonome pour un groupe de villages ou un quartier urbain. Elles reçoivent l'épargne de leurs membres, fixent elles-mêmes les taux d'intérêt sans tenir compte des lois et du marché financier. Elles sont informelles. Les membres se prêtent entre eux l'argent épargné dans le même environnement. Elles font rarement appel au marché financier et ne reçoivent pas d'aide extérieure. Leur rôle et leur fonction sont essentiels. Elles répondent parfaitement aux besoins locaux et les remboursements sont excellents car tout le monde se connaît et il n'existe que peu de risque, car il y a auto contrôle.

    34 Mondes en Développement, 2007, de Boeck Université

    35 Voir annexe II

    Le microcrédit est considéré comme une partie de la microfinance, qui peut concerner l'épargne, les transferts financiers pour migrants, la microassurance, etc. Il ne remplace en rien les infrastructures, les besoins en santé, en éducation et en eau. Si c'est parfois un filet de sécurité pour les moins pauvres d'entre les pauvres, ce n'est pas un levier fort pour le développement. Il ne représente d'ailleurs qu'entre 1 à 2 % de l'aide au développement. Cependant, c'est un outil qu'on pourrait utiliser dans les sociétés post-crises, en Haiti par exemple ou post-conflits comme en Bosnie32 A-t-il quand même un impact réel ? Cela reste à voir.

    Prenons le Bangladesh, le pays de Mohammad Yunus, Prix Nobel de la paix 2006, avec sa Grameen Bank. C'est le marché au monde le plus saturé de petits prêts. A lui seul, les vingts plus grandes institutions de microcrédits touchent 21 millions de familles, soit 105 millions d'habitants, sur un total de 147 millions. Comment expliquer que 36% de la population vivait, en 2004, encore sous le seuil d'extrême pauvreté, avec moins de deux dollars par jour, comme en 1990 33 où la totalité des microcrédits au Bangladesh constituait 0.6% du total des crédits dans ce pays? Ce qui n'est pas une transformation de taille En Inde, justement selon des études faites par l'Institut Français de Pondichéry34 , le microcrédit ne change rien, dans 70% des cas, 15% tire des profits, 15% est surendetté et a même entraîné des vagues de suicides chez les paysans. Comment faire pour aider 80% des gens exclus du système bancaire dans les pays les plus démunis?

    On n'ignore pas qu'en Haiti qu'il a eu beaucoup d'institutions de microcrédit 35 qui ont fait carrière dans ce pays. Bon nombre d'entre elles existent jusqu'à présent; cependant, toutes les études faites démontrent que les changements n'ont pas d'effet direct sur le pays en général. Certains changements ont été remarqué par l'amélioration de la situation économique des membres adhérés à ces institutions mais ces changements n'affectent pas la communauté jusqu'à développer la localité voire la zone. De plus, Ces changements ont été remarqués chez les gens qui avaient

    déjà une activité au ralentit ce qui laisse comprendre que les vrais pauvres se trouvent toujours au bas de l'échelle.

    En Afrique par exemple, 50 pays sur 5436 connaissent une situation de surliquidité bancaire, d'après une étude faite par Fonds Monétaire International/FMI. Il manque simplement de fonds de garanties pour inciter les banques à prêter de l'argent. L'aide publique au développement pourrait jouer ce rôle-là, mais elle ne le fait pratiquement pas, car ce genre d'appui n'est pas comptabilisé dans l'aide. Les banques traditionnelles surfent aussi sur le microcrédit? "L'éthique", la "responsabilité sociale" ou le "développement durable" sont des concepts clés au moment où les banques dégagent des bénéfices. Il ne faut ni diaboliser le microcrédit ni fantasmer sur les potentialités de cet instrument financier."

    36 www.liberation.fr/actualité/economie/242308.FR.ph

    CHAPITRE III: CADRE METHODOLOGIQUE

    CHAPITRE III

    3.1 ENQUETE SUR LE FONCTIONNEMENT DU SYSTEME DE MICROCREDIT DE L'ASFAKOP

    3.1.1 Groupe Cible

    L'enquête est menée sur les femmes membres de l'Asfakop dont leur tranche d'âge varie entre 34 et 56 ans. Elles sont en majorité des femmes actives qui vivent dans la zone depuis leur enfance. Ainsi, de ces membres un échantillon représentatif, de chaque zone, réparti de manière proportionnelle est tiré. Il faut également signaler qu'il n'y a pas de jeunes femmes de moins de 30 ans dans ces groupes, la plus jeune est âgée de 34 ans et ces groupes possèdent au minimum 10 personnes.

    L'effectif de ces membres est de 315, elles vivent toutes dans la zone de Première l'Arbre. Ainsi, nous avons choisi un échantillon de cent dix-sept (117) femmes ce qui se traduit par un taux de sondage de 0.37% pour mener notre enquête, tel que nous l'avons décrit au chapitre I, la zone de Première l'Arbre est subdivisée en cinq localités: Anse-Rouge, l'endroit considéré comme la capitale de Première l'Arbre, Magasin Les Rois, Cabane Boeuf, ParcMelon et Marianne.

    3.1.2 Description de l'Echantillon

    Un total de cent dix-sept femmes a été interrogé, leur âge moyen est de 42 ans. La plus âgée a 56 ans et la plus jeune 34 ans.

    Le tableau suivant contient la répartition des femmes selon la zone d'activité:

    Zone d'activité

    Fréquence

    Pourcentage

    Marianne

    29

    25

    Magasin les Rois

    23

    20

    Anse-Rouge

    18

    15

    Cabane Boeuf

    20

    17

    Parc-Melon

    27

    23

    Total

    117

    100%

    La répartition des femmes selon le niveau d'étude est la suivante:

    Niveau d'étude

    Fréquence

    Pourcentage

    Secondaire

    39

    33

    Primaire

    27

    23

    Analphabète

    51

    44

    Total

    117

    100

    Enfin, la répartition des femmes selon l'âge est la suivante:

    Age

    Fréquence

    Pourcentage

    moins de 36 ans

    40

    34

    36 à 54 ans

    32

    27

    54 ans et plus

    45

    39

    Total

    117

    100%

    3.2 MATERIEL UTILISE

    Le matériel est composé d'un formulaire informatisé qui contient 17 questions fermées. Son contenu a été élaboré par la synthèse de l'étude menée par Kim Wilson (1995). Ensuite des discussions entreprises avec les membres des Comités ont permis de mieux cerner la question du microcrédit dans cette section communale.

    Le questionnaire présente les cinq principes du microcrédit développés par Kim. Pour chaque enquêtée, diverses questions sont posées dont: une sur l'obligation familiale, où le répondant a le choix entre, (A) elle-même, (B) son mari, (C) autres. Deux sur la gestion du prêt dont une sur le nombre de prêts reçus où le répondant a le choix entre (A) un, (B) deux, (C) plus que deux; une autre question sur les activités entreprises avec le prêt où le répondant a le choix entre (A) Commerce, (B) Agriculture et (C) Autres. D'autres questions posées ont rapport à l'épargne faite par

    ces femmes; pour répondre il faut cocher entre (A) oui ou (B) non; si oui il faut écrire le montant épargné.

    Les résultats obtenus aux 17 questions sont présentés au tableau VI selon les cinq principes étudiés. Ce tableau laisse voir que la somme des données est de 1.987; en effet, sur les 2,074 réponses possibles, 87 ne sont pas retenues, car elles appartiennent à la catégorie oui ou non qui sont des variables de contrôle. La figure 1 présentée dans le tableau VI fait ressortir que la catégorie A est le mode pour chacun des principes, et pour l'ensemble des données; le rapport de variation pour l'ensemble est de 0,537.

    On a constaté que dans la figure I, 717 données prouvent que 65% des femmes s'engagent à maintenir une obligation familiale en s'organisant; 17% des femmes s'engagent à bien gérer leurs prêts en s'organisant et 18% s'engagent à entreprendre des activités avec le prêt en s'associant. Dans la figure V, 271 données prouvent que 53% des femmes s'engagent à maintenir une obligation familiale en s'organisant; 25% des femmes s'engagent à bien gérer leurs prêts en s'organisant et 22% s'engagent à entreprendre des activités avec le prêt en s'associant; elles partagent également l'idée d'avoir des Institutions financières locales et viables.

    On peut en déduire que les réponses obtenues sont en majorité dans la catégorie A et elles nous prouvent que les femmes sont totalement en mesure de s'organiser; Elles sont également prêtes à recevoir un système de microcrédit ayant une gestion financière viable qui leur permettra d'avoir un épargne raisonnable.

    Tableau VI

    FREQUENCE ET POURCENTAGE DES REPONSES A CHACUNE DES CINQ PRINCIPES ETUDIES

    Questions

     

    1

     
     

    2

     
     

    3

     
     

    4

     
     

    5

     
     

    Total

     
     

    A

    B

    C

    A

    B

    C

    A

    B

    C

    A

    B

    C

    A

    B

    C

    A

    B

    C

     

    250

    68

    82

    88

    59

    65

    60

    24

    20

    63

    37

    52

    90

    25

    30

    551

    231

    249

    Impaires

    63%

    17%

    21%

    42%

    28%

    31%

    57.7%

    23.1%

    19.2%

    41.4%

    24.3%

    34.2%

    62.1%

    17.2%

    20.7%

    53.4%

    22.4%

    24.2%

     
     

    400

     
     

    212

     
     

    104

     
     

    152

     
     

    145

     
     

    1031

     
     

    209

    56

    52

    78

    54

    36

    78

    67

    46

    78

    32

    27

    54

    42

    30

    514

    251

    191

    Paires

    65.9%

    18%

    16.4%

    46.4%

    32%

    21.4%

    40.8%

    35.1%

    24.1%

    56.9%

    23.4%

    19.7%

    42.9%

    33.3%

    23.8%

    56.3%

    26%

    20%

     
     

    317

     
     

    168

     
     

    191

     
     

    137

     
     

    126

     
     

    956

     
     

    459

    124

    134

    166

    113

    101

    138

    91

    66

    141

    69

    79

    144

    67

    60

    1065

    482

    440

    Total

    128%

    35%

    37%

    87.9%

    60%

    52.1%

    98.5%

    58.2%

    43.3%

    98.4%

    47.7%

    53.9%

    105%

    50.6%

    44.5%

    53.6%

    24.3%

    22.1%

     
     

    717

     
     

    380

     
     

    330

     
     

    289

     
     

    271

     
     

    1987

     

    1 = Engagement à s'organiser 2= Epargner

    3= Garantie Solidaire

    4= Viabilité financière

    5= Placer des Institutions locales

    3.3 Répartition des Bénéficiaires

    Les tableaux présentés ci-dessous décrivent le nombre de membres, le montant du crédit reçu, le montant épargné, les versements, le taux de remboursement, le ratio épargné sur crédit et le nombre de crédit reçu par membre. Cette description est faite pour toute la période de l'étude sauf pour l'année 2008 puisque Planet n'existait plus donc il n'y a pas eu de crédit et d'épargne.

    Tableau VII
    Répartition des membres de l'Asfakop du montant de leurs crédits selon la localité
    Année 2004

    Localité

    Nombre
    de
    membre

    Montant du
    Crédit en

    Gourdes

    Montant Epargné en

    Gdes

    Intérêts

    Versements

    Taux de
    Remboursement

    Ratio
    epargné
    sur credit

    Montant versé par
    membre
    Exprimé en

    Gourdes

    A.Rouge

    56

    100,000

    9,850

    1,830

    12

    100%

    9.85 %

    1,786

    Marianne

    80

    100,000

    8,050

    1,750

    21

    100%

    8.05%

    1,250

    M.Les Rois

    70

    118,000

    6,825

    2,065

    8

    100%

    5.78 %

    1,686

    P.Melon

    64

    124,000

    7,100

    2,170

    4

    100%

    5.73 %

    1,937

    C. Boeuf

    45*

    10,000

    1,200

    183

    2

    100%

    12.00%

    435

    Total

    315

    452,000

    33,025

    7,998

     

    * Pour cabane Boeuf le crédit est octroyé seulement au membre du Groupe I qui sont de 23.

    Graphe I
    Evolution du crédit suivant les montants de crédit et d'épargne
    Année 2004

    140,000

    120,000

    100,000

    80,000

    60,000

    40,000

    20,000

    0

     

    Credit

     

    Epargne

    Le taux d'intérêt mensuel varie entre 1.5% à 3% en tenant compte de la localité et il est fait obligation à chaque membre d'épargner un montant minimum de 125 gourdes par mois toujours à Planet.

    Dans ce tableau nous avons constaté que les membres de la localité de Parc-Melon ont reçu plus de crédit soit 124,000 gourdes pour ces 64 membres qu'ils ont remboursé intégralement en quatre versements avec un ratio épargné sur crédit de 5.73 pour cent. Tandis que la zone de Cabane Boeuf qui a le moins de membres soit 45 n'a reçu que 10,000 gourdes de crédit, a également versé l'intégralité de son prêt en deux versements avec un bénéfice de 1,200 gourdes soit 12% de ratio épargné sur crédit. A noter que pour Cabane Boeuf le prêt n'a été versé qu'au Groupe I qui représente 51% des membres de cette localité; la responsable a expliqué que le prêt reçu qui est de 10,000 gourdes n'était pas suffisant pour satisfaire tous ses membres, elle a du faire une sélection. Selon un sondage par les responsables de l'Asfakop, que le montant global d'un crédit soit élevé ou faible, les membres ne respectent pas vraiment les modalités de versements ce sont leurs motivations qui déterminent à quel rythme que le montant sera remboursé.

    Le tableau démontre que chaque localité à leur rythme de versements et un montant fixe de crédit reçu par membre.

    Tableau VIII
    Répartition des membres de l'Asfakop du montant de leurs crédits selon la localité
    Année 2005

    Localité

    Nombre
    de
    membres

    Montant du
    Crédit en
    Gourdes

    Montant
    Epargné
    en Gdes

    Intérêts

    Versements

    Taux de
    Remboursement

    Ratio epargné
    sur credit

    Montant versé
    par membre
    Exprimé en

    Gourdes

    A.Rouge

    50

    89,286

    8,795

    8,795

    10

    100%

    9.85 %

    1,786

    Marianne

    63

    78,750

    7,875

    7,875

    15

    100%

    10%

    1,250

    M.Les Rois

    58

    97,788

    9,412

    9,412

    6

    100%

    9.63 %

    1,686

    P.Melon

    64

    123,968

    9,979

    9,979

    3

    100%

    8.05 %

    1,937

    C.Boeuf

    42

    9,324

    954

    954

    1

    100%

    10.23%

    222

    Total

    277

    399,116

    37,015

    37,015

     

    Graphe II

    Evolution du crédit suivant les montants de crédit et d'épargne
    Année 2005

    140,000

    120,000

    100,000

    80,000

    60,000

    40,000

    20,000

    0

     

    Credit Epargne

    L'année 2005 montre que la quantité de membres pour chaque zone a diminué de 10% environ sauf Cabane Boeuf, trois de ses membres n'ont pas reçu de prêt tandis que Parc-Melon tous ses membres ont reçu les leurs et les ont versé en trois versements au lieu de quatre. Selon la Présidente du Comité de Parc-Melon, les membres de cette localité étaient plus que motivés, c'est-à-dire qu'elles versaient leurs prêts et épargnaient avant l'échéance. Ce qui résulte des promesses faites par Planet à savoir plus on versait à l'heure plus on aurait l'opportunité d'obtenir un nouveau prêt.

    Tableau IX
    Répartition des membres de l'Asfakop du montant de leurs crédits selon la localité
    Année 2006

    Localité

    Nombre
    de
    membre

    Montant du
    Crédit en
    Gourdes

    Montant
    Epargne en
    Gdes

    Intérêts
    versés

    Versements

    Taux de
    Remboursement

    Ratio
    epargné
    sur credit

    Montant versé
    par membre
    Exprimé en
    Gdes

    A. Rouge

    15

    26,786

    2,638

    1,634

    10

    100%

    9.85 %

    1,786

    Marianne

    23

    28,750

    2,875

    1,378

    15

    100%

    10%

    1,250

    M.Les Rois

    26

    43,836

    4,219

    1,711

    6

    100%

    9.63 %

    1,686

    P. Melon

    34

    65,858

    5,302

    2,619

    3

    100%

    8.05 %

    1,937

    C.Boeuf

    20

    4,440

    454

    171

    1

    100%

    10.23%

    222

    Total

    118

    169,670

    15,488

    7,513

     

    Graphe 3
    Evolution du crédit suivant les montants de crédit et d'épargne
    Année 2006

    70,000

    60,000

    50,000

    40,000

    30,000

    20,000

    10,000

    0

    Credit Epargne

    Tableau X
    Répartition des membres de l'Asfakop du montant de leurs crédits selon la localité
    Année 2007

    Localité

    Nombre
    de
    membre

    Montant du
    Crédit en
    Gourdes

    Montant Epargne en Gdes

    Intérêts
    Moyens
    Versés

    Taux de
    Remboursement

    Ratio epargné sur
    credit

    Montant versé
    par membre
    Exprimé en
    Gdes

    A.Rouge

    10

    17,857

    1,759

    327

    100%

    9.85 %

    1,786

    Marianne

    7

    8,750

    875

    153

    100%

    10%

    1,250

    M.Les Rois

    13

    21,918

    2,110

    371

    100%

    9.63 %

    1,686

    P.Melon

    24

    46,488

    3,742

    814

    100%

    8.05 %

    1,937

    C.Boeuf

    5

    1,110

    114

    20

    100%

    10.23%

    222

    Total

    59

    96,123

    8,600

    1,685

     

    Graphe 4
    Evolution du crédit suivant les montants de crédit et d'épargne
    Année 2007

    50,000

    45,000

    40,000

    35,000

    30,000

    25,000

    20,000

    15,000

    10,000

    5,000

    0

    Credit Epargne

    Les tableaux III et IV présentent les mêmes faits que le tableau II, il y a une baisse au niveau des membres du crédit et du montant épargné pour chaque localité. Cependant, nous avons constaté qu'il n'y a eu aucune réduction sur le montant du crédit à verser à un membre.

    Tableau XI
    Répartition des membres de l'Asfakop du montant de leurs crédits pour Anse-Rouge
    Année 2004-2007

    Année

    Nombre de
    membres

    Montant du
    Crédit en
    Gourdes

    Montant
    Epargne en
    Gdes

    Intérêts
    Moyens
    En Gdes

    2004

    315

    452,000

    33,025

    7,998

    2005

    277

    399,116

    37,015

    37,015

    2006

    118

    169,670

    15,488

    7,513

    2007

    59

    96,123

    8,600

    1,685

    Total

     

    1,116,909

    94,128

    54,211

    Graphe 5
    Evolution du crédit suivant les montants de crédit et d'épargne
    Année 2004-2007

    500,000
    450,000
    400,000
    350,000
    300,000
    250,000
    200,000
    150,000
    100,000
    50,000
    0

     
     

    2004 2005 2006 2007

    Ce graphe présente une baisse considérable du crédit donné aux membres de l'Asfakop pour la période allant de 2004 à 2008. Néanmoins, il n'y a que la première année période durant laquelle Planet a pu desservir tous les membres des différentes localités d'Anse-Rouge. Tandis que selon les informations recueillies et présentées dans les différents tableaux décrits ci-dessus, les membres étaient toujours disposés et disponibles à recevoir le montant en versant leur intérêt et le montant du prêt à la date limite, certaines fois même avant. De plus, la réduction de leur épargne est causée par la réduction de leur crédit plus on leur prêtait plus ils épargnaient. Cependant, il y a lieu de signaler qu'aucun procédé de calcul n'a été révélé. Toutefois, on a compris que le microcrédit joue un rôle considérable dans la vie économique des habitants de cette commune.

    D'une manière générale tout projet a un cycle de vie mais l'Asfakop n'a pas eu le temps de franchir toutes les étapes; puisqu'au stade de lancement elle s'est retrouvée au déclin. On a également remarqué un bon départ qui n'a pas duré à cause de cette réaction inattendue de Planet vis-à-vis des membres de l'Asfakop. Selon les données recueillies, l'épargne ne pouvait augmenter puisqu'il dépendait totalement du crédit. L'autre possibilité qu'avaient les membres, c'était d'épargner leurs propres fonds ce qui n'existe presque pas pour ces personnes qui n'ont aucune source de revenus. Ainsi selon ces femmes, le mieux serait d'avoir d'autres institutions financières qui leur serviraient d'intermédiaire ce qui motiverait Planet d'améliorer ses services auprès de ses clients.

    3.3 ANALYSE COMPARATIVE ENTRE LES RESULTATS DE L'ENQUETE MENEE A PREMIÈRE L'ARBRE ET LES PRINCIPES DE KIM

    Nous avons donné plusieurs opinions d'auteurs dans notre revue de littérature et ils ont démontré l'importance du microcrédit dans les pays en voie de développement et ceci surtout pour les femmes. Selon ces auteurs le microcrédit a pour objectif premier d'améliorer la situation de vie socio-économique des gens les plus défavorisés en ayant

    un bon système de gestion financière. Ces gens, étant dans l'impossibilité de fréquenter les banques qui offrent des services appropriés, s'il en existe dans leurs zones, vivent dans l'insatisfaction et la frustration. Donc, ils considèrent l'implantation d'un bon système de crédit pour les plus démunis dans une zone reculée comme une bonne aubaine. Schulze et Friedrich37 ont même démontré qu'une bonne gestion du microcrédit peut augmenter le niveau de vie d'une population.

    Cependant dans notre analyse comparative nous allons considérer des principes de Kim Wilson38 ,. Cet auteur abonde dans le même sens que les autres mais il met l'accent sur certains principes comme:

    Principe 1: Assurer des services à la population pauvre

    L'enquête menée à Première l'Arbre nous a révélé que presque tous les habitants de cette commune vivent dans des situations très précaires; ils n'ont pas accès à l'électricité, à l'eau ni à la nourriture; c'est-à-dire, ils ne possèdent que très peu de ressources. En outre, ils ont besoin des prêts pour faire fructifier leurs petites activités économiques, transférer le revenu supplémentaire au bénéfice de leurs familles, comme le paiement de frais de scolarité, l'amélioration de l'alimentation du foyer et la constitution d'une épargne pour parer aux imprévus.

    Ce principe met l'accent sur trois facteurs qui contribuent au programme de microcrédit au service des pauvres: l'identification de la clientèle qui n'est autre que les femmes membres de l'Asfakop; l'engagement de l'Organisation: elles ont formé un comité dans chaque localité avec les membres de l'Asfakop; la conception d'un produit (elles planifiaient d'investir dans une pommade locale ce qui n'a pas eu le temps d'être fait).

    Pour le premier principe on peut dire que les membres de l'Asfakop remplissaient toutes les conditions pour réussir son microcrédit. Tel que relaté dans le tableau VI, 65% des membres démontrent une volonté à s'organiser.

    37 The moneylender's dilemma, Hermann Schultze-Delitzsch and Friedrich Raffeisen

    38 Friedrich Raiffeisen, le pionnier du microcrédit. Article publié le 27 avril 2010

    Principe 2: Lier les prêts à l'épargne

    L'épargne et le crédit sont les deux faces d'une même pièce d'argent. Le crédit est utilisé
    pour faire les investissements d'aujourd'hui qui seront remboursés demain. L'épargne,
    constitue l'accumulation de bien aujourd'hui pour être investie demain. Nous respectons

    à la réciprocité entre l'épargne et le crédit et nous travaillons à les lier ensemble là cela est possible.

    Dans le graphe V, l'on peut constater que les membres de l'Asfakop ont également épargné car selon eux: le crédit lié à l'épargne les aident à s'améliorer au fur et à mesure qu'ils empruntent. Par ailleurs, selon les données collectées dans le cadre du deuxième principe 43% des membres sont prêts à épargner.

    Principe 1II: Utiliser les garanties solidaires

    Ce principe fait allusion à l'accord financier entre pairs dans lequel des groupements d'individus avalisent les prêts de leurs camarades membres en promettant de rembourser les prêts en retard. De cette façon, les individus les plus pauvres peuvent emprunter sans donner de garantie.

    L'une des choses les plus importantes pour cette association c'est d'être membre et toute la collaboration possible accompagne cette décision. Ainsi, les membres s'entraident pour réussir, certaines fois ils remboursent leurs prêts avant la date limite puisqu'ils prêtent en groupe. Une chose très positive c'est qu'aucun retard sur remboursement n'est enregistré. Ainsi, tel que l'on peut le constater au tableau VI, 49% des membres sont prêts à se porter garant pour un autre ce qui pourrait augmenter la quantité si le processus était respecté.

    Principe 1V: Assurer la viabilité financière des opérations

    en soi. C'est la seule façon d'accroître l'envergure et l'impact des opérations de manière
    à porter leur volume à un niveau supérieur à ce que peuvent offrir les bailleurs de fonds.

    L'Asfakop a comme intermédiaire financier Planet; cependant il n'offre pas de bon service puisqu'à date personne n'a accès au prêt. De plus, à en croire les responsables de Planet ont investi les fonds reçus pour les membres de l'Asfakop dans d'autres activités qui ont fait faillite. En témoigne la proportion de 27% des membres qui pensent qu'avec une bonne restructuration Planet serait viable. Cependant 73% des membres pensent qu'il faudrait changer d'institution financière.

    Principe V: Mise en place d'institutions financières locales permanentes

    Ce dernier principe à rapport au troisième principe, c'est-à-dire la mise en place d'intermédiaires financiers intérieurs solides en mesure de fournir en permanence des services financiers à ceux-ci. Ces institutions doivent pouvoir réinjecter l'épargne intérieure dans l'économie, accorder des crédits et fournir toute une gamme de services, dans la mesure où elles dépendent des financements des bailleurs de fonds et des pouvoirs publics11(*).

    Notre enquête révèle que les membres manifestent le désir d'obtenir de telles opportunités mais en réalité c'est cette problématique qui les a conduits vers la faillite. En effet, le tableau VI démontre que 22% des membres ont confiance dans une institution financière fiable; tel n'a pas été le cas pour Planet.

    3.4 ANALYSE COMPARATIVE ENTRE LES RESULTATS DE L'ENQUETE DE TERRAIN ET LES HYPOTHESES

    Première hypothèse: la Présence d'une structure appropriée est déterminante dans le système de gestion du microcrédit de l'Asfakop. On a comme variable indépendante pour cette hypothèse "présence d'une structure" et comme variable dépendante "gestion du microcrédit'.

    Deuxième hypothèse: Proposer une gestion adéquate qui permettrait la viabilité de ce système à Première l'Arbre, on a comme variable indépendante "gestion adéquate" et comme variable dépendante "viabilité du système".

    Les résultats de l'enquête menée à Première l'Arbre sur l'Asfakop ont révélé au tableau VI que les principaux problèmes confrontés par ce microcrédit découlent de l'absence d'une structure financière appropriée. Toutefois, il convient de signaler qu'au début de ces activités, Planet avait respecté le contrat, ce qui avait motivé les membres à épargner. Cependant, étant la seule institution financière présente dans la zone, la réduction du prêt d'année en année ne les démotivait pas. Cette situation a aboutit à la cessation de toutes transactions en 2008. Ainsi, les membres ont compris que le financement de leur microcrédit était risqué et pensaient déjà à de nouvelles stratégies d'intermédiation.

    En analysant le tableau XI, nous avons observé un taux de croissance négatif au niveau du crédit distribué aux membres de l'Asfakop. En effet, l'organigramme de Planet démontre qu'il y a eu un problème de gestion au niveau du service de recouvrement puisque certains individus non membres de l'Asfakop n'ont pas honoré leurs prêts à temps. De plus, pour une petite institution non seulement il y avait trop d'employés mais leurs salaires étaient trop élevés.

    CHAPITRE IV: RECOMMANDATIONS

    CONCLUSIONS BIIBLIOGRAPHIE ANNEXES

    4.1 RECOMMANDATIONS

    Nous recommandons à l'Asfakop de:

    1) Changer d'intermédiaire financier même lorsque nous n'ignorons pas le monopole de Planet à Première l'Arbre. Dans ce cas, nous leur proposons d'utiliser l'intermédiaire financier de l'une des communes avoisinantes soient: Gonaïves ou Gros-Morne.

    2) Recruter ou nominer un auditeur interne qui aura pour tâches d' (e):

    · S'assurer que le système de microcrédit n'a pas d'irrégularités

    · avoir pour tous les membres actifs ou inactifs un dossier à jour.

    · effectuer au moins une visite par semaine au bureau d'intermédiation choisi.

    3) Etablir et Maintenir une bonne relation avec les responsables étatiques, ce qui facilitera le développement du microcrédit et contribuera à l'amélioration de la situation socioéconomique de la population de cette commune.

    4) D'intégrer dans leur commission le notable de la zone, l'Etat, les donateurs, les ONGs, les universitaires et le secteur privé. La Commission fera des recommandations initiales et ensuite, deviendra un organisme de réglementation lui-même qui mettrait en oeuvre ses recommandations ou donner ce pouvoir à une autre institution appropriée.

    5) D'enregistrer l'Association au bureau de l'Etat concerné, s'il y en a, ce qui faciliterait toutes poursuites légales et judiciaires.

    6) D'organiser des séminaires pour montrer aux membres le fonctionnement du microcrédit en général. Ceci leur permettra de restructurer leur système et corriger les erreurs.

    7) Proposer à l'intermédiaire financier d'adopter un taux d'intérêt fixe pour toutes les localités.

    8) D'encourager les membres à investir davantage dans la saliculture39, un point de développement fort dans cette commune.

    9) Créer des partenariats avec les associations avoisinantes.

    10) D'encourager les membres analphabètes à s'alphabétiser, ceci permettrait à l'Association d'être plus rentable.

    11) D'épargner dans un système bancaire autre que leur intermédiaire financier et/ou d'avoir plusieurs comptes.

    Nous recommandons aux autorités publiques :

    1) Etablir un organisme indépendant du gouvernement qui gère le microcrédit, afin de créer un environnement favorable à celui-ci dans les milieux ruraux.

    2) Permettre aux donateurs de mener des "opérations bancaires " c'est-à-dire des activités qui comprennent l'octroi de prêts et la collecte de l'épargne des clients etc.

    3) D'introduire une législation spécifique au microcrédit car généralement les lois existantes, la réglementation bancaire, et d'autres règlements financiers ne sont ni applicables ni assez souples pour les microcrédits.

    Des efforts devraient être faits pour veiller à ce que cette loi soit adoptée avec le soutien de tous les concernés.

    39 Voir les photos y annexées

    4) Fournir les incitations pour que les banques nationales collaborent avec les microcrédits, ce qui faciliterait le développement de la commune / du pays.

    5) Créer et maintenir un climat qui permet au microcrédit de prospérer.

    6) Respectez les principes généraux suivants en ce qui a trait à la création d'un cadre réglementaire40 , c'est-à-dire:

    - Tenir les emprunteurs et le public en général informés de ce dont ils sont en charge, tels: les rapports annuels, taux de pourcentage d'intérêt etc.

    - Les exigences de capital doivent être réalistes et ne devraient contenir aucune
    exigence de prêts à garantir. Elles ne doivent pas dépasser un certain montant.

    - Consulter les acteurs clés y compris les représentants du gouvernement, les ONG, les donateurs et le secteur bancaire afin de recueillir la pleine participation et accroître la compréhension du système de crédit.

    - Identifier les succès de microcrédits existants tout en tenant compte des besoins particuliers des institutions de microfinance qui servent les populations les plus pauvres comme une priorité.

    - Adopter une approche commerciale à la résolution des problèmes sociaux. Par ailleurs voici les stratégies à éviter dans l'élaboration d'un cadre réglementaire:

    - Eviter de bureaucratiser le système.

    - Ne pas forcer les microcrédits à s'intégrer dans le système financier formel.

    - Ne pas forcer les institutions de microcrédits à devenir des banques ou des institutions financières rurales, car elles ne peuvent pas satisfaire aux exigences réglementaires, y compris liquidités et capitaux.

    40 Ce cadre réglementaire est définit entre autre par le contrat signé avec l'intermédiaire financier, le règlement intérieur de l'ASFAKOP et toutes autres règlements qui permettront à l'ASFAKOP de bien fonctionner.

    Aucune recommandation n'a été faite à Planet, puisqu'elle n'existe plus. Cependant, nous aimerions suggérer aux membres de l'Asfakop d'exiger de l'intermédiaire financier :

    - Un rapport mensuel des prêts octroyés et la date exacte du dernier remboursement avec la

    liste des autres membres en attente.

    - Tous les membres doivent savoir quand est ce qu'ils seront en mesure d'obtenir leurs prêts. - Le prêt de l'Asfakop ne doit pas être investi dans d'autres choses n'ayant aucun rapport avec l'Asfakop.

    - La soumission annuelle de leurs états financiers avec toutes les recommandations.

    CONCLUSION

    Depuis le Sommet de Washington, le microcrédit est devenu un outil de l'aide internationale. Certains voient en lui la solution aux échecs répétés de la coopération entre le Nord et le Sud. Comme l'a bien décrit M. MOTCHANE dans le Numéro spécial du Monde Diplomatique sur le microcrédit(7), le secteur privé, après l'ONU, est en train de récupérer le microcrédit pour en faire un nouvel outil qui devrait prouver leur intérêt à "éradiquer la pauvreté".

    Il est temps de dire clairement les choses. Le microcrédit existe depuis longtemps, et on n'a pas attendu le 21ème siècle pour l'inventer. Beaucoup d'échecs et de réussites jalonnent le chemin des projets financés par le microcrédit. Regardons le passé afin d'en tirer les leçons pour l'avenir. Le crédit est une des techniques de financement du développement. Il peut "tuer" l'initiative, comme on l'a dit précédemment s'il est accordé sans examiner soigneusement si le bénéficiaire peut rembourser ou si on l'entraîne dans le cercle vicieux de l'endettement ou de la faillite. De plus, il faut aussi poser la question de l'impact global de tous les efforts actuels face aux besoins.

    Nous croyons que le crédit, s'il est bien utilisé, est un outil efficace de développement à condition d'étudier avec soin les groupes cibles que l'on veut aider. La zone de Première l'Arbre promet beaucoup s'il y a une bonne gestion du microcrédit.

    Professionnalisme, connaissance du milieu, adaptation des moyens aux conditions locales, institution de bon intermédiaire financier pour répondre aux vrais besoins, ce sont là les exigences de la réussite du microcrédit dans cette zone.

    Le microcrédit est une arme contre la pauvreté, mais il est coûteux et doit être subventionné c'est pour cela qu'on ne saurait éliminer la présence d'intermédiaire financier. Les petits et moyens crédits doivent être développés davantage encore, car c'est eux seulement qui s'attaquent aux causes de la pauvreté en créant des emplois et en facilitant la croissance.

    Toutefois, si l'Etat Haïtien pourrait aussi s'arranger pour financer même en petite quantité cette initiative cela apporterait beaucoup d'apport au développement du pays, particulièrement dans les milieux urbains.

    Bibliographie

    · Le Financement de la Micro et petite Entreprise, Analyse des démarches et mesures d'impact, Girard L (1997)

    · JAIN P.S. (1996) managing credit for the rural poor: lessons from the Grameen Bank, World Development, vol.24, no.3, pp.79,89

    · La Micro-Finance en Afrique Centrale: Etat des lieux et perspectives de développement, Techniques Financières et Développement, no. 59-60, pp.26-33

    · Management des Systèmes d'Information, Marie Helene Delmond, Yves Petit Jean Michel Gautier, Dunod

    · Le Manager Idéal N'existe pas, Eric Delavallée, Pierre Morin. Editions d'Organisation.

    · Marketing mangement, 7e Edition, Nouveaux Horizons

    · Management of Organizational Behavior Seventh Edition, 1996

    · Le Paysan Haitien et sa famille, Remy Bastien, Kathala, 1985

    · The People's Rural Development Association (PRDA) du Sri Lanka, par Sunimal FERNANDO, in "Le processus de capitalisation des organismes de développement du secteur informel du Tiers-Monde", RAFAD, cahier No 3, mai 1995 et de SOUZA, Etude Bangladesh, FIDA Rome, 1997.

    · PRO EMPRESSA, Juntos creamos riqueza", plaquette-rapport général, 1999

    · "En Amérique Latine, les banques des pauvres montrent leurs limites", Nicole BONNET, in Journal Le Monde du mardi 16 novembre 1999, p.6

    · "Les petits projets de développement", Marie Christine GUENEAU, Harmattan

    · "Impact et durabilité des garanties bancaires", Fernand VINCENT, RAFAD Genève, 1998

    · Rapport d'activités 1998, Fondation RAFAD Genève et "Le risque dans l'attribution de garanties bancaires aux organisations de développement du secteur informel du Tiers-Monde", RAFAD, Cahier No 2, mai 1995

    · "Le regard intéressé de Wall Street", Jean Loup MOTCHANE, in Le Monde diplomatique, Paris, avril 1999. p.20-21

    · "Les chemins et les défis de la croissance pour les institutions de la microfinance en Amérique Latine", Robert PECK- CHRISTEN, C/GAP, Banque Mondiale, Washington, 1999

    · 30- REPUBLIQUE D'HAITI, Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté DSNCRP (2008-2010), POUR REUSSIR LE SAUT QUALITATIF, 2007, 167P.

    · 31- REPUBLIQUE D'HAITI, Ministère de la Planification et de la Coopération Externe, Politique Macroéconomique et Pauvreté en Haïti (1981-2003), Port-au-Prince, 2006, 151p.

    · 32- REPUBLIQUE D'HAITI, Ministère de l'Economie et des Finances, Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique, Enquête sur les conditions de vie en Haïti (ECVH), Port-au-Prince, vol II, 2001, 408p.

    · 33- REPUBLIQUE D'HAITI, Une fenêtre d'opportunité pour Haïti, Stratégie Intérimaire pour la réduction de la Pauvreté (DSRP-I), 2006, 57p.

    · 34- SACHS, Jeffrey D, (sous la direction), Investir dans le développement, plan pratique pour réaliser les objectifs du millénaire pour le développement, New York, millenium Project, 2005, 99p.

    · 35- SAM, Daley-Harrs, (sous la dir.), Etat de la campagne du sommet du microcrédit, Rapport 2006, 165p.

    · 36- WORLDBANK, Finance for all? Policies and Pitfalls in expending Access, Washington DC, a World Bank policy research report, Nov. 2007, 246p.

    · 37- YVES, Clément Jumelle, Identification de mesures et mécanismes à privilégier pour la promotion des micro, petites et moyennes entreprises, Ministère de la Planification et de la Coopération Externe, Port-au-Prince, 2000, 56p.

    Sites consultés

    1- http://www.cgap.org

    2- http://www.lenouvelliste.com

    3- http://www.lamicrofinace.org

    4- http://www.microfinancegateway.com

    5- http://www.microfinance.lu

    6- http://www.reseau.impact.org

    7- http://www.uncdf.org

    8- http://www.oikocredit.org

    9- http://www.globalmicrocreditsmmit.org

    10- http://www.animhaiti.org

    11- http://www.haiti.info.com

    12- http://fr.allafrica.com

    13- http:/// www.gret.org

    14- http://europa.eu

    15- http://www.web.wordbank.org

    16- http://www.insee.fr

    17- http://www.pme.gouv.fr

    18- http://www.mpce.gouv.ht

    19- http://www.pme.service.public.fr

    20- http://www.knfp.org

    Annexe I

    QUESTION RELATIF A L'ENQUETE SUR
    LE MICROCREDIT A PLAINE DE L'ARBRE

    1-Ou se Klian ASFAKOP depi ki lè?

    6 mwa 1 ane plis que yon ane

    Gason Fanm Laj ou

    3-Stati:

    Marye (e) Vèf (ve) Divòse (e)

    4-Nivo klas:

    Pa kon li ak ekri Segondè Primè

    5-Kantite moun ou gen sou responsabilite'w:

    Ti moun pa ou Lòt moun

    6-Ki lès ki mèt kay la : Ou mem

     
     
     
     

    Mouche'w Yon lòt moun

     
     

    Ou gen limye Wi Non

    Ou gen dlo bò lakay ou Wi Non
    7-Ki sa ou te kon fè avan ou te jwen prè sa a:

    Anyin Agrikilti Lòt bagay

    8-Ki jan kay ou a fèt: An pay

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    An tòl

     

    An beton

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    9-Kombyen kòb yo prete'w: goud

    10-Sa ou fè ak kòb la lè ou pran li:

    agrikilti

    Lòt bagay

    Komès

    - Si ou di lòt bagay, ki sa tankou peye lekòl ti moun yo:

    Wi Non

    - -Peye lopital :

    Wi Non

    Kay an kay Nan mache La kay ou

    12-Ki jan ou achte :
    Lè ou fin van

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    chak semin

     

    chak 15 jou

     
     
     
     
     
     
     
     
     

    13-Eske gin difikilte pou peye prè a?

    Wi Non

    14-Eske ou fè benefis?

    Wi Non

    Si wi konbyen li ye konsa

    15-Eske ou santi ke kòb sa a fè yon bagay pou kay la ?

    Wi Non
    16-Eske benefis kòb sa a pèmèt ke ou ede tèt ou pou kont ou ?

    Wi Non

    17-Eske kounye a ou mim tou ou kapab prete yon lòt moun kob ?

    Wi Non

    Annexe II

    LISTE DES INSTITUTIONS DE MICROCREDIT

    1. Action Contre La Misère (ACLAM) - World Concern Haiti

    2. Association pour la Coopération avec la Micro Entreprise (ACME)

    3. Banque Populaire Haïtienne (BPH)

    4. Banque de l'Union Haïtienne (BUH) - Kredi popilè

    5. Coordination des Organismes de Développement de l'Eglise Méthodiste d'Haïti (CODEMH)

    6. Catholic Relief Services (CRS)

    7. Foundation for International Community Assistance (FINCA)

    8. Fonds Haïtien d'Aide à la Femme (FHAF)

    9. FONDESPOIR

    10. Groupe d'Appui pour l'Intégration de la Femme du Secteur Informel (GRAIFSI)

    11. Groupe Technologie Intermédiaire d'Haïti (GTIH)

    12. Initiative Développement (ID)

    13. Micro Crédit Capital (MCC)

    14. Micro Crédit National (MCN)

    15. Sèvis Finansye Fonkoze (SFF)

    16. Société Générale Haïtienne de Solidarité (SOGESOL)

    17. World Relief - Finansman pou Ede Moun Avanse (WR- FEMA)

    18. Kolektif Finansman Popilè / KOFIP

    19. Federation des Organisations du Bas Nord-Ouest / FOBNO

    Annexe III

    LISTE DES TALBEAUX

    Tableau I Répartition des présidents selon leurs localités

    Tableau II Plan d'échantillonnage

    Tableau III Répartition des membres selon leurs localités

    Tableau IV Présentation du taux d'intérêt des membres par zone

    Tableau V Tableau résumant les activités de crédit de l'Asfakop

    Tableau VI Fréquence et pourcentage des réponses à chacune des cinq principes étudiés Tableau VII Répartition des membres de l'Asfakop du montant de leurs crédits selon la localité (année 2004)

    Tableau VIII Répartition des membres de l'Asfakop du montant de leurs crédits selon la localité (année 2005)

    Tableau IX Répartition des membres de l'Asfakop du montant de leurs crédits selon la localité (année 2006)

    Tableau X Répartition des membres de l'Asfakop du montant de leurs crédits selon la

    localité (année 2007)

    Tableau XI Répartition des membres de l'Asfakop du montant de leurs crédits selon la localité (année 2004-2007)

    Mohamad Yunus, Fondateur de la Grameen Bank

    Un membre de l'Asfakop faisant de la saliculture






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"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery