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Analyse de l'optimalité de la zone monétaire uemoa dans un contexte d'intégration

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par Sèwanoudé Honoré HOUNGBEDJI
Université de Parakou - Maitrise en Sciences Economiques 2007
  

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Paragraphe 2 : Méthodologie

A) Données et sources

La recherche documentaire a permis de recueillir les données secondaires sur :

· les échanges commerciaux intra - UEMOA ; d'une part et ses échanges avec le reste du monde ;

· l'intégration financière dans l'UEMOA (mouvements transfrontaliers des capitaux) ;

· les séries chronologiques des agrégats macroéconomiques notamment les critères de convergence, le taux de croissance réel du PIB par tête et le taux d'épargne des pays de l'espace UEMOA.

Ces données proviennent des publications de Note d'Information Statistique de la BCEAO, du TOFE et des rapports semestriels d'exécution de la surveillance multilatérale (commission de l'UEMOA).

Il est très vraisemblable que ces statistiques sous évaluent la taille des échanges internes car beaucoup de transactions transfrontalières ne sont pas enregistrées par les services officiels spécialisés. En revanche, ces données peuvent être utilisées comme base pour l'évaluation des échanges intra-zone et aussi celle de la mesure de la convergence des économies. De même, cette analyse ne couvre pas la Guinée-Bissau à cause de la non disponibilité des données continues sur la période d'étude retenue.

B) Indicateurs de mesures des échanges intra UEMOA

Pour atteindre le premier objectif de cette recherche, il est procédé à l'analyse des indicateurs liés aux échanges intra - UEMOA. Ces indicateurs concernent les

échanges commerciaux et l'intégration financière. Ils sont de la période allant de 1996 à 2005.

1- Mesures des échanges commerciaux intra UEMOA

Il s'agit de calculer et d'analyser pour l'UEMOA et par année les éléments suivants :

taux de croissance des importations et exportations intra - UEMOA ; balance commerciale intra - zone ;

taux de couverture du commerce intra UEMOA ;

propension régionale à importer ;

le commerce intra UEMOA ou coefficient d'intégration ;

degré d'ouverture des économies par pays dans le commerce intrazone ;

propensions bilatérales à importer par pays.

Le taux de croissance des exportations (ou importations) est le pourcentage de la différence des exportations (ou importations) de l'année en cours et de l'année précédente sur les exportations (ou importations) de l'année précédente.

La balance commerciale est déterminée par la différence entre les exportations et les importations intra UEMOA.

Le taux de couverture est le rapport en pourcentage des valeurs réelles des exportations par les valeurs réelles des importations.

Le degré d'ouverture des économies est estimé par le pourcentage de la somme des exportations et des importations intra zone sur le PIB.

Le degré du commerce intra UEMOA ou coefficient d'intégration est le rapport de la somme des exportations et d'importations régionales sur la somme des exportations et d'importations mondiales de l'UEMOA.

La propension bilatérale à importer pour un pays est le rapport des importations des autres Etats membres (en provenance du pays considéré) à leur PIB.

La propension régionale à importer est une moyenne de ces huit propensions bilatérales à importer pondérées par les PIB des partenaires.

2- Mesures des échanges financiers : intégration financière

En ce qui concerne l'analyse de l'intégration financière, l'on se penchera sur le marché financier de l'UEMOA. Pour ce faire, il est question de mesurer le degré de l'intégration financière à travers deux aspects :

+ la portée géographique : il s'agit de calculer d'une part, l'évolution

des Afflux Nets de Capitaux (ANC) dans l'UEMOA et d'autre part , le ratio IDE vers UEMOA/IDE mondial, afin d'appréhender l'importance des liens régionaux ( UEMOA) par rapport aux liens mondiaux.

Nous attendons par ANC, la différence de la somme des IDE (investissement direct étranger) et les investissements de portefeuille (IP) entrant et des IDE et IP sortant au sein de cet espace.

+ les catégories d'actifs : les liens transfrontaliers entre les

systèmes bancaires, les marchés d'action et d'obligation. Ceci nous permettra de mettre en évidence le type de financement propre aux économies de l'UEMOA (bancaire et boursier). De même dans le but de saisir le dynamisme du processus d'intégration financière, il sera question d'apprécier l'évolution de la capitalisation boursière du marché financier (BRVM) et les indices BRVM 10 et composite (qui mesurent la santé financière de la bourse) instrument d'intégration financière. Ces aspects élucideront le rythme d'intégration financière dans l'UEMOA.

L'analyse de tous ces aspects ainsi décrits, permettra de vérifier la première hypothèse. Cette première hypothèse serait validée dès lors que les indicateurs liés aux échanges intra UEMOA seront inférieurs à 50%.

C) Test économétrique de convergence

1 - Discussion sur le choix de l'instrument de mesure de la

convergence des économies

L'analyse des hypothèses fondant l'optimalité d'une ZM selon MUDELL paraît incompatible à ceux des nouvelles théories de croissance en qui se mire le test statistique de la a-convergence et le modèle de la ß-convergence.

En effet l'approche mundellienne d'une ZMO repose sur la mobilité des facteurs de production notamment la main d'oeuvre et une flexibilité des prix et salaires.

Par contre selon la vulgate de SLOW, le progrès technique est fixe et exogène dans la formation du PIB au sein d'une économie. A la lumière de l'expérience de l'UE, ce modèle a été remis en cause du fait de son caractère statique et de l'exogenieté du progrès technique. La relecture des sources de croissance a révélé une endogeneité du progrès technique3. Cette critique portée à ce paradigme a donné naissance à la nouvelle théorie de croissance. De celle-ci s'inspirent le test de la a-convergence et le modèle de ß-convergence. S'il est vrai qu'il existe une controverse dans la portée du test de la a-convergence et le modèle de ß-convergence afin de juger de la convergence ou non des économies du fait des conditions préalables d'une convergence réussie (caractéristique structurelle identique quoi que évidemment est quasi impossible), on note en eux un effort de formulation du concept de convergence via les outils économétriques. Toutefois reconnaissant que cette formulation du test de la a-convergence et le modèle de la ß-convergence constitue une théorie parcellaire, elle pourrait néanmoins permettre d'appréhender l'état de convergence des économies. Ainsi donc, au lieu de considérer ces deux approches4 comme étant deux théories incompatibles de part les hypothèses qui les y régissent, l'on pourrait valablement les appréhender en terme de complémentarité dans une dynamique d'explication des nouveaux faits économiques contemporains ; qui est la problématique de l'optimalité des espaces économiques et monétaires.

Ceci étant, pour atteindre le second objectif de cette recherche, l'approche de la convergence des économies recommandé par Barro et Sala i-Martin (1990) serait utilisé à cette fin. Il s'agit de :

~ la a-convergence ;

~ la ß-convergence.

2- La ó-convergence

Ce concept permet de mesurer le degré de rapprochement dans le temps entre plusieurs économies au regard d'un ou plusieurs indicateurs (critères de convergence ou le revenu réel pat tête). Son analyse repose sur l'étude de

3 La nouvelle théorie de croissance d'inspiration néoclassique

4 Approche mundellienne d'une ZMO et l'approche des NTC en qui se mire la â et la ó-convergence

Analyse de l'optimalité de la zone monétaire UEMOA dans un contexte d'intégration l'évolution de la dispersion des séries considérées. Il y aura présomption de la présence d'un mécanisme de convergence dès lors qu'on observe une tendance à la

diminution de la dispersion des valeurs prises par les variables au sein du groupe de pays sur la période considérée. L'indicateur de dispersion peut être la variance ou l'écart type des séries.

Soit Xit la valeur de la variable X pour le pays i à la date t ; (avec i=1 N et

t=1 p) ici X représente les critères de convergence (R1 R8)

1 n 1 n

Var Xit = ?( Xit - u)2 avec u = ? Xit

n i =1 n i =1

Avec ó = vVar Xit

L'analyse graphique (écart type,) sur la période, permet d'apprécier le processus de convergence de l'économie par rapport à la variable X. Une tendance à la diminution de l'indicateur de l'écart type indiquerait la présence d'un "bon" processus de convergence. Dans le cas contraire, les indicateurs divergent.

3- La ß-convergence

L'idée sous-jacente de ce concept s'inspire de la vulgate des théories de la croissance néoclassique selon laquelle les pays pauvres rattraperont les nations opulentes s'ils réalisent un taux de croissance supérieur. En d'autres termes, dans ce modèle ; le processus de convergence est enclenché lorsqu'un pays pauvre croit plus vite qu'un pays riche et tend à rejoindre à long terme le niveau de revenu par tête du pays riche (effet rattrapage).

En effet, on fait la régression du taux de croissance annuel du PIB par tête du pays i (TCit) sur le niveau initial de ce PIB en valeur (yio) tout en contrôlant les différences en termes d'état stationnaire ; c'est à dire les différences dans les technologies, les taux d'épargne, les taux de croissance de la population, les dépenses publiques sur PIB, la coordination des politiques économiques à l'échelle régionale. Toutes ces variables structurelles explicatives sont contenues dans le vecteur Zit.

En d'autres termes, Zit est un vecteur de variables explicatives de nature économique ou non permettant de contrôler les états permanents des économies.

Compte tenu de la difficulté de quantifier les variables structurelles, le taux d'épargne serait la seule variable explicative prise par Zit.

L'équation ci-après peut-être estimée en utilisant les données de panel (pour les pays de l'UEMOA de 1991 à 2005).

TCit = a - ßlog (Yio) +ãZit + åit (1)

Après l'estimation de l'équation (1), il est possible de calculer la vitesse de convergence conformément au modèle de convergence néoclassique.

Le coefficient ß s'écrit : ß = -[1- expo (- ë x n)] / n (2)

ß mesure le degré de convergence, de divergence ou de permanence des écarts des économies par rapport à leur état stationnaire ; avec ë = vitesse de convergence vers l'état l'équilibre ou taux de convergence. La transformation de (2) donne :

ë = -[Log (1+ ßn)] /n ; avec n = période séparant l'année initiale (t - n) de l'année finale t

De même, ce coefficient ß permet de mesurer la durée (d) nécessaire pour que l'économie comble la moitié de cet écart (sa demi-vie).

d = (Log 2) / ë

L'équation 1 conduira à une ß-convergence si le coefficient ß est négatif et statistiquement différent de zéro. Cette ß convergence est dite conditionnelle si le paramètre ã est différent de zéro (c'est-à-dire, les Zit sont différentes d'un pays à l'autre). Il y a convergence conditionnelle lorsque le revenu par tête des pays dont les caractéristiques structurelles sont identiques, convergent vers un niveau identique à long terme (état stationnaire) indépendant de leur niveau initiale. Parcontre, la ß-convergence est dite absolue lorsque ã = 0 (les Zit sont identiques). On parle de la convergence absolue lorsque le revenu réel par tête converge vers un niveau identique à long terme quelles soient les conditions initiales.

Les études empiriques ont montré que les disparités dans les structures économiques sont très déterminantes dans l'évolution des économies et du processus de convergence à long terme. De même l'équilibre économique de long terme est fonction des caractéristiques structurelles des pays (niveau de technologie, croissance démographique...). La convergence absolue requiert au préalable la convergence des caractéristiques structurelles. A la lumière de ces facteurs, la

convergence conditionnelle est acceptée par l'UEMOA et résiste au test de régression économétrique par rapport à la convergence absolue.

Le logiciel d'économétrie Eviews 4.1 est utilisé pour l'obtention de l'estimation de ce modèle. Ces deux outils de la mesure de la convergence des économies (ó et ß convergence) permettront de vérifier la seconde hypothèse. En effet hypothèse 2 est validée lorsque, d'une part l'ensemble des indicateurs macroéconomique ne converge pas (pour le cas de la ó-convergence) et d'autre part lorsque l'estimation économétrique révèlera la faiblesse du taux de convergence des économies de l'UEMOA via un coefficient un ß négatif.

En somme, ce chapitre a retracé le cadre théorique et méthodologique suivant lequel le travail d'analyse sera effectué. Il est nécessaire d'apprécier l'optimalité de la zone UEMOA à travers les échanges intra UEMOA.

APPROCHE DE L'OPTIMALITE
DE LA ZONE UEMOA A
TRAVERS LES ECHANGES
INTRA UEMOA UEMOA

DEUXIEME CHAPITRE

Ce présent chapitre vise à apprécier le degré des échanges intra UEMOA à travers deux aspects. La première section s'occupe d'analyser les échanges commerciaux tandis que les échanges financiers (intégration financière) sont analysés dans la seconde section.

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