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Dynamique des systemes de production du village de Gombeledougou dans la zone cotonnière de Hounde: évaluation et modélisation technico-économique

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par Alexis TAPSOBA
Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso - Ingénieur de Conception en Vulgarisation Agricole 2010
  

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3.1.8. Animaux d'élevage

Au dos des concessions, on peut voir des boeufs de traits. Quant aux chèvres, c'est la vaine pâture dans les champs ou à proximité des habitations. Aux alentours et à l'intérieur des concessions on peut voir de la volaille (composée de poules et de pintades). Dans le quartier bwaba et même aux environs des autres quartiers divaguent des porcs en saison sèche. Quant

aux troupeaux de boeufs, ils se rencontrent le plus souvent dans les jachères et surtout à l'intérieur de la forêt classée de la Mou.

Photo 5 : Boeufs de trait Photo 6 : Porcs dans une

Photo 4 : Bovins de parcours sous une étable flaque d'eau

Figure 4: transect montrant les types de sols et l'occupation de l'espace du village de Gombèlèdougou

Résultats et Discussions

3.2. Evolution historique du système agraire

L'analyse du système agraire se base sur cinq (5) périodes ayant marqué l'évolution socioéconomique et politique du Burkina Faso :

> Ère de l'indépendance (1960-1970) ;

> La période du développement de la culture cotonnière (1970-1983) ;

> La vague migratoire (1983-1992) ;

> Un respect du zonage agricole (1992-2002) ; > Vers une saturation du terroir (2002 - 2009).

La typologie des systèmes de production sera établie sur les périodes ci-dessus annoncées.

3.2.1. Facteurs de production

3.2.1.1. Gestion du Foncier de 1960 à 2009

En 1960 : l'ensemble des surfaces cultivées (y compris les jachères) ne dépassait probablement pas 500 ha. Rapporté à la surface du terroir (environ 10 000 ha), cela illustre la disponibilité en terres à cette période. L'acquisition de nouvelles parcelles nécessite juste un travail de défrichage et l'accord des autorités coutumières concernées. Ce facteur n'est donc pas limitant pour les exploitations. Les champs villageois sont alors regroupés au Sud du village. Cela va se traduire par l'acquisition par chaque famille/lignage de parcelles en plusieurs endroits de cet espace à vocation agricole. Il en résulte une 'mosaïque' de parcelles dans cette zone, dont les exploitants (ou à défaut les autorités coutumières) reconnaissent les 'propriétaires' (ou utilisateurs), même lorsque la mise en jachère date de plusieurs décennies. De ce fait, plus la famille est nombreuse, plus son domaine foncier va s'étendre en surface. Les sols sont relativement homogènes dans la zone à vocation agricole considérée, puisque les champs sont regroupés. Aucun témoignage ni donnée ne nous permet de poser l'hypothèse d'une acquisition des terres les plus favorables par les personnalités les plus influentes.

De 1970 à 1983 : l'ensemble des surfaces utilisées pour l'agriculture ne dépassait pas 600 ha vers 1970, et sont regroupés au Sud et vers l'Est. La terre était donc encore largement disponible à cette période. Ce facteur n'est donc toujours pas limitant pour les exploitations. Au début des années 1980, environ 500 ha sont cultivés par 60 à 80 exploitations. En comptabilisant les jachères, on atteint de l'ordre de 2000 ha occupés. La disponibilité en terre est encore énorme et non problématique comparée à la situation qui prévaut dans les parties septentrionales où les migrants se sont installés dès la première sécheresse de 1973-1975.

L'augmentation possible des surfaces cultivées grâce à la traction animale et les velléités d'accroissement des surfaces liées à la culture du coton établissent de profondes différences entre les familles. Certaines d'entre elles exploitent ainsi désormais jusqu'à une vingtaine d'hectares. C'est une période où certaines 'propriétés' lignagères prennent beaucoup d'ampleur tandis que d'autres lignages poursuivent leurs activités sur leur anciennes 'possessions'...

De 1983 à 1992 : comme dans la plupart des villages de l'ouest du pays, le boom démographique, le développement de la culture du coton et la généralisation de la pratique de la culture attelée contribuent à une nouvelle perception de l'espace, désormais considéré comme fini.

Il importe donc à chacun d'acquérir une part, la plus conséquente possible de terres, pour satisfaire les besoins actuels en rapport avec les moyens de production. De plus, il s'agit à plus long terme de sécuriser le patrimoine foncier familial pour permettre l'accès à des terres suffisamment vastes aux enfants et aux descendants. C'est dans ce contexte que de nouvelles terres sont mises en culture, à la périphérie de la zone agricole traditionnelle où sont principalement installées des migrants sans doute en raisons des risques encourus : crues dévastatrices mais surtout ravageurs et bêtes sauvages, divagation de bétail...

D'autres zones plus lointaines sont mises en culture : vers le point d'eau de Bouékan, particulièrement attractif pour les agro-éleveurs, vers la forêt de la Kapo, le long des pistes menant à Sébédougou, Pê, Intiédougou ou Nahirindio... A noter que ces zones boisées sont au départ considérées comme des terres marginales pour l'agriculture par les autochtones, qui considèrent qu'elles recèlent trop de dangers. Mais après les premières défriches effectuées par des migrants, les autochtones investirent la zone afin d'accroître leur patrimoine foncier à cause des multiples avantages sont désormais liés à la 'propriété' coutumière foncière.

En tout état de cause, la situation évolue très rapidement : si jusqu'au début des années 1980 de vastes superficies sont mises à disposition des nouveaux arrivants, il n'en est plus le même une dizaine d'années plus tard ! Ainsi le foncier devient un facteur important conditionnant les possibilités d'évolution des systèmes de production.

De 1992 à 2002 : le projet test du zonage a été une réelle opportunité de contrôle de la ressource foncière mais également de son état de socle agricole. En effet le respect du zonage et l'application en temps réel des techniques de gestion de la fertilité des sols sous supervision du projet PDRI et de l'INERA devaient assurer une utilisation durable de la ressource. L'espace étant devenu fixe, seuls les efforts de gestion de la fertilité étaient les seuls issus pour des rendements satisfaisants. Les familles comptant les plus d'actifs au moment du zonage étaient les privilégiés mais tout actif, autochtone comme migrant, a un accès équitable

à la ressource à la seule différence que le migrant doit s'acquitter des frais annuels auprès de son tuteur.

Vers KOUMBIA

Vers SEBEDOUGOU

ZONE DE MSE EN DEFENS

ZONE AGRICOLE

Vers

ZON

PASTORALE

Vers INTIEDOUGOU

Figure 5 : carte d'occupation du terroir en 1994

De 2002 à 2009 : c'est une nouvelle relance de la course aux hectares car beaucoup n'ayant pas suivi rigoureusement les techniques de gestion de la fertilité lors du zonage pour des raisons diverses (difficultés d'accès au matériel et aux mesures d'accompagnement,...) rencontrent des problèmes de bonne terre. Aussi les chefs coutumiers et de lignage font valoir leurs droits au détriment de la collectivité. De plus, l'occupation d'une portion de la partie nord autrefois non exploitée par consensus réveille le conflit entre les trois villages. On apprend que plus de 200 ha ont été distribué clandestinement par le chef de brousse pour selon lui limiter l'avancée des producteurs des autres villages. Enfin en 2008, il y'a instauration d'une rente foncière de 5000 f CFA par an et par champ qui, selon les responsables administratifs du village, est sensé remplacer les obligations foncières et renforcer la trésorerie du CVD. Mais force est de constater que ces liens existent toujours avec quelques évolutions.

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"Un démenti, si pauvre qu'il soit, rassure les sots et déroute les incrédules"   Talleyrand