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Evaluation des conditions de mise en oeuvre des normes issues des directives CEE/ ONU dans la production des noix brutes de Cajou à Kouandé, Atacora, Bénin

( Télécharger le fichier original )
par Boris HOUENOU
Université d'Abomey- Calavi faculté des sciences agronomiques - Diplôme d'ingénieur agronome, option économie-socio-anthropologie et communication pour le développement rural 2008
  

Disponible en mode multipage

UNIVERSITE D'ABOMEY-CALAVI (BENIN)
(UAC)

FACULTE DES SCIENCES AGRONOMIQUES
(FSA)

ARTEMENT D'ECONOMIE, DE SOCIO ANTHROPOLOGIE E E COMMUNICATION POUR LE DEVELOPPEMENT RURAL

(DESAC)

EVALUATION DES CONDITIONS DE MISE EN OEUVRE DES
NORMES DE PRODUCTION ISSUES DES DIRECTIVES
CEE/ONU DANS LA PRODUCTION DES NOIX BRUTES
D'ANACARDE A KOUANDE, ATACORA, BENIN

POUR L'OBTENTION DU

ECONOMIE, SOCIO-

OPTION:

ANTHROPOLOGIE ET COMMUNICATION

POUR LE DEVELOPPEMENT RURAL

PRESENTEE ET SOUTENUE

PUBLIQUEMENT PAR:

Boris HOUENOU

Le 18 Décembre 2008
SUPERVISEUR
:

Dr. Ir. Houinsou DEDEHOUANOU Composition du Jury

Président: Prof .Dr. Ir. Gauthier BIAOU Rapporteur : Dr .Ir Houinsou DEDEHOUANOU Examinateur : Dr. Ir. Victorin HOUNDEKON Examinateur: Dr. Ir Roch L. MONGBO

UNIVERSITY OF ABOMEY -CALAVI (BENIN)

FACULTY OF AGRONOMY SCIENCES

(FSA)

PARTEMENT OF ECONOMY, SOCIO-ANTHROPOLOGY A
COMMUNICATION FOR THE RURAL DEVELOPMENT

DESAC

ASSESSMENT OF IMPLEMENTATION CONDITIONS OF
PRODUCTION STANDARDS RESULTING FROM EEC/UN
DIRECTIONS IN THE PRODUCTION OF CASHEW NUTS IN
KOUANDE, ATACORA, BENIN

SUBMITTED TO THE REQUIREMENT OF

OPTION:

ECONOMY, SOCIO-ANTHROPOLOGY AND
COMMUNICATION FOR RURAL DEVELOPMENT

PRESENTED AND DEFENDED BY:

Boris HOUENOU

December, 18th, 2008
SUPERVISOR
:

Dr. Ir. Houinsou DEDEHOUANOU

Jury Composition

Chairman: Prof .Dr. Ir. Gauthier BIAOU Reporter: Dr .Ir Houinsou DEDEHOUANOU Examinator : Dr. Ir. Victorin HOUNDEKON Examinator: Dr. Ir Roch L. MONGBO

Autoris ation de reprographie

Je soussigné, Prof. Gauthier BIAOU, autorise l'étudiant Boris HOUENOU à déposer la version finale de sa thèse pour la reprographie.

Fait à Abomey-calavi, le 18 Février 2009

Le président du jury

Prof. Gauthier BIAOU

Certification

Je certifie que ce travail a été réalisé par Boris HOUENOU du Département d'Economie, de Socio-Anthropologie et de Communication pour le développement rural (DESAC) à la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA) de l'Université d'Abomey -Calavi (UAC) sous ma supervision.

Le Superviseur,

Dr. ir. Houinsou DEDEHOUANOU Enseignant chercheur au DESAC /FSA/UAC.

Dédicace

Cette oeuvre est dédiée à:

ci A ma mère, mon père, mes soeurs et frères et à toute ma famille;

ci Aux braves producteurs agricoles du Bénin, socle infaillible du Bénin en construction;

ci A la jeunesse du Bénin, instamment invitée à la constance et à la persévérance dans l'effort;

ci Au feu BOGNAHO Abel dont la disparition est une plaie sur la promotion; au feu SERO Lafia, producteur d'anacardier, disparu après la première phase de cette étude.

ci A Dieu l'ubique!

Remerciements

Cette oeuvre est d'interventions plurielles et variées. Elle a bénéficié de contributions multiformes venant de nombre de personnes et structures. Cette partie, certes courte, voudrait remercier ces personnes. Que toutes y reconnaissent ma gratitude à leur endroit. Néanmoins, qu'il plaise aux lecteurs que ces contributions soient mentionnées à titre exceptionnel pour l'énormité de leur rôle. Je voudrais ainsi donc remercier:

q Le Dr. ir. Houinsou DEDEHOUANOU pour son sens unique d'encadrement et d'accompagnement. Que ses contributions intellectuelles, matérielles et financières, morales, soient ici reconnues;

q Tout le corps enseignant et le personnel administratif de la FSA qui m'ont, plus de cinq (5) ans durant, formé et assisté ;

q Le Centre Béninois de la Recherche Scientifique et Technique (CBRST) pour la subvention financière qu'il m'a accordée dans le cadre de la présente étude ;

q La population de Kouandé notamment les producteurs des noix brutes de cajou grâce à qui cette oeuvre à été réalisée;

q Le Maire de Kouandé et le Conseil Communal; ainsi que le RCPA et le Président de l'URPA-Atacora-Donga ;

q Mademoiselle KIKPA Christine pour son sacrifice dans le cadre de cette étude;

q Messieurs HOUGNI Déo-Gratias, YABI Raoul, NAIMI Baba, TOSSOUNON Souradjou pour leur sens partagé de fraternité;

q Ir MAZU Sauliou pour son soutien;

q Madame KOUKOUI DEHOUMON Irène pour son assistance innommable et bien filiale; q Dr AIVO Joël pour son soutien constant et très fraternel ;

q Dr YABI Ibourahim, qui spontanément m'a offert son assistance intellectuelle et documentaire;

q Mr DOSSOUHOUI François, qui m'a apporté des soutiens intellectuels et documentaires; q Ir AMOUSSOU Julien pour sa fraternité sans pareil;

q Le couple IMOROU Inoussa et Lékyatou qui m'ont soutenu de diverses manières; q Madame BONI BIAO Adama, pour m'avoir pris en sympathique relation filiale ;

q IMOROU Boubacar pour la complétude de son amitié;

q Les amis SOSSOU Hortense, HOUETO Serge, ASSOGBA Arcade, Estelle AHOGBEHOSSOU, SINATOKO Sylvestre et Alvine, GBETCHEDE Juvénal, ATTOLOU Lucrèce, HOUNDJINOU Ebénézer, pour leur amitié ;

q Tous les camarades de la trente-deuxième promotion de la FSA, avec qui j'ai partagé cinq ans de cohabitation harmonieuse et très amicalement enlevée;

q A tous ceux qui, de multiples façons, ont permis à cette étude de prospérer.

Résumé

Les noix brutes de cajou représentent le deuxième produit d'exportation du Bénin derrière le coton. Elle est exportée en 2004 pour plus de 50.000 tonnes. L'évolution spectaculaire des données en un quinquennat est très évocatrice de l'importance que prend cette culture dans les exportations et globalement dans l'économie du Bénin. Le Bénin a connu au cours du quinquennat 1997- 2001 un taux de croissance annuelle des exportations de noix de 33% en valeur et 40% en volume (Trade Map CCI Genève, 2001). Cette importance a impulsé une dynamisation, accélérée par la morosité économique que connaît le secteur phare du coton, et une intervention plurielle. Mais aussi, cette importance a conduit à une régulation du commerce international par la mise en place de normes de qualité, face auxquelles les noix du Bénin, malgré leur potentiel inhérent à leur label, doivent se conformer.

La présente étude intitulée : « Evaluation des conditions de mise en oeuvre des normes de prod uction issues des recommandations CEE/ONU dans la production des noix brutes d'anacarde à Kouandé, Atacora, Bénin» se propose de contribuer à une meilleure efficacité des interventions dans l'optique d'une production de l'anacarde plus rentable et répondant aux exigences en normes de qualité du commerce international.

Pour conduire ce travail, nous avons enquêté 60 producteurs, de 10 villages et de près de 15 CVPA, échantillonnés après un recensement systématique des planteurs membres des organisations de producteurs. Après une classification des producteurs et une analyse sommaire de la rentabilité financière des systèmes de production, nous avons utilisé l'analyse prospective mise au point par l'ICRA.

Le système de production des noix brutes de cajou est caractérisé par des facteurs de production que sont : la terre dont la superficie par exploitant est supérieure à 2ha (pour 68% des producteurs); la main-d'oeuvre est essentiellement familiale (taille moyenne des ménages est de 7,2) et accessoirement salariée pour les activités pénibles et la récolte alors que le financement est quasi-inexistant. Par ailleurs, l'anacardier se retrouve en association avec d'autres cultures et se place dans le processus de rotation : 92% des planteurs ont au moins une fois produit des cultures vivrières ou d'autres cultures avant l'installation de plantations d'anacardiers. Le rendement moyen au niveau de la zone d'étude sur quinze années d'exploitation est de 307,85kg/ha. Les données de la FAO donnent en moyenne 225.17 kg/ha sur la même période sur le plan national. Le test t de Student (t=3,583; p=0,001) indique que la différence est significative et confirme que la commune de Kouandé a un avantage par rapport aux autres zones de production

Le système est aussi marqué par un non respect des normes de production, notamment celles crucialement corrélées avec la qualité des noix récoltées, par la majeure partie des producteurs. 83% des producteurs recourent à des semences de qualité douteuse. Quant à l'écartement, la densité passe de quelques pieds d'anacardiers dans un champ à une densité de plus de 200 pieds à l'hectare. 90% des planteurs ne réalisent pas d'éclaircie. Les producteurs de Kouandé dans leur majorité déclarent ramasser les noix à leur chute. 3,33% des producteurs seulement récoltent précocement les noix sur arbre; 58% mélangent les noix; 65% conservent leurs noix dans les sacs de jute. Cette culture joue un rôle socioéconomique dans la zone d'étude.

L'anacardier joue un rôle primordial dans l'économie des ménages enquêtés. Il est la première source de revenus agricoles des producteurs et contribue aux dépenses d'écolage, de santé, de renouvellement du cheptel mort et vivant, au panier de la ménagère, aux cérémonies diverses et aux travaux champêtres. En plus, cette culture est une source évidente d'emplois dans la zone d'étude, de prestige social, d'assurance vie et contribue à l'apparition d'une aisance financière temporaire.

La production d'anacardier est globalement financièrement rentable, et encore lorsqu'on passe du système de production traditionnel à celui indiqué par les normes de production.

En ce qui concerne les perceptions des producteurs sur les normes de production, l'étude nous indique que l'opinion des producteurs est positive lorsque l'on met en relation la pratique de ces normes avec la confiance de leurs clients, le rendement de leurs plantations, la protection de l'environnement, la disponibilité des matériels agricoles, la coopération entre producteurs, l'habileté compétitive des exploitations, la compétition sur le marché, les ventes exportables et le profit à leurs concurrents. Par contre, ils pensent que le respect des normes de qualité impactent négativement les coûts de production et les prix aux producteurs. Ces opinons n'ont aucune relation avec les classes des producteurs que nous avons obtenues selon le test X2. En effet, il s'est agi de les regrouper par classes homogènes sur la base des caractéristiques socio-économiques et/ou démographiques (âge, type de planteur, mode de faire valoir des terres, le degré de scolarisation, localisation des plantations), des paramètres de normes (écartement, mode de récolte, mode de stockage, production de semences, célérité du ramassage) et le rendement. Les tests X2 indiquent une forte dépendance entre ces variables socio-économiques et les classes alors que la différence entre classes n'est pas significative quand il s'agit de la localisa tion et du rendement selon le test ANOVA. C'est à partir de cette catégorisation que l'analyse prospective a été effectuée.

Sur la base de l'analyse des forces, faiblesses, opportunités et menaces, nous avons conduit une
analyse prospective qui dégage quatre scénarii probables dans l'évolution de la pratique des normes
dans la production des noix brutes de cajou. Il s'agit des scénarii optimiste, pessimiste, stationnaire et

réaliste qui se basent sur cinq forces motrices à savoir la demande en noix brutes de qualité, l'organisation de la commercialisation, l'organisation du conseil agricole, les crédits et l'importance quantitative et de la fréquence du vol des noix brutes.

Les «focus groups» organisés ont permis aux producteurs de proposer des actions d'accompagnement pour améliorer globalement le label béninois des noix brutes de cajou sur les dix prochaines années.

Mots cles: analyse prospective, norme de qualité, normes de production, normes internationales, perceptions des normes, paramètres de normes, analyse FFOM, label, commerce international, noix brutes de cajou.

Abstract

The cashew nut is the second exporting product of Benin after cotton. The exported volume of the product is estimated at over 50,000 tons in 2004. The evolution over fifteen years has revealed the importance of this crop in the exports, and largely in Beninese economy. From 1997 to 2001, exports of cashew nuts per year in Benin are rated at 33% in value and 40% in amount (Trade map CCI Geneva, 2001). Exports of cashew nuts have regained more importance with the declining performance of the cotton sector. In the same vein, and concomitantly with the evolution of cashew nut sector, producers have to abide with quality standards with respect to quality norms.

This study entitled «Assessment of implementation conditions of production standards resulting from EEC/UN directions in the production of cashew nuts in Kouandé, Atacora, Benin» intends to contribute to a better efficiency of interventions for a more efficiency-led cashew nut production. This suggests production that meets quality standards required on the world market as well as quantity records.

In order to achieve this objective, a survey has been carried out on 60 farmers from 10 villages and about 15 CVPA who were sampled after a systematic checking up of the membership of producers' organizations. After this classification of producers and a partial analysis of the financial profitability of production systems, the study proceeded with the use of the prospective analysis set by ICRA.

The production system of cashew nuts is featured by some production factors: the land-producer ratio which is higher than 2 ha (for 68% of producers) and the land in ownership (about 93% of lands). The work force is mainly family based (the average size of households is 7.2), and sometimes more workers are hired for harder tasks, and harvesting operations are conducted at a minimal cost. On the other hand, the cashew nut plant is associated with other crops in a rotation process: 92% of farmers produce food crops or other crops before planting cashew nut trees. The average yield in the study area, over fifteen years is 307.85kg/ha. On the contrary, data from FAO indicate an average yield of 225.17kg/ha over the same period. The test T of student (T=3.583; p=0.001) shows a significant difference and confirms an advantage for Kouandé compared to other production areas in Benin.

The systems also shows that most farmers fail to abide by the production standards, especially those
related to the quality of harvested nuts. 83% of producers use seeds of doubtful quality. As for
spacing, the density ranges from some cashew plants to over 200 plants per hectare. 90% of farmers

don't practice sunny spell. Most of Kouandé producers pick up nuts upon their falling, while only 3.33% of producers harvest nuts from trees; 58% of farmers mix both good quality nuts and bad quality nuts; 65% of Kouandé producers keep their nuts in sacks. This crop plays a social and economic role in the study area.

The cashew plays a core role in the economic lives of surveyed families. As the first source of their incomes, the cashew nut production contributes to children education, family health expenses, family food, and to various ceremonies and farm works, and finally to the renewal of the dead or living cheptel. Moreover, in the study area, this crop is an important source of employment, of social prestige, life insurance and contributes to the creation of temporary wealth that is the basis of very important monetary transactions.

Cashew production is, in whole, financially profitable, especially when we move from traditional production system to the system indicated by the production standards.

The study revealed that producers have a positive perception on the production standards regarding the confidence of customers, the yield of crops, the protection of the environment, the availability of the equipment, the cooperation between producers, the competitiveness of the farms, the competition on the market, the exportable sales and the profit to their competitors. On the other hand, farmers think that abiding by the standards of quality has a negative impact on the costs of production and on the prices to producers. These opinions have nothing to do with the categories of producers that we obtained according to the X2 test.

Actually, producers are categorized on the basis of relevant variables. They are then classified in homogenous categories on the basis of social, economic and/or demographic features (age, type of producer, the lands tenure, instruction level, location of farms), on the basis of parameters of the standards (spacing, harvest method, storage method, production of seeds, celerity of picking up) and on the basis of yield. The X2 tests indicate a high dependence between these variables and the categories while the gap between categories according to test ANOVA is not significant regarding the location and the yield.

A so-called «prospective analysis» has been carried out deriving from classes of producers obtained earlier.

On the basis of analysis of strengths, weaknesses, opportunities and threats, we made prospective scenarii in the evolution of implementation of standards in the production of cashew nuts. Those scenarios are mainly optimistic, pessimistic, stationary and realistic, and are based on five core strengths including the demand in cashew nuts, the organization of trading, the organization of

the extension, the frequency and quantitative importance of the stealing of nuts, and the suitable loans to production. The «focus groups» carried out with producers endeavour to spell out proposition of factors in order to promote the Benin cashew nuts label during the next ten years. Key words: Prospective analysis, quality standards, production standards, international standards, standards perceptions, standards parameters, SWOT analysis, label, foreign trade, cashew nuts.

Liste des tableaux

Tableau 1: Composition moyenne de la noix de cajou

Tableau 2: Comparaison de l'évolution des rendements au Bénin, en Afrique de l'ouest et de l'Afrique

Tableau 3 : Evolution des exportations (tonnes)

Tableau 4: Charges sur la période d'estimation

Tableau 5 : Rendement moyen des noix d'anacardier à Kouandé comparé à l'estimation du PRF Tableau 6 : Recettes moyennes d'exploitation de noix d'anacarde (ha/an)

Tableau 7 : Valeurs propres et proportion d'informations sur les axes

Tableau 8 : Corrélation entre les composantes principales et les variables initiales Tableau 9 : Probabilités des tests statistiques x2 pour les variables de catégorisation Tableau 10 : Regroupement des classes homogènes en groupes

Tableau 11 : Résumé des forces, faiblesses, opportunités et menaces

Tableau 12 : Matrice des scénarii

Tableau 13 : Matrice des options stratégiques

Liste des figures

Figure N°1 : Carte de la zone d'étude.

Figure 2 Cartographie de la production au Bénin

Figure 3 : Cartographie des pays producteurs dans le monde, FAO

Figure 4 : Mode de faire valoir des terres allouées à l'anacardier

Figure 5 : Production de semences

Figure 6 : Comportements des sites des plantations

Figure 7 : Nature des sites des plantations

Figure 8 : Situation des plantations dans la rotation

Figure 9 : Répartition des plantations en fonction de la trouaison

Figure 10 : Répartition des producteurs en fonction de la taille de formation

Figure 11: Répartition des producteurs en fonction de l'opération d'éclaircie

Figure 12 : Répartition des producteurs par rapport à la célérité du ramassage

Figure 13 : Répartition des producteurs en fonction de la séparation des noix et des pommes Figure 14 : Mélange des noix saines avec les noix immatures et/ou malades

Figure 15 : Représentation schématique de la fluctuation du prix du kilogramme de noix brutes à Kouandé

Figure 16 : Circuit de commercialisation des noix brutes de cajou hors des groupements à Kouandé Figure 17 : Circuit de commercialisation des noix de cajou dans les groupements à Kouandé

Figure 18 : Importance de la production d'anacardier dans la formation du revenu global issu des productions végétales

Figure 19 : Part de la valeur de la production de noix brutes dans la valeur totale des productions végétales

Figure 20 : Part des charges variables liées à la production des noix brutes d'anacardier dans les charges variables globales des productions agricoles

Figure 21: Utilisation des recettes issues de la vente des noix brutes d'anacardier

Figure 22 : Normes de production et qualité des noix récoltées

Figure 23 : Normes de production et confiance des clients

Figure 24 : Normes de production et protection de l'environnement

Figure 25 : Normes de production et disponibilité des matériels

Figure 26: Normes de production et rendement des plantations

Figure 27: Normes de production et ventes exportables

Figure 28 : Normes de production et coûts de production

Figure 29 : Normes de production et prix aux producteurs

Figure 30 : Normes de production et profit des concurrents

Figure 31: Normes de production et habileté compétitive de l'exploitation Figure 32: Normes de production et compétitivité positive sur le marché Figure 33 : Normes de production et coopération entre exploitants

Figure 34: Dendrogramme de la classification

Figure N°35 : Représentation schématique des classes de producteurs

Figure N°36 : Modèle de gestion du label béninois des noix brutes d'anacarde

Liste des graphes

Graphe 1 : Evolution comparée des rendements Graphe 2 : Evolution des exportations dans le monde

Liste des photos

Photo 1: Plantation enherbée

Photo 2 : Plantation tardivement sarclée

Photo 3 : Plantation entièrement traversée par un feu de végétation

Liste des sigles et abréviations

ANSI : American National Standards Institute

BTP: Bâtiments et Travaux Publics

CARDER: Centre d'Action Régionale pour le DEveloppement Rural CBT: Chicago Board of Trade

CEBENOR: Centre BEninois de la NORmalisation

CeCPA: Centre Communal de Promotion Agricole

CEE/ONU: Communauté Economique Européenne/ Organisation des Nations Unies CENELEC : Comité Européen de Normalisation ELECtrotechnique

CFA: Communauté Financière Africaine

CLCAM: Caisse Locale de Crédit Agricole Mutuel

CNEX: Conseil National des EXportations

CNSL: Cashew Nut Shell Liquid

CREP : Caisse Rurale d'Epargne et de Crédit

CTA: Coopération Technique Agricole

CVEC: Caisse Villageoise d'Epargne et de Crédit

CVPA: Coopérative Villageoise des Producteurs d'Anacarde

DFRN: Direction de Forêts et Ressources Naturelles

DPQC : Direction de la Promotion de la Qualité et du Conditionnement

DTI: Department of Trade and Industry

ESAC: Economie, Socio Anthropologie et de Communication

EU: European Union

FAO: Fonds des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture

FAOSTAT: FAO statistiques

FENAPAB: Fédération Nationale des Producteurs d'Anacarde du Bénin

FFOM: Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces

FIDA: Fonds International pour le Développement Agricole

FSA: Faculté des Sciences Agronomiques GF: Groupement Féminin

GV Groupement Villageois

ICRA : International Center for Research in Agriculture IEC : International Electrotechnical Commission IEEE: Institute of Electrical and Electronics Engineers INRAB: Institut National des Recherches Agricoles

INSAE:Institut National de la Statistique et de l'Analyse Economique

ISO: International Standardization Organisation ITU : International Telecommunications Union JTC : Joint Technical Committee

KOR: Kernel Outcome Result

MB: Mégabits

MIC: Ministère de l'Industrie et du Commerce NSB : National Standards Body

OMC:Organisation Mondiale du Commerce ONG: Organisation Non Gouvernementale OTC: Obstacle Technique au Commerce

PADSE : Projet d'Amélioration et de Diversification des Systèmes d'Exploitation

PAPA: Projet d'Analyse des Politiques Agricoles

PAPEJ: Projet d'Appui à la Promotion de l'Emploi des Jeunes PDC: Plan de Développement Communal

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement PSRSA: Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole

R&D: Recherche et Développement

SCOT: Social Construction of Technology

SDAC: Schéma Directeur d'Aménagement de Commune SFS : Finnish Standards Association

SGS: Société Générale de Surveillance

SNAFOR: Société Nationale de Développement des FOrêts SONAFEL: Société NAtionale des Fruits Et Légumes SONAPRA: Société NAtionale pour la PRomotion Agricole SPS : Sanitary Protection Standards

STS: Studies of Technology and Society

UAC: Université d'Abomey-Calavi

UCPA: Union Communale des Producteurs d'Anacarde URF : Unité de Recherches Forestières

USA: United States of America

TABLE DES MATIERES

Certification i

Dédicace iii

Remerciements iv

Résumé vi

Abstract ix

Liste des tableaux xii

Liste des figures xiii

Liste des graphes xiv

Liste des photos xiv

Liste des sigles et abréviations xiv

INTRODUCTION 1

CHAPITRE 1: LE PROBLEME DE RECHERCHE, OBJECTIFS ET HYPOTHESES,

CADRE CONCEPTUEL ET EMPIRIQUE DE L`ETUDE 2

1.1. PROBLEMATIQUE ET JUSTIFICATION 2

1.2. OBJECTIFS 5

1.2.1. Objectifprincipal 5

1.2.2. Objectifs spécifiques 5

1.3. HYPOTHESES 5

1.4. CLARIFICATION CONCEPTUELLE 5

1.4.1. Les caractéristiques de la nouvelle économie : le marché moderne 5

1.4.2. Notion d' « Evaluation » 6

1.4.3. Le nouveau consommateur 6

1.4.4. Les nouvelles options de l'échange 8

1.5. CADRE EMPIRIQUE DE L'ETUDE 9

CHAPITRE 2: CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LITTERATURE 11

2.1.L'ANACARDIER, ORIGINES, GENERALITES BIOLOGIQUES,

COMMERCIALISATION ET SITUATION DANS LE MONDE 11

2.1.1. Systématique de l'anacardier 11

2.1.2. Botanique descriptive dela plante 11

2.1.3. Variabilité du rendement en noix 19

2.2. LE CADRE THEORIQUE 23

2.2.1. La normalisation etla croissance économique : les théories 23

2.2.2. La fabrication des normes : les bases théoriques 24

2.3. LES NORMES, LA NORMALISATION ET LES DEBATS ACTUELS SUR LA

QUESTION 30

2.3.1. Approches de définition et catégories des normes 30

2.3.2. Différents types de normes 34

2.3.3. Les grandes interrogations sur les normes 42

CHAPITRE 3: CADRE METODOLOGIQUE 46

3.1. COLLECTE DES DONNEES 46

3.1.1. Phases de l'étude 46

+ La pha se préparatoire 46

3.1.2. Choix de la zone d'étude 46

+ Choix des unités à enquêter 47

+ Méthode de collecte de données et types de données 48

3.2. ANALYSE DES DONNEES 48

CHAPITRE 4: CARACTERISATION SOMMAIRE DES PLANTATIONS ET

ORGANISATION DE LA PRODUCTION 52

4.1. LES FACTEURS DE PRODUCTION 52

4.1.1. Mode d'accès à la terre 52

4.1.2. La main-d'oeuvre 53

4.1.3 Le financement de la production des noix brutes d'anacardier 53

4.2. LES OPERATIONS 54

4.2.1. Choix des semences 54

4.2.2. Choix et préparation du terrain 55

4.2.3. Trouaison 57

4.2.4. Semis direct 59

4.2.5. Plants en sachet 59

4.2.6. Disposition spatiale des anacardiers dans le champ 60

4.2.7. Démariage des plants 61

4.2.8. Tuteurage 61

4.2.9. La fumure 61

4.2.10. Protection phytosanitaire 62

4.2.11. Taille de formation 62

4.2.12. Eclaircies 63

4.2.13. Entretien (nettoyage) 63

4.2.14. La récolte 65

4.2.15. Le séchage et le tri 67

4.2.16. Le stockage 68

4.2.17. La commercialisation 69

CHAPITRE 5 : ASPECTS SOCIOECONOMIQUES ET ENVIRONNEMENTAUX DE

LA PRODUCTION DE NOIX D'ANACARDE ET PERCEPTIONS DES NORMES. 72

5.1. AVANTAGES ECONOMIQUES ET SOCIAUX DE LA PRODUCTION
D'ANACARDIER À KOUANDE
72

5.1.1. Importance des revenus issus d'anacardiers 72

5.1.2. Utilisation des recettes de la vente de l'anacardier 74

5.1.3. La production de l'anacardier comme source importante d'emplois occasionnels 76

5.1.4. La poussée d'un système local de garantie et l'apparition d'une pseudo -aisance économique temporaire 77
5.2. ANALYSE DE LA PERFORMANCE ECONOMIQUE DE LA PRODUCTION DE

NOIX BRUTES D'ANACARDIER A KOUANDE 78

5.3. PERCEPTIONS DES PRODUCTEURS SUR LES NORMES 81

5.3.1. Connaissance des normes de qualité 81

5.3.2. Normes de production et qualité des noix récoltées 82

5.3.3. Les normes de production et la confiance du client 83

5.3.4. Les normes de production et la protection de l'environnement 83

5.3.5. Les normes de production et la disponibilité des matériels 84

5.3.6. Les normes de production et le rendement 85

5.3.7. Les normes de production et ventes exportables 86

5.3.8. Les normes de production et les coûts de production 86

5.3.9. Les normes de production et les prix aux producteurs 87

5.3.10. Les normes de production et profit aux concurrents. 88

5.3.11. Les normes et l'habileté compétitive des exploitations 89

5.3.12. Les normes de production et la compétitivité positive sur le marché 89

5.3.13. Les normes de production et la coopération entre les exploitants 90

CHAPITRE 6: PERSPECTIVES D'APPLICATION DES NORMES DANS LES

PLANTATIONS D'ANACARDIERS A KOUANDE 91

6.1 CHOIX DES PARAMETRES DE NORMES, BASES DE LA CARACTERISATION 91

6.1.1. Caractérisation des producteurs anacardiers : regroupement en classes homogènes et

interprétation 91

6.1.2. Choix du nombre d'axes d'analyse et relation entre les composantes principales 93

6.1.3. Description des classes des producteurs 97

6.2. REGROUPEMENT DES CLASSES EN QUATRE GROUPES 100

6.2.1. L'analyse prospective de la production des noix brutes de qualité dans la commune

de Kouandé 102

6.2.2. Les options stratégiques 113

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS 117

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 121

ANNEXES 133

LES CARACTERISTIQUES PHYSIQUES 187

Caractéristiques géomorphologiques et hydrographiques 187

Les ressources naturelles 188

Milieu humain et activités économiques 189

INTRODUCTION

«Les normes qui ont pour objectif d'accroître l'efficience du marché ont des effets commerciaux complexes», telle est la conclusion que retient le rapport mondial sur le commerce en 2005 (OMC, 2005). Voilà la réalité à laquelle les noix brutes de cajou, produites et livrées sur le marché international sont confrontées. Estimée pour quelques cinquante mille tonnes en 2004, cette culture représente pourtant pour notre pays une source futuriste de devises pour assurer non seulement l'objectif de diversification des exportations mais aussi l'accroissement de la contribution des exportations agricoles aux revenus issus des exportations globales (PSRSA, 2007). Les estimations de surface couverte par cette culture donnent environ 60 à 70.000 hectares répartis sur six (06) des douze (12) départements du pays (PADSE, 2002) et placent ainsi le pays au rang du dixième producteur mondial avec 2% de la production (FAO, 2002). En 2004, les exportations de noix brutes ont atteint 50.000 tonnes alors qu'elles n'étaient en 1996 que de l'ordre de 10.000 tonnes, soit une multiplication par 5 en 8 ans. La noix d'anacarde, qui a atteint le rang du deuxième produit d'exportation après le coton, continue de façon progressive de prendre de l'importance dans les exploitations agricoles depuis plus d'une décennie (PADSE, 2001 et PSRSA, 2006). Ainsi, le Bénin a connu au cours du quinquennat 1997- 2001 un taux de croissance annuelle des exportations de noix de 33% en valeur et 40% en volume (Trade Map CCI Genève, 2001). Cette situation, fortement favorable doit être placée dans le contexte africain et surtout mondial où, d'une part le Bénin compte des concurrents de taille et, d'autre part les enjeux de commercialisation des noix sont les plus intéressants. La commune de Kouandé, notre zone d'étude place dans ses stratégies de développement cette culture comme la toute première créatrice de richesses et d'emplois (PAPEJ et PNUD, 2008). Face à cette exigence de développement se dressent les préférences, les modes de consommation, les qualités des pays exportateurs, eux aussi pressées par les pays consommateurs des amandes, placées première noix comestible du monde (FAO, 2004et Proctor, 1991).

Cette étude, conduite sur le respect des normes de production en conformité avec les normes de qualité des noix brutes se propose d'anticiper les implications futures que ces normes imposeraient à tous les acteurs de la filière pour assurer un meilleur profit du potentiel du label béninois des noix brutes de cajou. Pour y arriver, nous avons:

caractérisé le système de production;

évalué le respect des normes de production par les producteurs et la rentabilité financière ; recueilli les perceptions des producteurs sur les normes de production auxquelles ils sont soumis;

classifié les producteurs en catégories homogènes sur la base des corrélations entre les paramètres de normes et les caractéristiques socio-économiques;

et identifié les scénarii probables d'évolution de la pratique de s normes de production à Kouandé.

CHAPITRE 1 : LE PROBLEME DE RECHERCHE, OBJECTIFS ET HYPOTHESES, CADRE CONCEPTUEL ET EMPIRIQUE DE L`ETUDE

Le présent chapitre organise l'étude dans son contenu conceptuel et fait le point des recherches antérieures. Il présente successivement le problème de recherche et sa justification, les objectifs et hypothèses de recherche, les clarifications conceptuelles et enfin le cadre empirique.

1.1. PROBLEMATIQUE ET JUSTIFICATION

L'économie béninoise est essentiellement agricole. La vision du Bénin pour le secteur agricole s'énonce comme suit : «...la réhabilitation du secteur agricole qui doit reposer sur la professionnalisation des acteurs du secteur et une bonne maîtrise technique et organisationnelle de la production agricole, animale et halieutique, reste la meilleure chance de redressement de l'économie».

A l'horizon 2015, deux des trois défis majeurs pour l'agriculture béninoise sont :

assurer l'accroissement des revenus des producteurs agricoles pour la satisfaction des besoins non alimentaires (soins de santé, éducation et autres), et l'amélioration des conditions d'emploi et d'existence en milieu rural et

jouer un rôle de vecteur de croissance économique pour atteindre un niveau satisfaisant en matière de contribution du secteur agricole à l'économie nationale (PSRSA, 2006).

Selon la référence supra, ces défis devront être relevés dans un contexte marqué par deux types d'enjeux que sont : la compétitivité et la diversification des exportations. Les exportations béninoises - après la gloire du coton durant la campagne 2004-2005 avec le record de 427.000 tonnes - se trouvent en interrogation devant les dysfonctionnements au sein des structures issues de la réforme de la filière coton, la dégradation de l'environnement et les fluctuations des cours mondiaux avec des incidences fâcheuses sur les revenus ruraux et sur l'économie du pays. Face à de tels facteurs, d'autres cultures pouvant rapporter des devises sont promues par les projets de diversification de l'agriculture au Bénin. L'ananas en 2004-2005 a atteint 110.000 tonnes avant les déboires dus aux insuffisances de l'organisation du secteur. L'Anacarde, en 2005, a été exportée pour plus de 40.000 tonnes de noix (PSRSA, 2006). Les estimations de surface couverte par cette culture donnent environ 60 à 70.000 hectares répartis sur six (06) des douze (12) départements du pays (PADSE, 2002) et placent ainsi le pays au rang du dixième produ cteur mondial avec 2% de la production (FAO, 2002). En 2004, les exportations de noix brutes ont atteint 50.000 tonnes alors qu'elles n'étaient en 1996 que de l'ordre de 10.000 tonnes, soit une multiplication par 5 en 8 ans. La noix d'anacarde, qui a atteint le rang du deuxième produit d'exportation après le coton, continue de façon progressive de prendre de l'importance dans les exploitations agricoles depuis plus d'une décennie (PADSE, 2001 et PSRSA,

2006) . Ainsi, le Bénin a connu au cours du quinquennat 1997- 2001 un taux de croissance annuelle des exportations de noix de 33% en valeur et 40% en volume (Trade Map CCI Genève, 2001). Cette situation, fortement favorable doit être placée dans le contexte africain et surtout mondial où, d'une part le Bénin compte des concurrents de taille et, d'autre part les enjeux de commercialisation des noix sont les plus intéressants.

En Tanzanie, les petits ménages producteurs de noix d'anacarde sont estimés à 280.000 évoluant sur environ 400.000 ha aussi bien en monoculture, et plus généralement, qu'en polyculture de production (Shomari, 1990et Topper et al., 1998). Dans ce pays, cette spéculation agricole a généré pour l'économie nationale près de 124 millions de dollars US au cours de la campagne 1999-2000 (CBT, 2001).

Selon la FAO (2002), la production mondiale de noix d'anacarde commercialisée est estimée à 1.870.284 tonnes métriques. Cette production a doublé depuis 1994 avec l'entrée de nouveaux pays, comme le Vietnam, dans le rang des gros producteurs et place ainsi l'anacardier au rang de la première culture des noix au monde. Les plantations d'anacardiers occupent environ 7,5 millions d'hectares et sont réparties dans 32 pays.

De plus, le commerce mondial des noix comestibles a connu une relative croissance moyenne de 2,7% depuis 1970 pour une augmentation en valeur de $1,94 en 1980 à $2,84 milliards US en 1990 (annuaire des Nations Unies pour le Commerce International).

Avec de si grands espoirs dus à la tendance attractive des cours du produit, la non astringence environnementale de production et de monoculture que cette filière offre, elle mérite une attention des interventions qui s'emploient au développement et l'assise d'une économie créatrice de richesses et capable de réduire notablement la pauvreté. L'anacarde est un produit d'exportation par excellence et peu transformé, en attendant les efforts latents de transformation de qualité et de compétitivité sur les marchés local et régional, marchés infimes par rapport aux grands marchés américain et européen (les USA avec plus de 50% des importations mondiales sont les plus grands importateurs de noix grillées). Les autres débouchés sont les Pays-bas (10%), l'Allemagne (7%), le Japon (5%) et le Royaume-Uni (5%). Les nouveaux marchés sont au Moyen-orient, en Asie du sud-est et en Australie (ITC, 1990et O'Farrell, Blaikie and Chacko, 1998). Il est instructif de signaler que le Bénin devrait accroître ses interventions dans la commercialisation des noix brutes pour lesquelles il a aujourd'hui un avantage comparatif et une certaine compétitivité (Adégbola et al, 2005).

Pour illustration, le commerce international des noix cajou par les Indiens remonte à l'après première guerre mondiale. Ce commerce s'étendit rapidement en 1920 avec l'introduction des emballages améliorés pour le long courrier (Jaffee et Morton, 1995). Par ailleurs, l'Inde est le premier pays ayant construit l'industrie de transformation, mais la production est vite devenue insuffisante pour les débouchés de ces centaines de petites et moyennes industries. De plus, elle a été pendant longtemps

le plus grand fournisseur mondial de noix grillées en qualité et prix, établissant ainsi les normes industrielles. En Europe, le fournisseur indien est préféré aux autres avec des relations commerciales durables fondées sur la confiance quant à la qualité, le prix, la régularité et la rapidité des livraisons. Selon les mêmes auteurs, l'Inde compte plus de 150 expéditeurs de noix grillées qui disposent de magasins en Europe et aux USA. La capacité de transformation s'est accrue plus vite que la production, ce qui accrut les importations de noix brutes qui ont atteint 203.000 tonnes en 1996 (41% de la Tanzanie et 13% du Mozambique).

Face à ces enjeux économiques, vite renforcés par l'entrée sur le marché du Brésil qui est le 2è producteur (31%) après l'Inde et qui profite de la proximité des USA, et la naissance du consommateur galbraithien, les questions de normes résonnent comme la cloche de l'accès au marché international. Ainsi, dans l'objectif de garantir la qualité les producteurs et les exportateurs ont introduit les normes de qualité. La norme ISO 6477 a été introduite en 1988 pour harmoniser les classifications indiennes et brésiliennes et fournir le schéma de contrôle de qualité (FAO, 2002). D'un autre côté, les noix brutes de cajou ont fait l'objet d'une norme conjointe entre les Etats membres de la CEE (Communauté Economique Européenne) et ceux de l'ONU (Organisation des Nations Unies). Il s'agit de la norme CEE/ONU qui fixe les conditions minimales qu'une noix doit remplir pour être vendue sur le marché international.

Devant cette exigence, la plupart des pays africains producteurs de l'anacarde sont marginalisés et ne font que subir. Ils s'allient difficilement aux «caprices» du consommateur qui veut de mieux en mieux des noix de qualité. Et les efforts s'accumulent au niveau du secteur de la transformation et récemment de création de normes nationales ou sous-régionales, amputant de facto le bon bout de la filière, c'est-à-dire la production qui détermine à elle seule la plupart des autres exigences liées aussi bien à l'amande qu'à la noix grillée. La liaison est tellement évidente qu'on ne saurait imaginer une amande de qualité si la noix brute ne l'est. Par exemple, la détermination du KOR ou le rendement au décorticage1. Par ailleurs, les recherches sur l'anacardier au Bénin se sont essentiellement penchées sur l'aspect agroforestier de la plante, l'amélioration génétique, commercialisation (Tandjiékpon, 2004 et 2005 ; Yabi, 2005 et 2006; INRAB, 2005).

Le Bénin, bien que la noix produite et exportée soit appréciée classée au 2 ème

et rang de qualité après

la Guinée-bissau en Afrique, devra faire plus pour assurer une meilleure rémunération aux producteurs et tirer avantage de ce label. Dans le processus de commercialisation de la noix brute, des critères de qualité déterminent le prix qui sera payé par les exportateurs. Les principaux critères, énumérés dans un contrat commercial, sont les suivants : humidité (maximum 10%) et Matières étrangères (sable, végétaux) et défectuosités ( tachetées, immatures, avariées moisissures, atrophiées, mitées, brûlées, vides) et gradage (nombre de noix dans 1 kg) et critères phytosanitaires et

1 Le KOR signifie `Kernel Outcome Results'. Le KOR est une mesure qui est prise sur les noix brutes, au moment de l'achat par les gros acheteurs et les exportateurs.

homogeneite et constance de la qualite (les lots doivent être homogènes pour chaque livraison et/ou pour l'ensemble des livraisons et ne comporter que des noix de même origine, de même qualite et calibre). La question fondamentale que pose cet ensemble de normes de qualite est la suivante : «Comment traduire les exigences en normes de qualite dans la conduite de la production des noix cajou tout en rendant les messages techniques accessibles aux producteurs ?».

La question centrale ainsi evoquee permet d'aborder les deux questions specifiques suivantes :

1. Quelle repartition ou classement des producteurs et de leurs exploitations peut-on faire si l'on considère comme paramètre essentiel la question des normes ?

2. Quelle evaluation pourrait-on anticiper de la pratique des normes de qualite chez les producteurs beninois ?

1.2. OBJECTIFS

1.2.1. Objectifprincipal

L'objectif principal est de contribuer à une meilleure efficacite des formations et d'organisation des interventions dans l'optique d'une production anacardière plus rentable et repondant aux exigences en normes de qualite du commerce international des noix cajou.

1.2.2. Objectifs spécifiques

O1 : Faire une typologie des producteurs selon le respect des normes de conduite de la production des noix brutes de cajou.

O2 : Evaluer la rentabilite financière de la production des noix brutes de cajou suivant les itineraires techniques observes

O3 : Prospecter l'evolution probable de la production des noix brutes en conformite avec la qualite aux fins de renforcement et ou d'amelioration du label beninois.

1.3. HYPOTHESES

H1 : Le respect des normes est fonction des caracteristiques des exploitants

H2 : Globalement la production des noix brutes de cajou est rentable quelque soit l'itineraire technique.

1.4. CLARIFICATION CONCEPTUELLE

1.4.1. Les caractéristiques de la nouvelle économie : le marché moderne

L'economie du 21ème siècle est marquee, sans nul doute, par un environnement evolutif incontestable. Divers traits temoignent de cette evolution : la globalisation des activites et des entreprises, l'acceleration de la transmission des informations ou la « revolution numerique », l'hyper concurrence entre les entreprises, les technologies de « disruption » qui affectent radicalement l'activite dans de

nombreux secteurs, la consommation psychologique et ethique qui consacre le diktat des normes de qualite et accroissent surtout le pouvoir du consommateur. La standardisation, entendez la production en serie, fruit de la revolution industrielle, cède de plus en plus sa place à la production specifique (differenciee, adaptee et personnalisee).

Cette economie liberale imprime un nouveau profil au consommateur du siècle et de nouvelles options de gestion de l'echange que nous aborderons plus loin.

1.4.2. Notion d' « Evaluation »

Il existe un grand nombre de definitions de l'evaluation et la multiplicite des definitions proposees pour ce terme reflète egalement la volatilite du vocabulaire utilise pour aborder le sujet. Selon NEU (2001) : « evaluer, c'est apprecier la qualite pour faciliter la decision ».

Le Fonds International pour le Developpement Agricole (FIDA, 2007) definit l'evaluation comme un examen systematique (aussi objectif que possible) d'un projet prevu, en cours ou acheve. L'evaluation à postériori apparaît donc comme l'outil indispensable pour non seulement saisir les resultats mais aussi mettre en evidence les changements profonds du milieu (rural), elle permet de fournir aux decideurs tous les elements necessaires soit pour la reforme de l'operation en cours soit à la preparation d'autres interventions (Dèdèhouanou, 2007)

Quant à Beaudoux et Gueneau (1996), l'evaluation ne juge pas mais expose des faits bruts, objectifs, visibles par tous de la même manière. L'angle d'observation choisi peut varier selon le choix des critères et on peut choisir d'evaluer un aspect precis ou plus large de l'action.

L'evaluation est aussi un processus complexe qui aboutit à des resultats objectifs en vue de remedier à une insuffisance ou de suggerer des approches de solutions.

Ainsi, la Banque Mondiale (2002) la definit comme etant une mesure, aussi systematique et objective que possible des resultats d'un projet, en vue de determiner sa pertinence, sa coherence, l'efficience de sa mise en oeuvre, son efficacite et l'impact ainsi que la perennite de ses effets.

Selon le moment de l'evaluation par rapport au cycle de projet, on distingue :

· Evaluation ex-anté ou appreciation prealable pour analyser les rapports d'identification et de formulation des projets,

· Evaluation pendant l'execution du projet ou evaluation dite à mi-parcours,

· Evaluation à la fin du projet ou evaluation finale et

· Evaluation après l'arrêt du projet ou evaluation ex-post.

Le cas de figure de la presente recherche concerne l'evaluation ex-anté dans une large mesure. 1.4.3. Le nouveau consommateur

La conception liberale de l'economie de marche consacre la notion de « souverainete du
consommateur » ou du règne du consommateur qui stipule que ce dernier influence, par ses choix,
fixe les prix en adressant des signaux aux entreprises qui y repondent. C'est ce que consacrent tous

les manuels et traités d'enseignement économique qui confient au consommateur l'initiative du marché. C'est d'ailleurs l'analyse que fait Samuelson lorsqu'il établit le parallèle entre ce système et la démocratie politique. Cette conception du consommateur est celle classique ou de la « filière classique » comme le désigne J.K Galbraith et elle épouse le modèle de l'homoeconomicus.

Selon Veblen (1979, pp: 19-23): «consommer, c'est avant tout essayer de consommer plus que son voisin et de le faire savoir»

J.K Galbraith (1968) évoque le phénomène de la «filière inversée» qui entend s'opposer à la «filière classique ». Pour lui, la nouvelle économie est caractérisée par des technostructures qui s'emploient à pérenniser cette filière, en manipulant les consommateurs. Dans cette analyse, le consommateur n'est aucunement, dans le monde moderne, celui qui fait la loi mais plutôt celui qui subit et achète ce que les entreprises désirent lui vendre. Les entreprises modernes utilisent plusieurs moyens dont la publicité et déplument la souveraineté du consommateur.

Kotler et Dubois (2003, pp21-24) analysent le consommateur du 21è siècle et remarquent qu'il est caractérisé par:

- Un pouvoir accru lors du processus d'achat: le consommateur fait attention aux caractéristiques et prix des

produits. Cette caractéristique rejoint l'analyse de la « filière classique » dans une moindre mesure. Blle consacre le diktat des préférences des consommateurs. Bt c'est là où les normes de qualité s'imposent si l'on veut vendre au marché.

- La diversité des produits et services: Cela n'est que l'exigence du libre échange et de la libre concurrence qui caractérisent la nouvelle économie. Mais de la même manière, elle suppose des normes pour réguler un temps soit peu le marché du même produit, pour faciliter le commerce et satisfaire à la fois les exigences de qualité du consommateur.

- Une grande quantité d'information sur tous les sujets: la révolution numérique offre beaucoup d'atouts au consommateur qui peut désormais tout savoir sur le produit qu'il veut se procurer. Ceci renforce sa proéminence et conforte le règne du consommateur sans pour autant contrarier la thèse galbraithienne. Bn effet, d'où viennent les informations et qui est celui qui les conçoit ? Sans hésiter, il s'agit bien des entreprises qui matraquent par la publicité. Il semble bien que les consommateurs ne reçoivent que ce qui est émis et ce que l'on veut qu'ils entendent.

- Lafacilité de demande: les normes simplifieraient les pertes de temps liées à la comparaison des produits et faciliteraient la demande puisque grâce à elles, le consommateur connaîtrait les caractéristiques d'un produit et comment les identifier avant de venir sur le marché.

- L'accès aux commentaires sur lesproduits et services: cette caractéristique est complémentaire à la troisième.

En clair, la conception nouvelle, selon ces auteurs, jumelle, bien que dans des proportions diverses, celle de l'homoeconomicus, de la distinction provocante et de la filière inversée. Ceci implique de nouvelles options de l'échange avec le marché.

Nous espérons que ces éléments de caractérisation du consommateur puissent s'appliquer entièrement aux acheteurs des noix brutes de cajou et partant impacter la réaction des producteurs de celles-ci vis-à-vis des signaux émis à travers les normes. En fait, la filière classique continue de s'appliquer dans le marché des noix brutes de cajou où la marge de manoeuvre de nos producteurs reste faible.

1.4.4. Les nouvelles options de l'échange

Kotler et Dubois (2003, pp21-24) dans leurs réflexions exposent les options d'échange que nous reprenons ici.

L'optique production: elle suppose que le consommateur choisit les produits en fonction de leur prix et de leur disponibilité. Elle semble appropriée dans deux cas: la demande est massive et peu fortunée (comme dans de nombreux pays en développement) et le coût élevé du produit doit être baissé substantiellement si l'on veut étendre le marché.

L'optique produit : elle repose sur l'idée que le consommateur préfère le produit qui offre les meilleures performances. Elle impose à l'entreprise de se consacrer à la qualité des produits et mais risque bien une certaine <<myopie » à l'égard des consommateurs.

L'optique vente: elle présuppose que le consommateur n'achètera pas de lui-même suffisamment à l'entreprise à moins que celle-ci ne consacre beaucoup d'efforts à stimuler son intérêt pour le produit. Elle est utilisée par des entreprises en surcapacité : leur but est de vendre ce qu'elles produisent plutôt que de produire ce qu'elles pourraient vendre.

L'optique marketing: elle se préoccupe avant tout des clients en cherchant à analyser leurs souhaits et à y répondre. Il s'agit de cultiver la relation avec les consommateurs. Elle considère que, pour réussir, une entreprise doit, plus efficacement que ces concurrents, créer, délivrer et communiquer de la valeur auprès des clients qu'elle a choisis de servir. Elle inverse la logique de l'optique vente.

L'optique client: elle est le superlatif de l'optique marketing et en complément de cette optique quis'applique au niveau segmentaire du marché, il s'agit ici d'élaborer des produits, des services et des

messages distincts pour chaque client individuel. Elle assure la fidélité sur le long terme. On la
désigne en marketing, le marketing <<one-to-one ». L'optique client est une réalité de la nouvelle

économie. Elle trouve une place de choix dans la consommation de nos jours et les questions de normes et/ou de consommation éthique de plus en plus en vogue y ont un attachement certain.

L'optique du marketing sociétal: elle améliore l'optique marketing dont la lacune principale est d'ignorer les conflits latents entre les désirs des consommateurs, leurs intérêts et le bien-être collectif. Elle se différencie de celle-ci en invitant à prêter attention aux intérêts des clients qu'à leurs seuls désirs et en prenant en compte le bien-être collectif. Elle est désignée par d'autres analystes comme <<marketing humaniste » ou <<néo-marketing ». Elle reconnaît que la tâche prioritaire de l'entreprise est d'étudier les besoins et les désirs des marchés visés et de faire en sorte de les satisfaire de manière plus efficace que la concurrence, mais aussi d'une façon qui préserve ou améliore le bien-être des consommateurs et de la collectivité.

Au regard de ces optiques d'échange avec le marché, la production des noix brutes de cajou recoupe à la fois l'optique produit et l'optique client dans le sens où le consommateur achète sur la base des performances du produit mais aussi - lorsqu'on considère une segmentation du marché international où des besoins - au gré des préférences. Ceci suggère une certaine adaptation en terme structurel (plantations à réorganiser selon l'écartement) par exemple pour éviter certaines maladies, une bonne productivité des champs et un certain gradage des noix, etc. Ainsi, le respect des normes ne peut et ne doit pas déboucher sur une destruction systématique des plantations en marge des normes retenues, mais plutôt sur une adaptation progressive de la conduite de la production au nouveau contexte ainsi apparu.

1.5. CADRE EMPIRIQUE DE L'ETUDE

La présentation de la commune est une conjonction des éléments recueillis sur le terrain lors de nos recherches et obtenus dans le Schéma Directeur d'Aménagement de la Commune (SDAC 2006- 20 1 1) et le Plan de Développement Communal (PDC 2003-2008). Les grands traits de la commune sont développés en annexe. Ici nous présentons la situation administrative.

La commune de Kouandé, littéralement <<KPANDE» ou encore << ville d'accès difficile» est une commune enclavée parce que implantée sur le versant de la montagne.

La commune de Kouandé est située à l'est du département de l'Atacora. Cette vaste commune s'étend sur une superficie de 4.500 km2 et est limitée au Nord par la commune de Kérou, au NordOuest par celle de Tanguiéta, au Sud-ouest par la commune de Natitingou, au Sud par les communes de Copargo, Djougou et Boukoumbé, à l'Est par celle de Ouassa-Péhunco et à l'Ouest par la commune de Toucountouna.

Figure N°1 : Carte de la zone d'étude

CHAPITRE 2 : CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LITTERATURE

Ce chapitre trace le cadre théorique de l'étude et la revue de littérature. Il aborde d'abord les généralités sur l'anacardier, ensuite une base théorique sur les normes, leur fabrication, et enfin les approches de définitions et les débats actuels sur la question.

2.1. L'ANACARDIER, ORIGINES, GENERALITES BIOLOGIQUES,

COMMERCIALISATION ET SITUATION DANS LE MONDE

L'anacardier est une plante cultivée pour ses fruits, les noix cajou. Nous passerons tour à tour sa systématique, sa description botanique, son rendement et les tendances d'exportation de ses noix dans le monde.

2.1.1. Systématique de l'anacardier

Connu sous les noms vulgaires de l'anacardier, d'acajou, de cajou ou pomme de cajou en français, puis de cashew tree en anglais, Anacardium occidentale L. est une espèce diploïde de type 2n = 24 (Purseglove, 1968). L'anacardier est une angiosperme de la classe des dicotylédones, de l'ordre des sapindacées et de la famille des anacardiacées. On dénombre 73 genres pour environ 600 espèces. Le genre Anacardium, objet de la présente étude contient 8 espèces provenant de l'Amérique tropicale parmi lesquelles Anacardium occidentale L est la plus importante en terme économique (Tandjiekpon, 2005).

2.1.2. Botanique descriptive de la plante

2.1.2.1. Description de l'espèce : Historique

L'anacardier est natif des côtes du Brésil. Les explorateurs Portugais, l'ont découvert et l'ont introduit dans leurs colonies d'Afrique et d'Asie et surtout en Inde qui est maintenant, et de loin, le plus gros producteur de noix de cajou. Les rapports les plus anciens concernant cet arbre ont été écrits par des observateurs français, portugais et hollandais (Lacroix, 2003). Thévet (1558), un naturaliste Français a décrit l'arbre et peint le premier dessin montrant les indigènes récoltant les noix et pressant le jus des « pommes » de cajou dans un grand récipient. Les noix furent décrites pour la première fois par un portugais du nom de Gandavo qui remarqua déjà en 1576, qu'elles étaient meilleures que les amandes comestibles déjà connues (Gandavo, 1576). C'est bien après que de nouvelles et de plus grandes descriptions botaniques de la plante furent faites par divers auteurs. Le nom «cajou« provient de l'appellation «acaju« des indiens Tupi du Brésil. Ce nom est devenu «caju» en portugais, «cashew« en anglais, «cajuil« en espagnol et «acajou« ou «cajou« en français. Mais le

terme "cajou" est plus usité en français pour ne pas amalgamer avec «acajou« qui est un bois précieux bien connu aussi.

Et ce sont toujours les navigateurs portugais qui introduisent la plante sur les côtes ouest africaines. (Goujon et al., 1973 cité par Tandjiekpon, 2005). Sa présence sur les côtes béninoises remonte au 17ème siècle, mais son utilisation comme espèce de reboisement n'est intervenue qu'à partir des années 1950 avec les premiers essais sur une dizaine d'hectares en 1958 (SNAFOR, 1970 & 1979 cité par Tandjiekpon, 2005). Sa fonction économique directe est juste quarantenaire et fait suite aux possibilités de vente apparues. En 1967, la culture d'anacardier a connu une première organisation sur le plan de la production fruitière (Tandjiekpon, 2005). C'est d'abord le gouvernement, à travers la Société Nationale pour le Développement Forestier (SNAFOR), qui conduit les premières installations de plantations dans les départements du Zou, des Collines, de l'Alibori, du Borgou, de l'Atacora et de la Donga. Depuis et jusqu'en 1978, 5.324 hectares d'anacardiers ont été installés. Ceci se passait, avec en parallèle des initiatives de plantations individuelles, qui n'étaient pas forcément entretenues tellement les prix n'étaient pas rémunérateurs. Les di fficultés de la SNAFOR, liquidée en 1982, ont rejailli sur la gestion des plantations. Les vergers sont transférés, suite à ces difficultés, à la SONAFEL (Société Nationale des Fruits et Légumes) qui a connu quelques années plus tard des problèmes de gestion entraînant sa liquidation. Ces structures ont été relayées par les Centres d'Action Régionale pour le Développement Rural (CARDER) dans la gestion des plantations, une gestion communautaire associant les communautés riveraines comme acteurs et bénéficiaires des revenus de vente des noix. Après la libéralisation de l'économie et face à cette stratégie qui a tôt montré ses limites, les plantations ont été transférées en affermage aux entrepreneurs privés. C'est ainsi qu'en 1995, ces plantations longtemps abandonnées ont été confiées en affermage à deux sociétés : SODAIC-Bénin et AGRICAL-Bénin qui se sont partagées respectivement vingt (20) et deux (2) plantations. Ces contrats d'affermage ont rencontré quelques problèmes dans leur exécution, et les sociétés contractantes n'ont pas pu honorer leurs engagements. De nos jours, ces plantations domaniales, pour la plupart, sont laissées à la libre gestion des communautés riveraines, organisées par endroit en groupements organisés qui gèrent en plantations collectives (cas de Kouandé) et en plantations individuelles, qui prennent le pas, la culture devenant de valeur marchande sur le marché, et aussi, à cause des difficultés de la filière coton.

2.1.2.2. Généralités

L'anacardier est une espèce spontanée, utilisée pour le reboisement, et de plus en plus cultivée pour
son fruit, la noix de cajou et le faux fruit appelé pomme de cajou. Ses exigences varient suivant

l'usage. L'anacardier commence spontanément à produire des fruits vers 5 ans mais peut le faire dès l'âge de 2 ans dans de très bonnes conditions de culture.

Description botanique

Noms de l'espèce/ethnologie de l'espèce:

Nom latin (Genre espèce) : Anacardium occidentale L. Famille botanique : Anacardiaceae. Cette famille renferme d'autres cultures consommables comme le manguier ( Mangifera indica), avec lequel on peut le greffer (Lacroix, 2003) et le pistachier de la méditerranée dont on consomme l'amande (Pistacia), le sclérocaya ou prunier d'Afrique (Sclerocarya birrea [A.Rich.] Aubr.), le sumac (Rhus) et sept autres espèces d'anacardier d'Amérique tropicale. Mais l'espèce Anacardium occidentale L est la plus importante économiquement.

Langues

Noms

Français

Anacardier (n.m.), Pommier cajou, Cajou à pommes, pour le fruit : Noix de cajou, pour le baume : baume de cajou. pour le pédoncule floral ou faux fruit : Pomme cajou, Pomme de cajou, pour l'amande : Cajou (n.f.), Anacarde (n.f.), amande cajou, pour la coque de l'amande : coque (partie extérieure du fruit)

Fon

Kaju'tin, Kàju

Anglais

Cashew nut, Kernel (amande), shell (coque autour de l'amande), CNSL, Cashew nut shell liquid (baume cajou).

Source : FAO, 2000

Ecologie

Du point de vue climatique, A. occidentale est retrouvé dans une large aire de distribution recouvrant des sites tropicaux et subtropicaux, entre les latitudes 27 N et 28 S. L'espèce se développe bien depuis le niveau de la mer jusqu'à l'altitude de 1200 mètres en climat chaud et humide mais donne de meilleurs résultats dans de basses altitudes. Au dessus de 600m d'altitude, la production diminue considérablement sauf si la chaleur est importante. Elle s'adapte bien aux régions semi -arides et arides avec une période sèche de 4 à 6 mois, et peut se développer sous une pluviométrie annuelle comprise entre 500 et 3700 mm. L'anacardier préfère une pluviométrie comprise entre 800 et 1800 mm par an en une seule saison qui dure de 5 à 7 mois. A. occidentale tolère des régimes pluviométriques de type uni et bimodal et toutefois, les pluies et temps nuageux durant la floraison affectent la production de noix (FAO, 1988et French et al., 1994et Gupta, 1993et Nair et al., 1979et Nambiar et al., 1990et Ohler, 1979 et Webb et al., 1984 et Lacroix, 2003). Dans les zones avec plus de 1.000 mm de précipitations annuelles et avec une saison sèche bien marquée, ce qui est le cas de Kouandé, il est en bonne situation. La fructification y est bonne et la conservation des graines aisée

(Lacroix, 2003). La moyenne de temperature annuelle acceptee par l'anacardier est comprise entre 22 et 35°C. Celle des mois les plus chauds se situe entre 35 - 48°C, tandis que pour les mois frais, elle est de 16 - 24°C. Un taux d'ensoleillement important est absolument necessaire. Il ne peut 'etre cultive sous ombrage. Le taux d'humidite de l'air en saison sèche doit 'etre faible afin de garantir une bonne sante de l'arbre. Quant à sa pedologie, A. occidentale peut se developper sur une large gamme de sols incluant les sols sableux, lateritiques et rocheux. Toutefois, l'anacardier prefère les sols fertiles, bien draines, profonds, sableux à argileux avec une forte teneur en matière organique. Par contre, l'espèce croît moins bien sur les sites inondables ou sales. Elle tolère les conditions de sols legèrement acides à neutres, entre PH 6.3 et 7.3 (Gupta, 1993et Nambiar et al., 1990 cites par A. Tandjiekpon, 2005). Les graines peuvent pousser dans de très mauvaises conditions de sol. C'est

ainsi que l'on plante des anacardiers pour fixer des dunes de façon economique au Senegal et en Inde. Dans ce cas, le semis direct donne un arbre chetif qui produit peu de noix, mais qui fixe les dunes. (Lacroix, 2003)

Cartographie de la production au Bénin : les zones écologiquesfavorables à la culture de l'anacardier

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Vu les exigences ecologiques de l'anacardier pour une bonne production fruitière et les resultats physiques obtenus des etudes des plantations existantes depuis l'introduction de l'espèce au Benin, les zones ecologiques favorables actuellement identifiees au Benin se situent entre les parallèles passant par Abomey au sud et celui joignant Natitingou à Gogounou au Nord (PADSE, 2002). Cette zone est indiquee sur la Figure N° 2. Lacroix (2003) propose à la suite de ses etudes que l'on peut donc considerer de façon grossière que la zone allant de Dassa à Natitingou lui convient bien en fonction du facteur edaphique.

2. 1 .2.3. Description de l'arbre

Port

L'anacardier est un arbre formant un feuillage en dôme et pouvant atteindre 20 m de hauteur avec un diamètre de tronc à hauteur d'homme de 25 cm en conditions favorables. Le fût est relativement court et généralement bas branchu donnant une apparence d'arbre étalé. Le tronc est rugueux, résineux, légèrement gris ou brun (Jayaweera, 1981et Johnson, 1973et Meijer, 1983et Purseglove, 1968et Van Eijnatten, 1991et Chadha, 1985). L'anacardier a un port hémisphérique (globuleux) de type arbre fruitier et la hauteur indiquée plus haut est seulement possible dans son aire originale. Dans nos conditions, elle dépasse rarement à 10 m environ. Lacroix (2003) remarque qu'à Bassila 2

8

la hauteur avoisine 10m et le tronc peut atteindre un mètre de diamètre à la hauteur de la poitrine (soit 1,3 ou 1,5 mètres de haut). La concurrence arborée occasionne une compétition pour la lumière qui amène l'anacardier à pousser ses branches le plus loin possible dans la cime de l'espèce concurrente, mais jamais à l'intérieur car ses bourgeons ont besoin de lumière pour se développer. Le port s'en trouve alors tourmenté, avec un fût court et tortueux. En cas de concurrence herbacée ou de pauvreté du sol, la densité de son feuillage diminue et au lieu d'avoir un port touffu, il adopte un port lâche qui produira peu de fleurs et peu de fruits.

Feuilles, branches et bois

Les feuilles de l'anacardier sont simples, alternes, oblongues, lancéolées ou ovales, arrondies au sommet, cunées à la base, parcheminées, glabres, coriaces et possèdent une cuticule épaisse avec des nervures saillantes à la face supérieure. Elles mesurent de 7 à 18 cm de long sur 5 à 12 cm de large et sont portées par un pétiole de 1 à 2 cm environ, épaissi à la base. Le limbe est cassant et le pétiole aussi à sa base. La couleur de la face supérieure des feuilles est vert foncé et est plus claire sur la face inférieure. Les feuilles sont marquées de 10 à 15 paires de nervures latérales.

Les branches sont extrêmement sensibles au feu, et lorsque les branches sont détruites par le feu, il faut de longues années avant que l'arbre ne refasse sa couronne et ceci d'autant plus que l'arbre est âgé. A l'état naturel, les branches touchent rapidement le sol et peuvent même provoquer des marcottes naturelles.

Fleurs et leur physiologie

L'anacardier porte à la fois des fleurs unisexuées mâles et des fleurs hermaphrodites. De couleur blanche ou jaune pâle striées de rose ou rouge- vert, elles sont nombreuses, regroupées en panicule ou cymes terminales et sont odoriférantes. Les pétales sont au nombre de 5 avec 10 étamines. Les fleurs sont couvertes de larges bractées légèrement pubescentes. Les fleurs hermaphrodites sont

2 Kouandé et Bassila partagent la même aire de distribution et des conditions climatiques similaires.

groupées en racèmes, d'un côté de la branche. L'espèce est donc allogame, ce qui rend difficile le processus de sélection en faveur de l'amélioration de cette plante (Tandjiekpon, 2005). Les fleurs apparaissent généralement vers la fin de la saison des pluies aux endroits de la couronne touchés par les rayons du soleil. Il faut donc à l'anacardier beaucoup de lumière pour donner le maximum de rendement. Il est important de prendre en considération cet élément dès le semis de manière à offrir à l'arbre une place suffisante tant en surface qu'au niveau du système radiculaire. Dans le cas où les arbres auraient été plantés trop près les uns des autres et se toucheraient, la floraison n'apparaîtrait plus alors que les branches forment une table au sommet de l'arbre et pourrait entraîner une déperdition de la fructification de l'ordre de 30%. Au Bénin, la récolte court de Janvier à Avril avec le pic en Février et Mars.

Ce point est essentiel pour comprendre la culture de l'anacardier. Les bourgeons floraux sont héliophiles. Les fleurs apparaissent là où le soleil atteint les bourgeons. Dans le cas d'arbres serrés et qui se touchent, la surface de floraison et de fructification est réduite et la production également (moins 30 % environ, parfois plus) (Lacroix, 2003). De plus, la concurrence racinaire diminue la qualité des fruits. La surface de la couronne exposée à la lumière conditionne la productivité de l'arbre individuel. Une plantation en quinconce devrait théoriquement donner de meilleurs résultats qu'une plantation en carré. La question de la densité impacte donc beaucoup la production et la qualité des noix récoltées. La première floraison peut subvenir après 2 ans ou plus et la production normale commence vers 5 à 7 ans. Si l'arbre est planté dans des zones bénéficiant de deux saisons sèches3, il pourra fleurir à deux reprises au cours de l'année. La fructification se passe en deux temps. La noix de cajou se développe en premier lieu jusqu'à atteindre sa taille et volume maximaux (en 30 à 35 jours) et puis le pédoncule, jusque là normal, se développe considérablement et très rapidement jusqu'à devenir la pomme de cajou, charnue. Lors de cette phase, la noix placée sous le faux fruit perd de l'humidité, diminue de volume, s'assèche, se rétracte et durcit. Le fruit de l'anacardier offre donc un aspect inhabituel : la noix ressemble à un appendice placé sous la pomme. Les noix sortent également de l'ordinaire : elles sont réniformes (en forme de rein), de 2 à 5 cm de long et de 1,5 à 3,5 cm de large selon la variété. Une fois à maturité, le fruit se détache de l'arbre et tombe sur le sol où il devra être ramassé très rapidement afin de lui conserver toutes ses qualités et d'éviter qu'il ne soit attaqué par des ravageurs, des insectes ou autres champignons. En cela la période de récolte et les opérations pré-récolte représentent des données fondamentales de production de noix d'une certaine qualité ou répondant à des normes précises.

3 Kouandé bénéficie du climat soudanien avec juste une saison sèche par an.

La noix et la pomme de cajou

La noix (de cajou) grise ou brune et qui pèse le tiers du poids du fruit entier, est un akène4, qui atteint son plein développement en un mois environ après la fructification. Sa dimension est de trois à cinq centimètres. Elle est composée d'un péricarpe dont la partie intérieure est très dure et la partie extérieure, spongieuse et d'une amande comestible qui est riche en huile et en sucres, l'anacarde ou kernel en anglais. Entre les deux structures du péricarpe, on découvre

une partie plus molle en «ruche d'abeilles« contenant un liquide visqueux brun foncé qui rendra assez difficile l'extraction ultérieure de l'amande du fait de sa toxicité et de sa haute caus ticité. Ce produit toxique est appelé baume de cajou, ou en anglais CNSL (Cashew Nut Shell Liquid). Il s'agit d'une résine phénolique aux propriétés très particulières qui contient 90% d'acide anacardique et 10% de cardol. Cette substance est notamment utilisée dans des applications d'ordre industriel. (Jayaweera, 1981et Johnson, 1973et Meijer, 1983 et Purseglove, 1968et Van Eijnatten, 1991et Chadha, 1985 cités par A. Tandjiekpon, 2005).

La queue charnue (pomme) a une forme de poire rouge, jaune ou orange ou rouge écarlate selon la variété, mesurant cinq à dix centimètres de longueur et contenant un jus sucré, acide et astringent appelé pomme cajou. Elle possède de grandes qualités anti-scorbutiques en raison de sa teneur en vitamine C qui est environ cinq fois plus élevée que celle d'une orange. (Jayaweera, 1981et Meijer, 1983et Van Eijnatten, 1991). Il représente en moyenne les 4/5ième du poids total de l'ensemble du fruit (noix et pomme), (URF, 2000). La composition en nutriments est présentée dans le tableau N°1.

Tableau N°1 : Valeur nutritive moyenne pour 100g

 

Valeur nutritive moyenne pour 100g

 

Eau: 4,0 g

fibres : 3,5 g

valeur énergétique : 600 kcal

en kJoules : 2508

Protéines: 18,6 g

lipides : 49,3 g

glucides : 20,5 g

sucres simples:

Oligo-Eléments

 
 
 

Potassium : 668,0 mg

phosphore : 466,0 mg

magnésium : 252,0 mg

calcium : 38,0 mg

Sodium: 14,0 mg

fer : 5,20 mg

cuivre : 3,70 mg

zinc : 2,10 mg

Manganèse : 0,80 mg

nickel : 0,50 mg

fluor: 0,14 mg

molybdène : 0,01 mg

Vitamines

 
 
 

vitamine B1 : 0,43 mg

vitamine B2 : 0,16 mg

vitamine B3: 1,80 mg

vitamine B5: 1,60 mg

Acides Gras

 
 
 

Saturés :

mono-insaturés:

poly-insaturés:

cholestérol:

Source : Raintree Nutrition, 2008

4 Fruit sec qui ne s'ouvre pas, mais se détache entièrement de la plante mère

Racines et leurphysiologie

Le système racinaire de l'anacardier est formé souvent d'une racine pivotante centrale et des ramifications racinaires latérales horizontales. La racine principale peut atteindre 3 m de profondeur. Lorsque le diamètre de la cime atteint deux puis quatre mètres, les racines latérales produisent de nouveaux pivots à 2 puis 4 mètres environ du tronc à partir des racines latérales, ce qui est très particulier et essentiel à comprendre pour la culture de l'arbre.

Les racines à l'âge de 9 mois ont une longueur égale à environ 1,5 fois la hauteur du plant. Sachant que le pivot central ne doit pas être coupé puisque son bourgeon terminal n'est pas remplaçable, on peut théoriquement conseiller de planter la graine en semis direct ou le transplanter avant que l'extrémité du pivot n'atteigne le fond du sachet de pépinière. Si on veut utiliser la technique des sachets en pépinière, le temps de pépinière ne doit pas dépasser 45 jours avec de grands sachets, sous peine d'avoir des plants dont la racine pivot centrale serait coupée et d'avoir des plants à croissance faible dans les premières années. On comprend facilement l'importance de la grandeur de la trouaison (trou de plantation) lors de la plantation, afin de faciliter le développement de cette racine pivotante fragile dans le jeune âge. La trouaison est une question de norme de production pour produire en quantité et en qualité des noix de cajou.

Les racines de l'anacardier entrent rapidement en concurrence lorsque les racines de deux arbres proches se rejoignent. En effet, dans la région de Bassila, l'approvisionnement en eau est faible surtout en fin de saison sèche et il est souhaitable que l'arbre reçoive un maximum d'eau afin de produire des noix dans les meilleures conditions possibles. L'anacardier est une espèce à croissance rapide et, comme toutes les espèces de ce type, elle est très exigeante en eau (Lacroix, 2003). Dans le sol, les racines couvrent un diamètre un peu plus large que la projection des branches au sol. En clair, si l'on a une cime de 22 mètres de diamètre, on peut trouver des racines sur un diamètre de 24 ou 26 mètres. Ainsi, dès que deux arbres ont des branches qui ne sont plus séparées que d'un mètre, leurs racines entrent déjà partiellement en compétition. Dès que la concurrence joue, les fruits n'arrivent plus à se développer de la même façon. Si la concurrence est forte, on se retrouve avec des noix et des amandes plates, de faible poids et de mauvaise qualité. La densité de semis ou de la plantation adulte, est donc une notion importante qui entre en ligne de compte de norme de production de noix de qualité.

Vu que l'anacardier réagit à la sécheresse en étendant son système racinaire latéralement
(horizontalement), l'écartement doit être d'autant plus grand que le sol est sec ou l'eau indisponible.
Le non respect de cette consigne conduit à des arbres malingres dont la production à l'hectare en

noix de cajou est très faible. Les anacardiers consomment environ entre 2 et 2,5 kg d'azote par ha et par an à l'âge adulte. Les racines verticales peuvent descendre à plus de 6 m de profondeur dans un sol bien oxygéné.

Les racines de l'anacardier en sol argileux ou asphyxique, du fait du manque d'oxygène, ne dépassent pas 2 m de profondeur. Le guide technique de l'INRAB indique, en effet, clairement que la plantation d'anacardier ne peut prospérer sur un sol inondé ou hydromorphe. Un calcul réalisé pour la région de Parakou indique que l'écartement entre les lignes doit être de 134 % du diamètre de la couronne à l'âge de 20 ans (Lacroix, 2003). Ce qui fait bien plus que ce qui est couramment admis. Moins le sol est profond, moins le sol peut retenir d'eau, et plus l'écartement entre les lignes doit augmenter et dans le pire des cas un écartement de 20 à 25 m sera conseillé, mais pas plus. Mais de manière générale, l'INRAB conseille 10mX10m comme écartement.

2.1.3. Variabilité du rendement en noix

Les conditions de culture discriminent, en effet, les zones de production du point de vue rendement (voir tableau et graphe ci-dessous). Il varie en effet en fonction du climat, mais aussi de la fertilité de la terre, des méthodes de conduite, du choix des semences et de l'entretien des plantations. On estime qu'un arbre produit en moyenne 15 kg de fruits par an sur toute sa vie, avec une pointe vers la dixième année à 30kg. En ce qui concerne la noix de cajou, le rendement mondial moyen, malgré des variations périodiques, n'a pas connu de baisse importante. Il est en moyenne de l'ordre de 550kg/ha sur la période 1960-2001, mais varie tout de même selon les pays. Certains pays comme le Kenya (6 kg/arbre en moyenne) se trouvent bien en deçà de ce chiffre (Tandjiekpon, 2005). D'autres ont un niveau de productivité plus important, c'est le cas notamment du Sénégal, avec 800 kilos par hectare (contre 150 en 1990) ou de la Guinée Bissau dont le rendement est certainement le plus important en Afrique avec 1.200kg/ha. Une plantation d'anacardier en âge moyen peut produire entre 670 et 1350 kg de noix par hectare mais la densité de plantation influence fortement la productivité des arbres individuels (Foltan and Ludders, 1995 et Mariappan et al., 1995 cités par A. Tandjiekpon, 2005 ). Le tableau N°2 présente la comparaison:

Tableau N°2 : Comparaison de l'évolution des rendements au Bénin, en Afrique de l'ouest et de l'Afrique

ANNEES

RENDEMENTS (hg/ha)

BENIN

AFRIQUE DE

L'OUEST

AFRIQUE

1991

1428

4369

8849

1992

1500

3239

8790

1993

1538

5810

8617

1994

1500

8993

9040

1995

1538

8345

9660

1996

1515

5603

9495

1997

1515

14483

9649

1998

1666

10124

10603

1999

2162

23464

11124

2000

2162

18876

11103

2001

2162

20784

9693

2002

2162

23460

9919

2003

2216

23250

10305

2004

2311

31593

10307

2005

2157

35019

9960

Source : FAO, 2008

Graphe N°1 : Evolution comparée des rendements

Situation dans le monde

Plusieurs pays dans le monde sont producteurs des noix brutes de cajou. La figure N°3 présente le cartographie de ces pays avec les régions.

Figure N°3 : Cartographie des pays producteurs dans le monde, FAO.

Tendances et exportations

Le commerce international des noix brutes d'anacardier doit s'accroître en volume, en valeur dans le temps selon les études jusque là effectuées. En général, les noix comestibles ont connu une relative croissance rapide autour de 2,7% par an depuis plus de trente ans. Selon The United Nations Yearbook of International Trade Statistics, leur valeur est passée de US $1,94 en 1980 à US $2,84 milliards en 1990. Le tableau 3 et le graphe 2 ci-dessous illustrent les volumes exportés sur une période de quinze ans allant de 1989 à 2005.

22

l'écrasante proportion des importations de

s amandes. Mais les noix brutes transformées dans ces

: Nigéria, Guinée
Tanzanie et

pays proviennent, en outre, des productions locales des pays d'Afrique (Ouest Bissau, Bénin, Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Sénégal, Ghana, Togo et Est : Kenya,

Tableau N°3 : Evolution des exportations(en tonnes)

ANNES

VOLUMES EXPORTEES (Tonnes)

1989

71892

1990

87356

1991

125517

1992

116676

1993

130676

1994

210461

1995

202381

1996

214347

1997

260673

1998

245478

1999

444282

2000

331062

2001

366852

2002

415836

2003

411689

2004

508523

2005

494497

Source : FAO, 2008

Graphe N°2 : Evolution des exportations dans le monde

Les grands exportateurs sont les USA, l'EU et accessoirement quelques pays d'Asie et d'Amérique latine. De l'autre coté de l'Inde, le Brésil, l'Australie et depuis peu le Vietnam et la Chine

se partagent

Australe: Mozambique, Angola). Les prix mondiaux des amandes varient en fonction de la taille, de
la classe et de la composition du produit. W320 (320 amandes par lire) est la catégorie en forte
demande et reste la référence pour la fixation des prix, mais les W180 and W210 sont les plus hauts

grades. Aussi, les prix internationaux des amandes sont-ils influences par le comportement des acteurs du marche. Il n'y a pas de prix de marche fixe et le marche est speculatif (FAO, 2004).

La qualite des noix est de grande importance. La grande qualite est le critère pour le succès sur le marche international.

2.2. LE CADRE THEORIQUE

Deux grandes approches seront ici abordees : les theories de croissance economique et de la normalisation et les theories de fabrication des normes.

2.2.1. La normalisation et la croissance économique : les théories

La theorie economique classique sur la croissance economique stipule que la croissance economique est fonction des facteurs de production que sont la terre, le travail/la main -d'oeuvre et le capital (DTI, 2005). C'est l'approche « ricardienne » resumee par la fonction de production. Selon ce postulat, on ne peut accroître l'economie que lorsque l'on accroît les inputs (terre, main-d'oeuvre, capital). De plus en plus, elle s'est montree moins realiste puisqu'on ne peut indefiniment accroître les inputs dans un contexte de rarete des ressources, laquelle rarete definit d'ailleurs l'Economie elle- même (DTI, 2005).

Le modèle neo-classique decrit de façon plus formelle par la fonction de production COBBDOUGLASS associe la croissance à des facteurs de production pour une technologie donnee. Mais, c'est Meade (1962) qui introduit une nouvelle donnee importante de nos jours, à savoir le temps ou plus explicit ement le progrès technique. Non seulement, cette approche corrige les lacunes des approches precedentes, mais elle rapporte que l'efficience ou la productivite de l'utilisation des facteurs de production est un element determinant dans la croissance. C'est ce que constate Centre for International Economics (avril 2007) : la production s'accroît si la productivite et l'efficience avec laquelle les divers facteurs de production sont utilises augmentent. La productivite totale des facteurs (total factor productivity : TFP) mesure le produit pour un niveau d'utilisation d'un facteur donne. (Voir aussi Hayami et Ruttan, 1997). Au titre des facteurs qui ameliorent le PTF, on note l'education, la recherche et developpement (R&D), et les normes. Une etude de NSB reportee dans l'etude de DTI, souligne que les normes ne sont pas une « baguette magique » pour la croissance economique. Selon cette etude, sans l'innovation ou la creation de nouveaux produits, processus de changements organisationnels, l'expansion des normes pourrait conduire à la diminution de leur contribution au bien-être. Ainsi, elle conclut que dans la plupart des conditions d'entreprises, la relation entre les normes et l'innovation est complementaire- tous sont necessaires au succès des innovations. Ainsi donc, il ne suffit pas d'avoir un stock eleve de normes pour avoir une croissance

élevée. Une récente étude conduite en Grande Bretagne étaye cette réalité et établit une relation entre la croissance économique et les normes (DTI, 2005). Cette étude a soulevé des controverses au niveau d'autres analystes qui pensent que ce résultat pourrait être lié aux données disponibles et à la spécification du modèle. Mais, ils reconnaissent par la même occasion la relation entre les R & D et la croissance économique. Shanks et Zheng (2006) ont montré combien l'établissement de cette convention pourrait être étendu à d'autres aspects.

Deux approches fondamentales sont utilisées pour inclure le stock des normes dans les modèles de croissance. L'une considère les normes comme une croissance du niveau de connaissances et l'autre les intègre comme inducteur de croissance de niveau de connaissances. Une équation de croissance utilisée en Australie se présente comme suit: ln (TFP) = a + b.ln(R&D Stock5) + c. ln(Stan dards stock6). Ce modèle s'est révélé significatif. Cette étude conclut qu'il existe une relation entre la croissance, les normes et les connaissances. Elles donneraient corps ou aideraient à diffuser les connaissances.

Qu'elles établissent formellement une relation directe entre les normes et la croissance économique ou non, ces études rejoignent le modèle de Meade (1962) et suggèrent une relation entre les normes et la croissance économique.

2.2.2. La fabrication des normes : les bases théoriques

Le point sur les théories sur la normalisation et sur les recherches peut se résumer ainsi qu'il suit:

Le discours académique sur les normes aujourd'hui met l'accent sur les dimensions techniques et instrumentales des programmes. Hesser et Czava (1999 : p.2) ont décrit le débat académique actuel comme concentré «...sur les normes et leurs applications pour la politique, le commerce international et les stratégies des compagnies»

La littérature sur la gestion des entreprises, de l'ingénierie et du droit l'a traité comme un concept orienté vers les transformations instrumentale et industrielle.

Par contre, les sciences de sociologie, de la philosophie, les sciences politiques et de la communication sont allées plus loin en étudiant le phénomène de normalisatio n technique per se.

Plusieurs corps de théories suggèrent de significatives contributions pour l'établissement des théories de normalisation. Ces domaines renferment des sciences politiques avec leur base pour l'identification des intérêts communs et leur méthodologie heuristique, les sciences technologiques et de la société et leurs théories sociales de constructivisme et la théorie de la sphère publique avec ses études de démocratie délibérative et sa pratique discursive. Ces corps de théories peuvent être utilisés

5 R&D stock signifie une accumulation dans le temps (années) des recherches développement

6 Standard stock signifie l'accumulation des normes ou de leur nombre dans le temps (années)

pour aborder le concept de normes suivant trois perspectives disciplinaires : politique, technologie et implementation/execution (Schoechle, 2007). Et ce sont ces aspects non techniques que nous examinerons ici.

2.1.2.1. L'approche des sciences politiques et sa théorie centrale

L'approche des sciences politiques pour l'analyse des issues politiques est très heuristique- une methode de recherche qui est utile et ressort les etapes observees pour la decouverte des elements importants et leurs interrelations. Ces etapes sont categorisees primairement en processus de decision, processus social et orientation du problème, mais incluent aussi l'identification de l'interêt commun et la reconnaissance du postulat de maximisation. La formulation du modèle theorique est la suivante : Chaque acteur est prédisposé à accomplir des actes tels qu'attendus pour rendre l'acteur meilleur que possible.

ü le processus de décision

Le processus de decision est specialise dans la mise en forme et le partage du pouvoir. Les participants et leurs diverses perspectives, situations, valeurs de base, strategies et resultats attendus sont analyses sous le processus social. La demarche heuristique du processus de decision subdivise le processus de decision en sequences incluant dans l'ordre l'intelligence, la promotion, la prescription, l'invocation, l'application, l'interruption/la realisation et l'evaluation.

ü Le processus social

Le terme participant englobe tous ceux qui sont activement engages dans le discours et ceux qui sont affectes par ou qui ont des interêts pour le resultat. Ce sont des parieurs en d'autres termes. Le processus heuristique social examine ces participants et leurs diverses perspectives, situations, valeurs de base, strategies et resultats attendus. Une part importante de ce processus socia l concerne les pratiques institutionnelles. Une pratique selon Lasswell, est un modèle de perspectives et opérations qui sont typiquement spécialisées dans la mise en forme de classes de valeurs. Plus loin, il définit une perspective comme les identités, demandes et attentes de ceux qui sont engagés dans la pratique. Les opérations sont des comportements de routine tels que les actes externalisés et internalisés, ou les actes de ressources ou signe de manipulation (Lasswell, 1950).

ü L'orientation du problème

L'orientation heuristique du problème examine les buts, tendances, conditions, projections et alternatives relies à la politique ou à la normalisation et leur contextualite. Les buts de n'importe quelle politique ou projet de normalisation sont ancres dans leurs prescriptions (exemple du droit, des politiques, des normes...), mais ne doivent être ainsi articules et bien que leur objectif ultime soit l'accomplissement des buts preetablis ou non au niveau de certains participants. Les buts politiques

preetablis doivent 'etre differents des resultats politiques couramment attendus ou des buts politiques desires. Par exemple, dans le cas des telecoms, les normes peuvent 'etre cre ees dans le but d'un marche ostensiblement stabilise et de service de qualite - mais pour certains participants - le reel objectif pouvant 'etre la propriete intellectuelle ou la legitimation de monopoles.

2.1.3.2. L'approche des sciences technologiques et sociologiques

Les etudes de technologie et des societes emergent des disciplines de philosophie et de sociologie.

ü Le constructivisme social

Dans le modèle de construction de la technologie (SCOT) les participants, composes de groupes sociaux pertinents/dominants et à travers leurs interactions, creent les technologies et les artefacts technologiques à travers un processus d'interpretation flexible.

«Dans ce modèle descriptif, un artéfact ne peut soudainement muer en un résultat, un acte momentané d'un inventeur héroïque et plutôt, il est graduellement construit ou déconstruit dans les in teractions sociales des groupes sociaux dominants» (Bijker, 1993: p119). Les normes formelles/officielles peuvent 'etre perçues comme une creation de ces groupes sociaux.

ü La flexibilité interpretative

L'interpretation flexible est le processus par lequel ces groupes sociaux varies donnent un sens et une utilite à ces artefacts, et par lequel ces artefacts doivent trouver differentes applications comme envisagees par les inventeurs originels ou developpeurs. La traduction des exigences morphologiques et de poids des noix de cajou, etablissant la norme de qualite, en des conduites de plantations est bien une expression de cette flexibilite interpretative.

ü Les ensembles sociotechniques

En reaction aux approches traditionnelles positivistes des sciences politiques et economiques, et au reductionnisme du determinisme technologique, l'ecole des STS a allie les elements technique et social dans une interaction dialectique avec une analyse finale : «le technique est socialement construit et le social est techniquement construit». Dès lors que les normes techniques sont socialement construites à travers un corps dynamique de principes, ces theories suggèrent que l'operation des ensembles sociotechniques et leurs groupes sociaux dominants peuvent servir de base à la theorie de normalisation. Le constructivisme social offre une plateforme theorique sur laquelle les theories de normes sont à construire et l'arène des normes offre une place pour atteindre le but du projet constructiviste.

Les reglementations et normes peuvent 'etre etudiees comme activant et supportant les reseaux de firmes et d'autres groupes dominants qui sont engages dans la construction de la technologie.

2.1.3.3. L'approche des théories de la sphère publique

Cette approche met les «protagonistes>> de la fabrication des normes dans une position d'acteurs intervenant dans une arène, ici publique, où le pouvoir, sa détention et son usage sont les éléments déterminants.

Discours éthique

L'établissement des normes peut être vu comme une forme de disc ours éthique tel que défini par Habermas. L'essence de ce discours éthique est que les principes éthiques universels et la relation entre justification, et l'application des normes peuvent être socialement construites à partir du discours rationnel basé sur le langage. Dans ce modèle, Habermas poursuit son exposé en engageant la proposition selon laquelle les normes réellement bien négociées peuvent être déterminées à travers le consensus et le groupe suivant les principes procéduraux du discours rationnel et lesquels principes impliquent ce qu'il appelle «le discours idéal>>.

La sphère publique

C'est un forum pour le discours éthique qui repose essentiellement sur ces principes de discours idéal ou règles d'argumentation. De tels principes comprennent l'accès libre, les droits égaux de participation, la véracité de certains participants, l'absence de coercition, etc. La notion propre à l'idée de la sphère publique donnant les principes du discours idéal, est que l'homme raisonnable devrait être à même d 'aboutir au consensus ou à un agrément substantiel sur les issues de l'intérêt mutuel.

L'établissement des normes peut être aussi vu comme une forme de sphère publique qui donne corps à une pratique sociale spéciale. La sphère publique telle que conçue par Harbemas est un espace public conceptuel où les privés se mettent ensemble pour engager le discours rationnel sur les matières d'intérêt mutuel.

L'action communicative

Habermas (1983) propose pour résoudre le conflit entre privé et public, l'intersubjectivité par laquelle les intérêts subjectifs du conflit sont évacués à travers la création discursive de l'opinion publique qui reconnaît l'égalité des droits privés et publics.

Pour l'auteur, la démocratie légitime procéderait non pas seulement de la majorité mais par la qualité discursive de la délibération qui a abouti à la décision. L'établissement des normes à contrario de la législation et de la gouvernance démocratique usuelle, n'est pas seulement une question de majorité mais surtout de consensus.

Le processus de la rationalité discursive transforme les disputes normatives en satisfaction mutuelle : c'est le discours pratique. Il propose trois étapes pour ce discours : les participants doivent parler le même langage naturel suivant les mêmes conventions générales et les participants doivent désirer l'aboutissement à un agrément et doivent défendre ce qu'ils pensent être bon et et les participants doivent fournir les arguments, preuves de leur assentiment, et non simplement être à la recherche de comportements commodes ou résultats.

Au troisième niveau, il trace la distinction entre l'action stratégique qui concerne seulement les résultats externes (influence politique, menaces, coercition, rhétorique utilisée...) et l'action communicative qui concerne la valeur du meilleur argument. L'action stratégique introduit les distorsions dans le processus du discours idéal.

L'établissement des normes a été longtemps perçu pour institutionnaliser ces mêmes règles d'argumentation basée sur l'action communicative, peut-être avec la mesure du succès.

Les processus officiels de fabrication des normes sont constitués de procédures et règles qui se retrouvent dans le discours idéal habermasien, ses règles et son argumentation. Les directives opérationnelles des organisations internationales de normalisation (ISO, IEC, JTC, ITU, IEEE, etc.) et la plupart des organisations nationales ou régionales (CEBENOR, ANSI, CENELEC, etc.) s'appuient sur la liberté, l'ouverture, l'inclusion des «parieurs», l'adhésion libre et le consensus dans la décision et lesquels principes sont compatibles avec le modèle du discours idéal. Sous cet angle, la pratique officielle de fabrication des normes est décrite comme une sphère publique revitalisée dans un contexte de société (technologique/industrielle) moderne.

Force est de constater que cette pratique est sujette à plusieurs formes de distorsions. Avant qu'elle ne fonctionne comme une sphère publique, elle doit s'intéresser à l'identification des «parieurs», leur degré de participation et le rôle de l'expertise et l'accès public. Le degré auquel cette pratique actuelle s'écarte du discours idéal et de la théorie de l'action communicative a donné lieu à deux autres théories : théorie de la rhétorique, issue des sciences de communication et théorie d'analyse institutionnelle issue des sciences politiques.

L'approche des théories de la rhétorique

La rhétorique est l'étude et la pratique de la communication anthropocentrée, parlée ou écrite et et c'est peut-être la plus ancienne des disciplines, née dans la Grèce Antique et longtemps considérée comme indispensable.

La rhétorique est la persuasion - et les institutions juridiques (ex- législative et judiciaire) et de normes
(ex : normalisation) - sont aussi de la persuasion. L'abstraction de l'«action stratégique» par Habermas

n'est pas sans équivoque. Hauser (1999) a critiqué cette approche et propose un modèle rhétorique plus large de la sphère publique - dans lequel les observateurs habermasiens dépendent du discours idéal et de la sphère publique et ainsi << de la compétence des participants et de la validité rationnelle de leur discours...» qui exclut plusieurs arènes où se joue le dialogue public - et <<établit les critères de communication qui sont peu compréhensifs par rapport à l'essentiel rhétorique».

Hauser appelle à un modèle rhétorique de la sphère publique qui met en relief <<un réseau de sphères discursives» comprenant la société civile dont certains membres <<engagent chacun un dialogue continu sur les problèmes publics, les corps constitués et les challenges dans les domaines pour la formation de <<l'opinion publique». Bien que Hauser se réfère à la société en général, le caractère rhétorique et les croyances idéologiques évidentes dans le discours sur les normes, présentent une difficulté pour les membres des comités de fabrication des normes dans l'agrément des discours dominants et et il est clair que l'atmosphère du discours rationnel n'est pas toujours une réalité. A cela, Habermas pourrait répondre qu'un tel discours n'est pas compatible avec les règles du discours idéal et ne constitue pas une action communicative. Mais que faut-il faire ? La pratique de fabrication des normes ne constitue pas un réseau de <<sphères discursives» ou publiques et, peut-être les <<règles» nécessaires sont néanmoins reconnues par les pratiques rhétoriques et donc elles peuvent être effectivement séparées de celles rationnelles.

L'approche de l'analyse institutionnelle

Steinmo (1994, pp106-131), dans cette approche, examine le rôle des institutions, un rôle différent de celui de la culture dans le processus délibératif. Son étude sur les approches américaines de législation pour le bien-être versus celles d'autres nations occidentales, a identifié les voies par lesquelles l'élite ou les organes institutionnels «...constituent essentiellement ceux qui participent effectivement à la politique, comment ils doivent être organisés et qu'est ce qui estpossible d'atteindre ? - irrespectueux de nos idéologies et valeurs».

Les mécanismes identifiés par Steinmo sont particulièrement utiles dans la compréhension des différences institutionnelles et historiques entre les structures de fabrication des normes lorsqu'on passe des USA à l'Europe et à l'Afrique. Le problème n'est donc pas que culturel, mais surtout institutionnel.

Le processus de fabrication ainsi analysé par la littérature est un processus d'élite dans lequel les producteurs de noix de cajou du Bénin ne se frayent aucun passage. Les exemples, mêmes de normes établies au niveau national en sont si éloquents que les producteurs ne se retrouvent pas comme acteurs membres de comités de fabrication des normes. Cela s'accentue lorsqu'on monte dans les structures internationales où la réalité ne s'écarte pas trop de la théorie de domination ou de dépendance (voir Paul Baran, 1957 et A. Gunder, 1970).

2.3. LES NORMES, LA NORMALISATION ET LES DEBATS ACTUELS SUR LA QUESTION

2.3.1. Approches de définition et catégories des normes

2.3.1.1. Norme

La norme, bien que «admise« et intégrée dans notre vie quotidienne, est difficile à définir. C'est un concept qui soulève beaucoup d'équivoques, que toutes les tentatives intellectuelles ont bien du mal à enlever tant ses tenants, implications et appréhensions restent très complexes. La définition sera abordée du point de vue étymologique, sociologique, de quelques auteurs et de celui de certaines organisations de normalisation ou ayant rapport avec les questions de normes.

Etymologiquement, norme dérive du mot latin Norma, et signifie une équerre ou règle de charpentier. Quelques sociologiques se sont penchés sur cette question.

Selon R.M Williams(1930), les normes sont des référence en fonction desquels le comportement est jugé, approuvé ou désapprouvé. En ce sens une norme n'est pas une moyenne statistique d'un comportement actuel mais plutôt une définition culturelle (partagée) d'un comportement désirable. Lorsqu'elle est effective, on assiste à une régularité d'actes sociaux dans des situations récurrentes d'un type particulier. Ainsi, il aura des manières plus ou moins standardisées de se comporter pour faire du commerce, entreprendre un cérémonial religieux ou s'adonner à des jeux organisés.

La place du concept de norme dans les analyses sociologiques du contrôle social ne le dispense d'une pluralité de notions que divers auteurs se discutent. Prenant l'allure d'une quantification de la norme, ou de la relation individu-société, A. Quételet propose la «théorie de l'homme moyen », un personnage fictif dont les conduites possibles sont établies à partir des valeurs centrales dites « moyennes », conduites réelles observées au sein d'une population de référence. Cet homme moyen représente l'homme «normal«. Mais il faut admettre qu'il est bien difficile sinon quasi impossible qu'un individu puisse présenter pour chacune des variables retenues, toutes ces valeurs moyennes.

Pour les structuralistes comme A. Giddens (1984), la structuration de la société procède des normes. La norme a ainsi donc un pouvoir de structuration de la société. Présentes dans toutes les sociétés humaines, les normes sont un élément crucial de l'ordre social. Dans cette tradition, le potentat de la norme est sans pareil : elle exerce une coercition, s'impose aux individus et fonde naturellement leurs pratiques. Par les mécanismes de socialisation primaire et secondaire elles sont intériorisées par les individus. C'est selon le substrat objectif des comportements qu'il faille déterminer et cela n'est nullement le fait de manifestations individuelles mais plutôt de normes. Tout en agissant à l'intérieur

d'un champ d'actions qui témoigne de la sédimentation de pratiques antérieures et récurrentes, l'individu n'en participe pas moins à la production et à la transformation de ce cadre spatio- temporel, les normes.

L'anomie durkheimienne est bien illustrative de la notion de norme. Le suicide anomique est celui commis en état de dérèglement, de passions moins disciplinées au moment elles en ont besoin le plus.

L' «habitus« de P. Bourdieu (1930) aborde aussi la notion de norme tout en la nuançant. L'»habitus« suppose l'autonomie effective des individus. L' «habitus« comme système de schémas générateurs de pratiques et de schémas de perception de pratiques est le fruit des expériences vécues, des apprentissages et des processus d'inculcation et par conséquent d'une histoire.

Analysant les éléments de la structure sociale, R.K. Merton (1949) distingue: les buts et intentions et les intérêts définis pa r la civilisation: ce sont les objectifs légitimes proposés par la société à ses membres et qui sont plus ou moins intégrés dans une hiérarchie des valeurs et et une définition et un contrôle des moyens «légitimes« pour atteindre ces buts. Pour lui, les normes et les objectifs agissent de concert non pas dans un rapport constant, pour ainsi déterminer les pratiques les plus répandues.

Les contributions de ces auteurs permettent aux analyses sociologiques de mieux cerner les relations existant entre d'une part les normes et les pratiques et entre les normes et les orientations culturelles générales de la société d'autre part. En clair la sociologie admet aujourd'hui la pluralité de normes et appréhende la norme comme une médiation entre les valeurs et des pratiques. Si, pour certains, les normes exercent des pressions sur l'individu et sont indispensables à l'action sociale, elles ont pour d'autres une dimension positive. Mais revisitons quelques auteurs actuels qui ont abordé le débat sur les normes et leurs relations économique, sociale ou politique. Ici, il s'agit beaucoup plus des définitions à forte teneur technique, industrielle et économique.

Pour David (1995) les normes sont des documents qui fournissent « des spécifications techniques auxquelles peut adhérer un producteur, soit tacitement ou comme résultat d'un accord formel«. Standards Australia définit la norme comme «...un document publié qui fournit des spécifications etprocédures pour attester qu'un matériel, un produit, une méthode ou service estfait pour les objectifs désignés et par conséquent est performant tel que prévu.« Un moyen général de caractériser une norme est de dire et il s'agit de «comment faire...« ou «how to...«. Utilisant la terminologie de l'historien Joel Mokyr (2002), la connaissance peut être vue comme connaissance proposée (quoi) et la connaissance prescrite (comment). L'ensemble de la connaissance proposée (connaissance des lois physiques, des sciences naturelles, chimie etc.) est traduit - à travers la R & D, expérimentation, pratique etc....- en un ensemble de techniques faisables ou en connaissance de comment faire. Cet ensemble de techniques

faisables est traduit en un ensemble de techniques réellement en pratique, fonction de la variété des facteurs comme la pression du marché, les fluctuations des prix, la demande... Les normes entrent en image en devenant une part de la transition entre le quoi et le commentfaire... c'est pourquoi, la norme codifie la connaissance concernant comment partir des choses construites ou fabriquées dans l'optique de comment se comporter dans certaines circonstances.

Les normes consistent en « une collection de spécifications techniques, de termes, définitions et principes de classification et de labellisation. Elles englobent les règles de mesures établies par régulation ou autorité (normes) et un système de classifications basé sur des attributs quantifiables (grades) (Farina et Reardon, 2000).

The Compact Oxford English Dictionary cité par le Rapport Mondial sur le Commerce (OMC, 2005) propose deux définitions: «un niveau requis ou admis de qualité ou de convenance» et «quelque chose utilisée comme une mesure, un étalon ou modèle en évaluation comparative». Ce même rapport fournit un exemple pour étayer ces deux approches de définitions. La nécessité qu'un chocolat ne contienne pas plus de 5% de graisse végétale (en place du beurre de cacao) dans le but de garantir le nom «chocolat«, pourrait probablement bafouer la première définition d'une norme. La nécessité pour les feux de circulation d'utiliser trois couleurs (rouge, jaune et vert) pourrait bafouer la deuxième définition, mais pas forcément la première. La différence entre ces deux exemples est que dans le premier cas, la norme est mesurable (faible ou fort pourcentage de graisse végétale) alors que le second ne l'est pas. Pour une analyse économique des normes, la différence entre les normes se rapportant aux caractéristiques mesurables et celles se rapportant aux caractéristiques

qui ne peuvent

l'être, est bien importante. de l'OTC 7

L'Organisation Mondiale du Commerce, définit, à l'annexe 1 , la

norme comme «document approuvé par un organisme reconnu, qui fournit, pour des usages communs et répétés, des règles, des lignes directrices ou des caractéristiques pour des produits ou des procédés et des méthodes de production connexes, dont le respect n'est pas obligatoire«. L'accord sur les OTC met donc l'accent sur le caractère volontaire d'une norme et propose la définition d'un concept plus contraignant, le règlement technique: «document qui énonce les caractéristiques d'un produit ou les procédés et méthodes de production s'y rapportant, y compris les dispositions administratives qui s'y appliquent, dont le respect est obligatoire «.

7 OTC: Obstacles Techniques de Commerce est un des plus importants des accords spécifiques liés à l'accord cadre de l'OMC qui est actuellement le GATT. Il se place d'ailleurs au dessus du GATT, c'est-à-dire que ses dispositions priment en cas de conflit avec les dispositions du GATT et s'appliquent aux normes et programmes de certification. Les obstacles techniques de commerce représentent une des raisons d'être de l'OMC et concernent toutes sortes d'handicaps artificiels que ces nations commerçantes, bien qu'ayant ratifié l'accord cadre de l'OMC, pourraient être tenté d'utiliser, si ce n'est déjà le cas, pour protéger leur marché local ou leur part de marchés...

L'Organisation Internationale de la Normalisation (ISO,1996) définit les normes comme «... des accords documentés contenant des spécifications techniques ou d'autres critères précis à utiliser de manière cohérente comme règles, directives ou définitions, afin d'assurer que les matériaux, produits, processus et services sont adaptés à leur objet«. (ISO, 1996). Cette d éfinition rencontre presque un large consensus comme d'ailleurs l'institution ISO. Le système ISO/CEI est explicitement reconnu dans l'Accord OTC comme établissant des normes acceptées internationalement (FAO, 2004).

En référence à ces nombreuses approches de définitions, nous retiendrons une mixité pour caractériser notre sujet. Nous entendons ainsi donc, dans le cadre de ce sujet, comme normes de production, l'ensemble des mesures culturales techniques ou non, décrites dans le référentiel technique de production des noix de cajou (INRAB et PADSE, 2003) et mises en relation avec la qualité dans la fiche signalétique de bonnes pratiques agricoles pour une production de noix d'anacarde de qualité au Bénin et modèle de fiche technique de suivi d'une plantation (DPQC et FAO, 2004). Il s'agit donc des principes normés de conduite de la culture et expérimentés pour obtenir des noix d'anacarde brutes conformes aux normes de qualité

internationales (CEE/ONU). En effet, la qualité de la noix brute participe fortement de celle des produits dérivés- dont l'amande, la noix grillée (objet de la norme ISO 6477), le baume, le CNLS - et joue un rôle important en amont dans la détermination desdites normes. Ces normes répondent aux caractéristiques essentielles détaillées dans les définitions énoncées ci-haut. Elles sont mesurables et non mesurables à quelques égards. La restriction des caractéristiques des normes étant des éléments d'efficacité et du réalisme de l'analyse, nous nous sommes proposés de retenir trois caractéristiques à savoir l'écartement entre les plants8, la période de récolte et/ou la manière dont les noix sont récoltées9 et le mode de stockage. Alors que l'écartement entre les plants est une donnée mesurable, la période de récolte et le mode de stockage des noix ne le sont pas.

2.3.1.2. La normalisation

Ce concept garde une place importante dans les grands débats autour des normes. Elle attire toute sorte de critiques et soulève la question fondamentale à savoir: qui propose les normes pour les autres et pour tous?

La normalisation est essentiellement un acte de simplification, comme le résultat d'un effort
consensuel de la société. Elle appelle une réduction du nombre de quelque chose. Elle ne se limite

8L'écartement entre les plants conditionne la densité de la plantation, hygrométrie de la plantation, toutes choses qui impactent la production en général et l'état des noix récoltées : noix malades, noix moisissurées...

9La période de récolte détermine la maturité des noix et le taux d'humidité atteint avant séchage.

pas seulement à une réduction de complexité, mais se propose de prévenir une complexité non nécessaire dans le futur. La normalisation est à la fois une activité sociale et économique et pourrait être promue par la coopération mutuelle de tous les concernés. L'activité de la normalisation consiste en un document enregistré et agréé basé sur un accord général (Sanders, 1972). FAO (2004) constate que : l'un des principaux objectifs de la normalisation est habituellement que tout le monde adhère aux mêmes normes, c'est-à-dire aux mêmes procédures ou spécifications de produits. Comme on le voit, la normalisation est le processus de création de normes ou de leur harmonisation de sorte à en assurer une large adhésion. Elle se fait de manière consensuelle (par les acteurs du domaine d'activités, les gouvernements...) ou de manière volontaire (individuelle), pour fournir des documents et des normes pour réglementer les échanges. C'est donc le fait d'organisations ou de structures.

La certification est une procédure par laquelle une tierce personne donne l'assurance écrite qu'un produit, processus ou service est en conformité avec certaines normes (ISO, 1996).

2.3.2. Différents types de normes

Avant de proposer une esquisse de classification, il importe de rappeler une notion différentielle entre les types de normes.

2.3.2.1. Différenciation verticale versus la différentiation horizontale

Dans le cas de la différenciation verticale, différentes variétés peuvent être ordonnées suivant une certaine échelle: une variété est meilleure qu'une autre, large qu'une autre, sécure qu'une autre, etc. Une particularité de la différenciation verticale est qu'elle est souvent liée à des différences des prix entre les variétés. Par exemple, les consommateurs acceptent qu'un ordinateur de 512MB soit meilleur qu'un autre de 256MB et auraient envie de payer un prix élevé pour le premier ordinateur. Ceci n'implique pas, néanmoins, que tous les consommateurs achèteront l'ordinateur de la plus grande capacité mémorielle puisque cette décision dépend, parmi tant d'autres, du revenu disponible. Dans le cas des produits différenciés horizontalement, la caractéristique responsable de cette différenciation ne peut être rangée. La couleur est un exemple d'une telle caractéristique ou le goût. Une pomme de cajou acidulée est différente d'une pomme sucrée, mais ces deux variétés ne peuvent être rangées suivant une échelle objective. La différenciation horizontale n'est pas nécessairement associée aux différences des prix entre les variétés. Mais dans la réalité plusieurs normes combinent ces deux dimensions. Le projet de normes établies au Bénin sur les noix brutes d'anacarde renferment des données comme le calibre et le poids de noix et la proportion des noix immatures et ou malades. Seul le concept de «norme minimale» est valable dans la différentiation verticale des

biens . Ce qui signifie que seuls les produits qui atteignent un certain niveau de «qualité» ou plus élevé sont considérés comme respectant la norme prescrite.

2.3.2.2. Les normes publiques versus les normes privées

Quelle différence fait-on entre normes publiques et normes privées? La réponse pose une certaine ambiguïté tant la différence entre ces deux concepts dépend bien de la perspective sous laquelle elles sont examinées. Par exemple, du point de vue du droit international, «les normes publiques« impliquent l'existence du droit national ou local en rapport avec les normes (OMC, 2005). Quand nous observons sous le prisme de l'environnement institutionnel d'élaboration des normes, il apparaît que plusieurs normes, publiques par le droit, sont basées sur des spécifications techniques et initiatives des organisations privées d'élaboration des normes. Une norme peut-elle être considérée comme «publique«?

Du point de vue de la théorie économique, cette distinction entre «normes publiques« et «normes privées« dépend non pas seulement qu'elles soient du droit public, mais bien des intérêts de qui sont pris en compte lors de l'élaboration des normes (OMC, 2005). Dans le cas des normes publiques, il est supposé que les intérêts de tous les acteurs économiques sont pris en compte à l'élaboration des normes. Les normes privées sont entendues comme ne prenant en compte que les profits des entreprises. Implicitement, ces normes peuvent prendre les intérêts des consommateurs, mais seulement si ces intérêts sont aussi les leurs.

David (1987) a proposé une catégorisation des normes basée sur l'effet économique. On distingue aussi une catégorisation basée sur le processus d'élaboration des normes (de facto, de jure, semiouvertes) et une catégorisation des normes basée sur les produits, services ou les processus. De Vries (1999) a proposé une approche systématique de classification des normes.

L'approche de classification des normes de David (1987) se fonde sur les problèmes économiques qu'elles résolvent. Cette approche a été fortement utilisée par plusieurs acteurs (Nicolas et Repussard, 1988 ; Gewiplan, 1988; Swann, 1990), bien que certains auteurs aient élargi la catégorisation, en passant à quatre échelles. Bien entendu, il est difficile qu'une norme corresponde exactement à une catégorie, puisqu'elle peut convenir à plusieurs buts. La distinction s'avère néanmoins importante parce que chaque but de normalisation a son effet économique et les modèles analytiques utilisés pour comprendre ces effets sont différents.

2.3.2.3. Les normes suivant l'effet économique

On peut énumérer quatre types de normes à savoir les normes de compatibilité/interface, les normes de qualité minimale, les normes de réduction de variété et les normes d'information/de mesure.

Les normes de compatibilité ou d'interface

Le développement des technologies de l'Information et de la Communication, en particulier, a démontré la grande importance économique pour la compatibilité et les interfaces. La pensée économique moderne identifie deux phénomènes économiques qui influencent les décisions des producteurs et les consommateurs dans de tels processus. Premièrement, les producteurs et les consommateurs font face à des faux frais (Farrell et Shapiro, 1988; Klemperer, 1987a, 1987b; von Weizacker, 1984). Deuxièmement, les choix du producteur et du consommateur sont influencés par ce qu'on appelle les effets du réseau, ou quelque fois les externalités du réseau (Farrell et Saloner, 1985, 1986; Katz et Shapiro, 1985,1986a, 1986b, 1992, 1994). L'idée de base de ces effets du réseau est qu'il est préférable de choisir un système largement utilisé par les autres.

Les normes de compatibilité ou d'interface aident à étendre les opportunités de marché parce qu'e lles aident à accroître les externalités ou effets sur réseau. Les deux grandes catégories d'externalités sont celles directes et indirectes. La valeur d'être abonné au téléphone dépend évidemment directement du nombre d'abonnés. S'ils sont peu nombreux, l'utilité10 du réseau en est réduite. Au contraire, un propriétaire d'un modèle commun de voiture profite des externalités indirectes du réseau: il ne se préoccupe pas de l'étendue du réseau lui-même, mais il lui est plus loisible de profiter du bon service du réseau et des pièces de rechange compétitifs. Certains auteurs ont tenté de mesurer les externalités de réseau et démontré leur rôle important dans le processus de normalisation : Gandal (1994), Greenstein (1993), Shurmer (1993), Shurmer et Swann (1995), Swann (1987,1990a).

Les normes de qualité minimale ou de sécurité

Les consommateurs font souvent face à une pléthore de normes et ainsi il leur devient difficile qu'elles répondent à leurs buts. Il est à rappeler que l'un des premiers challenges de Engineering Standards Committee (le précurseur de BSI) était de réduire la confusion créée par la prolifération des formes, tailles et qualités des sections d'acier disponibles sur le marché (Berridge, 1978, pp. 876- 877) . Cette confusion impacte la fluidité du marché, le volume des échanges et crée la distorsion du marché.

10 Il est invraisemblable que l'utilité soit une fonction linéaire de la taille du réseau. En effet, une relation linéaire est réelle sous certaines conditions strictes (Swann, 1998). Mais l'utilité pourrait normalement être une fonction croissante monotone de la taille du réseau- à moins que les consommateurs désirent exclusivement le réseau auquel ils reviennent.

La loi de Gresham démontre combien de dommages peuvent être causés au marché lorsque les consommateurs sont confus et sont incapables d'accéder à la qualité avant de commercer. Dans de telles circonstances, les asymétries de l'information entre les acheteurs et les vendeurs peuvent conduire à de graves distorsions du marché (Akerlof, 1970).

Si les acheteurs ne peuvent distinguer la grande qualité de la basse avant l'achat, alors il est difficile au vendeur de la grande qualité de s'assurer un prix rémunérateur.

Leland (1979) a montré que les normes de qualité minimale ou de discrimination de la qualité peuvent permettre de résoudre la loi de Gresham. Si ces normes de qualité existent et sont bien comprises, alors l'acheteur peut, tout confiant, distinguer la grande qualité da la basse avant l'achat, et ainsi le vendeur de la grande qualité s'assure une plus value pour son produit supérieur. Les normes ne sont pas les seuls moyens de venir a bout de la loi de Gresham's mais elles peuvent être l'un des plus effectifs. [Voir aussi Boom (1995) et Swann (1993).]

Par voie de conséquence, les normes de qualité minimale peuvent, plus généralement, réduire les coûts de transaction (Blois, 1990et Hudson and Jones, 1997, 2000cet Jones and Hudson, 1996). En clair, les normes aident à la fois les producteurs et les consommateurs. Les normes protègent aussi les tiers, c'est le cas des normes environnementales (Baumol et Oates, 1971 ; Skea, 1995).

Les normes de réduction de variétés

La réduction de variétés joue deux rôles différents. En premier lieu, elle cherche à exploiter l'économie d'échelle en minimisant la perte proliférante de modèles minimalement différenciés. Les normes de réduction de variété ne nécessitent pas d'être définies publiquement: l'économie d'échelle peut être, en principe, obtenue avec une gamme de modèles idiosyncrasiques. C'est la meilleure fonction des normes de réduction de variétés actuellement connue. Il existe pourtant, un autre rôle important de ces normes, et ceci opère au profit aussi bien du producteur que du consommateur. Les normes peuvent aussi réduire le risque encouru par les fournisseurs, même si cela signifie qu'ils font face à plus de compétition (Swann, 1985). A l'étape de naissance de marchés pour la nouvelle technologie, les normes peuvent jouer un important rôle dans l'atteinte de l'intérêt et la cohésion au sein des pionniers (Moore, 1991). Les normes de réduction de la variété peuvent contribuer à cette cohésion, d'où elles aident le marché à décoller.

Les normes de mesure ou d'information

Les normes d'information et de description de produit sont traitées comme une catégorie au-delà des autres, mais pour plusieurs raisons, elles semblent plus efficientes comme hybrides des trois autres catégories. Les mesures effectuées pour confirmer que le produit est bien ce qu'il est supposé être, pourraient s'avérer intimement liées au type de norme de description du produit. Le producteur

peut affirmer que le produit à vendre est en effet ce qu'il attend qu'il sera, et qu'il réduise ses risques, et aussi les risques de l'acheteur. En principe, le producteur peut acheter avec confiance et sans la nécessité de conduire son test indépendant du produit, que le produit est bien ce qu'il est supposé être. Comme tel, ce genre de mesure certifiée peut aider à réduire les coûts de transaction, et ainsi fait fonctionner correctement les marchés. Barber (1987), Swann (1999), Tassey (1982) ont produit des études. Le concept de la "capture régulatrice" est l'idée que certains producteurs font des lobbyings au point qu'ils peuvent persuader les régulateurs de définir les régulations dans l'intérêt des producteurs plus que celui des consommateurs (comme prétendu au départ). Dans ce contexte, le concept de "coûts de rivalités naissantes" (Salop et Sheffman, 1983) peut être utile. Quelques producteurs de coûts élevés et de grande qualité peuvent trouver leur intérêt dans le lobbying, pas nécessairement pour une norme de grande qualité minimale, parce que celui-ci exclura leurs «rivaux« de coût bas, ou de faible qualité de marché.

2.3.2.4. Les normes suivant ceux qui ont conduit le processus de normalisation

On distingue les normes régulatrices et les normes volontaires :

Les normes mandats ou régulatrices : elles sont souvent élaborées par les agences gouvernementales ou leurs départements et sont renforcées par la législation pour en assurer l'adhésion (F. Teye et al, 2005). Ce sont souvent des guides ou codes écrits sous forme de mandats avec l'utilisation du mot «devra« ou «shall« (F. Teye et al, 2005). Dans le cas des normes mandats, seuls les produits standardisés sont autorisés à circuler sur le marché (OMC, 2005). Les normes publiques peuvent être à la fois volon taires ou mandats (OMC, 2005). Les normes mandats sont communément du domaine de la santé et la sécurité, aussi, des matières associées à la sécurité automobile, aliments, drogues et contrôles environnementaux (WORLD STANDARD SERVICES NETWORK , 2002).

Les normes volontaires sont créées par les ONG et donc sans l'aval de la loi gouvernementale. Elles sont par conséquent effectives seulement en cas de large consensus autour d'elles par les utilisateurs et les bénéficiaires potentiels. Les normes privées sont par définition des normes volontaires (OMC, 2005). Alors que dans le cas des normes volontaires même les produits non conformes aux normes peuvent être fournis (OMC, 2005). Les produits conformes ou non aux normes volontaires circulent dans le marché et créent une confusion entre ces deux types de normes au niveau consommateurs. Le rôle du label y devient donc important. En cela le gouvernement peut obliger les producteurs à labelliser leurs produits. La norme volontaire, peut par exemple, consister en une absence de résidus de métaux lourds dans l'amande d'anacarde et le gouvernement peut décider que les amandes de caractéristiques différentes soient étiquetées du label «non bio«. Cette recommandation négative est bien mandataire, mais a pour support une

norme volontaire. Le gouvernement peut en décider autrement et ainsi les producteurs de normes volontaires peuvent s'auto labelliser (OMC, 2005). Elles deviennent mandats quand les agences gouvernementales les réfèrent à une régulation ou législation (F. Teye et al, 2005). Ces termes diffèrent bien des notes formelles des accords de l'OMC. Le terme «norme standard« pourrait correspondre au terme «barrière technique« au regard des OTC. Quelques fois, suivant ses applications, ces normes pourraient correspondre au terme «mesures sanitaires ou phytosanitaires« tel que définies par le SPS. Le terme «norme minimale » n'existe dans la terminologie légale des OTC et du SPS (OMC, 2005). Les normes volontaires minimales, dans les OTC, correspondraient au terme normes alors que les normes mandats minimales pourraient recouvrir le sens de régulation technique.

Les normes volontaires et les normes mandats peuvent être regroupées en deux catégories (FINNISH STANDARDIZATION ASSOCIATION, 2002):

Les normes basiques : elles ont une large gamme de couverture ou contiennent des provisions générales pour un domaine particulier. Elles peuvent fonctionner comme une norme d'application directe ou une base pour les autres normes (F. Teye et al, 2005). Ces types de normes encore appelées normes fondamentales ou génériques ou norme cadre.

Les normes de produit spécifient les conditions à remplir par un produit ou un groupe de produits pour correspondre à un but donné (F. Teye et al, 2005). Elles s'appliquent aux

dimensions comme la taille, forme, fréquence, vitesse, goût et d'autres dimensions de qualité.

Les normes d'organisation évoquent la description des fonctions de la compagnie et de leur relation aussi bien avec la conduite des activités comme le management de la qualité (exemple ISO 9000), maintenance, valeur d'analyse, logistique, management des systèmes et des produits. On y distingue les normes de processus qui spécifient les conditions nécessaires à un processus pour correspondre à son but et les normes de service établissant les conditions pour un service spécifique. Les normes de méthodes de test définissent les méthodes de test à partir desquelles les performances des propriétés physiques du produit, ou du matériel peuvent être mesurées. (finnish standardization association, 2002a).

Les normes de qualité et de performance définissent les caractéristiques du produit ou spécifient le niveau de performance qu'un service doit respecter. Ces normes comprennent les «codes de pratiques«. Certaines normes de performance spécifient le résultat d'un produit sans réellement articuler le moyen par lequel ce résultat désiré doit être atteint (world standard services network, 2002).

2.3.2.5. Les normes suivant comment les normes ont étéfabriquées

Cette classification allie à la fois le monopole naturel de la technologie et le niveau de competition entre les acteurs. On pourrait distinguer les normes de facto, les normes formelles, les normes semiouvertes et les normes ouvertes.

Normes de facto: elles resultent du jeu du marche et de ses exigences de qualite se rapportant aux technologies privees. Un monopole naturel dans une technologie conduit en un monopole dans le marche des services et produits bases sur la technologie. Ceci genère, très souvent, les normes de facto et auquel cas elles sont referencees comme des «normes propriete«.

Les normes formelles : elles sont le fruit de monopole defini et agree sur une technologie concernant un service ou un produit.

Normes semi-ouvertes : elles resultent d'une certaine competition- potentiellement dominee par les detenteurs- sur le marche de produits et services bases sur une technologie. Ces types de normes sont observes lorsque le droit aux normes est accessible aux acteurs economiques, en general qu'aux seuls detenteurs de la norme, quoique avec un avantage certain pour les detenteurs au detriment des autres acteurs economiques.

Les normes ouvertes : dans ce cas la competition est complète- entre les detenteurs et les autres acteurs economiques- sur le marche des services et produits bases sur une technologie, sans un avantage à priori lie à la propriete. Cela est possible lorsque la technologie est disponible pour tous.

2.3.2.6. Les normes suivant l'objet sur lequel porte la norme

Norme de produit fournit une information sur comment aboutir à une fin particulière avec ce produit et

la norme de qualité fournit l'information sur comment s'assurer que ce produit repond à ce critère, au besoin technique donne ou communique les types de circonstances attendues et

la norme de comp atibilité fournit l'information sur comment assurer que les composants peuvent s'assembler normalement, ou que les utilisateurs d'information differente peuvent communiquer et

la norme de sécurité fournit l'information sur comment assurer que le produit (ou le processus) reduit reellement le risque dans le cadre prevu ou comment assurer qu' au produit est associe un minimum de risques lorsqu'il est utilise comme prevu et

la norme de gestion/management fournit les informations sur comment faire une activite particulière de même que comment faire du profit (norme de gain de valeurs) ou comment manager le risque (norme de gestion de risques) et

la norme de mesure ou de test fournit les informations sur comment faire pour mesurer une activité particulière dans le but d'optimiser les résultats et de les faire comprendre par les utilisateurs.

La norme elle-même peut converger vers la connaissance prescriptive. Dans ce cas les normes prescriptives sont celles qui spécifient de manière congrue les réels détails techniques du produit ou processus tels que recommandés. Les normes prescriptives tendent à influencer les techniques réelles en utilisation.

Les normes performantes fournissent des informations sur ce qu'il faut rechercher dans le choix de la technique et comment les règles peuvent être appliquées dans des circonstances variées.

2.3.2.7 Les normes suivant la localisation de l'institution de normalisation

Par hiérarchie descendante, nous distinguons les normes internationales, régionales et nationales.

Les normes internationales : elles regroupent les normes qui couvrent une zone continentale et ou intercontinentale. Elles fixent les conditions d'exercice de plusieurs activités de production de biens et services. Ces normes sont élaborées par des organisations internationales qui s'intéressent à des domaines précis (CENELEC pour l'électricité par exemple) et ou globaux (ISO par exemple). L'adoption de normes internationales s'est révélée très difficile en raison de la diversité des circonstances qui existent à travers le monde. Cela est particulièrement vrai pour les pratiques agricoles, qui doivent répondre à des différences de climat, de sols et d'écosystèmes, et font partie intégrante de la diversité culturelle. En réponse à cette diversité, les normes environnementales et sociales internationales sont souvent des standards normatifs, à savoir des normes ou directives génériques à utiliser comme un cadre par les organes locaux d'élaboration de normes ou de certification afin de formuler des normes plus spécifiques (FAO, 2004). Cette phase est une oeuvre qui incombe souvent au niveau plus bas (régional et national).

Les normes régionales: elles couvrent plusieurs pays intracontinentaux et d'une région à caractère continental ou non. Ces normes couvrent plusieurs domaines et/ou spécifiques et peuvent aussi servir de cadre ou de normes génériques. Elles réduisent les différences entre les normes nationales.

Les normes nationales: elles sont élaborées par les structures gouvernementales d'un pays donné et ne couvrent que l'étendue de ce territoire. Elles s'appuient sur les normes cadres, c'est- à-dire les normes internationales et régionales. Elles peuvent être spécifiques ou non. De même elles peuvent être d'initiative privée ou volontaire. Par exemple, les normes établies par le CEBENOR et la DPQC au niveau du Bénin entrent dans ce cadre.

2.3.3. Les grandes interrogations sur les normes

Cette partie de notre travail se penche sur les grandes interrogations que soulèvent les questions de normes. Elles ne se veulent pas exhaustives et n'ouvrent que le débat, tant les inquiétudes et craintes de travers protectionnistes et dilatoires s'accumulent comme dans des débats entre les acteurs et nations commerçants et nourrissent les travaux de plusieurs chercheurs et d'organisations oeuvrant pour un monde plus équitable. Nous n'aborderons pas ici les questions sous cette perspective de normes comme obstacle à l'échange, mais plutôt comme nécessité pour se positionner sur un marché, même celui sur lequel on a un avantage comparatif. La spécificité locale et la crédibilité étendue, la responsabilité des ONG d'élaborations des normes et des organismes d'accréditation, la question de l'«industrie» de la certification, le coût de la norme, les potentialités et contraintes pour les pays en voie de développement et les petits exploitants, l'hyperdynamique des normes seront abordés.

2.3.3.1. La spécificité locale et la crédibilité étendue

La question de la crédibilité des normes est celle qui soulève le plus d'interrogations. Elle recouvre le double plan de l'élaboration des normes et de leur vérification et concerne aussi bien les producteurs que les consommateurs. La crédibilité internationale des normes est appliquée à des produits et ou services fabriqués dans des conditions et circonstances particulières. La production des noix d'anacarde varie d'une localité à une autre, d'un pays à un autre, d'une région à une autre ou d'un continent à un autre puisque les conditions climatiques [(l'anacarde s'adapte bien aux régions semiarides et arides avec une période sèche de 4 à 6 mois, et peut se développer sous une pluviométrie annuelle comprise entre 500 et 370 0 mm. A. occidentale tolère des régimes pluviométriques de type uni et bimodal et toutefois, les pluies et temps nuageux durant la floraison affectent la production de noix (FAO, 1988et French et al., 1994 ; Gupta, 1993; Nair et al., 1979; Nambiar et al., 1990; Ohler, 1979 ; Webb et al., 1984)]et les facteurs de pratiques culturales varient également et de manière remarquable à cause des disponibilités de facteurs de production et des croyances ou valeurs. Ainsi donc comme le souligne Cora Dankers et al. (2004), les exploitants travaillent dans des circonstances très variées, sous différents climats et sur différents sols, dans différentes situations socio-économiques, avec différents niveaux de services et d'infrastructures d'appui. Les consommateurs ne sont moins hétérogènes parce que les perceptions, les revenus et les priorités varient quant aux concepts de normes, ou de produits biologiques ou autres. Pour donc assurer aux normes une crédibilité internationale, la prise en compte des spécificités locales des acteurs est importante, quoique alourdissant le processus d'élaboration des normes dans la mesure où les normes internationales tendent à harmoniser les caractéristiques de produits obtenus sous différentes conditions. En cela on pourrait déduire un défi permanent. Une flexibilité suffisante pour des

interprétations plus spécifiques et pertinentes pour chaque contexte local est sans doute une solution. Pour ces auteurs, les normes trop générales sont difficiles à expliquer aux consommateurs et les procédures d'inspection et de certification peuvent nécessiter une adaptation à la situation locale même si trop de flexibilité pourrait aller à l'encontre de la nécessité d'une crédibilité forte.

La question de la crédibilité passe par les segments de l'élaboration des normes et de la vérification.

2.3.3.2. Au niveau de l'élaboration des normes

Comment les normes établies au Bénin pourraient-elles garantir les intérêts (financiers ou non mesurables comme les croyances et goût pas exemple) ? Les normes élaborées dans un pays ou une zone géographique en particulier peuvent discriminer les producteurs d'autres pays ou zones si elles ne prennent pas en compte les différentes conditions locales (FAO, 2004). Les normes de qualité des noix brutes établies au Bénin, bien que référencées aux normes internationales, tiendra peut-être compte de l'association des cultures qui caractérise notre agriculture en général et dans les zones de production notamment. Ce qui n'est pas forcément le cas au Brésil ou en Tanzanie, avec lesquels nous vendons sur le même marché. Une mutualisation de la procédure d'élaboration des normes et un large consensus entre les acteurs est une condition atténuante pour favoriser une forte crédibilité des normes. Cependant, ces auteurs pensent qu'il existe un compromis entre l'efficacité et la participation dans le processus d'élaboration de normes. La mesure de ce compromis est une ambiguïté qui accentue la subjectivité du processus. Néanmoins, la possibilité laissée à ceux qui le souhaitent de faire des observations grâce à la publication des normes par les élaborateurs, la recherche de la participation active des acteurs marginaux dans le développement et non dans l'impact des normes, pourrait constituer des facteurs atténuants pouvant renforcer la crédibilité tout en tenant compte d'une certaine flexibilité locale. D'ailleurs, en général, plus une norme est normative, plus il est probable qu'elle discrimine intentionnellement certains producteurs (Cora et al., 2004). Les auteurs font remarquer alors, que les normes formulées en termes de performance pour atteindre leurs objectifs permettent aux producteurs de pouvoir manoeuvrer le «comment«. Par exemple, une norme indiquant le taux d'humidité de la noix brute d'anacarde à 10% ne se préoccupera pas de savoir si ce taux a été atteint sur plusieurs jours de séchage à l'ombre ou sur peu de jours au soleil brillant, pourvu que cette pratique ne conduise pas à d'autres dérèglements dans la qualité de la noix brute. Chacune des deux procédures donnerait le même résultat, mais il semble que le séchage sur plusieurs jours entraînerait un coût supplémentaire de main d'oeuvre ou de confection d'ombrière.

Les organisations internationales d'élaboration des normes, dans beaucoup de leurs démarches
intègrent un autre moyen pour allier à la fois variabilité locale et crédibilité mondiale. Il s'agit des

normes génériques ou les normes cadre sur la base desquelles les normes nationales, sectorielles ou spécifiques et ou locales sont élaborées. Pour garantir une certaine vérifiabilité du processus, le principe d'accréditation, développée par beaucoup de structures comme ISO, est un moyen plus ou moins efficace pour contrôler le niveau de conformité entre les normes spécifiques et leurs «mères«. Mais il peut arriver que pour une même caractéristique du produit, il existe plusieurs normes spécifiques et un certain manque de confiance entre les structures de certification, même si elles partagent le même accréditeur.

Une manière différente d'assurer une flexibilité adéquate est de distinguer entre les normes minimales et les normes de progrès (Cora et al, 2004 et M Lebret, 2007). Le commerce équitable, qui est une norme créée par des ONG, illustre bien cette approche: il est ici difficile de sanctionner les producteurs ou les équipements qui ont satisfait aux normes minimales mais qui ne sont pas engagés à mettre en oeuvre les critères de progrès.

2.3.3.3. Au niveau de la vérification

La vérifi cation des normes est la garantie du respect des prescriptions de celles-ci. Mais la démarche peut-être fortement imbue de subjectivité et de discrimination. La vérification est uniforme et normative alors que les conditions (variabilités et spécificités locales) et la taille des exploitants sont variées. Les petits producteurs de noix d'anacarde, comparativement aux grandes exploitations ou organisées, ne seraient pas en mesure de supporter les coûts de certification. Ils peuvent donc être encouragés à installer un système de contrôle interne pour s'assurer que tous les membres d'un groupe adhèrent à la norme. Cela est souhaitable pour assurer la traçabilité de la noix brute. La certification va donc inspecter ce système interne et peut-être échantillonner un petit nombre de producteurs pour confirmer leur inspection. Le plus souvent, les organismes de certification réclament un système basé sur l'évaluation des risques en lieu et place du suivi des procédures quelles que soient les circonstances. Plus de visites à l'improviste des installations lorsque le risque est jugé plus grand.

Mais il faut avouer que les pratiques des organisations elles mêmes déteignent sur les systèmes de vérification. D'autres différences dans les systèmes de vérification ont leur origine dans les histoires administratives différentes des organismes de mise ne oeuvre plutôt que leur adaptation aux spécificités locales ou aux exigences spécifiques des consommateurs (FAO, 2004). Celles-ci peuvent comprendre des différences dans les règles d'accréditation (par exemple, la nécessité pour les organismes de certification d'être accrédités ISO 65), dans la fréquence des inspections, dans les formats des rapports et dans les exigences de traçabilité (par exemple, la nécessité pour les certificats d'accompagner les produits) (Cora et al, 2004 et CTA, 2007).

2.3.3.4. Responsabilité des ONG d'élaboration de normes et des organismes d'accréditation

Bendell (2002) soutient que les normes et les programmes de certification font partie intégrante d'un développement plus large. Les règles environnementales mises en oeuvre internationalement ou les travailleurs organisés au niveau mondial ne donnent pas à l'économie mondiale une force effective de contrepoids. Entre temps, dans la plupart des pays développés, l'identité individuelle est de plus en plus déterminée par la manière dont on dépense son argent et son temps libre. Les ONG d'élaboration de normes représentent un mouvement de consommateurs exigeant une meilleure performance environnementale et sociale de l'entreprise. Quatre types d'activités d'ONG entraînant un changement sont identifiées par le même auteur: par la contrainte (campagnes) et par la promotion (recherche et conseils) et par la facilitation et et par la production. L'élaboration de normes et les programmes de labellisation sont des changements qui concernent la facilitation ou la production, en offrant des incitations de marché pour le changement ou en fournissant un modèle commercial alternatif (commerce équitable).

2.3.3.5 De l'hyperdynamique des normes

La liaison des normes avec les préférences des consommateurs, dirigées elle s mêmes par la mode de consommation, soumet les producteurs et leurs systèmes de production, souvent difficiles à déconstruire, à une instabilité. La tendance à la mode de consommation offre des opportunités et contraintes aux fournisseurs ACP : opportunités pour vendre des variétés locales spécifiques mais contraintes en ce que la mode/demande change année à année (Proctor, 1991).

CHAPITRE 3 : CADRE METODOLOGIQUE

3.1. COLLECTE DES DONNEES

3.1.1. Phases de l'étude

L'étude se déroulera en trois (03) phases séquentielles à savoir :

· :* La phase préparatoire

Elle consiste en l'exploitation de la littérature disponible sur notre sujet de recherche. Nous avons ainsi identifié les aspects socio-économiques non encore ou pas suffisamment étudiés sur les questions de normes dans la production de noix brute de cajou. Cela nous a permis de mieux appréhender notre sujet de recherche, d'en cerner les contours, de fixer les objectifs et de poser les hypothèses nous permettant de les atteindre.

· :* La phase exploratoire

C'est la phase de découverte et d'identification du terrain d'étude. Au cours de cette phase, les villages d'enquête sont choisis sur la base d'un certain nombre de critèr es dont notamment le taux de couverture des plantations d'anacardier, le poids de cette culture dans les activités des habitants, la structuration et l'organisation des exploitations individuelles ou non, la commercialisation des noix brutes, la variabilité des pratiques de conduite des cultures, les interventions antérieures des structures d'encadrement et l'existence de marchés (formels ou informels), etc. Les exploitations devant constituer notre échantillon sont identifiées. Ensuite un pré-test est réalisé à partir d'un questionnaire élaboré suivant les objectifs de recherche.

· :* La phase d'enquête fine

Elle constitue la phase de collecte des données à l'aide du questionnaire. L'outil d'enquête utilisé est l'entretien structuré. Après cette phase nous avons le traitement des données, l'analyse des résultats et enfin la rédaction du rapport final de thèse.

3.1.2. Choix de la zone d'étude

Cette étude est menée dans les terroirs à forte couverture d'anacardier, mais aussi de prédilection de la culture regroupant les départements des Collines, du Borgou et de L'Atacora. Vu la durée relativement courte de la recherche, on s'est concentré sur les zones de production de l'Atacora, notamment la commune de Kouandé qui totalise une formidable expérience de plantations organisées et entretenues comme le relèvent les observations du Document de Stratégie de Relance

11

de la Filière Anacarde au Bénin . En outre, ces mêmes états des lieux font observer que ces plantations datent de 1960, année des premières réalisations de plantations au Bénin. La variabilité des interventions et d'organisation, tels que relevée par la même étude montre une implication des populations en général et une répartition des exploitations en des exploitations individuelles, exploitations gérées par les Groupements Féminins (GF) et des exploitations gérées par les Groupements Villageois (GV). La taille de la fructification et l'entretien des exploitations, variables, suivant les «tenanciers », fortement notifiés par lesdites observations constituent un motif positif du choix de la zone d'étude. De plus, la filière anacarde est identifiée comme première filière porteuse d'emplois et de richesses à Kouandé (PAPAEJ ET PNUD, 2008)

+ Choix des unités a enquêter

L'unité d'observation sera l'exploitation familiale, assimilable au ménage, équivalent à une communauté de résidence formée par un homme, son épouse, leurs enfants et éventuellement des parents proches de l'homme ou de la femme (frère, cousin, beau frère, neveu, etc. ) (Biaou, 1997). Une extension a été faite vers les regroupements de chefs de ménages que constituent les coopératives villageoises des producteurs d'anacarde, formes de coopération entre producteurs dont le fonctionnement diffère relativement, quoique les principes traditionnels d'organisation de l'unité d'observation de base à savoir l'exploitation familiale y soient fortement présents. Le besoin de variation des types de conduite des cultures, des interventions et d'organisation à observer explique cette extension de l'unité d'observation. Nous avons procédé à un recensement exhaustif des producteurs inventoriés dans la commune et procédé à un choix au hasard de 60 producteurs issus de 15 CVPA répartis sur trois des six arrondissements de la commune. La base d'échantillon est 1/20. Le tableau N° 3 indique la répartition par arrondissement des enquêtés.

 

Arrondissement de Kouandé

Arrondissement de Birni

Arrondissement de Fô-Tancé

Commune

Nombre de CVPA

06

04

05

15

Nombre de membres par CVPA

05

04

03

04

Nombre d'enquêtés

30

15

15

60

Pourcentage

50%

25%

25%

100%

 

Tableau N° 3: Base d'échantillon

11 Stratégie de relance de la filière anacarde au Bénin, Document de Référence 2007-2011, Ministère de l'Agriculture de l'élevage et de la Pêche et Ministère de l'Industrie et du Commerce.

L'enquête a été conduite essentiellement dans la commune de Kouandé et notamment dans les arrondissements de Birni, de Kouandé-centre et de Fo-Tancé. En effet, les types d'organisation, la taille des exploitations et leur taux de couverture, les types de conduite, l'état des plantations et les acteurs sont autant de variantes qui changent d'une des localités à l'autre (SRFA, 2006).

+ Méthode de collecte de données et types de données

Les données à collecter seront à la fois quantitatives et qualitatives. Elles seront essentiellement de sources primaires et ont concerné les producteurs de noix brute de cajou, les exploitants des plantations, les structures d'intervention et d'appui et les organisations des producteurs éventuellement. Les informations sont relatives aux caractéristiques socio-démographiques et socio- économiques des enquêtés, les itinéraires techniques de conduite des cultures, aux intrants, à l'écartement, aux méthodes de cueillette, de séchage et de stockage, aux exigences commerciales des noix brutes connues ou imposées aux producteurs par les collecteurs et autres commerçants. Les informations sont ensuite relatives aux instabilités du marché et aux questi ons de normes et de qualité telles que appréhendées par les producteurs eux-mêmes dans leur conduite quotidienne des plantations.

Les données relatives aux environnements commercial et institutionnel sont accessoires et proviennent de la documentation dans les différentes structures telles que BIDOC-FSA, DPQC, PAPA, INRAB, INSAE, PNUD, MAEP, CeRPA, DFRN, CEBENOR, CNEX, SONAPRA, MIC, etc.

3.2. ANALYSE DES DONNEES

La méthode d'analyse à utiliser est à la fois quantitative et qualitative dans l'optique de relever des éléments de décision et de pouvoir expliquer certains faits d'ordre institutionnel, sociologique et culturel.

Les outils de la statistique descriptive tels que les fréquences, les paramètres de position (moyenne arithmétique), de dispersion (écart-type) pour l'analyse des tableaux et des figures seront utilisés pour analyser les caractéristiques démographiques et socio-économiques des ménages. Les méthodes suivantes sont utilisées par hypothèse:

Hypothèse 1

Analyse de Groupe

La méthode d'analyse de groupe (cluster analysis), est l'outil d'analyse à utiliser pour tester cette
hypothèse. Il s'agit d'un modèle qui permettra de discriminer la population des producteurs suivant

un certain nombre de paramètres qui caractérisent les différents groupes de producteurs (type de producteur, âge, niveau de scolarisation...) d'une part et leurs exploitations d'autres part (localisation, rendement, mode de faire valoir des terres ...). Une double analyse en classification numérique et en Composantes principales nous a permis de déboucher sur une catégorisation et une interprétation des classes de production. On a utilisé les tests statistiques X2 pour tester la dépendance entre ces variables d'une part et la dépendance entre les classes des producteurs et leurs perceptions sur les normes d'autre part. On conclut en une dépendance au seuil de 5% si la probabilité est inférieure à 0,05. Par ailleurs, le test ANOVA a permis de tester la variation entre les classes et le rendement et la localisation des plantations. La variation est significative au seuil de 5% si la probabilité est inférieure à 0,05. Quant au test t de student, il a permis de tester la signification de la différence entre les rendements au niveau national et celui obtenu au niveau de la zone d'étude. La différence au seuil de5% est jugée significative lorsque la probabilité calculée est inférieure à 0,05.

Hypothèse 2 :

Le calcul de la marge brute et du taux simple de rentabilité selon chaque itiné raire a été fait pour évaluer la rentabilité financière des itinéraires techniques identifiés à l'issue de la recherche. Pour évaluer la rentabilité financière de la production de noix brutes d'anacarde à Kouandé, il a été utilisé la formule suivante:

15

BFIt 2 " - i

Avec :

Rt= estimation des recettes d'un hectare d'anacardier en année t Ct= charges d'un hectare d'anacardier en année t

It = itinéraire

i facteur d'actualisation avec .

= i le taux d'actualisation et t l'année

Ces estimations se sont basées sur les données collectées sur le terrain et les standards qu'une étude de l'INRAB a obtenus dans les plantations de Bassila dans la Donga (PRRF, 2000).

Si BF > 0, on conclut que le système est financièrement rentable et

Si BF < 0, alors le système n'est pas financièrement rentable.

Pour affiner cette analyse, nous avons utilisé le retour sur investissement de chaque itinéraire selon la formule suivante:

Revenu d'opération

TSR= x 100%

Investissement

Si TSR 1 alors le système est rentable

Si TSR 1 alors le système n'est pas rentable

Pour atteindre l'objectif spécifique 3 auquel ne correspond pas une hypothèse, nous avons utilisé l'analyse prospective que nous décrivons brièvement ici.

Analyse Prospective

Dans un contexte béninois où les normes sont presque des « frasques » et où le producteur est pourtant appelé à s'intégrer davantage au marché, dans une globalisation sans freins, surtout pour un produit comme l'anacarde essentiellement soumis au commerce international, nous nous sommes proposés de faire une analyse prospective. En effet, si l'on reste fidèle aux objectifs globaux de l'Etat et la part que les exportations joueront dans notre économie sans omettre le statut actuel du paysan béninois, on pourrait s'imaginer des scénarii d'adaptation des divers acteurs, notamment les paysans par rapport à l'évolution des normes.

Cette analyse se base sur l'identification et l'analyse des forces motrices, sur la définition des scénarii et sur la déduction des options stratégiques.

· Les forces motrices : Ce sont les éléments essentiels qui influencent les situations probables des producteurs des noix de cajou. Il s'agit, en effet, des facteurs de l'environnement externe qui ne dépendent pas des producteurs directement. La détermination de ces facteurs se fait grâce à l'analyse des Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces (FFOM). L'outil est utilisé à travers un diagnostic participatif avec les producteurs, acteurs principaux du management de la qualité des noix brutes à l'amont.

· Les scénarii : Les scénarii sont des situations prévisionnelles dans lesquelles les producteurs de la noix cajou pourraient se retrouver. En effet sur la base des forces motrices identifiées, les scénarii seront définis en étudiant l'évolution possible desdites forces dans le temps.

· Les options stratégiques : Ce sont les réponses, en effet, les actions à entreprendre pour parer aux effets des différents scénarii identifiés.

Cette méthode est schématiquement représentée par la figure N° 4

CHAPITRE 4 : CARACTERISATION SOMMAIRE DES PLANTATIONS ET ORGANISATION DE LA PRODUCTION

Sous ce chapitre, nous aborderons les moyens de production et l'itinéraire technique tel que relevé sur le terrain

4.1. LES FACTEURS DE PRODUCTION

Nous axerons notre étude sur la terre notamment son mode d'accès et l'allocation de la main d'oeuvre aux activités de production de noix brute de cajou à Kouandé.

4.1.1. Mode d'accès àla terre

L'anacardier est une culture qui occupe l'espace pendant longtemps même si dès les premières années son installation autorise une association avec d'autres cultures. Ainsi la décision de pratiquer cette production est subordonnée à un disponible foncier important. Plusieurs facteurs dont la disponibilité en terres agricoles, ajoutée aux conditions écologiques globalement favorables à la culture de l'anacardier, favorisent la pratique agroforestière à base de cette espèce fruitière (Yabi, 2007). De même et pour les mêmes raisons, le mode d'accès à la terre détermine son allocation à la production d'anacardier. Nous avons identifié quatre modes d'accès à des terres anacardières. Ce sont l'héritage partagé, l'héritage non partagé, le don ou cession à durée indéterminée et sans restriction d'usage, et le don ou cession à durée déterminée et avec restriction d'usage. Dans cette dernière catégorie, nous avons rangé les plantations domaniales que l'administration forestière a cédées aux producteurs en groupements pour exploitation restrictive des anacardiers. La figure N°5 ci- dessus indique les proportions occupées par ces différents modes de faire valoir.

90% des terres allouées à l'anacardier sont des héritages partagés alors que 5% d'entre elles sont des héritages non partagés. Par ailleurs, seulement 3% des producteurs d'anacardier ont acquis leur terre par don à durée indéterminée et sans restriction d'usage et 2% par don à durée déterminée et avec restriction d'usage. En clair, environ 93% des terres sont des propriétés acquises et définitives contre 7% qui ne le sont pas. Ces données correspondent aux études de l'INRAB qui constatent que la quasi totalité des

exploitants agricoles disposant de terres en propriété ont des plantations d'anacardiers sur leur exploitation (INRAB, 1996). Ces résultats sont confirmés par les données ethniques que nous avons recensées sur les producteurs. En effet, 8% des producteurs sont des Peulh et assimilés contre 2% pour les Dendi, 4% pour les Ditamari et 86% pour les Bariba qui sont essentiellement les autochtones. Même si cette répartition traduit la réalité ethnique de la région d'étude, elle ne manque pas d'appuyer que le degré d'autochtonie, qui par ailleurs détermine l'accès à la terre, influence la pratique de l'agroforesterie à base d'anacardiers. Les études dans la région indiquent que 32% des producteurs ont des plantations dont la taille varie entre 0,5 et 2 ha. Ils sont par contre 68% des producteurs qui ont des plantations dont la taille est supérieure à 2ha. Les femmes sont majoritaires dans cette catégorie de plantations de taille comprise entre 0,5 et 2ha. 65% des productrices ont des plantations dont la taille est inférieure à 2ha.

4.1.2. La main-d'oeuvre

La production des noix brutes dans la commune de Kouandé emploie essentiellement la main d'oeuvre familiale. La taille moyenne des ménages producteurs est de 7,2. 27% des producteurs sont des responsables d'unités au sein des ménages et 73% sont des chefs de ménages. Par ailleurs, 74% des femmes contre 78% des hommes sont chefs de ménages. La main d'oeuvre familiale est constituée d'aussi bien des hommes et des femmes et enfants. Les travaux essentiels exécutés par les hommes sont le défrichement, le désherbage, l'éclaircie et les pare-feux. Les opérations comme la trouaison et la récolte sont faites par les enfants et les femmes. La main d'oeuvre salariée est affectée à des opérations comme le désherbage, notamment le premier qui se déroule au même moment que la campagne vivrière dans la zone d'étude. La pénibilité de l'opération et sa période de déroulement expliquent l'emploi, certes peu fréquent, de la main d'oeuvre salariée. Le tableau en annexe N°I présente la demande en main d'oeuvre de chaque opération culturale dans la production des noix brutes d'anacardier.

4.1.3 Le financement de la production des noix brutes d'anacardier

Les opérations culturales dans leur majorité ne sont pas tout à fait financées. La production de noix brutes d'anacardier est financée par les revenus globaux du producteur issus aussi bien de la production agricole et d'autres activités. Nous avons noté que les charges d'exploitation des plantations agricoles occupent une part non négligeable des charges totales de la production végétale (voir figure N°21). Par ailleurs, seule la commerciali sation mobilise un début de financement formel et un engagement des institutions de microfinance, notamment le réseau FECECAM qui finance les opérations de collecte des noix brutes par les groupements de producteurs.

4.2. LES OPERATIONS

4.2.1. Choix des semences

Le choix des semences est le premier point essentiel, le point de départ d'une plantation quantitativement et qualitativement rentable. Une bonne noix est une noix grosse, bien remplie, et bien sèche, sans morceau de pomme qui y colle, provenant d'un arbre sélectionné ou « arbre plus >> selon la terminologie des généticiens forestiers. Une semence de qualité se récolte d'abord sur un arbre de bonne qualité dans un peuplement de qualité et à maturité totale sur l'arbre.

12

Le choix des noix admissibles est suivi d'un test de flottaisonet/ou d'un tri pour sélectionner les

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semences. Une opération de trempageest quelques fois recommandée. La multiplication sexuée de l'anacardier varie considérablement en croissance, en productivité de noix et en qualité du fait de la fécondation croisée observée au niveau de l'espèce. La multiplication végétative peut être utilisée pour produire le matériel de plantation à partir des arbres «mères >> de phénotypes supérieurs sélectionnés. Plusieurs technique s de propagation végétative sont utilisées dont le greffage qui a donné de bons résultats ailleurs et au Bénin (Martin et al., 1998 et Nair et al., 1979 et Nambiar et al., 1990et Ohler, 1979 et Agricultural Research Institute Naliendele MTWARA, 2001 et Tandjiékpon et al., 2003). Tout récemment, la technique de propagation in vitro a été développée sur l'anacardier dans le cadre de l'amélioration de l'espèce (Das et al., 1996).

Les premières plantations de Kouandé ont été installées grâce aux noix que le Président H. Maga a apportées aux producteurs. En dehors des efforts de l'Administration Forestière qui a introduit un matériel végétal plus ou moins sain et des plants «pépinières >>, la plupart des plantations sont semées de noix acquises par échange inter-paysan. Les nouveaux producteurs qui veulent se lancer dans la plantation d'anacardiers récoltent dans les plantations de leurs pairs des noix mûres sur des plants jugés performants. Le degré de performance se mesure au regard des paramètres comme la grosseur, la couleur, le remplissage de la noix et la productivité de l'arbre porteur. Les arbres «performants >> à Kouandé sont assimilables à quelques différences près aux « arbres plus >> décrits par Lacroix (2003) à

12 Le test de flottaison consiste à mettre les noix dans un seau d'eau salée et à n'utiliser que les noix qui coulent franchement. En effet, les noix qui flottent sont probablement attaquées par un rongeur qui creuse des galeries dans la noix qui, de ce fait, pèsent moins ou sont mal formées. Pour le test de flottage, on peut utiliser une solution à 10 % de sel.

13 Trempage : avant de semer une graine d'anacardier, on peut la laisser 24 à 72 heures dans de l'eau à température ambiante, ce qui favorise et accélère la levée de la dormance. On élimine les graines flottantes. L'eau de trempage est renouvelée toutes les 6 heures pour éliminer le baume de cajou. Dans ce cas, la graine germe plus vite. On réalise cela quand les pluies sont déjà bien installées. En saison sèche, il ne faut pas tremper les graines avant de les semer.

Bassila. En effet, la pratique paysanne ne garantit pas une pureté variétale puisque les plantations ne sont pas mises en «quarantaine », l'une saine, où l'on choisirait les noix à semer et les autres malsaines à la production de semences. Une fois les noix sélectionnées pour la mise en terre, elles sont conservées dans un sac en polyéthylène dans la majorité des cas et dans un coin de la chambre du producteur. Ce conditionnement peut se révéler défavorable à la conservation du potentiel germinatif de la noix et impacte donc le taux de germination observé après semis. Seuls quelques producteurs insistent sur le conditionnement en sac de jute et dans un milieu aéré pour les noix « semences ». De même les noix tardives, récoltées dans la saison pluvieuse (Juillet-Août), réputées impropres à la commercialisation, sont reconnues par certains producteurs comme de bonnes semences. Cela encourage leur récolte et leur utilisation par les producteurs. La figure N°6 traduit en pourcentage l'origine des semences.

A l'analyse de ce graphique, on note que 83% des producteurs recourent à des semences de qualité douteuse et peu sainement conservées. Seulement 17% d'entre eux utilisent pour leurs plantations des plants issus des pépinières et produits suivant les recommandations de l'URF. De plus, il faut à tout le moins noter que cette frange de producteurs n'a pas eu recours sur toutes ses plantations à des plants sortis de pépinière puisque l'expérience des plants sélectionnés est bien nouvelle dans les pratiques des producteurs et date des dernières formations qu'ils ont reçues. Par ailleurs, sur les 83% des producteurs qui utilisent les noix comme semences, nous pouvons distinguer ceux qui sèment des noix issues de leurs plantations (76%) et ceux qui recourent à l'échange inter paysan du matériel végétal (24%). Les producteurs de Makrou, Kouandé et Birni, zones qui ont une longue pratique des plantations domaniales, sont les potentiels fournisseurs et les plus nombreux à procurer aux autres planteurs les semences.

4.2.2. Choix et préparation du terrain

L'importance cruciale du choix du site énumérée dans la littérature est établie dans la pratique comme une norme à respecter si l'on veut bien produire de la noix de cajou.

Le site de plantation d'anacardier doit être accessible (pour faciliter
l'accès, la réalisation des opérations culturales et l'évacuation du
produit). L'INRAB (2003), dans ses études, suggère dans le guide

pratique pour une production des noix d'anacardiers de qualité que le site de plantation soit exondé et non inondable. Le site doit être par ailleurs de climat favorable et de conditions édaphiques conformes aux normes écologiques de la plante. La préparation du sol passe par le débroussaillage et l'essouchage quand il s'agit de nouvelles friches. Une plantation sur un site déjà utilisé sans être épuisé par d'autres cultures notamment vivrières peut minimiser les coûts de préparation. Une bonne préparation améliore la croissance du jeune plant et accélère la période de production. Il est essentiel de bien préparer le sol afin que l'arbre puisse produire le plus tôt possible. Un arbre bien planté produit après deux à trois saisons et un arbre mal planté après cinq saisons (Lacroix, 2003). Mais de plus, un arbre bien planté réagira beaucoup mieux face à la sécheresse, aux feux éventuels et surtout aux parasites. Le résultat final est que lorsque l'on plante bien un anacardier, on gagne beaucoup plus d'argent. C'est certainement déjà à ce niveau que l'on peut le plus agir afin d'améliorer la qualité des plantations et par la suite des noix récoltées.

La pratique du choix du site de plantation dans notre zone d'étude est résumée par les figures N°7 et 8.

La première figure indique que 80% des plantations sont installées sur les sites non inondables, des sites à priori accessibles et facilitant la production des noix. Les types d'association et la culture régulière des cultures vivrières sur les champs portant les anacardiers obligeraient les producteurs à les installer sur les sols non inondables. De plus la relative disponibilité des terres cultivées peut être une raison, les producteurs n'étant pas contraints de produire que sur les sols difficiles d'accès. L'analyse croisée de ces données avec les modes de faire valoir nous indiquent que les producteurs qui installent leurs plantations sur des sites non inondables ont comme mode de faire valoir, l'héritage partagé et non partagé. On remarque aussi que les producteurs qui tiennent les plantations domaniales appartiennent à cette catégorie de producteurs installés sur les sites non inondables.

De l'autre côté, on note que 20% des plantations sont installées sur des sites inondables. Le graphique suivant indique en détail la nature des sites.

 

Sur les 20% des sites inondables qui accueillent des plantations, nous avons 10% qui sont des bas-fonds non aménagés, 8% qui sont des bas-fonds sommairement aménagés et 2% qui sont aménagés. En clair, les bas-fonds non aménagés emportent la grande partie des sites inondables suivis des bas-fonds sommairement aménagés. Cette grande proportion traduit l'effort personnel d'aménagement des bas-fonds. La plupart des planteurs

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qui s'installent sur les sites inondables sont des planteurs dont les modes de faire valoir fréquents sont l'emprunt, le don non transmissible.

L'autre caractéristique essentielle des sites est leur utilisation préalable pour les cultures vivrières. En
effet, sur les nouvelles friches, les producteurs cultivent d'abord les cultures vivrières. Comme le note
Tandjiékpon (2005), après le défrichement le paysan plante l'igname
et lui associe immédiatement des plants d'anacardiers ou
à partir de
la deuxième année lorsque le coton est semé. C'est le cas de l'arrivée
de l'anacardier en cours de rotation. Dans le cas de l'arrivée de
l'anacardier en fin de rotation, il constate qu'après le
défrichement,
le paysan installe de l'igname suivie des autres cultures vivrières puis
le coton avant d'introduire sous forme de jachère cultivée de
l'anacardier lorsque la terre
a besoin de repos. Les résultats obtenus
sur cet aspect dans notre zone
d'étude est illustré par la figure N°9.

Le graphique indique que 92% des planteurs ont au moins une fois produit des cultures vivrières ou d'autres cultures avant l'installation de plantations d'anacardiers. Ce fort pourcentage s'explique par le fait de l'impératif de profiter de la fertilité des sols pour les cultures vivrières qui représentent la charnière de l'agriculture de subsistance largement pratiquée dans la zone d'étude et au Bénin en général. De plus, la durée relative de l'anacardier avant fructification estimée à une moyenne de quatre ans n'encourage pas son installation comme première culture sur une nouvelle friche. 8% des plantations installées avant les cultures sont l'oeuvre des producteurs que l'on peut appeler producteurs « modernes ».

4.2.3. Trouaison

La trouaison est une opération qui affecte la reprise du jeune plant et son développement futur et immanquablement le rendement de l'anacardier. Son dimensionnement est très important vu les exigences du système racinaire du jeune plant. Un trou de 25 x 25 x 25 cm est le minimum souhaitable (Lacroix, 2003). Si l'on plante dans un trou de 50 x 50 x 25 de profondeur, on aura remué 4 fois plus de terre et si l'on plante dans un trou de 50 x 50 x 50, on a remué 8 fois plus de terre. Plus le trou est grand, mieux c'est, et c'est surtout la profondeur qui est importante. Le trou ne doit pas être rempli

avec de la terre à dominance argileuse. On peut aussi planter la graine dans une butte du même type que celles que l'on fait pour l'igname (Lacroix, 2003). La pratique dans la zone d'étude renferme cet aspect de semis sur buttes d'igname ou de manioc. Ceci permet d'éviter l'asphyxie des racines. Là aussi, le volume de terre remué détermine la qualité du résultat. La trouaison est facilitée et est indispensable lorsque les plants sont produits en pépinière, car l'utilisation des plants en sachet

impose un dimensionnement, même inconscient, d'au moins 25 x 25 x 25 cm et ce qui améliore les résultats et la reprise est automatique et nettement plus forte et on gagne ainsi facilement un an ou plus (Lacroix, 2003). En effet, les petits producteurs pour éviter les coûts de cette opération font juste des trous de maximum 10 x 10 x 10 cm. Dans la pratique de la majorité des planteurs de Kouandé, cette opération n'est pas perçue comme importante et les noix sont mises en terre au détour d'un micro trou de bien moins de 10X10X10cm de dimensionnement. De plus, le coût relativement non négligeable d'une opération culturale ainsi perçue freine le recours à la trouaison. En effet, pour une densité normale de 100 plants à l'hectare, les prix standards des opérations indiquent qu'il faut dépenser 2500 pour la trouaison à raison de 25 F CFA par trou. Cette dépense doit être plus élevée si l'on se rappelle que cette densité est peu courante dans la pratique des producteurs de Kouandé. En rapprochant cette analyse de la pratique de semis direct des noix et de production personnelle des semences, on peut déduire que la trouaison n'est pas une pratique développée dans notre aire d'étude. Le graphe ci- après nous image la situation. On peut tout de même noter que

les formations reçues par la pratique leur ont enseigné cette pratique et ils retiennent son impact sur la durée de fructification en la réduisant d'un an et plus comme indiqué supra. Tous les planteurs, surtout les femmes, ont fait ce constat. (Lacroix, 2003).

Répartition des plantations en fonction de l'opération de trouaison

La figure N°10 montre que 37% des plantations sont installées par trouaison contre 63% sans trouaison. Ceci confirme les déductions faites plus haut dans une moindre mesure. En effet, nous n'avons pas tenu compte du dimensionnement prescrit par les normes de production. Ainsi donc, tous les planteurs qui ont déclaré avoir exécuté cette opération avant la mise en terre des semences sont rangés dans la catégorie des 37% sans distinction du dimensionnement en trois (longueur- largeur- profondeur) . C'est d'ailleurs ce qui explique cette relative importance de la proportion comparativement à

l'observation réelle sur le terrain quant au respect de cette pratique culturale. D'un autre côté, on remarque très bien que plus de 60% des producteurs ne respectent pas cette opération culturale et ont certainement recours non pas aux plants en sachets sortis de pépinière mais aux noix utilisées en semis direct. Cette proportion est certes différente des 83% qui utilisent des noix comme semences, mais ne manquent pas de s'en approcher. Ceci suggère que des 37% qui ne respectent pas la trouaison, environ 20% utilisent des noix comme semences et que les autres (17%) plantent des plants sortis de pépinières avec une relative observance des normes dimensionnelles des trous. Ces résultats sont conformes aux pourcentages énumérés dans le cas de l'acquisition des semences (83%

pour production personnelle des semences et 17% pour utilisation de plants issus de pépinières). L'observation à Kouandé indique une certaine hétérogénéité par rapport à la disposition spatiale, au niveau champ, des anacardiers.

4.2.4. Semis direct

Le semis direct est souvent utilisé. Il est plus simple, et n'engage pas des coûts puisqu'il ne nécessite pas de sachets et donne de «bons résultats« selon l'expérience des planteurs (Lacroix, 2003). Il en est de même à Kouandé où les producteurs évoquent assez fréquemment la facilité du semis direct et son accessibilité financière par rapport au semis des plants de pépinière. Mieux, ils pensent que cette méthode donne également de bons résultats et selon eux la différence de durée d'entrée en production ne serait pas assez pour abandonner la pratique. Il est évoqué généralement dans notre région d'étude, la difficulté de trouver chaque année au bon moment les ressources financières pour achat des sachets en polyéthylène en nombre suffisant. Ceci s'avère juste si tous les producteurs maîtrisaient la production des plants. Malheureusement, ce n'est pas le cas et les pépiniéristes formés par l'URF et les agents forestiers qui ont développée cette activité ne fonctionnent que sporadiquement au gré des commandes intermittentes qui leur parviennent. En clair, le potentiel pour produire les plants existe et est même sous-exploité. Le semis direct en plantation peut également se faire avec des noix à écartement de 6 m x 6 m à 10 m x 10 m avec possibilité d'éclaircie après cinq ans (Lacroix, 2003). Pour le semis, les graines doivent être plantées verticalement, le point d'attache de la graine à la pomme doit être situé en haut, à environ deux centimètres de profondeur ou plus s'il y a un risque d'érosion. La germination a lieu dans le mois qui suit le semis. Le nombre de graines plantées par poquet est de 3 au minimum. On ne garde à la fin qu'un des 3 plants, le plus vigoureux, les deux autres étant démariés. Il est cependant plus judicieux de réaliser un placeau dense, de type « placeaux denses espacés >> ou « placeaux Anderson>> du nom de son promoteur. L'écartement minimum entre les semences, dans ce cas, est de 10 cm. D'autres méthodes de semis direct observées en Inde sont mentionnées par Gupta (1993), Nair et al. (1979), Nambiar et al. (1990), Ohler (1979) et Chadha (1985).

4.2.5. Plants en sachet

L'anacardier peut être reproduit en pépinière avant d'être transplanté. Dans ces conditions, les noix sont semées dans des sachets polyéthylènes noirs remplis de terre et de terreau. La germination est observée à partir du 10e jour avec un taux cumulé pouvant atteindre 80% pour les noix moins vieilles (moins de 4 mois après récolte). Les jeunes plants sortis de pépinière peuvent être transplantés après 60 jours avec une taille de 30 à 40 cm (A. Tandjiekpon, 2005). La méthode de réalisation de pépinière a été décrite dans la fiche technique de l'Unité de Recherche Forestière du Bénin (PRF,

2002a) . Le gain de production dans de bonnes conditions est évalué à 100% en hauteur, soit un gain d'une année de production : le plant produit un an plus tôt (Lacroix, 2003). Pour cet intérêt de gain de production et d'entrée rapide de l'anacardier en production, le semis de plants issus de pépinière est recommandable. Les producteurs ne l'ignorent guère dans leur majorité, mais il est évoqué régulièrement des coûts inhérents à l'achat des plants et aux opérations d'installation de la plantation (trouaison et piquetage systématique). En effet, le coût moyen d'un plant est de 100F CFA et le planteur doit au minimum assumer une dépense par hectare estimée à 10.000 F CFA. Si l'on ajoute le coût de la trouaison tout en ignorant le coût du piquetage systématique que le producteur lui-même peut facilement assur er, on se retrouve à environ 12.500 F CFA à l'hectare. Ceci explique les pourcentages de 83% contre 17% qui n'utilisent pas les plants sortis de pépinière comme semences. Qu'elles soient semées directement ou par transplantation des plants pépinières, les plantations ne sont pas de disposition homogène dans la zone d'étude.

4.2.6. Disposition spatiale des anacardiers dans le champ

La norme suggère une mise en terre ordonnée et préconise le piquetage systématique pour parvenir à cette fin. Le référentiel technique de l'INRAB sur la culture de l'anacardier détaille le processus de piquetage systématique. A Kouandé, on observe une hétérogénéité dans la disposition des anacardiers dans la plantation. On observe essentiellement une disposition irrégulière et en vrac avec une densité lâche des arbres, une disposition en quinconce et une disposition régulière telle que préconisées par les prescriptions des normes.

La disposition irrégulière dénote simplement d'une non observance du piquetage systématique et regroupe la grande majorité des plantations individuelles des producteurs. Elle concentre des densités tout aussi irrégulières qu'anormales. Elles passent de quelques pieds d'anacardiers dans un champ à une densité de plus de 200 pieds à l'hectare.

La disposition en quinconce permet de mieux répartir les arbres afin qu'ils profitent mieux du soleil, qu'ils se touchent à un âge plus avancé et que de ce fait, on doit les éclaircir plus tardivement. Les plantations sont en proportion non importante. Les plantations de disposition régulière sont réalisées par piquetage systématique et se retrouvent auprès des producteurs « modernes » ou nouvellement installés ou ayant bénéficié des formations avant l'installation de leurs plantations ou encore tenanciers des plantations domaniales (qui sont nombreux à Kouandé -centre, Birni et Makrou). En dehors des plantations domaniales qui composent cette catégorie, les plantations individuelles qui la composent sont jeunes et datent de trois ans au maximum pour la plupart.

La disposition spatiale participe de la beauté physionomique de la plantation et du paysage dans sa complétude mais facilite aussi l'accès à la plantation, l'entretien et l'évacuation des produits.

4.2.7. Démariage des plants

Le démariage est l'une des premières opérations après l'installation de la plantation ou la levée des noix semées. C'est une opération qui consiste à ne laisser qu'un seul plant par placeau. Le démariage est une opération peu usitée dans la zone d'étude.

4.2.8. Tuteurage

Il s'agit d'une opération accessoire. Cette opération n'est nécessaire que si le plant a tendance à tomber pendant la croissance.

Le tuteurage se réalise avec un piquet en attachant le plant au piquet avec un morceau de tissus ou avec une corde. Il faut veiller à ce que le lien soit suffisamment solide à court terme pour soutenir le plant et suffisamment lâche à long terme pour ne pas entraver le développement du plant.

4.2.9. La fumure

L'apport de fumure est une opération importante pour la culture de l'anacardier en termes de productivité. Pour que les arbres produisent après deux saisons, soit 18 mois après le semis ou la plantation des plants issus de la pépinière, il faut apporter des substances nutritives : engrais minéral ou organique, ou les deux. Le type d'engrais utilisé est NPK. Si on apporte de l'engrais minéral, type NPK, le plus simple est de le déposer dans le fonds du trou de plantation, en quantité variable selon la dimension du trou et la qualité du sol. Pour fouetter les jeunes arbres, l'INRAB préconise une dose de 400g et 600g d'engrais NPK respectivement au cours de la 2ième et de la 3ième année.. Mais il n'est pas conseillé d'apporter de l'engrais minéral sans de l'engrais organique d'abord. Si on apporte de l'engrais organique comme par exem ple de la bouse de vache séchée, on procède de la même façon, par exemple, maximum 2 kg par trou dans la région de Bassila. La vitesse de croissance est nettement plus forte avec l'association : fumure organique suivie d'engrais minéral. Si on apporte les deux ensembles, ce qui est l'idéal, soit on met l'engrais organique dans le trou et puis après les premières pluies, on enfonce l'engrais minéral dans le sol près de la tige du plant, soit on met tout dans le trou de plantation. Les données recueillies sur le terrain témoignent que les plantations ne sont pas fumées outre mesure ou de manière distinctive. Les jeunes plants d'anacardier bénéficient de l'effet induit des fumures apportées aux cultures vivrières ou industrielles (Cotonnier) auxquelles ils sont associés. Il n'a été observé chez aucun producteur la fumure d'une plantation non associée à une culture vivrière ou au cotonnier. Cette situation est expliquée par les producteurs par l'inexistence de fumure minérale spécifique à la culture. Mais on peut tout de même noter que les producteurs pourraient recourir aux fumures minérales du cotonnier s'ils jugeaient cet apport de nutriments comme indispensable. En effet, en dehors du coton pour lequel l'organisation en filière et la productivité valident l'usage des engrais minéraux, les producteurs utilisent la fumure minérale pour

les cultures vivrières. De plus, lors de ces premières années de croissance, pourtant cruciales pour la fumure des plants, l'anacardier est perçu comme une culture <<inutile », qui occupe l'espace et n'apporte aucun gain financier au bout de trois ans au minimum. On comprend donc qu'il devient difficile pour les producteurs d'engager des ressources financières pour sa fumure. Ainsi donc, l'accessibilité financière de la fumure est l'un des importants handicaps à son utilisation.

4.2.10. Protection phytosanitaire

C'est une opération de protection qui consiste à appliquer des produits phytosanitaires sur les anacardiers pour réduire ou éliminer la pression parasitaire (champignons, bactéries, insectes...).

A Kouandé, seul 1,6% des producteurs ont utilisé en 2007 un produit phytosanitaire dans leur plantation. Il s'agit des plantations en culture associée avec le cotonnier où le résiduel des produits phytosanitaires du cotonnier est appliqué. En dehors du cas tout <<atypique» identifié, l'indisponibilité des produits phytosanitaires spécifiques à l'anacardier peut expliquer à côté de l'inaccessibilité financière, leur non utilisation à Kouandé comme partout ailleurs au Bénin.

4.2.11. Taille de formation

A partir de la 2ième année, la taille de formation est effectuée sur les arbres pour supprimer les branches basses jusqu'à la hauteur de 1,50m. Cette taille prépare ainsi la formation d'une bonne charpente des futurs arbres de la plantation. Aux âges plus avancés, elle peut être complétée par de légers élagages si nécessaires par élimination des branches mortes, attaquées ou cassées (A. Tandjiekpon, 2005). Face à cette opération, les avis d'autres chercheurs sont «polémiques«. Nous pré sentons ici l'avis de Lacroix (2003) suite à une étude dans les plantations de Bassila : << Il ne faut pas réaliser de taille de formation : on n'élimine pas les branches basses. Ceci reviendrait à supprimer la partie de la cime (branches et feuilles) qui produit à ras du sol et donc à perdre environ 20 % en rendement. Dans la pratique à Kouandé, la taille de formation n'est pas très répandue et les objectifs de son exécution diffèrent de ceux évoqués par Tandjiékpon dans son étude (Figure N°11). Les producteurs réalisent la taille de formation pour faciliter la circulation dans la plantation, le ramassage. Plusieurs producteurs femmes évoquent la peur des reptiles pour justifier la taille de formation. Il faut aussi noter que cette opération s'opère souvent lors du sarclage du mois de décembre- janvier, celui qui précède la récolte de la noix.

Seulement 13% des producteurs pratiquent la taille de formation contre 87% qui ne s'adonnent pas à cette pratique.

Même si les études divergent quant aux résultats de la taille de formation, les avis sont très unanimes sur les éclaircies.

4.2.12. Eclaircies

L'éclaircie est une opération indispensable pour assurer une bonne insolation de la plantation. Cette opération détermine la productivité globale de la plantation et même la qualité de des noix récoltées. Elle devient nécessaire lorsque les cimes des anacardiers se touchent et leurs branches s'enchevêtrent. Cela supprime la concurrence inutile des racines en eau et en éléments nutritifs et des feuilles (ombre). Cela favorise la production en permettant à l'anacardier de produire des fruits du haut jusqu'au bas de l'arbre et d'augmenter la production finale et de donner une bonne forme aux arbres restants. De cette façon, le planteur peut facilement gagner 30% d'argent en plus par hectare (Lacroix, 2003). L'éclaircie est une opération qui s'impose dans les conditions observées sur le terrain. En effet, la densité anormalement élevée, souvent largement au dessous de 100 plants à l'hectare, suggère cette opération.

 

L'éclaircie est une opération onéreuse et très peu pratiquée à Kouandé. 90% des planteurs ne réalisent pas d'éclaircie dans la zone d'étude contre 10% qui déclarent réaliser cette opération (voir figure N°12) . Cette faible proportion de producteurs qui respectent cette norme culturale, sont ceux qui peuvent payer la main d'oeuvre. Pour les autres, 90% qui ne réalisent pas l'éclaircie, les producteurs évoquent une indisponibilité de main d'oeuvre et un manque de moyens financiers pour investir dans une telle opération.

4.2.13. Entretien (nettoyage)

L'entretien regroupe quatre principales opérations à savoir le désherbage, le pare-feu, l'élagage des gourmands et le rond, les uns intervenant régulièrement et les autres une fois dans l'année, soit pour favoriser la récolte ou pour protéger la plantation des feux.

Le désherbage intervient deux fois dans l'année. Le conseil agricole indique un désherbage au cours
de la saison pluvieuse (Juillet jusqu'à Septembre) et un dernier (Décembre
-Janvier). Comme dans

nombre de cas, ces opérations réduisent ou éliminent les herbes qui à la fois conduisent le feu et concurrencent l'anacardier. Nos investigations sur le terrain indiquent que les plantations qui sont cultivées en agroforesterie avec les cultures vivrières, possible lorsque l'anacardier est encore jeune, bénéficient du premier désherbage. On ne désherbe la première fois dans l'année qu'à cause des cultures vivrières. Pour ce premier désherbage, la pratique locale consacre deus façons de faire : l'une qui consiste à tailler les herbes et l'autre qui consiste à les retourner. La deuxième méthode est jugée plus profitable pour la plante puisqu'elle humifie le sol et en apporte à la qualité du sol et donc au rendement de l'anacardier. Le premier désherbage, en l'absence de cultures intercalaires n'est presque pas réalisé puisqu'il intervient à un moment de forte sollicitation de la main d'oeuvre, de sa rareté et de sa cherté de fait. Il est donc perçu comme une corvée peu rentable pour citer Lacroix (2003).

 

Photo N°1 Plantation enherbée (cliché Yabi, 2006).

Quant au deuxième sarclage, il s'opère à quelques moments seulement de son intérêt principal: la récolte. Il est souvent respecté d'abord à cause de la récolte, ensuite parce que la main d'oeuvre est disponible à cette période et enfin pour prévenir le feu, les maraudeurs et les reptiles selon les producteurs. Toute proportion cumulée, on remarque que 22% des producteurs ne désherbent pas leurs plantations

contre 78% qui s'y adonnent vraiment. Ce dernier pourcentage regroupe aussi ceux qui respectent le premier désherbage, ceux qui respectent le deuxième désherbage et ceux qui respectent les deux simultanément. Aussi les herbes peuvent-ils concurrencer l'anacardier, de même, peuvent-ils les emporter par les feux.

Photo N°2 Plantation tardivement sarclée (cliché Yabi, 2006).
L'anacardier est une e spèce particulièrement sensible au feu
quel que soit son âge. (Tandjiékpon, 2005). Le pare-feu est
une opération vitale qui s'impose dans une plantation
d'anacardiers. En effet, si un anacardier est brûlé vers 5 ans, il
semble peu probable de pouvoir s'attendre à ce que sa cime se
reforme jusqu'à la fin de la révolution, soit à 25 ans, date de la
coupe finale de l'arbre pour son remplacement (Lacroix, 2003). A cause des feux pyromanes ou
sauvages qui chaque année interviennent dans la région et de l'inflammabilité caractéristique de
l'arbre (à cause de la térébenthine), l'enlèvement du feu, pour littéralement traduire le terme local
utilisé pour le désigner, est une opération de protection de la plantation contre le feu. Il consiste à
réaliser un désherbage sur le pourtour de la plantation sur une largeur allant jusqu'à deux mètres.

Cette opération est jugée importante par les producteurs et ils s'efforcent de la respecter même au détriment du sarclage. Ils sont seulement 15% qui ne respectent pas le pare-feu soit au profit d'un sarclage régulier ou de feux de renvois allumés et contrôlés pendant les feux précoces des mois de Novembre et de Décembre. Ainsi donc, 85% des producteurs réalisent leurs pare-feux pour éviter des incendies fortuits et ou pyromanes dont les ravages sont innommables.

Photo N°3 : Plantation entièrement traversée par un feu de végétation (cliché Yabi, 2006)

En dehors de ces opérations à la limite obligatoires, nous parlerons de deux autres mais bien accessoires.

L'élagage des gourmands est une opération de «soins plus » à une plantation. En effet, elle optimise la production et intervient un peu avant la floraison afin de réduire la perdition du potentiel productif de la plante. Elle n'est pas du tout réalisée dans notre zone d'étude.

Le rond est également une opération pour faciliter le ramassage des noix. Il consiste à nettoyer autour de l'arbre en fructification sur un diamètre correspondant à la superficie terrienne de l'anacardier. Cette opération permet une mise en nue rapide des noix tombées, d'optimiser le rendement de la récolte14 et d'éviter le ramassage des impuretés avec les noix. La réalisation de rond n'a pas été vraiment notée dans notre zone d'étude.

4.2.14. La récolte

Avant même d'aborder l'opération proprement dite, comparons les données du rendement obtenu à Kouandé à celui obtenu au plan national. Le rendement moyen au niveau de la zone d'étude sur quinze années d'exploitation est de 307,85kg/ha. Les données de la FAO donnent en moyenne 225.175333 kg/ha sur la même période. Le test t de student (t=3,583 et p=0,001) indique que la différence est significative et confirme que la commune de Kouandé a un avantage par rapport aux autres zones de production.

La récolte est une opération culturale dont la délicatesse procède de son importance dans la production d'une noix de qualité. En effet, dans cette opération s'exécutent de nombreuses et minutieuses tâches dont l'impact direct sur la qualité est sans pareil. Elle intervient une fois l'an et court du mois de janvier à celui de mars. Le conseil agricole indique clairement que les noix ne sont mûres à récolter que lorsqu'elles ont chuté. Plusieurs paramètres de qualité se jouent là (Taux

14 Il s'agit du rapport entre la quantité de noix réellement ramassée et celle tombée ou produite par la plante.

d'humidité, taux d'impureté, taux de noix immatures ou malades, KOR...). Les noix doivent donc être ramassées, aussi très rapidement et séparées de leur pomme et non mélangées aux noix immatures et malades. Les efforts de la vulgarisation se sont pendant longtemps axés sur cette norme de production et désormais les producteurs n'ignorent guère les déconvenues que génère une cueillette prématurée sur arbre des anacardiers. Les producteurs de Kouandé dans leur majorité déclarent ramasser les noix à leur chute et seulement à ce moment. 3,33% des producteurs seulement récoltent précocement les noix sur arbre. Cette frange des planteurs évoque le vol pour justifier ce type de récolte. Mais il faut noter une inadéquation entre les données de l'enquête sur ce paramètre et la réalité de la qualité des noix produites à Kouandé. Il sera donc analysé plus loin dans la caractérisation des producteurs et de l'explication corrélée avec les éléments clés de détermination de qualité et de normes de production, les raisons de ce contraste.

Par contre, l'analyse de nos données montre que 82% des producteurs ramassent tardivement leurs noix et le nombre moyen de jours pour le ramassage oscille entre 2 et 3 (Voir figure N°13). La raison de ce comportement est le souci, pour les petits exploitants, de ramasser une quantité importante de noix et, pour les grands exploitants, d'optimiser des charges de récolte, car ces derniers emploient la main d'oeuvre salariée pour la récolte des noix. Les autres 18% qui ramassent systématiquement les noix sont ceux qui ont suivi une formation. Cette attitude dénote d'une alerte au vol et un gain de la proximité des plantations des habitations ou d'une disponibilité abondante de la main d'oeuvre familiale.

Par ailleurs, environ 73% des producteurs ne séparent pas immédiatement les noix des pommes contre seulement 27% qui le font (voir figure N°14). En effet, la pratique dans notre zone d'étude consiste à rassembler les prises du ramassage en des tas où pommes et noix sont mélangées, pour enfin les séparer posément au bou t d'une moyenne de 4 heures. Cette manière de faire aurait l'avantage de faire gagner du temps et d'accroître le rendement de ramassage au mépris de l'augmentation de l'humidité des noix. On pourrait néanmoins rappeler que le séchage bref à l'ombre qu'ils font observer réduirait l'effet évoqué supra.

L'autre pan important d'une bonne récolte est le mélange des noix. En effet, le taux des noix immatures et/ou malades est un paramètre composite très déterminant dans la détermination de la qualité des noix brutes de cajou.

 

Comme l'indique la figure N°15 , 58% des producteurs de Kouandé mélangent pour 48% qui ne mélangent pas. Cette statistique est très encourageante et s'explique par la commercialisation groupée, fortement développée au sein des groupements, par laquelle les rémunérations sont discriminées en fonction du taux de noix immatures et/ou malades.

4.2.15. Le séchage et le tri

Le séchage des noix récoltées est une opération subsidiaire. Il est bref, juste après le ramassage et ne se fait pas au soleil mais à l'ombre. Il n'est pas à confondre systématiquement avec l'aération des noix. Pour bien la réaliser, le planteur doit disposer d'une aire de séchage faite en béton et bien cimenté. 12% des producteurs de Kouandé disposent d'une aire de séchage dont 43% sont faits de béton ou de ciment et 57% sont en terre battue. Il est plus fréquent dans la pratique dans la zone d'étude que les noix soient exposées dans la chambre du producteur. Cette disposition est une alternative à une aération même si les ouvertures de ladite chambre ne garantissent forcément pas la bonne circulation de l'air. Nos enquêtes montrent que 60% d'une manière ou d'une autre soumettent

leurs noix au séchage léger ou à l'aération contre 40% qui les disposent directement dans les sacs de stockage. Sur ces 60%, nous notons que 75% exposent leurs noix dans leurs chambres (qu'elles soient aérées ou non), 22% exposent leurs noix sur la cour de leur maison et seulement 3% exposent leurs noix au soleil. Ces chiffres confirment l'idée générale que les producteurs ont d'une noix ramassée. En effet, une noix chutée est une noix mûre et dont l'exposition au soleil pourrait entraîner un écoulement des huiles.

Le tri est une opération qui intervient avant la mise en sac et le stockage des noix. Il consiste à séparer les noix saines de celles malsaines et de les classer selon le calibre. C'est une opération aussi onéreuse en temps que rémunératrice du paramètre de la qualité qu'il génère. 25% des producteurs étudiés trient leurs noix dans une moindre mesure contre 75% qui la jugent inutile à cause du traitement égalitaire que les commerçants réserveraient à toutes les noix. Ces chiffres contrastent les données du mélange des noix, mais se rapprochent beaucoup plus des données recueillies à la vente et à l'analyse. En fait, l'effet cumulé du mélange, du manque du tri et autres mauvaises pratiques est simplement le taux de rendement faible recueilli à l'analyse des noix avant leur exportation. Selon les données du SGS, le rendement en noix, facteur déterminant de la qualité, est estimé entre 38% et 49%.

4.2.16. Le stockage

Après la récolte, le bref séchage et le tri, la phase importante de la chaîne de production de noix brutes de qualité est sans doute le stockage. La noix de cajou est une denrée difficile à conserver déjà au niveau d'une production individuelle. Encore plus, le stockage s'impose pour offrir la noix à un meilleur prix. En effet, les noix prémices et la vente en période d'abondance ne rémunèrent pas le coût de production. La question de stockage fait appel aux équipements de stockage et aux sites ou cadres de stockage garantissant une bonne conservation des noix. Les noix brutes doivent être conservées dans des sacs de jute, qui ont l'avantage de faciliter l'aération des noix et une température favorable au maintien de l'état des noix en conservation. Quant au site de stockage il doit être frais, ventilé, sec et à l'abri des insectes nuisibles. Ce site peut être de dimensions variables en fonction du nombre de sacs à stocker, mais l'on peut néanmoins estimer la hauteur du hangar à 4m avec des ouvertures, grillagées, occupant 10% de la surface murale. Lorsque le toit du hangar est fait de tôle, les sacs remplis de noix doivent être disposées à un mètre du toit. De plus, il est recommandé de disposer les sacs sur de palettes et non au contact direct avec le sol. 65% des producteurs de Kouandé conservent leurs noix dans les sacs de jute contre seulement 35% qui soit les conservent dans les sacs en polyéthylène ou en vrac. En effet, qu'ils soient engagés dans la commercialisation groupée ou dans une commercialisation individuelle avec les collecteurs primaires, les producteurs

bénéficient souvent des sacs de jute que ces acheteurs mettent à leur disposition à l'approche de la campagne de commercialisation. Seulement ces sacs ne suffisent pas à couvrir les besoins des producteurs. Et c'est ce qui explique que plus de la moitié des producteurs enquêtés utilisent ce type de sacs. Par contre, seulement 31,67% des planteurs disposent d'un site de stockage quel qu'il soit. En effet, nombre de ces sites ne répondent pas aux conditions normales énumérées ci-dessus. De plus, les efforts de construction d'un hangar pour le compte des groupements du village de Kouandé par l'intervention du PAMRAD n'ont pas encore abouti. Enfin, 35% des producteurs disposent leurs sacs sur des palettes ou quelque support isolant les noix du contact direct avec le sol. Cette disposition qui permet de réduire l'infiltration de l'eau et une réhumidification de la noix par l'eau du sol, même en ciment, est peu connue des producteurs. Pour 65% d'entre eux, la disposition sur une surface terrassée est suffisante pour garantir la bonne qualité de la noix au stockage.

4.2.17. La commercialisation

Les noix récoltées sont vendues dans leur majorité suivant deux circuits, tous deux indirects : il s'agit de la commercialisation avec des collecteurs et de la commercialisation groupée (voir les figu res 17 et 18). La vente dans les marchés est marginale et se passe par petites quantités. Ces deux circuits se livrent une concurrence atroce sur le terrain tellement les enjeux sont grands. Quelque soit le cas, le produit objet de la transaction est la noix brute en général, comme il se passe dans tout le pays, en dehors de quelques deux cas de transformation artisanale que certaines femmes productrices pratiquent, mais pas à plein temps. La commercialisation peut être segmentée en trois grandes périodes que sont la pré-campagne, la campagne proprement dite et la post-campagne. En effet, dès les prémices, les exportateurs ou leurs intermédiaires commanditent la collecte primaire par le biais des collecteurs, très souvent autochtones de Kouandé. Ces derniers parcourent les zones de production et signent des sortes de « marchés à terme »15 avec les producteurs. L'activité

est très développée à Birni où nous avons dénombré près d'une cinquante de collecteurs primaires. Elle est aussi très rémunératrice car la tonne est collectée à 10.000 F CFA en moyenne. De l'autre côté, les groupements sur la base des prévisions déclarées par chacun de leur membre lance également une collecte précoce avant les ressources financières acquises auprès de la CLCAM. Tout ceci se déroule avant le lancement officiel de la campagne de commercialisation des noix de cajou par le Gouvernement: c'est la campagne proprement dite. Mais engrange-t-elle autant de volumes que la pré-campagne? Pas si sûr puisque même si les volumes ne sont passés de la main du vendeur à l'acheteur, les transactions sont faites verbalement déjà. La post-campagne concerne le volume

15 Sur la base des productions passées et du rendement attendu au moment du contrat, qui par ailleurs est verbal, le collecteur primaire avance une certaine somme d'argent au producteur afin de garantir l'achat de ses noix à la récolte. Les prix sont négociés en deçà du prix fixé et tourne autour de 100F CFA le Kilogramme. Le plus souvent, il ne s'agit que d'une avance qui est complété lorsque la production est réellement entre les mains du collecteur.

résiduel et les noix que les groupements ont rassemblées dans leurs «entrepôts ». En réalité, les partenaires des groupements mettent souvent du temps à venir et rabaissent même souvent les prix du Kilo. Ainsi les charges du le personnel engagé dans la collecte primaire, les opérations pré -vente (pesée, gardiennage et location magasin...) et le service de crédit

pris à la CLCAM ne rentabilisent pas la commercialisation groupée et démobilisent les producteurs par rapport à cette méthode de vente. Mieux, même si cette méthode à son terme rémunérait la qualité et garantirait un cash important au producteur, elle n'a pas l'avantage de libérer à tout le moins de l'argent frais à petit coup en cette période de difficultés financières comparativement aux flux monétaires proposés par les collecteurs commis par les exportateurs. C'est d'ailleurs ce qui explique que la commercialisation groupée transacte peu de volumes de noix brutes et ses prévisions annuelles ne sont pas souvent atteintes. En témoignent ces chiffres de l'année 2008 et de l'envergure de cette opération. Sur les prévisions de 1800 tonnes de noix à acheter suivant ce procédé, l'URPA n'a pu réussir qu'à acheter que 200 tonnes soit 11% des objectifs. Sur 54% des producteurs qui déclarent appartenir à un groupement, seulement 40% participent à la commercialisation groupée. Bien que membres des groupements, 13% des producteurs préfèrent livrer leurs produits aux collecteurs commis par les exportateurs. Cet pourcentage, malgré sa modération, traduit toute la difficulté que la commercialisation groupée éprouve pour s'imposer comme méthode de commercialisation des noix à Kouandé pourtant qualifié de modèle dans cette méthode toujours en expérimentation dans les zones productrices d'anacarde au Bénin. Il importe aussi d'ajouter que les producteurs quelle que soit leur appartenance, livrent très souvent une partie de leur production aux collecteurs « Téékoun » avant la collecte en groupement. Ces trois séquences de commercialisation n'offrent pas les mêmes prix. La Figure N° 16 traduit la fluctuation des prix courant le temps

Pré-campagne

Prix moyen: 150FCFA/Kg

Campagne proprement dite Prix moyen :200FCFA/Kg

Post-campagne

Prix moyen :120/KgFCFA

Figure N° 16: représentation schématique de la fluctuation du prix du Kilogramme de noix brute à Kouandé. Source: Notre recherche à Kouandé, 2008.

A la lecture de ce diagramme, on note que les producteurs qui ont encore le plus grand volume de noix sur eux dans la pré-campagne et la campagne proprement dite ont des prix meilleurs à ceux qui les vendent en post-campagne.

Les producteurs

Vente dans les marchés

Collecteurs primaires niveau village

Collecteur primaire au niveau Arrondissement ou commune

Représentant de l'exportateur

Figure N°17: Circuit de commercialisation des noix brutes de cajou hors des groupements à Kouandé. Source: Notre recherche à Kouandé, 2008.

Producteurs

CVPA

UCPA

Vente dans les marchés

Figure N°18: Circuit de commercialisation des noix brutes de cajou dans les

groupements à Kouandé : la commercialisation groupée. Source: Notre recherche à Kouandé, 2008.

CHAPITRE 5: ASPECTS SOCIOECONOMIQUES ET ENVIRONNEMENTAUX DE LA PRODUCTION DE NOIX D'ANACARDE ET PERCEPTIONS DES NORMES.

Sous ce chapitre, nous aborderons les avantages économiques et sociaux et une analyse de la performance économique de la production de noix brutes d'anacarde.

5.1. AVANTAGES ECONOMIQUES ET SOCIAUX DE LA PRODUCTION D'ANACARDIER À KOUANDE

De pratique forestière et antiérosive, la production d'anacardier est passée depuis plus d'une décennie à une importance économique, qui dope sa production fruitière depuis lors. Ainsi faisant, son importance est aussi devenue sociale.

5.1.1. Importance des revenus issus d'anacardiers

Le poids économique de la production d'anacardier dans la formation globale des revenus des exploitants issus des productions végétales est mesuré aussi bien par l'instantanéité, l'importance et la période d'occurrence du cash qu'elle apporte au producteur. En effet, et s'agissant de l'instantanéité et de l'importance, la vente des noix brutes d'anacardier rapporte un flux important en cash, notamment pour les producteurs qui ont des contacts directs avec les collecteurs ou ceux engagés dans les groupements. Cette instantanéité favorise la réalisation des projets du producteur dès lors que l'investissement est programmé à la période de vente. De plus, ce gain issu de la vente des noix brutes survient à une période relative de forts investissements marqués par la préparation de la campagne agricole (Mars-Mai) et une relative faiblesse de la trésorerie des producteurs. La figure suivante présente la situation réelle dans le milieu d'étude.

La figure N°19 montre que d'abord la part de
l'anacardier dans la formation du revenu agricole
peut varier de
0 à 100% selon le cas. Ces
résultats confirment ceux obtenus par Yabi
dans le Centre-Bénin où la part du gain issu de
la vente des noix d'anacardiers dans le revenu
global est comprise entre 20 et 60 % (Yabi,
2007). La relative différence de la statistique
peut être liée au fait que l'estimation soit faite
par rapport au revenu global du producteur dans
son étude. De plus, pour 29% des producteurs,
la production de noix brutes d'anacardier contribue entre 80 et 100% de leurs revenus issus des

ar défaut)

productions végétales en général. Par ailleurs , ils sont 28% des producteurs à tirer entre 0 et 20% de leurs revenus issus de la production végétale, de l'activité production de noix brutes d'anacardier. Environ 20% des producteurs tirent entre 20 et 40% de leurs revenus agricoles (production végétale) de la production des noix brutes d'anacardier. Ils sont, en outre, 17% et 6% à tirer respectivement entre 40 et 60% et entre 60 et 80% de leurs revenus agricoles issus de la production végétale, de l'activité de production de noix brutes de cajou. Ces do nnées soulignent très clairement que la production d'anacarde en est pour beaucoup dans la formation des revenus agricoles en général et ceux provenant de la production végétale chez les producteurs de Kouandé. Une analyse croisée de ces données avec les éléments des figures N°20 et 21 nous indique l'importance économique au regard de la valeur globale des productions végétales.

Cette figure indique que l'anacardier participe au maximum à 40% à la valeur des productions végétales et pour 50% des planteurs, les noix brutes d'anacardier représentent entre 0 et 10% de la valeur totale de leurs productions végétales. De même, ils sont respectivement 15% et 15% dont les noix d'anacardier participent entre 10 et 20% et entre 20 et 30% à la valeur totale des productions végétales. Enfin, entre 30 et 40% de la valeur des productions végétales proviennent de la culture de l'anacardier pour 20% des planteurs. Sur la base de l'analyse, on remarque que plus de 72% des producteurs tirent plus de 20% de leurs revenus agricoles (issus de la production végétale) de la production de l'anacardier, alors que cette production représente pour 65% d'entre eux entre 0 et 20% de la valeur des productions végétales. Mieux, seulement 20% des producteurs tirent entre 30 et 40% de la valeur de leurs productions végétales de l'anacardier pour environ 52% des producteurs qui en tirent dans la même proportion leurs revenus agricoles issus de la production végétale. En définitive, l'anacardier participe plus à la formation des revenus agricoles qu'il ne participe à la valeur totale des productions végétales : l'anacardier a donc non seulement une valeur économique mais une

valeur marchande non négligeable par rapport aux autres produits agricoles. En témoigne cette remarque : d'après 89 % des producteurs, cette recette dépasse de loin les recettes des autres produits agricoles pris isolément (Yabi, 2007). En outre, plus le producteur est âgé, plus l'anacardier contribue à la formation du revenu agricole. Les personnes âgées de plus de 60 ans tirent en moyenne 70% des leurs revenus agricoles de la production de l'anacardier. Mais l'anacardier participe non seulement à assurer une pension (voir encadré1) mais aussi à assurer un avenir à sa progéniture (voir encadré 2).

l'entretien) et chaque année on y attend quelque

chose. C'est un débit financier comme si nous étions

Encadré 2: Tellement nous croyons à l'anacarde de demain que nous invitons les nôtres à faire cette culture. Et depuis nosjeunes, avec notre aide, investissent dans les plantations d'anacardiers: de nouvelles plantations sont installées et d'ici là notre CVPA participera plus profondément qualitativement et quantitativement à la campagne de commercialisation de cette culture. MAMADOU Bio, producteur de Becket-Djadji.

Encadré 1 : Les plantations garantissent un revenu certain (petit ou grand suivant l'âge, la saison et

salariés ou simplementfonctionnaires de l'Etat. SEKE Lafia, producteur de Becket-Bouramé.

L'utilisation et la destination des ressources issues de la vente de l'anacardier seront présentées ci- dessous pour mieux comprendre quelles sont les fonctions essentielles qu'elles assument dans le portefeuille de dépenses du producteur.

5.1.2. Utilisation des recettes de la vente de l'anacardier

La vente de noix brutes d'anacarde génère d'importantes ressources que le producteur investit dans nombre de dépenses dont les plus importantes sont: le renouvellement et l'acquisition des cheptels mort et vivant, les cérémonies diverses, instruction et écolage de la progéniture, travaux champêtres, santé, panier de la ménagère et autres. La figure N°22 présente en détails la part de chacun de ces postes de dépenses dans les dépenses totales.

Encadré 6: On fait le champ d'arachide pour assurer l'écolage alors que les noix de cajou assument beaucoup plus des cérémonies et l'achat de bien matériels comme les motos, voitures, moulins à maïs etpostes électroniques. MOUSSA Soulé, Producteur de Tassigourou.

Les données de la figure ont été pondérées avec le nombre de producteurs. 25% des recettes des noix brutes d'anacardier sont utilisées pour renouveler et acquérir aussi bien du matériel agricole que des animaux en élevage. En témoigne l'encadré 3. La vente des noix participe en premier à soutenir l'activité principale dans cette commune rurale.

Encadré 3: La première récolte m'a servi à acheter des moutons qui aujourd'hui se reproduisent. Pour moi, ça dope mon activité principale et constitue un fond de réserve pour soigner mes animaux etpour relever chaque fois mon cheptel, remplacer les reproducteurs et les performants réformés afin de maintenir le niveau de rentabilité et de pérennité de mon activité principale que représente l'élevage. MAMADOU Bio, producteur et éleveurpeulh à Becket-Djadji.

Environ 20% des revenus des noix brutes de cajou sont consacrées aux cérémonies diverses dont les mariages, alors que les rites funéraires emportent la grande partie. L'instantanéité et l'assurance de ce gain autorisent la programmation des mariages et d'autres cérémonies.

Par ailleurs, 30% des recettes sont consacrées aux travaux champêtres, alors qu'à l'instruction et l'écolage de la progéniture sont consacrés 15%.(Voir encadré 4) Nous n'avons pas pris en compte ici la participation des producteurs au sein de l'Association des Parents d'Elèves pour le paiement des enseignants communautaires. Mais nous remarquons aisément que la production soutient la scolarisation des enfants dans la commune. De plus, on peut agréger à près de 40% des ressources de la noix d'anacardier consacrées aux activités a gricoles des producteurs (renouvellement et acquisition du matériel agricole et de cheptel, travaux champêtres comme la rémunération de la main d'oeuvre).

Encadré 4 : L'anacardier est pour le bien de tous et l'argent quiy est tiré sert aux enfants en prioritépour leur instruction... GBARA Ibourahim, producteur de Birni-Maro.

D'un autre côté, 5% et 12% des recettes sont consacrées respectivement à la santé et au panier de la ménagère pour acheter les condiments, voire des vivriers (voir encadré 5).

Encadré 5 : En période de soudure et de rareté des céréales ou du vivrier, les recettes générées par la vente des noix deviennent la caisse des cérémonies, des achats complémentaires des vivriers et d'achats de condiments. MOUSSA Soulé, Producteur de Tassigourou.

En dehors de ces postes, les recettes de la vente des noix d'anacardier sont consacrées à d'autres utilisations, souvent variées allant de l'acquisition de motos, voire de voitures et de moulins à maïs (voir encadré 6).

Ces statistiques et les opinions relatées dans cette analyse indiquent clairement que l'anacardier ou tout simplement ses noix, sont très utiles et leurs recettes assument de véritables fonctions sociales (instruction, santé, cérémonies, lutte et prévention de la faim, cuisine...) et dopent l'économie en agissant comme fonds d'investissement de l'activité économique (renouvellement et acquisition de matériels agricoles et de cheptel, conversion ou diversification des activités économiques à travers l'achat de voitures et/ ou de motos et de moulins à maïs). Les noix d'anacardier assument bien plus sur le plan social.

5.1.3. La production de l'anacardier comme source importante d'emplois occasionnels L'activité de production de noix brutes de cajou à Kouandé est une source évidente d'emplois occasionnels. Les pans de l'activité les plus concernés sont dans l'ordre la production et la commercialisation.

En ce qui concerne la production, les activités d'entretien et de récolte offrent un emploi occasionnel à une main d'oeuvre salariée essentiellement constituée de jeunes déscolarisés et de migrants agricoles qui viennent des communes voisines. Pour mieux saisir l'importance de cet emploi, voir en annexe N°II les temps et coûts de travaux standards de la culture d'anacardier dans la commune de Kouandé.

Ce tableau indique que l'activité de production génère des emplois occasionnels. Les activités d'installation que sont le désherbage, le défrichement et la trouaison totalisent 17h/j par hectare. Ces activités se réalisent une fois pour une plantation et se réalisent sur de nouvelles friches. Elles coûtent par ailleurs beaucoup aux producteurs qui ne le réalisent pas, car les producteurs dans leur majorité installent leur plantation sur des champs déjà cultivés. Lors des années d'exploitation, les opérations d'entretien (Sarclage, pare-feu) qui sont réalisées totalisent 14h/j/ha et emploient beaucoup de personnes. Les activités de sarclage et de pare-feu et celles d'installation sont exécutées essentiellement par les hommes aussi bien en main d'oeuvre salariée que familiale. La récolte de noix est une activité très coûteuse et nécessite 5h/j/ha pour un coût de 18. 000 F CFA. Elle est donc très rémunérée et elle e st exécutée par les femmes et les jeunes essentiellement. Les grands exploitants souvent très majoritaires dans cette région emploient ainsi donc cette main d'oeuvre. La population jeune de la commune de Kouandé est aussi très active dans la commercialisation.

Au niveau de la commercialisation, les exportateurs emploient la main d'oeuvre locale dans la collecte primaire. Ils sont quelques dizaines à être employés, leurs âges varient de 20 à 55ans. Nous avons par exemple dénombré à Birni, environ une cinquante de «teekoun » qui est engagée dans cette collecte. En effet, la tonne de noix collectée est rémunérée à 10.000 FCFA et suivant son dynamisme un collecteur peut remplir en une campagne un gros porteur de près de 40 tonnes. Ce qui fait environ 400.000 FCFA pour une campagne de commercialisation, indépendamment du fait que le collecteur

puisse avoir sa propre plantation. Toutes ces donnees attestent le fait que le PAPEJ16 est retenu dans on etude conjointe avec le PNUD, l'anacardier comme première filière porteuse d'emplois dans la commune de Kouande. Ces transactions combinees au developpement d'une relation usurier- producteur contribuent à une forte activite economique dans cette periode de commercialisation.

5.1.4. La poussée d'un système local de garantie et l'apparition d'une pseudo-aisance économique temporaire

Les noix brutes d'anacarde ont integre à Kouande, un système informel de credits anime d'une part par des usuriers qui sont offreurs de credits et d'autre part par les producteurs qui sont demandeurs de credits en hypothequant leur production prochaine. En effet, sous la garantie de la production future, non actualisee bien sûr, le collecteur resident et deguise en usurier accorde des prêts de valeur variable et inferieure à la valeur reelle de la production anterieure (le kilogramme etant souvent cede à 100 FCFA). Ces ressources sont demandees pour regler des problèmes quotidiens et de maladie, mais aussi de financement de l'agriculture. Les opinions des producteurs sur cette pratique ne sont pas favorables mais on peut conclure en un pis-aller puisque, malgre tout les usuriers prospèrent et la commercialisation groupee perd des adherents potentiels. De plus, et ce avec les groupements et de manière formelle, certaines institutions locales de microfinance ont conduit avec les femmes un processus de warrantage. Les noix d'anacarde sont donc fortement utilisees comme garanties pour des transactions financières. Elles donnent naissance à une petite bourgeoisie et font vivre des zones productrices, tout au moins temporairement.

L'activite de collecteur primaire a cree une classe de personnes relativement riches qui tiennent la vente primaire au niveau local et agissent en usuriers comme indique supra. De l'autre côte, la vente de noix d'anacardier fait vivre des zones de production et installe temporairement une forte activite migratoire et economique. Le cas de Birni est edifiant (Voir encadres 7 et 8).

Encadré 7 : En période de campagne de commercialisation des noix brutes d'anacardier, le village de Birni est rempli de gens et les baraques poussent un peu partout. Ily a de l'argent frais et les commerçants nigériens (Babas) inondent le village avec leurs produits de toute sorte. La fierté de consommer s'installe et les « bar - café emplissent, ne nous permettant même plus de bénéficier du soin au client. AKABASSI Baudelaire, agent du CeCPA à Birni.

Encadré 8 : En période de production des plantations d'anacardiers, les jeunes ne jouent plus au football et le terrain est enherbé. Ils sont affairés à chercher de l'argent pour leurs projets d'achats de matériels électroniques et de vêtements. Moi, j'attends la campagne prochaine pour gagner un peu d'argent et migrer vers Ouassa-Péhunco. Un jeune de Birni-

Nous allons dans la suite analyser sommairement la performance economique de la production de noix brutes d'anacardier à Kouande.

16 Projet d'appui à la promotion de l'emploi des jeunes.

5.2. ANALYSE DE LA PERFORMANCE ECONOMIQUE DE LA PRODUCTION DE NOIX BRUTES D'ANACARDIER A KOUANDE

Cette analyse sommaire permettra de comparer deux systèmes de culture et de dégager les enseignements essentiels pouvant aider à la compréhension de l'attitude attentiste des producteurs face à certaines opérations culturales.

Les recettes sont principalement constituées des gains issus de la vente des noix d'anacardier. Quant aux charges, elles se rapportent aux dépenses relatives à l'installation et l'entretien des plantations, aux opérations de récolte, etc.

Tableau N°5 : Charges sur la période d'estimation

Années17

Postes

Montants pour IT 2

Montants pour IT 1

1

Installation+ exploitation+ matériels18

 

201

000

 

154

000

2

Exploitation

 

82

000

 

69

000

3

Exploitation

 

82

000

 

69

000

4

Exploitation

 

82

000

 

69

000

5

Exploitation

 

82

000

 

69

000

6

Exploitation

 

82

000

 

69

000

8

Exploitation

 

82

000

 

69

000

9

Exploitation

 

82

000

 

69

000

10

Exploitation

 

82

000

 

69

000

11

Exploitation

 

82

000

 

69

000

12

Exploitation

 

82

000

 

69

000

13

Exploitation

 

82

000

 

69

000

14

Exploitation

 

82

000

 

69

000

15

Exploitation

 

82

000

 

69

000

Total charges

1

349

000

1

120

000

Source : notre recherche à Kouandé, 2008

L'estimation des recettes sera faite sur la base des rendements obtenus en milieu paysan estimés par le PRRF (PRRF, 2000) et ceux obtenus sur la base des ventes des producteurs enquêtés.

17 Années signifient années d'exploitation. Mais pour les simplifications du calcul, nous avons reporté les dépenses d'acquisition d'outils agricoles et d'installation.

18 Matériels concernent les outils agricoles dont le forfait est estimé à 50.000F CFA

Tableau N°6 : Rendement moyen des noix d'anacardier à Kouandé comparé à l'estimation du PRRF.

Age (en années)

Rendement en kg de (noix/ha/an) IT1

Rendement en kg de

(noix/ha/an)

IT2

Rendement en kg de

noix/ha/an

(estimation du PRRF

en 2000)

3

35#177; 3

50#177;10

50

4

75 #177; 10

100#177;15

120

5

110#177;20

200#177;20

150

6

405#177; 100

600#177;120

450

7

405#177; 100

600#177;120

450

8

405#177; 100

600#177;120

450

9

520#177;100

800#177;120

600 à 700

10

520#177;100

800#177;120

600à 700

11

520#177;100

800#177;120

600 à 700

12

520#177;100

800#177;120

600 à 700

13

900#177; 150

1200#177;200

Plus de 700

14

900#177; 150

1200#177;200

Plus de 700

15

900#177; 150

1200#177;200

Plus de 700

Total

 
 
 

Source : Notre recherche à Kouandé, 2008 et PRRF, 2000 IT1= Itinéraire Technique 1

IT2= Itinéraire Technique 2

Tableau N°7: Recettes moyennes d'exploitation de noix d'anacarde ha/ an

Age (en années)

Rendement en kg de
(noix/ha/an) IT1

Recettes moyennes par
ha/an (IT1)

Rendement en kg de
(noix/ha/an) IT2

Recettes moyennes

par ha/an (IT2)

3

35

7000

50

10000

4

75

15000

100

20000

5

110

22000

200

40000

6

405

81000

600

120000

7

405

81000

600

120000

8

405

81000

600

120000

9

520

104000

800

160000

10

520

104000

800

160000

11

520

104000

800

160000

12

520

104000

800

160000

13

900

180000

1200

240000

14

900

180000

1200

240000

15

900

180000

1200

240000

Total

6215

1243000

8950

1790000

Source : Notre recherche à Kouandé, 2008

Le prix indicatif du kilo de noix brutes est estimé en moyenne à 200 F CFA

BFIt ? ta R - i = (1243000 -1 120 000)= 123 000 F CFA

ta

BFIt ? R - i = (1790000 -1 349 000) = 441 000 F CFA

BF>0 quel que soit le système de culture mais l'on note que l'itinéraire technique 2 est plus rentable
que l'itinéraire technique 1 (BF IT2> BF IT1). Mieux BF It =3,58 fois BF It1. De plus le TSR est

2 2

supérieur au TSR1. En effet, le retour sur investissement de l'itinéraire 2 est de 132% conte 111%
pour l'itinéraire1. Ce paramètre permet de mieux apprécier la rentabilité des deux itinéraires

(TSR2= 1 , 1 8fois TSR1). On conclure donc que globalement, la production de noix brutes de cajou à Kouandé est financièrement rentable. Ces résultats sont conformes à ceux obtenus par Aïna (1996). Par ailleurs, en mettant en relation les marges brutes calculées et les classes des producteurs, on note que :

- L'itinéraire 1 correspond à la pratique des classes 2, 3, 4, 6,7

- L'itinéraire 2 correspond à la pratique des classes 1 et 5. Alors on a:

BF It1 ?BF C2?BF C3?BF C4?BF C6?BF C7

BF It2 ?BF C1 ?BF C5

On peut donc conclure à une variation des marges brutes selon les classes des producteurs. 5.3. PERCEPTIONS DES PRODUCTEURS SUR LES NORMES

Dans ce sous-chapitre, nous présentons quelques perceptions des producteurs sur les normes de production auxquelles ils sont instamment ou seront plus durement astreints. Cette partie de notre travail a pour but principal de faire le point des opinions que les producteurs ont des normes de production et des influences éventuelles que nous pourrons dégager sur leur système de production et la société en général. Elle se veut aussi une contribution à l'analyse de l'évaluation et de la compréhension des scénarii que nous avions esquissés à l'issue de cette étude.

5.3.1. Connaissance des normes de qualité

L'objet de cette étude est avant tout la question des normes de qualité qui sont d'ailleurs objet d'enjeux dans le commerce international et constitue une étape importante d'entrée sur un marché. Sa connaissance donc participe du partage d'information et de la régularité de fonctionnement du marché. Ainsi comme en Economie n éoclassique, la littérature sur la notion de qualité est abordée avec un lien direct avec l'asymétrie d'information (Akerloff 1970et Stiglitz 1987). Les situations d'asymétrie informationnelle pourraient exister en «nature » dans le cas où le vendeur a une meilleure connaissance que l'acheteur du bon produit et vice-versa (Daviron, 2007). Cette situation peut autoriser des comportements opportunistes (risque moral, sélection défavorable) qui affecte le bon fonctionnement du marché ou même lui est fatal. On ne peut donc travailler sur les normes sans, à défaut de mesurer, avoir une idée de la connaissance des normes par les producteurs. Les résultats obtenus témoignent d'une connaissance, même à minima, des normes de qualité des noix brutes d'anacardier. En effet, 90% contre 10% des producteurs déclarent avoir connaissance d'au moins un paramètre des normes de qualité. Les paramètres cités sont essentiellement le KOR (que certains producteurs savent déterminer eux-mêmes), nombre de noix par kilogramme. Les tests mentionnés

pour usités sont: le test acoustique, le test de l'ongle, le test de ciseaux, le test de flottaison, classement des noix en trois différents grades, le tri des noix. Dès lors que la symétrie d'information est « établie », examinons la relation entre normes de production et qualité des noix

5.3.2. Normes de production et qualité des noix récoltées

Les producteurs établissent-ils eux- mêmes une relation entre l'observance des normes de production prescrites et la qualité des noix qu'ils récoltent dans leurs plantations ? Les résultats de la figure N°2319 illustre leurs points de vue.

Pour la très grande majorité des producteurs il est évident que le respect de la conduite de la culture telle que prescrite détermine la qualité des noix récoltées. On ne récolte des noix grosses et bien remplies que lorsqu'on entretient sa plantation. Mieux, la récolte sur arbre conduit à des immatures et vides qui sonnent au test acoustique. Par ailleurs, la forme de stockage détermine un éventuel déclassement des noix et le tri paraît important pour un bon grade des noix. Pour les 8% des producteurs qui partagent l'avis opposé, la qualité telle que réclamée par le marché a des exigences que seul le potentiel génétique des variétés pourra satisfaire. Quelle que soit la classe d'où ils proviennent, plus de 50% des planteurs avec des pourcentages de 100% pour les classes 3, 4 et 7 estiment que le respect des normes et la qualité des noix récoltées sont positivement corrélés. Toutefois le test X2, non significatif au seuil de 5% (p=0,656), montre que cet avis des planteurs es t indépendant de leur appartenance à une classe.

S'il est avéré que la norme de production et la connaissance de qualité sont positivement corrélées, la confiance entre acteurs du marché des noix brutes est- elle renforcée par l'observance des mêmes normes de production?

19 CA= complètement d'accord ; PA= partiellement d'accord; TD= totalement en désaccord ; PD= partiellement en désaccord ; N.= Néant

5.3.3. Les normes de production et la confiance du client

La règle du jeu de l'offre et de la demande est la confiance des acteurs l'un à l'autre. Le label de la noix du Bénin a favorisé pendant longtemps cette confiance entre producteurs et exportateurs d'une part et exportateurs et consommateurs d'autre part jusqu'en 2001, où les revendeurs de noix de cajou à Cotonou ont mélangé toutes les qualités et le Bénin anciennement quotté en qualité 2 est passé à la qualité 4, et le prix est passé de 400 à 200 F CFA/Kilo environ au producteur (Lacroix, 2003). Plusieurs régions productrices au Bénin gardent des avantages sur ce plan dès lors que sur toute durée, le conseil agricole, l'autonomisation et l'organisation des paysans et les interventions des projets sont régulières. Kouandé peut être rangée dans cette frange là. Nous avons essayé de recueillir l'avis des producteurs sur cette question très déterminante du marché. (Voir figure N° 24)

Les producteurs qui déclarent faire un lien entre la confiance des clients et la norme de production sont estimés à 83% et sont essentiellement les membres des groupements qui participent à la commercialisation groupée. Cette pratique rassurerait les clients quant à la qualité des noix collectées. Toutefois, il est à noter que pour des raisons de volumes prévus et de forte adhésion aux groupements pour une généralisation de la vente groupée, les collecteurs des groupements éprouvent des difficultés de plus en plus et ménagent les producteurs. Dans cette même classe, on retrouve les producteurs qui par leur pratique agricole ont maintenu une clientèle fidèle grâce à une vente régulière de noix qualifiées. Mais que pensent les producteurs des normes de production et de la protection de l'environnement ?

5.3.4. Les normes de production et la protection de l'environnement

Le paquet technologique qui est prévu pour accompagner la production de noix de qualité et en

quantité exige l'usage de certains produits et de pratiques pour lesquels nous avons souhaité que les producteurs opinent. Les résultats sont traduits dans la figure N°25.

Pour la majorité des producteurs (72%), la production des
noix brutes d'anacardier est très bénéfique pour
l'environnement. En effet, la pratique des pare
-feux et des

sarclages réguliers empêchent le développement des feux de brousse incontrôlés et sauvages et la culture humifie le sol (biomasse générée par les feuilles abondantes et les pommes non utilisées). Par ailleurs, le rôle antiérosif, de puits de carbone des forêts d'anacardiers, de reboisement sont positifs pour l'environnement. De plus, l'anacardier favoriserait la structure du sol grâce à son système racinaire. Pour d'autres producteurs, les opérations d'éclaircie permettent de disposer de bois énergie et ainsi d'éviter de nouvelles coupes d'arbres pour le chauffage. Tous ces avis sont tout de même nuancés par l'utilisation éventuelle des insecticides et des engrais chimiques qui, dans les proportions comme dans la cotonculture, défavoriserait l'environnement en désorganisant la structure de leurs sols. Pour l'heure qu'ils n'en utilisent pas, les pratiques actuelles assureraient la gestion durable de l'environnement. Une analyse croisée avec les classes des producteurs indique que plus des 50% des planteurs, quelle que soit la classe, estiment que le respect des normes impacte positivement la protection de l'environnement. Le test X2 n'est pas significatif (p=0,211) et on peut conclure que l'opinion des producteurs est indépendante de leur classe. A l'opposé des avis sur l'utilisation des engrais et insecticides, l'opinion des producteurs sur le manque de matériels est peu positive.

5.3.5. Les normes de production et la disponibilité des matériels

L'observance des normes est une fonction inévitable des outils et matériels, du potentiel du producteur entre autres. La figure N°26 nous donne une idée sommaire de cette relation directe à la limite.

Comme on pourra bien le prédire, environ 72% des producteurs estiment que le respect des normes est dépendant de la disponibilité des matériels. Ils expliquent leur point de vue par l'insuffisance et la rareté de la main d'oeuvre aussi bien familiale que salariée pour réaliser les opérations dures et énergétivores que l'entretien des plantations leur demande. Par ailleurs, la disponibilité et surtout l'accessibilité financière des outils et machines comme la débroussailleuse (vulgarisée par le PAMRAD) devrait garantir la réalisation des opérations et retirer les producteurs aux travaux humainement ingrats. Ils pensent par ailleurs qu'il est inutile que les formations reçues leur enseignent l'utilisation des outils qu'ils ne peuvent s'acheter. Pour les autres producteurs (15%) qui ont des avis nuancés (PA, PD, TD), la disponibilité des matériels ne suffirait pas à les déterminer à des efforts, tant que le marché ne rémunérerait pas leurs sérieux et investissements en outils techniques comme les débrousailleuses. Une analyse en relation avec les catégories de producteurs indique que plus de 50%

des individus des classes 1, 3, 5, 7 sont complètement d'accord. Le test de X2 n'est néanmoins pas significatif (p=0,476) et on ne peut conclure qu'i y a une relation entre une appartenance à une classe et l'opinion sur l'effet de la disponibilité des matériels et le respect des normes.

Si tout au moins ils ont conscience de la relation entre le rendement de leurs plantations et les normes de production.

5.3.6. Les normes de production et le rendement

Le rendement est un paramètre important dans l'évaluation du système de production des noix brutes d'anacardier. Il est fonction de plusieurs paramètres dont la conduite de la culture suivant des normes de production bien identifiées. Les producteurs de Kouandé s'identifient à cette assertion comme l'indique la figure N°27

Ils sont 83% à lier l'observance des normes de production au rendement des plantations à l'hectare. Cela ne signifie pas que la conduite de culture est le seul facteur qui détermine le rendement d'un anacardier. En effet, ces producteurs, tout en reconnaissant avoir ramassé plus de noix lorsqu'ils entretiennent, ont évoqué la structure et la fertilité du sol, la variété comme facteurs affectant partiellement le rendement de leurs exploitations. Ces deux dernières raisons ont été citées par les 17% des producteurs qui sont partiellement d'accord (PA) et n'ayant pas d'opinions (N) comme facteurs fondamentaux du rendement de l'anacardier. Lorsque nous essayons de lier l'appartenance catégorielle des producteurs à l'opinion ci- dessus titrée, on remarque qu'en dehors des individus de la classe 6, plus de 60% et jusqu'à 100% des individus des autres classes estiment que le rendement est liée au respect des normes. Il s'en suit que le test X2 est significatif (p=0,023). Une chose est de produire assez de noix, l'autre serait qu'elles soient exportables, puisque notre capacité de transformation est encore embryonnaire.

5.3.7. Les normes de production et ventes exportables

L'exportation des noix signifie leur placement sur le marché international, lequel symbolise l'arène
des normes de qualité. L'exportation représente aussi la source des devises. Au regard de l'expérience
des producteurs et de leurs connaissances des réalit
és de la
commercialisation de leurs produits, nous avons obtenu
des résultats de sondage présentées comme suit dans la
figure N°28

La grande majorité des producteurs (81%) établissent une

relation entre le respect des normes de production et le

pourcentage de leurs ventes exportables. Plus élevée est

l'observance des normes de production, plus élevée est la

qualité des noix et plus grand est le KOR. Ainsi donc,

plus grande est la part de leurs ventes capables de

franchir les barrières portuaires. Plusieurs producteurs ont souligné les avis et feed-back de leurs clients sur le déclassement ou non de leurs noix au Port de Cotonou. Mieux, ils reconnaissent que le tri des noix sera au profit de l'exportabilité de celles-ci, car elles sont quottées au bon grade. Enfin, pour 19% des producteurs, la cupidité des commerçants et leur malhonnêteté motiveraient leur avis d'éventuel déclassement des noix achetées auprès d'eux. Par ailleurs, en dehors des individus de la classe 5, plus de 60% et jusqu'à 100% des individus des producteurs des autres classes rassurent que les normes et leur respect impactent le volume des ventes exportables. Le test X2 n'est pas significatif au seuil statistique de 5% (p=0,337).

Examinons à présent les opinions des producteurs sur les éléments de coûts et de prix aux producteurs et les normes de production.

5.3.8. Les normes de production et les coûts de production

Les normes de production, telles qu'indiquées dans les référentiels techniques impliquent un surplus d'opérations culturales qui pèsent sur les charges de production. Nous avons recueilli l'avis des producteurs sur l'effet des normes de production sur les coûts de production. Les réduisent-elles ? A cette interrogation, 69% des producteurs répondent par la négative (voir figure N°29). Par ailleurs, 8% des producteurs sont partiellement en désaccord à l'idée que les normes de producteurs réduisent les coûts de production. Nous pouvons retenir que 77% des producteurs relèvent que les normes de production supposent des opérations culturales coûteuses en main d'oeuvre, opportunes à des périodes où leur coût d'opportunité est élevé, et surtout rares. Elles accroissent ainsi la charge d'exploitation. 12% des producteurs se déclarent complètement d'accord au fait que les normes de production réduisent les coûts de production. Ces producteurs expliquent qu'il faille mieux prévenir

que guérir, donc entretenir régulièrement que d'avoir à le faire à grands frais plus tard et plus chers et sans résultats satisfaisants. Ils sont rejoints dans cette catégorie par ceux qui sont partiellement d'accord (3%) qui ont des opinions nuancées. C'est seulement au niveau de la classe 5 que moins de 50% des producteurs ne pensent que les normes accroissent les coûts de production. Le test X2 indique une probabilité (0,583) significative au seuil de 5% et on peut donc conclure que la relation que les producteurs font entre les coûts de production et le respect de la norme est nulle ou pas significative.

5.3.9. Les normes de production et les prix aux producteurs

La qualité est- elle rémunérée à un juste prix ? C'est une question qui détermine la motivation des producteurs à s'investir dans l'observance des normes de production. La figure N°30 indique que pour 53% des producteurs les normes de production ne réduisent pas les prix aux producteurs. Ce pourcentage est plus faible que dans le cas de la réduction des coûts de production (69%). La différence est répartie sur les avis comme «Complètement d'accord» et « partiellement d'accord » à cause des problèmes de commercialisation. Au-delà de la moitié des producteurs estiment que les normes de production accroissent les prix offerts aux producteurs, car le gain à la vente d'une noix de bonne qualité est élevé, le rendement est élevé et la facilité de l'écoulement du produit. Par ailleurs, bien qu'admettant un retour sur investissement faible à court terme, ces producteurs estiment que sur un temps assimilable au moyen et au long terme, le rendement en quantité et qualité surpasse les investissements. Pour les autres producteurs (CA 22% et PA 12%) qui estiment une baisse du gain lorsque l'on observe les normes de production, ils expliquent que les distorsions du marché, l'irréalité des prix à eux offerts jouent aux dépens des prix aux producteurs. En outre, plus de 50% des producteurs des classes 1, 5 et 7 sont totalement en désaccord sur le fait que le respect

des normes réduit les prix aux producteurs. Le test X2 est non significatif (p=0,530) et suggère donc que les avis des producteurs et leur appartenance à une classe sont complètement indépendants.

Ces explications révélées ont conduit aux développements ci-après.

5.3.10. Les normes de production et profit aux concurrents.

A défaut d'être les bénéficiaires exhaustifs des efforts sur la conduite de la culture, comme ils le réclament, les producteurs désigneraient-ils des concurrents qui profitent avant tout de leurs avantages ? La figure N°31 illustre les résultats obtenus.

Conformément à une déduction évidente qu'on peut tenter sur la base des éléments évoqués supra, 65% des producteurs que leurs efforts dans l'observance des normes de production profitent à leurs concurrents qui ont nom les voleurs (qui distraient environ 30% des noix selon Lacroix (2003) et les commerçants (qui pratiquent les prix irréels et jouent sur l'ignorance des normes de qualité par les producteurs). Par contre, 19% des producteurs ont des avis nuancés et ou contraires et pensent à priori que l'observance des normes de production leur profite à eux d'abord. Une analyse plus approfondie montre que c'est uniquement au niveau de la classe 7, que moins de 50% des producteurs estiment que les normes profitent aux concurrents des producteurs, c'est-à-dire, leurs pairs et les voleurs de noix. Par ailleurs le test de X2 n'est pas significatif (p=0,564) et on rejette donc une probable dépendance entre la classe des producteurs et leurs opinions. Mais tout de même, les normes de production renforcent- elles la compétitivité des exploitations?

5.3.11. Les normes et l'habileté compétitive des exploitations

Les normes de production impactent-elles la compétitivité des exploitations des producteurs de Kouandé? Sur la base de leurs expériences, les producteurs ont donné leurs opinions résumées dans la figure N°32.

Ils sont 75% à admettre que leurs exploitations sont devenues plus compétitives (productivité et revenus tirés par an et par hectare sur une base comparative) depuis les formations reçues, et suite à la routine des opérations culturales et l'amélioration des connaissances sur les normes de qualité et de production. Au moins 50% des individus des classes 1, 2, 3, 4, 5 et 7 ont reconnu que le respect des normes pourrait accroître l'habileté compétitive de leurs exploitations. Par contre le test de X2(p=0,239) indique une indépendance totale entre

la catégorie des producteurs et leur observation sur le lien entre le respect des normes et la compétitivité des exploitations. Maïs qu'en est-il sur le marché?

5.3.12. Les normes de production et la compétitivité positive sur le marché

Au titre des réelles entraves que la recherche aura identifiées quant à l'observance des normes de production, celles qui proviennent des règles du marché et de la commercialisation ne restent pas insignifiantes. Les producteurs pensent globalement et très objectivement que l'observance les normes de production entraîne une compétition positive sur le marché. (Voir figure N°33). Par ailleurs ils indiquent dans une grande majorité que cette compétition est garantie et saine si toute s les noix étaient de bonne qualité ou de qualité minimale acceptable. Mais, ils notent avec regret que cela n'est pas le cas et qu'en plus la fluctuation artificielle des prix (voir encadré N°9), le non respect des prix planchers officiels par les collecteurs désorganisent le marché, défavorisent ceux qui sont dans un processus de commercialisation groupée et font du marché une arène où règne la loi du talion. Une fois l'analyse approfondie, on note que moins des 50% des classes 1 et 6 seulement estiment que le lien est le respect des normes et la compétitivité positive sur le marché n'est pas

90

?

elle améliorée grâce à l'observance des normes

quel effet l'observance des normes de production pourrait avoir sur leur évolution

? La figure N°34

Ils se basent sur les résultats de performance de leurs exploitations que leurs pairs ont pris en modèles et a renforcé l'échange inter-producteurs au sein du village et intra- groupements. Ces producteurs énumèrent certains paramètres de performance des organisations pour expliquer leur opinion. Il s'agit essentiellement du taux d'adhésion, d'extension du nombre de coopératives, de cohésion dans le groupement, du taux de fréquentation des CVPA, des réunions et des formations qui se sont

améliorés, selon eux, à cause de «

l'uniformisation» des conduites de la culture. Pour les autres

positif. Le test X2 indique néanmoins une indépendance entre cet avis des producteurs et leur appartenance à telle ou telle classe (p=0,718).

Encadré 9: Les commerçants pour créer de façon malveillante la chute des prix prétextent d'une
valeur faible du KOR de nos noix et déclassent les produits alors que d'autres commerçants déclarent que

la noix de Birni-Pébirou est de bonne qualité. OUSMANE Machoudou, producteur

de Birni-Pébirou.

L'organisation de la production en groupements ou coopératives s'est- elle trouvée ou se trouverait-

5.3.13. Les normes de production et la coopération entre les exploitants

La coopération entre les producteurs est un facteur de maintien et de promotion de la qualité des
noix brutes. Et c'est dans cet esprit que plusieurs interventions ont incité les producteurs
à se

constituer en groupements appelés Comités Villageois des Producteurs d'Anacardiers dans la

commune de Kouandé et à vendre en groupe. Comment ont évolué les CVPA depuis la création et

indique que la grande majorité des producteurs (83%) estiment que la coopération entre exploitants est renforcée par l'observance des normes de production.

producteurs qui ont des opinions autres, ils expliquent que les CVPA ne se portent mieux et

évoquent de réelles difficultés de gestion et d'organisation de ces groupements. Néanmoins tous les producteurs, à plus de 50% quelle que soit la classe d'appartenance, estiment que le respect des normes serait favorable à une meilleure coopération entre les producteurs et une meilleure gestion des organisations de producteurs. Mieux, 100% des planteurs des classes 3 et 7 confirment cette

relation positive entre les normes et la coopération entre les producteurs. Toutefois le test X2 n'est

pas significatif (p= 0,799) et on peut conclure à une indépendance de l'opinion des producteurs et de leur catégorie d'appartenance.

CHAPITRE 6 : PERSPECTIVES D'APPLICATION DES NORMES DANS LES PLANTATIONS D'ANACARDIERS A KOUANDE

Cette partie du travail se consacre à la catégorisation des producteurs au regard de leurs caractéristiques et de celles de leurs exploitations. Sur la base des paramètres jugés pertinents les planteurs ont été classés en des groupes homogènes et les relations entre les variables et les caractéristiques des producteurs ont été établies. Dans un premier nous avons justifié le choix de la base de la caractérisation, procédé à la catégorisation et dans un second temps regrouper les producteurs en groupes différenciés pour conduire l'analyse prospective.

6.1 CHOIX DES PARAMETRES DE NORMES, BASES DE LA

CARACTERISATION

Plusieurs paramètres de normes de qualité de noix brutes sont corrélés directement avec plusieurs aspects de l'itinéraire technique. Dans cette étude, et pour l'efficience de l'interprétation de l'analyse de la classification numérique, nous avons mis l'accent sur trois aspects importants qui sont non seulement jugés pertinents dans l'analyse, mais aussi déterminants selon la littérature. Ces aspects ici appelés paramètres de normes de production sont l'écartement (relié à l'installation de la plantation), le mode de récolte (relié à la récolte) et le stockage (relié à la gestion post-récolte au niveau producteur).

6.1.1. Caractérisation des producteurs anacardiers: regroupement en classes homogènes et interprétation

Les producteurs d'anacardier de la zone d'étude présentent une variabilité liée d'une part aux canons des normes choisis et, d'autre part, à leurs caractéristiques socioéconomiques.

Pour simplifier, nous avons retenu des valeurs jugées significatives par une analyse en classification numérique, les variables pertinentes agrégées en macro variables par l'analyse en ACP et les variables choisies qui, à priori, pourraient influencer l'observance des normes. Ainsi, les variables qui se répètent dans chacune des catégories de classes sont retenues une seule fois et au final nous obtenons onze variables jugées déterminantes pour une analyse efficiente des classes de producteurs, et leur interprétation. C'est donc sur la base de ces variables que les producteurs ont été regroupés en classes homogènes par la méthode de classification hiérarchique ou classification numérique dans le logiciel SAS et leur description réalisée à travers une analyse en composantes principales dans le même logiciel. Pour directement identifier une cause à effet, bien que ce soit de façon lâche, les classes ont été réalisées en associant aussi bien les canons qui déterminent le respect des normes de production

et les caractéristiques propres à la réalité socioéconomique qui influencerait cette observance. Pour ce faire, nous avons retenu les variables AGE (l'âge du producteur lors de l'étude), TPLTR (le type de planteur puisqu'il peut être individuel ou évoluer dans un groupement), MODE (le mode d'acquisition de la terre qui porte la plantation), SEME (le mode de production de semences, c'est - à dire une production personnelle des semences ou leur acquisition auprès des pépiniéristes formés et certifiés), ECART (l'écartement observé pour installer la plantation) , CELE (la célérité du ramassage des noix à leur chute), JUTE (le stockages des noix en sac de jute), MELAN (le mélange des noix immatures et malades aux noix saines), REND (le rendement moyen obtenu depuis l'installation de la plantation), LOCA (la localisation de la plantation), SCOL (le niveau de scolarisation du producteur). La figure N°35 présente la classification hiérarchique des producteurs en fonction des variables énumérées supra.

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12 2 5 5 71 2 4

4 5 1 5 5 2 4 2

4 553 3 3

62 1

2 1 1

22 2 93 4 1 3 2 4 5 31 4 3 5 41 81

3 3

4 5 1 3 5 34 6 4

6 9 1 5 0 7 3

9 0 8 3 6 0 7 5

8 41 3 2

2 5

8 6 7

34 7 2 9 0 1 4 8 4 5 4 7 2 1

6 9

1 9 3 5 2 8 0 0 6

Pl t r

R -

S

q
u
a

r
e
d

Figure N°35: Dendrogramme de la classification

L'analyse du dendrogramme ci- contre et du « cluster history» (voir annexe N° IV) indique que nous obtenons 53,5% des informations lorsque nous regroupons les producteurs en sept (7) classes. Pour faciliter les analyses, nous nous sommes limités à ce pourcentage d'informations, déjà qu'elles étaient très volatiles et les données sont aussi essentiellement qualitatives et ce qui ne facilite pas l'analyse sous SAS. Néanmoins plus de 50% de l'information est retenue et nous avons perdu environ 42,5%. Cette valeur de R2= 53,5% est suffisante pour dégager les grandes tendances par rapport à l'homogénéisation des classes des producteurs.

6.1.2. Choix du nombre d'axes d'analyse et relation entre les composantes principales

La description des classes homogènes se fera par rapport aux variables agrégées en macro variables ou composantes principales. Le tableau ci-dessous montre le degré de signification du nombre d'axes d'analyse choisis.

Axes

Eigenvalue

Difference

Proportion

Cumulative

1

2.15932744

0.59884363

0.1963

0.1963

2

1.56048382

0.26295277

0.1419

0.3382

3

1.29753105

0.07089198

0.1180

0.4561

4

1.22663907

0.25491299

0.1115

0.5676

5

0.97172607

0.07890826

0.0883

0.6560

6

0.89281781

0.04761594

0.0812

0.7371

7

0.84520187

0.11363373

0.0768

0.8140

8

0.73156814

0.16433168

0.0665

0.8805

9

0.56723645

0.14257856

0.0516

0.9320

10

0.42465790

0.10184751

0.0386

0.9707

11

0.32281039

0

0.0293

1.0000

Tableau 8 : Valeurs propres et proportion d'information concentrées sur les axes

Les valeurs propres représentant les variances des valeurs des composantes principales. Alors l'efficacité de stockage d'information de chaque composante principale traduit la proportion de la valeur de celle-ci par rapport à la somme des valeurs propres. Ainsi nous obtenons plus de la moitié de l'information à la quatrième composante principale, soit 56,76%.

Nous retenons alors les quatre premiers axes pour notre analyse. Mais il est difficile d'obtenir une interprétation objective à plus de trois dimensions. Nous retenons donc trois axes pour l'interprétation de notre analyse. Pour ce faire nous examinerons les corrélations des variables initiales avec les composantes principales.

Variables

Factor1

Factor2

Factor3

Factor4

Age

-0.17290

0.50333

0.32698

-0.03579

Tpltr

0.30658

-0.17788

0.75305

0.33556

Mode

-0.30925

0.42057

0.03703

0.45634

Seme

-0.67668

-0.32532

0.05490

0.16993

Ecart

0.49080

0.09964

0.21182

-0.03178

Cele

0.31795

0.66290

0.00398

-0.38474

Jute

0.71424

0.02632

0.15720

0.49341

Melan

-0.17925

0.33256

-0.40602

0.38722

Rend

-0.11683

0.51096

-0.15272

0.42443

Loca

0.29584

-0.41307

-0.40202

0.38144

Scol

0.70462

0.02063

-0.44694

-0.08698

Tableau N° 9 : Corrélation entre les composantes principales et les variables initiales

Sur la base de ce tableau, on remarque que les variables SEME, JUTE et SCOL sont bien représentées sur le premier axe avec des corrélations respectives de - 0,67 et 0,71 et 0,70, alors que les variables CELE, AGE ET REND sont assez bien représentées sur le second axe avec des corrélations respectives de 0,66 et 0,5 et 0,51. Par ailleurs, la variable TPLTR est bien représentée sur le troisième axe avec une corrélation de 0,75. S'agissant du quatrième axe, aucune variable n'est fortement représentée puisque aucune d'entre elles ne réunit au moins 50% d'information. Même si nous pouvons considérer que les quatre composantes sont comme des axes ou toutes les variables sont représentées (comme l'indique le tableau), nous retiendrons les deux premiers axes pour l'intérêt de notre analyse, surtout qu'elle concerne six (06) des sept (07) variables pertinentes de la présente analyse. Mieux, toutes les variables sont aussi représentées sur ces deux axes. De ce même tableau, on remarque que les variables JUTE et SCOL sont positivement corrélées avec l'axe 1, alors que la variable SEME l'est négativement. Ceci signifie que plus le producteur est scolarisé, plus il utilise les sacs de jute pour stocker ses noix. De même plus il est scolarisé, moins il utilise les semences d'origine douteuse ou des noix tout venant pour installer ses plantations. Il s'approvisionnerait en plants venus de pépinières certifiés par l'encadrement forestier. De plus, on peut dire que plus le producteur utilise les plants et s'approvisionne chez les pépiniéristes, plus il utilise les sacs de jute pour le stockage de son produit. De l'autre coté, les variables CELE, AGE et REND sont corrélées positivement à l'axe2. Cela voudrait dire que plus le producteur est âgé, il ramasse avec célérité ses noix. D'un autre côté, plus le producteur est âgé plus son rendement est élevé.

Plot of z1*z2$Pltr. Symbol used is '*'. z1

4

* 21 * 58

3 à

*30

* 57 * 37

C6

C5

2 à 19 ** 44

* 34 *9

* 11 * 3

*22

* 14 * 59 * 2

* 45

1

* 36

C1

* 41 * 23

*8 * 39 * 24

* 38 * 5 * 42

*12 * 13 *12

0àIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII*I32IIIIIII*I8IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

52 * * 35 17 * 4

* 46 * 40* 25 54 ** * 31 * 56

* 48 * 60 * 47

53 * * 55

* 43 *56

-1 à * 20 *16 C7

* 49 * 50 * 10 * 33

* 27 * 18

* 26 * 51 * 6

C3

C4

* 1

-2 à * 29

* 7

*15

*28

*

àIIIIIIIIIIIà IIIIIIIIIIIàIIIIIIIIIIIàIIIIIIIIIIIàIIIIIIIIIIIàIIIIIIIIIIIàIIIIIIIIIIIàIIIIIIIIIII àI

-3 -2 -1 0 1 2 3 4

5

z2

Figure N° 36 : Représentation schématique des classes de producteurs

95

Interprétation graphique

Cette figure indique que la classe1 est parallèle à l'axe Z se partie négative.

2 et retrouve dans Cela

sa

voudrait dire qu'elle regroupe des exploitants qui ont un âge <<bas », dont les plantations ont un rendement faible et qui ne respectent pas le ramassage accéléré des noix chutées. Par rapport à l'axe Z1, cette classe se situe dans la partie positive en majorité. Les exploitants ont un niveau de scolarisation élevé, stockent leurs noix dans les sacs de jute et, sur le plan de l'installation de la plantation, utilisent des noix issues d'origine non certifiée et ont mis en terre des noix.

La classe 2 se situe dans la partie négative de l'axe Z1. Elle rassemble ainsi des planteurs qui ont un niveau de scolarisation faible, ne stockent pas leurs noix dans les sacs de jute et ont mis en terre des noix d'origine douteuse lors de la mise en place de leurs plantations. Cette classe est parallèle à l'axe Z2 et se retrouve dans sa partie négative aussi. Ses exploitants ont donc un âge <<bas », ne ramassent pas vite leurs noix à leur chute et ont des plantations ayant un rendement faible.

Au regard de la figure, la classe 3 est située parallèlement et dans la partie négative de l'axe Z1. On en déduit que cette classe regroupe les exploitants qui ont un degré de scolarisation faible, ne stockant pas en sac de jute leurs noix et ont mis en terre des noix de provenance douteuse et incontrôlée. Par ailleurs, la classe 3 est située dans la partie positive de l'axe Z2. Ce qui signifie que ces individus ont des plantations ayant un rendement élevé, ont un âge << élevé » et ramassent vite leurs noix à leur chute.

La classe 4 est située dans sa majorité au coté négatif de l'axe Z et de l'axe Z 2, auquel elle est

1

parallèle. Cela voudrait dire que les exploitants appartenant à cette classe sont analphabètes, ne stockent pas leurs noix dans les sacs de jute et ont mis en terre des noix de provenance douteuse et incontrôlée pour installer leurs plantations. Ils ont un âge faible et ne ramassent pas vite leurs noix à la chute. De même leurs plantations ont un rendement faible.

La classe 5 est parallèle à l'axe 1 et se loge dans sa partie positive. Les producteurs de cette classe sont scolarisés, ont utilisé des plants issus des pépinières pour l'installation de leurs plantations et stockent leurs noix dans les sacs de jute. Par rapport à l'axe Z2, cette classe est aussi dans la zone positive. Cela suggère que ces producteurs ont des plantations dont le rendement est élevé, un âge élevé aussi et ramassent avec célérité leurs noix lorsqu'elles ont chuté.

La figure indique que la classe 6 se situe dans la partie positive de l'axe Z sur le négatif de

1 et flanc

l'axe Z2 auquel elle est parallèle. La déduction est que les producteurs de cette classe sont scolarisés,
ont utilisé des plants de pépinières pour installer leurs plantations et stockent aussi leurs noix dans

des sacs de jute. D'un autre côté, les plantations de ces planteurs ont un rendement faible. Ils ont un âge faible et ne ramassent pas vite leurs noix à leur chute.

La classe 7 est située dans la partie négative de l'axe Z dans l'axe Z Cela

1 et la partie positive de 2.

indique que cette classe agrège des producteurs qui sont analphabètes et qui ne stockent pas les noix dans les sacs de jute. Ils ont acquis des noix tout venant pour installer leurs plantations. Par ailleurs ils ont de bon rendements dans leurs plantations, un âge élevé et ramassent leurs noix rapidement après leur chute.

Cette interprétation graphique est complétée par la description à l'aide des valeurs moyennes des variables dans la suite de notre analyse.

6.1.3. Description des classes desproducteurs

Les classes des producteurs seront décrites en suivant deux variables importantes jugées canons pour l'observance des normes et la variable MODE DE RECOLTE étant jugée impertinente pour une discrimination puisque tous les producteurs déclarent observer le ramassage à la chute comme mo de. Ainsi donc, nous avons retenu les variables ECART (écartement à la mise ne place de la plantation) et Jute (stockage en sac de jute), bien que d'autres variables socioéconomiques et de conduite de plantation soient prises en compte.

La statistique descriptive générée par le logiciel par rapport à chaque variable utile dans l'analyse indique une amplitude allant 0-1,66 (pour la variable ECART) et 0-4,32 (pour la variable JUTE). Est retenu comme respectant ces paramètres de normes, les producteurs qui ont des valeurs supérieures à la moyenne de chacune de ces amplitudes. Par conséquent pour être supposé comme respectant les paramètres de norme ECARTEMENT et STOCKAGE EN SAC DE JUTE, le producteur doit engranger des valeurs supérieures respectivement à 0,83 et 2,16.

La classe 1

Celle-ci regroupe en proportion 25% de la population des producteurs d'anacardiers. La classe 1 des producteurs est celle des producteurs qui ont un âge moyen de 49ans (sur une moyenne de 50ans pour l'ensemble) et ont tout au moins achevé les études primaires (0,510,72). Ce sont des planteurs qui sont des producteurs en groupements et qui appartiennent au CVPA étudiés. Par ailleurs, leurs plantations sont installées sur des terres acquises en héritage partagé ou non ou encore en don à durée indéterminée et sans restriction d'usage. Ces producteurs ont donc leurs plantations sur des propriétés foncières «définitives ». De la même manière, ces producteurs ont recours dans leur majorité aux plants sortis des pépinières et ne produisent pas personnellement leurs semences. Mieux, ils respectent entièrement les écartements réguliers prescrits par les normes de production

lors de l'installation de leurs plantations, à tout le moins, celles récentes. Par contre sur le plan de la récolte, ils ne ramassent pas avec célérité leurs noix. Le ramassage loin d'être quotidien se produit en moyenne entre deux ou trois jours. Par contre, ils ne mélangent pas les noix malades et immatures avec celles matures et saines. Ils ont un rendement de 267 Kg à l'hectare et leurs plantations sont installées à un peu plus de trois Kilomètres de leur maison (3,13Km).

La classe 2

La classe 2 rassemble 18,33% des planteurs et leur âge est de 47 ans et leur niveau scolaire est presque nul. Ces producteurs ne sont ni jamais scolarisés ni alphabétisés. De la même manière, ils ne font pas partie des groupements existants et évoluent en individuels. Leurs plantations sont installées sur des terres acquises par héritage partagé ou non et en don non transmissible sans restriction d'usage et sont ainsi donc en propriété « définitive ». Par ailleurs, ils acquièrent leurs semences par eux-mêmes et ce sont essentiellement des noix tout venant qui sont utilisées en semis direct. Ils respectent un écartement irrégulier, pouvant tendre du lâche au serré. Quant à la récolte, ces producteurs ne ramassent pas de façon accélérée leurs noix et ne conservent pas leurs noix dans les sacs de jute? Ils emploient alors essentiellement les sacs en polyéthylène (sacs d'engrais) ou les gardent en vrac dans leurs chambres. Les noix saines et matures sont mélangées à celles immatures et malades et le taux d'impureté est par conséquent élevé. Le rendement est de 279Kg à l'hectare et les plantations sont localisées à 1,88km des habitations.

La classe 3

Comptant pour 11,67% des producteurs, la classe 3 est celle des producteurs âgés de 60 ans et qui sont des planteurs individuels. Ils ont achevé leur scolarisation avant le CM1 et n'ont donc pas fini la scolarisation primaire. Ils sont par ailleurs alphabétisés. Ils acquièrent leurs semences en plants et leurs plantations sont du foncier en propriété «définitive ». Ils ne respectent pas les écartements prescrits et dans une moindre mesure ramassent partiellement leurs noix avec célérité. Ils respectent aussi partiellement le stockage en sac de jute de leurs récoltes. Par contre, les noix, quelle que soit leur nature, sont mélangées. Le rendement est de 417Kg à l'hectare et leurs plantations sont distantes des habitations de 3,25 Km.

La classe 4

Dans les mêmes proportions que la classe précédente (11,67%) et cette classe regroupe des planteurs
individuels âgés d'environ 46 ans et sont déscolarisés avant la fin des cours moyens (CM). Le mode
de faire valoir de cette classe est aussi l'héritage (partagé ou non) et les terres sont de propriété

« définitive ». Leurs semences sont des noix tout venant et ou de production personnelle. Leurs plantations respectent les écartements réguliers et ces producteurs ramassent partiellement avec célérité les noix après leurs chutes. Par contre, ils ne font pas recours aux sacs de jute pour le stockage de leurs productions. De la même façon, ils mélangent les noix de bonne qualité avec celles malsaines et immatures. Leurs plantations situées à 2,78km produisent en moyenne 2O8Kg à l'hectare par an.

La classe 5

Dans la classe 4, les individus sont âgés de 55 ans, évoluent en groupement et totalisent 18,33% de l'ensemble des planteurs. Ils sont scolarisés au niveau collège ou plus et aussi alphabétisés en langue maternelle dans leur grande partie. Leurs plantations sont installées sur des propriétés foncières « définitives» avec comme mode de faire valoir (l'héritage partagé) et le don transmissible, à durée indéterminée et sans restriction d'usage. Leurs semences sont des plants provenant des pépinières, pour ce qui concerne au moins les plantations récemment installées. Ils respectent l'écartement régulier. Au niveau des paramètres de normes de récolte, ils ramassent très rapidement leurs noix (presque quotidiennement) et l'équipement de stockage usité est le sac de jute. Par contre, ils mélangent les noix saines avec celles qui ne remplissent pas cette exigence de qualité. Ils récoltent moyennement 262 Kg à l'hectare l'an pour des plantations localisées à 1,91km.

La classe 6

Cette classe correspond à 8,33% des producteurs. Ils sont âgés de 31 ans et dans leur moitié et plus n'appartiennent pas à des groupements. De plus, ils sont scolarisés jusqu'au collège et plus, ont acquis leurs plantations en propriété temporaire (don non transmissible, héritage non partagé). Pour installer leurs plantations, ces individus ont recouru aux noix et semences non issues des pépinières. Ils respectent partiellement les écartements normaux. Ils ne ramassent pas avec célérité les noix, mais stockent leurs noix dans les sacs en jute. Par ailleurs, ils mélangent les noix de mauvaise qualité avec celles de bonne qualité. Le rendement moyen dans cette classe est de 363Kg à l'hectare par an. La distance qui sépare les plantations des maisons est de 6,40km.

La classe 7

La dernière classe représente en proportion 6,67% des planteurs de Kouandé qui ont un âge d'environ 54 ans en moyenne. Ils appartiennent partiellement à des groupements et leurs plantations sont installées sur des propriétés foncières «définitives» (héritage partagé et don transmissible). Ces producteurs ne sont pas scolarisés (jamais scolarisés ou analphabètes). Néanmoins, ils respectent l'écartement recommandé, la célérité du ramassage mais respectent seulement partiellement le

stockage en sac de jute. Par ailleurs, ils ne mélangent pas les noix. De plus, ils récoltent à l'hectare et par an 479Kg de noix et leurs plantations sont localisées à 1,62 km de leurs habitations. Il se pourrait ici que ce soient les producteurs qui dépendent uniquement des collecteurs en terme de sacs de jute alloués. Ils ne font pas des achats supplémentaires de sacs de jute pour tenir compte du volume de leurs récoltes.

Pour tester la dépendance entre les variables pertinentes utilisées pour classer les producteurs et les catégories de producteurs, nous avons fait le test X2. Ces tests sont significatifs, comme l'indique les probabilités ci-dessous, et attestent que les classes de producteurs sont effectivement dépendantes des variables. Il s'en suit que les paramètres de normes retenues discriminent les classes de producteurs obtenues et on peut conclure que le respect des normes est dépendant des caractéristiques des producteurs (âge, degré de scolarisation, mode de faire valoir des terres et type de planteur. Par contre les tests ANOVA au niveau des rendements et localisations des plantations ne sont pas significatifs (respectivement p=0,506 et p=0,918) et suggèrent que la différence entre les moyennes des rendements et des localisations n'est pas significative lorsqu'on passe d'une classe de producteurs à une autre. Le tableau N°9 résume les probabilités des tests X2.

Tableau N° 10: Probabilités des tests statistiques de X2 pour les variables de catégorisation

Variables

TYPE

ECART

MODE

JUTE

SCOL

CELE

SEME

MELAN

Probabilité

0,000

0,018

0,000

0,000

0,000

0,000

0,000

0,004

6.2. REGROUPEMENT DES CLASSES EN QUATRE GROUPES

Pour une praticabilité de l'analyse prospective, nous avons regroupé les classes obtenues par analyse en classification numérique en groupes au vu des similarités qui les caractérisent sur la base des mêmes variables : ECARTEMENT et STOCKAGE EN SAC DE JUTE.

Tableau N° 11: Regroupement des classes homogènes en groupes

N° classes

Nombre de

producteurs

Pourcentage

Numéros des

producteurs

Valeurs des variables

Classes agrégées

Groupes

Pourcentage des groupes

Ecartement

Stockage en

sac de jute

1

15

25%

40 60 39 59

1,19

4,32

Ecartement-

Groupe1 : Classe 2

18 ,33%

 
 
 

41 46 35 52

 
 

Stockage

10 27 1 26 49 50 51

 
 
 
 

4 12 38 11

 
 
 

55 43 297

 
 
 
 

36 8 13

 
 
 
 
 

2

11

18 ,33%

10 27 1 26

0

0,39

Rien

 
 
 
 
 

49 50 51 55

 
 
 
 
 
 
 
 

43 29 7

 
 
 
 
 

3

7

11,67%

5 54 31 33 6

0,45

3 ,08

Stockage*

Groupe 2=classe3+

18,34%

 
 
 

22 32

 
 
 

classe7

 

4

7

11,67%

20 47 18 53

1,96

0

Ecartement

5 54 31 33 6 22 32

 
 
 
 

2548 56

 
 
 

16 17 15 28

 

5

11

18 ,33%

9 37 19 30 2

1,44

4,32

Ecartement-

Groupe 3=classe4+

20%

 
 
 

23 24 21 44

 
 

Stockage

classe6

 
 
 
 

58 42

 
 
 

2047 1853 25 48 56

 

6

5

8,33%

3 14 34 57

0,84

4,32

Stockage

3 14 34 57 45

 
 
 
 

45

 
 
 
 
 

7

4

6,67%

16 17 15 28

1,05

2,16

Ecartement- Stockage*

Groupe4= classe1 +

classe5 9 37 19 30 2

43,33%

 
 
 
 
 
 
 

23 24 21 44 58 42

 
 
 
 
 
 
 
 

40 60 39 59 41 46 35

 
 
 
 
 
 
 
 

52 4 12 38 11 36 8 13

 

*Signifie que la valeur n'est pas la valeur maximale prise par la variable et donc l'observance de ce paramètre de normes est supposée partielle, pas totale.

Le groupe 1 regroupe les 15 individus de la classe2, donc 15 individus qui ne respectent ni le paramètre de stockage en sac de jute ni le paramètre écartement.

Le groupe 2 agrège les 11 individus des classes 3 et 7. Avec une différence liée au non respect de l'écartement par les uns, ces individus respectent partiellement le paramètre de stockage en sac de jute. La différence évoquée plus haut, n'est pas si discriminante puisque seulement quatre individus différents, provenant de la classe 7 marginale en effectif, ne respecte pas l'écartement.

Le groupe 3 agglomère les 12 individus des classes 4 et 6 qui respectent entièrement le paramètre stockage les uns, alors que les individus de la classe 6 respectent entièrement l'écartement.

Le groupe4 concerne les 26 individus des classes 1 et 5 qui respectent entièrement les deux paramètres de normes. Ce groupe est un groupe modèle et le focus sera bref avec eux.

L'organisation des « focus group»

Dans les quatre groupes obtenus par approximation des similarités nous retiendrons cinq (5) individus pour conduire la discussion et aboutir à des propositions de messages techniques, de canaux de diffusion et de méthodes de vulgarisation suivant les trois pas de temps. Les discussions seront basées sur une analyse FFOM et une détermination des forces motrices qui pourront à court, moyen et long terme influencer l'observance des normes de production dans la région.

6.2.1. L'analyse prospective de la production des noix brutes de qualité dans la commune de Kouandé

Cette analyse entre dans le cadre des perspectives de production des noix brutes de qualité dans la zone d'étude. L'outil principal utilisé est l'analyse prospective par scénarios sur la base d'une analyse diagnostique à l'aide du FFOM.

6.2.1.1. L'analyse FFOM

La production des noix d'anacardier est une culture de rente très développée à Kouandé, mieux et bien organisée que dans plusieurs autres zones de production du Bénin depuis la prise de prix de l'arbre fruitier autour des années 80. Cette production n'est toutefois pas dans la meilleure de ses performances en termes de quantité certes mais aussi de qualité, lequel paramètre représente l'intérêt de notre étude. Nous avons ainsi donc voulu analyser la production des noix brutes d'anacardier dans la commune grâce à l'outil FFOM utilisé à travers un diagnostic participatif avec les producteurs, acteurs principaux du management de la qualité des noix brutes à l'amont. L'analyse est résumée dans le tableau N°11:

Tableau N°12: Résumé des forces, faiblesses, opportunités et menaces

Sous-tableau FF (analyse de l'environnement interne de la production de noix brutes d'anacardier de qualité à Kouandé)

Sous-système

Paramètres de normes
de

production/ Opérations culturales

Forces

Faiblesses

Production

Ecartement

Possibilité de cultures

intercalaires sur une décennie environ

Existence d'organisations de

producteurs

Expérience ou Know-how des
producteurs dans la

production des noix brutes
d'anacardier

Producteurs sensibilisés et

formés sur les normes de
production

Gestion facilitée des ravageurs

Accès au foncier et pression démographique sur les terres Cherté et multiplication des opérations de désherbage

Faible superficie cultivée (en dessous du seuil de rentabilité par exploitation)

Manque et inadaptation de crédits pour l'entretien et la mise en place des exploitations

Présence des ravageurs

Moyens et outils techniques rudimentaires

Manque d'intrants

De la destruction des plantations par les feux de brousse

D'un encadrement technique presque inexistant et peu orienté sur la culture

De l'anacardier

Récolte

Producteurs sensibilisés et

formés sur les normes de
production

Facilité de la récolte par

ramassage

Méthode de récolte moins

risquée

Bon rendement de récolte et de la main d'oeuvre à elle consacrée

Peu de suivi de l'opération lorsque confiée à une main d'oeuvre salariée

Concurrence du vol

Concurrence de la main d'oeuvre avec d'autres cultures

notamment vivrières

Faible rendement

Manque et inadaptation de crédits pour l'entretien et la mise en place des exploitations

Du recours des planteurs aux usuriers et à la vente anticipée
puis, à une récolte de noix immatures qui de plus en plus

 
 

Prévient l'avortement des

fleurs

hypothèque la qualité des amandes

La récupération en nature (en noix) des crédits qui limite le stockage et

Commercialisation

Stockage

Producteurs sensibilisés et

formés sur les normes de
stockage

Fourniture des sacs de jute par les collecteurs

Vente groupée

Insuffisance des sacs de jute distribués

Mauvaise organisation de la commercialisation groupée Commercialisation à petits volumes

Collecte tardive (par les commerçants « formels »)

Manque de sites de stockage

Manque et inadaptation de crédits pour l'entretien et la mise en place des exploitations

La récupération en nature (en noix) des crédits qui limite le stockage et

Sous-tableau OM (analyse de l'environnement externe de la production de noix brutes d'anacardier de qualité à Kouandé)

Sous-système

Paramètres de normes
de

production/ Opérations culturales

Opportunités

Menaces

Production

Ecartement

Existence de pépiniéristes

formés

Existence de nouvelles

variétés d'anacardier

Poursuite de la recherche en sélection variétale Augmentation de la demande en noix de qualité

Récession de la filière coton Réduction des plantations

asiatiques et redirection de leurs producteurs vers d'autres produits

Multiplicité des semences utilisées pour installer les plantations Instabilité des politiques de développement des produits agricoles d'exportation

Pression parasitaire et des herbes

 
 
 

Existence de sols drainés et de climat favorable

le label de noix brute du Bénin

 
 
 
 
 

Meilleure vente des noix

matures

 

L'instabilité des préférences des consommateurs et la volatilité relative des normes

 
 
 

Récession de la filière coton

 

Pression et multiplication des petits collecteurs

 
 
 

Existence d'institutions de

microfinance

 
 
 
 
 

Existence et regain d'intérêts des exportateurs pour la noix brute

 
 
 
 
 

Multiplication des

interventions techniques

 
 
 

Récolte

 

Réduction des plantations

asiatiques et redirection de leurs producteurs vers d'autres produits

 
 

Commercialisation

Stockage

q
q

Récession de la filière coton Réduction des plantations
asiatiques et redirection de leurs

producteurs vers d'autres
produits

q

la chaîne de commercialisation trop longue et peu favorable à la bonne conservation des noix et aux petits planteurs.

Par ailleurs, on a des opportunités et menaces communes à toute la filière et qui agiraient sur la production des noix brutes de qualité:

Opportunités: parité du franc CFA par rapport au dollar US, Existence d'institutions de microfinance, existence et regain d'intérêts des exportateurs pour la noix brute, Multiplication des interventions techniques et

Menaces: Crise financière mondiale et la probable récession économique pouvant lui faire suite et

Forces: La production des noix brutes d'anacardier dans la commune de Kouandé possède, au bout de quelques décennies, plusieurs forces et acquis qui sont aussi bien d'ordres organisationnels, économiques...Sur le pan de l'observance de l'écartement, les expériences des producteurs ont démontré comme acquis fondamentaux l'accroi ssement de la durée de possibilités de cultures associées ou intercalaires. Dans un écartement estimé à 5X5m, la culture associée est possible jusqu'à 5 ans. Mais les producteurs ont remarqué qu'il est possible de cultiver en intercalaire dans une plantati on d'anacardier d'écartement 10X10m (l'écartement recommandé par les études de l'INRAB, qui garantit une bonne rentabilité) pendant environ une décennie. De plus, cette pratique d'écartement autorise une gestion facilitée des ravageurs. Dans le cas de la r écolte, le ramassage permet une récolte facile et reste moins risqué que l'agitation des arbres pour faire tomber les noix. A cela, l'on peut ajouter le bon rendement de récolte, c'est-à- dire la quantité de noix brutes ramassées par rapport à celles tombées. Par ailleurs, cette manière de récolter rentabilise l'emploi de la main d'oeuvre salariée. Les producteurs ont également remarqué que cette méthode prévient et réduit l'avortement des fleurs de l'arbre.

Pour ce qui concerne le stockage des noix brutes en sac de jute, l'initiative des exportateurs à travers les collecteurs primaires sur place de fournir des sacs de jute à la pré-campagne pour le compte de producteurs reste un atout. De plus, la commercialisation groupée en expérimentation et s'étendant progressivement dans les pratiques de la commune est une force qui encourage le stockage en magasin et sur sites appropriés et en sacs de jute.

A toutes ces emprises sur le positif, nous pouvons noter une extraordinaire organisation des producteurs de Kouandé marquée par une dynamique nouvelle à la fois décentralisée et hiérarchisée depuis le village (CVPA) jusqu'à la commune (UCPA). Cette dynamique est plus vivace que celle observée à l'échelon national, malgré l'existence d'une fédération, la Fédération Nationale des Producteurs d'Anacarde du Bénin (FENAPAB). La pratique de la production des noix brutes d'anacardier à Kouandé est soutenue par un Know-how paysan et une forte expérience dans la production. Nous pouvons remarquer aussi que le sous-secteur dans la

commune est marqué par une forte sensibilisation des producteurs sur les normes de qualité et de production des noix brutes d'anacardier.

Analyse des faiblesses : Bien que marquée par de nombreuses forces, la production des noix brutes d'anacardier de qualité dans la commune de Kouandé enregistre quelques insuffisances ou faiblesses qui réduisent la complétude de son potentiel.

Au niveau du paramètre de l'installation de la plantation que représente l'écartement, l'accès difficile au foncier et la pression démographique sur les terres posent bien de problèmes. Les producteurs, en effet, sont confrontés à un problème de disponibilité foncière lorsqu'il s'agit de déterminer la densité optimale de plantation. En plus, la densité forte est une stratégie paysanne de lutte contre les herbes à cause de la cherté et de la multiplication des opérations de désherbage pour le jeune arbre. Le système de culture pose également un problème de faible superficie cultivée (souvent en dessous du seuil de rentabilité par exploitation). Cette faiblesse est corrélée avec l'insuffisance du disponible foncier et encourage les producteurs à disposer plus de 100 plants à l'hectare et ainsi pour récolter plus. Par ailleurs, la présence des ravageurs, le manque d'intrants et l'utilisation des outils techniques rudimentaires pour les opérations culturales et la destruction des plantations par les feux de brousse sont autant de faiblesses de la production de noix brutes de qualité.

Quant au paramètre de la récolte, le système de production au niveau de la commune de Kouandé est marqué par une concurrence de la main d'oeuvre avec d'autres cultures notamment vivrières, la concurrence du vol. Ces types de faiblesses empêchent d'une part le ramassage systématique et régulier des noix, leur séparation des pommes, le manque de soin lors de la séparation et du tri s'il est réalisé, le mélange des noix saines et matures avec celles immatures et malades. Par ailleurs, le peu de suivi de l'opération de récolte confiée à une main d'oeuvre salariée et aux enfants. En outre, le recours des planteurs aux usuriers et à la vente anticipée forcent les producteurs à une récolte de noix immatures qui de plus en plus hypothèque la qualité des noix et amandes dérivées. Aussi, la récupération en nature (en noix) des crédits limite-t-elle le respect du ramassage comme méthode de récolte.

Le stockage normal souffre de plus en plus de l'insuffisance de la distribution des sacs de jute et le recours des producteurs aux sacs en polyéthylène. En addition, nous pouvons énumérer la mauvaise organisation et les déboires et insuccès de la commercialisation groupée qui manque actuellement d'insérer les producteurs dans une commercialisation qui encourage le stockage en sac de jute. De même, la commercialisation à petits volumes et la collecte tardive des noix par les commerçants imposent un stockage qui dure dans le temps et pour laquelle les producteurs n'ont

ni moyens ni expertise. A tout cela, il faut ajouter l'inexistence de sites de stockages au niveau aussi bien individuel que collectif et la recuperation en nature (noix) des credits des usuriers- collecteurs limite le recours au stockage. Tout ceci affecte directement la qualite des noix recoltees, leur depreciation et une perte economique non negligeable au grand damne des producteurs.

On peut egalement signaler certaines faiblesses transversales à tous ces pans de la production à savoir le manque et l'inadaptation des credits pour la mise en place des exploitations, l'entretien, le financement de la commercialisation et d'un encadrement technique et peu oriente sur la culture de l'anacardier.

Analyse des opportunités : L'une des opportunites est liee à la demande en noix brutes de qualite. La demande mondiale des partenaires traditionnels du Benin (Inde, Vietnam) ouvre une porte assez large à une production en quantite et surtout en qualite à cause notamment des deboires des transformateurs vietnamiens qui ont connu quelques difficultes dans leurs exportations en direction de l'occident, surtout en ce qui concerne la qualite des amandes offertes. Cette demande doit être accrue à cause de la diminution d'un tiers des superficies des plantations vietnamiennes et de la coupe des arbres au Cambodge. Il faut rappeler que le Vietnam etait dans une dynamique d'auto nomisation de sa transformation vis-à-vis de nos exportations du Benin. Mais cela etait sans compter avec la reconversion des plantations à la production de la gomme et du manioc, jugee plus rentable dans ce pays et outre pour lequel certains exportateurs de noix brutes d'anacardier comme le Cambodge ont une forte capacite de transformation. Il en resulte que cette reconversion est plus remuneratrice. D'un autre côte, certains producteurs africains comme le Kenya envisagent d'interdire l'exportation de leurs noix brutes. La conjonction de ces paramètres offre une perspective et une reelle opportunite dans la production des noix brutes de qualite.

Par ailleurs, le label de la noix du Benin par son KOR eleve est une opportunite effective que les producteurs doivent exploiter.

A la suite de ces opportunites, nous pouvons citer sur le plan de l'installation de la plantation l'existence de pepinieristes formes par le PRRF et l'existence de nouvelles varietes d'anacardiers. Et la recherche en selection varietale se poursuit. Les conditions naturelles de climat et de sols draines sont des opportunites pour l'extension de la production avec de bons et reguliers ecartements. A tout ceci la recession de la filière cotonnière pourrait doper la production de l'anacarde dans la commune de Kouande.

En ce qui concerne la récolte, la rémunération appropriée des noix matures ayant un bon KOR est une opportunité pour le respect du ramassage des noix comme mode de récolte. L'existence et le regain d'intérêt des exportateurs pour la noix brute concourent à une concurrence saine entre les commerçants et la rémunération de l'effort de tri et de production des noix brutes de qualité.

Toutes les opportunités citées supra sont valides pour le stockage et incitent à l'observance des normes de stockage par les producteurs.

On peut, en plus, souligner l'existence des institutions de microfinance et une multiplication des interventions coordonnées et l'existence d'un plan stratégique de relance de la filière anacarde) de diverses structures dans la production des noix brutes et ou l'appui à l'agroforesterie à base d'anacardiers.

L'analyse des menaces: La production des noix brutes de qualité est sujette à des menaces pertinentes liées déjà à la multiplicité des semences utilisées pour l'installation des plantations. En effet, les producteurs recourent dans leur majorité à des noix tout-venant pour installer leurs plantations. A cela on peut compléter la pression parasitaire de toute sorte qui n'encourage pas le respect des écartements. La rareté de la main d'oeuvre liée à l'exode rurale des jeunes est une menace fondamentale à l'installation de nouvelles plantations. Cette menace est transversale aux divers paramètres de normes étudiées dans ce document. Par ailleurs l'observance des normes de récolte est menacée par la pression et la multiplication des petits collecteurs.

Sur le plan du stockage, la chaîne de commercialisation trop longue et peu favorable à la bonne conservation des noix et aux petits planteurs et la pression et la multiplication des petits collecteurs restent une menace.

Par delà tout, l'instabilité des préférences des consommateurs et la volatilité relative des normes de qualité et donc de production à l'amont menacent une suite et une stabilité de la production des noix brutes de qualité. Aussi, l'instabilité des politiques de développement des produits agricoles d'exportation est-elle une source majeure de menaces réelles pour la production des noix brutes de qualité.

6.2.1.2. Analyse prospectiveproprement dite

L'analyse prospective nous permet de dégager des scénarii probables dans la production des noix brutes de qualité. Sur la base de l'analyse FFOM, nous avons dégagé des forces majeures qu'on qualifie de motrices.

Les forces motrices

La question cruciale de la qualité et de sa gestion au niveau des producteurs à travers l'observance des normes de production est tellement complexe vue la dynamique des nombreux aspects et facettes pouvant se présenter aux acteurs que sont d'abord les producteurs et ensuite les exportateurs qui espèrent bien améliorer l'adéquation des produits exportés ou à exporter avec les normes internationales. Dans un contexte très complexe et dynamique où les décisions sont prises en matière de développement, l'exercice scénarique est complexe en raison de l'évolution des facteurs environnementaux, institutionnels, économiques, politiques et démographiques. Cet assemblage de facteurs qui déterminent la production des noix brutes de qualité est influencé par des forces externes pertinentes ou forces motrices. Elles échappent à l'environnement interne des producteurs, mais ils peuvent les influencer pour leur donner une direction d'évolution. Au regard de l'analyse FFOM réalisée avec les producteurs, il a été retenu, pour l'efficience des scénarii, cinq Forces motrices majeures que sont :

1 Demande des noix brutes de qualité (qualité et respect des normes en général)

2 Organisation de la commercialisation (liée au stockage et à la récolte)

3 Organisation du conseil agricole (liée à la fois au stockage, à l'écartement et à la récolte)

4 Crédits appropriés au financement des activités d'entretien des plantations (lié au respect des normes en général)

5 La fréquence et l'importance quantitative des vols de noix (lié à la récolte et au stockage)

Ces forces motrices peuvent évoluer de plusieurs manières. La demande en noix brutes de qualité aura une tendance positive (+) au vu des éléments concluants énumérés plus haut. L'organisation de la commercialisation peut évoluer positivement (+), négativement (-) ou ne pas du tout changer de face. L'organisation du conseil agricole peut avoir une tendance positive (+), négative (-) ou resté inchangée (=) par rapport à la situation actuelle. Les crédits appropriés au financement des activités d'installation, d'entretien et de commercialisation peuvent tendre vers une disponibilité (+), une diminution ou rareté (-) ou une situation statu quo (=). La fréquence et l'importance quantitative des vols de noix peuvent s'accroître (+), se réduire (-) ou en rester à la situation actuelle (=). La combinaison des ces tendances a conduit, ensemble avec les producteurs, à déterminer des scénarii que sont : optimiste, pessimiste, rien ne change et réaliste. Ces scénarii peignent le futur avec ses incertitudes, futur auquel les producteurs pourraient être confrontés. Le tableau ci-dessous synthétise ces scénarii.

Tableau N°13 : Matrice des scénarii

Forces motrices

Demande des noix brutes de qualité

Organisation de la commercialisation

Organisation du conseil agricole

Crédits appropriés

au financement des activités d'entretien des plantations

La fréquence et l'importance quantitative

des vols de noix

Tendances

(+)

(+)

(=)

(-)

(+)

(=)

(-)

(+)

(=)

(-)

(+)

(=)

(-)

Scénario optimiste

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Scénario

rien ne

change

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Scénario pessimiste

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Scénario réaliste

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

6.2.1.3. Analyse des scénarii et leurs effets

Dans cette partie, nous décrirons chacun des scénarii et indiquerons leurs effets sur le respect des normes de production, et partant sur la qualité des noix récoltées.

Scénario optimiste

C'est le scénario de l'idéal qui positive toutes les forces motrices et minimisent au mieux leurs implications négatives. Dans un tel scénario, la demande des noix brutes de qualité augmente et de façon à se maintenir dans cette tendance haussière sur u ne période relativement supérieure ou égale à celle du scénario. Comme le souhaitent les producteurs, ce scénario indique également que les conditions de commercialisation ont positivement évolué. En effet, ce scénario suppose que la commercialisation des noix cajou s'aligne sur celle du coton graine telle que les acteurs l'ont proposée dans l'actuel processus de restructuration.

D'un autre côté, le scénario optimiste présuppose également une meilleure organisation du conseil agricole et sa dotation en moyens humains et techniques et aussi en amont une recherche active et toute spécifique sur l'anacardier.

Le même scénario nécessite un financement adéquat, un système de financement décentralisé, certes, mais surtout approprié au calendrier des opérations culturales. Après la mise en place de tous ces atouts, la qualité des noix attendue ne pourrait s'en trouver améliorée que si l'importance de la quantité et de la fréquence du vol des noix brutes de cajou ne baisse. Les effets essentiels de ce scénario sont le maintien et l'amélioration du label du cajou béninois et l'amélioration de la qualité des noix en conformité avec la directive CEE/ONU, une amélioration des revenus des producteurs,

une diversification durable des exportations et une participation accrue de cette filière à la structuration de l'économie nationale et sa croissance.

Scénario pessimiste

Dans ce scénario, la demande en noix brutes de qualité garde sa tendance haussière mais les conditions de stockage se détériorent et n'incitent guère à la culture ou à lui porter des soins. L'encadrement agricole est mal organisé lorsqu'il existe et manque des moyens humains, techniques pour conduire la formation et le suivi des planteurs. Le système de financement de la filière n'existe ou au mieux des cas propose des services inappropriés et ou inaccessibles alors que de son côté la fréquence et la quantité du vol des noix brutes ne baissent guère. Ce scénario est le pire à craindre pour la filière noix de cajou et ses effets seront la baisse de la qualité des noix et la perte de label béninois des noix. Par conséquent on aura, par exemple, une détérioration des conditions de vie des producteurs par la baisse des revenus agricoles, l'exode rurale, une baisse des recettes des collectivités locales de Kouandé, une accentuation de la dépendance du Bénin par rapport au coton et une déstructuration de l'économie agricole.

Scénario rien ne change

Il indique une situation stationnaire ou de statu quo où les forces motrices en restent là où elles sont au moment de l'étude. En dehors de la demande en noix brutes de qualité qui va toujours augmenter, les condition s de commercialisation, de conseil agricole, de financement de la filière et la fréquence et l'importance quantitative du vol des noix n'auraient connu aucune évolution. Un tel scénario a des conséquences aussi indésirables pour la qualité des noix et donc pour le revenu des producteurs. En effet, la commercialisation et le vol, s'ils gardent leur proportion et conditions actuelles, suffisent à elles dans une grande part, à décourager la production des noix et le respect des normes de production. Il s'en suivra une baisse de la qualité et la mise en péril du label béninois des noix, peut - être atténuée par les efforts sporadiques du conseil agricole et les tentatives toujours improvisées des structures de financement actuelles. Il peut donc aboutir à une bais se de la contribution de cette filière aux exportations et à l'économie nationale, une baisse du revenu agricole des producteurs.

Scénario réaliste

Cette perspective résume une situation fort probable au regard des implications actuelles et futures qui sont possibles. La demande va conserver sa hausse, les efforts de dynamisation du conseil agricole vont être poursuivis et surtout renforcés pour offrir un encadrement en quantité et qualité suffisantes pour promouvoir cette filière. Par ailleurs, il est à espérer que les efforts d'implication de l'Etat dans la commercialisation (fixation de prix et lancement officiel de la campagne de commercialisation) soient perfectionnés et on assistera effectivement à la mise en oeuvre dans le

temps du plan strategique de relance de la filière anacarde dont surtout les mesures en faveur de la commercialisation, de l'itineraire technique et de la recherche. De même, une organisation des producteurs et la meilleure gestion desdites organisations se poursuivent positivement et des solutions locales durables sont executees pour le recul de la frequence et de l'importance de la quantite du vol. Ce scenario aura pour effets le maintien et l'amelioration de la qualite des noix brutes produites à Kouande, l'amelioration du revenu des producteurs, des emplois pour la population et les jeunes, la croissance economique nationale.

6.2.2. Les options stratégiques

Il s'agit à ce niveau, au regard des goulots identifies comme forces motrices, de recourir à des strategies et actions qui ont pour objectif d'optimiser ou de renforcer les effets desirables et d'attenuer, reduire voire annuler ceux negatifs des divers scenarii evoques. Ces options sont resumees dans le tableau 13.

Tableau N° 14 : Matrice des options par scénario.

SCENARII

OPTIONS STRATEGIQUES

Scénario 1: OPTIMISTE

o o o o o o o o

Accroissement de la productivité

Réorganisation de la commercialisation des noix brutes

Renforcement de l'encadrement agricole et de la recherche

Baisse de la fréquence et de l'importance de la quantité du vol des noix

Mise en place de financement approprié

Professionnalisation des acteurs

Création, multiplication et amélioration des performances économiques des unités de transformation Respect des normes de production principalement de l'écartement, le mode de récolte et le stockage

Scénario2 : PESSIMISTE

o o o o o o o o o o o

Accroissement de la productivité

Création des CVPA

Renforcement de la capacité des CVPA

Réorganisation de la commercialisation des noix brutes

Organisation de la commercialisation groupée

Renforcement de l'encadrement agricole et de la recherche

Baisse de la fréquence et de l'importance de la quantité du vol des noix

Mise en place de financement approprié

Professionnalisation des acteurs

Création, multiplication et amélioration des performances économiques des unités de transformation Respect des normes de production principalement de l'écartement, le mode de récolte et le stockage

Scénario 3: RIEN NE

CHANGE OU STATU QUO

o o o o o

Accroissement de la productivité

Renforcement de la capacité des CVPA

Professionnalisation des acteurs

Création, multiplication et amélioration des performances économiques des unités de transformation Respect des normes de production principalement de l'écartement, le mode de récolte et le stockage

Scénario 4 : REALISTE

o Accroissement de la productivité

o Réorganisation de la commercialisation des noix brutes

o Renforcement de l'encadrement agricole et de la recherche

o Baisse de la fréquence et de l'importance de la quantité du vol des noix

o Mise en place de financements appropriés

o Professionnalisation des acteurs

o Création, multiplication et amélioration des performances économiques des unités de transformation o Respect des normes de production principalement de l'écartement, le mode de récolte et le stockage

Source : Notre recherche à Kouandé, 2008

Propositions de stratégies et actions pour les groupes de producteurs (voir annexe N°5) Proposition pour une meilleure gestion de la qualité des noix brutes (voir figure N°35)

Les structures de financement

Les commerçants et exportateurs

Les autorités politiques et collectivités locales

Organisation de la
commercialisation
et incitations

Mise en place de crédits
appropriés

Renforcement et
amélioration du label
béninois et qualité des
noix brutes

Baisse de
l'importance et
fréquence des vols
de noix

Organisation du conseil agricole et
information etformation sur les normes de
qualité

La recherche fondamentale et socio- économique/ recherche développement

L'encadrement agricole

Producteurs et leurs organisations

Figure N°37 : Modèle de gestion du label béninois des noix brutes d'anacarde

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

Au terme de cette étude plusieurs éléments de conclusion peuvent être retenues d'abord par rapport à la pratique de la production des noix brutes d'anacarde de qualité en relation avec les normes de production à Kouandé, ensuite par rapport à la rentabilité des systèmes de culture observés, et enfin par rapport aux perceptions et perspectives de production.

Globalement, en ce qui concerne la pratique dans ce secteur de production, la plupart des producteurs ne respectent pas les mesures prescrites par le conseil agricole. En effet, lesdites mesures découlent des normes de qualité des noix brutes selon la directive CEE/ONU en amont et les normes de qualité des amandes en aval. Environ 83% des producteurs tions de choix de semences restent encore l'échange inter paysan des noix. A l'installation, les producteurs font un bon choix du site (site ayant accueilli, pour une grande partie, une culture vivrière avant la plantation d'anacardiers) dans leur majorité, mais ne procèdent pas souvent à la trouaison et mettent directement en terre leurs semences. Les opérations d'entretien ne sont pas souvent réalisées en nombre et aussi en qualité : les sarclages de «récolte» seuls sont fréquents alors que les éclaircies sont rares. Cet état de choses n'a pas réduit l'avantage de la zone d'étude par rapport aux autres zones de production du Bénin. En témoigne le rendement moyen au niveau de la zone d'étude d'environ 307,85kg/ha sur quinze années d'exploitation. En revanche, les données de la FAO donnent en moyenne 225.175333 kg/ha sur la même période. Lesdites donné es ne rendent pas compte de la qualité des noix qui est principalement affectée par la pratique de récolte sur arbre que les producteurs opèrent en raison des vols de noix fréquents, accessoirement affectée par le ramassage tardif, le mélange d es noix fortement développé à Kouandé et le séchage et le stockage en sac de jute observé par une portion relativement faible de producteurs. On peut donc retenir que les producteurs ont une certaine connaissance des normes de production, mais les difficu ltés financières et aussi celles liées à la pertinence des opérations ralentissent leur observance. De plus, pour ce qui est du cas spécifique de la densité de plantation, l'installation des anacardiers dans un but de protection de l'environnement justifie la forte densité observée. D'ailleurs, cette densité n'a d'égale que l'appellation « forêt » donné aux plantations.

Ensuite, quelque soit le système de production des noix brutes d'anacarde, la culture est financièrement rentable. Pour une estimation sur quinze exploitations avec la prise en compte des plantations comme étant en monoculture (ce qui n'est pas le cas), nous remarquons que l'itinéraire technique sui associe semences certifié es avec la mise en oeuvre des opérations telles que prescrites par l'encadrement a un TSR 1,18 fois plus élevé que l'itinéraire traditionnel des producteurs (semis direct et respect partiel des opérations culturales indiquées par l'encadrement

agricole) . Par ailleurs, la catégorisation des producteurs par l'approche dite «Cluster Analysis» a indiqué que les variables (Age, niveau de scolarisation, mode de faire valoir des terres, type de planteur) discriminent les producteurs en rapport avec le respect de certains paramètres des normes de production (écartement, mode de stockage, célérité de la récolte, type de semence). Par contre, les variables rendement et localisation des plantations ne sont pas significativement différentes d'une classe à une autre.

Enfin, pour ce qui concerne les perceptions, en dehors des prix aux producteurs améliorés dans le long terme et les coûts de production réduits dans le long terme, les producteurs admettent dans leur majorité que le respect des normes est en relation positive avec la confiance de leurs clients, la qualité des noix récoltés, le rendement des plantations, la protection de l'environnement, le renforcement de l'habileté compétitive des plantations, la coopération entre producteurs, les ventes exportables, la compétitivité positive sur le marché. Cette perception est indépendante de la catégorie à laquelle appartiendraient les producteurs. Quant aux perspectives, la production de noix brutes à Kouandé, pour être de qualité, doit venir à bout d'un certain nombre de goulots d'étranglements qu'elle partage ou non avec les autres zones de production. La définition des scénarii exprime une certaine évolutivité des forces motrices (demande en noix brutes de qualité, organisation de la commercialisation et du conseil agricole, crédits appropriés et fréquence et importance des vols des noix) dans le temps.

La meilleure gestion du label béninois des noix brutes de cajou et l'amélioration de la qualité des noix brutes assureraient aux acteurs divers un mieux-être et à l'économie nationale bien plus de devises. Pour y arriver durablement nous recommandons:

 

Aux producteurs et I leurs organisations

D'améliorer la gestion de leurs organisations dans la prise de décision et le management des ressources humaines (leurs membres) et

De renforcer la gouvernance démocratique au sein des organisations (organisation fréquente des assemblées et renouvellement des responsables) et

De multiplier la création d'organisations viables et formelles et

D'inciter les jeunes à s'intéresser à la culture de l'anacardier et

De structurer leur participation aux plates formes de prise de décision au sein de la commercialisation et d'enclencher un plaidoyer auprès des commissions nationales d'élaboration des normes et

De structurer une action collective, durable et socialement responsable, contre le vol des noix brutes.

Au conseil agricole

De renforcer le personnel d'encadrement

De renforcer les capacités du personnel dans l'encadrement spécifique de la culture de l'anacardier

D'Associer les producteurs dans la planification de la vulgarisation, la conception des formations et l'identification des canaux d'information

De mettre en place un système d'incitation à la promotion des producteurs modèles Aux commerçants et exportateurs

De renforcer la contrôle à l'achat et d'améliorer le rapport qualité prix des noix brutes

De financer conjointement avec les autorités locales et politiques, le système d'incitation à la promotion des producteurs

De mettre en place un procédé rapide et exhaustif de distribution des sacs de jute aux producteurs

De dynamiser leurs structures faîtières en instaurant un code d'appartenance

 

Aux autorités politiques et aux collectivités locales

De réduire le nombre d'acteurs commerçants (11 exportateurs, 150 acheteurs et 5000 collecteurs selon PADSE) en mettant en place un dispositif efficace des acheteurs

De dynamiser la commission nationale de concertation chargée du suivi de la filière anacarde au Bénin et renforcer l'autorité du comité interministériel de fixation des prix des produits agricoles et intrants dans le processus de commercialisation et

De dynamiser le mécanisme de prix plancher et assurer son contrôle et

De renforcer les structures de conseil agricole et de recherche en moyens et personnel et De mettre en place un fonds de garantie pour le financement de la filière et approuver les plans de développement pour son financement et

De réviser les lois et textes réglementaires en matière de commerce de produits agricoles et de normes et

De mettre en place et coordonner une interprofession légère mais efficace dont les charges fonctionnelles ne dépasseraient pas 5% du prix payé aux producteurs et soldées par un mécanisme de partage de coûts entre les divers acteurs et

De financer le mécanisme d'incitation à la promotion de la qualité des noix et des producteurs et

De garantir la mise en place des crédits sociaux et la sécurité foncière et

D'associer les producteurs aux commissions d'élaboration des normes.

 

Aux structures de financement

De mettre en place un système approprié (taux d'intérêts bonifié, différé d'investissement, mécanisme souple et moins tracassant d'accès au crédit) de financement des opérations d'entretien et de commercialisation

De mettre en place des crédits sociaux au profit des producteurs

De financer la transformation locale

A la recherche fondamentale

De poursuivre la recherche sur les variétés améliorées

A la recherche socio-économique

D'estimer le dimensionnement optimal des plantations pour une rentabilité au regard du respect des normes et

D'estimer le coût des mesures adaptatives à l'hyper dynamique des normes de qualité.

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www. Delinoix.com

www.Achalcashew.com

www.anacardium.info

ANNEXES

Annexe N°I demande en main d'oeuvre de chaque opération culturale dans la production des noix brutes d'anacardier

Temps Opérations culturales

Description

Nombre H/j

Année d'installation

Désherbage

Manuel

8

Défrichement

Manuel

8

Trouaison

Manuel

1

Année d'exploitation

Sarclage

Manuel

6

Sarclage de saison
Sèche

Manuel

5

Pare feux

Manuel

3

Récolte

Manuel

5

Annexe N°II : Temps et coûts des travaux standard de la culture d'anacardier dans la commune de Kouandé lors de la culture d'anacardier pour la campagne 2007-2008

Temps et coûts

Opérations culturales

Description

Coût/ha

H/j

Année d'installation

Désherbage

Manuel

20 000

8

Défrichement

Manuel

15 000

8

Trouaison

Manuel

2 500

1

Année d'exploitation

Sarclage

Manuel

12 000

6

Sarclage de

saison

Sèche

Manuel

10 000

5

Pare feux

Manuel

12 000

3

Récolte

Manuel

18 000

5

Annexe N°III : Les charges d'exploitation et coûts

Opérations

culturales ou charges

Description (quantités et
type)

Coût/ha (IT1)

Coût/ha (IT2)

Année d'installation

Désherbage

Manuel

20 000

20 000

Défrichement

Manuel

15 000

15 000

Trouaison

Manuel

2 500

0

Préparation

Manuel

1000

0

semences ou plants

Manuel

15 000

0

Semis ou Plantation

Manuel

6000

0

Sarclage

Manuel

12 000

 

Sous-total installation

69 000

35 000

Année d'exploitation

Sarclage de saison Sèche

Manuel

10 000

10 000

Pare feux

Manuel

12 000

12 000

Sarclages

Manuel

22 000

11 000

Fumure minérale

Manuel

23 500

0

Traitements

 

11 500

0

Récoltes

Manuel

18 000

18 000

Transport

Manuel ou motorisé

5 000

5 000

Mise en stock

Sacs de stockage

2 000

2000

Commercialisation

pesée

5 00

500

Autre 1

Couture, chargement bascule

5 00

500

Autre 2

chargement

5 00

500

Sous-total exploitation par année

82 000

69 000

Annexe N°IV: Cluster history

Cluster History

e

NCL

Clusters Joined

 

RMS

FREQ

T

i

STD SPRSQ RSQ

 

BSS

58

40 61

2

0.1067

0.0002

1.00

0.1253

 
 

57

39 41

2

0.1368

0.0003

.999

0.2058

 
 

56

10 27

2

0.2153

0.0008

.999

0.5099

 
 

55

CL58 47

3

0.2073

0.0013

.997

0.8199

 
 

54

1 26

2

0.3086

0.0016

.996

1.0478

 
 

53

5 55

2

0.3782

0.0025

.993

1.5734

 
 

52

50 51

2

0.3797

0.0025

.991

1.5857

 
 

51

35 53

2

0.3920

0.0026

.988

1.6902

 
 

50

20 48

2

0.4194

0.0030

.985

1.9353

 
 

49

31 33

2

0.4284

0.0032

.982

2.0185

 
 

NCL

Clusters Joined

 

FREQ

STD

SPRSQ

RSQ

BSS

e

48

9 37

2

0.4452

0.0034

.979

2.1801

 
 

47

4 12

2

0.4562

0.0036

.975

2.2897

 
 

46

19 30

2

0.4715

0.0038

.971

2.4458

 
 

45

 

3

14

2 0.4744 0.0039 .967 2.4757

44

 

52

56

2 0.4894 0.0041 .963 2.6344

43

 

2

23

2 0.4968 0.0043 .959 2.7145

42

 

18

54

2 0.5030 0.0044 .954 2.7834

41

 

43

CL52

3 0.4469 0.0044 .950 2.808

40

CL57

 

60

3 0.3844 0.0048 .945 3.0445

39

 

34

58

2 0.5351 0.0049 .940 3.1495

38

CL54

 

29

3 0.4377 0.0050 .935 3.1663

37

 

16

17

2 0.5456 0.0051 .930 3.2746

36

CL50

 

25

3 0.4882 0.0052 .925 3.308

35

CL51

 

38

3 0.4803 0.0053 .920 3.3846

34

 

11

36

2 0.5739 0.0057 .914 3.623

33

 

6

22

2 0.5800 0.0058 .908 3.7004

32

CL43

 

24

3 0.5659 0.0068 .902 4.3317

31

CL49

 

32

3 0.5457 0.0071 .894 4.5338

30

CL56

 

CL41

5 0.4694 0.0075 .887 4.7913

29

CL36

 

49

4 0.5559 0.0078 .879 4.9556

28

 

21

45

2 0.6736 0.0078 .871 4.9908

27

CL47

 

8

3 0.5761 0.0079 .863 5.0116

26

CL34

 

CL40

5 0.5311 0.0087 .855 5.536

25

CL28

 

59

3 0.7173 0.0099 .845 6.3289

24

CL38

 

CL44

5 0.5525 0.0103 .835 6.582

23

 

13

CL35

4 0.6067 0.0111 .823 7.0737

22

CL48

 

42

3 0.6509 0.0112 .812 7.1407

21

CL42

 

CL29

6 0.6063 0.0113 .801 7.2353

20

 

15

28

2 0.8189 0.0116 .789 7.3758

19

CL45

 

46

3 0.6734 0.0118 .778 7.4999

18

CL46

 

CL25

5 0.7025 0.0125 .765 7.9482

17

CL24

 

7

6 0.6275 0.0129 .752 8.224

16

CL53

 

CL31

5 0.6495 0.0164 .736 10.437

15

CL27

 

CL26

8 0.6431 0.0190 .717 12.131

14

CL17

 

CL30

11 0.6375 0.0209 .696 13.358

13

CL23

 

CL55

7 0.6553 0.0239 .672 15.246

12

CL16

 

CL33

7 0.7735 0.0270 .645 17.229

11

CL19

 

CL39

5 0.8427 0.0284 .617 18.121

10

CL15

 

CL22

11 0.7400 0.0299 .587 19.073

9

CL20

 

CL37

4 0.9523 0.0302 .557 19.275

8

CL32

 

CL18

8 0.8052 0.0332 .543 21.167

7

CL14

 

CL21

17 0.7068 0.0361 .535 23.001

6

CL10

 

CL13

18 0.7781 0.0386 .449 24.633

5

CL11

 

CL12

12 0.9450 0.0585 .390 37.325

4

CL5

 

CL6

30 0.9179 0.0744 .316 47.492

3

CL8

 

CL4

38 0.9665 0.0963 .219 61.464

Annexe N°V: Propositions de stratégies et actions par groupes Propositions de stratégies et actions pour le groupe 1

GROUPE

OBECTIFS

RESULTATS

STRATEGIES ET ACTIONS

ACTEURS
RESPONSABLES

MESURES
D'ACCOMPAGNEMENT

OBSERVATION

NORME D'ECARTEMENT ENTRE ANACARDIERS

18 ,33%

CT

Information

Les producteurs

Prévenir les producteurs sur les

Producteurs et

Aider à

Ces

de la

sur le respect

sont informés à

possibilités de ne pas déboiser les

leurs

l'organisation

producteurs

populati

de

90% sur le

anacardiers subitement mais

organisations

financière des

sont dans une

on qui

l'écartement

respect de

plutôt de remplacement

 

initiatives de

moindre

ne respecte

 

l'écartement

progressif des champs

 

communication et au renforcement de

mesure, ceux qui sont à la

nt aucun

 
 

Multiplier les réunions de

 

capacités

périphérie su

des paramètr

 
 

21

restitution au sein des CVPA

 

managériales des acteurs principaux

système des groupements

es de normes

 
 

Utiliser les groupes

communautaires et leurs
retrouvailles comme canaux de

diffusion. Exemple le

goroyaburu ou chinigorojè

peulh

 

des groupements

et des formations

qu'ils reçoivent donc

 
 
 

Améliorer la gestion des cvpa et accroitre les taux d'adhésion et de fréquentation des réunions et formations

 
 
 

20 CT= court terme soit 0 à 3 ans

21 CVPA : unité organisationnelle des producteurs, elle se définit comme Coopérative Villageoise des Producteurs d'Anacardiers

 
 
 
 

prévenir les producteurs sur les possibilités de ne pas déboiser les anacardiers subitement et de remplacement progressif des champs

Conseil agricole

 
 
 
 
 

Utilisation de messages radiodiffusés en langue locale

 
 
 
 
 
 

Utiliser les champs des producteurs comme lieux de déroulement des formations

 
 
 
 
 
 

Renforcer et bâtir des fortes capacités de gestion des CVPA

 
 
 
 
 
 

Emissions radiodiffusées interactives crépusculaires, en langue locale, animée par les producteurs

 
 
 
 
 
 

Utiliser les canaux des

 
 
 
 
 
 

GV existants pour le compte de la cotonculture.

 
 
 
 
 
 

Sensibilisation à l'aide des chefs des collectivités locales

 
 
 
 
 
 

Information dans les centres cultuels et religieux (notamment les mosquées, églises et couvents) comme dans le cas de la journée de l'arbre et des séances de vaccination

 
 
 
 
 
 
 

Renforcer la fréquence des

Pouvoir

 
 
 
 
 
 

radios locales

politique et collectivités

 
 
 
 
 
 

Emissions radiodiffusées interactives crépusculaires, en langue locale, animée par les producteurs

locales

 
 
 
 
 
 

Renforcer le personnel d'encadrement spécifique sur l'anacardier

 
 
 
 
 
 
 

Financer à concurrence de plus

Partenaires

 
 
 
 
 

de la moitié la motorisation des

techniques et

 
 
 
 
 

Secrétariats des CVPA

financiers

 
 
 
 
 

Renforcer et bâtir des fortes capacités de gestion des CVPA

 
 
 
 
 

Remplaceme

Les plantations

Recenser des producteurs qui ont

Producteurs et

Mettre en place des

 
 
 

nt partiel des

sont

un écartement faible

leurs

incentives au profit

 
 
 

plantations

partiellement remplacées

 

organisations

des producteurs

 
 
 
 
 

Faire des éclaircies progressives dans les plantations performantes

 
 
 
 

MT22

 
 

(la prise en charge des éclaircisseurs est à la charge des groupements, en prélevant dans la caisse de solidarité de ceux-ci, ou des producteurs).

 
 
 
 
 
 
 

Couper les plantations de moins de 5ans d'âge sous la supervision de l'encadrement

 
 
 
 
 
 
 

Poursuivre la sensibilisation

 
 
 
 
 
 
 

Formation par démonstration

Conseil agricole

 
 
 
 
 

Formation sur champs école

paysan et démultiplication et

utilisation des mètres et prise

d'exemple sur corde et ficelle,

définissant la distance de
l'écartement

 
 
 

22 MT= Moyen terme soit 3 à 5 ans

 
 
 
 

Mettre en place un projet d'exploitation du bois des vieilles exploitations

Diversifier les structures de financement et réduire le monopole du réseau FECECAM

Mettre en place des crédits et subventions par l'intermédiaire des collectivités locales ou des cellules communales du trésor public (Recette perceptions)

Pouvoir

politique et collectivités locales

 
 
 
 
 
 

Mettre en place des crédits de courte durée (1an) pour l'opération d'éclaircie

Mettre en place un processus de warrantage et/ ou de remboursement en nature des crédits (crédits de courte durée 1an)

IMF et

structures de
financement

 
 
 
 
 

Renforcer le contrôle de qualité

Commerçants exportateurs et intermédiaires commerciaux

 
 
 
 
 

Appuyer en matériel et

financier au projet d'exploitation des vieilles plantations

(fourniture de tronçonneuses et d'autre matériel d'exploitation forestière)

Partenaires techniques et financiers

 
 

LT23

Installation de nouvelles plantations

Les plantations sont totalement remplacées

Envoyer et former les formateurs et assurer leur rémunération

Assurer la relation tutélaire pour la mettre en place des crédits aux producteurs

Producteurs et leurs

organisations

Installer une

mutuelle de santé et de crédits

consommation sur une période de 4 ans au moins

 
 
 
 
 

Former les formateurs

Former les producteurs sur la méthode de conduite des pépinières

Conseil agricole

 
 
 
 
 

Fournir la novelle variété de noix
et poursuivre la sélection variétale

Recherche

 
 
 
 
 

Fourniture du matériel de mesure, ficelles de 50m et mètres

Créer un de fonds de garantie
pour la culture de l'anacardier

Inciter et financer les jeunes pour la mettre en place des plantations grâce au FNPEEJ

Diversifier les structures de financement et éliminer le monopole du réseau FECECAM

Mettre en place des crédits et subventions par l'intermédiaire des collectivités locales ou des cellules communales du trésor public (Recette perceptions)

Pouvoir

politique et collectivités locales

 

23 LT = Long terme soit de 5 à 10 ans

 
 
 
 

Mettre en place de crédits pour

IMF et

 
 
 
 
 
 

installer de nouvelles, un

structures de

 
 
 
 
 
 

financement avec différé de trois ou quatre ans et remboursable sur

financement

 
 
 
 
 
 

6 ans au moins

 
 
 
 
 
 
 

Mettre en place un financement remboursable en trois annuités après 4 ans de différé, soit 26%, 50%et 24%

 
 
 
 
 
 
 

Réduire à 5% le taux d'intérêt des crédits

 
 
 
 
 
 
 

Mettre en place de moyens

Partenaires

 
 
 
 
 
 

matériels et techniques

techniques et

 
 
 
 
 
 

(machines d'entretien et équipements divers...

financiers

 
 

NORME DE RECOLTE DES NOIX BRUTES

 

CT

Informer les planteurs sur le respect de la norme de récolte

Les producteurs sont informés à 90% sur le respect de la norme de récolte

Utiliser des émissions

radiodiffusées et interactives avec témoignages des producteurs bien identifiés

Producteurs et leurs

organisations

 
 
 
 
 

Renforcer l'action de la vente groupée

 
 
 
 
 
 

Sensibilisation par les pairs

 
 
 
 
 
 

Utiliser les groupes

communautaires et leurs
retrouvailles comme canaux de

diffusion. Exemple le

goroyaburu ou chinigorojè

peulh

 
 
 
 
 
 

Utiliser les canaux des

 
 
 
 
 
 

GV existants pour le compte de la cotonculture.

 
 
 
 
 
 

Sensibilisation à l'aide des chefs des collectivités locales

 
 
 
 
 
 

Information dans les centres cultuels et religieux (notamment les mosquées, églises et couvents) comme dans le cas de la journée de l'arbre et des séances de vaccination

 
 
 
 
 
 

Multiplier les séances de

formation avec projection des

méfaits de la récolte sur arbre des noix

Conseil agricole

 
 
 
 
 
 

Utiliser des émissions

radiodiffusées et interactives avec témoignages des producteurs bien identifiés

Sensibilisation par les pairs

 
 
 
 
 
 
 

Renforcer la fréquence des

Pouvoir

 
 
 
 
 
 

radios locales

politique et collectivités

 
 
 
 
 
 

Emissions radiodiffusées interactives crépusculaires, en langue locale, animée par les producteurs

locales

 
 
 
 
 
 

Renforcer le personnel d'encadrement spécifique sur l'anacardier

 
 
 
 
 
 
 

Contribuer au financement des émissions radiodiffusées

 
 
 
 
 
 
 

Financer à concurrence de plus

IMF et

 
 
 
 
 
 

de la moitié la motorisation des

structures de

 
 
 
 
 
 

Secrétariats des CVPA

financement

 
 
 
 
 
 

Renforcer et bâtir des fortes capacités de gestion des CVPA

 
 
 
 

MT ET LT

Adopter le mode de récolte

Les producteurs ont adopté à

près de 70% le

Mettre en place de brigades civiles en période de récolte

Producteurs et leurs

organisations

Mettre en place des incentives au profit des producteurs

 
 
 

mode de récolte

Poursuivre la sensibilisation des populations avec le slogan :

 

exemplaires

 
 
 
 

laisser chuter avant de voler

 
 
 
 
 
 

Renforcer la commercialisation groupée

 
 
 
 
 
 

Publier les qualités et grades de noix brutes et leur prix de vente au début de la campagne

 
 
 
 
 
 

Assurer le gardiennage dans les plantations

 
 
 
 
 
 

Poursuivre la sensibilisation des populations avec le slogan:

Conseil agricole

 
 
 
 
 

laisser chuter avant de voler

 
 
 
 
 
 

Publier les qualités et grades de noix brutes et leur prix de vente au début de la campagne

 
 
 
 
 
 

Prospecter les marchés et soutenir la commercialisation groupée

Pouvoir

politique et collectivités locales

 
 
 
 
 

Mettre en place une législation contre le vol, la pyromanie et le pâturage en plantation suivie de forte diffusion

 
 
 
 
 
 

Aligner l'achat de noix volées au rang de délit de recel

 
 
 
 
 
 
 

Fixer les collecteurs et leur appliquer les amendes liées au délit de recel des noix brutes

 
 
 
 
 
 
 

Mettre en place de programmes pour réduire le chômage des jeunes et partant réduire les cas de vols de noix

 
 
 
 
 
 
 

Etablir et faire diffuser des circulaires co-signées des autorités communales, du

 
 
 
 
 
 
 

CeCPA, des producteurs et de la brigade

 
 
 
 
 
 
 

Eviter ou limiter la corruption qui pourrait intervenir comme sur le marché de coton où le contrôleur reçoit un pourboire

 
 
 
 
 
 
 

Fixer et faire publier en début de campagne les prix des

différentes qualités de noix brutes

 
 
 
 
 
 
 

Limiter et étiqueter le nombre des commerçants autorisés

 
 
 
 
 
 
 

Faire tenir une table ronde au début de chaque campagne

 
 
 
 
 
 
 

Installer une interprofession

 
 
 
 
 
 
 

Accélérer la transformation

 
 
 
 
 
 
 

locale des noix

Uniformiser les périodes et opérations de la campagne de commercialisation (achat en même temps, en groupe et sur toute l'étendue du territoire)

Organiser deux ou trois marchés de sur toute l'étendue du territoire: 1er marché autour
mi-avril, le second autour de mi- mai et le troisième autour de mi- juin

 
 
 
 
 
 

Ouvrir et soutenir une mutuelle de santé au profit des

producteurs enregistrés dans les groupements

Mettre en place des crédits
courts pour le gardiennage

IMF et

structures de
financement

 
 
 
 

Améliorer le rapport qualité/prix

Améliorer et rendre efficace le contrôle de qualité au moment des achats

Publier les qualités et grades de noix brutes et leur prix de vente au début de la campagne

Commerçants exportateurs et les

intermédiaires commerciaux

 
 
 

Prospecter les marchés et soutenir la commercialisation groupée

Partenaires techniques et financiers

NORME DE STOCKAGE DES NOIX RECOLTEES

150

 

CT

Informer sur le respect de la norme de stockage

Les producteurs sont informés à 90% sur le respect de la norme de stockage

Multiplier les émissions radiodiffusées dans les mois de janvier et février

Utiliser l'approche d'information parles griots

Producteurs et leurs

organisations

 
 
 
 
 

Multiplier les séances de

formation avec projection des

méfaits du stockage en sac en plastique

 
 
 
 
 
 

Renforcer l'action de la vente groupée

 
 
 
 
 
 

Sensibilisation par les pairs

 
 
 
 
 
 

Utiliser les groupes

communautaires et leurs
retrouvailles comme canaux de

diffusion. Exemple le

goroyaburu ou chinigorojè

peulh

 
 
 
 
 
 

Utiliser les canaux des

 
 
 
 
 
 

GV existants pour le compte de la cotonculture.

 
 
 
 
 
 

Sensibilisation à l'aide des chefs des collectivités locales

 
 
 
 
 
 

Information dans les centres cultuels et religieux (notamment les mosquées, églises et couvents) comme dans le cas de la journée de l'arbre et des séances de vaccination

 
 
 
 
 
 
 

Multiplier les émissions radiodiffusées dans les mois de janvier et février

Utiliser l'approche d'information parles griots

Conseil agricole

 
 
 
 
 
 

Multiplier les séances de

formation avec projection des

méfaits du stockage en sac en plastique

 
 
 
 
 
 
 

Sensibilisation par les pairs

 
 
 
 
 
 
 

Former les producteurs sur l'usage des sites et matériels de stockage

 
 
 
 
 
 
 

Renforcer la fréquence des

Pouvoir

 
 
 
 
 
 

radios locales

politique et collectivités

 
 
 
 
 
 

Emissions radiodiffusées interactives crépusculaires, en langue locale, animée par les producteurs

locales

 
 
 
 
 
 

Renforcer le personnel d'encadrement spécifique sur l'anacardier

 
 
 
 
 
 
 

Financer à concurrence de plus

IMF et

 
 
 
 
 

de la moitié la motorisation des

structures de

 
 
 
 
 

Secrétariats des CVPA

financement

 
 
 
 
 

Renforcer et bâtir des fortes capacités de gestion des CVPA

 
 
 
 
 

Adopter les

Plus de 70% des

Construire un magasin

Producteurs et

Mettre en place des

 
 
 

sites et

producteurs ont

communal

leurs

incentives au profit

 
 
 

matériels de

adopté les sites

 

organisations

des producteurs

 
 

MT ET LT

stockage

et matériels de stockage

Faciliter et coordonner la mise n place des crédits individuels pour l'acquisition des sites et matériels de stockage

Planifier la commercialisation groupée : objectifs, moyens, indicateurs de performance, responsables et stratégies

 

exemplaires.

Encourager la production et la transformation locale des fibres de jute.

 
 
 
 
 

Livrer et vendre les sacs de jute sur bon de vente de noix aux

 
 
 
 
 
 
 

CVPA

 
 
 
 
 
 
 

Former sur les conditions optimales de stockage et de construction de petits magasins individuels

Conseil agricole

 
 
 
 
 

Former les producteurs sur l'usage des sites et matériels de stockage

 
 
 
 
 
 
 

Mettre en place un fonds de

Pouvoir

 
 
 
 
 

garantie

politique et collectivités

 
 
 
 
 

Faciliter la mise place des magasins communaux comme dans la filière coton.

locales

 
 
 
 
 

Organiser vite le marché pour réduire la durée de stockage.

 
 
 
 
 
 

Multiplier par deux par an les marchés sur le plan national

 
 
 
 
 
 

Fixer et faire publier en début de campagne les prix des

différentes qualités de noix brutes

 
 
 
 
 
 

Faire tenir une table ronde au début de chaque campagne

 
 
 
 
 
 

Uniformiser les périodes et opérations de la campagne de commercialisation (achat en même temps, en groupe et sur toute l'étendue du territoire)

 
 
 
 
 
 

Organiser deux ou trois marchés de sur toute l'étendue du territoire: 1er marché autour
mi-avril, le second autour de mi- mai et le troisième autour de mi- juin

 
 
 
 
 
 
 

Financer la construction des mini magasins aux producteurs par crédit bonifié de 5% au plus

Mettre en place de crédit de courte durée (1an) pour l'achat des sacs de stockage

IMF et

structures de
financement

 
 
 
 
 
 

Mettre en place et à crédit ou à

Commerçants

 
 
 
 
 
 

prix bonifié des sacs de jute au

exportateurs et

 
 
 
 
 
 

niveau des structures des

les

 
 
 
 
 
 

producteurs au début de la

intermédiaires

 
 
 
 
 
 

récolte

commerciaux

 
 
 
 
 
 

Renforcer et mettre à disposition des CVPA les ressources financières pour réaliser les objectifs de vente

 
 
 
 
 
 
 

Fournir en début de campagne, un stock de sacs de jute au près des producteurs

 
 
 
 
 
 
 

Contribuer au financement à

Partenaires

 
 
 
 
 

concurrence de plus de 70% à la

techniques et

 
 
 
 
 

mettre en place des magasins communaux

financiers

 
 

Propositions des stratégiques et actions pour le groupe2

GROUPE

OBECTIFS

RESULTATS

ACTEURS MESURES

STRATEGIES ET ACTIONS D'ACCOMPAGNEMENT OBSERVATION

RESPONSABLES

NORME D'ECARTEMENT ENTRE ANACARDIERS

18,34% de l a population

soit 11,67% qui

respectent partiellement la norme de Stockage et 6,67% qui respectent aussi

partiellement le paramètre de Stockage et

entièrement celui de l'écartement

CT24

Information sur le respect de

l'écartement

Les producteurs sont informés à 90% sur le

respect de l'écartement

Multiplier les réunions de restitution au sein des CVPA25

Utiliser les groupes communautaires et leurs retrouvailles comme canaux de diffusion. Exemple le goroyaburu ou chinigorojè peulh

Améliorer la gestion des cvpa et accroitre les taux d'adhésion et de fréquentation des réunions et formations

Producteu rs et leurs organisati ons

Aider à l'organisation financière des initiatives de communication et

au renforcement de capacités

managériales des acteurs principaux des groupements

Ces

producteurs sont dans une moindre

mesure, ceux qui sont à la périp hérie du système des groupements et des

formations

qu'ils

reçoivent donc

 
 
 

Utilisation de messages radiodiffusés en langue locale

Utiliser les champs des producteurs comme lieux de déroulement des formations

Utiliser les canaux des GV existants

pour le compte de la cotonculture.

Sensibilisation à l'aide des chefs des

collectivités locales

Information dans les centres cultuels et religieux (notamment les mosquées, églises et couvents) comme dans le cas de lajournée de l'arbre et des séances de vaccination

Conseil
agricole

 

24 CT= court terme soit 0 à 3 ans

25 CVPA : unité organisationnelle des producteurs, elle se définit comme Coopérative Villageoise des Producteurs d'Anacardiers

 
 
 
 

Renforcer la fréquence des radios locales

Renforcer le personnel d'encadrement spécifique sur l'anacardier

Pouvoir politique et

collectivit és locales

 
 
 
 
 

Financer à concurrence de plus de la moitié la motorisation des Secrétariats des CVPA

Renforcer et bâtir des fortes capacités de gestion des CVPA

Partenaire s

technique s et

financiers

 

MT26

Remplaceme nt partiel des plantations

Les plantations sont

partiellement remplacées

Recenser des producteurs qui ont un écartement faible

Faire des éclaircies progressives dans les

plantations performantes (la prise en charge des éclaircisseurs est à la charge des groupements, en prélevant dans la caisse de solidarité de ceux-ci, ou des producteurs).

Couper les plantations de moins de 5ans d'âge sous la supervision de l'encadrement

Producteu rs et leurs organisati ons

Mettre en place des incentives au profit des producteurs

 
 
 

Formation par démonstration

Formation sur champs école paysan et

démultiplication et utilisation des mètres et prise

d'exemple sur corde et ficelle, définissant la
distance de l'écartement

Conseil
agricole

 
 
 
 

Mettre en place des crédits de courte durée (1an) pour l'opération d'éclaircie

Mettre en place un processus de warrantage et/ ou de remboursement en nature des crédits (crédits de courte durée 1an)

IMF et structures de

financeme nt

 

26 MT= Moyen terme soit 3 à 5 ans

 
 
 
 

Appuyer en matériel et financier au projet d'exploitation des vieilles plantations (fourniture de tronçonneuses et d'autre matériel d'exploitation forestière)

Partenaire s

technique s et

financiers

 
 

LT27

Installation de nouvelles plantations

Les plantations sont totalement remplacées

Assurer la relation tutélaire pour la mettre en place des crédits aux producteurs

Producteu rs et leurs organisati ons

Installer une mutuelle de santé et de crédits consommation sur une période de 4 ans au moins

 
 
 

Former les producteurs sur la méthode de

conduite des pépinières

Conseil
agricole

 
 
 
 

Fournir la novelle variété de noix et poursuivre la sélection variétale

Recherch e

 
 
 
 

Fourniture du matériel de mesure, ficelles de 50m et mètres

Créer un de fonds de garantie pour la culture de l'anacardier

Diversifier les structures de financement et éliminer le monopole du réseau FECECAM

Mettre en place des crédits et subventions par l'intermédiaire des collectivités locales ou des cellules communales du trésor public (Recette perceptions)

Pouvoir politique et

collectivit és locales

 
 
 
 

Mettre en place de crédits pour installer de nouvelles, un financement avec différé de trois ou quatre ans et remboursable sur 6 ans au moins Réduire à 5% le taux d'intérêt des crédits

IMF et structures de

financeme

 

27 LT = Long terme soit de 5 à 10 ans

 
 
 
 
 

nt

 
 
 
 
 

Mettre en place de moyens matériels et techniques (machines d'entretien et équipements divers...

Partenaire s

technique s et

financiers

 

NORME DE RECOLTE DES NOIX BRUTES

 

CT

Informer les planteurs sur le respect de la norme de récolte

Les producteurs sont informés à 90% sur le respect de la norme de récolte

Utiliser des émissions

radiodiffusées et interactives avec témoignages des producteurs bien identifiés

Renforcer l'action de la vente groupée

Utiliser les groupes

communautaires et leurs
retrouvailles comme canaux de
diffusion. Exemple le

goroyaburu ou chinigorojè
peulh

Utiliser les canaux des

GV existants pour le compte de la cotonculture.

Sensibilisation à l'aide des chefs des collectivités locales

Information dans les centres cultuels et religieux (notamment les mosquées, églises et couvents) comme dans le cas de la journée de l'arbre et des séances de vaccination

Producteurs et leurs

organisations

 
 
 
 
 
 

Multiplier les séances de

formation avec projection des

méfaits de la récolte sur arbre des noix

Utiliser des émissions

radiodiffusées et interactives avec témoignages des producteurs bien identifiés

Sensibilisation par les pairs

Conseil agricole

 
 
 
 
 

Renforcer la fréquence des radios locales

Pouvoir

politique et collectivités locales

 
 
 
 

Financer à concurrence de plus de la moitié la motorisation des Secrétariats des CVPA

Renforcer et bâtir des fortes capacités de gestion des CVPA

IMF et

structures de
financement

 
 

MT ET LT

Adopter le mode de récolte

Les producteurs ont adopté à

près de 70% le mode de récolte

Mettre en place de brigades civiles en période de récolte

Poursuivre la sensibilisation des populations avec le slogan: laisser chuter avant de voler

Renforcer la commercialisation groupée

Publier les qualités et grades de noix brutes et leur prix de vente au début de la campagne

Producteurs et leurs

organisations

Mettre en place des incentives au profit des producteurs exemplaires

 
 
 

Poursuivre la sensibilisation des

Conseil agricole

 
 
 
 

populations avec le slogan: laisser chuter avant de voler

 
 
 
 
 
 

Prospecter les marchés et soutenir la commercialisation groupée

Partenaires techniques et financiers

NORME DE STOCKAGE DES NOIX RECOLTEES

 

CT

Informer sur le respect de la norme de stockage

Les producteurs sont informés à 90% sur le respect de la norme de stockage

Multiplier les séances de formation avec projection des méfaits du stockage en sac en plastique

Renforcer l'action de la vente groupée

Utiliser les groupes communautaires et leurs retrouvailles comme canaux de diffusion. Exemple le goroyaburu ou chinigorojè peulh

Producteurs et leurs organisations

 
 
 
 
 
 

Multiplier les séances de formation avec projection des méfaits du stockage en sac en plastique

Former les producteurs sur l'usage des sites et matériels de stockage

Conseil agricole

 
 
 
 
 
 

Renforcer la fréquence des radios locales

Renforcer le personnel d'encadrement spécifique sur l'anacardier

Pouvoir politique et collectivités locales

 
 
 
 
 

Financer à concurrence de plus de la moitié la motorisation des Secrétariats des CVPA

Renforcer et bâtir des fortes capacités de gestion des CVPA

IMF et structures de financement

 
 

MT ET LT

Adopter les sites et matériels de stockage

Plus de 70% des producteurs ont adopté les sites et matériels de stockage

Construire un magasin communal

Faciliter et coordonner la mise n place des crédits individuels pour l'acquisition des sites et matériels de stockage

Producteurs et leurs organisations

Mettre en place des incentives au profit des producteurs exemplaires.

Encourager la production et la

transformation locale des

fibres de jute.

 
 
 
 
 

Former sur les conditions optimales de stockage et de construction de petits magasins individuels

Former les producteurs sur l'usage des sites et matériels de stockage

Conseil
agricole

 
 
 
 

Mettre en place un fonds de garantie

Faciliter la mise place des magasins communaux comme dans la filière coton.

Organiser vite le marché pour réduire la durée de stockage.

Multiplier par deux par an les marchés sur le plan national

Pouvoir politique et collectivités locales

 
 
 
 

Financer la construction des mini magasins aux producteurs par crédit bonifié de 5% au plus

Mettre en place de crédit de courte durée (1an) pour l'achat des sacs de stockage

IMF et structures de financement

 

Commerçant s

exportateurs

Mettre en place et à crédit ou à prix bonifié des sacs de jute au niveau des structures des producteurs au début de la récolte

GROUPE

OBECTIFS

RESULTATS

STRATEGIES ET ACTIONS

Renforcer et mettre à disposition des

ACTEURS

CVPA les ressources

RESPONSABLES

et les

MESURES

intermédiaire

D'ACCOMPAGNEMENT

OBSERVATION

financières pour réaliser les objectifs de vente s

NORME D'ECARTEMENT ENTRE ANACARDIERS

commerciaux

Partenaires techniques et financiers

Fournir en début de campagne, un stock de sacs de jute au
près des producteurs

Contribuer au financement à concurrence de plus de 70% à la mettre en place des magasins communaux

20% de

la populati on soit

11

qui respecte

nt le paramètr

e de

cr28

Information sur le respect de

l'écartement

Les producteurs sont informés à 90% sur le

respect de l'écartement

Améliorer la gestion des cvpa et accroitre les taux d'adhésion et de fréquentation des réunions et formations

Producteurs et leurs

organisations

Aider à

l'organisation financière des initiatives de communication et au renforcement de capacités

managériales des acteurs principaux

des groupements

Ces

producteurs sont une

dans

moindre

mesure, ceux qui sont à la périphérie su système des groupements et des

28 CT= court terme soit 0 à 3 ans

l'écartem

 
 
 

Utiliser les champs des

Conseil agricole

 

formations

ent et

 
 
 

producteurs comme lieux de

 
 

qu'ils

8,33%

 
 
 

déroulement des formations

 
 

reçoivent donc

qui

 
 
 
 
 
 
 

respecte nt celui

 
 
 

Renforcer et bâtir des fortes capacités de gestion des CVPA

 
 
 

du

 
 
 
 
 
 
 

stockage

 
 
 

Emissions radiodiffusées interactives crépusculaires, en langue locale, animée par les producteurs

 
 
 
 
 
 
 

Utiliser les canaux des

 
 
 
 
 
 
 

GV existants pour le compte de la cotonculture.

 
 
 
 
 
 
 

Sensibilisation à l'aide des chefs des collectivités locales

 
 
 
 
 
 
 

Information dans les centres cultuels et religieux (notamment les mosquées, églises et couvents) comme dans le cas de la journée de l'arbre et des séances de vaccination

 
 
 
 
 
 
 

Emissions radiodiffusées interactives crépusculaires, en langue locale, animée par les producteurs

Pouvoir

politique et collectivités locales

 
 
 
 
 

Renforcer le personnel d'encadrement spécifique sur l'anacardier

 
 
 
 

MT29

Remplaceme nt partiel des plantations

Les plantations sont

partiellement remplacées

Faire des éclaircies progressives dans les plantations performantes

Poursuivre la sensibilisation

Producteurs et leurs

organisations

Mettre en place des incentives au profit des producteurs

 
 
 
 

Mettre en place des crédits et subventions par l'intermédiaire des collectivités locales ou des cellules communales du trésor public (Recette perceptions)

Pouvoir

politique et collectivités locales

 
 
 
 

Mettre en place des crédits de courte durée (1an) pour l'opération d'éclaircie

IMF et

structures de
financement

 
 
 
 

Renforcer le contrôle de qualité

Commerçants exportateurs et intermédiaires commerciaux

 

LT3°

Installation de nouvelles plantations

Les plantations sont totalement remplacées

Assurer la relation tutélaire pour la mettre en place des crédits aux producteurs

Producteurs et leurs

organisations

Installer une

mutuelle de santé et de crédits

consommation sur une période de 4 ans au moins

 
 
 

Former les producteurs sur la méthode de conduite des pépinières

Conseil agricole

 
 
 
 

Fournir la novelle variété de noix
et poursuivre la sélection variétale

Recherche

 

29 MT= Moyen terme soit 3 à 5 ans

30 LT = Long terme soit de 5 à 10 ans

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Inciter et financer les jeunes pour la mettre en place des plantations grâce au FNPEEJ

Mettre en place des crédits et subventions par l'intermédiaire des collectivités locales ou des cellules communales du trésor public (Recette perceptions)

Pouvoir

politique et collectivités locales

 
 
 
 

Mettre en place un financement remboursable en trois annuités après 4 ans de différé, soit 26%, 50% et24%

Réduire à 5% le taux d'intérêt des crédits

IMF et

structures de
financement

 
 
 
 

Mettre en place de moyens matériels et techniques (machines d'entretien et équipements divers...

Partenaires techniques et financiers

 

NORME DE RECOLTE DES NOIX BRUTES

 

CT

Informer les planteurs sur

Les producteurs sont informés à

Sensibilisation par les pairs

Producteurs et leurs

 
 
 

le respect de

90% sur le

Utiliser les canaux des

organisations

 
 
 

la norme de

respect de la

GV existants pour le compte de

 
 
 
 

récolte

norme de récolte

la cotonculture.

 
 
 
 
 
 

Sensibilisation à l'aide des chefs des collectivités locales

 
 
 
 
 
 

Information dans les centres cultuels et religieux (notamment les mosquées, églises et couvents) comme dans le cas de la journée de l'arbre et des séances de vaccination

 
 
 
 
 
 

Utiliser des émissions

radiodiffusées et interactives avec témoignages des producteurs bien identifiés

Conseil agricole

 
 
 
 
 

Sensibilisation par les pairs

 
 
 
 
 
 

Emissions radiodiffusées interactives crépusculaires, en langue locale, animée par les producteurs

Pouvoir

politique et collectivités locales

 
 
 
 
 

Renforcer le personnel d'encadrement spécifique sur l'anacardier

 
 
 
 
 
 

Contribuer au financement des émissions radiodiffusées

 
 
 
 

MT ET LT

Adopter le mode de récolte

Les producteurs ont adopté à

près de 70% le mode de récolte

Poursuivre la sensibilisation des populations avec le slogan: laisser chuter avant de voler

Renforcer la commercialisation groupée

Publier les qualités et grades de noix brutes et leur prix de vente au début de la campagne

Producteurs et leurs

organisations

Mettre en place des incentives au profit des producteurs exemplaires

 
 
 
 

Publier les qualités et grades de noix brutes et leur prix de vente au début de la campagne

Conseil agricole

 
 
 
 
 

Prospecter les marchés et

Pouvoir

 
 
 
 
 

soutenir la commercialisation

politique et

 
 
 
 
 

groupée

collectivités locales

 
 
 
 
 

Eviter ou limiter la corruption qui pourrait intervenir comme sur le marché de coton où le contrôleur reçoit un pourboire

 
 
 
 
 
 

Fixer et faire publier en début de campagne les prix des

différentes qualités de noix brutes

 
 
 
 
 
 

Limiter et étiqueter le nombre des commerçants autorisés

 
 
 
 
 
 

Faire tenir une table ronde au début de chaque campagne

 
 
 
 
 
 

Installer une interprofession

 
 
 
 
 
 

Accélérer la transformation

 
 
 
 
 
 
 

locale des noix

Uniformiser les périodes et opérations de la campagne de commercialisation (achat en même temps, en groupe et sur toute l'étendue du territoire)

Organiser deux ou trois marchés de sur toute l'étendue du territoire: 1er marché autour
mi-avril, le second autour de mi- mai et le troisième autour de mi- juin

 
 
 
 
 
 

Ouvrir et soutenir une mutuelle de santé au profit des

producteurs enregistrés dans les groupements

IMF et

structures de
financement

 
 
 
 

Améliorer et rendre efficace le contrôle de qualité au moment des achats

Publier les qualités et grades de noix brutes et leur prix de vente au début de la campagne

Commerçants exportateurs et les

intermédiaires commerciaux

NORME DE STOCKAGE DES NOIX RECOLTEES

 
 

Informer sur

Les producteurs

Multiplier les émissions

Producteurs et

 
 
 
 

le respect de

sont informés à

radiodiffusées dans les mois de

leurs

 
 
 
 

la norme de stockage

90% sur le respect de la norme de stockage

janvier et février

Utiliser l'approche d'information parles griots

organisations

 
 
 
 
 
 

Sensibilisation par les pairs

 
 
 
 
 
 
 

Utiliser les canaux des

 
 
 
 

CT

 
 

GV existants pour le compte de la cotonculture.

 
 
 
 
 
 
 

Sensibilisation à l'aide des chefs des collectivités locales

 
 
 
 
 
 
 

Information dans les centres cultuels et religieux (notamment les mosquées, églises et couvents) comme dans le cas de la journée de l'arbre et des séances de vaccination

 
 
 
 
 
 
 

Multiplier les émissions radiodiffusées dans les mois de janvier et février

Conseil agricole

 
 
 
 
 

Utiliser l'approche d'information parles griots

 
 
 
 
 
 

Sensibilisation par les pairs

 
 
 
 
 
 
 

Emissions radiodiffusées interactives crépusculaires, en langue locale, animée par les producteurs

Renforcer le personnel d'encadrement spécifique sur l'anacardier

Pouvoir

politique et collectivités locales

 
 
 
 

Adopter les

Plus de 70% des

Construire un magasin

Producteurs et

Mettre en place des

 
 
 

sites et

producteurs ont

communal

leurs

incentives au profit

 
 
 

matériels de

adopté les sites

 

organisations

des producteurs

 
 

MT ET LT

stockage

et matériels de stockage

Faciliter et coordonner la mise n place des crédits individuels pour l'acquisition des sites et matériels de stockage

Planifier la commercialisation groupée : objectifs, moyens, indicateurs de performance, responsables et stratégies

 

exemplaires.

Encourager la production et la transformation locale des fibres de jute.

 
 
 
 
 

Livrer et vendre les sacs de jute sur bon de vente de noix aux

 
 
 
 
 
 
 

CVPA

 
 
 
 
 
 
 

Former sur les conditions optimales de stockage et de construction de petits magasins individuels

Conseil agricole

 
 
 
 
 

Former les producteurs sur l'usage des sites et matériels de stockage

 
 
 
 
 
 
 

Mettre en place un fonds de

Pouvoir

 
 
 
 
 

garantie

politique et collectivités

 
 
 
 
 

Faciliter la mise place des magasins communaux comme dans la filière coton.

locales

 
 
 
 
 

Organiser vite le marché pour réduire la durée de stockage.

 
 
 
 
 
 

Fixer et faire publier en début de campagne les prix des

différentes qualités de noix brutes

 
 
 
 
 
 

Faire tenir une table ronde au début de chaque campagne

 
 
 
 
 
 

Uniformiser les périodes et opérations de la campagne de commercialisation (achat en même temps, en groupe et sur toute l'étendue du territoire)

 
 
 
 
 
 

Organiser deux ou trois marchés de sur toute l'étendue du territoire: 1er marché autour
mi-avril, le second autour de mi- mai et le troisième autour de mi- juin

 
 
 
 
 
 
 

Financer la construction des mini magasins aux producteurs par crédit bonifié de 5% au plus

Mettre en place de crédit de courte durée (1an) pour l'achat des sacs de stockage

IMF et

structures de
financement

 
 
 
 
 
 

Mettre en place et à crédit ou à

Commerçants

 
 
 
 
 
 

prix bonifié des sacs de jute au

exportateurs et

 
 
 
 
 
 

niveau des structures des

les

 
 
 
 
 
 

producteurs au début de la

intermédiaires

 
 
 
 
 
 

récolte

commerciaux

 
 
 
 
 
 

Renforcer et mettre à disposition des CVPA les ressources financières pour réaliser les objectifs de vente

 
 
 
 
 
 
 

Fournir en début de campagne, un stock de sacs de jute au près des producteurs

 
 
 
 
 
 
 

Contribuer au financement à

Partenaires

 
 
 
 
 

concurrence de plus de 70% à la

techniques et

 
 
 
 
 

mettre en place des magasins communaux

financiers

 
 

Propositions des stratégiques et actions pour le groupe4

GROUPE

OBECTIFS

RESULTATS

STRATEGIES ET ACTIONS

ACTEURS
RESPONSABLES

MESURES
D'ACCOMPAGNEMENT

OBSERVATION

NORME D'ECARTEMENT ENTRE ANACARDIERS

43% de la

populati on soit qui

respecte nt aussi bien les normes d'écarte ment que celles de stockage

CT"

Information sur le respect de

l'écartement

Les producteurs sont informés à 90% sur le

respect de l'écartement

Utiliser les canaux des

GV existants pour le compte de la cotonculture.

Sensibilisation à l'aide des chefs des collectivités locales

Information dans les centres cultuels et religieux (notamment les mosquées, églises et couvents) comme dans le cas de la journée de l'arbre et des séances de vaccination

Conseil agricole

Aider à

l'organisation financière des initiatives de communication et au renforcement de capacités

managériales des acteurs principaux

des groupements

Ces

producteurs sont dans une moindre

mesure, ceux qui sont à la périphérie su système des groupements et des

formations

qu'ils

reçoivent donc

 
 
 

Renforcer et bâtir des fortes capacités de gestion des CVPA

Partenaires techniques et financiers

 

MT32

Remplacem

Les plantations sont

partiellement remplacées

Poursuivre la sensibilisation

Producteurs et leurs

organisations

Mettre en place des incentives au profit des producteurs

ent partiel

des

plantations

 

31 CT= court terme soit 0 à 3 ans

32 MT= Moyen terme soit 3 à 5 ans

 
 
 
 

Mettre en place un projet d'exploitation du bois des vieilles exploitations

Diversifier les structures de financement et réduire le monopole du réseau FECECAM

Mettre en place des crédits et subventions par l'intermédiaire des collectivités locales ou des cellules communales du trésor public (Recette perceptions)

Pouvoir

politique et collectivités locales

 
 
 
 
 
 

Mettre en place un processus de warrantage et/ ou de remboursement en nature des crédits (crédits de courte durée 1an)

IMF et

structures de
financement

 
 

LT"

Installation de nouvelles plantations

Les plantations sont totalement remplacées

Former les producteurs sur la méthode de conduite des pépinières

Conseil agricole

Installer une

mutuelle de santé et de crédits

consommation sur une période de 4 ans au moins

 
 
 
 
 
 

Fournir la novelle variété de noix et poursuivre la sélection variétale Fournir la variété précoce

Recherche

 
 
 
 
 

Inciter et financer les jeunes pour la mettre en place des plantations grâce au FNPEEJ

Pouvoir

politique et collectivités locales

 

33 LT = Long terme soit de 5 à 10 ans

 
 
 
 

Diversifier les structures de financement et éliminer le monopole du réseau FECECAM

Mettre en place des crédits et subventions par l'intermédiaire des collectivités locales ou des cellules communales du trésor public (Recette perceptions)

 
 
 
 
 
 
 

Réduire à 5% le taux d'intérêt des crédits

IMF et

structures de
financement

 
 
 
 
 

Mettre en place de moyens matériels et techniques (machines d'entretien et équipements divers...

Partenaires techniques et financiers

 

NORME DE RECOLTE DES NOIX BRUTES

 

CT

Informer les planteurs sur le respect de la norme de récolte

Les producteurs sont informés à 90% sur le respect de la norme de récolte

Utiliser les canaux des

GV existants pour le compte de la cotonculture.

Sensibilisation à l'aide des chefs des collectivités locales

Information dans les centres cultuels et religieux (notamment les mosquées, églises et couvents) comme dans le cas de la journée de l'arbre et des séances de vaccination

Producteurs et leurs

organisations

 
 
 
 
 
 

Utiliser des émissions

radiodiffusées et interactives avec témoignages des producteurs bien identifiés

Conseil agricole

 
 
 

MT ET LT

Adopter le mode de récolte

Les producteurs ont adopté à

près de 70% le mode de récolte

Publier les qualités et grades de noix brutes et leur prix de vente au début de la campagne

Assurer le gardiennage dans les plantations

Producteurs et leurs

organisations

Mettre en place des incentives au profit des producteurs exemplaires

 
 
 

Publier les qualités et grades de noix brutes et leur prix de vente au début de la campagne

Conseil agricole

 
 
 

Mettre en place des crédits
courts pour le gardiennage

IMF et

structures de
financement

 
 
 
 

Améliorer et rendre efficace le contrôle de qualité au moment des achats

Publier les qualités et grades de noix brutes et leur prix de vente au début de la campagne

Commerçants exportateurs et les

intermédiaires commerciaux

NORME DE STOCKAGE DES NOIX RECOLTEES

 

CT

Informer sur le respect de la norme de stockage

Les producteurs sont informés à 90% sur le respect de la norme de stockage

Utiliser les canaux des

GV existants pour le compte de la cotonculture.

Sensibilisation à l'aide des chefs des collectivités locales

Information dans les centres cultuels et religieux (notamment les mosquées, églises et couvents) comme dans le cas de la journée de l'arbre et des séances de vaccination

Producteurs et leurs

organisations

 
 
 
 
 
 

Multiplier les séances de

formation avec projection des

méfaits du stockage en sac en plastique

Conseil agricole

 
 
 
 
 
 

Renforcer le personnel d'encadrement spécifique sur l'anacardier

Pouvoir

politique et collectivités locales

 
 

MT ET LT

Adopter les sites et matériels de stockage

Plus de 70% des producteurs ont adopté les sites et matériels de stockage

Planifier la commercialisation groupée : objectifs, moyens, indicateurs de performance, responsables et stratégies

Livrer et vendre les sacs de jute sur bon de vente de noix aux CVPA

Producteurs et leurs

organisations

Mettre en place des incentives au profit des producteurs exemplaires.

Encourager la production et la transformation locale des fibres dejute.

 
 
 
 

Multiplier par deux par an les marchés sur le plan national

Pouvoir

politique et collectivités locales

 
 
 
 
 
 

Mettre en place de crédit de courte durée (1an) pour l'achat des sacs de stockage

IMF et

structures de
financement

 
 
 
 
 

Renforcer et mettre à disposition des CVPA les ressources financières pour réaliser les objectifs de vente

Fournir en début de campagne, un stock de sacs de jute au près des producteurs

Commerçants exportateurs et les

intermédiaires commerciaux

 
 
 
 
 

Contribuer au financement à concurrence de plus de 70% à la mettre en place des magasins communaux

Partenaires techniques et financiers

 

Annexe N°VI : Les tests statistiques

Chi-Square Tests classe de producteurs * disponibilité de Matériels

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi -Square Likelihood Ratio Linear-by-Linear Association N of Valid Cases

a

23,755

25,865

,640

60

24 24 1

,476
,360
,424

Chi-Square Tests classe de producteurs * ventes
Exportables

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi -Square

19,918 a

18

,337

Likelihood Ratio

20,780

18

,291

Linear-by-Linear

 
 
 
 

,044

1

,834

Association

 
 
 

N of Valid Cases

60

 
 

Chi-Square Tests classe de producteurs * Coûts de production

 
 
 

Asymp. Sig. (2-

 

Value

df

sided)

Chi-Square Tests classe de producteurs * Rendement

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi-Square

23,548a

12

,023

Likelihood Ratio

23,000

12

,028

Linear-by-Linear Association

,022

1

,882

N of Valid Cases

60

 
 

Chi-Square Tests classes de producteurs* prix aux producteurs

Pearson Chi -Square

a

21,934

24

,583

 
 
 
 

Likelihood Ratio

22,258

24

,564

Linear-by-Linear

 
 
 
 

,008

1

,930

Association

 
 
 

N of Valid Cases

60

 
 
 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi -Square

a

22,821

24

,530

Likelihood Ratio

24,583

24

,429

Linear-by-Linear Association

,452

1

,502

N of Valid Cases

60

 
 

Chi-Square Tests classes producteurs et qualité des noix

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi-Square

15,083a

18

,656

Likelihood Ratio

15,778

18

,608

Linear-by-Linear Association

,004

1

,951

N of Valid Cases

59

 
 

.

Chi-Square Tests classes des producteurs et habileté compétitive
des plantations

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi-Square

28,510a

24

,239

Chi-Square Tests classe producteurs et profit aux concurrents

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi -Square

a

22,253

24

,564

Likelihood Ratio

20,741

24

,654

Linear-by-Linear Association

,448

1

,503

N of Valid Cases

60

 
 

Likelihood Ratio

26,201

24

,343

Linear-by-Linear Association

,090

1

,765

N of Valid Cases

60

 
 

Chi-Square Tests classe producteurs et coopération entre
producteurs

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi -Square

12,877 a

18

,799

Likelihood Ratio

12,133

18

,840

Linear-by-LinearAssociation

,100

1

,752

N of Valid Cases

60

 
 

Chi-Square Tests classe producteur et protection de
l'environnement

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi -Square Likelihood Ratio Linear-by-LinearAssociation N of Valid Cases

a

22,488
20,915
1,090
60

18 18 1

,211
,284
,296

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi -Square

a

19,618

24

,718

Likelihood Ratio

20,481

24

,669

Linear-by-Linear Association

,023

1

,881

N of Valid Cases

60

 
 

Chi-Square Tests classe producteurs et compétition positive sur le
marché

Chi-Square Tests classe producteur et protection de
l'environnement

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi-Square Likelihood Ratio Linear-by-LinearAssociation

22,488a 20,915 1,090

18 18 1

,211
,284
,296

a. 23 cells (82,1%) have expected count less than 5. The minimum expected count is ,07.

Chi-Square Tests classes de producteurs * type de producteur

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi-Square

33,006a

6

,000

Likelihood Ratio

44,336

6

,000

Linear-by-Linear Association

6,050

1

,014

N of Valid Cases

59

 
 

Chi-Square Tests classe producteur* stockage en sac de jute

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi -Square

45,329 a

6

,000

Likelihood Ratio

57,071

6

,000

Linear-by-LinearAssociation

,052

1

,819

N of Valid Cases

60

 
 

a. 10 cells (71,4%) have expected count less than 5. The minimum expected count is 1,40.

Chi-Square Tests classes producteurs * ecartement

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi-Square

24,306a

12

,018

Likelihood Ratio

32,184

12

,001

Linear-by-LinearAssociation

1,747

1

,186

N of Valid Cases

60

 
 

Chi-Square Tests classe producteur * mode faire valoi

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi-Square

66,074a

18

,000

Likelihood Ratio

34,296

18

,012

Linear-by-Linear Association

14,800

1

,000

N of Valid Cases

60

 
 

Chi-Square Tests classe producteur* scolarisation

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi-Square

47,068a

18

,000

Likelihood Ratio

43,017

18

,001

Linear-by-Linear Association

7,095

1

,008

N of Valid Cases

60

 
 

a. 25 cells (89,3%) have expected count less than 5. The minimum expected count is ,60.

Chi-Square Tests classe producteur et célérité du ramasage

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi -Square Likelihood Ratio Linear-by-Linear Association N of Valid Cases

a

28,969
28,296
8,957
60

6
6
1

,000
,000
,003

Chi-Square Tests classe producteur* semence

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi-Square

a

35,651

6

,000

Likelihood Ratio

34,446

6

,000

Linear-by-LinearAssociation

11,162

1

,001

N of Valid Cases

60

 
 

a. 9 cells (64,3%) have expected count less than 5. The minimum expected count is ,73.

Chi-Square Tests classe producteur* mélange des noix

 

Value

df

Asymp. Sig. (2-
sided)

Pearson Chi -Square

19,091 a

6

,004

Likelihood Ratio

22,853

6

,001

Linear-by-Linear

 
 
 
 

,078

1

,780

Association

 
 
 

N of Valid Cases

60

 
 

a. 10 cells (71,4%) have expected count less than 5. The minimum expected count is 1,67.

a. 9 cells (64,3%) have expected count less than 5. The minimum expected count is ,67.

ANOVA classe producteur et localisation des planntations

Localisation

 
 
 
 
 
 

Sum of Squares

df

Mean Square

F

Sig.

Between Groups

5,216

6

,869

,330

,918

Within Groups

139,784

53

2,637

 
 

Total

145,000

59

 
 
 

ANOVA classe producteur et rendement

Rendement

 
 
 
 
 
 

Sum of Squares

df

Mean Square

F

Sig.

Between Groups

173128,252

6

28854,709

,894

,506

Within Groups

1711413,398

53

32290,819

 
 

Total

1884541,650

59

 
 
 

Annexe N° VII: Caractéristiques physiques de la zone d»étude

LES CARACTERISTIQUES PHYSIQUES

Caractéristiques géomorphologiques et hydrographiques

Le relief

Etendues sur environ 10% de la superficie, les chaînes montagneuses structurent le relief de Kouandé. Au titre des plus importants massifs, nous pouvons citer:

La chaîne de l'Atacora, le plus important massif montagneux de notre pays constitué de quartzites fins et de granites, de gneiss, de migmatites et de micaschistes, traverse la commune de Kouandé sur 40 à 46 Km de l'Est à l'Ouest avant de culminer à 658m à Alédjo. A Kouandé, elle culmine à une altitude de 641m à Kampuya34, alors que son point le plus bas est à 320m d'altitude au Nord-Est dans la vallée du fleuve Mékrou et

Le massif de Birni est entouré de la forêt classée de Birni.

Ce relief accidenté réduit à priori l'étendue et la continuité des terres cultivables, notamment dans les arrondissements de Oroukayo, de Kouandé-centre, de Birni et de Chabi Kouma.

L'hydrographie

Elle est à tout le moins dense et renferme des cours d'eau permanents, plusieurs rivières et des ruisseaux saisonniers. Le Mékrou, grand affluent du fleuve Niger, prend sa source dans le terroir de Yakabissi (arrondissement de Birni). Il est complété par des cours d'eau saisonniers ou non permanents : Daro (Fô-Tancé), Sinaïssiré (Chabi kouma), Sarga (Guilmaro) et et d'autres permanents à savoir Wonkagou (Ourakayo) et Findarou (Birni). Ces cours d'eau sont menacés par l'ensablement et les implantations des champs dans les lits des cours d'eau et la pêche « chimique ».

Le climat

Le climat à Kouandé est de type soudano-guinéen, avec une saison pluvieuse couvrant la mi-avril à
mi-octobre (7mois) contre une saison sèche de 5 mois allant de mi-octobre à mi-avril. Cette
récurrence est parfois perturbée par l'altitude et depuis peu par la variation climatique. La

34 Kampuya est situé dans l'arrondissement de Fô-Tancé au Nord-Ouest de la Forêt classée de Kouandé.

pluviometrie varie de 900mm à 1.100mm/an avec un pic en Août. Les plus fortes precipitations sont enregistrees dans la partie meridionale dans les arrondissements de Birni et Chabi kouma et la partie Quest, alors que les plus basses pluviometries sont notees dans le Nord-est et l'Est. La temperature moyenne est estimee à 27°c avec un regime d'harmattan35 pour une amplitude thermique de 9,5°C.

Les ressources naturelles

ü La flore

La strate arboree est composee de plusieurs espèces vegetales dont les plus caracteristiques sont : Afzelia africana (lingue), Khaya senegalensis (caïlcedrat), Parkia biglobosa (nere), Vitellaria paradoxa (Karite), Anarcadium occidentale (anacardier) et Manguifera indica (manguier).

La strate herbacee très variee est composee dans sa majorite de graminees.

Par ailleurs, les grandes formations vegetales rencontrees sont :

· La savane est le type de formation vegetale dominant avec des savanes arbor ees et arbustives à forte emprise agricole (40% de la superficie totale) et

· La galerie forestière le long des cours d'eau (5% de la superficie totale) est fortement entamee par les agriculteurs et les « exploitants forestiers » et

· Les forêts denses semi-decidues sèches (5% de la superficie totale) aussi entamees par les habitations et

· Les savanes arborees et arbustives saxicoles (15% de la superficie totale) utilisees comme pâturages et aires de chasse et

· Les trois forêts classees de Kouande, de Mekrou et de Birni couvrent une superficie de 9km2, soit environ 5% de la superficie totale et

· Les cinq (05) grandes plantations domaniales (ex plantations d'Etat) d'anacardiers couvrent une superficie totale de 558,15 ha et sont installees entre 1961 et 1984.

ü La faune

Les ressources fauniques retrouvees dans la commune sont notamment des biches, des cephalopes, des antilopes, des phacochères, des singes, des bubales et le petit gibier très varie. La proximite de la commune avec la zone cynegetique du parc Pendjari et les deux forêts classees valident l'existence de la faune sauvage.

35 L'harmattan est un vent sec et froid qui souffle du mois de novembre à mi-mars.

Les sols

Les ressources pédologiques sont faites de sols peu évolués à tendance ferrugineuse, des sols peu lessivés et des sols lessivés. On y trouve des sols ferralitiques et ferrugino-tropicaux et des sols latéritiques et de sous-bois disponibles en petites quantités et concentrés sans la zone Nord de la commune. Les sols ferralitiques et ceux ferrugino-tropicaux sont très peu fertiles et ont une faible capacité de rétention d'eau et sont ainsi sensibles au déficit pluviométrique.

Milieu humain et activités économiques

1.5.3.1. Caractéristiques démographiques de la population de la commune

La commune de Kouandé compte plus de 80 000 habitants. Selon INSAE (2002), le recensement de la population donne une population d'environ 80261 habitants dont 40.132 hommes (50,002%) contre seulement (49,998%) 36

40.129 femmes avec plus de 90% de population rurale. Le taux

d'accroissement de cette population est de 4,77% contre 3,25% au plan national. Le taux de masculinité avoisine 100% en moyenne au niveau communal, alors que les arrondissements de Kouandé, de Fô-Tancé et de Guilmaro ont un taux de masculinité supérieur à 100%. La densité moyenne de la population est de 14,26 hbts/km2.

Cette répartition traduit une certaine inégalité en faveur de l'arrondissement de Kouandé qui abrite plus du quart (25,82%) et au détriment respectivement des arrondissements de Guilmaro, de Oroukayo, de Birni, de Chabi Kouma et de Fô-Tancé.

La population de la commune est comme au niveau national jeune avec 51% de la population âgée de 0 à 14 ans et 44% âgée de 15 à 59 ans. La taille moyenne d'un ménage est de 8,4 personnes pour environ 8.543 ménages.

Caractéristiques ethniques, religieuses et cultuelles

La commune de Kouandé est essentiellement peuplée des groupes ethniques suivants: Baatonu (43,6%), Bétamaribè, Natimba (24%), Peulhs (17,9%), Yom & Lokpa (7,2%), Gourmantché, Dendi, Yorouba, Adja, Fon et autres (7,2%).

Les religions pratiquées sont principalement l'Islam (38,5%), les Religions Traditionnelles (30,2%), le Catholicisme (14,8%), le Protestantisme (1%) et autres (15,6%).

36 La population est plus masculine que féminine contrairement à la tendance nationale où nous avons 52% de femmes pour 48% d'hommes. Cette tendance à Kouandé n'a pas évolué depuis le recensement de 1992.

Les lieux de culte sont constitués de plusieurs mosquées et de chapelles dans chacun des arrondissements dont la mosquée centrale et la cathédrale de Kouandé-centre sont les plus importantes. Par ailleurs, les cultes animistes sont rendus à des divinités comme:

Bouri auquel on sacrifie un coq et

Gnari auquel annuellement un boeuf roux, un chien et un coq sont immolés et

Bouro auquel on sacrifie un coq et

Buèkèrènon, Dieu de la pluie auquel on sacrifie un coq et

Doko auquel on sacrifie également un coq.

Les caractéristiques économiques de ha commune de Kouandé

Les activités économiques couvrent divers domaines dont les plus importants sont l'agriculture, l'élevage, la pêche, le commerce, l'artisanat, le tourisme et l'industrie.

Les activités rurales (agriculture, élevage et la pêche) occupent 49,56% des actifs de la population, alors que le commerce emploie 9,98% des actifs, le secteur des petites et moyennes entreprises 18,74%, le sous-secteur des Bâtiments et Travaux Publics (BTP) 4,10% et d'autres secteurs 17,62%. Nous présenterons ici les caractéristiques essentielles du secteur agricole.

L'Agriculture occupe près de 93% de la population totale et contribue pour plus de 47% au revenu des ménages contre 49% des activités non agricoles toutes catégories cumulées (INSAE, 2002). Cette agriculture est extensive, itinérante sur brûlis et se pratique sur 291.539 ha, soit 64,8% des terres cultivables en 2002. Ce taux, bien que faible n'offre pas forcément une perspective d'extension à cause de la pression démographique, de la dégradation des terres et à la durabilité des pratiques culturales.

Les caractéristiques principales de la production végétale sont: culture extensive, itinérante sur brûlis et forte utilisation de la fumure minérale et d'insecticides à cause de la production cotonnière et la houe comme principal outil aratoire (80% des superficies cultivées à la houe) et une association de l'agriculture à l'élevage (sauf chez les peulh).

Le conseil agricole est assuré par le Centre Communal de Promotion Agricole (CeCPA) alors que le tissu structurel qui appuie le financement des activités est composé d'une CLCAM à Kouandé- centre, une CREP à Niarosson, trois (03) CVEC (Niékéné Bansou, Guilmaro et Birni), cinq (05) ASF (Guilmaro, Sékogourou, Oroukayo, Chabi Kouma et Birni).

Les organisations paysannes de toute la commune sont au nombre de soixante quinze (75) dont trente cinq (35) formelles.

L'image des occupations des speculations se presente en 2002 comme suit : manioc (21,62%), coton (14,91%), l'igname (10,21%), maxis (8,92%) et le sorgho (7,03%).

Quant à l'elevage, les espèces bovines, ovines, caprines et porcines, et la volaille (poulet, dindon, pintade, pigeon...) sont elevees dans la commune de Kouande, soit en enclos (porcins), en pâturage, en transhumance (Bovins et ovins), en divagation (ovins et volaille) et en basse-cour (volaille).

Le pâturage est forme des espèc es ligneuses forestières et/ou savannières (Anogeisus, Leiocarpus, Isoberlinia doka, Isoberlinia tomentosa, Pterocarpus erinaceus, Burkea africana, Afzelia africana, Khaya senegalensis, Terminalia macroptera, Damelia oliveri, Parkia biglobosa, Acacia polycantha, Vitellaria paradoxa) et des espèces herbacées (Andropogon gayanus, Brachiaria falcifera, Hyparrhenia subpluimosa, Loudetai simplex, Stylosantes erecta, Pennisetum polystachion, Andropogon schirensis, Tephrosia pedicellata)

La transhumance, d'origine departementale (Oussa-Pehunco, Kerou, Banikoara, Copargo) fait varier souvent les effectifs locaux. La petite transhumance se deroule du mois de juin (dès la mise en place des cultures) à Novembre (au debut de la recolte du sorgho) et recherche l'espace libre pâturable et libère les espaces de cultures. La grande transhumance court des mois de decembre- janvier au mois de Mai-Juin et se fait sur de longues distances et represente une menace pour les forêts classees.

Le système d'elevage est donc extensif et ecoule des produits dans divers marches notamment le marche à betail de Chabi Kouma, anime tous les quatre (04) jours.

Le CeCPA dispose de deux postes d'elevage (Kouande-centre, Guilmaro) et la commune dispose de cinq (05) retenues d'eau (Kpessourou, Kataba, Sekogourou, Goutere) pour completer les points d'abreuvement naturels du betail (cours d'eau).

En ce qui concerne la pêche, bien que le potentiel existe, elle n'est pas developpee. Elle est surtout distractive et exercee seulement à contre saison. C'est seulement à Fô-Tance qu'elle a connu une intervention en installation de captage et son empoissonnement.

Les constituants du potentiel sont essentiellement cinq (05) cours d'eau permanents, 07 barrages, un captage de source d'eau à Maka, ressources halieutiques riches de Tilapia et une pêche traditionnelle.

Pour les activités sylvicoles, les activités de reboisement et les superficies des plantations domaniales d'anacardiers mises en place pour des fins de reboisement en restent le témoignage. Il faut aussi noter l'existence d'un verger de manguiers étalé sur trente six (36) ha à Papatia.

Annexe N°VIII : Fiche d'enquête

Guide d'entretien individuel

Date d'enquête..... .. ...... . ... ..

Enquêteur

I- Identification de l'enquêté

Commune:

COMM :__ :__

:

 
 
 

Village:

VIL :__ :__ :__

:

 
 
 

Hameau ou lieu-dit

:__ :__ :__ :

 
 
 
 
 

Nom du chef de ménage:

 
 
 
 
 
 

Age

AGE:__ :__

:

 
 
 
 

Sexe (1. Féminin et 2. Masculin)

SEXE :__ :

 
 
 
 
 

Numéro de ménage

NOMEN:

:

:

:

:

:

Type de planteur37

TYP :: :

:

:

:

:

 

II- Caractéristiques de l'enquêté

Ethnie (...)

ETHNIE :__ :__ :

 

Degré

d'autochtonie

(1. appartient à une famille de premiers arrivants et 2. migrants installés depuis plus d'une génération et 3. migrant récent, installés de façon temporaire depuis moins d'une génération)

AUTOCHT :__ :__

:

Niveau de

scolarisation

(0. jamais scolarisé et 1. déscolarisé avant début CM1 et 2. fin

d'études primaires et 3. collège et 4. lycée et 5. supérieur)

NIVSCOL :_

 

Maîtrise de la langue française

(0. aucune et 1. comprend et s'exprime difficilement et 2. comprend et s'exprime avec aisance en français)

FRANC :__:

 

Maîtrise de la lecture et de l'écriture en français

(0. aucune et 1. lit et écrit difficilement et 2. lit et écrit avec aisance en français)

LECTURF :__ :

 

37 Indiquez s'il s'agit d'un planteur individuel ou en groupement.

Maîtrise de la lecture et de l'écriture en langue locale

(0. aucune et 1. lit et écrit difficilement et 2. lit et écrit avec aisance)

LECTURL :__ :

 

A-t-il appris un métier et lequel

?

METIER :__ :__ :

 

Nature de la formation professionnelle

:

(0. aucune et 1. apprentissage informel non sanctionné par un diplôme et 2. apprentissage informel chez un artisan sanctionné par un diplôme et 3. formation dans un centre de formations professionnelles et 4. formation dans un lycée technique et 5. formation technique supérieure)

FORMPRO :__ :

 

Destination de la migration la plus longue hors de la localité

:

(1. rurale dans le département et 2. rurale dans le pays et 3. rurale dans la sous région et 4. urbaine dans le département et 5. urbaine dans le pays et 6. urbaine dans la sous région et 7. urbaine lointaine et 0. jamais sorti du milieu)

DESTMIG :__ :

 

Durée de la migration la plus longue (mois)

DURMIG :__ :__:__

:

Activité principale durant la période de migration

ACTMIGR :__ :__ :

 

Situation matrimoniale :

1. Célibataire et 2. Marié(e) et 3. Veuf ou veuve et 4. Divorcé(e) ou séparé(e)

MATRI :__:

 

Statut dans le ménage:

(1. chef de ménage et 2. responsable d'unité de production et aide familiale et 3. aide familiale seulement et 4. aide domestique essentiellement et 5. élève ou en formation et 6. autre)

STATUT :__ :

 

III- Recensement des activités productives de l'enquêté

Catégories d'activités et classement par rang d'importance

Ces activités peuvent être destinées à l'obtention d'un revenu monétaire ou l'autoconsommation. Toutes les activités gérées par l'enquêté sont concernées. Aidez vous de votre boite à icônes ou de symboles (graines, feuilles, cailloux, etc.)

CACT

Catégories d'activités

Classement par niveau d'importance

 
 

Temps

Revenu

Consommation

 

Productions végétales

 
 
 
 

Productions animales

 
 
 
 

Transformations agroalimentaires

 
 
 
 

Exploitation de ligneux

 
 
 
 

Chasse

 
 
 

 

Pêche

 
 
 
 

Autres formes d'exploitation des ressources naturelles

Commerce

 
 
 
 

Prestations pour autrui avec équipement

 
 
 
 

Manoeuvre chez autrui

 
 
 
 

Artisanat

 
 
 
 

Activités salariées (employé)

 
 
 
 

Autres (A spécifier)

 
 
 
 

Retraité

 
 
 
 

Dons ou transferts divers

 
 
 

Valeur des productions agricoles

Numéro de Parcelle

 
 
 
 
 
 

Culture(s)

 
 
 
 
 
 
 

Superficie emblavée (ha)

 
 
 
 
 
 
 

Nature du produit principal

 
 
 
 
 
 

récolté

Production récoltée (kg)

 
 
 
 
 
 
 

Pertes au stockage (% ou en kg à préciser)

 
 
 
 
 
 

Production utile (kg

 
 
 
 
 
 
 

Rémunération en nature de manoeuvres (kg)

 
 
 
 
 
 

Quantité autoconsommée

 
 
 
 
 
 

Quantité donnée

 
 
 
 
 
 

Quantité conservée comme semence ou semenceaux

 
 
 
 
 
 

Quantité utilisée pour les animaux

 
 
 
 
 
 

Prix moyen (F/kg)

 
 
 
 
 
 
 

Valeur autoconsommation (F)

 
 
 
 
 
 

Valeur dons (F)

 
 
 
 
 
 
 

Valeur des semences (F)

 
 
 
 
 
 
 

Valeur alimentation animale

 
 
 
 
 
 

(F)

Vente 1 : période

 
 
 
 
 
 

Quantité

 
 
 
 
 
 

Prix moyen

 
 
 
 
 
 

Vente 2 : période

 
 
 
 
 
 

Quantité

 
 
 
 
 
 

Prix moyen

 
 
 
 
 
 

Vente 3 : période

 
 
 
 
 
 

Quantité

 
 
 
 
 
 

Prix moyen

 
 
 
 
 
 

Vente 4 : période

 
 
 
 
 
 

Quantité

 
 
 
 
 
 

Prix moyen

 
 
 
 
 
 

Valeur totale des ventes de production 1

 
 
 
 
 
 

Valeur totale production 1(F)

 
 
 
 
 
 

Valeur de la Production

 
 
 
 
 
 

récoltée (F)

 

Utilisation principale de cette production

 
 
 
 
 
 

Produit brut ( F)

 
 
 
 
 
 

Valeur totale des ventes (F)

 

IV- Activités agricoles de l'enquêté

Recensement des champs et des parcelles sous gestion de l'enquêté durant la campagne 2007-08

Vous pouvez vous aider en faisant faire une petite carte au sol par l'enquêté où les différents champs puis parcelles sont dessinées. Une parcelle est cultivée de façon homogène sous la même culture ou les mêmes cultures associées alors que le champ peut regrouper plusieurs parcelles. Traiter toutes les parcelles d'un champ avant de passer au champ suivant. Un champ est une unité de lieu et de mode de faire valoir. numéro du champ : : : numéro de parcelle 512 est la douzième parcelle du cinquième champ

N° champ

Localisation ou nom

du champ

Nature du site138

Superficie (ha)

N° parcelle1

Culture(s) de la parcelle

CCULT

 

Superficie (ha)

Mode

de faire
valoir39

Droit de plantation (x si oui)

Droit

d'exploitation des plantations(x sioui)

 
 
 
 

1 101

 

:__

:__

:

:__

:__ et__

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(

)

(

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(

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:

:__

:__ et__

:_

:

(

)

(

)

 
 
 
 
 
 
 
 
 

:__

 
 
 
 
 
 
 

38 1. bas-fonds aménagé ; 2. bas-fond sommairement aménagé ; 3. bas-fonds non aménagé ; 0. champs exondés

39 Mode d'obtention : 1. héritage partagé ; 2. héritage non partagé ; 3. achat ; 4. << don », cession à durée indéterminée et sans restriction d'usage, transmissible aux descendants; 5. << don », cession à durée indéterminée et sans restriction d'usage, non transmissible aux descendants ; 6. emprunt gratuit à durée déterminée; 7. métayage; 8. location; 9. emprunt gratuit à durée indéterminée, avec restriction du droit d'investissement et plantation ;10. autre (préciser)

Charges variables des productions agricoles

Numéro de parcelle

 
 
 
 
 
 

Culture(s)

 
 
 
 
 
 

Superficie emblavée (ha)

 
 
 
 
 
 

Semences et plants

 
 
 
 
 
 

Nature et quantité

 
 
 
 
 
 

Valeur totale CVSEM

 
 
 
 
 
 

Dont valeur des plants et semences achetés ACHSEM

 
 
 
 
 
 

Engrais

 
 
 
 
 
 

Quantité

 
 
 
 
 
 

Valeur totale

 
 
 
 
 
 

Produits phytosanitaires

 
 
 
 
 
 

Nature et quantités

 
 
 
 
 
 

Valeur totale

 
 
 
 
 
 

Prestations et locations durant la période de Culture

 
 
 
 
 
 

Nature et quantité

 
 
 
 
 
 

Valeur totale

 
 
 
 
 
 

Prestations de manoeuvres avant récolte,

 
 
 
 
 
 

pendant récolte et
commercialisation

 
 
 
 
 
 

Travaux concernés

 
 
 
 
 
 

Valeur totale des rémunérations en espèces

 
 
 
 
 
 

Estimation de la

rémunération en
nature

 
 
 
 
 
 

Valeur monétaire

des rémunérations

 
 
 
 
 
 

Valeur totale CVMO

 
 
 
 
 
 

Prestations de

transport et mise en marché

 
 
 
 
 
 

Nature et quantité Valeur totale

 
 
 
 
 
 

Autres charges (à préciser):

 
 
 
 
 
 

Valeur totale

 
 
 
 
 
 

Charges totales Dépenses monétaires

 
 
 
 
 
 

Fiche signalétique de la culture de l'anacarde dans le village de

Qui produit de l'anacarde dans le village (niveau de prospérité, ethnie,

genre, âge etc.)

Nombre de producteurs en 2007-08

NBPRANA : __ :__ :__ :__ :

Nombre de femmes productrices

 

Sur 30 (40) hommes (resp. femmes) ayant des activités autonomes combien ont produit (resp. vendu) de l'anacarde durant la campagne 2007-08. Parmi 30 (40 ??) producteurs, combien ont cultivé moins de 0,5 ha, 0,5-2 ha, 2-5 ha, plus de 5 ha. Combien ont vendu en groupe leur noix via l'union des producteurs d'anacarde

Catégories

Hommes

Femmes

Ne produisent pas d'anacarde

 
 

Ont planté mais les plantations ne sont pas en

production

 
 

Ont des plantations en production

 
 

Taille des plantation

 
 

Moins de 0,5 ha

 
 

0,5-2 ha

 
 

2-5 ha

 
 

Plus de 5 ha

 
 

Commercialisent avec des collecteurs

 
 

Commercialisent de façon groupée

 
 

Quelles sont les différentes façons de conduire la culture de l'anacarde dans le village? (Identification des itinéraires techniques les plus courants et description des opérations culturales, densités, choix des semences ou plants, niveaux d'utilisation d'intrants, etc.) Lister les pratiques culturales pour chaque itinéraire technique (celles réellement mises en oeuvre et non celles vulgarisées)

Rayez les mentions inutiles et inscrire le nom de l'espèce le cas échéant

VIL :__ :__ :__ :

Espèce :

Sur (40 ) hommes (respectivement femmes si elles plantent), combien pratiquent chaque itinéraire
ci-dessus décrit. S'il y a des producteurs en culture manuelle et d'autres en culture attelée,

différenciez les deux itinéraires et si nécessaire, ajoutez d'autres itinéraires (prestations mécanisées, traditions culturales différentes d'un groupe à l'autre)

 

Description de

l'itinéraire

C_ITKIGN46

hommes

femmes

IT1

 

:__ :

 
 

IT2

 

:__ :

 
 

IT3

 

:__ :

 
 

Cycle d'une plantation

Faites vous indiquer à partir de quelle année la plantation entre en production et les quantités récoltées selon l'âge de la plantation. Si nécessaire spécifiez ces rendements selon les itinéraires techniques. Les quantités seront si possible exprimées en kg/ha et à défaut en F/ha.

Produit(s) récolté(s):

Rendements

IT1

IT2

 

Noix ou fruits

Autre ( à préciser)

Noix ou fruits

Autre( à préciser

Année 1(plantation)

 
 
 
 

Année 2

 
 
 
 

Année 3

 
 
 
 

Année 4

 
 
 
 

Année 5

 
 
 
 

Année 6

 
 
 
 

Année 7

 
 
 
 

Année 8

 
 
 
 

Année 9

 
 
 
 

Année 10

 
 
 
 

Année 11

 
 
 
 

Année 12

 
 
 
 

Année 13

 
 
 
 

Année 14

 
 
 
 

Prix de vente en 2007-2008 (cf. fiche des prix) - Noix ou fruit

- Autre ( )

Niveaux d'utilisation des semences, intrants, prix et coûts de la fumure et des traitements de l'anacarde ( ) durant la campagne 2007-08 (plantation respectivement exploitation

 

IT1

IT2

 

Description (quantités et type)

Coût unitaire

Coût/ha

Description

HJ/ha

FCFA/ha

Année de plantation

Semences ou plants

 
 
 
 
 
 

Autres

 
 
 
 
 
 

Années d'exploitation

Fumure minérale

 
 
 
 
 
 

Autre fertilisant

 
 
 
 
 
 

Traitements en

végétation

 
 
 
 
 
 

herbicides

 
 
 
 
 
 

Sacs

 
 
 
 
 
 

Autre

 
 
 
 
 
 

campagne 2007-2008

Temps et coûts de travaux standard de la culture d'anacarde ( ) dans la localité pour la

 

IT1

IT2

 

Description (quantités et type)

Coût unitaire

Coût/ha

Description

HJ/ha

FCFA/ha

Année de plantation

Désherbage

 
 
 
 
 
 

Défrichement

 
 
 
 
 
 

Trouaison

 
 
 
 
 
 

Préparation

 
 
 
 
 
 

semences ou plants

 
 
 
 
 
 

Semis ou plantation

 
 
 
 
 
 

Sarclage

 
 
 
 
 
 

Sarclage de saison sèche

 
 
 
 
 
 

Pare feux

Années d'exploitation

Sarclages

Fumure minérale

traitements

Récoltes

Transport

Mise en stock

Commercialisation

Autre 1

Autre 2

Total

Après avoir collecté ces données, restituer les pour calculer le revenu à l'hectare

V- Perception des normes

1-Avez-vous entendu parler des normes de qualité des noix de cajou? Oui Non

Si oui, qu'en savez vous ?

2- Comment en avez-vous entendu parler

Par formation au CeCPA

Par les collecteurs ou commerçants de noix de cajou Par autres canaux

3-Avez-vous reçu des formations sur les techniques culturales de l'anacarde? Oui Non
Si oui,

avant l'installation de la plantation Ou après l'installation de la plantation Par qui?

Pendant combien de jours ?
4-L'observance des normes de production de cajou accroît -elle la confiance des vos clients?

CA40 PA PD TD N

40 Complètement d'Accord

41 Partiellement d'Accord

42 Partiellement en Désaccord

43 Totalement en Désaccord

44 Néant

R45

...

5-Les normes de production aident-elles à la protection de l'environnement CA PA PD TD N

R 6-Le niveau de respect des normes de production dépend-t-il de la disponibilité des matériels? CA PA PD TD N

R 7-Le respect des normes de production augmente-t-il vos ventes exportables ? CA PA PD TD N

R
8-Le respect des normes réduit-il les coûts de production

CA PA PD TD N

R
9-Le respect des normes réduit-il les prix aux producteurs

CA PA PD TD N

R
10-Le respect des normes affecte-t-il la qualité des noix de cajou récoltées

CA PA PD TD N

R 11-Le respect des normes des commerçants exportateurs augmente-t-il le revenu de production? CA PA PD TD N

R
12-Le respect des normes profite-t-il plus à vos concurrents

CA PA PD TD N

R 13-La normalisation de la production renforce-t-elle l'habilité compétitive de votre exploitation CA PA PD TD N

R 14-La normalisation de la production crée-t-elle ou renforce-t-elle la coopération entre les exploitations?

CA PA PD TD N

45 Raisons

R

15-La normalisation de la production cause -t-elle une compétition positive sur le marché? CA PA PD TD N

R

16-Quel est votre grand problème dans la mise en oeuvre des normes de production? La langue de vulgarisation Le contenu technique

Le coût

Les informations sur les normes Les formations La méthode de vulgarisation Autres

17- Comment la formation sur les normes de production pourrait -elle être organisée dans le

futur ?

Fiches techniques imagées Fiches techniques en langue locale et imagée Formation continue

Suivi régulier des exploitations

18-Qu'est-ce qui d'autres, selon vous, affecte le respect des normes de production?

19-Quel genre de normes ou règlements pensez-vous crucial dans les 10 ans à venir? Normes nationales

Normes européennes Normes internationales

Normes volontaires ou normes des ONG Autres

VI- Conduite de la plantation

Choix du site

L'eau stagne-t-elle sur votre plantation? Oui Non

Préparation du sol

Avez-vous cultivé une fois d'autres cultures sur votre champ avant l'installation de la plantation ? Oui Non

Avez-vous fait des trous avant la mise en place des plants de cajou en terre ? Oui Non

Matériel végétal

Produisez-vous vous-même vos plants?

Si oui, décrivez le processus de sélection des

semences

Si non, où vous approvisionnez-vous ?

Est-il un pépiniériste formé par le programme de recherche forestière de l'INRAB ou par la SONAPRA? Oui Non

Mise en place de la plan tation

Quel écartement sépare deux plants? 10mx10m 10mx10m 10mx10m

Les plants ont-ils été installés par piquetage systématique ? Oui Non

Entretien et gestion de la plantation

Désherbage Oui Non

Ronds Oui Non

Non Non

Pare feu Oui

Taille de formation Oui

Elagage des gourmands Oui Non

Eclaircie Oui Non

Fumure Oui Non

Quelle fumure ?

Quelle dose par ha ?

Quelle source d'approvisionnement ?

Quelle fréquence ?

Quel est l'âge de la plantation à la première application de fumure?

Quel est l'âge de la plantation à la deuxième application de la fumure ?

Traitement phytosanitaire Oui Non

Si oui, quel(s) produit(s)

Date

Dose

Lieu d'approvisionnement

Récolte

Ramassage des fruits mûrs tombés Oui Non

Célérité du ramassage Oui Non

Les noix sont-elles immédiatement séparées des pommes? Oui Non

Cueillette prématurée des fruits sur l'arbre Oui Non Les noix malades/immatures sont-elles mélangées aux autres à la récolte ? Oui Non

Séchage

Le planteur dispose t-il d'une aire de séchage ? Oui Non

Si oui en quel matériau est-il fabriqué ?

Si non où sèche t-il les noix ?

Les noix sont-elles séchées à l'ombre ? Oui Non

Les noix sont-elles triées avant l'ensachage ? Oui Non

Les noix sont-elles ensachées par calibre ou taille égale ? Oui Non

Stockage

Emballage approprié dans des sacs de jute Oui Non

Marquage suivant la variété et le calibre Oui Non

Stockage en magasin Oui Non

Stockage sur palettes Oui Non







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