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Evaluation des conditions de mise en oeuvre des normes issues des directives CEE/ ONU dans la production des noix brutes de Cajou à  Kouandé, Atacora, Bénin

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par Boris HOUENOU
Université d'Abomey- Calavi faculté des sciences agronomiques - Diplôme d'ingénieur agronome, option économie-socio-anthropologie et communication pour le développement rural 2008
  

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Résumé

Les noix brutes de cajou représentent le deuxième produit d'exportation du Bénin derrière le coton. Elle est exportée en 2004 pour plus de 50.000 tonnes. L'évolution spectaculaire des données en un quinquennat est très évocatrice de l'importance que prend cette culture dans les exportations et globalement dans l'économie du Bénin. Le Bénin a connu au cours du quinquennat 1997- 2001 un taux de croissance annuelle des exportations de noix de 33% en valeur et 40% en volume (Trade Map CCI Genève, 2001). Cette importance a impulsé une dynamisation, accélérée par la morosité économique que connaît le secteur phare du coton, et une intervention plurielle. Mais aussi, cette importance a conduit à une régulation du commerce international par la mise en place de normes de qualité, face auxquelles les noix du Bénin, malgré leur potentiel inhérent à leur label, doivent se conformer.

La présente étude intitulée : « Evaluation des conditions de mise en oeuvre des normes de prod uction issues des recommandations CEE/ONU dans la production des noix brutes d'anacarde à Kouandé, Atacora, Bénin» se propose de contribuer à une meilleure efficacité des interventions dans l'optique d'une production de l'anacarde plus rentable et répondant aux exigences en normes de qualité du commerce international.

Pour conduire ce travail, nous avons enquêté 60 producteurs, de 10 villages et de près de 15 CVPA, échantillonnés après un recensement systématique des planteurs membres des organisations de producteurs. Après une classification des producteurs et une analyse sommaire de la rentabilité financière des systèmes de production, nous avons utilisé l'analyse prospective mise au point par l'ICRA.

Le système de production des noix brutes de cajou est caractérisé par des facteurs de production que sont : la terre dont la superficie par exploitant est supérieure à 2ha (pour 68% des producteurs); la main-d'oeuvre est essentiellement familiale (taille moyenne des ménages est de 7,2) et accessoirement salariée pour les activités pénibles et la récolte alors que le financement est quasi-inexistant. Par ailleurs, l'anacardier se retrouve en association avec d'autres cultures et se place dans le processus de rotation : 92% des planteurs ont au moins une fois produit des cultures vivrières ou d'autres cultures avant l'installation de plantations d'anacardiers. Le rendement moyen au niveau de la zone d'étude sur quinze années d'exploitation est de 307,85kg/ha. Les données de la FAO donnent en moyenne 225.17 kg/ha sur la même période sur le plan national. Le test t de Student (t=3,583; p=0,001) indique que la différence est significative et confirme que la commune de Kouandé a un avantage par rapport aux autres zones de production

Le système est aussi marqué par un non respect des normes de production, notamment celles crucialement corrélées avec la qualité des noix récoltées, par la majeure partie des producteurs. 83% des producteurs recourent à des semences de qualité douteuse. Quant à l'écartement, la densité passe de quelques pieds d'anacardiers dans un champ à une densité de plus de 200 pieds à l'hectare. 90% des planteurs ne réalisent pas d'éclaircie. Les producteurs de Kouandé dans leur majorité déclarent ramasser les noix à leur chute. 3,33% des producteurs seulement récoltent précocement les noix sur arbre; 58% mélangent les noix; 65% conservent leurs noix dans les sacs de jute. Cette culture joue un rôle socioéconomique dans la zone d'étude.

L'anacardier joue un rôle primordial dans l'économie des ménages enquêtés. Il est la première source de revenus agricoles des producteurs et contribue aux dépenses d'écolage, de santé, de renouvellement du cheptel mort et vivant, au panier de la ménagère, aux cérémonies diverses et aux travaux champêtres. En plus, cette culture est une source évidente d'emplois dans la zone d'étude, de prestige social, d'assurance vie et contribue à l'apparition d'une aisance financière temporaire.

La production d'anacardier est globalement financièrement rentable, et encore lorsqu'on passe du système de production traditionnel à celui indiqué par les normes de production.

En ce qui concerne les perceptions des producteurs sur les normes de production, l'étude nous indique que l'opinion des producteurs est positive lorsque l'on met en relation la pratique de ces normes avec la confiance de leurs clients, le rendement de leurs plantations, la protection de l'environnement, la disponibilité des matériels agricoles, la coopération entre producteurs, l'habileté compétitive des exploitations, la compétition sur le marché, les ventes exportables et le profit à leurs concurrents. Par contre, ils pensent que le respect des normes de qualité impactent négativement les coûts de production et les prix aux producteurs. Ces opinons n'ont aucune relation avec les classes des producteurs que nous avons obtenues selon le test X2. En effet, il s'est agi de les regrouper par classes homogènes sur la base des caractéristiques socio-économiques et/ou démographiques (âge, type de planteur, mode de faire valoir des terres, le degré de scolarisation, localisation des plantations), des paramètres de normes (écartement, mode de récolte, mode de stockage, production de semences, célérité du ramassage) et le rendement. Les tests X2 indiquent une forte dépendance entre ces variables socio-économiques et les classes alors que la différence entre classes n'est pas significative quand il s'agit de la localisa tion et du rendement selon le test ANOVA. C'est à partir de cette catégorisation que l'analyse prospective a été effectuée.

Sur la base de l'analyse des forces, faiblesses, opportunités et menaces, nous avons conduit une
analyse prospective qui dégage quatre scénarii probables dans l'évolution de la pratique des normes
dans la production des noix brutes de cajou. Il s'agit des scénarii optimiste, pessimiste, stationnaire et

réaliste qui se basent sur cinq forces motrices à savoir la demande en noix brutes de qualité, l'organisation de la commercialisation, l'organisation du conseil agricole, les crédits et l'importance quantitative et de la fréquence du vol des noix brutes.

Les «focus groups» organisés ont permis aux producteurs de proposer des actions d'accompagnement pour améliorer globalement le label béninois des noix brutes de cajou sur les dix prochaines années.

Mots cles: analyse prospective, norme de qualité, normes de production, normes internationales, perceptions des normes, paramètres de normes, analyse FFOM, label, commerce international, noix brutes de cajou.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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