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Evaluation des conditions de mise en oeuvre des normes issues des directives CEE/ ONU dans la production des noix brutes de Cajou à  Kouandé, Atacora, Bénin

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par Boris HOUENOU
Université d'Abomey- Calavi faculté des sciences agronomiques - Diplôme d'ingénieur agronome, option économie-socio-anthropologie et communication pour le développement rural 2008
  

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CHAPITRE 1 : LE PROBLEME DE RECHERCHE, OBJECTIFS ET HYPOTHESES, CADRE CONCEPTUEL ET EMPIRIQUE DE L`ETUDE

Le présent chapitre organise l'étude dans son contenu conceptuel et fait le point des recherches antérieures. Il présente successivement le problème de recherche et sa justification, les objectifs et hypothèses de recherche, les clarifications conceptuelles et enfin le cadre empirique.

1.1. PROBLEMATIQUE ET JUSTIFICATION

L'économie béninoise est essentiellement agricole. La vision du Bénin pour le secteur agricole s'énonce comme suit : «...la réhabilitation du secteur agricole qui doit reposer sur la professionnalisation des acteurs du secteur et une bonne maîtrise technique et organisationnelle de la production agricole, animale et halieutique, reste la meilleure chance de redressement de l'économie».

A l'horizon 2015, deux des trois défis majeurs pour l'agriculture béninoise sont :

assurer l'accroissement des revenus des producteurs agricoles pour la satisfaction des besoins non alimentaires (soins de santé, éducation et autres), et l'amélioration des conditions d'emploi et d'existence en milieu rural et

jouer un rôle de vecteur de croissance économique pour atteindre un niveau satisfaisant en matière de contribution du secteur agricole à l'économie nationale (PSRSA, 2006).

Selon la référence supra, ces défis devront être relevés dans un contexte marqué par deux types d'enjeux que sont : la compétitivité et la diversification des exportations. Les exportations béninoises - après la gloire du coton durant la campagne 2004-2005 avec le record de 427.000 tonnes - se trouvent en interrogation devant les dysfonctionnements au sein des structures issues de la réforme de la filière coton, la dégradation de l'environnement et les fluctuations des cours mondiaux avec des incidences fâcheuses sur les revenus ruraux et sur l'économie du pays. Face à de tels facteurs, d'autres cultures pouvant rapporter des devises sont promues par les projets de diversification de l'agriculture au Bénin. L'ananas en 2004-2005 a atteint 110.000 tonnes avant les déboires dus aux insuffisances de l'organisation du secteur. L'Anacarde, en 2005, a été exportée pour plus de 40.000 tonnes de noix (PSRSA, 2006). Les estimations de surface couverte par cette culture donnent environ 60 à 70.000 hectares répartis sur six (06) des douze (12) départements du pays (PADSE, 2002) et placent ainsi le pays au rang du dixième produ cteur mondial avec 2% de la production (FAO, 2002). En 2004, les exportations de noix brutes ont atteint 50.000 tonnes alors qu'elles n'étaient en 1996 que de l'ordre de 10.000 tonnes, soit une multiplication par 5 en 8 ans. La noix d'anacarde, qui a atteint le rang du deuxième produit d'exportation après le coton, continue de façon progressive de prendre de l'importance dans les exploitations agricoles depuis plus d'une décennie (PADSE, 2001 et PSRSA,

2006) . Ainsi, le Bénin a connu au cours du quinquennat 1997- 2001 un taux de croissance annuelle des exportations de noix de 33% en valeur et 40% en volume (Trade Map CCI Genève, 2001). Cette situation, fortement favorable doit être placée dans le contexte africain et surtout mondial où, d'une part le Bénin compte des concurrents de taille et, d'autre part les enjeux de commercialisation des noix sont les plus intéressants.

En Tanzanie, les petits ménages producteurs de noix d'anacarde sont estimés à 280.000 évoluant sur environ 400.000 ha aussi bien en monoculture, et plus généralement, qu'en polyculture de production (Shomari, 1990et Topper et al., 1998). Dans ce pays, cette spéculation agricole a généré pour l'économie nationale près de 124 millions de dollars US au cours de la campagne 1999-2000 (CBT, 2001).

Selon la FAO (2002), la production mondiale de noix d'anacarde commercialisée est estimée à 1.870.284 tonnes métriques. Cette production a doublé depuis 1994 avec l'entrée de nouveaux pays, comme le Vietnam, dans le rang des gros producteurs et place ainsi l'anacardier au rang de la première culture des noix au monde. Les plantations d'anacardiers occupent environ 7,5 millions d'hectares et sont réparties dans 32 pays.

De plus, le commerce mondial des noix comestibles a connu une relative croissance moyenne de 2,7% depuis 1970 pour une augmentation en valeur de $1,94 en 1980 à $2,84 milliards US en 1990 (annuaire des Nations Unies pour le Commerce International).

Avec de si grands espoirs dus à la tendance attractive des cours du produit, la non astringence environnementale de production et de monoculture que cette filière offre, elle mérite une attention des interventions qui s'emploient au développement et l'assise d'une économie créatrice de richesses et capable de réduire notablement la pauvreté. L'anacarde est un produit d'exportation par excellence et peu transformé, en attendant les efforts latents de transformation de qualité et de compétitivité sur les marchés local et régional, marchés infimes par rapport aux grands marchés américain et européen (les USA avec plus de 50% des importations mondiales sont les plus grands importateurs de noix grillées). Les autres débouchés sont les Pays-bas (10%), l'Allemagne (7%), le Japon (5%) et le Royaume-Uni (5%). Les nouveaux marchés sont au Moyen-orient, en Asie du sud-est et en Australie (ITC, 1990et O'Farrell, Blaikie and Chacko, 1998). Il est instructif de signaler que le Bénin devrait accroître ses interventions dans la commercialisation des noix brutes pour lesquelles il a aujourd'hui un avantage comparatif et une certaine compétitivité (Adégbola et al, 2005).

Pour illustration, le commerce international des noix cajou par les Indiens remonte à l'après première guerre mondiale. Ce commerce s'étendit rapidement en 1920 avec l'introduction des emballages améliorés pour le long courrier (Jaffee et Morton, 1995). Par ailleurs, l'Inde est le premier pays ayant construit l'industrie de transformation, mais la production est vite devenue insuffisante pour les débouchés de ces centaines de petites et moyennes industries. De plus, elle a été pendant longtemps

le plus grand fournisseur mondial de noix grillées en qualité et prix, établissant ainsi les normes industrielles. En Europe, le fournisseur indien est préféré aux autres avec des relations commerciales durables fondées sur la confiance quant à la qualité, le prix, la régularité et la rapidité des livraisons. Selon les mêmes auteurs, l'Inde compte plus de 150 expéditeurs de noix grillées qui disposent de magasins en Europe et aux USA. La capacité de transformation s'est accrue plus vite que la production, ce qui accrut les importations de noix brutes qui ont atteint 203.000 tonnes en 1996 (41% de la Tanzanie et 13% du Mozambique).

Face à ces enjeux économiques, vite renforcés par l'entrée sur le marché du Brésil qui est le 2è producteur (31%) après l'Inde et qui profite de la proximité des USA, et la naissance du consommateur galbraithien, les questions de normes résonnent comme la cloche de l'accès au marché international. Ainsi, dans l'objectif de garantir la qualité les producteurs et les exportateurs ont introduit les normes de qualité. La norme ISO 6477 a été introduite en 1988 pour harmoniser les classifications indiennes et brésiliennes et fournir le schéma de contrôle de qualité (FAO, 2002). D'un autre côté, les noix brutes de cajou ont fait l'objet d'une norme conjointe entre les Etats membres de la CEE (Communauté Economique Européenne) et ceux de l'ONU (Organisation des Nations Unies). Il s'agit de la norme CEE/ONU qui fixe les conditions minimales qu'une noix doit remplir pour être vendue sur le marché international.

Devant cette exigence, la plupart des pays africains producteurs de l'anacarde sont marginalisés et ne font que subir. Ils s'allient difficilement aux «caprices» du consommateur qui veut de mieux en mieux des noix de qualité. Et les efforts s'accumulent au niveau du secteur de la transformation et récemment de création de normes nationales ou sous-régionales, amputant de facto le bon bout de la filière, c'est-à-dire la production qui détermine à elle seule la plupart des autres exigences liées aussi bien à l'amande qu'à la noix grillée. La liaison est tellement évidente qu'on ne saurait imaginer une amande de qualité si la noix brute ne l'est. Par exemple, la détermination du KOR ou le rendement au décorticage1. Par ailleurs, les recherches sur l'anacardier au Bénin se sont essentiellement penchées sur l'aspect agroforestier de la plante, l'amélioration génétique, commercialisation (Tandjiékpon, 2004 et 2005 ; Yabi, 2005 et 2006; INRAB, 2005).

Le Bénin, bien que la noix produite et exportée soit appréciée classée au 2 ème

et rang de qualité après

la Guinée-bissau en Afrique, devra faire plus pour assurer une meilleure rémunération aux producteurs et tirer avantage de ce label. Dans le processus de commercialisation de la noix brute, des critères de qualité déterminent le prix qui sera payé par les exportateurs. Les principaux critères, énumérés dans un contrat commercial, sont les suivants : humidité (maximum 10%) et Matières étrangères (sable, végétaux) et défectuosités ( tachetées, immatures, avariées moisissures, atrophiées, mitées, brûlées, vides) et gradage (nombre de noix dans 1 kg) et critères phytosanitaires et

1 Le KOR signifie `Kernel Outcome Results'. Le KOR est une mesure qui est prise sur les noix brutes, au moment de l'achat par les gros acheteurs et les exportateurs.

homogeneite et constance de la qualite (les lots doivent être homogènes pour chaque livraison et/ou pour l'ensemble des livraisons et ne comporter que des noix de même origine, de même qualite et calibre). La question fondamentale que pose cet ensemble de normes de qualite est la suivante : «Comment traduire les exigences en normes de qualite dans la conduite de la production des noix cajou tout en rendant les messages techniques accessibles aux producteurs ?».

La question centrale ainsi evoquee permet d'aborder les deux questions specifiques suivantes :

1. Quelle repartition ou classement des producteurs et de leurs exploitations peut-on faire si l'on considère comme paramètre essentiel la question des normes ?

2. Quelle evaluation pourrait-on anticiper de la pratique des normes de qualite chez les producteurs beninois ?

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