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Contribution des nouvelles religions à  la reconstruction du lien social au Rwanda. Cas de l'Evangelical Restoration Church. (1994- 2004 )

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par Jeanette NTAWUHIGIMANA
Université libre de Kigali - Bachelor 2005
  

Disponible en mode multipage

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DEDICACE

A Dieu Tout Puissant ;

A Toi, Cher époux RURANGIRWA Straton ;

A vous nos regrettés parents ;

A toutes les victimes du génocide ;

A notre fils RURANGIRWA INEZA A. Quentin ;

A la famille GAKWANDI Callixte ;

A notre belle-famille ;

A notre soeur NTAKIRUTIMANA Rénatha .

REMERCIEMENTS

Ce travail est le fruit des efforts conjugués de plusieurs personnes aux quelles nous sommes redevables.

Nos vifs remerciements s'adressent principalement au Recteur de l'U.L.K. et à tout le corps professoral du Département de Sociologie pour les efforts fournis tout au long de notre formation tant humaine qu'intellectuelle.

Notre pensée va également à nos regrettés parents à qui nous devons notre éducation de base.

Nous tenons à exprimer notre sincère gratitude à notre mari RURANGIRWA Straton pour les conseils et les encouragements qui sont à la base de la réalisation de ce travail.

Notre reconnaissance va particulièrement au Professeur MBONYINKEBE S.Déo qui a bien accepté d'assurer la direction de ce mémoire en dépit de ses multiples occupations. Ses conseils et ses remarques ont enrichi notre pensée et notre goût pour la recherche. Qu'il nous soit permis de lui exprimer notre profonde gratitude pour sa direction, ses conseils, ses suggestions et ses corrections tout au long de la réalisation de ce travail.

Qu'il nous soit permis de remercier le Pasteur Jean Bosco KABAMBA de l'Eglise Evangélique de la Restauration de Butare et tous les membres de cette église pour les informations qu'ils nous ont fournies.

Notre profonde reconnaissance va aussi au Gouvernement Rwandais à travers le Fonds d'Assistance aux Rescapés du Génocide (FARG) qui a appuyé toute notre formation.

Nous ne pouvons pas oublier d'exprimer nos remerciements à tous nos condisciples de promotion avec qui nous avons partagé l'expérience de la vie estudiantine.

Enfin, que toutes les personnes qui nous sont chères et que nous ne nous pouvons pas citer nommément trouvent ici l'expression de notre profonde gratitude et de notre sincère attachement.

NTAWUHIGIMANA Jeannette

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

: Pourcentage

§ : paragraphe

ADEPR : Association Des Eglises Pentecôtiste au Rwanda

AERG : Association des Etudiants Rescapés du Génocide

AMAERG: Association des Anciens Membres de AERG

ARG : Association des Rescapés du Génocide

AVEGA : Association des Veuves du Génocide AGAHOZO

Dr : Docteur

E.E.R  :Église Épiscopale du Rwanda

E.E.R  : Eglise Evangélique de la Restauration

E.R.C. : Evangelical Restoration Church

Etc : Et Caetera

:Féminin

M : Masculin 

M.R.N.D : Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement

Mgr  : Monseigneur

ONG : Organisation Non-Gouvernementale

ONU : Organisation des Nations Unies

p  : page

Prof : Professeur

R.C : Restoration Church

U.L.K : Université Libre de Kigali

U.N.R  : Université Nationale du Rwanda

Ep : Epître

Co  : Corinthien

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Répartition des répondants par âge........................................41

Tableau 2 : Répartition des répondants par sexe.......................................42

Tableau 3 : Répartition des répondants par niveau d'études......................43

Tableau 4 : Répartition des répondants par profession..............................43

Tableau 5 : Répartition des répondants par leur nationalité.......................44

Tableau 6 : Répartition des répondants selon qu'ils étaient au Rwanda pendant le génocide............................................................45

Tableau 7 : Répartition des répondants selon leur appartenance religieuse pendant le génocide............................................................46

Tableau 8 : Questionnaire administré et rendu par âge ...........................46

Tableau 9 : Questionnaire administré et rendus par sexe..........................46

Tableau 10 : Questionnaire administré et rendus par niveau d'études........47

Tableau 11 : Les raisons qui poussent les répondants à adhérer

à E.R.C ........................................................................48

Tableau 12 : Témoignages des fidèles pendant le culte..............................50

Tableau 13 : Importance des témoignages des fidèles pendant le culte.......51

Tableau 14 : Les leçons tirées des activités des ministères........................52

Tableau 15 : Conséquences des enseignements des cellules de prière.........56

Tableau 16 : Solidarité entre les membres ...............................................58

Tableau 17 : Signes de solidarité..............................................................58

Tableau 18 : Les catégories bénéficiant de l'assistance sociale...................59

Tableau 19 : Le rôle de E.R.C en général et les groupes de prière..............................................................................61

Tableau 20 : Le rôle des Eglises à la reconstruction du lien social au Rwanda...........................................................................63

Tableau 21 : Les obstacles rencontrés par les Eglises dans leur contribution à la reconstruction du lien social......................................64

LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Répartition des répondants par âgé...........................................41

Figure 2 : Répartition des répondants par sexe.........................................42

Figure 3 : Répartition des répondants par profession ...............................43

Figure 4 : Répartition des répondants selon la nationalité........................44

Figure 5 : Répartition des répondants selon le fait d'avoir été au Rwanda pendant le génocide...........................................................45

Figure 6 : Les raisons qui poussent les répondants à adhérer à l'Eglise Evangélique de la Restauration ..........................................49

Figure 7 : Les leçons tirées des activités des ministères.............................53

Figure 8 : Conséquences des enseignements des cellules de prière.............57

Figure 9 : Les catégories bénéficiant de l'assistance sociale........................60

LISTE DES ANNEXES

1.Opérationnalisation des hypothèses.

2.Ibibazo bigenewe abayoboke ba l'Eglise Evangélique de la Restauration

3. Questionnaires réservé au fidèles de l'Eglise Evangélique de la Restauration

4. Table de détermination de l'échantillon.

5. Organigramme de l'Eglise Evangélique de la Restauration

TABLE DES MATIERES

DEDICACE i

REMERCIEMENTS ii

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS iii

LISTE DES TABLEAUX iv

LISTE DES FIGURES v

LISTE DES ANNEXES vi

TABLE DES MATIERES vii

INTRODUCTION GENERALE 1

1. Choix et intérêt du sujet 1

1.1. Intérêt personnel 1

1.2. L'intérêt académique 1

1.3. Intérêt scientifique 2

1.4. Intérêt social 2

2. Délimitation du sujet 2

3. Problématique 3

4. Hypothèses 8

5. Objectifs de la recherche 9

5.1. L'objectif global 9

5.2. Objectifs spécifiques 9

6. Méthodologie de la recherche 9

7. Subdivision du travail 12

PREMIER CHAPITRE : CADRE CONCEPTUEL ET THEORIQUE 13

1.1 Définition des concepts 13

1.1.1 Eglise 13

1.1.2 Lien social 14

1.1.3 Religion 17

1.2 Généralités sur les Eglises au Rwanda 19

1.2.1 Contexte historico-politique : les missions chrétiennes 19

et les politiques au Rwanda 19

1.2.2 La politique de l'exclusion de l'autre et les Eglises 24

1.2.2.1. Situation socio - culturelle et Eglises au Rwanda. 25

1.2.2.2 Le rôle de l'Eglise dans la reconstruction du lien social 27

1.3 Présentation de l'Eglise Evangélique de la Restauration 30

1.3.1 Historique 30

1.3.2 Eglise Evangélique de la Restauration de Butare 32

1.3.3 Mission 32

1.3.4 Organisation et structure de l' E.R.C/Butare 33

1.3.5 Le patrimoine et les ressources humaines de l'E.R.C 35

1.3.5.1 Patrimoine 35

1.3.5.2 Ressources humaines 35

DEUXIEME CHAPITRE : LA PARTICIPATION DES NOUVELLES RELIGIONS A LA RECONSTRUCTION DU LIEN SOCIAL 37

2.1 Informations relatives aux enquêtés 37

2.1.1 Présentation du terrain d'enquête 37

2.1.2 Univers de l'enquête 37

2.1.3 Construction de l'échantillon 37

2.2 La collecte des données 39

2.2.1 Déroulement de l'enquête 39

2.2.2 Les modalités de collecte et traitement des donnés 39

2.2.3 les difficultés rencontrées 39

2.3 Présentation de la population enquêtée 40

2.4 Présentation, analyse et interprétation des résultats de l'enquête 46

2.4.1 Les raisons qui poussent les répondants à adhérer à l'Eglise Evangélique de la Restauration 47

2.4.2 Témoignages des fidèles pendant le culte 49

2.4.3 Importance des témoignages des fidèles pendant le culte 50

2.4.4 Appartenance aux ministères 51

2.4.5 Les leçons tirées des activités des ministères 51

Discussion de la première hypothèse 53

TROISIEME CHAPITRE : LA CONTRIBUTION DE L'EGLISE EVANGELIQUE DE LA RESTAURATION A L'EPANOUISSEMENT SPIRITUEL ET A L'ENGAGEMENT ETHIQUE 55

3.1 Cellules de prière 55

3.2 Solidarité entre les membres 57

3.3 Signes de la Solidarité 57

3.4 Assistance aux nécessiteux et vulnérables en tant qu'exemple de l'amour du prochain de la compassion et de l'integrité 58

3.5 Le rôle de l'Eglise Evangélique de la Restauration en général et les groupes de prières dans la reconstruction du lien social 60

3.6 Le rôle des églises à la reconstruction du lien social au Rwanda 62

3.7 Les obstacles rencontrés par les Eglises dans leur contribution à la reconstruction du lien social. 63

Discussion de la deuxième hypothèse 65

CONCLUSION GÉNÉRALE 67

1. Synthèse 67

2. Recommandations 69

BIBLIOGRAPHIE 71

INTRODUCTION GENERALE

1. Choix et intérêt du sujet

L'intérêt d'une étude sur la contribution des nouvelles religions à la reconstruction du lien social au Rwanda est à la fois personnel, académique, scientifique et social.

1.1. Intérêt personnel

L'idée de réaliser une étude sur la reconstruction du lien social au Rwanda par la religion après le génocide de 1994, nous est venue d'abord de la curiosité personnelle. En effet, la reconstruction du lien social par la religion est un sujet d'actualité dans le contexte rwandais actuel où on assiste, ces dernières années, à une prolifération spectaculaire des nouvelles religions après le génocide qui a emporté plus d'un million de personnes et qui a eu pour conséquence, entre autres, une énorme décomposition du lien social. Ce travail est donc d'abord une réflexion personnelle sur le sujet qui nous a conduite à une compréhension, tout à fait personnelle aussi, de ce phénomène de prolifération des nouvelles religions par rapport à la reconstruction du lien social.

1.2. L'intérêt académique

Ce travail a aussi un intérêt académique. Il s'agit d'un travail de recherche de fin d'études inscrit dans le programme de formation de deuxième cycle d'études universitaires. Il nous a permis, sinon de faire la synthèse de ce que nous avons appris durant notre formation, du moins de mettre en pratique certaines théories et d'approfondir certains aspects selon l'orientation du travail.

1.3. Intérêt scientifique

Ce travail s'inscrit dans le cadre d'autres travaux qui n'ont cessé jusqu'ici d'apporter, après le génocide rwandais, leur contribution à la compréhension des raisons ayant provoqué la décomposition du lien social et les voies et moyens de sa reconstruction.

Il est vrai que ce problème, étudié sous l'angle de la religion, a intéressé quelques autres chercheurs, mais le domaine des nouvelles religions dont la prolifération est presque devenue un véritable phénomène social au Rwanda, ces dernières années, demande encore à être assez analysé. C'est un peu l'originalité de ce travail qui s'intéresse spécialement à la description et à l'évaluation de la contribution de l'Eglise Evangélique de la Restauration à la reconstruction du lien social entre ses fidèles et au Rwanda en général. En effet, très peu de travaux ont été consacrés à cette confession qui n'a pourtant pas cessé de gagner du terrain depuis son introduction au Rwanda après le génocide. Ainsi, ce travail constitue globalement une contribution à l'élargissement des connaissances sur les raisons susceptibles de détruire le lien social et les stratégies de sa reconstitution par la religion.

1.4. Intérêt social

Ce travail a enfin un intérêt social dans ce sens qu'il peut servir aux acteurs de l'unité et de la réconciliation nationales dans la conception d'une stratégie globale de reconstitution du lien social.

2. Délimitation du sujet

La reconstruction du pays après le génocide, autant que la reconstruction du lien social déchiré par ce dernier est, comme nous l'avons dit, un sujet d'actualité. C'est aussi un sujet de recherche qui pourrait intéresser plus d'un domaine de la vie sociale. Mais, il va aussi sans dire que les limites du temps et de moyens qui sont celles d'un mémoire de licence ne nous ont pas permis le loisir d'étendre notre recherche au delà du cas de l'Eglise Evangélique de la Restauration de Butare.

Ensuite, il fallait pour nous de limiter notre travail à l'étude de la contribution de l' « Eglise Evangélique de la Restauration» de Butare à la reconstruction du lien social au Rwanda ; Ce qui nous a évité de nous disperser dans tous les sens au risque de perdre la maîtrise de notre sujet, ce qui risquait de nuire énormément à la réalisation des objectifs et à la vérification de nos hypothèses de recherche.

Dans le temps, le travail se limite à la période d'après le génocide rwandais d'avril 1994 à 2004.Il est évident que nous avons été de temps en temps amenée à faire référence à la période précédente mais c'était souvent dans le souci d'être plus complète, d'apporter plus d'éclairage sur la période qui nous intéressait, de mettre en évidence certains aspects et d'apporter plus de consistance à notre argumentation.

3. Problématique

Le génocide qui a eu lieu au Rwanda en 1994 a, non seulement causé beaucoup de pertes humaines et matérielles, mais il a aussi profondément touché les valeurs morales et culturelles de la société rwandaise, telles la solidarité, la tolérance, le respect mutuel et celui de la vie et de la dignité humaine, la justice, l'honnêteté, la confiance, la conscience nationale, le patriotisme, etc.

Ainsi, on se trouve actuellement en présence d'une société rwandaise complètement déchirée, une société caractérisée par la désunion entre les personnes, par le sentiment de méfiance et, à la limite, par le sentiment de haine et d'intolérance.

Cependant, les efforts fournis depuis la fin de la tragédie par les différents acteurs de la politique de l'unité et de la réconciliation nationale, ou plutôt de la reconstruction du pays en général, afin de trouver les voies de sortie de toutes ces difficultés accumulées pendant ces périodes les plus sombres de l'histoire du pays, donnent l'espoir que le Rwanda est capable de se relever de ce coup dur qui lui a été apporté par ces malheureux événements.

En effet, après ces événements, beaucoup d'institutions publiques et privées sont passées à l'oeuvre, appuyées par la volonté politique du gouvernement rwandais ainsi que par des efforts individuels de la part de beaucoup de Rwandais, ce qui est un bon signe, car c'est même souvent par l'individu que tout doit commencer.

Il est évident que parmi les acteurs de l'unité et réconciliation nationale et de la reconstruction du pays figure en première ligne l'Etat qui, garant de l'unité nationale, de la sécurité et du développement durable du pays, a pour tâche d'élaborer la politique de reconstruction du lien social qui, en toute évidence, est essentiellement basée sur l'éducation populaire et d'assurer la mise en oeuvre de cette politique par ses différentes institutions.

Dans cette lourde tâche, l'Etat est aidé d'abord par les diverses organisations et associations publiques ou privées, locales ou internationales qui, pour leur contribution à la reconstruction sociale, apportent leur concours dans les différents domaines de l'éducation populaire, de justice, de soutien psychosocial aux victimes, d'appui matériel à différentes initiatives, du développement durable, etc. Il s'agit notamment pour les organisations locales et publiques des différentes commissions créées par le gouvernement pour lutter contre l'idéologie du génocide, sensibiliser la population sur l'unité et la réconciliation, gérer les procès du génocide et punir les coupables, apporter l'assistance aux rescapés du génocide et réduire la pauvreté : Commission d'unité et réconciliation, Commission nationale des droits de l'homme, les juridictions gacaca, le Fonds d'assistance aux rescapés du génocide, le Programme national de réduction de la pauvreté, etc. Pour les organisations locales privées, il faut surtout signaler le rôle de toutes les associations des rescapés du génocide : IBUKA, ARG, AERG, AMAERG, AVEGA-AGAHOZO, etc. Au niveau international, il s'agit notamment des différents pays étrangers, des organismes du système de l'ONU et ONG qui assistent le Rwanda dans différents domaines pour sa reconstruction après le génocide et pour son développement durable.

Ensuite, l'Etat est aussi aidé par les différentes confessions religieuses qui sont également des institutions privées dont on a d'ailleurs constaté la prolifération ces dernières années comme nous l'avons signalé dans les paragraphes précédents. Bien que parfois plus discrètes, en comparaison avec les institutions publiques qui ont à leur disposition toute la presse publique pour diffuser leurs activités, il n'en reste pas moins que les Églises rassemblent une grande proportion de la population sur laquelle elles sont susceptibles d'exercer une importante force d'influence par leurs divers enseignements. Et, on n'oubliera pas qu'en plus de ces enseignements, et sans compter les émissions que les différentes Églises font passer à Radio-Rwanda, Radio 10, Radio Flash, etc. certaines confessions possèdent leurs propres organes de presse comme, par exemple, l'Église catholique qui a à sa disposition le journal Kinyamateka qui atteint une grande partie de la population rwandaise jusque dans les fonds des campagnes et la Radio-Maria du diocèse de Kabyayi.

L'expérience du Rwanda a montré que l'influence des Églises a été à bien d'égards et malheureusement ambivalente, et force est de constater que certains responsables et membres de certaines Églises ont été impliqués directement ou indirectement dans les malheureux événements qui ont endeuillé le Rwanda en 1994, en portant ainsi beaucoup de tort aux institutions et aux fidèles qu'ils sont plutôt sensés servir. Cela, ajouté au fait que beaucoup d'Églises ont été transformées pendant les événements en véritables abattoirs par les bourreaux, a terriblement ébranlé la foi de certaines âmes qui n'ont pas su dépasser le mythe de l'évêque ou du prêtre « surhumain » pour comprendre et pouvoir gérer la situation. Ce qui explique peut-être pourquoi les nouvelles Églises qui n'étaient pas au Rwanda pendant le génocide gagnent de plus en plus de fidèles au détriment de celles installées au Rwanda depuis plus d'un siècle.

Ainsi, sans trop risquer de basculer dans une espèce de procès aux Églises, ce qui n'est d'ailleurs ni dans notre intention ni dans nos compétences, nous pouvons dire tout simplement que, dans ce sens, les Églises ont d'une façon ou d'une autre, joué un rôle, bien que presque jamais avoué1(*), à la fois dans le génocide, dans la destruction de la foi qu'elles sont sensées cultiver, dans la décomposition du lien social qui devrait être entretenu en quelques manières par la foi en Dieu.

En effet, dans les pays comme le Rwanda, marqués par une longue tradition religieuse, la foi est un mot chargé d'un sens particulier et la véritable foi peut rendre beaucoup de services à la vie sociale. Par contre, la perte de la foi est susceptible de causer aussi beaucoup de dégâts, et souvent on ne se représente pas assez que là « où la foi en Dieu disparaît, l'ordre moral est lui même compromis2(*) », car « la perte de la foi en Dieu entraîne la perte des principes universels et finalement la destruction de tout ce qui lie les hommes entre eux3(*) », ce qui conduit, à la limite, au « chaos moral et social », car dans ces conditions, « les hommes agissent comme des monstres inhumains dont la puissance redoutable n'est guidée par aucune puissance spirituelle4(*) .»

Mais, si nous nous intéressons aux nouvelles religions dans ce travail, c'est avant tout, comme nous avons eu l'occasion de le dire précédemment, pour mettre en évidence la contribution « positive » de ces religions et notamment celle de l'Eglise Evangélique de la Restauration à la reconstruction du lien social au Rwanda. Car, il est sans aucun doute que si les Églises possèdent une puissance, une force d'influence, bien qu'ayant été destructrice à certains moments, il s'agit d'une force qui peut également être mise au service d'une solution valable au problème social rwandais.

En effet, il est évident que cette solution ne peut que passer par une rééducation morale, une conversion des moeurs et des esprits. Et, ceci dit, nous devons signaler que, à y voir de près, ce ne sont pas souvent les institutions qui sont plus malades que les hommes et qui doivent être guéries, car elles sont souvent basées sur de bons principes, c'est plutôt l'homme chargé de faire respecter ces principes et ces institutions, qui doit être renouvelé, et l'expérience confirme cette vérité : « toute transformation extérieure demeure vaine si elle ne s'accompagne pas , si elle ne jaillit pas d'une transformation intérieure5(*). » Sinon, comme disaient les latins, « Quid leges sine moribus ? » (Que peuvent les lois sans les moeurs ? ). D'après C. Van Gestal, « l'échec profond des mouvements modernes provient de ce que, négligeant de changer l'homme lui-même, ils n'ont pas frappé à la racine du mal6(*). »

Ainsi donc la reconstruction du lien social est non seulement l'affaire des institutions publiques, mais c'est aussi l'affaire des institutions privées y compris les institutions religieuses et surtout l'affaire de chaque Rwandais, en tant que membre d'une société et/ou d'une institution religieuse qui est appelée à changer et qui accepte de revoir ses moeurs, de raffermir sa foi pour bâtir une société basée sur un nouvel ordre social. La prolifération des nouvelles Églises et les changements fréquents d'appartenance religieuse qu'on observe actuellement sont peut-être révélateurs à la fois de la méfiance vis-à-vis de certaines Églises ayant failli à un moment ou à un autre à leur mission et de cette quête de reconstruire et d'appartenir à une société nouvelle en passant par l'Église. Ce qui va nous préoccuper tout au long de notre travail sera de répondre à une série des questions suivantes; Pourquoi les nouvelles religions attirent-elles actuellement beaucoup de Rwandais ? Et, pour le cas de l'Eglise Evangélique de la Restauration qui nous intéresse, pourquoi gagne -t-elle de plus en plus de fidèles ? Qu'est ce qui attire ses fidèles ? Quelle réponse apporte-t-elle à cette préoccupation des Rwandais de reconstruction morale de leur société, de reconstruction du lien social ? Notre travail qui est, comme nous l'avons dit au départ, une modeste contribution aux recherches précédentes sur les problèmes sociaux rwandais se propose de réfléchir sur ces questions, d'évaluer et de mettre particulièrement en évidence le rôle de l'Eglise Evangélique de la Restauration dans tout ce travail de transformation, de conversion, de reconstruction du lien social au Rwanda.

4. Hypothèses

L'hypothèse de recherche est définie comme une réponse provisoire à la question que l'on se pose au début de la recherche. Ainsi, nous aurons à vérifier (confirmer ou infirmer) les hypothèses suivantes :

· Les nouvelles religions dont l'Eglise Evangélique de la Restauration participent beaucoup à la reconstruction du lien social au Rwanda grâce à la qualité des enseignements qu'elles offrent et à la façon dont ces enseignements sont transmis ;

· L'Eglise Evangélique de la Restauration à l'instar d'autres nouvelles religions offrent aux chrétiens des cadres d'épanouissement spirituel et d'engagement éthique qui conduisent à la reconstruction du lien social

5. Objectifs de la recherche

5.1. L'objectif global 

· Décrire et évaluer la contribution des nouvelles religions à la reconstruction du lien social au Rwanda.

5.2. Objectifs spécifiques 

· Dégager le rôle de l'Église Évangélique de la Restauration de Butare dans la reconstruction du lien social ;

· Identifier les stratégies utilisées par cette Église dans la création d'un espace favorable à l'établissement ou au renforcement du lien social entre ses fidèles;

6. Méthodologie de la recherche

Il importe de distinguer sous ce titre deux concepts :

-La méthode  qui est une opération intellectuelle coordonnant un ensemble d'opérations et, en général, plusieurs techniques ;

-Les techniques ne sont donc que des outils mis à la disposition de la recherche et organisés par la méthode dans ce but. La technique sans méthode ne suffit pas, la méthode sans technique ne serait pas efficace. Voici donc la méthode et les outils que nous avons utilisés dans notre travail :

1. Techniques

· Technique documentaire : nous avons consulté les ouvrages, les articles scientifiques et les mémoires de fin d'études disponibles notamment à la bibliothèque de l'Université Nationale du Rwanda et celle de l'U.L.K., au Centre de gestion des conflits de l'U.N.R. et à l'« Eglise Evangélique de la Restauration ». Nous avons exploité aussi les rapports pertinents sur les églises et la société, notamment sur la situation du Rwanda et les églises.

· Technique questionnaire : Compte tenu de nos hypothèses de travail ainsi que des variables et indicateurs correspondants nous avons dressé un questionnaire comprend 12 questions certaines de types fermés et d'autres de type ouvert. Ce dernier type de questions étant choisi pour permettre aux enquêtés de s'exprimer un peu plus librement. Ce questionnaire était adressé aux membres de l'Eglise Evangélique de la Restauration et à ses responsables (Pasteurs, ...) pour connaître exactement la contribution de cette Église dans la reconstruction du lien social au Rwanda.

Compte tenu du temps imparti et des contraintes liées aux moyens financiers, il était impossible et peut-être pas nécessaire, de mener une enquête exhaustive auprès de tous les membres de l'Eglise Evangélique de la Restauration de Butare. Ainsi, nous avons procédé à la détermination de l'échantillon qui s'élève à 84 (voir détail au chapitre II) .

· Technique d'interview : cette technique a été utilisée en complément à notre enquête par questionnaire. L'interview concernait à la fois les membres de l'Eglise Evangélique de la Restauration et ses responsables (Pasteurs, ...)

· Observation directe : elle nous a permis de nous rendre compte de la situation de l'Eglise Evangélique de la Restauration, de connaître la réalité, d'être témoin de l'expérience quotidienne des fidèles, d'entrer en contact avec eux. Nous avons eu à observer les activités de l'Eglise Evangélique de la Restauration, notamment en assistant à ses enseignements pendant les importants rassemblements des fidèles qui se font tous les dimanches.

2. Méthode

· La méthode historique : elle a consisté en une description de l'évolution chronologique de l' « Eglise Evangélique de la Restauration» depuis son implantation au Rwanda, en une description de ses activités et de sa structure, ce qui nous a fait déjà à cette étape un clin d'oeil sur ses stratégies. Par cette même méthode, nous avons aussi pu évoquer le passé conflictuel du Rwanda avant et après l'indépendance, jusqu'au génocide de 1994.

· La méthode systémique : Elle nous a permis de nous rendre compte de la contribution des nouvelles religions en tant que système bien structuré et de comprendre l'interaction qui existe entre les nouvelles religions et la population pour la reconstruction du lien social

· La méthode statistique :La méthode nous a été d'une utilité surtout lors du dépouillement du questionnaire. Elle intervient pour une présentation claire et condensée des observations quantifiées(sous forme des tableaux de manière à pouvoir les traiter et en tirer des déduction logiques sur base par exemple de la fréquence d'apparition d'une même réponse à une question, la pourcentage, etc.

7. Subdivision du travail

La structure de notre travail respecte la décision du comité de gestion portant règlement du mémoire et du rapport de stage de 2ème cycle d'enseignement à l'ULK. Ainsi, ce travail est articulé autour de parties suivantes:

- Une introduction générale qui sert de pivot du travail et qui expose toutes les considérations théoriques et méthodologiques sur lesquelles est basée notre recherche. On y trouve les données sur le choix et l'intérêt du sujet, la problématique, les objectifs et les hypothèses de recherche, la délimitation du sujet ainsi que la méthodologie utilisée (méthodes et techniques).

- Le reste du travail est traité en trois chapitres, dont un chapitre sur le cadre théorique (définition des concepts et revue de la littérature sur le sujet), un autre qui concerne la vérification de la première hypothèse, et enfin un chapitre consacré à la vérification de la deuxième hypothèse.

- A la fin du travail, nous donnons, comme il se doit, une conclusion générale qui contient la synthèse du travail et les recommandations dégagées des résultats de notre recherche pour les études ultérieures.

PREMIER CHAPITRE : CADRE CONCEPTUEL ET THEORIQUE

1.1 Définition des concepts

1.1.1 Eglise

Dans cette étude, nous entendons l'Église, en même temps comme « peuple de Dieu » et en tant qu' « hiérarchie»7(*). Le deuxième concept est fortement lié aux services exercés au sein de l'institution, tandis que le premier a une extension plus large qui inclut à la fois les membres de l'hiérarchie et tous les baptisés ou tous les fidèles. En tant que « peuple de Dieu », l'Église désigne ainsi une « communauté de fidèles professant une même foi »8(*). Dans les Écritures, le mot « Église » indique « l'ensemble des gens qui ont cédé à la bonne nouvelle de Jésus et qui ont été rachetés par son sang, tout cela dans un contexte d'ensemble, un contexte local et enfin universel »9(*).

La définition de l'Église à la fois en tant qu' ensemble de fidèles ayant une même foi, ensemble localisé, puis universel se trouve par exemple, dans le premier Épître de Saint Paul apôtre aux Corinthiens. Fustigeant le manque d'unité des chrétiens de Corinthe, il reprit le mot Eglise pour désigner le corps des rachetés qui se rassemblent ou se réunissent pour adorer Dieu. L'Eglise est donc d'abord pour Saint Paul une assemblée de chrétiens dont on doit déplorer les divisions quand il arrive d'en constater et, c'est ce qu'il fait quand il dit : « ... lorsque vous vous réunissez en assemblée, il y a parmi vous des divisions,... » (1 Co. 11.18).10(*)

Ensuite, il utilise le mot Église  pour désigner le corps des rachetés dans un endroit précis, donc Église localisée. Il appelle « Église de Dieu qui est à Corinthe » (1 Co 1.2)11(*) le corps des rachetés de Corinthe.

Et enfin, il utilise le mot Église pour signifier la totalité des rachetés du monde entier, c'est-à-dire l'Église universelle quand il dit : « car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l'Église, qui est son corps et dont il est le Sauveur » (Ep 5.23) 12(*)

1.1.2 Lien social

Quant au lien social, nous le comprendrons comme l'ensemble des  relations qui unissent des individus faisant partie d'un même groupe social et /ou qui établissent des règles sociales entre les individus ou groupes sociaux différents13(*) . Il s'agit des relations qui permettent d'assurer la cohésion sociale et l'intégration des individus, soit par le partage de valeurs communes, soit par la reconnaissance sociale de différences lors de l'établissement des règles sociales. Les liens sociaux permettent également aux individus d'acquérir une identité sociale. Du point de vue de la religion, Joachim Wach comprend le rôle de cette dernière dans le renforcement du lien social comme suit :

« l'analyse psychologique ou sociologique des valeurs religieuses dont un groupe se réclame, quel que soit le mode de pénétration, ne peut nier le caractère contraignant de ces valeurs qui influent sur le groupe. Il en est ainsi de toute expérience : l'existence d'expériences communes ou parallèles au sein du groupe produit pour ainsi dire force puissante de cohésion. Et les besoins de protection du groupe jouent ainsi leur rôle dans la création des sentiments de solidarité qui unissent les membres.14(*) »

QUENNADI Ossipon cité par NTAMUTURANO Pascal nous fournit une autre définition du lien social qu'on peut comprendre comme « lien d'interaction des individus et des groupes d'individus poursuivant des buts sociaux déterminés, dans les conditions concrètes de lieu et de temps15(*) ». Mais c'est surtout la Banque de ressources interactives en Sciences Sociales mise à jour le 28/08/2003 qui nous a donné, pendant notre recherche, plus de détails sur la définition du lien social. Pour cette dernière définition, le lien social peut être appréhendée de trois points de vue : par rapport à ses enjeux, à sa tendance et à ses indicateurs:

A) LIEN SOCIAL : Enjeux

La notion de lien social est souvent utilisée de manière floue ce qui n'empêche de déboucher sur des analyses parfois radicales de l'évolution de la société.

D'un côté, la société serait perçue comme totalement permissive : la restauration du lien social passerait d'abord par le respect des règles collectives et devrait prendre la forme d'une légitimité renforcée de toute autorité.

D'un autre côté, la société actuelle serait perçue comme porteuse d'un nouveau « contrat social » adaptée à l'individualisme croissant qui prendrait la forme de relations sociales de proximité, interpersonnelles, associatives, etc. et qui déboucherait sur de nouvelles formes de solidarité et de vie collective.

B) LIEN SOCIAL : Tendance

Il y a une crise du lien social pour trois raisons :

ü le déclin de l'autorité (policiers, parents, enseignement, etc.) ;

ü « des ratés » lors du processus de socialisation (faiblesse des liens familiaux, des liens de voisinage, etc.) ;

ü difficultés d'établir de nouvelles règles de vie commune du fait

de l'individualisme croissant (monde du travail par exemple).

De nouvelles formes de liens sociaux : moins verticaux et plus horizontaux (entre individus se considérant comme égaux, par des relations interpersonnelles) d'où des règles plus souples moins institutionnalisées mais qui existent néanmoins peuvent être efficaces. Mais là aussi, il se pose la question de savoir si l'on peut parler de liens sociaux si ceux-ci sont peu durables, peu institutionnalisés ? Si ces liens sociaux peuvent permettre l'intégration de tous et l'acquisition d'une identité sociale ?

C) LIEN SOCIAL : Indicateurs

Il n'y a pas d'indicateurs de la présence ou de la force des liens sociaux. Toutefois, certains indicateurs statistiques peuvent être utilisés comme indiquant une évolution des liens sociaux dans quelques domaines des activités sociales comme la famille (formation et dissolution des couples) ; création d'associations ; pratiques religieuses (anciennes et nouvelles) ; nombre d'emplois précaires, de chômeurs pour le monde du travail ; évolution de la délinquance et de la criminalité ; présence du grand nombre de personnes vulnérables, etc.

1.1.3 Religion

La définition des deux termes d'Eglise et de lien social peut être considérée comme un pont pour passer à la définition du terme religion car, le mot « religion » proviendrait étymologiquement du verbe latin « religare » qui signifie lier, relier. La religion serait, dans ce sens, ce qui fait lien, ce qui relie les hommes d'abord, et ensuite les hommes à une divinité par des pratiques et des croyances (liens entre le naturel et le surnaturel).

Mais, le linguiste Benveniste E., définit le terme « religion » à partir d'un autre verbe latin « legere » qui signifie cueillir ou « religere » qui signifie recueillir, récolter. Ainsi, selon Benveniste E., « religion » voudrait dire revenir sur ce qu'on fait, ressaisir par la pensée ou la réflexion, redoubler d'attention ou d'application.16(*)

Pour Durkheim E.17(*), la religion est définie comme étant un système solidaire des croyances et des pratiques relatives à des choses sacrées c'est-à-dire séparées, interdites qui unissent en une même communauté morale appelée Église, tous ce qui y adhèrent.

L'élément « communauté morale » montre que l'idée de la religion est inséparable de l'idée de l'Église. Ce qui fait pressentir que la religion, à côté de ses aspects individuels, doit être une chose éminemment collective.

Selon Comte A., la religion est une stratégie sociale pour créer du consensus chaque société comme chaque organisme, a besoin de trouver un point d'équilibre au tour de valeurs partagées, de visions du monde communes18(*) . Ensuite, Durkheim E. dit que la religion satisfait en l'homme des besoins profonds de type cognitifs et comportementaux et ce faisant , elle contribue, à certains niveaux moins évolués de la société, à consolider la cohésion sociale et le fonctionnement19(*). Il continue en disant que « les conflits , les formes de déviance, le suicide anomique sont autant de symptômes d'une crise d'équilibre du corps social, de son évanouissement comme appareil consensuel de normes socialement partagées »20(*). Ainsi la religion apparaît déjà analysée dans l'oeuvre de Durkheim comme un « facteur d'intégration sociale »21(*).

Selon le même auteur, la religion est étudiée comme exemple significatif de la façon dont se forme, se reproduit dans le temps et survit aux individus la conscience collective, l'image qu'une société a d'elle-même. La religion contribue à construire et à maintenir en vie une conscience collective [ ...]22(*). On comprend dès lors que pour Durkheim E. la religion, comprise comme forme organisée et institutionnalisée du sacré et un mode de conscience sociale assume une fonction d'intégration. La religion vient pour ainsi dire après le sacré lorsque les hommes, passé le moment de l'effervescence créatrice du nouvel ordre social ont besoin d'administrer le sacré qui légitime l'ordre social lui-même. La religion est donc « règle » , elle est « religare », tenir ensemble la société en maintenant élevée la croyance qu'il existe une table de valeurs méta-sociales sur laquelle se fonde l'ordre des choses existantes 23(*). La religion sert, dans une société, à imposer les règles de fonctionnement du système aux individus. Pour Durkheim encore, le conflit social doit être géré non seulement avec des méthodes politiques de promotion d'une société plus équitable, mais en éduquant les nouvelles  « masses » à intérioriser les normes collectives. Du moment que les religions peuvent contribuer à cette tâche sociale.

Enfin, toujours pour Durkheim E. et Parsons, la religion remplit un rôle unificateur : la religion est un puissant facteur de stabilisation sociale du moment où elle réussit à fournir à la société entière ou à une de ses parties, de profonds mécanismes de réduction de la contingence psychologique, sociale et politique .24(*)

1.2 Généralités sur les Eglises au Rwanda

1.2.1 Contexte historico-politique : les missions chrétiennes

et les politiques au Rwanda

Dans un des chapitres de son livre, Tharcisse Gatwa affirme que « pendant sa courte existence -moins d'un siècle- le christianisme rwandais est devenu un des acteurs influents de la vie publique à côté de l'État » et que « l'idéologie de suprématie raciale a été une entreprise conjointe de la colonisation, de certaines hiérarchies ecclésiastiques et des officiels des pouvoirs monarchiques et républicaines ». L'auteur signale, en effet, que « ces deux institutions -l'État et l'Église- convergent sur beaucoup d'aspects spatiaux et temporels. Elles peuvent collaborer ou s'opposer l'une de l'autre, elles peuvent aussi s'opposer l'une à l'autre et en même temps collaborer », ce qui montre pour lui que pendant son existence au Rwanda, le christianisme « n'a pas pu se distancier des images et des stéréotypes donnés aux Banyarwanda, ni des politiques qui ont cristallisé la population dans une conscience ethnique tranchée ».25(*)

L'Église catholique a été la première à s'installer au Rwanda. Elle est présente au Rwanda depuis 1900. Le pays fut évangélisé pour la première fois par la société des Missionnaires d'Afrique (catholique) arrivés de l'Ouganda . Ils furent suivis, en 1907, par les protestants de la Mission de Béthel en Allemagne, venus de Bukoba en Tanzanie . Dès 1920, vinrent les adventistes du 7ème jour, les missionnaires de la Church Missionary Society, venus d'Ouganda, les baptistes danois arrivés du Burundi et plus tard les méthodistes suédois venus du Zaïre ( Congo) au début des années 1940 26(*).

Étant ainsi la plus ancienne au Rwanda l'Église catholique contribue au développement des oeuvres sociales, à la construction des hôpitaux et à l'éducation des cadres du pays depuis l'époque coloniale à nos jours. Mais elle connaît aussi des failles27(*). L'histoire nous apprend qu'elle a participé à la division des Rwandais par l'accentuation des distinctions ethniques par les différents écrits qu'elle a fournis au cours de son évolution au Rwanda28(*).

En fait, à leur rencontre avec les explorateurs et plus tard avec les missionnaires, les Rwandais étaient répartis en trois catégories sociales, à savoir: les batutsi, les bahutu et les batwa. Ces groupes humains ont vécu plus ou moins en harmonie pendant des siècles, en partageant plusieurs valeurs anthropologiques : l'unité culturelle, la langue, la religion, les organisations sociales tel le clan et les traditions familiales comme les mariages . A partir de la rencontre entre la société rwandaise et l'occident, l'image du Rwanda constamment projetée fut celle d' « une terre dominée par  une «race» de Hamites d'origine caucasienne, arrivée soit d'Éthiopie, soit d'Égypte. Les batutsi furent choisi par les nouveaux dirigeants, colonialistes et missionnaires en vue de promouvoir la civilisation fondée sur le christianisme. Les autres groupes, les bahutu et les batwa constituaient la masse. En effet, les politiques discriminatoires furent mises en place dans le domaine culturel, politique et social pour renforcer  la différence dans plusieurs secteurs de la société 29(*).

Toujours pour Gatwa, « le parti-pris des Églises a exposé leur incapacité à manifester le corps du Christ et à oeuvrer pour la réconciliation parmi les Rwandais. Plutôt que de prendre distance de ces distorsions, que de renforcer les facteurs d'unité , impérative pour le message chrétien, les Églises ont coopéré au modelage d'une société défendant les intérêts impériaux . Daniel De Lame ne se trompe pas quand elle rappelle que dans les débuts des années 1930 l'Église catholique était tellement proche du pouvoir qu'il lui était incapable d'offrir une alternative aux travaux forcés ( uburetwa), aux conversions forcées et autres. Ceci est vrai pour la période de 1930, mais aussi d'après . C'est vrai, non seulement pour le catholicisme puissance aux côtés de la colonisation, mais aussi dans une certaine mesure les protestants, que l'état de minorité et de morcellement marginalisait politiquement mais qui gardaient des sympathies manifestes par les idées prévalant de suprématie raciale30(*) »

Vers la fin de 1956, « le climat était à la formation de partis politiques et l'indépendance était dans l'air » 31(*). Le 24 mars 1957, Grégoire Kayibanda et huit autres leaders hutu signèrent une note sur l'aspect social du problème racial indigène au Rwanda et l'adressèrent le même jour au Vice-Gouverneur Général du Congo Belge et du Rwanda-Urundi. Ce texte fut, plus tard, désigné sous le titre de « Manifeste des bahutu 32(*)». Dans ce texte, ils demandaient des « changements politiques, l'abolition du système socio-politique basé sur les inégalités et injustices, l'abolition de la mentalités basée sur les hérésies prônant la suprématie raciale ».33(*)

En mai 1958, l'entourage du Mwami publia deux réactions extrêmement arrogantes et haineuses, utilisant le mythe des « ibimanuka » pour justifier la suprématie raciale des hamites-batutsi, et pour réfuter toute idée de partage du pouvoir avec les bahutu.34(*) A ce moment l'Église catholique brisa le silence. Mgr A. BIGIRUMWAMI, le premier évêque africain dans les colonies belges, publia un article dans Témoignage chrétien, une revue belge, dans lequel il reconnaissait le bien fondé des réclamations des bahutus. Ils regretta cependant que les batutsi deviennent les boucs émissaires des politiques de discrimination et d'exclusion dont la colonisation était seul redevable. En donnant son propre exemple, il défia quiconque serait en mesure de distinguer qui était hutu, tutsi ou twa dans la population fortement mélangée du Buganza35(*) (Gatwa, 2001, p.91).

De l'autre coté, Mgr Perraudin, primat de l'Église (catholique) depuis 1956, publia une lettre pastorale pour le carême 1959, dans laquelle il affirmait « l'existence de races différentes » au Rwanda, et regrettait que des privilèges aient été donnés ou refusés sur la base de critères « raciaux ». On peut lire dans cette lettre ce paragraphe :

Constatons tout d'abord qu'il y a réellement au Rwanda plusieurs races assez nettement caractérisées bien que des alliances entre elles aient eu lieu et ne permettent pas de dire toujours à quelle race tel individu appartient. Cette diversité de races dans un même pays est un fait normal contre lequel d'ailleurs nous ne pouvons rien[...].36(*)

En fait, la position de Perraudin a été l'un des épodes les plus controversés de l'histoire de l'Église catholique au Rwanda. Mais il faut rappeler que d'autres membres du clergé, tels que S.Bourguet, le Chanoine Ernotte, Dejeneppe, J.M.V Rusingizandekwe, ont été de près ou de loin associés aux idées de réformes politiques en faveur des bahutu.37(*) Des leaders politiques comme KAYIBANDA Grégoire et MUNYANGANJU ont pu passer par les canaux sociaux de l'Église pour exprimer leurs pensées et projets politiques [...]. Mgr Perraudin imprima une vision militante à l'Église en faveur de la cause bahutu ; selon ses termes, il « restaura la dignité du peuple bahutu comme enfants de Dieu »38(*)

En 1959, il y avait aussi la création de partis politiques qui divisa encore plus l'Église. La polarisation de la frontière ethnique, en grande partie l'oeuvre des Belges, sépara les abbés tutsi des abbés hutu et des Pères Blancs et leurs conseillers.

Pour V. LINGUYENEZA, « l'alignement de l'hiérarchie de l'Église à la politique divisionniste atteint son zénith quand l'archevêque de Kigali ordonna aux congrégations religieuses de pratiquer l'équilibre ethnique  : en faisant des élections des Supérieures générales et le Doyen au Grand séminaire. En 1988 , l'abbé MUVALA devait être nommé Evêque du Diocèse de Butare , à cause de son appartenance ethnique, il a été évincé39(*) »

Stigmatisant cette attitude de l'Église, R.ERPICUM s'exclame :  « l'Église n'apparaissait plus comme un support servile[...]. Clergé et laïcat étaient tous devenus beaucoup plus soumis au Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement (M.R.N.D) qu'à l'évangile 40(*) ». Certains prêtres et membres se lamentent de ce comportement. Selon le même auteur, il s'agit du « démon de la division qui trouble le climat de l'Église 41(*) ».

Pour Gatwa, « dans le contexte du Rwanda, les Églises font face à leur responsabilité ethnique en examinant comment elles ont assumé la Grande Mission(Great Commission) de transformer toutes les nations en disciples du Christ et la règle d'or , d'aimer Dieu et le voisin comme soi même42(*) ». Or, on voit le contraire actuellement : une absence d'amour et de justice, le règne de la violence ...  « En d'autres termes, le corps du Christ ne s'est pas suffisamment manifesté au milieu de la société rwandaise . En conséquence, l'enseignement de l'Église est à examiner, du fait qu'à plusieurs égards, les attitudes du clergé comprenant prêtres, pasteurs et évêques, hier comme aujourd'hui, ont été un facteur facilitant l'idéologie ethnique43(*) » .

D'après le rapport de la rencontre du Conseil Protestant du Rwanda et la Conférence des Églises de toute l'Afrique sur le thème : l'Église de l'avenir au Rwanda, tenue du 14 au 20 mai 1995 à Kabusunzu, « le protestantisme a aussi failli à sa mission dans le domaine de l'enseignement du développement et de l'évangélisation . Les défaillances des Églises protestantes ont été remarquées dans leurs structures d'organisation et d'administration, dans leur mission sociale et dans le travail d'évangélisation44(*) ». D'après les participants à cette rencontre, les Églises protestantes dans leur ensemble ont été qualifiées de « prostituées à l'État en épousant la politique de la ségrégation45(*) ». Afin de se maintenir longtemps, ces Églises se sont contentées d'un grand nombre d'adhérents sans se soucier de la qualité de la vie chrétienne normale et digne. Cela a eu pour conséquence de développer un « christianisme superficiel, chancelant, caractérisé par le manque de transparence, les querelles intestines et les divisions, la divergence de spiritualité et le sectarisme. Cet état continue à secouer et à diviser les membres de certaines Églises46(*) ».

Aujourd'hui, toute la pensée théologique visant la guérison devrait défier les stéréotypes ethniques, et viser la « continuité entre l'interpellation des missionnaires et celle des autochtones sur le message de Dieu . Ce Dieu créateur de l'univers, Dieu des Rwandais et des chrétiens, se manifeste par les identités [différentes] et les diversités de l'espèce humaine dont les Rwandais, réconciliés par son Fils , renouvelés et transformés par le baptême, l'eucharistie et la koinonia ne connaissent ni hutu, ni tutsi, ni twa, ni étranger, ni autochtone, mais simplement les créatures de Dieu, faites en son image 47(*) »

1.2.2 La politique de l'exclusion de l'autre et les Eglises

A l'instar des politiciens, beaucoup de responsables des Églises d'avant 1994 étaient animées d'esprit ségrégationniste. Les batutsi étaient marginalisés, exclus de tous les postes de grande responsabilité et opprimés48(*). Actuellement les Églises essaient, par l'évangile, de guérir les blessures du génocide mais quelques séquelles résistent encore. C'est pourquoi dans certaines Églises la collaboration est encore difficile. Quoique les responsables viennent de toutes composantes de la population, les sentiments de méfiance et des préjugés tacites à l'égard de l'autre dénotent encore la culture de l'exclusion.

De 1994-1998, certaines personnes quittent leurs Églises d'origine pour chercher celles où ils peuvent collaborer aisément, d'autres en créent de nouvelles. Des Églises mono-ethniques voient le jour. Actuellement l'exclusion s'amenuise mais des germes de division subsistent encore. Il faudrait les exorciser avant qu'ils n'explosent à nouveau 49(*). J. CARBONAIRE recommande :

« Entre la vie et la mort, la division, la haine et l'amour, l'Église doit toujours être du côté de la vie et de l'amour qui sont seuls dans le plan de Dieu. L'Église doit être la première à combattre le mécanisme de division, de haine. Elle doit savoir que son rôle dans la réconciliation du peuple est irremplaçable. L'Église doit sortir de la routine du folklore, des rites et des symboles et des stéréotypes, pour s'engager dans des changements en profondeur. Les enseignements de l'Église doivent viser la qualité, la profondeur et non la quantité et le superficiel 50(*)».

1.2.2.1. Situation socio - culturelle et Eglises au Rwanda.

La population rwandaise est la plus dense du continent africain sa densité moyenne est de plus de 424 hab./km2 51(*). Elle comprend trois groupes sociaux à savoir : les batutsi, les bahutu, les batwa. Le génocide de 1994 à aggravé la désintégration des institutions sociales et familiales en cours avant 1990. A ce propos CATHERINE A. affirme  : 

« le tissu social avait été fortement éprouvé par les conditions socio-économiques difficiles de la paysannerie . Pendant la guerre, ,familles et communautés ont éclaté et le nombre des catégories vulnérables a augmenté : enfants orphelins ou non accompagnés, veuves, handicapés et individus traumatisés par leurs expériences durant la guerre52(*) ».

Ce qui montre que le tissu social du Rwanda est actuellement fragmenté plus jamais. G.PRUNIER explique l'état de certains Rwandais : « bapfute bahagaze (des morts qui marchent). D'après lui, « le pays en est plein et bien des Rwandais qui semblent normaux à première vue, en font partie par certains aspects de leur personnalité qu'ils réussissent à cacher53(*) ». En outre, la société rwandaise est actuellement marquée par la tendance au repli sur soi. Beaucoup de gens se réfugient dans leurs vies privées, mais il y aussi quelques autres qui sont en quête de la chaleur communautaire. Les problèmes sociaux se répercutent souvent dans les Églises et constituent un obstacle à la cohabitation et à la collaboration franche entre les membres de l'une ou de l'autre Église54(*). En effet, dès 1994, tous ces groupes sociaux ci-dessus se côtoient dans leur vie quotidienne ou se retrouvent dans les Églises. Mais il n'est pas facile de se parler franchement et de s'accueillir mutuellement dans une même Église, de partager la Parole de Dieu, de communier et de vivre comme frères et soeurs en Christ. Certains optent pour la création de nouvelle religion où ils se sentent plus à l'aise ; d'autres ferment la porte de leurs églises aux nouveaux venus, ils les trouvent gênants et craignent qu'ils soient animés de l'esprit de « kubohoza »55(*).

Après 1994, ce phénomène de « kubohoza », d'après J.NDAGIRO, avait aussi réanimé la tension et l'animosité surtout entre les propriétaires des maisons qui les réclamaient et les occupants qui n'avaient pas les moyens de construire les leurs. Pour le moment les uns payent le loyer et les autres ont construit leurs maisons. Quelques-uns ont remis les biens pillés d'autres n'y songent pas. Certains demandent pardon et se réconcilient, mais d'autres endurcissent leurs coeurs et freinent la coexistence pacifique entre les différents groupes, même dans les Églises.

Au lieu de régler des différends qui les opposent, certains chrétiens quittent leurs Églises d'origine et adhérent à d'autres où ils se sentent en paix. D'autres créent des Églises pour célébrer le culte sans sentiment de peur. Les problèmes perdurent et la création de nouvelles religions continue, sans cesse !

Face à tous ces problèmes cités-ci haut il fallait qu'il ait l'intervention des Églises pour les surmonter ainsi que pour construire un pays orienté vers un développement durable. Car, comme l'affirme Kaïmana: « quand les habitants du pays sont croyants et ce pays sombre dans l'appauvrissement, l'insécurité, l'immoralité, l'injustice, il faut conclure que la faillite est également spirituelle56(*)».

1.2.2.2 Le rôle de l'Eglise dans la reconstruction du lien social

L'une des premières missions de l'Église est d'éclairer les esprits en leur rappelant les lois morales, fondement nécessaire de toute vie sociale saine 57(*).

Il est évident après tous ce qui a été dit, qu'il n'existe aucune solution valable au problème social sans une réforme des moeurs, sans une conversion des esprits58(*). Pour le cas du Rwanda, il faut donc qu'il y ait aussi une conversion des esprits pour reconstruire la société, pour reconstituer un lien social solide. En effet, l'Église, d'après sa mission, qu'elle a trahi en participant parfois à la destruction du lien social, comme nous avons eu à le démontrer dans les paragraphes précédents, devrait être parmi les premiers à participer à sa reconstruction.

De ce fait , certaines Églises ont effectivement commencé à chercher comment reconstruire le tissu social. A titre d'exemple :

L'Église Catholique :

Elle multiplie actuellement ses actions au sein de la commission chargée de la justice et de la paix appelée :  « Justice et Paix ». Les enseignements de « Justice et Paix » se basent premièrement sur la Parole de Dieu Créateur de l'univers, qui a créé l'homme dans son image (Genèse 1, 27) et qui lui a donné la valeur et l'honneur plus que les autres créatures. L'Église dans l'évangélisation met un accent particulier sur la justice et la paix, surtout dans le 2ème document intitulé « L'Église à nos jours » (Kiliziya muri ibi bihe). En effet, Jésus ne dit-il pas : « Que la paix soit avec vous.» (Jean 20,21), ou encore « Je vous donne ma paix. » Signalons qu'en 1976 une commission de justice et de paix a été créée avec comme objectifs :

- Promouvoir l'enseignement religieux sur la vie sociale ;

- Lutter pour les droits de l'homme ;

- Lutter pour la liberté fondée sur les droits fondamentaux ;

- Stimuler les chrétiens à accomplir les devoirs (missions) leur assignées par l'État sans toutefois contredire l'Évangile ;

- Démasquer ou montrer et lutter impartialement contre tous les obstacles à la vérité et la liberté de l'homme ;

- Aider les victimes de l'injustice à vivre dans la paix (être près d'eux, les écouter et leur donner des conseils) ;

- Etre promoteur de la paix, la justice et la réconciliation.

Eglise Episcopale du Rwanda(E.E.R)

En s'appuyant sur les enseignements bibliques, elle contribue aussi à la reconstruction du lien social en organisant les conférences et les formations des gens dans ce domaine de la justice, de la paix et de la réconciliation. On citera, à titre d'exemple, la formation organisée du 04 au 06 octobre 2004 pour les jeunes sur le thème « Uruhare rw'urubyiruko rukijijwe mu bumwe n'ubwiyunge bw'abanyarwanda n'inkiko gacaca » (la contribution de la jeunesse chrétienne dans l'unité et la réconciliation et les juridictions Gacaca).

L'objectif de cette formation était d'amener ces jeunes à se rendre compte de la contribution qu'ils peuvent apporter à l'effort de l'unité et de la réconciliation nationales. Le formateur s'est beaucoup appuyé sur la Bible, notamment sur le 2ème Épître aux Corinthiens (5 :18)59(*). En ce qui concerne la contribution de l'Église dans les juridictions Gacaca, le formateur s'est référé à la Genèse : 37 et 39 60(*).

C'est donc là quelques exemples qui montrent que les Églises prennent de plus en plus conscience du rôle qu'elles sont appelées à jouer dans la reconstruction du lien social. Nous ne sentons pas la nécessité de reproduire ici tous les exemples que nous avons pu constater, qui sont d'ailleurs presque aussi nombreux que les Églises existantes au Rwanda ; toutes les Églises ayant essayé, surtout après le génocide, de se montrer compatissantes aux malheurs qui se sont abattus sur le peuple rwandais et prêtes à apporter leur concours à l'effort de la reconstruction du lien social. Ceci transparaît notamment dans leurs prédications, dans les formations et enseignements informels qu'elles organisent, dans le soutien apporté à la population notamment par la création de petits projets générateurs de revenus pour les fidèles ( dans l'agri-élevage, par exemple, et dans le petit commerce, dans l'artisanat : ateliers de couture et de menuiserie, etc.), par la construction des écoles gardiennes jusqu'aux instituts supérieurs et aux universités, par l'assistance aux groupes vulnérables (orphelins, veuves, pauvres), par la sensibilisation les détenus, en se servant de la Parole de Dieu, pour les amener à avouer leurs crimes et à demander pardon, etc.

A voir ces exemples, on peut dire qu'il y a, peut-être, des raisons d'espérer qu' au Rwanda, les Églises, et en particulier les nouvelles religions qui nous intéressent dans ce travail, sont prêtes à beaucoup apprendre de la mauvaise expérience qu'a vécu le Rwanda ces dernières années et également à tirer conséquence de certaines défaillances dont elles ont pu se rendre reprochables et, ainsi à participer activement à la reconstruction du lien social. Certaines églises, notamment l'E.E.R., ont pour objectif de restaurer l'homme rwandais dans toutes ses dimensions : corps, âme et esprit . Notre recherche étant basée sur cette Église, il importe d'en faire une petite présentation ; c'est-à-dire donner son historique , ses buts et ses objectifs, son organisation et sa structure, ses patrimoines et ses ressources humaines.

1.3 Présentation de l'Eglise Evangélique de la Restauration

1.3.1 Historique

Au lendemain du génocide rwandais dans lequel ont été impliqués des prêtres et des pasteurs, un groupe de chrétiens appartenant à des Églises différentes, considérant le génocide et les massacres survenus au Rwanda, considérant que ces événements tragiques ont laissé les Rwandais dans la désolation la plus indicible suite à l'extermination de leurs époux et épouses, fils et filles, frères et soeurs, parents et alliés, conscients que le Rwanda ressemble à la vallée que Dieu a montrée à Ézéchiel, vallée remplie d'ossements desséchés complètement secs et fort nombreux, considérant qu'il n'y avait pas seulement les morts enterrés ou jetés dans les fausses communes, mais aussi qu'il y avait des morts vivants, car eux aussi desséchés dans leurs coeurs, brisés et abandonnés, se souciant d'accomplir l'ordre suprême donné par Le Seigneur Jésus Christ d'apporter la bonne nouvelle à toute la nation, ont cherché ce qu'il fallait faire. Ils se posaient des questions suivantes : quelle sera notre contribution ? Quelle sera notre apport? Quels moyens devons-nous mobiliser ? Ils se décidèrent d'utiliser tout ce qu'ils avaient : l'évangile. C'est ainsi qu'ils ont eu l'idée de créer une Église dont l'objectif global est de « restaurer » l'homme rwandais dans toutes ses dimensions : corps, âme et esprit.

La « Restoration Church » a commencé ses activités avec les Pasteurs J.MASASU, T.S. RWAGITINYWA , L. RUCIBIGANGO, etc. , en octobre 1994 et a été agréée par l'État rwandais le 15 mai 1995. Mais le 3 juillet 1997 , la Restoration Church a changé de nom pour devenir l'Église Évangélique de la Restauration (E.E.R) ou l'Evangelical Restoration Church (E.R.C). Pour les fondateurs de l'Église, il fallait procéder au changement de nom parce que le mot « évangéliser » est l'une des missions primordiales de cette Église. Dès son agrément, l'Église va s'implanter de la manière suivante à l'intérieur du pays :

1995  : ERC Kimisagara

1995-1996 : ERC Kacyiru,Butare-ville

1996-1997  : ERC Kabuga , Kibirira, Nyakabanda et Rwamagana

1998  : ERC Bujumbura, Ruhengeri, Gitarama, Nyamyumba

1998-1999 : ERC Kibungo-ville , Kibuye, Cyangugu-ville, Nyamata, etc.

Il faut toutefois signaler qu'actuellement l' ERC est dans toutes les provinces du pays c'est-à-dire dans toutes les villes du Rwanda et, cela fait deux ans qu'elle a aussi commencé à s'implanter dans les campagnes.

Les principales causes de la création de cette Église sont les suivantes :

- les différences de vision, de tradition religieuse, de liturgie et de doctrine qui suscitent des divergences dans la célébration des cultes, dans l'évangélisation et dans le comportement social et éthique ;

- le refus de quelques Églises établies d'agréer les demandes d'adhésion des rapatriés : ils les considèrent comme les « envahisseurs » ;

- les divisions ethniques et courses au pouvoir qui déchirent quelques Églises et qui aboutissent au phénomène des réformes violentes appelé « kubohoza amatorero »

1.3.2 Eglise Evangélique de la Restauration de Butare

Poussé par le souci d'apporter sa contribution à la reconstruction du lien social tel que cela est stipulé dans la grande mission de l'EER, le Pasteur Jean Bosco KABAMBA se décida de descendre à l'intérieur du pays. Il choisit Butare, ville universitaire, parce qu'il se disait que le Rwanda ayant été détruit par les « intellectuels », il fallait commencer par eux pour sa reconstruction. Le premier culte officiel fut célébré dans la salle polyvalente de la province de Butare ( Imberabyombi) le 19 mai 1996. L'objectif de cette première rencontre était « que l'intellectuel connaisse d'abord Dieu », c'est-à-dire que l'intellectuel connaisse d'abord l'évangile dans sa plénitude. Et il fallait mettre un accent particulier sur les enseignements bibliques, la connaissance de ses droits et devoirs.

1.3.3 Mission

la Restoration Church a pour mission de restaurer l'homme dans toutes ses dimensions : corps, âme et esprit et, pour ce faire, l'association s'est fixée les objectifs suivants:

- proclamer l'Évangile du salut conformément aux instructions données par le Christ selon Mathieu 28 :20 et ce, au moyen de prédications, de témoignages, etc.;

- enseigner, former, éduquer les chrétiens pour en faire les disciples de Jésus-Christ, c'est-à-dire former les nouveaux chrétiens par des enseignements bibliques et la prière en vue d'en faire des hommes mûrs au service du Seigneur ;

- offrir aux chrétiens des cadres d'épanouissement spirituel tels que les cellules de prière, les assemblées locales, les centres bibliques, les écoles bibliques et théologiques, etc. ;

- contribuer à la recherche des solutions aux questions liées au développement pour :

· une amélioration du niveau de vie de la population en général et de ses membres en particulier ;

· ériger des oeuvres sociales et charitables tels que les services de santé, d'éducation, d'assistance aux nécessiteux, etc.

Enfin, l'Église vise la restauration des coeurs brisés  « gusana imitima », la réconciliation et l'unité des Rwandais et d'autres peuples, le développement spirituel, culturel, économique et intellectuel. Ses bases doctrinales sont la croyance en Dieu, à la résurrection des justes pour la gloire éternelle dans le royaume de Dieu et au châtiment des impénitents. Le baptême par immersion est le seul qui est admis dans cette Église. Les capacités intellectuelles et spirituelles des chrétiens, leurs ressources matérielles et financières, leurs forces physiques et morales sont des moyens pour atteindre les objectifs de l'Église. Le financement de ses activités provient des offrandes, des dîmes et des cotisations des membres effectifs.

1.3.4 Organisation et structure de l' E.R.C/Butare

L'E.E.R/Butare comprend trois organes :

1. L'Assemblée générale.

2. Le Comité paroissial

3. Le Conseil pastoral

1. L'Assemblée générale

Elle est l'organe suprême de la paroisse, c'est-à-dire son organe de conception, de décision et d'orientation.

a) Les membres de l'Assemblée générale

- Tous les pasteurs ou le Conseil pastoral 

- Le Comité paroissial

- Les délégués membres de l'Église

- Les invités et observateurs éventuels

b) Ses attributions

L'Assemblée générale est chargée de :

- Recevoir et approuver le rapport du pasteur responsable;

- Se prononcer sur les problèmes généraux de la paroisse ;

- Définir les grandes lignes des commissions au sein de la paroisse ;

- Voter le budget annuel sur proposition du Comité paroissial.

- c) Sa périodicité

L'Assemblée générale se réunit une fois par an en session ordinaire, au mois de décembre, sur convocation du Pasteur responsable. En cas d'urgence, une réunion extraordinaire est convoquée endéans 15 de jours. Pour que l'Assemblée générale siège valablement, la majorité des membres est exigée.

2. Le Comité paroissial

C'est l'organe de suivi de l'exécution des décisions de l'Assemblée générale, il se réunit une fois par mois, le dernier dimanche.

a) Sa composition

- le Conseil pastoral

- les responsables des commissions

- les diacres

b) Les membres

Ils sont d'abord membres effectifs de la paroisse et chargés de quelque chose au sein de l'Église ( commission ou ministères, cellules)

3. Le conseil pastoral

C'est l'organe de conception, de concertation et de résolution des problèmes liés à la vie quotidienne de l'Église. Ces problèmes peuvent être d'ordre : spirituel, social ou juridique (les rapports avec les institutions de l'État)

Il est composé de pasteurs et se réunit une fois par semaine pour les réunions d'évaluation, sinon le conseil est opérationnel tous jours.

1.3.5 Le patrimoine et les ressources humaines de l'E.R.C

Les ressources de l'association proviennent des cotisations de ses membres, des dons et des legs de subventions ainsi que des revenus provenant de ses activités.

1.3.5.1 Patrimoine

L'association peut avoir en jouissance ou en propriétés des biens meubles et immeubles nécessaires à la réalisation de son objet.

Les biens meubles et immeubles appartenant au patrimoine de l'association ne peuvent être aliénés que sur décision du Conseil d'administration.

Aucun membre démis, exclu, qu'il soit effectif ou adhérent, ne peut revendiquer un bien faisant partie du patrimoine de l'association.

1.3.5.2 Ressources humaines

Pour recruter son personnel, l'E.E.R se base sur le critère «intellectuel». Pour être responsable d'une paroisse, par exemple, il faut être au moins diplômé d'humanités ou avoir fait des études théologiques ou des formations bibliques.

Ainsi, les pasteurs sont engagés d'office instruits et se doivent de parler diverses langues pour s'adapter à toutes les couches de la population. L'organisation de l'Église locale est congrégationaliste. C'est-à-dire qu'à la base, les structures et la gestion de la paroisse sont conçues de manière à ce que chaque membre ait un rôle à jouer dans les affaires courantes et quotidiennes de sa paroisse. C'est ainsi que la création des commissions, ministères et cellules a été faite, pour la participation de tous, en vue de la croissance des chrétiens et de l'Église en général.

DEUXIEME CHAPITRE : LA PARTICIPATION DES NOUVELLES RELIGIONS A LA RECONSTRUCTION DU LIEN SOCIAL

2.1 Informations relatives aux enquêtés

2.1.1 Présentation du terrain d'enquête

Nous avons effectué notre enquête au sein de l'Eglise Evangélique de la Restauration sise à Butare-Ville. C'est dans la province de Butare, District de Butare-Ville, secteur Butare-Ville.

2.1.2 Univers de l'enquête

L'enquête a été menée auprès des membres de l'Eglise Evangélique de la Restauration afin de recueillir des différentes données sur les quelles nous nous sommes appuyée pour vérifier nos hypothèses (les confirmer ou les infirmer). L'univers d'enquête est constitué de 700 membres de l'Eglise Evangélique de la Restauration.

2.1.3 Construction de l'échantillon

Ne pouvant interroger toutes les 700 personnes, nous avons opté pour un échantillon de type représentatif, et pour ce faire, nous avons utilisé la table de détermination de la taille de l'échantillon d'Alain BOUCHARD

Selon cette table, quand l'univers de l'enquête est inférieur à 1.000.000 individus, on fait correspondre un échantillon de 96 individus avec une marge d'erreur de 10%.

Comme notre univers est bien défini et qu'il est composé de 700 membres, c'est à dire inférieur à 1.000.000 individus, nous avons appliqué la formule appropriée pour trouver la taille de l'échantillon corrigé, cette formule s'énonce comme suit :

Si : est la taille de l'univers

: la taille de l'échantillon pour un univers infini

nc : la taille de l'échantillon corrigé connaissant que l'univers de l'enquête est défini 700 membres.

Nous trouvons nc = n

1+ n

N

nc = N.n

N+n

En remplaçant N et n par leurs valeurs respectives on obtient :

nc = 700x96

700+96 nc = 67200

796

= 84,42

nc = 84

2.2 La collecte des données

2.2.1 Déroulement de l'enquête

Cette enquête a été menée auprès des membres de l'Eglise Evangélique de la Restauration pour nous permettre de recueillir des différentes données sur lesquelles nous nous sommes appuyée pour avancer des conclusions sûres sur l'étude de la contribution des nouvelles religions à la reconstruction du lien social au Rwanda, cas de l'Eglise Evangélique de la Restauration de Butare.

Notre enquête s'est déroulée pendant une période de trois semaines. Par ailleurs nous avons bénéficié de la bienveillance du service de protocole de l'Eglise Evangélique de la Restauration qui nous a aimablement aidé à distribuer et à récupérer les questionnaires.

2.2.2 Les modalités de collecte et traitement des donnés

Les résultats de l'enquête sont présentés sous forme de tableaux d'effectifs et de pourcentages, ces tableaux sont suivis des commentaires en termes d'analyse et d'interprétation. Les informations reçues pendant l'entretien ont été exploitées lors de l'interprétation des données.

2.2.3 les difficultés rencontrées

Les principales difficultés rencontrées sont celles qui résultent de certains répondants qui refusaient catégoriquement de nous répondre, ainsi que ceux qui étaient complètement incapable de nous donner des informations claires(certains membre de l'Eglise). Il est cependant à noter que ces dernières étaient très limitées, de sorte que leur influence n'avaient pas d'incidence sur la pertinence et la qualité des informations susceptibles de généralisation.

2.3 Présentation de la population enquêtée

Tableau 1 : Répartition des répondants par âge

Ages

Effectifs

Pourcentage

1.

16 à 26 ans

40

47.6

2.

27 à 37 ans

27

32.1

3.

38 à 48 ans

12

14.1

4.

49 à 58 ans

5

5.9

Total

84

99.7100

Source : notre enquête, octobre 2004

Figure1 : Répartition des répondants par âge

Ce tableau nous laisse voir que tous les répondants se trouvent dans la tranche d'âge de 16 à 58 ans.

Si notre échantillon comprend plus de jeunes que d'adultes, c'est parce que les membres de l'E.R.C sont majoritairement des étudiants de l'Université Nationale du Rwanda et des élèves des écoles secondaires environnantes. Ainsi, notre échantillon compte 47.6% de répondants dont l'âge varie entre 16 et 26 ans. Ensuite 32.1% dont l'âge varie entre 27 et 37 ans et les personnes dont l'âge entre 38 ans et 48 ans sont au nombre de 12 soit 14.1% et ceux dont l'âge se situe entre 49 ans et 58 ans sont au nombre de 5 seulement soit 5.9 % ceux-ci sont surtout des professeurs ou des enseignants des écoles secondaires.

Tableau 2 : Répartitions des répondants par sexe

N °

Sexe

Fréquence

Pourcentage

1.

Masculin

40

47.6

2.

féminin

44

52.6

Total

84

99.9100

Source : notre enquête, octobre2004

Figure 2 : Répartition des répondants par sexe

Ce tableau et graphique montrent que le sexe féminin est plus représenté par rapport au sexe masculin soit 52.3 % contre 47.6 %.

Tableau 3 : Réparation des répondants par niveau d'études

Niveau d'étude

Fréquence

Pourcentage

1

Analphabète

-

-

2

Primaire

14

16.6

3

Secondaire

30

35.7

4

Supérieur

40

47.6

Total

84

99.9100

Source : notre enquête, octobre 2004

Comme l'indique ce tableau 47.6 % des répondants ont un niveau d'études supérieur en grande proportion par rapport aux 35.7 % qui ont le niveau d'études secondaire et 16.6 % qui ont le niveau primaire. Il n'y a pas d'analphabètes au sein de l'E.R.C

Tableau 4 : Répartition des répondants par profession

Profession

Fréquence

Pourcentage

1

Agent de l'Etat

20

23.8

2

Etudiant

48

57.1

3

Agriculteur

10

11.9

4

Chauffeur

6

7.1

Total

84

99.9=100

Source : notre enquête octobre 2004

Figure 3: Répartition des répondants par profession

Nous voyons dans le tableau et le graphique ci-dessus que le nombre des étudiants est plus grand, soit 57.1 %, les cadres et agents de l'État occupent 23.8%, les agriculteurs sont au nombre de 10 soit 11.9 % et enfin 7.1 % sont des chauffeurs.

Tableau 5 : Répartition des répondants par leur nationalité

Nationalité

Effectif

Pourcentage

1.

Rwandaise

80

95.2

2.

Congolaise

3

3.5

3.

Burundaise

1

1.1

Total

84

99.8=100

Source : notre enquête octobre 2004


Figure4 : Répartition des répondants selon la nationalité

Tableau 6 : Répartition des répondants selon qu'ils étaient au Rwanda pendant le génocide

Réponse

Fréquence

Pourcentage

1

Les répondants qui étaient à l'étranger pendant le génocide

60

71.4

2

Les répondants qui étaient au Rwanda pendant le génocide

24

28.5

Total

84

99.9=100

Source : notre enquête, octobre 2004

Figure 5 : Résidence pendant le génocide

Ce tableau montre que 71.4% des répondants n'étaient pas au Rwanda pendant le génocide de 1994 tandis que 28.5 % y étaient pendant la même période.

Tableau 7 : Répartition des répondants selon leur appartenance

religieuse avant le génocide de 1994 .

No

Eglise

Fréquence

Pourcentage

1

Catholique

70

83.3

2

Eglise vivante

10

11.9

3

ADEPR

4

4.7

Total

84

99.9=100

Source: notre enquête, octobre 2004

Le tableau ci-haut montre que 83.3 % des répondants ont quitté l'Eglise catholique pour adhérer à la l'Eglise Evangélique de la Restauration , 11.9 % étaient à l'Eglise vivante et 4.7 % des répondants appartenaient à l'église ADEPR.

Tableau 8 : Questionnaires administrés et rendus par âge

Ages

Administrés

Rendus

Non rendus

1.

16ans à 26 ans

40

40

-

2.

27 ans à 37ans

27

20

7

3.

38 ans à 48 ans

12

10

2

4.

49 ans à 58 ans

5

5

-

Total

84

75

9

Source : notre enquête, octobre 2004

Tableau 9 : Questionnaires administrés et rendus par sexe

Sexe

administré

Rendus

Non rendus

1

Féminin

44

36

8

2

Masculin

40

39

1

Total

84

75

9

Tableau 10 : Questionnaires administrés et rendus par niveau

d'étude

Niveau d'étude

Administrés

Rendus

Non rendu

1

Supérieur

40

39

1

2

Secondaire

40

24

6

3

Primaire

4

2

2

4

Analphabètes

-

-

-

Total

 

75

9

Source : notre enquête, octobre 2004

Les questionnaires ayant été administrés à 84 personnes qui constituent notre échantillon nous n'avons recueilli que 75 questionnaires remplis, comme le montre les tableaux ci-dessus.

Nous pouvons dire qu'avec les 75 questionnaires recueillis sur 84 administrés, cette enquête à réussi à 89.2 %, soit une perte d'informations de 10.7%.

2.4 Présentation, analyse et interprétation des résultats de l'enquête

Dans cette partie, nous allons présenter les résultats de l'enquête sous forme de tableaux et selon les strates identifiées(age, sexe, niveau d'études)

Par ailleurs les hypothèses sont testées grâce aux indicateurs considérés comme importants dans notre travail.

La qualité des enseignements offerts par l'Eglise Evangélique de la Restauration et la façon dont ces enseignements sont transmis favorisent la reconstruction du lien social par l'ambiance pendant le culte, le style de prédication, l'initiative des ministères, les témoignages et la demande de pardon.

Pour vérifier notre première hypothèse selon laquelle les nouvelles religions dont l'Eglise Evangélique de la Restauration participent beaucoup à la reconstruction du lien social au Rwanda, grâce à la qualité des enseignements qu'elle offrent et à la façon dont ces enseignements sont transmis, nous nous sommes servie des questions dont les résultats sont présentés dans des tableaux suivants :

2.4.1 Les raisons qui poussent les répondants à adhérer à l'Eglise Evangélique de la Restauration

Les raisons qui ont poussé les répondants à adhérer à l'Eglise Evangélique de la Restauration sont multiples comme on peut le constater dans le tableaux ci-dessous.

Tableau 11 : Les raisons qui poussent les répondants à adhérer à l'Eglise Evangélique de la Restauration

Raison

Effectif

Pourcentage

1

Ambiance chaude et active

75

100

2

Bonne réputation

30

40

3

Style de prédication

71

95

4

l'Eglise Evangélique de la Restauration n'a pas participé au génocide

13

17

5

l'Eglise Evangélique de la Restauration nous aide à aimer ce qui est bon et à laisser ce qui est mauvais

9

12

Source : notre enquête, octobre 2004

Figure 6 : Les raisons d'adhésion à l'Eglise Evangélique de la Restauration

D'après ce tableau et ce graphique , il apparaît que 100% des répondants considèrent l'ambiance chaude et active pendant le culte comme la première raison qui pousse les gens à adhérer à l'Eglise Evangélique de la Restauration tandis que 71 sur 75 soit 95 % des répondants attirés par le style vivant de la prédication (gestes, interpellations et sursauts) .Beaucoup de répondants ont expliqué pourquoi le style de prédication à l'Eglise Evangélique de la Restauration est très intéressant. Pour eux, c'est surtout les gestes, les mouvements et les exclamations des pasteurs et des diacres pendant qu'ils prêchent qui les intéressent.

Cela est vérifié encore par l'étude faite en 2001 par RUSHIMISHA N. Romulus, où il étudiait le style communicationnels au sein de la Restoration Church cas de Butare /ville , ses résultats montre que 80 % des enquêtés ont donné les appréciations suivantes : «  le style de prédication à l'E.R.C est très intéressant puisque, en pleine prédication le pasteur sollicite des réactions des fidèles, la façon de prêcher de l'intervenant est comme s'il conversait avec l'assemblée, pendant que le prédicateur apparaît devant l'auditoire, il manifeste d'abord une certaine assurance et la joie. En ce qui concerne le style d'habillement du prédicateur, ces enquêtés estiment qu'il est à la mode et correcte[...]. Le pasteur pendant la prédication est souvent en mouvement et fait des gestes pour appuyer ce qu'il dit »61(*) . cette étude montre que les répondants de tous les sexes, ages, niveaux d'études différents sont satisfaits des styles utilisés à E.R.C

Puis, 30 sur 75 soit 40 % de nos répondants avancent la raison de la bonne réputation qu'ont des nouvelles religions dont l'Eglise Evangélique de la Restauration fait partie. 17% des répondants expliquent leur adhésion à l'Eglise Evangélique de la Restauration par la non participation de cette église au génocide et 12% des répondants disent que l'Eglise Evangélique de la Restauration les aident à aimer ce qui est bon et laisser ce qui n'est pas bon.

2.4.2 Témoignages des fidèles pendant le culte

Tableau 12 : Témoignages des fidèles pendant le culte

Réponse

Effectif

Pourcentage

1.

Nous avons un temps consacré aux témoignages pendant le culte

75

100

2.

Non

-

-

Total

75

100

Source : notre enquête, octobre 2004

Tous les fidèles de l'Eglise Evangélique de la Restauration, c'est-à-dire 75 sur 75 enquêtés ou encore 100% des répondants témoignent leurs expériences vitales pendant le culte comme l'indique le tableau ci -haut.

2.4.3 Importance des témoignages des fidèles pendant le culte

Les témoignages des fidèles pendant le culte ont une grande importance dans la vie de chacun des fidèles de l'Eglise Evangélique de la Restauration. Ces témoignages leur servent en effet, de demander pardon, de s'épanouir, de se réconcilier et de remercier le Seigneur.

Tableau 13 : Importance des témoignages des fidèles pendant le culte

Importance

Effectif

Pourcentage

1

demande de pardon

33

44

2

épanouissement

75

100

3

réconciliation

26

35

4

remercier et s'exprimer devant Dieu

75

100

Source : notre enquête, octobre 2004

Par ce tableau, nous constatons que 75 sur 75 enquêtés, soit 100% des répondants, attachent une grande importance aux témoignages. A travers ceux-ci, ils ont l'occasion de remercier le Seigneur et de s'exprimer devant les hommes et devant Dieu. Un certain nombre d'entre eux, c'est-à-dire 33 enquêtés, soit 44 % des répondants disent que les témoignages leur permettent de demander pardon et 26 enquêtés, soit 35 % de se réconcilier.

Ainsi, nous pouvons dire que pour ces fidèles, les témoignages sont très importants dans la vie quotidienne. Car, la personne qui témoigne s'exprime librement, en plein épanouissement. Autrement dit, il se défoule en se détachant du mal et de tout ce qui était considéré comme un fardeau pour lui. Cela lui permet de demander pardon et de se réconcilier avec Dieu et avec les autres, contre qui il a pêché. Donc, le témoignage est l'un des facteurs d'unité et de réconciliation des adeptes.

2.4.4 Appartenance aux ministères

Au sein de l'Eglise Evangélique de la Restauration il y a quatre ministères ; on y rencontre le groupe des couples, le groupe des mamans, celui des « papas », le groupe des enfants et enfin les jeunes qui se retrouvent dans des chorales notamment. Ces ministères montrent la solidarité entre les fidèles dans l'Eglise Evangélique de la Restauration.

2.4.5 Les leçons tirées des activités des ministères

L'appartenance à tel ou tel autre ministère constitue, comme les témoignages pendant le culte, un cadre qui permet aux fidèles d'avoir une plus grande compréhension de certaines choses de la vie courante et d'acquérir certaines valeurs qui déterminent leur conduite dans la société :

Tableau 14 : Les leçons tirées des activités des ministères

Leçon

Effectif

Pourcentage

1

reconstruction des foyers et du pays

70

93

2

enseignements approfondies basés sur la parole de Dieu

75

100

3

respect envers les autres

23

31

4

conduite à tenir

11

15

Source : notre enquête, octobre 2004

Figure 7 : Les leçons tirées dans les ministères

De ce tableau et graphique nous remarquons que 75 sur 75 des enquêtés, soit 100% des répondants, affirment qu'ils tirent dans les activités des ministères des enseignements approfondies basés sur la parole de Dieu , 70 sur 75 des enquêtés, soit 93% parmi eux, témoignent de l'importante contribution de ces enseignements à la reconstruction de leurs foyers et du pays en général, 23 sur 75 des enquêtés, soit 31% d'entre eux, affirment qu'ils renforcent en eux le sens du respect envers les autres, surtout chez les enfants, enfin 11 sur 75 des enquêtés, soit 15%, pensent que ces enseignements améliorent leur conduite dans leurs propres familles et envers les voisins.

Discussion de la première hypothèse

Vu les résultats présentés dans des différents tableaux, il va sans dire que les nouvelles religions dont l'E.R.C participent beaucoup à la reconstruction du lien social grâce à la qualité des enseignements et de la façon dont ceux-ci sont transmis.

En effet, il suffit de considérer des indicateurs qui vérifient cette hypothèse et d'analyser les réponses de nos enquêtés aux questions posées pour se rendre compte tout naturellement que l'Eglise Evangélique de la Restauration participe beaucoup à la reconstruction du lien social au Rwanda.

Les indicateurs qui nous ont permis de vérifier notre première hypothèse sont les suivants :

- l'ambiance chaude et active pendant le culte

- le style vivant de la prédication

- l'initiative des ministères

- les témoignages des fidèles pendant le culte

- la demande de pardon

En ce qui concerne l'ambiance chaude et active pendant le culte, on se rappellera que les enquêtés ont répondu à 100% qu'ils adhérent à l'E.R .C parce qu'il y a une ambiance chaude et active pendant le culte (tableau 11). Le deuxième indicateur, c'est-à-dire le style vivant de la prédication, attire quant à lui, 71 sur 75 soit 95 %. En effet, beaucoup de répondants, nous l'avons vu (p.49, §3), disent que les éléments qui les intéressent dans ce style de prédication à l'E.R.C sont notamment les gestes, les interpellations, les sursauts, les mouvements et les exclamations des pasteurs et des diacres pendant les prédications.

Pour l'initiative des ministères qui sont au nombre de quatre et dans lesquels ont trouve tous les fidèles, il faut rappeler que l'appartenance à tel ou tel ministère a permis à 100% de nos répondants, soit 75 sur 75 enquêtés d'avoir des enseignements approfondies basé sur la parole de Dieu, 93% parmi eux y trouvent les sources de la reconstruction de leur foyer et du pays , tandis que 31% y trouvent le moyen de renforcer le sens du respect des autres, au moment où 15% affirment tirer de ces enseignements la conduite à tenir dans leurs propres familles et envers leurs voisins.

Concernant les témoignages pendant le culte, les répondants ont affirmé qu'ils y trouvent l'occasion de s'épanouir spirituellement et de remercier le Seigneur et que cela a une grande importance dans la vie de 100% des enquêtés (tableau 13). D'autres répondants disent(tableau 13) que les témoignages pendant le culte leur permettent de demander pardon selon 44% et de se réconcilier d'après 35%.

En considérant donc les indicateurs relatifs à notre hypothèse et les résultats obtenus après l'enquête, il y a lieu d'affirmer que les nouvelles religions dont l'E. R.C, participent beaucoup à la reconstruction du lien social grâce à la qualité des enseignements offerts et à la façon dont ces enseignements sont transmis, ce qui confirme notre première hypothèse.

TROISIEME CHAPITRE : LA CONTRIBUTION DE L'EGLISE EVANGELIQUE DE LA RESTAURATION A L'EPANOUISSEMENT SPIRITUEL ET A L'ENGAGEMENT ETHIQUE

Dans le présent chapitre nous essayons de montrer comment l'Eglise Evangélique de la Restauration à l'instar d'autres nouvelles religions offrent aux chrétiens un cadre d'épanouissement spirituel et d'engagement éthique qui conduisent à la reconstruction du lien social.

L'analyse des informations reçues auprès de nos enquêtés, nous font constater que l'Eglise Evangélique de la Restauration permet l'épanouissement spirituel et l'engagement éthique à ses fidèles grâce aux cellules de prières, à la solidarité entre les membres résultat d'un sentiment de cohésion sociale qui anime tous les membres et l'assistance réservée aux nécessiteux et aux vulnérables.

Nous présentons ci-dessous, les résultats obtenus après notre enquête sous forme de tableaux et de graphiques comme dans la partie précédente :

3.1 Cellules de prière

Les conséquences des enseignements reçus dans les cellules et chambres de prière sont de divers types. Nous les présentons dans le tableau suivant :

Tableau 15 : conséquences des enseignements des cellules de prière

Conséquences

Effectifs

Pourcentage

1.

Compassion

48

64

2.

Pardon

75

100

3.

Amour du prochain

75

100

4.

Patience

75

100

5.

Tolérance

72

96

6.

Intégrité

69

92

7.

Intérêt collectif

38

51

8

Connaître la parole de Dieu

75

100

Source : notre enquête, octobre 2004

Figure 8 : Les conséquences des cellules de prière

Il ressort de ce tableau et graphique que 100% des répondants sont d'avis que les cellules et chambres de prière leur permettent de bien connaître la parole de Dieu, d'apprendre à pardonner, d'avoir l'amour du prochain et de la patience. Ceux-ci sont des signes de l'épanouissement Spirituel. 72 enquêtés, soit 96% des répondants disent qu'ils sont devenus tolérants et 69 enquêtés, soit 92 % se sentent intègres grâces aux cellules de prière, 48 enquêtés, soit 64 % des répondants ajoutent un autre élément, celui de la compassion et 51% l'intérêt pour le bien être collectif.

Ainsi, la réconciliation passe inévitablement par le pardon. Pour ces répondants, pardonner c'est rétablir la relation rompue entre deux êtres humains à cause d'une offense. En effet, les enseignements des cellules de prière de l'Eglise Evangélique de la Restauration permettent aux chrétiens d'avoir et de revivre l'amour du prochain, la tolérance, la compassion et l'intégrité. Ce fait de s'organiser dans les cellules de prière permet aux fidèles d'être unis, car ils s'y réunissent et prient sans tenir compte de leur appartenance ethnique, raciale, régionale ...Cela procure l'unité, la réconciliation et le sentiment de cohésion entre les membres de cette communauté. Ce qui peut amener un avenir meilleur et un développement durable au Rwanda.

3.2 Solidarité entre les membres

Tableau 16 : Solidarité entre les membres

Réponse

Effectif

Pourcentage

1.

Nous avons la solidarité entre nous

75

100

2.

Non

-

-

Total

75

100

Source :notre enquête, octobre 2004

A travers ce tableau nous remarquons que 100% des répondants affirment qu'ils sont solidaires. C'est par la solidarité entre les membres qu'il y a des oeuvres sociaux ou de charité signe d'engagement éthique.

Cependant quand les gens parvient à s'organiser dans les cellules de prières, chambres ou dans les ministères sans tenir compte des différence ethnique, racial, régional,... c'est un signe de solidarité et de la cohésion social (deuil, mariage, naissance, chômage) et cela va se remarquer par certains signes que nous allons dégager ci -dessous.

3.3 Signes de la Solidarité

La solidarité entre les membres se remarque dans le domaine de l'assistance sociale et des conseils.

Tableau 17 : Signes de solidarité

Domaine

Effectif

Pourcentage

1

Assistance sociale

75

100

2

Conseils

75

100

Source : notre enquête , octobre 2004

De ce tableau, il apparaît que 100% des répondants témoignent que leur solidarité se base sur les conseils que les uns donnent aux autres et sur l'assistance sociale qui consiste à assurer les soins médicaux aux malades indigents, à payer les frais scolaires pour les enfants des familles démunies. Un enquêté nous a dit qu'il y a même un confrère qui a pris l'initiative de lui payer le logement. Un autre répondant nous a dit que pour remercier et glorifier le Seigneur qui lui a fait des miracles, il s'est décidé à donner à l'Eglise la dîme 1/10 (icyacumi) et des offrandes sans oublier d'aider les pauvres en leur rendant visite dans leur domicile. Il faut souligner que cette assistance est distribuée sans tenir compte des ethnies, des races, des régions, des religions et de sexe.

3.4 Assistance aux nécessiteux et vulnérables en tant qu'exemple de l'amour du prochain de la compassion et de l'integrité

L'assistance aux nécessiteux et aux vulnérables est réservée aux catégories citées par les répondants que nous présentons dans le tableau et graphiques suivants:

Tableau 18 : Les catégories bénéficiant de l'assistance sociale

Bénéficiaires

Effectif

Pourcentage

1.

Orphelins

75

100

2.

Veuf (veuves)

75

100

3.

Enfants de la rue

63

84

4.

Personnes âgées

22

29

5.

Malades

75

100

Source : notre enquête, octobre 2004

Les catégories bénéficiant de l'assistance

Figure 9 : Les catégories bénéficiant de l'assistance sociale

Il apparaît par ce tableau que 100% des répondants affirment que les catégories qui bénéficient d'une assistance sociale en premier lieu sont des orphelins, les veufs (veuves) et des malades, tandis que 84% mentionnent sont des enfants de la rue et 29% la catégorie des personnes âgées.

Cependant, pour ces répondants, cette assistance aux gens vulnérable et nécessiteux est due à l'amour du prochain, à la compassion, et à l'intégrité. Dans d'autres mots, à l'Eglise Evangélique de la Restauration, les paroles vont ensemble avec des actions. L'amour du prochain doit être accompagné par les aides réservées aux pauvres. Pour identifier ces derniers, on ne se base pas sur les critères de l'idéologie divisionnistes. Autrement dit, on ne se demande pas si telle personne est Tutsi, Hutu ou Twa pour recevoir l'aide. On demande plutôt si elle est parmi les nécessiteux et si elle est vulnérable. Cela va pousser toutes les personnes qui ont des idées divisionnismes de changer leur comportement et leurs attitudes envers ses prochains, surtout qu'ils vont remarquer un bon exemple de ces fidèles. Il faut noter que l'Eglise Evangélique de la Restauration sensibilise, dans ses enseignements, les fidèles à la contribution et à des cotisations pour pouvoir mener à bien cette action.

3.5 Le rôle de l'Eglise Evangélique de la Restauration en général et les groupes de prières dans la reconstruction du lien social

A ce point, nous avons posé la question de savoir le rôle de l'Eglise Evangélique de la Restauration ainsi que les groupes de prières en général. Les réponses reçues provenant des fidèles et de leurs responsables sont assez divergentes  et se présentent comme suit dans le tableau.

Tableau 19 : Le rôle de l'Eglise Evangélique de la Restauration en général et les groupes de prières dans la reconstruction du lien social

Réponse

Fréquence

Pourcentage

1.

l'Eglise Evangélique de la Restauration nous aider à nous unir comme des enfants de Dieu

75

100

2.

Elle nous apprend l'amour, le pardon, la tolérance

75

100

3.

Elle nous enseigne l'unité et la réconciliation pendant le culte

70

83.3

4.

Les responsables montrent aux fidèles que la prière est la meilleure façon de renforcer l'unité nationale

65

77.3

Source : notre enquête, octobre 2004

Ce tableau nous montre que 100% des répondants affirment que l'Eglise Evangélique de la Restauration les aide à s'unir comme les enfants de Dieu. En effet, les fidèles disent que l'Eglise est comme une famille où ils vivent comme des frères et soeurs. L'un parmis eux, nous affirme ceci : «  En Christ, nous sommes des enfants de Dieu (Jean 1 :12-13), donc grâce à la Bible nous nous habituons à nous unir comme les enfants de Dieu, à la reconstruction du lien social comme Dieu et son Fils Jésus Christ sont unis. »

Tandis que 100% des répondants disent que l'Eglise Evangélique de la Restauration les enseigne l'amour, l'unité, le pardon et la tolérance, qui viennent de Jésus. Ils s'expriment dans ces mots : « ainsi nous apprenons à nous aimer les uns et les autres sans tenir compte de l'ethnie, de la religion, de l'origine, de la classe sociale ou autre chose. Quand nous prions ensemble dans l'Eglise Evangélique de la Restauration ou dans les groupes de prière, il n'y a pas de division entre les membres. En un mot, nous sommes unis en Christ et cette unité nous la trouvons grâce à cette église et grâce à ses enseignements. »

Il apparaît par ce tableau que 83,3 % des répondants affirment que la Restoration Church les enseigne l'unité et la réconciliation pendant le culte ils sont exprimés en disant : l'Eglise Evangélique de la Restauration peut déjà se féliciter d'avoir réussi à enseigner l'unité et la réconciliation à ses fidèles, que tout le monde est tranquille au sein de l'E.R.C et qu'il ne reste qu'à profiter de l'amour du prochain, de la tolérance, de la patience, etc. qui sont les fruits des enseignements qu'ils reçoivent. »

Il ressort de ce tableau (à la page précédente) que 77,3 % des répondants sont d'avis que La prière est la meilleure façon de renforcer l'unité nationale. Ils s'expriment :  « la prière est la meilleure façon pour les Rwandais de renforcer l'unité nationale, que seule la parole de Dieu peut apporter l'unité et la réconciliation des Rwandais, qu'aucun obstacle ne peut s'opposer à eux dans la recherche de l'unité et la réconciliation nationale s'ils agissent selon la parole de Dieu. »

D'après les réponses reçues l'Eglise Evangélique de la Restauration doit enseigner à ses membres l'unité et la réconciliation en évitant les idées qui peuvent ramener les gens en arrière et en leur apportant de bonnes preuves qui peuvent aider les membres à mieux construire leurs pays. La l'Eglise Evangélique de la Restauration doit surtout veiller par tout les moyens à ce que l'idéologie génocidaire ne s'introduise en son sein.

3.6 Le rôle des églises à la reconstruction du lien social au Rwanda

A ce point, nous avons posé la question de savoir le rôle des Eglise en général à la reconstruction du lien social. Les réponses reçues provenant des fidèles et de leurs responsables sont assez divergentes  et se présentent comme suit dans le tableau.

Tableau 20 : Le rôle des Eglises à la reconstruction du lien social au Rwanda

Rôle

Fréquence

Pourcentage

1.

D'après leur mission, elles devraient être les premières à se préoccuper de l'unité

75

100

2.

Elles devraient mettre à la lumière du jour les problèmes causés par le génocide enfin de sensibiliser leur membre à l'unité et à la réconciliation

73

86.9

3.

En aidant ce qui ont encore les idées divisionnistes à changer

60

71.4

4.

Elles même devraient être unies

75

100

Ce tableau montre que 100% répondants disent que d'après leur mission, les églises devraient être les premières à se préoccuper de l'unité du peuple rwandais. Pour qu'elles enseignent mieux l'unité 100% des répondants donnent avis que les églises enseigneraient mieux la réconciliation et l'unité si elles sont elles-mêmes réconciliées et unies . 86,9% des répondants les Eglises devraient, mettre à la lumière du jour tous les problèmes causés par le génocide afin de pouvoir sensibiliser leurs membres à l'unité et à la réconciliation, tandis que 71,4% disent que les Eglises devraient aider ce qui ont encore des idées divisionnistes à changer.

Après avoir analyser Le rôle des Eglises à la reconstruction du lien social au Rwanda nous avions en vue de voir quels sont les obstacles rencontrés par ces églises dans la Reconstruction du lien social au Rwanda telles qu'ils sont citer par les répondants ci-dessous.

3.7 Les obstacles rencontrés par les Eglises dans leur contribution à la reconstruction du lien social.

Une question a été posée pour connaître les obstacles rencontrés par les Eglises dans leur participation à la reconstruction du lien social ; les répondants ont donné des avis différents comme se présentent dans le tableau suivant :

Tableau 21 : Les obstacles rencontrés par les Eglises dans leur contribution à la reconstruction du lien social

Obstacles

Fréquence

Pourcentage

1.

Les représentants et même les pasteurs ne se mettent pas ensemble pour combattre le racisme et les idéologies divisionnistes

75

100

2

Les Eglises visent un plus grand nombre d'adhérents plutôt que de centrer leur action sur une véritable conversion de leurs membres

75

100

3.

Les conflits qui existent entre les différentes églises.

72

85,5

4.

certains membres de ces Eglises se conduisent d'une manière qui ne peut pas servir d'exemple aux non convertis

69

82,1

5.

Les Eglises se sont engagées dans une concurrence inutile et incompatible avec la recherche de l'unité nationale ou de l'intérêt collectif

66

75,5

6.

Il y a les gens qui refusent d'aller au culte à cause de la haine et du sentiment d'exclusion

50

59,5

Source : notre enquête, octobre 2004

Ce tableau montre que 100% des répondants disent que les représentants des églises et même les pasteurs ne se mettent pas ensemble pour combattre le racisme et les idéologies divisionnistes tandis que 100 % des répondants reprochent aux Eglises de trop viser un plus grand nombre d'adhérents plutôt que de centrer leur action sur une véritable conversion de leurs membres et 85,5% de nos répondants imputent les difficultés des églises à participer à la reconstruction du lien social aux conflits qui existent entre les différentes églises.

Ainsi, pour 82,1%, les Eglises se sont engagées dans une concurrence inutile et incompatible avec la recherche de l'unité nationale ou de l'intérêt collectif ( « amatorero arapingana aho gushaka icyazana ubumwe bw'abanyarwanda ») et 75,5 % de répondants disent que certains membres de ces Eglises se conduisent d'une manière qui ne peut pas servir d'exemple aux non convertis (« Abakirisitu barangwaho ibibi byinshi bigatuma abadakijiwe batababonamo imbuto zatuma bahinduka ngo bakizwe nabo ») .

Afin 59,5% de nos répondants ont affirmé qu'il y a les gens qui refusent d'aller au culte à cause de la haine et du sentiment d'exclusion des autres qui les habitent par rapport à certaines de leur co-religionnaires. Ils ne veulent pas prier avec leurs « ennemis » et la présence d'un certain nombre de charlatans dans les églises qui font croire qu'ils sont convertis alors qu'il n'en est rien.

Discussion de la deuxième hypothèse

La deuxième hypothèse de notre travail, qui stipule que l'Eglise Evangélique de la Restauration à l'instar des nouvelles religions offrent aux chrétiens des cadres d'épanouissement spirituel et d'engagement éthique qui conduisent à la reconstruction du lien social, a été vérifiée par trois indicateurs à savoir :

- les cellules de prière

- la solidarité entre les membres, entre autre le sentiment de cohésion

social .

- l'assistance aux nécessiteux et aux vulnérables

Pour le premier indicateur, les répondants affirment que des cellules de prière sont très importantes pour la vie d'un chrétien et donnent plusieurs conséquences ; 100% des répondants approuvent que des cellules et chambres de prière leur permettent de bien connaître la parole de Dieu, d'avoir de la patience, l'amour du prochain et le pardon, signes de l'épanouissement spirituel qui favorise la reconstruction du lien social. 72 enquêtés, soit 92% des répondants, avancent qu'ils sont devenus intègres grâce aux cellules de prière à l'E.R.C , tandis que 48 enquêtés, soit 64% des répondants ont vu se développer en eux un plus grand sentiment de compassion, au moment où 51% se sentent portés dans tout ce qu'ils font à tout ce qui vise l'intérêt collectif (tableau 15).

Concernant la solidarité entre les membres, nous avons remarqué que 100% des répondants se disent solidaires (tableau 16) et qu'ils ont un sentiment de cohésion, ce qui favorise la réalisation de beaucoup d'ouvres sociaux qui sont des signes d'engagement éthique.

Selon le troisième indicateur qui est l'assistance aux nécessiteux et aux vulnérables, pour 100% des répondants leur solidarité se base sur les conseils qu'ils se donnent entre eux et sur l'assistance sociale pendant laquelle ils assurent collectivement les soins médicaux aux malades indigents et paient les frais scolaires pour les enfants des familles démunies (tableau 17). Les enquêtés ont répondu à 100% que les catégories qui bénéficient cette assistance en premier lieu sont celles des orphelins et veufs(veuves) tandis que 84 % d'entre eux ont mentionné celles des enfants de la rue ; celle des personnes âgées a été citée par 29% (tableau 18). Ainsi, La deuxième hypothèse se trouve ainsi confirmée.

CONCLUSION GÉNÉRALE

1. Synthèse

La destruction du tissu social et la crise de confiance qui caractérise actuellement le peuple rwandais, les problèmes de justice, les catégories vulnérables en besoin d'assistance etc. sont des problèmes sérieux auxquels fait face toute la société rwandaise.

En ce qui concerne la destruction du tissu social, on sait que le génocide a emporté une partie de la population notamment les Tutsi et les Hutu opposés à l'idéologie génocidaire. Mais le génocide n'a pas seulement occasionné les pertes humaines et matérielles mais il a aussi profondément touché les valeurs culturelles de la société rwandaise telles la solidarité, la tolérance, le respect mutuel et celui de la vie et de la dignité humaine, la justice, l'honnêteté, la confiance, la conscience nationale, la patriotisme etc.

Cependant après ces évènements, les efforts fournis depuis la fin de la tragédie par les différents acteurs de la politique de l'unité et de la réconciliation nationale afin de trouver les voies de sortie de toutes ces difficultés accumulées pendants ces périodes les plus sombres de l'histoire du Rwanda restent insuffisants, raison pour la quelle l'effort de tout rwandais s'avèrent toujours nécessaires y compris les efforts des communautés religieuses et, en particulier les nouvelles religions qui nous intéressent dans ce travail.

L'intérêt d'une étude sur la contribution des nouvelles religions à la reconstruction du lien social au Rwanda est à la fois personnel, académique scientifique et social. En entreprenant ce travail, notre objectif global était : de décrire et d'évaluer la contribution des nouvelles religions à la reconstruction du lien social au Rwanda et les objectifs spécifiques étaient les suivants :

- Dégager le rôle de l'Eglise Evangélique de la Restauration de Butare dans la reconstruction du lien social ;

- Identifier les stratégies utilisées par cette église dans la création d'un espace favorable à l'établissement ou au renforcement du lien social entre ses fidèles ;

- Déterminer dans quelle mesure ses stratégies pourraient être intégrées dans l'élaboration d'une stratégie globale de reconstruction du lien social au Rwanda notamment à travers les implications des communautés religieuses.

Notre recherche a été basée sur deux hypothèses à savoir :

- les nouvelles religions dont l'E.R.C participent beaucoup à la reconstruction du lien social au Rwanda grâce à la qualité des enseignements offerts et à la façon dont ces enseignements sont transmis ;

- l'E.R.C à l'instar d'autres nouvelles religions offrent aux chrétiens un cadre d'épanouissement spirituel et d'engagement éthique qui conduisent à la reconstruction du lien social.

Quant à la méthodologie, notre recherche a eu recours respectivement à des méthodes historiques et à la méthode statique lors de l'échantillonnage ainsi que à la méthode systémique. Pour ce qui est des techniques, il s'agit de la recherche documentaire, l'interview, la technique d'échantillonnage, le questionnaire, l'observation directe.

En nous servant de cette méthodologie, nous avons obtenu des résultats auprès de nos répondants qui sont les membres de l'E.R.C de Butare. C'est à partir de ces résultats que nous avons été capables de vérifier nos hypothèses de départ et de voir si nos objectifs ont été atteints.

Les résultats montrent que nos deux hypothèses sont confirmées. A l'issue de la vérification de nos hypothèses, il a été constaté, en effet pour la première hypothèse, que les enseignements de l'Eglise Evangélique de la Restauration et la façon dont ces enseignements sont transmis favorisent la reconstruction du lien social par l'ambiance chaude pendant le culte, le style de prédication, l'initiative des ministères, les témoignages et le pardon. Pour la deuxième hypothèse, nous avons constaté que l'E.R.C permet l'épanouissement spirituel et l'engagement éthique à ces fidèles grâce aux cellules de prière, à la solidarité entre les membres basée sur un sentiment de cohésion sociale et à l'assistance collective aux nécessiteux et vulnérables.

Sans pour autant prétendre avoir épuisé tous les aspects de notre sujet de recherche, nous pensons avoir contribué, certes de façon modeste, à l'analyse, à la description et à l'évaluation de la contribution des nouvelles religions à la reconstruction du lien social au Rwanda. Ce travail se veut donc être en même temps une invitation lancée à d'autres chercheurs à poursuivre et à approfondir les études qui font encore défaut dans ce domaine.

2. Recommandations

Suite à la contribution des nouvelles religions à la reconstruction du lien social au Rwanda cas de l'Eglise Evangélique de la Restauration de Butare , nos recommandations s'adressent d'abord aux membres de la E.R.C , ensuite aux Responsables de l'E.R.C , à toutes les Eglises du Rwanda et en fin au Gouvernement National du Rwanda.

v Aux membres de la E.R.C de

- Avoir le souci d'une véritable conversion

- Se conduire d'une manière qui serve d'exemple aux nos convertis

- Mettre en action des enseignements reçus

- Accentuer la culture de dire la vérité et d'être un modèle dans la promotion de l'unité et réconciliation afin de permettre la reconstruction du lien social au Rwanda.

v Aux Responsables de l' E.R.C de :

- veiller à travailler ensemble pour la restauration de la paix ,la confiance mutuelle et la réconciliation du peuple rwandais pour aboutir à un développement durable

v A toutes les Eglises du Rwanda :

- les communautés religieuses du Rwanda devraient forger un but commun, en respectant la diversité religieuse et en travaillant ensemble pour construire le Rwanda. Notamment à travers les initiatives de prévention des conflits avec le but ultime que le génocide ne se passe plus au Rwanda. 

- Les leaders et membres de toutes les Eglises devraient avoir l'habitude de dire la vérité et d'être un modèle d'unité et de réconciliation

- Les Eglises devraient participer à la reconstruction du lien social du pays au lieu d'avoir les conflits entre elles. Ainsi elles enseigneraient mieux la réconciliation et l'unité si elles sont elles-mêmes réconciliés et unies

v Au Gouvernement rwandais  :

- soutenir les Eglises dans leur rôle de construction de la paix et de réconciliation pour pouvoir arriver à une reconstruction durable du tissu social rwandais

- Considérer les stratégies utilisées par les Eglises dans le renforcement du lien social et les intégrer dans l'élaboration d'une stratégie globale de reconstruction du lien social au Rwanda à travers l'implication des communautés religieuses

Prospectives pour les recherches futures :

- Le défi des nouvelles Eglises à la reconstruction du lien social.

- L'Eglise le bon chemin vers une reconstruction du lien social efficace.

BIBLIOGRAPHIE

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21. WACH, J., La sociologie de la religion, Paris, Payot, 1955

2.Mémoires

1. NDAGIRO, J.B., Nouveaux mouvements chrétiens de 1990 à nos jours : chance ou défi pour le RWANDA ? ,Faculté de Thélogie Protestante, Butare, 2003

2. RUSHIMISHA, N.R., Étude sur les styles communicationnels au sein de l'Église Évangélique de la Restauration. Cas de Butare/Ville, Butare(U.N.R), 2001

3.RWABARINDA, E., Etat et religion, Bruxelles, 1985

4.MUKANKUBITO A., Le rôle politique de l'Eglise Catholique au Rwanda de 1959 à 1994, Butare(U.N.R), 1999

5.NTAMUTUNGIRO P., Le rôle de la société civile dans la reconstruction du lien social au Rwanda. Cas de la ville de Cyangugu ,Butare(U.N.R), 2003.

3. Notes de cours

1. MUSUL ,K., Sociologie de la religion, Kigali, U.L.K. 2003

2. RWIGAMBA B., Initiation au travail de recherché scientifique, ULK, Kigali, 2000

3. HABIMANA G., Problèmes sociaux contemporains, ULK , Kigali, 2001.

4. Références électroniques

1. http://brises.org/category/E1565D46AD54ee4fea8b97933/article (lien social baccalauréat SES-Sciences économiques et Sociales)02/4/2004

2. « Qu'est-ce que l'Eglise ». http://www.biblecourses.com/fr_books/ec1/fr_frchapter01.pdf 20/12/2004, pp. 3-4

4. Revues et articles

1. MBONYINKEBE S., D., « Le regard critique sur la prolifération des religions », in La Nouvelle Relève n°496 du 13 septembre 2004.

2. Revue du mouvement non - violent de la Région des Grands Lacs,  le prix de la Paix, n°4, janvier -février-2004

3. Revue du mouvement non - violent de la Région des Grands Lacs, le prix de la paix », n°16, -février-Mars 2004

* 1 Sauf dans de rares cas comme celui de l'Église Presbytérienne qui s'est publiquement confessée et repentie en décembre 1996 lors du Synode général de l'Église Presbytérienne au Rwanda ou celui du Conseil Protestant du Rwanda qui a déclaré dans une des conférences que « le génocide constituait un échec non seulement de l'Église du Rwanda, mais aussi de l'Église universelle ». (cf. Gatwa, 2001 :251-252)

* 2VAN GESTAL, C., introduction à l'enseignement social de l'Eglise, Office Général du Livre, Paris,1950, p.11

* 3 Pie XII dans son Encyclique, Ténèbres de la terre cité par C. Van Gestal, op.cit. p.12

* 4 VAN GESTAL, C., Op.cit, p.12

* 5 VAN GESTAL, C., Op.cit, p.13

* 6 VAN GESTAL, C., ibidem

* 7 DE NAUROIS, L., « Église et État » in Encyclopedia Universalis, vol.5, Paris, 1968, p. 1005

* 8 Dictionnaire usuel, Quillet Flammarion, Paris, 1974, p.175

* 9 « Qu'est-ce que l'Église ». http://www.biblecourses.com/fr_books/ec1/fr_frchapter01.pdf

* 10 « Qu'est-ce que l'Église ». http://www.biblecourses.com/fr_books/ec1/fr_frchapter01.pdf

* 11 « Qu'est-ce que l'Église ». http://www.biblecourses.com/fr_books/ec1/fr_frchapter01.pdf

* 12 « Qu'est-ce que l'Église ». http://www.biblecourses.com/fr_books/ec1/fr_frchapter01.pdf

* 13 http://brises.org/category/E 1565d46AD54ee4fea8b97933/article/99 (lien social baccalauréat SES-Sciences économiques et sociales)

* 14 WACH, J., Sociologie de la religion, Payot, Paris, 1955, p.34

* 15 NTAMUTURANO, P., Le rôle de la société civile dans la reconstruction du lien social au Rwanda. Cas de la ville de Cyangugu, U.N.R., 2003, p.37

* 16MUSUL ,K., Cours de Sociologie de la religion, U.L.K, Kigali, 2003 inédit

* 17 DURKHEIM, E., Les formes élémentaires de la vie religieuse, Paris 1912, p.76

* 18 SABINO. A. , E.P., La sociologie des religions , Éd. du Cerf, Paris, 1994, p.36

* 19 Ibidem

* 20 Ibidem

* 21 Ibidem

* 22 SABINO, A.,E., P. ,Op.cit. pp.36-37

* 23 idem. p.38

* 24 Idem. p. 51

* 25 GATWA, T.,  Rwanda : Églises : Victimes ou coupables ?Les Églises et l'idéologie ethnique au Rwanda 1990-1994, Éditions Haho, Lomé,2001, pp. 47

* 26 GATWA, T., op. cit, 2001 p.20

* 27 NDAGIRO J,B. , Nouveaux mouvements chrétiens de 1990 à nos jours, chance ou défi pour le Rwanda ?, Butare, février 2003, p.16

* 28 ibidem

* 29 GATWA, T., Op. cit, 2001, pp. 15-16

* 30GATWA, T., Op.cit, p45

* 31LENDEN, I., Christianisme et pouvoirs au Rwanda(1900-1990), Éditions KARTHALA , Paris, 1999, p.321

* 32 idem, p.322

* 33 GATWA, T., Op.cit, p.90

* 34 ibidem

* 35 GATWA, T., Op.cit,p.91

* 36 ibidem

* 37 idem, p.92

* 38 idem,p.92

* 39 LINGUYENEZA, V., cité par NDAGIRO ,J , Nouveau mouvement chrétiens de 1990 à nos jours, chance ou défi pour le Rwanda ?,U.N.R , Butare, 2003, p.17

* 40 R.ERPICUM , cité par GATWA, T., Op.cit, p.128

* 41 LINGUYENEZA, V, cité par NDAHIRO , J. , Op.cit , p.17

* 42 GATWA, T., Op.cit, p.21

* 43 ibidem

* 44 NDAHIRO ,J., Op.cit, p.18

* 45 Ibidem

* 46 ibidem

* 47 GATWA, T., Op.cit, p.46

* 48 NDAGIRO, J., Op. cit., p.11

* 49 NDAGIRO, J., Op. cit., p.11

* 50 ibidem

* 51 Ibidem

* 52 NDAGIRO, J., Op.cit., p.11

* 53 NDAGIRO, J., Op. cit., p.12

* 54 NDAGIRO, J., Op.cit., p.13

* 55 Selon J. NDAGIRO, le mot dérive du verbe « kubohoza » qui signifie « délier ce qui est lié, détacher ce qui est attaché(chèvre), défaire ce qui est tressé(natte), libérer un captif ou délivrer un prisonnier ». Ce verbe a connu une évolution sémantique dans le temps et pendant le génocide le terme « kubohoza » a eu différents sens : délivrer, libérer, voler ou piller, s'approprier temporairement. Cf. NDAGIRO, op.cit.,p.13

* 56 KÄMANA, Foi Chrétienne, crise africaine et reconstruction de l'Afrique : sens et enjeux des théologies africaines contemporaines, collection  Défi Africain, Éditions CETA/HAHO/CLE , 1992 , p.100

* 57 ibid. p .15

* 58 Van Castel, C., Introduction à l'enseignement social de l'Église : traduit par Bourgy, Paris, Office Général du livre,1950 , p.11

* 59 Le passage porte sur la réconciliation  il dit ceci : « Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ et qui nous a donné le ministère da la réconciliation

* 60 Dans ce passage on parle comment Joseph à été vendu par ses frères et afin comment ils se sont réconciliés

* 61 RUSHIMISHA, N.R , Etudes sur les styles communicationnels au sein de l'Eglise Evangélique de la Restauration. Cas de BUTARE/VILLE , U.N.R ,2001,70






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