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Etude sur les problèmes liés à  la consommation des drogues dans la commune urbaine de Kamenge. Cas du quartier Kavumu

( Télécharger le fichier original )
par Samuel UWIMANA
Université espoir d'Afrique (Hope Africa University ) Burundi - Licence en service social et développement communautaire 2011
  

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ETUDE SUR LES PROBLEMES LIES A LA CONSOMMATION DES DROGUES DANS LA COMMUNE URBAINE DE KAMENGE : CAS DU QUARTIER KAVUMU

par

Samuel UWIMANA

Mémoire

Présenté à la Faculté des Lettres et Sciences

Département du Service Social et Développement Communautaire

En remplissant partiellement les conditions requises pour l'obtention du Diplôme

de

LICENCE EN SERVICE SOCIAL ET DEVELOPPEMENT COMMUNAUTAIRE

à

L'UNIVERSITE ESPOIR D'AFRIQUE

Bujumbura, Burundi

Novembre 2011

DECLARATION

Je déclare que ce mémoire est mon travail original et n'a jamais été présenté dans aucune institution universitaire pour l'obtention d'un titre académique.

Samuel UWIMANA

Signature ............................................. Date : le, ......../........./2011

Ce mémoire a été rédigé sous la direction de :

Directeur de Mémoire

Didace SUNZU (DESS)

Signature ............................................. Date : le, ......../........./2011

Codirecteur de Mémoire

Nicaise MINANI (M)

Signature ............................................. Date : le, ......../........./2011

ii

AVANT PROPOS

La consommation des drogues est un problème au Burundi comme partout ailleurs dans le monde. Dans le présent document, nous montrerons les problèmes liés à la consommation des drogues dans la commune urbaine de Kamenge en Mairie de Bujumbura (Quartier Kavumu).

L'objectif principal de cette recherche est d'analyser les problèmes liés à la consommation des drogues dans cette commune, plus précisément dans le quartier Kavumu.

Notre étude a pour objectif spécifique de montrer les effets liés à la consommation des drogues.

Cette recherche a été guidée par les questions de recherches suivantes :

Quels sont les facteurs à la base de la consommation des drogues ?

Quels sont les effets liés à la consommation de la drogue ?

Après la collecte, l'analyse et l'interprétation des données trouvées dans le quartier Kavumu, nous concluons que les objectifs fixés ont été atteints et que les questions posées sont correctes.

A la fin de ce document, nous formulons quelques suggestions afin d'éviter aux consommateurs des drogues de continuer la consommation des stupéfiants.

iii

DEDICACE

Ce travail est dédié avec célébrité et appréciations :

A mes chers parents,

A mon épouse,

A mes frères et soeurs,

A mes enfants,

A ma famille élargie,

A tous ceux qui me sont chers.

iv

REMERCIEMENTS

Je tiens d'abord à rendre grâce au Seigneur Dieu, le Tout Puissant qui m'a protégé depuis ma naissance jusqu'à présent.

Mes vifs remerciements s'adressent aussi à mes parents qui m'ont soutenu moralement et matériellement dès mes études primaires, secondaires et universitaires jusqu'à la réalisation de ce travail.

Mes remerciements sont adressés à Son Excellence Monseigneur Dr. Elie A. BUCONYORI, le Recteur de l'Université Espoir d'Afrique (U.E.A) de nous avoir accordé la possibilité d'étudier dans l'Université dont il assure la responsabilité ainsi qu'à tous les Professeurs de l'Université Espoir d'Afrique ; plus particulièrement ceux du Département du Service Social et Développement Communautaire pour la formation qu'ils nous ont donnée.

Je tiens également à remercier Monsieur Didace SUNZU, Directeur de mémoire, qui, malgré ses préoccupations multiples, s'est donné corps et âme pour la réalisation de ce travail. Je remercie également Monsieur Nicaise MINANI, Codirecteur de mémoire pour ses conseils si importants.

Avant d'achever notre travail, il nous est fort agréable de présenter nos sincères remerciements à l'endroit de toutes les personnes morales ou physiques qui ont contribué de près ou de loin à son élaboration.

Je leur aussi dis merci.

v

LISTE DES ABREVIATIONS

LSD  : Abréviation du nom allemand Lysergsäure diäthylamid = L'acide Lysergique

Diéthylamide ;

OMS  : Organisation Mondiale de la Santé

PA  : Personnes Alcooliques

PF  : Personnes Fumeurs

SIDA : Syndrome de l'Immunodéficience Acquise

THC  : Tétrahydrocannabinol

U.E.A  : Université Espoir d'Afrique

VIH : Virus de l'Immunodéficience Humaine

vi

LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES

Tableau n° 1 : Chiffres de mortalité par cancer du poumon en fonction du tabac 26

Tableau n° 2 : Prévalence du tabagisme chez les adultes et les jeunes dans certains pays

durant l'année 2004 31

Figure n° 1 : Mécanisme de la relation entre l'usage de substances psychoactives et les

problèmes sanitaires et sociaux 36

Tableau n° 3 : Présentation de l'échantillon 46

Tableau n° 4 : Les raisons qui poussent les gens à consommer de l'alcool 46

Tableau n° 5 : Les raisons qui poussent les gens à consommer du tabac et du chanvre 47

Tableau n° 6 : Quantité de nourriture prise par jour 47

Tableau n° 7 : Les raisons d'admission de nos enquêtés à l'abus des drogues 48

Tableau n° 8 : Les effets liés à la consommation des drogues selon les répondants 49

vii

TABLE DES MATIERES

DECLARATION DE L'ETUDIANT ii

AVANT PROPOS iii

DEDICACE iv

REMERCIEMENTS v

LISTE DES ABREVIATIONS vi

LISTES DES TABLEAUX ET FIGURES vii

TABLE DES MATIERES viii

CHAPITRE I

PROBLEMATIQUE DE LA RECHERCHE 1

Historique des drogues 1

Définition de la problématique 4

Les objectifs de l'étude 9

Délimitation de l'étude 9

Limitation de l'étude 10

Justification de l'étude 10

Questions de recherche 10

Elucidation des concepts 10

viii

CHAPITRE II

REVUE DE LA LITTERATURE 13

Les catégories d'alcooliques 14

Les buveurs sociaux 14

Les buveurs situationnels 14

Ceux qui boivent suite à des problèmes 15

Les buveurs épisodiques 15

Les buveurs alcooliques 15

La toxicomanie 15

Les drogues couramment consommées et les causes d'en abuser 16

Quelques différentes sortes de drogues couramment utilisées 16

L'alcool 16

L'acide lysergique diéthylamide 17

Le cannabis 18

Le tabac 18

Les opiacés 19

Les somnifères, sédatifs et anxiolytiques 19

Les stimulants 20

Les facteurs engendrant le développement de la toxicomanie 20

Drogue 20

Environnement 21

Caractéristiques des personnes menacées 21

ix

Les causes d'abus des drogues 21

Influence de la société 21

Physiologie et hérédité 22

Influence spirituelle 22

La pression exercée par un camarade ou un groupe 23

Drogue : solution de désespoir 23

Changement d'identité chez les jeunes 23

Curiosité 24

Ignorance 24

Aliénation 24

Transformation des structures sociales 25

Urbanisation et chômage 25

Dangers de consommation des drogues 25

Dans l'organisme 25

Dans la société 27

Pour le système digestif 27

Pour la nutrition 28

Pour le système nerveux 29

La dépendance 29

Signes de la dépendance alcoolique 32

Etat de manque 32

Delirium tremens 32

Signes matinaux de manque 33

x

Autres signes qu'on peut rattacher au besoin d'alcool 33

Les conséquences sociales de l'alcoolisme 34

Le VIH/SIDA et les toxicomanes 37

Le traitement d'un alcoolo - dépendant 38

La détoxication 38

La réhabilitation 39

CHAPITRE III

METHODOLOGIE ET PROCEDURE DE LA RECHERCHE 40

La désignation de la recherche 41

Le cadre de la recherche 41

Choix de la population d'étude et échantillon 41

Instruments de collecte des données de la recherche 42

Techniques et instruments de collecte des données 43

Techniques d'analyse des données 44

CHAPITRE IV

PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION DES DONNEES 45

Présentation et analyse des données 45

Interprétation des données 50

Vérification des questions fondamentales 51

xi

CHAPITRE V

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS 52

Conclusion 52

Recommandations 55

LISTE DES REFERENCES 58

ANNEXE A : Lettre de demande d'accès aux ressources d'informations 62

ANNEXE B : Guide d'entretien de la recherche 63

ANNEXE C : Questionnaire en Français 64

ANNEXE D : Questionnaire en Kirundi 67

xii

CHAPITRE I

PROBLEMATIQUE DE LA RECHERCHE

Historique des drogues

Depuis la nuit des temps, la race humaine a toujours fait usage des stupéfiants pour des raisons diverses. A titre d'exemple, le chanvre indien est considéré comme une plante médicinale aux effets thérapeutiques légendaires.

Les chanteurs, comme le célèbre BOB Marley le roi du Reggae, prennent de la marijuana pour égayer leurs fanatiques lors des concerts en public. Les Rasta, fument du haschisch pour oublier les problèmes de ce monde des vivants.

Aujourd'hui, force est de constater que beaucoup des drogues même les plus raffinées, sont de consommation courante dans notre pays ; le Burundi.

La drogue est l'une des plus vieilles découvertes du monde. En effet pour chaque siècle passé, nous avons pu constater l'apparition de plusieurs substances différentes. A la découverte de l'Amérique, les hommes considéraient les drogues comme des épices, synonyme de richesse et abondance.

1

2

C'est pourquoi, ils ont décidé d'aller à la découverte de multiples autres épices vers la République Dominicaine pour en acquérir. Cependant, ils n'ont pas découvert d'épices, ils ont découvert de nouvelles drogues telles que le coca, le tabac, le chocolat ainsi que les champignons hallucinogènes. Par exemple, le cannabis, une drogue interculturelle l'une des plus vieilles drogues du monde était utilisée en 1849 par l'industrie maritime pour en faire des vêtements, du cordage ou des voiles. Il s'agissait du chanvre indien de la famille du cannabis sativa. De plus, au tournant de 1900, il y avait 75% du papier mondial qui était fait à partir du cannabis. Au fil du temps les différentes drogues ont connu plusieurs utilités, lors des fêtes, de certains rites sacrés ou comme produit médicinal.

Les drogues peuvent être d'origines naturelles, issues de plantes à drogues cultivées (pavot, cannabis, coca, etc.) ou spontanées (divers champignons et plantes hallucinogènes) ou d' origine synthétique, produites entièrement en laboratoire. (Pascal LE REST, 2001).
A l'antiquité s'observait l'utilisation des plantes psychotropes ( chanvre, coca) ou leurs produits ( opium). Ensuite, à partir du 18ème siècle, on a d'abord extrait grossièrement leurs principes actifs, les alcaloïdes, avant d'être en mesure, au 19ème siècle, de les purifier puis de les reproduire en laboratoire. Enfin, des drogues de synthèse imitant plus ou moins les substances naturelles ont été élaborées au début du 20ème siècle. Le chimiste Allemand Dreser synthétise une nouvelle substance encore plus puissante, l'héroïne, qui est mise sur le marché en tant que médicament en 1898. L'industrie pharmaceutique, à la recherche de nouveaux produits à commercialiser, soutient ces recherches. La compagnie Bayer, dont l'héroïne est une marque déposée, lance une campagne publicitaire en 1898 pour l'héroïne qui est présentée comme une médication « héroïque » de la tuberculose, « dépourvue de propriétés d'accoutumance, d'une manipulation très aisée, et par dessus tout, la seule capable de guérir les morphinomanes ».

3

La généralisation de sa prescription dans un grand nombre d'indications peu ou pas adaptées à ses propriétés pharmacologiques banalise son usage au début du 20ème siècle et fut à l'origine d'innombrables cas de toxicomanies.

La cocaïne apparaît en Europe à la même époque. Elle est découverte par le chimiste Allemand Albert Niemann en 1859 à partir des feuilles de coca rapportées du Pérou. Elle est décrite chimiquement par Wilhelm Lossen en 1862. La cocaïne est tout comme la morphine accueillie par le monde médical avec beaucoup d'enthousiasme. Elle est administrée comme traitement d'un grand nombre d'infections, comme désintoxiquant contre l'alcoolisme ou encore comme tonique (elle entre dans la formule du Coca - Cola).

Freud préconise la cocaïne, dans un texte publié en 1884, dans les troubles les plus variés tels que l'indigestion, la cachexie et l'impuissance, mais surtout le morphinisme et l'alcoolisme.

Les médecins contribuèrent fortement à l'introduction et au développement des substances psychoactives en Europe. Celles - ci sont perçues comme des remèdes miracles et sont prescrites comme traitement dans une multitude de pathologies. Au 19ème siècle, l'opium constitue l'essentiel de la pharmacopée.

De nos jours, les drogues constituent  un  problème de société suffisamment sérieux, en particulier sur le plan de la santé publique, sur le plan judiciaire et sur le plan économique, pour que plusieurs organes spécialisés de l'Organisation des Nations unies s'en occupent exclusivement et que les états y consacrent une part importante de leurs ressources.

4

Dans les rapports antiques, on mentionne des opiacés comme médicament contre des douleurs et des diarrhées ou moyen d'intoxication. Au 17ème et 18ème siècle, la culture de chanvre a été encouragée en Europe. En Amérique du Nord, des gouvernements ont toléré la consommation de cannabis comme drogue. A partir du 17ème siècle, dans le secteur Est - Asiatique, fumer l'opium est devenu un problème à la fois sanitaire et économique. Par les progrès scientifiques de la chimie au début du 19ème siècle, les agents chimiques de la plupart des drogues naturelles pouvaient être analysés. En 1821, Tscheppe a examiné la structure chimique du cannabis, en 1898 l'entreprise Bayer d'Allemagne a fabriqué d' héroïne au traitement des dépendants de morphine, 1938 Albert Hofmann a synthétisé l'alcaloïde LSD arrivant de l'ergot du blé.

Définition de la problématique

L'alcool est la drogue la plus répandue et la plus ancienne. Il est obtenu par fermentation des sucres naturels des grains ou des fruits. L'alcool propre à la consommation s'appelle alcool éthylique ou éthanol. Sous sa forme pure, c'est une substance incolore qui donne une sensation de brûlure en cas d'ingestion. L'usage de l'alcool est caractérisé par la tolérance et une dépendance psychique et physique.

Une diminution brutale de l'usage fait apparaître des effets de sevrage comme : angoisse, inquiétude, tremblements, sueurs abondantes, et insomnie. On constate parfois aussi un sentiment d'être suivi et des hallucinations.

Selon la définition scientifique ou pharmacologique essentielle, l'alcool est une substance qui par sa nature chimique, agit sur la structure ou le fonctionnement de l'organisme vivant (Helen NOWLIS 1975, 23).

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Les effets d'alcool sont fonction de l'interaction entre l'alcool et l'individu tel que celui - ci peut être défini psychologiquement, physiologiquement et socialement.

Les drogues sont, avant toute chose, une production culturelle. Les produits toxiques utilisés par l'homme aujourd'hui sont très rarement à l'état brut dans la nature. Ainsi donc, pour que les hommes puissent se droguer, il faut qu'ils puissent avoir réfléchi sur les effets d'un produit. Même si les plantes sont considérées comme ayant des effets secondaires, elles sont travaillées, affinées par les hommes pour donner naissance à un produit provoquant des états de consciences non ordinaires et, finalement, la recherche de l'homme se fait tout autant dans l'affinement du produit apportant des effets secondaires spécifiques que dans celle de l'expérimentation de l'état d'altération de conscience (Pascal LE REST, 2001).

Les drogues produisent des substances similaires à l'endorphine. L'endorphine étant, par définition, une substance endogène, mise en évidence dans l'hypothèse, qui joue dans l'inhibition de la douleur, un rôle analogue à celui de la morphine. C'est pour cette raison que les toxicomanes souffrent beaucoup quand ils ne trouvent pas de drogue.

L'usage de l'alcool s'insère dans des pratiques et valeurs collectives, des limites socialement établies. Celui qui franchit ces limites s'expose à la réprobation, voire à la répression légale dès lors qu'il peut représenter un danger pour le corps social. Parler de consommation normale d'alcool, du bien - boire, est une autre façon de parler des valeurs qu'une société se donne.

Parler d'une consommation normale ne relève pas d'une réalité quantitative concernant exclusivement l'individu mais rend compte de valeurs normatives d'ordre collectif. Qu'il s'agisse des manières de boire ou de la nature des boissons consommées, le même comportement peut être interprété ou non comme une transgression selon l'endroit et l'instant où il a lieu (Helen NOWLIS 1975, 19).

6

Les premières drogues sont apparues chez les plantes ou dans certaines de leurs parties à la suite d'une co - évolution du règne végétal et du règne animal. Au cours des années trente, on découvrit certaines amines extraordinaires (amphétamine, dexamphétamine, métamphétamine) apparues en vente libre dans les pharmacies, et censées soigner les congestions nasales, les nausées, l'obésité, la dépression, et le surdosage d'hypnotiques. Grâce à leur puissant effet euphorisant, ils étaient utilisés contre toutes sortes d'affections liées à l'état dépressif.

Un apprenti toxicomane se voit contraint et forcé d'augmenter ses doses de poison jusqu'à ce que celles - ci le réduisent en esclavage. C'est l'itinéraire implacable et sans échappatoire qui conduit au pire ; il aboutit à la décadence ou l'abaissement de l'esprit et du corps, à la déchéance, et quelquefois à la mort (Yves SALGUES, 1994).

Parler de l'alcool dans une culture donnée n'est pas chose facile : sa consommation appartient au quotidien, et en raison de cette familiarité elle reste, de façon paradoxale, malaisée à déchiffrer. Les substances ayant pour effet de modifier la conscience sont présentes dans toutes les civilisations et leur usage a toujours été rehaussé d'ambiguïté. De la même façon, les manières de boire et les façons dont on se présente l'alcoolisation sont diverses et complexes ; elles varient d'une société à l'autre et au sein d'une même société (Pascale ANCEL - Ludovic GAUSSOT 1998, 18).

Le terme « alcoolisation » exprime la manière de consommer de l'alcool, sans connotation morale ni référence aux conséquences psychologiques ou physiologiques sur le corps humain.

On ne peut jamais dire que tel alcool produit tel effet. Tout alcool a des effets multiples et ceux - ci varient d'une dose à une autre, d'un individu à l'autre, d'un moment à l'autre chez le même individu (Helen NOWLIS 1975, 24).

7

Les drogues ont pour objet d'accéder à un état non ordinaire de conscience. L'intérêt des drogues est de permettre aux hommes d'échapper à leur condition de mortel, au principe de réalité, pour un temps aussi court soit - il. Elles confèrent, au cours d'un instant donné, un sentiment de puissance, voire de toute puissance.

Les drogues offrent à l'homme la capacité de se sublimer, d'accéder à un état d'euphorisation, de réflexion, de méditation ou un état d'exacerbation de certaines pulsions.

Elles lui révèlent qu'il peut échapper à la condition de l'homme ordinaire dans son état quotidien.

On peut spéculer sur les effets de l'usage d'un produit, s'attendre à éprouver du plaisir et être confronté, en réalité, à quelque chose de déplaisant, voire de franchement désagréable. Il n'empêche que c'est la recherche initiale de plaisir qui motive les expérimentations.

Mais la consommation des drogues, comme l'alcool, renvoie aussi à la question de la mort, à la recherche des limites, à la compréhension des bornes du vivant, au frisson ressenti sur le fil de la vie, au bord du gouffre, du vide. Cette question est importante à l'adolescence et doit obtenir des réponses qui, bien sûr, peuvent être élaborées sans recourir aux drogues.

La consommation des drogues, renvoie tout autant à la question de la violence car les effets secondaires, entraînés par l'usage des produits toxiques licites ou illicites, confrontent l'usager à des violences sur lui - même ou sur les autres (Pascal LE REST, 2001).

La « drogue », dans le sens d'Hippocrate et Gallien, est capable de « vaincre » le corps par elle - même et de produire, à des doses infimes par rapport à celle des aliments, d'importantes modifications organiques, ou psychiques, ou les deux à la fois.

8

Une drogue en soi n'est rien. Elle n'existe que dans son rapport à l'homme. C'est l'homme qui lui donne du sens. C'est l'homme qui les trouve, les produit, les raffine, les commercialise, les autorise ou les interdit, les met en rites, en mythes, en sens ou en défiance. Elles ne peuvent donc être pensées qu'en lien avec lui, qui les crée (Antonio Escohotado 1995, 11).

L'usage de drogues n'est pas stigmatisé et n'est pas encore perçu comme un fléau. L'attitude favorable du corps médical, qui prescrivait volontiers mais faisait également un usage privé des drogues, a fortement contribué à ce phénomène. Parallèlement à l'utilisation médicale, un usage hédoniste des drogues apparaît. L'opiomanie se développe de façon importante à partir du 19ème siècle. De nombreuses fumeries semi - clandestines se multiplient en France notamment après la colonisation de l'Indochine. L'opiophilie se développe dans les cercles artistiques et intellectuels, sous forme de la consommation d'opium fumable, et dans le milieu médical, sous forme d'opium ingéré. Lorsque la médecine généralisa le recours à la morphine par voie injectable, l'opiophagie diminua, mais en rapport avec les conquêtes coloniales françaises et une certaine fascination pour l'Extrême - Orient, l'usage d'opium fumé se banalisa dans les milieux militaires et artistiques. La drogue est alors définie comme un moyen d'exploration de la conscience. Plusieurs intellectuels mettent en avant l'importance des substances psychotropes en faveur de la créativité. On peut par exemple citer Les confessions d'un mangeur d'opium anglais, ouvrage de Thomas de Quincey traduit en français par Alfred de Musset.

Les drogues naturelles ont déjà été utilisées dans l'histoire précoce des peuples pour les clients de bien - être, des rites religieux, mais également à la production d'une intoxication et d'une euphorie.

9

Les objectifs de l'étude

Objectif général

L'objectif général de cette étude est d'analyser les problèmes liés à la consommation des drogues dans la commune urbaine de Kamenge, plus précisément dans le quartier Kavumu.

Objectif spécifique.

Dans notre étude, l'objectif spécifique sera de montrer les effets liés à la consommation des drogues :

Dans l'organisme ;

Dans la société ;

Pour le système digestif ;

Pour la nutrition ;

Pour le système nerveux.

Délimitation de l'étude

Notre étude s'intitule : « Etude sur les problèmes liés à la consommation des drogues dans la commune urbaine de Kamenge : cas du quartier Kavumu ». Le concept « drogue » couvre un champ trop vaste et complexe. Il faut donc en circonscrire les limites sur la toxicomanie dans la commune urbaine de Kamenge. En plus, notre étude va se concentrer sur les cas sociaux et les marginaux.

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Limitation de l'étude

La consommation des drogues se fait dans les différents quartiers de la Mairie de Bujumbura. Etant donné que notre recherche demande assez de temps et voir même beaucoup de moyens, nous nous sommes limités sur une portion de la commune urbaine de Kamenge (Quartier Kavumu) afin d'obtenir des meilleurs résultats.

Justification de l'étude

Le quartier Kavumu de la commune urbaine de Kamenge n'a pas été choisi par hasard comme cas d'étude. Ce quartier héberge beaucoup des consommateurs des drogues ; et cette étude contribue à montrer aux lecteurs de ce document les problèmes liés à la consommation de ces drogues.

Questions de recherche

La boussole et la charpente de ce travail reposent sur deux questions fond amentales :

Quels sont les facteurs à la base de la consommation des drogues ?

Quels sont les effets liés à la consommation des drogues ?

Elucidation des concepts

Alcool

Selon LAROUSSE : Le Dictionnaire du Français, l'alcool est « un liquide obtenu par la distillation du vin et d'autres liquides ou jus fermentés » (LAROUSSE : Le Dictionnaire du Français 1997, 11).

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Drogues

D'après la définition de l'OMS, la drogue est « une substance, qui, une fois consommée, oblige la personne qui la prend à l'utiliser de plus en plus » (OMS 1995. Journée Mondiale sans Tabac : le tabac, c'est plus cher qu'on croit).

Selon la définition scientifique ou pharmaceutique essentielle, une drogue est « une substance qui, par sa nature chimique, agit sur la structure ou le fonctionnement de l'organisme vivant » (Helen NOWLIS 1975, 23).

Selon Larousse Médical, la drogue est « un produit d'origine animale, chimique ou végétale, utilisé comme ingrédient dans une préparation médicamenteuse ».

C'est aussi « une substance pouvant produire un état de dépendance physique et/ou psychique et engendrer une toxicomanie, quel qu'en soit le type » (Larousse Médical 2003, 316).

Selon HACHETTE : le Dictionnaire du Français, la drogue est « la matière première employée pour les préparations pharmaceutiques, pour la teinture » (Hachette 1989, 523).

Selon le Dictionnaire Larousse, la drogue est «une  substance pouvant modifier l'état de conscience, stupéfiant » (Dictionnaire Larousse).

Dépendance

Selon Larousse Médical, la dépendance c'est « l'état résultant de l'absorption périodique ou continuelle d'une drogue » (Larousse Médical 2003, 281).

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Dépendance physique

On est dépendant physiquement lorsque le corps s'est accoutumé à l'usage d'un produit à tel point que les symptômes chimiques apparaissent lorsqu'on en est privé.

Selon Larousse Médical, la dépendance physique se traduit par des troubles organiques dès que la drogue cesse d'être consommée : c'est l'état de manque caractérisé par des vomissements, des crampes, une angoisse intense, etc. (Larousse Médical 2003, 281).

Dépendance psychique

C'est la nécessité parfois irrépressible d'utiliser un produit et la sensation de mal - être que l'on ressent tant qu'on ne l'a pas utilisé.

Selon Larousse Médical, la dépendance psychique se traduit par le besoin de consommer des drogues modifiant l'activité mentale. L'abstinence provoque un désir compulsif, tyrannique, de recourir de nouveau au produit (Larousse Médical 2003, 281).

Toxicomanie

Selon Larousse Médical, la toxicomanie est « une habitude de consommer de façon régulière et importante des substances susceptibles d'engendrer un état de dépendance physique et/ou psychiques » (Larousse Médical 2003, 1048).

Toxique

Selon Larousse Médical, le toxique est « un produit ou substance nocifs pour l'organisme » (Larousse Médical 2003, 1052).

CHAPITRE II

LA REVUE DE LA LITTERATURE

L'alcoolisme est une maladie tout à fait différente des autres pathologies physiologiques car elle est causée par le fait de s'adonner au breuvage alcoolique. Le changement physique, émotionnel et social s'accumule progressivement avec la prise continue de l'alcool.

Souvent, un alcoolique est considéré comme un désespéré et un marginal (l'agent de la déviance sociale).

Selon Elena dans son ouvrage ABC - Drogues, les drogues sont très variées et ne se consomment pas de la même manière.

Il y a les drogues en liquide, les drogues en poudre, les drogues en comprimés et les drogues en feuilles (Elena 2005, 2).

Selon la matière dans laquelle elles sont composées, les drogues se consomment différemment. Il y a les drogues à boire comme les boissons alcoolisées, d'autres à fumer comme le tabac, d'autres encore à avaler comme les comprimés (les amphétamines, le cannabis, l'acide lysergique diéthylamide) et les drogues à injecter dans les veines à l'aide des seringues (cocaïne, héroïne).

13

14

Toutefois, l'alcoolisme, l'usage abusif ou non circonstancié de somnifères ou de calmants sont des dépendances qui répondent aux mêmes mécanismes très dangereux de l'accoutumance et de la dépendance que les drogues dites dures.

La consommation de tabac a, de nos jours, gagné le monde entier. Une force est à l'oeuvre, qui explique la propagation de cette épidémie. Ce n'est ni un virus, ni une catastrophe naturelle. Cette force procède de l'homme et c'est la force économique. C'est la recherche du profit qui fait passer le bien - être financier de quelques sociétés avant la vie des centaines de millions d'individus. Pour enrichir quelques uns, elle fait payer à l'humanité tout entière un prix qui, au fur des années, ce chiffre en centaines de milliards de dollars et en millions de vies (OMS 1995. Journée Mondiale sans Tabac : le tabac, c'est plus cher qu'on croit).

Pour connaître les causes ou facteurs qui sont à la base de ce phénomène, il est bon d'identifier d'abord les différentes catégories d'alcooliques et les facteurs engendrant le développement de la toxicomanie.

Les catégories d'alcooliques

On distingue cinq catégories d'alcooliques :

Les buveurs sociaux

Les buveurs sociaux se sont des personnes qui prennent des quantités modérées d'alcool comme moyen de maintenir leur amitié et socialisation.

Les buveurs situationnels

Ce sont des buveurs qui consomment de l'alcool dans des occasions spéciales pour s'adapter et s'ajuster dans les groupes des amis.

15

Ceux qui boivent suite à des problèmes

Des tels buveurs consomment de l'alcool pour se faire oublier leurs problèmes. Exemple : Quelqu'un qui a vécu des moments difficiles, perte des parents suite à la guerre, ...

Les buveurs épisodiques

Ce sont des buveurs qui ne consomment pas d'alcool fréquemment, qui le font après une longue période et boivent sérieusement. De tels buveurs sont de fois difficiles à réhabiliter.

Les buveurs alcooliques

Ce sont ceux qui souffrent déjà de la toxicomanie. Leurs centres du système nerveux nécessitent de l'alcool pour fonctionner. Sans alcool, ils sont misérables et boivent sans contrôle.

La toxicomanie

La toxicomanie, c'est la rencontre d'un individu et d'un toxique ; rencontre si forte que l'individu ne peut plus se passer de ce fléau : placé sous sa dépendance absolue, il en a besoin à tout instant.

D'après l'OMS, la définition stricte de la toxicomanie correspond à quatre éléments:

Une envie irrépressible de consommer le produit ; Une tendance à augmenter les doses ; Une dépendance psychologique et même parfois physique ; Des conséquences néfastes sur la vie quotidienne (OMS, 2005).

16

Enfin selon wikipédia, l'encyclopédie libre,

« la toxicomanie comprend toutes les addictions comme l'alcoolisme, le tabagisme, la cocaïnomanie, l'héroïnomanie et la morphinomanie entre autres, même si l'addiction est variable selon les produits et selon les prédispositions individuelles ». ( www.wikipédia.com, 2005).

Dans les représentations collectives dominantes, un toxicomane, c'est une personne qui ne se fait pas accepter, qui dérange, qui ne pense qu'à jouir, qui ne cherche que son plaisir propre. C'est quelqu'un qui cherche à différencier les hommes. Un toxicomane n'est pas forcément celui qui consomme les drogues les plus dures. Le toxicomane est un délinquant. Il est un délinquant parce que, simplement, la loi le dit comme tel.

Les drogues couramment consommées et les causes d'en abuser

Quelques différentes sortes de drogues couramment utilisées

L'alcool

L'alcool est sans doute la drogue la plus disponible et accessible dans le monde entier. Elle est buvable et ses premiers effets sont les suivants : euphorie discrète conduisant à l'intoxication et à la désinhibition.

L'utilisation prolongée d'alcool peut entraîner des modifications organiques qui se manifestent par des symptômes physiques et psychologiques. En l'occurrence, il y a la mort des cellules hépatiques et cérébrales, la cardiopathie et l'engorgement des vaisseaux sanguins.

17

L'alcool produit une dépendance physique et la tolérance se développe à un stade avancé. Tout prouve que la dépendance face à l'alcool a un lien héréditaire. Il ressort d'études que les enfants de grands buveurs ont, une fois adultes, des problèmes face à l'alcool (OMS 1991 - 2000. Les infirmières face à l'abus des substances, 6).

Au niveau mondial, la consommation d'alcool par habitant a augmenté puisque la croissance de la production et de la consommation de boissons alcoolisées a généralement été plus rapide que la croissance démographique. Deux tiers de la production est le fait de l'Europe et des Etats - Unis. Des pays en développement sont devenus une cible privilégiée pour écouler la production excédentaire de l'occident (OMS 1991 - 2000. Les infirmières face à l'abus des substances, 6).

L'acide lysergique diéthylamide (LSD)

Couramment appelé « acide » est un hallucinogène de synthèse dérivé de l'acide lysergique. Il est généralement absorbé par voie orale mais peut aussi être prisé ou injecté. En raison de sa grande puissance, des doses minimes sont efficaces.

Les utilisateurs des LSD et d'autres hallucinogènes avancent de nombreuses raisons pour justifier leur consommation. Certains parlent du désir de modifier leur perception des choses, d'autres cherchent à pénétrer leur subconscient et en fin de compte à se connaître. Le LSD n'a aucune utilisation thérapeutique couramment accepté (OMS 1991 - 2000. Les infirmières face à l'abus des substances, 6).

18

Le cannabis

La marijuana et le haschisch sont obtenus à partir du chanvre (cannabis sativa). Le tétrahydrocannabinol (THC) est le principal ingrédient hallucinogène qui modifie l'humeur et la perception. Le cannabis ou la marijuana peuvent être fumé soit sous forme de cigarettes roulées à la main, soit dans des pipes spéciales. Le cannabis se fume dans tous les groupes sociaux et à âges divers et serait la drogue illicite la plus couramment utilisée.

Ceux qui la consomment avancent diverses raisons : la curiosité, les pressions sociales, etc. Le THC et les autres constituants du cannabis sont testés pour être éventuellement utilisés dans le traitement de l'asthme, de l'épilepsie, du glaucome et de la nausée provoquée par des médicaments chimiothérapeutiques contre le cancer. L'utilisation clinique du cannabis à ces fins reste à prouver (OMS 1991 - 2000. Les infirmières face à l'abus des substances, 7).

Le tabac

Tout prouve que fumer des cigarettes est une cause de maladie chez les fumeurs et, par le tabagisme involontaire (passif), également chez ceux qui n'ont jamais fumé. La fumée de cigarettes sous forme de gaz et de particules contient des milliers d'agents dont beaucoup peuvent endommager les tissus et entraîner des maladies.

Le tabagisme pendant la grossesse entraîne un épaississement des membranes du placenta et la formation des plus petits vaisseaux sanguins dans le placenta, ce qui nuit au transfert de gaz et des éléments nutritifs dans le placenta. Les femmes qui fument font plus souvent des fausses couches et les enfants morts - nés sont plus nombreux (OMS 1991 - 2000. Les infirmières face à l'abus des substances, 7).

19

Les opiacés

L'opium apparaît soit sous forme de gros morceaux brun foncé, soit sous forme de poudre. Il est généralement pris par voie orale ou fumé.

Immédiatement après l'injection intraveineuse de l'opiacé, l'utilisateur a une sensation de plaisir qui donne lieu à un état de gratification duquel la faim, la douleur ou les besoins sexuels sont absents.

L'utilisation régulière de l'opiacé entraîne une accoutumance, d'où la nécessité d'augmenter les doses pour produire les mêmes effets. Les utilisateurs chroniques peuvent devenir psychologiquement et physiquement dépendants des opiacés (OMS 1991 - 2000. Les infirmières face à l'abus des substances, 8).

Les somnifères, sédatifs et anxiolytiques

Au cours des trente dernières années les anxiolytiques (tranquillisants légers) ont de plus en plus été prescrits par les médecins dans un certain nombre de cas. La catégorie d'anxiolytiques la plus couramment prescrite est celle des benzodiazépines.

Depuis le début des années soixante, les benzodiazépines représentent plus de la moitié du total des ventes des tranquillisants au niveau mondial. Les anxiolytiques se présentent sous forme de capsules ou de comprimés de diverses tailles, doses, formes et couleurs. Ils sont aussi disponibles sous forme des solutions pour être injectés. Une dose thérapeutique diminue l'anxiété et aide à lutter contre l'insomnie (OMS 1991 - 2000. Les infirmières face à l'abus des substances, 9).

20

Les stimulants

La cocaïne, substance cristalline blanche, était autrefois considérée en occident comme une drogue des classes aisées, une « drogue de riches » ; elle est depuis peu utilisée beaucoup plus couramment dans les diverses couches sociales.

Les drogues du groupe des amphétamines peuvent être injectées, prisées, avalées ou fumées.

Les amphétamines sont une substance de synthèse qui, comme la cocaïne, stimulent le système nerveux central et donnent à l'utilisateur l'impression subjective d'une grande énergie et quelquefois d'une force (OMS 1991 - 2000. Les infirmières face à l'abus des substances, 9).

Les facteurs engendrant le développement de la toxicomanie

Selon ROLF Wille, les résultats d'études scientifiques sur la consommation de drogues par les jeunes montrent qu'il n'existe aucun trouble de la personnalité pouvant être spécifiquement désigné comme signe précurseur ou comme cause propre de la toxicomanie (ROLF Wille 1996, 24).

Facteur du développement de la toxicomanie selon ROLF Wille

Drogue :

Disponibilité ; 

Facilité d'accès ;

Toxicité.

21

Environnement :

Parents : laxisme ;

Style d'éducation : trop sévère/trop tolérant ;

Cercle d'amis : opinions favorables sur la drogue.

Caractéristiques des personnes menacées :

Défiance en soi ;

Absence de compétences ;

Difficulté à communiquer ;

Absence de critique de la drogue ;

Propension à la consommation ;

Absence de perspectives professionnelles.

(Source : ROLF Wille 1996, 26).

Les causes d'abus des drogues

Influence de la société

Notre société est entourée des produits qui sont sensés rendre notre vie très facile et plus agréable. Ces produits qui tentent de satisfaire à certains plaisirs reçoivent une identification fonctionnelle par l'usage qui en est fait dans le monde des adultes.

Les motifs qui poussent à utiliser ces objets de plaisir sont divers et parfois même paradoxaux.

22

La consommation des drogues et alcool est également conditionnée par divers facteurs culturels. Ne confier aux jeunes qu'une responsabilité limitée au sein de la société peut aussi avoir une influence sur la vision qu'ils peuvent avoir de la consommation d'alcool ou des drogues.

Physiologie et hérédité

Des chercheurs relèvent que la plupart des gens ont tendance à hériter une vulnérabilité sévère d'alcoolisme en comparant des enfants des non - alcooliques, les fils et filles des parents alcooliques sont de plus en plus exposés au risque de devenir alcooliques à l'âge adulte.

C'est la même chose que lorsque les enfants des non - alcooliques sont adoptés par les parents alcooliques. Juste après la naissance, ces enfants ne manifestent pas la vulnérabilité grande à l'alcoolisme.

Influence spirituelle

La plupart des gens grandit dans les familles où il n'y a plus des croyances et instructions nécessaires pour le développement spirituel.

Le matérialisme, le plaisir personnel et le succès de la vie leur deviennent les dieux. Lorsque ceci échoue de les satisfaire, ils connaissent considérablement des stress et sentiment de désolation, ils prennent recours aux drogues et à l'alcool.

Nous devons sincèrement reconnaître que les êtres humains ont le besoin inné d'être dans la vraie relation avec Dieu.

23

La pression exercée par un camarade ou un groupe

Dans un milieu des jeunes où s'introduit l'une ou l'autre drogue s'exercent des pressions pour convertir celui qui ne l'en a pas encore touchée. Un usager de drogue ou tout un groupe va tenter de tourner en dérision tous ceux qui n'en prennent pas.

De même une pression peut s'exercer pour faire passer un membre du groupe de la Marijuana à une autre drogue plus puissante et l'engager ainsi dans la voie de l'escalade.

L'usage des drogues ou de l'alcool devient un moyen d'affirmer son appartenance à une culture des jeunes, d'adolescents et de se différencier catégoriquement du monde des adultes qu'ils se méfient et rejettent.

Drogue : Solution de désespoir

L'abus de drogues ou d'alcool devient une réaction à un trouble émotionnel profond manifesté chez certaines personnes plongées vers les drogues en percevant plus ou moins clairement qu'il s'agit d'un comportement auto - destructeur. Mais les concernés évitent le moment crucial du geste suicidaire proprement dit.

Changement d'identité chez les jeunes

Les jeunes font beaucoup d'expériences dans beaucoup des domaines. A ce moment là, certains tentent l'expérimentation de la drogue ou de l'alcool pour marquer la virilité ou le suivisme.

24

Javier Pérez dit que,

« les motifs qui poussent à l'usage des stupéfiants sont aussi divers que

ceux qui se droguent. L'une des plus grandes difficultés, lorsque l'on

cherche à combattre l'abus des drogues, consiste à en identifier la

cause » (Javier Pérez 1990, 18)

L'auteur ajoute que certains des facteurs qui influent le plus directement sur l'abus des drogues sont :

Curiosité : La première impression, et son effet sur l'usager, influe

beaucoup sur la suite des événements (Javier Pérez 1990, 18).

Ignorance : A mesure que l'abus des drogues s'est propagé dans le

monde, des mythes se sont perpétués et la réalité a souvent été

déformée et tournée en ridicule (Javier Pérez 1990, 19).

Aliénation : L'être humain a apparemment besoin d'un sentiment

d'appartenance, que ce soit à une famille, à une tribu, à une

communauté ou à un pays. Quiconque se sent isolé s'efforce

habituellement de trouver un groupe auquel il puisse s'insérer. Etre

bien accueilli dans un nouvel environnement où l'usager des drogues

est accepté pour avoir des résultats désastreux tant pour l'individu que

pour la société dans son ensemble (Javier Pérez 1990, 19).

25

Transformation des structures sociales : L'un des principaux facteurs

qui conduisent à l'abus des drogues est la détérioration ou la

transformation des structures sociales existantes. Cette détérioration ou

cette transformation inquiétante de la trame de la communauté ou de la

famille, cet abandon des valeurs établies peuvent orienter certains vers

le chemin dangereux qui mène à un abus croissant des drogues

(Javier Pérez 1990, 19).

Urbanisation et chômage : Dans bien des régions du monde,

l'exode des populations rurales qui vont en ville chercher du travail ou

une vie meilleure se poursuit. Souvent, ces migrants rencontrent

certains obstacles pour la première fois. La séparation des parents et la

disparition des valeurs traditionnelles et des structures familiales

peuvent engendrer un sentiment de solitude, d'isolement et de désespoir

(Javier Pérez 1990, 19).

Dangers de consommation des drogues

Dans l'organisme :

Trouble mentale ;

Hallucination ;

Cancer ;

Dépendance ;

Cirrhose du foie ;

Altération des organes de sens : vue, goût ouïe, odora.

26

Le tableau suivant montre les chiffres de mortalité par cancer du poumon en fonction du tabac pour les fumeurs et les non - fumeurs de la cigarette :

Tableau n° 1 : Chiffres de mortalité par cancer du poumon en fonction du tabac

Nombre de cancers du poumon pour 100.000 habitants

· Non fumeurs

· Fumeurs de pipe ou de cigares

· Fumeurs de cigarettes :

o Moins d'un paquet par jour

o Plus d'un paquet par jour

9

9

30

120 (jusqu'à 360)

(Source : I. Rotsart de Hertaing et J. Courtejoie 1974, 42) 

Le constant en est que les non - fumeurs ont malgré tout des cancers du poumon. Ce n'est pas étonnant. Ils respirent aussi la fumée de leurs voisins fumeurs, ou encore ils absorbent un air pollué par des fumées d'autres origines, et aussi fort toxiques comme les cuisines traditionnelles au bois et non ventilées, feu de bois toute la nuit dans la maison, échappement des véhicules, fumées d'usines, etc. (I. Rotsart de Hertaing et J. Courtejoie 1974, 43).

27

Au cours d'une conférence publique organisée le 29 Mai 2007, au centre d'Information des Nations Unies à Bujumbura,

« le public a été informé qu'au Burundi la prévalence du tabagisme chez les jeunes étudiants est de 12,4% dans les écoles secondaires et de 14% à l'université du Burundi. Selon les rapports de l'OMS, environ 700millions d'enfants, soit près de la moitié des enfants du monde, respirent de l'air pollué par la fumée du tabac, surtout à la maison » (Centre d'Information des Nations Unies, 2007)

Dans la société :

La jeunesse étant le pilier de la société, la consommation de la drogue par les jeunes a des répercutions sur la société :

De nombreuse agression ;

Développement du banditisme ;

Viol et assassinat ;

Trafic illicite et contrebande.

(Source : http://www.carrefourinternet.com/blog)

On peut citer aussi : les dangers pour le système digestif, les dangers pour la nutrition et les dangers pour le système nerveux.

Pour le système digestif :

L'alcool est utilisé en médecine comme « antiseptique », c'est - à - dire pour son pouvoir de détruire toute forme de vie, que ce soit sous forme microbienne ou cellulaire.

28

On comprend donc la toxicité pour les organes de la digestion, et tout d'abord pour l'estomac. Les alcooliques souffrent ainsi d'inflammation durable de la paroi de l'estomac (gastrite chronique), car à chaque apport d'alcool, des nombreuses cellules sont tuées et doivent être remplacées (I. Rotsart de Hertaing et J. Courtejoie 1974, 11).

Le foie lui aussi est soumis au même régime, puisque l'alcool va rapidement dans le sang et il est alors transporté vers le foie. En cas d'une ivresse très grave (ivre - mort), 90% des cellules du foie sont mortes et la vie est alors mise en danger (I. Rotsart de Hertaing et J. Courtejoie 1974, 13).

Pour la nutrition :

Ces dangers sont également multiples :

Si la nutrition est bonne, l'apport d'alcool a pour résultat un excès d'apport de calories (Brochure illustrée n°21, Editée à Kangu). L'ensemble des entrées dépassant les sorties, le surplus de calories disponibles va se transformer en graisse (lipide), et être mise en dépôt un peu partout dans l'organisme : c'est le mécanisme de l'obésité (Brochure illustrée n°21, Editée à Kangu).

Mais souvent les calories apportées par l'alcool viennent prendre la place des autres aliments : l'alcool contribue ainsi à la malnutrition. L'alcoolique manque donc fréquemment de protéines, de vitamines et de minéraux (Brochure « Nutrition », Editée à Kangu).

Pour le système nerveux :

On sait que les carences nutritionnelles et spécialement en vitamines du groupe B sont capables de troubler le fonctionnement des nerfs et du cerveau. L'alcoolique en souffre fréquemment, car la digestion de l'alcool exige de grandes quantités de vitamines B1.

29

Il se plaint ainsi de toutes sortes de névralgies (douleurs le long des nerfs), des maux de tête, de tremblements, etc.

Mais l'influence sur le système nerveux est bien plus grave encore. La toxicité de l'alcool s'exerce sur le cerveau, comme sur les autres organes. Elle commence d'abord par suspendre le fonctionnement de cellules cérébrales les plus délicates.

Si la quantité de l'alcool augmente, des signes bien connus de l'ivresse se déclarent. De l'intoxication aiguë à l'alcool : comportement incohérent, bruyant et parfois brutal.

La dépendance

L'histoire de la notion de dépendance alcoolique est aussi philosophique car le concept de dépendance prend naissance au 18ème siècle dans l'affrontement d'idées au sujet des rapports complexes qu'entretiennent le désir et la volonté (Alain CERCLE 1998, 13). L'approche empirique de Jessor vise non seulement les alcoolisations adolescentes mais aussi l'ensemble des « comportements à problèmes » à l'âge préadulte. Il s'agit des comportements ordinairement délictueux ou réprouvés dans une culture donnée.

Concernant les jeunes générations, ces comportements sont l'objet d'un contrôle social formel ou informel (usages des produits illicites, conduites sexuelles réprouvées, vol, ivresse, ...).

En général, l'accès du jeune au statut de buveur d'alcool est accompagné et même précédé par une baisse des valeurs accordées aux reconnaissances scolaires et académiques, une moindre religiosité, une plus grande tolérance à la déviance, une valorisation accrue de l'indépendance, une moindre implication avec les parents et les amis qui respectent les normes parentales, une fréquentation croissante des buveurs ...

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En bref, il est vérifié que l'alcoolisation juvénile s'accompagne d'une valorisation des conduites anticonventionnelles, et cette valorisation est d'autant plus accélérée que l'alcoolisation est précoce (Alain CERCLE 1998, 83 - 85).

Les adolescentes, en particulier, affirment consommer de l'alcool pour améliorer leur humeur et leur confiance en elles, diminuer la tension, gérer leurs problèmes, perdre leurs inhibitions. Les adolescents, pour leur part, font usage d'alcool et de drogue pour améliorer leur statut social.

Les autres facteurs qui influencent leur décision de boire ou non de l'alcool ont trait à la génétique, à la personnalité, aux troubles psychiatriques, à un comportement suicidaire, aux attentes face à l'alcool, au milieu de vie et aux expériences traumatisantes.

La désintoxication aux drogues et à l'alcool est l'action d'amener l'individu à travers la phase des symptômes du sevrage des drogues ou de l'alcool dont il abuse.

Fumer peut mener au cancer des poumons, aux maladies cardiaques et à la mort du fumeur. Mais aussi la fumée de cigarette pollue l'environnement et met en danger la santé des proches du fumeur.

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Tableau n° 2 : Prévalence du tabagisme chez les adultes et les jeunes dans certains pays durant l'année 2004

Pays

Consommation annuelle de cigarettes par habitant

Fréquence du tabagisme (%)

Adultes

Jeunes

Hommes

Femmes

Hommes

Femmes

Argentine

Bolivie

Chili

Chine

Etat - Unis d'Amérique

Ghana

Indonésie

Jordanie

Kenya

Malawi

Mexique

Pérou

Pologne

1.495

274

1.202

1.791

2.255

161

1.742

1.832

200

123

754

1.849

2.061

46,8

42,7

26,0

66,0

25,7

28,4

59,0

48,0

66,8

20,0

51,2

41,5

44,0

34,4

18,1

18,3

4,2

21,5

3,5

3,7

10,0

31,9

9,0

18,4

15,7

25,0

25,7

31,0

34,0

14,0

27,5

16,2

38,0

27,0

16,0

18,0

27,9

22,0

29,0

30,0

22,0

43,4

7,0

24,2

17,3

5,3

13,4

10,0

15,0

16,0

15,0

20,0

(Source : OMS 2004. Neurosciences : usage de substances psychoactives et dépendance, 8)

32

L'usage de l'alcool, du tabac et des substances réglementées s'accroit rapidement et contribue de manière importante à la charge de morbidité mondiale.

Le tableau n° 2 indique la fréquence du tabagisme chez les jeunes et les adultes dans un certain nombre de pays. Le tabagisme s'étend rapidement dans les pays en développement et chez les femmes. Actuellement, 50% des hommes et 9% des femmes des pays en développement fument, contre 35% des hommes et 22% des femmes des pays développés (OMS 2004. Neurosciences : usage de substances psychoactives et dépendance, 8).

Signes de la dépendance alcoolique

Etat de manque

L'état de privation apparaît quand un « alcoolo - dépendant » se trouve privé d'alcool pendant quelques heures par le sommeil, un accident, une hospitalisation, une décision de s'abstenir, ...

Delirium tremens

Est le sommet de l'état de manque avec l'agitation incessante de tremblement généralisé, la confusion mentale, l'agressivité, l'insomnie, les hallucinations terrifiantes aggravées par les sueurs, la déshydratation.

D'après Larousse médical, c'est le syndrome cérébral organique, le plus souvent aigu, susceptible d'accompagner diverses affections, et associant une perturbation de la conscience, de l'attention, de la mémoire, de la perception de soi et de l'environnement, de la pensée, du sommeil et des émotions. (Larousse Médical 2003, 277).

Spontanément, le delirium tremens dure deux à dix jours en cas de suivi.

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Signes matinaux de manque

Ceux - ci sont d'une intensité que le prédelirium mais ils sont plus fréquemment observés parce qu'ils les précèdent. Ils cèdent après un ou deux verres d'alcool au bout d'une demi - heure.

Le tremblement : Il est le plus répandu. Il peut être assez intense, il peut empêcher l'écrivain à écrire ;

L'angoisse : Elle est aussi fréquente mais elle est cachée ; c'est une angoisse terrible, apparue avec la dépendance. Par son intensité, elle est bien différente de l'anxiété qui pouvait exister intérieurement ;

Les sueurs, les nausées, les vomissements, ...

(Source : OMS 1991 - 2000. Les infirmières face à l'abus des substances, 14)

Autres signes qu'on peut rattacher au besoin d'alcool

La tolérance : Son premier sens est que le buveur acquiert une sorte d'entraînement, il tient l'alcool de mieux à mieux. Il n'est pas à considérer comme dépendant parce qu'il reste capable de modération. Le second sens est que le buveur est obligé d'augmenter la dose pour obtenir l'effet exigé ; qui n'est plus un plaisir ;

L'échec des décisions de modération : C'est une expérience commune à tous les alcoolo - dépendants. Cela commence par l'incapacité répétée de s'arrêter après le 2ème et le 3ème verre ;

Le retour du désir d'alcool ;

Au fil du temps s'affirme une souffrance de cet esclavage, et un désespoir de s'en sortir.

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Les conséquences sociales de l'alcoolisme

Comme nous dit Otto Ritter : On ne devient pas fou parce qu'on se drogue : on se

drogue parce qu'on est fou.

Comprenant davantage le mécanisme d'action de l'alcool, nous pouvons mieux mesurer ses conséquences sociales :

L'habitude de prendre de l'alcool une fois installée, le corps s'adapte quelque peu à l'alcool, et présente une certaine tolérance. Autrement dit, pour retrouver la même euphorie, le buveur doit boire de plus en plus d'alcool : il est prisonnier d'un cercle vicieux.

A la longue, la dépendance s'installe et il ne peut plus vivre sans alcool. Il ne vit plus que pour cela, et tombe dans la déchéance, tant physique que morale. Il devient incapable de se contrôler.

Souvent sa famille ne l'intéresse plus. Son rendement au travail n'arrête pas de baisser. Il est fréquemment absent au travail du fait qu'il reste toujours fatigué ou malade. Il se dispute avec tout le monde et se retrouve seul. Il peut causer des accidents, au travail ou sur la route.

Il ne voit plus le monde « qu'à travers des fonds de bouteilles ». Il est devenu un poids pour toute la société, à laquelle il coûte de plus en plus cher. Il dépense beaucoup, ne gagne pas bien sa vie et demande des soins médicaux répétés.

L'alcoolisme est donc un fléau social à tout point de vue. Ses effets sont directement contraires aux objectifs du changement social, et nous devons lutter pour le supprimer.

Sur le plan social, d'une part, les effets provoqués par l'usage de drogues modifient la perception de la réalité et altèrent les tentatives d'échange avec une réalité extérieur, perçue de manière erronée.

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D'autre part dès que s'installe un phénomène de dépendance, l'usager place en priorité la recherche de drogue réduisant de fait ces relations sociales. Ce phénomène est l'un des obstacles au sevrage puisque l'usager doit non seulement surmonter sa dépendance mais aussi retisser des liens sociaux.

Signalons également que l'abus de ces drogues conduit le preneur à des actes irréfléchis comme les bagarres (aux bars surtout) qui peut aboutir aux tueries, viols, accidents de roulage, etc. (World Association of Girl Guides and Girl Scouts, 2008).

L'usage des substances psychoactives peuvent aussi entrainer les problèmes au niveau de la santé et au niveau social.

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Figure 1 : Mécanisme de la relation entre l'usage de substances psychoactives et les problèmes sanitaires et sociaux

Modes et comportements

de consommation des Quantité

substances psychoactives

Effets psychoactifs

(Intoxication)

Effets toxiques et autres

effets biochimiques Dépendance

Affections Accidents/ Problèmes Problèmes

chroniques traumatismes sociaux sociaux

(affections aiguës) aigus chroniques

(Source : OMS 2004. Neurosciences : usage de substances psychoactives et dépendance, 13)

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Les principaux effets nocifs de l'usage des substances pschoactives peuvent être répartis en quatre catégories. Les affections chroniques viennent en premier. Concernant l'alcoolisme, ce sont la cirrhose hépatique et une foule d'autres maladies chroniques ; concernant le tabagisme à la cigarette, ce sont le cancer du poumon, l'emphysème et diverses affections chroniques.

Viennent ensuite les effets biologiques aigues ou à court terme de la substance. C'est notamment le cas de la surdose avec les opioïdes et l'alcool. Dans cette catégorie, on classe également les accidents dus aux effets des substances psychoactives.

La troisième et la quatrième catégorie d'effets nocifs induits sont les dommages sociaux dus à l'usage des substances psychoactives : difficultés sociales aiguës, telles que l'interruption brutale d'une relation ou l'arrestation, et difficultés sociales chroniques, telles l'incapacité de remplir les obligations professionnelles ou familiales (OMS 2004. Neurosciences : usage de substances psychoactives et dépendance, 12).

Le VIH/SIDA et les toxicomanes

Les toxicomanes se heurtent à des nombreux types de maladies y compris le VIH/SIDA du fait qu'ils ne se contrôlent pas avant de faire chaque acte. Souvent, ils méfient même ce qu'on croit être inabordable. Les maladies liées à la consommation de ces stupéfiants occasionnent beaucoup de décès.

La plus forte augmentation du nombre de cas et la plus grande menace face à la propagation du VIH/SIDA touchent les toxicomanes et ceux qui s'administrent des substances par voie intraveineuse ou échange des seringues ou des aiguilles. Il est conseillé aux toxicomanes qui se piquent de ne pas partager d'aiguilles ou de les nettoyer soigneusement

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avant de les réutiliser. Des systèmes d'échangent d'aiguilles existent dans de nombreuses villes du monde entier (OMS 1991 - 2000. Les infirmières face à l'abus des substances, 10).

Le traitement d'un alcoolo - dépendant

Le traitement d'un alcoolo - dépendant a deux étapes à savoir :

La détoxication ;

La réhabilitation.

La détoxication

La détoxication est la première étape de traitement de l'alcoolisme où le patient arrête la prise de l'alcool et est suivi lors des envies folles. Tout abandon immédiat est toujours difficile. Le corps habitué à boire est exposé aux dangers des envies folles. Une telle personne a besoin de soutien.

Les envies folles varient d'une personne à une autre selon la quantité d'alcool déjà consommée par le corps pendant une période quelconque. Les envies folles peuvent être simples comme elles peuvent exposer au danger la victime en lui causant notamment nausée, diarrhée, insomnie, sueur, anxiété, frissonnements, foie, etc.

Cette période s'étend entre 3 et 5 jours. Les effets sévères des envies folles peuvent être : hallucinations, vertiges, confusions, fièvre, battement cardiaque rapide, hypertension, etc.

Et surtout la sévérité se manifeste aux gens qui ont d'autres problèmes liés à la santé comme la malnutrition, le foie, etc.

Quelques fois les médicaments sont nécessaires pour apaiser les souffrances. Exemples : Les sédatiques tels que l'opium, l'héroïne, ... ;

Benzodiazépines pour la nausée.

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La réhabilitation

Après l'arrêt complet de l'alcool, on entame la réhabilitation. Des bons programmes de réhabilitation incorporent la famille de la victime dans la thérapie car ils partagent les souffrances ; mais aussi il faut toujours prêter attention à éviter le problème de « co - dépendance ».

La réhabilitation est rendue efficace par la contribution des intervenants particuliers (la famille et les proches), et les intervenants professionnels (travail social qui est en 1ère ligne, psychologue, kinésithérapeute, ergothérapeute) et les intervenants divers (Association des buveurs rétablis).

En cas d'urgence :

Si un jeune, à la suite d'une surdose, est retrouvé dans un état de somnolence ou tout simplement inconscient, il faut :

Lui faire prendre de l'air ;

Le mettre sur le côté et tâcher de reste auprès de lui au cas où il respirerait ses

vomissements ;

Immédiatement appeler un médecin ou une ambulance ;

Ramasser les poudres, comprimés ou tout ce qui, d'après vous, a servi à prendre la

drogue. Apportez - les à l'hôpital pour que le médecin les examines ;

Ecouter et parler aux frères et soeurs et aux pairs (OMS 1991 - 2000. Les infirmières

face à l'abus des substances, 16).

CHAPITRE III

METHODOLOGIE ET PROCEDURE DE LA RECHERCHE

Dans son travail, le chercheur doit avoir le plan à suivre, les objectifs à atteindre, et le cadre dans lequel il travaille. En effet, la recherche devra être effectuée dans un lieu donné et sur une population donnée.

D'après Mugenda,

« la population de la recherche doit être réduite à l'échantillon qui

représente le reste ».

Pour atteindre ces objectifs,

« le chercheur doit préparer les instruments à utiliser dans la collecte des données et les techniques d'analyse de ces données » (Mugenda 2003, 10 - 11).

Ce chapitre donnera les éclaircissements sur la désignation de la recherche, le cadre de la recherche, la population, l'échantillon, les instruments de collecte des données ainsi que les techniques d'analyse des données.

40

41

La désignation de la recherche

Les méthodes appropriées doivent être prévues pour aboutir aux résultats crédibles. Dans ce travail, la méthode qualitative sera jugée la mieux indiquée. En effet, cette méthode permettra l'observation, les gestes, les expressions du visage et analysera les expressions orales.

Pour y arriver, une rencontre physique et un échange verbal face à face avec le sujet seront nécessaires. Cette étude repose aussi sur la méthode quantitative qui va nous permettre de classer les données glanées ici et là et de les quantifier en terme de pourcentage.

Le cadre de la recherche

Dans le but de mener à bon port ce travail en vue d'atteindre les objectifs poursuivis, nous allons nous limiter au quartier Kavumu de la commune urbaine de Kamenge. Sinon, il nous serait très difficile de parcourir toute la commune faute de temps et de ressources.

Choix de population de l'étude et de l'échantillon

Comme l'explique Mugenda, il est difficile ou impossible de faire une recherche sur toute une population concernée. Cet auteur nous donne des conseils de sélectionner l'échantillon.

Selon lui,

« le terme échantillon désigne un petit groupe de personnes, d'individus

représentatifs d'un groupe beaucoup plus vaste, c'est - à - dire

d'éléments pouvant présenter l'ensemble » (Mugenda 2003, 10 - 11).

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L'univers de l'enquête est, selon Roger MUCCHIELLI :

« L'ensemble du groupe humain concerné par les objectifs de l'enquête » (Roger MUCCHIELLI 1975, 17).

Cependant, il est difficile pour nous d'enquêter sur toute la population de la commune urbaine de Kamenge concernée par la consommation de drogues.

C'est dans ce sens que CHIGLIONNE et MATALON suggère qu' :

« Il est rare qu'on puisse étudier exhaustivement sur toute la

population, c'est - à - dire en interrogeant tous les membres. Ce serait

si long et si coûteux que c'est pratiquement impossible »

(CHIGLIONNE et MATALON 1976, 29).

Notre échantillon qui va représenter toute la population concernée à la recherche constituera 30 personnes dont 20 sont des buveurs alcooliques et 10 des fumeurs du tabac et du chanvre.

Instruments de collecte des données de la recherche

Le premier instrument qui nous permettra de nous introduire sur terrain pour collecter les informations, c'est l'accord de l'Administrateur de la commune urbaine de Kamenge, sollicité par le Recteur de l'Université Espoir d'Afrique, dans une lettre en annexe A du mémoire.

Après avoir reçu cette permission, nous entamerons la recherche sur terrain. L'usage du questionnaire se justifiera par un souci de mesurer et d'évaluer les problèmes sociaux liés à la consommation de l'alcool, drogues et des toxiques.

Le questionnaire et l'observation seront des outils efficaces pour apprécier sans faille cette situation.

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Techniques et instruments de collecte des données

Les techniques utilisées sont :

Technique documentaire

Dans notre recherche, il s'agit de consulter d'abord des ouvrages disponibles parlant de la drogue, et de ses divers effets dans la société.

Technique d'observation

L'observation est utilisée pour statuer sur le comportement des sujets concernés face à la consommation des drogues et des toxiques dans le quartier sous étude.

Technique d'Interview

Dans notre étude nous allons mener des entretiens avec les personnes qui peuvent fournir des informations relatives à notre sujet de recherche, tout spécialement avec la population de la commune urbaine de Kamenge.

Technique de questionnaire

Nous allons élaborer un questionnaire destiné à une population cible plus précisément aux échantillons de cette population en vue de répondre par écrit à ce questionnaire. C'est à partir de l'échantillon qu'on pourra généraliser toute la population.

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Les techniques d'analyse des données

Dans l'analyse des données, nous utiliserons à la fois la méthode qualitative et la méthode quantitative. Pour la méthode qualitative, les données issues de l'interview et du questionnaire seront analysées et interprétées pour amener la population du quartier Kavumu à trouver une solution à leurs problèmes liés à la consommation des toxiques.

Nous aurons également à recourir à la méthode quantitative pour classer les données en nombre et en pourcentage dans les tableaux afin de faciliter leur interprétation.

CHAPITRE IV

PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION DES DONNEES

Ce chapitre nous permet de présenter les données récoltées, puis mener une analyse et une interprétation des résultats suivies par une conclusion et des recommandations.

Présentation et analyse des données

Comparativement aux autres quartiers de la commune urbaine de Kamenge, le quartier Kavumu reste au centre de notre étude du fait qu'on y trouve la réalité de notre étude. Dans documentation, nous nous sommes servis de l'observation, de l'interview et le questionnaire.

Notre échantillon était composé de 30 personnes dont 20 sont des buveurs alcooliques et 10 des fumeurs du tabac et du chanvre.

Cette « Etude sur les problèmes liés à la consommation des drogues » est principalement centrée sur la relation existant entre la consommation des stupéfiants et les problèmes sociaux qui en résultent dans la commune urbaine de Kamenge, précisément dans le quartier Kavumu.

Les tableaux suivants et leur interprétation vont montrer le résultat de notre recherche.

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Tableau n° 3 : Présentation de l'échantillon

Drogues

Effectif

Pourcentage (%)

Alcool

20

66,7

Tabac ou chanvre

10

33,3

Total

30

100

Source : Moi - même

Notre échantillonnage comporte 20 personnes sur 30, soit 66,7% des personnes consommatrices des boissons alcoolisées et 10 soit 33,3% les personnes fumeurs du tabac ou du chanvre.

Tableau n° 4 : Les raisons qui poussent les gens à consommer de l'alcool

Raisons

Effectif

Pourcentage (%)

Manque de travail

5

25

Occupation libre

3

15

Procuration du plaisir

4

20

Refoulement de la pauvreté

8

40

Total

20

100

Source : Moi - même

Pour les personnes alcooliques, cinq (5) sur vingt (20) interviewés soit 25% disent qu'ils consomment des boissons alcoolisées suite au manque de travail. Trois (3) soit 15% prennent de l'alcool comme lorsqu'ils n'ont pas autre chose à faire (une occupation libre) ; quatre (4) soit 20% pour la procuration du plaisir. Huit (8) sur vingt interviewés soit 40% disent qu'ils boivent pour se faire oublier la misère qu'ils vivent.

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Tableau n° 5 : Les raisons qui poussent les gens à consommer du tabac et du chanvre

Raisons

Effectif

Pourcentage (%)

Manque de travail

2

20

La pauvreté

1

10

L'ignorance

3

30

Occupation libre

2

20

Procuration du plaisir

1

10

La maladie

1

10

Total

10

100

Source : Moi - même

Dans ce tableau, deux (2) personnes sur dix (10) soit 20% fument du tabac et du chanvre suite au manque de travail. Une (1) soit 10% fument suite à la pauvreté, procuration du plaisir ou suite à une maladie quelconque et trois (3) soit 30% suite à l'ignorance.

Tableau n° 6 : Quantité de nourriture prise par jour

Catégorie

Nombre de fois /Jour

Matin

Midi

Soir

Personnes alcooliques

X

X

-

Personnes fumeurs

X

X

X

Source : Moi - même

D'après les enquêtes faites, nous avons constaté que les PA souvent prennent du thé le matin, et midi ils prennent le déjeuner. Souvent, le soir ils viennent des cabarets tout en étant ivres et n'ont aucun choix de nourriture. Tandis que pour les PF du tabac ou du chanvre, ils ont plus d'appétits. Souvent ils prennent du thé le matin, le midi ils prennent le déjeuner et le soir ils prennent une autre quantité.

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Donc, d'après ces observations, nous avons prouvé que ceux qui prennent de l'alcool prennent peu de quantité de nourriture par rapport à ceux qui fument du tabac ou du chanvre (Voir Tableau n° 6).

Tableau n° 7 : Les raisons d'admission de nos enquêtés à l'abus des drogues

Raisons

Effectif

Pourcentage (%)

Influence de la société

6

20

Physiologie et hérédité

2

6,67

Influence spirituelle

2

6,67

Pression d'un camarade/groupe

5

16,66

Drogue : Solution de désespoir

12

40

Changement d'identité chez les jeunes

3

10

Total

30

100

Source : Moi - même

Avec ce tableau, on a remarqué que 20% des consommateurs des drogues ont été influencé par la société et 6,67% héritent cette habitude. Aussi, les églises locales à l'échelle de 6,67% ne se donnent pas du temps à expliquer aux croyants l'abus des drogues et leurs conséquences. La pression du groupe joue aussi un grand rôle à l'initiation de l'abus des drogues, soit 16,66%. C'est qui est terrible est que 40% des enquêtés prennent des drogues suite aux problèmes en croyant que ça serait une meilleur solution de désespoir. Aussi il y a des jeunes qui veulent changer d'identité d'être enfant à l'échelle de 10%.

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Tableau n° 8: Les effets liés à la consommation des drogues selon nos répondants

Effets

Effectif

Pourcentage (%)

Risque d'accidents

9

30

Perte de connaissance

7

23,33

Dépendance

11

36,67

Risque d'infection du VIH/SIDA

3

10

Total

30

100

Source : Moi - même

Nos enquêtés ont affirmés que 30% de risque d'accidents sont causés par l'abus des drogues. Prendre une quantité excessive, on assiste à une perte de connaissance soit 23,33%. Ceux qui s'accoutument aux drogues deviennent, petit - à - petit dépendants et causent des dégâts à 36,67%. Une fois être dépendant des drogues, on a beaucoup de risque d'être infecter par le VIH/SIDA (10%) car on ne se contrôle plus.

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Interprétation des données

Comparativement au tableau n° 4 et tableau n° 5, les interviewés nous a affirmé que les drogues ne sont pas du tous moins chers ; plutôt ils sont chers mais les raisons qui leurs poussent à consommer les drogues sont de diverses provenances en se justifiant ainsi :

Pour le manque du travail : « si je suis au travail, je ne fume pas beaucoup tandis que si je suis à la maison, je fume beaucoup ».

Pour dire que si on a à faire, on s'occupe du travail tandis que si on n'a pas à faire, on s'occupe autrement.

Procuration du plaisir : « si nous sommes en groupe avec les autres qui les

consomment, nous avons tendance aussi à goûter ou à découvrir ce que font les autres ».

Refoulement de la pauvreté et le découragement : « si on est pauvre, on peut se

droguer pour se faire oublier les problèmes qu'on a ».

La maladie : « on peut être obligé par le médecin de prendre du tabac

si on souffre ».

Exemple : Hémorragie externe (Umwuna)

Celui qui souffre les dents

Concernant la quantité de la nourriture, on a constaté que ceux qui prennent de l'alcool prennent peu de quantité de nourriture par rapport à ceux qui fument du tabac ou du chanvre (Voir Tableau n° 6).

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Vérification des questions fondamentales

A l'aide des informations reçues sur terrain concernant notre étude intitulé : « ETUDE SUR LES PROBLEMES LIES A LA CONSOMMATION DES DROGUES DANS LA COMMUNE URBAINE DE KAMENGE : CAS DU QUARTIER KAVUMU », nous avons pu confirmer nos questions fondamentales :

Quels sont les facteurs à la base de la consommation des drogues ?

Quels sont les effets liés à la consommation des drogues ?

La première question a été vérifiée par les données du tableau n° 7 :

Influence de la société, soit 20% ;

Physiologie et hérédité, soit 6,67% ;

Influence spirituelle, soit 6,67% ;

Pression d'un camarade/groupe, soit 16,66% ;

Changement d'identité chez les jeunes, soit 10%.

La seconde question a été vérifiée par les données du tableau n° 8 :

Risque d'accidents, soit 30% ;

Perte de connaissance, soit 23,33% ;

Dépendance, soit 36,67% ;

Risque d'infection du VIH/SIDA, soit 10%.

CHAPITRE V

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Ce chapitre présente en résume l'étude sur les problèmes liés a la consommation des drogues dans la commune urbaine de Kamenge, cas du quartier Kavumu. Sur ce, l'auteur aura l'opportunité de faire une recommandation dans le but d'éradiquer le trafic des drogues et l'expansion de la consommation.

Conclusion

L'étude sur les problèmes liés a la consommation des drogues dans la commune urbaine de Kamenge, cas du quartier Kavumu relève une multitude de conséquences nuisibles causées par l'abus des drogues.

Dans le premier chapitre, nous avons stipulé sur la problématique de la consommation des drogues dans la commune urbaine de Kamenge. Le consommateur des drogues affiche un mauvais comportement dans la famille que dans la société. Il peut être un délinquant ou un marginal ou même un déviant social. Cette étude est menée pouvoir analyser et résoudre les problèmes liés à la consommation des drogues en général et plus particulièrement dans le quartier Kavumu.

52

53

Dans le second chapitre, on s'est basé sur les différents types d'alcooliques, les facteurs à la base de la consommation des drogues ainsi que les conséquences de l'abus des drogues.

Le troisième chapitre parle de la méthodologie utilisée pour la recherche. Les méthodes utilisées pour récolter les données sont : qualitative focalisée sur l'observation et quantitative faisant intervenir les résultats en terme de pourcentage.

Le quatrième chapitre présente l'analyse et l'interprétation des résultats de la recherche ainsi que la vérification de nos questions fondamentales.

Quant au cinquième, il parle de la conclusion de la recherche et les solutions proposées sous forme des recommandations pour l'abolition des drogues.

L'acte de boire de l'alcool est présenté comme l'accomplissement d'un rite de socialisation. Son caractère normatif apparaît de façon évidente lorsqu'une personne refuse ce « partage », elle expose alors le risque d'exclusion sociale car le bonheur d'être ensemble et de boire un verre participe des rapports sociaux.

Depuis quelques temps dans la municipalité de Bujumbura, on observe de plus en plus des cas d'accidents de voiture dus à l'état d'ivresse du conducteur sont de plus en plus signalés. En plus, des tueries dans certains bars des quartiers ou des viols sont coordonnées par des jeunes en état d'ivresse. Il ne faut omettre des cas de femmes battues par leurs maris qui ont pris un verre de trop. Nous voyons également que :

Pendant la crise, la jeunesse a été une main d'oeuvre négative, qui a été utilisée par les politiciens. Cette jeunesse se regroupait dans des gangs et ligalas. On peut citer à titre d'exemple les «Sans échec» pour les jeunes tutsi; les «Chicago Bulls» pour les jeunes hutu. Ces jeunes étaient regroupés dans l'organisation des « opérations Ville morte », les pillages,

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les destructions et les tueries diverses. Les commanditaires de ces forfaits achetaient de l'alcool et des stupéfiants pour ces jeunes pour les stimuler à commettre des dégâts.

Le système scolaire ayant été perturbé, la jeunesse connaît des vacances prolongées et par manque d'occupation ces jeunes trouvent une meilleure occasion de se droguer car durant tout ce temps de désoeuvrement rien n'est envisagé pour leur occupation. L'exemple cité est celui des lauréats de l'année scolaire 2006 - 2007 qui ont eu leurs diplômes en Juillet 2007 dont un bon nombre sont restés dans la rue sans occupation aucune.

La dégradation des moeurs par l'influence de la culture occidentale à l'aide des différentes chaînes TV, des romans et d'autres magazines favorise aussi la consommation de ces stupéfiants).

La prévention des drogues au Burundi est un cadre difficile car les drogues les plus pathogènes aujourd'hui sont l'alcool et le tabac et ils sont tous les deux en vente libre contrairement au cannabis considéré comme socialement plus dangereux.

On trouve beaucoup d'exemples d'actions incitatrices de la part de ceux qui devaient aider soit dans la prévention ou la sensibilisation :

Les belles voitures publicitaires du tabac sur lesquelles on peut facilement lire INTORE, SUPERMATCH, BTC, etc., circulent librement dans la capitale et aucune remarque sanitaire sur la consommation du tabac ne s'y trouve ;

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Des pancartes publicitaires de la BRARUDI (Brasserie de Burundi) comme Plaisir Raffiné, Plaisir Partagé, KIRINYOTA MUGENZI, etc., de belles photos de gens bien habillés, restent toujours incitatrices mais ne parlent pas des dangers quant à la consommation de ces boissons alcoolisées ;

Le gouvernement compte beaucoup sur les recettes fiscales liées à la vente du tabac et de l'alcool, la BRARUDI fait entrer à elle seule 50% des recettes fiscales du Burundi.

Etant donné que la prévention des drogues au Burundi est un cadre difficile à éradiquer, quelques suggestions sont à proposer :

Recommandations

En guise de recommandation, les actions suivantes sont incontournables dans la lutte contre la consommation des drogues :

Pour l'Administration de la Commune Kamenge et les Educateurs

Favoriser une véritable hygiène mentale, spécialement parmi les jeunes ;

Aider les jeunes à surmonter les difficultés de l'adolescence ;

Informer les jeunes à l'école et dans les mouvements des jeunes sur la drogue, ses dangers et les motivations qui poussent à l'utiliser ;

Favoriser la dépense de leurs énergies pour les activités intellectuelles, culturelles ou sportives ;

Favoriser la motivation et la souplesse de leur personnalité par une éducation authentique ;

Inspirer les valeurs d'une famille traditionnelle (rôle de l'initiation) et de l'enseignement moderne (rôle des éducateurs dans la socialisation des enfants) ;

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Allier l'autorité et la tendresse ; les parents et les éducateurs aiderons les jeunes à une réflexion rationnelle sur leurs problèmes, réflexion basée sur la communication entre les personnes.

Pour les Eglises

Prêcher la bonne nouvelle dans différentes églises tout en montrant les effets néfastes liés à la consommation des drogues.

Pour le Gouvernement

Le gouvernement peut participer aussi à l'abolition de la toxicomanie. Il devrait :

Soutenir matériellement et financièrement les associations des Jeunes ;

Renforcer le bridage anti - drogue sur les frontières ;

Créer des centres socio - professionnels pour les jeunes désoeuvrés ;

Veiller au respect des règles morales et sociales qui la régissent ;

Garantir l'avenir des jeunes ;

Sensibiliser les jeunes ;

Contrôler rigoureusement aux frontières pour éviter le trafique des drogues.

Pour la société et les parents

La société occupe une très grande place dans l'abus des drogues. Mais, il peut aussi participer à la lutte contre la toxicomanie :

La société doit proposer un idéal de travail, des progrès, de bien - être, et les moyens d'y parvenir (création d'emplois et des services sociaux) ;

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La société doit veiller à s'occuper spécialement de ceux qui restent en marge, facilite leur intégration sociale et dépiste précocement parmi les marginaux les utilisateurs des drogues (activités du genre « association pour alcooliques et toxicomanes ») ;

Des conseils psychologiques peuvent aider les jeunes à surmonter leurs difficultés personnelles, familiales, scolaires, professionnelles ou sociales, et les prennent en charge ;

Il ne faut pas laisser les toxicomanes isolés eux - mêmes, mais plutôt, il faudra les aider à les conseiller et à les apprendre comment s'abstenir des drogues.

Pour les consommateurs des drogues

Il est pratiquement impossible d'abandonner brusquement la consommation les drogues. Les consommateurs peuvent :

Entériner de la décision ;

Appréhender les obstacles ;

Se préparer au sevrage et à la cure de désaccoutumance ;

S'abstinence.

58

LISTE DES REFERENCES

Alain CERCLE. 1998. L'alcoolisme : un exposé pour comprendre, un essai pour réfléchir.

Paris : Editions Flammarion

Antonio ESCOHOTADO. 1995. Histoire élémentaire des drogues. Dès origines à nos jours.

Paris : Editions du Lézard

Babor T et al. 2003. No ordinary commodity : alcohol and public policy. Oxford (Royaume -

Uni), Oxford University Press

Elena Patoner. 2005. ABC - Drogues

François Hervé. 2002. Les drogues et dépendances en 200 questions. Paris : Editions

de Vecchi S.A

Françoise LAUTIER. 1987. En marge de la drogue : Toxicomanes dans les appartements

thérapeutiques. Paris : Les Editions ESF

Frédérique de GRAVELAINE et Pascale SENK. 1995. Vivre sans drogues : Substances

toxiques, passions destructrices : l'expérience de ceux qui s'en sortent. Paris : Editions

Robert Laffont, S.A

Guillaume APOLLINAIRE. 1920. Alcools. Editions Gallimard

Helen NOWLIS. 1975. La drogue démythifiée. Paris : La presse de l'UNESCO

INADES DOCUMENTATION. 1990. Les drogues : Quelle menace pour l'Afrique ?

Bibliographie commentée.

Institut de Recherches Spécialisées. 1993. Drogue et Toxicomanie : Etudes et controverses.

Paris : Editions L'Harmattan

59

I. Rotsart de Hertaing et J. Courtejoie. 1974. Les médicaments, l'alcool, le tabac, sont - ils

dangereux ? Quelques informations sur l'usage des médicaments et leurs abus :

l'alcool, la drogue, le tabac, .... République du Zaïre : Editée à Kangu

Javier Pérez de Cuéllar. 1990. Les Nations Unies et la Lutte contre l'Abus des Drogues.

New York

L'Association Appui des Encadreurs des Enfants de la Rue et la Caritas Italienne. 1998.

Violence, Agressivité et Drogue. Session du 9 au 15 Décembre 1998

Louis GONET. 1992. Adolescents, drogues et toxicomanie. Collection « l'Essentiel »

Mackay J, Eriksen M. 2002. The Tabacco atlas. Genève, Organisation Mondiale de

la Santé

Mugenda G. Abel et Mugenda M. Olive. 2003. Research Methods. Nairobi - Kenya :

Kenyatta University

OMS. 1988. Organisation Mondiale de la Santé/Conseil International des Infirmiers. Guide pour la prise en charge par les services infirmiers des porteurs du Virus de l'Immunodéficience Humaine (VIH), OMS SIDA Série 3, Genève

OMS. 1991 - 2000. Les infirmières face à l'abus des substances

OMS. 1993. Programme de lutte contre les toxicomanies : la prévention des toxicomanies au

sein de la famille

OMS. 1995. Journée Mondiale sans Tabac : le tabac, c'est plus cher qu'on croit.

OMS. 2000. Directives pour l'examen par l'OMS au fins d'un contrôle international des

substances psychoactives engendrant une dépendance - résumé

OMS. 2004. Neurosciences : usage de substances psychoactives et dépendance

60

Pascal LE REST. 2001. Drogues et société : 100 réponses aux questions que tout le monde se

pose. Paris : Editions L'Harmattan

Pascale ANCEL - Ludovic GAUSSOT. 1998. Alcool et Alcoolisme : Pratiques et

représentations. Paris : Editions L'Harmattan

Roger MUCCHIELLI. 1971. Le questionnaire dans l'enquête psycho - sociale. Paris :

Editions L'Harmattan

Wille ROLF. 1996. Drogue : Alerte aux parents. Paris : Editions Brepols

Yves SALGUES. 1994. La drogue : le calvaire et la grâce. Editions du Rocher

Dictionnaires

HACHETTE : le Dictionnaire du Français. 1989. Canada

Larousse Médical. 2003. Paris : Rue du Montparnasse

Larousse Pour Tous. 1957. Paris : Librairie Larousse

Mémoires

BAPFAKURERA Samuel. 2009. Impact de l'alcoolisme sur la vie socio - économique des

ménages : cas de la Commune Murwi. L'UEA. Licence, Burundi : Bujumbura

NDIBADIBE Nicaise. 2007. Les effets de l'alcoolisme sur l'éducation des enfants de la

communauté urbaine de Bujumbura : cas des quartiers de Bubanza et Muyinga de la Commune Kinama. L'UEA. Licence, Burundi - Bujumbura

NKUNDIMANA Josaphat. 2010. Problématique da la consommation des drogues et ses

conséquences sociales dans la Mairie de Bujumbura : cas du quartier Mutakura de la Commune urbaine de Cibitoke. L'UEA. Licence, Burundi : Bujumbura

61

UWIMPUHWE Albine. 2009. Drogues : Facteurs de la propagation du VIH/SIDA dans la

Mairie de Bujumbura : cas du quartier Songa, Commune Kamenge. L'UEA. Licence,

Burundi : Bujumbura

Sites internet

http://burundi.wagggsworld.org/fr/news/1024

http://www.carrefourinternet.com/blog

www.drogues.gouv.fr

62

ANNEXE A

N. Réf : UEA/349/2011 Bujumbura, le 11/05/2011

V. Réf ..........................

Objet : Demande d'accès aux

ressources d'informations

A Monsieur l'Administrateur

de la Commune Kamenge

à

BUJUMBURA

Monsieur l'Administrateur Communal,

Nous avons l'insigne honneur de nous adresser auprès de votre haute autorité pour vous demander de bien vouloir permettre à notre étudiant UWIMANA Samuel d'accéder aux ressources d'information dans votre institution.

En effet, Monsieur l'Administrateur Communal, l'intéressé est un étudiant finaliste de l'Université Espoir d'Afrique dans la faculté des Lettres et Sciences, Département du Service Social et Développement Communautaire. Il voudrait recueillir des informations qui serviraient d'appui à la rédaction de son travail de fin d'études. Ces informations sont relatives à l'ETUDE DES PROBLEMES LIES A LA CONSOMMATION DES DROGUES DANS LA COMMUNE URBAINE DE KAMENGE. C'est dans ce contexte purement académique que nous vous prions de bien vouloir lui faciliter la collecte d'informations dont il aura besoin.

Tout en vous assurant que les renseignements recueillis ne seront utilisés que pour des fins académiques, nous vous prions d'agréer, Monsieur l'Administrateur Communal, nos remerciements anticipés.

63

ANNEXE B

Guide d'entretien de la recherche

Je m'appelle Samuel UWIMANA, je suis étudiant à l'Université Espoir d'Afrique et je suis entrain d'effectuer un travail de fin d'études universitaires intitulé : « Etude sur les problèmes liés à la consommation des drogue dans la Commune Urbaine de Kamenge : cas du quartier Kavumu »

Pour la réalisation de ce travail, je voudrais vous demander de me prêter main forte en répondant aux questions que je veux vous poser. Tout ce que vous me diriez me sera d'une grande utilité.

Je tiens à vous garantir que l'entretien mené gardera un caractère secret.

Je vous remercie d'avance pour votre compréhension et votre collaboration.

Samuel UWIMANA.  

64

ANNEXE C

QUESTIONNAIRES EN FRANÇAIS

Série 1 : Identité

Nom et Prénom : ..............................................................

Sexe : Masculin ( ) Féminin ( )

Etat - civil : Marié (e) ( ) Célibataire ( ) Veuf (ve) ( )

Age : 10 - 20 ( ) 21 - 30 ( ) 31 - 40 ( ) 41 - 50 ( ) 51 - 60 ( ) 61 - ( )

Profession : Cultivateur (trice) ( ) Commerçant (e) ( ) Fonctionnaire ( )

Etudiant ( ) Sans ( )

Série 2 : Question orales

A. Pour les personnes qui consomment les drogues

I. Parmi les 5 raisons ci - dessous, donnez les raisons qui vous poussent à consommer les drogues ?

1. Manque de travail ( )

2. Les drogues sont moins chers ( )

3. C'est notre occupation ( )

4. Procuration du plaisir ( )

5. Refoulement de la pauvreté ( )

II. Combien de fois tu manges par jour ?

1 ( ) 2 ( ) 3 ( )

65

III. Si la pauvreté est une des raisons de se droguer, n'y a - t - il pas moyen de s'occuper autrement ?

.......................................................................................................................................................

.......................................................................................................................................................

B. Pour les personnes qui ne consomment plus des drogues.

I. Quelles sont les raisons qui vous avaient poussé à consommer les drogues ?

1. L'ignorance ( )

2. Manque du travail ( )

3. La pauvreté ( )

4. La maladie ( )

5. Le découragement ( )

II. Comme ancien consommateur des drogues, quels sont les conseils que tu peux donner aux autres qui continuent à consommer les drogues ?

.......................................................................................................................................................

.......................................................................................................................................................

.......................................................................................................................................................

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66

C. Pour les non consommateurs.

I. Avais - tu de l'occasion un jour de consommer ? Oui ( ) / Non ( )

II. Quelles sont les raisons qui poussent les gens à ne pas consommer les drogues ?

1. Moyen financier ( )

2. Santé ( )

3. Protéger la société contre les méfaits ( )

III. Quelle est votre appréciation sur les gens qui se droguent ?

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IV. Comment pouvez - vous les aider à abandonner la consommation des drogues ?

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67

ANNEXE D

IBIBAZO MU KIRUNDI

Igice c'ambere

Izina n'iritazirano : ..............................................................

Igitsina : Gore ( ) Gabo ( )

Icari m'umuryango : Arubatse ( ) Ntarubaka ( ) Umupfakazi ( )

Imyaka : 10 - 20 ( ) 21 - 30 ( ) 31 - 40 ( ) 41 - 50 ( ) 51 - 60 ( ) 61 - ( )

Akazi : Umurimyi ( ) Umudandaji ( ) Umukozi wa leta ( )

Uri umunyeshure ( ) Ntakazi ( )

Igice ca kabiri : Ibibazo vyuguruye n'ivyugaye

A. Kubafata ibiyayuramutwe

I. Muri izi mvo 5 zikurikira, ni izahe zibatuma mufata ibiyayuramutwe ?

1. Kubura akazi ( )

2. Birazimbutse ( )

3. Ni uguheza umwanya ( )

4. Kwiryohera ( )

5. Kwiyibagiza ubukene ( )

II. Mufungura kangahe k'umusi ?

1 ( ) 2 ( ) 3 ( )

68

III. Nimba ubukene buri mu bituma munywa ibiyayuramutwe, ntakindi mubona cobafasha atari kubinwa ?

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B. Kubahora bafata ibiyayuramutwe

I. Ni izihe mvo zabatuma munywa ibiyayuramutwe ?

1. Kutamenya ( )

2. Kubura akazi ( )

3. Ubukene ( )

4. Indwara ( )

5. Kwihebura

II. Nkuwigeze kunywa ibiyayuramutwe, ni izihe mpanuro woha ababandanya banywa ibiyayuramutwe ?

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C. Ku batanywa ibiyayuramutwe

I. Woba warigeze umusi umwe kunywa ibiyayuramutwe ? Ego ( ) / Oya ( )

II. Ni izihe mvo zituma abantu batanywa ibiyayuramutwe ?

1. Kubura uburyo ( )

2. Amagara ( )

3. Gukingira abandi ( )

69

III. Ni giki mubona kuri abo bantu banywa ibiyayuramutwe ?

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IV. Harico mwobafasha mukubiheba ?

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