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La problématique de l'intégration de l'Afrique face à  la multiplicité des organisations sous- régionales africaines

( Télécharger le fichier original )
par Timothée MBOMBO KASANKIDI
Université de Kinshasa - Licence 2011
  

Disponible en mode multipage

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    EPIGRAPHES

    Quand on regarde à l'éternel, on resplendit de joie, et le visage n'a pas à rougir.

    PSAUME 34 :6 Bible THOMPSON

    L'UNION FAIT LA FORCE

    « L'Afrique est perçue par beaucoup comme un risque, mais pour nous, l'Afrique peut être une grande opportunité. Si nous nous donnions tous la main, si nous agissons dès aujourd'hui, pas demain car il sera tard. Si nous agissons dans le cadre d'un large consensus pour exercer notre leadership et établir l'agenda pour l'Afrique ».

    ALPHA OUMAR KONARE

    DEDICACE

    À ma charmante épouse MIMIECHRISTELLE NGALULA MBOMBO ;

    À mes chers fils : AARON KABAMBI WA MBOMBO, LEVI KALALA WA MBOMBO et LAEDAN KABUYA WA MBOMBO ;

    À mon honorable père GASTON KALALA KAKESE MUTUMBAYI ;

    À ma révérende mère ESTHER TSHIABU WA MBOMBO ;

    À mes frères et soeurs : JOSEPH KAKESE MUKANYA LESERIEUX, JOSEE BAMPENDI KALALA, THERESE NGALULA KALALA, THETHE BITOTA KALALA, KALLY KALALA KAKESE, BIJOUE BILONDA KALALA, HONORE MUYA KALALA, ESTHER TSHIABU KALALA et JEEF MUKENGA MUKANYA ;

    À mes beaux-frères et belles soeurs : Pasteur JIMMY KASONGA, FRANCK KABAMBA, MARCEL KALONJI, THETHE RACHEL KAZADI ;

    Au couple papa Willy BABENDA et toute sa famille

    Au révérend Pasteur MARCEL MULUMBA KENGA ;

    À maman ANNE META MULUMBA ;

    À toute la famille KENGA ;

    À la famille du Pasteur JOSUE KADIMA ;

    Au Pasteur POLYCARPE NDUMBI et à tous les fidèles de la communauté la COLOMBE :

    Au Pasteur Docteur BILLY MUSTHIPAYI ;

    À mes beaux-parents : PAPA KIYAMDOMBA MUKUNA et MAMAN MADO NGALULA ;

    Au PDG Charles KABAMBI WA BEYA KABE

    Au frère ETIENNE NTAMBWE, frère Pathy LUABEYA KALALA et Ir. Willy KITUMENGE qui ont bien voulus rédiger ce travail ;

    À tous ceux que nous n'avons pas pu citer, notre esprit les portera toujours.

    Timothée Eben MBOMBO KASANKIDI

    AVANT PROPOS

    À l'Éternel Dieu Tout Puissant soit la gloire.

    La rédaction du présent mémoire en Relations Internationales est le fruit de notre lutte de cinq ans d'études universitaires.

    Durant ces années nous avions acquis des connaissances nécessaires et indispensables pour contribuer à l'essor de l'humanité en générale et de notre chère patrie la République Démocratique du Congo en particulier.

    Il nous incombe de manifester notre gratitude à tous ceux qui de loin ou de près ont participé à la réalisation de cette grandiose oeuvre scientifique.

    De prime abord, nos sincères et vifs remerciements vont à l'endroit du Professeur LEONARD NTUAREMBA ONFRE qui a accepté la direction de ce travail malgré ses multiples occupations.

    De même, le chef de travaux OSCAR MUDIANDAMBU KITADI trouve ici l'expression de nos passions pleines de gratitude pour son encadrement si bénéfique en notre endroit durant la rédaction de ce travail de ce travail.

    Nos reconnaissances vont également à l'endroit des Professeurs, les Chefs de Travaux, des Assistants ainsi que des membres du corps administratif de la faculté des Sciences sociales administratives et politiques et plus particulièrement ceux du Département des Relations internationales pour leur encadrement durant tout le temps que nous avons passé à leur côté.

    Il nous serait ingrat de terminer cette page sans pour autant remercier tous les compagnons de lutte (camarades) de la promotion avec qui nous avons partagé des pires et meilleurs moments au cours de notre parcours universitaire , nous citons : CHRISTIAN NTAMBUE MULAMBA, ALI BASHIMBE BUGONDO, OSCAR VODU, ANNE KABIMANYA SALIMA, EUGENIE NKUSU SAKAJI, CHRISTINE KIPUSHI FATUMA, FELICIEN BOKELE,CP. MADILU LUSHIMBA, ISABELLE NTUMBA KATENDE, JEAN TSHIOMBA, JIRES KOLOMBO NGELEKA et OLIVIER MUDINDA WAZOBONGO.

    Timothée Eben MBOMBO KASANKIDI

    Que toute ma famille biologique et spirituelle, mes amis et connaissances trouvent ici le degré de ma profonde reconnaissance.

    SIGLES ET ABREVIATIONS

    APD

    : Aide Publique au Développement

    CEA 

    : Communauté Économique d'Afrique de l'Est

    CEE

    : Communauté Économique Européenne

    CEAO

    : Communauté des Etats d'Afrique Occidentale

    CEDEAO

    : Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'ouest

    CEEAC

    : Communauté Economique des Etats d'Afrique Centrale

    CEMAC

    : Communauté Economique et Monétaire d'Afrique Centrale

    CEPGL 

    : Communauté Economique des Pays des Grands Lacs

    CIPEC

    : Conseil Inter-gouvernemental des Pays Exportateurs du Cuivre

    CNUCED

    : Conférence des Nations-Unies sur le Commerce et le Développement

    COI

    : Commission de l'Océan Indien

    COMESA

    : Marché commun des Etats de l'Afrique Australe

    ECOMOG

    : Ecowas Monitoring Group

    FAO

    : Fonds des Nations-Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture

    MPNA

    : Mouvement des pays Non-Alignés

    NEPAD

    : Nouveau Programme pour le Développement de l'Afrique

    OEA

    : Organisation des Etats Américains

    OCDE

    : Organisation pour la Coopération et le Développement Économique

    OMD

    : Objectifs du Millénaire du Développement

    OMS

    : Organisation Mondiale pour la Santé

    ONG

    : Organisation Non Gouvernementale

    ONU

    : Organisation des Nations-Unies

    OTAN 

    : Organisation du Traité de l'Atlantique Nord

    OPEP

    : Organisation des Pays Producteurs et Exportateurs du Pétrole

    OUA

    : Organisation de l'Unité Africaine

    PAL

    : Plan d'Action de Lagos

    PIB

    : Produit Intérieur Brut

    PNB 

    : Produit National Brut

    PPTE

    : Pays Pauvres Très Endettés

    PVD 

    : Pays en Voie de Développement

    RDC

    : République Démocratique du Congo

    RISDP

    : Regional Indicative Strategic Developement Plan

    SADC

    : Communauté pour le Développement de l'Afrique Australe

    SDN

    : Société des Nations

    SELA

    : Système Economique Latino-Américain

    SIPO

    : Strategic Indicative Plan Organ

    TEC

    : Tarif Extérieur Commun

    UA

    UAM

    : Union Africaine

    : Union Africaine et Malgache

    UDAA

    : Union Douanière de l'Afrique Australe

    UE

    : Union Européenne

    UEMOA

    : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine

    UFM

    : Union du Fleuve Mano

    UMA 

    : Union du Maghreb Arabe

    UNESCO

    : Organisation des Nations-Unies pour l'Education, la Science et la Culture

    URSS

    : Union des Républiques Socialistes Soviétiques

    USA

    : United States of America (États-Unis d'Amérique)

    ZEP

    : Zone d'Échanges Préférentiels.

    INTRODUCTION GENERALE

    1. PRÉSENTATION DU SUJET

    Nul ne conteste l'importance de l'intégration régionale pour le développement des pays membres d'une Région. Mais ce concept est particulièrement déroutant pour beaucoup d'acteurs politiques habitués à détourner l'intérêt national en intérêt privé. Comme pour tous les pays du Nord qui ont déjà compris l'enjeu géopolitique d'appartenir à un grand ensemble et de consolider l'Union Régionale, l'Afrique et quelques pays d'Asie se trouvent à un tournant décisif de leur histoire immédiate. Ils innovent ou ils s'affaiblissent. La guerre froide qui suscitait un intérêt pour ces régions a disparu. L'Afrique et une partie de l'Asie sont désemparées, car les bouleversements des relations internationales les a presque écartées de la scène internationale, les obligeant à nouer des nouveaux contacts.

    Après les indépendances de plusieurs pays africains, l'on a observé une évolution consciente de ces derniers à travailler dans le domaine d'intérêts communs. Les pères des indépendances africaines avaient pensé de conjuguer leurs efforts en vue de résoudre certains problèmes et de relever certains défis de l'époque. C'est ce qui amena à la création de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) en 1963. On a constaté au sein de cette Organisation deux tendances idéologiques, celle de Brazzaville et celle d'Accra. La tendance de Brazzaville préconisait le maintien des liens de dépendance avec l'ancienne métropole qui était la France. Pour elle, chaque pays devait promouvoir son développement sur base de ses relations avec l'ancienne puissance colonisatrice. La tendance d'Accra, avec le Docteur KWAME N'KRUMAH souhaitait, quant à elle, l'indépendance totale de l'Afrique et chaque État devait être considéré comme membre de la fédération avec un point de chute la création des États Unis d'Afrique.

    Ces deux tendances au sein de l'Organisation ont constitué un frein au développement politique, économique et autre pour les nouveaux Etats qui venaient d'être incorporés dans le concert des Nations, et aussi à l'Organisation au sein duquel appartenaient ces Etats.

    De ce fait, tous les pères des indépendances africains vont se réunir afin de faire disparaitre leurs divergences idéologiques et créer ainsi des Regroupements sous-régionaux, ce qui sera les premiers accords de l'intégration régionale africaine. Ceci avait été appuyé par le Plan d'Action de Lagos adopté en 1980 comme une initiative spéciale d'Etats et des Gouvernements de l'OUA pour favoriser l'intégration Sous-Régionale.

    Le Plan d'Action de Lagos soutient le principe suivant lequel les Etats africains devraient tendre vers le renforcement de l'auto-dépendance et de l'intégration économique de l'Afrique en l'an 2000. L'intégration régionale et le meilleur moyen qui permettra de réaliser les objectifs du millénaire du développement (OMD), car la stabilité politique est le renfoncement de la démocratie, fondées sur la consolidation de la justice et des libertés individuelles, constituent des conditions essentielles au dynamisme de l'investissement et à l'accélération de la croissance. Les économies africaines demeurent également confrontées à des contraintes structurelles qui affectent leur compétitive. Ces contraintes ne peuvent être levées qu'en conjuguant les efforts dans un cadre régionale. Il est de plus en plus évident que les pays africains ne pourront pas résoudre le problème lié à leur insertion dans l'économie mondiale avec des actions limitées au niveau national, dans un monde globalisé et considéré comme village planétaire selon MC LUHAN MARSHALL, où le phénomène de masse et de taille critique constitue un facteur essentiel pour consolider les bases du développement.1(*)

    Il est de la responsabilité des Africains de faire de l'intégration régionale un vecteur d'accélération du développement.2(*) Que toutes les Organisations Sous-Régionales africaines qui se multiplient dans toutes les zones géographiques africaines consolident leurs efforts à l'aboutissement de l'idée des États- Unis d'Afrique. C'est alors que l'Afrique fera sentir sa voix sur la scène internationale.

    De ce qui précède, il y a lieu de souligner que toutes les Organisations Sous-Régionales, afin d'aboutir à l'intégration véritable doivent chercher à parvenir à des objectifs qui convergent à ce but, car leur divergence c'est-à-dire, des objectifs s'érigent en obstacle à l'intégration du continent.

    Par ailleurs, le manque criant des moyens financiers par les Etats qui forment ces différentes Organisations constitue aussi un frein pour parvenir à l'intégration régionale voulue, d'autant plus que ces derniers, se retrouvant dans plus d'une Organisation au même moment a du mal à payer leurs contributions.

    2. PROBLÉMATIQUE

    Selon PINTO et GRAWITZ, la problématique est le champ des connaissances théoriques dans lequel on pose le problème du lien exact de sa proposition et des concepts requis pour les poser.3(*)

    Pour LUTUNDULA, la problématique est l'ensemble des problèmes que l'on tente de résoudre par un questionnement qui permettrait de combler l'écart entre ce qui existe et ce que le chercheur croit être.4(*)

    Somme toutes, nous saisissons de notre part la problématique comme l'art d'élaborer clairement les problèmes et aussi les résoudre rigoureusement en suivant leur transformation, ou soit un ensemble des questions qu'une science ou une philosophie peut valablement poser en fonction de ses moyens, de son objet d'étude et de ses ponts de vue.

    L'intégration régionale africaine a constitué un mobile de plusieurs dirigeants africains jusqu'à tel point ils ont pensé à la création des Etats-Unis d'Afrique au modèle des Etats-Unis d'Amérique. Préoccupé par cette situation, les dirigeants africains ont mis en place une structure devant permettre la résolution des problèmes du continent, il s'agit de l'instauration en 1963 de l'OUA comme socle de l'unité de l'Afrique devant conduire à l'intégration politique, économique, culturelle et autre.

    Pour procéder à l'intégration générale de l'Afrique, les mesures furent adoptées de commencer par la création des Organisations Sous-Régionales qui doivent commencer par intégrer les Etats se retrouvant dans cette Sous-Région, c'est ainsi l'Afrique fut divisée en cinq Sous-Régions géographiques, à savoir : Afrique du Nord, Afrique Australe, Afrique de l'Ouest, Afrique de l'Est et l'Afrique Centrale. Le problème de l'intégration constitue pour les Etats à ce jour une donne d'actualité d'autant plus qu'aucun Etat ne peut s'auto-suffir ni résoudre les différents problèmes qui se poseraient dans son pays seul, car l'intégration répond à un principe selon lequel « l'Union fait la force ». C'est ainsi les Etats d'une Sous-Région ou d'une Région sont conviés à conjuguer leurs efforts ensemble afin d'affronter les défis divers que pose la mondialisation.

    De toutes les différentes Organisations Sous-Régionales africaines, le bilan de l'intégration démontre qu'elle est pour l'instant peu réjouissante et beaucoup d'alliances sous-régionales et régionales se caractérisent par des initiatives non coordonnées, des conflits politiques et armés et des faibles échanges commerciaux intra-régionaux.

    Eu égard à ce qui précède, la question suivante constitue la problématique de ce travail :

    - La multiplication des Organisations Sous-Régionales africaines contribue-t-elle à l'intégration ou à la segmentation de l'Afrique ?

    Voilà la question à laquelle notre analyse va essayer de répondre.

    3. HYPOTHÈSES

    L'hypothèse peut se définir comme étant relative à l'exploitation des phénomènes naturels et qui doivent être vérifiés par les faits.5(*)

    D'après PINTO et GRAWITZ, l'hypothèse est une proposition des réponses aux questions que l'on se pose à propos de l'objet de recherche formulée dans les termes tels que l'observation et l'analyse puissent fournir une réponse aux questions.6(*)

    Quant au professeur BONGELI, l'hypothèse constitue généralement l'aboutissement de la formation d'une problématique et une anticipation de la réponse à la question principale ; elle doit être plausible, vérifiable et précise. Elle est une proposition qui doit être confrontée à des données recueillies durant l'enquête afin d'être confirmée ou infirmée.7(*)

    La multiplicité des Organisations Sous-Régionales africaines a été voulue par les pères des indépendances dans le but de partir d'une intégration sous-régionale afin d'aboutir à l'intégration régionale ou générale du Continent africain. Nous constatons aujourd'hui que les Organisations Sous-Régionales africaines au lieu de contribuer à l'intégration régionale constituent un frein à cet idéal, or le développement de l'Afrique en ce temps des grands enjeux n'est possible qu'avec l'intégration régionale

    4. CHOIX ET INTÉRÊT DU SUJET

    Le choix de ce sujet se justifie par le résultat qui relève d'un constat. En effet, depuis d'accession des Etats Africains à l'indépendance, plusieurs initiatives à l'échelle continentale et mondiale ont été arrêtées avec comme objectif final de sortir l'Afrique de ses manquements ou son sous-développement. Cependant, malgré tout ce multiple effort fourni, la condition de l'Afrique n'a guère changée.

    Quant à l'intérêt, ce travail interpelle les Dirigeants Africains sur l'obstacle à l'intégration régionale que constitue la multiplicité des Organisation Sous-Régionales et de l'autre côté c'est un apport documentaire aux autres chercheurs qui, à leur tour, peuvent le critiquer et apporter leurs suggestions.

    5. MÉTHODES DE TECHNIQUES

    5.1. Méthode

    Le mot méthode peut revêtir plusieurs sens. C'est la raison pour laquelle nous essayerons de l'expliquer selon les différentes conceptions.

    De leur part PINTO et GRAWITZ définissent la méthode comme un ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles une discipline atteint les vérités qu'elle poursuit, les démontre et les vérifie.8(*)

    Pour le Professeur TSHIAMALA MUJANGI, la méthode est l'ensemble de procédés d'analyse susceptible de conduire à une explication des phénomènes observés.9(*)

    S'agissant de notre travail, nous avons opté pour la méthode analytique, laquelle nous a permis de comprendre en quoi la multiplicité des Organisations Sous-Régionales africaines peut constituer un obstacle à l'intégration africaine.

    5.2. Technique

    Une technique peut être entendue comme un outil de travail, un instrument qui permet de découvrir ou d'observer les faits et de recueillir les différentes données sur ces faits. La technique constitue une base concrète et pratique, elle reste liée aux faits ou phénomènes à étudier.

    Concernant la rédaction de ce travail, nous avons choisi la technique documentaire. Elle a consisté à examiner les divers documents susceptibles de fournir les vérités que nous poursuivons dans notre travail.

    6. DÉLIMITATION SPATIO-TEMPORELLE

    Pour être plus précis, ce travail sera délimité dans le temps et dans l'espace, dans le souci de vouloir éviter des controverses qui peuvent mettre en cause nos efforts.

    S'agissant du temps, notre travail part de 1963, l'année de la création de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) jusqu'en 2010 année qui vu la floraison des Organisations Internationales Africaines.

    Quant à l'espace, notre champ d'investigation reste le Continent africain.

    7. DIFFICULTÉS RENCONTRÉES

    Être partager entre les recherches d'un côté, l'assistance aux cours et le stage de l'autre côté nous a rendu une tâche difficile.

    Par ailleurs, la récolte des données, l'insuffisance des moyens financiers et matériels ont constitué aussi des difficultés pour l'élaboration du présent travail.

    8. PLAN SOMMAIRE

    Hormis l'introduction et la conclusion, ce travail gravite autour de trois chapitres, à savoir :

    - Les considérations générales dans le premier chapitre ;

    - L'état des lieux de l'intégration en Afrique dans le second chapitre ;

    - La multiplicité des Organisations Sous-Régionales obstacle à l'intégration de l'Afrique, troisième et dernier chapitre.

    CHAPITRE I : CONSIDERATIONS GENERALES

    Le but primordial de cette étude est de présenter comment la multiplicité des Organisations Sous -Régionales en Afrique est un frein à l'intégration. Il s'avère important dans ce premier chapitre de mener une étude approfondie et explicative des notions d'intégration et des Organisations Internationales, considérées comme le socle de cette analyse et enfin présenter la situation politico-économique de l'Afrique.

    Les explications des concepts est la toute première phase dans l'élaboration d'un travail scientifique car, certains termes ont souvent prêté à confusion. C'est ainsi que nous avons le devoir de définir et d'expliquer les notions d'intégration et des Organisations Internationales afin d'orienter favorablement nos lecteurs dans la saisie nettes de ces vocables.

    Ce chapitre est subdivisé en trois sections ci-après : les notions d'intégration dans la première section, les notions des Organisations Internationales dans la seconde et enfin la présentation de l'Afrique dans la troisième et dernière section.

    SECTION I : NOTIONS D'INTÉGRATION

    Dans cette section il est question de donner : les définitions, les types, les modalités, les étapes, les avantages, le but, la nécessité et les voies de l'intégration.

    §1. DÉFINITIONS

    L'intégration est un concept technique pluridimensionnel et plurisectoriel. Elle revêt plusieurs dimensions, à savoir : économique, politique, sociale, culturelle, voire même militaire.10(*)

    Il existe de ce fait une panoplie de définitions complexes et assez divergentes les unes des autres, selon les auteurs, les écoles et l'optique dans laquelle on se base. Selon le point de vue adopté, on aura une appréhension différente du phénomène de l'intégration. Ceci explique que les définitions données par les auteurs ne concordent pas toujours, elles s'affrontent et parfois se complètent.

    D'une manière générale, intégrer du latin signifie en son sens étymologique « rendre entier » ; en sens plus large : assembler des parties pour en former un tout cohérent. C'est rassembler les éléments pour en former un tout ou encore, c'est réunir les parties existantes de façon à faire un tout organique ou encore augmenter la cohésion d'un tout déjà existant.11(*)

    RAYMOND ARON parlant de l'intégration, considère que deux unités économiques peuvent être considérées comme ayant réalisé le plus haut degré d'intégration quand les transactions entre deux individus placés dans l'une ou l'autre unité ressemblent, à très peu de choses près à des transactions entre individus de la même unité. C'est en d'autres termes, l'élimination de la discrimination entre les unités économiques appartenant à différentes nations et l'unification des plans d'un ensemble de centres de décisions appelé à former un seul système économique.12(*)

    De notre part nous pouvons définir l'intégration comme le fait pour les entités d'origines différentes accepte de se mettre ensemble pour travailler pour un seul idéal.

    Sur le plan économique, l'intégration est la création des ensembles économiques qui transcendent les économies nationales, ce qui suppose :

    - L'harmonisation des plans et programmes de développement de différents Etats ;

    - La coordination des politiques dans le domaine de la production ;

    - La promotion des règles applicables à des secteurs déterminés.13(*)

    Sur le plan politique ERNEST HAAS pense que l'intégration politique peut être considérée comme la politisation graduelle des buts des acteurs, buts qui étaient initialement de caractère technique et non controversable. Pour cet auteur, l'intégration est un processus graduel par lequel les différents acteurs politiques des Etats ont décidé de réorienter leurs activités vers un centre nouveau de décision, centre dont les décisions sont obligatoires et s'imposent aux différents Etats-nations.14(*)

    Nous appréhendons l'intégration à ce stade comme étant la cession ou l'abandon partiel ou total des certaines compétences Étatiques au profit d'une structure supranationale. Une conception plus élargie sous entant que l'intégration est considérée comme un cadre plus vaste permettant le développement économique et un développement général.

    §.2. TYPES D'INTÉGRATIONS

    Il sied de préciser ici que tous les domaines de la vie sociale sont susceptibles d'intégration, c'est la raison pour laquelle nous avions dit plus haut que l'intégration est un concept multidimensionnel et multisectoriel, c'est ainsi que l'on peut parler de : l'intégration économique, politique, sociale, culturelle, technologique, nationale, internationale.

    2.1. Intégration économique

    D'après PAD UGO, l'intégration économique est un processus d'élimination progressive d'obstacles aux échanges entre plusieurs pays ; des confrontations entre les politiques respectives, un processus de coordination et d'harmonisation des directives économiques principales.15(*)

    TINBERGEN de sa part définit le concept intégration économique comme la création des structures plus favorables à l'économie internationale et susceptible d'introduire tous les éléments favorables à la coordination et à l'unification des Etats.16(*)

    Elle suppose donc que certaines politiques macro-économiques, budgétaires et monétaires soient communes aux pays membres de la zone intégrée.

    2.2. Intégration politique

    En effet, pour ERNEST HAAS, l'intégration politique est le processus par lequel les acteurs politiques de différentes communautés nationales sont déterminés à réorienter leurs allégeances, leurs aspirations et leurs activités politiques vers un nouveau centre dont les institutions possèdent ou demandent la juridiction sur les Etats-nationaux préexistants.17(*)

    Cette définition de HAAS rejoint celle de LINDBERG pour qui l'intégration politique est le processus par lequel, indépendamment les unes des autres, les unités politiques harmonisent leur politique étrangère ainsi que leurs principales politiques domestiques et cherchent à prendre ensemble des décisions ou confient le processus décisionnel à un nouvel organe central et un processus par lequel les acteurs politiques de diverses unités sont conduits à réorganiser leurs aspirations et activités vers un nouveau centre.18(*)

    En bref, l'intégration politique n'est autre qu'un rapprochement par lequel deux ou plusieurs unités politiques se décident de se mettre ensemble pour constituer une seule unité politique.

    2.3. Intégration sociale

    Ce type d'intégration repose sur le consentement des Etats à mettre en place des mécanismes nécessaires à une grande mobilité des hommes dans les limites des frontières de ladite zone intégrée.19(*) Elle vise à réaliser l'égalité des changes par l'assouplissement des rigidités sociales tout en aidant les hommes à choisir en toute liberté leurs conditions de vie de travail.

    2.4. Intégration culturelle

    Selon YOUSSE, l'intégration culturelle n'est autre que cette cohésion des peuples qui ont en commun certaines caractéristiques telles que : la langue, la culture et l'expérience historique commune.20(*)

    §.3. MODALITÉ D'INTÉGRATION

    L'intégration est donc le moyen par lequel les pays en voie de développement (PVD) peuvent progressivement, selon le degré de développement, assurer des disciplines et obligations accrues par le biais d'une production plus complète de système commercial international.21(*)

    L'intégration peut être réalisée par le moyen de décision et d'action autonome ou par la conclusion d'accords et de concessions négociées. Analyser les modalités de l'intégration implique que l'on étudie comment réduire l'écart et le déséquilibre actuels que présentent le double système commercial multilatéral pour en faire un tout plus cohérent de sorte que les règles et disciplines ainsi que les garanties et avantages s'appliquent également à tous les partenaires commerciaux.

    Notre analyse sera basée sur l'intégration régionale qui est un concept glissant, échappant aux efforts d'élucidation et aux mesures précises. Le processus d'intégration par lequel les pays en voie de développement s'acheminent vers une participation plus complète au système commercial, peut-être réalisé par le biais des diverses mesures suivant à :

    - Rationaliser les régimes commerciaux existants ;

    - Assurer la plus grande participation au dispositif institutionnel ;

    - Libéraliser les régimes commerciaux.

    §.4. LES ÉTAPES DE L'INTÉGRATION

    Parmi les théoriciens du processus d'intégration, BELLA BALASSA est resté le plus célèbre, car la quasi-totalité des Organisations Régionales d'intégration qui ont réalisé de très grandes performances dans ce domaine suivent toujours le processus tracé par lui.

    D'après lui, il y a cinq étapes pour réaliser l'intégration. Le degré d'intégration étant chaque fois plus prononcé lorsqu'on passe à l'échelon supérieur. Il y a d'abord:22(*)

    - La zone de libre-échange : qui suppose l'abolition des droits de douane et des barrières tarifaires entre pays membres de la zone intégrée et une indépendance des politiques tarifaires extérieurs.

    - L'union douanière : est le prototype d'une zone de libre-échange, c'est-à-dire, les pays membres de la zone intégrée éliminent les barrières au commerce entre eux. Mais en plus, les partenaires adoptent un tarif commun extérieur.

    - Le Marché commun : qui est une union douanière complétée par une libre-circulation à la mobilité des facteurs de production. Le marché commun a souvent été caractérisé par les quatre libertés de mouvements fondamentaux, notamment des biens, des personnes, des capitaux et des services.

    - L'union économique : est un marché commun accompagné d'une harmonisation ou d'une coordination des politiques économiques, financières, sociales et monétaires des nations et enfin au sommet de l'échelle.

    - L'union politique : suppose que les pays membres de la zone intégrée acceptent d'abandonner partiellement ou totalement leurs compétences Etatiques à une structure supranationale institutionnalisée avec un pouvoir contraignant.23(*)

    §.5. LES AVANTAGES DE L'INTÉGRATION

    Le processus de l'intégration permet pour les Etats membres de la zone intégrée, une extension du marché permettant ainsi d'atteindre un taux de croissance élevé à un coût moindre que si l'effet avait été entrepris par chaque Etat individuellement.24(*)

    Outre cet avantage de l'élargissement du marché, il faut ensuite souligner que l'intégration permet un libre mouvement des biens et des services à l'intérieur de la zone et ce marché commun permet de surcroît l'accroissement de la spécialisation par les avantages comparatifs impliquant une plus grande utilisation des ressources et l'accroissement des volumes des échanges.25(*)

    Un autre avantage de l'intégration réside dans le fait que celui-ci permet de conférer aux Etats membres un pouvoir de négociation dans la lutte commerciale avec d'autres pays extracommunautaire ainsi qu'aux fluctuations brutales de leurs recettes d'exportation.26(*)

    Enfin, l'autre avantage de l'intégration est certes celui lié à la mobilité des capitaux, des facteurs ainsi qu'à la redistribution du revenu qui pourrait être affecté par le mouvement des biens et des facteurs à l'intérieur du marché commun puisque le libre commerce au sein du bloc permet l'exportation des biens et services qui sont produits à bon compte dans un pays vers un autre et, par-là augmente le rendement des Etats dans leur production.

    §6. BUT ET NÉCESSITÉ DE L'INTÉGRATION

    Le but principal de l'intégration est de constituer un bloc fort capable de résister à toutes tentatives nuisantes.

    Au plan sous-régional, traditionnellement l'intégration est considérée comme un optimum du second rang mais dans ce contexte de la mondialisation de l'économie ainsi que la discrimination de fait de l'ajustement structurel, l'intégration sous-régionale reste utile, car en plus des objectifs traditionnels dont la pertinence n'a jamais été démontrée, l'intégration sous-régionale s'avère indispensable pour relever les défis actuels et futurs dont :

    - La mondialisation de l'économie ;

    - L'ajustement structurel ;

    - Les réformes économiques ;

    - La prévention, la gestion, la résolution des conflits et l'intégration sous-régionale.

    Notez cependant que, le but poursuivi par l'intégration est et reste de :

    - Développer l'industrialisation ;

    - Promouvoir l'investissement du fait de l'existence du marché sous-régional ou régional élargie ;

    - Promouvoir l'intégration des marchés et une division extrarégionale du travail ;

    - Réaliser une croissance économique rapide ;

    - Lutter contre la détérioration de termes d'échanges ;

    - Acquérir collectivement un poids plus important dans les négociations internationales.

    §.7. PRINCIPALES THEORIES PROPOSÉES POUR RÉALISER L'INTÉGRATION

    D'après les auteurs, quatre voies ont été proposée pour réaliser l'intégration, il s'agit notamment : du fédéralisme, du fonctionnalisme, du néo-fonctionnalisme et du communicationnisme.

    7.1. Le fédéralisme

    On parle d'organisation fédérale quand les communautés politiques sont réunies sous une règle commune mais conservent leur autonomie. Dans un système fédéral, il ya deux parties qui se partagent le pouvoir : l'Etat fédéral ou gouvernement central qui exerce le jus belli, le jus legationis et le jus tractoris et les soumet, à un pouvoir unique ; le pouvoir fédéré des Etats qui se conforment à l'ordre du pouvoir central mais conservent partiellement indépendance.27(*)

    Le fédéralisme est le meilleur moyen d'unifier les peuples qui ont déjà en commun certaines caractéristiques comme la langue, la culture ou simplement l'aire géographique mais qui forment des Etats séparés.

    7.2. Le fonctionnalisme

    Cette théorie de David MITRANY élabore la solution fonctionnelle dont l'hypothèse est faite de la nécessité de créer une nouvelle forme du système international pour remplacer celui dont la défaillance a aboutir aux deux guerres mondiales.

    D'après MITRANY, le meilleur moyen de promouvoir la paix dans le monde serait d'organiser les activités internationales par rapport à des besoins fonctionnels fondamentaux comme le transport, la santé, le bien être, les activités scientifiques et culturelles, le commerce. L'unification économique n'aboutirait pas seulement à une paix mais jetterait également les bases d'un accord politique plus large.28(*)

    7.3. Le néo - fonctionnalisme

    C'est l'antithèse du courant fonctionnaliste, HANSEN, R. a révisé toutes les théories de l'intégration et est arrivé à la conclusion que les postulats de HAAS sur le fonctionnalisme ne sont pas vérifiables, c'est-à-dire que le passage de l'économie à la politique n'est pas possible et que les expériences d'intégration politique sont différentes d'un contexte à un autre.

    JOSEPH NYE estime qu'il n'existe pas d'automatisme dans les théories d'intégration, parce que chaque cas est unique. La généralisation n'est pas autorisée.29(*)

    LIEBER soutient l'approche néo-fonctionnalisme pour les raisons ci-après :

    - On constate qu'il faut une volonté politique manifeste dans le processus de l'intégration et que les seules actions économiques ne suffisent pas ;

    - En prenant le marché commun comme exemple, on constate que la politique a toujours joué chaque fois que la Communauté Economique Européenne (CEE) aujourd'hui l'Union Européenne était devant un problème à portée nationale de chaque pays.

    À ce moment, on ne parle plus d'économie mais on parlera plutôt des intérêts nationaux.

    7.4. Le Communicationnisme

    Cette méthode s'inspire des principes de la cybernétique et les applique aux relations entre les nations ou les groupes de transactions considérées comme meilleur indicateur et elle part de l'hypothèse selon laquelle la cohésion entre les individus se mesure et se développe à partir de l'importance des rapports et des interactions entre eux. Ces indicateurs sont : le flux des transactions sociales, il faut citer entre autres : le courrier, les communications téléphoniques, les transactions commerciales,...

    K.DEUTSCH estime qu'aucun indice n'a de valeur en lui-même, c'est un ensemble d'indices qui compte.30(*)

    Section II : NOTIONS DES ORGANISATIONS INTERNATIONALES

    Dans cette section nous avons un devoir de définir, de donner l'évolution historique et la classification des organisations internationales. Avant d'entrer dans le vif de cette section, il nous incombe de préciser que dans le cadre de ce travail nous devrions parler ou définir les organisations sous-régionales ; retenez que les Organisations Sous-Régionales sont aussi des organisations internationales, mais avec une sphère de compétence limitée dans la région ou le continent.31(*)

    C'est la raison qui nous a poussés de baptiser cette section notions des Organisations Internationales au lieu de notions des Organisations Sous-Régionales, car adopter cette dernière c'est restreindre l'analyse.

    §.1. DÉFINITIONS

    L'Organisation Internationale peut être définie comme une association d'Etats, constituée par un traité, dotée d'une constitution et d'organes communs et possédant une personnalité juridique distincte de celle des Etats membres.32(*)

    Pour le professeur LABANA, une Organisation Internationale est une structure de coopération internationale, une association d'Etats souverains poursuivant des buts d'intérêts communs au moyen d'organes autonomes.33(*)

    MARIE-CLAIRE SMOUTHS quant à elle définit l'organisation internationale comme un ensemble structuré des participants appartenant à des pays différents coordonnant leur action en vue d'atteindre les objectifs communs.34(*)

    §.2. EVOLUTION HISTORIQUE

    On peut distinguer quatre grandes vagues de création des Organisations Internationales Gouvernementales.

    - Au début du XIXè siècle, les premières Organisations Internationales vont naître dans le domaine purement technique des communications. Il s'agit des Commissions Fluviales Internationales. Elles ont été créées pour régler les problèmes posés par l'utilisation des fleuves internationaux.35(*)

    À cet effet, l'acte final du Congrès de Vienne de 1815 posa le principe de la gestion commune de ces fleuves par les Etats riverains et décida de mettre en place une commission centrale pour la navigation du Rhin.

    - Entre 1919 et 1939, le choc du premier conflit mondial combiné avec la révolution scientifique et technique du XXè siècle va accélérer le développement de ce processus de solidarité.

    La naissance de la Société des Nations (SDN) en 1919, constitue un événement important dans les Relations Internationales. Première Organisation universelle à caractère politique, la SDN incarna entre 1919 et 1939, l'idéal de la paix par le droit et par la sécurité collective.

    La partie XIII du traité de Versailles institua la première Organisation à vocation véritablement sociale : l'Organisation du Travail au sein de laquelle la représentation est tripartite, comprenant les délégués gouvernementaux, les représentants des travailleurs.36(*)

    - Après 1945, le mouvement s'amplifie et on assiste à une prolifération extraordinaire des Organisations Internationales tant au niveau mondial que régional.

    On dénombre actuellement plus de trois cents Organisations Internationales, dont l'Organisation des Nations Unies (ONU) est la plus importante. L'ONU exerce une mission de service public international dans le cadre de l'ensemble formant ce que l'on appelle le système des Nations Unies composé de l'ONU et de ses Institutions Spécialisées.

    - A partir de 1960, avec la décolonisation, les Etats du Tiers-Monde vont créer leurs propres Organisations Internationales. Les Organisations Internationales du Tiers-Monde sont nées dans un contexte historique bien particulière et leur besoin de coopération répond à des aspirations spécifiques, notamment faire légitimer leur indépendance nationale et leur politique étrangère. Tel est le cas du Mouvement des Pays Non-Alignés (MPNA), de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) aujourd'hui Union Africaine (UA), de la Ligue Arabe et autres.37(*)

    §.3. CLASSIFICATION

    Nous présentons dans ce point une typologie qui n'est pas la seule et qui n'est pas forcement exhaustive d'autres classifications peuvent également être faites.

    3.1. La classification d'après la composition

    Elle conduit à distinguer deux types d'Organisations : celles dites universelles et celles à vocation régionale ou internationale.

    - Les Organisations Internationales à vocation universelle comprennent théoriquement tous les Etats, sans exception (grands ou petits, indépendant de leur système politique ou économique,...), à condition qu'ils répondent à la définition juridique donnée, c'est-à-dire, le respect des dispositions de l'acte constitutif de l'Organisation. L'ONU et les Institutions spécialisées qui lui sont rattachées constituent par excellence le modèle des Organisations Universelles.38(*)

    - Les Organisations Internationales à vocation régionale regroupent les Etats sur base des affinités géopolitiques, économiques, politiques, militaires voire ethnique.39(*)

    L'Union Africaine (UA), l'Organisation des Etats Américains (OEA), le Système Economique Latino-Américain (SELA), l'Union Européenne (UE), ... sont autant d'exemples des Organisations à vocation régionale. Une Organisation qui regroupe un nombre d'Etats appartenant à plusieurs zones géographiques différentes est une Organisation Internationale. Citons notamment l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), l'Organisation pour la Coopération et le Développement économique (OCDE), l'Organisation (OCDE), l'Organisation des Pays Producteurs et Exportateurs de pétrole (OPEP), le Conseil Intergouvernemental des Pays Exportateurs du Cuivre (CIPEC),...

    3.2. La classification d'après les fonctions

    Ici nous pouvons présenter une double catégorisation :

    - La différence dans l'étendue des fonctions distingue les Organisations Internationales qui ont une vocation ou une compétence générale qui les autorisent à s'occuper de toutes les questions internationales des Organisations qui ont compétence spéciale. D'où l'opposition entre les Organisations Politiques et les Organisations Techniques. Par exemple, le domaine d'action de l'ONU est illimité (paix, sécurité internationale, décolonisation, désarmement, questions économiques, coopération, droits de l'homme, ...), tandis que celui de l'UNESCO est limité à l'éducation, la science et la culture.40(*)

    - La différence dans la nature des fonctions permet de séparer les Organisations de Coopération qui cherchent à coordonner les activités des Etats membres (ONU, UA,...) des Organisations de Gestion qui sont chargées d'accomplir une tâche spécifique ou de fournir certains services matériels (les Commissions Fluviales, la FAO, l'OMS), l'Agence Spatiale Européenne.

    3.3. La classification d'après les pouvoirs

    Ce critère donne une typologie qui présente :

    - Les Organisations Internationales de type classique. Elles ne possèdent pas de pouvoir de décision vis-à-vis des Etats membres (sauf sur le plan international en matière administrative et financière), mais un simple pouvoir de recommandation (Conseil d'Europe, OCDE),

    - Les organisations supranationales. Elles disposent d'un pouvoir de décision obligatoire à l'égard des Etats membres et parfois à l'égard des personnes privées (physiques ou morales).

    Dans le cas de l'Union Européenne, par exemple, le Conseil des Ministres et la Commission de Bruxelles ont un pouvoir de réglementation et de décision. Les actes qu'ils édictent sont exécutoires de plein droits sur le territoire de la Communauté. Et le droit communautaire prime toujours en cas de conflit sur les droits nationaux des Etats membres.

    §.4.LA CRÉATION ET PARTICIPATION

    4.1. La création

    Il s'agit de l'acte constitutif de l'Organisation qui non seulement la crée, mais aussi définit ses compétences et ses moyens. Il permet d'officialiser l'accord de volonté entre les Etats membres et de mettre en place une Constitution pour l'Organisation. Le traité lie les Etats (pactasuntservanda), mais uniquement dans les limites et pour un objet librement acceptés. Les Etats peuvent émettre des réserves au traité, compatibles avec ses buts (Convention de Vienne de 1969), sauf refus de l'organe compétent de l'Organisation ou Interdiction dans le traité.

    L'acte constitutif s'impose face aux traités antérieurs conclus par les Etats membres, mais pour ce qui est des traités conclus postérieurement, il faut que l'acte constitutif prévoie une hiérarchie entre les textes.

    Exemple : l'article 103 de la Charte des Nations Unies qui souligne que la charte l'emporte sur tout autre accord.41(*)

    4.2. La participation

    4.2.1. Modalités de participation

    En principe seuls des Etats souverains peuvent être membres d'une Organisation Internationale, aussi appelée Intergouvernementale.

    Généralement, les Etats sont membres pléniers, c'est-à-dire qu'ils sont titulaires de tous les droits et devoirs liés à la qualité de membre. Parfois ils sont seulement associés, ils bénéficient alors des mêmes droits que les membres, sauf pour ce qui est du droit de vote.

    Enfin les Etats, mais aussi d'autres Organisations (par exemple des Mouvements de Libération Nationale à l'ONU, peuvent être simplement observateurs, c'est-à-dire, avec simplement le droit d'assister aux débats les concernant, ce qui est souvent un prélude à une future admission.42(*)

    4.2.2. Qualité de membre

    L'adhésion à une Organisation Internationale est un acte volontaire de la part de l'Etat. L'acceptation de la candidature est un acte volontaire de la part de l'Organisation.43(*)

    On peut différencier les membres originaires, qui sont ceux ayant négocié l'acte constitutif et crée l'Organisation, et des membres admis. Ces derniers souhaitent adhérer à l'Organisation après sa création, et pour cela ils sont soumis à une procédure d'admission.

    C'est l'acte constitutif qui détermine les conditions et les procédures d'admission. Les critères d'admission sont déterminés selon une volonté d'assurer la solidarité entre les Etats membres et selon la finalité de l'Organisation, avec cependant des points communs :

    - il faut tout d'abord que l'Etat dépose sa candidature (chaque Etat étant libre de participer ou non à une Organisation) ;

    - Il faut un vote d'un ou plusieurs Organes de l'Organisation, suivant des procédures de majorité variable, voire à l'unanimité.

    Par exemple, selon l'article 4 de la charte de l'Organisation des Nations Unies, il faut un vote de l'Assemblée Générale sur recommandation du Conseil de Sécurité.44(*)

    Les conditions à remplir pour l'Etat demandeur sont :

    · Etre un Etat pacifique ;

    · Accepter de remplir les obligations de la charte ;

    · Avoir la capacité et être disposé à le faire.

    Les nouveaux Etats ou membres admis siègent en principe à égalité avec les autres membres, ils ont tous les mêmes droits et obligations.45(*)

    SECTION III : PRÉSENTATION DE L'AFRIQUE

    Le Continent africain est un continent ancien, par le fait que son histoire remonte depuis les temps anciens. À l'époque précoloniale, le pouvoir en Afrique était religieux, c'est-à-dire, le Roi était considéré comme un représentant de Dieu sur la terre, il était la personnification du territoire, le protecteur des fétiches et des croyances.

    Le pouvoir était héréditaire, mais dans d'autres Royaumes il y `avait une rotation ou pouvoir, c'est-à-dire pas une famille qui dirige. L'économie africaine en cette période était archaïque ce qui veut dire, l'homme vivait de la chasse et de la cueillette.

    Après cette époque arrive l'époque coloniale, ici l'importance de l'Afrique était très croissante, c'est-à-dire l'Afrique était devenue un sujet de convoitise pour les autres continents, plus particulièrement européen.46(*)

    Cette réinvention supposait qu'il faudrait créer des nouveaux Etats en Afrique, c'est ce qui justifie que les Etats africains ont une origine exogène, c'est-à-dire coloniale.

    Suite aux tensions qui opposaient les grandes puissances en Afrique, le chancelier allemand BISMARCK convoqua une Conférence à Berlin où l'Afrique fut divisée entre les grandes puissances européennes de l'époque, à savoir : l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Espagne, la Brande Bretagne et le Portugal, ce qui fait que l'Afrique ait connue six types de colonisations.47(*)

    Après la deuxième guerre mondiale, le centre de gravité du monde se déplace de l'Europe vers les USA et l'URSS, c'est-à-dire, les Etats et les Gouvernements de l'Amérique et l'Asie voulaient avoir un droit de regard sur l'Afrique. Donc, l'Europe avait perdu son monopole de dicta après la période de la deuxième guerre mondiale en Afrique, raison pour laquelle elle était obligée à composer avec les africains.

    Pendant cette période, l'économie africaine était contrôlée par les puissances coloniales qui l'utilisaient en majeur intérêt pour la métropole. La deuxième guerre mondiale amène le phénomène de la guerre froide qui divisa le monde en deux blocs idéologiques opposés, d'un côté le bloc capitaliste avec les USA comme chef de fil et de l'autre le bloc communiste avec l'URSS.

    Pour les Etats africains, il faudrait s'allier soit derrière les USA soit l'URSS. Ceci à conférer à l'Afrique une nature internationale.48(*)

    Durant cette période l'Afrique a connu une révolution paradoxale, c'est-à-dire, un processus de transformation des États tribaux, le mode de vie, les moeurs pour instaurer un nouveau mode de production au modèle capitaliste.

    Enfin arrive l'époque des États indépendants surtout dans les années 1960 pour la plupart d'États, cette période est caractérises par le néocolonialisme, c'est-à-dire, les anciennes puissances coloniales utilisent les nationaux en les maintenant au pouvoir pour exploiter ses ressources et, un détournement de l'économie de l'État pour le compte des dirigeants.

    §.1. SITUATION DE L'AFRIQUE SUR LE PLAN POLITIQUE

    Dans ce paragraphe, il sera question de ressortir les tendances dominantes qui caractérisent l'Afrique au plan politique. Nous y aborderons successivement :

    - Les conflits et guerres en Afrique ;

    - La mauvaise gestion des affaires politique ;

    - La contestation des pouvoirs en Afrique.

    1.1. Les conflits et guerres en Afrique

    Le continent africain demeure l'une des Régions du monde dominé par les conflits armés. Au cours de la période de la bipolarité, les conflits qui déchiraient le continent étaient dus à la confrontation idéologique qui opposait le bloc capitaliste et le bloc socialiste.

    En effet, l'on constate qu'après la chute du Mur de Berlin en novembre 1989 et la fin de la guerre froide, il ya eu une augmentation considérable du nombre des conflits et de guerre en Afrique.49(*)

    Par ailleurs, la fin de la guerre froide et de la bipolarité au plan international ont cédé la place à l'apparition d'un nouveau type de conflit identitaire. C'est le cas par exemple, au Soudan, le conflit qui oppose les animistes et les chrétiens et qui a abouti à la division du pays en deux États, au Rwanda entre les hutus et les tutsis ; sans oublier ce qui se passe actuellement au nord de l'Afrique.

    Il conviendrait également de préciser que, les conflits et les guerres qui déchirent l'Afrique trouvent aussi dans une large mesure leur fondement dans le mode de gestion du pouvoir par les dirigeants politiques.

    En effet, en Afrique, outre l'absence des mécanismes d'alternance pacifique au pouvoir politiques, notamment par les élections démocratiques, libres, transparentes et honnête, il y'a d'autres facteurs qui déterminent le conflit des pouvoirs politiques en Afrique, tels que : le pouvoir est régionalisé, c'est-à-dire, les ressortissant de la région du chef sont ceux qui occupent les fonctions importantes dans presque tous les secteurs du pays, le clientélisme, ceux-ci mettant en mal la stabilité du pouvoir politique ainsi que la cohésion sociale et nationale.

    Ainsi, l'exclusion qui découle d'un tel mode de gestion du pouvoir qui est de nature à susciter et à entretenir des méfiances, des troubles et autres actes analogues. Elle est également à la base de nombreuses crises, tensions politiques et guerres au niveau de l'Afrique. Ces conflits armés posent des sérieux problèmes sur le plan humanitaire et, c'est ce qui est à l'origine de problème des réfugiés et de déplacement interne de guerre qui se posent avec acuité au niveau du continent africain.

    1.2.La mauvaise gestion des affaires politiques en Afrique

    La mauvaise gestion des affaires est un trait marquant qui ronge la quasi-totalité des pays africains dans le domaine politique et administratif. Le comportement des dirigeants politiques africains contemporains ne rappel ni celui des Rois et Empereurs de l'époque précoloniale ni moins encore du PHARAON d'Égypte, ce n'est d'autre que l'héritage direct des autorités qui ont régnés en maîtres absolus sur l'Afrique, à savoir les colons, qui ont laissés des traces profondes sur la psychologie des africains.

    Cette confusion de l'espace public et privé dans la psychologie des acteurs politique et fonctionnaires publics africains a donné une liberté sans limite à la partie au pouvoir, dans le trafic d'influence et la capacité de détourner les sommes colossales du trésor public. Ce détournement des sommes colossales du trésor public se fait par des mécanismes administratifs et financiers, chacun des postes est transformé en patrimoine privé. Dans ce contexte, la méritocratie n'existe plus pour gravir le haut échelon de la hiérarchie administrative, car le but est de faire plaisir à celui qui contrôle ou gouverne.

    Le népotisme, le clientélisme et la corruption s'imposent aussi comme des véritables critères de recrutement aussi politique. Ainsi donc, la mauvaise gouvernance qui a tendance à prévaloir dans le chef des gouvernants, des dirigeants dans la majorité des Etats africains hypothèque sérieusement tous les efforts de développement.50(*)

    1.3.La contestation des pouvoirs en Afrique

    L'Afrique postcoloniale sur le plan politique se singularise par une tendance dominante parmi tant d'autres en l'occurrence, la contestation des pouvoirs en place.

    En effet, dans presque tous les États africains, des coups d'État ou des Mouvements Révolutionnaires ont conduit au renversement des Gouvernements démocratiquement élus et, cette réalité politique de contestation des pouvoirs n'est pas un fait nouveau en Afrique, car elle s'est posée déjà au lendemain des indépendances des pays africains, comme la République Démocratique du Congo (RDC) avec le Gouvernement LUMUMBA.

    §.2. LA SITUATION DE L'AFRIQUE SUR LE PLAN ÉCONOMIQUE

    2.1. Les structures économiques de l'Afrique

    Retenons que les pays africains ont hérités les structures économiques imposées par le système capitaliste colonial. À l'époque coloniale, les structures économiques misent en place par les colonisateurs étaient entièrement basées sur les besoins des métropoles faisant ainsi des colonies, leurs principales sources de matières premières pour leurs industries en Europe.

    Les pays colonisateurs avaient orientés les économies des pays africains vers la production d'un nombre restreint, soit d'un seul ou soit encore de quelques produits agricoles.

    À l'époque postcoloniale, on observe la persistance des anciennes structures économiques héritées du colonialisme capitaliste dans la majorité des pays africains. Ces structures économiques africaines actuelles présentent des caractéristiques dominantes suivantes :

    o Les économies extraverties ;

    o La dépendance économique ;

    o Le dualisme économique ;

    o La désarticulation économique.

    2.1.1. Les économies extraverties

    L'extraversion est nul doute, la première caractéristique dominante des économies africaines. Les économies africaines sont tournées vers l'extérieur.

    Au plan commercial, l'Afrique est complètement tournée vers l'Occident. Les États africains, en dépit de nombreux groupements politiques, d'associations bancaires et des Communautés Économiques Sous-Régionales, ne commencent pas entre eux.51(*)

    Dans le même ordre d'idée, Philippe Hugon affirme que « les économies africaines restent polarisées sur les économies européennes qui représentent plus de deux tiers de leurs zones d'échanges commerciaux.52(*)

    En effet, cette situation s'explique par le fait que l'Afrique dépourvue des infrastructures de transformation au niveau du continent, d'où les matières premières africaines que ça soit les ressources minières, minéralisées, forestières et agricoles quittent les lieux de production et se dirigent vers les chefs-lieux des pays africains ou de régions puis vers les ports d'embarquement pour être exportés vers les pays industrialisés que ces derniers assurent la transformation de ces matières premières en provenance de l'Afrique.

    Ainsi donc, cinq décennies après les indépendances, la situation reste largement inchangée, l'Afrique n'a pas su modifier la structure de ses exploitations qui reste essentiellement tourner vers le marché mondial.

    Cette situation non seulement renforce les inégalités sectorielles de productivité, pour utiliser les termes de SAMIR AMIN et l'enclavement des régions par rapport à la capitale qui tend à devenir le centre au regard du reste du pays qui devient véritablement la périphérie, mais accentue le caractère extraverti de l'économie l'intégrant plus facilement dans le circuit économique international.53(*)

    Et parallèlement, les économies africaines en s'intégral dans le circuit économique international subissent toutes les évolutions défavorables consécutives aux fluctuations de cours des matières premières sur le marché mondial avec comme effet immédiat la baisse des recettes à l'exportation de la majorité des pays africains.

    2.1.2. La dépendance économique

    La dépendance est la seconde caractéristique dominante des économies africaines. La période postcoloniale est marquée par un renforcement de cette indépendance qui s'observe en premier du point de vue du commerce extérieur. Les pays africains échangent de moins en moins entre eux et de plus en plus avec l'occident, car l'essentiel de leurs importations s'effectuent avec les pays industrialisés alors que ces derniers commencent avant tout entre eux.

    Mais, la dépendance s'exerce également au niveau de la production. Même mondialisées, les industries minières restent soumises aux intérêts étrangers qui disposent de la technologie, des capitaux et qui contrôlent les circuits de distribution. Quant à la production manufacturière, elle largement le fait des filiales des sociétés multinationales qui se contentent d'assembler des pièces produites à l'étranger.54(*)

    Il convient de souligner que les lignes qui suivent, nous remarquerons d'autres domaines de dépendance dans lesquels l'Afrique se trouve enchaînée et singulièrement au plan financier notamment au niveau de l'aide publique au développement que sur le plan de l'endettement extérieur.

    2.1.3. Les économies dualistes

    La notion de dualisme, introduite par Boeke correspond à une réalité évidente dans les pays pauvres du Tiers-Monde, en Afrique et en Asie. Il s'agit de la coexistence d'une société traditionnelle, surtout rurale et d'une société moderne : industries, banques, plantations, etc. qui se résument à un enclave contrôlé par l'étranger. Ces deux secteurs entretiennent plus des liens et on peut parler d'inarticulation de la société. L'inarticulation se manifeste par l'absence de segment productif dans l'économie nationale qui devrait être complétée par l'importation.55(*)

    Dualisme et inarticulation résultent de l'introduction brutale au cours du XIXème siècle, dans des sociétés homogènes mais pauvres et stagnantes du monde de production capitaliste. Ils traduisent donc le choc dû à la confrontation de deux cultures différentes.

    Les principaux aspects du dualisme sont bien mis en valeur par PENOUIL (1979) qui présente les caractéristiques opposées de deux secteurs :

    - Technologie de l'outil contre technologie de la machine ;

    - Artisanat contre industrie ;

    - Économie contre industrie ;

    - Économie de substance peu monétarisée, troc et autoconsommation contre l'économie d'échanges monétaires ;

    - Système de valeur différente : recherche du profit, volonté d'expansion et d'accumulation dans le secteur moderne, alors que le secteur traditionnel se caractérise par une absence de motivation pour la production, l'acceptation de statu quo des comportements fatalistes et résignés.

    Cependant, entre ces deux secteurs, des activités intermédiaires se sont développées surtout en milieu urbain, formant ce qu'on appelle le secteur informel ou non structuré.

    Il s'agit de petits métiers, vendeurs ambulants, petits restaurateurs, réparateurs divers, etc. qui forment la trame colorée et misérable des villes africaines.

    PENOUIL soutient que ces occupations représentent environs les tiers des emplois urbains et présentent les caractéristiques suivantes :

    - activités dérivant du secteur moderne qui commercialisent, réparent, transforment des biens industriels ;

    - activités monétaires qui fournissent des revenues à leurs titulaires et permettent la survie en ville ;

    - activités peu capitalistique (un stage sur deux planches) qui ignorent bien entendu, les techniques de gestion (comptabilité, etc.).56(*)

    Le secteur informel dans les villes africaines remplit plusieurs rôles. En premier lieu, il est au service des couches les plus modestes de la ville dont il permet de satisfaire les besoins essentiels. Ensuite, le secteur informel joue un rôle d'accueil des populations rurales récemment arrivées à la ville ; zone tampon entre le secteur rural traditionnel et le secteur industriel moderne, il offre généralement son premier emploi au nouvel arrivé et lui permet de s'intégrer plus lentement, dans le milieu urbain.

    2.1.4. Des économies désarticulées ou désintégrées

    Une économie est dite désarticulée, c'est lorsque dans cette économie, les secteurs économiques juxtaposées sont soit non ou faiblement intégrés et n'effectuant entre eux, que des échanges marginaux, l'essentiel de leurs échanges s'opérant avec l'extérieur.

    Dans ce type d'économie, il n'existe pas entre ces différents secteurs, une liaison organisationnelle. Il s'agit d'une économie où les effets d'entraînement sont longuement limités et généralement transférés à l'extérieur.

    Comme le note François PERROUX, dans ce type d'économie, la caractéristique principale est notamment l'absence de cohésion interne, c'est-à-dire, les mutations d'un secteur donné ne gagne pas le reste du Système économique car il n'ya pas assez de liaison entre éléments composants.57(*)

    En d'autres termes, le développement d'un secteur ou d'un sous-secteur quelconque n'entraîne pas forcement à des effets d'entraînement sur les autres. Ainsi donc, les secteurs économiques se développent du secteur industriel ne rencontre pas celui du secteur agricole.

    Or, le développement agricole est une condition indispensable au développement économique global et surtout de l'industrialisation.

    - Le développement de l'agriculture permet d'accroitre la production alimentaire et par-là accroitre le niveau de vie ;

    - La commercialisation de la production agricole permet de créer des revenus monétaires qui soutiendront la croissance industrielle ;

    - L'accroissement de la production alimentaire permet de satisfaire l'accroissement de la demande des biens de consommation suscité par l création d'un secteur industriel et fournit une contrepartie aux salaires et profits qui sont distribués dans ce secteur.58(*)

    De surcroît, le progrès dans l'agriculture renforce la croissance industrielle :

    - D'une part, ces progrès tendent à économiser le travail et à dégager une main-d'oeuvre nécessaire à l'extension du secteur des matières premières agricoles et d'utilisation des procédés qui accroissent la production agricole stimulant d'un secteur industriel.

    En effet, la restriction des économies africaines est renforcée en partie par la pénurie d'infrastructures de transport qui compromet non seulement le commerce au niveau national mais aussi au plan sous régional.

    Dans le même ordre d'idées, Philippe HUGON affirme que par manque d'infrastructure et de transport, les économies africaines demeurent peu communicantes au niveau de flux, des prix et des informations.59(*)

    En définitive, les économies ne sont pas interdépendantes. Ces économies ne sont pas complémentaires des unes des autres. Ce sont donc des économies qui ne forment pas un tout cohérent et son alors dépourvues d'effets intégrateurs.

    2.2. La crise économique

    Dès leurs accessions aux indépendances jusqu'aux années 1970, les Etats africains ont connu une réelle croissance économique.

    Cependant, depuis le premier choc pétrolier de 1973, les indicateurs économiques des pays africains à quelques exceptions près ont connu une tendance linéaire à la dégradation.

    Face à cette situation, l'OUA ne reste pas les mains croisée. Elle décida d'organiser en février - mars 1979 à Monrovia une conférence qui s'était penchée sur les voies de sortie de crise. Le PAL s'inscrit dans cette logique, il a été donc élaboré à la suite de la conférence organisée par l'OUA en 1979.

    Ainsi donc, à partir de 1980 jusqu'à ce jour, l'évolution économique de l'Afrique y est préoccupante. Les secteurs économiques importants stagnent ou régressent. Pour s'en convaincre de la gravité de cette crise, l'analyse relative aux termes de l'échange nous permettra de s'en convaincre.

    2.2.1. La détérioration des termes de l'échange

    Les termes de l'échange sont définis comme le rapport des indices de prix à l'exportation et des indices de prix à l'importation. En effet, sur le plan des échanges internationaux, les économiques des pays africains se caractérisent par un secteur des produits de base à faible productivité, à faible valeur ajoutée et à faible compétitivité, qui se limite généralement à un éventail restreint de produits à des marchés internationaux.

    La dépendance vis-à-vis du marché mondial qui caractérise encore aujourd'hui le secteur d'exploitation économique des pays africains explique largement tout à la fois son dynamisme et sa vulnérabilité.60(*)

    Cette dépendance du secteur d'exploitation vis-à-vis du marché mondial marqué par les fluctuations des prix des matières premières exporté par les pays africains est à l'origine de la dégradation des termes de l'échange des pays africains.

    À ce sujet, la CNUCED souligne que : « les problèmes dus à la détérioration des termes de l'échange pour les pays d'Afrique tributaires des produits de base sont exacerbés par la forte instabilité des prix de leurs principales exportations. Cette situation est aggravée par la diminution de la part de l'Afrique dans le commerce mondial et par l'incapacité du continent de participer aux échanges internationaux d'articles manufacturés et des produits dynamiques ».61(*)

    Dans le même ordre d'idées, LANDEL MILLS souligne que la part de l'Afrique sur les marchés mondiaux à diminué de moitié depuis 1970. L'Afrique est devenue de moins en moins complétive sur le marché mondial où la concurrence s'intensifie. Le recul porte non seulement sur le volume, mais aussi sur le cours des produits exportés. Depuis 1985, les termes de l'échange ont diminué de 10% et, de ce fait, les exportations africaines ne représentent plus que 2% des échanges mondiaux.62(*)

    Et cette situation ne s'est guère améliorée. En 2000, la part de l'Afrique s'effondre davantage dans les échanges internationaux qui ne représentent que 1%.

    En définitive, comme le note CNUCED, la dégradation des termes de l'échange a été lourde de conséquence en terme de manque à gagner, d'endettement, d'investissement, de pauvreté et de développement.63(*)

    2.3. L'aide publique au développement

    L'amorce du processus du développement répond à plusieurs exigences dont la détention du facteur capital est l'une parmi tant d'autres qu'il faut remplir pour prétendre se lancer sur la voie de développement économique. Or, l'Afrique, au plan financier, est dépourvue de ressources suffisantes capables de lui permettre de financer ses projets de développement.

    C'est en raison de cette pénurie de capitaux pour réaliser les investissements nécessaires à leur développement économique que les pays africains se tournent vers l'extérieur et font appel à l'aide au développement. Alors qu'entendons-nous par l'aide publique au développement (APD) ?

    La réponse à cette question a été fournie par CAD et l'OCDE en 1969, qui en a donné une définition.

    2.3.1. Définition

    Pour CAD, l'aide publique au développement ressort des ressources :

    - Fournies dans le cadre bilatéral aux pays en développement ou accordée par le biais des institutions multilatérales ;

    - Attribuées par des Organismes Publics  dont le but est de favoriser le développement économique ;

    - Assorties de conditions financières favorables aux dons et prêts dont l'élément de liberté est égal à 25%...64(*)

    Une telle définition signifie que ni l'aide des ONG, organisation privée, ni les prêts bancaires ne peuvent être comptabilisés dans l'aide publique au développement.

    En effet, les ressources fournies par les pays industrialisés et par les institutions multilatérales aux pays non développés se répartissent entre les trois catégories :

    1. L'APD qui constitue l'aide proprement dite composée de fonds que les États fournissent à des conditions favorables ;

    2. Autres apport de fonds publics qui comprennent les crédits à l'exportation et le montant net de souscription par les États d'obligation, de titre d'emprunt et de ports des institutions multilatérales ;

    3. Enfin, les apports privés qui comprennent les investissements directs, les investissements de portefeuille et les crédits privés à l'exportation à l'échéance de plus d'un an.

    2.3.2. L'Afrique et l'A.P.D

    Depuis son indépendance, l'Afrique est demeurée la région du monde qui a reçu la part la plus importante de l'APD. Ainsi donc, trois décennies durant, l'aide économique à l'Afrique a connu une croissance remarquable.

    Les flux d'aide ont augmenté presque sans interruption des années 1970 jusqu'au début des années 90. Le montant total des flux a été relativement stable en termes réel durant les années 60, soit trois milliards (valeur 1963). L'aide a ensuite rapidement augmenté. Elle a quasiment triplé en termes réels dans les années 80, pour doubler en 1983 et 1992 et dépasser les 18 millions de dollars.65(*)

    Cependant, l'afflux de l'APD mobilisé en faveur de l'Afrique a eu un impact moins significatif tant sur le plan macro-économique que sur le plan social.

    Tant l'aide dont l'Afrique a bénéficier n'a pas permis ni à assurer un quelconque développement du continent ni même à inciter le décollage économique.

    Il conviendrait de souligner qu'une bonne partie de l'aide publique a été ôtés aux besoins de développement de l'Afrique et détournée par les dirigeants en charge de la gérer.

    Il est aussi vrai que le lien entre l'assistance et le développement est plus ambigu qu'il ne devrait l'être, puisque les critères de l'allocation n'ont pas toujours été fondés sur les possibilités de développement des pays bénéficiaires.

    Les Gouvernements des grandes puissances le reconnaissent ouvertement : le propos de l'aide dite au développement n'est pas d'abord d'assurer le développement des pays pauvres, mais de garantir leurs intérêts dans certaines parties du monde, qu'ils soient commerciaux, stratégiques ou tout simplement culturels ou politiques.66(*)

    En d'autres termes, parmi les objectifs assignés de l'aide au développement, le développement des pays du Tiers-Monde en général et de l'Afrique en particulier n'est pas la première priorité.

    C'est ce qui fait qu'avec la fin de la guerre froide en 1990, nous observons la baisse des flux d'APD en faveur de l'Afrique.

    Les récentes réductions de l'aide sont probablement dues à la combinaison de plusieurs facteurs :

    - Les nouvelles restrictions budgétaires dans les pays donateurs ;

    - Le scepticisme croissant à l'égard de l'efficacité des programmes d'aide ;

    - Le déclin de l'importance stratégique de l'Afrique depuis la fin de la guerre froide et l'émergence de nouveau mandataires d'aide notamment les pays de l'Europe de l'Est et de l'ex Union Soviétique.67(*)

    CHAPITRE II : ETAT DES LIEUX DE L'INTEGRATION EN AFRIQUE

    Il existe aujourd'hui une marée d'Organisations Sous-Régionales en Afrique que sur d'autres Continents, et la plupart des pays africains se retrouvent membres de plusieurs Organisations et participent à plusieurs initiatives d'intégration régionale.

    C'est ainsi que DIANGITUKWA dira :"l'appartenance de certains pays à plusieurs Communautés économiques ne facilite pas l'intégration, elle diminue même l'effet d'adhésion à cause de la dispersion des énergies et des ressources dont le pays ne dispose pas à flot. Pour une raison de rationalisation et d'efficacité, il est souhaitable de créer des communautés économiques cohérentes et rationnelles afin d'éviter les chevauchements inutiles.68(*)

    Cette situation explique les résultats décevants enregistrés par le processus d'intégration.

    En effet, nous analysons dans ce chapitre l'état des lieux de l'Intégration en Afrique, les trois sections que nous avons retenues ci-après : la divergence des objectifs dans la première ; la réalisation de l'Intégration en Afrique dans la deuxième et enfin les difficultés et les avantages de l'Intégration en Afrique dans la troisième.

    SECTION I : DIVERGENCES D'OBJECTIFS

    Au lendemain de la deuxième guerre mondiale 1940-1945, la division du monde en deux blocs dominés par deux superpuissances, les États-Unis d'Amérique et l'Union Soviétique, n'a pas manqué d'avoir des répercussions et des attraits sur les jeunes États nouvellement indépendants en général et sur ceux de l'Afrique en particulier.

    C'est ainsi qu'au lendemain même de leur accession à la souveraineté internationale, les États africains se trouvent déjà divisés en blocs antagonistes à coloration idéologique : le bloc de Casablanca à tendance progressiste et le bloc de Brazzaville-Monrovia à tendance modérée.69(*)

    Raison pour laquelle dans cette section nous analysons les deux blocs antagonistes africains ayant des tendances idéologiques contraires et leurs conséquences sur la problématique de l'intégration africaine, il s'agit du bloc de Casablanca et celui de Brazzaville

    §.1. BLOC DE BRAZZAVILLE

    1.1. CONTEXTE DIPLOMATIQUE

    L'année 1960, avec la décolonisation de l'Afrique noire d'expression française et de Madagascar, fut le début d'une nouvelle orientation de la diplomatie africaine. Le besoin de solidarité qu'éprouvaient des hommes habitués à vivre ensemble, les liens historico-culturels qui attachaient entre elles les anciennes colonies françaises d'Afrique noire et de Madagascar, la forte personnalité de plusieurs de leurs dirigeants conduisirent ces jeunes Etats à se définir et à se constituer en groupe assez solide et homogène jusqu'à la naissance de l'OUA en mai 1963.70(*)

    Dès le 07 septembre 1960, le président SENGHOR, dans un message adressé au peuple Sénégalais, faisait la déclaration indiquant : qu'il faut préparer un plus vaste regroupement où entreront tous les Etats de l'ancienne A.O.F, y compris la Guinée, mais toujours sur la base de l'indépendance de chaque Etat. L'idée de la fédération n'est pas encore mûre dans l'ancienne A.O.F, car les micro-nationalismes ne sont pas encore transcendés.71(*)

    Le 27 Septembre, le Ministre sénégalais de l'information DIOP OBEYE étendit l'aire de regroupement à toutes les nations d'Afrique d'expression française y compris la Mauritanie et la Guinée. Deux rencontres avaient précédées celle qui aboutira à la constitution définitive du groupe de Brazzaville. Au début du mois d'octobre 1960, le président SENGHOR rencontrait son homologue Ivoirien HOUPHOUET-BOIGNY à Abidjan, le communiqué publié à l'issue de cette rencontre lance l'idée de regrouper en une association interétatique souple tous les Etats de ex. AEF et ex. AOF.72(*)

    Du 15 au 19 décembre 1960, une conférence réunie à Brazzaville les Chefs d'Etats et des Gouvernements de douze Etats suivants : Cameroun, République centrafricaine, Congo Brazzaville, Côte d'Ivoire, Dahomey, Gabon, Haute volta, Madagascar, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad.73(*)

    Au cours de cette conférence, des positions furent définies sur plusieurs problèmes de politique internationale (désarmement, guerre froide, décolonisation, question de la représentation de la Chine à l'ONU) et sur des problèmes qui intéressaient directement l'avenir du continent africain : la crise congolaise, la guerre d'Algérie et le problème Mauritanien.

    1.2.NAISSANCE DU GROUPE DE BRAZZAVILLE

    Le Groupe de Brazzaville appelé l'Union Africaine et Malgache (UAM), comme toute Organisation internationale à vocation régionale, n'est pas né d'une décision spontanée de douze États d'Afrique noire française qui venaient d'accéder à l'indépendance en 1960. Elle répond à un certain nombre de conditions réelles et concrètes ci-après :

    1.3.LES DONNEES GEOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES

    La géographie et l'histoire semblent expliquer quoique partiel, le rapprochement opéré de fonder à Yaoundé d'abord, une Organisation à caractère économique et à Tananarive ensuite, une union politique.74(*)

    La géopolitique, nous venons de le dire, n'explique que partiellement ce rapprochement. En effet, un simple coup d'oeil jeté sur la carte suffit à écarter toute prédisposition naturelle et géographique de ces États à l'unité. Sur les douze États membres du groupe, onze sont situés sur le continent et un, Madagascar, s'en trouve complètement détaché. Les onze États situés sur le Continent ne forment pas un ensemble d'un seul tenant.

    La Mauritanie et le Sénégal sont séparés des autres États membres du groupe par le Mali, la Guinée, la Sierra-Leone, et le Libéria. Deux États anglophones, le Ghana et le Nigéria, sont enclavés dans les neuf autres États du groupe qui semblent accuser une certaine continuité dans l'espace.

    Quant aux raisons historiques, les dirigeants africains invoquent souvent dans leur tentative d'unifier leur continent, un passé commun fait des habitudes de vie commune et de la participation à une civilisation commune75(*).

    1.4.LES CONDITIONS DE VIE ECONOMIQUE

    Les Objectifs économiques de la rencontre de Brazzaville du 15 au 19 décembre 1960 furent précisés dès l'ouverture de la conférence par le Président FULBERT YOULOU : il faut, disait-il, créer une sorte de Communauté Économique Européenne et cela pour les raisons, de mieux valait constituer un front uni pour poursuivre le dialogue avec les États du marché commun européen, car la convention nous associant à la CEE vient à expiration en 1962, il faut dès maintenant songer à étudier les conditions de son renouvellement. Notre dignité, nos responsabilités d'États indépendants exigent que les négociations soient entamées à notre diligence, et pour que celle-ci se déroulent avec fruits, il convient que nous formions un bloc dont la cohérence augmentera la force de persuasion.76(*)

    La création d'une Communauté Économique Africaine consistait à faciliter à chaque État africain l'acceptation d'une aide, puisque celle-ci lui est offerte par le truchement d'une Organisation dont il est membre de droit. L'existence d'une telle Communauté fera disparaitre la crainte d'une dépendance directe à l'égard d'une puissance donnée ; elle autorise un multilatéralisme continental par la création d'Organismes paritaires constitués entre-mêmes et d'autres entités politiques et économiques.77(*)

    Les États du groupe, instinctivement peut-être, sentaient le besoin de résoudre les multiples problèmes posés par la prise en charge par chacun d'eux de son économie et ceux ayant trait à la gestion de certains services communs économiques et financiers que les anciennes fédérations d'AEF et d'AOF avaient rendus étroitement liés.

    1.5.CONJONCTURE INTERNATIONALE

    L'accession à la vie internationale des douze États du groupe de Brazzaville, marquée par la coïncidence de la proclamation de l'indépendance et l'admission à l'ONU, contribua au rapprochement entre les dits États.

    L'admission de ces États africains à l'ONU constituait un élément majeur, car en faisant du groupe africain l'élément numériquement le plus fort, elle a modifié l'équilibre régional et politique de l'Assemblée Générale de l'ONU.

    Cette modification quantitative coïncida avec la discussion de multiples problèmes internationaux et les délicates affaires africaines auxquelles les nouveaux États africains étaient confrontés et à propos desquelles ils étaient appelés à prendre position.

    L'enjeu était grave, cette période était marquée en effet, par la rivalité Est-Ouest et les nouveaux venus africains risquaient dès lors, sans une politique concertée, de n'être que des instruments que chaque camp semblent vouloir mettre au service de sa politique, attirer dans son orbite et en tirer le maximum de profit dans le cadre de sa propagande idéologique.78(*)

    Cette entrée massive des jeunes des États d'Afrique dans le concert des Nations ne pouvait laisser indifférent les grandes puissances à la recherche des alliances tant politiques, économiques que militaires.

    §.2. BLOC DE CASABLANCA

    2.1. CONTEXTE DIPLOMATIQUE

    Par des multiples rencontres entre les dirigeants des pays membres de ce groupe, une certaine diplomatie concertée s'était dégagée bien avant la conférence de Casablanca du 03 au 07 Janvier 1961 que beaucoup d'observateurs non avertis considèrent, à tort, comme le point de départ du groupe entant que tel. Nous estimons pour notre part que l'existence de facto du groupe est antérieure à la conférence de Casablanca.

    Dès la première conférence des États d'Afrique à Accra du 15 au 22 Avril 1958, le huit États participants dont trois sont membres du groupe de Casablanca, se déclaraient responsables devant l'humanité et les peuples d'Afrique, et désireux de défendre la personnalité africaine et engagés à respecter les principes de Bandoeng (le non alignement).79(*)

    Après l'adhésion de la Guinée et du Mali au groupe, tous les efforts furent orientés vers l'unification du Continent par la formation, au premier stade, d'ensembles géopolitiques autres que ceux légués par les colonisateurs. L'unité qu'ils proclamaient était une sorte de rassemblement anti-impérialiste, pour la paix mondiale en vue de la libération et du progrès politique et économique africaine, sous une direction politique unique.80(*)

    La conférence de Casablanca ne fut qu'une réplique à celle qui venait de se tenir à Brazzaville du 15 au 19 Décembre 1960, et au cours de laquelle les douze États venaient d'affirmer des positions identiques sur plusieurs questions intéressant l'Afrique, notamment : la crise congolaise, la guerre d'Algérie, le problème mauritanien.

    Ce dernier point était l'objet de préoccupations constantes du Maroc qui faisait valoir des prétentions territoriales sur l'ensemble de ce pays. L'appui que les douze pays membres du groupe de Brazzaville venaient d'accorder à la Mauritanie, le ralliement à ses thèses et la recommandation qu'ils firent aux autres États Africains pour obtenir l'admission de la Mauritanie à l'ONU, tout cela poussa le Roi du Maroc à prendre l'initiative de convoquer une conférence à Casablanca. Tel apparait, en grandes lignes, le contexte diplomatique qui précédait la tenue des assises de Casablanca.

    Au sein du groupe de Casablanca on trouvait côte à côte les Arabes du Nord et les noirs du Sud-Sahara, anglophones et francophone. Il semble essentiellement être fondé sur des aspirations d'ordre politique et idéologique.

    Les déclarations et les prises de position intempestives et révolutionnaires de certaines dirigeants des États membre du groupe, déclarations souvent marquées au coin d'un anti-occidentalisme agressif et intransigeant donnèrent à ce groupe son qualificatif de révolutionnaire et on parlera longtemps de l'Afrique révolutionnaire, c'est-à-dire celle regroupant les États ayant participé à la conférence de Casablanca, et de l'Afrique modérée, celle regroupant les États ayant participé à la conférence de Brazzaville.

    2.2. LES ACTIVITÉS ET ORGANES DU GROUPE DE CASABLANCA

    A l'inverse du groupe de Brazzaville qui avait connu une intense activité en dehors de trois crises africaines, les États du groupe de Casablanca n'ont eu qu'une activité assez limitée.81(*)

    L'activité du groupe de Casablanca était d'instaurer une fédération africaine où tous les membres devraient vivre leur indépendance chèrement acquise. La charte africaine de Casablanca avait créé les organes ci-après :

    a) Une Assemblée consultative africaine ayant un siège permanent et tenant des sessions périodiques ;

    b) Quatre comités :

    - Comité politique africain regroupant les Chefs d'États et qui doit se réunir une fois par an ;

    - Le comité économique africain regroupant les Ministres des Affaires économiques des États membres ;

    - Le comité culturel africain regroupant les Ministres de l'Éducation Nationale des États membres ;

    - Le haut commandement africain commun regroupant les Chefs d'État-Major des États membres.

    C. Un secrétariat Général permanent avec siège à Bamako et ayant pour mission d'assurer la coordination de quatre comités. Il avait été décidé en outre, à la conférence de Casablanca de créer un bureau de liaison destiné à assurer une coordination efficace entre les différents organes ci-haut.

    §.3. CONSEQUENCES DES DIVERGENCES IDEOLOGIQUES DU GROUPE DE BRAZZAVILLE ET DU GROUPE DE CASABLANCA

    D'une manière générale, les divergences idéologiques des pères des indépendances africaines ont donné des conséquences néfastes. Il faut noter que :

    - Les divergences idéologiques sont à la source de multiplication des différentes organisations sous régionales africaines, celles-ci sont créées parce qu'on ne partage pas les mêmes objectifs avec d'autres États d'une autre organisation existante.

    C'est la raison pour laquelle LAVROFF confirme : l'unification politique totale de l'Afrique risque de demeurer un mythe du fait notamment des difficultés diverses et de la coopération entre États, coopération qui demeure jusqu'à présent partielle et éparpillée ;82(*)

    - Les organisations sous régionales africaines créées dans le souci majeur d'exercer une action d'intégration économique du continent, apparaissent plutôt comme étant des simples juxtapositions de territoires nationaux.

    De ce fait, elles se sont révélées inefficaces et incapable de résoudre les problèmes économiques réels de l'Afrique ;83(*)

    - La recherche de l'identité nationale a suscité des luttes tribales et des rivalités politiques ;

    - Les différences de niveaux de développement et les disparités économiques entre pays africains ont fait du processus d'intégration africaine un processus de juxtaposition favorisant les déséquilibres ;

    - Suite aux divergences idéologiques au niveau du continent africain, beaucoup d'organisations sous régionales qui naissent ne sont pas parfois une émanation directe des leaders africains ; mais sur l'impulsion des grandes puissances occidentales développées qui se révèlent hostiles à l'intégration de l'Afrique.

    C'est la raison pour laquelle, le professeur KABENGELE DIBWE soutenant la thèse selon laquelle la prolifération des organisations sous régionales en Afrique étant un frein, il précise que dans chaque organisation sous régionale africaine, il ya toujours un État que les grandes puissances occidentales placent pour être un espion et qui dévoile tous les secrets stratégiques de développement de l'organisation auprès de ces puissances.84(*)

    - Il ya également la méconnaissance des uns et des autres du contenu du concept d'intégration particulièrement des objectifs et des bénéfices de toutes natures que les États en tire ou pourrait en tire ;85(*)

    - Les divergences d'objectifs parmi les dirigeants africains engendrent un climat de méfiance, ce qui fera que le processus d'intégration voulu comme une condition sinequanone pour le développement de l'Afrique sera impossible, et les Africains eux-mêmes se feront des guerres, c'est le cas du Rwanda, Burundi et la RDC ;

    - Les divergences d'objectifs des dirigeants africains favorisent les puissances occidentales d'imposer et de faire subir leur dictature idéologique.

    En gros, nous retenons que l'histoire des organisations internationales en Afrique est marquée par une prolifération d'associations d'États multiples et variés.86(*)

    SECTION II : LA RÉALISATION DE L'INTÉGRATION EN AFRIQUE

    Les États-nations nés des cendres des Empires Coloniaux se sont retrouvés dans un contexte international dominé par de grands ensembles territoriaux tels les États Unis d'Amérique (USA) et l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS). Dans un tel contexte, où développement rime avec regroupements, l'Afrique indépendante ne pouvait demeurer en reste, ce qui explique les rêves d'unités et d'intégration qui l'habitent et la création subséquente de nombreuses Organisations à l'échelle Continentale, Régionale ou sous régionale.

    En effet, l'objectif prioritaire de tous ces États-nations au sortir du régime colonial était l'amélioration du bien-être de leurs populations à travers un développement économique et social rapide. Pour la réalisation de cet objectif, les nouveaux Gouvernements se lancèrent dans des politiques économiques et sociales caractérisées par des plans et programmes de toutes natures. Très vite, ils déchantèrent face aux résultats obtenus, décevant pour la plus part et inquiétant dans certains cas.

    Prenant conscience de cette situation, les nouveaux États Africains, d'une manière générale, arrivèrent à la conclusion que la constitution des grands ensembles régionaux était l'une des voies les plus sûres et les plus rapides pour atteindre les objectifs de développement qu'ils se sont fixés.

    C'est ainsi qu'ils s'engagèrent dans la voie de regroupement comme la coopération régionale et l'intégration économique et monétaire qui ont conduit à la naissance des différentes Organisations sous régionales africaines.

    L'Afrique était divisée en cinq Sous-Régions qui développent chacune en son sien une ou plusieurs Organisations Sous-Régionales d'Intégration :

    1.L'Afrique Centrale

    Avec :

    - La CEMAC : la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique centrale ;

    - La CEEAC : la Communauté Économique des États de l'Afrique centrale ;

    - La CEPGL : la Communauté Économique des Pays des Grands Lacs.

    2.L'Afrique de l'Est

    Avec

    - La CEA : la Communauté Economique de l'Afrique de l'Est ;

    - Le COMESA : le Marché Commun des Etats de l'Afrique Australe ;

    - La COI : la Commission de l'Océan Indien.

    3.L'Afrique du Nord

    Avec :

    - L'UMA : l'Union du Maghreb Arabe

    4.L'Afrique Australe

    Avec :

    - L'UDAA : l'Union Douanière de l'Afrique Australe ;

    - La SADC : la Communauté pour le Développement de l'Afrique Australe ;

    - La ZEP : la zone d'Echanges Préférentiels.

    5.L'Afrique de l'Ouest

    Avec :

    - La CEDEAO : la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest ;

    - L'UEMOA : l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine ;

    - L'UFM : l'Union du Fleuve Mano ;

    - La CEAO : la Communauté des Etats de l'Afrique Occidentale.

    Nous avons le devoir de présenter dans cette section cinq Organisations Sous-Régionales, dont une par la Sous-Région, il s'agit de: la CEEAC pour l'Afrique Centrale, le COMESA pour l'Afrique de l'Est, l'UMA pour l'Afrique du Nord, la SADC pour l'Afrique Australe et la CEDEAO pour l'Afrique de l'Ouest.

    §.1. LA CEEAC : COMMUNAUTÉ ECONOMIQUE DES ETATS DE L'AFRIQUE CENTRALE

    1.1.HISTORIQUE

    Sous l'initiative du Président Gabonais EL HADJI OMAR BONGO, il fut créé en 1983 à Libreville au Gabon, la CEEAC dont le siège se trouve dans la Capitale du même Etat.

    Il faut dire que la CEEAC est créée pour répondre à la nécessité du chemin qui mène le mieux à l'unité qui passe par une association régionale et elle s'inscrit dans la logique du Plan par lequel les Chefs d'États et des Gouvernements de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) s'engageraient à créer des structures régionales en vue de la création d'un marché commun africain, prélude à une communauté économique africaine.87(*)

    Le traité instituant la CEEAC fut signé par tous les Chefs d'États de la Communauté ou leurs représentants, à l'exception de l'Angola qui a participé aux travaux préparatoires sans toutes fois signer le traité, s'estimant dans l'incapacité momentanée de remplir ses obligations à l'égard de la CEEAC en raison de ses efforts de guerre.

    La création de la CEEAC passe par les étapes principales ci-après :

    - Le 18 décembre 1981 : les Chefs d'États et des Gouvernements des pays d'Afrique centrale adoptent la déclaration de Libreville par laquelle ils s'engagent à instituer la CEEAC et arrêtent les dispositions relatives à la mise en place d'un mécanisme de négociation du texte de base.

    - Le 18 Octobre 1983 : Signature du traité instituant la Communauté Économique des États de l'Afrique Centrale ;

    - Le 18 décembre 1983 : l'entrée en vigueur de ce traité et la tenue de la première Session Ordinaire de la conférence des Chefs d'États et des Gouvernements de la Communauté.

    Les États membres de la CEEAC sont les suivants : la République Démocratique du Congo, le Congo Brazzaville, la Guinée Équatoriale, la République Centrafricaine, le Tchad, le Gabon, le Cameroun, l'Angola, le Sao Tomé et Principe, le Rwanda et le Burundi.

    1.2.OBJECTIFS DE LA CEEAC

    Le traité de la CEEAC lui assigne l'objectif de la coopération harmonieuse et de développement équilibré. La CEEAC s'est fixée comme objectifs dans tous les domaines de l'activité économique et sociale qui sont :88(*)

    - Promouvoir et renforcer une coopération harmonieuse et un développement équilibré et auto-entretenu dans tous les domaines des activités économiques et sociales en particulier, dans le domaine industriel, de transport et des communications, d'énergies, d'agriculture, des ressources naturelles ; de commerce, des douane, de gestion monétaire et financière, des ressources humaines, de tourisme, d'enseignement, de perfectionnement, de culture, des sciences et de la technologie du développement, et des personnes en vue de réaliser l'autonomie collective, d'élever le niveau de vie de la population et de maintenir la stabilité économique, de renforcer les étroites relations pacifiques entre les États membres et de contribuer au progrès au développement africain.

    - Élimination entre les États membres des droits de douane et de toutes autres taxes à l'importation et à l'exportation des marchandises ;

    - Maintenir un tarif douanier extérieur commun ;

    - Établissement d'une politique commerciale à l'égard des États membres et des États tiers ;

    - Suppression des obstacles entre les États membres, des personnes, des biens, des services, des capitaux et de droit d'établissement ;

    - Création du fond de coopération et du développement.

    1.3.STRUCTURE ET FONCTIONNEMENT DE LA CEEAC

    La Communauté Économique des États de l'Afrique Centrale est structurée autour d'une conférence des Chefs d'États et des Gouvernements, le Conseil des Ministres, une Commission consultative et un parlement communautaire et d'une cour de justice et du COPAX.89(*) Le fonctionnement de la CEEAC comporte sur les organes suivants :

    - Le Conseil des Ministres

    Composé des Ministres Chargés des questions de développement économique de chaque État membre.

    - La Cour de Justice

    Elle assure le respect des droits dans l'interprétation et l'application du présent traité.

    - Le Secrétariat Général

    Assure l'administration de la CEEAC

    - La Commission consultative

    Composée des experts désignés par les Etats membres. Elle est chargée d'étudier ou d'instruire sous la responsabilité du Conseil les questions et projets que lui soumettent les autres institutions de la Communauté.

    §.2.LE COMESA : COMMON MARKET FOR EASTERN AND SOUTHERN AFRICA. (MARCHÉ COMMUN DE L'AFRIQUE ORIENTALE ET AUSTRALE)

    2.1. HISTORIQUE

    La décision de la création du COMESA a été prise lors de la deuxième réunion de la Zone d'Échanges Préférentiels (ZEP) tenue à LUSAKA le 30 et 31 janvier 1992 conformément aux dispositions de l'article 29 du traité instituant la ZEP qui prévoyait la transformation de cette Organisation à un marché commun. Le COMESA est composé des États de l'Afrique Australe et Centrale, il s'agit notamment de : l'Angola, le Burundi, le Botswana, les Comores, la République Démocratique du Congo, le Djibouti, l'Égypte, l'Érythrée, l'Éthiopie, le Kenya, le Lesotho, le Madagascar, le Mozambique, la Namibie, l'Ouganda, le Rwanda, les Seychelles, la Somalie, le Soudan, l'Afrique du Sud, le Swaziland, la Tanzanie et le Zimbabwe.

    2.2. OBJECTIFS DU COMESA

    Le traité instituant le COMESA précise les buts et objectifs du marché commun, à savoir :

    - La réalisation d'une croissance et d'un développement durables des États membres en favorisant un développement plus équilibré et plus harmonieux de leurs structures de production et de commercialisation ;

    - La promotion d'un développement conjoint dans tous les domaines de l'activité économique et l'adoption conjointe de politiques et programmes macroéconomique en vue de relever le niveau de vie des populations et de favoriser des relations plus étroites entre les États membres.90(*)

    - La création d'un environnement propice aux investissements étrangers, la transformation et les locaux, notamment la promotion conjointe de la recherche et l'adoption de la science et de la technologie au développement ;

    - La promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité aux États membres afin d'accroitre le développement économique dans la région ;

    - Le renforcement des relations entre le marché commun et le reste du monde ainsi que l'adoption des positions communes dans les forums internationaux ;

    - La constitution de la mise en place de l'avancement et de la réalisation des objectifs de la Communauté Économique Africaine.

    Outre ces objectifs, le traité prévoit des engagements particuliers des Etats membres dans certaines domaines ceux-ci pour promouvoir la réalisation des objectifs du COMESA.

    Ces engagements visent les domaines de libéralisation des échanges et de la coopération douanière, des transports et des communications, dans le secteur industriel et énergétique, monétaire et financier, agricole, économique et social.91(*)

    2.3. PRINCIPES FONDAMENTAUX DU COMESA

    Les États membres du COMESA ont convenu d'adhérer aux principes fondamentaux ci-après :

    - L'égalité et l'interdépendance des États membres ;

    - La solidarité et l'autosuffisance collective entre les États membres ;

    - La coopération entre États membres, harmonisation des politique et intégration des programmes au sein des États membres ;

    - La non-agression entre les États membres ;

    - La reconnaissance, la promotion et la protection des droits de l'homme et des peuples conformément aux dispositions de la charte africaine des droits de l'homme et des peuples ;

    - La responsabilité, la justice économique et la participation populaire au développement ;

    - Le respect de la primauté du droit ;

    - La promotion et le maintien d'un système des Gouvernements démocratiques dans chaque Etat membre ;

    - Le maintien et la consolidation de la paix et de la stabilité régionale par la promotion et le renforcement de la politique de bon voisinage ;

    - Le règlement pacifique des différends entre les Etats membres, en favorisant la coopération active entre pays voisins et en promouvant un environnement paisible comme condition préalable à leur développement.

    2.4. STRUCTURE DU COMESA

    Celui-ci est constitué de huit organes qui sont : la conférence des Chefs d'Etats, les Conseils des Ministres, la Cour de justice, le Comité des Gouverneurs des Banques Centrale, le Comité intergouvernemental, les Comités techniques, le Secrétariat Général et le Secrétariat, enfin le Comité consultatif des milieux d'affaires et des autres groupes d'intérêts.

    §.3. L'UMA: L'UNION DU MAGHREB ARABE

    3.1. HISTORIQUE DE L'UMA

    L'UMA est née de la décision des Chefs d'États du Maghreb prise à Marrakech le 17 février 1989. Elle est composée de l'Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie. Elle a été rendue possible suite aux liens millénaires entre les États membres qui ont développé des affinités historiques, culturelles et linguistiques très solides.

    3.2. OBJECTIFS DE L'UMA

    Définis à l'article 2 du traité instituant l'UMA, ces objectifs doivent permettre au plan international une coopération diplomatique étroite, tandis qu'au plan militaire, ils visent la sauvegarde de l'indépendance de chaque État membre.92(*)

    Du point de vue économique, ils mettent l'accent sur la nécessité d'une stratégie économique visant à garantir le développement industriel, agricole, social et commercial par la mise sur pied des projets communs ainsi que des programmes de coopération économique.93(*)

    3.3. STRUCTURE DE L'UMA

    L'UMA est structurée de cette manière :

    - Le Conseil Présidentiel constitué des Chefs d'États se réunissant dans chacune des capitales des États membres périodiquement pour débattre et prendre des décisions ;

    - Le Conseil des Ministres des Affaires Étrangères, celui-ci prépare le Sommet présidentiel et examine les propositions que lui soumet le comité de suivi et les commissions ;

    - Le Comité de suivi, composé des représentants des Gouvernements des États membres chargés des affaires de l'UMA. Il veille à l'application des résolutions du Conseil présidentiel et soumet ses travaux au Conseil des Ministres des Affaires Étrangères ;

    - Le Comité consultatif constitué de vingt représentants par pays désignés par les organes parlementaires des États membres. Il se réunit en session ordinaire une fois l'an. Sa mission est d'émettre son avis sur le projet des décisions que lui soumet le Conseil présidentiel. Il peut également faire parvenir audit Conseil toute recommandation de nature à renforcer l'action de l'Union et à réaliser des objectifs ;

    - L'Organe judiciaire ;

    - Le Secrétariat Général, il est l'organe administratif de l'Union et a son siège à Rabat au Maroc ;

    - Les Commission spécialisées constituées en fonction des problèmes à examiner, ces problèmes sont d'ordre alimentaire, économique et financier, infrastructurel,...

    3.4. CONSTAT

    Le bilan de l'UMA est globalement positif compte tenu de l'intériorisation des États membres à construire un espace économique intégré. L'évolution des différents projets communs permet d'apprécier les efforts consentis et les progrès enregistrés dans les différents domaines.94(*)

    §.4. LA SADC: SOUTHERN AFRICA DEVELOPMENT COMMUNITY (COMMUNAUTÉ DE DÉVELOPPEMENT DES ETATS DE L'AFRQUE AUSTRALE)

    4.1. HISTORIQUE DE LA SADC

    - En 1980 : la création de la conférence de coordination pour le développement de l'Afrique Australe (SADCC) par neuf pays de la ligne de front (Angola, Botswana, Lesotho, Malawi, Mozambique, Swaziland, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe).

    - 1992 : au lendemain de l'indépendance de la Namibie, signature du traité fondateur de la SADC à Windhoek par les neuf pays de la SADCC et la Namibie.

    - 1994 : l'adhésion de l'Afrique du Sud après le régime d'Apartheid.

    - de 1995 à 2005 : il ya eu les adhésions de : le République Démocratique du Congo (1998), les Seychelles (1998) et le Madagascar (2005), la Communauté compte désormais quatorze membres ;

    - En Mars 2001 : initiation d'une réforme des Institutions de la Communauté : dissolution des unités sectorielles de coordination et reprise de leurs activités par un Secrétariat renforcé, mise en place d'instruments de coordination (poste de Directeur Général, Comité intégré des Ministres, Comité nationaux de la SADC dans les Etats membres), mise au point d'un plan régional de développement sur quinze ans pour fixer des lignes directrices aux politiques de développement de la Région ;

    - 2003 : adoption de deux plans stratégiques indicatifs à long terme (15 ans), l'un pour le développement de la Région (RISDP 95(*): Regional Indicative StrategicDevelopment Plan), l'autre pour les questions de politique, de défense et de sécurité (SIPO : Strategic Indicative Plan of Organ).

    La mise en application de ces orientations est prévue à ce jour dans 24 protocoles, notamment : commerce, finances et investissement, gestion des fleuves transfrontaliers et nationaux,...

    - En avril 2006 : Conférence consultative SADC et partenaires de coopération à Windhoek, adoption d'une déclaration sur les principes de l'aide entre la SADC et ses partenaires et création de groupes thématiques pour la coopération avec les bailleurs.

    4.2. OBJECTIFS DE LA SADC

    D'une manière générale, la SADC a pour mission de renforcer l'indépendance et le développement économique des pays membres.

    4.3. STRUCTURE DE LA SADC

    La SADC s'est dotée d'Institutions calquées en grande partie sur le modèle européen :

    - le Sommet de Chefs d'Etats comme instance supérieure de la SADC ;

    - l'Organe pour la politique, la défense et la sécurité, il est placé sous l'autorité d'une Troïka tournante des Chefs d'États ;

    - le Conseil des Ministres, composé du Ministre de chaque État membre chargé de suivi de la SADC, il peut s'agir de Ministre des Finances ou Affaires Étrangères ;

    - le Comité intégré des Ministres, crée pour rompre avec la logique sectorielle qui prévalait avant la restructuration de 2001 et placé sous l'autorité du Conseil des Ministres ;

    - le Secrétariat est l'organe d'harmonisation et de pilotage stratégique du processus de la SADC (Coordination de la mise en oeuvre de deux plans indicatifs stratégiques régionaux) ;

    - les Comités nationaux, créés après la restructuration de 2001, ils ont la responsabilité dans chaque Etat membre de contribuer à l'élaboration des politiques régionales et de coordonner et de superviser leur transposition au niveau national.

    §.5. LE CEDEAO: LA COMMUNAUTÉ ECONOMIQUE DES ETATS DE L'AFRIQUE DE L'OUEST

    5.1. HISTORIQUE DE LA CEDEAO

    Le concept de la création d'une Communauté de l'Afrique de l'Ouest remonte à 1964 et au Président de Libéria, William Tubman, qui en a lancé l'idée. Un accord a été signé entre la Côte d'Ivoire, la Guinée, le Libéria et la Siérra-Léone en Février 1965, mais celui-ci n'a pas abouti.96(*)

    En Avril 1972, le Général GOWON du Nigéria et le Général EYADEMA du Togo ont relancé ce projet, et ont rendu visite à douze pays, demandant leurs contributions de Juillet à Août 1973. Une réunion a été organisée à Lomé en vue d'étudier une proposition de traité. Une réunion d'experts et de Juristes s'est tenue à Accra en Janvier 1974 ainsi qu'une réunion de Ministres à Monrovia en Janvier 1975 ; ces deux conférences ont examiné soigneusement la proposition de traité.

    Finalement, quinze pays d'Afrique de l'Ouest ont signé le Traité pour une Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, la CEDEAO (Traité de Lagos) du 28 mai 1975. Les protocoles établissant la CEDEAO ont été signés à Lomé, Togo le 05 Novembre 1976. Un Traité revu pour accélérer l'intégration économique et pour augmenter la coopération politique à été signé en Juillet 1993.97(*)

    La CEDEAO constitue une tentative très importante et esquisse un cadre élargi de coopération économique. Il s'agit en effet d'une organisation qui non seulement groupe dix-neuf «19»Etats : Benin, Burkina Faso, Niger, Nigéria, Cap Vert, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, Sénégal, Sierra-Léone, Togo... mais encore dépasse la formule d'un regroupement d'Etats lusophones (Cap vert et Guinée Bissau).

    La CEDEAO constitue un grand marché avec ses 187.106 d'habitants répartis sur plus de 6.106 de Km² et de ressources importantes au plan minier et énergétique.98(*) 

    Le nouveau traité de la CEDEAO adopté le 24 juillet 1993 à Cotonou élargit le domaine de l'Organisation à la politique car elle peut agir pour la prévention et le règlement des conflits concernant ses membres. Rôle qu'elle a du reste joué en déployant une force interafricaine de maintien de la paix (ECOMOG).

    5.2. OBJECTIFS DE LA CEDEAO

    La création de la CEDEAO a été motivée par la promotion de la coopération et l'intégration en vue de créer une union économique et monétaire entre les pays de l'Afrique de l'Ouest. L'article 3 du traité révisé de la CEDEAO énumère ses objectifs, il s'agit notamment :

    - de renforcer les relations entre États de l'Afrique de l'Ouest ;

    - de résoudre pacifiquement les conflits en Afrique de l'Ouest ;

    - de promouvoir la coopération et le développement dans tous les domaines des activités économiques, particulièrement dans le domaine industriel, et celui du transport et communication, de l'énergie, de l'agriculture, des ressources minières naturelles, du commerce, de la monnaie et finances, et enfin des affaires sociales et culturelles, avec comme but fixé, l'élévation du niveau de vie des populations, ainsi que l'accroissement et le maintien de la stabilité économique en Afrique de l'Ouest ;

    - de contribuer au progrès et au développement du continent africain.99(*)

    5.3. STRUCTURE DE LA CEDEAO

    La CEDEAO est structurée des organes ci-après : la Conférence des Chefs d'Etats et des Gouvernements, le Conseil de Ministres, le Secrétariat exécutif dirigé par un Secrétaire exécutif, le Tribunal de la Communauté, les Commissions techniques et spécialisées, les Fonds de coopération, de compensation et de développement, le Parlement, le Conseil économique et social et l'ECOMOG comme organe de maintien de la paix et de la sécurité.

    Constat des Organisations Sous-Régionales africaines

    D'une manière générale, certaines Organisation sous-Régionale ont permises d'avancer sur la voie de l'intégration, et les autres ont faillis à leurs missions, toutefois, les résultats de l'intégration en Afrique restent mitigés.

    SECTION III : DIFFICULTÉS ET AVANTAGES DE L'INTÉGRATION EN AFRIQUE

    L'importance de la coopération et de l'intégration en Afrique pour accélérer et renforcer le développement économique et social est reconnue depuis longtemps par les décideurs africains. L'unité, la coopération et l'intégration de l'Afrique ont été de tout temps des objectifs pour de nombreux responsables africains comme GEORGE PATMORE, W.E.B. DUBOIS ou MARCUS GARVEY, ainsi que pour des nationalistes africains comme KWAME N'KRUMAH qui, dans son « livre : Africa must » préconisait déjà l'unité africaine.100(*) Cet objectif d'intégration est donc profondément ancré dans l'histoire de l'Afrique, même si, comme dans d'autres Régions, la priorité a été initialement de s'assurer un poids et une autorité politique accrus sur la scène internationale. Mais au fur et à mesure que les défis de la mondialisation et de l'interdépendance se sont imposés aux pays de la Région avec le risque d'une marginalisation du continent africain, cet objectif d'intégration est devenu prioritaire.

    Le rêve qui a hanté tous ceux qui ont travaillé pour une Afrique unifiée, reste illusoire en ce qu'aujourd'hui, autant d'obstacles jonchent encore le parcours et le voyage des Etats africains vers la constitution des grands ensembles.101(*)

    Ainsi, nous analysons dans cette section les difficultés de l'intégration en Afrique au premier paragraphe et les avantages de l'intégration en Afrique dans le second.

    §.1. DIFFICULTÉS DE L'INTÉGRATION EN AFRIQUE

    Aujourd'hui l'Afrique malgré la multiplicité des Organisations Sous-Régionales d'intégration reste butée à des sérieuses difficultés pour maintenir l'intégration entre les États. Le processus d'intégration en Afrique se heurte à plusieurs obstacles.

    En outres, nous pouvons citer les difficultés suivantes :

    1.1.Les micro-nationalismes

    Le désir de chaque État de se stabiliser dans le cadre des frontières héritées de la colonisation, notamment par l'affirmation du principe sacro-saint de l'intangibilité des frontières consacrées par la charte de l'OUA. C'est le danger d'un certain repli sur soi-même alors que ce nationalisme étroit n'a plus de place dans un monde devenu de plus en plus interdépendant. L'intégration implique la remise en cause du sentiment local pour le global et suppose des communautés sociales unies librement à un projet commun. Or la plupart des États n'acceptent pas une telle remise en cause ou l'aliénation d'une part de leur souveraineté au profit de la construction communautaire.

    L'illustration la plus concrète de cet obstacle est le cas de la Grande Bretagne qui a refusé la ratification du Traité créant la monnaie unique européenne.102(*)

    Ce danger de repli sur soi-même ouvre la voie aux égoïsmes locaux : volonté de chaque Etat de sauvegarder ses industries en fonction de son propre développement et de ses nécessités budgétaires. Cette situation ne pourra jamais favoriser l'intégration, donc il faut relativiser la notion de la nationalité au profit du grand ensemble.

    1.2.La langue

    La multiplicité de zones linguistique au sein de certains Organisations Sous-Régionales africaines constitue sans aucun doute un obstacle sérieux pour leur véritable intégration.

    En effet, les dirigeants de tradition française se sentent à l'aise entre eux qu'en compagnie des anglophones, des arabophones ou des lusophones, vice versa.

    Pour le professeur KABAMBA WA KABAMBA, la langue entant qu'elle, est un instrument de communication sociale pouvant assurer la compréhension mutuelle, véhiculer la culture, favoriser le développement des solidarités et la formation d'un patrimoine de conceptions communes, peut faciliter et accélérer le processus de l'intégration, mais elle ne le conditionne pas.103(*)

    Du fait que plusieurs États se retrouvent dans les Organisations avec des langues différentes celles-ci entraineraient parfois des obstacles sur le plan communicationnel.

    1.3.La stabilité politique interne fragile des États

    L'instabilité de certains régimes africains et les multiples changements d'orientations qui résultent le plus souvent ne font que reculer l'échéance d'une véritable intégration dans la mesure où les nouveaux régimes font table rase des engagements interafricains antérieurs et, où les dirigeants en place se préoccupent plutôt d'asseoir leur autorité dans tout le pays que de dépenser leurs énergies à assurer les bases d'une véritable intégration.

    L'influence très marquée des dirigeants sur toute décision tant nationale qu'internationale est aussi rattachée à l'instabilité politique. Beaucoup de régimes politiques africains sont dictatoriaux où les dirigeants politiques considèrent l'État comme un bien privé, c'est-à-dire l'État et la Nation s'identifient à la personne du Chef.

    Cette situation engendre des conflits armés dans presque tout l'ensemble du continent africain ceux-ci constituent des inconvénients à l'intégration africaine. Il ya même les États africains qui se font la guerre entre eux.

    SALIA TRAORE ajoute également que les accords signés sur décision politique, lors de la mise en oeuvre il y'a hésitation.104(*)

    1.4.La lutte pour le leadership

    L'ancien Secrétaire Général de l'OUA, EDEM KODJO avait structuré son option autour du concept de « pôles fédérateurs ».Il analyse l'intégration par le biais de certains États considérés comme « pôles fédérateurs ». Il s'agit de la RDC pour l'Afrique centrale, la RSA pour l'Afrique Australe, du Nigéria pour l'Afrique Occidentale et l'Éthiopie pour l'Afrique de l'Est.105(*)

    Cette analyse d'EDEM KODJO fait aujourd'hui que chaque dirigeant africain, chaque État africain veut jouer le rôle de leadership et réaliser l'intégration autour de soi. Chacun se croit en devoir d'être fédérateur exclusif et propose son leadership. Personne n'est disposé à accepter celui d'un autre. Cette recherche du leadership bloque l'intégration comme le montre le cas de la SADC qui a été divisée sur sa politique étrangère lors de la guerre de 1998 en RDC. Le Zimbabwe et l'Angola ont décidé d'intervenir en RDC alors que l'Afrique du Sud qui jouait le rôle de Gendarme de l'Afrique Australe sous le parapluie de la SADC, s'y opposait et malgré son rôle officiel de médiateur, elle soutenait l'Ouganda et le Rwanda en fournissant des équipements militaires à ces deux pays engagés eux aussi dans la guerre en RDC, où ils étaient des adversaires du Zimbabwe et de l'Angola. Les relations entre l'Afrique du Sud et le Zimbabwe s'étaient détériorées davantage pendant cette période ; dans un tel contexte, la position de la SADC, en particulier celle de la RSA était difficile sinon délicate.106(*)

    De même, la Fédération du Mali avait éclaté, entre autres causes, parce que MODIBO KEITA ne voulait pas de CEDAR SENGHOR à la présidence de la République.107(*)

    Donc, ces situations de rivalité de leadership continental occasionnent des obstacles à l'intégration.

    1.5.L'absence de complémentarité des économies africaines

    D'abord retenez que les tenants du libre-échange, pour eux, l'intégration régionale a suscité également quelques critiques négatives, entre autres, les blocs commerciaux régionaux freinent plus l'expansion du commerce mondial qu'ils n'y contribuent. Ils font valoir que ces blocs ont tendance à ériger autour d'eux des remparts tarifaires et non tarifaires qui restreignent les courants commerciaux avec l'extérieur.108(*)

    Il peut en résulter des inefficiences dans l'allocation des ressources et la production qui réduisent les gains de bien-être induits par la concurrence. Par conséquent malgré la popularité des blocs commerciaux ces dernières décennies, les économistes ne sont pas unanimes quant à leur effet positif net sur le commerce. Les efforts entrepris pour mesurer de façon empirique cet effet dans le cas de certains blocs commerciaux ont contribué à éclairer le débat.

    Avec les courants commerciaux trop orientés vers les ex-métropoles, cette absence de complémentarité des économies font que certains pays refusent de s'associer avec tel ou tel autre soit :

    · Par crainte de fusionner deux ou plusieurs sous-développements ;

    · Par crainte d'être réduit au rang de simple colonie de consommation de produit finis ;

    · Parce qu'on ne veut pas partager les bénéfices de ses ressources naturelles avec un futur partenaire moins bien nanti économiquement et financièrement.

    Ainsi, les Etats africains en viennent-ils à s'affronter ouvertement dans une concurrence extérieure, souvent stérile, comme vendeurs des mêmes matières, comme candidats aux mêmes capitaux pour leur industrialisation moyennant des concessions importantes par le biais de codes d'investissements parfois trop libéraux, et comme importateurs de produits manufacturés.

    À ceux-ci, DIANGITUKWA ajoute :

    - le grand partenaire tire plus de profits que les petits pays ;

    - La concurrence est parfois difficile s'il y'a un grand déséquilibre entre les économies nationales ;

    - Il y'a un risque de voir les marchés extérieurs se refermer ou certains pays ne pas respecter les accords afin de tirer profit des marchés externes ;

    - Si le regroupement met au point une procédure efficace d'application, les coûts de l'abandon du processus de l'intégration pourraient être élevés pour un membre défaillant, ce qui rendra plus plausible la pérennité des échanges introduits dans la politique économique ;

    - Les produits du partenaire le plus important pénètrent dans les autres pays avec ou sans intégration régionale. L'économie nationale du grand partenaire croit plus rapidement que celle des autres pays membres.109(*)

    Les mêmes problèmes systémiques qui entravent le développement des économies nationales du continent, bloquent aussi les progrès rapides vers son intégration. Il faut également ajouter les déceptions et frustrations engendrées par le non-respect par certains Etats membres des décisions communautaires, notamment dans le domaine de la libre-circulation des personnes, le droit de résidence et d'établissement ; les appréhensions relatives aux éventuelles moins-values de recettes fiscales dues au désarmement, Tarif Extérieur commun (TEC) ; les instabilités de prix internationaux qui affectent leurs recettes d'exportation confèrent une vulnérabilité structurelle à ces économies avec les incidences sur la croissance économique, les problèmes monétaires nationaux (convertibilités des monnaies) ; l'inadéquation de l'infrastructure et de l'intégration physique ; la forte dépendance de plusieurs budgets nationaux des Etats africains aux recettes douanières, etc... tous ceux-ci constituent des inconvénients au niveau économique pour l'intégration régionale.110(*)

    1.6.La multiplicité de zones monétaires et la dépendance de la stabilité monétaire.

    L'Afrique est regroupée en six principales zones monétaires, à savoir : la zone sterling, la zone franc, la zone dollar, la zone escudo, la zone pesataespagnola et la zone indépendante.111(*)

    La multiplicité de zones monétaires africaines qui sont les plus souvent des appendices des zones monétaires planétaires, l'absence de toute forme de coopération entre ces zones et l'incohérence qui en résulte, la prolifération des frontières douanières gênent considérablement le développement des échanges entre les Etats africains. Comme les échanges entre ces Etats sont en difficulté à cause de la convertibilité des monnaies suite en l'absence d'une monnaie unique et commune, l'intégration aura des problèmes sérieux, car sans monnaie librement convertissable dans les grandes zones monétaires africaines, on voit mal comment pourraient se créer les vastes réseaux d'échanges qu'exige toute industrialisation.112(*)

    1.7.L'absence des Infrastructures de Transport et Communication

    Les infrastructures de transport et de communications sont à la fois une condition fondamentale de désenclavement des hommes et un déterminant du rythme de la répartition géographique du développement.

    Cinquante ans après les indépendances, l'Afrique n'a pas fait de progrès dans le réseau de communication tant sur le plan de la flotte aérienne, navale que terrestre. Le réseau est resté vétuste avec les voies de communication datant encore de l'ère coloniale et se trouvant dans un état de délabrement fort avancé.113(*)

    L'absence des moyens de transports et communications de haute technologie pose un sérieux handicap à l'intégration de l'Afrique. C'est la raison pour laquelle par exemple le sommet de la SADC organisé à Luanda en Angola du 16 au 18 Août 2011 avait pour thème la construction des infrastructures comme moyen de l'intégration régionale. Au cours de ces assises, les Chefs d'Etats de cette organisation étaient préoccupés de la nécessité des infrastructures interconnectées entre les Etats membres de la SADC comme moyen de facilitation de l'intégration car sans cela, il est difficile d'atteindre l'intégration régionale.114(*)

    §.2. AVANTAGES DE L'INTÉGRATION EN AFRIQUE

    L'Union Africaine offre le cadre politique par l'intermédiaire duquel l'Afrique souhaite s'unir avant de s'intégrer dans le reste du monde. Cet intérêt accru pour l'intégration plus profonde y compris par la création d'un marché commun, pour les biens, les services, les capitaux et les personnes physiques et par l'harmonisation des règles reflètent l'évolution récente des initiatives d'intégration en Afrique. C'est la raison pour laquelle, l'intégration régionale a été et demeure une priorité absolue pour les pays africains.115(*) Les diverses initiatives régionales en matière de coopération économique, si leurs avancées sont inégales s'agissant de la mise en oeuvre des traités respectifs, permettent de constater des progrès, même s'ils sont lents.

    Les Etats africains ont décidé, en juillet 2001, de transformer l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) en Union Africaine (UA) qui ambitionne de réaliser un vaste marché commun qui couvrira toute l'Afrique. Dans ce schéma envisagé, sa construction devra s'appuyer sur les Organisation Sous-Régionale du continent déjà existant. Par là nous comprenons que l'intégration de l'Afrique offre plusieurs avantages au continent dans le but de son développement intégral.

    La présentation des avantages de l'intégration en Afrique, est faite d'une manière structurée pour comprendre comment dans chaque domaine choisi, l'intégration est profitable à l'Afrique. Nous analysons les avantages de l'intégration : des marchés, de production, des règles, des institutions politiques, sécuritaire,...

    2.1. Avantages de l'intégration des marchés et production en Afrique

    L'instauration d'une zone intégrée créée beaucoup d'avantages pour ses membres. C'est ainsi que VINER a établi les fondements de la théorie des unions douanières en montrant que le régionalisme pouvait conduire à l'expansion des échanges. Quand un groupement commercial est créé, l'élimination des pays obstacles au commerce crée un vaste marché où les pays qui produit à bas coûts des biens de consommation accroît sa part de marché en capturant le marché intégré du produit fabriqué à bas coûts, cela permet au producteur à bas coûts d'abaisser encore ses coûts de production grâce aux économies d'échelles, au plus grand nombre de fournisseurs disponibles et aux effets de spécialisation. Le mouvement de la demande du pays à coûts élevés vers les pays à bas coûts crée, pour ce dernier de nouvelles opportunités commerciales, d'où l'expression des échanges.116(*)

    Dans ce marché intégré :

    - Chacun gagne à accroître substantiellement ses marchés d'exportation, de façon à tirer parti des économies d'échelle dans la production intérieur ;

    - Les entreprises plus efficaces améliorent leur productivité et leur production pour alimenter un marché et on peut s'attendre à une diversification de la production.117(*)

    - La concurrence née de l'intégration régionale permet aux citoyens de se procurer des biens de meilleures qualités à des prix plus attractifs ou plus avantageux, car la suppression des monopoles, des oligopoles et des cartels sur le marché national entraînent une baisse de prix.118(*) Grâce à l'intégration régionale, l'Etat, qui comptait exclusivement sur les recettes fiscales issues des recettes douanières, peut développer d'autres secteurs et miser sur les taxes internes payées par les entreprises qui s'installent dans le pays ;

    - Le fait d'être exposé à la concurrence préparera les petits pays à une plus grande intégration dans l'économie mondiale tout en améliorant la qualité, la productivité de leur économie et donc la compétitivité ;

    - Le mécanisme fixant la politique économique dans une zone de libre-échange régionale paraît plus efficace que la simple libéralisation imposée par l'ajustement structurel.119(*)

    - L'essor du commerce et des investissements créent des emplois dans les petits pays ;

    - Quand des marchés régionaux se développent grâce à l'intégration économique, davantage de fournisseurs sont attirés vers le marché régional et les entreprises peuvent se spécialiser. Ce processus réduit les coûts de production moyens à l'intérieur du groupement commercial et accroit ainsi le rendement des facteurs matériels et non matériels.

    En outre, l'intégration régionale a des retombés technologiques conduisant à des gains de productivité et à une réduction des coûts de production, ce qui attire d'autres investissements et favorise par conséquent l'accumulation des facteurs.

    Vu les effets cumulés de l'intégration économique régionale en termes d'efficience et d'accumulation, il est clair qu'elle peut contribuer à la croissance économique.

    Sachant qu'une efficience accrue et une accumulation plus rapide sont les ingrédients d'un système compétitif, l'intégration régionale peut donc être un tremplin permettant à l'Afrique de s'intégrer à l'économie mondiale.

    - À partir du marché commun africain, l'intégration facilitera le mouvement des personnes, des biens, des services, des capitaux sans des tracasseries frontalières.

    2.2. Avantages de l'intégration des règles africaines

    Il faut souligner que l'intégration de règles africaines conférera au continent une force de lois, car l'intégration répond au principe « l'union fait la force », grâce à cette force de loi, l'Afrique montera une politique économique ; douanière, et tarifaire vis-à-vis des Etats tiers commune. Cela va également conférer à l'Afrique un pouvoir de négociation dans la lutte commerciale avec d'autres Etats ou Organisations extracommunautaires ainsi qu'aux fluctuations brutales de leurs recettes d'exportations.120(*)

    L'intégration régionale constitue un terrain de manoeuvre adapté au développement des stratégies globales car elle permet, d'une part, de créer un territoire où circulent librement les biens, les hommes, les capitaux, les investissements, et d'autres part, de réunir des économies inégalement développées avec des différences de coûts salariaux.121(*)

    L'intégration régionale est une étape intermédiaire qui permet d'aller vers plus de libre-échange à l'échelle mondiale. Adhérer à un regroupement régional revient, pour l'Etat qui fait ce choix, à renoncer à certaines composantes de sa souveraineté au profit de l'entité régionale. Il accepte que les programmes et leur contrôle soient définis à un niveau supranational.

    2.3. Avantages de l'intégration des institutions politiques africaines

    Il sied de noter qu'aujourd'hui l'une des raisons de la faiblesse de l'Afrique résulte des problèmes internes, qui, entre autres, les conflits armés. Mais l'intégration régionale réduit les conflits et les guerres. Il devient de plus en plus difficile de penser à l'éclatement d'une guerre entre les pays de l'Union Européenne ou entre les Etats-Unis et le Canada d'une part et entre les Etats-Unis et le Mexique d'autre part, parce que la confiance et la coopération entre les pays membres permettent d'écarter une telle éventualité.

    Il en sera de même pour l'Afrique en générale, et en particulier en Afrique Centrale si une intégration régionale, rationnelle et cohérente, fonctionnant sur la base d'une démocratie consensuelle ou consociatives y voit le jour.122(*)  

    La stabilité politique est un préalable à l'intégration régionale et au développement économique. Il est facile de constater que les pays qui connaissent des conflits sont peu intégrés dans des communautés régionales et leurs économies sont faibles. C'est encore dans ces pays que la demande de l'immigration est grande. En revanche, les pays qui profitent largement de l'intégration parviennent à dynamiser leurs économies et à se développer.

    Notons l'exemple du cas dans lequel le Rwanda s'était retiré de la CEEAC parce que la RDC assurait la présidence à cause des conflits qui les opposaient, les cas sont multiples à donner.

    Lorsque les institutions politiques africaines s'intègrent, il y'aura une cohésion générale dans la prise de décision politique au niveau continental  qu'international ceci va faire que l'Afrique soit respectée.

    2.4. Avantages de l'intégration sécuritaire en Afrique

    La fin de la guerre froide qui présageait, après la chute du mur de Berlin en novembre 1989, une nouvelle ère de stabilité et de paix favorisée par la disparition de l'antagonisme idéologique entre blocs, a ouvert, au contraire, une période de fortes turbulences en Afrique. Le continent compte aujourd'hui plus de vingt foyers de conflits dont les causes sont variées : facteurs ethnique, revendications frontalières causes démographiques et recherche des espaces vitaux, arguments religieux, motivations économiques, frustrations et pauvretés, etc..., rivalisent et se présentent comme les causes les plus récurrentes qui, parfois, se croisent et s'enchevêtrent dans plus d'un conflit.123(*)

    Si nous pouvons considérer l'insécurité causée en Afrique par les puissances occidentales à la recherche des espaces vitaux et les motivations économiques, nous comprenons que ces puissances déstabilisent les régimes qui ne leur sont pas favorables en leur imposant des guerres soient civiles soient étrangères, ce sont par exemple les cas de la Tunisie, de l'Egypte, de la Côte d'Ivoire et de la Lybie aujourd'hui, puisque l'Afrique n'est pas intégrée sur le plan sécuritaire.

    L'intégration sécuritaire africaine aidera à la formation d'une armée régionale africaine qui fera face aux attaques extérieures du continent ; ensuite cette intégration permettra aux pays qui ne sont à mesure de s'assurer l'auto sécurité de se retrouver sécuriser par l'armée régionale ou continentale, ceci peut nous renvoyer à l'époque de la Société des Nations (SDN) où il y'avait le principe de la sécurité collective soit « Tous contre un ».

    Aujourd'hui le cas de la Lybie, si l'Afrique était intégrée sur le plan sécuritaire, l'OTAN allait se retrouver face à tout le continent africain et non à l'individu KADHAFI. L'intégration sécuritaire africaine procurerait la stabilité et la paix sur l'ensemble du continent.

    Somme toute, nous constatons que l'état des lieux de l'intégration en Afrique est mitigeux du fait que l'Afrique est constituée d'une multiplicité des Organisations Sous-Régionales d'intégration ayant en leur sein un certain nombre des difficultés croissantes et de quelques avantages réalisés.

    Cette situation nous renvoie dans le chapitre suivant où nous aurons à donner notre point de vue objectif de l'analyse de cet état des lieux.

    CHAPITRE III : LA MULTIPLICATION DES ORGANISATIONS SOUS-

    REGIONALES AFRICAINES COMME OBSTACLE À

    L'INTEGRATION

    Les organisations multiples que regorge l'Afrique devraient contribuer énormément à l'intégration et au développement du Continent mais le constat est amer car il en existe d'autres, qui ne sont pas forcément africaines, mais qui sont composées d'un grand nombre d'Etats africains, dont l'existence freine plutôt l'unité et l'intégration du Continent en outre. Les divergences idéologiques des leaders africains divisent les Africains du fait que les grands leaders comme SEKOU TOURE, N'KRUMAH et les autres ne voulaient pas rester sous le giron des grandes puissances occidentales, c'est la raison pour laquelle il ya eu le groupe de Brazzaville et de Casablanca.

    Pour arriver à l'analyse de cette situation, nous avons subdivisé ce chapitre en trois sections ci-après :l'appartenance multiple des Etats dans les Organisations Sous-Régionales, dans la première section ; les problèmes financiers dans les Organisations Sous-Régionales, dans la deuxième section, et enfin les perspectives d'avenirs, dans la troisième section.

    SECTION I : L'APPARTENANCE DES ETATS AFRICAINS A PLUSIEURS

    ORGANISATIONS

    Comme nous avions soulevé l'une des conséquences de la divergence d'objectifs des dirigeants africains était le diktat des grandes puissances occidentales qui imposent et font subir leurs idéologies aux africains. Cette situation a conduit beaucoup de décideurs politiques africains à adhérer à plusieurs organisations régionales et d'outre-mer. Sur les 53 pays africains, 27 sont, membres de deux regroupements régionaux, 18 appartiennent à trois regroupements et un pays est membre de quatre regroupements. Sept pays seulement ne sont membre que d'un seul regroupement.124(*)

    Cette profusion d'institutions et ces appartenances multiples à l'intérieur d'une même région brouillent quelque peu les objectifs d'intégration et induisent une concurrence contre-productive entre pays et entités. Plusieurs de mesures prises pour rationnaliser toutes ces initiatives en matière d'intégration s'avèrent inefficace pour le maintien d'une organisation efficace qui permettrait l'intégration du continent. Ceci explique comme nous l'avons dit précédemment que certaines organisations sous-régionales naissent sous le diktat des grandes puissances, qui les contrôle et assurent l'exécution de leurs politiques étrangères.

    Ce constat n'a d'ailleurs pas échappé à la perspicacité du professeur KOFFI AHADZI, lorsqu'il déclare dans son article : « Réflexions critiques sur l'union africaine », il dit que l'Union Africaine se présente comme une Organisation à double face où la volonté d'intégration et celle de coopération s'entrechoquent. Ceci s'explique aussi par le fait que, tout comme la défunte OUA, la création de l'Union Africaine n'a pas échappé à la vision partagée entre les défenseurs d'une Afrique unie et forte conformément à la thèse unitariste défendue par KWAME N'KRUMAH et les progressistes qui ont opté pour la nécessité de bâtir un partenariat entre les Gouvernements et toutes les couches de la société civiles afin de renforcer la solidarité et la cohésion entre les peuples africaines.125(*)

    En effet, il faut reconnaitre qu'en lieu et place de l'unité recommandée, l'ex-OUA, partagée entre progressistes et modérés,126(*) n'avait cessé d'étaler au grand jour ses divisions sur bon nombre de dossiers plus ou moins sensibles, notamment les crises de Biafra, du Sahara occidental, de l'Angola, ...127(*)

    Donc, la plus part d'initiatives d'intégration régionale sont trop ambitieuses, leurs membres appartenant à des multiples entités, leurs mandats sont souvent confus et parfois contradictoires ; d'autre part elles se caractérisent par l'absence de coordination et d'harmonisation des politiques et des réglementations au niveau régional et à la non application des engagements pris128(*) etc.

    Comme les Organisations régionales africaines n'ont plus des conditions à l'adhésion des membres, c'est ce qui favorise les Etats d'adhérer à des multiples organisations. Cette situation d'appartenance des Etats à des Organisations multiples ne favorisera pas l'intégration africaine puisque dans chaque organisation, il ya des objectifs qui diffèrent des autres.

    Cette position est soutenue par DIANGITUKWA, lorsqu'il dit : «l'appartenance de certains pays à plusieurs Communautés économiques ne facilite pas l'intégration, elle diminue même l'effet d'adhésion à cause de la dispersion des énergies et des ressources dont le pays ne dispose pas à flot ».129(*)

    Il est cependant nécessaire de souligner que la plupart des Etats africains sont pauvres financièrement, comme ils appartiennent à plusieurs organisations sous-régionales, ils seront obligés de payer dans chaque organisation des frais de fonctionnement, comme ils ne seront pas en mesure d'honorer leurs engagements vis-à-vis de ces organisations, ils ne seront pas autorisés à prendre les décisions importantes dans les conférences de ces organisations.

    Ceci va créer des frustrations qui vont conduire aux désengagements vis-à-vis de ces organisations. Cette perception peut être appuyée par le proverbe qui dit :« Qui court deux lièvres n'en prend aucun ».

    Ainsi donc, nous précisons que l'appartenance des Etats africains à plusieurs organisations sous-régionales d'intégrations, bloque l'intégration régionale, car l'intégration répond au principe fondamental : « L'UNION FAIT LA FORCE », Comme le Etats africains ne veulent pas s'unir dans une organisation intégrative comme l'Union Africaine, pour devenir forts, leur plusieurs appartenances les affaibli et les bloque.

    SECTION II. PROBLEMES D'ORDRE FINANCIER

    Aujourd'hui, l'ensemble d'organisations sous-régionales africaines connaissent des problèmes sérieux d'ordre financier, ces problèmes sont dus d'une part de la situation interne des économies des Etats membres et d'autre part de la situation d'ordre externe qui lie ces Etats et ces Organisations avec le monde extérieur.

    §.1. PROBLEMES FINANCIERS D'ORDRE INTERNE

    Aujourd'hui la quasi-totalité d'Etats du monde connaissent des sérieux problèmes financiers dus aux facteurs d'ordres variés. Pour le cas de l'Afrique, il ya plusieurs facteurs qui justifient ses différents problèmes financiers au niveau interne.

    Il faut noter que le premier facteur justifiant le problème financier au niveau interne de l'Afrique est la mauvaise compréhension du sens de la gestion de l'Etat par les dirigeants africains, c'est-à-dire, il ya une confusion de l'espace public et de l'espace privé qui place les dirigeants africains dans une situation inauthentique. Car, voulant construire un Etat moderne fondé sur un type d'autorité légale rationnelle, dont la légitimité résulte de la mise en oeuvre de l'idéologie de l'intérêt général servi par le critère de la méritocratie, les dirigeants africains versent dans la personnalisation du pouvoir, ils utilisent les ressources publiques comme s'ils s'agissait de leur patrimoine privé et mine toute initiative de développement .

    Cette situation s'accompagne du trafic d'influence et la gabegie plus la spoliation de denier public, ceci se fait par des mécanismes administratifs et financiers, chacun de ces postes est transformer en patrimoine privé, la conséquence logique est la mauvaise gouvernance à la place de la bonne gouvernance.

    Ainsi, on se retrouve, en Afrique, avec une petite classe de la population qui est riche parce qu'elle est avec celui qui gouverne et la grande majorité de la population croupisse dans la misère.

    L'autre facteur qui justifie les problèmes financiers au niveau interne en Afrique, c'est la forte dépendance des budgets nationaux de recettes douanières.130(*)

    Plusieurs Etats africains parce que leurs budgets nationaux dépendent forcement d'un seul secteur, lorsque celui-ci ne produit pas, c'est l'économie nationale qui en souffre et il ya des problèmes financiers qui se posent ;

    Il ya également le problème d'instabilité et de faiblesse de la majorité des monnaies des Etats africains qui apparaissent aussi comme source des problèmes financiers et qui handicape le climat des affaires en Afrique en général.

    Les économies de plusieurs Etats africains dépendent d'un seul secteur commercial, de manière que si ce secteur connait des problèmes, ces Etats se retrouvent bloqués sur tous les plans.

    Plusieurs monnaies nationales des Etats africains sont faibles, ce qui fait qu'elles ne confèrent pas à ces différents Etats un pouvoir d'achat nécessaire dans les transactions internationales et cela entraîne un déficit dans la balance des paiements.

    Il est également important de noter que la majorité de la population des Etats africains est pauvre et n'a pas d'emploi, quand une population en sa grande majorité ne travaille pas, cela ne permet pas la croissance de l'économie, car la croissance d'une économie nationale est une résultante de la combinaison de la production et de la consommation.

    D'une manière générale, nous constatons que les Etats africains sur le plan interne sont caractérisés par un problème de la mauvaise gouvernance, cette dernière les fragilise et les rend incapable de se constituer une force financière. Cette faiblesse au plan financier des Etats africains va constituer un blocage à l'intégration régionale.

    §.2. PROBLEMES FINANCIERS D'ORDRE EXTERNE

    Nous devons comprendre que les ex-colonisateurs des Etats africains continuent d'exercer une influence sur ces Etats par le biais des institutions publiques. Nationales et internationales.

    C'est comme l'affirme MILLET qu'à la fin des années 1970, les grandes puissances financières publiques et privées sont parvenues à mettre sur pied un mécanisme invisible et subtil qui va exercer à leur place et moins ostensiblement la domination qu'elles veulent perpétuer. La dette est le coeur de cette nouvelle colonisation, l'Independence n'est finalement qu'un leurre. Le noeud coulant de la dette est passé au cou des nations et des populations africaines.131(*)

    Aujourd'hui le capitalisme s'est répandu dans le monde entier renforçant les rapports de dépendance des Etats africains à ceux du Nord ou développés qui, pour la plupart, sont les anciennes métropoles d'Afrique noire. En outre, à l'échelle mondiale en revanche, l'inexorable loi du marché est d'abord appliquée aux seuls produits primaires agricoles, miniers des pays pauvres. C'est ce qui aboutit à ce que nous appelons échange inégal.

    Cette situation conduit SAMIR AMIN dans sa réflexion pour se servir de deux mots clés pour définir la dépendance, il s'agit du centre et de la périphérie. Les périphéries selon lui, sont les régions qui ; dans le système capitaliste mondial ne sont pas érigées en centres. Ce sont les pays et régions qui ne maitrisent pas localement le processus d'accumulation, lequel est, dès lors façonné principalement par les contraintes extérieures.132(*)

    Par processus d''accumulation, il faut comprendre l'idée de maîtrise locale de la centralisation du surplus, de maîtrise locale du marché, de maîtrise locale des ressources naturelles et enfin de maîtrise locale des technologies. Les périphériques sont donc les régions qui ne sont pas constituées en centres Bourgeois nationaux autocentrés.133(*)

    Les centres sont donc l'opposé de la périphérie. Les centres écrits SAMIR AMIN sont le produits de l'histoire, ceux-ci ont permis, la constitution d'une hégémonie bourgeoise nationale et d'un Etat capitaliste national.134(*)

    De nos jours, beaucoup de pays d'Afrique se retrouvent endettés vis-à-vis des grandes puissances occidentales qui, depuis le plan MARSHALL, vont mettre tout en oeuvre pour rester à jamais les grandes puissances. Or celui qui contrôle les finances d'une nation n'a pas besoin du contrôle total sur la gestion politique intérieure pour être le vrai patron. Ceux qui déterminent les pouvoir au temps des jolies colonisations choisissent donc de devenir, au cours des années 1960 et 1970, des créanciers et de continuer à tirer les ficelles en coulisses, de façon plus discrète mais tout aussi implacable. Trois types d'acteurs financiers vont entrer en jeu : les banques occidentales, les pays riches et les institutions multilatérales.135(*)

    Les pays africains connaissant des grosses difficultés financières voient apparaitre un nouveau sigle magique : PPTE (Pays Pauvre et Très Endettés).

    En 1996 au Sommet du G7 de Lyon, les pays riches ont fait une fois de plus, le constat que la dette était un fardeau insupportable pour les pays les plus pauvres, et qu'elle risquait de provoquer des remises en cause plus ou moins violentes du système en place.136(*)

    L'initiative PPTE n'amène aucun pays à se redresser une fois achevée, les remboursements restent très importants, et la misère est loin de se résorber. Ce n'est pas étonnant, car le but de l'allégement de dette proposé aux PPTE atteignant le point d'achèvement est avant tout d'empêcher toute interruption dans le remboursement, pas de soulager les populations du fardeau de la dette.137(*)

    Les Etats africains étant déjà placés dans une condition de dépendances et d'endettement ne peuvent pas se développer et s'organiser librement sur le plan financier, ils sont sous contrôle des puissances occidentales qui les domine.

    Cette situation va poursuivre ces Etats africains dans les Organisations où ils vont adhérer par le fait qu'ils ne seront pas à mesure de s'acquitter de leurs obligations fiscales vis-à-vis de l'organisation. Comme l'Organisation n'aura pas à son tour perçue ceux qui devraient assurer son bon fonctionnement elle sera bloquée, c'est pourquoi nous avons dit que les problèmes financiers que rencontrent les Etats africains dans les différentes Organisations sous-régionales ne pourront jamais favoriser l'intégration de l'Afrique.

    Un autre fait est que la majorité d'Organisations Sous-régionales africaines, ne disposant pas des moyens financiers pour atteindre leurs objectifs, sont parfois financés par les puissances occidentales comme : l'Union Européenne, les USA et autres, qui au départ sont hostile à l'intégration de l'Afrique ; l'Afrique qu'ils ont tendance à considérer comme une source de matières premières et un grand débouché pour les produits manufacturés.138(*)

    Quant à l'aide financière, qu'elles auront apporté aux Organisations africaines, elle sera coordonnée par eux, pas dans un sens concurrentiels mais de renforcement de la dépendance africaine.

    D'une manière générale, nous constatons que les Organisation Sous-régionales africaines ont des sérieux problèmes financiers, dûs, aux facteurs internes et externes. Les facteurs internes sont justifiés par le fait que la majorité des Etats africains constituant les Organisations sous-régionales sont pauvres financièrement, ceci à cause de la mauvaise gestion des ressources économiques de l'Etat, l'économie de l'Etat est entre les mains d'un petit groupe des personnes au pouvoir, les trésors publics sont détournés pour le compte privé ; tandis que les facteurs externes sont justifiés par le néo-colonialisme occidental qui se manifeste par les aides publiques au développement (APD), l'ajustement structurel que les institutions financières de ces grandes puissances occidentales imposent aux pays africains et à ses Organisations d'intégration.

    Toutefois, «la main qui donne est celle qui domine » ou dicte sa volonté, donc, comme les Etats africains et les Organisations africaines sont butés aux problèmes financiers et sont financés par l'occident, il sera difficile pour ces Etats et ses Organisations d'atteindre l'intégration tant rêvée.

    C'est la raison pour laquelle nous disons que les problèmes financiers des Organisations sous-régionales africaines constituent un blocage à l'intégration de l'Afrique.

    SECTION III. LES PERSPECTIVES D'AVENIR

    Il nous arrive de penser que dans cette époque de la mondialisation et de la globalisation des échanges comme facteurs de développement de toute entité, il est impérieux pour l'Afrique de comprendre que son intégration est la seule voie pour faire valoir ce qu'elle vaut et devenir un interlocuteur qui peut faire face aux autres puissances et aux effets de la mondialisation.

    Par ailleurs, l'une des difficultés insurmontables de l'intégration régionale et même internationale réside dans l'incertitude objective de mesurer et de quantifier l'existence de la volonté politique des acteurs et décideurs nationaux en faveur de l'intégration régionale, en partie à cause de la complexité des intérêts des Etats, de la dynamique du changement de ces intérêts selon les circonstances et surtout du fait que le paramètre diplomatique se prête mal à la mesurabilité.139(*)

    Notons qu'en Afrique, il existe des difficultés de plusieurs ordres ; lesquelles ne lui facilitent guère la tâche d'unification.

    Parmi ces difficultés on peut citer les liens coloniaux que les colonisateurs ont entretenus avec leurs ex-colonies, ces liens se transforment en terme de coopération multiple, l'objectif restant le même : « l'occupation politique, économique et socio-culturelle de l'Afrique » ; il ya aussi la nouveauté du système diplomatique africain.140(*)

    Il est capitale pour les Chefs d'Etats africains d'avoir une volonté politique de réaliser l'intégration régionale, car sans celle-là, il sera difficile d'atteindre ce rêve dans n'importe quel domaine.

    En Afrique donc, il faut une forte dose d'amour dans le Chef des décideurs politiques pour qu'ils comprennent que le concept d'intégration régionale renvoie à la réalisation d'un projet politique, car dans toute entreprise d'intégration, la volonté politique des Etats est un élément déterminant de son avenir, c'est son moteur.141(*)

    Ceci est appuyer par le professeur NTUAREMBA qui dit : « la volonté politique est un facteur majeur dans toute entreprise communautaire, un élément décisif dans tout programme économique interétatique, son absence implique le blocage de toute la démarche.142(*)

    Une fois cette volonté politique est effective, les suggestions ci-après peuvent aider l'Afrique à atteindre l'intégration, considérée comme le socle de son développement, donc son épanouissement.

    §.1. SUR LE PLAN POLITIQUE

    Sur le plan politique, il faut d'abord que les dirigeants ou décideurs politiques africains recherchent à trouver la légitimité de leur pouvoir auprès de leur peuple, c'est ce qui fera qu'ils seront indépendants dans la prise de leurs décisions. Mais de nos jours, la majorité des dirigeants africains leur légitimité du pouvoir vient de l'extérieur d'auprès des puissances occidentales.

    - Les dirigeants africains doivent prendre des mesures ou décisions courageuses de supprimer les Organisations sous-régionales qui sont multiples en Afrique et parfois qui engendrent les divisions parmi les Africains, pour s'intégrer toutes dans l'Union Africaine ; afin d'arriver à la formation d'une fédération africaine des Etats. Mais, ce processus ne doit pas se faire d'une manière brusque, sinon ça risque de compromettre tous les efforts déjà entrepris dans les différentes organisations sous-régionales existantes ;

    - Si la possibilité de supprimer toutes les Organisations sous-régionales au compte de l'Union Africaine n'est pas possible du coup, il faut maintenir une Organisation sous-régionale dans chacune de cinq zones géographiques qui constituent l'Afrique à savoir : l'Afrique Centrale avec la CEEAC, l'Afrique du Nord avec l'UMA, l'Afrique de l'Ouest avec la CEDEAO, l'Afrique Australe avec la SADC et l'Afrique de l'Est avec la CEA ou le COMESA ; chacune de ces cinq Organisations retenues aura la mission d'intégrer tous les Etats de sa sous-région afin de les conduire à l'intégration générale au sein de l'Union Africaine ;

    - Les dirigeants africains doivent relativiser la notion de la souveraineté de leurs Etats au profit de l'Organisation supranationale et aussi relativiser la notion de la nationalité une et exclusive, car nous vivons dans une période où le monde est considéré comme un village planétaire, où on exige à chaque Etat d'ouvrir ses frontières aux autres.143(*)

    §.2. SUR LE PLAN ECONOMIQUE

    Pour arriver à l'intégration économique africaine, il faut d'abord que sur le plan interne de chaque Etat qu'il y'ait l'intégration économique entre différentes couches et régions pour mieux favoriser l'émergence nationale.

    Le pays doit avoir une économie stable et une monnaie unique et puissante à parité fixe ou convertible, un niveau de vie équitable et équilibré entre population, un PNB acceptable :144(*)

    - L'Afrique doit prioriser le commerce intra- africaine avant d'aller vers les partenaires extra-zone africaine ;

    - Pour éviter que les inégalités et les différences de niveau économique soient à la base de disfonctionnement et de la dysharmonie des Organisations régionales. Des conditions doivent être imposée afin que des efforts soient fournis par les Etats qui voudraient adhérer au groupement ou organisation ;

    - Apres avoir résolu les problèmes liés aux inégalités économiques, la monnaie doit cesser d'être une question de l'attribut de la souveraineté des Etats, mais il faut arriver à la mise sur pied d'une zone monétaire commune ou unique, c'est indispensable pour consolider l'intégration et offrir beaucoup plus d'avantages aux Etats intégrés.

    - Les Etats réunis au sein d'une organisation doivent appliquer la politique économique commune vis-à-vis des tiers et, avoir la volonté de respecter les devoirs et les obligations de l'organisation. (pacte sunt servanda) la facilitation du commerce ainsi que des règles et des procédures administratives mieux harmonisées permettraient de rendre la région plus attractive commercialement parlant, ce qui donnerait lieu à des partenariats plus diversifiés, notamment entre des partenaires du Nord et du Sud ;145(*)

    - Les Etats membres de l'organisation d'intégration doivent assurer la mobilité des personnes, des capitaux, des biens, des services, etc.. librement dans leurs territoires ;

    - Les Etats africains doivent cesser de faire des programmes de leurs budgets nationaux en comptant sur les taxes et les douanes, car ceux-ci ne permettent pas l'intégration.

    §.3. SUR LE PLAN SECURITAIRE

    Les pays africains doivent concevoir des normes et des principes communs qui devraient réguler la circulation des personnes et des biens dans les zones frontalières pour faire face au trafic d'armes et des drogues.

    En plus, il serait souhaitable de commencer à oeuvrer en faveur de la signature d'un traité de non-agression et de créer un cadre de sécurité collective qui puisse garantir la stabilité et la paix dans l'ensemble du continent.

    Aujourd'hui les grandes puissances occidentales sont entrain de déstabiliser les régimes qui ne leur sont pas favorables en leur créant les guerres, c'est la raison pour laquelle KWAME N'KRUMAH disait : si nous ne nous unissons pas et ne combinons pas nos ressources militaires pour la défense commune, les Etats particuliers se sentant en danger, risquent d'être entrainés à conclure des pactes avec des puissances étrangères, qui nous mettrons tous en danger.146(*)

    C'est pour cette raison que la CEDEAO, dans le souci de renforcer les piliers de cette sécurité collective a réussi à fonder une force d'interposition qui a fait ses preuves dans les guerres du Liberia et Sierra Léone, l'ECOMOG. (Ecowas Monitoring Group : Groupe d'évaluation de la Communauté Economique des Etat de l'Afrique de l'Ouest).147(*)

    §.4. SUR LE PLAN SOCIO-CULTUREL

    Les pays africains doivent investir dans les projets sociaux qui promeuvent la solidarité entre les peuples et contribuent à la connaissance profonde des uns et des autres. Ceci peut servir à rompre les barrières de méfiance et à créer de nouveaux ponts qui puissent favoriser les échanges de tout type et le développement du continent :

    - La création des médias régionaux capables de diffuser la pensée africaine dans le monde ;

    - Les échange des bourses d'études entre les différentes universités africaines et les étudiants des pays africains dans les disciplines scientifiques susceptible de favoriser une coopération régionale et dans lesquelles ces étudiants peuvent échanger leurs expériences ;

    - La formation des équipes sportives régionales africaines dans toutes les disciplines capables de faire face aux équipes d'autres continents ;

    - La création des infrastructures de transports et de communications sont à la fois une condition fondamentale de désenclavement des hommes et un déterminant du rythme et de la répartition géographique du développement.148(*)

    Car une coopération au niveau des services des infrastructures de base inciterait probablement aussi les acteurs les plus importants et plus stables de la région à effectuer des investissements de création de capacités dans un bon nombre des pays africains les moins avancés. Ceux-ci devraient profiter de leurs affinités géographiques et culturelles pour renforcer leurs liens régionaux, et le secteur des services pourrait leur offrir une telle possibilité ;

    - Favorisez la mobilité et la migration de la main d'oeuvre entre les travailleurs africains, car ça présenterait des avantages pour toutes les parties concernées.

    Ainsi dans le cas des pays d'origine, les migrations permettent entre autres de bénéficier des fonds envoyés par les travailleurs expatriés de faciliter la création de réseaux d'entreprises ainsi que le transfert de compétences et de technologie.

    Dans le cas des pays d'accueil, les migrants permettent de combler les lacunes en matière de ressources humaines et compétence dans les secteurs clefs de l'économie et du système social, par exemple le personnel soignant.

    Les suggestions à préposer sont légions, nous ne pouvons pas tout épingler. Ainsi, nous laissons la possibilité à d'autres chercheurs qui aborderont le sujet de le compléter.

    CONCLUSION GENERALE

    Conclure un travail scientifique c'est donner l'essentiel de ce qui a constitué les méandres de ce travail.

    Ainsi, au terme de cette étude portant sur « la problématique de l'intégration de l'Afrique face à la multiplicité des Organisations sous-régionales », nous nous étions posé une seule question qui avait constitué la problématique de ce travail, à savoir : la multiplication des Organisations sous-régionales africaines contribue-t-elle à l'intégration ou à la segmentation de l'Afrique ?

    Eu égard à cette problématique, la réflexion ci-après a été fournie comme hypothèse, il s'agit de dire que : la multiplicité des Organisations sous-régionales africaines a été voulue par les pères des indépendances dans le but de partir d'une intégration sous-régionale afin d'aboutir à l'intégration régionale ou générale du continent africain.

    Nous constatons aujourd'hui que les Organisations sous-régionales africaines au lieu de contribuer à l'intégration régionale constituent un frein à cet idéal, or le développement de l'Afrique en ce temps des grands enjeux n'est possible qu'avec l'intégration régionale.

    Le blocage qu'engendre ces Organisations sous-régionales est justifié par plusieurs mécanismes, notamment l'existence de plusieurs Organisations dans une même sous-région ayant des idéologies différentes, ceci fait que les Etats qui se retrouvent dans toutes ces Organisations à la fois en pâtissent, ensuite les Etats membres de la sous-région se retrouvent membres de presque toutes les Organisations existant dans leur sous-région et ils finissent par se trouver dans l'embarras par des idéologies de toutes ces Organisations dans lesquelles ils se retrouvent membres ; enfin il y a des difficultés qui sont liées aux problèmes :

    · des micro-nationalismes que chaque Etat africain veut brandir pour faire sentir son existence sur la scène régionale africaine ;

    · la langue constitue un blocage du fait qu'elle est un vecteur de communication et si on ne sait pas se comprendre on ne saurait oeuvrer ensemble (cfr. Tour de Babel, Genèse chapitre 11 : 1-9 ) ;

    · L'instabilité des régimes politiques internes des Etats africains constitue un blocage à l'intégration, car tout changement intervenu dans un Etat entraine une nouvelle vision souvent contraire à celle du régime précédent. Même si les hommes passent et que les institutions restent, mais, la conduite des affaires de l'Etat dépend de celui qui est à la tête du pays  ;

    · La lutte pour le leadership, c'est-à-dire, chaque Etat pivot dans les cinq Sous-régions africaines, veut jouer le rôle de leadership et réaliser l'intégration autour de soi, chacun se croit en devoir d'être fédérateur exclusif et proposé son leadership (cas de l'Afrique du Sud pour l'Afrique Australe, le Nigéria pour l'Afrique de l'Ouest, etc.);

    · L'absence de complémentarité des économies africaines, car les Africains malgré le fait qu'ils prônent un marché commun, n'ont pas de quoi échanger, du fait que tous produisent presque les mêmes produits et peu élaborés;

    · l'absence des infrastructures de transports et de communication qui relient ces Etats ;

    · Enfin, la multiplicité de zones monétaires et le problème de convertibilité des monnaies.  

    Tous ces facteurs constituent un frein à l'intégration de l'Afrique.

    Néanmoins, outre ces difficultés ci-haut mentionnées, l'intégration en Afrique offre aussi plusieurs avantages au continent qui feront que l'Afrique soit forte et puissante, car l'intégration répond au principe : L'UNION FAIT LA FORCE.

    En effet, les Dirigeants Africains doivent comprendre que le développement du continent passe par une intégration bien harmonisée et bien structurée à l'instar de la CEE, Communauté Économique Européenne hier, aujourd'hui l'Union Européenne. Ils doivent s'engager à respecter les engagements pris et faire en sorte que les objectifs des Organisations Sous -régionales africaines puissent à défaut de converger, de poursuivre la même chose et éviter à ce qu'ils soient contradictoires. Voilà le grand handicap à l'intégration en Afrique.

    Les peuples africains doivent se surpasser à ne pas tenir compte de la divergence des langues et des sentiments nationaux au profit du sentiment global qui favorise l'unité des peuples.

    Somme toute, nous n'avons pas la prétention d'avoir réalisé un travail parfait, c'est pourquoi nous demandons aux lecteurs de ce travail de ne pas hésiter à nous faire leurs remarques et suggestions, qui nous serons les bienvenues pour le perfectionnement de la science.

    BIBLIOGRAPHIE

    I. OUVRAGES

    1) ALBERTINI, J.M., Les mécanismes du sous-développement, éd. PUF, Paris, 1976.

    2) AMIN, S., La déconnexion pour sortir du système mondial, éd. Découverte, Paris, 1986.

    3) BARREA, J., Théories des Relations Internationales, éd. Ciao, Louvain-La-Neuve, 1978.

    4) BRUNEL, S., Le sud dans l'économie mondiale, éd. PUF, Paris, 1995.

    5) CHAUTARD, S., L'indispensable de la Géopolitique : Principes, éd. Studyrama, Paris, 2004

    6) COLLIARD, C.A., et DUBOIS, L., Institutions internationales, 10e éd. DALLOZ, Paris, 1995.

    7) COMBACAU, J., et SUR, S., Droit international Public, 9e éd., Montchrestien, Lextens,

    Paris, 2010.

    8) DEFARGES, P.M., La mondialisation, éd.PUF, Coll. Que sais-je ? 4e édition, Paris, 2002.

    9) DIANGITUKWA, F., Géopolitique, intégration régionale et mondialisation : plaidoyer pour la

    création d'une communauté économique des pays côtiers de l'Afrique centrale, éd. Harmattan, Paris, 2006.

    10) DICTIONNAIRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE, édition de 1935.

    11) DIUR KATOND, G., Histoire des Relations Internationales, éd. Sirius, Kinshasa, 2009.

    12) GLELE-AHANHANZO, M., Introduction à l'organisation de l'unité Africaine et aux

    organisations régionales Africaines, éd. LGDJ, N°2047, Paris, 1986.

    13) GONIDEC, P.F., Les organisations internationales Africaines : étude comparative,

    éd. Harmattan, Paris, 1989.

    14) GRELLET, G., Les structures économiques de l'Afrique Noire, éd. Paris, 1982.

    15) HUGON, P., Économie de l'Afrique, éd. Découverte, Paris, 1993.

    16) JOLLY, J., Histoire du continent Africain de 1939 à nos jours, Tome 3,éd. Harmattan, Paris,

    1996.

    17) JOWVE, E., L'organisation de l'unité Africaine, éd.PUF, Paris,1984

    18) KABAMBA WA KABAMBA, G., La communauté économique Africaine du XXIe siècle,

    mythe ou réalité ?, éd. MES, Kinshasa, 2003.

    19) KABENGELE DIBWE, G., Problèmes d'intégration économique, éd. CAP, Kinshasa, 2008.

    20) KAMTO, M., Les mutations institutionnelles de l'OUA, éd. Economica, Paris, 1990.

    21) KUYUNSA et SHOMBA, Initiation aux méthodes de recherche en sciences sociales,

    éd. PUZ, Kinshasa, 1995.

    22) KWAME N'KRUMAH, L'Afrique doit s'unir, éd. Présence Africaine, Paris, 1994.

    23) LABANA LASAY'ABAR, J.B., Les Relations Internationales : Présentation panoramique

    et approches théoriques, éd. Médiaspaul, Kinshasa, 2006.

    24) LABANA LASAY' ABAR, J.B., La politique étrangère de la République Démocratique du

    Congo : structures, Fonctionnement et manifestations, éd. MES, Kinshasa, 2008.

    25) LAVROFF, G.D., Les aspects de l'unification de l'Afrique Noire francophone,

    éd. Année Africaine I, 1961.

    26) MABI MULUMBA, E., La coopération monétaire en Africaine des zones monétaires à

    l'union Africaine des paiements, éd. PUZ, Kinshasa, 1976.

    27) MAGARET, C.L., Development, co-operation and integration in SADC region, éd. AAPS,

    Harare, 2000.

    28) MICHALET, C.A., Qu'est-ce que la mondialisation ? , éd. Découverte, Paris, 2002

    29) MICHAILOF, S., La France et l'Afrique. Vade mecum pour un nouveau voyage,

    éd. Karthala, Paris 1993.

    30) MILLET, D., L'Afrique sans dette, éd. CADTM-Syllepse, Liège, Paris, 2005

    31) MONONI ASUKA, et KOLI ELOMBE, L'OUA, vingt ans après, des espoirs déçus,

    éd. PUZ, Kinshasa, 1988.

    32) NDESHYO, R., Le système d'intégration Africaine, éd. PUZ, Kinshasa, 1984.

    33) NDESHYO, R., et Alii, L'autodérive de l'Afrique en désarroi, éd. PUZ, Kinshasa, 1983.

    34) NORRO, M., Economie Africaine : Analyse économique de l'Afrique subsaharienne,

    éd. De Boeck, Bruxelles, 1994.

    35) PERROUX, F., L'Europe sans clivage, éd. PUF, Paris, 1954.

    36) PINTO, R., et GRAWITZ, M., Méthodes des sciences sociales, éd. Dalloz, Paris, 1971

    37) SMOUTH, M.C., Les organisations internationales, éd. Armand colin, Paris, 1995

    38) TENIER, J., Intégration régionale et mondialisation, éd. Documentation Française, *

    N°70 - 71, Paris, Mai-Juin 2003.

    39) TIABA FARID, L'expérience de l'union du Maghreb arabe en matière d'intégration

    économique, éd. CAEM, Paris, 1993.

    40) TSHIMPANGA MATALA KABANGU, et GONZALEZ, F.A., La conférence internationale sur

    la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des grands Lacs, éd. Workingpapers Munduan, Bilbao, N°7, 2004.

    41) VAN de WALLE, N., et JONSTON, T.A., Repenser l'aide à l'Afrique, éd. Karthala, Paris,

    1999.

    42) WEISS, H., Dynamique des conflits et crise de développement en Afrique centrale,

    éd. Duboiris, Paris, 2004.

    II. DOCUMENTS OFFICIELS

    1) Charte de l'ONU

    2) Journal officiel du Zaïre, 1983

    3) Traité de la CEDEAO révisé du 24 juillet 1993

    4) Traité du COMESA, Lusaka, le 31 janvier 1992

    5) Traité instituant la CEEAC.

    III. REVUES ET ARTICLES

    1) CNUCED, Le développement économique en Afrique : « Renforcer l'intégration économique régionale pour le développement de l'Afrique », Nations-Unies, New York et Genève, 2009.

    2) Jeunes Afrique intelligent, N°8, 2005.

    3) La version originale, le trimestriel de réflexion spéciale Afrique, 1992.

    4) OCDE, Intégration des pays en développement dans le système commercial international,

    Paris, 1992.

    5) TRAORE, S., et KAMISSOKO, S., La problématique de l'intégration régionale,

    conférence- débat, BAMAKO, Mai 2006,

    6) Zaïre Afrique, N°311, Janvier 1997.

    IV. MEMOIRES ET TFC

    1) BOKULU IKETE, La problématique de l'intégration sous régionale en Afrique face à la

    mondialisation, cas de la CEDEAO, Mémoire L2 RI, Unikin, 2004-2005.

    2) NTUMBA MUKENDI, S., De l'OUA à l'UA : quel avenir pour l'Afrique, TFC G3 RI, Unikin,

    2006-2007.

    3) OKOKO LUMUMBA, B., De la contribution du COMESA dans l'intégration du continent

    Africain, Mémoire L2 RI, Unikin, 2007-2008.

    V. NOTES DE COURS

    1) ANGANDA, L., Les organisations internationales, L1 RI, 2009-2010.

    2) BANYAKU LUAPE, E., Systèmes politiques contemporains, L1 RI Unikin, 2009-2010.

    3) BARRE, R., Elément d'analyse économique, G2 Droit et sciences, CAEN, Université de

    Paris, 1960-1961.

    4) BONGELI, E., Méthodes des sciences sociales et juridiques, G2 Droit, Unikin, 2001-2002

    5) KABAMBA WA KABAMBA, G., Relations et organisations internationales Africaines, L1 RI,

    Unikin, 2009-2010.

    6) KABENGELE DIBWE, G., Problèmes monétaires internationaux, L2 RI, Unikin, 2010-2011.

    7) KABONGO MAKANDA, F., Histoire diplomatique, G2 RI, UOM, 2007-2008.

    8) LUTUNDULA, M., Méthodes de recherche, G1 Économie, Unikin, 2002-2003.

    9) NTUAREMBA ONFRE, L., Economie de développement, G3 RI, Unikin 2008-2009 .

    10) TSHIAMALA MUJANGI, I., Sciences administratives, G1 RI, UOM, 2006-2007.

    VI. WEBOGRAPHIE

    1) www. Cedea.org

    2) www.sadc/sommet/luanda2011

    3) www.survie-france.org

    4) www.unctad.org/africa/series.

    TABLE DES MATIERES

    EPIGRAPGHE i

    DEDICACE ii

    AVANT PROPOS iii

    SIGLES ET ABREVIATIONS iv

    INTRODUCTION GENERALE 1

    1.PRÉSENTATION DU SUJET 1

    2.PROBLÉMATIQUE 2

    3.HYPOTHÈSES 4

    4.CHOIX ET INTÉRÊT DU SUJET 4

    5.MÉTHODES DE TECHNIQUES 5

    5.1.METHODE 5

    5.2.TECHNIQUE 5

    6.DÉLIMITATION SPATIO-TEMPORELLE 5

    7.DIFFICULTÉS RENCONTRÉES 6

    8.PLAN SOMMAIRE 6

    CHAPITRE I : CONSIDERATIONS GENERALES 7

    SECTION I : NOTIONS D'INTÉGRATION 7

    §1. DÉFINITIONS 7

    §.2. TYPES D'INTÉGRATIONS 8

    2.2. INTEGRATION POLITIQUE 9

    2.3. INTEGRATION SOCIALE 10

    2.4. INTEGRATION CULTURELLE 10

    §.3. MODALITÉ D'INTÉGRATION 10

    §.4. LES ÉTAPES DE L'INTÉGRATION 11

    §.5. LES AVANTAGES DE L'INTÉGRATION 11

    §6. BUT ET NÉCESSITÉ DE L'INTÉGRATION 12

    §.7. PRINCIPALES THEORIES PROPOSÉES POUR RÉALISER L'INTÉGRATION 13

    7.1. LE FEDERALISME 13

    7.2. LE FONCTIONNALISME 13

    7.3. LE NEO - FONCTIONNALISME 14

    7.4. LE COMMUNICATIONNISME 14

    SECTION II : NOTIONS DES ORGANISATIONS INTERNATIONALES 15

    §.1. DÉFINITIONS 15

    §.2. EVOLUTION HISTORIQUE 15

    §.3. CLASSIFICATION 17

    3.1. LA CLASSIFICATION D'APRES LA COMPOSITION 17

    3.2. LA CLASSIFICATION D'APRES LES FONCTIONS 17

    3.3. LA CLASSIFICATION D'APRES LES POUVOIRS 18

    §.4.LA CRÉATION ET PARTICIPATION 18

    4.1. LA CREATION 18

    4.2. LA PARTICIPATION 19

    4.2.1. MODALITES DE PARTICIPATION 19

    SECTION III : PRÉSENTATION DE L'AFRIQUE 20

    §.1. SITUATION DE L'AFRIQUE SUR LE PLAN POLITIQUE 21

    1.1.LES CONFLITS ET GUERRE EN AFRIQUE 21

    1.2.LA MAUVAISE GESTION DES AFFAIRES POLITIQUES EN AFRIQUE 22

    1.3.LA CONTESTATION DES POUVOIRS EN AFRIQUE 23

    §.2. LA SITUATION DE L'AFRIQUE SUR LE PLAN ÉCONOMIQUE 23

    2.1. LES STRUCTURES ECONOMIQUES DE L'AFRIQUE 23

    2.1.1. LES ECONOMIES EXTRAVERTIES 24

    2.1.2. LA DEPENDANCE ECONOMIQUE 25

    2.1.3. LES ECONOMIES DUALISTES 25

    2.1.4. DES ECONOMIES DESARTICULEES OU DESINTEGREES 26

    2.2. LA CRISE ECONOMIQUE 28

    2.2.1. LA DETERIORATION DES TERMES DE L'ECHANGE 28

    2.3. L'AIDE PUBLIQUE AU DEVELOPPEMENT 29

    2.3.1. DEFINITION 30

    2.3.2. L'AFRIQUE ET L'A.P.D 30

    CHAPITRE II : ETAT DES LIEUX DE L'INTEGRATION EN AFRIQUE 32

    SECTION I : DIVERGENCES D'OBJECTIFS 32

    §.1. BLOC DE BRAZZAVILLE 33

    1.1.CONTEXTE DIPLOMATIQUE 33

    1.2.NAISSANCE DU GROUPE DE BRAZZAVILLE 34

    1.3.LES DONNEES GEOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES 34

    1.4.LES CONDITIONS DE VIE ECONOMIQUE 34

    1.5.CONJONCTURE INTERNATIONALE 35

    §.2. BLOC DE CASABLANCA 36

    2.1. CONTEXTE DIPLOMATIQUE 36

    2.2. LES ACTIVITÉS ET ORGANES DU GROUPE DE CASABLANCA 37

    §.3. CONSEQUENCES DES DIVERGENCES IDEOLOGIQUES DU GROUPE DE BRAZZAVILLE ET DU GROUPE DE CASABLANCA 38

    SECTION II : LA RÉALISATION DE L'INTÉGRATION EN AFRIQUE 39

    1.L'AFRIQUE CENTRALE 40

    2.L'AFRIQUE DE L'EST 40

    3.L'AFRIQUE DU NORD 40

    4.L'AFRIQUE AUSTRALE 40

    5.L'AFRIQUE DE L'OUEST 40

    §.1. LA CEEAC : COMMUNAUTÉ ECONOMIQUE DES ETATS DE L'AFRIQUE CENTRALE 41

    1.1.HISTORIQUE 41

    1.2.OBJECTIFS DE LA CEEAC 42

    1.3.STRUCTURE ET FONCTIONNEMENT DE LA CEEAC 42

    §.2.LE COMESA : COMMON MARKET FOR EASTERN AND SOUTHERN AFRICA. (MARCHÉ COMMUN DE L'AFRIQUE ORIENTALE ET AUSTRALE) 43

    2.1. HISTORIQUE 43

    2.2. OBJECTIFS DU COMESA 43

    2.3. PRINCIPES FONDAMENTAUX DU COMESA 44

    2.4. STRUCTURE DU COMESA 45

    §.3. L'UMA: L'UNION DU MAGHREB ARABE 45

    3.1. HISTORIQUE DE L'UMA 45

    3.2. OBJECTIFS DE L'UMA 45

    3.3. STRUCTURE DE L'UMA 45

    3.4. CONSTAT 46

    §.4. LA SADC: SOUTHERN AFRICA DEVELOPMENT COMMUNITY (COMMUNAUTÉ DE DÉVELOPPEMENT DES ETATS DE L'AFRQUE AUSTRALE) 46

    4.1. HISTORIQUE DE LA SADC 46

    4.2. OBJECTIFS DE LA SADC 47

    4.3. STRUCTURE DE LA SADC 47

    §.5. LE CEDEAO: LA COMMUNAUTÉ ECONOMIQUE DES ETATS DE L'AFRIQUE DE L'OUEST 48

    5.1. HISTORIQUE DE LA CEDEAO 48

    5.2. OBJECTIFS DE LA CEDEAO 49

    5.3. STRUCTURE DE LA CEDEAO 49

    SECTION III : DIFFICULTÉS ET AVANTAGES DE L'INTÉGRATION EN AFRIQUE 50

    §.1. DIFFICULTÉS DE L'INTÉGRATION EN AFRIQUE 50

    1.1.LES MICRO-NATIONALISMES 51

    1.2.LA LANGUE 51

    1.3.LA STABILITE POLITIQUE INTERNE FRAGILE DES ÉTATS 52

    1.4.LA LUTTE POUR LE LEADERSHIP 52

    1.5.L'ABSENCE DE COMPLEMENTARITE DES ECONOMIES AFRICAINES 53

    1.6.LA MULTIPLICITE DE ZONES MONETAIRES ET LA DEPENDANCE DE LA STABILITE MONETAIRE. 54

    1.7.L'ABSENCE DES INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT ET COMMUNICATION 55

    §.2. AVANTAGES DE L'INTÉGRATION EN AFRIQUE 55

    2.1. AVANTAGES DE L'INTÉGRATION DES MARCHÉS ET PRODUCTION EN AFRIQUE 56

    2.2. AVANTAGES DE L'INTÉGRATION DES RÈGLES AFRICAINES 57

    2.3. AVANTAGES DE L'INTÉGRATION DES INSTITUTIONS POLITIQUES AFRICAINES 58

    2.4. AVANTAGES DE L'INTÉGRATION SÉCURITAIRE EN AFRIQUE 59

    CHAPITRE III : LA MULTIPLICATION DES ORGANISATIONS SOUS- 60

    REGIONALES AFRICAINES COMME OBSTACLE À 60

    L'INTEGRATION 60

    SECTION I : L'APPARTENANCE DES ETATS AFRICAINS A PLUSIEURS 60

    ORGANISATIONS 60

    SECTION II. PROBLEMES D'ORDRE FINANCIER 62

    §.1. PROBLEMES FINANCIERS D'ORDRE INTERNE 62

    §.2. PROBLEMES FINANCIERS D'ORDRE EXTERNE 63

    SECTION III. LES PERSPECTIVES D'AVENIR 66

    §.1. SUR LE PLAN POLITIQUE 67

    §.2. SUR LE PLAN ECONOMIQUE 68

    §.3. SUR LE PLAN SECURITAIRE 69

    §.4. SUR LE PLAN SOCIO-CULTUREL 69

    CONCLUSION GENERALE 71

    BIBLIOGRAPHIE 73

    I.OUVRAGES 73

    II.REVUES ET ARTICLES 75

    III.DOCUMENTS OFFICIELS 74

    IV.MEMOIRES ET TFC 75

    V.NOTES DE COURS 75

    VI.WETOGRAPHIE 76

    TABLE DES MATIERES 77

    * 1 DIANGITUKWA, F., Géopolitique, intégration régionale et mondialisation ; plaidoyer pour la création d'une communauté économique des pays côtiers de l'Afrique Centrale. Ed. Harmattan, Paris, 2006, pp.8-9

    * 2 KONAN, B.C., l'intelligence hors-série, in "Jeune Afrique", n°8, 2005, p.58

    * 3 PINTO, R., et GRAWITZ, M., Méthodes des sciences sociales, éd. Dalloz, Paris, 1971, p.289

    * 4 LUTUNDULA, M., Méthodes de recherche, Notes de cours G1 Economie, UNIKIN, 2002-2003

    * 5 KUYUNSA et SHOMBA, Initiation aux méthodes de recherche en sciences sociales, PUZ, Kinshasa, 1995, p.42

    * 6 PINTO, R., et GRAWITZ, M., op-cit , p.23

    * 7 BONGELI,E., Méthodes des sciences sociales et juridiques, Notes de cours G2 Droit, UNIKIN, 2001-2002, p.51

    * 8 PINTO, R., et GRAWITZ, M., op-cit , p.103

    * 9 TSHIAMALA MUJANGI.I., Science administrative, Notes de cours G1 RI, UOM, 2006-2007

    * 10 KABAMBA WA KABAMBA, G.,la communauté économique africaine du XXIe siècle, mythe ou réalité ? éd. MES, Kinshasa, 2003, p.25.

    * 11Dictionnaire de l'académie française, édition de 1935

    * 12 RAYMOND, A, cité par PERROUX, F., l'Europe sans clivage, PUF, Paris, 1954, p.419.

    * 13 KABENGELE DIBWE, G., Problèmes d'intégration économique, éd. CAP, Kinshasa, 2008, p.15

    * 14 HAAS, E., cité par KABENGELE DIBWE, G., op.cit, p.15

    * 15PAD UGO, cité par KABENGELE DIBWE, G., op.cit, p.17

    * 16 TINBERGEN, J., cité par Idem

    * 17 HAAS, E, cité par BARREA, J., Théories des Relations Internationales, éd. Ciao, Louvain-la-neuve, 1978, p.297.

    * 18 LINDBERG, cité par BARREA, J, op.cit, p.298

    * 19 KABENGELE DIBWE, G., op.cit, p.46

    * 20 YOUSSE,N., le défi de l'éthnicisme en Afrique, in Zaïre- Afrique, n°311, janvier 1997, p.35

    * 21 O.C.D.E., Intégration des pays en développement dans le système commercial international, paris, 1992, p.41

    * 22 BELA BALASSA, cité par MAGARET, C.L., « Development, co-operation and integration in the SADC region » in Globalisation and the post colonial African states, éd. AAPS, Harare, 2000, p.23

    * 23 KABAMBA WA KABAMBA, G., op-cit, pp.59-61

    * 24 TENIER, J., intégration régionale et mondialisation, documentation française, n° 70-71, mai - juin 2003, Paris, pp. 9-10

    * 25 DIANGITUKWA, F., op-cit., p.37

    * 26 KABENGELE DIBWE, G, op-cit, pp.339-341

    * 27 LABANA LASAY'ABAR, J.B., les Relations Internationales, présentation panoramique et approches théoriques, ed. Mediaspaul, Kinshasa, 2006, p.178.

    * 28 MITRANY, D., cite par KABENGELE DIBWE, G, op-cit, pp31-32

    * 29 NYE, J., cité par LABANA LASAY'ABAR, J.B., op-cit, p.181

    * 30 DEUTSCH, K. cité par LABANA LASAY'ABAR, J.B., op-cit, p182

    * 31 ANGANDA, L.,Notions essentielles des organisations internationale et du Droits des Relations Internationales, L1 RI, 2009-2010, p.29

    * 32 Idem, p.23

    * 33 LABANA LASAY'ABAR,J.B.,Les Relations Internationales, Présentation panoramique et approches théoriques, éd. SIRIUS, Kinshasa, 2006, p.34

    * 34 SMOUTHS, M.C., Les organisations internationales, Armand Colin, paris, 1995, p.12

    * 35 LABANA, LASAY'ABAR, J.B.,op.cit, p.34

    * 36 LABANA, LASAY'ABAR, J.B.,op.cit, p.35

    * 37 Idem, p.35

    * 38LABANA, LASAY'ABAR, J.B.,op.cit, , p.36

    * 39 Idem

    * 40 COMBACAU, J., et SUR, S., Droit international public, 9ème éd. Montchrestien, Lextenso,

    Paris, 2010, pp.709-710

    * 41 DUPY, J.R., cité par ANGANDA, L., op-cit, p.25

    * 42 ANGANDA, L., op-cit, p.25

    * 43 Idem. pp. 25-26

    * 44 CHARTE DE L'ONU, article 4

    * 45 ROCHE, C., et POTOT-NICOL, A., cité par ANGANDA, L., op-cit, p.26

    * 46 BANYAKU LUAPE, E., Systèmes politiques contemporains, Notes de cours L1 RI, UNIKIN, 2009-2010.

    * 47 KABONGO MAKANDA, F., l'histoire diplomatique, Notes de cours G2 RI, UOM, 2007-2008.

    * 48 KABONGO MAKANDA, F., op-cit, inédit

    * 49 TSHIMPANGA MATALA KABANGU et GONZALEZ, F.A., La Conférence Internationale sur la paix, la sécurité, la

    démocratie et développement dans la Région des Grands Lacs,

    éd. WorkingPapersMunduan, Bilbao, n°7, 2004, p.9

    * 50 OKOKO LUMUMBA, B., De la contribution du COMESA dans l'intégration du continent africain,

    Mémoire L2 RI, UNIKIN, 2007-2008.

    * 51 NDESHYO, R. et alii.,L'autoderive de l'Afrique en désarroi, PUZ, KINSHASA, p.40

    * 52 HUGON. P., Economie de l'Afrique, la découverte, Paris, 1993, p.46

    * 53 SAMIR AMIN cité par MONONI ASUKA et KOLI ELOMBE, L'OUA, vingt ans après, désespoirs déçus, PUZ, Kinshasa, 1988, pp.110-111.

    * 54 GRELLET, G., Les structures économiques de l'Afrique noires, PUF, Paris, 1982, p.19.

    * 55 BOEKE, cité par BRASSEUL, J., op.cit., p.16

    * 56Penouil cité par Brasseul, J., op-cit

    * 57 PERROUX, F., cité ALBERTINI, J.M., les mécanismes du sous-développement, PUF, Paris, 1976, p.322.

    * 58 BARRE R., Elément d'analyse économique, Faculté de Droit et des sciences de CAEN, Université de Paris 1960-1961, p.354, inédit.

    * 59 HUGON, p., op-cit, p.42

    * 60 NORRO, M., Economie africaine : analyse économique de l'Afrique subsaharienne, de Boeck, Bruxelles 1994, p.33.

    * 61 LANDEL MILLS, P., Afrique, tel le phénix, in La version originale, le trimestriel de réflexion, Spécial Afrique, 1992, p.23.

    * 62 CNUCED, op-cit, p.1

    * 63 Idem

    * 64 BRUNEL, S., Le Sud dans l'économie mondiale, PUF, Paris, 1995, p.186

    * 65 VAN de WOLLE, N. et JONSTON, T.A., Repenser l'aide à l'Afrique, Karthala, Paris, 1999, pp.17-18

    * 66 BRUNNEL, S., op-cit, p.205

    * 67 VAN DE WALLE, N. et JOHNSTON, T.A., op-cit, p.22

    * 68 DIANGITUKWA, F., op-cit, p.13

    * 69 KABAMBA WA KABAMBA, G., op-cit , p.106,

    * 70KABAMBA WA KABAMBA, op-cit, inédit

    * 71 CEDAR SENGHOR, L., cité par KABAMBA, W.K. op-cit

    * 72 NTUMBA MUKENDI, S., De l'OUA à l'UA : quel avenir pour l'Afrique ?,

    TFC, G3 RI, UNIKIN, 2006-2007, PP.18-19

    * 73 KABAMBA WA KABAMBA, G., op-cit, inédit

    * 74 KABAMBA WA KABAMBA,G., op-cit, inédit

    * 75 MICHAILOF, S., La France et l'Afrique. Vade mecum pour un nouveau voyage, éd. Karthala, Paris, 1993,

    pp.42-44

    * 76 YOULOU, F., cité par KABAMBA WA KABAMBA, G., op-cit, inédit

    * 77 WWW.Unctad.org/Africa/series

    * 78 DIANGITUKWA, F., op-cit, p.31

    * 79 DIUR KATOND, G., Histoire de Relations Internationales, éd. Sirius, Kinshasa, 2009, pp.82-83

    * 80 KABAMBA WA KABAMBA, G., op-cit, inédit

    * 81 GONIDEC, P.F., Les organisations internationales africaines : étude comparative éd. Harmattan, Paris, 1989, pp.53-54

    * 82 LAVROFF, G.D., Les aspects de l'unification de l'Afrique noire francophone, Année Africaine 1, 1961,

    pp.45-65

    * 83 KABAMBA WA KABAMBA, G., op-cit, p.108

    * 84 KABENGELE DIBWE, G., Problèmes d'intégration économique, éd. Sirius, Kinshasa, 2008, pp.356-366

    * 85 KAMISSOKO, S., op-cit, p.24

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    * 87 Traité instituant la CEEAC, in Journal Officiel du Zaïre, 1983

    * 88 CEEAC, traité in journal officiel du Zaïre, 1983

    * 89 WEISS, H., la dimension politique des dynamiques régionales des conflits dans les Grands Lacs, in Dynamiques des conflits et crises de développement en Afrique centrale, éd. DUBOIRIS, Paris, 2004, pp.137-138

    * 90Traité du COMESA, art.3, Lusaka, le 31 janvier 1992

    * 91Traité du COMESA, art.4

    * 92 TIABA FARID, l'expérience de l'Union du Maghreb Arabe en matière d'intégration économique, CAEM, Paris, 1993, art.2

    * 93Idem.

    * 94TIABA FARID, op-cit.

    * 95 KABAMBA WA KABAMBA,G., Relations et Organisations internationales africaines, Notes de cours L1, RI, UNIKIN, 2009-2010.

    * 96 KAMISSOKO, S ; Problématique de l'intégration régionale, Conférence-Débat du 25 mai 2006, Bamako,

    * 97 KAMISSOKO, S., op-cit, p.10

    * 98W.W.W. Cedeao.org

    * 99 CEDEAO, Traité révisé du 24 juillet 1993

    * 100 CNUCED, Rapport 2009, op-cit., p.1

    * 101 KABAMBA WA KABAMBA, G., op-cit

    * 102 BOKULU IKETE, La problématique de l'intégration Sous-Régionale en Afrique face à la mondialisation, cas de la CEDEAO, Mémoire L2 RI, UNIKIN, 2004-2005, p.14

    * 103 KABAMBA WA KABAMBA,G.,op-cit, p.143

    * 104 TRAORE, S., La problématique de l'intégration régionale, conférence débat, mai, 2006, Bamaka, p.23

    * 105 EDEM KODJO, cité par LABANA LASAY'ABAR, J.B., la politique étrangère de la RDC, éd.MES, Kinshasa, 2008, p.84

    * 106 DIANGITUKWA, F., op-cit, p.64

    * 107 KABAMBA WA KABAMBA, G.,op-cit, p.143

    * 108 CNUCED, rapport 2009, op-cit, p.8

    * 109 DIANGITUKWA, F.,op-cit, pp.63-64

    * 110 TRAORE, S., op-cit, p.24

    * 111 KABENGELE, DIBWE, G., Problèmes monétaires internationaux, Notes de cours L2 RI, UNIKIN, 2010-2011

    * 112 KABAMBA WA KABAMBA,G.,op-cit, p.144

    * 113Idem, p.112

    * 114Www. SADC, sommet Luanda 2011

    * 115 CNUCED, Rapport 2009, op-cit, p.18

    * 116 VINER, cité dans le rapport CNUCED 2009, op-cit, p.20

    * 117 DIANGITUKWA, F., op-cit, p.63

    * 118 DIANGITUKWA, F., op-cit,pp.63-64

    * 119Idem, p.63

    * 120 BOKULU IKETE, la problématique de l'intégration sous-régionale en Afrique face à la mondialisation, cas de la CEDEAO, Mémoire L2 RI, UNIKIN, 2004-2005, p.20

    * 121 MICHALET, C.A., Qu'est-ce que la mondialisation ? Ed. la Découverte, Paris, 2002, pp.64-65

    * 122DIANGITUKWA , F., op-cit, p.16

    * 123 TSHIMPANGA MATALA KABANGU., et GONZALEZ, F.A., op-cit, p.7

    * 124 CNUCED, Rapport 2009, op-cit, pp.10-11

    * 125 KOFFI AHADZI, cité par KAMTO, M., Les mutations institutionnelles de l'organisation de l'unité africaine, éd. Economica, Paris, 1990, pp.9-10

    * 126 GLELE AHANHANZO, M., Introduction à l'organisation de l'unité africaine et aux Organisations régionales africaines, éd. LGDJ, Paris n°2047 ? Juin 1986, p.15

    * 127 JOWVE, E., L'organisation de l'unité africaine, PUF, Paris, 1984, p.109 et ss

    * 128 CNUCED, op-cit, p.17

    * 129 DIANGITUKWA, F., op-cit, p.13

    * 130 TRAORE, S., op-cit, p.23

    * 131MILLET, D., l'Afrique sans dette, éd. CADTM. Syllepse, Liège-Paris, 2005, p.45

    * 132AMIN, S., La déconnexion pour sortir du système mondial, éd. Découverte, Paris, 1986, p.26

    * 133Idem, p.54

    * 134Ibidem .,op-cit, p.25

    * 135MILLET, D., op-cit, pp.35-37

    * 136MILLET, D., op-cit, p.167

    * 137Idem, p.172

    * 138MABI MULUMBA, E., La coopération monétaire en Afrique des zones monétaires à l'Union africaine des paiements. éd. PUZ, Kinshasa, 1976, p.43

    * 139NDESHYO, R., le système d'intégration africaine, éd. PUZ, Kinshasa, 1984, p.7

    * 140Idem.

    * 141NDESHYO, R., op-cit, p.8

    * 142NTUAREMBA ONFRE, L., Economie de développement, Notes de Cours G3 RI, UNIKIN, 2008-2009, inédit

    * 143DEFARGES, P.M., La mondialisation, éd. PUF, coll. Que sais-je ? 4è édition, Paris, 2002, p.21

    * 144CHAUTARD, S., l'indispensable de la géopolitique : principe, éd. Studyrama, Paris, 2004

    * 145 CNUCED, Rapport 2009, op-cit, pp.96-97

    * 146KWAME N'KRUMAH, L'Afrique doit s'unir, éd. Présence africaine, Paris, 1994, pp.250-252

    * 147TSHIMPANGA MATALA KABANGU, et GONZALEZ, F.A., op-cit, p.46

    * 148 KABAMBA WA KABAMBA, G., op-cit, p.112











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