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Etude comparée de la gestion de l'eau dans deux communes frontalières: Saint- Julien-en- Genevois( France ) et Bernex ( Suisse )

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par Marcellin FAGLA
Université de Lausanne  - Master de géographie orientation études urbaines 2011
  

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2.6.2. Le cas de la Suisse

Les politiques publiques actives de régulation des ressources en eau mises sur pied dès lors ainsi que l'hydrologie de la Suisse font d'elle un pays privilégié en ce qui concerne les

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ressources en eau, en comparaison avec les pays voisins. La Société Suisse de l'Industrie, du Gaz et des Eaux affirme que

« contrairement à l'Europe, la Suisse dispose de réserves d'eau surproportionnelles à ses besoins [...]. En 2009, les distributeurs suisses ont produit 0,967 milliard de mètres cubes d'eau potable. »13, ce qui a valu à la Suisse le nom de « Château d'eau de l'Europe ».

Selon les chiffres de la SSIGE (Société Suisse de l'Industrie, du Gaz et des Eaux) 2008, rapportés par Pflieger en 2009, les prélèvements annuels totaux pour les besoins humains s'élèvent à 4 milliards de m3. Ils sont répartis en trois grandes catégories : 70% pour les usages agricoles, 22% pour les usages industriels et 8% pour les usages domestiques. Ainsi, sur le plan quantitatif, il n'y a pas de souci majeur à se faire car « les ressources disponibles sont suffisantes et ce, même en envisageant une augmentation de la consommation ou une diminution des ressources mobilisables. » (Veuthey, 2009 : 26).

L'aspect quantitatif seul ne suffit pas dans le cadre de l'étude des ressources en eau ; il y a bien d'autres paramètres à considérer. « Lorsque l'on appréhende la gestion de la ressource en eau, l'aspect quantitatif n'est qu'une des caractéristiques à prendre en compte. Les aspects qualitatifs et dynamiques sont également essentiels » (Veuthey, 2009 : 27).

Qu'en est-il de la qualité des ressources en eau ?

L'eau consommée en Suisse provient des sources (40%), des nappes souterraines (40%) et des eaux de surface (20%). Les eaux souterraines sont plus prisées car elles sont à l'abri de pollutions, comparées, aux eaux de surface.

Selon l'Office Fédéral pour l'Environnement (OFEV), en 2009, la concentration de nitrates dans les eaux souterraines a dépassé l'exigence chiffrée de l'ordonnance sur la protection des eaux (OEaux), fixée à 25 mg/l, dans 17% des stations NAQUA14 échantillonnées. Dans 3% des stations, elles ont même dépassé la valeur de tolérance que l'ordonnance sur les substances étrangères et les composants dans les denrées alimentaires (OSEC) fixe à 40 mg/l.15

La qualité des eaux superficielles s'est nettement améliorée ces dernières années ; mais des efforts restent à faire dans les régions encore à vocation agricole et où l'élevage d'animaux est

13 Eau potable suisse, (2010). L'eau potable suisse, une marque de qualité. [Page Web]. Disponible sur : http://www.trinkwasser.ch/fr/frameset_fr.htm?html/wasserversorgung/wvs_wasserabgabe_03_fr.htm~mainF rame (consulté le 22/04/11).

14 Observatoire National des eaux souterraines.

15 Office Fédéral de l'Environnement, (2009). Nitrates dans les eaux souterraines. *Page Web+.Disponible sur : http://www.bafu.admin.ch/grundwasser/07500/07563/07577/index.html?lang=fr , (consulté le 10/05/11).

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intensif. Dans ces régions, la présence de phosphore entraîne une eutrophisation des eaux de surface.

On doit cette substantielle amélioration de la qualité des eaux, à l'obligation de se raccorder aux installations de dépollution imposée depuis 1972, aux subventions accordées par la confédération pour l'installation d'ouvrages d'épuration depuis les années 70, à l'interdiction du phosphore dans les produits de lessive instaurée en 1986 et enfin aux efforts de mise en séparatif des réseaux d'eaux usées et pluviales.

Les services d'eau potable et d'assainissement sont en gestion publique et municipale ; mais cela n'est pas allé tout seul ; il a fallu se battre pour en arriver là. La rente urbaine générée par la gestion publique et la volonté d'une égalité dans la desserte des populations y ont concouru.

« [...] le choix d'une gestion de l'eau par la municipalité a été le résultat d'un long processus qui s'est situé, dans toute la Suisse, au coeur des politiques urbaines de la fin du 19e siècle. Une ville après l'autre, et parfois après divers épisodes de gestion privée, le modèle suisse des services industriels s'est imposé ». (Pflieger, 2009 : 26)

Par contre, dans le canton de Zoug, on note une ultime trace de gestion privée.

La consommation d'eau potable est en baisse constante ; la consommation individuelle est de 162 litres par jour. La consommation totale ramenée au nombre d'habitants était, selon Reynard et al., (2000 : 21), de 500l/j/hab. en 1970 ; elle est d'environ de 400l/j/hab actuellement. Cette baisse est surtout due à la fibre écologique des consommateurs qui prennent de plus en plus conscience du caractère précieux de l'eau, la nécessité de la préserver, ainsi qu'à l'amélioration de la productivité des réseaux ; « les restructurations du secteur industriel et la délocalisation des industries les plus polluantes et les plus gourmandes en ressources doivent aussi être considérées ». (Bochatay, 2004 : 17).

Le prix de l'eau est en moyenne de 1,60 franc par mètre-cube.

Le taux de raccordement de la population suisse aux STEP est très élevé et est de 97%.

« En effet, 97 pour cent des personnes vivant en Suisse bénéficient d'un logement directement raccordé à une station d'épuration, ce qui place ce pays en deuxième position, juste derrière la Hollande, sur la liste des pays de l'OCDE ayant le taux de raccordement le plus élevé ». (Von Flüe, 2009)

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Le renouvellement des infrastructures du réseau est plus rapide en Suisse. « L'ensemble du réseau est renouvelé tous les 75 ans ; la durée de vie théorique est en général de 80 ans » (Pflieger, 2009 : 74).

Ce taux de remplacement a une incidence sur le taux de perte en eau qui selon les données de la SSIGE est en moyenne de 12% en 2006.

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault