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à‰pargne et bien être des ménages en RDC. Une analyse macro et microéconomique

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par Gloire Tristan MANSESA KIAKUMBA
Université de Kinshasa RDC - Diplôme d'études approfondies en économie 2013
  

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3.2.2. RESULTATS DE L'ESTIMATION ET INTERPRETATION

3.2.2.1. Présentation des résultats

Tableau n° 3.1. Résultats de l'estimation (1970-2008)

Variables

Modèle I

Modèle II

Coefficients de court terme

Taux d'inflation

-0,100340

-0,059519

-1,259777

-0,909972

Balance commerciale

0,026483

0,015025

1,572635

1,439344

Crédit domestique

0,022022

-0,101158

0,155204

-1,160741

PIB par Habitant

1,566020

1,596551

0,745273

1,283956

Espérance de vie à la naissance

-46,78102

-40,87276**

-1,712612

-2,488866

Taux d'intérêt

0,020781

0,065223

0,168331

0,856154

Force de rappel

-0,670678***

-0,823563***

Coefficients de long terme

Taux d'inflation

-0,004422

-0,050951

-0,055130

-1,055940

Balance commerciale

-0,000700

0,010490

-0,038407

0,942459

Crédit domestique

-0,142402

-0,101920

-0,777197

-0,936544

PIB par Habitant

0,811569**

0,963237***

2,152891

4,235014

Espérance de vie à la naissance

47,41514*

44,45694**

1,782511

2,838669

Taux d'intérêt

-0,065266

-0,067047

-0,432969

-0,627362

D76

D91

 

-0,731111**

 

-1,349178***

D96

 

1,451955***

R2

0,61

0,89

R2 corrigé

0,34

0,78

DW

2,54

1,91

F_STAT

2,29**

7,95***

Nombre d'observation

33

33

Notes : - les écart-types sont colorés ;

* : coefficient significatif à 10% ;

** : coefficient significatif à 5% ;

*** : coefficient significatif à 1% et

3.2.2.2. Interprétation des résultats

a. Résultats du modèle à correction d'erreurI

Dans ce modèle, le coefficient de détermination est de l'ordre de 0,61. Ceci veut dire que les variables explicatives permettent d'expliquer 61% les variations du taux d'épargne en RDC.En outre, le coefficient de correction d'erreur est négatif (-0,670678) et significativement différent de zéro au seuil de 1%. Il existe donc un mécanisme à correction d'erreur, c'est-à-dire à long terme les déséquilibres entre le taux d'épargne et les variables explicatives se compensent de sorte que l'évolution de leurs séries est similaire. La probabilité rattachée à la statistique de Breusch-Godfrey (0,015) est inférieur à 5%, ce qui permet d'affirmer que l'hypothèse d'indépendance des erreurs est violée. En d'autres termes, il y a auto corrélation des erreurs. Ceci nous pousse à intégrer dans le modèle les variables muettes en 1976, 1991 et en 1996 en vue de stabiliser le modèle.

b. Résultats du modèle avec les variables dummy.

Dans ce modèle, le coefficient de détermination est de l'ordre de 0,89 et le coefficient de détermination corrigé est de 0,78. La statistique de Durbin Watson est de l'ordre de 1,91 et la probabilité rattachée à la statistique de Breusch-Godfrey (0,197), nous disons que l'hypothèse d'auto corrélation des erreurs n'est pas violée.

Pour s'assurer de l'absence d'hétéroscédasticité, nous avons fait recours au test de White. Le choix de ce test se justifie par le fait qu'il ne spécifie pas la (les) variable(s) « source » de l'hétéroscédasticité. Ce test a été appuyé par le test de Arch. L'analyse des résultats de ces deux tests montre que la variance de la perturbation est constante c'est-à-dire E(utut-1)=variance.

Le test de Jarque Bera a permis d'étudier l'hypothèse de normalité des résidus. La probabilité critique rattachée à la statistique de Jarque Bera est supérieur au seuil de significativité, nous concluons que les résidus sont normalement et indépendamment distribués. Ce modèle est bien spécifié car les deux probabilités rattachées au test de Ramsey sont supérieures à 5%. Le test de Cusum et de Cusum carré montrent que le modèle à correction d'erreur est structurellement et ponctuellement stable.

Le coefficient de correction d'erreur est négatif (-0,82) et significativement différent de zéro au seuil statistique de 1%. Celui-ci représente la vitesse à laquelle tout déséquilibre entre le niveau désiré et effectif du taux d'épargne est résorbé dans l'année qui suit tout choc. On arrive à ajuster 82% du déséquilibre entre le niveau désiré et effectif du taux d'épargne.

Ainsi, les chocs sur le taux d'épargne se corrigent à 82% par l'effet « feed back ». En d'autres termes, un choc constaté au cours d'une année est entièrement résorbé au bout d'une année et deux mois (1/0,82).

· Elasticité de court terme

A court terme, seul le coefficient de l'espérance de vie à la naissance est significativement différent de zéro au seuil statistique de 5% et est du signe négatif.Ceci traduit une relation négative entre le taux d'épargne et l'espérance de vie à la naissance à court terme. Les statistiques montrent par exemple que la moyenne de l'espérance de vie à la naissance est de 47ans pour la période allant de 1960 à 2008. Les congolais meurent généralement avant d'atteindre l'âge de la retraite, ce qui justifie le signe négatif pour le cas de notre pays la RDC.

Ce résultat montre que les congolais vivent au présent, c'est-à-dire ils ont une forte préférence pour le présent que pour le futur. Ceci peut se traduire par un adage Kongo qui stipule que « mbongo zi sala munu si kudia, ziziamina zi bankaka ». Ceci veut dire que le revenu de mon activité devra être consommé car les autres vont m'enterrer. Pour relever l'épargne dans un tel environnement, il faut impérativement passer par une sensibilisation de la population

Une autre explication peut-être le fait que l'environnement financier congolais n'inspire plus confiance aux ménages. En effet, l'histoire nous renseigne par exemple que certaines institutions ont fait faillite avec l'épargne d'autrui et l'Etat congolais n'a aménagé aucun effort pour redonner la confiance au marché. Ceci a permis aux ménages de développer une certaine aversion vis-à-vis du marché. Les congolais préfèrent épargner en actifs réels (comme la construction des maisons, voitures, éducation des enfants, etc.) plutôt qu'en actif financiers à cause notamment de l'environnement macroéconomique et financier instable et non crédible.

· Elasticités de long terme

A long terme, deux coefficients sont significativement différents de zéro. Il s'agit de l'espérance de vie à la naissance et du PIB par habitant.

Le PIB par habitant exerce un effet positif sur le taux d'épargne à long terme. Suivant Keynes, le revenu des agents économiques est le principal déterminant de l'épargne de sorte que lorsque le revenu augmente, le taux d'épargne augmente également.

L'élasticité de long terme du taux d'épargne par rapport au PIB par habitant est de l'ordre de 0,96. Si le revenu augmente de 10%, alors le taux d'épargne augmente de 9,6%.L'élasticité de long terme du taux d'épargne par rapport à l'espérance de vie à la naissance est de 44,46. Si l'espérance de vie augmente de 10%, le taux d'épargne de la RDC va augmenter de 444,6%.

· Commentaire des résultats

Les résultats obtenus montrent que le taux d'intérêt, le taux d'inflation, le crédit à l'économie, la balance commerciale et le PIB par habitant ne sont pas des déterminants de l'épargne en RDC. A court terme c'est seulement l'espérance de vie à la naissance qui apparaît comme déterminant de l'épargne.

Le revenu par habitant n'explique pas à court terme les variations du taux d'épargne. Ce résultat confirme la théorie de l'épargne dans les pays en développement. Car l'épargne dans les pays en développement est essentiellement une épargne de précaution. A long terme, la croissance du revenu est l'un des éléments qui explique les variations du taux d'épargne.

Les résultats de notre travail confirment la théorie de cycle de vie de Modigliani. D'après cette théorie, le revenu des agents économiques est important pendant l'âge adulte (18 ans à 65 ans). Le revenu permet d'épargner en vue de financer la retraite. Les résultats de notre étude indiquent une relation négative entre le taux d'épargne et l'espérance de vie à la naissance. Ceci est le cas parce que les congolais meurent à 47 ans (il y a environ 18 ans de travaille perdu). Il n'y a pas de travail après la mort et donc du revenu pouvant financer l'épargne. C'est ce qui justifie la relation négative entre le taux d'épargne et l'espérance de vie à court terme. L'autre explication pourrait être le fait que le système financier congolais n'inspire plus confiance aux agents économiques, le poussant à détenir l'épargne en actif réel plutôt qu'en actif financier et d'investir dans l'éducation des enfants. Plus on vit, plus les ménages se créent des alternatives pouvant rendre leur retraite confortable.

A long terme, les résultats de notre étude confirment la théorie du cycle de vie car la relation entre le taux d'épargne et l'espérance de vie à la naissance devient positive. Le ménage qui s'attend à vivre longtemps, va commencer à épargner en vue de préparer sa retraite.

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"I don't believe we shall ever have a good money again before we take the thing out of the hand of governments. We can't take it violently, out of the hands of governments, all we can do is by some sly roundabout way introduce something that they can't stop ..."   Friedrich Hayek (1899-1992) en 1984