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Monographie du village Baloumgou, village bamiléké


par Juscar NDJOUNGUEP
Université de Yaoundé I - Master II 2008
  

Disponible en mode multipage

Baloumgou.com

MONOGRAPHIE DE BALOUMGOU (Village Bamiléké au SUD-EST de l'Arrondissement de Bangou, Cameroun)

Noubissi Bénédicte Josiane

Université de Yaoundé I

Département de géographie

Tel : (+237) 70 37 04 14

99658713

Ndjounguep Juscar

Université de Yaoundé I

Département de géographie

Email : pjuscar@yahoo.fr

Tel : (+237) 77 16 61 00

94946741

SOMMAIRE

SOMMAIRE ii

PREFACE 1

INTRODUCTION 3

PREMIERE PARTIE :HISTOIRE 5

A- LA MISE EN PLACE DE LA CHEFFERIE BALOUMGOU 5

EPOPEE DU VILLAGE BALOUMGOU : 5

Origine et histoire de la dynastie KOUANDJO 5

Sa majesté KOUADJO : il est fondateur du site FOPLEUP. 6

Sa majesté KEKSEKWE ; fondateur du site FOPSACK, 6

Sa majesté TANSE DOUA, de la 3e dynastie. 6

Sa majesté KOUAMOU 6

Sa majesté DJAHANGO 7

Sa majesté DJOMO ZACHEE 7

ARBRE GENEALOGIQUE DES CHEFFERIES BAMILEKES 9

B/ L'ORIGINE SELON LA TRADITION ORALE 10

LA DYNASTIE ROYALE BALOUMGOU 11

LES CONFLITS HEGEMONIQUES BANGOU-BALOUMGOU 13

Les origines du conflit 13

L'arrêté préfectoral du 17 mars 1967 13

L'arrivée des Bangou dans les hauts plateaux 15

Les guerres de conquête du village Baloumgou 16

Les menaces Bangou 16

Les Bangoua à Baloumgou 17

L'entrée des Bamena 18

Le temps du Maquis 18

LES RAISONS DES CONQUETES BANGOU 19

Les raisons politiques 19

Les raisons économiques et sociales 19

LA PERIODE PRECOLONIALE 19

LES CONFLITS HEGEMONIQUES BANGOU-BALOUMGOU : MANIFESTATIONS DU CONFLIT BANGOU 20

L'affaire du Camion du Général Mambou, incendié à Baloumgou en octobre 1997. 20

L'affaire du don d'un microscope au centre de santé de baloumgou 24

L'OCCUPATION ADMINISTRATIVE DU VILLAGE BALOUMGOU 24

RITES EST CULTURES BALOUMGOU 26

La Danse du Medjong 26

La danse Gokpeme 26

La danse Kessou 27

Les Gwa Ntep Ntep 27

La pratique du veuvage en pays Baloumgou 27

Sa majesté WACHE Norbert, un homme... 28

Chefferie et cadre de vie du chef Baloumgou : sa Majesté Wache Norbert 29

GEOGRAPHIE 30

DELIMITATION SPATIALE 30

PRESENTATION PHYSIQUE 31

UN RELIEF VALLONNE MARQUE PAR DES PENTES FORTES 33

CLIMAT ET SOL 35

BALOUMGOU, DES PLUIES PEU AGRESSIVES SUR DES SOLS VULNERABLES 35

RELIEF ET HYDROGRAPHIE 36

PRESENTATION HUMAINE 37

LA POPULATION BALOUMGOU ET SON EVOLUTION 38

Action des élites Baloumgou et le développement du Village 38

LES MIGRANTS RETOUR A BALOUMGOU : 41

Les conditions de vie Baloumgou 41

Les difficultes rencontrees 41

Les avantages et les inconvénients du village 43

Les avantages du village 43

Les inconvénients du village 43

L'attrait des villes sur les populations 44

Les déplacements vers la ville 44

Les avantages et les inconvenients de la ville vus par les migrants de retour 44

Les avantages de la ville 45

Les inconvénients de la ville 45

Le désir d'un nouveau départ par les migrants retour 45

Le désir d'un nouvel exode rural 46

Age des migrants de retour désirant re émigrer 46

La volonte de demeurer au village 46

Age des migrants désirant demeurer au village 47

DE GRANDES ACTIONS DE DEVELOPPEMENT 47

L'éducation et la scolarisation: domaines privilégiés d'actions pour le développement local 47

Les établissements scolaires à Baloumgou et leurs années de création 48

LES ACTIVITES EXERCEES PAR LES MIGRANTS DE RETOUR A BALOUMGOU 49

DES CARACTERISTIQUES PARTICULIERES POUR LES ACTIVITES DES MIGRANTS DE RETOUR 51

Les activités de la plupart des populations sont caractérisées par : 51

Les revenus des activités assez suffisants pour une utilisation rationnelle 52

L'intégration sociale des migrants de retour a Baloumgou 53

Une bonne implication des migrants de retour dans les associations de Baloumgou 53

Le rôle des migrants de retour dans les associations 53

LA FORMATION DES GROUPES D'INITIATIVES COMMUNAUTAIRES (GICS) 54

Des migrants de retour perçus dynamiques par les autres populations 54

AGRICULTURE 56

pRATIQUE AGRICOLE A BALOUMGOU : 56

EXEMPLE D'ADAPTATION TRADITIONNELLE SUR DES TERRES DE MOINS EN MOIN FERTILE 56

LES SYSTEMES INTENSIFS TRADITIONNELS 56

Les techniques de maintien de la fertilité des sols y sont multiples: 57

Les méthodes de lutte antiérosive sont variées: 58

Transformations récentes des systèmes agraires à Baloumgou 60

L'agriculture itinérante 60

Comment définir l'agriculture itinérante? 60

Qui sont les cultivateurs itinérants à Baloumgou? 61

LES TYPES DE CULTURES 62

Activités agricoles des migrants de retour 62

PREFACE

« L'histoire est une école de vérité sur nous-même. Une école de dignité aussi, de créativité et d'idéal » E.MVENG ; histoire du Cameroun 

Écrire l'histoire de BALOUMGOU n'est pas chose facile. Car une grande partie des informations sur ce village demeurent encore inaccessibles. Ainsi les premiers articles sur l'histoire BALOUMGOU parus dans les années 1990 ne relatent ni les faits, ni ne retrace les contours tant historiques que géographiques de ce territoire. Depuis lors, l'histoire de « Lepgwe » reste en majorité orale, pourtant ce village ne comporte pas mal d'histoire qui, selon certaines sources seront aujourd'hui à l'origine de son dépècement et de sa marginalisation. Il ne demanderait qu'un effort des fils et filles Baloumgou, des passionnés de l'histoire, pour mettre à nue les faits et la vie dans leur village à travers une plume afin que notre histoire ne meure avec le départ de leurs détenteurs.

Les travaux de MONNIER, et ceux des différents n° de Baloumgou vision, étaient superficiels à ce sujet. Cette édition laisse voir non seulement l'histoire, mais aussi la géographie de Baloumgou. Pour mener à bien notre recherche, nous apporterons des compléments aux recherches antérieures et orienternt les études d'une manière plus judicieuse afin de permettre à tous de s'imprégner de l'histoire de notre village. Cependant, nous avons respecté les déclarations et les idéologies des revues précédentes.

Cette nouvelle édition de l'histoire BALOUMGOU est l'illustration de la réalité BALOUMGOU depuis la nuit des temps et que les revues précédentes évoquent de façon substantielle. Elle est surtout le fruit d'une longue et patiente recherche à partir de toutes les sources écrites, orales iconographiques, institutionnelles, cartographiques et autres auxquelles nous avons accès de première main.

Ceci est vraisemblablement ce qui lancera un défi aux générations futur du village BALOUMGOU afin qu'ils se donnent pour tâche le décryptage de la réalité qu'est leur histoire.

INTRODUCTION

BALOUMGOU, village situé au sud-ouest des hautes terres de la région de l'ouest Cameroun ; plus précisément dans les entrailles du département des hauts plateaux, l'arrondissement de BANGOU. Il est limité au nord par BAHAM, BAYAGAM, BATOUFAM ; au sud par BAMENA ; à l'ouest par BANGOU et à l'est par BANGWA. Il abrite un peuple ayant développé une civilisation spectaculaire depuis les temps anciens jusqu' à nos jours. Peuples guerriers (Lepgwe), ils ont tout au long de leur vie mené une existence très douloureuse, émaillée de guerres de conquêtes contre les voisins qui essayaient sans cesse de les asservir (BANGOU...). Pour permettre aux générations futures d'être en contact avec l'histoire de leurs ancêtres, nous étudierons cette histoire en trois grandes et principales parties. En première nous aurons l'histoire depuis l'antiquité jusqu'à l'arrivée des européens. Ici nous examinerons leurs modes de vie et la civilisation qu'ils ont développée. Nous continuerons avec l'arrivée des européens à l'indépendance, où nous parlerons de l'évolution politique économique et socio-culturelle du village à nos jours et enfin la période post indépendance. Ici nous donnerons plus d'importance à sa relation avec ses voisins

Source : Document de recensement 2005

Figure : Plan du village Baloumgou

Figure 1 : Carte du Village Baloumgou

A- LA MISE EN PLACE DE LA CHEFFERIE BALOUMGOU

Le peuplement du Cameroun occidentale a été de façon ininterrompue entre le 4ème millénaire, par des peuples chasseurs. Fondé peu avant le XVème siècle après les flux migratoires de l'ouest au sud-ouest et vers le centre qui avaient bouleversé le Cameroun tout entier et l'Ouest en particulier. Les Ndodo (provenant de la plaine Tikar dans le Haut Mkam) sous la pression des Foulbés, pourchassées par l'invasion peule, quittent le nord Cameroun en direction des Hauts Plateaux de l'ouest. Les 1èr occupants de hauts plateaux seraient arrivés au 12ème siècle. Dès lors jusqu'au 18ème siècle, le regroupement des populations autochtones et des différent migrants va aboutir au développement progressif des puissantes chefferies centralisées.

En ce moment ne devenait chef que l'homme doté de ruse et de sagesse ; il constitue dès lors le noyau central de la gestion politique de la société. Toute fois l'émergence des chefferies correspond à la fois à une expansion milliaire et religieuse et aussi à des migrations spontanées pour diverses raisons économiques ou sociales.

L'étude des chefferies de l'ouest dont découle l'arbre généalogique des chefferies traditionnelles bamilékés qui naissent véritablement à partir du XVIIème siècle, au lendemain de leur implantation sur les différents sites actuels, montre que le peuple de la terre ont occupé le site des hauts plateaux depuis des millénaires. Si l'on se réfère à l'histoire orale, dans l'espace qu'il occupe actuellement, les Baloumgou seraient les premiers occupants et les premiers à y fonder une chefferie. Même si l'origine de cette chefferie se perd dans la nuit des temps, les traces de l'existence de l'homme dans cette région depuis les temps préhistoriques sont attestées par de nombreux vestiges qui témoignent de l'importante civilisation qui s'y est développée.

Si aujourd'hui on reconnait néanmoins que les chefferies Bamena, Bazou, Bangoulab et Baloum et Melong II ont été fondées par les fils de la chefferie Baloumgou, on ne retrouve par ailleurs pas les marques de l'origine de la chefferie Baloumgou. Pendant que les Bangou sont originaires de Bagam donc les fils ont fondé les chefferies Bamendou, Bamending, Bayangam, Baham, Batie et Bangou. L'origine de la chefferie Baloumgou est mal connu et ses voisins qui ont été ingénieux ont dépecé son territoire de part en part à tel point que Baloumgou n'a aujourd'hui que près de 50% de sa superficie d'origine.

EPOPEE DU VILLAGE BALOUMGOU :

Origine et histoire de la dynastie KOUANDJO

L'histoire du village Baloumgou restera toujours d'actualité. Situé au coeur de plusieurs autres villages, son histoire reste et demeure peu connue.sa création est l'oeuvre de TCHAPTCUI et KOUAGOU. Toutefois, c'est à partir de sa majesté KOUADJO que les paroles vont commencer à retracer l'histoire de la chefferie Baloumgou.

Certains patriarches Baloum disent que le chef Baloumgou, Bamena et Bangoulap étaient des jumeaux originaires de la chefferie Baloum dans le département de la Menoua. Dans la chefferie Bamena, se trouve la case du chef Baloumgou, sa majesté KOUADJO, qui est le père de ce dernier.

Quatorze souverains reconnus de tradition orale ont régné dans le royaume BALOUMGOU jusqu'à nos jours : FIEU KOUADJO, FIEU KEKSEWE, FIEU TANSE DOUO, FIEU TANKOUA, FIEU KOUAKEP, FIEU TASSEPSA'A, FIEU MEPEPDJO, FIEU TCHEEPBONG, FIEU TOUKEP, FIEU NGOMEDJEU, FIEU KOUAMOU, FIEU DJAHANGO, FIEUDJOMO ZACHEE, FIEU WACHE NORBERT.

Cependant, seules nous intéressent les chefs qui auront marqué d'un sceau indélébile leur passage dans cet extraordinaire village.

Sa majesté KOUADJO : il est fondateur du site FOPLEUP.

A ce moment, deux autres voisins répondent au même nom que lui FIALEUP. Dans le souci d'éviter des confusions, les trois chefs KOUADJO, NZAWACH, WACHE, de concert choisissent un supérieur qui est KOUADJO et le font appeler FIALEUPGHE. ce qui signifie le plus grand des FIALEUP. Plus tard, quand le fils du chef Baloumgou FIEUWACK s'en ira fonder la chefferie Bamena, il amènera avec lui MEKEP NZAWACK dont il en fait un honorable notable. Le chef KWACHE resté seul, se contente de gérer son village alors appelé DEUNSO.

Sa majesté KEKSEKWE ; fondateur du site FOPSACK,

Il sera le père des premiers chefs Bangoulap et Bamena. Notons par ailleurs que le site FOPSACK a hébergé plusieurs chefs supérieurs et possède tous les attributs d'une chefferie dont la BAOBAB FOPSACH et FOPLEUP se trouvent dans le quartier TCHI-TCHUI où seront creusées plus tard les tranchées pour empêcher la pénétration de l'ennemi Bangou en territoire Baloumgou.

Sa majesté TANSE DOUA, de la 3e dynastie.

Il sera le fondateur de KEPIPTOUOC.

Sa majesté KOUAMOU

 Sa majesté KOUAMOU fils de la fille du chef BANGOU venue en mariage dans la chefferie Baloumgou, l'homme était d'un gabarit respectable parce que géant et gros. Les deux chefs BALOUMGOU et Bangou régnaient d'ailleurs sans problèmes apparents jusqu'au jour où invités à un rite traditionnel (zoua) à la chefferie Bandjoum, le chef Bangou le chef Bangou passe dans l'anonymat contrairement au chef Baloumgou, qui lui, a galvanisé la foule qui, n'a pas hésité à répondre à ses gestes par des youyous. Cet acte à priori banal suscitera la colère du chef Bangou qui décidera alors d'attaquer ouvertement le village Baloumgou dans l'optique de l'annexer. C'est le début du conflit hégémonique entre la chefferie traditionnelle Baloumgou et Bangou.

C'est donc un notable qui roula une pierre dans la fosse et tua ce dernier. Cet acte provoqua une consternation totale dans le milieu Bangou. Une seule phrase sera dite par le chef Bangou pour manifester son désarroi par rapport à cet acte criminel posé par un notable : tu as gâte le village Bangou. Depuis ce temps, les Bangou n'ont jamais pu être en paix entre eux, dit-on. Lorsque la nouvelle de la mort du chef KOUAMOU leur parvient, les notables BALOUMGOU désignent DJAZHANGO (frère du chef KOUAMOU) comme nouveau chef BALOUMGOUN. Il faut en outrer noté que le chef KOUAMOU a donné naissance à M SIEWE Alphonse, fondateur de la chefferie traditionnelle de 2e degré de Melong II dans le département du Moungo.

Sa majesté DJAHANGO

Son règne commença avec la guerre déclenchée à l'ère KOUAMOU, menacé, il se réfugie à Bangoulap, puis à Bamena où il sollicite le secours de ceux-ci. Pendant cet exil, le chef Bangou profita pour installer ses notables (CHE GANMOU à TCHWETCHA, ZEH BEUH à TOUNACK, WAFO KOUAMOU à POKEUHEU) à travers les quatre coins du village. Venus quelques temps après, les Bamena et Bangoulap chassent les uns et font capituler les autres(en occurrence wafo KOUAMOU, chui NGANCHOU) avant de réinstaller le chef Baloumgou, sa majesté DJAHNGO revenu d'exil. C'est donc dans sa propre chefferie à Baloumgou qu'il rendra l'âme en 1937sans jamais céder à la pression voisine.

Sa majesté DJOMO ZACHEE

Dans la même logique que KEPIPTOUOC, il continuera le combat qui de plus en plus prenait les allures de guerre froide. En1967, les Bangou qui n'ont toujours pas renoncé à leur velléité annexionniste vont subrepticement prendre un arrêté préfectoral signé sous leurs manipulations (N°91 /AP/DMI du 17 Mars 1967), faisant de M NANA WAFOKOUAGNOU (resté après capitulation) le chef du 3e degré d'un quartier de Baloumgou (POKEHEU) auquel l'arrêté donne diaboliquement le Baloumgou.

Ce qui figure sur l'arrête N°91/AP /DMI du 17 Mars 1967 n'est donc que le fruit d'un montage réalisé sur la dictée de l'ancien chef Bangou DJOMO Christophe et ses élites, puisque Baloumgou à toujours compté les quartiers TOUKONG, TCHU -TCHU, POKEHEU, NGWETCHA, NGWETCHE, POUTSWE, TSWETCHA, et aujourd'hui FOPSACH.

Cet arrêté reconnait le quartier TOUKONG comme sous-chefferie et nomme DJOMO Zachée comme sous-chef. Les quartiers POUTSWE et NGWE TCHE, y sont mentionnés avec leurs chefs de quartiers. Le quartier POKEHEU dans cet arrête prend le nom de Baloumgou (393 habitants) avec pour chef de 3e degré NANA WAFO KOUAGNOU dont l'actuel est le 3e degré de sa lignée. Ce dernier exerce toujours avec cet arrêté qui a perdu sa validité avec décret 77/247 portante organisation des chefferies de 3ème degré

La forfaiture matérialisée par arrêté N°91 /AP/DMI ravive la guerre entre Baloumgou et Bangou, les uns dénonçant parfois de manière violente l'inacceptable. Désormais et jusqu'à nos jours, la coexistence entre Baloumgou et Bangou sera émaillée de multiples affrontements.les derniers en date étant d'une part ceux occasionnés par tentative avortée de M KAMONGAMO (hériter de 3e génération d'un autre rescapé qui a capitulé devenant Bamena et Bangoulap venus au secours du chef DJAHNGO) de se faire introniser au LAH KAM comme sous-chef à Baloumgou sans l'accord du chef Baloumgou lui-même. Le complot ourdit en fin 1997 (pendant la campagne pour les élections présidentielles à Baloumgou) par le chef Bangou et ses complices, visant à faire arrêter et emprisonner Sa majesté WACHE Norbert chef Baloumgou. Un mercenaire conduisant le camion d'un général de notre république s'introduit dans le village Baloumgou (dit-il pour négocier l'achat des pierres à la carrière) détruit des cases traditionnelles, blesse les gens et prend la fuite. Quelques kilomètres plus loin, il s'arrête, incendie le camion du général et s'en va répandre dans la contrée voisine que le chef Baloumgou aurait ordonné l'incendie du véhicule qu'il conduisait. En dépit d'enquête de la gendarmerie de Baham qui tend à incriminer la mercenaire, et sous l'influence des détractes circonstanciels, Sa majesté WACHE Norbert, trois notables et deux jeunes garçons reconnue pour leur bravoure et dynamisme sont arrêtes. Une vague de protestations populaires s'en suit qui conduisent à la mise en liberté du chef. A l'issu d'un procès de plus d'un an, les autres aussi retrouvent la liberté.

ARBRE GENEALOGIQUE DES CHEFFERIES BAMILEKES

B/ L'ORIGINE SELON LA TRADITION ORALE

Monument de la Dynastie Royale Baloumgou au centre du village

La tradition orale conte les origines de Baloumgou de la manière suivante :

«Il y avait un territoire nommé LEUP sur lequel régnait un roi appelé : FOPLEUP. Il eu 5 fils, qui devinrent eux-mêmes des chefs autonomes et chacun vivait dans sa chefferies. Les années passèrent, un des fils de FOPLEUP eu 2 garçons qui, à leurs tour, devinrent chefs de deux villages. Les quatre autres fils de FOPLEUP décidèrent alors de considérer le père de ces deux enfants comme le plus grand chef du territoire LEUP. C'était le roi bâtisseurs NKOUANDJO, et son royaume s'est appelé LEUP NGHEU 

En effet le mot Baloumgou est une appellation des puissances étrangères (Allemagne et Française) de l'expression en dialecte LEUP NGHEU. Le mot Baloumgou est composé de trois syllabes :

- « BA » signifie « originaire de... »

- « LOUM » est une transformation française de »LEUP » et signifie « territoire »

- « GOU » est une transformation en française de « NGHEU » et signifie « grand ; gigantesque »

Le mot Baloumgou se traduirait donc par «  les populations originaires du grand territoire »

Une autre traduction délivrée par la population locale du mot Baloumgou est la suivante :

« BA » signifie « originaire de... »

« LOUM » transformation française de LEUP qui signifie en dialecte « trompette » ou de « LAM » signifiant «  tambour de rassemblement »

« GOU » signifie « grand » 

Alors Baloumgou signifierait alors «  la population de la grande trompette ou du grand tambour de rassemblement »

Le LEM renvoi parallèlement au grand Tamtam horizontalement taillé dans un tronc d'arbre que l'on retrouve dans la case du tambour de rassemblement.

Case traditionnelle au centre du village

LA DYNASTIE ROYALE BALOUMGOU

Vu le fait que l'origine de la chefferie Baloumgou se perd dans le temps, il est fort possible que le village ait connu un nombre plus important de souverains. Cependant c'est à partir de sa majesté NKOUADJO que la tradition orale va véritablement commencer à retracer les règnes des chefs supérieurs Baloumgou. La liste des chefs de la dynastie royale s'élevé à 14 jusqu'au chef actuel :

Noms des chefs

Les années de règnes

NKWANDJOH bâtisseur du peuple Baloumgou

 

KEUKSEUKWE

 

NTEKSEUNDOUO

 

TANKOUONKWANKEP

 

NKWANKEP

 

TASSEPSAHA

 

MEJIEPDJO

 

TCHIEMBONG

 

TOUNKEP

 

NGOKMENDJEU

 

KOUAHOU tué à Bangou en 1917 sous le règne de TAYO 1er

 

DJAHAGOU Contraint à l'exile à Bangoulap puis à Bamena

1917-1937

DJOMO Zaché

1937-07/10/1984

WACHE Norbert

20 /04/1985

La mise en place de cette chefferie s'accompagne de nombreuses querelles et de guerre avec ses voisins. Cependant face à cette guerre de conquête de voisins, les peuples Baloumgou surent tout de même garder leur indépendance .en outre, il importe de noter que les victoires Baloumgou face à ses conquérants ne furent possibles que grâce à ses relations de bon voisinage.

La chefferie Baloumgou a connu plusieurs changements de sites, dus aux multiples agressions extérieures aux temps des rois chasseurs, ainsi qu'au manque d'eau. L'obligation primordiale d'installer la chefferie près d'une rivière relève du fait que celle-ci est le lieu de nombreuses Cérémonies et un point nécessaire et primordial de l'approvisionnement en eau. Pour la petite histoire, il est raconté que les Baloumgou lassés de devoir déplacer leur chefferie, ont dévié par voie mystique la rivière CHEKONG qui allait se perdre sur le territoire de la chefferie voisine de Bayangam. Depuis ce temps le village ne manque plus d'eau et la chefferie est restée à son endroit actuel. Les différents sites de la chefferie Baloumgou ont été :

· 1er site à TounaFopleup dans le quartier Tchitchi

· 2ème site à Fopsack où est né le fondateur de la chefferie Bangoulap

· 3ème site à Képintouo ; siège de nombreuses batailles contre des agresseurs extérieurs. ce nom qui par la suite est devenus un cri de ralliement, le cri de guerre et considéré aujourd'hui comme la devise Baloumgou. Ainsi lorsque la communauté Baloumgou est rassemblée le mot d'ordre est : Leupngheu - Képintouo.

· 4ème site le lieu actuel de la chefferie dans le quartier Tounkong, au bord de la rivière Chekong. Ce site a été établi par le chef Tounkep (9ème roi de la dynastie Baloumgou).

Si nous revenons au terme Képintouo nous retiendrons que c'est le lieu sacré par excellence ; c'est l'âme du village baloumgou. C'est le symbole de la résistance du village face à l'occupation extérieure. En effet pour mieux comprendre la connotation de ce mot,il importe de se plonger dans l'histoire des conflit bangou- Baloumgou, ceci en revisitant ce qui s'est passé après la scène d'au revoir au allemand, après le défait, à bana. Si l'on se réfère à l'histoire orale, puisque l'histoire écrite est très mal connu, elle nous renseigne qu'il se pourrait que en 1900 le chyefsBaloumgou et les autres chefs de l'ouest Cameroun furent invités à prendre part à un rite traditionnel le « ZOUO » à la chefferie Banjoun, le chef Bangou passa dans l'anonymat tandis que le chef BALOUMGOU qui jouissait d'un gabarit respectable galvanise la foule qui n'hésite pas à répondre à ses gestes par des « youyuo ». Scène «à priori très banale mais suscita une colère et une jalousie du chef bangou.

Source : MINATD, arrêté portant création d'un centre d'état civil à Baloumgou, 1999.

LES CONFLITS HEGEMONIQUES BANGOU-BALOUMGOU

Les origines du conflit

L'arrêté préfectoral du 17 mars 1967

Cette arrêté n° 91/APDMI du 17 Mars 1967 homologuant la désignation des chefs de quartiers de l'arrondissement Bangou qui avait été signé par Gilbert ANDZE TSOUNGUI, au paravent Préfet du département de la Mifi fut le point de départ même des relations conflictuelles entre Bangou et Baloumgou.

RA/M/M/Frs/

CAMEROUN ORIENTAL REPUBLIQUE DU CAMEROUN

REGION ADMINISTRATIVE DE L'OUEST Paix - Travail - Patrie

DEPARTEMENT DE LA MIFI

SECTION 2 ARRETEE PREFECTORAL N° 91/AP/DMI

BUREAU DU COURRIER homologuant la désignation des chefs de

quartiers de l'arrondissement de Bangou

LE PREFET DU DEPARTEMENT DE LA MIFI

Officier de l'ordre de la valeur ;

Vu le décret n°61 - DF - 15 du 20 octobre 1961 fixant l'Organisation territoriale de la République Fédérale du Cameroun. ;

Vu la loi 60-70 du 30 Novembre 1960 fixant l'organisation administrative du département Bamiléké ;

Vu l'arrêté n°244 du 4 février 1933 fixant le statut des chefs coutumiers

Vu l'arrêté n°958 du 10 mars 1949 complétant l'arrêté du 4 Février 1933 ;

Vu les nécessités de service et sur proposition du sous-Préfet de BANGOU

A R R E T E :

Article 1er : Est homologuée à titre de régulation la désignation faite selon les règles coutumières des sous-chefs st chefs de quartiers ci-après en fonction dans le ressort territorial de l'Arrondissement de BANGOU :

Noms et prénoms

Date

Désignation

Sous chefferie

Quartiers

Groupement auquel la sous-cheferrie ou le quartier sont rattachés

KOUAHOU

TAYOU

PATEUPA F. Ph

NANHOU Joseph

HAPPI Hénock

KANGUE OUAFO NANA

TCHAYEP

TCHIEHOU NZOTCHUI

FOMENOU MBOUHOUA

NGOUOKO Elias

DJOMO Zachée

KEUJEUTEU Francois

KAMGANG NZADO

DIHOU

DJOHOU FOMEKON

KOHAHOU Jean

KAPAHOU YEMDJO

NGOUPEYOU

YAHOUO NZOTCHUI

SIYAPZE

TANKOU Abraham

MINGUEU

DJOHOU

KOUGUENG André

1955

1960

1947

1960

1957

1960

1956

1952

1947

1947

1933

1960

1960

1955

1965

1954

1937

1960

1963

1933

1956

1957

1960

1964

1960

1956

1960

1955

1965

BADJEUGUEU

BALAMBO

BATOP

BATOUKONG

BADENGSO

BABETE-FOTCHI

BATOUKONG

BATCHITCHI

BANTOUO

DENGNIEP

BABETE-TCHUI

BAKAKA

BALOUMGOU

DEMGUEU

BAMENDJIEU

BAKANGOUE

BADJEUKONG

POUTZUE

SCHELLA

FAMLEM

NGOUETCHA

BATOUZO

BAZINZI

BALANGOUE

BAKEUNONG

BAKEM

KING-PLACE

BANTOUO NZEU

BANGOU

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En effet, l'organisation des quartiers et sous-chefferies tels que présentés dans l'arrêté à été l'objet d'un montage planifié par le chef Bangou, feu sa majesté Djomo Christophe, dans le bus d'élargir son domaine de compétence, son territoire. Ce dernier avait monté une répartition des quartiers de Bangou qu'il avait fait signer par ceux qui ne connaissaient par les réalités de terrain. Il avait pour intention de marginaliser le village Baloumgou et le mettre sous son autorité. Ainsi le peuple Baloumgou ne se reconnaissant pas dans ce décret s'était depuis ce temps opposé, refusant d'être réduit à un quartier, pourtant constituant déjà un village à part entière, avait refusé toute activité ou visite du chef Bangou sur le territoire Baloumgou.

Dans cet arrêté, le village Baloumgou à été dépecé pour faire des quartiers de Bangou et son applicabilité sur le terrain échappait même à ceux qui l'avaient élaboré. D'ailleurs la création des sous chefs qui n'existait qu'à Bangou d'après cette arrêté, faisait problème sur la qualité même du document. Pendant que les Baloumgou dormaient sous leurs oreillers, les Bangou réfléchissaient nuit et jour pour voir dans quelle mesure ils pouvaient asservir le village Baloumgou. Juridiquement, il n'y a pas de différence entre un chef de quartier et un sous-chef. Mais cependant, il existe une différence entre une chefferie traditionnelle de 3ème degré et un chef de quartier ou un sous-chef. C'est ce que témoigne le décret n° 77/245 du 15 juillet 1977, portant création des chefferies traditionnelles au Cameroun, qui dresse ainsi une hiérarchisation des chefferies traditionnelles partant ainsi des chefferies de 1er, 2ème au 3éme degré.

L'arrêté à l'origine du conflit n'avait pas tenu du contexte socio-historique et culturel des peuples qu'elles devait réunir, ce qui laisse voir que ses signataires n'avaient pas à l'idée la répartition spatiale et la structure du village Bangou. Ils s'étaient contenté de signer sans vérifier, tenant compte seulement de ce dont le chef Bangou et sa suite avaient proposés....

MINISTÈRE DE L'ADMINISTRATION RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN

TÉRRITORIALE Paix - Travail - Patrie

Arrêté N° 00187/A/ MINAT/DAP/SDAA/SEC

Portant création d'un Centre d'état civil dans l'arrondissement de Bangou

Département des hauts plateaux

LE MINISTRE DE L'ADMINISTRATION TERRIRORIALE,

Vu la constitution ;

Vu l'ordonnance n°81/002 du 29 juin 1981 portant organisation de l'état civil et diverses dispositions relatives à l'état des personnes physiques :

Vu le décret n°97/205 du 7 décembre 1997 portant organisation du gouvernement ;

Vu le décret n°97/205 du 7 décembre 1997 portant formation du gouvernement ;

Vu le décret n°98/147 du 17juillet 1998 portant organisation du Ministère de l'Administration Territoriale ;

Vu le décret n°87/1115 du 17 Août 1987 fixant les modalités de création et de fonctionnement des centres spéciaux d'état-civil ;

Vu la transmission n° 210/L/F/SG/CASC du 29 octobre 1998 du Gouverneur de la province de l'Ouest :

Considérant les nécessités de service.

ARRETE

ARTICLE 1er : il est crée dans l'arrondissement de Bangou, Département des HAUTS PLATEAUX un centre spécial d'état-civil dont le siège et le ressort territorial sont fixés ainsi qu'il suit :

Arrondissement

Nom du Centre

Siège

Ressort territorial

Bangou

Baloumgou

Baloumgou

Tchitchi, Toukong, Tsuetcha, Ngwetche, Fomsac et Pokeheu.

Article 2 : Sont modifiés en conséquence les ressorts territoriaux des Centres Spéciaux d'état civil.

Article 3 : le préfet du Département des Hauts plateaux est chargé de l'exécution du présent arrêté, publié au journal officiel de la République du Cameroun en Français et en Anglais et communiqué partout où besoin sera./-

AMPLICATION

- PM

- MIN/JUSTICE Yaoundé, le 29 Avril 199

- TRIBUNAL DE PREMIERE INSTANCE

- SOUS PREFET

- JORC/CHRONO/ARCHIVES Sanson ENAME ENAME

- L'arrivée des Bangou dans les hauts plateaux

A s'en tenir à l'arbre généalogique suscité, l'on constate que les NIEP sont les descendants des bamendou, peuple de la région, de Dshang. Selon la tradition orale ce fut sous la direction d'un homme chasseur que ces peuples arriva dans ce cite qu'ils occupent actuellement. Selon Joseph WAHAKOU ce dernier serai arrivée sur le lieu, l'ayant inspecté, il trouva le sol très fertile et le gibier facile ; décide en suite de s'y installer par la ruse ou par la force avec sa population estimée à 350 (hommes et femmes). C'est ainsi qu'il se lança dans la conquête des terres tout autour de lui. Il réussit à soumettre plusieurs villages environnants entre autre fieu YIEP à Ndengniep et fieu Ngfangouo à medjieu. Quand nous lisons dans les lignes de l'abbé KETCHOUA il écrit à ce sujet : « la dynastie des Lembo se plia sous l'autorité du groupement NIEP le nouveau venu  une partie de ce groupement qui ne voulut par obéir au groupement NIEP se détaché pour s'établir sur les pentes des montagnes de FOKUAKEIN du département du haut Nkam»

Comme le relate Joseph WAHAKOU dans ses lignes «  le mot NIEP dérive de NIE qui signifie faire la violence, la brutalité. Le mot « UP » s'y ajoute pour désigner celui qui fait la violence, un expansionniste » ceci nous permet très librement de comprendre que le chef fondateur du village Bangou était un assoiffé du pouvoir. Cependant les récits sur les multiples conquêtes Bangou avant l'arrivée des allemands sont très peu connus.

Revenons au problème qui nous importe, la question Bangou- Baloumgou. Il est reconnu que le premier chef NIEP à livrer une guerre de conquête contre les Leupngheu serait un certain TALINGNI. Il fut suivi par son noble fils DJOMO qui livra une guerre sanglante contre les BAMENA. Mais la tradition orale reconnaît TAYO comme le plus grand expansionniste, le fondateur de NIEP-NGHEU. Il est important de noter que face aux menaces Bangou, les Leupgheu y opposèrent une résistance farouche.

Si aujourd'hui on reconnaît les villages qui ont été créés par les fils du chef Fondateur du village Baloumgou, l'histoire nous dit que les chefs fondateurs des villages Baloum, Bamena, Balengou, Melong II étaient les fils du chef fondateur du village Baloumgou, Sa majesté KWAMEPOKEP. Quant à la chefferie Bazou, des sources nous disent que le chef fondateur de la chefferie Bazou était de père Baloumgou et de mère Bangou et les parents ne faisaient pas partie intégrante de la famille royale

Les guerres de conquête du village Baloumgou

Comme nous l'avons dit plus haut, les bangou après leur installation sur les terres des Hauts Plateaux, sous la direction d'un roi chasseur qui trouvé ses terres propices pour le développement des activités agricole, de raisons économiques, politiques et sociales poussèrent ce roi venu de bamendou à conquérir et à soumettre les villages environnants. Le début de cette entreprise fut marqué par un certaines désordres qui occasionne de grave rivalité entre la tribu NIEUP et ses voisins. C'est ainsi que plusieurs villages furent assiégés à l'instar de NDENGNIEUP, MEDJIEU, NDENKOP... ceci nous amène à parler du début de la « colonisation » bangou dans la région du Haut plateau. Connu pour déconnecter ces villages de leur autorité tout en les mettant sous sa vassalité. L'état des choses s'est avéré plus difficile pour les bangou lorsqu' `ils entreprirent la conquête du village Baloumgou. Car cette expansion fut très vite perçu par les Baloumgou comme étant la programmation d'un mal qu'il fallait à tout prix combattre. D'où les multiples guerres de résistances enregistrer depuis les temps précoloniaux à nos jours entre ces deux communauté.

Étudier les guerres de conquêtes Bangou -Baloumgou revient à répondre à une problématique qui se souci de l'état d'esprit des Baloumgou avant l'arrivée des NIEUP sur le site ; auquel nous ajouterons l'odieuse question qui reste aujourd'hui sans réponse celle de savoir si les Baloumgou ont « croupis sous le joug Bangou » ou « non »

Si Baloumgou est aujourd'hui seul face à de multiples problèmes dont celui de l'émiettement de son territoire, beaucoup pensent que c'est parce que nos ancêtre ont été plus orale qu'administratif. Aussi, ils se sont laissé dompter par les voisins qui voulaient conquérir de nouveaux territoires notamment les Bangou, les Bangoua et aujourd'hui les Bamena.

Les menaces Bangou

Certains disent que le chef fondateur du village Bangou, originaire de Bamendou, était un chef ambitieux au point que dès son arrivée au pouvoir, il soumit les chefferies Mejie et Badjanseu. Le début de cette entreprise fut marqué par un certaines désordres qui occasionne de grave rivalité entre le tribut NIEUP et ses voisins. Voulant toujours étendre son territoire dans le but de nourrir ses sujets, il voulut soumettre la chefferie Baloumbou, ce qui s'est avéré plus difficile car cette expansion fut très vite perçue par les Baloumgou comme étant la programmation d'un mal qu'il fallait à tout prix combattre. D'où les multiples guerres de résistances enregistrer depuis les temps précoloniaux à nos jours entre ces deux communautés.

Si aujourd'hui, sa majesté Tayo II réclame que Baloumgou soit un quartier de Bangou, c'est parce qu'il dit avoir soumis le chef Baloumgou l'ors de la conquête des territoires.

L'histoire nous dit que le chef fondateur de la chefferie Niep ; sa majesté NDJOH MEBENGOUO (ou NGOK MEDJE)1(*) en réalité plus sage à cette époque que le chef Baloumgou ; sa majesté KWAMEPOKEP était ami avec ce dernier. Un jour alors que ces derniers étaient invités à la danse traditionnelle Menikek à Dschang, le chef Bangou décida de ne pas assister et demanda au chef Baloumgou de lui donner le compte rendu à son retour de Dschang. Le chef Bangou qui avait déjà planifié son coup pour déstabiliser le chef Bangou avait creusé un trous à une hauteur considérable et semblant à celui d'un WC dans un coin de sa concession sur lequel il avait pris soin de refermer en couvrant le dessus avec une fine couche de paille qu'il avait couvert avec de la terre. Alors il posa dessus une chaise qui était destinée à recevoir le chef Baloumgou. Dès que ce dernier fit son entrée à la chefferie Niep à son retour de Dschang dans le but de donner le compte rendu des évènements au chef Bangou, celui-ci le reçu et le fit asseoir à l'endroit qui était déjà prévu pour lui. Lorsque celui-ci prit sa place, la chaise s'enfonça avec lui dans le trou et fut précipitamment enterré avec un de ses notables vivant. Il envoya ensuite un message à Baloumgou dire que le chef Baloumgou à trouver la mort. C'est ainsi qu'il prit le dessus sur les sujets du chef Baloumgou à cette époque.

Face une résistance farouche des Baloumgou, qui disaient, avec l'arrivée au pouvoir de Fieu KOUAHOU, ne pas pouvoir accepter ce qui n'est pas bien, ce qui n'est pas fondé, (Kepiptouoc) et juraient de lutter de père en fils pour sauvegarder l'honneur et les volontés de leur ancêtres. C'est ainsi que le chef Bangou entreprit d'autres initiatives. Il ordonna l'entrée en scène des Bangoua. Cette fois, il divisa le territoire Baloumgou en deux parties à partir de la rivière Chekong qui devait lui servir de limite avec les Bangoua. Certaines sources disent que cette phase a été plus destructrice et plus violente que la première. C'est à cette époque que le chef Bangou repoussa sa chefferie à Tounac (Tswepouc) et positionna ses notables Wafo Kouhou à Pokeheu, Nsoh Beuh à Tswetcha, Nshu Ganmou à Gwetcha. Les Bangoua de leur côté mettaient le village à feu et sang.

Les Bangoua à Baloumgou

Selon Mba Sa'a Ndep, un patriarche Baloumgou, les Bangoua avaient commencé leur guerre sur le territoire Baloumgou vers 1957, un Tassack, peu de temps avant la période du Maquis. Les Bangoua avaient ouvert une guerre sans merci qui avait causé le départ d'une bonne partie de la population qui était allé s'installé à Bamena, Bangoulab, et vers les autres coins du Cameroun. Les Bangoua incendiaient les maisons à leur passage, tuaient les populations, s'acquéraient de leur bien si bien que certains blessés qui allaient se soigné à l'hôpital Bagoua en ce temps reconnaissaient parfois leur biens chez certains Bangoua. Ils pillaient tout sur leur passage. Aujourd'hui, de nombreuses personnes à Baloumgou sont des migrants retours, ceux donc les parents avaient fui les persécutions des Bangoua et des Bangou.

Ces deux villages furent à l'origine du dépeuplement et du dépècement du village Baloumgou, aujourd'hui à l'origine de ses nombreux problèmes. Si aujourd'hui certains sont rentrés Baloumgou, d'autres ont encore par ailleurs la nostalgie de ce qu'a vécu leurs grands-parents qui sont mort hors de leur village. André Ndjo Goujou de Bangoua et Ndjo Mebengoua de Bangou avaient entreprit de faire disparaitre Baloumgou en se partageant ce territoire donc ils s'étaient fixé une limite avec la rivière Chekong. À en croire certains notables Bamena, Balengou, Baloumgou et Bangoua, les limites du village Baloumgou étaient situé jusqu' à l'hôpital Bangoua, à Kamna, Bangou-ville et Chweplang. Aujourd'hui il ne reste plus que 50% de son territoire et d'autres villages comme Bamena réclament encore une partie comme les leurs.

L'entrée des Bamena

Face à plusieurs agressions qu'à connu le village Baloumgou, ni les Bamena, ni les Bazou, ni les Balengou, ni les Baloum dont les ancêtres étaient ses fils ont intervenu pour venir à leurs secours. Mais en 2008 lorsque Baloumgou cherchait le site qui devait réceptionner son nouveau CES, on avait trouvé bon de le construire à l'intérieure de la réserve forestière de Baloumgou. Cependant, une surprise est intervenu à la dernière minute ou les Bamena ont refusé la réalisation du dit projet tout en disant que la réserve forestière faisait partie de leur terre. Face à la faiblesse des autorités Baloumgou, le cas fut étudié pacifiquement et la construction du CES fut transportée au quartier Cité.

Selon le chef actuel Baloumgou, la Reserve forestière de Baloumgou n'a jamais été la propriété des Bamena. Toutefois, il y existe à l'intérieur une tranchée qui a été mis sur pied par l'autorité compétente dans le but de donner la part de chacun des villages.

D'autres sources pensent que si les Bamena reclament aujourd'hui la propriété de la réserve forestière de Baloumgou, c'est parce qu'à sa création, elle était administrée par le département du Ndé dans les années 1970. À cette époque, les 2 villages étaient sous l'administration du Ndé et ce n'est qu'après qu'une partie de cette forêt est revenu à Baloumgou qui était cette fois sous l'administration de l'arrondissement de Bangou pendant que Bamena est resté Dans le Ndé

Le temps du Maquis

Un ancien combattant ayant combattu pour l'indépendance du Cameroun dans le Maquis


LES RAISONS DES CONQUETES BANGOU

Les raisons politiques

Si nous nous tenons à la logique des conquêtes des territoires qui s'est opérée dans le monde en générale et en Afrique en particulier, il est reconnu que chaque peuple dès son installation dans une région présentait un désir d'expansion dans le but d'agrandir son territoire. Nous voyons que selon ce qui nous est rapporté par la tradition orale, ce roi chasseur Bangou, est arrivé sur le site accompagné de 300 hommes et femmes. Il avait ainsi ce cortège sous sa responsabilité. Il n'est donc pas étonnant de comprendre que par la conquête des nouvelles terres, il devait assurer plus d'espace vitale pour leur survie et aussi créer autour de lui des états vassaux affirmant son prestige et la protection de son peuple. Dans les temps précoloniaux, chaque roi avait une envie profonde, celui de créer un grand empire. C'est ce que nous retrouvons dans la fondation des grands empires en Afrique de l'ouest et de l'Afrique centrale ; en occurrence Soundiata Keita au mali, Askia Mohammed au songhaï pour ne citer que ceux-ci. Ce qui nous amène à comprendre que les guerres de conquêtes ne fut pas l'oeuvre des Bangou mais communes à la réalité africaine.

Une autre raison politique que nous pouvons relever est le fait que Bangou annexait ces territoires environnants dans l'optique de se protéger des éventuelles conquêtes extérieures, créant autour de lui des états Tampon.

Les raisons économiques et sociales

Notons à ce sujet les tributs qui vont être versées au roi chaque mois rendant ainsi l'accès facile à l'esclave pour le roi. Notons aussi la volonté de contrôler les richesses minière pour enrichir la vie économique. Cette raison fut en effet la principale cause du conflit qui surgie entre Baloumgou et Bangou dans les années 1960, lorsque le chef Bangou en la personne de TAYO décide de prendre le contrôle de la carrière de pierre et de la forêt de l'eucalyptus de TOUNKON.

Une autre raison serai la volonté incontrôlé d'agrandir sa population, faire prévaloir sur ces terres ses uses et coutumes. Ceci pourrai se justifier par la violation des interdis Baloumgou entre 1985 et 1992. En effet il est strictement interdit dans la tradition bamiléké en générale et à baloumgou en particulier qu'après la mort d'un chef aucune manifestation n'est permise dans le village jusqu'à la célébration de ses funérailles. Mais les Bangou présent sur les terres baloumgou soutenu par leur chef n'hésitèrent pas de violer cet interdit. Ajoutons à cela le jour férié Baloumgou qui n'est pas respecté par les dits peuples

LA PERIODE PRECOLONIALE

Les Baloumgou ont toujours opposé une résistance farouche aux multiples expéditions militaires Bangou. Selon la tradition orale, Baloumgou était un village autonome et indépendant et vivant dans la paix et l'harmonie avant ses éventuelles guerres de conquête. Il est reconnu que la période précoloniale fut l'ère de véritables croisades pour la conquête de l'espace entre les chefferies bamiléké. Cependant il est important de noter que la chefferie Baloumgou fut la vedette de plusieurs chefferies voisines telles que Bangwa et Bangou. En effet Bangwa étant une chefferie nouvellement fondée avait besoin d'agrandir son territoire. C'est alors qu'il s'allia au Bangou pour combattre le village Baloumgou. Ce qui lui valut l'augmentation de son territoire à la fin de la guerre. Mais comment comprendre que ce village fut partagé alors qu'il ne fut pas assiégé. À ce propos Dr TOUDJI Emmanuel explique :

« Du fait que Baloumgou ne pouvait pas lutter contre ces deux communautés à la fois, Pour cela lorsque la parcelle de terre allant du pont de Tounkon jusqu'à l'hôpital Bangwa fut attribué à ce dernier Baloumgou décida de se concentrer sur son ennemi de toujours Bangou. Car la chefferie ne fut pas encore assiégée »

Parlant de cette guerre, elle fut terriblement meurtrière pour les baloumgou ce fut une guerre au cour de laquelle plusieurs fils perdirent la vie. Mais qu'à cela ne tienne les baloumgou eurent tout de même le mérite de repousser hors de leur territoire l'ennemi. A ce sujet une légende qui nous est rapporté par le chef de famille baloumgou de Yaoundé en la personne de SopDjahagou stipule que

« Il y avait à bangoua un grand marabout qui avait un pouvoir magique redoutable. En effet la magie de ce marabout consistait à faire descendre le brouillard au côté adverse, celui baloumgou, tout en permettant à ces ennemis bangou de les apercevoir et l'abattre en premier »

LES CONFLITS HEGEMONIQUES BANGOU-BALOUMGOU : MANIFESTATIONS DU CONFLIT BANGOU

L'affaire du Camion du Général Mambou, incendié à Baloumgou en octobre 1997.

Le conflit Bangou-Baloumgou est matérialisé sur des conflits d'autorités traditionnelles, des rivalités politiques et des destructions des biens matériels. Au dela des dénégations des uns et des autres, des positions tranchées entre les protagonistes et la procédure judiciaire qui était en cours au tribunal de grande instance de Bafoussam, les risques d'explosion y étaient incontournable et même inestimable.

L'affaire du Camion du Générale Mambou incendié à Pokeuheu (Baloumgou) après le tournant Z encore au tribunal de grande instance de Baffoussam en mars 1998 remontait en fait depuis le 7 octobre, date à laquelle l'incident est survenu. Cette date se trouvait en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 12 octobre 1997. Ce jour-là, un camion de marque Mercedes Benz immatriculé sous le numéro Lt-9598-A appartenant au Général de brigade Mambou Dello Roland a été trouvé brûlé à Baloumgou, plus précisément au quartier Pokeheu, à 50m de la résidence Mbag Kouahou (notable Bangou résident à Baloumgou). Son chauffeur, le sieur Mbayong Jean-Jules, qui avait directement saisit la légion de la gendarmerie de l'Ouest à Bafoussam en le doigt accusateur du 6 personnes donc Sa majesté WACHE Norbert, ...., chef du village Baloumgou, a été poursuivi pour le motif de pillage en bande et détenues à la prison centrale de Bafoussam. L'ordonnance de renvoi devant le TGI a été signe par le 24 décembre 1997 par M. Djolla Chrispin, substitut du procureur de la république auprès de ladite cour. Le jugement avait eu lieu en mars 1998 et l'effet qui à mener des investigations à la source à Bangou auprès de S.M TAYO Marcel et à Baloumgou auprès de S. M. WACHE Norbert, le sous-préfet de Bangou et son adjoint, ainsi qu'auprès des habitants des villages concernés, se sont laissés entendre.

Les dessous de l'affaire d'après sa Majesté WACHE Nortbert, chef supérieur Baloumgou

Selon S.M WACHE Norbert, chef du village Baloumgou, le conflit qui l'oppose à S. M. Tayo Marcel, chef Bangou, comporte 3 volets tout à fait liés ; d'abord la redéfinition et le reclassement de son village comme chefferie de 2ème degré, ensuite l'appartenance quasi-totale des Baloumgou au RDPC contrairement aux Bangou, majoritairement SDF et enfin l'incendie du camion du Gén. Manbou qui est la conséquence de ce militantisme au RDPC que n'ont jamais supporté M. Tayo Marcel et les siens.

Premièrement, S.M. WACHE Norbert déclare sans nuance que lui et son peuple réclame l'autonomie de Baloumgou qu'il veut voir devenir une chefferie de 2ème degré au lieu du 3ème car, Baloumgou était d'abord avant que les Bangou ne commencent à s'y intéresser. Cet état de dépendance n'a jamais favorisé l'épanouissent de Baloumgou où les projets de développement initiés en leur faveur ont toujours été détournés par le chef Bangou. 14éme dignitairebdu village Baloumgou et ayant succédé à son frère le 20 avril 1985 d'où sont partis les chefférries supérieur Bamena, Bangoulap et Melong II dans le Moungo. C'est auv moment où le ministère de l'administration territoriales classait les chefferies traditionnelles que le cas Baloumgou a été omis à cause des basses manoeuvres des Bangou, soucieux de les dominer et de les exploiter. Baloumgou est assez grand avec ses 7 quartiers (Tchitchi, Toukong, Tswetcha, Ngwetcha, Gwétchè, Poutsuè et Pokeheu) pour être érigé en chefferie de 2ème dégré. D'autres incidents et antécédents ont toujours émaillé leurs relations avec Bangou à tel point que le 20 mai 1989, M. Tayo M. m'avait interdit d'assister à la fête nationale et m'a fait enfermer à Bafoussam avec mes notables pendant 8 jours. Mr. Tayo a toujours publiquement humilié en le blâment ouvertement devant ses sujets, comportement ignobles que le chef et la population Baloumgou ne digère et ne digèrera plus. Seul l'autonomie de Baloumgou arrangera la situation.

Pour ce qui est de la politique, le peuple Baloumgou est militant du RDPC, qu'il soutient inconditionnellement malgré les intimidations Bangou, qui en majorité du SDF.

Au sujet de l'incendie du camion du général Mambou, le chef Baloumgou révèle que le 7 octobre, veille de l'élection présidentielle, le chauffeur du véhicule incendié, M. Mbayon Jean-Jules s'était rendu à son domicile vers 19 heures pour lui poser 3 problèmes personnels. Ce dernier était accompagné de M. Ngando Firmin et Zenstu Michel. Mbayon parlait d'un vieux différent de terrain qui l'opposait à son voisin Nouyet Mathieu, d'une autre affaire l'opposant à un certain Madjonang Isidore qui l'aurait injurié, enfin une roposition de marché de pierres qu'il aurait gagné au compte du chef, propriétaire de la carrière. En discutant avec ces hôtes, le directeur de l'école Baloumgou est entré et a interrompu leur conversation et ils se sont séparés là. La chauffeur Bayon, qui avait soulé comme une abeille, a fait fausse manoeuvre et à écraser sur son chemin les boutique construites en Banbou et certains cases traditionnelles de la place public de Baloumgou, et s'est enfui sur une direction contraire dans la même nuit. Pour cela, j'ai alerté la brigade de gendamerie de Bangou par téléphone et Bangou m'a répercuté à la compagnie de gendarmerie de Baham qui aura mené l'enquête suite à laquelle les nommés Nana Prospère, Madjonanag Isidore, Tchonang Dieudonné, Djouosseu Ngongang Célestin, Zentsu Michel et moi-même, tous originaire de Baloumgou, qui après avoir été entendu, ont été placés sous mandat de dépôt à la prison de Bafoussam. Le chef était le seul ayant bénéficié d'une liberté provisoire et l'affaire devait être jugé le 2 mars 1998. Le Géneral Mambou qui à longtemps été le client de pierre du chef Baloumgou soutenait fortement la version des faits des Bangou, ce qui laisse voir, par son pouvoir, le traitement et la considération dont les nouveaux détenus devaient subir.

Les faits selon M. TAYO Marcel, Chef supérieur Bangou

Pour S.M TAYO Marcel, chef Bangou, S.M WACHE Norbert n'est qu'un individu qui ne sait pas exactement ce qu'il veut. Pour lui, S.M WACHE Norbert n'est pas le chef Baloumgou, mais le chef de quartier Toukong et rien de plus. Il est un sécessionniste, un assoiffé de pouvoir qui veut diviser sa chefferie Bangou, l'usurper en faisant semblant de soutenir le RDPC. Le chef Baloumgou pour lui s'appellerai Djomo Mathieu et pas l'imposteur Wache Nortbert qui, soutenue par une infime minorité de villageois, sa famille et quelques élites extérieures, et veut s'introniser comme le chef Baloumgou.

Tayo reconnu que les relations de S.M WACHE Norbert avec sa chefferie sont très tendues à cause de ses intentions sécessionnistes. Moi, en tant qu'homme de paix, il espère voir S.M WACHE Norbert revenir à la raison, se soumettre selon la tradition afin d'être pardonné et reconsidéré comme citoyen Bangou. Je ne suis pas contre S.M WACHE Norbert, mais contre ses agissements maladroits et dangereux pour la paix.

Pour ce qui est de l'incendie du camion, M. TAYO dit que c'était un crime prémédité et coordonné par S.M WACHE Norbert qui a fait appeler le chauffeur du camion par le gang de Wache. Pour Tayo, il dit que s'il peut pardonner S.M WACHE Norbert, la loi qui est au-dessus de tous lui pardonnera au TGI de Bafoussam où l'affaire à été enrôlée. Le général Mambou n'étant pas Bangou, mais plutôt Baham, il ne m'a jamais soutenu dans ce conflit qui oppose son sujet qui s'autoproclame chef Baloumgou et ce que veut le militaire est la réparation du préjudice dont il est victime. C'est pour cela qu'il a fait recours au tribunal

L'affaire du camion brûlé proprement dit

En effet, le 07 octobre 1998, après les faits qu'avait rapporté Sa Mageté Wache Norbert, chef Baloumgou, sur la visite surprise de M. Mbayon Jean-Jules, chauffeur du camion et sa suite, ces derniers ont pris la route pour leur chemin de retour. Arrivé par l'entrée de Toukong, le chauffeur et sa suite ont décidé de changer leur chemin pour passer sur une route, par ailleurs dangereuse pour les véhicule de la même gabarie que le camion Mercédès avec le quel ces derniers roulaient. Furieux peut être de l'interruption de leur conversation par le directeur de l'école primaire qui était venu rendre visite au chef, ces dernier ont ainsi agit comme s'il était venu à une mission à Baloumgou. À la sortie de la chefferie, les visiteurs ont du crées une fausse manoeuvre du camion au niveau des boutiques situées à la place public au centre du village, et ont à plusieurs reprise écrasé les boutiques en bambou (4) qui se trouvaient sur la place. Dans leurs manoeuvre vers l'arrière, ils avaient ensuite écrasé les cases traditionnelles (3) qui si trouvaient avant de prendre la fuite sous les yeux sans défense des populations. C'est l'une des raisons pour lesquels la case traditionnelles centrale du village, qui autrefois était construite en bois, est aujourd'hui construite en pierre ( de la carrière de Tounkong). Après avoir commis leurs forfaits ils avaient pris la fuite par Pokeuheu. Après avoir grimpé une des collines de la route vers pokeuheu, tout juste après le tournant Z, c'est derniers sont enté en brousse, sous les bananiers avec le camion. L'on ne sait pas si le camion avait échoué à cause la route qui était peu praticable et boueuse, ou si par peur que la population les suivait (ce qui n'était pas le cas), ils ont dû dans la panique raté le virage. Toujours est-il qu'après leur présumé accident, ils ont incendié eux même le camion pour enfin renforcé les conflits entre Bangou et Baloumgou, car le contexte de leurs visites et les circonstances de ces dernières montre que c'était un montage de toute pièce. Le chauffeur et ses complice (et ceux qui les avait envoyé) comptaient bien sûr sur le pouvoir qu'avait le proprétaire du camion dans tous le département. Et le générale Mambou ne pouvait que croire, s'il n'était pas complice, qu'au témoignage des hommes du côté de ceux qui étaient en position de force.

Pour ce qui est de ceux qui avait incendié le camion, nul ne peut déterminer avec exactitude. Seulement, la population baloumgou après avoir subi les affres du camions ce jour, observait seulement le trajet et les bruits du camion pour déterminer jusqu'où il allait arriver, afin d'ouvrir les enquêtes le lendemain. Peu de temps après, la population qui observait le camion de puis le centre du village n'aperçurent que des flammes au sommet de la colline. C'est peu de temps après que les paysans qui passaient par là au retour du champ ont informé à leur passage ceux qui se trouvaient au village. Pris de panique le chef avait alerté la brigade de Bangou, qui sans doute était déjà au courant de l'affaire, et qui n'attendait que le travail soit accompli pour déployer toutes leur énergie sur Baloumgou.

Au moment des enquêtes ni l'opinion, ni le témoignage des Baloumgou a été pois en compte. Les dégâts qu'avait commis le camion au sein du village avait été négligé. Ce qui suscitait déjà la complicité de plusieurs acteurs, ennemi des Baloumgou. Que pouvait faire un camion de tel gabarie et à cette heure au coeur du village, chez le chef ?

L'affaire du don d'un microscope au centre de santé de baloumgou

Peu de temps avant l'affaire du camion incendié, l'évènement qui a marquer un tournant déterminant dans conflit Bangou-Balougou a été le soit disant « don d'un microscope au centre de centre de santé de Baloumgou par Bouki. C'est au cours de la découverte des dessous ce don qu' on a connu les vraie fils et filles Baloumgou. Ce fut une semaine de mobilisation, d'engagement pour le respect du village par ceux qui voulaient introniser le soi-disant donneur de don comme chef de 3è degré à Baloumgou . Homme, femme, enfant du village balougou étaient debout pour dire : « lepgwe Kepiptouc ». C'est-à-dire qu'ils n'accepteront à jamais de se plier sous le régime d'aucun chef. Ils demeureront autonomes

L'OCCUPATION ADMINISTRATIVE DU VILLAGE BALOUMGOU

Après de longues tentatives d'occupation du village baloumgou par voie du conflit armée, les Bangou oeuvrèrent pour une conquête par voie administrative. À ce sujet les informations qui nous sont rapportées expliquent que le chef TAYO II continua l'oeuvre machiavélique de son père change de tactique. Car comme le disent nos informateurs se croyant plus rusés et plus éduqués adoptèrent une conquête par la voie administrative. A ce sujet le décret ministériel de 1975 portant sur l'organisation des chefferies traditionnelles aux Cameroun a été monté de toute pièce par le représentant du chef Bangou, feu Djomo Christophe alors en exile, ceci dans le but de marginaliser le village Baloumgou et d'y créer une confusion totale dans l'esprit des congénères et population baloumgou. Comme nous le rapporte un fils Baloumgou le nommé DJOMO Bertrand :

« Ce qui figure dans l'arrêté préfectorale No 91/AP/DM de 1967I, n'est que le fruit d'un montage soigneusement réalisé sur la dictée du feu Djomo Christophe.  En effet l'article premier de cet arrêté précise très bien qu'il s'agit des sous chefs et de chefs de quartiers. Toutefois une question liée à la signature de cet arrêté reste d'actualité à savoir pourquoi cette notion de sous-chef n'intervient que dans le groupement Bangou ? Alors que ce même arrêté est muet en ce qui concerne les autres groupement du département de la Mifi, ou nulle part ailleurs »

Tout laisse croire que sa Magesté Tayo ayant compris que la conquête par voix militaire n'était plus possible. Il fallait changer de tactique ; d'où la mise sur pied de la stratégie administrative. Nous ne pouvons continuer sans présenter cet arrêté préfectoral.

A sans tenir sur l'aspect juridique des choses ; il n'y a pas de différence entre un chef de quartier et un chef de troisième degré. Le nombre de quartiers(08) que compte ce village fait de lui une chefferie de 2ème degré. L'on constate que le chef Djomo Christophe avait tout simplement cherché à semer la confusion dans l'esprit des administrateurs. Force est de constater que cet arrêté n'avait même pas tenu compte de réalités historiques et traditionnelles du terrain. À ce sujet le chef du village Baloumgou, sa majesté WACHE Norbert déclare :

« Nous connaissons tous le village Baloumgou. Il est composé de 08 quartiers à savoir TSWETCHA, NGWETCHA, TCHITCHI, TOUKONG, NGWETCHE, POUTSWE, POKEHEU, FOPSACK. Aucune autorité camerounaise n'est descendue sur les lieux pour étudier de près la velléité des rapports que lui avait présentés le chef Bangou ; mettant ainsi de côté tous les faits historiques et traditionnels qui relient les quartiers suscités Notons en passant que ces quartiers qui constituent le village Baloumgou sont dans la norme des choses une Chefferie de troisième degré. Vous le voyez tous comme personne que Baloumgou qui se limite à POKEHEU, selon la frauduleuse carte qui accompagne l'arrêté, n'aucun très de ressemblance avec la carte originale du village... »

Les années 1960 furent des années de tensions au Cameroun. Ce fut des années très troublantes pour l'histoire des peuples Baloumgou. Le Cameroun est plongé dans l'épineux problème la lutte contre le maquis. Ceci nous permet d'expliquer le succès de DjomoZaché dans son processus d'annexion administrative sur deux angles. En effet entre 1960 - 1975, sévi au Cameroun la révolution Upéciste taxé de maquis. Il faut mettre fin à ces troubles et construire un Cameroun libre et prospère. Cependant l'ouest Cameroun et plus précisément les hauts plateaux sont la pièce maitresse, le fief par excellence du maquis. Nous comprenons que l'insécurité devait battre son plein dans la région de Bangou et par ricoché le village Baloumgou. Pour cela, tout rapport qui sera présentés à une autorité administrative en cette période devait être validés sans chercher à avoir des preuves justificatives de peur de faire une descente sur le terrain et de faire face à la poursuite Upéciste. À ce sujet un chef de Maquis de la région, notable Baloumgou nous décrit la situation

« Le maquis à Baloumgou extrêmement dangereux. Avec le chef de l'États qui avait décrété l'Etat d'urgence, l'insécurité avait atteint son summum. Les maquisards semaient la terreur dans le village. C'était la panique dans le village. On enregistrait des kidnappings, des assassinats atroces (les tètes des gens tranchées et déposées en plein carrefour) opérés par les forces de l'ordre et les maquisards. Vous comprenez qu'il était très difficile pour une autorité de se déployer dans cette région sans craindre d'être descendu. De plus en cette période un problème crucial opposait les deux villages. C'est pour cela qu'une enquête de  ce genre ne pouvait se dérouler dans la région sans risque de déclencher les attaques pouvant conduire à de bains de sang » 

La seconde raison serait le fait qu'après l'indépendance, le président du Cameroun Ahmadou Ahidjo prônait la réconciliation et l'intégration nationale. Il invitait tout les ethnies du Cameroun à se mettre ensemble pour favoriser le développement politique, économique et social du pays. Ceci dans le seul but d'éviter autant que possible les disparités régionales dans le pays. Il trouvait aussi en cette réconciliation nationale un moyen idéal pour lutter contre le maquis grandissant au Cameroun. Ainsi il envisagea la décentralisation des pouvoirs. L'on comprend que tout regroupement qui était présenté aux autorités était ratifié par l'administration sans aucune preuve quelconque. Ainsi tout chef, qui comme Djomo Christophe, avait des ambitions hégémoniques pouvait facilement annexer administrativement le territoire qu'il voulait mettre sous son autorité. C'est dont ainsi que ce dernier s'amusa à mettre sous sa juridiction la localité Baloumgou. Ainsi par ce décret Baloumgou de 1965 fut dépecé et réduit au quartier POKEHEU.

RITES EST CULTURES BALOUMGOU

La Danse du Medjong

La danse du Medjong est une danse qui a été fondé par le chef Baloumgou. Comme le réitère Nbeuh Sa'a Jong, le président du Groupe Medjong de Poutswe2(*), les membres du Medjong sont les gardiens du territoire. En cas de conflit au village, ce sont eux que l'on envoi au front. Chaque quartier doit disposer de cette association qui ressemble les jeunes les plus forts et participer chaquefois à une

Nbeuh Sa'a Jong réunion générale une fois par semaine à chefferie avec le chef.

Par ailleurs, ceux-ci aide le chef dans ses activités, comme les travaux de la réfection de la chefferie, la construction des clôtures, toutefois avec l'accord du chef. Ils ne déside pas sur la manière selon laquelle la chefferie doit être construite et reçoivent les ordres du chef et des notables qui fond aussi parti de cette association.

La danse du Medjong intervient aussi pour célébrer les festivités (funérailles, visite d'une autorité ...) tant dans le village qu'ailleurs sous invitation ou sous leur volonté. L'on ne peut dire qu'il a fait de bonnes funérailles au village Baloumgou sans faire appel au Medjong qui attire de nombreuses foules qui admirent sans cesse leur manière de danser.

Un masque du Medjong

La danse Gokpeme

La danse Kessou

Les Gwa Ntep Ntep

La pratique du veuvage en pays Baloumgou

Dans la tradition négro-africaine et Bamiléké en particulier, la mort n'est jamais prise comme un fait naturel et fatidique. Toute mort est la résultante d'un fait surnaturel et organisé. A chaque mort ici, on a toujours tendance à rechercher les éventuels coupables afin que leurs soient infligés le châtiment prévu à cet effet. Les méthodes et moyens d'investigation varient selon le statut (marié ou non) du défunt. C'est ainsi que fut institué le veuvage en pays Bamiléké.

Le veuvage commence après l'inhumation du défunt et après que les proches de ce derniers se sont débarrassés de leurs cheveux avec une lame de rasoir, qui doit se faire dans un délai de sept jours au plus après l'inhumation du défunt. Pour les veuves, c'est ici que commence l'étape la plus difficile.

Les veuves doivent se vêtir uniquement d'un cache sexe de circonstance et n'ont plus désormais le droit de se coucher sur les feuilles sèches du bananier, il leur est interdit de se laver aussi longtemps que durera le veuvage et ceci même en période de menstrues. La durée de veuvage est proportionnelle au nombre de femme que comptait le défunt. Mais avec les contraintes d'un monde moderne, les 9 mois que devraient faire 9 veuves d'un défunt sont aujourd'hui réduits à 9 jours.

Il est aussi désigné parmi les garons de la famille un seul devant nécessairement être le fils d'une fille du défunt. son rôle se borne à fouetter chacune des veuves autant de fois qu'elle entre ou sort de la maison .Durant la période du veuvage ,les veuves ne peuvent dont pas aller faire leur besoins les plus grégaires si le garçon choisi n'est pas là pour leur administrer la fessé qui leur est due . Vous imaginez tout de suite le malheur d'une veuve qui dont le garçon de veuvage est l'un de ses pires ennemis dans la concession. De même la première femme joue un rôle prépondérant durant cette période .car chaque fois qu'elle se lève pour sortir ou entrer, qu'elle se gratte, qu'elle tousse toutes les autres sont obligées de faire la même chose qu'elle. Si d'aventure la dernière femme veut par exemple sortir elle doit prier la première de bien vouloir sortir pour l'accompagner sinon elle reste sur place. De plus les enfants de la concession ont l'obligation de préparer chaque jour et de façon individuelle une marmite de plantain pour assurer la nutrition des veuves................

Sa majesté WACHE Norbert, Chef supérieure du village Baloumgou, un homme...

Homme de grande taille avec une figure éveillée, un nez camus, il a un dos légèrement vouté par l'habitude du travail .Toujours vêtu de pantalon et saillon, ainsi que de souliers en cuir, il se coiffe régulièrement avec un très beau chapeau traditionnel qui cache à moitié ses temps bombées. Fils de Sa Majesté Djomo Zachée et de NGONGANG Madeleine, Sa Majesté WACHE Norbert est né le 30 novembre1966 à Baloumgou .IL fait ses études primaires et élémentaires à l'école publique de Baloumgou de1971 à 1988 où il en sort titulaire d'un certificat d'études primaires et élémentaires. Admis en 6è 1971, il fait son premier cycle respectivement au C.E.S de Bangou aujourd'hui lycée et au collège INTELLEXIE de Dschang. En1984, cet élève assidu obtient avec brio son brevet de fin d'étude du premier cycle(BEPC). Après la mort de son père, Sa Majesté Djomo Zachée , Survenue le 07 octobre ,cet homme intelligent inscrit au collège Bénédicte de Douala en 2nd ne pourra plus continuer ses études secondaires, contraint de suivre sa destinée. Et c'est ainsi qu'il devient quatorzième (14è) souverain Baloumgou . Il monte au trône officiellement le 20 avril 1985. Doté d'un caractère propre, il aura une certaine notoriété et une individualité consciente qui lui apporteront en même temps une connaissance acquise par la pratique et une discipline que le cadre plus restreint de ses occupations royales. Toujours disposé à répondre à toutes les questions qui lui sont posées, il est aujourd'hui un modèle pour la jeunesse Baloumgou et un politicien de renommée nationale. Grandes sont ses oeuvés au village Baloumgou : CO-création de l'A.E.E BAL : l'association des élèves et étudiants Baloumgou à Bangou ville en 1983 avec le concours non moins négligeable de WANDJI Zachée, initiateur du congrès qui à lieu chaque vacance, en Août, et qui regroupe toutes les associations des jeunes Baloumgou de part le Cameroun ; adduction d'eau potable au village Baloumgou, création d'une case de santé au village Baloumgou devenue aujourd'hui centre de santé intègre, décentralisation de certains quartiers, création de cité des élites, construction actuelle de nouveaux bâtiments devant servir de salles de classe.la liste est loin d'être close. Âgé aujourd'hui de 33ans, Sa, Majesté WACHE Norbert est à sa quatorzième (14è) année de règne. Il est marié et père de plusieurs princes et princesses.

Chefferie et cadre de vie du chef Baloumgou : sa Majesté Wache Norbert

Entrée principale chefferie Bâtiment principal de la chefferie

Si les Baloumgou ont longtemps lutté pour leur reconnaissance, il semble par ailleurs qu'ils ont dû oublier, ou abandonné leur chefferie aux mains du chef. Aujourd'hui, l'état de la chefferie Baloumgou n'est pas digne de l'habitat d'une autorité suprême qui mérite un cadre adéquat pour sa vie privée et pour mieux en cadrer ses sujets.

Baloumgou est l'un des quatre groupements qui comporte l'arrondissement de Bangou. Cet arrondissement se situe à l'extrême Sud du département des Hauts plateaux (issu de l'éclatement de l'ex département de la Mifi en 1993) dans la région de l'Ouest au Cameroun. (Fig 1). Et s'étend entre 5°05' et 5°15' de latitude Nord et 10°20' et 10°27' de longitude Est sur une superficie d'environ 110 km². Il est limité au Nord par les villages Bayangam et Bangou à l'Est par Bangwa, au sud par Bamena, et à l'ouest par Bangou. . La région de l'Ouest comprend une vaste zone de hauts plateaux divisés en 6 départements : NDE, HAUT PLATEAU, HAUT NKAM, BAMBOUTOS, MENOUA, MIFI. Ce dernier compte 5 arrondissements : BAFOUSSAM, BANJOUN BAMEJOUN BAHAM BANGOU. Le ressort territorial de BANGOU comprend les villages : BAPA, BADENKOP, BANGOU ET BALOUMGOU.

Baloumgou s'allonge du sud au nord du 5°16 au 5°18 latitudes nord ; de l'ouest à l'est, il s'étend du 10°19 au 10°22 méridien Est : soit une superficie de 110 km2. Il est limité au nord par BAHAM, BAYAGAM, BATOUFAM; au sud par BAMENA ; à l'ouest par BANGOU et à l'est par BANGWA

Baloumgou comprend 7 quartiers : NGWETCHA, TSWETCHA, NGWETCHE POUTSWE, POKEUE, TOUKON, TCHITCHI, FOPSAC. Le désenclavement du village.

- l'axe Bangoua-Baloumgou

- l'axe Bamena-Baloumgou

- l'axe Bangou-Baloumgou

Situé à l'extrême Nord Est du mont Batcha. Le relief de Baloumgou présente plusieurs compartiments de hautes terres qui encaissent des vallées centrales. Au nord, au sud et à l'ouest se trouvent des massifs volcaniques qui constituent les 3/5e de la superficie de Baloumgou. L'altitude y varie entre 1000 (Mt Batcha) et 1800m (Mt Toudieu au Sommet de Ngwetcha). Un rejet d'environ 300m de hauteur et 20km de long (compartiment Nord) sépare le plateau de la vallée. Se trouvant au centre et au sud-est, les vallées occupent les 2/5e de la superficie. La plupart des vallée (22,5%) sont peuplées de raphiales, qui servent tant à la fabrication des objets artisanaux ( chaise, armoire, lits, plafond, et bien d'autres choses) qu'au recueillement du vin de palme pour les paysans et aussi à la construction des haies vives, enclos et barrières pour la délimitation des concessions familiales. Par ailleurs, c'est dans la plupart de ces vallées que sont pratiquées la plupart des cultures en saisons sèches car les raphiales permettent une disponibilité d'eau à toute saison à cause de leurs capacités d'extraction d'eau avec leur racine au niveau de la nappe phréatique.

Le centre du village est situé sur fond concave d'un massif montagneux ondulé à tel point que tous les points de sortie du village demande de perdre quelques kilocalorie sur la montée des collines qui s'étendent parfois à plus de 5 kilomètres. C'est le cas de la sortie Nord du village (route Baloumgou - Bangou) sur la route principale où on trouve une route serpentée comportant des méandres (tournant Z) qui cherche à contourner un relief pas facile à maitriser.

Sur 100% de vallée disponible, 60% d'entre elles sont drainées soit par des cours d'eau temporaires ( cas des vallée à raphiales), soit par des cours d'eau à débit saisonnier comme le cours d'eau principal du village ( Che Nkong) qui prend sa source au niveau du plateau de la limite Nord-Est du village ( limite avec Bayagam) sur le cours d'eau de `'Seche''. Ce cours d'eau coule du Nord au Sud suivant les contraintes du relief avec une chute au niveau de l'escarpement (sud-est) de Gwethè

La savane herbeuse de Gwelep, vu en saison sèche après le passage des feux de brousse

Les montagnes de Gwetcha

Les montagnes de Pouctwe et Gwethè

Gwetcha Town

La vallée de Chiekieu (Pokeheu)

UN RELIEF VALLONNE MARQUE PAR DES PENTES FORTES

Baloumgou est un haut plateau d'environ 1450 m d'altitude moyenne. Il se décompose en trois unités orographiques majeures qui se succèdent de 1000 à 1800 m d'altitude.

Relief et distribution spatiale de la pluviosité (d'après juscar Ndjounguep 2009)

BALOUMGOU, DES PLUIES PEU AGRESSIVES SUR DES SOLS VULNERABLES

Le climat est du type subéquatorial de mousson à dominante humide et fraîche, à une saison des pluies (mi-mars à mi-novembre). Les précipitations annuelles sont partout supérieures à 1400 mm. Les pluies diminuent grossièrement d'ouest en est mais aussi du sud au nord en fonction de l'altitude. Les hauteurs d'eau maximales sont enregistrées en août-septembre. ils atteignent parfois 90 à 100 mm en mars-avril-mai et 118 mm en août. Cependant, les intensités horaires sont faibles (entre 15 à 40 mm/h). Les températures sont rafraichies par l'altitude les maxima se situent entre 23 et 27°C).

Les sols se classent en trois groupes (Segalen, 1967; Champaud, 1973):

- les sols ferralitiques dérivés de basaltes sont les plus répandus. Leurs propriétés physiques et hydriques sont très favorables: grande épaisseur, porosité élevée, friabilité et absence de cailloux, forte teneur en argile et perméabilité de surface. Les sols ferralitiques indurés portent par endroit des affleurements de cuirasses. C'est le cas de Gwetcha, Pokeheu et Toukong.

- les sols peu évolués proviennent des roches volcaniques meubles basiques (cendres, lapillis). Ils sont très riches en matières organiques, azote et bases échangeables et très perméables.

- les sols hydromorphes - sableux et carencés sur granite, tourbeux sur basalte et alluvions - occupent les fonds marécageux. Ils sont relativement peu fertiles mais la présence d'eau, la platitude et les teneurs élevées en matières organiques, en font de bonnes terres agricoles.

La texture des sols est très diverse avec des taux de limon de 10 à 30 % et d'argile de 10 à 70 %. Cependant, quelle que soit leur nature, les sols présentent des nuances locales suivant la position sur la toposéquence. D'une manière générale, ils sont plus épais, moins grossiers et plus fertiles sur les bas de versants que sur les parties hautes. Ces particularités locales sont mises en évidence dans l'exploitation et l'aménagement traditionnels de l'espace agraire à Baloumgou.

On retrouve aussi entre 1100 et 1600 m, les plateaux qui forment l'ossature principale du relief sur plus de 70 % du territoire et qui laisse voir :

- le plateau granito-gneissique au sud, avec des reliefs poly convexes ou en demi-oranges sur lesquels affleurent par endroits des boules de granites,( Gwethè)

- le plateau basaltique vers le nord, avec une topographie plus calme où les interfluves en croupes surbaissées, arrondies ou allongées sont séparés par des vallées étroites. Les pentes supérieures à 25 % et celles comprises entre 12 et 25 % y dominent.(Pokeheu, Gwetcha)

Au-dessus de 1600 m, les montagnes (moins de 15 % du territoire),(Mont Toudieu, Mont Batcha) présentent une topographie plus heurtée avec 75 % des surfaces situées sur plus de 25 % de pente. Il s'agit d'une part, de petits massifs granitiques culminant à moins de 1800 m vers le sud.

Les altitudes y varient entre 1000 et 1300m. Quelques collines s'y retrouvent et sont beaucoup plus arrondies et aux pentes douces (Gwelip, Kogsassap, Cité ) et peu brute ( Pokeheu, Gwetcha, Gwethè).

L'hydrographie de Baloumgou est réduite à quelques sources et rivières. Celles-ci coulent toutes vers le Sud-Est. La rivière principale est Chekong. Qui prend sa source dans le Seche (source du cours d'eau principale à l'extrême Sud-Ouest de Bayangam, on y trouve aussi la rivière Mekoo (qui à pour source les eaux de raphiale tel que l'indique son noms), Pangche (qui s'est formé comme une lagune). La rivière Chekong coule tout au long de l'année, et présente une chute (de 5m ) au niveau de Gwetchè, il mesure environ 7 km de long, 3m de large par endroit et même atteindre 5 m de large et 4m de hauteur en saison de pluie,. D'autres rivières comme Pang-pang sont des rivières à écoulement saisonnier.

Le sol des hautes altitudes est ferralitique et rouge. La végétation qui s'y trouve est la prairie d'altitude. Elle a été remplacée par la forêt d'eucalyptus issue des actions anthropiques. Des formations arbustives et arborées s'aperçoivent sur les pentes et dans les lieux sacrés. Dans la vallée, les sols sont alluvionnaires. Ces alluvions viennent de l'érosion des montagnes. La végétation y est dominée par les cultures vivrières et les raphiales : c'est le domaine de la forêt galerie.

Le climat de Baloumgou est un climat montagnard ou subéquatorial de type camerounien. La pluviométrie y est moins élevée que dans le reste du plateau Bamiléké. Ce déficit s'explique par l'effet de foehn engendré par la présence des monts Batcha, Bana et Manengouba qui font obstacle à l'arrivée des vents de mousson à Baloumgou. Les vents secs du Nord-Est prennent alors facilement place. Les précipitations moyennes sont de 1416mm, les températures varient entre 17°4 et 19°7 pour une moyenne annuelle de 18,4°C. Le degré hygrométrique élevé entraîne la présence du brouillard et la rosée quand il n'y a pas de pluie. Une longue saison de pluies (de Mars à Octobre) succède à une courte saison sèche (de Novembre à Février). Ce climat est plus ou moins favorable aux activités des hommes qui peuplent cette localité.

Comme tous les peuples de l'Ouest Cameroun, le peuplement de Baloumgou s'est fait par les migrations. Deux étapes de migrations ont contribué à ce peuplement. La première étape est celle de la deuxième vague de migration des Bamiléké de la plaine Tikar vers le Sud. La deuxième étape est la conquête de Kouangoung et sa suite d'environ 300 hommes. C'est un chasseur venu de Fokamezo dans l'actuelle Menoua. Cet esprit de conquérant amène les habitants des territoires soumis à lutter contre certains voisins pour s'étendre. C'est ce qui lui a donné le nom «lepgwe» qui signifie «grand griot ».» étant l'appellation locale, Baloumgou.

Une population aux origines diverses

La population qui est essentiellement agricole ( 92%) et vit quotidiennement des travaux champêtres. Certains y travaillent 7jours/7, pendant que pour d'autres le travail champêtre est optionnel, le reste de temps étant concentré à la chasse, le petit commerce dans le marché local et les différents jours de marché de la semaine qui sont «  Dickap pour le jour du marché de Bangou carrefour et Bamena, Dictouoc pour le jour du marché de Kapnac. Le jour férié de la semaine « Zejouc » n'influence pas très souvent les activités des villageois car ces derniers y voient souvent une perte de temps. Une bonne partie des cultures effectué dans le village est vendue à l'extérieure (près de 60%).

Le village est subdivisé en quartiers ayant à leur tête des chefs de quartiers. Le Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPH) de 1987 dénombre plus de 290 habitants à Baloumgou et les tendances des dernières recensements (2005) montrent qu'ils seront près de 350 à nos jours. Ces chiffres ont toujours tendance à baisser face à la pression qu'exerce l'émigration sur le village à cause de certains maux sociaux. La tranche d'âge la plus nombreuse est celle de 20 à 54 ans. Cette population est inégalement répartie. Les lieux les plus peuplés sont : le centre du village dit Fopsac et Toukong, ainsi que Pokeheu, Tchichi et Cité. D'autres points sont moyennement peuplés : Gwetcha, Tswtcha et Gwetchè. Les autres quartiers sont très faiblement peuplés. Les pentes sont presque vides. L'exode rural est toujours croissant à Baloumgou.

L'activité principale de la population est l'agriculture. S'y ajoutent l'élevage, l'artisanat, le commerce et quelques activités importées de la ville.

Action des élites Baloumgou et le développement du Village

Magasin d'intrant agricole BINUM de la zone de Baloumgou

La case sacrée au centre du village

La réserve forestière de Baloumgou

L'église Protestante de Baloumgou

Entrée principales de la chefferie Baloumgou

Vue partielle du quartier Gwetcha

Route de la Montée de la chefferie au quartier Toukong

Vue extérieure de la clôture de la chefferie

Une paysanne du retour des travaux champêtre

Ø CONDITION DE VIE

Ø APPORT AU DEVELOPPEMENT

Vue partielle de l'école publique de Baloumgou centre,

fruits de la coopération Cameroun Japon

S'il est vrai que les gens rentrent définitivement au village, il est aussi vrai qu'il y en a qui rentre de façon provisoire. Ici, on évaluera le niveau de satisfaction des populations non stables et les migrants de retour à Baloumgou et de montrer que par rapport à ce niveau de satisfaction, il y a encore des personnes qui aimeraient repartir en ville, d'abord les conditions de vie au village, ensuite l'attrait de la ville sur les migrants de retour et enfin les désirs des migrants de retour de rester au village ou de repartir en ville.

Les conditions de vie Baloumgou

Il est question d'exposer les difficultés de la vie à Baloumgou, de peser les avantages et les inconvénients du village pour les populations de retour au village.

Les difficultés rencontrées

Dans la vie à Baloumgou, les migrants de retour sont confrontés à plusieurs obstacles. Les difficultés des migrants de retour à Baloumgou sont de deux ordres :

-Les difficultés d'adaptation au village : les difficultés d'adaptation au village font référence à l'intégration sociale des migrants de retour à Baloumgou. De façon générale, 80,33% de migrants de retour rencontrent des problèmes d'adaptation à Baloumgou.

- Les difficultés d'ordre psychologique. C'est le cas de 1,63% de personnes. Ils sont rentrés au village parce que victimes d'abus en ville. Ayant perdu tous leurs fonds, ils décident de rentrer pour tout recommencer. Ce qui les occupe actuellement est la collecte du sable dans les rivières, le travaille dans la carrière de pierre (Toukong), la pratique du « pambé3(*) » en travaillant pour les autres dans leurs champs.

- une autre catégorie rencontre des difficultés dans le mode de vie au village. Il s'agit de 8,19% de migrants de retour. Ces difficultés s'expriment dans les conditions de scolarisation assez confortables, d'approvisionnement en eau, du manque d'électricité dans certains quartiers et la pauvreté matérielle. Les élèves doivent se déplacer sur une longue distance pour se rendre au Lycée du village voisin, ou au CETIC, seuls établissements facilement accessibles du point de vue financier ; la création du CES en 2008 et son ouverture en 2009 a beaucoup fait honneur aux parents ainsi qu'aux élites qui peuvent désormais assurer la scolarisation de leurs fils au village. Les difficultés liées au mode de vie au village sont directement opposées au confort de la vie en ville. Elles expriment la nostalgie qu'éprouvent les migrants après le retour au village.

D'autres migrants de retour, 44,26% éprouvent des difficultés dans les relations avec les autres. Ces difficultés sont la solitude, la cohabitation avec les personnes qui n'ont jamais quitté le village, les conflits avec les villages voisins. En ce qui concerne la solitude, elle touche ceux qui sont récemment retournés. N'ayant pas eu l'occasion de connaître les autres et de nouer des contacts avec eux, ils ont l'impression d'être seuls. La cohabitation avec ceux qui n'ont jamais migré est un problème. Ils n'ont pas l'esprit ouvert aux innovations. Ils sont ancrés dans les techniques traditionnelles aux rendements médiocres.

-Les difficultés dans les activités menées : Les difficultés rencontrées dans l'exercice des activités à Baloumgou sont de plusieurs ordres.

Les difficultés effectivement rencontrées sont : les ventes non abondantes pour 1,63% de collecteur de sable, de l'ampleur du travail chez 1,63% d'agriculteur. 1,63% d'enseignant a comme difficulté le faible niveau d'apprentissage des élèves. Un éleveur parle de l'insuffisance des débouchés pour leurs produits. Pour 31,15% de migrants de retour, ils rencontrent des difficultés au niveau de l'incompréhension des autres dans l'exercice de leur activité. Ce sont 11,47% agriculteurs, 3,27% commerçants, 6,55% enseignants, 4,91% personnes au repos et 3,27% gestionnaires de structure privée.

Les problèmes d'approvisionnement affectent 39,34% de migrants de retour. Il s'agit de l'approvisionnement en marchandises pour les commerçants, en intrants agricoles pour les agriculteurs, en matériel de travail pour la couturière, le menuisier. En outre, presque tous les agriculteurs sont confrontés aux problèmes fonciers, notamment l'acquisition des terres cultivables. la parcellaire est la plus pratiquée.

La remarque à faire au niveau des difficultés que les populations de retour rencontrent est que ces difficultés sont liées en même temps aux raisons de retour aux activités des migrants de retour à Baloumgou. Pour surmonter ces difficultés, les migrants de retour adoptent individuellement des stratégies. Pour 36% de personnes, elles les supportent, continuent à vivre au village et de vaquer à leurs occupations malgré ces difficultés. Pour 42,62% elles se débrouillent à les résoudre. D'autres, 6,55% montrent l'exemple pour convaincre les autres de changer et 3,27% disent procéder à la diversification de leurs activités rémunératrices pour surmonter les difficultés financières.

Les migrants de retour ont des suggestions à faire à ceux qui voudront les aider à surmonter les difficultés qu'ils rencontrent à Baloumgou. Pour 13,11% de personnes, c'est leur trouver un bon travail, pour 4,92% c'est installer l'eau et l'électricité, trancher les problèmes frontaliers pour une personne ; arranger les routes pour 8,19% de personnes ; pour 21,31% de migrants de retour il faut pourvoir en matériel agricole, 27,9% de personnes souhaitent que les locaux qui n'ont jamais migré soient plus ouverts.

Ces propositions se dégagent directement du type de difficulté que chaque Baloumgoun, stable ou non, rencontre dans sa vie au village. Dans leur vie à Baloumgou, ils trouvent des avantages et des inconvénients.

Les avantages et les inconvénients du village

Les avantages sont les points positifs, les intérêts que les migrants de retour tirent de Baloumgou. Faire une comparaison entre les avantages et les inconvénients de Baloumgou permettront de savoir l'appréciation que les migrants de retour ont de ce village. Les avantages sont représentés dans le tableau 20

Les avantages du village

Avantage du village

Effectif

%

Climat agréable

13

21,31

Autosuffisance alimentaire

22

36,06

Repos

6

9,83

Facilité de logement

2

3,27

Sécurité

1

1,63

Dépenses réduites

15

24,59

Aucun avantage

2

3,27

Total

61

100

Source : enquête de terrain, Août 2008

Parmi les migrants de retour, 1,63% de personnes trouvent la sécurité comme avantage, 3,27% les facilités de logement, 9,83 le repos, 21,31% un climat agréable. D'autres apprécient le fait que les dépenses soient réduites : 24,59%, et 36,1% trouvent l'autosuffisance alimentaire comme avantage.

Les inconvénients du village sont les points négatifs du village, les éléments malgré lesquels les migrants de retour vivent à Baloumgou. Ils sont représentés dans le tableau 21.

Les inconvénients du village

Inconvénients du village

Effectif

%

Calomnies

20

24,59

Fermé

14

22,95

La pauvreté

9

14,75

Pas d'eau/électricité

1

9,83

Manque de vivres

2

3,27

Insécurité

3

4,91

Mauvaise santé

1

1,63

Oisiveté

4

6,55

Aucun inconvénient

7

11,47

Total

61

100

Source : enquête de terrain, Août 2006

Certains migrants de retour, soit 24,6% de personnes trouvent comme inconvénient à Baloumgou, les calomnies, les médisances. Pour 22,95% de personnes, le village est fermé, le niveau de vie est bas, le savoir-vivre n'est pas partagé par tous. Pour 14,75% d'autres il n'y a pas d'argent au village comme en ville. Ceux-ci pensent que les activités de Baloumgou ne peuvent pas leur procurer autant de revenus que celles de la ville. L'inconvénient pour 9,83% de personnes porte sur le manque d'électricité et d'eau potable, pour 3,27% d'autres c'est le manque de vivres, pour 4,91% c'est l'insécurité, pour 1,63% de migrant de retour c'est le mauvais état de santé et pour 6,55% c'est l'oisiveté des jeunes. Cependant, 11,47% de personnes ne trouvent aucun inconvénient au village. Ce sont en l'occurrence ceux qui n'ont rencontré aucune difficulté pour s'intégrer à Baloumgou.

D'une manière ou d'une autre, qu'un migrant de retour trouve des avantages ou des inconvénients au village montre le degré de rétention ou de répulsion que le village a sur sa personne.

L'attrait des villes sur les populations

Les migrants de retour entretiennent souvent des relations avec la ville, que ce soit leur ville d'origine ou la métropole la plus proche, étant donné que plusieurs d'entre eux ont laissé biens, femmes et enfants en ville.

Les déplacements vers la ville

Les liens entre les migrants de retour et la ville, surtout la ville d'où ils sont retournés au village restent. COURADE (2000) évoque dans ce sens la « recherche d'identités » par les migrants de retour. La majorité d'entre eux soit 91,8% de migrants de retour vont encore en ville. Ils le font à des rythmes divers et pour des raisons multiples 

- les déplacements rares en ville : 16,3% de migrants de retour vont rarement en ville. Les raisons majeures de ces déplacements sont les visites aux membres de leurs familles, femmes et enfants laissés en ville ou d'autres connaissances. A cette raison, 3,27% de personnes ajoutent les soins de santé. Il faut noter que ce sont des déplacements qui ont lieu après plus d'une année.

-les déplacements au moins une fois par an : ils sont 29,5%, ceux qui se déplacent au moins une fois par an pour aller en ville. Ils y vont pour des visites, des achats, les soins de santé et les raisons de service.

-les déplacements au moins une fois par mois : les retraits d'argent ou les soins de santé ou le contrôle des activités ou encore les visites amènent 36,06% de migrants de retour à se rendre en ville au moins une fois par mois.

-les déplacements au moins une fois par semaine : ils sont motivés par les soins de santé pour une personne, les achats pour trois, et les transactions bancaires pour deux autres. En tout 9,83% migrants de retour vont en ville au moins une fois par semaine. Cette ville n'est autre que Bafoussam. Ces déplacements aussi fréquents s'expliquent par la proximité de celle-ci.

Avec ces déplacements que les migrants de retour font encore vers les villes, ceux-ci peuvent d'avantage connaître ce milieu afin d'en dégager les avantages et les inconvénients.

Les avantages et les inconvenients de la ville vus par les migrants de retour

Retournés à Baloumgou, les migrants ont des points de vue divers sur la ville. Les avantages de la ville : ce sont les points positifs, attrayants de la ville ; les inconvénients sont les points répulsifs.

Les avantages de la ville

Avantage de la ville

Effectif

%

Travail bien rémunéré

25

40,98

Vie moderne

8

13,11

Ouverture

12

19,67

Diversité des activités

3

4,91

Déplacement facile

4

6,55

Aucun avantage

9

14,75

Total

61

100

Source : enquête de terrain, Août 2008

-les avantages de la ville : 14,75% de migrants de retour ne trouvent aucun avantage à la ville. Cependant, 41% trouvent par contre que la ville offre un travail bien rémunéré. Pour 13,11%, il y a la vie moderne et ses commodités, 19,67% de personnes la trouvent ouverte. D'autres migrants de retour, 4,91% apprécient la diversité des activités et 6,55% la facilité des déplacements. Ces avantages de la ville sont les points de vue des migrants de retour.

-Les inconvénients de la ville : Ce sont les points négatifs de la ville, ce qui lui est reproché. Ils sont représentés dans le tableau 23.

Les inconvénients de la ville

Inconvénient de la ville

Effectif

%

Vie chère

15

24,59

Insécurité

24

39,34

Pas de sociabilité

6

9,83

Nuisances

8

13,11

Chômage

5

8,19

Aucun inconvénient

3

4,91

Total

61

100

Source : enquête de terrain, Août 2008

Les migrants de retour affirment que la ville est chère et que le niveau de vie est trop élevé. Il s'agit de 24,6% ; aussi, 39,34% trouvent que la ville est un lieu d'insécurité. Pour 9,83% de personnes, il y a trop d'individualisme et peu de sociabilité. D'autres, 13,11% reprochent à la ville les nuisances environnementales. Pour 8,19% de migrants de retour, l'inconvénient en ville est le chômage. Bien que plusieurs y trouvent des inconvénients, 4,91% de migrants de retour ne trouvent aucun inconvénient à la ville.

Les inconvénients et les avantages que les migrants de retour trouvent à la ville, associés aux déplacements vers la ville constituent les facteurs d'attraction ou de répulsion de la ville. Ils justifient le désir que certains ont de repartir en ville ou de demeurer définitivement à Baloumgou.

Le désir d'un nouveau départ par les migrants retours

L'idée du nouveau départ vers la ville a été émise par FRANQUEVILLE (1987), COURADE (2000) et GUBRY (2002). Le village est utilisé comme un refuge temporaire, à cause de difficultés qui y sont rencontrées. L'idée d'un autre départ n'est pas éloignée de certains migrants de retour qui trouvent plus d'avantages à la ville qu'ils n'en trouvent au village.

Le désir d'un nouvel exode rural

Un nouvel exode rural est envisagé par certaines personnes. Un bon nombre, 60,65% migrants de retour ont émis le voeu de repartir de Baloumgou pour des destinations et raisons multiples.

§ les nouvelles destinations : 42,6% de migrants de retour sont prêts à aller n'importe où. Une proportion : 8,19% de migrants de retour désirent aller à Douala, 6,55% à Yaoundé et 3,27% à Bafoussam.

§ Les motivations des nouveaux départs : ce sont les raisons pour lesquelles les migrants de retour aimeraient repartir en ville ou « ailleurs ». Le commerce attire 4,91% de personnes, 3,27% de migrants de retour sont motivés par la présence de leur conjoint en ville. 42,6% aimeraient y aller pour une bonne activité, 3,27% pour les raisons de service et 6,55% pour leur épanouissement personnel.

§ Les âges de ceux qui veulent ré émigré vers la ville : ils sont représentés dans le tableau 24.

Age des migrants de retour désirant re émigrer

Ages (ans)

20-29

30-39

40-49

50-59

60-69

70-79

Total

Effectif

6

16

5

1

1

1

30

Source : enquête de terrain, Août 2008

Nous pensons que le désir de repartir est lié à l'âge actuel des migrants de retour. Nous constatons du tableau ci-dessus que ce sont les jeunes âgés de 20-49 ans qui sont le plus prédisposés à un nouveau départ vers la ville. En dehors du critère d'âge, il y a le critère de la du rée du séjour au village. Pour GUBRY et al (1996), « l'envie de repartir en ville est inversement proportionnel à la durée du séjour au village ». En d'autres termes, moins un migrant de retour a mis de temps à Baloumgou après son retour, plus il a le désir de ré émigrer vers la ville. Ceux qui désirent repartir ont encore l'espoir de faire une vie en ville. Alors, le retour au village dans leur cas est le résultat d'un échec en ville4(*). Leur intention se justifie par un désir de réessayer la vie en ville. Ils n'ont pas besoin de repartir en ville pour réussir. Ils exercent tous des activités lucratives, excepté ceux de 60 ans et plus. Ils peuvent donc mettre en oeuvre des stratégies pour améliorer leurs conditions de vie sur place. A coté de ceux qui veulent repartir en ville, il y en a qui désire plutôt demeurer au village.

La volonté de demeurer au village

Vouloir demeurer au village s'oppose strictement au désir de repartir vers la ville. C'est s'engager à attendre la fin de ses jours sur place.

Les 39,34% qui veulent demeurer au village ont des raisons qui sont de trois ordres :

-La succession: elle exige la permanence du successeur dans la concession. Pour cela, 4,91% de migrants de retour ont décidé de demeurer définitivement au village. L'un d'eux de dire : « je suis gardien de la tradition ».

-La fatigue : à cause de l'âge avancé, 13,11% de migrants de retour disent qu'ils ne rentreront plus séjourner en ville, car leurs jours tendent déjà vers la fin. Quelques-uns disent : « je prépare ma tombe », « aller encore en ville c'est faire marche arrière ».

-Le village est meilleur : c'est la raison pour laquelle 22,95% de migrants de retour aimeraient y demeurer. Quelques-uns l'expriment : « je suis content d'être au village », « je suis ici chez nous, il n'y a rien dehors », « j'ai goûté au bonheur du village ».

Les âges de ceux qui désirent demeurer au village sont représentés dans le tableau 25.

Age des migrants désirant demeurer au village

Ages (ans)

30-39

40-49

50-59

60-69

70-79

80-89

Total

Effectif

1

8

9

8

2

3

31

Source : enquête de terrain, Août 2008

Ceux qui désirent demeurer à Baloumgou sont des personnes âgées de 40 ans et plus. Ces personnes n'ont plus grand-chose à gagner d'un nouvel exode rural. A cause de la succession, de la fatigue due au poids de l'âge ou à l'état de santé, ces migrants de retour ont décidé d'y séjourner définitivement.

Le désir de ré émigrer ou de demeurer à Baloumgou d'un migrant de retour varie d'une personne à l'autre. Les motivations des uns et des autres sont diverses et varient avec l'âge et l'activité actuellement exercée.

Les actions de développement des migrants de retour sont celles qui peuvent se percevoir dans les domaines précis tels que l'éducation, la santé, les infrastructures routières, l'électrification et l'adduction d'eau potable.

L'éducation et la scolarisation: domaines privilégiés d'actions pour le développement local

L'éducation et la scolarisation constituent l'un des indicateurs du niveau de développement dans le village. Les apports des migrants de retour sont évalués de façon globale suivant deux critères. Nous avons fait l'état de la scolarisation de Baloumgou avant 1985 et celui d'aujourd'hui. Ensuite, nous avons étudié de façon spécifique les apports de 52, soit 85, 24% de migrants de retour qui contribuent activement dans l'éducation et la scolarisation.

Les établissements scolaires à Baloumgou et leurs années de création

Etablissements

Année de création

Types d'établissement

Dénominations

Primaires publics

Ecole publique de Baloumgou Centre

1966

Ecole publique de Gwetcha

2003

Ecole St Kisito de Tchichi

1970

Ecole publique de Tchitchi 2

2004

Ecole maternelle

Ecole maternelle de Baloumgou

2003

Secondaires

C.E.S de Baloumgou

2008

Source : Enquête de terrain, Septembre 2007

Foyer Social et culturel Baloumgou CES de Baloumgou

Ecole primaire et maternelle de Baloumgou centre

École primaire de Gwetcha, site provisoire (2009)

LES ACTIVITES EXERCEES PAR LES MIGRANTS DE RETOUR A BALOUMGOU

Les activités exercées par les migrants de retour sont multiples. D'après nos enquêtes sur le terrain en 2008, Nous avons pu distinguer :

· Les enseignants : parmi les migrants de retour rencontrés, 9,83% sont enseignants. Cinq d'entre eux ont effectivement reçu une formation d'enseignant, quatre ont exercé cette activité ailleurs avant le retour à Baloumgou. Ils exercent leur métier dans les quartiers, dans les écoles publiques et maternelle, et au C.E.S.

· Les techniciens/chauffeurs: 6,55% de personnes sont occupées dans ces domaines. Il s'agit plus précisément de la conduite d'engins lourds : chantier de pont, transport de sable et pierre pour construction des bâtiments. Ces migrants de retour vivent à Fopsac, Toukong, Pokeuheu et exercent ce travail partout où ils sont appelés à le faire. La conduite de mototaxi qui occupe 3,27% de personnes localisées respectivement à Tchitchi et à Toukong, Pokeheu, et Gwetcha. Ils exercent leur métier dans toute la région avec pour centre Fopsac. La maçonnerie, l'électricité et la menuiserie qui occupe 1,63% de personnes qui résident à Pokeheu et Toukong et travaillent partout où besoin se fait ressentir. Parmi eux, 3,27% ont reçu une formation de chauffeur, 1,6% une formation en maçonnerie et 1,6% d'autres personnes n'ont aucune formation. Ils ont exercé ces mêmes activités avant leur retour à Baloumgou, ceux sans formations exceptées. Ces migrants de retour contribuent à faciliter

Les bambous, matière première pour la fabrication d'objets divers

Le sable de rigole, une ressource qui ogment le revenu des villageois

La carrière des pierres de Toukong, activité secondaires des villageois

Par ailleurs ;

- 85,24% de migrants de retour ont pratiqué l'agriculture, notamment le maraîcher, l'agroforesterie, particulièrement la culture d'eucalyptus et le vivrier ;

- 57,37% ont fait l'élevage : porcin, caprin, volaille, bovin ;

- 47,54% ont fait le commerce : beaucoup plus le petit commerce ;

- l'artisanat : sculpture, tissage, collecte du sable, casser les pierres à la carrière) a été l'apanage de 13,11% de migrants de retour ;

- 8,19% de personnes ont oeuvré dans la gestion des groupes constitués et associations ;

- 4,91% de migrants de retour ont influencé le domaine sanitaire ;

- 4,91% d'autres ont oeuvré dans l'enseignement ;

-1,6% ont été actifs dans la politique ;

-1,6% ont été chauffeurs.

Dans l'ensemble, les activités des migrants de retour revêtent de façon implicite certaines caractéristiques que nous allons étudier.

DES CARACTERISTIQUES PARTICULIERES POUR LES ACTIVITES DES MIGRANTS DE RETOUR

C'est la particularité des activités des migrants de retour. Le tableau suivant présente les caractéristiques des activités des migrants de retour.

Les activités de la plupart des populations sont caractérisées par :

- La conservation des activités : A Baloumgou, 17, soit 31,48% de migrants de retour exercent exactement les mêmes activités qu'en ville, ou encore exercent des activités en fonction de la formation reçue en ville. C'est le cas de 6,55% qui sont agriculteurs, de 4,91% qui sont commerçants, de 1,6% qui sont coiffeuses, de 1,6% qui sont photographes, de 3,27% qui sont gérants de la structure privée et de 6,55% enseignants. Cette conservation des activités peut s'expliquer par le fait que le cadre de Baloumgou soit favorable à l'exercice de ces activités, ou mieux par le fait que les migrants ne veulent pas changer d'activité.

- La diversification des activités : c'est le fait d'exercer plusieurs activités en même temps ou à des moments différents afin de multiplier les sources de revenus. : 40 personnes, soit 74,07% des migrants de retour font la diversification des activités. Ils ont recours à des occupations autres que les activités principales. Pour quelques cas, nous avons 1,67% de migrants de retour qui sont collecteurs de sable et agriculteurs ; 1,67% d'autres sont maçons, moto taximen et agriculteurs ; 1,67% encore sont gérants de structure privée, pratiquent l'agriculture et sont propriétaires d'une machine à écraser... La diversification des activités a plusieurs explications. D'abord toutes les activités ne sont pas faisables en toute saison, il faut veiller à être toujours occupé. L'agriculture se pratique toujours en Mars, Juin, Août, Décembre. Le reste de temps doit être bien géré. Il y a ensuite la recherche d'autres activités parallèles pour accroître les revenus4(*). Cela se fait toujours avec des activités non agricoles.

- La reconversion des activités : Parmi les migrants de retour, 37 soit 68,52% exercent une activité différente de celle de la ville. Ceux qui n'ont exercé aucune activité en ville, soit 9,83% de personnes et qui n'ont même reçu aucune formation ont trouvé une occupation à Baloumgou : conduite de mototaxis, commerce, agriculture, collecte du sable. D'autres qui exerçaient une activité en ville ont complètement changé d'activité. C'est le cas de 1,6% de personnes formées en marketing et qui sont aujourd'hui colleteuses de sable. C'est également le cas de 1,6% d'autres formés en marketing qui sont plutôt sculpteurs. La reconversion des activités peut s'expliquer par deux raisons : soit les conditions du village ne permettent pas d'exercer les mêmes activités qu'en ville (source de financement, quantité et qualité de la clientèle, qualité de l'activité), soit le migrant de retour a opté pour le changement d'activité afin d'accroître ses revenus.

Quelle que soit l'activité et sa caractéristique, elle permet au migrant de retour d'avoir un certain revenu et de mieux vivre à Baloumgou.

Les revenus des activités assez suffisants pour une utilisation rationnelle

Les revenus des migrants de retour proviennent de la vente des produits de l'agriculture et de l'élevage, des salaires mensuels ou de la pension de retraite.

-Les produits de l'agriculture et de l'élevage : des 88,52% des migrants de retour qui pratiquent l'agriculture et l'élevage, 22,9% consacrent leurs produits à la consommation familiale, 11,41% au commerce et 54,1% à la consommation familiale et au commerce en même temps.

- Les salaires, la pension de retraite et l'argent issu du commerce ou d'autres activités : le tableau 15 présente les revenus mensuels des 40 salariés de retour qui ont déclaré leurs revenus financiers.

Tous les migrants de retour n'ont pas déclaré le montant de leurs revenus. Les migrants de retour qui ont un revenu inférieur à 25.000F CFA représentent 21,31% ; 11,47% en ont entre 25 000 et 50 000F CFA, 11,47% encore entre 50 000 et 75 000F CFA, 4,91% entre 75 000 et 100 000F CFA et 16,39% de personnes ont un revenu supérieur à 100 000F CFA. Les migrants de retour utilisent leurs revenus pour l'entretien de leur famille, principalement 86,88%; d'autres les utilisent pour les tontines, c'est le cas de 9,84% de personnes et 3,27% épargnent dans les associations ou la MC².

Les revenus mensuels des migrants de retour sont assez considérables. Quel que soit leur montant, ces revenus permettent aux chefs de famille de subvenir aux besoins de leurs familles. Les migrants de retour peuvent donc être à l'abri du besoin.

Les activités des migrants de retour sont donc de plusieurs types, qu'elles soient actuelles ou celles exercées depuis leur retour. Ces activités ont assez bien modifié l'économie de Baloumgou depuis le début des retours. Elles revêtent des caractéristiques particulières et leur donnent un revenu substantiel pour divers usages. Quels sont cependant les rapports des migrants de retour avec les autres personnes du village ?

L'intégration sociale des migrants de retour a Baloumgou

Ici, il est question de la manière dont les migrants de retour s'intègrent dans les milieux associatifs du village et de l'impression que les autres personnes ont concernant ces derniers.

Une bonne implication des migrants de retour dans les associations de Baloumgou

Tous les migrants de retour sont au courant de l'existence des associations dans le village. Cependant, 53 d'entre eux, soit 86,88% sont membres d'au moins une association. Le tableau suivant présente la contribution des migrants de retour dans les associations.

Le rôle des migrants de retour dans les associations

Rôle

Effectif

%

Leader

29

47,54

Membre

19

31,14

Non membre

8

13,11

Promoteur

5

8,20

Total

61

86,88

Source : enquête du terrain août 2008

Dans les associations, nous avons décelé trois rôles principaux joués par les migrants de retour, ceux qui constituent l'assistance dans l'association.

-les leaders : ils constituent 47,54% des migrants de retour. Ce sont ceux qui font partie du bureau dirigeant des associations, à savoir les présidents, les secrétaires, les censeurs, trésoriers, conseillers... Ils influencent ainsi les décisions prises dans leur association.

-les membres : ce sont ceux qui constituent l'assistance dans l'association. De la proportion de 31,14%, ils sont subordonnés aux décisions et influences des leaders.

-les promoteurs d'association : Il s'agit ici des personnes qui ont créé des associations. Ils représentent 8,2% des migrants de retour. Parmi ces associations, nous avons l'Association des Moto taximen de Baloumgou , les femmes dynamique de Baloumgou et quelque GIC. Nous ferons une étude un peu plus profonde de ces GICs.

LA FORMATION DES GROUPES D'INITIATIVES COMMUNAUTAIRES (GICS)

Les groupes d'initiative commune ont été créés en zone rurale en vue de la formation et l'information des paysans dans le contexte de la libéralisation de l'économie. Ils sont mis sur pieds et gérés par les paysans eux-mêmes.

Ces GICs rencontrent les mêmes problèmes : l'irrégularité des pluies, le manque de soutien financier, l'absence de marché pour l'écoulement des produits récoltés, l'abus de confiance dont sont victimes les membres.

Les GICs agricoles à Baloumgou sont dans l'ensemble éparpillés dans leurs structures. Ils ont besoin d'être unis dans une fédération pour triompher de tous les obstacles qui les empêchent de réaliser pleinement leurs objectifs dans l'exploitation agricole de la vallée. L'idée de leur unité serait donc la bienvenue afin de faciliter l'achat des intrants agricoles, les formations et même l'écoulement des produits récoltés.

Nous notons que l'adhésion aux associations dépend des objectifs de ces dernières. Ainsi, il y a des associations dont l'objectif est l'entraide entre les membres. C'est le cas de l'association dont 49,18% de migrants de retour sont membres. L'entraide consiste en l'assistance en cas d'évènements heureux ou malheureux et de maladie, il y a également l'épargne. Pour d'autres associations, l'objectif est l'intérêt du village. Les membres se consacrent physiquement aux investissements humains en vue de refaire les routes, les points d'eau, de faire passer le courant électrique... et aux réflexions sur les questions de développement du village. C'est la particularité de l'implication des migrants de retour dans ces associations. Les activités dans toutes ces associations sont financées par les membres eux-mêmes à travers les cotisations.

Des migrants de retour perçus dynamiques par les autres populations

La perception des migrants de retour est l'ensemble des impressions des autres en ce qui concerne ce qu'ils sont et font à Baloumgou. A cet effet, le Sous-préfet de l'arrondissement de Baloumgou, le chef du village, le « doyen » de la mairie de Baloumgou et quelques non migrants ont donné leurs avis sur divers points.

« Les migrants de retour contribuent à l'animation du village. Avec eux, nous entretenons des rapports d'administrateurs et d'administrés ; ils sont beaucoup plus intégrés par les chefs traditionnels. Ils n'ont pas beaucoup d'action dans le développement du village, mais ils ont plus d'expérience, ils sont encadreurs de ceux qui n'ont jamais migré. Il n'est pas évident de les aider dans leurs actions de développement, puisqu'ils ne sont pas recensés et chacun s'installe à son propre compte. Ils ne posent aucun problème à Baloumgou, C'est vrai qu'ailleurs, ils veulent défier les autorités. Mais ici, ils ont la crainte de l'autorité traditionnelle comme c'est le cas dans toutes les sociétés Bamiléké »4(*).

« Les migrants de retour aiment collaborer avec ceux qui ont une expérience extérieure, l'autorité traditionnelle a besoin de leurs conseils et de leur collaboration. Du point de vue comportemental, ils ont une certaine compréhension, des biens et des expériences en ce qui concerne les activités. Les non migrants aiment les méthodes agricoles ancestrales, ne sont pas ouverts au changement. Les migrants de retour utilisent les intrants agricoles. Il faut noter que Baloumgou subit peu l'exode urbain, mais l'action des migrants de retour reste perceptible dans le village »

« Les migrants de retour exercent toutes les activités : commerçants, éleveurs, agriculteurs... Avec eux, nous entretenons de bons rapports. Ils contribuent au développement à travers leurs actions dans les comités de développement. On peut voir quelques innovations dans leurs réalisations. Ils initient des projets et reçoivent souvent l'appui des élites extérieures qui les encouragent. »

« Les projets actuels et en cours de développement à Baloumgou sont : l'adduction en eau potable, la route, les problèmes d'éducation et de santé. Les migrants de retour sont des personnes qui travaillent sur le terrain, qui servent d'intermédiaires entre les agents de développement et les populations locales. Ils montrent l'importance des projets initiés pour le développement. »

PRATIQUE AGRICOLE A BALOUMGOU :

EXEMPLE D'ADAPTATION TRADITIONNELLE SUR DES TERRES DE MOINS EN MOIN FERTILE

Situés en Afrique centrale, entre le 5e et le 6e degré de latitude nord, les plateaux bamilékés occupent 6196 km2 au sud des hautes terres de l'Ouest-Cameroun (figure 65). Avec une densité moyenne de 168 hab/km2 atteignant localement 600 hab/km2 , c'est une des rares régions tropicales d'agriculture pluviale traditionnelle supportant de telles charges démographiques. Un diagnostic des techniques d'exploitation des terres montre que celles-ci sont relativement efficaces du point de vue du maintien de la fertilité et de la lutte antiérosive. Cependant, les transformations en cours dans la région en générale et à Baloumgou en particulier aboutissent d'une part, à la simplification des aménagements dans les zones anciennement occupées et d'autre part, à l'extensification des méthodes d'exploitation du sol dans les zones récemment mises en valeur. Ainsi, la forte pression démographique, l'augmentation du nombre de cases et les exigences socio-économiques actuelles peuvent avoir des conséquences néfastes sur un environnement pour le moins fragile. Dès lors, les précipitations relativement peu agressives, ont de plus en plus tendance à se concentrer en surface et, les ruissellements qui s'en suivent menacent les terres agricoles situées sur des terrains pentus. Que faire? Peut-on imaginer une montagne dense, productive et stable? La réussite mitigée du Projet de Développement Rural de la Province de l'Ouest, qui proposait entre autres, le creusement de fossés antiérosifs, l'aménagement des versants en gradins et la fertilisation minérale, nous conduit à envisager des solutions essentiellement fondées sur les savoir-faire locaux dans ce milieu aux potentialités agricoles élevées.

La mise en valeur des terres à Baloumgou est caractérisée par l'association et/ou la juxtaposition de l'agriculture et de l'élevage. Les systèmes agraires sont relativement complexes et les aménagements qui les accompagnent varient suivant la prépondérance de l'agriculture sur l'élevage. On y distingue d'une part les systèmes intensifs, et d'autre part les systèmes extensifs.

LES SYSTEMES INTENSIFS TRADITIONNELS

Ils sont pratiqués sur les zones habitées du plateau où les exploitations familiales disposent des trois terroirs indispensables à l'autonomie de chaque famille (bas-fond, versant et sommet de colline). On y pratique une polyculture intensive associée au petit élevage (chèvres, porcs, volailles) dans un paysage de bocage. Les exploitations familiales (généralement inférieures à 1 ha), s'allongent sur les versants et associent une gamme variée de plantes, depuis le sommet jusqu'à la vallée.

Les parties supérieures des versants portent soit des pâturages pour les moutons et chèvres (Pennisetum purpureum, Panicum maximum) soit des champs vivriers (temporaires ou permanents) où l'arachide est associée au maïs, à la patate douce, aux haricots, aux ignames, aux pois de terre. Là où les densités sont peu élevées, l'usage du feu pour les défrichements et pour le renouvellement du fourrage est pratiqué.

Les parties intermédiaires sont le domaine de l'habitat et des jardins multi-étagés aux associations culturales complexes. Dans les caféières ombragées, maïs, arachides, macabos, maniocs, taros, ignames, légumes, pommes de terre, condiments divers, bananiers... en proportions variables, prospèrent à proximité des caféiers et des arbres fruitiers ou forestiers autour des habitations et de l'enclos à porc. Sur les parcelles exclusivement réservées aux cultures vivrières, une deuxième campagne de cultures (haricot, patate douce, pomme de terre) succède à la récolte du maïs. L'omniprésence des arbres donne au paysage un aspect touffu. On y dénombre entre 120 et 130 arbres à l'hectare.

Les bas-fonds sont réservés aux palmiers raphias, Raphia farinifera, à la lisière desquels s'étendent de petits champs de tubercules (macabo, taro, ignames, manioc...), associées à quelques bananiers et légumes divers.

Les techniques de maintien de la fertilité des sols y sont multiples:

- le recours à la jachère permet la reconstitution naturelle des éléments nutritifs du sol. Sur les champs vivriers intensifs, c'est une courte jachère d'inter-saison culturale, alors que sur les champs d'arachide des sommets de collines, la jachère est annuelle ou pluriannuelle.

- l'intégration de l'élevage à la culture: les parcelles laissées en jachère, sont pâturées par les moutons et chèvres qui exploitent les résidus des récoltes et déposent leur fumier. L'enclos à porc est régulièrement déplacé tout autour des habitations et l'emplacement libéré mis en culture. Le fumier ramassé sur les lieux de séjour fréquent du bétail (porcherie, aires de stationnement des poules et des chèvres et petits enclos à volaille de début des semailles), est disposé dans les sillons.

- l'enfouissement des matières organiques sous les billons : les résidus de récoltes, le fumier du bétail, les déchets et cendres domestiques et toute matière organique pouvant enrichir le sol sont entreposés dans les sillons et recouverts de terre lors de la préparation des champs. Cependant, toute la fumure organique n'étant pas transformée pendant la saison culturale, les labours réexposent en surface les déchets non humiliés qui protègent partiellement les sols.

- le recyclage de la biomasse : il est particulièrement efficace au regard de l'alternance régulière entre billons et sillons. Pendant que les premiers portent les cultures, les seconds reçoivent les déchets domestiques et de sarclage qui vont fertiliser le futur billon. Ainsi, à chaque saison culturale, une partie du sol est moins sollicitée que l'autre et se reconstitue pour accueillir les cultures à la saison suivante.

- la pratique de l'écobuage : elle consiste à entasser les herbes arrachées sur les parcelles, les recouvrir de terre puis, à partir d'un trou aménagé sur le côté, on y met le feu. La combustion lente conserve toutes les cendres issues de l'incinération, les protège des eaux de pluies et facilite la fertilisation des sols.

Organisation traditionnelle de l'espace (fragment agrandi d'un quartier du plateau granitique)

Les méthodes de lutte antiérosive sont variées:

- l'association de plusieurs cultures sur le même billon: elle assure la stabilité du billon, une bonne couverture du sol et réduit l'érosion. On comprend dès lors, pourquoi les gros billons disposés dans le sens de la pente résistent efficacement au ruissellement.

- la pratique de deux campagnes culturales: limitée aux parcelles vivrières, elle assure une couverture permanente du sol surtout lorsque les cultures de la première campagne sont en partie présentes sur les champs.

- l'association des arbres aux cultures: ces arbres fruitiers ou forestiers fournissent l'ombrage nécessaire à certaines cultures, freinent la vitesse des vents, préservent l'humidité du sol. Leur litière protège le sol du choc des gouttes de pluies et freine l'érosion.

- le maintien des résidus de récoltes sur les champs: il s'agit des tiges de maïs laissées sur pieds, des fans d'arachides abandonnées dans les sillons...qui assurent un paillage du sol et le protègent de la forte insolation de saison sèche et des effets néfastes du ruissellement. Certaines tiges servent de tuteur aux ignames plantées plus tard.

- le quadrillage de l'espace cultivé par des haies vives: il s'agit des "haies-juridiques" et des "haies-enclos" dont l'agencement délimite des chemins de circulation du bétail des abords des cases aux pâturages communs des sommets. Elles freinent efficacement la course des eaux et piègent les transports solides lorsqu'elles sont horizontalement renforcées de nervures de raphias. Par ailleurs, ces haies vives forestières brisent la vitesse des vents. Constituées d'essences à croissance rapide et reproductibles par bouturage, elles représentent une source importante de bois de chauffe, fournissent des tuteurs pour les cultures grimpantes et secondairement du fourrage pour le petit bétail.

- la taille et la disposition des billons sur les parcelles cultivées: elles varient suivant la position topographique, les types de cultures et l'épaisseur des sols (seule la longueur du billon est quelquefois imposée par la taille de la parcelle cultivée):

Orientation et disposition des billons sur une parcelle à Baloumgou

En somme, la disposition des billons dans le sens de la pente est bien adaptée aux régions centrales où la faible longueur des versants, la capacité d'infiltration élevée des sols et la culture continue ne permettent ni une concentration des eaux de pluie en surface, ni une grande vitesse d'écoulement superficiel. En revanche, elle ne convient pas aux régions montagneuses et granitiques où l'infiltration est plus faible et la déclivité plus accentuée.

Transformations récentes des systèmes agraires à Baloumgou

- Dans les zones d'agriculture intensive, la "faim de terres" liée à la forte pression démographique, entraîne le fractionnement des exploitations familiales et une densification de l'espace. De plus en plus, on installe les fils ou les frères sur les parties supérieures des concessions et on octroie aux émigrés des parcelles pour la construction de résidences secondaires. Dans certains quartiers, la densité du bâti est de 3,3 cases à l'hectare et le taux d'accroissement annuel des constructions d'environ 3 %, avec des densités de population à la limite du tolérable. L'espace est moins saturé dans la zone granitique longtemps soumise à une émigration plus intense. Le rythme annuel des constructions y est plus faible (1,5 %), la densité du bâti aussi (0,82 case à l'hectare) (Ducret & Fotsing, 1987).

Sur les exploitations de plus en plus réduites - 1,3 ha en moyenne - le maraîchage entraîne une simplification des haies et une réduction des boisements. La jachère tend à disparaître et l'utilisation des engrais minéraux se généralise à l'ensemble des cultures. Cette fertilisation minérale est complétée par les déchets des élevages hors-sols notamment les fientes des poules. L'adoption du soja, du maïs "Z 230" et de la pomme de terre "cardinal", variétés culturales vulgarisés par l'UCCAO (Union Centrale des Coopératives Agricoles de l'Ouest), ansi que la formation des paysans par le PNVERA (Programme Nationale Pour la vulgarisation et la recherche en agriculture) confirme la tendance à la diversification et parachève la saturation de l'espace agraire.

- Dans les zones périphériques, les exigences en terres agricoles favorisent la colonisation anarchique des terres et la mise en culture des pentes fortes. La chasse aux éleveurs porte un coup fatal à l'élevage du gros bétail.

L'agriculture itinérante

Les estimations du nombre effectif de cultivateurs itinérants vont de 250 millions (Myers 1986) à 300 millions (Russell 1988). Sur une population mondiale de 5 milliards de personnes, la manière dont 5% de la population assure sa subsistance pourrait sembler peu importante. Mais on ne saurait ignorer la distribution géographique des populations pratiquant l'agriculture itinérante et la grande superficie sur laquelle leurs systèmes agro-forestiers sont pratiqués. L'agriculture itinérante est la technique de gestion des sols tropicaux la plus répandue. Divers types d'agriculture itinérante sont actuellement pratiqués sur 30% des sols exploitables dans le monde (Hauck 1974, Sanchez 1976:346).

Comment définir l'agriculture itinérante?

Il existe plusieurs définitions de l'agriculture itinérante. Le plus souvent, on appelle agriculture itinérante tout système agricole dans lequel les champs sont défrichés (habituellement par le feu) et cultivés pendant une période brève pour être ensuite mis en jachère (Conklin 1957). Avec l'apparition de la théorie des agro-écosystèmes, qui inscrit les systèmes agricoles dans un écosystème naturel plus grand, la définition de l'agriculture itinérante a été repensée. La théorie des agro-écosystèmes s'efforce d'intégrer «la multiplicité des facteurs entrant en jeu dans les systèmes culturaux» (Gliessman 1985:18). Tandis que de nombreuses études antérieures présentaient le système de culture sur brûlis comme essentiellement stable et répertoriaient ses caractéristiques, des travaux plus récents fondés sur la théorie des agro-écosystèmes inscrivent les systèmes de culture sur brûlis et de jachère dans une stratégie globale de subsistance, qui permet de répondre avec souplesse aux différentes contraintes s'exerçant sous l'effet de l'évolution du milieu social, économique ou naturel (Gliessman 1985, Altieri et al. 1973).

Qui sont les cultivateurs itinérants à Baloumgou?

En Afrique, l'agriculture itinérante est pratiquée par les populations de toute la zone humide. Mais les longues périodes de jachère ont été progressivement remplacées par l'exploitation intensive de champs à proximité du lieu d'habitation, et par des assolements plus longs des parcelles éloignées (Chidumayo 1987; Getahun et al. 1982). Même si les pratiques effectives de gestion, les cultures pratiquées, etc., varient dans une certaine mesure, cette intensification de l'agriculture itinérante est un phénomène général dans toute la région.

Choix du site

Baloumgou : classification topographique locale

 

 

Terme

Signification

Appréciation locale

Baloumgou


·

Ntoukoc


·

plaine (terrain plat)


·

convient à la culture sur brûlis

 

 


·

depkoc


·

plateau


·

convient à la culture sur brûlis

 

 


·

Nkoc


·

flanc de colline (pente jusqu'à 75 degrés)


·

site préférentiel

 

 


·

chiekoc


·

sommet de montagne


·

convient à la culture sur brûlis

 

 


·

Ton khie


·

falaise (pente de 75 à 90 degrés)


·

trop difficile à travailler, graves risques d'érosion

 

 


·

Siec che


·

lit de cours d'eau


·

ne convient pas à la culture sur brûlis

 

 


·

Metebe tap


·

marécage saisonnier


·

ne convient pas à la culture sur brûlis

 

 


·

Metebe


·

marécage


·

ne convient pas à la culture sur brûlis

 

Lieu:

Baloumgou ( gwethè, koc gwelep, gwejouc, koc nkier) 

 


·

Dep lougou


·

saillies rocheuses irrégulières ou blocs de pierre


·

trop rocheux pour la culture sur brûlis

 

 


·

Cha'a pang


·

sol irrégulier, creux et crêtes


·

ne convient pas à la culture sur brûlis

 

 


·

Cha'a sease


·

légèrement irrégulier, en sommet de colline


·

utilisé pour la culture sur brûlis

 

 


·

Cha'a depkoc


·

légèrement irrégulier, divisé par une ravine ou un changement brusque d'orientation


·

utilisé pour la culture sur brûlis

 

 


·

Mbog cha'a


·

régulier, sur un plan


·

terrain préférentiel pour la culture sur brûlis

Le paysage agricole est très orignal par son habitat dispersé, son sol in intensément cultivé n vue d'en tirer le maximum de profit.

LES TYPES DE CULTURES

Elles sont produites sur les types de sol rencontrés à Baloumgou et sont réservées à l'autoconsommation ainsi qu'a la commercialisation, vue l'avènement des techniques culturales nouvelles. Les différents produits qui y sont cultivés sont exportés directement vers les grandes villes comme Douala et Yaoundé et une fine partie est commercialisée vers le marché du village et voisin (Kamna). Tout ceci après chaque récolte. On y observe une diversification des produits agricoles.

Activités agricoles des migrants de retour

Plantation de Banane plantain issue du financement des fonds PPTE

Culture de la banane plantain

La bananeraie de M. Ta'a Missac à Poutswe. Les rejetons ont été plantés il y a juste un mois en A). Ce monsieur bénéficie de l'aide du MINADER pour ses cultures. C'est le cas de ces 400 rejetons de bananiers plantains qui sont en train de pousser. En B), nous avons exactement la même parcelle 9 mois plus tard.

a) LE maïs

Il occupe une bonne partie des cultures pratiquée au village et se cultive sous plusieurs forme partant de la forme la plus traditionnel à la forme la plus moderne et avec une diversification de variété comme celle de Z290, importé d'Amérique via Kenya et introduite vers les années 1971-1975, et vulgarisé en 1977 qui a bénéficié des services de (l'Institut de Recherche Agronomique de Dschang : IRAD) et de la délégation départementale de la MIFI. On a aussi les variétés MEXICAN 5 et Amarillo de Cuba.

La culture traditionnelle de mas est pratiquée par les mamans épuisées, ignorantes des techniques nouvelles et renfermées à eux même.

La culture moderne pratiquée à plus de 60% de nos jours est initiée par le PNVERA qui a formé les femmes et hommes du village à la pratique d'une nouvelle agriculture plus rentable et pour une bonne commercialisation.

Culture intensive du mas Mise en friche pour la culture du haricot

A Baloumgou, on cultive plus le mas à Gwetcha, Gwetchè et Pokeheu qui ont des terres naturellement propices à la culture du mas

Culture de contre saison : haricot

A B

BIBLIOGRAPHIE

Abbé Thomas Ketchoua, les peuples de l'ouest Cameroun en diaspora depuis 3000 ans

Plaine Tikar (journal) Directeur de publication : Mgbe Koum

Pouala Culture (journal N° 15 septembre 2001)

* 1 Selon certaines sources

* 2 Un quartier de Baloumgou

* 3 Travail qui consiste à effectuer des tâches champêtres afin d'être payer en retour par le propriétaire