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Gestion des boues de vidange en milieu urbain au cameroun: CSA de la ville de Bafoussam

( Télécharger le fichier original )
par Celestin DEFO
Universite de Dschang - Master of Science 2006
  

Disponible en mode multipage

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FICHE DE CERTIFICATION DE L'ORIGINALITE DU TRAVAIL

Je soussigné, Monsieur DEFO Célestin, atteste que la présente thèse est le résultat de mes propres travaux de recherche effectués dans la ville de Bafoussam, chef lieu de la province de l'Ouest Cameroun sous la direction du MANJELI Yacouba, Professeur à la FASA et de l'encadrement technique du Dr FONKOU Théophile, Chargé de cours au Département de Biologie Végétale à l'Université de Dschang. Cette thèse est authentique et n'a jamais été présentée pour l'acquisition de quelque grade universitaire que ce soit.

NOM ET SIGNATURE DE L'AUTEUR

M. DEFO Célestin

Date :............................

VISA DU DIRECTEUR VISA DE L'ENCADREUR

Date :............................ Date :............................

VISA DU CHEF DE DEPARTEMENT

Date :............................

FICHE DE CERTIFICATION DES CORRECTIONS APRES SOUTENANCE

La présente thèse a été revue et corrigée conformément aux observations du jury.

Visa du Directeur Visa du Membre du Jury

Date...........................

Date :..................

Visa du Président du jury Visa du chef de département

Date.................... Date............................

DEDICADE

A :

Mon cher Papa : Sob Valentin qui a consenti tous ses efforts pour mon éducation, en m'inculquant l'esprit de persévérance et l'amour au travail.

Ma chère maman Noumsi Marceline : Ceci est le fruit de ta tendresse

infinie, de ton soutien moral et matériel que tu as toujours manifesté à mon égard.

REMERCIEMENTS

Ce travail a trouvé sa dimension scientifique grâce à la contribution d'un certain nombre de personnes qui m'ont permis d'atteindre mes objectifs de recherche.

J'exprime ainsi ma profonde gratitude :

- Au Pr Manjeli Yacouba qui, malgré ses multiples occupations, a accepté de diriger ce travail et a entretenu une collaboration chaleureuse avec l'équipe jusqu'à son terme.

- Au Dr Fonkou Théophile pour l'encadrement chaleureux, son ardeur au travail et la disponibilité qu'il a toujours manifesté tout au long de ce travail.

- Aux Dr Kamgaing Théophile, Dr Nono Alexandre et Dr Omoko Michel pour leur assistance et précieux conseils qui ont été pour moi de véritables catalyseurs.

- A M. Pounde René pour son assistance permanente, ses précieux conseils, son apport documentaire et logistique.

- A Monsieur Nguifo Etienne, Chef de service de l'hygiène à la commune urbaine de Bafoussam pour l'accueil qu'il m'a réservé dans ses services pendant le stage et pour la documentation qu'il m'a fourni. Tous ses collaborateurs se trouvent aussi ici remerciés. Il s'agit de : M. Wabo, Ndji, M. Chembong, Mme Cathy etc.

- Madame Tchekoulong, Chef de service technique à la commune urbaine de Bafoussam

Je remercie aussi toutes les personnes qui m'ont apporté une assistance morale et financière. Il s'agit :

- Des familles Nyotué de Garoua, Fotso de Banyo et Kahkaping de Mayo Darlé, Kuate de Douala et Kamga de Bandjoun et de ma grand-mère Moche Lucienne de Bafoussam.

- De mon grand frère Mabou Paul Blaise, doctorant en Géographie à l'université de Yaoundé I pour l'orientation et le soutien qu'il a toujours manifesté à mon égard.

- De tous mes frères et soeurs : Léopold Wabo pour son assistance financière, Valery Kengne, Ruphine Moche, Kuate. D Guy Simplice, Merlin Foko et Patou.

- Monsieur Adama Philémon pour son hospitalité, son soutien moral et matériel, son assistance tout au long de la formation.

Je voudrais aussi bien payer tribut :

- A Madame Nyotue Clotilde, Madame Fotso Bernadette et Maman Cécile.

- A tous mes camarades de la troisième promotion du cycle de Master of Science en Gestion de l'Eau : Aminou Bouba Kaou, Kamegne Chrestien, Gouafo Casimir, Baok Gisèle, Fomukom Gilbert, Dondji Fongou, Kum Sylvester Beng.

- A tous mes amis : Noubissi Tagne Samuel, Cyrille Sadeu, Tanguenang, Sidje Tesso. E, , Jean Rodolphe Chouna, Mamtsaï, Armelle Dongmo, Henry Ngapout, Nadine Sylvie Nankeu, Cyrille Simo, Nelly Mepah Sielenou et Felix Meutcheyie.

- M. Wafo Bernard Guy pour son assistance et apport logistique.

- Maman Massudom Jaqueline, Madame Bopda Suzanne et Madame Dongmo Agnès pour leur hospitalité.

- Madame Tabouopda. V, M. Defo Moyou et M. Defo Joseph Jules pour leur assistance et leurs conseils.

Que toutes les personnes qui ont contribué à la genèse de ce document et dont les noms ne figurent pas sur cette liste se trouvent ici remerciées !

RESUME

L'étude a été conduite de juillet à décembre 2005 dans la ville de Bafoussam, chef lieu de la province de l'Ouest Cameroun. L'objectif global était de contribuer à l'amélioration de la gestion des boues de vidange dans cette ville. Il s'agissait plus spécifiquement d'analyser l'influence des caractéristiques socioéconomiques de la population sur la gestion des boues de vidange et le rôle des acteurs intervenant dans la chaîne d'assainissement, d'évaluer les techniques de gestion actuelle, de caractériser les boues de vidange, d'apprécier leur impact sur la population du site de décharge, d'en déduire les principales contraintes et de proposer des solutions. Pour ce faire, les documents disponibles, les observations directes, les fiches d'enquête et le laboratoire ont été utilisés. Les quartiers de la ville de Bafoussam ont été divisés en trois catégories (aisés, mixtes et défavorisés), en fonction de leur niveau d'hétérogénéité et de la densité des populations. Les principaux résultats ont montré que : la population de Bafoussam est constituée en majorité des chefs de ménages hommes dans tous les quartiers (73,6 %), âgés de plus de 40 ans (89,0 %), mariés (81,0 %), de religion chrétienne dominante (83,0 %), dont plus de 50 % ont reçu une formation au delà du secondaire. Les activités professionnelles libérales sont prédominantes dans les quartiers défavorisés (52,0 %) et le quartier mixte (48,0 %) alors que les quartiers aisés regorgent beaucoup plus de salariés et de retraités (80,0 %). L'ethnie Bamiléké est dominante avec une forte proportion dans le quartier mixte (84,0 %). La taille de la famille est plus élevée (6 à plus de 12 personnes) dans les quartiers défavorisés (66,7 %) et mixte (80,0 %), mais plus faible (0 à 6 personnes) dans les quartiers aisés (91,7 %). Les revenus mensuels varient du faible (0 à 30000 FCFA) dans les quartiers défavorisés et le quartier mixte au fort (plus de 90000 FCFA) dans les quartiers aisés. L'utilisation du matériau local (brique de terre) est plus caractéristique des quartiers défavorisés (58,3 %) alors que les logements en dur sont plus fréquents dans les quartiers aisés et le quartier mixte avec 83,4 % et 72 % respectivement. Plusieurs acteurs interviennent dans l'assainissement de la ville de Bafoussam : la commune urbaine, les délégations ministérielles, les Organisations Non Gouvernementales et les entreprises privées. Dans tous les quartiers étudiés, les boues de vidange sont gérées de manière autonome dans deux types d'ouvrages : les fosses septiques (49 %) et les latrines (59 %). Les latrines peuvent avoir des dalles en ciment (97 %) ou en bois (3 %). La vidange de ces fosses est effectuée par deux camions de 6 m3 dont l'un appartient à la commune urbaine et l'autre à une entreprise privée. Les concentrations physico-chimiques des boues sont très élevées (Demande Chimique en Oxygène : 60500 mg/l ; Azote Ammoniacal (NH4+):1472,92 mg/l ; Phosphate (PO43- ):1044,85 mg/l). Les boues sont déversées après vidange sans traitement au bord de la rivière Noun. Elles constituent une source de plusieurs nuisances à la population environnante (odeurs, moustiques, maladies...). Les principales contraintes qui entravent la gestion des boues de vidange sont nombreuses. Au niveau de la population : faible revenu, ignorance de la réglementation en matière de vidange des boues, absence de connexion au réseau d'adduction d'eau, accès difficile aux quartiers, mauvaise utilisation des ouvrages sanitaires (dépôt d'objets solides ou plastiques, fermetures des fosses sans vidange...). Au niveau de la commune urbaine : manque de cadres techniques, contrôle irrégulier d'hygiène et de salubrité, mauvais entretien des camions et motivation insuffisante des vidangeurs, procédé administratif long et compliqué d'octroie du camion. Au niveau des délégations ministérielles et les Organisations Non Gouvernementales : conflits de rôles, moyens financiers limités et manque de personnels techniques. Au niveau de l'entreprise privée : coûts élevés de vidange et modicité de logistiques. Des efforts devraient être faits pour lever les contraintes ci-dessus relevées et la construction d'une station d'épuration des boues de vidange devrait être envisagée.

ABSTRACT

This study was conducted in Bafoussam, capital of the West province in Cameroon, and stretched from July to December 2005. The principal objective of the study is to improve the management of faecal sluge of this town. Most specially, the study takes an indepth analysis of the influence of socioeconomic implication of population on issues related to the management of the feacal sludge. It further examines the role of stakeholders in the domain of sanitation, evaluate present management techniques, analyse the physico-chemical characteristics of the the faecal waste, examines their impact on the population of the dumping site, design of waste disposal system, deduce the main constraints and propose solutions. Realizing these necessited the consultation of available documents, direct observations on the field, administration of questionnaires and laboratory analysis. Quarters in Bafoussam were divided up into three categories: rich, mixed and slums. This was done in function of the heterogeneity and population density of the quarters. The main results revealed that the population of Bafoussam is made up of mostly men(73.6%) as householdheads, householdheads of more than 40 years constitute 89% of the total population, those married 81%, those who attend the dominant Christian religion 83% of which more than 50% have attended school beyong secondary level. Those whose occupation is tertiary sectormostly live in slums (52%), those in mixed quarters (48%) which the rich quarters mostly host retired and senior civil servants. The Bamileke people dominate in mixed quarters (84%). Householde size in slums range from 6 to more than 12 persons and constitute 66.7%, in mixed quarters this constitute 80%. But, in rich quarters, household size range between 0 to 6 persons and this constitute 91.7%. Monthly incomes vary from low (0 to 30 000 FCFA) in slums and mixed to high (>90 000FCFA) to rich quarters. About 58.3%of houses in slums are constructed with the use of local materials (tricks) while 83.4% and 72% of houses in the affluent and mixed quarters are constructed with blocks respectively. There are many stakeholders in the domain of sanitation in Bafoussam. They include: the urban council, Provincial delegations of ministries, NGOs and private enterprises. In all the quarters studied, faecal sludge is managed autonomously in two ways: in septic tanks (49%) and in latrines (59%). It was observed that, 97% of latrines had cemented floors while 3% had wooden floors. Emptying these pits is done by two tanker vehicles of 6m3 each of which one belongs to the urban council and a private enterprise. The physic-chemical concentrations of these faeces are so high (Chemical Demand in Oxygen 60500 mg/l; Amoniacal Nitrogen (NH4+): 1472.92 mg/l; Phosphate (PO43- ): 1044.85mg/l). these faeces emptied from pits are dumped along the banks of river Noun without treatment. They therefore pose as a threat to the surrounding population in their poor odors, diseases and breeding ground to mosquitoes.

Feacal sludge management is compounded by many constraints in Bafoussam. At the level of the population, low incomes, ignorance in the regulation of faecal sludge, the absence of pipe borne water, difficult accessibility into the quarters, poor use of sanitation equipment (use of solids or plastic objects, closing the toilette without flushing...) all render the management of faecal sludge difficult. At the level of the urban council, we have lack of technical expertise, irregular control of hygiene and salubrity, poor maintenance of tanker vehicles and no motivation (no risk allowance) to the workers, administrative bottlenecks in the release of tanker vehicles. At the level of provincial delegations of ministries and NGOs, we have conflicts of interest, limited financial means and inadequate technical personnel. At the level of private enterprises: high cost of of emptying pits, out moded logistics. There are continuous efforts to overcome above mentioned constraints. More over a project of construction of a station of treatment would be erected.

SOMMAIRE

FICHE DE CERTIFICATION DE L'ORIGINALITE DU TRAVAIL................................

i

FICHE DE CERTIFICATION DES CORRECTIONS APRES SOUTENANCE ...................

ii

DEDICACE...... .............................................................................................

iii

REMERCIEMENTS..........................................................................................

iv

RESUME.......................................................................................................

vi

ABSTRACT....................................................................................................

viii

LISTE DES ABREVIATIONS..............................................................................

x

SOMMAIRE...................................................................................................

xi

LISTE DES FIGURES, DES TABLEAUX ET DES FIGURES.......................................

xiv

CHAPITRE I : INTRODUCTION

 

1.1 Généralités ...............................................................................................

1

1.2 Position du problème ...................................................................................

1

1.3 Objectifs....................................................................................................

2

1.3.1 Objectif global......................................................................................

2

1.3.2 Objectifs spécifiques........................................................................

2

CHAPITRE II : REVUE DE LA LITTERATURE.

 

2.1 ESSOR DES VILLES DANS LES PAYS EN VOIE DE DEVELOPPEMENT.................

3

2.1.1 Explosion urbaine....................................................................................

3

2.1.2 Causes de l'explosion urbaine......................................................................

3

2.1.3 Crise urbaine..........................................................................................

3

2.2 ASSAINISSEMENT URBAIN AU CAMEROUN..................................................

3

2.2.1 Contexte général......................................................................................

3

2.2.2 Contexte légal........................................................................................

5

2.3 EAUX USEES.............................................................................................

6

2.3.1 Origine des eaux usées..............................................................................

6

2.3.2 Traitement des eaux usées...........................................................................

6

2.3.2.1 Méthodes conventionnelles..................................................................

6

2.3.2.2 Méthodes naturelles..........................................................................

6

2.4 BOUES D'EPURATION................................................................................

7

2.4.1 Origine des boues....................................................................................

7

2.4.2 Différents types de boues...........................................................................

8

2.4.2.1 Boues physico-chimiques...................................................................

8

2.4.2.2 Boues biologiques............................................................................

8

2.4.2.3 Boues de vidange.............................................................................

8

2.4.2.3.1 Composition des boues de vidange.................................................

8

2.4.2.3.2 Mode de transmission des maladies par les boues de vidange..................

10

2.4.2.3.3 Contexte de gestion des boues de vidange au Cameroun........................

11

2.4.2.3.4 Mode de gestion de boues de vidange.............................................

11

2.4.2.3.5 Conséquences de rejet des boues de vidange......................................

18

2.5 INSTALLATIONS SANITAIRES.....................................................................

19

2.5.1 Assainissement collectif.............................................................................

19

2.5.2 Assainissement individuel ou autonome..........................................................

19

2.5.2.1 Types de latrines..............................................................................

19

2.5.2.2 Installations septiques........................................................................

19

CHAPITRE III: MATERIELS ET METHODES

 

3.1 PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE.........................................................

21

3.2 CARACTERISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES DE LA POPULATION....................

23

3.2.1 Délimitation et définition des quartiers échantillonnés..........................................

23

23

3.2.2 Choix des ménages .................................................................................

24

3.2.3 Collete des donnees .................................................................................

25

3.3 ROLES DES ACTEURS DE LA CHAINE D'ASSAINISSEMENT.............................

25

3.3.1 Identification des acteurs de la chaine d'assainissement à Bafoussam.......................

25

3.2.2 Roles des acteurs dans l'assainissement.........................................................

25

3.4 EVALUATION DES TECHNIQUES DE GESTION DES BV....................................

25

3.4.1 Prise de contact avec les services de vidange...................................................

25

3.4.2 Techniques de vidange et collecte des donnees.............................................

25

3.5 CARACTERISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES DES BV.......................................

25

3.6 IMPACT DES BV SUR LES POPULATIONS DU SITE DE DECHARGE...................

26

3.7 CONCEPTION D'UNE STATION D'EPURATION............................................

26

3.7.1 Bassin de reception.................................................................................

26

3.7.2 Bassins de sédimentation/épaaississement.......................................................

27

3.7.3 Lits de séchage.......................................................................................

28

3.8 ANALYSE STATISTIQUE.............................................................................

28

CHAPITRE IV: RESULTATS ET DISCUSSIONS

 

4.1 CARACTERISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES DES POPULATIONS....................

29

4.2 ROLE DES PRINCIPAUX ACTEURS DE LA CHAINE D'ASSAINISSEMENT............

31

4.2.1 Commune urbaine...............................................................................

32

4.2.2 Délégations ministérielles et ONG.................................................................

32

4.2.3 Etablissement KINMO..............................................................................

33

4.3 TECHNNIQUES DE GESTION DES BOUES DE VIDANGE....................................

33

4.3.1 Les ouvrages d'assainissement autonome.........................................................

33

4.3.2 Techniques, fréquences et coûts de vidange des boues à Bafoussam.........................

34

4.3.2.1 Techniques de vidange.......................................................................

34

4.3.3.2 Fréquences de vidange.......................................................................

36

4.3.3.3 Coûts de vidange.............................................................

36

4.3.3.4 Quantités de boues pompées par les camions par an.................................

37

4.4 CARACTERISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES DES BOUES DE VIDANGE...............

37

36

4 .5 IMPACT DES BOUES DE VIDANGE SUR LES POPULATIONS DE LA DECHARGE .

DECHARGE..............................................................................................

39

37

4.6 STATION D'EPURATION............................................................................

40

4.6.1 Dimensionnement des ouvrages................................................. ..................

40

4.6.1.1 Bassin de sédimentation/épaaississement...............................................

40

4.6.1.2 Lits de séchage..............................................................................

40

4.6.3 Fontionnement de la station...........................................................................

41

4.7 PRINCIPALES CONTRAINTES......................................................................

43

4.7.1 Au niveau de la population.........................................................................

43

4.7.2 Au niveau des acteurs................................................................................

45

4.7.2.1 Commune urbaine...........................................................................

45

4.7.2.2 Délégations ministérielles et ONG.........................................................

46

4.7.2.3 Etablissement KINMO......................................................................

47

4.7.3 Au niveau des techniques de gestion des boues de vidange....................................

47

CHAPITRE IV: CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

 

CONCLUSION................................................................................................

48

RECOMMANDATIONS....................................................................................

49

BIBLIOGRAPHIE.............................................................................................

51

ANNEXES

 

Annexes 1 : Fiche d'enquête socio-économique sur la gestion des Boues de Vidange à

Bafoussam.......................................................................................

54

Annexes 2 : Questionnaire adressé aux populations du site de décharge..............................

59

Annexes 3 : Tableaux de dénombrement..................................................................

60

LISTE DES ABREVIATIONS

BV

: Boues de Vidange

CIPCRE

: Cercle International pour la Promotion de la Création

CEREHT 

: Centre de Recherche et d'Etude sur les Hautes Terres

ERA

: Environnement Recherche Actions

DCO

: Demande Chimique en Oxygène

FASA

: Faculté d'Agronomie et des Sciences Agricoles

FIDEPE 

: Fondation Internationale pour le Développement, l'Education, l'Entrepreunariat et

la Protection de l'Environnement.

à la Saisie.

IAGU

: Institut Africain de Gestion Urbaine

Endogène et Rural.

MEF

: Ministère de l'Environnement et de la Faune

.

MES

: Matières En Suspension

MAETUR

: Mission d'Aménagement et d'Equipement des Terrains Urbains et Ruraux

MINDUH

: Ministère du Développement Urbain et de l'Habitat

MINUH

: Ministère de l'Urbanisme et de l'Habitat

.

MINEE

: Ministère de l'Eau et de l'Energie

de la province de l'Ouest.

MINMEE

: Ministère des Mines, de l'Eau et de l'Energie

et des Hauts plateaux

MINPLADAT 

: Ministère de la planification, du Développement et de l'Aménagement du

Territoire

.

MINPRONAT

: Ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature.

MS 

: Matières Sèches

MVS

: Matières Volatiles Sèches

NT 

: Azote Total

des Synergies d'Action de Développement.

OCALUCH

: Organisation Sociale d'Appui aux Processus de Développement et de la

Communication.

.

ORISAD

: Organisation Internationale pour la Santé et le Développement.

PACCDU

: Programme d'Appui aux Capacités Décentralisées et du Développement Urbain

PM

: Premier Ministre

PR 

: Pas de Réponse

.

SANDEC

: Département Suisse pour l'Eau et Assainissement dans les Pays en Voies de

Développement

STD

: Solids Total Dissolved

LISTE DES FIGURES ET TABLEAUX
Liste des figures

Figure 1 : Boues de vidange d'une fosse septique ouverte ............................................

8

Figure 2 : Transmission des maladies à partir des boues de vidange................................

10

Figure 3 : Le camion de vidange de la commune urbaine de Bafoussam ...... .....................

12

Figure 4 : Remorque à traction manuelle..................................................................

13

Figure 5 : Options de traitement des boues de vidange dans les pays en voie de développement

16

Figure 6 : Gestion traditionnelle des boues de vidange en Chine ...... .............................

18

Figure 7 : Evolution de la population de Bafoussam depuis sa création............................

21

Figure 8 : Situation de la ville de Bafoussam dans le Cameroun ....................................

22

Figure 9 : Répartition des types d'ouvrages en fonction des quartiers de la ville de Bafoussam

33

Figure 10 : Séance de dilution des boues de vidange d'une fosse septique.........................

35

Figure 11 : Décharge des boues de vidange dans la nature sans traitement ........................

40

Figure 12 : Une option de traitement des boues de vidange de la ville de Bafoussam

43

Liste des tableaux

Tabeau 1 : Caractéristiques physico-chimiques des boues de vidange dans quelques villes

des pays en voie de développement.........................................................

9

Tabeau 2 : Classification environnementale des infections dues aux excrétas........................

11

Tabeau 3 : Gestion des boues de vidange dans certaines villes et pays du monde ...................

17

Tabeau 4 : Répartition spatiale de la population à Bafoussam ..........................................

23

Tabeau 5 : Détermination des paramètres physico-chimiques des boues de vidange ...............

26

Tabeau 6 : Caractéristiques socioéconomiques des types de quartiers de Bafoussam...............

26

Tabeau 7 : Acteurs de la chaîne d'assainissement dans la ville de Bafoussam........................

29

Tabeau 8 : Répartition des fréquences de vidange en fonction des quartiers dans la ville de

Bafoussam.........................................................................................

31

Tabeau 9 : Répartition des coûts de vidange en fonction des quartiers dans la ville de

Bafoussam.........................................................................................

36

Tabeau 10 : Caractéristiques physico-chimiques des boues de vidange de Bafoussam.............

36

Tabeau 11 : Types de nuisances décrites par les populations du site de décharge....................

37

Tabeau 12 : Types de nuisances décrites par les populations du site de décharge....................

39

1.1 GENERALITES

L'une des conséquences majeures de la révolution industrielle du 19ieme siècle est l'accroissement de la production des déchets solides, liquides et gazeux dont les rejets incontrôlés dans la nature ont pour conséquence la pollution des sols, de l'air et de l'eau (Fonkou, 1996). Dans les pays en voie de développement, le problème d'assainissement reste une préoccupation majeure. A cause d'une démographie galopante, de la faiblesse des moyens financiers et matériels et des difficultés à maîtriser la croissance urbaine, les municipalités ont de plus en plus de la peine à offrir un service de proximité approprié aux populations (Wethe et al., 2003). Le secteur de l'assainissement est alors dominé par des ouvrages d'assainissement individuels, sources indéniables de pollution des sols et de l'eau (Blunier et al., 2004). En Afrique et en Asie, on estime que plus de 65 à 100 % des habitants sont équipés d'installations autonomes de stockage des boues de vidange, non raccordées à un réseau d'égout (Montangero et Strauss, 2002). Lorsque ces installations sont pleines, leurs contenus sont pompés et évacués par des camions de vidange ou des vidangeurs manuels et acheminés vers les rivières ou les champs où ils sont déversés, au mépris des dispositions relatives à la protection de l'environnement (Montangero et Strauss, 2002).

1.2. POSITION DU PROBLEME

Au Cameroun, dans le secteur de l'assainissement, un certain nombre d'infrastructures d'assainissement collectif ont été réalisées au cours de la mise en place des quartiers résidentiels avec des stations d'épuration. Mais l'absence de suivi a vite entraîné leur dysfonctionnement (MINMEE, 2004). Comme conséquences, les statistiques sur la prévalence des maladies diarrhéiques sont les signaux forts d'un défaut d'hygiène et d'assainissement. La détérioration du cadre de vie, l'inesthétique, l'insalubrité, le dégagement des mauvaises odeurs sont les lots quotidiens de la population urbaine au Cameroun (Wethe et al., 2003).

Dans la ville de Bafoussam, comme dans la plupart de nos villes, le réseau d'égout n'existe pas. Les excrétas sont recueillis dans des systèmes d'assainissement individuel installés au niveau même des habitations. Qu'il s'agisse de fosses septiques, de latrines, de toilettes publiques, tous ces dispositifs emmagasinent des boues de vidange qu'il importe d'évacuer régulièrement. Si ces boues ne sont pas gérées correctement, elles peuvent causer de graves nuisances au niveau de l'environnement urbain et de la santé publique (Kingle et al., 2004) :


· Une pollution de l'environnement peut être causée par les émanations de fosses septiques ou de toilettes publiques non raccordées au réseau d'égouts qui ne sont pas vidangées régulièrement ;


· De grandes quantités de boues de vidange tirées des installations sanitaires sont déversées de façon non contrôlée dans l'environnement suite au manque de systèmes d'élimination adéquats;


· Les boues de vidange sont employées de façon non hygiénique dans l'agriculture suite à l'absence de traitement approprié.

Tous ces problèmes pourraient être évités grâce à un système adapté de gestion des boues de vidange incluant un système adéquat de vidange des systèmes d'assainissement, garantissant un risque minimum lors du maniement et du transport et prévoyant un système de traitement des boues aboutissant à une élimination ou une réutilisation sans danger.

3. OBJECTIFS DE LA RECHERCHE

3.1 Objectif global

L'objectif global de ce travail est de contribuer à l'amélioration de la gestion des boues de vidange dans la ville de Bafoussam.

3.2 Objectifs spécifiques

Il s'agit plus spécifiquement:

Ø D'analyser l'influence des caractéristiques socioéconomiques de la population sur la gestion des boues de vidange.

Ø D'analyser le rôle des acteurs intervenant dans la chaîne d'assainissement

Ø D'évaluer les techniques de gestion actuelle

Ø De déterminer les caractéristiques physico-chimiques des boues de vidange

Ø D'apprécier leur impact sur la population du site de décharge

Ø De déduire les principales contraintes et de proposer des solutions.

2.1 ESSOR DES VILLES DANS LES PAYS EN VOIE DE DEVELOPPEMENT

2.1.1 Explosion urbaine

Vers 1960, à la veille des indépendances, le pourcentage d'habitants vivant dans les villes de plus de 20 000 âmes n'était que de 3 %. De nos jours, le fait marquant est la croissance sensationnelle de quelques grandes métropoles dont certaines disposent plus de 5 millions d'habitants. Aujourd'hui, la croissance urbaine, de l'ordre de 6 % par an est devenue de plus en plus élevée que la croissance de la population (4%), et ce rythme dépasse celui des grandes villes méditerranéennes. En 1940, l'Afrique ne comptait que deux villes de plus d'un million d'habitants. Elle en compte aujourd'hui plus de 23 (IAGU, 1996).

2.1.2 Causes de l'explosion urbaine

Le développement urbain est d'abord lié à la croissance naturelle des populations dans les villes (IAGU, 1996). Autrefois, les villes des pays en voie de développement accueillaient une forte population de jeunes hommes résidant temporairement dans la cité avant de retourner dans leurs villages. Maintenant, la composition par sexe de la population urbaine s'est équilibrée et, comme le taux de mortalité dans les villes est plus faible que dans les campagnes alors que le taux de natalité y fléchit lentement, leur effectif gonfle. D'autre part, la ville attire une masse croissante de ruraux. Dans les pays touchés par la civilisation moderne, les paysans quittent leurs villages. Chassés par l'absence des ressources et le manque d'emplois, ils affleurent dans les villes capitales où ils espèrent trouver une occupation rémunérée dans les services et l'administration (IAGU, 1996).

2.1.3 Crise urbaine

Les villes croissent plus vite que les constructions des logements. Delà, vient le contraste entre les quartiers pauvres peuplés de nouveaux citadins souvent établis à l'extérieur de la ville. Là se développent la zone d'habitat spontané ou «les bidonvilles», sans que ne soient réalisés les indispensables travaux de voirie, d'assainissement des eaux usées. Les nouveaux venus s'y entassent et sont dépourvus d'équipements de base. L'afflux des ruraux dans les villes accroît la masse des chômeurs, car leur nombre dépasse celui des créations d'emplois. Force est de noter qu'aucun projet pertinent dans le domaine des infrastructures (eau, routes, assainissement) ne peut suivre le rythme d'évolution de la population (MINMEE, 2004).

2.2 ASSAINISSEMENT URBAIN AU CAMEROUN

2.2.1 Contexte général

2.2.1.1 Définition

L'assainissement regroupe toutes les préoccupations liées à la collecte et au traitement des déchets liquides, solides ou gazeux (effluents) issus des habitants et de leurs activités, qu'elles soient domestiques ou économiques (Tanawa et Nginkam, 2004).

2.2.1.2 Gestion des déchets solides urbains

Les déchets solides sont constitués des ordures ménagères et assimilés. Dans la plupart des villes camerounaises, la production de ce type de déchets s'élève à près de 180 tonnes par jour et leur collecte est assurée par les municipalités, appuyées par les sociétés privées comme HYSACAM (Hygiène et Salubrité du Cameroun) et autres (ONG et associations). Le taux de couverture est généralement limitée à 40 % suite à l'insuffisance des camions et la pénurie des voies de circulation praticables. Pour cette raison, 60 % de la population urbaine jette ses ordures en bordure des voies publiques, dans les bas-fonds et dans les cours d'eau (Tanawa et Nginkam, 2004). Les décharges se créent spontanément sur les voies publiques et sur les terrains non construits. Elles sont des sources des mauvaises odeurs, abondance des mouches et rétrécissement des voies publiques (CIPCRE, 2002).

Débordées par les déchets qu'ils ont eux-mêmes produits, exaspérés par l'indifférence des pouvoirs publics, les populations choisissent la solution facile de l'incinération. Etant donné que les décharges renferment certains objets en plastique ou en caoutchouc, leur combustion va se révéler toxique : les fumées de ce type d'incinérateur sont nocives pour les sujets souffrant d'asthme. Elles sont suffocantes pour les passants et sont même cancérigènes (IAGU, 1996).

2.2.1.3 Gestion des déchets liquides urbains

Les déchets liquides sont généralement les eaux de ruissellement et les eaux usées. Le réseau d'assainissement est séparatif dans l'ensemble. L'évacuation des eaux pluviales est effectuée dans des canaux en fibrociment ou en terre, et parfois en béton le long des rues qui débouchent dans les bas fonds. Suite au curage insuffisant des caniveaux, les voies publiques sont inondées momentanément par les eaux de ruissellement. Les eaux usées industrielles sont rejetées sans traitement dans la nature et les eaux usées domestiques sont prétraitées au niveau des habitations (assainissement individuel) dans les latrines et dans les fosses septiques (IAGU, 1996)Les déchets provenant de la vidange des fosses septiques et des latrines sont acheminés vers les rivières ou les champs environnants où ils sont déversés sans traitement au mépris des dispositions relatives à la protection de l'environnement. Cette situation caractérise les quartiers à habitat précaire, où on observe les remontées des boues de vidange qui s'écoulent des maisons et s'épandent dans les cours d'eau (MINUH, 1982). Dans la plupart des villes camerounaises, le réseau d'égout n'existe pas. Dans les villes de Douala et Yaoundé, un certain nombre d'infrastructures d'assainissement collectif avec des stations d'épuration ont été réalisées au cours de la mise en place des quartiers résidentiels gérées par la Société Immobilière du Cameroun (SIC). Mais la plupart de ces installations ne fonctionnent plus. Allongifor (2002) affirme que des neufs stations d'épuration observées dans la ville de Yaoundé, cinq sont complètement en ruine. Ce constat fait suite à celui de Agendia (1995) selon lequel seule la station à boues activées de l'Hôpital Général de Yaoundé fonctionne parmi les quinze que compte la ville.

2.2.2 Contexte légal

L'environnement étant considéré comme un patrimoine commun de la nation, la responsabilité institutionnelle de sa gestion et de sa protection incombe à l'Etat à travers le Ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature. L'article 2, alinéa 1 de la loi N° 96/12 du 5 août 1996 portant loi-cadre relative à la gestion de l'environnement est explicite sur cette responsabilité. C'est avec cette loi que démarre la structuration du secteur de l'environnement au Cameroun. Cette loi est venue préciser les principes de gestion des eaux usées et de la protection de la santé publique. Elle stipule en son article 29 que : «sont interdits sous réserve des dispositions de l'article 30 les déversements, écoulements rejets, dépôts directs ou indirects de toutes nature et, tout fait susceptible de provoquer la dégradation des eaux souterraines ou superficielles en modifiant leurs caractéristiques physiques, chimiques, biologiques ou bactériologiques». Et en son article 30 elle ajoute que : alinéa 2 : «les déversements d'eaux résiduaires dans le réseau d'assainissement public ne doivent nuire ni à la conservation des ouvrages, ni à la gestion du réseau» et l'alinéa 3 précise que les installations rejetant des eaux résiduaires dans les eaux continentales camerounaises doivent se conformer à la réglementation dans un délai précisé par le décret d'application de cette loi. Par ailleurs, la loi N° 98/005 du 14 avril 1998 portant régime de l'eau (décret N° 2001/165/PM du 08 mai 2001 précisant les modalités de protection des eaux de surface et des eaux souterraines contre la pollution) est explicite sur les catégories d'eaux usées à travers son article 2 et précise en alinéa (o) que les gadoues sont les produits de la vidange d'une fosse septique. Elle ajoute en son article 3, alinéa 2 que : «sont interdits le rejet, le déversement ou le dépôt dans les eaux de surface, dans les égouts publics ou dans les voies artificielles d'écoulement des eaux :

- de tout déchet solide, même préalablement soumis à un broyage mécanique, ainsi que des eaux ou fluides contenant de telles substances;

- des huiles, lubrifiant, et autres matières résultant du nettoyage et de l'entretien des véhicules à moteur, des machines à combustion et autres engins similaires;

- des gadoues;

- des pesticides.

Cette loi (N° 98/005 du 14 avril 1998 portant régime de l'eau) précise aussi en son article 5, alinéa 2 que : «les vidangeurs dûment agréés par l'administration chargée de l'eau sont tenus d'éliminer les gadoues :

- soit en les remettant à un agriculteur, aux fins de l'épandage selon les règles définies par l'acte d'agrément ;

- soit en les remettant à une station d'épuration désignée à cette fin par un organisme d'épuration».

2.3 EAUX USEES

Les eaux usées sont celles qui ont été déjà utilisées par l'Homme dans ses activités. Elles contiennent de nombreuses matières qui représentent selon les quantités mises en jeu des dangers de diverses natures pour le milieu récepteur ou pour les utilisateurs. Lorsqu'elles sont traitées, elles génèrent des sous produits sous forme de boues (Feujio, 2002).

2.3.1 Origine des eaux usées

Les eaux usées peuvent être d'origine :

- domestique ou provenant généralement des activités ménagères et des déjections

humaines (Fonkou, 1996).

- industrielle ou provenant généralement des industries utilisant l'eau dans leur système

de production.

- pluviale ou issues des eaux de ruissellement chargées d'alluvions

- hospitalière ou issues des salles de soins et des laboratoires d'analyses.

2.3.2 Traitement des eaux usées

D'après Bechac et al. (1983), il existe plusieurs techniques de traitement, pouvant être divisées en deux groupes en fonction des mécanismes impliqués.

2.3.2.1 Méthodes conventionnelles

On les appelle encore méthodes mécaniques. Elles utilisent dans leurs principes des mécanismes de biodégradation par optimisation de l'activité microbienne. Il s'agit par exemple des boues activées, des bio-disques, des digesteurs anaérobies avec des variantes possibles (Bechac et al., 1983).

2.3.2.2 Méthodes naturelles

Elles se basent sur les processus d'auto-épuration en concentrant les eaux usées dans un site. Parmi ces méthodes, on peut citer :

- le lagunage anaérobie qui consiste en un écoulement des eaux usées dans une fosse

ouverte suffisamment profonde à garantir les conditions anaérobies en son sein. Les conditions anaérobies sont renforcées par la formation à la surface de l'eau d'une croûte suite à l'accumulation des particules entraînées par les gaz issus de la fermentation. Cette croûte limite aussi la propagation des mauvaises odeurs.

- le lagunage aérobie qui consiste en un écoulement de l'eau usée dans une lagune de

profondeur comprise entre 1,8 et 4,6 m ; ici, on ne distingue pas une zonation précise à cause du brassage provoqué par l'agitation mécanique en vue de l'aération du milieu ou par l'air injecté sous pression qui par suite d'une agitation du milieu provoque aussi une réaération de la surface. Ce système nécessite une source supplémentaire pour son fonctionnement.

- le lagunage à macrophytes qui comporte deux phases successives : une première phase

de décantation et de digestion anaérobie. Une seconde phase qui consiste en un écoulement lent de l'effluent du digesteur vers une série de lagunes où les gaz produits par fermentation au fond entraînent à la surface les particules ; ces particules forment une croûte sur laquelle les plantes sont cultivées (Fonkou, 1996).

- le marécage artificiel : on entend par marécage une zone où le niveau de l'eau est

assez proche de la surface de la terre pendant une bonne période de l'année de sorte à maintenir ce sol à l'état saturé. Un marécage artificiel est spécialement construit pour des raisons de contrôle de pollution et de gestion des déchets à des endroits autres que ceux où l'on trouve le marécage naturel. Le marécage artificiel est constitué d'une série de lits de sable ou de gravier supportant la plante épuratrice (EPA, 1993 ; cité par Djoussé, 2005).

Toutes ces techniques d'épuration d'eaux usées sont toujours associées à des systèmes de prétraitement destinés à extraire des effluents les éléments dont la nature ou les dimensions constitueraient une gêne pour les étapes de traitements ultérieures. En fonction des objectifs spécifiques de traitement à atteindre, on pourra associer des traitements de finition (Bechac et al., 1983).

2.4 BOUES D'EPURATION

Les boues d'épuration sont les sédiments résiduaires issus des ouvrages de traitement biologique ou physico-chimique des eaux usées. Ces ouvrages peuvent être divisés en deux groupes : les ouvrages d'assainissement collectif encore appelés systèmes d'égouts, et les ouvrages d'assainissement individuel constitués par les latrines et les fosses septiques.

2.4.1 Origines des boues d'épuration

Les boues sont engendrées à chacune des étapes de traitement des eaux usées, mais, principalement par les ouvrages de pré-traitement, de traitement primaire et secondaire (Bechac et al., 1983). A l'étape de pré-traitement, l'eau usée passe à travers des grilles permettant de retirer les gros objets avant de passer au dessablage, qui provoquent la sédimentation des grains de sable. A la fin de chaque étape de traitement, on obtient un dépôt de sédiments qui constituent des boues d'épuration (MEF, 1996). D'après Bechac et al. (1983), la quasi-totalité des procédés d'épuration des eaux usées urbaines qu'ils soient biologiques ou physico-chimiques, conduisent à la concentration des polluants sous forme de boues.

2.4.2 Différents types de boues

La nature d'une boue urbaine dépend à la fois de la nature de la pollution initiale de l'eau et des procédés de traitement auxquels elle a été soumise. D'après Bechac et al.(1983), on distingue :

2.4.2.1 Boues biologiques

Elles sont issues de la métabolisation de la pollution organique biodégradable soluble et colloïdale, lors d'une épuration mettant en oeuvre une culture bactérienne libre.

2.4.2.2 Boues physico-chimiques

Elles renferment la pollution particulaire et colloïdale enlevée de l'eau, ainsi que les quantités des réactifs ajoutés qui se trouvent dans les boues.

2.4.2.3 Boues de vidange

Les boues de vidange proviennent des latrines et des fosses septiques qui sont des ouvrages de prétraitement des eaux usées domestiques. Elles sont constituées des excrétas (urines et fèces). L'urine est riche en Na+, Cl- et K+ et surtout en matières organiques telles que l'urée, l'acide urique, la créatine et autres. Les fèces induisent la pollution par les micro-organismes et germes pathogènes (Deoux, 1993, cité par Aka, 2002).

Source : Defo

Figure 1: Boues de vidange d'une fosse septique ouverte

2.4.2.3.1 Composition des boues de vidange

Elles sont formées d'écumes (graisses et matières flottantes), des sédiments et de l'eau soutirés de la fosse lors de la vidange (Labelle, 1995).

a. Caractéristiques physico-chimiques

D'après Labelle (1995), la charge polluante des boues de vidange est très élevée:

- demande biochimique en oxygène : 5000 à 10000 mg/l.

- matières en suspension (MES) : 20000 à 40000 mg/l.

- azote total (N) : 100 à 1000 mg/l.

- phosphore total : 30 à 300 mg/l.

On y trouve aussi des substances telles que les nonyphénols provenant des détergents. D'après le MEF (1996), la charge polluante du liquide qui sort de la fosse lors de son fonctionnement normal est moindre : Demande Biochimique en Oxygène en cinq jours: 30 à 250 mg/l. Matières en suspension : 30 à 200 mg/l, azote total (N) : 10 à 300 mg/l, phosphate total (P) : 1 à 20 mg/l. Les métaux sont présents à faible concentration dans les boues de vidange. Les principaux métaux rencontrés sont : Le fer (200 mg/l), l'aluminium (50 à 250 mg/l), zinc (35 mg/l), le cuivre (10 mg/l).

b. Caractéristiques biologiques

Le contenu en micro-organismes des boues de vidange s'apparente à celui des boues primaires d'une station de traitement des eaux usées municipales (Labelle, 1995).

- coliformes totaux de 107 à 109 unités /100ml

- coliformes fécaux de 106 à 108 unités /100ml

- streptocoques fécaux de 106 à 107 unités /100ml

- bactéries sporulantes (clostridium ,bactéroïdes 105 unités/100 ml)

- salmonelles de 1 à 100 unités /100ml

- parasites : Ascaris, Trichuris, et les virus.

Les caractéristiques des boues de vidange varient en fonction des villes où elles ont été prélevées. Le tableau 1 présente les caractéristiques physico-chimiques des boues de vidange de certaines villes des pays en voie de développement.

Tableau 1: Caractéristiques physico-chimiques des boues de vidange dans quelques villes

des pays en voie de développement

Paramètres

Accra (Ghana)

Accra (Ghana)

Ouagadougou (Burkina Faso)

Bangkok

(Thaïlande)

Alcorta

(Argentine)

Types de BV1

Boues des toilettes publiques

Boues des fosses septiques

Boues des

fosses

septiques

Boues des fosses septiques

Boues des

Fosses

septiques

MS (mg/l)2

MVS (%MS)3

DCO (mg/l)4

DBO5 (mg/l)5

NT (mg/l)6

NH4+ (mg/l)7

TDS (mg/l)

pH

MES (mg/l)

52500

68

49000

7600

/

3300

11900

7,6

/

1200

59

7800

840

/

330

52500

7,9

/

19000

47

13500

2240

2100

/

16000

7.7

91

15350

73

15700

2300

1100

415

72000

7,3

/

6000-35000

50

4200

750-2600

190

150

72000

6,9

/

Source : Strauss et al., 1999

5Demande biochimique en Oxygène en 5 jours

6Azote Total

7Azote Ammoniacal

1Boues de vidange

2 Matières sèches

3 Matières volatiles sèches

4Demande Chimique en Oxygène

Le tableau 1 montre que les caractéristiques physico-chimiques des boues des fosses septiques (MS, MVS, DCO, NT, NH4+) sont inférieures à celles des toilettes publiques. En effet, cette différence est liée au temps de séjour des boues dans ces ouvrages. Ce temps est plus réduit dans les toilettes publiques que dans les fosses septiques. Les toilettes publiques ont des fréquences de vidange plus élevées et les boues qui y sont déposées n'ont pas du temps pour se décomposer, à l'opposée des boues des fosses septiques.

2.4.2.3.2 Mode de transmission des maladies par les excrétas ou boues de vidange

eau

D'après Labelle (1995) et l'OMS (1995), l'Homme est le réservoir de la plupart des maladies qui le détruisent et le rendent inapte au travail. Les infections et les épidémies telles que les fièvres typhoïdes, le choléra, la dysenterie, les diarrhées sont les causes des pertes humaines par mort ou débilité. Les différents moyens de contamination de l'Homme par les boues de vidange sont présentés dans la figure 2.

débilité

main

boues de

vidange

homme

arthropodes

aliments

décès

sol

Source : OMS (1995).

Figure 2: Transmission des maladies à partir des boues de vidange

D'après la figure 2, la gestion des boues de vidange doit se faire de sorte qu'elles ne soient pas en contact avec les aliments de l'Homme et son environnement, afin d'éviter les maladies qu'elles induisent.

Catégorie et

caractéristiques

épidémiologiques

Exemples marquants

d'infection

Mécanismes principaux

de transmission

INon bactériennes (voie oro-fécale)

Diarrhée à rotavirus

Hépatite infectieuse

Amibiase

Giardiase

Cryptosporidiose

Entérobiase

Inf. / Hymenolepsis

Par contact entre

personnes (ou avec des

personnes manipulant

les excréta)

Contamination

domestique

Bactériennes (voie

oro-fécale)

Infection / Campylobacter

Choléra

Inf. pathogénique / E.coli

Salmonellose

Shigellose

Typhoïde

Par contact entre

personnes (ou avec des

personnes manipulant

les excréta)

Contamination. domestique

Contamination par l'eau

Cultures fertilisées par

excréta ou eaux usées

Transmission

d'helminthes par le sol

Ascaridiose

Ankylostomiase

Trichocéphalose

Contamination de cour

Contamination par les

champs et le sol

Cultures fertilisées par

excréta ou eaux usées

Infections par les vers

Téniasis

Contamination de cour

Contamination par les

champs et le sol

Contamination par le

fourrage

Transmission

d'helminthes par l'eau

Distomatose (douve du foie)

Schistosomiase

Contamination par l'eau

Et le poisson

Tableau 2 : Classification environnementale des infections dues aux excréta

Source : Feachem et al. 1983 et Mara 1996 cités par Klingel et al., 2002.

2.4.2.3.3 Contexte de gestion des boues de vidange au Cameroun

Les boues de vidange proviennent des infrastructures sanitaires, au sein des concessions familiales ou communales (fosses septiques, latrines, toilettes publiques...). En absence de réseaux d'égouts (cas de la plupart des villes camerounaises), les excrétas restent surplace dans les fosses septiques et dans les latrines. En zone rurale, la densité de la population est généralement faible. La pratique courante est la fermeture des ouvrages sanitaires pleins et l'ouverture d'une nouvelle fosse dans un endroit plus ou moins éloigné du premier (Montangero et Strauss, 2002). Par contre, en zone urbaine, le taux de croissance démographique et la densité de la population sont élevés. A cause du manque d'espace dans les concessions, ces pratiques n'ont plus lieu. Il est donc nécessaire de vidanger les ouvrages sanitaires et d'évacuer les boues de vidange hors des concessions (Bolomey, 2003). Si ces boues ne sont pas gérées correctement, elles peuvent causer de graves nuisances sur l'environnement urbain et de santé publique. Tous ces problèmes pourraient être évités grâce à un système efficace de gestion : vidange adéquat des systèmes d'assainissement, garantissant un risque minimum lors du maniement, du transport et prévoyant un système de traitement des boues aboutissant à une élimination finale (Klingel et al., 2002).

2.4.2.3.4 Mode de gestion des boues de vidange

La meilleure manière de gérer les boues de vidange passe par les procédés et options de collecte, transport, traitement et la valorisation des produits de traitement (Blunier et al., 2004).

a. Collecte et transport des boues de vidange

On distingue deux systèmes de collecte et transport des boues de vidange :

- le système collectif dans lequel les boues de vidange sont collectées par un réseau d'égout aboutissant à une station de traitement (Heinss et al, 1998).

- le système autonome dans lequel les boues sont stockées au niveau de l'habitation, dans

les fosses septiques et les latrines. Lorsque ces ouvrages sont pleins, les boues sont pompées et transportées par des camions citernes de vidange (figure 3) vers les décharges où elles sont traitées ou déversées sans traitement.

Source : Defo

Figure 3: Le camion de vidange de la commune urbaine de Bafoussam

L'équipement recommandé pour la collecte des boues de vidange est un système combiné de camions citernes à aspiration classique et de petites remorques à traction manuelle (figure 4). Ces remorques permettent d'accéder aux fosses à vidanger situées dans les ruelles très étroites et inaccessibles aux gros engins (Strauss et al., 1999).

Source : Klingel et al., 2002.

Figure 4: Remorque à traction manuelle

b. Traitement des boues

D'après Strauss et al. (2003), les boues des stations d'épuration des eaux usées et les boues de vidange peuvent se traiter de la même manière. L'optimisation d'un schéma de traitement des boues révèle d'une analyse systématique et approfondie dans le contexte local considéré, qui seule permet d'apporter les éléments de réflexion à la fois techniques, financiers et

d'ordre réglementaire. Le traitement des boues se fait par étape. D'après Bechac et al. (1983), les différentes étapes de traitement des boues sont les suivantes :

b.1 Epaississement des boues

C'est le premier stade de réduction du volume des boues. Pour optimiser le dimensionnement et la fiabilité des postes de traitement aval (stabilisation et déshydratation), il est important d'obtenir le meilleur taux d'épaississement possible.

b.1.1 Epaississement gravitaire

C'est la technique de décantation des boues la plus utilisée. La quasi-totalité des boues solides donne lieu à une sédimentation freinée caractérisée par la formation rapide d'une interface nette entre le liquide clarifié et la phase solide (Bechac et al., 1983).

b.1.2 Epaississement par flottaison

La flottaison est un procédé particulièrement adapté pour provoquer la floculation des boues. Le flotta-test effectué au laboratoire permet de savoir si la phase solide est flottable. Ce test permet de déterminer la nature et les doses de réactifs nécessaires pour l'agglomération des particules.

b.2 Conditionnement des boues

Pour rendre les boues aptes à la déshydratation, il est indispensable de rompre leur stabilité colloïdale par un conditionnement préalable qui a pour but de rendre la boue drainable et filtrable.

b.2.1 Conditionnement chimique

Cette opération conduit par application des phénomènes de coagulation et de floculation à l'agglomération des particules sous forme de flocs. On utilise deux types de réactifs : Les électrolytes minéraux à poly-cations et les polymères organiques de synthèses. Chaque type de réactif a son efficacité propre, notamment en ce qui concerne la diminution de l'hydrophylie particulaire, surtout observée en présence de chaux. La dimension des flocs est très important avec les poly-électrolytes (Bechac et al., 1983).

b.2.2 Conditionnement thermique

Il consiste à traiter les boues organo-colloïdales par cuisson selon différents procédés technologiques. L'échauffement des boues à une température variant entre 160°C et 210°C conduit à une transformation irréversible de sa structure en libérant la majeure partie de l'eau liée à la matière boueuse. Le conditionnement thermique est particulièrement adapté aux stations équipées de digesteurs.

b.2.3 Conditionnement physique

Il consiste à provoquer l'agglomération des particules par agitation.

b.3 Stabilisation des boues

Pour réduire le pouvoir fermentescible des boues, on procède à leur stabilisation par des procédés biologiques (aérobies ou anaérobies), chimiques ou thermiques.

b.3.1 Digestion aérobie

On effectue l'aération des boues pendant une période prolongée et les micro-organismes aérobies dégradent les matières organiques qu'elles contiennent par respiration endogène.

b.3.2 Digestion anaérobie

La digestion anaérobie consiste à provoquer la fermentation méthanique des boues placées dans les cuves fermées à l'abri de l'air et on observe une réduction de la matière organique des boues de 45 % à 50 %. On distingue, dans le mécanisme de la dégradation des matières organiques par voie anaérobie, deux phases qui coexistent lorsque le digesteur est alimente en continu : une phase de liquéfaction pendant laquelle les matières organiques sont dégradées par des enzymes intra et extracellulaires sécrétées par certaines bactéries et converties en molécules plus simples. La seconde phase est une gazéification pendant laquelle les molécules simples d'acides volatils sont dégradées par d'autres micro-organismes (bactéries méthaniques) et par l'intermédiaire d'enzymes intramoléculaires en eau, gaz carbonique et en méthane (Bechac et al., 1983).

b.3.3 Stabilisation chimique

La stabilisation chimique est obtenue par addition massive de la chaux aux boues. L'élévation du pH à pour effet de bloquer la fermentation, évitant le dégagement des mauvaises odeurs. A titre indicatif, les doses de chaux à mettre en oeuvre sont dans le cas des boues, de l'ordre de 8 à 10 % exprimée en Ca(OH)2 de la concentration en phase solide des boues (Bechac et al., 1983).

b.3.4 Stabilisation thermique

Elle peut être assurée par pasteurisation des boues liquides à 70°C pendant 30 minutes, par séchage thermique poussé, par autoclave ou cuisson sous pression entre 180 et 200° C pendant 30 à 90 minutes.

b.4 Déshydratation des boues urbaines

La déshydratation constitue la seconde étape de réduction du volume au cours de laquelle on réalise sur les boues épaissies, stabilisées ou non une réduction plus ou moins poussée de leur humidité résiduaire de façon à les amener à l'état solide (Bechac et al., 1983). Elle se fait par lit de séchage, par sac filtrant ou par filtration sous vide.

b.4.1 Lits de séchage

Le lit de séchage des boues à l'air libre sur des lits de sable drainés reste, en raison des frais d'investissement réduits, la seule technique de dessiccation utilisée pour les stations d'importance modeste. Cette technique n'est utilisée que pour les boues non stabilisées et moins putrescibles. Le lit de séchage comporte un massif drainant 0,25 à 0,3 mètre d'épaisseur constitué de pierrailles reparties en couches de granulométrie décroissante du bas vers le haut. Ce massif est surmonté d'une couche de sable de 0,1 mètre d'épaisseur (Bechac et al., 1983).

b.4.2 Sacs filtrants

La déshydratation des boues par sacs filtrants met essentiellement en oeuvre un phénomène de drainage gravitaire préalablement floculées. Les boues floculées sont chargées dans un toile synthétique et muni d'une colonne centrale de drainage. Selon la teneur initiale en matières sèches, des quantités de boues variant de 5 à 15 m3 de boues peuvent être introduites par cycle dans un sac.

b.4.3 Filtration sous vide

La filtration sous vide constitue le procédé de déshydratation traditionnel couramment utilisé. Les filtres sont de type ouvert à tambour rotatif, constitues par des cylindres tournant autour d'un axe horizontal. Le secteur inférieur, immergé dans une auge recevant les boues est constamment mis sous vide par un système de distributeurs internes et d'une pompe à vide externe.

Pour des raisons économiques, les technologies peu ou non mécanisées dites à coût faible sont appropriées pour le traitement des boues de vidange dans les pays en voie de développement.

c. Traitement des boues de vidange dans les pays en voie de développement

Epandage agricole

Décantation plus épaississement des boues dans les bassins de décantation

Phase solide

Phase liquide

Boue de vidange non décantée

Digestion

Co-compostage avec les déchets

BV

Lit de séchage des boues plante ou non

Déshydratation/lit de séchage

Lagunage (co-traitement avec les eau usées)

Un procédé de traitement doit avoir un besoin d'énergie minimale et ne doit pas nécessiter l'utilisation des produits chimiques (Strauss, 1998). La figure 2 présente les options spécifiques de traitement adaptées aux pays en voie de développement. Ces méthodes de traitement sont économiques et dits à coût faible.

Source : Strauss et al., 1999

Figure 5 : Option de traitement des boues de vidange dans les pays en voie de

développement

La figure 5 présente quatre options de traitement des boues de vidange :

§ La première option consiste à décanter les boues puis, à traiter la phase liquide dans un système de lagunage. La phase solide issue de la décantation est traitée par déshydratation sur un lit de séchage. L'eau usée traitée et les boues séchées peuvent être utilisées comme fertilisant en agriculture.

§ La deuxième option consiste à traiter les boues non décantées sur des lits de séchage plantés ou non, puis de récolter les déchets de traitement et les utiliser comme intrant agricole.

§ La troisième option consiste à faire la digestion des boues, puis à les sécher sur lit planté

ou non planté et utiliser les déchets de traitement comme engrais en agriculture.

§ La quatrième option consiste à faire le compostage des boues avec les déchets solides. La gestion des boues de vidange varie d'un pays à un autre.

Le tableau 3 illustre les conditions d'évacuation et de traitement des boues de vidange dans quelques villes et pays du monde.

Tableau 3 : Gestion des boues de vidange dans certaines villes et pays du monde

Ville/Pays

Evacuation/utilisation

sans traitement

Traitement séparé

Traitement combiné

Amérique Latine

Province de

Rosario

(Argentine)

/

Lagunage

Lagunage du

contenu des

fosses septiques

et des eaux usées

 
 
 
 

Kumasi (Ghana)

Evacuation dans les cours eaux

/

/

 
 
 
 

Accra (Ghana)

Evacuation marine

(des boues en excès)

Décantation/épaississement

suivi d'un système de

lagunage ; compostage de

matière solide avec la sciure

ou les déchets solides

Traitement dans

les installations

à boues activées.

 
 
 
 

Afrique du Sud

/

/

Traitement dans

un système de

lagunage avec

les eaux usées

 
 
 
 

Maseru (Lesotho)

/

Lagunes de séchage

/

 
 
 
 

Dar Es Salaam

(Tanzanie)

Dans les tranchées

Evacuation marine

avec les eaux usées

/

/

Source : Strauss et al., 2003

Dans le tableau 3, on constate que peu de pays disposent d'installations de traitement des boues de vidange ou de leur co-traitement avec les eaux usées. D'après Strauss et al.(2003), ces installations sont exploitées au Ghana, au Bénin, en Indonésie, en Chine et au Lesotho. Il faut noter que le co-traitement des boues de vidange avec les eaux usées est difficile car ces installations sont le plus souvent surchargées et ne fonctionnent pas de manière optimale à cause des charges polluantes qu'elles reçoivent.

Par ailleurs, certaines pratiques consistent à utiliser les boues de vidange sans traitement en agriculture. Les boues de vidange constituent un bon engrais organique et sont de ce fait souvent utilisées pour amender les sols agricoles. Si les boues ne sont pas correctement traitées, les organismes pathogènes qu'elles contiennent sont alors dispersés dans les champs où ils peuvent entrer en contact avec les paysans d'autant plus facilement que ceux-ci sont en contact permanent avec le sol contaminé qu'ils travaillent en général sans protection particulière. Les bactéries et oeufs de vers peuvent aussi adhérer aux végétaux et infecter les personnes qui les consomment crus ou mal lavés (Klingel et al., 2002). L'utilisation traditionnelle des boues de vidange est illustrée par la figure 6.

Source : Klingel et al., 2002.

Figure 6 : Gestion traditionnelle des boues de vidange en Chine.

En chine, les entrepreneurs privés collectent les boues de vidange auprès des ménages utilisant les latrines à seaux et les vendent aux cultivateurs (photo 4). Les boues sont ensuite diluées et utilisées sans traitement pour la fertilisation des cultures (Klingel et al., 2002).

2.4.2.3.5Conséquences de rejet des boues de vidange

a. Sur le plan sanitaire

Les excrétas peuvent véhiculer les maladies hydriques telles que le choléra, la typhoïde, la dysenterie, etc. La contamination peut se faire par chaîne alimentaire, par baignade, par boisson et par piqûres d'insectes (Fonkou, 1996).

b. Sur le plan écologique

La destruction et l'eutrophisation du milieu aquatique récepteur, le dégagement des mauvaises odeurs, la perturbation du micro-climat, la pollution des eaux et des sols sont les dégâts causés par les boues de vidange sur l'environnement (Chevalier, 1995; Feujio, 2002).

c. Conséquences économiques

Les boues de vidange constituent un facteur de dégradation du milieu naturel et sont un frein à l'industrie touristique et créent une baisse de productivité des poissons dans les étangs.

2.5 INSTALLATIONS SANITAIRES

2.5.1 Assainissement collectif

Il consiste à connecter les habitations par un réseau d'égout pour collecter leurs eaux usées et les faire passer ensuite dans une station de traitement (Strauss et Montangero, 2002).

2.5.2 Assainissement individuel ou autonome

Les ouvrages d'assainissement individuel sont constitués principalement des latrines et des fosses septiques.

1.5.2.1 Types de latrines

a. Latrines à fosse avec dalle en ciment ou en bois

La fosse est profonde et pénètre dans l'eau souterraine qu'elle pollue aisément (OMS, 1995). Le danger des mouches est accru par suite de pollution des parois supérieures immédiatement sous l'orifice. Il y a aussi souvent éboulement des murs de la fosse.

b. Latrines à seau

Elles attirent les mouches, non seulement surplace mais également tout au long du trajet de transport des excrétas vers le terrain de vidange. Le danger de pollution des eaux de surface et des sols est permanent (OMS, 1995).

c. Les feuillées ou latrines à tranchées

Elles consistent à déposer les matières fécales dans des tranchées peu profondes et de les couvrir avec une couche de terre. Lorsque ces matières se minéralisent complètement, on les extrait et on les utilise en agriculture comme engrais.

2.5.2.2 Installations septiques

a. Définition

L'installation septique est un dispositif d'épuration des eaux usées qui comprend deux parties : une fosse septique et un élément épurateur. L'installation septique avec puits absorbant ou puisard est la plus courante dans les villes des pays en voie de développement (MEF, 1996).

b. Fosse septique

Une fosse septique est un réservoir étanche où sont évacuées les eaux usées. Les matières les plus lourdes sédimentent et forment un dépôt de boues au fond de la fosse alors que les matières les plus légères telles que les graisses flottent et s'accumulent en surface (MEF, 1996; OMS, 1995). La fosse est faite en deux compartiments ou plus dans les proportions d'environ 2/3 du volume pour le premier et 1/3 pour le deuxième ( MEF, 1996; Chevalier, 1995).

c. Elément épurateur

De la fosse septique, le liquide clarifié passe lentement à l'épurateur. Il s'agit d'une série de drains enfouis sous la surface du sol et dont le rôle est de repartir les eaux sur l'entière superficie du terrain récepteur. En s'infiltrant lentement à travers le sol, les eaux clarifiées subissent l'action purificatrice des micro-organismes avant d'atteindre la nappe d'eau souterraine (MEF, 1996).

d. Localisation d'une fosse septique

La fosse septique doit être installée à un endroit exempt de circulation motorisée et où elle ne sera en aucun temps submergée. Elle doit être accessible pour la vidange. D'après le MEF (1996), les distances réglementaires minimales doivent être les suivantes :

- d'un puits d'alimentation : 15 mètres.

- d'un lac ou cours d'eau, marais, étang : 11mètres.

- d'une conduite d'eau de consommation : 03 mètres.

- d'une résidence : 02 mètres.

e. Vidange

La fosse septique utilisée de façon saisonnière doit être vidangée au moins une fois tous les quatre ans. La fosse septique utilisée à l'année longue doit être vidangée au moins une fois tous les deux ans (MEF, 1996).

f. Ventilation

D'après le MEF (1996), la fosse doit être ventilée par une conduite de ventilation d'au moins 10 cm de diamètre ou être raccordée à la conduite de la résidence (Il faut noter que sa capacité varie de 2,3 m3 à 4,8 m3 pour des maisons d'une à six chambres respectivement). Au moment de la mise en service, la fosse est tout simplement remplie d'eau claire. Il est préférable de ne pas nettoyer la mince couche de boues qui subsiste sur le fond de la fosse après vidange.

3.1 PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE

Le poste administratif de Bafoussam (figure 8) a été crée en 1925, au confluent de trois chefferies traditionnelles fortes : Bafoussam, Baleng et Bamougoum en pays Bamiléké. Ce poste a évolué pour devenir tour à tour Chef lieu de subdivision, Chef lieu d'inspection administrative et aujourd'hui Chef lieu de Province de l'Ouest. La ville de Bafoussam aura été sur le plan communal une commune mixte, une commune mixte rurale et actuellement, une commune à régime spécial (PACCDU, 2004).

Ses coordonnées géographiques sont : Longitude Nord : 52° 8'; Longitude Est : 10° 33'; Altitude : 986,75 m. Le climat de cette ville est un climat doux et frais, à une saison sèche de mi-novembre à mi-mars et une saison des pluies de mi-mars à mi-novembre. Il y tombe 1800 mm de pluies. L'amplitude thermique est faible : max : 2° 7; min : 19° 1. L'humidité relative demeure importante en juillet et est de 62 % en février. Le relief de Bafoussam est en général poly-convexe et émaillé d'affleurements de gravité décomposés en boules de vastes dimensions. Les basaltes occupent la région de Bafoussam. Lors de la dernière éruption du mont Mbappit, une nuée de cendres et de lapilli s'est déposée à l'ouest du volcan jusqu'au delà de Bafoussam. Dans cette ville, les sols reposent sur les roches volcaniques, sont très riches en matières organiques et sont d'une grande perméabilité. Lorsque la couche argileuse est profonde, cela entraîne une grande sécheresse du sol.

Sur le plan démographique, la ville de Bafoussam souffre d'un manque de statistiques fiables. Malgré cela, elle se trouve en plein coeur d'une zone démographiquement forte. La figure 7 présente l'évolution de la population de Bafoussam de 1938 à 2000.

Source : MINUH, 1982 ; INS, 2001, PACCDU, 2004.

Figure 7: Evolution de la population de Bafoussam depuis sa création

La localisation de la ville de Bafoussam dans le Cameroun est illustrée par la figure 8.

Source : CEREHT (Centre d'Etude et de Recherche sur les Hautes Terres), Université de Dschang, 2004.

Figure 8: Localisation de la ville de Bafoussam dans le Cameroun.

MINUH (1982) souligne que Bafoussam souffre d'un sérieux problème d'urbanisation à travers la multiplication des zones d'habitations spontanées, l'implantation des voiries qui ne cadrent pas avec la topographie (pente forte), la limitation de l'extension de la ville vers le Nord où l'on constate à l'heure actuelle un large débordement. En outre, Bafoussam souffre de l'absence d'une voie de dégagement entre la route de Mbouda et celle de Bamendjou qui aurait décongestionné le centre ville et permis un développement plus harmonieux à l'Ouest Le plan d'urbanisation n'a pas été respecté notamment par l'implantation des constructions dans les zones dangereuses (fortes pentes) et la non implantation des voiries. Les lotissements accordés par l'administration ne sont toujours pas suivis d'une implantation sur le terrain (non alignement des constructions). A cela, s'ajoutent les attributions clandestines et les occupations illicites.

La population est inégalement repartie dans la ville. Le tableau 3 présente la répartition spatiale de la population à Bafoussam.

Tableau 3 : Répartition spatiale de la population à Bafoussam.

Quartiers

Population

Observations/Concentration

Quartier administratif

1050

Moyenne

King place

800

Forte

Tamdja

8552

Moyenne

Banengo

43100

Forte

Ndjangdam

12000

Moyenne

Famla

12404

Forte

Djeleng

60000

Très Forte

Djemoun

19300

Très forte par endroits

Bamendzi

39000

Très forte par endroits

Houkaha

10000

Forte

Kouogouo

16701

Très forte par endroits

Ngwache

10779

Moyenne

Tyo ville

24054

Très forte

Tougang

25275

Très forte

Kamkop

7845

Moyenne

Toket

54000

Faible

Tchowong

7000

Faible

Tchitchap ville

8885

Moyenne

Nkoptchou

1352

Faible

Source : PACCDU, 2004.

3.2 CARACTERISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES DE LA POPULATION

3.2.1 Délimitation et définition des quartiers échantillonnés

A partir des critères établis par Bolomey (2003) et CIPCRE (2002) portant sur l'hétérogénéité du cadre de vie dans les villes des pays en voie de développement, et avec l'appui des services techniques et de l'hygiène de la commune urbaine de Bafoussam, les quartiers de la ville de Bafoussam ont été repartis en plusieurs groupes. Ces critères précisent que dans les pays en voie de développement, les villes sont formées :

· des quartiers majoritairement constitués de vielles concessions construites en briques simples et à un étage. Les rues sont trop étroites pour assurer le passage aisé d'automobiles, et ne sont pas équipées de caniveaux pour l'évacuation des eaux pluviales. La salubrité générale est mauvaise, et les maisons sont généralement en matériaux locaux et mal aérées. Les égouts et les réseaux d'adduction d'eau y sont rares et l'électricité est presque inexistante. Ces quartiers sont le plus souvent hétérogènes et denses couvrent plus de la moitié des surfaces urbanisées. Ces quartiers sont dits défavorisés.

· des quartiers majoritairement constitués de demeures luxueuses à un ou plusieurs étages construits en parpaings et ciment (dur). La majorité de ces demeures a un garage. Les voitures peuvent circuler librement dans les rues bien tracées. Des antennes de télévisions sont observables et la salubrité du quartier est acceptable : ramassage des déchets solides, existence de caniveaux, peu d'eau stagnante sur les rues bordées d'arbres. Ils bénéficient des équipements urbanistiques (rues, égout, électricité, adduction d'eau). Ces quartiers sont dits aisés.

· des quartiers dits mixtes qui regroupent les deux caractéristiques décrites plus haut. Ces quartiers de lotissement ont des plans réguliers souvent en damier. L'électricité y est installée, mais pas d'égout ni de caniveaux. L'essentiel des populations y a des emplois réguliers mais pas toujours qualifiés.

A partir des hypothèses ci-dessus et des critères géographique et socioéconomique établis par Wethe et al.(2002), 03 quartiers défavorisés, 02 quartiers aisés et 01 quartier mixte ont été sélectionnés. Le critère géographique consiste à assurer une représentativité spatiale des quartiers de la ville. Le critère socioéconomique permet une représentativité de toutes les couches sociales de la population. Les quartiers de Bafoussam correspondant aux quartiers défavorisés étaient : kouogouo, Banengo et le quartier Bamendzi (Haoussa). Les quartiers aisés choisis étaient : Tamdja et Tchitchap (MAETUR) et enfin, le quartier mixte choisi était Nylon (ou Djeleng I). Cette répartition tenait compte de l'hétérogénéité et de la densité des populations dans chaque type de quartier.

3.2.2 Choix des ménages enquêtées

Après le choix des quartiers, le responsable du service d'hygiène de la commune urbaine de Bafoussam et le responsable du service des enquêtes de la délégation provinciale de l'Ouest du MINPLADAT ont aidé au choix des ménages à enquêter en fonction des groupes de quartiers. La répartition des ménages par groupe de quartiers a été défini en fonction de la disponibilité des ménages à recevoir les enquêteurs, de la densité et de l'hétérogénéité de la population : D'après Bolomey (2003), les quartiers défavorisés sont plus habités que les quartiers aisés. A Cet effet l'enquête a été conduite auprès de 121 ménages appartenant à six (06) quartiers de la ville et la répartition des ménages selon le tissu urbain a été la suivante :

- quartiers aisés : 36 ménages

- quartiers défavorisés : 60 ménages

- quartier mixte : 25 ménages

L'entité de base de cette enquête était le ménage ordinaire et les informations recueillies concernaient le chef de ménage. Le niveau d'échantillonnage de cette enquête ne correspond certes pas aux besoins d'une étude socio-économique approfondie qui demanderait un échantillonnage comprenant 25 à 30 % de la population. La méthode d'échantillonnage présente des lacunes. Les difficultés étaient liées aux faibles quantités de données sur les populations de la ville de Bafoussam disponibles dans les services publics.

3.2.3 Collecte des données

121 fiches d'enquêtes ont été distribuées aux responsables des ménages choisis. Ces fiches (annexe I) permettaient de collecter les informations sur les caractéristiques socioéconomiques de la population ainsi que le mode de gestion des boues de vidange.

3.3 ROLE DES ACTEURS DE LA CHAINE D'ASSAINISSEMENT

3.3.1 Identification des acteurs de la chaîne d'assainissement

La prise de connaissance des acteurs de la chaîne d'assainissement a été faite à partir des services techniques et de l'hygiène de la commune urbaine de Bafoussam.

3.3.2 Rôles des acteurs dans l'assainissement

Les interviews des acteurs ont permis de comprendre leur niveau d'intervention dans l'assainissement.

3.4 EVALUATION DES TECHNIQUES DE GESTION DES BOUES DE

VIDANGE

3.4.1 Prise de contact avec les services de vidange

Mis en contact par le service technique de la commune urbaine de Bafoussam, des discussions avec les entreprises de vidange en vue de l'accompagnement des camions lors de leurs déplacements ont été effectuées. De cette manière, une approximation grossière de la zone d'influence des camions a été établie, les méthodes de travail des vidangeurs et l'estimation des quantités des boues pompées par mois.

3.4.2 Techniques de vidange et collecte des données

Après le suivi des différents camions de vidange de la mairie et du service privé, les techniques pratiquées par les vidangeurs pour aspirer les des fosses ont été observées. Au niveau de la population, les différentes données liées aux vidanges telles que les méthodes de vidange, les prix de vidange etc., ont été collectées grâce aux fiches d'enquête.

3.5 CARACTERISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES DES BOUES DE

VIDANGE

Pour cette étude, 05 échantillons de 500 ml ont été prélevés lors de la décharge des boues d'une fosse septique et 05 échantillons de 500 ml à la décharge des boues de latrines. Tous ces échantillons ont été conservés dans une glacière à pain réfrigérant et transportés au laboratoire de botanique (unité des eaux usées) du département de biologie végétale de la Faculté des Sciences, puis au laboratoire des sciences du sol de la Faculté d'Agronomie et des Sciences Agricoles de l'Université de Dschang, où ils ont été analysés. Le tableau 4 présente les méthodes de détermination des paramètres physico-chimiques des boues et les appareils de mesure.

Paramètres

Méthodes

Réactifs

Appareils

Température (°c)

Conductivité

(us/cm)

pH

TDS (mg/l)

Teneur en eau

MS (mg/l)

Turbidité (FTU)

MES (mg/l)

NH4+ (mg/l)

PO43- (mg/l)

DCO (mg/l)

Lecture directe (électrodes)

Lecture directe (électrodes)

Lecture directe

Lecture directe

(électrodes)

Séchage à 105°C en 2h

Séchage à 105°C en 2h

Calorimétrique

Photométrique

Nessler, calorimétrique

Phosver, calorimétrique

Calorimétrique

/

/

/

/

/

/

/

Réactif de Nessler

Réactif Phosver 3

(HACH)

Dichromate de

Potassium

Thermomètre à mercure

Conductivity/TDS meter (HACH)

pHmètre (Suntex)

Conductivity/TDS meter (HACH)

Etuve, balance

Etuve, balance

DR 2500 (HACH)

DR2500 (HACH)

DR2500(HACH)

Spectrophotomètre (HACH)

Digesteur DCO,

spectrophotomètre DR2500(HACH)

Tableau 4: Détermination des paramètres physico-chimiques des boues de vidange

3.6 IMPACT DES BOUES DE VIDANGE SUR LES POPULATIONS DU SITE

DE DECHARGE

Pour collecter les données, 30 fiches d'enquêtes ont été distribuées aux populations du site de la décharge (annexe II), pour apprécier l'impact de la décharge sur cette population.

3.7 CONCEPTION D'UNE STATION D'EPURATION DES BOUES DE

VIDANGE POUR LA VILLE DE BAFOUSSAM

Dans les pays industrialisés, le traitement des boues de vidange fait généralement appel aux mêmes techniques que celui des eaux usées et des boues d'épuration. Les technologies les plus répandues sont entre autres l'aération prolongée, la digestion anaérobie, l'épaississement mécanique avec agitation, la centrifugation, les filtres à bandes, les filtres presses à vide, le séchage thermique et la pasteurisation. Toutes les technologies citées sont cependant inadaptées au contexte habituel des pays en voie de développement car très demandeuses en capacités financières et techniques tant au niveau de l'acquisition que de l'exploitation et de la maintenance Bechac et al., ( 1982).

D'après Klingel et al. ( 2002), Les connaissances sur les techniques de traitement à faibles coûts sont encore très limitées. Les recherches portant sur les technologies adaptées aux conditions des pays en voie de développement se sont toujours exclusivement concentrées sur le traitement des eaux usées. SANDEC a assuré le suivi scientifique de diverses stations de traitement des boues de vidange dans différents pays pour tenter de combler cette lacune et d'élaborer des lignes directrices pour leur planification. Les techniques de traitement et les paramètres de dimensionnement actuels sont basés sur les activités de recherche de SANDEC. (Strauss et al. 2002). Ces auteurs précisent que l'ingénieur doit surtout faire appel à son bon sens pour concevoir une installation de traitement des boues de vidange D'après Klingel et al. (2002), il n'existe pas encore à ce jour de manuel pour la conception des systèmes de traitement des boues de vidange qui soit utilisé dans la pratique.

La station de traitement qui sera utilisée pour le traitement des boues de vidange de la ville de Bafoussam comprendra (Selon l'une des options présentée à la figure 5) : Un bassin de rétention, des bassins de sédimentation/épaississement, un bassin anaérobie, un bassin facultatif, un bassin de maturation et des lits de séchage sur sable drainé.

3.7.1 Bassin de réception

A leur arrivée à la station de traitement, les boues de vidange seront d'abord déversées dans un bassin de réception. Ce bassin sera être équipé d'une grille assurant la rétention des débris grossiers. Le bassin de réception peut également servir de bassin tampon en accueillant les boues à grand débit et en les écoulant vers le traitement primaire à débit réduit et continu. (Klingel et al., 2002).

3.7.2 Bassins de sédimentation/épaississement

Les bassins de sédimentation/épaississement permettent une sédimentation des matières décantables et livrent un surnageant clarifié pouvant être traité ultérieurement. Les boues accumulées au fond des bassins sont retirées de façon périodique à l'aide de conduites de soutirage. Selon les systèmes, le soutirage peut également s'effectuer manuellement ou au moyen de chargeurs frontaux après évacuation de la colonne de liquide. Les boues sédimentées nécessitent généralement un traitement ultérieur.

Les bassins de sédimentation conviennent au traitement des BV partiellement stabilisées comme celles provenant de fosses septiques ou de la plupart des autres systèmes d'assainissement (Klingel et al., 2002). L'avantage est que système est simple et fiable avec faible emprise au sol. Mais, ne convient pas au traitement des BV fraîches.

Conception et dimensionnement:

Les bassins de sédimentation doivent présenter un volume suffisant pour l'accumulation des boues et une colonne de liquide de hauteur suffisante (> 1,5 m) pour permettre une bonne décantation (Klingel et al., 2002). Les bassins doivent être équipés de déflecteurs assurant à la fois le maintien de conditions hydrauliques favorables à la sédimentation et la rétention des écumes. La structure des bassins dépendra de la technique de soutirage choisie pour les solides décantés. S'il se fait par pompage ou par pression hydrostatique, le bassin doit être pourvu d'une trémie à boues à partir de laquelle ces dernières sont retirées. Si le soutirage se fait manuellement ou au moyen de chargeurs frontaux, le bassin doit être doté d'une rampe d'accès. Le système doit comprendre au moins deux bassins en parallèle pour assurer un service continu malgré les interruptions dues aux vidanges périodiques. La taille des bassins doit être conditionnée par l'intervalle choisi pour le soutirage des boues (2 semaines à 2 mois) et calculée à l'aide du volume de boues sédimentées en fonction de la charge massique des solides en entrée compris entre 5 et 9 l/kg MS (Klingel et al., 2002).

3.7.3 Lits de séchage

Les lits de séchage sont constitués d'un filtre à gravier/sable équipé d'un système de drainage. Les BV brutes ou pré-épaissies sont chargées sur le lit et l'eau qu'elles contiennent s'évacue dans sa majorité par percolation à travers le filtre, le reste par évaporation. Les boues ainsi déshydratées peuvent être soit directement mises en décharge soit soumises à un traitement d'hygiénisation si une valorisation agricole est envisagée. La qualité des percolats est améliorée par la filtration mais un polissage peut être encore nécessaire. On obtient une faible teneur en eau des boues séchées et une assez bonne qualité des percolats (par rapport aux surnageants des systèmes de sédimentation). La technologie est bien maîtrisée et est d'une grande fiabilité.

Conception et dimensionnement:

Différents systèmes ont été développés pour le séchage des boues d'épuration digérées. Le plus répandu est le lit de sable (cf. schéma). Ils peuvent être dimensionnés pour une charge de 150-200 kg MS par m2 et par an. Les boues séchées peuvent être retirées au bout de 7 à 14 jours selon les conditions climatiques.

3.8 Analyse statistique

Les données de l'enquête ont été traitées avec le logiciel Microsoft EXCEL et analysées par la statistique descriptive.

4.1 CARACTERISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES DES POPULATIONS

Les caractéristiques socioéconomiques de la population de Bafoussam sont résumées en fonction du type de quartiers dans le tableau 5.

Tableau 5 : Caractéristiques socioéconomiques des types de quartiers de Bafoussam

 
 

Quartiers

 

Caractéristiques

défavorisés

aisés

mixtes

N

%

N

%

N

%

Nombre de ménages

60

49 ,6

36

29,7

25

20,7

Genre

Hommes

Femmes

51

9

85,0

15,0

23

13

63,9

36,1

18

7

72,0

28,0

Tranche d'âge

18-40

40-55

55+

14

28

18

23,3

46,7

30,0

10

20

6

27,8

55,6

16,6

9

9

7

36,0

36,0

28,0

Etat matrimonial

Marié(e)s

Célibataires

Autres1

50

3

7

83,3

5,0

11,7

30

0

6

83,3

0,0

16,6

20

2

3

80,0

8,0

12,0

Religion

musulmane

Chrétienne

Traditionnelle

11

48

1

18,3

80,0

1,7

/

34

2

/

94,4

5,6

6

19

2

16,0

76,0

8,0

Niveau d'éducation

Primaire

Secondaire

Supérieur

Autres2

14

23

8

15

23,3

38,3

13,3

25,0

1

11

23

1

2,7

30,7

63,9

2,7

3

12

5

5

12,0

48,0

20,0

20,0

Occupations professionnelles

Salarié(e)s

Retraité(e)s

Activités libérales

Ethnie

Bamiléké

Autres3

Taille de la famille

0-6

6-12

12+

Durée de résidence

0-10

10-20

20-30

30+

PR4

17

11

32

35

25

20

31

9

23

18

15

2

2

28,3

18,3

53,3

58,3

41,7

33,3

51,7

15,0

38,3

30,0

25,0

31,3

2,3

29

1

6

22

14

27

6

3

23

12

1

/

/

80,5

2,8

16,7

61,1

38,9

75,0

16,7

8,3

63,9

33,3

2,8

/

/

7

6

12

21

4

5

15

5

8

4

6

6

1

28,0

24,0

48,0

84,0

16,0

20,0

60,0

20,0

32,0

16,0

24,0

24,0

4,0

Revenus des ménages5

0-30000

30000-50000

50000-70000

70000-90000

90000+

Matériau de construction

briques de terre

semi-dur

dur

38

9

/.

2

11

35

3

32

63,3

15,0

/

3,3

18,3

58,3

5,0

36,7

/

6

7

3

20

3

3

30

/

16,6

19,4

8,3

55,7

8,3

8,3

83,4

5

6

2

4

8

7

/

18

20,0

24,0

8,0

16,0

32,0

28,0

/

72,0

4Pas de Réponse

5Revenus mensuels

N= Nombre

1Veuf/ve ou divorcé(e)

2Non scolarisé(e) ou formation coranique

3 Ethnie autre que Bamiléké

%= Pourcentage

Le tableau 5 montre que la population de Bafoussam est constituée en majorité des chefs de ménages hommes dans tous les quartiers (73,6 %), âgés de plus de 40 ans (89,0 %), mariés (81,0 %), de religion chrétienne dominante (83,0 %), dont plus de 50,0 % ont reçu une formation au delà du secondaire. Les activités professionnelles libérales sont prédominantes dans les quartiers défavorisés (53,0 %) et dans le quartier mixte (48,0 %) alors que les quartiers aisés regorgent beaucoup plus de salariés et retraités (80,0 %). L'ethnie Bamiléké est dominante avec une forte proportion dans le quartier mixte (84,0 %). Ceci s'explique par le fait que les locataires étrangers de ce type de quartier repoussent les titres de chefs de ménages aux propriétaires Bamilékés. La taille des familles est plus élevée (6 à plus de 12 personnes) dans les quartiers défavorisés (66,7 %) et le quartier mixte (80,0 %), mais plus faible (0 à 6 personnes) dans les quartiers aisés (91,7 %). La taille élevée des familles dans les quartiers défavorisés et dans le quartier mixte justifie la forte densité de ces types de quartiers. Par ailleurs, la présence exclusive des célibataires et des musulmans nantis d'une éducation coranique dans ces deux types de quartiers semble par contre expliquer leur hétérogénéité. Les revenus mensuels varient du faible (0 à 30000 FCFA) au fort (plus de 90000 FCFA) dans les quartiers défavorisés et dans le quartier mixte alors que ces revenus sont en majorité supérieurs à 90000 FCFA dans les quartiers aisés. L'utilisation du matériau local est plus caractéristique des quartiers défavorisés (58,3 %) alors que les logements en dur sont plus fréquents dans les quartiers aisés et le quartier mixte avec 83,4 % et 72,0 % respectivement.

Pour toute la ville, la durée de résidence se situe entre 0 et 30 ans, correspondant à la période de transformation de la ville en chef lieu de la province de l'Ouest. Période pendant laquelle le retour spontané des élites et autres populations au bercail s'est effectué sans que les équipements indispensables à la voirie ne soient mis en place, d'où la naissance des bidonvilles où les logements sont construits sans respect du plan d'urbanisation, sans routes d'accès. La population s'est installée de façon désordonnée.

4.2 ROLES DES PRINCIPAUX ACTEURS DE LA CHAINE

D'ASSAINISSEMENT

Le tableau 6 présente les principaux acteurs de la chaîne d'assainissement de la ville de Bafoussam.

Acteurs

Missions principales

1- Commune urbaine

- Exécution des projets d'assainissement

- Assainissement pluvial

- Collecte et compostage des ordures ménagères

- Vidange sanitaire

- Aménagement et entretien de la voirie urbaine

- Contrôle de l'implantation des constructions

2- Délégations ministérielles

 

- Développement Urbain et Habitat

- Aménagement et entretien de la voirie urbaine

- Elaboration de la politique d'assainissement

- Appui la mairie et autres organisations dans

l'exécution de la politique d'assainissement

- Assainissement pluvial

- Santé Publique

- Contrôle de la qualité des eaux, des denrées

alimentaires et des boissons

- Suivi des projets d'approvisionnement en eau

potable et d'assainissement

- Normalisation des critères de pollution

- Eau et Energie

- Conception et exécution de la politique de l'eau

et de l'assainissement dans les villes et les

campagnes

- Environnement et Protection de la Nature

- Sensibilisation, appui technique et renforcement

des capacités des associations communautés

pour la lutte contre la pollution.

- L'inspection, constat, conseil, recommandations

aux entreprises qui produisent les déchets

3- ONG

 

- CIPCRE

- Gestion des déchets solides urbains

- Sensibilisation et appui des communautés à

l'éducation environnementale

- Curage des caniveaux (assainissement pluvial)

- GIC ASPREM

- OCALUCH

- ORISAD

- FIDEPE

4 - Autres

 

- Etablissement KINMO

- Vidange sanitaire

Tableau 6 : Acteurs de la chaine d'assainissement de la ville de Bafoussam

Le tableau 6 montre que les principaux acteurs qui interviennent dans l'assainissement de la ville de Bafoussam sont nombreux et on assiste à un conflit d'attributions, un chevauchement des responsabilités caractérisé par un manque de concertation. Ces principaux acteurs sont : la commune urbaine, les délégations (provinciales de l'Ouest et départementales de la Mifi) des différents ministères, les ONG et les entreprises privées. Leurs niveaux d'intervention et difficultés sont décrites ci-dessous.

4.2.1 Commune urbaine

La mission principale de la mairie dans l'assainissement urbain est d'exécuter les projets d'aménagement de la voirie, la gestion des déchets liquides et solides, le drainage des eaux pluviales etc. Elle est aussi responsable de la décharge publique. Elle intervient dans la collecte et la mise en décharge des déchets solides dans la ville avec deux camions et une pelle chargeuse. Elle possède un camion citerne de 6 m3 pour la vidange sanitaire. Le taux de recouvrement actuel sur l'ensemble de l'espace urbain pour la collecte des ordures et la vidange sanitaire est très faible, parce que ses actions ne sont pas étendues à tous les quartiers de la ville. Cette situation est révélatrice de la mauvaise salubrité générale observée dans la ville de Bafoussam. Au niveau de la décharge, les déchets sont déversés sans traitement. En effet, la mairie est limitée dans ses actions par sa faible capacité administrative et financière, une insuffisance de personnels qualifiés et d'équipements. Cependant, dans le cadre de la décentralisation, il revient à la mairie de formuler un cadre réglementaire municipal pour une bonne gestion des déchets solides et des boues de vidange. A cet effet, plusieurs tentatives ont été déjà menées pour définir un lieu de déversement contrôlé et les règles d'opération des camions. Mais, suite au manque de formation des agents municipaux, les services techniques n'ont pas été aptes à de telles tâches et les tentatives ont échoué.

4.2.2 Délégations ministérielles et ONG

Les délégations ministérielles jouent un rôle essentiellement administratif dans l'assainissement. Ils sont sans impact apparent sur la gestion des boues de vidange. Les organisations non gouvernementales qui interviennent dans l'assainissement à Bafoussam sont :

le Cercle International pour la Promotion de la Création (CIPCRE), le Goupe d'Initiative Commune (GIC ASPREM), la Fondation Internationale pour Développement, l'Education l'Entrepreunariat et la Protection de l'Environnement (FIDEPE), l' Organisation Sociale d'Appui aux Processus de Développement et de la Communication (OCALUCH). L'Organisation Internationale pour la Santé et le Développement (ORISAD). Le champ d'action commun de ces structures est la gestion des déchets solides urbains, la sensibilisation et l'appui des communautés à l'éducation environnementale. La plus importante de ces organisations dans la collecte et le compostage des ordures ménagères est le CIPCRE et GIC ASPREM tandis que les autres n'ont pas d'actions concrètes sur le terrain. Elles ont chacune des quartiers d'intervention où elles ont le monopole et n'interviennent pas dans la gestion des boues de vidange. Elles se servent de deux vieux camions de 7m3 de travaux publics pour le transport des ordures ménagères. Malgré leur intervention dans la gestion des ordures ménagères, le taux de recouvrement des quartiers de la ville est encore inférieur à 40 %. Plus de 60 % de la population déversent les ordures dans les cours d'eau, dans les terrains non construits et sur la voie publique. C'est pourquoi il est rare de trouver une rue sans poubelle dans les quartiers défavorisés de Bafoussam. Les délégations ministérielles et ces organisations ont des moyens limités(déblocage tardif du budget, manque de sources de financement...), insuffisance de personnel et manque d'infrastructures.

4.2.3 Etablissement KINMO

L'unique entreprise privée identifiée est l'établissement KINMO. Son activité principale est la vidange sanitaire. Elle possède un camion citerne de 6 m3 et un personnel réduit à deux agents et un chauffeur pour la vidange des fosses. Elle vidange en moyenne 15 fosses par mois à des coûts compris entre 25000 francs CFA et plus de 55000 francs CFA. Généralement, d'après nos enquêtes, ces coûts semblent être plus élevés que ceux de la commune urbaine. Les responsables de l'entreprise privée expliquent que cela est dû aux charges financières de l'entreprise : masse salariale des employés, carburant, impôts, les tracasseries policières, etc.

4.3 TECHNNIQUES DE GESTION DES BOUES DE VIDANGE

4.3.1 Les ouvrages d'assainissement autonome

La figure 9 montre la répartition des ouvrages d'assainissement autonome de la zone d'étude en fonction des quartiers.

Figure 9 : Répartition des types d'ouvrages sanitaires en fonction des quartiers

Il ressort de la figure 5 que les principaux ouvrages sanitaires rencontrés dans

tous les quartiers étudiés sont les fosses septiques (49 %) et les latrines (59 %). Les fosses septiques sont installées dans les logements modernes raccordés au réseau d'adduction d'eau. Ces logements sont retrouvés en majorité dans les quartiers aisés. Dans ces quartiers, on peut retrouver des logements ayant à la fois une fosse septique et des latrines pour éviter les coupures d'eau qui empêchent la communication entre les équipements internes de la douche et la fosse septique. Cette utilisation des latrines couplées aux ouvrages modernes permet aussi de réduire la consommation d'eau. Les latrines peuvent avoir les dalles en ciments (97 %) ou en bois (3 %). Elles sont utilisées dans les quartiers non raccordés au réseau d'adduction d'eau. Dans l'ensemble des quartiers, les latrines avec dalles en bois sont presque inexistantes. L'amélioration des conditions de vie a provoqué un changement de mentalité et, malgré la pauvreté, la population tend à moderniser les ouvrages sanitaires. Les fosses septiques étant aménagées par les personnes ayant un revenu élevé. Il a été intéressant de constater qu'aucune de ces latrines n'était associée à l'élevage des porcs, même si quelques-unes n'étaient pas couvertes d'un toit. Cependant, il a été constaté qu'une autre catégorie de ménages rencontrée n'ont pas d'ouvrages sanitaires dans leurs logements et utilisent soit ceux des voisins, soit le cours d'eau qui coule derrière l'habitation, les chefs de ménages n'ayant pas les moyens pour aménager une fosse septique ou des latrines.

Les 2/3 des latrines ont été construites il y a plus de 10 ans et sont réalisées pour la plupart par des tâcherons non qualifiés. Leurs coûts de réalisation sont moins élevés, en moyenne 50 000 à 70 000 FCFA selon le degré de finition des travaux. Plus de 2/3 des ménages ne sont pas satisfaits du fonctionnement de ces ouvrages qui attirent ou sont souvent envahis par les mouches, les cafards et souris, avec dégagement des mauvaises odeurs. Ceci étant une conséquence des défauts de construction et d'entretien. Par contre, les fosses septiques sont réalisées par une main d'oeuvre plus ou moins qualifiée à des coûts moyens de 400 000 FCFA. Généralement, tous ces ouvrages sont utilisés jusqu'à remplissage, contrairement à la réglementation qui recommande que : la fosse septique utilisée de façon saisonnière soit vidangée au moins une fois tous les quatre ans et celle qui est utilisée à l'année longue soit vidangée au moins une fois tous les deux ans (MEF, 1996). Pour les utilisateurs des latrines, deux situations se présentent : dans les quartiers défavorisés et le quartier mixte, 5 % des ménages n'ont jamais vidangé leurs ouvrages. Lorsque les latrines sont pleines, les chefs de ménages ferment celles-ci pour les reconstruire ailleurs dans un espace plus ou moins éloigné du premier ouvrage. Par contre, 95 % des ménages assurent les vidanges mécaniques lorsque les latrines sont pleines.

4.3.2 Techniques, fréquences et coûts de vidange des boues à Bafoussam

4.3.2.1 Techniques de vidange

Les fosses septiques sont vidangées dans tous les quartiers étudiés par des camions. Le camion a à son bord un chauffeur et au moins un agent de vidange. La technique proprement dite comprend les étapes suivantes :

· dilution des boues de vidange

Les boues sont arrosées avec une bonne quantité d'eau (200 à 300 l) en fonction du type d'ouvrage pour favoriser la liquéfaction. Pendant cette opération, les vidangeurs utilisent un bambou muni d'ergots pour extraire les objets plastiques et non biodégradables susceptibles de boucher le tuyau d'aspiration du camion. (figure 10).

Source : Defo

Figure 10 : Séance de dilution des boues de vidange d'une fosse septique

· raccord du tuyau d'aspiration entre la vanne de la citerne du camion et la fosse.

· démarrage du moteur et aspiration des boues par le camion.

A la fin de la vidange (3 heures au minimum), les agents de vidange désinfectent les coins de l'habitation où les boues résiduaires se sont déposées à l'aide du crésyl. Cependant, dans certains ménages où le chef de ménage n'a pas été vigilant, cette désinfection n'est pas bien faite ou pas du tout faite. Par ailleurs, les règles de sécurité prescrites par les constructeurs de camion de vidange ne sont respectées par les vidangeurs. Ils travaillent sans aucune protection sanitaire (port des gants et bottes en plastiques, masques, blouses...) (Figure 10). Les raisons étant le refus d'acquisition de ces équipements par la hiérarchie pour des raisons inexpliquées (personnelles, égoïstes ou malveillantes).

4.3.2.2 Fréquences de vidange

Le tableau 7 présente la répartition des fréquences de vidange dans la zone d'étude.

Tableau 7 : Répartition des fréquences de vidange en fonction des quartiers dans la ville de

Bafoussam.

 

Quartiers

Fréquences

Quartiers (%)

aisés (%)

mixtes (%)

4 ans

/

13

8

10 ans

20

40

40

15 ans

80

47

52

Une faible proportion de ménages vidangent après moins de 4 ans de résidence et le reste vidange après plus de 10 ans. Dans les quartiers défavorisés, aucun chef de ménage ne vidange après moins de 4 ans alors que dans les quartiers aisés, 13% de ménages vidangent avant 4 ans et 8% le font dans le quartier mixte. A l'intérieur de chaque type de quartiers, le rythme de vidange est très variable (de 4 à plus de 15 ans). Cette variation du rythme est contraire à la réglementation et est due quelques fois à l'ignorance de la loi par le chef de ménage qui attend que la fosse soit pleine avant de la vidanger. L'inefficacité de contrôle du service d'hygiène, le faible revenu des chefs de ménages et les coûts élevés de vidange peuvent aussi être relevés.

4.3.2.3 Coûts de vidange

Les coûts de vidange pratiqués dans la zone d'étude sont résumés dans le tableau 8

Tableau 8: Répartition des coûts de vidange en fonction des quartiers dans la ville de

Bafoussam

 

Quartiers

Coûts (FCFA)

défavorisés (%)

aisés (%)

mixte (%)

0-25000

25000-35000

35000-45000

45000-55000

55000+

PR

/

5,0

21,6

20,0

45,0

8,4

32,8

8,3

20,0

20,0

15,6

3,3

4,0

20,0

16,0

36,0

12,0

12,0

PR=Pas de Réponse

Les coûts de vidange sont restreints aux frais de vidange effectués par le camion de la mairie et celui de KINMO. D'après le tableau 8, les frais de vidange varient de 20 000 FCFA à plus de 55 000 FCFA. Ces coûts sont fonction de la distance, de l'état de fonctionnement des fosses septiques ou des latrines (dépôt d'objets non biodégradables, éboulements, accessibilité, rapports sociaux entre le chef de ménage et les gestionnaires des services de vidange). Pour la plupart des chefs de ménages, ces prix sont excessifs et pour d'autres, ils sont raisonnables. Parmi eux, d'autres se sont abstenus parce qu'ils n'ont jamais vidangé et ne connaissent pas les coûts de vidange. Ces coûts varient en fonction de l'entreprise. Les coûts étant moins élevés à la mairie qu'à l'entreprise privée. Ce qui est normal puisque la commune urbaine intervient dans un cadre plus social que commercial. Malgré cela, certains chefs de ménages refusent de solliciter la mairie à cause de la procédure plus longue et compliquée d'acquisition du camion de vidange. Ceux-ci préfèrent payer plus cher à l'entreprise privée où la procédure est plus simplifiée et les coûts de vidange plus élevés. Les chefs de ménages qui jugent les prix raisonnables sont ceux ayant un revenu assez élevé. Les frais de vidange sont exigés avant l'exécution de la prestation de vidange et souvent en totalité. Les chefs de ménages à faibles revenus sont obligés de retarder la vidange jusqu'à ce qu'ils soient obligés par crainte de verser des pénalités au service d'hygiène. Ils sont souvent obligés grâce à la pression des voisins fatigués de supporter les odeurs nauséabondes dégagées.

4.3.2.4 Quantités de boues pompées par les camions par an

Données

Nombre de camions : 2

Volume d'un camion : 6m3

Nombre de vidanges mensuels par camion : 10

Volume de boues par an

V= 2X6X10X12= 1440 m3

4.4 CARACTERISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES DES BOUES DE

VIDANGE

Les résultats de l'analyse des paramètres physico-chimiques sont présentés dans le tableau 9.

Tableau 9: Caractéristiques physico-chimiques des boues de vidange de Bafoussam

Paramètres mesurés

Boues d'une fosse septique

Boues d'une latrines sèche

pH

Température ( °C)

Conductivité ( ìs/cm)

MES(mg/l)

MS (mg/l)

Turbidité (mg/l)

STD (mg/l)

Teneur en eau (%)

DCO (mg/l)

NH4+ (mg/l)

PO43- (mg/l)

7,6

22,1

1434

1280,5

39,5

879

708

/

/

/

/

7,6

22,1

1646

/

/

/

702

50,7

60500

1472,9

1044,8

Le tableau 9 montre que la température, la conductivité et le STD des boues de la ville de Bafoussam ne varient pas en fonction du type d'ouvrage. Ces paramètres ont sensiblement les mêmes valeurs pour les latrines sèches que pour les fosses septiques. Comparés aux caractéristiques des boues du tableau 1, le pH reste autour de 7 (milieu neutre). Il ne s'éloigne pas de la valeur que nous avons obtenus sur le terrain. pas La Demande Chimique en Oxygène (DCO) et des boues prélevées est très élevée par rapport à celle du tableau 1. fosses septiques, 62500 mg/l contre 7800 mg/l-4200mg/l. De même, la quantité d'azote ammoniacale NH4+ varie de la même façon que la DCO. Par contre, les matières sèches sont très élevées dans les boues des villes de Accra, Ouagadougou, Bangkok, Alcorta par rapport à celle boues de ville Bafoussam. En raison de la percolation élevée des eaux des latrines par rapport à celles des fosses septiques, les boues des latrines sont moins diluées que celles des fosses septiques. Cette situation explique les fortes teneurs en DCO et en azote ammoniacal contenues dans les boues des latrines sèches par rapport à celle des fosses septiques. Par ailleurs, la fosse septique est un ouvrage moderne de prétraitement des boues de vidange et on comprend pourquoi elle regorge des concentrations en polluants moins élevées que les latrines, les boues qu'elle contient subissent une transformation plus poussée que celles des latrines.

D'après Rehacek (1996), il faut signaler que les concentrations des boues en NH4+ et en NH3 sont dépendentes de la température et du pH du milieu. Pour une température de 30° C et un PH de 7,8, la concentration en NH3 est autour de 5% de (NH4+ - NH3)-N. Lorsque le pH est de 8,2, cette concentration monte à 10%. Ce dernier cas est comparable aux caractéristiques des boues de Bafoussam. Le NH3 est très toxique pour l'environnement. D'après Bechac et al., (1983) il inhibe l'action des bactéries methanogéniques dans les processus anaérobiques et la prolifération des algues dans les cours d'eau. C'est grand vecteur d'eutrophisation des cours d'eau. Les boues de Bafoussam, sont riches en NH4+ et les risques de contamination de la nappe sont à craindre.

D'après Bechac et al., (1983), les niveaux de rejet sur les MES et la DCO sont fixés respectivement à 30mg/l et 90mg/l. Or les boues de la ville de Bafoussam présentent de très fortes concentrations en MES et en DCO (tableau 9). Les risques liés à la dégradation des écosystèmes du site de decharge sont à craindre. Pour cette raison, les boues de vidange constituent un danger pour l'environnement et la santé des populations.

4.5 IMPACT DES BOUES DE VIDANGE SUR LES POPULATIONS DU SITE

DE DECHARGE

Les principales nuisances évoquées par les populations du site de décharge sont résumées sur le tableau 10.

Tableau 10: Types de nuisances indiquées par les populations du site de décharge

Types de nuisances

Effectifs

Nombre %

Odeurs

30

80,0

Sources de maladies

30

73,3

Prolifération des moustiques

30

63,3

4.5.1 Les nuisances causées par les boues de vidange sur les populations

Il ressort du tableau 10 qu'il existe trois principales nuisances causées par les boues de vidange sur les populations du site de décharge : mauvaises odeurs, prolifération des moustiques et maladies. Ces nuisances font l'objet de plusieurs conflits entre les vidangeurs et la population et dont plusieurs plaintes seraient déposées au niveau du préfet de la Mifi. Malgré ces plaintes qui semblent ne pas avoir de suite, les boues continuent à être décharger à proximité de la rivière Noun (Figure 11) dont les conséquences sur les plantes, sur les animaux et les populations qui utilisent cette eau en aval peuvent être néfastes à long terme.

4.5.2 Types de maladies causées par les boues de vidange sur les populations du site

de décharge

Tableau 11 : Types de maladies causées par les boues de vidange sur les populations

Types de maladie

Effectifs

Nombre d'enquêtés %

Ankylostomiase/Ascaridiose

30

63,3

Choléra/Typhoïde

30

54,6

Diarrhée/amibiase/Hépatite A

Distomatose/Schistosomiase

30

30

60,2

40,5

Le tableau 11 montre que l'effet néfaste des boues de vidange sur la santé des populations est réel. Dans ce tableau les différentes maladies recueillies dans les carnets d'hôpital des enquêtés montrent que ces maladies sont dues au contact des personnes avec les boues de vidange (diarrhée, amibiase, hépatite infectieuse), contamination par l'eau (Choléra, typhoïde). L'enquête a montré que les populations de cette zone ont pour seule point d'approvisionnement en eau potable la rivière Noun. Puisque les populations ne sont pas éloignées du point de décharge, on comprend pourquoi elles souffrent des maladies causées par l'eau polluée par les boues de vidange. D'autres formes de maladies sont dues par contamination par les champs et le sols (diastomiase, ankylostomiase).

a

b

Source : Defo

Figure 11 : Décharge des boues de vidange dans la nature sans traitement

a. Décharge des boues de vidange par le camion

b. Les boues déversées s'écoulent vers la fosse.

4.6 STATION D'EPURATION

4.6.1 Dimensionnement des ouvrages

Bassin de réception : 100 m3

Profondeur : 1m

Surface : 10m x 10 m

4.6.1.1 Bassin de sédimentation/épaississement

Données :

Profondeur : 2m

Temps de rétention : 1 mois

Matières Sèches : 39,5 g/l

Volume de boues pompées par mois : 120 m3

Charge massique du bassin : 8 l/ kgMS

Paramètres à calculer :

Masse de boues nécessaires : 120 000x 0,0395 = 4800 kg

Volume du bassin : 0.008x4800 = 40 m3

Surface nécessaire

Volume : 40 m3

Profondeur : 2 m

Surface : 40/2 = 20 m3

Longeur : 5 m

Largeur : 4 m

On utilisera deux bassins de 40 m3 en parallèle pour assurer un service continu.

4.6.1.2 Lits de séchage

Profondeur : 0,8 m

Masse de boues : 4800 kg

Temps de rétention : 10jours

Charge massique du lit : 17 kgMS/mois/m2

Surface nécessaire : 4800 /47 = 282 m2/mois

Pour un temps de rétention de 10 j , la surface nécessaire sera : 94 m2

Partie rectangulaire

Profondeur : 0,7m

Surface : 94 m2

Longueur : 10 m

Largeur : 9,4 m

Partie de section triangulaire

Profondeur : 0,1m

Pente : 1 :20

Volume : base x hauteur x longueur = 2 x 0,1 x 10 x 2 = 4 m3

NB : longueur = pente x profondeur = 2m

On aménagera 3 lits de séchage de 94 m2

4.6.2 Fonctionnement de la station

Les camions déversent leur contenu dans le bassin de réception. Les boues coulent selon la pente et les objets grossiers sont retenus au niveau des grilles prévues à cet effet. De là, les boues sont déversées dans l'un des bassins de sédimentation/épaississement. Ces bassins ont chacun un volume de 40m3. Les matières solides décantent. On obtient une phase solide et une phase liquide. La phase liquide (eaux usées) est conduite par le tuyau PVC vers le réseau de traitement des eaux usées. Les boues décantées sont recueillies répandues sur des lits de séchage. Le soutirage peut s'effectuer manuellement ou au moyen de chargeurs frontaux après évacuation de la colonne de liquide et respect d'une période de séchage. Les lits de séchage sont utilisés à alternativement : si l'un est rempli, Les boues sont déversées dans les autres. Chaque bassin de lit de séchage a un volume de 70 m3 avec 0.8 m de profondeur. Les lits de séchage ne sont pas plantés, mais les bassins sont garnis des cailloux surmontés de sable. Après séchage, les boues sont récupérées et peuvent être utilisées en agriculture.

Le présent système proposé pour le traitement des eaux usées n'est pas dimensionné en fonction des caractéristiques de celles-ci. Ce système est une proposition faite par Klingel et al. en 2002.

De ces bassins, les différentes phases liquides coulent directement à travers les regards dans le bassin de la série nommé « anaérobie » parce que sa profondeur de 3 m garantit l'absence d'oxygène dans les couches plus profondes et a un volume de 100 m3

Du bassin anaérobie l'eau passe dans le bassin facultatif, lorsque ce premier est rempli, à travers des tuyaux PVC, qui relient les deux bassins. A la sortie du bassin anaérobie, le tuyau PVC communique avec un tuyau en T, plongé environ à 30 cm dans l'eau.

Le bassin facultatif est le plus volumineux de la série avec un volume de 320m3 pour 1,5 m de profondeur. Il comprend deux zones (une zone anaérobie au fond et une aérobie à la surface). Le temps de rétention est de l'ordre de 5 à 20 jours. Lorsque ce bassin est rempli l'eau passe dans le 1er bassin de maturation à travers un tuyau en T.

Bassin de maturation : il existe deux bassins de maturation de même dimension, 180 m3 pour une profondeur de 1,5 m. Les deux derniers bassins de la série sont les bassins de maturation. Ici on veut éliminer des germes pathogènes et réduire le nombre des coliformes fécaux. Le temps de rétention est de l'ordre de 6 à 8 jours. Après la maturation, les eaux traitées sont stockées dans deux réservoirs semi enterrés de 20 m3 chacun. Il est prévu de les utiliser dans le maraîchage ou dans l'irrigation.

La figure 12 présente les différentes étapes de traitement des boues de vidange.

1

2

3

4 5

6

7

8

9

Figure 12 : Option de traitement des boues de vidange de la ville de Bafoussam

Légende

1 : Bassin de réception

2 : Regards

3 : Bassins de sédimentation/épaississement

4 : Lits de séchage

5 : Bassin anaérobie

6 : Bassin facultatif

7 : Bassin de maturation

8 : Regard

9 : Réservoir de stockage de l'eau traité

4.7 PRINCIPALES CONTRAINTES

4.7.1 Au niveau de la population

Les contraintes sont nombreuses et les plus importantes sont :

1. Faibles revenus des ménages

La population active de Bafoussam est estimée à près de 135000 personnes, soit 45 % de la population totale. Parmi lesquelles 108000 vivent en-dessous du seuil de la pauvreté admissible (moins d'un dollar US/jour) (PACCDU, 2004). La majorité de cette population vit dans les quartiers défavorisés. Pour cette raison, elle rencontre beaucoup de difficultés pour vidanger les ouvrages sanitaires qui sont généralement les latrines. Pour certains, pour vidanger, ils font appel à leurs enfants qui sont plus nantis ou demandent l'aide des parents. Pour d'autres, ce sont les tontines ou les prêts des parents ou des voisins (quand ils sont sous pression du service d'hygiène de la commune urbaine) qui leur facilitent le paiement des frais de vidange de leurs ouvrages sanitaires. Quand les moyens financiers ne sont pas disponibles, les latrines sont fermées et les membres des ménages sont obligés d'aller chez les voisins pour leur aisance.

2. Ignorance de la loi sur la vidange

Conformément à la réglementation sur la vidange des boues, les ouvrages se trouvant dans les résidences habitées temporairement doivent être vidangés au moins une fois tous les quatre ans et les ouvrages implantés dans les habitations occupées en année longue doivent être vidangés au moins une fois tous les deux ans (MEF, 1996). A cause de l'ignorance de cette réglementation, les populations attendent plutôt le remplissage des ouvrages avant de les vidanger. Certains ménages ferment les ouvrages pour les reconstruire ailleurs dans la même concession et pendant ce temps, ils utilisent ceux des voisins. Ce comportement est à l'origine de nombreuses nuisances causées aux membres des ménages ou aux voisins par les mouches, les cafards et les souris. Les risques de pollution de la nappe phréatique, la souillure des puits creusés pas loin de ces ouvrages sont à craindre.

3. Non respect des normes de construction et mauvaise utilisation des ouvrages

Les sites de construction des ouvrages ne respectent aucune logique. Les latrines sont construites à coté, derrière ou devant les maisons, à côté de la route ou des puits sans respect des règles d'hygiène simples et sans tenir compte des voies d'accès pour la vidange. Le sous dimensionnement des ouvrages à des profondeurs très réduites (2 à 3 m) pour des grandes familles favorise le remplissage rapide, nécessitant des vidanges fréquentes pour des revenus limités. La construction des latrines sans respect de la topographie et des normes est la cause des éboulements fréquents observés dans ces ouvrages qui rendent la vidange difficile ou impossible. Les latrines sont mal utilisées avec dépôt d'objets divers, quelques fois non biodégradables (bouteilles cassées, boîtes...). Ces objets favorisent le remplissage rapide et rendent difficile la vidange avec pour conséquence l'augmentation des frais de vidange. Dans les hauts standings composés de fosses septiques, le système de tuyauterie souvent mal posé (dimensionnement, pentes...), mal utilisé est aussi souvent bouché. Certains immeubles ne possédant pas de colonnes de compression souffrent des remontées d'odeurs provenant des fosses.

4. Manque d'infrastructures de base

L'accès aux ouvrages par les camions de vidange est très difficile par manque de route. Ceci est dû aux constructions anarchiques des maisons, dans les quartiers défavorisés en particulier. Ce qui oblige les camions de vidange à utiliser les rallonges pour atteindre les ouvrages. Tout ce travail supplémentaire ajouté au temps perdu sont à la cause de la réticence des agents de vidange, sinon de l'augmentation des frais. La plupart des maisons non reliées au réseau d'adduction d'eau de la SNEC utilisent des latrines. Cette situation rend difficile la liquéfaction des boues pendant les vidanges dans les concessions où les puits n'existent pas. Alors, il faut aller chercher de l'eau plus loin avec des coûts supplémentaires.

4.7.2 Au niveau des acteurs

4.7.2.1 Commune urbaine

1. Manque de cadres techniques spécialisés dans la gestion de l'environnement

Malgré la volonté des responsables de la commune, il y a manque de cadres techniques spécialisés dans la gestion de l'environnement dans la structure. Le service de vidange est géré par des agents recrutés et formés sur place. Sans technicité, ceux-ci exercent tout simplement des travaux de routine. Par ailleurs, aucune réflexion n'est faite pour le traitement des boues de vidange ou des eaux usées plus généralement.

2. Contrôle systématique d'hygiène et de salubrité insuffisant

Ce contrôle permettrait non seulement de sanctionner, mais de sensibiliser et d'éduquer les populations aux règles simples d'hygiène et de salubrité. Réellement, ce contrôle qui autrefois était fréquent est devenu irrégulier. Et quand il est fait, les agents sont très souvent corrompus ou sont découragés par l'intervention de certains responsables hiérarchiques lors de l'application des sanctions.

3. Procédure administrative d'octroie du camion de vidange longue

. En effet, lorsque la demande de location du camion est déposée au bureau du courrier de la commune urbaine, elle est transmise au secrétariat général, puis au Délégué du gouvernement avant d'être envoyée au service technique pour mettre le camion au service du client. En outre, lorsque l'un des responsables est absent, la procédure se complique davantage, puisqu'il faut attendre son retour.

4. Coûts de vidange pratiqués par la commune urbaine relativement élevés

Les coûts de vidange pratiqués par la commune urbaine varient de 20000 FCFA à plus de 55000 FCFA, de même que ceux de l'entreprise privée. Compte tenu du statut social de la commune urbaine, ces prix devraient être revus à la baisse en tenant compte des revenus de la population.

5. Mauvais entretien du camion de vidange

Les pannes fréquentes pour des problèmes d'entretien simples entraînent le non fonctionnement de l'unique camion pendant plusieurs semaines. Cette immobilité du camion décourage les ménages pour lesquels le camion a déjà été assigné.

6. Motivation insuffisante des vidangeurs

Les primes des vidangeurs ne sont pas régulièrement payées. Cette situation est à l'origine du mécontentement de ces agents qui sont obligés de demander des pots de vin aux chefs de ménages ou procèdent à une utilisation abusive du camion.

4.7.2.2 Délégations ministérielles et ONG

1. Pléthore des services en charge de l'assainissement.

Cette situation est à l'origine des conflits de rôles. Les responsabilités sont déclinées à l'un ou à l'autre avec pour conséquence l'abandon total des activités.

2. Manque d'expériences et de cadres techniques :

Les ministères sont pour la plupart nouvellement créés et manquent de moyens logistiques appropriés (moyens financiers et cadres techniques...).

3. Manque de coordination entre les différents acteurs

Cette coordination permettrait une répartition des taches et une programmation des activités dans l'espace et dans le temps.

4.7.2.3 Etablissement KINMO

1. Logistiques limités

En effet, son unique camion est déjà amorti et est sujet à des pannes fréquentes. Comme la commune urbaine, les agents sont recrutés et formés surplace sans maîtrise de techniques appropriées de vidange.

2. Coûts de vidange élevés

Pour des raisons de charges (impôts, tracasserie policière, carburants, entretien du camion, salaires...), l'entreprise est obligée de charger un peu plus les frais de vidange. Pour des raisons sociales, les impôts devraient être revus à la baisse pour cette entreprise qui, à notre avis assure une oeuvre humanitaire.

4.7.2.4 Au niveau des techniques de gestion des boues de vidange

La destination (utilisation) des boues n'est pas appropriée. Elles sont déversées sans traitement dans la nature au mépris des dispositions relatives à la protection de l'environnement (loi N° 96/12 du 5 août 1996 portant loi-cadre relative à la gestion de l'environnement). Le traitement de ces boues doit être envisagé. Par ailleurs, les agents de vidange ne sont pas protégés. En outre, ils ont un salaire dérisoire pour des risques énormes. D'où le départ fréquent de ceux-ci dès qu'ils trouvent mieux ailleurs.

5.1 CONCLUSION

L'objectif de l'étude était de contribuer à l'amélioration de la gestion des boues de vidange

dans la ville de Bafoussam, chef lieu de la province de l'Ouest Cameroun. Au terme de cette étude, la conclusion est la suivante :

- Sur le plan socioéconomique, il existe deux types de populations au sein de la ville de Bafoussam: une population hétérogène aux revenus variant (du faible au fort), vivant dans les quartiers défavorisés et dans le quartier mixte. Ces types de quartiers sont moins équipés en infrastructures de base (adduction d'eau potable, route, drains...). La taille des familles y est élevée et les ménages utilisent majoritairement les latrines traditionnelles comme ouvrages sanitaires. Ensuite, une population ayant des revenus élevés vivant dans les quartiers aisés. La taille de la famille est faible et les logements sont équipés en majorité de fosses septiques. Toutefois, on remarque qu'indépendamment du statut socioéconomique de la population, la majorité des ménages ignore la réglementation en matière de vidange des boues.

- Dans la chaîne d'assainissement, on distingue une diversité d'intervenants aux rôles

plus ou moins précis. Ce sont : la commune urbaine, les services déconcentrés des ministères en charge des questions urbaines, une entreprise privée et les ONG.

- Dans tous les quartiers étudiés, il existe deux types d'ouvrages d'assainissement

autonome : les latrines et les fosses septiques. La vidange est assurée par deux camions adaptés qui font l'extraction, le transport et la mise en décharge des boues issues de ces ouvrages sanitaires.

- L'analyse physico-chimique des boues de vidange montre que leurs charges polluantes

sont très élevées.

- Les boues sont déversées après vidange sans traitement au bord de la rivière Noun. Elles constituent une source de plusieurs nuisances à la population environnante (odeurs, moustiques, maladies...).

- Plusieurs contraintes sont relevées au niveau de la population, des acteurs de la chaîne d'assainissement et des techniques de gestion pratiquées. Ainsi, les solutions suivantes sont proposées en vue de l'amélioration de la gestion des boues de vidange dans la ville de Bafoussam :

5.2 RECOMMANDATIONS

5.2.1 Au niveau des ménages 

Le succès de la maîtrise des techniques de gestion des boues de vidange passe par la participation de toutes les couches de la société. Ceci par le truchement de la sensibilisation, de l'éducation intense des populations en leur inculquant le sens le sens du civisme par les stratégies diversifiées et aussi par des mass medias disponibles. En l'occurrence par les multiples radios privées en prolifération à Bafoussam, par les presses écrites et visuelles, en organisant des débats télévisés ou non, des tables rondes, des émissions radiophoniques avec des jeux gagnants ou non, portant sur la protection du cadre de urbain; par les campagnes de proximité pour conseil, organisées auprès des ménages de leur quartier par les associations sur les dangers liés à la dégradation du cadre de vie; le renforcement du travail manuel et intellectuel sur la préservation de l'environnement par les programmes scolaires primaires, secondaires et universitaires. Ces actions d'éducation porteraient sur la nécessité de vidanger les ouvrages sanitaires, la vulgarisation des normes de construction, d'utilisation et de vidange de ces ouvrages. Le respect du plan d'urbanisation dans les quartiers faciliterait la création des voies d'accès et en conséquence la réduction des coûts de vidange.

5.2.2 Au niveau des ONG 

Pour réussir la sensibilisation, il faudrait l'apport des ONG qui sont les partenaires de développement, spécialisés dans l'animation populaire. Il faudrait aussi l'apport des Organismes de financement Tels que les Ingénieurs Sans Frontières de Catalogne qui a appuyé l'ONG ERA-CAMEROUN à Yaoundé dans différents projets où les latrines améliorées ont été expérimentées avec succès dans quartiers de Yaoundé.

5.2.3 Au niveau des autorités municipales

Le contrôle systématique d'hygiène et de salubrité devrait être redynamisé pour rappeler les chefs de ménages leur devoir (vidange des fosses). Pour rendre le service de vidange plus opérationnel, la commune urbaine devrait créer une cellule autonome de vidange, devant rendre compte à la hiérarchie sur les bases de la transparence. De plus, la capacité de vidange serait multipliée par l'acquisition d'autres engins et la mise sur pied d'un programme d'entretien. Les agents de vidange devraient être plus encouragés : assurance risques et maladies, paiement régulier des primes, mise à disposition des tenues réglementaires pour réduire les intoxications dont ils se plaignent régulièrement. Par ailleurs, dans les stratégies à long terme, il serait préférable d'utiliser les latrines ventilées, améliorées et aérées à la place des latrines simples ou traditionnelles. Ces latrines ne polluent pas la nappe, ne dégagent pas les mauvaises odeurs parce qu'elle est aérée et ventilée. Elle ne favorise pas la prolifération des moustiques et les cafards. En outre, la municipalité doit encourager et appuyer l'action des ONG auprès des populations sans se dérober de ses responsabilités.

5.2.4 Au niveau du Ministère du Développement Urbain et de l'Habitat (MINDUH)

En partenariat avec la commune urbaine, le MINDUH doit cesser d'être complaisant. Le principe de pollueur payeur doit être appliqué. Ce principe ne doit pas s'arrêter au niveau de la population, il devrait s'étendre aux vidangeurs qui pratiquent la décharge sauvage des boues dans la nature. Pour arrêter ces déversements des boues dans la nature, il faudrait construire une station de traitement des boues de vidange (figure 11). Les boues issues de la station d'épuration pourra être commercialisées comme fertilisant en agriculture. Avec l'appui du ministère des travaux publics, des routes devraient être construites dans tous les quartiers de la ville pour faciliter la circulation des camions et l'installation des adductions d'eau et l'électrification.

5.2.5 Au niveau de tous les acteurs

La mise sur pied d'un mécanisme de coordination efficace est urgent. Ceci permettrait une planification et une répartition plus rigoureuse des tâches. La mise à disposition des budgets à temps serait une motivation supplémentaire.

5.2.6 Au niveau de l'établissement KINMO 

L'étude des possibilités de réduction des coûts de vidange passerait par une grande collaboration avec les autorités policières (suppression des tracasseries) et administratives (réduction des impôts et taxes diverses).

Agendia, P. L. 1995. Treatment of sewage using aquatic plants : case of Biyem-Assi domestic sewage. Thèse non publiée de Doctorat d'Etat, Université de Yaoundé I, Faculté des Sciences, Département de Biologie Végétale. 154 p.

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Bechac, J. P.,  B. Boutin., P.Nuer. 1983. Traitement des eaux usées. Eyrolles, Paris Cedex. 279p.

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Feujio, Victor. 2002. Gestion des eaux usées hospitalières : Cas de l'hôpital de district de Dschang. Thèse non publiée de Master's, Université de Dschang, FASA, Département de Génie Rural. 56 p.

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ANNEXE 1: FICHE D'ENQUETE SOCIOECONOMIQUE SUR LA GESTION DES

BOUES DE VIDANGE A BAFOUSSAM, OUEST CAMEROUN

Enquêteur :________________________________________________________________

Numéro de questionnaire : _______________________________________________

Date :___________________________________________________________________

Lieu :____________________________________________________________________

1. INFORMATIONS GENERALES SUR LA PERSONNE ENQUETEE

Nom :___________________________________________________________________

Prénom :________________________________________________________________

Adresse complète : ________________________________________________________

Sexe :___________________________________________________________________

Age : 18-25 ans 25-40 ans 40-55 ans Plus de 55

1.1 Statut Social :

a. Marié(e) b. Célibataire c. Veuf(e) d. Divorcé(e)

Temps de résidence : _______________________________________________________

Nombre d'habitants (inclus bonnes) ___________________________________________

Nombre d'enfants dans la famille : ____________________________________________

Ethnie :__________________________________________________________________

1.2 Profession :___________________________________________________________

a. Fonctionnaire b. Commerçant c. Eleveur

d. Agriculteur e. Ménagère

f. Autres (préciser) __________________________________________________________

1.3 Niveau d'instruction :

a. Ecole primaire b. Ecole secondaire c. Ecole coranique

d. Alphabétisé e. Pas fréquenté

1.4 Religion :

a. Musulman b. Chrétienne c. Animiste

2. DESCRIPTION DE L'HABITAT

2.1 Le matériel de construction principal de la maison est :

a. Brique b. Semi-dur c. Dur

d. Autres (préciser)______________

2.2 Avez-vous un lieu d'aisance dans la concession ?

a. Oui b. Non

Si non, pourquoi ?

a. Pas les moyens b. Contre la coutume c. Pas l'habitude

d. Pas la place e. Autres (préciser)

Où faites-vous vos besoins ?

________________________________________________________________

2.3 Dans le cas où un lieu existerait, quelle est sa nature ?

a. Latrines simple avec dalle en ciment

b. Latrines traditionnelle avec dalle en bois

c. Latrines améliorées

d. Fosse septique

e. Autres (préciser)

2.4 Qui avait construit votre fosse septique ou latrines (peut-on le contacter)?______________________________________________

2.5 Qui s'occupe du nettoyage ?

a. Les femmes b. Les filles c. Les hommes

d. Les garçons e. tout le monde

3. VIDANGE DES FOSSES

3.1 Quelle est la fréquence de vidange de votre fosse ?

a. 1 an b. 2 ans c. 3 ans d.Autres (préciser)_______________________________________________

3.2 Sous quelles conditions videz-vous la fosse ?

a. Elle est pleine b. L'argent est disponible c. Aléatoirement

d. Les camions sont disponibles e. Autre (préciser)___________________________________________

3.3 Lorsqu'elle est pleine vous la videz

a. Dans les jours qui suivent b. Dans les semaines qui suivent

c.Dans les mois qui suivent

Pour quelles raisons ?__________________________________________

3.4 Comment videz vous la fosse ?

a. Avec une entreprise de vidange b. Un vidangeur manuel

c. Autres (préciser) ________________________________________

d. Si une entreprise de vidange, laquelle?_______________________

3.5 Sous quelle critère choisissez vous l'entreprise ?

a. Coût b. Disponibilité c. Qualité de service

a. Aléatoirement

4. LES PRIX DE VIDANGE

4.1 Que payer vous pour la vidange de votre fosse?

a. Moins de 20000 FCFA b.[25000-35000[ c.[35000-45000[

c.[45000-55000[ d. Plus de 550000

4.2 Que pensez vous de ce tarif?

a. Excessif b. Raisonnable c. Faible

4.3 Combien êtes vous prêt à payer?

4.4 Comprenez vous pourquoi on vous charge un tel tarif ?

a. Oui b. Non

si oui, Expliciter les raisons

4.5 Quelles sont les modalités de paiement des prestations de vidanges?

a. Vous payez d' un seul coup b. Vous payez par tranche

c. Vous payez lorsque vous avez l' argent d. Autres (préciser)_________________________________________________________

4.6 La méthode de paiement vous convient -elle ?

a. Oui b. Non

Si non, comment voudrez vous payez ?

4.7 Mettez vous de l'argent de cote spécialement pour le vidange de la fosse?

a. Oui b. Non

5. CONTRAT DE VIDANGE

5.1 Quel est votre rapport avec l'entreprise de vidange ?

a. Sous contrat b. Aucun rapport mais vous utilisez toujours la même

c. Aucun rapport et vous changez souvent d'entreprise d. Autres

5.2 Seriez vous prêt a signer un contrat une entreprise précise, si elle vous le proposait ?

a. Oui b. Non

6. SATISFACTION DES CLIENTS ET DEVENIR DES BOUES

6.1 Etes vous satisfait des services rendus en général ?

a. Oui b. Non

Si non, pourquoi ?

6.2 Que proposez vous comme amélioration ?

6.3 Savez vous ce que l'on fait avec les déchets de votre fosse ?

a. Oui b. Non

C. Si oui, Qu'est ce qu'on en fait ?

Cela vous semble t-il acceptable ?

a. Oui b. Non

6.4 Si vous saviez que vos boues étaient traitées, est ce que ceci influencerait votre choix :

v d'une entreprise de vidange ?

a. Oui b. Non

v du coût de vidange ?

a. Oui b. Non

6.5 Savez-vous que vos boues peuvent être utilisées sans traitement en agriculture ?

a. Oui b. Non

6.6 Est-ce que ceci vous dérange ?

a. Oui b. Non

6.7Acceptez-vous la fabrication d'un engrais à partir des vos excréments ?

a. Oui b. Non

7. REVENU MENSUEL DES MENAGES

a. Oui b. Non

7.1 Pouvez vous nous donner un ordre de grandeur du revenu mensuel de l'ensemble de votre habitation?

a. Moins que 30 000 Fcfa

b. 30 000 - 50 000

c. 50 000 - 70 000

d. 70 000 - 100 000

e. Plus de 100 000

ANNEXE 2: QUESTIONNAIRE ADRESSE AUX POPULATIONS DU SITE DE DECHARGE .

1. Connaissez-vous qu'il existe une décharge des boues de vidange dans cette région ?

a. oui b. non c. PR

2. Que pensez-vous de cette décharge ?

a. bien placée b. mal placée c. PR

3. Cette décharge constitue-t-elle une source de nuisance ?

a. oui b. non c. PR

4. Quelles nuisances ?

a. Empoisonnement des poissons b. Mauvaises odeurs

c. prolifération des moustiques d. PR

5. Que souhaiterez-vous de cette décharge?

3. Quelle est votre source d'eau de boisson?

ANNEXE 3: TABLEAUX DE DENOMBREMENT

ANNEXE 3.1. Dénombrement des informations générales

Caractéristiques

Nylon

Kouogouo

Haoussa

BanengoI

Tamdja

Maetur

Genre

 
 
 
 
 
 

Homme

18

16

18

17

12

11

Femme

7

4

2

3

7

6

Age

 
 
 
 
 
 

18-25ans

2

0

1

1

0

0

25-40

7

3

5

4

5

5

40-55

9

9

9

10

10

10

55+

7

10

4

4

4

2

Etat matrimonial

 
 
 
 
 
 

Marié(e)

20

15

17

18

16

16

Célibataire

2

0

2

1

1

1

Veuf/ve

0

2

1

0

1

1

Divorcé(e)

0

1

0

1

1

0

PR

3

2

0

0

1

0

Profession

 
 
 
 
 
 

Fonctionnaire

6

7

4

5

17

11

Commerçant

6

6

4

6

1

1

Chauffeur

1

0

1

0

0

1

Agriculteur

0

2

3

6

3

0

Ménagère

3

1

3

2

1

2

Autres

8

2

7

1

1

3

PR

1

0

0

0

0

0

Degré d'instruction

 
 
 
 
 
 

Pas fréquenté

0

4

2

1

0

0

Coranique

0

0

4

2

0

0

Primaire

3

6

4

4

1

0

Secondaire

12

6

9

8

8

3

Universitaire

5

2

1

5

11

12

PR

5

2

1

0

0

1

Religion

 
 
 
 
 
 

Musulman

6

6

6

1

0

0

Chrétien

20

20

9

19

29

5

Animiste

1

0

0

0

0

0

Autres

0

0

0

1

0

0

PR

2

0

1

0

1

1

Taille de la famille

 
 
 
 
 
 

0-3 habitants

0

2

0

0

4

1

3-6

5

5

6

5

12

10

6-9

7

8

5

6

1

3

9-12

8

4

3

5

0

2

12-15

5

0

0

4

0

0

15+

0

0

0

0

2

0

PR

0

1

6

0

0

0

Ethnie

 
 
 
 
 
 

Bamiléké

21

15

10

10

10

12

Ewondo

1

0

0

1

2

0

Beti

0

0

0

3

2

0

Bansok

0

3

1

0

0

1

Haoussa

0

0

8

0

0

0

Autre

0

0

0

0

0

1

PR

3

2

1

6

6

2

Durée de résidence

 
 
 
 
 
 

0-3ans

2

4

3

3

4

1

3-5

5

2

2

5

6

9

5-10

1

0

2

2

0

3

10-15

2

3

2

2

4

2

15-20

2

1

4

6

6

0

20-25

4

4

2

0

1

0

25-30

2

7

2

0

0

0

30+

6

0

0

2

0

0

PR

1

0

2

0

0

0

ANNEXE 3.2. Dénombrement des caractéristiques de l'habitat

 

Nylon

Kouogouo

Banengo1

Haoussa

Tamdja

Maetur

Matériaux

 
 
 
 
 
 

Brique de terre

7

18

8

9

2

1

Semi-dur

0

0

2

1

2

1

Dur

18

2

10

10

16

14

PR

0

0

0

0

0

0

Ouvrages sanitaires

 
 
 
 
 
 

Latrines dalle en ciment

12

14

15

14

2

1

Latrines avec dalle en bois

1

0

0

0

0

0

Fosses septiques

12

2

5

6

18

15

Chez le voisin

0

3

0

0

0

0

Dans le cours d'eau

0

1

0

0

0

0

Nettoyage des toilettes

 
 
 
 
 
 

Femmes

8

2

1

3

0

0

Domestiques

2

2

5

1

2

16

garçons

0

0

1

2

0

0

Hommes

0

0

1

0

0

0

Tout le monde

13

14

12

4

4

14

PR

2

0

2

0

0

0

ANNEXE 3.3. Dénombrement de la fréquence de vidange

Quartiers

Nylon

Kouogouo

Banengo1

Haoussa

Tamdja

Maetur

Fréquence

0-1an

0

0

0

0

0

2

1 an

1

0

0

0

0

0

2 ans

0

0

0

0

0

1

3 ans

1

0

0

0

0

0

4 ans

0

4

4

4

8

6

5-10 ans

12

4

5

2

4

10

10-12 ans

8

10

10

10

8

4

12+ ans

5

5

5

8

3

2

Condition de vidange

Pleine

19

14

13

16

13

10

Argent

2

0

1

3

2

5

Aléatoire

4

0

0

1

1

1

Autre

0

0

1

0

0

4

PR

0

6

10

0

0

0

Lorsque la fosse pleine, vidange dans...

Jours

19

13

12

18

18

8

Semaines

4

0

1

0

0

5

Mois

0

0

0

0

0

0

PR

2

7

7

2

0

5

Comment videz-vous votre fosse ?

Entreprise

23

15

15

20

16

16

Vidange manuel

0

0

0

0

0

0

Vous-même

0

0

0

0

0

0

Autres

0

0

0

0

0

0

PR

2

10

5

0

0

4

Choix de l'entreprise

Coût

2

16

3

1

1

16

Disponibilité

16

3

15

18

15

2

Qualité de service

2

2

3

1

0

2

Aléatoire

3

1

1

0

0

2

Autre

0

0

1

0

0

1

PR

2

3

2

0

0

2

ANNEXE 3.4. Dénombrement du coût de vidange

 
 
 

Nylon

Kouogouo

Banengo1

Haoussa

Tamdja

Maetur

Entreprise

Frais(FCFA)

0-25000

1

0

0

0

8

4

25000-35000

5

1

2

0

3

0

35000-45000

4

4

3

6

4

3

45000-55000

9

6

6

0

3

4

55000+

3

10

30

17

3

3

PR

3

2

1

2

0

1

Opinion du prix

Excessif

21

11

2

6

4

2

Raisonnable

0

0

3

0

0

0

Faible

1

0

6

0

0

0

PR

3

9

9

14

12

18

ANNEXE 3.5. Dénombrement des modalités de paiement et rapport avec les vidangeurs

 
 

Nylon

Kouogouo

Banengo1

Haoussa

Maetur

Tamdja

Modalités de paiement

un seul

coup

12

4

3

4

1

6

Par tranche

0

0

0

0

0

1

Autre

13

16

17

16

15

13

La méthode de paiement convient

Oui

1

0

1

0

0

6

Non

21

16

16

16

15

13

PR

3

4

3

4

1

1

Requête de paiement

Par tranche

11

4

4

4

10

9

Par mois

0

0

0

0

0

2

PR

14

16

16

6

9

6

Signer un contrat

Oui

0

0

0

0

3

2

Non

24

17

17

16

10

16

PR

1

3

3

4

3

2

ANNEXE 3.6 Satisfaction des clients

 
 

Nylon

Kouogouo

Banengo1

Haoussa

Maetur

Tamdja

Satisfaction des services rendus

Oui

9

4

5

6

3

13

Non

0

0

0

0

0

0

PR

16

16

15

14

13

7

ANNEXE 3.7. Revenus mensuels des ménages

Revenu en FCFA

Nylon

Kouogouo

Banengo1

Haoussa

Maetur

Tamdja

0-30 000

5

12

10

6

0

0

30000-50000

6

2

0

2

2

4

50000-70000

2

0

0

0

0

7

70000-100000

2

0

2

0

1

2

100 000

0

0

1

2

10

2

PR

10

6

7

8

3

3

ANNEXE 3.8. Connaissances actuelles sur le devenir des boues de vidange

 
 

Nylon

Kouogouo

Banengo1

Haoussa

Maetur

Tamdja

Savoir ce qu'on fait des déchets

Oui

2

1

4

4

13

18

Non

21

11

12

14

0

0

PR

2

8

2

2

3

2

Quoi ?

Jardins

21

19

15

10

16

17

Décharge hors de la ville

4

1

5

10

0

3

Rivière

0

0

0

0

0

0

Si acceptable

Oui

0

0

0

4

0

0

Non

1

1

0

0

3

2

PR

21

19

15

2

3

2

Boues traitées et choix de l'entreprise

Oui

20

19

18

18

12

16

Non

1

1

0

0

3

2

PR

4

0

2

2

1

2

Boues traitées et prix de la vidange

Oui

10

0

6

8

11

16

Non

15

17

12

10

3

2

PR

5

3

2

2

2

2

Boues utilisées en agriculture sans traitement

Oui

0

5

1

1

11

2

Non

11

15

4

2

3

18

PR

14

0

15

17

2

0

Ces boues dérangent

Oui

18

15

0

17

14

18

Non

5

0

17

0

0

0

PR

2

5

3

3

2

2

Fabrication de l'engrais à base des boues

Oui

22

17

17

7

15

18

Non

2

2

3

4

1

0

PR

1

1

0

9

0

2






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