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Recherche d'un processus d'historisation de base de données d'occupation des sols appliqué au référentiel géographique forestier de l'IGN

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par Romain Louvet
Université Paris Diderot - Paris 7 - M1 Géographie et Sciences des territoires 2013
  

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III.C.4 - Avantages et inconvénients du modèle

Comprendre le processus de mise à jour et la prise en compte de la dimension temporelle dans la BDUni en étudiant une méthodologie interne à l'IGN est particulièrement intéressant pour tenter de répondre à la problématique de l'historisation dans le cadre du RGFor. Reprendre le modèle de la BDUni pour le RGFor représente en effet pour l'IGN la solution a priori la plus simple, celle qui demanderait le moins de développement et qui pourrait être la plus avantageuse en termes de coûts et d'investissements.

III.C.4.a - Capacités

L'historisation dans la BDUni correspond à un modèle avancé. Tant que la donnée n'est pas modifiée, elle n'est enregistrée qu'une seule fois. Ce qui permet de limiter la quantité d'information à stocker. Les données possèdent une date de création, modification, suppression. L'accès à des états temporels est ainsi plus rapide (que dans un modèle de journalisation par exemple). Les données sont stockées dans deux tables, ce qui permet d'accéder plus rapidement à l'état courant des données.

Le versionnement et l'horodatage des versions ont permis à l'IGN de développer des outils :

- Extraction de différentiel pour la livraison de la mise à jour (Bonneau, 2008).

- Visualisation d'un état de la base à une date donnée.

- Prototypes de visualisation cartographique32.

31 Orthophotographies de l'IGN, registres des actes communaux, courriers, appels, déplacement sur le terrain, l'Internet (images Google Earth et Bing, les Pages Jaunes, les sites des mairies,...), etc.

32 Évolutions BDUni - cartographie des évolutions, sur http://rks1009w117.ign.fr/map-evolution/

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La base permet de contenir un lien entre les différents états d'un objet. Elle permet de suivre le changement en établissant un historique fondé sur la présence d'un identifiant et d'un identifiant successeur. Pour la BDUni, ce modèle est implémenté grâce à :

- La conservation de la « cleabs », permettant de fonder l'identité fixe de l'objet informatique.

- La liste chaînée des « numrec » et « numrecmodif » établissant le lien entre les objets.

III.C.4.b - Inconvénients

III.C.4.b.1 - Manque de typologie des événements et d'automatisation du processus

La limite importante de ce modèle tient au fait qu'il demande une réflexion sur l'interprétation de la modification ou de la suppression de l'objet géographique. Or, bien que des consignes de saisies existent dans ce sens (IGN, 2012-B), un réel manque de définitions plus claires et qui ne soient plus simplement attachées aux objets informatiques mais aussi aux objets réels, géographiques, qu'ils représentent, demeure. En outre, le processus comprend peu de contrôles ou de méthodes automatiques. Or l'analyse du changement peut être complexe, surtout à décomposer : une même zone de changement ou de réconciliation peut avoir plusieurs causes et peut avoir des conséquences sur plusieurs classes d'objets ou plusieurs objets dans la même classe.

Figure 26 : Cas d'une mise à jour illustrant deux résultats différents en fonction de la saisie (Source : travail personnel)

La Figure 26 est un exemple concret d'une mise à jour et des questions qu'elle peut soulever. Au moment du contrôle, une incohérence est détectée : les objets « i » et « j » se superposent. Ces deux objets représentent un phare, « i » sa tour et « j » sa partie plus basse. Il s'agit d'une erreur de digitalisation qui ne devrait pas avoir pu être réconciliée auparavant. Considérons que l'opérateur avait classé cette incohérence en erreur légitime. Nous souhaitons corriger cette erreur, tout en conservant les identifiants « i » et « j » d'origine. Or, en fonction de la méthode de saisie, avec un outil de découpage (a) ou manuellement (b), le résultat n'est pas le même. Dans un cas l'identifiant est perdu, dans l'autre il est conservé. Si une zone de réconciliation est dessinée uniquement pour cette modification, un lien direct existera entre l'objet prédécesseur et ses successeurs. Mais si on réalise plusieurs corrections en même temps, on peut estimer qu'elles constituent un ensemble cohérent et les réconcilier en même temps, perdant de ce fait le lien spécifique entre prédécesseur et successeur. Enfin, au moment de nommer la réconciliation à l'aide de la colonne « nom », plusieurs options sont encore possibles, ne facilitant pas le suivi : erreur, correction d'erreur, superposition, incohérence, aberration, etc. L'identification de la réconciliation par un texte libre est une difficulté pour le suivi des évolutions en l'absence d'une typologie des événements qui permettrait d'optimiser leur analyse par la requête.

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Cet exemple nous permet d'aborder un dernier point : celui du découpage des objets. Si un objet est découpé, un ou plusieurs nouveaux objets sont alors créés. Or un seul objet conserve l'identifiant permettant la filiation, cette information est perdue pour le ou les autres objets. De même, un objet qui serait détruit puis recréé (comme cela pourrait être le cas d'un bâtiment détruit puis reconstruit à l'identique) ne possède plus l'identifiant de départ. L'identifiant utilisé dans la BDUni référence des objets informatiques, non des entités géographiques. L'analyse du suivi du changement s'en trouve donc limitée.

La mise à jour par réconciliation effectuée par la MAJEC permet théoriquement le suivi des objets pour l'analyse des changements, mais elle dépend fortement de l'appréciation de ce changement par l'opérateur, de l'interprétation des consignes de saisie, de sa maîtrise des outils et des contraintes temporelles de production des données.

III.C.4.b.2 - Une prise en compte incomplète de la dimension temporelle

La prise en compte de la dimension temporelle dans la BDUni est celle du temps informatique. C'est une base de données rollback uniquement. Elle correspond aux besoins actuels des utilisateurs de la base : une information à jour, le plus rapidement possible. Les tables d'historiques servent à pouvoir revenir sur une mise à jour dans le cas d'une erreur. L'historisation des données n'est pas liée au suivi du terrain, mais au suivi de la donnée. Le modèle d'historisation qui a été mis en place pour la BDUni répond en premier lieu aux attentes de production.

Le suivi des évolutions est quant à lui un autre besoin. Il demande l'enregistrement du temps de validité, comme c'est le cas pour la BdOCS et le MOS. Le temps de validité peut être retrouvé dans la BDUni, soit en considérant que le temps de transaction est suffisamment proche du temps de validité puisque la mise à jour est effectuée en continu, soit en retrouvant la référence à la source de l'information possédant une date de validité dans les métadonnées.

La production en continu des thèmes tels que les réseaux routiers et les bâtiments a pour avantage que le temps de validité et le temps de transaction est en effet proche dans 99% des cas. Néanmoins, il reste toujours un problème : l'impossibilité de corriger à posteriori les données sans compromettre leur temporalité (Heres, 2000, p. 46). Or, les données peuvent être corrigées plusieurs années après leur création au moment de la restitution. La restitution est une étape dans la chaine de production de l'IGN qui consiste à reprendre les ortho-photographies de références pour corriger le positionnement et les estimations de hauteurs des objets topographiques. L'information temporelle est donc très souvent faussée.

III.D - Normes concernant les données d'occupation des sols et l'intégration du temps

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"Ceux qui rêvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rêvent de nuit"   Edgar Allan Poe