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Analyse de la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo dans la région de l'est Cameroun (1987-2011)


par Jean Bodel Pouïra
Université de Ngaoundéré-Cameroun - Master 2 2011
  

Disponible en mode multipage

REPUBLIQUE DU CAMEROUN

Paix - Travail - Patrie

-

UNIVERSITE DE NGAOUNDERE

-

FACULTE DES ARTS, LETTRES ET SCIENCES HUMAINES

- -

DEPARTEMENT DE GEOGRAPHIE

REPUBLIC OF CAMEROON Peace - Work - Fatherland

-------------

THE UNIVERSITY OF NGAOUNDERE

FACULTY OF ARTS, LETTERS AND SOCIAL SCIENCES

------------

DEPARTMENT OF GEOGRAPHY

ANALYSE DE LA DYNAMIQUE DES TYPES D'OCCUPATION
DU SOL DANS LE TERROIR DE NDOKAYO DANS LA
REGION DE L'EST CAMEROUN (1987 - 2011).

Mémoire rédigé et soutenu en vue de l'obtention d'un Master de recherche en Géographie Option : Géographie, Environnement Naturel et Aménagement (GENA)

Par
POUÏRA Jean Bodel
Matricule: 06A432LF
Titulaire d'une Licence en géographie physique

Sous la direction de :
TCHOTSOUA Michel

Professeur

Université de Ngaoundéré

Année académique 2010/2011

Dédicace

Àmon grand-père Domsala.

II

Remerciements

Ce travail est le résultat de nombreuses collaborations et discussions. A cet effet, j'exprime ma gratitude à toutes les personnes qui ont, d'une manière ou d'une autre, contribué à sa réalisation.

J'adresse mes remerciements au Pr Michel Tchotsoua, qui a accepté d'encadrer ce travail. Son ouverture d'esprit et ses encouragements m'ont profondément marqué et suscité en moi de l'admiration.

J'adresse mes remerciements à l'endroit de tous les enseignants du département de géographie de l'Université de Ngaoundéré pour la formation reçue depuis le premier niveau. Je pense aux professeurs Wakponou Anselme et Joseph-Pierre Ndamé ; aux Docteurs Iya Moussa et Aoudou Doua Sylvain ; et à M. Briltey Bakoulaye.

Ma gratitude va aussi à l'endroit du délégué d'arrondissement des forêts et de la faune de Bétaré-Oya, Ingénieur Hamadou pour sa grande disponibilité.

Je tiens également à souligner les aides de certaines personnes, lesquelles ont contribué considérablement à la réalisation de ce travail. Il s'agit notamment

- De M. Gourou Etienne, employé temporaire au HCR de Bertoua et M. Richard, responsable IRDb de la zone des réfugiés centrafricains de Ndokayo qui ont facilité mon accès aux ménages des réfugiés centrafricains ;

- De Sa Majesté Narma Labi, chef traditionnel de Ndokayo et ses populations qui m'ont témoigné de leur grande hospitalité ;

- De mes camarades de promotion pour leur élan de solidarité et leurs encouragements, notamment Abdelgader Abderamane Koko ;

- De tous les membres de ma famille notamment mes géniteurs Djonga André et Manhao Wayang pour leur soutien multiforme;

III

- Tous mes amis : Béguima Narma Flore; Dama Doubné , Baba Kada Félix, Anagdang Béatrice ; Keulpelba Epenetus ; Tchangoro Illé ; Vodom Edjenté Stève ; Yamalé Olivier et Mbara Météké Yvan pour leurs encouragements et leurs aides de diverse nature.

Par ailleurs, que toute autre personne, qui aurait contribué à la réalisation de ce travail et dont le nom n'a pas été mentionné, reçoive également mes sincères remerciements.

iv

Résumé

Cette étude explique la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo entre 1987 et 2011. L'analyse a porté sur cinq types d'occupation du sol à savoir : la zone d'habitation, les cultures, les jachères, la savane arbustive dense et la galerie forestière. Dans une approche diachronique sur la base des observations de terrain, des enquêtes parcellaires et des relevés floristiques, l'analyse a permis de constater une dynamique accélérée des types d'occupation du sol dans le terroir entre 2001 et 2011. Cette dynamique accélérée se caractérise par une extension de la zone d'habitation, des cultures et des jachères au détriment du couvert végétal, principalement la savane arbustive dense qui présente un état de dégradation profond. Il a été établi que cette situation est liée au changement soudain du contexte géographique local, marqué par l'installation de plus de 7000 réfugiés centrafricains et des évènements climatiques, notamment la sècheresse de 2007.

Mots clés : Terroir, dynamique, réfugiés centrafricains.

V

Abstract

. This study explains the dynamics of the types of land cover in the local of Ndokayo between 1987 and 2011. The analysis focused on five types of the land cover: the built, the farms, the fallows, the dense shrubby savanna and the forest gallery. In diachronic approach based on the observations of land, investigations, the analysis permitted to note an accelerated dynamic of the types of soil occupation in the Ndokayo between 2001 and 2011. This accelerated dynamic is characterized by an extension of the built, the farms and the fallows replacing the vegetation, mainly the dense shrubby savanna that presents a deep deterioration state. It was established that this situation is causes by the sudden change of the local geographical context, marked by the installation of more than 7000 centrafrican refugees and the climatic events notably the dryness crisis during the year 2007.

Key words: Soil, dynamic, centrafrican refugees.

vi

Sommaire

Dédicace i

Remerciements ii

Résumé iv

Abstract v

Sommaire vi

Liste des tableaux ix

Liste des figures x

Liste des photographies xi

Sigles et acronymes xii

Introduction générale 1

1. Problématique 2

2. Cadre spatiotemporel 4

3. Questions de recherche 6

4. Contexte scientifique 7

5. Objectifs 11

6. Hypothèses 11

7. Cadre conceptuel 12

8. Méthodologie 16

9. Intérêt de l'étude 24
Chapitre 1. Evolution des types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo de

1987 à 2011. 26

Introduction 26

1.1. Caractérisation des types d'occupation du sol 26

1.2. Processus de l'évolution des types d'occupation du sol de 1987 à 2011 35

VII

Conclusion 46

Chapitre 2. Facteurs de la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir

de Ndokayo 47

Introduction 47

2.1. Le changement du contexte climatique et sa contribution à la dynamique des

types d'occupation du sol dans le terroir 47

2.2. Incidence du changement du contexte socioéconomique sur la dynamique des

types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo. 51

2.3. Les facteurs institutionnels et politiques 62

Conclusion 64

Chapitre 3. Caractérisation des acteurs de la dynamique des types d'occupation du

sol 65

Introduction 65

3.1. Les acteurs indirects de la dynamique des types d'occupation du sol 65

3.2. Les acteurs directs de la dynamique des types d'occupation du sol 67

Conclusion 81

Chapitre 4. Conséquences socioéconomiques de la dynamique des types

d'occupation du sol. 82

Introduction 82

4.1. Les conflits entre les groupes d'acteurs : accentuation et apparition de nouvelles

formes 82

4.2. La dynamique accélérée des types d'occupation du sol : une entrave au bien-

être des populations locales 87

Conclusion 93

Conclusion générale et recommandations 94

Bibliographie 98

VIII

Annexes 103

Table des matières 134

ix

Liste des tableaux

Tableau 1. Evolution des superficies de la zone d'habitation en Ha 36

Tableau 2. Evolution des superficies des cultures 38

Tableau 3. Evolution des superficies des jachères 40

Tableau 4. Fréquences des états des individus dans la savane arbustive dense 42

Tableau 5. Fréquences des états des individus dans la galerie forestière 45

Tableau 6. Mode d'accès à la terre dans le terroir de Ndokayo 66

Tableau 7. Espèces ligneuses utilisées en pharmacopée en voie de disparition. 92

X

Liste des figures

Figure 1. Localisation du terroir de Ndokayo. 5

Figure 2. Fréquences spécifiques dans la savane arbustive dense 33

Figure 3. Fréquences spécifiques dans la galerie forestière 34

Figure 4. Evolution des superficies de la zone d'habitation 35

Figure 5. Evolution de la zone d'habitation. 37

Figure 6. Evolution des superficies des cultures 38

Figure 7. Evolution des cultures 39

Figure 8. Evolution des superficies des jachères 40

Figure 9. Evolution des jachères 41

Figure 10. Répartition de l'état des ligneux dans la savane arbustive dense 43

Figure 11. Répartition de l'état des ligneux dans la galerie forestière 45

Figure 12. Ecart à la moyenne des précipitations à Ndokayo 48

Figure 13. Répartition de la zone d'habitation 53

Figure 14. Répartition des cultures en 2011 selon la nationalité des propriétaires 54

Figure 15. Répartition des jachères en 2011 55

Figure 16. Influence de l'installation des réfugiés centrafricains 56

Figure 17. Répartition des principales activités génératrices de revenus dans le terroir

de Ndokayo 58

Figure 18. Répartition des sources d'accès à la terre 66

Figure 19. Répartition des sources d'énergie utilisées dans les ménages 88

Figure 20. Fréquences spécifiques de l'état des individus dans la savane arbustive

dense. 89

Figure 21. Fréquences spécifiques de l'état des individus 90

xi

Liste des photographies

Photo 1. Habitation de type moderne à Ndokayo. 27

Photo 2. Habitation traditionnelle en terre battue. 28

Photo 3. Habitation traditionnelle en natte de raphia. 29

Photo 4. . Champs de Manihot esculata 30

Photo 5. Une jachère 31

Photo 6. Savane arbustive dense 32

Photo 7. Dégradation de la savane arbustive dense 44

Photo 8. Sol induré 50

Photo 9. Création d'un champ de culture. 70

Photo 10. Impact du surpâturage sur les sols et la végétation 72

Photo 11. Elaguassions d'un arbuste. 74

Photo 12. Souche d'un arbre 74

Photo 13. Incendie du tronc pour la production du bois de chauffe 75

Photo 14. Tas de bois 75

Photo 15. Fabrication artisanale des nattes de raphia. 76

Photo 16. Fabrication d'ardoises coraniques. 77

Photo 17. Fabrication artisanale des meubles. 78

Photo 18. Habitation de réfugiés centrafricains 79

Photo 19. Stockage du bois de chauffe dans un ménage de réfugiés centrafricains. 80

XII

Sigles et acronymes

% : Pourcent / Pourcentage

°C: degré Celsius

ACD : Agence Canadienne de Développement

CIRAD : Centre de Coopération Internationale en Recherche

ETM+: Enhanced Thematic Mapper Plus

FALSH : Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines

FAO : Food and Agriculture Organization

FCFA : Franc de la Communauté Financière Africaine

GENA: Géographie, Environnement Naturel et Aménagement

GIC : Groupe d'Initiative Commune

GPS : Global Positionning System

GTZ: Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit

Ha : hectare

HCR : Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés

INC : Institut National de la Cartographie (Cameroun)

IRDa: Institut de Recherche pour le Développement

IRDb : International Relief and Development

ONADEF : Office National de Développement des Forêts

ONG : Organisation Non Gouvernementale

ONU : Organisation des Nation Unies

ORSTOM : Office de la Recherche Scientifique et Technique d'Outre-mer

PAM: Programme Alimentaire Mondial

PNUE : Programme des Nations unies pour l'environnement

XIII

RCA : République Centrafricaine

SODEPA: Société de Développement et d'Exploitation des Productions Animales

SPSS: Statistical Package for Social Sciences

TM : Thematic Mapper

UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l'Enfance

1

Introduction générale

La dynamique des types d'occupation du sol est un phénomène qui se produit dans tous les espaces géographiques. Il s'agit d'un phénomène normal Black (1998).Cependant, ce phénomène devient anormal et problématique quand des masses de populations s'installent dans les espaces et mettent en valeurs les ressources naturelles qui s'y trouvent. Plusieurs circonstances président à l'installation des masses populationnelles dans des espaces. Dans la plupart des cas, il s'agit des circonstances malencontreuses. L'installation de masses de personnes fait donc suite à des migrations forcées. A l'origine de migrations forcées, ce sont généralement, des catastrophes naturelles et des conflits armés.

Dans les savanes surtout, l'installation d'une masse de personnes entraine une pression importante sur l'environnement local : les ressources ligneuses sont exploitées pour la production du bois de chauffe et du bois d'oeuvre, le tapis herbacé est exploité comme pâturages. Le tout se solde par des changements de l'occupation du sol, qui se manifestent dans la plupart des cas par la transformation régressive de la végétation. Dans cette nouvelle situation, les conséquences sont sans doute l'apparition, l'enracinement et l'exacerbation des problèmes liés à l'organisation de l'espace et de la raréfaction des ressources naturelles locales.

Par ailleurs, une situation moins déplorable à celle ci-dessus décrite est envisageable si l'installation des groupes sociaux est précédée d'une planification et par conséquent des mesures adéquates pour anticiper les risques de dégradation environnementale.

Seulement au Cameroun, comme dans le reste de l'Afrique subsaharienne, où la culture de la planification est peu ancrée dans les politiques, les espaces sont occupés

2

sans planification au préalable si bien qu'il est difficile d'anticiper sur des phénomènes problématiques.

Cette manifestation de l'absence de la culture de planification, déjà visible dans le milieu urbain, l'est encore plus dans les espaces ruraux qui sont en pleine mutation ; ceux-ci acquérant peu à peu les caractéristiques de la ville notamment sur le plan démographique.

Les localités frontalières et celles situées à moins d'une centaine de kilomètres de la frontière centrafricaine des régions administratives de l'Est et de l'Adamaoua accueillent des réfugiés centrafricains depuis le début des conflits à partir de l'année 2000. Le terroir de Ndokayo est l'une des premières localités à accueillir les réfugiés centrafricains. Depuis l'installation des premiers groupes de réfugiés, dans ces localités, les zones d'accueil font face aux problèmes sociospatiaux, et socioéconomiques. Cette situation était sans soute inévitable. En effet, aucune prédisposition n'avait été prise, si bien qu'au bout d'une seule décennie, les problèmes ont fait surface et prennent de plus en plus de l'ampleur.

Dès lors, le problème qui se pose est celui de la planification, en termes d'organisation spatiale, de gestion des espaces, de gestion des ressources naturelles. Eu égard de ce constat, l'analyse de la dynamique des types d'occupation du sol est une nécessité. Elle débouche sur des recommandations, afin d'aider les communautés locales à faire efficacement face aux problèmes qui se posent avec acuité.

1. Problématique

Le terroir de Ndokayo est situé en zone climatique soudano-guinéenne de transition. Il est caractérisé par une végétation composite en termes spécifique et de mosaïques. Les deux formations végétales dans le terroir sont la savane arbustive dense et la galerie forestière. De ces deux formations végétales, la savane arbustive dense est la plus étendue. La galerie forestière quant à elle se développe le long des cours d'eau et serpente la zone, créant des ruptures dans l'étendue de la savane

3

arbustive dense. De par ses caractéristiques, le terroir de Ndokayo offre de multiples potentialités économiques, notamment l'agriculture et l'élevage. Par ailleurs, de nombreuses ressources naturelles y sont aussi disponibles. Les ressources ligneuses sont utilisées pour le bois de chauffe et d'oeuvre. Les pâturages sont fondamentaux à la pratique pastorale.

Cependant, l'on assiste à la fin de la décennie 2000 - 2010 à la naissance et la multiplication de problèmes socioéconomiques et environnementaux dans le terroir. Entre autres problèmes, il y a, les fréquents conflits entre les différents groupes d'acteurs, notamment agriculteurs et éleveurs, et la raréfaction des ressources ligneuses en termes spécifique et quantitatif. En effet, la raréfaction des ressources naturelles entraine une compétition au sein des différents groupes d'acteurs locaux. Aussi, l'érosion de la biodiversité végétale, dans ce milieu où la pharmacopée reste le principal recours des populations en matière de santé, limite l'offre en soin (HCR,2010).

Pourtant, tel qu'édicté par la politique gouvernementale en matière de développement rural, la mise en valeur des ressources naturelles locales doit pouvoir contribuer efficacement au développement des communautés locales. Dans un contexte où les ressources naturelles sont surexploitées et les espaces mal gérés, il est évident que le développement durable demeure un fait incertain.

Cette situation amène à nous interroger sur les raisons qui expliquent l'ensemble des problèmes qui ont pris place et se sont exacerbés dans le terroir. L'approche géographique privilégie l'espace en termes de paysage. Ainsi, l'analyse de la dynamique des types d'occupation du sol s'avère la voie indiquée pour comprendre efficacement les problèmes qui se posent dans le terroir de Ndokayo.

4

2. Cadre spatiotemporel 2.1. Cadre spatial

Le terroir de Ndokayo s'étend du 14°3'43"E - 14°10'15"E et du 5°25'31"5°33'17". Traversé par la route nationale N°1 Bertoua - Ngaoundéré, il fait partir de l'ensemble du bassin de Lom. Il s'agit d'une zone carrefour située au Nord-est de la ville de Bertoua, au Sud de Garoua-Boulaï ; et limitée à l'Est par la ville de Bétaré-Oya.

Sur le plan administratif, le terroir de Ndokayo est du ressort territorial de la région de l'Est, département du Lom et Djérem, arrondissement de Bétaré-Oya. Dans la logique de la décentralisation du territoire camerounais, il s'agit d'une portion de la commune d'arrondissement de Bétaré-Oya.

Le terroir de Ndokayo est l'une des premières zones d'accueil des réfugiés centrafricains au Cameroun. Ce terroir, depuis le début des années 2000, a connu l'implantation de plus de 7000 réfugiés centrafricains.

Sur le plan bioclimatique, c'est une zone de transition forêt-savane, avec un climat de type soudano-guinéen de transition. Les conditions écologiques en place confèrent à ce terroir des ressources végétales importantes et diversifiées.

Cette situation a souvent détourné l'attention des acteurs au sujet de la dégradation de ces ressources. En effet, pouvoirs publics accordent peu d'importance à ce type de milieu bioclimatique, l'essentiel des actions étant accordé aux aires sèches pour faire face aux crises de sècheresse auxquelles elles sont fréquemment confrontées et aux régions des grandes forêts pour assurer leur gestion durable. Pourtant cette zone n'est pas exempte de dégradation. Elle fait face, comme les aires sèches aux effets de la sècheresse.

5

Figure 1. Localisation du terroir de Ndokayo.

6

2.2. Cadre temporel

Notre étude s'étend sur une période de 24 ans. Elle couvre la période 1987 - 2011. Le choix de cette période n'est pas un fait du hasard. Dans une perspective diachronique, le choix de la période 1987 - 2011 est basé sur le profil historique du terroir. En effet, cette période est caractérisée par des évènements susceptibles d'influencer l'évolution des types d'occupation du sol. Le terroir de Ndokayo a connu deux principaux flux migratoires entre 1987 et 2011 : d'abord l'installation de la communauté Haoussa en 1988, ensuite, celle des réfugiés centrafricains à partir de 2001 (HCR, PAM, UNICEF ; 2007). Ainsi, l'analyse diachronique sera fondée sur trois dates à savoir 1987, 2000 et 2011. L'analyse des types d'occupation du sol en 1987 a pour vocation d'évaluer leur évolution avant l'installation de la communauté Haoussa. Dans la même logique, l'analyse des types d'occupation du sol en 2000 va remplir deux fonctions. Elle va permettre d'apprécier les changements de l'occupation du sol durant plus d'une décennie de présence de la communauté Haoussa dans le terroir. En plus, elle met en exergue l'état des lieux de ces types d'occupation du sol avant l'installation des réfugiés centrafricains. La dernière année 2011 a été choisie dans l'optique d'apprécier les changements survenus après une décennie de présence des réfugiés centrafricains dans le terroir.

3. Questions de recherche

3.1. Question principale

? Comment évoluent les types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo entre 1987 et 2011 ?

3.2. Questions spécifiques

? Quelles sont les modifications qu'ont connues les types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo entre 1987 et 2011 ?

7

? Quels sont les facteurs explicatifs de ces modifications ?

? Quelles sont les caractéristiques des principaux acteurs de la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir ?

? Quelles sont les conséquences socio-économiques de la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir ?

4. Contexte scientifique

La question de la dynamique des types d'occupation du sol a fait l'objet d'importantes préoccupations au sein de la communauté scientifique à l'échelle planétaire en général et dans le monde tropical en particulier. Loin de se focaliser sur les facteurs et les acteurs de la dynamique de l'occupation du sol qui sont à priori connus ; en l'occurrence les éléments du milieu naturel et les sociétés humaines, cette étude est surtout axée sur les approches et les méthodes d'analyse. Ainsi, l'approche est généralement diachronique, les méthodes et outils d'analyse restent bien nombreux. Les études portant sur ce sujet sont fondées sur des cartes d'occupations du sol et des données statistiques y afférentes. Les cartes d'occupation du sol sont des précieux documents qui permettent de matérialiser et d'analyser les changements spatio-temporels d'un ou de plusieurs phénomènes spatiaux. Celles-ci sont réalisées sous la base d'outils et de méthodes spécifiques de plus en plus performants.

Ces trois dernières décennies, l'évolution technologique rend de plus en plus pratique la cartographie de l'occupation du sol, ce qui permet par ricochet d'apprécier la dynamique spatio-temporelle d'un phénomène observable à la surface de la planète. Ces dernières années, la télédétection fait la une de l'actualité scientifique s'agissant de l'étude des phénomènes spatiaux et de leur dynamique. Cette nouvelle approche dans l'étude spatio-temporelle de l'occupation du sol est basée sur l'analyse des données cartographiques numériques issues du traitement informatique des images des satellites. Depuis sa mise au point, la télédétection a connu diverses phases au cours de

8

son évolution. Le problème de l'échelle d'analyse a souvent fait l'objet de vifs débats depuis les premières heures de cette possibilité.

Lambin et Ehrlich (1997) ont évalué et analysé les changements de l'occupation du sol dans le continent africain sous la base des données de dix ans des satellites de NOAA-AVHRR entre 1982 et 1991. Leurs travaux ont montré que ce processus a affecté le plus moins de 4 % des régions subsahariennes au cours de la période d'étude. Cette approche a aussi été privilégiée par Palmer et Van Rooyen (1998) qui ont fait usage des données de Landsat TM pour explorer les impacts de la politique de gestion des terres sur la structure de la végétation dans le désert du Kalahari méridional. Le constat qui se dégage de ces deux travaux ci-dessus évoqués est la grandeur de l'échelle spatiale. L'utilisation des images satellitales à moyenne et haute résolutions spatiales présente une limite. Ce type d'image reste approprié pour une cartographie de l'occupation du sol à petite échelle. A grande échelle, il devient difficile et même impossible de les exploiter.

L'évolution de la technologie a tôt fait de remédier à cette faiblesse, avec le lancement des satellites dotés de capteurs puissants à très haute résolution spatiale (Geoeye, Ikonos, Quickbird). Les scènes issues de ce type de capteurs permettent de cartographier plus nettement, et de façon plus détaillée l'occupation du sol.

Faisant usage de ce type de données, des études plus récentes ont été menées par Luc Cambrézy sur les camps des réfugiés au Kenya. Il a pu démontrer à l'aide de ces images que les camps des réfugiés entrainent de nouvelles dynamiques spatiales affectant le couvert végétal. L'utilisation de ces images à très haute résolution a permis de cartographier avec une haute précision les camps des réfugiés. Les camps de réfugiés sont de larges concentrations humaines, parfois éphémères, qui atteignent entre 11 000 et 20 000 habitants (Cambrézy, 1999). Cambrézy a abouti aux résultats selon lesquels l'installation des camps de réfugiés entraine la déforestation. En effet, la situation socioéconomique des réfugiés les prédispose à une dépendance vis-à-vis des ressources naturelles locales. Il signale d'ailleurs la présence d'auréoles de déforestation autour des camps des réfugiés qui, selon lui, en sont les responsables.

9

Dans cette optique, il s'agit bien d'un contexte où les espaces occupés par les réfugiés ne l'étaient pas avant leur installation. Il apparait alors clair que l'impact des réfugiés dans zone d'accueil souligné par Cambrézy est purement écologique.

Cependant dans certains cas, comme dans le terroir étudié, l'installation du groupe des réfugiés a lieu dans des espaces déjà occupés et mis en valeur par une autre communauté. Il apparait donc évident que l'aspect socioéconomique n'a pas suffisamment été analysé dans l'évaluation de l'impact de cette dynamique. Dans un tel contexte, l'usage de cette méthode cartographique par télédétection doit être complété par la mise sur pied d'un SIG1, étant donné que l'un des aspects de cette étude est d'évaluer l'impact des réfugiés en termes de dynamique spatiale et temporelle.

Cependant, l'accès aux images satellitales à très haute résolution spatiale est limité. Cette limite est tout d'abord liée au coût élevé de celles-ci. Aussi, les dates de prise de vue ne correspondent toujours pas à celles choisies pour l'étude.

Face à cette difficulté, les géographes ont généralement fait usage d'une approche multi-source. L'approche multi-source associe et rapproche les différentes sources de données disponibles. Suivant cette logique, Rembold et al. (2000) ont étudié les changements de l'occupation du sol des régions du lac d'Ethiopie centrale et du sud en utilisant les photographies aériennes datées de 1972 jusqu'en 1994 et de Landsat TM. Mendoza et Etter (2002) ont utilisé les photographies panchromatiques, seulement, combinées avec des travaux sur le terrain et du SIG pour évaluer les changements dans les parties de Bogota en Colombie. Ram et Kolarkar (1993) ont étudié les changements d'utilisation de la terre d'aride dans des secteurs en Inde par une simple comparaison visuelle entre les images satellitales, de cartes et de photographies aériennes.

A l'usage des photographies aériennes dans l'étude d'une dynamique spatiale se pose le problème de leur disponibilité, surtout dans les pays sous-développés. En effet,

1 Système d'Information géographique.

10

certaines zones n'ont jamais été couvertes par une mission aérienne, celles-ci nécessitant de gros moyens financiers et technologiques. Aussi, les photographies aériennes de certaines régions sont de nos jours inexistantes du fait de leur mauvaise conservation et la plupart de celles-ci datent de plus d'un demi-siècle.

Au total, les plus grands problèmes, dans toutes ces approches de la cartographie de l'occupation du sol, dans une optique d'appréciation de l'évolution spatio-temporelle, se posent au niveau de l'échelle d'étude et de l'adaptation des dates choisies avec les données disponibles surtout dans les pays sous-développés qui souffrent d'un manque criard de données scientifiques.

Pourtant, les études portant sur la dynamique spatiale sont d'une grande nécessité dans ces pays, notamment dans les espaces ruraux en pleine mutation. Elles permettent de comprendre le phénomène sous ses divers aspects en mettant en évidence les processus, les facteurs et même les acteurs. Ainsi, elles contribuent à leur maîtrise.

Face à cette limite, les relevés de terrain sont une possibilité pour cartographier l'évolution des types d'occupation du sol. Les cartes d'occupation du sol peuvent être obtenue par relevés de terrain (levés GPS et les profils historiques) (Leenhardt D et al.,2005). L'ensemble des informations recueillies sera utilisé pour constituer une base de données SIG. La base de données SIG est constituée de données géométriques (localisation des objets dans l'espace en coordonnées x, y et z) et des données attributaires (données relatives à la description de ces objets). Devant ces limites que présente l'étude de la dynamique de l'occupation du sol basée sous l'utilisation des images satellitales et des photographies aériennes sus-évoquées, la méthode cartographique par relevé de terrain et des relevés floristiques ont été privilégiés dans notre étude.

5. 11

Objectifs

5.1. Objectif principal

Montrer comment évoluent les types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo entre 1987 et 2011.

5.2. Objectifs spécifiques

? Analyser les modifications qu'ont connues les types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo entre 1987 et 2011 ;

? Identifier et analyser les facteurs de cette dynamique ;

? Identifier et caractériser les principaux acteurs de cette dynamique ;

? Analyser les conséquences socio-économiques de cette dynamique au niveau

local.

6. Hypothèses

Nous appuyant sur une démarche hypothético-déductive, nous posons en prémisses de notre recherche des réponses provisoires au questionnement de départ (question principale et questions spécifiques).

6.1. Hypothèse principale

Les types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo évoluent de manière accélérée entre 1987 et 2011

12

6.2. Hypothèses secondaires

? Entre 1987 et 2011, les cultures, les jachères et la zone d'habitation du terroir ont connu une extension au détriment du couvert végétal, lequel a connu une dynamique régressive.

? Les mutations des contextes climatique et socioéconomique, caractérisés par l'augmentation de la population du terroir, ont favorisé la dynamique des types d'occupation du sol ;

? Les principaux acteurs de cette dynamique accélérée sont les réfugiés centrafricains qui pratiquent l'agriculture, l'élevage et le bucheronnage;

? La dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo est à l'origine de conflits entre les groupes d'acteurs du terroir, notamment entre agriculteurs et éleveurs.

7. Cadre conceptuel

La conceptualisation des termes et expressions, qui suivent, s'est avérée cruciale pour la présente étude.

? Dynamique

Le concept de dynamique a fait l'objet de plusieurs définitions. Littéralement, la dynamique renvoie à un processus qui marque une évolution ; c'est - à - dire un changement graduel et chronologique, quantitatif et (ou) qualitatif. Il s'agit d'un concept utilisé dans la quasi-totalité des disciplines scientifiques.

Dans le champ des sciences sociales en général et de la géographie en particulier, la dynamique désigne l'évolution spatiale et temporelle d'un phénomène physique ou humain. L'appréhension la plus appropriée de la dynamique est celle de Brunet (1992). Selon lui, la dynamique est « un changement résultant d'un jeu de forces... ». « Les forces » évoquées par Brunet sont des facteurs naturels et humains. S'agissant des facteurs naturels, il s'agit par exemple de l'évolution climatique. Parlant des facteurs

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humains, nous citerons la croissance démographique et ses corolaires que sont notamment la surexploitation des ressources naturelles et l'extension du bâties ainsi que des terres agricoles.

Brunet et al.(2009) signalait, parlant de la dynamique, qu'elle « f...] marque un accroissement ou un déclin, ou la succession de plusieurs phases contraires : une évolution positive encourageante, une évolution inquiétante. » Selon ces auteurs, la dynamique présente une double situation : elle est soit progressive, soit régressive ; ou alors, elle présente une alternance des deux phases.

L'appréhension de brunet est préconisée dans la présente étude. La dynamique présente deux tendances dans le terroir. Elle est fonction du type d'occupation du sol. La tendance régressive caractérise l'évolution de la couverture végétale. A l'opposé, les autres types d'occupation du sol lié à la présence sociétés humaines à savoir ; la zone d'habitation, les cultures et les jachères ont une tendance progressive.

? Sol et occupation du sol

Le vocable sol est polysémique. Ce mot est utilisé dans plusieurs disciplines scientifiques et domaines techniques notamment en agronomie, en pédologie, en aménagement du territoire, en biologie, en chimie et en géographie ; mais aussi et surtout dans le langage courant. Les conceptions du terme sont donc multiples et diversifiées selon les différentes approches des disciplines scientifiques, qui n'ont pas toujours le même objet.

Pour les agronomes le sol c'est la partie arable (pellicule superficielle) homogénéisée par les labours et explorée par les racines des plantes. Ils considèrent qu'un bon sol agricole est constitué de 25 % d'eau, 25 % d'air, 45 % de matière minérale et de 5 % de matière organique (FAO, 1997).

Les pédologues estiment que la partie arable ne constitue que la partie superficielle du sol. Dans cette optique, Albert Demolon a défini le sol comme étant « la formation naturelle de surface, à structure meuble et d'épaisseur variable, résultant

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de la transformation de la roche mère sous-jacente sous l'influence de divers processus, physiques, chimiques et biologiques, au contact de l'atmosphère et des êtres vivants ».

Pour l'hydrogéologue le sol est un manteau vivant et occupé par la végétation, et permettant le cycle de l'eau.

L'écologue envisage le sol comme un habitat et un élément de l'écosystème qui est le produit et la source d'un grand nombre de processus et interactions chimiques, biochimiques et biologiques.

Dans le domaine de l'aménagement du territoire, le vocable sol est généralement associé à celui d'occupation pour former l'expression objective d' « occupation du sol ». Les spécialistes de l'aménagement du territoire distinguent des catégories d'occupation du sol, avec les sols : agricoles, boisés, bâtis et bien d'autres types. Les définitions du sol sont liées à son utilisation. Ainsi, pour un ingénieur civil le sol est un support sur lequel sont construits les routes, et fondés les bâtiments. Pour un ingénieur d'assainissement, le sol est un récipient de dégouts domestiques.

En géographie, cette approche de l'aménageur du territoire est partagée. Elle est privilégiée dans le cadre de la présente étude. L'occupation du sol sera donc appréhendée comme la définit la FAO. Selon cet organisme international, l'occupation du sol est « la couverture physique observable au sol par des techniques de relevés de terrain ou par la télédétection. Elle comprend la végétation (naturelle/cultivée) et l'aménagement du territoire/l'habitat (bâtiments, routes) qui occupent la surface de la Terre ainsi que l'hydrographie... » (FAO, 1997).

L'occupation du sol renvoie concrètement aux grands ensembles du paysage auxquels fait allusion, la FAO. Il s'agit donc du couvert végétal dans sa diversité, de l'hydrographie et des aménagements.

? Réfugiés

Le concept de « réfugié » a fait l'objet de la convention de Genève du 28 juillet 1951. Aux termes de cette convention signée le 11 septembre 1952, le réfugié peut être

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défini comme « toute personne, qui, craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut, ou du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays » (article 1 , alinéa 2). Les réfugiés sont donc des demandeurs d'asile cherchant à fuir leur pays d'origine pour être accueillis dans un pays où leur vie ne sera plus en danger.

A travers cette définition du vocable réfugié, l'on peut comprendre que plusieurs raisons sont à l'origine des déplacements des populations. Il s'agit par exemple des cataclysmes et des guerres.

Dans le cadre de notre étude, il s'agit essentiellement des personnes déplacées à la suite des conflits armés. Il s'agit tout simplement des réfugiés de guerre ; c'est-à-dire des déplacés forcés suite au climat politique défavorable dans leur pays.

? Végétation et flore

Dans son sens premier, la végétation est l'ensemble constitué des plantes qui poussent en un lieu donné. Ces végétaux constituent un ou plusieurs types de formations et de mosaïques.

Dans la perspective d'analyse de la dynamique des types d'occupation du sol de cette étude, la végétation désigne l'ensemble de végétaux recouvrant de manière temporaire ou permanente le sol. Il peut s'agir d'une forêt, d'une savane. Dans cette logique, l'expression utilisée pour désigner la végétation est très souvent « couverture végétale » ou « couvert végétal ». En plus, la végétation est aussi vue sous un aspect spécifique. Elle désigne donc aussi la flore, c'est-à-dire l'ensemble des espèces végétales d'une région ou d'un milieu donnés.

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? Terroir

Le concept de terroir a été au centre de nombre de travaux scientifiques.

Ce vocable est le plus utilisé en agriculture où il renvoie à un sol planté de vigne ou tout simplement à un sol agricole. Ce mot est aussi utilisé pour évoquer la campagne.

L'approche géographique du concept est celle de Rouvellac E. (2008), selon qui le terroir désigne « un espace géographique délimité défini à partir d'une communauté humaine qui construit au cours de son histoire un ensemble de traits culturels distinctifs, de savoirs, et de pratiques fondées sur un système d'interactions entre le milieu naturel et les facteurs humains. Les savoir-faire mis en jeu révèlent une originalité, confèrent une typicité et permettent une reconnaissance pour les produits ou services originaires de cet espace et donc pour les hommes qui y vivent. Les terroirs sont des espaces vivants et innovants qui ne peuvent être assimilés à la seule tradition. » Un terroir résulte donc de l'exploitation par une société humaine des potentialités d'un espace physique.

Il s'agit d'un espace concret, tangible et susceptible d'être cartographié. Le terroir est identifiable à travers de multiples facteurs (géographiques : pédologie, géologie, géomorphologie, hydrologie, climatologie, microclimat, exposition, etc.), mais qui possède également une dimension culturelle qui reflète directement la société humaine qui l'exploite. Cette approche est privilégiée dans la présente étude.

8. Méthodologie

Dans l'optique de notre démarche hypothético-déductive, la présente méthodologie a été conçue et mise en oeuvre dans l'optique de tester les hypothèses préalablement formulées et de parvenir à des résultats significatifs. Elle s'articule autour de deux axes à savoir : la méthode de terrain et la méthode de laboratoire.

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8.1. La méthode de terrain

La méthode de terrain regroupe l'ensemble des opérations menées sur le terrain (zone d'étude), intégrant les outils qui nous ont permis de recueillir des données.

? Les observations de terrain

Les observations de terrain sont fondamentales dans la recherche géographique. Elles permettent au chercheur faire une lecture directe des réalités vécues et perçues par les groupes sociaux. Les observations de terrain consistaient en des visites exploratoires sur le site.

Dans cette optique, des questions relatives à l'appréciation du contexte actuel du terroir et celui des différents flux migratoires dans le terroir étaient posées aux autorités traditionnelles ainsi qu'aux personnes âgées. Les entretiens ont permis de déceler les ambiguïtés du sujet de recherche et par conséquent de le réorienter.

? La recherche documentaire

La recherche documentaire a été cruciale à la présente étude. Les thèses, les mémoires de fin d'études, les articles relatifs à l'étude de la dynamique de l'occupation du sol, et les ouvrages généraux ont été consultés à la bibliothèque centrale, au centre d'étude « Anthropos », à la bibliothèque de la FALSH et au Laboratoire de Géomatique de l'Université de Ngaoundéré. Nous avons aussi exploité les bibliothèques en ligne de nombreux organismes et instituts de recherches notamment l'IRDa, le CIRAD et le HCR. Deux cartes topographiques de la région géographique de Bétaré-Oya à laquelle appartient le terroir au 1/50 000 (Bétaré-Oya 3a et 1c, 1957, IGN), ont été acquises à l'INC de Yaoundé.

Les données climatiques proviennent de la SODEPA de Ndokayo, elles couvrent une période de 24 ans (1987-2011). Malgré leur caractère peu exhaustif, elles ont permis d'apprécier l'évolution climatique dans le terroir sur la base des moyennes annuelles des températures et des précipitations.

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Les données démographiques sur le terroir ont été recueillies auprès des services de la statistique du bureau du HCR de Bertoua, où nous avons pu obtenir une carte exhaustive de la répartition des réfugiés centrafricains dans les régions administratives de l'Est et de l'Adamaoua par site.

? La collecte des données cartographiques

La cartographie des types d'occupations du sol s'est faite, pour l'essentiel, sous la base des relevées de terrain. Les relevés de terrain associent les levées GPS des parcelles et la reconstitution de leur évolution à l'aide des fiches de collecte des données. Le choix d'une telle méthode, dans un contexte où la télédétection est de plus en plus privilégiée dans les études de l'occupation du sol, nécessite d'être justifié. Par la suite, il est impératif de présenter de cette méthode.

? Justification de la méthode cartographique

L'étude d'une dynamique spatiale en géographie nécessite des outils d'analyses pertinents. L'évolution technologique offre de nos jours une panoplie de sources de données notamment les photographies aériennes et les images satellitales qui sont de plus en plus utilisées pour la cartographie de l'occupation du sol. Dans les pays en développement, il se pose le problème de l'existence de ces sources de données et de leur accès. Les photographies aériennes existantes sont généralement très anciennes.

S'agissant des images satellitales, il existe plusieurs types, notamment les images à haute et moyenne résolution et ; les images à très haute résolution. Plusieurs images satellitales sont aujourd'hui disponibles et téléchargeables gratuitement sur internet. Cependant, le choix d'une image est fonction du thème étudié et repose surtout sur l'échelle spatiale, ainsi que les limites temporelles. Ainsi pour une cartographie de l'occupation du sol à l'échelle d'un terroir, les images à très haute résolution sont les plus adaptées. Celles-ci permettent une visu- interprétation aisée, les unités de l'occupation du sol apparaissent plus nettement. Cependant, l'accès à ce type d'image reste limité du fait de leur coût très élevé et aussi de leurs disponibilités aux dates choisies pour l'étude.

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L'utilisation des photographies aériennes est une autre possibilité pour l'étude de la dynamique spatiale à l'échelle d'un terroir. Le problème qui se pose est celui de l'indisponibilité aux dates choisies pour l'étude, mais aussi, et surtout de l'échelle. Les seules photographies aériennes disponibles couvrant le terroir sont très anciennes (1953-1954) à l'échelle 1/50 000.

Pour faire face à ces difficultés, nous avons opté pour une analyse diachronique sur la base des relevés de terrain (parcellaire). Cette méthode bien que présentant des limites, s'est avéré être adéquate pour atteindre nos objectif, principalement celui d'apprécier l'évolution des types d'occupation du sol dans le terroir entre 1987 et 2011.

? Présentation de la méthode cartographique

Le GPS (Global Positionning system) est un système de navigation et de positionnement par satellite. Cet outil de localisation a été mis sur pied et développé par les Etats-Unis d'Amérique en 1973 (Cambrézy, 1999) dans l'optique de permettre la localisation des troupes en opération militaires. Le GPS est aussi utilisé comme outil de navigation dans la marine et l'aviation.

Dans le cadre de notre étude, le GPS a été utilisé comme un outil de terrain pour localiser des objets. Il s'agit donc d'un instrument de cartographie.

La collecte des données cartographique a tout d'abord porté sur les limites du terroir. Elle s'est faite à l'aide du GPS. Par ailleurs, une délimitation a préalablement été faite par les autorités traditionnelles à l'aide de la carte topographique au 1/50 000 et de l'image satellitale imprimée de 2006 du satellite quickbird, disponible sur l'interface Google earth. Par la suite, sous la conduite d'un guide, recommandé par l'autorité traditionnelle, les coordonnées des points aux limites du terroir ont été prises et notées sur une fiche conçue pour la circonstance (Annexe3). Ainsi, nous avons levé les points de référence des limites du terroir.

Par la suite, il a été question de lever les points des différents types d'occupation du sol à cartographier, c'est-à-dire prendre leurs coordonnées géographiques (x, y, z) :

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x représentant la longitude, y la latitude et z l'altitude. Ainsi, les contours des différents types d'occupation du sol ont été levés au GPS en fonction de leur évolution retracée sur place par les propriétaires. Il était question de décrire chaque parcelle levée en 2011 et de recueillir des informations d'analyse notamment leur date de création, leur occupation avant cette date et les différents changements qu'elles ont connus durant la période allant de leur création jusqu'en 2011. Par ailleurs, d'autres informations comme le (s) nom (s) et la nationalité du (des) propriétaire (s) ont aussi été relevées en vue de différencier les espaces occupés par les réfugiés centrafricains de ceux occupés par les locaux. Les enquêtes ont porté sur trois types d'occupation du sol à, savoir : la zone d'habitation, les cultures, les jachères.

Pour apprécier la dynamique de la savane arbustive dense et de la galerie forestière, des relevés floristiques ont été effectués.

? La collecte des données phytogéographiques

Des relevés phytogéographiques ont été effectués dans la savane arbustive dense et de la galerie forestière. Ces relevés avaient pour but de caractériser ces deux types d'occupation sol, d'apprécier leur niveau de dégradation, d'identifier les espèces ligneuses exploitées et de déterminer les agents responsables de leur dégradation.

Au niveau de la savane arbustive dense, les relevés ont porté sur un total de 12 placettes de superficie unitaire de 20x20m, soit 400 m2

Les relevés dans la galerie forestière se sont opérés sur des transects d'une distance de 400 m chacun au niveau des quatre principaux cours d'eau du terroir (Oudou, Tokdila, Droukbala, Gbéri). Des relevés ponctuels étaient effectués sur 10 m tous les 100 m, soit 4 relevés sur 400 m pour un total de 16.

L'identification des espèces s'est faite à l'aide du Manuel de dendrologie des savanes boisées, de l'ACD et avec l'appui d'un ingénieur des travaux des eaux et forêt et d'un natif du terroir par ailleurs tradi-praticien et connaisseur des espèces ligneuses. Nous avons systématiquement noté sur la fiche de relevé, les coordonnées géographiques de la placette, le nom scientifique et en langue locale (Gbaya) et/ou en

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Français, la hauteur estimée pour chacun les individus normaux, ainsi que des caractéristiques essentielles telles que l'état des individus, les raisons de sa dégradation éventuellement. Les individus dessouchés et brulés ont été identifiés à partir des repousses et/ou de la souche.

En outre, la détermination des facteurs, la caractérisation des acteurs et la mise en évidence des conséquences socioéconomiques de cette dynamique des types d'occupation du sol passent nécessairement par le recueil des opinions des divers acteurs. L'atteinte de ces objectifs a nécessité la mise à contribution des enquêtes et aux entretiens sur le terrain.

? La collecte des données socioéconomiques

? Les enquêtes et les entretiens

Des enquêtes et des entretiens ont été menés dans le but de collecter des données relatives aux facteurs, aux acteurs et aux conséquences socioéconomiques de la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir.

La population cible de notre zone d'étude est estimée à 1600 ménages dont 811 ménages de réfugiés centrafricains (HCR et al., 2009) et 789 ménages locaux (Koppert, G et al., 2005), pour une population totale estimée à près de 10.000 habitants (Atlas du Cameroun, 2010). Cette caractéristique de la population du terroir est à prendre en compte dans la détermination de l'échantillon sur lequel va porter l'enquête. Ainsi, la méthode privilégiée est l'échantillonnage avec probabilité proportionnelle à la taille de la population.

Dans cette technique d'échantillonnage, probabilité d'un individu de la base de sondage d'être sélectionné dépend de la taille de l'unité. Plus la taille de l'unité est grande, plus sa chance d'être incluse dans l'échantillon est élevée. Cette méthode va être privilégiée si l'on s'intéresse à une caractéristique qui pourrait être influencée par sa taille comme il en est présentement le cas.

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Avec un taux d'échantillonnage de 10 %, déterminé sur la base de la taille de la population mère, le questionnaire a été administré à un échantillon de 160 ménages, soit 86 chefs de ménages au sein de la population camerounaise représentant 49,32 % de la population mère et 89 ménages de réfugiés représentant 50,69 % de la population mère.

Pour mener à bien les enquêtes sur le terrain, et en vue de faciliter le traitement informatique des données, un questionnaire codifié à questions semi-ouvertes a été préalablement préparé. Le questionnaire est organisé en cinq rubriques. La première rubrique vise à recueillir des informations sur l'enquêté, la deuxième rubrique porte sur la caractérisation du ménage. Ces deux premières rubriques ont été administrées à 160 chefs de ménages ou à leur représentant. La troisième rubrique comporte quatre sous rubriques et est administrée au chef de ménage ou à un membre du ménage selon la principale activité pratiquée.

Des entretiens ont été effectués avec les autorités traditionnelles du terroir, notamment le chef de village et ses notables. En plus des entretiens de masse avec les divers groupes d'acteurs notamment les agriculteurs, les éleveurs, les artisans et les bucherons, les personnes âgées ont été interrogées relativement à leur perception de la dynamique des types l'occupation du sol dans le terroir. Les entretiens de masse avec les groupes d'acteurs avaient pour but de se faire une idée de l'évolution des différentes activités pratiquées dans le terroir et de recenser les problèmes auxquels ils font face afin d'établir les relations avec les changements des types d'occupation du sol. S'agissant de l'entretien avec les personnes âgées, il était question de retracer l'historique de l'occupation du sol par des profils historiques, c'est-à-dire préciser des dates repères relatives à des évènements ayant une importance particulière dans la compréhension de la dynamique du terroir sur le plan de l'occupation du sol, notamment les mouvements migratoires.

Aussi, des entretiens ont été menés auprès du chef de poste forestier et faunique, du chef de poste agricole et du chef de centre zootechnique et vétérinaire dans l'optique de recueillir des données relatives à leurs secteurs respectifs.

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8.2. La méthode de laboratoire

Les travaux de laboratoire ont porté sur le traitement des données recueillies sur le terrain. Nous avons créé une base de données SIG des parcelles enquêtées et nous avons procédé au traitement du questionnaire.

? La création de la base de données SIG

A l'aide d'un fond topographique au 1/50 000, les points de référence des limites du terroir ont été projetés. Ensuite, ces limites ont été vectorisées. Les données sur les parcelles ont été traitées en vue de constituer un SIG. Les performances du logiciel Mapinfo 8.5 ont été mises à profit pour la création d'une base de données géographique. La base de données géographique permet de gérer automatiquement les données collectées sur les parcelles des différents types d'occupation du sol. Ainsi, l'analyse de leur évolution a été pratique.

La base de données SIG mise sur pied est constituée de deux composants majeurs à savoir :

? Les données géométriques qui renvoient à la forme et à la localisation des objets.

? Les données descriptives ou données attributaires qui renvoient à l'ensemble des attributs descriptifs des objets entre autres la date d'ouverture de la parcelle, son propriétaire, la nationalité du propriétaire ;

La base de données SIG ainsi constituée a été exploitée pour suivre l'évolution des parcelles enquêtées et leur cartographie.

Ainsi, la superficie totale de chaque type d'occupation du sol enquêté a été calculée relativement au cadre temporel de l'étude: entre 1987 et 2001, puis entre 2001 et 2011. Par la suite, l'évolution de chaque type d'occupation du sol a été appréciée sur la base des parcelles enquêtées. Aussi, des cartes du terroir représentant les différents types d'occupation du sol en 1987, 2001 et 2011 ont été produits à partir de la base de données SIG.

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Par ailleurs, la base de données a été exploitée pour caractériser les acteurs de la dynamique des types d'occupation du sol. Ici, le point focal est la nationalité du propriétaire. Ce qui a permis de déterminer les superficies respectivement mises en valeur par les réfugiés centrafricains et celles exploitées par les populations camerounaises du terroir.

Les travaux de laboratoire ont aussi porté sur le traitement des relevés phytogéographiques.

? Le traitement des données phytogéographiques

Le traitement des données phytogéographiques en laboratoire était fondé sur les opérations statistiques. Nous avons comptabilisé le nombre d'individus des différentes espèces ligneuses par placette, le nombre d'individus dessouchés, élagués et brulés, ainsi que ceux soumis aux actions des agents bioclimatiques. Les fréquences relatives ont été calculées. Les espèces les plus exposées à la dégradation ont été déterminées.

? Le traitement du questionnaire

Nous avons procédé au dépouillement des données issues de l'enquête pour extraire les informations nécessaires à notre étude. Le logiciel SPSS 16.0 nous a permis d'atteindre aisément cet objectif. Grâce aux performances de ce logiciel nous avons pu obtenir de manière automatique des tableaux statistiques regroupant pour chacune des variables des valeurs descriptrices comme les effectifs et les fréquences pour chacune des variables souhaitées.

9. Intérêt de l'étude

La présente étude revêt d'un intérêt méthodologique. Basée sur les relevés de terrain, associant les levées GPS et les profils historiques, elle met en exergue les possibilités d'une approche de collecte et de traitement des données, permettant d'étudier les changements de l'occupation du sol dans les zones rurales des pays sous-

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développés où les sources de données ne sont pas accessibles du fait de leur coût élevé et parfois de leur inexistence.

D'un point de vue appliqué, l'étude de la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo a permis de mettre en évidence les impacts direct et indirect des réfugiés centrafricains sur l'environnement des zones d'accueil. Il est question de susciter un vif intérêt mêlé d'inquiétude vis-à-vis des décideurs et du HCR au sujet des mutations environnementales dans les zones d'accueil des réfugiés, en particulier sur le territoire camerounais.

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Chapitre 1. Evolution des types d'occupation du

sol dans le terroir de Ndokayo de 1987 à 2011.

Introduction

L'identification des types d'occupation du sol se fait par des perspectives variées. Les observations de terrain et l'exploitation des données multisources notamment , les images satellitales à très haute résolution et la carte de la végétation de Letouzey, ont permis de distinguer cinq types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo. Il s'agit nettement de la zone d'habitation, des cultures, de la jachère, de la savane arbustive dense et de la galerie forestière. La détection des changements des types d'occupation du sol passe nécessairement par une étude de l'évolution spatio-temporelle. L'étude de l'évolution spatio-temporelle des types d'occupation du sol s'appuie sur une analyse diachronique des informations sur les parcelles enquêtées constituées en base de données SIG. Les données recueillies sur les parcelles couvrent la période allant de 1987 à 2011. Dans ce chapitre, il est question, tout d'abord de caractériser ces différents types d'occupations du sol dans le terroir. Ensuite, il s'agira de retracer leur évolution durant la période 1987 - 2011.

1.1. Caractérisation des types d'occupation du sol

Chaque type d'occupation du sol dans le terroir s'identifie par rapport aux autres. En effet, un type d'occupation du sol se caractérise par des aspects distinctifs, notamment l'activité ou alors l'ensemble des activités qui s'y pratiquent ou auxquelles elle est destinée. Ainsi, qu'il s'agisse de la zone d'habitation, des cultures, des jachères ou encore de la savane arbustive dense et de la galerie forestière, chacun présente des caractéristiques qui permettent de l'identifier nettement par observation directe sur le terrain ou sur les images satellitales et les photographies aériennes.

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1.1.1. La zone d'habitation

La zone d'habitation est un type d'occupation du sol qui correspond aux superficies occupées par le bâti, c'est-à-dire les maisons d'habitation et les voies de desserte. L'habitat présente deux principaux aspects dans le terroir. On distingue les habitations modernes et les habitations traditionnelles.

Les habitations modernes se caractérisent par un matériau de construction définitif, les habitations sont construites en dure ou en semi dure (Photo1.).

Photo 1. Habitation de type moderne à Ndokayo.

Cliché: Pouïra Jean Bodel

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Habitées en majorités par les réfugiés centrafricains, les habitations traditionnelles sont faites de matériaux provisoires notamment de branchage et en terre battue localement appelée « poto-poto » (Photo 2. et 3).

Photo 2. Habitation traditionnelle en terre battue.

La Photo 2 présente une habitation traditionnelle en terre battue ce type d'habitation est généralement habité par les populations autochtones. Les habitations en terre battue ne nécessitent aucun moyen financier.

Cliché et commentaire : Pouïra Jean Bodel

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Photo 3. Habitation traditionnelle en natte de raphia.

La Photo 3 met en exergue des habitations traditionnelles en raphia. Les habitations en raphia sont le plus retrouvées dans les camps des réfugiés centrafricains.

Cliché et commentaire : Pouïra Jean Bodel

1.1.2. Les cultures

C'est le deuxième type d'occupation identifiable dans le terroir. Au voisinage de la zone d'habitation et quelques fois, éloignées, les cultures sont des terres entretenues destinées à la production alimentaire. Ce sont tout simplement des terrains agricoles. Elles sont principalement occupées par Manihot esculata.

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Photo 4. . Champs de Manihot esculata

La Photo 4 présente une vue d'un champ de culture. En premier plan Manihot esculata, la plante la plus cultivée dans le terroir. En arrière-plan la savane arbustive dense qui est défrichée et laisse progressivement place aux cultures.

Cliché et commentaire : Pouïra Jean Bodel.

Les cultures, dans le terroir, sont des superficies destinées à la production des produits vivriers, notamment Manihot esculata, pour la consommation des ménages. Les cultures constituent un élément capital de l'anthropisation des lieux et par conséquent de la mise en valeur du sol. Les cultures se distinguent très nettement des jachères.

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1.1.3. Les jachères

Si les jachères prennent place après la mise en valeur agricole des terres, elles se distinguent très nettement des cultures. Ce sont des terres labourables, anciennement occupées par les cultures et délaissées dans l'optique d'une reconstitution en éléments nutritifs à l'effet de les faire produire de nouveau plus abondamment. Sur les jachères, se développent des repousses des plantes anciennement cultivées (Photo 5).

Photo 5. Une jachère

Cliché: Pouïra Jean Bodel

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Les jachères sont parfois anciennes. Sur celles-ci, il se produit une reconquête ligneuse, elles présentent l'aspect de la savane arbustive claire dégradée. Aussi, sur les

anciennes jachères, se développement Chromolaena odorata, une espèce
envahissante.

Toutefois, les jachères anciennes se distinguent nettement de la savane arbustive dense.

1.1.4. La savane arbustive dense

La savane arbustive dense constitue l'espace pastoral dans le terroir. Le tapis herbacé est dominé par le Penicetum. Ce type de végétation pousse sur des sols ferrallitiques et latéritiques par endroits. Ce dernier facteur justifie en partie leur caractère assez ouvert, l'autre facteur étant l'action anthropique. Avec la pression humaine, la savane arbustive dense tend à la dégradation (Photo 6).

Photo 6. Savane arbustive dense.

Cliché: Pouïra Jean Bodel

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La savane arbustive est dominée par les espèces tels que Hymenocardia acida, Annona Senegalensis, Aubrevillia Kerstingii, Burkea africana, Vitex doniana, Lannea schimperi, Lophira lanceolata, Albizia Zygia, Crossopteryx februfiga, Ficus capensis, Nauclea latifolia, Piliostigma tonningii, Strychnos spinosa et Terminalia laxiflora (Figure 2).

Source : relevés floristiques, 2011.

Figure 2. Fréquences spécifiques dans la savane arbustive dense

En plus de la savane arbustive dense, la végétation du terroir est aussi constituée de la galerie forestière. La galerie forestière est caractéristique de cette zone de transition climatique, située à cheval entre les domaines équatorial et tropical sec.

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1.1.5. La galerie forestière

La galerie forestière est un type d'occupation du sol non négligeable dans le terroir. Ce type de végétation est localisé dans les encaissements où coulent les cours d'eau. L'importance de cette unité de la végétation est liée au drainage. Ainsi, celle des petits cours d'eau est peu fournie. Dans les grandes rivières, les galeries forestières ont une physionomie proche de la forêt dense, avec des ligneux pouvant atteindre une trentaine de mètres et même dépassant quelquefois une quarantaine de mètres.

La galerie forestière est riche en espèces ligneuses. Les plus rencontrées sont : Uapaca togoensis, Anoyeisus leiocarpus, Clausena anisata, Gacinia ovalifolia, Syzygium guineensis, Dyospiros mespiliformis, Erythtrolium africanum (Figure 3).

Source : relevés floristiques, 2011.

Figure 3. Fréquences spécifiques dans la galerie forestière

1.2. Processus de l'évolution des types d'occupation du sol de 1987 à 2011

Présenter le processus de l'évolution de chaque type d'occupation du sol dans le terroir sous-entend que l'état des lieux des parcelles enquêtées soit dressé. Ainsi nous dressons l'état des lieux de ces parcelles enquêtées pour les années 1987, 2000 et 2011. Ces opérations débouchent à coup sûr la détection des changements. Toutefois, il est nécessaire de signaler que seuls les types d'occupation du sol de l'emprise humaine à savoir la zone d'habitation, les cultures et les jachères sont concernés par l'analyse diachronique. S'agissant de la savane arbustive et de la galerie, l'analyse de leur évolution est faite sous la base des relevés phytogéographiques.

1.2.1. Evolution de la zone d'habitation

L'analyse des données recueillies sur 105 parcelles de la zone d'habitation permet de constater une évolution progressive de ce type d'occupation du sol dans le terroir. En effet, sur ces 105 parcelles représentant au total 151,831 ha, 23,57 ha ont été créés avant 1988 ; 6,16 ha entre 1988 et 2000. Entre 2001 et 2011, la zone d'habitation s'enrichit de 122,1 ha (Figure 4 et Tableau 1).

Source : levés GPS et enquêtes parcellaires, 2011.

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Figure 4. Evolution des superficies de la zone d'habitation

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Tableau 1. Evolution des superficies de la zone d'habitation en Ha

Périodes

Avant 1988

1988 - 2000

2001 - 2011

Superficies totales en ha

23,57

6,161

122,1

Source : levés GPS et enquêtes parcellaires, 2011.

Par ailleurs, l'analyse des données attributaires sur ces différentes parcelles de la zone habitation révèle qu'elles étaient essentiellement des terres savanicoles avant leur occupation. Les profils historiques ont tout aussi révélé que la plupart d'entre elles avaient été occupées par les petites superficies de cultures au voisinage des habitations.

37

Figure 5. Evolution de la zone d'habitation.

38

1.2.2. Evolution des cultures

Les cultures constituent sans doute dans le terroir, le type d'occupation du sol qui a connu une évolution spectaculaire. L'analyse des données sur les parcelles enquêtées révèle une évolution progressive des cultures (Figure 6).

Sources: levés GPS et enquêtes parcellaires, 2011.

Figure 6. Evolution des superficies des cultures

Ainsi, les cultures qui ne représentaient que 12,99 ha avant 1998, augmentent de quelque ha entre 1988 et 2000, soit 16,55 ha. Entre 2001 et 2011, on assiste à une explosion de ce type d'occupation du sol. Les cultures occupent 342,60 ha en 2011 (Tableau 2).

Tableau 2. Evolution des superficies des cultures

Périodes

Avant 1988

1988 - 2000

2001 - 2011

Superficies totales en ha

12,99

16,55

342,60

Source : levés GPS et enquêtes parcellaires, 2011.

Figure 7. Evolution des cultures

39

40

1.2.3. Evolution des jachères

Les jachères dans le terroir n'ont pas connu une grande évolution. Elles ont régressé de moins d'un hectare, passant de 11,73 ha avant 1988 ; 10,80 ha entre 1988 et 2000 ; et à 10,90 ha entre 2001 et 2011 (Figure 8 et tableau 3). Cette situation sous-entend tout simplement que la grande partie des terres a récemment fait l'objet de mises en valeur agricoles.

Source : levés GPS et enquêtes parcellaires, 2011.

Figure 8. Evolution des superficies des jachères

Tableau 3. Evolution des superficies des jachères

Période

Avant 1988

1988 - 2000

2001 - 2011

Superficies totales en

ha

11,73

10,80

10,90

Source : levés GPS et enquêtes parcellaires, 2011.

41

Figure 9. Evolution des jachères

42

1.2.4. Evolution de la savane arbustive dense

Analysée sous la base des relevés floristiques, la savane arbustive dense présente une évolution régressive récente. Le tableau 4 présente la fréquence des individus de l'ensemble des placettes expérimentales en fonction de leur état.

Tableau 4. Fréquences des états des individus dans la savane arbustive dense

Etats

Effectifs

Fréquences (%)

Normaux

99

32,04

Elagués

131

42,40

Dessouchés

53

17,15

Détruits par les feux de brousse

22

7,12

Détruits par les agents

bioclimatiques

4

1,29

Total

309,00

100,00

Source : relevés floristiques, 2011.

En effet, les individus à l'état normal représentent un pourcentage de 32,04 ; les élagués représentent 42,40% ; les dessouchés 17,12%. Les individus détruits par les deux de brousse représentent 7,12%. Par ailleurs, ceux détruits par les agents bioclimatiques ne représentent que 1,29%.

Le constat qui se dégage de l'observation de ces fréquences est le fort pourcentage des individus élagués (Figure 10).

43

Source : relevés floristiques, 2011.

Figure 10. Répartition de l'état des ligneux dans la savane arbustive dense

La fréquence élevée des individus élagués ainsi que celles des individus dessouchés et ceux détruits par les feux de brousse, sont révélatrices d'une profonde dégradation de la savane arbustive dense.

Par ailleurs, cette dégradation est bien visible sur le terrain (Photo 5).

44

Photo 7. Dégradation de la savane arbustive dense

.

Cette photo illustre le phénomène de transformation récente du couvert végétal. Ce terrain marqué par la présence de souche d'arbres correspond à un champ de culture en création. L'arrière-plan présente l'état normal de la savane arbustive claire.

Cliché et commentaire: Pouïra Jean Bodel

1.2.5. Evolution de la galerie forestière

L'analyse des données des relevés floristique au niveau de la galerie forestière a permis de constater une faible dégradation.

45

Tableau 5. Fréquences des états des individus dans la galerie forestière

Etat des
individus

Normaux

élagués

dessouchés

Détruits par
les feux de
brousse

Détruits par les
agents

bioclimatiques

Totaux

Effectifs

90

42

3

0

10

145

Fréquences

(%)

62,07

28,97

2,07

0,00

6,90

100,00

Source : relevés floristiques, 2011.

D'après le Tableau 5, les individus à l'état normal se taillent la part du plus grand pourcentage, soit 62,07 %. Les individus élagués et dessouchés représentent respectivement 28,97 % et 2,07 % ; soit un total de 31,04 %. Les individus détruits par les agents bioclimatiques ne représentent que 6,90 %.

Le pourcentage élevé des individus normaux largement au-dessus de 50 % montre évidente que la galerie forestière dans le terroir ne fait pas face à une forte dégradation comme la savane arbustive dense (Figure 11.).

Source : relevés floristiques, 2011.

Figure 11. Répartition de l'état des ligneux dans la galerie forestière

46

D'un point de vue global, le couvert végétal sur l'ensemble du terroir présente un niveau de dégradation avancé.

Conclusion

Sur le plan général, les types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo sont marqués, entre 1987 et 2000, par de faibles changements. Cependant, une dynamique accélérée de la zone d'habitation, des cultures, des jachères et de la savane arbustive dense survient entre 2000 et 2011. S'agissant de la galerie forestière, elle n'est pas restée figée; mais son évolution n'est pas problématique. Le constat général qui se dégage est l'explosion de l'emprise humaine à travers l'extension de la zone d'habitation des cultures et des jachères, mais aussi de la dégradation de la savane arbustive dense. La dynamique accélérée des types d'occupation du sol entre 2000 et 2011 suscite des interrogations. Logiquement, il est important de savoir quels sont les facteurs ayant entrainé l'accélération du phénomène.

47

Chapitre 2. Facteurs de la dynamique des types

d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo

Introduction

La dynamique accélérée des types d'occupation dans le terroir de Ndokayo a été établie. Il a été précédemment démontré que la zone d'habitation, les cultures et les jachères et la savane arbustive dense ont connu entre 2001 et 2011 une dynamique accélérée. L'on a noté une dynamique progressive de l'emprise humaine. La savane arbustive dense quant à elle a plutôt connu une évolution régressive en termes d'étendue spatiale et surtout spécifique. Dès lors, donner une explication à cette dynamique accélérée des types d'occupation du sol, s'avère fondamental dans cette étude. A cet effet, le présent chapitre s'intéresse à l'analyse des facteurs de la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir. Trois types de facteurs combinés sont indexés au sujet de cette dynamique accélérée. Ils sont respectivement mis en évidence et analysés. Il s'agit tout d'abord de l'évolution du contexte climatique du terroir, ensuite du changement du contexte socioéconomique local et finalement des facteurs intentionnels.

2.1. Le changement du contexte climatique et sa contribution à la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir

Les éléments du milieu naturel sont en interrelation. Brunet R. et al. (1992) parlent de géosystème. Les écologues utilisent le terme d'écosystème pour le désigner. Ainsi, le couvert végétal subit l'action condition du milieu, au point d'en dépendre. L'état du couvert végétal est donc fortement tributaire de l'ambiance climatique, qui influe sur les autres conditions écologiques notamment les types de sols.

2.1.1. La dégradation des conditions climatiques : les années de déficit pluviométrique et la sècheresse de 2007.

L'analyse des données relatives à l'évolution climatique dans le terroir de Ndokayo permet de relever une importante variabilité interannuelle des précipitations et des températures. Parlant des précipitations, les années 1987, 1988, 1996,1998, 2000 et 2004 à 2010 sont déficitaires. Le plus haut degré du déficit pluviométrique par rapport à la moyenne est atteint en 2007 et s'est traduit par une crise de sècheresse dans toute la zone climatique soudano-guinéenne de transition (Figure 12.).

Sources : SODEPA

48

Figure 12. Ecart à la moyenne des précipitations à Ndokayo

49

Cette décroissance des apports de pluies qui caractérise la zone rend compte d'un phénomène climatique général reconnu dans toute la zone équatoriale d'Afrique. En effet, ces dernières années sont marquées par un déficit de la pluviosité interannuelle de 10 à 20 % par rapport à la moyenne normale (Mahé et Olivry, 1995, cités par Réounodji, 2002). Ces années déficitaires se caractérisent donc par un début tardif et/ou par une fin précoce de la saison des pluies.

En l'absence des données sur le nombre de jours de pluie, il est difficile de faire une analyse. Néanmoins, les profils historiques donnent une idée considérable de cette répartition au cours de l'année et permettent d'apprécier son impact sur le couvert végétal. Les populations du terroir expliquent les années déficitaires et la sècheresse de 2007 par la perturbation de la répartition annuelle habituelle des pluies. Selon eux, la grande saison des pluies qui dans son cours normal a une durée moyenne de 3,5 mois (mi-août à fin novembre) a duré en 2007 moins de 3 mois (ou parallèlement à cette situation, la grande saison sèche qui habituellement dure 3 mois a connu un prolongement de près d'un mois.

Ces années de déficit hydrique et de sècheresse ont fortement influencé l'état du couvert végétal dans cette zone. Cette situation a conduit à un assèchement poussé du couvert végétal herbacé, lequel subit l'action des feux de brousse tardifs, portant préjudice au couvert ligneux.

La dégradation des conditions climatiques dans la zone est associée à la transformation des sols.

2.1.2. La transformation des sols

Les sols constituent l'une des conditions écologiques déterminant de la végétation et de sa répartition. La végétation est en partie tributaire du type de sol qui est à son tour dépend du climat. Sur le plan général, les sols dans la zone ont connu une diminution de leur teneur en eau, prolongée durant les phases sèches. Cette situation a vraisemblablement éprouvé la résistance des plantes durant la saison sèche. Elles ont aussi favorisé l'induration des sols par endroits (Photo 8.).

50

Dans ce milieu en marge de la zone équatoriale, les sols sont ferrugineux avec tendance à l'induration (Segalen, 1967). Ainsi, dans un contexte de perturbation des conditions climatiques, caractérisé par des années sèches par rapport à la moyenne des précipitations, la pédogenèse est commandée par le prolongement de la grande saison sèche. L'induration des sols a tendance à prendre s'amplifier.

Photo 8. Sol induré

Cette photo illustre le phénomène d'induration que subissent les sols dans le terroir de Ndokayo. Selon les populations, cette situation survient seulement après une décennie. L'induration des sols est un facteur limitant de la végétation. Sur ce type de sol, la végétation est presque absente. Quelle que soit la saison, la végétation est réduite à quelques rares arbrisseaux rabougris.

Cliché et commentaire : Pouïra Jean Bodel

51

En effet, le prolongement de la saison sèche conduit à un assèchement du tapis herbacé. Le brulage tardif du tapis herbacé laisse les sols sans protection. Au moment des pluies, les sols sont sujets à une érosion intense. Les horizons superficiels sont décapés. Après leur décapage total, après une certaine période, l'horizon d'accumulation est exhumé. A l'air libre, cet horizon subit une induration.

La tendance à l'induration dans le terroir comme dans l'ensemble la zone soudano-guinéenne est liée à l'érosion dans les secteurs où la couverture végétale est dégradée. L'induration des sols constitue un facteur limitant de la végétation. Sur les sols plus ou moins indurés, la végétation est presque absente. Elle se résume à quelques herbacées réparties de manière discontinue. La multiplication des dalles indurées influe sur la répartition de la végétation.

En plus des facteurs naturels, le cadre socio-économique a aussi favorisé la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo.

2.2. Incidence du changement du contexte socioéconomique sur la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo.

Le boom démographique que connait le terroir de Ndokayo depuis le début de la décennie 2000 sous-entend une dynamique d'acteurs locaux et des types d'activité. Cette situation a favorisé considérablement la dynamique des types d'occupation du sol.

2.2.1. Le boom démographique et la multiplication des besoins

Une augmentation rapide de la population peut avoir des répercussions sur l'état des ressources naturelles et provoquer la dégradation du potentiel rural, si celle-ci n'est pas accompagnée d'innovations techniques de modes d'exploitation. Nombre d'exemples ont montré en Afrique qu'une population nombreuse a toujours besoin d'espaces de production, en particulier des terres cultivables et bien d'autres ressources indispensables à sa survie. (Reounodji, F et al., 2008)

52

Dans cette optique, la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo a un lien étroit avec la dynamique des populations. La période 2000-2011 est marquée au sein du terroir par une dynamique multiforme de la population. Cette dynamique est d'abord quantitative, mais aussi, et surtout qualitative.

En effet, le terroir a connu une augmentation vertigineuse de sa population durant la décennie 2000-2011. Plus de 7000 réfugiés en provenance de la République centrafricaine voisine se sont installés dans le terroir (HCR, 2009). La population a par conséquent pratiquement triplé. Cette augmentation de la population a des effets sur le plan spatial (Figures 24 et 25).

L'augmentation de la population au sein du terroir, suite à l'implantation des réfugiés centrafricains, s'accompagne d'une augmentation des besoins en espaces d'habitation et en terre de culture, ainsi que des besoins en ressources naturelles. Ceci a entrainé une augmentation du bâti et des espaces agricoles (Figures 13, 14 et 15) au détriment du couvert végétal qui s'est profondément transformé. Les ligneux sont surexploités pour répondre au besoin pressant des ménages en bois de chauffe et pour la construction des habitations. Les prélèvements abusifs entrainent la dégradation du couvert végétal. Cependant, la croissance des besoins a impulsé la dynamique des acteurs.

53

Figure 13. Répartition de la zone d'habitation
en 2011 selon la nationalité des propriétaires

14,16000°E

14.08000°E 14,10000°E

14,12000°E 14,14000°E

f '-

0 2

Kilomètres

14,08000°E

14.14000°E 14.16000°E

14.101000°E 14.121000°E

N


·

/111 visi,+ ~ ~`.

A. , r

+ 111. %

,.

11 ` - j \'
· +

+

vie

Hie

+

Légende

- - -- Limite du terroir

Espace cultivé par les réfugiés centrafricains

-Espace cultivé par les Camerounais

54

Figure 14. Répartition des cultures en 2011 selon la nationalité des propriétaires

55

Figure 15. Répartition des jachères en 2011
selon de la nationalité des propriétaires

56

2.2.2. La dynamique des groupes d'acteurs

La dynamique des acteurs est d'abord quantitative et ensuite qualitative. Avant de montrer leurs rôles dans la dynamique de l'occupation du sol, il importe de connaitre les raisons de celle-ci.

Si le lien entre augmentation de la population et dynamique des acteurs est étroit, les raisons de la dynamique des acteurs ne s'y limitent pas.

En effet, l'augmentation de la population du terroir est perçue comme une opportunité économique par les populations hôtes. Cette idée a prévalu durant les premières années qui ont suivi l'installation des réfugiés centrafricains dans le terroir. Des orpailleurs et des artisans de population hôte se sont reconvertis dans l'agriculture. L'objectif de cette reconversion est clair. Il fallait couvrir la nouvelle demande alimentaire et par conséquent améliorer les revenus. D'après les enquêtes, sur les 60 agriculteurs interrogés au sein de la population hôte, 68,33 % ont répondu favorable ment à la question de savoir si l'installation des réfugiés centrafricains dans le terroir a favorisé l'augmentation de leurs parcelles cultivées en vue de produire davantage (Figure 16).

Source : enquête de terrain, 2011.

Figure 16. Influence de l'installation des réfugiés centrafricains
sur les producteurs agricoles autochtones.

57

En effet, les activités génératrices de revenus pratiquées par les réfugiés, durant les premières années de leur implantation dans le terroir, étaient limitées au petit commerce et aux petits services rémunérés. Ils ne bénéficiaient que de l'appui alimentaire du HCR, insuffisant et surtout divergent de leurs habitudes alimentaires (HCR, 2009).

Pour l'essentiel, les réfugiés avant leur installation dans le terroir comme dans l'ensemble des zones d'accueil des réfugiés centrafricains au Cameroun étaient avant leur installation des éleveurs de bovins. Ils vivaient essentiellement de l'activité pastorale. Pendant leur déplacement pour le Cameroun, la plupart d'entre eux ont perdu la totalité de leurs troupeaux. D'aucuns en ont perdu une partie importante, généralement plus de la moitié. Cette situation est liée aux multiples attaques et prises d'otages perpétrés par des coupeurs de routes qui sèment la terreur dans l'espace frontalier entre la RCA et le Cameroun depuis plusieurs années. La majorité de ces réfugiés une fois au Cameroun se sont retrouvés sans la moindre bête. Cette situation les a plongées dans la grande pauvreté. L'appui du HCR et de ses partenaires pour répondre aux besoins des ménages des réfugiés se limitant à l'aide alimentaire, nombre de réfugiés, avec l'appui de ces institutions onusiennes et de ses partenaires, se sont reconvertis dans l'agriculture. D'aucuns, du fait des besoins pressants, se sont lancés dans le bucheronnage et dans l'artisanat. Par ailleurs, certains d'entre eux qui possédaient encore leurs troupeaux ou une partie sont restés des éleveurs.

Si tous ces évènements n'avaient pas eu lieu, les réfugiés seraient restés éleveurs et auraient continué à vivre de leur activité. Quel qu'en soit le cas, la dynamique des acteurs demeure une conséquence de la croissance de la population du terroir. L'installation des réfugiés essentiellement éleveurs aurait boosté le nombre d'éleveurs dans le terroir. Aussi, cette augmentation de la population soudaine aurait eu pour conséquence celle des besoins en ressources agroalimentaires qui aurait imposé une dynamique des agriculteurs.

La comparaison des informations issues des entretiens avec les populations avec celle des enquêtes permet de comprendre que les activités pratiquées dans le terroir

58

sont caractérisées par une dynamique arithmétique des acteurs. Certains acteurs ont tout simplement renoncé à leur activité pour embraser une autre. D'autres ont associé une ou plusieurs autres activités à celle qu'ils pratiquaient auparavant. C'est ainsi que le nombre d'agriculteurs a pris le dessus sur celui des autres acteurs qui ont néanmoins connu une augmentation remarquable (Figure 17.).

Source : enquêtes de terrain, 2011

Figure 17. Répartition des principales activités
génératrices de revenus dans le terroir de Ndokayo

L'augmentation de la population associée à la dynamique des acteurs dans le terroir de Ndokayo a un lien étroit avec la dynamique des types activités.

2.2.3. La dynamique des types d'activités

Si dans le terroir de Ndokayo la dynamique de la population est étroitement liée à la dynamique des types d'activités, il ne s'agit pas d'une règle sans exception. Il faut

59

signaler que tout dépend des caractéristiques des acteurs à savoir leur importance numérique, mais aussi, et surtout des moyens matériels et techniques qu'ils mettent en oeuvre. Ainsi, les principaux types d'activités dans le terroir de Ndokayo à savoir l'agriculture, l'élevage, le bûcheronnage et l'artisanat ont connu chacun en ce qui le concerne une exacerbation relative.

? L'évolution de la pratique agricole dans le terroir de Ndokayo

L'activité agricole a émergé quelque temps seulement après l'installation des réfugiés centrafricains dans le terroir.

Avant cela, les systèmes de production étaient essentiellement fondés sur la satisfaction des besoins alimentaires des ménages. Une bonne partie des ménages ne pratiquaient pas l'agriculture. Les populations du terroir vivaient essentiellement de l'artisanat, de la chasse et de la vente du bois de chauffe qu'ils ramassaient dans les environs du village. Dans un tel contexte marqué par la disponibilité des terres, des superficies agricoles peu considérables et des jachères de longue durée permettant aux sols aussi bien qu'à la végétation de se reconstituer ; l'équilibre du milieu était assuré sans le risque d'une dynamique accélérée.

Certes, la décennie 2000-2011 est marquée par une dynamique de la population dans le terroir, laquelle sous-entend celle des divers acteurs dont la valeur numérique a pratiquement augmenté. Cette situation a eu des effets inéluctables sur la pratique de l'activité agricole. En effet, nombre de personnes se sont reconverties dans la pratique de cette activité. Pour les populations hôtes l'installation des réfugiés centrafricains dans le terroir est un atout économique. C'est la raison pour laquelle beaucoup d'entre eux se sont lancés dans cette activité afin de produire des vivres destinés à la vente aux réfugiés centrafricains. En effet, ceux-ci, avant 2005, ne bénéficiaient que de l'aide alimentaire du HCR limité à quelques produits de grande consommation et d'entretien corporel dont farine de maïs, du riz , du sel de cuisine, de l'huile de table et du savon.

Devant ce régime alimentaire divergent de l'habituel, les réfugiés centrafricains procédaient à la vente des produits reçus du HCR pour se procurer de la farine de manioc qu'ils préfèrent par rapport à tout autre aliment. Cette situation a donné raison à la loi de l'offre et la demande. Elle a entrainé la hausse du prix du sac de manioc

60

séché. Il est passé de 8000 F CFA en 2006, à 12 000 F CFA en 20102. La production de cette denrée alimentaire devenue un important moyen de se faire des revenus, nombre de personnes en provenance des terroirs voisins vont s'installer dans le terroir pour la cultiver et la vendre aux réfugiés. De même, une bonne partie de la population hôte préalablement installée dans le terroir, va se reconvertir dans l'agriculture. C'est ainsi que plusieurs GIC vont voir le jour en 20063. Ces GICs sont essentiellement des regroupements d'agriculteurs. Ils produisent principalement le manioc.

Parallèlement, en 2005, se rendant compte du contraste entre leur aide alimentaire et les habitudes alimentaires des réfugiés centrafricains, et pour limiter leur dépendance de l'aide, le HCR et ses partenaires ont redéfini leurs stratégies afin de remplir leur tâche qui est le bien-être des réfugiés. Le principe était alors de reconvertir les réfugiés, ex-éleveurs, en agriculteurs. C'est ainsi que des champs communautaires d'expérimentation et d'apprentissage de plusieurs dizaines d'hectares ont été créés par le HCR et son principal partenaire local l'IRDb. La mise en oeuvre de cette stratégie va avoir pour conséquence immédiate et visible l'augmentation des superficies cultivées dans le terroir, aux dépens des savanes locales. Ce qui contribue à la dynamique accélérée de l'occupation du sol.

Toutefois, la dynamique de la pratique pastorale doit aussi être prise en compte lors que l'on veut expliquer la dynamique de l'occupation du sol.

? De l'élevage transhumant à l'élevage sédentaire

La pratique de l'élevage, comme dans l'ensemble des milieux savanicoles du Cameroun, n'est pas un fait nouveau dans le terroir de Ndokayo. Néanmoins, les premiers éleveurs étaient majoritairement des transhumants Peuls venus de l'Adamaoua camerounais et de la République centrafricaine voisine. Ils faisaient paitre leurs bêtes dans les secteurs de la zone de transition forêt - savane où l'herbe reste encore verte lorsqu'il est déjà sec dans leurs contrées de provenance. Dès le retour des pluies dans leurs zones de départ, ils y retournaient et s'y installaient de nouveau. Ce

2 Rapports d'activité du poste agricole de Ndokayo, 2006 et 2010.

3 Rapport d'activité du poste agricole de Ndokayo, 2006.

61

phénomène cyclique est encore visible de nos jours et est non négligeable lorsqu'il faut expliquer la dynamique des savanes. Mais il convient de noter que le séjour des transhumants est généralement de courte durée, soit un à deux mois. En effet, ceux-ci auparavant craignaient les risques de décimation de leur bétail par la trypanosomiase, maladie fréquente dans ces zones de transition du fait de leur proximité avec la forêt. Pour les éleveurs transhumants, cette maladie est moins préférable à la saison sèche. Les espaces et les parcours étaient bien déterminés et connus par les éleveurs transhumants. Le terroir de Ndokayo faisait partir des itinéraires depuis les années 1950.

Si l'installation de la SODEPA en 1974 marque une étape importante de la dynamique de l'occupation du sol, l'impact sur celui-ci est plutôt positif, dans une certaine mesure. En effet, le mode de gestion des feux de brousse dans le domaine à elle alloué par les pouvoirs publics et l'envahissement de Chromolaena odorata a permis le développement du couvert ligneux (Youta H., 1998).

Cette situation n'est pas la même dans le reste du terroir où l'évolution du couvert végétal a une tendance plus régressive que progressive. Ainsi l'indexation de la pratique de l'activité pastorale comme facteur de la dynamique accélérée marqué par une transformation profonde de la couverture végétale engage la période 2000- 2011. Cette période correspond au séjour des éleveurs, réfugiés venus de la RCA voisine. En effet, depuis 2000, la pratique de l'élevage a pris de l'ampleur au sein du terroir. Le cheptel bovin dans le terroir a augmenté de manière vertigineuse4.

L'arrivée de ces éleveurs a impulsé une dynamique nouvelle à l'activité pastorale au sein du terroir. Le mode d'élevage local a pratiquement changé. L'on est passé d'un élevage transhumant à un élevage sédentaire. Pour moult raisons, entre autres le souci de sécurité, l'essentiel de ces éleveurs se sont sédentarisés dans le terroir. En réalité ces éleveurs réfugiés centrafricains, comme leurs compatriotes en refuge sur le territoire camerounais, ont connu des attaques et des prises d'otages perpétrées par des coupeurs de route pendant leur déplacement. Durant ces évènements, certains de ces éleveurs ont perdu la grande partie de leurs troupeaux, d'autres en ont perdu la totalité.

4 Selon le Chef de poste de contrôle zootechnique et vétérinaire de Ndokayo,

62

Ces moments difficiles sont encore ancrés dans les mémoires. A cet effet, paitre les bêtes à la périphérique du terroir, qui selon eux a une forte ressemblance physionomique avec les savanes où leur ont été ôté leurs biens les plonge tout de suite dans un sentiment d'insécurité.

L'augmentation du cheptel, dans le terroir, associée à la sédentarisation des éleveurs centrafricains dont elle résulte, est à l'origine du surpâturage dont l'effet sur le couvert végétal est important.

S'agissant des autres activités à l'instar du bucheronnage et de l'artisanat, les changements se limitent à l'augmentation du nombre d'acteurs.

2.3. Les facteurs institutionnels et politiques

Les facteurs institutionnels et politiques sont à prendre en compte lorsque l'on voudrait expliquer la dynamique des types d'occupation du sol. La non-application des textes règlementaires relatifs à la gestion et la protection de l'environnement et la facilité d'accès à la terre y contribuent de manière considérable.

2.3.1. La non-application des textes règlementaires

Les populations hôtes du terroir portent un doigt accusateur sur le gouvernement de la République du Cameroun. C'est selon eux le seul responsable de cette dynamique.

En effet, la loi n°2005/006 du 27 juillet 2005 portant statut des réfugiés au Cameroun, atteste la reconnaissance de la présence des réfugiés sur le territoire camerounais par le Gouvernement de la République (Annexe 8). Par ailleurs, il n'existe pas de textes législatifs et encore moins de documents de planification relatifs aux zones d'accueil des réfugiés sur le territoire national. Pourtant, il s'agit d'une spécificité qui devrait bénéficier d'une grande attention de la part des pouvoirs publics. Il existe cependant des textes règlementaires relatifs à la gestion de l'environnement et des ressources forestières, fauniques et piscicoles. C'est le cas de Loi N°96/12 portant

63

Loi-cadre relative à la gestion de l'environnement au Cameroun et du Décret n°95-531 PM du 23 aout 1995 fixant les modalités d'application des régimes des forêts (Annexe 9).

Après examens des activités menées par les services locaux en charge de ces secteurs, le constat qui se dégage est la non-application des textes. Il y a un grand fossé entre les textes et leur application. Selon les responsables locaux du service des forêts et de la faune, cette situation est en partie due au manque du personnel et de la logistique nécessaire pour assurer la couverture de la zone.

Dans cet ordre d'idée, se situe aussi la question de l'accès à la terre qui implique les autorités traditionnelles locales.

2.3.2. La facilité d'accès à la terre

Le principal mode d'accès à la terre dans le terroir de Ndokayo est l'achat. Pour comprendre la contribution de mode d'accès à la terre, il convient de présenter l'organisation politique traditionnelle du terroir.

L'organisation politique traditionnelle du terroir est une structure complexe. A la tête du terroir, se trouve le «Djaouro» qui réside à Ndokayo, le village le plus important du terroir. Les petits villages contenus dans les limites du terroir sont aussi administrés traditionnellement par des « Djaouro » qui sont inférieures au « Djaouro » du plus important village Ndokayo. Les «Djaouro» des autres villages et leurs notables sont autonomes en ce qui concerne la question de la terre dans leurs villages respectifs. Par ailleurs, il n'existe pas de tarifs précis relatifs à la vente d'un terrain, tout dépend de l'entente entre les deux parties, l'acheteur et une autorité traditionnelle. L'accès à une portion de terre confère au nouveau propriétaire tous les droits. Pourtant cet accès est conditionné par le versement d'une modique somme à une autorité traditionnelle locale. Il est donc clair que les terres sont attribuées par les autorités traditionnelles sans le moindre souci de leur éventuelle utilisation.

64

Conclusion

Ce chapitre a analysé les facteurs de la dynamique accélérée des types d'occupation du sol dans le terroir. Il ressort que le changement du contexte climatique, caractérisé par la baisse des précipitations et la sècheresse de 2007 ; le changement du contexte géographique, marqué par la croissance de la population, la dynamique des acteurs et celle des types d'activité pratiquées dans le terroir ; et aussi les facteurs institutionnels ont présidé à l'accélération de la dynamique des types d'occupation du sol. De tous ces facteurs, le changement du contexte socioéconomique semble être le plus déterminant. Cela nécessite donc que l'on s'attarde sur les acteurs en présence dans le terroir.

65

Chapitre 3. Caractérisation des acteurs de la

dynamique des types d'occupation du sol

Introduction

La dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo implique la responsabilité des groupes d'acteurs locaux dont les caractéristiques nécessitent d'être connues. Nous avons catégorisé ces acteurs en deux. Les acteurs indirects sont institutionnels. Ce sont les autorités traditionnelles et communales. L'autre groupe est composé d'acteurs directs. Ce sont les agriculteurs, les éleveurs, les bûcherons et les artisans qui agissent de manière tangible dans le terroir. Dans ce chapitre, nous les caractérisons et nous mettons en exergue leur implication dans l'accélération de la dynamique des types d'occupation du sol.

3.1. Les acteurs indirects de la dynamique des types d'occupation du sol

Parmi les acteurs indirects de la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir, figurent en bonne place les autorités traditionnelles locales, le HCR et ses partenaires.

3.1.1. Les autorités traditionnelles locales

La question de l'accès à la terre dans le milieu rural camerounais incombe aux autorités traditionnelles qui sont les détenteurs du droit coutumier. Dans le terroir de Ndokayo, cette situation pose un grand problème dans la gestion des ressources naturelles et des espaces.

Quatre modes d'accès à la terre ont été recensés dans le terroir (Tableau 6). L'accès à la terre se fait par achat, legs familial, don et par bail.

66

Tableau 6. Mode d'accès à la terre dans le terroir de Ndokayo.

Sources

Autorités
traditionnelles

autochtones

Membre de la
famille

Totaux

Effec.

Fréq.(%)

Effec.

Fréq.(%)

Effec.

Fréq.(%)

Effec.

Fréq.(%)

Mode d'accès

Achat

31

77,50

4

40,00

1

3,45

36

45,57

Legs familial

0

0,00

1

10,00

28

96,55

29

36,71

Don

9

22,50

2

20,00

0

0,00

11

13,92

Bail

0

0,00

3

30,00

0

0,00

3

3,80

Totaux

40

100,00

10

100,00

29

100,00

79

100,00

Source enquêtes de terrain, 2011.

L'analyse du Tableau 6 permet de constater que les terres sont le plus acquises par deux modes à savoir l'achat (45,57 %) et le legs familial (36,71 %). Aussi, il ressort que les terres sont principalement acquises auprès des autorités traditionnelles locales par mode d'achat (Figure 18.).

Source : relevés floristiques, 2011.

Figure 18. Répartition des sources d'accès à la terre

67

En effet, l'accès à la terre est soumis au paiement d'une modique somme auprès d'une autorité traditionnelle, soit 200 à 300 F CFA/m2. Cependant, il se fait quelquefois par don. L'accès à une portion de terre confère au nouveau propriétaire tous les droits. La facilité d'accès à la terre donne lieu à une appropriation de vastes superficies à des propriétaires soucieux de recouvrir leurs dépenses. La stratégie la plus pratiquée est le prélèvement des ligneux pour la vente.

Il apparait donc de manière évidente que les autorités traditionnelles ont une responsabilité indirecte, mais significative dans la dynamique des types d'occupation du sol du terroir.

3.1.2. Le HCR et ses partenaires

Le HCR est l'organisme de l'ONU en charge de la protection des réfugiés à travers le monde. Cet organisme comme partout dans la région de l'Est-Cameroun intervient dans le terroir de Ndokayo. Elle oeuvre au quotidien en faveur du bien-être des réfugiés centrafricains installés dans le terroir, en synergie avec ses partenaires internationaux et nationaux à l'instar du PAM, de l'UNICEF l'A-CR/CSR et l'IRDb. La collaboration entre le HCR et un autre organisme ou une ONG est axée sur un objectif bien précis. Ainsi, le domaine de l'agriculture et de l'élevage a été concédé par le HCR à l' l'IRDb. L'l'IRDb a pour objectif de faciliter l'accès à la terre des populations réfugiées installées dans le terroir et d'assurer la formation des populations réfugiées et hôtes dans les domaines de production agricole, pastorale et artisanale. Parallèlement à cela, aucun module de cette formation ne prend en compte l'aspect conservation et protection de l'environnement.

3.2. Les acteurs directs de la dynamique des types d'occupation du sol

Les acteurs directs de la dynamique des types d'occupations du sol sont les agriculteurs, les éleveurs sédentaires et les bucherons.

68

3.2.1. Des agriculteurs reconvertis

La pratique de l'agriculture dans le terroir de Ndokayo n'est pas un fait nouveau. Seulement, cette activité a pris de l'ampleur dans le terroir durant la dernière décennie. Avant cela, les cultures occupaient de petites superficies de moins d'une vingtaine de mètres carrés. Cette activité est la principale source de revenus de, 49,9 % des ménages du terroir. Au moins 81 % de la population la pratique il y a moins de 10 ans5.

Une pratique agricole responsable et qui intègre la notion de durabilité nécessite des connaissances particulières. Elle met à contribution des techniques agronomiques et des techniques de conservation des ressources en eau, sol et végétation dans un contexte de fragilité des terres qui perdent rapidement leur fertilité. Celle-ci est encore très peu connue par la majorité des agriculteurs exerçant dans le terroir de Ndokayo. Cette situation serait due à leur récente reconversion.

Les principales plantes cultivées à savoir Manihot esculata et Zea maïs nécessitent des apports importants en énergie solaire et en humus pour une bonne croissance des plantes. Pour ce faire, les agriculteurs procèdent au dessouchage des ligneux et à l'élaguassions des plus grands en réduisant leur appareil aérien, dans les champs qu'ils mettent nouvellement en valeur. Le bois ainsi coupé sert généralement à l'approvisionnement des ménages en bois de chauffe, mais est quelquefois vendu.

A cela s'ajoute la nécessité des sols fertiles. Ces plantes grandes consommatrices d'humus entrainent un épuisement rapide des sols. Dans la plupart des cas, les sols s'épuisent après deux à trois années de culture. Pour remédier à cette difficulté qui est en partie à l'origine des mauvais rendements, les agriculteurs locaux mettent en jachères les champs dont le sol s'est appauvri en élément fertilisant. Cette entreprise est louable, mais le problème réside dans le fait que ces jachères nécessitent une longue période soit plus de 5 ans pour que le sol se reconstitue. Pour les agriculteurs locaux, le seul indice de fertilité d'une jachère est son envahissement par

5 Enquêtes de terrain, 2011

69

Chromolaena odorata. Cette longue durée de mise en jachère est parfois prolongée lorsque Chromolaena odorata n'a pas envahi la parcelle. Entre temps, la parcelle qui avait été mise en valeur, pendant ce temps de jachère de la première, connait le même problème de la baisse de la fertilité, les agriculteurs mettent en valeurs de nouvelles terres qui n'ont jamais été cultivées auparavant. Dans certains cas, les jachères les plus anciennes sont tout simplement abandonnées ou occupées par le bâti.

S'il est vrai que les agriculteurs ne disposent pas de gros moyens de production, les méthodes de culture sont encore archaïques. Aussi ils manquent de connaissances nécessaires pour parvenir à une forte production agricole. L'utilisation des engrais reste faible. Même l'engrais organique n'est pas encore utilisé en dépit de la pratique de l'élevage dans le terroir. La technique de fertilisation des sols préconisée par les agriculteurs est le feu de brousse qui selon eux permet aussi le désherbage des champs. A ce sujet, signalons que les cendres issues de cette pratique ont des apports fertilisants, mais ceux-ci sont rapidement lessivés par les eaux de ruissèlement pendant seulement quelques jours après le retour des pluies. Ce phénomène est plus important sur les versants à pente forte. Aussi, l'utilisation des semences sélectionnées est un fait nouveau et est l'apanage de quelques réfugiés centrafricains appuyés par le HCR et son partenaire L'IRDb.

La non-maitrise de techniques de culture moderne, associée aux faibles moyens de production des agriculteurs est la principale cause de mauvais rendements. Cependant, signalons que les mauvais rendements pour plus de la moitié des agriculteurs interrogés sont surtout liés, ces dernières années, à la destruction des cultures par le bétail en période de gestation des plantes et quelque temps avant les récoltes.

Face à cela, nombre d'agriculteurs ont délocalisé leurs champs dans les secteurs à chromolaena odorata. Deux raisons sont avancées par ces agriculteurs. Ces secteurs sont peu fréquentés par les bergers et leurs troupeaux, les bêtes ne consommant pas Chromolaena odorata. La deuxième raison est la fertilité des sols qui s'identifie et s'explique par l'envahissement de cette espèce.

Les agriculteurs du terroir sont aussi caractérisés par l'ignorance des techniques de conservation des ressources en eau, sol et végétation, ce qui porte préjudice au couvert végétal. En effet, à l'ouverture d'un champ de culture, les ligneux sont généralement dessouchés (Photo 9). Selon les agriculteurs locaux, cette pratique vise à permettre une bonne exposition des plantes à la lumière du soleil. Les plantes cultivées en ont besoin pour proliférer.

Photo 9. Création d'un champ de culture.

Cette photo présente une portion de la savane arbustive dense nettement dégradée. Il s'agit d'un champ de culture en création. La mise en valeur d'un espace est subordonnée à la suppression quasi totale des ligneux.

70

Cliché et commentaire : Pouïra Jean Bodel

71

Par ailleurs, relevons que face à la croissance de la population du terroir qui implique une augmentation de la demande, les agriculteurs ont adopté des stratégies pour améliorer leur production afin de se faire plus de revenus. La stratégie mise en place par la majorité de ces agriculteurs (87,3 %), est l'agrandissement des parcelles ou la création de nouvelles parcelles, ceci aux dépens de la savane arbustive dense. Une minorité d'agriculteurs (3,8 %) a opté pour une intensification agricole se limitant à l'utilisation inadaptée des engrais chimiques et de quelques semences sélectionnées6.

3.2.2. La sédentarisation des éleveurs dans le terroir et la question de la gestion des pâturages

Les éleveurs représentent 21,9 % dans le terroir. Dans cette population d'éleveurs, 78,4 % pratiquent l'élevage aux bovins et d'autres types représentent 21,6 %7.

Intégrant le fait que l'enquête auprès des éleveurs a été menée en période de non-transhumance, 83,8 % des éleveurs bovin sont des sédentaires. La majorité de ces éleveurs sédentaires sont des réfugiés centrafricains. En effet, le souci de sécurité et des leurs est avancé comme raison de la sédentarisation par plus de la moitié des éleveurs, soit 82,8 %.

La sédentarisation des éleveurs soulève la question de la disponibilité et de la gestion des pâturages dans le terroir. La source d'alimentation du bétail, dans le terroir, est essentiellement les pâturages. Eu égard de tout cela, il est évident que le terroir ne puisse échapper au phénomène de surpâturage. Le surpâturage affecte grandement la savane arbustive dense (Photo 10).

6 Enquête de terrain, 2011.

7 Idem.

72

Photo 10. Impact du surpâturage sur les sols et la végétation.

Cette photo relève l'importance de l'élevage bovin dans le terroir de Ndokayo. Prise en plein milieu de la grande saison des pluies, elle présente un sol durci et parsemé du tapis herbacé. Ce durcissement du sol a pour origine le piétinement des bêtes. Cette situation illustre l'impact du surpâturage sur le couvert végétal et les sols locaux.

Cliché et commentaire : Pouïra Jean Bodel

A tout ceci reste fortement lié le problème de la gestion des pâturages. Les pâturages du terroir souffrent d'une pratique désordonnée des feux de brousse il n'existe pas de calendriers règlementant cette activité. La majorité des éleveurs interrogés mettent le feu à la savane à la fin de la saison sèche. Les feux de brousse à cette période de l'année déciment les jeunes plants d'arbres.

L'action des éleveurs se combine à celle des bucherons qui sont principalement indexés au sujet de la régression du couvert ligneux.

3.2.3. Les bûcherons

La vente du bois de chauffe est source de revenu de 16,9 % de ménages dans le terroir de Ndokayo et 92,6 % pratiquent cette activité il y a moins d'une décennie8. Nous associons aux bucherons les exploitants des bambous et du raphia en vue d'une commercialisation directe. Ce sont pour la plupart des réfugiés centrafricains. Il est donc évident que la pratique de cette activité s'est accentuée entre 2000 et 2011. La contribution des bucherons dans la dynamique de la végétation du terroir est bien évidente. Il n'existe pas de site de coupe précis.

Avant la croissance de la population enclenchée en 2000, l'action des commerçants de bois de chauffe se limitait au ramassage du bois mort et quelques rares fois à la coupe des piquets. L'augmentation des besoins, due à la croissance de la population du terroir, a donné naissance à plusieurs techniques d'exploitation des ligneux. Ainsi à l'aide d'outils traditionnels, les ligneux sont dessouchés, les plus gros sont élagués (Photos 11 et 12). Une autre technique a été mise en oeuvre par les bucherons pour déjouer la vigilance des agents forestiers et fauniques. Elle consiste à incendier des brindilles au pied des grands arbres (Photo 13). L'assèchement des ligneux survient après deux ou trois semaines. Les ligneux sont ensuite abattus et débités en morceau d'une taille moyenne de 70 cm pour être vendu aux bords des axes routiers et au marché local en fagot de 100 francs CFA (Photo 14) .

73

8 Idem

74

Photo 11. Elaguassions d'un arbuste.

Cliché: Pouïra Jean Bodel

Photo 12. Souche d'un arbre

Cliché: Pouïra Jean Bodel

75

Photo 13. Incendie du tronc pour
la production du bois de chauffe.

Les photos 6,7 et 8 présentent les différentes techniques d'exploitation des ligneux destinés au bois de chauffe. L'élaguassions est le plus pratiquée par les ménagères pour satisfaire au besoin de leur ménage en bois de chauffe. La photo 7 présente la technique de dessouchage. Sur la photo 8, la technique consiste à allumer un feu au pied de l'arbre. Ainsi, la plante meurt et sèche plus rapidement.

Clichés et commentaire : Pouïra Jean Bodel

Photo 14. Tas de bois

Cliché : Pouïra Jean Bodel

76

La dynamique régressive du couvert ligneux dans le terroir de Ndokayo ne résulte pas seulement de l'action des bucherons, l'action des artisans est non négligeable et nécessite d'être élucidée.

3.2.4. L'action des artisans

Les ménages vivant de la pratique artisanale représentent 9,6 % de la population du terroir. Les artisans exercent dans les domaines variés tels que la vannerie, la sculpture, la menuiserie et bien d'autres. La plupart, d'entre eux, utilise les végétaux comme principale matière première. Pour d'aucuns le bois est la principale source d'énergie. Le bambou et les feuilles de Raphia sp. sont exploités par les vanniers pour la fabrication des nattes de raphia Photo 15).

Photo 15. Fabrication artisanale des nattes de raphia.

La photo 15 présente un artisan dans sa cour. La natte de raphia est

d'une grande importance au niveau local. Elle sert de clôture pour les concessions.

Cliché et commentaire : Pouïra Jean Bodel

77

Le nombre des sculpteurs a augmenté avec l'installation des réfugiés centrafricains. Ceci s'explique par le fait que la plupart de ceux-ci pratiquent la religion musulmane. Ainsi la fabrication des ardoises coraniques occupe depuis l'installation des réfugiés centrafricains une place de choix dans l'artisanat local.

Photo 16. Fabrication d'ardoises coraniques.

Cette photo met en exergue l'atelier d'un sculpteur spécialisé dans la fabrication d'ardoises coranique. La fabrication d'ardoises coraniques nécessite des ligneux d'un certain diamètre, au minimum de 20 cm.

Cliché et commentaire : Pouïra Jean Bodel

78

La menuiserie est aussi pratiquée dans le terroir, mais elle reste aussi artisanale. Une bonne partie de la matière première est produite localement par les menuisiers qui exploitent des arbres et les transforment en planche afin de fabriquer des meubles (Photo 17).

Photo 17. Fabrication artisanale des meubles.

La fabrication des meubles en bois dans le terroir de Ndokayo relève de l'artisanat. Du début à la fin du processus de fabrication des meubles, les « menuisiers » font usage des moyens et de matériel artisanaux. Ils exploitent le bois et le traitent localement par des techniques artisanales.

Cliché et commentaire : Pouïra Jean Bodel

Les forgerons sont aussi présents dans le terroir, mais du fait de leurs faibles effectifs, nous ne nous sommes pas attardés sur leurs cas.

79

3.2.5. La responsabilité des ménages

Le nombre de ménages dans le terroir de Ndokayo a pratiquement doublé depuis 2003. On y dénombre plus 1600 ménages soit 811 ménages de réfugiés et 789 de la population hôte (HCR, 2010). Les ménages sont caractérisés par des variables donc les plus importantes sont le type d'habitation, les principales sources d'énergie utilisée et leurs modes d'appropriation. La contribution des ménages à la dynamique des types d'occupation du sol, notamment la savane arbustive dense, est tributaire de ces variables.

Les ménages des réfugiés centrafricains sont les plus nombreux dans le terroir. Ce sont des ménages caractérisés par un type d'habitations particulier. Les habitations des réfugiés sont des huttes faites piquets et de natte de raphia. Les clôtures des concessions sont aussi faites de natte de raphia.

Photo 18. Habitation de réfugiés centrafricains

Cette photo met en évidence le type d'habitation des réfugiés. Les habitations sont faites essentiellement en matériaux provisoires. Il s'agit du raphia et des piquets. S'épuisant très vite, ce type de matériau nécessite d'être remplacé après de courtes durées comprises entre 6-12 mois.

Cliché et commentaire : Pouïra Jean Bodel

80

Seulement une minorité des réfugiés ont des habitations modernes. Le type d'habitation traditionnel des réfugiés centrafricains nécessite d'être rénové après une période comprise entre 6 mois et 12 mois. Ce type de matériau constitue aussi la toiture des habitations d'une partie majoritaire de la population locale dont le mur est fait de briques de terre.

Le bois est la principale source d'énergie utilisée au sein des ménages pour la cuisson des aliments. Environ 96,2 % des ménages utilisent cette source d'énergie. Le mode d'approvisionnement varie d'un ménage à un autre. L'approvisionnement en bois de chauffe peut être : journalier, hebdomadaire, mensuel ou alors selon le besoin. Il convient par ailleurs de constater que les ménages des réfugiés s'approvisionnent en bois de chauffe essentiellement pour de longues durées, notamment mensuelle, et quelque rare fois nebdomadaire. Du côté de la population hôte, l'approvisionnement en bois de chauffe se fait selon le besoin ou de manière journalière.

Photo 19. Stockage du bois de chauffe dans un ménage de réfugiés centrafricains.

Le mode d'approvisionnement à long terme implique le stockage. Les ligneux coupés sont débités en morceau et sont rangés dans un coin du ménage.

Cliché et commentaire : Pouïra Jean Bodel

81

La consommation du charbon de bois dans les ménages a aussi été quantifiée. Cette source d'énergie n'est pas trop utilisée, car 76,2 % en consomment moins d'un sac par mois.

Conclusion

Dans l'optique de mettre en exergue les responsabilités des divers acteurs de la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir, leurs caractéristiques ont été mises en évidence dans ce chapitre. Il ressort que les autorités traditionnelles qui attribuent les terres, ainsi que le HCR et ses partenaires, contribuent de manière indirecte à cette dynamique. Les agriculteurs caractérisés par l'ignorance des techniques de conservation en eau, sol et végétation ; les éleveurs devenus pour la plupart sédentaires, les bûcherons, les artisans et les ménages en sont les acteurs directs. Le constat patent est la forte représentation des réfugiés centrafricains au sein des différents groupes d'acteurs directs. La dynamique accélérée des types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo est à l'origine de problèmes socioéconomiques dans le terroir. Le chapitre suivant est consacré leur analyse.

82

Chapitre 4. Conséquences socioéconomiques de

la dynamique des types d'occupation du sol.

Introduction

La dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir Ndokayo est caractérisée par une augmentation du bâti et une extension des superficies cultivées aux dépens de la savane arbustive dense. Liée à la présence de divers groupes d'acteurs dans le terroir, celle-ci s'accompagne d'une mauvaise organisation de l'espace et une dégradation accélérée des ressources végétales du terroir. De cette situation sont nés de multiples problèmes. Les conséquences de la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir sont surtout socioéconomiques. Il s'agit dans ce chapitre de les analyser. Les conflits entre les différents groupes d'acteurs et la diminution des sources de revenu des ménages ainsi que leur moyen d'existence ne sont-ils pas les retombées de l'accélération du phénomène?

4.1. Les conflits entre les groupes d'acteurs : accentuation et apparition de nouvelles formes

Avant la période 2000, les conflits entre les groupes d'acteurs à l'instar des conflits agropastoraux n'étaient pas monnaie courante dans le terroir de Ndokayo. Tout semble avoir pris le pas après cette date. Tout porte à croire qu'il existe un lien entre ces conflits et la dynamique accélérée des types d'occupation du sol sous-tendu par une dynamique spatiale. Avant toute chose, il est nécessaire que l'on cerne la notion d'acteurs.

La notion d'acteurs dans le cadre de cette analyse renvoie à tous ceux qui, éventuellement, exercent une activité impliquant au moins une ressource naturelle du terroir. Il s'agit donc : des éleveurs, des agriculteurs, des bucherons et des artisans.

83

Les conflits naissent très souvent suite à la pratique d'activités paradoxales dans un même cadre spatial et de la compétition pour les ressources naturelles devenues insuffisantes. Sur le plan général, il n'existe pas de données chiffrées exhaustives relatives à l'évolution des conflits entre les groupes d'acteurs dans le terroir de Ndokayo, notamment les conflits agropastoraux. Les données contenues dans les rapports annuels d'activités du poste agricole de Ndokayo de 2004 de 2006 à 2010 ne permettent pas de faire une appréciation de l'évolution des conflits. En effet, les conflits évoqués dans ces documentent ne sont qu'à titre d'exemple et ne reflètent en aucun cas le nombre de conflits agropastoraux dans le terroir.

Par ailleurs, des plaintes relatives aux conflits entre les différents groupes d'acteurs ont été enregistrées à la sous-préfecture et de la brigade de gendarmerie de Bétaré-Oya. La plupart des conflits sont agropastoraux et ces conflits se sont accentués à partir de 20089. Selon les autorités traditionnelles du terroir, le nombre de plaintes enregistrées au niveau de la sous-préfecture et de la brigade de gendarmerie est très distant de la réalité dans le terroir, celle-ci leur étant généralement portée oralement par les plaignants. Selon eux, les plus anciens conflits opposent les agriculteurs et les éleveurs. Ces conflits se sont accentués entre 2000 et 2011. Les nouveaux conflits dans le terroir de Ndokayo opposent les agriculteurs et les bucherons, les bucherons entre eux. En arrière-plan de ces conflits se situe un élan politique du fait de la forte implication des réfugiés centrafricains dans certaines activités et des Camerounais dans d'autres.

4.1.1. L'accentuation des conflits agropastoraux

La sédentarisation des éleveurs bovins venus de la République centrafricaine dans le terroir de Ndokayo a induit une dynamique pastorale. Parallèlement, l'on assiste à un développement spatial de l'agriculture. Il se pose donc le sempiternel problème de la pratique de ces deux activités paradoxales dans un même cadre spatial.

9 Selon le sous-préfet et le commandant de brigade de l'arrondissement de

Bétaré-Oya,

84

Ainsi, les conflits agropastoraux dans le terroir de Ndokayo ont pour cause la compétition pour l'utilisation des ressources naturelles qui se manifeste par la mauvaise gestion des espaces avec d'un côté les agriculteurs, qui mettent en valeur des terres et de l'autre côté des éleveurs qui font paitre leurs troupeaux sur les mêmes terres.

? Les conflits agropastoraux dus aux incursions du bétail dans les champs

La pratique agricole dans le terroir de Ndokayo s'est développée après l'installation des réfugiés centrafricains. A côté de cette activité, l'élevage bovin a aussi connu un développement considérable. L'augmentation du cheptel bovin s'explique tout simplement par sédentarisation des éleveurs, pour l'essentiel des réfugiés centrafricains. L'agriculture et l'élevage bovin sont pratiqués dans le même cadre. La savane arbustive dense qui est progressivement mise en valeur par les agriculteurs est parallèlement fréquentée par les éleveurs bovins qui y font paitre leurs troupeaux. La savane arbustive dense du terroir constitue de vastes pâturages. Elle est riche en herbes fraiches. Dans un tel contexte, la gestion des espaces n'est en aucun cas aisée.

En effet, l'extension des champs de culture réduit considérablement les pâturages. Cette extension des champs se fait de manière anarchique, si bien qu'éleveurs et agriculteurs, deux acteurs paradoxaux se retrouvent en train d'exploiter les mêmes domaines. Il devient alors difficile d'empêcher les incursions des troupeaux dans les champs (Tchotsoua et Gonné, 2009). Nombre d'agriculteurs au sein du terroir expliquent par ailleurs les mauvais rendements par ces incursions des troupeaux qui se soldent généralement par la destruction totale ou partielle des cultures. Cette situation est à l'origine des relations conflictuelles et parfois très tendues entre agriculteurs et éleveurs du terroir. Les aboutissements de telles tensions sont parfois des affrontements entre les deux parties à l'insu desquels l'on déplore des pertes en vies humaines. C'est seulement dans des cas rares que les deux parties optent pour une résolution pacifique de leurs différends.

85

? Les «champs pièges »

Les conflits agropastoraux dans le terroir de Ndokayo, occasionnés par l'incursion du bétail dans les champs de culture, ne relèvent pas toujours de l'ordinaire. Certains conflits sont liés au manège de certains « agriculteurs » qui mettent en oeuvre des « champs pièges ». La notion de « champs pièges » renvoie aux cultures pratiquées sur les parcours pastoraux. Il s'agit d'une manoeuvre de certains agriculteurs dans la seule optique de se faire de l'argent. Cette situation est assez fréquente et doit être prise en compte lorsque l'on veut expliquer l'accentuation des conflits agropastoraux dans le terroir de Ndokayo.

Toutefois, les incursions des troupeaux liées à la mauvaise gestion des espaces ne sont pas seulement la seule cause des conflits agropastoraux. La gestion des pâturages est aussi une des raisons à l'origine des conflits agropastoraux.

? Les conflits agropastoraux liés à l'entretien des pâturages par les feux de brousse

La pratique pastorale induit la gestion des pâturages de la part des éleveurs. Les pâturages sont entretenus par les feux de brousse. La pratique des feux de brousse dans les savanes à emprise agricole comme dans le terroir porte parfois préjudice aux cultures.

En effet, Manihot esculata, principale plante cultivée, a un cycle biologique variant de 8 à 12 mois selon la variété. Les plants de cette espèce passent la presque totalité de l'année en terre. Durant la saison sèche, le passage des flammes au voisinage des champs ou dans les champs, où l'herbe a déjà séché, décime les plants. Cette situation est à l'origine de fréquents conflits entre éleveurs et agriculteurs.

Les conflits liés à la dynamique de l'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo opposent aussi les propriétaires fonciers et les bucherons au sujet des ressources ligneuses.

86

4.1.2. Les conflits entre les propriétaires fonciers et les bucherons

Dans le terroir de Ndokayo, de vastes domaines de plusieurs dizaines d'hectares ont été achetés par des personnes privées. Ces domaines n'ont jamais fait l'objet d'une mise en valeur. Pour la plupart, ce sont des terrains délimités et clôturés à l'aide de fils barbelés. Ces terres qui attendent d'être mises en valeur par leurs propriétaires font l'objet des visites de bucherons qui s'attaquent aux ligneux qui y poussent. Lorsque ces derniers sont surpris en flagrant délit, des affrontements s'en suivent généralement. Par ailleurs, ce type de conflit oppose aussi agriculteurs et bucherons.

La pression humaine dans le terroir de Ndokayo, a conduit à une diminution des ressources ligneuses utilisées comme source d'énergie dans l'essentiel des ménages du terroir. Il est devenu difficile de s'approvisionner en bois de chauffe et de service. Les bucherons et les ménagères s'attaquent désormais aux arbres fruitiers plantés par les agriculteurs locaux. Cette situation entraine aussi des conflits.

4.1.3. Les conflits entre les bucherons

Les conflits entre les bucherons sont un fait nouveau dans le terroir de Ndokayo. Cette situation qui nait de la compétition pour les ressources ligneuses est surtout liée à leur raréfaction dans les environs immédiats situés à proximité du centre du terroir. Depuis quelques années, la coupe du bois de chauffe et du bois de service de coupes se fait à plusieurs centaines de mètres de la zone d'habitation. Les plants coupés sont regroupés et abandonnés sur place en attendant leur assèchement. Très souvent, les auteurs de la coupe après avoir attendu durant des mois font face des surprises désagréables. Dans la plupart des cas, d'autres bûcherons s'emparent de leur bien.

Dans ce secteur d'activité dominé par les réfugiés centrafricains, les tords leurs sont attribués par les populations camerounaises ; lesquelles ont parfois revendiqué leur rapatriement. Généralement, les tensions montent entre les deux parties et vont jusqu'aux affrontements, lesquels se soldent parfois par des morts d'Homme.

Au total, la dynamique accélérée des types d'occupation du sol entraine des conflits entre les différents groupes d'acteurs exerçant dans un même cadre spatial.

87

Par ailleurs, la compétition pour les ressources naturelles est aussi liée à leur diminution. La diminution des ressources naturelles concourt au sous-développement local.

4.2. La dynamique accélérée des types d'occupation du sol : une entrave au bien-être des populations locales

Le problème de la diminution des ressources naturelles que sous-tend la dynamique accélérée des types d'occupation du sol, dans le terroir de Ndokayo, a un impact considérable sur le développement local. La surexploitation des ressources naturelles, notamment les ressources ligneuses, a conduit à leur érosion quantitative et spécifique. Cette situation a des effets considérables sur le bien-être des populations locales. Pour montrer cet impact négatif, nous analysons tout d'abord les principaux usages de ces ressources par les populations du terroir. L'impact de leur diminution en ressort alors de manière conséquente.

4.2.1. Les principaux usages des ressources végétales dans le terroir

La végétation est la ressource naturelle la plus utilisée dans le terroir de Ndokayo. Elle fait l'objet d'une surexploitation de la plupart des acteurs. Les bucherons et les artisans s'attaquent le plus aux ressources ligneuses. Les ressources ligneuses sont aussi exploitées par les ménages. Les éleveurs, quant à eux, à exploitent le plus les pâturages. Les usages des ressources végétales sont donc multiples.

Les ligneux sont généralement exploités pour le bois de chauffe. Le bois constitue la première source d'énergie dans le terroir (Figure 19). Plus de 96,25 % de ménages utilisent cette source d'énergie.

Les ligneux sont aussi exploités pour les ouvrages et les services divers, notamment la construction des habitations. Les produits ligneux sont aussi utilisés dans le domaine de l'artisanat.

88

Source : enquête de terrain 2011

Figure 19. Répartition des sources d'énergie utilisées dans les ménages.

Un autre usage des végétaux en général et des ligneux en particulier est la pharmacopée. Les soins de santé de la médecine moderne n'étant pas accessibles à tous, le traitement des maladies se fait localement à base de plantes. Les fruits de la majorité de ces plantes font partir de l'alimentation des populations.

Par ailleurs, l'exploitation des ligneux est aussi fonction de l'espèce. Dans les savanes arbustives claires, ce sont Hymenocardia acida, Vitex doniana, Piliostigma tonningii, Annona Senegalensis, Aubrevillia Kerstingii, Burkea africana, Crossopteryx februfiga, Ficus capensis et Terminalia laxiflora qui sont le plus exploité (Figure 20). L'analyse des relevés floristiques permet de constater que les individus de ces espèces sont le plus souvent élagués et dessouchés. La savane arbustive dense est par ailleurs l'espace pastoral.

Source : relevés floristiques, 2011.

89

Figure 20. Fréquences spécifiques de l'état des individus dans la savane arbustive dense.

90

Dans la galerie forestière, les ligneux présentent une faible marge de dégradation. Ce qui sous-entend un faible seuil d'exploitation par les différents acteurs locaux. Toutefois, les espèces tel que Uapaca togoensis, Aubrevillea Kerstingii, Anoyeisus leiocarpus, Clausena anisata, Erythtrolium africanum, Gacinia ovalifolia, Dyospiros mespiliformis, Syzygium guineensis sont les plus exploités (Figure 21).

Source : relevés floristiques, 2011.

Figure 21. Fréquences spécifiques de l'état des individus dans la galerie forestière.

91

Il est donc fort de constat que les populations du terroir sont tributaires de ces ressources. La diminution des ressources naturelles est donc synonyme d'une menace à leurs moyens d'existence.

4.2.2. L'impact de la raréfaction des ressources végétales sur le bien-être des populations locales

L'impact de la dégradation des ressources végétales sur le bien-être des populations est une réalité vécue dans le terroir de Ndokayo.

S'agissant des ressources ligneuses, leur réduction dans les environs des secteurs habités du terroir rend l'accès à ces ressources difficiles. Les bucherons et les ménagères se déplacent sur de longues distances pour avoir accès au bois de chauffe. Cette difficulté d'accès rend le coût élevé au moment de la commercialisation.

S'agissant des pâturages, l'extension des superficies cultivées les a considérablement réduits. Les éleveurs, pour paitre leurs troupeaux sont contraints de les conduire aux premières heures de la matinée à une distance de plusieurs kilomètres, pour revenir le soir. Pour éviter tout risque de conflit avec les agriculteurs. En saison sèche, il devient difficile pour les éleveurs de suivre les mêmes précautions. Les déplacements des bêtes sur de longues distances durant cette période les prédispose à des conditions rudes conduisant à leur mort. C'est ainsi que certains éleveurs du terroir perdent une bonne partie de leur troupeau durant cette période. Ces pertes sont très significatives. Elles entrainent une baisse des revenus des ménages dépendant de cette activité.

En outre, la transformation régressive du couvert végétal observé dans le terroir s'est accompagnée de la raréfaction de certaines espèces végétales. On assiste donc à une forme d'érosion de la biodiversité végétale. Certaines espèces ligneuses utilisées en pharmacopée sont devenues rares.

92

Tableau 7. Espèces ligneuses utilisées en pharmacopée en voie de disparition.

Noms scientifiques

Nom vernaculaire locale
(Gbaya, Foulbé ou Français)

1

Anayeisus leiocarpus

Kojoli

2

Aubrevillia kerstingii

Soumbou

3

Clausena anisata

Tefoto

4

Crossopteryx Febrifuga

Goup

5

Dainellia oliveri

Keha ou Kela

6

Dyospiros mespiliformis

Koro (Gb.), Ebène de savane (Fr,)

7

Eriocoelum Kerstingii

Nguékéré

8

Erythrina sigmoidea

Borondong

9

Ficus vallis Choudae

Mboro

10

Gacinia Ovalifolia

Onié de savane

11

Hymenodictyon floribundum

Ndia

12

Maprouena africana

Yékélé

13

Parinari Kerstingii

Kanga

14

Olax subscorpioidea

Tessinga

15

Gardenia ternifolia

Kiri

Sources: relevés floristiques et enquête de terrain, 2011.

Ce sont celles dont les racines sont utilisées pour la pharmacopée traditionnelle. Les plants sont détruits de puis la base pour l'exploitation des racines.

93

Conclusion

La dynamique accélérée des types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo a entrainé des conséquences socioéconomiques. Ces conséquences ont été analysées dans ce chapitre. Au total, les problèmes découlent de deux situations. D'abord, la mauvaise organisation de l'espace et ensuite la compétition pour les ressources naturelles. De ces conséquences, résultent des problèmes. Entre autres problèmes, les conflits entre les groupes d'acteurs, notamment éleveur et agriculteurs. Un autre problème est aussi celui le développement durable au niveau local. Les ressources végétales, de par leur divers usage et leur utilité, sont en nette dégradation aux dépens des populations locales qui en sont majoritairement tributaires.

94

Conclusion générale et recommandations

Notre étude consistait à montrer comment évoluent les types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo entre 1987 et 2011.

L'analyse des données recueillies sur le terrain (enquête parcellaire et relevés floristiques) sur les cinq types d'occupation du sol identifiés (zone d'habitation, cultures, jachère, savane arbustive dense et galerie forestière).a permis de constater des changements de l'occupation du sol. Elle a également permis de cartographier l'évolution des parcelles de la zone d'habitation, des cultures et des jachères. La dynamique de la savane arbustive dense et celle de la galerie forestière a été appréciée à partir des données issues des relevés floristiques. L'analyse des données relative a permis de faire le constat selon lequel entre 1987 et 2000, les types d'occupation du sol ont faiblement évolué. Entre 2001 et 2011, la dynamique des types d'occupation du sol s'est accélérée. Cette deuxième tendance de l'évolution des types d'occupation du sol, problématique, a fait l'objet d'une explication par le truchement d'une analyse des facteurs, des acteurs et des conséquences qui en découlent.

Ainsi, trois facteurs ont été évoqués pour l'expliquer. Les changements observés des contextes climatiques, socioéconomiques et les facteurs politiques et institutionnels ont favorisé cette dynamique accélérée. Ainsi, l'évolution climatique entre 1987 et 2000 est favorable au développement de la végétation. Par contre la période 2001 - 2011, moins humide que la précédente et marquée par la sècheresse de 2007 a été défavorable pour la couverture végétale. Les facteurs socioéconomiques, notamment, la dynamique de la population ; celle des acteurs et des types d'activités ont plus que jamais été évoqués pour expliquer cette dynamique. Les facteurs politiques et institutionnels de cette dynamique sous-entendent la facilité d'accès à la terre et la mauvaise gestion des espaces responsabilisant les autorités traditionnelles et la non-planification qui responsabilise l'état camerounais et la commune d'arrondissement de Bétaré-Oya dont dépend administrativement le terroir.

95

Le changement du contexte socio-économique étant plus déterminant de cette dynamique accélérée des types d'occupation du sol, il a été important d'identifier et de caractériser les principaux acteurs. Nous avons distingué des acteurs indirects qui sont institutionnels et des acteurs directs à savoir: les agriculteurs, les éleveurs, les bucherons, les artisans et les ménages locaux. Le constat général qui se dégage de cette caractérisation des acteurs est la forte implication des réfugiés centrafricains dans ces d'activités. Il est donc établit qu'ils sont principalement à l'origine de cette exacerbation de la dynamique des types d'occupation du sol.

La dynamique accélérée des types d'occupation du sol remet en cause le développement durable de ce terroir, basé sur l'exploitation des ressources naturelles en sol et végétation. Des problèmes liés à cette dynamique ont été recensés et analysés. Tout part de l'état actuel de l'environnement pour s'étendre au climat socioéconomique local. La mauvaise gestion des espaces et la raréfaction des ressources végétales, résultantes de la transformation régressive du couvert végétal, mettent les divers groupes d'acteurs locaux en compétition. La compétition pour les ressources naturelles engendre des conflits entre ces groupes d'acteurs. Par ailleurs, la raréfaction des ressources végétales entrave le bien-être des populations du terroir.

Face à cette situation, il s'avère nécessaire de faire des recommandations, en vue de remédier à la situation, fort déplorable du terroir. Dans cette optique, nous préconisons la bonne gestion des ressources naturelles et celles des espaces au niveau local; par la suite, le reboisement des sites déboisés s'avère une nécessité. Il convient de mentionner que toute action ne saurait se faire sans une véritable synergie des acteurs du développement durable à savoir les populations locales (camerounaises et réfugiés) qui en sont les bénéficiaires, le HCR et ses partenaires (ONG et société civile) et le gouvernement de la République du Cameroun. Dans cette optique, les actions suivantes sont à préconiser.

- Il faut avant toute chose, sensibiliser les divers groupes d'acteurs locaux sur l'importance d'une telle entreprise. Ces actions de sensibilisation et de formation pourraient être menées par le HCR et ses partenaires, ainsi que le gouvernement de la république ;

96

- Spécifiquement, il faudrait appuyer les différentes d'activités au niveau local qui impliquent l'utilisation des ressources naturelles notamment les sols et la végétation. Dans cette optique, les agriculteurs devront être formés aux techniques de conservation en eau sol et végétation. Par ailleurs, cette activité devrait être subventionnée. La stratégie consistera à son l'intensification ; puisque l'une des raisons qui amènent les agriculteurs à s'attaquer à la savane en vue de créer les champs de cultures reste liée à la qualité des sols qui perdent très vite leur potentiel productif. L'intensification de l'agriculture vise à produire plus sur de petits espaces. Il faudrait donc appuyer les agriculteurs sur le plan technique et matériel ;

- Les bucherons et les autres exploitants des ressources ligneuses devront être formés aux techniques d'abattage des ligneux;

- Puisque la sédentarisation des éleveurs pose le problème de l'utilisation des ressources naturelles, les opposant aux agriculteurs, il faudrait assurer une bonne gestion des espaces. La stratégie préconisée consiste à délimiter l'espace entre agriculteurs et éleveurs. La délimitation de l'espace entre agriculteurs et éleveur doit s'accompagner de la promotion de la culture des espèces fourragères, les espaces de pâture devenant peu étendus.

- Pour réduire la dépendance des ménages vis-à-vis du bois de chauffe, principale source d'énergie, il faudrait promouvoir l'utilisation des autres types de source d'énergie comme le gaz domestique. Dans cette optique, l'ouverture du terroir à la ville de Bertoua est un atout à valoriser ;

- Pour améliorer l'état de l'environnement, le reboisement des sites déboisés est fortement recommandé ;

- La bonne application des mesures règlementaires existantes en matière de gestion et de protection de l'environnement sur le territoire national, notamment la loi N° 96/12 du 5 août1996 portant Loi-cadre relative à la gestion de l'environnement au Cameroun et la Loi N°94/01 du 20 janvier 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche ; doivent accompagner toutes ces mesures. Pour cela, la réforme des

97

services gouvernementaux en charge de la gestion et de la protection de l'environnement et des ressources forestières et fauniques au niveau local est la principale clé de sortie ; notamment le poste de contrôle forestier qui souffre d'un manque de personnel et de moyens logistiques.

La mise en application de ces recommandations pourrait contribuer efficacement à assurer un développement durable au niveau du terroir et aussi dans les autres espaces où le problème se pose.

98

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103

Annexes

Annexe 1. Guide d'entretien avec les autorités traditionnelles

1- Quand et par qui a été créé ce village ?

2- Quel est selon vous le nombre d'habitants dans ce village ?

3- Quels sont les différents groupes ethniques de ce village et quels en sont les principaux ?

4- Quelles est l'étendu, si possible la superficie en Km2 de votre village ?

5- Avez-vous constaté des changements dans l'occupation du sol ? Si oui lesquels ?

6- Selon vous, qu'est-ce qui serait à l'origine de ce changement ?

7- Quels sont les problèmes fréquents dans le village ?

8- Ne pensez-vous pas que ces problèmes sont liés à ces changements ?

9- Quels sont les activités pratiquées dans ce village ?

10- Comment les particuliers (agriculteurs par exemple) entrent-ils en possessions des terres qu'ils cultivent ?

11- A quand remonte la date d'installation des premiers réfugiés dans ce village ?

12- Quels sont les activités pratiquées par les réfugiés ?

13- Quels rapports entretiennent-ils avec les populations locales et quels est l'état de ces relations ?

14- Y a-t-il des problèmes liés à leur installation dans le village ? Si oui, lesquels ?

15- Existe-t-il des services des eaux et forêt dans la localité ?

16- Disposez-vous d'un plan d'aménagement de l'espace ? Si oui présentez-le de manière brève, s'il vous plait ?

104

Annexe 2. Questionnaire d'enquête

Enquête relative à l' « analyse de la dynamique des types d'occupation des sols dans le terroir de Ndokayo (1987-2011), région de l'est Cameroun.»

I- Caractérisation du ménage (aux chefs de ménage)

V1- Tanche d'âge du chef de ménage :

1- < 25 ans 2- 26- 50ans 3- 51-76 ans 4- > 76ans

V2- Sexe du chef de ménage : 1-Masc. 2-Fém.

V3- Ethnie : 1- Gbaya 2- Bororo 3- Autre (Préciser)

V4- Nationalité : 1- Camerounais 2-Centrafricain (réfugié) 3- Autre (Préciser)

V5- Principale Source de revenu du ménage.

1- Agriculture 2- Elevage 3- Bûcheronnage 4- Artisanat

5-Autre(s) (à préciser)

V6- Période d'installation dans le village.

1-Avant 1987 2- 1987-2000 3- 2000-2011

V7- Types d'habitations du ménage.

1- Moderne 2- Traditionnelle

V8- Après combien de temps réhabilitez-vous une habitation traditionnelle ?

1-moins de 6 mois 2- 6 à 12 mois 3-2 à 3 ans 4-plus de 3 ans

V9- Quelle est la principale source d'énergie utilisée au sein du ménage ?

1- Bois et/ou Charbon de bois 2-Pétrole lampant 3- Gaz domestique

V10- S'agissant du bois et du charbon de bois, d'où proviennent-ils ?

1- Achat 2- Auto-procuration/production 3- L'un ou l'autre selon les circonstances

V11- Quel est le mode d'approvisionnement en bois de chauffe de votre ménage ?

1- Journalier 2- Hebdomadaire 3- Mensuel 4- Annuel 5- Selon le besoin

V12- 105

Quel est l'état du plant à l'exploitation?

1- Plant mort 2- Plant vivant 3- L'un ou l'autre

V13- Quelle est votre consommation journalière en bois de chauffe? (En tas. N.B : 1 tas=7 morceaux, chacune d'une longueur comprise entre 0.5 et 0.9m)

1- <1 2- 1 à 5 3- 6 - 11 4- 12 - 17 5- 18 - 23 6- > 23

V14- S'agissant du charbon de bois, quelle est votre consommation mensuelle en sac de 100 Kg ?

1- Moins de 1 sac 2- 1 à 2 sacs 3- 3 à 4 sacs 4- Plus de 4 sacs

V15- Comment êtes-vous entrés en possession de votre parcelle/concession ?

1- Achat 2- Legs familial 3- Don 4- Location ou bail

V16- Auprès de qui êtes-vous entrés en possession de votre parcelle/concession ?

1- Autorité traditionnelle 2- Particulier (natif) 3- Membre de la famille 4-

Particulier (allogène) 5- Autre (à préciser)

V17- Quel est le nombre d'habitations modernes au sein du ménage ?

V18- Quel est le nombre d'habitations traditionnelles ?

II- Caractérisation des acteurs de la dynamique

A- Les agriculteurs (uniquement aux agriculteurs)

V19- Depuis combien de temps pratiquez-vous l'agriculture dans ce terroir?

1- Moins de 10 ans 2- 10 à 30 ans 3- Plus de 30ans

V20- Quelle était votre principale activité génératrice de revenu avant votre reconversion dans l'agriculture ?

1- Elevage 2- Coupe et vente du bois de chauffe

3- artisanat 4-Autre (préciser)

V21- Auprès de qui êtes-vous entré en possession de votre parcelle ?

1- Autorité traditionnelles locales 2- Particulier (natif) 3- Autre (préciser)

V22- 106

Quelle était l'occupation de votre parcelle avant sa mise en valeur ?

1- Terrain boisé 2-Jachère 3- Terrain déboisé 4-Autre (à préciser).

V23- Quels types d'outils utilisez-vous ?

1-Traditionnel (houes, machettes, charrues etc.) 2-Moderne (tracteurs)

V24- Utilisez-vous d'intrants agricoles? (Si oui lesquels ? NB : V24.1 ; V24.2 et V24.3) 1- Oui 2- Non

V24.3- Semences sélectionnées : 1- Oui 2- Non

V24.1 Engrais : 1-Oui 2-Non

V24.2 Herbicides et autres produits phytosanitaires : 1-Oui 2-Non

V25- Quelles sont les principales plantes que vous cultivez ? (ordre d'importance)

1- Manioc

2- Maïs

3- Arachide

4- Igname

5- Autre (Préciser)

NB : marquer le numéro de la plante concernée.

V25.1- Première plante cultivée .. V25.2- Deuxième plante cultivée .. V25.3- Troisième plante cultivée .. V25.4- Quatrième plante cultivée ..

V27- Quelle est, selon vous, la cause des mauvais rendements ?

1- Destruction des cultures par le bétail 2- Epuisement rapide des sols 3- 1et2

4- Autre (à préciser).

V28- S'agissant de l'épuisement rapide du sol, que faites-vous pour y remédier ?

1- Pratique de la rotation des cultures (jachère) 2- Création de nouveaux champs 3-

Amendement du sol 4- Autre (à préciser).

V29- S'agissant des amendements, quel type de produit utilisez-vous ?

1- Engrais chimiques 2- Engrais organiques 3- Aucun

V30- Après combien de temps un sol perd-t-il sa fertilité ?

1- <1 an 2- 1 à 2 ans 3- 3à 4 ans 4- 5 à 6 ans 5- 7 ans et +

V31- 107

Au moment de la création d'un champ de culture, que faites-vous des ligneux qui y poussent ?

1- Dessouchage sélectif 2- Elaguassions 3- Aucune action

4- Dessouchage total

V32- A quoi servent-ils une fois coupés?

1- Alimentation du ménage en bois de chauffe 2- Vente
3- Alimentation du ménage en bois de chauffe et vente

V33- Quelle est la technique préconisée pour nettoyer les champs avant les semis ?

1- Feux 2- Défrichage 3-Autre(Préciser)

V34- A quoi est destinée votre production ?

1- Vente directe 2- Alimentation directe du ménage 3- Vente directe et

alimentation du ménage 4- Transformation et vente

V35- Qui sont les principaux acheteurs ?

1- Réfugiés centrafricains 2- Locaux 3- Passagers

V36- L'arrivée des réfugiés vous a-t-elle amené à produire davantage ?

1- Oui 2- Non

V37 Pour pouvoir produire davantage, quelle est la stratégie que vous avez adoptée ?

1-Agrandissement des parcelles 2-Intensification agricole

3-Aucune action 4-Autre (à préciser)

V38- Pour palier au problème de la destruction des cultures par le bétail, que faites-vous?

1- Mise en valeur de nouvelle terre vers des espaces non fréquentées par le bétail 2- Haies autour des champs 3- Surveillance des champs 4- Aucune action

B- Les éleveurs (uniquement aux éleveurs)

V39- Vous êtes ...? 1-Sédentaire 2-Nomade

V40- Depuis combien de temps pratiquez-vous cette activité dans le terroir ?

1-10 ans 2-10 à 30 3- Plus de 30 ans

108

V41- Quel(s) type(s) d'élevage pratiquez-vous ?

1- Bovins 2- Caprin 3- Porcin 4- Ovin 5- Autre (à préciser)

V42- quelle est la taille exacte de votre troupeau ?

V43- Quelle est (sont) la (les) source(s) d'alimentation de votre bétail ?

1- Herbes ou foin 2- Sons de céréale

3- Feuilles d'arbres 4- Autre (à préciser)

V44- Comment trouvez-vous aujourd'hui les pâturages ?

1- Suffisants 2- Insuffisants 3- Très insuffisants 4- Très suffisants

V45- Où habitez-vous?

1- Au centre du terroir 2- À périphérique du terroir

V46- Où faites-vous paitre vos troupeaux?

1- Au sein du terroir pas loin des champs de culture du terroir

2- Dans la périphérique du terroir loin des champs de culture

V47- Pourquoi dans le terroir, quand vous savez que le bétail pourrait endommager les

cultures ?

1- Qualité et disponibilité de l'herbe 2- Sécurité

V48- Pratiquez-vous les feux de brousse ? 1- Oui 2- Non

V49- Si oui, à quelle période de l'année ?

1- Au début de la grande saison sèche 2- A la fin de la grande saison sèche

C- Les bucherons (uniquement aux bûcherons)

V50- Depuis combien de temps pratiquez-vous cette activité dans le village ?

1- Moins de 10 ans 2- 10 à 30 ans 3- Plus de 30ans

V51- Quel est l'état du plant à l'exploitation?

1- Plant mort 2- Plant vivant 3- L'un ou l'autre

V52- Les espèces que vous abattez sont-elles sélectionnées/spécifiques ? 1- Oui 2- Non

109

V53- Quelles sont vos techniques d'exploitation du bois ?

1- Dessouchage 2- Élaguassions 3- Incendie du tronc

4- L'une ou l'autre de ces techniques 5- Autre (à préciser)

V54- Quels sont les types d'outils utilisés?

1- Traditionnel (hache, machette) 2- Moderne (tronçonneuse)

V55- Quel est le diamètre moyen des ligneux que vous abattez ?

1- < 20 cm 2- 20-40 cm 3- 41-61 cm 4- + de 61 cm

V56- Quel est le nombre moyen de ligneux que vous abattez par semaine?

1- < 5 2- 5-10 3- > de 10

V57- A combien de mètres estimez-vous la taille moyenne des ligneux que vous abattez ?

1- < 5 2- 5-10 3- 11-16 4-> de 16

V58- Quelle est votre opinion sur la disponibilité en bois actuellement par rapport à la situation il y'a une décennie ?

1- Suffisants 2- Insuffisants 3- Très insuffisants 4- Très suffisants

V59- Quelle comparaison faites-vous de la distance entre votre lieu d'habitation et les zones de coupe du bois actuellement par rapport à la situation il y'a une décennie ?

1- Courte 2- Peu longue 3- Longue 4- Très longue

V60- Vous heurtez-vous aux agents de contrôle forestiers et fauniques? 1- Oui 2- Non

V61- Disposez-vous d'une autorisation de coupe délivrée par l'autorité en charge de la gestion des ressources forestières et fauniques ?

1- Oui 2-Non

D- Les artisans (uniquement aux artisans)

V62- Dans quel domaine de l'artisanat exercez-vous ?

1- Vannerie 2- Forge 3- Sculpture et/ou menuiserie 4- Peinture

5- Autre (à préciser)

V63- Depuis quand pratiquez-vous cette activité (au sein du village) ?

110

1-Moins de 10 ans 2-10 à 30 ans 3- Plus de 30ans

V64- Quelles sont les matières premières végétales que vous utilisez ?

V64.1-Bois : 1- Oui 2- Non

V64.2- Feuilles de raphias: 1- Oui 2- Non

V64.3- Bambou : 1- Oui 2- Non

V64.4- Autre (à préciser)

V66- Quel est l'état du plan à l'exploitation ?

1- Plant vivant 2- Plant mort 3- L'un ou l'autre

V67- Quels sont vos techniques d'exploitation ?

1- Dessouchage 2- Elaguassions

3- L'un ou l'autre selon le besoin 4- Autre (à préciser)

V68- Quel type(s) de plant (s) abattez-vous ?

1- Arbres 2- Arbustes 3-Tout type

V69- Quelle est votre principale source d'énergie?

1- Bois 2- Charbon de bois 3- Bois et charbon de bois 4- Aucune

5- Autre (à préciser)

V70- Quelle est votre consommation journalière de bois de chauffe, en tas?

V71- Quelle est votre consommation mensuelle de charbon de bois (sac de 100 Kg)?

V72- Qui sont les principaux acheteurs de vos produits ?

1- Passagers 2- Réfugiés centrafricains 3- Autres (à préciser)

V74- L'installation des réfugiés centrafricains dans le terroir a-t-elle stimulé votre production?

1- Oui 2- Non

V75- Trouvez-vous, aujourd'hui les matières premières et sources d'énergie suffisantes?

1- Oui 2- Non

111

Annexe 3. Coordonnées géographiques des limites du terroir

ID

X

y

Z

Observations

P 1

14,16055°

5,44558°

911

Route de Waaden et source Libongo

P 2

14,16401°

5,45437°

911

 

P 3

14,16232°

5,46686°

911

Droukbala

P 4

14,15784°

5,46986°

911

 

P 5

14,14933°

5,47415°

911

 

P 6

14,14228°

5,47936°

911

 

P 7

14,14210°

5,48301°

911

 

P 8

14,14056°

5,48613°

911

 

P 9

14,14662°

5,49248°

910

 

P 10

14,15148°

5,49350°

909

 

P 11

14,15441°

5,49671°

909

Nationale N° Garoua Boulai et source Gbéri

P 12

14,14573°

5,50048°

909

Gbéri

P 13

14,14344°

5,50155°

910

Gbéri

P 14

14,14740°

5,50458°

910

Gbéri

P 15

14,14302°

5,50232°

910

Gbéri

P 16

14,14004°

5,50715°

910

Gbéri

P 17

14,14560°

5,50858°

910

Gbéri

P 18

14,14675°

5,51078°

911

Gbéri

P 19

14,14863°

5,51494°

910

Gbéri

P 20

14,14916°

5,52123°

910

Gbéri

P 21

14,14860°

5,52787°

915

Gbéri

P 22

14,14194°

5,52754°

915

Gbéri

P 23

14,13702°

5,52884°

915

Gbéri

P 24

14,13107°

5,52837°

915

Gbéri

P 25

14,12741°

5,52931°

915

Gbéri

P 26

14,12657°

5,53624°

915

Gbéri

P 27

14,12209°

5,53579

916

Source Ndougla

P 28

14,11474°

5,54069°

916

Ndougla

P 29

14,11185°

5,54274°

915

Ndougla

P 30

14,10764°

5,54386°

915

Ndougla

P 31

14,10644°

5,54544°

915

Ndougla

P 32

14,10287°

5,54699°

910

Ndougla

P 33

14,09886°

5,54976°

910

Ndougla

P 34

14,09805°

5,54829°

911

Pont de Ndougla

P 35

14,09458°

5,54881°

899

Mball

P 36

14,09239°

5,55134°

899

Mball

P 37

14,08558°

5,55130°

915

Mball

P 38

14,08801°

5,55017°

905

Mball

P 39

14,08849°

5,54807°

905

Mball

P 40

14,08727°

5,54231°

898

Mball

P 41

14,08664°

5,54039°

902

Mball

112

ID

 

X

y

Z

Observations

P 42

14,08838°

5,53723°

906

Mball

P 43

14,08897°

5,53637°

916

Mball

P 44

14,08729°

5,53207°

916

Mball

P 45

14,08626°

5,53061°

915

Mball

P 46

14,08341°

5,52534°

915

Mball

P 47

14,08275°

5,52378°

915

Mball

P 48

14,08243°

5,51741°

910

Mball

P 49

14,07774°

5,50334°

910

Mball

P 50

14,07557°

5,50120°

910

Mball

P 51

14,06870°

5,49855°

911

Mball

P 52

14,06692°

5,49798°

910

Mball

P 53

14,06408°

5,49641°

910

 

P 54

14,06527°

5,49434°

915

 

P 55

14,06997°

5,48684°

915

Nationale N° 1 pénétrante Bertoua

P 56

14,07329°

5,48316°

915

Source Oudou

P 57

14,07579°

5,47977°

915

 

P 58

14,08049°

5,47450°

915

Oudou (Collecteur)

P 59

14,08426°

5,46926°

915

Oudou (Collecteur)

P 60

14,08574°

5,46579°

916

Oudou (Collecteur)

P 61

14,08945°

5,45937°

916

Oudou (Collecteur)

P 62

14,09867°

5,44305°

915

Oudou (Collecteur)

P 63

14,10403°

5,43859°

915

Oudou (Collecteur)

P 64

14,11347°

5,42791°

915

Oudou (Collecteur)

P 65

14,12567°

5,43666°

911

Lissoum

P 66

14,13559°

5,44441°

910

 

P 67

14,14635°

5,44289°

910

 

113

Annexe 4. Fiche d'enquête des parcelles

ID

Wpt

X_coord

Y_coord

Z_m

Proprié-
taire (s)

Natio-
nalité (s)

Evolution de la parcelle

Date

Description

132

132-B1

14,12452

5,52434°

932

M. Doua
Philippe

C

Avant 2011

Savane
arbustive
dense

132-B2

14,12484

5,52447°

934

2011

Culture

132-B3

14,12493

5,52412°

935

132-B4

14,12471

5,52417°

937

133

133-B1

14,12472

5,52405°

937

M. Doua
Philippe

C

Avant 2009

Savane
arbustive
dense

133-B2

14,12484

5,52413°

938

2009

Culture

133-B3

14,12485

5,52400°

938

2011

Jachère

133-B4

14,12482

5,52376°

938

134

134-B1

14,12482

5,52376°

939

Ardo
Hamado
u
d'habitation134-B3

RC

Avant 2005

Savane
arbustive
dense

134-B2

14,12537

5,52361°

940

2005

Zone

 

14,12522

5,52400°

942

2011

Zone

d'habitation

134-B4

14,12522

5,52402°

942

134-B5

14,12513

5,52416°

943

134-B6

14,12505

5,52414°

942

134-B7

14,12501

5,52404°

942

134-B8

14,12478

5,52407°

943

NB : C= Camerounais et RR= Réfugié centrafricain

114

Annexe 5. Fiche synthétique des relevés phytogéographique dans la savane (placettes)

Espèces

Etat des individus

Totaux

Normaux

élagué

dessouché

Détruits par
les feux de
brousse

Détruits par les
agents

bioclimatiques

Effec.

Fréq.

Effec.

Fréq.

Effec.

Fréq.

Effec.

Fréq.

Effec.

Fréq.

Albizia zygia

5

5,05

4

3,05

0

0,00

2

9,09

0

0,00

11

3,56

Anayeisus leiocarpus

2

2,02

4

3,05

0

0,00

0

0,00

0

0,00

6

1,94

Annona senegalensis

5

5,05

6

4,58

8

15,09

5

22,73

0

0,00

24

7,77

Aubrevillia kerstingii

5

5,05

6

4,58

1

1,89

2

9,09

0

0,00

14

4,53

Beilschmiedia

2

2,02

1

0,76

0

0,00

0

0,00

0

0,00

3

0,97

Bombax Buonopozense

1

1,01

1

0,76

0

0,00

0

0,00

1

25,00

3

0,97

Borassus aethiopum

4

4,04

4

3,05

0

0,00

2

9,09

0

0,00

10

3,24

Burkea Africana

5

5,05

6

4,58

2

3,77

0

0,00

0

0,00

13

4,21

Clausena anisata

1

1,01

0

0,00

1

1,89

0

0,00

0

0,00

2

0,65

Cola Sp,(Cola acuminata)

1

1,01

0

0,00

0

0,00

0

0,00

0

0,00

1

0,32

Crossopteryx februfiga

4

4,04

3

2,29

3

5,66

0

0,00

1

25,00

11

3,56

Daniella oliveri

2

2,02

4

3,05

0

0,00

0

0,00

0

0,00

6

1,94

Dyospiros mespiliformis

3

3,03

0

0,00

0

0,00

0

0,00

0

0,00

3

0,97

Entada africana

4

4,04

1

0,76

0

0,00

0

0,00

0

0,00

5

1,62

Erythrina sigmoidea

0

0,00

1

0,76

0

0,00

1

4,55

0

0,00

2

0,65

115

Espèces

 

Etat des individus

Totaux

Normaux

élagué

dessouché

Détruits par
les feux de
brousse

Détruits par les
agents

bioclimatiques

Effec.

Fréq.

Effec.

Fréq.

Effec.

Fréq.

Effec.

Fréq.

Effec.

Fréq.

Erythrophleum africanum

2

2,02

0

0,00

0

0,00

0

0,00

0

0,00

2

0,65

Ficus capensis

1

1,01

6

4,58

1

1,89

0

0,00

0

0,00

8

2,59

Ficus congensis

2

2,02

1

0,76

0

0,00

0

0,00

0

0,00

3

0,97

Ficus vallis Choudae

3

3,03

3

2,29

0

0,00

0

0,00

0

0,00

6

1,94

Gacinia Ovalifolia

2

2,02

7

5,34

0

0,00

0

0,00

0

0,00

9

2,91

Gardenia ternifolia

0

0,00

2

1,53

0

0,00

0

0,00

0

0,00

2

0,65

Gussonia Barteri

1

1,01

0

0,00

1

1,89

0

0,00

0

0,00

2

0,65

Hymenocardia acida

5

5,05

16

12,21

31

58,49

6

27,27

0

0,00

58

18,77

Hymenodictyon floribundum

1

1,01

1

0,76

1

1,89

0

0,00

1

25,00

4

1,29

Lannea schimperi

5

5,05

7

5,34

0

0,00

0

0,00

0

0,00

12

3,88

lophira lanceolata

4

4,04

5

3,82

0

0,00

0

0,00

0

0,00

9

2,91

Mangifera indica

3

3,03

0

0,00

0

0,00

1

4,55

0

0,00

4

1,29

Maprouena africana

4

4,04

2

1,53

0

0,00

0

0,00

0

0,00

6

1,94

Nauclea latifolia

2

2,02

5

3,82

1

1,89

0

0,00

0

0,00

8

2,59

Olax subscorpioidea

1

1,01

1

0,76

0

0,00

0

0,00

0

0,00

2

0,65

Piliostigma thonningii

3

3,03

8

6,11

1

1,89

0

0,00

0

0,00

12

3,88

116

Espèces

 

Etat des individus

Totaux

Normaux

élagué

dessouché

Détruits par
les feux de
brousse

Détruits par les
agents

bioclimatiques

Effec.

Fréq.

Effec.

Fréq.

Effec.

Fréq.

Effec.

Fréq.

Effec.

Fréq.

Prosopis africana

3

3,03

3

2,29

0

0,00

0

0,00

0

0,00

6

1,94

Psidium guajava

0

0,00

0

0,00

0

0,00

3

13,64

0

0,00

3

0,97

Spondianthus preussii

1

1,01

0

0,00

0

0,00

0

0,00

0

0,00

1

0,32

Strychnos Spinosa

7

7,07

2

1,53

0

0,00

0

0,00

0

0,00

9

2,91

Syzygium guineensis

2

2,02

2

1,53

0

0,00

0

0,00

0

0,00

4

1,29

Terminalia laxiflora

1

1,01

8

6,11

1

1,89

0

0,00

1

25,00

11

3,56

Uapaca togoensis

0

0,00

2

1,53

0

0,00

0

0,00

0

0,00

2

0,65

Verdonia amydalina

0

0,00

0

0,00

0

0,00

0

0,00

0

0,00

0

0,00

Vitex doniana

2

2,02

9

6,87

1

1,89

0

0,00

0

0,00

12

3,88

Totaux

99

100,0

0

131

100,0

0

53

100,00

22

100,0

0

4

100,00

309

100,0

0

117

Annexe 6. Répartition des réfugiés centrafricains au Cameroun par site

118

Annexe 7. Modèle de fiche de relevées floristique (et paramètres du milieu)

 
 

RELEVES DES PARAMETRES DU MIUEU

N'' placette ..L2..C...... Date de relevé. Coord. GPS : X.4 f i.d °J.: Y....4.4Z..s 7 G.

POSITION TOPOGRAPHIQUE Altitude ............. Pente (%) Exposition

Ens. Morpho.: OPtàtèai Vallée Plaine Glacis Colline Autre :

Position.: (,___Terrain plat) Bas de versant Replat _Mi-versant Talus Sommet

Submersion : .4r_ejetrelb Ponct.en s.plu. La majeure partie de la s.plu. Une partie de la s.sèc.

PEDOLOGIE

Etat de surface : Affleurement : Aucurv Cuirasse Roche mère

Accumulation de surf.: Blocs Gravillons Sable Fragments de cuirasse

Argiles ou limon Litière Blocs ou fragments de latérites

éloturbetbn : Terriers Turricules de vers Placage de termites

Rares Rares ' âres

Nombreux ombreu Nombreux

- utu) Aucun Aucun

Sol (horizon superficielle) :

Couleur .&...... Texture Structure

Sableux ( nipa

Limoneux Particulaire

Argileux Fragmentaire

Sablo-

Lirnono-........
Argilo-...-

PHYTO-GEOGRAPHIE

Type de végétation (Formation) :

Savane herbeuse (tous ligneux<10%) Savane arbustive (ligneux>5m:, 5% )

Savane arborée (Iigneux>5m: 5% à 30%) avane ..is-e i:neux>5m: S''. .

Forêt claire (ligneux>5m: 75% à 90%) Forêt galerie (nom du cours d'eau)

Autre :

Description du couvert herbacé (espèces dominantes) : -r 0 -1C _ cet te a dg.
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Dire d'anthrooisation Etat apparent de Jay - n Exploitation du paturon Intensité dupaturaae

a ées êclai Productivité Faible ,`)

eu m; Ta ' min

Un peu modifié Strate ligneuse défrichée Feux de brousse Moyenne

Modifié Terrain agricole Forte

' Très modifié Jachère ou vieille jachère Très forte

119

FICHE DE RELEVE FLORISTIQUE PAR PLACETTE

 

N° placette ..i2`7. ... .... Date de relevé-- .......... -...... Coord. GPS : X Y

Nom scientifique

Nom en Gbaya

Hauteur
(i5,l

Diamètre
cm)

Remarques

1

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43

 
 
 
 
 

44

 
 
 
 
 

Annexe 8. Loi relative au statut des réfugiés Cameroun

Loi n°20051006 du 27 juillet 2005
Portant statut des réfugiés au Cameroun

L'Assemblée nationale a délibéré et adopté, le président de la République promulgue la loi dont la teneur suit

Chapitre I : Dispositions générales

Art : La présente loi porte statut des

réfugiés au Cameroun et s'applique sous réserve des conventions internationales ralliées par le Cameroun.

Art 2 : Est considérée comme 'réfugiée' au sens de la présente loi et conformément à la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés telle qu'amendée par son protocole de New York du 31 janvier 1967 et la convention de l'OUA régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique signée à Addis-Abeba le 10 septembre 1969 :

- toute personne qui, craignant avec raison d'être persécutée à cause de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n'a pas de nationalité et se trouve hors du pays oit elle avait sa résidence habituelle, à la suite de tels évènements, ne peut ou, en raison de la dite crainte, ne veut y retourner ;

- toute personne qui, du fail d'une agression, d'une occupation extérieure, d'une domination étrangère ou d'évènements troublant gravement l'ordre public dans une partie ou dans la totalité de son pays d'origine ou du pays dont elfe a la nationalité, est obligée de quitter sa résidence habituelle pour chercher refuge dans un autre endroit à lexténeur de son pays d'origine ou du pays dont elle a la nationalité.

Art 3 : Les dispositions de la présente los ne sont pas applicables à toute personne à l'égard de laquelle des raisons sérieuses permettent de penser :

- qu'elle a commis un crime contre La paix, un crime de guerre ou un crime contre l'humanité ;

- qu'elle a commis un crime grave de caractère non politique et en dehors du pays d'accueil avant d'être admise comme réfugiée :

- qu'elle s'est rendue coupable d'agissements contraires aux objectifs et aux principes de l'Union Africaine ;

- qu'elle s'est rendue coupable d'agissements contraires aux buts et aux objectifs des Nations Unies.

Art 4: Une personne perd le statut de réfugié au litre des présentes dispositions, si :

- elle s'est volontairement réclamée a nouveau de la protection du pays dont elle a la nationalité ; ou

- ayant perdu la nationalité, elle l'a volontairement recouvrée ; ou

- elle a acquis une nouvelle nationalité et jouit de la protection du pays dont elle a la nationalité ; ou

- elle est retournée volontairement d'établir dans te pays qu'elle a quitté ou hors duquel elle est demeurée de crainte d'être persécutée ; ou

- les circonstances à la suite desquelles elle a été reconnue réfugiée ayant rossé d'exister, elle ne peut plus continuer à refuser de se réclamer de la protection du pays dont elle a la nationalité ou

- elle a commis un crime gave de caractère non politique en dehors du pays d'accueil après y avoir été admise comme réfugiée ; ou

- s'agissant d'une personne apatride, les circonstances à la suite desquelles elle a été reconnue comme réfugiée ayant cessé d'exister, elle est en mesure de retourner dans le pays où elle avait sa résidence habituelle.

Art 5 : (1) Les membres de la famille d'une personne considérée comme réfugiée au sens des articles 2, 3 et 4 ci-dessus qui l'accompagnent ou le rejoignent sont également considérés comme réfugiés, sauf s'ils sont d'une nationalité autre que celle du réfugie et jouissent de la protection du pays dont ils sont ressortissants.

(2) Si, une fois que la qualité de réfugié a été reconnue au chef de fami, la cohésion familiale est rompue par suite d'un divorce, d'une séparation ou d'un décès, les membres de sa famille auxquels le statut de réfugié a été accordé en vertu de l'alinéa 1 ci-dessus continuent A en jouir, sous réserve des dispositions de l'article 4.

(3) Aux fins des dispositions des alinéas (1) et (2) ci-dessus. les membres de la

famille d'une personne considérée comme réfugiée s'entendent du ou des conjoints, des enfants mineurs et des autres membres de la famille du réfugié qui sont A sa charge.

(4) Toute décision prise en application des dispositions des articles 3 et 4 de la présente toi ne saurait affecter

automatiquement les autres membres de la famille tels que définis à l'alinéa (3) ci-dessus.

120

Art 6 : (1) La présente loi s'applique à tout demandeur d'asile pt réfugié sans discrimination au regard de son genre, de sa religion, de sa race, ou de sa nationalité.

(2) Tout enfant non accompagné, sous réserve des vérifications nécessaires, bénéficie du statut de réfugié.

(3) L'Etat du Cameroun, en collaboration avec les organisations internationales, apporte son conconts au rétablissement du regroupement familial.

Chapitre Il : Dispositions applicables aux demandeurs d'asile

Art 7 : (1) Aucune personne gbp peut être refoulée à la frontière, ni faire follet d'autres mesures quelconques qui ie contraindraient à retourner ou à demeurer dans un territoire où sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté seraient menacées pour l'une des raisons indiquées à l'article 2 de la présente loi.

(2) Tout demandeur d'asile doit, à l'entrée du territoire national, se présenter aux autorités compétentes dans un délai de quinze (15) jours.

(3) L'autorité ainsi saisie établit un procès-verbal détaillé indiquant l'état civil du requérant, ses activités pmfessionnelles, sa nationalité, les raisons précises de son exd, les raisons du choix du Cameroun pour son immigration et toutes informations de nature à éclairer l'instruction de son dossier.

(4) Un sauf conduit d'une validité de deux mois non renouvelable est délivré à l'intéressé par l'autorité layant entendu qui transmet sans délai le dossier à la commission d'éligibilité au statut de réfugie visée à l'article 16 ci-dessous.

(5) Une demande peut être irrecevable si le demandeur a séjourné dans un premier pays d'asile. Est considéré comme pays de premier asile, le pays tiers siïr dans lequel le demandeur d'asile a été admis en qualité de réfugié, ou pour d'autres raisons justifiées, y jouit d'une prion et peut encore en bénéficier.

(6) Sans préjudice des dispositions de l'alinéa (2) ci-dessus, tout ressortissant étranger se trouvant sur le territoire de la République et qui ne peut retourner dans son pays d'ongine ou dans le pays dans lequel il a sa résidence habituelle, pour les raisons énoncées à l'artide 2 de la présente loi est fondé à introduire une

demande d'asile sur laquelle une décision est prise conformément aux procédures fixées par le décret d'application de la présente lui.

Art 8 : (1) Aucune sanction pénale ne peut être prise à l'encontre d'une personne qui, du fait de son entrée ou de son séjour irréguliers sur le territoire national, arrivant directement du territoire où sa vie ou sa liberté seraient. menacées au sens de l'article 2 de la présente loi, sous réserve qu'elle se présente sans délai aux autorités nationales visées à l'article 7. Lorsque ladite personne a été irderpetiée pour des raisons d'enquête, la garde à vue ne doit pas dépasser vingt quatre (24) heures renouvelable deux (2) lois.

(2) Aucune mesure d'exploitation ou de reconduite à la frontière contre un demandeur d'asile rte peul être mise en exécution avant que la commission d'éfigibitité au statut de relugiie ne se prononce sur sa demande, à moins que lesdites mesures ne soient dictées par des raisons de sécurité nationale, d'ordre public ou en execution d'une décision rendue conformément à fa loi ; en tout cas ces mesures d'expulsion ou de reconduite à la frontière ne pourraient avoir pour effet de contraindre un demandeur d'asile à retourner ou demeurer dans un pays àu sa liberté serait menacée au sens de l'article 2 de la présente loi.

(3) Le demandeur d'asile en possession de l'attestation de dépôt du dossier est libre de ses mouvements. toutefois, il est tenu d'informer l'autorité chargée de I'imm;91ation de ses depiaceme'rls et changements d'adresse et de se présenter à elle en tant quo de besoin.

Chapitre Droits et obligations

des réfugies

Art 9 : Sans préjudice des dispositions des chapitres I et II énoncées ci-dessus. tous les droits fondamentaux et les dispositions prévues aux chapitres II, III, IV et V de la Convention de Genéve relative aux réfugiés du 28 juillet 1951 et celle de l'OUA du 10 septembre 1969 relative aux réfugiés s'appliquent à tout réfugié régulièrement installé au Cameroun et dans la limite des droits accordés aux nationaux. Ceux-ci concernent. entre autres :

§ la non-discrimination ;

- le droit de pratiquer sa religion librement ;

- le droit a la propriété ;

- la liberté d'association ; -le droit d'ester en justice ; - le droit au travail ; - le droit à l'éducation ; - le droit au logement ;

- le droit à l'assistance sociale et Publique ;

- la liberté de circulation ;

- le droit d'obtenir des titres d'identité et des documents de voyage ;

- le droit au transfert des avoirs ;

- le droit à la naturalisation.

Art 10: (1) Pour l'exercice d'une activité professionnelle salariée ou non, et saris exonération d'impôts et de taxes, ainsi qu'en matière d'avantage sociaux liés à l'exercice d'une lette activité, les personnes reconnues comme réfugiées sont assimilées aux nationaux.

(2) Elles reçoivent le même traitement que les nationaux en ce qui concerne l'accès à l'éducation, les droits d'inscription scolaire et universitaire et les bais des centres des oeuvres universitaires.

Art 11: Tout réfugié est tenu de se conformer aux lois et réglement en vigueur au même litre que les nationaux.

Art 12: Toute personne qui acquiert le statut de réfugiés s'engage à ne mener à partir du territoire national aucune activité déstabilisatrice contre t'Etat camerounais, contre son pays d'origine ou contre lout autre Etat

Art 13: (1) Toute personne reconnue comme réfugiée reçoit une carte de réfugié dont la durée de validité et les modalités de renouvellement sont fixées par décret.

(2) Les réfugiés ont droit, en outre, l'établissement du litre de voyage prévu à l'article 28 de la Convention de 1951 ainsi qu'A toute autre pièce nécessaire soit à l'accomplssement de divers actes de la vie civile, soit à l'application de la legislation interne ou des accords internationaux qui concourent à leur protection.

Art 14: (1) Un réfugié se trouvant régulièrement sur le territoire du Cameroun ne pourra être expulsé que pour des raisons de sécurité nationale ou d'ordre public.

(2) L'expulsion d'un réfugié n'a lieu qu'en exécution d'une décision rendue conformément à la procédure prévue par la loi.

(3) La décision d'expulsion est signifiée au Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés qui se charge de lui trouver un pays d'asile dans un délai de soixante douze (72) heures. Celte décision d'expulsion est également signifiée à l'intéressé qui est sous ta surveillance des autorités de maintien de l'ordre.

(4) L'expulsion entraîne de plein droit le retrait de la carte de réfugié.

M 15: Aucun réfugié ne peut être extradé, de quelque manière que ce sait

sur les frontières d'un territoire visé a l'alinéa (1) de l'article 7 ci-dessus.

121

Chapitre IV :

Les organes de gestion des réfugies

Art 16: II est créé une commission d'éligibilité au statut de réfugié el une commission des recours des réfugiés dent l'organisation, le fonctionnement et les règles de procédures sont fixés par décret Art 17 : Les décisions des deux organes vises a t'arti le 16 ci-dessus ne sont susceptibles d'aucun recours devant les juridictions nationales de droit commun.

Chapitre V

Dispositions transitoires et finales

Art 18 : Les personnes qui, à la date de promulgation de la présente toi, se trouvent sur le territoire du Cameroun à la suite de l'une des circonstances décrites à I' article 2 ci-dessus sont soumises aux dispositions dela présente loi.

Art 19: les demandeurs d'asile titulaire d'un certificat de réfugié délivre par le Haul Commissariat ries Nations Unies pour les Réfugiés antérieurement à l'entrée en vigueur de la présente toi obtiennent te qualité de réfugiés.

Art 2D : La présente loi oui abroge fautes dispositions antérieures contraires, sera enregistrée et publiée selon la procédure d'urgence, puis inséree au journal officiel en français et en anglais.

Yaoundé, le 271111/let 2005 te Président de la République

(é) Raul Biya

122

Annexe 9. Extrait de la Loi N° 96/12 du 5 Août 1996 portant Loi-
Cadre relative à la gestion de l'environnement au Cameroun

L'ASSEMBLEE NATIONALE A DELIBERE ET ADOPTE

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE PROMULGUE LA LOI DONT LA TENEUR SUIT :

TITRE I - DES DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE 1er.- La présente loi fixe le cadre juridique général de la gestion

de l'environnement au Cameroun.

ARTICLE 2.- (1) L'environnement constitue en République du Cameroun un patrimoine commun de la nation. Il est une partie intégrante du patrimoine universel.

(2) Sa protection et la gestion rationnelle des ressources qu'il offre à la vie humaine sont d'intérêt général. Celles-ci visent en particulier la géosphère, l'hydrosphère, l'atmosphère, leur contenu matériel et immatériel, ainsi que les aspects sociaux et culturels qu'ils comprennent.

ARTICLE 3.- Le Président de la République définit la politique nationale de l'environnement. Sa mise en oeuvre incombe au Gouvernement qui l'applique, de concert avec les collectivités territoriales décentralisées, les communautés de base et les associations de défense de l'environnement.

A cet effet, le Gouvernement élabore des stratégies, plans ou programmes nationaux tendant à assurer la conservation et l'utilisation durables des ressources de l'environnement.

CHAPITRE I -DES DEFINITIONS

ARTICLE 4.- Au sens de la présente et de ses textes d'application, on entend

123

par :

(a) « air » : l'ensemble des éléments constituant le fluide atmosphérique
et dont la modification physique, chimique ou autre peut porter atteinte aux êtres vivants, aux écosystèmes et à l'environnement en général ;

(b) « audit environnemental » : l'évaluation systématique, documentée et
objective de l'état de gestion de l'environnement et de ses ressources ;

(c) « déchet » : tout résidu d'un processus de production, de
transformation ou d'utilisation, toute substance ou tout matériau produit ou, plus généralement, tout bien meuble ou immeuble abandonné ou destiné à l'abandon ;

(d) « développement durable » : le mode de développement qui vise à
satisfaire les besoins de développement des générations présentes sans compromettre les capacités des générations futures à répondre aux leurs ;

(e) « eaux continentales » : l'ensemble hydrographique des eaux de
surface et des eaux souterraines ;

(f) « eaux maritimes » : les eaux saumâtres et toutes les eaux de
mer sous juridiction nationale camerounaise ;

(g) « écologie » : l'étude des relations qui existent entre les différents
organismes vivants et le milieu ambiant ;

(h) « écosystème » : le complexe dynamique formé de communautés
de plantes, d'animaux, de micro-organismes et de leur environnement vivant qui, par leur interaction, forment une unité fonctionnelle ;

(i) « effluent » : tout rejet liquide et gazeux d'origine domestique,
agricole ou industrielle, traité ou non traité et déversé directement ou indirectement dans l'environnement ;

(j) « élimination des déchets » : l'ensemble des opérations comprenant la
collecte, le transport, le stockage et le traitement nécessaires à la récupération des

matériaux utiles ou de l'énergie, à leur recyclage, ou tout dépôt ou rejet sur les endroits appropriés de tout autre produit dans des conditions à éviter les nuisances et la dégradation de l'environnement.

(k) « environnement » : l'ensemble des éléments naturels ou
artificiels et des équilibres bio-géochimiques auxquels ils participent, ainsi que des facteurs économiques, sociaux et culturels qui favorisent l'existence, la transformation et le développement du milieu, des organismes vivants et des activités humaines ;

(l) « équilibre écologique » : le rapport relativement stable créé
progressivement au cours des temps entre l'homme, la faune et la flore, ainsi que leur interaction avec les conditions du milieu naturel dans lequel ils vivent ;

(m) « établissement classés » : les établissements qui présentent des
causes de danger ou des inconvénients, soit pour la sécurité, la salubrité ou la commodité du voisinage, soit pour la santé publique, ou pour l'agriculture, ainsi que pour la pêche ;

(n) « établissements humains » : l'ensemble des agglomérations urbaines
et rurales, quels que soient leur type et leur taille, et l'ensemble des infrastructures dont elles doivent disposer pour assurer à leurs habitants une existence saine et décente ;

(o) « étude d'impact environnemental » : l'examen systématique en
vue de déterminer si un projet a ou n'a pas un effet défavorable sur l'environnement ;

(p) « gestion écologiquement rationnelle des déchets » : toutes mesures
pratiques permettant d'assurer que les déchets sont gérés d'une manière qui garantisse la protection de la santé humaine et de l'environnement, contre les effets nuisibles que peuvent avoir ces déchets ;

124

(q) « gestion des déchets » : la collecte, le transport, le recyclage et

l'élimination des déchets, y compris la surveillance des sites d'élimination ;

(r) « installation » : tout dispositif ou toute unité fixe ou mobile
susceptible d'être générateur d'atteinte à l'environnement, quel que soit son propriétaire ou son affectation ;

(s) « nuisance » : l'ensemble des facteurs d'origine technique ou
sociale qui compromettent l'environnement et rendent la vie malsaine ou pénible ;

(t) « polluant » : toute substance ou tout rejet solide, liquide ou gazeux,
tout déchet, odeur, chaleur, son, vibration, rayonnement ou combinaison de ceux-ci, susceptibles de provoquer une pollution ;

(u) « pollueur » : toute personne physique ou morale émettant un
polluant qui entraîne un déséquilibre dans le milieu naturel ;

(v) « pollution » : toute contamination ou modification directe ou
indirecte de l'environnement provoquée par tout acte susceptible :

- d'affecter défavorablement une utilisation du milieu favorable de

l'homme ;

- de provoquer ou qui risque de provoquer une situation préjudiciable pour la santé, la sécurité, le bien-être de l'homme, la flore et la faune, l'air, l'atmosphère, les eaux, les sols et les biens collectifs et individuels ;

(w) « ressource génétique » : le matériel animal ou végétal d'une
valeur réelle ou potentielle.

CHAPITRE II- DES OBLIGATIONS GENERALES

ARTICLE 5.- Les lois et règlements doivent garantir le droit de chacun à un environnement sain et assurer un équilibre harmonieux au sein des écosystèmes et entre les zones urbaines et les zones rurales.

125

ARTICLE 6.- (1) Toutes les institutions publiques et privées sont tenues,

126

dans le cadre de leur compétence, de sensibiliser l'ensemble des populations aux problèmes de l'environnement.

(2) Elles doivent par conséquent intégrer dans leurs activités des programmes permettant d'assurer une meilleure connaissance de l'environnement.

ARTICLE 7.- (1) Toute personne a le droit d'être informée sur les effets préjudiciables pour la santé, l'homme et l'environnement des activités nocives, ainsi que sur les mesures prises pour prévenir ou compenser ces effets.

(2) Un décret définit la consistance et les conditions d'exercice de ce droit.

ARTICLE 8.- (1) Les associations régulièrement déclarées ou reconnues d'utilité publique et exerçant leurs activités statutaires dans les domaines de la protection de l'environnement ne peuvent contribuer aux actions des organismes publics et para-publics en la matière que si elles sont agréées suivant des modalités fixées par des textes particuliers.

(2) Les communautés de base et les associations agréées contribuant à tout action des organismes publics et para-publics ayant pour objet la protection de l'environnement, peuvent exercer les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les faits constituants une infraction aux dispositions de la présente loi et de ses textes d'application, et causant un préjudice direct ou indirect aux intérêts collectifs qu'elles ont pour objet de défendre.

CHAPITRE III- DES PRINCIPES FONDAMENTAUX

ARTICLE 9.- La gestion de l'environnement et des ressources naturelles s'inspire, dans le cadre des lois et règlements en vigueur, des principes suivants :

a) le principe de précaution, selon lequel l'absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption des mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l'environnement à un coût économiquement acceptable ;

b)

127

le principe d'action préventive et de correction, par priorité à la source, des atteintes à l'environnement, en utilisant les meilleures techniques disponibles à un coût économiquement acceptable ;

c) le principe pollueur-payeur, selon lequel les frais résultant des mesures de prévention, de réduction de la pollution et de la lutte contre celle-ci et de la remise en l'état des sites pollués doivent être supportés par le pollueur ;

d) le principe de responsabilité, selon lequel toute personne qui, par son action, crée des conditions de nature à porter atteinte à la santé de l'homme et à l'environnement est tenue d'en assurer ou d'en faire assurer l'élimination dans des conditions propres à éviter lesdits effets ;

e) le principe de participation selon lequel

- chaque citoyen doit avoir accès aux informations relatives à l'environnement, y compris celles relatives aux substances et activités dangereuses;

- chaque citoyen a le devoir de veiller à la sauvegarde de l'environnement et de contribuer à la protection de celui-ci ;

- les personnes publiques et privées doivent, dans toutes leurs activités, se conformer aux mêmes exigences ;

- les décisions concernant l'environnement doivent être prises après concertation avec les secteurs d'activité ou les groupes concernés, ou après débat public lorsqu'elles ont une portée générale ;

f) le principe de subsidiarité selon lequel, en l'absence d'une règle de droit écrit, générale ou spéciale en matière de protection de l'environnement, la norme coutumière identifiée d'un terroir donné et avérée plus efficace pour la protection de l'environnement s'applique.

128

TITIRE II - DE L'ELABORATION, DE LA COORDINATION ET DU FINANCEMENT DES POLITIQUES DE L'ENVIRONNEMENT

ARTICLE 10.- (1) Le Gouvernement élabore les politiques de l'environnement et en coordonne la mise en oeuvre.

A cette fin, notamment, il :

- établit les normes de qualité pour l'air, l'eau, le sol et toutes normes nécessaires à la sauvegarde de la santé humaine et de l'environnement ;

- établit des rapports sur la pollution, l'état de conservation de la diversité biologique et sur l'état de l'environnement en général ;

- initie des recherches sur la qualité de l'environnement et les matières connexes ;

- prépare une révision du Plan National de Gestion de l'Environnement, selon la périodicité prévue à l'article 14 de la présente loi, en vue de l'adapter aux exigences nouvelles dans ce domaine ;

- initie et coordonne les actions qu'exige une situation critique, un état d'urgence environnemental ou toutes autres situations pouvant constituer une menace grave pour l'environnement ;

- publie et diffuse les informations relatives à la protection et à la gestion de l'environnement ;

- prend toutes autres mesures nécessaires à la mise en oeuvre de la présente

loi.

(2) Il est assisté dans ses missions d'élaboration de coordination, d'exécution et de contrôle des politiques de l'environnement et une Commission Nationale Consultative de l'Environnement et du Développement Durable dont les attributions, l'organisation et le fonctionnement sont fixés par des décrets d'application de la présente loi.

129

ARTICLE 11.- (1) Il est institué un compte spécial d'affectation du Trésor, dénommé « Fonds National de l'Environnement et du Développement Durable » et ci-après désigné le « Fonds », qui a pour objet :

- de contribuer au financement de l'audit environnemental ;

- d'appuyer les projets de développement durable ;

- d'appuyer la recherche et l'éducation environnementales ;

- d'appuyer les programmes de promotion des technologies propres ;

- d'encourager les initiatives locales en matière de protection de

l'environnement, et de développement durable ;

- d'appuyer les associations agréées engagées dans la protection de l'environnement qui mènent des actions significatives dans ce domaine ;

- d'appuyer les actions des départements ministériels dans le domaine de la gestion de l'environnement.

(2) L'organisation et le fonctionnement du Fonds sont fixés par un décret du Président de la République.

ARTICLE 12.- (1) Les ressources du Fonds proviennent :

- des dotations de l'Etat ;

- des contributions des donateurs internationaux

- des contributions volontaires ;

- du produit des amendes de transaction telle que prévue par la présente loi ;

- des dons et legs ;

- des sommes recouvrées aux fins de remise en l'état des sites ;

130

- de toute autre recette affectée ou autorisée par la loi.

(2) Elles ne peuvent être affectées à d'autres fins que celles ne correspondant qu'à l'objet du Fonds.

TITRE III - DE LA GESTION DE L'ENVIRONNEMENT

CHAPITRE I- DU PLAN NATIONAL DE GESTION DE

L'ENVIRONNEMENT

ARTICLE 13.- Le Gouvernement est tenu d'élaborer un Plan National de Gestion de l'Environnement. Ce plan est révisé tous les cinq (5) ans.

ARITCLE 14.- (1) L'Administration chargée de l'environnement veille à l'intégration des considérations environnementales dans tous les plans et programmes économiques, énergétiques,

A cette fin, elle enregistre toutes les données scientifiques et technologiques relatives à l'environnement et tien un recueil à jour de la législation et réglementation nationales et des instruments juridiques internationaux en matière d'environnement auxquels le Cameroun fait partie.

ARTICLE 16.- (1) L'Administration chargée de l'environnement établit un rapport bi-annuel sur l'état de l'environnement au Cameroun et le soumet à l'approbation du Comité Inter-ministériel de l'Environnement.

(2) Ce rapport est publié et largement diffusé. [...J

CHAPITRE V- DE LA GESTION DES RESSOURCES NATURELLES ET DE LA CONSERVATION DE LA DIVERSITE BIOLOGIQUE

ARTICLE 62.- La protection de la nature, la préservation des espèces animales et végétales et de leurs habitats, le maintien des équilibres biologiques et des écosystèmes, et la conservation de la diversité biologique et génétique contre toutes les causes de dégradation et les menaces d'extinction sont d'intérêt national. Il est du devoir des pouvoirs publics et de chaque citoyen de

131

veiller à la sauvegarde du patrimoine naturel.

ARTICLE 63.- Les ressources naturelles doivent être gérées rationnellement de façon à satisfaire les besoins des générations actuelles sans compromettre la satisfaction de ceux des générations futures.

ARTICLE 64.- (1) L'utilisation durable de la diversité biologique du Cameroun se fait notamment à travers :

- un inventaire des espèces existantes, en particulier celles menacées d'extinction ;

- des plans de gestion des espèces et de préservation de leur habitat ; - un système de contrôle d'accès aux ressources génétiques.

(2) La conservation de la diversité biologique à travers la protection de la faune et de la flore, la création et la gestion des réserves naturelles et des parcs nationaux sont régies par la législation et la réglementation en vigueur.

(3) L'Etat peut ériger toute partie du territoire national en une aire écologiquement protégée. Une telle aire fait l'objet d'un plan de gestion environnemental.

ARTICLE 65.- (1) L'exploitation scientifique et l'exploitation des ressources biologiques et génétiques du Cameroun doivent être faites dans des conditions de transparence et de collaboration étroite avec les institutions nationales de recherche, les communautés locales et de manière profitable au Cameroun dans les conditions prévues par les conventions internationales en la matière dûment ratifiées par le Cameroun, notamment la Convention de Rion de 1992 sur la diversité biologique.

(2) Un décret d'application de la présente loi détermine les sites historiques, archéologiques et scientifiques, ainsi que les sites constituant une beauté panoramique particulière et organise leur protection et les conditions de leur

132

gestion.

ARTICLE 67.- (1) L'exploration et l'exploitation des ressources minières et des carrières doivent se faire d'une façon écologiquement rationnelle prenant en compte les considérations environnementales.

TITRE IV - DE LA MISE EN OEUVRE ETU DU SUIVI DES PROGRAMMES

CHAPITRE UNIQUE- DE LA PARTICIPATION DES POPULATIONS

ARTICLE 72.- La participation des populations à la gestion de l'environnement doit être encouragée, notamment à travers :

- le libre accès à l'information environnementale, sous réserve des impératifs de la défense nationale et de la sécurité de l'Etat ;

- des mécanismes consultatifs permettant de recueillir l'opinion et l'apport des populations ;

- la représentation des populations au sein des organes consultatifs en matière d'environnement ;

- la production de l'information environnementale ;

- la sensibilisation, la formation, la recherche, l'éducation environnementale.

ARTICLE 73.- L'enseignement de l'environnement doit être introduit dans les programmes d'enseignement des cycles primaire et secondaire, ainsi que des établissements d'enseignement supérieur.

ARTICLE 74.- Afin de renforcer la prise de conscience environnementale dans la société ainsi que la sensibilisation et la participation des populations aux questions environnementales, les Administrations chargées de l'environnement, de la communication et les autres Administrations et organismes publics concernés organisent des campagnes d'information et de sensibilisation à travers les

133

média et tous autres moyens de communication.

A cet égard, ils mettent à contribution les moyens traditionnels de communication ainsi que les autorités traditionnelles et les associations oeuvrant dans le domaine de l'environnement et du développement.

TITRE V - DES MESURES INCITATIVES

ARTICLE 75.- Toute opération contribuant à enrayer l'érosion, à combattre efficacement la désertification, ou toute opération de boisement ou de reboisement, toute opération contribuant à promouvoir l'utilisation rationnelle des ressources renouvelables notamment dans les zones de savane et la partie septentrionale du pays bénéficie d'un appui du Fonds prévu par la présente loi.

ARTICLE 76.- (1) Les entreprises industrielles qui importent des équipements leur permettant d'éliminer dans leur processus de fabrication ou dans leurs produits les gaz à effet de serre notamment le gaz carbonique, le chloro-fluoro-carbone, ou de réduire toute forme de pollution bénéficient d'une réduction du tarif douanier sur ces équipements dans les proportions et une durée déterminées, en tant que de besoins, par la loi de Finances.

(2) Les personnes physiques ou morales qui entreprennent des actions de promotion de l'environnement bénéficient d'une déduction sur le bénéfice imposable suivant des modalités fixées par la loi des Finances. [...]

YAOUNDE, LE

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE PAUL BIYA

134

Table des matières

Dédicace i

Remerciements ii

Résumé iv

Abstract v

Sommaire vi

Liste des tableaux ix

Liste des figures x

Liste des photographies xi

Sigles et acronymes xii

Introduction générale 1

1. Problématique 2

2. Cadre spatiotemporel 4

2.1. Cadre spatial 4

2.2. Cadre temporel 6

3. Questions de recherche 6

3.1. Question principale 6

3.2. Questions spécifiques 6

4. Contexte scientifique 7

5. Objectifs 11

5.1. Objectif principal 11

5.2. Objectifs spécifiques 11

6. Hypothèses 11

6.1. Hypothèse principale 11

6.2. Hypothèses secondaires 12

7.

135

Cadre conceptuel 12

8. Méthodologie 16

8.1. La méthode de terrain 17

8.2. La méthode de laboratoire 23

9. Intérêt de l'étude 24
Chapitre 1. Evolution des types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo de

1987 à 2011. 26

Introduction 26

1.1. Caractérisation des types d'occupation du sol 26

1.1.1. La zone d'habitation 27

1.1.2. Les cultures 29

1.1.3. Les jachères 31

1.1.4. La savane arbustive dense 32

1.1.5. La galerie forestière 34

1.2. Processus de l'évolution des types d'occupation du sol de 1987 à 2011 35

1.2.1. Evolution de la zone d'habitation 35

1.2.2. Evolution des cultures 38

1.2.3. Evolution des jachères 40

1.2.4. Evolution de la savane arbustive dense 42

1.2.5. Evolution de la galerie forestière 44

Conclusion 46

Chapitre 2. Facteurs de la dynamique des types d'occupation du sol dans le terroir

de Ndokayo 47

Introduction 47

136

2.1. Le changement du contexte climatique et sa contribution à la dynamique des

types d'occupation du sol dans le terroir 47

2.1.1. La dégradation des conditions climatiques : les années de déficit

pluviométrique et la sècheresse de 2007 48

2.1.2. La transformation des sols 49

2.2. Incidence du changement du contexte socioéconomique sur la dynamique des

types d'occupation du sol dans le terroir de Ndokayo. 51

2.2.1. Le boom démographique et la multiplication des besoins 51

2.2.2. La dynamique des groupes d'acteurs 56

2.2.3. La dynamique des types d'activités 58

2.3. Les facteurs institutionnels et politiques 62

2.3.1. La non-application des textes règlementaires 62

2.3.2. La facilité d'accès à la terre 63

Conclusion 64

Chapitre 3. Caractérisation des acteurs de la dynamique des types d'occupation du

sol 65

Introduction 65

3.1. Les acteurs indirects de la dynamique des types d'occupation du sol 65

3.1.1. Les autorités traditionnelles locales 65

3.1.2. Le HCR et ses partenaires 67

3.2. Les acteurs directs de la dynamique des types d'occupation du sol 67

3.2.1. Des agriculteurs reconvertis 68

3.2.2. La sédentarisation des éleveurs dans le terroir et la question de la gestion

des pâturages 71

3.2.3. Les bûcherons 73

3.2.4. L'action des artisans 76

137

3.2.5. La responsabilité des ménages 79

Conclusion 81

Chapitre 4. Conséquences socioéconomiques de la dynamique des types

d'occupation du sol. 82

Introduction 82

4.1. Les conflits entre les groupes d'acteurs : accentuation et apparition de nouvelles

formes 82

4.1.1. L'accentuation des conflits agropastoraux 83

4.1.2. Les conflits entre les propriétaires fonciers et les bucherons 86

4.1.3. Les conflits entre les bucherons 86

4.2. La dynamique accélérée des types d'occupation du sol : une entrave au bien-

être des populations locales 87

4.2.1. Les principaux usages des ressources végétales dans le terroir 87

4.2.2. L'impact de la raréfaction des ressources végétales sur le bien-être des

populations locales 91

Conclusion 93

Conclusion générale et recommandations 94

Bibliographie 98

Annexes 103

Annexe 1. Guide d'entretien avec les autorités traditionnelles 103

Annexe 2. Questionnaire d'enquête 104

Annexe 3. Coordonnées géographiques des limites du terroir 111

Annexe 4. Fiche d'enquête des parcelles 113

Annexe 5. Fiche synthétique des relevés phytogéographique dans la savane

(placettes) 114

Annexe 6. Répartition des réfugiés centrafricains au Cameroun par site 117

138

Annexe 7. Modèle de fiche de relevées floristique (et paramètres du milieu) 118

Annexe 8. Loi relative au statut des réfugiés Cameroun 120

Annexe 9. Extrait de la Loi N° 96/12 du 5 Août 1996 portant Loi-Cadre

relative à la gestion de l'environnement au Cameroun 122

Table des matières 134