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Valoriser l'activité des sages-femmes : comment conduire le changement vers un nouveau paradigme ?

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par Anne CALLAC
Université de Bourgogne, UFR des Sciences de Santé - Master Santé Publique et Environnement, spécialité PERINATALITE : mangement et pédagogie 2015
  

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1.3. LIMITES DU SUJET 1.3.1. Informatique

D'un point de vue informatique, la saisie de l'acte réalisé en consultation est effectuée dans le logiciel administratif Crossway® par la secrétaire médicale ou par la sage-femme (en dehors des heures d'ouverture du secrétariat).

Cette information est déversée ensuite dans le logiciel de facturation Sigems®. Un agent administratif de l'accueil maternité recense actuellement 1 fois par mois tous les actes saisis pour facturation. Crossway® est un outil mis en place sur la Clinique en juin 2014.

Les données médicales sont tracées dans Gynelog®, logiciel dédié à la gynécologie et l'obstétrique en maternité.

La multitude de ces outils informatiques peut représenter un frein pour exporter des données car les logiciels ne sont pas en lien : il n'y a pas d'interface entre les données recueillies dans Gynelog® et le dossier administratif Crossway® du patient.

11

1.3.2. Contexte social

La Clinique Jules Verne présente actuellement une situation économique préoccupante. Cela a amené la Direction de l'Etablissement à présenter, en avril 2015, aux personnels et aux différentes instances un « plan de performance ». Les mesures proposées impactent surtout les unités d'hospitalisation complète et ambulatoire et l'unité de restauration. En maternité, il a été demandé de revoir l'organisation du dispositif de sorties précoces afin de conduire à davantage d'efficience.

Le climat social de la Clinique est houleux depuis l'annonce de ces mesures et il est peu propice aux changements. Des mouvements de grève ont d'ailleurs été massivement suivis par les salariés en juin 2015.

1.3.3. Codage des actes externes

Dans ce travail, nous avons choisi de nous limiter aux actes réalisés par les sages-femmes dans le cadre de leur activité externe et leur capacité à modifier leurs comportements pour atteindre l'exhaustivité du recueil de celle-ci.

Nous avons choisi de ne pas aborder les actes réalisés pendant les séjours (actes CCAM), ceci pour ne pas se disperser dans un contexte de négociations nationales d'une CCAM maïeutique. Ceci pourrait représenter une deuxième étape afin de conduire à un codage complet de l'activité maïeutique par les sages-femmes.

12

2. DEUXIEME PARTIE

2.1. CHOIX METHODOLOGIQUE DU SUJET

2.1.1. Justification de l'étude

A la Clinique Jules Verne, l'activité de codage des actes pratiqués par les sages-femmes est réalisée par les agents administratifs de l'accueil de la maternité pour l'activité externe et par le DIM* pour les séjours. Le codage n'est donc pas réalisé à la source ce qui crée un doute sur l'exhaustivité et la qualité du recueil de l'activité des sages-femmes.

Ce doute met en évidence une perte potentielle de recettes liée à l'activité des sages-femmes. Au regard de la réglementation actuelle et du contexte économique préoccupant, cet écart entre l'activité réelle et l'activité potentielle doit être réduit au minimum afin que l'activité productive des sages-femmes soit plus performante [12][13].

Réduire cet écart, c'est aussi réduire l'asymétrie d'informations entre l'activité réelle des sages-femmes et leur activité potentielle. Des échanges clairs et sans ambiguïté entre les équipes professionnelles et les équipes d'encadrement permettent de prévenir des risques psycho-sociaux.

La demande de reconnaissance professionnelle des sages-femmes était aussi un élément majeur des grèves professionnelles de 2013, elle justifie aussi cette enquête. Suite à ces revendications, le Premier Ministre a fait paraître au Journal Officiel le décret du 23 décembre 2014 portant statut particulier des sages-femmes des hôpitaux de la fonction publique hospitalière [14].

2.1.2. Hypothèses de recherche Nos hypothèses de départ sont :

- Les sages-femmes ne comprennent pas suffisamment la nécessité du codage pour mettre en

avant leur activité

- Les sages-femmes sont détachées des impacts financiers de leur activité

- Les sages-femmes réclament davantage de reconnaissance professionnelle

- Les sages-femmes méconnaissent leurs droits et devoirs en tant que profession médicale

2.1.3. Objectifs

L'objectif principal de notre travail était d'identifier des leviers afin d'améliorer la qualité du recueil de l'activité externe des sages-femmes.

13

Nous avons aussi ciblé des objectifs secondaires :

- Atteindre l'exhaustivité du recueil de l'activité externe des sages-femmes

- Permettre une valorisation financière de l'activité externe des sages-femmes : le
financement de l'activité externe des sages-femmes doit être conforme à l'activité réalisée - Développer la coopération DIM-Maternité dans le recueil et l'analyse des données

- Mettre en avant les compétences des sages-femmes, leurs domaines d'activités et l'étendue de leurs champs d'actions

Pour répondre à ces objectifs, nous avons convenu de réaliser une étude en deux temps selon deux approches à la fois qualitative et quantitative.

· L'étude qualitative (ANNEXE II)

Les objectifs de cette approche qualitative étaient de :

- Dresser un état des lieux des connaissances sur les thématiques liées à la valorisation

professionnelle (financement, codage, système d'information et reconnaissance professionnelle)

- Révéler les représentations de ces thématiques

- Révéler les raisonnements et les règles d'actions que le professionnel met ou pourrait mettre en place

- Permettre, après traitement des données recueillies, l'élaboration d'un questionnaire à
distribuer à la totalité de la population-cible

Des entretiens semi-directifs ont été menés auprès d'une population-cible de cinq sages-femmes. Nous avons tenté d'identifier des leviers au changement auprès d'un échantillon de professionnels pour un codage plus performant.

· L'étude quantitative (ANNEXE III)

Un questionnaire a été distribué à l'ensemble des sages-femmes pour confirmer ces leviers au changement et les attendus des sages-femmes vis-à-vis du codage de leurs actes.

Ce questionnaire explorait quatre axes :

- Le profil professionnel

- L'information médicale

- Un quizz sur l'activité de sages-femmes

- Leur reconnaissance dans leur travail

14

2.1.4. Population d'étude

La population d'étude est composée de sages-femmes salariées, exerçant une activité clinique à la Clinique Jules Verne.

Critères d'inclusion pour l'étude qualitative :

- Echantillon de 5 sages-femmes issues de l'équipe

- Exercice professionnel en consultations programmées et/ou d'urgence

Critères d'inclusion pour l'étude quantitative :

- Sages-femmes exerçant une activité clinique dans l'établissement

- Effectif global des sages-femmes de la Clinique Jules Verne
- Sages-femmes en CDI ou en CDD

2.1.5. Modalités de réalisation

Les cinq sages-femmes ont été sélectionnées en cohérence avec la pyramide des âges de l'ensemble des sages-femmes parmi les sages-femmes qui assurent des vacations de consultations prénatales programmées. Aucune n'a manifesté de refus à être interviewée dans le cadre de cet entretien.

Ces sages-femmes ont été informées des objectifs, de la méthode et de l'utilisation des données.

Les entretiens ont été enregistrés avec l'accord des professionnels, la retranscription a été anonymisée ; la durée moyenne d'un entretien a été de 40 minutes.

Ils se sont déroulés en salle de repos des secrétaires médicales, hors cadre professionnel, pour limiter les biais d'influence et minimiser l'asymétrie professionnelle.

Suite à ces entretiens, nous avons pu créer un questionnaire calqué sur les mêmes thématiques afin de conforter nos hypothèses auprès de l'ensemble de l'équipe de sages-femmes.

Ces questionnaires ont été imprimés et mis à la disposition des sages-femmes en salle de naissance (lieu de rassemblement des sages-femmes) et en consultations prénatales. Une limite de temps a été fixée à 20 jours pour le retour des questionnaires. Les relances ont été faites de façon régulière par l'équipe d'encadrement.

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2.2. RECUEIL DE DONNEES

2.2.1. Pour l'étude qualitative (CD en annexe)

Les données audio recueillies ont été retranscrites de façon dactylographiée.

L'entretien a été conduit en communication engageante et dans une dimension tri-componentielle des attitudes [15]:

- Affective ou évaluative : ce que savent les sages-femmes

- Cognitive ou explicative : ce qu'elles en pensent

- Comportementale ou conative : ce qu'elles envisagent de faire

On trouvera différents temps dans l'entretien semi-directif :

Afin de permettre un climat propice aux échanges, je leur ai proposé dans un premier temps de m'informer sur leurs caractéristiques socioprofessionnelles.

Il s'agissait ensuite de repérer ce que savaient les sages-femmes du financement des établissements et de leur place, de mesurer leur niveau d'information sur le codage en obstétrique et sur le système d'information en général.

Puis nous avons abordé les représentations qu'elles avaient du codage et de la nomenclature professionnelle et nous avons essayé de cerner leur culture médico-économique.

Ainsi, nous avons repéré les intentions d'actions possibles envers le codage et la traçabilité de leurs actes.

Enfin, dans une démarche participative, je leur ai proposé des pistes pour m'aider à élaborer un questionnaire en cohérence avec leur propos destiné à l'ensemble des sages-femmes. Pour chaque thématique, nous avons sélectionné des extraits significatifs qui confortent ou infirment nos hypothèses de départ.

La retranscription de ces entretiens est disponible en version électronique suite aux annexes.

2.2.2. Pour l'étude quantitative

Les données ont été saisies sur tableur Excel® dans un premier temps et certaines variables ont été exportées sur R® afin de lire plus explicitement certains résultats.

Les résultats sont présentés sous forme de chiffres ou sous forme de figure en fonction de la pertinence des variables étudiées.

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2.3. RESULTATS DE L'ETUDE

2.3.1. Résultats de l'étude qualitative THEME 1 : le profil des professionnels

Sur ces cinq sages-femmes, les années d'obtention du diplôme d'Etat s'échelonnent de 1978 à 2011 (1978, 1994, 1999, 2002 et 2011), toutes ont obtenu leur diplôme dans des écoles françaises. La sage-femme diplômée de 1978 a suivi un cursus en trois ans et la sage-femme diplômée de 2011 est passée par le PACES avant de suivre les quatre années d'études en école, les autres ont suivi le parcours en quatre ans après leur baccalauréat.

Quatre d'entres elles ont entamé leur carrière professionnelle par des remplacements tant en clinique privée qu'à l'hôpital public sur des maternités de type I ou II. La plus jeune de ces sages-femmes n'a exercé qu'à la Clinique Jules Verne.

Trois d'entre elles assurent une vacation fixe de consultations prénatales ou d'entretien prénatal précoce depuis plusieurs années ; les deux autres ont assuré un cycle de six mois de consultations prénatales (à raison d'une vacation par semaine). Toutes assurent des gardes en salle de naissances et en suites de couches sur des quotités de travail différentes : une à 50%, deux à 80% et les deux autres à temps plein. Les temps partiels sont de leur convenance personnelle.

Elles apprécient toutes cet exercice mixte car cela évite de s'enfermer dans une forme de routine professionnelle, d'autant que les consultations offre un « confort d'écoute auprès des femmes ».

Toutes ressentent un attachement à la maternité, dénommée Maison de la Naissance depuis 1987, signe une approche personnalisée des soins et des valeurs axés sur le respect des femmes dans leurs choix.

Certaines d'entre elles envisagent de se former en gynécologie de prévention et en échographie obstétricale pour élargir leurs champs de compétences.

THEME 2 : les connaissances du système de financement et l'information médicale en établissement de santé

Seule une des cinq sages-femmes a mentionné le terme de T2A : « Je sais que c'est passé de la dotation globale à la T2A où plus tu codes d'actes et plus t'as des sous, je crois ». Toutes les autres sages-femmes pensent que c'est une enveloppe annuelle allouée aux établissements.

Il y a beaucoup de méconnaissance en ce domaine du financement : « je n'y connais rien et cela ne m'intéresse pas », « je n'en sais rien du tout et cela ne me pose pas de problème de ne rien y connaître », « quand je fais mon métier, je me dis que j'accompagne les couples plutôt que penser

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que je produis quelque chose pour l'établissement. Je ne pense pas du tout à l'aspect financier même si je sais que c'est important ».

Sur le codage des actes, trois sages-femmes ont connu une période où elles disposaient d'un thésaurus. Elles pensent que c'était une tâche supplémentaire qu'elles devaient faire et estimaient que ce n'était pas vraiment de leur ressort « J'en pensais que ça prenait du temps ... Rires ... Et je trouvais que ce n'était pas forcément à moi de le faire et que je préférais être auprès des femmes ». Aujourd'hui « ce sont les secrétaires et les personnes du PMSI qui ont une formation particulière qui notent tous ces actes »

Une sage-femme me dit « Clairement, je ne connais pas grand-chose et ça ne me dérange pas, malheureusement, de ne pas connaître grand-chose [...] Je suis assez contente de travailler dans une structure pour justement ne pas avoir à m'y intéresser, même si je sais que malheureusement ça doit parfois nous porter préjudice ».

A propos du recueil d'indicateurs, une seule sage-femme (la même qui connaît la T2A) me dit que le codage « ça doit avoir un intérêt statistique, pour les statistiques médicales, l'activité de la maternité ». Toutes les autres sages-femmes me parlent des statistiques issues des dossiers médicaux de Gynélog®. « Une ou deux sages-femmes s'y colle de temps en temps pour les saisir sur Excel comme ça on peut voir les chiffres. Quand on se lance au début ça prends du temps mais après on va plus vite, mais c'est surtout qu'on peut être interrompue à tout moment pour une urgence »

Elles ne savent pas vraiment à qui sont destinés ces statistiques, elles pensent que le Réseau Sécurité Naissance2 recueille aussi ces indicateurs.

Une des sages-femmes a déjà participé au recueil IPAQSS et mentionne que « les indicateurs IPAQSS servent à avoir une idée de certains indicateurs comme le taux de délivrance dirigée par exemple, et c'est utile pour la HAS pour faire des recommandations ».

THEME 3 : les représentations de l'information médicale et le rôle des sages-femmes

· A propos de l'utilisation des indicateurs périnataux

Toutes les sages-femmes perçoivent l'utilisation de ces indicateurs dans le but d'améliorer les pratiques professionnelles Et au sein des équipes, ces indicateurs permettent aux professionnels de réfléchir à leurs pratiques pour les améliorer.

Certaines sages-femmes pensent aussi que ces indicateurs permettent aux établissements de se comparer entre eux sans les citer.

2 Le Réseau Sécurité Naissance est le réseau périnatal régional des Pays de Loire, www.reseau-naissance.fr

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Une sage-femme se réfère à la presse qui peut elle aussi se saisir de ces indicateurs pour des palmarès d'établissements « ça sert aussi au grand public et ça peut être une belle vitrine pour les établissements, même si je ne sais pas comment les journalistes se récupèrent les données ». Elle imagine aussi que « le Ministère de la santé peut s'en servir pour mener des politiques de santé particulières ; donc j'imagine à quel point c'est important car sinon on travaille tous à l'aveugle ! ». Avec cette même sage-femme, nous avons échangé sur le pilotage des organisations, elle dit « ça peut être pour mieux mais aussi pour pire ! ».

Une sage-femme pense aussi que ces indicateurs sont utiles pour avoir une vision de l'évolution de la santé en général.

· A propos des modalités de recueil de l'activité des sages-femmes

Une sage-femme dit « en fait, si on nous explique pourquoi et l'intérêt que ça peut avoir, je pense qu'on est toutes prêtes à faire un effort ». En consultations prénatales, elle pense « qu'il n'y a pas de souci car ce sont les secrétaires qui le font, c'est un peu leur boulot quand même ».

Une autre sage-femme se questionne « est-ce que ce serait mieux codé si c'est nous qui le faisions ? Peut-être, ça semblerait plus normal ; En fait, si on veut que les documents soient mieux remplis, la condition c'est qu'on le fasse ».

L'une d'entre elles dit « parfois les choses sont zappées parce que, par méconnaissance, on ne sait pas que c'est important de remplir », et puis « c'est terrible de dire ça, mais souvent j'ai plus important à faire ».

Une sage-femme d'expérience reconnaît que « la TIM n'est pas toujours à même de coder tout ce que j'ai moi-même pratiqué, ce n'est pas toujours au point car c'est fait par des personnes qui ne sont pas sur le terrain et qui ne maîtrisent pas. Ça doit être en lien avec les personnes qui pratiquent, c'est évident ». Elle évoque aussi la responsabilité professionnelle « ça fait aussi partie de notre responsabilité médicale que de transmettre l'information et les actes que nous pratiquons ».

Une autre sage-femme parle encore de méconnaissance et reconnais « je découvre un peu via cet entretien l'importance du recueil de notre activité et que jusqu'ici j'étais surtout dans mon métier de soins [...) il faut que chacun se responsabilise mais c'est méconnu ».

THEME 4 : les intentions d'action et les leviers au changement

Les comportements sont variables d'une sage-femme à une autre.

Une sage-femme diplômée de moins de 15 ans dit « oui, je suis plutôt satisfaite que ce ne soit pas nous qui codions nos actes [...) et puis comme je ne sais pas ce qu'on ne fait pas, je n'en sais rien de ce qui pourrait améliorer le recueil » ; elle dit « ici, on ne modifie pas nos pratiques pour de l'argent ! ».

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Elle compare par la suite les différences de salaires de sages-femmes entre établissements publics et privés, elle déplore « une forme de résignation de la part des sages-femmes », elle dit « on est capable de se fédérer pour accueillir les femmes mais pour nous on ne le fait pas ».

Une sage-femme me parle de réunions d'information avec le DIM il y a quelques années « mais ça avait été mal perçu car elles (les TIM) ne parlaient que d'argent, on trouvait toutes que l'état d'esprit n'était que dans une logique financière ». Après échanges sur le statut médical de notre profession de sage-femme, elle admet que « c'est vrai que si on veut être reconnues dans notre pratique, il faudrait qu'on note ce que l'on fait ».

Une sage-femme parle de la formation « je serais intéressée d'avoir un retour des personnes qui codent nos dossiers si et seulement si c'est pratico-pratique et qu'on en voit le sens ». Sa collègue dit (en parlant des TIM) que « ça doit évidemment se faire en collaboration ».

Une des sages-femmes admet que depuis la mise en place d'un nouveau logiciel de dossier administratif (Crossway®), l'organisation a été améliorée et les consultations ne sont plus notées manuellement. Comme ses collègues, elle dit « il faudrait que ça ait plus de sens pour nous impliquer dans le codage, de connaître les enjeux et les sommes perdues si on ne code pas ce qu'il faut. Je pense qu'il y a une responsabilité à prendre de la part des professionnels ».

Une sage-femme pense aussi que « quand on sait vraiment les enjeux qu'il y a derrière le codage, on s'impliquerait davantage et ça ne prends pas non plus énormément de temps quand on est déjà sur l'ordinateur : ce ne sont que quelques touches à taper » ; selon elle « ce serait plus logique que ce soit celui qui a fait les actes qui les code. C'est là qu'on aurait les données les plus justes ». Elle reconnaît « C'est paradoxal : on n'a pas trop de reconnaissance donc on n'a pas trop envie de s'impliquer [...] mais c'est sûr que ça nous rendrait service à nous-mêmes en premier lieu ; et qu'on puisse imaginer un contrôle fait ensuite par les secrétaires », elle admet que « le fait qu'on code bien nos actes pourrait nous servir pour notre reconnaissance ».

THEME 5 : élaboration participative du questionnaire et propositions

Toutes les sages-femmes estiment que leur méconnaissance sur le sujet concerne aussi la majorité de l'équipe.

Certaines estiment que des informations sont cachées « je ne sais pas si c'est délibérément ou pas. Je pense qu'on est toutes incapables de dire combien rapportent les actes qu'on fait ». Elles estiment que « c'est toujours leur en demander un peu plus » à propos du codage.

A propos de la valorisation professionnelle des sages-femmes, elles pensent qu'il faut sonder les sages-femmes sur leur reconnaissance au travail : « la valorisation n'est perçue que par des

20

personnes qui ont vécu des moments en salle de naissance ». Une d'entre elles estime qu'elles « sont beaucoup vues sous un angle quantitatif (nombre d'accouchement, durée de séjour) alors que le versant qualitatif passe un peu inaperçu en établissement ; je pense notamment à nos compétences en éducation à la santé des femmes, à l'accompagnement à la parentalité, tout ce versant préventif auprès des femmes ».

Une autre ajoute « je pense qu'on partage toutes les mêmes idées et les mêmes méconnaissances sur le sujet. Mais je pense qu'il y aurait de l'intérêt pour le codage, pour différentes raisons et notamment pour la reconnaissance du travail que l'on fait ».

Aucune des sages-femmes interviewées n'adhère à un syndicat professionnel.

En guise de conclusion, une des sages-femmes dit « on demande de la reconnaissance et on en rouspète autour d'un café ».

2.3.2. Résultats de l'étude quantitative

Les questionnaires ont été mis à la disposition des sages-femmes en salle de naissance sur une période de 20 jours. Nous avons relancé régulièrement les équipes tant lors de staffs hebdomadaires que de façon quotidienne. Nous avons aussi rappelé que ces questionnaires étaient destinés à l'ensemble des sages-femmes : certaines avaient été interviewées pour l'étude qualitative et pensaient dans un premier temps qu'elles étaient « dispensées » de remplir ce questionnaire.

Nous avons régulièrement rappelé que l'anonymat était respecté. La date de retour a été décalée d'une semaine car le taux de retour était insuffisant (50%) à la date escomptée.

Au final, sur les 41 sages-femmes en exercice sur le mois de mai 2015, 30 professionnelles ont répondu au questionnaire. Cela représente un taux de participation de 73%.

THEME 1 : le profil des professionnels

· Presque la moitié des sages-femmes interrogées ont une durée d'exercice qui s'échelonne de 6 à 15 ans.

Répartition de la durée d'exercice des sages-femmes

23%

13%

47%

17%

5 ans ou moins Entre 6 et 15 ans Entre 16 et 25 ans 26 ans ou plus

Figure 5 : Tableau de répartition de la durée d'exercice des sages-femmes (n=30)

· Parmi les sages-femmes qui ont répondu, 23% ont déjà exercé en secteur lib éral (7 sur 30) et 93% ont déjà travaillé dans d'autres établissements que la Clinique Jules Verne (28 sur 30).

·

21

Les sages-femmes exercent le plus souvent sur plusieurs secteurs de la matern ité (plusieurs réponses étaient possibles).

La salle de naissance est le secteur d'activité commun à toutes les sages-femmes à l'exception de l'une d'entre elles (29 sur 30).

Pour beaucoup d'entre elles, 24 sages-femmes sur 30 exercent en suites de couches (80%).

Six sages-femmes sur 30 assurent d es cours de préparation à la naissance t à la parentalité. Quatre sages-femmes sur 30 exercent régulièrement sur le secteur des consultations prénatales programmées. Quatre sages-femmes sur 30 assurent des vacations au CPEF- CIVG de la Clinique.

THEME 2 : l'information médicale

· Pour 77% des sages-femmes, elles ne savent pas quelle est la tarification appliquée à la nomenclature des sages-femmes (23 sur 30).

· Au même titre, 87 % des sages-femmes ne connaissent pas les modalités de codage de leur activité professionnelle (26 sur30).

· Concernant le codage des actes NGAP,

mêmes leurs actes en NGAP (6 sur 21)

maternité qui le font (2 sur 21) et

29% des sages-femmes estiment qu'elles codent elles

, 9% pensent que ce sont les agents administratifs de l'accueil

presqu'un quart des professionnels ne le savent pas (5 sur 21).

5%

19%

Qui code les actes NGAP que vous réalisez ?

24%

9%

29%

14%

Accueil maternité

DIM

Sages-femmes Secrétaires Service informatique Ne sait pas

22

Figure 6 : Répartition des réponses des sages-femmes à la question « Qui code les actes NGAP que vous réalisez ? » (n=21)

· Concernant le codage des actes CCAM, 45% des sages-femmes savent que le DIM code les actes médicaux réalisés ; presque un tiers des répondants ignore qui code les actes pratiqués par les sages-femmes.

Qui code les actes CCAM que vous réalisez ?

32%

23%

45%

DIM

Secrétaires Ne sait pas

Figure 7 : Répartition des réponses des sages-femmes à la question « Qui code les actes CCAM que vous réalisez ? » (n=22)

·

23

Une photographie des indicateurs en obstétrique et de leur évolution intéresserait 82% des sages-femmes (23 sur 28).

· La totalité des sages-femmes seraient intéressée par un retour d'information de leur activité en maternité (29 sur 29).

· Parmi les 29 sages-femmes ayant répondu, 22 d'entre elles seraient intéressées par une information sur le codage des actes, soit plus des trois quarts des professionnels interrogés.

· Parmi les 26 professionnels ayant répondu à la question, plus des deux tiers des sages-femmes seraient intéressées par une aide pour améliorer la description de leur activité (18 sur 26).

· Dans l'ensemble, les sages-femmes (90%) sont intéressées par une information sur la cotation des actes et les impacts potentiels sur le budget de la maternité. (26 sur 29)

· Hormis un professionnel non-répondant, tous les professionnels pourraient envisager une formation ou information auprès du DIM sous différentes formes. La question était à choix multiples. Une « mini-formation » interne pour les sages-femmes serait le moyen le plus prisé à 68% (20 sages-femmes sur 29.

Un tiers des sages-femmes (10 sur 29) envisagerait cette formation par l'organisation de modules interprofessionnels.

Le staff mensuel en maternité pourrait être aussi le moyen pour informer l'équipe selon l'avis d'un quart des sages-femmes (7 sur 29).

Une seule sage-femme (1 sur 29) envisageait cette information lors de réunions planifiées dans leur temps de travail.

Aucune sage-femme n'a fait de proposition de formation sur l'information médicale.

· Plus de la moitié des sages-femmes ne savent pas qu'il est de leur responsabilité médicale de transmettre l'information de leurs actes pratiqués au DIM (15 sur 29).

Est-il de votre responsabilité d'informer le DIM des actes que vous pratiquez ?

52%

10%

38%

Oui

Non

Ne sait pas

24

Figure 8 : Répartition des réponses sur la responsabilité médicale à transmettre l'information des actes pratiqués au DIM (n=29)

THEME 3 : le quizz sur l'activité des sages-femmes

· A la question sur la T2A, plusieurs réponses étaient possibles.

Presque la totalité des sages-femmes savent que cet acronyme concerne le financement des établissements de santé (26 sur 27). Deux d'entre elles pensent que c'est une transaction informatique.

· L'acte en C qui code pour une consultation réalisée par une sage-femme vaut 23 €, 69% des sages-femmes connaissent c e coût (20 sur 29). Sept professionnels ont donné une réponse erronée et deux ont avoué ne pas le savoir.

· Deux professionnels sur 29 savent que la majoration appliquée à une consultation réalisée la nuit est de 40 €. Quatre professionnels ont donné une réponse fausse et 79% avouent ne pas connaître l e coût de cette majoration (23 sur 29).

· Une séance de massage bébé en maternité est gratuite pour les parents (prestation subventionnées par les fonds de prévention du groupe Harmonie Mutuelle) : 50% des professionnels le savent (14 sur 28). Cinq sages-femmes ont donné pour une réponse erronée et neuf sages-femmes sur 28 (soit 32%) ignorent l e coût de ces séances.

· L'acte en SF12 (surveillance de grossesse avec un enregistrement RCF) coûte 33,60€, celui-ci est mieux connu des professionnels : 43% des sages-femmes ont opté pour la bonne réponse (12 sur 28). 29 % ont choisi un autre tarif (8 sur 28) et 29% ont estimé ne pas savoir (8 sur 28).

25

· Leurs avis sur la légitimité professionnelle à coder leurs actes sont très répartis. Treize sages

-

 

femmes sur 27 (soit 48%) pensent que c'est légitime que ce soit d'autres professionnels que les sages-femmes qui codent leurs actes et 52 % estiment que ça ne l'est pas (14 sur 27).

Trouvez-vous légitime que ce soit d'autres professionnels qui
codent vos actes ?

Oui

Plutôt oui Plutôt non Non

33%

19%

11%

37%

Figure 9 : Répartition des avis sur la légitimité d'autres professionnels à coder les actes des sages-femmes (n=27)

· Sur les 24 professionnels ayant répondu, 18 estiment que pour que le codage soit exhaustif, c'est aux sages-femmes de le faire, soit 75% de l'effectif.

Plusieurs réponses étaient possibles : Dans 30 % des réponses (7 sur 24), c'est aux secrétaires médicales de coder pour assurer l'exhaustivité du codage en obstétrique et dans un quart des réponses (6 sur 24), c'est le DIM qui assurerait au mieux cette exhaustivité.

· Parmi les professionnels répondants, 62% pensent que le codage serait un moyen de légitimer l'activité professionnelle des sages-femmes (18 sur 29).

Quatre sages-femmes sur 29 ne savent pas si cette activité légitimerait leur exercice, soit 14% des répondants.

· Plus du tiers des professionnels, soit 38%, serait prêt à coder leurs actes après une formation (11 sur 29). Mais les résultats sont équitablement rép artis entre les réponses positives, négatives et les réponses des sages-femmes qui ne savent pas si elles seraient prêtes à coder après une

formation.

Après une formation, seriez-vous prêt à coder vos actes ?

31%

31%

38%

Oui

Non

Ne sait pas

26

Figure 10 : Répartition des avis sur le codage des actes fait par les sages-femmes après formation (n=29)

THEME 4 : la reconnaissance professionnelle

· Sur une échelle de 0 à 10, la reconnaissance globale ressentie par les la note moyenne de 5,6/10.

sages

-femmes obtient

 

La note accordée à la reconnaissance varie selon que cette reconnaissance ressentie soit délivrée par les patientes (8/10) ou par l'institution (3/10).

Les données saisies sur Excel ont été exportées sur R®.

Nous avons choisi de présenter ces résultats à l'aide de box- plots. L'objectif est de comparer la reconnaissance ressentie par les sages-femmes selon différentes populations telles que les patientes, médecins, les responsables, l'institution et la société en général.

Cette représentation permet une lecture de la médiane des résultats et de la dispersion des notations minimales et maximales.

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Figure 11 : Représentation des niveaux de reconnaissance des sages -femmes vis-à-vis de différents acteurs (n=30)

· Dans l'ensemble, les sages-femmes sont satisfaites de leur vie professionnelle (25 sur 29

).

 

Etes-vous satisfait de votre vie professionnelle ?

14%

83%

3%

Oui

Plutôt oui Plutôt non

Figure 12 : Répartition des avis des sages-femmes sur leur vie professionnelle (n=29)

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Sur la dernière question, un espace était libre afin de recueillir des idées sur la valorisation de l'activité des sages-femmes. Nous avons analysé les réponses via une fonction de recherche textuelle sur Excel.

Plus de 43 % des professionnels n'ont pas répondu, soit 13 sur 30 questionnaires. Pour la recherche sémantique, nous avons soumis certaines racines de mots :

- En utilisant la racine « sala » (dérivé du latin salarium), 47% des professionnels (soit 8 sur 13

répondants) notent que l'augmentation des salaires serait un bon moyen pour les valoriser dans leur activité.

- En utilisant la racine « forma » (dérivé du latin formatio), 6 professionnels répondants sur 13
pensent que l'accès à la formation est un bon moyen de valoriser leur exercice.

- En utilisant la racine « temp » (dérivé du latin tempus), quelques-uns des professionnels
répondants (3 sur 13 répondants) estiment qu'il leur manquerait du temps pour coder leur activité. Dans d'autres questions précédentes, trois commentaires sont faits sur ce manque de temps potentiel pour coder l'activité. Au total, six professionnels notifient cette notion de temps comme moyen d'aide à une valorisation par le codage.

Le mot « reconnaissance » revient à trois reprises et le mot « compétences » à deux reprises. Ces mots signent ce manque de reconnaissance de la profession au regard de ses compétences.

A propos du codage, il est évoqué mais couplé avec une augmentation de moyens pour le réaliser. Un seul des professionnels ayant répondu qu'un moyen de reconnaître notre activité serait de « coder nous-mêmes nos actes pour retransmettre la réalité de notre activité ».

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"I don't believe we shall ever have a good money again before we take the thing out of the hand of governments. We can't take it violently, out of the hands of governments, all we can do is by some sly roundabout way introduce something that they can't stop ..."   Friedrich Hayek (1899-1992) en 1984