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Les fondements de l'émergence économique de la République Démocratique du Congo : défis et perspectives.

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par Merseign LUZONZO
Université Catholique du Congo - Licence 2016
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2.2 Contexte économique de la période 1960-2000

Les tensions politiques ont eu inévitablement un impact significatif sur la santé de l'économie congolaise.

Dès l'arrivée de Mobutu au pouvoir, ce dernier « s'engage à regagner la confiance des milieux d'affaires étrangers. En 1966, les puissantes industries minières du Kasaï et du Katanga ont été nationalisées. C'est alors l'âge d'or du Congo, maintenant indépendant : en 1967, 1 franc congolais équivaut alors à 2 dollars américains, les écoles publiques se développent et l'exode rural s'accélère ; les prix du café, du cuivre et d'autres minerais sont florissants. La réalisation des grands travaux (le barrage hydroélectrique d'Inga sur le Congo), le financement d'un programme spatial donnent l'impression que le Zaïre, à l'image de certains pays asiatiques, est un dragon africain.41(*) » Déjà dès la période 1965-1969, le pays contracte une dette d'environ 127 millions USD, pour financer ces grands travaux.

L'économie connaît une période de relative prospérité entre 1966 et 1973, avec des taux de croissance positifs, comme en témoigne le graphique 2.1. Cependant, elle n'est encore tournée que vers l'exportation des matières premières (or, diamant, cobalt, coltan (Colombite-Tantalite), cuivre), et est donc très fragile.

Graphique 2.1 : Evolution de la croissance économique et du PIB par habitant de la RDC, 1960-2010.

Source : HERDERSCHEE J., MUKOKO SAMBA D., TSHIMENGA TSHIBANGU M., Résilience d'un géant africain : accélérer la croissance et promouvoir l'emploi en République Démocratique du Congo, volume I : Synthèse, contexte historique et macroéconomique. Kinshasa : MEDIASPAUL, 2012. P.12.

A partir de 1973, avec la chute des cours du pétrole, et surtout en 1974 celle du cours du cuivre, principal produit d'exportation du pays, la situation économique dégringole. Le pays ayant subi en 1971 une crise financière après s'être largement endetté pour lancer des programmes de développement qualifiés « d'éléphants blancs », non rentables, il s'endette encore auprès d'institutions privées, les ressources minières potentielles et réelles du Zaïre servant de gage. La chute du cours du cuivre ne facilitera pas le remboursement de cette dette qui n'en finit pas de grossir. Débutent alors les mesures d'austérité avec la prise en charge de la situation financière du pays par le FMI. « Ce programme de stabilisation implique des conditionnalités strictes de dévaluation de la monnaie, de diminution des dépenses publiques et de garanties pour garantir le service de la dette. La diminution des dépenses publiques prend forme sous prétexte de bonne gestion des grandes sociétés mixtes du pays mais ce sont les populations congolaises qui en souffrent et la gabegie continue.42(*)» Les politiques de zaïrianisation et de radicalisation ne facilitant pas les choses, le taux de croissance de l'économie chute jusqu'en 1979 et ne redevient positif qu'avec la remontée des cours des matières premières (Graphique 2.1). « Avant les conflits récents, une combinaison de chocs économiques négatifs et de mauvaise gestion de l'économie ont défavorisé la croissance économique depuis l'indépendance. Un effondrement des exportations, exacerbé par une forte dépendance à deux minerais (le cuivre et le cobalt) et à deux produits agricoles (l'huile de palme et le café), ont entamé un cercle vicieux de politiques fiscales et monétaires erratiques, la perte de la valeur de la monnaie, un effondrement financier et l'hyperinflation. Ce cycle continu a conduit à une baisse des investissements privés et publics. Les chocs externes ont aussi été exacerbés par une mauvaise gestion économique. En 1991, le pays pouvait alors de facto déclarer faillite.43(*)»

L'économie de la RDC était donc sur une pente résolument négative durant la quasi-totalité de la deuxième République, non seulement à cause de la situation politique du pays, miné par des coups d'Etat et autres tensions sécuritaires, mais aussi à cause de la mauvaise gestion des affaires publiques. Une situation plutôt paradoxale, pour un pays qui regorge d'innombrables ressources naturelles pouvant lui permettre, comme d'autres pays (Australie, Afrique du Sud), d'améliorer significativement le niveau de vie de leurs populations, si elles sont bien gérées.

* 41 Economie de la République Démocratique du Congo, disponible sur : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Economie_de_la_République_démocratique_du_Congo

* 42 Les années Mobutu (1965-1989) : l'accroissement exponentiel d'une dette odieuse.

* 43 ULLOA, A. SCHEUERMAIER, M. BAISSAC, C. Chapitre 4 : Contraintes à la croissance économique République Démocratique du Congo. In : HERDERSCHEE, J. MUKOKO SAMBA, D. TSHIMENGA TSHIBANGU, M. Résilience d'un géant africain : accélérer la croissance et promouvoir l'emploi en République Démocratique du Congo, volume I : Synthèse, contexte historique et macroéconomique. Kinshasa : MEDIASPAUL, 2012. P.176

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