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Télécommunication et développement économique dan la ville de Lubumbashi "cas de Orange"

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par Guillaume MUTAKA SIMBA
Université de Lubumbashi - Graduat 2015
  

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Section II. Débats méthodologiques entre la théorie de la régulation et les institutions spécifiques des économies du développement

Nous nous focalisons au sein des institutionnalismes sur les théories de la régulation en différenciant cinq débats méthodologiques, entre les théories de la régulation et l'économie du développement : celui du traitement du temps, de l'espace, de l'holindividualisme, de l'environnement et de la diversité des formes institutionnelles.

II.1. Le développement, processus de transformation des structures et des institutions de long terme, suppose un traitement du temps, irréversible (Boyer, chevance, Godard). Trois principales limites peuvent être notées.

- Les théories de la régulation renvoient, plus ou moins explicitement, à une vision qui hiérarchise les sociétés selon leur degré de modernité (ex du terme employé de régime préindustriel); or, les sociétés ont plusieurs manières de construire la modernité. Certaines connaissent des progrès de productivité et une diversification de leurs économies alors que d'autres sont prises dans des trappes à pauvreté et à vulnérabilité voire à conflictualité. La question démographique, déterminante au coeur des dynamiques de long terme n'est pas intégrée dans les théories de la régulation. La jeunesse est devenue ainsi en Afrique une catégorie déterminante du fait de l'urbanisation, des processus d'individualisation et des réseaux sociaux. Elle peut être une bombe à retardement, un tsunami silencieux ou un faveur de changement et d'innovation en voulant avoir sa place dans les champs politique, social et économique.

- Les théories de la régulation intègrent mal les catastrophes, naturelles ou anthropiques, chocs externes, éventualités de faible occurrence voire non probabilisables d'apparition d'états de gravité externes. Celles-ci peuvent être appréhendées par des systèmes dynamiques déterministes mais instables avec une sensibilité aux conditions initiales et une forte récurrence rendant non prévisible le futur (vol de l'aide du papillon). La prise en compte de la pluralité des trajectoires et de la flèche du temps incertain (schakle) appréhendent les bifurcations, fruit du hasard et de la nécessité. Les trappes à violence et à vulnérabilité résultent d'un enchainement entre insécurité et sous-développement médiatisées par l'absence de résilience des agents, des institutions légitimes et de stratégies réactives ou proactives des pouvoirs (Sathanhar, Miguel, Sergent 2004).

- Enfin l'approche holiste prend peu en compte les représentations du temps des acteurs diffèrent avec rupture des taux d'actualisation, préférence pour l'immédiate (poids du quotidien) et pour le très long terme préférence pour la liquidité en situation d'incertitude radicale

II.2. La seconde question méthodologique est celle des emboitements d'échelles territoriales des modes de développement. La théorie de la régulation se réfère principalement à l'Etat nation et aux compromis socio politiques nationaux. Or, dans de nombreuses économies en développement, le cadre de l'Etat nation a une pertinence limitée pour analyses les processus de régulation. Les Etats qui ont proliféré, sont souvent faillis et débordés. Les frontières de nombreux pays en développement sont arbitraires et résultent moins de combats internes que de facteurs hétéronomes et sont dans les pays africains, du proche et du Moyen Orient remis en question. L'Etat nation est rarement le cadre le plus adéquat pour comprendre les modes de régulation des sociétés. La conscience nationale et la citoyenneté sont le plus souvent faibles ou fragiles. En situation de crises, les marqueurs identitaires religieux, ethno régionaux et linguistiques, les référents tribaux se renforcent. La pertinence limitée de l'Etat nation comme lieu principal de régulation peut être analysée au niveau des conflits et des modes de développement économique. La pertinence limitée du cadre national apparait également au niveau du développement économique. D'un côté, le capitalisme mondialisé ne peut être réduit à unjusta position de capitalismes nationaux. Il est financiarise, caractérisé par la mobilité du capital et les rôles déterminants des firmes transnationales (plus de 80% du commerce mondial), l'interconnexion des informations par les réseaux liés aux NTIC et par une compétitivité processus d'innovations. Les Etats et les politiques nationales sont débordés. L'insertion des sociétés dans une économie mondialisée ne peut être analysée par la seule théorie des régimes internationaux mobilisée par les régulationnistes (Hugon, Michalet 2005).

II.3. Le troisième débat est celui des liens entre l'individualisme méthodologique et l'holisme et d'une théorie explicative des stratégies des acteurs.

L'analyse économique inspirée Keysien explique également comment dans un contexte instable et incertain, les acteurs subissant des chocs ont différents modes de résilience. Ils tendent à minimiser les risques et à jouer sur des réseaux et communautés réducteurs d'incertitude et à s'accommoder à la pauvreté et à la vulnérabilité. Les risques sont des processus à l'issue imparfaitement maitrise mais dont les scénarios de sortie sont a priori connus et auquel il est possible d'affecter une probabilité d'occurrence; le marché permet, à priori, à la fois la prise de risque et l'assurance contre le risque des acteurs précautionneux. De plus, l'incertitude radicale non probabilisable (Knight, Keynes) est une situation aux devenirs inconnus ou tut au moins non probabilisable; les réducteurs d'incertitude renvoient à des instances non marchandes (Etats, communauté, d'appartenance, conventions). Les réseaux et communautés réducteurs d'incertitude comme l'analysent Keynes ou les conventionnalistes.

II.4. La question environnementale.

La soutenabilité écologique, le rôle des ressources non renouvelables et de l'énergie dans les régimes d'accumulation, les externalités négatives comme la pollution sont des questions centrales qui ont longtemps été peu abordées par les théories de la régulation. Elles sont au coeur de la durabilité du modèle énergivore, carboné, producteur de Gaz à effet de terre, à cycle court et obsolescence des produits, d'innovation/destructrices des sociétés capitalistes. Par définition, ce modèle ne peut êtresupporté par la planète et ne concerne que les seuls nantis. Le non reproductibilité de certaines ressources naturelles, la pollution, la baisse de la biodiversité, au coeur des régimes d'accumulation des sociétés occidentales avec une rivalité mimétique de la part des puissances dites « émergentes » rendent par définition ce modèle non reproductible à l'échelle des autres sociétés de la planète... Or, cette question a été longtemps largement évacuée de la grammaire des théories de la régulation privilégiant le seul rapport salarial, le rôle du capital et la théorie de la valeur travail aux dépens de la valeur nature (Rousseau, Zuindeau 2007), Lardé, Zuindeau 2010).

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"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery