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Efficacité de la politique monétaire sur la stabilité de taux de change en République démocratique du Congo de 1998 à  2014.

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par Héritier Jean Claude WANICAN UWIRA
Université de Kisangani - Licence 2016
  

Disponible en mode multipage

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0. INTRODUCTION

0.1 ETAT DE LA QUESTION

Depuis la fin des années 1980, l'attention primordiale des gouvernements des pays en développement est restée braquée sur la lutte contre la pauvreté. Pour ce faire, les dirigeants fournissent beaucoup d'efforts pour réduire l'inflation et stimuler l'activité économique. Ceci se manifeste à travers l'application des instruments de la politique économique, notamment la politique monétaire, la politique budgétaire et fiscale, la politique agricole, etc.

Le développement d'une économie moderne ne peut se vouloir possible que s'il passe par l'utilisation d'un bien faisant office de monnaie, comme disait Paul GRAUWE.1(*)

La politique économique a pour objectifs finals « le carré magique de Nicolas KALDOR à savoir : la croissance économique, la stabilité des prix, le plein emploi et l'équilibre extérieur2(*).

La recherche des objectifs finals de toute politique économique quel qu'il soit, passe par la manipulation des instruments appropriés de celle-ci et cela dépend de son fondement théorique et du contexte dans lequel ces instruments sont utilisés. Cette théorie macroéconomique élaborée après la seconde guerre mondiale, a sous-estimé le rôle des facteurs monétaires dans la vie économique.

La politique monétaire étant considérée comme un instrument de la politique conjoncturelle, est d'un grand apport dans la régulation de la crise financière qui peut être illustrée par le rôle joué par la politique monétaire dans la stérilisation de la crise financière des pays asiatiques des années 1990.3(*)

Pour Milton FRIEDMAM, la politique monétaire est un puissant moyen d'action sur la demande globale parce qu'il existe un lien direct entre l'offre de la monnaie et la demande des biens.4(*)

Cette importance de la politique monétaire se trouve encore attestée par l'ancien président Américain Ronald REAGEN et l'ancienne première ministre britannique Margaret THATCHER qui, vers les années 1980, ont renforcé cette thèse en démontrant la mixture des politiques monétaire et budgétaire appelée la Policy-mix.5(*)

La politique monétaire et la politique de change sont parmi les instruments de la politique économique de l'Etat. La première vise à stabiliser les prix alors que la politique de change vise à stabiliser le taux de change pour garantir les échanges commerciaux. Toutes les deux ontun point commun : la stabilité de la valeur de la monnaie nationale afin d'assurer, d'une part, le pouvoir d'achat interne, et d'autre part, le pouvoir d'achat externe au niveau international.

Ainsi, comme il n'y a pas de monnaie internationale, la participation aux échanges internationaux oblige les pays à convertir leur monnaie nationale contre une autre, cette conversion se réalise sur le marché de change en fonction du taux de change. Le taux de change est considéré comme l'indicateur principal de tension sur le marché de change en vue de défendre contre les concurrences extérieures, il met aussi une pression automatique sur les autorités monétaires pour maitriser certains agrégats économiques.

Pendant plusieurs années, la monnaie congolaise s'est dépréciée suite à l'adoption du régime de change fixe. Cette dépréciation a été simultanément liée au déficit persistant de la balance des paiements

Les études menées ont tenté de dégager les causes de la détérioration de la balance des paiements. En considérant uniquement la balance commerciale, on attribuait théoriquement le déficit de la balance des paiements à une dépréciation du taux de change.6(*)

Le présent thème fait suite à plusieurs publications sur la politique monétaire et la politique de change.

KOSOANYA KAMONI a fait le lien entre la politique monétaire et le niveau d'emploi en République Démocratique du Congo de 2003 à 2011.

Après analyse sur une chronique de huit ans, il a abouti aux résultats selon lesquels :

· le taux d'intérêt et le taux de réserve obligatoire impactent positivement le taux de chômage pendant que les billets de trésorerie le sont négativement ;

· parmi les instruments de la politique monétaire, celui qui a plus contribué dans la réduction du chômage était le taux d'intérêt7(*).

Léon-Déhon BASANGO MAKENDJO a mené une étude sur l'analyse économique des taux de change du Franc Congolais de 1998 à 2005. Il a abouti au résultat selon lequel l'application du régime des changes flottants conjointement avec la fluctuation des prix était à la base de la dévaluation de la monnaie nationale (Franc Congolais).8(*)

Erick PARIDRI AVO, dans son étude portant sur la politique de change et ses effets sur la Balance des Paiements en République Démocratique du Congo de 1998 à 2006, s'est proposé de déterminer une relation entre la Balance des Paiements et la politique de change tout en décelant la réglementation de change appliquée en République Démocratique du Congo. Il a abouti à la conclusion selon laquelle la politique de change de type dirigiste mise en oeuvre exerce une influence négative sur la Balance des Paiements en RD Congo.9(*)

AMULI BAHATI, dans son étude portant sur le régime de change congolais et son impact sur la Balance des Paiements en République Démocratique du Congo de 1998 à 2008 a abouti aux résultats selon lesquels les facteurs économiques tels que la suprématie de la circulation hors-banque de la monnaie scripturale et l'inadéquation des taux de croissance de la masse monétaire ne laissent pas indifférents le comportement de taux de change.10(*)

En se démarquant de ces travaux antérieurs, le présent travail porte sur l'efficacité de la politique monétaire sur la stabilité de taux de change en République Démocratique du Congo de 1998 à 2014.

0.2. PROBLEMATIQUE

L'économie congolaise connait la circulation concomitante de plus d'une monnaie dans les échanges, avec la présence d'autres monnaies étrangères (dont la plus affichée se trouve être le dollar américain) au côté du franc congolais. C'est un des phénomènes atypiques qui ne s'observent que dans des économies en crise, généralement caractérisées par une instabilité politique quasi permanente, des guerres récurrentes, des variations anormales du taux de change et l'inflation galopante où la communauté de paiement n'a plus confiance à la monnaie nationale, pour ne pas dire, aux autorités monétaires, ainsi qu'au système bancaire.

En 1997, le système monétaire congolais était éprouvé par de nombreux dysfonctionnements, parmi lesquels figuraient la multiplicité d'espaces monétaires et de taux de change, la perte de confiance généralisée dans la monnaie nationale due à l'instabilité persistante de ses valeurs internes et externes, la dollarisation excessive de l'économie et la pénurie de signes monétaires au sein du système bancaire. Pour faire face à ces dysfonctionnements, le gouvernement avait décidé de confier à la Banque Centrale du Congo la mission de conduire une réforme monétaire qui visait à la fois l'unification de l'espace monétaire regroupant les différentes zones monétaires utilisatrices de l'ancienne monnaie Zaïre dans les pays qui acceptaient les nouveaux Zaïres encore. De ce cadre fut ainsi issu et mis en circulation en 1998 le Franc Congolais (FC), en remplacement du Zaïre monnaie devenue symbole d'échec du gouvernement de l'époque en matière de politique économique.

En 2001, on a assisté à une baisse du niveau général des prix qui va entrainer un taux d'inflation à un chiffre. Au cours de la période 2002 à 2005, le taux d'inflation annuel moyen a été de 36,2 % et le taux de change de la monnaie nationale par rapport au dollar américain s'est déprécié en moyenne de 70,5%.

De 2005 à 2007, le taux de change en RD Congo a évolué suivant un rythme croissant tout en essayant de maitriser le taux d'inflation.

La monnaie introduite en 1998 avait la parité de 1,607 franc congolais pour un dollar américain. En 2008, il fallait 558,292 francs congolais pour obtenir un dollar américain et en 2009, 809,785 francs congolais pour obtenir un dollar américain. La monnaie congolaise s'est dépréciée de 925,110 francs congolais contre un dollar américain en 2014 et de 930,225 francs congolais contre un dollar américain en 2015. Ce comportement conduit déjà l'économie congolaise à un constat d'échec car le franc congolais d'aujourd'hui ne vaut plus rien par rapport à celui que le pays avait émis en 1998.

Depuis une dizaine d'années, elle ne s'est plus jamais relevée expliquant ainsi le développement rapide de la xénomonétisation qui a atteint actuellement 90 à 95% de l'économie congolaise.11(*)

En ce qui concerne la présente étude, les préoccupations sont résumées à travers les questions suivantes :

· Quelle est la tendance de taux de change en République Démocratique du Congo de 1998 à 2014 ?

· Ce trend témoigne-t-il l'efficacité ou non de la politique monétaire?

0.3. HYPOTHESES

Selon GRAWITZ M. « l'hypothèse est une proposition de réponses à la question posée. Elle tend à formuler une relation entre les faits significatifs, même plus ou moins précis».12(*)

Eu égard de ce qui précède, les propositions suivantes peuvent être formulées sous forme d'hypothèses :

· Le taux de change en République Démocratique du Congo de 1998 à 2014 serait à la hausse ;

· Ce trend témoignerait l'inefficacité de la politique monétaire.

0.4. CHOIX ET INTERET DU SUJET

Le choix de ce sujet est motivé par la stabilité de cadre macroéconomique observé entre 2007 et 2012 et de la disponibilité des données au cours de la période sous étude.

Ceci a un intérêt capital puisqu'il permettra d'une part à la communauté scientifique de prendre en considération certains éléments occasionnant la stagnation et/ou le recul de l'économie congolaise et d'autre part d'interpeller les pouvoirs publics de la nécessité de stabiliser le taux de change pour éviter l'instabilité des prix des biens et services qui peut être préjudiciable à la croissance économique de notre pays.

0.5. OBJECTIFS DU TRAVAIL

L'objectif principal poursuivi dans cette recherche est de déterminer l'efficacité des instruments de la politique monétaire utilisés par la Banque Centrale du Congo.

0.6. METHODOLOGIE DU TRAVAIL

Par méthode de recherche, il faut entendre un ensemble d'opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités.13(*)

Ainsi, en ce qui concerne la présente investigation, la méthode déductive fut utilisée pour l'analyse des données. Cette méthode part de l'observation des cas généraux appelés postulats pour déboucher sur un cas particulier. De ce fait, elle a été accompagnée par la Méthode des Moindres Carrées Ordinaires appliquée sur des données récoltées dans des différents rapports annuels de la BCC pour la période concernée.

0.7. DELIMITATION DU TRAVAIL

Cette recherche porte sur la période allant de 1998 à 2014 et ne couvre que la République démocratique du Congo comme la délimitation spatiale.

Le choix de cette période est justifié par la disponibilité des données statistiques sur les variables du modèle analysées.

0.8. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Quant à la subdivision du travail, hormis l'introduction et la conclusion, le présent travail est subdivisé en trois chapitres. Le premier chapitre est consacré au cadre théorique ; le deuxième expose le cadre méthodologique et présente les données ; le troisième chapitre est axé sur le traitement des données, l'analyse et l'interprétation des résultats.

CHAPITRE PREMIER : CADRE THORIQUE

Dans ce chapitre, il est question de parler des généralités sur le taux de change, de définir les différents concepts utilisés dans ce travail et donner le cadre contextuel de quelques instruments. Pour se faire, il est subdivisé en deux sections : la première section traite des définitions des différents concepts utilisés dans ce travail et des généralités sur le taux de change ; la deuxième traite de cadre contextuel.

SECTION I : GENERALITES ET DEFINITIONS DES CONCEPTS.

I.1. MONNAIE

I.1.1 Définition de la monnaie par ses fonctions

L'approche qui rejoint l'assentiment de l'idéologie économique dominante est celle qui consiste à définir la monnaie par ses fonctions : « Money is what it does». La monnaie est ce qu'elle fait.

Selon cette approche, est considérée comme monnaie, tout objet susceptible d'exercer des fonctions monétaires.

I.1.1.1. Les fonctions monétaires

Une panoplie de terminologies est utilisée pour décrire les fonctions monétaires. En règle générale, la théorie économique « traditionnelle » les regroupe en trois catégories principales qui sont : (1) unité de compte, mesure des valeurs ou étalon des valeurs, (2) intermédiaire des échanges ou moyen de paiement. (3) réserve de valeurs.

I.1.1.1.1. Unité de compte, mesure ou étalon de valeurs

La monnaie est une unité de compte parce qu'elle constitue un équivalent général des échanges qui permet :

(1) d'exprimer, en termes de prix, les biens, prestations et dettes,

(2) de compter ou de nombrer les biens et services en circulation,

(3) d'exprimer et de mesurer, de manière abstraite, des réalités concrètes.

La monnaie est une mesure ou étalon de valeurs parce qu'elle permet de fixer les rapports de valeurs économiques entre biens et en cela constitue un facteur d'homogénéisation ou de standardisation des biens marchands. Elle constitue une référence commune pour exprimer la valeur de tous les biens.

I.1.1.1.2. Intermédiaire des échanges ou moyen de paiement

La monnaie est considérée comme un intermédiaire qui s'interpose dans l'échange entre deux biens, contournant ainsi une des difficultés du troc, à savoir : la double coïncidence des besoins de coéchangistes.

En effet, dans une économie de troc chaque individu doit trouver un partenaire qui soit prêt à lui vendre les biens qu'il désire et soit également prêt à lui acheter se propres biens. La monnaie contribue ainsi à réduire les coûts de transaction dans une économie. On échange un bien contre de la monnaie et avec la monnaie on peut acquérir un autre bien.

En principe la monnaie est utilisée comme monnaie de paiement universel. Mais dans des situations exceptionnelles caractérisées par une crise économique ou politique, une monnaie peut être refusée comme moyen de paiement. Ce fut le cas de la RDC dans les années 1990.

I.1.1.1.3. Réserve de valeurs

En tant que réserve de valeurs, la monnaie est considérée comme une richesse au même titre que d'autres biens ou actifs financiers ; dans le sens où elle est porteuse d'une valeur qui peut-être transférée dans le temps. Autrement dit, elle peut être conservée pour décaler dans le temps les paiements de biens et services.

Mais à la différence d'autres biens et actifs financiers, la monnaie a l'avantage d'être plus liquide que les autres c'est-à-dire qu'elle constitue un pouvoir d'achat mobilisable très rapidement et à faible coût. En tant que telle, elle est donc la liquidité par excellence

I.1.2. Définition de la monnaie par ses pratiques

Définir la monnaie par ses pratiques, c'est considérer ce qu'elle permet de faire, ou mieux, des actes qu'elle permet d'accomplir.

Jérôme BLANC est celui qui a su formaliser, avec force, cette approche. Pour cet auteur c'est l'emploi de l'objet dans les pratiques monétaires qui détermine sa qualité monétaire. Et il définit les pratiques monétaires comme des « actes quotidiens qui impliqueraient la dimension monétaire ».

On voit bien que l'approche de la monnaie par ses pratiques aboutit également à un raisonnement tautologique similaire à l'approche fonctionnelle. Un acte ne peut être qualifié de monétaire que si l'on dispose au préalable d'une définition de la monnaie qui lui donne cette qualification.

Ainsi, à l'instar de l'approche de la monnaie par les fonctions, celle par les pratiques monétaires occulte la nature même de la monnaie, et par conséquent, est encore loin de la définir. Or, définir un être ou un objet, c'est décrire sa nature, ses caractéristiques, donner ses qualités propres, énoncer ce qu'il est, et non ce qu'il fait ou permet de faire.

I.2. POLITIQUE MONETAIRE

I.2.1 Définition

Le concept de politique monétaire est trop complexe. De ce fait, plusieurs auteurs les définissent, chacun selon sa vision. Mais toutes ces définitions tournent autour de l'offre et demande de monnaie et surtout de la régulation monétaire.

Janine BREMOND et Alain GELEDAN14(*) définissent la politique monétaire comme étant l'ensemble des moyens mis en place pour contrôler la croissance de la masse monétaire.

Quant à Jacques et Colette NEME15(*), la politique monétaire est définie comme l'action exercée par les autorités monétaires (Banque Centrale + Trésor) ou pouvoirs publics sur la masse monétaire et les actifs financiers en vue d'orienter l `économie à court ou moyen termes ; elle est donc assujettie aux objectifs généraux de la politique économique.

D'une manière générale, les objectifs finals de la politique économique sont : le plein emploi, la croissance économique, la stabilité des prix, la satisfaction des besoins publics et la réduction des inégalités, la contrainte extérieure ou l'ouverture de l'économie sur l'extérieur, les conflits d'objectifs : le dilemme inflation-chômage, qui lui assignent des priorités et des contraintes.

Elle repose sur quelques mécanismes que les Etats ont eu tendance à s'emprunter les uns les autres. Mais dans des contextes différents, des mesures techniques analogues ont des effets inégaux. Or, la diversité du cadre institutionnel des politiques monétaires est plus grande que celle de ses instruments.

Pour terminer, on peut dire avec Jacques-Henri DAVID et Philippe JAFFRE16(*) que la politique monétaire est l'une des composantes (ou instruments) de la politique économique générale dont les autres sont la politique budgétaire et fiscale, la politique des revenus, la politique des prix, la politique de change, la politique industrielle, la politique agricole, la politique environnementale, la planification indicative et les autres politiques sectorielles.

Pour être efficace, cette politique économique doit être cohérente, ce qui signifie qu'il ne peut y avoir de politique monétaire indépendante de l'ensemble de l'action économique du gouvernement ou des pouvoirs publics. Ce qui m'amène à définir la politique économique.

La politique économique peut être définie comme « une action générale du pouvoir politique central, cohérente et finalisée, s'exerçant dans le domaine de l'économie, c'est-à-dire touchant à la production, à l'échange, à la consommation des biens et services et à la constitution du capital »

Lorsque l'on examine les trois définitions de la politique monétaire, on constate que la deuxième (celle des NEME) est beaucoup plus complète. En effet, elle englobe les 1ère et 3ème définitions. Car la première définition met l'accent sur le contrôle de la croissance monétaire, pendant que la troisième insiste sur la dépendance de la politique monétaire de la politique économique générale.

Ainsi, la deuxième définition qui prend en compte ces deux aspects, ajoute un élément supplémentaire qui est l'orientation de l'économie à court ou moyen termes, considérée comme objectif ultime de la politique monétaire. Par conséquent, c'est cette définition qui sera retenue pour le reste de notre cours.

Pour nous résumer les éléments essentiels de cette définition sont :

· Une des composantes ou instruments de la politique économique générale ;

· Ensemble de moyens ou d'actions exercée par les pouvoirs publics (ou autorités monétaires) ;

· Ces actions sont exercées dans le domaine de la monnaie et du crédit ;

· En vue d'orienter l'économie à court ou moyen termes ;

· Dans le but d'atteindre les objectifs généraux de politique économique (cohérence de ces actions), et principalement, l'objectif de stabilité de prix.

En définitive, il incombe au gouvernement de déterminer la politique économique d'ensemble et partant les orientations de la politique monétaire qui en est instrument essentiel17(*). La Banque Centrale a le droit, eu égard à son indépendance et en sa qualité de conseiller économique et financier du Gouvernement, de proposer les mesures monétaires conformes aux objectifs de la politique économique et à l `équilibre monétaire interne et externe, par la régulation des flux financiers, en plus de ses pouvoirs relatifs à ses taux d'intérêt.

I.4. GENERALITES SUR LE TAUX DE CHANGE

Dans cette section, il est question des généralités sur le taux de change. Avant d'aborder ce point, il est important de définir le taux de change, d'en présenter les différents types, la détermination et les objectifs et enfin situer le contexte congolais du taux de change.

I.4.1. La définition, les types, la détermination et les objectifs de taux de change

Dans ce premier point, nous allons définir le taux de change, présenter les types de taux de change, la détermination et les objectifs de taux de change.

I.4.1.1 La définition de taux de change

Le taux de change entre deux pays est le prix auquel se font les échanges entre eux. Autrement, il est le prix d'une monnaie en termes d'une autre monnaie.18(*)

Le taux de change peut être défini au certain c'est-à-dire le prix d'une unité de monnaie nationale par rapport à une monnaie étrangère (1FC=0,001$) ; et à l'incertain c'est-à-dire le prix d'une monnaie étrangère par rapport à la monnaie nationale (1$=930FC).

I.4.1.2. Les types de taux de change19(*)

On distingue :

- Le taux de change nominal et le taux de change réel ;

- Le taux de change bilatéral et le taux de change multilatéral ;

- Le taux de change fixe et le taux de change flottant.

I.4.1.2.1. Le taux de change nominal et Le taux de change réel

I.4.1.2.1.1 Le taux de change nominal

Le taux de change nominal (noté e) représente le nombre d'unités monétaires que l'on peut obtenir en échange d'une unité d'une autre monnaie. Il permet de convertir le prix d'un bien en devises ( ) en un prix exprimé en monnaie nationale (P).

P= e

Ainsi, lorsqu'on dit que le taux de change entre le dollar américain et le Yen Japonais est de 120 Yens par dollar, ceci veut dire qu'il est possible de recevoir sur les marchés internationaux des devises, 120 yens en échange d'un dollar : le Japonais paie 120 yens pour chaque dollar qu'il achète et l'Américain obtient 120 yens pour chaque dollar qu'il vend. Lorsqu'on parle du « taux de change » entre deux pays, on pense généralement au taux de change nominal.

I.4.1.2.1.2 Le taux de change réel

Le taux de change réel exprime le prix relatif des produits étrangers par rapport aux produits nationaux exprimés en monnaie nationale. Il nous dit à quel taux il est possible d'échanger des biens d'un pays contre les biens d'un autre. On appelle quelque fois termes de l'échange le taux de change réel.

=

Si augmente, cela signifie que les prix étrangers exprimés en monnaie nationale augmentent par rapport aux prix nationaux ; la hausse de .

Trois facteurs peuvent influencer la hausse de :

Ø Une dépréciation de la monnaie nationale (hausse de e) ;

Ø Une hausse des prix étrangers ( );

Ø Une baisse des prix nationaux (P).

Pour bien comprendre la relation entre taux de change nominal et taux de change, prenons le cas d'un bien unique que produisent beaucoup de pays : les voitures automobiles.

Supposons qu'une voiture américaine coûte 10.000 dollars et la voiture équivalente japonaise 2.400.000 yens. Pour comparer les prix de ces deux voitures, nous devons les convertir en une monnaie commune. Si un dollar vaut 120 yens, la voiture américaine coûte 1.200.000 yens, soit la moitié de ce que coûte la voiture japonaise. En d'autres termes, aux prix courants, il est possible d'échanger deux voitures américaines contre une seule voiture japonaise.

Le petit calcul qui précède peut se résumer comme suit :

Taux de change réel =

A ce prix et à ce taux de change, nous obtenons une demi-voiture japonaise par voiture américaine.

Le taux de change réel entre deux pays se calcule à partir du taux de change nominal et les niveaux des prix dans chacun des pays concernés. Si le taux de change réel est élevé, les biens étrangers sont relativement bon marché et les biens intérieurs relativement chers. Si le taux de change réel est faible, les biens étrangers sont relativement chers et les biens intérieurs sont relativement bon marché.

I.4.1.2.2 Le taux de change bilatéral et le taux de change multilatéral

Le taux de change bilatéral désigne le rapport d'échange entre deux monnaies ; pour une même monnaie, il existe autant de taux de change bilatéraux qu'il existe des devises étrangères convertibles en cette monnaie.

Le taux de change multilatéral constitue une moyenne des différents taux de change bilatéraux, pondéré par le poids de chaque partenaire dans le commerce extérieur du pays.

I.4.1.2.3 Le taux de change fixe et le taux de change flottant

Le taux de change fixe est défini de manière institutionnelle tandis que le taux de change flottant ou flexible résulte de la confrontation entre offre et demande sur le marché des changes.

I.4.1.3 La détermination de taux de change

Puisque les monnaies circulent à l'échelle mondiale, elles sont comparées les unes aux autres en permanence. Aussi, l'analyse économique a-t-elle cherché à établir les relations existant entre les monnaies. Ces relations sont mieux traduites à travers le taux de change.

Il importe de noter que l'étude des déterminants du taux de change s'avère particulièrement ardue, car les déterminants du taux de change sont multiples allant des informations : la publication des indices tels que le montant du déficit commercial américain, les déclarations des leaders politique etc. jusqu'aux variables macroéconomiques tels que le taux d'inflation, le déficit de la balance des paiements etc.

Néanmoins, on distingue généralement deux grandes catégories des déterminants du taux de change : les déterminants de long terme et les déterminants de court terme.

Ø Les déterminants de long terme20(*)

Sur le long terme, l'évolution du taux de change est déterminée par des variables structurelles appelées « fondamentaux » : la parité des pouvoirs d'achat, la parité du taux d'intérêt et la balance de transactions courantes.

A. La théorie de la parité des pouvoirs d'achat

La théorie de la parité du pouvoir d'achat est l'une des plus anciennes théories explicatives de la détermination des taux de change dont l'origine remonte au XVème siècle et qui a été formalisée en 1914 par l'économiste suédois Cassel.

L'hypothèse de départ de la théorie de la PPA est simple : la valeur d'une monnaie est déterminée par le montant de biens et services qu'elle permet d'acheter à l'étranger. La valeur d'une monnaie est donc fonction de son pouvoir d'achat relatif, qui est calculé en comparant son pouvoir d'achat d'une monnaie sur un marché interne et à l'étranger. Le pouvoir d'achat d'une monnaie sur un marché évolue en raison inverse du niveau général des prix (plus les prix sont élevés dans un pays, moins le pouvoir d'achat d'une unité monétaire est important.

Il existe deux versions de la théorie de la parité du pouvoir d'achat : la version absolue et la version relative.

La théorie de la parité de pouvoir d'achat absolue considère qu'en longue période la valeur d'une monnaie par rapport à une autre est déterminée par le rapport des pouvoirs d'achat internes de ces deux monnaies, mesuré par le rapport des prix dans les deux pays considérés.

La PPA est vérifiée si le pouvoir d'achat d'une monnaie nationale est identique sur le marché intérieur et à l'étranger. Par exemple si la parité dollar/yen respecte la PPA, un consommateur américain peut acquérir avec 100 dollars, le même panier de biens sur les marchés américains et japonais.

Cela implique que E = P/P* où E est le taux de change (nombre d'unité monétaire nationale par unité de monnaie étrangère), P et P* respectivement les niveaux des indices des prix domestiques et étrangers.

Le taux de change se déduirait, selon cette approche, d'un simple rapport entre deux indices de prix.

La théorie de PPA absolue repose sur plusieurs hypothèses fortes :

· Les marchés des changes sont parfaits (il n'y a pas de contrôles de change, ni des coûts de transaction) ;

· Les biens nationaux et étrangers sont substituables ;

· Les marchés de biens sont parfaits (sans droits de douane ni coûts de transport).

La théorie de la parité de pouvoir d'achat relative découle de la version absolue, tout en étant moins restrictive. Elle n'implique pas, en effet, que le niveau du taux de change soit égal au rapport du niveau absolu des prix domestiques et étrangers, mais plutôt que les variations du taux de change soient égales à l'écart entre variations des prix domestiques et étrangers.

En d'autres termes, les variations relatives du taux de change se déduisent de l'écart d'inflation entre pays.

e = P - P*, où e est la variation relative du taux de change, P et P* sont les variations relatives des taux d'inflation domestiques et étrangers.

La PPA relative est vérifiée si, lorsque la hausse des prix aux Etats-Unis est supérieure de 10 points à celle enregistrée au Japon, le dollar se déprécie de 10 points contre le Yen : en ce cas, les deux monnaies considérées gardent le même pouvoir d'achat, puisque la hausse des prix plus élevée aux Etats-Unis est compensée par une baisse du taux de change du dollar contre le Yen.

La PPA est la théorie du change la plus connue, sans doute en raison de sa simplicité. Pourtant elle souffre d'importantes limites.

· Elle suppose vérifiée la loi du prix unique selon laquelle chaque marchandise ne peut avoir qu'un seul prix, quelle que soit la monnaie utilisée pour l'exprimer. Or cette loi repose sur une hypothèse d'équilibre général et de concurrence à l'échelle internationale, ce qui est loin de correspondre à la réalité. En effet, l'intégration économique est imparfaite dans l'économie mondiale ; les biens produits sur les différents marchés nationaux ne sont pas parfaitement substituables. Cette imperfection est surtout liée à des comportements microéconomiques ; d'une part, les consommateurs n'ont aucune raison pour maximiser leurs profits, les entreprises fixent des prix rigides en monnaie nationale et différenciés d'un marché à l'autre. Ainsi la PPA ne peut s'appliquer dans le court terme, les prix de marchandises étant bien plus inertes que les taux de change.

· La théorie de PPA a suscité un grand nombre de travaux empiriques qui montrent que cette approche n'est pas vérifiée, même en longue période. On observe, en effet de profondes disparités entre les niveaux de prix des pays après conversion dans la même monnaie

Bien que cette approche ne soit pas une théorie explicative satisfaisante, elle constitue cependant une référence de long terme utile, souvent utilisée par les économistes et les opérateurs, pour évaluer l'évolution des taux de change.

A. La parité des taux d'intérêts

Les monnaies sont empruntées et échangées sur les marchés internationaux pour de multiples raisons. L'acquisition d'une monnaie peut avoir un motif commercial (ou de transaction), par exemple payer l'importation d'une marchandise libellée dans cette devise. La théorie de la PPA, qui vient d'être présentée, établit une relation entre les monnaies précisément sur la base de ces échanges de biens.

Mais les monnaies peuvent également être échangées dans le but de réaliser des opérations financières, ce qui correspond à l'essentiel des transactions sur le marché des changes.

Keynes est le premier économiste à avoir montré en 1923 le rôle central des taux d'intérêt dans les relations entre les monnaies, introduisant ainsi la notion de parité des taux d'intérêt.

E = i*/i

où E est le taux de change, i* et i respectivement le taux d'intérêt étranger et le taux d'intérêt domestique.

Lorsque le taux d'intérêt étranger est supérieur au taux domestique, la monnaie nationale se déprécie. Cela est du au fait que les capitaux vont sortir du pays pour profiter du taux à l'étranger, ce mouvement entrainera une demande de devises, ce qui va augmenter le taux de change.

Inversement, lorsque le taux domestique est supérieur au taux étranger, il y aura appréciation de la monnaie nationale.

B. L'approche par la balance courante

Cette approche a été mise en évidence dans les années 1960 par Houthakker et Magee. Ces deux auteurs ont montré que deux pays ayant le même taux d'inflation pouvaient néanmoins connaître des évolutions divergentes de leur taux de change si le solde tendanciel de leur balance courante différait.

Si un pays dégage structurellement un excédent de la balance courante (car il dispose d'une bonne spécialisation internationale), il est détenteur net des devises. En conséquences, il vendra ces devises contre de la monnaie nationale sur le marché des changes, ce qui va augmenter l'offre des devises sur le marché et tendra à apprécier la monnaie nationale.

Ø Les déterminants de court terme

A court terme, le taux de change est déterminé par des variables financières (taux d'intérêt) et les comportements d'anticipation (spéculation, surrection).

I.4.1.4. Les objectifs de taux de change

Lorsque l'objectif intermédiaire est le taux de change, les autorités monétaires s'engagent en faveur d'une cible monétaire. Il s'agira de maintenir un taux de change fixe avec la monnaie d'un grand pays à forte réputation anti-inflationniste.

I.4.1.5 Le triangle d'incompatibilité de Mundell21(*)

Au cours de la dernière décennie, le Système Monétaire International a fonctionné avec plusieurs types de régime de change. Trois critères permettent de classer ces régimes de change : le degré de rigueur de règles de change (change flottant ou change fixe), le degré de mobilité des capitaux (la mobilité nulle ou la mobilité parfaite) ; le degré de dépendance de la politique monétaire (politiques autonomes et politiques communes).

Les régimes de change diffèrent selon la manière dont ces trois critères sont combinés. Il est impossible de combiner le change fixe, la mobilité parfaite des capitaux et des politiques monétaires indépendantes. Cela est représenté graphiquement par le triangle d'incompatibilité ou d'impossibilité de Mundell.

Figure 1. Triangle d'incompatibilité

Mouvement des capitaux

Autarcie financière

Autonomie de politique monétaire

Taux de change fixe

Taux de change flexible

Dépendance de politique monétaire

Le triangle d'incompatibilité est d'abord défini graphiquement par ses trois sommets :

· Un premier sommet représente la dépendance de la politique monétaire c'est-à-dire l'impossibilité d'utiliser celle-ci à des fins d'ajustement macroéconomiques internes (lutte contre l'inflation, soutien à la croissance), l'axe est orientée vers une indépendance (autonomie) croissante ;

· Un deuxième sommet représente un taux de change flottant, c'est-à-dire déterminé sur le marché des changes. L'axe qui part de ce sommet s'oriente vers une rigidité croissante c'est-a-dire une fixité du taux de change ;

· Un troisième sommet caractérise l'autarcie financière. L'axe qui part de ce sommet s'oriente vers une libéralisation et une mobilité croissante des capitaux financiers.

Les diagonales à ces sommets forment trois axes qui caractérisent les systèmes monétaires.

· Les changes flottants : Avec des changes flottants et une mobilité des capitaux, il peut y avoir l'indépendance de la politique économique

· L'union monétaire : Si l'on abandonne son autonomie à la politique monétaire, on peut avoir des changes fixes et une mobilité parfaite des capitaux.

· L'autarcie financière : Dans le cas où il n'y aucun mouvement international de capitaux, il est possible de concilier des changes fixes et une politique économique interne.

Mundell part de l'idée que les gouvernements sont généralement intéressés par trois objectifs  de politique monétaire :

1. Assurer une parfaite mobilité des capitaux et donc ne pas recourir au contrôle des changes.

2. Avoir un taux de change fixe.

3. Disposer d'une politique monétaire autonome qui leur permette d'influencer le niveau d'activité de leur économie.

A travers le triangle d'incompatibilité, Mundell a démontré qu'un système ne peut durablement cumuler les trois objectifs de politique monétaire désirables par les gouvernements. Par contre, si l'un de ces objectifs est abandonné, les 2 autres deviennent réalisables.

I.4.1.8 La stabilité de taux de change

Jusqu'en 1973, la plupart des pays ont fonctionné sous un régime de taux de change fixes, dans lequel chaque gouvernement s'engageait à maintenir les fluctuations de son taux de change à l'intérieur de marges relativement étroites.

A partir de 1973, les taux de change par rapport au dollar ont fluctué librement en théorie. Mais, dans la pratique, tous les gouvernements ont continué à intervenir sur le marché des changes pour stabiliser leur taux de change.

Ainsi, quel que soit le pays étudié et le régime des changes en vigueur, on peut considérer que la stabilité du taux de change constitue plus ou moins une contrainte.

En raison d'une élasticité-prix insuffisante des importations et des exportations, une dépréciation du taux de change contribue au déficit des échanges extérieurs (en alourdissant la facture des importations et en allégeant les recettes à l'exportation). Or le déficit extérieur contribue à son tour à la dépréciation du taux de change.

La stabilité du taux de change est donc un objectif d'autant plus contraignant que ses variations risquent d'amplifier les déséquilibres de la balance des paiements.

SECTION II : CADRE CONTEXTUEL DU TRAVAIL

II.1. CONTEXTE DE LA POLITIQUE MONETAIRE DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO22(*)

Dans cette partie, nous allons présenter comment la politique monétaire est appliquée par la Banque Centrale du Congo.

II.1.1. CADRE REGISSANT LA GESTION MONETAIRE EN RDC

Le cadre opérationnel et analytique de la politique monétaire de la RDC est présenté dans les lignes qui suivent. 

II.1.1.1 Les objectifs

La Banque Centrale du Congo procède à un ancrage monétaire. En effet, l'objectif final de la politique monétaire est la stabilité du niveau général des prix23(*). Pour atteindre cet objectif, la banque centrale oriente la masse monétaire via le contrôle de la base monétaire. Ainsi, en contrôlant l'expansion des agrégats monétaires, la Banque Centrale espère contrôler le niveau général des prix.

Ainsi donc, l'objectif final de la politique monétaire est stabilité du niveau général des prix, l'objectif intermédiaire étant la masse monétaire et la base monétaire est l'objectif opératoire.

Cependant, la masse monétaire congolaise est composée à 65 % des dépôts en devises. Ce qui limite l'impact des instruments de la politique monétaire sur l'objectif final.

II.1.1.2 Les instruments

Pour atteindre son objectif final, la Banque Centrale du Congo utilise trois instruments à savoir le taux d'intérêt directeur, le coefficient de la réserve obligatoire et les appels d'offres des bons de la Banque Centrale du Congo.

La modification du taux directeur entraine celle du taux débiteur des banques et par conséquent le volume de crédit accordé à l'économie. Par ailleurs, l'action du taux directeur agit sur le taux moyen pondéré des Bons BCC. En effet, un relèvement du taux directeur implique celui du taux moyen pondéré et accroit donc l'attractivité du titre de la Banque Centrale du Congo. Ainsi, il peut être opéré une ponction de la liquidité entrainant une réduction de la base monétaire.

Le coefficient de la réserve obligatoire est utilisé en cas de choc structurel sur la liquidité bancaire tel qu'un changement dans les habitudes d'usage de la monnaie fiduciaire ou dans l'accélération du processus de la bancarisation.

Le Bon BCC est utilisé par la Banque Centrale pour la régulation courante de la liquidité bancaire. En effet, les appels d'offres permettent aux banques de placer à la Banque Centrale leurs excédents de liquidité. En cas de sous-liquidité, les appels d'offres permettent d'injecter de la liquidité. Ce qui permet de disposer à chaque instant d'un niveau de liquidité compatible au besoin de l'économie.

II.1.1.3. L'analyse de la liquidité

Un cadre de prévisions de la liquidité permet de procéder à une prévision des facteurs autonomes de la liquidité bancaire en vue d'orienter de façon proactive les instruments de la politique monétaire. Ainsi, les facteurs avoirs extérieurs nets, crédit net à l'Etat et circulation fiduciaire peuvent être prévus.

Toutefois, l'économie congolaise est affectée par trois types de chocs qui affectent la liquidité bancaire :

· Les chocs permanents qui sont causés par les déficits infra annuels du budget de l'Etat, induisent l'expansion de liquidité bancaire. Cela s'explique par le fait que l'Etat n'émet pas des titres pour financer ses besoins ;

· Les chocs transitoires liés notamment aux excédents de la balance des paiements liés à l'amélioration des termes de l'échange. La hausse des cours de produits miniers suite à la hausse de la demande mondiale entraine souvent une rentrée importante des devises sur le marché ;

· Les chocs cycliques : ils surviennent en infra mensuel gonflant les dépôts des banques par suite de la liquidation de la paie des agents de l'Etat. Le décalage avec l'exécution effective par les banques entraine une période de surliquidité bancaire. Par ailleurs, en infra annuel, il est noté une forte demande des devises pour importation en janvier, une accélération des dépenses privées et donc celle de la demande des billets apparait en Aout et septembre suite à la rentrée scolaire. En décembre, les festivités de fin d'année entrainent des déficits budgétaires récurrents.

II.1.2. ANALYSE DES DISPOSITIONS INSTITUTIONNELLES POUR LA MISE EN OEUVRE DE LA POLITIQUE MONETAIRE EN RDC

II.1.2.1 Présentation des dispositions institutionnelles

La formulation et la mise en oeuvre de la politique monétaire incombent au Conseil de la Banque. Il est l'organe suprême qui a les pouvoirs les plus étendus pour concevoir, orienter la politique de la Banque24(*). Il donne l'orientation stratégique de la politique monétaire. Il définit l'orientation sur les instruments qui peuvent être utilisés en vue d'accroitre efficacement l'objectif fixé. Le conseil de la Banque est présidé par le Gouverneur.

Par ailleurs, un Comité de Politique Monétaire assure l'exécution de la politique monétaire et en évalue les résultats. Il est l'instance de surveillance et de décisions en matière de conduite de la politique monétaire. Il veille à l'accomplissement de l'objectif de la stabilité des prix assigné à la politique monétaire.

L'objectif d'inflation est fixé sur base du cadrage macro-économique en fonction des objectifs de politique économique par un comité interinstitutionnel chargé de l'élaboration du cadrage macroéconomique. Ce comité est présidé par le Ministère de Plan.

S'agissant de la mise en oeuvre de la politique monétaire, les services de la Banque élaborent une programmation monétaire cohérente avec les directives du Conseil de la Banque et en fonction des prévisions du cadrage macroéconomique. Elle définit en conséquence le niveau des objectifs intermédiaire et opérationnel.

Ainsi, il peut être fixé des cibles mensuelles en fonction notamment de la saisonnalité. La manipulation des instruments par le Comité de Politique Monétaire sera donc fonction des objectifs ainsi définis.

En outre, la Constitution de la République fixe en son article 176 les missions de la Banque Centrale du Congo. Aux termes de cet article et des dispositions de la loi organique de la Banque Centrale du Congo, la Banque Centrale du Congo est indépendante dans la définition et la mise en oeuvre de la politique monétaire.

II.1.2.2 Analyse des dispositions institutionnelles

a. Analyse de la prise de décision

Le Comité de Politique Monétaire prend les décisions en matière de politique monétaire. Ce comité s'appuie notamment sur un sous-comité chargé de prévisions de la liquidité. Cependant, les informations pertinentes notamment sur « le facteur autonome Crédit net à l'Etat » ne sont pas très disponibles eu égard à la non-participation de la Direction du Trésor. Ce qui limite la portée des prévisions et partant de la qualité des décisions.

b. De l'indépendance de la Banque centrale du Congo

Dans leurs articles 176 et 3 respectivement de la Constitution de la République promulguée en 2006 et de la loi n°005/2002 du 07 mai 2002 portant constitution, organisation et fonctionnement de la BCC, consacrent l'indépendance de la BCC dans la mise en oeuvre de la politique monétaire. Cependant, la Banque Centrale du Congo est confrontée à des contraintes financières, caractérisées par des fonds propres négatifs et la faiblesse des actifs rentables dans son bilan.

Cette situation engendre une limitation dans la mise en oeuvre de la politique monétaire. Cette situation est davantage accrue par la dollarisation de l'économie nationale qui réduit les revenus de seigneuriage de la Banque Centrale du Congo. Pour notamment résoudre cette question, la BCC et le Gouvernement se sont engagés dans le processus de dédollarisation de l'économie nationale depuis septembre 2012, processus dont ils ont inscrit les résultats dans la durée.

II.1.2.3 De la prise en charge des frais de politique monétaire

La loi n°005/2002 du 07 mai 2002, dans son article 3, relative à la constitution, organisation et fonctionnement de la Banque Centrale du Congo stipule que l'Etat prenne en charge les pertes nettes subies par la Banque. Cependant, la détérioration des ressources financières de l'Etat face à la multiplicité de ses besoins notamment d'infrastructures, a réduit la capacité de l'Etat à couvrir le déficit de la Banque Centrale. Il s'en est suivi une dégradation de la situation financière de la Banque Centrale et une forte pression sur les dépenses de politique monétaire.

II.1.2.4 Indépendance de la Banque Centrale et Coopération interinstitutionnelle

Il y a lieu de signaler que l'indépendance de la Banque Centrale du Congo est garantie, et ce, dans la mise en oeuvre de la politique monétaire. Au sein de la Banque, le Comité de Politique Monétaire constitue le cadre par excellence de l'exécution et du suivi des résultats de la politique monétaire de la BCC. Ce Comité de Politique Monétaire avait décidé d'ouvrir la participation aux réunions, cependant sans voix délibérative, à certains membres du Gouvernement, notamment le ministère des finances, budget, la primature et la présidence.

Par ailleurs, pour une bonne coordination des politiques macroéconomiques, plus particulièrement les politiques monétaire et budgétaire, il existe des plates-formes entre la Banque Centrale du Congo et le Gouvernement de la République telles que les« Troïkas stratégique et politique ». Cette situation a eu l'avantage d'accroitre la convergence des politiques conjoncturelles (monétaire et budgétaire) et de stabiliser les prix. Cependant, le risque de compromission de l'indépendance de la banque Centrale avec la demande des droits de vote par les membres externes a eu pour conséquences le départ de ceux-ci.

II.1.3. EVOLUTION, ANALYSE ET PERFORMANCE DES REGIMES DE POLITIQUE MONETAIRE DE LA RDC

Une certaine évolution a été notée dans le régime de politique monétaire en RDC. Nous présentons ci-après l'évolution récente qui part de l'abandon de l'usage des instruments directs effectué en 2001.

II.1.3.1 Abandon des instruments directs de la politique monétaire

La politique monétaire de la Banque Centrale du Congo a connu des mutations structurelles importantes visant l'amélioration de l'efficacité depuis l'année 2001. Ces réformes ont concerné principalement les cadres conceptuel et opérationnel ainsi que le dispositif de surveillance de la politique monétaire.

Avant 2001, la Banque Centrale du Congo utilisait plusieurs instruments d'encadrement direct tels que les plafonds de taux d'intérêt ainsi que les restrictions quantitatives sur le crédit bancaire (plafond de refinancement, capacité de refinancement).

Ces instruments ont étouffé le développement du crédit au moment même où le pays avait besoin des capitaux pour financer la reconstruction nationale et l'activité économique. Par ailleurs, dans un contexte d'absence de discipline budgétaire, la capacité desdits instruments à réguler la liquidité était extrêmement limitée.

C'est ainsi qu'un diagnostic du cadre général de la politique monétaire et de change, un processus de restructuration du cadre de la politique monétaire a été enclenché après un prélude constitué essentiellement du démantèlement des plafonds des taux d'intérêt bancaires en 1998.

II.1.3.2 Adoption du régime de change flottant

Avec la chute des réserves de change du pays suite notamment à la guerre qui a paralysé le pays en 1996, la Banque Centrale était devenue incapable de soutenir son taux de change.

En conséquence, il s'est développé un marché de change parallèle dont le cours s'écartait énormément du marché officiel. Afin d'éliminer ces distorsions, lesquelles amplifiaient le rythme de dépréciation monétaire, le régime de change flottant a été adopté et la détention des devises a été libéralisée en 200125(*).

Ces mesures, soutenues par une réforme de la politique budgétaire ont permis de réduire considérablement le rythme de dépréciation monétaire. L'unification du marché de change a sensiblement diminué l'écart entre le cours de change parallèle et le cours indicatif. Cet écart est presque nul à l'heure actuelle alors qu'il était supérieur à 350 % en 2000.

II.1.3.3 Définition claire de l'objectif principal de la politique monétaire

Avant 2002, il y avait une absence de clarté dans les attributions de la Banque Centrale du Congo notamment en matière de politique monétaire. Sa mission allait jusqu'au développement économique, mission dont la banque centrale ne saurait atteindre. Cela s'explique par faute d'instruments monétaires appropriés.

Avec la promulgation de la loi n°005/2002 du 07 mai 2002 sur la Banque Centrale du Congo en 2002, un contenu clair a été donné à la mission principale de la BCC, en son article 3, qui stipulait que la mission première de l'Institut d'Emission est de définir et de mettre en oeuvre la politique monétaire du pays dont l'objectif principal est la stabilité du niveau général des prix.

En conséquence, des indicateurs précis ont été établis pour mesurer les performances de l'action de la BCC au regard de la loi.

II.1.3.4 Consécration de l'autonomie et de l'indépendance de la Banque Centrale du Congo

La même loi sus évoquée, renforcée plus tard par la Constitution de la République de 2006 (article 176) va consacrer l'autonomie et l'indépendance de la Banque Centrale du Congo. Jusqu'en 2002, la Banque Centrale était certes autonome, mais le Gouvernement détenait des larges pouvoirs sur l'orientation de la politique monétaire et des activités de la Banque. Des membres du Gouvernement siégeaient au Conseil d'Administration de la Banque.

A cet effet, les membres du Gouvernement ne pouvaient plus siéger dans les instances dirigeantes de la Banque Centrale et une interdiction a été faite à la Banque Centrale d'accorder des crédits à l'Etat26(*) pour mettre fin à la dominance budgétaire. Par ailleurs, un processus de recapitalisation de la Banque a été enclenché pour renforcer son assise financière.

II.1.3.5 Précision des objectifs intermédiaire et opératoire

A partir de 2005, grâce à une bonne compréhension des mécanismes de transmission de la politique monétaire, la base monétaire et la masse monétaire ont été choisies respectivement comme objectifs opérationnel et intermédiaire. Compte tenu du poids de la dollarisation de l'économie, une attention particulière a été accordée au canal du taux de change dans le cadre analytique. Par ailleurs, un dispositif des prévisions des facteurs autonomes de la liquidité a été mis en place en 2008 pour orienter les interventions de la Banque sur le marché monétaire.

II.1.3.6 Coordination des politiques macroéconomiques

Dans le cadre du renforcement de la coordination entre les politiques macroéconomiques, la BCC a d'abord réorganisé, en 2009, sa structure interne et de décision en vue de faciliter en premier lieu la coordination de la politique monétaire et celle de change. Dans ce contexte, une Direction Générale de la Politique Monétaire et Opérations Bancaires a été créée et les interventions sur les marchés monétaires et de changes ont désormais été conduites par une seule Direction des Opérations Bancaires et des Marchés.

La BCC et le ministère des finances se sont employés à rechercher la coordination des politiques monétaire et de change avec la politique budgétaire. Un cadre de coopération interinstitutionnelle a été créé à cet effet, regroupant les ministères des finances et du budget ainsi que la BCC. Ce cadre permet, non seulement une meilleure circulation d'informations, mais aussi des concertations régulières en vue de l'harmonisation des décisions en matière des politiques macroéconomiques.

Aussi, au plus haut niveau, d'autres concertations avec le chef du Gouvernement ont permis le renforcement de la coordination entre la politique monétaire et les politiques structuro sectorielles.

Les fruits de l'amélioration de la coordination ont été notamment l'obtention des bons résultats en matière de stabilité du cadre macroéconomique lesquels ont facilité l'atteinte du point d'achèvement de l'Initiative PPTE en juin 2010.

II.1.3.7 Amélioration de l'efficacité des instruments indirects

· Instrument bon BCC

L'instrument Bon de la Banque Centrale du Congo (bon BCC) avait été introduit en décembre 2002. A cette occasion, les liquidités excédentaires des banques pouvaient être placées à la banque centrale. A partir de 2008, les opérations sur ce titre sont soumises au processus d'adjudication et dont le volume à ponctionner est déterminé par la Banque Centrale après une analyse des prévisions de la liquidité.

En 2013, les tiers (ménages et entreprises commerciales) sont exclus de la souscription. Le titre étant entièrement réservé aux banques commerciales en tant que canal de transmission des impulsions de la politique monétaire.

· Coefficient de la réserve obligatoire

Jusqu'en 2013, le coefficient de la réserve obligatoire s'appliquait indistinctement sur les dépôts de la clientèle de banques. Sur le plan de l'échéance, les dépôts à vue représentent 76,6 % et les dépôts à terme 23,4 %. Par contre, sur le plan de la monnaie de constitution, les dépôts en monnaies étrangères s'établissent à 85,8 % et ceux en monnaie nationale se situent à 14,2.

C'est ainsi que pour permettre aux banques de mobiliser davantage les dépôts à terme susceptibles de financer l'économie et en même temps faire de reculer la dollarisation, des discriminations ont été introduites dans la constitution de la réserve obligatoire. Ainsi, le coefficient de la réserve obligatoire est désormais plus élevé pour les dépôts à vue qu'à terme et également pour les dépôts en devises par rapport à ceux en monnaie nationale.

II.2. CONTEXTE DE CHANGE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Deux principaux objectifs sont assignés à la politique de change de la BCC :

- Lisser les variations des cours de change ;

- Améliorer le niveau des réserves internationales.

II.2.1 Marché des changes

II.2.1.1 Organisation

Le marché de change de la RDC est réglementé par des textes légaux émanant de la BCC. Cette réglementation indique les intervenants du marché et ainsi que les dispositions légales du fonctionnement de ce dernier.

En se référant à l'ordonnance-loi n°67/272 du 23-06-1967 relative aux pouvoirs réglementaires de la Banque Centrale du Congo en matière de réglementation du marché et aux règlements n° 001/05 et 002/05 du 14 février et 22 Juin 2005 relatifs respectivement aux opérations de vente et d'achat de devises par voie d'appel d'offre, la Banque Centrale du Congo, en vue d'assurer la régularité des opérations, la transparence et la concurrence sur le marché de change.27(*)

II.2.1.2 Domaines d'intervention de Marché des changes congolais

La réglementation des changes de février 2003 aborde plusieurs domaines à savoir :

- La détention des monnaies nationales ;

- La détention des devises étrangères ;

- La détention des biens ;

- La détention des revenus ;

- Le transfert courant ;

- Les mouvements des capitaux ;

- Le marché de change ;

- Les intermédiaires agréés ;

II.2.1.3.Intervenants

Vu la réglementation et les textes légaux en vigueur nous avons retenu quatre intermédiaires ou intervenants sur le marché de change en RDC.

Il s'agit de :

v La Banque Centrale du Congo ;

v Les banques commerciales agréées ;

v Les bureaux de changes agréés ;

v Et les messageries financières.

II.2.1.3.1. La banque centrale du Congo

La banque centrale est le premier intermédiaire dans ce marché puisqu'elle détermine le taux de change et réglemente ce marché par des réglementations.

La banque centrale intervient sur le marché en suivant un calendrier des achats et ventes des devises sous forme d'adjudication.

1. Annonce de l'appel d'offre (j-1)

Jour ouvré précédent : Vendredi

2. Soumission des offres par les banques (j)

Chaque 2ème et 4ème Lundis du mois à 13 h 30'

3. Publication des résultats (j)

Le jour même de l'adjudication ou plus tard à 15 h 00'

Au cas où la journée de Lundi est non ouvrée, la soumission des offres a lieu le jour ouvré suivant.

En dehors des journées prévues par le calendrier, la banque centrale du Congo se réserve le droit de convoquer des séances d'adjudications si les fluctuations journalières du taux de change (USD/CDF) sur le marché dépassent la marge de 1,5%.

Ce calendrier est valable pour une année et peut être modifiée si les circonstances l'exigent. A l'expiration de la période d'une année le mouvement se fait par tacite reconduction.

II.2.1.3.2. Les banques commerciales agréées

La qualité d'intermédiaire agréé doit être sollicitée par écrit auprès de la BCC selon l'article 49 alinéas 2 de l'actuelle réglementation de change du Février 2003.

La qualité d'intermédiaires est accordée par un acte d'agrément signé par le gouverneur de la BCC. Elle peut être aussi retirée sur décision de la BCC lorsque le bénéficiaire ne se conforme pas aux engagements souscrits.

Outre l'acte de sollicitation et l'acte d'agrément de la BCC, les intermédiaires agréés sont ténus entre autres de l'obligation de l'article 50 de la réglementation du marché de change.

· Se conformer en tous points aux règlements, dispositions et prescriptions de la BCC ;

· Veiller au respect des règlements, dispositions, prescriptions de la BCC et signaler à celle-ci toute irrégularité qu'ils constateraient ;

· Observer les instruments et directives de la BCC relatives à l'enregistrement des opérations de change et à l'établissement des diverses situations de change ;

· Fournir à la BCC toutes les justifications qu'elle demanderait concernant les opérations soumises à son contrôle ;

· Remettre à la BCC tous les renseignements statistiques et complémentaires par elle ;

· Percevoir et verser auprès de la BCC tous les droits, redevances ou autres montants dus.

II.2.1.3.3. Les bureaux de change agréés

Les bureaux de change agréés comme tout intermédiaire agréés, ils sollicitent leur agrément auprès de la BCC et sont ténus de respecter la règlementation en vigueur comme on l'a décrit dans la sous-section précédente.

Toute personne morale de droit congolais autre que celles reprises dans l'article 52 de l'actuelle réglementation de change en vigueur désireuse de faire profession doit se faire agréer par la BCC en qualité de bureau de change.

II.2.3.4. Messageries financières

Toute personne morale autre que les banques agréées, intéressé par la réalisation des opérations de transfert de fonds en monnaie nationale ou étrangère doit se faire agréer par la BCC en qualité de société de messagerie financière.28(*)

Il sied de noter qu'il existe deux catégories des messageries financières : les messageries financières opérant sur le territoire national (SOFICOM, AMI FIDEL,...) et les messageries financières opérant sur le territoire national et avec l'étranger (WESTERN UNION, MONEYGRAM, etc.).

A côté du marché de change dit officiel que nous venons de voir, il existe un autre marché appelé marché parallèle.

Malgré la libéralisation du marché de change en RDC, le marché parallèle des changes portant sur des devises fortes reste discrètement géré par une poignée de personnes qui manipulent d'importantes sommes des devises par le jeu de transfert des fonds (magasins, comptoirs de diamants, procures des missions, etc.).

La sous bancarisation du pays du fait de l'absence du climat des affaires : pillages, zaïrianisation, nationalisation, insécurités permanentes, inflation monétaire, le manque d'esprit de la protection et de l'importance de l'entreprise à conduit une grande partie des banques congolaises en faillite, permettant ainsi l'émergence d'un marché de change parallèle.

Ce marché est composé majoritairement des personnes physiques qui se livrent au commerce de l'achat et à la vente des devises étrangères sans être agréé par la BCC, ainsi que les personnes morales qui ne sont pris agréés à cette fin, qui se sont succédé aux véritables attributs des bureaux de change.

Un constat amer se dégage en voyant le marché de change s'accaparent de la profession des intermédiaires par un marché parallèle composé ses sociétés commerciales non agréées pour l'exercice, les magasins, même le vendeur du coin et d'autres opérateurs économiques opérant dans ce marché détériorent ainsi le tissu économique national du fait de l'inflation par la dévaluation monétaire émission des faux billets.

CHAPITRE DEUX : CADRE METHODOLOGIQUE, PRESENTATION DES DONNEES ET FONDEMENT THEORIQUE

Dans ce chapitre, il s'agit de décrire les méthodes et les techniques utilisées pour la récolte, le dépouillement, le traitement et l'analyse des données. On y présente également les données et le fondement théorique. Pour ce faire, il est subdivisé en trois sections : la première expose le cadre méthodologique, la deuxième est consacrée à la présentation des données et enfin, la troisième aborde le fondement théorique du travail.

II.1. CADRE METHODOLOGIQUE

II.1.1. Population d'étude

Selon NGUBA MUNDALA, une population est un ensemble d'individus (personnes, maison, zones géographiques, animaux, pays, etc.) auxquels s'applique une étude.29(*)

Partant sur l'efficacité de la politique monétaire sur la stabilité de taux de change en RD Congo. Les informations qui intéressent cette étude sont la masse monétaire, le taux d'intérêt, le revenu réel et les taux de change de 1998 à 2014.

II.1.2. Echantillon du travail

Selon le petit Larousse, échantillon est défini comme étant une petite quantité d'une marchandise qui donne une idée de l'ensemble, qui permet d'en faire apprécier la qualité (échantillon de tissu, de parfum, échantillon publicitaire) ou statistique fraction représentative d'une population ou d'un ensemble statistique.30(*)

Pour ce qui concerne notre travail, l'échantillon de notre travail est composé par les données statistiques tant de la politique monétaire (la masse monétaire, le taux d'intérêt) que des taux de change recueillies dans les différents rapports annuels de la Banque Centrale du Congo et condensés des informations statistiques de 1998 à 2014. La taille d'échantillon est obtenue en faisant 2014 1998 1 qui donnent17.

II.1.3. Nature des données

Les données recueillies sont des informations brutes issues des différents rapports de la Banque Centrale du Congo. D'où, les données sont de nature quantitative composées des statistiques des taux de change, taux d'intérêt et de masse monétaire de la notre période d'étude.

II.1.4.Technique de récolte des données

Dans les principales méthodes de recueil des données on trouve deux grandes catégories :31(*)

§ Le recueil des données secondaires ;

§ Le recueil des données primaires.

Les sources secondaires fournissent des informations de seconde main, c'est-à-dire recueillies par des personnes différentes de l'analyste lui-même; l'analyse documentaire.

Les sources primaires quant à elles fournissent des informations de première main, puisque obtenues sur le terrain après la recherche effectuée par le chargé d'étude lui-même, dans le cadre d'une enquête par sondage. A cet effet, le chargé d'étude élabore un questionnaire qu'il administre à la population étudiée ou, le plus souvent, à un échantillon représentatif de celle-ci.

Dans le cadre de ce travail, nous avons recouru aux sources documentaires pour recueillir les informations dont nous nous sommes servis. Les techniques documentaires sont ainsi désignées parce qu'elles mettent en présence les chercheurs d'une part et de l'autre part des documents supposés contenir des informations recherchées. Elle s'appelle aussi technique non vivante ou technique d'observation indirecte.

La technique documentaire nous a permis de consulter les différents rapports de la Banque Centrale, ainsi que les condensés des informations statistiques, etc. ayant trait à notre sujet.

II.1.5. Méthode de traitement et analyse des données

Dans le domaine scientifique, la méthodologie renvoie à la discipline qui réfléchit sur les processus rationnels d'une pensée méthodique. Autrement dit, elle est l'étude des méthodes que les sciences utilisent.32(*)

En sciences économiques, deux catégories des méthodes sont mises en oeuvres de manière concurrentes ou plus souvent de manière complémentaire ; notamment : les méthodes inductives et les méthodes déductives.

Parmi leurs nombreuses différences, il convient de noter plus particulièrement que les premières s'appuient sur une collecte préalable de données sur terrain pour ensuite tenter d'en déduire un ensemble de propositions et de relations générales, tandis que les secondes énoncent un ensemble de propositions (hypothèses) au départ d'un corpus théorique établi pour ensuite tenter de les valider en les confrontant à des observations particulières recueillies sur le terrain.33(*)

Ainsi, en ce qui nous concerne, nous avons utilisé la méthode déductive pour l'analyse des données. Cette méthode part de l'observation des cas généraux appelés postulats pour déboucher sur un cas particulier. De ce fait, elle a été accompagnée par la Méthode des Moindres Carrées Ordinaires, où nous avons appliqué à l'aide de logiciel Eviews 6, les différentes régressions (MCO) des données récoltées dans des différents Services étatiques ainsi que les différents Sites Web ; afin de pouvoir dégager un résultat déduit et en faire sujet d'interprétation.

II.1.6. MODELISATION

Un modèle consiste en une présentation formalisée d'un phénomène sous forme d'équations dont les variables sont des grandeurs économiques. L'objectif du modèle est de représenter les traits les plus marquants d'une réalité qu'il cherche à styliser. Le modèle est donc l'outil que le modélisateur utilise lorsqu'il cherche à comprendre et à expliquer des phénomènes. Pour ce faire, il émet des hypothèses et explicite des relations.

Le modèle est donc une présentation schématique et partielle d'une réalité naturellement plus complexe. Toute la difficulté consiste à ne retenir que la ou les représentations intéressantes pour le problème que le modélisateur cherche à expliciter. Ce choix dépend de la nature du problème, du type de décision ou de l'étude à effectuer. La même réalité peut ainsi être formalisée de diverses manières en fonction des objectifs34(*).

II.1.6.1. SPECIFICATION DU MODELE

Le modèle est la représentation simplifiée de la réalité faisant appel à des graphiques ou des équations pour montrer les interactions entre les variables.35(*)

Un modèle repose surtout sur une théorie préalable qui permet de privilégier un aspect du réel, une relation causale. Cette théorisation est provisoire, elle est toujours susceptible d'être remise en cause après la confrontation du modèle à la réalité.

Dans les sciences sociales, et particulièrement en économie, les phénomènes étudiés concernent le plus souvent des comportements afin de mieux comprendre la nature et le fonctionnement des systèmes économiques. L'objectif du modélisateur est, dans le cadre de l'économétrie et au travers d'une mesure statistique, de permettre aux agents économiques (ménages, entreprises, État...) d'intervenir de manière plus efficace. La construction d'un modèle comporte un certain nombre d'étapes qui sont toutes importantes. En effet, en cas de faiblesse d'un des « maillons », le modèle peut se trouver invalidé pour cause d'hypothèses manquantes, de données non représentatives ou observées avec des erreurs, e

De ce qui précède, on distingue deux types de spécifications :


· Les modèles en série temporelle, les variables représentent des phénomènes observés à intervalles de temps réguliers


· Les modèles en coupe instantanée, les variables représentent des phénomènes observés au même instant mais concernant plusieurs individus, tel que la consommation et le revenu observés sur un échantillon de 30 pays. Le modèle s'écrit alors :

Ci = a0 + a1 Yi i = 1,. . . , 30

Où : Ci = consommation du pays i pour une année donnée,

Yi = revenu du pays i pour une année donnée.

Dans le cadre de notre travail, nous avons utilisé le modèle en série temporelle qui se présente de la manière suivante :

TXCHt = a0 + a1MMt + a2TXINTt + ?t

Avec :

- TXCHt taux de change au temps t

- MMt masse monétaire au temps t

- TXINTt taux d'intérêt au temps t

- ?t le terme d'erreur

- a0, a1, a2 sont des paramètres à estimer

Ce modèle n'est autre qu'une régression linéaire multiple.

Les phénomènes économiques sont caractérisés par l'interdépendance entre de nombreux éléments, ce qui entraine que les variables explicatives susceptibles d'exercer une influence sur la variable expliquée sont très nombreuses, et on ne peut pas les retenir toutes. Mais l'effet des variables qui ont été omises explique qu'il y ait des écarts entre la réalité observée et le résultat du modèle. C'est pour cette raison qu'on a choisi de traduire ces écarts par le terme d'erreur qui est une variable aléatoire.

II.1.6.2. VALIDATION DU MODELE

L'économétrie est un outil à la disposition de l'économiste qui lui permet d'infirmer ou de confirmer les théories qu'il construit. Le théoricien postule des relations ; l'application de méthodes économétriques fournit des estimations sur la valeur des coefficients ainsi que la précision attendue.

Une question se pose alors : pourquoi estimer ces relations, et les tester statistiquement ? Plusieurs raisons incitent à cette démarche : tout d'abord cela force l'individu à établir clairement et à estimer les interrelations sous-jacentes. Ensuite, la confiance aveugle dans l'intuition peut mener à l'ignorance de liaisons importantes ou à leur mauvaise utilisation. De plus, des relations marginales mais néanmoins explicatives, qui ne sont qu'un élément d'un modèle global, doivent être testées et validées afin de les mettre à leur véritable place.

Enfin, il est nécessaire de fournir, en même temps que l'estimation des relations, une mesure de la confiance que l'économiste peut avoir en celles-ci, c'est-à-dire la précision que l'on peut en attendre. Là encore, l'utilisation de méthodes purement qualitatives exclut toute mesure quantitative de la fiabilité d'une relation.

Pour arriver à dégager l'évolution de différentes variables que nous avons retenus dans notre modèle et à déterminer le lien qui existe entre notre variable endogène et nos variables exogènes, nous avons procédé par trois types d'analyses ou de validation de notre modèle. Il s'agit de validation économique, statistique, et économétrique.

· Validation économique

Elle va être constituée principalement de la représentation graphique des différentes variables du modèle afin de cerner leur évolution à travers le temps, d'une part ; et à la recherche des causes économiques qui sont censées expliquer l'allure des courbes représentatives de ces différentes variables, d'autre part.

Pour cette validation, il a été question de vérifier si l'influence exercée par les variables retenues dans notre modèle empirique est conforme à la théorie économique en la matière.

· Validation statistique

Pour cette validation, il s'agit de faire des tests de t de student et F de Fischer qui ont été obtenus à partir du tableau d'estimation du modèle.

Pour la validation statistique, nous avons cherché à examiner si les différents paramètres du modèle sont significatifs individuellement ou si le modèle est globalement significatif.

· Validation économétrique

Elle porte essentiellement sur l'estimation du modèle. Pour effectuer cette estimation du modèle, nous avons recouru à la méthode de moindres carrés ordinaires (MCO), à travers le logiciel Eviews 6. Les résultats issus de cette estimation ont pu être validés économiquement, statistiquement et économétriquement avant de conclure de la qualité explicative du modèle.

Pour la validation économétrique, nous avons apprécié la qualité des résidus de l'estimation de notre modèle, la multi-colinéarité et la forme fonctionnelle de notre modèle. De ce fait, nous avons appliqués le test de Jarque Bera pour la normalité des résidus, le LM-test de Breush-Godfrey pour l'auto-corrélation des erreurs sur les résidus, le test de white pour l'hétéroscedasticité des erreurs, le test de Klein pour la multi-colinéarité et le Reset-test de Ramsey pour la forme fonctionnelle du modèle.

Pour avoir une bonne compréhension et interprétation de résultats lors du traitement des données, il est nécessaire de recourir aux différents tests économiques, statistiques et économétriques36(*).

0. Tests économiques :

§ Test de la stationnarité des variables du modèle (test de racine unitaire)

Une série est dite stationnaire si elle ne comporte ni tendance ni saisonnalité et plus généralement aucun facteur n'évoluant avec le temps.

Pour faire ce test nous pouvons passer par :

v Test de Philips-Perron

Avec l'application sur Eviews, les hypothèses suivantes sont retenues :

H0 : la série n'est pas stationnaire

H1 : la série est stationnaire

PP : PP Test Statistic (Test Philips-Perron)

CV :Critical Value (Valeur critique)

- Si la valeur de PP est inferieur à la valeur de CV au seuil de 5% alors on accepte l'hypothèse H1 donc la série est stationnaire

- Si la valeur de PP est supérieure ou égale à la valeur de CV au seuil de 5% alors on accepte l'hypothèse H0 donc la série est non stationnaire.

v Test de stationnarité de Dickey Fuller Augmenté (ADF)

Les tests de Dickey - Fuller et Dickey - Fuller Augmenté (ADF) permettent non seulement de mettre en évidence le caractère stationnaire ou non d'une chronique par la détermination d'une tendance déterministe ou stochastique mais aussi de déterminer la bonne manière de stationnariser cette chronique.

Avec l'application sur Eviews, les hypothèses suivantes sont retenues :

H0 : la série est stationnaire

H1 : la série n'est pas stationnaire

On accepte l'hypothèse nulle si la valeur ADF prise en valeur absolue est supérieure à la valeur critique de MAKINNON considérée aussi en valeur absolue au seuil de 5% ; au cas contraire, on la rejette au profit de H1.

Tous ces tests sont faits au seuil de 5%.

1. Tests statistiques

§ Impact des variables explicatives sur la variable expliquée (Test Individuel ou de Student)

On effectue le test de signification des paramètres à l'aide de la statistique de student. Il permet de déterminer la significativité de paramètre au seuil de signification de 5%. Pour ce faire, on émet les hypothèses suivantes :

H: ai = 0, le paramètre n'est pas significatif ;

H: ai ? 0, le paramètre est significatif.

Si la valeur de t statistique est inférieure à 1.96 (au seuil de 5 pourcent), on valide hypothèse nulle. Le contraire est valable pour l'hypothèse alternative.

Avec l'application sur Eviews, si la probabilité associée à chaque paramètre est supérieure à 0.05, on accepte l'hypothèse nulle. Par contre, si elle est inférieure à 0.05, on rejette l'hypothèse nulle au profit de l'hypothèse alternative.

Le degré d'explication ou de signification de la variable exogène dans la variable endogène se justifie par les tests de Student (t) ;

= ; avec 2â1= /? et ä^2 = ?e2/N-k,

Si tcalculétthéorique, H0 est rejetée et H1 acceptée.

§ Degré d'explication du modèle

Pour mesurer ce degré, nous faisons recours au coefficient de détermination donné par l'équation ci-après :

Parfois, R2 a tendance à croître avec le nombre de variables explicatives du modèle, même si ces variables n'ont rien à avoir avec le phénomène étudié, Pour pallier à cet inconvénient, certains chercheurs ont proposé d'introduire un R2 corrigé, noté par 2 qui est défini par :

2 = 1- (1-R2)

2 R2 si 2 R2, Il n'est utilisable que dans le modèle avec le terme constant.

§ Test de significativité du modèle (Test de FISHER)

On pose comme hypothèses :

H: R2=0, le modèle n'est pas significatif,

H: R2?0, le modèle est significatif,

  et Fthéorique= (k-1, N-k),

Décision : Si FCal>Fth ; on rejette l'hypothèse nulle et on accepte l'hypothèse alternative.

2. Tests économétriques

Ces tests se fondent sur les tests des résidus et sur leurs stabilités.

§ Tests sur les résidus

Examiner les résidus est un des moyens les plus s rs d'évaluer la qualité de la régression, Pour cela, nous allons nous intéresser aux tests suivants :


· Test de normalité de résidus de JARQUE-BERA

Le principe de ce test repose sur le calcul des coefficients d'asymétrie A et d'aplatissement K. Cette statistique est calculée par la formule :

Où A est le coefficient d'asymétrie, calculé à partir du moment d'ordre 3 (Skewness) :

K est le coefficient d'aplatissement de PEARSON calculé à partir du moment d'ordre 4 (Kurtosis) :

Cette statistique suit une loi de Khi-carré avec 2 degrés de liberté. Le test se formule en posant :

H: il y a normalité des résidus ;

H: pas de normalité des résidus,

Règle de décision : Si la valeur de JB calculée est supérieure à la valeur du Khi-carré de la table (5,99 à 5%), on rejette alors l'hypothèse nulle et par conséquent la distribution des résidus n'est pas normale.

Avec l'application sur Eviews, la statistique de Jarque-Bera doit être inférieure à 5,99 ou soit sa probabilité doit être supérieure à 0,05, pour valider l'hypothèse nulle, Sinon, on valide l'hypothèse alternative.


· Test de Multiplicateur de LAGRANGE :

Ce test examine la corrélation entre les résidus et la probabilité des valeurs retardées à un degré supérieur, Le critère de validation repose sur les hypothèses ci-après :

H: il y a absence d'auto corrélation des erreurs

H: il y a présomption d'auto corrélation des erreurs

La probabilité de NR2 doit être supérieure à 0,05 pour que H0 soit validée, au cas contraire, on valide l'hypothèse alternative.

§ Test d'auto corrélation des erreurs de Durbin-Watson

Ce test permet de vérifier s'il y a l'auto corrélation d'ordre 1 des erreurs.

Pour l'application pratique de ce test, on calcule la statistique de Durbin-Watson (d) de la manière suivante : ; d varie toujours entre 0 et 4. 0 = d = 4.

Il repose sur les hypothèses suivantes :

H: il y a absence d'auto corrélation d'ordre 1

H: il y a présomption d'auto corrélation d'ordre 1

On lit dans la table de Durbin-Watson, au seuil de 5% et Durbin-Watson doit être à l'intervalle de 1.5 à 2.4, il doit être proche de 2 pour validerH0 dans le cas contraire on valide H1.

§ Test de l'hétéroscedasticité

Pour vérifier l'hétéroscedasticité, nous faisons recours au test de WHITE et ou de celui d'ARCH. Ces deux tests posent les mêmes hypothèses et le même critère de validation :

H: il y a homoscédasticité ;

H: il y a hétéroscedasticité,

On accepte H0 si la probabilité de NR2 est supérieure à 0,05, L'inverse est valable pour accepter H1.

§ Test de colinéarité (test de Klein)

Ce test permet de voir s'il y a multicolinéarité entre les variables exogènes ou pas. Il y a multicolinéarité entre les variables dans un modèle de régression lorsqu'il existe une relation linéaire parfaite ou presque parfaite entre quelques ou toutes les variables explicatives.

Elle résulte dans un modèle où les variables exogènes sont liées. La liaison entre les variables exogènes peut être relative. C'est le cas qu'on rencontre fréquemment. Elle peut être absolue ; c'est le cas qu'on rencontre si le modèle a été mal spécifié.

On évalue R2

Si r2xj>R: on admet qu'il y a colinéarité entre xi et xj ;

Si r2<R: on admet qu'il n'y a pas colinéarité.

§ Test de stabilité du modèle

Ces tests permettent de voir au seuil d'erreur de 5%, si le modèle est stable à travers le temps.

Pour effectuer ce test on peut passer par :

· Test de Chow

Ce test se calcule de la manière suivante :

Ho : SCR = SCR1 + SCR2, le modèle est stable ;

H1 : SCR ? SCR1 + SCR2, le modèle est instable.

Si Fcal>Fth, on rejette Ho.

Lorsque les données ne sont pas suffisamment élevées par sous échantillon, on utilise le test de Chow réduit. Il s'agit du test sur un seul sous échantillon : le sous échantillon ayant plus ou moins 15 données.

On construit dans ce cas la statistique F du test comme suit :

Où n1 = taille de l'échantillon total

n2 = taille du sous échantillon

Cette statistique suit une distribution F de Fisher à n2 et (n1 - k) degrés de liberté. Si FC> FT, on rejette Ho.

Avec l'application sur le logiciel Eviews, les coefficients du modèle sont stables si probability est supérieur à 5%.

Les coefficients du modèle sont instables si probability est inferieure ou égale à 5%.

On choisi les dates de rupture

· Test de CUSUM (Brown, Durbin, Ewans)

Pour cusum on fait un modèle de cadrage. Les résidus vont se présenter dans un cadrant.

Ho : si la courbe ne coupe pas le corridor : modèle est stable

H1 : si la courbe coupe le corridor : le modèle est instable.

ü Test de CUSUM

Ce test permet de détecter les instabilités structurelles.

ü Test de CUSUM Carré

Ce test permet de détecter les instabilités ponctuelles.

Si la courbe ne coupe pas le corridor : modèle est stable

Si la courbe coupe le corridor : le modèle est instable.

Le corridor est en pointillés

§ Test de spécification du modèle (test de Ramsey)

Le test de Ramsey consiste à vérifier si la forme fonctionnelle est correcte.

Nous vérifions cela en utilisant les hypothèses suivantes :

Ho : P>0,05 : le modèle est bien spécifié ;

H1 : P<0,05 : le modèle est mal spécifié.

Section II. PRESENTATION DES DONNEES

Nous avons présenté à ce point les données relatives à notre sujet de recherche. Ces données sont issues des rapports annuels de la Banque Centrale du Congo, constituées en Série chronologique des données relatives aux facteurs déterminants de notre modèle notamment : les taux de change TXCH, la masse monétaire MM et les taux d'intérêt TXINT.

Les différents chiffres concernant nos variables citées ci-haut sont bien visibles dans le tableau ci-dessous. Ce tableau contient les données brutes qui ont fait l'objet de notre analyse.

Tableau N° 01 : Présentation des données

obs

 

TXCH

 

MM

 

TXINT

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

1998

 

1.607232

 

3.600000

 

45.00000

1999

 

4.020687

 

4.900000

 

165.0000

2000

 

21.83111

 

7.169850

 

165.0000

2001

 

206.7385

 

4.530003

 

167.9000

2002

 

346.6879

 

4.592314

 

66.84000

2003

 

405.3975

 

4.982139

 

46.43000

2004

 

399.4758

 

8.007055

 

33.00000

2005

 

473.9080

 

7.537511

 

68.08000

2006

 

468.2788

 

9.731032

 

46.20000

2007

 

516.7499

 

11.70101

 

42.95000

2008

 

559.2925

 

14.37704

 

43.16000

2009

 

809.7858

 

16.16420

 

65.26000

2010

 

905.9135

 

16.64371

 

65.21000

2011

 

919.4913

 

16.68302

 

26.75728

2012

 

919.7554

 

17.63103

 

20.52862

2013

 

925.5000

 

12.21325

 

20.52862

2014

 

924.5100

 

12.21325

 

20.52862

Source : Banque Centrale du Congo (BCC)

Section III : FONDEMENT THEORIQUE37(*)

Ce travail a pour fondement théorique l'approche monétaire des taux de change de Jean-Baptiste Desquilbet. L'apport principal de cette approche est de mettre en avant le rôle important des variables de stock (les actifs monétaires et financiers) et de leur relation avec les variables de flux (les revenus) dans la détermination des taux de change. Selon cette approche, la détermination du taux de change reflète d'abord l'équilibre du marché de la monnaie. L'évolution du change est liée à la balance des règlements officiels et non pas aux transactions courantes.

La théorie monétariste des taux de change se situe dans le cadre des changes flottants dont elle essaie de démontrer la supériorité par rapport au régime des changes fixes abandonné en 1973. Cette théorie part de la demande de monnaie qu'elle considère comme la relation macroéconomique la plus stable. Cette fonction dépend du revenu, des prix et du taux d'intérêt :

(2) M = P. L(Y, i)

(3) M? = P?. L (Y?, i?)

Où M et M? représentent le stock de monnaie domestique et étrangère, P et P? le niveau général des prix domestique et étranger, Y et Y? le niveau de revenu réel domestique et étranger et i et i? les taux d'intérêt domestique et étranger.

Les équations (1) et (2) décrivent l'équilibre sur les marchés monétaires national et étranger à partir des stocks de monnaies offerts (M et M?), pris comme étant exogènes (par exemple contrôlés par les autorités monétaires), du niveau des prix (P et P?), et des fonctions de demande d'encaisses réelles L (.) supposées identiques et étrangers.

Les hypothèses retenues par le modèle sont les suivantes :

- Les agents économiques ne possèdent que de la monnaie nationale ;

- Les opérations d'arbitrage s'effectuent entre actifs monétaires nationaux d'une part, et actifs réels et financiers domestiques et étrangers d'autre part ;

- Il y a absence de substituabilité entre les actifs monétaires domestiques et étrangers, mais cette substitution est parfaite entre les actifs réels et financiers domestiques et étrangers.

Le taux de change est introduit dans le modèle en postulant la PPA :

(4) P = S. P?

Où S est le cours d'une unité de devise en monnaie nationale (cotation à l'incertain : une hausse de S correspond à une dépréciation de la monnaie domestique). Après combinaison des équations (1) et (3), et après élimination des prix, on a :

(5) S = M/M?. [L (Y?, i?)/L (Y, i)]

Le taux de change est fonction des offres et des demandes de monnaie, la détermination du taux de change étant expliquée par les évolutions relatives entre pays des masses monétaires, des revenus réels et des taux d'intérêt. Le taux de change est ainsi déterminé par l'offre de monnaie contrôlée par les autorités monétaires d'une part, et par le comportement des détenteurs d'encaisses monétaires d'autre part. Pour des taux d'intérêt et des revenus réels donnés, le taux de la dépréciation de la monnaie nationale est égal à la différence entre les taux de croissance des masses monétaires.

En conséquence, toutes choses restant égales par ailleurs, une augmentation du revenu réel national engendre un supplément de demande de monnaie nationale et se traduit par une appréciation de la monnaie nationale. Tout déséquilibre de change peut être résorbé par une politique strictement monétaire, en fonction du paradigme monétaire qui stipule que toute la sphère réelle peut être contrôlée par l'intermédiaire de monnaie.

CHAPITRE TROIS : ANALYSES, TRAITEMENT DES DONNEES ET INTERPRETATION DES RESULTATS

Ce chapitre porte sur le traitement des données d'étude. Elles sont successivement analysées et interprétées avant de discuter les résultats. Le Logiciel EVIEWS 6 est l'outil principal auquel on a eu recours.

3.1. ANALYSE DES DONNEES

Avant de passer à l'analyse approfondie de la variable, il est impérieux de faire sa description ; c'est dans cette optique qu'est faite l'analyse descriptive de chaque variable retenue dans notre étude.

Cette analyse de variable du modèle est rendue possible grâce à l'utilisation du graphique qui va permettre de lire l'évolution de chaque variable au cours de la période d'étude.

3.2.1. Analyses économiques des données

Ce point permet de présenter graphiquement les différentes variables du modèle afin de cerner leur évolution à travers le temps, et de rechercher les causes économiques qui sont à la base de l'allure des courbes représentatives des ces différentes variables.

3.2.1.1. Evolution du Taux de Change (TXCH) de la RDC de 1998 à 2014

Source : Nous-mêmes en usant le logiciel Eviews

Graphique N° 01 : Evolution du Taux de Change (TXCH)

Le comportement du taux de change comme il se lit à l'aide du graphique ci-haut, a connu une stabilité de 1998 à 2000 ; en suite une expansion avec des petites oscillations de 2001 jusqu'à 2009. En 2010 ce taux est devenu stable jusqu'à 2014. On peut affirmer que cette allure ascendante du taux de change se justifie par le déséquilibre macroéconomique entre l'offre et la demande de monnaie.

3.2.1.2. Evolution de masse monétaire (MM) en RDC de 1998 à 2014

Source : Nous-mêmes en usant le logiciel Eviews

Graphique N° 02 : Evolution de masse monétaire (MM) en RDC

Ce graphique montre que la masse monétaire a évoluée d'une manière désordonnée avec des oscillations tout en ayant une allure ascendante durant toute la période d'étude sauf pour les deux dernières années (2013 et 2014). Cette allure ascendante s'explique par l'excès d'octroi de crédit aux operateurs économiques par les banques commerciales.

3.2.1.3. Evolution du taux d'intérêt (TXINT) en RDC 1998 à 2014

Source : Nous-mêmes en usant le logiciel Eviews

Graphique N° 03 : Evolution du taux d'intérêt (TXINT)

De ce graphique, il ressort que le taux d'intérêt avait une allure un peu bonne à l'année initiale de l'étude pour connaitre une hausse exagérée entre 1999 et 2001. Ce n'est qu'en 2002 que ce taux a repris une bonne évolution avec des petites oscillations. Cette diminution du taux d'intérêt a incité les operateurs économique à solliciter des crédits au près des banques commerciales, et ce c'est qui a entrainé même l'augmentation de la masse monétaire.

3.2.2. Test de stationnarité des variables du modèle (test ADF)

Avec l'application sur Eviews, les hypothèses suivantes sont émises :

H0 : la série est stationnaire

H1 : la série n'est pas stationnaire

On accepte l'hypothèse nulle si la valeur ADF prise en valeur absolue est supérieure à la valeur critique considérée aussi en valeur absolue ; au cas contraire, on la rejette au profit de H1.

Tableau N°02 : L'analyse de la stationnarité de la variable (TXCH)

Null Hypothesis: D(TXCH,2) has a unit root

 

Exogenous: Constant, Linear Trend

 

Lag Length: 0 (Automatic based on SIC, MAXLAG=3)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

t-Statistic

  Prob.*

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Augmented Dickey-Fuller test statistic

-4.386795

 0.0193

Test critical values:

1% level

 

-4.800080

 
 

5% level

 

-3.791172

 
 

10% level

 

-3.342253

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

 
 
 
 
 
 

Source : Nous-mêmes en usant le logiciel Eviews

La variable taux de change TXCH est stationnaire à deuxième différence car sa valeur ADF prise en valeur absolue est supérieure à sa valeur critique de MACKINNON au seuil de 5%, et sa probabilité est de 0.0193 qui est inférieure à 0.05.

Tableau N°03 : L'analyse de la stationnarité de la variable (MM)

Null Hypothesis: D(MM,2) has a unit root

 

Exogenous: Constant, Linear Trend

 

Lag Length: 2 (Automatic based on SIC, MAXLAG=3)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

t-Statistic

  Prob.*

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Augmented Dickey-Fuller test statistic

-4.600050

 0.0175

Test critical values:

1% level

 

-4.992279

 
 

5% level

 

-3.875302

 
 

10% level

 

-3.388330

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

 

Source : Nous-mêmes en usant le logiciel Eviews

La variable masse monétaire MM est stationnaire à la deuxième différence car sa valeur ADF prise en valeur absolue est supérieure à sa valeur critique de MACKINNON au seuil de 5%, et que sa probabilité est de 0.0175 qui est inférieure à 0.05.

Tableau N°04 : L'analyse de la stationnarité de la variable (TXINT)

Null Hypothesis: TXINT has a unit root

 

Exogenous: Constant, Linear Trend

 

Lag Length: 2 (Automatic based on SIC, MAXLAG=3)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

t-Statistic

  Prob.*

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Augmented Dickey-Fuller test statistic

-4.699958

 0.0118

Test critical values:

1% level

 

-4.800080

 
 

5% level

 

-3.791172

 
 

10% level

 

-3.342253

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

 
 
 
 
 
 

Source : Nous-mêmes en usant le logiciel Eviews

La variable taux d'intérêt TXINT est stationnaire à niveau car sa valeur ADF prise en valeur absolue est supérieure à sa valeur critique de MACKINNON au seuil de 5%, et que sa probabilité est de 0.0118 qui est inférieure à 0.05.

Il s'observe que ces trois variables sont stationnaires car en valeur absolue, leurs valeurs ADF sont supérieures à leurs valeurs critiques.

Suite à la stationnarité de toutes les variables du modèle, on conclut à leur non saisonnalité. Ce qui permet de passer, sans criante de biaiser des résultats, à l'estimation du modèle.

3.2.3. Estimation du modèle

Comme signalé précédemment, le test de stationnarité des variables confirme l'usage de la méthode de la régression, car les variables sont toutes stationnaires. D'où l'estimation du modèle dans le tableau ci-dessous :

Tableau N°05 : Estimation du modèle

Dependent Variable: TXCH

 
 

Method: Least Squares

 
 

Date: 08/04/16 Time: 18:37

 
 

Sample: 1998 2014

 
 

Included observations: 17

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.  

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

C

170.9938

131.4217

1.301108

0.2142

MM

48.20870

8.767102

5.498818

0.0001

TXINT

-2.185597

0.849695

-2.572215

0.0221

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

R-squared

0.830272

    Meandependent var

518.1732

Adjusted R-squared

0.806025

    S.D. dependent var

337.7893

S.E. of regression

148.7710

    Akaike info criterion

13.00148

Sumsquaredresid

309859.4

    Schwarz criterion

13.14852

Log likelihood

-107.5126

    Hannan-Quinn criter.

13.01609

F-statistic

34.24252

    Durbin-Watson stat

1.648371

Prob(F-statistic)

0.000004

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Source : Nous-mêmes en usant le logiciel Eviews

Nous avons le modèle estimé qui se présente comme suit :

TXCH = 170.993842225 + 48.2087026049*MM - 2.18559749474*TXINT

t-stat (1.301108) (5.498818) (-2.572215)

Prob(0.2142) (0.0001) (0.0221)

Le coefficient a0 = 170.993842225 celui-ci n'a pas d'interprétation économique ;

Le coefficient a1 = 48.2087026049 signifie économiquement que si la masse monétaire MM augmente de 10% alors le taux de change augmente aussi de 482 %.

Le coefficient a2 = - 2.18559749474 signifie économiquement que si le taux d'intérêt TXINT augmente de 10% alors le taux de change diminue de 21,8 %.

3.2.4. Analyses Statistiques

Dans ce point, nous avons développé les analyses statistiques de différentes variables de notre modèle.

A. Test individuel des paramètres

Nous effectuons le test de signification des paramètres à l'aide de la statistique de student. Ce test nous permet de déterminer la significativité de paramètre au seuil de signification de 5%. Pour ce faire, nous émettons les hypothèses suivantes :

H: ai = 0, le paramètre n'est pas significatif;

H: ai ? 0, le paramètre est significatif.

Si la valeur de t statistique est inférieure à tth 2,110 (au seuil de 5 pourcent), on valide hypothèse nulle. Le contraire est valable pour l'hypothèse alternative.

Avec l'application sur Eviews, si la probabilité associée à chaque paramètre est supérieure à 0.05, on accepte l'hypothèse nulle. Par contre, si elle est inférieure à 0.05, on rejette l'hypothèse nulle au profit de l'hypothèse alternative.

Partant du tableau d'estimation du modèle, nous remarquons que :

§ Pour la variable masse monétaire MM son t-statistique est de 5.498818>2,110ou encore probabilité est de 0.0001 < 0.05. c'est-à-dire que cette variable est significative et influence donc bien le taux de change ;

§ Pour la variable taux d'intérêt TXINT son t-statistique est de -2.572215>2,110ou encore probabilité est de 0.0221< 0.05. c'est-à-dire que cette variable est significative et influence donc bien le taux de change ;

B. Degré d'explication du modèle

Comme le coefficient de détermination est R2= 0.830272 ; donc le modèle ci-dessus est expliqué à 83%.

C. Test global du modèle ; Test de FISHER

La statistique de R2 fournie le degré d'explication du modèle.

H0 ; R2, cela veut dire que le modèle n'est pas significatif.

H; R2, cela veut dire que le modèle est significatif.

La probabilité de Fisher est de (0.000004) < 0.05, donc on rejette l'hypothèse nulle au profit de l'hypothèse alternative ; ce qui veut dire que le modèle est significatif.

Comme il en est ainsi, on peut maintenant passer aux différents tests économétriques afin de vérifier la structuration du modèle maintenu ci-haut.

3.2.5. Analyses Econométriques

Ces analyses se fondent sur les tests des résidus et sur leurs stabilités. L'économétrie repose toujours et avant tout sur un modèle qui est une représentation mathématique condensée de la « réalité » et à valeur opérationnelle38(*).

Concernant la construction du modèle économétrique, il faut distinguer les variables explicitement prises en considération et le terme d'erreurs. On passe souvent du modèle économique au modèle économétrique en ajoutant au modèle économique le terme d'erreurs. Dans ce cas, ce terme d'erreur jouera le rôle de variable fourre tout.

Pour qu'une droite de régression soit une bonne estimation d'une droite théorique, il faut des hypothèses sur le terme d'erreurs.

Avant d'appliquer les méthodes économétriques classiques, le test de stationnarité des variables est recommandé afin d'éviter le problème de régression artificielle39(*). Les résultats des tests de stationnarité présentés ci-haut montrent que toutes les variables sont stationnaires. En fait, le test de racine unitaire révèle que les statistiques ADF (Augmented Dickey-Fuller) calculées de toutes ces variables sont supérieures à leurs valeurs critiques de Mackinnon au seuil de 5%.

C. Tests sur les résidus

Examiner les résidus est un des moyens les plus sûrs d'évaluer la qualité de la régression. Pour cela, nous allons nous intéresser aux tests suivants :

Ø Test de normalité de résidus de JARQUE-BERA

Pour le tester, nous pouvons émettre les hypothèses suivantes :

H: il y a normalité des résidus ;

H: pas de normalité des résidus.

Pour valider H0, la statistique de Jarque-Bera doit être inférieure à 5.99 ou soit sa probabilité doit être supérieure à 0.05. Si non, on valide l'hypothèse alternative.

Ce graphique aide à tester la normalité en se servant de partie droite du graphique qui porte des indications chiffrées.

Source : Nous-mêmes en usant le logiciel Eviews

Graphique n°04 : Test de Normalité de résidus de JARQUE-BERA

Il y a normalité d'erreurs car JB (0.656547) < 5,99 et que sa Prob (0,720166) > 0,05. C'est-à-dire les erreurs sont normalement distribuées.

Ø Test de Multiplicateur de LAGRANGE (LM TEST):

Ce test examine la corrélation entre les résidus et la probabilité des valeurs retardées à un degré supérieur. Le critère de validation repose sur les hypothèses ci-après :

H: il y a absence d'auto corrélation des erreurs

H: il y a présomption d'auto corrélation des erreurs

La probabilité de NR2 doit être supérieure à 0.05 pour que H0 soit validée. Si tel n'est pas le cas, on valide l'hypothèse alternative.

Tableau N°06 : Test de Multiplicateur de LAGRANGE (LM TEST)

Ce tableau nous permet de porter des jugements si le modèle présente l'auto corrélation des erreurs ou pas.

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test:

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

F-statistic

0.809940

    Prob. F(2,12)

0.4678

Obs*R-squared

2.021895

    Prob. Chi-Square(2)

0.3639

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Source : Nous-mêmes en usant le logiciel Eviews

Nous remarquons que la Prob (0.3639) > 0,05. Alors l'hypothèse nulle est acceptée. Il y a absence d'auto corrélation des erreurs ceci veut dire qu'il y a une relation de causalité entre les variables.

Ø Test d'auto corrélation des erreurs de Durbin-Watson

Ce test permet de vérifier s'il y a l'autocorrelation d'ordre 1 des erreurs. Il repose sur les hypothèses suivantes :

H: il y a absence d'auto corrélation d'ordre 1

H: il y a présomption d'auto corrélation d'ordre 1

On lit dans la table de Durbin-Watson, au seuil de 5% et Durbin-Watson doit être à l'intervalle de 1.5 à 2.4 pour validerH0 dans le cas contraire on valide H1.

Dans notre tableau d'estimation la valeur de Durbin-Watson est de 1.648371qui se trouve à l'intervalle de1.5 à 2.4 ; donc cette valeur est proche de 2. Dans ce cas on valide l'hypothèse nulle, c'est-à-dire il y a absence d'auto corrélation.

Ø Test de l'hétéroscedasticité

Pour vérifier l'hétéroscedasticité, nous faisons recours au test de WHITE et de ARCH. Le test d'hétéroscedasticité répond, pour sa validation aux hypothèses suivantes :

H: il y a homoscédasticité ;

H: il y a hétéroscedasticité.

On accepte H0 si la probabilité de NR2 est supérieure à 0,05. L'inverse est valable pour accepter H1.

Tableau N°07 : Test d'Hétéroscedasticité de WHITE

De ce tableau, nous arriverons à savoir s'il y a homoscédasticité ou hétéroscedasticité.

Heteroskedasticity Test: White

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

F-statistic

0.831241

    Prob. F(5,11)

0.5536

Obs*R-squared

4.661821

    Prob. Chi-Square(5)

0.4585

Scaledexplained SS

1.645297

    Prob. Chi-Square(5)

0.8957

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Source : logiciel Eviews

On accepte l'hypothèse nulle car NR2 (0.4585) donc il ya homoscédasticité.

Tableau N°08 : Test d'Hétéroscedasticité de ARCH

De ce tableau, nous arriverons à savoir s'il y a homoscédasticité ou hétéroscedasticité.

Heteroskedasticity Test: ARCH

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

F-statistic

0.001542

    Prob. F(1,14)

0.9692

Obs*R-squared

0.001762

    Prob. Chi-Square(1)

0.9665

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Source : logiciel Eviews

On accepte l'hypothèse nulle car NR2 (0.9665) donc il ya homoscédasticité.

Ø Test de multi-colinéarité (test de Klein)

Pour ce qui est de la multi-colinéarité, on compare toutes les valeurs de la matrice de corrélation avec la valeur de R2. Il y a multi colinéarité si toutes les valeurs de la matrice sont supérieures à R2, donc on admet qui y a colinéarité entre Xi et yi. Dans le cas contraire il n'y a pas colinéarité.

Tableau N°09: Matrice de corrélation de Klein

 
 

MM

 

TXINT

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

MM

 

 1.000000

 

-0.503775

TXINT

 

-0.503775

 

 1.000000

Source : Nous-mêmes en usant le logiciel Eviews

La valeur de R2 pour notre étude est de : 0.830272 qui est supérieur à toutes les valeurs de la matrice de corrélation donc on admet que notre modèle n'est pas affecté de la colinéarité.

Ø Test de linéarité des paramètres du modèle (test de Ramsey)

Le test de Ramsey consiste à vérifier si la forme fonctionnelle est correcte.

Nous vérifions cela en utilisant les hypothèses suivantes :

Ho : P>0,05 : le modèle est bien spécifié ;

H1 : P<0,05 : le modèle est mal spécifié.

Tableau N°10: test de Ramsey

Ramsey RESET Test:

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

F-statistic

0.089060

    Prob. F(1,13)

0.7701

Log likelihood ratio

0.116066

    Prob. Chi-Square(1)

0.7333

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Source : logiciel Eviews

La probabilité associée à la statistique de ficher est de 0.7701>0,05. Ce qui nous incite à valider l'hypothèse nulle ; donc notre modèle est bien spécifié.

A. Test de stabilité du modèle (test de Cusum carré)

Il s'agit ici de voir au seuil d'erreur de 5%, si notre modèle est stable à travers le temps. Pour ce faire les tests de cusum carré (stabilité ponctuelle) nous permettront d'arriver à cette conclusion.

Ho : si la courbe ne coupe pas le corridor : modèle est stable ;

H1 : si la courbe coupe le corridor : le modèle est instable.

Source : logiciel Eviews

Graphique N°05 : Test de Cusum Carré

Ce graphiques nous renseigne que la série est stable car la tendance évolue entre les deux corridors, donc on accepte l'hypothèse nulle.

Nous avons remarqué que tous les tests ont réussi, ce qui montre que notre modèle est généralement bon.

C'est ainsi que de l'analyse des données, nous pouvons alors sans crainte passer à l'interprétation et à la discussion des résultats issus du modèle repris plus haut car ce modèle vient de répondre aux différents Tests Statistiques et Econométriques.

3.3. INTERPRETATION DES RESULTATS

Le modèle linéaire trouvé se présente comme suit :

TXCH = 170.993842225 + 48.2087026049*MM - 2.18559749474*TXINT

Le coefficient a0 = 170.993842225 celui-ci n'a pas d'interprétation économique ;

Le coefficient a1 = 48.2087026049 signifie économiquement que si la masse monétaire MM augmente de 10% alors le taux de change augmente aussi de 482 %.

Le coefficient a2 = - 2.18559749474 signifie économiquement que si le taux d'intérêt TXINT augmente de 10% alors le taux de change diminue de 21,8 %.

Ce modèle montre que la masse monétaire a influencé positivement le taux de change de la RDC durant la période sous étude, soit de 1998 à 2014, avec une proportion de 48.2087026049, ce qui signifie que si la masse monétaire MM augmente de 10%, il y aura aussi une augmentation du taux de change de 482 %. Ce phénomène prouve que la politique monétaire de la Banque Centrale du Congo en matière de la stabilité de taux de change au cours de la période sous étude n'est pas efficace car une petite augmentation de la masse monétaire entraine une augmentation très sensible du taux de change, ce qui n'est pas bon pour une économie dans un pays.

Le taux d'intérêt de son tour a influencé négativement le taux de change de la RDC durant la période d'étude avec une proportion de 2.18559749474, c'est-à-dire qu'une augmentation du taux d'intérêt de 10%, entraine une diminution du taux de change de 21,8%. Cette diminution du taux de change de 21,8% par le taux d'intérêt n'est pas efficace par rapport à son augmentation de 482% par la masse monétaire. C'est ce qui entraine une instabilité du taux de change car son influence positive par la masse monétaire n'est pas équilibrée avec son influence négative par le taux d'intérêt.

Partant de la tendance de taux de change, le graphique portant sur l'Evolution du Taux de Change (TXCH) de la RDC montre clairement que la tendance de ce dernier était à la hausse pendant la période d'étude.

3.4. VALIDATION DES RESULTATS

Avant qu'on accepte le fait qu'un modèle représente une situation beaucoup plus proche de la réalité, il faut qu'il soit validé économiquement, statistiquement et économétriquement.

3.4.1. Validation économique

Dans ce cas, il est question de vérifier si l'influence exercée par les variables retenues dans notre modèle empirique est conforme à la théorie économique en la matière. En effet, le modèle est cohérent du point de vue de la théorie économique.

3.4.2. Validation statistique

Dans ce modèle, le coefficient R2 est sensiblement égal à 83%. Ce qui signifie que la variable endogène taux de change TXCH est expliquée à 83% par les variables exogènes (la masse monétaire MM et le taux d'intérêt TXINT).

Le test d'adéquation d'ensemble de Fischer vient conforter celui du coefficient de détermination. En effet, la probabilité associée à cette statistique de Fisher est de 0.000004<0.05. Donc la qualité globale du modèle est acceptable. Ce qui conduit à vérifier la qualité individuelle des variables explicatives.

Le test de la qualité individuelle des variables est apprécié par la statistique de student. La statistique théorique de student au seuil de 5% est de 2,110 selon les 17 observations retenues dans le modèle. Dans le modèle, ce test montre que la variable masse monétaire MM a un coefficient significatif à ce seuil (T-statistic=5.498818) et la variable taux d'intérêt TXINT a également un coefficient significatif au seuil de 5% (T-statistic=-2.572215). La règle de décision permet de dire que toutes les variables sont statistiquement pertinentes.

3.4.3. Validation économétrique

Elle porte sur l'analyse de la qualité des résidus de l'équation issue de l'estimation du modèle. Elle consiste à vérifier la normalité, l'auto-corrélation et la multi-colinéarité des erreurs du modèle.

Ainsi, nous remarquons que selon les différents tests économétriques effectués plus haut, qu'il y a normalité d'erreurs car JB (0.656547) < 5,99 et que sa Prob (0,620166) > 0,05. C'est-à-dire les erreurs sont normalement distribuées ; nous remarquons encore que la Prob NR2 de LM Test est de (0.3639) > 0.05, donc il y a absence d'auto-corrélation des erreurs ceci veut dire qu'il y a une relation de causalité entre les variables. En fin la valeur de R2 pour notre étude est de : 0.830272 qui est supérieur à toutes les valeurs de la matrice de corrélation donc on admet que notre modèle n'est pas affecté de la colinéarité. Ceci étant, nous pouvons passer à la discussion des résultats.

3.5. DISCUSSION DES RESULTATS

Les résultats de l'estimation sont consignés dans le tableau d'estimation du modèle. Au terme de la régression effectuée, il se dégage ce qui suit :

Le taux de change TXCH de la RDC est bien expliqué par le modèle avec un coefficient de détermination de 0.830272, c'est qui signifie que la masse monétaire MM et le taux d'intérêt TXINT expliquent le comportement de TXCH à 83%. Les 17% d'évolution restante de TXCH sont dus aux variables explicatives ignorées dans le modèle spécifié et/ou à l'erreur aléatoire. Ceci conduit à dire que le modèle est généralement bon, c'est-à-dire que si les décideurs de la politique monétaire de la RDC à l'entremise de la banque centrale appliquent la politique monétaire de relance, il y aura une stabilité du taux change.

La masse monétaire influence positivement le taux de change de la RDC de 48.20870. En effet, il existe une relation positive entre la masse monétaire et le taux de change. Ce qui signifie que toutes choses restant égales par ailleurs, si la masse monétaire augmentent, cela va entrainer donc l'augmentation du TXCH par contre une diminution de la masse monétaire va entrainer aussi une diminution du taux de change qui va rendre efficace la politique monétaire de la RDC.

Le taux d'intérêt TXINT n'a pas eu un impact positif sur le TXCH, ce qui signifie que le taux d'intérêt n'a pas une influence significative sur le taux de change de la RDC, c'est-à-dire qu'une augmentation du taux d'intérêt de 10%, a entrainer une diminution du taux de change de 21,8%. Cette diminution du taux de change de 21,8% par le taux d'intérêt n'est pas efficace par rapport à son augmentation de 482% par la masse monétaire.

CONCLUSION

Au terme de ce travail scientifique qui a porté sur « l'efficacité de la politique monétaire sur la stabilité de taux de change en République Démocratique du Congo de 1998 à 2014 », il est important de revenir sur son déroulement.

Les questions suivantes sont issues du problème de recherche:

· Quelle est la tendance de taux de change en République Démocratique du Congo de 1998 à 2014 ?

· Ce trend témoigne-t-il l'efficacité ou non de la politique monétaire?

Eu égard de ce qui précède, les propositions suivantes ont été formulées sous forme d'hypothèses :

· Le taux de change en République Démocratique du Congo de 1998 à 2014 serait à la hausse ;

· Ce trend témoignerait l'inefficacité de la politique monétaire.

Ces deux réponses provisoires ont été soumises à la vérification empirique à l'aide de l'outil économétrique soutenu par le logiciel Eviews 6, afin de dégager à chacune d'elles un résultat déduit.

Nous avons utilisé la Méthode déductive soutenue par la Méthode des Moindres Carrées Ordinaires et la technique documentaire pour la récolte de données, en lisant de nombreux rapports annuels de la Banque Centrale du Congo, les publications des différents services étatiques au niveau national, et d'autres articles en rapport avec le sujet d'étude.

Après l'analyse des données, les principaux résultats auxquels nous avons abouti sont les suivants :

Ø Le graphique portant sur l'Evolution du Taux de Change (TXCH) de la RDC montre clairement que la tendance de ce dernier était à la hausse pendant la période d'étude. Ce qui contribue à l'affirmation de la première hypothèse.

Ø La masse monétaire a influencée positivement le taux de change de la RDC durant la période d'étude avec une proportion de 48.2087026049, ce qui signifie que si la masse monétaire MM augmente de 10%, il y aura aussi une augmentation du taux de change de 482 %. Ce phénomène prouve que la politique monétaire de la Banque Centrale du Congo en matière de la stabilité de taux de change au cours de la période sous étude n'est pas efficace car une petite augmentation de la masse monétaire entraine une augmentation très sensible du taux de change, ce qui n'est pas bon pour une économie dans un pays. Donc la deuxième hypothèse est affirmée.

Ø Le taux d'intérêt a influencé négativement le taux de change de la RDC durant la période de notre étude avec une proportion de 2.18559749474, c'est-à-dire qu'une augmentation du taux d'intérêt de 10%, entraine une diminution du taux de change de 21,8%. Cette diminution du taux de change de 21,8% par le taux d'intérêt n'est pas efficace par rapport à son augmentation de 482% par la masse monétaire. C'est ce qui entraine une instabilité du taux de change car son influence positive par la masse monétaire n'est pas équilibrée avec son influence négative par le taux d'intérêt. Ceci nous pousse à affirmer aussi notre troisième hypothèse.

Sur la base de ces résultats, on remarque que toutes les hypothèses du travail ont été corroborées.

De tout ce qui précède, plusieurs recommandations sont adressées aux décideurs de la politique économique du pays. Cependant la plus importante que nous avons estimée est la suivante : L'Etat congolais à travers sa politique monétaire à l'entremise de la Banque Centrale du Congo doit appliquer la politique monétaire de relance afin d'instaurer une stabilité du taux change.

Enfin, toute oeuvre humaine est perfectible, c'est pourquoi nous invitons les lecteurs à bien vouloir pardonner les imperfections qui demeurent malgré l'effort de l'équipe d'encadrement.

BIBLIOGRAPHIE

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Ø AHMED, S., et JEAN, M., Lexique économique, DALLOZ, Paris, 2008, PP. 504.

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Ø GRAWITZ M., Méthodes des Sciences Sociales, 11e éd, Dalloz, Paris, 2001, P.404.

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Ø DAVID J. H. et JAFFRE Ph., La monnaie et la politique monétaire, Paris, Economica, 1990, 3ème édition, pp. 91-92.

Ø NEME J.C., Politiques économiques comparées, (collection Thémis), Paris, PUF, 1977, p291.

Ø Le Petit Larousse 2014.

Ø Loi n°005/2002 du 07 mai 2002 relative à la constitution, organisation et fonctionnement de la Banque Centrale du Congo.

Ø MANKIW G.N., Macroéconomie, 3ème éd. De Boeck, Bruxelles, 2003, P.155.

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Ø Bourbonnais Régis, Économétrie Cours et exercices corrigés,9e édition DUNOD, 2015, p.2

Ø Règlementation de change en République Démocratique du Congo, articles 1 à 3.

Ø SIAENS A. Monnaie et Finances, Bruxelles, De Boeck, 2ème édition.

Ø VARIAN R., Introduction à la microéconomie, 3e éd., de Boeck, Bruxelles, 1994, p. 68.

II. Mémoires et Cours

Ø AMULI B., Le régime de change congolais et son impact sur la Balance des Paiements en République Démocratique du Congo de 1998 à 2008, Mémoire inédit, FSEG, UNIKIS, 2008-2009.

Ø BASANGO L., L'analyse économique des taux de change de Franc Congolais de 1998 à 2005, mémoire inédit, FSEG, UNIKIS, 2006-2007.

Ø BOFOYA KOMBA B., Principes d'économétrie (cours et exercice réslus), cours inédit, L1, FSEG, UNIKIS, 2006-2007, p.83. Cité par MAKI.

Ø BOLINGOLA J.F., Questions Spéciales en Théories Monétaires, Cours inédit, L2 Economie Monétaire, FSEG, UNIKIS, 2015-2016, pp 24-26.

Ø ENCKOTO B., Analyse de Stabilité de taux de change et son impact sur la croissance économique en République Démocratique du Congo de 1998 à 2012, Mémoire inédit, FSEG, UNIKIS, 2014-2015.

Ø KITOKO LISOMBO E., Informatique, cours, inédit, L1 ECON., FSEG, UNIKIS, 2015-2016, P. 6

Ø KOSOANYA K., politique monétaire et le niveau d'emploi en République Démocratique du Congo de 2003 à 2011, mémoire inédit, FSEG, UNIKIS, 2013-2014.

Ø MULEKA NGINDO, Recherche en Marketing, Cours inédit, L1 Marketing, FSEG, UNIKIS, 2009-2010.

Ø NGANDO ENYIMO Christophe, Gestion des institutions financières congolaises, cours inédit, L2 Economie Monétaire, FSEG, UNIKIS, 2011-2012, P.1 cité par Willy MUKENDI, Mémoire inédit, L2 Economie Monétaire, FSEG, UNIKIS, 2011-2012.

Ø NGUBA MUNDALA, Théories et pratiques de sondage, cours inédit, L1 Sciences Economies et L2 Gestion Financière, FSEG, UNIKIS, 2014-2015.

Ø NKOO MABANTULA M.B., la politique économique, cours inédit, deuxième licence, FSEG, UNIKIS, 2013-2014.

Ø NKOO MABANTULA M.B., Economie Monétaire Internationale, cours inédit, Première licence, Economie Monétaire, FSEG, UNIKIS, 2013-2014, PP 16-19.

Ø PARIDRI E., la politique des changes et ses effets sur la Balance des Paiements en République Démocratique du Congo de 1998 à 2006, mémoire inédit, FSEG, UNIKIS, 2007-2008.

III. Webographie

Ø www.bcc.cd.

Ø www.google.com,

Ø www.google.com,

TABLE DE MATIERE

0. INTRODUCTION 1

0.1 ETAT DE LA QUESTION 1

0.2. PROBLEMATIQUE 4

0.3. HYPOTHESES 6

0.4. CHOIX ET INTERET DU SUJET 6

0.5. OBJECTIFS DU TRAVAIL 7

0.6. METHODOLOGIE DU TRAVAIL 7

0.7. DELIMITATION DU TRAVAIL 7

0.8. SUBDIVISION DU TRAVAIL 7

CHAPITRE PREMIER : CADRE THORIQUE 9

SECTION I : GENERALITES ET DEFINITIONS DES CONCEPTS. 9

I.1. MONNAIE 9

I.1.1 Définition de la monnaie par ses fonctions 9

I.1.1.1. Les fonctions monétaires 9

I.1.1.1.1. Unité de compte, mesure ou étalon de valeurs 9

I.1.1.1.2. Intermédiaire des échanges ou moyen de paiement 10

I.1.1.1.3. Réserve de valeurs 10

I.1.2. Définition de la monnaie par ses pratiques 11

I.2. POLITIQUE MONETAIRE 11

I.2.1 Définition 11

I.4. GENERALITES SUR LE TAUX DE CHANGE 14

I.4.1. La définition, les types, la détermination et les objectifs de taux de change 14

I.4.1.1 La définition de taux de change 14

I.4.1.2. Les types de taux de change 15

I.4.1.2.1. Le taux de change nominal et Le taux de change réel 15

I.4.1.2.1.1 Le taux de change nominal 15

I.4.1.2.1.2 Le taux de change réel 15

I.4.1.2.2 Le taux de change bilatéral et le taux de change multilatéral 17

I.4.1.2.3 Le taux de change fixe et le taux de change flottant 17

I.4.1.3 La détermination de taux de change 17

A. La théorie de la parité des pouvoirs d'achat 18

I.4.1.4. Les objectifs de taux de change 22

I.4.1.5 Le triangle d'incompatibilité de Mundell 22

I.4.1.8 La stabilité de taux de change 25

SECTION II : CADRE CONTEXTUEL DU TRAVAIL 26

II.1. CONTEXTE DE LA POLITIQUE MONETAIRE DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO 26

II.1.1. CADRE REGISSANT LA GESTION MONETAIRE EN RDC 26

II.1.1.1 Les objectifs 26

II.1.1.2 Les instruments 27

II.1.1.3. L'analyse de la liquidité 27

II.1.2. ANALYSE DES DISPOSITIONS INSTITUTIONNELLES POUR LA MISE EN OEUVRE DE LA POLITIQUE MONETAIRE EN RDC 29

II.1.2.1 Présentation des dispositions institutionnelles 29

II.1.2.2 Analyse des dispositions institutionnelles 30

a. Analyse de la prise de décision 30

b. De l'indépendance de la Banque centrale du Congo 30

II.1.2.3 De la prise en charge des frais de politique monétaire 31

II.1.3. EVOLUTION, ANALYSE ET PERFORMANCE DES REGIMES DE POLITIQUE MONETAIRE DE LA RDC 32

II.1.3.1 Abandon des instruments directs de la politique monétaire 32

II.1.3.2 Adoption du régime de change flottant 33

II.1.3.3 Définition claire de l'objectif principal de la politique monétaire 33

II.1.3.4 Consécration de l'autonomie et de l'indépendance de la Banque Centrale du Congo 34

II.1.3.5 Précision des objectifs intermédiaire et opératoire 35

II.1.3.6Coordination des politiques macroéconomiques 35

II.1.3.7 Amélioration de l'efficacité des instruments indirects 36

II.2. CONTEXTE DE CHANGE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO 37

II.2.1 Marché des changes 37

II.2.1.1 Organisation 37

II.2.1.2 Domaines d'intervention de Marché des changes congolais 37

II.2.1.3.Intervenants 38

II.2.1.3.1. La banque centrale du Congo 38

II.2.1.3.2. Les banques commerciales agréées 39

II.2.1.3.3. Les bureaux de change agréés 40

II.2.3.4. Messageries financières 41

CHAPITRE DEUX : CADRE METHODOLOGIQUE, PRESENTATION DES DONNEES ET FONDEMENT THEORIQUE 43

II.1. CADRE METHODOLOGIQUE 43

II.1.1. Population d'étude 43

II.1.2. Echantillon du travail 43

II.1.3. Nature des données 44

II.1.5. Méthode de traitement et analyse des données 45

II.1.6. MODELISATION 46

II.1.6.1. SPECIFICATION DU MODELE 46

II.1.6.2. VALIDATION DU MODELE 48

0. Tests économiques : 50

1. Tests statistiques 51

2. Tests économétriques 53

? Tests sur les résidus 53

? Test de l'hétéroscedasticité 55

Section II. PRESENTATION DES DONNEES 58

Section III : FONDEMENT THEORIQUE 59

CHAPITRE TROIS : ANALYSES, TRAITEMENT DES DONNEES ET INTERPRETATION DES RESULTATS 62

3.1. ANALYSE DES DONNEES 62

3.2.1. Analyses économiques des données 62

3.2.1.1. Evolution du Taux de Change (TXCH) de la RDC de 1998 à 2014 63

3.2.1.2. Evolution de masse monétaire (MM) en RDC de 1998 à 2014 63

3.2.1.3. Evolution du taux d'intérêt (TXINT) en RDC 1998 à 2014 64

3.2.2. Test de stationnarité des variables du modèle (test ADF) 64

3.2.3. Estimation du modèle 66

3.2.4. Analyses Statistiques 68

A. Test individuel des paramètres 68

B. Degré d'explication du modèle 68

3.2.5. Analyses Econométriques 69

C. Tests sur les résidus 70

3.3. INTERPRETATION DES RESULTATS 75

3.4. VALIDATION DES RESULTATS 76

3.4.1. Validation économique 76

3.4.2. Validation statistique 76

3.4.3. Validation économétrique 77

3.5. DISCUSSION DES RESULTATS 78

CONCLUSION 79

BIBLIOGRAPHIE 82

TABLE DE MATIERE 84

ANNEXES .........................................................................................................................................................89

ANNEXES

* 1 P.DE GRAUWE, monnaie internationale, théories et perspectives, traduction de la deuxième édition anglaise par Marc-Alexandre Sengas. Post face de P de P. DE GRAUWE cité par BEAKA A. l'impact du taux de change sur la croissance économique en RD Congo de 2006 à 2012, mémoire inédit, FSEG, UNIKIS, 2013-2014.

* 2 B.NKOO MABANTULA M., la politique économique, cours inédit, deuxième licence, FSEG, UNIKIS, 2013-2014.

* 3 www.google.com, consulté le 15 février 2016.

* 4 Milton FRIEDMAM, théories monétaires, DUNOD, Paris, 1971, PP 69-70.

* 5 www.google.com, op.cit.

* 6 B. ENCKOTO, Analyse de Stabilité de taux de change et son impact sur la croissance économique en République Démocratique du Congo de 1998 à 2012, Mémoire inédit, FSEG, UNIKIS, 2014-2015.

* 7K. KOSOANYA, politique monétaire et le niveau d'emploi en République Démocratique du Congo de 2003 à 2011, mémoire inédit, FSEG, UNIKIS, 2013-2014.

* 8 L. BASANGO, L'analyse économique des taux de change de Franc Congolais de 1998 à 2005, mémoire inédit, FSEG, UNIKIS, 2006-2007.

* 9 E. PARIDRI, la politique des changes et ses effets sur la Balance des Paiements en République Démocratique du Congo de 1998 à 2006, mémoire inédit, FSEG, UNIKIS, 2007-2008.

* 10 B. AMULI, Le régime de change congolais et son impact sur la Balance des Paiements en République Démocratique du Congo de 1998 à 2008, Mémoire inédit, FSEG, UNIKIS, 2008-2009.

* 11 B. ENCKOTO Op. Cit.

* 12M. GRAWITZ, Méthodes des Sciences Sociales, 11e éd, Dalloz, Paris, 2001, P.404.

* 13 R.PINTO et M. GRAWITZ, méthodes de recherche en sciences sociales, éd., Dalloz, Paris, 1971, P. 345.

* 14 J. BREMOND, et A. GELEDAN, Dictionnaire Economique et Social, Paris, Hatier, 1990, 4ème édition augmentée, p.275.

* 15 J. C. NEME, Politiques économiques comparées, (collection Thémis), Paris, PUF, 1977, p291.

* 16 J. H. DAVID et Ph. JAFFRE, La monnaie et la politique monétaire, Paris, Economica, 1990, 3ème édition, pp. 91-92.

* 17 A. SIAENS, Monnaie et Finances, Bruxelles, De Boeck, 2ème édition.

* 18 G.N.MANKIW, Macroéconomie, 3ème éd. De Boeck, Bruxelles, 2003, P.155.

* 19Brigitte NKOO MABANTULA, Economie Monétaire Internationale, cours inédit, Première licence, Economie Monétaire, FSEG, UNIKIS, 2013-2014, PP 16-19.

* 20Brigitte NKOO MABANTULA, Op. Cit, p. 15

* 21 NKOO BAMATULA M-B, Op. Cit, P.17

* 22BANQUE CENTRALE DU CONGO, Politique Monétaire de la Banque Centrale du Congo : cadre de référence, Kinshasa, BCC, juillet 2013, 168 p.

* 23Politique monétaire de la Banque Centrale du Congo : cadre de référence, 2013, p.13

* 24Cfr loi n°005/2002 du 07 mai 2002 relative à la constitution, organisation et fonctionnement de la Banque Centrale du Congo.

* 25 Règlementation de change en République Démocratique du Congo, articles 1 à 3.

* 26Loi n°005/2002 susévoquée, article 157

* 27 www.bcc.cd

* 28 Instruction administrative de la BCC n°007/BCC du 18-05-2001 portant les conditions d'agrément et le fonctionnement des messageries financières.

* 29 NGUBA MUNDALA, Cours de théorie et pratique de sondage, L1 Sciences Economies et L2 Gestion Financière, FSEG, UNIKIS, 2014-2015.

* 30 Le Petit Larousse 2014.

* 31 M. NGINDO, Recherche en Marketing, Cours inédit, L1 Marketing, FSEG, UNIKIS, 2009-2010.

* 32 S. AHMED et JEAN, M., Lexique économique, DALLOZ, Paris, 2008, PP. 504

* 33S. AHMED et JEAN.M. op.cit PP.503

* 34Régis Bourbonnais, Économétrie Cours et exercices corrigés,9e édition DUNOD, 2015, p.2

* 35 GREGORY-N-Manchiw, Macroéconomie, 3e édition, 1994, P 640

* 36Etienne KITOKO LISOMBO., Informatique, cours, inédit, L1 ECON., FSEG, UNIKIS, 2015-2016, P. 6

* 37 J.F. BOLINGOLA B., Questions Spéciales en Théories Monétaires, Cours inédit, L2 Economie Monétaire, FSEG, UNIKIS, 2015-2016, pp 24-26.

* 38 R. VARIAN, Introduction à la microéconomie, 3e éd., de Boeck, Bruxelles, 1994, p. 68.

* 39 B. BOFOYA KOMBA, Principes d'économétrie (cours et exercice résolus), cours inédit, L1, FSEG, UNIKIS, 2006-2007, p.83. Cité par MAKI.






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