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Les déterminants du chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa. Avec interprétations statistiques et sociologiques

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par Joël Fumwakwau Kiniati
Université de Kinshasa - Licence 2015
  

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i

Table des matières

Table des matières i

Epigraphe iiv

Dédicace iv

Remerciements vi

Abréviations viii

Liste des tableaux et figures x

0. Introduction 1

0.1. Contexte et justification 1

0.2. Problématique 2

0.3. Objectifs 5

0.3.1. Objectif général 5

0.3.2. Objectifs spécifiques 5

0.4. Intérêt de l'étude 5

0.5. Délimitation du travail 6

0.6. Subdivision du travail 6

Chapitre 1. Revue de la littérature 7

Section 1 : le processus d'accès à l'emploi 7

§1. Rôle du secteur informel dans la réduction du chômage 7

Section 2 : les déterminants du chômage des jeunes 8

§1. Effet des migrations dans le chômage 9

§2. Effet du genre dans le chômage 9

§3. Effet du diplôme dans la réduction du chômage 10

§4. Effet des réseaux relationnels dans la réduction du chômage 11

§5. Effet de l'ethnie ou la tribu dans le chômage 12

§6. Effet de la crise économique 12

§7. Effet de la structure et caractéristiques de la population congolaise : situation

d'activité et d'inactivité 14

Section 3 : approche critique des travaux antérieurs 15

Chapitre 2. Méthodologie et cadre conceptuel 18

ii

Section 1. Définition des concepts 18

§1. Chômage 18

§2. Jeunesse (ou jeune) 18

§3. Secteur informel 19

§4. Marché du travail (ou d'emploi) 19

§5. Emploi 19

§6. Demande du travail 20

§7. Le sous-emploi 21

§8. Secteur public 21

§9. Secteur privé 21

§5. Organismes du système des Nations Unies 21

Section 2. Méthodologie 22

2.1. Source des données 22

2.2. Information contenues dans la base de données 22

2.3. Approche méthodologique de l'étude 24

2.4. Méthodes d'analyse 25

2.5. Les techniques d'analyse 25

Section 3. Cadre conceptuel 26

§1. Cadre conceptuel explicite 27

§2. Opérationnalisation des variables 28

§3. Cadre conceptuel des déterminants du chômage parmi les jeunes diplômés

d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa. 29

d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa. 29

Section 4. Les hypothèses du travail 30

Chapitre 3. Présentation des résultats 31

3.1. Présentation des résultats des analyses descriptives univariées 31

3.2. Présentation des résultats des analyses bivariées 35

3.3. Analyse des déterminants du chômage (la Régression logistique) 40

3.4.1. Le modèle de régression logistique binaire 41

3.3.2. Equation de la régression logistique binaire 44

3.3.3. Modèle calculé 44

iii

Interprétation statistique des résultats sur le chômage parmi les jeunes

diplômés des universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa. 45

Interprétation sociologique des résultats sur le chômage parmi les jeunes diplômés des universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa et présentation

d?une brève discussion 45

Discussions 47

Conclusion 49

Recommandations 52

Bibliographie 53

iv

Epigraphe

« L'emploi est une chaîne qui lie chaque jeune à la vie et à son Etat. Lorsqu'un Etat échoue à garantir l'emploi à ses jeunes, il s'insécurise».

Joël Fumwakwau Kiniati

V

Dédicace

A mes parents bien-aimés Fumwakwau Mwanda Clovis et Nkiawete M'vanga Lucie La fierté de la famille Fumwakwau Aptes, ils ont rendu meilleur le sort de leur tête Et ont tracé un chemin de rêve aux petites idoles Que le destin a placé sur leurs fortes épaules : Meda, Rebecca, Joël, Ruth, Naomie, Abigaël, Esther et Benjamin.

Puisse l'Eternel nous fortifier davantage pour des lendemains meilleurs.

vi

Remerciements

En parcourant d'une manière systématique notre vie, nous pouvons constater d'emblée que tout semble être vain. Cependant, si nous faisons une contemplation adéquate de cette vie à travers son ultime efficience, nous arriverons à nous éclairer sur le fait que tout s'avère être important, merveilleux, précieux et utile. Parfois désemparé, perplexe et sans espoir, nous n'avons cependant pas manqué d'espérer : « qu'un enterrement peut également être une occasion de renaître, d'espérer qu'à la nuit du lugubre peut succéder un jour radieux et de n'espérer, en outre, qu'au suprême ». Peu à peu, nous pesons que ce mémoire de fin d'études couronne une étape franchie et ouvre la voie à un espoir. Lequel espoir généré et entretenu par ceux sans qui, la rédaction de ce mémoire n'aurait été possible s'ils n'avaient concourus à travers leur dévouement. C'est un honneur pour moi de dire ce que je leur dois. Ceci particulièrement, je le pense :

i' Du Professeur Sekimonyo wa Magango, intellectuel hautement qualifié : j'ai soumis à son jugement préalable nombre d'idées exposées ici et il m'a suggéré d'importantes corrections. Il m'a accordé la plus large ouverture qui aura jusqu'au bout aidé à discerner les points convergents et divergents, entre mes idées et les siennes tout en suscitant la contradiction ou la réfutation, dans une liberté absolue sans jamais concéder la moindre place à l'argumentation d'autorité.

i' Des Assistants Jocelyn Mantempa et Guy Tshomba, démographes de talent auxquels je suis attaché à titre personnel : leur fidélité à l'esprit scientifique et leur maîtrise des analyses statistiques se sont étroitement mêlées à mon manuscrit et m'ont permis d'élaborer la version finale.

i' De Christelle Mwatha, son soutien moral de tous les jours, son efficacité et son dévouement ont contribué à l'aboutissement de cette étude. Son regard intime a été aussi une réelle muse pour moi.

C'est en toute sincérité qu'au seuil de la rédaction de ce mémoire, résultat d'un effort assez soutenu, que nous exprimions nos profondes gratitudes à toutes les autorités académiques de l'Université de Kinshasa en général, et celles de la Faculté de

Joël Fumwakwau Kiniati

vii

Sciences Economiques et de Gestion en particulier (Professeurs, Chefs de Travaux et Assistants), quant à leur disponibilité, dévouement ainsi que leur apport professionnel ayant fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui et deviendrons demain.

Il nous faut en plus une reconnaissance loyale à l'égard de tous les collègues avec qui, nous avons partagé les moments les plus angoissants durant ce cycle d'études. Nous pensons notamment à : Mr. Crispin Kakwaka, Mr. Philippe Undji, Mr. Didier Koyasamo, Mr. Jean-Pierre Kalala, Mr. Fiston Mpiana, Mr. Leurby Ikina, Mr. Bunter Ngoma, Mme. Tanya Mukongo, Mme. Lydie Muhemeri, Mr. Cédric Abubakire, Mr. Emerson Nkoko, Mme. Sadou Kaboya, Mme. Esther Matondo, Mr. Francis Nkongolo, Mr. Déo Kibala, Mr. Pisthou Bafomba ainsi que Mr. Jean Lubanda. Mon souhait le plus ardent est que nous prospérons à tous égards.

Par le sang qui nous unit, nous sommes énormément redevables à nos tantes et oncles, cousines et cousins : Jeanne Fumwakwau, Sylvie Fumwakwau, Barthelemy Fumwakwau, Zizi Nginamau et Pauline Mvuezolo, Sarah Mesa, Thethe Kitoko, Nzamba Kitoko et Mama Tamfung pour leur attachement sans cesse renouvelé.

Nous exprimons aussi nos profondes gratitudes à Arlove Mukwa, Gauthier Nkongolo ainsi que les experts Roger Kalombo, Cédric Ilunga et Cédric Ngoïe.

Nous ne saurions clore ce chapitre de remerciements sans penser à Mariam Fumwakwau Lunungi et Dorcas Fumwakwau Sedi. Chères soeurs, sentez-vous à la fois honorées et heureuses à travers ces lignes ; soyez également rassurées de notre amour indéfini pour vous.

Que tous ceux qui nous sont chers mais dont les noms ne sont pas repris dans ces lignes, ne se sentent pas oubliés, mais qu'ils trouvent plutôt l'expression de notre profonde gratitude et du solide attachement.

viii

Abréviations

ACTMINES : Activités du secteur de mines

ARED 1 et 2 : Associates in Research and education for developpment 1 et 2

BCC : Banque Centrale du Congo

BIT : Bureau International du Travail

CEDEFOP : Centre Européen pour le Développement de la Formation

Professionnelle

CERPUDEC : Programme de Création d'Emplois Ruraux et Périurbains
Décents à travers l'entrepreneuriat Coopératif

CIRGL : Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs

DIAL : Développement, Institutions et Analyses de Long terme

DSCRP : Document Stratégique de Croissance et de Réduction de la

Pauvreté

EDS : Enquête Démographique et de Santé

ESU : Enseignement Supérieur et Universitaire

FAO : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et

l'agriculture

FMI : Fonds Monétaire International

HCR : Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés

INS : Institut National de la Statistique

INSEE : Institut National de Statistiques et d'Etudes Economiques

IPEC1 et 2 : Programme International pour l'Elimination du travail des

Enfants 1 et 2

MINESU : Ministère de l'Enseignement Supérieur et Universitaire

NTIC : Nouvelles Technologies de l'Information et de la

Communication

OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economique

OEF : Operation Enduring Freedown

OIT : Organisation Internationale du Travail

OMC : Organisation Mondiale du Commerce

OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement

ix

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

ONEM : Office National de l'Emploi

ONU : Organisation des Nations Unies

PIB : Produit Intérieur Brut

PME : Petites et Moyennes Entreprises

PMI : Petites et Moyennes Industries

PNDDR : Programme National de Démobilisation, de Désarmement et de

Réinsertion des ex-combattants

PNUD : Programme des Nation Unies pour le Développement

PNUE : Programme des Nations Unies pour l'Environnement

PROCER : Programme de Création d'Emplois Rémunérés

PRO-YEN : Programme National pour l'Emploi des Jeunes

RDC : République Démocratique du Congo

RGPH : Recensement Général de la Population et de l'Habitat

SPSS : Statistical Package for Sociales Sciences

STEP : Société de Télécommunication et d'Electronique Professionnelle

UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l'Enfance

x

Liste des tableaux et figures

1. Tableau 1. Opérationnalisation des variables d'études 28

2. Tableau 1.1. : Situation du chômage parmi les diplômés d'universités de 20-24

ans dans la ville de Kinshasa. 31

3. Tableau 1.2. : Répartition par sexe des jeunes diplômés d'universités de 20-24

ans dans la ville de Kinshasa. 32

4. Tableau 1.3 : Répartition des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans

la ville de Kinshasa selon le statut matrimonial. 32

5. Tableau 1.4. : Répartition des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans

la ville de Kinshasa selon la voie d'obtention d'emploi. 333

6. Tableau 1.5. : Répartition des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans selon

le type d'entreprises recherchées. 333

7. Tableau 1.6. : Répartition des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans selon

le niveau de vie du ménage. 34

8. Tableau 1.7. : Distribution des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans selon

le type de religion pratiquée 35

9. Tableau 2.1. : Le chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans

la ville de Kinshasa en fonction de leur sexe. 36

10. Tableau 2.2. : Le chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans

employés dans la ville de Kinshasa selon leur statut matrimonial. 36

11. Tableau 2.3. : Le chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans
la ville de Kinshasa en fonction de la voie qu'ils suivent pour obtenir l'emploi.

37

12. Tableau 2.4. : Le chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans

la ville de Kinshasa selon les type d'entreprises recherchées 38

xi

13. Tableau 2.5. : Le chômage selon le niveau de vie du ménage des jeunes

diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa. 39

14. Tableau 2.6. : Le chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans

la ville de Kinshasa selon le type de religion pratiquée 40

15. Tableau 3. : Résultats du modèle globale de régression sur le chômage parmi les

jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa. 43

16. Figure 1. : Modèle des déterminants du chômage parmi les jeunes diplômés

d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa. 29

17. Figure 2. : Modèle calculé du chômage parmi les jeunes diplômés d'universités

de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa. 44

1

0. Introduction

0.1. Contexte et justification

A partir des années 80, plusieurs pays d'Afrique (la RDC y compris) ont passé des accords de financement avec la banque mondiale et le FMI, les engageant à des profondes réformes économiques. Ces réformes, qui avaient pour objectif de réduire les graves déséquilibres macroéconomiques et de lutter contre le ralentissement de l'économie, ont conduit ces pays à mettre en oeuvre de vastes programmes économiques en vue de la stabilisation et d'ajustement aux fins de restaurer les équilibres macroéconomiques réels à moyen terme. Même si ces réformes ont donné quelques résultats macro-économiques, elles n'ont pas cependant occasionné de changements significatifs au niveau des populations (Bilolo, 2014). Au contraire, cet ajustement dit structurel s'est plutôt traduit par des pertes plus ou moins élevées de pouvoir d'achat en raison du relèvement des tarifs des différents services collectifs (eau, électricité, transports publics, etc.) ainsi que l'augmentation des produits pétroliers, pharmaceutiques et d'autres biens de consommation importés (Pilon et Vignikin, 1996). Par ailleurs, dans presque tous les pays, le plan de restructuration a commencé par une réduction excessive des dépenses du secteur public et par la contraction des dépenses sociales ; éducation, santé et logement (Fromont, 1988 cité par Pilon et Vignikin ; Lututala, 1996).

Les privatisations, fermetures et restructurations de nombreuses entreprises publiques et/ou parapubliques et le choc subi par certaines industries minières se sont accompagnées des suppressions massives d'emploi. Loin d'être majoritaire en RDC, le travail rémunérateur (emploi formel) s'est raréfié et la situation du chômage des jeunes, en particulier les diplômés des universités s'est accentuée.

La portion devient ainsi grande pour décrire la situation dans laquelle se retrouvent ces jeunes diplômés, presque tous tirés, on dirait, par un malheureux sort commun. Ils sont des milliers des jeunes que les universités congolaises déversent sur le marché d'emploi, un marché où il n'y a presque plus de preneur. Il ne faut cependant

2

pas ignorer que l'emploi est un défi aujourd'hui pour les jeunes de la RDC, mais à Kinshasa le cas est particulier. Dans cette partie du pays, le chômage a pris le dessus sur l'emploi, et c'est par là que doit pourtant finir la course des jeunes diplômés.

Autrefois considéré comme un instrument permettant d'ouvrir l'ascenseur social, le diplôme universitaire apparaît aujourd'hui comme un simple papier destiné à orner le mur. D'ailleurs le sentiment est répandu que l'université est organisée comme une machine à filtrer les jeunes les plus intelligents pour les préparer à l'inactivité et, par ricochet, les plonger dans la misère. Comme qui dirait : « Les universités en RDC : machines à produire des chômeurs ». Dans un tel contexte, il y a lieu de se demander comment se fait l'insertion des jeunes sur le marché d'emploi à Kinshasa ?

Compte tenu du contexte précédemment décrit, on s'attend en toute logique, à ce que l'accès à l'emploi soit beaucoup plus influencé par le réseau relationnel, qu'elle ne l'était il y a quelques années pour les générations passées. Voilà le contexte et la justification de notre travail qui a pour problématique :

0.2. Problématique

Les tendances mondiales du chômage des jeunes ne cessent de conserver jalousement une forte hausse. Près de 75 millions des jeunes sont au chômage dans le monde, un record. Plus de 12,6% des jeunes se sont retrouvés sans travail en 2013, une hausse de 3,5 millions entre 2007 et 2013. Le taux mondial du chômage des jeunes, après avoir baissé, a remonté de 12,7% en 2009, 12,3% en 2011, 12,4% en 2012, 12,6% en 2013 et d'après les projections, 12,8% en 2018 (Banque mondiale, 2013).

Les récentes estimations montrent que 88 millions des jeunes dans le monde sont actuellement privés d'emploi, soit 47% de la population au chômage dans le monde (Banque mondiale, 2013). En l'absence d'une croissance économique et d'un développement soutenu, cette tendance devrait poursuivre ou même s'aggraver en raison de l'augmentation de la population et de l'entrée de nombreux jeunes sur le marché de travail dans beaucoup de pays en développement et malgré la diminution du nombre des jeunes dans les pays de l'OCDE. Dans tous les pays pour lesquels le BIT

La RDC où la population totale a sextuplé entre 1958 et 2012 n'échappe pas à cette situation. Elle était de 13, 5 millions en 1958 (Vanderlinden et al., 1980 cité dans

3

possède des données, le taux de chômage des jeunes est largement supérieur au taux de chômage des vieux. Même si ces jeunes ont suivi de plus longues études que les générations précédentes, les offres d'emplois sont limitées pour eux et leurs chances de mener une vie économiquement indépendante sont minuscules.

Ces tendances sont plus accentuées en Afrique avec une population la plus jeune de toute la planète. Parmi les 200 millions des jeunes qui constituent 20% de la population africaine, 40% sont en âge de travailler et en même temps, ils représentent aussi 60% des chômeurs (Katanku, 2013). Chaque année, 7 à 10 millions des jeunes africains arrivent sur le marché du travail (Banque mondiale, 2013), et ce marché ne croît pas aussi rapidement pour les accueillir.

Cette déliquescence du marché d'emploi est presque générale en Afrique sub-saharienne. Celle-ci survient dans un contexte où le sous-continent, en dépit de multiples disparités géographiques, est singularisé par une vigoureuse croissance urbaine généralisée. La population de l'Afrique noire a triplé entre 1950 et 1990, mais le nombre de citadins a été multiplié par 8 (par 12 pour les villes de plus de 10.000 habitants), passant de 20 à 155 millions ; même en tenant compte d'un fléchissement du taux d'accroissement moyen dans la décennie 1990, il y a eu près 260 millions de citadins en l'an 2000 (soit 37,9% de la population totale) et 620 millions d'individus, soit un africain sur deux pourraient vivre en ville en 2020 (Nations Unies, 1991 cité par Dubresson, 1996).

La croissance démesurée des villes africaines proviendrait de l'afflux massif des migrants qui cherchent à s'y établir, même si le potentiel d'emploi semble peu développé. De ce fait, la conjonction de l'accroissement rapide de la population urbaine et le ralentissement de l'activité économique moderne contribuerait à une aggravation des problèmes d'emplois dans les métropoles africaines. Les perspectives d'emploi sont loin d'être rassurantes pour les populations urbaines en général, et pour les populations migrantes qui y affluent quotidiennement en particulier.

4

le rapport final de l'enquête EDS II-RDC de 2013-2014) et 77, 8 millions en 2012 (Enquête 1-2-3, INS, RDC, 2012). La population kinoise a été multipliée par 10 entre 1970 et 2014. Elle était de 1 million en 1970 et à plus de 10 millions en 2014 (http :// fr.m.wikipedia.org/wiki/Kinshasa, consulté le 09 septembre 2015).

Cette dynamique démographique caractérisée souvent par un taux d'accroissement annuel d'environ 3,4% l'an (Enquête EDS II, INS, RDC, 2013-2014), est très considérable dans la mesure où elle est traduite par une population inégalement répartie sur le territoire national. La ville de Kinshasa à elle seule, recouvre plus de 11,7% de l'ensemble de la population congolaise alors qu'elle se distingue par une population relativement plus jeune que la moyenne du pays dont l'âge médian est de 21 ans (Enquête 1-2-3, INS, RDC, 2012) que l'on retrouve de plus en plus nombreuse ces dernières années sur le marché de travail.

Cette situation n'est qu'une des caractéristiques du marché du travail urbain. A Kinshasa, le chômage serait passé de 36% en 2009 à 39% en 2012, soit deux fois plus élevé que la moyenne nationale qui est de 17,7% (Mangalu et Pongi, 2009 ; Enquête 1-2-3, INS, RDC, 2012). Cette montée du chômage concerne avant tout les jeunes et particulièrement les diplômés d'universités.

Le marché du travail congolais est caractérisé par un taux d'activité élevé cachant un phénomène du sous-emploi et de pauvreté profond. Le taux d'activité est de 55,89%. Ce taux est estimé à 64,06% en milieu rural pour seulement 43,97% en milieu urbain (Enquête EDS II, INS, RDC, 2013-2014). Le taux d'activité par province cache d'énormes disparités. La population inactive est essentiellement constituée des jeunes en cours de scolarité, des femmes au foyer et des retraités. Si l'on tient compte de la masse des chômeurs découragés, ce taux avoisinerait 57,98% en 2012 dont 45,97% en milieu urbain et 64,86% en milieu rural.

Un phénomène d'urbanisation croissante accompagnée d'une informalisation de l'économie dont le taux de l'informalité est estimé à 88,6% en 2012 alors qu'il était à 91% en 2005. Cette baisse de 2 points s'explique par la reprise d'activité dans les mines et les NTIC. L'urbanisation a introduit un phénomène majeur dans le marché du

1. du point de vue théorique, cette étude servira de référence aux scientifiques (chercheurs, étudiants et autres) qui voudront réfléchir davantage sur l'emploi

5

travail aussi bien urbain que rural ; un exode massif qui crée une économie informelle des emplois. La population urbaine totale est passée de 22% en 1960 à 33% en 2007 et, elle est appelée à croître au rythme de la tendance mondiale.

Eu égard à ce qui précède, notre étude tentera de répondre essentiellement à deux questions suivantes :

1. Quelle est l'intensité du chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa ?

2. Quels sont les facteurs qui déterminent le chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa ?

0.3. Objectifs

0.3.1. Objectif général

? Contribuer à l'amélioration de la connaissance des facteurs liés au chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa.

0.3.2. Objectifs spécifiques Plus spécifiquement, il s'agira :

1. De déterminer l'intensité du chômage des jeunes diplômés d'universités de 2024 ans dans la ville de Kinshasa.

2. d'identifier les facteurs qui déterminent le chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa ;

0.4. Intérêt de l'étude

Nous sommes bien conscients du fait que nous ne sommes pas le premier à mener une telle étude et nous ne serons pas aussi le dernier à se lancer là-dessus. Sur ce, l'intérêt porté sur ce travail est double: théorique et pratique.

6

des jeunes et faire ressortir ce qui serait utile à l'amélioration de la situation des jeunes diplômés d'universités dans la ville de Kinshasa ;

2. et du point de vue pratique, la rédaction de ce mémoire de fin d'études vient montrer la situation dans laquelle se trouvent les jeunes diplômés d'universités dans la ville de Kinshasa.

0.5. Délimitation du travail

Le travail porte essentiellement sur la ville de Kinshasa et s'attachera à analyser les données de l'enquête 1-2-3 de 2012.

0.6. Subdivision du travail

Outre l'introduction et la conclusion, notre travail est exposé selon la démarche suivante : le premier chapitre est consacré à la revue de la littérature ; le second à la méthodologie ; et enfin le dernier à la présentation des résultats.

7

Chapitre 1. Revue de la littérature

Section 1 : le processus d'accès à l'emploi

Il ressort dans la plupart des travaux sur le processus d'accès à l'emploi que le secteur informel joue un rôle prépondérant dans l'absorption de la main d'oeuvre (Nelson, 1976 cité par Lututala, 1995 ; Lontchi et Fotzeu, 2005).

§1. Rôle du secteur informel dans la réduction du chômage

L'emploi informel constitue la solution qui s'est spontanément et logiquement mise en place afin de parvenir à un équilibre du marché du travail perturbé par une croissance démographique rapide (Dubresson, 1996). La place du secteur informel dans l'insertion d'emploi a été étudiée bien avant dans le modèle de Todaro 1969 cité par Lututala (1995), où l'absorption de la main d'oeuvre est décrite comme un processus en deux temps, dans lequel les migrants sont supposés passer par une étape intermédiaire (le secteur informel) avant leur intégration au marché du travail moderne.

Les données récentes montrent qu'il y a eu une croissance rapide dans l'agriculture à petite échelle et le secteur informel, mais ces activités ne créent pas de possibilités pour les travailleurs qualifiés (Herderschee ; Mukoko et Tshimanga, 2012). Sur 100% des jeunes qui travaillent, 70 à 80% sont employés dans le secteur informel. Souvent ces emplois sont peu rémunérés et peu productifs, seulement 10% des jeunes ont un travail dans le secteur formel (Banque mondiale, 2013). Le petit commerce, les ateliers de couture, de mécanique et de menuiserie, le salon de coiffure, les cabines téléphoniques et l'agriculture familiale sont là les grandes activités lucratives exercées par les jeunes sans emploi ou en quête d'emploi (Koloma, 2014).

En RDC, l'économie informelle est dominante et emploie 88,6% des actifs occupés. L'administration est le second pourvoyeur d'emploi avec seulement 7,4% des actifs occupés, les autres secteurs (les entreprises privées formelles, les entreprises du portefeuille de l'Etat et les établissements publics ainsi que les entreprises

8

associatives) utilisent chacun moins de 4% de la main d'oeuvre (http//www.bcc.cd, consulté le 10 août 2015).

Les emplois informels sont occupés par les jeunes et se concentrent beaucoup plus dans la branche agriculture (78% des actifs). Toutefois, en milieu urbain 51% des emplois sont concentrés dans le secteur « commerce ». Les actifs du secteur informel sont moins instruits que ceux des autres secteurs et sont dominés par les femmes pour 54,2% et les migrants pour 71%. Une analyse statistique de la distribution sectorielle des emplois conclut que 72% des emplois sont détenus dans le secteur agricole, minier, secteur à productivité basse et à potentiel encore très importants. Seulement 6% de ces emplois sont recensés à Kinshasa et les 80% dans le Bandundu, l'Equateur, la Province-orientale et le Maniema. Les industries extractives emploient 10% d'ouvriers principalement dans les deux Kasaï et 3% dans le Katanga.

Le monde rural est encore le premier pourvoyeur d'emplois, même si sa part dans l'emploi global a diminué légèrement, en raison de l'exode rural et de la crise financière internationale qui a touché les artisanaux des mines. En effet, entre 2005 et 2012, la population active occupée est passée de 66% à 64,6% (Enquête 1-2-3, INS, RDC, 2012).

En définitive, le secteur formel est loin d'absorber les milliers de nouveaux demandeurs d'emploi qui, chaque année, viennent augmenter le nombre de chômeurs. Le secteur informel se présente, face à cette situation, comme un refuge pour de nombreux demandeurs d'emplois, mais avec des types d'emplois peu décents au regard des conditions de travail et de la protection sociale. Les résultats des travaux sur le secteur informel ont montré que, non seulement celui-ci représente une forte proportion de l'emploi total en milieu urbain, mais qu'en plus il est en constante progression. En résumé, le secteur informel joue un rôle important en milieu urbain.

Section 2 : les déterminants du chômage des jeunes

Il existe plusieurs théories qui traitent des déterminants du chômage des jeunes. Parmi celles-ci, nous retenons la théorie de segmentation (Peek et Antolinez, 1977 ; Stabler, 1989 ; Ginding, 1991 ; Tannen, 1991 cités par Kouamé, 1997) comme

9

critères de discrimination sur le marché du travail, par nature subjectifs, tels que le sexe, le statut migratoire, la province d'origine (tribu ou ethnie), la religion, etc.

Nous nous proposons ici de voir comment ces caractéristiques individuelles ont été traitées dans la littérature.

1. Effet des migrations dans le chômage

La porte privilégiée d'entrée à l'emploi des migrants arrivant en ville est le réseau relationnel, omniprésent dans le contexte de la migration africaine (Ouédraogo, 1987). A Kinshasa en 1981, 51% des migrants se déclaraient commerçant et la plupart exerçaient des professions non salariées (Lututala, 1987 cité par Antoine, 1995).

Toutefois, des études ont montré que le statut migratoire n'est pas un facteur discriminant pour l'accès à l'emploi (Revue actualité, 1995). Autrement dit, les chances de trouver un emploi formel des migrants et des non migrants ne seraient pas significativement différentes. Il se pourrait même que les migrants aient un accès plus facile à l'emploi urbain que les non migrants.

2. Effet du genre dans le chômage

Parmi les populations urbaines, les femmes en général seraient les plus défavorisées sur le marché d'emploi. Une explication de cette discrimination contre les femmes est donnée par la théorie du capital humain (Mincer et Polachek, 1974 cités par Anker et Hein, 1986). L'engagement en union des jeunes femmes constitue un frein dans l'accès à l'emploi car poussées par des contraintes familiales dont les nombreuses maternités et autres blocages structurels, elles doivent très souvent arrêter toutes les activités pour se confiner aux tâches ménagères, qui ne sont pas comptabilisées dans le système productif.

Avec le temps, les choses ont évoluées et les femmes sont des plus en plus présentes sur le marché de travail avec une augmentation rapide de leur taux d'activité entre 2005 et 2012 (59% en 2005 et 64,11% en 2012). Malgré cette augmentation, l'analyse a révélé que le taux de chômage serait plus sévère chez les jeunes et en particulier les jeunes filles (Rapports finaux des enquêtes 1-2-3 de 2005 et 2012).

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Une étude de la Banque mondiale sur « les facteurs démographiques et structurels » a conclu que la croissance de la population active sera inférieure à celle de la population totale. Ce qui indique que la population sera de plus en plus jeune et que si rien n'est fait pour créer des nombreux emplois décents, des situations explosives pourraient en résulter. Une autre révélation de la segmentation de cette population cible, est que les jeunes filles sont les plus exposées au chômage, conséquence de la faible scolarisation et des barrières socioculturelles.

3. Effet du diplôme dans la réduction du chômage

Déjà en 1971, Callaway a fait savoir que le chômage des jeunes est causé par des sources diverses : déclarations des responsables politiques, offices de placement submergés par les candidatures des jeunes, employeurs exigeant des qualifications plus élevées pour de nombreux postes.

Plusieurs autres études (Chardon, 2001 ; Green, Mcltonsh & Vignoles, 1999 ; Forggeot & Gautié 1997 ; Affichard, 1981 & Freeman, 1996) montrent que le diplôme universitaire joue un triple rôle : diminution du risque de chômage, facilité d'accès aux emplois les plus qualifiés et les mieux payés. Chaque année, cependant, la proportion des diplômés au sein des jeunes actifs a eu tendance à s'élever, augmentant la concurrence pour les emplois qualifiés.

Le diplôme universitaire protège moins qu'avant. La majorité de jeunes interrogés par Safavian (1998) depuis quelques années, disent qu'ils n'ont plus confiance en la valeur du diplôme universitaire comme moyen efficace pour trouver du travail. Les jeunes d'aujourd'hui font face à un marché du travail dégradé par rapport à ce qu'ont connu les générations précédentes. Le diplôme a perdu sa valeur au fil du temps. Trois approches sont développées pour comprendre les problèmes liés au chômage des jeunes diplômés : la première est basée sur une norme statistique d'adéquation entre diplôme et catégorie socioprofessionnelle, la deuxième sur le sentiment de la personne interrogée d'être employé ou non, la troisième sur la valorisation relative des personnes, en termes de salaire, par rapport aux personnes moins diplômées (Nauze et Magda, 2002).

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Dans la plupart des pays en développement, les jeunes gens instruits représentent au moins 50 à 75% des chômeurs complets. Néanmoins pour le cas de la RDC, les jeunes possédant les diplômes acquis à l'étranger accèdent plus facilement à des postes de responsabilité (emploi qualifié) par rapport à ceux qui possèdent les diplômes nationaux (Katanku, 2013). Le chômage, effet de la sur-éducation, se retrouve être lié, dans littérature internationale, au fonctionnement du marché du travail et aux pratiques de gestion des entreprises. Il touche particulièrement les débutants, notamment en période de mauvaise conjoncture, et s'atténue au bout de quelques années avec les premières promotions et mobilités professionnelles, même si certains travaux sur une longue période montrent la montée d'une composante structurelle du phénomène (Biret, 2008). L'inadéquation relève d'une autre logique car elle suppose en général l'existence d'une relation univoque entre les diplômes professionnels et les emplois organisés en métiers. Si l'on admet que les savoirs professionnels sont peu transférables d'une formation à l'autre, ne pas trouver d'emploi adéquat ne peut conduire qu'à s'enfermer dans des emplois non qualifiés, c'est-à-dire des emplois ne nécessitant pas de savoir professionnel précis.

Toutefois, on remarque que le chômage à Kinshasa serait plus élevé chez les diplômés d'universités, qu'ils soient migrants ou non (Herderschee ; Mukoko et Tshimanga, 2012). D'ailleurs, le taux de chômage serait même croissant en fonction du niveau des études.

4. Effet des réseaux relationnels dans la réduction du chômage

De nombreuses études ont montré l'importance des différents réseaux relationnels dans la réduction du chômage. Selon celles-ci, les opportunités d'emploi, et donc l'appartenance sectorielle des travailleurs dépendraient des réseaux sociaux auxquels ils appartiennent. Et l'appartenance à des réseaux sociaux serait elle-même déterminée par l'origine familiale des individus. C'est cette dernière, combinée aux réseaux sociaux qui déterminerait les opportunités d'emploi dont disposeraient les individus, et donc leur place dans le marché du travail.

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Dans le cas précis, nous nous attendons à ce que les réseaux relationnels (familiaux ou sociaux) et surtout l'origine familiale joue un rôle positif en faveur des jeunes diplômés issus des familles aisées. Ces derniers bénéficiant d'un plus grand accès à emploi.

5. Effet de l'ethnie ou la tribu dans le chômage

Très peu d'études font cas de l'effet de l'ethnie ou de la tribu dans l'accès à l'emploi. Dans la littérature, certains auteurs pensent que dans certaines capitales africaines, par exemple, il y aurait une sorte de spécialisation par région (province pour le cas de la RDC) d'origine, par ethnie ou par tribu (Lootvoet, 1988). Si cette spécialisation par ethnie existe en effet, cela veut dire que l'insertion des individus sur le marché de travail sera d'autant plus facilitée, mieux assurée et mieux garantie. A l'opposé, si elle n'existe pas, cela signifie que les individus auront davantage la possibilité d'être employés partout où ils veulent. Plusieurs études ayant tenté de faire la part des choses entre ces deux hypothèses ont montré que l'on peut trouver des ressortissants d'une même province, tribu ou ethnie, d'un même groupe culturel à l'intérieur d'une même entreprise.

Dans le cas spécifique de la RDC, comptant plus de 40 ethnies et quelques 400 tribus, nous pensons que l'appartenance ethnique joue un grand rôle dans l'employabilité des jeunes diplômés. Toutefois, nous nous garderons de fixer à priori le sens de la relation entre l'ethnie et l'accès à l'emploi.

6. Effet de la crise économique

A l'instar de la plupart des pays africains, la RDC connait une situation socioéconomique préoccupante malgré l'existence depuis 2009 du plan d'action national pour la promotion de l'emploi des jeunes en RDC et la mise à disposition d'un programme d'appuis à la création d'emploi des jeunes et autres projets comme le CERPUDEC repris dans le DSCRP 1, soit l'accompagnement de projets comme l'IPEC 1 et 2, AREDI, ACTIMINES, AREDII. La problématique et les défis de l'emploi en RDC restent entiers et ce, malgré des appuis multiformes, tant au niveau du gouvernement que du système des nations unies, déployés afin d'éradiquer le triple

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phénomène de la pauvreté, du chômage et du sous-emploi dans un pays où, chaque année, le système éducatif déverse plus de 600.000 primo-demandeurs d'emplois sur le marché de travail (ONEM, 2013).

L'oeuvre d'un réel affranchissement de la pauvreté par des emplois décents est immense et demande un déploiement d'efforts et des moyens importants pour ne résoudre qu'en partie le phénomène du chômage et du sous-emploi.

Présentement, la ville de Kinshasa souffre d'un taux accéléré de croissance de sa population causé par un fort taux de natalité, un taux de mortalité plus faible et des arrivées massives de population déplacée par la guerre ont déclaré Herderschee, Mukoko et Tshimanga, (2012). La pauvreté semble être dans ce coin reliée au manque d'emplois et de revenus ajoutent-ils. Avec un taux de chômage et de sous-emploi élevés, les priorités de Kinshasa comme dans d'autres milieux urbains doivent être la création d'emplois pour les pauvres et aussi pour sa main d'oeuvre formée et qualifiée ont-ils souligné. La croissance de l'emploi dans les entreprises bien établies semble n'avoir été que de 2-3 % par an ; compte tenu de la croissance de la main- d'oeuvre, ceci ne suffit pas à réduire le chômage. Dans le même temps, ils indiquent que quelques grandes entreprises minières et de télécommunications ont étendu leurs opérations et comme elles sont peu nombreuses, il n'y a donc pas d'impact significatif sur les possibilités d'emploi.

Chausse et al. (2012) évoquent le même problème et préconisent l'absence d'un secteur dynamique de PME qui prive la RDC d'un moteur de croissance important et les jeunes travailleurs qualifiés de possibilités d'emploi.

L'analyse des données recueillies dans l'enquête 1-2-3 de 2012 a montré des fortes disparités selon le sexe, les tranches d'âge et le milieu considéré. Quelque soit le sexe, le rapport note que la tranche d'âge 20-24 ans est la plus touchée et que les hommes connaissent plus le chômage que les femmes. Il met enfin en exergue une forte urbanisation du chômage plus élevée dans les villes de Kinshasa et les deux Kivu.

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Koloma (2014), dans son étude sur « l'employabilité des jeunes diplômés sur le marché du travail » enregistre un taux de chômage élevé avoisinant 85% si l'on sépare le secteur informel du secteur formel. En prenant les deux ensemble, ce taux se rabaisse à 40%. Il confirme à nouveau que le chômage est un phénomène urbain touchant particulièrement les jeunes et les femmes. Cette adaptation aux réalités de l'environnement économique et social de la RDC pousse de nombreux citoyens à tout faire et à tout apprendre sans une vision à long terme et sans tenir compte des besoins du pays, conclut-il.

L'analyse de toutes les tentatives de stabilisation du niveau global du chômage (grands travaux, création du PROCER, du PNDDR, IPEC1 et 2, des projets ARED 1 et 2, de la mise en oeuvre des STEP, des ACTMINES et du projet PRO-YEN), démontre qu'il n'en demeure pas moins, pour le gouvernement, l'existence d'un défi majeur pour stabiliser la pauvreté monétaire voire la diminuer fortement. Le financement de nouvelles PME/PMI (agricoles et de services en priorité) destinés principalement aux jeunes et le sauvetage des entreprises en difficulté et/ou en faillite (nécessite de mettre en place une cellule des entreprises en difficulté afin de sauver des emplois) participeront à la création et à la stabilisation d'emploi.

7. Effet de la structure et caractéristiques de la population congolaise : situation d'activité et d'inactivité

En l'absence du recensement récent de la population (le dernier date de 1984, et le prochain est en préparation), et d'extrême mobilité due aux conflits, il est extrêmement hasardeux de présenter des chiffres absolus de population. Nous nous en abstiendrons donc, pour nous concentrer et commenter les principales structures démographiques.

La répartition spatiale de la population montre que la RDC est encore un pays majoritairement rural. 61,2% des habitants résident dans les campagnes. Kinshasa regroupe 11,7% de la population, et le reste du milieu urbain (parfois dénommé semi-urbain) 27,1%. La distribution par âge de la population présente les caractéristiques classiques des pays en développement, avec une prépondérance massive des jeunes. L'âge moyen est de 21,6 ans, et la moitié de la population a 16 ans ou moins. Les

Les travaux publiés par les suscités présentent dans une large mesure, le contexte « chômage » presque dans le même sens ; celui du BIT pour analyser le

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personnes âgées de 60 ans et plus représentent seulement 4,4 % de la population totale. Globalement, les femmes sont très légèrement majoritaires (50,8%). Si les principales caractéristiques démographiques sont similaires dans tous les milieux de résidence, Kinshasa se distingue par une population relativement plus âgée (l'âge médian y est de 21 ans), avec une prépondérance des classes d'âge actif : 58,2% des Kinois ont entre 15 et 59 ans. C'est également à Kinshasa que la proportion de femmes est la plus élevée (52,6%) et la part des migrants la plus faible. Les différences sont cependant peu marquées pour la migration (Rapport final de l'enquête 1-2-3, 2012).

Sur base des tendances observées, on note dans le rapport annuel de l'ONEM (2014) que cette population restera très jeunes et exercera des pressions nouvelles et plus forte encore, aussi bien sur le système scolaire, de l'éducation professionnelle que du marché de travail. Si 50% de la population se trouvent dans la tranche active soit de 15 à 64 ans, il n'en demeure pas que le problème du chômage des jeunes reste préoccupant car, selon l'enquête 1-2-3 de 2012, la tranche d'âge de 15 à 35 ans représente plus de 25% et enregistre un taux de chômage de 24,60% pour la tranche de 15-24% au moment où la moyenne nationale est estimée à 4,5%. Donc au vu de cette croissance démographique et sans une politique active du marché de travail, le chômage des jeunes et des femmes risquerait de connaitre des niveaux de plus en plus alarmants.

Le phénomène d'urbanisation, appelé à se développer au cours des prochaines années, impactera les méthodes de gestion du marché du travail dans leur dimension variée aussi bien en milieu rural qu'urbain. Elle implique une nouvelle approche de la gestion des PME, de leur encadrement, des méthodes de financement à travers surtout le système de microcrédit.

Section 3 : approche critique des travaux antérieurs

Il a été pour nous un devoir scientifique de rattacher notre recherche à celles qui existent et voir ce que les autres ont dit sur la question, comment ont-ils procédé, etc.

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chômage que ce soit en Europe, en Amérique, en Asie ou en Afrique. Nous estimons que le chômage tel que défini par le BIT ne s'accommode pas avec la situation de la RDC pour plusieurs raisons notamment :

i' les données statistiques dans les pays du Sud sont peu sûres. En effet, certains organismes chargés de produire ces statistiques ne le font pas correctement par manque d'une part de moyens nécessaires (financiers ou matériels) et par manque du personnel qualifié d'autre part ;

i' dans les pays développés, les chômeurs se font enregistrer volontairement du fait des avantages sociaux qui leur sont accordés par leurs gouvernements. Ce qui n'est pas souvent le cas pour les pays du sud (aucun avantage social pour le cas de la RDC) ;

i' dans les pays du nord, on note la présence active des organismes qui encadrent

les jeunes et les chômeurs et les conduisent à l'obtention d'un emploi qualifié ; i' la définition copiée-collée du chômage selon le BIT sous-estime le phénomène

sous étude dans le contexte de la RDC ;

i' l'université ne considère pas non plus que l'insertion fasse partie de son rôle. Elle devrait constituer un pont pour traverser le monde académique vers le monde professionnel en constituant un pôle positif de marchés d'emploi où les jeunes diplômés devraient faire face.

A l'exception du rapport final de l'enquête 1-2-3 réalisée en RDC en 2012, qui après avoir exploité les autres définitions, a essayé de se démarquer de ces définitions, en proposant celle-ci : « le chômage est une situation qui traduit l'absence d'emploi pour des personnes en âge de travailler, pour lequel elles ont été préparées et disposant des aptitudes pour travailler et disponible pour le faire » , vu la situation socioéconomique de la RDC et la fiabilité de données exactes sur la recherche et demande d'emploi, perte et inscription aux registres de demandeurs d'emploi.

Grosso modo, ces différentes études se sont pour la plupart attachées à rendre compte du niveau de chômage des jeunes congolais en général sur des périodes plus ou moins longues et ceci en utilisant des données transversales et ce, au sens strict, c'est à dire au sens du BIT. Cette approche suppose implicitement que tout jeune, ayant un

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diplôme universitaire ou non, connait le même itinéraire pour accéder à l'emploi. Ce qui n'est pas forcément vrai compte tenu de certains paramètres importants. Ainsi pour mieux rendre compte de ce phénomène dans le cas spécifique de la RDC, il serait plus judicieux d'aborder le sujet selon les caractéristiques propres individus susceptibles de vivre l'événement. Parce que, au sens du BIT, le chômage implique trois chose : ne pas travailler pendant la semaine de référence (et ne pas avoir d'emploi auquel retourner) ; être disponible pour travailler dans les 15 jours et être à la recherche active d'emploi. Toutes ces conditions sont difficiles à réunir dans la mesure où les statistiques ne sont pas correctement tenues en RDC. Par contre au sens large, il s'agira d'ôter de la précédente définition le critère de recherche du fait que ce critère n'a pas fortement de sens dans la mesure où on ne peut véritablement pas parler du marché du travail (Enquête 1-2-3, INS, RDC, 2012). Faute des moyens conséquents et de temps nécessaire pour mener une enquête quant à ce, nous abordons le sujet dans le même sens que le BIT, puis que les données utilisées proviennent de l'enquête 1-2-3 de 2012 qui elle aussi, a abordé le phénomène dans le même sens. Dans le cas présent, nous ne prendrons pas en compte certains critères tels que : la recherche active d'emploi.

Il est tout à fait normal que notre point de vue par rapport à la question soit remis en doute, c'est scientifiquement acceptable. Mais hélas ! Le débat qui en découlerait, contribuera à l'avancement de la science et dans cette perspective, nous dirons avec certitude que nous avons atteint notre objectif avec visée et optimisme.

De même que le chômage, le concept « jeune ou jeunesse » revêt plusieurs sens. Certains auteurs optent pour la période allant de 15 à 49 ans, d'autre voient un

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Chapitre 2. Méthodologie et cadre conceptuel

Section 1. Définition des concepts

§1. Chômage

Il n'existe pas à ce jour de définition idéale ou définitive du chômage. Le chômage étant lui-même un concept à plusieurs facettes, on peut le définir sous plusieurs formes de manière à obtenir avec exactitude ce que l'on recherche. Nous en illustrons deux :

1. Pour l'INSEE et d'après la définition du BIT, est chômeur celui qui satisfait aux trois conditions suivantes : ne pas travailler pendant la semaine de référence (et ne pas avoir d'emploi auquel retourner) ; être disponible pour travailler dans les 15 jours et être à la recherche active d'emploi ;

2. Le rapport final de l'enquête sur l'emploi, le secteur informel et sur la consommation des ménages (2012), stipule que le chômage traduit la situation d'absence d'emplois pour des personnes en âge de travailler et disponible pour le faire. Dans ce même rapport on note plusieurs autres définitions du chômage notamment : le chômage élargi, prenant en compte les chômeurs dits découragés ; le chômage au sens strict, doublement élargi, etc.

A côté de ces définitions s'ajoutent 4 types de chômage dont le chômage classique (excédent de l'offre de travail sur la demande), structurel (dû à la forte croissance démographique), conjoncturel (lié au ralentissement de l'activité économique), frictionnel (chômage de courte durée qui correspond au temps nécessaire pour passer d'un emploi à un autre), partiel (réduction forcée du travail décidée par l'entreprise pour un temps limité) et technique (qui concerne un arrêt partiel ou total du travail) (LONGATE & VANHOVE, 2009).

§2. Jeunesse (ou jeune)

1. Au sens microéconomique, il désigne le poste de travail et ses conditions d'exercice (Appariteur, Comptable, Infirmier, etc.).

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peu plus et d'autres moins. Mais la charte africaine de la jeunesse de 2006, est jeune toute personne âgée de 15 à 35 ans.

Dans le cas sous examen et comme il s'agit d'étudier le chômage des jeunes diplômés d'universités dans la ville de Kinshasa, et que l'âge minimum d'obtention d'un diplôme universitaire est de 20 ans (dans l'hypothèse où l'individu a son diplôme d'Etat à 17 ans et trois ans après il obtient son diplôme de graduat), la tranche d'âge 20-24 a retenu notre attention, parce que la plus touchée par le phénomène.

3. Secteur informel

Le secteur informel regroupe les activités génératrices de revenus et qui ne sont pas réglementées par l'Etat. Ces activités sont effectuées sans l'approbation formelle des autorités et échappent aux mécanismes administratifs mis en place pour l'application de la législation fiscale. Ce secteur concerne les activités que l'on peut qualifier aussi d'activités de « capitalisme sauvage, non contrôlées par l'Etat mais qui ont un potentiel d'accumulation. Ainsi, en ce qui concerne l'exploitation de différentes ressources en RDC telles que le diamant, le cobalt, l'or ou le coltan, celle-ci est en grande partie informalisée, non contrôlée par l'Etat et également exportée en grande partie en fraude, illégalement. Enfin, la troisième catégorie concerne les petites activités de production marchande, plus ou moins contrôlables par l'Etat et peu porteuses de croissance » (De Herdt et Marysse, 1996).

4. Marché du travail (ou d'emploi)

Le marché du travail est le lieu théorique de rencontre entre l'offre de travail et la demande de travail. L'offre du travail émane des travailleurs qui proposent leur force de travail, alors que la demande de travail provient des entreprises qui ont besoin de la force de travail pour produire. La rencontre entre l'offre et la demande aboutit à un prix, le salaire d'équilibre, et à une quantité échangée de travail.

5. Emploi

L'emploi peut être défini de deux manières :

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2. Au sens macroéconomique, il désigne l'ensemble de poste de travail ayant des caractéristiques semblables (personnel académique, personnel scientifique, personnel administratif, etc.).

En considérant la durée d'accomplissement du travail, on distingue : les emplois à temps plein, les emplois à temps partiel et les emplois temporaires (Mvudi, 2015).

1. Les emplois à temps plein se définissent en terme du nombre d'heures conventionnelles de travail par semaine ;

2. Les emplois à temps partiel sont exécutés pour un volume d'heure qui est inférieur aux normes légales conventionnelles ;

3. Les emplois à temps temporaire comprennent toutes les catégories d'emplois qui ne sont pas permanent et qui sont occupés par les personnes salariées. (Intérimaire, saisonnier, journalier).

6. Demande du travail

La demande du travail est fonction du prix du travail : pour les auteurs néoclassiques, l'entreprise ne demande du travail que lorsque le salaire (prix du travail) est inférieur à la productivité marginale. En d'autres termes, le niveau d'embauche s'arrête à partir du moment où le dernier embauché coute plus qu'il ne rapporte. En outre, lorsque le prix du travail est trop élevé, les entreprises substituent du capital au travail.

Les auteurs keynésiens considèrent que les entrepreneurs anticipent l'évolution de la demande qui s'adresse à eux et déduisent alors le niveau de la production à réaliser. Ce niveau de production indique alors un niveau d'emploi. Il se peut fort bien que le niveau de la demande effective (anticipation de la demande future) soit inférieur à la réalisation de la demande, ce qui débouche alors sur un équilibre de sous-emploi des facteurs de production.

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7. Le sous-emploi

Selon l'OIT, le sous-emploi existe lorsque la durée ou la productivité de l'emploi d'une personne sont inadéquates par rapport à un autre emploi possible que cette personne est disposée à occuper et capable de le faire.

8. Secteur public

Le secteur public comprend d'une part les administrations publiques de l'État et des collectivités locales, et d'autre part les entreprises dont au moins 51 % du capital social est détenu par une administration publique; ainsi que les associations qui en

dépendent en grande partie pour leur financement
( http://fr.wikipedia.org/wiki/Secteur_public, consulté le 27 janvier 2016).

Le statut des entreprises publiques est variable, certaines relèvent du droit commun et ont généralement le statut de société anonyme, d'autres relèvent du droit public (établissement public).

9. Secteur privé

On désigne sous le terme "secteur privé", le domaine d'activité constitué des entreprises, associations ou organisations qui ne dépendent pas directement de l'Etat, de son administration et/ou des collectivités territoriales et où les fonds publics ne sont pas ou peu investis ( http://www.toupie.org/Dictionnaire/Secteur_prive.htm, consulté le 27 janvier 2016). Il est constitué :

? des entreprises ou associations de droit privé,

? des banques à capitaux privés,

? de l'économie sociale, dont les mutuelles, les coopératives et les associations,

? des organisations non gouvernementales.

10 . Organismes du système des Nations Unies

Ce secteur est constitué de l'ensemble des organisations internationales oeuvrant sous mandant des nations telles que PNUD, HCR, UNICEF, PNUE, etc. et autres institutions collaborant avec l'ONU telles que FAO, UNESCO, OMS, OMC.

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Section 2. Méthodologie

2.1. Source des données

L'objectif de cette étude est de saisir les facteurs déterminants du chômage parmi les jeunes diplômés des universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa. Cette préoccupation nous conduit au choix de la base de données de l'enquête 1-2-3 de 2012 qui permet de situer le chômage en rapport avec d'autres variables. Le fichier emploi de cette base semble être mieux indiqué pour notre étude.

2.2. Information contenues dans la base de données

2.2.1. Méthodologie de l'enquête 1-2-3 de 2012

L'enquête 1-2-3 se base sur la méthodologie développée au début des années 90 à DIAL. Elle est constituée d'un dispositif de trois enquêtes, touchant des populations statistiques différentes : individus, unités de production, ménages. La première phase de cette enquête est une enquête sur l'emploi, le chômage et les conditions d'activités des ménages (phase 1 : enquête emploi). La seconde phase consiste à réaliser une enquête spécifique auprès des chefs des unités de production informelles sur leurs conditions d'activité, leurs performances économiques, le mode d'insertion dans le tissu productif et leurs perspectives (phase 2 : enquête sur le secteur informel). Enfin, la troisième phase est une enquête sur la consommation des ménages. Elle vise à estimer le niveau de vie des ménages, à mesurer le poids des secteurs formel et informel dans leurs consommations, et à analyser les déterminants du choix des différents lieux d'achat (phase 3 : enquête sur la consommation, les lieux d'achat et la pauvreté).

2.2.2. Echantillonnage

L'hypothèse à la base est que l'échantillon soit représentatif au niveau des districts (provinces actuelles) qui sont au nombre de 26, répartis de façon uniforme avec 1000 ménages par district (actuellement province) et 2000 ménages pour la capitale, Kinshasa, soit au total 28000 ménages. Cet échantillon suivrait donc la même hypothèse de travail que celui de 2005. La décision de tirer des échantillons non proportionnels à la taille de la population des provinces, mais de fixer une taille

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suffisamment grande pour représenter chaque province de façon égale, était, à l'époque, guidée par l'absence d'une base de sondage suffisamment à jour (le dernier recensement de la population datant de 1984). Etant donné l'exigence pour l'enquête de 2012 de fournir des indicateurs au niveau des districts et les difficultés à rassembler les fonds nécessaires pour exécuter l'enquête ; l'INS s'est proposé de réduire la taille des échantillons au niveau des provinces en la fixant à la taille optimale pour obtenir des résultats fiables à ce niveau et qui ont été de 600 à 700 ménages.

2.2.3. Collecte des données

L'organisation de la collecte a été précédée par la formation des superviseurs par l'équipe technique. Les superviseurs ont formé à leur tour les contrôleurs et les enquêteurs. Dans l'optique de la taille de 700 ménages par district (province actuelle), la collecte a été donc organisée à partir des neuf centres provinciaux de l'INS et deux autres centres gérés par le Ministère du Plan. Les enquêteurs ont été répartis en 262 équipes pour les phases 1 et 3 avec à leur tête un contrôleur, mais dans les provinces financés par REDD, il a été prévu 27 équipes de 75 enquêteurs. Les contrôleurs ont visité régulièrement les enquêteurs afin de les aider, de contrôler la qualité de leur travail, de tirer les ménages, de contrôler les questionnaires et de les récupérer pour les envoyer vers les centres de saisie.

L'enquête a été organisée autour des trois phases successives. Les entrevues ont été effectuées simultanément par les mêmes enquêteurs pendant une quarantaine de jours : six jours pour la phase 1 et trente-six jours pour la phase 3.

2.2.4. Questionnaire sur la phase emploi

Il comprend une fiche ménage, un questionnaire individuel pour chaque individu de cinq ans et plus et un questionnaire communautaire. La fiche ménage permet de collecter l'ensemble des informations sur les caractéristiques sociodémographiques de tous les membres du ménage, sur les caractéristiques de l'habitat et du patrimoine ainsi que sur l'accès aux infrastructures de base, sur l'éducation et nouvelle technologie d'information et communication, sur la santé générale et la santé de la reproduction.

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Le questionnaire individuel était composé de sept modules permettant de caractériser la situation des individus par rapport au marché du travail :

1. Le module « Emploi actuel » décompose la population en âge de travailler en trois catégories : actif occupé, chômeur, inactif.

2. Le module « Activité principale » fournit les principales caractéristiques liées à l'emploi exercé : catégorie socioprofessionnelle, branche d'activité, ancienneté dans l'emploi, horaires, revenus, prestations sociales, mode d'embauche, etc.

3. Le module « Activité secondaire » donne les mêmes informations pour le plus important des emplois exercés simultanément avec l'emploi principal, ainsi que le nombre total d'emplois secondaires et les branches correspondantes.

4. Le module « Recherche d'un emploi » décrit pour les individus ayant un emploi et qui sont à la recherche d'un autre et les raisons de cette recherche.

5. Le module « Chômage » décrit pour les sans-emploi la durée, le type d'emploi recherché et le mode de recherche, les prétentions salariales, etc.

6. Le module « Trajectoire et perspectives » décrit la situation du père de l'enquêté vis-à-vis de l'emploi lorsqu'il avait 15 ans, l'emploi antérieur occupé par l'enquêté, et son désir éventuel de changer d'emploi (raison, type d'emploi désiré).

7. Le module « Revenu hors emploi » permet de saisir les revenus de l'individu en dehors de ses revenus d'activité.

8. Le questionnaire communautaire traite de l'existence et de l'accès aux infrastructures de base au niveau de la communauté (quartier, village).

2.3. Approche méthodologique de l'étude

Une double approche est adoptée dans ce travail en fonction des objectifs assignés:

(i) L'approche statistique : elle rendra compte des combinaisons des différents éléments du chômage des jeunes. De cette approche seront décelés les points suivants : les facteurs liés au chômage des jeunes diplômés des universités de 2024 ans dans la ville de Kinshasa, le type d'emploi qu'ils recherchent le plus souvent et la voie qu'ils suivent pour obtenir l'emploi.

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(ii) L'approche analytique permettra d'interpréter les données relatives aux

caractéristiques du chômage des jeunes et ses déterminants.

2.4. Méthodes d'analyse

Le choix des méthodes d'analyse a été guidé par les objectifs du travail, la nature des hypothèses (descriptive ou explicative), la taille de l'échantillon et la nature des variables (qualitatives ou quantitatives). Trois méthodes d'analyse statistique complémentaires ont été utilisées dans le cadre de notre travail. Il s'agit de l'analyse descriptive des tendances (analyses univariées), du test du Chi-carré (analyses bivariées) et la régression logistique binaire (analyses multivariées).

Le logiciel Excel 2007 a été utilisé pour l'analyse des tendances et le nettoyage des tableaux tandis que le logiciel SPSS (Statistical Package for Social Sciences) version 20 a été utilisé pour les analyses des données. Et enfin une discussion à la lumière de la littérature existante a justifié les résultats de ces analyses statistiques.

2.4.1. Population d'étude

Notre population d'étude est composée des individus répondant aux

caractéristiques suivantes :

V' tranche d'âge : 20 à 24 ans ;

V' niveau d'instruction : supérieur (universitaire) ;

V' milieu de résidence : Kinshasa.

Ainsi, en filtrant notre base des données selon ces trois caractéristiques, nous avons abouti à 248 individus qui ont constitué notre population cible.

2.5. Les techniques d'analyse

Pour traiter la masse et la complexité des informations recueillies dans l'enquête 1-2-3 de 2012, des méthodes descriptives et explicatives devront être mises en oeuvre. Les méthodes descriptives seront utilisées comme un préalable aux méthodes explicatives.

26

2.5.1. Les analyses descriptives

a) Les analyses descriptives univariées

L'objectif de ces analyses est de décrire individuellement chaque variable dans la base de données. Ces analyses permettront de voir le comportement des variables choisies pour notre étude en termes de distribution des fréquences.

b) Les analyses descriptives bivariées

Celles-ci, en utilisant le test de chi-deux, permettent d'appréhender les significations statistiques des relations qui existent entre le chômage et les autres variables de l'étude. Au seuil de signification inférieur à 0,05 donné par le logiciel SPSS 20, on dira qu'il y a lien significatif entre les variables. Au cas contraire, on niera tout lien significatif en acceptant simplement l'hypothèse nulle de relation significative entre les variables. Et pour les variables où les relations donneront une signification statistique, nous ferons recours au test de phi pour mesurer la force du lien.

? Modélisation statistique : la méthode explicative

Elle nous permettra d'évaluer la propension des individus à risque de connaître le phénomène étudié et de prendre en compte un certain nombre de variables indépendantes pouvant influencer cette transition et les chances qu'ont les jeunes diplômés de vivre cet événement.

Techniquement, la variable à expliquer de notre modèle de régression est le risque instantané de devenir chômeur après ses études universitaires. Ce risque évolue au cours du temps de manière autonome mais la forme de cette évolution n'est pas précisée.

Section 3. Cadre conceptuel

Le cadre conceptuel ou modèle de recherche est un schéma structurel des relations entre la (les) variable(s) indépendante(s) et la variable dépendante (Metela, 2014). Ce sont des liens du modèle, ou hypothèses de relation, qui sont à la base de l'analyse des données. Dans ce travail, nous exploiterons essentiellement les données de l'enquête 1-2-3 de 2012.

27

§1. Cadre conceptuel explicite

Dans cette étude, la variable dépendante sera le « chômage » parmi les jeunes diplômés des universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa ; et comme variables indépendantes d'après leur caractéristique :

? caractéristiques du ménage :

· niveau de vie du ménage des parents ; ? caractéristiques individuelles des jeunes :

· statut matrimonial ;

· religion pratiquée ;

· voie d'obtention d'emploi ;

· Type d'entreprises préférées ;

· sexe ;

28

§2. Opérationnalisation des variables

Tableau 1. Opérationnalisation des variables d'études

Variables

Modalités

Indicateurs

Variable dépendante

Chômage

0= Ne sont pas au chômage 1= Sont au chômage

Proportion des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa.

Variables indépendantes

Sexe

1= Masculin 2=Féminin

Proportion des jeunes

diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa selon leur sexe

Statut matrimonial

1= Célibataire 2= Marié(e)

Proportion des jeunes

diplômés d'universités de 20-24 ans selon leur Etat matrimonial

Voie d'obtention

d'emploi

1= A travers un réseau

relationnel

2= Directement auprès de
l'employeur

Proportion des jeunes selon

la voie à suivre pour
obtenir un emploi.

Type d'entreprises

recherchées

1= Secteur public 2= Secteur privé

3= Organismes su système des Nations Unies

Proportion des jeunes

diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de

Kinshasa selon leur

préférence en matière

d'emploi

Niveau de vie

1= Riche

2= Moyen et pauvre

Proportion des jeunes

diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa selon le niveau de vie du ménage des parents.

Religion pratiquée

1= Catholique 2= Protestantes 3=Autres

Proportion des jeunes

diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa selon la religion pratiquée.

29

§3. Cadre conceptuel des déterminants du chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa.

Niveau de vie
du ménage

Sexe

 

Chômage

Statut

matrimonial

 
 

Voie d'obtention d'emploi

Type d'entreprises recherchées

Religion pratiquée

 

Fig. 1. : Modèle des déterminants du chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa.

Le cadre conceptuel ci-dessus est inspiré des exemples de modélisation d'une problématique démographique du Professeur Metela (2014). Les variables niveau de vie du ménage, sexe, statut matrimonial, voie d'obtention d'emploi, type d'entreprises recherchées et religion pratiquée sont explicatives du chômage. Un lien de cause à effet est supposé. Il est symbolisé par une flèche comme le montre la figure 1. Comme pour l'analyse descriptive, les relations entre les variables peuvent être positives ou négatives. La variable à expliquer est celle vers laquelle convergent les flèches du modèle. Ces flèches représentent les hypothèses du travail : les liens à tester.

30

Section 4. Les hypothèses du travail

L'étude est fondée sur trois hypothèses que la confrontation avec les données statistiques de l'enquête 1-2-3 de 2012 aura à tester et à vérifier.

1. L'intensité du chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa est très forte, elle avoisinerait 85 % ;

2. Le chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa est fonction du type d'entreprises recherchées, de la voie d'obtention d'emploi et du niveau de vie du ménage ;

3. Le statut matrimonial, le sexe et le type de religion pratiquée déterminent le chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa.

31

Chapitre 3. Présentation des résultats

Ce chapitre comprend trois sections. La première section traite des analyses descriptives univariées. La seconde porte sur les analyses bivariées. La troisième présente les résultats des analyses multivariées.

Section 1 : Présentation des résultats des analyses descriptives univariées

Les analyses descriptives univariées à mettre en oeuvre dépendent, d'une part, de l'objectif recherché, d'autre part de la nature des variables. Ces analyses servent à décrire une à une les données de l'enquête. Elles servent également à obtenir la qualité des données en fonction des fréquences attendues.

Tableau 1.1. : Situation du chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa.

La question qui a permis de saisir le chômage est libellée comme suit dans la base de données : Bien que vous n'ayez pas travaillé la semaine dernière, avez-vous un emploi ?

Modalités Effectifs %

Sont au chômage 211 85,1

Ne sont pas au chômage 37 14,9

Total 248 100

Source: nos analyses à partir des données de la base des données 1-2-3 de 2012.

Les données contenues au tableau 1.1 renseigne que la ville de Kinshasa compte plus de jeunes diplômés de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa qui sont au chômage (85%).

32

Tableau 1.2. : Répartition par sexe des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa.

La question qui a permis de saisir le sexe est libellée comme suit dans la base de données : Quel est votre sexe ?

Modalités Effectifs %

Masculin 117 47,2

Féminin 131 52,8

Total 248 100

Source : nos analyses à partir des données de la base des données 1-2-3 de 2012.

Le tableau ci-dessus montre que l'enquête 1-2-3 de 2012 a enregistré plus des diplômées d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa que des diplômés. Il s'agit là d'une simple illustration car la situation pourrait peut-être changer si l'on prenait en compte l'ensemble du territoire national et/ou si l'on changeait de province. Dans ce genre d'enquête, la sélection des individus se fait souvent de façon aléatoire.

Tableau 1.3 : Répartition des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa.

La question qui a permis de saisir le statut matrimonial est libellée comme suit dans la base de données : Quel est votre statut matrimonial ?

Modalités

Effectifs

%

Célibataire

238

96

Marié(e)

10

4

Total

248

100

Source : nos analyses à partir des données de la base des données 1-2-3 de 2012.

Au regard des données contenues dans ce tableau, il y a lieu de noter beaucoup des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa sont célibataires (96%). Vu le coût élevé de cérémonies nuptiales dans la ville de Kinshasa d'une part et le taux élevé du chômage d'autre part, cette situation est normale.

Les résultats du tableau ci-avant montrent que beaucoup des jeunes diplômés d'universités préfèrent trouver un emploi dans le secteur public (40,3%). Il faut noter

33

Tableau 1.4. : Répartition des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa selon la voie d'obtention d'emploi.

La question qui a permis de saisir la voie d'obtention d'emploi est libellée comme suit dans la base de données : comment pensez-vous obtenir un emploi ?

Modalités

Effectifs

%

A travers un réseau relationnel

232

93,5

Directement auprès de l'employeur

16

6,5

Total

248

100

Source : nos analyses à partir des données de la base des données 1-2-3 de 2012.

Le tableau 1.4. montre la situation selon laquelle plus des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans compte obtenir un emploi à travers le réseau relationnel (93,5%) et très peu parmi eux estime obtenir l'emploi directement auprès de l'employeur (6,5%). Il s'agit ici d'un fait social qui semble être total et global, contraignant et relatif. L'emploi à Kinshasa est devenu ethno-tribal en RDC et cette situation ne cesse de frustrer bon nombre de citoyens.

Tableau 1.5. : Répartition des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans selon le type d'entreprises recherchées.

La question qui a permis de saisir le type d'entreprises recherchées est libellée comme suit dans la base de données : Quel type d'entreprises préférez-vous travailler ?

Modalités Effectifs %

Secteur public 100 40,3

Secteur privé 77 31

Organismes internationaux 71 28,6

Total 248 100

Source : nos analyses à partir des données de la base des données 1-2-3 de 2012.

34

que tout jeune rêve avoir un numéro matricule de la fonction publique pour s'assurer d'un lendemain prometteur. Pour les jeunes, bien que le secteur public n'offre pas un salaire décent pour mieux vivre, avoir un numéro matricule de la fonction publique est un atout majeur pour garantir l'emploi.

Tableau 1.6. : Répartition des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans selon le niveau de vie du ménage.

La question qui a permis de saisir le niveau de vie du ménage des intéressées est libellée comme suit dans la base de données : Quel est niveau vie de votre ménage ?

Modalités Effectifs %

Riche 14 5,6

Moyens et pauvres 234 94,4

Total 248 100

Source : nos analyses à partir des données de la base des données 1-2-3 de 2012.

Nous notons ici que le tableau ci-dessus montre que la grande majorité (94,4%) des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa vit dans les ménages pauvres ou moyens. Ceci traduit la situation économique dégradante de la population congolaise.

35

Tableau 1.7. : Distribution des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans selon le type de religion pratiquée.

La question qui a permis de saisir le type de religion pratiquée est libellée comme suit dans la base de données : Quel est votre religion ?

Modalités Effectifs %

Catholique 104 41,9

Protestante 40 16,1

Autres 104 42

Total 248 100

Source : nos analyses à partir des données de la base des données 1-2-3 de 2012.

Nous observons que le tableau 1.7 ci-haut enregistre plus des jeunes diplômés pratiquent d'autres religions (42,9%) et devancent de très peu (0,1%) les jeunes catholiques.

Section 2 : Présentation des résultats des analyses bivariées

L'objectif des analyses bivariées est de décrire les liens entre les variables. Décrire la relation entre des variables consiste à vérifier si ces variables sont liées et à mesurer la force du lien. Ces dernières décrivent simplement les relations sans les expliquer. S'il existe une relation entre deux variables, nous allons mesurer la force du lien en faisant le test de phi et v de cramer. Si la valeur de Phi et de V de cramer est supérieure à 68%, nous dirons qu'il existe une forte relation et dans le cas contraire, nous dirons que la relation est normale.

36

Tableau 2.1. : Le chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa et le sexe.

Chômage

Total

Chi-deux
(asymp.sig)

Sont au
chômage

Ne sont pas au
chômage

Effectifs

%

Effectifs

%

Effectifs

%

0,364ns

97

83

20

17

131

100

114

87

17

13

117

100

211

85

37

15

248

100

Sexe

Modalités

Masculin

Féminin

Total

Source : nos analyses à partir des données de la base des données 1-2-3 de 2012.

Ns : non significatif

La table de chi-carré indique une valeur minimale de 0,825 pour 1 degré de liberté, pour un á fixé au seuil de 5%. 0,364 > 0,05. Par conséquent, le sexe des jeunes et le chômage n'ont pas de lien statistiquement significatif.

Tableau 2.2. : Le chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa et le statut matrimonial.

Chômage

Total

Chi-deux
(asymp.sig)

Sont au
chômage

Ne sont pas au
chômage

Effectif

%

Effectifs

%

Effectifs

%

0,656ns

202

84,9

36

15,1

238

100

9

90,0

1

10,0

10

100

211

85,1

37

14,9

248

100

Statut

matrimonial

Modalités

Célibataire Marié

Total

Source : nos analyses à partir des données de la base des données 1-2-3 de 2012.

Ns : non significatif

La table de chi-carré indique une valeur minimale de 0,199 pour 1 degré de liberté, pour un á fixé au seuil de 5%. 0,656 > 0,05. Décision : il n'existe aucun lien entre le statut matrimonial et le chômage.

37

Tableau 2.3. : Le chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa et la voie d'obtention d'emploi.

Chômage

Total

Chi-deux
(asymp.sig)

Sont au
chômage

Ne sont pas au
chômage

Effectifs

%

Effectifs

%

Effectifs

%

0,000***

211

91

21

9

232

100

0

0

16

100

16

100

211

85

37

15

248

100

Voie d'obtention d'emploi

Modalités

A travers un réseau relationnel Directement auprès de l'employeur

Total

Source : nos analyses à partir des données contenues dans la base des données 1-2-3

*** : significatif au seuil de 1%.

La table de chi-carré indique une valeur minimale de 97,536 pour 1 degré de liberté, pour un á fixé au seuil de 5%. 0,000 < 0,05. Il existe un lien statistiquement significatif entre le chômage et la voie d'obtention d'emploi. La table de mesure symétriques indique une valeur minimale de Phi et de V de cramer de 0,296 chacune, ce qui explique que la force de relation entre les variables est faible.

Les résultats contenus dans le tableau ci-haut renseignent que 91% des jeunes diplômés qui sont au chômage et en quête d'emploi, estiment obtenir leur qu'à travers les réseaux relationnels. Aucun parmi ne pense obtenir l'emploi directement auprès de l'employeur.

38

Tableau 2.4. : Le chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la
ville de Kinshasa et le type d'entreprises recherchées

Chômage

Total

Chi-deux
(asymp.sig)

Sont au
chômage

Ne sont pas au
chômage

Effectifs

%

Effectifs

%

Effectifs

%

0,000***

92

92

8

8

100

100

70

91

7

9

77

100

49

69

22

31

71

100

211

85

37

15

248

100

Type

d'entreprises
recherchées

Modalités

Secteur public

Secteur privé Organismes internationaux

Total

Source : nos analyses à partir des données de la base des données 1-2-3 de 2012.

*** : significatif au seuil de 1%.

La table de chi-carré indique une valeur minimale de 20,271 pour 2 degrés de liberté, pour un á fixé au seuil de 5%. 0,000 < 0,05. Il existe un lien statistiquement significatif entre le chômage et le type d'entreprises recherchées. La table de mesure symétriques indique une valeur minimale de Phi et de V de cramer de 0,286 chacune, ce qui explique que la force de relation entre les variables est normale.

En lisant les données contenues dans le tableau ci-dessus, on s'aperçoit que 92% des jeunes qui préfèrent le secteur public sont au chômage. Parmi ceux qui préfèrent le secteur privé, 91% sont au chômage et pour ceux qui préfèrent les organismes internationaux, 69% sont au chômage. Il y a lieu de noter ici que les jeunes, au sortir de l'université préfèrent plus intégrer le secteur public.

39

Tableau 2.5. : Le chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans le ville de Kinshasa et le niveau de vie du ménage de parents.

Chômage

Total

Chi-deux
(asymp.sig)

Sont au
chômage

Ne sont pas au
chômage

Effectifs

%

Effectifs

%

Effectifs

%

0,000***

0

0

14

100

14

100

211

90

23

10

234

100

211

85

37

15

248

100

Niveau de vie
du ménage

Modalités

Riche

Moyen et pauvre

Total

Source : nos analyses à partir des données de la base des données 1-2-3 de 2012. *** : significatif au seuil de 1%. á = 0,000

La table de chi-carré indique une valeur minimale de 84,614 pour 1 degré de liberté, pour un á fixé au seuil de 5%. 0,000 < 0,05. Il existe un lien statistiquement significatif entre le chômage et le niveau de vie du ménage. La table de mesure symétriques indique une valeur minimale de Phi et de V de cramer de 0,584 chacune, ce qui explique que la force de relation entre les variables est forte.

Les données contenues dans le tableau ci-dessus traduisent la situation selon laquelle il n?y a aucun chômeur parmi les jeunes issus des ménages riches ; par contre il y a 90% des chômeurs parmi ceux des ménages moyen et pauvre.

40

Tableau 2.6. : Le chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa et le type de religion pratiquée.

Chômage

Total

Chi-deux
(asymp.sig)

Sont au chômage

Ne sont pas au
chômage

Effectifs

%

Effectifs

%

Effectifs

%

0,896ns

88

85

16

15

104

100

35

88

5

13

40

100

88

85

16

48

104

100

211

85

37

145

248

100

Religion
pratiquée

Modalités

Catholique

Protestante

Autres

Total

Source : nos analyses à partir des données contenues dans la base des données 1-2-3 Ns : non significatif

La table de chi-carré indique une valeur minimale de 0,220 pour 2 degrés de liberté, pour un á fixé au seuil de 5%. 0,896 > 0,05. Il n'existe pas un lien statistiquement significatif entre le chômage et la religion pratiquée.

Après avoir effectué les analyses bivariées, nous avons effectivement trouvé que le chômage parmi les jeunes diplômés des universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa est en étroite relation avec le type d'entreprises recherchées, avec la voie d'obtention d'emploi ainsi que le niveau de vie du ménage des intéressés.

3.1. Analyse des déterminants du chômage (la Régression logistique)

La régression logistique consiste à comparer les proportions en utilisant les logarithmes du rapport des risques (log-odds). Le modèle estime pour chaque groupe donné, le paramètre â (le rapport entre le logit d'un groupe donné et celui du groupe de référence) et calcule les rapports des chances tout en précisant leur seuil de signification.

Ainsi, lorsque l'exp(â) d'une catégorie (modalité) est significativement supérieur à 1, l'on dira que les individus appartenant à cette catégorie ont plus de chance d'avoir la caractéristique étudiée que les individus de la catégorie de référence. Par contre, si l'exp (â) est significativement inférieur à 1, les individus appartenant à

( )

41

cette catégorie ont moins de chance d'avoir la caractéristique étudiée que les individus de la modalité de référence. Dans le cas où l'exp (â) serait significativement égal à 1, l'on se prononcera sur l'absence de l'effet de la catégorie considérée sur la variable expliquée. Cette interprétation est valable lorsque la variable indépendante est qualitative.

Dans le cas où la variable indépendante est quantitative continue, le chercheur n'a pas besoin de la modalité de référence pour l'interprétation de résultat. Dans ce cas l'interprétation change.

Alors, quand l'exp(â) d'une catégorie est significativement supérieur à 1, l'on dira que l'augmentation d'une unité de l'écart-type de la variable indépendante améliore la probabilité de la variable dépendante de la partie décimale de l'exp(â) d'autant de pourcentage. Par contre, si l'exp(â) est significativement inférieur à 1, l'on dira que la diminution d'une unité de l'écart-type de la variable indépendante réduit la probabilité de la variable dépendante de la partie décimale de l'exp(â) d'autant de pourcentage. Et si l'exp(â) est égal à 1, il n'y a pas de changement.

Enfin, sur l'intervalle de confiance, le seuil de signification couramment accepté est de 0,05, soit 5%. Par conséquent, n'est retenu pour figurer dans l'équation du modèle de régression logistique, tout coefficient(â) dont le seuil de signification est inférieur ou égal à (S) 0,05. Il en est de même pour la valeur de la constante. La constante dont le seuil de signification est supérieur (>) à 0,05 ne figurera pas dans l'équation du modèle de régression logistique.

3.4.1. Le modèle de régression logistique binaire

Dans une analyse de régression, on parle de régression logistique binaire lorsque la variable réponse (dépendante) est dichotomique. La formule est la suivante :

42

Où :

> ( )=P traduit une probabilité de réalisation d'un événement selon une loi

logistique, sa valeur doit être comprise dans l'intervalle [0,1] ;

> Z= f30+ f31X1+ f32X2+...+ f3kXk ;

f30, f31, f32,....., f3k sont des coefficients estimés de données ;

X1, X2,....,Xk sont des variables indépendantes ;

> e est la base du logarithme naturel, équivalant à 2,71828....

> Y est la variable à expliquer.

Le choix de la méthode de régression logistique binaire se justifie par :

V' Les objectifs, entre autres, donner l'intensité du chômage et identifier les facteurs qui déterminent le chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa ;

V' La nature de la variable dépendante (dichotomique binaire). Dichotomique c'est-à dire 0 et 1. La modalité 0 signifie que les jeunes ne sont pas au chômage et la modalité 1 les jeunes sont au chômage. ;

V' La nature nominale des variables explicatives. C'est-à-dire que les variables explicatives ne sont pas classées ou reprises suivant l'ordre d'importance, aucune variable n'es plus importante que l'autre ;

V' Ce modèle présente l'avantage de ne pas exiger de contrainte quant à la normalité des distributions de variables. En effet, la régression logistique binaire donne toujours des probabilités situées entre 0 et 1 et elle ne fait pas une restriction des variables indépendantes sur la base de l'hypothèse de la normalité (peu réaliste), (Metela Shumb Cyprien, 2013 ; Ghewy P., 2010 ; Stafford et Bodson, 2006).

L'analyse de la régression logistique binaire nous a permis d'identifier les facteurs qui déterminent le chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa. Toutes fois, l'on notera que l'interprétation des résultats de la régression logistique binaire n'est pas aisée.

43

Tableau 3. : Résultats du modèle globale de régression sur le chômage parmi les jeunes diplômés des universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa.

Variables

Modalités

â

Sig.

Exp(â)

Sexe

Féminin

Réf

Masculin

-0,164

0,786ns

0,84

Statut matrimonial

Célibataire

Réf

Marié(e)

18,503

0,999ns

1,088

Niveau de vie du ménage

Moyen et pauvre

Réf

Riche

-2,228

0,003***

0

Religion

Catholique

Réf

Protestante

0,585

0,51ns

1,795

Autres

0,481

0,466ns

1,617

Type d'entreprise

Secteur public

Réf

Secteur privé

0,359

0,772ns

1,431

Organismes internationaux

-2,319

0,004***

0,098

Voie d'obtention

Réseau relationnel

Réf

Directement auprès de l'employeur

-2,227

0,002***

0

Constante

3,632

0

37,796

Source : analyses des données 1-2-3 de 2012 à l'aide du logiciel SPSS. Réf. = modalité de référence

***= significatif au seuil de 1% ; ns : non significative.

Le tableau ci-dessus révèle que les variables dont la signification (Sig., voir colonne 4), par au moins une modalité, est inférieure à 0,05 est déterminante du chômage parmi les jeunes diplômés de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa. Il s'agit du niveau de vie du ménage, du type d'entreprises recherchées et de la voie d'obtention d'emploi.

44

3.3.2. Equation de la régression logistique binaire

Dans le cas d'étude choisi, l'expression formelle de l'équation de la régression logistique binaire est la suivante :

( )

Autrement dit la probabilité de vivre le chômage :

Le modèle calculé du chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 2024 ans dans la ville de Kinshasa est celui que nous présentons dans le schéma ci-après :

3.3.3. Modèle calculé

.

Niveau de vie du
ménage

f33 = -2,227

f31 = -2,228

Chômage

Voie d'obtention
d'emploi

Fig. 2. : Modèle calculé du chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 2024 ans dans la ville de Kinshasa.

f32 = -2,319

Type d'entreprise
recherchée

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? Interprétation statistique des résultats sur le chômage parmi les jeunes diplômés des universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa.

Au regard des valeurs de l'exp (â) (tableau 3), il ressort que le niveau de vie du ménage, le type d'entreprises recherchées et la voie d'obtention d'emploi sont des variables importantes par leur pouvoir explicatif du chômage ou non des jeunes diplômés.

? Interprétation sociologique des résultats sur le chômage parmi les jeunes diplômés des universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa et présentation d'une brève discussion

Du type d'entreprise recherchée : le contexte socioéconomique actuel voudrait que chacun ait des moyens financiers nécessaires pour vivre une vie économiquement aisée. C'est en fait l'accès à l'emploi qui donne la chance de participer à la production des richesses afin de bénéficier des revenus qui en découlent pour s'éloigner de la pauvreté. C'est ainsi que les jeunes au sortir de l'université se mettent directement à la recherche d'emploi avec des ambitions et des préférences. Beaucoup des jeunes veulent à tout prix être engagés dans la fonction publique aux fins d'obtenir un numéro matricule qui leur garantira tant soi peu une bonne survie professionnelle. A force d'être exigeants en matière d'emploi, ils courent plus de risque de ne pas en trouver étant donné que le secteur public congolais ne crée pas suffisamment d'emplois pour absorber la main d'oeuvre disponible. De même, trouver un emploi dans un organisme international n'est pas si facile pour les jeunes diplômés. Le nombre d'emploi n'est pas élastique car est en fonction des décisions qui se prennent à l'extérieur du pays. Aussi, les critères d'embauche exigent une grande expérience professionnelle dans des domaines variés, et même la connaissance de certaines langues étrangères et celles de l'outil informatique sont obligatoires, alors que l'accès à l'informatique n'est pas universel à Kinshasa.

Du niveau de vie du ménage : le niveau de vie de ménage joue un grand rôle dans l'obtention d'emploi. Du fait que les riches se rencontrent, ils peuvent recommander leurs enfants les uns les autres dans telle ou telle autre entreprise et

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proposer même que ces derniers soient placés au poste de haut cadre de direction... Donc, les jeunes diplômés des universités issus des familles aisées ont plus de chance d'obtenir un emploi rémunérateur que leurs homologues des familles moins aisées, qui eux, doivent malheureusement frapper des portes de part et d'autre pour chercher ne fut ce qu'une place dans l'entreprise, dans le but d'attraper de quoi vivre.

De la voie d'obtention d'emploi : l'étude vient de montrer que beaucoup de

jeunes qui ont un emploi l'ont obtenu à travers des réseaux relationnels. Les
chômeurs de l'autre côté pensent aussi que pour obtenir un emploi, il faut toujours être recommandé par quelqu'un, être le frère de..... A force de penser ainsi, ils ne fournissent plus d'efforts de trouver eux-mêmes l'emploi auprès des entreprises directement et par malheur, ils se retrouvent nombreux au chômage.

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Discussion

La littérature a donné plusieurs déterminants du chômage bien que tous n'étaient pas analysés dans ce travail. Parmi ceux qui ont été analysés, il y a lieu de noter certaines convergences et divergences entre la littérature et nos analyses. Dans la littérature, certains auteurs ont montré que les femmes étaient plus nombreuses au chômage que les hommes et d'autres ont soutenu que les choses ont changé dans le temps ; nos analyses ont montré que les femmes sont relativement plus nombreuses au chômage que les hommes. Nous nous retrouvons dans cette situation parce que simplement tout le monde n'utilise pas les mêmes données et encore moins, les mêmes méthodes et/ou techniques, les mêmes approches etc. Qu'à cela ne tienne, on peut noter que dans le cas particulier de la ville de Kinshasa, les jeunes femmes diplômées des universités de 20-24 ans sont relativement nombreuses au chômage. Le tableau 2.1 indique que 87% des jeunes femmes diplômées d'universités dans la ville de Kinshasa sont au chômage. Ces résultats peuvent certaines lacunes, cela peut être dû à l'erreur d'échantillonnage.

Quant au diplôme universitaire, nous notons que celui-ci ne contribue plus positivement à la réduction du chômage. Les résultats de nos analyses ont montré que 85% des jeunes diplômés des universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa sont au chômage. C'est cela même l'intensité du phénomène. Sur ce point, nos analysent convergent avec la littérature. Plus les jeunes sont au chômage, plus les charges sociales pèsent sur l'Etat congolais. La conséquence est que les uns seront poussés à pratiquer le banditisme ou le gangstérisme sous toutes ses formes possibles pour chercher de quoi vivre ; et les autres tourneront les yeux vers les activités du secteur informel pour subvenir à leurs besoins quotidiens.

Pour la voie d'obtention d'emploi, c'est le réseau relationnel qui l'emporte. Nous ne sommes pas sur ce point en conflit avec la littérature parce que plusieurs auteurs ont démontré. De même, le niveau de vie du ménage accuse un lien statistiquement significatif avec le chômage. La préférence en matière d'emploi s'est montrée plus déterminante car, les jeunes diplômés sont plus exigeants en matière d'emploi. Ils préfèrent travailler presque tous dans des entreprises publiques où

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l'argent circule facilement alors qu'obtenir un emploi dans ce secteur n'est pas chose facile. Dans ces conditions, cette variable ne peut être remise en doute.

Notons enfin qu'il existe une relation positive entre le niveau de vie du ménage, le réseau relationnel et le secteur public. L'on constate très souvent que les jeunes dont les parents ont un rang social élevé trouvent facilement d'emplois par rapport à ceux dont les parents ont un rang social. Au fait, les parents mieux positionnés dans la société formulent des recommandations ci et là auprès de leurs amis ou frères en faveur de leurs enfants ; comme qui direz, le fils du Roi est Roi (le mwana ya ou les enfants d'abord1 ...). Et la plupart des parents ayant un rang social élevé sont soit des cadres dans des entreprises publiques ou soit entretiennent des relations directes avec les cadre des entreprises publiques. C'est cela le sens du réseau relationnel. Il en est de même pour les personnes ressortissant d'une même province, clan ou tribu.... On a même tendance à dire qu'il existe à ce jour des entreprises où vous trouverez un grand nombre des gens appartenant à une même province que le Directeur Général ou une autre autorité.

1 Expressions couramment utilisées en RDC pour désigner la catégorie des personnes privilégiées lors de l'évaluation d'un groupe d'individus.

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Conclusion

La RDC fait face à une forte croissance démographique depuis

l'indépendance. Sa population est essentiellement jeune. Près de la moitié de la
population congolaise est âgée de moins de 16 ans. Si les caractéristiques démographiques semblent être similaires dans tous les milieux urbains, la ville de Kinshasa se distingue par une population relativement plus âgée (l'âge médian y est de 21 ans) et la population d'âge économique actif (15-59 ans) représente 58,2% (INS, rapport final 1-2-3, 2012).

L'analyse des déterminants du chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa révèle des situations préoccupantes. L'environnement économique congolais qui est redevenu favorable (en termes de croissance macroéconomique) ne produit pas encore les effets attendus sur le marché du travail.

Les résultats des analyses statistiques des données issues de l'enquête 1-2-3 de 2012 nous ont fait savoir que le niveau de vie des parents prédisposerait plus les jeunes diplômés d'université à l'accès à l'emploi. Cela fait sans aucun doute appel à ce que nous appelons voie d'obtention d'emploi dominé par le réseau relationnel. La préférence en matière d'emploi s'est révélé aussi une variable déterminante dans ce sens que, les jeunes, au sortir de l'université, visent principalement le secteur public afin d'avoir un statut protégé de l'emploi (c'est-à-dire obtenir un numéro matricule de la fonction publique) qui leur garantiront en retour des salaires protégés.

Le chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa est donc fortement influencé par le niveau de vie du ménage (parents), la voie d'obtention d'emploi et le type d'entreprises préférées contrairement au sexe, à la religion pratiquée et au statut matrimonial qui ne sont pas significatifs dans l'explication du phénomène. Pour un jeune diplômé d'université, l'appartenance à un ménage riche réduit la possibilité de vivre le chômage. A l'inverse, pour un jeune diplômé d'université, l'appartenance à un ménage moyen ou pauvre augmente deux fois plus le risque de connaître le chômage. De même pour la voie d'obtention

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d'emploi. Pour un jeune diplômé d'université qui préfère obtenir un emploi dans les organismes du système des Nations Unies, le risque de connaître le chômage augmente de 90,2%. Cette situation semble être vraie car ces organismes exigent des beaucoup d'expériences professionnelles, la maitrise de plusieurs langues étrangères, la connaissance avérée de l'outil informatique et autres. Ces conditions sont souvent difficiles à réunir par un jeune qui vient à peine de quitter le banc de l'université. Egalement pour un jeune diplômé qui préfère le secteur privé, le risque de connaître le chômage augmente plus de deux fois. Ceci traduit presque la situation évoquée pour les cas des organismes du système des nations unies.

L'analyse de toutes ces passerelles ou approches intégrées sur le chômage tend à montrer qu'au sortir de l'université, les jeunes sont relativement seuls face à la recherche d'un emploi. En RDC c'est l'ONEM qui est chargé de l'encadrement des jeunes dans leur recherche d'emploi. Les jeunes après avoir terminé le cycle universitaire, devraient tourner d'abord leur regard vers cet organisme de placement pour trouver un emploi, mais les mesures de placement telles que le plan d'accompagnement des chômeurs ne semblent pas être très utiles pour intégrer les jeunes rapidement sur le marché du travail, car les entreprises ne déposent plus régulièrement les offres d'emplois. Et si les offres sont disponibles, c'est le réseau relationnel qui l'emporte.

Eu égard à ce qui précède, nous pensons avoir atteint les objectifs spécifiques fixés à savoir : déterminer l'intensité du chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa (85%) et identifier les facteurs qui déterminent le chômage parmi ces jeunes (voie d'obtention d'emploi, niveau de vie du ménage et le type d'entreprises recherchées). Quant aux hypothèses, il y a lieu de retenir que :

1. les deux premières sont purement et simplement confirmées : l'intensité du chômage des jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa est très forte (85%) et le chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa est fonction du type d'entreprises recherchées, de la voie d'obtention d'emploi et du niveau de vie du ménage.

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2. La troisième est rejetée : le statut matrimonial, le sexe et le type de religion pratiquée détermine le chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa.

Enfin, les lecteurs trouveront ici quelques erreurs et/ou omissions de fond ou de forme, du reste involontaires pour lesquelles nous sollicitons leur indulgence. Nous demeurons cependant ouverts à toutes leurs remarques et critiques constructives pour l'amélioration de cette étude.

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Recommandations

Les recommandations formulées à la fin de cette étude s'adressent au gouvernement de la RDC et aux jeunes diplômés.

a) Au gouvernement de la RDC :

i' Le gouvernement de la RDC a intérêt à prendre en charge l'avenir de son élite qu'elle forme au prix de beaucoup de sacrifice. Le voeu de la population est de voir le gouvernement de la République s'engager à organiser le marché d'emploi, question de sécuriser les jeunes diplômés. Ils seront de ce fait obligés de donner le meilleur d'eux-mêmes pour l'avancement et/ou le développement de leur pays et il n y'aura plus de fuite des cerveaux.

i' Le gouvernement de la RDC est tenu d'analyser les urgences pour les jeunes et restructurer l'enseignement (pour qu'il y ait plus de compétitivité sur le marché) ;

i' Le gouvernement de la RDC doit garantir les mêmes chances à tous les jeunes dans l'accès à l'emploi. C'est-à-dire, le recrutement ou l'engagement doit se faire sur base de concours. Là, les compétences vont primer sur le favoritisme ;

i' Le gouvernement de la RDC doit envoyer à la retraite les personnes qui ont atteint la limite d'âge pour laisser les espaces aux jeunes ;

Aux jeunes:

Que personne ne vous trompe, la jeunesse n'est pas l'avenir de demain mais d'aujourd'hui. Vous vous souviendrez que demain n'arrive jamais. Nous vous exhortons à rechercher activement l'emploi et être plus compétitif lors de concours de recrutement. Ne pensez pas non plus que pour accéder à un emploi il faut et il suffit d'appartenir à un réseau relationnel, quand bien même les statistiques les prouvent maintenant, n'oubliez aussi pas que les exceptions ne manquent jamais. Ayez confiance en vous-mêmes, mettez plus de sérieux dans vos démarches, soyez compétents et vendez une bonne image de vous-même, tout ira de bon côté pour vous.

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