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Les déterminants du chômage parmi les jeunes diplômés d'universités de 20-24 ans dans la ville de Kinshasa. Avec interprétations statistiques et sociologiques

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par Joël Fumwakwau Kiniati
Université de Kinshasa - Licence 2015
  

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4. Effet des réseaux relationnels dans la réduction du chômage

De nombreuses études ont montré l'importance des différents réseaux relationnels dans la réduction du chômage. Selon celles-ci, les opportunités d'emploi, et donc l'appartenance sectorielle des travailleurs dépendraient des réseaux sociaux auxquels ils appartiennent. Et l'appartenance à des réseaux sociaux serait elle-même déterminée par l'origine familiale des individus. C'est cette dernière, combinée aux réseaux sociaux qui déterminerait les opportunités d'emploi dont disposeraient les individus, et donc leur place dans le marché du travail.

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Dans le cas précis, nous nous attendons à ce que les réseaux relationnels (familiaux ou sociaux) et surtout l'origine familiale joue un rôle positif en faveur des jeunes diplômés issus des familles aisées. Ces derniers bénéficiant d'un plus grand accès à emploi.

5. Effet de l'ethnie ou la tribu dans le chômage

Très peu d'études font cas de l'effet de l'ethnie ou de la tribu dans l'accès à l'emploi. Dans la littérature, certains auteurs pensent que dans certaines capitales africaines, par exemple, il y aurait une sorte de spécialisation par région (province pour le cas de la RDC) d'origine, par ethnie ou par tribu (Lootvoet, 1988). Si cette spécialisation par ethnie existe en effet, cela veut dire que l'insertion des individus sur le marché de travail sera d'autant plus facilitée, mieux assurée et mieux garantie. A l'opposé, si elle n'existe pas, cela signifie que les individus auront davantage la possibilité d'être employés partout où ils veulent. Plusieurs études ayant tenté de faire la part des choses entre ces deux hypothèses ont montré que l'on peut trouver des ressortissants d'une même province, tribu ou ethnie, d'un même groupe culturel à l'intérieur d'une même entreprise.

Dans le cas spécifique de la RDC, comptant plus de 40 ethnies et quelques 400 tribus, nous pensons que l'appartenance ethnique joue un grand rôle dans l'employabilité des jeunes diplômés. Toutefois, nous nous garderons de fixer à priori le sens de la relation entre l'ethnie et l'accès à l'emploi.

6. Effet de la crise économique

A l'instar de la plupart des pays africains, la RDC connait une situation socioéconomique préoccupante malgré l'existence depuis 2009 du plan d'action national pour la promotion de l'emploi des jeunes en RDC et la mise à disposition d'un programme d'appuis à la création d'emploi des jeunes et autres projets comme le CERPUDEC repris dans le DSCRP 1, soit l'accompagnement de projets comme l'IPEC 1 et 2, AREDI, ACTIMINES, AREDII. La problématique et les défis de l'emploi en RDC restent entiers et ce, malgré des appuis multiformes, tant au niveau du gouvernement que du système des nations unies, déployés afin d'éradiquer le triple

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phénomène de la pauvreté, du chômage et du sous-emploi dans un pays où, chaque année, le système éducatif déverse plus de 600.000 primo-demandeurs d'emplois sur le marché de travail (ONEM, 2013).

L'oeuvre d'un réel affranchissement de la pauvreté par des emplois décents est immense et demande un déploiement d'efforts et des moyens importants pour ne résoudre qu'en partie le phénomène du chômage et du sous-emploi.

Présentement, la ville de Kinshasa souffre d'un taux accéléré de croissance de sa population causé par un fort taux de natalité, un taux de mortalité plus faible et des arrivées massives de population déplacée par la guerre ont déclaré Herderschee, Mukoko et Tshimanga, (2012). La pauvreté semble être dans ce coin reliée au manque d'emplois et de revenus ajoutent-ils. Avec un taux de chômage et de sous-emploi élevés, les priorités de Kinshasa comme dans d'autres milieux urbains doivent être la création d'emplois pour les pauvres et aussi pour sa main d'oeuvre formée et qualifiée ont-ils souligné. La croissance de l'emploi dans les entreprises bien établies semble n'avoir été que de 2-3 % par an ; compte tenu de la croissance de la main- d'oeuvre, ceci ne suffit pas à réduire le chômage. Dans le même temps, ils indiquent que quelques grandes entreprises minières et de télécommunications ont étendu leurs opérations et comme elles sont peu nombreuses, il n'y a donc pas d'impact significatif sur les possibilités d'emploi.

Chausse et al. (2012) évoquent le même problème et préconisent l'absence d'un secteur dynamique de PME qui prive la RDC d'un moteur de croissance important et les jeunes travailleurs qualifiés de possibilités d'emploi.

L'analyse des données recueillies dans l'enquête 1-2-3 de 2012 a montré des fortes disparités selon le sexe, les tranches d'âge et le milieu considéré. Quelque soit le sexe, le rapport note que la tranche d'âge 20-24 ans est la plus touchée et que les hommes connaissent plus le chômage que les femmes. Il met enfin en exergue une forte urbanisation du chômage plus élevée dans les villes de Kinshasa et les deux Kivu.

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Koloma (2014), dans son étude sur « l'employabilité des jeunes diplômés sur le marché du travail » enregistre un taux de chômage élevé avoisinant 85% si l'on sépare le secteur informel du secteur formel. En prenant les deux ensemble, ce taux se rabaisse à 40%. Il confirme à nouveau que le chômage est un phénomène urbain touchant particulièrement les jeunes et les femmes. Cette adaptation aux réalités de l'environnement économique et social de la RDC pousse de nombreux citoyens à tout faire et à tout apprendre sans une vision à long terme et sans tenir compte des besoins du pays, conclut-il.

L'analyse de toutes les tentatives de stabilisation du niveau global du chômage (grands travaux, création du PROCER, du PNDDR, IPEC1 et 2, des projets ARED 1 et 2, de la mise en oeuvre des STEP, des ACTMINES et du projet PRO-YEN), démontre qu'il n'en demeure pas moins, pour le gouvernement, l'existence d'un défi majeur pour stabiliser la pauvreté monétaire voire la diminuer fortement. Le financement de nouvelles PME/PMI (agricoles et de services en priorité) destinés principalement aux jeunes et le sauvetage des entreprises en difficulté et/ou en faillite (nécessite de mettre en place une cellule des entreprises en difficulté afin de sauver des emplois) participeront à la création et à la stabilisation d'emploi.

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus